Dépression
Comprendre la maladie,
accompagner, déstigmatiser
Document réalisé par
l'association Raptor Neuropsy
Camille PINTE
Mathieu CERBAI
Stagiaire Neuropsychologue
Neuropsychologue
M2 - Université de Lorraine
- Septembre 2023 -
Sommaire
Quelques chiffres
Qu'est-ce que la dépression ?
Définitions
Au niveau cérébral
Symptômes
Types de dépressions
Causes et facteurs de risques
Comorbidités
Complications
Accompagnements
...Insuffisamment pris en charge !
Diagnostic
Thérapies
Traitements
Hospitalisation
[Link].s
Cognition et émotions
Biais cognitifs
Reconnaissance des expressions
faciales émotionnelles
Ressources existantes
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Quelques chiffres
D’après l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS),
5% des adultes à l’échelle mondiale souffrent de
dépression, dont 11% en France.
On estime qu’il y a 100 millions de personnes dans
le monde souffrant de dépression sur une période
d’un an (GBD Results, s. d.).
Selon l'INSERM, 1 personne sur 5 fera une
dépression au cours de sa vie.
A savoir !
2/3 des sujets déprimés sont des femmes.
On retrouve deux tranches d’âges particulièrement
touchées : les 20-30 ans et les 50-60 ans
(Dépression ⋅ Inserm, La science pour la santé).
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Qu'est-ce que la dépression ?
Définitions
Un épisode dépressif caractérisé (EDC) se définit
par la perturbation de l’humeur dans le sens
négatif (tristesse, souffrance intérieure), avec des
symptômes présents au quotidien depuis au moins
15 jours, avec une modification par rapport à un
état antérieur.
Ces symptômes peuvent être d’intensités variées
(légère, modérée, sévère) et retentissent sur la vie
de la personne (Crocq & Guelfi, 2015), au niveau :
Social
Professionnel
Psychique
Relationnel
Affectif
Somatique
Cognitif
On va alors distinguer les troubles de l’humeur et
les réactions naturelles face à un évènement
traumatisant. On parle davantage de « détresse
émotionnelle » (réponse normale réactionnelle face
à un épisode de vie stressant) puis de « troubles
de l’adaptation » (si la réponse réactionnelle
perdure quelques jours).
Détresse émotionnelle -> Trouble de l’adaptation ->
Dépression
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Au niveau cérébral
La dépression est liée, au niveau neurologique, à
une hyperactivité de l’axe dit "hypothalamo-
hypophyso-surrénalien" (Stetler & Miller, 2011).
L’activation de cet axe déclenche notamment la
production du cortisol, appelé « l’hormone de
stress ». La production de cette hormone affaiblit
les défenses immunitaires, augmente la fatigue et
les douleurs musculaires.
Cette dose de stress est toxique pour un certain
nombre de régions cérébrales « importantes pour
la mémoire, l’attention et la régulation des
émotions » (Hingray & El-Hage, 2020).
Les neurotransmetteurs jouent également un rôle
clé dans la dépression, comme un faible niveau de
dopamine (neurotransmetteur essentiel à la
régulation de l’humeur).
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Symptômes
Un EDC est composé d’au moins 5 des symptômes
suivants, avec nécessairement soit une humeur
dépressive soit une perte d’intérêt et de plaisir
(DSM-V) (Crocq & Guelfi, 2015). Ces différents
symptômes ne doivent pas être associés à une
consommation de toxiques ou à une affection
médicale (par exemple, l’hypothyroïdie).
Dimension
affective
o Tristesse de l’humeur
↓
o Anhédonie : plaisir, intérêt
o Culpabilité/dévalorisation
o Idées suicidaires : passives
(sans intention) puis de plus
Dimension en plus actives Troubles
somatique : cognitifs :
↑↓
o Trouble du sommeil : o Ralentissement de la pensée,
insomnie ou hypersomnie. ↓ ↓
attention, concentration,
↑↓
o Anorexie ou hyperphagie : ↓ ↓
mémoire , planification et
poids et appétit. résolution de problèmes.
↓ ↓
o énergie, motivation, o Aboulie : difficulté à
↓ libido initier les choses
Troubles moteurs :
o Ralentissement moteur
ou agitation
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Types de dépression
Trouble de l’humeur unipolaire
Dépression avec caractéristiques mélancoliques
: souffrance morale et ralentissement moteur très
important, anhédonie (perte de plaisir)
importante, trouble du sommeil avec réveil
précoce etc.
Dépression avec caractéristiques anxieuses :
symptomatologie anxiodépressive
Dépression avec caractéristiques de mixité :
présence de 3 symptômes « maniaques »
associés à la dépression (hors agitation,
distractibilité, irritabilité)
Dépression avec caractéristiques
psychotiques : apparition d’idées délirantes.
Dépression du post-partum : pendant ou après
la grossesse (chez la femme et chez l’homme)
Dépression avec caractère saisonnier : entrée
de l’hiver
Cyclothymie : fluctuation entre des phases
dépressives d’intensité légère et des légères
phases hypomaniaques.
Dysthymie : humeur basse, dépressive,
d’intensité légère durant au minimum 2 ans.
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Causes et facteurs de risques
Les causes de la dépression sont multiples ! Les
facteurs de risque se retrouvent tant sur le plan de
la génétique que dans l'environnement de la
personne concernée.
Facteurs environnementaux et
génétiques (Crocq & Guelfi, 2015)
Antécédents dépressifs familiaux
Bas niveau socio-économique
Trouble de la personnalité (50% des EDC
s’accompagnent d’un trouble de personnalité)
Comorbidité psychiatrique et organique
Facteurs précipitants
Stresseurs psychosociaux : on y trouve deuils,
séparations, pertes, changements brusque de
style de vie, échecs professionnels, manque de
soutien social, perte d’un parent avant 15 ans,
grossesses et accouchements, violences subies,
mésusage de toxiques...
Antécédents d’épisodes dépressifs antérieurs :
le risque augmente à chaque récurrence
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Comorbidités
Difficultés Autres troubles de
somatiques (e.g. l'humeur (e.g.
douleurs, thyroïde) trouble bipolaire)
TOC, troubles
Troubles de la anxieux, TDAH...
personnalité
Idées
Addictions suicidaires
Egalement...
La combinaison de troubles psychiques
peut mener à l'épuisement global de la
personne.
Des atteintes du fonctionnement au
niveau relationnel et social peuvent
favoriser les symptômes dépressifs, et
inversement !
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Le saviez-vous ?
Il est difficile de différencier le Burn-out et la
dépression. Quelques différences subsistent,
notamment avec le contexte spécifique du
travail pour le burn-out et le fonctionnement de
la personne préservé. Toutefois, plus le burn-
out est avancé dans les stades, plus cette
différence est difficile à percevoir (Delbrouck &
Delbrouck, 2022). Voici quelques différences :
Prédominant Prédominant dans la
dans le Burn-out Dépression
Ralentissement
Psychomoteur Vivacité psychomoteur, manque
d’énergie
Tension, énervement,
Prédominance de
Humeur irritabilité, agressivité en
l’humeur triste
privé
Fonctionnement
Agitation psychique Bradypsychie
psychique
Mode de Vers le futur, toujours en Perte de plaisir, tourné
fonctionnement projet vers le passé
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Complications
Si l’EDC est pris en charge, il sera plus court et
pourra évoluer vers la disparition de l’ensemble des
symptômes. Toutefois, des symptômes résiduels
peuvent persister : ils indiquent une évolution moins
favorable.
Au fur et à mesure des rechutes, les évènements
déclencheurs sont souvent mineurs, la réactivité
thérapeutique est moindre et la persistance des
symptômes résiduels est plus fréquente.
Le risque de rechute dépressive est important
(Bondolfi, 2002) :
Après un épisode dépressif : 50% de risque de
refaire une dépression
Après un deuxième épisode dépressif : 75% de
risque de faire une 3e dépression
Après trois épisodes dépressifs : ce risque est
de 90%
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Le saviez vous ? La dépression,
une urgence médicale
La dépression peut devenir une urgence médicale
du fait du risque suicidaire.
Le risque suicidaire est fortement associé aux
troubles dépressifs : 15 à 20% des personnes
dépressives chroniques se suicident. En effet, le
suicide / la tentative de suicide est un des
éléments de la dépression (World Health
Organization : WHO, 2021).
Il s’agit d’un manque de choix et non un choix face
à sa souffrance. Il est important d’en parler
ouvertement avec la personne, cela ne renforce
pas les idées suicidaires : c’est une idée reçue, on
parle du fantasme du malade de cristal. Au
contraire, cela peut permettre à la personne d’en
discuter, de se sentir entendue et soutenue et
d’échanger sur la question.
Pour évaluer le risque suicidaire, il est possible
d'observer des critères pouvant favoriser le
passage à l’acte avec le RUD (i.e. Risque / Urgence
/ Dangerosité).
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Processus des idées suicidaires
Recherche de
stratégie Apparition d'idées
suicidaires
Ruminations des
idées (passives)
Cristallisation et
planification d'un
scénario
Elément(s)
déclencheur(s)
Passage à l'acte
Pour en savoir plus sur le repérage
de la crise suicidaire avec le RUD,
retrouvez notre infographie sur le
site [Link] et via
le QR Code !
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Accompagnements
Un trouble insuffisamment pris en charge
Etablir le diagnostic de dépression n'est pas
toujours aisé, et ce ne sont pas toutes les
personnes concernées qui consultent.
Encore aujourd'hui, la dépression reste considérée
comme une maladie « honteuse », entourée de
nombreuses idées reçues :
« La dépression, c'est dans la tête »
« La dépression, c’est le mal du siècle. »
« Il faut se bouger le cul, pratiquer du sport,
changer d’air, aller au soleil, manger du poisson,
prendre des vitamines… »
Quelles répercussions ?
Pendant les phases dépressives, on peut observer
un repli sur soi. Communiquer avec les autres
devient difficile, on peut se sentir incompris... On
retrouve également des difficultés à initier une
action, même essentielle (se laver, manger…).
Astuce : faire un programme de la semaine en
alternant les activités plaisantes (Jelinek et al.,
2017).
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Diagnostic
Démarche diagnostique : méthodique à partir
de questions posées à la personne (en lien
avec les différents types de symptômes)
Les hypothèses diagnostiques vont venir
s’appuyer sur le DSM V ou la CIM 11, et les
diagnostiques différentiels sont discutés.
Cette démarche peut être complétée à l’aide
d’échelles et de questionnaires :
Autoévaluation* :
BDI-II : inventaire de la dépression de Beck
MDI-C : échelle composite de dépression
pour enfants
HAD : échelle d’anxiété et de dépression en
milieu hospitalier
Hétéroévaluation** :
Echelle de dépression de Hamilton (HDRS-21)
MADRS : échelle Montgomery-Asberg
d’évaluation de la dépression (pour évaluer la
gravité des symptômes)
MINI (Mini International Neuropsychiatric
Interview)
* Autoévaluation : questionnaire rempli par la personne.
** Héréroévaluation : questionnaire rempli avec un tiers
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Thérapies
Les Thérapies Cognitivo-Comportementales
(TCC) sont particulièrement préconisées en cas
d’EDC (recommandations HAS). Ce type de
thérapie s'exerce sur 3 niveaux : comportemental,
cognitif et émotionnel
Cela regroupe également les thérapies de pleine
conscience (Mindfulness), la thérapie ACT, etc.
La remédiation cognitive permet de travailler sur
les troubles cognitifs : difficultés mnésiques,
attentionnelles et exécutives, la motivation ou
encore les biais cognitifs, souvent retrouvés dans
le cas d'un EDC.
La remédiation cognitive propose ainsi des
programmes variés adaptables à chaque personne
selon ses besoins et objectifs personnels.
Pour en savoir plus sur la
remédiation cognitive, retrouvez
notre portfolio sur le site
[Link] et via le
QR Code !
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Le saviez-vous ?
La dépression infanto-juvénile
La dépression chez l’enfant peut se manifester de deux
façons différentes :
Il est silencieux (presque mutique), très renfermé, «
trop » sage, ne prend plus de plaisir dans ses activités,
des mimiques pauvres, un regard inexpressif, une voix
monocorde ;
Il est très agité, avec un comportement
agressif voire automutilateur, la séparation
avec ses proches est difficile (e.g. ne veut
plus aller à l’école)
On peut retrouver une baisse des résultats et
d’intérêt pour l’école avec... :
Une tendance à l’isolement
Des difficultés de concentration / d’attention
Un manque d’imagination
Un raisonnement réduit
Etc.
On remarque des troubles du sommeil (avec une
grande fatigabilité) et de l’alimentation, une
énurésie ou une encoprésie peuvent surgir, de
l’anxiété peut également être prédominante.
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Traitements
Recommandations de la Haute autorité de santé :
En cas d’EDC léger, une psychothérapie est
proposée en première intention ;
En cas d’EDC modéré, une association entre
antidépresseurs et psychothérapie peut être
proposée ;
En cas d’EDC sévère, les antidépresseurs sont
indispensables (+ autres psychotropes possibles
comme les anxiolytiques ou des hypnotiques).
Une hospitalisation est parfois nécessaire.
Si vous vous sentez concerné par une de ces
situations, rapprochez vous de votre médecin
traitant.
“Bien qu’il existe des traitements connus et
efficaces pour soigner les troubles mentaux, plus
de 75 % des personnes vivant dans des pays à
revenu faible ou intermédiaire ne reçoivent aucun
traitement » (Evans-Lacko et al., 2017).
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Les antidépresseurs sont des traitements
nécessitant une surveillance médicale régulière.
On parle souvent des inhibiteurs sélectifs de la
recapture de la sérotonine (OMS). Cela peut mettre
quelques semaines pour ressentir les effets.
Le traitement doit s’arrêter progressivement par
diminution du dosage.
Il est recommandé de continuer la thérapie dans les
6 mois suivant l’arrêt du traitement.
Pour en savoir plus sur les
traitements, retrouvez notre livret
sur le site [Link]
et via le QR Code !
L’hospitalisation en milieu psychiatrique
Il est possible d’être hospitalisé dans le cas d’un
EDC, principalement en cas de risque suicidaire «
d’urgence élevée », dans certaines formes
sévères (symptômes psychotiques ou somatiques
sévères associés), et lors de situations
particulières (entourage social/familial insuffisant,
l’insuffisance de réponse au traitement).
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[Link].s
Les médecins : les médecins généralistes
peuvent repérer les premiers signes,
diagnostiquer, orienter, prescrire et suivre un
éventuel traitement. Les psychiatres peuvent
également émettre un diagnostic et un avis
sur le traitement le mieux adapté.
Les psychologues : issus de différentes spécialités,
les psychologues sont des ressources clés. Ils
permettent un accompagnement spécialisé tout au
long de la dépression. Les thérapies cognitivo-
comportementales sont celles recommandées par
l'HAS. Les psychologues peuvent par exemple
intervenir en CMP (centre médico-psychologique) ou
en libéral.
Le cas des neuropsychologues (ou psychologues
spécialisés en neuropsychologie) : il est possible de
faire des bilans neurocognitifs ou des séances de
remédiation cognitive pour pallier les difficultés
cognitives. Par exemple, cela peut aider pour les
difficultés attentionnelles, mnésiques, les soucis de
planification.
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Et bien évidemment, on n'oublie pas la diversité des
corps de métiers présents dans l'accompagnement ,
comme les infirmier.e.s, les ergothérapeutes, les
pair-aidant.e.s, les travailleurs sociaux, etc. !
Et encore une fois, il y a pléthore d'interventions :
La thérapie ACT
Les techniques de relaxation (e.g. la cohérence
cardiaque avec Respirelax+)
La méditation de pleine conscience (Mindfulness)
L'hypnose
La luminothérapie
Les ECT (électro-compulsivo thérapie)
L'EMDR (dans le cas des traumas)
Etc.
RespiRelax+
Pour en savoir plus sur la thérapie
ACT, retrouvez notre vidéo sur le
site [Link] et via
le QR Code !
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Cognition et émotion
Cognition
Le mode de pensée associé à un EDC entraîne une
représentation négative du monde -> survenue des
émotions désagréables et de perturbations du
comportement.
Ces personnes présentent des schémas cognitifs
inconscients dans la mémoire à long terme qui
filtrent l’information, ne retenant que les aspects
négatifs de l’expérience vécue. Ces distorsions
guident le jugement que la personne se porte à elle-
même.
Conséquences : la perte de l’estime de soi et de la
motivation, le pessimisme, l’indécision etc.
Une grande partie des personnes présentant une
dépression se plaignent de problèmes de
concentration et de mémoire. En effet, les
ruminations prennent souvent toute leur attention,
il reste donc peu de capacités attentionnelles
disponibles pour se focaliser sur d’autres choses
présentes dans l’environnement (Jelinek et al.,
2017).
Tips : aide-mémoire, post-it, calendriers, to-do-list
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Les biais cognitifs
Les biais cognitifs (ou distorsions cognitives)
désignent des mécanismes de pensée, souvent
inconscients, qui vont altérer notre jugement :
Raccourcis au niveau du traitement de
l’information, de façon biaisée. L'attention peut
être portée à certains détails, l'interprétation
peut être erronée.
Ils entraînent une interprétation ou un
raisonnement biaisé.
Nous avons tous des biais cognitifs présents
dans notre fonctionnement, à différents degrés.
Ils peuvent être fonctionnels mais, s’ils sont
trop présents ou à un degré trop élevé, ils
peuvent entrainer ou aggraver certains
troubles.
Delbrouck & Delbrouck, 2022
Les différents biais cognitifs peuvent être travaillés,
par exemple, via un programme d’entrainement
métacognitif pour la dépression (D-MCT). Cet
entraînement se concentre sur la modification des
biais cognitifs et des croyances dysfonctionnelles
autour de 8 séances de 60 minutes réalisées en
groupe.
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Abstraction sélective : ne percevoir que les éléments
négatifs
Je passe une bonne soirée, on renverse mon verre
➡️
j’ai passé une mauvaise soirée.
Pensée dichotomique : Voir tout en noir et blanc
Si je n’ai pas été pris(e), c’est que je ne vaux rien.
Inférence arbitraire (conclusion
hâtive) : Tirer des conclusions sans preuve
Je vais rester seul(e) toute ma vie !
Raisonnement émotionnel
Considérer ses émotions comme des preuves
Je suis angoissé(e) tout le temps, c’est
la preuve que quelque chose va se passer.
Fausses obligations : exigences arbitraires irréalistes
envers soi ou les autres
Je dois être irréprochable / Je dois tout le temps réussir.
Les personnes souffrant de dépression vont avoir tendance
à se focaliser uniquement sur les évènements négatifs
(abstraction sélective), à voir les situations avec un filtre
négatif (pensée dichotomique) sans qu’il n’y ait de preuve
(inférence arbitraire). Ce filtre négatif est lié aux émotions
négatives (peur, tristesse, angoisse etc.) qui vont participer
à cette vision assombrie de la réalité et renforcer ces
croyances (raisonnement émotionnel). Ces personnes
peuvent également avoir tendance à se fixer des objectifs
inatteignables pour valider ces croyances (fausses
obligations).
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Personnalisation : surestimer le lien entre un événement
extérieur défavorable et soi
Si je l'avais appelée, elle n'aurait pas eu son accident.
Maximisation / Minimisation : une plus grande valeur est
attribuée aux échecs, et une moindre aux réussites
J'ai commis une erreur, je suis nul(le).
J'ai réussi parce que j'ai eu de la chance.
Etiquetage : catégoriser, émettre un jugement définitif
sur soi ou les autres
J'ai commis une erreur ➡️ Je suis complètement nul(le).
Surgénéralisation : faire une règle d'un événement isolé
J'ai raté un examen ➡️ Je ne réussirai jamais à rien.
Il existe un fort biais d'attribution interne dans ces cas, et les
personnes vont s’attribuer la responsabilité d’évènements
extérieurs (personnalisation et maximisation) et attribuer
leurs réussites à des facteurs extérieurs, c’est-à-dire attribuer
la réussite à une personne, à la chance, au hasard etc.
(minimisation).
Les personnes traversant un EDC vont se dévaloriser, se juger
en prenant certains évènements (étiquetage). Elles peuvent
avoir une faible estime d'elles, et surgénéraliser la survenue
d’échecs et d'évènements déplaisants (surgénéralisation).
Jelinek et al., 2017
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Les émotions
L’émotion est une réaction physiologique
spontanée à un déclencheur : un évènement
(parole, geste, bruit), ou une pensée. Elle surgit
brutalement et provoque des manifestations
physiologiques (cœur qui s’accélère, sueurs…),
comportementales (mimique du visage, sursaut…)
et psychologiques (pensée)
Delbrouck & Delbrouck, 2022
Dans le trouble dépressif caractérisé on retrouve
une nette prédominance de l’humeur triste. Les
émotions négatives sont surreprésentées dans
notre palette d’émotions (tristesse, colère, peur,
dégoût, honte, déception…).
« Bloquer ses émotions est inefficace mais aussi
épuisant et nocif. Si la décharge de l’émotion ne
peut avoir lieu, celle-ci est refoulée dans le corps,
qui reste en tension et donc en état de stress
interne chronique »
Delbrouck & Delbrouck, 2022
C'est donc toxique pour l’organisme à long terme.
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Reconnaissance des expressions
faciales émotionnelles
Dans la dépression, il existe un dysfonctionnement
au niveau de la perception et la reconnaissance
des expressions faciales émotionnelles.
Les expressions positives et neutres sont
évaluées comme des émotions négatives ou
alors moins positives qu’elles ne le sont ;
Les expressions ambiguës sont spontanément
attribuées à une émotion négative ;
Le jugement négatif des émotions au sein de la
reconnaissance des expressions faciales
pourrait être en lien avec la gravité et la
persistance de la dépression.
Hale, 1998 ; Bouhuys et al., 1999 ;
Levkovitz et al., 2003
Au niveau des systèmes neuronaux, il existe des
anomalies fonctionnelles dans le traitement des
émotions, la recherche de récompense et la
régulation des émotions (Liotti & Mayberg, 2001).
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Cette altération de la reconnaissance des émotions
peut être liée à une vigilance et une attention accrue
envers les visages exprimant des émotions
négatives (Gotlib et al., 2004).
De plus, les personnes souffrant d’un trouble de
l’humeur peuvent avoir un temps de réaction plus
long pour reconnaître les expressions émotionnelles
visuelles (Yildirim-Celik et al., 2022).
Ce biais négatif au niveau de la perception des
expressions faciales émotionnelles peut favoriser
l’entretien d’une humeur dépressive (Bouhuys et
al., 1999 ; Hale, 1998 ; Gilet, 2008).
Il a également été mis en évidence que ces effets
peuvent être diminués grâce aux traitements et,
lors de la phase de rémission, des améliorations
significatives sont observables au niveau de la
perception des expressions faciales émotionnelles
(Yildirim-Celik et al., 2022).
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Ressources existantes
Les associations :
France dépression
Psy-hope
SOS amitié
Les numéros d'urgence
3114 écoutes 7j/7 et 24h/24
Lueur d’espoir de 20h à 23h 7j/7 :
04 22 53 74 59
SOS Amitié :
09 72 39 40 50
[Link]
Suicide écoute :
01 45 39 40 00
[Link]
Fil Santé Jeunes :
0800 235 236
[Link]
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Bibliographie
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Document réalisé par
l'association Raptor Neuropsy
Camille PINTE
Mathieu CERBAI
Stagiaire Neuropsychologue
Neuropsychologue
M2 - Université de Lorraine
- Septembre 2023 -