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Commerce extérieur et développement à Madagascar

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UNIVERSITÉ DE TOAMASINA

****

FACULTÉ DE DROIT, DES SCIENCES ÉCONOMIQUES


Fahaizaña sy Fañahy
ET DE GESTION

********

DÉPARTEMENT D’ÉCONOMIE


MÉMOIRE POUR L’OBTENTION DU DIPLÔME DE MAÎTRISE ÈS-SCIENCES ÉCONOMIQUES

***

ANALYSES DU COMMERCE EXTÉRIEUR


SUR LE DEVELOPPEMENT ECONOMIQUE
DE MADAGASCAR
(2007 à 2011)

Présenté et soutenu par :


MBOTINORO

Promotion : 2011-2012

Sous la direction de :

Encadreur Enseignant Encadreur Professionnel


Monsieur Césaire MBIMA Monsieur Rodrigue F. RANDRIAMAHAFALY
Enseignant-Chercheur Directeur Inter-régional des Télécommunications
Université de Toamasina des Postes et des Nouvelles Technologies
de Toamasina

Novembre 2013

1
UNIVERSITÉ DE TOAMASINA

****

FACULTÉ DE DROIT, DES SCIENCES ÉCONOMIQUES

ET DE GESTION

********

DÉPARTEMENT D’ÉCONOMIE


MÉMOIRE POUR L’OBTENTION DU DIPLÔME DE MAÎTRISE ÈS-SCIENCES ÉCONOMIQUES

***

ANALYSES DU COMMERCE EXTÉRIEUR SUR LE


DEVELOPPEMENT ECONOMIQUE
DE MADAGASCAR
(2007 à 2011)

Présenté et soutenu par :


MBOTINORO

Promotion : 2011-2012

Sous la direction de :

Encadreur Enseignant Encadreur Professionnel


Monsieur Césaire MBIMA Monsieur Rodrigue F. RANDRIAMAHAFALY
Enseignant Chercheur Directeur Inter-régional des Télécommunications
Université de Toamasina des Postes et des Nouvelles Technologies
de Toamasina

Novembre 2013
2
SOMMAIRE

REMERCIEMENTS

LISTE DES ABRÉVIATIONS, SIGLES ET ACRONYMES

GLOSSAIRE

INTRODUCTION .............................................................................................................................................. 1

PARTIE I. LES GÉNÉRALITÉS SUR LE COMMERCE EXTÉRIEUR ET LES PRINCIPES DE


DEVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE DE MADAGASCAR ........................................................................... 3

CHAPITRE I. LE MECANISME DU COMMERCE EXTERIEUR DE MADAGASCAR ........................ 5

SECTION I. LES DETERMINANTS DU COMMERCE EXTERIEUR ................................................ 5

SECTION II. LES PRINCIPAUX PRODUITS D’EXPORTATION ET D’IMPORTATRION DE


MADAGASCAR ................................................................................................................................... 32

CHAPITRE II : LE CONCEPT DU DEVELOPPEMENT ....................................................................... 47

SECTION I- LA NOTION DU DEVELOPPEMENT ECONOMIQUE ............................................... 47

SECTION II. LES INDICATEURS DE LA QUALITE DE VIE .......................................................... 55

PARTIE II. LES ROLES DU COMMERCE EXTERIEUR SUR LE DEVELOPPEMENT ECONOMIQUE


DE MADAGASCAR ....................................................................................................................................... 65

CHAPITRE I. LES RELATIONS ENTRE DEVELOPPEMENT ET COMMERCE EXTERIEUR ......... 67

SECTION I : LE FAIT D’EXPORTATION OU L’IMPORTATION SUR LE DEVELOPPEMENT . 67

SECTION II: I. LA METHODOLOGIE ET LA REVUE DE LA LITTERATURE ............................. 79

CHAPITRE II. L’INCIDENCE DU COMMERCE EXTERIEUR SUR LA PERFORMANCE


ECONOMIE ET LURS SUGGESTIONS .................................................................................................. 95

SECTION I. LES PROBLEMES DU COMMERCE MALGACHE ..................................................... 95

SECTION II. L’ANALYSE ET PERSPECTIVE POUR L’ECONOMIE MALGACHE ..................... 97

CONCLUSION .............................................................................................................................................. 110

BIBLIOGRAPHIE ......................................................................................................................................... 112

INDEX DES NOMS DES AUTEURS ........................................................................................................... 116

INDEX DES NOTIONS................................................................................................................................. 117

LISTE DES ANNEXES ................................................................................................................................. 118

LISTE DES ILLUSTRATIONS ..................................................................................................................... 120

TABLE DES MATIERES .............................................................................................................................. 121

3
REMERCIEMENTS

La confection du présent ouvrage a été le fruit d’une longue recherche. Nous avons
rencontré des difficultés, mais grâce à la contribution de plusieurs personnes, nous sommes
arrivées à une étape d’achèvement.

En effet, nous tenons à adresser nos profonds remerciements et notre vive


reconnaissance à tous ceux qui, de près ou de loin, ont aidé à la réalisation de cet ouvrage,
notamment :

- Monsieur Césaire MBIMA, Enseignant Chercheur à la Faculté de Droit, des


Sciences Economiques et de Gestion de l’Université de Toamasina, notre
encadreur enseignant qui nous a accordé son temps, malgré ses multiples
occupations pour nous diriger dans l’élaboration de ce mémoire.

- Monsieur Rodrigue Ferriet RANDRIAMAHAFALY, Directeur Interrégional des


Télécommunications des Postes et des Nouvelles Technologies de Toamasina
qui a bien voulu accepter d’être notre encadreur professionnel et a fourni des
informations complémentaires permettant la réalisation de cet ouvrage.

- Tous les Enseignants de la Faculté de Droit, des Sciences Economiques et de


Gestion, notamment du département Economie de l’Université de Toamasina,
qui nous ont permis d’accéder à notre niveau actuel de connaissances.

- Nos parents, frères et sœurs qui nous ont soutenus moralement et financièrement
tout au long de nos études.

Enfin, nous formulons également notre gratitude envers nos amis qui nous ont fait
bénéficier de leurs suggestions et de leurs encouragements durant les différentes étapes de
la préparation de cette œuvre.

4
LISTE DES ABRÉVIATIONS, SIGLES ET ACRONYMES

PMA : Pays les Moins Avancés.

CAD : Commissionnaire Agréé en douanes.

CAF : Coût, Assurance, Fret.

CFCIC : Centre de Formation Commerce International et Concurrence.

CPD : Comité des Politiques de Développement.

FOB : Free On Board.

IDH : Indicateur de Développement Humain.

IDH : Indicateur de Développement Humain

INSTAT : Institut National de la STATistique.

OMD : Objectifs du Millénaire pour le Développement.

ONU : Organisation des Nations Unies.

PAS : Programme d’Ajustement Structurel.

PED : Pays En Développement.

PIB : Produit Intérieur Brut.

PIP : Programme d’Investissement Public.

5
GLOSSAIRE

Balance des paiements : Document comptable qui recense les opérations


économiques qu’un pays entretient avec le reste du monde
pendant une période donnée le plus souvent une année
civile.

Balance commerciale : Document qui retrace les entrées (importations) et les


sorties (exportations) de biens d’un pays.

Commerce international : Domaine d’activité lié à l’achat, à la vente ou à l’échange


des produits entre pays appartenant à des zones monétaires
différentes.

Globalisation : Désigne l'extension supposée du raisonnement économique


à toutes les activités humaines et évoque sa limitation au
globe terrestre.

Libéralisme : Doctrine qui prône la libre concurrence et qui s’oppose


donc à l’intervention de l’Etat et à la constitution de
monopoles ou d’oligopoles privés.

Mondialisation : Désigne le développement de liens d'interdépendance entre


hommes et femmes, activités humaines et systèmes
politiques à l'échelle du monde. Ce phénomène touche la
plupart des domaines avec des effets et une temporalité
propres à chacun. Il évoque aussi parfois les transferts
internationaux de main-d'œuvre ou de connaissances. Ce
terme est souvent utilisé aujourd'hui pour désigner la
mondialisation économique, et les changements induits par
la diffusion mondiale des informations sous forme
numérique sur Internet. Bref, le terme "mondialisation"
désigne l'extension planétaire des échanges qu'ils soient
culturels, politiques, économiques ou autres.

Spécialisation : Opération qui consiste à concentrer les ressources dans un


secteur/filière et qui utilise une technologie efficace avec
une production élevée.

6
INTRODUCTION

L’histoire du commerce international est aussi ancienne que l’histoire de


l’humanité, elle-même. Dès l’antiquité1, nous savons que, le commerce international
(Lafay et Herzog, 1989) servait a relié les civilisations de la même façon qu’aujourd’hui,
où il est l’un des ingrédients dans l’essentiel de la mondialisation. La part des PED comme
Madagascar sur le marché mondial reste très marginale et que les barrières commerciales
imposées par les pays industrialisés se répercutent aisément sur leurs économies.

Olga Ramalason (2013), Ministre du Commerce2 malgache, lors de la cérémonie


officielle de la sortie de la 8ème promotion du CFCIC disait que « la promotion des
exportations s’inscrit dans les grandes lignes de la politique du Ministère du Commerce en
matière de développement ». Ce responsable n’a cessé d’élaborer des structures pour
faciliter et améliorer les activités des opérateurs économiques du secteur privé afin que
ceux-ci puissent faire face à la concurrence de la mondialisation3 (Michalet, 1987).

De plus, en 1776, A. Smith, dans la Richesse des nations critique les conceptions
mercantilistes considérées comme favorisant les monopoles du commerce « commerce
exclusif » et le protectionnisme. Selon cet auteur, la spécialisation (théorème dit H.O.S
signifiant E. Hecksher, B. Ohlin, P. Samuelson, 1939) et l’échange commercial
(W. Leontieff, 1950) entre Etats font du commerce international, un jeu à somme positive
et, parallèlement, un instrument de pacification des rapports internationaux. Et, en 1827,
D. Ricardo développe la théorie des avantages comparatifs4 ou le modèle ricardien dans le
cadre du commerce extérieur. Cette théorie reste l’un des fondements de base de la théorie
de l’économie internationale (J.-Y Capul et D. Meurs, 1990). Le principe de cette théorie
vise à démontrer la supériorité du libre-échange sur l’autarcie en termes d’avantages
économiques. Deux raisons poussent en effet les pays à ouvrir leur marché : le fait de
posséder respectivement des spécialités respectives, d’une part, et le fait de vouloir profiter
des économies d’échelle, d’autre part. Depuis XIXe siècle, le commerce international a
connu une évolution importante caractérisée par la libéralisation croissante des échanges.
En effet, le volume des transactions sur le marché international croît de plus en plus.
1
EMILE, Cours d’économie internationale, 3ème année d’économie, 2010 -2011, Université de Toamasina.
2
[Link]
concurrence-sortie-de-la-8eme-promotion-l-tsiresy-r vu le 1 novembre 2013 à 9h45 mn
3
[Link] vu le 1 novembre 2013 à 9h45 mn.
4
Paul R. Krugman et Maurice Obstfeld, Economie Internationale, De Boeck Université, 2004, p. 13.

1
Le commerce extérieur est un secteur porteur pour Madagascar, vu ses potentialités
agricoles et ses richesses naturelles. Néanmoins, l’observation de la réalité malgache est
surprenante. La production ne couvre même pas les besoins alimentaires de la population,
surtout en riz, ce qui porte atteinte au commerce international (K. Abd-El-Rahman, 1986).
C’est dans ce sens, une question de recherche se pose : le commerce extérieur est-il
bénéfique sur l’économie générale de Madagascar ? Comme questions accessoires,
comment peut-on améliorer la balance commerciale ? Quelle relation existe-t-il entre
commerce extérieur et développement économique ? Pour bien cerner la problématique,
nous avons retenu l’« Analyse du commerce extérieur sur le développement économique de
Madagascar, de 2007 à 2011 », comme thème de notre mémoire. L’objectif de recherche
est d’évaluer les faits du commerce extérieur sur le développement économique de l’île, en
vue d’améliorer la balance commerciale. Dans l’hypothèse du travail, si la balance
commerciale est déficitaire, le développement économique du territoire national sera
difficilement réalisable. Mais, si la valeur d’exportation est supérieure à celle
d’importation, la situation s’améliorera davantage et ce, grâce à l’entrée des devises.

Pour la méthodologie1, nous avons travaillé sur les informations qui ont été déjà
collectées, publiées et traitées par diverses institutions nationales et internationales. Pour
nous, il s’agit des données de « seconde-main ». A cet égard, l’élaboration de cet ouvrage a
été fondée sur trois approches. (i) La documentation a permis de procéder à l’exploitation
des données issues de différentes sources (bibliothèque, sites internet et organismes
concernés comme INSTAT, Ministère du commerce). (ii) Les informations recueillies ont
été élucidés pour être enrôlées dans le mémoire. Cette étape nous a facilité à élaborer les
différentes parties de notre ouvrage en vue de promouvoir apporter des solutions à la
problématique énoncée. (iii) La troisième étape a été surtout axée à la rédaction ainsi
qu’aux corrections et vérifications. Pour les limites de recherche, elles se trouvent,
notamment au niveau de manquement des données quantitatives. Les informations sont
abondantes, mais trop subjectives et les chiffres officiels ne datent pas d’aujourd’hui. En
effet les études effectuées dans ce travail sont réalisées de manière générale.

Quant à l’architecture de l’ouvrage, elle se subdivisera dans son ensemble en deux


grandes parties. La première sera focalisée aux« généralités sur le commerce extérieur et le
développement économique », tandis que la seconde partie traitera « les rôles du commerce
extérieur sur le développement économique de Madagascar ».

1
S. Boutillier et al, (2007), Méthodologie de la thèse et du mémoire, Principes, 3ème édition, Studyrama.

2
PARTIE I

LES GÉNÉRALITÉS SUR LE COMMERCE EXTÉRIEUR


ET LES PRINCIPES DE DEVELOPPEMENT
ÉCONOMIQUE DE MADAGASCAR

3
Quand nous parlons du commerce international dans un seul pays, nous entendons
souvent de converser le commerce extérieur. Dans un sens plus large, il est un ensemble
des importations et des exportations d’un pays. Dans la promotion du commerce
international, les exportations doivent être encouragées et les importations seront limitées.
Pour ce faire, il faut relancer la production pour pouvoir vendre davantage (loi de
débouché1 de J.-B. Say, 1803).

Cette situation mérite d’être examinée de plus près comme en première partie les
généralités du commerce extérieur de Madagascar et le principe du développement
économique. Cette partie sera composée de deux chapitres dont le premier traitera le
mécanisme du commerce extérieur et le second nous abordera l’étude du développement.

1
Jean-Baptiste Say, Traité d'économie politique. Livre I : De la production des richesses. Première édition
publiée en 1803, à Paris. Réédition chez Calmann Levy, 1972.

4
CHAPITRE I. LE MECANISME DU COMMERCE EXTERIEUR DE
MADAGASCAR

Madagascar, a participé à l’échange international depuis le XVIIe siècle, date de


son premier contact commercial avec l’extérieur par l’intermédiaire d’Andrian-dRamaka et
le capitaine Alou Goubert (J.-M. Géneviève1, 1993).

À travers ce chapitre, nous découvrirons les déterminants du commerce extérieur de


la grande Île, puis nous évoquerons les principaux produits d’exportation et d’importation.

SECTION I. LES DETERMINANTS DU COMMERCE EXTERIEUR

Les transactions ne se poursuivirent pendant plusieurs années consécutives. Les


transactions ne se faisaient pas sous forme de ventes d’achats, mais sous forme d’échange,
de troc, et que les marchandises recherchées par les français étaient, en premier lieu, les
vivres indispensables pour leur subsistance : bestiaux sur pied, moutons, chèvres, volailles,
riz, fruit, miel et les boissons du pays, puis la cire, les bois, en particulier de l’ébène.

En échange, ils donnaient aux indigènes des produits manufacturés tels que tissus,
verroteries, mouchoirs, couvertures, chapeaux, couteaux, etc.

I. LES EXPORTATIONS ET LES IMPORTATIONS

Selon Frédéric Teulon (1993, p. 55), les exportations sont un « ensemble des biens
et des services vendus sur les marchés extérieurs. Dans les balances des paiements, les
entrées de capitaux sont assimilées à des exportations, puisqu’elles correspondent à la
vente d’actifs domestiques (financiers ou réels) à des investisseurs étrangers ».

Ce même auteur définit aussi, notamment à la page 65, les importations comme un
« ensemble des biens et services, en provenance de l’étranger, acheté par des résidents.
Dans la balance des paiements, les sorties de capitaux sont comptabilisées comme des
importations, puisqu’elles correspondent à des achats d’actifs étrangers ».

1
J. M. Géneviève (1993), Commerce extérieur de Madagascar et approche de quelques incidences
macroéconomiques, Université de Toamasina, notamment à la page 72.

5
1. Les exportations

Pour le cas de notre étude, les exportations que nous allons analyser dans cette
sous-section se définissent comme tous les échanges des biens et des services du pays vers
le reste du monde, qui se font par l’intermédiaire (vente) ou non, c'est-à-dire sans
contrepartie (dons).

1.1. La valeur de l’exportation totale de Madagascar

Les valeurs de ces biens sont évaluées en valeur free on Board (FOB), c’est- à-dire
valeur évaluée au passage à la frontière, à l’exclusion des coûts de transports et de
l’assurance. Les principaux produits locaux agricoles exportés1 par Madagascar sont la
vanille, le girofle (et ses dérivés), le café, etc.

Les pays importateurs ou partenaires sont généralement : la France, la Chine, les


Etats-Unis, etc. La valeur de l’exportation totale de Madagascar exprimée en milliards
d’ariary (entre 2007 et 2011) est donnée par la représentation graphique suivante.

Graphique 1. L’évolution annuelle de la valeur de l’exportation totale de Madagascar


Montant en
milliards d'Ar
2 866
2 900
2 700 2 534
2 500 2 246
2 300
2 100
2 146
1 900
1 704
1 700
1 500 Année
2007 2008 2009 2010 2011
Valeur de l’exportation totale de Madagascar.
Source : [Link] consulté le 2 novembre 2013 à 11h 20 mn,
avec représentative graphique personnelle.

Au premier constat, la valeur de l’exportation malgache repose sur le « fil du


rasoir » (Harrod, 1948). Ce terme indique que ce secteur tertiaire est instable. Après un
faible niveau de 1 704 milliards d’ariary en 2007, le pic du montant de l’exportation a été
enregistré en 2008 avec 2 866 milliards d’ariary. Depuis cette période, les conséquences de
1
[Link] le 2-11-
2013 à 10 h 52 mn.

6
la crise politique (à partir de janvier 2009) se font largement sentir dans la balance
commerciale. Pour cette première année de crise, la valeur de l’exportation a chuté à
2 146 milliards d’ariary pour se rebondir à 2 534 milliards d’ariary en 2011.

1.2. La valeur de l’exportation de Madagascar par pays destinataire

Si nous essayons de désagréger notre étude pour appréhender les quatre premiers
pays (plus le Reste du Monde) destinataires de nos produits exportés, nous aurons la
représentation ci-après.

Graphique 2. La valeur annuelle de l’exportation de Madagascar par pays


(Les 4 principaux pays partenaires + le Reste du Monde,
les valeurs sont exprimées en milliards d’ariary)
Montant en milliards
d'Ar
1350
1300
1250
1200
1150
1100
1050 France
1000
950
900 Etats-Unis
850
800
750 Allemagne
700
650
600 Chine
550
500
450 Reste du Monde
400
350
300
250
200
150
100
50
0 Année
2007 2008 2009 2010 2011

Source : [Link] consulté le 2 novembre 2013 à 11h 20 mn,


avec représentative graphique personnelle.

Les 4 principaux pays partenaires destinataires de l’exportation de Madagascar sont


respectivement la France, les Etats-Unis, l’Allemagne, la Chine. Le Reste du Monde est
dominé principalement par les îles voisines comme Comores, Seychelles, Réunion,
Maurice, sans pour autant oublier les pays africains comme Afrique du Sud et [Link]
termes de valeur, le marché français1 détient une part importante pour l’économie
malgache avec 1 241 milliards d’ariary en 2008, soit 43 % de la valeur totale de
l’exportation nationale).

Pour la même période, les Etats-Unis étaient à 624 milliards d’ariary, soit 22 % de
la valeur totale. A partir de la crise politique de 2009 qui s’est transformée en crise
économique, toutes ces performances ont chuté fortement et ne se sont plus retrouvées
jusqu’à présent. L’exclusion de Madagascar dans l’Africa Growth and Opportunity Act
1
L’histoire coloniale « ex-colonie » oblige Madagascar d’exporter davantage vers la France.

7
(AGOA) a baissé énormément la demande des américains à nos produits manufacturés.
Les conséquences de cet embargo sur le marché de l’emploi national sont considérables.
Les sociétés œuvrant dans la zone franche sont contraintes de fermer leurs portes (lock
out). Les employées sont au chômage et le taux de croissance économique du pays est en
berne (voire négatif1 en 2009).

1.3. Les 10 principaux pays destinataires des produits exportés

Pour une vision plus élargie, nous allons relever dans le tableau qui suit relève les
10 principaux pays destinataires des produits malgaches.

Tableau I. L’exportation annuelle des produits de Madagascar

Pays / Année 2007 2008 2009 2010 2011


France 550 1 241 674 704 853
Etats-Unis 377 624 384 92 71
Allemagne 110 185 137 164 149
Chine 69 90 103 118 174
Italie 47 70 55 64 56
Royaume-Uni 33 54 69 73 53
Singapour 29 39 47 38 183
Inde 25 18 41 96 114
Espagne 25 56 46 65 44
Canada 12 22 23 88 143
Reste du Monde 428 467 568 745 694
Total 1 704 2 866 2 146 2 246 2 534
Source : [Link] consulté le 2 novembre 2013 à 11 h 20 mn.

Prenons le cas de Reste du Monde, la sanction de la communauté internationale sur


le marché de la SADC et de l’AGOA a été traduite par les malgaches comme une
opportunité à saisir pour conquérir les marchés dans les îles voisines. C’est pourquoi,
l’évolution de la valeur de l’exportation de Madagascar dans ce secteur est passée de
428 milliards d’ariary en 2007 à 694 en 2011, soit une hausse 62 % en cinq ans.

1
Le taux de croissance économique de Madagascar est de 7,1 % en 2008, puis -3,7 % en 2009 et 0,4 % en
2010, INSTAT/DES, 2008-2010.

8
Pour la troisième place, les malgaches conquièrent aussi le marché allemand. La
recette varie entre 110 milliards d’ariary en 2007 et 149 milliards d’ariary en 2011, pour un
extrémum de 185 milliards d’ariary en 2008.

Plusieurs autres opportunités sont aussi présentes dans ce tableau. Elles se trouvent
généralement dans les pays asiatiques comme Singapour, Inde et Canada où les valeurs de
l’exportation en 2011 sont respectivement de 183, puis 114 et 143 milliards d’ariary. Le
marché chinois se trouve également dans une situation prometteuse où la recette a
enregistré une performance encourageante allant de 69 milliards d’ariary en 2007 à
174 milliards d’ariary en 2011, soit une augmentation de 152 %. Pour bien déterminer cette
variation, il suffit de calculer l’indice d’évolution de la valeur de base 100 en 2007 en
appliquant la formule ci-dessous.

1.4. Le calcul de l’indice1 d’évolution de base 100 (pour l’exportation)

Notons Ind(xn-yn) cet indice :

Avec
Xn, la valeur pour l’année n,
Yn, la valeur pour l’année n-1,
𝑦𝑛 𝑥𝑛
Ind(xn-yn) = + 100
𝑥𝑛

Pour 2007 :

Ind (2007) = 100.

Pour 2007-2008 :
Ind (2007-2008) = + 100

Ind (2007-2008) = 100,7.

Pour 2008-2009 :

Ind (2008-2009) = + 100

Ind (2008-2009) = 99 7.

1
Gabriel Randriamahefa, Cours de démographie en 2ème année d’économie 2009-2010, Université de
Toamasina.

9
Pour 2009-2010 :

Ind (2009-2010) = + 100

Ind (2009-2010) = 100,04.

Pour 2010-2011 :

Ind (2010-2011) = + 100

Ind (2010-2011) = 100,12.

L’indice d’évolution de base 100 de l’exportation que nous calculons ci-dessus


détermine la variation des recettes de l’’exportation faite par Madagascar durant cinq
années. Ces indices sont quasiment supérieurs à 100, sauf en 2009 où la crise politique a
fait reculer sévèrement la performance économique de Madagascar.

2. Les importations

A Madagascar comme dans tous les autres pays internationaux, la valeur des
importations est évaluée au coût, assurance, fret (CAF). C'est-à-dire on ajoute au prix de
marchandise toutes les charges supplémentaires de transport et de l’assurance. Donc, une
nation procède à l’importation parce que la production nationale pour un bien se trouve
insuffisante par rapport à la demande nationale de ce même bien, soit parce que le pays ne
produit pas les biens dont la société a besoin.

Dans le monde entier, vu la diversité de catégories de biens et la variation de


besoins1 (Maslow, 1954) de l’homme, aucun pays n’arrive à satisfaire totalement le besoin
de la société sans passer par l’importation et ce dernier varie principalement suivant la
demande et la production nationales.

2.1. La valeur de l’importation totale de Madagascar

Dans un premier temps, l’importation totale de Madagascar a connu une forte


augmentation entre 2007 et 2008, passant de 4 528 à 6 532 milliards d’ariary. Celle-ci

1
Abraham Maslow (1954) distingue cinq grandes catégories de besoins humains sous la forme pyramide :
(1) les besoins physiologiques, (2) le besoin de sécurité, (3) le besoin d’appartenance, (4) le besoin d’estime,
(5) le besoin de s’accomplir. [Link] vu le 05/10/2013, à 14h.

10
s’explique par la volonté du gouvernement malgache de relancer les activités économiques
nationales, dans l’objectif d’appliquer les stratégies du développement rapide et durable de
Madagascar Action Plan (MAP).

Graphique 3. L’évolution annuelle de la valeur de l’importation totale de


Madagascar

Montant en
millirds d'Ar
7 000 6 532
6 500 6 188
6 000 5 305
5 500
5 000 5 304
4 500 4 528
4 000 Année
2007 2008 2009 2010 2011
Valeur de l'importation totale de Madagascar.
Source : [Link] vu le 2 novembre 2013 à 11h 20 mn,
avec représentative graphique personnelle.

Néanmoins, la valeur de l’importation a diminué à partir de 2009 pour atteindre


5 304 milliards d’ariary en 2011. L’application de la politique de rigueur que le
gouvernement de la Transition a mis en place, en est la principale cause, sans pour autant
négliger les conséquences néfastes de la crise politique (depuis 2009) sur la « santé de
l’économie ».

2.2. La valeur de l’importation de Madagascar par pays

La situation géographique de Madagascar constitue un enjeu fondamental au


développement de son commerce international. Elle se trouve très loin des pays développés
(à 10 000 km de la France). De ce fait, importer un produit européen ou américain revient
cher aux opérateurs économiques nationaux. Cette défaillance oblige les acteurs à
conquérir les marchés de proximité. Le graphique ci-dessous illustre clairement le poids de
Reste du Monde (Afrique du Sud, Kenya, Réunion, etc.) dans l’importation de la grande
Île. En cinq ans, il varie de 1 666 en 2007 à 1 895 milliards d’ariary en 2011, après avoir
atteint le pic de 2 521 milliards d’ariary en 2008. Il a été déjà expliqué à plusieurs reprises
dans les paragraphes précédents que l’application de la politique d’austérité depuis la
survenue de « l’interminable crise politique » (en 2009) a fait diminuer énormément la
valeur de l’importation de Madagascar par pays.

11
Graphique 4. La valeur annuelle de l’importation de Madagascar par pays

(Les 4 principaux pays partenaires + le Reste du Monde,


les valeurs sont exprimées en milliards d’ariary)

Montant en
milliards d'Ar
2550

2050
Chine

1550 France
Bahrein
1050 Afrique du Sud
Reste du Monde
550

50 Année
2007 2008 2009 2010 2011

Source : [Link] vu le 2 novembre 2013 à 11h 20 mn, avec


représentative graphique personnelle.

Comme partout dans le monde, les produits chinois continuent d’envahir le monde.
Dans les années à venir, « les chinois irons coloniser le monde, en termes de commerce ».
Prenons le cas de la France où la Place d’Italie, dans le XIIIème Arrondissement de Paris est
appelé actuellement le « quartier des chinois » car presque tous les restaurants et les
magasins appartiennent aux ressortissants asiatiques.

Madagascar n’est pas épargné à ce phénomène. La preuve est qu’entre 2007 et


2011, la Chine est le premier pays fournisseur de Madagascar. Pour le cas d’Antananarivo,
le quartier des chinois se trouve à Behoririky où nous trouvons à la fois les matériels
informatiques et tous les effets vestimentaires. La France, le Bahrein et l’Afrique du Sud,
etc. sont classés respectivement aux 3ème, 4ème et 5ème rangs.

2.3. Les 10 principaux pays fournisseurs de Madagascar

A part les pays cités ci-dessus, la Thaïlande, l’île Maurice, la Belgique, les Emirates
Arabes-Unis et les Etats-Unis figurent parmi les nations qui nous fournissent en matière de
produits divers. Prenons le cas de la Thaïlande où l’ouverture du vol direct entre
Antananarivo et Bangkok a fructifié intensément l’échange entre ces deux pays.

12
Tableau II. L’importation des produits
(Vers les 10 principaux pays partenaires en milliard d’ariary)

Pays / Année 2007 2008 2009 2010 2011

Chine 864 1 374 695 646 599

France 475 576 599 710 634

Bahrein 689 518 214 291 68

Afrique du Sud 242 405 277 410 346

Thaïlande 71 121 1 131 95 94

Maurice-Île 135 145 287 278 267

Emirates Arabes Unis 34 132 108 152 922

Etats-Unis 160 326 211 306 131

Inde 130 309 243 125 195

Belgique 63 102 388 201 152

Reste du Monde 1 666 2 521 2 032 2 090 1 895

Total 4 528 6 532 6 188 5 305 5 304


Source : [Link] consulté le 5 octobre 2013 à 10 h.

Malgré la crise politique, une exception a été remarquée en 2009 dans le sens que la
valeur de l’importation de Madagascar, pour le cas de ce pays asiatique, a atteint un
extrémum de 1 131 milliards d’ariary. En général, la Thaïlande fait partie des pays
fournisseurs de riz de Madagascar.

2.4. Le calcul de l’indice1 d’évolution de base 100 (pour l’importation)

Notons Ind(xn-yn) cet indice :

Avec
Xn, la valeur en année n,
Yn, la valeur en année n-1,

1
Gabriel Randriamahefa, op. cit.

13
𝑦𝑛 𝑥𝑛
Ind(xn-yn) = + 100
𝑥𝑛

Pour 2007 :
Ind(2007) = 100.

Pour 2007-2008 :

Ind (2007-2008) = + 100

= 100 ,44
Ind (2007-2008) = 100,44.

Pour 2008-2009 :

Ind (2008-2009) = + 100

= 99,95
Ind (2008-2009) = 99 95.

Pour 2009-2010 :

Ind(2009-2010) = + 100

= 99, 86
Ind(2009-2010) = 99, 86.

Pour 2010-2011 :

Ind(2010-2011) = + 100

= 99,99
Ind(2010-2011) = 99,99.

L’indice d’évolution de base 100 de l’importation que nous venons de calculer


détermine la variation de l’importation faite par Madagascar entre 2007 et 2011. Ces
indices sont quasiment supérieurs à 100 sauf en 2009 où les raisons évoquées
précédemment (politique de rigueur et crise politique) en sont responsables de ce recul.

14
II- LE TAUX DE COUVERTURE DE MADAGASCAR ET LES THEORIES DU
COMMERCE INTERNATIONAL

1. La définition du taux de couverture

Ces dernières années, les échanges commerciaux de Madagascar avec le Reste du


Monde se sont beaucoup accentués à travers les opérations d’importation que
d’exportation. Par ailleurs, la pente de l’évolution des importations a été plus raide par
rapport à celle des exportations, induisant une baisse du taux de couverture.

Le taux de couverture1 est une mesure relative du solde puisqu’il indique le rapport
des exportations aux importations du pays dans le secteur ou la branche considérés.

Il est un ratio utilisé en économie pour ramener le solde de la balance des


transactions courantes (balance commerciale qui concerne les exportations et importations
de biens) plus la balance des invisibles (concerne les revenus, les services et les transferts
courants), à un pourcentage.

C'est donc un indicateur mesurant l'indépendance économique d'un État. Il peut être
spécifique à une marchandise particulière, ou globale.

1.1. La comparaison entre la valeur de l’importation et de l’exportation

Pour toutes les années étudiées entre 2007 et 2011, la valeur de l’importation (M)
est nettement supérieure à celle de l’exportation (X) :

M>X
Importation > Exportation

L’exportation n’est pas trop développée. Le commerce extérieur de Madagascar


reste dominé par les pays émergents et les grandes nations industrialisées. Où se trouve la
défaillance de cette politique commerciale internationale ? Est-ce qu’elle est liée au
manque de visibilité ? Ou bien, est-ce la position géographique de la grande Île pose un
grand obstacle ?

1
[Link] vu le 06 novembre 2013 à 8h.

15
Graphique 5. La valeur de l’importation et de l’exportation
Montant en
milliards d'Ar
7 000
6 000 6 532
6 188
5 000 5 305 5 304
4 528
4 000
3 000
2 866
2 000 2 534
2 146 2 246
1 704 Année
1 000
2007 2008 2009 2010 2011
Exportation de Madagascar. Importation de Madagascar.

Source : [Link] vu le 2 novembre 2013 à 11h 20 mn, avec


représentative graphique personnelle.

Ce que nous pouvons avancer, c’est que les opérateurs économiques malgaches
devraient profiter la faiblesse de la monnaie nationale pour conquérir les marchés
mondiaux. « La force de la faiblesse de la monnaie ariary » devrait être exploitée dans
cette optique. Au lieu de produire et vendre au prix fort, les exportateurs nationaux devront
produire en quantité (en nombre) et vendre à prix faible. Dans cette stratégie commerciale,
il faut raisonner en termes de « l’effet-quantité » plutôt que « l’effet-prix ».

Graphique 6. Le ratio entre la valeur de l’importation et de l’exportation


Ratio :
Import/Export
3,0 2,9
2,8
2,7
2,6
2,4
2,4 2,3

2,2 2,1

2,0 Année
2007 2008 2009 2010 2011
Rapport entre valeur de l'exportation et de l'importation.
Source : [Link] vu le 2 novembre 2013 à 11h 20 mn, avec
représentative graphique personnelle.

Malheureusement, le ratio entre la valeur de l’importation et de l’exportation tourne


au désavantage de la grande Île. L’importation de Madagascar est tellement élevée et varie
de 2,7 à 2,9 fois supérieures, entre 2007 et 2009, pour se reculer à 2,1 fois supérieures en
2011.

16
Dans cette action, la nation est en situation désastreuse car le paiement de
transactions commerciales se fera en monnaie étrangère. Donc, il y a plus de devises qui
sortent du pays. Il faut reconnaître qu’il y a aussi un point fort dans cette importation. Si
nous parlons de la vente de friperie, n’importe qui actuellement peut s’habiller
convenablement. La raison en est que le prix des effets vestimentaires importés (du genre
friperie) est moins cher que celui de « made in Madagascar ». L’inconvénient est que le
« made in Madagascar » devient de plus en plus sacrifier sur le marché local et ne trouve
plus de preneur.

1.2. Le calcul du taux de couverture

Le taux de couverture (Tcouv) est obtenu en rapportant la valeur d’exportation à


celle d’importation et multiplié par 100. Pourtant :

- lorsque le taux de couverture est inférieur à 100, la balance commerciale est


déficitaire. Nous disons que le solde commercial est négatif.
- lorsque le taux de couverture est égal à 100, la balance commerciale est
équilibrée et nous disons que le solde commercial est nul.
- enfin, lorsque le taux de couverture est supérieur à 100, la balance commerciale
est excédentaire et le solde commercial est dit positif.

Formule

𝑣𝑎𝑙𝑒𝑢𝑟 𝑑′𝑒𝑥𝑝𝑜𝑟𝑡𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛
TCouv = ×100
𝑣𝑎𝑙𝑒𝑢𝑟 𝑑′𝑖𝑚𝑝𝑜𝑟𝑡𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛

Application numérique

Pour 2007 :

Tcouv en 2007 = (1704 / 4528) x 100

= 73,63

Tcouv en 2007 = 73,63 %.

17
Pour 2008 :

Tcouv en 2008 = (2866 / 6532) x 100

= 43,88 %

Tcouv en 2008 = 43,88 %.

Pour 2009 :

Tcouv en 2009 = (2146/6188) x 100

= 34,68 %

Tcouv en 2009 = 34,68 %.

Pour 2010 :

Tcouv en 2010 = (2246/5305) x 100

= 42,33 %

Tcouv en 2010 = 42,33%.

Pour 2011 :

Tcouv en 2011 = (2534 / 5304) x 100

= 47,76 %

Tcouv en 2011 = 47,76 %.

La balance commerciale de Madagascar est loin d’être équilibrée dès 2007 jusqu’à
2011. Les valeurs des importations sont tous supérieurs à celles des exportations, alors que
le taux de couverture de notre pays dans ces années est inférieur à 100.

18
Graphique 7. La baisse du commerce international de Madagascar
(pendant trois premiers trimestres en 2009)

Source : Banque Mondiale, 2009.

La baisse globale des exportations sur les trois premiers trimestres en 2009 par
rapport à l’année précédente a été de 17,5 %. Pourtant, le déficit commercial du pays s’est
sensiblement redressé en raison d’une diminution encore plus importante des importations
(- 22,6 %), une baisse qui aurait été supérieure, si les importations de produits alimentaires
n’avaient pas explosé (+ 35 %) principalement en raison des difficultés directement liées à
la crise rencontrées par les entreprises du groupe Tiko.

Parallèlement, la hausse des prix à l’importation (de 14,4 % sur les six premiers
mois de 2009) et la baisse des prix à l’exportation (de 17,7 %) ont conduit à une
détérioration des termes de l’échange.

2. Quelques théories du commerce international

2.1. La théorie des avantages absolu d’Adam-Smith

En 1776, Smith élabore la théorie dite de l’avantage absolu. Cela veut dire que tout
pays a intérêt à participer à l’échange s’il produit, un bien ou un service à un moindre coût
que ses concurrents ou « lorsqu’un pays est plus efficace dans la production d’un premier
bien par rapport à celle de son partenaire, mais moins efficace que ce dernier dans la
fabrication d’un second bien, alors chaque nation a un avantage absolu dans un des deux
produits1 ». Dans son modèle de raisonnement, si chacune des nations dispose de ce type
d’avantage dans la production d’au moins un bien, il trouve un intérêt à participer à
l’échange.

1
Jean-Louis Mucchielli (1989), Principes d’économie Internationale, p. 04.

19
Selon Smith, pour inciter les Etats à se spécialiser dans la production et trouver un
intérêt à participer à l’échange sur lequel il bénéficie des avantages absolus, il faut fonder
sur les mêmes principes qui sont : liberté individuelle, recherche de profit et concurrence.
Pour bien comprendre la théorie de l’avantage absolu. Nous prendrons comme exemple le
blé des Etats-Unis, et des tissus de la France, repris de C.P. Kindleberger dans l’ouvrage de
Henri-F. Henner (1992) intitulé Commerce international.

Tableau III. La production hebdomadaire d’un ouvrier


Produit Etats-Unis France
Blé (en sac) 6 2
Tissu (en m) 2 6
Rapport interne 6/2 6/18
Source : Henri-F. Henner(1992) Commerce international 2ème édition, p. 10.

Les Etats-Unis ont un avantage absolu dans la production de blé, car un ouvrier
américain peut produire 6 sacs par semaine tandis que la France 2 sacs seulement par
semaine. De même pour la France, à un avantage absolu dans la production de tissu. Donc
les Etats-Unis ont intérêt à se spécialiser dans la production de blé, et la France dans la
production de Tissu.

Si la spécialisation se réalise entre les deux pays, on peut constater une


augmentation de la production de blé en Etats-Unis et avec qualité plus améliorée. Le blé
devient un de produit plus important dans l’économie des Etats-Unis et de même pour la
France dans le tissu. Dans les deux pays, c’est le gagnant-gagnant, donc l’équilibre de la
balance commerciale. Pour cela, les avantages des pays développés dans le commerce
international en cette époque résultaient de la théorie d’A. Smith. Son analyse n’a stimulé
que l’international constitue une source de gain pour le développement d’un pays1.

De ce fait, le modèle de Smith présente deux principales limites. D’abord, il ne


s’attache qu’aux conditions de l’offre. Smith n’explicite pas les déterminants de la
répartition du gain entre les partenaires. Si les deux pays gagnent à l’échange, cela ne
signifie pas pour autant qu’ils retirent un gain identique. Ensuite, la spécialisation n’est
possible que si un pays dispose d’un avantage absolu. En effet, pour échanger, les pays
doivent avoir des avantages absolus dans au moins un produit sinon, ils ne peuvent pas
participer au commerce international.

1
J. Cedras et N. Roquet. N (1975), Théorie de l’échange international, Dalloz, Paris.

20
C’est pour lever ces limites que Ricardo a développé un modèle en termes
d’avantages comparatifs. Le principe des avantages comparatifs est une des plus grandes
lois de la science économique. Il indique comment et pourquoi les individus, les groupes et
les nations peuvent trouver un intérêt mutuel dans les échanges. La compréhension
profonde des mécanismes de spécialisations internationales passe de ce fait par l’analyse
de ces deux concepts.

2.2. La théorie des avantages comparatif de David-Ricardo

La théorie des avantages comparatifs ou modèle ricardien est née de l’analyse de


l’économiste britannique, classique, David Ricardo, au début du XIXe siècle, dans le cadre
du commerce extérieur. Cette théorie reste l’un des fondements de base de la théorie de
l’économie internationale, à ce jour. Le principe de cette théorie vise à démontrer la
supériorité du libre-échange sur l’autarcie en termes d’avantages économiques. Deux
raisons poussent en effet les pays à ouvrir leur marché : le fait de posséder respectivement
des spécialités respectives d’une part et le fait de vouloir profiter des économies d’échelle
d’autre part.

La première raison s’appuie sur le fait que « les nations tout comme les individus,
peuvent bénéficier de leurs différences en s’arrangeant de sorte que chacune se consacre à
ce qu’elle fait relativement le mieux »1. D’un autre côté, l’ouverture permet une production
à une plus grande échelle, et donc plus efficiente, des produits auxquels les pays sont les
mieux habilités, et d’en bénéficier ainsi des rendements d’échelle qui en découlent.
L’ouverture au commerce extérieur permet en effet d’agrandir la taille de son marché
plutôt que de se contenter d’un commerce national beaucoup plus limité.

David Ricardo affirme ainsi, que chaque pays a intérêt à se spécialiser dans la
production où il est le plus apte. Plus explicitement, le principe s’énonce ainsi : « Les pays
sont gagnants à l’échange s’ils se spécialisent dans la production des biens qui supportent
les coûts de production relatifs les plus faibles et s’ils importent les biens qui supportent les
coûts de production relatifs les plus élevés »2. Il est important de souligner que la
démonstration du modèle repose sur plusieurs hypothèses notamment, (1) le travail est le
seul facteur de production, (2) les rendements sont constants – c'est-à-dire qu’il n’y a pas

1
Paul R. Krugman et Maurice Obstfeld, (2004) Economie Internationale, De Boeck Université, p. 13.
2
Bernard Guillochon et Kawebkie Annie, (2009) Economie Internationale, Dunod, p. 5.

21
de progrès technique, (3) la mobilité parfaite intersectorielle des facteurs de production; (4)
l’immobilité internationale des facteurs de production; (5) l’inexistence des coûts de
transport; (6) les échanges sont basés sur le troc ; (7) la théorie de la valeur, (8) le plein
emploi, (9) l’inexistence de coût de transport interne et externe.

a). Le principe des avantages comparatifs à travers un exemple chiffré

1
Pour expliquer le principe, Ricardo considère le cas de deux pays , la Grande
Bretagne et le Portugal. Les deux pays produisent ensemble deux biens : du vin et des
draps. Pour simplifier l’analyse, on suppose qu’un seul facteur concourt à la production de
ces biens: la quantité d’heures de travail, et qui constitue donc le coût de production. Les
trois hypothèses précitées ci-dessus se combinent avec cette dernière. Le tableau suivant
nous montre la quantité d’heures de travail nécessaires à la production de chaque bien,
respectivement dans les deux pays.

Tableau IV. L’exemple d’avantage comparatif

Drap Vin

Grande-Bretagne 100 120

Portugal 90 80

Source : EMILE, (2011), Cours d’économie international, 3ème année d’économie,


Université de Toamasina.

D’un seul coup d’œil, pour la production d’une même quantité de drap et de vin, on
remarque que les travailleurs au Portugal sont plus productifs que ceux de la Grande-
Bretagne.

En effet, pour la production de chaque bien, le Portugal recourt à moins d’heures de


travail que la Grande-Bretagne – 90 heures seulement contre 100 heures pour la production
de drap et 80 seulement contre 120 pour la production de vin. On dit que le Portugal a des
avantages absolus dans la production de drap et de vin par rapport à la Grande-Bretagne.

1
David Ricardo, (1821), The Principles of Political Economy and Taxation, coll. Les classiques des sciences
sociales, 3ème édition, p. 81.

22
On pourrait ainsi conclure d’un côté que, pour économiser les facteurs de
production, la Grande-Bretagne a intérêt à faire venir des draps et du vin du Portugal et à
arrêter la production des deux biens étant donné qu’ils coûtent moins cher d’importer que
de produire. Et d’un autre côté, le Portugal n’aurait aucun intérêt à commercer avec la
Grande-Bretagne étant donné que chaque produit coûte moins cher en production
nationale. Seule la Grande-Bretagne tire ainsi profit de l’échange. Ce raisonnement
constitue la théorie des avantages absolus1 avancée pour la première fois par Adam Smith.

Pourtant, en se référant à la théorie des avantages comparatifs, la conclusion serait


tout autre. Contrairement à la première approche cette théorie se base sur les coûts relatifs.
Le coût relatif pour un bien c’est le rapport entre le coût absolu de ce bien et le coût absolu
de l’autre bien. On peut dire qu’« un pays A possède un avantage comparatif pour la
production du bien 1 par rapport au bien 2 et au pays B, si le coût relatif de 1 par rapport à
2 en A est inférieur à ce même coût relatif en B2». Ici, la Grande-Bretagne a un avantage
comparatif en termes de draps car le coût relatif des draps c'est-à-dire le coût des draps
rapporté au coût du vin y est inférieur au coût relatif des draps en Portugal, tandis que ce
dernier a un avantage comparatif en termes de vin.

Tableau V. Les coûts relatifs

Coût relatif des draps Coût relatif du Vin


Grande-Bretagne (100/120)*100≅83 (120/100)*100≅120
Portugal (90/80)*100≅112 (80/90)*100≅89
Source : Colette Neme(1991), Economie Internationale fondements et politiques, p 20.

La Grande-Bretagne aura donc intérêt à se spécialiser dans la production de drap, à


exporter, et à importer son vin du Portugal, qui, quant à lui se spécialisera dans la
production du vin, l’exportera et importera son drap. Dans ce cas, la Grande-Bretagne
produira des draps pour les deux pays et le Portugal du vin. Si on suppose que les deux
pays ont les mêmes besoins en termes de drap et de vin, alors, la quantité de drap total à
produire sera par exemple de 200 mètres et celle du vin de 200 litres. Pour produire ces
200 mètres la Grande-Bretagne utilisera 200 heures de travail au total contre 220 heures de
travail si elle produisait elle-même son vin.

1
Adam Smith (1776), la Théorie de la division internationale du travail dans son ouvrage célèbre, La
Richesse des Nations.
2
Alain Redslob (1991), Economie Internationale : Fondements et Politiques, p. 24.

23
De son côté, pour produire ces 200 litres, le Portugal utilisera au total 160 heures de
travail contre 170 heures de travail s’il produisait lui-même son drap (Tableau VI). On peut
dire que la Grande-Bretagne donnerait le produit de 100 heures de travail contre 80 heures
et le Portugal donnerait le produit de 80 heures contre 120 heures.

Tableau VI. La nouvelle répartition des heures de travail

Drap Vin
Grande-Bretagne 200 0
Portugal 0 160
Source : EMILE, (2011), Cours d’économie internationale, 3ème année
d’économie, Université de Toamasina.

En somme, les deux pays auront économisé ensemble des heures de travail qu’ils
pourront mobiliser pour d’autres productions. La Grande-Bretagne et le Portugal auront
respectivement gagné 20 heures et 10 heures de travail pour arriver à une même
satisfaction en termes de quantité de vin et de drap produite. En d’autres termes, si les deux
pays utilisent ces heures économisées, ils augmenteront leur production d’où le bénéfice
issu du commerce international.

b). Les limites et les contraintes du modèle de Ricardo

Afin de maximiser les gains tirés des échanges, notre modèle suggère une
spécialisation très poussée voire extrême de la part de chaque pays. Une telle spécialisation
n’est évidemment pas envisageable dans la réalité à cause de l’existence de plusieurs
facteurs de blocage, dont les trois principaux sont « l’existence de plusieurs facteurs de
production diminue la tendance à la spécialisation, les pays protègent parfois leurs
industries contre la concurrence étrangère, il est coûteux de transporter les biens et services
et dans certains cas, le coût de transport est suffisamment élevé pour conduire les pays à
l’autosuffisance dans certains secteurs »1. La première raison de la remise en question du
modèle de Ricardo concerne la considération d’un seul facteur de production.

En reconsidérant cette hypothèse, en introduisant plusieurs facteurs de production,


les conclusions ne seront plus les mêmes. En effet, dans sa théorie, Ricardo, en considérant
les bénéfices que peut tirer un pays du commerce international dans son ensemble, néglige
les effets de redistribution de revenu provoqués par le commerce international.

1
Krugman Paul R. et Obstfeld Maurice, Economie Internationale, De Boeck Université, 2004, p. 34.

24
La deuxième raison concerne le fait que l’ouverture au commerce international
n’offre pas que des avantages aux pays concernés, l’ouverture aux marchés extérieurs peut
engendrer des risques sérieux et des conséquences indésirables pour les pays. C’est pour
cette raison que certains pays vont appliquer des politiques de restriction de leur marché
afin de se protéger contre ces effets indésirables, en limitant leur ouverture aux échanges
avec l’extérieur.

Enfin, les avantages comparatifs ne sont plus pertinents lorsque les coûts de
transport des biens à échanger sont très élevés. En effet, si les coûts de transport peuvent
atteindre des niveaux tels que les avantages relatifs dans la production d’un bien donné
viennent à disparaître. Il ne serait donc plus rentable pour le pays de s’engager dans les
échanges car malgré une productivité élevé dans un secteur, il ne serait plus à même
d’importer à meilleur prix afin que l’autre pays accepte lui aussi de se spécialiser ou
d’exporter à son tour.

En résumé, malgré le fait que certaines remises en question puissent rendre le


modèle des avantages comparatifs totalement pertinente, les tests empiriques effectués sur
le modèle tendent à corroborer ses deux déductions principales à savoir que les différences
de productivités jouent un rôle important dans le commerce international et que c’est
l’avantage comparatif plutôt qu’absolu qui le structure.

Que ce soit Smith ou Ricardo le développement des échanges internationaux


reposent sur le principe d’une division international du travail (spécialisation) fondé sur les
avantage comparatif des nations (absolue ou relatif) qui permet de satisfaire les besoins en
utilisant mois de facteurs de production tout en étant profitable en l’ensemble des
participant aux échanges.

2-3. La théorie de dotation factorielle (modèle HOS) et le paradoxe de Leontief

a). Le modèle de l’HOS

Le modèle HOS signifie : le modèle d’Hecksher-Ohlin-Samuelson. Ce modèle


porte le nom de trois artisans principaux : les économistes suédois Eli [Link] en
(1879-1952), Bertil Ohlin en (1899-1979, prix Nobel en 1977) et l’économiste américain
Paul Samuelson en (1941-1956) doit aussi être associé à ce model en raison du test
empirique que cet auteur a effectué.

25
Selon eux, les différentes nations sont amenées à exporter les produits incorporant
une forte quantité du facteur de production qu’elles détiennent en abondance et à importer
les produits incorporant une forte quantité du facteur de production dont elles sont peu
dotées. Deux concepts importants de l’analyse économique sont inclus dans la démarche
d’Heckscher (1919) et Ohlin (1939). Ils concernent l’importance des facteurs de
production disponibles dans une économie et utilisés dans les techniques de fabrication des
biens.

b- Le présentation du modèle

Ce modèle reprend le concept d’une économie qui produit deux biens et qui répartit
l’offre de travail entre les deux secteurs. Contrairement au modèle de Ricardo, on
considère ici, l’existence de plusieurs facteurs de production et non le seul facteur travail.

L’analyse se focalisera donc à trois facteurs, le capital, le travail et la terre. Les deux
biens qui vont être produit par l’économie seront les biens manufacturés, utilisant du
capital et du travail, d’une part, et les biens alimentaires, utilisant de la terre et du travail,
d’autre part. Ici, le travail constitue le seul facteur mobile pouvant se déplacer entre les
deux secteurs, le capital et la terre restent respectivement des facteurs spécifiques aux
industries et à l’agriculture. En effet, ces deux derniers facteurs ne peuvent quasiment pas
être réaffectés à un autre secteur dont l’activité diffère de l’activité initiale à laquelle ils
étaient destinés.

Pour un niveau de stock de capital (K) ou de terre (T) donné, on pourra déterminer la
quantité produite (Q) par chaque secteur à chaque variation de l’input de travail dans ce
secteur. Cette quantité est fonction croissante de cet input de travail (L). En notant, LI et
LA les quantités de travail respectives utilisées par le secteur industriel et le secteur
agricole, on obtient la quantité de travail total : L = LI + LA (1).

Au fur et à mesure que la quantité de travail augmente, la quantité produite


augmente. Cependant, cette augmentation ne se fait pas de manière uniforme. Elle se fait
plus rapidement dans une première phase, mais aura tendance à diminuer dans une seconde
phase1.

1
R. A. Turgot (1727 -1781), Loi des rendements décroissants, présentée pour la première fois.

26
En effet, dans le secteur des biens manufacturés, plus il y aura de travailleurs, moins
il y aura de capital disponible pour chaque travailleur, d’où une diminution de la
productivité. La même chose se produit dans le secteur agricole, plus il y aura de
travailleur, moins il y aura de terre à cultiver disponible pour chaque travailleur. En ce
moment donc la spécialisation commence à se disparaitre petit à petit. Nous appelons
productivité marginale du travail (PM), l’augmentation de la quantité produite suite à une
augmentation d’une unité supplémentaire de l’input travail.

Ainsi, dans chaque secteur, lorsque la quantité de travail augmente, la productivité


marginale diminue, tandis que cette dernière augmente lorsque la quantité de travail
diminue.

Comment les facteurs sont-ils rémunérer ? Une autre différence de ce modèle par
rapport au modèle précédent, est la considération du profit. En effet, lorsque les
employeurs maximisent leur profit, ils rémunèrent le travail en fonction du prix (p) des
produits et de la productivité marginale du travail. Ainsi, le salaire dans le secteur
industriel dépend-il de la productivité marginale (PMI) des ouvriers et du prix des produits
manufacturés (pI). En notant SI, le taux de salaire dans le secteur industriel, on a la relation
suivante :

SI = PMI x pI (2)

Et de la même façon dans le secteur agricole,

SA = PMA x pA (3)

Ce taux de salaire doit être le même dans chaque secteur étant donné que par
hypothèse, le travail se déplace librement d’un secteur à l’autre. Ces deux dernières
relations permettent donc aux employeurs de déterminer le salaire et de manière indirecte,
leur permettent également de déterminer la quantité de travail à utiliser pour la production.
Tout cela nous amène à dire qu’il existe une relation entre les prix relatifs des biens et
l’allocation du travail dans les deux secteurs.

Quels sont alors les effets du changement dans les prix des biens ? Il est important de
noter que dans l’analyse des effets du changement des prix, le changement proportionnel
égal des prix n’ont pas d’effets réels c'est-à-dire ne changent pas les quantités physiques

27
dans l’économie. Seuls des changements dans les prix relatifs – en l’occurrence le prix des
articles manufacturés par rapport à celui des aliments pI/pA – affectent le bien-être ou
l’allocation des ressources.

Que se passe-t-il alors dans le cas de changements dans les prix relatifs ? En effet,
lorsque pI augmente, le salaire augmente également dans ce secteur (cf., relation 3). Cette
augmentation des salaires va influencer des travailleurs du secteur agricole à se déplacer
dans les industries (une augmentation du salaire dans le secteur agricole va avoir le même
effet).

Ainsi, la production de biens manufacturés augmente tandis que celle des aliments
diminue. Il faut cependant remarquer que l’augmentation des salaires ne suit pas
exactement l’augmentation des prix, elle est moindre par rapport à celle-ci car l’affluence
de travail dans le secteur industriel va diminuer la productivité marginale de ce facteur.

Comment ces conséquences du changement dans les prix relatifs affect entelles la
distribution du revenu des trois groupes : travailleurs, propriétaires de capital et
propriétaires de terre ? Suite à une augmentation de pI, les travailleurs constatent que leur
taux de salaire a augmenté mais dans une proportion moindre que pI.

Par conséquent, leur salaire réel en termes d’articles manufacturés S / pI diminue


tandis que leur salaire réel en termes d’articles d’aliments, S / pA augmente.

Ainsi, nous ne pouvons affirmer si la situation des travailleurs s’améliore ou empire :


cela dépend de l’importance relative des articles manufacturés et des aliments dans la
consommation des travailleurs. La situation des détenteurs de capital s’améliore. Le taux
de salaire réel en termes de ce qu’ils produisent augmente : le revenu du capital augmente
plus que proportionnellement par rapport à la hausse de pI. Mais, comme pIa lui-même
augmenté par rapport à pA, le revenu des capitalistes s’est clairement relevé en termes des
deux biens.

Inversement, les propriétaires de terre ont leur situation qui se détériore. Ils perdent
pour deux raisons : l’accroissement du salaire réel en termes d’aliment comprime leur
revenu et l’augmentation du prix des articles manufacturés réduit le pouvoir d’achat de tout
revenu donné. L’approche d’Heckscher et d’Ohlin contraste avec celle de Ricardo sous de
nombreux aspects.

28
Tableau VII. Le contraste entre RICARDO et OHLIN

Contrastes RICARDO OHLIN

La spécialisation Les coûts comparatifs La dotation en facteurs

Le nombre de facteurs Un seul, c’est le travail Deux : le travail et le capital

La fonction de production Différents selon le pays Unique pour un même


pour un même produit produit dans les divers pays

La nature des coûts est Les coûts moyens constants Les rapports de prix sont
différente sont égaux aux coûts déterminés par les rapports
marginaux des coûts marginaux

Source : Henri- F. Henner, Commerce International, Editions


Montchrestien, E. J.A., 1992. p. 25.

Le théorème d’Heckscher, Ohlin repose sur sept hypothèses principales :

- La consommation est déterminée dans les deux pays par des fonctions de
préférence identiques et homothétiques.
- La technologie est la même dans les deux pays.
- La fonction de production pour les deux biens présente des rendements d’échelle
constants, mais les rendements marginaux décroissants pour un seul facteur.
- Les biens diffèrent par l’intensité des facteurs.
- La concurrence est parfaite sur le marché des produits et sur celui des facteurs.
- Il n’y a pas d’obstacle aux échanges, mais les mouvements internationaux de
facteurs sont impossibles.
- On considère qu’il y a deux facteurs, deux produits et deux pays. Les facteurs
sont homogènes à l’intérieure des deux pays, identiques, et leur offre est fixée.

En se spécialisant dans la production et faisant appel au facteur le plus abondant,


chaque pays élève le prix de ce facteur qui est relativement bas et le rend relativement rare,
tandis que l’importation rend les facteurs rares relativement moins rares. L’égalisation des
coûts relatifs des produits suppose celle des raretés relatives de facteurs. Donc, l’échange
international tend à réduire les différences de rémunération de facteurs.

29
Heckscher et Ohlin ne parviennent pas à une égalisation complète de rémunération
de facteurs. L’obstacle à l’égalisation absolue tient à deux phénomènes :

- La pluralité des combinaisons productives optimales ;


- L’hypothèse des coûts constants.

Heckscher et Ohlin donnent ainsi une justification des différences de productivité


du travail que l’on peut constater d’un pays à l’autre, et montrent que le commerce
international, considéré comme un mode d’ajustement des mécanismes économiques,
conduit à réduire les différences internationales de dotations de facteurs, au moins dans
leurs conséquences en termes de rémunérations relatives. Le modèle bien sûr pourra être
affiné par la suite pour tenir compte des qualifications du travail (capital humine) ou des
spécificités du capital, mais il permet de mettre en évidence une des causes possibles de la
différence, créatrice de l’échange international. Mais, Samuelson montre qu’on peut
réaliser l’égalisation des rémunérations de facteurs dans ces conditions suivantes :

- Il existe une concurrence parfaite sur les marchés nationaux et internationaux de


produits.
- Les facteurs de production ne peuvent quitter les frontières mais sont homogènes.
- Les facteurs sont parfaitement mobiles et en concurrence parfaite à l’intérieur de
la nation, ils sont donc rémunérés selon leur productivité marginale en valeur.
- Les rendements sont décroissants, donc la spécialisation n’est que partielle dans
chaque pays.
- On néglige les coûts de transport.
- Les fonctions de production linéaires et homogènes pour chaque bien sont
identiques pour chaque bien dans les différents pays.
- Il n’existe qu’une combinaison productive optimale pour la fabrication de chaque
produit.

c). Limites du modèle

L’analyse d’Hecksher-Ohlin-Samuelson (HOS) est donc particulièrement favorable


au libre-échange puisqu’il indique que non seulement l’échange procure un gain pour tous
les pays mais qu’en plus il permet l’égalisation des rémunérations des facteurs de
production dans tous les pays participant à l’échange.

30
En effet, comme le modèle met exclusivement l’accent sur les différences en
dotations de ces facteurs, il suppose implicitement que tous les pays ont la même fonction
de production (ils ont accès aux mêmes techniques et aux mêmes combinaisons
productives). Si par exemple, le salaire est plus élevé dans un pays que dans un autre, alors
la productivité marginale du travail est plus élevée dans le premier que dans le second, et
les coûts des produits résultant de ce travail sont plus faibles.

Ainsi, le pays à plus faibles coûts augmentera sa production et exportera vers l’autre
pays, jusqu’au moment où la productivité marginale du travail, et donc le salaire seront
égaux dans les deux pays. Le raisonnement vaut pour n’importe quel facteur. Par
conséquent, l’ajustement des prix d’un pays à l’autre permet de pallier à la mobilité des
facteurs. Or, il est clair que cette prédiction concernant l’égalisation des prix des facteurs
est largement infirmée par les faits.

Dans ce sens, elle ne permet pas de comprendre pourquoi des pays qui ont des
dotations factorielles semblables échangent des produits d’une même catégorie, ni
pourquoi des pays choisissent des spécialisations qui se révèlent rapidement défavorables.
Ces limites ont été confirmées par une étude empirique concernant les importations et
exportations des États-Unis en 1962. Le résultat de cette étude fut surprenant.

En effet, en se référant au modèle Hecksher Ohlin, on s’attendait à ce que les États-


Unis exporteraient des biens utilisant intensivement le facteur capital et importeraient des
biens utilisant intensivement d’autres facteurs, mais ce ne fut pas le cas. Ce paradoxe est
connu sous le nom du Paradoxe de Leontief. Il constitue le test empirique le plus important
contre la théorie des proportions des facteurs.

2.4. Le paradoxes de Leontief1

Leontief Wassily (1906-1999) est un économiste américain d'origine russe. Né à


Leningrad (aujourd'hui Saint-Pétersbourg). Dans les années 1950, Wassily Leontief a testé
la validité empirique du théorème d’Heckscher-Ohlin qui prévoit qu’un pays devrait
exporter les biens dont la production requiert l’utilisation intensive du facteur disponible en
abondance dans le pays.

1
http:/[Link]/temperso/philip/paper/thé[Link] consulté le 11/11/13 à 11h 30mn

31
Dans le cas des Etats-Unis, cela signifiait que les exportations américaines vers le
reste du monde auraient dû être plus intensives en capital que les importations américaines
en provenance du reste du monde, car ce pays était réputé pour la rareté de sa main
d’œuvre et donc l’abondance relative de son capital.

Pour vérifier cette hypothèse, Leontief a calculé les valeurs moyennes de capital et
de travail nécessaire pour produire respectivement un million de dollars d’exportation et un
million de dollars d’importations Son calcul s’appuie sur la méthodologie des coefficients
d’input / output.

Cette méthodologie implique que dans une industrie comme l’automobile, par
exemple, il faut non seulement mesurer le capital et le travail nécessaire pour assembler les
voitures, mais aussi le capital et le travail nécessaire pour produire les pneus, les boites de
vitesse, les sièges, etc.

Les premiers résultats, qui concernent l’année 1947, ont montré que l’intensité en
capital des exportations était inférieure à celle des importations. C'est-à-dire, si on assimile
les États-Unis au pays A et le reste du monde au pays B, on obtient le résultat inverse de
celui prévu par le modèle HOS puisque le pays relativement abondant en capital exporte
des biens intensifs en main d’œuvre alors qu’il devrait exporter des biens intensifs en
capital. C’est la raison pour laquelle on parle du paradoxe de Leontief

En général, le dédouanement des échanges basés sur les importations exportations


reste soumis à l’établissement d’une déclaration en douane par l’intermédiaire d’un
Commissionnaire Agréé en douanes(CAD) plus connu sous le nom de "transitaire".
Cependant, certaines opérations effectuées par des particuliers peuvent bénéficier de
certaines facilités que ce soit à l’importation ou à l’exportation que nous voyons ci-après.

SECTION II. LES PRINCIPAUX PRODUITS D’EXPORTATION ET


D’IMPORTATION DE MADAGASCAR

Nous voyons dans cette section les branches d’activités que Madagascar importe ou
exporte des produits en vers les principaux partenaires internationaux.

32
I. LE SECTEUR PRIMAIRE

La politique du Ministère de l’Agriculture en matière de développement agricole, y


compris la recherche agronomique a pour but de :participer à la sécurité alimentaire et
respecter les normes et la qualité des produits agricoles ; améliorer les revenus des
producteurs agricoles ; procurer des emplois à la population rurale ; approvisionner en
matière première une agro-industrie prospère ; contribuer à l’amélioration de la balance
commerciale ; léguer aux générations futures un capital fructueux eau-sol-biodiversité.

A cet effet, Au niveau du programme « Révolution verte et durable », les objectifs


du Ministère de l’Agriculture en 2010 consistaient à :

- mettre à la disposition des producteurs des semences améliorées ;


- mettre à la disposition des producteurs des engrais ;
- mettre à la disposition des producteurs des matériels agricoles ;
- aménager, réhabiliter et entretenir les réseaux hydro agricoles ;
- vulgariser les techniques culturales ;
- lutter contre les criquets et les ravageurs des végétaux.

Au niveau du programme de « Recherche Agricole » :


- reformer et moderniser les pratiques agricoles à travers la diffusion de meilleures
techniques ;
- promouvoir le partenariat entre les centres de recherche et les producteurs
privés, diffuser et appliquer les résultats de recherche à travers la formation et
les démonstrations ;
- contribuer aux différentes stratégies définies sur la conservation et l’utilisation
durable des ressources génétiques.

La stratégie mise en œuvre pour atteindre ces objectifs reposait sur :


(i) la modernisation des facteurs de production composés par les cinq piliers, à
savoir : la maîtrise de l’eau, des engrais, des semences améliorées, des
techniques culturales, et de la mécanisation agricole ;
(ii) le développement des alternatives culturales mises au point par les centres de
recherche du Ministère (FOFIFA, FIFAMANOR, CTHA/CTHT, etc.) en vue
d’une agriculture pérenne et durable ;

33
(iii) le développement de l’agriculture familial ;
(iv) la professionnalisation des producteurs ; et
(v) l’intensification et l’extensification agricoles (par le biais du programme de
mise en place d’entrepreneurs agricoles à travers l’exploitation de nouvelles
terres arables).

Tableau VIII. L’évolution de production des principaux produits d’exportation


2009 - 2010 (en tonnes)
Variation de la
Produits 2009 2010
production (%)
Café 57491 58178 1,19
Poivre noir sec 1419 1436 1,2
Girofle clou 10233 10356 1,2
Vanille verte 8211 8310 1,21
Cacao en fève 6707 6787 1,19
Source: MPRH de produit année 2010.

Les principaux produits d’exportation de Madagascar, comme nous voyons sur ce


tableau entre 2009 et 2010 concernent surtout : le café, le poivre, le girofle, la vanille et le
cacao. La variation de ces produits durant ladite période n’a pas dépassé les 2%. Cela veut
dire que Madagascar n’a pas pu augmenter son taux d’exportation. Et ceci est dû à la crise
politique qui secoue notre pays affaiblissant ainsi la production intérieure. Ainsi le cercle
vicieux de l’instabilité politique est bouclé.

Figure 1. Le cercle vicieux de l’instabilité politique

Instabilité politique et risques


d’atteinte aux droits de propriétés

Pauvreté et conflits Faible investissement


sociaux intérieur

Baisse des exportations

Source: [Link] vu
11/11/2013, à 15h.

34
L'instabilité politique secouant le pays fait fuir les investisseurs, ce qui empêche les
producteurs locaux de produire en quantité diminuant ainsi les exportations et ne permet
pas au pays d'avoir une croissance économique plus soutenue et d'améliorer le bien-être de
ses habitants. D'où un surcroît de mécontentement à l'égard du régime et une instabilité
politique croissante. Tomber dans ce cercle vicieux de l'instabilité politique peut faire
sérieusement obstacle aux efforts menés pour stimuler le développement économique et
réduire la pauvreté.

La crise politique prolongée à Madagascar a prélevé un lourd tribut sur son


économie et de sa population, en particulier sur les couches les plus vulnérables de la
société malgache. Une poursuite dans cette impasse ne verra qu’une détérioration, avec des
implications profondes à court, à moyen et à long terme. Cette note décrit les graves
conséquences1 de l’inaction politique, d’un point de vue factuel au sujet des questions de
développement. Seule une sortie durable de l’impasse permettra au pays de se concentrer
sur la sécurisation du développement et de la croissance économique pour la population.
Des années de développement socio-économique perdues Madagascar est un pays dont le
potentiel économique est énorme.

Avant la crise, la croissance économique de Madagascar était en moyenne de 5


pour cent par an. Mais celle-ci aura été stable sur la période 2009-13. En prenant comme
référence une croissance annuelle de 5 pour cent, le PIB en 2013 aurait été de 20 pour cent
au-dessus de son niveau actuel. L’écart entre la situation où l’économie aurait pu être et la
situation actuelle devrait maintenant dépasser 8 milliards de dollars US. Quatre ans et demi
de crise politique ont eu des conséquences très sévères sur les indicateurs économiques et
sociaux de Madagascar.

Les dimensions suivantes des impacts de la crise sont particulièrement pertinentes :

• Avec une économie au point mort, le revenu par habitant a chuté : Avec la forte
croissance démographique (2,9 pour cent), la population a augmenté de plus de 3 millions
de personnes de 2008 à 2013. Avec un revenu national qui est pour l’essentiel sans
modification, le revenu par habitant en 2013 est retombé à son niveau de 2001.

1
[Link] consulté le 10/11/2013 à 09h 13mn.

35
• La pauvreté a fortement augmenté : Les premières estimations indiquent que,
de 2008 à 2013, la proportion de la population vivant sous le seuil de pauvreté (proportion
qui était déjà élevée avant la crise) a sans doute augmenté de plus de 10 points de
pourcentage, avec le plus grand impact sur 2011-13, alors que la crise persistait. Avec un
taux de pauvreté de plus de 92 pour cent au seuil de 2 dollars PPP par jour, Madagascar est
désormais un des pays les plus pauvres du monde.

• Les indicateurs sociaux se sont détériorés : en dépit de l’aide liée à la crise dans
les secteurs sociaux, le nombre d’enfants non scolarisés a augmenté, peut-être de plus de
600.000. La malnutrition aiguë des enfants reste un problème critique, et a augmenté dans
certaines zones de plus de 50 %. De nombreux centres de soins de santé ont été fermés, et
les parents pauvres ont dû assumer une lourde part du coût de scolarisation de leurs
enfants, en se substituant à la défaillance du financement étatique. Cette évolution
hypothèque le bien-être des générations futures. A ce jour, Madagascar ne sera pas en
mesure d’atteindre la plupart des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD)
d’ici 2015, même ceux qui ont été jugés en 2007 potentiellement réalisables (tels que la
mortalité infantile, le taux net de scolarisation et d’achèvement dans le primaire, ainsi que
la pauvreté).

• Les finances publiques sont de plus en plus sous pression : Le maintien de la


stabilité macroéconomique a du se faire sous une pression croissante. Les recettes fiscales
sont en baisse, la fraude fiscale a augmenté, et la capacité à maintenir le niveau des
dépenses globales est tendue en raison des pressions politiques, des grèves et des chocs.
Même si la gestion macro-économique reste prudente, le transfert des coûts
d’assainissement d’une situation fiscale affaiblie au prochain gouvernement est un risque
réel.

• L’aide étrangère reste en sourdine : L’aide a fortement chuté en 2009, et est


restée modérée. L’aide officielle sur la période 2009-13 a chuté d’environ 30 %, avec une
proportion importante transférée vers des programmes humanitaires, soulevant des
questions de pérennité.
• L’infrastructure s’est détériorée : En plus des dégâts causés par les cyclones,
les coupes sévères budgétaires en matière d’investissement et de maintenance ont entraîné
de plus en plus de dégradation des routes et des infrastructures d’eau et d’électricité,
altérant le développement à moyen et à long terme de l’économie malgache.

36
• La capacité d’adaptation aux chocs exogènes est gravement compromise : les
risques actuels liés au contexte économique mondial, en particulier en Europe, augmentent
la vulnérabilité de l’économie malgache, compte tenu de sa dépendance aux exportations et
au tourisme. Le pays est aussi très vulnérable aux catastrophes naturelles (tels que les
cyclones de 2008 et 2012). La crise politique est devenue un obstacle majeur qui empêche
de faire face à ces chocs et d’en atténuer l’impact.

• La résilience de l’agriculture a contribué à éviter une crise alimentaire jusqu’ici,


mais de nouveaux risques sont apparus : l’invasion acridienne en cours menace la
production agricole et la sécurité alimentaire. La FAO estime que jusqu’à 60 pour cent de
la récolte de riz est menacée. La crise politique est un obstacle à la mise en place d’une
réponse appropriée dans ce domaine.

• Les problèmes en matière de gouvernance ont été exacerbés : Madagascar a


fait face à des problèmes de gouvernance depuis bien longtemps. L’affaiblissement continu
de l’état de Droit, l’insécurité croissante, la mauvaise gouvernance dans l’exploitation des
ressources naturelles (bois de rose, or, pierres précieuses), des progrès limités sur le front
anti-corruption et la faible transparence dans la gestion des ressources publiques n’en sont
devenus que plus pressants.

La résilience que le secteur privé a montrée au cours des premières années de


la crise est de plus en plus mise à l’épreuve : Il y a eu peu de nouveaux investissements
nationaux ou étrangers dans l’environnement très incertain de ces dernières années. Pour le
secteur privé qui est toujours actif, le manque de dynamisme économique global, les
problèmes croissants d’infrastructures, notamment concernant les routes et l’électricité,
ainsi que la détérioration de l’environnement de la gouvernance nuisent à ses perspectives
à court terme et ses plans à long terme.

Aucune création importante d’emplois n’a pu, ou pourra, avoir dans ce contexte.
Madagascar était déjà parmi les pays les plus pauvres du monde avant le début de la crise,
et celle-ci n’a fait qu’empirer les choses. La crise détourne l’attention d’un ensemble de
défis cruciaux, hypothéquant ainsi l’avenir des citoyens malgaches.

De plus, la production rizicole à Madagascar était quasiment faible par rapport au


nombre de population dans notre territoire. Ce qui incite l’Etat d’en importer à fin de
satisfaire le besoin alimentaire du peuple malgache. Et tout ceci, n’empêche pas les
opérateurs économiques à exporter des blés.

37
Tableau XIX. L’évolution des importations et exportations de farine de blé et du riz à
Madagascar
(en kg de l’année 2010)
Nature Production en Exportation Importation
kg

Riz 2 515 608 000 31 442 176 770 978

Farine de blé 50 000 000 _ 88 247 754

Source : MPRH de produit année 2010.

Ce tableau nous montre la variation d’exportation et importation de la farine de


bleu et du riz à Madagascar en 2010. Dans cette année, il exporte 31 442 kg du riz.

Tableau XX. L’évolution des recettes d’exportation de produits forestiers


2007-2010 (en million d’Ariary)

Type de produit 2007 2008 2009 2010 Redevance


perçue en
2010

Bois de pin 13 647 138 805 810 3 536 78

Biois de 424 172 365 238 3


palissandre

Bois ordinaire 22 4 2 52 1

Autre bois 66 27 974 150 343 5

Produit finis 2730 2 799 2104 1604 24

Produit 118 84 81 59 2
accessoires

Huiles essentielles 7059 84 659 18 538 16 274 118


et plantes
médicinales

Faune et flore 2019 759 6 882 630 18

Total 26085 102 310 28933 22 734 251

Source : Direction de la valorisation des Ressources Naturelles /DGF, 2011.

38
Pour les recettes d’exportation de produits forestiers, elles ont le moins rapporté en
2010 comparées à celles des trois années auparavant. La valeur en 2010 représente
seulement 22,2 % de celle en 2008. Une des raisons de cette diminution demeure la baisse
remarquable des exportations de produits faunistiques et floristiques. Cette dernière
s’explique en partie par le moratoire appliqué en 2010 sur les crocodiles dont l’exportation
de peaux a rapporté l’année précédente plus de six milliards d’Ariary.

1. Les incidences économiques

Les événements des dernières années ont montré à quel point les ménages
malgaches étaient vulnérables aux grands chocs qui affectaient le marché intérieur des
produits alimentaires et l’économie nationale en général. La flambée des prix des céréales
et la récession économique, à cause de la crise qui perdure, ont réduit le pouvoir d’achat
d’une part importante de la population, réduisant ainsi fortement leur accès à la nourriture
et minant leur productivité.

2. L’endettement et la dévalorisation sociale

Malgré les tentatives d’adaptation face à la hausse du prix des produits sur le
marché, de nombreuses familles sont obligées d’emprunter, de l’argent comme du riz, à
d’autres familles plus aisées. Le remboursement se fera à la récolte prochaine et souvent
supérieure à la valeur ou la quantité empruntée. Ce qui renforce alors le propos de Jean
Marc Boussard disant « je te prête aujourd’hui un sac de riz, tu m’en rendras deux après la
récolte»1. Cette situation entraîne peu à peu, chez les démunis une sensation d’infériorité et
d’humilité envers les donneurs.

Cet emprunt en permanence engendre une dette morale pour toute la famille. Elle
accepte toutes propositions lancées par certaines familles aisées. Pour les pauvres, la vente
de biens et l'hypothèque se font jusqu’à épuisement. Cette situation pousse les jeunes gens
et les enfants à quitter leur village, en quête d’un travail rémunérateur.

Dans les zones rurales, les enfants, surtout les jeunes filles, préfèrent effectuer les
travaux domestiques dans des foyers de la ville. Parfois, le coût de la vie trop chère dans la
ville contraint ces jeunes femmes à la prostitution. Tout cela favorise l’instabilité familiale.

1
Jean Marc Boussard (1992), Introduction à l’économie rurale, CUJAS, Paris, p. 80.

39
3. La répercussion sur la production des ménages

En principe, la hausse des prix constitue un contexte favorable pour les


agriculteurs. En effet, les revenus agricoles pourront s’améliorer, permettant des
investissements agricoles débouchant sur des améliorations de rendement ainsi que des
investissements dans les secteurs non agricoles. En d’autre terme, elle peut les inciter à
intensifier la production destinée au marché, ce qui entraînera une augmentation des
disponibilités alimentaires ainsi qu’une amélioration de leur accessibilité, à mesure que les
revenus des paysans pauvres s’accroîtront. En ce sens, des prix élevés pourraient être
considérés comme une opportunité, en particulier pour les agriculteurs, qui engrangent des
bénéfices exceptionnels.

Mais, dans un pays pauvre comme Madagascar, la hausse des prix des produits
agricoles se répercute sur les prix des produits alimentaires et entraine ainsi des
conséquences négatives sur la situation économique et alimentaire des producteurs. En
effet, de nombreux agriculteurs démunis sont des acheteurs nets de produits alimentaires,
ce qui signifie qu’ils consacrent plus d’argent aux dépenses alimentaires qu’ils n’en
gagnent en vendant leur production. A part le travail rudimentaire, la malnutrition et la
sous-alimentation engendre des conséquences à long terme. Face à cette situation,
l’organisme se fatigue vite, la personne victime est obligée de réduire ses activités à cause
du déséquilibre entre apports alimentaires et dépenses énergétiques. En effet, elle devient
davantage inactive et ne peut plus assurer les activités agricoles, amenant irrémédiablement
un faible rendement de la production. Le cercle vicieux de la pauvreté est ainsi bouclé.

Figure 2. Le cercle vicieux de la pauvreté

Faibles revenus

Faible productivité Faible consommation Faible épargne

Faible investissement

Source : [Link] vu le 22/06/2013 15h.

40
D’après ce schéma, nous constatons que, plus une personne est pauvre, moins elle
peut se permettre d’entreprendre des projets d'avenir et d'épargner. L’essentiel de leur
revenu doit être consacré à la satisfaction des besoins immédiats (urgents dans bien des
cas), le niveau d'épargne a tendance à être limité. Or, une faible épargne fait obstacle aux
investissements dans le capital physique et le capital humain, dont les ménages ont
désespérément besoin. Sans investissements nouveaux, la productivité d'une économie ne
peut s'accroître et les revenus augmenter. Cette situation non-désirable et génératrice de
souffrances touche des personnes isolées ou des groupes de personnes, dans quasiment
toutes les régions de la grande Ile.

4. La répercussion sur les ménages éleveurs

La République de Madagascar est aujourd’hui touchée par une grande crise due à la
flambée du prix des céréales considérées comme base de la consommation humaine et
animale du pays. Il est vrai que cette crise frappe toute la population entière, mais cela pèse
extrêmement lourd pour les ménages éleveurs. La situation1 au cours de l’année 2011 en
est exemple. Le ton est monté chez les éleveurs de poulet de chair, car le prix du sac de
50 kg de provende de démarrage est passé de 61 200 à 68 600 ariary, et de 56 100 à 62 900
ariary pour la provende de finition. Les prix des provendes ont connu une hausse
importante alors que celui du poulet est maintenu à moins de 4 000 ariary le kilo chez les
grossistes. Pourtant, ils ne peuvent pas garder leurs volailles chez eux, sachant que leurs
besoins grandissent avec leurs tailles. S’ils ne peuvent pas les satisfaire, leurs poids vont
diminuer et elles seront encore plus difficiles à vendre.

Figure 3. Le cercle vicieux de la crise financière


Perte de confiance

Difficultés financières Effondrement de la monnaie,


pour les entreprises, hausse des taux d’intérêts,
les banques et les ménages crise économique

Source : Paul Krugman (2009), Prix Nobel d’économie en 2008, dans son
ouvrage intitulé « Pourquoi les crises reviennent toujours », 113. p.

1
[Link]
vu le 24/06/13 à 20h38.

41
Le cercle vicieux de la crise financière peut être expliqué de la manière suivant :
lors d’une crise financière, le problème se situe sur liquidité des banques. Cette illiquidité
se traduit par une augmentation du taux de prêt bancaire aux entreprises. D’où baisse
d’investissement, baisse de consommation alors baisse de demande globale.

Alors si les entreprises n’investissent pas assez, si la consommation qui permet


d’augmenter la demande globale se réduit en flèche, la production baisse cette se répercute
la performance économique. C’est là que la crise économique trouve sur son existence.

Pour sortir de la crise économique, le gouvernement devra décider de pratiquer une


politique de relance budgétaire c’est à dire d’augmenter l’injection (dépense publique) et
de réduire les fuites (impôts et taxes) pour avoir plus de liquidité en circulation
(stimulation de la demande : globale demande en consommation et en investissement). Il
peut mener cette politique dans des diverses possibilité.

Le gouvernement peut emprunter des liquidités à l’épargne nationale (vente des


titres par exemple) ce qui va logiquement réduire l’épargne nationale que les agents vont
emprunter après.

Si cette épargne nationale démunie ce qui est synonyme de la baisse de liquidité


dans l’économie, les agents sont dans une situation de difficulté d’avoir un emprunt c'est-à-
dire le taux que la banque applique est élevé. Ce taux élevé va ensuite attirer des capitaux
étrangers par le fait que l’investisseur voient le taux élevé, placent. Leur argent tiré le
profit de ce taux élevé.

De cela l’offre de la monnaie nationale est inférieure à la demande de monnaie


étrangère ce qui explique l’appréciation de la monnaie nationale par rapport à la monnaie
étrangère. Cette appréciation de la monnaie nationale aboutit à la non compétitivité des
entreprise parce que l’exportation deviennent plus chère que l’importation (l’appréciation
de la monnaie nationale est favorable à l’exportation et non à l’importation).

Cette situation dégrade (détériore) la balance commerciale c'est-à-dire la balance


commerciale est en déficit. Cela détériore ensuite le taux de change. Et si le taux de change
se détériore, les banques qui tirent les profits avec vont être en difficulté (crédit crunch).

42
II. LE SECTEUR SECONDAIRE

Dans ce secteur, le Gouvernement continue le renforcement : de la bonne


gouvernance, des prestations de service public. Il ouvre également sur la sécurisation des
investissements privés ; la consolidation de l’appui au développement du secteur énergie,
la promotion de l’économie énergie et l’efficacité énergétique ; et la promotion des
ressources d’énergie renouvelable afin de réduire la dépendance du pays aux énergies
d’origine fossile.

Cette dépendance de Madagascar envers l’extérieur se manifeste par le fait que la


production nationale des produits d’exportation reste insuffisante pour subvenir à
l’ensemble de la population. De plus, le prix de ces produits reste de plus en plus volatile
sur le marché. Cette performance décevante explique l’augmentation des produits
d’importation. En effet, il importe de bien savoir quelle part des approvisionnements
intérieurs disponibles provient des importations et laquelle provient de la production du
pays lui-même. Le TDI1 (taux de dépendance des importations) répond à cette question. Il
se définit ainsi :

Importations
TDI = X 100
Production + Importations − Exportations

Servons-nous maintenant des chiffres du ministère de commerce pour l’importation


et exportation à Madagascar pour la production nationale au cours de la période de 2011,
durant laquelle toutes les données sont disponibles, pour calculer le taux de dépendance
des importations relatif au riz et à la farine de blé.

Pour le riz :
- Production locale du riz = 2 515 608 000 kg.
- Importations du riz = 176 770 978 kg.
- Exportations du riz = 31 442 kg.

176 770 978


TDI = X 100 = 6 57%
2 515 608 000 + 176 770 978 − 31 442

1
[Link] consulté le 12/11/13 à 22 h20.

43
Pour la farine de blé :
- Production locale de la farine de blé = 50 000 000 kg.
- Importations de la farine de blé = 88 247 754 kg.

88 247 754
TDI = X 100 = 63 83 %
50 000 000 + 88 247 754 − 0

En se basant sur ces calculs, nous pouvons conclure qu'environ 93 % de


l'approvisionnement intérieur en riz et 36 % de la farine de blé proviennent de la
production intérieure, en 2011. Mais, il apparaît ainsi qu'en dépit d'un taux de la production
intérieure très élevé pour le riz, le pays a encore importé près de 7 % de ses
approvisionnements pour le bien en question.

Par ailleurs, selon David-Benz1 (2011), au cours de la dernière décennie,


Madagascar importe du riz chaque année entre 5 % à 10 % de sa consommation totale, soit
entre 100 000 et 200 000 tonnes/an. Tandis que pour la farine de blé, la dépendance est
cruciale, environ 64 % de ses approvisionnements viennent de l’extérieur.

Tableau XXI. L’exportation 2010 par type de produit


Type de produits Quantité en kg Valeur en Ariary
Anguilles 39 916,00 921 159 700,00
Bichiques 323 4 320 000,00
Calmars 56 692,87 556 367 964,58
Chevaquines 0,50 -
Cigales 946 43 026 213
Civelles 1 730,00 137 430 000,00
Crabes 917 917,54 8 258 408 369,36
Crevettes 7 696 782,14 188 018 786 026,94
Langoustes 211 985,91 6 691 325 619,97
Poissons 4 436 883,42 45 100 950 867,29
Poulpes 1 204 479,75 7 767 044 128,32
Ailerons de requin 31 902,45 890 756 369,60
Conserves de thons 6 712 586,05 43 711 861 099,31
Trépangs 412 485,00 4 180 707 031,20
Vessies natatoires 5313,00 201 107 848,20
Total 21 729 943,63 306 492 251 237,86
Source : MPRH : Rapport économique et financier (2011), 132 p.

1
Hélène David-Benz (2011), agroéconomiste, est chercheure au CIRAD. Elle est spécialisée sur
l’organisation des filières alimentaires et les dispositifs d’information et de concertation destinés aux acteurs
des filières.

44
La valeur totale des exportations des produits halieutiques s'élève à
Ar 306 492 251 237,86 en 2010. Les exportations de crevettes sont très importantes en
quantité atteignant 7 696 782,14 kg et 188 018 786 026,94 ariary en valeur. Les pays
destinataires de ces principaux produits halieutiques sont : l'UE, Hong-Kong, Réunion,
Mayotte, Maurice, Sénégal, Chine, Inde, Tanzanie Vietnam Corée, Maroc, et Japon.

Tableau 1: La consommation des produits énergétiques de 2006 à 2010

Rubrique Unité 2006 2007 2008 2009 2010

Consommation Millions de kwh 783,8 783,8 824,5 791,0 849,6


d'Electricité
Basse tension Millions de kwh 466,1 466,1 499,3 426,9 462,1

Ménages Millions de kwh 402,3 402,3 430,9 419,2 453,9

Autres basses Millions de kwh 76,0 63,8 68,4 7,708 8,215


tensions
Moyenne tension Millions de kwh 330,3 317,7 325,2 364,1 387,5

Mines, énergie et Millions de kwh 49,2 34,1 34,9 55,6 65,2


eaux
Industries textiles et Millions de kwh 81,5 82,7 44,7 52,4
de cuir
Autre moyenne Millions de kwh 199,6 200,9 205,6 263,8 269,9
tension
Consommation de Milliers de m3 642,5 667,7 700,6 655,7 705,7
Produits Pétroliers
Gaz Milliers de m3 6,8 7,3 7,0 6,7 7,0

Essence Aviation Milliers de m3 0,6 0,8 0,8 0,5 0,5

Jet fuel Milliers de m3 65,6 66,0 66,9 45,9 60,4

Super Carburant Milliers de m3 12,7 21,5 30,4 33,2 45,0

Essence Tourisme Milliers de m3 90,6 88,8 75,3 72,8 63,2

Pétrole Lampant Milliers de m3 39,8 42,6 42,0 45,2 51,6

Gaz Oïl Milliers de m3 400,9 409,7 416,1 383,7 386,9

Fuel Oïl Milliers de m3 25,6 91,1 31,0 62,1 67,6

Source : Jiro sy Rano Malagasy et Office Malgache des Hydrocarbures (OMH), 2011.

45
En général, la consommation d’électricité a augmenté de l’ordre de (7,4 %) en 2010
par rapport à l’année dernière. La consommation des moyennes et haute tensions ont cru de
6,4 %, celle de la basse tension a été de 8,3 %. Cela signifie qu’il y a une reprise de la vie
économique en 2010. La structure de consommation des moyennes tensions n’a pas
changé.

En effet, en 2009 et 2010, l’Exploitation Minière, l’Energie et Eau ont consommé


16,8 % de la totalité des moyennes tensions, les industries textiles et de cuirs 13,5 %, et les
autres 69,7 % des moyennes tensions. Le taux d’accès à l’électricité en milieu urbain a été
de 16 %; celui du milieu rural environne 6 %. L’objectif de 5 000 branchements en 2010 a
été largement dépassé.

La consommation de produits pétroliers en 2010 a été en hausse de 7,6% par


rapport à l’année précédente. Cette hausse est imputable aux accroissements importants des
consommations de Super Carburant, du Fuel Oïl et de Jet Fuel de l’ordre respectif de
35,5%, 34,8% et de 31,6%.

Les consommations de Gaz Oïl et le Fuel Oïl tiennent les premiers rangs dans la
structure de consommation avec respectivement des part de l’ordre de 54,8% et 12,9%.
Puis viennent l’Essence Tourisme 9,0% ; le JET 8,6% et le Super Carburant 6,4%.

L’évolution de la facture pétrolière est fonction de celle de la quantité importée, du


prix unitaire des produits sur les marchés internationaux et du taux de change du dollar par
rapport à l’Ariary.

En 2010, tous ces paramètres ont suivi des tendances haussières considérables
comparées à ceux de 2009. En effet, la quantité importée, le prix CAF unitaire en dollar et
le taux de change ont respectivement augmenté de +8%, +23% et +6%.. En effet, la facture
pétrolière en 2010 a connu une hausse significative (+25% en dollar et +33% en Ariary)
par rapport en 2009.

46
CHAPITRE II : LE CONCEPT DU DEVELOPPEMENT

Le développement économique (stricto sensu) tel que l’on peut l’entendre consiste
en un relèvement durable du niveau de vie. Celui-ci est mesuré non seulement par le
niveau de la consommation, mais aussi par le niveau d’instruction et l’état sanitaire de la
population ainsi que par le degré de protection de l’environnement. Depuis les années 90, il
y a eu un glissement conceptuel vers le développement humain durable

SECTION I- LA NOTION DU DEVELOPPEMENT ECONOMIQUE

Nous allons voir un à un les principes généraux du développement et les conditions


prioritaires d’accès au développement.

I. LES PRINCIPES GENERAUX DU DEVELOPPEMENT

Le développement est la combinaison des changements mentaux et sociaux d’une


population qui la rendent apte à faire croitre cumulativement et durablement son produit
réel global […], c’est-à-dire la croissance économique. La question se pose essentiellement
sur la combinaison des politiques et d’institution capable de façonner ce processus de
croissance. La prise en compte simultanée des aspects qualitatifs et quantitatifs de
processus de croissance permet d’énoncer trois principes élémentaires ;

- L’accent sur tous les actifs : capital physique, humaine et naturel.


- La prise en compte des aspects distributifs dans le temps.
- L’importance accordée à la mise en place d’un cadre institutionnel
approprié et à une bonne gouvernance.

1. Les principaux actifs

Globalement les actifs importants en matière de développement sont le capital


physique, humain et le capital naturel. Le progrès technique affectant l’utilisation de ces
actifs joue aussi un certain rôle. Pour accélérer le taux de la croissance, on accorde
traditionnellement beaucoup d’attention à l’accumulation du capital physique.

47
Cependant, d’autres actifs méritent également d’être prise en considération, le
capital humain et social ainsi que le capital Naturel (et environnemental). C’est actifs
jouent également un rôle crucial pour les pauvres et c’est leur accumulation, le progrès
technique et la productivité, ainsi que l’accumulation du capital physique qui déterminent
l’impact à long terme sur la pauvreté. Une approche moins partiale (c’est-à-dire plus neutre
ou plus équilibrée) en matière d’accumulation des trois types d’actifs est préférable.

Certains politiques économiques qu’un PCD devrait se conformer peuvent


contribuer à l’accumulation de ces actifs. Les investissements dans le secteur de
l’éducation à tous les niveaux favorisent la croissance tout à contribuant à l’accumulation
du capital humain et du bien-être social. Il est essentiel d’investir dans le capital naturel
pour préserver la santé des individus et pour assurer la sécurité économique des masses
pauvres qui dépendent des ressources naturelles pour leur survie. L’usage efficace de ces
actifs est tout aussi important que leur accumulation. Dans ce but, de même que dans celui
d’augmenter la productivité globale des facteurs de ces actifs, il est indispensable de
disposer des fonctionnaires gérant convenablement les affaires publiques (afin de contre-
balancer l’influence excessive des groupes d’intérêt) et de lancer l’action anticorruption.

2. Les aspects distributifs

Cette prise en compte de la qualité révèle l’importance des aspects distributifs du


processus de croissance. Une distribution plus équitable du capital humain des terres et des
autres actifs productifs implique une répartition plus juste des perspectives
d’enrichissement afin d’augmenter la capacité des hommes à tirer parti des technologies et
à gérer des revenus. Les politiques de développement doivent viser non seulement à
réduire l’inégalité des chances mais aussi l’inégalité et l’instabilité des résultats de la
croissance

3. Les structures institutionnelles

Dans le cadre d’une bonne gouvernance, les structures institutionnelles soutiennent


du mieux possible les efforts déployés pour augmenter la croissance. Le fonctionnement
efficace de l’administration, des organismes de réglementation, des libertés et d’institution
apparente et responsable (chargées d’assurer du droit et de favoriser la participation) et
important pour la croissance et le développement.

48
Les effets d’une mauvaise gouvernance locale, d’une bureaucratie tatillonne et de la
corruption sont régressifs et nuisent à la durabilité de la croissance. L’appropriation par
une élite nantie, des politiques, des lois et des ressources des communes détourne souvent
les mesures d’incitation et la dépense publique locales vers des actifs moins productifs
socialement et en réduisant leurs avantages par la société dans son ensemble affaiblissant
leur impact sur le bien être sociale. Les estimations relative à ce « dividende du
développement » (à savoir l’augmentation du revenu ou l’amélioration des avantages
sociaux) sont dramatiques et varier énormément que le droit est faiblement (corruption
grave) ou médicament respecté.

Alors, il convient non seulement assainir les pratiques gouvernementales ou


communales mais aussi il faut aller plus loin : renforcer les droits civils, accorder plus de
voix à divers groupes, promouvoir les entreprises compétitives et compléter les reformes
gouvernementale imposées du sommet à la base par l’élaboration et la mise en œuvre de
stratégie de développement partant de la base c'est-à-dire des stratégies de développement
local. Et l’amélioration de la gestion financière communale et la gouvernance locale
doivent faire partie intégrante de ces stratégies.

II- LES CONDITIONS PRIORITAIRES D’ACCES AU DEVELOPPEMENT

Parallèlement aux plusieurs thèses qui s’affrontent sur les causes du sous-
développement, origine du mal, des différents points de vue s’opposent sur les remèdes
appropriés qui sont les conditions prioritaires et objectifs principaux pour accéder au
développement.

De façon globale, on peut distinguer deux écoles de pensée sur les causes du sous-
développement : les uns avancent que le sous-développement n’est que le produit du
développement des pays développés dominant (en échanges internationales) ; les autres
soutiennent que le sous-développement n’est qu’un retard dans le développement (cercle
vicieux de la pauvreté).

Symétriquement, les solutions afférentes à ces sous-développement peuvent être


également classées en deux écoles de pensée : les partisans de ceux qui cherchent à mettre
fin aux problèmes relatifs à la domination des pays développés et ceux qui défendent la
rupture au goulet d’étranglement relatif au cercle vicieux de la pauvreté.

49
Quoi qu’il en soit, dans l’analyse dialectique de ces différentes théories, on retrouve
la conception du développement comme processus endogène et non mimétique se
traduisant par l’épanouissement des potentialités propres à chaque société ainsi que la
conception de compatibilité de l’insertion dans le système de l’économie mondiale et la
recherche d’une maitrise nationale ou locale du développement comme il est défini ci-
dessus.

Dans cette définition, l’économie rationnelle du développement intervient pour


designer la condition maitresse de la croissance cumulative et durable, et les deux objectifs
principaux qu’il faut atteindre […].

L’ordre d’urgence, qui s’impose aux républiques intéressées, est :


- L’encadrement politique
- L’éducation de base ;
- La scolarisation

Cela n’implique certes pas que les trois efforts ne puissent s’accomplir ensemble.
L’indépendance politique permet au « proche » d’agir sur le « proche » et l’état de sous-
développement impose de voir dans l’éducation le moyen du plein-emploi de toutes les
ressources humaines latentes. Le moniteur politique enseigne, par l’acte, l’économie
pratique et l’administration élémentaire.

L’éducation de base fait comprendre à chacun ses problèmes immédiats. La


scolarisation agit à terme peut-être sur le taux de natalité, et certainement sur la formation
des producteurs et consommateurs modernes. De même, en raison des contraintes
engendrées par une poussée démographique importante et par une économie ouverte, le
développement passe nécessairement par une forte croissance, principal objectif dans le
modèle occidental. Cette croissance, défini par François Perroux comme : « l’augmentation
prolongée de la dimension des variables caractéristiques de l’économie, accompagnée de
changement de structure et éventuellement le progrès dans l’efficacité de l’effort et dans le
bien-être (1)1, sera non seulement une croissance continue mais encore endogène: Lorsque
l’ouverture sur l’extérieur progresse moins rapidement, une croissance rapide peut être
réalisée et maintenue (2).

1
(1) et (2) François Perroux, Matériaux pour une analyse de la croissance 1995, page 18, tiré du Livre
Libéralisme & développement par Rochel Andriambelomiadana, page 94.

50
Les facteurs de cette croissance endogène sont l’accumulation du capital physique
(Paul Römer), la recherche-développement (Paul Römer), l’accumulation du capital
humain (Lucas – Robert), l’accumulation du capital public (Robert Barro).

1. Le capital humain

Le capital humain désigne le stock des connaissances valorisables économiquement


et incorporées aux individus. Ce sont non seulement les qualifications mais aussi l’état de
santé de la population.

Le capital humain est un facteur endogène à la croissance parce que celui-ci est
utilisé dans la production et dans le système de formation. L’accumulation de capital
humain provoque des conséquences externes car le niveau d’éducation d’un individu joue
non seulement son propre production mais aussi celle de ses partenaires.

1.1. L’éducation

L'éducation constitue le principal pilier du développement humain et un élément


d'importance majeure dans le développement économique et social du pays.
Malheureusement, en matière d’éducation, nous pouvons affirmer que l’Ile n’est point un
modèle.

La qualité des services d'éducation et de formation est médiocre, et les capacités


institutionnelles de mener à bien des réformes et d'améliorer le système d'éducation et de
formation dans le domaine du développement sont insuffisantes. Au même titre que la
récession de l’économie malgache, le système éducatif a connu ses moments difficiles
comme le montre le tableau ci-après.

Tableau XXII. Le taux de scolarisation entre 2005 et 2010

Année Taux Brut de Scolarisation (%) Taux Net de Scolarisation (%)


Primaire Secondaire Secondaire Primaire Secondaire Secondaire
inférieur supérieur inférieur supérieur
2005 139,3 33,8 12,8 83,3 19,1 4,4
2010 118 43,7 15,8 73,4 22,7 6,3
Source : INSTAT/DSM/EPM 2010, 2005.

51
Bien que, depuis l'indépendance, l'éducation ait toujours été considérée par les
gouvernements qui se sont succédés comme un secteur clé dans la stratégie de
développement socio-économique du pays. Mais, comme le montre ce tableau, les
indicateurs de l’enseignement révèlent une situation difficile de l’éducation.

En effet, selon l’INSTAT 2010, le taux net de scolarisation au niveau primaire est
passé de 83 % en 2005 à 73 % en 2010. Cette situation peut s’expliquer par la crise
politique et économique de 2009, entrainant une diminution des dépenses du gouvernement
allouées à l’éducation, et les parents éprouvent d’avantage de difficultés à couvrir les frais
de scolarités.

1-2. La santé

La "santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste


pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité" (OMS, 2001). Elle peut être
considérée comme les ressources (capital santé) d’une personne pour agir dans son milieu
et accomplir les rôles qu’elle entend assumer, d’une manière acceptable pour elle-même et
pour les groupes dont elle fait partie1.

Dans ce cadre, si les services médicaux sont bien orientés vers les femmes et les
enfants, les soins auront des impacts à long terme sur leur espérance de vie et le
développement physique d’un enfant.

Cependant, les faibles performances de l’économie malgache depuis le début de la


crise politique se sont traduites par une forte détérioration des conditions de vie des
populations.

Dans l’ensemble du pays, les infrastructures de santé fermées se multiplient et


s’élèvent à 214 en janvier 2011 (Ministère de la Santé), malgré le recrutement de personnel
de santé effectué par le secteur. En effet, les indicateurs de santé en général de la
population ne se présentent pas comme ils sont souhaités. Le tableau suivant illustre
l’évolution des indicateurs de la santé à Madagascar entre 2005 et 2010.

1
Définition de l’OMS, citée par Césaire Mbima (2004), Evaluation de l’accès des ménages à la prise en
charge des PVVIH à Toamasina urbain, DEA (Diplôme d’études Approfondies), en sciences économiques et
sociales de la Santé, Université de Toamasina, p. 21.

52
Tableau XXIII. L’évolution des indicateurs de Santé à Madagascar (2005 et 2010)

Indicateurs 2005 2010


Individus ayant indiqué avoir été malades 7,2 % 12,4 %
Incidence de la maladie chez les enfants de moins de un an 15,6 % 22,0 %
Taux de consultation 40,2 % 32,7 %
Coût moyen du traitement (pour les individus ayant consulté) 6 193 Ar 17 800 Ar
Taux d’automédication 72,4 % 64,1 %
Coût moyen du traitement par automédication 1 436 Ar 3 000 Ar
Les causes de non consultation (% du total)
Coût 50,8 53,0
Eloignement des professionnels de santé 20,0 24,4
Autre cause 29,2 22,6
Source : EPM 2005 et EPM 2010, INSTAT 2010.

La population malgache est exposée à de nombreuses maladies, notamment des


maladies infectieuses et parasitiques chez les enfants. En 2010, selon l’EPM, le taux des
individus ayant indiqué avoir été malades est passé de 7,2 % à 12,4 %. De plus le taux
d’incidence de la maladie atteignait 22% chez les enfants de moins d’un an, contre 15,6 %
en 2005. Les contraintes financières constituent le principal obstacle pour la moitié de ces
malades et l’éloignement des établissements sanitaires concerne le quart des cas.

Par conséquent, seuls 32,7 % des individus interrogés a consulté un professionnel


de santé en 2010, contre 40,2 % en 2005 et environ 64,1 % de ceux qui n’ont pas consulté
ont essayé l’automédication et ont dépensé en moyenne 3000 Ar en médicaments. Bref,
être en bonne santé est un des facteurs conduisant à une croissance économique. Du fait,
une santé meilleure permet d’aboutir à une augmentation de la productivité de la
population. Dans le cas contraire donc, c’est une entrave à la croissance économique.

2. Quelques théories du développement

Toutes études économiques se réfèrent toujours à des théories et modèles


économiques élaborés par leurs précurseurs respectifs, mais aussi aux faits qui se sont
succédé tout au long de l’histoire. En ce sens, dans le cadre de cette analyse, nous nous
référons aux théoriciens suivants.

53
2.1. Selon Alfred Sauvy

Alfred Sauvy (1952) caractérise que, les pays pauvres souffrent de plusieurs
critères liés au sous-développement : à savoir, la structure démographique, en parlant que
les pays en développement sont en situation de fort taux de natalité, fort taux de mortalité
et d’une alimentation insuffisante. En outre, le problème de l’emploi, puisque, le poids de
l’agriculture est hypertrophié, le chômage déguisé rural persiste, le travail des femmes et
des enfants existent et enfin ce sont des problèmes d’ordres sociopolitiques du fait que la
classe moyenne est absente, et la démocratie est en situation de déficit.

2.2. Selon Ragnar Nurske

Selon Nurske (1953), la pauvreté intensifie le sous-développement et que ce dernier


est autoentretenu. Du fait de la pauvreté et la baisse du niveau de revenu national, les pays
en voie de développement ne possèdent pas d’épargne pouvant être affectée en
investissement productif.

La majeure partie de leur population se trouvent dans la rareté d’investissement et


dans la malnutrition car l’accroissement de la production sur le marché est imparfait à
cause du manque de capitaux et de l’absence de stimulants pour l’investissement. Par
conséquent, ces pays se contentent de recourir aux capitaux étrangers.

En effet, le cercle vicieux de surendettement va naître. Nous assistons de manière


constante à une situation d’économie dépendante. Du fait de l’insuffisance de la demande,
les producteurs ne sont pas motivés à engager des efforts de production.

Donc, Nurske a conclu que la pauvreté constitue un obstacle au développement, ce


qui conduit au freinage de l’enrichissement, en l’affirmant par ce propos tautologique : «
un pays est pauvre parce qu’il est pauvre ».

A noter que sur une population totale malgache de 20 142 015 millions, 56,5%
(11,4 millions de personnes) vivent avec des revenus moyens en dessous de la ligne de
pauvreté extrême de 1US$ (PPA) par personne par jour. Et 76,5 %, soit près de 15,6
millions sont en dessous de la ligne de pauvreté générale de 2 US$ (Banque Mondiale,
2012).

54
SECTION II. LES INDICATEURS DE LA QUALITE DE VIE

L'indice de développement humain1 est un instrument de mesure qui ambitionne de


déterminer l'état réel des pays de façon plus fine que le PIB ou le PIB en PPA (parité de
pouvoir d'achat). Il prend en compte plusieurs critères pour déterminer le niveau de vie
dans un pays donné, aussi bien le PIB par tête (la dimension économique) que le niveau
d'instruction et l'espérance de vie (dimension "sociale"). Dans ce cadre, avant de calculer
l’IDH lui-même, il faut établir un indice pour chacune de ces variables.

D’une manière générale, la détermination de ces trois variables passe à chaque fois
par la définition d’une fourchette de variation, avec un minimum et un maximum. Les
résultats obtenus pour chaque variable sont exprimés par une valeur comprise entre 0 et 1

A l’évidence, la grande Ile est caractérisée par un faible niveau de développement


humain, tel qu'il se reflète dans les taux d'espérance de vie à la naissance, les niveaux
d'instruction et les conditions de vie de la population. Le graphique suivant nous montre
l’évolution de cet indice.

Graphique 8. L’évolution de l’indice de développement humain


0,58 IDH
0,571
0,56
0,54
0,533
0,52
0,493 0,499 0,509
0,5
0,48 0,483
0,48 IDH
0,469
0,46 0,468
0,462
0,44 Année
0,435
0,42
0,4
1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2008 2010 2011 2012

Source : Rapports sur le Développement Humain, PNUD de


1999-2013 avec conception personnelle.

1
Mise au point par le PNUD en 1990 et popularisé par des auteurs proches de cette institution, comme
Amartya Sen, l'indice de développement humain a une dimension à la fois économique et sociale.

55
Le graphique révèle que l’IDH n’a cessé d’augmenter depuis l’année 2002 et a
atteint son niveau maximum pendant l’année 2008. Après 2008, la courbe descend
jusqu’en 2010, c’est le niveau le plus bas (0,435) durant les dix dernières années. Une
situation qui pourrait être expliquée par la crise politique sévissant le pays. Cependant, une
légère amélioration de 0,480 en 2011 et de 0,483 en 2012 a été constatée. Le pays figure
encore, malgré tout, parmi les pays à faible indice de développement humain. Le graphique
IV illustre les rangs occupés par Madagascar de 1999 à 2012.

Graphique 9. Le rang en termes de l’IDH


155
Rang 151 151
150
150
147 149 146 145
145
143 143 Rang
140

135
135 135
130 Année
1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2008 2010 2011 2012

Source : Rapports sur le Développement Humain, PNUD de 1999-


2013 avec conception personnelle.

Ce graphe montre que les rangs du pays n’évoluent pas dans le même sens que les
valeurs de l’IDH. En effet, en 2010 où sa valeur est la plus basse, Madagascar n’a été placé
qu’au 135ème rang alors qu’en 2008 où il a atteint sa valeur la plus élevée, il est reculé au
145ème rang. Ainsi, si la grande Ile a stagné au niveau du rang en 2012 par rapport à l’année
précédente, l’indice de développement humain est passé de 0,480 à 0,483.

I- CALCUL DE L’IDH

Pour manifester que la mesure du développement ne saurait se réduire au PIB


(Produit intérieur Brut), le PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement)
calcule un IDH depuis 1990. C’est un indicateur composite qui est la moyenne de trois
indicateurs (pondérée de façon égale) :

Esperance de vie = ;

56
Application numérique :

Espérance de vie= (67 – 25) / (85 – 25) = 0,7.

o le niveau d’instruction mesuré à partir du taux d’alphabétisation des adultes (pour


deux tiers de l’indicateur) et du taux de scolarisation des moins de vingt-quatre ans
(pour 1/3) ;

Le calcul du niveau d’instruction s’obtient par la formule :

Niveau d’instruction =

o le niveau de vie, mesuré par le PIB réel corrigé/habitant

La valeur de chacun de ces indicateurs est comprise entre 0 et 1. Elle est


proportionnelle à la position du pays par rapport au minimum et au maximum fixé par le
PNUD. Pour chaque indicateur1 (25 ans pour l’espérance de vie ; 0 % à 100 % pour les
taux, 100 dollars et 40 000 dollars pour le PIB) ;

Le pourcentage de revenu Y ou le PIB/ tête, le revenu maximal est fixé à 40 000 $,


le revenu minimal est fixé à 100 $, donc la formule est :

Niveau de vie=

D’après la formule mentionnée ci-dessus,

Niveau de vie = logY –logY minimale / logY maximale – logY minimale


= log1136 –log100 / log40000- log100
= 7,035-4,605 / :10,595 – 4,605
= 2,43 / 5,991
= 0,405.

1
Goujon Michaël (2001), Indicateur de développement humain, une évaluation rétrospective pour la
Réunion, troisième édition, p. 89.

57
La durée de vie = 66,7 – 25 / 85 -25 = 0,695.
Le niveau d’instruction :
Taux d’alphabétisation = 52- 0 / 100 – 0 = 0,52.
Taux de scolarisation combinée = 49,9 -0 / 100 – 0 = 0,499.
Niveau d’instruction = (0,52 × 2) + 0,499 /3 = 0,513.
Donc, IDH 2010 = (0,405+ 0,695+ 0,513) / 3 = 0,537.

Le calcul de l’IDH 2011


Niveau de vie = log1163 –log100 / log40000 – log100 = 2,453 / 5 ,991 = 0,409.
La durée de vie = 64 – 25 / 85 – 25 = 0,65
Taux d’alphabétisation = 50,5 – 0 / 100 – 0 = 0,505
Taux de scolarisation combinée = 54 – 0 / 100 – 0 = 0,54
Niveau d’instruction = 0,505 × 2/3 + 0,54/3 = 0,516
Donc IDH 2011 = 0,409+ 0,65 + 0,516 / 3 = 0,525.

D’après ce calcul, l’IDH de la région Atsinanana 2010 et 2011 sont respectivement


0,537 et 0,525 ; Nous constatons que l’IDH de la région Atsinanana est supérieur à 0,5 ;
prouvant que le niveau de vie des ménages est peu acceptable.

1- Indicateur sexospécifique du développement humain (ISDH)

L'indicateur sexospécifique du développement humain (ISDH) est composé des


mêmes variables que l’IDH. Il s'en distingue toutefois en ce sens qu’il corrige les
niveaux moyens obtenus par chaque pays en termes d'espérance de vie, de niveau de
d’instruction et de revenu, de façon à refléter les disparités sociologiques entre hommes
et femmes dans ces trois domaines.

Donc l’ISDH1 mesure les mêmes avancées et se fonde sur les mêmes variables
que l’IDH, mais corrige ce dernier des disparités sociologiques entre hommes et femmes.
Ainsi si l’ISDH est inférieur à l’IDH, cela révèle une inégalité entre les genres au
détriment de la femme.

1
Césaire MBIMA, Cours de croissance et fluctuations économiques, 3ème année en économie, 2010-2011,
Université de Toamasina.

58
2- L’indicateur de la participation des femmes (IPF)

L’indicateur de la participation des femmes (IPF) a pour composantes trois


ensembles des variables définies explicitement pour mesurer les responsabilités que les
hommes et les femmes peuvent exercer dans les domaines politique et économique :

- le pourcentage de femmes et d'hommes exerçant des fonctions de direction et


d'encadrement supérieur ;
- le pourcentage de femmes et d'hommes occupant des postes d'encadrement et des
fonctions techniques ;
- le pourcentage de femmes et d'hommes occupant des fonctions parlementaires.

3- L'indicateur de la pauvreté humaine (IPH)

L'indicateur de la pauvreté humaine (IPH) se concentre sur trois aspects


essentiels de la vie humaine qui sont déjà envisagés dans le cadre de l'IDH, mais considère
ces aspects sous l'angle des manques :

 La première forme de marque se mesure ainsi en termes de longévité : c'est la


probabilité de décéder à un âge relativement précoce (40 ans).
 La deuxième, qui a trait à l'instruction, consiste à se trouver exclu du monde de la
lecture et de la communication (mesuré par le taux d’analphabétisme des adultes).
 La troisième concerne l'absence d'accès à des conditions de vie décentes (mesuré
par un sous indicateur composite comprenant lui-même le pourcentage d'individus
privés d'accès à l'eau potable, celui des personnes n'ayant pas accès aux services de
santé et celui des enfants de moins de 5 ans souffrant d’ insuffisance pondérale
modérée ou aiguë.

Photo 1. La pauvreté à Madagascar

Source : [Link]
vu le 16/11/13 à 16h11.

59
Tableau XXIV. Evolution des IDH, ISDH, IPF à Madagascar

Année IDH ISDH IPF

2005 0,527 0,524 0,368


2004 0.514 0,513 0,363
2003 0,505 0,503 0,360
2002 0,479 0,477 -
2001 0,484 0,481 0,396
2000 0,470 -
Source : INSTAT, Rapport National sur le Développement Humain 2006/PNUD.

Le sommet de la terre qui s'est tenu à Rio en 1992 à imposer le "développement


durable" comme le grand dessein commun à tous les pays. Quelle est donc la signification
du terme "développement durable" ?

II. LE DEVELOPPEMENT DURABLE

En 1987, le rapport Brundtland a défini le développement durable1 comme "un


développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des
générations futures ». Cette notion repose sur le fait que le processus de changement par
lequel l'exploitation des ressources, l'orientation des investissements, les changements
techniques et institutionnels se trouvent en harmonie et renforçant les potentiels actuels et
futurs des satisfactions des besoins humains. Dans le long terme, le processus de
développement doit répondre à des objectifs sociaux, économiques et environnementaux
complémentaires et interdépendants. Il y a un souci d'équité intergénérationnelle et une
idée d’altruisme.

1. Les concepts fondamentaux

C’est un système de développement qui satisfait les besoins en ressources des


générations actuelles tout en laissant les générations futur d’en disposer les leurs.

1
Sachs Ignasy, Stratégie de l’écodéveloppement. Edition Economie et humanisme, 1980, p. 25.

60
Exemple :

- Dans le domaine de l’agriculture, il faudrait veiller à ce que le capital terre


soit préserver contre la pollution chimique (des insecticides) autrement dit, il
faudrait employer des technologies rationnelles et appropriées.
- L’exploitation forestière doit être faite de telle manière que les arbres abattus
puissent se régénérer.
- La pêche doit respecter la période de ponte, etc.

Conséquence :

Il y a trois piliers pour soutenir le Développement Durable :

- Assurance de la croissance économique.


- Equité sociale.
- Préservation de l’environnement.

Ces piliers se résument dans le graphique ci-après.

Figure 1. Le schéma du développement durable

Source : [Link]
vu le 11/11/2013 à 21 h

Donc, un projet de développement durable s'appuie nécessairement sur un mode de


concertation plus abouti entre la collectivité et ses membres. La réussite d'une politique
passe ainsi par le respect d'exigences de transparence et de participation des citoyens.

61
En d’autre termes, il faudrait intégrer ces trois éléments1 c’est à dire qu’il ne peut
pas avoir de développement économique sans préservation de l’environnement. De même
on ne peut pas préserver l’environnement indépendamment de la politique de
développement.

Environnement :

Il existe plusieurs définitions mais les éléments communs sont de trois sortes :

- les éléments physiques qui sont l’eau, l’air, le sol etc.


- les éléments biologiques qui sont la faune et la flore.
- les éléments humains : les cultures, les traditions et le social (interrelation
entre les hommes).

2- Sommet de la terre

Il y a eu trois sommets jusqu’à nos jours, la première s’est déroulée au Brésil à Rio
de Janeiro en 1992 et le second en Afrique du sud à Johannesburg en 2002 et la dernière
appelé sommet RIO+20 s’est dérouillé récemment, comme son nom l’indique, dans l’ex-
capitale de Brésil.

a. Le sommet de Rio de Janeiro de 1992

Objet : Le Développement et la protection de l’environnement.

A partir de ce sommet est né le concept de Développement Durable. Les principaux


résultats de ce sommet étaient :

- un plan d’action, c’est à dire des actions concrètes, des échéances


(calendrier), des budgets, des responsables et des indicateurs objectivement
vérifiables
- des conventions internationales qui ont été signées notamment :
1
L’écologie en tant que science naturelle est arrivée à cette notion qui englobe l’environnement physique
(biotope) et l’ensemble des espèces vivantes (biocénose ) dans un espace.
2
Groupe créé en avril 1968 sous l’impulsion de Aurelio Peccei qui rassemble des universitaires, des hommes
d’affaires et des chercheurs, préoccupés par les problèmes de l’avenir de l’humanité, passant commande à
des organismes de recherche d’études et de « rapports » ayant trait au devenir économique et écologique du
monde.

62
 la convention sur la diversité biologique, c’est-à-dire la protection de la
faune et de la flore.
 la convention sur le changement climatique : la limitation des gaz à effet
de serre.

b. Le sommet de Johannesburg en 2002

Ce sommet n’est que l’évaluation du progrès accompli pour le plan d’action qui a
été défini au Brésil et s’est focalisé sur cinq thèmes qu’on peut abréger par le mot
« WEHAB » :

- Water : eau. C’est la préservation de l’eau en qualité et en quantité, c’est


surtout le cas de l’Afrique
- Energie. C’est l’exploitation de toute sorte d’énergies. Energies renouvelables,
énergies solaires.
- Heath : santé. C’est la lutte contre le paludisme et le SIDA
- Agriculture. C’est la recherche sur l’agrobiologie en alternance avec les
techniques polluantes telles que les insecticides.
- Biodiversité. C’est la préservation des faunes et des flores.

Les principaux résultats étaient :


- un nouveau plan d’action amélioré qui tient compte des leçons et des faiblesses
du plan d’action de 1992
- Déclaration de politique. C’est un engagement politique des états à réaliser la
déclaration des principaux chefs d’état et des gouvernements.

c. Le sommet de Rio+20 en Brésil

La conférence des Nations unies pour le développement durable organisée du 20 au


22 juin 2012 à Rio de Janeiro est appelée Sommet "Rio+20". En effet, elle intervient 20
ans après le "Sommet de la Terre" à Rio de 1992 qui avait permis l’adoption des premiers
engagements internationaux en faveur du développement durable : deux conventions
avaient été adoptées, l’une sur la lutte contre le réchauffement climatique et l’autre sur la
sauvegarde de la biodiversité, ainsi qu’un programme d’action regroupant 2 500

63
recommandations dans les domaines économique, social et environnemental. Cinq ans plus
tard, avec le Protocole de Kyoto, les pays industrialisés (exception faite des États-Unis)
acceptaient, conformément à l’engagement pris à Rio, de limiter leurs émissions de gaz à
effet de serre entre 1990, année de référence, et 2012.

A l’issue du Sommet, les représentants des 193 pays réunis ont adopté une
déclaration finale intitulée "L’avenir que nous voulons". Elle s’organise autour des thèmes
mis en avant lors des travaux préparatoires de Rio+20.

Donc la conférence1 de Rio + 20 ne débouchera pas sur des engagements


contraignants mais une déclaration élaborée à partir d’un texte en négociation depuis
plusieurs mois "Le futur que nous voulons". Cette "feuille de route" est la base de
négociations pour les prochaines années. Mais le texte initial, déjà très consensuel, a été
largement amputé par le gouvernement brésilien en dernière ligne droite, pour imposer un
consensus avant l’arrivée des chefs d’Etat.

Le sommet de la terre comme celle de Rio de Janeiro de 1992,le sommet de


Johannesburg en 2002 et le sommet de Rio+20 en Brésil sont importants pour la mise en
œuvre du développement durable car ils décrivent la politique de lutter contre la
destruction de l’environnement en visant la situation de la population future.

1
CNUED, La Déclaration de Rio sur l’environnement et le développement, adresse électronique :
[Link] consulté 20 Janvier 2013 à 9h 45 mn

64
PARTIE II

LES ROLES DU COMMERCE EXTERIEUR SUR LE


DEVELOPPEMENT ECONOMIQUE DE MADAGASCAR

65
Pour les pays développés, le marché tient une place prépondérante dans une
économie, il constitue la base du développement. Par contre dans les pays en voie de
développement, surtout en Afrique, le rôle de marché dans l’économie reste insignifiant et
performance des exportations demeure très faible.

A Madagascar, le marché n’est pas encore permet aboutir au développement même


s’il existe plusieurs avantages non exploités que l’on peut entreprendre pour développer les
exportations. Pour identifier les faits du commerce extérieur sur le développement
économique, nous allons voir en deuxième partie le rôle du commerce extérieur sur le
développement.

Cette partie se subdivise en deux grands chapitres, dont le premier évoque l’analyse
de l’incidence du commerce extérieur sur la performance économique et le second chapitre
évoque la perspective d’amélioration du commerce extérieur.

66
CHAPITRE I. LES RELATIONS ENTRE DEVELOPPEMENT ET
COMMERCE EXTERIEUR

Dans presque tous les pays, le commerce est important, à la fois comme source de
richesses et comme instrument pour parvenir à une croissance autonome et faire reculer la
pauvreté.

Tout d’abord, les entreprises d’un pays doivent avoir accès à des marchés étrangers
plus vastes et plus riches pour générer le niveau de demande requis pour exploiter des
économies d’échelle qui à leur tour ouvriront la porte à une croissance économique
soutenue. Ceci est particulièrement vrai pour les pays à faible revenu dont le marché
intérieur a une taille restreinte.

SECTION I. LE FAIT D’EXPORTATION OU L’IMPORTATION SUR LE


DEVELOPPEMENT

L’ouverture à l’extérieur peut favoriser le développement économique du pays


grâce à l’entrer devises. Pour bien décrire le rôle de l’exportation et d’importation à travers
le développement, nous entamons à la vérification mathématique que nous voyons ci-
après.

I. LA VERIFICATION PAR CALCULS ECONOMETRIQUES

1. Pour le cas de l’exportation

L’indicateur de corrélation entre la valeur d’exportation x (variable indépendante)


et l’indicateur du développement humain1 y (variable dépendante) est obtenu à partir de la
modélisation à régression simple suivante :

Le modèle de régression simple s’écrit :

y = β0 + β1x+ µ (1)

1
PNUD, (2013), Rapport sur le développement humain. L’essor du Sud : le progrès humain dans un monde
diversifié, 228 p.

67
Où β0 est la constante ; β1 est la pente, et µ le terme aléatoire. Nous parlons le
modèle de régression simple de l’indicateur du développement y sur le taux de croissance
démographique x.

1.1. Les calcul des estimateurs par la méthode de moindre carré ordinaire (MCO)

Les estimateurs des MCO1 sont ceux qui minimisent le carré des résidus, où le
résidu de MCO pour l’observation i est défini par :

µ* = yi - +

Donc l’équation (1) devient :

̅ = ̂0 + ̂1

De ce fait, nous calculons d’abord la moyenne ̅ et par la formule : (2)

̅= ∑ = ∑

Et donne ̂
0 ̂1

̂0 = ̅- ̂1 et

∑ ( − )( − ̅)
̂1 =
∑ ( − )

̂
= ̂
avec ∑ ( − ) ≠0

1
Philippe Casin (2013), Exercice d’économétrie et d’analyse de données, édition TECHNIP, p. 42.

68
Tableau XXV. La corrélation entre IDH et l’exportation de Madagascar

N° Xi Yi XiYi Xi2 Yi2 − n̅ x − nx̅

1 (2008) 100,7 0,571 57,5 10140,49 0,33 -0,64 -29971,59

2 (2009) 99,7 0,485 48,35 9940,09 0,35 -0,62 -30171,99

3 (2010) 100,04 0,435 43,52 10008,00 0,19 -0,78 -30104,08

4 (2010) 100,12 0,48 48,06 10024,01 0,23 -0,74 -30088,07

Total 400,56 1,971 240,78 40112,59 1,1 -2,78 -120335,73


Source: Conception personnelle, août 2013.

Application numérique :
n=4

̅= ∑

= 0,492
̅= ∑

= 100,14.

( )(
̂1=∑ ̅)
;
∑ ( )

̂1 = ∑( ) ( )
( )

̂1 =

= 0,0034.

69
̂0 = ̅- ̂1

= 0,492 + 0,003×100,14

̂0 = 0,792 ~ 0,8.

La droite de régression1 de l’IDH et la valeur d’exportation est :

Y = 0,8 – 0,003x.

D’après cette équation, nous avons une droite à pente négative. Mais, pour mieux
confirmer la corrélation entre x et y, un test d’efficacité s’impose. En effet, pour savoir si
l’exportation est efficace ou non, il serait nécessaire de calculer le coefficient de
détermination R2 donné par la formule.

1-2. Le coefficient de régression entre l’exportation et l’IDH

Pour vérifier l’hypothèse, nous calculons le coefficient de régression R² entre ces


deux variables en utilisant la formule :

( )( ̅̅̅)
R² = ̂1 ̅)
(

R² = 0,99.

D’après ce calcul, nous obtenons R² qui est égal à 99 %, ce qui signifie que le
développement dépend beaucoup de la valeur d’exportation. L’indice de corrélation
confirme qu’il y a une forte corrélation entre ces deux variables. Mais, cela ne veut pas dire
que la première est la cause de la seconde ou vice-versa. Autrement dit, cette forte
corrélation n’explique pas forcément une relation de causalité entre l’IDH et l’exportation
de Madagascar.

1
Marco Rakotonandrasana, Cours d’économétrie, 4ème année d’économie 2010-2011, université de
Toamasina.

70
2. Pour le cas de l’importation

2.1 Etude économétrique de relation entre la valeur d’importation et l’indice de


développement humain

L’indicateur de corrélation entre la valeur d’importation X (variable à expliquer) et


l’indicateur du développement humain1 y (variable dépendante) est obtenu à partir du
model de régression simple.

Le modèle de régression simple s’écrit :

y = β0 + β1x+ µ (3)

Où β0 est la constante ; β1 est la pente, et µ le terme aléatoire. Nous parlons le


modèle de régression simple de l’indicateur du développement y sur la valeur
d’importation x.

a. Les calcul des estimateurs par la méthode de moindre carré ordinaire(MCO)

Les estimateurs des MCO (Casin, 2013) sont ceux qui minimisent le carré des
résidus, où le résidu des MCO pour l’observation i est défini par l’équqation :

µ* = yi - +

Donc l’équation (3) devient :

̅ = ̂0 + ̂1

De ce fait, nous calculons d’abord la moyenne ̅ et par la formule : (4)

̅= ∑ = ∑

Avec ̂0 ̂1

̂0= ̅- ̂1 et

1
PNUD, (2013), Rapport sur le développement humain. L’essor du Sud : le progrès humain dans un monde
diversifié, 228 p.

71
∑ ( − )( − ̅)
̂1 =
∑ ( − )

̂
= ̂
avec ∑ ( − ) ≠0

Tableau XVIII. La corrélation entre IDH et l’importation de Madagascar

N° Xi Yi XiYi Xi2 Yi2 − ̅ − ̅

1 (2008) 100,44 0,571 57,35 10088,19 0,33 -0,64 -29959,82

2 (2009) 99,95 0,485 48,48 9990,00 0,35 -0,62 -30058,01

3 (2010) 99,86 0,435 43,44 9972,02 0,19 -0,78 -30075,99

4 (2011) 99,99 0,48 47,99 9998,00 0,23 -0,74 -30050,01

Total 400,24 1,971 197,26 40048,21 1,1 -2,78 -120143,83


Source : Conception personnelle, août 2013.

Application numérique :
n=4
̅= ∑

=0,492

̅= ∑

= 100,06

̂1=∑ ̅
;

∑ ̅̅
=

̂1 = ∑( )( )
( )

72
=

= 0,0033

̂1 = 0,003

̂0 = ̅- ̂1

= 0,492 + 0,003×100,06

̂0 = 0,79.

La droite de régression1 de l’IDH et du taux de croissance démographique est :

Y = 0,79 + 0,003x.

2.2. Le coefficient de régression entre l’exportation et l’IDH

Pour vérifier l’hypothèse, nous calculons le coefficient de régression R² entre ces


deux variables en utilisant la formule :

( )( ̅̅̅)
R1² = ̂1 ̅)
(

R1² = 0,97.

D’après ce calcul, nous obtenons R1² qui est égal à 97 %, ce qui signifie que le
développement dépend beaucoup de la valeur de la quantité d’importation. L’indice de
corrélation confirme qu’il y a une forte corrélation entre ces deux indicateurs. Mais, cela ne
veut pas dire également que le premier est la cause du second ou vice-versa. Autrement dit,
cette forte corrélation n’explique pas forcément une relation de causalité entre l’IDH et la
valeur de l’importation.

1
Marco Rakotonandrasana, cours d’économétrie, 4ème année d’économie 2010-2011, université de
Toamasina.

73
II. L’OUVERTURE AUX ECHANGES : LES ESPOIRS ET LES CONTRAINTES

1. La contribution des échanges à la relance

Sous le souffle de la globalisation des échanges, à l’instar de nombreux PED,


Madagascar s’est engagée sur la voie de l’ouverture économique. Elle espère ainsi
retrouver le chemin de la croissance, en libéralisant les échanges extérieurs et en
encourageant plus particulièrement les exportations manufacturières.

Mais, l’évaluation concrète de la relation entre les exportations et le niveau de la


croissance de 1960 à 1995 montres des liens positifs ténus, compte tenu du faible poids du
commerce extérieur dans le PIB. Le sens de la causalité révèle un renforcement mutuel des
deux variables, plutôt qu’une croissance tirée par les exportations. Au vu de l’expérience
passée de l’Ile, l’effet d’entraînement des échanges sur la croissance économique n’est pas
probant.

En outre, et c’est encore plus important, le commerce permet aux entreprises des
pays en développement d’accéder à des technologies qui sont essentielles pour améliorer
leur productivité et leur compétitivité et qui vont générer des opportunités de croissance et
d’emplois, y compris pour les hommes et les femmes pauvres.

Qui plus est, comme en atteste l’expérience des nouvelles économies industrialisées
d’Asie entre les années 60 et la fin des années 90, les derniers arrivés peuvent – si les
conditions préalables et les déterminants requis sont réunis – tirer profit des progrès
technologiques les plus récents et se contenter d’acheter des technologies pour leur propre
développement industriel, pour un coût relativement plus faible et un risque moindre 4
(Lin, 2007 ; ONUDI, 2007).

Par ailleurs, les exportations représentent la principale option pour obtenir les
recettes en devises nécessaires pour financer les importations de biens intermédiaires et
d’équipement incorporant des technologies modernes. De plus, la concurrence incite les
entreprises à accroître leur productivité et Bigsten et al. (2004) ont montré que, grâce aux
gains d’efficience obtenus à force d’exporter, le commerce pouvait aussi améliorer la
productivité.

74
Cette plus grande efficience des entreprises nationales profite aussi aux
consommateurs, y compris les pauvres, à travers une baisse des prix. Bien sûr, les
exportations doivent augmenter au même rythme que la demande d’importations, à défaut
de quoi le pays serait menacé par l’accumulation d’une dette extérieure insoutenable, qui
pourrait compromettre la durabilité de la croissance économique (McCulloch, Winters et
Cirera, 2001 ; Oxfam, 2002).

Depuis 1980, le marché mondial des biens et des services a connu une expansion
spectaculaire, puisque les échanges mondiaux ont été multipliés par cinq en valeur réelle,
et leur part dans le PIB est passée de 36% à 55% (FMI, 2007). La baisse des coûts de
transport et de communication a été un moteur important dans la mesure où elle a permis
aux négociants de prospecter et d’atteindre des marchés extérieurs plus facilement et pour
un moindre coût.

De même, la réduction des obstacles au commerce a accéléré et renforcé


l’intégration dans les années 90, avec l’insertion progressive de pays en développement à
croissance rapide d’Asie, tels que la Chine et l’Inde, et des anciens pays du « bloc de l’Est
» dans le système commercial mondial. Ces mêmes évolutions ont aussi favorisé une
augmentation massive du commerce des services (même si le niveau de départ était
beaucoup plus bas) et l’approvisionnement sur le marché international et l’investissement
étranger dans le domaine des services ont véritablement « explosé ».

Néanmoins, force est de constater que ce tableau idyllique ne s’applique pas à tous
les pays en développement, ni à tous les groupes sociaux à l’intérieur de ces pays. En
outre, alors que les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire ont accompli des progrès
significatifs sur la voie du démantèlement de leurs barrières commerciales au cours des
deux dernières décennies, tous ne semblent pas pour autant avoir obtenu une croissance
soutenue de leurs exportations (Banque mondiale, 2007).

Cette hétérogénéité des résultats est la principale raison qui explique l’absence de
consensus sur l’impact quantitatif de la libéralisation du commerce sur la croissance
économique. La majorité des études économétriques n’ont pas réussi à établir une relation
systématique entre ces deux éléments et des doutes subsistent quant au sens de la relation
de causalité. Techniquement parlant, la régression économétrique est, dans ce domaine, un
exercice délicat car la plupart des variables explicatives sont plus ou moins endogènes.

75
2. Les signes d’une lente progression

L’analyse de l’évolution des caractéristiques des échanges extérieurs montre des


signes prometteurs depuis l’ouverture économique. La montée des exportations non
traditionnelles est manifeste. La libéralisation des importations se traduit par une
croissance de leur volume, et par la possibilité d’accéder à des biens moins chers, grâce à
une plus grande concurrence entre les importateurs.

On constate par ailleurs une diversification des partenaires aux échanges


témoignant des possibilités d’extension des débouchés et de choix entre différents
fournisseurs.

Mais ces dynamiques en cours sont encore limitées ; Les exportations toujours
concentrées autour de quelques produits qui globalement stagnent ou régressent. Suite à la
diminution des taxes, et au désengagement de l’Etat des circuits de commercialisation de
l’agriculture de rente, les prix réels au producteur se sont améliorés, mais les réponses de
l’offre sont timides.

Du côté des importations, la forte montée de leur volume donne une idée de
l’ampleur des besoins de l’économie qui ont été contraints durant la période de fermeture.
La hausse touche aussi bien les équipements et les biens intermédiaires que les produits de
consommation courante.

La stratégie d’import- substitution n’a dons pas pour autant permis l’arrivée sur le
marché de produits locaux compétitifs. La production locale n’arrive pas à se substituer
aux importations. Le faible dynamisme des exportations et le poids des intérêts de la dette
entraînent le déséquilibre chronique de la balance courante, un problème qui reste irrésolu.
Ainsi, des signes positifs sont constatés depuis la libéralisation des échanges, mais les
résultats de l’ouverture extérieure sont faibles.

3. Le poids des contraintes internes à l’offre

La capacité de réponse de l’offre d’exportation aux incitations créées par


l’évolution du taux de change et des prix est étudiée dans cette rubrique. Pour Madagascar,
les effets incitatifs des mesures de libéralisation ont effectivement joué, mais ils
n’expliquent qu’en partie l’évolution des exportations.

76
D’autres facteurs influent sur le niveau de ces dernières. Des problèmes au niveau
du processus de production entravent l’évolution de l’offre locale. L’importance d’une
demande incompressible de biens importés explique par ailleurs l’insensibilité des
exportations manufacturières au taux de change. Cette dépendance vis-à-vis des
importations limite également les possibilités de substitution. L’effet de l’évolution de la
demande intérieure (à fort contenu en biens importés non substituables) domine largement
celui du taux de change qui est censé rendre les produits locaux plus compétitifs.

L’analyse de l’exemple concret de la vanille, un produit d’exportation stratégique à


Madagascar a permis de mettre le doigt sur les véritables contraintes qui pèsent sur l’offre.
La crise traversée par la filière vanille trouve son origine dans la stratégie « rentière »,
permise par un environnement quasi-monopolistique appliqué depuis une quinzaine
d’années. Une politique de prélèvements publics démesurée a sérieusement ponctionné les
revenus des acteurs privés de la filière. Les producteurs ont été les premières victimes de
cette politique.

Et même si une croissance des prix aux producteurs a été constatée depuis 1992,
elle reste limitée. L’analyse des résultats d’enquête confirme le déclin de la filière, avec
l’enregistrement d’une chute prononcée de la production, et de rendements extrêmement
faibles. Ce recul résulte pour une large part de la démotivation des producteurs. La gravité
de la situation de la filière est d’autant plus alarmante que les producteurs font face à des
problèmes structurels pouvant à terme mettre en péril la culture. La pression foncière est le
premier obstacle rencontré par les exploitants.

A cela s’ajoute la difficulté d’accès à la terre des jeunes. Le vieillissement des


plantations, suite au non renouvellement des pieds, avec l’épuisement des sols et les
maladies des vanilliers, est par ailleurs autant d’entraves techniques à l’extension de la
production.

Les opinions des producteurs sur les effets de la libéralisation témoignent d’un
profond désarroi face à un avenir incertain. D’après eux, le retrait de l’Etat de la filière
peut entraîner aussi bien une hausse qu’une baisse des prix aux producteurs. Ils prévoient
une commercialisation plus facile, mais avec le risque majeur d’une dégradation de la
qualité des produits vendus. Le souhait d’une libéralisation partielle de la filière
transparaît, avec notamment le maintien d’un prix planché de la vanille verte.

77
La mise en place de structures d’appui et de contrôle efficaces est demandée.
Malgré le tournant en 1992 avec la libération de la filière, l’impact de la politique passée
est lourd à gérer. L’avenir de la vanille malgache dépend fortement du relèvement des prix
aux producteurs, mais également de la résolution des problèmes liés aux difficultés
d’écoulement de la récolte, d’accès à la terre, ainsi que des contraintes techniques qui
constituent des obstacles insurmontables à l’échelle micro-économique de chaque
producteur.

La marge de manœuvre sur les prix est limitée par la sévérité de la concurrence
extérieure. La filière dominée par les petites plantations, ne peut espérer résoudre
uniquement les problèmes hérités du passé, grâce aux forces du marché. La libéralisation,
si elle s’avère nécessaire compte tenu des fortes distorsions préjudiciables au
développement de la production, est loin de suffire pour la relance de la filière.

Ainsi, la libéralisation des échanges a eu des effets positifs sur le commerce


extérieur malgache, un secteur sur lequel le pays compte pour dynamiser la croissance de
l’économie.

Mais l’impact est limité. La faible extraversion de l’Ile, malgré la stratégie


d’ouverture s’explique par des contraintes internes au niveau de l’offre que les lois du
marché ne peuvent résoudre à elles seules.

4- L’efficacité limitée d’une stratégie basée sur l’ouverture extérieure et


l’industrie exportatrice

La performance des entreprises exportatrices à Madagascar est meilleure que celle


des entreprises tournées sur le marché intérieur. Elles ont contribué à l’excédent de la
balance commerciale puisque le montant de leurs importations représente la moitié de celui
des exportations.

Mais si leur rôle est positif sur le commerce extérieur, leur contribution pourrait
être plus forte si leurs activités étaient mieux articulées à l’économie locale. La recherche
de débouchés extérieurs peut constituer une stratégie pour pallier la faiblesse de la
demande. Mais, l’accès à ces marchés est malaisé. La complexité des démarches
administratives est le principal problème évoqué par les exportateurs.

78
L’absence d’informations sur les marchés potentiels constitue également un facteur
qui inhibe le développement des exportations. Les obstacles à la promotion des
exportations sont avant tout internes au pays. Les difficultés liées à la situation
géographique ou à l’environnement international, ne sont donc pas insurmontables.

Sachant que le pays compte sur la dynamisation des secteurs d’exportation,


notamment par l’intermédiaire des entreprises franches, pour renouer avec la croissance,
l’apport de ces derniers est faible si leur contribution à la création d’emploi est manifeste,
les retombées sur le commerce extérieur sont modestes à cause de leur forte dépendance
vis-à-vis des intrants importés. Les trois quarts des intrants de la zone franche sont
d’origine étrangère. La lourdeur et la lenteur des procédures administratives sont les
contraintes évoquées par les entrepreneurs de la zone franche.

Les problèmes liés au faible développement des infrastructures sont négligeables à


côté des difficultés dues à l’inefficacité de l’administration. L’instabilité politique freine
l’arrivée des IDE. A cela s’ajoute le manque de clarté des textes réglementaires, la lenteur
et la complexité des démarches. Ainsi, le développement des entreprises industrielles
exportatrices est limité par des contraintes internes, notamment par la piètre efficacité de
l’appareil administratif.

SECTION II: LA METHODOLOGIE ET LA REVUE DE LA LITTERATURE

Quelques démarches techniques comme la méthodologie et la revue de la littérature


seront évoquées dans la dernière section de ce chapitre.

I. METHODOLOGIE

La démarche méthodologique suivie dans cette étude suit les étapes traditionnelles
d’une recherche. Elle part de l’exploitation de la littérature disponible pour obtenir des
informations sur (i) les orientations stratégiques de développement à Madagascar, (ii) le
développement des secteurs économiques, (iii) le climat d’investissement, (iv) l’intégration
régionale et (v) les études effectuées sur la compétitivité et les avantages comparatifs des
pays. L’analyse des informations et des données disponibles est effectuée sur la base
d’indicateurs de performance et d’avantage comparatif, spécifiés dans le document élaboré
par Trade and Industrial Policy Stratégies (TIPS) en 2008.

79
D’autres mesures sont empruntées des analyses d’autres auteurs dans la littérature.
L’analyse est conduite sur la base de données relative aux importations et exportations
effectués par Madagascar au cours de la période 2000 – 2006, tirées du SADC Trade
Database.

1. Les Modèles d’analyses sur la Base de Différents Indicateurs

L’ouverture de l’économie malgache aux différents marchés extérieurs, dont les


trois marchés régionaux, est estimée en s’inspirant de la mesure utilisée par Osuntogun et
al. Dans leur étude de la diversification des exportations du Nigéria en 1997. Le degré
d’ouverture de l’économie est jaugé en comparant la valeur totale des échanges
commerciaux avec l’extérieur et la richesse créée à l’intérieur du pays (Equation 1). Une
valeur supérieure à 1 insinue une économie entièrement ouverte à l’extérieur. La
contribution du secteur extérieur est supérieure à la production intérieure.

D= (5)

Avec D = degré d’ouverture ; E = exportations et M = importations

Différents efforts ont été déployés pour concrétiser l’ouverture de l’économie


Malgache aux échanges avec les pays membres de la SADC. Toutefois, la connaissance de
l’importance prise respectivement par les importations et les exportations est essentielle
pour déterminer la performance des producteurs dans les échanges avec les différents pays
et permettre une meilleure appréciation de l’influence de l’ouverture sur la situation des
finances internationales de Madagascar.

La portée des importations en provenance d’un pays j donné est évaluée en


rapportant la part des importations venant de ce pays dans les importations totales
malgaches à celle des exportations du pays j dans les exportations au niveau mondial,
comme exprimée dans l’Equation 6. Une valeur de mij supérieure à 1 met en exergue la
place du pays j comme un fournisseur non négligeable pour l’économie malgache.

mij= (6)
(

80
où Mij = total des importations du pays i en provenance du pays j; Mi= total des
importations du pays i ; Xi, Xj et Xw = total des exportations du pays i, du pays j et au
niveau du marché mondial.

Par analogie, l’importance des exportations malgaches vers le pays j est estimée à
l’aide de l’Equation 7.

Xij= (7)
( )

Où Xij = total des exportations du pays i vers le pays j ; Xi = total des exportations
du pays i ; Mi , Mj et Mw = total des importations du pays i , du pays j et au niveau du
marché mondial.

De plus, l’examen du profil commercial sur une période donnée peut également
fournir des indications sur les avantages comparatifs dont disposent les exportateurs à
Madagascar. Deux types d’avantages comparatifs sont examinés dans la présente analyse :

• Les avantages comparatifs relatifs qui soulignent l’importance relative des exportations
d’un produit donné par rapport aux importations. Elle est exprimée dans l’Equation 8, qui a
été introduite par Donge et al en 1982 dans leur examen des ajustements requis et défis de
réforme politique face au second élargissement de la communauté européenne, et reprise
par Osuntogun et al. en 1997, dans leur étude d’une diversification potentielle des
exportations Nigérianes.

ACRk= ln[∑ ∑
] (8)

Où ACRk = indice de l’avantage comparatif relatif ; Xk et Mk = exportation et


importation du produit k avec k = 1, …, n produits Une valeur élevée du ACRk indique
que le pays dispose de plus de succès dans l’exportation du produit k que dans son
importation, tandis qu’une valeur négative peut signifier soit (i) des échanges basés
principalement sur des importations, soit (ii) un ratio exportations-importations pour le
produit k très insignifiant comparé au ratio des exportations-importations totales.

81
L’étendue du marché extérieur pourrait influencer la mise en exergue des avantages
associés aux différents produits exportés. L’analyse se penche alors sur la détermination de
deux types d’avantages comparatifs relatifs des exportations malgaches : (i) ceux au niveau
du marché mondial et (ii) ceux reliés aux échanges avec les pays membres de la SADC.

• Les avantages comparatifs révélés des entreprises exportatrices malgaches face aux
exportations des pays membres de la SADC. L’analyse est effectuée à l’aide de la formule
présentée dans l’Equation (9), qui a été utilisée par Osuntogun et al. en 1997, puis reprise
par TIPS en 2008. Une valeur supérieure à 1 montre que le pays a un avantage comparatif
révélé pour le produit k.

ACRev= (9)

Où Xik = total des exportations du produit k par le pays i ; Xi = total des


exportations du pays i ; Xk = total des exportations pour le produit k au niveau du marché
mondial; X = total des exportations tout confondu au niveau du marché mondial ;
Xi / Xk = part du pays i dans le commerce de k au niveau mondial et Xi / X = part du
pays i dans le commerce mondial.

L’analyse examinera deux types d’avantages comparatifs révélés des exportations


malgaches : (i) ceux au niveau du marché mondial et (ii) ceux au niveau du marché de la
SADC.

2. L’analyse des composantes principales

Pour affiner l’appréciation des avantages comparatifs révélés des exportations


malgaches, confrontés à ceux des pays membres de la SADC, une analyse statistique
multidimensionnelle est menée à travers une analyse des composantes principales (ACP).

Cette dernière aide à mettre en exergue les relations d’interdépendance entre les
variables (les pays de la SADC) et donne une idée sur la structure des données observées,
à l’aide d’un nombre restreint de dimensions ou composantes principales, lesquelles sont
rattachées aux groupes de produits exportés.

82
L’objectif de l’analyse est d’estimer les éventuels changements dans la liste des
produits dont Madagascar dispose des avantages comparatifs révélés, suite à la
confrontation aux avantages des autres pays. Les valeurs correspondantes des avantages
comparatifs révélés de chaque pays membre de la SADC constituent les données de base
utilisées dans l’ACP.

3. L’identification des créneaux d’exportation

Les théories sur les échanges commerciaux entre les pays soulignent le gain des
pays impliqués dans les transactions. Le pays exportateur se spécialise dans la production
de tel ou tel produit suivant les atouts dont il dispose. Le ou les pays partenaires décident
d’importer suivant les besoins de leur économie. La répartition des dépenses d’importation
de chaque pays au niveau des différents groupes de produits peut fournir des indications
concernant de tels besoins.

Le rapprochement des informations sur les avantages comparatifs des exportations


malgaches et la distribution des dépenses d’importation des pays membres de la SADC
permettrait l’identification D’éventuels créneaux pour améliorer les échanges
commerciaux malgaches.

II. LA REVUE DE LA LITTERATURE

1. Orientation stratégique du développement à Madagascar

Madagascar ambitionne de devenir une nation prospère qui réussit de manière


effective, à réduire la pauvreté au sens large, à améliorer la qualité de la vie de sa
population et à gagner sa place sur le marché mondial.

L’accès à une économie à forte croissance, basé sur l’exploitation adéquate et de


manière responsable de ses ressources naturelles uniques et sur le respect de
l’environnement, concrétisera son développement.

Le pays, à vocation agricole, vise aussi à se doter d’une agriculture diversifiée,


industrielle et tournée vers le marché (domestique et exportation) sans toutefois négliger
l’économie de services.

83
Pour cela, le renforcement des capacités, la recherche de la compétitivité et la
détermination à réussir constituent des valeurs à développer, en plus de la mise en œuvre
de différentes initiatives de réformes transformationnelles, prévues dans le plan d’action
articulé autour de huit engagements

2. Le développement des secteurs économiques malgaches

Actuellement, l’expansion de l’économie malgache commence à se matérialiser.


Une croissance économique soutenue au taux moyen de 6,2% a été enregistrée au cours
des cinq dernières années (2002-2006) par suite des différentes réformes entreprises. Cette
croissance repose surtout sur l’amplification du secteur tertiaire et l’expansion du secteur
secondaire dont les taux de croissance en 2007 ont été respectivement estimés à 8,9 % et
6,4 %. La réalisation du secteur primaire reste cependant minime, avec un taux estimé à
2,6% pour la même année, un niveau similaire à celui de 2005.

Les estimations du Ministère de l’Economie, du Commerce et de l’Industrie


(MECI) suggèrent la réalisation d’un PIB par habitant de 406 US$ en 2007, s’il était de
330 US$ en 2006, accusant ainsi une amélioration de 23%. Le secteur tertiaire reste le
principal contributeur au PIB1, suivi du secteur primaire. Leurs apports respectifs au PIB
en 2007, estimés à 53,4 % et 24,2 %, sont complétés par les 13,7 % du secteur secondaire
et 9,5 % sous forme de taxe indirecte.

Un déficit chronique de la balance commerciale est cependant observé depuis la


crise politique de 2002, suite aux performances insuffisantes des opérateurs évoluant dans
le commerce extérieur. La croissance des exportations, déjà peu diversifiées et dominées
par le textile, la vanille et les crevettes est relativement faible comparée à celle des
importations.

Pour renforcer les acquis, le gouvernement a développé une politique


d’investissement axée sur l’économie de marché, la libre entreprise, la libre circulation des
biens, des personnes et des capitaux et sur la promotion d’un secteur privé moteur de la
croissance économique.

1
Le Madagascar Action Plan (MAP) est un document élaboré dans le but de faire un saut qualitatif dans le processus de
développement. Le plan innovant sur cinq ans permettra le démarrage d’une croissance économique rapide, la réduction
de la pauvreté et le développement de Madagascar, conforme à la Vision «Madagascar Naturellement» et face aux défis
de la mondialisation.

84
La politique commerciale vise à rétablir la balance commerciale et à assurer la
protection des entreprises locales contre d’éventuelles concurrences déloyales par suite de
l’ouverture commerciale ainsi que celle des consommateurs contre les fraudes et produits
non conformes aux recommandations internationales.

3. Le Climat d’investissement à Madagascar

3-1. L’environnement de l’investissement à Madagascar

Le gouvernement déploie beaucoup d’efforts pour améliorer l’environnement de


l’investissement à Madagascar. L’augmentation des investissements avec une priorisation
des infrastructures de base pour favoriser les investissements nationaux et étrangers figure
dans la stratégie globale de développement de l’économie malgache. La politique
d’investissement met en exergue, entre autres, le soutien de l’initiative privée pour
rehausser la confiance des investisseurs.

Des dispositions réglementaires assurent la liberté pour les nationaux et étrangers


de faire des investissements, la sécurisation des capitaux investis, l’indépendance dans le
fonctionnement de l’entreprise et la gestion du personnel, pourvu que cela respecte le Code
de Travail et de la Prévoyance Sociale en vigueur à Madagascar. Elles sont renforcées par
l’amélioration de l’accès des étrangers à la propriété foncière, la mise en vigueur de
régimes fiscaux favorables aux activités économiques orientées vers l’exportation et des
lois relatives aux investissements

3-2 La Perception des acteurs économiques

La perception des acteurs évoluant dans l’environnement des investissements à


Madagascar est très importante pour le développement des activités économiques. Une
bonne appréciation révèle un climat favorable à l’expansion des affaires.

Une étude effectuée par The Service Group international economic consulting
(TSG) en 2006, sur la base de critères de choix d’implantation des investisseurs, souligne
que les coûts relativement bas de la main d’œuvre et de la construction à Madagascar,
comparés à ceux des pays d’Afrique Subsaharienne, et l’assistance effective du guichet
unique de facilitation des investissements (GUIDE) à l’établissement des zones franches,
constituent entre autres, des facteurs positifs pour attirer les investisseurs étrangers à
Madagascar.

85
Les résultats de l’analyse menée par Ramilison en 2007 suggèrent que, dans
l’ensemble, les entreprises implantées à Madagascar ont une bonne appréciation du climat
des affaires qui règne dans la grande île. Les unités de production, à majorité de petite
taille, évoluent dans des conditions plus ou moins proches de la concurrence, bien que la
situation soit affectée par l’ampleur du secteur informel, le favoritisme et la corruption. Les
entreprises de grande taille jugent le climat des affaires à Madagascar favorable à
l’investissement et trouvent intéressante l’idée de créer des filiales dans d’autres localités,
en dehors de la capitale.

Cependant, elles demeurent perplexes face à la défaillance de l’offre en énergie, la


difficulté de trouver une main d’œuvre qualifiée, la sécurisation de l’investissement et la
faiblesse du pouvoir d’achat dans ces nouvelles localités. Certaines grandes entreprises
déplorent le comportement malversant du personnel. Cependant, un bon nombre de
sociétés reconnaissent l’adhésion des travailleurs au succès et à la survie de l’entreprise, et
apprécient la promptitude et la position impartiale de l’administration à réagir à toute
infraction aux règlements. L’étude suggère que ce comportement semble ne pas être lié à la
faible rémunération du personnel.

3-3. Les différentes contraintes liées à la culture des acteurs

Des contraintes liées à la culture des différents acteurs évoluant dans le secteur
économique affectent, toutefois, le climat d’investissement à Madagascar. En effet, la
défaillance de l’administration au niveau du sens des services publiques, générant un
climat de méfiance et de suspicion parmi les investisseurs, le comportement peu
accommodant de certains opérateurs et investisseurs nationaux et étrangers, la qualité et la
culture de la main-d’œuvre locale, l’attachement profond aux us et coutumes de la
communauté, la valeur associée par les communautés locales aux investissements effectués
par l’Etat et leur comportement vis-à-vis de ces réalisations, constituent des facteurs
négatifs à la promotion de l’investissement à Madagascar et handicapent l’atteinte des
objectifs de croissance économique (CREAM, 2005).

L’établissement d’une agence de promotion des investissements efficace s’avère


alors indispensable. La réforme du secteur agricole et de l’environnement des industries
agricoles apparaît essentielle, consolidée à travers un meilleur accès à l’information, aux
techniques culturales améliorées, aux certifications et normes d’exportation et aux marchés

86
domestiques et internationaux. L’amélioration de la disponibilité en énergie électrique et
l’accès aux crédits sont, entre autres, des points qui méritent une réelle attention pour
attirer les investisseurs étrangers (TSG, 2006).

4. Intégration régionale

Le phénomène de la globalisation et de la mondialisation qui s’est propagé au cours


des dernières décennies exige une plus grande libéralisation des échanges entre les
différents pays du monde. La vision d’une Union Africaine similaire à celle Européenne,
impliquant les 52 états, est devenue alors nécessaire pour les dirigeants du continent
africain. En effet, la promotion des échanges commerciaux au niveau du continent est
devenue primordiale avant de procéder à une plus grande ouverture avec le reste du
monde.

Des étapes intermédiaires par la formation de groupements régionaux répartis en


quatre sous-régions, se sont avérés nécessaires pour progresser vers un consensus général.
En adhérant aux groupements régionaux, les pays membres ont la possibilité de: (i) accéder
à un marché plus élargi que celui domestique, (ii) exercer une politique commune face aux
bailleurs de fonds, (iii) assurer le maintien de la paix et de la sécurité dans leur sous-région
et (iv) parvenir à l’intégration économique régionale permettant la libre circulation des
biens et services, des capitaux et des personnes.

4-1 Accords d’échanges régionaux ratifiés par Madagascar

Les accords d’échanges régionaux peuvent se faire par le biais d’une coopération
régionale, à travers une organisation intergouvernementale, comme dans le cas de la
Commission de l’Océan Indien (COI) qui regroupe les cinq îles de la région et dont
Madagascar fait partie depuis 1984. La coopération touche la politique et la diplomatie,
consolide la dimension économique et commerciale, et vise entre autres, le développement
durable de la région tout en renforçant son identité culturelle.

L’intégration régionale peut aussi se matérialiser par l’adhésion à une communauté


économique régionale soucieuse (i) de la consolidation des avancées de l’intégration, (ii)
du lancement de programmes en vue du marché commun et (iii) de la crédibilité et du
dynamisme de la communauté. Tel est le cas du marché commun de l’Afrique Orientale et
Australe [Common Market for Eastern and Southern Africa (COMESA)]. Madagascar y a
adhéré depuis 1995 et fait partie des 20 pays membres du groupement.

87
La communauté de développement de l’Afrique Australe [Southern African
Development Community (SADC)] constitue le troisième groupement régional auquel
Madagascar s’est joint en 2005. La communauté est riche de 15 membres et vise
principalement l’autosuffisance collective et l’amélioration du niveau de vie de la
population de la région à travers une utilisation harmonieuse et rationnelle des ressources
disponibles. La ratification de l’adhésion de la Grande Ile à la zone de libre-échange de la
communauté a été faite le 17 août 2008.

4-2 Avantages et inconvénients de l’intégration régionale

L’effet dimension qui accompagne le développement des accords d’échange est un


avantage non négligeable. En effet, l’ouverture des frontières et l’augmentation de la
demande potentielle qui en découle, sont supposées favoriser l’intensification de
l’investissement au niveau de l’appareil de production national. Cela entraînerait
l’augmentation de la production et de l’emploi ainsi que celle de la demande en biens de
consommation, par suite de la distribution de salaire.

Des améliorations au niveau de la croissance et du développement économique de


chaque pays peuvent alors être attendues avec les réformes de marché libre. En effet,
l’élimination des traitements préférentiels devrait encourager l’amélioration de la qualité
de la production et le renforcement de la compétition sur le marché ouvert. L’amélioration
de la performance à l’échange, par une spécialisation plus soutenue et une plus grande
efficience, favoriserait alors une croissance économique accélérée, tant espérée par les
pays en développement.

L’intégration ne présente cependant pas que des avantages. Les expériences ont
montré que les pôles de développement les plus forts se trouvent renforcés au détriment
des régions les plus faibles. En effet, malgré l’avance de l’intégration globale et
l’augmentation du volume d’échange, certains pays n’arrivent pas à réaliser de réels
bénéfices. Face à une forte concurrence, ils risquent même de voir leur appareil productif
affaibli.

Le point de vue de Connel et Boutar (2007), partagé par d’autres auteurs, illustre la
situation et met en exergue la difficulté des petits pays à entrer en compétition avec les
grands pays dans les conditions de marché libre, étant donné les règles d’échange
asymétrique. Les auteurs soutiennent que les nouveaux créneaux de produits tels le

88
tourisme, clamés par beaucoup de développeurs, peuvent ne pas soutenir le développement
économique des petits pays. En effet, ces pays font face à des problèmes multiples,
étroitement liés à leur taille réduite, à l’éloignement, à l’isolement, à l’inexistence
d’économies d’échelle, à la limitation des ressources naturelles, à la restriction des
produits de base, à l’importance des déficits de la balance commerciale, à l’insuffisance
des capacités locales, à la vulnérabilité aux chocs extérieurs et aux désastres naturels, et
aux dépenses excessives du gouvernement.

5. Compétitivité – Avantage comparatif

Pour faire face à un échange commercial international qui gagne de plus en plus de
l’ampleur, tous les pays, développés et en développement, cherchent à se reconvertir vers
les secteurs économiques et les branches d’activités où ils estiment être les plus
performants. Les questions de compétitivité et d’avantages comparatifs deviennent alors
d’actualité et retiennent l’attention des décideurs politiques, des responsables de la gestion
économique, des économistes et des chercheurs. Ces notions sont étroitement associées.

5-1 Le Concepts de compétitivité et d’avantage comparatif

D’une manière générale, la notion de compétitivité est associée à la capacité d’une


entreprise à affronter la concurrence du marché. La théorie économique stipule la faculté
de l’entreprise compétitive à réaliser le maximum de profit, malgré les contraintes
auxquelles elle doit faire face. La compétitivité peut alors insinuer, entre autres, un niveau
technologique plus avancé, un volume de vente plus important ou une meilleure qualité de
produits par rapport à ceux des concurrents. Elle suppose aussi que l’entreprise maintient
une position dominante dans une section quelconque du marché. Des études pour améliorer
la compétitivité suggèrent que la politique de créneaux et le renforcement des relations
sociales au sein de l’entreprise peuvent être des sources de compétitivité [Brémont et
Gélédan, 1984].

Siggel et Ssemogerere (2004) considèrent la compétitivité comme liée à l’avantage-


coût, sur la base du prix du marché. Les deux chercheurs l’associent à la faculté d’une
entreprise à produire avec des coûts beaucoup plus bas que ceux de ses concurrents. Dans
leur analyse de la compétitivité des industries manufacturières ougandaises, ils considèrent
deux niveaux de compétitivité : (i) celle domestique qui fait allusion à la profitabilité des

89
activités d’une entreprise dans le contexte d’un marché protégé par des barrières tarifaires
et (ii) celle internationale qui sous-entend l’ouverture à la concurrence et au libre-échange.
DiRienzo l’existence d’une relation entre le niveau de compétitivité d’un pays et la
diversité de la population aussi bien sur le plan ethnique, linguistique que religieux, et
évalue l’impact de la diversité sur le niveau de compétitivité des 102 pays considérés à
travers un modèle de régression multiple. Nilsson et al. (2007) évaluent la compétitivité de
dix pays méditerranéens dans

La politique des créneaux met l’accent sur la compétitivité sur le marché mondial et
suggère la concentration des moyens disponibles sur le développement des secteurs plus
profitables.

l’exportation de fruits et légumes frais à travers l’examen des tendances et des


potentialités dans chaque pays et des parts de marché assurées au niveau de l’échange
mondial.

Si le concept de compétitivité concerne l’aptitude d’une entreprise à affronter la


concurrence sur le marché, domestique ou international, la notion d’avantage comparatif
est plus liée à la théorie du commerce international qui prime le rôle des avantages en
facteurs d’échanges (climat, ressources minières, terre, main d’œuvre qualifiée, …) dont
un pays dispose comparé à un autre pays, et essaie d’expliquer l’existence et les formes des
échanges entre les pays.

La théorie remonte à l’analyse d’Adam Smith qui a mis l’accent sur l’intérêt d’une
spécialisation dans les échanges internationaux, basée sur la notion d’avantage absolu.
Ricardo apporte des améliorations à l’analyse en mettant en exergue le rôle déterminant
des coûts relatifs à l’intérieur d’un pays, dans l’orientation de la spécialisation des
échanges, et soutient la possibilité d’échanges mutuellement avantageux entre les pays, en
présence d’avantages comparatifs [Guerrien, 2002].

La théorie des avantages comparatifs a énormément contribué dans la promotion du


libre-échange et de la globalisation. Elle souligne l’avantage obtenu par l’économie
mondiale toute entière, bien que les gains pour chaque pays soient fonction des conditions
qui déterminent les termes de l’échange. Ces derniers peuvent évoluer dans le temps
[Palley, 2008].

90
Les résultats des études ont montré que les avantages comparatifs peuvent être
absolus ou relatifs et sont révélés par le profil commercial. Suivant l’objectif de leur
analyse, les chercheurs ont fait référence à l’un ou l’autre de ces avantages.

Siggel et Ssemogerere (2004) parlent d’avantage comparatif relatif en considérant


un avantage-coût basé sur le prix d’équilibre et des coûts ajustés des distorsions de prix et
des subventions. Yeapple et Golub (2007) associent l’avantage absolu d’un pays à la
différence de productivité totale des facteurs dont il dispose par rapport aux autres pays,
lorsqu’ils ont évalué les effets de l’approvisionnement en infrastructure sur la productivité
des facteurs d’un pays.

Le concept d’avantage comparatif révélé, introduit par Balassa en 1965, a


largement retenu l’attention des analystes au cours des dernières décennies, soucieux de
répondre à l’aspiration des pays à accéder à une plus grande spécialisation internationale.
Différents indicateurs statistiques ont été développés pour mesurer une telle spécialisation.

Cependant, Iapadre (2001), dans sa revue des indicateurs statistiques généralement


utilisés, nota que la plupart de ces mesures ne peuvent pas spécifier exactement l’intensité
des avantages comparatifs révélés d’un pays, ni distinguer lesdits avantages de la
performance commerciale. L’auteur suggéra de considérer la distribution des produits dans
la balance commerciale, normalisée par rapport à l’échange extérieur pour définir la
spécialisation commerciale, et par rapport à la demande domestique pour montrer la
spécialisation dans la production.

Wörz (2005) compara les avantages comparatifs révélés des pays développés
membres de l’OCDE et ceux des autres pays considérés dans son étude de la dynamique
de spécialisation des échanges commerciaux des pays développés et moins développés,
répartis dans six grandes régions du monde. L’auteur conclut qu’une différence notoire
existe entre les modèles d’échange industriel et les niveaux de compétence des industries
d’exportation dans les différents pays considérés.

Vavryshchuk (2008) examina l’échange commercial établi entre l’Ukraine et ses


deux principaux partenaires: la Russie et l’Union Européenne, et mit en exergue la
différence qualitative des structures d’avantages comparatifs de l’Ukraine sur chacun des
deux marchés.

91
L’avantage comparatif peut être basé sur (i) une productivité élevée des facteurs,
nécessitant une quantité réduite d’intrants, (ii) l’abondance des facteurs se traduisant par
des prix avantageux / bon marché, (iii) le coût de transport favorable, par suite d’une
localisation appropriée et (iv) l’utilisation de manière efficiente du capital.

Yeapple et Golub (2007) soulignèrent le rôle du facteur infrastructure pour


expliquer la différence de productivité entre les pays (avantage absolu) et celle entre les
secteurs de production économique (avantage comparatif).

5-2 Modèles d’analyse de la compétitivité sur le marché international

Différents modèles d’analyse ont été développés pour (i) examiner les marchés
effectifs et potentiels des exportations des différents pays, (ii) évaluer la compétitivité des
entreprises sur le marché extérieur et (iii) identifier les créneaux à développer pour faire
face à l’ouverture de l’économie suite à l’intégration régionale et globale.

Les investigations vont de la détermination d’indicateurs et mesures de


performance à l’estimation de modèles économétriques plus ou moins sophistiqués.

Koester (1986) essaya de déterminer les éventuelles relations commerciales sud-sud


pour améliorer la sécurité alimentaire dans les pays de l’Afrique orientale et australe. Pour
cela, il examina la similitude entre la production et l’exportation de deux pays à la fois,
compara la performance à l’exportation des différents pays et spécifia le chevauchement
des échanges entre les pays.

Osuntogun et al. (1997) examinèrent les possibilités de diversification des


exportations du Nigéria de produits non pétroliers vers des marchés non traditionnels. Ils
identifièrent les marchés potentiels et les produits ayant un avantage comparatif à
l’exportation, en considérant (i) la similarité entre les exportations et les importations, (ii)
l’avantage comparatif révélé, (iii) le degré d’ouverture de l’économie et (iv) la
diversification des exportations.

Les résultats de l’analyse soulignent le changement notable dans les produits pour
lesquels le Nigéria possède un avantage comparatif dans l’exportation et les tendances
prometteuses de l’exportation de bière et des fertilisants manufacturés.

92
Ogunkola (1998) évalua les échanges entre les états membres de la communauté
économique de l’Afrique de l’Ouest (ECOWAS). Il détermina la période où les effets de
l’intégration auraient commencé à être tangibles, estima les échanges potentiels entre les
états membres de la communauté économique et testa les écarts entre échange actuel et
celui potentiel.

Il utilisa un modèle de gravité, inspiré du modèle de gravité simple de Foroutan et


Pritchett en 1993, pour retracer les flux d’échange avant et après l’intégration régionale.
Les résultats de l’analyse mettent en exergue l’ineffectivité de la promotion des échanges
intra-régionaux en l’absence de potentiel d’échange et soulignent le besoin d’une approche
graduelle à l’intégration régionale en fonction de la croissance économique et du
développement des pays membres.

Bamou (2002) se pencha sur l’identification des produits susceptibles de


promouvoir la diversification de l’exportation du Cameroun, étant donné que l’avantage
comparatif d’un pays évolue dans le temps et peut être affecté par les changements dans les
politiques économiques. L’analyse des indices de compétitivité et de profitabilité lui permit
d’identifier 19 produits agricoles et industriels sur 33 produits non traditionnels, candidats
à la promotion de la diversification de l’exportation camerounaise.

La résolution des contraintes liées aux barrières tarifaires et non tarifaires ainsi
qu’aux environnements socioéconomiques inadéquats, s’avère indispensable pour
améliorer les performances des industries.

Siggel et Ssemogerere (2004) examinèrent la compétitivité des industries


manufacturières ougandaises sur le plan international, en calculant les indices de
compétitivité internationale et domestique et ceux d’avantage comparatif et en comparant
les résultats avec ceux des entreprises kenyanes. Ils complètent l’étude par l’identification
des sources d’obstacles à la compétitivité en décomposant les indices de coûts unitaires en
leurs composants principaux.

The Service Group International Economic Consulting (TSG) (2006) évalua le


potentiel de compétitivité des entreprises à Madagascar, à l’aide d’un large éventail de
facteurs de décision des investisseurs internationaux d’implanter leurs affaires outre-mer.
Les conditions d’exploitation, en termes de coût et qualité, auxquelles les futurs
investisseurs dans six secteurs industriels feront face ont été cotées et comparées avec

93
celles qui existent dans dix pays en Afrique Subsaharienne. Les résultats de l’étude
fournissent diverses perspectives à l’intention des investisseurs potentiels au niveau des
secteurs habillement, hôtellerie, horticulture, services partagés, produits alimentaires et
textiles.

Cockburn et al. (2006) analysèrent les réactions des différents pays face à la
libéralisation de l’échange en considérant les caractéristiques des pays, des industries et
des entreprises qui contribuent à l’équilibre général. Ils spécifièrent des modèles relatifs à
la consommation, à la production, au revenu domestique de l’entreprise en situation
d’équilibre, aux profits de l’entreprise, et discutèrent la sélection très intense qui se réalise
au niveau des industries ayant des avantages comparatifs par suite des opportunités
d’exportation. Les auteurs soulignent que les entreprises à faible productivité sont vouées à
disparaître rapidement dans le contexte de la libéralisation des échanges.

Yeaple et Golub, (2007) examinèrent les effets des approvisionnements en


infrastructures routières, télécommunications et énergie électrique sur les variations de la
productivité totale des facteurs (avantage comparatif) dans dix-huit pays développés et
moins développés ainsi que dans dix industries manufacturières.

Les auteurs considèrent un modèle économétrique à 3 équations qui spécifie les


liens entre (i) dotations en facteurs et niveau d’infrastructure, (ii) infrastructure et
productivité observée et (iii) infrastructure et structure de spécialisation internationale. Le
modèle est estimé par la méthode des moindres carrés à trois niveaux à cause du caractère
endogène de l’infrastructure. Les résultats suggèrent que la dotation en infrastructure aide à
expliquer l’avantage comparatif et la spécialisation internationale. En effet, le taux de
croissance de la productivité totale des facteurs dépend de la croissance de l’infrastructure.

Connel et Boutar (2007) effectuèrent une analyse qualitative de l’influence des


tendances récentes de la libéralisation de l’échange sur le développement national des
petits états insulaires dans le Pacifique et les Caraïbes, et plus particulièrement les îles Fidji
et Barbade. Leur étude met en exergue l’importance des subventions alternatives et quotas
pour assurer la survie des producteurs de sucre et de banane dans ces économies insulaires,
peu compétitives.

94
CHAPITRE II. L’INCIDENCE DU COMMERCE EXTERIEUR SUR LA
PERFORMANCE ECONOMIE ET LES SUGGESTIONS

L’ouverture à l’extérieur était nécessaire pour renforcer l’économie malgache grâce


à l’entrer des devises. Mais il soufre des problèmes que nous décrivons ci-dessous

SECTION I. LES PROBLEMES DU COMMERCE MALGACHE

Des multiples problèmes empêchent le développement du commerce extérieur


malgache. On rencontre ces problèmes tant au niveau administratif, au niveau de qualité
des produits malgache et au niveau du terme de l’échange.

I. LES PROBLEMES ADMINISTRATIFS

La lenteur des services administratifs malgache pose un grand problème pour les
opérateurs économique. En effet, la constitution de dossiers demande beaucoup de temps.
Par exemple la constitution des dossiers nécessaires aux exportations ou aux importations
dure quelques mois. La corruption règne aussi dans les services administratifs. Dans la
douane la livraison nécessite beaucoup de dossiers à fournir. En effet, la durée de livraison
est longue. Tout cela engendre des coûts élevés pour les opérateurs économiques.

II. LES PROBLEMES DE QUALITE

Le problème de qualité reste un problème majeur pour la commercialisation des


produits malgache. Non seulement, nous exportons des produits de base mais aussi ces
produits ne suivent pas les normes internationales fixés par les acheteurs.

En effet, nos produits ne sont pas compétitifs comparés aux produits des autres
pays sur le marché international. Par exemple : nos crevettes, café, vanille, letchi (……)
doivent avoir les qualités fixées par les acheteurs. Alors, l’ouverture des frontières devient
une menace pour les opérateurs malgaches. Ainsi, le problème de qualité risque de réduire
la part de marché des produits malgaches.

95
III-LE PROTECTIONNISME DES PAYS DEVELOPPES

Le libre-échange constitue la référence commune à toutes les organisations


multilatérales et aux institutions européennes. Cependant, les pays développés imposent
toujours des barrières pour les produits en provenance des pays en développement. Même
si les Etats-Unis accordent des avantages aux pays en développement de pénétrer dans le
marché américain, dans le cadre de l’Africa Growth and Opportunity Act(AGOA), ils
mettent toujours des balises. Ils imposent des conditions strictes pour les pays bénéficiaires
de la franchise douanière.

En plus, les accords sont limités à certains produits qui ne risquent pas de
concurrencer les industries américaines. De même pour l’Union Européenne, elle protège
leurs industries, leurs agriculteurs en les accordant des subventions ou des avantages
fiscaux. Donc, les pays développés pratiquent encore le protectionnisme. Ils protègent leurs
industries à l’abri de la concurrence étrangère.

IV- LES RISQUES DE L’INTEGRATION REGIONALE

L’intégration régionale offre des atouts pour Madagascar. Cependant, ils existent
des risques qui ne doivent pas être négligés.

1. Un déséquilibre général entre des économies

Un ou quelques pays de la zone peuvent accaparer seuls les fruits de l’ouverture des
frontières lorsque ses entreprises ont une compétitivité-t-elle au départ qu’elles acquièrent
rapidement des parts de marché importantes au détriment des entreprises des autres pays
membres. Pour Madagascar, les échanges avec le COMESA enregistrent toujours des
déficits. En effet, les échanges de Madagascar avec celui – ci est déséquilibré. Cela
représente un grand risque pour le commerce malgache.

En plus, la majorité des importations de Madagascar vient de Maurice. Or les


économies Mauriciennes sont très développées par rapport à l’économie malgache. En
effet, nous importons des produits manufacturés de l’île Maurice contre des produits de
base. Il y a alors un déséquilibre entre les échanges des deux pays. Cela entraîne un
déséquilibre entre les économies de ces deux pays.

96
2. Des secteurs d’activités en péril

Lorsque les industries d’un pays membre de la zone ne sont pas compétitives,
l’ouverture du marché national risque d’entraîner la fermeture d’entreprises locales. En
effet, comme les industries malgaches ne sont pas très compétitives, l’ouverture du marché
national peut provoquer la disparition de ces entreprises. Donc, l’ouverture des frontières
malgaches peut provoquer la disparition de certaines activités. Bref, la commercialisation
des produits malgache pose un lourd problème pour les opérateurs économiques. La part de
marché de nos produits ne cesse de diminuer. Tous ces problèmes ont des conséquences
sur le commerce extérieur.

SECTION II. L’ANALYSE ET PERSPECTIVE POUR L’ECONOMIE


MALGACHE

La dernière section de cet ouvrage abordera l’observation des faits, la contribution


du commerce extérieur dans le développement et les suggestions d’amélioration.

I. L’OBSERVATION DES FAITS

Malgré les potentialités agricoles négligeables de Madagascar, la sécurité


alimentaire est loin d’être assurée. Les importations en alimentations dont le riz occupe une
place importante sont croissantes dans le poste Importations. De 1960 jusqu’ au nos jour,
Madagascar exportait du riz. Mais à partir de ce moment, la tendance s’est inversée : la
grande île est devenu tributaire des importations de riz. La part de l’agriculture dans le PIB
est faible comparé au nombre de la population touchée.

Tableau XXVI. La part de l’agriculture dans le PIB

Secteur primaire 1996 1999 2001 2002


Part dans le PIB 29,5 36 25,7 29 ,8
Population rurale
(en % de la 85 80 73 72
population totale)
Source : Indicateurs économiques et financiers : 2001-2005, rapport National sur le
Développement Humain 2000

97
Dans l’ensemble, l’agriculture n’apporte qu’autour de 30 % du PIB alors qu’il
utilise plus de 70 % de la population. Ces situations témoignent la mauvaise performance
de l’agriculture malgache.

1. L’Analyse

En général, le ménage vivant dans l’agriculture n’a pas d’autres activités


génératrices de revenu, cela voudrait dire qu’il doit être en mesure de vendre le surplus de
production par rapport à son autoconsommation. Or, pour la plupart des petits paysans, la
production ne couvre même pas la consommation. Un autre cas se présente aussi,
seulement une faible part de la production arrive sur le circuit commercial.

Les statistiques montrent que sur une production nationale de l’ordre de 1,3
millions de tonnes de riz, seuls 300 à 400. 000 tonnes arrivent sur le circuit commercial, le
reste étant donc auto consommée. C’est là, la faiblesse de l’agriculture malgache en
général, et de la riziculture en particulier, car elle est d’abord tournée vers
l’autoconsommation, se satisfaisant d’une médiocrité qui ne lui permet pas d’être
compétitive sur le marché international.

On constate que les opérateurs économiques privés s’intéressent peu au secteur


agricole. En effet, le nombre des établissements créés du secteur primaire tourne autour de
0,5% du nombre total des établissements créés (en 2000).

Ce qui explique la dominance du secteur informel dans ce secteur. Ce qui veut dire,
rendement de production faible et par conséquent, revenu maigre. La performance mitigée
de l’agriculture malgache s’explique en partie par sa vulnérabilité aux cataclysmes naturels
(criquet, cyclone, dégradation de l’environnement…).

Ces derniers ravagent la production et accroissent ainsi les importations de riz. Au


cours des premières années de la décennie 90, les volumes de riz importés se sont situés à
des niveaux très faibles (inférieurs à 50.000 tonnes).

Mais à partir de 1994 suite aux dégâts cycloniques (Cynthia et Géralda), ils ont
repris une courbe ascendante, pour dépasser 100.000 tonnes en 1995, pour la première fois
depuis 1988. Madagascar est toujours caractérisée par une démographie galopante. La
population était près de 4 millions en 1960 contre 15 millions en 2000.

98
Mais inversement, la production rizicole n’a pas suivi la même tendance. La
question du riz revêt une importance stratégique à Madagascar On retrouve inscrit dans la
politique rizicole le fil directeur des grandes options de politique économique, qui se sont
succédé à Madagascar depuis l’indépendance.

En particulier, l’échec de la tentative de régulation par l’Etat de la filière riz au


cours des années 70, qui s’est traduite par une explosion des importations au cours des
années 80, a conduit les autorités à promouvoir la libéralisation de la filière. L’offre a
d’abord répondu positivement aux mesures de la libéralisation prises : la production du riz
a augmenté de 10 % en 1989.

Mais dès 1990, cette production ne s’est pas maintenue. Elle a connu une baisse de
9 % par rapport à l’année précédente. En moyenne, depuis une vingtaine d’années (à part
l’année 1989), l’offre nationale de riz – à peu près de 1,5 millions de tonnes par an – ne
suit plus la demande. La croissance de la production locale est inférieure à celle de la
population. En effet, le taux de croissance moyen annuel de la production rizicole, durant
la décennie 90, est de 1,5 % ; contre 2,7 % pour celui de la population.

La production de riz par habitant s’est détériorée : de 150 kilos par an (en 1980),
elle passe à 130 kilos/an en 1990 et à 114 kilos/an en 1999. Comparée à l’évolution
démographique, la production rizicole connaît un déficit structurel. Ce qui entraîne
l’augmentation des importations rizicoles. Les résultats du secteur se sont progressivement
éloignés de l’objectif d’autosuffisance alimentaire, prôné par le gouvernement malgache
dans les années 80 et 90. En effet, entre 1996 et 2000, les importations de riz ont connu
une croissance vigoureuse avec un taux de +175% (en volume).

La baisse de la production rizicole (7 % en 1990) après le désengagement de l’Etat


s’explique par l’existence de diverses contraintes :

- La faiblesse des progrès technologiques:

Premièrement, la fourniture d’intrants (engrais, pesticides) subit les contrecoups du


désengagement brusque de l’Etat. En effet, l’élimination brutale des subventions sur les
intrants et la hausse des prix qui s’en est suivie, a ralenti l’adoption des sentences
améliorées et l’utilisation plus importante d’engrais.

99
Deuxièmement, la faiblesse des performances des services de support technique
(notamment la vulgarisation) a aggravé cette situation.

Troisièmement, il existe un important problème de maîtrise de l’eau, lié à la


dégradation des infrastructures d’irrigation et au désengagement brusque de l’Etat des
grands périmètres. Madagascar malgré son potentiel, est par conséquent, encore loin de
réaliser la révolution verte.

- L’absence d’un cadre incitatif et approprié pour le secteur privé.

Il s’agit principalement des facteurs qui exercent un effet à la baisse sur le revenu et
qui freinent un investissement plus important du secteur privé dans le secteur agricole.

- Le délabrement des infrastructures routières entraîne l’enclavement des régions


excédentaires, la désaffection des marchés ruraux, empêchant les paysans d’opérer
directement en tant que commerçants.

Sans des routes et une infrastructure de bonne qualité, la production intérieure ne


peut espérer concurrencer les produits importés (faiblesse de la compétitivité des produits
locaux), malgré un avantage comparatif à la production.

- Le faible accès au crédit rural constitue un des blocages à l’amélioration de la


productivité agricole (aménagement des parcelles, préparation du sol, achats d’engrais, de
pesticides, d’insecticides, renouvellement des matériels). Il oblige donc les petits
producteurs à se cantonner à la culture d’autosubsistance, réduit les possibilités de
diversification des cultures sur des petits périmètres.

- L’absence de législation foncière

L’absence des titres fonciers freine l’investissement et l’accès au crédit, vu que les
banques sont dans l’impossibilité d’utiliser un terrain sans titre de propriété, comme
garantie. Il faut noter qu’il existe une demande pour l’achat de terrains par des exploitants
agricoles désireux d’utiliser des méthodes modernes d’exploitation. Par exemple, dans la
région du lac Alaotra, la demande annuelle pour l’enregistrement foncier est d’environ
2000. Cependant, à cause du manque de moyen, l’administration domaniale n’a pas la
capacité d’enregistrement de plus de 20 titres par année. En effet, la capacité d’arpenter et
d’enregistrement du terrain au niveau national n’est que de 10 .000 hectares par an.

100
- Les obstacles financiers des Programmes d’Investissements Publics (PIP)

Depuis le début des années 90, les ressources dégagées pour financer les
investissements publics ont considérablement diminué. La structure actuelle des dépenses
publiques dans le secteur agricole ne favorise pas une croissance rapide de ce secteur.

- L’insuffisance des financements des investissements de base

La part du secteur agricole dans le PIP a diminué : de 30, 25 et 13 %,


respectivement, au cours des années 80, au début de la décennie 90 et en 1996. Compte
tenu de la dégradation de l’appareil de production, des infrastructures et du manque de
services d’appui au secteur agricole, il est manifeste que les apports financiers actuels du
PIP ne permettent pas de renverser la situation.

- La faible efficacité des investissements publics.

A l’indisponibilité des moyens s’ajoutent la question de la qualité des dépenses,


notamment la priorité des investissements par rapport aux blocages identifiés. Tout
d’abord, la ventilation géographique et sectorielle des ressources du PIP est mal équilibrée.
Ensuite, l’allocation des ressources budgétaires ne semble pas être fonction du taux de
rendement de l ‘investissement dans les différents secteurs.

En termes d’amélioration de la productivité, la priorité est donnée aux


investissements des régions des Hautes terres (près de 70 % du PIP), favorisant ainsi les
cultures vivrières et de substitution à l’importation. Or, seulement 1 % du PIP agricoleest
alloué à la promotion des cultures d’exportation, alors que ces produits sont fortement
compétitifs. Ainsi, la production des cultures vivrières stagne et s‘exporte mal. Celle des
cultures d’exportation a baissé de près de 40 % pendant la période 1990-1997, provoquant
une croissance moindre du secteur agricole.

Il est reconnu que les infrastructures (marchés, routes, irrigation, etc.) et les services
ruraux (crédit, eau et assainissement, etc.) sont des facteurs importants contribuant à la
croissance de la production et au développement agricole. Cependant, la part allouée à ces
services de base (sauf l’irrigation) reste mineure, que ce soit dans le PIP agricole ou dans le
PIP total.

101
L’eau et l’assainissement comptent pour moins de 1 % du PIP (en 1997) et la
réhabilitation des pistes rurales seulement 3,5 % des investissements du Ministère des
Travaux Publics. La part allouée au développement du crédit agricole est évaluée
seulement à 1,8 %. La recherche et la vulgarisation sont dotées de ressources
respectivement à hauteur de 1 % de l’ensemble du PIP, malgré la faiblesse de la
productivité des cultures malgaches.

- Un cadre institutionnel peu favorable

Les investissements publics demeurent inefficaces. En effet le système effectif en


place reste centralisé, aussi bien quant à l’adoption des projets en cours, qu’en ce qui
concerne le transfert des fonds d’investissements. L’inefficacité des investissements ( par
exemple irrigation) est due à l’insuffisance de suivi, de maintenance et d’évaluation
systématique des actions des entreprises.

Parvenu au terme de cette analyse des contraintes pesant sur le secteur agricole, on
peut être amené à penser que l’enchaînement des réformes touchant l’agriculture ait posé
problème. En effet, dans un premier temps, l’ajustement dans le secteur agricole a été axé
sur la libéralisation des prix et des marchés. Cependant, cette option suppose que des
mesures d’accompagnement, aussi bien en amont qu’en aval de la filière puissent être
adoptées pour que l’environnement se prête aux réformes.

2- Les perspectives

Le développement de Madagascar passe inévitablement par le secteur agricole, dont


la modernisation s’impose pour qu’il soit compétitif dans la mondialisation de l’économie,
à laquelle Madagascar n’échappera pas. Cette modernisation concerne, non seulement les
aspects physiques de l’agriculture, comme les infrastructures, les espèces variétales, les
intrants et les outils agricoles, mais implique aussi un environnement socio-économique
favorable ; des structures d’organisation, de production et de commercialisation efficaces ;
la monétarisation de l’économie agricole.

Si l’objectif principal du PAS sectoriel agricole des années 80 était l’autosuffisance


alimentaire, notamment en riz et en huile alimentaire, le développement du pays dans la
globalisation de l’économie exige aujourd’hui plus que cela. Il faut maintenant avoir une
agriculture compétitive, capable non seulement de répondre à la demande intérieure, mais

102
aussi de faire face à la concurrence internationale et d’approvisionner les marchés où
Madagascar rencontre des avantages comparatifs. Cela veut dire qu’il faudra abandonner
l’agriculture de subsistance pour mettre en place une agriculture mieux structurée, véritable
partenaire des secteurs industriels et de service. Garantir la sécurité alimentaire, c’est
assurer la quantité, la qualité et l’accessibilité des produits alimentaires, et notamment le
riz quand on parle de Madagascar.

Dans le programme d’ajustement structurel, la production des produits alimentaires,


pour assurer la quantité, relève du producteur, c’est-à-dire, de l’opérateur privé. Le rôle de
l’Etat consiste à en assurer l’accessibilité par le développement des infrastructures, plus
particulièrement des infrastructures routières pour le transport des produits, tout en
assurant la sécurité des biens et des personnes, de manière à ce que les gens soient incités à
produire davantage et que les produits puissent parvenir en toute sécurité dans les zones de
consommation.

La question se pose aujourd’hui de savoir si les mesures prises dans le cadre du


PAS permettent effectivement à l’agriculture malgache de se moderniser, afin de pouvoir
participer au concert du commerce international.

La chute de la production et de la productivité rizicoles après la mise en œuvre de la


politique de libéralisation, doit être combattue rapidement. En particulier il convient de
mettre sur pied une véritable politique rizicole à Madagascar. Si la stratégie du « tout
Etat » a fait la preuve de son inefficacité, l’option du démantèlement complet des
régulations publiques a, elle aussi, montré ses limites. Une politique plus équilibrée où
l’intervention publique devrait se mettre au service des acteurs privés, afin de résorber les
contraintes qui entravent la croissance de la production et de la productivité (encadrement,
vulgarisation, accès aux semences améliorées, aux intrants et aux crédits ruraux,
désenclavement des régions…).

Ainsi, comme mesure d’accompagnement à la libéralisation de l’agriculture


malgache, il faut mettre en place un système de finance rurale adapté et efficace, de
manière à permettre aux producteurs d’acheter les intrants aux moments des travaux. En
particulier, le développement des mutualistes d’épargne et de crédit semble être le plus
approprié pour avoir une adhésion massive des petits producteurs.

103
L’agriculture malgache doit évoluer tant dans sa philosophie que dans ses
pratiques, si elle veut vraiment redevenir la base du développement du pays. Ainsi, sans
pour autant abandonner l’assistance au petit paysannat, il est impératif que Madagascar
dispose d’une véritable « industrie agricole », avec de vrais professionnels de l’agriculture,
pratiquant des méthodes modernes de culture et de gestion.

C’est ainsi que le développement des infrastructures devrait inciter des opérateurs
privés à investir dans le secteur agricole, non pas pour survivre ou combler uniquement les
besoins locaux, mais vraiment pour faire de Madagascar un grand pays agricole au sens
noble du terme.

Ainsi, concernant les investissements publics, premièrement, ils doivent être


réorientés de manière à ce qu’une part importante soit allouée aux services ruraux de base,
identifiés comme des facteurs indispensables à la lutte contre la pauvreté. Cependant, une
telle démarche suppose, que la modification apportée dans la composition du Programme
d’Investissement Public (PIP) agricole soit soutenue par un rendement accru des
investissements pour compenser le changement structurel.

Deuxièmement, il est fortement recommandé que la performance de l’Etat soit


accrue en terme de suivi et d’évaluation systématique des projets afin d’éliminer les projets
non rentables et coûteux et de nettoyer les portefeuilles des projets à caractère politique,
s’il en existe. Il est notamment important que l’étude de la récurrence des coûts doit
renforcée afin d’améliorer les recouvrements de l’Etat et l’efficacité des projets.

Selon les estimations, la part allouée au support institutionnel est évaluée à 2 % du


PIP agricole, ce qui est trop peu. Un renforcement ainsi qu’un contrôle sévère des appareils
administratifs ayant la responsabilité de la planification de la programmation et de la
conception des projets s’avèrent importants.

En effet, cela reviendrait à améliorer de manière importante l’efficacité et les


rendements des investissements.

104
II. LA CONTRIBUTION DU COMMERCE EXTERIEUR DANS LE
DEVELOPPEMENT

Le commerce extérieur tient une place prépondérante dans l’économie nationale


d’un pays. Actuellement, il constitue l’un des piliers de la croissance spectaculaire de
certains pays comme la Chine. En effet, sa contribution à la croissance économique est
donc incontestable.

Pour le cas de Madagascar, le commerce extérieur contribue-t-il réellement à la


croissance économique ? Si les tentatives d’intégration se multiplient, il importe d’évaluer
les avantages de tels regroupements, ainsi que les risques pour le pays comme Madagascar.

Pour les libéraux, le Commerce Internationale est source de gain. En effet, les
avantages liés à l’intégration régionale sont incontestables, tant pour la nation que pour les
entreprises privées.

1. La création d’emploi

L’intégration économique régionale accélère le processus de délocalisation qui est


une source de création d’emploi donc d’augmentation de revenu pour les résidents.
Augmentation des Investissements Directs Etrangers (IDE).

La création d’une Zone de Libre Échanges, ZLE, incite les investisseurs étrangers à
investir à l’intérieur de la nation. Depuis 1999, année précédant son accès à la ZLE du
COMESA, Madagascar a connu une hausse en volume de capitaux d’origine étrangère
investis. A l’intérieur de la COI et du COMESA, c’est l’île Maurice qui investit le plus à
Madagascar.

2. Un marché plus large

L’intégration économique régionale a permis aux opérateurs malgaches d’avoir


accès à un marché plus vaste. Ils peuvent accéder aux marchés des pays membres de la
COI, du COMESA, et de la SADC. Grâce à des marchés proches et librement accessibles,
les entreprises exportatrices bénéficient des économies d’échelle qui améliorent leurs
compétitivités.

105
III. LES SUGGESTIONS

Le commerce international est un moteur de développement particulièrement


important pour les pays pauvres dont le marché intérieur est limité. Il leur permet en effet
d’utiliser de façon efficace les ressources limitées dont ils disposent en se spécialisant dans
la production de biens pour lesquels ils disposent d’avantages comparatifs.

De plus, il ouvre de nouveaux marchés à leurs produits qui ne peuvent être


entièrement absorbés par le marché intérieur. La capacité de Madagascar de maximiser les
gains que le pays peut tirer du commerce va dépendre de deux facteurs : tout d’abord, la
structure des incitations mises en place à l’intention des producteurs locaux ; ensuite, le
degré d’accès des exportations malgaches aux marchés de ses partenaires commerciaux.

Madagascar doit, dans un but d’expansion de son commerce extérieur envisager des
mesures visant à renforcer les mesures incitatives de sa propre politique commerciale, tout
en poursuivant ses efforts pour élargir son accès aux marchés internationaux pour ses
produits d’exportation.

Malgré d’énormes progrès, le taux de protection de Madagascar est encore trop


élevé. Son régime commercial est aussi restrictif que celui de nombreux autres pays
d’Afrique Subsaharienne.

La moyenne non pondérée des droits de douanes combinés aux taxes d’importation
est de 16 %, mais plus d’un tiers des produits sont soumis à un taux maximum de 30%. La
structure tarifaire est relativement simple, avec trois grandes catégories de taux à 5,15 et
30 %.

Néanmoins, l’écart de 25 points de pourcentage entre le taux le plus bas et le taux le


plus élevé rend possible des taux effectifs de protection relativement élevés, lorsque les
intrants qui entrent dans la transformation des produits sont taxés à un taux bas et que le
produit final est taxé au taux le plus élevé.

En abaissant le taux le plus élevé, on pourrait donc réduire le degré de dispersion, et


réduire également le risque de taux effectifs élevés. Il n’y a pas dans le régime commercial
actuel de problème majeur lié à l’existence de barrières non tarifaires.

106
Cependant, il faut éviter que les lois sur les droits anti-dumping, les droits de
compensation et les mesures de sauvegarde ou l’adoption de prix de référence arbitraires
n’entraînent des niveaux de protection excessifs et arbitraires. L’exonération des droits de
douanes, des taxes d’importation et de la TVA, bien que limitée, occasionne néanmoins
des pertes de recettes pour le Gouvernement et amplifie la progression tarifaire vers le
haut.

Le programme à venir de négociations commerciales à des niveaux régional et


international constitue un défi énorme et une opportunité pour Madagascar. Le
Gouvernement a pris l’initiative de créer une « task-force » interministériel pour
coordonner les discussions sur les Accords régionaux et internationaux.

De façon immédiate, un programme de renforcement du cadre institutionnel


incluant la taskforce, les ministères techniques ( Industrialisation, Commerce et
Développement du Secteur Privé et, Affaires Étrangères), l’Administration des Douanes et
les capacités correspondantes doit se mettre en place à travers une opérationnalisation de la
task-force, c’est-à-dire par la mise en place d’un comité constitué de quelques membres,
d’un secrétariat chargé de l’administration générale et du comité de pilotage du Cadre
Intégré en tant que groupe de travail sous sa tutelle.

A court terme, Madagascar doit accroître et renforcer ses capacités de négociations


en matière de commerce international et régional, notamment pour préparer les Accords de
Partenariat Economique (APE) avec l’Union Européenne et prendre position quant à la
mise en place d’une Union douanière dans la COMESA.

Dans le même temps, le programme de renforcement des capacités de


l’administration douanière visant la mise en place d’un système de gestion des risques doit
continuer en respectant un calendrier précis. Ces actions devraient requérir la participation
d’experts internationaux en commerce international pour mener à bien un programme
continu de séminaires sur les différentes problématiques des échanges commerciaux.

Pour les APE, Madagascar ne devrait pas se mettre à la tête des négociations mais
se focaliser sur des priorités comme l’appui pour la mise en conformité des exportations
aux normes sanitaires et phytosanitaires européennes, le prolongement du protocole sucre
et une modification des règles d’origines éliminant l'exigence de double transformation et

107
permettant un cumul des critères en pays ACP, et se rapprocher des PMAs partageant les
mêmes priorités. Par ailleurs, Madagascar devrait obtenir un financement de l’UE pour
réaliser une étude sur les avantages et inconvénients des APE pour le pays ; la même étude
devrait également se pencher sur les raisons pour lesquelles 15% des exportations
malgaches vers l’UE éligibles au traitement préférentiel n’en bénéficient pas, et sur le
devenir du secteur du sucre.

Une prise de position sur l’Union douanière de la COMESA pourrait constituer en


une demande de report d’au moins une année, et une révision à la baisse du tarif extérieur
commun proposé actuellement dans le but de réduire et uniformiser le niveau de
protection. Sur un moyen terme, Madagascar a la possibilité de tirer plus de profit des
différentes initiatives du groupe QUAD (Canada, Union Européenne, le Japon et les Etats-
Unis) ou des Accords d’intégration régionale qui visent à étendre l’accès préférentiel des
marchés. L’élargissement du système de préférences est une opportunité d’accroître ses
exportations.

De même, les Accords régionaux ouvrent des marchés souvent inexploités à des
exportateurs qui ne sont pas encore prêts pour les marchés de l’OCDE. Des actions visant à
améliorer la connaissance de ces différents marchés sont indispensables pour contourner
les obstacles tarifaires ou non tarifaires, et diversifier les produits compétitifs éligibles
effectivement exportés.

Cependant, les bénéfices des préférences octroyés par le groupe QUAD


diminueront avec le temps, car temporaires, et les quotas de produits en provenance des
autres pays vont être progressivement éliminés et les tarifs du régime NPF (Nation la Plus
Favorisée) négociés à la baisse.

Il est donc essentiel de prendre avantage maintenant des possibilités actuelles, de


s’efforcer de maintenir la compétitivité et de gérer au mieux les situations de transition
comme la fin de la règle spéciale pour les PMAs de l'AGOA et de l’AMF (Accord Multi-
Fibre). Madagascar a exprimé une volonté d’adhérer à la SADC, mais se doit de faire une
analyse approfondie des implications d’une telle action (Madagascar est toutefois déjà
membre à l’heure de notre frappe).

108
Il devient de fait nécessaire de réaliser différentes études et stratégies nécessaires à
la réalisation de ces actions, elles peuvent être identifiées comme suit : Etude des sources
d’approvisionnement possibles parmi les autres pays éligibles à l’AGOA Stratégie de
développement de l’industrie cotonnière malgache, à travers notamment le démantèlement
des différents monopoles tout au long de la chaîne d’approvisionnement et d’une
privatisation de HASYMA.

Stratégie d’augmentation des exportation de nouveaux produits sur les Etats Unis
sur la base d’études préalables sur les coûts et fréquences des transports, les
réglementations techniques spécifiques au marché américain, les circuits de distribution, et
les difficultés logistiques existantes à Madagascar. Par ailleurs, des facilités devraient se
mettre en place pour que les PME – PMI malgaches puissent se conformer aux normes de
conditions de travail exigées par le marché américain

Stratégie de pénétration des marchés de la COMESA sur la base d’études


d’identification des opportunités commerciales, sur les possibilités de transport des
marchandises, et à partir du financement des participations aux foires dans la zone
COMESA.

Enfin de façon générale, Madagascar doit saisir les opportunités de coopération


régionale au-delà des échanges commerciaux. La plus haute priorité devrait être accordée à
la coopération économique régionale en dehors des préférences commerciales, par exemple
en matière de douanes ou pour se conformer aux obligations de l’OMC en matière de
normes et de propriété intellectuelle.

109
CONCLUSION

Dans l’ensemble, le commerce international constitue un des piliers de développement


(Adelman, 1975). Les pays émergents et industrialisés sont tous investis dans ce secteur tertaire.
Krugman (2001) souligne que la majorité des pays développés d’aujourd’hui puisent leur
développement économique dans le commerce extérieur1. Pour le cas de de Madagascar, cet
aspect est devenu la pierre angulaire de la politique de développement économique (Kaldor,
1939).

Cependant, malgré les mesures prises pour promouvoir le domaine, sa contribution au


développement réel reste encore moindre. La balance commerciale malgache est toujours
déficitaire (cf., le calcul du taux de couverture, p. 25). La valeur d’exportation reste toujours
inférieure à celle d’importation, ce qui entraîne la détérioration du produit locaal contre les
matières à importer. Celle-ci ne signifie pas qu’elle devient un frein au développement de la
nation. La preuve est démontrée dans les résultats des analyses économétriques (Casin, 2013)
que nous avons développées (cf., pp. 76 – 82). Ces calculs mettent en évidence une étude de la
corrélation entre le développement et la valeur d’exportation comme le premier calcul. Puis nous
avons vérifié la corrélation entre le développement et l’importation. Nous avons obtenu
respectivement le coefficient de régression R²1 = 0,99 et R²2 = 0,97. Ces résultats confirment que
l’exportation et l’importation sont nécessaires et contribuent activement au développement
économique de Madagascar.

En effet, pour développer son commerce extérieur, Madagascar a passé par l’intégration
économique régionale. Selon les théories économiques, l’intégration économique régionale
favorise le développement grâce à l’allocation efficace des ressources au sein de la région. La
réduction des coûts de transaction dans les échanges régionaux entraînera une augmentation des
économies d’échelle. Brander et Spencer2 (1930) disaient que la concurrence entre les entreprises
ne se fait pas seulement sur les prix, mais aussi sur les produits. Chaque entreprise dispose d’un
monopole sur un produit qui n’est pas strictement identique à ceux des entreprises concurrentes.
Si nous intéressons à l’application de cette théorie sur le commerce international, nous
découvrons que : vu que la création d’un nouveau produit n’est limitée que par la taille du
marché, alors l’ouverture au commerce mondial permet d’accroître la variété des biens, ce qui
1
L’équilibre du commerce extérieur fait partie des quatre objectifs de carré magique de N. Kaldor (1939).
2
[Link] consulté le 18 novembre 2013 à 14 h
10mn.

110
permet une meilleure adaptation de l’offre aux demandes spécifiques des consommateurs. Le
commerce international se fait donc de manière intra-branche : un pays peut à la fois importer et
exporter une même catégorie de produit.

Depuis quelques années, Madagascar a adhéré aux différentes organisations régionales


telles que la Commission de l’Océan indien, le marché commun de l’Afrique de l’Est et de
l’Afrique Austral, la Communauté de développement de l’Afrique Austral, de l’Initiative
Transfrontalière. Nous avons constaté qu’il n’utilise pas assez ses privilèges en tant que membre
à part entière de ces communautés économiques. En outre les échanges commerciaux que
Madagascar a entretenus avec ces communautés restent encore insuffisants. Malgré cette
situation, l’ouverture des économies malgaches et les échanges avec les organisations régionales
ont permis de fournir différents avantages tant sur le plan microéconomique que
macroéconomique. Mais, sans une politique concrète de soutien du secteur privé national et de la
production nationale, le commerce extérieur et l’intégration régionale resteront un slogan de
plus. En effet, Madagascar est un pays qui possède un potentiel de ressources naturelles telles : le
café, la vanille, le girofle, les produits halieutiques, le poivre, les letchis, les huiles
essentielles…, destinées à la commercialisation. Seulement, elle n’a ni tradition commerciale, ni
esprit d’entreprise, et elle n’est pas bien préparée à la mondialisation (Michalet, 1987).

Plusieurs contraintes, que ce soit administratives ou financières, limitent le pays à la


production et à l’exportation, nous pouvons y citer l’état des routes, l’absence de cadre d’appui à
l’exportation, ainsi que l’insuffisance de crédit de financement. Madagascar a seulement besoin
d’un bon coup de pousse pour pouvoir agir au mieux dans les opérations commerciales. Ce
document a donc proposé des politiques et des stratégies en matière de commerce, qui pourront
faire accroître les taux à l’exportation, parce que l’exportation est la source de l’accumulation
des fonds et investissements. Plus le pays exporte, plus les richesses du pays augmentent. En
réalité, Madagascar est un pays qui ne cesse d’importer, d’où les richesses propres du pays (en
forme monétaire) diminuent. Donc il faut encourager le pays à inverser la tendance car ce ne sont
pas les produits exportables qui manquent à Madagascar.

Des propositions et suggestions, sont émises en ce qui concerne les projets considérés
comme prioritaires pour lesquels un financement est demandé, pour surmonter les contraintes
diverses. Aussi, Madagascar pourra-t-il réduire son taux de pauvreté et avancer vers le
développement souhaité, en augmentant sa richesse par la maximisation de l’exportation et par la
minimisation, des importations pour devenir enfin qu’un pays prêt à accéder à la phase du
développement.

111
BIBLIOGRAPHIE

I. OUVRAGES GÉNÉRAUX

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Paris, 200 p.

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Université, 130 p.

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l'édition anglaise de 1821, de Cécile SOUDAN et de ses collaborateurs de
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Première édition publiée en 1803, à Paris. Réédition chez Calmann Levy, 1972,
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Réédition chez GF Flammarion 1991, 237 p.

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II. DOCUMENTS, ARTICLES ET PÉRIODIQUES

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ADELMAN, I, (1975), « Development economics – a reassessment of goals » American


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international, n°229, janvier-février, 316 p.

MPRH, (2011), Rapport économique et financier, 132 p.

PNUD, (2013), « Rapport sur le développement humain. L’essor du Sud : le progrès


humain dans un monde diversifié », 228 p.

113
III. SUPPORTS PÉDAGOGIQUES

EMILE, (2011), Cours d’économie internationale, 3ème année d’économie, Université de


Toamasina.
KASAVE, R., (2011), Cours d’économie monétaire, 3ème année économie et d’économie
monétaire internationale (2012), 4ème année d’économie, Université de
Toamasina.
LEMIARY, (2010), Cours de macroéconomique, 2ème année d’économie, Université de
Toamasina.
MBIMA, C., (2011), Cours de Croissance et fluctuations économiques, 3ème année
d’économie, et de la politique économique (2012), 4ème année d’économie,
Université de Toamasina.
RAKOTONANDRASANA, M., (2012), Cours d’économétrie, 4ème année d’économie,
Université de Toamasina.
RANDRIAMAHEFA, G, (2010), Cours de démographie, 2ème année d’économie,
Université de Toamasina.
ROLAND, M., (2009-2010), Cours d’économie du développement, 3ème Année
d’Economie, Université de Toamasina.
VAVISOA, A., (2011), Cours de théorie économiques, 3ème année d’économie et
d’économie financières (2012), en 4ème année d’économie, Université de
Toamasina.

IV. MÉMOIRES SOUTENUS

ANRIAMALAZA, O. A., (2013), La vulnérabilité des ménages face aux flambées


vertigineuses des prix des céréales diététiques à Madagascar, Mémoire de
maîtrise en sciences économiques, Université de Toamasina, 131 p.

JERSON, M G, (1993), Commerce extérieur de Madagascar et approche de quelque


incidence macroéconomique, Mémoire de maîtrise en sciences économiques,
Université de Toamasina, 87 p.

RODARY, (2013), Analyse des problèmes et perspective d’amélioration de la politique


budgétaire de la commune urbaine de Toamasina (2008- 2011), Mémoire de
maîtrise en sciences économiques, Université de Toamasina, 131 p.

114
V. SITOGRAPHIE

[Link] vu le 11/11/2013 à 21h.

[Link] vu le
18/11/2013 à 14h.

[Link] vu le 16/11/13 à
16h11.

[Link] vu le 05/10/2013, à 14h.

[Link] vu le 10/11/2013 à
09h 13 mn.

[Link]
international-et-concurrence-sortie-de-la-8eme-promotion-l-tsiresy-r vu le 1
novembre 2013 à 9h 45 mn.

[Link] vu le 12/11/13 à 22 h 20.

[Link] vu le 2 novembre 2013 à 11h 20 mn.

[Link] vu le 2novembre 2013 à 11h22mn.

[Link] vu
le 2-11-2013 à 10h 52mn.

[Link] vu
le 04 11 13 13h 26mn.

[Link] vu le 1 novembre 2013 à 9h45mn.

[Link] vu 20 janvier 2013 à 9h 45 mn

[Link] vu le 22/06/2013 à
15h.

[Link] vu 11/11/2013, à 15h.

http:/[Link]/temperso/philip/paper/thé[Link] vu le 11/11/13 à 11h 30mn.

115
INDEX DES NOMS DES AUTEURS

BOUTILLIER, S., 2. MICHALET, 1.

BRANDER, 111. MUCCHIELLI, 20.

CAPUL, J.-Y, 7, 117. NEME, C., 27.

CASIN, P, 74, 77, 110. OHLIN, 2, 27, 28, 31, 32, 33.

GUILLOCHON, 21. RICARDO, 24, 26, 27, 28, 31, 94, 118.

HERZOG, 1. RICARDO, D., 1, 22, 23, 25, 26, 27, 289, 30, 9

KAWEBKIE, 22. SAMUELSON, 2, 27, 32, 33;

KRUGMAN, P., R., 1, 22, 25, 42. SAUVY, A., 55.

LAFAY., 1. SAY, J. B., 5.

LEONTIEF,2, 27, 34. MASLOW, A., 11. SMITH, A., 1, 20, 21, 24, 26, 91.

MAURICE, 1, 22, 25. SPENCE, 111.

MEURS, 1. TEULON, F., 6.

116
INDEX DES NOTIONS

Avantage absolu, 20, 21, 90, 91, 92, 93.

Avantage comparatif, 23, 24, 80, 82, 83, 90, 91, 92, 93, 94, et passim.

Balance commerciale, 2, 8, 16, 18, 19, 21, 34, 43, 79, 86, et passim.

Bien manufacturés, 33, 34 ,35.

Cercle vicieux, 41, 42, 47, 48, 49, 56, 61.

Coefficient de détermination, 77.

Commerce exclusif, 1.

Commerce extérieur, 1, 8, 9, 10, 11, 12, 22, 28, 73, 81 et passim.

Commerce international, 1, 8, 11, 18, 22, 26, 27, 31, 32, 36, et passim.

Compétitivité, 39, 81, 86, 91, 96, 97, 99, 100, 103, 107 et passim.

Développement économique, 8, 9, 11, 42, 54, 58, 69, 73, 74, 95 et passim.

Dotation factorielle, 32.

Fil du rasoir, 13.

Indicateur de développement, 64.

L’Intégration économique, 94, 112, 117.

La force de la faiblesse de la monnaie ariary, 23.

Le capital humain, 48, 57, 58.

Libre – échange, 1, 28, 37, 95, 97 ,103, 112.

Madagascar Action Plan, 18.

Moindre carré ordinaire, 69, 72.

Mondialisation, 1, 44, 85, 88, 103, 112.

Paradoxe de Leontief, 26, 32, 33.

Plan d’action, 63, 64, 85.

Production nationale, 11, 24, 44, 99, 112.

Produit d’exportation, 64.

Produit manufacturés, 6,9, 28,97.

Protectionnisme, 1, 97.

Régression simple, 74, 75, 78.

Spécialisation, 1, 21, 22, 25, 26, 28, 30, 31, 32, 81, et passim.

Taux de couverture, 16, 18, 19, 105.

Taux de dépendance, 44.

117
LISTE DES ANNEXES

ANNEXE I : LA RECAPITULATION DES ECHANGES COMMERCIAUX ENTRE MADAGASCAR


COMESA, SADC, COI

1- ECHANGES COMMERCIAUX : MADAGASCAR – COMESA

2007 2008 2009 2010


56572 35964 45352
EXPORT MCAR VERS 33495
COMESA
(En milliers USD)

126 064 136 750 104 956


IMPORT MCAR EN PROV. 200 497
COMESA
(En milliers USD)

BALANCE - 69 492 - 100 786 - 59 604


COMMERCIALE
(En milliers USD) - 167 002

Taux de couverture (en %) 44,87 26,30 16,70 43,21

Source : TRADEMAP/ITC – GENEVE, 2010, p. 93.

2- ECHANGES COMMERCIAUX : MADAGASCAR – SADC

2007 2008 2009 2010


EXPORT MCAR 49725 56909 40699 57323
VERS SADC
(En milliers USD)

IMPORT MCAR 245 919 358 566 323 697 290 628
EN PROV.
SADC
(En milliers USD)

BALANCE -196 194 -301 657 -282 998 - 233 305


COMMERCIALE
(En milliers USD)

Taux de couverture 20,22 15,87 12,57 19,72


(en %)

Source : TRADEMAP/ITC – GENEVE, 2010, p. 93.

118
3- ECHANGES COMMERCIAUX : MADAGASCAR – COI

2008 2009 2010


EXPORT MCAR 50,52 43,26 25,02
VERS COI
(En millions USD)

IMPORT MCAR 86,00 187,00 95,50


EN PROV.
COI
(EnmillonsUSD
BALANCE - 35,48 - 143,74 - 70,48
COMMERCIALE

Taux de couverture 58,70 23,14 26,21


(en %)

Source : TRADEMAP/ITC – GENEVE, 2010, p. 94.

119
LISTE DES ILLUSTRATIONS

LISTE DES FIGURES

Figure 1 . Le cercle vicieux de l’instabilité politique ...................................................................................... 34


Figure 2. Le cercle vicieux de la pauvreté ....................................................................................................... 40
Figure 3. Le cercle vicieux de la crise financière ............................................................................................ 41

LISTE DES GRAPHIQUES

Graphique 1. L’évolution annuelle de la valeur de l’exportation totale de Madagascar ................................... 6


Graphique 2. La valeur annuelle de l’exportation de Madagascar par pays ...................................................... 7
Graphique 3. L’évolution annuelle de la valeur de l’importation totale de Madagascar ................................. 11
Graphique 4. La valeur annuelle de l’importation de Madagascar par pays .................................................... 12
Graphique 5. La valeur de l’importation et de l’exportation ........................................................................... 16
Graphique 6. Le ratio entre la valeur de l’importation et de l’exportation ...................................................... 16
Graphique 7. La baisse du commerce international de Madagascar ................................................................ 19
Graphique 8. L’évolution de l’indice de développement humain .................................................................... 55
Graphique 9. Le rang en termes de l’IDH ....................................................................................................... 56

LISTE DE SCHEMA

Schéma 1: Schéma du développement durable ............................................................................................... 61

LISTE DES TABLEAUX

Tableau I. L’exportation annuelle des produits de Madagascar ......................................................................... 8


Tableau II. L’importation des produits ............................................................................................................ 13
Tableau III. La production hebdomadaire d’un ouvrier................................................................................... 20
Tableau IV. L’exemple d’avantage comparatif ............................................................................................... 22
Tableau V. Les coûts relatifs ........................................................................................................................... 23
Tableau VI. La nouvelle répartition des heures de travail ............................................................................... 24
Tableau VII. Le contraste entre RICARDO et OHLIN ................................................................................... 29
Tableau VIII. L’évolution de production des principaux produits d’exportation ............................................ 34
Tableau XIX. L’évolution des importations et exportations de farine de blé et du riz à Madagascar ............. 38
Tableau XX. L’évolution des recettes d’exportation de produits forestiers .................................................... 38
Tableau XXI L’exportation 2010 par type de produit ..................................................................................... 44
Tableau XXII. Le taux de scolarisation entre 2005 et 2010 ............................................................................ 51
Tableau XXIII. L’évolution des indicateurs de Santé à Madagascar entre 2005 et 2010 ................................ 53
Tableau XXIV. Evolution des IDH, ISDH, IPF à Madagascar ....................................................................... 60
Tableau XXV. La corrélation entre IDH et l’exportation de Madagascar ....................................................... 69
Tableau XXVI. La part de l’agriculture dans le PIB ....................................................................................... 97

120
TABLE DES MATIERES

SOMMAIRE

REMERCIEMENTS

LISTE DES ABRÉVIATIONS, SIGLES ET ACRONYMES

GLOSSAIRE

INTRODUCTION .............................................................................................................................................. 1

PARTIE I. LES GÉNÉRALITÉS SUR LE COMMERCE EXTÉRIEUR ET LES PRINCIPES DE


DEVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE DE MADAGASCAR ........................................................................... 3

CHAPITRE I. LE MECANISME DU COMMERCE EXTERIEUR DE MADAGASCAR ........................ 5

SECTION I. LES DETERMINANTS DU COMMERCE EXTERIEUR ................................................ 5

I. LES EXPORTATIONS ET LES IMPORTATIONS ....................................................................... 5

1. Les exportations ......................................................................................................................... 6

1.1. La valeur de l’exportation totale de Madagascar .............................................................. 6

1.2. La valeur de l’exportation de Madagascar par pays destinataire ....................................... 7

1.3. Les 10 principaux pays destinataires des produits exportés .............................................. 8

1.4. Le calcul de l’indice d’évolution de base 100 (pour l’exportation) ................................... 9

2. Les importations ....................................................................................................................... 10

2.1. La valeur de l’importation totale de Madagascar ............................................................ 10

2.2. La valeur de l’importation de Madagascar par pays ....................................................... 11

2.3. Les 10 principaux pays fournisseurs de Madagascar ...................................................... 12

2.4. Le calcul de l’indice d’évolution de base 100 (pour l’importation) ................................ 13

II. LE TAUX DE COUVERTURE DE MADAGASCAR ET LES THEORIES DU COMMERCE


INTERNATIONAL .......................................................................................................................... 15

1. La définition du taux de couverture .......................................................................................... 15

1.1. La comparaison entre la valeur de l’importation et de l’exportation ............................... 15

1.2. Le calcul du taux de couverture ...................................................................................... 17

2. Quelques théories du commerce international .......................................................................... 19

2.1. La théorie des avantages absolu d’Adam-Smith ............................................................. 19

2.2. La théorie des avantages comparatif de David-Ricardo .................................................. 21

121
a). Le principe des avantages comparatifs à travers un exemple chiffré ............................. 22

b). Les limites et les contraintes du modèle de Ricardo ...................................................... 24

2-3. La théorie de dotation factorielle (modèle HOS) et le paradoxe de Leontief ................. 25

a). Le modèle de l’HOS ....................................................................................................... 25

b. Le présentation du modèle .............................................................................................. 26

c). Limites du modèle .......................................................................................................... 30

2.4. Le paradoxes de Leontief ................................................................................................ 31

SECTION II. LES PRINCIPAUX PRODUITS D’EXPORTATION ET D’IMPORTATRION DE


MADAGASCAR ................................................................................................................................... 32

I. LE SECTEUR PRIMAIRE ............................................................................................................ 33

1. Les incidences économiques .................................................................................................... 39

2. L’endettement et la dévalorisation sociale ............................................................................... 39

3. La répercussion sur la production des ménages ....................................................................... 40

4. La répercussion sur les ménages éleveurs ................................................................................ 41

II. LE SECTEUR SECONDAIRE .................................................................................................... 43

CHAPITRE II. LE CONCEPT DU DEVELOPPEMENT......................................................................... 47

SECTION I. LA NOTION DU DEVELOPPEMENT ECONOMIQUE ............................................... 47

I. LES PRINCIPES GENERAUX DU DEVELOPPEMENT ........................................................... 47

1. Les principaux actifs ................................................................................................................ 47

2. Les aspects distributifs ............................................................................................................. 48

3. Les structures institutionnelles ................................................................................................. 48

II. LES CONDITIONS PRIORITAIRES D’ACCES AU DEVELOPPEMENT .............................. 49

1. Le capital humain ..................................................................................................................... 51

1.1. L’éducation ..................................................................................................................... 51

1.2. La santé ........................................................................................................................... 52

2. Quelques théories du développement ....................................................................................... 53

2.1. Selon Alfred Sauvy ......................................................................................................... 54

2.2. Selon Ragnar Nurske....................................................................................................... 54

SECTION II. LES INDICATEURS DE LA QUALITE DE VIE .......................................................... 55

I- CALCUL DE L’IDH ..................................................................................................................... 56

122
1. Indicateur sexospécifique du développement humain ............................................................. 58

2. L’indicateur de la participation des femmes ............................................................................. 59

3. L'indicateur de la pauvreté humaine ........................................................................................ 59

II. LE DEVELOPPEMENT DURABLE .......................................................................................... 60

1. Les concepts fondamentaux ..................................................................................................... 60

2- Sommet de la terre ................................................................................................................... 62

a. Le sommet de Rio de Janeiro de 1992 ............................................................................. 62

b. Le sommet de Johannesburg en 2002 .............................................................................. 63

c. Le sommet de Rio+20 en Brésil ...................................................................................... 63

PARTIE II. LES ROLES DU COMMERCE EXTERIEUR SUR LE DEVELOPPEMENT ECONOMIQUE


DE MADAGASCAR ....................................................................................................................................... 65

CHAPITRE I. LES RELATIONS ENTRE DEVELOPPEMENT ET COMMERCE EXTERIEUR ......... 67

SECTION I. LE FAIT D’EXPORTATION OU L’IMPORTATION SUR LE DEVELOPPEMENT .. 67

I. LA VERIFICATION PAR CALCULS ECONOMETRIQUES .................................................... 67

1. Pour le cas de l’exportation ...................................................................................................... 67

1.1. Les calcul des estimateurs par la méthode de moindre carré ordinaire (MCO)............... 68

1-2. Le coefficient de régression entre l’exportation et l’IDH ............................................... 70

2. Pour le cas de l’importation ...................................................................................................... 71

2.1 Etude économétrique de relation entre la valeur d’importation et l’IDH ......................... 71

2.2. Le coefficient de régression entre l’exportation et l’IDH ................................................ 73

II. L’OUVERTURE AUX ECHANGES : LES ESPOIRS ET LES CONTRAINTES ..................... 74

1. La contribution des échanges à la relance ................................................................................ 74

2. Les signes d’une lente progression ........................................................................................... 76

3. Le poids des contraintes internes à l’offre ................................................................................ 76

4. L’efficacité limitée d’une stratégie basée sur l’ouverture et l’industrie exportatrice ............... 78

SECTION II: I. LA METHODOLOGIE ET LA REVUE DE LA LITTERATURE ............................. 79

I. METHODOLOGIE ....................................................................................................................... 79

1. Les Modèles d’analyses sur la Base de Différents Indicateurs ................................................. 80

2. L’analyse des composantes principales .................................................................................... 82

3. L’identification des créneaux d’exportation ............................................................................. 83

123
II. LA REVUE DE LA LITTERATURE .......................................................................................... 83

1. Orientation stratégique du développement à Madagascar ........................................................ 83

2. Le développement des secteurs économiques malgaches ......................................................... 84

3. Le Climat d’investissement à Madagascar ............................................................................... 85

3.1. L’environnement de l’investissement à Madagascar....................................................... 85

3.2 La Perception des acteurs économiques ........................................................................... 85

3.3. Les différentes contraintes liées à la culture des acteurs ................................................. 86

4. Intégration régionale ................................................................................................................. 87

5. Compétitivité – Avantage comparatif....................................................................................... 89

CHAPITRE II. L’INCIDENCE DU COMMERCE EXTERIEUR SUR LA PERFORMANCE


ECONOMIE ET LURS SUGGESTIONS .................................................................................................. 95

SECTION I. LES PROBLEMES DU COMMERCE MALGACHE ..................................................... 95

I. LES PROBLEMES ADMINISTRATIFS ...................................................................................... 95

II. LES PROBLEMES DE QUALITE .............................................................................................. 95

III. LE PROTECTIONNISME DES PAYS DEVELOPPES ............................................................ 96

IV. LES RISQUES DE L’INTEGRATION REGIONALE .............................................................. 96

1. Un déséquilibre général entre des économies ........................................................................... 96

2. Des secteurs d’activités en péril ............................................................................................... 97

SECTION II. L’ANALYSE ET PERSPECTIVE POUR L’ECONOMIE MALGACHE ..................... 97

I. L’OBSERVATION DES FAITS ................................................................................................... 97

1. L’Analyse ................................................................................................................................. 98

2. Les perspectives ..................................................................................................................... 102

II. LA CONTRIBUTION DU COMMERCE EXTERIEUR DANS LE DEVELOPPEMENT ...... 105

1. La création d’emploi .............................................................................................................. 105

2. Un marché plus large .............................................................................................................. 105

III. LES SUGGESTIONS ............................................................................................................... 106

CONCLUSION .............................................................................................................................................. 110

BIBLIOGRAPHIE ......................................................................................................................................... 112

TABLE DES MATIERES .............................................................................................................................. 121

124
ANALYSES DU COMMERCE EXTERIEUR
SUR LE DEVELOPPEMENT ECONOMIQUE
DE MADAGASCAR
(2007 à 2011)

Le commerce extérieur est-il bénéfique pour l’économie générale de Madagascar ?


La réponse à cette problématique est développée dans l’ensemble de cet ouvrage. Des
éléments clés permettant d’apporter des suggestions spécifiques, mesurables, atteignables,
réalisables dans le temps ont été avancés dans le but d’améliorer la balance commerciale
de la nation.

Les résultats du modèle économique basé sur la méthode de la méthode de moindre


carré ordinaire (MCO) ont permis d’affirmer que l’exportation et l’importation sont
nécessaires et contribuent activement au développement économique de notre pays.

Mots clés : commerce international, commerce extérieur, développement


économique, balance commerciale, Importation, Exportation, avantage absolu, avantage
comparatif, abondance en facteur, Madagascar.

125

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