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Irrationalité de π démontrée par l'absurde

Ce document présente une démonstration par l'absurde que le nombre π est irrationnel. Il est décomposé en plusieurs questions visant à montrer qu'un polynôme construit à partir de π prend des valeurs entières, ce qui mène à une contradiction.

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Irrationalité de π démontrée par l'absurde

Ce document présente une démonstration par l'absurde que le nombre π est irrationnel. Il est décomposé en plusieurs questions visant à montrer qu'un polynôme construit à partir de π prend des valeurs entières, ce qui mène à une contradiction.

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DL2

1 Irrationalité de π
Nous allons montrer par l’absurde que le nombre π est irrationnel. Supposons donc qu’il existe deux entiers
non-nuls (p,q) ∈ N? 2 tels que π = pq . On définit pour n ∈ N? , le polynôme

1 n
Pn = X (p − qX)n
n!

Q 1 Déterminer explicitement les coefficients ak du polynôme Pn . En déduire que pour tous les entiers n ∈ N? et
(k)
k ∈ N, Pn (0) ∈ Z

(k) p 
Q 2 Montrer en utilisant la question précédente que ∀n ∈ N? et ∀k ∈ N, Pn q ∈Z
On définit l’intégrale
Z p
q
In = Pn (t) sin t dt
0

Q 3 Montrer que la suite (In ) converge vers 0 et que ∀n ∈ N? , In > 0.

Q 4 Montrer que In ∈ N? .

Q 5 Conclure.

2 Limite d’intégrales
2.1 Partie I
On considère une fonction continue f : [0,1] 7→ R telle que f (1) 6= 0. On note pour n ∈ N,
Z 1
In = tn f (t) dt
0
.

Q 6 On suppose dans cette question uniquement que f est de classe C 1 sur le segment [0,1]. Trouver un équivalent
de la suite (In ) en utilisant une intégration par parties.
On suppose désormais que la fonction f est uniquement continue sur le segment [0,1] avec toujours f (1) 6= 0.
On se propose de retrouver le résultat précédent.

1
MPSI 2 2 DL 6

On considère une fonction ε : [0,1] 7→ R continue telle que ε(1) = 0. Pour tout entier n ∈ N, on définit :
Z 1− √1n
Jn = tn f (t) dt
0
Z 1
Kn = tn f (t) dt
1− √1n
Z 1
θn = n tn ε(t) dt
1− √1n

Q7
a. Montrer que In −−−−−→ 0.
n→+∞
b. Montrer que nJn −−−−−→ 0.
n→+∞
c. Monter que θn −−−−−→ 0.
n→+∞
d. Montrer qu’il existe un réel K que l’on précisera tel que nKn −−−−−→ K.
n→+∞
e. En déduire un équivalent de la suite (In ) lorsque n → +∞.

Q 8 Si l’on suppose que la fonction f est de classe C 1 sur [0,1] et f (1) = 0, f 0 (1) 6= 0, en effectuant une intégration
par parties, déterminer un équivalent de la suite (In ) lorsque n → +∞.

2.2 Partie II
On considère dans cette partie, une fonction f : [0,1] 7→ R continue. Pour tout réel x ∈ [0,1[, on note
Z x n
X
In (x) = tn f (t) dt et Sn (x) = Ik (x)
0 k=0

Q 9 Montrer que pour tout réel x ∈ [0,1[, In (x) −−−−−→ 0.


n→+∞

Q 10 Montrer qu’il existe une fonction F : [0,1[7→ R telle que ∀x ∈ [0,1[,

Sn (x) −−−−−→ F (x)


n→+∞

On exprimera F (x) sous la forme d’une intégrale faisant intervenir la fonction f .

1 − t2
Q 11 On suppose dans cette question que ∀t ∈ [0,1], f (t) = . Calculer pour tout x ∈ [0,1[, F (x) et déterminer
1 + t2
la limite de la fonction F lorsque x → 1− .
r
1−t
Q 12 On suppose dans cette question que f (t) = . Déterminer la fonction F et sa limite lorsque x → 1− .
1+t
MPSI 2 3 DL 6

2.3 Partie III


1
On suppose dans cette partie que ∀t ∈ [0,1], f (t) = . Pour tout entier p > 0, on note :
1 + t2
n
X (−1)k−1
Un =
2k − 1
k=1

Q 13 Calculer I0 et I1 .

Q 14 Déterminer pour n ∈ N une relation de récurrence entre In et In+2 .

Q 15 Montrer que la suite (Un ) converge et déterminer sa limite U . Déterminer ensuite un équivalent de la suite
(Un − U ).
MPSI 2 4 DL 6

Corrigé.
Q 1 Utilisons la formule du binôme :
Xn  
n pn−i q i n+i
P = (−1)i X
i=0
i n!
P
On en déduit l’expression du coefficient de X k du polynôme Pn : Pn = k≥0 ak X k avec :

0  
si k 6∈ [[n,2n]]
ak = (−1)k−n n
 p2n−k q k−n si k ∈ [[n,2n]]
n! k−n
P (k) (0) (k)
D’après la formule de Taylor, ak = . On en tire que Pn (0) = 0 si k 6∈ [[n,2n]] et si n ≤ k ≤ 2n,
k!
 
k! n
Pn(k) (0) = k!ak = (−1)k−n p2n−k qk−n
n! k − n
(k)
Puisque n ≤ k, k!/n! ∈ N, et donc Pn ∈ Z.
Q 2 Remarquons que

1 n 1
Pn (p/q − X) = (p/q − X)n p − q(p/q − X) = (p − qX)n X n = Pn (X)
n! n!
Par conséquent, en dérivant k fois, on trouve que
(−1)k Pn(k) (p/q − X) = Pn(k) (X)
(k) (k)
En prenant x = 0, on obtient donc Pn (p/q) = (−1)k Pn (0) ∈ Z d’après la question précédente.
Q 3 Pour t ∈ [0,p/q] = [0,π], on a l’encadrement 0 ≤ p − qt ≤ p. En majorant l’intégrale en valeur absolue, on
obtient Z pq
1 p2n+1 p2n+1
|In | ≤ tn pn dt = ≤
n! 0 n!q n n!
Mais pour toute suite géométrique (k n ), on sait que k n = o(n!), et donc In −−−−−→ 0. Comme ∀t ∈ [0,p/q],
n→+∞
Pn (t) sin t ≥ 0, si l’on avait pour n ∈ N? In = 0, puisque la fonction t 7→ Pn (t) sin t est continue, positive sur
[0,p/q] (p/q = π) et d’intégrale nulle, d’après un théorème, cette fonction serait nulle sur [0,p/q] ce qui est faux.
Donc ∀n ∈ N? , In > 0.
Q 4 En intégrant plusieurs fois par parties, on trouve que
h iπ
In = − cos tPn (t) + sin tPn0 (t) + cos tPn00 (t) − sin tPn(3) (t) cos tPn(4) (t) + · · · + (−1)n−1 cos tP (2n) (t) +
0
Z π
(−1)n Pn(2n+1) (t) cos t dt
0

Mais puisque deg Pn = 2n, l’intégrale est nulle, et donc


h iπ
In = − cos tPn (t) + cos tPn00 (t) − · · · + (−1)n−1 cos(t)P (2n) (t)
0
(k) (k) (k)
Or on a vu aux question 1 et 2 que ∀k ∈ [[0,2n]], Pn (0) ∈ Z et Pn (π) = Pn (p/q) ∈ Z. Donc In ∈ Z. D’après
la question 3, In > 0 et donc In ∈ N? .
Q 5 Puisque ∀n ≥ 1, In ∈ N? , In ≥ 1 or d’après la question 3, In −−−−−→ 0, une absurdité. Donc π est irrationnel.
n→+∞
1
Q 6 Soit un entier n ∈ N. Puisque f ∈ C ([0,1]), nous pouvons intégrer par parties In :

 u(x) = f (t) u0 (x) = f 0 (t)
tn+1
 v 0 (x) = tn v(x) =
n+1
MPSI 2 5 DL 6

h tn+1 i1 Z 1 Z 1
1 1 h i
In = f (t) − tn+1 f 0 (t) dt = f (1) − tn+1 f 0 (t) dt
n+1 0 n+1 0 n+1 0
Comme la fonction f 0 est continue sur le segment [0,1], elle est bornée. Notons M1 = supt∈[0,1] |f 0 (t)|. Alors
Z 1 Z 1 Z 1
M1
tn+1 f 0 (t) dt ≤ tn+1 |f 0 (t)| dt ≤ M1 tn+1 dt =
0 0 0 n+2
On en déduit donc que nIn −−−−−→ f (1), c’est à dire (puisque f 0 (1) 6= 0) que
n→+∞

f (1)
In ∼
n

Q7
a. Soit n ∈ N. La fonction |f | est continue sur le segment [0,1] donc est bornée. Notons M0 = supt∈[0,1] |f (t)|.
On majore alors |In | :
Z 1 Z 1
M0
|In | ≤ tn |f (t)| dt ≤ tn M0 dt = −−−−−→ 0
0 0 n + 1 n→+∞
D’après le théorème de majoration, In −−−−−→ 0.
n→+∞
b. Soit n ∈ N. Majorons comme précédemment :
Z 1− √1
n n 1 (n+1) ln(1− √1n )
|nJn | ≤ n tn M0 dt = M0 (1 − √ )n+1 ≤ M0 e
0 n+1 n
√ (n+1) ln(1− √1n )
Mais puisque (n + 1) ln(1 − √1 ) ∼ − n, e −−−−−→ 0 et d’après le théorème de majoration,
n n→+∞
il vient que nJn −−−−−→ 0.
n→+∞
c. Soit n ∈ N. Z 1
|θn | ≤ tn |ε(t)| dt
1− √1n

Mais puisque la fonction ε est continue sur le segment [1 − √1 ,1], elle est bornée. Comme ∀t ∈ [1 − √1 ],
n n
tn |ε(t)| ≤ tn supt∈[1− √1 ] |ε(t)|, on trouve que
n

n h n+1 i1
|θn | ≤ t sup |ε(t)| ≤ sup |ε(t)|
n+1 1− √1n t∈[1− √1n ] t∈[1− √1n ,1]

Soit alors ε > 0. Comme ε(1) = 0 et que la fonction ε est continue au point 1, il existe α > 0 tel que
∀t ∈ [1 − α,1], |ε(t)| ≤ ε. Comme la suite de terme général √1n converge vers 0, il existe un rang N ∈ N
tel que ∀n ≥ N , √1n ≤ α. À partir de ce rang N , on a donc supt∈[1− √1 ] |ε(t)| ≤ ε et donc |θn | ≤ ε. Par
n
conséquent, εn −−−−−→ 0.
n→+∞
d. Écrivons pour n ∈ N,
Z 1 Z 1
 
nKn = n tn f (t) − f (1) dt + nf (1) tn dt
1− √1n 1− √1n

n h tn+1 i1
= θn + f (1)
n+1 n + 1 1− √1n
n  
(n+1) ln(1− √1n )
= θn + 1−e
n+1
où l’on a défini la fonction ε par ε(t) = f (t) − f (1), qui est bien continue sur [0,1] avec ε(1) = 0.
(n+1) ln(1− √1n ) n
Puisqu’on a vu que e −−−−−→ 0, que θn −−−−−→ 0 et que −−−−−→ 1, on en déduit que
n→+∞ n→+∞ n + 1 n→+∞
nKn −−−−−→ f (1).
n→+∞
MPSI 2 6 DL 6

e. Puisque ∀n ∈ N,
nIn = nJn + Kn −−−−−→ f (1)
n→+∞

et que f (1) 6= 0, on trouve que


f (1)
In ∼
n

Q 8 Soit n ∈ N. Intégrons par parties en posant



 u(x) = f (t) u0 (x) = f 0 (t)
tn+1
 v 0 (x) = tn v(x) =
n+1
h Z 1 Z 1
tn+1 i1 1 1
In = f (t) − tn+1 f 0 (t) dt = − tn g(t) dt
n+1 0 n+1 0 n+1 0
où l’on a défini la fonction g par g(t) = tf 0 (t). Puisque la fonction f est de classe C 1 sur [0,1], la fonction g
R1 g(1)
est continue sur [0,1] avec g(1) = f 0 (1) 6= 0. D’après la question 7, on sait que 0 tn g(t) dt ∼ et par
n→+∞ n
conséquent :
f 0 (1)
In ∼ − 2
n

Q 9 Soit x ∈ [0,1[ et n ∈ N. Majorons en valeur absolue


Z x Z x
xn+1
|In (x)| ≤ tn |f (t)| dt ≤ M0 tn dt = M0
0 0 n+1
n
et comme 0 ≤ x < 1, la suite géométrique x converge vers 0. Donc par le théorème de majoration, In −−−−−→ 0.
n→+∞

Q 10 Soit x ∈ [0,1[. On calcule


n Z
X x Z x X
n 
Sn (x) = tk f (t) dt = tk f (t) dt
k=0 0 0 k=0

Mais ∀t ∈ [0,x], 0 ≤ t ≤ x < 1 et donc


n
X 1 − tn+1
tk =
1−t
k=0

Par conséquent, Z Z Z
x x x
1 − tn+1 f (t) tf (t)
Sn (x) = f (t) dt = dt − tn dt
0 1−t 0 1−t 0 1−t
tf (t) tf (t)
Comme la fonction t 7→ est continue sur le segment [0,x], en introduisant M = supt∈[0,x] | |, on majore
1−t 1−t
Z x
tf (t) M
tn dt ≤ −−−−−→ 0
0 1−t n + 1 n→+∞
ce qui montre que
Z x
f (t)
Sn (x) −−−−−→ F (x) = dt
n→+∞ 0 1−t

Q 11 Soit x ∈ [0,1[,
Z x Z x Z x
1+t dt 1 2t
F (x) = dt = + dt
0 1 + t2 0 1 + t2 2 0 t2 + 1
MPSI 2 7 DL 6

Donc
h 1 ix 1
F (x) = arctan t + ln(t2 + 1) = arctan x + ln(x2 + 1)
2 0 2
π ln 2
et F (x) −−−−→ +
x→1 − 4 2
Q 12 Soit x ∈ [0,1[.
Z x
r Z x h ix
1−t 1 dt
F (x) = dt = √ = arcsin t
0 1+t1−t 0 1 − t2 0

π
Donc F (x) = arcsin x et F (x) −−−−→ .
x→1− 2
Q 13
Z 1 h i1
dt π
I0 = = arctan t =
0 t2 + 1 0 4
Z 1 h1 i1
t 2 ln 2
I1 = 2
dt = ln(t + 1) =
0 t +1 2 0 2

Q 14 Soit n ∈ N, écrivons
Z 1 Z 1 n Z 1 Z 1
tn+2 t (t2 + 1 − 1) tn
In+2 = dt = dt = tn dt − dt
0 t2 + 1 0 t2 + 1 0 0 t2 +1
On a donc la relation
1
In+2 = − In
n+1

Q 15 Soit n ∈ N, puisque ∀k ∈ [[1,n]],


1
= I2k + I2(k−1)
2k − 1
on calcule
n
X (−1)k−1
Un =
2k − 1
k=1
Xn
 
= (−1)k−1 I2k + I2(k−1)
k=1
Xn n
X
= (−1)k−1 I2k + (−1)k−1 I2(k−1)
k=1 k=1
n
X n−1
X
= (−1)k−1 I2k + (−1)p I2p (p = k − 1)
k=1 p=0
n
X n−1
X
= (−1)k−1 I2k − (−1)k−1 I2k
k=1 k=0
= I0 + (−1)n−1 I2n
π
= + (−1)n−1 I2n
4

π
Mais on a vu à la question 14 que I2n −−−−−→ 0. Par conséquent, Un −−−−−→ . D’autre part, comme ∀n ∈ N,
n→+∞ n→+∞ 4
π
Un − = (−1)n−1 I2n
4
MPSI 2 8 DL 6

1
et puisque la fonction f (t) = est continue sur le segment [0,1] avec f (1) = 1/2 6= 0, d’après la première
t2 + 1
f (1)
partie, In ∼ et donc
n
π (−1)n−1
Un − ∼
4 4n

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