Mouvement de particules chargées dans un champ électrique,
uniforme et stationnaire (DIAS du 28/10/2023)
La force de Lorentz est la combinaison de la force électrique et magnétique (dues aux champs électromagnétiques)
qui s’exerçant sur une charge mobile.
I Force de L ORENTZ
I.1. Loi
Une particule A chargée, de charge q, de masse
→ m, en mouvement dans un référentiel Galiléen R, à la vitesse
→
− − → −
v A/R , et soumise à un champ électromagnétique E , B ; subit la force de Lorentz :
q : la charge électrique en coulomb (C),
B : le champ magnétique en tesla (T ),
→
− →
− − →
−
f ℓ =q E +→
v A/R ∧ B ; E : le champ électrique (V.m−1 ),
→
− →
−
f e = q E : la force électrique en newton (N ),
→
− →
−
f m = q→−
v A/R ∧ B : la force magnétique en newton (N ).
L’équation du mouvement de la particule A (pour des vitesses non relativistes):
d→
−
v A/R →
− − →
−
m =q E +→
v A/R ∧ B
dt
I.2. La puissance P de la force de Lorentz
On note que seule la force électrique contribue à l’augmentation de l’énergie cinétique de la particule A et la force
magnétique demeure perpendiculaire à la vitesse →−
v A/R . En effet :
1 → dEc d→
−
v A/R →
−
Ec = m−
v 2A/R ⇒ = P = m→
−
v A/R · = q→
−
v A/R · E
2 dt dt
→
− →
− −
P = q→
−
v A/R · E = f e · →
v A/R
Seule la force électrique peut modifier l’énergie d’une particule chargée.
II Mouvement dans un champ électrostatique uniforme et constant
On considère une particule chargée A, de masse m et de charge q,en présence d’un champ électrostatique (1)
uniforme
→
−
(2)
et constant (3) E .
II.1. Ordres de grandeurs
Considérons le cas d’un proton ; m = 1, 67 × 10−27 kg et q = 1, 6 × 10−19 C :
• L’intensité de pesanteur g = 9, 8 m.s−1 et la poids P = mg = 1, 64 × 10−26 N ,
• Dans le cas usuel, E > 10 V.m−1 et Fe = qE > 1, 6 × 10−18 N, valeur supérieur à 10 × P .
Le poids P de la particule est, alors, négligeable devant la force électrique (P ≪ Fe ).
(1) Champ électrique permanent ou stationnaire.
(2) Uniforme : garde la même valeur dans toute la zone où il existe.
(3) Constant : garde une direction fixe.
2/ 3
II.2. Équation différentielle du mouvement
La relation fondamentale de la dynamique appliquée à A dans le référentiel R supposé galiléen s’écrit :
d→
−
v A/R →
− d2 →
−r
m = qE = m 2
dt dt
Solution :
→
− →
−
→
− qE qE 2 →
v A/R = t+→
−
vo →
− ⇒
r (t) = t +− v ot + →
−
ro
m 2m
→
−
ro=→
−
r (t = 0) est la position initiale de la particule et →
−
vo=→−
v (t = 0) sa vitesse initiale.
Remarque :
→
− →
−
La force électrique F e = q E est une force conservative. Elle dérive d’une énergie potentielle Epe = qV ; où V
→
− →
− −−→
est le potentiel associé au champs électrostatique E ; ( E = −gradV )a .
a Voir cours d’électromagnétisme : une ligne de champ électrique parte d’un potentiel élevé vers un potentiel inférieur.
L’énergie totale de la particule :
1
E = Ec + Epe = mv 2 + qV
2 A/R
est conservative (ou constante).
→
−
Accélérateur de protons : E colinéaire à →
−
vo
→
−
Des particules de masse m et de charge +e sont accélérées par un champ électrique E = E → −e x , supposé uniforme,
régnant entre les deux armatures (Po ) et (Pd ) d’un condensateur plan, distantes de d, et de potentiels respectives Vo
et Vd . On note →
−
v o = vo →
−
e x la vitesse des particules au niveau de l’armature (Po ) à l’instant t = 0.
→
−
E
→
−
vo
O d x
Cavité
U = Vo − Vd
Vo > Vd Vd
• L’équation horaire de la trajectoire dans la cavité :
eE eE 2
v(t) = t + vo et x(t) = t + vo t
m 2m
• La durée τ que met le proton à traverser la cavité est telle que :
" s # " s #
eE 2 mvo 2eEd mvo 2eU
d= τ + vo τ ⇒ τ= −1 + 1 + = −1 + 1 +
2m eE mvo2 eE mvo2
• La vitesse de sortie vs = v(τ ) ; soit :
s
→
− 2eU →−
v s = vo 1+ ex
mvo2
On pourra retrouver le résultat précédent en utilisant la conservation de l’énergie totale :
1 1 2eU eE
E= mvo2 + eVo = mvs2 + eVd ⇒ vs2 = vo2 + et vs = τ + vo (CQF D.)
2 2 m m
M. AFEKIR
3/ 3
→
−
Déflexion électrostatique : E orthogonale à →
−
vo
→
−
Un électron pénètre en O avec la vitesse → −
v o = vo →
−
e x , dans le champ électrique E supposé uniforme régnant entre les
plaques (P1 ) et (P2 ) métalliques d’un condensateur, symétriques par rapport au plan (Oxz), de longueur ℓ et séparées
par une distance d.
Y
y •S
Ecran d’impact
(P1 )
V1 > V2
P →
−
vP
•
U = V1 − V2
→
− α
O vo d x
⊙
z e− ℓ/2 ℓ
→
−
E
V2
(P2 )
D
• Le champ électrostatique est créé par une tension U appliquée entre les deux plaques :
→
− U−
E = −E →
−
ey =− →ey
d
• L’équation horaire et équation de la trajectoire entre les plaques (0 ⩽ x ⩽ ℓ) :
→
−
q E x(t) = vo t eE 2 eU
→
−
r (t) = t2 + →
−
v ot + →
−ro ⇒ ⇒ y(x) = − x = x2
eE 2 2
2m y(t) = − t 2mvo 2mvo2 d
2m
L’électron décrit une trajectoire parabolique.
eU 2
• À la sortie, en P : xP = ℓ et yP = ℓ .
2mvo2 d
• L’équation horaire et équation de la trajectoire à l’extérieur des plaques (x ⩾ ℓ) :
→
− −−→ − eU →
v = Cte = → v P (t′ = 0) = vo →
−
ex+ ℓ−
ey
mvo d
→
− →
− →
− →
−
→
−
a = 0 ⇒ r = vt+ ro
→ eU 2 →
r o = ℓ→
− − ℓ −
ex+ ey
2mvo2 d
Le mouvement de l’électron est rectiligne uniforme. Soit :
eU ℓ eU ℓ2
x(t) = vo t + ℓ
→
−
r = (vo t + ℓ) →
− →
−
ex+ t+ ey ⇒ eU ℓ eU ℓ2
mvo d 2mvo2 d y(t) = t+
mvo d 2mvo2 d
D − ℓ/2 eℓDU
L’impact de l’électron, en S, sur l’écran a lieu à l’instant tS = et à l’ordonnée yS = .
vo mvo2 d
Applications :
◦ yS ∝ U , pour même type de particules : Oscilloscope cathodique.
e
◦ yS ∝ , pour U donnée : Spectrographe de masse.
m
M. AFEKIR