1.
3 Constitution d’un système solaire PV
Les systèmes solaires photovoltaïques fonctionnent comme suit : La lumière solaire entre par la surface des
modules photovoltaïques, où elle est convertie en énergie électrique de courant continu (générateur
photovoltaïque). Plus tard, cette énergie est collectée et conduite au système de régulation de charge
(régulateur) dont la fonction est d’envoyer cette énergie de manière totale ou partiale au système de cumul
(batterie), où elle est stockée avec la précaution de ne pas excéder les limites de surcharge et de décharge
profondes. Cette énergie stockée est utilisée pour le ravitaillement des charges pendant la nuit, en jours de faible
ensoleillement ou lorsque le système photovoltaïque est incapable de satisfaire la demande lui-même.
Quand les charges à alimenter sont de courant continu, elles s’alimentent de manière directe.
Quand les charges sont de courant alternatif, l’énergie s’envoie à un inverseur de courant où elle est convertie en
courant alternatif (onduleur).
Ainsi, les éléments d’un système solaire photovoltaïque sont indiqués dans la fig. 1 et énoncés ci-dessous :
1. Générateur photovoltaïque
2. Batterie
3. Régulateur
4. Onduleur
1.3.1 Générateur photovoltaïque
Le module photovoltaïque convertit directement la lumière du soleil en courant électrique continu par le biais
des cellules solaire.
[Link] Bases du fonctionnement des panneaux solaires
Le fonctionnement des panneaux photovoltaïques se base sur l’effet photovoltaïque. Quand l’ensemble
photovoltaïque s’expose au rayonnement solaire, les photons contenus dans la lumière transmettent leur énergie
aux électrons des matériaux semi-conducteurs. Ces électrons peuvent alors franchir la barrière de potentiel de
l’union P-N et sortir du matériaux semi-conducteur à travers un circuit extérieur, donnant lieu à un courant
électrique.
Le module le plus petit d’un matériau semi-conducteur avec une union P-N (et, par conséquent, avec la capacité
de produire de l’électricité) est dénommé cellule photovoltaïque. Ces cellules photovoltaïques se combinent de
manières spécifiques pour obtenir la puissance et la tension souhaitées. L’ensemble de cellules situé sur un
support approprié et recouvert de matériaux qui le protègent d’une façon efficace contre les agents
atmosphériques s’appelle panneau photovoltaïque.
- Module au silicium monocristallin : cellules de couleur bleu nuit, uniforme par un monocristallin avec un
meilleur rendement. Le rendement maximal obtenu dans le laboratoire est de 24.7 %, et de 16 % dans les
modules commercialisés.
Fig 3 : Module au silicium monocristallin
- Module au silicium polycristallin : cellules de couleur bleu avec des motifs, et formé par plusieurs cristaux
avec un rendement meilleur. Ils sont très reconnaissables visuellement parce que leur superficie présente un
aspect granulé. Le rendement obtenu avec ces modules est inférieur à celui des modules monocristallins (19.8 %
dans le laboratoire et 14 % dans les modules commercialisés), et leur prix est aussi plus bas [2].
Fig 4 : Module au silicium polycristallin
- Module au silicium amorphe : ils sont aussi à base de silicium, mais contrairement aux modules précédents,
ce matériau n’a pas de structure cristalline. Son rendement maximal obtenu dans le laboratoire est de 13 %, et de
8 % pour les modules commercialisés. Ils sont moins utilisés. (Ils s’appellent aussi modules à couche mince).
Fig 5: Module au silicium amorphe [3]
4.2.3. Paramètres électriques d’un module PV
Les paramètres les plus importants d’un panneau photovoltaïque sont :
- Courant de court-circuit (Icc) : C’est l’intensité de courant maximale fournie par le panneau. Il s’agit du
courant qui se produit lors de la connexion directe des deux pôles.
Icc est généralement autour de 3 A.
- Tension de circuit ouvert (UcO) : C’est la tension maximale fournie par le panneau.
Elle se produit quand les pôles se trouvent « en plein air ». UcO est généralement inférieur à 22 V dans les
modules qui fonctionnent avec 12 V.
- Point de puissance maximale : Il existe un point de fonctionnement (Ipmax, Vpmax) où la puissance
fournie est maximale (Pmax=Ipmax x Vpmax). C’est le point de puissance maximale du panneau. Il est indiqué
en watts (W).
- Facteur de forme FF : Il s’agit de la relation entre la puissance maximale fournie par le et le produit Isc x
Voc. Il présente une notion sur la qualité du panneau et sa valeur se trouve normalement entre 0,7 et 0,8.
- Efficacité ou rendement ŋ : C’est le ratio entre la puissance électrique maximale que le panneau peut
transmettre à la charge et la puissance du rayonnement solaire (Pl) frappant le panneau. Il se trouve normalement
autour de 10 %.
Notes :
Les valeurs d’Isc, Voc, Ipmax et Vpmax sont fournies par le fabricant en relation avec des
Conditions Standard (CS) de mesurage, notamment : (i) irradiante G(CE) = 1kW/m 2 ; (ii) Au niveau de la mer ;
(iii) Pour la température des cellules Tc (CE) = 25ºC.
La puissance maximale fournie par le module est indiquée en watt crête (Wc).
Les caractéristiques principales d’un module photovoltaïque sont marquées par : (i) Sa puissance crête (Wc) ; (i)
Son courant de court-circuit (A) ; (iii) Sa tension de circuit ouvert (V) ; et (iv) sa tension de fonctionnement (12
V ; 24 V ; 48 V).
4.2.4. Courbe caracteristique
Le fonctionnement électrique d’un module est représenté par sa courbe caractéristique. Cette courbe indique le
courant fourni par le module en fonction de sa tension. La fig. 6 et la fig. 7 montrent les possibles valeurs de
tension et de courant qui dépendent surtout de la température et du rayonnement solaire reçu par les cellules du
module.
Fig. 6 : Courbes caractéristiques d’un module photovoltaïque en fonction de valeurs différentes de
rayonnement
Fig 7 : Courbes caractéristiques d’un module photovoltaïque en fonction de valeurs différentes de
température
4.2.5. Interconnexion des PV
Tous les panneaux à interconnecter doivent être égaux, c’est-à-dire, ils doivent être de la même
marque et avoir les mêmes caractéristiques.
L’interconnexion des panneaux se fait, premièrement, à travers l’association de panneaux en
série pour obtenir le niveau de tension souhaité ; et plus tard, à travers l’association en parallèle
de plusieurs associations en série pour obtenir le niveau de courant souhaité. La Fig. 8 est un
exemple de cette connexion.
Fig. 8 : Exemple d’une connexion en série-parallèl.
1.3.2 Batterie de stockage
La batterie a pour fonction le stockage d’une partie de l’énergie produite par les panneaux
(c’est-à-dire, la portion d’énergie qui n’est pas immédiatement consommée) afin qu’elle soit
disponible dans des périodes où le rayonnement solaire est faible ou inexistant. Le stockage se
fait sous la forme d’énergie électrique à travers l’usage de batteries, normalement de plombacide.
Une batterie est composée par l’association en série de plusieurs « éléments » ou « cellules »,
chacun d’eux comprenant deux électrodes de plomb dans une dissolution électrolytique. Entre
les deux électrodes, une différence de potentiel de près de deux volts est établie, et la valeur
instantanée dépend de l’état de charge de la batterie. Les batteries les plus utilisées pour les
applications photovoltaïques sont de 12 ou 24 volts de tension nominale.
La batterie a aussi ces deux importantes fonctions :
- Fournir une puissance instantanée supérieure à celle fournie par l’ensemble des
panneaux et nécessaire pour la mise en place de quelques éléments.
- Déterminer la marge des tensions de travail de l’installation.
4.3.1. Types de batteries
Les batteries sont de plusieurs types, à savoir [4] :
- Nickel-cadmium
- Plomb-acide
- Batterie d’automobile
Les batteries de Nickel-Cadmium sont les plus recommandées à cause de leur haute fiabilité et
résistance, mais leur prix élevé fait pencher la balance en faveur des batteries de plomb-acide.
Cependant, il y a quelques pays où ces batteries sont difficiles à trouver ou où leur prix peut
être très haut (soient locales ou soient importées), et pour cette raison, les batteries utilisées
sont celles offertes par le marché, notamment celles destinées au marché des automobiles. En
plus, l’Union Européenne a interdit l’usage des batteries de Nickel-Cadmium á cause de la
toxicité du Cadmium.
Pourtant, les batteries d’automobile ne sont pas très recommandées pour les applications
photovoltaïques, car elles ont été désignées pour fournir une forte intensité pendant quelques
secondes (démarrage), et pas pour fournir des courants bas de manière plus ou moins
régulière. Cela réduit sa durée d’utilisation.
Note : Les batteries peuvent avoir une technologie à électrolyte liquide ou gel. Dans le cas des
batteries à électrolyte gel, l’électrolyte se présente sous la forme d’un gel. Ce type de batterie a
les avantages suivants : elle n’a besoin d’aucune maintenance et peut travailler dans un large
éventail de températures (-15ºC +55ºC). Par contre, elles sont plus chères et se rechargent plus
lentement.
4.3.2. Fonctionnement de la batterie
La batterie répète de façon cyclique un processus d’accumulation d’énergie (charge) et
fourniture d’énergie (décharge) en fonction de la présence ou de l’absence du soleil. Dans ce
fonctionnement normal de la batterie on peut trouver deux pôles :
- Surcharge : La batterie atteint sa pleine capacité de charge. Si elle continue à recevoir
de l’énergie, l’eau de la dissolution commence à se décomposer, en produisant de
l’oxygène et de l’hydrogène (processus de gazéification).
- Surdécharge : Il existe aussi une limite pour le processus de décharge, après lequel la
batterie se détériore notamment.
C’est le régulateur qui doit prévenir l’entrée d’énergie au-dessus de la surcharge permise et
aussi la consommation de plus d’énergie que cette prévue par la surdécharge.
4.3.3. Paramètre de la batterie
- Tension nominale : Elle est normalement de 12 volts.
- Capacité nominale : Elle est la quantité maximale d’énergie qui peut être retirée de la
batterie. Elle s’indique en ampères heure (Ah) ou en wattheures (Wh). Puisque la quantité
d’énergie qui peut être retirée dépend aussi du temps nécessaire pour le processus
d’extraction (plus le processus est long, plus d’énergie on pourra obtenir), la capacité est
souvent indiquée en fonction du temps de décharge. Dans le cas des applications
photovoltaïques, ce temps doit être égal ou supérieur à 100 heures.
- Profondeur maximale de décharge : Elle est la valeur (indiquée en pourcentage)
extraite d’une batterie totalement chargée dans une décharge. La profondeur est limitée
par les régulateurs, qui sont habituellement calibrés pour qu’ils puissent permettre des
profondeurs de décharge de la batterie d’environ 70 %. En fonction de la profondeur
maximale de décharge permise, la batterie peut avoir plus ou moins de cycles de charge et
décharge pendant toute sa durée d’utilisation. Le fabricant doit fournir des graphs où la
relation entre la quantité de cycles et la durée de la batterie puisse être vue.
- Capacité utile ou disponible : Elle est la capacité qui peut être véritablement utilisée.
Elle est égale au produit de la capacité nominale et de la profondeur maximale de
décharge celle-ci divisée par un.
4.3.4. Effetts de lq temperature dans le fonctionnement dune batterie
- Si la température est baisse, la durée d’utilisation s’accroître mais il existe un risque de
gel.
- La capacité nominale d’une batterie (que le fabricant fournit pour 25ºC) s’accroître avec la
température au rythme de 1%/ºC approximativement.
La Fig. 9 présente la relation de la température avec des cycles de durée et la capacité d’une
batterie.
La Table 1 montre un exemple du facteur de correction qui doit être appliqué à la capacité en
fonction de la température.
TEMPERATURE -10ºC 0ºC 10ºC 20ºC 25ºC 30ºC
FACTEUR DE CORRECTIO
APPLIQUE 0.72 0.83 0.91 0.98 1.00 1.05
Table 1 : Facteur de correction de la capacité en fonction de la température.
4.3.5. Connexions des batteries en serie, parallele et mixe
La Fig. 11 présente les types de connexion des batteries.
Fig 11 : Types de connexion des batteries
1.3.3 Le regulateur de tension
Il implique une vigilance continue pour éviter les surcharges et les décharges profondes que la
batterie peut produire.
Fonction : Protection de la batterie contre les situations extrêmes afin de ne pas l’endommager.
Fonctionnement : Prendre de l’information sur l’état de charge du système et la comparer avec
les valeurs maximales et minimales admissibles pour que la batterie n’endure pas de
surcharges ou de décharges extrêmes.
4.4.1. Différents types de regulateur
- Régulateur parallèle : Il régularise la surcharge. Il est indiqué pour des petites
installations solaires photovoltaïques.
- Régulateur série : Il régularise la surcharge et la décharge. Son interrupteur peut être
électromécanique ou statique. Il peut incorporer des autres fonctions (alarme, interruption
nocturne, etc.). La Fig. 12 présente l’image d’un régulateur série.
Les régulateurs utilisés sont de type série : ils déconnectent l’ensemble de panneaux de la
batterie pour éviter la surcharge ; et les équipements de consommation pour éviter la
surdécharge. Cette déconnexion se fait à travers interrupteurs qui peuvent être des dispositifs
électromécaniques (des relais, des contacteurs, etc.) ou des dispositifs d’état solide (un
transistor bipolaire, etc.).
Afin de protéger la batterie de la surcharge, l’interrupteur s’ouvre quand la tension de la batterie
atteint sa tension d’arrêt de la charge, et se ferme de nouveau quand la batterie retourne à la
tension de réinitialisation de charge. La tension d’arrêt de la charge est environ 2,45V par
chaque élément de la batterie à 25ºC [4].
En ce qui concerne la surdécharge, l’interrupteur s’ouvre quand la tension de la batterie est
inférieure à la tension d’arrêt de la décharge, et se ferme quand la batterie retourne à la tension
de réinitialisation de décharge. La tension d’arrêt de la décharge est environ 1,95V par chaque
élément [4].
Fig 12 : Régulateur série
4.4.2. Paramètres qui definissent un regulateur
- Tension de travail : 12, 24 ou 48 V
- Intensité maximale : Elle doit être supérieure au courant maximal du générateur
photovoltaïque [4].
Le fabricant fournit aussi des autres données d’intérêt :
- Les valeurs de la tension d’arrêt de la charge (surcharge) et de la tension d’arrêt de la
décharge (surdécharge).
- L’existence de compensation avec la température. Les tensions qui indiquent l’état de
charge de la batterie changent avec la température, et c’est pour cette raison que quelques
régulateurs mesurent la température et utilisent cette information pour corriger les tensions
de surcharge.
- L’instrumentation de mesure et ses indicateurs : les régulateurs ont souvent un voltmètre
qui mesure la tension de la batterie et un ampèremètre qui mesure le courant. La plupart
d’eux ont des indicateurs qui notifient certaines situations comme : le bas état de charge de
la batterie, déconnexion des panneaux avec la batterie, etc.
1.3.4 Onduleur
Les onduleurs sont des équipes qui transforment la tension continue fournie par les modules en
une tension différente, soit continue d’une autre magnitude (onduleurs DC/DC) ou soit
alternative (onduleurs DC/AC, qui sont les plus communs).
4.5.1. Onduleurs DC /AC
Les systèmes solaires produisent de l’énergie électrique en courant continu mais beaucoup
d’électrodomestiques et de récepteurs fonctionnent avec le courant alternatif.
Dans les installations solaires photovoltaïques connectées au réseau électrique, l’onduleur doit
non seulement transformer le courant continu du générateur photovoltaïque en courant continu
du générateur photovoltaïque en courant alternatif, mais aussi réaliser des autres fonctions.
Ses fonctions principales : (i) inversion de modulation de l’onde alternative ; (ii) régulation de la
valeur efficace de la tension de sortie.
Les onduleurs peuvent être en monophasé ou en triphasé, avec des valeurs différentes pour la
tension d’entrée et avec une puissance qui peut aller jusqu’à des mégawatts
[Link]. Types donduleur DC/AC
- Onduleur à onde carrée : Pour les utilisations de base comme lesTV et l’éclairage, et en
général pour les charges résistives. Ils sont moins chers.
- Onduleur à onde sinusoïdale : Pour tout type d’application, en particulier pour les moteurs.
Ils sont plus chers.
[Link]. Caractéristiques de fonctionnement les plus importants
- Tension et courant d’entrée/sortie
- Forme de l’onde
- Limites de la tension d’entrée
- Basse de consommation et haut rendement
- Puissance de sortie
- Capacité de surcharge (important quand il a accès au moteur)
- Facilité de réparation et la maintenance
- Fonctionnement dans les points de puissance maximale
- Conditions ambiantes (température de fonctionnement)
[Link]. Notes
La puissance nominale doit être environ 2 et 3 fois la puissance des appareils à alimenter.
Un onduleur est fourni avec les câbles d’entrée CC de grosse section pour réduire les chutes de
tension (il faut les connecter au régulateur ou à la batterie selon le cas, sans les rallonger).
Il est impératif de choisir des appareils en AC puisque cela sera plus économe en électricité :
ceci diminuera la taille de l’onduleur du panneau solaire et des batteries.
En dehors de la forme d’onde (carrée ou sinusoïdale), les onduleurs doivent avoir deux
caractéristiques :
- Fiabilité vers les surtensions : ils doivent pouvoir distinguer si les surtensions sont
provoquées par le démarrage d’un moteur (pour les tolérer) et les surtensions provoquées
par un court-circuit (pour les couper).
- Efficacité de conversion : Elle est très dépendante de la puissance demandée à chaque
instant. Car les onduleurs sont plus efficaces quand ils travaillent près de leur puissance
nominale, il faut sélectionner bien le modèle à utiliser afin qu’il travaille normalement dans
ces conditions. Le fabricant fournit souvent le rendement de l’onduleur à 70 % de sa valeur
nominal.
4.5.2. Onduleurs DC/DC
Ils sont nécessaires afin de diminuer ou d’augmenter la tension en CC des récepteurs qui
fonctionnent en CC. La plupart des convertisseurs offrent des tensions suivantes : 1,5 V ; 3 V ;
4,5 V ; 6 V ; 7,5 V ; 9 V ; 12 V ; 24 V.
1.4 Types de generateur solaire PV
On distingue deux grandes classes d’installations photovoltaïques :
– les installations dites autonomes, où l’énergie produite au fil du
soleil doit en général être stockée dans des batteries si l’utilisation
n’est pas immédiate;
– les installations raccordées au réseau, capables de débiter
l’énergie produite (en surplus des besoins propres éventuels de
l’utilisateur) dans le réseau.
Outre les applications industrielles (télécommunications, balises,
etc.), les installations autonomes de production d’énergie peuvent
avoir des dimensions «familiales» (de l’ordre de 100 à 500 Wp), ou
alimenter les besoins d’une collectivité, d’un village, etc. (plusieurs
kWp ou dizaines de kWp).
De même, les installations raccordées au réseau peuvent correspondre
aux besoins énergétiques d’une famille, d’une entreprise, d’un
bâtiment public. On parle alors d’autoproduction, avec des puissances
installées de l’ordre de 1 à 4 kWp, (correspondant à la consommation
annuelle d’une famille), ou plus. L’énergie non utilisée par le
producteur est injectée dans le réseau, et l’énergie du réseau est utilisée
lorsque la production solaire ne suffit pas. Dans ce cas, le réseau
se comporte donc comme un stockage virtuel d’énergie.
Enfin, on envisage et construit également de grandes centrales
solaires de production (100 kWp à plusieurs MWp). Compte tenu de
la variabilité des apports solaires, on considère actuellement qu’une
pénétration de 10 à 20% de production PV est acceptable pour le
réseau dans les conditions actuelles.
1.4.1 Generateur solaire autonome
Dans les installations autonomes familiales, la plupart des appareils
fonctionnent directement sur le circuit continu de la batterie (12, 24
ou 48 V). L’usage d’un onduleur occasionne des pertes importantes,
et devrait être réservé aux appareils non disponibles sur le marché
en version courant continu, ou à l’emploi occasionnel d’appareils
standard.
La gamme de puissance des onduleurs domestiques va de 100 à
2000 W. Ils fonctionnent avec une tension d’entrée fixe, et une puissance
de sortie variable selon la charge. La forme du signal alternatif
peut être carrée, trapézoïdale ou sinusoïdale. Pour une utilisation
prolongée, la consommation à vide est un facteur déterminant.
Ces appareils seront décrits en détail dans le chapitre 8 sur les installations
autonomes.
1.4.2 Generateur solaire integre au reseau BT
Les onduleurs pour la connexion au réseau ont une puissance nominale
d’environ 100 W à plusieurs centaines de kW. Jusqu’à 3.3 kW,
ils fonctionnent en général en 230 V monophasé, alors qu’au-dessus,
ils doivent être triphasés (basse ou moyenne tension).
Etant connecté directement sur le champ PV, leur tension et leur courant
d’entrée sont donc très variables avec les conditions d’ensoleillement
et de température ambiante (voir figures 3.18 et 3.19).
L’une des fonctions importantes de l’onduleur réseau est donc la
recherche du point de puissance maximum (souvent notée MPPT
pour Maximum Power Point Tracking), c’est-à-dire l’adaptation permanente
de l’impédance d’entrée afin d’optimiser, à chaque instant,
le produit P = U . I sur la caractéristique du champ PV.
L’onduleur doit ensuite construire une (ou trois) tension (s) sinusoïdale
(s) correspondant aux normes requises par le réseau. Les impératifs
techniques suivants doivent alors être satisfaits :
• une parfaite synchronisation avec le réseau. Nous verrons qu’il
existe deux types de synchronisation, les onduleurs pilotés par le
réseau, et ceux à référence sinusoïdale interne ;
• déclenchement automatique en cas de coupure du réseau (pas de
fonctionnement en îlot);
• limitation de la tension de sortie à la valeur maximale admissible
pour le réseau;
• ne pas occasionner de déphasage important;
• faible taux de fréquences harmoniques (signal proche de la
sinusoïde);
• faibles perturbations électromagnétiques (hautes fréquences) ;
• insensibilité aux signaux de commande du réseau;
• l’isolation galvanique (entre le champ et le réseau) est souhaitable.
D’autres qualités sont à surveiller lors du choix d’un onduleur :
• le rendement, au niveau de puissance usuelle de l’installation, doit
être élevé;
• enclenchement et déclenchement automatiques, avec un seuil
d’irradiance faible ;
MPPT: recherche du point
de puissance maximum
• qualité et précision de la recherche du point de puissance
maximum;
• plage d’entrée en tension; elle conditionne le nombre de panneaux
à connecter en série dans le champ;
• comportement à puissance maximale: certains appareils se
déconnectent, d’autres continuent de fonctionner en limitant la
puissance;
• protection en température;
• consommation faible (nulle) sur le réseau durant la nuit ;
• affichage des paramètres de fonctionnement et des pannes;
possibilités de contrôle par ordinateur extérieur ;
• fiabilité, l’un des points cruciaux jusqu’à aujourd’hui ;
• encombrement et poids raisonnables;
• pour le montage dans les habitations, niveau sonore acceptable.
[Link] Couplage et synchronisation
Même si certains onduleurs génèrent eux-mêmes leur propre sinusoïdede référence, la plupart ont besoin de la
présence du réseaupour fonctionner. L’enclenchement de l’onduleur doit se faire parfaitement en phase,
ce qui nécessite la préexistence du réseau. Dans la pratique, l'onduleur
est en général équipé d’un interrupteur de marche. L’opération
de couplage au réseau ne doit en principe pas être réalisée directement,
mais toujours à l’aide de cet interrupteur.
Inversement, on ne coupera jamais la connexion au réseau en un
point proche de l’onduleur; une coupure trop brusque en charge peut
induire des pics transitoires, susceptibles d’endommager les commutateurs
électroniques de l’étage de sortie. En cas de coupure acci dentelle, ces risques sont atténués avec la distance, par
le jeu de l’inductivité de la ligne de transport.
Perturbations de la tension du réseau
L’injection de puissance dans le réseau provoque évidemment une
augmentation de la tension. Cette augmentation est mesurée au
point d’injection, qui doit être choisi aussi proche que possible du
tableau de distribution dans une maison individuelle.
D’après les normes ASE et européennes, l’augmentation au point
d’injection ne doit pas dépasser 3% en basse tension (230/ 400 V),
et 1.6%en moyenne tension. Soulignons que la variabilité de la production
(conditions météorologiques, jour-nuit) entraînera des variations
correspondantes sur le réseau utilisateur au cours du temps.
De plus, dans tous les cas, la tension maximale admissible
(230V/ 400V + 6%, soit 244 V/ 424 V) ne doit jamais être dépassée.
La surtension au point d’injection est déterminée par la structure et
l’impédance du réseau. Dans le cas monophasé, le comportement
du circuit général peut être analysé selon la figure 4.1. L’impédance
déterminante pour les variations de tension au point d’injection est
l’impédance du réseau Zrés.
L’impédance de la ligne liant l’onduleur au point d’injection,
Zliaison, doit être minimisée selon le critère de la limitation en tension
maximale admissible. En effet, l’onduleur lui-même doit être équipé
d’une coupure automatique en cas de dépassement de cette limite,
mesurée à la sortie de l’appareil. Les conditions de dépassement
interviendront donc d’autant plus facilement que la chute de tension
dans Zliaison est importante. Par exemple, pour un onduleur de 3.3 kW
(220 V/ 15 A) situé à 20 m du tableau et connecté par un câble
de 2 x 2.5 mm2, cette chute de tension atteint 5.3 V ! En pratique,
on surdimensionnera donc souvent la section d’un facteur 2 ou 3.
L’impédance des lignes de transport se calcule de la manière suivante:
Z = R + L · 2f []
où : R = · l / s
l = longueur de câble [m], s = section [mm2].
Selon la recommandation ASE, la résistivité du cuivre sera prise par
sécurité à T = 60°, soit :
= 22 m· mm2/m.
1.5 Procedure de dimmensionnement dune centrale PV
5.1. Calcul du rayonnement du soleil
5.1.1. Obtention
Afin de réaliser l’étude des ressources solaires on peut consulter des bases de données
diverses dont on obtient les valeurs du rayonnement sur la zone d’étude.
Nous utiliserons principalement deux bases de données : PVgis ou NASA, en fonction de la
localisation.
- PVgis est une base par satellite qui présente une couverture spatiale plus grande avec
une résolution de 1 km par 1 km en Europe, Asie et Afrique.
[Link]
- Sur la page web de la NASA on trouve une grande base de données de paramètres
météorologiques et de rayonnement solaire obtenus à travers plus de 200 satellites partout
dans le monde. [Link]
[Link]. PVgis:
[[Link]
Calcul de l’irradiation sur un plan incliné
Une fois qu’on aura l’information de la radiation globale à 0º (G (0º)), on devra connaître la
radiation incidente sur le panneau photovoltaïque (G(α, β)), qui dépendra de deux facteurs,
l’azimut α et l’inclination β du générateur.
Application du facteur K
Dans le cas de ne pas disposer de l’option de PVgis, on peut appliquer le facteur K sur
l’irradiation horizontale. Tableau Excel ci-joint.
Dans le tableau on spécifie la latitude et l’inclinaison et ensuite on obtient les facteurs K par
Mois.
Estimation de la consommation
Note : L’information de ce paragraphe a été reprise du document : Calcul des installations
solaires photovoltaïques :
[Link]
df
[Link]
1. La première étape pour estimer la consommation est de connaître la puissance
consommée par les différents appareils que l’on souhaite installer, outre les heures
hypothétiques ou calculées de service. On doit remplir le tableau suivant avec les
données proportionnées par le fabricant (que l’on doit vérifier) et avec les données
estimées par le futur consommateur. Si l’installation possède un convertisseur CC/CA il
faut faire attention à sa performance ŋ pour calculer la puissance ou l’énergie qui
absorbera vraiment d’entrée en un courant continu. Une valeur de performance peut
être de 0.85. Le tableau suivant montre un exemple.
Unités Charge CC/CA Puissance (W) h/jour
2. Obtenir les données suivantes de la consommation :
a. Puissance totale maximale
b. Intensité totale maximale
c. Energie calculée après le régulateur
À cet effet il convient de remplir le tableau suivant :
Quantité Charge CC/CA
Puissance
(W) Total P (w) Total I (A) h/jour Ah/jour
Consommation
Par conséquent:
a. Puissance totale maximale Pmax= 441.76 W
b. Intensité totale maximale Imax= 36.81 A (à 12 V)
c. Energie calculée après le régulateur Ec=767.65 Wh/jour (à 12V)
3. Lorsque l’on connaît les nécessités des utilisateurs il est conseillé de les augmenter
d’un pourcentage de sécurité à cause des pertes du câblage, l’usure du système, les
inexactitudes des données, etc. Ce pourcentage doit être entre les valeurs de 10% et
de 25%. Normalement de 20 %. Par conséquent, on applique une augmentation de
20% comme marge ou facteur de sécurité obtenant les nécessités de l’utilisateur, Nu :
Nu=Ec*1.2=921.18 Wh/jour
4. L’étape suivante consiste à calculer le taux des pertes totales de l’installation KT. Les taux
des pertes dont on doit tenir compte sont :
a. KA: Pour la décharge naturelle quotidienne de la batterie, à 20º C. (KA: 0’005 en
l’absence de données du fabricant)
b. KB: issue de la performance de la batterie. (KB: généralement 0’05 et 0’1 pour
les vieux accumulateurs, pour des fortes décharges ou des températures
basses).
c. KC: à cause de la performance du convertisseur utilisé (s’il existe). (On prendra
la valeur de 0’25 à 0’05 (75÷95% de η), et 0 s’il n’existe pas. La performance
est déjà comprise lors de l’étape 1, donc la valeur est toujours 0.
d. KR: pour la performance du régulateur utilisé. (Avec les valeurs comprises entre
0’1 à 0’01 (90÷99% de η).
e. KX: des autres pertes pas soulevées, pour effet Joule, chutes de tension, etc.
(qui concentre tout type de perte pas soulevée, on prend normalement la valeur
de 0’15 quand on connaît les puissances théoriques ; 0’1 de manière générale,
sans connaître les performances ; si on a tenu compte des performances de
chaque charge installée on peut le réduire jusqu’à 0’05.
f. Daut: jours d’autonomie avec une insolation nulle ou basse.
g. Pd: Profondeur de la décharge de la batterie, en pourcentage.
Le taux des pertes totales KT est annoncé par:
Pour une batterie de plomb/acide nouvelle, un régulateur de η 90%, 5 jours d’autonomie
Daut et une PD du 60%, connaissant les puissances théoriques; KT sera:
La consommation maximale que doit être proportionnée par les panneaux, Cmax , sera:
Cmax=Un/ KT = 921.18/0.67= 1375 Wh/jour
Note : L’information de ce paragraphe a été reprise du document : Calcul des installations
solaires photovoltaïques :
Dimensionnement
Les principales équipes d’une installation photovoltaïque sont les panneaux photovoltaïques, le
train de batteries, les régulateurs et les inverseurs. Par conséquent, il faut répondre trois
questions : Combien de panneaux on en aura besoin pour obtenir énergie suffisante pour
satisfaire la demande ? Combien de batteries sont nécessaires pour accumuler cette énergie ?
Quel type de régulateur est nécessaire pour le garantir ?
Pour dimensionner les panneaux, les batteries et les régulateurs, on utilise la consommation
énergétique quotidienne à satisfaire, tandis que pour le dimensionnement de l’onduleur on
utilise la consommation maximale instantanée.
5.3.1. Panneaux
On définit la puissance crête de l’installation photovoltaïque (désormais, Ppico) comme la
consommation énergétique quotidienne prévue divisée entre les heures solaires crêtes
(désormais, HSP) et entre la performance attendue du panneau. On le mesure en W pico.
E
Ppico =
HSP*h
paneau
Les HSP correspondent aux heures d’irradiation solaire continue qui sont équivalentes à
l’irradiation solaire quotidienne moyenne d’une zone géographique donnée. Par exemple, dans
le cas de l’Amérique du centre, la valeur moyenne de HSP en placement horizontale se trouve
autour d’une valeur du 5. Ce taux est multiplié par un facteur, selon l’inclinaison avec laquelle
on place les panneaux (facteur de 1,1 pour 15º d’inclinaison). Pourtant, pour être prudent, on
utilise souvent le taux de radiation du mois le plus restrictive (typiquement décembre),
approximant les HSP à une valeur du 4 aux pays d’Amérique du centre.
La performance des panneaux est généralement de 90%. Le nombre de panneaux nécessaires
sera le résultat de diviser la puissance crête de l’installation Ppico entre la puissance crête du
panneau :
Ppico
N paneaux =
Ppaneaux
Si on est perfectionnistes, outre la performance des panneaux, on peut aussi considérer une
marge additionnelle pour la température (ml, valeur typique 11%). Si on combine les formules,
le résultat est :
E*(1+m1)
N paneux =
Ppaneau *HSP*h
paneau
Finalement, il est essentiel de tenir compte de la tension nominale du système contre la tension
nominale des panneaux. Il faudra mettre en série les panneaux pour donner la tension nominale
du système. Par exemple, au cas où le résultat de la formule préalable est de 6 panneaux, le
système travaille à 48Vcc et les panneaux sont de 24 Vcc, il faudra mettre en série deux
groupes de trois panneaux en parallèle.
5.3.2. Batterie
Le dimensionnement des batteries est d’une grande importance à l’heure d’élaborer un système
photovoltaïque, du fait que son prix a une relation d’environ 1 sur 3 par rapport au prix des
panneaux.
Afin de préserver la durée de vie outille il est essentiel de dégager un marge sans utilisation,
c’est-à-dire elles ne doivent pas se décharger au-dessous du minimum et pas se dépasser. Le
50 FUNDACION ICAI • SUNEDISON
marge totale de la capacité que l’on peut utiliser de la batterie est la profondeur de décharge ( e
, avec des valeurs typiques entre 60 et 70%).
D’autre part, on considère souvent plus d’un jour d’autonomie, en fonction de l’application.
C’est-à-dire, il existe une possibilité que pendant plusieurs jours les panneaux ne produisent
pas d’énergie électrique et les batteries continuent à être nécessaires.
Capacité de décharge = E*jours/(U*) [Ah]
5.3.3. Régulateur
Le régulateur distribue la puissance des panneaux entre les batteries et/ou l’onduleur, selon les
besoins. L’intensité minimale Imin que le régulateur doit supporter est telle que l’intensité
maximale que le régulateur gère est supérieure au nombre maximum de panneaux en parallèle
par le courant de court-circuit des panneaux, Icc,paneaux, de telle façon qu’en cas de court-circuit,
les panneaux ne subissent pas de dommages graves. Par conséquent, la restriction est celle
qui suit :
Imin = Npaneaux,paralelle*Icc,paneaux
Par conséquent, dans l’exemple ci-dessus, l’intensité minimale du régulateur doit être
supérieure à 3 (ou 6) fois le courant du court-circuit d’un panneau.
De toute façon, souvent la variable de la conception n’est pas l’intensité du régulateur, mais le
nombre maximum de panneaux en parallèle. Par conséquent, dans ce cas il faudrait limiter le
courant du court-circuit des panneaux.
5.3.4. Onduleur
Il faut mettre en oeuvre autant des onduleurs que possible afin de gérer la consommation
maximale instantanée.
Conclusion