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Cours sur le maintien de l'ordre au Cameroun

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COURS DE MAINTIEN DE L’ORDRE

44eme SAOGN (2021)


GENERALITES SUR LE MAINTIEN DE L’ORDRE

Introduction General :
L’ordre public est une expression désignant le climat de paix sociale garanti par la
trilogie : « sécurité - salubrité - tranquillité »publiques. Il est garanti par le respect de la
sécurité de la tranquillité et de la salubrité publiques, elles même condition de la paix
sociale. L’évolution de cette trilogie a été enrichie par la jurisprudence qui a
notamment intégrée à la notion d’ordre public des préoccupations de moralité et de
dignité de la personne humaine.

À ce titre, l’ordre public est une notion au contenu évolutif apte à prendre en compte
les préoccupations nouvelles qui surgissent de l’évolution de nos sociétés.

Éminemment subjective, la conception de l’ordre public varie selon les régimes


politiques considérés. Ainsi l’activité d’un citoyen qui a nos yeux est normale pourrait
constituer sous d’autres cieux un grave trouble susceptible de porter atteinte à l’ordre
public. (Ex : Liberté d’expression ; Droit de grève.)

En droit administratif, l’Ordre Public est le fondement de l’action de l’autorité de


police administrative. Celle-ci peut légalement exercer son pouvoir en vue du maintien
ou du rétablissement de l’ordre public. La responsabilité du règne de l’Ordre Public
incombe à l’État. Les conditions de la participation des forces armées au M.O. sur le
territoire National repose sur les textes annexés au titre 6 et dont le socle est la Loi
054/90 du 19/12/1990.

Elle s’applique à la mise en action des forces armées normalement par la voie de la
réquisition en vue de prévenir et, si nécessaire, de faire cesser les troubles à l’ordre
public. Elle ne s’applique pas aux autres missions de service public et aux missions
entrant dans le cadre judiciaire que les forces armées peuvent être amenées à remplir,
à la demande des autorités administratives et judiciaires.
Elle ne préjuge pas des décisions et des mesures qui seraient prises lorsque l’autorité
militaire devient responsable de l’ordre public dans le cadre du commandement
opérationnel, en Etat d’urgence ou d’exception.

Toutefois il vaudra toujours dans les opérations de Maintien et de rétablissement de


l’ordre s’inscrire dans un processus de désescalade de la violence, tout en respectant la
gradation dans l’emploi de la force et des moyens.

L’ÉTAT ET L’ORDRE

L’ÉTAT

L’État est la forme d’institutionnalisation du pouvoir politique, c’est aussi une


autorité souveraine s’exerçant sur l’ensemble d’un peuple dans les limites d’un
territoire déterminé. Ainsi pour qu’un État puisse exister il faut qu’une population soit
réunie sur un certain territoire et soumise aux mêmes lois émanant d’un organe qui
parle au nom de cette population. L’État n’est autre que la Nation qui s’est donné une
organisation politique grâce à laquelle elle est parvenue à la vie juridique et peut à la
fois édicter les règles de droit et exercer des droits.

De tout ce qui précède l’État peut être défini comme une collectivité publique dont
les membres sont unis par les liens matériels et moraux et qui est soumise à l’intérieur
de frontières déterminées à un statut politique accepté de cette collectivité et reconnu
par les collectivités étrangères de même nature. La Nation quant à elle est « une
réunion d’Hommes entre lesquels se sont créés des liens sentimentaux et matériels
(race, langue, goût, traditions, espoirs commun) mais surtout liés par une nette volonté
de vivre associés et un sens permanent de solidarité dont le couronnement est le
sentiment de la patrie. »

Fort des définitions précédentes, on peut relever que l’État et la nation se rejoignent
et se complètent et déduire que les éléments constitutifs de l’État sont : une nation
(une population), un territoire, un gouvernement résultant d’un statut accepté par les
gouvernés et reconnu par les autres gouvernants. À ce titre, l’État est l’émanation du
peuple, une puissance publique, le titulaire abstrait et permanant du pouvoir dont le
gouvernement n’est qu’un agent d’exercice. L’État a donc un pouvoir, celui d’édicter les
règles de droit que sont les lois ; des lois comme celles qui concernent l’utilisation de la
force publique ainsi que des limites et du contrôle de son emploi. En contrepartie de ce
pouvoir et de ces droits, l’État se doit de remplir vis-à-vis de la communauté qu’il
représente certains devoirs :

• Protection de la société par l’action de son gouvernement : dans le but d’assurer


la paix et l’ordre à l’intérieur et à l’extérieur par l’entremise de l’armée, la police,
la diplomatie, les lois, les tribunaux, l’éducation.

• Assurer le fonctionnement de cette société : pour cela prendre en charge les


services permettant une vie harmonieuse (administration).

• Éviter et réprimer les écarts des individus et des groupes : afin de ne pas laisser
porter atteintes aux libertés des uns et des autres

Toutes ces fonctions correspondent à la nécessité de maintenir l’ordre public qui


permet le libre jeu des institutions dans le respect des libertés publiques et
individuelles reconnu par la constitution.

LA LOI

1. Définition
Une loi est une règle édictée par l’État à laquelle sans exception chacun est tenu de
se conformer. C’est aussi l’ensemble des textes juridiques qui définissent la légalité.
Ainsi définie, la loi ne saurait rester immuable sans être tyrannique car elle correspond
à des circonstances données : elle doit donc évoluer. La soumission à la loi amène l’état
de tranquillité qui constitue l’ordre public. La loi est l’expression de la volonté générale
comme le stipule le préambule de la constitution : « la souveraineté nationale
appartient au peuple camerounais qui l‘exerce soit par l’intermédiaire du Président de
la République et des députés à l’AN soit par voie de referendum. » Ceci indique que
tous les citoyens ont le droit de concourir personnellement ou par leur représentant à
la formation de la loi. La loi et l’autorité supérieure La loi est le cadre dans lequel
s’épanouissent les libertés, elle est la source de toutes les libertés (nul ne peut être
contraint de faire ce que la loi n’ordonne pas). La loi limite l’exercice de ces libertés. La
liberté et la sécurité sont garanties à chaque individu dans le respect des droits
d’autrui et de l’intérêt supérieur de l’état. La loi ne peut cependant porter atteinte à
certains droits constituant les libertés publiques : Liberté de résidence et des
déplacements Inviolabilité du domicile Secret de la correspondance liberté individuelle
Liberté de croyance de presse, de réunion d’association Liberté syndicales droit de
grève Liberté de la propriété Liberté du travail du commerce de l’industrie Elle prévoit
les moyens de s’imposer et de se faire respecter par les individus et les groupements.
2. RÔLE DES POUVOIRS PUBLICS
Pour remplir sa mission l’État dispose des pouvoirs publics. Ainsi le pouvoir législatif
fait la loi, le pouvoir exécutif la fait appliquer, le pouvoir judiciaire sanctionne cette
exécution. Les fonctions judiciaires sont distinctes des fonctions administratives, ces
dernières s’exercent par un ensemble de règles qui constituent la police administrative
essentiellement préventive qui a pour objectif le maintien de l’ordre public. La police
administrative est placée sous la responsabilité des autorités qui disposent pour cela
d’un organe d’exécution dont les éléments (civils et militaires) constituent la force
publique.

I. LA FORCE PUBLIQUE

A-GÉNÉRALITÉS

L’État doit remplir plusieurs fonctions dont les principales sont au nombre de trois :
1. La protection de la société
2. Fonctionnement de la société
3. Répression des écarts des individus et des groupes.
Pour permettre au pouvoir de garantir les droits de l’homme et de neutraliser les
divergences individuelles menaçant l’existence de l’État et troublant l’ordre public,
l’existence d’une force publique s’impose.

A. LA FORCE PUBLIQUE

1. Caractère

La force publique constitue une nécessité absolue pour l’État afin que celui-ci puisse
remplir sa mission essentielle de sécurité. Elle comprend tous les moyens qui peuvent
également être mis en œuvre pour assurer en permanence la défense de l’état et la
sécurité des citoyens dans le libre jeu des institutions et le respect des libertés
publiques et individuelles. Son action se fait sentir au travers d’actes réalisés par des
agents investis par la loi d’une mission coercitive qui les charge soit de procéder soit de
concourir à l’exécution des commandements de l’autorité publique en employant la
force si nécessaire.

3. Les éléments de la force publique

Il existe deux catégories distinctes qui composent la force publique : les forces
armées (de Défense) et les forces civiles.

4. Les forces armées

Outre leurs missions de défense du territoire national contre les menaces


extérieures, les forces armées (de défense) ont aussi pour mission d’assurer à titre
exceptionnel le maintien de l’ordre à l’intérieur du pays lorsque l’engagement des
forces de police (sécurité) se révèle insuffisant.

Il est important de relever parmi les composantes des Forces Armées, le rôle très
important de la Gendarmerie dont la vocation est d’être une force instituée pour le MO
et l’exécution des lois (Cf. art 32 du 60/280) 4. Les forces civiles Les forces civiles sont
constituées pour l’essentiel par le personnel appartenant à la sureté nationale qui bien
qu’ayant suivi une formation militaire et étant pourvus d’uniformes et de l’armement
ne fait pas parti des forces armées (de défense). Elles relèvent du chef de l’État et sont
misent à la disposition du DGSN. Cependant lors des troubles entrainant l’intervention
de l’ensemble des FMO, les forces de polices sont placées sous l’autorité des
représentants administratifs de l’État (Cf. art 12 du 61/DF/19 du 21 octobre 1961
portant organisation des services de la SN) Par ailleurs les Forces de Police (la SN) sont
placées automatiquement sous les ordres des autorités administrative dès lors que ces
dernières sont appelées à intervenir pour la sureté intérieur de l’État. A ces forces il
convient d’assimiler les forces auxiliaires et supplétives.
ORGANISATION, LÉGISLATION ET
RÉGLEMENTATION - EMPLOI DES FORCES ARMÉES
AU M.O.

Les conditions de la participation des forces armées au M.O. sur le territoire


National repose sur les textes annexés au titre 6 et dont le socle est la Loi 054/90
du 19/12/1990. Elle s’applique à la mise en action des forces armées
normalement par la voie de la réquisition en vue de prévenir et, si nécessaire, de
faire cesser les troubles à l’ordre public. Elle ne s’applique pas aux autres missions
de service public et aux missions entrant dans le cadre judiciaire que les forces
armées peuvent être amenées à remplir, à la demande des autorités
administratives et judiciaires. Elle ne préjuge pas des décisions et des mesures qui
seraient prises lorsque l’autorité militaire devient responsable de l’ordre public
dans le cadre du commandement opérationnel, en Etat d’urgence ou d’exception.
Toutefois il vaudra toujours dans les opérations de Maintien et de rétablissement
de l’ordre s’inscrire dans un processus de désescalade de la violence, tout en
respectant la gradation dans l’emploi de la force et des moyens
CHAPITRE 1 : PRINCIPES GÉNÉRAUX DU MAINTIEN DE L’ORDRE
PUBLIC
I-GENERALITES

Le maintien de l’ordre dont le but est d’assurer dans le cadre de la loi, la tranquillité
publique, a pour objet de prévenir les troubles afin de n’avoir pas à les réprimer. Il
comporte avant tout des mesures préventives dont l’importance ne doit jamais être
perdue de vue. Il comporte également, si l’ordre est cependant troublé, les mesures
destinées à le rétablir. Le maintien de l’ordre, mission de défense civile, relève de
l’Autorité Civile, responsable de la préparation et de la mise en œuvre des mesures
correspondantes. Celle-ci exerce ses attributions sous l’autorité du Ministre de
l’Administration Territoriale et de la Décentralisation. En outre, le maintien de l’ordre
public relève : des présidents des assemblées parlementaires dans les lieux où elles
tiennent session ; de l’autorité militaire dans les installations et les établissements
militaires; de l’autorité judiciaire dans les enceintes où elle est compétente. Qu’il
s’agisse de mesures préventives ou de mesures d’intervention, l’autorité civile ne peut
mettre en action l’autorité militaire qu’en vertu d’une réquisition. S’il s’agit de mesures
ne sortant pas du cadre de l’activité normale des forces armées, l’autorité militaire peut
prêter son concours sur simple demande des autorités civiles qualifiées. Les mesures
préventives concernent l’ensemble des dispositions pouvant être prises en vue
d’empêcher qu’un trouble à l’ordre public ne se produise. Elles visent aussi à assurer la
protection des installations d’intérêt général et des itinéraires. Les mesures
d’intervention se traduisent par le déploiement de la force publique, selon des
dispositifs et des techniques spécifiques destinés à contrôler, maintenir, filtrer ou
interdire momentanément la liberté de mouvement des personnes dans des espaces
déterminés. En ce cas de nécessité, ces mesures peuvent comprendre l’emploi de la
force avec ou sans usage des armes. La force déployée doit être proportionnée au
trouble à réprimer ; elle doit prendre fin lorsque celui-ci a cessé.

II-FORCES, PHASES D’ENGAGEMENT ET RESPONSABILITES EN MAINTIEN DE


L’ORDRE

1-Les forces déployées en MO


L'ordre est assuré :
 Ordinairement par la Sûreté Nationale et la Gendarmerie Nationale
 Exceptionnellement et complémentairement à ces deux forces par les forces terrestres,
aériennes et marines.

2-Phases d’Engagement en MO
Compte tenu de leur diversité, trois phases sont à considérer.

a- Le maintien de l'ordre préventif

II est à base de renseignement et est assuré par les forces de premières catégories à
travers leurs missions quotidiennes. S'agissant de la Gendarmerie, les éléments de la
Mobile peuvent utilement renforcer les unités territoriales si besoin est.

b- Le maintien de l'ordre actif

II intervient lors des menaces de trouble ou en cas de trouble à l'ordre public. Il est
assuré par les forces de deuxième catégorie et exceptionnellement par les forces de
troisième catégorie si nécessaire.

c- Le maintien de l'ordre renforcé

II est déclenché en cas de trouble grave et généralisé justifiant l'Etat d'urgence ou l'Etat
d'exception. Il fait appel l'ensemble des moyens existants.

III -RESPONSABILITES
Trois grands principes dominent la législation en maintien de l'ordre

1 - Premier principe

Le maintien de l'ordre incombe à l'autorité civile, responsable de la préparation et de


la mise en œuvre des mesures correspondantes. L'article 8 de la Constitution stipule en
particulier : « Le Président de la République représente l'Etat dans tous les actes de la
vie publique. Il est le chef des forces armées, il veille à la sécurité intérieure et
extérieure de la République. » La responsabilité du maintien de l'ordre incombe aux
Gouverneurs et Préfets qui sont les représentants du Chef de l'Etat dans leurs
circonscriptions respectives. Exception En cas de nécessité absolue, si l'autorité civile se
trouve dans l'impossibilité matérielle de procéder régulièrement à une réquisition, les
chefs militaires ou de la Sûreté Nationale susceptibles d'être requis doivent prendre
immédiatement les mesures indispensables au rétablissement de l'autorité dans la
plénitude de ses attributions.

2 - Deuxième principe

L'autorité civile est seul juge du moment où l'engagement des forces armées au
maintien de l'ordre est estimé nécessaire. Celui-ci ne peut intervenir que par voie de
réquisition. Ce principe découle de l'article 5 du décret 70/DF/264 du 04/06/1970 qui
stipule : « Les autorités militaires et de la Sûreté Nationale ne peuvent agir que sur
réquisition des autorités civiles. » Exception Font exception à cette règle les brigades et
les postes de Gendarmerie ainsi que les commissariats de sécurité publique qui sont
considérés sous réquisition permanente dans le cadre des règlements sur les services de
la Gendarmerie Nationale et de la Sûreté Nationale.

3- Troisième principe

La responsabilité de l'exécution des réquisitions incombe à l'autorité militaire qui


reste seul juge des moyens à y consacrer. Ce principe résulte de l'article 8 du décret
70/DF/264 du 04/06/1970 ainsi abrégé : «Les forces armées et de la Sûreté Nationale
agissant en vertu d'une réquisition doivent être employés sous les ordres de leurs
chefs. L'autorité civile fixe leurs missions et les chefs de chacune des forces requises
restant seuls juges et responsables des moyens. »

4 - Obligations des autorités entre elles

Les commandants militaires à tous les niveaux ont le devoir strict de communiquer
leurs renseignements à l'autorité civile compétente. En contrepartie, l'autorité militaire
reçoit communication de toute information susceptible de l'aider dans sa mission.
CHAPITRE 2 : PRINCIPES DU RECOURS AUX FORCES ARMÉES EN M.O
I – PROCESSUS DE MISE EN ACTION DES FORCES ARMEES

Trois manières différentes sont envisagées :

 Sur demande de concours de l'autorité civile ;


 Sur réquisition de l'autorité civile ;
 Sur ordre de l'autorité militaire.

1 - SUR DEMANDE DE L'AUTORITE CIVILE

Par ce biais, l'autorité civile charge sans formalisme particulier l'autorité militaire de
prendre certaines mesures à caractère préventif:

• Soit pour préparer l'intervention des forces de maintien de l'ordre (participation à


l'établissement des plans de protection, prévision des moyens à mettre en œuvre,
conditions de leur intervention, etc.) ;

• Soit pour prévenir des troubles menaçants en montrant la force (patrouille, garde des
points importants, déplacement des troupes, etc.).

2 - SUR REQUISITION DE L'AUTORITE CIVILE

Par cette procédure, l'autorité civile fait obligation à l'autorité militaire de mettre des
moyens à sa disposition. Cette démarche répond à un formalisme particulier dont l'objet
est de garantir la légalité des opérations menées par les forces armées. La liste des
autorités civiles habilitées à délivrer des réquisitions limitative et détaillée à l'article .6
du décret 70/DF/264 du 04/06/1970.

3 - SUR ORDRE DE L'AUTORITE MILITAIRE

Ce cas de figure se présente lorsque l'autorité militaire a en charge le maintien de


l'ordre dans des situations de gravité exceptionnelle, en cas d'insurrection brutale et
organisée, en période exceptionnelle, en zone opérationnelle.

II-RÔLE DE L’AUTORITÉ CIVILE

2.1 - LE RENSEIGNEMENT
La mise en œuvre de la force armée ne pourra être opérante que dans la mesure où
toute improvisation sera évitée. L’autorité civile est responsable de la recherche et de
l’exploitation du renseignement intéressant l’ordre public. Elle informe en temps utile
l’autorité militaire des événements susceptibles de justifier de l’emploi des forces
armées pour le maintien de l’ordre.

2.2 - LA MISE EN ACTION DES FORCES ARMÉES POUR LE MAINTIEN DE L’ORDRE

L’autorité civile décide d’appliquer des mesures préventives ou des mesures


d’intervention selon les circonstances. Elle est seule juge du moment où le renfort des
forces armées est nécessaire. Elle fixe dans ses réquisitions le but à atteindre par les
forces armées. L’autorité civile conserve le contrôle du développement des mesures
mises en œuvre sans s’immiscer dans leur exécution par les forces armées. En fonction
de l’évolution de la situation elle peut, soit modifier, soit suspendre ces mesures. Dans
le cas d’attroupements prévus à l’article 232 du Code pénal Camerounais, le préfet ou le
sous-préfet, le maire ou, un mandaté par l’autorité préfectorale, doit être présent sur
les lieux en vue, le cas échéant, de décider de l’emploi de la force ou de l’usage des
Armes, après sommations. Si elle n’effectue pas elle-même les sommations, l’autorité
civile responsable de l’emploi de la force ou de l’usage des armes désigne un officier de
police judiciaire pour y procéder.

3 - RÔLE DE L’AUTORITÉ MILITAIRE

En fonction des renseignements que lui communique l’autorité susceptible de la


requérir, l’autorité militaire prépare les mesures d’exécution. Elle transmet à l’autorité
requérante les informations qui peuvent étayer ses décisions, notamment pour ce qui
concerne les effectifs susceptibles d’être requis, les moyens dont elle dispose et leur
état d’esprit.

L’autorité militaire est responsable de l’exécution des réquisitions. À ce titre, et tant


que dure l’effet de la réquisition, elle est seule juge des moyens à mettre en œuvre,
sous réserve de certaines dispositions exposées supra, concernant les sommations et
revirement de l’autorité civile. Les forces armées requises doivent se limiter strictement
à la mission définie par la réquisition.

4 - CONCERTATION ENTRE L’AUTORITÉ CIVILE ET L’AUTORITÉ MILITAIRE


Le concours absolu et continu que doivent se prêter l’autorité civile et l’autorité
militaire est la condition première de l’efficacité de la participation des forces armées au
maintien de l’ordre. Un contact permanent doit ainsi être maintenu entre l’autorité
administrative et l’autorité militaire correspondante tant par la mise en commun des
renseignements que pour la mise en œuvre de toutes mesures préventives ou non
intéressant le maintien de l’ordre. L’autorité civile tient le plus grand compte des avis
qui lui sont donnés par l’autorité militaire. L’autorité militaire donne satisfaction dans
toute la mesure du possible aux demandes adressées par l’autorité civile quant aux
effectifs et à la nature des forces à employer. Lorsque les circonstances l’exigent, les
centres de coordination opérationnels de sécurité prévus à l’échelon du département et
de la zone opérationnelle peuvent être mis sur pied. La mise sur pied totale ou partielle
de cette structure est recommandée chaque fois qu’il est envisagé de faire appel à des
forces non spécialisées dans les tâches de maintien de l’ordre et que les effectifs mis en
jeu le justifient. Il importe qu’une organisation rationnelle et sûre des liaisons et
transmissions soit assurée par les autorités responsables.
CHAPITRE 3 : MOYENS MILITAIRES DISPONIBLES POUR LE MAINTIEN DE
L’ORDRE
Pour leur emploi au maintien de l’ordre, les forces armées (défense et sécurité) sont
classées en trois catégories :

1° - Les formations et unités de la Gendarmerie départementale et Unités territoriales


de la Sûreté Nationale ;

2° - Les formations et unités de la Gendarmerie mobile et unités mobiles


d’intervention de la Sûreté Nationale ;

3° - Les formations des forces terrestres, maritimes, aériennes.

Toutefois, parmi ces forces, « la Gendarmerie Nationale constitue une force chargée
d'assurer le maintien de l'ordre et l'exécution des lois» (art 1 Décret 60/280 du 31-12-
1960). Les forces Auxiliaires et supplétives font parties de la première catégorie (Art 5
du Décret N°68/DF/33 du 29 Janvier 1968) Les forces de 1ère catégorie assurent
quotidiennement et d’initiative des missions entrant dans le cadre du maintien de
l’ordre public. Elles sont sous réquisition permanente. Leur engagement en unités
constituées peut également intervenir sur réquisition de l’autorité civile. Leur
entraînement et leurs équipements les destinent en priorité à des missions préventives
dans leur circonscription habituelle. Elles effectuent des services de courte durée ne
nécessitant que de faibles effectifs et interviennent en cas d’urgence en attendant
l’arrivée des forces mobiles. Lorsque la gravité de la situation l’exige, elles agissent en
renforcement du potentiel des forces mobiles employées dans des opérations de
maintien de l’ordre. Les forces de 2ème catégorie constituent une réserve générale à la
disposition du Gouvernement. Elles sont spécialisées dans les différentes missions de
maintien de l’ordre, préventives ou d’intervention. Elles reçoivent pour ces dernières,
un entraînement et des moyens adaptés. Elles ne peuvent être employées à des gardes
statiques que de manière exceptionnelle. Les forces de 3ème catégorie comptent pour
une grande part des unités ayant une organisation, un armement, des équipements, une
instruction et souvent une technicité qui les destinent en priorité :

- à des missions tendant à renforcer les unités de 1ère et 2ème catégories, ainsi que les
forces de police ;
- à des missions de protection, notamment la garde de locaux ou centres importants
constituant des points sensibles au regard des plans de protection.

En dernier ressort, elles peuvent être requises pour des opérations de force
nécessitant des mesures de sûreté exceptionnelles. Les unités spéciales de la
Gendarmerie (GPIGN, ERIGN), mises sur pied et relevant de la réserve du ministre de la
Défense, sont destinées à remplir en priorité des missions de sûreté et de lutte
Antiterroriste afin d’en décharger les forces de 1ère et 2ème catégories ainsi rendues
disponibles pour remplir leurs missions prioritaires et respectives de renseignement et
d’intervention dans le cadre du maintien de l’ordre.
CHAPITRE 4 : PROCÉDURES DE RECOURS AUX FORCES ARMÉES-LES
REQUISITIONS

I - DEFINITION
C'est une demande soumise à une forme et à une procédure déterminée, adressée à une
autorité militaire ou de la Sûreté Nationale qualifiée, par une autorité civile légalement
investie du droit de la faire agir, dans le but de lui confier une mission légale, précise et
déterminée.

II - NATURE DES REQUISITIONS

Les diverses Réquisitions qui peuvent être délivrées en vue du maintien de l'ordre
sont classées en trois catégories.

A-Les réquisitions générales

Elles ont pour objet d’obtenir des autorités militaires un ensemble de moyens en vue
de leur utilisation pour le maintien de l’ordre. Elles constituent un préavis d'emploi.

B-Les réquisitions particulières

Elles ont pour objet de confier à une formation déterminée une mission précise et
délimitée. En cas d'urgence, elles peuvent ne pas être précédées d'une réquisition
générale. Elles peuvent prescrire l'usage ou non de la force, mais ne suffisent pas pour
prescrire l'usage des armes.

C-Les réquisitions spéciales

Sous la responsabilité de l'autorité administrative, elles ont pour but d'autoriser


l'usage des armes au maintien de l'ordre lorsque les forces de maintien de l'ordre ne
peuvent se défendre autrement (Art 4, Loi 90/054 du 19/12/1990). Les cas d'usage des
armes prévus par la loi sont limités à deux. Quel que soit le type de réquisition délivrée,
l’autorité requérante peut toujours substituer une réquisition nouvelle à la réquisition
initiale.
Quand la réquisition a pour objet la dispersion d’un attroupement par l’emploi
de la force, la mention ci-dessous devra obligatoirement être portée dans le texte
de la réquisition :

-s’il s’agit d’une réquisition particulière : «L’emploi de la force pour l’exécution de


la présente réquisition ne comporte pas l’usage des armes» ;

- s’il s’agit d’une réquisition spéciale : «L’emploi de la force pour l’exécution de la


présente réquisition comporte l’usage des armes, l’autorité militaire reste libre
d’en régler l’emploi». Ces réquisitions sont répétées chaque fois que l’autorité
civile juge nécessaire l’emploi de la force avec ou sans usage des armes. À une
réquisition générale comme à une réquisition particulière, l’autorité requérante
joint les indications sur la nature et l’effectif des moyens à employer ainsi que son
avis personnel sur les dispositions à prendre, notamment sur les point suivants :
moment le plus favorable pour l’arrivée des unités, points à occuper, mode
d’accès des unités à ces points, conduite générale à tenir par les unités à l’arrivée.
Les indications et avis de l’autorité requérante constituent un élément important
pour l’autorité requise, mais ils ne sauraient engager cette dernière. Pour une
réquisition générale, indication est faite des autorités qualifiées pour fixer les
missions aux unités sur place. Pour une réquisition particulière, cette indication
est remplacée par celle de l’autorité civile qualifiée pour décider de l’emploi de la
force. L’autorité requérante précise le mieux possible, la durée de la réquisition.
Cette précision permet à l’autorité militaire de prendre des dispositions pour
assurer éventuellement le ravitaillement et l’hébergement des unités requises et
prévoir les relèves nécessaires. Si la prorogation de l’emploi des forces s’avère
nécessaire, une nouvelle réquisition doit être délivrée à l’autorité requise avant
l’expiration du délai fixé par la réquisition précédente. Lorsque sa mission est
terminée, le commandant de l’unité informe l’autorité requérante de son
exécution. L’autorité requise peut, si l’aggravation de la situation extérieure
l’exige, récupérer, dans les délais d’alerte notifiés à l’autorité requérante, les
unités normalement prévues pour d’autres missions. Elle en informe au préalable
l’autorité requérante, et s’efforce de continuer au mieux, l’exécution de la
mission reçue avec les moyens dont elle dispose ou qui lui sont accordés en
remplacement.

III - CONDITIONS AUXQUELLES SONT SOUMISES LES REQUISITIONS


Elles sont au nombre de trois.

♦ Condition de personne : Le pouvoir de réquisition est attribué de manière


limitative.

♦ Condition de lieu : Les réquisitions ne peuvent être exécutées que dans


les circonscriptions respectives des autorités requérantes et requises.

♦ Condition de forme : Elles sont faites par écrit, datées, signées et


rédigées dans une forme prescrite. En cas d'urgence, elles peuvent être
télégraphiques, mais confirmation écrite doit suivre (Art 7, Décret 70/DF/264 du
04/06/1970 et Art 23, Décret 60/280 du 31/12/1960). Elles peuvent comporter
des indications complémentaires qui varient suivant la nature de la réquisition.

IV - AUTORITÉS POUVANT REQUÉRIR LES FORCES ARMÉES POUR LE MO


Les autorités susceptibles de requérir les forces armées sont :

1° - Le Président de la République Les Ministres ayant reçu délégation du Le


Président de la République - Les Gouverneurs sur délégation du Président de la
République - Les Préfets par l'intermédiaire des gouverneurs ;

2° - Les présidents du Sénat et de l’Assemblée nationale chargés de veiller à la


sûreté intérieure et du MO de l’assemblée qu’ils président. Ils ont, du point de
vue des réquisitions, des droits spéciaux qui font l’objet de dispositions
particulières ;

3° - Les gouverneurs par délégation et, par subdélégation les préfets de


département dans les limites de leur compétence territoriale;

4° - Les présidents de cours et de tribunaux civils et militaires pour le maintien de


l’ordre dans les enceintes où ils sont compétents ;

5° - Les Représentant d’ELECAM.

6° - En outre, dans les cas urgents, les Commandants d'Unités de la Gendarmerie


peuvent requérir directement l'assistance de la troupe (Art 60, Décret 60/280 du
31/12/1960). Toutes les dispositions citées supra ne font pas obstacle aux
pouvoirs des procureurs généraux, des procureurs de la République, des juges
d’instruction, des officiers de police judiciaire dans l’exercice de leurs fonctions en
matière de réquisition judiciaire.

V - SATISFACTION DES RÉQUISITIONS

Si la réquisition n’est pas remise en mains propres à l’autorité requise, elle peut
lui être notifiée par écrit ou par message. Elle est exécutoire dès sa réception.
Toutefois, lorsqu’elle est adressée par message, elle doit être suivie d’une
confirmation écrite dans les meilleurs délais. La responsabilité du chef militaire
qui, avant d’avoir reçu cette confirmation, procède à l’exécution de la réquisition,
est couverte par la présente instruction. Si la réquisition est régulière en la forme,
l’autorité militaire en assure l’exécution. Elle rend compte le plus tôt possible à
l’autorité qui lui est hiérarchiquement supérieure de la réquisition reçue et des
dispositions prises ou prévues pour y déférer. Si la réquisition n’est pas faite dans
les conditions imposées, l’autorité militaire fait part à l’autorité civile de cette
irrégularité et l’informe de l’impossibilité dans laquelle elle se trouve de
l’exécuter. Néanmoins, elle prépare l’exécution, mais ne l'exécute qu’après que
l’autorité civile a fait disparaître l’irrégularité signalée. Si les indications
mentionnées ci-dessus ont été omises par l’autorité civile, l’autorité militaire en
prend acte, en informe l’autorité civile pour en provoquer l’envoi, rend compte à
l’autorité hiérarchique, mais exécute néanmoins la réquisition sous sa
responsabilité en s’inspirant des circonstances et du but à atteindre. Elle fait
procéder sans délai à l’exécution de la mission reçue avec les moyens les mieux
appropriés.
CHAPITRE 5 : ORGANISATION ET EMPLOI DES FORCES ARMÉES
AU MAINTIEN DE L’ORDRE
I-ORGANISATION
Les éléments des forces armées placés sous réquisition reçoivent leurs ordres d’un
chef militaire unique et de son état-major dont le mode de désignation fait l’objet
d’instructions particulières du ministre de la Défense qui en tient informé le ministre de
l’Administration Territoriale et de la décentralisation sont appelées à coopérer à
l’exécution d’une même mission, le commandement d’ensemble est en principe assuré
par un officier des forces de première ou de deuxième catégorie. Les dispositions sont
prises alors pour que cet officier soit le plus ancien dans le grade le plus élevé. Pour
l’exécution des mesures d’intervention, l’emploi des escadrons ou compagnies en unités
constituées est le principe. Toutefois, lorsque l’importance et la nature de la mission et
les moyens de liaisons et de communications le permettent, une articulation fractionnée
peut être envisagée. Les aéronefs de l’armée de Terre, de l’Air ou de la Marine, lorsqu’ils
sont chargés d’une mission pouvant comporter l’emploi de la force, doivent être
obligatoirement employés aux ordres d’un officier chef de détachement, responsable de
l’exécution technique et du respect des règles de sécurité. Les forces employées au
maintien de l’ordre sont dotées soit de leur équipement et armement organiques, soit
d’un équipement et d’un armement réduits. Toutefois, ne peuvent être engagés
qu’après autorisation du Président de la République ou de l’autorité à laquelle il a donné
délégation :

- l’armement à grande puissance (canons, bombes, mines, roquettes, etc.) ;

- les véhicules blindés ;

- les bâtiments et aéronefs

Les préfets peuvent avoir subdélégation pour requérir l’emploi d’un peloton de
véhicules blindés à roues de la Gendarmerie. Les forces armées pourront être, en outre,
dotées de matériels spéciaux tels que les grenades fumigènes, les grenades
lacrymogènes, les équipements de protection et de sécurité, ou de moyens de défense
passifs. Cet équipement spécial est pris sur ordre de l’autorité requise. Des instructions
ministérielles fixeront les conditions (nature, importance, mode de transport) dans
lesquelles les munitions sont prises. Toute unité appelée à marcher pour l’exécution
d’une réquisition doit disposer de moyens sonores et visuels permettant à une autorité
habilitée de procéder aux sommations.

II-EMPLOI DE LA FORCE
Dans le cas d’attroupements prévus à l’article 232, du Code pénal, les forces armées
participant au maintien de l’ordre doivent être accompagnées d'une autorité habilitée.
Seule cette autorité décide de l’emploi de la force et de l’usage des armes et délivre les
réquisitions particulières et spéciales. Si elle n’effectue pas elle-même les sommations,
l’autorité civile responsable de l’emploi de la force désigne un officier de police
judiciaire pour y procéder. En application de l’article 232, du Code pénal Camerounais,
les représentants de la force publique appelés en vue de dissiper un attroupement
peuvent faire directement usage de la force et ou des armes si des violences ou voies de
fait graves et généralisées sont exercées contre eux, s’il est usage d’armes à feu contre
eux ou s’ils ne peuvent défendre autrement le terrain qu’ils occupent. Dans ce cas, le
commandant de l’unité, quand les circonstances le lui permettent, a le devoir d’avertir
les assaillants par un avis prononcé à haute voix que l’emploi de la force ou l’usage des
armes va être ordonné. À cet effet, il est fait emploi dans la mesure du possible d’un
appareil haut-parleur. En principe, l’avertissement est précédé soit d’un signal sonore,
soit d’un signal lumineux (fusée rouge). Avant d’agir, le commandant de la force armée
laissera s’écouler autant de temps que lui permettra la sécurité de son unité ou
l’accomplissement de la mission qu’il a reçue. Quand l’usage du feu ou d’engins
explosifs doit être renouvelé, il doit être procédé toutes les fois que cela est possible, à
un nouvel avertissement. Tout officier de police judiciaire territorialement compétent
sur les lieux de l’attroupement est habilité à procéder aux interpellations avec, en cas de
besoin, l’aide de la force armée requise. L’emploi de la force n’implique pas
nécessairement l’usage des armes. Le principe de riposte graduée s'applique en toutes
circonstances. Les forces armées, et particulièrement les cadres, doivent s’employer à
éviter tout usage des armes en faisant preuve jusqu’aux dernières limites de calme et de
sang-froid, en utilisant tous les autres moyens jusqu'à épuisement. Ainsi, il est fait
emploi de matériels spécifiques (moyens de force intermédiaire...) et moyens passifs de
défense, afin d’éviter, dans toute la mesure du possible, le recours aux armes. L’usage
des armes par les forces armées est toujours commandé par leurs chefs militaires. Il
comprend l’usage :

- des armes blanches ;


- des armes à feu ;

- des engins explosifs.

S’il est fait usage du feu ou d’engins explosifs, le commandant de l’unité fait cesser le
tir immédiatement après les premiers coups. L’usage des armes dont la liste est défini
ci-dessus, ne peut se motiver, pour des militaires isolés, qu’en cas de légitime défense.
L’emploi du tir à blanc ou du tir en l’air est interdit. Lorsque le commandant d’une unité
des forces maritimes ou aériennes a reçu mission comportant l’usage des armes depuis
un bâtiment ou un appareil, il doit avertir de l’ouverture prochaine du feu par tout
signal approprié (sirène, flamme ou pavillon rouge, fusée ou feu rouge, etc.). Cas
particulier de l'emploi de la force et de l'usage des armes dans le cadre d'opérations
extérieures. Les unités déplacées sur des théâtres d'opérations sont soumises à
l'application des R.O.E. (Rules Of Engagement) du théâtre en question.
CHAPITRE 6 : LEGITME DEFENSE ETUSAGE DES ARMES AU MAINTIEN DE
L’ORDRE - LA LEGITIME DEFENSE INDIVIDUELLE AU MAINTIEN
DEL'ORDRE
I-GENERALITES
La légitime défense est l'état dans lequel se trouve celui qui commet un homicide,
occasionne des blessures ou porte des coups en se défendant soi-même ou en
défendant autrui contre une attaque actuelle et injuste. Les conditions de la légitime
défense sont les suivantes :

 L’attaque ou l'agression (contre soi-même ou contre autrui) doit être orienté contre la
vie ou l'intégrité corporelle ;
 L’attaque doit être imminente, actuelle (ni passée, ni éventuelle) et injuste(en violation
de la loi) ; la défense doit être mesurée et nécessaire (proportionnelle à l'agression).
Dans la mesure où ces conditions sont réunies, la légitime défense ne donne pas lieu à
des poursuites judiciaires.

II-JUSTIFICATION DU DROIT DE LA LEGITIME DEFENSE


A-Exemple

1) Seul et entouré par un groupe de manifestants agressifs, vous tirez sur l'un d'eux au
moment où il va vous poignarder; Vous avez agi en légitime défense car :
• Votre vie était directement menacée ;
• le danger était imminent ;
• l'acte d'agression était commis en violation de la loi.

B-Contre-exemples

Votre défense ne serait plus légitime dans les situations suivantes :

1) Etant parvenu à vous dégager du groupe de manifestants hostiles, vous faites usage
de votre arme (cet acte n'était plus nécessaire).

2) Ayant mis en fuite les manifestants qui tentaient d'arracher votre arme, vous tirez sur
eux (la réaction n'était pas concomitante à l'agression).
3) Ayant neutralisé votre agresseur de telle manière que votre vie ne soit plus en
danger, vous le tuez (l'adversaire était rendu inoffensif).

4) Etant seulement l'objet d'invectives, vous répondez par un coup de feu (la réaction
n'était pas proportionnée à l'attaque).

Nota : La violence inspirée par l'émotion, la peur ou la colère ne peut être considérée
comme un acte de défense mais de vengeance.

III-LA LEGITIME DEFENSE INDIVIDUELLE AU MAINTIEN DE L'ORDRE


En général vous participez au maintien de l'ordre en unité constituée.
Exceptionnellement, il se peut que dans le cadre de ces opérations, vous soyez amené à
agir individuellement :

 Soit pour mener à bien une mission particulière ;


 Soit qu'exceptionnellement vous vous trouviez isolé du reste de la troupe. Ainsi privé
momentanément de la protection de vos camarades, vous serez peut-être obligé de
vous défendre ou de défendre autrui en employant la force avec ou sans usage des
armes en fonction de la situation.

A-Exemples

1) Effectuant une liaison comme estafette motocycliste, vous vous frayez de force un
passage à travers un groupe de manifestants pour remplir votre mission.

2) Après une charge, vous êtes amené à vous dégager par la force pour éviter d'être
encerclé par des manifestants.

B-Règles à observer

Pour éviter de vous retrouver confronté à une situation dont les conséquences peuvent
être dramatiques, il est important de respecter les règles suivantes :

1) Lorsque vous recevez un ordre de repli, le chef vérifie que tout le personnel suit, les
hommes sont au coude-à-coude et en liaison avec leur chef.

2) Si vous êtes isolé au milieu des manifestants hostiles, dégagez-vous en vous


défendant, mais évitez d'ouvrir le feu et rejoignez votre unité ou un élément ami.
Remarque :
 Un gendarme isolé est un blessé en puissance voire un homme mort. 
L'empoignade individuelle cause des blessures, sème la haine, laisse de la
rancœur chez l'adversaire.
 L'usage des armes a des effets meurtriers qui donnent aussitôt un caractère
d'extrême gravité à la situation.

IV-DISPOSITIONS APRENDRE
Tout homicide ou blessure causé(e) en état de légitime défense fait l'objet d'une
procédure judiciaire dont le but est de permettre :

♦ D'établir l'existence des faits justificatifs de l'acte délictueux commis en état de


légitime défense ;

♦ De faire profiter à l'auteur de l'acte du bénéfice de l'irresponsabilité pénale. Par


conséquent votre déposition est essentielle. Il faut donc retenir :

 Tout ce qui repérer lieu où vous avez été victime de l'agression ;


 Tout ce qui peut faire reconnaître vos agresseurs (détails physiques ou
vestimentaires) ;
 Noms des témoins (camarades ou toute autre personne)
 Faire constater dès votre retour au commandant d'unité l'état de vos armes et
munitions si vous avez dû en faire usage ;
 Etablir immédiatement un compte-rendu détaillé (circonstances, nombre de coups
tirés, type de munitions utilisées, conséquences, etc.).
CHAPITRE 7 : L'USAGE DES ARMES AU MAINTIEN DE L'ORDRE

I - GENERALITES
Le recours à l'usage des armes ne doit s'envisager que lorsque tous les autres moyens
se sont avérés infructueux. Il ne doit jamais constituer une réponse disproportionnée
aux désordres et aux actes d'hostilité perpétrés par les manifestants. Il doit être
envisagé en tant que ultime moyen de défense et avec un certain nombre de
précautions. L'usage des armes est une responsabilité (légale, morale et humaine)
douloureuse du chef.

II - CAS D'USAGE DES ARMES AU MAINTIEN DE L'ORDRE


En principe l'usage des armes est interdit dans les opérations courantes de maintien
de l'ordre. Toutefois, il existe deux cas où l'autorité civile peut l'autoriser. Ces
possibilités restent soumises malgré tout à des règles strictes que sont :

 La délivrance d'une réquisition spéciale ;


 L'exécution des sommations.

A-Premier cas :

Si des violences ou voies de fait graves et généralisées sont exercées contre les
éléments des forces de maintien de l’ordre II s'agit d'une légitime défense qualifiée
couramment de collective par opposition à la légitime défense individuelle telle que
prévue par l'article 84 du code pénal. En effet, étant donné qu'il s'agit d'une unité
encadrée et commandée, il faut que le péril soit suffisamment sérieux pour placer son
chef dans l'obligation de solliciter de l'autorité civile responsable, l'autorisation expresse
de faire usage des armes pour conserver l'intégrité de sa troupe.

B-Deuxième cas:

S'il est fait usage d'arme à feu contre les forces de maintien de l'ordre II s'agit ici de
sanctionner de manière précise un acte d'agression caractérisé et particulièrement
lourd de conséquences. De ce fait, il s'avère que l'usage d'armes autres que celles à feu
(flèches, sagaies, machettes, ...) ne peut être assimilé à ce cas. Toutefois, en fonction de
son importance et de sa nature, l'agression peut être considérée sous l'angle: des
violences graves et généralisées prévues dans le premier cas.

III - REGLES GENERALES POUR L'USAGE DES ARMES

A-L' usage des armes par les éléments des forces de l'ordre est toujours commandé
par leur chef (militaire ou de la Sûreté Nationale).

En effet, investi par la loi de la légitime défense collective de son unité, il appartient
au chef de régler l'emploi des armes. Il s'en suit que les éléments de la troupe
rassemblée ont interdiction de faire usage de leurs armes sans ordre et
individuellement. L'emploi des armes à feu ne peut donc se justifier pour les isolés qu'en
cas de légitime défense individuelle.

B-L' usage des armes au maintien de l'ordre comporte celui des engins explosifs et
celui des armes à feu.

 L'usage d'armes à feu ou d'engins explosifs doit être organisé :


 Le tir à blanc et le tir en l'air sont interdits ;
 Lorsque c'est possible.

-Les engins explosifs sont à lancer dans les vides du dispositif adverse et non au milieu
de la foule ;

-Les tirs d'armes à feu doivent être dirigés sur les côtés de l'attroupement ou dans les
jambes des assaillants.

 L'usage des armes doit intervenir en dernier ressort.

Chacun doit s'employer à retarder le plus possible le moment où l'usage des armes
s'avère indispensable. Compte tenu des moyens dont disposent les forces de maintien
de l'ordre, il est toujours possible d'adapter de niveau d'intervention à celui de la
menace encourue.
CHAPITRE 8 : ATTROUPEMENTS, REUNIONS ET MANIFESTATIONS

I-LES ATTROUPEMENTS : GENERALITES


 L’attroupement est le rassemblement de personnes qui se situe à la limite extrême
entre les mouvements populaires réputés non violents et les mouvements avec violence
tel que l’émeute ou rébellion. Il constitue la transition entre les manifestations
assemblées ou rassemblements, en principe pacifiques et les atteintes plus ou moins
graves à l’ordre public.
 Les attroupements sont la menace principale contre l’ordre public.
Ils peuvent en effet être:
- Soit des causes de troubles pour la tranquillité publique.
- Soit des mouvements visant à mettre en échec l’exécution des lois,
règlements ou des arrêtés.
- Soit mener à émeute ou à la sédition.

II – REUNIONS ET MANIFESTATIONS: GENERALITES

Une réunion est une assemblé de personnes réunis dans un lieu bien précis en
principe dans un lieu ouvert au public ( salles de café ou de cinéma) et dans un but qui,
la plupart du temps ne peut être considéré comme susceptible de troubler l’ordre
public.
« Les réunions dans les lieux ouverts au public sont libres sous la réserve de
l’autorisation par écrit (récépissé de l’autorité administrative délivrée suite à la
déclaration préalable trois jours franc avant sa tenue » Un lieu public relève de l’espace
commun. Les réunions sur la voie public (rues, places publique sont interdites).
Tous les cortèges, les défilés, rassemblements de personnes et d’une façon générale
toute manifestation à caractère pacifique sur la voie publique sont soumises à la
déclaration préalable à l’exception des sorties conformes aux traditions et usages locaux
et religieux, la déclaration est faite à l’autorité administrative sept jours avant la date de
la manifestation.
Si l’autorité administrative estime qu’il y’a risque sérieux de trouble à l’ordre public,
elle peut :
- Soit assigner un autre lieu ou itinéraire à la manifestation.
- Soit l’interdire par arrêté et notifier immédiatement à l’organisateur.
Dans ce dernier cas celui-ci peut saisir par une requête le Procureur de la République
du Tribunal de Grande instance qui statut dans un délai de 08 jours.

 INFRACTION (art 231 CP)

Est punis de 15 jours de prison et de 5000 à 1.000000 de francs CFA celui qui se
rend coupable des infractions ci-après

 Participer à l’organisation de toute réunion ou manifestation dans un lieu


ouvert au public, sans déclaration au préalable ou avant expiration du
préavis requis ou après notification de l’interdiction.
 Adresser par quelque moyens que ce soit une convocation à prendre part à
toute réunion ou manifestation avant la dite déclaration ou après ladite
interdiction.
 Faire une fausse déclaration sur les conditions ou l’objet de la réunion ou
de la manifestation.

III-LES ATTROUPEMENTS NON ARMES ET LES ATTROUPEMENTS ARMES

 Il y’a attroupement lorsque cinq personnes au moins sont rassemblées sur la


voie publique et sont susceptibles de troubler la paix publique (art 232 du
CP).
 Constitue un attroupement armé tout rassemblement d’au moins cinq
personnes sur la voie publique dont un est porteur d’une arme apparente ou
cachée (art 233 du CP).
 En dehors des armes proprement dites, sont considérés comme arme au sens
du code pénal camerounais tous les objets portés avec l’intention d’en faire
usage pour causer des dégâts corporels ou matériels (art 117 du CP).
CHAPITRE 9 : LA DISPERSION DES ATTROUPEMENTS

I- GENERALITES

Procéder à la dispersion des attroupements est soumis au strict respect des formalités
légales. C’est une opération en deux temps qui nécessité au préalable :

 De bien mettre en évidence la responsabilité de l’autorité civile d’une part,


 De permettre aux citoyens de se soumettre à la loi avant la mise en œuvre de
la force publique d’autre part.
Ces deux temps sont :
- La décision de l’emploi de la force par la délivrance d’une réquisition,
- L’exécution des sommations.
La décision de faire disperser l’attroupement appartient aux autorités ayant le droit de
réquisition. L’exécution des sommations relève des autorités administratives, du maire
ou de l’un de ses adjoints, du commissaire de police ou de tout agent ou dépositaire de
la force publique en uniforme et portant l’écharpe tricolore. Les sommations précédent
toute dispersion d’attroupement proprement dite.

II- LA DISPERSION D’ATTROUPEMENTS PROPREMENT DITE

- Les sommations légales en vue d’en dispersion des attroupements dépendent des
attitudes adoptés par les manifestants. Dans tous les cas elles doivent être faites d’un ton
ferme.
- En employant un haut-parleur ou une forte voix.
En les faisant toujours précédés d’avertissements : sonnerie de trompette, roulement
de tambour ou signal lumineux, fumées ou feu rouge), elles nécessitent la présence
d’autorités ci-dessus mentionnées et dont l’arrivée sur les lieux est précédé d’un signal
sonore ou lumineux.

a- Dispersion par la force sans usage des armes.


Si l’attroupement est sans arme après délivrance de la réquisition particulière et
prescrivant l’emploi de la force et l’exécution de l’avertissement sonore et lumineux et
l’autorité exhortera les citoyens à se disperser au moyen de la formule
suivante« Obéissance à la loi, on va faire usage de la force, que les bons citoyens se
retirent ». S’ils ne sertirent pas, cette sommation sera répète deux fois. En cas de
résistance l’attroupement sera dispersé par la force.

b- Dispersion avec usage des armes

Lorsque la dispersion de l’attroupement ne peut intervenir autrement qu’en faisant


l’usage des armes, la nature des sommations après délivrance des réquisitions spéciales
change comme suit :
« Obéissance à la loi, on va faire usage des armes, que les bons citoyens se retirent »
Cette sommation est toujours accompagnée d’un signal sonore ou lumineux et réitéré une
fois dans la mesure du possible. En cas d’impossibilité et que les personnes attroupées ne se
retirent pas (maximum quinze minutes en état de résistance), la force des armes sera à
l’instant déployée.
CHAPITRE 10 : LES INFRACTIONS AU MAINTIEN DE L’ORDRE

I-INFRACTIONS COMMISES ENVERS LES MEMBRES DES FORCES DE


MAINTIEN DE L’ORDRE

 OUTRAGE A FONCTIONNAIRE (Art 154 du CP)


L’article 152 du code pénal stipule que la diffamation, injure ou menaces faite par des
gestes, paroles ou cris profères dans les lieux ouverts au public soit par tout procède
destiné à atteindre le public sont qualifiés d’outrage.

Eléments constitutifs :

- Victime : le fonctionnaire au sens de l’article 151 du CP, soit tout militaire de la


Gendarmerie Nationale.
- Circonstances : dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de ses fonctions.
- Fait matériel : Outrage portant atteinte à l’honneur.
- Pénalités : Trois mois à trois ans de prison et 100.000 à 200.000 FCFA d’amende.

 VIOLENCE A FONCTIONNAIRE (Art 156 du CP)

Définition : Les violences sont des atteintes corporelles de tout ordre tel que coups et
blessures diverses (blessures simples légères et graves).

Eléments constitutifs : Victime, fonctionnaire au sens de l’article 161 du CP.


- Circonstances échangées : Dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de ses
fonctions.
- Fait matériel : atteintes corporelles ou voies de faits.
- Pénalités : un mois à trois mois de prison, 5.000 à 100.000FCFA d’amende.

 REBELLION (Art 157 du CP)

Définition : Il s’agit d’empêcher à l’aide de violences ou voies de faits quiconque …. Pour


l’exécution des lois,, des règlements, des décisions judiciaires ou d’ordre légitime
d’accomplir la mission dont il est légalement chargé.
Eléments constitutifs : victime fonctionnaire dans le sens de l’article 131 du CP.
- Circonstances échangées : Dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de ses
fonctions.
- Pénalités :
 Rébellion simple : 3 mois à 4 ans de prison.
 Rébellion d’un individu armée : 1 an à 4 ans d’emprisonnement.
 Rébellion en groupe : 1 an à 3 ans d’emprisonnement.
 Rébellion en groupe armée : 5 ans à 15 ans d’emprisonnement.

II-LES INFRACTIONS A NE PAS COMMETRE PAR LES FORCES DE L’ORDRE


 Violation de domicile (Art 299 du CP)
Définition : C’est l’action de s’introduire ou de se maintenir dans le domicile
d’autrui contre son gré. Il s’agit ici du local servant même à l’habitation
provisoirement ou d’un lieu affecté à l’exercice d’un travail ou d’une
profession.
 Violence exercée par un fonctionnaire contre autrui (Art 132 du CP)
Définition : Sous réserve des peines plus sévères, est puni d’un
emprisonnement de six mois à cinq ans le fonctionnaire coupable de
violences à autrui.
 Tolérance d’un attroupement (Art 145 du CP)
Définition : C’est le fait pour un fonctionnaire qui ayant le pouvoir, le devoir
et la possibilité de disperser un attroupement s’en abstient ;

 L’emploi illegal de la force (Art 128 du CP)


Définition : C’est le fait de requérir ou d’ordonner l’action ou l’emploi de la
force publique contre …. D’une disposition législative ou règlementaire ou
d’un ordre légitime soit de la justice soit de la législation.

 La torture (Art 132-bis du CP)


Définition : La torture désigne tout acte par lequel une douleur ou des
souffrances aiguës, physiques, mentales ou mariales sont intentionnellement
infligés à une personne par un fonctionnaire ou toute autre personne
agissant à titre officielle à son indignation avec son consentement expresse
ou tacite.
III-INFRACTIONS RELATIVESAU RESPECT DE LA PROPRIETE

 Dégradation, Destruction et Pillage (Art 187 du CP)


Définition : C’est le fait de pratiquer sur les biens d’autrui ou Nationaux par
action par intension des dommages matériels d’ordre portant atteinte à
l’intégrité de celui-ci.

 Bris de Clôture (Art 317 du CP)


Définition :
Il s’agit de façon partielle ou totale de détruire une clôture appartenant à
autrui. Par clôture il faut entendre en particulier (les portes, les fenêtres
intérieures ou extérieures d’une propriété, mais aussi les fossés, les haies
vives des barrières, murs, …les murs limitant les propriétés ou en interdisant
l’accès.
CHAPITRE 11 : LES ARRESTATIONS AU MAINTIEN DE L’ORDRE

GENERALITES

En dehors des simples appréhensions qui n’ont le plus souvent pour objet que
neutraliser pour un temps court le manifestant virulent, l’unité peut aussi être amené à
effectuer des interpellations en cas de flagrant délit.
Pour que ces infractions puissent être reconnus, il est indispensable que les personnes
interpelles soient présentées au magistrat accompagnées d’un procès-verbal indiquant
nettement :
 Le motif de l’arrestation,
 Les éléments de preuve permettant de constituer l’infraction,
 L’identité du ou des témoins.
En l’absence de l’une de ces précisions, le magistrat se trouve dans l’obligation… de
relaxer le ou les personnes interpellées.
Psychologiquement, ces relaxes sont néfastes pour la suite des opérations car :
 Aux manifestants elles donnent un sentiment d’impunité et font croire à la
faiblesse des pouvoirs publics.
 Aux forces de l’ordre, elles laissent une impression décevante de leurs aveux et
leur autorité.
Il importe donc de faire consigner, même dans le feu de l’action les éléments
indispensables à la rédaction du procès-verbal accompagnant le délinquant pour sa
présentation devant le magistrat.

A-COLLECTE DES RENSEIGNEMENTS

Dans la majorité des cas, le gendarme en premier ligne n’a Nul temps, ni les moyens de
relever lui-même par écrit les moyens pour lequel il pratique une arrestation.
Il lui est aussi le plus souvent impossible d’accompagner à l’arrière l’individu arrête.
Cette pratique risque de le tenir trop loin de l’action et par généralisation aboutirait à une
dégradation de la ligne de contact.
Il faut donc prévoir à l’arrière un élément ayant pour mission de rassembler dans ce
carnet de déclaration de manière succincte, les renseignements nécessaires à la rédaction
ultérieure du procès-verbal (personnel pouvant être utilement fourni par la gendarmerie
territoriale).
 L’identité du délinquant (jour, heure et lieu de l’arrestation)
 Nom du Gendarme ayant relevé l’infraction.
 Nom du ou des gendarmes ayant ramenées le délinquant.
 Infractions relevés et pièces à conviction saisies sur le manifestant.
 Noms des témoins.
 Destination donnée à la personne interpelle.
 N° du procès-verbal.
 Observations éventuelles (présence d’autres délinquants, attitude…)
La fouille méthodique doit toujours être pratiquée et des mesures doivent être prises
pour que les objets saisies à titre d’indices ou de preuve (armes projectiles etc.)
accompagnent sans risque d’erreurs les personnes appréhendées.

B-REDACTION DU PROCES-VERBAL
Dans la rédaction du procès-verbal, le Gendarme doit s’attacher à caractériser
nettement l’infraction en prouvant l’existence de chacun des éléments constitutifs.

C-GARDE DES PERSONNES APPREHENDEES

Conduite au véhicule par la réserve, leur garde est assurée si possible par les conducteurs
de véhicules ou dans le cas contraire par un détachement de garde spécialement désigné.
CHAPITRE 12 : L’ECOLE DU GENDARME

I-LES POSITIONS D’ENSEMBLE

A-La chaine par les mains

Elle est formée pour contenir une foule, la canaliser, lui interdire un accès. Elle est
prise à partir de la position d’attente après les commandements ci-après :
 Sur la droite et par les mains formez la chaine.
- Sur la gauche et par la main formez la chaine
- Sur le centre et par les mains formez la chaine.
 La position d’attente est reprise par le commandement suivant : Rompez la
chaine.

B- La chaine par les bras

Elle est formée pour contenir une foule mais pressante, la canalisé et lui
interdire un accès précis. Elle se forme au commandement ci-après :
- Sur la gauche et par les bras formez la chaine.
- Sur la droite et par les bras formez la chaine.
- Sur le centre et par les bras formez la chaine.
 La position d’attente est reprise au commandement suivant : Rompez la
chaine.
C- La chaine par les ceinturons

Elle est prise à partir de la position d’attente, pour contenir une foule calme
mais beaucoup plus pressante pour la canalisé et lui interdire un accès. Elle est
prise au commandement ci-après :

- Sur la gauche par les ceinturons formez la chaine.


- Sur la droite par les ceinturons formez la chaine.
- Sur le centre et par les ceinturons formez la chaine.
 La position d’attente est reprise au commandement suivant : Rompez la
chaine
II-LES MOUVEMENTS AVEC BOUCLIER

A-LA POSITION D’ATTENTE

La position d’attente est prise lors des déplacements, lors d’un barrage, au
contact d’une foule encore non hostile et lors des stationnements. Elle s’exécute
au commandement « bouclier en position d’attente ».

B-LA POSITION D’UTILISATION

Elle est prise à partir de la position d’attente lors d’un barrage au contact d’une
foule hostile. Lors d’un bond offensif ou lors d’une charge. Elle s’exécute au
commandement « Bouclier en position ».

C-LA VOUTE AVEC LES BOUCLIERS


Elle se forme à partir de la position d’attente au commandement suivant :
« avec les boucliers formez la voute ». La position d’attente est reprise au
commandement suivant : « Rompez la vote ».
La voute est prise pour :
 Franchir une zone soumise à des jets de projectile.
 Protéger les porteurs de bouclier.
 Protéger les personnalités se déplaçant sous la voute.

III-LES RASSEMBLEMENTS

A-LES RASSEMBLEMENTS EN COLONNE DE PELOTON

Les pelotons sont alignés les uns après les autres face à la direction indiquée.
Cette disposition est prise lors des déplacements.

B-RASSEMBLEMENT EN LIGNE DE PELOTON PREMIERE VARIANTE

Dans ce cas, les pelotons alignes en colonnes sont disposés les un à cote des
autres face à la direction indiquée.

C-RASSEMBLEMENT EN LIGNE DE PELOTON DEUXIEME VARIANTE


Les pelotons alignés en ligne sont disposés les uns à cote des autres face à la
direction indiquée.

IV-LES FORMATIONS
A-Les formations en colonne

De module variable, elle peut se faire en colonne simple ou en colonne double.

B-Les formations en ligne

En fonction de l’adversité et du niveau d’engagement du peloton à l’escadron,


cette formation se fait avec ou sans intervalle.

C-Les formations en triangle

Adopte à l’engagement opérationnel, elle assure par sa flexibilité et sa


souplesse, une efficacité maximale de l’unité.
Nous citerons entre autre :
 La formation en triangle pointe en avant.
 La formation en triangle base en avant.
 La formation en triangle Base ou pointe latérale.
NB : En fonction du mode d’action de l’adversaire, le commandant d’unité ou le
commandant de peloton peut adopter la formation en triangle.
CHAPITRE 13 : LES OPERATIONS DE CONTROLE ET DE MOUVEMENT

I-LES FORMATIONS DE MARCHE

A-DEPLACEMENT SUR VEHICULE

La colonne guidée par des estafettes et motocycliste avec sirène ou par un


gendarme ou policier locaux se déplaçant rapidement pour intervenir dans les
moindres délais. Le débarquement se fait en ordre et en silence loin des
manifestants.

B-DEPLACEMENTS A PIEDS

L’unité se déplaçant en colonne sans distance et sans intervalle en vue d’éviter


toute infiltration des manifestants dans les rangs.
C- L’arrêt

L’unité s’arrête en garde face à la zone trouble. Au commandement « face à


l’intérieur » les éléments des rangs extérieurs font face à droite ou à gauche et un
demi-tour.
Au Commandements « face à l’avant », les éléments reprennent leurs positions
normales prêts à reprendre la progression.

II-LES PATROUILLES

A-LES PATROUILLES SUR VEHICULE


Compte tenu du contexte actuel, les déplacements dans les opérations de
maintien de l’ordre s’effectuent le plus souvent dans les véhicules et la patrouille
motorisée devient la Patrouille type.
 Le But des patrouilles
- Démonstration de la force
- L’action de dispersion lors des débuts d’attroupements légers
- Recherche du renseignement
- Etablissement des liaisons
- Evacuation des personnes appréhendées
- Interdiction des installations de barricades ;
 Mode D’emploi
-L’action du chef
*Le chef se met dans l’ambiance c’est-à-dire qu’il prend en compte l’aptitude
adverse et la position des éléments fixes amis.
*Il doit également connaitre la topographie des lieux.
*Il étudie l’itinéraire choisi ou imposé comportant des obstacles éventuels, les
zones particulièrement dangereuses, les axes de dégagements.
*Le chef choisit un point de ralliement
*Il vérifie l’aptitude du personnel et les moyens
*Il communique un ordre initial clair et précis
*Il guide sa patrouille suivant la mission reçue, règle l’allure
*Il résout tous les incidents tactique ou technique, rend compte au fur et à
mesure de sa mission
*Il Inspecte ses matériels et personnels à la fin de la mission.
-Action du personnel de la patrouille
Dans tous les cas, le personnel conserve une aptitude énergique, discipline calme,
et vigilant. Il observe dans toutes les directives et est prêt à une prompte
intervention.

B-LES AUTRES TYPES DE PATROUILLE.


Elles obéissent au même mode d’action que les patrouilles sur véhicule. On
distingue :
- Patrouille à pied
- Patrouille des éléments semi –blindes.
III- L’ESCORTE DES INDIVIDUS APPREHENDES AU M.O

A-But et objectif
Amener d’un lieu à un autre au cours d’une opération de maintien de l’ordre des
individus appréhendés pour infraction relative à celui-ci.

B-Composition
L’élément d’escorte est constitué de :
- 1 Chef d’escorte (off, sous off…)
- 1 élément de garde prisonnier
- 1 élément d’accompagnement

C-Rôle du chef d’escorte


- Il étudie l’itinéraire choisi ou éclaire
- Eviter des éventuels d’attroupements, les quartiers hostiles, les routes étroites
- Le chef d’escorte fixe les effectifs de deux éléments (élément de garde prisonnier
et élément d’accompagnement)
- Fixer la répartition des prisonniers dans les véhicules
- Il détermine l’ordre dans le convoi
- s’assurer de tout en fouillant les prisonniers (de même sexe)
- Il s’assure de l’approvisionnement des armes de ses éléments
- Il rassemble les pièces et documents relatifs aux individus appréhendés
- Il dépose les prisonniers contre décharge

D-Rôle de l’élément de garde


- Il maintient l’ordre le silence et le discipline de ceux-ci
- S’oppose à toute rébellion
- Reste avec les prisonniers en cas d’agression extérieure

E-Rôle de l’élément d’accompagnement


Sur place et imposé par le chef d’escorte, l’élément d’accompagnement n’est pas
immuable (il peut changer) suivant les circonstances et le nombre de véhicules. Sa
mission est d’observer le long de l’itinéraire et de repousser des assaillants
éventuels.
CHAPITRE 14 : LES OPERATIONS D’INTERDICTION

Le barrage a pour but d’interdire l’accès à un espace donné. Il agit par son effet
de masse, sa puissance et sa cohésion. Ainsi on distingue :
 Barrages d’arrêts
 Barrage de canalisation
 Barrage filtrants

I- LES BARRAGES D’ARRÊTS


Ils sont au nombre de trois:

• Le barrage d’arrêt fixe fermé


• Le barrage d’arrêt mobile
• Le barrage d’arrêt intermittent

 Le barrage d’arrêt fixe fermé


A-Composition:
- Élément de contact
- Élément d’appui
- Élément de sûreté
- Élément de réserve

B-Mission des différents éléments:

 L’élément de contact
-Arrêter la foule
-Il s’articule en deux lignes: arrêt et soutien
-Il peut être renforcé par l’équipe de protection.
 Le chef de l’élément de contact doit:
► Prendre les positions adaptées aux situations
► Maintenir la cohésion et l’alignement
► Monter les opérations pour une éventuelle arrestation
► Procéder au relèvement des blesses
►Veiller à ce qu’aucune violence ne soit commise
► Proposer les mouvements et actions
► Rendre compte
 L’élément de réserve est chargé de:
► Renforcer l’élément de contact ou l’élément de sûreté.
► Intervenir pour repousser les manifestants.
► Garder les personnes appréhendées.
 L’élément d’appui est chargé de:
► Disperser les manifestants.
► Neutraliser les manifestants.
► Maintenir à distance les manifestants.
► Interdit l’accès à un espace donné.
 L’élément de sûreté :
Il est chargé d’assurer la protection arrière du dispositif

C-Organisation et mode d’action

Ils dépendent de l’ambiance

 DEVANT UNE FOULE CALME:

-Les effectifs sont allégés


-Les moyens spéciaux sont dissimulés
-Le contact avec la première ligne est toléré
-La première ligne peut former une chaîne

 DEVANT UNE FOULE HOSTILE

-Les effectifs sont au complet


-Les moyens spéciaux sont montrés
-La foule est maintenue à distance
-Des interpellations peuvent être opérées

C-ROLE DU COMMANDANT DU BARRAGE


 AU REÇU DE LA MISSION
La reconnaissance :
 Il s’informe de l’ambiance et de la situation
 Il détermine l’implantation du barrage
 Il arrête l’organisation du dispositif
 Il repartit les missions et les moyens.

 LORS DE LA MISE EN PLACE


 Il informe les chefs d’éléments et d’équipes de la situation
 Il donne ses ordres initiaux
 Il rend compte de son installation
 Il s’assure de l’exécution des formalités légales par l’autorité
administrative.

 PENDANT L’ENGAGEMENT
 Il fixe au chef d’équipe grenade lacrymogène les objectifs et la densité
du tir
 Il prescrit la mise en place de l’équipe protection
 Il actionne la réserve Il actionne l’équipe police judiciaire
 Il règle et commande l’emploi des grenades offensives
 Il rend compte Il informe son personnel.

II-LES FORMES DERIVEES DU BARRAGE D’ARRET FIXE FERME

A-LE BARRAGE DE CANALISATION:


Canaliser une foule consiste:
► La maintenir sur un itinéraire déterminé
► Après l’avoir scindée, à l’aiguiller sur différentes voies.
Le maintien sur un itinéraire est réalisé en installant des barrages fixes fermés
aux entrées des rues adjacents.
La scission s’obtient:
► Soit par la mise en place de barrages intermittents.
► Soit par le recours aux barrages en tiroir ou en éventail.
B-LE BARRAGE EN TIRROIR:
Même emploi que le barrage de canalisation, mais cette forme est employée
lorsque le lieu de la réunion d’où l’on veut orienter le foule ne présente qu’une
issue.
C-LE BARRAGE EN ÉVENTAIL:
Sert également à canaliser mais il pivote autour d’un point fixe.

D-BARRAGE A TOURNIQUET:
Il sert à barrer plusieurs rues convergeant sur une place. C’est un barrage de
type mixte combinant les barrages fixes et mobiles.

E-BARRAGE INTERMITTENT:
Il s’ouvre et se ferme tour à tour devant une foule calme. Il permet l’écoulement
momentané d’une partie des personnes.

F-BARRAGE FILTRANT :
Il a pour but d’arrêter une foule calme tout en permettant à certaines
personnes de passer après contrôle. Il comprend:
► Un élément de contact
► Un élément de circulation
► Un élément de réserve et un détachement chargé de contrôle.

 Les haies

A-Rappel sur les services d'ordre :


Un service d’ordre est un service de police administrative mis en place lors d’un
rassemblement de personnes n’ayant, a priori, aucune hostilité envers les forces de
l'ordre. Il est donc mis en place pour contenir une foule réputée pacifique. Les
manifestations nécessitant un service d’ordre sont :
- soit provoquées par les autorités (voyages officiels, fête nationale...) ;
- soit autorisées (foires, expositions, courses sportives) ;
- soit tolérées car conformes aux traditions locales.
Il faut toujours envisager de faire face à des mouvements de foule et à la possibilité
d’action d’individus isolés, décidés à nuire.
B-Généralités :
La haie est une formation linéaire, étalée, fluide et perméable constituée par une
ligne de militaires sous les ordres d’un chef.
On distingue trois formations de haies :
- haie simple, dans certains cas, DÉTACHEMENT D'HONNEUR ;
- haie double ordinaire ;
- haie double de sécurité.
Le personnel assure une surveillance :
- latérale ;
- frontale ;
- verticale, à partir de son emplacement.

C-La haie simple :

 But

En présence d’une foule calme, la haie simple répond à un double but :

- assurer pendant un temps donné la liberté d’un itinéraire déterminé ;


- assurer la protection des personnalités du cortège. Elle ne rend les honneurs que sur
ordre.
 Missions
La haie simple a pour but de :
- maintenir la foule hors de la chaussée empruntée par le cortège ;
- faire dégager cette chaussée avant le passage du cortège ;
- protéger les personnalités le composant.
 Dispositif
- Une ligne de gendarmes de part et d’autre de la chaussée le long de l’itinéraire.
- Les gendarmes font face à la chaussée (éventuellement à la foule).
- L’intervalle entre deux gendarmes varie suivant :
 l’espace à occuper,
 la densité de la foule,
 l’attitude présumée de la foule,
 les effectifs disponibles.
 Action des personnels
Les personnes composant la foule ne sont animées d’aucune mauvaise intention. Il
convient donc de faire respecter les consignes avec fermeté certes, mais également
avec tact, persuasion, politesse et bonne humeur.
 Cas particulier : le détachement d’honneur
C’est un service dont le but est de rendre les honneurs à une haute personnalité, à
l’occasion de son passage ou de sa venue à une cérémonie officielle ou privée. Le
détachement est en ligne sur un ou plusieurs rangs à l’endroit où est accueillie la
personnalité (aérodrome, porte d’un immeuble public…). Il exécute les ordres de son
commandant.

D-La haie double ordinaire :

 Dispositif
Les personnels sont répartis sur deux lignes parallèles de gendarmes :
- une ligne d’itinéraire face à la chaussée :
 pour assurer la liberté et la sécurité immédiate de la voie protégée,
 pour rendre, éventuellement, les honneurs ;
- une ligne de sécurité (au contact face à la foule) :
 qui se consacre entièrement à la surveillance et au maintien de la foule,
 et peut être renforcée par la ligne d’itinéraire, lorsque la poussée de la foule ou le
comportement d’individus ou d’éléments isolés crée un danger ;
- une réserve (dans la mesure du possible).
 Action des personnels
- Observer soigneusement la foule et étudier les attitudes d’individus suspects.
- Signaler les meneurs qui exhortent la foule.
- Empêcher tout franchissement de la haie.
- Se méfier des meneurs.
- Redoubler de vigilance au passage du cortège, sans se laisser distraire par le spectacle.
- S’opposer à toute action contre le cortège.

E-La haie double de sécurité :

 But
Elle a pour but de maintenir la liberté de l’itinéraire concerné, d’en assurer la sécurité
immédiate et de contrôler, en profondeur, les abords de l’itinéraire.
 Dispositif
La haie double de sécurité comprend trois éléments :
- une haie double ordinaire ;
- un élément de sécurité installé en profondeur. Il « fouille », puis « contrôle les
abords » de l’itinéraire et écarte les risques d'intrusions, d'agressions ou d’attentats ;
- une réserve dont les éléments sont mis en place à des endroits facilitant leur
intervention et en liaison constante avec le chef du service d’ordre ;
- elle se tient prête à agir instantanément selon les ordres reçus.
CHAPITRE 15 : LES OPERATIONS DE DEGAGEMENT

I-LA VAGUE DE REFOULEMENT


A-But
La vague de refoulement aboutit à l'évacuation d'un espace déterminé face à une
foule non hostile sans emploi de la force.
B-Base légale
Réquisition particulière sans emploi de la force.
C-Déroulement
1° - Base de départ : un barrage d'arrêt.
2° - Progression lente et massive ; les accès latéraux sont tenus.
3° - Base d'arrivée : un barrage d'arrêt fixe fermé.
D-Composition
Les quatre éléments composant la vague de refoulement sont :
- le contact ;
- l'accompagnement ;
- la réserve ;
- la sûreté/couverture.
E-Action des différents éléments
 Le contact
Sa mission est d'effectuer une pression régulière et constante sur la foule, en avançant
lentement. Disposé en ligne sur deux ou plusieurs rangs, il ne se laisse pas retarder par
des récalcitrants isolés qu'il dépasse.
 L'accompagnement
Il met en place des barrages d'arrêt latéraux sommaires (intersections de rues, cours
et entrées d'immeubles) afin d'interdire à la foule de revenir sur l'axe.
 La réserve
Elle renforce :
- le contact ;
- l'accompagnement ;
- la sûreté/couverture.
Son rôle est notamment de saisir les manifestants dépassés par le contact et de les
expulser hors du dispositif et éventuellement, de garder les personnes appréhendées.
 La sûreté/couverture
Elle est chargée d'assurer la protection arrière contre des actions de petits groupes de
manifestants, le chef d'élément arrière veille particulièrement à se renseigner au plus
loin et rend compte immédiatement au commandant du barrage.

II-LA CHARGE

A-But
Le but de la charge est d'obliger une foule hostile à dégager des lieux. La coordination
du feu et du mouvement doit être recherchée pour obtenir l'effet escompté. Elle se
caractérise par : - sa masse ; - sa cohésion ; - le choc.

B-Bases légales
Cette opération implique l'emploi de la force :
- réquisition particulière AVEC emploi de la force ;
- sommations ;
- Code pénal, article 431-3, alinéa

C-Déroulement
- Base de départ : un barrage d'arrêt fixe fermé.
- Fin d'action : un barrage d'arrêt fixe fermé.
- Action dynamique : dépasse rarement la centaine de mètres.

D-Composition
Les quatre éléments composant la charge sont :
- le contact ;
- l'accompagnement ;
- l'appui ;
- la sûreté.

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