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Évaluation des aires protégées en RDC

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LE RÉSEAU DES AIRES

PROTÉGÉES DE LA RÉPUBLIQUE
DÉMOCRATIQUE DU CONGO
Évaluation pour sa consolidation
et son extension
Publié par : ICCN et WWF Crédits photos (listés de haut en bas et de gauche
à droite) :
Auteurs : Cyril Pélissier, Paya de Marcken, Erwan Cherel et
Page de couverture : © Karine Aigner / WWF-US. p6 © Cyril
Jeff Mapilanga
Pélissier / PARAP. p7 © Erwan Cherel / PARAP. p9 © Erwan
* Cyril Pélissier occupait le poste de Conseiller technique Cherel / PARAP. p10-11 © Cody Pope / WWF DRC. p15 ©
principal du programme, Paya de Marcken celui de Conseiller Erwan Cherel / PARAP; © PARAP ; © PARAP ; © Erwan
technique en planification de la conservation et Erwan Cherel Cherel / PARAP. p17 © Thomas Nicolon / WWF DRC. p21 ©
était l›Assistant technique en charge travaux de terrain. Jeff Erwan Cherel / PARAP. p25 © Erwan Cherel / PARAP. p27
Mapilanga est le Directeur technique et scientifique de l’ICCN. © PARAP ; © Cyril Pélissier / PARAP. p28 © Erwan Cherel
Remerciements : / PARAP. p31 © PARAP ; © PARAP. p36 © Boniface Ilunga
Ce programme n’aurait pas pu être réalisé sans le leadership / PARAP ; © Boniface Ilunga / PARAP. p39 © PARAP ; ©
de la direction de l’ICCN: Cosma Wilungula Balongelwa, Erwan Cherel / PARAP. p40 © Erwan Cherel / PARAP. pg41
Directeur général; Jean-Joseph Mapilanga wa Tsaramu, © Erwan Cherel / PARAP ; © Erwan Cherel / PARAP. p44
Directeur technique et scientifique; Benjamin Ebuela © Erwan Cherel / PARAP. p46 © Menard Mbende / PARAP.
Balongelwa, Directeur de la planification et coopération p49 © Brent Stirton / Reportage for Getty Images / WWF.
internationale; Benoit Kisuki Mathe, Directeur de l’audit; p50 © PJ Stephenson / WWF ; © Karine Aigner / WWF-US.
Henry Mbale Kunzi, Directeur scientifique. p55 © Equipe faune / PARAP ; © Camera trap / PARAP ;
© Camera trap / PARAP ; © Camera trap / PARAP. p57 ©
L’enthousiasme, le professionnalisme et l’engagement fournis Thomas Nicolon / WWF DRC. p59 © Cyril Pélissier / PARAP.
par l’ensemble de l’équipe PARAP ont joué un rôle clé dans sa p60 © Equipe faune / PARAP ; © Camera trap / PARAP .
réussite: Marc Kabunda, Conseiller technique aires protégées p61 © Camera trap / PARAP ; © Camera trap / PARAP. p65
senior; Omari Ilambu, Conseiller technique aires protégées © Erwan Cherel / PARAP ; © Erwan Cherel / PARAP. p69 ©
senior; Menard Mbende, Assistant technique inventaires PARAP ; © Cyril Pélissier / PARAP p73 © Thomas Nicolon /
biologiques; Elise Queslin, Assistante technique planification WWF DRC ; © Brent Stirton / Reportage for Getty Images /
de la conservation et partenariats; Marcel Chiringa, Chargé WWF. p74 © Victoire Batumike / WWF DRC. p78 © PARAP
des opérations; Gabriel Kitengie Matshimba, Coordonnateur ; © Erwan Cherel / PARAP. p79 © PARAP. p80 © Thomas
inventaire botanique; Chrysostome Vyahavwa, Coordonateur Nicolon / WWF DRC. p84 © Karine Aigner / WWF-US ;
inventaires faune; Boniface Ilunga, Coordonnateur enquêtes © Thomas Nicolon / WWF DRC. p92 © Boniface Ilunga /
socio-économique; Delphin Nganzi Nganzi, Chef d’équipe PARAP. p93 © PARAP ; © PARAP. p95 © Cyril Pélissier /
socio-économique; Rubens Bongende, Chef d’équipe PARAP ; © Karine Aigner / WWF-US. p103 © Karine Aigner /
socioéconomique; Chrispin Kibambe, Chef d’équipe faune; WWF-US. p106 © Brent Stirton / Reportage for Getty Images
Bernard Ikembelo, Chef d’équipe faune; Dieu Merci Mpongo / WWF. p107 © Brent Stirton / Reportage for Getty Images /
Iyomi, Chef d’équipe faune; Papy Asanzi, Chef d’équipe WWF. p110 © Thomas Nicolon / WWF DRC. p116 © PARAP
faune; Samuel Matungila Bewa, Chef d’équipe faune; ; © PARAP ; © Erwan Cherel / PARAP. p118 ; © Karine
Simeon Dino S’haw, Chef d’équipe faune, Jacques Mukinzi Aigner / WWF-US. p119 © Thomas Nicolon / WWF DRC ; ©
Mulongesha, Chef d’équipe botanique; René Ngaka, Chef Brent Stirton / Reportage for Getty Images / WWF. p121 ©
d’équipe botanique; Boniface Landu Lukebakio, Consultant Brent Stirton / Reportage for Getty Images / WWF ; © Cyril
botaniste, Justin Asimonyio, Consultant botaniste; Jean- Pélissier / PARAP. p123 © Cody Pope / WWF DRC. p124 ©
Léon Kambale Katembo, Consultant botaniste; Jacques Erwan Cherel / PARAP. Dernière page extérieure : © Cyril
Kazadi, Agent comptable; Nana Tshika Mwambuyi, Assistante Pélissier / PARAP ; © Brent Stirton / Reportage for Getty
administrative; Jean Mutamba Ibondo, Chauffeur; Boniface Images / WWF ; © Karine Aigner / WWF-US.
Muntu, Magasinier.
Cartographie :
L’appui et les contributions des collègues du réseau WWF Les données de fond pour les cartes proviennent de la
ont été grandement appréciés: Allard Blom, Samantha Yeo, Référentiel Géographique Commun (2013).
Johannes Kirchgatter, Julia Barske et Aurelie Shapiro.
Décharge de responsabilité :
Citation : Le programme a été mise en oeuvre au travers d’un
Pélissier, C., de Marcken, P., Cherel, E., et Mapilanga, J. (2018). partenariat entre l’Institut Congolais pour la Conservation de
Le réseau des aires protégées de la République démocratique la Nature (ICCN) et le Fonds mondial pour la nature (WWF).
du Congo : Évaluation pour sa consolidation et son extension. Il a bénéficié de l’appui de multiples bailleurs de fonds. Ce
IUCN et WWF. 132 pp. programme fait partie de l’initiative internationale pour le
Contact : climat (IKI). Le Ministère fédéral de l’Environnement, de
Jeff Mapilanga, DTS, ICCN, jeffmapilanga@[Link] la Protection de la Nature et de la Sûreté nucléaire (BMU)
Menard Mbende, WWF DRC, mmbende@[Link] soutient cette initiative en vertu d’une décision du Parlement
Julia Barske, WWF Germany, [Link]@[Link] de la République fédérale d’Allemagne. Le programme a
également bénéficié du généreux soutien du peuple américain
Conception :
au travers de l’Agence des États-Unis pour le développement
Miller Design, UK
international (USAID). Le contenu de document est de la seule
Imprimé par : responsabilité du WWF et ne reflète pas nécessairement les
PieReg Druckcenter Berlin GmbH vues de l’USAID ou du Gouvernement des Etats-Unis.
sur 100 % papier recyclé.
LE RÉSEAU DES AIRES
PROTÉGÉES DE LA RÉPUBLIQUE
DÉMOCRATIQUE DU CONGO
Évaluation pour sa consolidation et
son extension

Partenaires de mise en œuvre du programme

Bailleurs de fonds du programme

FONDS POUR L’ENV


FONDS POUR L’ENVIRONNEMENTPMONDIAL OUR IN VESTIR DAN
P O UFONDS
R I N V E SPOUR
T I R D AL’ENVIRONNEMENT
N S N O T R E P L A N È T E MONDIAL
POUR INVESTIR DANS NOTRE PLANÈTE
Table des matières
Préface 3 CHAPITRE 4
Les acronymes 4 Bâtir un réseau des aires
protégées en RDC 63
CHAPITRE 1 Les fondations 63
Le réseau des aires protégées aujourd’hui 73
La République démocratique Appréhender le contexte 81
du Congo (RDC) 6 Reconnaître ses valeurs 88
Biodiversité 88
Ecosystem Services 100
CHAPITRE 2 Valeurs culturelles et sociales 109
Le Programme d’appui au réseau La gestion du réseau 110
des aires protégées (PARAP) 5
Qu’est-ce que le PARAP ? 5 CHAPITRE 5
Pourquoi le PARAP ?
Le cadre de mise en œuvre
7
9
Aller de l’avant 113
Un contexte changeant 113
Les aires protégées et leur réseau aujourd’hui 113
CHAPITRE 3 Perspectives et recommandations 115
La compréhension des enjeux de terrain
au travers des évaluations des sites 17 ANNEXE 1 125
Présentation des sites évalués Aires protégées de RDC 125
et de l’effort entrepris 17
Résultats 23
Configuration et gestion 23
ANNEXE 2
Contexte socio-économique 27 Notes accompagnant la carte du réseau
des aires protégées de RDC 128
Végétation et flore 36
Bibliographie 130
Grands mammifères 41
Notes de fin 131
Principaux constats 55

page 2 │ Running footer


Préface
La République démocratique du Congo a signé des engagements internationaux
dans divers secteurs de l’environnement. Nous citerons notamment la Déclaration
commune avec la République fédérale d’Allemagne lors de la neuvième Conférence
des parties (CoP) de la Convention sur la diversité biologique (CDB) tenue à Bonn
en mai 2008 afin de “porter la couverture des zones protégées à 15 % de l’étendue
du territoire national”, l’engagement lors de la CoP10 de la CDB d’étendre
la superficie des aires protégées jusqu’à 17 % dans le cadre de l’objectif 11 d’Aichi
du plan stratégique pour la biodiversité de 2011-2020.

Capitalisant sur le contenu de ces accords, l’Institut congolais pour la conservation


de la nature (ICCN) a développé une stratégie nationale pour la conservation de la
biodiversité dans les aires protégées de la RDC, dont le programme 3 (consolidation
et extension du réseau des aires protégées) a pu apporter des éléments de réponse.
C’est dans cette optique que l’ICCN et le Fonds mondial pour la nature (WWF) ont
initié en 2011 le Programme d’appui au réseau des aires protégées (PARAP). L’objectif
global de ce programme est de soutenir la RDC dans l’atteinte de son objectif de
conservation de la biodiversité et de préserver les services essentiels fournis par ses
écosystèmes à travers le développement d’un réseau d’aires protégées efficacement
et équitablement géré.

À ce titre, l’ICCN, en partenariat avec le WWF, a pu procéder, à travers le PARAP, à


une évaluation systématique du réseau des aires protégées en focalisant son attention
sur les zones sur lesquelles on ne disposait pas d’informations à jour, mais jugées
prioritaires, afin de permettre à la RDC de consolider et d’étendre son réseau national.

Les résultats de la phase 1 de ce programme ont permis à l’ICCN de disposer


d’informations qualitatives sur les zones identifiées comme prioritaires afin de
permettre, d’une part, de détenir un état référentiel sur l’état des lieux des aires
protégées et zones à haut potentiel biologiques et, d’autre part, d’orienter les
interventions prioritaires sur la base des éléments d’évaluation en vue de créer
de futures aires protégées.

Bien qu’il reste certaines étapes à franchir pour l’atteinte du résultat final, le travail de
la phase 1 a été accompli grâce à l’engagement et au soutien dont ont bénéficié l’ICCN
et le WWF de la part des divers partenaires techniques et financiers, que je remercie
sincèrement.

Mon souhait le plus ardent est que les différents partenaires techniques et financiers
actuels et futurs ainsi que l’ensemble des acteurs de terrain puissent s’approprier la
présente monographie sur l’état des lieux de la gestion, du statut de conservation du
réseau des aires protégées et des zones prioritaires, afin de réhabiliter et de consolider
le réseau national.

Pasteur Dr. Cosma WILUNGULA BALONGELWA


Directeur Général de l’ICCN
Les acronymes*
AGB Biomasse aérienne – Above-ground biomass
ASM Exploitation minière artisanale à petite échelle – Artisanal small-scale mining
BMUB Ministère fédéral pour l’environnement, la conservation de la
nature, la construction et la sureté nucléaire – Bundersministerium
für Umwelt, Naturschutz und nukleare Sicherheit
CAMI Cadastre minier
CDB Convention sur la diversité biologique
CEFE Centre d’écologie fonctionnelle et évolutive
CM & M Carbon Map and Model project
CNRS Centre national de la recherche scientifique
CoCoCongo Coalition pour la conservation au Congo
CoCoSi Comité de coordination du site
CoP Conférence des parties – Conference of Parties
CR En danger critique – Critically endangered
CSB Centre de surveillance de la biodiversité
DD Données insuffisantes – Data deficient
DG Direction générale
DIAF Direction des inventaires et de l’aménagement forestier
DPSE Direction de la planification, suivi et évaluation
DSCRP Document de la stratégie de croissance et de réduction de la pauvreté
DSS Decision Support System
DTS Département technique et scientifique
EN En danger – Endangered
FAO Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture
– Food and Agriculture Organization of the United Nations
FEM Fonds pour l’environnement mondial
GHS Global Human Settlement
GIZ Agence de coopération internationale allemande pour le développement
– Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit
GW Gigawatt
ha Hectare
ICCN Institut congolais pour la conservation de la nature
IDH Indice du développement humain
IMET Outil intégré de planification et de suivi de l'efficacité de gestion des aires protégées
INERA Institut national pour l’étude et la recherche agronomiques
IPNCB Institut des parcs nationaux du Congo belge
GIRE Gestion intégrée des ressources en eau
GW Gigawatt
JRC Centre commun de recherche – Joint Research Center

page 4
Kf W Établissement de crédit pour la reconstruction de la République
fédérale d’Allemagne – Kreditanstalt für Wiederaufbau
km Kilomètre
km² Kilomètre carré
LC Préoccupation mineure – Least concern
LSM Exploitation minière industrielle à grande échelle – Large-scale mining
m Mètre
MAB Programme de l’UNESCO pour l’homme et la biosphère – Man and Biosphere
MEDD Ministre de l’environnement et du développement durable
MW Mégawatt
NASA Administration nationale de l’aéronautique et de l'espace –
National Aeronautic and Space Administration
NE Non évalué – Not evaluated
NT Quasi menacé – Near threatened
NORAD Agence norvégienne de coopération pour le développement
– Norwegian Agency for Development Cooperation
PAP Programme d’actions prioritaires
PARAP Programme d’appui au réseau des aires protégées
PgC Pétagramme de carbone – Petagram of carbon
RDC République démocratique du Congo
REDD Réduire les émissions de CO2 provenant de la déforestation et de la
dégradation des forêts – Reducing Emissions from
Deforestation and Forest Degradation
RFA République fédérale d’Allemagne
RGC Référentiel géographique commun
SIG Système d’information géographique
SNCB Stratégie nationale de conservation de la biodiversité
SYGIAP Système de gestion d’information pour les aires protégées
UMD Université du Maryland – University of Maryland
UNIKIS Université de Kisangani
USAID Agence des États-Unis pour le développement international –
United States Agency for International Development
USGS United States Geological Survey
VU Vulnérable – Vulnerable
WRI World Resources Institute
WWF Fonds mondial pour la nature – World Wide Fund for Nature
ZP Zone prioritaire
UICN Union internationale pour la conservation de la nature
ONG Organisation non gouvernementale
*Merci de noter que les codes désignant les aires protégées sont fournis en annexe 1.

page 5
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

Chapitre 1
La République démocratique du Congo
La République démocratique du Congo (RDC) se trouve au cœur de l’Afrique et s’étend
sur plus de 2,3 millions de kilomètres carrés. Deuxième plus grand pays du continent
de par sa superficie, la RDC est frontalière avec neuf pays. La capitale, Kinshasa,
se trouve au bord du fleuve Congo, à l’ouest du pays. D’autres agglomérations sont
réparties au sein de son vaste territoire. En 2017, la population de la RDC était
estimée à plus de 81 millions d’habitants. Celle-ci continue à augmenter rapidement,
la RDC présentant l’un des plus forts taux de croissance démographique au monde.i

La RDC, le pays le plus riche du point de vue de la diversité biologique sur le continent
africain, est couverte d’une mosaïque d’écosystèmes qui comprennent notamment de
la forêt dense, des savanes, des zones humides, des montagnes et des volcans actifs. Il
comprend plus de 60 % des forêts du bassin du Congo, deuxième plus grand massif de
forêt tropicale humide de la planète. Au nord et au sud de la zone chaude et humide de
la forêt équatoriale, le climat de la RDC devient tropical. Les altitudes les plus élevées
du pays se rencontrent dans les chaînes montagneuses du rift Albertin d’Afrique
orientale. Ces écosystèmes constituent des habitats critiques vitaux pour un grand
nombre d’espèces menacées sur les plans national et international, et jouent un rôle
clé dans l’atténuation et l’adaptation aux changements climatiques. Ils contribuent
largement à la sécurité alimentaire nationale et aux moyens locaux de subsistance.

La majeure partie de la RDC est comprise dans le bassin formé par le fleuve Congo et
ses affluents. Le réseau des rivières et lacs représente 52 % des ressources d’Afrique
en eau de surface et offre un potentiel considérable pour le développement de l’énergie
[Link] Il forme également un réseau de voies de communication connectant
des régions aux infrastructures routières encore peu développées.

Bien qu’il soit considéré comme l’un des pays les plus riches du monde en ce qui
concerne ses ressources naturelles, en raison notamment de ses 24 trillions de
dollars en ressources minérales encore inexploitées,iii la RDC demeure un pays dont
le revenu figure parmi les plus bas du monde. En 2017, le revenu national brut par
habitant a été estimé par la Banque mondiale à 420 dollars. Selon le dernier indice
du développement humain (IDH) disponible, évalué sur la base de la mesure de
l’espérance de vie, des niveaux d’éducation et de revenu, la RDC figure au 176e rang
sur 188 pays.

page 6 │ Chapitre 1
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

Carte 1
La République
démocratique du Congo

Chapitre 1 │ page 7
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

La République démocratique du Congo en quelques chiffres

Superficie Variation d’altitude


2 344 858 0-5110 m 166,58 Mha
Superficie forestière
km² 2
3

420 $
1
Carbone
forestier
Population (2017)
Revenu national brut
par habitant (2016) 5 23, 3 ± 0,2GtC 6

81 340 000 4 Densité de


Ressources
minières
population
non exploitées (2011) moyenne
Plantes vasculaires 24 milliards $ 8 35 hab./km² (2017)
9

>10 000 espèces Amphibiens


dont 3 200 endémiques
149 en danger/danger critique
7

>240 espèces Indice de développement humain


0,435
dont 53 endémiques 176e/188 pays (2015) 12
Ressource en eau 11 en danger/danger
critique

52 % des réserves d’eau


de surface d’Afrique
23 % de la ressource en eau
11

43,5 % Population
10
renouvelable interne d’Afrique
urbaine
Mammifères Reptiles
(2017)

431
VILLES PRINCIPALES (2015) 15

>300 espèces
Kinshasa (11,6 millions hab.)
Lubumbashi (2 millions hab.)
espèces 13
Mbuji-Mayi (2 millions hab.)
dont 28 endémiques Kananga (1,2 million hab.)
dont 33 endémiques 14 Kisangani (1 million hab.)
34 en danger/danger critique 9 en danger/danger critique

Principales activités
économiques Oiseaux
Poissons
33 % industrie 21 % agriculture 1 100 espèces >900 espèces
dont 23 endémiques dont 94 en danger/danger critique
39 en danger/danger critique
16 46 % services 17
18
(valeur ajoutée,
en % du PIB 2016)
1. CIA, 2017. 2. CIA, 2017. 3. Saatchi et al., 2017. 4. United Nations, 2017. 5. La Banque Mondiale, 2017. 6. Saatchi et al., 2017. 7. Mittermeier et al., 1997 ; UICN, 2018. 8. PNUE, 2011a. 9. CIA, 2017 ;
United Nations, 2017. 10. La Banque Mondiale, 2008 ; PNUE, 2011b. 11. Mittermeier et al., 1997 ; UICN, 2018. 12. PNUD, 2016. 13. Mittermeier et al., 1997 ; UICN, 2018. 14. Mittermeier et al., 1997 ;
UICN, 2018. 15. CIA, 2017. 16. La Banque Mondiale, 2017. 17. Mittermeier et al., 1997 ; UICN, 2018. 18. Mittermeier et al., 1997 ; UICN, 2018.

page 8 │ Chapitre 1
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

Chapitre 1 │ page 9
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

Chapitre 2
Le Programme d’appui au réseau
des aires protégées (PARAP)
Qu’est-ce que le PARAP ?
Le Programme d’appui au réseau des aires protégées (PARAP) est une initiative
conjointe de l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN) et du
Fonds mondial pour la nature (WWF). L’objectif global du programme PARAP
est de soutenir la RDC dans l’atteinte de son objectif de conserver sa biodiversité
et de préserver les services essentiels fournis pas ses écosystèmes au travers du
développement d’un réseau des aires protégées efficacement et équitablement géré,
couvrant au moins 15 % du territoire national et contribuant aux stratégies nationales
de conservation de la biodiversité et de développement et de réduction de la pauvreté.

La première phase du programme a débuté en 2011 et a été clôturée en 2016. Au cours


de celle-ci, le programme PARAP a bénéficié du soutien de multiples partenaires
financiers. Les bailleurs majeurs qui ont soutenu le programme sont le Ministère
fédéral pour l’environnement, la conservation de la nature, la construction et la
sûreté nucléaire (BMU) et l’Établissement de crédit pour la reconstruction (KfW)
de la République fédérale d’Allemagne, ainsi que le réseau WWF. Des contributions
de l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID), de
l’Agence norvégienne de coopération pour le développement (NORAD), du Fonds
pour l’environnement mondial (FEM) et de la Banque mondiale ont soutenu la
mise en œuvre d’activités. Enfin, des appuis ponctuels ont été reçus de l’Agence de
coopération internationale allemande pour le développement (GIZ) et de la fondation
Goldhammer.

Sur le plan opérationnel, le programme PARAP était rattaché au Département


technique et scientifique (DTS) de l’ICCN, où les bureaux du programme étaient
hébergés. Pilotée par un conseiller technique du WWF, intervenant en coordination
avec le chef de département ICCN et ses directeurs, la première phase du programme
a mobilisé de l’ordre de 25 agents permanents. Principalement composée de
spécialistes thématiques (faune, flore, socio-économie) en charge de la conduite
des travaux de terrain, l’équipe comprenait également des agents en charge de la
logistique et des tâches administratives. De nombreux cadres et agents de l’ICCN,
issus de la Direction générale et de nombreuses aires protégées, ont participé aux
travaux du programme et reçu des formations ciblées. Le programme a également
développé un appui spécifique destiné à renforcer les capacités des cadres de la
Direction de la planification, suivi et évaluation (DPSE) de l’ICCN.

Le programme a également développé des partenariats avec des universités et des


organismes de recherche nationaux et internationaux dans le but de garantir une
approche scientifique et technique solide et de soutenir l’émergence d’une nouvelle
génération de jeunes professionnels congolais. À titre d’exemple, les partenariats avec
l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), le Centre d’écologie
fonctionnelle et évolutive (CEFE) du Centre national de la recherche scientifique
(CNRS), l’Université Griffith (Australie) et le Centre de surveillance de la biodiversité
(CSB) de l’Université de Kisangani (UNIKIS) ont contribué à la mise en œuvre de la
première phase du programme.

page 10 │ Chapitre 2
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

Encadré 2. L’Institut congolais pour la conservation de la nature


(ICCN)
L’ICCN est l’organisme en charge de la gestion des aires protégées in et ex-
situ en RDC. Établissement public à caractère scientifique et technique sous la
tutelle du ministre ayant la conservation de la nature dans ses attributions, le
ministre de l’Environnement et du développement durable (MEDD), l’ICCN jouit
d’une personnalité juridique propre avec une autonomie de gestion financière et
administrative.

L'ICCN a élaboré des stratégies pour orienter la gestion des aires protégées et
des outils visant à planifier, superviser, suivre et évaluer les interventions sont
disponibles. L’ICCN est engagé dans de multiples partenariats avec des institutions
et organisations nationales et internationales.

Chapitre 2 │ page 11
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

Pourquoi le PARAP ?
Dans un contexte de forte croissance démographique nationale et de demande
internationale soutenue pour les matières premières, les ressources naturelles de la
RDC sont de plus en plus menacées. Leur exploitation non durable, la faiblesse des
cadres de coordination intersectoriels et l’insuffisance des capacités techniques et
financières de gestion contribuent notamment à une érosion irréversible du capital
naturel national. Renforcer les aires protégées existantes de RDC en un réseau
structuré, fonctionnel et étendu, est essentiel pour atténuer ces menaces, garantir la
conservation de la biodiversité et assurer une contribution positive tangible de celle-ci
aux objectifs de lutte contre la pauvreté et de développement.

Les aires protégées constituent le principal outil sur lequel les politiques publiques
congolaises se sont historiquement appuyées pour assurer la conservation et la
gestion durable du patrimoine naturel national. La notion de réseau, appréhendée
au travers de sa caractéristique élémentaire, une superficie totale sous protection
résultant de la somme des superficies unitaires des aires protégées le composant, est
également apparue comme un sujet d’intérêt public depuis plus d’une quarantaine
d’années.

Les chefs d’État et les gouvernements successifs de la République du Zaïre, puis


à partir de 1997 de la RDC, ont en effet régulièrement formulé des orientations
et objectifs relatifs à la superficie du réseau national des aires protégées. Le
pouvoir législatif a également élaboré des dispositions explicites, obligatoires et
opérationnelles en la matière. Les principaux éléments sont présentés ci-après.

• En 1975, lors du discours d’ouverture de la douzième assemblée générale de


l’UICN, le président de la République annonça que l’ « objectif est d’arriver à une
protection intégrale, de 15 % du territoire nationaliv ». L’obtention de « retombées
immédiates » au travers de la promotion du tourisme, ainsi que le rôle et la
responsabilité du pays dans le cadre de « l’environnement mondial » sont parmi
les considérations qui sous-tendaient cette ambition.
• En 2002, les orientations politiques en matière d’extension du réseau
d‘aires protégées débouchèrent sur une disposition explicite, obligatoire et
opérationnelle, prise par le pouvoir législatif. Le Code forestier promulgué la
même année définit en effet un objectif de superficie concernant les forêts classées
(Chapitre 4). Elles « […] doivent représenter au moins 15 % de la superficie totale
du territoire national ».
• Cet engagement a été réaffirmé lors de la neuvième Conférence des parties (COP)
de la Convention sur la diversité biologique (CDB) tenue à Bonn en mai 2008, au
travers de la signature d’une déclaration commune entre la RDC et la République
fédérale d’Allemagne (RFA) visant à soutenir les efforts pour « […] porter la
couverture de zones protégées à 15 % de l’étendue nationale ». L’importance des
écosystèmes forestiers de RDC pour « la conservation de la diversité biologique à
l’échelle mondiale », « la stabilisation du climat de la planète » et pour soutenir les
moyens d’existence « des communautés locales et populations autochtones », est
consacrée au travers de cet engagement commun.
• Lors de la COP 10 de la CDB, tenue en novembre 2010 à Nagoya, l’objectif à
atteindre en termes de superficie pour les aires protégées a été porté à 17 % dans le
cadre de l’Objectif 11 d’Aichi du plan stratégique pour la diversité biologique 2011-
2020 (Encadré 3). L’importance d’une gestion efficace de ces aires protégées au
sein d’un réseau structuré et représentatif de la diversité biologique a été soulignée
à cette occasion.

page 12 │ Chapitre 2
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

• L’objectif a été réitéré par le président de la République dans son allocution


prononcée lors du Sommet des trois bassins forestiers tropicaux, tenu à
Brazzaville en juin 2011.
• La Stratégie nationale pour la conservation de la biodiversité dans les aires
protégées de la RDC (SNCB), publiée en 2012, réitère l’objectif de couverture de
17 % de la superficie nationale par des aires protégées.
• Élaboré en 2013, le principal objectif assigné au secteur « environnement &
changement climatique » dans le cadre du Programme d’actions prioritaires (PAP)
du gouvernement congolais, document intégrant les éléments programmatiques
du Document de la stratégie de croissance et de réduction de la pauvreté de
seconde génération de 2011 (DSCRP-2) à ceux relatifs à la vision de la RDC
d’atteindre l’émergence à l’horizon 2030, est d’ « augmenter d’ici à 2015 le ratio de
surface protégée sur le territoire à 17 %v ».
• Finalement, la loi sur la conservation de la nature, promulguée en 2014, réitère de
manière explicite les objectifs de superficie en matière d’aires protégées. Il y est
stipulé que l’« État veille à ce que les aires protégées représentent au moins 15 %
de la superficie totale du territoire national »..

Encadré 3. L’Objectif 11 d’Aichi


D’ici à 2020, au moins 17 % des zones terrestres et d’eaux intérieures et 10 %
des zones marines et côtières, y compris les zones qui sont particulièrement
importantes pour la diversité biologique et les services fournis par les écosystèmes,
© BIP/SCBD

sont conservées au moyen de réseaux écologiquement représentatifs et bien reliés


d’aires protégées gérées efficacement et équitablement et d’autres mesures de
conservation efficaces par zone, et intégrées dans l’ensemble du paysage terrestre
et marin.

Les objectifs de superficie assignés au réseau par les décideurs sont colossaux. Celui-
ci, complété par d’autres mesures efficaces de conservation, devrait au moins couvrir
351 812 km², soit 15 % du territoire national, et pourrait s’étendre jusqu’à 398 720
km² si la cible des 17 % était atteinte.

Une telle perspective soulève des interrogations. Les capacités en planification et


en gestion sont en effet aujourd’hui concentrées dans une poignée d’aires protégées
hautement prioritaires où des partenaires financiers et techniques sont présents. Les
faibles ressources et capacités déployées au niveau du réseau, ainsi que les lacunes en
matière d’information, ne permettent pas sa structuration et contraignent sa prise en
compte dans les dialogues nationaux traitant du développement.

C’est dans ce contexte que le programme PARAP s’est vu confier la mission de


dimensionner et d’appliquer une approche systémique et systématique visant in fine
à permettre à la RDC de consolider et d’étendre son réseau national, permettant alors
à ce dernier d’agir comme un catalyseur de l’efficacité de la conservation in situ de la
biodiversité.

Chapitre 2 │ page 13
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

Le cadre de mise en œuvre


Approche
Pour atteindre l’objectif global présenté auparavant, le programme met en œuvre
une approche phasée (Figure 1). La première phase (2011-2016) visait à conduire
une évaluation systématique du réseau formé par les aires protégées existantes.
Équilibrant les concepts clés de planification systématique de la conservation avec
les priorités immédiates des aires protégées, celle-ci a consisté principalement en
un important effort de collecte et d’analyse de données traitant de différents champs
thématiques appréhendés à deux niveaux distincts : les sites (i.e. les aires protégées
et les zones prioritaires pour la conservation de la biodiversité) et le réseau des
aires protégées pris dans son ensemble. Les résultats servent à informer les phases
ultérieures du programme, dédiées à la consolidation et à l’extension du réseau des
aires protégées. Ce document présente les principaux résultats de la première phase
du programme PARAP.

Figure 1 Évaluation Consolidation Extension


Une approche phasée
Le programme PARAP • Déterminer la configuration • Considérer les inconsistances • Assurer que l’équilibrage des
a été conçu pour mettre du réseau des aires et les incohérences en matière cibles liées aux éléments focaux
en œuvre cette approche protégées de configuration de la biodiversité réponde
phasée. La première phase • Conduire des évaluations • Développer des mécanismes aux lacunes de représentation
(2011-2016) s’est concentrée des aires protégées et des de mise en œuvre des plans et de gestion du réseau
sur l’évaluation. zones prioritaires d'actions prioritaires issus de • Mettre en œuvre la stratégie
• Entreprendre des l'évaluation des aires protégées du réseau des aires protégées
analyses thématiques pour et des zones prioritaires pour étendre sa couverture
comprendre les rôles et les • Finaliser une stratégie pour à 15-17 % du territoire national
valeurs associés aux aires le réseau des aires protégées • Gérer de manière holistique,
protégées et assurer son approbation efficace et équitable les
• Améliorer la compréhension écosystèmes au travers
du rôle des aires protégées dans d’une diversité de types de
le maintien des biens et services gouvernance et de modes
issus des écosystèmes et de gestion
soutenir la valorisation équitable
des bénéfices associés
Conditions habilitantes
• Construire les capacités et développer des outils
• Appliquer les bonnes pratiques en matière de planification et de gestion
• Impliquer les parties prenantes
• Promouvoir les principes de bonne gouvernance et renforcer les mécanismes associés
• Mobiliser la recherche scientifique
• Développer des mécanismes de financement durable
• Promouvoir l’intégration intersectorielle de la conservation de la biodiversité

page 14 │ Chapitre 2
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

Aperçu de la méthodologie
La méthodologie développée pour la première phase du programme PARAP vise donc
à produire un état des lieux de l’existant. Deux niveaux d’analyse ont été considérés
pour ce faire (Figure 2).

Figure 2
La phase d’évaluation
Entreprendre la phase
d’évaluation a impliqué la mise
en œuvre d’activités à différents
niveaux. Celles-ci ont généré
des informations à intégrer
et à analyser collectivement
dans le but d’informer
la consolidation du réseau.

Chapitre 2 │ page 15
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

Les aires protégées et les zones prioritaires


Les travaux de terrain ont consisté en la collecte systématique d’informations
concernant la configuration et la gestion des aires protégées, les espèces de grands
mammifères, la flore ligneuse et l’environnement socio-économique au sein de zones
préalablement identifiées. Des protocoles adaptés ont été élaborés, privilégiant
notamment les échanges avec les parties prenantes. En ce qui concerne les valeurs
naturelles, le recensement de taxons indicateurs, sélectionnés sur la base de critères
biologiques et de considérations d’ordre pratique, a été retenu.

Au regard de l’étendue couverte par les écosystèmes naturels de RDC d’une part,
et d’autre part, des contraintes opérationnelles inhérentes au travail sur le terrain,
l’acquisition de connaissances traitant de systèmes écologiques et anthropiques
demande de disposer d’un processus d’identification et de priorisation des espaces à
étudier (Figure 3 et Carte 2).

Compte tenu du grand nombre d’aires protégées et de l’immensité de la tâche, celles


ne disposant pas de partenariat pour leur gestion ont été ciblées pour les travaux de
terrain du programme PARAP de la première phase. Ce processus a reposé sur la
mobilisation des données existantes en matière de planification de la conservation,
dont les résultats produits lors de l’exercice de priorisation des zones d’intérêt pour la
conservation de la biodiversité conduit en 2007 (Encadré 4).

Territoire national RDC

Stratification n°1
Couverture du sol (1)

Zones naturelles Zones dégradées

Figure 3
L’identification des sites
Stratification n°2
à évaluer Affectation des terres (2)
(1) Latham (2001) ;
Verheggen & Defourny
(2010) ; Potapov et al. Zones naturelles non
(2012). (2) WRI & MECNT allouées

(2010) ; Données de CAMI


et du RGC de 2012.
(3) Kamdem-Toham et al. Stratification n°3
Identification biodiversité (3)
(2003) ; Demey & Louette
(2001) ; Stattersfield et al.
(1998) ; Kamdem-Toham
et al. (2009). (4) ICCN Zones naturelles non Zones naturelles non Zones naturelles non
allouées à biodiversité allouées avec allouées sans
(comm. pers.). remarquable biodiversité inconnue biodiversité remarquable

Stratification n°4
Présence de partenaire(s)
technique(s) (4)

Zones naturelles non Zones naturelles non


allouées à biodiversité allouées à biodiversité
remarquable avec remarquable sans
partenaire(s) partenaire

Zones non Aires protégées et Zones non


considérées pour zones prioritaires à considérées pour
l’évaluation évaluer l’évaluation

page 16 │ Chapitre 2
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

Encadré 4. Les priorités pour la conservation de la biodiversité définies en 2007

R E S U L T S O F T H E N A T I O N A L S T R A T E G I C
E V A L U A T I O N O F B I O D I V E R S I T Y
I N T H E D E M O C R A T I C R E P U B L I C O F C O N G O
B et ween Novemb er 26-28, 2007, over eight y Nor t h :
exp er ts on the terrestrial and freshwater N 1 . D on g o - M ban z a
bio diversit y of the Demo cratic Republic of Congo N2 N 2 . N ord d e B osobol o
met in Kinshasa to under take a strategic N 3 . N ord Bu sin g a
bio diversit y assessment for DRC. For t y- one N4 N8 N 4 . R e se r ve d e l a B omu / D R C Bil i- U é l é
priorit y areas and 13 corridors were selec ted based N3 N9
on their biolo gic al values. A work ing group of N 5 . Basok o -Ak e t i
so cial scientists, NGO and indigenous organization Gemena N 6 . Yan g ambi
representatives also identified priorities for N 7 . Ban al ia e nt re L in d i e t Ar u w imi
consultation and protec ted area governance. This
N1 Isiro N 8 . An g o ( Bas U é l é )
map is the result of their work . N 9 . D u n g u -Wat sa G aramba
The workshop was organized by the M inistr y of the Bumba N10
N5 N11 N11 N 1 0 . Abian g ama
Environment and the I nstitut Congolais p our la C2 N12 N 1 1 . M ambasa-Wamba-Wat sa
Conser vation de la Nature (ICCN) with technic al
CONGO
N7 Bunia
and financial supp or t from World Wide Fund for N 1 2 . Fl an c d u L ac Al be r t
Nature/World Wildlife Fund ( W WF), the R AMSAR L4 N 1 3 . P N d e s Vir u n g as e t ex te n sion M t. Hoyo
Convention and the O bser vatoire S atellital des C1 N6 N13 N 1 4 . G ran d M aik o
Forêts d ’Afrique Centrale (OSFAC ). C3 Kisangani Beni N 1 5 . E x te n sion P N d e K ah u z i- Bie g a
C4
Butembo N 1 6 . Fore t d e Bu sh e ma
Priority for conservation Mbandaka N 1 7 . M an ie ma
N 1 8 . I tombwe
Very high L3 LUA
N14
L5 Ce nt ra l :
LA

High L6
BA

C 1 . N gir i - Tr ian g l e
L2 N15 C 2 . Cou r s moye n d u fle u ve Con g o e t l e s îl e s
Medium
N16 Goma
C5 C7 C 3 . I k e l e mba- B osomba- Lu l on g a
L1 C6 C 4 . Lomak o -Wamba
Corridor Bukavu C 5 . H inte r l an d Tu mba- M ai N d ombe
C 6 . S al on g a
Protected Area Kindu N17 N18 C 7 . S an k u r u - Lomami- Lu al aba
Uvira
Bandundu C 8 . Lu k e n ie - K asai
KASA
I
C8
KINSHASA L7
S ou t h :
Ilebo S5 S 1 . Forê t M aiombe
S8 S9 S 2 . M an grove e t Bas Con g o R apid e s e t Pool M al e bo
S1 S2 S3 L8 Kikwit S 3 . M aimpil i- B ombol u me n e
L10 S 4 . Kwan g o -Wamba
L9
Mbuji-Mayi S7 S8 Kalemie S 5 . M oye n K asai
Boma Matadi S 6 . R apid e s d e Tsh ik apa e t d e K an an g a
S6 S6 S10 S7. Gefu
S4 Gandagika S 8 . Lu k u g a-Tan g anyik a
S 9 . K abobo
S 1 0 . L ac Tan g anyik a Ce nt re
S11 S 1 1 . L ac Tan g anyik a S u d
S 1 2 . Hau t K asai
S 1 3 . M u st sh at sh a- S ak amia
Kamina
S 1 4 . U pe mba- Ku n d e l u n g u
S12
S 1 5 . Lu apu l a- M we r u
At the ninth meeting of the Conference of the Parties to the Convention on
Biological Diversity (COP 9):
S14 Corrid ors :
L12 S15 L 1 . Tu mba- S al on g a
The Democratic Republic of Congo announces, as part of the implementation of the CBD L11 L 2 . S al on g a- S an k u r u
Programme of Work on Protected Areas, its commitment to create 15 million hectares of Kolwezi L 3 . Lomak o -Wamba- S an k u r u
new protected areas to include: S12 L 4 . M ambasa-Vir u n g a
- A nation-wide consultation process inclusive of indigenous and traditional Likasi L 5 . M aik o - K ah u z i- Bie g a
communities conducted on the basis of free, prior informed consent; S13 L13 L 6 . Bu sh e ma- M aik o
- A broad set of protected areas governance types including indigenous and local Lubumbashi L 7 . Tan g anyik a- I tombwe
community conservation areas, in keeping with the CBD Programme of Work on L 8 . Popok abak a
Protected Areas; L 9 . Tsh ik apa- I l e bo
L 1 0 . K an an g a- M we k a
- No allocation of new extractive concessions in the priority areas highlighted on this
map until the consultative process and biological and socio-economic studies are L 1 1 . D il ol o - S an d oa
completed and protected area boundaries agreed upon. L 1 2 . Bia Lu al aba
L 1 3 . Lu fira
prepared by WWF-US May 2008

Chapitre 2 │ page 17
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

Carte 2
Les zones identifiées
comme prioritaires
pour l’évaluation
de la biodiversité
Les zones ont été identifiées
au travers d’une analyse
mobilisant des données
spatiales et l’opinion
d’experts (Figure 3).

Kisangani

Goma

Bukavu

Kinshasa

Kananga
Mbuji-Mayi
Tshikapa

Zone identifiée comme potentiellement prioritaire


pour la conservation de la biodiversité

Aire protégée avec partenaire technique sur place Likasi

Aire protégée sans partenaire technique sur place Lubumbashi

page 18 │ Chapitre 2
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

Le programme PARAP a développé une approche adaptée pour l’évaluation des aires
protégées. La notion clé prise en compte est la conception (Encadré 3).

La vaste majorité des aires protégées de RDC a été créée il y a plusieurs décennies.
Le statut des valeurs biologiques les caractérisant, celui des menaces associées, ainsi
que d’une manière plus générale l’environnement social, économique et politique
dans lequel ces entités s’insèrent, a considérablement évolué. En outre, les aires
protégées prises en compte par le programme ne disposaient que de ressources
techniques et financières extrêmement limitées, voire inexistantes. Le développement
d’approches complètes de gestion s’avérait donc dans la plupart des cas irréalisable.
Dès lors, entreprendre une évaluation de l’efficacité de gestionvii pour toutes ces
entités ne paraissait pas pertinent. C’est la raison pour laquelle le programme s’est
attaché à évaluer la conception des aires protégées. Il convient cependant de relever
que, concernant l’évaluation de l’efficacité de gestion à proprement parler, PARAP a
participé avec l’ICCN au développement de l’outil intégré de planification et de suivi
de l’efficacité de gestion des aires protégées (IMET) de l’UICN et du Centre commun
de recherche de la Commission européenne (JRC).

Le processus d’évaluation de la conception d’une aire protégée nécessite les données


collectées par les équipes sur le terrain. Ce processus est organisé en deux segments
(Figure 4). À l’issue de son application, un plan d’actions prioritaires est établi dans le
but d’apporter, le cas échéant, des solutions pratiques et applicables pour améliorer la
conception, préalable à toute gestion efficace.

Le cycle de gestion d’une


aire protégée d’après la Encadré 5. La conception d’une aire protégée
CMAP/UICN (adaptée
de Hockings et al. 2008) Contexte
Hockings et al. définissent
la conception d’une aire
protégée comme le thème
regroupant le contexte et la
Extrants CONCEPTION Planification
planification, deux des six
éléments structurant le cycle
de gestion d'une aire protégée
proposé par la Commission
mondiale des aires protégées PRODUCTION
(CMAP) de l’UICN. de résultats

Résultats PERTINENCE Intrants

Processus

• L’élément relatif au contexte traite des informations nécessaires à la


planification puis à la réalisation de la gestion. Il s’agit des valeurs pour
lesquelles une aire protégée a été créée, des menaces et opportunités qui
concernent celle-ci, des facteurs externes l’influençant et des parties prenantes
impliquées, tout particulièrement les communautés locales.
• La planification traite des caractéristiques légales et spatiales de l’aire
protégée ainsi que de la vision, des buts, objectifs et stratégies élaborés pour
conserver les valeurs et réduire les menaces.

Chapitre 2 │ page 19
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

Figure 4
Le processus
d’évaluation de la
A Examen des critères UICN définissant une aire protégée
A.1 - A.2 - A.3 - A.4 - A.5 - A.6 - A.7 - A.8 - A.9 - A.10 - A.11
conception d’une aire
protégée développé
par le PARAP
B B.1
Le segment permet La (les) valeur(s)
Considérer Existe-t-il
d’examiner si l’aire initiale(s)
non le déclassement total non d’autre(s)
existe(nt)-elle(s)
protégée étudiée répond actuellement ?
de l’AP valeur(s) ?

aux onze critères listés


dans la définition d’une
oui oui
aire protégée adoptée
non
par l’UICN (Dudley,
2008) et par la RDC
Existe-t-il un Le statut local de
(Chapitre 4). potentiel avéré de conservation de I’
restauration de la non (des) autre(s)
Le statut local de valeur(s) est-il
(des) valeurs?
conservation de satisfaisant ?
la (des) valeur(s) non
initiale(s) est-il
satisfaisant?
oui
oui
oui

B.2
Considérer une
Faut-il réviser reformulation de l’ (des)
non I’ (les) objectif(s) oui
objectif(s) premier(s)
premier(s) de de l’AP
gestion de l’AP ?

Quelle est la zone Quelle est la


concernée par I’ (les) zone concernée par
objectif(s) I’ (les) objectif(s)
premier(s) ? premier(s) ?

B.3
Cette zone utile Cette zone utile
Considérer une
est-elle compatible est-elle compatible
non redéfinition des non
avec la délimitation de avec la délimitation
limites de l’AP
l’AP ? de l’AP ?

oui oui

B.4
Considérer une
redéfinition de la La catégorie RDC de
non
catégorie RDC l’AP est-elle
de l’AP adaptée ?

oui

Quelle est la
catégorie UICN as-
signable à l’AP ?

B.5
Assurer que le mode
de gestion de l’AP
est adéquat

page 20 │ Chapitre 2
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

Les protocoles employés pour la collecte d’informations au sein des zones prioritaires
pour la conservation de la biodiversité en RDC ont été adaptés dans le but d’évaluer de
façon standard et systématique le potentiel des sites pour la création d’aires protégées.

Le réseau des aires protégées


Reconnaissant que l’absence de données fiables quant à la configuration du réseau
des aires protégées était un obstacle majeur à son développement, la première phase
du programme a produit un effort important pour disposer d’une cartographie à
jour. La recherche des textes de classement des aires protégées, leur archivage puis
leur analyse, selon un protocole spécifique, furent la première étape de l’itinéraire
technique défini par le programme. La cartographie des aires protégée a ensuite été
réalisée, à l’aide, dans la mesure du possible, des meilleures données spatiales et
toponymiques acquises par le projet.

Des analyses traitant de questions clés transversales ont été conduites. Impliquant
la participation d’une grande variété de parties prenantes, elles visaient à mieux
comprendre le rôle des aires protégées et favoriser leur prise en compte dans les
dialogues nationaux intersectoriels. L’atténuation au changement climatique, la
biodiversité des eaux douces, les interfaces avec les industries extractives et les
infrastructures, la décentralisation figuraient parmi les thèmes abordés.

Dans le but d’accroître les capacités des acteurs à l’échelon du réseau, le programme
a également élaboré des outils de planification et de gestion du réseau et organisé
des formations.

Chapitre 2 │ page 21
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

Chapitre 3
La compréhension des enjeux de terrain
au travers des évaluations des sites
Dans le but de développer des recommandations sur la consolidation et l’expansion
du réseau des aires protégées, le programme a bâti une équipe d’experts
multithématiques afin de conduire des évaluations sur un nombre limité de sites
importants pour la conservation de la biodiversité et à propos desquels pas, ou très
peu, d’informations étaient disponibles. Il s’agit d’aires protégées au sein desquelles
aucun partenaire n’intervient, voire ne disposant pas d’équipe de gestion. Des zones
non désignées, ou zones prioritaires, ont également été prises en compte. À l’issue de
cette phase de terrain, la conception des aires protégées visitées est évaluée, ainsi que
le potentiel de classement des zones prioritaires et des plans d’actions formulées. Les
résultats sont ensuite intégrés avec les informations issues des travaux concernant les
autres aires protégées, afin d’évaluer le réseau dans son ensemble.

Présentation des sites évalués et de l’effort entrepris


Des aires protégées et des zones prioritaires à évaluer ont été sélectionnées. Il s’agit
de sites importants pour la conservation de la biodiversité pour lesquels peu ou
pas d’informations sont aujourd’hui disponibles (Carte 3 et Carte 4). Des sites où
intervient le WWF ont également été étudiés. L’effort mobilisé pour la conduite des
travaux fut conséquent (Figure 5).

L’effort entrepris par le PARAP


Surface inventoriée Localitées
pour la faune enquêtées

52 425 km 2 101
Membres des Parcelles botaniques
communautés interviewés inventoriées

3 017 39
Distances couvertes
28 354 km En véhicule

Effort mobilisé par le


PARAP pour les travaux 27 709 km À moto

d’évaluation.

7 838 km À pied

page 22 │ Chapitre 3
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

Chapitre 3
La compréhension des enjeux de terrain
Carte 3 Carte 4
Vue d’ensemble des sites Les sites évalués par
évalués par le PARAP le PARAP.
Les sites à évaluer durant Les sites retenus pour les

au travers des évaluations des sites la phase 1 du PARAP ont


été sélectionnés sur la base
des résultats du processus
d’identification et de priorisation
évaluations, aires protégées
et zones prioritaires sont
localisés au sein des espaces
circonscrits grâce à la mise
Dans le but de développer des recommandations sur la consolidation et l’expansion des espaces à étudier (Chapitre 2, en œuvre du processus
Figure 3) ainsi que sur la prise visant à leur identification
du réseau des aires protégées, le programme a bâti une équipe d’experts en compte de considérations liées et à leur priorisation.
multithématiques afin de conduire des évaluations sur un nombre limité de sites à la sécurité, à la logistique
importants pour la conservation de la biodiversité et à propos desquels pas, ou très et aux ressources à mobiliser.
peu, d’informations étaient disponibles. Il s’agit d’aires protégées au sein desquelles Cinq zones de déploiement ont été Poste de patrouille ICCN

aucun partenaire n’intervient, voire ne disposant pas d’équipe de gestion. Des zones établies dans le but de faciliter
la coordination des travaux Station ICCN
non désignées, ou zones prioritaires, ont également été prises en compte. À l’issue de de terrain. Chacune d’entre
cette phase de terrain, la conception des aires protégées visitées est évaluée, ainsi que elles comprend plusieurs sites
Capitale
le potentiel de classement des zones prioritaires et des plans d’actions formulées. Les à évaluer, des aires protégées
résultats sont ensuite intégrés avec les informations issues des travaux concernant les et/ou des zones prioritaires
Capitale provinciale
autres aires protégées, afin d’évaluer le réseau dans son ensemble. pour la conservation de la
biodiversité. Localité importante

Présentation des sites évalués et de l’effort entrepris Aire protégée évaluée par le PARAP
Aire protégée
Des aires protégées et des zones prioritaires à évaluer ont été sélectionnées. Il s’agit
Zone prioritaire localisée hors du
de sites importants pour la conservation de la biodiversité pour lesquels peu ou réseau des aires protégées et évaluées
pas d’informations sont aujourd’hui disponibles (Carte 3 et Carte 4). Des sites où par le PARAPTerritoire
intervient le WWF ont également été étudiés. L’effort mobilisé pour la conduite des Territoire
travaux fut conséquent (Figure 5). Provinces

L’effort entrepris par le PARAP


Surface inventoriée Localitées
pour la faune enquêtées

52 425 km 2 101
Membres des Parcelles botaniques
communautés interviewés inventoriées

3 017 39
Aire protégée évaluée par le PARAP
Zone prioritaire localisée hors du réseau des aires
protégées et évaluées par le PARAP
Distances couvertes Zone identifiée comme potentiellement prioritaire
pour la conservation de la biodiversité

28 354 km En véhicule Aire protégée avec partenaire technique sur place

Aire protégée sans partenaire technique sur place


Effort mobilisé par le
PARAP pour les travaux 27 709 km À moto Zone de déploiement du PARAP

d’évaluation.

7 838 km À pied

page 22 │ Chapitre 3 Chapitre 3 │ page 23 Chapitre 3 │ page 24


Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

Catégorie de gestion
Aires protégées Tableau 1
Année de Texte(s) juridique(s) (telle que définie dans le(s)
Présentation des aires
Vingt aires protégées ont été sélectionnées à l’aide du processus de stratification Aire protégée Code création Superficie (ha) Province(s) disponible(s) texte(s) juridique(s)) Présence de l’ICCN Nombre d’agents de l’ICCN
protégées évaluées
permettant d’identifier les sites importants pour la conservation de la biodiversité Note : La Réserve de chasse Parc Président
Ordonnance n° 83-110, 1983
PM 1983 3 417 Kinshasa Arrêté n° 1.440-0000029-85, Réserve naturelle intégrale oui 16
pour lesquels peu ou pas d’informations sont disponibles (Tableau 1). Ces entités de Bushimaie est formée Mobutu
1985
concernent huit provinces, toutes situées dans l’hémisphère austral. Les mosaïques de trois aires protégées
Domaine de
distinctes, désignées au Arrêté n° 07, 1968
chasse de Bombo- DCRBL 1968 250 505 Kinshasa Domaine de chasse réservée oui 26 (y compris RZBL)
forêt-savane ouest et sud-congolaises et le miombo zambézien du centre sont les travers de textes juridiques Lumene
Arrêté n° 040, 1994
principales écorégions terrestres couvertes par ces aires protégées. Près des trois différents. Elles sont Réserve
quarts ont été désignés avant l’indépendance. Deux aires protégées, parmi les cinq dénommées bloc A, bloc B zoologique et
RZBL 1976 107 147 Kinshasa Arrêté n° 00621, 1976 Réserve zoologique et forestière oui 26 (y compris DCRBL)
forestière de la
créées après 1960, ont en outre été conçues sur la base d’entités définies durant les et bloc D par l’équipe en Bombo-Lumene
années 1950. Plus de la moitié des aires protégées ont vu leur classement modifié place et considérées comme Domaine et réserve Arrêté n° 656, 1951
formant une entité unique de chasse de DRCSK 2006** 729 081 Kwango Arrêté n° 658, 1951 Domaine et réserve de chasse oui 26 + 44***
depuis leur désignation respective. Si les superficies couvertes sont très variables, de gestion. Une quatrième Swa-Kibula Arrêté n° 056, 2006
de quelques milliers d’hectares à plus d’un million, les deux tiers ont une superficie aire protégée constituait Domaine de
Arrêté n° 205, 1940
20 + 92*** (y compris RCHM,
DCHM 1944 1 192 883 Kwilu Arrêté n° 414, 1944 Domaine de chasse oui
comprise entre 100 000 et 500 000 hectares. Enfin, seize aires protégées forment six la réserve, le bloc C, mais chasse de Mangai
Arrêté n° 18, 1998
DCRGU et RCTGU)
ensembles de gestion ou complexes d’aires protégées. le texte la désignant a été Arrêté n° 205, 1940
abrogé à la fin des années Réserve à hippo- 20 + 92*** (y compris DCHM,
RCHM 1944 119 872 Kwilu Arrêté n° 414, 1944 Réserve à hippopotames oui
potames de Mangai DCRGU et RCTGU)
1950 (arrêté n° 52/83 bis Arrêté n° 18, 1998
du 18 avril 1958). Dans le Domaine de
DCRGU 1952 136 809 Kwilu Arrêté n° 52-326, 1952 Domaine de chasse réservée oui
20 + 92*** (y compris RCHM,
Zones prioritaires but de faciliter la lecture des
chasse de Gungu DCHM et RCTGU)

résultats présentés ci-après, Réserve totale de 20 + 92*** (y compris RCHM,


RCTGU 1952 222 477 Kwilu Arrêté n° 52-327, 1952 Réserve totale de chasse oui
Cinq zones prioritaires pour la conservation de la biodiversité ont été évaluées. ces trois aires protégées
chasse de Gungu DCHM et DCRGU)
Sélectionnées sur la base du processus de stratification défini par le programme, les Domaine de
sont considérées comme n’en Arrêté n° 52-345, 1949
chasse de la DCRBM 1958 264 417 Kasai Central Domaine de chasse réservée oui 32 + 58*** (y compris RCBM)
Arrêté n° 52-83, 1958
limites de ces zones suivent le découpage des entités territoriales administratives formant qu’une seule. Bushimaie
que sont les territoires. Elles sont localisées dans trois provinces. Il s’agit du Nord Réserve de chasse 1939 (bloc A)
Kasai Central,
Arrêté n° 243, 1939
de Bushimaie RCBM 1947 (bloc B) 111 723 Arrêté n° 529, 1947 Réserve de chasse oui 32 + 58*** (y compris DCRBM)
Ubangi pour la zone prioritaire éponyme, du Maniema pour les zones de Pangi et Lomami
(blocs A, B et D) 1959 (bloc D) Arrêté n° 552-2, 1959
Kasongo, et du Lualaba pour les zones Ouest et Sud Lualaba. Les deux premières Réserve intégrale
de chasse des
sont caractérisées par l’écorégion des forêts congolaises du nord-est, la troisième et la Alunda et des
RCIAT 1954 450 648 Lualaba Arrêté n° 52-35, 1954 Réserve intégrale de chasse non 0
quatrième par celle de la mosaïque forêt-savane sud-congolaise et la dernière par le Tutshokwe
Réserve intégrale
miombo zambézien du centre. de chasse de RCITS 1954 102 092 Lualaba
Arrêté n° 52-34, 1954
Réserve intégrale de chasse non 0
"
Tshikamba
Domaine des Domaine de chasse et de pêche
DCPRK 1954 5 083 Lualaba Arrêté n° 52-37, 1954 non 0
Mwene Kay réservées
Domaine de Domaine de chasse et de pêche
DCPRS 1954 12 111 Lualaba Arrêté n° 52-37, 1955 non 0
Mwene Musoma réservées
Refuge à éléphants
en territoire de DCRKA 1959 137 774 Haut Lomami Arrêté n° 552-50, 1959 Domaine de chasse réservée non 0
Kaniama

Domaine de
Arrêté n° 52-48, 1957
chasse de la Basse DCBK 2006* 58 951 Kinshasa Domaine de chasse oui 10 + 20***
Arrêté n° 055, 2006
Kando

Domaine de
Ordonnance n° 52-16, 1954
chasse de Luama DCLKV 1954 201 477 Maniema Domaine de chasse réservée oui 6 + 36*** (y compris RCLKV)
Ordonnance n° 52-342, 1956
Kivu
Arrêté n° 39, 1935
Réserve de chasse Arrêté n° 52-219, 1950
RCLKV 1935 160 334 Maniema Réserve totale de chasse oui 6 + 36*** (y compris DCLKV)
de Luama Kivu Arrêté n° 52-22, 1954
Arrêté n° 52-271, 1954

*Une réserve totale de chasse, dénommée Réserve totale de la Basse Kando, fut créée en 1957 au sein du
même espace géographique, mais pour une durée limitée à 5 ans.
**Une réserve totale de chasse et un domaine de chasse, respectivement dénommés la Réserve totale de
chasse de Swa-Kibula-Chutes et le Domaine de chasse réservée de l’entre Sefu-Kiongo, furent créés en 1951
au sein du même espace géographique. Les textes juridiques associés furent abrogés en 2006 lors de la créa-
tion du DRCSK.
***Agents non matriculés.

page 25 │ Chapitre 3 page 26 │ Chapitre 3 Chapitre 3 │ page 27


Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

Catégorie de gestion
Texte(s) juridique(s) (telle que définie dans le(s)
disponible(s) texte(s) juridique(s)) Présence de l’ICCN Nombre d’agents de l’ICCN
Ordonnance n° 83-110, 1983
Arrêté n° 1.440-0000029-85, Réserve naturelle intégrale oui 16
1985

Arrêté n° 07, 1968


Domaine de chasse réservée oui 26 (y compris RZBL)
Arrêté n° 040, 1994

Arrêté n° 00621, 1976 Réserve zoologique et forestière oui 26 (y compris DCRBL)

Arrêté n° 656, 1951


Arrêté n° 658, 1951 Domaine et réserve de chasse oui 26 + 44***
Arrêté n° 056, 2006
Arrêté n° 205, 1940
20 + 92*** (y compris RCHM,
Arrêté n° 414, 1944 Domaine de chasse oui
DCRGU et RCTGU)
Arrêté n° 18, 1998
Arrêté n° 205, 1940
20 + 92*** (y compris DCHM,
Arrêté n° 414, 1944 Réserve à hippopotames oui
DCRGU et RCTGU)
Arrêté n° 18, 1998
20 + 92*** (y compris RCHM,
Arrêté n° 52-326, 1952 Domaine de chasse réservée oui
DCHM et RCTGU)
20 + 92*** (y compris RCHM,
Arrêté n° 52-327, 1952 Réserve totale de chasse oui
DCHM et DCRGU)

Arrêté n° 52-345, 1949


Domaine de chasse réservée oui 32 + 58*** (y compris RCBM)
Arrêté n° 52-83, 1958

Arrêté n° 243, 1939


Arrêté n° 529, 1947 Réserve de chasse oui 32 + 58*** (y compris DCRBM)
Arrêté n° 552-2, 1959

Arrêté n° 52-35, 1954 Réserve intégrale de chasse non 0

Arrêté n° 52-34, 1954


Réserve intégrale de chasse non 0
"

Domaine de chasse et de pêche


Arrêté n° 52-37, 1954 non 0
réservées
Domaine de chasse et de pêche
Arrêté n° 52-37, 1955 non 0
réservées

Arrêté n° 552-50, 1959 Domaine de chasse réservée non 0

Arrêté n° 52-48, 1957


Domaine de chasse oui 10 + 20***
Arrêté n° 055, 2006

Ordonnance n° 52-16, 1954


Domaine de chasse réservée oui 6 + 36*** (y compris RCLKV)
Ordonnance n° 52-342, 1956

Arrêté n° 39, 1935


Arrêté n° 52-219, 1950
Réserve totale de chasse oui 6 + 36*** (y compris DCLKV)
Arrêté n° 52-22, 1954
Arrêté n° 52-271, 1954

Chapitre 3 │ page 27
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

Résultats
Configuration et gestion
La majeure partie des aires protégées évaluées ont été initialement créées dans le but
de gérer les ressources cynégétiques (Figure 6). La faune est également une cible clé
des entités non dédiées à l’organisation de la chasse. Les textes juridiques désignant
les vingt entités évaluées mobilisent dix catégories de gestion différentes (Figure
7). Certaines définissent cependant des cadres d’intervention similaires. C’est l’État
qui détient le pouvoir, l’autorité, la responsabilité et le devoir de rendre compte des
activités conduites en leur sein (Figure 7).

L’organisme public en charge de la gestion des aires protégées en RDC, l’ICCN,


dispose d’équipes dans plus de 70 % des entités évalués (Figure 8). Les effectifs sont
réduits et très souvent complétés par du personnel ne disposant pas d’un matricule
de la fonction publique. Les agents n’ont généralement pas bénéficié de formation et
les équipements à disposition sont insuffisants, voire quasi inexistants. Les budgets
annuels alloués aux équipes sont extrêmement limités. Ils ne dépassent pas quelques
milliers de dollars et sont principalement dédiés à la prise en charge des salaires des
agents matriculés. Aucune aire protégée évaluée ne possédait un plan de gestion.

D’une manière générale, les aires protégées évaluées sont mal connues par
les populations riveraines respectives. Les limites ne sont pas décrites et les
réglementations en vigueur non comprises. L’existence de certaines aires protégées
ne disposant pas d’équipe de gestion sur place n’était pas connue des populations
résidentes. Si les communautés locales reconnaissent dans leur ensemble
l’importance de conserver et gérer durablement les ressources naturelles, les relations
qu’elles entretiennent avec les équipes de gestion sont généralement empreintes de
défiance et d’incompréhension.
Les travaux de cartographie entrepris par le programme ont significativement
amélioré la connaissance des limites des aires protégées évaluées (Carte 5 et Figure
9). Il s’agit d’une contribution essentielle à l’amélioration potentielle de leur gestion.
Suite à cette mise à jour de la cartographie de ces entités, il est possible d’évaluer
l’ampleur des superpositions des aires protégées par des carrés miniers et des titres
forestiers. Les aires protégées évaluées sont localisées en périphérie sud du massif de
forêts denses humides. Les espaces qu’elles couvrent ne sont donc pas concernés par
l’activité d’exploitation forestière industrielle. Dans les régions minières, le taux de
superposition des aires protégées évaluées avec les carrés miniers est variable. Dans
certains cas, il apparaît que l’implantation de ces derniers a tenu compte des données
SIG disponibles avant les travaux
du programme (Carte 5).

page 28 │ Chapitre 3
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

Figure 6 Les cibles de conservation des aires


protégées évaluées
Les cibles de conservation 1 1
des aires protégées évaluées
La prépondérance de la Faune, flore, sol et eaux (1)
faune et des ressources 3 Faune et flore (1)
cynégétiques dans les cibles de
conservation identifiées pour Gibier et ressources halieutiques (3)
les aires protégées évaluées est Gibier (13)
représentative de la situation
observée au niveau du réseau 13
dans son ensemble.

Type de gouvernance

1 1
Figure 7 Gouvernance par le gouvernement (18)
Les catégories de gestion
et types de gouvernance des
2 Catégorie de gestion

2 2
aires protégées évaluées
Réserve naturelle intégrale (1)
Les catégories de gestion sont
celles définies dans les textes Réserve zoologique et forestière (1)

18
juridiques désignant les aires Réserve totale de chasse (2)

2
protégées évaluées. Celles-ci sont
Réserve intégrale de chasse (2)
caractérisées par un type unique
de gouvernance selon la typologie Réserve de chasse (1)

5
définie par la CDB et l’UICN.
1
Réserve à hippopotames (1)
Il s’agit de la gouvernance par

1 1
le gouvernement. Domaine et réserve de chasse (1)
Domaine de chasse réservée (5)
Domaine de chasse et de pêche
réservée (2)
Domaine de chasse (2)

Figure 8 17 % Présence de l’ICCN au sein des aires


La présence de l’ICCN au sein protégées évaluées
des aires protégées évaluées
L’ICCN dispose d’équipes de
5 sites ICCN présent
(13 sites/83 % superficie)
gestion dans 13 des 18 aires
protégées évaluées, couvrant plus ICCN non présent
de 80 % de la superficie totale (5 sites/17 % superficie)
évaluée. L’effectif total de ces 13 sites
équipes est de 136 agents et
250 agents non matriculés.
83 %

Chapitre 3 │ page 29
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

Carte 5
Les différentes représentations cartographiques
des aires protégées évaluées
Les données SIG disponibles antérieurement aux travaux
du PARAP sont issues de WRI (2013) pour l’ensemble des aires
protégées, à l’exception de celles relatives au DCRKA
qui proviennent de RGC (2013).
Représentation cartographique des aires protégées
selon les données SIG disponibles.

Représentation cartographique des aires protégées


après analyses de l’énoncé des limites légales.

Figure 9 1 200 000


Les variations des estimations de superficie
des aires protégées évaluées
Selon les sources considérées, les estimations de la
superficie de chacune des aires protégées évaluées 1 000 000
présentent de très fortes variations. Les résultats issus
des travaux du PARAP proposent des ajustements
compris entre - 91 % et + 626 % par rapport aux
superficies disponibles antérieurement. Seules trois aires 800 000
protégées sont concernées par des variations comprises
entre - 25 % et + 25 %. En outre, cinq aires protégées ne
disposaient pas de cartographie. La superficie cumulée
des ajustements présente un solde positif de 1 542 666 ha, 600 000
soit près de 5 % de la superficie totale du réseau des aires
protégées calculée par le PARAP (Chapitre 4).

400 000

Superficies calculées 200 000

Superficie calculée sur la base des données SIG disponibles


avant les travaux du PARAP (ha).
0
Superficie calculée sur la base de la cartographie des limites
légales réalisée par PARAP (ha).
PM

BL

L
SK

M
HM

U
BM

BM

S
KA

D K

R V
V
ZB

IA

IT

CB

K
LK
G
TG
CH
CR

RC

CR

CL
CP

CP
C
C

CR

C
C
CR
R

C
D
C

R
R

R
R
D
D

D
R

D
D

page 30 │ Chapitre 3
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

Chapitre 3 │ page 31
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

Contexte socio-économique
Les sites évalués s’inscrivent dans des contextes démographiques différenciés (Carte
6 et Figure 10). Si la plupart d’entre eux sont situés au sein de régions rurales, les
densités de population les caractérisant peuvent fortement varier. Certaines sont
relativement faibles, de l’ordre de 15 habitants/km², tandis que d’autres approchent
les 100 habitants/km². Des localités, en plus ou moins grand nombre, sont implantées
dans la quasi-totalité des aires protégées évaluées. La présence d’agglomérations
importantes, dans ou à proximité de certains sites étudiés, a été constatée. Certaines
aires protégées et leurs périphéries respectives comptent ainsi plusieurs centaines
de milliers d’habitants. Enfin, les entités localisées dans la province de Kinshasa se
distinguent par des environnements de type périurbain et urbain.

Des enquêtes ont été réalisées dans plus de 100 localités au sein des sites évalués,
associant près de 3000 acteurs locaux. Reposant sur l’organisation d’entretiens
semi-directifs avec différents groupes d’acteurs, elles visent à mieux comprendre
les interactions entre les communautés riveraines et les ressources naturelles et la
biodiversité. L’appréhension du rôle joué par le cadre de gestion en vigueur dans
chacun des sites, classés en aires protégées ou non, dans l’organisation de ces
interactions était également recherchée.

Différentes activités économiques sont pratiquées par les populations riveraines


dans les différents sites, et ce à des fins de subsistance et de génération de revenus.
Le classement d’un site en aire protégée n’a pas d’effet sur la diversité des activités
entreprises. L’exploitation des ressources naturelles occupe une place centrale parmi
celles-ci.

La totalité des ménages enquêtés dans chacun des sites sont engagés dans
l’agriculture. Les femmes constituent le groupe le plus impliqué dans la conduite des
activités ayant trait à ce domaine.

La chasse et la pêche sont diversement pratiquées selon les sites, en fonction


principalement de l’état des ressources cynégétiques et halieutiques. L’existence
de biais dans les contributions des acteurs a cependant été relevée dans le cas de
certaines aires protégées. Il s’agit dans certains sites d’activités au sein desquelles la
totalité des ménages s’implique. Si ce sont les hommes, dont des jeunes, qui mènent
exclusivement les prélèvements cynégétiques, les femmes peuvent être dans certains
cas parties prenantes aux activités de pêche. Les filières de commercialisation des
produits sont en revanche féminisées.

La cueillette des produits autres que le bois d’œuvre mobilise les ménages à différents
degrés selon les sites. Il s’agit d’une activité conduite aussi bien par les femmes que
par les hommes, et ce notamment en fonction du produit recherché.

Finalement, l’exploitation minière est principalement conduite par les hommes,


mais de façon non exclusive. Cette activité peut occuper une place importante pour
l’économie des ménages dans les régions où les sols renferment des minerais.

page 32 │ Chapitre 3
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

Carte 6 Aires protégées


Les localités ayant fait l’objet Zone prioritaire
d’enquêtes par le PARAP
Les localités présentées sont celles où les Nombre d’habitants par cellule
enquêtes menées par le PARAP ont eu de 250 m x 250 m
lieu. Leurs noms ainsi que le nombre de
personnes ayant participé aux travaux 20 000 0
sont indiqués. Le fond de carte est généré
sur la base des données issues du Global
Human Settlement (GHS) Population Grid
(JRC, 2015). Elles décrivent la distribution
et la densité de la population de la RDC.
Cette dernière est exprimée en nombre
d’habitants par cellule de 250 m x 250 m.

Figure 10 Densité de population (hab./km²)


Contexte démographique 250
des sites évalués
Le programme a utilisé 200
les données fournies par
l’administration pour 150
caractériser le contexte
démographique de chacun 100
des sites évalués. Une
50
densité moyenne d’habitants
a ainsi été estimée en
0
prenant en compte les
PM

L
BL

HM

DC M

RC U

DC U
M
BM

DC S

DC S
A

ZP

Ub i ZP

ZP
RC V
so KV
K

DC K

BK
RB

IA

IT

PR

RK

LK
RS

PR
RG

TG
H

RB

données démographiques
RZ

L
DC
RC
DC

RC

RC

RC

gi
ng
DC
DC

DC

ng

an
No Pa

et géographiques relatives
Ka

aux territoires (sensu entité


rd

territoriale déconcentrée)
concernés par chacune des Plus de 55 % des aires protégées sont localisées dans
entités étudiées. Il s’agit des régions relativement peuplées, avec des densités
donc d’une estimation moyennes supérieures à 100 habitants/km². Cinq aires
grossière ne permettant pas protégées s’inscrivent dans des contextes démographiques
d’appréhender la répartition plus favorables, avec des densités moyennes de
spatiale de la population, population de l’ordre de 15 habitants/km², voire moins.
notamment entre l’intérieur Les zones prioritaires présentent des densités moyennes
des sites et leur périphérie. comprises entre 25 et 50 habitants/km².

Chapitre 3 │ page 33
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

Agriculture
L’agriculture est pratiquée dans et en périphérie de l’ensemble des sites évalués. Il
s’agit d’une activité proscrite sur le plan juridique dans les aires protégées désignées
sous les différentes catégories de réserve et grandement limitée dans les domaines
de chasse. Dans la pratique, le développement de l’agriculture ne fait l’objet d’aucune
mesure d’encadrement dans les aires protégées évaluées.

Cette activité est fondamentale pour assurer la sécurité alimentaire et soutenir les
moyens de subsistance des populations rurales. L’autosuffisance alimentaire est
le premier objectif poursuivi par les ménages engagés dans les activités agricoles.
Pour les communautés situées le long d’axes de communication, ou disposant de
marchés, la vente d’une part plus ou moins importante de la production agricole
permet l’obtention de revenus d’appoint. L’accroissement démographique joue un rôle
prépondérant dans le développement soutenu des activités agricoles quasi généralisé
constaté lors des travaux d’évaluation.

L’agriculture est également un moteur majeur de la conversion des terres et de la


fragmentation du couvert forestier. Le développement d’une mosaïque de formations
végétales, regroupant des champs cultivés, des jachères et des formations plus ou
moins secondarisées, s’observe en périphérie des localités et de certains axes de
communication.

L’agriculture sur brûlis est la pratique la plus fréquemment mise en œuvre au sein des
sites évalués. Des cultures sont également présentes en savane ou dans les bas-fonds.
La culture irriguée se rencontre dans les sites évalués principalement dans la province
du Lualaba. Les superficies moyennes cultivées annuellement varient au sein d’un
site et entre les sites. Quelques espèces de plantes constituent la majeure partie de la
production. L’utilisation d’intrants n’a pas été observée tandis que la mécanisation des
travaux agricoles reste limitée à quelques très rares exploitations rencontrées dans
les aires protégées localisées en périphérie de Kinshasa. Les conflits homme-animaux
sont observés localement au sein de quelques sites. Des espèces comme les éléphants,
les hippopotames, les suidés, ou encore les buffles, peuvent être à l’origine de dégâts
aux cultures plus ou moins conséquents. Finalement, il convient de remarquer que si
le petit élevage ovin, caprin et de volailles est répandu au sein de l’ensemble des sites
évalués, l’élevage bovin n’a été rencontré que dans le sud-ouest du Bandundu et dans le
Maniema.

La prise en compte de l’agriculture constitue un enjeu majeur pour les aires protégées
évaluées. En général, le maintien du statu quo menace la pérennité de ces entités. Il
convient dès lors d’identifier des mécanismes pertinents sur le plan de la conservation
et socialement acceptables permettant d’encadrer efficacement cette activité. Cette
problématique complexe ne saurait en outre être abordée sans adresser les questions
liées à l’accroissement démographique au sein des aires protégées, ainsi que celles
traitant du développement de l’économie en milieu rural. Sur la base de ces avancées,
une mise à jour des réglementations inhérentes à cette activité pourrait être opérée et
des mesures techniques de gestion développées.

page 34 │ Chapitre 3
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

Figure 11 DCHM + RCHM Nord Ubangi ZP


Importance des Agriculture Agriculture
différentes activités
Chasse Chasse
économiques
Pêche Pêche
Cette figure présente
l’importance des différentes Cueillette Cueillette

activités économiques Artisanat Artisanat


entreprises au sein de chaque Activités Activités
site. Mobilisant les données minières
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
minières
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
obtenues dans chacune des
localités enquêtées, elle est
estimée au travers de la DCRBM + RCBM DCLKV + RCLKV
proportion des ménages
Agriculture Agriculture
engagés dans chacune des
activités. L’implication de Chasse Chasse

différents groupes sociaux Pêche Pêche


dans la réalisation de Cueillette Cueillette
chaque activité a ensuite été Artisanat Artisanat
distinguée. (*) Les données
Activités Activités
sur l’agriculture, la chasse minières minières
et la pêche n’ont pas été 0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100

collectées lors de la première


campagne d’évaluation. Elles
ne sont donc pas disponibles DCRGU + RCTGU DCRKA
pour les sites suivants : Agriculture Agriculture
DCBK, DCRPK, DCPRS, Chasse Chasse
RCIAT, RCITS et les ZP Pêche Pêche
Lualaba Ouest et Sud.
Cueillette Cueillette

Artisanat Artisanat

Activités Activités
minières minières
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100

Pourcentage des ménages


engagés dans les différentes DCRSK PM
activités associées Agriculture Agriculture

Chasse Chasse
Hommes
Pêche Pêche
Femmes
Cueillette Cueillette
Jeunes
Artisanat Artisanat

Activités Activités
minières minières
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100

RTL Pangi ZP + Kasongo ZP


Agriculture Agriculture

Chasse Chasse

Pêche Pêche

Cueillette Cueillette

Artisanat Artisanat

Activités Activités
minières minières
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100

Chapitre 3 │ page 35
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

Figure 12
Productions agricoles
des sites évalués selon
les acteurs locaux
interrogés (proportion
des ménages cultivant les
différentes spéculations)
Le manioc, le maïs et
l’arachide sont cultivés par
la quasi-totalité des ménages
au sein des sites évalués.
La diversification de la
production complémentaire
dépend notamment du
climat, des sols et des
éventuels débouchés
commerciaux caractérisant
les localités enquêtées dans
les différents sites.

> 0 to 25
> 25 to 50
> 50 to 75
Riz pluvial

> 75 to 100
Arachide

bas-fond
Haricots

Plantain

de terre
Pomme
Palmier

à sucre
Manioc

Canne

Autres
Cacao
Riz de

Tabac

Coton
Maïs

Café

PM
DCRBL + RZBL
DRCSK
DCHM + RCHM
DCRGU + RCTGU
DCRBM + RCBM
DCPRS + DCRPK + RCIAT + RCITS + Ouest Lualaba ZP
DCRKA
DCLKV + RCLKV
Kasongo ZP + Pangi ZP
Sud Lualaba
Nord Ubangi ZP

page 36 │ Chapitre 3
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

Figure 13 Nord Ubangi ZP


Superficies moyennes Kasongo ZP + Pangi ZP
cultivées par les ménages
DCLKV + RCLKV
dans les différents sites
DCRKA
évalués selon les acteurs
locaux interrogés DCRBM + RCBM
(% des participants aux DCRGU + RCTGU
enquêtes citant la classe DCHM + RCHM
de superficie) DRCSK
DCRBL + RZBL
0 à 0,5 ha
PM
0,5 à 1,0 ha
0% 20 % 40 % 60 % 80 % 100 %
1,5 à 2,0 ha
2,0 à 2,5 ha Dans une majorité de sites, une part importante des
2,5 à 3,0 ha ménages cultivent annuellement une superficie inférieure
à 0,5 ha. Les ménages rencontrés disposant de parcelles
cultivées dépassant 1,5 ha sont largement minoritaires,
voire totalement absents.

Figure 14 Dans près de 75 % des localités


Évolution des superficies enquêtées, les superficies
moyennes cultivées agricoles sont en augmentation 15%
par les ménages dans ou en forte augmentation. Plus
les différents sites de 20 % font en revanche état
évalués selon les acteurs d’une tendance orientée vers 8%
locaux interrogés la réduction des superficies. 41%
(% des localités enquêtées Il s’agit généralement de 4%
citant la tendance) situations locales, caractérisées
par des dynamiques socio-
Forte augmentation économiques particulières
Augmentation (e.g. phénomènes de déprise
agricole consécutifs au
Stable développement de l’exploitation 32%
Diminution minière artisanale).
Forte diminution

Figure 15
Moteurs de l’évolution Conflit
des superficies moyennes Démotivation
cultivées par les ménages Rendements en augmentation
selon les acteurs locaux Immigration
interrogés (% des Absence d’activités alternatives
localités enquêtées citant Difficultés d’évacuation
le moteur) Techniques agricoles
Dans près de la moitié Faibles rendements
des localités visitées, Répondre aux besoins des ménages
l’accroissement de la Changement climatique
population est l’un des Aspects spatiaux
moteurs expliquant l’évolution Chômage
des superficies agricoles. Absence d’acheteurs
Le développement de Évolution des techniques agricoles
débouchés commerciaux, Évolution de la qualité des sols
l’obtention de revenus, Augmenter le revenu ménager
moteurs intrinsèquement liés, Accessibilité du marché
et la dégradation de la qualité Évolution démographique
des sols sont également 0% 5% 10 % 15 % 20 % 25 % 30 % 35 % 40 % 45 % 50 %
rapportés par plus de 10 %
des localités enquêtées.

Chapitre 3 │ page 37
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

Chasse
La chasse est une activité clé en milieu rural. Elle est pratiquée dans les zones
prioritaires ainsi que dans l’ensemble des aires protégées évaluées, et ce malgré la
réglementation qui l’interdit au sein de ces dernières. Les équipes de gestion en place
dans certains sites étudiés interviennent ponctuellement dans le but de limiter les
prélèvements. Le transport de gibier fait l’objet de contrôles plus fréquents et donne
lieu au paiement d’amendes par les contrevenants. La réglementation relative à
l’exercice de la chasse dans les zones prioritaires, c’est-à-dire à l’extérieur des aires
protégées, n’est quasiment pas connue des communautés et ne fait l’objet d’aucune
mesure d’application.

Le gibier est une source importante de protéines animales et sa commercialisation


peut fournir des revenus complémentaires aux ménages des populations riveraines.

La croissance démographique est à l’origine d’un accroissement de la pression de


chasse tandis que les périodes de trouble politique ont été accompagnées d’une
exploitation destructrice de la faune. Dès lors, une très forte régression de l’ensemble
des espèces chassables est aujourd’hui observée. De nombreuses espèces ont aussi
disparu localement au cours des dernières décennies.

L’utilisation d’armes à feu, principalement des fusils dits artisanaux ainsi que des
armes manufacturées et parfois des armes de guerre, est généralisée dans l’ensemble
des sites évalués. La pose de pièges constitués de fibres synthétiques est également
très répandue. Les règles traditionnelles en matière d’accès aux territoires de chasse
et de gestion des prélèvements ne sont quasiment plus respectées.

La définition d’une réglementation sur la chasse adaptée aux enjeux écologiques,


au travers de la promotion de pratiques durables, et véritablement applicables, est
une priorité pour l’organisation de cette activité à l’extérieur des aires protégées.
Concernant ces dernières, si des aménagements de la réglementation peuvent être
envisagés localement dans le but de répondre à certaines demandes d’ordre social,
il convient d’investir des moyens pour accroître la surveillance et développer des
alternatives économiques à la chasse. Il en va du maintien d’un grand nombre
d’espèces de grands mammifères. Aussi, il convient de souligner que certaines
espèces phares sont encore présentes dans certains sites évalués grâce aux efforts de
protection des communautés.

Figure 16
Évolution de l’abondance
de la ressource faune 10 % 2% 2%
selon les acteurs locaux 2%
interrogés (% des 2%
localités enquêtées citant
la tendance) Augmentation
La diminution, la forte Stable
diminution, voire la
disparition, caractérisent
30 % Diminution

l’évolution du gibier dans Forte diminution


près de 85 % des localités Disparition
enquêtées. Seules 2 %
de ces dernières rapportent Ne sait pas
une augmentation. Non déterminé
Il s’agit là de situations 52 %
locales (e.g. réapparitions
ponctuelles d’individus
d’une ou plusieurs espèces
de mammifères).

page 38 │ Chapitre 3
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

Figure 17 Nord Ubangi ZP


Décennies durant Kasongo ZP + Pangi ZP
lesquelles des
changements importants DCLKV + RCLKV
dans l’abondance de la DCRKA
ressource faune ont été
DCRBM + RCBM
observés selon les acteurs
locaux interrogés (% des DCRGU + RCTGU
localités enquêtées citant DCHM + RCHM
la décennie)
DRCSK

PM
1931-1940 1981-1990
0% 20% 40% 60% 80% 100%
1941-1950 1991-2000
1951-1960 2001-2010 Les décennies 1960, 1970 et 1980 sont les plus couramment
mentionnées par les acteurs locaux en ce qui concerne
1961-1970 Post 2010
la disparition de la faune. Les sites montrent cependant
1971-1980 des modèles différenciés dépendant principalement des
dynamiques socio-économiques et de l’historique des
éventuels conflits les caractérisant.

Figure 18 La chasse intensive est la principale cause de raréfaction du


Moteurs de l’évolution gibier. Catalysée notamment par l’essor démographique et
de l’abondance de la l’évolution des pratiques, la chasse est dans la pratique une
ressource faune selon activité peu régulée.
les acteurs locaux
interrogés (% des
Destruction de l’habitat
localités enquêtées Présence/gestion d’une AP
citant le moteur) Changement climatique
Us et coutumes
Gestion coutumière/traditionnelle de la ressource
Exploitation forestière
Non-respect de la coutume/de la loi
Conflit armé/rébellion
Activités agricoles
Ne sait pas
Crise économique
Feu de brousse
Chasse intensive
Accessibilité du marché
Chômage
Déforestation
Braconnage
Chasse intensive des allochtones
Chasse intensive des autochtones due à l’évolution des techniques
Chasse intensive des autochtones due à la croissance démographique

0% 10 % 20 % 30 % 40 % 50 % 60 %

Chapitre 3 │ page 39
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

Pêche
La pêche est également une activité centrale pour certaines communautés dans
le but d’assurer leur sécurité alimentaire et soutenir leurs moyens d’existence. La
réglementation en matière de pêche est peu explicite, et ce y compris au sein des aires
protégées. Les prélèvements sont interdits dans les cours d’eau de certaines réserves.
Aucune mesure de gestion de la pêche n’a été observée dans les sites évalués.

Des tendances similaires aux activités cynégétiques sont observées. L’évolution


des pratiques, avec l’utilisation d’un spectre large d’engins et de techniques, et
l’accroissement démographique donnent lieu à une intensification des prélèvements.
Certaines espèces de poissons se font rares, d’autres ont localement disparu.

L’organisation et la gestion durable de la pêche en RDC, dans et hors des aires


protégées, est l’un des grands chantiers à venir. Quasiment tout reste à faire en la
matière. Dans le contexte des aires protégées, des approches graduelles adaptées
sont à développer.

1%

Figure 19 7% Forte augmentation


Évolution de l’abondance
8% Augmentation
des ressources
halieutiques selon les Stable
acteurs locaux interrogés 45 % Diminution
(% des localités enquêtées
Forte diminution
citant la tendance)

39 % Dans près de 85 % des localités


enquêtées, les ressources
halieutiques sont en diminution
ou en forte diminution.

page 40 │ Chapitre 3
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

Figure 20 Nord Ubangi ZP


Décennies durant Kasongo ZP + Pangi ZP
lesquelles les DCLKV + RCLKV
changements importants DCHM + RCHM
dans l’abondance des DRCSK
ressources halieutiques DCRBL + RZBL
ont été observés selon 0% 10 % 20 % 30 % 40 % 50 % 60 % 70 % 80 % 90 % 100 %
les acteurs locaux 1971-1980
interrogés (% des
1981-1990 Les décennies marquant un changement dans l’abondance des
localités enquêtées
ressources halieutiques sont nettement différenciées d’un site à
citant la décennie) 1991-2000
l’autre. Elles correspondent principalement aux périodes marquant
2001-2010 l’introduction de nouvelles pratiques de pêche dans leurs cours d’eau.

Ne sait pas
Présence d’une AP
Us et coutumes (spirituel)
Changement de l’effort de pêche
Techniques de pêche préservant la ressource
Pollution
Destruction des frayères
Pêche intensive
Conflit armé/rébellion
Crise économique
Absence de réglementation
Techniques de pêche destructrices
Gestion coutumière/traditionnelle de la ressource
Accessibilité du marché
Chômage
Surpêche des allochtones
Changement climatique
Surpêche des autochtones due à l'évolution des techniques
Surpêche des autochtones due à la croissance démographique
0% 5% 10 % 15 % 20 % 25 % 30 % 35 % 40 % 45 % 50 %

Figure 21
Moteurs de l’évolution de l’abondance des ressources
halieutiques selon les acteurs locaux interrogés
(% des localités enquêtées citant le moteur)
La pêche intensive est la principale cause de diminution
des stocks de poissons. L’augmentation de la population
et l’évolution des pratiques en sont notamment à l’origine.

Chapitre 3 │ page 41
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

Végétation et flore
Les aires protégées évaluées sont principalement couvertes par des savanes, plus ou
moins boisées (Carte 7 et Figure 22). Les formations anthropisées comme le complexe
rural et la mosaïque de zones cultivées peuvent couvrir des superficies relativement
importantes dans certaines d’entre elles. La forêt dense humide est plus représentée
dans les zones prioritaires étudiées.

Les taux de déforestation observés sur la période 2000-2015 dans chacune des aires
protégées analysées varient considérablement. Environ 70 % des entités présentent
un taux inférieur de 3 à 30 fois celui caractérisant l’aire protégée la plus touchée.
Dans trois aires protégées, le taux de déforestation approche ou dépasse 5 % de leur
superficie respective.

L’agriculture, la production de bois énergie et, de façon plus limitée, l’exploitation


du bois d’œuvre, sont à l’origine de la déforestation. Peu de mesures sont prises dans
les aires protégées évaluées dans le but de limiter ce phénomène et aucune n’a été
détectée dans les zones prioritaires.

Les inventaires botaniques conduits par le programme ont permis de renforcer la


connaissance sur la structure et la composition des principales formations végétales
couvrant les sites étudiés. Ils ont également contribué à l’élaboration de la carte
nationale du carbone forestier.

Carte 7
Couverture du sol des sites évalués par le PARAP
Les données sur la couverture du sol proviennent de la carte de la végétation
produite à une résolution de 300 m par Verhegghen A. & Defourny P. (2010).
Les auteurs ont utilisé la classification standardisée de la FAO (Land Cover
Classification System) pour décrire les différents types de végétation.

Aire protégée évaluée par le PARAP

Zone prioritaire localisée hors du réseau des aires protégées et évaluées par le PARAP

Agriculture irriguée
Complexe rural et forêt
secondaire jeune
Eau
Faible couvert végétal
Forêt de montagne
Forêt de transition
Forêt dense semi-décidue
ou sempervirente
Forêt sèche claire ou forêt
sèche dense
Forêt édaphique
Mangrove
Mosaïque forêt-savane
Mosaïque terres cultivées/
végétation naturelle
(herbacée ou arbustive)
Prairie aquatique
Prairie marécageuse
Sans couvert végétal
Savane arbustive
Savane boisée et/ou
savane arborée
Savane herbeuse
Villes et zones associées

page 42 │ Chapitre 3
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

1 200 000 1 200 000

1 100 000 1 100 000

1 000 000 1 000 000

900 000 900 000

800 000 800 000


Hectares (ha)

Hectares (ha)
700 000 700 000

600 000 600 000

500 000 500 000

400 000 400 000

300 000 300 000

200 000 200 000

100 000 100 000

0 0
DCRGU DCRKA RCLKV DCLKV RCTGU DCRBL DCRBM RCIAT DRCSK DCHM RZBL PM DCPRK RCBM(B) DCPRS RCBM(A) DCBK RCBM(D) RCITS
Hectares (ha)

Figure 22 Les données sur la


Couverture du sol des couverture du sol
aires protégées évaluées proviennent de la carte de
par le PARAP (nombre la végétation produite à une
d’hectares par classe) résolution de 300 m par
Verhegghen A. & Defourny
P. (2010).

Eau Mosaïque terres cultivées/ Savane herbeuse Mangrove


végétation naturelle
Surfaces artificielles et (herbacée ou arbustive) Savane arbustive Forêt édaphique
zones associées (zones
urbaines > 50 %) Faible couvert végétal Savane arborée Forêt de montagne

Sans couvert végétal Prairie aquatique Savane boisée Forêt submontagnarde

Agriculture irriguée Prairie marécageuse Complexe rural Forêt dense humide

Mosaïque forêt/savane

Figure 23 Nord Ubangi ZP


Couverture du sol des
zones prioritaires Sud Lualaba ZP
évaluées par le PARAP
(nombre d’hectares Ouest Lualaba ZP
par classe)
Les données sur la Kasongo ZP
couverture du sol
proviennent de la carte de Pangi ZP
la végétation produite à une 0 500 000 1 000 000 1 500 000 2 000 000 2 500 000
Hectares (ha)
résolution de 300 m par
Verhegghen A. & Defourny
P. (2010).

Chapitre 3 │ page 43
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

Dynamiques de déforestation

DCPRS

DCPRK
Figure 23 PM

Perte de forêt RCBM (A)

2000-2015 (% de la RCITS

superficie totale) RCBM (D)

Les estimations des RZBL

RCIAT
superficies concernées RCLKV
par la déforestation ont DCLKV
été produites en utilisant DCBK

les données du Global DCRKA

Forest Change (Hanson DCRGU

et al.,2013). DCRBL

RCBM (B)

RCTGU

DCRBM

DRCSK

DCHM
0

0
0

00

00

00

00

00

00

00

00

00

00

00

00

00

00

00

00
5

10

15

20

25

30

35

40

45

50

55

60

65

70

75

80

Perte de forêt 2000-2015 (ha)

page 44 │ Chapitre 3
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

Carte 9
Déforestation 2000-2015 des
sites évalués par le PARAP

Les données sur la déforestation


proviennent de Hansen/UMD/
Google/USGS/NASA.

Couverture forestière 2000 Perte de forêt 2000-2015

Déforestation

Aire protégée évaluée par le PARAP

Zone prioritaire localisée hors du réseau des aires


protégées et évaluées par le PARAP

Chapitre 3 │ page 45
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

Structure et composition des peuplements de ligneux


Nombre Nombre
Nombre d’espèces Nombre d’espèces
Parcelle Type de végétation d’arbres d’arbres de lianes de lianes
P1 Savane boisée 65 7 1 1
P2 Forêt dense sémi-décidue 517 55 76 23
P3 Savane arbustive 150 5 0 0
P4 Forêt galerie 308 47 73 18
P5 Forêt galerie 605 31 61 19
P6 Forêt secondaire 704 38 57 11
P7 Forêt secondaire 539 45 45 18
P8 Forêt secondaire 404 74 9 7
P9 Forêt dense sempervirente 569 106 20 12
P10 Forêt claire 329 30 176 6
P11 Forêt secondaire 501 55 63 16
P12 Forêt secondaire 477 62 43 10
P13 Forêt secondaire 406 84 24 12
P14 Forêt dense sémi-décidue 608 48 125 13
P15 Forêt dense sémi-décidue 388 51 110 18
P16 Savane boisée 403 24 232 3
P17 Forêt dense sémi-décidue 463 45 300 15
P18 Forêt galerie 457 79 47 21
P19 Forêt claire 528 35 22 5
P20 Forêt galerie 283 13 1 1
P21 Savane arborée 404 23 0 0
P22 Forêt claire 383 34 34 9
P23 Forêt dense semi-décidue 403 63 37 10
P24 Savane boisée 433 28 9 4
P25 Forêt dense semi-décidue 470 42 37 15
P26 Forêt claire 444 41 184 3
P27 Forêt secondaire 550 64 12 7
P28 Forêt dense semi-décidue 488 113 56 11
P29 Forêt dense sempervirente 371 69 49 14
P30 Forêt secondaire 502 86 122 35
Tableau 2 P31 Savane boisée 331 31 9 6
Résumé des résultats P32 Savane boisée 322 35 4 3
issus de l’inventaire des P33 Forêt dense semi-décidue 450 45 72 20
parcelles botaniques P34 Forêt montagne 554 47 44 15
P35 Forêt montagne 470 21 45 15
P36 Forêt dense sempervirente 387 60 29 16
P37 Forêt dense sempervirente 377 44 10 8
P38 Forêt dense sempervirente 353 53 16 8
P39 Forêt sur sols hydromorphes 470 40 16 7

page 46 │ Chapitre 3
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

Carte 10
Les parcelles
d’inventaire botanique
Le protocole d’inventaire
botanique est basé sur celui
du Rainfor (Phillips et al.,
2004). Il vise à décrire la
diversité de la communauté
des ligneux au sein des
formations végétales des
sites évalués. Les parcelles
couvrent une superficie de
1 ha et sont de forme carrée
(100 m x 100 m). Elles sont
positionnées dans des types
de végétation représentatifs
et homogènes.

Aire protégée évaluée Type de végétation


par le PARAP
Forêt dense sempervirente
Zone prioritaire localisée
hors du réseau des aires Forêt sur sols hydromorphes
protégées et évaluées par
Forêt galerie
le PARAP
Forêt montagne
Savane boisée
Forêt secondaire
Forêt dense semi-decidue
Savane arborée
Forêt claire
Savane arbustive

Chapitre 3 │ page 47
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

Grands mammifères
La conservation de la faune est au cœur de la création du réseau des aires protégées.
La compréhension du statut actuel des espèces formant ce groupe est essentielle. Elle
contribue à qualifier la gestion des aires protégées évaluées, passée et actuelle, et à
dresser des perspectives quant à leurs futurs. Dans le cas des zones prioritaires, il
s’agissait au travers de celle-ci de mesurer l’intégrité de leurs écosystèmes et d’estimer
l’intérêt de l’éventuelle désignation d’une aire protégée en leur sein.

Le programme a combiné plusieurs protocoles complémentaires dans le but


d’obtenir des données à jour sur la distribution et l’abondance des espèces de grands
mammifères. Les ordres (et familles) suivants ont été pris en compte dans le cadre
des travaux : les primates (Cercopithecidae & Hominidae), les carnivores (Felidae,
Hyanidae et Mustelidae), les tubulidentés (Orycteropodidae), les proboscidiens
(Elephantidae) et artiodactyles (Bovidae, Giraffidae, Hippopotamidae, Suidae,
Tragulidae,). Notons que les Perissodactyles (Equidae, Rhinocerotidae) sont absents
des sites étudiés. Des enquêtes rassemblant des membres des communautés locales
riveraines aux sites et des membres des équipes de gestion dans le cas des aires
protégées, reconnus pour leur connaissance de la faune, ont été organisées dans le but
de recueillir les connaissances à dire d’acteurs à propos du statut des taxons présents.
Un inventaire pédestre était ensuite mis en œuvre par les équipes du programme.
Bâti sur une méthode d’occupation des sites visant à caractériser la distribution
des espèces, sa conduite a privilégié la couverture géographique des sites évalués.
Finalement, des pièges photographiques ont été placés dans des lieux fréquentés par
des espèces clés, identifiés sur la base des résultats des enquêtes.

Trois aires protégées additionnelles ont fait l’objet de travaux d’évaluation par le
programme. Il s’agit de la Réserve de la Biosphère de Luki (RBLK) et des Réserves
naturelles de Tumba Lediima (RTL) et d’Itombwe (RNI). Localisées respectivement
dans la province du Kongo-Central, les provinces l’Equateur et du Mai-Ndombe,
et la province Sud-Kivu, leurs équipes de gestion disposent de l’appui du WWF.
Les objectifs des études conduites par le PARAP, ainsi que leurs modalités de mise
en œuvre, diffèrent de celles conduites dans les vingt autres aires protégées. C’est
pourquoi seuls les résultats concernant la faune sont présentés ci-après.

Les résultats des travaux indiquent un affaissement généralisé des populations


d’espèces de grands mammifères dans l’ensemble des sites évalués. Le constat est
édifiant. Les fortes pressions de chasse passées et/ou actuelles les caractérisant, y
compris en ce qui concerne les aires protégées, sont à l’origine de cet effondrement.

Si quelques espèces semblent être en capacité de se maintenir dans des contextes


défavorables, tel par exemple le guib harnaché dans les formations de savanes, la
plupart des taxons ont fortement régressé. Certaines populations reliques, comme
par exemple celles d’éléphants dans la quasi-totalité des sites où leur présence a été
détectée, sont sur le point de disparaître et de s’inscrire ainsi dans les différents
cortèges d’extinctions locales d’ores et déjà relevés dans l’ensemble des sites évalués.

page 48 │ Chapitre 3
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

La persistance de certaines espèces est cependant à relever. Le maintien d’une


population d’hippotragues au sein du Domaine et réserve de chasse de Swa-Kibula
(DCSK), fruit de l’engagement d’une chefferie traditionnelle appuyée par l’équipe
ICCN, est à ce titre remarquable. La réapparition d’une espèce disparue depuis plus
de trois décennies, l’éléphant, au sein de la périphérie de cette même aire protégée, est
également à relever. Provenant d’Angola, vraisemblablement suite à des perturbations
d’origine anthropique, la présence saisonnière de cette espèce pose un nouveau défi
pour la gestion de cet espace. Des espèces de grandes antilopes sont encore présentes
dans d’autres aires protégées, comme par exemple l’hippotrague et l’antilope sable
dans les entités situées à l’ouest de la province du Lualaba, ou encore le bubale dans la
Réserve totale de chasse de Luama-Kivu (RTCKV). Des espèces de grands singes ont
été rencontrées dans différentes aires protégées : bonobos à la RTL, chimpanzés dans
la RLBK, la RBL, le complexe des aires protégées de Luama-Kivu et la RNI ainsi que
des gorilles de l’Est au sein de cette dernière.

Parmi les zones prioritaires, celle du Nord-Ubangi est à distinguer. Si la pression


de chasse y est très forte, elle présente encore des populations de plusieurs espèces
charismatiques telles que le chimpanzé, l’okapi ou encore le bongo. La communauté
des primates de ce massif forestier ne paraît pas en outre avoir perdu d’espèces.
Quelques groupes d’éléphants, dont l’ivoire attise les convoitises de braconniers
locaux, parcourent encore certaines portions de la zone. La zone du Ouest Lualaba
abrite encore une population de lions, vraisemblablement très réduite, dont les proies
sont notamment soumises à une très forte pression cynégétique.

Chapitre 3 │ page 49
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

Tableau 3 Catégorie Liste Catégorie de


Espèces rencontrées Nom scientifique Nom commun rouge UICN protection en RDC
lors des travaux du Ongulés
PARAP sur la faune
Alcelaphus buselaphus Bubale Préoccupation mineure Partiellement protégée
Les espèces détaillées dans
ce tableau sont celles qui Hippotragus equinus Hippotrague Préoccupation mineure Partiellement protégée
ont été sélectionnées pour Hippotragus niger Antilope sable Préoccupation mineure Totalement protégée
l’élaboration des cartes Kobus ellipsiprymnus Cobe defassa Quasi menacée Partiellement protégée
illustrant les résultats
concernant ces trois Kobus vardonii Puku Quasi menacée Non protégée
groupes taxonomiques Redunca arundinum Cobe des roseaux Préoccupation mineure Partiellement protégée
(Carte 10, Carte 11 et Syncerus caffer Buffle Préoccupation mineure Partiellement protégée
Carte 12). Ce tableau ne
Tragelaphus eurycerus Bongo Quasi menacée Partiellement protégée
vise pas à présenter de
façon exhaustive les espèces, Okapia johnstoni Okapi En danger Totalement protégée
appartenant à ces groupes Primates
ou non, rencontrées lors
Cercocebus agilis Cercocèbe agile Préoccupation mineure Partiellement protégée
des travaux de terrain.
Cercopithecus ascanius Cercopithèque ascagne Préoccupation mineure Partiellement protégée
Cercopithecus denti Mone de Dent Préoccupation mineure Non protégée
Cercopithecus hamlyni Cercopithèque de Hamlyn Vulnérable Totalement protégée
Cercopithecus mitis Cercopithèque à diadème Préoccupation mineure Totalement protégée
Cercopithecus neglectus Cercopithèque de Brazza Préoccupation mineure Partiellement protégée
Cercopithecus nictitans Hocheur Préoccupation mineure Partiellement protégée
Cercopithecus pogonias Cercopithèque pogonias Non évaluée Partiellement protégée
Cercopithecus wolfi Mone de Meyer Non évaluée Partiellement protégée
Chlorocebus pygerythrus Vervet Préoccupation mineure Partiellement protégée
Colobus angolensis Colobe d'Angola Préoccupation mineure Totalement protégée
Colobus guereza Colobe guereza Préoccupation mineure Totalement protégée
Gorilla beringei Gorille de l'Est En danger critique Totalement protégée
Lophocebus johnstoni Mangabey à joues grises Préoccupation mineure Partiellement protégée
Pan paniscus Bonobo En danger Totalement protégée
Pan troglodytes Chimpanzé En danger Totalement protégée
Papio anubis Babouin doguera Préoccupation mineure Partiellement protégée
Papio cynocephalus Babouin cynocéphale Préoccupation mineure Non protégée
Procolobus rufomitratus Colobe bai de Thollon Quasi menacée Totalement protégée
Éléphant
Loxondota spp. Éléphant Vulnérable Totalement protégée

page 50 │ Chapitre 3
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

Carte 10
Éléphants
La présence d’éléphants a été
documentée dans seulement
cinq sites. Ces populations
reliques sont constituées
de quelques individus à
quelques dizaines. Celles
du DCRKA et du RCLKV et
DCLKV sont sur le point de
s’éteindre.

Loxondota spp.
Cellule inventoriée pour
la faune par le PARAP
Site d’investigation du
PARAP sur la faune (nombre
des participants)
Aire protégée évaluée
par le PARAP
Zone prioritaire localisée
hors du réseau des aires
protégées et évaluées par
le PARAP

Chapitre 3 │ page 51
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

Carte 11
Primates
Le très faible nombre
d’observations directes
de primates réalisées
durant les travaux est
frappant. Il traduit un
fort déclin généralisé des
espèces composant ce
groupe taxonomique. Les
individus des populations
rencontrées ont en outre des
comportements cryptiques
du fait de la forte pression
de chasse.

Cellule inventoriée pour


la faune par le PARAP
Site d’investigation du
PARAP sur la faune (nombre
des participants)

Cercocebus agilis Colobus angolensis


Cercopithecus ascanius Colobus guereza
Cercopithecus denti Gorilla beringei
Cercopithecus hamlyni Lophocebus albigena
Cercopithecus mitis Pan paniscus
Cercopithecus neglectus Pan troglodytes
Cercopithecus nictitans
Papio anubis
Cercopithecus pogonias
Papio cynocephalus
Cercopithecus wolfi
Piliocolobus oustaleti
Chlorocebus pygerythrus

page 52 │ Chapitre 3
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

Carte 12
Ongulés
Quelques espèces d’ongulés de
grande taille ont cependant réussi
à se maintenir dans certains sites
malgré la forte pression de chasse.

Cellule inventoriée pour la faune


par le PARAP
Site d’investigation du PARAP sur
la faune (nombre des participants)

Alcelaphus buselaphus

Hippotragus equinus

Hippotragus niger

Kobus ellipsiprymnus

Kobus vardonii

Okapia johnstoni

Redunca arundinum

Syncerus caffer

Tragelaphus eurycerus

Chapitre 3 │ page 53
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

Bovidés
La confrontation des données historiques traitant des espèces de la famille des
bovidés, avec les résultats des travaux conduits par le programme dans les différents
sites, a permis de mettre en évidence des phénomènes d’extinctions locales dans
quasiment tous les sites étudiés. Seules une aire protégée, la RTL, et une zone
prioritaire, Nord Ubangi, présentent a priori une communauté de bovidés intacte.
Deux aires protégées ont vu leur nombre d’espèces de bovidés réduit de plus de
50 % : le Parc de la Nsélé et la RBLK. Neuf sites présentent 10 ou plus espèces de ce
groupe taxonomique. La majorité des espèces de bovidés détectées, au travers des
enquêtes et/ou des inventaires, sont classées dans la catégorie nationale des espèces
partiellement protégées. Une seule espèce est menacée selon la liste rouge de l’UICN.

Figure 25
Nombre d’espèces 20
de bovidés par site 18
16
Observations 14
12
À dire d’acteurs 10
Selon la littérature 8
historique* 6
4
2
(*) Les références consultées 0
pour l'analyse historique des
PM

BL

ZP

ZP

I
V
K

LK

RN
RT
RK

iZ

aZ

gi Z
LK
CS

espèces sont présentées dans la


TG
CH

CB
RZ

RB
go

ba
ng
RC

bibliographie.
DC
DR

RC

lab
+R
+R

an
son

ala
L+

Pa

ua

Ub
V+
U+

Lu
M
HM
RB

Ka

dL
RB

rd
LK

est
RG
DC

DC

No
Su
DC

DC

Ou
DC

12

Figure 26 10
Nombre d’espèces de 8
bovidés par site selon les
catégories de protection 6
de RDC d’après les 4
acteurs locaux
2
*Les données à dire
d’acteurs concernant le 0
PM

BL

GU

ZP

ZP

I
KV
K

LK

DCBK et la zone prioritaire


RN
RT
RK

iZ

aZ

iZ
CS

CH

CB
RZ

RB
L
CT

go

ba

du Sud Lualaba ne sont


ng

ng
RC
DC
DR

lab
+R
+R

son

ala
+R
L+

Pa

pas disponibles.
ua

Ub
+

Lu
M
HM
RB

Ka
KV

dL
GU

RB

rd
est
DC

DC

No
Su

Non protégée
R

DC

DC

Ou
DC

Partiellement protégée
Totalement protégée 12
10
Figure 27
Nombre d’espèces de 8
bovidés par site selon les 6
catégories de protection
de RDC d’après les 4
inventaires de terrain 2
0
PM

KA

ZP

ZP

ZP

I
KV
SK

LK

RN
ZB

RT
iZ

iZ
TG
CH

CB

RB
R

L
C

go

ba

ba
ng

ng
+R

RC
DC
DR

RC

+R
+R

son

ala

ala
Pa

a
Ub
V+
BL

U+

Lu

Lu
M
HM

Ka
RB
R

rd
LK

est

d
RG
DC

DC

No
Su
DC

DC

Ou
DC

page 54 │ Chapitre 3
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

Figure 28 12
Nombre d’espèces de
10
bovidés par site selon
les catégories de la liste 8
rouge UICN d’après 6
les acteurs locaux
4
*Les données à dire
d’acteurs concernant le 2
DCBK et la zone prioritaire
0
du Sud Lualaba ne sont
PM

BL

ZP

ZP

I
KV
K

LK

RN
RT
RK

iZ

aZ

gi Z
CS

TG
pas disponibles.

CH

CB
RZ

RB
CL

go

ba
ng
DC
DR

RC

lab
+R
+R

an
+R

son

ala
L+

Pa

ua

Ub
U+

Lu
M
HM
RB

Ka
V

dL
RB

rd
LK

est
RG
DC

DC

No
Préoccupation mineure

Su
DC

DC

Ou
DC

Quasi menacée
12
Vulnérable
10
8
Figure 29
Nombre d’espèces de 6
bovidés par site selon 4
les catégories de la liste
rouge UICN d’après les 2
inventaires de terrain 0
PM

BL

ZP

ZP

I
V
K

LK

RN
RT
RK

iZ

aZ

gi Z
LK
CS

TG
CH

CB
RZ

RB
go

ba
ng
RC
DC
DR

RC

lab
+R
+R

an
son

ala
L+

Pa

ua

Ub
V+
U+

Lu
M
HM
RB

Ka

dL
RB

rd
LK

est
RG
DC

DC

No
Su
DC

DC

Ou
DC

Chapitre 3 │ page 55
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

Cercopithécidés
Six sites présentent plus de cinq espèces de la famille des cercopithécidés, et un plus
de dix. Il s’agit de la zone prioritaire couvrant le massif forestier du Nord Ubangi.
Selon les acteurs locaux, dix sites renferment des espèces totalement protégées et
trois des espèces menacées selon l’UICN.

Figure 30
Nombre d’espèces de 8
cercopithécidés par site
6
Observations
À dire d’acteurs 4

P
M

KA

ZP

ZP

aZ
LK

iZ
TG
CH

CB

go

ba
ng
RC
DC

lab
RC

+R
+R

son

ala
Pa

ua
V+
U+

Lu
M
HM

Ka

dL
RB

LK

est
RG
DC

Su
DC

DC

Ou
DC

Figure 31 9
Nombre d’espèces de 8
cercopithécidés par site 7
selon les catégories de 6
protection de la RDC 5
d’après les acteurs 4
locaux 3
2
*Les données à dire
1
d’acteurs concernant le
0
DCBK et la zone prioritaire
PM

BL

ZP

P
V

ZP

I
K

LK

RN
RT
RK

iZ
LK

aZ

aZ
CS

TG

du Sud Lualaba ne sont


CH

CB
RZ

RB
go

gi
ng
RC
DC
DR

RC

lab

lab
+R
+R

an

pas disponibles.
n
L+

Pa
so

ua

ua

Ub
V+
U+

M
HM
RB

Ka

dL
RB

rd
LK

st
RG
DC

DC

Non protégée
No
Su
e
DC

DC

Ou
DC

Partiellement protégée
Totalement protégée
6

Figure 32 5
Nombre d’espèces de 4
cercopithécidés par site
3
selon les catégories de
protection de la RDC 2
d’après les inventaires 1
de terrain
0
PM

BL

ZP

P
V

ZP

I
K

LK

RN
RT
RK

iZ
LK

aZ

aZ
CS

TG
CH

CB
RZ

RB
go

gi
ng
RC
DC
DR

RC

lab

lab
+R
+R

an
n
L+

Pa
so

ua

ua

Ub
V+
U+

M
HM
RB

Ka

tL

dL
RB

rd
LK
RG
DC

es
DC

No
Su
DC

DC

Ou
DC

page 56 │ Chapitre 3
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

Figure 33 6
Nombre d’espèces de
5
cercopithécidés par site
selon les catégories de la 4
liste rouge UICN d’après 3
les acteurs locaux
*Les données à dire 2
d’acteurs concernant le 1
DCBK et la zone prioritaire
0
du Sud Lualaba ne sont
K
BL

ZP

ZP
A

P
CS

iZ
RK

LK

aZ
TG
pas disponibles.

CH

CB
RZ

go

ba
ng
RC
DR

DC
RC

lab
+R
+R

son

ala
L+

Pa

ua
V+
U+

Lu
M
HM
RB

Ka

dL
RB

LK

est
RG
DC

Préoccupation mineure
DC

Su
DC

DC

Ou
DC
Quasi menacée
Vulnérable
En danger
7
N.D.
6
5
4
Figure 34
Nombre d’espèces de 3
cercopithécidés selon 2
les catégories de la liste 1
rouge UICN d’après les 0
inventaires de terrain
K
BL

ZP

ZP

P
CS

RK

LK

iZ

aZ
TG
CH

CB
RZ

go

ba
ng
RC
DR

DC
RC

lab
+R
+R

son

ala
L+

Pa

ua
V+
U+

Lu
M
HM
RB

Ka

dL
RB

LK

est
RG
DC

DC

Su
DC

DC

Ou
DC

Chapitre 3 │ page 57
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

Félidés
D’après les informations collectées auprès des acteurs locaux, huit sites présentent au
moins trois espèces de félidés. Les observations réalisées lors des inventaires n’ont
pas permis de confirmer ce diagnostic participatif. Seuls deux sites ont vu plus d’une
espèce distinguée en leur sein.

6
5
4
Figure 35
3
Nombre d’espèces
de félidés par site 2

Observations 1

À dire d'acteurs 0
PM

BL

ZP

L
V

I
K

LK

RN
RT
RK

oZ

iZ

aZ
LK

aZ
CS

TG
CH

CB
RZ

RB
gi
g
RC
DC
DR

RC

ng

lab

lab
+R
+R

an
L+

Pa
so

ua

ua

Ub
V+
U+

M
HM
RB

Ka

tL

dL
RB

rd
LK
RG
DC

es
DC

No
Su
DC

DC

Ou
DC

Figure 36 3
Nombre d’espèces de
félidés par site selon les
2
catégories de protection
de la RDC d’après les
1
acteurs locaux
*Les données à dire
0
d’acteurs concernant le
PM

BL

GU

ZP
V

ZP

ZP

I
K

LK

RN
RT
RK

oZ

iZ
LK
CS

DCBK et la zone prioritaire


CH

CB
RZ

RB
CT

ba

ba

gi
ng
RC
DC
DR

ng
+R
+R

du Sud Lualaba ne sont


an
ala

ala
+

+R

Pa
so

Ub
+
BL

pas disponibles.
Lu

Lu
M
HM

Ka
KV
U

RB
R

rd
st

d
RG
DC

DC

No
Su
e
DC

DC

Ou

Non protégée
DC

Partiellement protégée
Totalement protégée

Figure 37
Nombre d’espèces 3
de félidés selon les
catégories de protection
2
de la RDC d’après les
inventaires de terrain
1

0
PM

BL

KA

ZP

L
V

ZP

ZP

I
SK

LK

RN
RT
iZ

aZ
LK
TG
CH

CB
RZ

RB
R
C

go

ba

gi
ng
RC
DC
DR

RC

lab
+R
+R

an
n

ala
L+

Pa
so

ua

Ub
V+
U+

Lu
BM
M
RB

Ka

tL
H

rd
LK

d
RG

R
DC

es
DC

No
Su
DC

DC

Ou
DC

page 58 │ Chapitre 3
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

Figure 38 4
Nombre d’espèces
de félidés selon les 3
catégories de la liste
rouge UICN d’après 2
les acteurs locaux
*Les données à dire 1
d’acteurs concernant le
DCBK et la zone prioritaire 0
du Sud Lualaba ne sont
PM

BL

P
KV

ZP

I
K

LK

RN
RT
RK

oZ

iZ

aZ

aZ
CS

TG
CH

CB
pas disponibles.
RZ

RB
CL

gi
ng
DC
DR

RC

ng

lab

lab
+R
+R

an
+R
L+

Pa
so

ua

ua

Ub
U+

M
HM
RB

Ka
V

tL

dL
RB

rd
LK
RG
DC

es
DC

No
Su
DC

DC
Préoccupation mineure

Ou
DC

Quasi menacée
Vulnérable

Figure 39
Nombre d’espèces
2
de félidés selon les
catégories de la liste
rouge UICN d’après les
inventaires de terrain
1

0
PM

BL

L
V

ZP

I
K

LK

RN
RT
RK

oZ

iZ

aZ
LK

aZ
CS

TG
CH

CB
RZ

RB
gi
ng
RC
DC
DR

RC

ng

lab

lab
+R
+R

an
L+

Pa
so

ua

ua

Ub
V+
U+

M
HM
RB

Ka

tL

dL
RB

rd
LK
RG
DC

es
DC

No
Su
DC

DC

Ou
DC

Chapitre 3 │ page 59
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

Autres taxons sélectionnés


Les figures ci-après présentent le nombre d’espèces, autres que celles appartenant aux
trois familles taxonomiques détaillées auparavant, détectées dans les sites. La quasi-
totalité des sites abrite des espèces intégralement protégées sur le plan national et des
espèces menacées d’après l’UICN.

Figure 40
Nombre d’espèces
7
d’autres taxons
sélectionnés* selon les 6
catégories de protection 5
de la RDC d’après les 4
acteurs locaux 3
*Elephantidae, Giraffidae, 2
Hippopotamidae,
1
Hominidae, Hyanidae,
Manidae, Orycteropodidae, 0
M

P
A

P
Suidae, Tragulidae

iZ
RK

LK

oZ

aZ

aZ
TG
CH

CB

ng
RC
DC
RC

ng

lab

lab
+R
+R

Pa
so

ua

ua
Non protégée V+
U+

M
HM

Ka

tL

dL
RB

LK
RG

es
DC

Su
Partiellement protégée
DC

DC

Ou
DC

Totalement protégée

Figure 41 6
Nombre d’espèces 5
d’autres taxons
4
sélectionnés* selon les
catégories de protection 3
de la RDC d’après les 2
inventaires de terrain
*Elephantidae, Giraffidae, 1
Hippopotamidae, 0
Hominidae, Hyanidae,
M

P
A

ZP

P
iZ
RK

LK

oZ

aZ
TG
CH

CB

Manidae, Orycteropodidae,
ba
ng
RC
DC
RC

ng

lab
+R
+R

ala
Pa

Suidae, Tragulidae
so

ua
V+
U+

Lu
BM
HM

Ka

dL
LK

t
RG

es
DC

Su
DC

DC

Ou
DC

page 60 │ Chapitre 3
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

Figure 42 9
Nombre d’espèces 8
d’autres taxons 7
sélectionnés* selon les 6
catégories de la liste 5
4
rouge UICN d’après
3
les acteurs locaux
2
*Elephantidae, Giraffidae, 1
Hippopotamidae, 0
Hominidae, Hyanidae,
PM

BL

L
KV

ZP

I
K

LK

RN
RT
RK

oZ

iZ

aZ

aZ
CS

TG
CH

CB
Manidae, Orycteropodidae,
RZ

RB
CL

gi
ng
DC
DR

RC

ng

lab

lab
+R
+R

an
+R
Suidae, Tragulidae
L+

Pa
so

ua

ua

Ub
U+

M
HM
RB

Ka
V

tL

dL
RB

rd
LK
RG
DC

es
DC

No
Su
DC

DC

Ou
DC
Préoccupation mineure
Vulnérable
En danger
En danger critique

Figure 43
Nombre d’espèces
d’autres taxons
sélectionnés* selon les 7
catégories de la liste 6
rouge UICN d’après les 5
inventaires de terrain 4
*Elephantidae, Giraffidae,
3
Hippopotamidae,
2
Hominidae, Hyanidae,
Manidae, Orycteropodidae, 1
Suidae, Tragulidae 0
PM

BL

L
V

ZP

I
K

LK

RN
RT
RK

oZ

iZ

aZ
LK

aZ
CS

TG
CH

CB
RZ

RB
gi
ng
RC
DC
DR

RC

ng

lab

lab
+R
+R

an
L+

Pa
so

ua

ua

Ub
V+
U+

M
HM
RB

Ka

tL

dL
RB

rd
LK
RG
DC

es
DC

No
Su
DC

DC

Ou
DC

Chapitre 3 │ page 61
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

Principaux constats
Les données collectées par les équipes du programme au sein des vingt aires
protégées et cinq zones prioritaires étudiées ont permis d’évaluer la conception des
premières et le potentiel de création d’une aire protégée au sein des secondes (Tableau
4 et Tableau 5). Un plan d’actions prioritaires a ensuite été formulé pour chacune de
ces entités. Détaillant des mesures adaptées et pragmatiques, ces outils orientent la
consolidation et l’extension du réseau des aires protégées de la RDC.

Concernant le premier segment de l’évaluation conduite pour les aires protégées,


aucune des entités étudiées ne répond de façon stricte au concept de l’UICN. L’absence
d’une définition claire de l’espace géographique concerné et/ou l’absence, ou la
quasi-absence, d’un système de gestion adapté sont les principaux obstacles à cette
reconnaissance. L’application du second segment met en perspective les valeurs
naturelles caractérisant aujourd’hui les aires protégées évaluées, avec leurs objectifs,
réglementations et espaces délimités, ainsi que leurs contextes d’intervention.

Les situations rencontrées au sein des sites étudiés par le programme illustrent les
multiples défis, et opportunités, auxquels la gestion de la biodiversité est aujourd’hui
confrontée. Concevoir des aires protégées adaptées au contexte contemporain,
pilotées au travers de mécanismes de gouvernance impliquant les parties prenantes et
déployant des systèmes de gestion susceptibles d’être efficaces est impératif. Il s’agit
de stopper la dégradation en cours et d’assurer la préservation des espèces encore
présentes ainsi que le maintien des services environnementaux dont dépendent
les populations riveraines. Tel est l’enjeu premier structurant la consolidation et
l’extension du réseau des aires protégées.

Un bref aperçu des diagnostics établis pour les différents sites ainsi que les
principales actions de gestion proposées sont présentés ci-après.

• Le maintien au sein du DCSK de populations reliques d’espèces de faune,


menacées sur le plan national, telles que par exemple l’hippotrague et l’éléphant,
a été rendu possible grâce à l’engagement d’autorités coutumières locales,
accompagnées par l’équipe de gestion de l’ICCN. L’aire protégée fait cependant
face à de multiples défis. La catégorie de gestion promue lors de la modification
de classement de 2006 n’est pas définie sur le plan juridique, la réglementation
applicable n’est pas connue des parties prenantes, tout comme les limites décrites
au travers d’un énoncé imparfait. L’équipe de gestion ne dispose en outre que
de moyens très limités. Le fort dynamisme démographique catalyse en outre les
pressions sur les ressources naturelles. Il conduit notamment au développement
continu des surfaces agricoles en périphérie des dizaines de localités implantées
dans l’aire protégée, au détriment des formations forestières. La chasse non
contrôlée est également répandue. Une refonte de l’aire protégée est donc
nécessaire. Reposant sur l’identification de zones clés, au sein desquelles se
concentreraient des actions de gestion ciblées et adaptées, comme par exemple les
zones de présence saisonnière des éléphants situées principalement en périphérie
de l’aire protégée actuelle, la gestion du nouvel espace géographique pourrait
s’appuyer sur les catégories IV et VI de l’UICN et s’inscrire dans un schéma de
gouvernance rénové, s’appuyant sur une plus grande implication des parties
prenantes. Un tel processus de reclassement nécessite des ressources et du temps.
Des mesures de gestion d’urgence sont donc à entreprendre dès maintenant. Elles
visent à assurer au plus vite, avec le concours de l’équipe en place, la protection
des valeurs naturelles clés encore présentes.

page 62 │ Chapitre 3
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

• Les aires protégées de Luama-Kivu, la RTCKV et le DCLKV, renferment toujours


des valeurs naturelles de premier plan. Les formations végétales naturelles
restent prépondérantes dans le paysage tandis que de nombreuses espèces de
faune, dont certaines sont extrêmement menacées sur le plan national, telles que
l’éléphant, le chimpanzé et le bubale, sont encore présentes. Les parties prenantes
reconnaissent l’existence des aires protégées et disposent d’informations a minima
concernant les réglementations applicables. La conservation des espèces est
une préoccupation avancée par celles-ci. L’équipe de gestion bénéficie d’appuis
ponctuels de la part de certains partenaires. Si la pratique de l’agriculture reste à
ce jour relativement limitée à l’intérieur des aires protégées, la pêche saisonnière
opérée par les populations riveraines dans la vaste plaine inondable de la Luama,
au cœur de la RTCKV, est à l’origine d’une destruction conséquente du couvert
ligneux pour le fumage du poisson. Sur la base des limites existantes à ce jour,
un exercice de zonage interne des aires protégées est à opérer. Il doit permettre
de distinguer les zones de protection intégrale de celles autorisant la conduite de
certaines activités par les populations riveraines. La gestion du complexe serait
alors basée sur la mobilisation des orientations de gestion relatives aux catégories
II, IV et VI de l’UICN. Dans l’immédiat, la protection des populations reliques est
une priorité dans le but d’éviter leur disparition.

• En dépit de menaces pesant sur les valeurs naturelles du DCKA d’une part,
et de la RCIAT, RCITS, DCMS et DCMK, d’autre part, et de l’absence totale
de gestion depuis plusieurs décennies, ces entités présentent aujourd’hui des
niveaux d’intégrité écologique relativement bons par comparaison avec d’autres
aires protégées. Des espèces de grande faune sont encore présentes en leur
sein et des formations végétales peu ou pas secondarisées couvrent de vastes
étendues. Une prise de conscience avérée des enjeux par les parties prenantes, une
gouvernance locale robuste et soucieuse de voir des activités se développer dans
ces régions défavorisées, et l’absence de contentieux historique fort vis-à-vis de
la conservation de la nature, sont autant d’atouts à valoriser dans le cadre d’une
reprise en main de la gestion de ces espaces en vue d’inverser les perspectives
défavorables pesant sur leurs valeurs naturelles. Le concept d’aire protégée y a
encore toute sa place. Des ressources sont à mobiliser dans le but de développer
des systèmes de gestion adaptés, basés sur les catégories II, IV et VI de l’UICN,
et accompagner les nécessaires évolutions en matière de gouvernance. Enfin,
signalons que la RCIAT, le RCITS, le DCMS et le DCMK pourraient être regroupés
au sein d’une seule et même entité.

• Les aires protégées localisées dans la province de Kinshasa, le PM et le complexe


formé de la RZBL et du DCBL, constituent des opportunités pour promouvoir
la conservation de la nature aux portes de la capitale. La première aire protégée
contient un des derniers exemplaires non altérés du paysage typique du pool
Malebo, tandis que le second ensemble présente encore quelques formations
végétales non perturbées, sur de relatives grandes superficies, typiques des
plateaux batékés. Quelques espèces de grande faune persistent dans ce complexe,
telles que le buffle et l’hippopotame. La lutte contre la spoliation des terres et le
développement du tourisme sont les axes prioritaires des interventions à conduire
dans ces aires protégées.

• Les valeurs naturelles des aires protégées de Bushimai, la RCBM et le DCBM,


sont ainsi soumises à de nombreuses menaces et sont engagées, depuis plusieurs
décennies, dans de sévères dynamiques de dégradation. Celles-ci sont notamment

Chapitre 3 │ page 63
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

catalysées par la très forte croissance démographique et le manque d’alternatives


économiques. La persistance de certaines espèces de grande faune telles que
le buffle et le cobe defasssa, et la présence de formations végétales naturelles,
sont cependant à souligner. Derniers vestiges des valeurs qui avaient motivé la
désignation de ces aires protégées, ils représentent des opportunités à valoriser
dans le cadre plus large du développement des provinces du Kasaï central et de
la Lomami. Uniques espaces classés à des fins de conservation de la nature dans
ces deux provinces, ils peuvent en effet toujours contribuer à l’atteinte d’objectifs
provinciaux en matière de protection et de valorisation du patrimoine naturel. Les
limites des zones devant être effectivement gérées, et les modalités afférentes de
gestion doivent être repensées. Seule une volonté partagée entre les différentes
parties prenantes, et une mobilisation a minima de ressources, sont susceptibles
d’enclencher cette dynamique.

• Une grande partie du Domaine de chasse de la Basse Kando (DCBK) est occupée
par des installations minières industrielles. Un déclassement partiel doit être
conduit, tandis que la zone actuellement non classée, abritant une importante
population d’hippopotames, pourrait être intégrée à l’espace sous protection.
La présence d’opérateurs privés, astreints au respect d’obligations en matière
d’environnement et de conservation dans le cadre de la conduite de leurs activités,
doit être mise à profit pour appuyer concrètement ce processus.

• L’état avancé de dégradation des valeurs naturelles des aires protégées de Mangaï
et de Gungu, couplé à un contexte d’intervention extrêmement complexe du fait
notamment du facteur démographique, impose de reconsidérer complètement le
classement de ces entités. Des mécanismes autres que les aires protégées sont à
développer pour assurer le maintien des valeurs résiduelles.

• Parmi les cinq zones prioritaires, celle du Nord-Ubangi présente un fort potentiel.
Ce massif forestier présente un couvert forestier intact de grande superficie. À
l’exception du lion, aucune espèce de grand mammifère n’a disparu. Cependant,
l’ensemble fait face à des menaces grandissantes. Les moyens de subsistance des
communautés installées en périphérie, et au sein du bloc forestier, dépendant
en grande partie des ressources forestières et fauniques, celles-ci demandent la
mise en place d’un cadre de gestion pouvant permettre leur maintien. Il existe
dès lors une opportunité quant à la création d’une aire protégée. Ce processus
doit intervenir dans le cadre plus général du zonage du massif forestier de la
province du Nord-Ubangi. Dimensionné concomitamment aux unités d’affection
des terres dédiées à la valorisation économique des ressources, dans le cadre
d’une approche de type paysage, le dispositif proposé devra assurer une prise en
compte des impératifs liés à la conservation des espèces clés tout en permettant
aux populations résidantes de conduire des pratiques durables nécessaires à
leur subsistance. Les directives techniques relatives aux catégories IV et VI de
l’UICN pourraient être employées pour ce faire. La gestion d’une telle entité
pourrait être bâtie sur la mise en place d’un véritable contrat d’objectifs liant les
différentes parties prenantes engagées : l’État, la Province, les entités territoriales
décentralisées et les communautés riveraines. Le développement de la structure
de gouvernance de l’aire protégée, associant et responsabilisant les résidents du
massif, devra s’appuyer sur les récentes innovations juridiques.

page 64 │ Chapitre 3
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

Chapitre 3 │ page 65
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

Tableau 4
Résumé des évaluations
des aires protégées

Domaine de chasse de
Luama-Kivu (DCLKV) Réserve de chasse Refuge à éléphants Réserve intégrale de
et Réserve totale de Bushimai (RCBM) de Kaniama (ou chasse des Alunda Réserve intégrale
de chasse de Luama- et Domaine de chasse Domaine de chasse et des Tutshokwe de chasse de Domaine des Mwene
Élément évalué Kivu (RTCKV) de Bushimai (DCBM) de Kaniama-DCKA) (RCIAT) Tshikamba (RCITS) Musoma (DCMS)
Miombo zambézien Miombo zambézien
du centre Mosaïque forêt/savane Mosaïque forêt/savane du centre Mosaïque forêt/savane Mosaïque forêt-savane
Écorégion(s)
Mosaïque forêt/savane sud-congolaise sud-congolaise Mosaïque forêt/savane sud-congolaise sud-congolaise
sud-congolaise" sud-congolaise
Savane arborée Savane arborée
Forêt dense humide (48,5 %) (68,3 %) Savane arborée Savane arborée
(30,9 %) Mosaïque zones Mosaïque zones (52,4 %) (52,8 %)
Savane arborée cultivées/végétation cultivées/végétation Savane boisée Savane boisée *À l’intérieur
Couverture du sol
(26,0 %) herbeuse ou arbustive herbeuse ou arbustive (28,8 %) (30,0 %) de la RCIAT
Complexe rural (17,7 %) (22,2 %) Savane arbustive Savane arbustive
(14,9 %) Mosaïque forêt/savane Mosaïque forêt/savane (7,9 %) (9,1 %)
(12,3 %) (3,3 %)
Perte du couvert forestier
2000-2015 1,3 3,3 2,2 0,3 0,3 0,2
(% de la superficie)
Abondance et distribution
des primates
Abondance et distribution
des ongulés
Chimpanzé***
Espèces charismatiques Hippotrague* Antilope sable** Antilope sable** Antilope sable**
Éléphant*
de grands mammifères Hippopotame* Éléphant* Hippotrague** Hippotrague** Hippotrague**
Bubale*
présentes Hippopotame* Hippopotame** Hippopotame** Hippopotame**
Hippopotame*
Tendance générale des
populations des espèces En déclin En très fort déclin En déclin En déclin En déclin En déclin
de faune sauvage
Potentiel de
rétablissement des
Modérément haut Improbable Modérément haut Modérément haut Modérément haut Modérément haut
populations des espèces
de faune sauvage
Pression démographique Moyenne Forte Moyenne Relativement faible Relativement faible Relativement faible
Pression sur les
Moyenne Forte Moyenne Moyenne Moyenne Moyenne
ressources naturelles
Conception de l’aire
Moyenne Inadéquate Moyenne Moyenne Moyenne Moyenne
protégée
Capacités managériales
Faible Très faible N. A. N. A. N. A. N. A.
et opérationnelles
Relation avec
Moyenne Moyenne N. A. N. A. N. A. N. A.
les communautés
Potentiel pour le
développement d’une
Relativement haut Moyen Relativement haut Haut Haut Haut
aire protégée pouvant
fonctionner sur le long terme
Priorité relative du site
pour le processus de
2 4 2 1 1 1
consolidation du réseau
des aires protégées

page 66 │ Chapitre 3
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

Domaine de chasse
Domaine de chasse Domaine de chasse de Bombo-Lumene
de Gungu (DCGU) de Mangai (DCHM) (DCBL) et Réserve
Domaine de chasse Domaine et réserve et Réserve totale de et Réserve à zoologique et
Domaine des Mwene de la Basse Kando de chasse de Swa- chasse de Gungu hippopotames de forestière de Bombo- Parc de la N’Sele
Kay (DCMK) (DCBK) Kibula (DCSK) (RCTGU) Mangai (RHMA) Lumene (RZBL) (RCTNS)
Mosaïque forêt/savane
Mosaïque forêt/savane Miombo zambézien sud-congolaise Mosaïque forêt/savane Mosaïque forêt/savane Mosaïque forêt/savane Mosaïque forêt/savane
sud-congolaise du centre Mosaïque forêt/savane sud-congolaise sud-congolaise ouest-congolaise ouest-congolaise
ouest-congolaise
Mosaïque zones Savane arborée
Savane boisée Savane arborée Forêt dense humide cultivées/végétation (30,3 %)
Savane boisée
(37,8 %) (41,3 %) (39,7 %) herbeuse ou arbustive Mosaïque zones
(63,7 %)
*À l’intérieur Savane arborée Savane boisée Complexe rural (42,5 %) cultivées/végétation
Savane arborée
de la RCITS (34,0 %) (16,4 %) (32,7 %) Savane arborée herbeuse ou arbustive
(25,1 %)
Forêt dense humide Forêt dense humide Mosaïque forêt/savane (27,3 %) (22,6 %)
Cours d’eau (4,0 %)
(7,8 %) (14,7 %) (7,8 %) Savane arbustive Savane arbustive
(11,0 %) (18,2 %)

0,7 4,9 1,6 2,5 6,6 1,6 N. A.

Hippotrague**
Antilope sable**
Buffle** Buffle*
Hippotrague** Hippopotame* - Hippopotame* -
Éléphant** Hippopotame*
Hippopotame**
Hippopotame**

En déclin En déclin Relativement stable En très fort déclin En très fort déclin En déclin Relativement stable

Modérément haut Improbable Modérément haut Improbable Très improbable Moyen Moyen

Relativement faible Forte Moyenne Forte Forte Forte Forte

Moyenne Forte Moyenne Forte Forte Forte Forte

Moyenne Inadéquate Moyenne Inadéquate Inadéquate Moyenne Bonne

N. A. Très faible Moyenne Très faible Très faible Moyenne Moyenne

N. A. Faible Relativement bonne Très faible Très faible Moyenne Moyenne

Haut Peu probable Relativement haut Peu probable Peu probable Moyen Moyen

1 N. A. 2 N. A. N. A. 3 3

Chapitre 3 │ page 67
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

Tableau 5
Résumé des évaluations
des zones prioritaires

Élément évalué Nord Ubangi Sud Lualaba Ouest Lualaba Kasongo Pangi
Écoregion(s) Forêts congolaises Miombo zambézien Miombo zambézien Mosaïque forêt- Forêts congolaises
du nord-est du centre du centre savane sud- du nord-est
Mosaïque forêt- congolaise Mosaïque forêt-
savane sud- Forêts congolaises savane sud-
congolaise du nord-est congolaise
Couverture du sol Forêt dense humide Savane boisée Savane arborée Forêt dense humide Forêt dense humide
(93,9 %) (75,7 %) (53,1 %) (42,1 %) (86,0 %)
Complexe rural Savane arborée Savane boisée Savane arborée Complexe rural
(3,9 %) (20,1 %) (21,6 %) (28,5 %) (13,8 %)
Savane arborée Mosaïque zones Mosaïque zones Mosaïque zones Forêt
(1,7 %) cultivées/végétation cultivées/végétation cultivées/végétation submontagnarde
herbeuse ou arbustive herbeuse ou arbustive herbeuse ou arbustive (0,2 %)
(1,8 %) (11,9 %) (9,7 %)
Abondance
et distribution
des primates
Abondance
et distribution
des ongulés
Espèces Okapi** - Antilope sable** Chimpanzé* Chimpanzé*
charismatiques de Chimpanzé** Hippotrague**
grands mammifères Éléphant*
présentes
Tendance générale En déclin En déclin En déclin En déclin En déclin
des populations
des espèces de faune
sauvage
Potentiel de Modérément haut Modérément haut Modérément haut Moyen Moyen
rétablissement des
populations des
espèces de faune
sauvage
Pression Moyenne Moyenne Moyenne Haute Haute
démographique
Pression sur les Moyenne Moyenne Moyenne Forte Forte
ressources naturelles
Durabilité des Faible Faible Faible Faible Faible
systèmes actuels
de gestion des
ressources naturelles
Familiarité des Faible Faible Faible Faible Faible
parties prenantes
locales avec
le concept d'aire
protégée
Support de parties Fort Fort Fort Fort Fort
prenantes locales
pour l’établissement
de systèmes plus
durables de gestion
des ressources
naturelles
Potentiel pour la Bon Moyen Bon Faible Faible
conception d’une aire
protégée

page 68 │ Chapitre 3
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

Chapitre 3 │ page 69
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

Chapitre 4
Bâtir un réseau des aires protégées en RDC
Les fondations
Un peu d’histoire – Aperçu chronologique
Le réseau actuel des aires protégées de RDC est le fruit d’une longue histoire, s’étalant
sur près d’un siècle (Figure 1). Au cours de la première moitié du XXe siècle, le pouvoir
colonial développa, en réponse aux premiers effets induits par la surexploitation
des ressources naturelles, une série d’instruments juridiques réglementant leur
extraction. L’attention particulière portée aux questions de conservation de la nature
donna également lieu à la publication de textes législatifs spécifiques, socle du corpus
juridique contemporain.

Les deux premiers jardins botaniques sont créés dès 1900. Destinés à l’origine à la
culture de fruits et légumes et à l’acclimatation de plantes exotiques d’intérêt, ces
jardins ont progressivement rassemblé des espèces végétales caractéristiques des
écosystèmes du pays. Sept jardins botaniques et zoologiques seront créés au total
jusqu’en 1955.

Suite à la conduite d’une série d’expéditions scientifiques dans l’est du pays, décrivant
l’importance de cette région pour la faune et la flore, le Parc national Albert fut
désigné le 21 avril 1925. Renommé Parc national des Virunga en 1969, il s’agit du
premier parc national créé sur le continent. Sept autres parcs nationaux seront
ensuite classés, dont cinq après l’indépendance.

En 1934, l’Institut des parcs nationaux du Congo belge (IPNCB) est créé. Sujette
à plusieurs évolutions statutaires et structurelles, cette institution aujourd’hui en
charge de la gestion de l’ensemble des aires protégées, dénommée Institut congolais
pour la conservation de la nature (ICCN), est l’une des plus anciennes du pays.
Les années 1930 marquent également le début d’une période s’étendant jusqu’après
la Seconde Guerre mondiale, durant laquelle furent classées un grand nombre de
réserves forestières et de réserves de chasse. Cette période coïncide avec le lancement
de programmes d’aménagement territorial et d’initiatives économiques. Certaines de
ces entités existent encore aujourd’hui, tandis que d’autres ont été abandonnées ou
encore déclassées.

Depuis les années 1970, plusieurs aires protégées ont été reconnues au niveau
international pour leurs valeurs universelles exceptionnelles (Convention du
patrimoine mondial) ou encore pour leur rôle dans la mise en œuvre d’approches
combinant conservation et développement (programme MAB). Les premières
inscriptions des sites sur la liste des zones humides d’importance internationale
interviennent quant à elles dans les années 1990.

À partir des années 2000, la RDC adopte une série de stratégies, programmes
et dispositions législatives réaffirmant l’engagement de l’État dans le secteur de
la conservation de la nature et des aires protégées. Ce nouveau cadre place la
réhabilitation de celles-ci, ainsi que l’extension de leur réseau, comme des éléments
centraux du développement durable du pays et de l’atténuation et de l’adaptation au
changement climatique.

Une description plus complète de ce contexte peut être trouvée dans le chapitre de
l’état des aires protégées d’Afrique centrale dédié à la [Link]

page 70 │ Chapitre 4
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

Figure 44
Un peu d’histoire – Aperçu chronologique
Cette frise chronologique reprend quelques événements clés qui ont marqué le
secteur de la conservation de la nature en RDC au cours des cent dernières années.

Création des deux premiers jardins Promulgation de la loi n° 82-002 du 28 mai


1900 botaniques (Kisantu et Eala). 1982 1982 portant réglementation de la chasse
et abrogeant le décret royal de 1937.
Fin de l’État indépendant du Congo
1908 et annexion du Congo par la Belgique. Ratification par la RDC de la Convention
1994 sur la diversité biologique (CDB).
Désignation du Parc national Albert, premier
1925 parc national en Afrique. Il sera renommé Ratification par la RDC de la Convention
Parc national des Virunga en 1969. 1995 cadre des Nations unies sur les
changements climatiques (CCNUCC).
Création de l’Institut des parcs nationaux
1934 du Congo belge (IPNCB). Ratification par la RDC de la Convention relative
aux zones humides d’importance internationale
Promulgation du décret royal du 21 avril 1937 particulièrement comme habitats des oiseaux
1937 sur la chasse et la pêche au Congo belge. d’eau (ou Convention sur les zones humides ou
1996 Convention de Ramsar). Inscription des deux
1938 Désignation du Parc national de la Garamba.
premiers sites sur la Liste : zones humides du Parc
national des Virunga et Parc marin des mangroves.
1939 Désignation du Parc national de l’Upemba. Deux autres suivront.
Promulgation du décret du 11 avril 1949 Création de l’Institut congolais pour
1949 relatif au régime forestier du Congo belge. 1997 la conservation de la nature (ICCN).
Proclamation de l’indépendance et création Promulgation de la loi n° 011/2002
de la République du Congo, qui deviendra 2002 du 29 août 2002 portant code forestier
1960 République démocratique du Congo en et abrogeant le décret du 11 avril 1949.
1964, puis République du Zaïre en 1971, puis
République démocratique du Congo en 1997. Signature par la RDC du traité relatif à la
conservation et à la gestion durable des écosystèmes
Transformation de l’IPNCB en Institut des forestiers d’Afrique centrale et instituant
1967 parcs nationaux du Congo (IPNC). 2005 la Commission des forêts d’Afrique centrale
(COMIFAC). Le Plan de convergence établi en 2005
Transformation de l’IPNC en Institut de a été révisé en 2014 pour la période 2015-2015.
1969 conservation de la nature du Congo (ICNC).
Signature par la RDC d’une déclaration commune
Promulgation de l’ordonnance-loi n° 69-041 du
1969 22 août 1969 sur la conservation de la nature.
2008 avec la République fédérale d’Allemagne visant
à la protection de 15 % du massif forestier national.
Désignation du Parc national de la Intégration de l’Institut des jardins zoologiques
1970 Salonga, du Parc national de Kahuzi- 2010 et botaniques du Congo (IJZBC) au sein de l’ICCN.
Biega et du Parc national de la Maïko.
Promulgation de la loi n° 11/009 du 9 juillet
Annonce par le président de la République
2011 2011 portant principes fondamentaux relatifs
1975 d’un objectif de 15 % du territoire à la protection de l’environnement.
national sous protection intégrale.
Adoption de la Stratégie cadre nationale
Promulgation de la loi n° 75/024 du 22 juillet 1975
1975 relative à la création de secteurs sauvegardés.
2012 sur la REDD+ visant à stabiliser le
couvert forestier à l’horizon 2030.
1975 Désignation du Parc national des Kundelungu. Adoption du Plan national d’adaptation
2014 aux changements climatiques.
Transformation de l’ICNC en Institut zaïrois
1975 pour la conservation de la nature (IZCN). Promulgation de la loi n° 14/003 du 11 février
Signature par le Zaïre de la Convention sur le
2014 2014 relative à la conservation de la nature
abrogeant l’ordonnance-loi n° 69-041.
1976 commerce international des espèces de faune et
de flore sauvages menacées d’extinction (CITES). 2016 Désignation du Parc national de la Lomami.
Désignation des deux premières réserves
de la biosphère pour inclusion dans le
1976 réseau du programme MAB. Une troisième
sera désignée ultérieurement.
Inscription du Parc national des Virunga à la
1979 Liste du patrimoine mondial. Quatre autres
aires protégées seront ensuite inscrites.

Chapitre 4 │ page 71
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

Cadre légal et réglementaire


Le terme « aire protégée » est employé en RDC dès le début des années 2000. Les
définitions formelles intervenues en 2009 puis en 2014 ont ensuite donné corps au
concept de jure (Encadré 6). En phase avec les réformes institutionnelles, il est porteur
d’innovations et sa dimension intersectorielle affirmée est gage d’une plus grande
cohérence des interventions de l’État en la matière. En outre, il autorise la mise en
place d’un cadre contribuant à la reconnaissance des multiples dispositifs de gestion
de la biodiversité définis antérieurement. Façonnés au travers d’un long historique
législatif et réglementaire mêlant gestion des ressources naturelles et conservation de
la nature (Figure 44), ces derniers présentent des attributs managériaux variés et des
finalités parfois nettement différenciées. De nombreuses redondances ont également
été constatées. Les 29 catégories ainsi définies ont été regroupées au sein de 12
catégories standardisées dans le but de faciliter l’appréhension du réseau des aires
protégées dans le cadre de cette présentation (Tableau 6).

L’autorité et la responsabilité de la gestion des aires protégées sont historiquement


du ressort des pouvoirs publics. Grâce aux récentes évolutions juridiques, l’ensemble
des types de gouvernance, définis par la CDB et l’UICN, sont aujourd’hui mobilisables
pour la création et la gestion d’une aire protégée (Tableau 7). Parmi les innovations
instaurées, les possibilités de délégation au secteur privé, l’incorporation des
mécanismes organisant la décentralisation et l’établissement de concessions forestières
des communautés locales dédiées à la conservation sont à relever. La diversité des
types de gouvernance proposés promeut le développement d’approches adaptées à leur
contexte et respectant les droits des parties prenantes.

La création d’une aire protégée est une étape critique pour envisager l’efficacité de sa
gestion. C’est lors de cette phase que sa conception est définie (Chapitre 2). Impliquant
la participation d’une pluralité d’acteurs, le processus défini au travers du corpus
juridique en vigueur s’articule autour de plusieurs phases mobilisant des compétences
pluridisciplinaires (Encadré 7). Les détenteurs de droits et porteurs d’intérêts, dont
les communautés locales, doivent être consultés au travers d’enquêtes publiques. La
formulation du premier plan de gestion de l’aire protégée concrétise l’aboutissement
de ce processus.

Encadré 6 : Le concept d’aire protégée


En 2010, le terme “aire protégée” apparaît pour la Une seconde définition est introduite en 2014,
première fois au sein du corpus juridique de la RDC, au travers de la loi n° 14/003 du 11 février 2014 sur
à l’occasion de la parution du décret n° 10/15 du la conservation de la nature. Il s’agit d’un “espace
10 avril 2010 fixant les statuts de l’ICCN. Deux types géographique clairement défini, reconnu, consacré
d’aire protégée sont mentionnés mais non définis, les et géré par tout moyen efficace, juridique ou autre,
“aires protégées in et ex situ”. Ils renvoient aux notions afin d’assurer à long terme la conservation de la nature
de “conservation in situ” et “conservation ex situ” de ainsi que les services des écosystèmes et les valeurs
la CDB, consistant respectivement en la conservation culturelles qui lui sont associées”. Il s’agit cette fois-ci
d’éléments constitutifs de la diversité biologique “dans” d’une transcription textuelle de la définition d’une
et “en dehors” de leur “milieu naturel”. aire protégée adoptée par l’UICN.

La première définition du concept intervient en 2011, Il convient de relever que ces deux définitions sont
dans la loi n° 11/009 du 9 juillet 2011 organisant la équivalentes, la CDB et l’UICN ayant reconnu leur
protection de l’environnement. Une aire protégée y est compatibilité.
définie comme une “zone géographiquement désignée,
Deux types d’aires protégées sont aujourd’hui reconnus
délimitée, réglementée et gérée en vue d’atteindre des
en RDC, les aires protégées d’intérêt national et les
objectifs spécifiques de conservation”. Il s’agit là d’une
aires protégées d’intérêt provincial.
transcription conforme de la définition d’une “zone
protégée” donnée par la CDB.

page 72 │ Chapitre 4
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

Chapitre 4 │ page 73
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

Encadré 7 : Le processus de création


d’une aire protégée
Étape 1 Caractérisation du contexte de la
zone d’intervention et du statut du
(ou des) élément(s) constitutif(s) de la
biodiversité à conserver
Étape 2 Première calibration des paramètres
de configuration de la future aire
protégée
Étape 3 Consultation du public
Étape 4 Calibration finale des paramètres de
configuration de la future aire protégée
Étape 5 Évaluation des impacts
environnementaux et sociaux et
Tableau 6 élaboration du plan de gestion associé
Les catégories d’aires protégées
“Aucun” renvoie à l’absence d’une mention relative à une Étape 6 Soumission du projet de classement
loi dans l’acte de création, tandis que “Non déterminée” au(x) conseil(s) consultatif(s) des forêts
désigne une impossibilité de déterminer la catégorie ou la
loi, principalement en raison d’un défaut de texte. Des détails Étape 7 Création de l’aire protégée
additionnels quant aux différentes catégories sont fournis
Étape 8 Formulation du plan d’aménagement
en annexe.
*À condition d’être organisé au travers d’une entité morale et de gestion de l’aire protégée
de droit privé

Gouvernance par le gouvernement Gouvernance partagée


Ministère ou Ministère Gestion Gouvernance Gouvernance Gouvernance
agence nationale ou agence déléguée par le transfrontalière collaborative conjointe
responsable infranational gouvernement
responsable
Forêt x x x
classée
Aire x x x x x x
protégée
Gouvernance privée Gouvernance par des peuples autochtones
et des communautés locales
Propriétaire Organisation sans Organisation Peuples autochtones Communautés
individuel but lucratif commerciale locales
Forêt
classée
Aire x x x x* x*
protégée

page 74 │ Chapitre 4
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

Tableau 7
Les types de gouvernance applicables aux aires protégées
Les quatre types de gouvernance définis par la CBD et l’UICN sont distingués en fonction de la catégorie d’acteurs qui détiennent
le pouvoir, l’autorité, la responsabilité et le devoir de rendre des comptes des principales décisions. Dans le cas de la gouvernance
privée, les textes d’application de la loi n°14/003 clarifieront les modalités de délégation de pouvoirs de création et de gestion
à des entités de droit privé. Concernant la gouvernance par les peuples autochtones et les communautés locales, celle-ci ne peut
s’organiser que si les acteurs acquièrent une personnalité juridique au travers de la formalisation d’une entité de droit privé.
Les modalités de délégation promues par le décret n°14/018 encadrent ensuite le développement du dispositif de gestion.

Catégorie décrite dans Période de Nombre d'entités Base(s) juridique(s) citée(s) dans l'acte Catégorie standardisée
l'acte de création création créées de création
Domaine de chasse 1944 - 2011 6 Décret du 21 avril 1937 Domaine de chasse
Ordonnance-loi n° 69-041 du 22 août 1969
Loi n° 82-022 du 28 mai 1982
Loi n° 011/2002 du 29 août 2002
Domaine de chasse 1950 - 1954 3 Décret du 21 avril 1937 Domaine de chasse
et de pêche réservées
Domaine de chasse 1950 - 2004 22 Décret du 21 avril 1937 Domaine de chasse
réservée Ordonnance-loi n° 69-041 du 22 août 1969
Loi n° 82-022 du 28 mai 1982
Domaine et réserve 2006 1 Ordonnance-loi n° 69-041 du 22 août 1969 Domaine de chasse
de chasse Loi n° 82-022 du 28 mai 1982
Loi n° 011/2002 du 29 août 2002
Réserve de chasse 1929 - 1950 5 Décret du 26 juillet 1910 Réserve de chasse
Non déterminée
Réserve générale de chasse 1933 - 1938 2 Décret du 21 avril 1937 Réserve de chasse
Réserve intégrale de chasse 1934 - 1954 9 Décret du 26 juillet 1910 Réserve de chasse
Décret du 21 avril 1937
Réserve totale de chasse 1935 - 1957 11 Décret du 26 juillet 1910 Réserve de chasse
Décret du 21 avril 1937
Décret du 11 avril 1949
Réserve partielle de chasse 1930 - 1959 9 Décret du 26 juillet 1910 Réserve de chasse
Décret du 21 avril 1937
Non déterminée
Réserve partielle et 1938 1 Décret du 21 avril 1937 Réserve de chasse
intermittente de chasse
Réserve totale de chasse 1955 1 Décret du 21 avril 1937 Réserve de chasse
et partielle de pêche
Réserve de chasse 1929 - 1937 4 Décret du 26 juillet 1910 Réserve de chasse
à l’éléphant
Réserve à antilopes 1938 - 1939 4 Décret du 21 avril 1937 Réserve de chasse
Réserve à hippopotames 1932 - 1944 11 Aucun Réserve de chasse
Décret du 21 avril 1937
Réserve de faune 2016 1 Loi n° 82-022 du 28 mai 1982 Réserve de chasse
Loi n° 011/2002 du 29 août 2002
Loi n° 014/003 du 11 février 2014
Réserve de faune et de flore 1925 1 Aucun Réserve intégrale
de faune et de flore
Réserve forestière 1950 1 Décret du 21 avril 1937 Réserve de chasse
et réserve de chasse Décret du 4 avril 1934
Réserve intégrale de faune 1950 1 Décret du 21 avril 1937 Réserve intégrale
et de flore de faune et de flore
Réserve intégrale de flore 1941 - 1947 2 Décret du 4 avril 1934 Réserve intégrale de flore
Non déterminée
Réserve zoologique 1934 - 1976 3 Décret du 21 avril 1937 Réserve zoologique
et forestière Non déterminée et forestière
Réserve intégrale 1937 - 1947 2 Décret du 26 juillet 1910 Réserve zoologique
zoologique et forestière Décret du 4 avril 1934 et forestière
Décret du 21 avril 1937
Réserve naturelle 1992 - 2016 12 Ordonnance-loi n° 69-041 du 22 août 1969 Réserve naturelle
Loi n° 82-022 du 28 mai 1982
Loi n° 011/2002 du 29 août 2002
Réserve naturelle intégrale 1934 - 2016 11 Décret du 26 novembre 1934 Réserve naturelle
Ordonnance-loi n° 69-041 du 22 août 1969 intégrale
Loi n° 014/003 du 11 février 2014
Réserve scientifique 1959 - 1992 2 Ordonnance-loi n° 69-041 du 22 août 1969 Réserve scientifique
Loi n° 82-022 du 28 mai 1982
Non déterminée
Réserve spéciale 1974 1 Décret du 21 avril 1937 Réserve spéciale
Ordonnance-loi n° 69-041 du 22 août 1969
Zone annexe 1975 2 Ordonnance-loi n° 69-041 du 22 août 1969 Zone annexe
Réserve de biosphère 1976 - 1982 3 Non déterminée Réserve de biosphère
Forêt classée 2012 1 Loi n° 011/2002 du 29 août 2002 Forêt classée
Non déterminée 1922 - 1956 5 Aucun Non déterminée
Décret du 21 avril 1937
Non déterminée

Chapitre 4 │ page 75
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

Développement du réseau des aires protégées


La désignation des aires protégées en RDC a été réalisée au travers de différents
instruments juridiques, en fonction des modalités dictées dans les lois principales
ayant organisé le secteur de la conservation de la nature. Il s’agit notamment d’arrêtés
ministériels, de décrets délibérés en Conseil des ministres, voire d’ordonnances.

L’absence d’un système d’archivage de ces actes juridiques, et les importantes


lacunes subséquentes concernant leur disponibilité, constituait un fort obstacle à la
compréhension du réseau. Une identification de l’ensemble des textes existants, suivie
de leur recherche, était donc prioritaire. Les travaux conduits par le PARAP ont ainsi
contribué à un accroissement significatif de la documentation juridique disponible
(Figure 45).

L’analyse des textes juridiques disponibles permet de mieux appréhender l’historique


du réseau des aires protégées au cours de près d’un siècle d’existence. La désignation
de la première entité assimilable à une aire protégée est intervenue en 1922. Ce sont
au total 137 aires protégées qui ont été créées jusqu’en 2017 (Figure 46). Le nombre
d’aires protégées classées annuellement a considérablement varié au cours des
différentes périodes politiques articulant l’histoire contemporaine de la RDC.

Prenant en compte les déclassements ponctuels, le nombre d’aires protégées


existantes montre une progression annuelle quasi ininterrompue depuis le
début des années 1920 (Figure 47). Quatre-vingt-quatorze aires protégées sont
aujourd’hui légalement définies en RDC. Seize d’entre elles, des aires dédiées lors
de leur désignation à la gestion de certaines espèces de grands mammifères, ne
sont cependant pas considérées ultérieurement pour cause de redondance avec la
réglementation sur la chasse (Encadré 8). Il apparaît que les réserves et domaines
de chasse, parmi les premières entités créées, sont les aires protégées les plus
nombreuses.

Les limites de certaines aires protégées ont fait l’objet de modifications. Cinquante et
une transformations spatiales ont ainsi été identifiées depuis les années 1920 jusqu’à
aujourd’hui (Figure 48). Certaines d’entre elles sont intervenues simultanément à
un changement de catégorie de gestion, synonyme alors de création d’une nouvelle
aire protégée.

Figure 45
Disponibilité des textes
juridiques
Le PARAP a pu identifier 119
Nombre de textes de
au total 217 textes juridiques
classement d'aires protégées
traitant du classement 137
(137 textes) ou de la
modification du classement
(55 textes) des aires
protégées. Les efforts de
recherche conduits en RDC
et dans des bibliothèques Nombre de textes portant 55
internationales ont permis modification des classements
d’obtenir respectivement d'aires protégées 80
87 % et 69 % des textes
identifiés. Ils sont aujourd’hui
archivés et disponibles sous 0 20 40 60 80 100 120 140 160
forme électronique à l’ICCN.

Nombre de textes
disponibles
Nombre total de
textes identifiés

page 76 │ Chapitre 4
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

Figure 46 10
Nombre d’aires
protégées créées
annuellement 8
Les décennies 1930 et
1950 concentrent une
part importante de la 6
création d’aires protégées,
avec respectivement 31 et
29 entités désignées, soit 4
de l’ordre de 30 % du total
durant chacune d’elles.
Plus de 70 % de l’ensemble 2
des aires protégées ont
vu le jour durant l’époque
coloniale. Les années 1970 0
et 2000 furent les décennies
1920
1923
1926
1929
1932
1935
1938
1941
1944
1947
1950
1953
1956
1959
1962
1965
1968
1971
1974
1977
1980
1983
1986
1989
1992
1995
1998
2001
2004
2007
2010
2013
2016
post-indépendances les
plus porteuses, avec
respectivement 14 et 12 aires
protégées désignées, soit
10 % et 9 % du total.
Un nombre limité d’aires
protégées furent créées
durant les décennies 1960,
1980, 1990 et 2010.

Encadré 8 : Les aires de gestion des espèces


Seize entités de gestion spatiale d'espèces animales, - Réserve à hippopotames dans la province
couvrant généralement de vastes superficies, ne sont de Coquilhatville
pas retenues dans le bilan traitant du réseau des
- Réserve à hippopotames dans les eaux et sur les
aires protégées. Non abrogée de façon explicite, la
rives Lualaba, entre le 5e parallèle et Kindu
réglemention qu’elles instituent s’avère cependant
redondante avec celle instaurée au niveau national - Reserve à hippopotames dans les eaux et sur la rive
au travers de la loi n° 82-002 du 28 mai 1982 portant gauche d’une section de la rivière Lomami
réglementation de la chasse.
- Réserve à hippopotames sur certaines sections
Il s’agit des entités suivantes: de la rivière Lomani
- Réserve à antilopes rouannes de la province - Réserve à hippopotames dans les eaux et sur les
de Costermanville rives du fleuve Lualaba comprises entres les chutes
Bamanga et les chutes Stanley
- Réserve à antilopes rouannes de la province
de Lusambo - Réserve à hippopotames de Mangai
- Réserve partielle de chasse dans les provinces - Réserve à hippopotames dans les eaux et sur la rive
de Costermanville et Stanleyville gauche de la rivière Semliki, entre le confluent avec
la Lamya et l’embouchure dans le lac Albert
- Réserve partielle de chasse dans la région
des lacs Mokotos - Réserve à hippopotames dans le territoire de
Sakania
- Réserve partielle de chasse dans le territoire
de Rutshuru - Réserve partielle et intermittente dans la région
ouest du territoire des Bayaka
- Réserve partielle de chasse dans le territoire
de Sakania

- Réserve partielle de chasse dans les régions


de Tshofa et de Kasengwa

Chapitre 4 │ page 77
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

45

Figure 47 40
Nombre d’aires
protégées par an par
catégories standardisées
Dès la fin des années 35
1920, la catégorie des
réserves de chasse s’impose
comme celle comptant
30
le plus grand nombre
d’entités. Les domaines
de chasse apparaissent
à la fin du second conflit 25
mondial et connaîtront un
développement marqué au
cours des quinze années
20
qui suivent. Ils forment
aujourd’hui la seconde
catégorie la plus représentée.
Les premières réserves 15
naturelles intégrales voient
le jour au cours des années
1930. Leur nombre sera
plus que doublé dans les 10
années 1970. La catégorie
des réserves naturelles
apparaît dans les années
5
1990 et connaît un essor
particulièrement marqué
depuis le début des
années 2000. 0
1922
1924
1926
1928
1930
1932
1934
1936
1938
1940
1942
1944
1946
1948
1950
1952
1954
1956
1958
1960
1962
1964
1966
1968
1970
1972
1974
1976
1978
1980
1982
1984
1986
1988
1990
1992
1994
1996
1998
2000
2002
2004
2006
2008
2010
2012
2014
2016
Domaine de chasse Forêt classée Non déterminée
Réserve de biosphère Réserve de chasse Réserve naturelle
Réserve naturelle intégrale Réserve scientifique Réserve spéciale
Zone annexe Réserve intégrale de faune Réserve intégrale de flore
Réserve zoologique et de flore
et forestière

page 78 │ Chapitre 4
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

Figure 48
Nombre de modifications
des limites des aires
protégées par an
Les modifications des
limites sans changement
de catégorie représentent
59 % du nombre total de cas
documentés. Près de 70 % des
transformations spatiales,
avec ou sans changement de 4
catégorie sont intervenues
durant l’époque coloniale.
Les décennies 1930 et 1950
3
regroupent respectivement
23 % et 33 % de l’ensemble
des cas constatés. 50 % de
l’ensemble des modifications 2
intervenues après
l’indépendance ont eu lieu
au cours des années 1970,
1
30 % lors de la décennie
2000. Les modifications
accompagnant un
changement de catégorie 0
ont été relativement
1928
1930
1932
1934
1936
1938
1940
1942
1944
1946
1948
1950
1952
1954
1956
1958
1960
1962
1964
1966
1968
1970
1972
1974
1976
1978
1980
1982
1984
1986
1988
1990
1992
1994
1996
1998
2000
2002
2004
2006
2008
2010
2012
2014
2016

plus nombreuses depuis


les années 1960.

Chapitre 4 │ page 79
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

Le réseau des aires protégées aujourd’hui


Le réseau est constitué aujourd’hui de 78 aires protégées qualifiées d’ex situ, couvrant
au moins 13,5 % de la superficie du territoire national (Tableau 3). Les espèces de
grands mammifères sont les cibles de conservation qui ont motivé la désignation de la
plus grande partie d’entre elles.

Plus de 14 millions d’hectares, soit de l’ordre de 44 % de la superficie du réseau, sont


couverts par des entités créées explicitement à des fins de gestion de la chasse. Elles
représentent environ 55 % du nombre total d’aires protégées. Portant une pluralité
d’objectifs en matière cynégétique, elles forment un ensemble disparate, couvrant
potentiellement un large spectre de catégories UICN (II, IV, VI et « hors catégorie »).

Les aires protégées comme les réserves naturelles intégrales, dont les huit parcs
nationaux et certaines réserves naturelles, ont été désignées dans le cadre d’une
approche plus systémique, même si très souvent la faune a joué un rôle de premier
plan dans la définition de leur vocation. S’appuyant sur une réglementation stricte
pour leur gestion, ces entités sont relativement peu nombreuses, de l’ordre de 15 % du
nombre total, mais de relative grande taille (27 % de la superficie). Elles répondent
généralement à une catégorie II de l’UICN.

Finalement, un nombre très restreint d’aires protégées vise à conserver


prioritairement la flore. Elles présentent des superficies très limitées.

Les richesses biologiques des aires protégées de RDC ont conduit à la reconnaissance
de certaines d’entre elles sur le plan international. Cinq sont inscrites sur la Liste du
patrimoine mondial et une dizaine sont intégralement ou en partie couvertes par les
quatre sites inscrits sur la Liste des zones humides d’importance internationale.

Les aires protégées dites ex situ, contribuant à la conservation de taxons floristiques


et fauniques hors de leur milieu naturel, rassemblent 3 jardins botaniques, 3 jardins
zoologiques et un jardin mixte.

L’ICCN est l’organisme public en charge de la gestion des aires protégées in et ex


situ. Les réserves de biosphère sont les seules entités dépendant aujourd’hui d’une
autre tutelle, le comité national MAB du MEDD. L’Institut national pour l’étude et la
recherche agronomiques (INERA) intervient également au sein de deux d’entre elles.

page 80 │ Chapitre 4
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

Carte 13
Le réseau des aires protégées aujourd’hui Le réseau des aires
Le réseau est constitué aujourd’hui de 78 aires protégées qualifiées d’ex situ, couvrant protégées de RDC
Merci de noter que
au moins 13,5 % de la superficie du territoire national (Tableau 3). Les espèces de des informations
grands mammifères sont les cibles de conservation qui ont motivé la désignation de la complémentaires relatives à
plus grande partie d’entre elles. la configuration de certaines
aires protégées sont
Plus de 14 millions d’hectares, soit de l’ordre de 44 % de la superficie du réseau, sont présentées en Annexe 2.
couverts par des entités créées explicitement à des fins de gestion de la chasse. Elles
représentent environ 55 % du nombre total d’aires protégées. Portant une pluralité Légende
d’objectifs en matière cynégétique, elles forment un ensemble disparate, couvrant
potentiellement un large spectre de catégories UICN (II, IV, VI et « hors catégorie »). Capitale nationale
Capitale provinciale
Les aires protégées comme les réserves naturelles intégrales, dont les huit parcs
nationaux et certaines réserves naturelles, ont été désignées dans le cadre d’une Localité importante

approche plus systémique, même si très souvent la faune a joué un rôle de premier Province
plan dans la définition de leur vocation. S’appuyant sur une réglementation stricte Cours d’eau
pour leur gestion, ces entités sont relativement peu nombreuses, de l’ordre de 15 % du
nombre total, mais de relative grande taille (27 % de la superficie). Elles répondent Catégorie de gestion
généralement à une catégorie II de l’UICN.
Réserve naturelle intégrale
Finalement, un nombre très restreint d’aires protégées vise à conserver Réserve naturelle
prioritairement la flore. Elles présentent des superficies très limitées.
Domaine de chasse
Les richesses biologiques des aires protégées de RDC ont conduit à la reconnaissance Réserve de chasse
de certaines d’entre elles sur le plan international. Cinq sont inscrites sur la Liste du Réserve scientifique
patrimoine mondial et une dizaine sont intégralement ou en partie couvertes par les Forêt classée
quatre sites inscrits sur la Liste des zones humides d’importance internationale.
Réserve spéciale
Les aires protégées dites ex situ, contribuant à la conservation de taxons floristiques Réserve zoologique et forestière
et fauniques hors de leur milieu naturel, rassemblent 3 jardins botaniques, 3 jardins Zone annexe
zoologiques et un jardin mixte.
Réserve de biosphère
L’ICCN est l’organisme public en charge de la gestion des aires protégées in et ex Réserve intégrale de faune et de flore
situ. Les réserves de biosphère sont les seules entités dépendant aujourd’hui d’une Réserve intégrale de flore
autre tutelle, le comité national MAB du MEDD. L’Institut national pour l’étude et la
recherche agronomiques (INERA) intervient également au sein de deux d’entre elles.

page 80 │ Chapitre 4 Chapitre 4 │ page 81 Chapitre 4 │ page 82


Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

Nombre d'aires Figure 51 30


Catégorie standardisée protégées* Superficie (ha) % du territoire Nombre d’aires
protégées existantes
Domaine de chasse 26 (24) 10 986 893 4,67 par catégories UICN
Forêt classée 1 (1) 103 000 0,04 L’assignation d’une
25
catégorie UICN à une
Réserve de biosphère 3 (3) 332 641 0,14 aire protégée répond à
Réserve de chasse 16 (11) 3 006 210 1,28 certains principes. Réalisée
sur la base d’un dialogue
Réserve naturelle 13 (13) 7 362 341 3,14 avec le gestionnaire, elle 20
Réserve naturelle intégrale 9 (9) 8 466 689 3,61 s’applique au site et non à la
catégorie. Elle est déterminée
Réserve scientifique 2 (2) 50 379 0,02 sur la base de l’objectif
Réserve spéciale 1 (1) 1 067 102 0,45 de conservation, de la
compatibilité des modalités 15
Zone annexe 2 (2) 849 121 0,36 de gestion existantes avec
Réserve zoologique et forestière 2 (2) 138 877 0,06 celui-ci, et sur le fait qu’elles
doivent être appliquées
Réserve intégrale de faune et de flore 1 (0) non calculée non calculée sur au moins 75 % de la 10
Réserve intégrale de flore 2 (0) non calculée non calculée superficie du site évalué. Ce
processus n’est pas réalisable
Total général 78 31 704 091** 13,5** pour la majeure partie des
aires protégées de RDC. Nous
Tableau 8 parlerons donc de catégories 5
Nombre et superficie des aires protégées existantes par catégories standardisées UICN potentielles.
*Le nombre d’aires protégées pris en compte pour les calculs est celui indiqué entre parenthèses.
La différence est due au fait que certaines aires protégées n’ont pas pu être cartographiées. Réserve intégrale de flore
**Le calcul prend en compte 659 162 hectares de superposition entre les répresentations
cartographiques de plusieurs aires protégées. Réserve intégrale de faune
et de flore 0
II II - IV II - IV - VI II - VI IV - VI - HC VI VI - HC
Réserve zoologique
et forestière
212 3% 3% 1%
1 2 0% Zone annexe

2 Réserve spéciale
Tshuapa 17 %
Réserve scientifique
26 34%
Tshopo 9%
Réserve naturelle intégrale Tanganyka 3%
9 Réserve naturelle Sud-Ubangi 0%
26%
Réserve de chasse Sud-Kivu 22 %
Sankuru 26 %
Réserve de biosphère
Nord-Ubangi 0%
13 Forêt classée Nord-Kivu 22 %
3 1 0% Domaine de chasse Mongala 4%
16 23% 9%
1% Maniema 8%
Mai-Ndombe 19 %
Lualaba 9%

Figure 49 Domaine de chasse Figure 50 Domaine de chasse Figure 52 Lomami 2%


Nombre des aires Forêt classée Proportion de la Forêt classée Proportion des Kwilu 19 %
protégées existantes par superficie du réseau provinces sous régime Kwango 8%
catégories standardisées Réserve de biosphère des aires protégées par Réserve de biosphère
de protection Kongo Central 2%
Réserve de chasse catégories de gestion Réserve de chasse Le Bas-Uele a plus d’un tiers Kinshasa 24 %
Réserve naturelle
standardisées Réserve naturelle de sa superficie concernée
Kasai Oriental 0%
par des aires protégées. Plus
Réserve naturelle intégrale Réserve naturelle intégrale Kasai Central 5%
généralement, six provinces
Kasai 8%
Réserve scientifique Réserve scientifique de l’est sont parmi les dix
provinces présentant le plus Ituri 30 %
Réserve spéciale Réserve spéciale
fort taux de couverture par Haut-Uele 23 %
Zone annexe Zone annexe des aires protégées Haut-Lomami 7%
Réserve zoologique Réserve zoologique Haut-Katanga 17 %
et forestière et forestière Superficie totale sous
régime de protection (ha) Equateur 11 %
Bas-Uele 34 %
Superficie totale non
classée sous un régime de 0 5 000 000 10 000 000 15 000 000 20 000 000 25 000 000
protection (ha) Hectares (ha)

page 83 │ Chapitre 4 page 84 │ Chapitre 4 Chapitre 4 │ page 85


Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

Figure 51 30
Nombre d’aires
protégées existantes
par catégories UICN
L’assignation d’une
25
catégorie UICN à une
aire protégée répond à
certains principes. Réalisée
sur la base d’un dialogue
avec le gestionnaire, elle 20
s’applique au site et non à la
catégorie. Elle est déterminée
sur la base de l’objectif
de conservation, de la
compatibilité des modalités 15
de gestion existantes avec
celui-ci, et sur le fait qu’elles
doivent être appliquées
sur au moins 75 % de la 10
superficie du site évalué. Ce
processus n’est pas réalisable
pour la majeure partie des
aires protégées de RDC. Nous
parlerons donc de catégories 5
UICN potentielles.

Réserve intégrale de flore


Réserve intégrale de faune
et de flore 0
II II - IV II - IV - VI II - VI IV - VI - HC VI VI - HC
Réserve zoologique
et forestière
Zone annexe
Réserve spéciale
Tshuapa 17 %
Réserve scientifique
Tshopo 9%
Réserve naturelle intégrale Tanganyka 3%
Réserve naturelle Sud-Ubangi 0%

Réserve de chasse Sud-Kivu 22 %


Sankuru 26 %
Réserve de biosphère
Nord-Ubangi 0%
Forêt classée Nord-Kivu 22 %
Domaine de chasse Mongala 4%
Maniema 8%
Mai-Ndombe 19 %
Lualaba 9%

Figure 52 Lomami 2%
Proportion des Kwilu 19 %
provinces sous régime Kwango 8%
de protection Kongo Central 2%
Le Bas-Uele a plus d’un tiers Kinshasa 24 %
de sa superficie concernée
Kasai Oriental 0%
par des aires protégées. Plus
Kasai Central 5%
généralement, six provinces
Kasai 8%
de l’est sont parmi les dix
provinces présentant le plus Ituri 30 %

fort taux de couverture par Haut-Uele 23 %


des aires protégées Haut-Lomami 7%
Haut-Katanga 17 %
Superficie totale sous
régime de protection (ha) Equateur 11 %
Bas-Uele 34 %
Superficie totale non
classée sous un régime de 0 5 000 000 10 000 000 15 000 000 20 000 000 25 000 000
protection (ha) Hectares (ha)

Chapitre 4 │ page 85
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

Tableau 9 Carte 14
Les aires protégées Les aires protégées
inscrites sur la Liste du inscrites sur la Liste du
patrimoine mondial patrimoine mondial
Cinq aires protégées en
RDC ayant une superficie
de 6 658 286 ha (2,84 % du
territoire national) ont été
reconnues par la Convention
du patrimoine mondial
en raison de leur valeur
naturelle exceptionnelle.
Actuellement, ces cinq
sites ont été inscrits sur
la liste des patrimoines
en péril. Les régions
administratives invoquées
sont référencées dans les
documents d’inscription. Plus
Date(s) d’inscription
récemment, le système de Site du patrimoine Superficie Date d’inscription sur la sur la Liste du patrimoine
gestion d’information pour mondial administrative (ha)* Liste du patrimoine mondial mondial en péril
les aires protégées (SYGIAP) Parc national 790 000 1979 1994 - jusqu’à ce jour
a produit des cartes de base des Virunga
pour chacun des sites afin Parc national 490 000 1980 1984 - 1992, 1996 -
de permettre le calcul plus de Garamba jusqu’à ce jour
précis des régions à l’aide Parc national 600 000 1980 1997 - jusqu’à ce jour
d’un système d’information du Kahuzi-Biega
géographique (GIS). Parc national 3 600 000 1984 1999 - jusqu’à ce jour
de la Salonga
Réserve de faune 1 372 625 1996 1997 - jusqu’à ce jour
à okapis
*La superficie administrative est celle référencée dans la documentation.

Tableau 10
Les sites inscrits sur
la Liste des zones
humides d’importance Carte 15
internationale Les aires protégées
Les quatre sites inscrits sur inscrites sur la Liste
la Liste des zones humides des zones humides
d’importance internationale d’importance
couvrent 5,08 % du territoire internationale
national. Cette superficie
n’est pas directement prise
en compte dans le bilan
présenté par ailleurs.
Ces sites concernent en
effet des aires protégées
existantes, et ce à différents
degrés. Deux d’entre eux
sont centrés sur deux aires
protégées respectives sans
être congruents avec celles-
ci, un autre englobe un Superficie Date d’inscription sur la
complexe d’aires protégées administrative Liste des zones humides
Site Ramsar (ha)* d’importance internationale
et une superficie non classée
très limitée, tandis que Parc national des Mangroves 66 000 1996
le quatrième comprend Zones humides du Parc national des Virunga 800 000 1996
plusieurs aires protégées au
Ngiri-Tumba-Maindombe 6 569 624 2008
sein d’un vaste espace non
classé. Le site du bassin de Basin de la Lufira 4 487 593 2017
la Lufira a été inscrit dans le *La superficie administrative est celle référencée dans la documentation.
cadre d’une initiative portée
par le PARAP.

page 86 │ Chapitre 4
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

Tableau 11 Carte 16
Les réserves de la Les réserves
biosphère de la biosphère
Le gouvernement de la RDC
a proposé trois sites comme
réserves de biosphère sous
le Programme de l’Unesco
pour l’homme et la biosphère
(MAB). Ces régions
comprennent trois types
d’écosystèmes différents et
sont destinées à servir de
laboratoire pour concilier
conservation de la diversité
biologique et développement
durable.

Superficie Date de désignation pour


administrative inclusion dans le réseau
Réserve de la biosphère (ha)* du programme MAB
Réserve de la biosphère de la Lufira 14 700 1982
Réserve de la biosphère de Luki 32 968 1976
Réserve de la biosphère de Yangambi 235 000 1976
*La superficie administrative est celle référencée dans la documentation.

Tableau 7 Carte 17
Les jardins botaniques Les jardins botaniques
et zoologiques et zoologiques
Les premiers jardins
botaniques et zoologiques
de RDC ont été mis en
place il y a plus de 100 ans.
Aujourd’hui, leur degré de
fonctionnalité et de capacité
varie considérablement.

Aire protégée ex situ Date de création


Jardin botanique de Kisantu 1900
Jardin botanique d’Eala 1900
Jardin zoologique de Kinshasa 1933
Jardin botanique de Kinshasa 1936
Jardin zoologique et botanique de Gbadolité 1980
Jardin zoologique de Lubumbashi 1936
Jardin zoologique de Kisangani 1955

Chapitre 4 │ page 87
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

Appréhender le contexte
La planification stratégique et la gestion du réseau des aires protégées nécessitent un
examen approfondi du contexte. Parmi les défis les plus complexes du réseau des aires
protégées en RDC, on compte la démographie ainsi que la compétition pour l’accès
aux terres et aux ressources.

Démographie et réseau des aires protégées


La RDC connaît une croissance démographique rapide et occupe, en termes de
population, le 4e rang en Afrique et le 18e au niveau mondial. Entre 2005 et 2050,
il est attendu que la RDC soit l’un des neuf pays à contribuer à plus de 50 % à
l’augmentation prévue de la population mondiale. De 2010 à 2015, la population a
crû à un taux annuel supérieur à 3 %. Elle a été estimée en 2017 à plus de 81 millions
d’[Link] Elle est très diverse et comprend plus de 200 groupes ethniques
distincts. Selon les estimations, 43 % de la population vivent dans des régions
urbaines à forte croissance, comprenant notamment la capitale Kinshasa ainsi que
les capitales provinciales Lubumbashi, Mbuij-Mayi, Kananga, Kisangani et Bukavu.
Concernant la distribution de la population rurale, un fort contraste est observé
entre des espaces de très faible densité, dans le centre et le nord-est, et des espaces
de densité moyenne à forte, voire très forte, dans l’est du pays. La RDC est également
la source et l’hôte de centaines de milliers de réfugiés. En 2017, il a été estimé qu’elle
abrite plus de 3,9 millions de déplacés internes.

La croissance accélérée de la population est à l’origine d’une jeunesse en pleine


expansion, souhaitant s’insérer dans la société au travers d’emplois décents et stables.
Cette dynamique démographique nécessite des ressources importantes dans le but
de répondre aux besoins alimentaires et énergétiques croissants. Elle contribue
donc à augmenter la pression sur les ressources du pays. La RDC a mis en place une
série de réformes économiques depuis plus d’une dizaine d’années, mais les progrès
demeurent limités en raison du contexte sécuritaire, des faibles cours boursiers de
certaines commodités et d’un cadre juridique incertain. Aujourd’hui, la pauvreté est
largement répandue et une part importante de l’activité économique repose sur le
secteur informel.

De nombreuses aires protégées présentent une population humaine importante en


leur sein ainsi que dans leur périphérie. Les communautés locales et les peuples
autochtones habitant ces espaces souvent caractérisés par des infrastructures
peu développées et sièges d’investissements limités, font face à des défis socio-
économiques importants. Ils ne disposent que d’un accès limité aux services publics
de base tels que l’éducation ou encore les services de santé, et dépendent en grande
partie des ressources naturelles pour leurs moyens de subsistance. Alors que les
aires protégées offrent une opportunité de premier plan pour préserver et gérer
durablement ces valeurs essentielles au développement des communautés, la demande
croissante en ressources aux niveaux local, national et mondial représente une
menace importante. La surexploitation des ressources naturelles et l’empiètement au
sein des aires protégées, y compris pour l’extension des surfaces cultivées, comptent
parmi les menaces principales auxquelles ces dernières sont aujourd’hui confrontées
en RDC.

page 88 │ Chapitre 4
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

Carte 18
Démographie et réseau
des aires protégées
The Global Human
Settlement Population
Grid (JRC 2015) montre
la distribution et la densité
de la population en RDC
en nombre de personnes
par parcelle de 250 m2.
Les données montrent
des regroupements urbains
et la distribution éparse
de la population dans les
régions rurales.

Aires protégées

Nombre d’habitants par cellule de 250 m x 250 m

20 000

Figure 53
Projections
démographiques
à l’horizon 2100
600 000
Les données du Département
des affaires économiques
et sociales – division de la 500 000

population des Nations unies


(UN DESA 2017) – montrent 400 000
que la population de la RDC
a augmenté de presque 300 000
30 millions d’habitants
depuis le début du XXe siècle.
200 000
Les estimations prévoient
une augmentation de la
100 000
population d’au moins
100 millions d’habitants
de plus d’ici à 2050. 0
1950
1953
1956
1959
1962
1965
1968
1971
1974
1977
1980
1983
1986
1989
1992
1995
1998
2001
2004
2007
2010
2013
2016
2019
2022
2025
2028
2031
2034
2037
2040
2043
2046
2049
2052
2055
2058
2061
2064
2067
2070
2073
2076
2079
2082
2085
2088
2091
2094
2097
2100

Variante haute

Variante moyenne

Variante basse

Chapitre 4 │ page 89
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

Utilisation des terres


La compétition pour les terres et les ressources de RDC augmente en raison de
l’augmentation de la population nationale et de la croissance de la demande globale
en commodités. Elle se traduit au sein des aires protégées par une forte pression
sur les ressources naturelles et une extension d’autres types d’utilisation des
terres. Conscient que l’exploitation commerciale des forêts, des minerais et des
hydrocarbures est une source de revenu potentiellement importante pour la RDC,
il est essentiel de gérer les impacts de ces activités et des infrastructures associées
au travers d’une planification intersectorielle et coordonnée. Il est impératif que les
aires protégées soient prises en compte dans ce processus et bénéficient d’un cadre
politique et juridique cohérent et de capacités institutionnelles renforcées pour
l’application des lois et règlements.

Gestion forestière
Le couvert végétal de la RDC est prédominé par les forêts denses qui occupent
environ 49 % du territoire national et d’autres types de formations boisées. Ces forêts
Figure 54 représentent un capital important et sont la propriété de l’État. En vigueur depuis une
Superposition entre
quinzaine d’années, le régime forestier promeut une gestion durable des ressources
le réseau des aires
protégées et les forestières dans le but d’accroître leur contribution au développement socio-
concessions forestières économique tout en préservant la biodiversité. Plus récemment, la reconnaissance du
Nombre d’aires protégées rôle de premier plan joué par les forêts congolaises dans la régulation du climat s’est
affectées par les traduite par un renforcement des stratégies de gestion durable.
superpositions avec
des titres forestiers

6 16 %

72 84 %

Nombre d’aires protégées


affectées : 6
Nombre d’aires protégées
non affectées : 72

16 %

Carte 19
84 %
Gestion forestière et réseau
des aires protégées
Les données sur les concessions
Pourcentage de la superficie
forestières proviennent de la
du réseau des aires
Direction des inventaires et
protégées affecté par les
aménagement forestiers (2013)
superpositions avec des
titres forestiers
Concession forestière

Aire protégées

page 90 │ Chapitre 4
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

Le domaine forestier national comprend trois catégories de forêts selon les usages
qui leur sont affectés. Il s’agit des forêts classées, des forêts protégées et des forêts de
production permanente.

Intégrées au domaine public de l’État, les forêts classées concernent les formations
présentant notamment un intérêt écologique. Elles sont désignées au travers d’un
acte de classement et soumises à un régime juridique restrictif concernant les droits
d’usage et d’exploitation. Une part importante des forêts classées sont des aires
protégées d’intérêt national telles que récemment définies. Elles doivent représenter
au moins 15 % de la superficie totale du territoire national.

Les forêts protégées sont soumises à un régime juridique moins restrictif quant aux
droits d’usage et aux droits d’exploitation. Elles peuvent faire l’objet de concession,
une durée de vingt-cinq ans maximum, pour la valorisation de leurs ressources. Une
communauté disposant d’une personnalité juridique peut obtenir une concession
forestière au sein des forêts protégées. Depuis 2016, il est possible d’ériger la
conservation de la biodiversité en objectif principal de gestion de la concession. De
telles entités pourraient alors être reconnues comme aire protégée selon les récentes
dispositions en la matière.

Les forêts de production permanente sont les forêts soustraites des forêts protégées
par une enquête publique en vue de les concéder pour leur mise en valeur. Elles sont
inscrites dans le cadastre forestier permanent et leur gestion doit assurer le maintien
du couvert forestier ainsi que la conservation de la faune sauvage. Organisées
selon le processus d’aménagement durable des forêts, plusieurs mesures visant à
la conservation de la biodiversité doivent être mises en œuvre par les opérateurs
concessionnaires. Elles visent notamment à gérer durablement la faune, à protéger
les écosystèmes à haute valeur pour la conservation et à développer des synergies de
gestion avec d’éventuelles aires protégées localisées à proximité.

L’exploitation artisanale et commerciale des ressources forestières peut avoir des


impacts significatifs sur les écosystèmes, y compris au sein des aires protégées.
La destruction du sous-bois, l’érosion des sols et la perte de canopée sont les
perturbations générées localement. La fragmentation des massifs forestiers, la
modification de leur structure et de leur composition floristique interviennent à
l’échelle du paysage. De façon indirecte, les activités d’exploitation participent au
désenclavement de zones souvent reculées, catalysant l’installation de personnes
extérieures à celles-ci. Une augmentation de la pression de chasse et du commerce de
gibier est alors généralement observée.

Six aires protégées sont aujourd’hui concernées par des superpositions avec des
concessions forestières. Trois aires protégées ont plus de 50 % de leurs superficies
respectives affectées (RSM, RTL et DCROW), une aux environs de 10 % (DCRT) et
deux moins de 1 % (RFLY et DCHM). L’ensemble représente une superficie totale de 5
millions d’hectares.

La coordination intersectorielle doit être renforcée dans le but de mettre en œuvre


une gestion intégrée effective du domaine forestier et d’assurer une conservation de
la biodiversité. La Direction des inventaires et de l’aménagement forestier (DIAF) et
l’ICCN, institutions sous la tutelle du MEDD, ont un rôle particulièrement important
en la matière.

Chapitre 4 │ page 91
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

Mines
La RDC est l’un des pays les plus importants au monde en ce qui concerne le potentiel
minier, estimé à 24 trillions de dollars en 2011. Parmi les ressources minérales les
plus importantes figurent 3 % des réserves globales en cuivre, 25 % des réserves
globales de diamants et 45 % des réserves globales en cobalt, ainsi que des quantités
importantes de tantale et d’é[Link] Ces réserves constituent une source potentielle de
revenus importante pouvant soutenir le développement du pays.

Actuellement, le secteur minier est structuré autour de l’exploitation minière


industrielle à grande échelle (LSM) et de l’exploitation artisanale à petite échelle
(ASM). Les activités ASM se sont considérablement développées au cours des années
1990, lorsque le pays a vécu une période de très grande instabilité. En 2011, il a été
estimé qu’elle était à l’origine de l’ordre de 90 % de la production minière nationale
et impliquait jusqu’à deux millions de travailleurs.x Les améliorations en matière
sécuritaire, qui ont commencé en 2004, ont donné lieu à la reprise des activités LSM.

L’exploitation minière a des impacts directs majeurs sur l’environnement, tels que la
dégradation des paysages et des formations végétales, la pollution de l’eau et de l’air,
voire la contamination radioactive. De façon similaire à ce qui est observé dans le cas
du secteur forestier, le développement de l’exploitation minière et des infrastructures
associées peut faciliter l’accès à des régions enclavées et être à l’origine d’une pression
accrue sur les ressources naturelles, y compris dans les aires protégées. L’extension
des pratiques d’agriculture sur brûlis, l’augmentation de la collecte de bois et de la
chasse illégale et non durable de la faune sauvage sont ainsi couramment observées.

Superposition de l’exploitation minière et des aires


protégées
La problématique de superposition entre les aires protégées et les concessions
minières est prévalent en RDC. Plus de 50 % des aires protégées du pays sont
concernés par des chevauchements à différents degrés et représentent une surface
totale d’environ 4,4 millions d’hectares. Les concessions minières concernées sont
détenues par différents types d’acteurs comprenant des entreprises publiques,
des groupes miniers internationaux, des petites entreprises et des personnes
individuelles. Un grand nombre d’aires protégées, y compris des parcs nationaux
et des sites du patrimoine mondial, sont concernées par l’ASM, en particulier dans
l’est du pays. Parmi les facteurs qui contribuent à ce chevauchement, on compte les
incohérences du cadre juridique, le manque d’une stratégie nationale pour l’utilisation
des terres et les faibles capacités et planifications intersectorielles ainsi que la
délimitation incohérente des aires protégées et des concessions minières.

page 92 │ Chapitre 4
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

10 10 14 % 14 %

Figure 55
Superposition entre 23 23
le réseau des aires 45 45
protégées et les carrés 86 % 86 %
miniers
Un nombre important de
permis d’exploration et
d’exploitation pour les LSM Nombre d'aires protégées Pourcentage de la superficie
et ASM se superposent aux affectées par les superpositions du réseau des aires protégées affectées
aires protégées existantes avec des carrés miniers par les superpositions avec des carrés
en RDC. Afin de résoudre Nombre d’aires protégées miniers
ce conflit de l’utilisation affectées : 45 Pourcentage de la superficie du réseau
des terres, une coopération Nombre d’aires protégées non des aires protégées affectée : 14
étroite est nécessaire entre affectées : 23 Pourcentage de la superficie du réseau
l’ICCN et le CAMI. Indéterminé : 10 des aires protégées non affectée : 86

Chapitre 4 │ page 93
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

Reconnaître ses valeurs


Biodiversité
Avec sa multitude d’écosystèmes terrestres et aquatiques qui s’étendent des
mangroves bordant l’océan Atlantique à l’ouest jusqu’aux forêts de montagne du rift
Albertin à l’est, la RDC est le pays le plus diversifié du point de vue biologique sur le
continent africain. Il a été classé au 5e rang mondial des « pays de mégadiversité »xi.
Présentant le taux le plus élevé de déforestation des pays du bassin du Congo et avec
390 espèces figurant sur la liste rouge des espèces menacées de l’UICN, la biodiversité
de RDC est soumise à d’intenses pressions. Un réseau des aires protégées bien conçu,
sécurisé et géré efficacement est une composante essentielle d’une solution efficiente
pour préserver l’héritage naturel du pays et enrayer la perte de biodiversité.
Couverture du sol
La RDC comprend une mosaïque complexe d’écosystèmes terrestres et d’eau douce
qui représentent des habitats importants pour les espèces et offrent des services
écosystémiques aux niveaux national, régional et mondial. Certains écosystèmes sont
très localisés, d’autres s’étendent sur de vastes régions. Il n’y a pas de base de données
complète sur les écosystèmes de RDC et il reste beaucoup à apprendre sur la richesse
biologique des espèces du pays. Les données sur la couverture du sol et les écorégions
offrent un moyen pratique pour appréhender la biodiversité de la RDC ainsi que la
représentation et la conservation effective des écosystèmes au sein du réseau des
aires protégées.

La cartographie de la couverture du sol de Verhagghen et al. (2012)xii montre que les


forêts denses prédominent la RDC. Ces forêts, qui comprennent les forêts denses
humides, les forêts submontagnardes, les forêts submontagnardes et de montagne,
les forêts denses sur sols hydromorphes et les mangroves, couvrent environ 49 %
(114 500 000 ha) du territoire national et 60 % (19 421 991 ha) du réseau des aires
protégées cartographié. Les forêts denses humides, qui ont été définies par White
(1983)xiii sous le terme “forêt guinéo-congolaise de plaine”, constituent le type de forêt
le plus répandu et couvrent 101 800 000 ha. Il représente 55 % (17 143 488 ha) de la
superficie du réseau. Les forêts submontagnardes et de montagne qui se rencontrent

page 94 │ Chapitre 4
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

exclusivement dans les chaînes de montagne de l’est, couvrent 4 % (1 486 935 ha) du
réseau. Les forêts denses sur sols hydromorphes représentent 2 % (791 568 ha) de cet
espace, principalement le long du fleuve Congo et certains de ses affluents. Notons que
certaines des plus grandes aires protégées de RDC, telles que le Parc national de la
Salonga, sont couvertes de façon quasi exclusive par la forêt dense humide. D’autres,
telles que le Parc national des Virunga, comprennent une plus grande diversité de
forêts et d’autres types de couverture du sol.

Parmi les autres types de couverture du sol répandus en RDC, les savanes arborées et
savanes boisées, couvrent près de 16 % (37 070 000 ha) du territoire national et 15 %
(4 566 537 ha) du réseau tel que cartographié à ce jour. Les forêts ouvertes à feuilles
caduques, qui comprennent notamment le miombo, occupent 10 % (23 920 000 ha)
du territoire national et 6 % (1 820 034 ha) du réseau tandis que les formations de la
zone de transition forêt-savane se développent respectivement sur 3 % (6 956 000
ha) et 4 % (1 199 664 ha) de ces mêmes espaces. Les types de couverture du sol plus
localisées comprennent les savanes arbustives, les prairies et prairies marécageuses
dans les régions sud du pays et les savanes inondées au bord du fleuve Congo. Le
complexe rural, qui est une mosaïque de zones agricoles, de plantations villageoises,
de jachère et de zones de régénération naturelle secondaire, couvrant 9 % (21 440 000
ha) de la RDC, concerne 5 % (1 562 121 ha) de la superficie du réseau telle qu’estimée
à ce jour. Les zones cultivées pèsent quant à elles près de 6 % (12 950 000 ha) de la
couverture du sol de la RDC et 3 % (1 015 209 ha) de celle du réseau.

Chapitre 4 │ page 95
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

Carte 21
Couverture du sol
et réseau des aires
protégées
Les données sur la
couverture du sol
proviennent d’une carte dont
la résolution est de 300 m,
produite par Verhegghen A.
& Defourny P. (2010). Les
auteurs ont utilisé le système
standardisé de classification
de la couverture du sol
développé par la FAO afin de
décrire les différents types
de végétation.

Agriculture irriguée

Complexe rural et forêt


secondaire jeune

Eau

Faible couvert végétal

Forêt de montagne

Forêt de transition

Forêt dense semi-decidue


ou sempervirente

Forêt sèche claire ou forêt


sèche dense

Forêt édaphique

Mangrove

Mosaïque forêt-savane

Mosaïque terres cultivées/


végétation naturelle (herbacée
ou arbustive)

Prairie aquatique

Prairie marécageuse

Sans couvert végétal

Savane arbustive

Savane boisée et/ou savane


arborée

Savane herbeuse

Villes et zones associées

Aire protégée

page 96 │ Chapitre 4
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

Figure 56
Couverture du sol et réseau des aires protégées

250 000

200 000
Hectares (ha)

150 000

100 000

50 000

0
LK
L
RSM
PM

RK
B
RS
IH
K
LT
A
RSL
RNM

K
ML
U
F
RNS

I
IU
RNT

I
U
S
BI
M
GU
KA
RFK

KV
PK
MM
KV
DCF

RPK
RZB

RBL
DCK

RBL

DCM

DCB

RCIT
DCR

RCIM

RCB
RCO
RZF

RCP
DCR
RCT

DCR

RCL
DCR

DCL
DCP

DCP

DCR

DCR

DCR
3 500 000

3 000 000

2 500 000
Hectares (ha)

2 000 000

1 500 000

1 000 000

500 000

0
YA

U
T
N

L
M
LY
BK

B
Z
IAT

N
G

I
KB

K
L

I
VI
K

S
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BO

U
RT
HM

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OW

SA

U
S
RN

TK
RB

RT

PN
RA
LK

RG

CS

PN

RL

PN
TG

RN

RT

PN

RB
PN

RF
RB

PN
PN
RF
RB

RN

PN

DC

RN
RS

DC
RC

RC

DC
DC

DC

DC
DC

DR
RC

DC
DC
DC

Eau Mosaïque terres cultivées/ Savane herbeuse Mangrove


végétation naturelle
Surfaces artificielles et (herbacée ou arbustive) Savane arbustive Forêt édaphique
zones associées (zones
urbaines > 50 %) Faible couvert végétal Savane arborée Forêt de montagne

Sans couvert végétal Prairie aquatique Savane boisée Forêt submontagnarde

Agriculture irriguée Prairie marécageuse Complexe rural Forêt dense humide

Mosaïque forêt/savane

Chapitre 4 │ page 97
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

Écorégions terrestres
Dix-huit écorégions terrestres se rencontrent en [Link] Leur taille varie de moins
de 200 000 à plus de 100 millions d‘hectares. Ces assemblages de communautés
naturelles géographiquement distinctes sont définis par le fait qu’elles partagent une
grande majorité d’espèces, de dynamiques et de conditions environnementales. Les
superpositions entre ces écorégions et la RDC sont très variables, l’une d’entre elles
ayant par exemple moins de 1 % de sa superficie comprise dans le pays, tandis que
deux autres sont exclusivement représentées en RDC. Concernant ces dernières, il
s’agit de l’écorégion des forêts congolaises du centre, dont 23 % sont compris dans le
réseau des aires protégées, et celle des forêts congolaises marécageuses orientales,
dont 7 % sont incorporés dans celui-ci. Trois autres écorégions ont plus de 50 % de
leur superficie respective comprise en RDC. L’écorégion des forêts montagnardes
Carte 22 du rift Albertin, dont 62 % (6 265 766 ha) de la superficie est en RDC, est la plus
Le réseau des aires représentée dans le réseau, avec 13 % (1 314 279 ha) de celle-ci prise en compte.
protégées et les L’écorégion des forêts congolaises du nord-est, dont 94 % (50 030 912 ha) se situe
écorégions terrestres
Les données sur les
en RDC, suit avec 10 % (5 424 993 ha) de sa surface totale comprise dans le réseau.
écorégions proviennent Enfin, l’écorégion mosaïque forêt-savane sud-congolaise, dont la superficie est à 90 %
d’Olsen et al. (2001). (50 996 265 ha) en RDC, présente 6 % (3 157 908 ha) de celle-ci dans le réseau.

Forêts montagnardes du
rift Albertin

Forêts atlantiques
équatoriales côtières

Forêts congolaises du
centre

Forêts congolaises
marécageuses orientales

Forêts congolaises du
nord-est

Forêts congolaises
marécageuses occidentales

Miombo zambézien
du centre

Mosaïque forêt-savane
nord-congolaise

Mosaïque forêt-savane
sud-congolaise

Mosaïque forêt-savane
du bassin du lac Victoria

Mosaïque forêt-savane
ouest-congolaise

Landes afro-alpines du
Ruwenzori-Virunga

Mangroves d'Afrique
centrale

Forêts congolaises
du nord-ouest

Miombo angolais

Savanes soudanaises
de l'est

Végétation dense de
Itigi-Sumbu

Savanes paludicoles
zambésiennes

page 98 │ Chapitre 4
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

Figure 57 2 %2 %
Le réseau des aires protégées et les 1% 0%
écorégions terrestres 4%
Forêts montagnardes du rift Albertin 0%
10 %
Forêts atlantiques équatoriales
côtières

Forêts congolaises du centre


31 %
18 %
Forêts congolaises marécageuses
orientales

Forêts congolaises du nord-est

Forêts congolaises marécageuses


occidentales 17 % 13 %
Miombo zambézien du centre

Mosaïque forêt-savane nord- 2%


congolaise

Mosaïque forêt-savane sud-congolaise

Mosaïque forêt-savane du bassin du


lac Victoria

Mosaïque forêt-savane ouest-


congolaise

Landes afro-alpines du Ruwenzori-


Virunga

Mangroves d'Afrique centrale


Forêts montagnardes du rift Albertin
Forêts congolaises du nord-ouest
Forêts atlantiques équatoriales côtières
Miombo angolais

Savanes soudanaises Forêts congolaises du centre


de l'est
Forêts congolaises marécageuses orientales
Végétation dense de
Itigi-Sumbu
Forêts congolaises du nord-est
Savanes paludicoles
zambésiennes Forêts congolaises marécageuses occidentales

Miombo zambézien du centre

Mosaïque forêt-savane nord-congolaise

Mosaïque forêt-savane sud-congolaise

Mosaïque forêt-savane du bassin du lac Victoria

Figure 58
Mosaïque forêt-savane ouest-congolaise
Degré de couverture des
écorégions terrestres
Landes afro-alpines du Ruwenzori-Virunga

Superficie totale
Mangroves d'Afrique centrale
de l’écorégion (ha)

Superficie de l’écorégion Forêts congolaises du nord-ouest


en RDC (ha)
Miombo angolais
Superficie de l’écorégion
sous régime de
protection en RDC (ha) Savanes soudanaises de l'est

Végétation dense de Itigi-Sumbu

Savanes paludicoles zambésiennes


0 40 000 000 80 000 000 120 000 000
Hectares (ha)

Chapitre 4 │ page 99
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

Dynamiques de la couverture du sol


La perte et la dégradation des habitats sont des menaces importantes pour ces derniers
et les services qu’ils offrent. Avec plus de la moitié des forêts du bassin du Congo
s’étendant en RDC, il est très important de comprendre et de suivre la déforestation et la
dégradation de celles-ci, y compris au sein des aires protégées. Les études ont démontré
que la superficie des massifs de forêts naturelles diminue en RDC, laissant place au
complexe rural, aux forêts de lisière et autres fragments forestiers. Ces ensembles
forment des inclusions au sein des zones de forêts [Link] Parmi les moteurs de la
perte des forêts et de la biodiversité en RDC, on compte l’agriculture itinérante sur brûlis,
la collecte du bois pour la production d’énergie, l’abattage artisanal et les industries
extractives, y compris l’exploitation minière et forestière. Comme mentionné auparavant,
l’augmentation de la population et de la demande mondiale en ressources sont à l’origine
de ces phénomènes.

Les taux de perte de couvert forestier au sein des aires protégées constituant le réseau
montrent une grande variablité. Les superficies de forêts les plus importantes perdues
entre 2000 et 2015 ont été observés dans la Réserve naturelle du Sankuru (79 000 ha),
le Domaine de chasse de Mangai (78 552 ha), le Domaine de chasse d’Oshwe (48 042
ha), le Domaine de chasse de Bili-Uéré (34 287 ha) et le Parc national des Virunga
(926 183 ha). Les aires protégées ayant perdu la plus grande part de leur surface
forestière entre 2000 et 2015 sont la Réserve de biosphère de Luki (9,6 %), le Domaine
de chasse de Kiziba-Baluba (9,0 %), la Réserve intégrale de chasse de la Mufufya (6,9 %),
le Domaine de chasse de Luama Katanga (6,7 %) et le Domaine de chasse de Mangai
(6,7 %). L’amélioration de l’efficacité de gestion des aires protégées est indispensable pour
maîtriser les dynamiques d’empiètement et de conservation des habitats en leur sein et
maintenir des massifs intacts de forêts naturelles.

Carte 23
La déforestation
et les aires protégées
Les données sur la
déforestation proviennent
de Hansen/UMD/Google/
USGS/NASA.

Couverture forestière

Perte de forêt 2000-2015

Aire protégée

page 100 │ Chapitre 4


Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

RCTLK 0.93 %
Figure 59 DCPRS 0.22 %
La déforestation DCPRK 0.67 %

et les aires protégées: RSM 1.70 %

Perte du couvert forestier PM 1.39 %

entre 2000 et 2015 RZFIH 0.19 %

0.52 %
Les données sur la
DCRLT

PNL 0.03 %
déforestation proviennent de RCITS 0.33 %

Hansen/UMD/Google/USGS/ PNM 0.03 %

NASA. DCMA 1.13 %

RCOBI 0.52 %

RFLY 0.19 %

DCRML 1.06 %

RSL 1.54 %

RNT 0.96 %

DCRMM 0.50 %

DCKB 9.00 %

RNM 2.43 %

DCRPK 0.81 %

RZBL 1.32 %

RCIAT 0.32 %

DCRAZ 0.38 %

RNS 2.08 %

RPKI 1.76 %

PNG 0.35 %

RCTKI 0.26 %

DCRU 3.07 %

RCLKV 1.27 %

PNU 0.18 %

RBLF 3.58 %

DCLKV 1.31 %

DCBK 4.91 %

PNS 0.09 %

DCRKA 2.19 %

2 500 5 000 10 000

DCFI 3.51 %

RBLK 9.60 %

DCRGU 2.51 %

RNBK 1.11 %

DCRBL 1.67 %

RCBM 4.51 %

RFK 3.62 %

RCTGU 2.49 %

PNK 0.72 %

RNN 2.34 %

RCIMU 6.89 %

RFO 0.49 %

DCRBM 2.77 %

RSBO 0.70 %

RBYA 3.58 %

DCRT 0.90 %

RNI 1.81 %

RTN 1.99 %

DCRGB 2.76 %

PNKB 1.63 %

DCRLS 0.79 %

DRCSK 1.56 %

RTL 1.96 %

DCLKT 6.67 %

PNVI 3.37 %

DCRBU 1.05 %

DCOW 2.85 %

6.59 %
DCHM
2.98 %
RNSA

0 10 000 20 000 30 000 40 000 50 000 60 000 70 000 80 000

Hectares (ha)

Chapitre 4 │ page 101


Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

Les espèces
La RDC est le pays africain le plus riche en espèces concernant la plupart des groupes
taxonomiques, y compris les mammifères et les oiseaux. Parmi les 431 espèces de
mammifères en RDC qui ont été ajoutés à la liste rouge de l’UICN,xvi trois ont été
classées en danger critique d’extinction (CR), neuf en danger (EN) et 22 vulnérable
(VU). Parmi les espèces menacées, on compte certaines espèces endémiques
spectaculaires comme l’okapi (Okapia johnstoni - EN), le bonobo (Pan paniscus - EN),
le gorille des plaines de l’est (Gorilla beringei graueri - CR) et le cercopithèque Inoko
(Cercopithecus dryas - CR).

D’autres espèces endémiques comprennent une sous-espèce du mangabey noir


(Lophocebus aterrimus aterrimus - NT), le cercocèbe à ventre doré (Cercocebus
chrysogaster - DD), le colobe bai de Thollon (Piliocolobus tholloni – NT), le lesula
(Cercopithecus lomamiensis - NE), la genette aquatique (Genetta piscivore - NT), la
musaraigne de Thor (Scutisorex thori - NE), le rhinolophe de Willard (Rhinolophus
willardi - NE) et la souris du mont Kahuzi (Dendromus kahuziensis - CR).
Parmi les autres espèces menacées, classées comme vulnérable, on compte deux
espèces d’éléphant, l’éléphant de savane (Loxodonta africana) et l’éléphant de
forêt (Loxodonta cyclotis), l’hippopotame (Hippopotamus amphibius), le lamantin
d’Afrique (Trichechus senegalensis), le chat doré (Caracal aurata), le lion (Panthera
leo), le léopard (Panthera pardus), le pangolin à longue queue (Phataginus
tetradactyla), le pangolin à écailles tricuspides (Phataginus tricuspis), le pangolin
géant (Smutsia gigantean), le cercopithèque de l’Hœst (Allochrocebus lhoesti), le
cercopithèque de Hamlyn (Cercopithescus hamlyni) et le Rhinolophe ruwenzorii.

L’avifaune de la RDC comprend plus de 1 100 espèces. Selon la liste rouge de l’UICN,
parmi les 1 105 espèces identifiées, quatre sont actuellement classifiées en danger
critique (CR), 13 sont classées en danger (EN) et 22 sont classées vulnérable (VU).
Parmi ces espèces, on trouve le paon endémique du Congo (Afropavo congensis -
VU), le phodile de Prigogine (Phodilus prigoginei - EN), le martinet de Schouteden
(Schoutedenapus schoutedeni – VU), l’engoulevent de Prigogine (Caprimulgus
prigoginei - EN), le bulbul de Prigogine (Chlorocichla prigoginei - EN), le bagadais du
Roi Albert (Prionops alberti - VU), le souimanga de Rockefeller (Cinnyris rockefelleri
- VU), le crombec de Chapin (Sylvietta chapini - CR) et le tisserin à pieds jaunes
(Ploceus flavipes - VU). D’autres espèces endémiques sont classées comme quasi
menacées (NT) et dans la catégorie des données insuffisantes (DD). Parmi les espèces
en danger critique d’extinction (CR), dont les aires de répartition chevauchent la RDC,
on trouve le vautour à tête blanche (Trigonoceps occipitalis) et le vautour charognard
(Necrosyrtes monachus).

En RDC, le nombre des reptiles dépasse 300 espèces, parmi lesquelles on trouve trois
espèces de crocodiles, 120 espèces de lézards, 181 espèces de serpents et 22 espèces
de tortues. Parmi elles, neuf espèces sont actuellement classées comme menacées
(CR, EN ou VU) sur la liste rouge de l’UICN et plus de 30 espèces sont endémiques,
parmi lesquelles les serpents, lézards et le Trachylepis pulcherrima, le Kinyongia
gyrolepis (DD) et le Pelusios upembae.

La liste des amphibiens de la RDC est incomplète en raison du manque d’information


de nombreux sites. Sur les 241 espèces identifiées dans la liste rouge de l’UICN, 50
espèces sont endémiques. Onze des espèces qui ont été identifiées jusqu’à présent
ont été classées comme menacées et comprennent de multiples espèces endémiques
de l’est de la RDC telles que le Xenopus lenduensis (CR), le Hyperolius leucotaenius
(EN) et le Hyperolius polystictus (VU), le Hyperolius leleupi (VU), le Hyperolius
constellatus (VU), le Phrynobatrachus asper (VU), le Leptopelis anebos (EN), le

page 102 │ Chapitre 4


Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

Xenopus itombwensis (EN) et le Chrysobatrachus cupreonitens (EN). Un grand


nombre d’autres espèces endémiques sont actuellement classées comme données
insuffisantes (DD).

Certaines espèces invertébrées sont beaucoup moins connues et n’ont été étudiées que
dans quelques sites. Parmi les plus étudiées, on trouve les papillons diurnes, dont plus
de 2 000 espèces sont listées dans la base de données sur les papillons d’[Link]

Enfin, le RDC abrite plus de 10 000 espèces de plantes. Sur plus de 639 des espèces
qui ont été évaluées, 149 sont actuellement classées comme menacées par la liste
rouge de l’UICN. Il n’y a pas de chiffres exacts concernant les espèces de plantes
endémiques.

Encadré 9 : Zones à haute valeur de conservation reconnues


internationalement en RDC
La RDC dispose de multiples sites et espèces qui ont été reconnus comme
importants pour la conservation de la biodiversité aux niveaux national et
international.
Parmi les sites bénéficiant d'une reconnaissance internationale pour leur haute
valeur de conservation, la RDC comprend cinq sites inscrits au Patrimoine
mondial, 4 sites Ramsar, 19 zones importantes pour la conservation des
oiseaux (IBA), 34 zones clés de la biodiversité (KBA) et sites de l’Alliance pour
zéro extinction (AZE). La plupart de ces zones sont des aire protégées ou se
superposent largement à des aires protégées existantes.
La Liste rouge de l'UICN classe actuellement comme menacées 390 espèces de
flore et de faune présentes en RDC (catégories “en danger critique”, “en danger” et
“vulnérable”). Au niveau national, l’arrêté ministériel n° 020/CAB/MIN/ECN-EF
du 20 mai 2006 classe 72 espèces animales comme étant totalement protégées
et 234 comme partiellement protégées. D’importants efforts sont cependant
requis pour combles les lacunes sur le statut de nombreuses espèces de RDC afin
de mettre à jour leur classement en termes de protection.

Chapitre 4 │ page 103


Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

Tendances de la situation des espèces


Comme indiqué ci-dessus, de nombreuses espèces de RDC sont sérieusement
menacées. Les menaces les plus sévères qui pèsent sur la diversité remarquable du
pays sont les prélèvements non durables et l’altération des écosystèmes. Comme
décrit dans les sections précédentes, les industries extractives, l’expansion des
superficies agricoles et la collecte de bois énergie ou à d’autres fins contribuent à la
dégradation, à la fragmentation et à la destruction des habitats. Certaines espèces ou
groupes d’espèces sont également sensibles aux menaces telles que les changements
climatiques, le trafic des animaux sauvages, les espèces envahissantes ou encore
la pollution. Un grand nombre de menaces auxquelles la biodiversité de la RDC est
exposée ont été aggravées par les effets de l’instabilité politique et économique, de
la pauvreté, de la prolifération des armes et des déplacements d’un grand nombre de
personnes.

Alors que quelques aires protégées ont constitué un moyen de protection contre
certaines menaces, l’abondance et la distribution de nombreuses espèces de RDC
ont diminué de manière dramatique à l’intérieur et à l’extérieur du réseau des aires
protégées. Il est essentiel de stopper cette régression afin de préserver la biodiversité
du pays. Cela nécessite une amélioration significative des capacités de planification
et de gestion du réseau des aires protégées. Cela exige également un engagement
sans réserve pour assurer une application effective des réglementations nationales
et conventions internationales concernant la conservation de la biodiversité. Il
est également important de prendre en compte de manière plus systématique le
changement climatique dans la planification et la gestion des aires protégées,
notamment en ce qui concerne la préservation des écosystèmes et des espèces qui
sont particulièrement vulnérables à la variabilité du climat.
Enfin, il reste encore beaucoup à découvrir sur la flore, la faune et les écosystèmes
de la RDC. Au fur et à mesure de l’acquisition de nouvelles données en la matière, il
convient d’évaluer le degré auquel le réseau des aires protégées représente et protège
les zones clés pour la biodiversité, ainsi que d’adapter, le cas échéant, les objectifs de
conservation et les stratégies de gestion associées.
Les grands mammifères et le réseau des aires protégées
La grande faune emblématique constitue la pierre angulaire historique du réseau
des aires protégées de RDC. Les espèces de grands mammifères sont à l’origine de
la création de la majorité des entités qui le composent, comme par exemple les aire
de gestion des espèces, les réserves et domaines de chasse, ou encore les réserves
naturelles intégrales ou parcs nationaux. Il s’agissait, d’une part, de garantir une
protection intégrale aux taxons rares ou endémiques et, d’autre part, d’assurer une
exploitation cynégétique rationnelle, à des fins récréative, commerciale voire de
subsistance, des taxons alors plus communs.

Aujourd’hui, plusieurs décennies après la mise en œuvre de ces objectifs, le statut


de conservation de nombreux taxons est extrêmement alarmant (Tableau 8). De
nombreuses espèces ont vu leurs aires de distribution se réduire drastiquement
tandis que les effectifs de leurs populations ont connu un déclin généralisé
catastrophique. Le cas des populations des deux espèces de pachydermes est à ce
titre emblématique. Occupant autrefois la quasi-totalité des écosystèmes du pays,
et présentant des effectifs parmi les plus élevés de la région, les éléphants ne se
rencontrent plus aujourd’hui qu’en nombre réduit dans quelques dizaines de zones
refuges. Les aires protégées constituent ainsi les derniers refuges où certaines espèces
se maintiennent. Quelques succès remarquables sont cependant à relever. Plus de la
moitié de la population restante de gorilles de montagne se rencontre dans le massif

page 104 │ Chapitre 4


Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

des Virunga, au sein du parc national éponyme. Les efforts de gestion conduits par
les équipes de l’aire protégée ont joué un rôle crucial dans la protection effective de la
population de cette espèce en danger critique d’extinction.

Leur prélèvement, généralement illégal, est la principale menace à l’origine de cette


situation. Les causes sous-jacentes sous-tendant celle-ci sont multiples, notamment
d’origine politique, socioéconomique ou institutionnelle. La faune a ainsi payé
un lourd tribut aux conflits et à la prolifération concomitante d’armes légères.
L’importance du gibier pour la subsistance des populations rurales, et la génération de
revenus, a conduit à une surexploitation de cette ressource. La faiblesse généralisée
des pouvoirs publics n’a en outre pas permis la mise en œuvre effective de mesures de
gestion, dans et à l’extérieur des aires protégées.

Dans un tel contexte, les efforts requis pour stopper le déclin des populations
résiduelles de grands mammifères, et protéger les habitats qui pourraient soutenir
d’éventuelles initiatives de restauration, sont titanesques et nécessitent l’engagement
de l’ensemble des parties prenantes.

Grands singes
Tableau 13
Gorille des montagnes 604 (2018) En augmentation
État et tendances des
populations de quelques Gorille de Grauer Quelques milliers En déclin
espèces emblématiques Gorille ? Probablement éteint
de mammifères en RDC Bonobo Quelques dizaines de milliers En déclin
Chimpanzé de Schweinfurth Quelques dizaines de milliers En déclin
Chimpanzé d’Afrique centrale Quelques dizaines En déclin

Artiodactyles
Girafe Quelques dizaines En déclin
Okapi Quelques milliers En déclin
Antilope sable Quelques centaines En déclin
Hippotrague Quelques centaines En déclin
Élan de Derby ? Probablement éteint
Élan du Cap ? Probablement éteint
Grand koudou Quelques dizaines En déclin
Bubale de Lichtenstein Quelques dizaines En déclin
Bubale Quelques centaines En déclin
Hippopotame Quelques milliers En déclin

Périssodactyles
Zèbre Quelques dizaines En déclin
Rhinocéros blanc 0 Éteint (2006 )

Carnivores
Lion Quelques dizaines En déclin
Lycaon ? Probablement éteint -
passages occasionnels
Guépard ? Probablement éteint -
passages occasionnels
Léopard Quelques milliers En déclin

Proboscidiens
Éléphant Quelques milliers En déclin

Chapitre 4 │ page 105


Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

Services écosystémiques
Il est impératif pour la région et la communauté mondiale de maintenir les services
écosystémiques directs et indirects fournis par le patrimoine naturel de la RDC. Ils
sont également essentiels au développement du pays et à l’émergence d’un modèle
durable de croissance. S’il est géré de manière efficace et durable, le réseau des aires
protégées constitue un mécanisme important pour maintenir ces services. Afin
d’atteindre cet objectif, des efforts supplémentaires sont nécessaires pour identifier,
évaluer et démontrer la valeur des services écosystémiques conservés par les aires
protégées. De plus, il est important d’assurer que ces valeurs soient considérées dans
la prise de décision et que le réseau des aires protégées soit intégré dans les stratégies
nationales et régionales pour la gestion de ces services.

Parmi les services écosystémiques clés fournis par le réseau des aires protégées
en RDC, on trouve les services d’approvisionnement, dont la nourriture, l’eau et la
pharmacopée ; les services de régulation, dont la filtration de l’eau, la régulation
climatique et la pollinisation ; les services culturels, dont la protection des valeurs
sociales, cultuelles et l’éducation ; et les services auxiliaires, tels que la photosynthèse
et le cycle de nutriments. Un grand nombre de ces valeurs n’ont pas été évaluées de
manière systématique dans le contexte du réseau des aires protégées. Le risque qu’ils
ne soient pas adéquatement pris en compte dans la gestion des aires protégées et du
réseau est donc réel, et contribue également à leur sous-estimation dans les processus
de prise de décision.

page 106 │ Chapitre 4


Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

Le carbone forestier et le réseau des aires protégées


Les écosystèmes forestiers de la RDC sont un puits de carbone de premier plan au
niveau mondial, au travers notamment de leurs biomasses aérienne et souterraine et
de leurs sols. Les tourbières de la cuvette centrale du fleuve Congo récemment décrites
sont à ce titre remarquable. Leurs sols stockent l’équivalent de la totalité du carbone
de la biomasse aérienne de l’ensemble des forêts du bassin du [Link]

Par conséquent, le maintien de ces valeurs, dont l’intérêt est planétaire, a été reconnu
par le gouvernement au travers de la mise en place d’un programme juridictionnel
visant à réduire les émissions liées à la déforestation et à la dégradation des forêts
(REDD+). Il soutient également le lancement des efforts au niveau national pour
quantifier et surveiller les puits de carbone forestier. Outre leur contribution à
l’atténuation du changement climatique, ces écosystèmes forestiers aident également
à maintenir les services dont les communautés locales dépendent pour s’adapter aux
effets des changements climatiques sur les systèmes naturels et anthropiques.

Une partie importante des puits de carbone forestier aériens et souterrains se


trouve actuellement au sein du réseau des aires protégées. Le carbone stocké
dans la biomasse aérienne par aire protégée varie de presque zéro pour les entités
de superficie limitée non couvertes par la forêt, jusqu’à 0,731 PgC de carbone
forestier pour le seul Parc national de la Salonga. Une analyse des aires protégées
cartographiées en fonction de leur couvert forestier et des taux de déforestation qui
les caractérisent a montré qu’environ 60 % d’entre elles se trouvent dans la catégorie
« couvert forestier dense » et « faible taux de déforestation ». Ces aires protégées
représentent environ 87 % de la surface totale du réseau existant. Si celui-ci était géré
efficacement, il pourrait donc contribuer de façon efficiente aux stratégies nationales
et internationales d’atténuation et d’adaptation aux changements climatiques. Cela
demanderait également d’œuvrer à la prise en compte des zones ayant une dynamique
de carbone élevée au sein des aires protégées, telles que les complexes ruraux en
expansion.

Chapitre 4 │ page 107


Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

Carte 24
Le carbone forestier et le réseau
des aires protégées
La carte de la biomasse aérienne
(above ground biomass, AGB) présente
la distribution de cette dernière en
RDC et au sein des aires protégées.
Les données sur la biomasse et les
statistiques du carbone ont été fournies
par le projet Carbon Map and Model
(CM & M), une coopération entre le
WWF, la NASA (National Aeronautic
and Space Administration), l’Université
de Californie à Los Angeles et le MEDD
(Xu et al., 2017).

Carbone total mg/ha

400 0

Figure 61
La couverture du sol et la déforestation ont été évaluées entre 2000
et 2015 à l’aide des données sur le changement global des forêts
(Hanson et al. 2013). Une forte déforestation a été définie par un
taux de déforestation annuel supérieur ou égal à 0,235 %. Une faible
déforestation a été définie par un taux de déforestation annuel inférieur
à 0,235 %. Un couvert forestier dense a été défini comme un couvert
forestier supérieur ou égal à 66,83 %. Un couvert forestier faible a été
défini comme un couvert forestier inférieur à 66,83 %.
deforestation
25,000,000 45
40
20,000,000 35
30
15,000,000 25
20
Number of PA

10,000,000
15

5,000,000 10
5
0 0
HFHD HFLD LFHD LFLD HFHD HFLD LFHD LFLD

Répartition des surfaces (en ha) Répartition des aires protégées


des aires protégées selon selon leur couvert forestier et
leur couvert forestier et leur leur taux de déforestation
déforestation historique

page 108 │ Chapitre 4


Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

RCTLK

Figure 62 RZBL

Le carbone forestier par PM

aire protégée RSM

DCKB

DCRLT

DCRU

RNS

DCFI

DCRBL

DCBK

RNM

DCRML

RCIMU

DCRKA

RCITS

RCBM

DCRGU

DCMA

RZFIH

DCRPK

DCRMM

RCLKV

RCTGU

PNG

RNN

DCLKT

RSL

DCRBM

RFK

0.025 0.05

DCLKV

RCIAT

RPKI

DCRGB

RNT

PNK

DCRAZ

DCRLS

RCOBI

DRCSK

PNVI

PNU

RTN

RFLY

RNI

RNBK

DCHM

RSBO

RTL

PNKB

RCTKI

PNL

PNM

DCRT

DCOW

RFO

DCRBU

RNSA

PNS

0.0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6 0.7 0.8

Stock de carbone forestiér (GtC)

Chapitre 4 │ page 109


Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

L’eau douce et le réseau des aires protégées


La RDC abrite plus de 50 % du bassin hydrographique du bassin du fleuve Congo.
Son système de rivières et lacs, qui s’étend de la vallée du Rift dans l’est du pays à
l’embouchure du fleuve dans l’océan atlantique à l’ouest, comprend environ 52 % des
ressources en eau de surface du continent. Ces ressources offrent un grand nombre
de services tels que l’approvisionnement en eau, la régulation des débits, la qualité de
l’eau et des habitats pour de nombreuses espèces de plantes et d’animaux aquatiques.
Ce réseau dense de cours d’eau navigables constitue également un système de
communication éminemment important pour le pays. Dans les régions rurales, la
dépendance à l’eau peut être particulièrement forte en raison de l’importance capitale
de la pêche comme source de protéines et de revenus pour les populations.

L’abondance et la distribution des ressources en eau douce en RDC représentent un


grand potentiel pour le développement de l’énergie hydraulique, de l’irrigation et de la
navigation. Actuellement, la capacité des installations hydroélectriques ne représente
qu’une petite fraction d’un potentiel estimé à plus de 100 000 MW. Le potentiel le
plus significatif pour le développement de cette énergie renouvelable réside dans
l’extension des infrastructures hydroélectriques installées dans les rapides d’Inga,
localisés dans le cours inférieur du fleuve, où la capacité potentielle de production a
été estimée à 44 GW.

page 110 │ Chapitre 4


Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

Carte 25
Hydrographie
de la République
démocratique
du Congo.

Aire protégée

Site Ramsar

Bassin versant du fleuve


Congo

Chapitre 4 │ page 111


Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

La biodiversité des eaux douces


La RDC comprend une grande diversité d’habitats d’eau douce, parmi lesquels on
trouve les mangroves, marais, forêts marécageuses, lacs et un réseau dense de divers
types de rivières. Un grand nombre de ces habitats font partie du système fluvial
du Congo qui, en Afrique, est le système d’eau douce le plus diversifié en termes
d’espèces. La grande richesse du système fluvial est due à la diversité de ces habitats
et à sa grande étendue géographique. Il reflète également la prévalence des barrières
hydrographiques. Les plus remarquables d’entre elles sont les nombreux chutes d’eau
et rapides formés par les descentes des eaux du sud, est et nord dans le bassin central
du fleuve Congo. Les affluents et sous-bassins majeurs des rivières Kasai, Uele,
Mbomou et Ubangui sont tous caractérisés par la présence de zones de rapides. Le
canal principal du fleuve Congo est également entaillé par des rapides, parmi lesquels
se trouvent certains des plus grands au monde, notamment au sein des écorégions
Carte 26 d’eau douce dites des rapides du Haut Congo et des rapides du Bas Congo.
Le réseau des aires
protégées et les Parmi les espèces dépendantes des écosystèmes d’eau douce de RDC, on trouve des
écorégions d’eau douce plantes, poissons, oiseaux, mammifères, reptiles, amphibiens, mollusques et crabes.
Toute la gamme des types de Alors qu’il reste d’importantes lacunes en matière d’information sur la biodiversité
systèmes et habitats d’eau
douce en RDC est représentée
d’eau douce en RDC, une évaluation des données existantes compilées par l’UICN a
dans les écorégions montré que le fleuve Congo et deux de ses affluents – les rivières Ubangi et Kasai –
aquatiques du pays. Celles-ci sont particulièrement riches en espèces. Les bassins du Pool Malebo et le bassin des
ont été définies notamment rapides du Haut Congo disposent également d’une grande diversité en espèces. Des
sur la base de la répartition inventaires supplémentaires dans les affluents plus petits et les cours d’eau supérieurs
des espèces, et des processus
écologiques et évolutifs
du bassin du Congo sont nécessaires afin de comprendre de manière précise la
associés. Les données sur
les écorégions proviennent
d’Abell et al. (2008).

Écorégion d’eau douce

Bassin du lac Victoria


Haut-Nil
Ogooué-Nyanga-KouilouNiari
Oubangui-Congo soudanique
Uele
Cuvette centrale
Lac Tumba
Rapides du Haut-Congo
Haut-Congo
Rift Albertin
Lac Tanganyika
Lacs Bangweulu et Mweru
Haut-Lualaba
Kasai
Pool Malebo
Rapides du Bas-Congo
Bas-Congo
Lac Mai Ndombe

page 112 │ Chapitre 4


Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

Figure 62 Bassin du lac Victoria


Le réseau des aires 0.17% 2.13% 0.91%
Haut-Nil 0.01%
protégées et les 0.04%
écorégions d’eau douce Ogooué-Nyanga-Kouilou Niari
77 % du réseau des aires Oubangui-Congo soudanique
3.94%
protégées en RDC se
Uele
retrouvent dans les quatre
Cuvette centrale 18.71%
écorégions d’eau douce :
Cuvette centrale, Kasai, Uele Lac Tumba 18.21%
et Lualaba supérieure.
Rapides du Haut-Congo
Haut-Congo
10.64%
Rift Albertin
Lac Tanganyika
0.14%
Lacs Bangweulu et Mweru
0.78% 7.97%
Haut-Lualaba
27.95%
Kasai
7.61%
Pool Malebo
Rapides du Bas-Congo
Bas-Congo 0.66%
0.13%
Lac Mai Ndombe

Figure 63 Rift Albertin


Degré de couverture des
écorégions d’eau douce Lacs Bangweulu et Mweru
Les écorégions offrent
un moyen pour évaluer Cuvette centrale
la biodiversité des eaux
douces au sein du réseau Kasai
des aires protégées. La
responsabilité nationale Lac Tanganyika
pour préserver la diversité
des écorégions différentes Bassin du lac Victoria
est influencée par la part
de l’écorégion comprise en Bas-Congo
RDC et le potentiel pour des
mesures de conservation Rapides du Bas-Congo
complémentaires dans les
pays voisins. Actuellement, Lac Mai Ndombe
le pourcentage de chaque
écorégion d’eau douce incluse Pool Malebo
dans le réseau des aires
protégées en RDC varie de Ogooué-Nyanga-KouilouNiari
0 % à 32 %.
Oubangui-Congo soudanique

Lac Tumba
Superficie totale de
l’écorégion (ha)
Uele
Superficie de l’écorégion
en RDC (ha) Haut-Congo
Superficie de l’écorégion
sous régime de Rapides du Haut-Congo
protection en RDC (ha)
Haut-Lualaba

Haut-Nil

0 20 000 000 40 000 000 60 000 000 80 000 000 100 000 000 120 000 000
Hectares (ha)

Chapitre 4 │ page 113


Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

richesse des espèces dans le pays. En plus du grand nombre d’espèces dépendantes de
l’eau douce, les systèmes d’eau douce montrent également un taux élevé d’endémisme.
Les régions ayant un taux particulièrement élevé d’endémisme sont le fleuve Congo et
ses affluents, tels que la rivière Kasai et le lac Tanganyika.

Les menaces les plus importantes pour la biodiversité d’eau douce sont la
déforestation, la conversion des sols pour l’agriculture de subsistance et l’agro-
industrie, les implantations humaines, les barrages et l’extraction d’eau, l’exploitation
minière et le forage, la pêche non réglementée et la surpêche – y compris l’utilisation
incontrôlée des filets à maille très fine et des poisons –, les espèces envahissantes
et le changement climatique. Ces menaces, dont il est attendu qu’elles augmentent,
affecteront les écosystèmes d’eau douce de plusieurs manières, notamment par la
perte des ripisylves, la diminution de la qualité des eaux, la réduction des stocks
halieutiques ou encore l’augmentation de la charge sédimentaire. Les écorégions du
Bas Congo, des rapides du Bas Congo et du Pool Malebo abritent le plus grand nombre
des espèces dépendantes de l’eau douce menacées en RDC.

Conservation de la biodiversité des eaux douces


La conservation de la biodiversité des eaux douces de RDC dépend de l’adoption
d’une gestion intégrée des ressources en eau (GIRE) prenant en considération aussi
bien les besoins de la population humaine que les mesures de protection nécessaires
au maintien des services écosystémiques et à la protection de la biodiversité. Le
succès d’une telle approche dépend en partie d’une amélioration des connaissances
sur ces éléments. Ces données sont primordiales pour prendre en considération les
besoins écologiques des espèces dans la planification de la conservation et la gestion
durable des ressources en eau. Elles peuvent également être utilisées pour fournir
les informations nécessaires à la mise en place d’un processus systématique visant,
sur la base de critères comme la vulnérabilité et l’irremplaçabilité, à l’identification
des zones clés pour la biodiversité des eaux douces. Une telle approche intégrée vise
également à maintenir les régimes naturels d’écoulement. Dans les cas où cela ne
peut pas être évité, il est impératif de mettre en place des études sur les impacts
environnementaux et de développer des stratégies pour atténuer les effets nuisibles.

Les aires protégées jouent un rôle important dans le développement de la GIRE.


En RDC, quatre sites totalisant 7 435 624 ha ont été désignés zones humides
d’importance internationale en vertu de la Convention de Ramsar. Les systèmes
de gestion pour ces sites doivent encore être établis ou renforcés. D’autres aires
protégées comprennent d’importants habitats d’eau douce, dont un grand nombre sont
relativement intacts. Le renforcement des capacités pour intégrer les considérations
de la gestion des eaux douces dans les objectifs assignés aux aires protégées
contribuera à assurer le maintien de ces valeurs. Enfin, il convient de considérer des
mesures et mécanismes de protection supplémentaires afin de prendre en compte
les lacunes importantes dans la protection des espèces d’eau douce, en particulier
les espèces qui ont une distribution restreinte ou des nombres limités de sites de
rassemblement, de migration ou encore de reproduction. La prise en compte de la
connectivité des systèmes d’eau douce est également primordiale.

page 114 │ Chapitre 4


Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

Les zones prioritaires pour la conservation


de la biodiversité des eaux douces
Grâce à la collaboration avec l’université de Griffith du Queensland, le programme
scientifique du WWF et les spécialistes locaux, le PARAP a pu profiter d’avancées
en matière de planification systématique de la conservation et de la compilation
de données réalisée par l’UICNxix sur les espèces d’eau douce en Afrique, et ce afin
d’identifier les zones prioritaires pour la biodiversité des eaux douces en RDC. L’étude
a reposé sur l’emploi de techniques d’optimisation pour identifier les zones prioritaires
sur la base d’une série d’objectifs pour la conservation de la biodiversité des eaux
douces. D’autres travaux s’imposent pour confirmer et approfondir ces résultats et
pour les intégrer dans la planification du réseau des aires protégées.

Carte 27
Les zones prioritaires
pour la conservation de
la biodiversité associée
à l’eau douce
Les zones prioritaires pour
les espèces d’eau douce. Cette
carte montre la fréquence
de sélection des unités de
planification à partir d’un
scénario Marxan avec un
objectif de 2 000 km², une
pénalité de connectivité de
1,3 et des parcs nationaux
“locked-in”. Plus la fréquence
de sélection d’une unité
de planification est élevée,
plus celle-ci apparaît dans
les solutions générées par
le logiciel Marxan, de telle
sorte qu’elle est considérée
comme ayant une valeur
plus élevée pour atteindre les
cibles de conservation de la
biodiversité des eaux douces.

20 %
40 %
60 %
80 %
100 %
Site Ramsar
Aire protégée

Chapitre 4 │ page 115


Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

Valeurs culturelles et sociales


Le réseau des aires protégées en RDC inclut des terres et des ressources vecteurs
de multiples valeurs sociales et culturelles de nombreux groupes humains. La
reconnaissance de ces valeurs et l’implication des droits des peuples autochtones
et des communautés locales dans la conception et la gestion des aires protégées est
primordiale du point de vue des droits de l’homme et de la durabilité des mesures
de conservation. Cela est d’autant plus pertinent que de nombreuses aires protégées
en RDC ont été créées à un moment où les droits des peuples autochtones et des
communautés locales n’ont pas été considérés de manière systématique. De plus, de
nombreux types d’aires protégées restreignent l’accès aux ressources et les droits
d’usage.

De nombreux peuples autochtones et communautés locales installés au sein des aires


protégées existantes en RDC, et/ou dans leurs périphéries, dépendent de l’accès aux
ressources pour assurer leur sécurité alimentaire et leur subsistance. Les données
collectées par le PARAP lors des évaluations des sites montrent que les valeurs
d’usage directes et de consommation relatives à de nombreuses aires protégées
comprennent les valeurs liées à l’approvisionnement en services : gibier et poissons,
autres produits forestiers non ligneux, bois, eau, agriculture et subsistance. Elles
montrent également que les pratiques non durables ont un impact négatif sur un
grand nombre de ces valeurs d’usage et sur les objectifs de conservation. Pour cette
raison, il est impératif que les gestionnaires des aires protégées trouvent les moyens
d’équilibrer et d’intégrer les bénéfices à long terme des aires protégées et les besoins
immédiats et aspirations des peuples et communautés indigènes. Les emplois et
le tourisme comptent parmi les valeurs non consommatrices de certaines aires
protégées. D’autres travaux de recherche sont nécessaires afin d’identifier de manière
systématique et de mieux quantifier les valeurs socio-économiques de ces services à
travers le réseau des aires protégées afin de mieux en tenir compte.

Dans un grand nombre d’aires protégées en RDC, les données sur le patrimoine
culturel et spirituel ainsi que sur les menaces le concernant n’ont pas été
documentées. Il reste important de s’assurer que ces valeurs des peuples autochtones
et des communautés locales soient entièrement reconnues et prises en considération
lors de la planification et de la gestion des aires protégées.

Aujourd’hui, le processus juridique pour la mise en place des aires protégées en RDC
requiert un processus de consultation publique. Les mécanismes pour la consultation
régulière des parties prenantes locales ont également été mis en place dans quelques
aires protégées. Le degré auquel ces mécanismes arrivent à assurer la représentation
de toutes les parties prenantes et à opérer efficacement est variable. De plus, le
cadre légal permet que la gestion des aires protégées soit partagée ou transférée à
d’autres entités juridiques, y compris celles potentiellement développées par des
communautés locales. Enfin, le Code forestier reconnaît la possibilité d’établir une
forêt communautaire qui répondrait aux critères définissant une aire protégée.

page 116 │ Chapitre 4


Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

La gestion du réseau
L’atteinte de résultats durables de conservation de la biodiversité fonde la création des
aires protégées et de leur réseau. Le maintien des valeurs naturelles pour lesquelles
elles ont été désignées consacre alors leur succès comme outils de gestion. Parvenir
à une gestion efficace est cependant ardu. Cela requiert notamment d’adopter des
objectifs de gestion et des systèmes de gouvernance appropriés, de disposer de
capacités techniques et financières adéquates et de recourir à des stratégies de
gestion, et à des modalités de mise en œuvre adaptées.

L’ICCN est l’organisme en charge de la gestion des aires protégées in et ex situ en


RDC. Établissement public à caractère scientifique et technique sous la tutelle du
ministre ayant la conservation de la nature dans ses attributions, le ministre de
l’Environnement et du développement durable, l’ICCN jouit d’une personnalité
juridique propre avec une autonomie de gestion financière et administrative.

L’ICCN compte de l’ordre de 2 500 agents, dont environ 50 % sont des écogardes.
Le niveau de formation des agents est très hétérogène. Si la majorité du personnel
est déployée sur le terrain, seules quelques dizaines d’aires protégées disposent
actuellement d’une équipe de gestion. Elles sont alors dirigées par des conservateurs.

Des stratégies ont été élaborées pour orienter la gestion des aires protégées et des
outils visant à planifier, superviser, suivre et évaluer les actions sont disponibles.
Certaines aires protégées disposent d’un comité de coordination du site (CoCoSi).
Il s’agit d’une plateforme locale mobilisée de façon régulière par l’équipe de gestion
afin d’organiser la coordination, la planification et le suivi-évaluation des activités de
gestion de façon participative avec les communautés locales et peuples autochtones
riverains. Les communautés locales, organisées en comités et conseils, sont également
associées. Enfin, une plateforme nationale, la Coalition pour la Conservation au
Congo (CoCoCongo), se réunit en principe sur une base annuelle, et rassemble
l’ensemble des acteurs du secteur dans le but d’échanger sur les enjeux et défis
auxquels les aires protégées sont confrontées et d’identifier ainsi des mesures de
renforcement de leur gestion.

L’ICCN a développé des partenariats avec une quarantaine d’institutions et


organisations nationales et internationales. Indispensables au renforcement de
ses moyens techniques, scientifiques et financiers, leur champ d’action concerne
principalement les parcs nationaux, les diverses aires protégées attenantes lorsqu’elles
existent, et certaines réserves naturelles.

Certains partenaires techniques de l’ICCN interviennent dans le cadre de délégations


de gestion. Les mécanismes mobilisés revêtent différentes formes. Certains
répondent aux critères d’une gestion dite collaborative : l’autorité décisionnelle et la
responsabilité de gestion sont confiées au partenaire, qui est tenu d’informer ou de
consulter les autres acteurs. D’autres s’inscrivent dans une gestion de type conjointe,
au travers de laquelle différents acteurs siègent au sein d’un organe doté de l’autorité
décisionnelle tandis que la responsabilité de gestion est confiée au partenaire.

La dotation financière annuelle allouée à la gestion des aires protégées est largement
dépendante des engagements des bailleurs de fonds internationaux. Leurs
contributions comptent généralement pour plus de 80 % du montant total des besoins
budgétaires, les financements complémentaires provenant de l’État et de l’ICCN. Cette
dépendance induit une variation des montants annuels octroyés, estimés récemment
à plus de 30 millions de dollars américains. Un processus est en cours pour établir
un fonds fiduciaire dédié au financement pérenne d’activités de gestion dans les
aires protégées, principalement celles inscrites sur la Liste du patrimoine mondial.

Chapitre 4 │ page 117


Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

La majorité des ressources financières aujourd’hui disponibles sont concentrées sur


l’appui à une dizaine de sites.

La plupart des aires protégées ne disposent donc pas de ressources adéquates, voire
ne disposent d’aucune ressource pour leur gestion.

En dépit des investissements de l’ICCN et de ses partenaires dans une poignée d’aires
protégées, le réseau est loin d’atteindre ses objectifs. Insérées au sein d’un contexte
socio-économique qui a profondément évolué depuis leur création, la majorité des
aires protégées ne dispose pas des ressources techniques et financières nécessaires
à l’établissement d’une gestion effective. Certaines sont également affectées par
l’insécurité.

Le renforcement de la collaboration interinstitutionnelle et intersectorielle, la


poursuite des efforts de priorisation des entités pour les investissements sur la base
de connaissance à jour sur les cibles de conservation, le développement de systèmes
de gouvernance appropriés et de modes de gestion innovants, et le renforcement des
capacités pour une gestion à long terme sont parmi les actions clés à entreprendre
pour améliorer l’efficacité de gestion du réseau des aires protégées. Les récentes
évolutions juridiques favorisent des démarches innovantes pour la création et la
gestion d’aires protégées, au travers notamment du rôle accru que les communautés
locales, les provinces et entités territoriales décentralisées, et le secteur privé sont
amenés à jouer.

page 118 │ Chapitre 4


Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

Chapitre 4 │ page 119


Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

Chapitre 5
Aller de l’avant
Un contexte changeant
Le développement des aires protégées en RDC s’inscrit au sein d’un processus historique dense, ponctué de périodes
au cours desquelles la conservation de la nature fut promue en politique publique de premier plan. Dédiées de façon
quasi exclusive à la conservation et à la gestion de la grande faune et de son habitat, les aires protégées furent créées
en très grand nombre, principalement au cours du XXe siècle.

Depuis lors, le contexte a considérablement évolué. Une forte croissance démographique, une demande nationale
et internationale toujours plus soutenue pour les ressources naturelles sont parmi les facteurs conduisant à
l’extension et à l’intensification des pratiques extractives non durables, souvent illégales, au sein des aires protégées.
L’insuffisance des capacités de gestion des pouvoirs publics, ainsi que la récurrence depuis plus de deux décennies
de conflits armés dans certaines régions, constituent en outre de très forts obstacles à la mise en place de systèmes
de gestion adaptés.

Face à ces multiples défis, et reconnaissant que la satisfaction des besoins primaires de la communauté nationale,
ainsi que son aspiration à un développement économique, ne peuvent être dissociés de la gestion durable de la
biodiversité, l’État congolais a fait de la consolidation et de l‘extension de son réseau des aires protégées l’un des
éléments programmatiques clés pour l’atteinte de l’émergence à l’horizon 2030.

Les aires protégées et leur réseau aujourd’hui


Les investissements portés par l’ICCN et ses partenaires ont permis à de nombreuses aires protégées de se
maintenir, et dans certains cas de renforcer leur efficacité de gestion. Une dizaine d’aires protégées disposent
des capacités techniques et financières significatives pour relever les défis auxquels elles font face. Certaines sont
reconnues sur le plan international, grâce aux valeurs universelles qu’elles portent. Par ailleurs, le rôle central que
jouent les aires protégées dans le maintien des services d’approvisionnement rendus par les écosystèmes et dont
les populations riveraines dépendent, fait l’objet d’une reconnaissance et d’investissements croissants visant à les
valoriser. Il s’agit d’en faire des leviers de développement et ainsi susciter une plus grande adhésion des parties
prenantes à la gestion de ces espaces.

Cependant, la conception d’un grand nombre d’aires protégées constituant aujourd’hui le réseau est obsolète.
La disparition des cibles de conservation identifiées lors de la création de ces entités, la fragmentation de leurs
écosystèmes, la forte anthropisation d’une part significative de leur superficie, un mode de gouvernance inadapté
ou encore l’absence de ressources pour la gestion, sont autant d’éléments qui appellent à leur refonte, voire à leur
déclassement dans certains cas. Seule la mise en œuvre de ce processus de consolidation permettra l’élaboration de
stratégies adaptées de mobilisation des ressources et ainsi d’envisager un maintien des valeurs naturelles encore
présentes.

Certaines zones, localisées en dehors des aires protégées existantes, présentent encore aujourd’hui un potentiel
biologique de premier plan, couvrant un large spectre de valeurs naturelles. Les opportunités offertes par les
récentes évolutions juridiques en matière de gouvernance et de gestion permettent d’envisager, au sein de ces
espaces, la création de modèles innovants d’aires protégées, dans le respect des droits des populations riveraines,
susceptibles de répondre efficacement aux enjeux écologiques et socioéconomiques qui les caractérisent.

Le vaste assemblage composite d’aires protégées formant le réseau actuel est vulnérable. La conception fragile
d’un grand nombre d’entités qui le constituent, leurs activités de gestion restreintes à certaines d’entre elles et
une coordination intersectorielle insuffisante, sont parmi les faiblesses menaçant la viabilité du réseau. De par
la superficie qu’il couvre et les écosystèmes qu’il renferme, et grâce aux investissements portés par l’ICCN et ses
partenaires, le réseau est fondamental pour la préservation de la biodiversité unique du pays et le maintien de
services environnementaux dont les populations riveraines, la RDC et la communauté mondiale dans son ensemble
dépendent.

page 120 │ Chapitre 5


Le
Le réseau
réseau des
des aires
aires protégées
protégées de
de la
la République
République démocratique
démocratique du
du Congo
Congo

Chapitre 5 │ page 121


Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

Perspectives et recommandations
Les défis auxquels fait face le réseau des aires protégées sont colossaux. Assurer
la consolidation de la gouvernance et de la gestion des aires protégées au sein d’un
réseau étendu et fonctionnel, dont le principal objectif sur le long terme est de
préserver la biodiversité tout en garantissant une contribution positive tangible de
celle-ci aux objectifs de lutte contre la pauvreté et de développement durable, est
une entreprise titanesque mais indispensable. L’enjeu est de taille, puisqu’il s’agit
de contribuer à asseoir le capital naturel comme l’un des piliers de l’émergence
économique du pays.

Dans un contexte où les ressources sont limitées, la consolidation et l‘extension du


réseau des aires protégées de la RDC demande le développement d’une approche
robuste. Celle-ci devra mobiliser la communauté nationale dans son ensemble,
organiser les interventions selon le court, le moyen et le long terme, définir des
priorités et assurer l’allocation de moyens adéquats.

Pour y parvenir, il est essentiel d’examiner avec égard un certain nombre de


considérations :

• L’accroissement de l’engagement de l’État et de ses moyens, le renforcement de


la collaboration interinstitutionnelle, le développement de partenariats innovants
et la valorisation des ressources humaines de l’ICCN sont des conditions cadres
essentielles pour une amélioration systémique de l’efficacité de gestion des aires
protégées et de leur réseau. En outre, le règlement de crises sécuritaires en cours
dans certaines régions est également fondamental pour de nombreuses aires
protégées.
• La prise en compte systématique du réseau des aires protégées dans les différents
processus de planification sectoriels et intersectoriels est primordiale. C’est en
particulier le cas en ce qui concerne l’aménagement du territoire, outil qui doit
permettre de renforcer le réseau face aux pressions croissantes sur l’utilisation des
terres et de leurs ressources.
• La conservation des espèces de faune et de flore menacées de la RDC repose
aujourd’hui en grande partie sur les aires protégées. Le prélèvement illégal de
certaines d’entre elles pour leur commerce est souvent opéré par des réseaux
criminels aux capacités avérées. Le renforcement de l’application de la loi, au
travers de la lutte anti-braconnage et du contrôle des trafics, est donc une priorité
pour assurer le maintien de ces espèces souvent emblématiques. La menace
représentée par l’exploitation illégale de certaines ressources, comme les minerais
ou encore le charbon de bois, s’inscrit également pour certaines aires protégées
dans des logiques criminelles et sécuritaires.
• Une refonte de la réglementation sur la chasse est à entreprendre urgemment.
Certaines considérations d’ordre écologique et social sous-tendant au cadre
en vigueur, élaboré il y a trente-cinq ans et en grande partie inapplicable, sont
remises en cause. Le manque de pertinence et la totale inefficacité de cette
réglementation contrarient les efforts de conservation et de gestion durable de la
faune.
• Le rôle joué par les aires protégées dans le maintien des services
environnementaux doit être mieux évalué puis intégré dans les différents
processus de planification. Il s’agit notamment des services d’approvisionnement,
supports aux stratégies de sécurité alimentaire, et de régulation, concernant en
particulier l’eau et le climat. Leur prise en compte au niveau local, en s’appuyant
sur les opportunités offertes en matière de gouvernance dans le cadre de la
décentralisation, est l’occasion de rénover le dialogue avec l’ensemble des
parties prenantes. Les communautés locales et le secteur privé sont concernés

page 122 │ Chapitre 5


Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

au premier chef. L’objectif est alors de renforcer la gouvernance, l’adéquation


des réglementations et les règles de partage des bénéfices. Au niveau national, il
s’agit d’informer les mécanismes de prise de décision à propos des aires protégées
et de leur réseau, et ce afin d’assurer leur véritable inclusion dans les politiques,
stratégies et plans intersectoriels de développement. Enfin, la mobilisation de
mécanismes de financement innovants, au travers de la valorisation de ces services
en particulier, doit permettre à la RDC d’accroître ses ressources pour la gestion
de son réseau des aires protégées.
• La diversité des types de gouvernance, aujourd’hui mobilisables grâce aux récentes
évolutions juridiques, offre des opportunités concernant le développement
d’aires protégées efficaces pour fournir des résultats durables de conservation
et des bénéfices pour les modes de vie locaux, tout en respectant les droits des
populations riveraines. Des investissements dans des expériences pilotes à
l’échelle sont requis. Le respect de principes de bonne gouvernance est un facteur
clé pour la réussite de cette entreprise capitale pour le futur du réseau des aires
protégées.
• Les stratégies et normes dédiées à la conservation de la biodiversité à l’extérieur
du réseau des aires protégées doivent être développées et des ressources
mobilisées. Le processus d’aménagement forestier durable concernant les forêts
allouées à l’exploitation pour le bois d‘œuvre est à relever à ce titre : des mesures
portées par les opérateurs privés sont mises en place pour assurer le maintien du
couvert forestier, la gestion de la faune et la protection de la biodiversité.

Chapitre 5 │ page 123


Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

En complément de ces considérations d’ordre général, des actions concrètes pourraient


être prises en compte pour la consolidation du réseau, dans le cadre de la seconde
phase restant à définir. Il s’agit de :

• Définir un arrangement institutionnel permettant de renforcer efficacement le


capital humain intervenant au sein du réseau des aires protégées.
• Établir un comité national de pilotage rassemblant les parties prenantes clés dans
le but d’orienter et de coordonner les interventions à l’échelle du réseau des aires
protégées.
• Produire le plan stratégique du réseau des aires protégées, en assurant
notamment :
-- L’identification des éléments locaux de la biodiversité du réseau et des lacunes
de représentation et de gestion associées,
-- La finalisation du tableau de bord de Principes, Critères et Indicateurs
mesurant la performance du réseau des aires protégées,
-- La formulation d’objectifs opérationnels guidant la consolidation et l’extension,
-- La révision des catégories de gestion des aires protégées et l’assignation des
catégories UICN,
-- La validation de la carte officielle du réseau des aires protégées.
• Mettre en œuvre les plans d’actions prioritaires pour les sites évalués par le
PARAP, et ce au travers notamment de la mobilisation des types innovants de
gouvernance et dans certains cas de processus visant à redéfinir les objectifs, la
catégorie de gestion et les limites des aires protégées.
• Prioriser puis traiter au travers de moyens juridiques les inconsistances et
incohérences identifiées dans les textes de classement d’aires protégées.
• Mettre en place un cadre intersectoriel et interinstitutionnel dans le but de traiter
les superpositions des différents cadastres avec les aires protégées.
• Conduire des évaluations dans les zones prioritaires pour la conservation de la
biodiversité non couvertes dans le cadre de la première phase du programme.
• Établir les listes rouges nationales pour les espèces de faune et de flore, puis mettre
à jour les listes nationales réglementaires de protection correspondantes.
• Entreprendre une identification systématique des zones clés pour la biodiversité
(Key Biodiversity Area, KBA), en veillant à prendre en compte des variables
relatives au climat et à ses évolutions.
• Assurer l’opérationnalisation du système d’aide à la décision (Decision Support
System, DSS) pour la planification et la gestion du réseau, ainsi que l’application
d’outils standardisés, dans le but de conduire le processus de consolidation
du réseau.

page 124 │ Chapitre 5


Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

Annexe 1 : Aires protégées de RDC


Domaine de chasse de Bili-Uéré DCRBU 1974 3273280 Domaine de chasse
réservée
Domaine de chasse de Bombo-Lumene DCRBL 1968 250734 Domaine de chasse
réservée
Domaine de chasse de Bushimaie DCRBM 1958 261937 Domaine de chasse
réservée
Domaine de chasse de Fizi DCFI 1953 86251 Domaine de chasse
réservée
Domaine de chasse de Gangala na DCRGB 1958 386233 Domaine de chasse
Bodio réservée
Domaine de chasse de Kiziba-Baluba DCKB 2006 11388 Domaine de chasse
Domaine de chasse de la Basse-Kando DCBK 2006 57308 Domaine de chasse
Domaine de chasse de la Maika DCMA 1951 42103 Domaine de chasse
Domaine de chasse de Luama Katanga DCLKT 2011 230300 Domaine de chasse /
Réserve naturelle
Domaine de chasse de Luama Kivu DCLKV 1954 201837 Domaine de chasse
réservée
Domaine de chasse de Mangai DCHM 1944 1194844 Domaine de chasse
Domaine de chasse de Mulumbu DCRML 1957 62860 Domaine de chasse
réservée
Domaine de chasse de Rutshuru DCRU 1953 66550 Domaine de chasse
réservée
Domaine de chasse de Swa-Kibula DRCSK 2006 722765 Domaine et réserve de
chasse
Domaine de chasse des Azande DCRAZ 1951 389097 Domaine de chasse
réservé
Domaine de chasse des Mondo-Missa DCRMM 1974 183184 Domaine de chasse
réservée
Domaine de chasse des Watalinga DCRWT 1955 Inconnue Domaine de chasse
réservée
Domaine de chasse d'Oshwe DCOW 2004 1692435 Domaine de chasse
réservé
Domaine de chasse du Lac Tshangalele DCRLT 1955 38654 Domaine de chasse
réservée
Domaine de chasse du plateau des DCRPK 1953 161529 Domaine de chasse
Kundelungu réservée
Domaine de chasse du Ruwenzori DCRW 1955 Inconnue Domaine de chasse
réservée
Domaine de chasse en territoire de DCRGU 1952 136555 Domaine de chasse
Gungu réservée
Domaine de chasse réservée de Lubudi- DCRLS 1957 1383501 Domaine de chasse
Sampwe réservée
Domaine des Mwene Kay DCPRK 1954 4996 Domaine de chasse et de
pêche réservées
Domaine des Mwene Musoma DCPRS 1954 11908 Domaine de chasse et de
pêche réservées
Parc national de la Garamba PNG 1938 512401 Réserve naturelle
intégrale
Parc national de la Lomami PNL 2016 887522 Inconnue

Annexe │ page 125


Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

Domaine de chasse de Bili-Uéré DCRBU 1974 3273280 Domaine de chasse


réservée
Parc national de la Maiko PNM 1970 1052867 Réserve naturelle
intégrale
Parc national de la Salonga PNS 1970 3336813 Réserve naturelle
intégrale
Parc national de l'Upemba PNU 1975 974185 Réserve naturelle
intégrale
Parc national de l'Upemba PNU (ZA) 1975 276354 Zone annexe
Parc national des Kundelungu PNK 1975 243743 Réserve naturelle
intégrale
Parc national des Kundelungu PNK (ZA) 1975 572767 Zone annexe
Parc national des Virunga PNVi 1934 782652 Réserve naturelle
intégrale
Parc National du Kahuzi-Biega PNKB 1970 673082 Réserve naturelle
intégrale
Parc Président Mobutu PM 1983 3424 Réserve naturelle
intégrale
Refuge à Éléphants en Territoire de DCRKA 1959 136645 Domaine de chasse
Kaniama réservée
Réserve communautaire des bonobos RCOBI 2012 103000 Forêt classée
d'Iyondji
Réserve de biosphère de Lufira RBLF 1982 69544 Réserve de biosphère
Réserve de biosphère de Luki RBLK 1976 33567 Réserve de biosphère
Réserve de biosphère de Yangambi RBYA 1976 229530 Réserve de biosphère
Réserve de Butahu-Hululu RCBH 1950 Inconnue Inconnue
Réserve de chasse de Bushimaie (Bloc RCBM (A) 1939 10183 Réserve totale de chasse
A)
Réserve de chasse de Bushimaie (Bloc RCBM (B) 1947 83038 Réserve partielle de
B) chasse
Réserve de chasse de Bushimaie (Bloc RCBM (D) 1959 17498 Réserve partielle de
D) chasse
Réserve de chasse de Rubi-Télé DCRT 1930 1127370 Réserve de chasse
Réserve de chasse et de pêche du lac RCTLK 1955 29 Réserve totale de chasse
Kwada et partielle de pêche
Réserve de Faune à Okapis RFO 1992 1393958 Réserve naturelle
Réserve de faune de Kabobo RFK 2016 146785 Réserve de faune
Réserve de faune de Lomako-Yokokala RFLY 2006 362823 Réserve naturelle
Réserve de faune du Bomu RSBO 1974 1067102 Réserve spéciale
Réserve de faune et forestière de RCTKA 1949 Inconnue Réserve totale de chasse
Kalwazi
Réserve de totale de chasse de la Nsele RCTNS 1952 Inconnue Réserve totale de chasse
Réserve des primates de Kisimba-Ikobo RPKI 2006 97042 Réserve naturelle
Réserve intégrale de chasse de la RCIMU 1954 94319 Réserve intégrale de
Mufufya chasse
Réserve intégrale de chasse de RCITS 1954 100537 Réserve intégrale de
Tshikamba chasse
Réserve intégrale de chasse des Alunda RCIAT 1954 442301 Réserve intégrale de
et des Tutshokwe chasse
Réserve intégrale de flore dans l’île Idjwi RFIDJ 1941 Inconnue Réserve intégrale de flore
et certains ilôts

page 126 │ Annexe


Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

Domaine de chasse de Bili-Uéré DCRBU 1974 3273280 Domaine de chasse


réservée
Réserve intégrale de flore en territoire RFIBN 1947 Inconnue Réserve intégrale de flore
de Beni
Réserve intégrale de la faune et de la RFFIK 1950 Inconnue Réserve intégrale de
flore des iles Kifumbwe ou iles du New faune et de flore
York Herald
Réserve naturelle de bonobo de RNBK 2009 374090 Réserve naturelle
Kokolopori
Réserve naturelle de Ngandja RNN 2016 260960 Réserve naturelle
Réserve naturelle de Sarambwe RNS 2003 75802 Réserve naturelle
Réserve naturelle de Tayna RNT 2002 89968 Réserve naturelle
Réserve naturelle des mangroves (Parc RNM 1992 52333 Réserve naturelle
Marin)
Réserve naturelle d'Itombwe RNI 2006 571790 Réserve naturelle
Réserve naturelle du Sankuru RNSA 2007 2667017 Réserve naturelle
Réserve naturelle du triangle de la Ngiri RTN 2011 523506 Réserve naturelle
Réserve scientifique de la Luo RSL 1992 48016 Réserve scientifique
Réserve scientifique de Mabali RSM 1959 2363 Réserve scientifique
Réserve totale de chasse dans le district RCTKI 1938 748582 Réserve totale de chasse
de Kibali-Ituri
Réserve totale de chasse de Butahu- RCTBH 1953 Inconnue Réserve totale de chasse
Hululu
Réserve totale de chasse de Gungu RCTGU 1952 221841 Réserve totale de chasse
Réserve totale de chasse de Luama RCLKV 1935 160512 Réserve totale de chasse
Kivu
Réserve totale de chasse en territoire RCTEB 1940 Inconnue Réserve totale de chasse
d'Elisabethville
Réserve Tumba-Lediima RTL 2006 746269 Réserve naturelle
Réserve zoologique et forestière dans la RZFIH 1947 31626 Réserve intégrale
région des monts Homas zoologique et forestière
Réserve zoologique et forestière de la RZBL 1976 107252 Réserve zoologique et
Bombo-Lumene forestière
Réserve zoologique et forestière de la RZBL 1976 107252 Réserve zoologique et
Bombo-Lumene forestière

Annexe │ page 127


Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

Annexe 2 : Notes accompagnant la carte du réseau des aires protégées de RDC


Code Aire protégée Note
DCBK Domaine de chasse de la Basse-Kando L’arrêté n° 055/CAB/MIN/ECN-EF/2006 du 7 juillet 2006 ne fournit aucun
énoncé des limites légales. L'arrêté n° 52/48 du 27 mars 1957 dont il
porte révision désignait une réserve totale de chasse pour une durée
limitée à 5 ans.
DCHM Domaine de chasse de Mangai Le seul exemplaire disponible de l'arrêté n° 414/Agri du 3 juillet 1944
est une copie certifiée conforme datant de juillet 2007. Son contenu n’est
cependant pas organisé selon la norme utilisée dans les années 1940.
Sa véracité est donc sujette à caution.
DCKB Domaine de chasse de Kiziba-Baluba L’arrêté n° 054/CAB/MIN/ECN-EF/2006 du 7 juillet 2006 ne fournit aucun
énoncé des limites légales. En outre, l'arrêté n° 52/47 du 6 mai 1944
dont il porte révision est révisé par l'arrêté n° 552/24 du 18 février 1959
qui créait une réserve totale de chasse pour une durée limitée à 3 ans.
DCLKT Domaine de chasse de Luama Katanga L’arrêté n° 002/CAB/MIN/ECN-T/03/JEB/11 du 19 janvier 2011 fournit
un énoncé des limites légales partiellement cartographiable. Il apparaît
en outre que ces limites définissent une zone géographique nettement
distincte de celle décrite dans l'énoncé des limites de l'arrêté n° 52/36
du 15 avril 1954, texte dont l'arrêté de 2011 porte révision. La catégorie
de gestion promue dans le texte de 2011 est également confuse :
domaine de chasse et réserve naturelle. L'énoncé des limites retenu
pour la représentation cartographique de cette aire protégée est celui
reconnu par les acteurs de terrain, à savoir celui issu de l'arrêté n° 52/36
du 15 avril 1954.
DCRBL Domaine de chasse de Bombo-Lumene L’arrêté n° 040/CAB/MIN/ECNT/94 du 4 février 1994 déclasse une portion
de l’aire protégée désignée par l'arrêté n° 07 du 10 février 1968. Il en
fournit un énoncé des limites légales partiellement cartographiable.
DCRLS Domaine de chasse réservée de Lubudi- L'arrêté n° 5520/103 du 20 juin 1959, abrogeant trois textes antérieurs,
Sampwe fournit l'énoncé des limites légales aujourd'hui en vigueur. Sa
représentation cartographique se superpose à celles d'autres aires
protégées.
DCRLT Domaine de chasse du lac Tshangalele Il est vraisemblable que cette aire protégée soit celle désignée pour
inclusion dans le réseau du programme MAB et dénommée Réserve
de biosphère de la Lufira. L'absence de documentation légale quant à
cette dernière ne permet cependant pas de valider formellement cette
hypothèse.
DCRW Domaine de chasse du Ruwenzori La cartographie de l'énoncé des limites légales de cette aire protégée
n’a pas pu être réalisée.
DCRWT Domaine de chasse des Watalinga La cartographie de l'énoncé des limites légales de cette aire protégée
n’a pas pu être réalisée.
DRCSK Domaine de chasse de Swa-Kibula L'arrêté n° 056/CAB/MINI/ECN-EF/2006 du 8 décembre 2006 fournit un
énoncé des limites légales partiellement cartographiable. La catégorie
de gestion introduite dans le texte de 2006 est également confuse :
domaine et réserve de chasse.
DCRT Réserve de chasse de Rubi-Télé La cartographie de l’énoncé des limites légales de cette aire protégée
n’a pas pu être menée à son terme en l'absence de travaux de terrain.
La représentation cartographique présentée ici est donc inachevée.
RCBH Réserve de Butahu-Hululu La cartographie de l’énoncé des limites légales de cette aire protégée
n’a pas pu être réalisée.
RCTBH Réserve totale de chasse de Butahu- La cartographie de l’énoncé des limites légales de cette aire protégée
Hululu n’a pas pu être réalisée.
RCTEB Réserve totale de chasse en territoire La cartographie de l’énoncé des limites légales de cette aire protégée
d'Elisabethville n’a pas pu être réalisée.
RCTKA Réserve de faune et forestière de La cartographie de l’énoncé des limites légales de cette aire protégée
Kalwazi n’a pas pu être réalisée.
RCTNS Réserve de totale de chasse de la Nsele La cartographie de l’énoncé des limites légales de cette aire protégée
n’a pas pu être réalisée.

page 128 │ Annexe


Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

Code Aire protégée Note


RFFIK Réserve intégrale de la faune et La cartographie de l’énoncé des limites légales de cette aire protégée
de la flore des îles Kifumbwe ou îles n’a pas pu être réalisée.
du New York Herald
RFIBN Réserve intégrale de flore en territoire La cartographie de l’énoncé des limites légales de cette aire protégée
de Beni (Kivu) n’a pas pu être réalisée.
RFIDJ Réserve intégrale de flore dans l’île Idjwi La cartographie de l’énoncé des limites légales de cette aire protégée
et certains îlots n’a pas pu être réalisée.
RNN Réserve naturelle de Ngandja Le texte de classement de cette aire protégée n’a pas pu être obtenu.
RTL Réserve Tumba-Lediima L'arrêté n° 053/CAB/MIN/ECN-EF/2006 du 7 juilllet 2006 ne fournit aucun
énoncé des limites légales. La représentation cartographique retenue
pour cette aire protégée est celle reconnue par les acteurs de terrain.
RZFIH Réserve zoologique et forestière dans La désignation de la RZFIH s'organise comme suit : l’ordonnance n° 74
la région des monts Homas du 28 février 1947 crée la réserve et l'ordonnance n° 318 du 14 octobre
1947 modifie les limites définies précédemment. Ensuite, l’ordonnance
n° 52/256 du 19 juillet 1952 abroge l'ordonnance n° 74 du 28 février
1947. La validité actuelle du classement de cette aire protégée est donc
à examiner.
RBLF Réserve de biosphère de Lufira Il est vraisemblable que l’aire protégée désignée pour inclusion dans
le réseau du programme MAB, dénommée Réserve de biosphère de
la Lufira, soit le Domaine de chasse du lac Tshangalele. L’absence de
documentation légale traitant de la RBLF ne permet cependant pas de
valider formellement cette hypothèse. La représentation cartographique
retenue pour cette aire protégée est celle de l’ICCN.
RFK Réserve de faune de Kabobo La RFK a été désignée en 2016 au travers d'un arrêté provincial. Il
s’agit donc d'une aire protégée dite d'intérêt provincial au sens de la loi
n° 14/003. Il est prévu qu’une part significative de cette aire protégée soit
désignée ultérieurement en tant que parc national (i.e. réserve naturelle
intégrale). C'est cette catégorie qui a été provisoirement retenue.

Annexe │ page 129


Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo

Bibliographie
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Annexe │ page 131


Partenaires de mise en œuvre du programme

Bailleurs de fonds du programme

FONDS POUR L’ENVIR


FONDS POUR L’ENVIRONNEMENTPMONDIAL OUR IN VESTIR DANS
P O UFONDS
R I N V E SPOUR
T I R D AL’ENVIRONNEMENT
N S N O T R E P L A N È T E MONDIAL
POUR INVESTIR DANS NOTRE PLANÈTE

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