Effets économiques de la révolution tunisienne
Effets économiques de la révolution tunisienne
Rapport
DE
PROJET DE FIN D’ETUDE
Présenté en vue de l’obtention du diplôme de
TECHNICIEN SUPERIEUR EN SCIENCES ECONOMIQUES
A mon cher père et ma chèremère pour leur soutien, les sacrifices que j’arrive aujourd’hui au terme de ce travail et les
efforts consentis pour mon éducation.
A mes sœurs
Qui m’ont toujours soutenue moralement. Je vous le dédie comme témoignage de ma reconnaissance
C’est avec le plus grand honneur que j’ai réservé cette page en signe de gratitude
Je tiens également à remercier tous les membres du jury qui ont voulu approuver la responsabilité pour procéder à
l’évaluation de ce travail.
Sommaire
Acronyme Definition
Essect Ecole Supérieure des sciences économiques
et commerciales
BIAT Banque Internationale Arabe de Tunisie
BBME British Bank of the Middle East
DRC Direction de Risque de Crédit
GGE Groupes et Grandes Entreprises
PME Petite et moyenne entreprises
CD Clientèle de détail
PDG Président-Directeur Général
TTS TunisianTravel Service
K7 Code d’agence SIDI BOUSAID
PIB Produit Intérieur brut
PNB Produit net bancaire
DAT Dépôt à Terme
DAV Dépôt à Vue
RBE Résultat Brut d’Exploitation
RC Résultat Courant
RCAI Résultat Courant Avant Impôt
RN Résultat Net
ROE Return on Equity
ROA Return on Assets
FMI Fond Monétaire International
BCT Banque Centrale de Tunisie
FBCF Formation Brute du capital fixe
BIT Bureau International du travail
PNB Produit Net Bancaire
CD Certificat de dépôt
MI Marge d’intérêt
PN Produit Net
TMM Taux Moyen du Marché Monétaire
BVMT Bourse des Valeurs Mobilières de Tunis
TA Total Actif
RE Résultat d’exploitation
FP Fond propre
ATB Arab Tunisian Bank
UIB Union internationale des banques
BNA Banque Nationale Agricole
BH Banque de l’Habitat
BT Banque de Tunisie
STB Société tunisienne de banque
ACP Analyse en composante principale
Introduction générale
Etant une mutation radicale, un changement brusque et profond qui se traduit par une rupture qui
bouleverse l’ordre des choses, la révolution politique est ainsi apparue par exemple en Angleterre en 1688
avec la révolution glorieuse ‘ The Glorious Revolution’. Cette dernière a abouti au renversement du roi
catholique jacques II d’Angleterre et instaurer une monarchie constitutionnelle avec l’arrivée de Marie II et
son époux Guillaume III. Ainsi, cette révolution a pu assurer un certain équilibre, installer une stabilité
religieuse et renforcer la démocratie au parlement. Et depuis, des révolutions se succèdent partout dans le
monde tout en visant l’amélioration afin de jouir des avantages sociaux.
Toutefois, les révolutions ne sont pas toutes glorieuses. En effet, certaines d’entre elles, n’aboutissent pas
aux objectifs prévus au contraire elles contribuent à l’aggravation de la situation sociale et politique et
même elles mènent à l’instauration de la dictature et l’autoritarisme tel est le cas de la révolution
bolchévique qui a abattit le régime tsariste en 1917 mais elle a échoué à instaurer une démocratie
constitutionnelle favorisant ainsi l’installation d’un régime purement dictature guidée par Lénine. La
théorie révolutionnaire est parvenue à expliquer l’émergence des mouvements révolutionnaires tout en
focalisant sur la particularité de chaque pays et le caractère singulière des révoltes.
La théorie économique a offert un autre cadre permettant d’analyser la manière dont l’action d’un petit
groupe d’individus peut provoquer des bouleversements de grande envergure sur l’économie des nations.
Ainsi, apparait l’analyse économique des révolutions comme un outil permettant de décrypter les causes du
déclenchement et étudier les conséquences qui peuvent survenir pendant la période qui suit la révolution.
Les conséquences pourraient être bénéfiques répondant aux estimations des individus toutefois elles
pourraient être massives sur l’économie provoquant l’effondrement du système économique tel est le cas
de la révolution française qui a affaiblit l’économie française avec une inflation qui a duré six ans, un
blocage du commerce extérieur dû à la récession de l’industrie française et l’augmentation de
l’endettement.
Vers l'année 2011, des mouvements sociaux et révolutionnaires ont agité la Tunisie. Ainsi, la pénétration
des manifestations était aussi rapide loin d’être surprenante, pour peu que l’on considère ce premier acte de
la révolution dans sa dimension émeutière, accompagnée du suicide d’un jeune Tunisien, l’émeute s’est
intensifiée et appréhendée comme un mouvement politique primitif.
1
L’émergence de la révolution tunisienne était dans un cadre socio-économique en dégradation ce qui fait
que les gens ont participé à ces actions de révolte en s’opposant au régime politique mis en place et, au
nom de certaines revendications qu’ils estiment légitimes visant ainsi l’amélioration et le gain des
avantages d’ordre sociale et économique. Ainsi, rapidement le pays a connu un bouleversement politique
sans précédent qui a marqué l’histoire de la Tunisie et qui était l’étincelle qui a causé la propagation des
révolutions dans le monde arabe ‘le printemps arabe’.
L’instauration de la démocratie, la liberté et la bonne gouvernance sont les facteurs qui permettent la
libération des initiatives, l’incitation à l’investissement et le développement économique. Néanmoins, la
situation de la Tunisie est complexe puisqu’elle contexte révolutionnaire n’est pas bien défini puisque nous
ne savons pas encore si la Tunisie est passée vraiment à un Etat démocratique. Ce qui pousse à s’interroger
à propos des effets économiques de la révolution tunisienne qui peuvent être décevants en s’appuyant sur
les modèles révolutionnaires précédents.
Notre étude a pour objectif de décrypter et d’étudier l’impact de la révolution tunisienne sur l’économie en
particulier sur la performance du secteur bancaire.
Atteindre un niveau élevé de performance reste l’objectif principal de toute banque. Avec la concurrence
présente sur le marché, la mesure de la performance paraît très importante afin d’évaluer l’organisme et
cibler ses objectifs. Cependant, un bouleversement politique pourrait faire l’objet d’une dégradation de la
situation de la banque, et affecter sa performance c’est pourquoi la gestion des risques et l’évaluation de la
performance sont bénéfiques pour l’établissement et la diminution de son impact.
En premier lieu, nous présenterons la structure d’accueil qui est la BIAT. En second lieu, nous analyserons
les effets économiques de la révolution tunisienne et finalement, nous étudions empiriquement les effets
sur le système bancaire tunisien.
2
Chapitre1 : Présentation de l’organisme d’accueil
3
Introduction :
Ce chapitre retrace l’historique de la BIAT, son profil, ses stratégies de développement, sa structure et son
organigramme et aussi quelques indicateurs clés avec une focalisation sur l’agence BIAT SIDI
BOUSAID.
Le chapitre se divise en deux sections, dans la première section nous présenterons la BIAT, ensuite, la
deuxième section traitera le déroulement du stage avec les tâches confiées et l’apport du stage.
I. Historique de la BIAT
Fondée le 29 Mars 1976, la Banque Internationale Arabe de Tunisie « BIAT » suite à la fusion de la société
Marseillaise de crédit et de la British Bank of the Middle East (BBME) qui étaient à l’époque installées en
Tunisie depuis des dizaines d’années, la BIAT marque l’achèvement de l’opération de « Tunisification » du
système bancaire engagée au lendemain de l’indépendance.
La BIAT est l’une des plus importantes institutions financières en Afrique du Nord et la première banque
privée en Tunisie (Rapport BCT). Elle est une banque universelle au service des particuliers, des
professionnels, PME et Grandes Entreprises. La BIAT est une banque relativement jeune, si on avait à la
comparer à certaines autres institutions du système bancaire. Certes, cela ne l’a pas empêché de s’imposer
au sein du système et de se créer une image de marque inspirant la qualité, l’ambition et la prospérité.
La BIAT a été également pendant plusieurs années, l’unique agent payeur de Western Union, en matière de
transfert d’argent vers la Tunisie, avant que la poste tunisienne et des banques confrères ne se joignent à
elle pour cette prestation. Elle a joué le rôle de pionnière dans le domaine monétique et s’est distinguée par
la promotion de nouveaux produits en lançant les premières cartes de paiement « Master Card » et « BIAT
Visa ».
C’est d’ailleurs, grâce à cette ambition et cette volonté d’être toujours à la hauteur de la confiance que lui
confère sa clientèle que la BIAT a réussi à se frayer une voie vers le développement et la prospérité et de se
hisser au premier rang des banques privées et au troisième rang des banques de la place. Depuis 2007, la
BIAT a opté pour une séparation entre la gestion et le contrôle de la banque ce qui confère davantage de
transparence et de rigueur au mode de gestion.
4
L’évolution rapide de l’activité de la BIAT a généré des augmentations multiples du capital social qui est
passé de 3 millions de dinars à sa création à 170 millions de dinars à fin 2008.
En 2010, dans le cadre des orientations stratégiques arrêtées par la banque, de l’optimisation du
fonctionnement de la filière risque et afin de renforcer les aspects liés au suivi de la qualité du risque de
crédit. Il a été décidé d’apporter des ajustements à l’organisation du Département Risques.
Il a été décidé ainsi de renommer la Direction des Etudes de Crédit et la fonction de Représentant des
risques au sein des comités de crédits zone/banque commerciale sous forme de deux directions :
Pour atteindre les objectifs qu’elle s’est assignés dès le départ, la BIAT a tenu à mettre en place un système
d’information performant lui permettant une gestion transparente et indépendante, pour un développement
soutenu et rapide. En effet, le 3 janvier 2012, elle marque un succès de la bascule vers le nouveau système
d'Information T24 du Global Banking.
En 2014, elle a consolidé son rôle sociétal par le lancement de la Fondation BIAT pour la jeunesse dont les
principaux domaines d’intervention sont la culture, l’éducation et l’entrepreneuriat des jeunes. Avec une
dynamique de développement à l’international, la BIAT s’installe finalement en France et ouvre sa
première agence BIAT en juin 2015 à Paris.
En mars 2018, le réseau de la BIAT s’étend désormais à « 201 agences » avec l’ouverture de deux
nouvelles agences à Sfax ainsi que le premier espace libre-service dans la région. Par ce développement
continu, la BIAT confirme son positionnement de proximité et son engagement au service du client et de
l'économie tunisienne.
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II. Fiche d’identité
Le tableau 1 présente une fiche d’identité de la BIAT.
Tableau 1 : Présentation de la BIAT
(Source BIAT)
(Source : BIAT)
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Présentation des attributions des différents pôles et départements :
❖ Pôle banque de détail : Définir et mettre en œuvre la stratégie marketing et commerciale de la banque
de détail.
❖ Pôle grande entreprises et institutionnels : Définir et mettre en œuvre la politique commerciale vis-à-
vis de la clientèle grandes entreprises et institutionnels.
❖ Pôle stratégie et banque de financement et d’investissement : Assurer le suivi de la mise en place des
projets de transformations et superviser les projets d’amélioration de la banque à tous les niveaux
hiérarchiques.
❖ Département back-offices : Fixer la stratégie à mettre en place une structure visant l’amélioration de la
qualité, de service, de la productivité et de la maitrise des risques opérationnels liées aux activités du
back-offices.
❖ Département maitrise coordination métiers : Conduire le plan projet challenge 24 dans les détails
convenus en assurant une cohérence d’ensemble de la cible fonctionnelle.
❖ Département Systèmes d'information et coordination technique : Superviser l’élaboration du plan
informatique et des chevas directoires des systèmes d’information et assurer la veille technologique.
❖ Département contrôle général :S’assurer que les systèmes et les méthodes de gestion et de contrôle en
vigueur sont cohérents avec la politique et la stratégie de la banque, services, agences… S’assurer
que les risques de toute nature sont bien maitrises et que les objectifs fixés par la direction générale
sont bien respectés.
❖ Direction communication : Mettre en œuvre et veiller au respect de la charte de communication
interne et externe de la banque.
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IV. Structure de l’actionnariat
Le tableau 2 illustre les participants au capital de la BIAT :
Tableau 2: Principaux actionnaires
En se basant sur les données collectées de la part de chaque groupe en % dans le capital, nous avons réalisé
l’histogramme suivant :
Groupe mabrouk
Groupe Horchani
Le groupe MABROUK : Est un groupe tunisien créé dans les années 1950 et actif dans la grande
distribution, les concessions automobiles et les télécommunications
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Le groupe Aziz MILAD : À partir de 1968, il œuvre principalement dans le secteur du tourisme, de
l'hôtellerie et de l'aviation. Il fonde puis dirige en tant que PDG le groupe TTS et la compagnie
aérienne Nouvelair après avoir lancé avec la compagnie Air Liberté avec Lotfi Belhassin.
Le groupe Mohsen HACHICHA: est un groupe privé tunisien présent dans plusieurs secteurs
économiques dont l'industrie agroalimentaire, la chimie, l'électroménager et l'informatique. Le groupe
possède plusieurs usines situées dans la banlieue sud de Tunis (Ben Arous, Bir Kassaa et La Manouba).
Trois axes stratégiques ont été identifiés pour développer la rentabilité de la banque :
❖ Consolider la position concurrentielle sur tous les marchés cible (innovation et diversification des
produits qui vise les divers secteurs d’activité...).
❖ Devenir la référence du marché en termes d’excellence opérationnelle (le basculement vers le nouveau
system d’information T24…).
❖ Une meilleure répartition des réseaux des agences (Ouverture de 48 nouvelles agences pour assurer
une meilleure couverture du territoire tunisien et même en dehors de la Tunisie « Ouverture d’un bureau de
représentation à Tripoli ».
Souvent, elle est pionnière en matière d’introduction des produits et services bancaires nouveaux sur le
marché tunisien, comme cela a été le cas pour les cartes bancaires, les produits de banque à distance et les
produits de banque assurance.
De plus en plus exigeants envers leurs banques, les clients de la BIAT attendent des réponses adaptées à
leurs besoins auprès d’interlocuteurs identifiés et compétents. C’est dans cet esprit que la BIAT propose une
panoplie de produits et services organisés par segment de clientèle particuliers, jeunes, tunisiens résidents à
l’étranger professionnel et entreprises.
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Section 2 : Présentation de l’agence SIDIBOUSAID et déroulement du
stage
Cette partie sera consacrée à la présentation de BIAT SIDI BOUSAID, l’identification des tâches confiées
ainsi que l’apport du stage.
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III. Les tâches effectuées et l’apport du stage
Cette partie expose les missions confiées lors du stage ainsi leur valeur ajoutée et leur apport.
2. Apport du stage
Notre stage au sein de l’agence BIAT SIDI BOUSAID a été très bénéfique et instructif. Au cours de ces
trois mois, nous avons observé et participé, au fonctionnement quotidien d'une agence bancaire.
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Au-delà, de l'activité de chacun des services, nous avons constaté les relations humaines entre les différents
employés de la banque, indépendamment de l'activité exercée par chacun d'eux ; ainsi nous avons ressenti
l'importance des relations humaines au sein de l'entreprise et même celles nouées avec les clients parce
qu'une bonne relation induit une bonne réputation à l'organisme et aux employés de ce dernier.
En effet, nous nous sommes rendu compte de l'importance donnée au client en essayant de le satisfaire tout
en mettant en œuvre tout ce qui était possible, ce qui le fidélise de plus en plus. A travers cette convivialité,
nous avons pu comprendre que l'activité d'une entreprise devient plus performante et plus rentable dans une
atmosphère chaleureuse et bienveillante.
Conclusion
Au niveau de ce chapitre, nous avons présenté dans la première section la BIAT, son historique, sa fiche
d’identité, son profil avec une focalisation sur l’agence SIDIBOUSAID. Dans la deuxième section nous
nous sommes intéressés au cadre du déroulement du stage, les services offerts et les missions confiées.
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Chapitre2 : Révolutions et effets économiques : le cas
tunisien
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Introduction
Le présent chapitre sera consacré à apporter un éclairage sur l’impact de la révolution tunisienne de 2011
sur l’économie. Ce chapitre se divise en trois sections :la première sera consacrée à l’étude théorique des
révolutions, la deuxième traitera le contexte économique et politique de la révolution et finalement la
troisième analysera l’impact de la révolution tunisienne sur l’économie.
En effet, elle se traduit par des mouvements sociaux qui visent à changer radicalement le système
politique qui régit le pays en vue d’instaurer un régime légal qui favorise les opportunités de
l’amélioration du niveau vital ainsi qu’un renouvellement des idées et de personnes (Françoise Daucé
2008).
Bozarslan et Demelemestre ont accordé une définition plus claire et détaillée pour ce phénomène qui a
été présenté comme suit : « Une révolution est d’abord un événement-rupture qui bouleverse l’ordre des
choses, change qualitativement le réel pour engendrer un nouveau régime de subjectivité, autrement dit
un ensemble de dispositifs cognitifs et émotionnels inédits tissé autant d’un sentiment d’urgence que de
l’interprétation de l’expérience en cours comme le début d’une ère entièrement nouvelle ».
Une révolution peut être le résultat de plusieurs facteurs tel que le chômage, la pauvreté, la faible
croissance économique, l’inflation. Bien que les causes du déclenchement d’une révolution aient fait
couler beaucoup d’encre, chaque économiste propose un modèle explicatif et des déclenchements
différenciés.
En effet, certains économistes (Gasiorowski Mark et Power Timothy 1998) se focalisent sur des facteurs
économiques tels que la faible croissance économique, l’inflation, l’augmentation du taux de chômage
et les crises économiques. Tandis que d’autres (Acemoglu et Robinson 2001) se concentrent sur des
facteurs socio-politiques tels que l’impact des inégalités, de l’éducation et de la liberté d’expression sur
14
le sort d’un régime politique. A cet égard, Karl Mark (1970) prévoit que les deux types de révolution
(révolution sociale et révolution politique) se coïncident toujours dans les pays évolués.
L’augmentation du taux de chômage, la hausse des prix et la pauvreté sont les causes fondamentales des
révolutions.
La restriction sur la liberté d’expression et l’exclusion du peuple de l’activité politique donne naissance
à un sentiment de minimisation du rôle de l’individu dans la société voire sa négligence (Habib Ayeb
2011). De ce fait, l’augmentation de l’insatisfaction motive toute personne à défendre ses droits afin
d’obtenir des avantages sociaux (Gasiorowski &Power1998).
En effet, l’instabilité politique provoque des ruptures dans le processus de la création de la richesse d’où
elle affecte la performance économique (Fosu,1992). Ainsi, elle provoque l’augmentation du risque de
perte du capital notamment la décroissance de l’investissement ce qui présente un facteur nuisible à la
production.
Les conséquences d’une révolution peuvent être massives sur l’économie entrainant ainsi
l’affaiblissement de la structure de l’Etat (Skocpol 1979), la détérioration des performances à
l’exportation, et des difficultés de financements des projets provoquant ainsi un déficit budgétaire.
L’augmentation du taux de chômage en contrepartie d’une hausse des prix entraine la détérioration des
conditions de vie favorisant l’effondrement de la classe moyenne ainsi que l’augmentation de la
pauvreté (MacCulloch 2003).
L’instabilité politique engendre la fuite du capital humain qui opte à l’immigration (légale ou illégale)
afin de trouver la stabilité, la flexibilité et d’autres opportunités tel qu’un salaire appréciable qui reflète
le niveau intellectuel et les qualifications de l’individu (Ravenstein, 1889).
Certes, il existe un lien positif entre le chômage et l’immigration. En effet la fuite de la main d’œuvre
engendre certainement une variation du taux de chômage. Cependant, le pays d’origine peut subir à des
pertes massives tels que le dépeuplement et la perte des cerveaux et des compétences qui causent des
failles dans certaines domaines.
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Section 2 : Contexte économique et politique
Cette partie expose le contexte de la révolution tunisienne. Il est également important de déterminer le
contexte international et national afin d’apporter un éclairage sur le cadre économique et politique de la
révolution tunisienne de 2011.
1. La crise de subprimes
Les subprimes sont des prêts immobiliers hypothécaires accordés au début des années 2000 à des ménages
américains et qui ne remplissent pas les critères nécessaires pour souscrire à un emprunt immobilier
classique. Après quelques années, l’endettement des ménages américains a atteint un niveau maximal
dépassant ainsi les limites tout en provoquant une crise financière sans précédente.
En effet, au milieu de l’année 2006, les prix de l'immobilier ont connu leur plus forte baisse depuis plus
d'un siècle en contrepartie d’une augmentation des taux directeurs au point que tous les facteurs qui ont
contribué au succès des prêts hypothécaires à risque se sont tournés vers des facteurs favorisant leur
baisse.
De nombreux ménages ne sont plus en mesure d'honorer les mensualités qui devraient augmenter avec
le temps, et dans certains cas, cela est particulièrement prononcé en raison des variations des taux
d'intérêt. Les biens immobiliers de certaines familles insolvables ont été confisqués, ce qui a fait chuter
les prix de l'immobilier.
La plupart des pays ont été touchés par la crise financière de 2008 étant donné que seuls les ménages
américains ont reçu des prêts hypothécaires et qui sont principalement fournis par le secteur bancaire
américain. Cependant, les banques européennes ont également investi dans ces investissements juteux ce
qui explique sa répercussion sur le monde entier1.
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La dette souveraine vise en premier lieu à aider l’État et à se financer mais aussi de servir de réserve de
Etat. Elle financement de la dette est principalement assuré par le recours à des titres de créances émis
par l’État sur le marché financier. Par ailleurs, les agences de notations financières comme Standard &
Poor’s ou Moody's veillent sur le contrôle de cette dette.
La crise de la dette souveraine est la plus grande crise financière mondiale depuis 1930 qui a touché le
système financier de plusieurs Etats membre de la zone Euro notamment la Grèce, l’Irlande, l’Espagne,
l’Italie et le Portugal ainsi elle a provoqué une détérioration massive des finances publiques de ces pays.
En effet, cette crise présente un facteur qui favorise le terrain de recherche des causes majeures qui ont
conduit à une telle crise. L’origine de cette crise est d’ordre structurel. En effet, la dette a conduit à un
affaiblissement progressif de la croissance économique des pays puisqu’ils ont trouvé des difficultés à
lever l’impôt avec une incapacité de maitrise des dépenses. Ces pays étaient incapables de se refinancer
sur les marchés sans soutien de leurs partenaires de la zone Euro.
Ainsi, l’Union Européenne présente le premier partenaire de la Tunisie étant donné l’importance de la
part des échanges commerciaux entre eux. La chute du niveau de la production dans la zone euro en
raison de la crise subprimes et la crise de la dette souveraine se répercute négativement sur la demande
des produits des autres pays notamment la Tunisie. Par ailleurs, la dégradation du pouvoir d’achat des
ménages européens aura un double effet sur l’économie tunisiennes : le premier est la chute du niveau des
exportations tunisiennes et le deuxième la baisse des recettes touristiques.
L’explosion de la révolution tunisienne était dans un contexte caractérisé par la hausse du taux de
chômage qui enregistre 14 pourcents en 2010 malgré les efforts commis par le gouvernement pour le
réduire. La cause majeure de cette élévation est le déséquilibre sur le marché de l’emploi.
En d’autres termes, il existe une inadéquation entre l’offre (marché d’emploi) elles qualifications des
diplômés (la demande) ce qui crée une sorte de difficultés de leur insertion. La tendance à la hausse du
chômage des diplômés universitaires est expliquée aussi par le rendement élevé des universités, et de la
qualité relative de la formation reçue par beaucoup de diplômés. De plus, La Tunisie n’a pas généré le
17
nombre suffisant d’emplois qualifiés puisque la taille des entreprises tunisiennes est petite (Aijkers et al
2014). Ce qui pousse les jeunes diplômes à occuper des postes provisoires non seulement à bas salaire,
mais aussi informels et non conformes aux normes du Bureau International du travail (BIT).
Ces facteurs ont été l’étincelle qui a déclenché la révolution tunisienne qui se traduit par des mouvements
de protestation le 14 janvier 2011 visant ainsi à instaurer des perspectives prometteuses sur le niveau
social et économique notamment la création d’un modèle de développement durable fondé sur de bonnes
pratiques.
Cependant, Les incertitudes économiques et politiques pesaient sur le pays et les troubleront mener
l’agence de notation Moody’s en 2011 à annoncer la dégradation de la note souveraine de la Tunisie de
Baa2 à Baa3 et de changer la perspective de stable à négative (Rapport de la BCT) à cause des troubles
sociaux et le l’instabilité qui régit le pays.
En vue de décrypter l’effet de la révolution tunisienne sur l’économie, il est nécessaire d’analyser certains
indicateurs macro-économiques qui mesurent certaines dimensions de l’activité économique.
18
une économie se contracte ou si elle est en expansion afin de bien détecter la politique d’intervention
adéquate à la situation de l’économie. Son importance réside selon Samuelson et Nordhaus (2009), dans
sa capacité à donner une image globale de la santé d'une économie. Ainsi, ils l’assimilent à un satellite
dans l'espace qui peut sonder la météo sur tout un continent.
2. Le taux d’inflation
C’est le taux de perte du pouvoir d'achat de la monnaie et qui se caractérise par une augmentation
généralisée des prix des biens et services sur une période donnée. Il en résulte une baisse du pouvoir
d’achat et également une hausse du coût de la vie. Pour calculer le taux d'inflation, on se sert de l'indice
des prix à la consommation (IPC). Selon Friedman, « l’inflation est toujours et partout un phénomène
monétaire en ce sens qu’elle est et qu’elle ne peut être générée que par une augmentation de la quantité de
monnaie plus rapide que celle de la production »
3. L’investissement FBCF
C’est la part de l’investissement par rapport à la richesse produite. Il permet de connaître le pourcentage de
la richesse consacré à l’investissement chaque année. On distinguera deux types de taux d’investissement
: le taux d’investissement du secteur privé (entreprises) et le taux d’investissement de l’économie d’un
pays qui englobe tous les acteurs.
4. Taux de chômage
Le taux de chômage est le pourcentage des personnes qui font partie de la population active et qui sont au
chômage. La population active est la population en âge de travailler et qui travaille ou souhaite travailler.
5. Taux de change
Le taux de change d’une devise est l’instrument de conversion des cours (les prix) de cette devise (unité
monétaire) par rapport à une autre devise. Ainsi, il existe un lien entre la valeur relative de deux monnaies
et la parité de pouvoirs d’achat (David Ricardo 1817).
6. Recettes touristiques
C’est l’apport et la contribution du secteur du tourisme dans l’activité économique. Ainsi, il est un secteur
de grande importance dans l’économie nationale revêtant un rôle prépondérant sur le plan macro-
économique avec sa participation dans le PIB, la part de la population active qu’il occupe et les recettes
qu’il génère.
19
II. Impact de la révolution tunisienne sur les indicateurs macro-économiques
Afin de démontrer l’effet de la révolution tunisienne sur l’économie, nous précédons à une analyse
quantitative des données (les indicateurs macro-économiques relatifs à l’économie tunisienne).
Premièrement, nous commençons par la collecte des données de l’INS, nous les regroupons dans un
tableau indiquant la répartition des valeurs selon le caractère étudié.
Le regroupement s’effectue par indicateur en fonction des années. Nous aboutissons à un tableau qui
montre parfaitement l’évolution des indicateurs étudiés sur la période allant de 2006 jusqu’à [Link]
nous illustrons graphiquement les résultats obtenus.
Deuxièmement, et afin d’être plus précis, nous calculons la moyenne statistique qui sert à décrire
l’échantillon avec une seule valeur qui représente le centre des données.
La moyenne est calculée en faisant la somme de toutes les données (les variables) et en les divisant sur le
nombre de la distribution (le nombre d’années).
Nous obtenons un tableau composé de trois colonnes et qui montre la moyenne des indicateurs par
période c’est-à-dire avant 2011 et après 2011.
Le tableau 3 montre l’évolution du PIB, le taux d’inflation, le taux de chômage et le FBCF en pourcen-
tage durant la période allant de 2006 à 2016.
(Source l’INS)
La figure 3 montre les courbes d’évolution du PIB, du taux de l’inflation, du taux de chômage et de
l’FBCF.
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Figure 3 : Evolution des indicateurs macro-économiques
Le tableau 3 indique que le PIB au prix du marché subit des légères fluctuations entre 2006 et 2010 par
exemple 5.7 pourcents en 2006 et 4.5 pourcents en 2008. Tandis que l’année 2011 est marquée par
l’enregistrement d’un PIB négatif de -1.9 pourcents. Ainsi, à partir de l’année 2012, nous remarquons un
retour à l’augmentation de la valeur du PIB enregistrant 3.9 pourcents (figure 3).
A partir de 2014, nous remarquons une diminution remarquable du PIB de 2.3 pourcents jusqu’à 1 pourcent
en 2016.
Le taux d’inflation est presque stable sur la période allant de 2006 jusqu’à 2010. Alors que l’année 2011
enregistre une valeur d’inflation de 3.5 pourcents. A partir de 2012, la Tunisie enregistre des valeurs
d’inflation sans précédentes tel que 6.1 pourcents en 2013 (voir tableau 3).
Le taux de chômage est presque stable sur la période allant de 2006 jusqu’à 2010. Cependant, l’année de
2011 enregistre une progression remarquable enregistrant un pic de 18.9 pourcents. A partir de 2012, nous
remarquons une légère diminution de ce taux tout en restant élevé tel que 17.6 pourcents en 2012 (voir
tableau 3 et figure 3).
Le taux d’investissement FBCF a tendance à la hausse entre 2006 et [Link] passe ainsi de 22.6 pourcents
jusqu’à 24.6 pourcents. L’année 2011 est marquée par une décroissance de l’investissement enregistrant
ainsi une valeur de 21.9 pourcents. A partir de 2012, nous remarquons une légère évolution positive (voir
tableau 3 et figure 3).
21
Le tableau 4 montre l’évolution du taux de change de l’euro et du dollars américain par rapport au dinar
tunisien.
(Source l’INS)
Le tableau 4 indique que le taux de change pour les deux différentes devises est en augmentation à partir de
l’année 2011.
La figure 4 illustre l’évolution du taux de change de l’Euro et du dollar américain par rapport au dinar
tunisien.
Entre 2007 et 2011, l’augmentation du taux de change est très légère. Tandis que, à partir de 2011, nous
remarquons une hausse considérable du taux de change (figure 4). La révolution a entrainé une déprécia-
tion du dinar tunisien par rapport à l’euro et au dollar américain.
Le tableau 5 montre la moyenne du PIB, le taux d’inflation, le taux de chômage et le FBCF avant et après
la révolution.
22
Tableau 5 : indicateurs macro-économiques par période
La moyenne du PIB au prix du marché est passée de 4.52 avant 2011 à 2.14 après 2011 enregistrant ainsi
une diminution considérable de la moitié environ (voir tableau 5 et figure 5). Ceci s’explique par les
mouvements de la révolution qui ont provoqué la régression de la plupart des secteurs d’activité.
La moyenne du taux d’inflation a augmenté entre les deux périodes passant ainsi de 4.1 pourcents à 5.16
pourcents (voir tableau 5). Ceci s’explique par la hausse considérable qu’a connu les prix des différents
biens de consommation et de la matière première.
23
La moyenne du taux de chômage a enregistré une augmentation de trois points de pourcentage entre les
deux périodes (voir tableau 5). Ceci explique par l’impact de la révolution qui a favorisé le chômage
puisqu’il y avait un recul dans l’investissement et un ralentissement économique.
La moyenne de l’investissement a enregistré un recul considérable passant ainsi de 23.6 jusqu’à 20.74 entre
les deux périodes (voir tableau 5). Ainsi, l’investissement a subi un recul qui est le résultat de
l’environnement défavorable qui n’encourage pas à l’investissement.
Le tableau 6 montre la moyenne statistique du taux change des périodes avant et après la révolution.
La figure 6 illustre graphiquement l’évolution de la moyenne du taux de change de l’euro et du dollar par
rapport au dinar tunisien.
1 euro est passée en moyenne de 1.821 avant 2011 à 2.162 dinars après et 1 dollar américain est passée de
1.330 avant 2011 jusqu’à 1.770 après 2011 (voir tableau 6). En effet, la dépréciation de la monnaie
tunisienne suite aux mouvements sociaux qui a été causée par le recul de la production des exportations
du pays. Par conséquence, cette situation s’est répercutée sur les établissements économiques exportateurs
en provoquant un blocage du processus de la production notamment la décroissance des recettes de l’Etat
en devises provenant de l’exportation.
24
Figure 6: Evolution du secteur du tourisme
(Source : BCT)
La figure 7 montre l’évolution des indicateurs du secteur touristique sur la période allant de 2003 jusqu’à
[Link] remarquons qu’à partir de 2003 jusqu’à 2009 les nuits des non-résidents ont tendance à la
hausse passant ainsi passant ainsi de 25000 jusqu’à 35000 milliers d’unités ainsi qu’une légère déclaration
enregistrant ainsi 32000 milliers d’unités.
Les entrées des non-résidents sont en augmentation aussi passant de 5000 jusqu’à environ 8000 milliers
d’unités entre 2003 et [Link] même, les recettes touristiques ont une tendance haussière passant de
2000MDT jusqu’à 3500 MDT en 2010.
Nous remarquons que l’année 2011 est marquée par une décélération importante des nuitées des non-
résidents, des entrées des non-résidents et des recettes touristiques enregistrant respectivement 17000, 5000
milliers d’unités et 2500MDT.A partir de 2012, nous remarquons une légère amélioration des indicateurs.
D’après les résultats que nous avons obtenus nous concluons que la période allant de 2006 jusqu’à 2010est
caractérisée par une stabilité politique et économique ce qui traduit les résultats affichés précédemment (la
stabilité de l’évolution au niveau des indicateurs macro-économiques et du taux de
change).Cependant 2011 était l’année de la révolution tunisienne caractérisée par un bouleversement
politique ce qui explique la valeur négative de -1.9 pourcents du PIB accompagnée de l’augmentation du
taux de chômage et le recul de l’investissement.
25
En effet, l’étude de la période pré-révolution nous permet de détecter l’effet de cet évènement sur
l’économie. D’après les résultats que nous avons obtenus, la révolution tunisienne a un effet néfaste sur
l’économie. Le recul de l’activité touristique n’est pas causé seulement par les effets des évènements qu’a
connus le pays suite à la révolution du 14 Janvier mais aussi par les dégâts de la crise de la dette publique
dans la zone Euro, la crise des subprimes et de la révolution [Link] recul a concerné notamment les
secteurs des mines, des dérivés du phosphate, de l’énergie et du tourisme et s’est traduit par une croissance
économique négative. Ainsi, on assiste à un recul du PIB qui se traduit par le ralentissement de l’activité
économique tunisienne.
Toutefois, la régression qui a touché la plupart des secteurs d’activité particulièrement sur les exportations.
Ainsi, nous constatons qu’il y a un rapport de causalité entre les différents indicateurs. En effet la
dépréciation monétaire induit à la hausse des prix. La monnaie tunisienne s’est dépréciée par rapport à
l’Euro et le Dollar américain puisque la révolution a eu un impact négatif sur la situation de l’emploi et sur
les recettes de l’État, en plus des tensions sur la balance des paiements et l’évolution des prix de certains
produits notamment alimentaires et de l’énergie sous l’effet de l’augmentation des prix mondiaux.
Ces résultats nous permettent de vérifier l’existence d’un impact négatif de la révolution tunisienne sur
l’économie. Le climat d’incertitude et de perturbation ont provoqué la décontraction de la performance de
l’économie tunisienne.
Conclusion
Au niveau de ce chapitre, nous avons étudié théoriquement le concept de révolution, ses causes et ses
conséquences. Nous avons également abordé la conjoncture économique internationale et nationale de la
révolution tunisienne ensuite nous avons étudié l’impact de la révolution tunisienne sur certaines
variables macroéconomiques. Notre étude a abouti à la vérification de l’existence d’un effet négatif de la
révolution sur l’économie.
2
« La Libye est un partenaire stratégique pour la Tunisie avec lequel les paiements extérieurs se sont soldés, durant les
dernières années, par un excédent important qui s’est élevé en 2010 à 1,3 milliard de dinars. Ces flux sont réalisés,
principalement, au titre des exportations de biens et services. Le déclenchement de la crise libyenne, en février 2011, a
induit des effets directs et d’autres indirects qui ont davantage amplifié la vulnérabilité du secteur extérieur tunisien en
2011 ». Rapport de la BCT.
26
Chapitre 3 : Révolution tunisienne et performance
du secteur bancaire
27
Le présent chapitre sera consacré à mettre en évidence empiriquement l’impact de la révolution
tunisienne sur le secteur bancaire.
La première section traitera l’effet de la révolution sur le secteur bancaire. Elle sera répartie en deux : la
première traitera les indicateurs de la performance et les facteurs qui l’influencent et la deuxième étudie
l’impact de la révolution sur le secteur bancaire.
La deuxième section est une analyse effectuée sur la performance de dix banques cotées en bourse pendant
l’année 2011 afin de dévoiler la capacité de résilience bancaire et étudier l’effet du choc de la révolution
sur les banques tunisiennes.
Afin d’être performante l’établissement bancaire doit être à la fois efficace et efficient c’est-à-dire il doit
réaliser ses objectifs tout en adoptant les meilleurs moyens de production. Le concept de l’efficience met
alors l’accent sur la gouvernance de la banque, la qualité de ses produits ainsi que les moyens et les
méthodes adoptées. Par ailleurs, il existe plusieurs méthodes qui mesurent la performance bancaire tel que
l’évaluation des indicateurs de performance.
En effet, la banque offre une gamme très large de service tel que la collecte des dépôts de la clientèle, la
distribution des crédits, la mise à la disposition de la clientèle des moyens de paiements, les opérations de
change, le conseil et l’assistance en matière de gestion de patrimoine, gestion financière et ingénierie
financière.
28
Ainsi, l’activité bancaire est mesurée et évaluée par des indicateurs qui servent à suivre son évolution tel
que le produit net bancaire (PNB), l’encours de dépôts et l’encours de crédits.
Il permet d'évaluer la valeur ajoutée générée par l'activité des organismes bancaires et financiers. Par
ailleurs l'activité d'une banque et sa rentabilité se mesurent ainsi grâce au produit net bancaire qui est
définit comme étant la différence entre les produits d'exploitation bancaires et les charges d'exploitation
bancaires.
Le dépôt bancaire est une quantité d'argent qu'un déposant confie à une banque pour qu’elle soit versée dans
un compte. Le dépôt peut être remboursé soit immédiatement appelé dépôt à vue, soit au bout d'un certain
temps appelé dépôt à terme.
Est une somme d'argent mise en dépôt et bloquée sur un compte bancaire. Généralement, il s’agit d’un
versement unique. Le remboursement du capital s’effectue à la date d’échéance prévue dans le contrat de
souscription. Si le contrat de dépôt à terme est rompu avant l'échéance, un malus peut s’appliquer.
Ce dépôt ne peut être retiré qu’au terme d’une certaine période (par exemple 3 mois), fixée dès le départ
lors de la signature du contrat. En contrepartie de cette immobilisation, le détenteur bénéficie d’un
rendement librement fixé par les établissements bancaires.
Est un dépôt rémunéré ou non, dont les fonds peuvent être retirés partiellement ou totalement à tout instant.
Les dépôts collectés de la clientèle sont réinvestis par la banque er distribués sous forme de crédit d’où les
dépôts font les crédits et sont un élément essentiel voir principale dans l’activité bancaire.
Un certificat de dépôt est un billet à ordre émis par une banque et souscrit par un investisseur contre une
rémunération. Le certificat de dépôt est une dette de la banque envers cet investisseur.
❖ Dépôt d’épargne
29
Est un dépôt d'argent à vue dans une banque ou un organisme assimilé, rapportant un intérêt et ne
permettant généralement pas d'être utilisé pour faire directement des paiements.
Le crédit est défini comme étant une avance d’une somme d’argent mise à la disposition du client en
contrepartie d’une rémunération qui se traduit par le taux d’intérêt. Le banquier s’assure de la capacité du
client ainsi que sa durée d’engagement et trouve une formule adéquate à sa situation.
Il existe plusieurs types de crédits tel que les crédits aux particuliers qui sont destinés aux personnes
physiques (les salariés, les commerçants, les personnes exerçants des professions libérales) qui jouissent
d’une capacité de remboursement et les crédits aux entreprises qui se divisent à leur tour en sous catégories
tel que le crédit à la consommation qui est destiné à financer les dépenses et encourager les particuliers à la
consommation (biens et services) et le crédit au logement appelé aussi crédit immobilier qui est destiné à
financer l’acquisition d’un bien immobilier pour usage personnel ou professionnel. Tandis que le crédit aux
entreprises sert à financer les entreprises plus précisément la trésorerie, l’équipement et l’immobilier.
Le résultat net comptable correspond au bénéfice réellement gagné par l'entreprise. Il s'agit des
exploitations opérationnelles, financières et spéciales, dont les impôts doivent être déduits. Un résultat net
positif est le bénéfice que l'entreprise peut distribuer ou distribuer aux actionnaires sous forme de
dividendes. Un résultat net négatif est un déficit qui affecte négativement les réserves et la valeur de
l'entreprise.
Correspond à la marge brute dans le domaine bancaire. Elle est égale à la différence entre le taux
d'intérêt auquel les banques prêtent et celui auquel elles se refinancent.
La rentabilité peut être définit comme un indicateur de la capacité d’une banque à supporter les risques
et/ou accroitre ses fonds propres.
En effet, la rentabilité d'un établissement de crédit représente son aptitude à dégager de son exploitation des
gains suffisants, après déduction des coûts nécessaires à cette exploitation, pour poursuivre durablement
son activité. Il existe plusieurs façons de mesurer la rentabilité bancaire tel que le ROA et le ROE.
30
❖ Le retour sur fonds propres (ROE) : Return on Enquit, est un ratio qui mesure la rentabilité des fonds
propres de la banque. C’est le résultat net rapporté aux fonds propres. En d’autres termes, il mesure la
capacité d’une banque à générer un revenu à partir de ses ressources.
❖ Le retour sur actifs (ROA) : Return on Assets, ROA est l’expression de la rentabilité des actifs de la
banque. Il rapporte le résultat net au total du bilan et renseigne sur le taux de rendement de l'actif investi.
En d’autres termes il indique si les ressources de l'entreprise sont utilisées de façon à générer des
bénéfices.
Les principaux actifs des banques sont des prêts ou des placements qui visent à générer des profits pour la
banque. La faiblesse de la qualité des actifs d’une banque entraine des pertes ce qui fait que la banque
devient insolvable.
Elle est mesurée par le ratio des prêts non performants/ total des prêts.
Un choc macro-économique est un facteur qui influence le secteur bancaire. En effet, les banques sont en
relation étroite avec les agents macro-économiques endettés qui en phase de récession se trouvent
incapables de rembourser (situation des crédits non performants). De même, l’augmentation du taux de
chômage, engendre l’insolvabilité. A l’instar du ralentissement de l’activité économique, les ménages
comme les firmes ne peuvent plus rembourser leurs dettes.
L’inflation qui se traduit par une augmentation du niveau des prix accompagnée d’une diminution du
salaire réel fait que les ménages ne sont plus en mesure de payer leurs dettes.
L’augmentation massive du nombre de débiteurs insolvables constitue un risque majeur qui affecte
négativement les banques provoquant leur effondrement.
31
3.3. Le marché financier
Les banques participent aux activités du marché financier en gérant les portefeuilles d’actifs financiers pour
le compte de leurs clients. Cependant, une crise du marché financier affecte systématiquement la solvabilité
des banques qui ne peuvent pas faire face aux pertes subis. C’est le cas de la crise surprimes.
Par ailleurs, il existe une relation de causalité entre la performance du secteur financier notamment la
bourse et la performance du secteur bancaire. Ainsi, une crise financière provoque la perturbation des
banques voire leur défaillance.
La Banque pourrait être vulnérable aux contextes ou circonstances politiques, d’une région ou d’un pays.
En effet, la banque est exposée au risque pays autrement dit les conditions économiques, financières,
politiques ou sociales d’un pays, notamment un pays dans lequel elle exerce une activité, affectent ses
intérêts financiers. La Banque surveille le risque pays et le prend en compte dans l’évaluation à la juste
valeur et le coût du risque enregistrés dans ses états financiers.
La période qui suit l’année2011 était caractérisée par la dégradation de l’environnement économique et
politique en Tunisie. En effet, l’activité économique était fortement handicapée par l’instabilité politique
du pays, les retombées directes et indirectes du conflit en Lybie, le climat social tendu, l’attentisme des
investisseurs locaux et étrangers, la baisse importante du secteur du tourisme, accentuée par une crise
économique et financière mondiale et une crise de la dette souveraine en Europe, premier partenaire
économique de la Tunisie. Ce qui nous permet de supposer que cette situation se répercutera sur le secteur
bancaire.
Ainsi, dans ce qui suit, nous vérifierons l’existence d’un effet sur le secteur bancaire.
32
Nous procédons à la recueille des données. Pour cela, nous avons utilisé les données du site officiel de la
BCT, tout d’abord nous avons organisé les différents indicateurs dans des tableaux tout en étalant la
période (quatre ans avant l’évènement et quatre ans après) pour plus de précision.
En premier lieu, notre analyse sera effectuée sur le secteur bancaire tunisien en général c’est-à-dire sur
l’ensemble des banques. En deuxième lieu, nous allons détailler notre analyse selon l’activité de la banque :
Banques résidentes, banques non-résidentes, banques d’affaires, établissements de Leasing et
établissements de factoring. Ainsi, nous analyserons l’évolution des indicateurs de la performance
bancaire.
Par la suite, nous avons calculé la variation de chaque indicateur entre deux années consécutives, nous
avons établi les tableaux relatifs aux variations de ces indicateurs et en s’appuyant sur les illustrations
graphiques de l’évolution des indicateurs que nous avons fait, nous analysons les résultats.
𝐯𝐚𝐥𝐞𝐮𝐫(𝐧) − 𝐯𝐚𝐥𝐞𝐮𝐫 (𝐧 − 𝟏)
𝐯𝐚𝐫𝐢𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 =
𝐯𝐚𝐥𝐞𝐮𝐫(𝐧 − 𝟏)
33
Figure 7: La performance du secteur bancaire
(Elaboration personnelle)
Nous remarquons (voir tableau 7 et figure 8) que la solvabilité et la qualité des actifs ont connu une quasi-
stagnation en 2011 enregistrant respectivement 11.9 et 13.3 pourcents. Ainsi la ROE a affiché un
fléchissement de 6.6 pourcents en 2011 contre 10.2 en [Link] même, pour la ROA qui a enregistré 0.9
pourcents en 2011 contre 0.6 pourcents 2010. Ainsi la ROE et la ROA des banques ont tendance à la baisse
pendant la période qui suit la révolution.
En conclusion, malgré le contexte politique difficile marqué par les tensions sur l’activité économique, la
solvabilité des banques ne s’est pas détériorée. Toutefois, les banques Tunisiennes ont enregistré un
fléchissement de leur rentabilité ce qui est expliqué par l’instabilité de l’environnement ce qui a bloqué
partiellement l’activité bancaire.
(Rapport de la BCT)
34
La période qui suit l’année 2011, l’indice TUNBANK3a subi une forte décroissance suite à la révolution
tunisienne (voir figure 9). Cette baisse a commencé le mois de décembre 2010 ainsi la régression a atteint
le pic en février 2011 enregistrant -21 pourcents et a persisté jusqu’à 2012.
Cette régression a lourdement pesé sur la tendance du marché boursier notamment l’indice TUNIDEX.
Ceci est le résultat de la crise de confiance chez les investisseurs suite à l’instabilité socio-politique du pays
ainsi que le recul de la performance de la plupart des entreprises cotées en Bourse.
Le tableau 8 montre l’évolution des indicateurs relatifs aux banques résidentes qui sont le PNB, les dépôts
à la clientèle, les dépôts à vue, les dépôts à terme et les certificats de dépôts, les dépôts d’épargne et les
crédits à la clientèle en MDT durant la période allant de 2008 jusqu’à 2014.
(Source : BCT)
Le PNB a tendance à la hausse enregistrant ainsi 2082 MDT l’année [Link] dépôts à la clientèle (les
dépôts à vue, les dépôts d’épargne) sont en augmentation continue enregistrant 38410MDT en 2011 contre
36562 MDT en 2010. Cependant, nous remarquons une baisse des dépôts à terme et des certificats de
dépôts en 2011 enregistrant 13226 contre 13660 en 2010. Ainsi, les crédits à la clientèle ont tendance à la
hausse après la révolution.
Le tableau 9 montre la variation du PNB, des dépôts et des crédits à la clientèle des banques résidentes
entre 2008 et 2014.
3
L’indice boursier TUNBANK a été introduit à la bourse de Tunis le 31 décembre 2015 dans le but d’analyser l’évolution
de la capitalisation boursière des actions bancaires (représente 51 pourcents de l’indice de référence).
35
Tableau 9: Variation des indicateurs des banques résidentes en pourcentage
Nous remarquons que le rythme de progression du PNB a subi une chute en 2011 par rapport à 2010
enregistrant ainsi 3.68 points de pourcentage contre 11.25 points de pourcentage pour l’année 2010 par
rapport à 2009 (voir tableau 9). Ainsi, nous remarquons un retour à la normale du rythme de l’évolution du
PNB en 2012 par rapport à 2011 de 11.19 points de pourcentage.
En effet, la décélération qu’a connu le PNB en 2011 revient notamment à la faible marge d’intérêts
collectés. De plus, l’accroissement des charges opératoires à un rythme plus important que celui du PNB
qui se traduit essentiellement par l’augmentation de la masse salariale en raison de la pression qu’a connu
le pays en 2011 ainsi que l’accumulation des impayés et la baisse du TMM passant de 4.75 points de
pourcentage à 3.23 points de pourcentage.
La variation des dépôts montre une chute remarquable de 5.1 points de pourcentage l’année 2011 par
rapport à l’année 2010. Il sera alors intéressant de décomposer les dépôts en vue de détecter la source de
36
cette chute. Les dépôts à vue sont en évolution positive tout au long de la période étudiée. Mais, le rythme
de leur évolution montre une chute de 7.2 pourcents en 2011 par rapport à 2010 (voir tableau 9).
Les dépôts à terme et les certificats des dépôts ont connu une décélération en 2011 enregistrant ainsi 13226
MDT contre 13660 en 2010. Le rythme de progression est évalué par la valeur négative (-3.3 pourcents).
Cette décélération revient au risque de la révolution notamment l’instabilité et les troubles sécuritaires qui
ont entrainé une crise de confiance chez la clientèle qui ont retiré leurs dépôts à terme de crainte de les
perdre. Toutefois, les dépôts d’épargne sont en progression continue, le rythme est maintenu stable en 2011
(figure 10).
Ainsi, le retrait massif a freiné l’augmentation des dépôts et le secteur bancaire était confronté à un gros
besoin de liquidité passant ainsi d’une situation de surliquidité à une situation de sous liquidité.
Les crédits de la clientèle sont en progression continue avec une décélération dans le rythme d’évolution de
5.03 points de pourcentage (voir tableau 9).
En conclusion, malgré son ralentissement, l’activité des banques résidentes a été marquée en 2011 par une
progression des crédits 13.8 points de pourcentage plus importante que celle des dépôts qui est limité à 5.1
points de pourcentage engendrant ainsi une baisse dans le taux de couverture des crédits par les dépôts.
Le tableau 10 montre l’évolution des indicateurs relatifs aux banques non résidentes qui sont le PNB, les
dépôts à la clientèle et les crédits à la clientèle en MDT.
(Source : BCT)
Le PNB est en augmentation a subi une légère augmentation en [Link] remarquons ainsi une baisse des
dépôts à la clientèle enregistrant respectivement 1163.2 et 1174.4en 2011 et en 2012 contre 1220.1 en
2010.
37
Les crédits à la clientèle ont connu une quasi-stagnation enregistrant 858.9 en 2011 contre 858.2 en 2010.
Le tableau 11 montre les variations des indicateurs des banques non-résidentes.
Tableau 11: Variations des indicateurs des banques non-résidentes en pourcentage
Le rythme est évalué ainsi d’une évolution négative de -4.6 en 2011 par rapport à 2010. Les crédits à la
clientèle ont maintenu leur stabilité de 858.2 MDT en 2010 contre 858.9 MDT en 2011 avec une légère
amélioration dans le rythme d’évolution tout en passant d’une évolution négative à une évolution positive.
Le tableau 12 montre l’évolution du produit net de leasing et de l’encours de crédit-bail en MDT entra
2008 et 2014.
(Source : BCT)
38
L’activité du secteur de Leasing génère en 2011 une légère progression de 106 MDT en 2011contre 94.3
l’année précédente. Ainsi l’encours de crédit-bail est en progression continue durant la période qui suit la
révolution.
Le tableau 13 montre la variation des indicateurs du Leasing en MDT.
(Calcul personnel)
Le rythme de progression de crédit-bail a connu une décélération considérable accompagnée par une
stagnation dans les années d’après. Ainsi, le rythme de PN de Leasing a subi une baisse l’année 2011 par
rapport l’année 2010. En effet, les conditions d’activités étaient difficiles ainsi l’environnement socio-
politique s’est répercuté sur le secteur du Leasing provoquant ainsi un retour des impayés très important.
La figure montre l’évolution des indicateurs du Leasing et des banques d’affaires.
Figure 11 : Evolution des indicateurs du Leasing et des banques d’affaires
Le Leasing en Tunisie est un secteur fortement affecté par les derniers évènements qui ont suivi la
révolution du 14Janvier, touchant jusqu’à présent son activité.
39
En effet, la production du secteur du leasing a baissé de plus de 12 % en 2011 rompant avec le rythme qui
avait tendance à la hausse où le marché a connu une croissance annuelle moyenne de plus de 38% (période
2008-2010). En effet, le secteur du leasing a subi l’impact du ralentissement de la croissance économique
tel que le recul de l’investissement privé, la réduction importante des quotas d'importation du matériel
roulant et la rareté des ressources de financement.
Le tableau 14 montre l’évolution du PNB des banques d’affaires entre 2008 et 2014 en MDT.
(Source : BCT)
Le PNB des banques d’affaires a connu une baisse en 2011 enregistrant ainsi une valeur de 0.614 MDT
contre 0.958 en 2010.
Le rythme est en décélération continue depuis 2009 jusqu’à 2011 ( -35.9) points de pourcentage. L’année
2012 est une année de progression significative. Ceci s’explique par le tarissement des opportunités
d’affaires du en particulier à la conjoncture économique difficile de 2011, ainsi la concentration de
l’activité du secteur était sur les missions d’assistance de l’état dans la restructuration des entités publiques.
40
Tableau 16 : Evolution des indicateurs de factoring
(Source : BCT)
Le PN de factoring a connu une stagnation l’année 2011 suivi par une décélération progressive depuis 2011
jusqu’à [Link], Le volume de factures achetées a baissé à leur tour enregistrant ainsi une valeur
de 537.8 MDT en 2011 contre 549.9 en [Link], le rythme d’évolution a connu une décélération de
0.871 en 2011 par rapport à 2010. Aussi, l’encours de financement a enregistré une baisse en passant de
137.7 MDT en 2010 à 136.5 MDT en 2011.
41
La variation entre 2011 et 2010 du PN de factoring est nulle ce qui traduit par la stagnation qu’ont connu
les établissements de factoring.
Ainsi, l’activité de factoring a également reflétée la conjoncture difficile qu’a vécu la Tunisie.
Le secteur bancaire a été affecté par la révolution tunisienne certes mais, l’impact était léger voir
négligeable puisqu’une vue d’ensemble nous montre qu’il a réussi à générer une croissance satisfaisante
compte tenu de la conjoncture économique. L’effet se traduit ainsi par un ralentissement de l’activité du
secteur bancaire notamament les établissements de Leasing,les établissements de factoring et les banques
d’affaires ont été les plus touchées par la crise voir la nature de leur activité.
Le secteur bancaire tunisien est caractérisé par sa diversification. Nous observons ainsi plusieurs banques
qui sont en concurrence sur le marché. Chaque banque essaie d’augmenter sa performance malgré l’effet de
la révolution que nous avons détecté lors de notre étude. C’est pourquoi dans ce qui suit nous effectuerons
une étude sur dix banques tunisiennes cotées en bourse tout en évaluant leur niveau de performance
pendant la révolution c’est-à-dire les résultats de l’année 2011.
Nous observons ainsi les données qui sont : le total actif (TA) la marge d’intérêt (MI), les crédits net (CN),
les dépôts de la clientèle, le PNB, les résultats d’exploitation (RE) et les fonds propres (FP).
Nous collectons les données qui se trouvent dans les rapports annuels de chaque banque ainsi que le site
officiel de la bourse BVMT, nous obtenons la base de données suivante :
Le tableau 18 retrace la distribution de dix banques cotées en Bourse selon huit variables. L’objectif de
notre étude est d’évaluer la performance de ces banques pendant l’année de la révolution.
42
Tableau 18: Base de données des indicateurs de performance bancaire en MDT
Ainsi, afin de pouvoir projeter toute la quantité d’informations dans le même graphique nous utilisons la
technique de l’analyse en composante principale (ACP) qui est une technique de simplification des
données.4
En effet, Nous remarquons que la variable Total Actif (TA) est fortement corrélée positivement avec les
variables Réserves, Produit net bancaire, Crédit Net, les dépôts à la clientèle. La variable PNB est
4
Nous traitons cette base de données avec le logiciel SPSS afin d’obtenir la matrice de corrélation, la carte des
variables et la carte des banques.
43
fortement corrélé avec les variables Total Actif, Réserves, Crédits Net et Dépôt de la clientèle. La variable
Dépôt de la clientèle est fortement corrélé positivement avec Total Actif, Réserves, PNB, Crédit Net (voir
tableau 19).
Ainsi, nous pouvons affirmer que nous allons projeter notre nuage de points qui était dans un espace
vectoriel de dimension huit sur un sous espace vectoriel de dimension deux tout en conservant 76.654
pourcents de la quantité d’informations (Tableau 20).
Le tableau 21 présente la matrice des composantes : la contribution de chaque variable dans la construction
des axes.
44
Ainsi, nous calculons la contribution de chaque variable dans la construction des axes en s’appuyant sur la
formule suivante :
𝒄𝟐 , 𝒙𝒋
𝒄𝒕𝒓(𝒄𝒌 , 𝒙𝒋) = ⋅
𝝀𝒌
D’après la matrice des composante (Tableau 21), le tableau des contributions (Tableau 22) et la carte des
variables (Figure 14), nous pouvons conclure que les variables Total Actif, PNB, Dépôts à la clientèle,
45
Marge d’intérêt sont fortement corrélés avec l’axe 1 (axe horizontal). De même, les variables Fonds
propres, Réserves et crédits net sont fortement corrélées avec l’axe 2 (axe vertical).
D’où nous pouvons affirmer que l’axe 1 est indicateur des variables ‘total actif, PNB, Dépôts à la clientèle,
Marge d’intérêt et l’axe 2 est indicateur des variables ‘Réserves et Crédits Net, Résultat d’exploitation et
fonds propres.
Ainsi, nous passons à l’interprétation de la carte des individus qui est la carte des banques (figure 15).
L’analyse des banques dans un contexte économique moins propice nous a permis d’identifier :
La première catégorie : la BIAT et la BNA qui ont montré un niveau de performance élevé qui se traduit
par des coordonnées élevées sur les deux axes.
La deuxième catégorie : Attijari, l’UIB, l’UBCI possèdent un niveau élevé de fond propre, résultat
d’exploitation, réserves et crédit net en contrepartie d’un niveau faible de PNB, total actif, dépôt à la
clientèle et Marge d’intérêt.
La troisième catégorie : L’ATB, la BT possédant un niveau de performance faible qui se traduit par de
faibles cordonnés sur les deux axes.
La quatrième catégorie, la STB qui possède un niveau élevé de PNB, total actif, dépôt à la clientèle et
Marge d’intérêt. Ainsi, après la lecture et l’interprétation de la carte des banques nous avons constaté que la
BIAT est la banque la plus performante pendant la révolution, ainsi nous trouvons dans la deuxième place
la BNA et après la STB. Et puis dans l’ordre décroissant viennent les banques citées ci-dessous :
46
L’étude de la performance des banques tunisiennes nous a permis de savoir d’où émane la capacité de
résistance de chaque banque. Cependant, certaines banques ont été touchés par la révolution ce qui traduit
par le niveau faible de performance que nous avons détecté. Ceci se traduit par les engagements avec les
membres de la famille de l’ancien régime et les crédits non performants accordés par certaines banques.
Conclusion
Au niveau de ce chapitre nous avons analysé en premier lieu l’effet de la révolution sur le secteur bancaire
tunisien. Ainsi, nous avons constaté que la ROA et la ROE ont subi une décroissance importante en 2011.
Ainsi, les dépôts à terme ont subi une décroissance significative ce qui peut être traduit par le
comportement des clients lors des crises. De plus, les banques d’affaires, les établissements de Leasing et
les établissements de factoring ont été fortement affecté par la révolution. L’indice boursier TUNBANK a
subi une régression importante qui s’est répercutée sur l’indice boursier TUNIDEX. Ce qui nous permet
d’affirmer que certes les banques sont affectées par la révolution tunisienne mais cet impact est
négligeable.
En deuxième lieu, nous avons effectué une étude sur dix banques cotées en bourse afin d’évaluer leur
performance au cours de l’année 2011 en faisant recours à une ACP ce qui nous a permis de déduire que la
BIAT et la BNA sont les deux meilleures banques de point de vue performance.
Une vue d’ensemble nous a permis de conclure que la majorité des banques tunisiennes ont montré une
capacité de résistance envers la conjoncture économique et le contexte défavorable.
47
Conclusion Générale
Ce travail a été élaboré dans le cadre de l’étude des effets économiques de la révolution tunisienne et son impact
sur le système bancaire tunisien. A cette fin, nous avons réparti notre travail en trois chapitres.
Nous avons divisé le premier chapitre en deux parties. La première a été consacrer à la présentation de la
Banque Internationale Arabe de Tunisie tout en évoquant son historique, son profil, ses stratégies et les
produits qu’elle offre et la deuxième offre un aperçu sur l’agence BIAT SIDIBOUSAID et les tâches
effectuées.
Le deuxième chapitre a été consacré à l’étude de l’impact de la révolution tunisienne sur l’économie. Ainsi,
nous avons donné un aperçu théorique sur les révolutions, nous avons défini le contexte politique et
économique international et national de la révolution tunisienne et finalement nous avons effectué une
étude sur ses effets économiques. Il est à noter que l’économie tunisienne a été affaibli subissant un
ralentissement à cause des mouvements révolutionnaires. Ainsi le recul comprend le secteur du tourisme,
l’investissement, le commerce ce qui s’est répercuté sur la hausse des prix, le taux de chômage et le taux de
change. Ainsi, nous avons dégagé une relation de causalité entre la décroissance des différents indicateurs.
Le troisième chapitre a été consacré à l’étude de l’impact de la révolution tunisienne sur la performance du
secteur bancaire. Nous avons défini la performance, ses indicateurs et les facteurs qui l’influencent. Ainsi
nous avons étudié l’évolution et la variation de certains indicateurs bancaires. Nous avons obtenu comme
résultat un effet négligeable et apparait surtout au niveau des banques d’affaires, des établissements de
Leasing et de factoring voire la spécificité de leurs activités. Finalement, nous avons effectué une étude sur
dix banques cotées en bourse afin de tester leur performance pendant l’année [Link] avons trouvé que
La majorité des banques tunisiennes ont montré une capacité de résistance puisqu’elles possèdent un bon
niveau de performance. Toutefois, elles existent des banques qui ont été touché par la révolution à cause
des crédits non performants et les engagements envers l’ancien régime.
Pour synthétiser, nous pouvons affirmer que les dégâts de la révolution sont massifs sur l’économie
tunisienne. Cependant, le secteur bancaire est un secteur résistant qui n’est pas très sensible à la crise au
contraire il contribue à la régulation de la situation économique.
48
Bibliographie
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• Rapport annuel APTBEF 2011
• Rapport annuel de Attijari Bank 2011
• Rapport annuel de l’Amen Bank 2011
• Rapport annuel de l’INS 2006---2016
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• Rapport annuel de l’UBCI 2011
• Rapport annuel de l’UIB 2011
• Rapport annuel de la ATB 2011
• Rapport annuel de la Banque centrale de Tunisie 20006 jusqu’à 2020
• Rapport annuel de la BH 2011
• Rapport annuel de la BIAT 2006 jusqu’à 2021
• Rapport annuel de la BNA 2011
• Rapport annuel de la BT 2011
• Rapport annuel de la STB 2011.
• Rapport annuel de Patrick Artus, Jean Paul Betbèze, Christian de Boissieu et Gunther Capelle
Blancard 2008
• Rapport annuel Maxuala Bourse 2006 jusqu’à 2016
• Rodrigue Tremblay Le rôle des exportations dans la croissance économique des régions et des pays.
• Samuelson et Nordhaus (2009) Economics.
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Repères », page 16
• Zied Akrout 2012, Assurances et gestion des risques, vol. 80(1), avril 2012, 157-170
50
Table des matières
Introduction : ........................................................................................................................................4
[Link] de la BIAT
................................................................................................................................................................4
[Link] d’identité
................................................................................................................................................................6
[Link] de la BIAT
................................................................................................................................................................6
[Link] de l’actionnariat
................................................................................................................................................................8
Conclusion ............................................................................................................................................12
51
Introduction ........................................................................................................................................14
Conclusion ...........................................................................................................................................26
52
[Link] de la performance bancaire
..............................................................................................................................................................28
Conclusion ...........................................................................................................................................47
Conclusion Générale...........................................................................................................................48
Bibliographie .......................................................................................................................................49
53
54