Dégradation des terres à Pouytenga
Dégradation des terres à Pouytenga
M.E.S.S.R.S. M.I.H.U.
------------------------- ---------------
UNIVERSITE DE OUAGADOUGOU SECRETARIAT GENERAL
-----_-_------------_______ mmm------m-----m
F.L.A.S.H.S. INSTITUT GEOGRAPHIQUE
DU BURKINA
---_--------___------------ -----------------
DEPARTEMENT DE GEOGRAPHIE SERVICE INFORMATIQUE
-----__-------__------------- -----------------
MEMOIRE DE MAITRISE
THEME
A
mon Père,
ma Mère,
ma soeur Odile,
mes frères Aristide, Sylvestre et lamine
REMERCIEMENTS
Toute oeuvre humaine est la résultante de facteurs antagonistes qui militent à sa réalisation.
Ainsi ce présent travail ne déroge pas à la règle. Il est le fruit de la collaboration et de
l’appui de certaines Institutions et personnes auxquelles nous tenons à exprimer nos vives
reconnaissances:
- A l’ensemble des Professeurs du Département de Géographie qui, par leur patience, ont
su nous inculquer l’amour de la discipline géographique.
- Aux Chefs des villages et aux populations de Toulougou, Mobéga, Solga et Dakonsin
pour leur hospitalité et leur disponibilité.
Pages
DEDICAC:E . . .. . . . . . . . . . .. . . . . . . . .......... . . ...... i
REMERCIT;M IN’TS . . . . .. . .. . . . . . . . .......... . . ...... ii
RESIJME <. . . . . . . . . . . . .. . . . . . . . .......... . . ...... 1
SOMMAIRE . . . . . . . . . . <. . . . . . . .......... . . ...... 2
AVANTPROPOS . . . .. . .. .. . . . . . . . . .......... . . ...... 5
LISTES DES FIGURES ET DES TABLEAIJX . . .......... . . ...... 6
LEXIQ1JE .. . .. . . . . . . . . .. . . . . . . . .......... . . ...... 7
INTRODI J(:TIC)N GENERALE .. . . . . . . . . .......... . . ...... 8
l.(:r-ithcs ..................................... 14
1. 1.(:rit;ires physiques .............................. 14
1. 1. [Link])rt gblogique ............................ 14
1 1.2.(.~éoinorphologie .............................. 15
1.1.:[Link] ..................................... 16
1. 1.3. I .C’lasse clt:s sols à sesyuioxydès dé fer ................ 17
1. I .3.2.(:tasse des SOISpeti évolués ...................... 18
I. i .3.1.(:lasse des sols hrunifiés ........................ 18
1. 1..3.4.(llass e des sols l~yclromorplm .................... 19
1. 1.3.5.(‘l;isse dès sols minéraux bruts .................... 19
1. I .4 .F,atix de sur~m? .............................. 19
[Link]ères humains ............................... 20
1.2. [Link]é de population ........................... 20
1.2.2, Activité socio-économiclues ....................... 20
... [Link] ....................................... 21
2. I .Tolllollgc”l ................................... 21
2.2. Mohi:~a .................................... 2s
[Link];~ ...................................... 28
2.4. rkilionsin ................................... 31
1.I)Cfillition .................................... 34
1. I .Systhw d' Inforlnation C%ogral~hiqw .................. 34
I .3. Inl‘orimtion géogrq3hique ......................... 34
2.I’[Link] cl’1111 logiciel : Pc ARUINFO ................ 35
2. I .(lo~mpwa~~te conceptuel d’un Système tl’lnformation Géographique 36
[Link] et Ionctionnalitt? du logiciel .................. 36
[Link] et acquisition des données ...................... 37
3. I . Modèles collcèptlléls dé données ..................... 39
3.2. FWjt:ction et transf[>rination des tlonnées ................ 40
3.3. Ma~~ipulation et analyse des données .................. 42
3
Les logiciels de SIRS comme ARUINFO, reposent essentiellement sur leurs capacités d’intégrer
diverses méthodes d’analyse spatiale pour traiter de la dimension géographique d’un phénomène,
avec efficacité. Cette diversité des fonctions d’analyse spatiale est couplée aux fonctions
primaires(dessin, accès aux bases de données, capacité cartographique, sortie graphique). C’est
donc un logiciel complexe qui peut se révéler parfois inadapté pour la production
cartographique. En effet, il aurait été préférable d’utiliser un logiciel plus simple pour les sorties
graphiques, ce qui nous aurait permis de résoudre les problèmes de box et de taille des écritures
sur les cartes.
Les ratés qui se remarquent sur les cartes sont liés à l’imprimante (ploter) et à la détérioration
du shadescolor du logiciel utilisé.
LISTE DES FIGURES 6
Pages
LEXIQUE
INTRODUCTION GENERALE
Les problèmes de l’Environnement ne sont pas toujours bien perçus. Ainsi très peu d’évaluations
ont été faites de la dégradation de l’Environnement, et les changements des conditions écologiques
sont insuffisamment observés. Une bonne gestion du paysage sur laquelle repose un développement
rationnel est donc problématique. La mauvaise gestion et l’absence de la prise en compte des
problèmes de dégradation sont à la base de la forte réduction d’une bonne partie des ressources
naturelles de notre pays et des erreurs constatées dans les aménagements.
Comment concilier l’aspiration des populations à une autosuffisance alimentaire, la démographie
galopante et les changements des conditions écologiques ?. En d’autres termes comment concilier
la logique de survie des Hommes, la démographie galopante et la nécessité d’une bonne organisation
et d’une meilleure gestion du paysage ?.
Le paysage n’est pas une simple addition d’éléments disparates, c’est une portion d’espace, le
résultat de la combinaison d’éléments et de facteurs dynamiques (biologiques, écologiques,
climatiques, anthropiques.. .) donc d’éléments instables. C’est pourquoi une bonne compréhension
d’un milieu nécessite une approche systémique ou paysagique.
Cependant pour percevoir les phénomènes de dégradation dans le temps, une étude diachronique
s’avère indispensable. Des techniques conformes à cette méthodologie ont été adoptées autour des
grands points suivants :
- Le choix de la zone d’étude et des techniques à mettre en oeuvre; le choix du système
d’information géographique (SIG) s’est posé à nous comme une nécessité. En effet dans un monde
en perpétuelle évolution, où les techniques évoluent rapidement, l’utilisation du S.I.G. répond au
double souci de nous familiariser avec une technologie de pointe et d’effectuer une étude de qualité,
Le S.I.G., outil à multiples usages répond plus généralement aux besoins du gestionnaire du
territoire. Outre cette qualité il présente de nombreux avantages à savoir, la simplification de l’accès
aux sources, la disponibilité d’une grande quantité d’informations, la possibilité de croiser des
sources de données et de cartes à échelles différentes.
Le choix de la zone d’étude s’est fait en tenant compte des possibilités d’appui offertes, de la
densité de population et de l’accessibilité. A partir de ces critères, la province du Kouritenga au
centre-est du pays avec pour chef lieu Koupéla (à 139 km de Ouagadougou) a été retenue (cf figure
n”l, page 1 1).
Le Kouritenga est situé au Centre-Est du Burkina Faso, entre 0” et O”40’de longitude Ouest et entre
9
1l”45 et 12”45’ de latitude Nord.
Province au double paradoxe, elle se caractérise par une superficie relativement réduite (1.627 km’)
et par une densité de population rurale la plus élevée du Pays, avec cependant d’impor-tantes nuances
entre les neuf départements qui la composent; la densité totale est de 100 - 200 hab/km2 in Atlas
du Burkina Faso 1993 ( cf figure n”2, page 12).
- La recherche bibliographique : elle a consisté à recenser toutes les publications et les ouvrages
traitant des problèmes de l’Environnement, des problèmes de dégradation, du S.I.G. et de notre zone
d’étude.
Cette recherche a permis de nous faire une idée des différentes études entreprises en matière
d’Environnement dans notre pays et ailleurs, de sélectionner et de consulter les ouvrages qui nous
paraissaient “intéressants”.
- La collecte de l’information s’est faite pour les données climatiques à la Direction de la
Météorologie Nationale, les photographies aériennes à l’I.G.B., les données pédologiques (cartes ou
autres) au BUNASOLS, les données sur la population à l’I.N.S.D., les données géologiques (cartes)
au BUMIGEB
- Le traitement des données concerne l’interprétation des P.V.A., le traitement informatique des
données. L’interprétation de P.V.A. a pour objet de servir de base à un zonage, de faire ressortir
l’évolution de la végétation, l’occupation agricole des sols etc.. . Cette interprétation d’ images prises
en 1955 et 1979 ou 1993 servira de base à une analyse diachronique.
- Les sorties sur le terrain avaient pour objectif de nous faire une idée de la réalité, de procéder
à des mesures, de contrôler et valider les résultats du traitement des données et de procéder à des
enquêtes. Ces travaux de terrain, menés sur quatre sites, ont été appuyés par l’U.P.G.O-Kouritenga
qui a facilité les contacts.
- Les travaux de laboratoire et de bureau consistaient à l’analyse des différents échantillons
rapportés du terrain, à différents exercices et séminaires de formation en SIG, à l’analyse des
données, et à la rédaction du Mémoire.
Cette approche méthodologique appliquée aux phénomènes de dégradation se situe dans le contexte
général de la destruction des écosystèmes dans la Province du Kouritenga. Aussi, la dégradation ne
peut-elle être analysée de façon isolée; elle résulte de l’action combinée de différents facteurs tant
physiques que humains. Cette interaction n’est pas souvent bien perçue et c’est la raison pour
laquelle nous orientons notre réflexion dans ce sens. Une telle démarche à travers l’utilisation d’un
SIC nécessite une approche cohérente et bien structurée impliquant un grand nombre de notions
10
méthodologiques et de techniques liées à l’Informatique, à la Géodésie, à la Mathématique et à la
Géographie. C’est pourquoi la première partie de cette présente étude est consacrée au choix, à la
présentation des sites et à quelques concepts liés à l’utilisation d’un SIG. Ces méthodes abordées
dans la première partie, ont servi dans la deuxième à l’analyse des phénomènes de dégradation basée
sur les états de l’occupation des terres en 1955 et 1979 ou 1955 et 1994. Enfin la troisième partie
fait le point de la perception paysanne et des techniques de lutte contre la dégradation du milieu qui
ont été adoptées tant sur le plan traditionnel que moderne.
\ ~ill!llllll~llllllllllll~
COURMA
=FADA NCOURUA .
13’
..
PREMIERE PARTIE
Les travaux ont été menés sur quatre sites choisis en fonction de leurs caractéristiques et des critères
retenus
1. CRITERES DE CHOIX
Plusieurs critères ont été pris en compte dans le choix des sites. Il s’agit du support géologique, des
types de sols, de l’hydrographie, de la répartition spatiale de la population et des activités
socio-économiques. La prise en compte de ces critères s’est avérée nécessaire afin de considérer le
maximum de situations existantes dans la province.
Ces critères concernent la géologie, la pédologie et l’hydrographie; ces trois éléments étant
étroitement liés et entrant dans la dynamique d’ensemble du milieu physique.
Ces ensembles granitiques dominants, sillonnés par de nombreuses fractures et failles de directions
multiples, sont à la base du relief de la Province.
1.1.2. Géomorphologie
Le relief de la Province est une pédiplaine relativement monotone (250 à 300 m d’altitude). Cette
monotonie est interrompue par les interfluves, les vallons et formations résiduelles, Trois grandes
unités morphologiques ont été identifiées et pris en compte.
- Les reliefs résiduels correspondent aux buttes, aux affleurements rocheux et aux niveaux cuirassés.
Très peu représenté dans la Province ils sont composés de roches variées (granits, gneiss,
migmatites, tufs) et de cuirasses ferrugineuses.
- Les surfaces fonctionnelles sont constituées par les versants érodés, les interfluves, les giacis et
les réseaux de drainage.
Les versants érodés, zones de ruissellement concentrique, sont composés d’altérites de type
kaolinitique et de type montmoriollinitique. Ils ont une pente générale supérieure à 5%. Les versants
sont parcourus par des rigoles et des ravines, certains ayant été modélés par endroit en “bad lands”.
Les versants érodés situés juste avant les ensembles fluvio-alluviaux se rencontrent principalement
au Nord de Koupéla, de Dakonsin, Gassin, Poestenga et à l’Est de Pouytenga.
- Les interfluves se présentent sous deux formes; les interfluves à chicots rocheux abondants
composés uniquement de roches acides et les interfluves à chicots rocheux épars composés aussi bien
de roches acides que de roches basiques. Ces formations sont très peu représentatives dans la
province. Les interfluves à chicots rocheux sont surtout localisés au Sud de la province. Cependant
16
ils se rencontrent dans la région de Koupéla. En effet la ville de Koupéla repose sur un interfluve
à chicots rocheux épars qui se prolonge jusqu’à Donsin au Sud. Ils sont localisés également au
croisement de la N4 axe Ouaga-Koupéla et de la R15 Sapaga-Boulsa. Un peu plus au NE de
Koupéla existe une langue d’interfluve à chicots rocheux abondants.
En plus de ces surfaces fonctionnelles circonscrites d’autres plus représentatives ont été prises en
compte.
Les glacis sont les plus représentés sur le plan géomorphologique dans la Province. Ils sont
hiérarchisés à trois niveaux. Cette hiérarchie traduit l’organisation du paysage de la Province qui va
des glacis pente supérieure aux bas-fonds et aux vallons des cours d’eau. Ainsi l’organisation
traditionnelle collines - glacis - bas-fonds - glacis - collines n’est pas souvent respectée dans la
Province à cause de la monotonie du relief, très rarement interrompue par les formations résiduelles.
Les glacis pente supérieure ont une forme régulière en pente de 4 à 5 degrés entre le relief résiduel
et le réseau de drainage. Ils sont composés de matériau kaolinitique issu de roches acides (granites,
quartz) et de matériau montmorillonitique issu de roches basiques (migmatite et biotite).
Les glacis pente moyenne viennent à la suite du glacis pente supérieure et sont composés
sensiblement par les mêmes types de matériaux.
Les glacis pente inférieure constituent une zone de transition entre les réseaux de drainage et les
ensembles fluvio-alluviaux.
A la suite de ces glacis, se développent le réseau de drainage et les ensembles fluvio-alluviaux dont
la prise en compte est indispensable dans la compréhension de la dynamique du milieu et de
l’organisation générale du paysage.
Le réseau de drainage et les bas-fonds alluviaux comprennent deux sous unités : les vallons des
petits drains composés d’alluvions et de colluvions; les plaines alluviales de grands cours d’eau
(Dougala-Mondi et Zouli) composées d’alluvions.
En somme la géomorphologie est celle des glacis des milieux cuirassés et des milieux granitiques
qui s’agencent en de vastes pédiplaines inclinées suivant une pente de 1 à 5% et interrompue parfois
par des buttes cuirassées ou rocheuses. Cette morphologie est en partie à la base des différents sols
présentés dans la province.
La connaissance des sols dans la province s’avère nécessaire car ces derniers en raison de leurs
17
propriétés physico-chimiques et leur position topographique subissent différemment les phénomènes
de dégradation. De ce fait nous avons bénéficié des travaux effectués par le BUNASOLS dans la
province en 1987. Ces travaux ont permis de déterminer cinq classes de sols selon la classification
française (CPCS, 1967) et cinq unités majeures selon la légende FAO, 1988.
Les sols à sesquioxydes de fer et de manganèse sont des sols ferrugineux tropicaux lessivés
essentiellement, caractérisés par les processus de ferruginisation et de lessivage. Ces sols se
subdivisent en quatre sous-classes.
- Les sols ferrugineux tropicaux indurés comportent plusieurs variantes liées à l’importance de
l’induration,
Les lithosols sur cuirasses qui sont des sols squelettiques comportant 90 à 100% de graviers, de
cailloux, de blocs de cuirasse reposant à moins de 10 cm sur la dalle cuirassée. Ils sont très marqués
par la présence de sesquioxydes de fer, très cimentés, ce sont les leptosols lithiques phase
pétroferrique ou squelettique (FAO).
Les sols ferrugineux tropicaux indurés superficielles à induration localisée à une profondeur de 5
à 20 cm.
Les sols ferrugineux tropicaux indurés peu profond. Il s’agit des leptosols eutriques, des lixisols
ferriques phase pétrochimique ou squelettique indurés à une profondeur de 30-40 cm.
Les sols ferrugineux tropicaux lessivés indurés moyennement profond. L’induration est située aux
alentours de 50 cm de profondeur. Ils correspondent aux lixisols ferriques phase pétroferrique de la
légende FAO.
Les sols ferrugineux tropicaux lessivés indurés profond dans lesquels l’induration est à plus de 60
cm de profondeur.
Ces sols ferrugineux tropicaux indurés se rencontrent principalement sur les buttes et les glacis.
- Les sols ferrugineux tropicaux lessivés à tâches ou concrétions sont caractérisés par la présence
de nodules ferrugineux dont le taux varie de 10 à 30%. Ils correspondent aux lixisols gleyiques
ferriques, et ont une couleur généralement rouge.
- Les sols ferrugineux tropicaux lessivés hydromorphes dont la pédogénèse est influencée par la
présence d’une hydromorphie. Ces sols se localisent sur les glacis et les interfluves. Il s’agit des
lixisols gleyiques et des lixisols stanniques.
18
- Les sols ferrugineux tropicaux lessivés modalrx trks rares dans la Province.
Ce premier type de sol sur le plan topographique se [Link] : : sols ferrugineux tropicaux lessivés
indurés dans les zones exondées; et en sols ferrugineux tropicaux dans les zones soumises à des
inondations courtes (hydromorphie temporaire).
Les matériaux de ces sols proviennent de l’altération des roches de nature basique. Cette altération
met en place un complexe où dominent les argiles gonflantes de nature montmorillonitique. La
couleur brune de ces sols est liée à la présence de f,-.:- ‘::J’c”.Outre les processus de brunification qui
:
caractérisent ces sols, les processus de ferrugirt,L ation, de vertisolation et d’hydromorphie peuvent
être présents. Ces processus sont à l’origine des sols bruns eutrophes tropicaux ferruginisés ou
cambisols chroniques, des sols bruns eutrophes tropicaux ,hvdrqmorphes ou cambisols gleyiques et
des sols bruns eutrophes tropicaux vertiques ou cambisols ver-tiques. Le caractère ver-tique de ces
derniers est lié aux mouvements des argiles gonflantes. Ces sols presentent des fentes de dessiccation
assez saillante en saison sèche et pendant les longues périodes de ressuyage
19
Ce concept n’existe plus dans la classification française actuelle. Cependant il est cité ici à cause de
son caractère très évocateur. Ce sont des lithosols sur roche et des lithosols sur cuirasse ferrugineuse
contenant de très nombreux cailloux, blocs et graviers de roche (>90%). Leur processus d’altération
est embryonnaire. Ils sont caractéristiques des zones d’épandage de fragments rocheux. Ce sont des
leptosols lithiques et des leptosols lithiques phase pétroferrique de la légende FAO.
Les sols du Kouritenga se subdivisent en 18 sous groupes, dominés par les sols ferrugineux tropicaux
lessivés (plus de 60%). Cette prédominance est liée d’une part à la nature acide des roches, qui a
produit un complexe d’altération de type kaolinite, et d’autre part à l’importance des unités
physiographiques telles que les glacis et les buttes cuirassées. Cette altération suppose l’hydrolyse,
donc la présence de l’eau devient un élément capital dans la dynamique d’ensemble du milieu.
La population du Kouritenga était estimée en 1990 à 224.569 habitants, avec une densité de 138
habitants/km2. Cependant des disparités sont notées entre les 9 Départements de la Province. C’est
une population jeune qui présente une légère prévalence du sexe féminin. Elle est dans sa majorité
agricole; cependant une importante activité commerciale se développe dans les Départements de
Koupéla et Pouytenga.
L’agriculture est traditionnelle avec des méthodes très archaïques. C’est une agriculture extensive
qui occupe la quasi totalité des terres de la Province soit 78.2% (1988-1989).
L’enquête agricole effectuée en 1989 dans la Province a fait ressortir 11553 exploitations à raison de
12 personnes par exploitation soit environ 135 170 exploitants et une faiblesse de l’équipement
agricole (faible mécanisation). La production est essentiellement destinée à l’auto-consommation et
concerne les céréales (sorgho, mil, mais), les légumineuses (niébé, soja, coton, vouandzou et sésame)
qui sont souvent destinées à la vente.
La culture irriguée concerne le riz, le maraîchage. L’irrigation se fait par gravité et ne concerne que
les plaines de Tensobentenga (77 ha) et de Gorgho (130 ha). Cependant dans les bas-fonds, aux abords
des retenues d’eau et des barrages, les populations pratiquent la riziculture et la maraîchéculture. Cette
riziculture est caractérisée par une non maîtrise de l’eau et des techniques.
En plus de ces activités culturales, la population pratique l’élevage soit comme une activité principale
21
2. SITES
Quatre sites ont été choisis en fonction des critères évoqués plus haut
2.1. Touloueou
2.2. Mobéea
Le site délimité sur photographies aériennes s’étend sur une superficie 7153 ha. Sur le plan
topographique sont notées quelques ruptures de pente délimitant des zones légèrement plus en hauteur.
Ce site s’étend sur un ensemble qui chevauche légèrement les limites de la province. Situé à l’extrême
N-E dans le département de Kando, il renferme le village de Mobéga/Bissiga de longitude 0”32’56-
6”E et de latitude de 12”28’-7”N. Le socle géologique datant du Précambrien moyen, est
essentiellement granitique (cf figure no5 page 26).
Sur ce site, s’alternent des zones de bas-fond, de glacis, et quelques buttes. Les sols, sont
essentiellement d’érosion régosolique, les lithosols sur cuirasse, les sols ferrugineux tropicaux lessivés
à tâches ou concrétions, les sols ferrugineux tropicaux lessivés indurés sur le glacis pente supérieure.
Sur le glacis pente inférieure, les sols bruns eutrophes tropicaux ferruginisés, les sols bruns euthrophes
vertiques sont dominants.
Dans les bas-fonds, se rencontrent surtout, les sols peu évolués d’apport colluvial hydromorphes, les
sols peu évolués d’apport alluvial hydromorphes, les sols ferrugineux tropicaux lessivés hydromorphes
peu humifères à pseudo-gley d’ensemble.
Les sols peu évolués, d’apport alluvial hydromophes ont une texture moyenne à grossière et n’ont
pratiquement pas de charges graveleuses. Ils sont caractérisés par la présence de tâches
d’hydromorphie de couleur brune (1 OYR5/3) ou brun grisâtre foncée (1 OYR4/2) en surface; gris claire
(lOYR70) ou grise (lOYRY1) en profondeur.
Les sols peu évolués d’apport colluvial ont une épaisseur supérieure à 55 cm et une texture limono-
sableuse, voire sablo-limoneuse. Leur couleur est du brun grisâtre (lOYR5/2) ou gris clair (1 O‘iX7/2)
avec des tâches jaunâtres à l’état humide (lOYR6/8) (cf figure n”6 page 27).
Le village de Mobéga est constitué de 4 quartiers parmi lesquels, Bissiga distant de plus de 7Km des
3 quartiers centraux.
28
2.3. Solga
Situé également dans le département de Kando, il s’étend sur 11240 ha. II est parcouru du NE au SE
par un embranchement du Dougoula-Mondi.
Le socle géologique est constitué par les granites à biotite (parfois à biotite et muscovite) du
Précambrien moyen, et par les gneiss, orthogneiss, migmatites, ganites migmatitiques de
1’Antébirimien (cf figure n”7, page 29).
Sur le plan topographique, il présente quelques ruptures de pente très localisées au Nord Ouest, au
Centre et au Sud. C’est un site où le réseau de drainage est très dense. Ce type de réseau est à la base
d’une importance relative des sols peu évolués d’apport alluvial hydromorphes, des sols hydromorphes
peu humifères à pseudo-gley d’ensemble, des sols ferrugineux tropicaux lessivés, des sols bruns
eutrophes tropicaux hydromorphes (cf figure n”8, page 30).
L’espace qui a été délimité renferme les villages de:
Le village de Tankwemsé est à l’intérieur d’un bassin versant aménagé de 21 km2 de surface et de
18.5 km de périmètre. L’indice globale de pente de ce bassin versant est de 5.7% et le coefficient de
ruissellement(Méthode ORTOM) de 46% (BERA, 1990).
Le village de Kampelzezougo a au sud un barrage (dit barrage Kanazoé) dont le plan d’eau s’étale
jusqu’à Solga et où la population pratique une riziculture artisanale. Solga est un gros village de par
sa population estimée à 6247 habitants (estimation PPI, 1994).
31
2.4. Dakonsin
Ce site est localisé dans le Département de Gounghin à l’extrême Est de la Province. Le socle
géologique est dominé par les gneiss, orthogneiss, migmatites, granites migmatitique de
1’Antébirimien et par les amphibolites, les amphiboloshistes du Birimien volcano-sédimentaire (cf
figure n”9, page 32).
Région à réseau de drainage moyennement important, elle présente sur le plan géomorphologique
quelques buttes cuirassées au N-E. La cuirasse de ces buttes a été partiellement ou dans sa quasi-
totalité démantelée. Au Centre-Est il existe un aménagement hydraulique aux environs duquel une
agglomération importante: Gounghin, chef lieu du Département. A l’est de cet aménagement, le
village de Dakonsin.
Sur le plan morphologique le milieu est surtout dominé par un glacis pente moyenne. Cependant vers
le Nord, existe un glacis pente supérieure en contre-bas des buttes cuirassées.
Sur les glacis pente moyenne dominent essentiellement des sols bruns eutrophes tropicaux ferruginisés
et des sols bruns eutrophes tropicaux vertiques.
Les sols bruns eutrophes tropicaux ver-tiques ont une charge graveleuse comprise entre 20-30% et une
profondeur supérieure à 100 cm. Ils sont de couleurs très variées, mais essentiellement du brun (brun
olive clair (2,5YR5/5), brun jaunâtre clair (2,5YR6/4), brun jaunâtre (lOYR5/6) à brun grisâtre très
sombre (1 OYR9/2), brun grisâtre (1 OYR5/2)).
La couleur brune de ces sols est liée à la présence du fer à l’état libre.
Sur le glacis pente supérieure il y a surtout des sols ferrugineux tropicaux lessivés indurés à charge
graveleuse importante (15-80%). Dans le lit majeur des cours d’eau, se rencontrent les sols peu
évolués d’apport alluvial, les sols peu évolués d’apport colluvial, les sols hydromorphes peu
humifères à pseudo-gley d’ensemble. Ce sont des sols de couleur grise (lOYR6/1) ou grise très foncée
(lOYR/l) ou encore brune (lOYR5/3). Le taux de tâches d’hydromorphie de couleur brun jaunâtre
foncée (lOYR4/0) est de l’ordre de 20-40% (cf figure n”10, page 33).
Ces caractères généraux des sites et leurs états seront appréciés à travers l’utilisation d’outils et de
méthodes liés aux concepts des SIG.
34
Les outils et méthodes utilisés pour l’analyse des données constituent un Système d’Information
Géographique (SIG). Outil parce que nous utilisons un logiciel d’information géographique qui, à
l’instar d’un bic ou d’un crayon, n’est qu’un moyen pour parvenir à un résultat. Mais l’utilisation d’un
tel matériel nous amène obligatoirement à adopter une certaine démarche; l’outil est alors utilisé à
travers une certaine méthodologie, donc par rapport à une ou à des méthodes. La méthode définit un
ordre logique dans lequel des tâches doivent être réalisées pour atteindre un but défini; c’est un
modèle générique de processus opératoire adapté à un problème donné. En tant que méthodes et outils
les STG ont certains concepts et fonctionnalités qu’il faut appréhender.
1. DEFINITION
Définir les SIG n’est pas aisée car, cette définition dépend de l’approche et de l’utilisation qui veut
en être faite. Ainsi plusieurs définitions des SIG ont été données. De l’ensemble de ces définitions
découle la fonctionnalité que doit avoir tout SIG:
Acquisition des données
Stockage de l’information
Accès rapide et conditionnel aux informations
Traitement analytique de l’information
Affichage (au sens large) des informations localisées.
- Pour TAMURA & al, (1984) l’objectif d’un SIG est de permettre une utilisation pertinente des
données couvrant une portion de la surface terrestre. 11doit préparer les données pour des traitements
ou des analyses afin de les transformer en information avec pour finalité la production cartographique,
l’analyse spatiale, l’aide à l’expertise.
- La définition donnée par DIDIER (1990) est quelque peu différente car elle fait ressortir le coté
“décisions”. Pour lui un système d’information géographique est un ensemble de données repérées
dans l’espace, structurées de façon à pouvoir extraire commodément des synthèses utiles à la décision.
CANCES,M. (1992) donne une définition qui prend en compte l’ensemble des définitions. Un
SIG est un ensemble constitué de données géographiques, numériques généralement organisées en
base de données, de matériels et de logiciels permettant à une personne physique de gérer
l’information géographique.
L’information géographique peut être définie comme étant une discipline scientifique qui a pour objet
l’étude des phénomènes physiques, biologiques et humains localisés à la surface du globe. C’est cette
localisation qui permet notamment de répondre aux questions posées par les utilisateurs chargés de
gérer un espace (68 CANCES,M. 1995).
L’information géographique se présente sous forme d’une correspondance entre un objet ou un
phénomène décrit plus ou moins complètement par ses attributs (notion de descripteurs sémantiques),
et par sa localisation à la surface terrestre, décrite généralement par des coordonnées (notion de
descripteurs géométriques). Ces descripteurs géométriques peuvent être:
- des coordonnées géographiques qui sont mesurées sur un ellipsoïde de référence (l’ellipsoïde de
CLARKE, 1880 par exemple) et exprimées en latitude et en longitude.
des coordonnées rectangulaires dont la localisation est rapportée à un plan de référence qui
représente l’ellipsoïde au moyen d’une correspondance mathématique, par exemple la prqjection
stéréographique Mercator, Lambert (MTU).
A la notion de descripteurs sémantiques et de descripteurs géométriques s’a-joutent les relations entre
les informations c’est à dire la notion de descripteurs topologiques. Ces notions qui sont en fait les
36
formes d’informations, leurs relations constituent la base conceptuelle des logiciels de SIG.
Il existe une multitude de logiciels de SIG parmi lesquels IDRISSI, ATLAS-GIS, SAVANE
(ORSTOM), PHOENIX, ARC-INFO, ARCVIEW... Dans cette présente étude les logiciels utilisés
sont, ARC-INFO pour la cartographie et l’analyse et ARCVIEW pour analyse.
Trois types de données géographiques constituent les composantes conceptuelles d’un système
d’information géographique qui sont pris en compte dans ARC INFO. Il s’agit des données à
références spatiales, les données à référence non spatiale, et de la dimension temporelle. Les données
à référence spatiale et d’attributs changent souvent indépendamment les unes des autres en rapport
avec le temps. Toutes ces données sont structurées et gérées par des modules.
ARC-INFO est un logiciel de système d’information à référence spatiale (SIRS) qui intègre les
données cartographiques et les fonctions analytiques. De ce fait il a adapté des stratégies diverses
basées sur un modèle de représentation des entités spatiales (modèle vectoriel), et sur des applications
environnementales et socio-économiques. Ce système se compose :
- d’un module central Starter Kit permettant la numérisation, la création cartographique, la création
des tables d’attributs et servant de centre de serveur;
d’un module ARCPLOT pour la création de cartes interactives, l’affichage, la recherche de
graphique et la production de cartes;
d’un module ARCEDIT pour l’édition interactive et la perfection de graphiques qui a pour but
la création et la mise à jour de couverture de carte et la production cartographique finale;
- d’un module NETWORK pour l’acheminement optimal, l’attribution, la division par districts et
l’alliance d’adresse (géocodage);
d’un module DATA CONVERSION pour le transfert entre les couvertures ARUINFO et les
37
formats de grilles ou cellulaires.
Ce système est compatible avec toutes les fonctions du SIRS à savoir l’entrée, l’analyse, la sortie et
la gestion des données.
ARC est l’environnement principal du programme dans ARC INFO. Il possède une vaste quantité
de fonctions dont les conversions de données, la numérisation et l’édition, le repérage d’erreurs, la
vérification d’erreurs, la gestion de l’espace de travail.
TABLES effectue la gestion exhaustive de la base de données relationnelle pour les données
tabulaires relatives aux entités géographiques.
La projection et la transformation des données ont été nécessaires afin de ramener les différentes
couvertures à la même échelle de sortie.
Vingt systèmes de projection peuvent être utilisés parmi lesquels les coordonnées géographiques. Ces
coordonnées ne sont pas en fait une projection, mais un système de référence sphérique s’exprimant
en latitude et en longitude. La numérisation ayant été faite en système table, il a été nécessaire
d’effectuer des transformations pour les ramener en coordonnées géographiques. Cette transformation
a été faite à l’aide de la commande Project. Tous les éléments d’annotation dans la couverture
d’entrée sont aussi projetés dans la couverture de sortie. Ainsi la topologie doit être construite pour
la couverture de sortie non pour celle d’entrée.
En plus de ces types de manipulation ayant pour but d’harmoniser les systèmes de coordonnées, il
a été nécessaire de procéder au choix d’une échelle standard pour toutes les cartes. En effet certaines
cartes au 1/25000 ont été réduites à l’échelle standard choisie (1/50000). De même les cartes
morphopédologiques de la région de Toulougou et Dakonsin au l/lOOOOO ont été agrandies au
1/50000.
Ces transformations bilinéaires sont basées sur la comparaison des coordonnées de la couverture
d’entrée [in caver] avec celles de sortie [out caver]. La commande TRANSFORM utilisée dans ce cas
effectue le calcul pour l’échelle de transformation, la rotation et les déplacements X,Y devant être
appliqués à la couverture de sortie [out caver]. Elle permet également de calculer la valeur efficace
évoquée plus haut.
Le but de tous ces travaux est de servir un document cartographique maniable à souhait et qui servira
de base à des analyses à partir de diverses combinaisons.
42
3.2. Manitmlation et anaivse de données
L’analyse est basée sur des requêtes qui, soigneusement formulées permettent d’obtenir des réponses
à des questions posées. Elle est mathématique et permet d’obtenir des résultats sous forme de
graphiques et de tableaux statistiques. Elle diffère donc de l’interprétation des résultats fait par
l’exploitant de ces données.
Les résultats obtenus grâce aux possibilités des logiciels ARC-INFO et ARCVIEW ont permis de faire
l’état des situations de l’occupation des terres et l’évolution qui en résulte. Cette évolution, est
analysée dans une perspective d’appréciation de la dégradation à partir des données concrets.
43’
DEUXIEMEiPARTIE
Les situations à deux périodes ont été ressorties à partir de l’interprétation des prises de vue
aériennes. Ces photographies de formats 18 x 18cm pour IGN( 1955) et 24 x 24cm pour IGB(1979)
ont été prises dans leur quasi-totalité à la même période de l’année, mi-novembre pour les photo IGB
et mi-novembre début Décembre pour les photo IGN.
Seules les photo du site de Dakonsin datent de 1993; l’écart d’appréciation par rapport aux autres
sites est de 14 ans.
Les totaux pluviométriques à ces deux périodes sont sensiblement identiques. En effet, il est tombé
en 1955, 845,8 mm d’eau en 66 jours, tandis qu’en 1979, les totaux pluviométriques étaient de 888,7
mm, répartis sur 64 jours.
En 1994, ces totaux étaient de 1115,4 mm répartis en 63 jours.
C’est à partir de ces conditions climatiques générales que l’état des sols et du couvert végétal a été
ressorti.
Diverses situations sont observées tant au niveau de l’espace villageois, des parcelles de culture, des
jachères que du couvert végétal.
1.1. Habitat
L’habitat se localise aux abords des cours d’eau et le long des voies de communication. L’espace
occupé par les habitations est très réduit et les concessions sont disposées en petits groupes, dont
l’extension spatiale varient de 100 à 500m pour les plus grands. Cependant, des concessions isolées
existent à moins de 1Km de ces groupes.
Des calculs d’approximation de l’espace occupé par les concessions ont été effectués en déterminant
sur photo les espaces d’habitations et en le rapportant au carré de l’échelle.
En d’autres termes, si s les surfaces des points marquant les concessions, E l’échelle, S la surface
réelle sur terrain; S = S/E*. Dans le cas présent E = 1/50000 ,donc S = s x 500002.
De ces calculs, est déduit l’espace occupé par l’habitat qui est de 18ha pour le site de Toulougou,
45
3ha, pour Mobéga, 25 ha pour Solga et 45 ha pour Dakonsin.
Les mêmes calculs effectués en considérant la taille moyenne des concessions, donnent sensiblement
les mêmes résultats. En effet, en prenant comme taille ‘ïnoyenne des concessions 250 m2 et en le
multipliant par le nombre des concessions, des r&ultats très proches voire identiques sont obtenues.
Cependant ces concessions ne sont pas en masse homogène, mais elles sont disséminées sur les terres
agricoles.
Ces terres viennent immédiatement après les concessions et sont disposées en auréoles. Une première
auréole en contact avec les concessions constituant les champs de case, à la suite des quelles viennent
les champs de brousse et les champs de bas-fond.
Les champs de case sont de teinte plus sombre. Ils occupent également un espace relativement moins
important. Ce sont des terres qui bénéficient d’un apport particulier en fumure animale et en ordures
ménagères. Ils sont consacrés à la culture du maïs et des légumineuses. Dans les zones à forte
concentration humaine, l’ensemble des parcelles’ est regroupé en des espaces assez importants sur
lesquels sont dispersées les concessions. Cette homogénéité est interrompue par endroits par une
_
savane boisée de faible superficie et par de petites jachéxs. Ce cas est surtout perceptible dans la
région de Solga et dans celle de Dakonsin où la majorité de l’espace est occupée par les parcelles de
culture, soit 45 à 69% (cf figures no12 et n”13, pages 47 et 48).
Sur l’ensemble des sites de Solga, Mobéga et Toulougou, le parcellaire est très morcelé avec des
parcelles de dimension très réduite, de moins de 0.5 à 1ha Le plus souvent, ces petites parcelles sont
isolées dans des formations arbustives naturelles et à proximité des jachères (cf figures n” 14 et 15,
pages 52 et 53). Elles présentent des nouveaux champs dans la savane arbustive ou arborée, des
jachères, une reprise timide des terres au repos, ou une exploitation de petites portions de jachères.
Dans l’ensemble les parcelles occupent moins de 50% de l’espace, avec cependant une importante
variation entre les régions. Ainsi de 22.73% à Mobéga, ce taux atteint 68.9 1% à Dakonsin (cffigures
n” 13 et 15, page 48 et 53).
Dans les bas-fonds, très peu de parcelles sont c~ultivées. Cependant sur le site de Dakonsin, les
parcelles s’étendent jusque dans Ic lit du cours d’eau; Su[-les autres sites, ils s.c:[Link]-toLlt aux
46
abords. Dans les 2 cas, ces parcelles se présentent en teinte très vive sur les photos. Cette teinte vive
est liée soit à la nature argilo-sableuse des sols dont la réflectivité est très importante soit à un
lessivage très intense (cas le plus fréquent).
La taille moyenne des parcelles est de 0.4 à 0.6 ha pour les champs de case et 1.5 à 2.5 ha pour les
champs de brousse. Cependant, ces moyennes sont à nuancer car elles ne reflètent pas les possessions
d’une concession. En effet, les chefs de famille peuvent avoir plusieurs champs dispersés ou en
jachère.
1.2.2. Jachères
Les jachères sont des parcelles de culture qui ont été laissées au repos pour permettre une
reconstitution du sol. Ils sont de deux types : les jachères partielles et les jachères totales.
- Les jachères totales sont des terres laissées au repos sans aucune forme d’exploitation sur le plan
agricole sur lesquelles peuvent paître les animaux.
- Les jachères partielles sont des terres laissés au repos et sur lesquelles cependant de petites portions
(0.2 à 0.4 ha) sont toujours cultivés probablement par les femmes ou par certains paysans moins nantis
avec ou sans accord du propriétaire.
Il existe également un deuxième type de jachère partielle sur lesquelles de petites portions de
parcelles cultivées sont laissés au repos. Dans ce dernier cas, ces petites parcelles sont de teinte
beaucoup plus sombre noyées dans une masse de parcelles de culture.
Ces deux formes de jachère sont assez ressentes. Les jachères anciennes sont en teinte plus sombre
et peuvent être facilement confondues à une savane arbustive, avec cependant des Iimites
géométriques visibles.
Les jachères représentant en moyenne 5 à 8% de l’espace, sont le plus souvent des zones où les
formations sont souvent en pleine régénération.
49
1.3. Formations “naturelles”
1.3.1. Formations ripicoles
Ces formations se développent dans les bas-fonds et le long des cours d’eau. Elles occupent 4 à 16%
de l’ensemble de l’espace avec des nuances en fonction des régions. Elles sont très denses dans la
région de Solga et de Mobéga et présentent des taux de recouvrement du sol qui varient entre 50 et
80% (cf figure no15 page 53). Cependant par endroits, il existe des portions
relativement dégradées dont le taux de recouvrement en ligneux n’excède guère 40%.
Les espèces arbustives sont surtout Diospyros mespilijkmis, Tamarindus indica (Tamarinier)
Acacia albiah, Anogeissus leiocarpus, Celtis integrifolia.
Sur les sites de Toulougou et Dakonsin, ces formations sont nettement moins présentes. Aux
voisinages de ces formations à dominante arbustive, se développent des formations boisées et des
formations arborées.
Deux types de savanes boisées peuvent être distingués selon leur position.
- Les bois volontairement conservés par les populations et entourés de parcelles de culture au
voisinage des concessions. Quelques concessions isolées sont localisées juste aux abords ou à
l’intérieur de certains bois, ce qui laisse présager de leur dégradation.
- Les bosquets et les fourrés au voisinage des cours d’eau ou à l’intérieur des savanes arbustives ou
arborées. Ils se caractérisent surtout par une concentration d’arbres et d’arbustes et par un taux de
recouvrement ligneux du sol compris entre 40 et 50 % voire 60 %. Ces formations sont dans leur
majorité disséminées en petites portions.
C’est une végétation à strate hétérogène composée de deux niveaux. Un premier niveau dominant
constitué par les arbres et un deuxième niveau en dessous du premier formé par les arbustes. La strate
herbeuse est très discontinue.
Les arbres présentent un excellent port et des cimes larges. Cette savane arborée est moins dense que
la savane boisée et le taux de recouvrement moyen en ligneux du sol est de 25-30% voire 35-40% à
50
certains endroits. Cette savane est surtout importante dans la région de Solga, de Toulougou et de
Mobéga, tandis qu’elle est quasi-inexistante dans la région de Dakonsin. A l’intérieur de cette savane,
quelques parcelles de culture de petites tailles disséminées constituent des prémices à une exploitation
à plus grande échelle. Elles présentent du reste des parties beaucoup plus clairsemées à dominante
arbustive dues probablement à une action anthropique (coupe du bois, action du bétail etc...), cf
figures n” 12 et n” 14 pages 47 et 52
Organisée en une strate, cette savane occupe beaucoup plus d’espace. Elle présente également des
prémices de dégradation. En effet, située le plus souvent à l’extrémité des champs, l’extension de ces
derniers se fait progressivement à ses dépens. Elles se présentent en teinte sombre et sont très bien
couvertes par les arbustes et les formations herbeuses. Cependant de petites portions relativement
dénudées sont présentes par endroits.
La savane dégradée est une portion où les formations ligneuses éparses ont un très mauvais port. Ce
type de savane se localise surtout aux abords des cours d’eau et le long des pistes de bétail, où les
formations herbeuses sont moins importantes. Elle est le résultat de l’action de l’homme à certains
endroits et de celle du bétail sur les pistes et aux abords des cours d’eau. Ces zones dégradées sont
beaucoup plus présentes dans la région de Solga. C’est également dans cette région que s’observe le
plus de sols nus.
Sur les sols nus ou “zipeelé” ne se développe presque pas de végétation, les arbustes qui s’y trouvent
sont le plus souvent desséchés, et les herbes quasi inexistantes.
La situation en 1955 est résumée sous forme de tableau donnant les proportions de l’occupation des
terres de chaque site.
Ce tableau fait ressortir le pourcentage des différents éléments qui ont été cartographiés. Ces chiffres
serviront de base à une comparaison ultérieure. En effet, le milieu n’étant pas une entité figée, les
phénomènes de dégradation seront analysés à travers l’évolution des différentes formations. C’est
pourquoi un deuxième état relativement plus récent était nécessaire.
51
SAVANE ARBOREE (SA) 31.04 2220.34 32.26 2307.04 6.96 831.01 1.16 92.22
I
SAVANE ARBUSTIVE (Sa) 13.54 968.42 19.72 1410.56 17.85 2130.78 4.40 350.24
SAVANE HERBEUSE (SH) 2.27 162.44 1.95 139.19 0.06 7.46 0.63
Il aurait été plus intéressant de disposer de photo beaucoup plus récentes car les phénomènes évoluent
tellement vite qu’en quinze ans beaucoup de changements peuvent intervenir. Cependant, au-delà de
ce handicap, ces photo donnent des indications très précieuses sur la situation qui prévalait en 1979.
Les éléments cartographiés peuvent être regroupés en trois grandes unités:
- l’habitat
- les formations anthropisées
- les formations naturelles
2.1. L’Habitat
L’habitat est localisé à proximité des cours d’eau et le long des voies de communication. C’est un
habitat semi-groupé disséminées dans tout l’espace.
Elles occupent une grande portion de l’espace. De teinte gris-blanc à gris-sombre, ces parcelles
occupent par endroits le lit majeur des cours d’eau (cf figures n”18, 19, page 61 et 62).
Elles sont disposées en auréoles autour des concessions ( cf figures n” 16 et 17 pages, 5’/ et 58).
Elles occupent dans la région de Toulougou 45.19% de l’espace, 32.5 1% à Mobéga où sont pratiquées
des cultures de bas-fonds.
Dans les régions de Solga et Dakonsin, les zones de culture représentent respectivement 56.45 et
69.40%.
Dans la région de Dakonsin, les cultures s’étendent des concessions aux collines en passant par les
bas-fond.
Sur les champs de case, se pratique une association de cultures. Les champs de brousse sont consacrés
à la culture de céréales telles que le sorgho et le petit mil. Les nouveaux champs, sont le plus souvent
consacrés à la culture de vouandzou. Sur les sols dégradés et les sols gravillonnaires se pratique la
culture de l’arachide en monoculture ou en association des céréales et les légumineuses. En prenant en
55
compte ces catégories de champs 95% des champs sont consacrés aux cultures de petit mil et de sorgho.
Certains champs de bas-fonds sont également consacrés à ce type de culture et à la riziculture.
D’une manière générale, les parcelles sont agglutinées les unes aux autres; cependant quelques parcelles
isolées existent. Elle correspondent à de nouveaux défrichements ou à des jachères.
2.2.2. Jachères
Elles sont difficiles à identifier du fait de l’absence de jachères récentes. Les plus récentes sont des
jachères partielles. Les jachères identifiées sont très anciennes et à certains endroits il est impossible
de les distinguer avec certitude de la savane arbustive..
L’ensemble de ces jachères est en proportion relativement faible (5%) sauf dans la région de Solga
où elles atteignent 8%. Sur ces terres se développe une végétation éparse .
-.
58
Elles orat ktt! dans leurs majorité dégradées, soit détruites en parties, soit occupées par des parf*c!ies
de. culture. I:ln cl’tel, I ‘cxtcnsion tics cultures de bas-l’ond s’est faite A leur dépens. (k~?~ll~l;iil~.
qwlq~~cs I)ortirms s~il~sistmt lc long des cours tl’cau dans !es régions de SOI~~ et Molkga (cf fi;::;;-es
(lette formations est quasi inexistante et celle qui peut Ctre qualifiée de savane boisée est II!I~ :‘.me
de rchoisc~~lkwt massi I‘ (I‘Er~c~tr/)~~)n/.\~c:c/ltrt//t/,llil7,vi.\. et rl’Anclr:c/,-flrritn oc:cic/cJnroli.r à la périphii-rie. rl~
(kmiigliiti. l..;~ S;~~;~I~ChoisCe naturelle a étk totaleinent détruite 011 tlégrad~e en savane arbort? <)II
;~t.l~risliv~~
La savane arborée est prt3ente dans la région de Solga et de Toulougou oil elle occupe 2 *t’% ri::
l’espace. F,lie [Link] surtout localisée à proximité du cours d’eau Dougoula-Mondi. IX ~;II.;>: II~.?
recwvrcnwnt lignwx ~I\I sol peu &re estimé à XI-40% .Y 11 s’agit probablenmt de fornu;;cms.
boistks tl~gr~lées. (ktte formation arborée se développe égalemelil le long des vtG~:s f’c
com~l~~~~lic;~tio~1. I>ans cc dernier cas, il s’agit de grands arbres Khytr .[Link].r planl:i’~ .ILI
moment titi tracé de ces voies pendant la période coloniale.
Ces foriutions :lrhorCcs subissent de plus en plus des mutations physionomiques vers des fot,I:ies
arl~~lstives.
59
digitata sont présentes. Cette savane n’a pas une extension homogène, elle est interrompue par
endroits par de petites zones dégradées.
Les zones dégradées les plus importantes se localisent dans les régions de Solga et Mobéga. Les pôles
de dégradation sont les pistes à bétail, les zones de stationnement temporaire du bétail et les abords
des cours d’eau. Dans la région de Toulougou ce phénomène est également visible au Nord (cf figure
n”16, 17, 18, pages 56, 57 et 61).
Ces zones dégradées peuvent aller jusqu’à la dénudation par endroits, sous l’action combinée de
l’homme et du climat. Elles laissent apparaître de petites portions dénudées dont l’évolution est très
rapide. Ce sont des prémices à une dénudation totale par une destruction massive du couvert végétal.
Le nombre moyen de ces petites zones dénudées est de l’ordre de 16 à 20 et leur superficie totale
atteind 1700-2000 m*/km*. Au delà de la faiblesse des pourcentages des sol nu, leur importance
apparaît lorsque les superficies sont considérées.
Ces phénomènes observés ont été traduits sous forme de tableau ( cf tableau II page 60) prenant en
compte les paramètres cartographiés, qui sont le résultat de certains faits ou phénomènes qui évoluent
tant dans le temps que dans l’espace. Ce tableau prend également en compte l’importance des faits
observés par rapport à l’ensemble de l’espace et les surfaces concernées. Le constat suivant peut être
fait :
une prédominance des parcelles de cultures qui occupent la quasi totalité de l’espace
cultivable.
une faiblesse des terres en jachères
des superficies importantes de terres nues et de zones dégradées.
60
FORMATIONS RIPICOLES 2.41 172.78 6.56 469.03 10.74 1281.73 4.32 344
SAVANE ARBOREE (SA) 5.32 380.21 25.16 1799.75 12.10 1445.08 2.31 183.55
SAVANE ARBUSTIVE 7.33 523.99 22.42 1606.98 7.90 941.55 7.21 573.59
(Sa)
SAVANE HERBEUSE 6.93 495.60 0 9.73 46.67
(SH)
SA DEGRADEE 2.33 166.57 1.09 77.71 4.02 480.10 0.33 26.57
Sa FORTEMENT DEGRADEE 0.29 20.82 1.16 83.37 1.52 181.65 0.77 61.73
La dégradation des sols et celle du couvert végétal sont intimement liées. EIles sont à mettre
en relation avec certaines situations qui peuvent les favoriser ou les nuancer. Ainsi les facteurs
de dégradation s’imbriquent dans des modes de relations complexes qu’il faut prendre en
compte. Il y a les facteurs simples de dégradation et les facteurs agents qui interviennent de
façon passive ou active dans les processus de dégradation. Tous ces facteurs-seront abordés à
travers une analyse quantitative et qualitative des phénomènes de dégradation.
1. ANALYSE QUANTITATIVE
L’analyse quantitative de l’évolution fait ressortir une extension des zones de culture et une
relative dégradation du couvert végétal. Cet état de fait lié à l’accroissement de la pression
démographique a servi de base à une quantitïcation de l’évolution de l’occupation agricole des
terres, du couvert végétal et de la population.
L’espace agricole de 1955 à 1979 s’est diversement étendu dans la Province. Cette extension
s’est faite en auréoles autour des grandes zones de culture, et des petits groupes de champs
isolés. Les parcelles de culture s’imbriquent de façon continue en de grands ensembles de 15
à 800 ha.
L’espace consacré aux cultures a connu diverses évolutions selon les sites. Les fortes
évolutions concernent la région de Solga, 1900.08ha soit 79.17ha/an (cf figure no22 page 69).
Les régions de Toulougou et Mobéga ont connu respectivement des évolutions de l’ordre de
927.18ha et 579.07, soit 40.80 et 24.13ha/an (cf tableau III page 68).
Dans région de Dakonsin l’évolution prise en compte s’étale de la période de 1955 à 1993; elle
n’a pas connu de grands changements du fait de la forte proportion des zones de culture en
1955.
La proportion des terres en jachère pour l’ensemble des sites s’est fortement réduite passant
de 5.84 à 1.94% pour Solga, 8.87 à 5.84% dans la région de Toulougou (cf figures no22 et 20,
pages 69 et 65) 5.42 à 2.90% et 4.15 à 0.44 respectivement dans les régions de Mobéga et
Dakonsin (cf figures n” 21 et 23, pages 66 et 70).
Ces différentes évolutions cartographiées (cf figure n”20, 2 1, 22, 23 ) doivent être nuancées
64
car en plus de l’extension des cultures, nous notons une forte mobilité des champs liée aux
méthodes culturales. Ainsi l’agriculture itinérante sur brûlis est très remarquable de 1955 à 1979
sur les trois sites et de 1955 à 1993 pour le site de Dakonsin. Elle se traduit spatialement par
l’existence d’anciennes parcelles de culture abandonnées en nombre assez important.
Les parcelles cultivées en 1955 et en 1979 sont en proportion importante surtout dans les
régions de Dakonsin et Solga (cf figure n” 22 et 23, pages 70 et 71).
Cette même analyse permet de noter que’ la jachère n’était pas pratiquée dans la majorité des
cas comme une méthode culturale de régénération des terres. Cette affirmation trouve sa raison
dans la faible proportion des reprises de jachères. Cependant les reprises de jachères sont en
proportion importante dans la région de Dakonsin. Les vastes zones de jachère ont disparu
laissant place à de toutes petites. Ainsi les jachères liées à une exploitation irrationnelle de
l’espace en 1955, ont été substituées par des formes de jachères ayant beaucoup plus un soucis
de permettre une régénération des sols, pour une exploitation à brève échéance.
67
1.2. Evolution du couvert végétal
Le couvert végétal à connu une forte dégradation entre 1955 et 1979. Les formations boisées
en faible proportion déjà en 1955 ont dans leur quasi-totalité disparu. Ainsi de 306.12ha et
3 10.12 en 1955 respectivement dans les régions de Solga et de Mobéga, ces formations ne
représentaient plus que 15.52 et 48.5 lha en 1979 soit une dégradation annuelle de l’ordre de
12.11 et 10.90ha. Dans la région de Toulougou ces formations identifiées en 1955 ont disparu
en 1979. Dans la région de Dakonsin l’évolution des formations boisées a été plutôt
progressive. Les formations naturelles très peu présentes en 1955 ont été remplacées par des
vergers dans les bas-fonds et par des zones de reboisement intensif.
Dans l’ensemble les formations boisées ont été dégradées en savane arborée et en savane
arbustive. La pratique paysanne, qui consiste à maintenir les arbres au détriment des arbustes,
s’est traduite dans certaines régions par une extension des formations arborées. C’est le cas par
exemple dans la région de Solga où ces formations sont passées de 83 [Link] ha en 1955 à
1445.08ha en 1979. Cependant à Toulougou et Mobéga la pratique a été tout autre, entraînant
une réduction des formations arborées respectivement de 3 1.04 à 5.32% et de 32.26 à 25.16%,
soit des évolutions annuelles de l’ordre de 76.66ha et 21.14ha.
La savane arborée, qu’elle résulte d’une dégradation des formations boisées ou d’une évolution
sélective des formations arbustives présente également des zones de dégradation.
Les formations arbustives connaissent une dégradation de l’ordre de 18 à 50ha/an. Cette
évolution régressive s’est traduite par la mise en place de zones dégradées et de zones fortement
dégradées.
La savane arbustive dégradée a connu une évolution très rapide dans la région de Toulougou
passant de 170.22ha en 1955 à 1183.6ha en 1979 soit 42.23%/an (cf tableau III page 68).
Les formations arbustives fortement dégradées sont des zones dénudées où la concentration des
arbustes est très lâche, les arbustes ayant le plus souvent un mauvais port. Ces formations
correspondent le plus souvent à des zones de stationnement et aux voisinages des pistes de
bétail. Elles ont connu une évolution relativement importante dans la région de Solga
(5,53ha/an), tandis que dans les autres régions est notée une régression de ces zones liée
probablement à un déplacement des activités vers des régions disposant de plus d’espace et de
plus d’eau. Dans certains cas ces formations ont été totalement dégradées.
Les sols nus connaissent une évolution de l’ordre de 1 à 3ha/an. Situés le plus souvent en
bordure de cours d’eau, ils sont liés à une action combinée de l’homme et du climat.
Tableau III : Evolution des terres de 1955 à 1979 ou 1993.
REGION TOULOUGOU 1955 à MOBEGA 1955 à 1979 SOLGA 1955 à 1979 DAKONSIN 1955 à 1993
EVOLUTION 1994
ha ha/an ha ha/an ha ha/an ha ha/an
ZONE DE CULTURE 927.18 40.80 579.07 24.13 1900.08 79.17
JACHERE -~Y
-216.34 I l 180.2 I I -465.57 I -295.12 I
FORMATIONS RIPICOLES -154.58 6.44 -189.09 7.87 -671.31 27.97 568.72 I
BOIS,BOSQUETS -55.89 -261.61 10.90 -290.6 12.11 -19.04 I
SAVANE ARBOREE (SA) -1839.79 76.66 -507.29 21.14 614.07 91.33 I
SAVANE ARBUSTIVE -444.43 18.52 196.42 -1189.23 49.55 223.35 I
SAVANE HERBEUSE 333.16 139.19 2.27 3.66 I
SA DEGRADEE
Sa DEGRADEE
Sa FORTEMENT
26.34
1013.43
308.71
1.10
42.23
77.71
201.98
58.05
3.24
8.41
380.25
252.29
132.66
15.84
10.51
5.53
2%-t--
52.70
DEGRADEE
SOL Nu 3.15 32.80 1.37
Source : A.S. DA, nov 1993
--
.i
71
AU total les projections sur l’état de l’occupation des terres en 1995 permettent de noter une évolution
régressive du couvert végétal et une extension incontrôlée des zones de culture, les populations ayant de
PIUS en plus besoin d’espace pour leur survie. La pression qui s’exerce sur les terres est plus liée a une forte
croissance de la population qu’à une intensification de l’agriculture.
L’évolution de la population a été analysée à partir des chiffres résultant de deux estimations sur
certains villages. Le recensement de 1985 et les enquêtes démographiques INSD de 1994, les
estimations PPI, et celles de l’UPGO-Kouritenga (pour le Village de Dakonsin).
La différence considérable qui peut exister entre les estimations est plus liée aux
considérations des limites des villages qu’a des différences réelles.
En considérant le “recensement” de la population mené par le PPI en 1994, l’évolution de 1975
à 1994 par village est la suivante :
Mogéba : la croissance de la population est de 8 1.2% soit une augmentation moyenne
de 34.6% tous les dix ans.
Solga : L’évolution de la population est de 296.4% soit un accroissement de 99% tous
les dix ans.
Toulougou : 24.5%, soit une évolution de 11.6% tous les dix ans.
Kampelzezougou : 428.6% soit une évolution moyenne sur dix ans de 129,9%.
Dakonsin : 56.80 sur lOans, soit de 1985 à 1994.
Tableau IV : Evolution de la population de quelques villages
ZOURGOU
L’analyse de ces chiffres permet de constater que certains villages comme Solga, Kamp&ézougou sont
2. ANALY SE QUALITATIVE
2.1. Climat
Sur le plan agricole les études de I’ICRISAT, 1987 ont permis de subdiviser la saison humide en trois
périodes prenant comme base la probabilité de recevoir 10 mm de pluies pendant deux décades. Ainsi
quatre périodes ont été déterminées :
73
- Une période préhumide et une période post-humide pour lesquelles les probabilités se situent entre
16 et 45%.
Une période pluvieuse pour laquelle les probabilités sont supérieures à 46%
Une période sèche durant laquelle les probabilités sont inférieures à 16%.
Ce découpage a permis de déterminer la répartition saisonnière de 1920 à 1984 ci-dessous.
La période humide dure 130 jours (P>ETP) et la période végétative 150 à 170 jours. L’humidité relative
moyenne varie de 59 à 96% de 0 heure à 6 heures et de 3 1 à 70% à 12 heures, en période humide.
L’humidité relative moyenne est de 70% tandis que l’humidité relative minimale moyenne est de 32%.
L’évapotranspiration potentielle déterminée par la méthode de PENMAN pour les périodes d’Avri1 à
Octobre sur 5 ans (1980 à 1984) laisse apparaître une variation de 197 mm en Avril à 139 mm en Août.
Cette évaporation élevée est liée aux fortes températures et à l’intensité de l’insolation,
Les données de la température sont très aléatoires du fait de la référence qui est faite à la station de
Tenkodogo assez distante de Koupéla et surtout plus au Sud. Néanmoins globalement la température
moyenne annuelle est très élevée (33”~). En saison pluvieuse elle chute à 29”~. La durée de l’insolation
mesurée à l’héliographe Cambelle Cussela est de l’ordre de 3.200 heures par an (ICRISAT, 1987). La
durée journalière baisse entre Juillet et Août. L’insolation moyenne par jour est donc de 9 heures soit
36.5% de la durée d’un jour. Cette comparaison, ramenée à la durée diurne qui est de 12 heures,
l’insolation représente 75% ce qui est relativement très important surtout lorsque nous prenons en compte
la faiblesse de la couverture végétale. Cette insolation accentue 1’ETP et l’évaporation des eaux. Ainsi
l’eau à la surface du sol s’évapore très rapidement favorisant parfois l’action future de la déflation
éolienne.
74
2.1.3. Vents
Les données provenant de la station de Tenkodogo montrent que les vitesses mensuelles les plus élevées
sont enregistrées au mois de Mai - Juin. Or cette période correspond au début de la saison pluvieuse
durant laquelle le sol est sec.
Depuis 1976 nous notons une baisse de la vitesse des vents. La vitesse la plus élevée enregistrée à cette
station, est de 3.6 m/s en 1969 et la plus basse de 2.2 m/s en 1987. La vitesse moyenne des vents varie
entre 0.7 et 2.2 m/s.
L’action érosive du vent se manifeste surtout en saison sèche, mais aussi en saison pluvieuse durant
laquelle elle est favorisée par les longues périodes de ressuyage liées à l’irrégularité des pluies.
Les pluies sont irrégulières aussi bien dans le temps que dans l’espace. Les totaux pluviom&riques
montrent des fluctuations très importantes de 1925 à 1994. La moyenne donne dans une certaine mesure
une idée de l’importance de cette variation. D’une manière générale la tendance des pluies est a la baisse.
Plusieurs périodes ont été déterminées entre 1925 et 1994 :
- Des périodes déficitaires de 1970 à 1975 et de 1982 à 1986.
- Des périodes durant lesquels les déficits et les excédents s’équilibrent avec cependant de fortes
variations, de 1925 à 1934, de 1944 à 1960 et de 1987 à 1990.
- Des périodes excédentaires 1935 à 1943, 1961 à 1970, 1976 à 1981, 1991 à 1994
Le minimum enregistré à cette station est de 500.0 mm en 1926, tandis que le maximum est de 1115.8
mm en 1994 (cf figure no24 page 76).
Malgré cette baisse, la tendance générale de l’évolution du nombre de jours de pluies est relativement
constante. Cependant elle reste influencée par la variation des hauteurs d’eau de pluies annuelles. Ainsi
il ressort de l’analyse des différentes évolutions qu’une baisse de la pluviométrie se traduit par une
réduction du nombre de jours de pluie. Le minimum de nombre de jours de pluies qui est de 38 jours
correspond a la plus faible quantité pluviométrique enregistrée en 1926. De 1949 à 1969 la répartition
du nombre de jours de pluie est supérieure à la moyenne, tandis que de 198 1 à 1988 elle y est inférieure.
Cependant, globalement, les moyennes mobiles montrent une tendance à la baisse depuis 1984.
b ,L’
‘P (mm) -75
STATION DE KOUPELA
1200 EVOLUTION INTER-ANNUELLE DES HAUTEURS D’EAU
I .-.
-
1
--
Hauteur d’eau
I,
, -- Moyennes mobiles
STATION DE KOUPELA
Jours NOMBRE DE JOURS DE PLUIES PAR AN
SO
A
-.
1
1 -.
Jours de pluies . _Moyennes mobiles
Fig 24
76
2.1.5. Agressivité climatique
L’agressivité Climatique est Surtout traduite par les précipitations. Cette agressivité dépend plus de
l’intensité que de la hauteur des pluies. En effet une même quantité d’eau qui tombe en 4 heures ou en
50 mn n’a pas la même action érosive sur les sols. Cependant l’absence de données sur l’intensité des
pluies nous contraint à baser notre réflexion sur les hauteurs de pluies unitaires, Ces hauteurs seront
analysées à partir d’indices classiques qui sont très intéressants, compares a ceux d’autres stations, Trois
indices ont été pris en compte à savoir:
les pluies de 10 mn, quasi inactives
les pluies de 10 à 20 mm, faibles à moyennement actives
les pluies supérieures à 20 mm, averses violentes (14-DA,D.E.C, 1984).
En fonction de ces indices 1/3 des pluies dans la province sont des averses qui sont théoriquement plus
agressives. En effet les gouttes de ces pluies ont une vitesse cinétique très élevée et elles tombent
accompagnées de vents violents. Ces averses sont relativement importantes comparées à celles de régions
beaucoup plus arrosées telles que Gaoua ou elles représentent 1/5 des pluies (14-DA,D.E.C.,1984).
L’analyse de la pluviométrie journalière de cinq années types (Cf figure no25 page 79) laisse apparaître
une concentration des pluies en Août. Les pluies de 1963 font ressortir :
en Juillet, 78 mm d’eau en 3 jours ( du 20 au 22)
- en Août, 198 mm du 3 au 14 avec 9 jours effectifs de pluies et une pluie de 107.6 mm le 5, soit en un
jour 38.46% des pluies du mois d’Août et 11.80% des pluies annuelles.
La pluviométrie exceptionnelle de 1994 s’est traduite en Août par 7 jours consécutifs de pluies. Les 24
et 25 Août il est tombé respectivement 78.8 mm et 101.7 mm d’eau soit en 2jours 45.52% des pluies
du mois et 16.18% des pluies de l’année.
Les pluies d’A&, tombant sur un sol bien couvert, l’impact des gouttes sur les surface est relativement
faible. Cependant il faut noter que c’est à cette période que le ravinement est accentué, le deuxième
sarclage intervenant en ce moment; les parcelles de cultures sont très sensibles à l’action des eaux de
pluie. sous végétation “naturelle” le ruissellement est le plus souvent sans grand dommage pour les Sols.
En plus de ces indices, d’autres non moins classiques ont été analysés.
L’indice moyen de Fournier à cette station calculé de 1925 à 1994 est de 99. Cet indice peu significatif
devient très intéressant lorsqu’il est comparé avec celui d’une autre station, Ainsi l’indice moyen est de
76 à Kaya, 78.5 à Ouagadougou, 71.4 à Pô (39- MIETTON,M., 1984) ce qui laisse percevoir d’une
manière générale une très mauvaise répartition des pluies dans la province du Kouritenga qui aura des
conséquences certaines sur la dégradation des terres.
Cet indice moyen masque une certaine réalité liée à une variabilité très importante, allant de 187.2 en
1942 à 31.7 en 1968.
La répartition moyenne des pluies par mois de 1925 à 1993 et de 1984 à 1993 laisse apparaître une
relative augmentation des pluies précoces au mois de mars sur la période de 1984 à 1993 (cf tableau VI).
Mois J F M A M J JT A S 0 N D
Moyenne
PM 0.7 1.3 7.4 23.9 74.4 110. 169. 239. 142. 33.6 2.6 0.2
3 6 2 9
2 2
ourct! . c- xx*
: na. UA, 4nnr
IYY~
L’indice le plus significatif est celui des Américains WISCHMJZIER et SMITH. Cet indice est
la somme des produits de l’énergie cinétique des pluies unitaires d'une année par leur intensité
78
maximum exprimée en mm/heure durant 30 mn.
1
R=
1735,6
où
E = énergie unitaire par tranche d’intensité homogène
AP = hauteur de pluie correspondante
130 = intensité maximale en 30 mm
1735,6 = coefficient de conversion des unités américaines (USA) en système métrique.
Cet indice a été simplifié à partir des travaux de Galabert et Millogo au Burkina Faso et au
Niger, qui ont mis en place un indice R’ proche de R.
(1,5884xPxl,,)
R= -1,24
100
D’une manière générale l’agressivité climatique est élevée au Burkina Faso. L’indice de
WISCHMEIER est sensiblement le même au Burkina qu’aux USA soit respectivement 200 à
650 et 150 à 650. Les stations de Mogtédo et de Fada plus proches de la Province du
Kouritenga laissent percevoir des indices de l’ordre respectivement de 256 à 467 et de 301 à
526 (65-ROOSE,E., 1975).
Cet indice même s’il prend en compte le maximum de paramètres de pluie, présente également
quelques insuffisances liées à la répétitivité des pluies. En effet les travaux menés par
PETIT,M., 1990 à Madagascar ont permis de constater que deux averses identiques en durée
et en intensité ne produisent pas les mêmes effets sur un sol déjà trempé et sur un sol sec. L’état
du sol modifie donc considérablement le coefficient de ruissellement et l’action érosive des
gouttes de pluies sur le sol.
La répétitivité des pluies est à prendre en compte. La notion d’intensité est très importante
mais elle est relative à l’état du sol (50-PETIT,M., 1990).
En plus de l’action du climat facteur et agent, certains interviennent soit pour catalyser cette
action soit pour la réduire.
il --.Eig 25 Pluies quotidiennes de cinq années types
1926 (Pluviometrie très déficitaire)
Il
60
60
a-
.
80
2.2. Architecture du couvert végétal
Le couvert végétal joue un rôle très important au niveau du sol. 11 intervient aussi bien dans
l’atténuation de l’effet splash, du ruissellement, de l’insolation que dans l’enrichissement du sol. La
stratification du couvert végétal influe fortement son action ami-érosive. Cette stratification est à trois
niveaux; les deux premiers constitués par les ligneux (arbres et arbustes), tandis que le troisième l’est
par les herbacées (herbes et cultures).
La strate ligneuse est constituée par les deux niveaux, une strate ligneuse haute et une strate ligneuse
basse. Dans l’ensemble des régions de la province elle est très peu développée. Le taux de couverture
du sol en ligneux est très faible, de l’ordre de 2 à 5% sur les parcelles de culture et de 10 à 15% sous
végétation naturelle. Au voisinage des cours d’eau il peut atteindre 30 voire 40%, dans les régions
de Solga et Mobéga. 11 est constitué surtout par Butyrospernum parkii, et Lannea nzicrocarpa
(raisinier sauvage). Aux abords des cours d’eau, il est surtout constitué de Ce&s integrzjdia,
Diospyros n~espikjbrnzis. L’Etat de la strate ligneuse est satisfaisant par endroits, les arbres ayant un
bon port, tandis qu’à d’autres il est en piteux état. Certaines espèces à feuilles caduques, n’ont une
protection efficace qu’une partie de l’année. En pleine saison sèche ils perdent l’ensemble ou une
grande partie de leur masse foliaire. La strate ligneuse est la première protection du sol contre les
gouttes de pluies. Plus la masse foliaire est homogène et plus elle est efficace.
La faiblesse du recouvrement, la nature caduque des feuilles, soumettent les terres à une insolation
très rude qui inhibe ou ralentit ainsi l’activité biologique au niveau de leur partie superficielle.
La strate herbacée correspond sensiblement à l’ensemble des formes et des formations végétales
herbacées aériennes. D’une manière générale cette strate est très fournie dans la province avec un taux
de recouvrement atteignant généralement 60 à 80% sous végétation naturelle, et 2 à 10% aux
alentours des pistes de bétail et de certains sols nus. Cependant, compte tenu de la nature éphémère
des herbacées, de la ponction qui est effectuée par les hommes, le bétail et l’action du feu, cette strate
est très vite détruit. Sa protection sur les sols n’est efficace qu’en pleine et en fin de la saison
pluvieuse. Il est constitué par A~dropogor~ .ga)~ams, Lodetia fogoemis, Pemisetm~ peu’iice//utrnn.
En saison pluvieuse la strate herbacée constitue une protection efficace contre le décapage pelliculaire.
81
Sur les parcelles de culture cette strate est constituée principalement par le sorgho, petit mil, arachide,
haricot. Ces cultures réduisent considérablement l’action directe des gouttes de pluies sur les sols;
cependant ils n’empêchent pas le ruissellement. Les cultures de légumineuses constituent une
meilleure protection du sol. L’élagage très fréquent de ces plants par les cultivateurs, ou par des
éleveurs pour l’alimentation du bétail, a pour conséquence de réduire la protection du sol surtout au
mois de Septembre.
Les différents états de l’architecture du couvert végétal dans la province ont été ressortis sous forme
graphique. Cet état a été fait à partir des levées effectuées sur des parcelles de dimension 25 x 25 m
et de 25 x 10 m. Les résultats obtenus, sont fortement liés à l’action de l’homme et ne souffrent
d’aucun commentaire (cf figures no26 et 27, page 82 et 83).
L’intervention de 1’Homme dans l’écosystème doit être évaluée dans une perspective systémique.
C’est à dire l’étude des interactions, très difficile à mener compte tenu de l’implication d’une
multitude de facteurs. L’intervention de 1’Homme dans les écosystèmes dans la Province a surtout
contribué à les dégrader. L’homme intervient soit directement ou indirectement sur les sols.
L’intervention directe se fait par l’intermédiaire des cultures, la coupe du bois tandis que
l’intervention indirecte concerne les feux, et les pâturages.
Iv
III
III
II
---
20 40 60 80 100% 't0 h0 '60 80 '100%
V
CHAMPS DE BROUSSE
IV
1 : O-50cm
III
II : 50-200cm
III : 2.7 m
II ! Il
IV : 8-16m
V : 16m et plus
1 1
-1-1
20 40 60 80 100% 20 ~i0 60 BO 100% 20 5c7ac ‘100% A. S. DA 1996
ARCHITECTURE DU COUVERT VEGETAL (OCTOBRE NOVEMBRE 1995)
FORMATION RIPICOLES
- DAKONSIN MOBEGA
SOLGA TOULOUGOU
v V
III
II
1 ‘-
--~~_~~ _~ T---r 1 l i
20 40 60 80 100% 20 40 bo SO iloo%, 20 40 60 ‘SO 100% 20 40 60 80 100%
IV
1 : O-50cm
II : 50-200cm III
1x1 : 2-7 m
IV : 8-16m
V : 16m et plus
L.-,- --~--i--- /
20 40 60 80 100% 40 140 ‘a0 180 ‘100%’ A. S. DA 1996
84
Les feux de brousse sont un des facteurs de dégradation des terres et du couvert végétal. L’origine
des feux est multiple. Elle peut être accidentelle, naturelle ou intentionnelle. 11 est peu probable que
les feux naturels aient une action importante car ils sont le plus souvent lies a la foudre, Or a cette
période l’herbe est généralement verte. Mais au delà des polémiques qui peuvent naître sur l’origine
des feux, c’est surtout leurs actions destructives qui doivent être considérées. Après le passage d’un
feu la nature présente un aspect désolant, la strate herbacée est totalement détruite seules les souches
demeurent. Les arbustes, les plus touchés, présentent un feuillage précocement rougi. Dans certaines
zones, les arbres présentent un si mauvais port qu’ils ne peuvent résister aux feux. Mais d’une manière
générale la discontinuité, la faiblesse ou même l’absence d’herbes sous les arbres les préservent de
ces feux. A la surface du sol le passage du feu entraîne une élevation considérable de la température.
Cette brusque élévation provoque la destruction de la micro-faune ou la réduction de leurs activités.
La micro-faune joue un rôle très important dans l’aération des sols et dans la transformation de la
litière en humus.
Le feu est aussi un facteur de sélection et d’appauvrissement au plan variétal. Il se traduit par la
destruction de la bonne herbe, favorisant ainsi le développement de la mauvaise herbe ce, d’autant
plus qu’elles résistent mieux. Ces feux créent des traumatismes sur des sols qui se traduisent par:
- un nettoyage, et l’élimination du “feutrage” du sol qui empêche la repousse des jeunes plantes.
la destruction de la matière organique
une transformation de l’albédo du sol
Ces feux sont le plus souvent provoqués par les éleveurs pour favoriser la repousse de l’herbe. En
effet quelques jours après le passage du feu sur les pâturages, les souches non détruites laissent
apparaître de jeunes repousses.
2.3.3. Pâturages
Sur les pâturages les animaux choisissent les meilleures graminées. Ils happent les petites graminées
qui auront des difficultés à se régénérer d’où un appauvrissement en certaines espèces graminéennes.
Ainsi les pâturages dans la province connaissent une évolution régressive aussi bien qualitativement
que quantitativement. Cette régression a des conséquences sur la végétation ligneuse qui est le plus
souvent élaguée pour l’alimentation du bétail. Le piétinement par le bétail provoque un tassement des
sols qui est surtout très remarquable aux bords des cours d’eau.
L’absence de végétation naturelle a fortement réduit la coupe du bois qui n’est plus une des causes
85
fondamentales de dégradation. Cependant les ponctions qui y sont effectuées sont encore importantes
au regard du couvert végétal naturel restant. D’une manière générale si l’action de l’homme s’est
traduite par une destruction des écosystèmes, dans la région de Dakonsin elle a favorisé une
régénération de la végétation par les reboisements.
Les facteurs anthropiques, climatiques, agissent de façon interactive les uns sur les autres pour
accentuer la dégradation des sols. Ainsi l’évolution de l’un a des répercussions sur les autres. L’action
du climat (pluie, vent, température) est accentuée ou atténuée par les pratiques humaines. Ces
pratiques anthropiques détruisent le couvert végétal et appauvrissent les terres, réservoir d’eau. Dans
la province le niveau de la nappe phréatique est en baisse sensible. Elle est à plus de 20 mètres de
profondeur en saison sèche, 11 m en saison pluvieuse dans la région de Toulougou. De 1960 à 1969
dans cette région les puits avaient moins de 8 m de profondeur. Or de nos jours, même en saison
pluvieuse, les seuls puits alimentés ont plus de 11 m de profondeur et se localisent dans des bas-fonds,
ce qui signifie que sur glacis la nappe est à des profondeurs beaucoup plus importantes.
Les sols véhiculent les substances utiles à la plante sous forme dissoute. La plante en retour lui fournit
la matière organique à partir des résidus, de l’eau et de l’activité biologique des micro-organismes.
Le bétail, les cultures détruisent la structure des sols et le couvert végétal. Cette destruction a des
répercutions sur le ruissellement, l’action du vent, de la température qui sont des paramètres
climatiques importants. Parler de dégradation des terres suppose la prise en compte de l’évolution du
climat, du couvert végétal, de l’occupation du sol... Cette analyse doit s’intégrer dans un modèle
global constituant un système dans lequel tous les facteurs sont interdépendants.
L’action combinée de ces différents facteurs se manifeste par des processus et des formes tendant à
la dégradation des sols.
Les agents de dégradation des sols sont essentiellement les pluies, le vent, la température et l’homme.
Ces différents agents interviennent soit de façon active, soit passivement comme facteurs pour
marquer profondément les terres.
86
3.1. Dégradation phvsiaue des sols
C’est le processus de dégradation le plus spectaculaire car il entaille les sols profondément ou de
Tout corps ou objet en mouvement est doté d’une énergie dite énergie cinétique qui est le demi
produit de sa masse par le carré de sa vitesse. e = 1/2 m.v2 cette loi physique s’applique également
aux gouttes de pluie. Ces gouttes arrivant au sol verticalement ou obliquement, elles subissent un
freinage aérodynamique lors de leur chute. Ainsi elles arrivent au sol avec des vitesses maximales qui
sont fonctions de la dimension des gouttes; l’énergie cinétique est donc maximale. Sur un sol bien
couvert par une végétation ligneuse, la masse foliaire s’interpose, réduisant considérablement l’énergie
cinétique. Il s’établit ainsi de nouvelles gouttes à partir de la frondaison. Dans le cas de la Province
du Kouritenga à cause de la faiblesse du recouvrement du sol, ces gouttes de début de saison
pluvieuse, exercent sur les sols de fortes pressions entraînant, l’éclatement des agrégats par
refoulement de l’air, dispersion des particules argileuses, limoneuses et sableuses; directement ou par
ricochet. Dans les deux cas l’effet est le même, il se traduit par un tassement et une obstruction des
pores des sols par les éléments fins dispersés. Cette action directe des gouttes de pluie sur les sols est
qualifiée d’effet splash. Il s’en suit un glaçage des sols dont la conséquence est la formation de
pellicules où croûtes de battance.
Des études concernant l’effet splash ont permis de déterminer la dimension des gouttes, leur vitesse
en fonction de l’intensité de la pluie, et de quantifier l’action du splash sur les sols.
Il ressort de ces études un lien très étroit entre l’intensité des pluies, la dimension et la vitesse des
gouttes.
Tableau VII : variation des caractéristiques des gouttes en fonction de l’intensité des pluies
Pour les pluies fortes (15 à 20 mm/h) fréquentes dans la Province, les gouttes animées d’une vitesse
de 5.5 m/s, ont un diamètre de 1.5 mm . L’énergie cinétique par goutte est alors c = 1.5 1O-6 N, ce
qui est énorme quand on sait qu’elles martèlent un sol peu couvert et de manière continue. La
quantifïcation en fonction des hauteurs d’eau nous montre l’importance de l’action du splash qui
entraîne le déplacement d’énormes quantités de terre. Ces quantités sont beaucoup plus importantes
en zone de savane (26.5 à 32.1 t/ha/an) qu’en zone de forêt. Sur sols nus, elles sont multipliées par
dix (50-PETIT,M.,1990).
Sur sols nus ce n’est pas tellement la hauteur de pluie qui importe mais sa répétitivité. Ainsi une
pluviométrie abondante peut avoir très peu d’impact sur le sol, tandis que des totaux relativement
faibles, séparés par de longues périodes de ressayage causent d’importants dommages sur les sols.
L’effet splash, surtout important en début de saison pluvieuse à cause de l’état des sols et en fin de
saison pluvieuse, en raison de la fin des récoltes, expose les parcelles de cultures à de violents orages.
Les longues périodes sèches pendant la saison pluvieuse sont également favorables à l’effet du splash.
Ainsi le glaçage et l’encroûtement du sol vont favoriser l’écoulement de l’eau.
Le refus d’absorption de l’eau par le sol lié à sa capacité et à l’intensité des pluies, entraîne la
constitution de nappes d’engorgement discontinue, s’étalant par gravité lorsque la pente est faible. Ce
type de ruissellement qualifié de ruissellement aréolaire, se caractérise par une ablation sélective et
la constitution de plages de sables grossiers et de débris végétaux. Il se traduit également par un
déracinement des herbes et la constitution à l’arrière des obstacles (grosses pierres) de plages de sable
(cf planche no5 page 140).
Lorsque la nappe d’eau s’étale sur une pente faible et sur courte distance, entraînant le départ de la
fraction fine du sol, le ruissellement est dit embryonnaire ou pelliculaire. La conséquence est une
augmentation relative des éléments grossiers du sol.
Le ruissellement diffus, né de l’intensification du ruissellement pelliculaire et des aspérités de la
surface du sol, possède une énergie suffisante pour modifier les structures des herbacées. Les filets
d’eau contournent les obstacles par des anastomoses, entraînant progressivement le déracinement des
herbes et des pieds de plants cultivées. Le décapage pelliculaire est dit généralisé lorsque la nappe
d’eau s’étale sur une longue distance. Ce décapage généralisé entaille la surface du sol sur quelques
millimètres, parfois quelques centimètres. II peut être lié a un contraste textural ou structural entre
l’horizon superficiel et les horizons sous-jacents. A l’opposé de cette forme de ruissellement
pernicieuse ruissellement concentré des eaux se manifeste par un écoulement dont la puissance dépend
88
de la pente, de l’intensité de la pluie et de l’état du sol. Les dommages causés par ce type de
ruissellement sur les terres sont spectaculaires. Ils se traduisent sur les terres par la formation de
protogriffes, de griffes, de ravineaux et de ravines.
- Les griffes, incisions de faibles importance ne dépassant pas l’horizon humifère (5-10 cm); leur
largeur atteind quelques dizaines de centimètres. Ils ont un fond plat ou en V très ouvert, souvent
recouvert par une plage de sable grossier.
- Les protogriffes, larges de 5 à 6 m, nées d’un ruissellement concentrique des eaux sans incision,
sont liés à l’organisation du peuplement graminéen dans le sens de la pente. Cette organisation qui
permet de fixer les particules et empêche l’eau d’entailler profondément le sol. Ce type d’écoulement
ne se remarque qu’en pleine saison pluvieuse c’est-à-dire au mois de Juillet - Août. Mais juste après
la saison pluvieuse ces zones de ruissellement sont toujours visibles aux abords de certains cours
d’eau où la pente est moyenne (cas dans la région de Solga et Mobéga).
- Les ravineaux sont des incisions plus importantes qui entaillent les horizons minéraux. Leur fond
est parallèle à la pente et ils ont une section en U. Ces ravineaux se trouvent le plus souvent sur
certaines parcelles de culture, où l’eau s’écoule avec une certaine intensité en pleine saison pluvieuse.
Ils entraînent beaucoup de dommages sur cultures, car sur leur tracé ne subsiste aucun plant. Ils se
rencontrent également dans les bas-fonds, dans les rizières, en contre-bas des buttes cuirassées, où ils
constituent dans certains cas, des bad-lands (cf planche no8 page 143).
Les ravines sont des incisions beaucoup plus importantes dont la pente du fond n’est plus
parallèle à celle du versant. Ces ravines, en ce qui concerne la Province du Kouritenga, sont surtout
liées à un piétinement du bétail et des hommes aux abords des cours d’eau, à une connexion des
ravineaux. Ils constituent des canaux collecteurs des eaux vers le cours d’eau principal. Le
piétinement du sol par le bétail perturbe sa structure sur les berges ayant pour conséquence une
modification assez importante du coefficient de ruissellement. De plus, la non maîtrise des cultures
sur des berges des cours d’eau fragilise les sols qui sont constamment remués.
L’action mécanique de l’eau, très active en saison pluvieuse est suppléée par celle du vent, en
apparence anodine mais non moins importante.
L’action érosive du vent n’est pas souvent bien perçue ou est souvent minimisée par les populations,
D’une manière générale la vitesse des vents étant relativement faible nous serions tenté de penser la
même chose, Cependant l’action érosive du vent est décuplée à cause de l’état du couvert végétal,
89
dans l’ensemble dégradé. La vitesse moyenne des vents étant de 2 m/s (station de Tenkodogo), leur
action érosive se fera surtout par vannage et déflation. Les fines particules minero-organiques des ~01s
sont transportées par suspension dans l’air, entraînant la formation de brumes surtout a partir du mois
de février. Ces particules en suspension se déposent à des distances beaucoup plus importantes au
cours de la soirée.
Aux mois de Mars et Avril, le transport éolien s’effectue par l’intermédiaire des tourbillons et des
vents de l’harmattan. Les tourbillons liés à un échauffement de l’air à moins de 0.50m du sol , sont
très fréquents dans la Province à cause des températures excessivement élevées de ces mois, Ils se
traduisent par une brusque remontée de l’air chaud. Cet air qui s’élève se refroidit le tourbillon
disparaît et les particules grossières retombent immédiatement au sol, tandis que les particules plus
fines mettent plus de temps à retomber.
La saltation concerne des particules plus grossières. Elle constitue le mode de déplacement des sables
le plus important. Ainsi COQUE,R., 1977 estime qu’elle assure 3/4 du transport éolien. Elle mobilise
surtout les sables moyens et parfois des sables grossiers (0,5 mm de diamètre). Ce transport se fait
sur courte distance par bonds successifs d’où le terme saltation dérivé du latin saltatio (art des
mouvements).
Le transport des fractions supérieures à 0.5 mm et ne dépassant pas 10 mm, s’effectue soit par action
directe du vent, soit par ricochet, c’est à dire par choc avec les grains en saltation lors de leurs
retombées. Ce transport se faisant par roulage sur de courtes distances dépend, de la régularité des
vents et de la dénudation de la surface de transport. Il laisse par endroits des pavages graveleux ou
caillouteux, qui résultent du départ des particules fines et d’un regroupement des éléments grossiers
par roulage. C’est le cas par exemple qui s’observe au sud de Mobéga et à certains endroits dans les
régions de Solga, Dakonsin et Toulougou.
L’action mécanique du vent et de l’eau est plus ou moins visibles; cependant l’action chimique de
l’eau et des cultures sur les sols n’est pas très souvent bien perçue. Or cette action est l’un des
processus fondamentaux qui affecte les sols du Kouritenga déjà pauvres en éléments chimiques
Le départ par lessivage ou par exportation par les cultures d’éléments chimiques compromettent
considérablement la survie des plantes voire celle des populations. C’est pourquoi il est nécessaire
d’appréhender le rôle de ces éléments dans le sol et pour la survie des plantes.
La plante utilise certains éléments du sol qu’elle intègre dans son métabolisme. Elle puise dans le sol
la matière première entrant dans la photosynthèse nécessaire à son développement. L’absence ou la
90
rareté de ces éléments contraint la plante à des rendements médiocres. Parmi les éléments nécessaires
à la plante, le carbone (C) l’hydrogène (H) et l’azote (N) ont un rôle très important dans les processus
de photosynthèse.
Tous ces éléments peuvent être dans leur quasi-tutalité dissout sous forme d’ions et transportés par
les eaux ou assimilés par la plante et exportés par les cultures.
L’eau transpoi-te les éléments chimiques latéralement ou verticalement sous forme dissoute ou sous
forme solide. Le transport latéral peut être sous forme solide par le décapage des particules du sol ou
sous forme dissoute. Lorsqu’il s’effectue sous forme dissoute il concerne:
l’azote NH+, et NO‘, intervenant dans la formation des protéines.
- le calcium Ca” utile pour la germination et la résistance des tissus végétaux. Sa forme active
échangeable est soluble, tandis que sa forme inactive peut être transportée sous forme de particules.
- le magnesium Mgif seul élément métallique entrant dans la constitution de lip chlorophylle. Il
intervient dans la synthèse des protéines cellulaires. Il joue également un rôle important dans la
régulation des teneurs en Ca et en K.
- le potassium (K’) joue un rôle métabolique iikportant.
- le phosphore (P) a un rôle plastique et métabolique très important dans la constitution des molécules,
de réserve de l’énergie (ATP). Sa forme ionique est H,PO-, i’i- 21,;”O,‘-. Le phosphore échangeable fixe
_
les anions phosphatés, l’argile et l’humus.
- le soufre, supplée l’azote dans le rôle métabolique, sa forme ionique est SOd2-
- le fer assimilable sous forme Fe2” joue un rôle très important dans la dynamique chlorophyllienne.
- l’alumine dont la forme mobile A13’ exige des conditions d’acidité très élevée. En effet l’alumine
ne se met en mouvement que dans un milieu très acide (pH < 4).
- le cuivre (CU) intervient dans les processus d’oxydo-réduction. Sa forme mobile est CU”.
Ces éléments, transportés latéralement se déposent dans des zones plus’ basses entraînant un
enrichissement absolu de ces derniers. Dans le cas du fer, lorsque les conditioihs du milieu sont
absolue. C’est pourquoi souvent sur certaines zorres de stagnation de l’eau (lit de cours ci’eau et autre)
Le lessivage vertical des éléments métalliques (Fe et Al) et le calcium (Ca),. entraîne en, profondeur
Le développement des cultures appauvrit les sols d’où justement la jachère qui permettait leur
reconstitution.
La plante étant un être autotrophe, elle puise l’essentiel de ses éléments nutritifs du sol. En effet dans
l’activité photosynthétique de la plante seule le carbone (C), l’hydrogène (H) et l’oxygène (0)
proviennent de l’eau et de l’air, les autres éléments comme N, Ca, Mg, K, Na et les oligo-éléments
sont essentiellement fournis par le sol. La plante, de la germination à la récolte, se constitue à partir
du sol et de l’air. Les éléments qui entrent dans sa constitution et qui fournissent la substance même
de la récolte, sont exportés directement par les récoltes, et indirectement par le ramassage de ses
résidus. Ainsi les zones de culture ont subi une dégradation spectaculaire entraînant la mise en place
de sols nus ou de formations anthropiques dégradées dans les régions de Solga, Dakonsin et Mobéga
( cf figure no21 et 22, page 66 et 70).
Les travaux de CISSE,L. (1991) sur l’étude de la variation sous culture de mil, des concentrations
des solutions en N, Ca, Mg et K dans les sols sahéliens, ont permis de mettre en évidence ce départ.
En début de saison de culture (Juillet Août) la concentration de ces éléments est plus élevée. Cette
variation ne peut être imputée uniquement aux cultures car il faut prendre en compte le lessivage.
92
Cependant les cultures contribuent pour beaucoup à cette baisse.
Les éléments les plus lessivés sont l’azote sous forme de nitrate, le calcium, le magnesium et le
phosphore ne sont pas dans la majorité des cas entraînés au delà des zones d’activité des systèmes
radiaires des principales plantes cultivés (sorgho, mtis, riz pluvial, arachide). A chaque récolte ce sont
des tonnes d’éléments du sol qui sont exportés, pendant ce temps aucun effort n’est réellement
entrepris pour les enrichir (faiblesse de l’utilisation d’engrais sous toutes ces formes, absence de
jachère).
L’action combinée aussi bien mécanique que chimique des différents agents de dégradation se traduit
dans les sols par une perturbation texturale, structurale et chimique. Elle justifie l’état des sols au
Kouritenga. Cette perturbation a pour conséquence, une baisse chronique du niveau de la nappe
phréatique qui n’est plus conséquemment alimentée par les eaux de percolation. L’infiltration se fait
à travers la porosité des sols, or les perturbations texturales et structurales ont pour conséquences de
modifier cette porosité avec pour résultat une augmentation du taux de ruissellement et une infrltration
lente et insuffisante.
En somme la dégradation des terres se manifeste par la destruction des parties superficielles, tandis
qu’à la base l’insuffisance ou l’absence de l’humectation ne permet plus une régénération des sols.
Les données physico-chimiques, résultats des tests effectués au laboratoire par le BUNASOLS, nous
ont permis de faire un constat général sur l’état des terres dans la Province du Kouritenga. Cet état
est analysé à partir des indicateurs chimiques et physiques des sols.
D’une manière générale ces sols sont pauvres; cependant plusieurs cas de figures peuvent être
constatées :
- Le rapport C/N est très variable, et pour les 18 sous classes de sols du Kouritenga, il fluctue entre
5 à 35 avec cependant des différences entre les types de sols. Les sols bruns eutrophes tropicaux
hydromorphes, les sols bruns eutrophes tropicaux peu évolués et les sols tropicaux hydromorphes peu
humifères à pseudo-gley d’ensemble présentent les rapports dont les maximums atteignent 35.
Ces chiffres, très élevés pour l’ensemble des sols, sont à mettre en rapport avec l’importance de ces
éléments. A priori une relative abondance de la matière organique devrait être très bénéfique pour les
sols. Cependant il serait très hasardeux de tirer des conclusions aussi hâtives, car un rapport C/N élevé
n’implique pas forcement une abondance en matière organique. Ce rapport relativement élevé peut
93
être le résultat du blocage de l’azote sous forme organique. De plus, l’apport de la matière organique
non évoluée (tige de mil, et paille de riz) a un effet dépressif la première année de l’enfouissement,
Cet enfouissement de tiges et de la paille de mil inhibe la germination (composes phytotoxiques
libérés au cours de la biodégradation de la paille). Deux acides sont fortement phytotoxiques même
à faible dose (acides paracoumarique et parahydrobenzoïque); ces deux acides sont présents en grande
quantité dans les tiges de mil et dans la paille de riz.
Un tel rapport peut être également lié à la pauvreté des sols en carbone et en azote. Le taux de
matière organique est dans l’ensemble faible(<2%). Cette faiblesse s’explique par sa forte
décomposition, les feux de brousse et les systèmes de culture. Concomitamment, sont enregistre des
taux d’azote total inférieurs à 0.06%. Ceci a pour conséquences des taux relativement élevés du
rapport C/N, qui en fait, ne traduisent pas une abondance en matière organique, bien au contraire.
Ces deux hypothèses sont à prendre en compte dans l’analyse de différents rapports CYN car ils
résultent de la combinaison des deux faits évoqués.
Les taux en phosphore (P) sont faibles pour tous les sols; les plus élevés ne dépassant pas 3.4
ppm (la moyenne est de 1.3 ppm). De même les taux de potassium assimilable dans ces sols sont
faibles, le maximum étant de 217 ppm. Les taux les plus élevés sont notés dans les sols ferrugineux
tropicaux lessivés modaux, et les plus faibles dans les sols ferrugineux tropicaux lessivés indurés peu
profonds.
En plus de la faiblesse des constituants chimiques des sols, les capacités de rétention d’éléments
nutritifs sont médiocres.
En effet dans l’ensemble les bases échangeables en mili-équivalent pour 100 g de terre sont très
faibles pour les sols ferrugineux tropicaux, les sols peu évolués d’érosion et les sols peu évolués
d’apport, Elles sont faibles à moyennes pour les sols bruns eutrophes et les sols hydromorphes à
pseudo-gley d’ensemble. Ces capacités comparées aux disponibilités en éléments nutritifs (somme des
bases échangeables en meq/lOO g de terre) laisse apparaître des disponibilités largement en deçà de
la capacité réelle des sols. Cet état de fait s’explique par la dégradation des terres et par la faiblesse
des apports en éléments nutritifs.
Ces données chimiques, d’une manière générale médiocres, sont à mettre en relation avec l’état
physique de ces sols qui, dans l’ensemble, n’est guère meilleure.
Les caractères physiques de ces sols ont été testés aux niveaux structural et textural. Ces sols dans
leurs ensemble, sont peu profonds, les plus profonds dépassent à peine lm.
Ainsi les sols peu évolués d’érosion régosoliques ont une profondeur inférieure à 35 cm, les SOIS
ferrugineux tropicaux indures ont selon les cas des profondeurs comprises entre 0 a 20 cm voire 30
a 40 cm. Les sols les plus profonds sont les sols ferrugineux tropicaux lessivés à tâches et/ou a
94
concrétions, les sols peu évolués d’apports, ou d’érosion, les sols bruns eutrophes, les ~01s
hydromorphes qui ont des profondeurs supérieures à 100 cm. La structure de ces sols est faiblement
développée, voire massive, avec un horizon humifère très faible, ou inexistante. Leur texture est
limono-sableuse pour les sols ferrugineux tropicaux lessivés indurés et les sols peu évolues d’érosion
régosolique, limono-sableuse à limono-argileuse pour les sols peu évolués d’érosion lithiques, les sols
peu évolués d’érosion, les sols ferrugineux tropicaux lessivés hydromorphes. Les sols bruns eutrophes
ont une texture limono-sableuse, ou limono-argilo-sableuse, et parfois argileuse.
- Le régime thermique est constant pour tous ces sols, la température moyenne étant de 29”~. Cette
température est en deçà de la moyenne atmosphérique qui est de 33°C. D’où une certaine
extrapolation qui tend à affirmer qu’il existe une température beaucoup plus douce dans les sols. Ce
qui est inexact si nous tenons compte des températures réelles à la surface immédiate du sol qui sont
extrêmement élevées. Cependant avec la profondeur, ces températures s’atténuent, l’ensoleillement
ayant très peu d’influente en profondeur. Ce régime thermique a des conséquences sur la disponibilité
de l’eau dans ces sols qui, est dans l’ensemble relativement faible. Ces réserves en eau utile sont très
faibles dans les sols ferrugineux tropicaux indurés peu profond et moyennement profond et dans les
sols peu évolués d’apport colluvial hydromorphe. Elles sont faibles pour le reste des sols.
Ces chiffres laissent imaginer ce qui pourrait se passer sur ces sols si nous tenons compte de
l’importance de l’évaporation et du caractère très perméable de ces derniers qui ont une texture
généralement sableuse et une faible teneur en matière organique. Le sol étant un interface entre
l’atmosphère, les végétaux et le substratum géologique, il joue un rôle premier dans le cycle de l’eau.
Il permet de véhiculer des substances dissoutes utiles ou non à la plante. En somme, le sol est un
milieu poreux non rigide qui offre une surface de contact considérable entre phase solide, liquide et
gazeuse. C’est pour toutes ces raisons que la dégradation des terres doit être placée dans le contexte
de la dégradation générale de l’écosystème.
Face à ces problèmes des actions ont été initiées par les paysans qui ont leur compréhension des
phénomènes de dégradation, leurs stratégies de lutte qui bénéficient aujourd’hui de l’appui technique
des structures d’encadrement.
,
CONTRE LA DEGRADATION
96
CHAPITRE V. REACTION PAYSANNE
Les problèmes de dégradation des terres affectent les paysans du Kouritenga qui, malgré leurs efforts,
constatent d’année en année une baisse de leur production. Ces paysans ont certaines pratiques liées
a leur perception du milieu et des phénomènes de dégradation. Pour toutes ces raisons une
méthodologie d’enquête auprès des populations a été adoptée (cf fiches d’enquête pages 129 et 130).
Elle a consisté au début à un échantillonnage de 25 personnes par village mais très vite cette approche
a montré ces insuffisances, à cause des réalités sociologiques; la notion de famille étant la base du
raisonnement des populations. Ainsi 25 familles ont été enquêtées dans les villages de Mobéga,
Toulougou et Dakonsin, 30 dans celui de Solga à cause de l’effectif de la population. Dans ces
familles il n’a pas été possible d’avoir l’avis d’une proportion assez représentative des femmes, à
cause des préjugés sociologiques.
Un des aspects de l’agriculture au Kouritenga est la disparition presque totale des jachères suite à la
pression démographique et à l’existence de pesanteurs sociologiques (accès difficile à la terre). Ainsi
des enquêtes menées dans quatre villages des différents sites ont permis de noter une certaine disparité
dans la pratique de la jachère. De l’avis, des populations aucune terre n’est en jachère et très peu de
personnes ont déjà laissé leurs terres au repos au moins une fois dans leur vie. Elles sont pour les
villages de Mobéga, Toulougou, Solga et Dakonsin respectivement de 40, 24,7.1 et 0%. Ces résultats,
mis en relation avec les figures n”16, 17, 18 et 19, nous permettent de tirer un constat sur la
compréhension par les populations des questions posées. Ainsi, si dans les villages de Mobéga,
Toulougou, Solga, elles ont surtout pris en compte les jachères anciennes; à Dakonsin elles semblent
concerner les plus récentes.
Les parcelles exploitées sans discontinuer, le sont majoritairement depuis plus de 15 ans. Les
différents résultats obtenus montrent quatre échelles dans la durée d’exploitation de ces parcelles.
Les parcelles de moins de 5 ans en nombre assez important à Mobéga (40%), Solga (28,6%)
Toulougou (24%). Il s’agit des reprises de-jachères et de quelques nouvelles parcelles de cultures. A
Toulougou il s’agit principalement des reprises de jachères. Ces deux situations sont liées à une
certaine mobilité de la population jeune vers les sites d’orpaillage ou vers les pays limitrophes.
Certains étant revenus ces dernières années à la faveur de la conjoncture internationale, ils ont occupé
les anciennes parcelles de leurs parents, ce qui s’est traduit en 1993 dans la région de Dakonsin par-
une forte reprise des terres en jachère (cf figure n”23, page 70). Ces parents d’âge avancé, ne pouvant
97
exploiter l’ensemble de leurs terres, se contentaient généralemont de petites lopins, le reste étant en
jachère. Cette forme de jachère n’est pas voulue, mais née’des contraintes de main d’oeuvre. Cet état
de fait explique l’évolution des formes de jachère constatée entre 1955 et 1979 ou entre 1955 et 1993
.
L’existence de [Link] s’explique également dans le village de Solga par l’emblavement des bas-
fonds (cf figure n”18, page 61).
- Les parcelles de 5 à 10 ans sont nettement faibles 8, 16, 7.1 et 4.5 respectivement pour Toulougou
Mobéga Solga et Dakonsin.
.
Les parcelles de 10 à 15 ans et celles de 15 à 20 ans sont en nombre relativement faible.
- La majorité des parcelles est exploitée depuis plus de 20 ans, certains depuis plus de 40 ans, soit
56% à Toulougou, 36% à Mobéga, 42.9% à Solga et 82% à Dakonsin.
En fonction de ces quatre classes nous avons déduit l’augmentation relative des superficies cultivées.
Ainsi théori-quement en 1975, 56% des terr;s e&t&s aujourd’hui l’étaient à Toulougou, 36% à
Mobéga, 42.9% à Solga et 82% à Dakonsin. EI;! ’ 980 ce taux atteignait respectivement à 68%, 44%,
50%, 86.5% et en 1990, 76, 60, 57.1 et 91%. il; montrertt éloquemment l’évolution relative du taux
d’exploitation des terres. L’exploitation sans discontinu +Y ,: _:&es parcelles de nos jours fortement
dégradées, de l’avis des populations serait liée, à la non disponibilité des terres mais aussi à une
inégalité d’accès aux terres arables.
Les pesanteurs sociologiques sont liées à l’accès inégal des populations à la terre. En effet
l’organisation sociale dans cette Province est fonction de la chefferie. Le chef de terre, généralement
le premier occupant assure les fonctions religieuses; le chef de village a plus un rôle politique et
autour de ce dernier gravitent des chefs de quartiers. C’est donc un ensemble de chefferies dont
l’harmonisation permettait un accès contrôlé des populations à la terre. Cependant la forte réduction
des terres arables a modifié profondément les rapports sosiaux, entraînant par là même un
accaparement des meilleures terres par les familles de chefs. Un exemple qui iiItis:re ces faits est
l’existence de certaines parcelles dégradées, explo, _I .I :Puis près de 60 ans. Ces terres qui étaient
des champs de brousse sont devenues au fil du :+,mps’pratiquement des champs de case. A l’opposé,
certains paysans ne peuvent exploiter l’ensemble des terres dont ils disposent.
L’attribution des terres de bas-fonds s’est faite également selon
.: la hiérarchie sociale. Ces terres
_,i
attribuées à des personnes qui, face à la difficulté (rendement très faible des premières années), les
ont par leurs pratiques fortement dégradées ou purement abandonnées. Cette situation est en partie
responsable de l’échec des aménagements de certains bas-fonds. Les conséquences d’une telle
situation sont, la migration des populations jeunes vers des régions plus favorables (migration rurale,
migration régionale, exode rural et émigration), la surexploitation des terres de plus en plus soumises
aux rigueurs du climat.
98
2. PERCEPTION DES PHENOMENES CLIMATIQUES
Les phénomènes climatiques évoqués par les populations concernent essentiellement la sécheresse
et les pertes en terre liées au ruissellement de l’eau,
2.1. Sécheresse
Ce phénomène est vécu de façon constante nar les po$lations qui la lient à une baisse chronique de
la pluviométrie. Cette baisse est perçue majo:.!:airement comme le résultat du non respect des
traditions par les jeunes (84%) et de l’absence ilüJourd’hui de vieux vraiment avisés. Cependant 16%
la mettent en rapport avec un manque d’arbres et un appa’>r,.i,sbement des terres surexploitées.
Le manque d’arbres a pour origine les pratiques des feux de brousse, le défrichement massif. Les
feux ont des actions destructrices sur les arbres à partir des mois de février et mars. Selon ces mêmes
populations les feux sont intimement liés à la coupe du bois car les pyromanes sont surtout des
marchands de bois. Ces derniers ne pouvant s’attaquer aux arbres frais sans avoir à faire aux agents
des Eaux et Forêts, mettent parfois le feu pour assécher les arbres. Ces dernières années, les actions
concertées des populations et des structures d’encadrement ont considérablement circonscris ces feux.
Cependant quelques foyers subsistent ça et là sans que l’on n’arrive à identifier les responsables.
L’état de la situation des feux de brousse au 1er Décembre 1989 laisse apparaître des contrastes entre
les Départements. Dans le Département de Gounghin 4 foyers ont affecté au toiai ‘Xi ha; 95 ha à -
Nakanba, 57 ha à Raglilin et Sitenga dont 35 ha de 1’::’ ‘:: i:&sée, 108 ha à Karkansé. Les feux ont des
origines diverses et la participation des dirterent,, comités de lutte contre le feu a été bonne, ce qui
a permis de les circonscrire.
- Dans les Départements de Dialgaye, Koupéla et Pouytengp vespectivement 2 feux et 1 feu ont été
recensés.
- Le Département de Kando détient le triste record de 6 feux dont 5 dans le seul village de Solga.
De plus la réaction des comités de lutte contre le feu y a été relativement faible. Cette région, à haut
risque représente un des principaux foyers dans la province. Or de l’avis de la population, elle ne
constate pas de feux dans leur région depuis plus de 10 ans. En fait c’est un mutisme total lorsque
nous évoquons les feux, la population étant septique à répondre, nous assimilant à un agent des eaux
et forêts malgré toutes nos explications. De même c’est dans cette région que nous avons noté
quelques charrettes chargées de bois. Cependant nous n’avons pu obtenir de plus amples indications
sur la coupe du bois pour les raisons évoquées plus haut.
Il aurait été intéressant de disposer de chiffres beaucoup plus récents, afin d’avoir l’état actuel des
99
feux de la zone d’étude.
La baisse de la pluviométrie se traduit par une diminution de la production. Ainsi la production est
fortement liée aux fluctuations inter-annuelles des pluies. Une bonne pluviométrie se traduit par des
rendements élevés sur les terres de glacis, tandis que dans les bas-fonds la non maîtrise de l’eau se
traduit par l’inondation des cultures ayant pour conséquences leur destruction. Ce phénomène a été
constaté en 1995, année déficitaire; ainsi les cultures réussies sont celles du sorgho blanc dans les bas-
fonds. Ailleurs les plants dépassaient rarement 1 m et les épis étaient quasi-inexistants.
Le phénomène de perte de terres est mieux perçu par les populations. Il est constaté sur près de 90%
des parcelles. Ce départ de terres intervient généralement en début mais surtout en pleine saison
pluvieuse. Cet avis nous laisse un peu perplexe car les pertes devraient être plus importantes en début
de saison pluvieuse au moment où le sol est nu et sec. Mais lorsque, nous examinons les périodes de
labours nous nous rendons compte qu’elle correspond au deuxième sarclage. A cette date les jeunes
plants ont moins de 50 cm de hauteur et constituent une protection contre l’érosion pluviale.
Cependant le ruissellement, très important en ce moment s’attaque à un sol dont la cohésion a été
fortement perturbée par le sarclage. Ce départ de terre ces dernières années s’est un peu stabilisé du
fait de la baisse de la pluviométrie et de la diminution des grosses averses.
Face à ces problèmes qui affectent l’agriculture, les populations se sont organisées à travers les
structures traditionnelles, ou avec l’appui d’organismes pour lutter contre la dégradation de
l’environnement.
Plusieurs techniques de lutte contre la dégradation et de restauration des terres ont été adoptées par
les populations. Ces techniques peuvent être scindées en deux; il y a les techniques traditionnelles et
celles adoptées.
3.1. Méthodes traditionnelles
.
Une des méthodes qui a toujours été utilisée par les populations, est la conservation des bandes
d’herbes aux bordures de leurs champs soit pour matérialiser les limites, mais surtout pour empêcher
l’eau d’y effectuer des dégâts. Ces bandes végétalisées de An&opogon gayanus sont fauchées en fin
de saison, afin de faciliter la repousse. Cette technique a été améliorée de nos jours et est beaucoup
utilisée par les populations. Cependant elle est, à elle seule insuffisante pour garantir la pérennité des
.
terres. C’est pourquoi les populations renforçait ce dispositif par l’utilisation de bar&res de bois sur
les voies d’écoulement des eaux. Cette pratique qui consistait a déposer de gros troncs ou des
branches d’arbres pour faire barrière à l’eau, est de nos jours très peu utilisée a cause de la forte
réduction du couvert végétal. Cependant el!e est p,.&Gte à faible échelle dans le village de Solga
(4%).
En plus de ces différentes techniques qui s’attai uent plus à l’érosion hydrique, d’autres cette fois de
conservation et d’enrichissement des terres sont mises FG::I~.G:~~~:-e
par les populations.
L’enrichissement des sols se fait par les cultures de légumineuses notamment le niébé, l’arachide.
Ces cultures fixatrices d’azote sont pratiquées en association avec d’autres cultures (maïs, sorgho.. .)
ou en monoculture. La monoculture de l’arachide est surtout pratiquée sur les sols dégradés, les sols
ferrugineux tropicaux à concrétions. La culture du niébé est toujours en association avec le sorgho
ou le mil. Les nouvelles parcelles de cultures sont consacrées au vouandzou, qui, aux dires des
paysans, ne supporte que les nouvelles terres. .
L’association et la rotation des cultures est une méthode qui présente certains avantages pour les sols.
Cette forme de régénération des terres est très faiblement utilisée dans la province sur les champs de
brousse. Cette faiblesse s’explique par le fait que les populations pratiquent le plus ~1$:;L/enten brousse
la monoculture du sorgho ou la culture associée dz ----L;+mil et du sorgho blanc. Cependant sur les
champs de casse l’assolement est une prat!;ue tr?s repandue sauf dans le village de Dakonsin. Ainsi
48% des personnes le pratiquent à Toulougou, 92% à Mobéga 75% à Solga et 0% à Dakonsin. C’est
un assolement annuel surtout à Mobéga et Solga. L’assolement biennal et triennal sont également
pratiqués à Toulougou, Mobéga et Solga.
Toutes ces formes d’association ou d’alternance de cultures lorsqu’elles sont bien mises en oeuvre
favorisent !‘établissement de l’équilibre physique et chimique du sol. Les légumineuses qui couvrent
vraiment la surface du sol en association avec la culture des céréales contribuent un temps soit peu
a freiner l’érosion hydrique et l’érosion pluviale. De plus, elles favorisent la fixation de l’azote très
101
utile à la culture de céréales.
La fixation de l’azote atmosphérique par la plante se fait en association avec des micro-orgar&mes.
Cette forme d’association permet de transformer l’azote moléculaire gazeux de l’atmosphère (N,)en
azote ammoniacal (NH,) assimilable par les plantes. Ainsi la fixation de l’azote par la plante se fait
selon deux systèmes :
- une association non symbiotique faisant intervenir par exemple les légumineuses, plantes hôtes
et des micro-organismes comme les Rhizobium.
- une association symbiotique au niveau des casiers de riz. Cette association fait intervenir le riz
comme plante hôte et l’azotobacter comme micro-organisme.
Les légumineuses ont des facteurs inhérents à la plante qui contrôlent l’infection des racines par les
rhizobium et la fixation de N, (15 DIAGNE, 1990).
Ces données scientifiques ont été depuis longtemps perçues de façon empirique par les populations
qui sont passées maître dans la sélection des terres favorables à ces types de cultures. La perturbation
de la structure de ces sols entraîne un départ de particules fines sous l’action du vent et de l’eau d’où
la nécessité de l’introduction de techniques nouvelles et l’amélioration des méthodes traditionnelles
de protection et de régénération des sols.
Ces techniques, améliorées ou introduites avec l’appui des structures d’encadrement et des ONG, sont
basées sur l’amélioration de techniques déjà utilisées et sur l’introduction de nouvelles approches de
luttes anti-érosives.
C’est une ancienne technique qui a été considérablement améliorée. Elle consiste à repiquer des
herbes selon les courbes de niveau. A la différence de l’ancienne technique qui se limitait aux
contours du champ; le repiquage de ces herbes s’effectue également à l’intérieur de ces derniers. Ainsi
sur les zones d’écoulement des eaux de larges bandes végétalisées de 0.5 - 1 m et de 1 à 1.5 m de haut
de Andmpopn ga~~anus sont aménagées par les paysans. Dans certains cas de grosses touffes sont
dispersées sur les parcelles de culture. Ces touffes de Anu’ropgm gayams ne sont pas à confondre
avec les Doliques et les Sirats qui, à certains endroits, sont cultivées pour l’alimentation du bétail.
102
Cependant Andropogon gayanus peut être cultivé pour servir de matière première à la confection des
séko (tiges d’Andropogon tressées), qui sont utilisés pour la construction des greniers, la confection
de la toiture des cases et de hangars. Ils sont également commercialisés dans les différents centres.
L’intérêt de ce système est d’abord la facilité de sa réalisation et le fait qu’il s’intègre très bien dans
les habitudes paysannes. Il présente également le double avantage de fournir la matière première des
séko pour la construction et d’être un produit dont la commercialisation appoite un plus aux revenus
des populations. Le repiquage une fois effectué, est quasi permanent, les paysans ne procèdent à de
nouveaux repiquages que lorsqu’il y a des dégâts. Facilité, proximité des herbes et revenus tirés de
cette technique sont autant d’atouts à son développement.
Cependant malgré ces avantages, les bandes végétalisées ont une action limitée; de plus certains
paysans les repiquent très mal, parallèlement à la pente (cf planche no6 page 141). D’où la nécessité
de l’introduction d’autres techniques.
Ces techniques sont communément appelées techniques de conservation des eaux et des sols (CES).
Elles ont été introduites au Burkina depuis plus d’une vingtaine d’années. Son introduction au
Kouritenga est assez récente, elle date de moins de cinq ans. Cependant elles sont de plus en plus
adoptées par les paysans.
Les cordons sont un alignement jointif des blocs de pierres suivant les courbes de niveau. Le travail
préliminaire qui consiste à casser et à ramasser des blocs de cuirasses, se fait généralement avec
l’appui des structures d’intervention (ONG, PNGT...) qui fournissent le matériel de transport, les
pioches, les barre-à-mines et les brouettes. Ce travail est individuel car chaque paysan et sa famille
cassent les blocs de cuirasse qu’ils rassemblent en un endroit précis. L’évacuation des blocs se fait
à l’aide d’un camion fourni par les ONG. Mais dans certains cas les paysans qui disposent de
charrettes, vont effectuer ce travail indépendamment du planning des différentes organisations. Après
ce travail préliminaire la mise en place des cordons se fait avec l’appui des techniciens ou des paysans
formés qui déterminent les différents emplacements sur les parcelles. Le travail proprement- dit
d’alignement des pierres est individuel. La mise en place de ces blocs, se fait soit en enfonçant leur
base de quelques centimètres dans le sol ou en les déposant à même le sol. Chaque technique a ses
avantages et ses inconvénients que nous évoquerons plus tard. La taille des blocs est également
importante. En effet les petits blocs à même le sol sont facilement déplacés par l’eau, créant ainsi des
103
brèches.
L’intérêt de tels systèmes est l’effet induit que cela entraîne; ainsi dans le village de M&éga certains
paysans ont eux mêmes mis en place leurs cordons sans l’aide d’aucune structure. De même a
Toulougou quelques tentatives maladroites dans les champs de brousse sont notées. L’utilisation des
cordons est massive dans le village de Mobéga et Kodomendé où, plus de 85% des champs de case
sont équipés. La superficie concernée dans le village de Dakonsin est de 35 ha, soit 7,4% de
l’ensemble des terres cultivées (UPGO-Kouritenga, 1994). Ces cordons sont inexistants dans les
villages de Toulougou et Solga. Dans toutes ces régions, des discussions sont menées avec les paysans
afin d’envisager la mise en place des cordons.
Les diguettes diffèrent des cordons par le fait qu’elles sont plus larges et qu’elles peuvent combiner
blocs de cuirasse et argile. Ce sont le plus souvent des ouvrages qui ont été mis en place généralement
dans les bas-fonds sur les casiers de riz, mais aussi sur certains champs de case à Mobéga. Ces
ouvrages datant de plus de 11 ans ont été mis en place par le CRPA du Centre Est. Ces diguettes sont
aujourd’hui en très mauvais état.
Le sol sur les parcelles équipées de diguettes, présente une texture beaucoup plus fine que sur les
autres parcelles. Dans le cas de Mobéga, les champs qui sont équipés de diguettes portent également
des cordons, tous les deux étant associés à des bandes végétalisées.
Ces diguettes efficaces dans la lutte contre l’érosion hydrique sont cependant inappropriées contre
l’action érosive du vent, d’où la nécessité d’adapter d’autres techniques.
3.23. Brise-vents
Les vents ont une action anti-érosive très importante qui dépend de sa vitesse, En agissant sur cette
vitesse on atténue également l’érosion éolienne. La végétation est l’un des éléments qui peut agir de
façon considérable sur cette vitesse. En effet à l’arrière d’une formation végétale dense, la bande où
le sol est protégé du vent est de 15 à 20 fois la hauteur de celle-ci ( TRICART,J., 1990). C’est la
raison pour laquelle les brise-vents ont un intérêt particulier dans les régions dénudées ou en
dénudation. Ces brises vents sont cependant très peu présents dans la Province du fait de la complexité
de leur mise en place. Il en existent uniquement dans le Département de Dialgaye.
Toutes ces techniques citées, permettent de freiner l’érosion des sols mais elles ne compensent pas
les pertes en éléments chimiques du sol qui sont occasionnées par les cultures. C’est pourquoi,
l’utilisation de la fumure devient une nécessité.
104
3.2.4. Fosses fumières
La mise en place des fosses fumières est l’une des alternatives de lutte contre la dégradation qui
prend en compte surtout le volet enrichissement chimique du sol. En effet la matière organique dans
les sols augmente la stabilité structurale, la c.e.c.(capacité d’échange cationique). Elle permet
également la régulation de l’alimentation minérale, l’atténuation de la rétrodégradation du phosphore
et du potassium. Ces derniers, à leur tour, facilitent la mise en solution des oligo-éléments, du Fe, du
CaCO, et du P.
L’utilisation de ces fosses a été favorisée par les structures d’encadrement et son introduction est
assez récente.
Malgré leurs effets bénéfiques les fosses fumières doivent toujours associer matière organique et
matière minérale car sur certains sols cultivés l’augmentation brutale de la c.e.c peut entraîner des
problèmes. En effet une augmentation trop rapide de la c.e.c. peut provoquer un abaissement corrélatif
du taux de saturation, entraînant du même coup un déséquilibre ionique (nutritionnel). Ce déséquilibre
se traduit pour certains éléments par une séquestration sous forme non échangeable, entraînant ainsi
leur carence. La fumure provenant des fosses doit donc être associée à de la terre afin d’atténuer une
éventuelle augmentation brutale de la c.e.c. .
D’une manière générale l’utilisation des produits de la fosse fumière est très limitée au Kouritenga.
Cependant quelques fosses existent : à Toulougou 2, 4 à Dakonsin.
Les paysans se contentent, dans la majorité des cas, de disperser les déchets d’animaux, les ordures
ménagères, les résidus des récoltes sur les champs. Cette pratique présente quelques inconvénients
soulignés plus haut. La fumure suffit à peine pour les champs de case et son utilisation dans les
champs de brousse est très faible. 8% des personnes enquêtées répandent la fumure animale sur les
champs de brousse à Toulougou et Mobéga, 7.1 et 13.3% respectivement à Solga et à Dakonsin.
Dans les bas-fonds cette fumure est très peu utilisée, à cause de la relative richesse des sols et de
l’utilisation des engrais sur les parcelles de riz.
Les terres de bas-fonds sont les plus riches, mais c’est également à ce niveau qu’existent les risques
de dégradation les plus élevés. En effet les cultures se pratiquent sans aucune maîtrise de l’eau, ce qui
soumet ces dernières au ruissellement de l’eau et au lessivage très intense en saison pluvieuse. Une
105
partie de la terre est emportée mais le plus souvent l’eau stagne sur les parcelles durant des jours
compromettant les cultures de sorgho. De plus sur ces sols à fort pouvoir rétractif, les longues
périodes de ressuyage vont se traduire par la mise en place de larges fentes, résultant de la rétraction
des argiles de types 2/1 (montmorillonite) ayant pour conséquence la destruction des structures
radiaires. Que ce soit l’excès ou l’absence de l’eau, des problèmes de dégradation se posent. La
problématique de l’aménagement des bas-fonds se pose donc de façon cruciale dans la Province. Des
aménagements ont été tentés. Cependant à part les grands périmètres les bas-fonds sont très mal
aménagés au Kouritenga. Ces différents aménagements ne prennent pas en compte la conduite et
l’évacuation de l’eau.
Lorsqu’il y a trop d’eau dans les casiers de riz, les paysans creusent des brèches sur les diguettes
entraînant une évacuation de l’eau sur les parcelles voisines. En fin de compte cette eau stagne en un
endroit sur une ou entre deux parcelles et ronge petit à petit le sol en profondeur. Cette action se
traduit le plus souvent par des effondrements circulaires ressemblant à des micro-dolines (cf planche
no3 page 139). Le manque d’eau oblige les paysans à creuser sur les parcelles des puits de faible
profondeur qui, à un moment, seront bouchés. Avec le temps ces zones s’effondrent entraînant un
élargissement très rapide de leur diamètre (cf. planche no3 page 139).
Les travaux menés par le PPI en 1990 (document n”56) dans le Département de Kando font ressortir
une non maîtrise de la riziculture par les populations. Ces populations ayant pratiqué anciennement
cette culture les ont à un certain moment abandonné à cause de la sécheresse. Les paysans se trouvent
aujourd’hui dans des conditions différentes où, la rudesse du travail entraîne très vite l’abandon des
parcelles: c’est le cas dans les bas-fonds de Kodemendé.
Cependant il faut aussi lier ces faits à un très mauvais aménagement de ces bas-fonds qui doit être
suivi d’une sélection rigoureuse des espèces, adaptées à l’écologie du milieu. Cet aménagement est
l’une des solutions pour limiter la destruction des terres. Cependant il ne peut être efficace que s’il
est associé à des pratiques et à des techniques culturales appropriées.
Les pratiques culturales sont un des éléments pouvant considérablement atténuer les effets
dévastatrices de l’eau sur les champs. Les cultures en sillons, techniques adoptée par les populations
sont liées à l’utilisation de plus en plus croissante de la charrue (rayonneur). Ainsi 67% des personnes
sondées utilisent la charrue, malheureusement 6 1% pratiquent la culture à plat qui, soumet les terres
106
à une dégradation accélérée. La technique du rayonnage pratiquée surtout sur les champs de case est
mal utilisée, les sillons mis en place aux premiers labours, sont au fur et à mesure démantelés par les
différents sarclages. Les sillons disposés perpendiculairement à la pente permettent de freiner
considérablement le ruissellement de l’eau sur les parcelles. La pratique des sillons cloisonnés n’est
pas très connue dans la Province.
Ces différentes formes de lutte contre la dégradation des sols doivent être supplées par des actions
tendant à une à une reconstitution du couvert végétal.
La dégradation des sols est intimement liée à celle du couvert végétal et vise-versa. Ce lien étroit sol-
couvert végétal est en partie à la base de l’initiation de grands projets de reboisement dans la
Province. Cependant les populations perçoivent plus le lien pluie - végétation que sol - végétation.
Le reboisement a été introduit dans la province depuis la période coloniale. Mais la plus grande
campagne a été celle des années 1984- 1988. Après 1988 un ralentissement du reboisement est constaté
mais de nos jours, s’amorce une reprise timide du fait de la non disponibilité des plants.
Deux grandes stades de reboisement sont déterminées; une très ancienne allant de la période
coloniale à 1979 et une récente des années 1980 à 1988.
(car“1cé drat s)l e 1ong des grandes routes en construction. L’extension de cette espèce a été favorisée
par les colons. C’est une espèce qui s’est très bien développée donnant de grands arbres de plus de
20 - 25 m. Mais de nos jours les changements des conditions écologiques sont durablement ressentis
par cette espèce qui, connaît une mortalité élevée le long de la Nationale 15 Pouytenga - Boulsa.
En plus du caïlcédrat, d’autres espèces ont été introduites par le reboisement. II s’agit principalement
de cocotiers et de nzanguiers (Mangutfera indica) dans les bas-fonds et à proximité des concessions.
Si les manguiers se sont relativement bien développés, les cocotiers présentent de nos jours l’aspect
d’une espèce endémique.
Ce reboisement de la période coloniale a été suivi par un autre type de reboisement après les
indépendances, qui s’est surtout traduit par la mise en place de vergers dans les bas-fonds. 11 fut
107
principalement l’oeuvre d’agents de 1’Etat qui ont investi pour se constituer un patrimoine à long
terme.
Ensuite vient une période, au cours de laquelle le reboisement a été fortement ralenti et le couvert
végétal fortement dégradé. Mais les grandes sécheresses de 1973 et 1978 ont entraîné une nouvelle
dynamique à partir des années 1980, qui s’est traduite par une prise de conscience de la nécessité des
reboisements.
Le résultat de ce reboisement a permis d’améliorer la présence des ligneux dans certaines régions.
La première approche, celle des bosquets a été fort utile, mais elle a présenté quelques insuffisances
liées à l’absence de clôtures, au manque d’entretien et à la divagation des animaux. Aussi une
deuxième approche associée à cette dernière consistait à un reboisement dans les champs. Ce
reboisement individuel a été favorisé par la mise à la disposition des populations de plants
gratuitement.
Les espèces reboisées sont surtout des essences exotiques composées par ordre d’importance, par
Eucalyptus camaldulensis, Azadirachta indica (neem), cassiasiamea, Mangu~fera indica, Anacardium
occidentalis. 11 a été mis en place des bosquets à dominante Eucalyptus calmaldulensis, espèce à
développement rapide qui fournit un bois très utile pour la construction.
L’espèce Azadirachta indica dont l’introduction a été très tôt favorisée par 1’Eglise Catholique,
connaît une extension très rapide due à son mode de dissémination par zoochorie, surtout par
hornitochorie et sa prise en terre facile. L’évolution de cette espèce conduira probablement à ia mise
sur place de colonies naturelles si toutefois son extension se poursuit dans la région de Toulougou,
Koupéla, Dakonsin et Gounghin.
Cet effort de reboisement dans la province est inhibé par certaines actions anthropiques. En effet
l’élagage abusif de ces arbres les affecte considérablement et les espèces le supportent différemment.
Si les espèces telles que Eucalyptus camaldulensis, et Azadirachta indica résistent assez bien à cette
élagage, ce n’est pas le cas de kona grandis.
4oop
300--
400
T
300-.--
4
A JIF
68 68
A. S. DA , 1996,
111
CHAPITRE VI PERSPECTIVES DE DEVELOPPEMENT DE LA LUTTE
CONTRE LA DEGRADATION
La terre a été pendant longtemps une propriété collective des communautés rurales. Dans les sociétés
traditionnelles mossi, le pouvoir politique est détenu par les Nakonsé, le pouvoir juridique et religieux
par les Tengbissi, Tengsoba (premier occupant), autour desquels s’organise la vie de la collectivité.
Or cette collectivité a perdu son harmonie du fait du démantèlement progressif de la grande famille
et de l’absence relative de terres. Ainsi la terre est devenue l’enjeu d’influentes politico-religieuses
et son accès est déterminée par le rang social de l’individu.
L’adoption de la reforme agraire et foncière en 1985 est une des alternatives pour briser cette
hiérarchie. Elle a eu le mérite de déclarer le Domaine Foncier National (DFN) comme propriété de
fait de 1’Etat en 1990 L’Etat attribue désormais des titres de jouissance du DFN à ceux qui en ont
réellement besoin, le rang social n’intervenant plus. Mais malheureusement cette RAF n’est pas du
tout appliquée dans la Province et ses multiples relectures ont eu pour conséquence sa méconnaissance
totale dans ces dernières versions par les techniciens et les populations.
Les pesanteurs sociologiques, la méconnaissance des textes de la RAF, sont les principaux handicaps
à son application effective. Cependant de gros efforts sont fait par les ONG à travers la formation des
paysans qui, de plus en plus, ont connaissance de ce texte.
Un paysan sans formation est un agent très actif de dégradation de son milieu. Part les techniques
culturales, de part les besoins du moment qui s’expriment en terme de nécessité, les paysans adoptent
certaines pratiques qui seront très nuisibles pour l’Environnement. C’est pour toutes ces raisons que
leur formation s’impose comme une nécessité absolue. Les différentes formations initiées au niveau
des paysans ont permis une prise de conscience. Les différents déplacements de certains agriculteurs
112
vers les régions de l’Ouest mieux “nantis” sur le plan climatique, et pratiquant des techniques
culturales moins dévastatrices, ont permis à ces derniers de prendre conscience et de remettre parfois
en cause leurs pratiques. Ces types d’échanges entre paysans de contrées différentes ont été très
salutaires et sont à encourager. Toutes ces entreprises ont été possibles grâce à l’intervention
quotidienne d’hommes et de femmes qui ont pris le parti d’une rédynamisation du milieu rural à
travers différents projets présents dans la province. Si une telle intervention est très salutaire pour les
populations, elle s’est traduite dans certains cas comme de l’assistance pure et simple, n’impliquant
pas véritablement les populations. Cet état de fait est à lier à la multiplicité des techniques d’approche
et à l’absence d’une harmonisation des interventions, les études véritablement scientifiques n’étant
pas menées afin de disposer d’une base de données fiables avant tout aménagement. Les
aménagements des bas-fonds en sont une illustration parfaite.
La formation des paysans qui s’intègre dans les différentes stratégies d’intervention ne concerne
qu’une minorité, ce sont les mêmes qui sont toujours formés, d’où un très grand contraste de niveau
entre paysans. Cet état de fait aurait été plus intéressant s’il y avait un effet d’entraînement, c’est à
dire si les paysans ayant acquis ces connaissances, formaient les autres; malheureusement ce n’est pas
le cas.
Malgré ces insuffisances les différentes structures d’intervention ont effectué un important travail de
formation de paysans pour la mise en place des cordons, des diguettes, des fosses fumières. De plus
en plus ils tendent à harmoniser leurs approches autour du concept gestion des terroirs.
La problématique des stratégies d’intervention dans le milieu rural s’est toujours posée aux
différentes autorités. Ainsi avant les indépendances, les tentatives d’organisation du milieu paysan ont
été engagés par la mise en place de certaines Structures (SMDR, SATEC, CIDR, CFDT, ORD)
Toutes ces Structures ont analysé les problèmes du monde rural de façon sectorielle privilégiant
l’amélioration de la production. Une telle approche a montré ses limites parce que les problèmes de
dégradation de l’environnement et de développement rural sont si complexes qu’aucune action isolée
ne peut être efficaces. D’où la nécessité d’une approche multisectorielle. La gestion des terroirs qui
s’intègre dans cette logique, a le mérite de proposer pour la première fois une approche concertée des
intervenants et des populations concernées. Cette nouvelle approche initiée dans la Province par le
113
PNGT/UPGO-Kouritenga, prend en compte la participation et la responsabilisation des populations
dans les différents projets de développement. Ainsi la population ne subit plus le diktat des autorités,
mais elles identifient elles-mêmes leurs besoins prioritaires. Un exemple de cette nouvelle approche
peut être analysée à travers l’ébauche des Plans de gestion dont celui de Dakonsin, sorte de carte
d’identité présentant l’organisation sociale, le milieu physique, les contraintes et les potentialités.
De tels plans sont un exemple de planification rigoureuse d’une intervention. C’est une base de
données à partir de laquelle pourrait s’organiser les actions d’autres intervenants. Les problèmes de
dégradation sont pris en compte à travers les actions de production, les aménagements anti-érosifs et
les réalisations socio-économiques.
La mise en oeuvre de cette approche entraîne nécessairement un changement des mentalités et une
adaptation des techniques à travers la prise en compte d’actions complémentaires.
La lutte contre la dégradation des écosystèmes doit être envisagée dans une perspective globale
prenant en compte les différentes facteurs. Une telle approche nécessite l’amélioration des techniques
de lutte déjà pratiquée, l’introduction de nouvelles techniques et l’amélioration des systèmes
d’élevage.
Plusieurs techniques sont utilisées dans la lutte contre la dégradation des terres. Elles intègrent la
mise en place de cordons et/ou de diguettes sur les parcelles, les techniques culturales. Chaque
technique présente un avantage certain, elle permet dans une certaine mesure de freiner l’érosion
hydrique. Cependant cette efficacité peu être nettement améliorée. En effet l’efficacité des cordons
augmente avec leur nombre sur les parcelles. Ainsi des études menées par le projet AGFKES sur
parcelles expérimentales montrent que plus le nombre de cordons augmente, plus la lame d’eau
ruisselée met du temps pour arriver à l’exutoire. Ce qui signifie que l’eau de pluie stockée
temporairement en amont des cordons pierreux s’infiltre beaucoup plus; l’humidité du sol est plus
important autour des cordons. Cette étude a permis de noter que sur les parcelles comportant des
diguettes à 2.5, 50 et 75 m, la production de matière sèche est plus importante de même que les
rendements, Le départ de terre sur ce type de parcelle est de l’ordre de O.l3t/ha/an (AGFCES); ces
114
chiffres auraient été plus important sans ces ouvrages. Cependant comme nous le constatons, ils
n’empêchent pas les pertes de terre au niveau de l’horizon humifère du sol, c’est la raison pour
laquelle l’association et l’utilisation rationnelle des différentes techniques selon le type de terre seront
de nature à améliorer considérablement l’efficacité de ces ouvrages. L’association cordons-diguettes -
bandes végétalisées est fortement à encourager. Cette association, pratiquée sur certains champs
(Mobèga), montre des résultats très intéressants. Selon le type de sol, l’utilisation de cordons ou de
diguettes est à conseiller. Sur les sols sableux l’utilisation des diguettes en terre permettra une
conservation de l’eau sur les parcelles. Elle a pour avantage d’améliorer l’infiltration. Par contre sur
les sols argileux, ce type d’aménagement entraîne une inondation des terres sans aucune possibilité
d’évacuation de l’eau. Ce système utilisé dans les bas-fonds montre du reste très bien ses limites. Une
amélioration des diguettes en terre s’avère nécessaire. Elle doit prévoir un exutoire en pierre qui
permette un temps soit peu l’évacuation de l’excédent d’eau, ou l’utilisation de digues filtrantes.
Les aménagements en cordons de type FEER sont conseillés sur les sols argileux ou à carapace car
l’évacuation de l’eau est plus rapide. Cependant lors des pluies intense, l’eau crée des brèches en
dessous des blocs de pierres en emportant les petits blocs.
Les aménagements PSD semblent beaucoup plus indiquer dans le cas du Kouritenga, à cause de la
natures des sols (à dominante ferrugineux tropicaux) et du système de renforcement de la résistance
des blocs. Cependant le système de filtre des cordons fonctionne moins bien.
En plus de l’amélioration de ces aménagements, la pratique des rayons cloisonnés est conseillée. Elle
a pour avantage de freiner considérablement l’écoulement de l’eau sur les parcelles et permet une
conservation de l’humidité du sol surtout pendant les longues périodes de ressuyage.
La protection des sols suppose une amélioration de la couverture végétale. La tendance actuelle des
reboisements en essences exotiques (Eucalyptus par exemple), présente l’inconvénient de perturber
considérablement la biodiversité du milieu. Ainsi il existe un risque majeur de disparition de certaines
espèces dans la Province. Une des alternatives est un reboisement en espèces locales, mais aussi
l’introduction de l’agro-foresterie.
L’agro-foresterie est un système d’utilisation des terres consistant à associer dans une même unité
d’aménagement, de plantes ligneuses pérennes, des cultures annuelles et des animaux domestiques
soit en succession, soit simultanément afin d’accroître la production soutenue (ICRAF). Cette
115
technique a été longtemps utilisée par les populations qui conservaient certaines espèces ligneuses
pour leur intérêt économique (bois de chauffe, espèces fruitières, bois de construction ou d’artisanat)
et pour leur intérêt médicinal. Les espèces qui ont été conservées sont Acacia alhida, Butyrospernum
parkii, Parkia biglobosa, Scleroceirya binea, Tamarindus indica, Adamsonia digitata. Cette forme
d’agro-foresterie a partiellement disparu, sa réintroduction est nécessaire.
L’agro-foresterie sélective présente l’inconvénient d’entraîner la disparition (destruction) quasi totale
de certaines espèces. Une telle pratique a pour conséquence un appauvrissement sur le plan variétal
du milieu. La pratique d’une agro-foresterie systématique est le moyen le plus sûr pour la
conservation de la biodiversité. L’agro-foresterie présente l’avantage d’être peu coûteuse (non achat
des plants) et permet de résoudre les problèmes de la non disponibilité des essences locales dans les
différentes pépinières. Les plants qui sont entretenus se développent rapidement, de façon
harmonieuse. En effet il n’est pas évident que sans assistance ces espèces pourraient poursuivre leur
croissance à terme, car les conditions écologiques qui présidaient à leur développement ont
considérablement changé. Ainsi l’homme a détruit la nature, il doit l’assister dans sa régénération.
L’introduction dans le cadre du reboisement d’espèces utilitaires, permettra une amélioration de
l’entretien des plants générateurs de revenus et présentant des avantages pour les sols. Des espèces
comme Acacia albida et Acacia senegal, dont l’écologie est adaptée à celle de la province, sont
conseillées. Elles permettrons d’une part de générer des ressources pour les populations par la
commercialisation de la gomme arabique; et d’autre part une régénération biologique des sols.
La pratique des techniques biologiques de reconstitution des sols a été introduite par l’utilisation de
la fumure à travers la mise en place des fosses fumières. L’utilisation de la fumure doit être vulgarisée
car à la différence des engrais chimiques très couteux pour les paysans, elle est moins chère même
si elle nécessite un investissement de base. En plus de cette forme biologique, le reboisement
d’espèces fixatrices d’azote, notamment Acacia albida sur les parcelles, permettra la reconstitution
des fractions superficielles du sol. En effet cette espèce perd ces feuilles en saison pluvieuse,
l’humidité provoque leur décomposition rapide en humus. En saison sèche la masse foliaire constitue
une excellente protection contre le rayonnement solaire.
Mais l’amélioration de la qualité des sols sur les parcelles de culture passe aussi par l’abandon de
certaines pratiques d’où la nécessité d’une pratique de la rotation culturale.
116
II ressort des différentes enquêtes une faiblesse de la pratique de la rotation, ce qui a des
conséquences désastrwses sur l’état des terres au Kouritenga. L’alternance des cultures
permettra de ti-einer 1‘~~ppallvrissement des terres et une reconstitution du sol. Cependant une
telle pratique ne doit concerner que des espèces aux besoins chimiques sensiblement
différents. L,‘alternance annuelle n’étant pas vraiment la solution, celle biennale au triennale
est plus conseillke. I>ans la Province du Kouritenga il y a une réticence des populations à
cette pratique sur les terres de brousse, à cause d’une part de la l’unicité des types de
cultures et d’une certaine méconnaissance d’autre part; d’oit la nécessité d’une sensibilisation
à grande échelle sur cette pratique. Ces efforts seront inutiles s’ils ne prennent pas en compte
l’aspect élevage qui dégrade fortement les terres, les rendant incultes.
Le systkme extensif pratiqk dans la province entraîne une dégradation très poussée des
terres et du couvert végétal, A long terme, un tel système aura pour conséquence une
dénudation des terres. C:‘est la raison pour laquelle l’amélioration de ce système permettra
de résoiidrr une grande partie des problèmes de dégradation. Cette amélioration passe par
la stabilisation du IGtail dans les pâturages. Cependant, des conditions objectives limitent
cette stabilisation. L,‘aliliientation du bétail est I’unc de ces limites car les pâturages naturels
sont éphémères et leur capacité de charge très variable en fonction de la pluviométrie et des
feux de brousse, 2.7 ha/lJBT en période favorable à 9 ha/UBT en période défavorable. Des
solutions envisagées se sont heurtées à la mentalité paysanne et à l’incapacité de l’ex-
ONAVET à fournir des quantités suffisantes de sous-produits agro-industriels. L’introduction
des cultures t’ourragkres se heurte à la conception des paysans qui ont du mal à accepter cette
culture :i grande èchelle. La stabilisation du bétail passe également par ulle disponibilité de
l’eau et de I’;~lilnentation. C’est ;I cette seule condition que les problèmes de dégradation qui
lui sont liés trouveront 1111début de solution.
CONCLUSION GENERALE
L’étude de la dégradation des terres dans la Province du Kouritenga à été menée à partir des sites
de Toulougou, Mobéga, Solga, et Dakonsin, afin d’avoir différentes situations de l’état du
phénomène. L’utilisation d’un Système d’Information Géographique notamment Pc ARUINFO, nous
a incité à adopter une approche globale, ce qui a permis d’identifier les’ différents facteurs de
dégradation en dégageant plus particulièrement les inter-relations. Les analyses qualitatives et
quantitatives avaient pour but d’intégrer l’ensemble des phénomènes pouvant expliquer l’état actuel
des terres au Kouritenga. Les outils d’analyse statistique univariée, multivariée et paramétriques,
utilisé pour la synthèse des données thématiques, nous ont permis d’obtenir des résultats et d’établir
des relations fonctionnelles entre chaque composante thématique et son évolution dans l’espace. Outre
ces outils, l’utilisation du SIG a facilité l’analyse des distributions géographiques et la modélisation
des processus de dégradation. Le constat qui découle de cette analyse spatiale est une extrême
mobilité des champs, ce qui a pour conséquences une dégradation du couvert végétal et partant des
sols. Les zones les plus dégradées sont principalement les anciens champs, les zones de stationnement
du bétail et les voisinages des pistes à bétail. Les anciens champs abandonnés ne sont pas
ultérieurement cultivés, les capacités de régénération de ces terres étant le plus souvent très faibles.
Ce phénomène est en partie lié à un défrichement quasi-total lors de la mise en place d’un nouveau
champs et à des pratiques culturales; les enquêtes des terrain ont en effet permis de mettre en évidence
une large pratique de la culture à plat qui, à l’étape actuelle, expose les sols à l’action érosive des
eaux de pluies. L’absence également d’une politique de reboisement cohérente inhibe les mesures de
restauration du couvert végétal et des sols, car le choix des espèces, élément fondamentale, se fait
selon la disponibilité des plants. Ces données non spatialisées ne pouvaient être intégrer au système.
Cependant elles ont permis d’expliquer certains résultats de l’analyse spatiale. Outre cette difficulté
liée à l’utilisation de l’outil SIG, la collecte et la structuration de l’information se sont avérées très
couteuse. De plus l’absence de données climatiques par site ne nous a pas permis de faire des analyses
beaucoup plus poussées, ce qui aurait favorisé une utilisation optimum de l’outil. Ainsi la
méthodologie mise en place a montré quelques insuffisances liées à l’utilisation de certaines données
provinciales non discriminatoires.
119
BIBLIOGRAPHIE
OUVRAGES GENERAUX
-1 AHMED, X.J., 1988,
L’état de l’Environnement en Afrique, PNUE, Sl
-2 ALBERGEL,J., VALENTIN,C.,
Influence de la végétation sur l’infiltration et le ruissellement, ORSTOM Ouagadougou
(BKF), Abidjan (CIV) 3 p. (non daté)
-8 BOULEL, R. 1978,
Toposéquence de sols tropicaux en Haute-Volta, équilibre et déséquilibre
pédobioclimatique, Paris ORSTOM, (Mémoire ORSTOM n”85) 271 p,
- 15 DIAGNE, A, 1991,
Caractéristiques physico-chimiques des sols sahéliens, cours séminaires, régional 11-12
Novembre 1991, EISMV, Dakar, 125 p.
- 22 INSD, 1978,
Recensement générale de la population, décembre, 1975 145 p
- 27 KADEBA, L. 1989,
Quelques aspects de l’action anthropique sur le milieu naturel : pratiques culturales évolution du
couvert végétal sur le terroir de Ouakara, Département de Géographie Memoire de Maîtrise, 99~.
- 35 MARA, 1995,
Rapport général de synthèse. Atelier national sur le bilan-diagnostic de l’approche gestion
des terroirs au Burkina Faso, Mai 1995, 34 p.
122
- 38 MET, 1994,
Code de l’Environnement, loi n”002/94 ADP du 19 Janvier 1994, Burkina Faso, Editions Se,
Ouagadougou,Janvier 1995, 25 p.
- 40 MIETTON, M. 1980,
Recherches Géomorphologique au Sud de la Haute-Volta : la dynamique actuelle dans la région
de Pô-Tiébélé, Université de Grenoble, Thèse de 3è cycle géographie, 264 p.
- 47 ORSTOM-BRASILIA, 1992,
Rio 92 : Rapport de synthèse, conférence de Rio 92, 188 p
- 63 WACQUANT, JP.,
Travaux pratiques des relations sol-végétation, S.n, S.I., 0000, 66 p
124
DOCUMENTS TECHNIQUES
- 64 BERNARD, M. 511211995,
Concepts et Fonctionnalités dans les SIG, GDTA SIAG, Toulouse, 34 P
- 65 BUNSAOLS, 1987,
Méthode d’analyse physique et chimique des sols, eaux et plantes, docum,entation technique no3
Ouagadougou 159 p,
- 66 BUNASOLS, 1989,
Etude morpopédologique de la Province du Kouritenga échelle l/lOOOOO rapport
technique n”65, 130 p.
- 77 ICRISAT, 1982,
Rapport annuel 198 1, pagination multiple.
- 78 ICRISAT, 1987,
Rapport annuel 1986, pagination multiple
- 79 INERA, 1994,
Rapport d’activité de 1’INERA dans le cadre du programme spécial CES/AGF dans le plateau
central, campagne 1993-1994, 47 p.
- 81 HORENT, P. 1980
Description méthodique du milieu naturel en vue du traitement informatique, Université Nationale
de Côte d’ivoire, et ORSTOM adiopodoumé, 45 p.
- 84 LABRE, S. 14/12/95,
Revue des outils informatiques du marché SIG. Dimensionnement de l’équipement, GDTA &
CEMAGREF/ENGREF 3 1 p.
- 88 MAUREL, P.,7/12/1995,
Apports de l’imagerie satellitaire aux SIG : Transparents, GDTA & SPOT IMAGE, 57~
- 93 P.P.I. 1991,
Etudeménagement des bas-fonds : études socio-économique, BERA, ,Mai, 199 1,
53 p.
ANNEXES
128
1
Type de
champs
:” a1 b a b a b
.-t-j-e-
60 40
Localisation a a+b C
du champs
4 28 68
Durée de C d e a b d I e
mise en
valeur 24 8 12 56 +40 16
Type de a b C a+b la Ic
labour
72 14 1 24 28 140 132
I
Outils
utilisés
a I a+b
-=---b= 32 1 65 28.6 71.4 63.6 36.4
I
1 Oui(0 non oui non oui non
100 0 85.7 14.3 86 14
2 a b c N
4 20 64 12 b 50 14.5: & 36.: &
3 a b c N a b c a b a b
28 56 4 12 56 40 4 53.6 32.1 27.3 59
4 f h A f co+di h B f d A d f h A
8 28 36 72 28 321 3.6 a.4 3.6 28.6 9 274 32 9
5 b d a C b d
4 96 53.6 3.6 54.5 18.2
6 a b C PPI D- a b a b C
I CRPA
l- llans
t 3ans
7 b
100 42.9 17.9 27.3 50
I 1 I I
8 oui non oui non oui non oui non
16 36 84 16 6 1 45.5 1 31.8
9 a b C
8 8 36
10 a b a I c a b
52 I 7.1 1 22.7 1 59
11
12
13
14
15
16
Périodicité
17
Raisons
18
19
20
10(
48
22 a
23
-4 --v.---P..
66
58 -. ” 1989
1990
!9f43 877.8
660.2
787.6 - 51
52
48
58 .-.1Or‘rf.j’
</ I 800.8 58
80 1992 781.8 52
60 1993 874.1 55
73 1994 1117.3 63
MOYENNES MOBILES
MxnP Mx no !: MxnP fi ni
1925-1935 800.1 55 1955-1965 875.1 66
\i ; I,
,, . .
.:
134
A.S. DA , 19%
135
PLANCHES PHOTOGRAPHIQUES