Introduction aux scripts shell et commandes
Introduction aux scripts shell et commandes
Exécuter un script
Les différents types de shells
Les variables
Les tableaux
Les arguments en ligne de commande
Les structures de contrôle
La commande test
La structure : `if`
La structure `while`
La structure `case`
La structure for
Les fonctions
Exemples et exercices
L'art d'écrire un script
Liens
Présentation
Un script shell permet d'automatiser une série d'opérations. Il se présente sous la forme d'un fichier
contenant une ou plusieurs commandes qui seront exécutées de manière séquentielle.
Écrire un script
À titre d'exemple, saisissez ces quelques lignes dans votre éditeur préféré :
#!/bin/bash
# indique au système que l'argument qui suit est le programme utilisé pour exécuter ce
fichier.
# En cas général les "#" servent à faire des commentaires comme ici
exit 0
Le résultat de ce script est d'écrire à l'écran « Mon premier script », puis en dessous « Liste des
fichiers : », et enfin la liste des fichiers avec la commande `ls -la`.
Comme vous l'avez compris, la commande `echo` sert à écrire quelque chose à l'écran.
Cependant il vous faudra faire extrêmement attention à tous ces morceaux de code. Leur utilisation
sans connaissance de votre part pourrait vous faire perdre de précieuses données.
« Mais comment on exécute ce script ? »
bash nom_du_script
Si vous voulez l'exécuter avec « . », il faut le rendre exécutable avec `chmod`. Pour ceci tapez dans le
shell la commande qui suit :
chmod +x nom_du_script
./nom_du_script
Le fait de rendre le script exécutable permet aussi de l'exécuter en double cliquant sur son icône
depuis le gestionnaire de fichier.
Il peut être intéressant d'ajouter un répertoire au "PATH" pour pouvoir exécuter ses scripts sans avoir
à se placer dans le bon dossier. Je m'explique, quand vous tapez une commande ("ls" par exemple), le
shell regarde dans le PATH qui lui indique où chercher le code de la commande.
Pour voir à quoi ressemble votre PATH, tapez dans votre console:
echo $PATH
/usr/local/bin:/usr/bin:/bin:/usr/bin/X11:/usr/games
C'est à dire que le shell va aller voir si la définition de la commande tapée ("ls" pour continuer sur le
même exemple) se trouve dans /usr/local/bin puis dans /usr/bin… jusqu'à ce qu'il la trouve.
Ajouter un répertoire au PATH peut donc être très pratique. En effet, chez moi, j'ai créé un dossier
contenant mes scripts bash utilisés en console : /home/user/scripts_console. Pour pouvoir utiliser
mes scripts en tapant directement leur nom (sans le "./") depuis n'importe quel répertoire de mon
export PATH=$PATH:/home/user/scripts_console
La commande
echo $PATH
retourne maintenant
/usr/local/bin:/usr/bin:/bin:/usr/bin/X11:/usr/games:/home/user/scripts_console
monScript
Cette procédure est pour une modification temporaire du $PATH, qui sera effacée à la fin de la session.
Pour rendre la modification permanente, ajouter la commande dans le fichier caché .bashrc se
Comme vous avez sûrement dû l'entendre, il existe différents types de shells ou en bon français,
interpréteurs de commandes :
dash : shell par défaut utilisé pour exécuter les scripts sur Ubuntu ;
bash (Bourne Again SHell) : conçu par le projet GNU, shell linux ; le shell par défaut sur Ubuntu
;
rbash : un shell restreint basé sur bash. Il existe de nombreuses variantes de bash ;
csh, tcsh : shells C, créés par Bill Joy de Berkeley ;
zsh, shell C écrit par Paul Falstad ;
ksh (⇔ ksh88 sur Solaris et equivaut a ksh93 sur les autres UNIX/Linux [Link] shell History):
shells korn écrits par David Korn, pdksh (Public Domain Korn Shell ⇔ ksh88) ;
rc : shell C, lui aussi conçu par le projet GNU ;
tclsh : shell utilisant Tcl ;
wish : shell utilisant Tk ;
La commande sh est en fait un lien symbolique vers l'interpréteur de commandes par défaut :
/bin/dash.
Les variables
Pour appeller une variable, par exemple HOME, il suffit de mettre un $ devant, par exemple :
echo $HOME
MSG=salut
echo $MSG
#!/bin/bash
./[Link] 1 2 3
Nombre d'argument 3
Les arguments sont 1 2 3
Le second argument est 2
Et le code de retour du dernier echo est 0
ou bien
tab[0]=John Smith
tab[1]=Jane Doe
len=${#tab[*]}
echo ${tab[1]}
echo ${tab[@]}
ou encore ( C style )
#!/bin/sh
echo $2 echo $1
En mode console, faites man test pour connaître tous les opérateurs, en voici quelques uns :
Opérateurs de test
Les crochets
test -f /etc/passwd
echo $?
[ -f /etc/passwd ]
echo $?
Affichera la valeur 0 : ce fichier existe, 1 dans le cas où le fichier /etc/passwd n'existe pas. Sous unix,
le code de retour est par convention et en général 0 s'il n'y a aucune erreur et différent de 0 dans les
autres cas
La syntaxe la plus appropriée dans de la programmation shell moderne est le double crochet :
[[ -f /etc/passwd ]]
Cela gère bien mieux les problèmes d'espace dans les noms de fichiers, les erreurs etc… C'est une
structure propre à bash (ksh, ?) qui est le shell par défaut dans la plupart des distributions Linux, et de
Ubuntu en particulier. On garde en général des simples crochets pour les scripts shell qui doivent être
à tout prix POSIX. ( Utilisation sur des Unix sans installation préalables de bash, comme BSD, Solaris…
)
Il y a en 3 :
le et logique : -a
le ou logique : -o
le non logique : !
Exemple :
[ expr1 -a expr2 ]
Table de vérité de « -o »
0 ou 0 0 0+0=0
0 ou 1 1 0+1=1
1 ou 0 1 1+0=1
1 ou 1 1 1+1=1
Dès que l'une des deux assertions est vérifiée, la condition globale l'est aussi.
Table de vérité de « -a »
0 et 0 0 0×0=0
0 et 1 0 0×1=0
1 et 0 0 1×0=0
1 et 1 1 1×1=1
Les deux assertions doivent être vérifiées pour que la condition le soit aussi.
#!/bin/sh
La seule chose qui prête à confusion est que l'on vérifie seulement si le fichier « file » est dans le
répertoire où le script à été exécuté.
Avant de commencer à faire des scripts de 1000 lignes, il serait intéressant de voir comment se servir
des variables, et des instructions if, then, elif, else, fi. Cela permet par exemple de faire réagir le
script de manière différente, selon la réponse de l'utilisateur à une question.
En bash, les variables ne se déclarent généralement pas avant leur utilisation, on les utilise
directement et elles sont créées lors de sa première mise en œuvre.
Pour pouvoir voir la valeur d'une variable il faut faire précéder son nom du caractère « $ ».
Exemple
#!/bin/sh
echo -n "Voulez-vous voir la liste des fichiers Y/N : "
read ouinon
if [ "$ouinon" = "y" ] || [ "$ouinon" = "Y" ]; then
{
Explication
Ce script peut paraître simple à première vue mais certaines choses prêtent à confusion et ont besoin
d'être expliquées en détail.
Tout abord, le `echo -n` permet de laisser le curseur sur la même ligne, ce qui permet à l'utilisateur
de taper la réponse après la question (question d'esthétique).
L'instruction `read` permet d'affecter une valeur ou un caractère à une variable quelconque, en la
demandant à l'utilisateur.
En bash, la variable est considérée comme une chaîne même si celle-ci contient une valeur
numérique, et les majuscules sont considérées différentes des minuscules, $M ≠ $m.
Ensuite vient l'instruction conditionnelle `if`. Elle est suivie d'un « [ » pour délimiter la condition. La
condition doit bien être séparée des crochets par un espace ! Attention, la variable est mise entre
guillemets car dans le cas où la variable est vide, le shell ne retourne pas d'erreur, mais en cas
contraire, l'erreur produite ressemble à :
[: =: unaryoperator expected
L'opérateur `||` signifie exécute la commande suivante si la commande précédente n'a pas renvoyé 0.
Il existe aussi l'opérateur && qui exécute la commande suivante si commande précédente a renvoyé 0,
et enfin ; qui exécute l'opération suivante dans tous les cas.
Les « { » servent à bien délimiter le bloc d'instructions suivant le `then`, est une commande et donc
si elle est sur la même ligne que le `if` les deux commandes doivent être séparées par un `;`
Ensuite, `elif` sert à exécuter une autre série d'instructions, si la condition décrite par `if` n'est pas
respectée, et si celle fournie après ce `elif` l'est.
Enfin, `else` sert à exécuter un bloc si les deux conditions précédentes ne sont pas respectées (ah les
jeunes, ils respectent plus rien de nos jours ).
`fi` indique la fin de notre bloc d'instructions `if`, ce qui permet de voir où se termine toute notre
portion de code soumise à une condition.
sh -n nom_du_fichier
ou
bash -x chemin_du_fichier
Cette commande vérifie la syntaxe de toutes les commandes du script, pratique quand on débute et
pour les codes volumineux.
sh -u nom_du_fichier
Celle-ci sert à montrer les variables qui n'ont pas été utilisées pendant l'exécution du programme.
Voici le tableau des opérateurs de comparaison, ceux-ci peuvent s'avérer utiles pour
La commande while exécute ce qu'il y a dans son bloc tant que la condition est respectée :
#!/bin/sh
cmpt=1
cm=3
echo -n "Mot de passe : "
read mdp
On retrouve des choses déjà abordées avec `if`. Le `&&` sert à symboliser un "et", cela implique que
deux conditions sont à respecter. Le `do` sert à exécuter ce qui suit si la condition est respectée. Si
elle ne l'est pas, cela saute tout le bloc (jusqu'à `done`). Vous allez dire :
Mais qu'est-ce que c'est ce truc avec cette syntaxe bizarre au milieu ?
Cette partie du code sert tout simplement à réaliser une opération arithmétique. A chaque passage,
`while` permet de faire exécuter la portion de code un nombre déterminé de fois. La commande
`until` fait la même chose que la commande `while` mais en inversant. C'est-à-dire qu'elle exécute le
bloc jusqu'à ce que la condition soit vraie, donc elle s'emploie exactement comme la commande
`while`.
Regardons la syntaxe de cette commande, qui n'est pas une des plus simples :
case variable in
modèle [ | modèle] ...) instructions;;
modèle [ | modèle] ...) instructions;;
...
esac
Elle sert à comparer le contenu d'une variable à des modèles différents. Les ;; sont indipensables car il
est possible de placer plusieurs instructions entre un modèle et le suivant. Les ;; servent donc à
identifier clairement la fin d'une instruction et le début du modèle suivant.
Exemple :
#!/bin/sh
case "$on" in
oui | o | O | Oui | OUI ) echo "Allez faire du café !";;
non | n | N | Non | NON ) echo "Programmez !";;
* ) echo "Ah bon ?";;
esac
exit 0
La seule chose qui mérite vraiment d'être expliquée est sans doute `* )`. Cela indique tout
simplement l'action à exécuter si la réponse donnée n'est aucune de celles données précédemment.
case "$truc....." in
[nN] *) echo "Blablabla...";;
n* | N* ) echo "Bla....";;
Pour vous donner une idée précise de ce que peuvent réaliser toutes ces instructions, voici un petit
script censé refaire un prompt avec quelques commandes basiques :
#!/bin/bash
clear
echo
echo
echo "#############################"
read login
echo -n "Hôte: "
read hote
echo "#############################"
echo
echo "### Pour l'aide tapez help ###"
echo
while [ 1 ]; do # permet une boucle infinie
echo -n ""$login"@"$hote"$ " # qui s'arrête avec break
read reps
case $reps in
help | hlp )
echo "A propos de TS --> about"
echo "ls --> liste les fichiers"
echo "rm --> détruit un fichier (guidé)"
echo "rmd --> efface un dossier (guidé)"
echo "noyau --> version du noyau Linux"
echo "connect --> savoir qui s'est connecté dernièrement";;
ls )
ls -la;;
rm )
echo -n "Quel fichier voulez-vous effacer : "
read eff
rm -f $eff;;
rmd | rmdir )
echo -n "Quel répertoire voulez-vous effacer : "
read eff
rm -r $eff;;
noyau | "uname -r" )
uname -r;;
connect )
last;;
about | --v | vers )
echo "Script simple pour l'initiation aux scripts shell";;
quit | "exit" )
echo Au revoir!!
break;;
* )
echo "Commande inconnue";;
esac
done
exit 0
Remarque
Comme vous l'avez remarqué, l'indentation a une place importante dans ce programme. En effet,
celui-ci est plus lisible et cela évite aussi de faire des erreurs. C'est pourquoi il est préférable de bien
structurer le code que vous écrivez.
L'instruction `for` exécute ce qui est dans son bloc un nombre de fois prédéfini. Sa syntaxe est la
suivante :
instructions
done
Comme vous l'aurez sans doute remarqué, on assigne une valeur différente à variable à chaque
itération. On peut aussi très facilement utiliser des fichiers comme "valeur". Rien ne vaut un exemple
:
#!/bin/sh
for var in *.txt; do
echo "$var"
done
exit 0
$(sort *.txt)
. Ceci sert à indiquer que ce qui est entre les parenthèses est une commande à exécuter.
On peut aussi utiliser cette instruction simplement avec des nombres, cela permet de connaître le
nombre d'itérations :
#!/bin/sh
for var in 1 2 3 4 5 6 7 8 9; do
echo $var
done
exit 0
On peut très bien aussi utiliser d'autres types de variables, comme par exemple des chaînes de
caractères :
#!/bin/sh
for var in Ubuntu Breezy 5.10; do
echo $var
done
exit 0
Il faut quand même faire attention au fait que Ubuntu Breezy 5.10 est différent de "Ubuntu Breezy
5.10" dans ce cas. En effet, tous les mots placés entre "" sont considérés comme faisant partie de la
même chaîne de caractères. Sans les "", sh considèrera qu'il y a une liste de trois chaînes de
caractères.
Les fonctions
Les fonctions sont indispensables pour bien structurer un programme mais aussi pouvoir le simplifier,
créer une tâche, la rappeler… Voici la syntaxe générale de 'déclaration' d'une fonction :
nom_fonction(){
instructions
}
Cette partie ne fait rien en elle même, elle dit juste que quand on appellera nom_fonction, elle fera
instruction. Pour appeler une fonction (qui ne possède pas d'argument, voir plus loin) rien de plus
simple :
nom_fonction
#!/bin/sh
#Definition de ma fonction
mafonction(){
echo 'La liste des fichiers de ce répertoire'
ls -l
}
#fin de la définition de ma fonction
Comme vous l'avez sans doute remarqué, quand on appelle la fonction, on exécute simplement ce
qu'on lui a défini au début, dans notre exemple, echo… et ls -l, on peut donc faire exécuter n'importe
quoi à une fonction.
Exemples et exercices
#!/bin/bash
# Version du script
Écrire les variables en majuscule et NE PAS choisir des noms de commandes (ping , ls, …) de
même pour les noms de fonctions
À la fin de vos scripts, ajouter impérativement :
exit 0;
nom_de_la_fonction()
...
Utiliser des chemins absolu pour les dossiers et des chemins relatif pour les nom de fichiers
$CHEMIN_DU_DOSSIER/$NOM_DU_FICHIER
nom_de_la_fonction $1 $2 $3 ....
Si votre script doit s'arrêter à cause d'une erreur, d'une variable qui ne correspond pas a vos
attentes utiliser des numéros exit différents :
exit 100;
exit 101;
exit 102;
....
erreur()
{
tab=( ${PIPESTATUS[@]} )
ainsi après chaque commande vous pouvez donner des codes d'exécutions différents.
Exemple : Supposons que vous ayez une base de données, avec 3 catégories d'enregistrements
possibles : éléphant bleu, éléphant blanc, éléphant rose ayant chacun 30 individus. Votre script doit
compter le nombre d'éléphants bleus et blancs. Deux possibilités s'offrent à vous :
ou
Résultat : Le premier car dans le deuxième il faut d'abord calculer le nombre total d'éléphants, donc
un calcul en plus.
Liens
(fr) [Link] : Pour ceux qui souhaitent aller plus loin dans la
conception de script shell.