Évaluation des aires protégées en RDC
Évaluation des aires protégées en RDC
PROTÉGÉES DE LA RÉPUBLIQUE
DÉMOCRATIQUE DU CONGO
Évaluation pour sa consolidation
et son extension
Publié par : ICCN et WWF Crédits photos (listés de haut en bas et de gauche
à droite) :
Auteurs : Cyril Pélissier, Paya de Marcken, Erwan Cherel et
Page de couverture : © Karine Aigner / WWF-US. p6 © Cyril
Jeff Mapilanga
Pélissier / PARAP. p7 © Erwan Cherel / PARAP. p9 © Erwan
* Cyril Pélissier occupait le poste de Conseiller technique Cherel / PARAP. p10-11 © Cody Pope / WWF DRC. p15 ©
principal du programme, Paya de Marcken celui de Conseiller Erwan Cherel / PARAP; © PARAP ; © PARAP ; © Erwan
technique en planification de la conservation et Erwan Cherel Cherel / PARAP. p17 © Thomas Nicolon / WWF DRC. p21 ©
était l›Assistant technique en charge travaux de terrain. Jeff Erwan Cherel / PARAP. p25 © Erwan Cherel / PARAP. p27
Mapilanga est le Directeur technique et scientifique de l’ICCN. © PARAP ; © Cyril Pélissier / PARAP. p28 © Erwan Cherel
Remerciements : / PARAP. p31 © PARAP ; © PARAP. p36 © Boniface Ilunga
Ce programme n’aurait pas pu être réalisé sans le leadership / PARAP ; © Boniface Ilunga / PARAP. p39 © PARAP ; ©
de la direction de l’ICCN: Cosma Wilungula Balongelwa, Erwan Cherel / PARAP. p40 © Erwan Cherel / PARAP. pg41
Directeur général; Jean-Joseph Mapilanga wa Tsaramu, © Erwan Cherel / PARAP ; © Erwan Cherel / PARAP. p44
Directeur technique et scientifique; Benjamin Ebuela © Erwan Cherel / PARAP. p46 © Menard Mbende / PARAP.
Balongelwa, Directeur de la planification et coopération p49 © Brent Stirton / Reportage for Getty Images / WWF.
internationale; Benoit Kisuki Mathe, Directeur de l’audit; p50 © PJ Stephenson / WWF ; © Karine Aigner / WWF-US.
Henry Mbale Kunzi, Directeur scientifique. p55 © Equipe faune / PARAP ; © Camera trap / PARAP ;
© Camera trap / PARAP ; © Camera trap / PARAP. p57 ©
L’enthousiasme, le professionnalisme et l’engagement fournis Thomas Nicolon / WWF DRC. p59 © Cyril Pélissier / PARAP.
par l’ensemble de l’équipe PARAP ont joué un rôle clé dans sa p60 © Equipe faune / PARAP ; © Camera trap / PARAP .
réussite: Marc Kabunda, Conseiller technique aires protégées p61 © Camera trap / PARAP ; © Camera trap / PARAP. p65
senior; Omari Ilambu, Conseiller technique aires protégées © Erwan Cherel / PARAP ; © Erwan Cherel / PARAP. p69 ©
senior; Menard Mbende, Assistant technique inventaires PARAP ; © Cyril Pélissier / PARAP p73 © Thomas Nicolon /
biologiques; Elise Queslin, Assistante technique planification WWF DRC ; © Brent Stirton / Reportage for Getty Images /
de la conservation et partenariats; Marcel Chiringa, Chargé WWF. p74 © Victoire Batumike / WWF DRC. p78 © PARAP
des opérations; Gabriel Kitengie Matshimba, Coordonnateur ; © Erwan Cherel / PARAP. p79 © PARAP. p80 © Thomas
inventaire botanique; Chrysostome Vyahavwa, Coordonateur Nicolon / WWF DRC. p84 © Karine Aigner / WWF-US ;
inventaires faune; Boniface Ilunga, Coordonnateur enquêtes © Thomas Nicolon / WWF DRC. p92 © Boniface Ilunga /
socio-économique; Delphin Nganzi Nganzi, Chef d’équipe PARAP. p93 © PARAP ; © PARAP. p95 © Cyril Pélissier /
socio-économique; Rubens Bongende, Chef d’équipe PARAP ; © Karine Aigner / WWF-US. p103 © Karine Aigner /
socioéconomique; Chrispin Kibambe, Chef d’équipe faune; WWF-US. p106 © Brent Stirton / Reportage for Getty Images
Bernard Ikembelo, Chef d’équipe faune; Dieu Merci Mpongo / WWF. p107 © Brent Stirton / Reportage for Getty Images /
Iyomi, Chef d’équipe faune; Papy Asanzi, Chef d’équipe WWF. p110 © Thomas Nicolon / WWF DRC. p116 © PARAP
faune; Samuel Matungila Bewa, Chef d’équipe faune; ; © PARAP ; © Erwan Cherel / PARAP. p118 ; © Karine
Simeon Dino S’haw, Chef d’équipe faune, Jacques Mukinzi Aigner / WWF-US. p119 © Thomas Nicolon / WWF DRC ; ©
Mulongesha, Chef d’équipe botanique; René Ngaka, Chef Brent Stirton / Reportage for Getty Images / WWF. p121 ©
d’équipe botanique; Boniface Landu Lukebakio, Consultant Brent Stirton / Reportage for Getty Images / WWF ; © Cyril
botaniste, Justin Asimonyio, Consultant botaniste; Jean- Pélissier / PARAP. p123 © Cody Pope / WWF DRC. p124 ©
Léon Kambale Katembo, Consultant botaniste; Jacques Erwan Cherel / PARAP. Dernière page extérieure : © Cyril
Kazadi, Agent comptable; Nana Tshika Mwambuyi, Assistante Pélissier / PARAP ; © Brent Stirton / Reportage for Getty
administrative; Jean Mutamba Ibondo, Chauffeur; Boniface Images / WWF ; © Karine Aigner / WWF-US.
Muntu, Magasinier.
Cartographie :
L’appui et les contributions des collègues du réseau WWF Les données de fond pour les cartes proviennent de la
ont été grandement appréciés: Allard Blom, Samantha Yeo, Référentiel Géographique Commun (2013).
Johannes Kirchgatter, Julia Barske et Aurelie Shapiro.
Décharge de responsabilité :
Citation : Le programme a été mise en oeuvre au travers d’un
Pélissier, C., de Marcken, P., Cherel, E., et Mapilanga, J. (2018). partenariat entre l’Institut Congolais pour la Conservation de
Le réseau des aires protégées de la République démocratique la Nature (ICCN) et le Fonds mondial pour la nature (WWF).
du Congo : Évaluation pour sa consolidation et son extension. Il a bénéficié de l’appui de multiples bailleurs de fonds. Ce
IUCN et WWF. 132 pp. programme fait partie de l’initiative internationale pour le
Contact : climat (IKI). Le Ministère fédéral de l’Environnement, de
Jeff Mapilanga, DTS, ICCN, jeffmapilanga@[Link] la Protection de la Nature et de la Sûreté nucléaire (BMU)
Menard Mbende, WWF DRC, mmbende@[Link] soutient cette initiative en vertu d’une décision du Parlement
Julia Barske, WWF Germany, [Link]@[Link] de la République fédérale d’Allemagne. Le programme a
également bénéficié du généreux soutien du peuple américain
Conception :
au travers de l’Agence des États-Unis pour le développement
Miller Design, UK
international (USAID). Le contenu de document est de la seule
Imprimé par : responsabilité du WWF et ne reflète pas nécessairement les
PieReg Druckcenter Berlin GmbH vues de l’USAID ou du Gouvernement des Etats-Unis.
sur 100 % papier recyclé.
LE RÉSEAU DES AIRES
PROTÉGÉES DE LA RÉPUBLIQUE
DÉMOCRATIQUE DU CONGO
Évaluation pour sa consolidation et
son extension
Bien qu’il reste certaines étapes à franchir pour l’atteinte du résultat final, le travail de
la phase 1 a été accompli grâce à l’engagement et au soutien dont ont bénéficié l’ICCN
et le WWF de la part des divers partenaires techniques et financiers, que je remercie
sincèrement.
Mon souhait le plus ardent est que les différents partenaires techniques et financiers
actuels et futurs ainsi que l’ensemble des acteurs de terrain puissent s’approprier la
présente monographie sur l’état des lieux de la gestion, du statut de conservation du
réseau des aires protégées et des zones prioritaires, afin de réhabiliter et de consolider
le réseau national.
page 4
Kf W Établissement de crédit pour la reconstruction de la République
fédérale d’Allemagne – Kreditanstalt für Wiederaufbau
km Kilomètre
km² Kilomètre carré
LC Préoccupation mineure – Least concern
LSM Exploitation minière industrielle à grande échelle – Large-scale mining
m Mètre
MAB Programme de l’UNESCO pour l’homme et la biosphère – Man and Biosphere
MEDD Ministre de l’environnement et du développement durable
MW Mégawatt
NASA Administration nationale de l’aéronautique et de l'espace –
National Aeronautic and Space Administration
NE Non évalué – Not evaluated
NT Quasi menacé – Near threatened
NORAD Agence norvégienne de coopération pour le développement
– Norwegian Agency for Development Cooperation
PAP Programme d’actions prioritaires
PARAP Programme d’appui au réseau des aires protégées
PgC Pétagramme de carbone – Petagram of carbon
RDC République démocratique du Congo
REDD Réduire les émissions de CO2 provenant de la déforestation et de la
dégradation des forêts – Reducing Emissions from
Deforestation and Forest Degradation
RFA République fédérale d’Allemagne
RGC Référentiel géographique commun
SIG Système d’information géographique
SNCB Stratégie nationale de conservation de la biodiversité
SYGIAP Système de gestion d’information pour les aires protégées
UMD Université du Maryland – University of Maryland
UNIKIS Université de Kisangani
USAID Agence des États-Unis pour le développement international –
United States Agency for International Development
USGS United States Geological Survey
VU Vulnérable – Vulnerable
WRI World Resources Institute
WWF Fonds mondial pour la nature – World Wide Fund for Nature
ZP Zone prioritaire
UICN Union internationale pour la conservation de la nature
ONG Organisation non gouvernementale
*Merci de noter que les codes désignant les aires protégées sont fournis en annexe 1.
page 5
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo
Chapitre 1
La République démocratique du Congo
La République démocratique du Congo (RDC) se trouve au cœur de l’Afrique et s’étend
sur plus de 2,3 millions de kilomètres carrés. Deuxième plus grand pays du continent
de par sa superficie, la RDC est frontalière avec neuf pays. La capitale, Kinshasa,
se trouve au bord du fleuve Congo, à l’ouest du pays. D’autres agglomérations sont
réparties au sein de son vaste territoire. En 2017, la population de la RDC était
estimée à plus de 81 millions d’habitants. Celle-ci continue à augmenter rapidement,
la RDC présentant l’un des plus forts taux de croissance démographique au monde.i
La RDC, le pays le plus riche du point de vue de la diversité biologique sur le continent
africain, est couverte d’une mosaïque d’écosystèmes qui comprennent notamment de
la forêt dense, des savanes, des zones humides, des montagnes et des volcans actifs. Il
comprend plus de 60 % des forêts du bassin du Congo, deuxième plus grand massif de
forêt tropicale humide de la planète. Au nord et au sud de la zone chaude et humide de
la forêt équatoriale, le climat de la RDC devient tropical. Les altitudes les plus élevées
du pays se rencontrent dans les chaînes montagneuses du rift Albertin d’Afrique
orientale. Ces écosystèmes constituent des habitats critiques vitaux pour un grand
nombre d’espèces menacées sur les plans national et international, et jouent un rôle
clé dans l’atténuation et l’adaptation aux changements climatiques. Ils contribuent
largement à la sécurité alimentaire nationale et aux moyens locaux de subsistance.
La majeure partie de la RDC est comprise dans le bassin formé par le fleuve Congo et
ses affluents. Le réseau des rivières et lacs représente 52 % des ressources d’Afrique
en eau de surface et offre un potentiel considérable pour le développement de l’énergie
[Link] Il forme également un réseau de voies de communication connectant
des régions aux infrastructures routières encore peu développées.
Bien qu’il soit considéré comme l’un des pays les plus riches du monde en ce qui
concerne ses ressources naturelles, en raison notamment de ses 24 trillions de
dollars en ressources minérales encore inexploitées,iii la RDC demeure un pays dont
le revenu figure parmi les plus bas du monde. En 2017, le revenu national brut par
habitant a été estimé par la Banque mondiale à 420 dollars. Selon le dernier indice
du développement humain (IDH) disponible, évalué sur la base de la mesure de
l’espérance de vie, des niveaux d’éducation et de revenu, la RDC figure au 176e rang
sur 188 pays.
page 6 │ Chapitre 1
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo
Carte 1
La République
démocratique du Congo
Chapitre 1 │ page 7
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo
420 $
1
Carbone
forestier
Population (2017)
Revenu national brut
par habitant (2016) 5 23, 3 ± 0,2GtC 6
43,5 % Population
10
renouvelable interne d’Afrique
urbaine
Mammifères Reptiles
(2017)
431
VILLES PRINCIPALES (2015) 15
>300 espèces
Kinshasa (11,6 millions hab.)
Lubumbashi (2 millions hab.)
espèces 13
Mbuji-Mayi (2 millions hab.)
dont 28 endémiques Kananga (1,2 million hab.)
dont 33 endémiques 14 Kisangani (1 million hab.)
34 en danger/danger critique 9 en danger/danger critique
Principales activités
économiques Oiseaux
Poissons
33 % industrie 21 % agriculture 1 100 espèces >900 espèces
dont 23 endémiques dont 94 en danger/danger critique
39 en danger/danger critique
16 46 % services 17
18
(valeur ajoutée,
en % du PIB 2016)
1. CIA, 2017. 2. CIA, 2017. 3. Saatchi et al., 2017. 4. United Nations, 2017. 5. La Banque Mondiale, 2017. 6. Saatchi et al., 2017. 7. Mittermeier et al., 1997 ; UICN, 2018. 8. PNUE, 2011a. 9. CIA, 2017 ;
United Nations, 2017. 10. La Banque Mondiale, 2008 ; PNUE, 2011b. 11. Mittermeier et al., 1997 ; UICN, 2018. 12. PNUD, 2016. 13. Mittermeier et al., 1997 ; UICN, 2018. 14. Mittermeier et al., 1997 ;
UICN, 2018. 15. CIA, 2017. 16. La Banque Mondiale, 2017. 17. Mittermeier et al., 1997 ; UICN, 2018. 18. Mittermeier et al., 1997 ; UICN, 2018.
page 8 │ Chapitre 1
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo
Chapitre 1 │ page 9
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo
Chapitre 2
Le Programme d’appui au réseau
des aires protégées (PARAP)
Qu’est-ce que le PARAP ?
Le Programme d’appui au réseau des aires protégées (PARAP) est une initiative
conjointe de l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN) et du
Fonds mondial pour la nature (WWF). L’objectif global du programme PARAP
est de soutenir la RDC dans l’atteinte de son objectif de conserver sa biodiversité
et de préserver les services essentiels fournis pas ses écosystèmes au travers du
développement d’un réseau des aires protégées efficacement et équitablement géré,
couvrant au moins 15 % du territoire national et contribuant aux stratégies nationales
de conservation de la biodiversité et de développement et de réduction de la pauvreté.
page 10 │ Chapitre 2
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo
L'ICCN a élaboré des stratégies pour orienter la gestion des aires protégées et
des outils visant à planifier, superviser, suivre et évaluer les interventions sont
disponibles. L’ICCN est engagé dans de multiples partenariats avec des institutions
et organisations nationales et internationales.
Chapitre 2 │ page 11
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo
Pourquoi le PARAP ?
Dans un contexte de forte croissance démographique nationale et de demande
internationale soutenue pour les matières premières, les ressources naturelles de la
RDC sont de plus en plus menacées. Leur exploitation non durable, la faiblesse des
cadres de coordination intersectoriels et l’insuffisance des capacités techniques et
financières de gestion contribuent notamment à une érosion irréversible du capital
naturel national. Renforcer les aires protégées existantes de RDC en un réseau
structuré, fonctionnel et étendu, est essentiel pour atténuer ces menaces, garantir la
conservation de la biodiversité et assurer une contribution positive tangible de celle-ci
aux objectifs de lutte contre la pauvreté et de développement.
Les aires protégées constituent le principal outil sur lequel les politiques publiques
congolaises se sont historiquement appuyées pour assurer la conservation et la
gestion durable du patrimoine naturel national. La notion de réseau, appréhendée
au travers de sa caractéristique élémentaire, une superficie totale sous protection
résultant de la somme des superficies unitaires des aires protégées le composant, est
également apparue comme un sujet d’intérêt public depuis plus d’une quarantaine
d’années.
page 12 │ Chapitre 2
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo
Les objectifs de superficie assignés au réseau par les décideurs sont colossaux. Celui-
ci, complété par d’autres mesures efficaces de conservation, devrait au moins couvrir
351 812 km², soit 15 % du territoire national, et pourrait s’étendre jusqu’à 398 720
km² si la cible des 17 % était atteinte.
Chapitre 2 │ page 13
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo
page 14 │ Chapitre 2
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo
Aperçu de la méthodologie
La méthodologie développée pour la première phase du programme PARAP vise donc
à produire un état des lieux de l’existant. Deux niveaux d’analyse ont été considérés
pour ce faire (Figure 2).
Figure 2
La phase d’évaluation
Entreprendre la phase
d’évaluation a impliqué la mise
en œuvre d’activités à différents
niveaux. Celles-ci ont généré
des informations à intégrer
et à analyser collectivement
dans le but d’informer
la consolidation du réseau.
Chapitre 2 │ page 15
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo
Au regard de l’étendue couverte par les écosystèmes naturels de RDC d’une part,
et d’autre part, des contraintes opérationnelles inhérentes au travail sur le terrain,
l’acquisition de connaissances traitant de systèmes écologiques et anthropiques
demande de disposer d’un processus d’identification et de priorisation des espaces à
étudier (Figure 3 et Carte 2).
Stratification n°1
Couverture du sol (1)
Figure 3
L’identification des sites
Stratification n°2
à évaluer Affectation des terres (2)
(1) Latham (2001) ;
Verheggen & Defourny
(2010) ; Potapov et al. Zones naturelles non
(2012). (2) WRI & MECNT allouées
Stratification n°4
Présence de partenaire(s)
technique(s) (4)
page 16 │ Chapitre 2
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo
R E S U L T S O F T H E N A T I O N A L S T R A T E G I C
E V A L U A T I O N O F B I O D I V E R S I T Y
I N T H E D E M O C R A T I C R E P U B L I C O F C O N G O
B et ween Novemb er 26-28, 2007, over eight y Nor t h :
exp er ts on the terrestrial and freshwater N 1 . D on g o - M ban z a
bio diversit y of the Demo cratic Republic of Congo N2 N 2 . N ord d e B osobol o
met in Kinshasa to under take a strategic N 3 . N ord Bu sin g a
bio diversit y assessment for DRC. For t y- one N4 N8 N 4 . R e se r ve d e l a B omu / D R C Bil i- U é l é
priorit y areas and 13 corridors were selec ted based N3 N9
on their biolo gic al values. A work ing group of N 5 . Basok o -Ak e t i
so cial scientists, NGO and indigenous organization Gemena N 6 . Yan g ambi
representatives also identified priorities for N 7 . Ban al ia e nt re L in d i e t Ar u w imi
consultation and protec ted area governance. This
N1 Isiro N 8 . An g o ( Bas U é l é )
map is the result of their work . N 9 . D u n g u -Wat sa G aramba
The workshop was organized by the M inistr y of the Bumba N10
N5 N11 N11 N 1 0 . Abian g ama
Environment and the I nstitut Congolais p our la C2 N12 N 1 1 . M ambasa-Wamba-Wat sa
Conser vation de la Nature (ICCN) with technic al
CONGO
N7 Bunia
and financial supp or t from World Wide Fund for N 1 2 . Fl an c d u L ac Al be r t
Nature/World Wildlife Fund ( W WF), the R AMSAR L4 N 1 3 . P N d e s Vir u n g as e t ex te n sion M t. Hoyo
Convention and the O bser vatoire S atellital des C1 N6 N13 N 1 4 . G ran d M aik o
Forêts d ’Afrique Centrale (OSFAC ). C3 Kisangani Beni N 1 5 . E x te n sion P N d e K ah u z i- Bie g a
C4
Butembo N 1 6 . Fore t d e Bu sh e ma
Priority for conservation Mbandaka N 1 7 . M an ie ma
N 1 8 . I tombwe
Very high L3 LUA
N14
L5 Ce nt ra l :
LA
High L6
BA
C 1 . N gir i - Tr ian g l e
L2 N15 C 2 . Cou r s moye n d u fle u ve Con g o e t l e s îl e s
Medium
N16 Goma
C5 C7 C 3 . I k e l e mba- B osomba- Lu l on g a
L1 C6 C 4 . Lomak o -Wamba
Corridor Bukavu C 5 . H inte r l an d Tu mba- M ai N d ombe
C 6 . S al on g a
Protected Area Kindu N17 N18 C 7 . S an k u r u - Lomami- Lu al aba
Uvira
Bandundu C 8 . Lu k e n ie - K asai
KASA
I
C8
KINSHASA L7
S ou t h :
Ilebo S5 S 1 . Forê t M aiombe
S8 S9 S 2 . M an grove e t Bas Con g o R apid e s e t Pool M al e bo
S1 S2 S3 L8 Kikwit S 3 . M aimpil i- B ombol u me n e
L10 S 4 . Kwan g o -Wamba
L9
Mbuji-Mayi S7 S8 Kalemie S 5 . M oye n K asai
Boma Matadi S 6 . R apid e s d e Tsh ik apa e t d e K an an g a
S6 S6 S10 S7. Gefu
S4 Gandagika S 8 . Lu k u g a-Tan g anyik a
S 9 . K abobo
S 1 0 . L ac Tan g anyik a Ce nt re
S11 S 1 1 . L ac Tan g anyik a S u d
S 1 2 . Hau t K asai
S 1 3 . M u st sh at sh a- S ak amia
Kamina
S 1 4 . U pe mba- Ku n d e l u n g u
S12
S 1 5 . Lu apu l a- M we r u
At the ninth meeting of the Conference of the Parties to the Convention on
Biological Diversity (COP 9):
S14 Corrid ors :
L12 S15 L 1 . Tu mba- S al on g a
The Democratic Republic of Congo announces, as part of the implementation of the CBD L11 L 2 . S al on g a- S an k u r u
Programme of Work on Protected Areas, its commitment to create 15 million hectares of Kolwezi L 3 . Lomak o -Wamba- S an k u r u
new protected areas to include: S12 L 4 . M ambasa-Vir u n g a
- A nation-wide consultation process inclusive of indigenous and traditional Likasi L 5 . M aik o - K ah u z i- Bie g a
communities conducted on the basis of free, prior informed consent; S13 L13 L 6 . Bu sh e ma- M aik o
- A broad set of protected areas governance types including indigenous and local Lubumbashi L 7 . Tan g anyik a- I tombwe
community conservation areas, in keeping with the CBD Programme of Work on L 8 . Popok abak a
Protected Areas; L 9 . Tsh ik apa- I l e bo
L 1 0 . K an an g a- M we k a
- No allocation of new extractive concessions in the priority areas highlighted on this
map until the consultative process and biological and socio-economic studies are L 1 1 . D il ol o - S an d oa
completed and protected area boundaries agreed upon. L 1 2 . Bia Lu al aba
L 1 3 . Lu fira
prepared by WWF-US May 2008
Chapitre 2 │ page 17
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo
Carte 2
Les zones identifiées
comme prioritaires
pour l’évaluation
de la biodiversité
Les zones ont été identifiées
au travers d’une analyse
mobilisant des données
spatiales et l’opinion
d’experts (Figure 3).
Kisangani
Goma
Bukavu
Kinshasa
Kananga
Mbuji-Mayi
Tshikapa
page 18 │ Chapitre 2
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo
Le programme PARAP a développé une approche adaptée pour l’évaluation des aires
protégées. La notion clé prise en compte est la conception (Encadré 3).
La vaste majorité des aires protégées de RDC a été créée il y a plusieurs décennies.
Le statut des valeurs biologiques les caractérisant, celui des menaces associées, ainsi
que d’une manière plus générale l’environnement social, économique et politique
dans lequel ces entités s’insèrent, a considérablement évolué. En outre, les aires
protégées prises en compte par le programme ne disposaient que de ressources
techniques et financières extrêmement limitées, voire inexistantes. Le développement
d’approches complètes de gestion s’avérait donc dans la plupart des cas irréalisable.
Dès lors, entreprendre une évaluation de l’efficacité de gestionvii pour toutes ces
entités ne paraissait pas pertinent. C’est la raison pour laquelle le programme s’est
attaché à évaluer la conception des aires protégées. Il convient cependant de relever
que, concernant l’évaluation de l’efficacité de gestion à proprement parler, PARAP a
participé avec l’ICCN au développement de l’outil intégré de planification et de suivi
de l’efficacité de gestion des aires protégées (IMET) de l’UICN et du Centre commun
de recherche de la Commission européenne (JRC).
Processus
Chapitre 2 │ page 19
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo
Figure 4
Le processus
d’évaluation de la
A Examen des critères UICN définissant une aire protégée
A.1 - A.2 - A.3 - A.4 - A.5 - A.6 - A.7 - A.8 - A.9 - A.10 - A.11
conception d’une aire
protégée développé
par le PARAP
B B.1
Le segment permet La (les) valeur(s)
Considérer Existe-t-il
d’examiner si l’aire initiale(s)
non le déclassement total non d’autre(s)
existe(nt)-elle(s)
protégée étudiée répond actuellement ?
de l’AP valeur(s) ?
B.2
Considérer une
Faut-il réviser reformulation de l’ (des)
non I’ (les) objectif(s) oui
objectif(s) premier(s)
premier(s) de de l’AP
gestion de l’AP ?
B.3
Cette zone utile Cette zone utile
Considérer une
est-elle compatible est-elle compatible
non redéfinition des non
avec la délimitation de avec la délimitation
limites de l’AP
l’AP ? de l’AP ?
oui oui
B.4
Considérer une
redéfinition de la La catégorie RDC de
non
catégorie RDC l’AP est-elle
de l’AP adaptée ?
oui
Quelle est la
catégorie UICN as-
signable à l’AP ?
B.5
Assurer que le mode
de gestion de l’AP
est adéquat
page 20 │ Chapitre 2
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo
Les protocoles employés pour la collecte d’informations au sein des zones prioritaires
pour la conservation de la biodiversité en RDC ont été adaptés dans le but d’évaluer de
façon standard et systématique le potentiel des sites pour la création d’aires protégées.
Des analyses traitant de questions clés transversales ont été conduites. Impliquant
la participation d’une grande variété de parties prenantes, elles visaient à mieux
comprendre le rôle des aires protégées et favoriser leur prise en compte dans les
dialogues nationaux intersectoriels. L’atténuation au changement climatique, la
biodiversité des eaux douces, les interfaces avec les industries extractives et les
infrastructures, la décentralisation figuraient parmi les thèmes abordés.
Dans le but d’accroître les capacités des acteurs à l’échelon du réseau, le programme
a également élaboré des outils de planification et de gestion du réseau et organisé
des formations.
Chapitre 2 │ page 21
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo
Chapitre 3
La compréhension des enjeux de terrain
au travers des évaluations des sites
Dans le but de développer des recommandations sur la consolidation et l’expansion
du réseau des aires protégées, le programme a bâti une équipe d’experts
multithématiques afin de conduire des évaluations sur un nombre limité de sites
importants pour la conservation de la biodiversité et à propos desquels pas, ou très
peu, d’informations étaient disponibles. Il s’agit d’aires protégées au sein desquelles
aucun partenaire n’intervient, voire ne disposant pas d’équipe de gestion. Des zones
non désignées, ou zones prioritaires, ont également été prises en compte. À l’issue de
cette phase de terrain, la conception des aires protégées visitées est évaluée, ainsi que
le potentiel de classement des zones prioritaires et des plans d’actions formulées. Les
résultats sont ensuite intégrés avec les informations issues des travaux concernant les
autres aires protégées, afin d’évaluer le réseau dans son ensemble.
52 425 km 2 101
Membres des Parcelles botaniques
communautés interviewés inventoriées
3 017 39
Distances couvertes
28 354 km En véhicule
d’évaluation.
7 838 km À pied
page 22 │ Chapitre 3
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo
Chapitre 3
La compréhension des enjeux de terrain
Carte 3 Carte 4
Vue d’ensemble des sites Les sites évalués par
évalués par le PARAP le PARAP.
Les sites à évaluer durant Les sites retenus pour les
aucun partenaire n’intervient, voire ne disposant pas d’équipe de gestion. Des zones établies dans le but de faciliter
la coordination des travaux Station ICCN
non désignées, ou zones prioritaires, ont également été prises en compte. À l’issue de de terrain. Chacune d’entre
cette phase de terrain, la conception des aires protégées visitées est évaluée, ainsi que elles comprend plusieurs sites
Capitale
le potentiel de classement des zones prioritaires et des plans d’actions formulées. Les à évaluer, des aires protégées
résultats sont ensuite intégrés avec les informations issues des travaux concernant les et/ou des zones prioritaires
Capitale provinciale
autres aires protégées, afin d’évaluer le réseau dans son ensemble. pour la conservation de la
biodiversité. Localité importante
Présentation des sites évalués et de l’effort entrepris Aire protégée évaluée par le PARAP
Aire protégée
Des aires protégées et des zones prioritaires à évaluer ont été sélectionnées. Il s’agit
Zone prioritaire localisée hors du
de sites importants pour la conservation de la biodiversité pour lesquels peu ou réseau des aires protégées et évaluées
pas d’informations sont aujourd’hui disponibles (Carte 3 et Carte 4). Des sites où par le PARAPTerritoire
intervient le WWF ont également été étudiés. L’effort mobilisé pour la conduite des Territoire
travaux fut conséquent (Figure 5). Provinces
52 425 km 2 101
Membres des Parcelles botaniques
communautés interviewés inventoriées
3 017 39
Aire protégée évaluée par le PARAP
Zone prioritaire localisée hors du réseau des aires
protégées et évaluées par le PARAP
Distances couvertes Zone identifiée comme potentiellement prioritaire
pour la conservation de la biodiversité
d’évaluation.
7 838 km À pied
Catégorie de gestion
Aires protégées Tableau 1
Année de Texte(s) juridique(s) (telle que définie dans le(s)
Présentation des aires
Vingt aires protégées ont été sélectionnées à l’aide du processus de stratification Aire protégée Code création Superficie (ha) Province(s) disponible(s) texte(s) juridique(s)) Présence de l’ICCN Nombre d’agents de l’ICCN
protégées évaluées
permettant d’identifier les sites importants pour la conservation de la biodiversité Note : La Réserve de chasse Parc Président
Ordonnance n° 83-110, 1983
PM 1983 3 417 Kinshasa Arrêté n° 1.440-0000029-85, Réserve naturelle intégrale oui 16
pour lesquels peu ou pas d’informations sont disponibles (Tableau 1). Ces entités de Bushimaie est formée Mobutu
1985
concernent huit provinces, toutes situées dans l’hémisphère austral. Les mosaïques de trois aires protégées
Domaine de
distinctes, désignées au Arrêté n° 07, 1968
chasse de Bombo- DCRBL 1968 250 505 Kinshasa Domaine de chasse réservée oui 26 (y compris RZBL)
forêt-savane ouest et sud-congolaises et le miombo zambézien du centre sont les travers de textes juridiques Lumene
Arrêté n° 040, 1994
principales écorégions terrestres couvertes par ces aires protégées. Près des trois différents. Elles sont Réserve
quarts ont été désignés avant l’indépendance. Deux aires protégées, parmi les cinq dénommées bloc A, bloc B zoologique et
RZBL 1976 107 147 Kinshasa Arrêté n° 00621, 1976 Réserve zoologique et forestière oui 26 (y compris DCRBL)
forestière de la
créées après 1960, ont en outre été conçues sur la base d’entités définies durant les et bloc D par l’équipe en Bombo-Lumene
années 1950. Plus de la moitié des aires protégées ont vu leur classement modifié place et considérées comme Domaine et réserve Arrêté n° 656, 1951
formant une entité unique de chasse de DRCSK 2006** 729 081 Kwango Arrêté n° 658, 1951 Domaine et réserve de chasse oui 26 + 44***
depuis leur désignation respective. Si les superficies couvertes sont très variables, de gestion. Une quatrième Swa-Kibula Arrêté n° 056, 2006
de quelques milliers d’hectares à plus d’un million, les deux tiers ont une superficie aire protégée constituait Domaine de
Arrêté n° 205, 1940
20 + 92*** (y compris RCHM,
DCHM 1944 1 192 883 Kwilu Arrêté n° 414, 1944 Domaine de chasse oui
comprise entre 100 000 et 500 000 hectares. Enfin, seize aires protégées forment six la réserve, le bloc C, mais chasse de Mangai
Arrêté n° 18, 1998
DCRGU et RCTGU)
ensembles de gestion ou complexes d’aires protégées. le texte la désignant a été Arrêté n° 205, 1940
abrogé à la fin des années Réserve à hippo- 20 + 92*** (y compris DCHM,
RCHM 1944 119 872 Kwilu Arrêté n° 414, 1944 Réserve à hippopotames oui
potames de Mangai DCRGU et RCTGU)
1950 (arrêté n° 52/83 bis Arrêté n° 18, 1998
du 18 avril 1958). Dans le Domaine de
DCRGU 1952 136 809 Kwilu Arrêté n° 52-326, 1952 Domaine de chasse réservée oui
20 + 92*** (y compris RCHM,
Zones prioritaires but de faciliter la lecture des
chasse de Gungu DCHM et RCTGU)
Domaine de
Arrêté n° 52-48, 1957
chasse de la Basse DCBK 2006* 58 951 Kinshasa Domaine de chasse oui 10 + 20***
Arrêté n° 055, 2006
Kando
Domaine de
Ordonnance n° 52-16, 1954
chasse de Luama DCLKV 1954 201 477 Maniema Domaine de chasse réservée oui 6 + 36*** (y compris RCLKV)
Ordonnance n° 52-342, 1956
Kivu
Arrêté n° 39, 1935
Réserve de chasse Arrêté n° 52-219, 1950
RCLKV 1935 160 334 Maniema Réserve totale de chasse oui 6 + 36*** (y compris DCLKV)
de Luama Kivu Arrêté n° 52-22, 1954
Arrêté n° 52-271, 1954
*Une réserve totale de chasse, dénommée Réserve totale de la Basse Kando, fut créée en 1957 au sein du
même espace géographique, mais pour une durée limitée à 5 ans.
**Une réserve totale de chasse et un domaine de chasse, respectivement dénommés la Réserve totale de
chasse de Swa-Kibula-Chutes et le Domaine de chasse réservée de l’entre Sefu-Kiongo, furent créés en 1951
au sein du même espace géographique. Les textes juridiques associés furent abrogés en 2006 lors de la créa-
tion du DRCSK.
***Agents non matriculés.
Catégorie de gestion
Texte(s) juridique(s) (telle que définie dans le(s)
disponible(s) texte(s) juridique(s)) Présence de l’ICCN Nombre d’agents de l’ICCN
Ordonnance n° 83-110, 1983
Arrêté n° 1.440-0000029-85, Réserve naturelle intégrale oui 16
1985
Chapitre 3 │ page 27
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo
Résultats
Configuration et gestion
La majeure partie des aires protégées évaluées ont été initialement créées dans le but
de gérer les ressources cynégétiques (Figure 6). La faune est également une cible clé
des entités non dédiées à l’organisation de la chasse. Les textes juridiques désignant
les vingt entités évaluées mobilisent dix catégories de gestion différentes (Figure
7). Certaines définissent cependant des cadres d’intervention similaires. C’est l’État
qui détient le pouvoir, l’autorité, la responsabilité et le devoir de rendre compte des
activités conduites en leur sein (Figure 7).
D’une manière générale, les aires protégées évaluées sont mal connues par
les populations riveraines respectives. Les limites ne sont pas décrites et les
réglementations en vigueur non comprises. L’existence de certaines aires protégées
ne disposant pas d’équipe de gestion sur place n’était pas connue des populations
résidentes. Si les communautés locales reconnaissent dans leur ensemble
l’importance de conserver et gérer durablement les ressources naturelles, les relations
qu’elles entretiennent avec les équipes de gestion sont généralement empreintes de
défiance et d’incompréhension.
Les travaux de cartographie entrepris par le programme ont significativement
amélioré la connaissance des limites des aires protégées évaluées (Carte 5 et Figure
9). Il s’agit d’une contribution essentielle à l’amélioration potentielle de leur gestion.
Suite à cette mise à jour de la cartographie de ces entités, il est possible d’évaluer
l’ampleur des superpositions des aires protégées par des carrés miniers et des titres
forestiers. Les aires protégées évaluées sont localisées en périphérie sud du massif de
forêts denses humides. Les espaces qu’elles couvrent ne sont donc pas concernés par
l’activité d’exploitation forestière industrielle. Dans les régions minières, le taux de
superposition des aires protégées évaluées avec les carrés miniers est variable. Dans
certains cas, il apparaît que l’implantation de ces derniers a tenu compte des données
SIG disponibles avant les travaux
du programme (Carte 5).
page 28 │ Chapitre 3
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo
Type de gouvernance
1 1
Figure 7 Gouvernance par le gouvernement (18)
Les catégories de gestion
et types de gouvernance des
2 Catégorie de gestion
2 2
aires protégées évaluées
Réserve naturelle intégrale (1)
Les catégories de gestion sont
celles définies dans les textes Réserve zoologique et forestière (1)
18
juridiques désignant les aires Réserve totale de chasse (2)
2
protégées évaluées. Celles-ci sont
Réserve intégrale de chasse (2)
caractérisées par un type unique
de gouvernance selon la typologie Réserve de chasse (1)
5
définie par la CDB et l’UICN.
1
Réserve à hippopotames (1)
Il s’agit de la gouvernance par
1 1
le gouvernement. Domaine et réserve de chasse (1)
Domaine de chasse réservée (5)
Domaine de chasse et de pêche
réservée (2)
Domaine de chasse (2)
Chapitre 3 │ page 29
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo
Carte 5
Les différentes représentations cartographiques
des aires protégées évaluées
Les données SIG disponibles antérieurement aux travaux
du PARAP sont issues de WRI (2013) pour l’ensemble des aires
protégées, à l’exception de celles relatives au DCRKA
qui proviennent de RGC (2013).
Représentation cartographique des aires protégées
selon les données SIG disponibles.
400 000
BL
L
SK
M
HM
U
BM
BM
S
KA
D K
R V
V
ZB
IA
IT
CB
K
LK
G
TG
CH
CR
RC
CR
CL
CP
CP
C
C
CR
C
C
CR
R
C
D
C
R
R
R
R
D
D
D
R
D
D
page 30 │ Chapitre 3
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo
Chapitre 3 │ page 31
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo
Contexte socio-économique
Les sites évalués s’inscrivent dans des contextes démographiques différenciés (Carte
6 et Figure 10). Si la plupart d’entre eux sont situés au sein de régions rurales, les
densités de population les caractérisant peuvent fortement varier. Certaines sont
relativement faibles, de l’ordre de 15 habitants/km², tandis que d’autres approchent
les 100 habitants/km². Des localités, en plus ou moins grand nombre, sont implantées
dans la quasi-totalité des aires protégées évaluées. La présence d’agglomérations
importantes, dans ou à proximité de certains sites étudiés, a été constatée. Certaines
aires protégées et leurs périphéries respectives comptent ainsi plusieurs centaines
de milliers d’habitants. Enfin, les entités localisées dans la province de Kinshasa se
distinguent par des environnements de type périurbain et urbain.
Des enquêtes ont été réalisées dans plus de 100 localités au sein des sites évalués,
associant près de 3000 acteurs locaux. Reposant sur l’organisation d’entretiens
semi-directifs avec différents groupes d’acteurs, elles visent à mieux comprendre
les interactions entre les communautés riveraines et les ressources naturelles et la
biodiversité. L’appréhension du rôle joué par le cadre de gestion en vigueur dans
chacun des sites, classés en aires protégées ou non, dans l’organisation de ces
interactions était également recherchée.
La totalité des ménages enquêtés dans chacun des sites sont engagés dans
l’agriculture. Les femmes constituent le groupe le plus impliqué dans la conduite des
activités ayant trait à ce domaine.
La cueillette des produits autres que le bois d’œuvre mobilise les ménages à différents
degrés selon les sites. Il s’agit d’une activité conduite aussi bien par les femmes que
par les hommes, et ce notamment en fonction du produit recherché.
page 32 │ Chapitre 3
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo
L
BL
HM
DC M
RC U
DC U
M
BM
DC S
DC S
A
ZP
Ub i ZP
ZP
RC V
so KV
K
DC K
BK
RB
IA
IT
PR
RK
LK
RS
PR
RG
TG
H
RB
données démographiques
RZ
L
DC
RC
DC
RC
RC
RC
gi
ng
DC
DC
DC
ng
an
No Pa
et géographiques relatives
Ka
territoriale déconcentrée)
concernés par chacune des Plus de 55 % des aires protégées sont localisées dans
entités étudiées. Il s’agit des régions relativement peuplées, avec des densités
donc d’une estimation moyennes supérieures à 100 habitants/km². Cinq aires
grossière ne permettant pas protégées s’inscrivent dans des contextes démographiques
d’appréhender la répartition plus favorables, avec des densités moyennes de
spatiale de la population, population de l’ordre de 15 habitants/km², voire moins.
notamment entre l’intérieur Les zones prioritaires présentent des densités moyennes
des sites et leur périphérie. comprises entre 25 et 50 habitants/km².
Chapitre 3 │ page 33
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo
Agriculture
L’agriculture est pratiquée dans et en périphérie de l’ensemble des sites évalués. Il
s’agit d’une activité proscrite sur le plan juridique dans les aires protégées désignées
sous les différentes catégories de réserve et grandement limitée dans les domaines
de chasse. Dans la pratique, le développement de l’agriculture ne fait l’objet d’aucune
mesure d’encadrement dans les aires protégées évaluées.
Cette activité est fondamentale pour assurer la sécurité alimentaire et soutenir les
moyens de subsistance des populations rurales. L’autosuffisance alimentaire est
le premier objectif poursuivi par les ménages engagés dans les activités agricoles.
Pour les communautés situées le long d’axes de communication, ou disposant de
marchés, la vente d’une part plus ou moins importante de la production agricole
permet l’obtention de revenus d’appoint. L’accroissement démographique joue un rôle
prépondérant dans le développement soutenu des activités agricoles quasi généralisé
constaté lors des travaux d’évaluation.
L’agriculture sur brûlis est la pratique la plus fréquemment mise en œuvre au sein des
sites évalués. Des cultures sont également présentes en savane ou dans les bas-fonds.
La culture irriguée se rencontre dans les sites évalués principalement dans la province
du Lualaba. Les superficies moyennes cultivées annuellement varient au sein d’un
site et entre les sites. Quelques espèces de plantes constituent la majeure partie de la
production. L’utilisation d’intrants n’a pas été observée tandis que la mécanisation des
travaux agricoles reste limitée à quelques très rares exploitations rencontrées dans
les aires protégées localisées en périphérie de Kinshasa. Les conflits homme-animaux
sont observés localement au sein de quelques sites. Des espèces comme les éléphants,
les hippopotames, les suidés, ou encore les buffles, peuvent être à l’origine de dégâts
aux cultures plus ou moins conséquents. Finalement, il convient de remarquer que si
le petit élevage ovin, caprin et de volailles est répandu au sein de l’ensemble des sites
évalués, l’élevage bovin n’a été rencontré que dans le sud-ouest du Bandundu et dans le
Maniema.
La prise en compte de l’agriculture constitue un enjeu majeur pour les aires protégées
évaluées. En général, le maintien du statu quo menace la pérennité de ces entités. Il
convient dès lors d’identifier des mécanismes pertinents sur le plan de la conservation
et socialement acceptables permettant d’encadrer efficacement cette activité. Cette
problématique complexe ne saurait en outre être abordée sans adresser les questions
liées à l’accroissement démographique au sein des aires protégées, ainsi que celles
traitant du développement de l’économie en milieu rural. Sur la base de ces avancées,
une mise à jour des réglementations inhérentes à cette activité pourrait être opérée et
des mesures techniques de gestion développées.
page 34 │ Chapitre 3
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo
Artisanat Artisanat
Activités Activités
minières minières
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
Chasse Chasse
Hommes
Pêche Pêche
Femmes
Cueillette Cueillette
Jeunes
Artisanat Artisanat
Activités Activités
minières minières
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
Chasse Chasse
Pêche Pêche
Cueillette Cueillette
Artisanat Artisanat
Activités Activités
minières minières
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
Chapitre 3 │ page 35
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo
Figure 12
Productions agricoles
des sites évalués selon
les acteurs locaux
interrogés (proportion
des ménages cultivant les
différentes spéculations)
Le manioc, le maïs et
l’arachide sont cultivés par
la quasi-totalité des ménages
au sein des sites évalués.
La diversification de la
production complémentaire
dépend notamment du
climat, des sols et des
éventuels débouchés
commerciaux caractérisant
les localités enquêtées dans
les différents sites.
> 0 to 25
> 25 to 50
> 50 to 75
Riz pluvial
> 75 to 100
Arachide
bas-fond
Haricots
Plantain
de terre
Pomme
Palmier
à sucre
Manioc
Canne
Autres
Cacao
Riz de
Tabac
Coton
Maïs
Café
PM
DCRBL + RZBL
DRCSK
DCHM + RCHM
DCRGU + RCTGU
DCRBM + RCBM
DCPRS + DCRPK + RCIAT + RCITS + Ouest Lualaba ZP
DCRKA
DCLKV + RCLKV
Kasongo ZP + Pangi ZP
Sud Lualaba
Nord Ubangi ZP
page 36 │ Chapitre 3
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo
Figure 15
Moteurs de l’évolution Conflit
des superficies moyennes Démotivation
cultivées par les ménages Rendements en augmentation
selon les acteurs locaux Immigration
interrogés (% des Absence d’activités alternatives
localités enquêtées citant Difficultés d’évacuation
le moteur) Techniques agricoles
Dans près de la moitié Faibles rendements
des localités visitées, Répondre aux besoins des ménages
l’accroissement de la Changement climatique
population est l’un des Aspects spatiaux
moteurs expliquant l’évolution Chômage
des superficies agricoles. Absence d’acheteurs
Le développement de Évolution des techniques agricoles
débouchés commerciaux, Évolution de la qualité des sols
l’obtention de revenus, Augmenter le revenu ménager
moteurs intrinsèquement liés, Accessibilité du marché
et la dégradation de la qualité Évolution démographique
des sols sont également 0% 5% 10 % 15 % 20 % 25 % 30 % 35 % 40 % 45 % 50 %
rapportés par plus de 10 %
des localités enquêtées.
Chapitre 3 │ page 37
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo
Chasse
La chasse est une activité clé en milieu rural. Elle est pratiquée dans les zones
prioritaires ainsi que dans l’ensemble des aires protégées évaluées, et ce malgré la
réglementation qui l’interdit au sein de ces dernières. Les équipes de gestion en place
dans certains sites étudiés interviennent ponctuellement dans le but de limiter les
prélèvements. Le transport de gibier fait l’objet de contrôles plus fréquents et donne
lieu au paiement d’amendes par les contrevenants. La réglementation relative à
l’exercice de la chasse dans les zones prioritaires, c’est-à-dire à l’extérieur des aires
protégées, n’est quasiment pas connue des communautés et ne fait l’objet d’aucune
mesure d’application.
L’utilisation d’armes à feu, principalement des fusils dits artisanaux ainsi que des
armes manufacturées et parfois des armes de guerre, est généralisée dans l’ensemble
des sites évalués. La pose de pièges constitués de fibres synthétiques est également
très répandue. Les règles traditionnelles en matière d’accès aux territoires de chasse
et de gestion des prélèvements ne sont quasiment plus respectées.
Figure 16
Évolution de l’abondance
de la ressource faune 10 % 2% 2%
selon les acteurs locaux 2%
interrogés (% des 2%
localités enquêtées citant
la tendance) Augmentation
La diminution, la forte Stable
diminution, voire la
disparition, caractérisent
30 % Diminution
page 38 │ Chapitre 3
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo
PM
1931-1940 1981-1990
0% 20% 40% 60% 80% 100%
1941-1950 1991-2000
1951-1960 2001-2010 Les décennies 1960, 1970 et 1980 sont les plus couramment
mentionnées par les acteurs locaux en ce qui concerne
1961-1970 Post 2010
la disparition de la faune. Les sites montrent cependant
1971-1980 des modèles différenciés dépendant principalement des
dynamiques socio-économiques et de l’historique des
éventuels conflits les caractérisant.
0% 10 % 20 % 30 % 40 % 50 % 60 %
Chapitre 3 │ page 39
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo
Pêche
La pêche est également une activité centrale pour certaines communautés dans
le but d’assurer leur sécurité alimentaire et soutenir leurs moyens d’existence. La
réglementation en matière de pêche est peu explicite, et ce y compris au sein des aires
protégées. Les prélèvements sont interdits dans les cours d’eau de certaines réserves.
Aucune mesure de gestion de la pêche n’a été observée dans les sites évalués.
1%
page 40 │ Chapitre 3
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo
Ne sait pas
Présence d’une AP
Us et coutumes (spirituel)
Changement de l’effort de pêche
Techniques de pêche préservant la ressource
Pollution
Destruction des frayères
Pêche intensive
Conflit armé/rébellion
Crise économique
Absence de réglementation
Techniques de pêche destructrices
Gestion coutumière/traditionnelle de la ressource
Accessibilité du marché
Chômage
Surpêche des allochtones
Changement climatique
Surpêche des autochtones due à l'évolution des techniques
Surpêche des autochtones due à la croissance démographique
0% 5% 10 % 15 % 20 % 25 % 30 % 35 % 40 % 45 % 50 %
Figure 21
Moteurs de l’évolution de l’abondance des ressources
halieutiques selon les acteurs locaux interrogés
(% des localités enquêtées citant le moteur)
La pêche intensive est la principale cause de diminution
des stocks de poissons. L’augmentation de la population
et l’évolution des pratiques en sont notamment à l’origine.
Chapitre 3 │ page 41
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo
Végétation et flore
Les aires protégées évaluées sont principalement couvertes par des savanes, plus ou
moins boisées (Carte 7 et Figure 22). Les formations anthropisées comme le complexe
rural et la mosaïque de zones cultivées peuvent couvrir des superficies relativement
importantes dans certaines d’entre elles. La forêt dense humide est plus représentée
dans les zones prioritaires étudiées.
Les taux de déforestation observés sur la période 2000-2015 dans chacune des aires
protégées analysées varient considérablement. Environ 70 % des entités présentent
un taux inférieur de 3 à 30 fois celui caractérisant l’aire protégée la plus touchée.
Dans trois aires protégées, le taux de déforestation approche ou dépasse 5 % de leur
superficie respective.
Carte 7
Couverture du sol des sites évalués par le PARAP
Les données sur la couverture du sol proviennent de la carte de la végétation
produite à une résolution de 300 m par Verhegghen A. & Defourny P. (2010).
Les auteurs ont utilisé la classification standardisée de la FAO (Land Cover
Classification System) pour décrire les différents types de végétation.
Zone prioritaire localisée hors du réseau des aires protégées et évaluées par le PARAP
Agriculture irriguée
Complexe rural et forêt
secondaire jeune
Eau
Faible couvert végétal
Forêt de montagne
Forêt de transition
Forêt dense semi-décidue
ou sempervirente
Forêt sèche claire ou forêt
sèche dense
Forêt édaphique
Mangrove
Mosaïque forêt-savane
Mosaïque terres cultivées/
végétation naturelle
(herbacée ou arbustive)
Prairie aquatique
Prairie marécageuse
Sans couvert végétal
Savane arbustive
Savane boisée et/ou
savane arborée
Savane herbeuse
Villes et zones associées
page 42 │ Chapitre 3
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo
Hectares (ha)
700 000 700 000
0 0
DCRGU DCRKA RCLKV DCLKV RCTGU DCRBL DCRBM RCIAT DRCSK DCHM RZBL PM DCPRK RCBM(B) DCPRS RCBM(A) DCBK RCBM(D) RCITS
Hectares (ha)
Mosaïque forêt/savane
Chapitre 3 │ page 43
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo
Dynamiques de déforestation
DCPRS
DCPRK
Figure 23 PM
2000-2015 (% de la RCITS
RCIAT
superficies concernées RCLKV
par la déforestation ont DCLKV
été produites en utilisant DCBK
et al.,2013). DCRBL
RCBM (B)
RCTGU
DCRBM
DRCSK
DCHM
0
0
0
00
00
00
00
00
00
00
00
00
00
00
00
00
00
00
00
5
10
15
20
25
30
35
40
45
50
55
60
65
70
75
80
page 44 │ Chapitre 3
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo
Carte 9
Déforestation 2000-2015 des
sites évalués par le PARAP
Déforestation
Chapitre 3 │ page 45
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo
page 46 │ Chapitre 3
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo
Carte 10
Les parcelles
d’inventaire botanique
Le protocole d’inventaire
botanique est basé sur celui
du Rainfor (Phillips et al.,
2004). Il vise à décrire la
diversité de la communauté
des ligneux au sein des
formations végétales des
sites évalués. Les parcelles
couvrent une superficie de
1 ha et sont de forme carrée
(100 m x 100 m). Elles sont
positionnées dans des types
de végétation représentatifs
et homogènes.
Chapitre 3 │ page 47
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo
Grands mammifères
La conservation de la faune est au cœur de la création du réseau des aires protégées.
La compréhension du statut actuel des espèces formant ce groupe est essentielle. Elle
contribue à qualifier la gestion des aires protégées évaluées, passée et actuelle, et à
dresser des perspectives quant à leurs futurs. Dans le cas des zones prioritaires, il
s’agissait au travers de celle-ci de mesurer l’intégrité de leurs écosystèmes et d’estimer
l’intérêt de l’éventuelle désignation d’une aire protégée en leur sein.
Trois aires protégées additionnelles ont fait l’objet de travaux d’évaluation par le
programme. Il s’agit de la Réserve de la Biosphère de Luki (RBLK) et des Réserves
naturelles de Tumba Lediima (RTL) et d’Itombwe (RNI). Localisées respectivement
dans la province du Kongo-Central, les provinces l’Equateur et du Mai-Ndombe,
et la province Sud-Kivu, leurs équipes de gestion disposent de l’appui du WWF.
Les objectifs des études conduites par le PARAP, ainsi que leurs modalités de mise
en œuvre, diffèrent de celles conduites dans les vingt autres aires protégées. C’est
pourquoi seuls les résultats concernant la faune sont présentés ci-après.
page 48 │ Chapitre 3
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo
Chapitre 3 │ page 49
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo
page 50 │ Chapitre 3
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo
Carte 10
Éléphants
La présence d’éléphants a été
documentée dans seulement
cinq sites. Ces populations
reliques sont constituées
de quelques individus à
quelques dizaines. Celles
du DCRKA et du RCLKV et
DCLKV sont sur le point de
s’éteindre.
Loxondota spp.
Cellule inventoriée pour
la faune par le PARAP
Site d’investigation du
PARAP sur la faune (nombre
des participants)
Aire protégée évaluée
par le PARAP
Zone prioritaire localisée
hors du réseau des aires
protégées et évaluées par
le PARAP
Chapitre 3 │ page 51
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo
Carte 11
Primates
Le très faible nombre
d’observations directes
de primates réalisées
durant les travaux est
frappant. Il traduit un
fort déclin généralisé des
espèces composant ce
groupe taxonomique. Les
individus des populations
rencontrées ont en outre des
comportements cryptiques
du fait de la forte pression
de chasse.
page 52 │ Chapitre 3
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo
Carte 12
Ongulés
Quelques espèces d’ongulés de
grande taille ont cependant réussi
à se maintenir dans certains sites
malgré la forte pression de chasse.
Alcelaphus buselaphus
Hippotragus equinus
Hippotragus niger
Kobus ellipsiprymnus
Kobus vardonii
Okapia johnstoni
Redunca arundinum
Syncerus caffer
Tragelaphus eurycerus
Chapitre 3 │ page 53
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo
Bovidés
La confrontation des données historiques traitant des espèces de la famille des
bovidés, avec les résultats des travaux conduits par le programme dans les différents
sites, a permis de mettre en évidence des phénomènes d’extinctions locales dans
quasiment tous les sites étudiés. Seules une aire protégée, la RTL, et une zone
prioritaire, Nord Ubangi, présentent a priori une communauté de bovidés intacte.
Deux aires protégées ont vu leur nombre d’espèces de bovidés réduit de plus de
50 % : le Parc de la Nsélé et la RBLK. Neuf sites présentent 10 ou plus espèces de ce
groupe taxonomique. La majorité des espèces de bovidés détectées, au travers des
enquêtes et/ou des inventaires, sont classées dans la catégorie nationale des espèces
partiellement protégées. Une seule espèce est menacée selon la liste rouge de l’UICN.
Figure 25
Nombre d’espèces 20
de bovidés par site 18
16
Observations 14
12
À dire d’acteurs 10
Selon la littérature 8
historique* 6
4
2
(*) Les références consultées 0
pour l'analyse historique des
PM
BL
ZP
ZP
I
V
K
LK
RN
RT
RK
iZ
aZ
gi Z
LK
CS
CB
RZ
RB
go
ba
ng
RC
bibliographie.
DC
DR
RC
lab
+R
+R
an
son
ala
L+
Pa
ua
Ub
V+
U+
Lu
M
HM
RB
Ka
dL
RB
rd
LK
est
RG
DC
DC
No
Su
DC
DC
Ou
DC
12
Figure 26 10
Nombre d’espèces de 8
bovidés par site selon les
catégories de protection 6
de RDC d’après les 4
acteurs locaux
2
*Les données à dire
d’acteurs concernant le 0
PM
BL
GU
ZP
ZP
I
KV
K
LK
iZ
aZ
iZ
CS
CH
CB
RZ
RB
L
CT
go
ba
ng
RC
DC
DR
lab
+R
+R
son
ala
+R
L+
Pa
pas disponibles.
ua
Ub
+
Lu
M
HM
RB
Ka
KV
dL
GU
RB
rd
est
DC
DC
No
Su
Non protégée
R
DC
DC
Ou
DC
Partiellement protégée
Totalement protégée 12
10
Figure 27
Nombre d’espèces de 8
bovidés par site selon les 6
catégories de protection
de RDC d’après les 4
inventaires de terrain 2
0
PM
KA
ZP
ZP
ZP
I
KV
SK
LK
RN
ZB
RT
iZ
iZ
TG
CH
CB
RB
R
L
C
go
ba
ba
ng
ng
+R
RC
DC
DR
RC
+R
+R
son
ala
ala
Pa
a
Ub
V+
BL
U+
Lu
Lu
M
HM
Ka
RB
R
rd
LK
est
d
RG
DC
DC
No
Su
DC
DC
Ou
DC
page 54 │ Chapitre 3
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo
Figure 28 12
Nombre d’espèces de
10
bovidés par site selon
les catégories de la liste 8
rouge UICN d’après 6
les acteurs locaux
4
*Les données à dire
d’acteurs concernant le 2
DCBK et la zone prioritaire
0
du Sud Lualaba ne sont
PM
BL
ZP
ZP
I
KV
K
LK
RN
RT
RK
iZ
aZ
gi Z
CS
TG
pas disponibles.
CH
CB
RZ
RB
CL
go
ba
ng
DC
DR
RC
lab
+R
+R
an
+R
son
ala
L+
Pa
ua
Ub
U+
Lu
M
HM
RB
Ka
V
dL
RB
rd
LK
est
RG
DC
DC
No
Préoccupation mineure
Su
DC
DC
Ou
DC
Quasi menacée
12
Vulnérable
10
8
Figure 29
Nombre d’espèces de 6
bovidés par site selon 4
les catégories de la liste
rouge UICN d’après les 2
inventaires de terrain 0
PM
BL
ZP
ZP
I
V
K
LK
RN
RT
RK
iZ
aZ
gi Z
LK
CS
TG
CH
CB
RZ
RB
go
ba
ng
RC
DC
DR
RC
lab
+R
+R
an
son
ala
L+
Pa
ua
Ub
V+
U+
Lu
M
HM
RB
Ka
dL
RB
rd
LK
est
RG
DC
DC
No
Su
DC
DC
Ou
DC
Chapitre 3 │ page 55
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo
Cercopithécidés
Six sites présentent plus de cinq espèces de la famille des cercopithécidés, et un plus
de dix. Il s’agit de la zone prioritaire couvrant le massif forestier du Nord Ubangi.
Selon les acteurs locaux, dix sites renferment des espèces totalement protégées et
trois des espèces menacées selon l’UICN.
Figure 30
Nombre d’espèces de 8
cercopithécidés par site
6
Observations
À dire d’acteurs 4
P
M
KA
ZP
ZP
aZ
LK
iZ
TG
CH
CB
go
ba
ng
RC
DC
lab
RC
+R
+R
son
ala
Pa
ua
V+
U+
Lu
M
HM
Ka
dL
RB
LK
est
RG
DC
Su
DC
DC
Ou
DC
Figure 31 9
Nombre d’espèces de 8
cercopithécidés par site 7
selon les catégories de 6
protection de la RDC 5
d’après les acteurs 4
locaux 3
2
*Les données à dire
1
d’acteurs concernant le
0
DCBK et la zone prioritaire
PM
BL
ZP
P
V
ZP
I
K
LK
RN
RT
RK
iZ
LK
aZ
aZ
CS
TG
CB
RZ
RB
go
gi
ng
RC
DC
DR
RC
lab
lab
+R
+R
an
pas disponibles.
n
L+
Pa
so
ua
ua
Ub
V+
U+
M
HM
RB
Ka
dL
RB
rd
LK
st
RG
DC
DC
Non protégée
No
Su
e
DC
DC
Ou
DC
Partiellement protégée
Totalement protégée
6
Figure 32 5
Nombre d’espèces de 4
cercopithécidés par site
3
selon les catégories de
protection de la RDC 2
d’après les inventaires 1
de terrain
0
PM
BL
ZP
P
V
ZP
I
K
LK
RN
RT
RK
iZ
LK
aZ
aZ
CS
TG
CH
CB
RZ
RB
go
gi
ng
RC
DC
DR
RC
lab
lab
+R
+R
an
n
L+
Pa
so
ua
ua
Ub
V+
U+
M
HM
RB
Ka
tL
dL
RB
rd
LK
RG
DC
es
DC
No
Su
DC
DC
Ou
DC
page 56 │ Chapitre 3
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo
Figure 33 6
Nombre d’espèces de
5
cercopithécidés par site
selon les catégories de la 4
liste rouge UICN d’après 3
les acteurs locaux
*Les données à dire 2
d’acteurs concernant le 1
DCBK et la zone prioritaire
0
du Sud Lualaba ne sont
K
BL
ZP
ZP
A
P
CS
iZ
RK
LK
aZ
TG
pas disponibles.
CH
CB
RZ
go
ba
ng
RC
DR
DC
RC
lab
+R
+R
son
ala
L+
Pa
ua
V+
U+
Lu
M
HM
RB
Ka
dL
RB
LK
est
RG
DC
Préoccupation mineure
DC
Su
DC
DC
Ou
DC
Quasi menacée
Vulnérable
En danger
7
N.D.
6
5
4
Figure 34
Nombre d’espèces de 3
cercopithécidés selon 2
les catégories de la liste 1
rouge UICN d’après les 0
inventaires de terrain
K
BL
ZP
ZP
P
CS
RK
LK
iZ
aZ
TG
CH
CB
RZ
go
ba
ng
RC
DR
DC
RC
lab
+R
+R
son
ala
L+
Pa
ua
V+
U+
Lu
M
HM
RB
Ka
dL
RB
LK
est
RG
DC
DC
Su
DC
DC
Ou
DC
Chapitre 3 │ page 57
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo
Félidés
D’après les informations collectées auprès des acteurs locaux, huit sites présentent au
moins trois espèces de félidés. Les observations réalisées lors des inventaires n’ont
pas permis de confirmer ce diagnostic participatif. Seuls deux sites ont vu plus d’une
espèce distinguée en leur sein.
6
5
4
Figure 35
3
Nombre d’espèces
de félidés par site 2
Observations 1
À dire d'acteurs 0
PM
BL
ZP
L
V
I
K
LK
RN
RT
RK
oZ
iZ
aZ
LK
aZ
CS
TG
CH
CB
RZ
RB
gi
g
RC
DC
DR
RC
ng
lab
lab
+R
+R
an
L+
Pa
so
ua
ua
Ub
V+
U+
M
HM
RB
Ka
tL
dL
RB
rd
LK
RG
DC
es
DC
No
Su
DC
DC
Ou
DC
Figure 36 3
Nombre d’espèces de
félidés par site selon les
2
catégories de protection
de la RDC d’après les
1
acteurs locaux
*Les données à dire
0
d’acteurs concernant le
PM
BL
GU
ZP
V
ZP
ZP
I
K
LK
RN
RT
RK
oZ
iZ
LK
CS
CB
RZ
RB
CT
ba
ba
gi
ng
RC
DC
DR
ng
+R
+R
ala
+
+R
Pa
so
Ub
+
BL
pas disponibles.
Lu
Lu
M
HM
Ka
KV
U
RB
R
rd
st
d
RG
DC
DC
No
Su
e
DC
DC
Ou
Non protégée
DC
Partiellement protégée
Totalement protégée
Figure 37
Nombre d’espèces 3
de félidés selon les
catégories de protection
2
de la RDC d’après les
inventaires de terrain
1
0
PM
BL
KA
ZP
L
V
ZP
ZP
I
SK
LK
RN
RT
iZ
aZ
LK
TG
CH
CB
RZ
RB
R
C
go
ba
gi
ng
RC
DC
DR
RC
lab
+R
+R
an
n
ala
L+
Pa
so
ua
Ub
V+
U+
Lu
BM
M
RB
Ka
tL
H
rd
LK
d
RG
R
DC
es
DC
No
Su
DC
DC
Ou
DC
page 58 │ Chapitre 3
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo
Figure 38 4
Nombre d’espèces
de félidés selon les 3
catégories de la liste
rouge UICN d’après 2
les acteurs locaux
*Les données à dire 1
d’acteurs concernant le
DCBK et la zone prioritaire 0
du Sud Lualaba ne sont
PM
BL
P
KV
ZP
I
K
LK
RN
RT
RK
oZ
iZ
aZ
aZ
CS
TG
CH
CB
pas disponibles.
RZ
RB
CL
gi
ng
DC
DR
RC
ng
lab
lab
+R
+R
an
+R
L+
Pa
so
ua
ua
Ub
U+
M
HM
RB
Ka
V
tL
dL
RB
rd
LK
RG
DC
es
DC
No
Su
DC
DC
Préoccupation mineure
Ou
DC
Quasi menacée
Vulnérable
Figure 39
Nombre d’espèces
2
de félidés selon les
catégories de la liste
rouge UICN d’après les
inventaires de terrain
1
0
PM
BL
L
V
ZP
I
K
LK
RN
RT
RK
oZ
iZ
aZ
LK
aZ
CS
TG
CH
CB
RZ
RB
gi
ng
RC
DC
DR
RC
ng
lab
lab
+R
+R
an
L+
Pa
so
ua
ua
Ub
V+
U+
M
HM
RB
Ka
tL
dL
RB
rd
LK
RG
DC
es
DC
No
Su
DC
DC
Ou
DC
Chapitre 3 │ page 59
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo
Figure 40
Nombre d’espèces
7
d’autres taxons
sélectionnés* selon les 6
catégories de protection 5
de la RDC d’après les 4
acteurs locaux 3
*Elephantidae, Giraffidae, 2
Hippopotamidae,
1
Hominidae, Hyanidae,
Manidae, Orycteropodidae, 0
M
P
A
P
Suidae, Tragulidae
iZ
RK
LK
oZ
aZ
aZ
TG
CH
CB
ng
RC
DC
RC
ng
lab
lab
+R
+R
Pa
so
ua
ua
Non protégée V+
U+
M
HM
Ka
tL
dL
RB
LK
RG
es
DC
Su
Partiellement protégée
DC
DC
Ou
DC
Totalement protégée
Figure 41 6
Nombre d’espèces 5
d’autres taxons
4
sélectionnés* selon les
catégories de protection 3
de la RDC d’après les 2
inventaires de terrain
*Elephantidae, Giraffidae, 1
Hippopotamidae, 0
Hominidae, Hyanidae,
M
P
A
ZP
P
iZ
RK
LK
oZ
aZ
TG
CH
CB
Manidae, Orycteropodidae,
ba
ng
RC
DC
RC
ng
lab
+R
+R
ala
Pa
Suidae, Tragulidae
so
ua
V+
U+
Lu
BM
HM
Ka
dL
LK
t
RG
es
DC
Su
DC
DC
Ou
DC
page 60 │ Chapitre 3
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo
Figure 42 9
Nombre d’espèces 8
d’autres taxons 7
sélectionnés* selon les 6
catégories de la liste 5
4
rouge UICN d’après
3
les acteurs locaux
2
*Elephantidae, Giraffidae, 1
Hippopotamidae, 0
Hominidae, Hyanidae,
PM
BL
L
KV
ZP
I
K
LK
RN
RT
RK
oZ
iZ
aZ
aZ
CS
TG
CH
CB
Manidae, Orycteropodidae,
RZ
RB
CL
gi
ng
DC
DR
RC
ng
lab
lab
+R
+R
an
+R
Suidae, Tragulidae
L+
Pa
so
ua
ua
Ub
U+
M
HM
RB
Ka
V
tL
dL
RB
rd
LK
RG
DC
es
DC
No
Su
DC
DC
Ou
DC
Préoccupation mineure
Vulnérable
En danger
En danger critique
Figure 43
Nombre d’espèces
d’autres taxons
sélectionnés* selon les 7
catégories de la liste 6
rouge UICN d’après les 5
inventaires de terrain 4
*Elephantidae, Giraffidae,
3
Hippopotamidae,
2
Hominidae, Hyanidae,
Manidae, Orycteropodidae, 1
Suidae, Tragulidae 0
PM
BL
L
V
ZP
I
K
LK
RN
RT
RK
oZ
iZ
aZ
LK
aZ
CS
TG
CH
CB
RZ
RB
gi
ng
RC
DC
DR
RC
ng
lab
lab
+R
+R
an
L+
Pa
so
ua
ua
Ub
V+
U+
M
HM
RB
Ka
tL
dL
RB
rd
LK
RG
DC
es
DC
No
Su
DC
DC
Ou
DC
Chapitre 3 │ page 61
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo
Principaux constats
Les données collectées par les équipes du programme au sein des vingt aires
protégées et cinq zones prioritaires étudiées ont permis d’évaluer la conception des
premières et le potentiel de création d’une aire protégée au sein des secondes (Tableau
4 et Tableau 5). Un plan d’actions prioritaires a ensuite été formulé pour chacune de
ces entités. Détaillant des mesures adaptées et pragmatiques, ces outils orientent la
consolidation et l’extension du réseau des aires protégées de la RDC.
Les situations rencontrées au sein des sites étudiés par le programme illustrent les
multiples défis, et opportunités, auxquels la gestion de la biodiversité est aujourd’hui
confrontée. Concevoir des aires protégées adaptées au contexte contemporain,
pilotées au travers de mécanismes de gouvernance impliquant les parties prenantes et
déployant des systèmes de gestion susceptibles d’être efficaces est impératif. Il s’agit
de stopper la dégradation en cours et d’assurer la préservation des espèces encore
présentes ainsi que le maintien des services environnementaux dont dépendent
les populations riveraines. Tel est l’enjeu premier structurant la consolidation et
l’extension du réseau des aires protégées.
Un bref aperçu des diagnostics établis pour les différents sites ainsi que les
principales actions de gestion proposées sont présentés ci-après.
page 62 │ Chapitre 3
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo
• En dépit de menaces pesant sur les valeurs naturelles du DCKA d’une part,
et de la RCIAT, RCITS, DCMS et DCMK, d’autre part, et de l’absence totale
de gestion depuis plusieurs décennies, ces entités présentent aujourd’hui des
niveaux d’intégrité écologique relativement bons par comparaison avec d’autres
aires protégées. Des espèces de grande faune sont encore présentes en leur
sein et des formations végétales peu ou pas secondarisées couvrent de vastes
étendues. Une prise de conscience avérée des enjeux par les parties prenantes, une
gouvernance locale robuste et soucieuse de voir des activités se développer dans
ces régions défavorisées, et l’absence de contentieux historique fort vis-à-vis de
la conservation de la nature, sont autant d’atouts à valoriser dans le cadre d’une
reprise en main de la gestion de ces espaces en vue d’inverser les perspectives
défavorables pesant sur leurs valeurs naturelles. Le concept d’aire protégée y a
encore toute sa place. Des ressources sont à mobiliser dans le but de développer
des systèmes de gestion adaptés, basés sur les catégories II, IV et VI de l’UICN,
et accompagner les nécessaires évolutions en matière de gouvernance. Enfin,
signalons que la RCIAT, le RCITS, le DCMS et le DCMK pourraient être regroupés
au sein d’une seule et même entité.
Chapitre 3 │ page 63
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo
• Une grande partie du Domaine de chasse de la Basse Kando (DCBK) est occupée
par des installations minières industrielles. Un déclassement partiel doit être
conduit, tandis que la zone actuellement non classée, abritant une importante
population d’hippopotames, pourrait être intégrée à l’espace sous protection.
La présence d’opérateurs privés, astreints au respect d’obligations en matière
d’environnement et de conservation dans le cadre de la conduite de leurs activités,
doit être mise à profit pour appuyer concrètement ce processus.
• L’état avancé de dégradation des valeurs naturelles des aires protégées de Mangaï
et de Gungu, couplé à un contexte d’intervention extrêmement complexe du fait
notamment du facteur démographique, impose de reconsidérer complètement le
classement de ces entités. Des mécanismes autres que les aires protégées sont à
développer pour assurer le maintien des valeurs résiduelles.
• Parmi les cinq zones prioritaires, celle du Nord-Ubangi présente un fort potentiel.
Ce massif forestier présente un couvert forestier intact de grande superficie. À
l’exception du lion, aucune espèce de grand mammifère n’a disparu. Cependant,
l’ensemble fait face à des menaces grandissantes. Les moyens de subsistance des
communautés installées en périphérie, et au sein du bloc forestier, dépendant
en grande partie des ressources forestières et fauniques, celles-ci demandent la
mise en place d’un cadre de gestion pouvant permettre leur maintien. Il existe
dès lors une opportunité quant à la création d’une aire protégée. Ce processus
doit intervenir dans le cadre plus général du zonage du massif forestier de la
province du Nord-Ubangi. Dimensionné concomitamment aux unités d’affection
des terres dédiées à la valorisation économique des ressources, dans le cadre
d’une approche de type paysage, le dispositif proposé devra assurer une prise en
compte des impératifs liés à la conservation des espèces clés tout en permettant
aux populations résidantes de conduire des pratiques durables nécessaires à
leur subsistance. Les directives techniques relatives aux catégories IV et VI de
l’UICN pourraient être employées pour ce faire. La gestion d’une telle entité
pourrait être bâtie sur la mise en place d’un véritable contrat d’objectifs liant les
différentes parties prenantes engagées : l’État, la Province, les entités territoriales
décentralisées et les communautés riveraines. Le développement de la structure
de gouvernance de l’aire protégée, associant et responsabilisant les résidents du
massif, devra s’appuyer sur les récentes innovations juridiques.
page 64 │ Chapitre 3
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo
Chapitre 3 │ page 65
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo
Tableau 4
Résumé des évaluations
des aires protégées
Domaine de chasse de
Luama-Kivu (DCLKV) Réserve de chasse Refuge à éléphants Réserve intégrale de
et Réserve totale de Bushimai (RCBM) de Kaniama (ou chasse des Alunda Réserve intégrale
de chasse de Luama- et Domaine de chasse Domaine de chasse et des Tutshokwe de chasse de Domaine des Mwene
Élément évalué Kivu (RTCKV) de Bushimai (DCBM) de Kaniama-DCKA) (RCIAT) Tshikamba (RCITS) Musoma (DCMS)
Miombo zambézien Miombo zambézien
du centre Mosaïque forêt/savane Mosaïque forêt/savane du centre Mosaïque forêt/savane Mosaïque forêt-savane
Écorégion(s)
Mosaïque forêt/savane sud-congolaise sud-congolaise Mosaïque forêt/savane sud-congolaise sud-congolaise
sud-congolaise" sud-congolaise
Savane arborée Savane arborée
Forêt dense humide (48,5 %) (68,3 %) Savane arborée Savane arborée
(30,9 %) Mosaïque zones Mosaïque zones (52,4 %) (52,8 %)
Savane arborée cultivées/végétation cultivées/végétation Savane boisée Savane boisée *À l’intérieur
Couverture du sol
(26,0 %) herbeuse ou arbustive herbeuse ou arbustive (28,8 %) (30,0 %) de la RCIAT
Complexe rural (17,7 %) (22,2 %) Savane arbustive Savane arbustive
(14,9 %) Mosaïque forêt/savane Mosaïque forêt/savane (7,9 %) (9,1 %)
(12,3 %) (3,3 %)
Perte du couvert forestier
2000-2015 1,3 3,3 2,2 0,3 0,3 0,2
(% de la superficie)
Abondance et distribution
des primates
Abondance et distribution
des ongulés
Chimpanzé***
Espèces charismatiques Hippotrague* Antilope sable** Antilope sable** Antilope sable**
Éléphant*
de grands mammifères Hippopotame* Éléphant* Hippotrague** Hippotrague** Hippotrague**
Bubale*
présentes Hippopotame* Hippopotame** Hippopotame** Hippopotame**
Hippopotame*
Tendance générale des
populations des espèces En déclin En très fort déclin En déclin En déclin En déclin En déclin
de faune sauvage
Potentiel de
rétablissement des
Modérément haut Improbable Modérément haut Modérément haut Modérément haut Modérément haut
populations des espèces
de faune sauvage
Pression démographique Moyenne Forte Moyenne Relativement faible Relativement faible Relativement faible
Pression sur les
Moyenne Forte Moyenne Moyenne Moyenne Moyenne
ressources naturelles
Conception de l’aire
Moyenne Inadéquate Moyenne Moyenne Moyenne Moyenne
protégée
Capacités managériales
Faible Très faible N. A. N. A. N. A. N. A.
et opérationnelles
Relation avec
Moyenne Moyenne N. A. N. A. N. A. N. A.
les communautés
Potentiel pour le
développement d’une
Relativement haut Moyen Relativement haut Haut Haut Haut
aire protégée pouvant
fonctionner sur le long terme
Priorité relative du site
pour le processus de
2 4 2 1 1 1
consolidation du réseau
des aires protégées
page 66 │ Chapitre 3
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo
Domaine de chasse
Domaine de chasse Domaine de chasse de Bombo-Lumene
de Gungu (DCGU) de Mangai (DCHM) (DCBL) et Réserve
Domaine de chasse Domaine et réserve et Réserve totale de et Réserve à zoologique et
Domaine des Mwene de la Basse Kando de chasse de Swa- chasse de Gungu hippopotames de forestière de Bombo- Parc de la N’Sele
Kay (DCMK) (DCBK) Kibula (DCSK) (RCTGU) Mangai (RHMA) Lumene (RZBL) (RCTNS)
Mosaïque forêt/savane
Mosaïque forêt/savane Miombo zambézien sud-congolaise Mosaïque forêt/savane Mosaïque forêt/savane Mosaïque forêt/savane Mosaïque forêt/savane
sud-congolaise du centre Mosaïque forêt/savane sud-congolaise sud-congolaise ouest-congolaise ouest-congolaise
ouest-congolaise
Mosaïque zones Savane arborée
Savane boisée Savane arborée Forêt dense humide cultivées/végétation (30,3 %)
Savane boisée
(37,8 %) (41,3 %) (39,7 %) herbeuse ou arbustive Mosaïque zones
(63,7 %)
*À l’intérieur Savane arborée Savane boisée Complexe rural (42,5 %) cultivées/végétation
Savane arborée
de la RCITS (34,0 %) (16,4 %) (32,7 %) Savane arborée herbeuse ou arbustive
(25,1 %)
Forêt dense humide Forêt dense humide Mosaïque forêt/savane (27,3 %) (22,6 %)
Cours d’eau (4,0 %)
(7,8 %) (14,7 %) (7,8 %) Savane arbustive Savane arbustive
(11,0 %) (18,2 %)
Hippotrague**
Antilope sable**
Buffle** Buffle*
Hippotrague** Hippopotame* - Hippopotame* -
Éléphant** Hippopotame*
Hippopotame**
Hippopotame**
En déclin En déclin Relativement stable En très fort déclin En très fort déclin En déclin Relativement stable
Modérément haut Improbable Modérément haut Improbable Très improbable Moyen Moyen
Haut Peu probable Relativement haut Peu probable Peu probable Moyen Moyen
1 N. A. 2 N. A. N. A. 3 3
Chapitre 3 │ page 67
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo
Tableau 5
Résumé des évaluations
des zones prioritaires
Élément évalué Nord Ubangi Sud Lualaba Ouest Lualaba Kasongo Pangi
Écoregion(s) Forêts congolaises Miombo zambézien Miombo zambézien Mosaïque forêt- Forêts congolaises
du nord-est du centre du centre savane sud- du nord-est
Mosaïque forêt- congolaise Mosaïque forêt-
savane sud- Forêts congolaises savane sud-
congolaise du nord-est congolaise
Couverture du sol Forêt dense humide Savane boisée Savane arborée Forêt dense humide Forêt dense humide
(93,9 %) (75,7 %) (53,1 %) (42,1 %) (86,0 %)
Complexe rural Savane arborée Savane boisée Savane arborée Complexe rural
(3,9 %) (20,1 %) (21,6 %) (28,5 %) (13,8 %)
Savane arborée Mosaïque zones Mosaïque zones Mosaïque zones Forêt
(1,7 %) cultivées/végétation cultivées/végétation cultivées/végétation submontagnarde
herbeuse ou arbustive herbeuse ou arbustive herbeuse ou arbustive (0,2 %)
(1,8 %) (11,9 %) (9,7 %)
Abondance
et distribution
des primates
Abondance
et distribution
des ongulés
Espèces Okapi** - Antilope sable** Chimpanzé* Chimpanzé*
charismatiques de Chimpanzé** Hippotrague**
grands mammifères Éléphant*
présentes
Tendance générale En déclin En déclin En déclin En déclin En déclin
des populations
des espèces de faune
sauvage
Potentiel de Modérément haut Modérément haut Modérément haut Moyen Moyen
rétablissement des
populations des
espèces de faune
sauvage
Pression Moyenne Moyenne Moyenne Haute Haute
démographique
Pression sur les Moyenne Moyenne Moyenne Forte Forte
ressources naturelles
Durabilité des Faible Faible Faible Faible Faible
systèmes actuels
de gestion des
ressources naturelles
Familiarité des Faible Faible Faible Faible Faible
parties prenantes
locales avec
le concept d'aire
protégée
Support de parties Fort Fort Fort Fort Fort
prenantes locales
pour l’établissement
de systèmes plus
durables de gestion
des ressources
naturelles
Potentiel pour la Bon Moyen Bon Faible Faible
conception d’une aire
protégée
page 68 │ Chapitre 3
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo
Chapitre 3 │ page 69
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo
Chapitre 4
Bâtir un réseau des aires protégées en RDC
Les fondations
Un peu d’histoire – Aperçu chronologique
Le réseau actuel des aires protégées de RDC est le fruit d’une longue histoire, s’étalant
sur près d’un siècle (Figure 1). Au cours de la première moitié du XXe siècle, le pouvoir
colonial développa, en réponse aux premiers effets induits par la surexploitation
des ressources naturelles, une série d’instruments juridiques réglementant leur
extraction. L’attention particulière portée aux questions de conservation de la nature
donna également lieu à la publication de textes législatifs spécifiques, socle du corpus
juridique contemporain.
Les deux premiers jardins botaniques sont créés dès 1900. Destinés à l’origine à la
culture de fruits et légumes et à l’acclimatation de plantes exotiques d’intérêt, ces
jardins ont progressivement rassemblé des espèces végétales caractéristiques des
écosystèmes du pays. Sept jardins botaniques et zoologiques seront créés au total
jusqu’en 1955.
Suite à la conduite d’une série d’expéditions scientifiques dans l’est du pays, décrivant
l’importance de cette région pour la faune et la flore, le Parc national Albert fut
désigné le 21 avril 1925. Renommé Parc national des Virunga en 1969, il s’agit du
premier parc national créé sur le continent. Sept autres parcs nationaux seront
ensuite classés, dont cinq après l’indépendance.
En 1934, l’Institut des parcs nationaux du Congo belge (IPNCB) est créé. Sujette
à plusieurs évolutions statutaires et structurelles, cette institution aujourd’hui en
charge de la gestion de l’ensemble des aires protégées, dénommée Institut congolais
pour la conservation de la nature (ICCN), est l’une des plus anciennes du pays.
Les années 1930 marquent également le début d’une période s’étendant jusqu’après
la Seconde Guerre mondiale, durant laquelle furent classées un grand nombre de
réserves forestières et de réserves de chasse. Cette période coïncide avec le lancement
de programmes d’aménagement territorial et d’initiatives économiques. Certaines de
ces entités existent encore aujourd’hui, tandis que d’autres ont été abandonnées ou
encore déclassées.
Depuis les années 1970, plusieurs aires protégées ont été reconnues au niveau
international pour leurs valeurs universelles exceptionnelles (Convention du
patrimoine mondial) ou encore pour leur rôle dans la mise en œuvre d’approches
combinant conservation et développement (programme MAB). Les premières
inscriptions des sites sur la liste des zones humides d’importance internationale
interviennent quant à elles dans les années 1990.
À partir des années 2000, la RDC adopte une série de stratégies, programmes
et dispositions législatives réaffirmant l’engagement de l’État dans le secteur de
la conservation de la nature et des aires protégées. Ce nouveau cadre place la
réhabilitation de celles-ci, ainsi que l’extension de leur réseau, comme des éléments
centraux du développement durable du pays et de l’atténuation et de l’adaptation au
changement climatique.
Une description plus complète de ce contexte peut être trouvée dans le chapitre de
l’état des aires protégées d’Afrique centrale dédié à la [Link]
page 70 │ Chapitre 4
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo
Figure 44
Un peu d’histoire – Aperçu chronologique
Cette frise chronologique reprend quelques événements clés qui ont marqué le
secteur de la conservation de la nature en RDC au cours des cent dernières années.
Chapitre 4 │ page 71
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo
La création d’une aire protégée est une étape critique pour envisager l’efficacité de sa
gestion. C’est lors de cette phase que sa conception est définie (Chapitre 2). Impliquant
la participation d’une pluralité d’acteurs, le processus défini au travers du corpus
juridique en vigueur s’articule autour de plusieurs phases mobilisant des compétences
pluridisciplinaires (Encadré 7). Les détenteurs de droits et porteurs d’intérêts, dont
les communautés locales, doivent être consultés au travers d’enquêtes publiques. La
formulation du premier plan de gestion de l’aire protégée concrétise l’aboutissement
de ce processus.
La première définition du concept intervient en 2011, Il convient de relever que ces deux définitions sont
dans la loi n° 11/009 du 9 juillet 2011 organisant la équivalentes, la CDB et l’UICN ayant reconnu leur
protection de l’environnement. Une aire protégée y est compatibilité.
définie comme une “zone géographiquement désignée,
Deux types d’aires protégées sont aujourd’hui reconnus
délimitée, réglementée et gérée en vue d’atteindre des
en RDC, les aires protégées d’intérêt national et les
objectifs spécifiques de conservation”. Il s’agit là d’une
aires protégées d’intérêt provincial.
transcription conforme de la définition d’une “zone
protégée” donnée par la CDB.
page 72 │ Chapitre 4
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo
Chapitre 4 │ page 73
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo
page 74 │ Chapitre 4
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo
Tableau 7
Les types de gouvernance applicables aux aires protégées
Les quatre types de gouvernance définis par la CBD et l’UICN sont distingués en fonction de la catégorie d’acteurs qui détiennent
le pouvoir, l’autorité, la responsabilité et le devoir de rendre des comptes des principales décisions. Dans le cas de la gouvernance
privée, les textes d’application de la loi n°14/003 clarifieront les modalités de délégation de pouvoirs de création et de gestion
à des entités de droit privé. Concernant la gouvernance par les peuples autochtones et les communautés locales, celle-ci ne peut
s’organiser que si les acteurs acquièrent une personnalité juridique au travers de la formalisation d’une entité de droit privé.
Les modalités de délégation promues par le décret n°14/018 encadrent ensuite le développement du dispositif de gestion.
Catégorie décrite dans Période de Nombre d'entités Base(s) juridique(s) citée(s) dans l'acte Catégorie standardisée
l'acte de création création créées de création
Domaine de chasse 1944 - 2011 6 Décret du 21 avril 1937 Domaine de chasse
Ordonnance-loi n° 69-041 du 22 août 1969
Loi n° 82-022 du 28 mai 1982
Loi n° 011/2002 du 29 août 2002
Domaine de chasse 1950 - 1954 3 Décret du 21 avril 1937 Domaine de chasse
et de pêche réservées
Domaine de chasse 1950 - 2004 22 Décret du 21 avril 1937 Domaine de chasse
réservée Ordonnance-loi n° 69-041 du 22 août 1969
Loi n° 82-022 du 28 mai 1982
Domaine et réserve 2006 1 Ordonnance-loi n° 69-041 du 22 août 1969 Domaine de chasse
de chasse Loi n° 82-022 du 28 mai 1982
Loi n° 011/2002 du 29 août 2002
Réserve de chasse 1929 - 1950 5 Décret du 26 juillet 1910 Réserve de chasse
Non déterminée
Réserve générale de chasse 1933 - 1938 2 Décret du 21 avril 1937 Réserve de chasse
Réserve intégrale de chasse 1934 - 1954 9 Décret du 26 juillet 1910 Réserve de chasse
Décret du 21 avril 1937
Réserve totale de chasse 1935 - 1957 11 Décret du 26 juillet 1910 Réserve de chasse
Décret du 21 avril 1937
Décret du 11 avril 1949
Réserve partielle de chasse 1930 - 1959 9 Décret du 26 juillet 1910 Réserve de chasse
Décret du 21 avril 1937
Non déterminée
Réserve partielle et 1938 1 Décret du 21 avril 1937 Réserve de chasse
intermittente de chasse
Réserve totale de chasse 1955 1 Décret du 21 avril 1937 Réserve de chasse
et partielle de pêche
Réserve de chasse 1929 - 1937 4 Décret du 26 juillet 1910 Réserve de chasse
à l’éléphant
Réserve à antilopes 1938 - 1939 4 Décret du 21 avril 1937 Réserve de chasse
Réserve à hippopotames 1932 - 1944 11 Aucun Réserve de chasse
Décret du 21 avril 1937
Réserve de faune 2016 1 Loi n° 82-022 du 28 mai 1982 Réserve de chasse
Loi n° 011/2002 du 29 août 2002
Loi n° 014/003 du 11 février 2014
Réserve de faune et de flore 1925 1 Aucun Réserve intégrale
de faune et de flore
Réserve forestière 1950 1 Décret du 21 avril 1937 Réserve de chasse
et réserve de chasse Décret du 4 avril 1934
Réserve intégrale de faune 1950 1 Décret du 21 avril 1937 Réserve intégrale
et de flore de faune et de flore
Réserve intégrale de flore 1941 - 1947 2 Décret du 4 avril 1934 Réserve intégrale de flore
Non déterminée
Réserve zoologique 1934 - 1976 3 Décret du 21 avril 1937 Réserve zoologique
et forestière Non déterminée et forestière
Réserve intégrale 1937 - 1947 2 Décret du 26 juillet 1910 Réserve zoologique
zoologique et forestière Décret du 4 avril 1934 et forestière
Décret du 21 avril 1937
Réserve naturelle 1992 - 2016 12 Ordonnance-loi n° 69-041 du 22 août 1969 Réserve naturelle
Loi n° 82-022 du 28 mai 1982
Loi n° 011/2002 du 29 août 2002
Réserve naturelle intégrale 1934 - 2016 11 Décret du 26 novembre 1934 Réserve naturelle
Ordonnance-loi n° 69-041 du 22 août 1969 intégrale
Loi n° 014/003 du 11 février 2014
Réserve scientifique 1959 - 1992 2 Ordonnance-loi n° 69-041 du 22 août 1969 Réserve scientifique
Loi n° 82-022 du 28 mai 1982
Non déterminée
Réserve spéciale 1974 1 Décret du 21 avril 1937 Réserve spéciale
Ordonnance-loi n° 69-041 du 22 août 1969
Zone annexe 1975 2 Ordonnance-loi n° 69-041 du 22 août 1969 Zone annexe
Réserve de biosphère 1976 - 1982 3 Non déterminée Réserve de biosphère
Forêt classée 2012 1 Loi n° 011/2002 du 29 août 2002 Forêt classée
Non déterminée 1922 - 1956 5 Aucun Non déterminée
Décret du 21 avril 1937
Non déterminée
Chapitre 4 │ page 75
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo
Les limites de certaines aires protégées ont fait l’objet de modifications. Cinquante et
une transformations spatiales ont ainsi été identifiées depuis les années 1920 jusqu’à
aujourd’hui (Figure 48). Certaines d’entre elles sont intervenues simultanément à
un changement de catégorie de gestion, synonyme alors de création d’une nouvelle
aire protégée.
Figure 45
Disponibilité des textes
juridiques
Le PARAP a pu identifier 119
Nombre de textes de
au total 217 textes juridiques
classement d'aires protégées
traitant du classement 137
(137 textes) ou de la
modification du classement
(55 textes) des aires
protégées. Les efforts de
recherche conduits en RDC
et dans des bibliothèques Nombre de textes portant 55
internationales ont permis modification des classements
d’obtenir respectivement d'aires protégées 80
87 % et 69 % des textes
identifiés. Ils sont aujourd’hui
archivés et disponibles sous 0 20 40 60 80 100 120 140 160
forme électronique à l’ICCN.
Nombre de textes
disponibles
Nombre total de
textes identifiés
page 76 │ Chapitre 4
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo
Figure 46 10
Nombre d’aires
protégées créées
annuellement 8
Les décennies 1930 et
1950 concentrent une
part importante de la 6
création d’aires protégées,
avec respectivement 31 et
29 entités désignées, soit 4
de l’ordre de 30 % du total
durant chacune d’elles.
Plus de 70 % de l’ensemble 2
des aires protégées ont
vu le jour durant l’époque
coloniale. Les années 1970 0
et 2000 furent les décennies
1920
1923
1926
1929
1932
1935
1938
1941
1944
1947
1950
1953
1956
1959
1962
1965
1968
1971
1974
1977
1980
1983
1986
1989
1992
1995
1998
2001
2004
2007
2010
2013
2016
post-indépendances les
plus porteuses, avec
respectivement 14 et 12 aires
protégées désignées, soit
10 % et 9 % du total.
Un nombre limité d’aires
protégées furent créées
durant les décennies 1960,
1980, 1990 et 2010.
Chapitre 4 │ page 77
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo
45
Figure 47 40
Nombre d’aires
protégées par an par
catégories standardisées
Dès la fin des années 35
1920, la catégorie des
réserves de chasse s’impose
comme celle comptant
30
le plus grand nombre
d’entités. Les domaines
de chasse apparaissent
à la fin du second conflit 25
mondial et connaîtront un
développement marqué au
cours des quinze années
20
qui suivent. Ils forment
aujourd’hui la seconde
catégorie la plus représentée.
Les premières réserves 15
naturelles intégrales voient
le jour au cours des années
1930. Leur nombre sera
plus que doublé dans les 10
années 1970. La catégorie
des réserves naturelles
apparaît dans les années
5
1990 et connaît un essor
particulièrement marqué
depuis le début des
années 2000. 0
1922
1924
1926
1928
1930
1932
1934
1936
1938
1940
1942
1944
1946
1948
1950
1952
1954
1956
1958
1960
1962
1964
1966
1968
1970
1972
1974
1976
1978
1980
1982
1984
1986
1988
1990
1992
1994
1996
1998
2000
2002
2004
2006
2008
2010
2012
2014
2016
Domaine de chasse Forêt classée Non déterminée
Réserve de biosphère Réserve de chasse Réserve naturelle
Réserve naturelle intégrale Réserve scientifique Réserve spéciale
Zone annexe Réserve intégrale de faune Réserve intégrale de flore
Réserve zoologique et de flore
et forestière
page 78 │ Chapitre 4
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo
Figure 48
Nombre de modifications
des limites des aires
protégées par an
Les modifications des
limites sans changement
de catégorie représentent
59 % du nombre total de cas
documentés. Près de 70 % des
transformations spatiales,
avec ou sans changement de 4
catégorie sont intervenues
durant l’époque coloniale.
Les décennies 1930 et 1950
3
regroupent respectivement
23 % et 33 % de l’ensemble
des cas constatés. 50 % de
l’ensemble des modifications 2
intervenues après
l’indépendance ont eu lieu
au cours des années 1970,
1
30 % lors de la décennie
2000. Les modifications
accompagnant un
changement de catégorie 0
ont été relativement
1928
1930
1932
1934
1936
1938
1940
1942
1944
1946
1948
1950
1952
1954
1956
1958
1960
1962
1964
1966
1968
1970
1972
1974
1976
1978
1980
1982
1984
1986
1988
1990
1992
1994
1996
1998
2000
2002
2004
2006
2008
2010
2012
2014
2016
Chapitre 4 │ page 79
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo
Les aires protégées comme les réserves naturelles intégrales, dont les huit parcs
nationaux et certaines réserves naturelles, ont été désignées dans le cadre d’une
approche plus systémique, même si très souvent la faune a joué un rôle de premier
plan dans la définition de leur vocation. S’appuyant sur une réglementation stricte
pour leur gestion, ces entités sont relativement peu nombreuses, de l’ordre de 15 % du
nombre total, mais de relative grande taille (27 % de la superficie). Elles répondent
généralement à une catégorie II de l’UICN.
Les richesses biologiques des aires protégées de RDC ont conduit à la reconnaissance
de certaines d’entre elles sur le plan international. Cinq sont inscrites sur la Liste du
patrimoine mondial et une dizaine sont intégralement ou en partie couvertes par les
quatre sites inscrits sur la Liste des zones humides d’importance internationale.
page 80 │ Chapitre 4
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo
Carte 13
Le réseau des aires protégées aujourd’hui Le réseau des aires
Le réseau est constitué aujourd’hui de 78 aires protégées qualifiées d’ex situ, couvrant protégées de RDC
Merci de noter que
au moins 13,5 % de la superficie du territoire national (Tableau 3). Les espèces de des informations
grands mammifères sont les cibles de conservation qui ont motivé la désignation de la complémentaires relatives à
plus grande partie d’entre elles. la configuration de certaines
aires protégées sont
Plus de 14 millions d’hectares, soit de l’ordre de 44 % de la superficie du réseau, sont présentées en Annexe 2.
couverts par des entités créées explicitement à des fins de gestion de la chasse. Elles
représentent environ 55 % du nombre total d’aires protégées. Portant une pluralité Légende
d’objectifs en matière cynégétique, elles forment un ensemble disparate, couvrant
potentiellement un large spectre de catégories UICN (II, IV, VI et « hors catégorie »). Capitale nationale
Capitale provinciale
Les aires protégées comme les réserves naturelles intégrales, dont les huit parcs
nationaux et certaines réserves naturelles, ont été désignées dans le cadre d’une Localité importante
approche plus systémique, même si très souvent la faune a joué un rôle de premier Province
plan dans la définition de leur vocation. S’appuyant sur une réglementation stricte Cours d’eau
pour leur gestion, ces entités sont relativement peu nombreuses, de l’ordre de 15 % du
nombre total, mais de relative grande taille (27 % de la superficie). Elles répondent Catégorie de gestion
généralement à une catégorie II de l’UICN.
Réserve naturelle intégrale
Finalement, un nombre très restreint d’aires protégées vise à conserver Réserve naturelle
prioritairement la flore. Elles présentent des superficies très limitées.
Domaine de chasse
Les richesses biologiques des aires protégées de RDC ont conduit à la reconnaissance Réserve de chasse
de certaines d’entre elles sur le plan international. Cinq sont inscrites sur la Liste du Réserve scientifique
patrimoine mondial et une dizaine sont intégralement ou en partie couvertes par les Forêt classée
quatre sites inscrits sur la Liste des zones humides d’importance internationale.
Réserve spéciale
Les aires protégées dites ex situ, contribuant à la conservation de taxons floristiques Réserve zoologique et forestière
et fauniques hors de leur milieu naturel, rassemblent 3 jardins botaniques, 3 jardins Zone annexe
zoologiques et un jardin mixte.
Réserve de biosphère
L’ICCN est l’organisme public en charge de la gestion des aires protégées in et ex Réserve intégrale de faune et de flore
situ. Les réserves de biosphère sont les seules entités dépendant aujourd’hui d’une Réserve intégrale de flore
autre tutelle, le comité national MAB du MEDD. L’Institut national pour l’étude et la
recherche agronomiques (INERA) intervient également au sein de deux d’entre elles.
2 Réserve spéciale
Tshuapa 17 %
Réserve scientifique
26 34%
Tshopo 9%
Réserve naturelle intégrale Tanganyka 3%
9 Réserve naturelle Sud-Ubangi 0%
26%
Réserve de chasse Sud-Kivu 22 %
Sankuru 26 %
Réserve de biosphère
Nord-Ubangi 0%
13 Forêt classée Nord-Kivu 22 %
3 1 0% Domaine de chasse Mongala 4%
16 23% 9%
1% Maniema 8%
Mai-Ndombe 19 %
Lualaba 9%
Figure 51 30
Nombre d’aires
protégées existantes
par catégories UICN
L’assignation d’une
25
catégorie UICN à une
aire protégée répond à
certains principes. Réalisée
sur la base d’un dialogue
avec le gestionnaire, elle 20
s’applique au site et non à la
catégorie. Elle est déterminée
sur la base de l’objectif
de conservation, de la
compatibilité des modalités 15
de gestion existantes avec
celui-ci, et sur le fait qu’elles
doivent être appliquées
sur au moins 75 % de la 10
superficie du site évalué. Ce
processus n’est pas réalisable
pour la majeure partie des
aires protégées de RDC. Nous
parlerons donc de catégories 5
UICN potentielles.
Figure 52 Lomami 2%
Proportion des Kwilu 19 %
provinces sous régime Kwango 8%
de protection Kongo Central 2%
Le Bas-Uele a plus d’un tiers Kinshasa 24 %
de sa superficie concernée
Kasai Oriental 0%
par des aires protégées. Plus
Kasai Central 5%
généralement, six provinces
Kasai 8%
de l’est sont parmi les dix
provinces présentant le plus Ituri 30 %
Chapitre 4 │ page 85
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo
Tableau 9 Carte 14
Les aires protégées Les aires protégées
inscrites sur la Liste du inscrites sur la Liste du
patrimoine mondial patrimoine mondial
Cinq aires protégées en
RDC ayant une superficie
de 6 658 286 ha (2,84 % du
territoire national) ont été
reconnues par la Convention
du patrimoine mondial
en raison de leur valeur
naturelle exceptionnelle.
Actuellement, ces cinq
sites ont été inscrits sur
la liste des patrimoines
en péril. Les régions
administratives invoquées
sont référencées dans les
documents d’inscription. Plus
Date(s) d’inscription
récemment, le système de Site du patrimoine Superficie Date d’inscription sur la sur la Liste du patrimoine
gestion d’information pour mondial administrative (ha)* Liste du patrimoine mondial mondial en péril
les aires protégées (SYGIAP) Parc national 790 000 1979 1994 - jusqu’à ce jour
a produit des cartes de base des Virunga
pour chacun des sites afin Parc national 490 000 1980 1984 - 1992, 1996 -
de permettre le calcul plus de Garamba jusqu’à ce jour
précis des régions à l’aide Parc national 600 000 1980 1997 - jusqu’à ce jour
d’un système d’information du Kahuzi-Biega
géographique (GIS). Parc national 3 600 000 1984 1999 - jusqu’à ce jour
de la Salonga
Réserve de faune 1 372 625 1996 1997 - jusqu’à ce jour
à okapis
*La superficie administrative est celle référencée dans la documentation.
Tableau 10
Les sites inscrits sur
la Liste des zones
humides d’importance Carte 15
internationale Les aires protégées
Les quatre sites inscrits sur inscrites sur la Liste
la Liste des zones humides des zones humides
d’importance internationale d’importance
couvrent 5,08 % du territoire internationale
national. Cette superficie
n’est pas directement prise
en compte dans le bilan
présenté par ailleurs.
Ces sites concernent en
effet des aires protégées
existantes, et ce à différents
degrés. Deux d’entre eux
sont centrés sur deux aires
protégées respectives sans
être congruents avec celles-
ci, un autre englobe un Superficie Date d’inscription sur la
complexe d’aires protégées administrative Liste des zones humides
Site Ramsar (ha)* d’importance internationale
et une superficie non classée
très limitée, tandis que Parc national des Mangroves 66 000 1996
le quatrième comprend Zones humides du Parc national des Virunga 800 000 1996
plusieurs aires protégées au
Ngiri-Tumba-Maindombe 6 569 624 2008
sein d’un vaste espace non
classé. Le site du bassin de Basin de la Lufira 4 487 593 2017
la Lufira a été inscrit dans le *La superficie administrative est celle référencée dans la documentation.
cadre d’une initiative portée
par le PARAP.
page 86 │ Chapitre 4
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo
Tableau 11 Carte 16
Les réserves de la Les réserves
biosphère de la biosphère
Le gouvernement de la RDC
a proposé trois sites comme
réserves de biosphère sous
le Programme de l’Unesco
pour l’homme et la biosphère
(MAB). Ces régions
comprennent trois types
d’écosystèmes différents et
sont destinées à servir de
laboratoire pour concilier
conservation de la diversité
biologique et développement
durable.
Tableau 7 Carte 17
Les jardins botaniques Les jardins botaniques
et zoologiques et zoologiques
Les premiers jardins
botaniques et zoologiques
de RDC ont été mis en
place il y a plus de 100 ans.
Aujourd’hui, leur degré de
fonctionnalité et de capacité
varie considérablement.
Chapitre 4 │ page 87
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo
Appréhender le contexte
La planification stratégique et la gestion du réseau des aires protégées nécessitent un
examen approfondi du contexte. Parmi les défis les plus complexes du réseau des aires
protégées en RDC, on compte la démographie ainsi que la compétition pour l’accès
aux terres et aux ressources.
page 88 │ Chapitre 4
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo
Carte 18
Démographie et réseau
des aires protégées
The Global Human
Settlement Population
Grid (JRC 2015) montre
la distribution et la densité
de la population en RDC
en nombre de personnes
par parcelle de 250 m2.
Les données montrent
des regroupements urbains
et la distribution éparse
de la population dans les
régions rurales.
Aires protégées
20 000
Figure 53
Projections
démographiques
à l’horizon 2100
600 000
Les données du Département
des affaires économiques
et sociales – division de la 500 000
Variante haute
Variante moyenne
Variante basse
Chapitre 4 │ page 89
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo
Gestion forestière
Le couvert végétal de la RDC est prédominé par les forêts denses qui occupent
environ 49 % du territoire national et d’autres types de formations boisées. Ces forêts
Figure 54 représentent un capital important et sont la propriété de l’État. En vigueur depuis une
Superposition entre
quinzaine d’années, le régime forestier promeut une gestion durable des ressources
le réseau des aires
protégées et les forestières dans le but d’accroître leur contribution au développement socio-
concessions forestières économique tout en préservant la biodiversité. Plus récemment, la reconnaissance du
Nombre d’aires protégées rôle de premier plan joué par les forêts congolaises dans la régulation du climat s’est
affectées par les traduite par un renforcement des stratégies de gestion durable.
superpositions avec
des titres forestiers
6 16 %
72 84 %
16 %
Carte 19
84 %
Gestion forestière et réseau
des aires protégées
Les données sur les concessions
Pourcentage de la superficie
forestières proviennent de la
du réseau des aires
Direction des inventaires et
protégées affecté par les
aménagement forestiers (2013)
superpositions avec des
titres forestiers
Concession forestière
Aire protégées
page 90 │ Chapitre 4
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo
Le domaine forestier national comprend trois catégories de forêts selon les usages
qui leur sont affectés. Il s’agit des forêts classées, des forêts protégées et des forêts de
production permanente.
Intégrées au domaine public de l’État, les forêts classées concernent les formations
présentant notamment un intérêt écologique. Elles sont désignées au travers d’un
acte de classement et soumises à un régime juridique restrictif concernant les droits
d’usage et d’exploitation. Une part importante des forêts classées sont des aires
protégées d’intérêt national telles que récemment définies. Elles doivent représenter
au moins 15 % de la superficie totale du territoire national.
Les forêts protégées sont soumises à un régime juridique moins restrictif quant aux
droits d’usage et aux droits d’exploitation. Elles peuvent faire l’objet de concession,
une durée de vingt-cinq ans maximum, pour la valorisation de leurs ressources. Une
communauté disposant d’une personnalité juridique peut obtenir une concession
forestière au sein des forêts protégées. Depuis 2016, il est possible d’ériger la
conservation de la biodiversité en objectif principal de gestion de la concession. De
telles entités pourraient alors être reconnues comme aire protégée selon les récentes
dispositions en la matière.
Les forêts de production permanente sont les forêts soustraites des forêts protégées
par une enquête publique en vue de les concéder pour leur mise en valeur. Elles sont
inscrites dans le cadastre forestier permanent et leur gestion doit assurer le maintien
du couvert forestier ainsi que la conservation de la faune sauvage. Organisées
selon le processus d’aménagement durable des forêts, plusieurs mesures visant à
la conservation de la biodiversité doivent être mises en œuvre par les opérateurs
concessionnaires. Elles visent notamment à gérer durablement la faune, à protéger
les écosystèmes à haute valeur pour la conservation et à développer des synergies de
gestion avec d’éventuelles aires protégées localisées à proximité.
Six aires protégées sont aujourd’hui concernées par des superpositions avec des
concessions forestières. Trois aires protégées ont plus de 50 % de leurs superficies
respectives affectées (RSM, RTL et DCROW), une aux environs de 10 % (DCRT) et
deux moins de 1 % (RFLY et DCHM). L’ensemble représente une superficie totale de 5
millions d’hectares.
Chapitre 4 │ page 91
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo
Mines
La RDC est l’un des pays les plus importants au monde en ce qui concerne le potentiel
minier, estimé à 24 trillions de dollars en 2011. Parmi les ressources minérales les
plus importantes figurent 3 % des réserves globales en cuivre, 25 % des réserves
globales de diamants et 45 % des réserves globales en cobalt, ainsi que des quantités
importantes de tantale et d’é[Link] Ces réserves constituent une source potentielle de
revenus importante pouvant soutenir le développement du pays.
L’exploitation minière a des impacts directs majeurs sur l’environnement, tels que la
dégradation des paysages et des formations végétales, la pollution de l’eau et de l’air,
voire la contamination radioactive. De façon similaire à ce qui est observé dans le cas
du secteur forestier, le développement de l’exploitation minière et des infrastructures
associées peut faciliter l’accès à des régions enclavées et être à l’origine d’une pression
accrue sur les ressources naturelles, y compris dans les aires protégées. L’extension
des pratiques d’agriculture sur brûlis, l’augmentation de la collecte de bois et de la
chasse illégale et non durable de la faune sauvage sont ainsi couramment observées.
page 92 │ Chapitre 4
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo
10 10 14 % 14 %
Figure 55
Superposition entre 23 23
le réseau des aires 45 45
protégées et les carrés 86 % 86 %
miniers
Un nombre important de
permis d’exploration et
d’exploitation pour les LSM Nombre d'aires protégées Pourcentage de la superficie
et ASM se superposent aux affectées par les superpositions du réseau des aires protégées affectées
aires protégées existantes avec des carrés miniers par les superpositions avec des carrés
en RDC. Afin de résoudre Nombre d’aires protégées miniers
ce conflit de l’utilisation affectées : 45 Pourcentage de la superficie du réseau
des terres, une coopération Nombre d’aires protégées non des aires protégées affectée : 14
étroite est nécessaire entre affectées : 23 Pourcentage de la superficie du réseau
l’ICCN et le CAMI. Indéterminé : 10 des aires protégées non affectée : 86
Chapitre 4 │ page 93
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo
page 94 │ Chapitre 4
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo
exclusivement dans les chaînes de montagne de l’est, couvrent 4 % (1 486 935 ha) du
réseau. Les forêts denses sur sols hydromorphes représentent 2 % (791 568 ha) de cet
espace, principalement le long du fleuve Congo et certains de ses affluents. Notons que
certaines des plus grandes aires protégées de RDC, telles que le Parc national de la
Salonga, sont couvertes de façon quasi exclusive par la forêt dense humide. D’autres,
telles que le Parc national des Virunga, comprennent une plus grande diversité de
forêts et d’autres types de couverture du sol.
Parmi les autres types de couverture du sol répandus en RDC, les savanes arborées et
savanes boisées, couvrent près de 16 % (37 070 000 ha) du territoire national et 15 %
(4 566 537 ha) du réseau tel que cartographié à ce jour. Les forêts ouvertes à feuilles
caduques, qui comprennent notamment le miombo, occupent 10 % (23 920 000 ha)
du territoire national et 6 % (1 820 034 ha) du réseau tandis que les formations de la
zone de transition forêt-savane se développent respectivement sur 3 % (6 956 000
ha) et 4 % (1 199 664 ha) de ces mêmes espaces. Les types de couverture du sol plus
localisées comprennent les savanes arbustives, les prairies et prairies marécageuses
dans les régions sud du pays et les savanes inondées au bord du fleuve Congo. Le
complexe rural, qui est une mosaïque de zones agricoles, de plantations villageoises,
de jachère et de zones de régénération naturelle secondaire, couvrant 9 % (21 440 000
ha) de la RDC, concerne 5 % (1 562 121 ha) de la superficie du réseau telle qu’estimée
à ce jour. Les zones cultivées pèsent quant à elles près de 6 % (12 950 000 ha) de la
couverture du sol de la RDC et 3 % (1 015 209 ha) de celle du réseau.
Chapitre 4 │ page 95
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo
Carte 21
Couverture du sol
et réseau des aires
protégées
Les données sur la
couverture du sol
proviennent d’une carte dont
la résolution est de 300 m,
produite par Verhegghen A.
& Defourny P. (2010). Les
auteurs ont utilisé le système
standardisé de classification
de la couverture du sol
développé par la FAO afin de
décrire les différents types
de végétation.
Agriculture irriguée
Eau
Forêt de montagne
Forêt de transition
Forêt édaphique
Mangrove
Mosaïque forêt-savane
Prairie aquatique
Prairie marécageuse
Savane arbustive
Savane herbeuse
Aire protégée
page 96 │ Chapitre 4
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo
Figure 56
Couverture du sol et réseau des aires protégées
250 000
200 000
Hectares (ha)
150 000
100 000
50 000
0
LK
L
RSM
PM
RK
B
RS
IH
K
LT
A
RSL
RNM
K
ML
U
F
RNS
I
IU
RNT
I
U
S
BI
M
GU
KA
RFK
KV
PK
MM
KV
DCF
RPK
RZB
RBL
DCK
RBL
DCM
DCB
RCIT
DCR
RCIM
RCB
RCO
RZF
RCP
DCR
RCT
DCR
RCL
DCR
DCL
DCP
DCP
DCR
DCR
DCR
3 500 000
3 000 000
2 500 000
Hectares (ha)
2 000 000
1 500 000
1 000 000
500 000
0
YA
U
T
N
L
M
LY
BK
B
Z
IAT
N
G
I
KB
K
L
I
VI
K
S
L
M
BO
U
RT
HM
O
OW
SA
U
S
RN
TK
RB
RT
PN
RA
LK
RG
CS
PN
RL
PN
TG
RN
RT
PN
RB
PN
RF
RB
PN
PN
RF
RB
RN
PN
DC
RN
RS
DC
RC
RC
DC
DC
DC
DC
DC
DR
RC
DC
DC
DC
Mosaïque forêt/savane
Chapitre 4 │ page 97
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo
Écorégions terrestres
Dix-huit écorégions terrestres se rencontrent en [Link] Leur taille varie de moins
de 200 000 à plus de 100 millions d‘hectares. Ces assemblages de communautés
naturelles géographiquement distinctes sont définis par le fait qu’elles partagent une
grande majorité d’espèces, de dynamiques et de conditions environnementales. Les
superpositions entre ces écorégions et la RDC sont très variables, l’une d’entre elles
ayant par exemple moins de 1 % de sa superficie comprise dans le pays, tandis que
deux autres sont exclusivement représentées en RDC. Concernant ces dernières, il
s’agit de l’écorégion des forêts congolaises du centre, dont 23 % sont compris dans le
réseau des aires protégées, et celle des forêts congolaises marécageuses orientales,
dont 7 % sont incorporés dans celui-ci. Trois autres écorégions ont plus de 50 % de
leur superficie respective comprise en RDC. L’écorégion des forêts montagnardes
Carte 22 du rift Albertin, dont 62 % (6 265 766 ha) de la superficie est en RDC, est la plus
Le réseau des aires représentée dans le réseau, avec 13 % (1 314 279 ha) de celle-ci prise en compte.
protégées et les L’écorégion des forêts congolaises du nord-est, dont 94 % (50 030 912 ha) se situe
écorégions terrestres
Les données sur les
en RDC, suit avec 10 % (5 424 993 ha) de sa surface totale comprise dans le réseau.
écorégions proviennent Enfin, l’écorégion mosaïque forêt-savane sud-congolaise, dont la superficie est à 90 %
d’Olsen et al. (2001). (50 996 265 ha) en RDC, présente 6 % (3 157 908 ha) de celle-ci dans le réseau.
Forêts montagnardes du
rift Albertin
Forêts atlantiques
équatoriales côtières
Forêts congolaises du
centre
Forêts congolaises
marécageuses orientales
Forêts congolaises du
nord-est
Forêts congolaises
marécageuses occidentales
Miombo zambézien
du centre
Mosaïque forêt-savane
nord-congolaise
Mosaïque forêt-savane
sud-congolaise
Mosaïque forêt-savane
du bassin du lac Victoria
Mosaïque forêt-savane
ouest-congolaise
Landes afro-alpines du
Ruwenzori-Virunga
Mangroves d'Afrique
centrale
Forêts congolaises
du nord-ouest
Miombo angolais
Savanes soudanaises
de l'est
Végétation dense de
Itigi-Sumbu
Savanes paludicoles
zambésiennes
page 98 │ Chapitre 4
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo
Figure 57 2 %2 %
Le réseau des aires protégées et les 1% 0%
écorégions terrestres 4%
Forêts montagnardes du rift Albertin 0%
10 %
Forêts atlantiques équatoriales
côtières
Figure 58
Mosaïque forêt-savane ouest-congolaise
Degré de couverture des
écorégions terrestres
Landes afro-alpines du Ruwenzori-Virunga
Superficie totale
Mangroves d'Afrique centrale
de l’écorégion (ha)
Chapitre 4 │ page 99
Le réseau des aires protégées de la République démocratique du Congo
Les taux de perte de couvert forestier au sein des aires protégées constituant le réseau
montrent une grande variablité. Les superficies de forêts les plus importantes perdues
entre 2000 et 2015 ont été observés dans la Réserve naturelle du Sankuru (79 000 ha),
le Domaine de chasse de Mangai (78 552 ha), le Domaine de chasse d’Oshwe (48 042
ha), le Domaine de chasse de Bili-Uéré (34 287 ha) et le Parc national des Virunga
(926 183 ha). Les aires protégées ayant perdu la plus grande part de leur surface
forestière entre 2000 et 2015 sont la Réserve de biosphère de Luki (9,6 %), le Domaine
de chasse de Kiziba-Baluba (9,0 %), la Réserve intégrale de chasse de la Mufufya (6,9 %),
le Domaine de chasse de Luama Katanga (6,7 %) et le Domaine de chasse de Mangai
(6,7 %). L’amélioration de l’efficacité de gestion des aires protégées est indispensable pour
maîtriser les dynamiques d’empiètement et de conservation des habitats en leur sein et
maintenir des massifs intacts de forêts naturelles.
Carte 23
La déforestation
et les aires protégées
Les données sur la
déforestation proviennent
de Hansen/UMD/Google/
USGS/NASA.
Couverture forestière
Aire protégée
RCTLK 0.93 %
Figure 59 DCPRS 0.22 %
La déforestation DCPRK 0.67 %
0.52 %
Les données sur la
DCRLT
PNL 0.03 %
déforestation proviennent de RCITS 0.33 %
RCOBI 0.52 %
RFLY 0.19 %
DCRML 1.06 %
RSL 1.54 %
RNT 0.96 %
DCRMM 0.50 %
DCKB 9.00 %
RNM 2.43 %
DCRPK 0.81 %
RZBL 1.32 %
RCIAT 0.32 %
DCRAZ 0.38 %
RNS 2.08 %
RPKI 1.76 %
PNG 0.35 %
RCTKI 0.26 %
DCRU 3.07 %
RCLKV 1.27 %
PNU 0.18 %
RBLF 3.58 %
DCLKV 1.31 %
DCBK 4.91 %
PNS 0.09 %
DCRKA 2.19 %
DCFI 3.51 %
RBLK 9.60 %
DCRGU 2.51 %
RNBK 1.11 %
DCRBL 1.67 %
RCBM 4.51 %
RFK 3.62 %
RCTGU 2.49 %
PNK 0.72 %
RNN 2.34 %
RCIMU 6.89 %
RFO 0.49 %
DCRBM 2.77 %
RSBO 0.70 %
RBYA 3.58 %
DCRT 0.90 %
RNI 1.81 %
RTN 1.99 %
DCRGB 2.76 %
PNKB 1.63 %
DCRLS 0.79 %
DRCSK 1.56 %
RTL 1.96 %
DCLKT 6.67 %
PNVI 3.37 %
DCRBU 1.05 %
DCOW 2.85 %
6.59 %
DCHM
2.98 %
RNSA
Hectares (ha)
Les espèces
La RDC est le pays africain le plus riche en espèces concernant la plupart des groupes
taxonomiques, y compris les mammifères et les oiseaux. Parmi les 431 espèces de
mammifères en RDC qui ont été ajoutés à la liste rouge de l’UICN,xvi trois ont été
classées en danger critique d’extinction (CR), neuf en danger (EN) et 22 vulnérable
(VU). Parmi les espèces menacées, on compte certaines espèces endémiques
spectaculaires comme l’okapi (Okapia johnstoni - EN), le bonobo (Pan paniscus - EN),
le gorille des plaines de l’est (Gorilla beringei graueri - CR) et le cercopithèque Inoko
(Cercopithecus dryas - CR).
L’avifaune de la RDC comprend plus de 1 100 espèces. Selon la liste rouge de l’UICN,
parmi les 1 105 espèces identifiées, quatre sont actuellement classifiées en danger
critique (CR), 13 sont classées en danger (EN) et 22 sont classées vulnérable (VU).
Parmi ces espèces, on trouve le paon endémique du Congo (Afropavo congensis -
VU), le phodile de Prigogine (Phodilus prigoginei - EN), le martinet de Schouteden
(Schoutedenapus schoutedeni – VU), l’engoulevent de Prigogine (Caprimulgus
prigoginei - EN), le bulbul de Prigogine (Chlorocichla prigoginei - EN), le bagadais du
Roi Albert (Prionops alberti - VU), le souimanga de Rockefeller (Cinnyris rockefelleri
- VU), le crombec de Chapin (Sylvietta chapini - CR) et le tisserin à pieds jaunes
(Ploceus flavipes - VU). D’autres espèces endémiques sont classées comme quasi
menacées (NT) et dans la catégorie des données insuffisantes (DD). Parmi les espèces
en danger critique d’extinction (CR), dont les aires de répartition chevauchent la RDC,
on trouve le vautour à tête blanche (Trigonoceps occipitalis) et le vautour charognard
(Necrosyrtes monachus).
En RDC, le nombre des reptiles dépasse 300 espèces, parmi lesquelles on trouve trois
espèces de crocodiles, 120 espèces de lézards, 181 espèces de serpents et 22 espèces
de tortues. Parmi elles, neuf espèces sont actuellement classées comme menacées
(CR, EN ou VU) sur la liste rouge de l’UICN et plus de 30 espèces sont endémiques,
parmi lesquelles les serpents, lézards et le Trachylepis pulcherrima, le Kinyongia
gyrolepis (DD) et le Pelusios upembae.
Certaines espèces invertébrées sont beaucoup moins connues et n’ont été étudiées que
dans quelques sites. Parmi les plus étudiées, on trouve les papillons diurnes, dont plus
de 2 000 espèces sont listées dans la base de données sur les papillons d’[Link]
Enfin, le RDC abrite plus de 10 000 espèces de plantes. Sur plus de 639 des espèces
qui ont été évaluées, 149 sont actuellement classées comme menacées par la liste
rouge de l’UICN. Il n’y a pas de chiffres exacts concernant les espèces de plantes
endémiques.
Alors que quelques aires protégées ont constitué un moyen de protection contre
certaines menaces, l’abondance et la distribution de nombreuses espèces de RDC
ont diminué de manière dramatique à l’intérieur et à l’extérieur du réseau des aires
protégées. Il est essentiel de stopper cette régression afin de préserver la biodiversité
du pays. Cela nécessite une amélioration significative des capacités de planification
et de gestion du réseau des aires protégées. Cela exige également un engagement
sans réserve pour assurer une application effective des réglementations nationales
et conventions internationales concernant la conservation de la biodiversité. Il
est également important de prendre en compte de manière plus systématique le
changement climatique dans la planification et la gestion des aires protégées,
notamment en ce qui concerne la préservation des écosystèmes et des espèces qui
sont particulièrement vulnérables à la variabilité du climat.
Enfin, il reste encore beaucoup à découvrir sur la flore, la faune et les écosystèmes
de la RDC. Au fur et à mesure de l’acquisition de nouvelles données en la matière, il
convient d’évaluer le degré auquel le réseau des aires protégées représente et protège
les zones clés pour la biodiversité, ainsi que d’adapter, le cas échéant, les objectifs de
conservation et les stratégies de gestion associées.
Les grands mammifères et le réseau des aires protégées
La grande faune emblématique constitue la pierre angulaire historique du réseau
des aires protégées de RDC. Les espèces de grands mammifères sont à l’origine de
la création de la majorité des entités qui le composent, comme par exemple les aire
de gestion des espèces, les réserves et domaines de chasse, ou encore les réserves
naturelles intégrales ou parcs nationaux. Il s’agissait, d’une part, de garantir une
protection intégrale aux taxons rares ou endémiques et, d’autre part, d’assurer une
exploitation cynégétique rationnelle, à des fins récréative, commerciale voire de
subsistance, des taxons alors plus communs.
des Virunga, au sein du parc national éponyme. Les efforts de gestion conduits par
les équipes de l’aire protégée ont joué un rôle crucial dans la protection effective de la
population de cette espèce en danger critique d’extinction.
Dans un tel contexte, les efforts requis pour stopper le déclin des populations
résiduelles de grands mammifères, et protéger les habitats qui pourraient soutenir
d’éventuelles initiatives de restauration, sont titanesques et nécessitent l’engagement
de l’ensemble des parties prenantes.
Grands singes
Tableau 13
Gorille des montagnes 604 (2018) En augmentation
État et tendances des
populations de quelques Gorille de Grauer Quelques milliers En déclin
espèces emblématiques Gorille ? Probablement éteint
de mammifères en RDC Bonobo Quelques dizaines de milliers En déclin
Chimpanzé de Schweinfurth Quelques dizaines de milliers En déclin
Chimpanzé d’Afrique centrale Quelques dizaines En déclin
Artiodactyles
Girafe Quelques dizaines En déclin
Okapi Quelques milliers En déclin
Antilope sable Quelques centaines En déclin
Hippotrague Quelques centaines En déclin
Élan de Derby ? Probablement éteint
Élan du Cap ? Probablement éteint
Grand koudou Quelques dizaines En déclin
Bubale de Lichtenstein Quelques dizaines En déclin
Bubale Quelques centaines En déclin
Hippopotame Quelques milliers En déclin
Périssodactyles
Zèbre Quelques dizaines En déclin
Rhinocéros blanc 0 Éteint (2006 )
Carnivores
Lion Quelques dizaines En déclin
Lycaon ? Probablement éteint -
passages occasionnels
Guépard ? Probablement éteint -
passages occasionnels
Léopard Quelques milliers En déclin
Proboscidiens
Éléphant Quelques milliers En déclin
Services écosystémiques
Il est impératif pour la région et la communauté mondiale de maintenir les services
écosystémiques directs et indirects fournis par le patrimoine naturel de la RDC. Ils
sont également essentiels au développement du pays et à l’émergence d’un modèle
durable de croissance. S’il est géré de manière efficace et durable, le réseau des aires
protégées constitue un mécanisme important pour maintenir ces services. Afin
d’atteindre cet objectif, des efforts supplémentaires sont nécessaires pour identifier,
évaluer et démontrer la valeur des services écosystémiques conservés par les aires
protégées. De plus, il est important d’assurer que ces valeurs soient considérées dans
la prise de décision et que le réseau des aires protégées soit intégré dans les stratégies
nationales et régionales pour la gestion de ces services.
Parmi les services écosystémiques clés fournis par le réseau des aires protégées
en RDC, on trouve les services d’approvisionnement, dont la nourriture, l’eau et la
pharmacopée ; les services de régulation, dont la filtration de l’eau, la régulation
climatique et la pollinisation ; les services culturels, dont la protection des valeurs
sociales, cultuelles et l’éducation ; et les services auxiliaires, tels que la photosynthèse
et le cycle de nutriments. Un grand nombre de ces valeurs n’ont pas été évaluées de
manière systématique dans le contexte du réseau des aires protégées. Le risque qu’ils
ne soient pas adéquatement pris en compte dans la gestion des aires protégées et du
réseau est donc réel, et contribue également à leur sous-estimation dans les processus
de prise de décision.
Par conséquent, le maintien de ces valeurs, dont l’intérêt est planétaire, a été reconnu
par le gouvernement au travers de la mise en place d’un programme juridictionnel
visant à réduire les émissions liées à la déforestation et à la dégradation des forêts
(REDD+). Il soutient également le lancement des efforts au niveau national pour
quantifier et surveiller les puits de carbone forestier. Outre leur contribution à
l’atténuation du changement climatique, ces écosystèmes forestiers aident également
à maintenir les services dont les communautés locales dépendent pour s’adapter aux
effets des changements climatiques sur les systèmes naturels et anthropiques.
Carte 24
Le carbone forestier et le réseau
des aires protégées
La carte de la biomasse aérienne
(above ground biomass, AGB) présente
la distribution de cette dernière en
RDC et au sein des aires protégées.
Les données sur la biomasse et les
statistiques du carbone ont été fournies
par le projet Carbon Map and Model
(CM & M), une coopération entre le
WWF, la NASA (National Aeronautic
and Space Administration), l’Université
de Californie à Los Angeles et le MEDD
(Xu et al., 2017).
400 0
Figure 61
La couverture du sol et la déforestation ont été évaluées entre 2000
et 2015 à l’aide des données sur le changement global des forêts
(Hanson et al. 2013). Une forte déforestation a été définie par un
taux de déforestation annuel supérieur ou égal à 0,235 %. Une faible
déforestation a été définie par un taux de déforestation annuel inférieur
à 0,235 %. Un couvert forestier dense a été défini comme un couvert
forestier supérieur ou égal à 66,83 %. Un couvert forestier faible a été
défini comme un couvert forestier inférieur à 66,83 %.
deforestation
25,000,000 45
40
20,000,000 35
30
15,000,000 25
20
Number of PA
10,000,000
15
5,000,000 10
5
0 0
HFHD HFLD LFHD LFLD HFHD HFLD LFHD LFLD
RCTLK
Figure 62 RZBL
DCKB
DCRLT
DCRU
RNS
DCFI
DCRBL
DCBK
RNM
DCRML
RCIMU
DCRKA
RCITS
RCBM
DCRGU
DCMA
RZFIH
DCRPK
DCRMM
RCLKV
RCTGU
PNG
RNN
DCLKT
RSL
DCRBM
RFK
0.025 0.05
DCLKV
RCIAT
RPKI
DCRGB
RNT
PNK
DCRAZ
DCRLS
RCOBI
DRCSK
PNVI
PNU
RTN
RFLY
RNI
RNBK
DCHM
RSBO
RTL
PNKB
RCTKI
PNL
PNM
DCRT
DCOW
RFO
DCRBU
RNSA
PNS
Carte 25
Hydrographie
de la République
démocratique
du Congo.
Aire protégée
Site Ramsar
Lac Tumba
Superficie totale de
l’écorégion (ha)
Uele
Superficie de l’écorégion
en RDC (ha) Haut-Congo
Superficie de l’écorégion
sous régime de Rapides du Haut-Congo
protection en RDC (ha)
Haut-Lualaba
Haut-Nil
0 20 000 000 40 000 000 60 000 000 80 000 000 100 000 000 120 000 000
Hectares (ha)
richesse des espèces dans le pays. En plus du grand nombre d’espèces dépendantes de
l’eau douce, les systèmes d’eau douce montrent également un taux élevé d’endémisme.
Les régions ayant un taux particulièrement élevé d’endémisme sont le fleuve Congo et
ses affluents, tels que la rivière Kasai et le lac Tanganyika.
Les menaces les plus importantes pour la biodiversité d’eau douce sont la
déforestation, la conversion des sols pour l’agriculture de subsistance et l’agro-
industrie, les implantations humaines, les barrages et l’extraction d’eau, l’exploitation
minière et le forage, la pêche non réglementée et la surpêche – y compris l’utilisation
incontrôlée des filets à maille très fine et des poisons –, les espèces envahissantes
et le changement climatique. Ces menaces, dont il est attendu qu’elles augmentent,
affecteront les écosystèmes d’eau douce de plusieurs manières, notamment par la
perte des ripisylves, la diminution de la qualité des eaux, la réduction des stocks
halieutiques ou encore l’augmentation de la charge sédimentaire. Les écorégions du
Bas Congo, des rapides du Bas Congo et du Pool Malebo abritent le plus grand nombre
des espèces dépendantes de l’eau douce menacées en RDC.
Carte 27
Les zones prioritaires
pour la conservation de
la biodiversité associée
à l’eau douce
Les zones prioritaires pour
les espèces d’eau douce. Cette
carte montre la fréquence
de sélection des unités de
planification à partir d’un
scénario Marxan avec un
objectif de 2 000 km², une
pénalité de connectivité de
1,3 et des parcs nationaux
“locked-in”. Plus la fréquence
de sélection d’une unité
de planification est élevée,
plus celle-ci apparaît dans
les solutions générées par
le logiciel Marxan, de telle
sorte qu’elle est considérée
comme ayant une valeur
plus élevée pour atteindre les
cibles de conservation de la
biodiversité des eaux douces.
20 %
40 %
60 %
80 %
100 %
Site Ramsar
Aire protégée
Dans un grand nombre d’aires protégées en RDC, les données sur le patrimoine
culturel et spirituel ainsi que sur les menaces le concernant n’ont pas été
documentées. Il reste important de s’assurer que ces valeurs des peuples autochtones
et des communautés locales soient entièrement reconnues et prises en considération
lors de la planification et de la gestion des aires protégées.
Aujourd’hui, le processus juridique pour la mise en place des aires protégées en RDC
requiert un processus de consultation publique. Les mécanismes pour la consultation
régulière des parties prenantes locales ont également été mis en place dans quelques
aires protégées. Le degré auquel ces mécanismes arrivent à assurer la représentation
de toutes les parties prenantes et à opérer efficacement est variable. De plus, le
cadre légal permet que la gestion des aires protégées soit partagée ou transférée à
d’autres entités juridiques, y compris celles potentiellement développées par des
communautés locales. Enfin, le Code forestier reconnaît la possibilité d’établir une
forêt communautaire qui répondrait aux critères définissant une aire protégée.
La gestion du réseau
L’atteinte de résultats durables de conservation de la biodiversité fonde la création des
aires protégées et de leur réseau. Le maintien des valeurs naturelles pour lesquelles
elles ont été désignées consacre alors leur succès comme outils de gestion. Parvenir
à une gestion efficace est cependant ardu. Cela requiert notamment d’adopter des
objectifs de gestion et des systèmes de gouvernance appropriés, de disposer de
capacités techniques et financières adéquates et de recourir à des stratégies de
gestion, et à des modalités de mise en œuvre adaptées.
L’ICCN compte de l’ordre de 2 500 agents, dont environ 50 % sont des écogardes.
Le niveau de formation des agents est très hétérogène. Si la majorité du personnel
est déployée sur le terrain, seules quelques dizaines d’aires protégées disposent
actuellement d’une équipe de gestion. Elles sont alors dirigées par des conservateurs.
Des stratégies ont été élaborées pour orienter la gestion des aires protégées et des
outils visant à planifier, superviser, suivre et évaluer les actions sont disponibles.
Certaines aires protégées disposent d’un comité de coordination du site (CoCoSi).
Il s’agit d’une plateforme locale mobilisée de façon régulière par l’équipe de gestion
afin d’organiser la coordination, la planification et le suivi-évaluation des activités de
gestion de façon participative avec les communautés locales et peuples autochtones
riverains. Les communautés locales, organisées en comités et conseils, sont également
associées. Enfin, une plateforme nationale, la Coalition pour la Conservation au
Congo (CoCoCongo), se réunit en principe sur une base annuelle, et rassemble
l’ensemble des acteurs du secteur dans le but d’échanger sur les enjeux et défis
auxquels les aires protégées sont confrontées et d’identifier ainsi des mesures de
renforcement de leur gestion.
La dotation financière annuelle allouée à la gestion des aires protégées est largement
dépendante des engagements des bailleurs de fonds internationaux. Leurs
contributions comptent généralement pour plus de 80 % du montant total des besoins
budgétaires, les financements complémentaires provenant de l’État et de l’ICCN. Cette
dépendance induit une variation des montants annuels octroyés, estimés récemment
à plus de 30 millions de dollars américains. Un processus est en cours pour établir
un fonds fiduciaire dédié au financement pérenne d’activités de gestion dans les
aires protégées, principalement celles inscrites sur la Liste du patrimoine mondial.
La plupart des aires protégées ne disposent donc pas de ressources adéquates, voire
ne disposent d’aucune ressource pour leur gestion.
En dépit des investissements de l’ICCN et de ses partenaires dans une poignée d’aires
protégées, le réseau est loin d’atteindre ses objectifs. Insérées au sein d’un contexte
socio-économique qui a profondément évolué depuis leur création, la majorité des
aires protégées ne dispose pas des ressources techniques et financières nécessaires
à l’établissement d’une gestion effective. Certaines sont également affectées par
l’insécurité.
Chapitre 5
Aller de l’avant
Un contexte changeant
Le développement des aires protégées en RDC s’inscrit au sein d’un processus historique dense, ponctué de périodes
au cours desquelles la conservation de la nature fut promue en politique publique de premier plan. Dédiées de façon
quasi exclusive à la conservation et à la gestion de la grande faune et de son habitat, les aires protégées furent créées
en très grand nombre, principalement au cours du XXe siècle.
Depuis lors, le contexte a considérablement évolué. Une forte croissance démographique, une demande nationale
et internationale toujours plus soutenue pour les ressources naturelles sont parmi les facteurs conduisant à
l’extension et à l’intensification des pratiques extractives non durables, souvent illégales, au sein des aires protégées.
L’insuffisance des capacités de gestion des pouvoirs publics, ainsi que la récurrence depuis plus de deux décennies
de conflits armés dans certaines régions, constituent en outre de très forts obstacles à la mise en place de systèmes
de gestion adaptés.
Face à ces multiples défis, et reconnaissant que la satisfaction des besoins primaires de la communauté nationale,
ainsi que son aspiration à un développement économique, ne peuvent être dissociés de la gestion durable de la
biodiversité, l’État congolais a fait de la consolidation et de l‘extension de son réseau des aires protégées l’un des
éléments programmatiques clés pour l’atteinte de l’émergence à l’horizon 2030.
Cependant, la conception d’un grand nombre d’aires protégées constituant aujourd’hui le réseau est obsolète.
La disparition des cibles de conservation identifiées lors de la création de ces entités, la fragmentation de leurs
écosystèmes, la forte anthropisation d’une part significative de leur superficie, un mode de gouvernance inadapté
ou encore l’absence de ressources pour la gestion, sont autant d’éléments qui appellent à leur refonte, voire à leur
déclassement dans certains cas. Seule la mise en œuvre de ce processus de consolidation permettra l’élaboration de
stratégies adaptées de mobilisation des ressources et ainsi d’envisager un maintien des valeurs naturelles encore
présentes.
Certaines zones, localisées en dehors des aires protégées existantes, présentent encore aujourd’hui un potentiel
biologique de premier plan, couvrant un large spectre de valeurs naturelles. Les opportunités offertes par les
récentes évolutions juridiques en matière de gouvernance et de gestion permettent d’envisager, au sein de ces
espaces, la création de modèles innovants d’aires protégées, dans le respect des droits des populations riveraines,
susceptibles de répondre efficacement aux enjeux écologiques et socioéconomiques qui les caractérisent.
Le vaste assemblage composite d’aires protégées formant le réseau actuel est vulnérable. La conception fragile
d’un grand nombre d’entités qui le constituent, leurs activités de gestion restreintes à certaines d’entre elles et
une coordination intersectorielle insuffisante, sont parmi les faiblesses menaçant la viabilité du réseau. De par
la superficie qu’il couvre et les écosystèmes qu’il renferme, et grâce aux investissements portés par l’ICCN et ses
partenaires, le réseau est fondamental pour la préservation de la biodiversité unique du pays et le maintien de
services environnementaux dont les populations riveraines, la RDC et la communauté mondiale dans son ensemble
dépendent.
Perspectives et recommandations
Les défis auxquels fait face le réseau des aires protégées sont colossaux. Assurer
la consolidation de la gouvernance et de la gestion des aires protégées au sein d’un
réseau étendu et fonctionnel, dont le principal objectif sur le long terme est de
préserver la biodiversité tout en garantissant une contribution positive tangible de
celle-ci aux objectifs de lutte contre la pauvreté et de développement durable, est
une entreprise titanesque mais indispensable. L’enjeu est de taille, puisqu’il s’agit
de contribuer à asseoir le capital naturel comme l’un des piliers de l’émergence
économique du pays.
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