Contrôle du travail et inspection légale
Contrôle du travail et inspection légale
Etre capable de :
- Identifier les missions et moyens d’action - Apprécier le rôle de l’inspection du travail et de la
des agents de contrôle de l’inspection du DIRECCTE en termes de contrôle, de conseil, de rôle
travail et de la DIRECCTE. décisionnel tant auprès de l’employeur que du salarié.
- Prendre la mesure des suites données à cette
intervention, des éventuelles sanctions encourues en cas
de non-respect du droit du travail ou des prérogatives de
l’inspection.
-Caractériser l’infraction de travail - Caractériser l’infraction de travail dissimulé qu’elle soit
dissimulé et ses conséquences. détectée à l’initiative des agents de contrôle de
l’inspection du travail ou à celle d’autres instances de
contrôle.
- Déterminer la juridiction compétente à - Désigner la juridiction compétente pour trancher un
l’occasion d’un litige du travail. litige donné.
- Vérifier le respect de la procédure prud’homale.
- Schématiser la procédure prud’homale - Présenter sous forme de schéma les différentes étapes
de la procédure prud’homale en mettant en évidence la
phase de conciliation et les différentes options
envisageables en cas d’échec ainsi que les différentes
voies de recours.
- Informer sur la nature et les - Proposer des mesures alternatives au règlement
caractéristiques des modes alternatifs de judiciaire des différends.
règlement des différends dans le cadre
d’un litige individuel prud’homal.
Cadrage des savoirs : L’étude du travail dissimulé peut également intervenir dans le cadre du chapitre sur
la formation du contrat. Elle se limite aux deux formes de travail dissimulé, aux instances de contrôle et aux
sanctions applicables. La problématique autour de la sous-traitance ne sera pas abordée.
Les modes alternatifs de règlement des différends dans le cadre d’un litige prud’homal: au-delà de la
conciliation préalable, l’étude porte sur la convention de procédure participative et la médiation
conventionnelle. Cette étude se limite ici aux litiges individuels et est complétée dans le point 3.4 par l’étude
des mécanismes propres aux litiges collectifs.
D
e l’ordre de 230 unités de contrôle (structures infra départementales)
et de conciliation en vue de prévenir et de régler les conflits (c. trav. art. R. 8112-2).
Secret
professi
onnel
Discré-
Motiva- obliga- tion
tion tions professi
onnelle
Impartia-
lité
Inspection du travail
DCG UE03 – droit social 4
PARTIE 1 – INTRODUCTION AU DROIT DU TRAVAIL
Thème 02 : Contrôle et contentieux du travail
Les agents de contrôle de l'inspection du travail doivent se prononcer dans un certain délai. Sauf
exception, leur silence au terme du délai fixé vaut acceptation.
L’inspecteur du travail peut demander à l’employeur de faire procéder à des contrôles techniques,
vérifications, mesures ou analyses ((c. trav. art. L. 4722-1 et R. 4722-1 à R. 4722-30)
L’employeur qui ne donne pas suite à la demande de l’agent de contrôle s’expose à une amende
administrative (voir ci-après).
DCG UE03 – droit social 6
PARTIE 1 – INTRODUCTION AU DROIT DU TRAVAIL
Thème 02 : Contrôle et contentieux du travail
I La voie administrative :
La mise en demeure Art. L. 4721-4 et L. 4721-6 C. Trav
Mise en demeure préalable au procès-verbal - Pour un certain nombre d’infractions, sauf danger
grave ou imminent pour l’intégrité physique des travailleurs, l’agent de contrôle de l'inspection du
travail ne dresse pas immédiatement un procès-verbal : il doit dans un premier temps mettre en
demeure l’employeur de respecter ses obligations (c. trav. art. L. 4721-4 à L. 4721-7).
Les infractions exigeant une mise en demeure préalable sont limitativement énumérées :
méconnaissance des principes généraux d’utilisation des équipements de travail et des moyens de
protection, violation des dispositions relatives à l’hébergement des travailleurs dans le BTP, etc. (c.
trav. art. R. 4721-5).
L’agent de contrôle fixe le délai laissé à l’employeur pour se mettre en conformité, dans le respect
des délais minimaux d’exécution fixés par la réglementation selon les infractions.
Mise en demeure en cas de risque chimique- L’agent de contrôle qui envisage de faire cesser
temporairement l’activité en raison d’une situation dangereuse liée à un risque chimique doit
d’abord mettre en demeure l’employeur de remédier à cette situation (c. trav. art. L. 4721-8).
Mise en demeure relative aux vérifications périodiques - L’inspecteur du travail peut également
mettre l’employeur en demeure de réduire l’intervalle entre les vérifications de certains équipements
de travail, lorsque les circonstances l’exigent (ex. : utilisation intensive pouvant générer une usure
prématurée) (c. trav. art. R. 4721-11 et R. 4721-12).
Mise en demeure « hors texte » - Sur rapport de l’inspecteur du travail constatant une situation
dangereuse, le DREETS peut mettre lui-même en demeure l’employeur de prendre toutes mesures
utiles pour y remédier si ce constat résulte (c. trav. art. L. 4721-1) :
- du non-respect par l’employeur des principes généraux de prévention ([Link]. art. L.4121-1 à
L.4121-5 et L.4522-1) ;
- d’une infraction à l’obligation générale de santé et de sécurité (c. trav. art. L. 4221-1). Le délai
laissé à l’employeur pour mettre fin à la situation dangereuse ne peut pas être inférieur à 4 jours
ouvrables (c. trav. art. R. 4721-2).
Arrêts temporaires de travaux ou d'activité Art. L4731-1 et 2
Depuis le 1er juillet 2016, les pouvoirs de l'inspection du travail sont élargis puisque l'agent de
contrôle peut non seulement ordonner l'arrêt temporaire des travaux mais également l'arrêt
temporaire de l'activité. Par ailleurs, cette possibilité n'est plus seulement réservée au secteur du
BTP mais est ouverte dans tous les secteurs d'activité.
L’inspecteur du travail peut prescrire l’arrêt des travaux ou de l’activité lorsque la situation
de danger résulte (Art. L.4731-1) :
-d’un défaut de protection contre les chutes de hauteur ;
-de l’absence de dispositifs de nature à éviter les risques d’ensevelissement ;
-de l’absence de dispositifs de protection de nature à éviter les risques liés à l’amiante ;
-de l’utilisation d’équipements de travail dépourvus de protecteurs, de dispositifs de protection ou de
composants de sécurité appropriés ou sur lesquels ces protecteurs, dispositifs de protection ou
composants de sécurité sont inopérants ;
-du risque résultant de travaux ou d’une activité dans l’environnement des lignes électriques;
-du risque de contact électrique direct avec des pièces nues sous tension en dehors des opérations
sur les installations électriques ou dans leur voisinage (c. trav. art. R. 4544-1 à R. 4544-11).
Une procédure d’arrêt d’activité peut également être déclenchée en présence de
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PARTIE 1 – INTRODUCTION AU DROIT DU TRAVAIL
Thème 02 : Contrôle et contentieux du travail
certains risques chimiques (c. trav. art. L. 4721-8, L. 4731-2 et R. 4721-6 et s.).
Mesures d’urgence
Depuis le 1.07.2016, l’inspecteur du travail peut :
-suspendre le contrat de travail ou la convention de stage d’une jeune si celui-ci court un risque
sérieux d’atteinte à sa santé, à sa sécurité ou à son intégrité physique ou morale (c. trav. art. L4733-8)
-retirer immédiatement un jeune de son affectation s’il constate que l’intéressé est affecté à des
travaux interdits ou qu’il se trouve dans une situation l’exposant à un danger grave et imminent pour
sa vie ou santé en raison de son affectation à des travaux réglementés (c. trav. art. L4733-2 et 3).
Avertissement et Amende administrative
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PARTIE 1 – INTRODUCTION AU DROIT DU TRAVAIL
Thème 02 : Contrôle et contentieux du travail
Pour déterminer s’il inflige un avertissement ou une amende, le DREETS prend en compte les
circonstances et la gravité du manquement, le comportement de son auteur, ainsi que ses ressources
et ses charges. Ces mêmes critères servent à fixer le montant de l’amende (c. trav. art. L. 8115-4).
L’amende est plafonnée à 4 000 € et appliquée autant de fois qu’il y a de salariés concernés par le
manquement. Ce plafond passe à (c. trav. art. L. 8115-3) :
-6 000 € si un manquement de même nature déjà donné lieu à un avertissement il y a moins de 1 an ;
-8 000 € si un manquement de même nature déjà donné lieu à une amende il y a moins de 2 ans.
Manquements en santé et sécurité - Le DREETS peut également infliger des amendes
administratives pour certains manquements aux règles de santé et de sécurité.
Ces amendes sont les suivantes :
-10 000 € en cas de refus de se conformer à une demande de vérification, de mesure ou d’analyse (c. trav. art. L. 4752-2) ;
-10 000 € par travailleur concerné en cas de refus de se conformer à une décision d’arrêt temporaire des travaux ou de
l’activité (c. trav. art. L. 4752-1) (voir ci-avant) ;
-2 000 € par jeune concerné en cas d’emploi d’un travailleur de moins de 18 ans à des travaux réglementés en dehors des
cas prévus par la loi ou à des travaux interdits (c. trav. art. L. 4753-2);
-10 000 € par jeune concerné en cas de refus de se conformer à une décision de retrait d’affectation des travaux pour un
jeune de moins de 18 ans (c. trav. art. L. 4753-1) (voir ci-avant).
À noter : Les montants des amendes étant, sauf exception, des plafonds, l’amende prononcée sera fixée en fonction des
circonstances du manquement et des ressources de l’employeur.
-Infractions ouvertes à amende administrative - Le DREETS n’a pas la possibilité de proposer une
transaction pénale lorsque l’infraction peut faire l’objet d’une amende administrative
Procédure : Le DREETS adressera la proposition de transaction en double exemplaire dans un délai
de (Art. R. 8114-5) :
-4 mois pour les contraventions ;
-1 an pour les délits.
Acceptation ou refus - Une fois la proposition reçue, l’employeur a 1 mois pour retourner au
DREETS un exemplaire signé. À défaut, la proposition de transaction est réputée refusée (c. trav. art.
R. 8114-5).
Homologation - Une fois acceptée par l’auteur de l’infraction, le DREETS transmet la proposition de
transaction au procureur de la République, pour homologation (c. trav. art. R. 8114-6).
Une fois que l’auteur a exécuté dans les délais impartis les obligations prévues par la transaction il ne
peut alors plus être poursuivi pour l’infraction qui a donné lieu à transaction (Art. L. 8114-6).
Enfin, Lorsque la transaction est homologuée, le DREETS en informe le CSE ( C. Trav. Art. L8114-7).
EN GROS :
On peut transiger si c’est un délit grave et su’on a une autre peine qu’une amende
On ne peut pas transiger si on a une amende
II La voie judiciaire :
L’agent de contrôle peut :
Le procès-verbal Art. L. 4721-5 et L. 8113-7 C. Trav.
Constatation d’une infraction - Sauf dans les cas où la procédure préalable de mise en demeure est
requise, toute infraction est passible d’une sanction (c. trav. art. L. 8113-7) : l’agent de contrôle
peut immédiatement :
-transmettre le P-V au procureur de la République, ainsi qu’au préfet de département ;
-ou établir un rapport à l’attention du DREETS, en vue du prononcé d’une amende
administrative, sous réserve que l’infraction constatée puisse donner lieu à une telle amende.
Contenu - Les P-V font référence aux textes visés, rapportent les faits constatant et établissant
l’infraction et rappellent les peines encourues. (c. trav. art. L. 8113-7).
Le référé judiciaire Art L. 4732-1 et L. 4732-2 C. Trav.
L’inspecteur du travail peut saisir le juge des référés pour voir ordonner toutes mesures propres à
faire cesser le risque. Le juge peut également ordonner la fermeture temporaire d'un atelier ou
chantier.
En pratique les inspecteurs utilisent le droit qu’il leur est donné d’arrêter les travaux ou activités, car
cela coûte cher à l’inspection du travail qui y a très peu recours. De plus c’est une procédure un peu
longue (si l’affaire est traitée dans un délai d’1 mois c’est un miracle !).
EN GROS
Pour éviter les longues procédures administratives pnt peut saisir le juge des référs pour avoir gain de
cause plus vite quand l’inspecteurdu W veut intervenir
Retenir les types de recours et ce qu’ils permettent de faire ainsi que dasn quels cas on les utilise.
Le recours administratif
Le recours administratif est formé soit devant l’autorité administrative qui a rendu la décision
contestée (Recours gracieux), soit devant le supérieur hiérarchique de cette autorité (Recours
hiérarchique), soit devant les juridictions administratives (Recours contentieux).
En droit du travail, le recours administratif vise essentiellement les décisions de l’inspecteur du
travail ou du DREETS.
Le délai du recours administratif est normalement de 2 mois. Il est possible d’exercer un recours
gracieux OU un recours hiérarchique, mais non les deux à fois. L’autorité administrative peut y
répondre ou non. L’absence de réponse dans les 2 mois vaut décision de rejet. Après un refus au
recours gracieux, un nouveau délai de 2 mois permet le recours hiérarchique. Puis en cas de refus un
nouveau délai de 2 mois permet le recours contentieux.
Le recours gracieux
Le recours gracieux est l’acte par lequel la partie non satisfaite, employeur ou salarié, d’une
décision de l’inspecteur du travail ou du DREETS peut demander à celui-ci de revenir sur sa
décision. Le recours gracieux se fait devant l’inspecteur lui-même.
Le recours gracieux ne fait pas obstacle à l’exécution de la décision contestée mais il donne un délai
supplémentaire de 2 mois pour saisir le juge administratif
Le recours hiérarchique
Le recours hiérarchique est l’acte par lequel une personne (employeur, salarié, syndicat) qui
s’estime lésée par une décision de l’inspecteur du travail ou du DREETS peut demander au
supérieur hiérarchique de celui-ci (ou directement au ministre du Travail) l’annulation ou la
modification de la décision (c. trav. art. L. 4723-1).
Délais : La LRAR est conseillée. Le recours doit, en principe, être formé dans un délai de 2 mois à
compter de la notification de la décision, objet du recours (c. trav. art. R. 2422-1).
-le recours formé contre une mise en demeure de faire procéder à l’analyse de certaines substances et
préparations doit être adressé au DREETS dans les 8 jours de la mise en demeure (c. trav. art. R. 4723-5) ;
-le recours formé contre une décision refusant un dépassement de la durée quotidienne du travail ou le
recours à des équipes de suppléance doit être présenté dans le délai de 1 mois suivant la date à laquelle
l’employeur a reçu notification de la décision (c. trav. art. R. 3132-14 et R. 3132-15) ;
-le recours devant le DREETS formé contre une mise en demeure en matière d’hygiène et de sécurité doit être
introduit par courrier recommandé avant l’expiration du délai fixé pour la mise en conformité et, au plus tard,
dans les 15 jours suivant la mise en demeure prononcée (c. trav. art. L. 4723-1 et R. 4723-1). Il est suspensif.
Le ministre dispose d’un délai de 4 mois pour donner sa réponse. Au terme de ce délai, son silence
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PARTIE 1 – INTRODUCTION AU DROIT DU TRAVAIL
Thème 02 : Contrôle et contentieux du travail
vaut rejet du recours, c’est-à-dire confirmation de la décision de l’IT (c. trav. art. R. 2422-1).
Effets des recours : Les recours hiérarchiques ont un effet suspensif ou non, selon l’autorité
saisie et l’objet de la décision contestée.
Effets des recours hiérarchiques : exemples
Objet Autorité Effet
saisie suspensif
Mise en demeure de faire procéder à l’analyse de certaines substances et DREETS Oui
préparations (c. trav. art. R. 4723-5)
Demande de retrait ou de modification de dispositions du règlement intérieur DREETS Non
(c. trav. art. L. 1322-3)
Refus d’un dépassement de la durée quotidienne du travail (c. trav. art. R. DREETS Non
3132-14 et R. 3132-15)
Refus d’un recours à des équipes de suppléance (c. trav. art. R. 3132-14 et -15) DREETS Non
Mises en demeure en matière d’hygiène et de sécurité (c. trav. art. L. 4723-1) DREETS Oui
Le recours contentieux
Le recours contentieux est l’acte par lequel la partie non satisfaite d’une décision de l’inspecteur du
travail ou du DREETS peut demander l’annulation de la décision aux juridictions administratives
(tribunal administratif et, sur appel, cour administrative d’appel ou Conseil d’État).
Le juge vérifie que la décision n’a pas violé une règle de droit.
Recours gracieux
Recours hiérarchique
Auprès de l’auteur Recours
de la décision Auprès du contentieux
supérieur Auprès du Tribunal
hiérarchique de administratif
l’auteur de la
décision (DREETS
ou Ministre du
travail)
Le travail dissimulé par dissimulation d'emploi, codifié à l'article L.8221-5 du Code du travail.
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PARTIE 1 – INTRODUCTION AU DROIT DU TRAVAIL
Thème 02 : Contrôle et contentieux du travail
- Le fait d’avoir imposé à un salarié en forfait jours de travailler au-delà du volume prévu dans la
convention de forfait sans mentionner les jours de travail sur les bulletins de paye suffit à caractériser
l’élément intentionnel de dissimulation d’emploi salarié ([Link]. 1er décembre 2016, n°15-15805 D).
En revanche, s’agissant de la dissimulation d’heures de travail, le caractère intentionnel de l’infraction
ne peut se déduire de la seule application erronée du taux de majoration des heures supplémentaires
(cass. soc. 1er février 2017, n° 15-23039 D). En d'autres termes, l'erreur ou l'oubli sont admis.
- Dissimulation partielle : la dissimulation d’emploi salarié n’est caractérisée, que s’il est établi
que l’employeur a, de manière intentionnelle, mentionné sur le bulletin de paie un nombre d’heures
de travail inférieur à celui réellement effectué (cass. soc. 5 juin 2019, n° 17-23228 FPB).
- « Faux » bénévolat - L'activité exercée par des parents ou des amis dans le cadre d'un rapport
de subordination peut être qualifiée de travail dissimulé d'emploi salarié (cass. civ., 2e ch., 9 mars
2017, n° 16-10117 D ; cass. crim. 26 mai 2021, n° 20-85118 D).
- Recours à de « faux » indépendants- Les personnes régulièrement immatriculées (ex. : au
RCS, au répertoire des métiers) sont présumées être des travailleurs non salariés. Toutefois, la
présomption de non-salariat tombe si l’existence d’un contrat de travail est établie lorsque ces
personnes fournissent, directement ou par personne interposée, des prestations à un donneur
d’ordres qui les placent dans un lien de subordination juridique permanente à l’égard de celui-ci (c.
trav. art. L. 8221-6 ; cass. 2e civ. 28 novembre 2019 n°18-15333 FPPBI).
L’employeur, qui fait travailler dans les mêmes conditions des anciens salariés comme auto-
entrepreneurs, se rend coupable de travail dissimulé. Compte tenu d’un faisceau d’indices (ex. :
exercice des mêmes fonctions assorties des mêmes modalités d’exécution imposées par la société,
contrats types commun à tous et selon un mode de rémunération identique), un lien de subordination
juridique à l’égard de l’ancien employeur était caractérisé. Ce dernier avait donc détourné de son
objet le statut d’auto-entrepreneur dans le but d’échapper au paiement des charges sociales (cass.
crim. 26 novembre 2019, n° 19-80516 D).
Il en va de même d'un chauffeur présumé indépendant qui utilise une plateforme pour trouver
des clients, quand cette plateforme donne des directives, contrôle l'application et sanctionne en cas
de non-respect des consignes (cass. soc. 25 janvier 2023, n° 21-11273 D).
Cette dissimulation d'activité salariée pourra aussi être source d'une concurrence déloyale du
fait du préjudice causé aux autres sociétés du même secteur d'activité (cass. com 12 janvier 2022,
n° 20-11139 FSB).
NB : Dès lors que l’URSSAF procède au constat d’infraction de travail dissimulé par dissimulation
d’emploi salarié, le redressement a pour objet exclusif le recouvrement des cotisations afférentes à
cet emploi, sans qu’il soit nécessaire que l’intention frauduleuse de l’employeur soit établie (cass.
civ., 2e ch., 21 septembre 2017, n° 16-22307 D ; cass. soc. 9 juillet 2020, n° 19-11860 D).
DCG UE03 – droit social 14
PARTIE 1 – INTRODUCTION AU DROIT DU TRAVAIL
Thème 02 : Contrôle et contentieux du travail
Contrôle URSSAF - Lorsque le contrôle est effectué en vue de rechercher des infractions aux
interdictions de travail dissimulé, l'organisme effectuant le contrôle des cotisations et contributions
de sécurité sociale n'est pas tenu d'envoyer un avis de contrôle, contrairement à ce qui se passe pour
un contrôle Urssaf « classique ». Ce n'est que si l'organisme entend poursuivre le contrôle sur
d'autres points de la réglementation qu'il devra faire parvenir à l'employeur un avis de contrôle.
Procès-verbaux de travail dissimulé - Les infractions aux interdictions du travail dissimulé sont
constatées au moyen de P-V qui font foi jusqu’à preuve du contraire et sont transmis directement
au procureur de la République (c. trav. art. L. 8271-8), sans qu’il soit besoin d’informer la personne
visée, des faits susceptibles de constituer l'infraction pénale et des sanctions encourues (cass. crim.
12 janvier 2021, n° 20-80647 FSPBI).
Les agents de contrôle communiquent leurs P-V de travail dissimulé aux organismes de
recouvrement (URSSAF et caisses MSA) qui procèdent à la mise en recouvrement des cotisations et
contributions qui leur sont dues sur la base des informations contenues dans ces P-V (art. L8271-6-4).
En tant que personne morale, le risque encouru est une amende de 225 000 euros avec dissolution
et fermeture de l’établissement.
Avant de saisir le CPH l’employeur et le salarié peuvent tenter de régler à l’amiable leur différent :
La médiation conventionnelle
La médiation est dite « conventionnelle » ou « extrajudiciaire » quand les parties tentent une
approche amiable pour régler leur litige avant même qu’un juge ne soit saisi. On parle de médiation
judiciaire quand le médiateur est désigné par le juge avec l’accord des parties. Elle est possible au
cours d’un procès aux prud’hommes (Art. R. 1471-2).
DCG UE03 – droit social 16
PARTIE 1 – INTRODUCTION AU DROIT DU TRAVAIL
Thème 02 : Contrôle et contentieux du travail
Un contentieux qui oppose l’employeur et des représentants du personnel ou un syndicat (ex. : dans le
cadre d'un litige relatif à la validité des élections professionnelles) ne peut pas faire l’objet d’une telle
médiation (ni d’une procédure participative), pas plus qu’un conflit qui relève de la compétence du
juge pénal (cass. soc. 19 décembre 2018, n° 18-60067 FSPB). La validité des EP étant une matière qui
relève de l’ordre public.
Règlement d’un contentieux employeur salarié
Mode amiable de règlement des confits individuels du travail - Un employeur et un salarié peuvent
recourir à la médiation conventionnelle pour régler à l’amiable un différend « s’élevant à l’occasion
(du) contrat de travail » qui les lie ou qui les liait Art. R. 1471-1. La médiation conventionnelle est un
processus structuré par lequel un employeur et un salarié :
-tentent de parvenir à un accord en vue de la résolution amiable de leurs différends ;
-avec l’aide d’un tiers, le médiateur, choisi par eux.
Procédure applicable
Recherche d'un accord avec l'aide d'un médiateur
Choix du médiateur - L’employeur et le salarié choisissent ensemble le médiateur qui doit remplir
les conditions suivantes (c. proc. civ. art. 1530, 1532 et 1533) :
-ne pas avoir fait l’objet d’une condamnation, d’une incapacité ou d’une déchéance mentionnées sur le
bulletin n° 3 du casier judiciaire ;
-posséder, par l’exercice présent ou passé d’une activité, la qualification requise eu égard à la nature du
différend ou justifier, selon le cas, d’1 formation ou d’1 expérience adaptée à la pratique de la médiation.
Accord de médiation -Employeur et salarié ne peuvent s’accorder que sur des points pour lesquels il
est autorisé de négocier ex. : un avantage inscrit dans le contrat de travail peut être négocié (droit à
des jours de congés supplémentaires) mais pas un droit issu d’une loi (nombre de jours de congés
prévus par le code du travail).
Homologation de l’accord de médiation - L’employeur et le salarié, ou l’un d’entre eux avec
l’accord exprès de l’autre, peuvent faire homologuer leur accord de médiation par le bureau de
conciliation et d’orientation (BCO) du conseil de prud’hommes (c. proc. civ. art. 1534). Le juge ne
peut pas modifier l’accord qui lui est soumis : il ne peut qu’accepter ou refuser son homologation.
L’homologation rend l’accord exécutoire (ce qui signifie qu’une des parties pourra en demander
l’exécution forcée si l’autre ne respecte pas ses engagements).
Échec de la médiation - Si la médiation échoue, l’employeur ou le salarié peuvent saisir le BCO de
leur contentieux.
Convention employeur/salarié
Pour rechercher un accord amiable - Une convention de procédure participative est celle par
laquelle un employeur et un salarié, ayant un différend qui n’a pas encore donné lieu à la saisine du
conseil de prud’hommes, s’engagent pendant une durée déterminée à œuvrer conjointement et de
bonne foi à sa résolution amiable, chacun étant assisté de son avocat (c. civ. art. 2062 et 2064).
La convention est écrite, sous peine de nullité. Elle ne peut porter que sur des droits dont
l’employeur et le salarié ont la libre disposition (c. civ. art. 2064).
Pas de saisine du juge pendant la procédure participative - Tant qu’elle est en cours, la convention
de procédure participative rend irrecevable tout recours au juge pour qu’il statue sur le litige.
Toutefois, l’inexécution de la convention par l’employeur ou le salarié autorise l’autre partie à saisir
le juge prud’homal pour qu’il statue sur le litige.
DCG UE03 – droit social 17
PARTIE 1 – INTRODUCTION AU DROIT DU TRAVAIL
Thème 02 : Contrôle et contentieux du travail
Absence d’accord - Si l’employeur et le salarié ont échoué à résoudre leur contentieux, ils
constatent cet échec dans un « acte » écrit (c. proc. civ. art. 1555). Ils peuvent alors saisir le BCO du
conseil de prud’hommes pour trancher leur litige, suivant des modalités spécifiques dans la mesure
où ils ont tenté au préalable de régler leur différend à l’amiable (c. proc. civ. art. 1556, 1562 à 1564).
3.2 – Le règlement contentieux des conflits individuels : Les conseils de
prud’hommes
Conseil de prud’hommes
Formation de référé
En raison de la crise sanitaire liée au covid-19, le mandat des conseillers prud'homaux désignés pour la
période 2018-2021 a été prorogé jusqu'au 31.12.2022. Par conséquent, la durée du mandat des
conseillers nommés à l'occasion du renouvellement général 2022 est réduite à 3 ans, soit un mandat
de 2023 à 2025.
Candidature
Article L1441-6 Peuvent être candidats, sous réserve des dispositions de l'article L. 1441-7 :
1° Les salariés et les employeurs ;
2° Les personnes à la recherche d'un emploi inscrites sur la liste des demandeurs d'emploi ;
3° Les personnes ayant cessé d'exercer toute activité professionnelle.
Collège salariés- Les conditions requises des candidats sont (c. trav. art. L1441-7 et R1441-14) :
1° être de nationalité française ;
2° ne pas avoir au Bulletin n°2 du casier judiciaire de mentions incompatibles avec l’exercice des
fonctions prud’homales et n’être l’objet d’aucune interdiction;
3° être âgés de 21 ans au moins ;
4° avoir exercé activité professionnelle de 2 ans ou justifier d’un mandat prud’homal, dans les 10 ans
précédant la candidature.
Collège employeurs - Les candidats doivent notamment employer pour leur compte ou celui
d’autrui un ou plusieurs salariés.
La parité H/F devra être respectée au niveau des listes de candidats (c. trav. art. L. 1441-19).
Le statut des conseillers prud’homaux salariés
DCG UE03 – droit social 19
PARTIE 1 – INTRODUCTION AU DROIT DU TRAVAIL
Thème 02 : Contrôle et contentieux du travail
Absences - Les employeurs doivent laisser aux salariés conseillers prud’hommes le temps nécessaire
pour se rendre et participer aux activités prud’homales (c. trav. art. L. 1442-5 et R. 1423-55).
Le temps passé hors de l’entreprise pendant les heures de travail par les conseillers PH du collège
salarié pour l’exercice de leurs fonctions est assimilé à un temps de travail effectif ([Link].L1442-6
Indemnisation - Lorsque le conseiller prud’hommes exerce ses activités en dehors des heures de
travail, l’indemnisation de celles-ci et les frais de déplacement correspondants sont à la charge de
l’État (c. trav. art. L. 1423-15 et R. 1423-51).
Formation : Article L1442-1 L'Etat organise, dans des conditions déterminées par décret, la
formation des conseillers prud'hommes et en assure le financement.
Formation initiale - Une formation initiale, organisée par l’École nationale de la magistrature (ENM),
est imposée aux conseillers prud’hommes, sous peine d’être considérés comme démissionnaires,
celle-ci venant s’ajouter à la formation continue (c. trav. art. L. 1442-1). Elle est réservée aux
conseillers prud’hommes nouvellement désignés n’ayant jamais exercé de mandat prud’homal (c.
trav. art. D. 1442-10-1 ). Depuis le 9 mai 2021, la formation initiale est étendue aux conseillers
prud'hommes qui ne l'auraient pas suivie lors d'un précédent mandat.
Formation continue - Le salarié conseiller prud’hommes peut, dès sa nomination, s’absenter pour
participer à des stages de formation, dans la limite de 6 semaines par mandat.
Protection (Art. L1442-19) - L'exercice des fonctions de conseiller prud'homme ne peut être une
cause de sanction ou de rupture du contrat de travail.
Le licenciement est soumis à la procédure d'autorisation administrative.
3.2.3 – Les compétences du conseil des prud’hommes
Compétence d’attribution
Le CPH est une juridiction civile d’exception du 1er degré spécialisée chargée de concilier et, à
défaut, de juger les litiges (Art. L. 1411-1 à 3).
- d’ordre individuel opposant l’employeur à un ou plusieurs de ses salariés ou opposant des
salariés entre eux ;
- né à l’occasion du contrat de travail (ou d’un contrat d’apprentissage).
Sa compétence est d’ordre public, il ne peut y être dérogé par clause contractuelle (Art. L. 1411-4)
NB- L’activité professionnelle de l’employeur ou du salarié doit relever de la compétence du CPH.
Sauf exceptions, le CPH ne s’occupe pas des litiges concernant les fonctionnaires (Ces derniers doivent
se tourner vers le Tribunal administratif). En revanche sont considérés comme des personnels du
secteur privé les personnels employés dans les conditions du droit privé (agents EDF …).
NB- Le CPH n’est pas compétent pour résoudre un litige portant sur les relations collectives de
travail qui relève du Tribunal judiciaire.
Les CPH statuent en 1er et dernier ressort, lorsqu’aucun des chefs de demande ne dépasse à lui
seul un taux fixé par décret (5000 euros depuis le 20 août 2020) ou lorsque la demande porte sur la
délivrance du certificat de travail, du bulletin de paie ou de tout autre document (c. trav. art. R.1462-
1 et D.1462-3). Seul le pourvoi en cassation est alors envisageable (dans les 2 mois à compter de la
notification du jugement ou de l’arrêt).
Selon la jurisprudence, pour apprécier le taux de compétence, il faut cumuler les différentes
prétentions du demandeur.
... celui du domicile du salarié, si le travail est effectué en dehors d’un établissement.
Le salarié peut toujours saisir le CPH du lieu où l’engagement a été contracté ou le CPH du lieu où
l’employeur est établi (c. trav. art. R. 1412-1) (siège social).
S’il y a plusieurs défendeurs, le demandeur saisit, à son choix, la juridiction du lieu où demeure l’un
d’eux. La question peut se poser, par exemple, lorsque le salarié conteste le transfert de son contrat
de travail à un autre employeur. L’intéressé peut donc saisir le CPH dans le ressort duquel l’ancien
employeur a son siège social comme il peut saisir le CPH correspondant au siège social de son nouvel
employeur (cass. soc. 16 février 2011, n° 10-16423).
Exceptions :
-Litiges liés à un accident du travail - Lorsque le salarié réclame une indemnisation des dommages
résultant de son AT, sa demande relève du TJ, que l’accident soit ou non la conséquence d’un
manquement de l’employeur à son obligation légale de sécurité.
Si le salarié conteste le bien-fondé de son licenciement et réclame une indemnisation pour LSCRS, sa
demande relève alors du CPH, qui est seul compétent pour statuer sur le bien-fondé de la rupture du
contrat de travail (cass. soc. 3 mai 2018, n° 16-26850 et 17-10306 FSPBRI).
De même, la demande de dommages-intérêts de l’employeur contre un ancien salarié pour
déclaration mensongère d’AT doit être portée devant le CPH, même si cette déclaration mensongère
a été faite après la rupture du contrat de travail (cass. soc. 30 janvier 2019, n° 17-23851 D).
-Lorsque l'employeur est également conseiller prud’homal, le salarié peut demander le
« dépaysement », c'est-à-dire le renvoi de l’affaire devant un CPH limitrophe de celui dans le ressort
duquel son employeur exerce ses fonctions de conseiller prud’hommes. Cette règle ne s’applique
qu’à l’employeur (ou celui qui a la qualité de représentant légal de l’entreprise, partie au procès).
Délais pour saisir le juge
Objet de la contestation Délai de prescription
Paiement et répétition du salaire et accessoires (art. L 3245-1) 3 ans
Paiement des indemnités : compensatrice de CP, préavis, non 3 ans
concurrence, fin de CDD (art. L3245-1 CT)
Sommes dues au titre de l’épargne salariale et non versées 5 ans
par l’employeur (c. civ. Art.2224)
Contentieux sur l’exécution du contrat de travail (art. L1471-1) 2 ans à compter du jour où celui
qui l'exerce a connu ou aurait
Les actions en paiement de sommes correspondant au rembt de dû connaître les faits
frais professionnels relèvent de la prescription biennale (2 ans)
applicable aux actions portant sur l’exécution du contrat de travail
(cass. soc. 20 novembre 2019, n° 18-20208 FSPB).
Représentation et Assistance
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Thème 02 : Contrôle et contentieux du travail
La requête est faite, remise ou adressée au greffe du CPH (c. trav. art. R. 1452-2).
Elle doit comporter toute une série de mentions, fixées par le code de procédure civile, sous peine
de nullité (c. proc. civ. art. 54 et 57) .
Une demande, une instance.
À titre d’exception, certains litiges doivent être portés directement devant le bureau de
jugement. À titre d’exemples, l’affaire est portée directement devant le bureau de jugement qui doit
statuer au fond dans le délai de 1 mois à compter de sa saisine : quand un salarié demande la requalification
de son CDD ou de sa mission d’intérim en un CDI (Art. L1245-2 et 1251-41).
-quand un salarié ayant pris acte de la rupture de son contrat de travail demande la requalification
de la rupture en un licenciement, le bureau de jugement statuant au fond dans un délai de 1 mois
suivant sa saisine (c. trav. art. L. 1451-1). Cela s'applique également au salarié qui, après une démission,
demande la requalification de cette démission en prise d’acte (cass. soc. 18 septembre 2019, n° 18-15765
FSPB).
Missions du BCO :
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PARTIE 1 – INTRODUCTION AU DROIT DU TRAVAIL
Thème 02 : Contrôle et contentieux du travail
Absence du défendeur - Si le défendeur (ou son représentant) ne se présente pas le jour fixé pour la tentative
de conciliation avec un motif légitime, la date est décalée. Si lui (ou son représentant) est absent alors qu'il a
bien été convoqué à la date prévue et qu'il n'a pas de motif légitime, le BCO a deux possibilités (c. trav. art. L.
1454-1-3 et R. 1454-13) :
-juger l'affaire, si le demandeur a déjà transmis tous les éléments requis au défendeur ;
-renvoyer l'affaire devant le bureau de jugement à une date ultérieure, si le demandeur n'a pas encore
transmis tous les éléments requis au défendeur.
Effet d’une conciliation totale ou partielle : Si les parties parviennent à s’entendre devant le BCO,
cet accord est formalisé par un PV de conciliation (Art. R. 1454-10). En cas de conciliation totale, le
contentieux prend fin. Lorsqu’il n’a pas été possible d’aboutir à une conciliation totale, le BCO
renvoie le dossier devant le bureau de jugement.
Renvoi devant le bureau de jugement (En cas d’échec de la conciliation)
Renvoi devant le bureau de jugement restreint sous 2 conditions cumulatives :
1) l’accord des parties et
2) le litige porte sur 1 licenciement ou 1 demande de résiliation judiciaire du contrat de travail.
Cette formation restreinte doit alors statuer dans un délai de 3 mois (c. trav. art. L. 1454-1-1).
Si les parties ne sont pas d’accord, l’affaire est jugée par le bureau de jugement dans sa
composition habituelle.
Renvoi devant le bureau de jugement présidé par un juge professionnel - Le BCO peut renvoyer les
parties, si elles le demandent OU si la nature du litige le justifie, devant le bureau de jugement,
réuni au complet et présidé par le juge départiteur à savoir, un juge du TJ.
Renvoi « classique » devant le bureau de jugement - Si l’une ou l’autre de ces deux voies
procédurales (voir ci-avant) n’est pas utilisée, l’affaire est renvoyée devant le bureau de jugement
réuni au complet (c. trav. art. L. 1454-1-1).
Renvoi devant la formation de départage du bureau de jugement -En cas de partage devant le
BCO, l’affaire est renvoyée devant la formation de départage du bureau de jugement, et ce jusqu’à
la résolution de l’affaire. L'audience se tient dans le mois du renvoi (c. trav. art. L. 1454-2 et 9).
Jugement
Adoption du jugement - Les décisions du bureau de jugement sont prises à la majorité absolue
des voix des juges prud’homaux (c. trav. art. R1454-23).
Si, à l’issue du délibéré, les conseillers prud’hommes n’arrivent pas à une position unanime ou
majoritaire (« partage des voix »), une nouvelle audience présidée par un juge professionnel
(appartenant au TJ) est nécessaire pour départager les conseillers (c. trav. art. L. 1454-2).
L’audience de départage a lieu dans un délai d’1 mois à partir du renvoi (c. trav. art. L. 1454-2 et R.
1454-29).
Motivation du jugement - Les jugements des CPH doivent être motivés, sous peine de nullité.
Notification du jugement - Les décisions du CPH sont notifiées aux parties par LRAR.
Voix de recours
Les jugements du conseil de prud’hommes peuvent être attaqués par voie d’opposition, d’appel ou
de pourvoi en cassation.
L’opposition est une voie de recours ouverte au défendeur qui n’a pas comparu et demande la
révision du jugement rendu par défaut. Elle doit être formée dans le délai de 1 mois à compter de
la notification du jugement rendu par défaut.
Elle est portée directement devant le bureau de jugement. Elle est caduque si la partie qui l’a faite
ne se présente pas et elle ne peut être réitérée (c. trav. art. R. 1463-1).
L’appel : Le jugement est susceptible d’appel si un des chefs de demande excède le taux de
compétence en dernier ressort du conseil de prud’hommes (5 000 €) (c. trav. art. D. 1462-3). Le
délai pour faire appel est d’1 mois suivant la notification du jugement (c. trav. art. R. 1461-1). En
cas de jugement de référé prud’homal, le délai d’appel n’est que de 15 jours.
L’appel est suspensif du jugement (c.à.d il interrompt provisoirement l’effet de la décision de
jugement rendu), sauf si celui-ci est assorti de l’exécution provisoire par le CPH.
Depuis le 1er août 2016, devant la cour d’appel, une partie ne peut comparaître en personne. Elle
doit nécessairement avoir recours à un avocat ou à un défenseur syndical (c. trav. art. R1461-1
et R. 1461-2).
Le pourvoi en cassation pour un jugement rendu en dernier ressort ou pour l’arrêt rendu par la
cour d’appel après appel. Le pourvoi doit être formé dans le délai de 2 mois à compter de la
notification du jugement. Il n’est pas suspensif.
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Thème 02 : Contrôle et contentieux du travail
Procédure accélérée au fond (qui s’appelait avant le 01/01/2020 référé « en la forme ») : Dans ce
cas, le CPH statue en urgence, mais contrairement au référé « classique », il tranche le litige sur le
fond (c. trav. art. R. 1455-12).
Cette procédure concerne notamment les litiges suivants :
-contestation des avis et mesures émis par le médecin du travail (c. trav. art. L.4624-17 et R.4624-45);
-désaccord entre l’employeur et les syndicats sur les modalités d’organisation du référendum
destiné à valider un accord collectif non majoritaire (c. trav. art. L. 2232-12 et D. 2232-7) ;
-désaccord sur les modalités d’organisation et de déroulement des opérations électorales (c. trav.
art. L. 2314-28 et R. 2314-2) ;
-différend relatif au refus de certains congés (c. trav. art. L. 3142-3 et L. 3142-13).
EX : Face au refus de son employeur de lui accorder un congé pour événement familial, un salarié avait saisi le
CPH en la forme des référés. Celui-ci avait estimé ne pas avoir le pouvoir d’apprécier le délai dans lequel ce
congé pouvait être pris. La Cour de cassation a censuré cette ordonnance : dans la mesure où le référé en la
forme implique de trancher l’affaire au fond, le CPH aurait dû régler le litige qui lui était soumis (cass. soc. 23
janvier 2019, n° 17-28330 FSPB).
Les autres contentieux du travail
TJ Juridictions pénales
Les litiges collectifs (grève, CC…), Travail du dimanche, - les contraventions du travail sont
les élections du CSE, la désignation des Délégués soumises au T. de police
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Thème 02 : Contrôle et contentieux du travail
Dépôt
Syndicaux, d’une
la saisie surrequête
salaire - les délits sont soumis au T. Correctionnel
au greffe Procédure prud’homale
La conciliation
a-t-elle réussi?
OUI NON
S’agit-il d’un
licenciement ou
résiliation
judiciaire ?
OUI NON
Jugement en Le juge
formation départiteur
restreinte si les est-il
parties sont d’accord nécessaire ?
Jugement en Jugement en
départage formation classique
Y-a-t-il
OUI égalité de
voix ?
NON
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Thème 02 : Contrôle et contentieux du travail
Fin de la procédure