LES PROVISIONS
Chapitre 1 : Définitions
Chapitre 2 : Comptabilisation des provisions
Chapitre 3 : Evaluation des provisions
Chapitre 4 : Cas particuliers de provisions
Chapitre 5 : Informations à fournir
Le principe de base des provisions
Les conventions comptables sont destinées à guider le préparateur des comptes dans
l’évaluation et la présentation des éléments devant figurer dans les états financiers. Elles ont
un caractère de généralité moins grand que les postulats comptables et peuvent varier d’un
pays ou d’un espace géographique à un autre.
Les conventions comptables servant de guide pour l’élaboration des états financiers annuels
du Système comptable OHADA sont les suivantes :
- Convention de coût historique ;
- Convention de prudence ;
- Convention de régularité et transparence ;
- Convention de la correspondance bilan de clôture – bilan d’ouverture ;
- Convention de l’importance significative.
La comptabilité doit satisfaire, dans le respect de la convention de prudence, aux obligations
de régularité, de sincérité et de transparence inhérentes à la tenue, au contrôle, à la
présentation et à la communication des informations qu'elle a traitées.
La prudence est l'appréciation raisonnable des faits dans des conditions d’incertitude afin
d'éviter le risque de transfert, sur l'avenir, d'incertitudes présentes susceptibles de grever le
patrimoine ou le résultat de l'entité. Les actifs et les produits ne doivent pas être surévalués,
et les passifs et les charges ne doivent pas être sous-évalués.
La convention de prudence est avant tout, dans le contexte socio-économique et culturel de
nos entités, un moyen d’une part, de protéger et, surtout de garder la confiance des tiers et,
d’autre part de prévenir toutes distributions de dividendes fictifs (distribution de plus-values
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potentielles) susceptibles de nuire à leur équilibre financier, leur croissance et leur capacité
d’autofinancement.
Toutefois, l'application de ce principe de prudence ne doit pas conduire à la création de
réserves occultes ou de provisions excessives, la sous-évaluation délibérée des actifs ou des
revenus ou la surévaluation délibérée des passifs ou des charges.
Chapitre 1 : Définitions
1.1. Définitions
1.1.1. Définition d’une provision
Une provision est un passif externe dont l'échéance ou le montant est incertain . Selon le
Système Comptable OHADA, le terme « provision » désigne les provisions pour risques et
charges et de façon dérogatoire, les provisions règlementées. En effet, les provisions
réglementées ne répondent pas à la définition comptable d'une provision car elles ne
correspondent ni à un risque, ni à une charge future. Elles sont constituées uniquement en
application de dispositions fiscales.
Par ailleurs, les dotations aux provisions pour risques et charges financières à plus d’un an
sont inscrites dans un compte de dotation aux provisions, tandis que celles qui sont liées à
un risque à moins d’un an, sont portées au débit du compte intitulé : « Charges pour
provisions pour risques à courte terme » et sont traitées comme des charges décaissables.
1.1.2. Définition d'un passif externe
Un passif externe est une obligation actuelle de l'entité de transférer une ressource
économique à la suite d'événements passés.
1.1.3. Un passif éventuel est :
Une obligation potentielle résultant d'événements passés et dont l'existence ne sera
confirmée que par la survenance ou la non-survenance d'un ou plusieurs événements
futurs incertains qui ne sont pas totalement sous le contrôle de l'entité ; ou
Une obligation actuelle résultant d'événements passés mais qui n'est pas
comptabilisée :
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soit parce qu'il n'est pas probable qu'une sortie de ressources représentatives
d'avantages économiques est nécessaire pour éteindre l'obligation ;
soit parce que le montant de l'obligation ne peut être évalué avec une fiabilité
suffisante.
1.1.4. Un actif éventuel
Un actif éventuel est défini comme un actif potentiel résultant d'événements passés et dont
l'existence ne sera confirmée que par la survenance (ou non) d'un ou plusieurs événements
futurs incertains qui ne sont pas totalement sous le contrôle de 1'entité. Un actif éventuel ne
peut pas être comptabilisé, mais il fera l'objet d'une note en annexe lorsque l'entrée
d'avantages économiques est probable et le montant significatif.
Chapitre 2 : Comptabilisation des provisions
2.1. Conditions de comptabilisation
Il existe trois conditions nécessaires pour comptabiliser une provision :
Il existe une obligation actuelle (juridique ou implicite) résultant d'un événement
passé; le fait générateur d'une obligation est un événement qui crée une obligation
juridique ou implicite qui ne laisse pas à l'entité d'autre solution réaliste que de
régler cette obligation ;
Il est probable qu'une sortie de ressources représentatives d'avantages économiques
futurs sera nécessaire pour régler l'obligation ;
le montant de l'obligation peut être estimé de manière fiable.
Si ces trois conditions ne sont pas réunies, aucune provision ne peut être constituée.
2.1.1. Obligation actuelle résultant d'un événement passé
[Link]. Obligations juridiques et implicites
Une obligation juridique est une obligation qui découle des dispositions légales ou
réglementaires, d'un contrat ou de toute autre source de droit. Une obligation implicite est
une obligation qui découle des actions d'une entité lorsque :
elle a indiqué aux tiers, par ses pratiques passées, par sa politique affichée ou par une
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déclaration récente suffisamment explicite, qu'elle assumera certaines responsabilités;
et qu'elle a, en conséquence, crée chez ces tiers une attente fondée qu'elle assumera ses
responsabilités.
L'obligation implicite est liée au respect des usages ou de la volonté de conserver de bonnes
relations d'affaires, ou encore des pratiques passées de 1'entité. Par cet engagement
professionnel, 1'entité accepte certaines responsabilités qui l'engageront financièrement et
qui généreront des passifs externes. Aussi, la société décharge la partie adverse de tout
passif
éventuel et fait naître une attente légitime chez un tiers. Dans de rares cas, l'existence d'une
obligation actuelle n'apparaît pas clairement. Il convient alors de prendre en compte toutes
les informations disponibles pour apprécier cette existence.
Si l'existence de l'obligation est plus probable qu'improbable (c'est-à-dire supérieure à 50 %),
une provision doit être comptabilisée, sous réserve toutefois du respect des autres
conditions.
[Link]. Evénement passé
L'obligation actuelle doit résulter d'un événement antérieur à la reconnaissance du passif
externe. Cet événement passé, est appelé "fait générateur". Les seuls passifs externes
pouvant être comptabilisés sont ceux qui existent à la date de clôture et qui aboutissent à
une obligation actuelle.
[Link]. Existence de tiers à la date de clôture
L'obligation implique toujours un engagement vis-à-vis d'un tiers à la date de clôture. Le tiers
peut-être une personne physique ou morale, mais aussi la collectivité, pour des provisions
concernant, par exemple, la protection de l'environnement. La décision de la direction ou du
conseil d'administration ne crée pas une obligation implicite à la date de clôture, sauf si,
avant cette date, cette décision a été communiquée aux personnes concernées de façon
suffisamment spécifique pour créer chez elles 1'attente fondée que 1'entité assumera ses
responsabilités.
2.1.2. Sortie probable de ressources
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Une sortie de ressources représentatives d'avantages économiques est probable pour régler
l'obligation de l'entité, c'est-à-dire qu'il est plus probable qu'improbable que cette sortie de
ressources se produira. Si la probabilité de sortie de ressources est plus improbable que
probable, aucune provision ne doit être constatée mais une information dans les Notes
annexes doit être fournie au titre d'un passif éventuel. En revanche, si la probabilité de
sortie de ressources est très faible, aucune provision n'est constatée et aucune
information n'est nécessaire
2.1.3. Estimation fiable de l'obligation
L'entité peut déterminer un éventail de résultats possibles et peut établir une estimation
suffisamment fiable de 1'obligation pour la comptabiliser. La meilleure estimation est le
montant supérieur ou inférieur de l'éventail, selon son caractère le plus probable.
Si 1'estimation n'est pas fiable, la provision ne sera pas comptabilisée. Un passif éventuel
sera constaté dans les Notes annexes. Si une entité est conjointement et solidairement
responsable d'une obligation, la partie de
l'obligation devant être exécutée par d'autres parties doit être traitée comme un passif
éventuel
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2.2. Règles de comptabilisation des provisions
D'une manière générale, les écritures de provision sont passées en trois étapes :
la constitution de la provision ;
le réajustement ou la variation de la provision ;
la Décomptabilisation d'une provision.
2.2.1. Constitution des provisions pour risques et charges
Lors de la constitution d'une provision, les comptes 19 Provisions financières pour risques et
charges, 499 Provisions pour risques d'exploitation et H.A.O et 599 Provisions pour risques à
caractère financier (Trésorerie) sont crédités par le débit :
du compte 6911 Dotations pour provisions pour risques et charges, lorsqu'elle a un
caractère long terme et concerne l'exploitation ;
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du compte 6971 Dotations pour provisions pour risques et charges financières,
lorsqu'elle a un caractère long terme et concerne l'activité financière de l'entité ;
du compte 854 Dotations aux provisions pour risques et charges H.A.O,
lorsqu'elle a un caractère long terme et concerne les opérations non récurrentes ;
du compte 6591 Charges pour provisions pour risques à court terme ;
du compte 6791 Charges pour provisions pour risques financiers ;
du compte 12 Report à nouveau (débiteur ou créditeur) lorsque la provision résulte
d'un changement de méthode comptable ou de la correction d'une erreur significative
relative à une provision initialement constituée.
Sauf le cas particulier des provisions pour démantèlement (voir chapitre 6 du titre VIII :
Opérations et problèmes spécifiques)
2.2.2 Réajustement ou variation d'une provision
Le compte de provisions est réajusté à la fin de chaque exercice par :
le débit des comptes de dotations correspondants 6591, 6791,6911, 6971, ou 854,
lorsque le montant de la provision est augmenté ;
le crédit du compte 7591, 7791, 7911, 7971, 864, lorsque le montant de la dépréciation
doit être diminué ou annulé, la dépréciation, en tout ou partie, sans objet.
2.2.3. Décomptabilisation d'une provision
Lors de la réalisation du risque ou de la survenance de la charge, la provision antérieurement
constituée est soldée. Corrélativement, la charge intervenue est inscrite au compte intéressé
de la classe 6 ou classe [Link] provision doit être également reprise dans le cas où elle devient
sans objet, le risque ne s'étant pas matérialisé.
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