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Étude des Composants en Fibre Optique

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République Algérienne Démocratique et Populaire

Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique


Université 8Mai 1945 – Guelma
Faculté des sciences et de la Technologie
Département Electronique et Télécommunications

Mémoire
Présenté pour obtenir le diplôme de Magister en Télécommunications

OPTION: Télécommunications
Par
BOUMAKH Yassine

Thème

Contribution à l’Etude des Dispositifs et Composants


Dédies Aux Réseaux à Fibre Optique
Reconfigurables

Devant le Jury :

Président Pr : BOUKROUCHE Abdel Hani Prof Université. 8 mai 1945 Guelma


Rapporteur Dr : HAMDI Rachid MC-A Université. 8 mai 1945 Guelma
Examinateurs Dr: BOUALLEG Ahcène MC-A Université. 8 mai 1945 Guelma
Dr : REDADAA Salah MC-A Université. 8 mai 1945 Guelma
Invité Dr : TABA Med Tahar MC-B Université. 8 mai 1945 Guelma

SESSION 2012
A mes chères enfants

Rayane

Redah

Sabah
Remerciements
La personnalité marquante de Monsieur Rachid HAMDI, et son savoir on fait que je me suis
intéressé à la télécommunication par fibre optique.
Il a su me faire découvrir ce passionnant domaine de recherche, en prodiguant conseils et
encouragement, je suis très sincèrement reconnaissant envers lui.

Monsieur Abdel Hani BOUKROUCHE, professeur à l’université 8 mai 1945 a bien voulu
assurer la présidence du jury de cette mémoire. Je le prie de trouver ici l’expression de ma
respectueuse reconnaissance.

Je remercie vivement Monsieur Achène BOUALLEG, Maître de conférences à l’université


8 mai 1945 - GUELMA, pour avoir accepté de juger ce travail et d'en être examinateur.

Tous mes remerciements vont également à monsieur REDADAA Salah, Maître de


conférences à l’université 8 mai 1945–GUELMA, pour m’avoir fait l’honneur d’examiner ce
travail.

Je ne saurai oublier dans ces remerciements mes parents, mes frères et sœurs pour leur
compréhension, leur aide et l’affection constante qu’ils n’ont cessé de me témoigner. Qu’ils
trouvent ici l’expression de ma très profonde gratitude.

Je tiens à présenter mes reconnaissances et mes remerciements à ma femme qui n'a jamais
cessé de me soutenir pour que je puisse finir mes études et à qui je voudrais exprimer mes
affections et mes gratitudes.

Enfin, j'adresse mes plus sincères remerciements à Hallasi Abderezak, Harat Hocine, et à tous
mes proches et amis, qui m'ont toujours soutenu et encouragé au cours de la réalisation de ce
mémoire. Merci à tous et à toutes.
‫اﻟﻤﺴﺎھﻤﺔ ﻓﻲ دراﺳﺔ أﺟﮭﺰة وﻣﻜﻮﻧﺎت ﻟﺸﺒﻜﺎت اﻷﻟﯿﺎف اﻟﺒﺼﺮﯾﺔ اﻟﻤﻀﺒﻄﺔ‬

‫‪:‬‬
‫ﯾﺘﻤﺤﻮر ﻋﻤﻠﻨﺎ ﻓﻲ ﺛﻼﺛﺔ ﻣﺤﺎور رﺋﯿﺴﯿﺔ‪ .‬اﻟﻤﺤﻮر اﻷول ﯾﮭﺪف اﻟﻰ ﻋﺮض ﻃﺮﯾﻘﺔ ﻣﻌﺎﻟﺠﺔ ﻣﺮﺷﺤﺎت ﻣﺰدوج‬
‫اﻻﻧﻜﺴﺎرﯾﺔ ﺑﻮاﺳﻄﺔ ﻃﺮﯾﻘﺔ ﺗﻮﻟﯿﻒ اﻟﻤﺮﺷﺤﺎت ﻣﺤﺪودة اﻷﺳﺘﺠﺎﺑﺔ‪ .‬ﻷﻧﮫ ﯾﻘﻮم ﻋﻠﻰ ﺗﻘﺮﯾﺐ ﺑﻮاﺳﻄﺔ ﺧﻮارزﻣﯿﺔ رﯾﻤﺰ‬
‫أن ﯾﻮﻓﺮ ﻣﺴﺘﻮى أﻓﻀﻞ ﻣﻦ اﻟﻔﺺ اﻟﺠﺎﻧﺒﻲ ﺑﺎﻟﻤﻘﺎرﻧﺔ ﻣﻊ ﺗﻘﺮﯾﺐ ﺑﻮاﺳﻄﺔ ﺳﻠﺴﻠﺔ ﻓﻮرﯾﻲ وﺑﺘﺤﻜﻢ ﻓﻲ زواﯾﺎ اﺗﺠﺎه‬
‫اﻟﻤﯿﻞ ﻟﻮﺣﺎت ﻣﺰدوج اﻻﻧﻜﺴﺎرﯾﺔ اﻟﻤﺨﺘﻠﻔﺔ اﻟﻤﻜﻮﻧﺔ ﻟﻠﻤﺮﺷﺢ‪ .‬ﻛﻨﺎ ﻗﺎدرﯾﻦ ﻋﻠﻰ ﺣﺴﺎب ﻋﻠﻰ ﺳﺒﯿﻞ اﻟﻤﺜﺎل اﻟﻌﻨﺎﺻﺮ‬
‫اﻟﻤﺨﺘﻠﻔﺔ ﻟﺘﺸﻜﯿﻞ ﻣﺮﺷﺢ وﺟﻮد ﻋﺮض اﻟﻨﻄﺎق اﻟﺘﺮددي ﻣﻦ ‪ 10‬ﺟﯿﻐﺎھﯿﺮﺗﺰ دو ﻣﺴﺘﻮى ﻣﺴﻄﺢ‪ .‬اﻟﻤﺤﻮر اﻟﺜﺎﻧﻲ‬
‫ﻓﯿﺘﻌﻠﻖ ﺑﻤﻌﺎﻟﺠﺔ ﻣﺮﺷﺢ ﻣﺰدوج اﻻﻧﻜﺴﺎرﯾﺔ ﻻﺳﺘﺨﺪاﻣﮫ ﻛﻤﻌﻮض اﻟﺘﺸﺘﺖ‪ .‬ﻛﻤﺜﺎل ﻋﻠﻰ وﻇﯿﻔﺔ ﺗﺸﺘﺖ ﻣﻊ ﻣﻌﯿﺎر ﺗﺄﺧﺮ‬
‫ﻣﺠﻤﻮﻋﺔ اﻟﻘﻄﻌﻲ أﻗﻞ ﻣﻦ ‪ 4‬ﺑﯿﻜﻮ ﺗﺎﻧﯿﺔ ﻣﻦ ﻋﺮض اﻟﻨﻄﺎق اﻟﺘﺮددي دو ‪ 10‬ﺟﯿﻐﺎھﯿﺮﺗﺰ ﻣﻊ اﻣﻜﺎﻧﯿﺔ ﺗﺤﻤﻞ اﻟﺘﺸﺘﺖ‬
‫اﻟﺘﺮاﻛﻤﻲ ﯾﻔﻮق ‪ 2000‬ﺑﯿﻜﻮ ﺗﺎﻧﯿﺔ‪/‬ﻧﺎﻧﻮﻣﺘﺮ و ﺗﻮھﯿﻦ ﯾﻘﺪر ب ‪ 0.1‬دﯾﺴﺒﯿﻞ أﻣﺎاﻟﻤﺤﻮر اﻷﺧﯿﺮ ﻓﯿﺸﯿﺮ إﻟﻰ دراﺳﺔ ﻣﺎﻧﻊ‬
‫اﻟﻄﻮل اﻟﻤﻮﺟﻲ وھﻮ ﺟﮭﺎز ﻣﮭﻢ ﯾﻤﻜﻦ اﺳﺘﻌﻤﺎﻟﮫ ﻓﻲ أﻧﻈﻤﺔ اﺿﺎﻓﺔ‪/‬اﻗﺘﻄﺎف ﺿﻮﺋﻲ ﻣﻀﺒﻄﺔ‬
‫اﻟﻜﻠﻤﺎت اﻟﺮﺋﯿﺴﯿﺔ‪:‬‬
‫ﺷﺒﻜﺎت اﻻﺗﺼﺎﻻت اﻟﺒﺼﺮﯾﺔ واﻟﻀﻮﺋﯿﺔ – ﻧﻈﺎم ﻣﺘﻌﺪد ارﺳﺎل اﺿﺎﻓﺔ‪/‬اﻗﺘﻄﺎف ﺿﻮﺋﻲ‪ -‬ﻣﺎﻧﻊ أﻃﻮال اﻟﻤﻮﺟﺎت‪-‬‬
‫ﻣﺒﺪل ﺿﻮﺋﻲ‪ -‬ﻣﺮﺷﺢ ﻣﺴﺘﻘﻄﺐ – ﻟﻮﺣﺔ ﻣﺰدوج اﻷﻧﻜﺴﺎرﯾﺔ – ﺑﻠﻮر ﺳﺎﺋﻞ‬
Contribution to the Study of Devices and Components for the networks with
Reconfigurable Optical Fiber

Abstract:

The topic under the magister is the study of devices and components for the
networks to fiber optic reconfigurable. Our work is articulated around three main
axes. The first axis aims to expose a method of synthesis of birefringent filters by the
method of synthesis of Finite Impulse Response filters. It is based on approximation
by Remez algorithm that provides a level of side lobe compared to the best
approximation by series of fourrier and on the orientation angles of orientation of
different birefringent plates constituting the filter. We were able to calculate for
example the different elements forming a bandpass filter having a bandwidth of 10
GHz with a flat magnitude. The second axis relates to the synthesis of a birefringent
filter used as a dispersion compensator. We then synthesized as an example of
dispersion function with a standard hyperbolic group delay less than 4 ps over a
bandwidth of 10GHz and tolerating a cumulative dispersion up to 2003 ps / nm with
an attenuation of 0.1 dB. The last line refers to the study of a wavelength blocker is an
important device used as a reconfigurable subsystem within ROADMs.

Keywords :

Optical telecommunication networks, optical multiplexer / drop reconfigurable


wavelength blocker, optical switch, polarization filter, birefringent plates, liquid
crystal.
Contribution à l’Etude des Dispositifs et Composants Dédies Aux Réseaux à

Fibre Optique Reconfigurables

Résumé

Le thème traité dans le cadre de ce magister concerne l’étude des dispositifs et


composant dédiés aux réseaux à fibre optique reconfigurables. Notre travail est
articulé autours de trois axes principaux. Le premier axe a pour objectif d’exposer une
méthode de synthèse des filtres biréfringents par la méthode de synthèse des filtres à
Réponse Impulsionnelle Finie. Elle est basée sur l’approximation par l’algorithme de
REMEZ qui assure un niveau de lobe secondaire meilleur comparativement à
l’approximation par série de fourrier et en jouant sur l’orientation des angles
d’orientation des différentes lames biréfringentes constituant le filtre. Nous avons
ainsi pu calculer par exemple les différents éléments formant un filtre passe bande
ayant une bande passante de 10 GHz avec une amplitude plate. Le deuxième axe
concerne la synthèse d’un filtre biréfringent utilisé comme Compensateur de
Dispersion. Nous avons alors synthétisé comme exemple une fonction de dispersion
de forme hyperbolique avec un écart de retard de groupe inférieur à 4 ps sur une
largeur de bande de 10GHz en tolérant ainsi un cumul de dispersion allant jusqu’au
2003 ps/nm avec une atténuation de 0.1 dB. Le dernier axe se rapporte à l’étude d’un
bloqueur de longueur d’onde qui est un dispositif reconfigurable important utilisé
comme sous système dans les ROADMs.

Mots-Clefs

Réseaux de télécommunication optique, multiplexeur optique à insertion/extraction


reconfigurable, bloqueur de longueur d’onde, commutateur optique, filtre en
polarisation, lame biréfringentes, cristaux liquides
Sommaire
Introduction générale 1

Chapitre 1: Introduction Aux Réseaux De Télécommunications Par Fibre Optique 4

1.1 Introduction 4
1.2 Différents types de réseaux de Télécommunications optiques 4
1.2.1 Réseaux de Télécommunications optiques longue distance 5
1.2.2 Réseaux de Télécommunications optiques métropolitains 5
1.2.3 Réseaux de Télécommunications optiques d’accès 7
1.3 Propagation de la lumière dans la fibre optique 8
1.3.1 Présentation générale des fibres optiques 8
1.3.2 Principaux effets non linéaires dans les fibres optiques 11
1.3.3 Atténuation dans la fibre 12
1.3.4 Dispersion Chromatique 13
1.3.5 Effet de la Dispersion Chromatique 15
1.3.6 Dispersion de mode de Polarisation 15
1.4 Les Principaux Composants d’un Système de transmission WDM 16
1.4.1 Amplificateur Optique 16
1.4.2 Egaliseur Dynamique de Gain (DGE) 16
1.4.3 Egaliseur Dynamique de Cannaux (DCE) 17
1.4.4 Fibre de Compensation de Disperssion 17
1.4.5 Les Isolateurs 17
1.4.6 Les Coupleurs Optiques 17
1.4.7 Les Filtres Optiques 18
1.4.8 Les Multiplexeurs Optique à Insertion/Extraction Reconfigurable
(ROADM) 18
1.5 Différents Implémentation des ROADM 21
1.5.1 ROADM basé sur un WB 21
1.5.2 ROADM basé sur un WSS 22
1.5.3 ROADM basé sur un WXC 24
1.6 Conclusion du chapitre 1 25

Chapitre 2 : Filtres biréfringents 26


2.1 Introduction 26
2.2 Phénomènes physiques 26
2.2.1 Biréfringence 26
2.2.2 Polarisation 26
2.2.3 Cristaux liquides 28

A
2.3 Différents éléments constitutifs d’un filtre biréfringent 33
2.3.1 Polariseur 33
2.3.2 Lame biréfringente 34
2.4 Description mathématique des phénomènes liés à l’état de polarisation 35
d’une onde optique
2.4.1 Introduction 35
2.4.2 Représentation de la polarisation à partir du formalisme de Jones 37
[Link] Vecteur de Jones 38
[Link] Matrice de Jones 39
[Link] Cas d’une lame biréfringente entre polariseur/analyseur 41
2. 5 Filtres biréfringents 41
2.5.1 Paramètres et caractéristiques 41
2.5.2 Filtres de LYOT 43
2.5.3 Filtre de SOLC 46
2.6 Réponse impulsionnelle d’une série de lames biréfringentes 49
2.7 Conclusion du chapitre 2 52

Chapitre 3 : Synthèse d’un Filtre RIF et d’un Compensateur de Dispersion à base


d’éléments biréfringents 53
3.1 Filtres Amplitudes 53
3.2 La Transformation en Z 55
3.3 Les Filtres RIF 56
3.4 Calcul des Coefficients d’un Filtre à Phase Linéaire par P.M.C 60
3.4.1 Introduction 61
3.4.2 Formulation du Problème d’Approximation 61
3.4.3 Théorème de l’Alternance 62
3.4.4 Description de l’Algorithme de Conception de Filtre de PARKS-
McCLELLAN sous l’Algorithme d’Echange de REMEZ 62
3.5 Synthèse d’un filtre biréfringent à gabarit prédéfini 65
3.5.1 Algorithme de conception 65
3.5.2 Description du filtre biréfringent 67
3.5.3 Transformé Direct de l’Algorithm 68
3.5.4. Analyse inverse du filtre biréfringent 69
3.5.6 Calcul des angles 70
3.5.7 Conception des polynômes An ( z ) et Bn ( z ) 72
3.5.8. Paramètres nécessaire à la procédure de conception 73
3.5.8 Exemple d’application 73
3.6 Compensateur de Dispersion 76
3.6.1 Introduction 76
3.6.2 Description mathématique 77
3.6.3 Synthèse d’un compensateur de dispersion 78
3.6.4 Algorithme de synthèse 78
3.6.5 Calcul de la longueur des sections 82
3.6.6 Exemple d’application 83
3.7 Conclusion du chapitre 3 90

B
Chapitre 4 : Synthèse d’un Bloqueur de Longueur d’Onde (WB) 91

4.1 Le Wavelength Blocker (WB) 91


4.1.1 Introduction 91
4.1.2 Principe de Fonctionnement 92
4.2 Synthèse d’un WB traitant 1 seul canal 96
4.2.1 Choix des valeurs des paramètres opto-géométriques 96
4.2.2 Blocage, transmission et égalisation de longueur d’onde 99
4.3 Synthèse d’un WB traitant 3 canaux 101
4.3.1 Limitations et performances du WB 102
4.4 Conclusion du chapitre 4 103
Conclusion générale 104
Annexes 105
Liste des Figures 107
Table des Acronymes 110
Bibliographie 112

C
Introduction Générale
--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Introduction

La diversification des opérateurs de télécommunications, l'augmentation du nombre


d'utilisateurs partout autour du globe et la multiplication des formats de données
demandent plus de souplesse qu'une simple liaison de transmission entre deux points
même au niveau des réseaux de dimension nationale voire internationale. Le réseau est
devenu hiérarchisé avec une topologie maillée et il y a lieu de mettre des nœuds de routage
à l’intersection des différents secteurs du réseau pour permettre aux différents signaux
d’arriver à bon port. Il s'agit en fait d'extraire et d'insérer des portions d'information dans
les interfaces avec des réseaux de moindre capacité, de contrôler la qualité de l'information
et de la rediriger en cas de panne. Le domaine électronique, dans lequel s'effectue cette
tâche aujourd'hui, travaille à des débits de quelques centaines de Mbit/s. Or la croissance
de la capacité des systèmes de transmission va donner des centaines, voire des milliers, de
Gbit/s à traiter. La mise en parallèle de nombreuses unités de routage électronique
constitue une première réponse. Mais la quantité d'informations devient telle qu'elle rend
problématique la connexion de ces différentes entités à cause, entre autre, des distances
d'interconnexion ou des perturbations électromagnétiques. Après les progrès immenses
qu'elle a permis dans le domaine de la transmission, l'optique est également perçue comme
une réponse complémentaire pour gérer cet engorgement. Depuis plusieurs années, les
constructeurs d’équipements de télécommunications, communément appelés les
équipementiers, présentent la notion de couche de réseau tout-optique dans leur scénario
d'évolution à plus ou moins long terme. Dans le cadre du routage optique, le multiplexage
en longueur d'onde peut prendre une nouvelle dimension en considérant toutes ces
porteuses comme autant de ressources disponibles, commutables individuellement, en
groupe ou par fibre selon les besoins. La mise en place de ces réseaux tout-optiques
réclame la mise au point de nombreux dispositifs dont principalement les Multiplexeurs
Optique à Insertion/Extraction (Optical Add and Drop Multiplexer, OADM) qui ont
jusqu’ici fait leur preuve sur le terrain. Néanmoins, la reconfiguration d’un réseau à base
d’OADMs conventionnels peut nécessiter plusieurs semaines de travail obligeant les
techniciens à effectuer des procédures manuelles fines, une analyse des puissances
optiques au niveau des ports des OADMs et la reconfiguration des lasers en conséquence.
Aussi, ces procédures doivent être répétées si nécessaire. Évidemment, ceci a un impact sur
le coût d’exploitation et maintenance (opex) et pénalise les opérateurs dans le déploiement
rapide de nouveaux services. Par ailleurs, ces procédures peuvent occasionner des
interruptions gênantes pour les services déjà existants. Ce manque de flexibilité, inhérent
aux OADM ‘statiques’, contribue aussi à de faible rendement quant à l’utilisation et
l’exploitation optimales des bandes passantes. En effet, lors du dimensionnement et la
configuration d’un système, les opérateurs doivent émettre certaines hypothèses qui
peuvent s’avérer complètement erronées ou obsolètes quand le trafic évolue de manière
inattendue. Les bandes passantes finiront par être sous-utilisées et ceci à cause de
l’incapacité de l’OADM ‘statique’ à gérer les bandes passantes à un niveau de granularité

1
Introduction Générale
--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

qui est celui de la longueur d’onde [3]. Pour toutes ces raisons, les opérateurs à travers le
monde commencent à reconnaître la nécessité de disposer et de généraliser l'utilisation des
OADMs reconfigurables (ROADMs). Le ROADM permet le contrôle à distance de
l’extraction, l’insertion et la transmission express des longueurs d’onde en s'affranchissant
de toute conversion. Le ROADM permet une connectivité élevée (any-to-any connectivity)
et offre un degré de flexibilité au niveau de la couche optique. Ceci contribue
considérablement à la réduction des dépenses opérationnelles liées à la maintenance et
l’exploitation. Ils représentent donc la solution idéale pour les réseaux actuels parce qu’ils
permettent alors:

 une activation simple et rapide des services à travers une couche optique complètement
automatisée.
 une configuration flexible et agile du réseau permettant ainsi de s'adapter aux nouvelles
exigences.
 une meilleure rentabilité quand à l’utilisation de la bande passante en éliminant les
bandes passantes inutilisées.

Plusieurs architectures ont été proposées pour la réalisation des systèmes ROADMs. Parmi
celles-ci, nous pouvons citer l’architecture à base de sous-système bloqueur de longueurs
d’onde (WavelengthBlocker, WB) et de commutateur sélectif de longueur d’onde
(WavelengthSelectif Switch, WSS). Les WB et les WSS doivent répondre à certaines
spécificités à savoir : -disposer d’une fonction de filtrage la plus large possible pour ne pas
filtrer la puissance significative de la densité spectrale de puissance du signal porté par la
longueur d’onde -disposer d’une fonction de filtrage la plus plate possible, dans la bande du
signal, avec un niveau d’ondulation (ripple en anglais) le plus faible possible – une isolation
suffisante pour éviter toute diaphotie (crosstalk en anglais) entre canaux. Cette isolation est
directement reliée à la forme relative de la fonction de blocage (qui intervient au moment
d’isoler un canal pour le diriger vers un port spatial distinct de celui des canaux voisins) par
rapport à la densité spectrale de puissance du signal en question. Évidemment, le fait que les
contraintes sur la fonction de filtrage deviennent plus fortes, la complexité de la conception de
ces WB et WSS se répercute directement sur leur coût de fabrication. Par conséquent,
concevoir un WB ou un WSS contenant moins de modules et implémentés dans une
technologie simple et moins chère est un objectif plus que souhaitable. C’est dans ce cadre
que nous proposons une solution technologique alternative pour réaliser un WB basée sur des
filtres optiques biréfringents à interférences en polarisation (Polarization Interference Filter,
PIF).

Le thème traité dans le cadre de ce Magister se définit en premier lieu par l’étude des
conséquences de la diversification et l’explosion des données ainsi que le déploiement massif
des services très haut-débit sur les solutions adéquates à adopter et, plus concrètement,
s’inscrit dans l’évolution des dispositifs optiques tels les nœuds de routage optique
(ROADM), les filtres optiques et les compensateurs de dispersions en environnement cœur de

2
Introduction Générale
--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

réseau, métropolitain et d’accès. Guidés par la recherche d’une conception simple et


reconfigurable pour de tels dispositifs, nous avons choisi d’étudier les filtres biréfringents à
interférences en polarisation.

Le plan du mémoire est organisé en quatre chapitres

Dans le chapitre 1 nous situons le contexte dans lequel s’inscrivent les travaux présentés
dans ce mémoire. Après avoir donné une description des différents types de réseaux optiques,
nous rappelons les principaux effets linéaire et non linéaire de la fibre optique constituant le
milieu de transmission et nous exposons la technique de multiplexage en longueur d’onde
WDM en mettant l’accent sur les ROADM et ses différentes architectures.

Dans le second chapitre, nous commençons par faire un rappel sur les phénomènes
physiques clés qui régissent la technique de filtrage optique et nous exposons le modèle
mathématique et physique pour les éléments biréfringents qui constituent le filtre. Le cas des
cristaux liquides est passé en revue. Ensuite, nous analysons les deux configurations de base
de cette famille de filtres, à savoir la configuration de Lyot et celle de Šolc. Enfin, nous
présentons une étude détaillée de la méthode de synthèse basée sur l’analyse temporelle, au
sens traitement du signal, de la réponse impulsionnelle des filtres biréfringents permettant de
réaliser des fonctions de transfert quelconques.

Le troisième chapitre est consacré à la présentation d’un algorithme de synthèse des filtres
biréfringents par l’application des méthodes de synthèses des filtre RIF, à savoir l’algorithme
de REMEZ, après avoir décrit la représentation polynomiale en z de la fonction de transfert
des filtres biréfringents constitués d’un empilements de lames biréfringentes et contrôlée par
l’orientation des angles des différents lames. Dans la deuxième partie du chapitre, on
présente la procédure de synthèse d’un filtre biréfringent utilisé comme compensateur de
dispersion.

Le dernier chapitre de ce manuscrit traite la description d’un bloqueur de longueur d’onde


(WB) utilisé comme sous-systèmes dans des ROADM en architecture broadcast and select.

3
Chapitre : I Introduction Aux Réseaux De Télécommunication Par Fibre Optique
----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Chapitre 1 : Introduction aux Réseaux De


Télécommunications Par Fibre Optique

1.1 Introduction

L'aboutissement de nombreuses années de recherche de base pour obtenir d'une part des
fibres présentant une atténuation compatible avec les exigences d'un réseau de
télécommunications, d'autre part des composants et dispositifs suffisamment performants et
fiables a permis l'apparition des premiers systèmes de transmission optique dès les années 90.
Ils sillonnent désormais le monde entier, aussi bien sur terre que dans le domaine sous-marin.

Les réseaux déployés sont segmentés en fonction des différents besoins en débit, en bande
passante, en distance de transmission... On distingue trois grandes catégories : Les réseaux
longues distances (ou les WAN, Wide Area Network), les réseaux métropolitains
(Metropolitan Area Network = MAN) et les réseaux locaux (Local Area Network = LAN) [1].

Figure 1.1: Architecture typique d’un réseau de Télécommunications.

1.2 Différents types de réseaux de Télécommunications optiques :

Selon la nature du réseau dans lequel il se situe, le système optique peut légèrement
différer. Nous allons donc présenter succinctement les caractéristiques de ces trois niveaux de
réseaux dans les paragraphes suivants.

4
Chapitre : I Introduction Aux Réseaux De Télécommunication Par Fibre Optique
----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
1.2.1 Réseaux de Télécommunications optiques longue distance :

Les réseaux de Télécommunications optiques longue distance sont souvent de type point à
point et couvrent des distances supérieures à 500 Km, pouvant atteindre 8000 Km pour les
réseaux ultra longue distance (réseau backbone). Historiquement, ils ont été les premiers
réseaux à profiter de deux révolutions techniques: l’amplification optique et la technique de
multiplexage en longueurs d’onde (Wavelength Division Multiplexing, WDM).
L’introduction d’amplificateurs optiques à fibre dopée Erbium (Erbium Doped Fibre
Amplifier, EDFA) ou plus récemment à effet Raman, a permis d’accroître la distance de
transmission sans nécessité de sites de conversion optoélectroniques, coûteux, pour ré-
amplifier le signal. Ces sites, jusque-là indispensables pour régénérer et ré-amplifier le signal
(tous les 40 à 100 Km), étaient coûteux et peu flexibles car ils ne pouvaient pas s’adapter à
des débits plus importants. Par ailleurs, le WDM a permis d’augmenter considérablement le
débit dans les fibres, en multiplexant plusieurs canaux dans une même fibre. La capacité de
ces liens est très forte, pouvant atteindre des débits de plusieurs Térabits/s, ce qui permet de
véhiculer simultanément plusieurs millions de communications téléphoniques, ayant chacune
un débit de 64 Kbits/s. Les protocoles utilisés sont la hiérarchie numérique synchrone
(Synchronous Digital Hierarchy), SDH et ATM (Asynchronous Transfer Mode). Ces réseaux
ont connu un développement intense à la fin des années 1990.

Bien que les WANs soient actuellement en surcapacité, leurs ressources vont continuer à
être optimisées. Les amplificateurs optiques ont été installés avec des filtres d’égalisation
statiques de gain (Gain Flattening Filter, GFF) afin d’uniformiser spectralement le gain des
amplificateurs. Cependant, le gabarit du filtre n’est ajusté que pour un régime particulier de
l’amplificateur et ne prend pas en compte par exemple le vieillissement de ces amplificateurs
ou les variations du nombre de canaux transmis au cours du temps. L’introduction
d’égaliseurs dynamiques de gain (Dynamic Gain Equalizer, DGE) est aujourd’hui nécessaire,
dans certains cas, pour maintenir le spectre WDM à un niveau comparable pour tous les
canaux. La performance des ces liaisons dépend donc de celle de ces systèmes.

1.2.2 Réseaux de Télécommunications optiques métropolitains :

Les réseaux de Télécommunications optiques métropolitains couvrent généralement une


grande agglomération ou une petite région. Ils sont reliés aux réseaux WAN et aux réseaux
LAN et ont, à priori, une architecture en anneau facilitant les interconnexions avec les
différents points d’accès de ces réseaux. Ils constituent actuellement un goulet
d’étranglement; en effet, intermédiaires des réseaux WANs et LANs déjà développés, leur
évolution est difficile à prévoir, se situant entre une extension des WANs ou une extension
des LANs. Les systèmes proposés ne satisfont pas les besoins spécifiques de ces réseaux où il
est toujours difficile de prévoir l’évolution du trafic, car la demande en bande passante ne
cesse d’augmenter. On peut distinguer les réseaux métropolitains structurants et
métropolitains d'accès (Figure1.2)

5
Chapitre : I Introduction Aux Réseaux De Télécommunication Par Fibre Optique
----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Figure 1.2 : Réseau métropolitain structurant et réseau métropolitain d'accès.

Les réseaux métropolitains structurants sont généralement constitués d'anneaux de 80 à


150 km de circonférence avec six à huit nœuds. En revanche, les réseaux métropolitains
d'accès sont des anneaux de 10 à 40 km de circonférence dotés de trois ou quatre nœuds avec
des embranchements vers des sites distants. Suivant les réseaux ou les pays, ces chiffres
peuvent varier considérablement. En particulier, il existe des différences notables entre les
zones très peuplées d'Europe et d'Asie, où les distances seront inférieures, et les États-Unis où
les applications métropolitaines s'apparentent à de véritables réseaux régionaux.

Les topologies des réseaux métropolitains diffèrent radicalement de celles des réseaux
longues distances. Ces derniers correspondent pour l'essentiel à des lignes interurbaines point
à point avec tout au plus un ou deux multiplexeurs d'insertion-extraction optiques (OADM)
pour insérer et extraire le trafic en des points intermédiaires. Les réseaux métropolitains
introduisent une infrastructure optique à haut degré de connectivité. Les anneaux
métropolitains se caractérisent généralement par un trafic maillé avec un certain degré de
concentration lié à l'interconnexion avec le réseau longue distance. Les anneaux d'accès, à la
différence, collectent en général le trafic de plusieurs nœuds pour le concentrer vers un nœud
partagé avec un réseau métropolitain structurant.

La complexité de ce réseau ne se traduit pas uniquement par le haut degré de connectivité.


A la différence des réseaux longue distance, les réseaux métropolitains doivent prendre en
charge des formats, des protocoles et des débits de transmission très divers, mêlant les trafics
de la hiérarchie numérique synchrone (SDH) ou du réseau optique synchrone (SONET) ou
autres encore. Pour supporter cette diversité, ces réseaux sont souvent équipés de carte
transpondeurs multi-débits universelles, acceptant n'importe quel débit de 100 Mbits à 2,5
Gbits/s, pouvant assurer ultérieurement le trafic supérieur à 10 Gbits/s sans modification et
dans une transparence totale vis-à-vis de tous les formats et protocoles.

Dans ces réseaux intrinsèquement ouverts à n'importe quel type de signal, le multiplexage
en longueur d'onde (WDM), dont une description ultérieure sera faite, trouve une application
importante en luttant contre l'encombrement que cela peut procurer tout en réduisant le coût
par service apporté. De la même manière, les amplificateurs optiques sont essentiels pour les
6
Chapitre : I Introduction Aux Réseaux De Télécommunication Par Fibre Optique
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applications de réseaux métropolitains structurants. Les pertes élevées dans la fibre (dues à
l'interconnexion de courts tronçons de fibre) et le cumul des pertes associées aux transits tout
optiques dans des nœuds successifs peuvent imposer en effet d'amplifier le signal optique.
L'amplificateur optique peut représenter dans bien des cas une solution à moindre coût
comparée à la régénération optique-électrique-optique.

1.2.3 Réseaux de Télécommunications optiques d’accès :

Le réseau de Télécommunications optiques d’accès a connu récemment un essor rapide


grâce aux nombreuses technologies offertes aux particuliers et au développement de nouveaux
services. Au réseau téléphonique commuté sont venus s’ajouter l’accès à internet avec un
modem analogique, les réseaux câblés et l’ADSL (Asymetric Digital Subscriber Line) offrant
un accès à la télévision et à internet haut débit. Le déploiement de la fibre jusqu'à la maison
(Fiber To The Home, FTTH) démarre principalement dans les quartiers d’affaire. Les
nouveaux services sont, entre autres, la vidéo à la demande, la vidéoconférence, les sites de
service client (Customer Relationship Management) ou les progiciels de gestion intégrée
(Enterprise Resource Planning). Tous ces services font augmenter de manière significative la
demande en bande passante qui est regroupée au niveau de plateformes multiservices
(Multiservice Provisioning Platform) pour le réseau d’accès.

L’architecture des LANs repose sur des réseaux optiques passifs (Passive Optical Network,
PON) qui sont en étoile, avec une architecture diffusion-sélection (Broadcast and Select)
réduisant le besoin en reconfigurabilité. Cette architecture consiste à diffuser tous les signaux,
l’utilisateur final devant alors filtrer l’information lui étant destiné[Link] la localisation de la
terminaison optique, différentes configurations sont envisageables:

 FTTH/FTTO (Fiber To The Home / Fiber To The Office) : la terminaison de réseau


optique, qui est propre à un abonné donné, est implantée dans ses locaux. La fibre va donc
jusqu'à son domicile ou son bureau, et la partie terminale en cuivre est très courte.
 FTTB (Fiber To The Building) : la terminaison de réseau optique est localisée soit au
pied de l'immeuble, soit dans un local technique généralement situé en sous-sol, soit dans une
armoire ou un conduit de palier. Elle est partagée entre plusieurs abonnés qui lui sont
raccordés par des liaisons en fil de cuivre.
 FTTC/FTTCab (Fiber To The Curb / Fiber To The Cabinet) : la terminaison de réseau
optique est localisée soit dans une chambre souterraine, soit dans une armoire sur la voie
publique, soit dans un centre de télécommunications, soit sur un poteau. Selon le cas, il est
envisagé de réutiliser le réseau terminal en cuivre existant ou de mettre en œuvre une
distribution terminale par voie radioélectrique.

7
Chapitre : I Introduction Aux Réseaux De Télécommunication Par Fibre Optique
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Figure 1.3: Le réseau local FFTx

La fibre optique est vite apparue très intéressante pour le domaine des télécommunications.
Elle représente un support de transmission dont les nombreux avantages justifiant son
introduction dans les systèmes de transmission sont donnés ci-après:

 Performances de transmission: Très faible atténuation, très grande bande utilisable,


multiplexage possible.
 Avantages de mise en œuvre : Très petite taille, grande souplesse, faible poids.
 Sécurité électrique : Isolation totale entre terminaux, utilisation possible en ambiance
explosive ou sous de fortes tensions.
 Sécurité électromagnétique : Insensible aux parasites et n'en crée pas, inviolabilité
presque totale.
 Avantage économique : Moindre coût, en comparaison avec les autres supports.

1.3 Propagation de la lumière dans la fibre optique

1.3.1 Présentation générale des fibres optiques:

Une fibre optique est un guide d'onde diélectrique cylindrique. Elle est constituée de deux
diélectriques ayant le même axe, le cœur et la gaine, entourés d'une gaine de protection
(Figure1.4).

Figure 1.4 : Structure d'une fibre optique.

Le guidage du signal optique est basé sur la loi de Snell-Descartes. La lumière se propage
le long de la fibre par réflexions successives entre le cœur et la gaine (Figure1.5). Cela n'est
8
Chapitre : I Introduction Aux Réseaux De Télécommunication Par Fibre Optique
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possible que si le cœur et la gaine sont constitués de matériaux transparents et que l'indice de
la gaine est inférieur à celui du cœur (une différence de quelques % est suffisante). La
seconde condition est d'envoyer le signal lumineux dans la fibre avec un angle, par rapport à
l'axe, inférieur à l'ouverture numérique. L'ouverture numérique (O.N.) représente l'ouverture
angulaire limite avant une transmission et non une réflexion totale sur le dioptre cœur-gaine
de la fibre ON  ( n 12  n 22 )
.

Figure 1.5 : Lois de propagation du signal dans une fibre optique.

La plupart des fibres sont fabriquées à base de silice, matériau abondant et peu cher. Pour
façonner les profils d'indice, la silice est dopée avec du dioxyde de germanium ou du
pentoxyde de phosphore pour augmenter l'indice (pour le cœur de la fibre) et avec du fluor ou
du trioxyde de bore pour le diminuer (plutôt réservé à la gaine optique).
Il y a deux classes de fibres optiques : monomode et multimode. La fibre monomode est
utilisée dans les liaisons de longue distance à haut débit alors que la fibre multimode est
utilisée dans les liaisons de courte distance à plus faibles débits. La terminologie monomode
et multimode réfère au nombre de modes de propagation dans la fibre optique. C’est le profil
spatial d’intensité de la lumière parcourant ces fibres et aux chemins pris par les différents
rayons. Dans une fibre multimode, plusieurs rayons peuvent parcourir des chemins différents
à l’intérieur du cœur. Prenons l’exemple de la (figure 1.6), nous avons trois rayons où l’un est
au centre du cœur alors que les deux autres rebondissent sur la gaine. Par contre, dans une
fibre monomode (figure 1.7), le diamètre du cœur est rétrécit jusqu’à ne permettre qu’un seul
et unique mode de propagation.

Figure 1.6 : Propagation de la lumière dans une fibre multimode.

9
Chapitre : I Introduction Aux Réseaux De Télécommunication Par Fibre Optique
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Figure 1.7 : Propagation de la lumière dans une fibre monomode.

Les fibres monomodes possèdent un diamètre de cœur plus petit (8 à 10 microns en


général). Compte tenu de ces dimensions, la fibre optique monomode classique est à saut
d’indice (Fig1-8).

Figure 1.8 : Profil d'une fibre monomode à saut d'indice.

Les principales caractéristiques des fibres optiques sont l'atténuation, la dispersion


(chromatique et de polarisation) et les effets non-linéaires. Ces caractéristiques sont
présentées dans les paragraphes suivants.
Le développement en série de Taylor de la constante de propagation β(ω) autour de la
fréquence ω0 de la porteuse peut s’écrire :
 1 1
 ( )  n( )  0  1 (  0 )   2 (  0 )2  3 (  0 )3  ...
c 2! 3! (1-1)
 d n 
où n   n 
n  0,1, 2,.....
 d     0 (1-2)
β1 est la réciproque de la vitesse de groupe vg qui représente la vitesse de l’enveloppe de
l’impulsion optique, β2 est le paramètre de dispersion de vitesse de groupe qui sera discuté
dans la section 1.4.3. La propagation de la lumière dans une fibre optique est modélisée par
l’équation non linéaire de Schrödinger (NLSE, Non Linear Schrödinger Equation) [2], dès
lors que la largeur typique des impulsions est supérieure à la picoseconde. Cette équation
décrit plusieurs phénomènes physiques d’une importance fondamentale pour les fibres
optiques.

E  2  2 E 3 3E  2
j  2
 j 3
 j E   E ( t ) E  j  S R ( t ) * E ( t ) 2  E (1-3)
 z 
2 t 6 t
 2           
effetnonlinéaire
atténuation
dispersion

10
Chapitre : I Introduction Aux Réseaux De Télécommunication Par Fibre Optique
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où E(z,t) est l’enveloppe complexe du champ électrique, α l’atténuation, β2 et β3 sont liés à la
dispersion chromatique, γ est le coefficient d’effet non linéaire Kerr, ζ et SR sont liés à l’effet
non linéaire Raman. L’équation de Schrödinger (1-3) résume le fait que la fibre est un milieu
à pertes, dispersif et non linéaire pour la propagation de la lumière. Elle décrit tous les
phénomènes linéaires (atténuation, dispersion chromatique) et les phénomènes non linéaires
(l’effet Kerr et l’effet Raman) qui interviennent lors de la propagation dans la fibre optique.

1.3.2. Principaux effets non linéaires dans les fibres optiques

Les systèmes de télécommunications sur fibre sont conçus avec l’hypothèse d’une
transmission linéaire et les effets non-linéaires sont alors des effets parasites qui en dégradent
[2] les performances quand les puissances véhiculées deviennent élevées. Aujourd’hui, les
systèmes de transmission à haut débit et grande distance utilisent des amplificateurs de
puissance à l’émission, ce qui conduit à des puissances injectées dans la fibre très élevées et
des effets non-linéaires non négligeables.

 L’effet Kerr

L’effet Kerr, en optique géométrique, est une extension des lois de la réfraction de la lumière
lors de la propagation de cette lumière dans des milieux d’indice variable. L’indice de
réfraction peut alors s’exprimer sous la forme d’une équation non linéaire proportionnelle à la
p
puissance optique : n  ncoeur  nNL (1-4)
Aeff
où nNL est le coefficient de non linéarité de la fibre, p est la puissance optique en Watt, Aeff est
la surface effective du cœur en m 2 . L’équation 1-5 montre deux stratégies pour réduire la non
linéarité due à l'effet Kerr : soit réduire au maximum la puissance injectée (ce qui est à
l'opposé de la tendance courante), soit maximisé la surface effective de la fibre sans introduire
d'autres effets indésirables. La plupart des dernières conceptions se sont concentrées sur la
deuxième possibilité qui consiste à maximiser Aeff.
La contribution de l’effet Kerr à l’équation de l’évolution de l’enveloppe (1-3) s’écrit [3]:
E 2
  j E (t ) E (1-5)
z
n 
où   gaine 0 (1-6)
cAeff
D’une manière générale, l’effet Kerr provoque les effets non linéaires suivants:

1) L’auto modulation de phase, (SPM, Self Phase Modulation) : dans un signal modulé en
intensité, la modification de la phase de l’onde proportionnellement à l’intensité de l’onde
elle-même est appelée SPM. Une des caractéristiques de la SPM est le décalage en fréquence.

2) la modulation de phase croisée, (XPM, Cross Phase Modulation) : l’effet XPM


intervient quand il y a au moins deux ondes de fréquences différentes qui se propagent
simultanément dans la fibre. Par définition, c’est la variation non linéaire de la phase du
champ électrique d’une des ondes sous l’effet du champ électrique de l’autre.
Précisons qu’à intensités égales, la contribution de la XPM est double de celle de la SPM, elle
induit tout comme la SPM, un élargissement spectral des impulsions, à la différence majeure
que l’effet de la XPM dépend sensiblement de la polarisation des deux ondes et des
informations véhiculées par les deux porteuses. Il s’ensuit un glissement relatif des
impulsions véhiculées par les deux porteuses, ce glissement s’accroît plus rapidement que la
11
Chapitre : I Introduction Aux Réseaux De Télécommunication Par Fibre Optique
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dispersion chromatique de la fibre est plus grande et que les porteuses optiques sont plus
espacées en fréquence. 3  4  1  2

3) le mélange à quatre ondes (FWM, Four Wave Mixing) :


représente une autre manifestation de l’effet Kerr, à l’image de la XPM, caractérisée par un
processus engendrant de nouvelles longueursd’ondes lorsque deux porteuses au moins se
propagent dans la fibre. À la différence de la XPM, ce cas consiste à l’interaction de deux
ondes de fréquences distinctes 1 , 2 produisant deux autres ondes de fréquences 3 , 4 de
sorte que : 3  4  1  2
Comme son nom l’indique, la FWM implique une interaction faisant intervenir quatre ondes
de fréquences toutes ou partiellement distinctes. On parle de dégénérescence quand
l’interaction fait intervenir deux fréquences identiques parmi les quatre.
Le deuxième mécanisme qui peut générer des effets non linéaires est l’effet Raman et
Brillouin spontanés: ces effets sont dus à l’interaction entre les modes de vibration du verre,
les photons et les phonons de l’onde propagée.

 L’effet Brillouin, (SBS, Stimulated Brillouin Scattering) :


cet effet impose une limite sur la quantité de puissance optique qui peut être utilement
injectée dans une fibre optique. L'effet SBS a une puissance de seuil : quand ce seuil est
dépassé, un facteur significatif de la lumière transmise est réorienté en arrière vers l’émetteur,
onde de Stokes, avec une fréquence inférieure à celle du signal ; le SBS induit un bruit
significatif dans le système. L’efficacité de cet effet diminue si le signal est modulé et
disparaît pratiquement pour une bande supérieure à 100 GHz [2].

 L'effet Raman, (SRS, Simulated Raman Scattering) :


L’onde engendrée se propage dans le même sens et elle possède un décalage en fréquence
beaucoup plus grand, de l'ordre de 10 THz [2]. Cet effet devient important dès que la largeur
spectrale de l'ensemble des signaux transmis est supérieure à quelques nm, ce qui est le cas de
l'ensemble des canaux DWDM. Le SRS limite la quantité de la lumière qui peut atteindre le
récepteur. Pour un système consistant en N amplificateurs optiques, le seuil du SRS chutera
d’un facteur N [2].

1.3.3. Atténuation dans la fibre

L'atténuation correspond à une diminution de la puissance du signal transmis. Elle s’exprime


très souvent en décibels (dB). On définit un coefficient d’atténuation α pour une ligne de
transmission de longueur L qui s'exprime en dB/Km tel que [2] :
10 P 
 ( )( dB / km )   log  S 
L  PE  (1-7)
En comparant avec les autres supports de transmission comme le cuivre, l’atténuation de la
fibre optique est faible, elle dépend en particulier de la longueur d’onde des impulsions
lumineuses [4].

12
Chapitre : I Introduction Aux Réseaux De Télécommunication Par Fibre Optique
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Figure 1.9 : Pertes optiques dans une fibre standard

L'atténuation provient principalement de deux phénomènes : l'absorption et la diffusion de la


lumière comme le montre la figure ci-dessus. Selon la valeur de cette atténuation, les fibres
peuvent être utilisées pour la transmission essentiellement dans deux « fenêtres en longueur
d’onde » : les fenêtres 1300 nm et 1550 nm. La fenêtre 800 nm étant pratiquement
complètement abandonnée. La fenêtre à 1300 nm a une largeur de bande de 50 nm et une
atténuation moyenne importante d’environ 0,4 dB/km ; mais les composants
optoélectroniques à ces longueurs d’onde (lasers etrécepteurs) sont peu coûteux. Elle est
utilisée pour les systèmes de télécommunications de courte distance (quelques dizaines de
kilomètres) ou de faible capacité : réseaux urbains. La fenêtre à 1550 nm a une largeur de
bande de 100 nm et une atténuation moyenne d’environ 0,2dB/km; Elle se divise en trois
bandes S, C et L (Figure 1.9). Elle est utilisée généralement pour les télécommunications
longues distances et à haut débit car la faible atténuation dans cette fenêtre permet d’espacer
bien davantage les coûteux régénérateurs et/ou amplificateurs nécessaires pour la
compensation de l’atténuation dans la fibre de ligne.

1.3.4. Dispersion chromatique (CD, Chromatic Dispersion)

Lorsqu’un signal lumineux se propage dans un milieu, il subit un élargissement dans le


temps. Cet élargissement limite le débit dans un système de communication optique, car il
oblige à augmenter le délai entre deux impulsions. Cet élargissement a plusieurs causes. Une
première cause vient du fait que pour une longueur d’onde donnée (lorsque nous considérons
la propagation dans une fibre multimode), les vitesses de groupe des différents modes ne sont
pas égales les unes aux autres (on parle de dispersion intermodale). Une seconde cause de la
dispersion vient du fait que l’indice de réfraction d’un milieu dépend de la longueur d’onde et
que les sources utilisées pour transmettre le signal ne sont pas purement monochromatiques
(on parle alors de dispersion intramodale ou chromatique). Les différentes composantes
spectrales d’une source ont donc des temps de propagation différents, ce qui provoque
l’élargissement d’une impulsion. Dans la suite, on ne s’intéresse qu’à la dispersion
chromatique.
13
Chapitre : I Introduction Aux Réseaux De Télécommunication Par Fibre Optique
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Dans les fibres monomodes, la dispersion chromatique provient de deux causes principales.
La première cause est la dispersion du matériau Dm qui est liée à la dépendance de l'indice de
réfraction à la longueur d'onde (équation 1-8). Pour la silice, Dm varie d'environ -100
ps/km/nm à 0,85 μm à +25 ps/km/nm à 1,55 μm; elle s'annule à 1,27 μm. La deuxième cause
est la dispersion du guide Dg qui liée à la structure géométrique du guide d’onde. Elle résulte
de la variation de la constante de propagation β avec la fréquence normalisée V (qui dépend
elle-même de la longueur d’onde λ); la dispersion du guide est toujours négative et dépend
des paramètres de la fibre.
La dispersion du matériau Dm est donnée par [2] :
 d 2 ncoeur ( )
Dm ( )  
c d2 (1-8)
Où c est la vitesse de la lumière dans le vide.
La dispersion du guide Dg est donnée par [2] :
ngaine  ncoeur   2 (bV ) 
Dg ( )   V V 2 
c   (1-9)
  (bV ) 
2
Où V 2 
 0.08  0.5439(2,834  v)2
  V 
La dispersion chromatique D est donc la somme de Dm et Dg:
D = Dm+ Dg (1-10)
À cause de la dispersion chromatique, la vitesse de groupe vg d’un mode de propagation varie
en fonction de la longueur d’onde λ. Le retard de groupe du signal après une longueur de
propagation L sera alors :
L d  ( )
t g ( )  L
v g ( ) d
(1-11)
Pour un signal optique possédant un spectre de largeur Δλ, la dispersion du temps de retard de
groupe τg peut s’écrire :
dt
 g ( )  g 
d (1-12)
La dispersion chromatique D est alors définie par :
 g  D.L.
(1-13)
1 dt g
Avec D  ( ps / km / nm)
L d (1-14)
Pour la silice, dans la région du proche infrarouge pour les longueurs d’ondes croissantes, la
dispersion est d’abord négative, c’est la dispersion normale, puis passe par zéro à λ≈1310nm,
appelé zéro de dispersion, et puis devient positive. Cela correspond à la dispersion anormale.
Le zéro de dispersion est important puisque pour cette longueur d’onde les signaux ne
subissent pas, en théorie, de distorsion. Les fibres optiques monomodes standards présentent
une dispersion chromatique de +17 ps/[Link] autour de 1550 nm [2].
Par rapport à l’équation de Schrödinger 1-2, le terme β2 est lié au paramètre de dispersion
chromatique D par la relation suivante :
d 2 cg
D 1  
d 0 2 (1-15)
Le terme β3 représente la dispersion d’ordre supérieur et est à prendre en compte si on
travaille à une longueur d’onde proche de la longueur d’onde où le paramètre de dispersion
chromatique D est nul (environ 1312 nm pour une fibre standard G652) ou dans le cas des
systèmes à large bande [3].
14
Chapitre : I Introduction Aux Réseaux De Télécommunication Par Fibre Optique
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Figure 1.10 : Courbes de dispersion de quelques fibres optiques.

1.3.5. Effet de la dispersion chromatique

La dispersion chromatique induit un élargissement temporel des impulsions se


propageant dans la fibre.

Figure 1.11 : Effet de la dispersion chromatique : le signal qui se propage s’élargit

Elle limite aussi la distance sur laquelle un signal peut être transmis sans régénération
électronique du signal numérique d’origine. Cette distance est appelée limite de dispersion ou
longueur de dispersion chromatique LD. Elle représente la distance de transmission au bout de
laquelle une impulsion s’élargira de l’intervalle d’un bit. La limite de dispersion estimée pour
un signal de largeur spectrale Δλ est donnée par [2]
1
LD 
2 B.D. (1-16)
où B est le débit de transmission. Cela veut dire aussi que pour une longueur de transmission
donnée L, la dispersion chromatique limite également le débit qu’on peut transmettre dans une
liaison optique et qui peut être estimé théoriquement par la même équation (1-4).
Plusieurs techniques ont été élaborées pour compenser ce type de dispersion. Dans le chapitre
3 nous allons synthétiser un filtre compensateur de dispersion.

1.3.6 Dispersion de mode de polarisation

La PMD est une propriété de la fibre optique dans laquelle l’énergie du signal à une
longueur d’onde donnée se décompose sur deux modes de polarisation orthogonaux possédant
deux vitesses de propagation différentes. La différence entre les temps de propagation des
deux modes de polarisation est appelée retard différentiel de groupe (DGD, Differential
Group Delay). Comme la dispersion chromatique, la PMD induit un élargissement des
impulsions propagées dans la fibre ainsi qu’une limitation aux performances de transmission.
La cause principale de la PMD dans la fibre optique est la biréfringence. Cette dernière est
définie par la différence entre les indices de réfraction d’une paire d’états de polarisation
orthogonaux. La description de la PMD dans une fibre est plutôt compliquée du fait que les
15
Chapitre : I Introduction Aux Réseaux De Télécommunication Par Fibre Optique
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deux modes de polarisation peuvent échanger de l’énergie entre eux ; ce phénomène est lié au
couplage de mode aléatoire.
Généralement, cette dispersion peut être négligée dans les systèmes de transmission inférieurs
à 10 Gbit/s parce que les fibres utilisées pour les télécommunications présentent une PMD
très faible,

1.4 Les Principaux composants d'un système de transmission WDM

Le but final d’un système de transmission optique multiplexée en longueur d’onde WDM
est de transmettre sans erreur une certaine capacité d’information sous la forme binaire d’un
point (émetteur) à un autre (récepteur), éloignés de quelques centaines de kilomètres. La
figure 1.13 donne un schéma simplifié de système optique terrestre WDM. Nous allons
particulièrement décrire les multiplexeurs optiques à insertion/extraction reconfigurables
(ROADM) qui sont les éléments principaux intervenant dans la réalisation des systèmes de
transmission optique terrestre WDM. Ces ROADM utilisent dans leurs sous-systèmes
différents types de filtres optiques. Nous allons voir dans les chapitres qui suivent la
conception de filtres biréfringents à base de cristaux liquides dédiés aux ROADM.

Figure 1.12 : Architecture et Composants d’un système WDM.

1.4.1 L’amplificateur Optique

Un des composants clés du WDM/DWDM est l'amplificateur à fibre dopée erbium


(EDFA) qui permet de compenser les pertes d'insertion dues aux multiplexage/démultiplexage
des longueurs d'onde.
Dans un amplificateur à fibre, le milieu amplificateur est le cœur d'une fibre optique
monomode dopée avec des ions de tene rare (Boyogueno Bende A., 1995). Pour rendre
la fibre amplificatrice, il faut ajouter un pompage. La figure 1.12 nous présente la
synoptique d'un EDFA. Le signal à amplifier est injecté dans la fibre dopée par le bais
d'un coupleur sélectif en longueur d'onde. Simultanément, le flux lumineux provenant
d'une diode laser de pompe est couplé au signal injecté. Le laser pompe opère à 980 nm
ou à 1480 nm et le coupleur multiplexeur à 980 nm / 1550 nm ou 1480 nm / 1550 nm.
Pour prévenir les réflexions dans l'amplificateur et empêcher la contre propagation du

16
Chapitre : I Introduction Aux Réseaux De Télécommunication Par Fibre Optique
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bmit généré à l'intérieur de l'amplificateur par émission spontanée, on installe des isolateurs à
l'entrée et à la sortie de l'amplificateur.
Un amplificateur est caractérisé par sa courbe de gain. Celle-ci n'est pas plate et donc il y a
des longueurs d'onde qui sont plus amplifiées que d'autres. En général, ces défauts sont assez
similaires d'un amplificateur à l'autre. Ainsi, plus on traverse d'amplificateurs, plus la
différence de puissance entre les canaux sera accentuée. Cette inégalité entre les puissances
des différents canaux a plusieurs conséquences.

Figure 1.13. : Configuration d’un amplificateur optique à fibre dopée à l’erbium avec
Pompage optique

1.4.2 Egaliseur Dynamique de Gain (DGE)

Comme énoncé dans la section précédente, pour garantir la transmission de canaux sur
plusieurs pas d'amplification, tout en évitant une différence de puissances trop élevée, on
recherche des amplificateurs dont les courbes de gain soient les plus plates possibles et qui
compensent parfaitement les inégalités d'atténuation de la fibre de transmission. Mais, dans la
réalité ce n'est pas le cas, du fait des limites propres à la fabrication des amplificateurs et,
aussi, à cause de la courbe d'atténuation des fibres qui n'est pas uniforme.
De plus, l'accroissement des inégalités de puissance en ligne dépend aussi du nombre de
canaux présents sur la ligne (effet Raman intra-bande d'une part, changement du point de
fonctionnement des amplificateurs d'autre part). Pour résoudre le problème des inégalités de
puissance dans la ligne, il est possible de jouer sur le gain des amplificateurs. Mais,
l'adaptation de la courbe de gain n'est pas capable de corriger les inégalités plus fines de
puissance, appelées ondulations de gain.
En plus des inégalités engendrées par la transmission en ligne. Pour éviter que la différence de
puissance entre les canaux soit trop élevée, on introduit dans le réseau des égaliseurs
dynamiques de gain (DGE, Dynamic Gain Equalizers). Les DGE sont toujours suivis par un
contrôleur de performance optique (OPM, Optical Performance Monitoring) qui opère une
contreréaction et permet de bien régler les puissances en sortie de l'amplificateur. Ces
dispositifs sont aussi utilisés dans les réseaux opaques pour les liens constitués par un grand
nombre d'amplificateurs. L'aspect dynamique du dispositif facilite le réglage des éléments de
la ligne, et permet de s'adapter à l'évolution des paramètres de transmission (vieillissement,
insertion de nouveaux canaux, . . .).

17
Chapitre : I Introduction Aux Réseaux De Télécommunication Par Fibre Optique
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1.4.3 Egalisation dynamique de canaux (DCE)

De la même famille que le DGE, l’égaliseur dynamique de canaux (Dynamic Channel


Equaliser, DCE) traite individuellement les canaux. Sa fonction de filtrage est au niveau du
canal, pouvant potentiellement l’affecter dans son niveau de puissance. Il est souvent utilisé
comme brique de base pour des systèmes plus évolués comme les multiplexeurs à insertion /
extraction optiques reconfigurables (Reconfigurable Optical Add⁄Drop Multiplexer,
ROADM). Le bloqueur de longueurs d’onde (Wavelength Blocker, WB) qui peut être
considéré comme un cas particulier de ce sous-système, a une dynamique qui doit être
supérieur à 35 dB, garantissant de faibles niveaux de diaphonie.

1.4.4 Fibres de compensation de dispersion

Les fibres à compensation de dispersion sont des fibres à dispersion négative qui sont
insérées dans la liaison optique pour compenser la dispersion accumulée. Un module de
compensation de dispersion est donc composé d'une fibre de longueur prédéterminée et
de dispersion égale et de signe opposé à celle de la fibre de transmission. Plusieurs modèles
sont commercialisés, par exemple pour les fibres optiques monomodes
standard : les DCM 40 qui compensent 40 km de fibre optique monomode standard, les
DCM 60 qui compensent 60 km de fibre standard, les DCM 70, les DCM 90... Pour
chaque type de fibre optique (standard, NZDSF, etc), on trouve des modules DCMassociés.

1.4.5 Les Isolateurs Optiques

Les isolateurs sont les éléments passifs qui possèdent une perte d'insertion de 0.6 dB,
qui transmettent la lumière incidente, mais bloquent la lumière réfléchie. Dans les
systèmes de télécommunication par fibre optique, ils sont souvent employés pour
atténuer la lumière provenant des réflexions parasites. Ces réflexions peuvent
notamment nuire au bon fonctionnement du laser. Les isolateurs sont généralement
caractérisés par leur perte d'insertion et leur niveau d'isolation typique. Le tableau 1.5
nous donne les spécifications typiques des isolateurs utilisés dans les systèmes de
communication par fibre optique.

1.4.6 Les Coupleurs Optiques

Les coupleurs optiques sont utilisés pour combiner ou diviser les signaux dans le lien
de transmission. Le principe des coupleurs à fibres optique fusionnées est basé sur le
couplage des ondes évanescentes se propageant entre deux fibres dont les cœurs sont très
proches. La lumière qui se propage dans le coeur d'une fibre optique est transférée
progressivement dans le coeur de l'autre fibre optique (Vemeuil, 2003). Un coupleur à fibres
optique fusionnées 2x2 possède une perte d'insertion de 3 dB.

1.4.7 Les filtres optiques

Le filtrage a pour but de limiter l’occupation spectrale d’un signal. La séparation

18
Chapitre : I Introduction Aux Réseaux De Télécommunication Par Fibre Optique
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spectrale est réalisée en réfléchissant une certaine gamme de longueurs d’onde et en
transmettant les autres. On caractérise donc le filtre par sa bande passante, c’est-à-dire
ledomaine de fréquences (ou de longueurs d’onde) pour lequel il laisse passer la lumière et
parsa bande atténuée, c’est-à-dire le domaine de fréquences (ou de longueurs d’onde) pour
lesquelles il réfléchit la lumière incidente. Ces deux domaines spectraux peuvent être très
larges notamment pour les filtres passe-haut et passe-bas.

1.4.8 Les Multiplexeurs Optiques à Insertion/Extraction Reconfigurable (ROADM)

Les flux de trafic sont difficiles à prévoir dans les réseaux. Une augmentation soudaine
du volume des communications et des données échangées sur une portion du réseau peut la
transformer en un goulot d’étranglement pouvant affecter plusieurs services et plusieurs
connexions déjà en cours. Il est difficile de traiter ce genre d’évènements à l’aide de
dispositifs statiques comme les OADM. Il ne faut pas perdre de vue que ces derniers ont des
filtres fixes, ce qui exige qu'un opérateur modifie le dispositif à chaque fois que des
changements importants de volume de trafic apparaissent. Pour résoudre ce genre de situation,
les OADM reconfigurables ou ROADM ont été développés. Ceux-ci rendent les liaisons plus
flexibles en permettant une gestion dynamique, rapide et efficace du trafic.
Dans un ROADM, des longueurs d'onde choisies peuvent être insérées ou extraites à l’aide
d’un système de gestion centralisé dans le réseau. De futures mises à niveau de débit ou de
protocole peuvent être adaptées sans changement de commutateur ni déplacement sur le
terrain. Bien entendu, toute cette opération de commutation est réalisée dans le domaine
optique afin d’éviter les coûts et les limitations des conversions O-E-O.
Nous présenterons dans ce qui suit, les différentes architectures possibles des ROADM et le
mode opératoire de chacune d’entre elles.

 Différentes architectures des ROADM

On distingue trois principales architectures ROADM : celles utilisant des bloqueurs de


longueurs d’onde (Wavelength Blockers, WB), celles utilisant des Wavelength
SelectiveSwitches (WSS) et celles utilisant des Wavelength Cross Connect (WXC).

 Wavelength Blocker (WB)

Un WB utilise une structure tout-optique pour atténuer simultanément un certain


nombre ou la totalité des longueurs d'onde qui le traversent. Il utilise par exemple des MEMS
dans lesquels un micro miroir actionné par une tension électrique est placé à la sortie de la
fibre d’entrée et réfléchit plus ou moins de la lumière vers la fibre de sortie. Il couvre la bande
C (de 1525 à 1565 nm) ou la bande L (de 1566 à 1625 nm) des longueurs d’onde. Le contrôle
de l’amplitude du signal optique peut varier d’une simple diminution de la puissance
jusqu’àl’extinction totale de la longueur d’onde en question (qui est qualifiée de blocage de la
longueur d’onde). Le WB offre, à lui seul, une configuration 1 x 1, soit un port d’entrée et un
port de sortie. Plusieurs WB peuvent être mis en parallèle pour une configuration 1 x N.

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Chapitre : I Introduction Aux Réseaux De Télécommunication Par Fibre Optique
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Figure 1.14: Un Wavelength Blocker.


Adaptéd’Eldada (2007)

 Wavelength Selective Switch (WSS)

Un WSS est un composant de commutation de signaux lumineux au niveau des


longueurs d’onde. Il est caractérisé par le nombre de longueurs d’onde qu’il peut recevoir (par
exemple 40 ou 80) et le nombre de fibres ou directions sélectionnables (par exemple 1 x 5 ou
1 x 9). La principale technologie utilisée pour réaliser la commutation dans les WSS est la
technologie MEMS, mais on trouve des WSS à base de cristaux liquides également (toutc
omme pour les WB). La figure 1.15 représente un WSS 1 x 5 à base de MEMS. Les longueurs
d'onde entrent dans le commutateur par la gauche sur une fibre attachée à une barrette de
fibres optiques. Ce composant sert d'interface entre la fibre et l'espace libre, avec la lumière
entrant par l'intermédiaire des fibres et sortant comme faisceaux projetés dans l'espace
(l'intérieur d'un WSS est hermétiquement scellé et peut être un vide ou rempli d'air ou de gaz
inerte). Un élément dispersif, comme le réseau de diffraction transmissif, illustré sur la figure,
démultiplexe chaque faisceau en ses longueurs d'onde constitutives. Les longueurs d'onde
sont projetées chacune sur un micro-miroir MEMS dédié. L’inclinaison de chaque miroir peut
être contrôlée indépendamment des autres. Par le biais de l’inclinaison des micromiroirs, les
faisceaux sont réfléchis et dirigés vers les fibres de sortie (Nagy, 2006).

Figure 1.15: "Wavelength Selective Switch" à base de MEMS.


Tiré de Nagy (2006)

La figure montre tous les faisceaux sortant par la même fibre, mais chaque miroir peut être
dirigé différemment de façon à sortir le faisceau par n’importe quelle fibre de sortie.

 Wavelength Cross Connect (WXC)

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Chapitre : I Introduction Aux Réseaux De Télécommunication Par Fibre Optique
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Les WXC sont utilisés pour rediriger les longueurs d’onde d’une fibre à une autre à
l’aide de commutateurs. Le signal en entrée est démultiplexé et chaque longueur d’onde est
envoyée à un commutateur déterminé. Ce dernier redirige cette longueur d’onde sur l’un des
multiplexeurs de sortie (figure 1.16).

Figure 1.16 : "Wavelength Cross Connect" de 4 fibres de 2 canaux.


Adapté d’Eldada (2007)

1.5 Différentes Implémentation des ROADM

1.5.1 ROADM basé sur un WB

Nous supposons, pour faire simple, avoir douze longueurs d’onde circulant dans le
réseau. Le fonctionnement d’un ROADM utilisant un module WB se passe en plusieurs
étapes (voir figure 1.17) :
 diviseur de puissance : λ1-λ10 arrivent au diviseur de puissance 1 x 2,
 une partie de la puissance de ces dix longueurs d’onde est transmise au démultiplexeur
et l’autre partie vers un autre diviseur de puissance 1 x N ;
 à la sortie du diviseur 1 x N, les filtres ne laisseront passer que les longueurs d’onde
voulues au nœud présent (exemple : λ1-λ3),
 démultiplexeur/multiplexeur: le démultiplexeur sépare les différentes longueurs
d’onde (λ1, λ2,…… λ10),
 les longueurs d’onde non utilisées au nœud en question sont envoyées au multiplexeur
sans atténuation, tandis que les autres (λ1-λ3) sont bloquées,
 le multiplexeur regroupe les longueurs d’onde restantes et les envoie à la sortie vers le
combineur de puissance,
 Combineur de puissance : le combineur rassemble les longueurs d’onde de la sortie du
multiplexeur (λ4-λ10) et celles ajoutées à ce nœud (λ11-λ12),
 le tout (λ4-λ12) est envoyé dans une fibre à destination du noeud suivant.

Du fait de l’usage de plusieurs diviseurs/combineurs de puissance, ce ROADM tend à


présenter de grandes pertes d’insertion. Par contre, c’est un dispositif qui permet l’insertion et
l’extraction de n’importe quelle longueur d’onde.

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Chapitre : I Introduction Aux Réseaux De Télécommunication Par Fibre Optique
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Figure 1.17 : Un ROADM avec un module WB.


Adapté d’Eldada (2007)

1.5.2. ROADM basé sur un WSS

Les ROADM utilisant des modules WSS sont souvent implémentés en configuration 1x2 dans
les réseaux en anneaux. À l’intersection de deux anneaux, les longueurs d’onde qui arrivent
au ROADM, venant de l’anneau-1, vont : soit continuer leur chemin sur l’anneau-1, soit être
extraites dans ce nœud, ou envoyées vers l’anneau-2 (figure 1.18).

Figure 1.18 : Deux réseaux en anneau reliés par un ROADM.

Les ROADM WSS sont de deux types : WSS avec insertion et extraction fixe (colored) et
WSS avec insertion et extraction variable (colorless)

a. WSS avec insertion et extraction fixe (colored)


Ce type de ROADM permet d’insérer et d’extraire des longueurs d’onde
prédéterminées dans le nœud (figure 1.19).

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Chapitre : I Introduction Aux Réseaux De Télécommunication Par Fibre Optique
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Figure 1.19: Schéma d’un WSS-ROADM coloré.


Adapté d’Eldada (2007)

Le diviseur de puissance sépare les longueurs d’onde en trois groupes :


 "Mesh Out" : l’information venant de, et restant dans, l’anneau-1 suit son chemin et ne
subit aucun traitement,
 "Drop" : les longueurs d’onde extraites dans ce nœud sont envoyées vers un
démultiplexeur, puis chacune de celles-ci est transmise à un récepteur,
 WSS : le module WSS reçoit trois entrées :
les longueurs d’onde venant de l’anneau-1 en direction de l’anneau-2,
"Mesh In»: les longueurs d’onde venant de, et restant dans, l’anneau-2,
Mux : les longueurs d’onde introduites à ce nœud sont multiplexées puis envoyées au
WSS.

b. WSS avec insertion et extraction variable (colorless)


Afin de pouvoir insérer et extraire n’importe quelle longueur d’onde en fonction des
besoins du moment, il faut remplacer le multiplexeur et le démultiplexeur par deux WSS
(figure 1.20).

Figure 1.20: Schema d’un "colorless-WSS-ROADM".


Adapté d’Eldada (2007)

Le problème majeur de ce type de ROADM est son coût. Le prix d’un WSS est plus élevé que
celui d’un multiplexeur/démultiplexeur, et le montant pour un WSS utilisant des ports colorés
23
Chapitre : I Introduction Aux Réseaux De Télécommunication Par Fibre Optique
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est encore plus dispendieux (Eldada 2007). En plus, trois WSS sont nécessaires pour chaque
degré. À titre d’exemple, un nœud de degré quatre requiert l’utilisation de douze WSS (figure
1.21).

Figure 1.21 : Schéma d’un "colorless-WSS-ROADM" de degré 4.


Tiré d’Eldada (2007)

1.5.3. ROADM basé sur un WXC

Les ROADM à base de WXC sont utilisés dans les réseaux maillés. Ce type de réseau
permet d’offrir une plus grande capacité, une meilleure efficacité et plus de fiabilité grâce à
l’augmentation du nombre de connexions et à un plus haut niveau de redondance.
Pour un réseau de N fibres et M longueurs d’onde par fibre, le WXC sera composé de N
démultiplexeurs, de N multiplexeurs et M commutateurs N x N. La figure 1.22 représente un
ROADM pour huit (8) fibres avec quarante (40) canaux par fibre. Nous avons donc un WXC
incluant huit (8) fibres de quarante (40) canaux, huit (8) démultiplexeurs, huit(8)
multiplexeurs, et quarante (40) commutateurs 8 x 8.

Figure 1.22: Schéma d’un ROADM à base de WXC

24
Chapitre : I Introduction Aux Réseaux De Télécommunication Par Fibre Optique
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Chaque démultiplexeur envoie une longueur d’onde différente sur chaque commutateur
detelle manière que chaque commutateur reçoit quarante (40) signaux de même
longueurd’onde. Chaque sortie de commutateur peut envoyer la longueur d’onde au
multiplexeurspécifié lors de l’opération de commutation. Ainsi, par exemple, le multiplexeur-
1sélectionne les longueurs d’onde à utiliser localement dans le nœud (le Drop) et
lemultiplexeur-2 sélectionne les longueurs d’onde de transit.
L’inconvénient majeur de cette architecture est son coût dû au nombre élevé de composants
requis.

 Impact des ROADM

L’utilisation de ROADM a un très grand impact sur l’ingénierie des réseaux en


amenant les ingénieurs à repenser la connectivité, la flexibilité et la planification des réseaux.
Les ROADM incluent une commutation par longueur d’onde unique en plus de la
fonctionnalité d’atténuation optique variable. Ils peuvent donc offrir un équilibrage
automatique de la puissance optique par canal. Le fait de pouvoir insérer et extraire une
longueur d’onde à la fois (en plus de pouvoir le faire par bande de longueurs d’onde) et ceci à
n’importe quel nœud du réseau équipé d’un ROADM, permet de concevoir des réseaux plus
flexibles. Aussi, les ROADM intègrent, au niveau de la longueur d’onde, des fonctionnalités
comme la commutation optique, la surveillance de puissance, et l’atténuation optique
variable, dans une même entité de gestion. Ceci améliore le diagnostic du réseau et la gestion
des pannes et par conséquent diminue les coûts d’exploitation. Finalement, le contrôle et la
gestion à distance des ROADM éliminent le besoin de déplacement aux nœuds intermédiaires
pour les configurer manuellement.

1.6 Conclusion

Dans ce chapitre nous avons présenté plusieurs architectures des ROADM dont
l’utilisation est déterminée de façon à répondre au mieux aux exigences de tel ou tel secteur
du réseau.
Dans les chapitres suivants, nous allons décrire les phénomènes physiques et l’outil
mathématique pour l’étude des filtres biréfringents à gabarit prédéfinis.

25
Chapitre 2 Les Filtres Biréfringents
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Chapitre 2 : Filtres Biréfringents

2.1 Introduction
Les filtres biréfringents qui font objet de ce chapitre consistent en un assemblage de lames
(cristaux) biréfringentes et de polariseurs. Leur principe de fonctionnement est basé sur les
interférences en lumière polarisée, qui exigent un déphasage entre les composantes de la
lumière. Ces filtres jouent un rôle important dans divers systèmes optiques et en particulier
ceux où les bandes passantes étroites et les grandes plages d’accordabilité sont nécessaires.
Nous commençons par faire un rappel sur les différents phénomènes physiques comme la
biréfringence et la polarisation qui régissent la technique de filtrage optique, et nous
présentons une description des différents éléments constituant ces filtres en exposant leur
modèle mathématique et physique. Enfin, nous analysons les deux configurations de base de
cette famille de filtres à savoir celles de Lyot et de Solc.

2.2 Phénomènes physiques


2.2.1 Biréfringence :

 Définition :

Un matériau isotrope est celui dont l’indice de réfraction est le même dans toutes les
directions; c’est le cas des cristaux cubiques comme NaCl, aussi bien que des substances non
cristallines comme le verre, les matières plastiques, l’eau et l’air. En général, les cristaux sont
anisotropes, c’est-à-dire que les indices de réfractions varient selon les directions [5].
C’est dans cet ordre d’idées que la biréfringence est définie comme une propriété
physique d’un matériau dans lequel la lumière se propage de façon anisotrope [5]. C’est le
cas des cristaux uniaxes, qui ne présentent qu’un seul axe de symétrie ou axe optique et deux
indices principaux. Le second axe correspondant aux vibrations du champ optique (vecteur
champ électrique) parallèle ou perpendiculaire à l’axe optique. La calcite (CaCo3) et le quartz
en sont de bons exemples. Sont tous sur des plans parallèles qui sont normaux à l’axe
optique.

Figure 2.1 : Structure d’un cristal de chlorure de sodium


Bleu : Na+
Vert : Cl-

26
Chapitre 2 Les Filtres Biréfringents
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Figure 2.2 : Structure cristalline du CaCo3

 Illustration du phénomène :

La figure ci-dessous illustre ce phénomène dans le cas d’un cristal uniaxe biréfringent.
Elle représente une vue du côté d’une lame de calcite taillée de façon à ce que l’axe optique se
trouve dans le plan de la figure.

Figure 2.3 : Biréfringence dans le cas d’un cristal uniaxe

Fig. 2.3.a [5] : une onde plane polarisée linéairement, normale au plan de figure, frappe le
cristal. Le champ électrique est partout normal à l’axe optique ; les ondelettes sphériques, et
l'ébranlement, se propagent à travers la lame (à la vitesse ) dans la direction y : c’est l’onde
ordinaire ou onde-o.
Fig.2.3.b [5] : ici le champ électrique de l’onde incident est dans le plan de figure. Dans
ce cas, il présente des composantes parallèle (onde-e) et perpendiculaire (onde-o) à l’axe
optique qui se propagent à des vitesses, respectivement, ∥ et .
Fig.2.3.c [5] : le cristal sépare une onde incidente non polarisée en deux rayons distincts,
rayon-e et rayon-o.
27
Chapitre 2 Les Filtres Biréfringents
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On définit d’habitude les deux indices d’un cristal uniaxe comme = / , et = / ∥.


L’indice de réfraction d’un milieu biréfringent n’est pas unique, mais dépend de la
direction de propagation et de polarisation du rayon lumineux par rapport à l’axe optique du
matériau :

 Si l’onde se propage parallèlement à l’axe optique, les deux rayons o et e se


propagent à la même vitesse parce qu’ils voient le même indice de réfraction
= .

 Si l’onde se propage perpendiculairement à l’axe optique, les deux rayons o et e ne


voient pas le même indice de réfraction ( ≠ ). Dans ce cas ils ne se déplacent
( )
pas à la même vitesse de phase et le déphasage = entre les deux sera
maximal. Ce déphasage, et ainsi l’écart = − , appelé aussi la biréfringence,
entre les deux milieux, dépendent de la variation de ces différents indices[5] .

e : représente l’épaisseur du cristal


représentent respectivement, l’indice vu par le rayon extraordinaire et celui
vu par le rayon ordinaire pendant la propagation.

 Si l’onde se propage suivant une direction quelconque par rapport à l’axe optique, la
différence d’indice résultante est ( )− qui est toujours inférieure à la
biréfringence . Dans ce cas, les deux trajets des deux rayons o et e constituants
l’onde est le même [5].

2.2.2 Polarisation

La polarisation mise en évidence depuis le 19 ème siècle, est un phénomène propre à la


propagation des ondes transversales, en particulier les ondes lumineuses. La polarisation est
l’une des propriétés de la lumière et est directement liée à l’orientation du vecteur lumineux
qui n’est autre que le vecteur champ électrique de l’onde électromagnétique vue qu’il est le
seul auquel soient sensibles les récepteurs usuels.
Ce phénomène est caractérisé par le fait que leur direction de vibration se trouve dans un
plan déterminé contenant la direction de propagation appelé plan de polarisation. Cependant
toutes les ondes lumineuses ne sont pas polarisées : à l’exemple de la plupart des sources qui
émettent des ondes dont le vecteur lumineux varient d’une façon rapide et aléatoire dans le
temps et dans l’espace. Dans ce cas, la lumière présente une symétrie de révolution autour de
sa direction de propagation et elle est dite naturelle.

Figure 2.4 : Onde non polarisée


28
Chapitre 2 Les Filtres Biréfringents
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On distingue trois cas particuliers importants de polarisation de la lumière : polarisation


linéaire, polarisation circulaire, polarisation elliptique.
La polarisation est dite linéaire lorsque l’onde lumineuse garde une direction fixe dans le
temps et dans l’espace. Comme la montre la figure ci-dessous, elle peut se propager dans le
plan vertical comme dans le plan horizontal.

Figure: 2.5 polarisations linéaires dans le plan vertical et dans le plan horizontal

La polarisation dont le vecteur lumineux varie selon une loi est obtenue par filtrage de la
lumière naturelle, elle est dite elliptique quand l’extrémité du vecteur lumineux décrit une
ellipse dans le plan d’onde, les deux composantes du champ selon les deux axes orthogonaux
x et y sont d’amplitudes différentes ou déphasées d’un angle quelconque différent de 0° et
90°. La polarisation circulaire qui est un cas particulier de la polarisation elliptique,
l’ellipse est réduite à un cercle. Les deux composantes du champ ont une même amplitude et
un déphasage de ± .

Elliptique Linéaire Circulaire

Figure: 2.6 les trois cas de polarisations

29
Chapitre 2 Les Filtres Biréfringents
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2.2.3 Cristaux liquides

Les cristaux liquides sont des matériaux présentant des propriétés physiques
intermédiaires entre les phases solides et liquides. Le premier dispositif à cristaux liquide
technologiquement stable fut seulement réalisé vers 1973. Depuis, les cristaux liquides ont
fait l’objet de nombreuses recherches et de multiples applications utilisant les cristaux
liquides se sont développées (affichage, imagerie, télécommunication, médical, industrie...).
De nombreuses substances organiques ne présentent pas un changement d’état (ou transition
de phase) unique entre le cristal et le liquide, mais une série de transitions faisant apparaitre
des états, dont les propriétés physiques sont intermédiaires entre le cristal et le liquide. Ces
états baptisés cristaux liquides par Friedel sont dits aussi mésomorphes (du grec : de forme
intermédiaire) ou mésophases.

Figure 2.7 : Le Cristal liquide est une phase intermédiaire aux phases solide et liquide.

Une conséquence immédiate est l’anisotropie des propriétés tensorielles des cristaux liquides
(optiques, diélectriques, magnétiques, mécaniques, etc.). Cette anisotropie est généralement
plus élevée que dans les cristaux : une biréfringence optique de 0,1 à 0,2 par exemple est
courante dans les cristaux liquides. L’existence d’un ordre liquide garantit par ailleurs le
caractère fluide des mésophases et dans une certaine mesure la rotation facile des axes
optiques. Cette propriété est évidemment essentielle pour l’application aux affichages et plus
généralement aux dispositifs électro-optiques.
Il existe plusieurs phases cristal liquide, les principales et plus utilisées sont les phases
Nématiques (parallèle et torsadée), smectique (A et C) et cholestérique. Seule la phase
nématique sera utilisée dans notre étude.

 La phase nématique

Une phase nématique est une phase dans laquelle les molécules ne présentent pas
d’ordre positionnel, c.-à-d. que leur centre de gravité est placé de manière aléatoire dans
l’espace, et qu’elles peuvent ”couler” librement les unes sur les autres. En ce sens, la phase
nématique est une phase liquide. Les molécules présentent par contre, en moyenne, un ordre
d’orientation de leur grand axe. La direction moyenne locale des axes moléculaires est alors

repérée par un vecteur unitaire n , le directeur de la phase nématique. En représentant
schématiquement les molécules nématogènes (c’est-à-dire pouvant donner une phase
nématique) par des formes elliptiques allongées, une ”photographie microscopique” d’une
phase nématique parallèle donnerait le schéma de la figure 2.8

30
Chapitre 2 Les Filtres Biréfringents
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Figure 2.8 : A gauche : formules chimiques de deux types de CLN, le 5CB et le PAA. La forme
allongée des molécules est caractéristique des cristaux liquides. A droite, la figure montre l’alignement
global des molécules suivant le directeur.

La phase nématique est un milieu uniaxe ou biréfringent, c’est à dire qu’elle présente deux
indices de réfraction différents, no et ne les indices ordinaire et extraordinaire. L’indice de
réfraction du milieu sera donc différent selon la direction de propagation de la lumière, de sa
polarisation et de l’orientation moléculaire. La meilleure représentation de cette anisotropie
d’indice est l’ellipsoïde des indices de la figure 2.9. Dans un milieu anisotrope à biréfringence
négative, l’indice ordinaire est orienté le long de l’axe moléculaire et l’indice extraordinaire
est orienté perpendiculairement à cet axe. Cet arrangement est inversé dans un milieu à
biréfringence positive. Un faisceau lumineux non polarisé incident à une couche CL à
biréfringence positive est donc séparé en deux composantes, une composante ordinaire,
 
perpendiculaire à n et une composante extraordinaire, parallèle à n .

Figure 2.9 : Ellipsoïde des indices pour deux milieux biréfringents (uniaxe) positif et négatif.

Chaque composante se propage dans le milieu biréfringent à deux vitesses différentes


suivant l’indice considéré, n0 pour la composante ordinaire et un indice n ( ) résultant
de la projection le long des deux axes propres pour la composante extraordinaire :

ne .n0
n( )  (2.1)
ne cos   n0 2 sin 2 
2 2


où  est l’angle entre n et l’axe orthogonal à la propagation du faisceau
Cette différence de vitesse de propagation engendre un déphasage :

31
Chapitre 2 Les Filtres Biréfringents
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2  
d
    n( )dy  n0 d  (2.2)
 0 
Où d est l’épaisseur de CL traversé et  la longueur d’onde du faisceau lumineux.
C’est la modulation de ce déphasage ou variation de chemin optique qui est le plus
souvent utilisé dans les dispositifs à cristaux liquides.
Le principe des cellules à cristaux liquides est de créer une interaction entre le champ

électrique de commande et l’orientation moléculaire n . Les molécules de nématique sont

trèsanisotropes et, lors de l’application
 d’un champ électrique E , elles se comportent
comme un dipôle induit par E . Un moment dipolaire, perpendiculaire à l’axe des
molécules et centré sur elles apparaît, ce qui génère un couple électrique qui les entraine
dans un mouvement de rotation. Cette rotation est plus ou moins freinée par la viscosité
et l’élasticité du milieu.
Lors de la rotation moléculaire, l’indice optique du milieu est modifié et la biréfringence
est alors contrôlable électriquement. L’anisotropie d’indice n  ne  n0 , peut atteindre
0,3 et sur une épaisseur pouvant aller jusqu’à plusieurs dizaines de μm, on obtient un
déphasage   2 d n /  important. De plus, les CL gardent leurs propriétés électro-
optiques spectaculaires sur une très large gamme spectrale (UV, Visible, IR) en dehors
des plages de longueurs d’onde qui correspondent aux raies d’absorption moléculaires.
Le champ électrique doit être suffisamment fort (1 V/μm) pour vaincre les forces
élastiques intrinsèques au CL. Il faut appliquer une tension minimale aux bornes de la
cellule pour changer l’orientation des molécules. La figure 2.10 montre cet effet de seuil.

Figure 2.10 : Transmission en fonction de la tension appliquée aux bornes d’une cellule TN. Il apparaıt
qu’il faut dépasser une tension seuil aux bornes des électrodes pour agir sur le cristal (source : Merck).

Les forces élastiques intrinsèques au matériau sont à l’origine de l’orientation des


molécules entre elles. Pour réaliser une cellule CL, il faut que l’alignement soit homogène
dans tout le cristal. Une telle géométrie (réalisée dans les afficheurs courants) est
obtenue par ancrage du directeur aux surfaces. Il consiste à piéger les molécules en
contact avec les surfaces dans une direction choisie, afin de maintenir, en l’absence de
champ, toutes les molécules alignées.

n
En règle générale, un ancrage planaire ( parallèle à la surface) est obtenu par
frottement d’une couche mince de polymère, le directeur s’alignant le long de la
direction de frottement.

32
Chapitre 2 Les Filtres Biréfringents
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Figure 2.11 : Principe d’ancrage des molécules de CL.

C’est cet ancrage qui crée une force de rappel et, lorsque le champ est annulé, oblige-les
molécules à revenir dans leurs positions initiales lors d’une phase de relaxation élastique.
Le processus de conception des cellules CL le plus simple est schématisé sur la figure 2.12.
Une couche d’oxyde d’indium et d’étain (ITO) est déposée sur deux substrats transparents
(généralement du verre). Cette couche d’ITO fait office d’électrode et elle est généralement
recouverte de polyimide (PI) pour réaliser l’ancrage vu précédemment. Les deux substrats
sont ensuite positionnés face à face et séparés par des cales d’épaisseur (billes de polymères
de diamètre légèrement supérieur à l’épaisseur désirée). Enfin le CL est introduit entre les
deux substrats, par capillarité ou par infiltration sous vide d’air, et ceux-ci sont assemblés
avec de la colle qui rend la cellule hermétique.
Les cristaux liquides nématiques peuvent être mis en œuvre dans de nombreuses
configurations. Un empilement de molécules parallèles entre elles constitue la structure dite
”Biréfringence électriquement Contrôlée” (BEC) dite à effet Freedericksz. L’alignement des
molécules est planaire, de même direction sur les deux faces et également parallèle à la
polarisation du faisceau optique incident. L’application d’une tension électrique suffisante
aligne les molécules perpendiculairement à leur alignement d’origine. Il s’agit d’une lame
biréfringente dont le retard est contrôlable électriquement entre 0 et max [6].

Figure 2.12 : Coupe d’une cellule bipolaire à cristal liquide nématique parallèle.

2.3 Différents éléments constitutifs d’un filtre biréfringent


2.3.1 Polariseur

Parmi les dispositifs optiques liés à la polarisation de la lumière les plus connus sont les
polariseurs. Idéalement, un polariseur est un dispositif qui transmet ou réfléchit un état de
polarisation et qui supprime la transmission ou la réflexion de l’état de polarisation
orthogonal. En pratique, ce dispositif laisse passer une fraction de l’état orthogonal.

Il existe plusieurs sortes de polariseurs parmi lesquels les polariseurs rectilignes qui sont
d’une importance capitale vue qu’ils font partie des éléments indispensables dans la
réalisation des polariseurs circulaires ou plus généralement elliptiques et qu’en pratique la
polarisation rectiligne est la plus rencontrée. Les polariseurs ont plusieurs caractéristiques
33
Chapitre 2 Les Filtres Biréfringents
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dont les plus importants sont le taux d’extinction (transmission), la transparence pour l’état
transmis et la réponse spectrale [7].
Les effets physiques exploités pour la réalisation des polariseurs sont la réflexion (ou la
transmission), les empilements des couches minces, la double réfraction dans les milieux
biréfringents linéaires, le dichroïsme linéaire et la diffraction dans le cas des polariseurs à
grille.
Dans les télécommunications optiques, les polariseurs utilisés sont les polariseurs à grille qui
sont en principe utilisés dans le domaine infrarouge. Pour la fibre optique, ce dispositif est
réalisé en déposant par photo-masquage un réseau métallique en extrémité des fibres optiques
monomodes.

Figure 2.13 : conversion d’un faisceau présentant plusieurs polarisations en faisceau polarisé
rectilignement par un polariseur à lames métalliques

Etant donné que ce polariseur est le composant le plus miniaturisé qui puisse être réalisé sur
une fibre optique, sa difficulté de réalisation reste délicate.
Un polariseur moderne important est le Polarcor, fabriqué par Corning Incorporated. Ce
matériau est un verre contenant des particules d'argent élongés dans un film près de sa
surface. Il est plus durable et polarise mieux la lumière que le Polaroïd, avec une faible
absorption pour la lumière correctement polarisée. Il est le plus largement utilisé dans les
télécommunications par fibre optique [8].

2.3.2 Lame biréfringente

Lorsqu’un faisceau de lumière polarisée se propage à travers une suite d’éléments


optiques tel que polariseur, lame biréfringente ou lame douée de pouvoir rotatoire, chacun de
ces éléments modifie l’état de polarisation du faisceau qui le traverse de façon particulière. La
lumière transmise par un montage optique possède une polarisation et une intensité différente
de celles du faisceau polarisé incident.
Une lame biréfringente dont les faces d’entrées et de sorties sont parallèles entre elles ne
produit pas de doubles réfraction (pas de séparation de la lumière en deux faisceaux de
polarisation perpendiculaire) mais uniquement un déphasage de l’onde lumineuse dépendant
de sa direction de polarisation, c’est pourquoi on appelle ces lames des lames à retard de
phase. En effet la vitesse de phase dépend de la direction de propagation de la lumière
traversant la lame. On appelle axe rapide F (respectivement lent S) l’axe suivant lequel
l’indice est le plus petit (respectivement grand). Une lumière polarisée suivant l’un de ces
deux axes se propagera comme dans un milieu homogène d’indice et , sa direction de
polarisation ne changera pas lors de la traversée de la lame, c’est pourquoi on appelle ces axes

34
Chapitre 2 Les Filtres Biréfringents
--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

des lignes neutres de la lame. En revanche, une lumière incidente polarisée rectilignement par
rapport à ces axes verra sa polarisation modifiée.
En effet les deux composantes EF et ES de l’onde ne se propageant pas à la même vitesse
dans la lame, elles en sortent déphasées l’une par rapport l’autre d’une quantité égale ∆ =
∆ ∙ où ∆ = − est la différence d’indice de réfraction correspondant aux deux
axes et e est l’épaisseur de la lame.
Les cas particuliers sont des lames quart d’ondes, lames demi ondes et les lames ondes :
On caractérise une lame soit par le déphasage qu’elle introduit entre les deux composantes
de polarisation suivant ses lignes neutre F et S, soit par la différence de marche = ∆ ∙ . On
appelle lame quart d’onde une lame pour laquelle = . De même, on appelle lame demi onde
une lame telle que = , et lame onde une lame telle que = . Une lame demi-onde crée un
déphasage valant 180°, c'est-à-dire un retard d'une moitié de longueur d’onde. L'onde sortante
d'une telle lame présente une polarisation symétrique de l'onde entrante par rapport à l'axe
optique. Une lame quarte d'onde, crée un déphasage de 90°, c'est-à-dire un retard d'un quart
de longueur d'onde. Elle permet de passer d'une polarisation rectiligne à une polarisation
elliptique ou circulaire, et vice-versa.

Figure 2.14 : Une lame demi-onde. La lumière entrante dans la lame peut être décomposée en deux
polarisations perpendiculaires (en bleu et vert). A l'intérieur de la lame, la polarisation verte prend un
retard par rapport à la bleue. La lumière en sortie est alors polarisée différemment

2.4 Description mathématique des phénomènes liés à l’état


De polarisation d’une onde optique

2.4.1 Introduction

L’onde électromagnétique peut être caractérisée par quatre paramètres principaux : l’intensité,
la fréquence, la polarisation et la phase. Bien que très performante, la vision naturelle de
l’homme n’est sensible qu’à sa couleur liée à la fréquence de vibration ainsi qu’à son
intensité. La polarisation décrit l’évolution temporelle du vecteur champ électrique. Si cette
évolution est stationnaire pendant le temps de mesure, l’onde sera dite polarisée, sinon elle
sera dite partiellement ou totalement dépolarisée. Lorsqu’une onde lumineuse traverse un
milieu où est réfléchie par une cible, sa polarisation subit une transformation. Cette variation
de l’état de polarisation de l’onde permet alors une caractérisation du système considéré.
L’étude du passage lumineux à travers une succession d’éléments polarisants peut être
facilitée par l’utilisation de divers formalismes.
Deux formalismes sont principalement utilisés pour représenter la polarisation d’une onde
lumineuse ainsi que l’effet des dispositifs optiques sur celle-ci : les formalismes de Jones et
35
Chapitre 2 Les Filtres Biréfringents
--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

de Stokes. Le premier est particulièrement bien adapté à la description d’ondes lumineuses


totalement polarisées, tandis que le second l’est pour la lumière partiellement polarisée. En
1941, JONES [9], introduisit pour la première fois une méthode matricielle pour décrire le
comportement d’une lumière polarisée traversant des éléments optiques. Chaque opérateur de
polarisation est décrit par une matrice de dimension 2×2, dans l’espace vectoriel associé au
champ électrique. Si le formalisme de Jones constitue, de par sa simplicité, un formidable
outil pour décrire théoriquement les phénomènes polarimétriques, il présente toutefois deux
inconvénients majeurs : il ne traite que le cas des ondes totalement polarisées et les
paramètres utilisés sont associés à des grandeurs complexes donc non mesurables
directement. Comme on s’intéresse uniquement à des ondes polarisées, alors le formalisme de
Jones est très adapté à notre étude.

Le vecteur champ électrique d’une onde électromagnétique plane et monochromatique (ou quasi-
monochromatique) peut être+---------- décomposé en trois composantes orthogonales dans le système

de coordonnées cartésiennes. Dans le cas général, le vecteur champ électrique E s’écrit sous la
forme :
   
E ( x, y, z, t )  Ex ( x, y, z, t ) x  E y ( x, y, z, t ) y  Ez ( x, y, z , t ) z (2.3)
  
Où x, y et z sont les vecteurs unitaires du système d’axes de référence.
Pour une onde plane quasi-monochromatique :

Ei ( x, y , z , t )  E0i cos(t  k .r  i ) (2.4)


Où k.r  k x x  k y y  k z z et i  x, y ou z

et  i est un terme de phase, tandis que E0i est un terme d’amplitude (positif).
 
Si on choisit l’axe des z comme direction de propagation, le vecteur d’onde k et le vecteur E
étant orthogonaux ( k x  k y  0 ). Dans un milieu isotrope, le champ électrique est transverse
( Ez  0 ). On obtient alors le système simplifié suivant :

Ex ( z, t )  E0 x cos(t  kz   x ) (2.5)
E y ( z , t )  E0 y cos(t  kz   y ) (2.6)
Ez (t )  0 (2.7)
2
k n où λ est la longueur d’onde (dans le vide) et n est l’indice de réfraction vu par

l’onde dans la direction de propagation.
Par souci d’allégement de l’écriture, la dépendance temporelle sera sous-entendue et on écrira
Ei (t )  Ei .
En combinant les deux expressions (2.5) et (2.6), et en éliminant la variable temporelle, on
peut montrer que l’extrémité du vecteur champ électrique décrit une ellipse dont l’équation est
la suivante :

2
Ex 2 Ey Ex Ey
2
 2
2 cos( )  sin 2 ( ) (2.8)
E0 x E0 y E0 x E0 y

avec    x   y
36
Chapitre 2 Les Filtres Biréfringents
--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

L’état de polarisation est entièrement défini si on connaît l’ensemble des paramètres de


l’ellipse (voir Figure 2.15), c’est à dire son ellipticité ε, son azimut θ, la différence de phase
 et son sens de rotation (qui dépend directement du signe de sin( ) ).

Figure 2.15 : Ellipse de polarisation

Ainsi, lorsque  = 0 ou  =π (modulo 2π), nous sommes en présence d’une onde polarisée
rectilignement; lorsque  =π /2 ou  = 3π/2 et Eox = Eoy, l’ellipse devient un cercle, et la
polarisation est dite circulaire. La figure 2.16 illustre différents états de polarisation.

Figure 2.16 : Différents états de polarisation

Les différents paramètres de l’ellipse sont liés aux paramètres de l’onde par une série de
relations ci-dessous.

37
Chapitre 2 Les Filtres Biréfringents
--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

a 2  b2  E 20 x  E 20 y (2.9)
ab  E0 x E0 y sin( ) (2.10)
(E 2
0x E 2
0y ) tan(2 )  2 E0 x E0 y cos( ) (2.11)
E0 y
 tan( ) (2.12)
E0 x
b
 tan( ) (2.13)
a
Et
2 E0 x Eoy
 tan(2 ) (2.14a)
E 20 x  E 20 y
2 E0 x Eoy
 sin(2 ) (2.14b)
E 20 x  E 20 y

Ou encore

tan(2 )  tan(2 ) cos( ) (2.15)


cos(2 ) cos(2 )  cos(2 ) (2.16)
cos(2 ) sin(2 )  cos(2 ) tan(2 )  sin(2 ) cos( ) (2.17)
 sin(2 )  sin(2 ) sin( ) (2.18)
 tan(2 )  sin(2 ) tan( ) (2.19)

2.4.2 Représentation de la polarisation à partir du formalisme de Jones

[Link] Vecteur de Jones

La nature vectorielle de l’état de polarisation de la lumière suggère d’utiliser une


représentation vectorielle de ce dernier. Dans la fameuse série d’articles parus en 1941, R.C.
JONES [9] introduit donc une approche matricielle dans la résolution des problèmes relatifs à
la polarisation de la lumière. Il propose ainsi de décrire l’état de polarisation d’une onde
quasi-monochromatique plane se propageant dans la direction des z croissants par un vecteur

colonne complexe J appelé vecteur de Jones tel que :

  Ex   E0 x e j x 
J   j y 
(2.20)
 E y   E0 y e 

Cette représentation complexe ne doit pas cacher que seules les quantités réelles sont
observables (mais pas forcément
 directement mesurables). Par exemple, la composante
suivant l’axe Ox du champ E s’exprime par :

E x (t )  Re  E x e j t   Re  E 0 x e j ( t  x )  (2.21)

Le vecteur de Jones représente l’état de polarisation général d’une onde plane quasi
monochromatique, à savoir l’état de polarisation elliptique. Il n’y a pas de vecteur de Jones

38
Chapitre 2 Les Filtres Biréfringents
--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

pour la lumière naturelle (supposée totalement dépolarisée) et la lumière partiellement


polarisée.
Le flux de l’onde peut s’obtenir en additionnant les carrés des amplitudes le long des deux
directions orthogonales :

I ∝ Ex 2  E y 2 (2.22)

ou encore I ∝ ET E où ET est la matrice adjointe de E (complexe conjugué puis transposé).


L’onde est dite normée si le flux est égal à l’unité : ET E =1.

[Link] Matrice de Jones

Le formalisme de Jones permet également de décrire de façon matricielle et déterministe la


transformation linéaire subie par une onde polarisée interagissant avec un système optique.

Plan d'onde et polarisation Opérateur de polarisation Plan d'onde et polarisation d'entrée de


sortie
Figure 2.17 : Modification de l’état de polarisation
 
Le vecteur de Jones incident J e se transforme en vecteur émergent J s par l’intermédiaire
d’une matrice complexe 2×2 : [T] appelée logiquement la matrice de Jones :
 
J s  T  J e (2.23)
Dans le cas général, la matrice de Jones comprend 7 coefficients indépendants. Le huitième
coefficient de cette matrice complexe est la phase absolue  , rattachée à l’aspect cohérent de
la lumière, qui n’est pas pris en compte. Ce formalisme est tout à fait approprié pour décrire
un système optique complexe composé de n éléments en série, la réponse globale étant
obtenue par multiplication matricielle des matrices de Jones des n sous systèmes
 
J s  Tn Tn1 ...T2 T1  J e (2.24)

On remarque que la première matrice du produit des [Tn ] est la matrice de transfert du dernier
élément traversé.
f y
z

s
 x
O

39
Chapitre 2 Les Filtres Biréfringents
--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Figure 2.18 : lame biréfringente placée perpendiculairement à l’axe de propagation Oz. Les axes
lent et rapide de lame font l’angle θ avec les axes Ox et Oy du repère du laboratoire

Habituellement, on normalise le vecteur à 1. Ceci empêche de traiter les problèmes


d'absorption, mais simplifie souvent l'analyse par ailleurs. Une autre convention est de faire
en sorte que le premier coefficient du vecteur soit un nombre réel. Ceci peut empêcher la prise
en compte d'une différence de phase, et donc le calcul d'interférences entre plusieurs ondes

Le tableau suivant donne des exemples de vecteurs de Jones normés :

Polarisation Vecteur de Jones correspondant


Rectiligne selon l'axe x 1
0
Rectiligne selon l'axe y 0
1
Rectiligne selon un axe à 45° par rapport à 1 1
l'axe x √2 1
Circulaire droite 1 1
√2 −
Circulaire gauche 1 1
√2

Le tableau suivant donne des exemples de matrices de Jones :

Système optique Matrice de Jones correspondante


Polariseur avec axe horizontal 1 0
0 0
Polariseur avec axe vertical 0 0
0 1
Polariseur avec axe incliné à +ou- 45° 1 1 ±1
2 ±1 1
Polariseur incliné d'un angle

Polariseur circulaire gauche 1 1 −


2 1
Polariseur circulaire droit 1 1
2 − 1
Lame demi-onde avec l'axe rapide horizontal − 0
0
Lame quart d'onde avec axe rapide horizontal / 1 0
0

Si un système optique est tourné autour de l'axe optique d'un angle θ, la matrice de Jones pour
le système tourné M(θ) est obtenue à partir de la matrice du système non tourné par la
transformation :

( )= ( ) (− )

40
Chapitre 2 Les Filtres Biréfringents
--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

R( ) est la matrice de rotation ou matrice de changement de l’axe entre le repère du


laboratoire et le repère du polariseur :

( )=

d’où l’expression de ( )= .
.

[Link] Cas d’une lame biréfringente entre polariseur/analyseur

L’étude de la propagation de la lumière à travers une lame, placée entre polariseur/analyseur


est indispensable pour analyser les filtres biréfringents [7]. Elle montre que l’intensité
lumineuse transmise est fonction du déphasage entre les deux vibrations lumineuses. Elle
évolue entre deux extremums. On parle alors d’interférences en lumière polarisée.

Si les axes propres d’une lame à retard d’épaisseur e sont orientés selon un angle =45° par
rapport à la polarisation incidente et si les polariseur/analyseur sont parallèles, alors les règles
classiques d’interférences montrent que dans ce cas l’intensité lumineuse transmise par le
système dans la direction normale à la lame est donnée par [7] :

‖ = (2.25)

où = ∆ . est la différence de marche optique introduite par la lame ayant une


biréfringence ∆ , étant une constante. Si on tourne l’analyseur de 90°, l’intensité transmise
dans ce cas est donnée par [7] :

= (2.26)

2.5 Filtres biréfringents :

2.5.1 Paramètres et Caractéristique:

Le rôle du filtrage est de séparer les différentes longueurs d’ondes en laissant passer
certaines tout en atténuant les autres. Une caractéristique essentielle d’un filtre, pas seulement
optique, est sa fonction de transmission (ou transmittance), qui donne en fonction de la
fréquence, ou de la longueur d’onde, le rapport de la puissance de sortie à la puissance
d’entrée. Quelques paramètres importants [10] :

 La bande passante à mi-hauteur (FWHM, Full WidthatHalf


Maximum): est définie comme une zone de fréquence telle que tout signal
appartenant à cet intervalle ne peut subir, au plus, qu’un affaiblissement
déterminé par rapport à un niveau de référence [11]. La bande passante est
généralement définie pour une atténuation en puissance de moitié qui
correspond à -3dB (voir figure 2.19) [11] .

41
Chapitre 2 Les Filtres Biréfringents
--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

-3dB

Figure 2.19 : bande passante à -3dB


 La fréquence (ou longueur d’onde) centrale, ou fréquence (ou longueur
d’onde) d’accord ou . C’est la fréquence (ou longueur d’onde) pour
laquelle le gain est maximal [5].
 L’Intervalle Spectrale Libre (ISL) : le mécanisme sélectif de longueur
d’onde d’un filtre optique est typiquement basé soit sur l’interférence ou la
diffraction. Les caractéristiques de sélection de base d’un filtre sont
illustrées suivant la figure ci-dessous :

Figure 2.20 : caractéristiques de sélection de base d’un filtre

L’Intervalle spectrale libre d’un filtre optique, ISL ou ∆ ou la bande ∆ ∆ ,


est usuellement défini comme la bande de fréquence (ou de longueur d’onde) sur
laquelle l’écart avec le gain maximal reste inférieur à 3dB. Il doit-être assez étroit
pour transmettre une seule fréquence en isolant les autres fréquences voisines. Pour
cela, l’espace ∆ entre les canaux doit-être plus grand que la bande passante ∆
de chaque canal.
Donc, ∆ >∆ >∆ .
Notons que la sélectivité est définie comme le rapport ∆
ou ∆
[5].
 L’accordabilité : lorsque la fréquence centrale peut être modifiée, le
filtre est dit accordable, et la bande sur laquelle elle peut varier est la
plage d’accordabilité caractérisée par un temps de réponse appelé
encore temps de commutation ou temps d’accord (par exemple, un
filtre d’une largeur de 1 nm, est accordable sur 100 nm avec un temps
d’accord de 10 µs ; par contre un filtre d’une largeur de 1 nm est
42
Chapitre 2 Les Filtres Biréfringents
--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

accordable sur 20 nm, mais avec un temps d’accord de quelques


nanosecondes) [5].

2.5.2 Filtres de LYOT :

Le premier filtre monochromatique biréfringent a été réalisé par LYOT en 1933. Il


permettait d'isoler une région spectrale de 1 Angstrom seulement dans le vert, il est basé sur
l’interférence de l’onde ordinaire et de l’onde extraordinaire à la sortie d’une lame
biréfringente uniaxe ou spath. Un filtre de Lyot est constitué d’un ensemble de lames de
même biréfringence ∆ , séparées par des polariseurs linéaires, et de telle sorte que
l’épaisseur de chaque lame soit le double de la précédente. Les axes (rapide F et lent S) des
lames sont orientés à 45° de l’axe des polariseurs.

x P1 P2 P3 P4 Pn Pn+1

e 2e 4e 2n-1e z

Figure 2.21 : Filtre de Lyot à n étages

Pour simplifier l’étude du filtre de Lyot, prenons d’abord le cas de celui constitué d’une seule
lame biréfringente illustré sur la figure ci-dessous [12].

Lame Biréfringente

Analyseur

Polariseur

Figure 2.22 : Filtre de Lyot à un seul étage

43
Chapitre 2 Les Filtres Biréfringents
--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Le rayon incident est normal au plan du polariseur, suivant la direction de l’axe Z. La lame
biréfringente introduit un retard de phase entre la vibration sur l’axe F (rapide) et sur l’axe S
(lent) égal à
( )
δ= .
Nous avons vu qu’une lame biréfringente placée entre polariseurs parallèles et éclairée par
une lumière de longueur d’onde λ, transmet une intensité lumineuse dont l’expression s’écrit
[7] :
I  I 0 cos 2 ( / 2) où   (2 /  )ne (2.27)

Le principe du filtre de Lyot est simple à mettre en évidence. Il s’agit d’utiliser une cascade
d’interféromètres à deux ondes, d’épaisseurs convenables, pour la transmission d’une
longueur d’onde particulière. Un filtre sélectif en longueur d’onde peut, alors, être réalisé. Sur
la figure 2.23, nous avons représenté la fonction de transmission du filtre de Lyot à 5 étages.
Elle est obtenue en multipliant les réponses de cinq interféromètres placés en cascade. La
fonction de transmission de chacun des interféromètres doit alors posséder un

R é pons e du F i l t r e de L Y O T
1
1 Lame
0.9 3 Lames
F WH M 5 < F WH M 3 < F WH M 1 5 Lames
0.8
A mpl i t ude N or mal i s é e

0.7

0.6

0.5

0.4

0.3

0.2

0.1

0
1.53 1.535 1.54 1.545 1.55 1.555 1.56 1.565 1.57

L ongue ur d' O nde e n ( um)

Figure 2.23 : Composition de la réponse du filtre de Lyot 1-3-5 étages

maximum autour d’une même longueur d’onde (Cf. λ0 sur la figure 2.23). Ceci est rendu
possible lorsque les lames biréfringentes ont des épaisseurs respectives égales à e, 2e
,4e,….2n-1e, où e représente l’épaisseur de la lame la plus mince.
Le formalisme de Jones est l’outil le plus adapté pour l’analyse de ce genre de structures
[7,13]. En effet si M(k) est la matrice de Jones de la lame d’ordre k et P celle d’un des
polariseurs, la matrice de Jones d’un empilement de N étages s’exprime, alors, par :

44
Chapitre 2 Les Filtres Biréfringents
--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

N
M  P.M( N) .P......P.M(2) .P.M(1) .P   P.M(k) .P
K 1
(2. 1)

 k k 
 cos 2
j . sin
2 
Avec M ( k )    (2.28)
 
 j . sin  k cos
k 
 2 2 

et k  2 n.e.2
k 1
(2.29)

 k : déphasage introduit par la lame d’ordre k

L’intensité transmise, pour une structure de Lyot, s’exprime alors par [7]
2
  
sin( 2 N ) 
I0  1 2 (2.30)
It    
2 2N 
sin( ) 
 2 

 étant le déphasage introduit par la première lame (la plus mince)

On remarque que l’intensité est maximale pour   n.e =k.λ. (k est un entier). Ainsi les
lames biréfringentes devant constituer le filtre doivent être des lames ondes (leur épaisseur
optique   n.e doit être multiple de λ). Et bien sûr, les lames ne sont des lames ondes que
pour une seule longueur d’onde (ou un nombre discret de longueurs d’onde). Lorsqu’on
s’éloigne de cette longueur d’onde, la transmission “ chute ” et l’effet du filtrage spectral
apparaît.
Le filtre est caractérisé par des paramètres tels que la finesse, l’intervalle spectral libre
(free spectral range, FSR), la bande passante à mi-hauteur (Full Width at Half Maximum,
FWHM) et le contraste qui exprime le niveau des lobes secondaires par rapport au niveau du
lobe principal. Le FSR qui est par définition l’espacement en longueur d’onde entre deux pics
successifs, s’exprime, dans le cas d’un milieu non, ou très peu, dispersif, par la relation [14]

2
FSR  (2.31)
 n .e

Alors que la finesse

F= FSR (2.32)
FWHM

45
Chapitre 2 Les Filtres Biréfringents
--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

R éponse du F i l t re de L YOT
1

0.9
FSR
0.8
1 Lame
3 Lames
0.7
5 Lames

Ampl i tude Normal i sée


0.6

0.5

0.4

0.3

0.2

0.1

0
1.5 1.51 1.52 1.53 1.54 1.55 1.56 1.57 1.58 1.59 1.6

L ongueur d' Onde (um)

Figure : 2.24 Réponse du filtre de LYOT

Nous constatons d’après la figure 2.24 que les paramètres caractéristiques du filtre sont
fonction du nombre d’étages. En effet si le nombre d’étages augmente, le spectre des lames
placées entres polariseurs parallèles est donné par le produit des facteurs de transmission de
chacune des lames, conformément à l’équation (2.53), et par conséquent la bande passante
devient de plus en plus petite alors que la finesse augmente. D’autre part, le niveau des lobes
secondaires devient de plus en plus faible, donc le contraste augmente et le taux de rejection
est meilleur. Par conséquent, on élimine, ou du moins on réduit, les perturbations induites par
les canaux adjacents.

2.5.3 Filtre de SOLC :

Mis en œuvre par Ivan Šolc en 1953, le filtre, qui porte son nom, est constitué d’un
empilement de lames biréfringentes, toutes de même épaisseur. L’ensemble est placé entre
polariseur/analyseur parallèles ou croisés selon les configurations proposées [7,13]. Son
principal avantage est son minimum de pertes d’insertion puisqu’il n’utilise que deux
polariseurs car chaque polariseur ajouté introduit des pertes supplémentaires.
Selon les orientations des lames, deux arrangements sont possibles. Ils sont appelés
respectivement le filtre en éventail (fan) et le filtre alterné (folded). Chaque étage de ce
dernier est constitué de deux lames orientées respectivement suivant les angles (   ) et (   ).
Le nombre total N de lames est, alors, pair. Tandis que, dans l’arrangement en éventail, les
lames sont orientées respectivement suivant  , 3 , 5 ,....., ( 2 N  1) par rapport à l’axe du
polariseur.

46
Chapitre 2 Les Filtres Biréfringents
--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Lame f
biréfringente
f

f
s
Polariseur f s Analyseur

x
-θ z
s
+θ s

s
f
f
s
f

f 5θ
s

3θ x
z
θ s

Figure 2.25 : Filtre de Šolc alterné (haut) et en


éventail (bas) constitué de N lames (N = 4).

En utilisant le formalisme de Jones et en reprenant la même démarche que celle utilisée dans
le cas du filtre de LYOT, l'intensité transmise s'écrit [7]. :
( )
= [ ( ) ( ) ] (2.33)
( )
Avec

Cos (χ) = cos (2 ) cos (/2) pour le filtre de SOLC à n lames d’azimut en progression
arithmétique

Cos (χ) = cos (2 ) sin (/2) pour le filtre de SOLC à n lames d’azimut alterné

47
Chapitre 2 Les Filtres Biréfringents
--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

R é pons e du F i l t r e de S ol c e n E vant ai l
1
X: 1.523
Y: 1 6 L ame s
0.9 8 L ame s
10 L ame s
0.8

A mpl i t ude N or mal i s é e


0.7

0.6

0.5

0.4

0.3

0.2

0.1

0
1.5 1.505 1.51 1.515 1.52 1.525 1.53 1.535 1.54 1.545 1.55

L ongue ur d' O nde e n ( um)

R éponse du F i l t re de S ol c A l t ernée
1
6 L ames
0.9 8 L ames
F WHM10 < F WHM8 < F WHM6 10 L ames
0.8

0.7
A mpl i t ude N ormal i sée

0.6

0.5

0.4

0.3

0.2

0.1

0
1.53 1.535 1.54 1.545 1.55 1.555 1.56 1.565 1.57

L ongueur d' Onde en ( um)

Figure 2.26 : Réponse du Filtre de Solc a-Eventail b- Alterné

Ces expressions montrent que les transmissions des deux filtres, qui sont très analogues à
celle du Lyot, sont décalées d’une demi-période, ce qui montre dans les figures ci-dessus. En
d’autres termes, la transmission maximum du filtre en éventail est obtenue quand toutes les
lames sont des lames ondes alors que pour le filtre alterné cela se produit quand les lames
sont demi-ondes (épaisseur optique   n.e doit être multiple impaire de λ/2). L’angle θ
45
vaut   pour les deux configurations. La figure 2.14 illustre la fonction de transmission
N
mesurée d’un filtre de Šolc alterné à 6,8 et 10 étages où chaque étage est constitué d’une lame
biréfringente en quartz de biréfringence n = 8810-4 à la longueur d’onde  = 1.55 µm, et
d’épaisseur géométrique e = 5020 µm, orientée suivant un angle  = 450/(6,8,10) par rapport à
l’axe du polariseur d’entrée.

48
Chapitre 2 Les Filtres Biréfringents
--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

R éponse du F i l t re de S ol c A l t ernée
1

0.9

6 L ames
0.8 8 L ames
10 L maes FSR
0.7
A mpl i t ude N ormal i sée

0.6

0.5

0.4

0.3

0.2

0.1

0
1.48 1.5 1.52 1.54 1.56 1.58 1.6 1.62

L ongueur d' O nde en ( um)

Figure 2.27 : Réponse du Filtre de Solc (FSR)

Les résultats de simulation sous MATLAB montrent que le FSR ne dépend pas du nombre
de lames ainsi que le niveau des lobes secondaires est plus élevé dans le cas du filtre de Šolc
que dans celui du Lyot et qu’avec l’augmentation du nombre d’étage dans le filtre de Šolc, la
bande passante diminue mais le niveau des lobes secondaires augmente, ce qui par conséquent
réduit le contraste de la fonction de filtrage. Donc l’ajout d’un étage dans une structure Šolc
n’assure pas forcément l’obtention d’un meilleur filtre si on prend le contraste comme seul
critère.

2.6 Réponse impulsionnelle d’une série de lames biréfringentes :

L’idée centrale est basée sur la considération de la réponse impulsionnelle d’un système à
lames biréfringentes. Pour illustrer cette idée, on considère en premier lieu le cas simple de la
réponse impulsionnelle d’une seule lame :

Une vibration lumineuse (impulsion optique) polarisée linéairement arrive sous incidence
normale sur une lame. Elle se trouve divisée en deux impulsions ordinaire et extraordinaire
polarisées orthogonalement et dont les amplitudes dépendent de l’orientation de la
polarisation de l’impulsion incidente par rapport aux axes propres de la lame. Ces deux
impulsions se propagent à des vitesses différentes et émergentes donc décalées dans le temps
l’une par rapport l’autre. Le décalage temporel, ou retard, résultant est donné par [12]

δn  e
∆t = t s  t f  (2-34)
c

où n représente la biréfringence de la lame anisotrope traversée, e son épaisseur et c la


vitesse de la lumière dans le vide. Ce décalage est supposé constant et indépendant de la

49
Chapitre 2 Les Filtres Biréfringents
--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

fréquence (ce qui n’est pas vrai en réalité). Donc les effets de dispersion de n seront ignorés
et l’expérience, au travers de la littérature, réconforte relativement bien ce choix.

E0sin φ
Sortie
F
t
E0cos φ

S
E0
φ

Entrée

Figure 2. 28 : Réponse impulsionnelle d’un système à une seule lame.

Ainsi la réponse impulsionnelle d’un système constitué d’une seule lame biréfringente
(figure 2.28) est formée de deux impulsions à polarisations rectilignes orthogonales dont les
amplitudes dépendent de l’angle φ, angle entre l’un des axes propres de la lame (axe lent, par
exemple) et la polarisation incidente. Dans le cas particulier où φ vaut 45°, on aura deux
impulsions d’égales amplitudes aux instants tF et tS.

Cas Général :

Considérons maintenant le cas général de la mise en cascade de plusieurs lames,


d’épaisseurs et d’orientations arbitraires.

On s’intéresse juste aux décalages temporels des différentes impulsions et non à leurs états
de polarisation (figure 2.29 et 2.30).

Temps

Entrée : Sortie :
1 impulsion 4 impulsions
2 lames d’épaisseurs différentes

Figure 2. 29 : Réponse impulsionnelle d’un système à deux lames

50
Chapitre 2 Les Filtres Biréfringents
--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

….. Temps

Entrée : Sortie :
1 impulsion 2N impulsions

a) N lames d’épaisseurs différentes

…. Temps
---

Entrée : Sortie :
1 impulsion (N+1) impulsions équidistantes

b) N lames de même épaisseur

Figure 2. 30 : Réponse impulsionnelle d’un système à plusieurs lames

Pour un système à deux lames (figure 2.29), la sortie de la première lame est constituée de
deux impulsions. Chacune d’elles constitue une impulsion incidente pour la deuxième lame et
produit à son tour deux nouvelles impulsions. Ainsi la réponse impulsionnelle de ce système
sera constituée de quatre impulsions, deux seront polarisées suivant l’axe rapide de la
deuxième lame et les deux autres selon son axe lent. Avec un nombre plus important de
lames, ce processus continuera et donnera, ainsi, pour n lames biréfringentes d’épaisseurs et
d’orientations différentes, un ensemble de 2n impulsions (figure 2.30-a). Leurs amplitudes et
leurs polarisations dépendront des angles d’orientations des lames tandis que leur temps
relatifs d’émergence sera fonction à la fois de la biréfringence et des épaisseurs des lames
utilisées.

Ainsi, on montre bien que la réponse impulsionnelle d’une cascade de lames biréfringentes
est un train d’impulsions de durée finie. Dans le cas où l’ensemble des n lames utilisées sont
identiques (même matériau et même dimension), la sortie sera seulement (n+1) impulsions au
lieu de 2n. En plus, les impulsions émergentes seront équidistantes (uniformément espacées
dans le temps – figure 2.30-b).

Afin d’illustrer un nombre réduit d’impulsions émergentes dans ce cas particulier, on prend
le cas simple de deux lames identiques d’orientations quelconques:

51
Chapitre 2 Les Filtres Biréfringents
--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

L’impulsion traversant l’axe rapide de la première lame et l’axe lent de la deuxième


émerge exactement au même temps que celle traversant l’axe lent de la première lame et l’axe
rapide de la deuxième. Ces deux impulsions vont se combiner à la sortie où la réponse sera
donc composée de trois impulsions au lieu de quatre.

Donc, l’idée est d’utiliser les angles d’orientations des différentes lames afin de contrôler
les amplitudes des (n+1) impulsions de sortie. La première étape sera donc de spécifier les
amplitudes des impulsions en sortie de la structure (après l’analyseur).

2.7 Conclusion

Dans ce chapitre, nous avons rappelé les phénomènes physiques clés qui régissent la
technique de filtrage optique et nous avons décrit le modèle mathématique et physique pour
les éléments biréfringents constituant le filtre. Le cas des cristaux liquides a été aussi étudié.
Ensuite, nous avons analysé les deux configurations de base de cette famille de filtres, à
savoir la configuration de Lyot et celle de Šolc. Nous avons constaté alors qu’avec les deux
arrangements du filtre de Šolc, la réponse spectrale est de forme très particulière. Cependant,
grâce à une approche dans le domaine temporel il est possible, avec de telles structures, de
réaliser des filtres à gabarits prédéfinis. En effet, la réponse impulsionnelle de tels filtres peut
être contrôlée par l’orientation des angles des différents éléments de la structure. Ceci offre
un degré de liberté supplémentaire pour la réalisation de filtres à fonction de transfert
quelconque.
Le prochain chapitre sera consacré dans sa première partie à la synthèse d’un filtre
d’amplitude biréfringent par la méthode de synthèse des filtre à Réponse Impulsionnelle Finie
et dans sa deuxième partie à la synthèse d’un filtre biréfringents utilisé comme compensateur
de dispersion.

52
Chapitre : 3 Synthèse d’un Filtre RIF et d’un Compensateur de Dispersion à base d’éléments Biréfringents
---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Chapitre 3 : Synthèse d’un Filtre RIF et d’un Compensateur


de Dispersion à base d’éléments Biréfringents

3.1 Les Filtres d’Amplitudes


3.1.1 Introduction

L’avènement du laser a permis de mettre en place divers types de systèmes optiques. Cela
a produit le besoin d’avoir des filtres optiques dont les fonctions de transfert peuvent être
arbitrairement choisies comme une fonction de fréquence. Dans les systèmes analogiques à
radiofréquences, de tels filtres optiques pouvaient servir de compensateurs, d’égaliseurs, etc.
L’importance particulière ici, est de réaliser des filtres optiques qui permettent d’obtenir
n’importe quelle fonction de transmission.

3.1.2 Spécification de la réponse désirée

Maintenant, voyons quels types de réponses nous pouvons réaliser et comment nous
allons les déterminer. Une approche commode est de choisir d'abord une réponse idéale, puis la
rapprocher par une approximation à un ordre nécessaire. Notons que la fonction de transfert en
fréquence du réseau optique doit être périodique. Ceci peut être vérifié aisément de la théorie de
Fourier ou de la théorie de l'échantillonnage.

Comme le montre la figure 3.1, g(t) la réponse impulsionnelle et G(w) la fonction de


transfert du système sont supposées continues et non périodiques. Mais pour pouvoir utiliser cette
réponse à notre filtre, g(t) la réponse impulsionnelle ne peut pas rester continue mais
échantillonnée à un rythme de a échantillons par secondes, ce qui implique que la fonction de
transfert G(w) du système sera périodique avec une période de 2π/a (rad/sec). Ceci s’accorde à la
structure de base d'un réseau composé d'un ensemble de lames biréfringentes, dont l’épaisseur
est telle que le temps qui sépare deux impulsions successives (t s - tf) de l’équation (2.34) soit
égale à a secondes. Ce réseau aura une fonction de transfert périodique comme cela est montré
sur la figure 3.1.

53
Chapitre : 3 Synthèse d’un Filtre RIF et d’un Compensateur de Dispersion à base d’éléments Biréfringents
---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

g(t)
G(w)

a)

w
t

g(t) Echantillonnée G(w) Périodisée

b)

w
a t
2π / a

Figure.3.1 la réponse impulsionnelle et la fonction de transfert


correspondante d'un réseau dont la réponse impulsionnelle est
g(t) dans (a), et g(t) échantillonnée dans (b).

3.2 La Transformation en Z :
Dans le cas des signaux analogiques, on dispose de transformées (transformée de
Fourier ou transformée de Laplace) permettant d’étudier et detraiter les signaux dans des
domaines plus aisés (respectivement plan fréquentiel ou domaine de Laplace). Dans le cas
des signaux discrets, ces transformées sont très limitées, en particulier pour les signaux
possédant une infinité d’échantillons.
Pour cela, une transformée des signaux discrets a été introduite: la transformée en z. Cette
transformée en z, notée X(z), d’un signal x(t) causal, échantillonné à la période Te, s’exprime à
l’aide de la variable complexe z selon la relation suivante:

k  k 
X ( z)  
k 
x (kTe ) z  k  xz
k 
k
k
(3.1)

L’origine de cette transformée en z s’explique en considérant le calcul


de la transformée de Laplace d’un signal échantillonné causal. Soit le signal causal xe(t)
échantillonné à la fréquence Fe, le signal échantillonné s’exprime par :
k 
xe (t )   x(kT ).d (t  kT )
e e
k  (3.2)
54
Chapitre : 3 Synthèse d’un Filtre RIF et d’un Compensateur de Dispersion à base d’éléments Biréfringents
---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

La transformée de Laplace X(p) de ce signal échantillonné causal (t),


obtenue en remplaçant j2pf par p dans la transformée de Fourier, est :
k  k 
X ( p)   x (t ).e
k 0
e
 pt
dt   x(kT ).d (t  kT ).e
k 
e e
 pt
dt

Étant donné les propriétés de d, il vient :


k 
X ( p)   x(kT ).e
k 0
e
 pkTe

En effectuant le changement de variables z = epTe , nous retrouvons la transformée en z du


signal x(t) définie par la relation 3.1
La propriété la plus importante de cette transformée est le retard temporel. Connaissant la
transformée en z, S(z) d’un signal s(t), on cherche à obtenir la transformée en z du même
signal s(t) retardé du temps mTe : s(t −mTe). À partir de l’expression 3.1 il vient :
k 
x (t )  z  X ( z )   x(kT ).z e
k

k 0 (3.3)

Et
k 
x (t  nTe )   x(kT e  nTe ).z  k
k 0 (3.4)

En posant k’= k−m et étant donné que le signal x(t) est causal, nous obtenons


  ' 
x(t  mTe )   x ( k '
Te ). z  k ' m
   x (k 'Te ).z  k .z  m  X ( z ).z  m
k '  m  k ' 0 

 Définition :
Elle provient de la remarque faite lors de la première formulation de la transformée de Laplace
d’un signal échantillonné
k 
TL  x (t )   xe k
 pkTs

k  (3.5)

Pour retrouver une forme polynomiale d'une variable complexe, on effectue le changement de
variable z  e pTs .
Nous retrouvons ainsi les expressions suivantes qui sont prises comme définition mathématique
de la transformée en Z:
55
Chapitre : 3 Synthèse d’un Filtre RIF et d’un Compensateur de Dispersion à base d’éléments Biréfringents
---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

k 
x (t  nTe )   x(kT
k 0
e  nTe ).z  k

k 
Transformée Bilatérale TL  x (t )   X ( z )  xz k
k

k 

k 
Transformée Mono latérale TL  x (t )   X ( z )  xz k
k

k 0

 Convergence :
La transformation en Z est une série infinie et cela implique que l’on se pose le problème de
convergence de cette série et donc d'existence de la transformée en Z.
Résultat: la série n’existe que pour certaines valeurs de z pour lesquelles elle converge ce qui
définit la région de convergence de la série. Cette région de convergence est un anneau.

3.3 Les Filtres RIF

On s’intéresse dans cette partie au RIF à phase linéaire car on va synthétiser un filtre optique
d’amplitude qui affecte le niveau de puissance sans modifier la phase des composantes spectrales
formant le signal.

Par ailleurs, pour synthétiser des filtres compensateurs de dispersion, ces derniers auront par
définition une phase non linéaire. Ce type de dispositifs sera étudié dans le paragraphe 3.6

Théorie des Filtres RIF à Phase Linéaire :


 Introduction
Dans ce paragraphe, nous allons présenter les notions fondamentales et les
caractéristiques des filtres RIF à phase linéaire. Dans la conception des filtres, la classe des filtres
à durée finie possède la propriété intéressante, telle que la stabilité. De plus, les filtres à R.I.F.
peuvent être conçus de façon à ce que leur réponse en fréquence possède une phase exactement
linéaire.

 Caractéristique des filtres FIR à Phase Linéaire:


Soit {h(n)} une séquence causale à durée finie définie sur l’intervalle 0  n  N  1 . La
transformée de Fourier de {h(n)} est :

56
Chapitre : 3 Synthèse d’un Filtre RIF et d’un Compensateur de Dispersion à base d’éléments Biréfringents
---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

N 1
H (e jw )   h( n)e  jnw (3.6)
n0

Posons

H (e jw )   H (e jw ) e  j ( w ) (3.7)

Avec H (e jw ) et  ( w) respectivement l’amplitude et la phase de H (e jw ) .

Pour qu’un filtre R.I.F. ait une phase exactement linéaire, il faut que la phase  ( w) soit de la
forme suivante :

 ( w)   .w Avec -< w < (3.8)

Où  est un retard de groupe constant. Par égalité de (3.6) à (3.7) nous avons
N 1
H (e jw )   h( n)e  jnw   H (e jw ) e  j ( w ) (3.9)
n0

Nous obtenons
r 1
P ( f )    ( k ) soc (2 kf )
k 0

N 1

 h(n) sin( wn)


tg ( .w)  n 0
N 1
(3.10)
h(0)   h(n) cos( wn)
n 0

Il existe deux solutions possibles :

  0 : Qui implique que h(0) est arbitraire et h(n)  0 pour n  0 , résultat peu utile.

  0 : Qui implique que l’équation (3.10) s’écrit


N 1

 h(n) sin w(  n)  0


n0
(3.11)

La solution de (3.11) si elle existe est unique et est de la forme

  ( N  1) / 2 et

h(n)  h( N  1  n) Avec 0  n  N  1

57
Chapitre : 3 Synthèse d’un Filtre RIF et d’un Compensateur de Dispersion à base d’éléments Biréfringents
---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Nous remarquons que pour chaque cas de N, il y a une seule valeur de retard de groupe

  ( N  1) / 2 , la réponse impulsionnelle doit être d’une symétrie spéciale.

- Si ‘N’est impaire, ‘  ’ est entier, alors, le centre de symétrie de la réponse impulsionnelle du


filtre à phase linéaire est l’échantillon du milieu (figure 3.2)

h( n)

2
1 3 4 5 6 7 n

Figure. 3.2 cas 1 : réponse impulsionnelle symétrique et symétrie impaire

- Si ‘N’est paire, alors, le centre de symétrie de la réponse impulsionnelle du filtre à phase


linéaire est le milieu entre deux échantillons (figure3.3).

h( n)

1 2 3 4 5 6 n

Figure 3.3 cas 2 : réponse impulsionnelle symétrique et symétrie paire

On dit qu’un filtre est à phase exactement linéaire, s’il possède un retard de groupe constant et un
retard de phase constant. Si on désire seulement que le retard de groupe soit constant (comme
c’est souvent le cas), alors le filtre à phase linéaire se définit comme suit

H (e jw )   H (e jw ) e  j (   w ) (3.12)

Les seules nouvelles solutions pour h(n) ,  et  sont :

  ( N  1) / 2 ,  = /2 (3.13)

58
Chapitre : 3 Synthèse d’un Filtre RIF et d’un Compensateur de Dispersion à base d’éléments Biréfringents
---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Et h ( n )   h ( N  1  n ) avec 0  n  N  1

Les filtres solutions ont un retard de (N-1)/2 échantillons avec des réponses impulsionnelles
antisymétriques autour du centre de la séquence opposée à la réelle séquence à phase linéaire.
- Pour N impaire, h (N-1)/2 doit être égale à 0. Le centre de symétrie de la réponse
impulsionnelle du filtre à phase linéaire est l’échantillon du milieu égal à 0 (figure 3.4.).

h( n)

1 2 3

4 5 6 7 n

Figure 3.4 cas 3 : réponse impulsionnelle antisymétrique et symétrie impaire

- Pour N paire, le centre de symétrie de la réponse impulsionnelle du filtre à phase linéaire est le
milieu entre deux échantillons (figure 3.5.).

h( n)

1 2 3

4 5 6 n

Figure 3.5 cas 4 : réponse impulsionnelle antisymétrique et symétrie paire

Dépendant de la valeur de N (paire ou impaire) et du type de la symétrie de la séquence à réponse


impulsionnelle (symétrique ou antisymétrique), il existe quatre cas possibles des filtres RIF à
phase linéaire [15].

 Réponse en Fréquence des Filtres RIF à Phase Linéaire:


Soit la réponse impulsionnelle représentée par l’équation (3.12), nous posons :

59
Chapitre : 3 Synthèse d’un Filtre RIF et d’un Compensateur de Dispersion à base d’éléments Biréfringents
---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

H * (e jw )   H (e jw ) e j (   w ) ,  ,  Sont définies suivant l’équation (3.13).

H (e jw ) Peut être exprimée en termes de coefficients de la réponse impulsionnelle pour chacun


des quatre cas du filtre à phase linéaire.
- cas 1 (réponse impulsionnelle symétrique et symétrie impaire) :
N 1
H (e jw )  e  jw (( N 1)/ 2)  a ( n) cos( wn) (3.14)
n0

Avec a(0)=h ((N-1)/2) et a(n) =2h ((N-1)/2-n) pour n=1…… (N-1)/2


- cas 2 (réponse impulsionnelle symétrique et symétrie paire) :
N 1
H (e jw )  e  jw (( N 1)/ 2)  b( n) cos w( n  1 / 2) (3.15)
n0

Avec b(n) =2h (N/2-n) pour n=1……(N)/2

À w   nous avons H * (e jw ) = 0, ce qui signifie que les filtres passe- haut ne peuvent pas être
évalués avec ce type de filtre.

- cas 3 (réponse impulsionnelle antisymétrique et symétrie impaire) :


N 1
H (e jw )  e  jw (( N 1)/ 2) e j / 2  c (n) sin wn (3.16)
n0

avec c(n) =2h ((N-1)/2-n) pour n=1…… (N-1)/2


Ce filtre à phase linéaire possède une réponse en fréquence imaginaire.

- cas 4 (réponse impulsionnelle antisymétrique et symétrie paire) :


N 1
H (e jw )  e  jw (( N 1)/ 2) e j / 2  d (n ) sin w( n  1 / 2) (3.17)
n0

N
Avec d (n)  2h(  n) pour n=1……N/2[15]
2
Les figures 3.2, 3.3, 3.4, et 3.5 représentent la réponse impulsionnelle de chaque cas étudié pour
les filtres RIF à phase linéaire. Le trait en pointillé représente l’axe de symétrie. La répartition
des coefficients est relative au cas considéré. L’approche mathématique la plus utilisée jusqu’à
présent dans le cas de coefficients à précision infinie est celle de Parks-McClellan (P.M.C.). Le
60
Chapitre : 3 Synthèse d’un Filtre RIF et d’un Compensateur de Dispersion à base d’éléments Biréfringents
---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

filtre de P.M.C. possède la meilleure approximation au sens de Chebyshev. Son fondement


mathématique et ses propriétés sont développés dans le paragraphe suivant.

3.4. Calcul des Coefficients d’un Filtre à Phase Linéaire par P..M.C. :
3.4.1. Introduction:
Le filtre R.I.F. à phase linéaire conçu par PARKS-McCLELLAN utilisant l’algorithme de
Remez représente la meilleure approximation au sens de Chebyshev avec des coefficients à
précision infinie. Auparavant, plusieurs chercheurs ont étudié les problèmes de conception de
certains types de filtre en utilisant des algorithmes différents. L’importance de cette nouvelle
approche réside dans la combinaison entre la rapidité de la procédure de Remez avec la capacité
de conception d’une grande classe de types de filtre, avec des filtres peu communs tels que les
filtres passe bande à bandes multiples, filtre avec la transformée de Hilbert et différentiateurs et
des filtres plus communs tels que passe bande, coupe bande, passe bas et passe haut. La réponse
en fréquence peut ainsi être approximée.
Dans ce paragraphe, nous allons présenter le fondement mathématique de la méthode P.M.C.
pour des coefficients à précision infinie.

3.4.2. Formulation du Problème d’Approximation :


Soit la réponse en fréquence d’un filtre R.I.F. :
N 1
H ( f )   h(k )e  j 2 kf (3.18)
k 0

La réponse en fréquence d’un filtre R.I.F. à phase linéaire s’écrit :

L N 1
H ( f )  G ( f ) exp( j (  (( ))2 f )) (3.19)
2 2
G ( f ) : Fonction à valeur réelle. L=0 ou 1.

Par symétrie positive, nous avons h(k) = h (N-1-k).


Par symétrie négative, nous avons h(k) = -h (N-1-k).

Dans tous les cas, on ne s’intéresse qu’à G(f) fonction réelle qui est utilisée pour approximer les
spécifications de l’amplitude idéale désirée, puisque le terme de la phase linéaire n’a aucun effet
sur la réponse en amplitude.
Auparavant, tous les algorithmes déjà établis, se sont concentrés sur le cas numéro 1, dans cette
approche on a pu combiner les quatre cas dans un seul algorithme en notant que G(f) s’écrit
comme :
G ( f )  Q( f ) P( f ) (3.20)

61
Chapitre : 3 Synthèse d’un Filtre RIF et d’un Compensateur de Dispersion à base d’éléments Biréfringents
---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Où P ( f ) est une combinaison de fonctions cosinus qui dépend de chaque cas.


r 1
P ( f )    ( k ) soc (2 kf ) (3.21)
k 0

Et  (k ) est une réponse impulsionnelle dépendante du cas considéré.

Les quatre cas ont été écrits sous une forme commune afin que l’algorithme de Remez
s’accomplisse convenablement.
Le problème d’approximation d’origine réside dans la minimisation du maximum de l’erreur
absolue pondérée définie comme :

E ( f )  max W ( f ) D ( f )  G ( f )  Avec f  F (3.22)

W ( f ) : Fonction de pondération.

F : sous ensemble de fréquence dans les bandes d’intérêt (bande passante et bande atténuée).

D ( f ) : Réponse en amplitude désirée.

En remplaçant G(f) par sa valeur on aura :

 
E ( f )  max W ' ( f ) D ' ( f )  P ( f ) Avec f  F ' (3.23)

Avec W ' ( f )  W '( f )Q ( f ), D ' ( f )  D ' f ) / Q ( f ) . F'  F .

3.4.3. Théorème de l’Alternance


Soit G(f) et P(f) des fonctions définies respectivement suivant les Eq. (3.20) et (3.21).
Une condition suffisante et nécessaire pourque P(f) soit l’unique et meilleure approximation au
sens de Tchebychev à une fonction continue D'(f ) dans une gamme de fréquence F’ est que :

 
E ( f )  W ' ( f ) D ' ( f )  P ( f ) , expose r+1 fréquences extrêmes dans F’ notées par ‘Fi’.

I = 1, 2,…. r+1,

Où F1  F 2  .....  Fr  Fr  1 .

Avec E ( Fi )   E ( Fi  1), i  1, 2,....., r .

Et E ( Fi )  max  E ( f )  pour f  F ' .

Un algorithme peut donc être conçu pour satisfaire la condition sur l’erreur du filtre dans le
théorème d’alternance [16].
62
Chapitre : 3 Synthèse d’un Filtre RIF et d’un Compensateur de Dispersion à base d’éléments Biréfringents
---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

3.4.4. Description de l’Algorithme de Conception de Filtre de PARKS-McCLELLAN sous


l’Algorithme d’Echange de REMEZ:
La conception de cet algorithme consiste en une section de lecture des données,
formulation du problème par une approximation appropriée équivalente, solution du problème
d’approximation en utilisant la méthode de Remez, et enfin le calcul de la réponse impulsionnelle
du filtre. Nous pourrons représenter sur la figure 3.6 l’algorithme de PARKS-Mc CLELLAN
sous l’organigramme général suivant :

Début

Introduire les spécifications


du filtre

Types de Filtre

Passe Bande Différentiateur Transformée de Hilbert

Grille dense pour


La fonction de pondération l’ensemble F L’amplitude désirée

Formulation du problème de
l’approximation équivalente

Choix initial pour les r+1


fréquences extrêmes

La résolution du problème
d’approximation par la
méthode de Remez

La réponse Impulsionnelle
calculée

Sauvegarder la réponse et
l’erreur optimale

Fin
Figure 3.6 : Organigramme de conception de filtre de [Link] CLELLAN à l’aide de méthode Remez

63
Chapitre : 3 Synthèse d’un Filtre RIF et d’un Compensateur de Dispersion à base d’éléments Biréfringents
---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Début

Choix initial de (r+1)

Fréquences extrémales (wk)


(wk)

Calcul du E(Fi) optimal

sur l’ensemble des extrémales

Interpoler sur r points

pour calculer P(w)

Calculer l’erreur E(w)

et rechercher les extrémales

Oui Conserver les r+1


Y-a-t-il plus que
r+1extrémales les plus grands

Non

Oui Non
Les fréquences des
extrémales ont-elles
Changés

changé ?
Non

Meilleur
approximation

Fin

Figure 3.7 : Organigramme de l’algorithme d’échange de Remez

64
Chapitre : 3 Synthèse d’un Filtre RIF et d’un Compensateur de Dispersion à base d’éléments Biréfringents
---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Cet organigramme présente l’approche utilisée par l’algorithme d’échange de Remez pour obtenir
une solution au problème d’approximation.

3.5. Synthèse d’un filtre biréfringent à gabarit prédéfini

Nous proposons une nouvelle méthode pour concevoir des filtres biréfringents ayant une
réponse spectrale spécifique prédéfinie. En commençant par le formalisme de Jones, nous
déduisons les polynômes représentant les réponses des filtres biréfringents. L'algorithme de
Remez est utilisé pour rapprocher les polynômes et produire un niveau uniforme minimal des
lobes secondaires pour un nombre donné de lames biréfringentes. L’algorithme ‘layer-peeling’
[17] est ensuite utilisée pour calculer la structure de filtre c.-à-d., l'orientation et l’épaisseur de
chaque lame biréfringente à partir des coefficients polynomiaux. Seuls deux équations doivent
être résolues afin d'obtenir l'angle d'orientation de chaque lame.

3.5.1. Algorithme de conception

Nous décrivons comment dériver la représentation polynomiale de la fonction de


transfert des filtres biréfringents par l'utilisation du formalisme de Jones. C'est la pierre angulaire
de l'algorithme de conception. Les deux polynômes dérivés de la matrice de transfert
correspondent à la réponse du filtre par l’onde transmise et rejeté respectivement. Ensuite, nous
utilisons l'algorithme de Remez pour approcher les polynômes et d'obtenir les coefficients du
filtre. Une fois les coefficients sont obtenus, l'angle d'orientation de chaque lame biréfringente
peut être déterminé par l'algorithme ‘layer-peeling’ qui donne une solution efficace au problème
de conception du filtre.

A-Transmission des filtres biréfringents exprimée en formalisme de Jones

Un filtre biréfringent est modélisé comme un ensemble de n-lames identiques

Figure 3.8 : Filtre Biréfringent

65
Chapitre : 3 Synthèse d’un Filtre RIF et d’un Compensateur de Dispersion à base d’éléments Biréfringents
---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

L'axe rapide de chaque lame est orienté selon un angle arbitraire φ1, φ2. ..φn par rapport à
la direction du polariseur d'entrée, qui est défini comme l'axe X sur la fig 3.8, φp est l'angle
d'orientation de l'analyseur par rapport à l'axe des x, l'axe z est la direction de propagation de la
lumière. Le vecteur champ électrique de la lumière après l'analyseur peut être exprimé comme

 E A1   Ex 0 
 E   R ( p ) M (i , ) Px  E  (3.25)
 A2   y0 

Tels que, Ex 0 , E y 0 sont l'onde incidente, E A1 , E A 2 sont les composantes transmise et rejeté de
l’analyseur, R ( p ) est la matrice représentant la rotation par l'angle φp, qui est défini comme

 cos  p sin  p 
R ( p )   (3.26)
  sin  p cos  p 

Px Est la matrice de polariseur de sortie suivant l’axe Ox définis comme,

1 0 
Px    (3.27)
0 0

M (i , ) est le produit des matrices d'une série de rotations et des retards causés par un
empilement de lame biréfringentes, par conséquent,

R( p ) M (i , )  R( p )  R(n ) R R (n ) ...


R(2 ) R R(2 )R(1 ) R R(1 ) ,
 R( p  n ) R R (n  n 1 ) R ...
R(2  1 ) R R (1 ), (3.28)
  R( n ) R R ( n 1 ) R ...
R(1 ) R R(0 ),
 QnQn 1....Q1Q0

Ici, la rotation relative

 cos i sin i 
R(i )  
  sin i cos i 

Et la matrice de retard
66
Chapitre : 3 Synthèse d’un Filtre RIF et d’un Compensateur de Dispersion à base d’éléments Biréfringents
---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

 j2 
e 0 
R    j 
 0 e 2 

De l’équation (3.28), nous voyons que produit matriciel de l'analyseur et un ensemble de lames
biréfringentes R ( p ) M ( i , ) , peut être exprimée comme le produit de n  1 matrices
unitaires Qi (i  0,1, 2,...., n) . En d'autres termes, l'état de polarisation de la lumière de sortie est
déterminé par l'opérateur unitaire R ( p ) M ( i , ) , qui correspond à la fonction de transfert du
filtre. Nous analysons la matrice unitaire Qi dans le paragraphe 3.5.2 et de trouver une forme
plus commode de la fonction de transfert du Filtre

3.5.2 Description du filtre biréfringent

Comme les deux opérateurs R ( p ) M ( i , ) et Qi sont unitaires, on peut les représenter


comme suits,

   n*  c di* 
R ( p ) M ( i , ) =  n  Et Qi   i  (3.29)
n  n*   di ci* 

Dans lequel le (*) représente le conjugué, la fonction de transfert du filtre dans l’équation (3.28)
peut être réécrite sous cette forme,

 n   n*   cn d n*   cn 1 d n*1   c1 d1*   c0 d 0* 
  =   ...    (3.30)
n  n*   d n cn*   d n 1 cn*1   d1 c1*   d 0 c0* 

Dans lequel

c.c*  d .d *  1

En raison de la symétrie des matrices, la même information peut être représentée soit par colonne
de la matrice de transfert R ( p ) M ( i , ) . La lumière en sortie d’une lame donnée d'un filtre
biréfringent peut être représentée par un vecteur 2x1 plutôt que d'une matrice 2x2. Par
conséquent, la matrice de transfert du filtre est considérablement simplifiée comme suit,

  i   ci di*    i 1 
    (3.31)
 i   di ci*   i 1 

67
Chapitre : 3 Synthèse d’un Filtre RIF et d’un Compensateur de Dispersion à base d’éléments Biréfringents
---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Ceci est la description récursive de l’état du filtre biréfringent, à une lame donnée du filtre, qui
expose comment les paramètres de sortie de la lame i d'un filtre dépendent des paramètres de la
structure et la sorties de la lame i  1 . En d'autres termes, si nous savons les sorties et les entrées
de la lame i du filtre, la structure de la section i peut être déterminée. La méthode ‘ Layer-
Peeling ‘ décrite dans le paragraphe 2 est un moyen efficace pour déterminer les paramètres de
chaque lame du filtre.

3.5.3 : Transformé Direct de l’Algorithme

L'étape clé de l'algorithme de conception consiste à transformer le produit matrice-vecteur en des


polynômes  i ( z ) e t  i ( z ) . Par conséquent, le problème de la conception du filtre est réduite
à trouver les coefficients des deux polynômes. Maintenant, nous analysons en premier lieu la
matrice unitaire Qi comme mentionné ci-dessus, la matrice Qi est composée de la matrice de
rotation R(i ) et le retard R de chaque lame du filtre BF.

C  Si   1 0 
Qi  R(i ) R( )  z1/2  i (3.32)
 Si Ci  0 z 1 

Où Ci  cos i , Si   sin i , et z  exp( j )  exp  j 2 f (nL / c) dans laquelle c est la vitesse de
la lumière dans le vide, L est la longueur de chaque lame biréfringente,  n est la biréfringence,
et f est la fréquence de la lumière. Lorsque l'équation (3.32) est remplacée dans l'équation.
(3.31), la description récursive devienne,

 i  1/2 Ci  Si  1 0    i 1 
   z  S C i   0 z 1    i 1 
(3.33)
 i  i

Définissons  i  z i / 2 . Ai ,  i  z i / 2 .Bi ; la récursivité peut être réduite à

 Ai  Ci  Si z 1   Ai 1 
    (3.34)
 Bi   Si Ci z 1   Bi 1 

Compte tenu de i =0, 1, 2,.., l’équation (3.34) sera

68
Chapitre : 3 Synthèse d’un Filtre RIF et d’un Compensateur de Dispersion à base d’éléments Biréfringents
---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

 A0   cos 1 
  
 B0    sin 1 
 A1   C1 cos 1  S1 sin 1 z 1 
  1 
 B1   S1 cos 1  C1 sin 1 z 
... (3.35)

 n 
 
 An   i 0
ai z  i 
  n 
 Bn   b z  i 
 i 
 i 0 

Dans lequel  i   i 1   i (i  0,1,...., n,  n 1   p ,  0  0) est l’angle de rotation relative, ai , bi sont


les coefficients des polynômes d’ordre n de An ( z ) et Bn ( z ) respectivement. De la dérivation ci-
dessus on peut voir que la fonction de transfert du filtre peut être décrit par deux polynômes en
z d'ordre n qui sont les mêmes que ceux des filtres FIR numérique à réponse impulsionnelle
finie. Donc, l'algorithme de conception de filtres numériques peut être pris pour rapprocher les
polynômes.

3.5.4. Analyse inverse du filtre biréfringent

Compte tenu de la structure d'un filtre, dont l’épaisseur et l'angle d'orientation de chaque lame,
les deux polynômes peuvent être facilement obtenus par le produit matriciel. L'objectif de
l'algorithme de transformée inverse est de concevoir un filtre biréfringent avec la réponse en
fréquence spécifiée par un An ( z ) ou Bn ( z ) . Comme présenté précédemment, l’Equation (3.34) est
la récursivité directe d'un filtre biréfringent. L’inversion de l’équation (3.34) donne

Ai  Ci Ai 1  Si z 1 Bi 1 (1)

Bi  Si Ai 1  Ci z 1 Bi 1 (2)

Ai Si 1
De l’équation (1) Ai 1   z Bi 1
Ci Ci

Bi SA
De l’équation (2) Bi 1  1
 i i11
Ci z Ci z

Par un simple remplacement dans l’équation (1) on trouve,

69
Chapitre : 3 Synthèse d’un Filtre RIF et d’un Compensateur de Dispersion à base d’éléments Biréfringents
---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Ci Ai  Si Bi  Ai 1 (Ci 2  S i 2 )  Ai 1 (cos 2   sin 2  )  Ai 1 Alors

Ai 1  Ci Ai  Si Bi

De même on trouve dans (2)

Bi
z (1  Si 2 )  Si zAi  Bi 1 Comme (1  S i 2 )  1  sin 2   cos 2   Ci 2 alors
Ci

Bi 1   Si zAi  Ci zBi

Donc la représentation inverse de l’équation (3.34) est comme suit,

 Ai 1   Ci Si  Ai 
    (3.36)
 Bi 1    Si z Ci z  Bi 

Cette représentation nous permet la détermination des angles

3.5.6 Calcul des angles


i 1
Ai 1   ak (i 1) z  k
k 0
i i i
  Ck ak(i ) z  k   Sk bk(i ) z  k   (Ck ak(i ) Sk bk(i ) ) z  k
k 0 k 0 k 0
i 1 i 1

a
k 0
k
( i 1)  k
z   (Ck ak(i 1) Sk bk(i 1) ) z  k  (Ci ai(i )  Si bi(i ) ) z i
k 0

Pour que cette égalité soit satisfaite, il suffit que,

(Ci ai( i )  Si bi( i ) ) z  i =0

(i ) (i )  Si ai(i )
Ca Sb
i i i i 0  (i )
Ci bi
 Si ( sin i )
  tgi
Ci cosi
ai(i )
tg i  (i )
bi
 ai(i ) 
i  tg 1  (i ) 
 bi 
70
Chapitre : 3 Synthèse d’un Filtre RIF et d’un Compensateur de Dispersion à base d’éléments Biréfringents
---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

De même

i 1
Bi 1   bk (i 1) z  k
k 0
i i i
   Sk ak(i ) zz  k   Ck bk(i ) zz  k   ( Sk ak(i )  Ck bk(i ) ) z1k
k 0 k 0 k 0

Posons 1-k = - l donc k = 1+l l’égalité devient comme suite,

i 1 i 1

b
k 0
k
( i 1)  k
z   Si a0( i )  Ci b0( i )   ( Sl al( i 1)  Cl bl( i 1) ) z  l
l 0

Pour que cette égalité soit satisfaite, il suffit que le terme

 Si a0( i )  Ci b0( i ) = 0

Donc

Si b0(i ) b0( i )
  tg i   ( i )
Ci a0(i ) a0

 b0(i ) 
i  tg 1   (i ) 
 a0 

 b0(i )  1  ai(i ) 
Nous avons donc i  tg  
1
(i )  = tg   (i ) 
(3.37)
 a0   bi 

Enfin, les angles d’orientations de chaque lame peuvent être calculés par

 p   n  n ,
n   n 1  n 1 ,
... (3.38)
2  1  1 ,
1  0 ,

Ainsi, la conception d'un filtre de n lames biréfringentes avec une réponse spectrale spécifique
peuvent être transformée en la conception de deux polynômes d'ordre n

71
Chapitre : 3 Synthèse d’un Filtre RIF et d’un Compensateur de Dispersion à base d’éléments Biréfringents
---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

3.5.7. Conception des polynômes An ( z ) et Bn ( z )

Avant de présenter la méthode de conception polynomiale, la relation entre les


composantes  n ( z ) ,  n ( z ) dans la fonction de transfert et les composantes de sorties EA1 , E A 2
devrait être clarifiée. Pour le problème de conception de filtre, normalement ce que nous savons
si la réponse en fréquence désirée d'un filtre, à savoir la réponse spectrale ici de EA1 ou E A 2 .
Comment peut-on transférer la réponse spectrale de EA1 ou E A 2 dans celui des polynômes  n ( z ) ,
 n ( z ) issus de l'analyse ci-dessus? Parce que le polariseur d'entrée est le long de l'axe x et en
supposant que la lumière d'entrée est l'unité.

En substituant l'équation (3.29) dans l'équation. (3.25) donne

 E A1   n   n*   1    n 
       (3.39)
 EA2    n  n*   0    n 

qui montre les sorties EA1 , E A 2 sont égaux au polynôme  n ( z ) et  n ( z ) . La seule différence
2 2
entre An ( z ) , Bn ( z ) et  n ( z ) ,  n ( z ) est le déphasage de An ( z)  Bn ( z)  1 ce qui équivaut à
introduire un retard pour chaque lame dans le domaine temporel, et ne change pas la fonction de
transfert du filtre biréfringent.

Le problème de trouver la meilleure approximation polynomiale d'une réponse de filtre spécifiée


est commun dans le contexte de la conception de filtres numériques. L’algorithme de Remez
[17] est une méthode efficace pour trouver une approximation qui minimise l'erreur d'amplitude
maximale pour les filtres à réponse en phase linéaire, et il peut être utilisé pour calculer les
coefficients des polynômes Bn ( z ) . Les coefficients du polynôme Bn ( z ) peuvent être obtenus
facilement dans MATLAB.

Considérons maintenant la façon de travailler sur les coefficients An ( z ) à partir de


polynôme Bn ( z ) . En supposant que le filtre est sans perte, nous avons la relation de conservation
de l'énergie
2 2
An ( z)  Bn ( z)  1
2
Comme Bn ( z ) est déterminée à partir d’une réponse spectrale prédéfinie alors An ( z ) peut être
calculé à partir de l’équation ci-dessus, nous savons que les coefficients des polynômes
développés dans le paragraphe 3.5.3 doivent être réels parce que l’épaisseur de la lame
biréfringente est uniforme. Par conséquent, la méthode de Pegis [18] est appliquée pour

72
Chapitre : 3 Synthèse d’un Filtre RIF et d’un Compensateur de Dispersion à base d’éléments Biréfringents
---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

2
trouver An ( z ) à partir de An ( z ) pour obtenir un ensemble de coefficients réels. Toutefois, les
coefficients de An ( z ) calculés de cette façon ne sont pas uniques, en d'autres termes, les
structures des filtres biréfringents ne sont pas uniques non plus. Ces filtres pourraient avoir des
réponses de phase différentes pour la même réponse d’amplitude. Une fois les coefficients des
deux polynômes trouvés, les angles relatifs des lames biréfringentes et l'analyseur peuvent être
calculés par l'algorithme de transformée inverse développé dans le paragraphe 3.5.4.

3.5.8. Paramètres nécessaire à la procédure de conception [19]

Pour que cet algorithme de conception soit appliqué correctement,


un couple de paramètres doit être souligné
1. La fréquence d’échantillonnage Fs . Le théorème d’échantillonnage stipule qu'un signal peut
être échantillonné sans perte d’information il faut que la fréquence d'échantillonnage, Fs (Hz), Est
égal ou supérieur à deux fois celle de la bande passante du signal Bs qui est Fs  2.B , et le taux de
Nyquist est la moitié de la fréquence d'échantillonnage. En utilisant l'algorithme de Remez pour
calculer les coefficients du polynôme, Bn ( z ) . La réponse spectrale est nécessaire d'être normalisé
par la fréquence de Nyquist.
2. Facteur de phase z et la longueur L de la lame biréfringente. Est exprimé par la Formule
z  exp  j 2 f (nL / c)  Évidemment le décalage de phase est déterminé par la biréfringence et la
longueur de la lame. Lorsque les lames biréfringentes ont des longueurs L identiques, ce qui
signifie que les coefficients du filtre sont réels,

3.5.9 Exemple d’application :

L'utilisation efficace de la bande passante optique dans les systèmes de communications


WDM nécessite des filtres de haute performance. Dans la suite, nous démontrons la conception
de filtres passe-bande biréfringente utilisant l’algorithme de conception. Nous commençons par
simuler le filtre passe-bas pour calculer les coefficients des polynômes. En utilisant l'algorithme
de Remez MATLAB14
Pour concevoir un filtre passe-bas, nous avons besoin de spécifier plusieurs paramètres, à savoir
l'amplitude, normalisée fréquence passe f p et f s fréquence de coupure selon la réponse idéale
spectrale. Si nous supposons que la magnitude est l'unité, les fréquences normalisées sont de 0,
0,2, 0,5, 1, dans lequel f p = 0,2 et f s = 0,5, et les grandeurs correspondant à la fréquence sont de
1, 1, 0, 0, la réponse idéale spectrale peut être montré dans la Fig. 3.9.

73
Chapitre : 3 Synthèse d’un Filtre RIF et d’un Compensateur de Dispersion à base d’éléments Biréfringents
---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

0.9

0.8

0.7

Amplitude Normalisée
0.6

0.5

0.4

0.3

0.2

0.1

0
0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6 0.7 0.8 0.9 1
Fréquence Normalisée

Fig. 3.9 Réponse spectrale idéal d’un filtre passe bas

Afin de rendre les ondulations à – 40dB, on doit choisir un nombre de 14 lames biréfringentes.
En appliquant l’algorithme de REMEZ, on peut déterminer les coefficients bi du
polynôme Bn ( z ) qui satisfait les spécifications du filtre,
1.4

1.2

1
Intensité Normalisée

0.8

0.6

0.4

0.2

0
0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6 0.7 0.8 0.9 1

Fréquence Normalisée

Fig.3.10 Approximation par REMEZ du filtre idéal 14 lames (pointiée)

Parallèlement les coefficients ai du polynôme An ( z ) peuvent se calculer en appliquant la méthode


de Pegis (voir Annexe).

Les coefficients bi et ai sont présentés dans le tableau ci-dessous

74
Chapitre : 3 Synthèse d’un Filtre RIF et d’un Compensateur de Dispersion à base d’éléments Biréfringents
---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Apres la détermination des coefficients des deux polynômes An ( z ) et Bn ( z ) , les angles peuvent
être calculés en appliquant l’équation (3.37)

Le retard introduit par chaque lame est le même pour une longueur d’onde particulière de la
lumière Par conséquent, la réponse spectrale du filtre peut être exprimée par la transformée en z

Tableau des résultats

N bi ai θi( radians) φ i (radians)

0 0.0107 -0.0046 -0.4046 -0.4046


1 0.0063 -0.0299 -1.1364 -1.541
2 -0.0226 -0.0876 -0.6652 -2.2062
3 -0.051 -0.1287 0.4871 -1.7191
4 -0.0156 -0.041 0.3685 -1.3506
5 0.115 0.1714 -0.3293 -1.6798
6 0.2775 0.2165 0.2604 -1.4194
7 0.3521 -0.1302 1.0827 -0.3367
8 0.2775 -0.387 0.2604 -0.0763
9 0.115 0.0694 -0.3293 -0.4056
10 -0.0156 0.389 0.3685 -0.0371
11 -0.051 -0.4162 0.4871 0.45
12 -0.0226 0.3015 -0.6652 -0.2152
13 0.0063 -0.1337 -1.1364 -1.3516
14 0.0107 0.0249 1.1662 -0.1854

75
Chapitre : 3 Synthèse d’un Filtre RIF et d’un Compensateur de Dispersion à base d’éléments Biréfringents
---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Figure 3.11 : Réponse spectrale du filtre désiré

3.6. Compensateur de Dispersion

3.6.1 Introduction

L'application de l'amplificateur à fibre dopé a considérablement augmenté la distance de


transmission dans les systèmes de communication par fibre optique. Cependant, la dispersion
limite toujours la distance de transmission, en particulier en fonctionnant aux débits de l’ordre
des multi. Gigabit/s. Par exemple, pour une pénalité de système de 1 dB, un signal de 10 Gb/s
peut tolérer une dispersion cumulative de 1000 ps/nm, tandis qu'un signal de 40 Gb/s a une
dispersion cumulative permise seulement de 63 ps/nm [20]. En plus, dans les systèmes à débits
binaires élevés, les petites variations de la puissance optique peuvent avoir comme conséquence
un déphasage non-linéaire additionnel et cela peut modifier la dispersion optimale du système
[21,22]. Par conséquent, les égaliseurs ou compensateurs de dispersion sont des dispositifs
cruciaux pour les systèmes de communication optique à très haut débits.
Plusieurs types d'égaliseurs de dispersion ont été rapportés pour les systèmes à très haut
débits, tels que les compensateurs à base de réseaux de Bragg sur fibre (CFBGs) [23], les
compensateurs à base de résonateur en anneau [20], et les compensateurs à base de circuits
optiques planaires (PLC) [20]. Les égaliseurs à base de filtres biréfringents sont potentiellement
attrayants parce qu'ils fonctionnent en transmission, évitant de ce fait le besoin de circulateur
optique. En outre, ils sont aisément conçus pour avoir une réponse spectrale périodique, et par
76
Chapitre : 3 Synthèse d’un Filtre RIF et d’un Compensateur de Dispersion à base d’éléments Biréfringents
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conséquent peuvent être une alternative possible aux compensateurs à base de réseaux de Bragg
sur fibre destinés à la compensation de dispersion simultanée de plusieurs canaux dans les
systèmes de WDM [20].
Dans cette partie, nous présentons un algorithme de synthèse pour la conception d'un
égaliseur à base d’éléments biréfringents. Cet égaliseur se caractérise par un retard de groupe
bien linéaire. Mais rappelons d’abord quelques phénomènes relatifs à la propagation de la
lumière dans la fibre optique.

3.6.2 Description mathématique

L'analyse des modes de fibres a montré que chaque composante de fréquence


le champ optique se propage dans une fibre monomode en tant

E (r ,  )  xF ( x, y ) A(0,  ) exp(i  z ) (3.40)

Où x est le vecteur unité de polarisation, A(0,  ) est l'amplitude initiale, et β est la


constante de propagation. La distribution du champ F ( x, y ) du mode fondamental de fibres peut
être approchée par une distribution gaussienne. En général, F ( x, y ) dépend aussi de ω, mais cette
dépendance peut être ignoré pour des impulsions dont la largeur spectrale Δω est beaucoup plus
petit que ω-a une condition satisfaite par impulsions utilisés dans les systèmes d'ondes
lumineuses.
Ici ω0 est la fréquence à laquelle le spectre d'impulsions est centrée, elle est dénommé la
fréquence porteuse. Différentes composantes spectrales de propager une impulsion optique dans
la fibre selon la relation simple

A( z ,  )  A(0,  )e xp( i  z ) (3.41)

L'amplitude dans le domaine temporel est obtenue en prenant la transformée de Fourier est
donnée par

1
A( z , t ) 
2  A( z,  )e xp(it )d

(3.42)

Un système de gestion de la dispersion-tente de résoudre un problème pratique.


L'idée de base derrière tous ces systèmes est assez simple et peut être compris en utilisant
l'équation de propagation d'impulsions provenant de l’équation (3.40)

A i  2  2 A  3  3 A
  0 (3.43)
z 2 t 2 6 t 3

77
Chapitre : 3 Synthèse d’un Filtre RIF et d’un Compensateur de Dispersion à base d’éléments Biréfringents
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où A est l'amplitude de l’enveloppe d'impulsion. Les effets de troisième ordre de dispersion sont
inclus par le terme β3. Dans la pratique, ce terme peut être négligé quand β2 dépasse les
0.2ps2 /Km. L'équation (3.43) la solution de cette équation est donnée par l'équation. (3.44).
Dans le cas β3 = 0 est écrit comme suite

1 i
 A(0,  ) exp( 2  z  it )d 
2
A( z , t )  2 (3.44)
2 

Où A(0,  ) est la transformée de Fourier de A(0, t )


La dégradation induite par la dispersion du signal optique est provoquée par le facteur de
i
phase exp(  2 z 2 ) , acquises par des composantes spectrales de l'impulsion lors de sa
2
propagation dans la fibre. Tous les régimes de gestion de dispersion tentent d'annuler ce facteur
de phase de façon que le signal d'entrée puisse être restauré. Mise en œuvre effective peut être
effectuée à l’émetteur, au récepteur, ou le long de la liaison par fibre.

3.6.3 Synthèse d’un compensateur de dispersion

Nous présentons maintenant un algorithme de synthèse et un exemple de conception de


filtre biréfringent faisant fonction d’égaliseur adapté à la compensation de dispersion dans les
systèmes de multiplexage en longueur d’onde (WDM).

3.6.4 Algorithme de synthèse :

La configuration d'un égaliseur constitué de quatre lames biréfringentes est montrée dans
fig. 3.12. Il y a deux polariseurs, un pour assurer une entrée linéairement polarisée, et l’autre
pour rejeter des longueurs d'onde non désirées à la sortie. Les quatre lames biréfringentes ont des
longueurs arbitraires allant de L1 à L4 et des orientations φ1- φ4 entre elles. Les flèches
représentent la direction de l'axe principal de chaque section biréfringente et la direction
transmise des deux polariseurs, respectivement.
L'algorithme de conception utilise le formalisme de Jones qui décrit la transmittance des deux
modes polarisés orthogonaux se propageant le long d’une pile de lames biréfringentes.

Figure 3.12 : Configuration d’un égaliseur de 4 lames

78
Chapitre : 3 Synthèse d’un Filtre RIF et d’un Compensateur de Dispersion à base d’éléments Biréfringents
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La section i de l’égaliseur
Figure 3.13 : Diagrame de la section i de l’égaliseur

Toutes les lames ont une longueur nominale L. Une lame (section) du filtre est montrée en détail
sur la fig. 3.13, où i est l'orientation de la section - i et Li la longueur de section diffèrent de
la longueur nominale L par la différence Li La matrice de transfert d'un égaliseur constitué de
n lames biréfringentes est décrite par le formalisme de Jones comme suit :

 E A1   E xo 
E   R ( p )  R ( 
n ) R (  n ) R ( n )...  R (  2 ) R ( 2 ) R ( 2 ) R (  1 ) R (1 ) R ( 1 ) Px E 
 A2  sec tion  n
 yo 
 E xo 
 R ( p   n ) R (n ) R ( n   n 1 ) R (n 1 )... R ( 2  1 ) R (1 ) R (1 ) Px  
 E yo 

E 
 R( n ) R (n )R ( n 1 ) R (n 1 )...R (1 ) R (1 ) R ( 0 )  xo 
 
Qn
  0 

E 
 QnQn 1....Q1Q0  xo  ,
 0  (3.45)

Tel que Exo , E yo sont les composantes du champ électriques en entrée et E A1, E A 2 sont les
composantes transmise et rejeté respectivement du filtre, Px est la matrice de polariseur de sortie
suivant l’axe Ox.

R ( p ), R (i ) et R (i ) sont les matrices de rotation des angles  p , i et i respectivement, qui
sont l'orientation du analyseur, chaque lame biréfringente, l’angle entre les lames adjacentes,
respectivement.

79
Chapitre : 3 Synthèse d’un Filtre RIF et d’un Compensateur de Dispersion à base d’éléments Biréfringents
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R (i )
: représente la matrice de l’élément à retard (lame).
La forme de base pour chaque élément est :

 cos  sin  
R ( )  
  sin  cos   ,    p ,i ,i (3.46)

 j2 i 
e 0 
R (i )    ji 
 0 e 2 

 j2   j2i 
e 0  e 0 
  j    j i 
.

 0 e 2   0 e 2 
(3.47)

Dans l’équation (3.47), i    i  2 f  n.( L  Li ) / c  , avec c la vitesse de la lumière,

n la biréfringence et f est la fréquence.

La phase de la section indépendante  , est reliée au retard commun par la relation :

t  n.L / c qui est déterminé par la longueur nominal L .Par contre, la phase de la section
dépendante i , est reliée à la longueur variable des différente section Li .

Si on remplace e j  e j 2 f ( n.L / c ) par la variable complexe z et si on exprime chaque section du


filtre relativement à la section précédente, la matrice unitaire Q peut être écrire sous la forme :

Qi  R ( i ) R (i )

j i  j i
 
cos  e 2
sin  i e 2
 1 0  .
 z1/2  i
 j i  
j i
2 
0 z 1 
  sin  i e 2 cos  i e  (3.48)

De l’équation (3.45), le produit des matrices unitaires Qi (i  0,1,.................n) est une matrice de
transfert de filtre d’ordre n. Si on suppose que le filtre est sans perte, la matrice de transfert Trn
doit être une matrice unitaire telle que :

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Chapitre : 3 Synthèse d’un Filtre RIF et d’un Compensateur de Dispersion à base d’éléments Biréfringents
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C
n
 Dn* 
Trn   Qi   n  (3.49)
i 0  Dn Cn* 

CnCn*  Dn Dn*  1
Avec :

La matrice de transfert d’ordre (n) peut être exprimée en fonction de celle d’ordre (n-1)
multipliée par la matrice de transfert de la dernière section, Qn telle que :

 Cn   Cn 1 
 D   Qn  D  (3.50)
 n  n 1 

Par substitution de (3.48) dans (3.50) et si on pose :

Cn  z n /2 . An et Dn  z n /2 .Bn

Avec un changement d’indice n vers i on obtient la formule récursive de la fonction de transfert


pour cet égaliseur.

 Ai   cos i .e ji /2 sin i .e  ji /2 .z 1   Ai 1 


B      (3.51)
 i    sin i .e
j i /2
cos i .e  ji /2 .z 1   Bi 1 

Les composantes de la fonction de transfert ci-dessus sont des polynômes en z [24],


n n
An   ai z  i et Bn   bi z  i (3.52)
i 0 i 0

Avec An et Bn sont les fonctions de transferts pour les composantes de polarisation transmise et
rejetée de l’égaliseur. Avec la conservation d’énergie :
2 2
An  Bn  1 , même si i  0 les coefficients ai et bi sont complexes.

De l’équation (3.52), on peut remarquer que la fonction de transfert de cet égaliseur est
similaire à celle d’un filtre RIF (réponse impulsionnelle finie) à coefficients complexes [15], donc
on peut appliquer les techniques de synthèse utilisées pour obtenir les coefficients de notre
égaliseur.
Par manipulation mathématique, on inverse l’équation (3.51) on obtient :

 Ai 1   cos i .e  ji /2  sin i .e  ji /2   Ai 


B      (3.53)
 i 1  sin i .e
j i /2
.z cos  i .e ji /2 .z   Bi 

81
Chapitre : 3 Synthèse d’un Filtre RIF et d’un Compensateur de Dispersion à base d’éléments Biréfringents
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De (3.53)

Ai 1  (cosi Ai  sin i Bi )e ji /2 (3.54)

Bi 1  (sin i Ai  cosi Bi )e ji /2 .z

Ce sont deux équations récursives de la fonction de transfert. Pour chaque étage nous savons les
coefficients d’ordre n des polynômes Ai ( z ) et Bi ( z ) .

Depuis Ai 1 ( z ) et Bi 1 ( z ) le principale ordre de Ai 1 ( z ) et le faible ordre de Bi 1 ( z ) peuvent


extraire.

cos a (i )
i i  sin i bi(i )  e ji /2  0

sin  a (i )
i 0  cosi b0(i )  e ji /2  0
(3.55)

Avec a0( i ) , b0( i ) et ai( i ) , bi( i ) sont les coefficients 0ieme et i ieme de l’égaliseur de i ieme ordre .

D’après [24], les angles relatifs et absolus i et i peuvent être calculés par les équations
suivantes :

 ai(i )  1  b0(i ) 
i  tg 1  (i ) 
 tg 
 (i )  (3.56)
 bi   a0 

 p  n  n

 n   n 1   n 1 (3.57)

 2  1  1

1   0

3.6.5 Calcul de la longueur des sections

Maintenant, nous allons calculer la longueur pour chaque section, L et Li . La partie identique
L est déterminée à partir du FSR (Free Spectral Range, Interval Spectral Libre) du filtre par la
relation : L  c / ([Link] ) .
Pour déterminer Li il faut calculer le retard variable i , Considérons le rapport de coefficients
0ieme pour les deux polynômes de l’équation (3.54), tel que [25]:

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Chapitre : 3 Synthèse d’un Filtre RIF et d’un Compensateur de Dispersion à base d’éléments Biréfringents
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b0( i 1) sin i a1( i )  cos i b1( i ) ji


 e (3.58)
a0( i 1) cos i a0( i )  sin i b0( i )

b0(i 1)
Sachant que  tgi 1 doit être réel, le retard variable peut exprimer par :
a0(i 1)

 sin  i a1( i )  cos  i b1( i ) 


i   arg  (i ) 
 cos  i a0  sin  i b0 
(i )

 a0(i )b1(i )  a1(i )b0(i ) 


  arg  (i ) 2 (i ) 2 
(3.59)
 (a0 )  (b0 ) 

Donc la longueur variable de chaque section est calculée à partir de :

i  2 f ( n.Li / c )

En Utilisant les équations décrites ci-dessus, on peut déterminer les différents paramètres

i , Li (i  0,1,......., n) et L , de cet égaliseur.

Dans ce qui suit nous présentons un exemple de conception d’égaliseur.

3.6.6 Exemple d’application :


Dans cet exemple, nous allons employer l’algorithme de synthèse pour la conception de
l’égaliseur biréfringent défini par sa réponse de phase et d’amplitude suivantes :

A( f )  0.99
u  cosh(2vf )  cosh(2v) 
 ( f )  ln  
v  2 cosh(vf )  (3.60)

Dans lequel f est la fréquence normalisée, u et v sont les paramètres qui sont utilisés pour
ajuster le retard de groupe et sa linéarité. La fonction ci-dessus se rapproche à une phase
quadratique sur une largeur de bande finie, et est supérieure à l’approximation de la fonction
trigonométrique utilisée précédemment [15] sur la dispersion et la linéarité de retard de groupe.
L’idéal réponse en amplitude est l'unité, cependant l’algorithme de synthèse inverse nécessite une
valeur inférieure à l'unité pour converger, par conséquence nous avons mis A( f )  0,99 .
Pour obtenir une réponse d’égalisation souhaitable avec une dispersion de 2000 ps / nm,
ondulation retard de groupe inférieur à 4 ps, une perte de transmission théoriques inférieure à 0,1
dB, on pose u  22, v   dans l’équation (3.60) et choisissant FSR de 50 Ghz alors on détermine
le nombre minimal de lames biréfringentes pour réaliser avec précision l’égalisation donnée
Comme les relations empiriques décrites dans (3.56) et (3.60), l'ordre du filtre nécessaire, et donc
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Chapitre : 3 Synthèse d’un Filtre RIF et d’un Compensateur de Dispersion à base d’éléments Biréfringents
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le nombre de lames biréfringentes, est principalement déterminée par la largeur de bande de


transition et les erreurs d'amplitude permises (par exemple, ondulation), cependant, dans ce cas,
le nombre de lames nécessaires dépend également de la linéarité de retard de groupe. La relation
entre les la déviation du délai maximum du groupe et la perte de transmission, et le numéro de la
lames sont indiqués dans la Fig. 3.14, où les courbes avec triangle et des marqueurs carrés sont
pour la perte de transmission et les écarts de retard de groupe, respectivement. Il est montré que
la performance de l’égaliseur est considérablement améliorée avec 20 lames, mais n'améliore pas
de manière significative que le nombre augmente de plus de 20. Par exemple, comme le numéro
de lames augmente de 20 à 22, l’écart de retard de groupe est seulement réduit de 2,2%, par
conséquent, nous choisissons le nombre de lames biréfringentes utilisés dans la conception de
l’égaliseur suivant à 20.

4,4
0,8

4 Perte de transmission
Retard délai de groupe
0,4
3,6

3,2
0,2

19 21 de lame23
Nombre 25

Figure 3.14 : relation entre écart de retard de groupe, perte de transmission et le nombre des
lames

L’équation (3.60) est développé en utilisant des séries de Fourier pour obtenir les coefficients
complexe normalisée ai et bi, comme indiqué dans le tableau 1. Le tableau 1 montre également
les paramètres de la structure calculés de l’égaliseur i , i et Li (i  0,1,......., 20) , calculé à
partir des coefficients selon la méthode décrite dans la section 3.6.3
La longueur de chaque section commune biréfringente requise pour une plage spectrale libre de
50 GHz est 0,7792 m, résultant en une longueur totale de l'égaliseur biréfringent de 16.364 m.
Sur la base des paramètres de synthèse de la structure, les réponses de retard d'amplitude,
phase et de groupe du filtre d'égalisation ont été calculés, et sont présentés dans les figures ci-
dessous. La réponse en amplitude dans la Fig. 3.15 presque une transmission à plat avec une
perte de puissance faible 0,094 dB et une ondulation d'amplitude de 0,0092 dB. La phase
quadratique sur la gamme de fréquences de f 0  5 GHz est montré dans la figure. 3.16. Le retard
de groupe linéaire correspondant de 2003 ps / nm avec un écart maximal de 3,86 ps sur une bande
passante de 10 GHz est illustrée à la figure 3.17, dans lequel la partie linéaire est représenté par
84
Chapitre : 3 Synthèse d’un Filtre RIF et d’un Compensateur de Dispersion à base d’éléments Biréfringents
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une ligne gras et correspond à la fonction de retard de groupe GD  16, 042  f picosecondes où la
fréquence f étant en GHz.
Pour étudier la performance des égaliseurs décrits par la fonction de phase hyperbolique dans
l’équation (3.60), nous calculons la dispersion et l'écart maximal du retard de groupe en fonction
des paramètres u et v , représenté dans les figures

Ces résultats sont obtenus pour une gamme de fréquences de fonctionnement de f 0  5 GHz

La ligne avec les marqueurs carrés indique la dispersion, tandis que les marqueurs triangle
montrent la déviation maximale du retard de groupe. De figures. 3 (a) et (b), on peut voir la
dispersion augmente que l'augmentation du paramètre u ou v. Cependant, avec une dispersion
augmentant la linéarité du retard de groupe se détériore, au moins en termes absolus.
Lorsque u et v sont de même signe, l'égaliseur a une dispersion positive, tandis que si u et v sont
de signe opposé, la dispersion est négative, comme le montre la Fig. 3 (c).

5,2
2400
4,2
2100
Dispersion (ps/nm) Max écart délai de groupe (ps)
1800 3,2

1500 2,2
2,5 2,8 3,2 3,4 3,7
Fig 3(b)

4
2160

3,8
2040
Max écart délai de groupe (ps)
Dispersion (ps/nm)

1920 3,6

1800 3,4
19 21 23 25
Nombre de lame
u(v=3.1416) Fig 3(a)
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Chapitre : 3 Synthèse d’un Filtre RIF et d’un Compensateur de Dispersion à base d’éléments Biréfringents
---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

-1800
4,3
-1900
4,1
-2000 Max écart délai de groupe (ps)
Dispersion (ps/nm)
-2100 3,9

-2200
3,7

19 21 23 25
Nombre de lame
u (v=-3.1416) Fig 3(c)

Une dispersion de -2182 ps / nm peut être obtenue en utilisant u  24 et v   , avec un écart de


retard de groupe maximum sur la largeur de bande de fonctionnement de 4,29 ps, et une perte de
puissance de 0,11 dB.
Il est constaté que l'obtention de la plus grande dispersion est toujours au détriment de la linéarité
de retard de groupe et la gamme de fréquence de fonctionnement. Pour optimiser un égaliseur,
nous devrions compromis ces facteurs ainsi que la perte de puissance.
dans [15]. Il est montré que la dispersion obtenue à partir de la fonction de phase est beaucoup
plus hyperbolique plus grande que celle d'un trigonométrique sur toute la plage de fréquence
opérationnelle même.
La ligne avec les marqueurs carrés en appliquant l’algorithme de synthèse, on trouve les
paramètres du compensateur (tableau ci-dessous)

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Chapitre : 3 Synthèse d’un Filtre RIF et d’un Compensateur de Dispersion à base d’éléments Biréfringents
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Tableau des résultats de calcul

N bre Coefficients Coefficients i (rad Li (m)


An ( z )  ai Bn ( z )  bi  i (rad) )
0 1
1.3928.10  2.2092.10 i 2 3
2.6961.10  4.2765.10 i 4 1.5514 0 0
1 5.5252.106  8.7639.107 i 1.6538.103  1.2792.102 i 1.4603 1.5421 0.19124
2 1.1518 1.5687 0.19454
3 6.5227.105  1.0346.105 i 4.4995.102  5.7187.103 i 0.49737 1.5731 0.19510
4 7.5972.106  1.2050.106 i 1.5617.102  1.2069.101i  0.20919 1.5705 0.19477
5 7.2202.104  1.1453.104 i 2.4758.101  3.2034.102 i  0.43525 1.5642 0.19399
6 8.0370.105  1.2748.105 i 4.7606.102  3.7233.101i  0.84214  1.5649  0.19407
7  1.3806 1.5671 0.19435
2.0589.103  3.2657.104 i 3.5614.101  4.5027.102 i
8  1.4383  1.5896  0.19713
9 2.0150.104  3.1961.105 i 1.1593.102  9.1165.102 i  1.9818 1.5875 0.19687
10 2.6623.104  4.2228.105 i 2.4876.101  3.0952.102 i  2.0408 1.6080 0.19942
11 7.6745.105  1.1273.105 i 2.9029.102  2.3015.101i  2.5843  1.6080  0.19942
12 1.2611.103  2.0003.104 i 1.7662.101  2.1684.102 i  2.642  1.5875  0.19687
13  3.1805 1.5896 0.19713
14 1.1276.104  1.7885.105 i 2.9029.102  2.3015.101i  3.5873  1.5671  0.19435
15 1.5012.103  2.3812.104 i 2.4876.101  3.0952.102 i  3.8134 1.5649 0.19407
16 2.5854.104  4.1009.105 i 1.1593.102  9.1165.102 i  4.5200  1.5642  0.19399
17 7.7931.104  1.2361.104 i 3.5614.101  4.5027.102 i  5.1743  1.5705  0.19477
18  5.4829  1.5731  0.19510
2.6187.104  4.1538.105 i 4.7606.102  3.7233.101i
19  5.5740  1.5687  0.19454
20 1.9624.103  3.1127.104 i 2.4758.101  3.2034.102 i  5.5934  1.5421  0.19124
1.1554.104  1.8326.105 i 1.5617.102  1.2069.101i
5.6830.104  9.0142.105 i 4.4995.102  5.7187.103 i
1.4170.105  2.2475.106 i 1.6538.103  1.2792.102 i
5.2192.105  8.2785.106 i 2.6961.103  4.2765.104 i

87
Chapitre : 3 Synthèse d’un Filtre RIF et d’un Compensateur de Dispersion à base d’éléments Biréfringents
---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

R é p o n s e d e fi l t re e n A m p l i t u d e
0
A m p lit u d e e n d b

-0 . 0 5

-0 . 1

-0 . 1 5

-0 . 2
-2 5 -2 0 -1 5 -1 0 -5 0 5 10 15 20 25
F re q u e n c e re l a t i ve e n G h z

Figure 3.15 : réponse en amplitude

R é p o n s e d e F ilt re e n p h a s e
4

2
P h a s e e n ra d

-1

-2

-3

-4
-2 5 -2 0 -1 5 -1 0 -5 0 5 10 15 20 25
F re q u e n c e re la t ive e n G h z

Figure 3.16 : réponse de la phase

15
R e ta rd d e g ro u p e e n p s

10

-5

-1 0

-1 5
-5 -4 -3 -2 -1 0 1 2 3 4 5
F re q a u n c e e n G h z

Figure 3.17 : retard de groupe

88
Chapitre : 3 Synthèse d’un Filtre RIF et d’un Compensateur de Dispersion à base d’éléments Biréfringents
---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Calcule du polynôme B(z)


Organigramme de synthèse
de la sérier de
fourrier

Calcule le signale orthogonale A(z)

Initialisation :
ak  ak( N ) , bk  bk( N ) (k  0,1,..., N )

iN 0

Si i  1

 1  ai 
(i )

 i  tg  (i ) 
  bi 

    arg  a0 .b1  a1 .b0 
(i ) (i ) (i ) (i )

 i  a ( i )2  b( i )2 
  0 0 

 bk( i 1)  sin  i .ak( i)1  cos  i .bk( i)1  .e ji


 
 ( i 1)
 ak  cos  i .ak  sin  i .bk
(i ) (i )

Si i  0

 b0(0) 
 0   tg 1  (0) 
 a0 

Non Tous les coefficients


calculés ?

Oui

Tous les paramètres sont obtenus.

i , i (i  0,1, 2,.... N )

89
Chapitre : 3 Synthèse d’un Filtre RIF et d’un Compensateur de Dispersion à base d’éléments Biréfringents
---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Conclusion
Nous avons présenté la synthèse d’un filtre biréfringent à gabarit prédéfinit qui peut être
réalisé par les méthodes habituelles de synthèse des filtre à réponse impulsionnel finie en jouant
sur l’orientation des angles des lames constituant le filtre. Ainsi nous avons pu synthétiser un
filtre utilisé comme compensateur de dispersion dont l’utilisation est indispensable dans un
système de transmission à fibre optique.

Dans le quatrième chapitre on va étudier un bloqueur de longueur d’onde (WB) qui


fournit aussi la fonctionnalité d’égalisation des niveaux.

90
Chapitre 4 : Synthèse d’un Bloqueur de Longueur d’Onde (WB)
-------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Chapitre 4 : Synthèse d’un Bloqueur de Longueur d’Onde (WB)

4.1 Le Wavelength Blocker (WB)

4.1.1 Introduction

Plusieurs architectures d’implémentation de ROADMs ont été proposées, chacune optimisée pour
un segment de réseau particulier pour répondre à une certaine exigence en trafic et en
reconfigurabilité Parmi ces architectures variées, l’architecture Broadcast & Select (B&S) est basée
sur l'utilisation d'un bloqueur de longueurs d’onde (Wavelength Blocker, WB). Tous les canaux à
l’entrée sont partiellement extraits au niveau d’un coupleur à l’entrée (Cf. figure 4.1). Les canaux à
extraire peuvent être sélectionnés par la combinaison d’un coupleur diviseur de puissance 1 x N, où
N représente le nombre de canaux du multiplex, et d’une batterie de filtres accordables. Par ailleurs,
les canaux à insérer peuvent être sélectionnés par la combinaison d’un coupleur N x 1 et d’une
batterie d’émetteurs accordables. Les canaux à insérer sont combinés avec les canaux "express" au
niveau d’un coupleur en sortie. Dans cette architecture, le sous-système WB fournit à la fois la
fonctionnalité d’égalisation des niveaux pour les canaux "express" et la fonctionnalité de blocage
pour tout canal qui va être remplacé par un nouveau canal à insérer . Parmi les multiples approches
pour implémenter un sous-système WB, la solution de l’optique en espace libre combine une partie
de démultiplexage optique en espace libre et un réseau de pixels constituant le modulateur spatial de
lumière qui peut être soit en technologie cristaux liquides , soit à base de matériaux composites
polymère-cristal liquide (PDLC), soit des miroirs MEMS [8].

Figure 4.1 : Multiplexeur Optique à Insertion/Extraction


Reconfigurable (ROADM) utilisant un Bloqueur de longueur
d’onde dans une architecture Broadcast & Select.

91
Chapitre 4 : Synthèse d’un Bloqueur de Longueur d’Onde (WB)
-------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Nous proposons l’étude d’une solution technologique alternative [8] pour réaliser un WB (qui fait
aussi fonction d’égaliseur de niveaux des canaux) sans module de séparation spatiale des longueurs
d’onde et qui est basée sur des filtres optiques biréfringents. Le choix de ce type de technologie est
motivé par L’importance de la fonction de filtrage pour garantir les spécifications propres aux
applications DWDM et CWDM. A ce titre, les filtres biréfringents offrent une grande flexibilité
dans la synthèse des gabarits prédéfinis et ce en permettant une reconfiguration des paramètres
caractéristiques de la fonction de filtrage.

La structure de base pour réaliser ce WB a été initialement proposée par Sharp et Birge et utilisée
dans les dispositifs d’affichage [8]. Elle est composée de trois blocs qui traitent, respectivement,
l’état de polarisation de la couleur rouge, verte et bleue. Chaque bloc est formé de trois parties. La
partie 1 est un filtre de Šolc alterné constitué de N lames biréfringentes orientées à   tel que  =
/8N. La partie 2 est constituée d’une cellule à cristaux liquides (LCC) qui assure la fonction de
commutation ainsi que l’égalisation des niveaux correspondant aux couleurs contrôlées. La partie 3
est, dans un sens, le miroir de la partie 1 avec le même nombre de lames biréfringentes mais qui sont
orientées à des angles   90° après la LCC. Des détails supplémentaires concernant le principe de
fonctionnement du dispositif de Sharp peuvent être trouvés dans la référence [8].

4.1.2 Principe de Fonctionnement

 Structure du dispositif

Sur la figure 4.2 nous avons montré le schéma de la structure du WB. Le dispositif est composé
d’un polariseur d’entrée, de m blocs correspondant aux m canaux à traiter et d’un polariseur de
sortie (analyseur). Chaque bloc, qui est optimisé pour manipuler un canal (ou longueur d’onde)
prédéfini, est composé de trois parties comme décrit précédemment. Le nombre m de blocs ainsi que
le nombre de lames biréfringentes par bloc dépendra de l’application réseau comme nous allons le
voir en détail plus loin.

y z

x
Figure 4. 2 : Structure du Bloqueur de longueur d’onde (WB) à m canaux utilisant un polariseur d’entrée
(P). BP: Lame Biréfringente, LCC: Cellule à cristaux liquides, A: Polariseur de sortie (Analyseur).

92
Chapitre 4 : Synthèse d’un Bloqueur de Longueur d’Onde (WB)
-------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
 Calcul de Jones appliqué à la structure

En se référant à la figure ci-dessus (Figure 4-2), nous supposons que les axes x et y sont les
axes fixes du laboratoire. Par conséquent, le vecteur de Jones E’ de la vibration à la sortie de la
structure est calculé en multipliant le vecteur de Jones E de la vibration incidente par la matrice de
Jones M représentant le WB [8].

E’ = PRM PF E (4. 1)

Tel que

 Ex   E 'x  M M12 
 
E    , E   '  et M   11
'
(4. 2)
 Ey 
E 
 y M 21 M 22 

PF et PR sont les matrices de Jones respectives du polariseur d’entrée et du polariseur de sortie telles
que

1 0 0 0 
PF    et PR    (4. 3)
0 0  0 1 

L’axe de transmission du polariseur d’entrée est parallèle à l’axe Ox du laboratoire et celui du


polariseur de sortie est parallèle à l’axe Oy. La matrice de Jones M de l’empilement des lames
biréfringentes est donnée par

M = Mm Mi M2 M1 (4. 4)

Mi  MiC3  MiLCC  MiC1 (4. 5)

est la matrice de Jones du ièm bloc avec i = 1, 2,..., m.

MiLCC est la matrice de Jones de la cellule à cristaux liquides (LCC) qui est placée de façon à ce que
son axe optique fasse un angle de π/2 par rapport à l’axe de transmission du polariseur d’entrée telle
que

 e  j i / 2 0 
M iLCC   
j i / 2
(4. 6)
 0 e 

93
Chapitre 4 : Synthèse d’un Bloqueur de Longueur d’Onde (WB)
-------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
où γi est le déphasage introduit entre les deux composantes orthogonales de l’onde traversant les
axes principaux de la LCC.

MiC3 est la matrice de Jones de la partie 3 du bloc qui est le miroir de la partie 1, telle que

MiC3 = {R(-  +π/2)JNR(  -π/2 )}{R(  -π/2)JN-1R(-  + π/2 )}{R(  -π/2)J1R(-  + π/2 )}
(4. 7)

i
et M C1 est la matrice de Jones de la partie 1 donnée par

M iC1 = {R(  )JNR(-  )}{R(-  )JN-1R(  )} {R(-  )J1R(  )} (4. 8)

où R est la matrice de rotation du système de coordonnées d’un angle Ψ telle que

 cos  sin   (4. 9)


R ()   
 sin  cos 

et Jk avec k = 1, 2.., N, est la matrice de Jones de la k ème lame biréfringente donnée par

  jk / 2 
e 0 
Jk   jk / 2  (4. 10)
 0 e 

où φk est le déphasage introduit entre les deux composantes orthogonales de l’onde traversant les
axes principaux de la lames biréfringente.

Après avoir calculé le produit matriciel et en tenant compte de la forme condensée de la matrice M
donnée par l’équation (4.2), le faisceau en sortie est polarisé suivant l’axe y avec une amplitude du
champ donnée par

E'y  M21  Ex (4. 11)

Si le vecteur d’onde en entrée E est polarisé linéairement suivant l’axe x, alors la transmission totale
du WB sera

2
T  M 21 (4. 12)

Il est à noter que lorsque le nombre de longueurs d’onde à manipuler devient important, la
mathématique nécessaire pour une évaluation analytique de la transmission totale du WB devient de
plus en plus lourde et compliquée, et le recours à un calcul numérique s’avère indispensable.
94
Chapitre 4 : Synthèse d’un Bloqueur de Longueur d’Onde (WB)
-------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
 L’égaliseur optique (Figure 4-3) traitant un seul canal optique est composé de deux
lames biréfringentes (par sous bloc) en calcite ayant une biréfringence 0,156 à la
longueur d’onde de fonctionnement 1.55 µm séparées par une cellule à cristaux
liquides nématiques d’épaisseur 7 µm dont la biréfringence est contrôlée par une
tension électrique variant de 10 à 42 Volts. L’ensemble est placé entre
polariseur/analyseur croisés. La fonction de blocage/transmission et la fonction
d’égalisation sont assurées par la cellule à cristaux liquides [8].

x z

Figure 4. 3 : Structure d’un seul bloc montrant l’évolution de l’azimut de la


polarisation de la longueur d’onde λ2 = 1,55 μm. ρ: azimut des éléments
biréfringents, PA: azimut de la polarisation de la longueur d’onde λ 2.

Les lames biréfringentes et la LCC sont demi-onde à λ2. Après avoir traversé le polariseur
d’entrée, toutes les longueurs d’onde du multiplex ont un vecteur de polarisation à 0°. La partie 1 du
bloc, qui est un filtre de Šolc alterné constitué de 2 lames biréfringentes orientées à ±  = ±11.2°,
fait tourner le vecteur de polarisation de la longueur d’onde λ 2 de 45°. Si la LCC (partie 2), qui est
placée au centre avec son axe optique orienté à 90°, est accordée de telle sorte qu’elle ne cause
aucun déphasage (γ/π = 0) alors le vecteur de polarisation de la longueur d’onde λ2 attaque la partie
3 du WB sous un angle de -45°. Dans ce cas, la partie 3 étant orthogonale (miroir) à la partie 1 et
leurs effets optiques s’annulent mutuellement. Par conséquent, toutes les longueurs d’onde du
multiplex sortent avec un vecteur de polarisation à 0° et sont complètement bloquées au niveau du
polariseur de sortie. Par ailleurs, Si la LCC est accordée de telle sorte qu’elle devienne demi-onde à
λ2 (γ/π = 1), alors elle fait tourner le vecteur de polarisation de la longueur d’onde λ2 de 90° ce qui
lui permet d’attaquer la partie 3 sous un angle de -135°. Dans ce cas, la partie 1, la LCC et la partie 3
jouent ensemble le rôle d’un filtre de Šolc alterné complet. Alors, la longueur d’onde λ2 se trouve
avec un vecteur de polarisation à -π/2 et est complètement transmise au niveau du polariseur de
sortie. Si maintenant la LCC est accordée pour avoir un déphasage intermédiaire (0 ≤ γ/π ≤ 1), alors
le vecteur de polarisation de la longueur d’onde λ 2 n’est plus orienté à 90° et subit en conséquence

95
Chapitre 4 : Synthèse d’un Bloqueur de Longueur d’Onde (WB)
-------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
de l’atténuation au niveau du polariseur de sortie. Cependant, quel que soit l’état de la LCC, les
deux autres longueurs d’onde, avec un vecteur de polarisation à 0°, excitent l’un de ces deux axes
neutres (onde propre) et restent par conséquent non affectées et sont bloquées à 100% au niveau du
polariseur de sortie (Cf. figure 4.4).

RéponsedeTransmissionduW
B
1
 γ/π=1
0.8 γ/π=0.8

γ/π=0.7

0.6 γ/π=0.4
Intensiténormalisée

γ/π 0.2
0.4
γ/π=0

0.2

0
1.5 1.51 1.52 1.53 1.54 1.55 1.56 1.57 1.58 1.59 1.6
Longueurd'ondeenµm

Figure 4.4 : Réponse de transmission pour différentes valeur du


déphasage normalisé (γ/π) introduit par la cellule à cristaux liquides.

En résumé et comme nous pouvons le constater sur la figure 4.8, quand la cellule LCC est
accordée pour être demi-onde à λ2 (état ON), la longueur d’onde λ2 est totalement transmise (courbe
en trait plein), alors que quand elle est accordée de façon à introduire un déphasage nul (état OFF),
la longueur d’onde λ2 est totalement bloquée (courbe en pointillés). Cependant, si la LCC est
accordée pour avoir un état intermédiaire entre les états ON et OFF, alors la transmission de la
longueur d’onde λ2 peut facilement être égalisée. Donc, ce bloc contrôle et manipule la longueur
d’onde λ2 indépendamment de λ1 et λ3.

4.2 Synthèse d’un WB traitant 1 seul canal


4.2.1 Choix des valeurs des paramètres opto-géométriques

Dans cette partie, nous allons concevoir un WB constituée d’un seul bloc optimisé pour la longueur
d’onde λ2 = 1.55 μm. En suivant la même démarche que celle donnée au § [Link], les longueurs
d’onde λ1 et λ3 sont alors bloquées au niveau du polariseur de sortie. Le bloc est composé de 3

96
Chapitre 4 : Synthèse d’un Bloqueur de Longueur d’Onde (WB)
-------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
parties. La partie 1 est constituée d’une lame biréfringente orientée + 22.5°. La partie 2 est
composée d’une cellule à cristaux liquides nématiques accordée pour être demi-onde à la longueur
d’onde correspondante λ2 = 1.55 μm (état ON). La partie 3 est composée d’une lame biréfringente
identique à celle de la partie une mais qui est orientée à -67.5°.

Le tableau (4.1) donne les valeurs des paramètres opo-géométriques des éléments biréfringents
constituants le WB [8].

Tableau 4.1 : Valeurs des différents éléments constitutifs du WB à trois canaux

Epaisseur (μm) Biréfringence Azimut

Polariseur d’entrée - - 0°

BP1 8895 88×10-4(Quartz) +22.5°

Bloc
0.1106 (état ON)
( λ2 = 1.55 μm) LCC 7 + 90°
0 (état OFF)

BP1 8895 88×10-4(Quartz) -67.5°

Polariseur de sortie - - 90°

Le nombre de lames biréfringentes détermine la largeur de bande (Full Width at Half-Maximum,


FWHM) de la courbe de transmission du bloc. Si un WB est appelé à être utilisé comme sous-
système dans un ROADM appartenant à un réseau DWDM, alors le nombre de canaux à traiter est
élevé (~ 100 longueurs d’onde), l’espacement entre canaux est autour de 0,8 nm (100 GHz) ou
moins (0,4 nm soit 50 GHz), et donc le nombre de lames biréfringentes nécessaires pour réaliser ce
WB est extrêmement élevé. Par contre, si le WB est utilisé comme sous-système dans un ROADM
appartenant à un réseau CWDM, alors la FWHM est autour de 12 nm avec un espacement entre
canaux de 20 nm et un nombre de canaux à traiter faible (16 longueurs d’onde). Le nombre de lames
biréfringentes nécessaires pour réaliser ce WB est dans ce cas considérablement réduit.

Pour les besoins de cette étude, notre choix d’utiliser une seule lame biréfringente dans chaque
partie du bloc explique la valeur relativement élevée de la FWHM obtenue (environ 16 nm). Les

97
Chapitre 4 : Synthèse d’un Bloqueur de Longueur d’Onde (WB)
-------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
deux lames biréfringentes du bloc ont la même épaisseur de telle sorte que leur différence de marche
optique (OPD) soit un multiple impair de λ2/2. Par ailleurs, comme le bloc a une réponse en
transmission périodique, alors la valeur de l’OPD doit être choisie de façon à garantir l’obtention
d’un intervalle spectrale libre (ISL) plus large que l’occupation spectrale du multiplex contenant les
canaux qui peuvent coexister avec λ2. En plus, cette OPD doit permettre l’obtention des réponses en
transmission où les positions des lobes secondaires les plus faibles correspondent aux longueurs
d’onde non filtrées par le bloc.

D’autre part, nous avons utilisé, pour le besoin de la modélisation de l’égaliseur, les données
expérimentales relatives aux cellules à cristaux liquides ‘minces’ de 7 µm d’épaisseur géométriques.
Ces données ont servi comme entrées pour les fonctions de blocage et d’égalisation des canaux. La
figure 4-5 illustre la variation mesurée de l’OPD (Différence de marche
optique=épaisseur*biréfringence) pour différentes valeurs de la tension appliquée VLCC où le point
(P) correspond, à titre d’exemple, à l’état transmission ou la cellule à cristaux liquides est demi onde
(OPD2 = λ2/2) [8].

0.2

0.18

0.16

0.14
Biréfringence de lacellule àcristauxliquides

0.12

0.1

0.08

0.06

0.04

0.02

0
0 5 10 15 20 25 30 35 40
Tensionappliquée envolts

Figure 4.5 : Variation en fonction de la tension appliquée de la différence


de marche optique (OPD) introduite par la cellule à cristaux liquides
Point (P1): La LCC est accordée a l’état ON avec une OPD = λ2/2.

Dans le mode de fonctionnement bloqueur de longueurs d’onde, la LCC est commutée entre les
états ON et OFF. L’état ON est obtenu lorsque la cellule LCC est accordée pour avoir une OPD

98
Chapitre 4 : Synthèse d’un Bloqueur de Longueur d’Onde (WB)
-------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
multiple impaire de λ2/2 ou bien un déphasage normalisé γ/π = 1 (point (P1) avec VLCC = Vmin sur la
figure 4.5). Cependant, l’état OFF est obtenu lorsque la LCC a une OPD nulle (γ/π = 0), et agit alors
comme un milieu isotrope. Ceci est obtenue lorsque V LCC>> Vmin.

4.2.2 Blocage, transmission et égalisation de longueur d’onde

La figure 4.6 montre la capacité de blocage/transmission de la longueur d’onde λ2 = 1.55 µm quand


la LCC est indépendamment commutée entre les états ON et OFF. Le mode blocage correspondant à
l’état OFF (VLCC = 42V) de la cellule à cristaux liquides. Dans cet état, la LCC se comporte comme
un milieu isotrope. La vibration lumineuse se trouve bloquée au niveau du polariseur de sortie. Pour
le mode transmission correspondant à l’état ON de la LCC (V LCC = 10V), son OPD est exactement
égale à λ2/2. La vibration lumineuse a une polarisation parallèle à l’axe de transmission du
polariseur de sortie et se trouve par conséquent totalement transmise.

RéponseduW
BenfonctiondelaTensionAppliquée
1
42V
0.8 10V

0.6
Intensiténormalisée

0.4

0.2

0
1.535 1.54 1.545 1.55 1.555 1.56 1.565
Longueurd'ondeenµm

Figure 4.6 : Réponses de transmission du WB lorsque la LCC


est à l’état ON avec une OPD = λ2/2 et à l’état OFF avec une
OPD = 0. La longueur d’onde λ2 = 1.55 µm est
transmise/bloquée respectivement.

99
Chapitre 4 : Synthèse d’un Bloqueur de Longueur d’Onde (WB)
-------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
En revanche, si la LCC est continûment accordée pour être dans un état intermédiaire entre les états
ON et OFF, alors le WB peut agir sur le niveau de la longueur d’onde λ2 = 1.55 µm. Ceci permet
d’atteindre et de réaliser n’importe quelle atténuation désirée. La figure 4.7 illustre cette capacité
d’égalisation du WB pour la longueur d’onde λ2.

0.9
10V
0.8 18V
25V
0.7 30V
0.6
42V
Intensité normalisée

0.5

0.4

0.3

0.2

0.1

0
1.535 1.54 1.545 1.55 1.555 1.56 1.565
Longueur d'onde en µm

Figure 4. 7 : Réponse de transmission d’un WB quand la LCC


est indépendamment accordées dans l’état ON et l’état OFF
et dans des états intermédiaires, montrant les effets
de blocage/transmission et d’égalisation.

Sur la figure 4.8 nous avons illustré l’évolution du maximum de la fonction de transmission du WB
en fonction de la tension appliquée à la cellule à cristaux liquides. Nous remarquons qu’à la tension
VLCC = 10V qui correspond à une OPD égale à λ2/2, le maximum de transmission est à sa plus
grande valeur (~ 1 en normalisée correspondant au mode transmission du WB). A mesure que la
tension augmente, ce maximum prend des valeurs de plus en plus faibles. Il s’agit là du mode
égalisation du WB. Lorsque la tension VLCC = 42V, le maximum de transmission est quasiment
nulle correspondant au mode blocage du WB.

100
Chapitre 4 : Synthèse d’un Bloqueur de Longueur d’Onde (WB)
-------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

0.9

0.8
Maximumde la fonction de tranmission

0.7

0.6

0.5

0.4

0.3

0.2

0.1

0
10 15 20 25 30 35 40
Tension appliquée en volts

Figure 4. 8 : Réponse de transmission d’un WB quand la LCC


est indépendamment accordées dans l’état ON et l’état OFF
et dans des états intermédiaires, montrant les effets
de blocage/transmission et d’égalisation.

4.3 Synthèse d’un WB traitant 3 canaux

Dans cette partie, nous avons simulé un égaliseur de trois canaux qui traite les longueurs d’ondes
λ1=1,51µm, λ2=1,55µm et λ3=1,59µm. Il est composé de trois blocs dont chacun est constitué de
2x14 lames biréfringentes ayant des épaisseurs de 120.993µm, 124.198µm, 127.404µm,
respectivement. Les lames biréfringentes constituantes un bloc sont demi-ondes à la longueur
d’onde traitée par ce bloc. Les lames à cristaux liquides des trois blocs sont identiques est composé
de 3 parties.
La partie 1 de chaque bloc est constituée de 14 lames biréfringentes en calcite dont la
biréfringence est 0,156 et sont orientées alternativement à ± 1.6°.
La partie 2 est composée d’une cellule à cristaux liquides nématique d’épaisseur géométrique 7
µm et orientée à (90º). Sa biréfringence varie en fonction de la tension appliquée.
La partie 3 possède le même nombre de lames biréfringentes comme pour la partie 1 mais sont
orientées alternativement à ± 88.4°.
Les trois blocs sont placés entre un polariseur d’entrée avec un axe de transmission suivant (ox)
et un analyseur de sortie dont l’axe de transmission est suivant (oy). Le vecteur incident est supposé
suivant ( ox).

101
Chapitre 4 : Synthèse d’un Bloqueur de Longueur d’Onde (WB)
-------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

1 1

ON-OFF-OFF OFF-ON-OFF
0.5 0.5

0 0
1.5 1.51 1.52 1.53 1.54 1.55 1.56 1.57 1.58 1.59 1.6 1.5 1.51 1.52 1.53 1.54 1.55 1.56 1.57 1.58 1.59 1.6
1 1

OFF-OFF-ON ON-ON-OFF
0.5 0.5

0 0
1.5 1.51 1.52 1.53 1.54 1.55 1.56 1.57 1.58 1.59 1.6 1.5 1.51 1.52 1.53 1.54 1.55 1.56 1.57 1.58 1.59 1.6
1 1
OFF-ON-ON ON-OFF-ON
Intensitésnormalisées

0.5 0.5

0 0
1.5 1.51 1.52 1.53 1.54 1.55 1.56 1.57 1.58 1.59 1.6 1.5 1.51 1.52 1.53 1.54 1.55 1.56 1.57 1.58 1.59 1.6
1 1
ON-ON-ON
0.5 0.5 OFF-OFF-OFF
0 0
1.5 1.51 1.52 1.53 1.54 1.55 1.56 1.57 1.58 1.59 1.6 1.5 1.51 1.52 1.53 1.54 1.55 1.56 1.57 1.58 1.59 1.6
Longueurd'ondeenm Longueurd'ondeenm

Figure 4-9 : Réponse de transmission montrant l’effet de blocage d’un égaliseur à trois canaux (λ1=1,51µm ⁄
λ2=1,55µm ⁄ λ3=1,59µm)

Comme nous pouvons le constater sur la figure 4-9, le fait de disposer de trois LCC dans la
structure nous a permis de réaliser huit différentes combinaisons relatives aux états allant de (ON,
ON, ON) (ON correspond au cas de transmission totale) jusqu’à (OFF, OFF, OFF) (OFF
correspond au cas de blocage). Ce degré de liberté représente une puissante caractéristique de
reconfigurabilité de l’égaliseur qui permet le blocage ou la transmission de n’importe quelle
longueur d’onde ou groupe de longueurs d’onde. Le résultat obtenu montre la capacité de blocage de
l’égaliseur quand les trois LCC sont indépendamment commutées entre les états ON et OFF
correspondant aux huit combinaisons possibles.

4.3.1 Limitations et performances du WB

Quand le WB est destiné à être utilisé dans une architecture Broadcast and Select pour bloquer la
longueur d’onde d’un canal particulier, alors un nouveau canal avec la même longueur d’onde peut
être ajouté après le filtre bloqueur en utilisant par exemple un coupleur (Cf. figure 4.1). Toute partie
du canal infime soit elle qui n’a pu être bloquée par le dispositif peut alors inconvenablement
interférer avec le nouveau canal ajouté. De plus, quand le WB est utilisé pour sélectionner et
transmettre un canal particulier du multiplex, les canaux qui lui sont adjacents et qui ont des niveaux
de lobes secondaires importants peuvent générer de la diaphotie responsable de la dégradation du

102
Chapitre 4 : Synthèse d’un Bloqueur de Longueur d’Onde (WB)
-------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
signal. Concevoir un WB dans lequel chaque bloc a une courbe de transmission qui présente des
lobes secondaires faibles peut considérablement réduire cette diaphotie et garantir une isolation
importante entre les canaux adjacents transmis, ce qui va permettre la cascadabilité de plusieurs
systèmes ROADM dans les réseaux longues distances.
Les lobes secondaires avec une amplitude faible sont obtenus par un choix judicieux de
l’orientation des angles des lames biréfringentes constituant le WB. En fait, la relation entre les
angles d’orientation et l’allure de la réponse de transmission du bloc correspondant est de du type
Transformée de Fourier. Pour une structure biréfringente avec N lames d’égale épaisseur, les
coefficients de la série de Fourier issus de la représentation de sa réponse spectrale ne sont que les
N+1 amplitudes également espacées de la réponse impulsionnelle obtenue à partir des N lames
biréfringentes. Par conséquent, pour obtenir une réponse spectrale avec des lobes secondaires
réduits, l’orientation des angles des lames biréfringentes peut être obtenue par une des techniques de
synthèse des filtres optiques biréfringents [26]. Une réflexion est faite sur ce point et l’étude d’un
égaliseur présentant une réponse spectrale ayant des lobes secondaires réduits se fera dans le cadre
d’un travail de recherche future.
Par ailleurs, en tenant compte des considérations pratiques, il est possible que des erreurs
entachent et affectent l’épaisseur des lames ou l’orientation des angles. La réponse spectrale est très
sensible à la variation des paramètres opto-géométriques de la structure et un soin particulier doit
être observé lors du processus de fabrication [27].
D’autre part, les pertes d’insertion du WB correspondent aux pertes introduites par l’empilement
de l’ensemble des éléments biréfringents. Comme mentionné dans les paragraphes précédents, plus
le nombre de canaux est élevé, plus le nombre de lames biréfringentes à utiliser est élevé et plus les
pertes d’insertion du WB sont importantes. Ces pertes d’insertion sont principalement dues aux
réflexions sur les interfaces des lames biréfringentes, les pertes du matériau constituant la cellule
LCC (absorption et diffraction) et aux pertes de propagation des électrodes en Indium-Tin-Oxide
(ITO). Elles peuvent considérablement être réduites par un traitement antireflet (AR) des facettes
des lames.

4.4 Conclusion

Nous avons étudié la faisabilité d’un bloqueur de longueur d’onde (WB) basé sur l’empilement
de blocs d’éléments biréfringents. La fonction de blocage/transmission ainsi que la fonction
d’égalisation sont assurées par le composant dynamique à cristaux liquides. L’étude d’un WB
constitué d’un seul bloc optimisé pour traiter la longueur d’onde 1.55 µm nous a permis de réaliser
la fonction de blocage, transmission et égalisation de cette longueur d’onde en variant la tension
appliquée à la cellule à cristaux liquides. Aussi, nous avons étudié le cas d’un égaliseur optique
traitant trois canaux et constitué de trois blocs contenant chacun 28 lames biréfringentes (en plus de
la LCC) optimisées pour les trois longueurs d’ondes 1.51µm , 1.55µm, 1.59µm, respectivement.

103
Conclusion Générale
----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Conclusion Générale

Les progrès réalisés dans le domaine des télécommunications sont tellement importants et
rapides, que les structures des systèmes de transmission connaissent de véritables
bouleversements. C’est pourquoi il nous a paru intéressant de commencer ce mémoire par une
description des différentes couches constituant les réseaux de télécommunications, ainsi que
les différentes techniques employées. Nous avons ensuite décrit les différentes architectures
des ROADMs qui représentent la solution de choix en permettant une connectivité élevée
entre les différents secteurs et en offrant un degré de flexibilité des réseaux au niveau de la
couche optique. Parmi les solutions les plus déployées actuellement, les ROADMs en
architecture broadcast & select incorporent un sous-système bloqueur de longueur d’onde
(WB).

Nous avons alors rappelé, dans un deuxième temps, les phénomènes physiques clés
qui régissent la technique de filtrage basée sur la polarisation et exposé le modèle
mathématique et physique pour les éléments biréfringents qui constituent le filtre y compris
les cristaux liquides. L’analyse des deux configurations de base de cette famille de filtres, à
savoir la configuration de Lyot et celle de Šolc nous a permis de conclure que la forme
spécifique et particulière de leur gabarit spectral a relativement limité leur champ
d’applications. Pour pallier à cet inconvénient, il nous a semblé utile de présenter une étude
détaillée de la méthode de synthèse basée sur l’analyse temporelle, au sens traitement du
signal, de la réponse impulsionnelle des filtres biréfringents permettant de réaliser des
fonctions de transfert de formes quelconques. En effet, par un choix judicieux des angles
d’orientation des lames biréfringentes, il est possible de synthétiser des filtres avec, par
exemple, une "allure plate" dans la bande transmise et des valeurs de contraste préalablement
fixées. L’algorithme de REMEZ exposé dans le chapitre 3 nous permet alors de synthétiser un
filtre biréfringent passe bande avec les spécifications préalablement.

La technique de multiplexage en longueur d’onde (WDM), consistent à injecter


simultanément dans la même fibre optique plusieurs signaux à des longueurs d’onde
différentes, a permis dans les années 90 d’augmenter considérablement le débit des réseaux de
télécommunications optiques. Ce progrès technique a été rendu possible grâce au contrôle des
deux principaux effets pénalisants dans les transmissions longues distances à haut débit,
l’atténuation linéique et la dispersion chromatique. L'amplificateur optique inséré dans la
ligne permet de contrer les pertes en régénérant les signaux dans la bande spectrale allant
de1530 à 1565 nm appelée bande C. L’intérêt de cette plage réside dans le fait qu’elle
correspond au minimum d’atténuation des fibres utilisées. Le compensateur de dispersion
chromatique permet, quant à lui, de contrôler l’étalement temporel des signaux qui se
propagent dans ces fibres. C’est dans ce cadre qu’on a choisi d’étudier un compensateur de
dispersion où on a synthétisé comme exemple une fonction de dispersion de forme
hyperbolique avec un écart de retard de groupe inférieur à 4 ps sur une largeur de bande de
10GHz en tolérant ainsi un cumul de dispersion allant jusqu’au 2003 ps/nm.
Dans le quatrième chapitre du manuscrit, nous avons étudié un égaliseur optique (WB)
basé sur l’empilement de blocs d’éléments biréfringents. La fonction de blocage/transmission
ainsi que la fonction d’égalisation sont assurées par les cellules à cristaux liquides. Un WB
constitué d’un seul bloc optimisé pour traiter la longueur d’onde 1.55 µm nous a permis de
réaliser ces fonctions en variant la tension appliquée à la cellule à cristaux liquides. Ce type de
WB permet de bloquer/égaliser les longueurs d’onde sans pour autant les séparer
spatialement.

104
Annexes
-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------

^2
Annexe 1 : Méthode de calcul de D(w) à partir de| D(w) |

Méthode de Pegis
Soit le polynôme positif semi-fini suivant
^2
D ( w)  A0  2. A1 .Cos ( aw)  .........  2. An .Cos ( n.a.w) . (A.1)

Il est possible de réécrire l’équation précédente sous la forme :


2 jnaw j ( n  1 ) aw jaw
D (w)  A n .e  A n  1 .e  .....  A1 .e  A 0  A1 .e  jaw  ....  A n  1 .e  j ( n  1 ) aw  A n .e  jnaw

(A.2)

Il faut noter que les zéros de cette équation apparaissent en paires réciproques.
Cette même équation (2) peut être factorisée suivant :

2 jnaw
j ( n  1 ) aw jaw
D (w )  ( D n .e  D n  1 .e  .....  D 1 .e  D0)
 jaw  j ( n 1 ) aw  jnaw
∙ ( D0  D1.e  ....  Dn 1.e  Dn .e )
(A.3)
^2
Les Di ne sont pas uniques, mais plutôt il existe 2n+1 ensembles possibles. Comme D(w) est
toujours positif et pair, on peut l’écrire sous la forme :

2
D ( w)  D ( w). D * ( w)

(A.4)
La comparaison de (3) avec (4), fait apparaître que (4) ne peut être satisfaite que si les D i de
l’équation (3) sont strictement Réels. Cependant au moins un ensemble réel de coefficients
doit exister.

La méthode permettant d’obtenir les Di est attribuée à Pegis . Elle sera exposée dans ce qui
suit :
2
On part de l’expression de D (w) donnée par (1) et on forme l’équation :

An . x  An 1. x  ... A1. x  A0  A1. x  ...  An 1. x  An . x  n  0


n n 1 1 1  ( n 1)

(A.5)
qu’il faudra mettre sous la forme :
n n 1
B n . ( x  x 1)  B n 1 . ( x  x 1)  ...  B1(
x  x 1)  B 0
0

(A.6)

105
Annexes
-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------
En effectuant le changement de variable suivant :

y  ( x  x 1)

(A.7)
L’équation (6) devient :
n n 1 1
B n . y  B n 1 . y  ...  B 1 . y  B 0 = 0
(A.8)
La résolution de cette équation donnera n racines notées : y1, y2, …. , yn et par l’utilisation
de l’équation (7) pour tous les yi on arrive à déterminer les paires réciproques de racines à
savoir :

(x1 , 1/ x1) ; ( x2 , 1/ x2) ; ... ; (xn , 1/ xn )

Ensuite, en prenant un seul membre de chaque paire, on construit tous les polynômes
possibles ayant des coefficients di réels.

A titre d’exemple un polynôme possible pourra être le suivant :


( x  x1 )( x  1 / x2 )( x  x3 )......( x  xn )

 x n  d n 1 . x n 1  ...  d 2 . x 2  d 1 . x  d 0

(A.9)

Les coefficients Di recherchés étant proportionnels aux di selon :


Di = q ∙ di
(A.10)

où la quantité q vérifie l’équation :


2 2 2
q 2 (d0  d1  ...  d n )  A0
(A.11)

Note: Le nombre d’ensembles Di de réels dépend du nombre de racines complexes yi. Si m


est le nombre de racines yi qui sont complexes, alors il existe 2(n+1-m/2) ensembles (de réels)
possibles de Di

106
Liste des Figures
---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Liste des Figures


Chapitre 1

1.1 Architecture typique d’un réseau de Télécommunications 4


1.2 Réseau métropolitain structurant et réseau métropolitain d'accès 6
1.3 Le réseau local FFTx 8
1.4 Structure d'une fibre optique 8
1.5 Lois de propagation du signal dans une fibre optique 9
1.6 Propagation de la lumière dans une fibre multimode 9
1.7 Propagation de la lumière dans une fibre monomode 10
1.8 Profil d'une fibre monomode à saut d'indice 10
1.9 Pertes optiques dans une fibre standard 13
1.10 Courbes de dispersion de quelques fibres optiques 15
1.11 Effet de la dispersion chromatique : le signal qui se propage s’élargit 15
1.12 Architecture et Composants d’un système WDM 16
1.13 Configuration d’un amplificateur optique à fibre dopée à l’erbium avec 17
Pompage optique
1.14 Un Wavelength Blocker 19
1.15 Wavelength Selective Switch" à base de MEMS 20
1.16 Wavelength Cross Connect" de 4 fibres de 2 canaux 20
1.17 Un ROADM avec un module WB 21
1.18 Deux réseaux en anneau reliés par un ROADM 22
1.19 Schéma d’un WSS-ROADM coloré 22
1.20 Schema d’un "colorless-WSS-ROADM 23
1.21 Schéma d’un "colorless-WSS-ROADM" de degré 4 23
1.22 Schéma d’un ROADM à base de WXC 24
Chapitre 2
2.1 Structure d’un cristal de chlorure de sodium Bleu : Na+ 22 , Vert : Cl- 26
2.2 Structure cristalline du CaCo3 27
2.3 Biréfringence dans le cas d’un cristal uniaxe 27
2.4 Onde non polarisée 28
2.5 Polarisations linéaires dans le plan vertical et dans le plan horizontal 29
2.6 les trois cas de polarisations 29
2.7 Le Cristal liquide est une phase intermédiaire aux phases solide et liquide 30
2.8 A gauche : formules chimiques de deux types de CLN, le 5CB et le PAA. La forme
allongée des molécules est caractéristique des cristaux liquides. A droite, la figure
montre l’alignement global des molécules suivant le directeur. 31
2.9 Ellipsoïde des indices pour deux milieux biréfringents (uniaxe) positif et négatif 31
2.10 Transmission en fonction de la tension appliquée aux bornes d’une cellule TN. Il
apparaıt qu’il faut dépasser une tension seuil aux bornes des électrodes pour agirsur le
cristal (source : Merck) 32
2.11 Principe d’ancrage des molécules de CL 33
2.12 Coupe d’une cellule bipolaire à cristal liquide nématique parallèle 33
2.13 conversion d’un faisceau présentant plusieurs polarisations en faisceau polarisé
rectilignement par un polariseur à lames métalliques 34
2.14 Une lame demi-onde. La lumière entrante dans la lame peut être décomposée en deux
polarisations perpendiculaires (en bleu et vert). A l'intérieur de la lame, la polarisation

107
Liste des Figures
---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

verte prend un retard par rapport à la bleue. La lumière en sortie est alors polarisée
différemment 35
2.15 Ellipse de polarisation 37
2.16 Différents états de polarisation 37
2.17 Modification de l’état de polarisation 39
2.18 lame biréfringente placée perpendiculairement à l’axe de propagation Oz. Les axes
lent et rapide de lame font l’angle θ avec les axes Ox et Oydu repèredu laboratoire 39
2.19 bande passante à -3Db 42
2.20 caractéristiques de sélection de base d’un filtre 42
2.21 Filtre de Lyot à n étages 43
2.22 Filtre de Lyot à un seul étage 43
2.23 Composition de la réponse du filtre de Lyot 1-3-5 étages 44
2.24 Réponse du filtre de LYOT 46
2.25 Filtre de Šolc alterné (haut) et en éventail (bas) constitué de N lames (N = 4) 47
2.26 Réponse du Filtre de Solc a-Eventail b- Alterné 48
2.27 Réponse du Filtre de Solc (FSR) 49
2.28 Réponse impulsionnelle d’un système à une sezul lame 50
2.29 Réponse impulsionnelle d’un système à deux lames 50
2.30 Réponse impulsionnelle d’un système à plusieurs lames 51

Chapitre 3
3.1 La réponse impulsionnelle et la fonction de transfert correspondante d'un réseau
dont la réponse impulsionnelle est g(t) dans (a), et g(t) échantillonnée dans (b) 54
3.2 Cas 1 : réponse impulsionnelle symétrique et symétrie impaire 58
3.3 Cas 2 : réponse impulsionnelle symétrique et symétrie paire 58
3.4 Réponse impulsionnelle antisymétrique et symétrie impaire 59
3.5 Réponse impulsionnelle antisymétrique et symétrie paire 59
3.6 Organigramme de conception de filtre de PARKS-Mc CLELLAN à l’aide de méthode
Remez 63
3.7 Organigramme de l’algorithme d’échange de Remez 64
3.8 Filtre Biréfringent 65
3.9 Réponse spectrale idéal d’un filtre passe bas 74
3.10 Approximation par REMEZ du filtre idéal 14 lames (pointiée) 74
3.11 Réponse spectrale désiré 76
3.12 Configuration d’un égaliseur de 4 lames 78
3.13 Diagrame de la section i de l’égaliseur 79
3.14 Réponse en phase 88
3.15 Réponse en amplitude 88
3.16 Retard de groupe 88
3.17 Organigramme de synthèse 89

Chapitre 4
4.1Multiplexeur Optique à Insertion/Extraction Reconfigurable (ROADM) utilisant
un Bloqueur de longueur d’onde dans une architecture Broadcast& Select 91
4.2 Structure du Bloqueur de longueur d’onde (WB) à m canaux utilisant un polariseur
d’entrée (P). BP: Lame Biréfringente, LCC: Cellule à cristaux liquides,
A: Polariseur de sortie (Analyseur) 92

108
Liste des Figures
---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

4.3 Structure d’un seul bloc montrant l’évolution de l’azimut de la polarisation


de la longueur d’onde λ2 = 1,55 μm. ρ: azimut des éléments biréfringents, PA 95

4.4 Réponse de transmission pour différentes valeur du déphasage normalisé (γ/π)


introduit par la cellule à cristaux liquides 96

4.5 Variation en fonction de la tension appliquee de la difference de marche


optique (OPD) introduite par la cellule à cristaux liquides Point (P1): La LCC
est accordéea l’état ON avec une OPD = λ2/2 98
4.6 Réponses de transmission du WB lorsque la LCC est à l’état ON avec
une OPD = λ2/2 et à l’état OFF avec une OPD = 0. La longueur d’onde
λ2 = 1.55 µm est transmise/bloquée respectivement 99
4.7 Réponse de transmission d’un WB quand la LCC est indépendamment accordées
dans l’état ON et l’état OFF et dans des états intermédiaires, montrant les effets de
blocage/transmission et d’égalisation 100
4.8 Réponse de transmission d’un WB quand la LCC est indépendamment accordées dans
l’état ON et l’état OFF et dans des états intermédiaires, montrant les effets de
blocage/transmission et d’égalisation 101
4.9 Réponse de transmission montrant l’effet de blocage d’un égaliseur à trois canaux
(λ1=1,51µm ⁄ λ2=1,55µm ⁄ λ3=1,59µm) 102

109
Table des Acronymes et Abréviations
--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Table des Acronymes et Abréviations

Acronymes Signification Anglaise Traduction Française


A Analyser Analyseur
ASE Amplified Spontaneous Emission Emission spontanée
amplifiée
BP Birefringent plate Lame biréfringente
C Conventional Band Bande conventionnelle
CWDM Coarse WDM WDM grossier
Plage de longueur d’ondes
δλ Tuning range pouvant être adressée par
l’effet d’accord
δn Birefringence biréfringence
DEMUX Demultiplexer Démultiplexeur
DWDM Dense DWM DWM dense
E Electric field Champ électrique
EDFA Erbium Doped Fiber Amplifer Amplificateur à fibre dopée à
l’erbium
F Finesse Finesse
FSR Free Spectral Range Intervalle Spectrale Libre
FWHM Full Width at Half Maximum Bande passante à mi-hauteur
de la courbe de transmission
du filtre
Espacement entre les canaux
ICS InterChannel Spacing
transmis
ITU-T International Telecommunication Unité internationale de
Unite télécommunication
L Long wavelengths Band Bande des longues longueurs
d’onde
LB Birefringent plate Lame Biréfringente
LAN Local Area Network Réseau local
Laser Light Amplification by Simulated Lumière amplifiée par
Emission of Radiation émission stimulée des
radiations
LCC Liquid crystal Cell Cellule à cristaux liquides
MAN Metropolitan Area Network Réseau métropolitain
MEMS Micro-Electro- Mechanical-System Système Micro électro
mécanique
MUX Multiplexer Multiplexeur
N The number of birefringent plates Le nombre de lames
biréfringentes
n Refractive index Indice de réfraction
n1 Refractive index of medium 1 Indice de réfraction du milieu
1
n2 Refractive index of medium 2 Indice de réfraction du milieu

110
Table des Acronymes et Abréviations
--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

2
OADM Optical Add-Drop Multiplexers Multiplexeurs optiques à
insertion/extraction
OPD Optical Path Difference Différence de marche
optique
OSA Optical Spectrum Analyser Analyseur de spectre optique
OXC Optical Cross-Connect Commutateur optique
P Polarizer Polariseur
PBS Polarization Beam Splitter Cube séparateur de
polarisation
PIF Polarization Interference Filter Filtre à interférences en
polarisation
ROADM Reconfigurable OADM OADM Reconfigurable
S Short wavelengths Band Bande courte
SDH Synchronous Digital Herirachy Hiérarchie numérique
synchrone
SONET Synchronous Optical Network Réseau optique synchrone
Temps de commutation entre
τ Switching time
canaux
WAN Wide Area Network Réseau long distance
WB Wavelength Blocker Bloqueur de longueurs
d’onde
WDM Wavelength Division Multiplexing Multiplexage en longueur
d’onde
WSS Wavelenghth Selective Switch Commutateur sélectif en
longueurs d’onde
 Length of wave Longueur d’onde centrale du
filtre
 Optical path difference Différence de marche
optique
t The time of delay Le temps de retard
 (FWHM) Spectral width Largeur spectrale

111
Bibliographies
---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Bibliographies

[1] GUY Pujolle, Les Reseaux, chap.2 : Les réseaux Numériques, Eyrolles, 2008

[2] GOVIND P. AGRAWAL, Applications of Nonlinear Fiber Optics, University of Rochester,


Rochester, New York 2001

[3] N. M. SAAD, ‘Contribution à l'étude de l'application de la technique CDMA aux systèmes de


transmission optique, thèse en télécommunications des hautes fréquences et optiques,
université de Limoges, 2005.

[4] Les Fibres optiques, Dossier technique, Thème d’autonomie 1999.

[5] Michel Henry, Technique de l’ingénieur : Activité Optique R 6470

[6] Nicolas FRAVAL, Composants à cristaux liquides nématiques adressés par électrodes
résistives en polymère conducteur et applications, Thèse doctorat 2010, l’école nationale
supérieure des télécommunications de Bretagne.

[7] Serge Huard: Polarisation de la lumière, Ed Masson, 1994

[8] Hamdi Rachid,Filtres en polarisatrion dédies aux applications insertion/extraction optiques


reconfigurables, Thèse doctorat 2008, Université 8mai 45 Guelma

[9] R.C. JONES, "A new calculus for the treatment of optical systems", J.O.S.A., vol. 31,
488-493 (1941); vol. 31, 493-499 (1941); vol. 31, 500-503 (1941); vol. 32, 486-493
(1942) ; vol. 37, 107-110 (1947) ; vol. 37, 110-112 (1947) ; vol. 38, 671-684 (1948) ; vol.
46, 126-131 (1956).

[10] Irène et Michel joindot sur les télécommunications par fibre optique, Edition Dunod

[11] Claude Servin sur Réseaux et Télécoms

[12] S. E. Harris et al., ''Optical Network synthesis Using Birefringent Crystals.* I. Synthesis of
Lossless Network of Equal-Length Crystals'', Journal of the Optical Society of America, Vol 54,
N° 10, 1964.

[13] A. Yariv & P. Yeh, ''Optical waves in crystals'', John Wiley & Sons Edition, 1984.

[14] B. E. Benkelfat, Q. Zou et [Link], '' ‘Filtre hybride à base de cristaux liquide accordable en
longueur d’onde pour la transmission WDM'', Proceedings of CISTEMA ’03, Tlemcen- Algérie,
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