UNIVERSITE NOBERT ZONGO (IUT/KDG
Cycle: Masters Génie Civil
ETUDES TECHNIQUES DES
PONTS
Présenté par: Seydou SAKANDE
Ingénieur Génie Civil / BTP
Ingénieur structure et ouvrages d’arts
Doctorant en génie civil à UJKZ
UNIVERSITE NOBERT ZONGO (IUT/KDG
Cycle: Masters Génie Civil
ETUDES TECHNIQUES DES PONTS
CHAPITRE I: GENERALITES
Sommaire
1) Introduction et Généralités (c’est quoi un pont?)
2) Terminologie (Identifier les différentes parties d’un pont)
3) Critères de classification (Différentes catégories de
ponts)
4) Transmission des efforts et analyse structurale
(Comprendre le fonctionnement mécanique des ponts)
5) Modes Constructifs (Comment construit on un pont?)
6) Projets d’ouvrages d’art (Quelles sont les différentes
étapes dans un projet d’OA?)
1. Introduction et
Généralités (c’est quoi un
pont?)
A QUOI SERT UN PONT ?
Un pont est un ouvrage qui permet d ’enjamber
un obstacle : brèche, rivière, route, ville, ...
A QUOI SERT UN PONT ?
Un pont doit assurer la continuité de la route
au-dessus de l ’obstacle.
- En plan
NON
A QUOI SERT UN PONT ?
Un pont doit assurer la continuité de la route
au-dessus de l ’obstacle.
- En plan
OUI
A QUOI SERT UN PONT ?
Un pont doit assurer la continuité de la route .
- En profil en travers
NON
A QUOI SERT UN PONT ?
Un pont doit assurer la continuité de la route .
- En profil en travers
OUI
Lors de la construction d’une voie de circulation, il
arrive toujours un moment où l’on rencontre un
obstacle :
✓Naturel (brèche, cours d’eau)
✓Artificiel (route, voie ferrée, canal)
Pour assurer la continuité de l’ouvrage, 2 solutions :
1. éliminer l’obstacle (remblayer une brèche,
détourner un cours d’eau)
2. conserver l’obstacle mais :
✓passer au travers (tunnel)
✓au dessus (pont ou ouvrage d’art)
✓contourner (déviation)
• De façon générale, un pont est un ouvrage en élévation,
permettant à une voie de circulation de franchir un obstacle.
• La désignation du pont s’adapte à son utilisation :
Passage Désignation
Route Pont route
Voie piétonne Passerelle
Voie ferrée Pont rail
canal Pont canal
Eau d’adduction Aqueduc
On distingue en outre les différents types d’ouvrages suivants :
✓ ponceau ou dalot : pont de petites dimensions (quelques
mètres)
✓ viaducs : ouvrage généralement de grande hauteur, ou à
nombreuses travées
Un pont est un OUVRAGE D ’ART. Mis à part les ponts
types autoroutier, la plupart sont des œuvres uniques.
Uniques par leur architecture, uniques par leur mode de
construction, uniques par leur typologie.
A QUELS PROBLEMES EST SOUMIS
UN PONT ?
- LA FLEXION
flèche
Sous l ’effet d ’une charge ou de son poids propre,
le tablier fléchit. La flèche résultante ne doit pas être
trop importante !
A QUELS PROBLEMES EST SOUMIS
UN PONT ?
- LA FLEXION
portée
La portée du tablier (distance entre 2 appuis consécutifs)
et son chargement maximal imposent des types de ponts
et des matériaux particuliers : poutres B.A., voussoirs
B.P., Treillis métallique, suspendu, à haubans, ...
A QUELS PROBLEMES EST SOUMIS
UN PONT ?
- TRANSMISSION DES CHARGES DU TABLIER
AUX APPUIS.
Sollicitations que
reprend un appareil
d ’appui
A QUELS PROBLEMES EST SOUMIS
UN PONT ?
- DILATATION THERMIQUE.
Le Joint de Chaussée permet au tablier de se dilater tout
en maintenant la continuité de la chaussée.
A QUELS PROBLEMES EST SOUMIS
UN PONT ?
- RESISTANCE DU SOL SOUS LES APPUIS.
Exemple : les pieux sous les piles
du « Pont de Normandie ».
A QUELS PROBLEMES EST SOUMIS
UN PONT ?
- ORGANES DE SÉCURITÉ.
Afin d ’éviter les chutes, on n ’oublie pas les barrières
de sécurité. On prévoie également une évacuation des
eaux sur le tablier : pente, descentes d ’eau, ...
Garde corps
Corniche
A QUELS PROBLEMES EST SOUMIS
UN PONT ?
- LIAISON AVEC LE REMBLAI ROUTIER.
La liaison dalle / culée est de type articulation
1- chaussée
2- tablier
3- liaison
4 - dalle de transition
1- dalle de transition
2- béton de propreté
3, 4, 5- joint Freyssinet
2. Terminologie (c’est quoi un
pont?)
VOCABULAIRE
tablier : partie sur laquelle on circule
Pile : appui intermédiaire
Culée : appui d ’extrémité
Un peu de Vocabulaire:
La partie d’un pont comprise entre deux appuis s’appelle une travée.
La distance entre deux points d’appui consécutifs des éléments
porteurs principaux est la portée de la travée,
La distance mesurée entre nus intérieurs de deux appuis consécutifs
est l’ouverture de la travée.
Les ponts peuvent être droits, biais ou courbes selon leur disposition en
plan. Conventionnellement, l’angle de biais géométrique est l’angle,
exprimé en grades, compris entre l’axe longitudinal de l’ouvrage et les
lignes d’appui transversales,
Il ne doit pas être confondu avec le biais du franchissement qui mesure
l’angle entre les axes des deux voies qui se croisent.
Lors de l’établissement d’une voie nouvelle, les ponts courants à
construire sont appelés passages supérieurs (PS) ou passages
inférieurs (PI) suivant qu’ils enjambent ou qu’ils supportent cette voie
nouvelle.
Nom des vues de représentation.
1- Le profil en long ou élévation.
- L’extrados permet le raccordement avec le profil en long de la route.
- L’intrados doit permettre la circulation éventuelle en dessous.
2- Le tracé ou vue en plan.
Le tracé d’un pont doit aujourd’hui se raccorder au mieux aux voies
de communication qu’il relie.
3- Le profil en travers ou coupe transversale.
Il doit être conforme à celui des voies qu’il relie : largeur de la
chaussée, nombre de voies, trottoir...
LES DIFFERENTES PARTIES D’UN PONT
Un pont comprend quatre grandes parties :
1- La Fondation 2- Les appuis 3- Le tablier 4- Les
équipements
LES FONDATIONS
❑ Partie visible ou non, en contact avec le sol et sur laquelle se
fondent les appuis du pont. Elles transmettent les charges du
pont au sol support.
❑ Il existe trois types de fondations dont l’utilisation dépend de la
portance des sols sous jacents:
o les fondations superficielles
Appelées aussi fondations directes, elles transmettent les efforts
directement sur les couches proches de la surface. On les utilise
quand les couches géologiques sont capables de supporter la
construction. On considère une fondation comme superficielle quand
la profondeur D du niveau de fondation par rapport au niveau 0
(base de l'ouvrage) est inférieure à 5 fois la largeur B du massif de
fondation. Les fondations superficielles les plus courantes sont les
semelles.
oles fondations semi profonde ou puits
Ces types de fondation sont utilisés lorsque le sol est de
mauvaise qualité sur une profondeur inférieure à 10 mètres ou
dans le cas de sols gonflants (sols argileux). Elles sont
constituées par des colonnes rondes ou rectangulaires en béton
armé dosé au moins à 35kg/m3, d'une profondeur variant de 2 à
12 mètres. Elles transmettent jusqu'au bon sol les charges
apportées par une semelle de section réduite, et, par leur poids,
s'oppose aux variations de volume des terrains argileux.
la fondation profonde
Si le sol d'assise est situé à une profondeur telle qu'il ne peut
pas être atteint par des moyens classiques, les charges sont
reportées sur lui par l'intermédiaire des fondations profondes.
Elles transmettent les efforts en profondeur. La résistance peut
être fournie par deux critères : L'ancrage a la base de la
fondation : c'est la résistance de pointe. La charge est alors
transmise directement dans le bon sol (en général, on traverse
au moins 30 cm du sol d'assise). La qualité des frottements le
long des faces latérales de la fondation. Les charges sont
absorbées par le terrain qui entoure le fût du pieu. Le risque
majeur avec ce critère est le frottement négatif : si le terrain
tasse, le pieu est entraîné par le sol et s'enfonce. Il existe de
nombreux types de fondations profondes entrant dans la
construction d’ouvrages d’art.
LES APPUIS
Ils transmettent au sol les actions provenant du tablier.
1- Les piles.
Elles comportent au minimum 2 parties :
• La superstructure ou fût, reposant éventuellement sur une nervure.
• La fondation
Elle comporte des éléments verticaux qui peuvent être :
• Des voiles -éléments longs, de section allongée-. Ils comportent au moins
2 points d’appui pour supporter le tablier.
• Des colonnes (section circulaire) ou des poteaux (section rectangulaire) -
éléments courts, de faible section -. Chaque élément comporte un point
d’appui ou bien les éléments sont reliés en tête par un chevêtre sur lequel
repose les points d’appui du tablier.
2- Les culées.
Appuis d’extrémité, elles assurent le soutènement du remblai d’accès à
l’ouvrage.
Les culées comportent 4 parties :
• une fondation
• un mur de front, sur lequel s’appui le tablier et qui assure la stabilité du
remblai d’accès.
• un mur de tête, qui assure le soutènement des remblais latéralement.
• une partie supérieure (chevêtre) sur laquelle s’appuie le tablier.
3- Les piles-culées.
Ce sont des appuis d’extrémité, enterrés dans le remblai d’accès
(complètement ou partiellement).
La pile culée n’assure pas la fonction de soutènement du remblai d’accès
(sauf en tête de remblai dans certains cas).
Les piles-culées comportent 3 parties :
• une fondation
• une partie intermédiaire constituée par des éléments verticaux (voiles,
poteaux, colonne)
• une partie supérieure (chevêtre) sur laquelle s’appuie le tablier.
4- Le remblai d’accès.
Le maintien du remblai peut être assuré par la technique de la terre armée
(procédé Freyssinet) :
- le remblai est bordé par des écailles auxquelles font fixées des
armatures plates crantées en acier galvanisé (ou en fibres polyester-
polyéthylène) qui sont disposées dans le remblai fortement compacté. Le
système fonctionne grâce aux frottements importants entre les armatures
(réparties tout les 75 cm environ) et le remblai pulvérulent mis en œuvre
par couche de 40 cm environ d’épaisseur. Les écailles sont imbriquées les
une dans les autres par boulons centreurs.
Bossages pour
LES APPUIS : appareils d ’appui
- LA PILE Chevêtre
Colonne
La pile sert d ’appui intermédiaire
au tablier.
Elle transmet ses charges au sol
par l ’intermédiaire des fondations. Semelle
- LA CULÉE
La culée sert d ’appui d ’extrémité
au tablier.
Elle transmet ses charges au sol
par l ’intermédiaire des fondations.
Elle retient le remblai situé
derrière (mur de soutènement).
- LA TERRE ARMEE
LE TABLIER
- LE TABLIER
De formes et de portées multiples. On peut les classer par matériau,
par forme, par schéma mécanique, par mise en œuvre, ...
Pont à voûtes. Hyperstatique. Pierres. Portée < 15 m
Pont en arc. Hyperstatique. Béton ou acier. Portée < 350 m
Pont à poutres. Isostatique. BA ou BP. Portée < 45 m
Pont mixte à poutres CM . Isostatique ou hyper. CM et BA.
Portée < 80 m
- LE TABLIER
Pont dalle. Isostatique ou hyperstatique. BA ou BP. Portée < 30 m
Pont treillis. Isostatique ou hyperstatique. CM . Portée < 400 m
Pont à caissons. Hyperstatique. BP. Portée < 200 m
Pont suspendu. Hyperstatique. Acier et Béton ou acier. Portée < 1700 m
Pont à haubans. Hyperstatique. Acier et Béton. Portée < 900 m
LES EQUIPEMENTS
- JOINT DE CHAUSSEE
- LA DALLE DE TRANSITION
- EVACUATION DES EAUX (Gargouilles, corniches)
- DRAINAGE
DES CULES
- ETANCHEITE DU TABLIER
3. Critères de
classification (Différentes
catégories de ponts)
Les ponts en Arc
L ’Arc travaille uniquement
Portée du tablier
en compression.
Le tablier repose sur des
potelets qui transmettent
les charges à l ’arc. Portée du pont
Le pont à donc une grande
portée, mais pas le tablier !
Remarque : La Tour Eiffel
fonctionne sur le même principe
Les ponts à poutres en béton
Les ponts à poutres sont les plus simples à comprendre.
Ils se composent de travées isostatiques reposant sur
2 appuis. Le tablier est une dalle coulée sur des poutres
préfabriquées (BA ou BP) longitudinales.
La culée Les piles
Les poutres
Les ponts à poutres en béton
Le ferraillage du tablier
Les poutres sur les piles au Cameroun
Les poutres sont posées à la grue mobile
sur leurs appuis
Pont en Louisiane
Les ponts à poutres en acier
Le tablier est une dalle en béton coulée sur des poutres
en acier longitudinales.
TGV Méditerranée à CREST (26) Millau
Les ponts à poutres en acier
Connecteurs de liaison
poutres/béton du tablier
Soudure des poutres
Les ponts à poutres en acier
Les poutres sont assemblées sur
la rive puis poussées à l ’aide de
vérins vers les piles.
Un avant bec permet « d ’attraper »
l ’appui avant que les poutres ne
basculent dans le vide.
Avant bec
Les poutres glissent sur des rouleaux
provisoires placés devant les culées.
Partie poussée Travée en place
Les ponts à poutres en acier
Remarque : on peut aussi pousser des ponts en béton
comme ci-dessous le viaduc d’accès du pont de Normandie
Les ponts-dalle en béton
Les ponts-dalle se composent d’un tablier en BA ou BP
coulé en place sur un coffrage. Cette technique est
proche de celle utilisée en bâtiment.
Les ponts-dalle en béton
Coffrages de tablier
Les ponts cadres en béton
Les ponts cadres sont des tubes dans lesquels le tablier
est solidaire des murs qui le soutiennent, eux mêmes
reliés par un radier. Les liaisons sont des encastrements.
Les ponts cadres en béton
Les ponts treillis en acier
Les ponts treillis se sont développés au XIXe siècle avec
l’avènement de l’acier. Les poutres treillis permettent de
franchir de grandes portées.
Les ponts caisson
Les ponts caisson se composent d’un tablier tubulaire.
La circulation se fait sur le tube et non à l’intérieur.
On trouvera des caissons coulés en place, à morceaux
préfabriqués (voussoirs), à inertie constante ou à inertie
variable. Ils sont généralement hyperstatiques.
Les ponts caisson
Les ponts caisson coulés en place
coffrage
Tronçon
central
Les ponts coulés en place se font à l’aide d’un coffrage glissant.
On construit d’abord la partie centrale, sur la pile. Ensuite, on coffre
successivement de chaque coté de cette partie, on arme et on coule
le béton. Avant de décoffrer, on place des câbles de précontrainte
provisoire, puis on coffre le tronçon suivant et etc…
Les ponts caisson
Les ponts caisson coulés en place
Le coffrage glissant
Le coffrage glissant
Exemple du viaduc de DIGOIN
Raccordement des fléaux
Les ponts caisson
Les ponts caisson coulés en place
Ancrages de la précontrainte
provisoire
Passages des câbles
de précontrainte
de service
Exemple du viaduc de DIGOIN
Les ponts caisson
Les ponts caisson à voussoirs préfabriqués
Les voussoirs sont préfabriqués à proximité du pont. Ils sont ensuite
assemblés les uns au autres par les câbles de précontrainte provisoire
de part et d’autre du voussoir central, en encorbellement.
Cette mise en place peut se faire avec une grue, une barge (sur l’eau),
ou une poutre de lancement comme pour le pont de l’île de Ré.
Autoroute A40,
mise en place à
la grue.
Ile de Ré, mise
en place à la poutre
de lancement.
Les ponts caisson
Les ponts caisson à voussoirs préfabriqués
assemblés en continuité.
Le viaduc des Neyrolles (01) n’a pas été construit par fléaux mais
en continuité. Dans ce cas, la précontrainte provisoire est remplacée
par des haubans extérieurs provisoires à partir d’un pylône provisoire
monté sur une pile.
Avancement du Pylône provisoire
tablier en continu support des haubans
par pose de voussoirs
à la grue
LES PONTS DE
GRANDES PORTÉES
- LES PONTS SUSPENDUS : 488 m à 1624 m
- LES PONTS A HAUBANS : 128 m à 890 m
Les ponts suspendus
Les ponts suspendus travaillent comme les ponts en arc,
mais à l ’envers ! Des câbles en acier tendus reprennent les
charges du tablier et les transmettent à des pylônes et
à des ancrages placés à leurs extrémités.
Transmission des charges aux pylônes
Charges du tablier
Ancrages de câbles
suspendus
Les ponts à haubans
Les charges du tablier sont transmises aux pylônes par des
câbles métalliques en forme de haubans. Cette technique est
assez récente et en pleine expansion.
haubans
Pylône
Pont de HOUSTON, TEXAS
tablier
Les ponts mobiles
Tous les ponts ne sont pas fixes. Lorsque le tirant
d’air n’est pas suffisant sous le pont pour favoriser
la navigation, on est amené à rendre les ponts mobiles.
Le barrage
de la Rance,
le tablier
pivote
Dans le port de BREST,
Le tablier monte
4. Transmission des efforts
et analyse structurale
(Comprendre le
fonctionnement mécanique des
ponts)
Transmission des efforts
verticaux
Transmission des efforts
horizontaux
Appareils d’appuis
5. Modes Constructifs
(Comment construit on un
pont?)
Ponts construits sur cintre
Ponts poutres préfabriquées
6. Projets d’ouvrages d’art