Destany Best
Professeure Tricoire
FRN-313
11/10/2023
L'extrait que nous allons explorer provient de l'œuvre de l'auteur Gustave Flaubert,
intitulée Madame Bovary, publiée en 1857. Cette strophe est extraite de la deuxième partie de
l'œuvre, plus précisément du troisième chapitre. Sur le plan de la forme, elle se compose de 14
vers, écrits en octosyllabes et suivant une structure de rime embrassée. Le sujet de cette strophe
porte sur les premiers instants d'Emma Bovary après sa première liaison adultère, et elle est
organisée en trois parties distinctes, chaque partie explorant un aspect de l'expérience d'Emma.
Dans la première partie, Emma se retire dans sa chambre, se sentant transfigurée par son amour
pour Rodolphe. Dans la deuxième partie, elle compare son amour à une nouvelle puberté,
symbolisant son désir de renouveau. Dans la troisième partie, elle exprime sa satisfaction et son
triomphe, se sentant enfin comblée par l'amour.
Dans la première partie de la strophe, nous trouvons la première phrase, "Et, dès qu’elle
fut débarrassée de Charles, elle monta s’enfermer dans sa chambre." Cette phrase, écrite au passé
et utilisant l’humeur subjonctif imparfaite pour le modificateur, implique que l’action d’Emma
de s’enfermer dans sa chambre était habituelle ou répétée. Il commence par la conjonction "Et",
suggérant une continuation d’une pensée ou d’une histoire, et laisse entendre qu’Emma vient de
vivre quelque chose de désagréable ou difficile, la poussant à se débarrasser de Charles et à
chercher la solitude dans sa chambre. Le verbe composé "monta s’enfermer" combine "monter"
et "s’enfermer", faisant preuve d’empathie pour le retrait physique et émotionnel d’Emma. La
phrase "dès qu’elle a été débarrassée de Charles" dévoile la relation négative d’Emma avec son
mari, soulignant son empressement à échapper à sa présence.
L’excitation d’Emma est palpable alors qu’elle répète la phrase "J’ai un amant !" à
elle-même, en savourant le son. Elle compare son nouvel amour à une "seconde puberté",
suggérant qu’elle le voit comme un nouveau départ. Cette comparaison est significative parce
qu’elle révèle le profond mécontentement d’Emma avec sa vie actuelle et son désir de quelque
chose de plus, un amour plus épanouissant.
Le désir d’amour longtemps refoulé d’Emma s’exprime enfin dans la ligne "Elle allait
donc posséder enfin ces joies de l’amour, cette fièvre du bonheur dont elle avait désespéré." Elle
s’attend à ce que son nouvel amour soit à la fois joyeux et épanouissant, et elle est désireuse de
faire l’expérience des plaisirs physiques et émotionnels de l’amour. L’utilisation du langage par
Flaubert évoque l’état émotionnel d’Emma, soulignant ses attentes irréalistes. Le mot
"délectant" suggère qu’Emma savoure la pensée de sa nouvelle vie, tandis que l’expression
"fièvre du bonheur" suggère qu’elle anticipe une histoire d’amour intense et passionnée. La
répétition du mot "enfin" souligne l’empressement d’Emma à expérimenter les joies de l’amour.
Le sentiment de triomphe d’Emma après sa liaison est ironique, compte tenu des conséquences
désastreuses qu’elle aura finalement. La ligne "Elle se sentait victorieuse" préfigure sa chute, car
elle suggère qu’elle est trop aveuglée par son amour pour voir les dangers qui l’attendent.
La deuxième partie présente une comparaison fascinante entre Emma et les héroïnes des
romans romantiques. À travers des répétitions, des hyperboles et des références à des tropes
romantiques, Flaubert crée une image d’Emma se voyant comme une protagoniste dans son
propre récit passionné. Cela sert non seulement de reflet de ses émotions exacerbées, mais aussi
d’effort conscient pour construire une nouvelle identité inspirée par la littérature romantique
qu’elle admire.
La dernière partie du strophe révèle la satisfaction d’Emma et un sentiment de triomphe
après sa liaison. Flaubert emploie des verbes actifs, des métaphores et des exclamations pour
souligner l’agence d’Emma et l’impact profond de son nouvel amour sur son sens de soi.
Cependant, sous cette surface de satisfaction se cache la préfiguration des conséquences
désastreuses qui se dérouleront dans le récit.
En essence, cette strophe est un tournant pour Emma, marquant le début de sa poursuite
de la passion en dehors des limites de sa vie mondaine. Il met en évidence l’utilisation magistrale
de Flaubert du langage et de la structure pour plonger dans les complexités des émotions
humaines et des attentes sociétales. Ce moment, situé dans la deuxième partie du roman, met en
scène la trajectoire tragique de la vie d’Emma Bovary. Réinterpréter l’analyse approfondit notre
compréhension du parcours psychologique d’Emma. La transformation subtile qu’elle subit
suggère un changement plus profond de son identité. À travers des mots et des phrases
soigneusement choisis, Flaubert invite les lecteurs à explorer les nuances des émotions, des
aspirations et de la construction d’un nouveau moi dans le sillage de sa première liaison adultère.
Cette strophe sert de microcosme des thèmes du roman, offrant aux lecteurs un aperçu du
paysage émotionnel d’Emma et préfigurant les événements tumultueux qui se dérouleront dans le
récit. L’exploration par Flaubert du monde intérieur d’Emma et des contraintes sociétales qui
façonnent ses désirs témoigne de sa capacité à saisir les complexités de l’expérience humaine.