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Nutrition animale et digestibilité des aliments

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ALIBILE — ALIMENTATION 46

D'ailleurs, la récolte des goémons de rivage est régie par décrets qui en de la laine, des poils, etc. Elles sont surtout réclamées par les jeunes animaux,
réservent le bénéfice aux populations des communes riveraines. La récolte les femelles en gestation et les vaches laitières. Les amides, qui sont des
en mer est autorisée sous certaines conditions ; enfin les algues-épaves matières albuminoïdes en voie de formation, n'ont pas la valeur alimentaire
peuvent être recueillies par tout le de ces dernières ; elles peuvent se ranger à côté des matières hydrocarbo-
monde. nées. Le foin de prairie renferme 8 à 10 pour 100 de matières azotées, le
foin de légumineuses 14 à
Alibile .
— Se dit de la portion de 16 pour 100, les grains de
la substance alimentaire qui se trans- céréales 10 à 14 pour 100
forme dans l'appareil digestif en un et les tourteaux les plus
liquide capable de pénétrer dans le usagés 25 à 45 pour 100.
sang pour servir à la nutrition ani- Les amides sont surtout
male (Cl. Bernard). abondantes dans les plantes
Aliboufier. —Arbrisseau des ré- jeunes ainsi que dans les
gions chaudes ou tempérées, cultivé racines et les tubercules,
dans les jardins du Midi ou les oran- où elles forment à peu près
geries (fig. 168). Une espèce donne la moitié de la matière
une résine spéciale, à odeur très suave, azotée totale.
le benjoin. Matières grasses. — Les
matières grasses, formées
Alicante (vile.). — Cépage à rai- de carbone, d'hydrogène
sin rouge que l'on appelle le plus et d'oxygène, existent or-
souvent grenache. C'est aussi le nom dinairement en faible
que porte le vin qu'on en tire. V. GRE- quantité dans les fourra- '

NACHE. ges. Cependant les graines


L'Alicante Bouschet (fig. 169) est oléagineuses, les tourteaux
un cépage métis obtenu par M. Bous- et deux céréales (avoine et
chet en fécondant le grenache par maïs) en renferment beau-
le teinturier du Cher. Sa maturité coup. Les matières grasses
est de deuxième époque ; il redoute favorisent la digestion des
les hivers rigoureux et les milieux FIG. 168. — Aliboufier. matières azotées, concou-
humides, où il est attaqué par l'an- A. bruit. rent à la production de la
thracnose. Il est fertile et donne un force et à l'entretien de la
vin très coloré au début, mais l'intensité de la couleur diminue rapide- chaleur du corps.
ment pour passer à la teinte pelure d'oignon ; d'autre part, ce vin, comme Matières hydrocarbo-
la plupart des vins de teinturiers, est plat et peu alcoolique; aussi ne nées. — Les matières hy-
faut-il pas cultiver ce cépage seul, mais associé à d'autres. drocarbonées sont consti-
tuées par du carbone uni
aux éléments de l'eau. Les FIG.170. — Unités nutritives fournies par les matières
principales sont : les su- azotées et non azotées.
cres, les fécules et les ami- Les hachures indiquent la proportion de matières azotées.
dons. Ce sont surtout des
aliments calorifiques, des
producteurs de force et de graisse, mais leur valeur alimentaire est moins
élevée que celle des corps gras. La betterave renferme beaucoup de sucre,
les céréales beaucoup d'amidon et la pomme de terre un taux élevé de
fécule. Les sucres sont moins bien utihsés par les ruminants que par le
cheval et le porc ; ils subissent une perte assez élevée, par fermentation,
dans l'estomac très vaste des ruminants.
Cellulose. — La cellulose est la partie dure, fibreuse des fourrages; elle
est peu digestible et joue surtout le rôle de lest dans l'appareil digestif. Les
foin$et les pailles en renferment beaucoup.
Leeinatieres grasses, les matières hydrocarbonées et la cellulose sont
• - signées sous le nom de corps ternaires, parce qu'elles sont formées
•, , t de carbone, d'hydrogène et d'oxygène, tandis que les matières
az • •• albuminoides, contenant du carbone, de l'hydrogène, de l'oxygène
et • e zote, sont appelées corps quaternaires.
Matières minérales.— La charpente osseuse des animaux est formée, pour
les deux tiers environ, de phosphate de chaux et de magnésie, tandis que
les liquides du corps renferment surtout du chlorure de sodium ou sel
ordinaire. Les fourrages doivent donc renfermer suffisamment de phosphates
et le nourrisseur doit additionner ses rations d'un peu de sel pour exciter
l'appétit des animaux et les maintenir en bonne santé. V. DIGESTION.
Valeur nutritive des aliments. — La valeur nutritive d'un aliment est
représentée par la portion de principes bruts qui est digérée (fig. 170 ).
Cette proportion est plus ou moins élevée selon les principes utiles que
Phot. R. Dumont.. les aliments renferment et selon que les travaux de mastication et de diges-
FIG. 169. — Alicante Bouschet (cépage du Bas Languedoc). tion sont plus ou moins laborieux.
Kellner a fait de nombreux essais sur la valeur nutritive des fourrages.
Aligoté (vile.). Cépage de la Bourgogne à raisin blanc. Sa maturité est

En prenant l'amidon comme terme de comparaison, il a reconnu que les
de première époque tardive. A la maturité, les grains prennent une teinte cui- matières albuminoïdes, la fécule, l'amidon, le sucre, la cellulose digestibles
vrée qui devient gris rosé sur la face exposée au soleil, d'où le nom de plant avaient, à peu de chose près, la même valeur nutritive quand il s'agit
gris donné quelquefois à l'aligoté. Il se plaît- surtout dans les terres argilo- de la production de la force ou de la chaleur. Par contre, lâ matière grasse
calcaires ; craint le mildiou et la pourriture. Il donne, comme vin des grands a une valeur nutritive plus élevée que les autres fourrages ; il faut lui attri-
ordinaires : 70 hectolitres à l'hectare en bonne année, 45 hectolitres en buer le coefficient moyen 2,2. Ce qui signifie qu'un kilogramme de matière
année moyenne. On l'appelle encore griset blanc ou giboudot blanc. grasse a la même valeur nutritive que 2 kgr. 2 d'amidon.
Avec ces données, et lorsqu'on possède des tables d'alimentation spéciales,
Aliment. — Portion de la substance alimentaire qui se transforme dans il est facile de calculer la quantité d'unités nutritives que renferme un
l'appareil digestif en un liquide capable de pénétrer dans le sang pour ser- aliment. Il suffit de faire le total des matières azotées digestibles, des
vir à la nutrition animale (Cl. Bernard). On peut encore définir l'aliment matières grasses digestibles multipliées par 2,2, des matières hydrocarbonées
de la manière suivante : toute substance susceptible d'être digérée et de et de la cellulose digestible.
servir à la nourriture ou, mieux, qui, introduite dans l'appareil digestif, doit Exemple : Un bon foin de prairie renferme 6 pour 100 de matières azo-
fournir les matériaux de la chaleur animale et les éléments de réparation tées digestibles, 1 pour 100 de matières grasses digestibles, 26 pour 100 de
de tissus. matières hydrocarbonées et 15 pour 100 de cellulose digestibles. Il possède :
Tout ce qui est rejeté au dehors n'a pas de valeur alimentaire. 6 + (1 X 2,2) + 26 + 15 = 49,2 unités nutritives.
Les aliments ont donc un triple rôle à remplir : 1° maintenir la tempé- Les corps ternaires (matières grasses, matières hydrocarbonées et cel-
rature du corps régulière et voisine de 370 • 2° pourvoir à la réparation du lulose digestibles) peuvent, sans grand dommage, se remplacer mutuelle-
muscle à l'état de repos ; 3° pourvoir aux besoins supplémentaires exigés ment; les matières albuminoïdes peuvent jusqu'à un certain point rem-
par l'accroissement de l'individu, le travail, la production de la graisse ou placer les corps ternaires, mais ces derniers ne peuvent tenir lieu et place
du lait, etc. des matières azotées, puisqu'ils ne contiennent pas d'azote.
Alimentation (zoot.). — Le problème de l'alimentation du bétail consiste Digestibilité des aliments. — La digestibilite d'un aliment est la faculté
à obtenir économiquement le travail, la viande, le lait et tous autres produits que possède celui-ci d'être plus ou moins complètement élaboré par la
fournis par les animaux domestiques. Avant d'essayer de le résoudre, il digestion. Elle se mesure par le rapport entre la quantité de l'aliment qui
est nécessaire de posséder des notions sur les principes alimentaires et a été retenue ar l'animal et la quantité totale ingérée. Ce rapport se
leur rôle dans l'économie animale. nomme le coeffic ient de digestibilité. Les grains, les farineux, les tourteaux
Les aliments du bétail renferment de l'eau, des matières azotées, des sont mieux digérés que les fourrages grossiers (foins et pailles par exemple).
matières grasses, des matières hydrocarbonées, de la cellulose et des ma- La proportion dans laquelle les principes immédiats entrent dans les
tières minérales. rations les rendent plus ou moins digestibles : une grande quantité de
Principes alimentaires et leur rôle. — Eau.— La proportion d'eau est cellulose abaisse la digestibilité des fourrages.
très variable dans les fourrages : elle est voisine de 14 pour 100 dans les En général, les matières albuminoïdes sont à peu près digérées et utilisées
grains, atteint 80 pour 100 dans l'herbe verte et va jusqu'a 90 pour - 100 dans de la même façon par les principales espèces domestiques. Le cheval et
certaines racines. L'eau n'a pas de valeur alimentaire. surtout le porc utilisent moins bien la cellulose et les fourrages ligneux que
Matières azotées. — Ce sont les matières albuminoïdes, celles analogues les ruminants ; ces derniers, à leur tour, profitent moins bien des aliments
au blanc de l'ceuf, qui sont utiles à l'animal. Elles remplissent un rôle consi- sucrés que le cheval ou le porc.
dérable : formation ou réparation du muscle, élaboration du lait, production L'âge des fourrages, l'individualité et l'âge des animaux ont aussi une
ALIMENTATION

FIG. 171. — Machines d'intérieur de ferme pour la préparation des aliments du bétail.

influence marquée sur la digestibilité. C'est ainsi que la cellulose des végé- faible travail de mastication et de digestion, comme terme de comparaison,
taux jeunes est mieux utilisée que celle des végétaux âgés. Kellner a déterminé le coefficient nutritif de chaque aliment par rapport
Relation nutritive. — On entend par relation nutritive le rapport qui à l'amidon. Voici ces coefficients moyens pour les diverses catégories de
existe entre les matières azotées albuminoïdes d'une part et les matières non fourrages :
azotées d'autre part. La matière grasse ayant une valeur calorifique plus 0,90 pour les grains, graines et tourteaux ;
élevée que les autres principes alimentaires, nous la multiplierons par le 0,85 pour les racines, tubercules, sons
coefficient moyen 2,2. D'une manière générale, la relation nutritive 0,75 pour les fourrages verts ;
s'exprime ainsi : 0,65 pour les foins ;
0,35 pour les pailles.
Matières azotées.
RN = Il faut donc faire subir une correction aux unités nutritives pour avoir
Matières non azotées.
une idée de leur utilisation réelle. On obtient la valeur nutritive nette d'un
La relation nutritive s'exprime par une fraction dont le numérateur est aliment, en multipliant le nombre représentant les unités nutritives qu'il
toujours égal à l'unité. Elle doit varier avec l'espèce, l'âge ou l'utilisation livre par son coefficient nutritif, encore appelé coefficient de productivité.
des animaux. Exemples : 5, 6, sont les relations moyennes ordinaires Exemple : Un bon foin de prairie livre 49 unités nutritives ; son coeffi-
cient nutritif moyen est de 0,65. La valeur nutritive nette de ce foin est de :
des rations normales ; 4, sont des relations étroites, indiquant une forte 49 0,65 = 31,85.
3

Moyens pratiques d'augmenter la digestibilité des aliments. — Certaines


proportion de matières azotées ; des relations lâches, marquant une préparations, en divisant les aliments, multiplient les surfaces de contact
' 10'
des matières non azotées de la ration. Les relations étroites avec les sucs digestifs et favorisent l'action de ceux-ci ; d'autres, en ramol-
prédominance lissant les fourrages, facilitent leur mastication. Tels sont, parmi ces moyens
(( ' 3) conviennent aux jeunes, aux femelles portières ou nourrices et aux pratiques, le hachage des foins et pailles ; la macération de certains
\4 1 grains (avoine, orge, maïs) ; le broyage, l'aplatissage, la mouture d'autres
animaux en production intensive ; les relations lâches ( , $,
9 >, aux ani- grains (maïs, orge, seigle) ; le concassage des tourteaux ; la cuisson des
tubercules et des grains (pommes de terre, seigle) ; la fermentation des
maux adultes et à ceux qui sont en régime extensif. \\ mélanges donnés aux bovidés, etc. Toutes ces préparations assurent une
Valeur nutritive nette des aliments. -- Toute la portion digestible meilleure utilisation des aliments ; elles en favorisent la digestibilité ou en
des fourrages grossiers ne doit pas être comptée intégralement au point augmentent la valeur nutritive.
de vue de l'efficacité nutritive. Certains fourrages exigent un grand tra- Rationnement du bétail. — Les exigences des animaux en aliments sont
vail de mastication qui utilise une partie des principes alimentaires anté- proportionnelles à leur poids et à la surface de leur corps. A poids égal,
rieurement digérés. On a évalué à 20 pour 100 les pertes dues à la masti- les petits animaux, qui ont une surface plus grande et qui perdent plus de
cation de l'avoine et à 50 pour 100 celles des foins. chaleur par la peau, réclament plus d'aliments que les gros animaux.
Le travail de mastication, de digestion et d'assimilation abaisse donc la L'estomac du cheval étant de faible capacité, les fourrages seront choisis
valeur nutritive de certains fourrages. En prenant l'amidon, qui exige un et riches (grains) et les repas nombreux. L'estomac du boeuf et celui de tous
ALIMENTATION 48
les ruminants étant au contraire très volumineux, ces animaux réclament En général, un foin est d'autant meilleur qu'il est plus riche en ma-
beaucoup de ligneux, une assez forte proportion de foin et de paille ou de tières albuminoïdes et plus pauvre en cellulose.
fourrages verts. V. RATIONS. Les pailles sont peu nutritives et peu digestibles ; les meilleures sont celles
Règles générales pour l'établissement des rations. — Pour que les rations qui ont été coupées un peu sur le vert et bien rentrées.
soient profitables, elles doivent satisfaire aux conditions suivantes : Plantes marines. — Bon nombre d'algues marines, notamment les fucus
1 0 Après les repas, l'estomac doit être rempli de façon à calmer la faim et les laminaires, après lavage et extraction des sels, dessiccation et
et à favoriser la digestion ; broyage, peuvent entrer avec avantage dans l'alimentation des chevaux
2°•Elles doivent comprendre deux sortes de fourrages : des fourrages et des bovidés. Les laminaires sont beaucoup plus riches en matières albu-
grossiers (foins ou pailles) formant l'aliment' de lest qui, par son volume, minoides que l'avoine, mais moins riches en matières hydrocarbonées.
permet de répondre à la première condition, et des fourrages concentrés Grains et fruits. — Les cinq sortes de grains les plus employés à la nour-
(grains, tourteaux), très nutritifs sous un faible poids ; riture des animaux sont : l'avoine, le seigle, l'orge, le mars et le sarrasin.
30 Les rations doivent renfermer une quantité suffisante de matières L'avoine possède une écorce épaisse et dure qui représente environ le
sèches digestibles, de matières albuminoïdes pour permettre le croît, la quart du poids total du grain. Il faut préférer pour l'alimentation les
réparation du muscle ou l'élaboration du lait, et des corps ternaires pour avoines lourdes et surtout celles qui ont de fines écorces. L'orge a une va-
entretenir la chaleur du corps ou produire l'énergie ; leur nutritive, poids pour poids, sensiblement égale à [Link] l'avoine et le
4. Les rations doivent avoir une relation nutritive convenable et être sarrasin une valeur un peu moindre (1 250 grammes pour 1 kilo d'avoine).
bien préparées pour être plus digestibles ; Le seigle est plus nutritif que l'avoine, mais il est mieux utilisé cuit ; il
5° Les animaux à l'engrais doivent être alimentés au maximum, à refus ; convient cependant de le distribuer peu après la cuisson, car il peut devenir
les vaches laitières doivent être nourries copieusement ; cependant il ne dangereux. Le mais possède la même valeur alimentaire que le blé ; on
faut pas abuser de certains fourrages trop riches en protéine et il faut en doit le réserver surtout aux chevaux et aux porcs.
diminuer la ration lorsque la lactation baisse. Les animaux de trait adultes Les féveroles, les pois, les vesces sont des graines très azotées (22 à
(cheval ou boeuf) doivent être en chair et, s'ils sont alimentés rationnelle- 26 pour 100 de matières azotées) qui conviennent très bien aux chevaux,
ment, leur poids doit rester stationnaire; aux porcs, aux veaux et aux vaches laitières. La plupart du temps ils sont
6° Il est nécessaire de diminuer les rations lorsque les animaux sont au distribués moulus. Les vesces et les gesses, données à dose élevée, peuvent
repos, de les augmenter lorsqu'ils travaillent et de les peser de temps à occasionner de sérieux accidents. 0 kg. 600 de graines de légumineuses
autre pour voir si la ration est suffisante ou insuffisante. équivalent à 1 kilo d'avoine.
Distribution des repas. Les repas doivent avoir lieu à des heures
— Résidus industriels humides. —Les principaux sont : les pulpes, mélasses,
régulières ; les divers aliments et les boissons doivent se succéder dans un drêches (de brasserie, distillerie, amidonnerie), les résidus de laiterie.
ordre déterminé, afin de stimuler, autant que possible, l'appétit des animaux. La plupart des résidus humides ne doivent être payés qu'en raison de
Pour le premier repas du matin, les fourrages secs se donnent assez la matière sèche qu'ils renferment. Tel est le cas des drêches et des pulpes.
longtemps avant la mise au travail, afin que la digestion soit commencée Les pulpes, drêches et vinasses conviennent surtout aux bovins. Elles
avant que les animaux moteurs aient à fournir de grands efforts. ne seront données aux vaches laitières que si elles sont fraîches ou de
Principaux aliments du bétail. Les aliments du bétail seront étudiés
— parfaite conservation. I1 ne faut pas conserver les pulpes et les drêches
à leur place, au nom désignant chacun d'eux ; mais il n'est pas inutile de trop longtemps en silo, car, à la longue, elles perdent beaucoup et peuvent
donner ici une vue générale, une appréciation d'ensemble sur les princi- donner naissance à des produits dangereux pour la santé du bétail. Il est
paux fourrages et aliments du bétail et sur leur valeur nutritive ( fig. 172). d'ailleurs préférable de les dessécher. (V. SÉCHERIES.) Les aliments mélasses
Les principaux aliments du bétail sont : les fourrages verts, les racines sont avantageusement donnés aux chevaux.
et tubercules, les foins et pailles, les grains, les résidus industriels hu- Les résidus de laiterie frais conviennent très bien aux veaux ; aigris, ils
mides et les résidus industriels secs. ne peuvent être acceptés que par le porc.
Fourrages verts. — Les principaux fourrages verts sont ceux fournis par Résidus industriels secs. — Nous n'en citerons que deux, les sons et les
les prairies naturelles, les prairies artificielles, les choux fourragers, les tourteaux. Le son mélangé, c'est-à-dire le son trois cases, renferme autour ,
maïs, millets, mohas et de 13 pour 100 de Matières azotées albuminoïdes ; il est de plus très riche
certains fourrages annuels en matières minérales. Il est rafraîchissant et fait donner beaucoup de lait ;
de légumineuses (trèfle in- il convient aux femelles en gestation, aux laitières et aux jeunes animaux.
carnat, minette, pois, vesce, Les tourteaux sont des résidus d'huilerie très riches en matières azotées
féverole, etc.). L'herbe des et en matières grasses. Ils dosent de 25 à 45 pour 100 de matières azotées
prairies naturelles est sur- totales et 5 à 15 pour 100 de matières grasses. Les principaux sont ceux de
tout à base de graminées colza, d'ceillette , de lin, de coton, de sésame, de coprah, de palmiste et d'ara-
(ray grass, fléole, dactyle,
- chides. Leslus riches en matières albuminoïdes sont ceux de coton et
vulpin, pâturins, etc.), tan- d'arachides (440 à 45 pour 100) ; ils conviennent pour enrichir une ration en
dis que celle des prairies matières albuminoides . Tous deux sont constipants et échauffants : il faut
artificielles est à base de les donner à dose modérée. De plus, le tourteau de coton est dangereux
légumineuses (luzernes , pour les jeunes animaux. Quelques tourteaux sont aussi très riches en
trefles, sainfoin, etc.). Les matières minérales ; tels sont ceux d'oeillette et de lin. Ce dernier est très
graminées sont plus riches souvent l'objet de fraudes.
en matières sèches que les Il ne faut acheter les tourteaux que sur garantie analytique et, comme ils
légumineuses, mais sont rancissent ou moisissent facilement, il faut les conserver dans un lieu sec,
moins riches en matières aéré et obscur. On ne conçoit guère l'alimentation des vaches laitières ou
albuminoïdes. des boeufs à l'engrais en hiver, lorsque les rations sont à base de bette-
D'une façon générale, les raves ou de pulpes, sans une addition de tourteaux à la ration.
regains sont plus riches Aliments venéneux ou dangereux pour le bétail. — Un peu partout,
en matières albuminoides des plantes vénéneuses, des fourrages mal récoltés, des résidus industriels
et matières minérales et dangereux occasionnent des accidents ou des mortalités dans le bétail ; aussi
moins riches en cellulose traiterons-nous cette question avec assez de détails.
que les premières coupes. Beaucoup de plantes sont vénéneuses par toutes leurs parties, d'autres par
La valeur alimentaire de leurs racines seulement, d'autres par leurs graines ou fruits, certaines
ces divers fourrages peut d'entre elles par leurs sommités fleuries. Enfin, quelques-unes sont nocives
varier avec le sol, le cli- à l'état sec comme à l'état vert; au contraire, certaines autres voient leurs
mat, les engrais employés, principes toxiques détruits par la dessiccation ou la cuisson.
le régime des pluies d'une Pratiquement, nous diviserons ce travail comme suit :
année à l'autre ; pendant 1° Plantes dangereuses des champs ; 2° plantes dangereuses des prairies
les périodes de sécheresse, et des endroits humides ; 3° plantes dangereuses cultivées ; 4° plantes dan-
les fourrages sont pauvres FIG. 172. — Unités nutritives nettes fournies par gereuses accidentelles ou rares ; 5° foins et pailles dangereux ; 6° grains et
en matières minérales. quelques aliments par 100 kg. de chacun d'eux. fruits dangereux ; 7° résidus industriels dangereux.
Le maïs donne un four- Plantes dangereuses des champs (V. pl. en coul. à PRAIRIES [plantes nuisi-
rage annuel abondant, mais pauvre en matières albuminoïdes : il faut l'en- bles]). — Les principales sont : les euphorbes, les mercuriales, les pavots, la
richir avec un bon tourteau ; les choux communiquent un mauvais goût moutarde des champs, la ravenelle, les orobanches, la petite ciguë, le cerfeuil
au lait : il ne faut pas en abuser. sauvage, la morelle douce-amère, les matricaires et camomilles, la renoncule
Racines et tubercules. — La valeur nutritive des racines et tubercules des champs, .la dauphinelle, le mouron des champs, la petite oseille et l'ail.
est donnée, à peu de chose près, par la proportion de matières sèches qu'ils Ces plantes peuvent se trouver mélangées aux sarclures des champs ou des
renferment. Voici quelques chiffres : jardins et, données aux animaux, occasionner des accidents ou des empoi-
les pommes de terre renferment environ .. 24 pour 100 de matières sèches. sonnements. La moutarde des champs et la ravenelle, la nielle des blés sont
les topinambours et panais, environ ....... 20........ — — surtout toxiques à l'époque de la formation des siliques ou des capsules.
les betteraves de distillerie, environ ....... 16........ — — Plantes dangereuses des prairies et des endroits humides (V. pl. en
les carottes fourragères, environ ............. 15........ — — couleurs PRAIRIES [plantes nuisibles aux]).— Nous rangerons dans cette ca-
les choux navets et choux-raves, environ 12........ — — tégorie : le colchique d'automne, les renoncules, les oenanthes, les ciguës,
les betteraves fourragères, environ ......... 10........ — — le lin à petites feuilles, la berce branc-ursine , la berle à larges feuilles, qui
les navets et raves, environ ..................... 9........ — —
croissent dans les prairies saines ou humides ; les rhinanthes, la pédi-
Les grosses betteraves fourragères d'autrefois, cultivées à grand espace- culaire des marais, la cicutaire et la germandrée ; la gratiole officinale,
ment, sont très aqueuses et peu nutritives ; ce sont de véritables éponges la scrofulaire noueuse, le narcisse des poètes, l'iris faux-acore, que l'on ren-
gorgées d'eau. Il vaut mieux les planter à rangs serrés pour avoir des bette- contre plutôt sur le bord des fossés et des cours d'eau. Le colchique d'au-
raves moyennes, plus nutritives, et augmenter la proportion de matières tomne, les prêles, les renoncules (scélérate, âcre et bulbeuse) et l'oenanthe
sèches. La betterave de distillerie, assez riche en sucre, est bien préférable safrané ont le plus de méfaits à leur actif : les graines de la berce branc-
aux betteraves fourragères. ursine sont aussi réputées très nocives. Le lin à petites feuilles passe pour
Foins et pailles. — Un bon foin de prairie naturelle doit renfermer 3/5 de faire maigrir les animaux.
graminées et 2/5 de légumineuses. S'il a été bien récolté, il est digestible Plantes dangereuses cultivées. — Bon nombre de plantes cultivées peu-
dans la proportion de 65 pour 100. Un simple lavage à l'eau froide lui fait vent occasionner des accidents mortels, lorsqu'on ne prend pas certaines
perdre 20 pour 100 de ses principes nutritifs solubles ; il faut donc veiller à précautions pour les administrer au bétail. Voici les fourrages qui peuvent
ce que les foins reçoivent le moins d'eau possible pendant le fanage. Il ne etre dangereux dans des conditions déterminées : lin, vesces, gesses, lupins,
faut pas laisser vieillir l'herbe sur pied : elle devient dure et peu digestible. galéga officinal, trèfle hybride, cimes de mais, jeunes pousses de sorgho,
Les folioles et capitules des fleurs de légumineuses constituent environ la sommités fleuries de sarrasin, moutarde blanche défleurie, gousses de ha-
moitié du poids des fourrages à la floraison et ils sont deux fois plus riches ricots, tabac, choux, baies d'orge et de seigle, etc.
en matières albuminoïdes que les tiges. Il faut donc faner convenablement Le lin vert, certaines vesces (vesce à feuilles étroites, vesce du Canada,
ces fourrages pour leur conserver leurs folioles et leurs fleurs. vesce hérissée), certaines gesses (gesse chiche ou jarosse, gesse pourpre,
49 ALIOS — ALLAITEMENT

gesse des marais) renferment des glucosides cyanogénétiques et leur toxi- blanc ou allouchier (sorbus aria), à feuilles dentées, tomenteuses en des-
cité a été nettement établie. Parmi les gesses, la gesse pourpre est la plus sous, à bourgeons pubescents, et l'alisier ou sorbier torminal (sorbus tor-
redoutable. La vesce ordinaire, la gesse chiche et la gesse des marais de- minalis), à bourgeons lisses et à feuilles glabres. Leur bois, dur et lourd, est
viennent vénéneuses à partir de la formation des graines, et le fourrage à utilisé a la fabrication des
cet état est aussi dangereux sec que vert ; il faut donc se méfier des hiver- vis de pressoir. V. SORBIER.
nages donnés sans mesure. Les légumineuses broutées humides donnent Alizarine. Matière co-
lieu à la météorisation. V. ce mot.

lorante extraite de la racine


Les lupins, à dose exagérée, peuvent causer la lupinose ; les gousses de de la garance (alizari). Elle
haricots cultivés sont aussi nocives. Une légumineuse des prairies, le trèfle se présente sous forme
hybride, lorsqu'elle domine dans un pâturage, peut occasionner des acci- d'aiguilles jaunes ou oran-
dents mortels à la longue. ' gées ; elle est un peu so-
Les cimes mâles des maïs, cueillies après fécondation, peuvent causer des
coliques néphrétiques et occasionner la formation de calculs ; les jeunes luble dans l'eau bouillante,
pousses ou repousses de sorgho sont très dangereuses ; elles renferment un très soluble dans l'alcool,
l'éther ; ses solutions sont
glucoside cyanogénétique en forte proportion. Les sommités fleuries de jaunes; elle se dissout dans
sarrasin occasionnent du prurit et des phénomènes congestifs chez le mou-
les alcalis avec une couleur
ton, qui ne se manifestent qu'au soleil. Les céréales charbonnées, données
en vert, sont aussi très toxiques. Il n'est pas jusqu'à certains tubercules ou pourpre. L'alizarine teint en
rouge les étoffes imprégnées
certaines racines qu'on ne puisse incriminer. Le topinambour aoccasionné sou- d'alumine, en 'violet celles
vent des accidents dont on n'a pas, à notre connaissance, élucidé complète- qui sont imprégnées d'oxyde
ment la cause. Les betteraves avariées ou leurs feuilles ; les pommes de
de fer.
terre gelées, altérées ou verdies ; les navets et choux altérés ou fermentés L'industrie prépare une
doivent être proscrits de l'alimentation du bétail. alizarine artificielle, en trans-
Plantes dangereuses accidentelles ou rares. — Les plantes de cette caté- formant l'anthracène tiré du
gorie qui méritent une mention sont les suivantes : le laurier-cerise et le goudron de houille. L'aliza-
laurier-rose, très vénéneux ; la coloquinte, la mandragore, la stramoine,
rine ainsi obtenue peut rem-
qu'on ne trouve que dans les jardins ; la scille maritime, poussant au bord placer l'alizarine naturelle
de la mer ; la phytolaque, la scammonée et l'asclépiade de Syrie doivent tirée de la garance dans le
aussi être connues de tous les possesseurs d'animaux, car elles peuvent cau- plus grand nombre de ses
ser de fatals accidents. V. VÉNÉNEUSES (plantes). applications (de là une di- FIG. 173. — Alisier torminal.
Foins et pailles dangereux. — Les foins et pailles lavés ou mouillés, va- minution considérable de la A. Fruit.
seux ou terreux, ceux souillés dans les greniers par les miasmes des animaux, culture de la garance), mais
sont très dangereux. Ils doivent être battus au fléau, à la machine à battre, non dans toutes, car la racine de la garance renferme un autre principe
secoués énergiquement et arrosés d'une solution salée ou mélassée, pour
colorant, la purpurine.
éviter les coliques, les entérites et d'autres accidents graves.
Graines et fruits dangereux. — L'orge charbonnée, les caroubes altérées, Alkékenge. Plante de la famille des solanées (fig. 174). L'alké-

l'avoine et le mals moisis, le seigle cuit et fermenté, les graines de cer- kenge (physalis alkekengi) est appelée communément physalis ou coqueret;
taines gesses (gesse cultivée, gesse chiche ou jarosse), certains haricots ses fruits sont des baies rouges, acidulées, rafraîchissantes et diurétiques. On
(haricot de Java, haricot del Inde) sont très toxiques. Les grenailles ou en trouve en France, en Allemagne, en
déchets de vannage et de criblage renferment des graines toxiques, telles Italie. On a beaucoup de peine à la dé-
que mélampyre (rougeole), nielle des blés, ivraie enivrante, moutarde des truire, lorsqu'elle s'est emparée d'un
champs, etc. La consommation de glands, en grande quantité, par les sol favorable à son développement.
ruminants, peut être très nuisible.
Résidus industriels dangereux. — Tous les agriculteurs connaissent la Allaitement. — Régime lacté né-
nocivité de certains tourteaux, pulpes, drêches et marcs dans certains cas cessaire durant la première période de
particuliers. Il nous faut aussi incriminer les sons, les mélasses et les fonds l'existence des jeunes mammifères.
de cuve de brasserie. L'allaitement est maternel si les jeu-
Les tourteaux de navette et de colza vieillis ; les tourteaux de colza indi- nes prennent directement le lait à la
gènes fabriqués à froid ; ceux de colza exotiques, de cameline, de chènevis ; mamelle de leur mère ; il est artificiel
ceux de ricin, de pignons d'Inde, de croton, de noix de Bancoul , de maf- dans le cas contraire.
fouraire, de mowra et de touloucouna sont très dangereux pour le bétail. Le lait, surtout le premier lait, appelé
Les tourteaux de coton méritent une mention particulière. En Angleterre, colostrum, est la nourriture indispen-
Colman et Wcelcker ont signalé la toxicité des tourteaux de coton non sable des jeunes, car leur appareil
décortiqués. En Allemagne, Stein, Werner, Emmerling, Bongartz ont relaté digestif ne peut sans graves inconvé-
des accidents résultant de la consommation des tourteaux de coton en géné- nients supporter une autre alimenta;
ral ; en France, Cornevin, Rossignol et Dechambre les ont suspectés for- tion. Le colostrum, doué de propriétés
tement. Nous inclinons à croire que tous (décortiqués ou non) sont toxiques. laxatives spéciales, a pour effet de dé-
Un vétérinaire belge, Jyncker, a signalé récemment la nocivité de la farine barrasser les intestins du nouveau-né
de coton. Dix-huit génisses de dix à douze mois recevant de la farine de du méconium accumulé durant la vie
coton ont été malades et cinq ont succombé. Durant ces dernières années, foetale.
M. Dumont, à Rubécourt (Ardennes), a administré du tourteau de coton à Allaitement maternel. — Dans
dose faible (1 kilogramme par tète [Link] jour) à des vaches laitières de deux l'allaitement maternel, appelé aussi
ans et demi à cinq ans et toujours les résultats ont été franchement mauvais. allaitement naturel ( fig. 175), les
Certains auteurs rejettent la nocivité du tourteau de coton sur son alté- jeunes sont généralement laissés en
ration, sa mauvaise conservation ; d'autres accusent les tourteaux de fabri- liberté avec leur mère, soit dans une
cation américaine, les graines de coton courte-soie étant traitées par loge, soit au pâturage.
l'acide sulfurique. La toxicité des tourteaux de coton est due à la présence Un grand nombre d'éleveurs sépa-
rent cependant le poulain et le veau de FIG. 174. — Alkékenge.
d'un principe vénéneux, le gossypol, qui parait spécial au cotonnier. Il A. Coupe du fruit.
faut éviter de distribuer les tourteaux de coton au porc et au jeune bétail. leurs mores, les laissent en liberté dans
Les tourteaux mélasses fermentent et moisissent facilement, surtout lors- une loge pour ne les faire téter qu'à
qu'ils renferment plus de 16 pour 100 d'eau. D'autre part, M. Giniès a des heures déterminées. Cette pratique présente l'avantage de ne pas trou-
constaté des accidents mortels survenus à des chevaux consommant beau- bler le repos de la mère et d'eviter aux jeunes animaux de se gorger de
coup de son sec. lait jusqu'à l'indigestion, d'où entérite ou diarrhée. Si la mère du jeune,
Dans la région betteravière, les vieilles pulpes ensilées dans des silos né- surtout la poulinière, est employée à des travaux, il ne faut la laisser donner
gligés sont envahies par des microbes pathogenes causant aux bovidés une à téter qu'après qu'elle s'est remise de sa fatigue et que ses sueurs ont séché :
maladie spéciale connue sous le nom de maladie de la pulpe. autrement le jeune souffrirait de coliques douloureuses.
Dans la région d'Ors, Catillon, Landrecies (Nord), bon nombre de vaches Toutes les mères nourrices doivent être alimentées abondamment, avec
à la fin de l'hiver contractent une sorte d'entérite chronique qui occasionne, une nourriture de préférence aqueuse ; elles ne doivent dans tous les cas,
à la longue, la mort de l'animal. Il y a peut-être une maladie de la drêche et durant tout le temps de l'allaitement, travailler que très modérément.
comme il y a la maladie de la pulpe. Quand l'allaitement maternel se prolonge, on peut, si la saison le permet,
Les fonds de cuve en brasserie, c'est-à-dire les résidus qui se trouvent mettre les jeunes animaux au pâturage avec leur mère. En voyant manger
au-dessous du faux-fond supportant les drêches, peuvent être nocifs, et l'herbe, ils s'essayent à en faire autant ; ils en consomment peu à peu une
M. Eloire, vétérinaire à Caudry (Nord), a rapporté des accidents mortels
survenus à des bovidés appartenant à sa clientele .
La mélasse fermentée peut occasionner de l'avortement chez les vaches
laitières ou de l'arthritisme chez les poulains. Un agriculteur du Solesmois,
M. Cardon, à Saint-Python (Nord), distribua durant tout un hiver un mé-
lange d'avoine, d'orge et de mélasse étendu d'eau. Le tout restait en macé-
ration et en fermentation pendant 24 heures dans l'écurie. A cette tempé-
rature, la mélasse fermentait rapidement et on percevait nettement l'odeur
d'alcool. Tous les poulains sont morts arthritiques un mois ou six semaines
après leur naissance.
V. BOISSONS, DIGESTIBILITÉ , ENGRAISSEMENT, ÉQUIVALENTS NUTRITIFS-
RATION, RELATION NUTRITIVE.
Alios. — Nom donné dans la Gironde à une espèce de grès grossier,
de'couleur brun foncé. Les éléments sableux sont agglutinés par l'oxyde
Y
de fer et aussi par des matières organiques. L'alios constitue le sous-sol de
la plupart des vignobles de la Gironde.
Alisier ou Alizier. Subdivision du genre sorbier, de la famille des

rosacées et de la tribu des pomacées (fig. 173), renfermant des arbres ou


arbrisseaux généralement épineux, à fleurs blanches, roses ou purpurines,
groupées en corymbes terminaux, à fruits petits, rouges, aigrelets ou insi-
pides. On en trouve plusieurs espèces dans nos forêts, notamment : l'alisier FIG. 175. -- Allaitement natuiel . (Truie normande allaitant ses petits.)
LAROUSSti AGRIC. 4
ALLÉE — ALLURES 50
quantité de plus en plus grande, tètent de moins en moins. On prépare d'agrément. On désigne aussi par ce nom les chemins de largeur ordi-
ainsi un sevrage facile et normal. naire, plantés d'arbres, bordés devant les habitations ou percés dans un
Pour les petits porcelets, on les voit manger, dés qu'ils le peuvent, les parc.
aliments serai-liquides donnés à la mère truie et, devenant moins voraces, Les allées doivent être résistantes ; on ne devra donc jamais défoncer on
soulager ainsi leur mère. travailler le terrain de leur emplacement. Il faudra, au contraire, renforcer
On a souvent discuté sur les avantages de l'allaitement maternel et de le sol, en apportant des pierres et du gravier, de façon à constituer une
l'allaitement artificiel et l'on a généralement incliné en faveur du premier chaussée bombée assez fortement (4 à 5 centimètres) en son milieu pour
parce que se rapprochant le plus de l'état de nature. En fait, toutes les espèces éviter la stagnation de l'eau, surtout en sols humides (fig. 177). Le sable
sont loin de supporter de la même façon l'allaitement artificiel. C'est ainsi dans les allées de pota-
que la mortalite est considérable pour les poulains, les muletons et les ger, est facilement en-
ânons soumis à l'allaitement artificiel, alors que les veaux, les porcelets et traîné par les pluies ou
les agneaux s'en accommodent fort bien. les arrosages et a l'in-
La forme la plus simple d'allaiter un jeune animal autrement qu'avec le convénient de favoriser
lait de sa mère consiste à lui donner une femelle de même espèce, s'il en la végétation des mau-
est de disponible à vaises herbes.
ce moment dans Dans un potager, les
l'exploitation. On allées ( fig. 178) servent
peut encore sans in- à la division du terrain
convénient lui don- en carrés pour les dif-
ner une nourrice férentes cultures. Les
très voisine de son plus grandes, dirigées
espèce, par exem- suivant les axes de sy-
ple l'ânesse aupou- métrie, ne dépassent
lain; la chèvre à l'a- guère 1m,30 en largeur,
gneau. Ces adaptas ce qui suffit pour le
tions se font facile- passage d'une petite
ment et l'on obtient charrette. Les allées se-
sinon un allaite- condaires sont perpen-
ment maternel, au diculaires aux allées
moins un allaite- principales ; 0m,60 de
ment au lait naturel largeur suffissent à un
complet. homme poussant une
Allaitement ar- brouette pour s'y dé-
tificiel.— Quand on placer librement.
ne peut pas laisser Les allées étant en
le petit a sa mère, FIG. 176. — Allaitement artificiel au biberon des porcelets. contre-bas des carrés,
ou lui donne une on évite l'éboulement
nourrice ; il faut le faire boire à la bouteille, au baquet ou au biberon (fig. 176). des terres au moyen de
Mais duel que soit le récipient choisi, celui-ci devra être tenu avec la bordures variées, plan-
plus rigoureuse propreté, en raison de la facilité avec laquelle les orga- tes aromatiques, cibou-
nismes inférieurs pullulent dans le lait et en altèrent les propriétés jusqu'à les, buis, etc.
le rendre nocif. Il faudra donc, à chaque service, laver à 1 eau bousillante Dans les jardins d'a-
bouteille, baquet ou biberon et les faire sécher à l'abri des poussières. grément ou les parcs
C'est l'allaitement au baquet qui, pour les jeunes veaux, est le plus prati- ( fig. 179), la largeur
que et le plus employé. On verse le lait tiede et l'on approche le jeune. des allées atteint 2 et
Pour l'habituer à boire, on lui plonge l'extrémité de la tête dans le liquide 3 mètres. Leur tracé
en lui maintenant la bouche entrouverte. De cette façon, il commence par varie avec le style du
lécher ce qui s'attache à ses lèvres et finit rapidement par boire seul. Un jardin. La chaussée est FIG. 178. — Disposition des allées d'un jardin.
moyen non moins prati9ue consiste à tremper un linge dans le liquide et à légèrement bombée et
placer ledit linge imbibe dans la bouche du jeune, qui prend l'habitude de garnie de gravier, qui donne meilleur aspect. Les bords sont maintenus
boire en le suçant. On peut encore plonger la main préalablement lavée par des gazonnements, des plantations de buis, ou par des tuiles céra-
dans le baquet et laisser le veau téter sur deux doigts. Ces pratiques sont miques. Certaines de ces allées pouvant servir de voie d'accès à différents
d'ailleurs transitoires. Au bout de quelques jours le veau boit seul. bâtiments, leur chaussée sera établie et entretenue comme celle d'un chemin.
En raison du prix élevé du lait et de ses dérivés, nous observons une ten-
dance de plus en plus marquée à remplacer une portion de la matière grasse
du lait par une autre substance. C'est ainsi qu'en Angleterre, on ajoute au
lait écrémé 1 kilogramme de farine de lin par jour et par veau. On remplace
encore la farine de lin par de, la fécule et des farineux. Pour un litre de lait
écrémé, on ajoutera, par exemple, 50 grammes de fécule de pomme de terre
ou préférablement de manioc, 15 grammes de graines de lin, 30 grammes de
farine de riz ou de froment ou, mieux encore, de maïs. Il faut bien faire cuire
les farines et fécules dans le lait et donner le mélange tiède. On ne doit
commencer le régime au lait corrigé qu'après trois semaines au moins de
régime au lait naturel, et la substitution sera progressive : elle demandera
au moins une dizaine de jours. Enfin, on ne se servira que de lait écrémé
doux, le lait acide donnant la diarrhée.
Quoi qû il en soit des résultats obtenus dans l'élevage avec le lait écrémé
et corrigé, on ne saurait y recourir utilement pour l'élévage des animaux
de choix on de tons ceux dont on entend développer la précocité. Souve-
nons-nous bien que ce n'est que par l'allaitement prolongé et copieux au
lait naturel complet que l'on obtient l'amélioration précoce, l'aptitude à
l'engraissement chez les jeunes animaux. Les Anglais ne l'ignorent pas,
puisque pour leurs sujets de concours ils fie craignent pas, durant six mois
an moins, de leur donner deux et parfois trois nourrices à téter.
En général, l'allaitement des jeunes se montre franchement insuffisant, aussi
bien au point de vue de la durée qu'au point de vue de la richesse, et nous
pouvons affirmer que c'est de cette parcimonie que provient le retard dans le
progrès de nos races vers une plus grande précocité et un meilleur rendement.
Un vieux proverbe, dont nous devons nous inspirer, recommande que
l'allaitement ne soit pas inférieur, comme durée, pour chaque espèce, à la
moitié du temps de la gestation. En conséquence, le sevrage ne devrait
commencer pour le poulain qu'entre cinq et six mois, pour le veau qu'entre
quatre et cinq mois, pour l'agneau qu'entre trois et quatre mois, pour le FIG. 179. — Allée de parc.
porcelet qu'entre deux et trois mois. V. BIBERON, SEVRAGE.
Allée. — Espace réservé pour la circulation dans les jardins potagers ou Allouchier. Nom vulgaire de l'alisier blanc. V. ALISIER.

Allures. Terme désignant les divers modes de progression réalisés


par le jeu des membres. Les allures qui sont propres aux quadrupèdes
domestiques sont l'amble, le trot, le pas ordinaire, le pas relevé, le galop
(fig. 180). L'aubin, le traquenard sont des allures défectueuses prises par
des animaux fatigués.
Amble. — L'amble est une allure naturelle ou acquise dans laquelle les
membres du même côté (bipède latéral) se lèvent et se posent en même
temps. C'est une allure assez rapide, peu fatigante pour le cavalier ; les
chevaux ambleurs étaient autrefois tres communs, car on peut dresser
un poulain à marcher l'amble en lui liant les deux membres du même côté
par une corde passée an-dessus du genou et au-dessus du jarret.
L'amble est l'allure naturelle du chameau, du dromadaire, de la girafe ;
on l'observe quelquefois chez le chien et le bœuf.
Sa vitesse est comparable à celle du pas ordinaire ou du pas allongé.
Trot. — Le trot est une allure naturelle dans laquelle les membres se
succèdent par paires diagonales (un membre antérieur et le postérieur du
FIG. 177. — Construction d'allées cailloutées en terrain humide. côté opposé) de manière à ne faire entendre que deux battues régulière-
!, Piquetage; 2. Terrassement, remblayage et arrangement des terres. ment espacées. Dans le trot ordinaire, le sabot postérieur vient se placer
51 ALLUVION

exactement à l'endroit qu'occupait le sabot antérieur ; les empreintes des gauche. Les constatations exactement inverses sont faites avec le galop à
pieds de derrière se superposent donc à celles des pieds de devant ; on gauche. Dans l'exercice en cercle, on dit que le cheval galope juste quand
dit que le cheval se couvre. Dans le trot raccourci ou petit trot, l'empreinte il galope du côté où il tourne ; s'il tourne à droite, il doit galoper à droite ;
du pied postérieur reste en arrière de celle du pied de devant. Dans le trot s'il tourne à gauche, il doit galoper à gauche. On dit que le cheval galope à
allongé ou grand trot, elle se fait en avant. En outre, dans le trot allongé, faux quand il galope à gauche en tournant à droite ou inversement.
le corps est suspendu en l'air pendant un court moment, temps de projec- La vitesse du galop est très variable ; elle est, en moyenne, de 300 métres
tion ou de suspension, durant lequel aucun des membres ne touche le sol. par minute. Les chevaux de courses au galop atteignent une vitesse beau-

FIG. 180. — All ures du cheval.


La figure représente deux temps successifs du pas ordinaire . GALOP. — 1 temps : Appui sur le postérieur gauche.
PAS. — I. Le membre antérieur droit et le postérieur gauche sont levés; appui sur le bipède dia- 8e temps : Appui diagonal gauche.
gonal gaucbe . 3' temps : Appui sur l'antérieur droit.
2. Appui sur le bipède latéral gauche; les deux membres du bipède latéral droit sont levés. Le galop représenté est le galop droite que caractérise l'appui du postérieur gauche sur lequel
TROT. — 1.r temps: Le bipé[Link] gauche est levé; l'appui a lieu sur le diagonal droit. le cheval vient de retomber après le temps de suspension et dans lequel les membres du coté droit
2e temps : Trot allongé. Temps de suspension; aucun des membres ne pose sur le sol. ( 5' temps) sont en avant de ceux du cité gauche.

Le flying-trot est l'allure très rapide des chevaux de courses au trot coup plus considérable qui oscille généralement entre 14 métres et 15m,50
dans laquelle les pieds postérieurs viennent se placer très en avant des par seconde. Le Derby de Chantilly fut gagné en 1911 par un cheval qui
anterieurs . fit au galop jusqu'à 15m,89 par seconde.
La vitesse du trot ordinaire à la seconde est égale à environ une fois et Aubin. — L'aubin est l'allure très irrégulière des chevaux fatigués dont •
demie la taille du cheval ; soit de 2m,40 par seconde pour un cheval de le jeu désuni des membres fait dire qû ils trottent du devant et galopent
im,60, ou à un trajet de 8 kil . 650 à l'heure. Le règlement du service de la du derrière.
cavalerie porte un chiffre plus élevé : 240 mètres par minute, ou 4 mètres Traquenard. — Le traquenard ou amble rompu est également une
par seconde, ou 14400 mètres à l'heure. Les trotteurs de courses atteignent allure irrégulière de bête fatiguée ; il tient de l'amble et du trot ; les
des vitesses remarquables allant à 10 et 12 mètres par seconde ; mais ils membres, tout en se déplaçant latéralement, se posent séparément.
ne peuvent soutenir cette allure que pendant un temps très court. Allures (chasse). — Se dit des empreintes de pas que le gibier laisse sur
Le trot désuni, rompu, décousu est celui d'un cheval fatigué dans lequel le sol et qui permettent au chasseur de reconnaitre l'espèce, l'âge, le sexe, la
les membres se posent séparément ; le membre de derrière n'arrivant pas à force de résistance des bêtes.
l'appui en même temps que celui de devant, on entend donc quatre battues
au lieu de deux. Alluvion. Dépôt formé par les eaux des matières qu'elles entrainent :

Pas. — Le pas est la plus lente des allures ; les membres s'y succèdent de il en résulte un accroissement de terrain lorsque les eaux se retirent ou se
la manière suivante : un antérieur, le postérieur opposé en diagonale, déplacent. Les matériaux arrachés par les cours d'eau à leurs rives sont
l'autre antérieur, l'autre postérieur, et ainsi de suite : A D, P G, A G, P D.
On entend donc quatre battues régulièrement espacées. Il y a toujours
deux membres touchant le sol ensemble et l'appui a lieu alternativement
par un bipède diagonal et par un bipède latéral. Dans le pas ordinaire et
régulier, les empreintes du pied postérieur recouvrent celles du pied anté-
rieur du même côté ; dans le pas raccourci, elles restent en arrière ; dans
le pas allongé, elles se font en avant.
La vitesse du pas ordinaire varie beaucoup avec les animaux ; en moyenne,
quand le cheval n'est pas chargé, il parcourt à la seconde une distance
égale environ à sa hauteur (V = H) ; chargé, la vitesse s'abaisse aux trois FIG. 181. — Alluvions déposées par une rivière au cours du creusement de la vallée.
quarts de la hauteur (V = 3/4 H) ; elle sera, par exemple, de 1m,20 par A, B. Niveau du fond de la vallée aux époques correspondant a la formatio. ,p des b. et 2. terrasses;
seconde, pour un cheval de lm,60 de taille, ou de 4320 mètres à l'heure. C. Alluvions actuelles et lit de la rivière.
Chez le bœuf, la vitesse du pas est, en moyenne, de 0m,70 à Om,90 par se-
conde, suivant la taille et la race de l'animal. peu a peu transformés par le courant rapide et violent en cailloux roulés,
Pas relevé. — Le pas relevé ou haut pas est aussi une allure dans en gravier ou sable grossier, en sable fin et en vase ou li mon provenant
laquelle le cheval pose séparément ses quatre membres en succession par de la destruction des roches les plus tendres. Ces matériaux sont déposés
bipèdes diagonaux ; mais les quatre battues sont régulières et rapprochees . en différents points du lit des fleuves et c'est à ces dépôts qu'on a donné le
Cette allure rapide et peu fatigante pour le cavalier était autrefois celle des nom d'alluvions (fig. 181).
bidets d'allure, chevaux normands recherches pour les longs trajets à Alluvions d'eaux douces. — Les alluvions d'eaux douces sont pro-
cheval. duites par les eaux courantes, dont les variations donnent aux dépôts une
Galop. — Le galop est une allure rapide, sautée, à trois temps, dans forme particulière : toute section longitudinale montre, le plus souvent, des
laquelle le corps de l'animal est supporté successivement par un pied de amas lenticulaires très allongés et diversement inclinés au lieu de couches
derrlere, un bipède diagonal, un pied de devant, et reste un moment continues. Ces alluvions résultent de la dégradation des rives ce'neaves au
suspendu (temps de projection) ; il retombe sur le pied de derrière, repasse bénéfice des rives convexes (fig. 182) : l'eau laisse déposer les alltivions sur
par l'appui du bipède diagonal, puis du pied de devant, et un nouveau temps le bord convexe, tandis qu'elle ronge le bord concave ; de plus, on peut
de P rojection , et ainsi de suite. constater à chaque coude du fleuve un bord concave, avec un escarpement
L animal fait entendre trois battues rapprochées, séparées par un silence rapide, et un bord convexe, à pente douce (fig. 183). C'est ce mécanisme
dont la durée est égale à celle des trois battues. qui déplace, d'une manière insensible mais continue, le cours des rivières
Le galop est dit à droite ou à gauche suivant celui des membres anté- et donne souvent à leurs dépôts une étendue que l'on a attribuée, à tort,
rieurs qui agit isolément. L'impulsion est donnée par le membre postérieur à des fleuves gigantesques qui, dans la plupart des cas, n'ont jamais existé.
opposé, sur lequel l'animal retombe après le temps de projection. Ainsi, D'autre part, le déplacement des cours d'eau, en se poursuivant à travers
dans le galop à droite, le corps retombe sur le postérieur gauche • les fou- les siècles, finit par amener, à intervalles plus ou moins éloignés, le rema-
lées du bipède latéral droit sont en avant de celles du latéral gauche ; c'est niement complet des alluvions d'une vallée. Ce déplacement, en se répé-
le bipède diagonal droit qui fatigue le plus, surtout le membre postérieur tant, donne lieu à un autre phénomène : celui des terrasses ou alluvions
ALOES — ALOSE 52

anciennes dominant le dépôt le plus récent et recouvrant les pentes à des Habitat. — Les aloès sont originaires de l'Afrique tropicale et du cap de
niveaux qui se correspondent d'un côté et de l'autre de la vallée. La rivière, Bonne-Espérance ( fig . 185). Quelques espèces proviennent de l'Asie et de
en effet, n'oscille pas seulement dans le sens de la largeur de la vallée, elle l'Amérique méridionale. Leur zone d'habitation s'est étendue par la culture
ne pousse pas seulement l'ensemble de ses méandres dans la direction à diverses contrées, telles que les
aval, elle progresse aussi dans le sens vertical, creusant toujours la vallée Antilles, la région méditerranéenne
plus profondément ; aussi, à chacune de ses oscillations, elle se trouve à (Italie, Sicile, Malte, etc.).
un niveau inférieur à celui de son dernier passage et s'écoule à la base Usages. — Les feuilles d'aloès
du au-dessous de ses précédentes alluvions ou terrasses, quelquefois sans renferment dans leur parenchyme
un suc visqueux, clair, verdâtre, de
saveur très amère. Ce suc se con-
crète très rapidement à l'air et
forme alors la substance résinoïde
brune connue sous le nom d'alois.
Cette substance, que l'on récolte
principalement au Cap, aux Bar-
bades, à Socotora, aux îles Curaçao,
est très employée en thérapeutique
notamment pour ses proprietés pur-
gatives. L'aloès est fréquemment
employé aussi comme purgatif dans
la médecine vétérinaire, principa-
lement pour le cheval et le chien.
La dose est de 4 à 15 grammes pour
les animaux de petite taille, de
30 à 60 grammes pour ceux de
grande taille. On l'administre sous
forme d'électuaires. On emploie
aussi l'aloès sous forme de lotions
ou de pommades pour traiter cer-
taines plaies de mauvaise nature
ou rebelles à la cicatrisation. En
teinture il sert à colorer la laine,
le coton, la soie. Enfin les aloès
sont souvent cultivés comme plan-
tes ornementales dans les jardins et
FIG. 182. — Dépôts d'alluvions sur les rives de l'Ardèche, près de Vallon. les serres. Quelques espèces, comme
l'aloès vera, réussissent en pleine FIG. 184.
— Aloès.
terre dans le midi de la France. A. Fleur; B. Coupe de la fleur.
pouvoir les atteindre. Ces dépôts persistent donc plus ou moins et per-
mettent au géologue de retracer l'histoire de maint cours d'eau. Il est bien
entendu qu'une foule de circonstances très diverses viennent accuser ou
atténuer les effets de cette théorie générale ; c'est ainsi que, dans certaines
vallées, des soulèvements sont intervenus pour élever les alluvions an-
ciennes d'une rivière à une hauteur
assez considérable. Ailleurs, l'impor-
tance du débit, au cours de la période
préhistorique, a pu activer l'allu-
vionnement et le creusement de la
vallée ; mais cette dernière cause, qui
a été considérée comme générale à
un moment, doit être envisagée
maintenant comme tout à fait excep-
tionnelle.
Tous les cours d'eau qui se jettent
dans la mer précipitent dans leur
estuaire les matériaux d'alluvions
qu'ils ont entraînés jusque-là. Certains
grands fleuves, dont les apports sont
considérables, déposent des amas d'al-
luvions énormes qui donnent nais-
sance à des terres nouvelles (deltas) ;
tel est le cas du Rhône.
Alluvions anciennes. Les allu-

vions anciennes sont des dépôts de


marnes, de sables avec couches de
cailloux roulés, formés à la fin de la
période tertiaire, comme les plaines
de la Bresse, par exemple, ou à l'épo- FIG. 183. — Alluvions.
que quaternaire, à la faveur des éro-
sions glaciaires et de l'activité énorme des cours d'eau de cette période géo-
logique. Ces dépôts d'alluvions anciennes se trouvent à des niveaux que
les eaux actuelles ne peuvent plus atteindre.
Alluvions marines. Les alluvions marines sont dues à l'action du

flux. En se répandant sur le sol plat des côtes, la mer y dépose une mince
couche de sable, de vase, à laquelle chaque marée vient en ajouter une
nouvelle.
Caractère agricole. Les terrains d'alluvions ont, pour caractère agri-

cole commun, une assez grande fertilité et assez de mobilité. Ils sont faciles
à travailler. V. COLMATAGE.
(Législ. rur.). — L'alluvion est un mode d'acquisition de la propriété par FIG. 185. — Aloès du Cap.
voie d'accession. Un fleuve, par exemple, entraîne avec lui des détritus et
des terres arrachés aux rives contre lesquelles il se heurte, et il dépose
ces détritus et ces terres sur certains points de son parcours, accroissant Alose. —Genre de poissons, de la famille des clupéidés (fig. 186). Ils
ainsi tel du tel point de la rive. Or ces détritus charriés, comme aussi les vivent dans les mers tempérées et sont caractérisés par leur corps com-
parcelles de terre enlevées sur les rives et portées souvent à de grandes primé latéralement, avec une carène et des épines au ventre. L'alose
distances, .ne sauraient être réclamés par personne. Si donc ils viennent
s'ajouter au terrain d'un propriétaire riverain, ils deviennent sa propriété
et lui appartiennent, qu'il s'agisse d'un fleuve ou d'un cours d'eau, flottable
ou non, mais à la condition que, dans le premier cas, le propriétaire
réserve le chemin de halage et le marchepied ou contre-halage. L'usufruitier
et le créancier privilégié ou hypothécaire jouissent de l'accroissement
par alluvion.
Aloès (bot.). Genre de plantes, de la famille des liliacées (fig . 184),

caractérisées par des feuilles ép


a isses, charnues, tantôt lisses, tantôt chargées
d'aiguillons, entières ou découpées en épines sur les bords, quelquefois mar-
quées de taches blanches ou jaunes.
Les aloès sont tantôt de petites plantes acaules, tantôt des végétaux arbo-
rescents. Ceux-ci ont le plus souvent leurs feuilles disposées en rosette au FIG. 186. — Alose.
sommet d'une tige ligneuse plus ou moins élevée. Du centre de la rosette
s'élève une hampe, généralement simple et allongée (quelquefois bifide) commune (alausa vulgaris) remonte les fleuves au moment du frai, vers le
que termine un epi de fleurs rouges, roses, ou d'un jaune verdâtre. L'ovaire printemps; sa longueur varie de 0m,30 à 0m,70 et même jusqu'à 1 mètre.
devient à la maturité une capsule membraneuse, triloculaire, contenant Ce poisson, dont la chair est estimée malgré les nombreuses arêtes, se
dans chaque loge un assez grand nombre de graines, disposées sur deux pêche au filet, surtout au moment de la montée. V. planche en couleurs
rangées verticales. POISSONS.
53 ALOUETTE - - ALTERNE
-

Alouette. — Genre d'oiseaux de l'ordre des passereaux conirostres et


de la famille des alaudidés (fig. 187). Les alouettes ont un plumage gris
marqué de grivelures plus foncées à la gorge et à la poitrine ; elles ont le bec
cylindrique, pointu, allongé en alène. Elles se plaisent dans les lieux décou-
verts, nichent sur le sol, volent bien et accomplissent de grands voyages
pour aller passer l'hiver dans les régions chaudes de l'Afrique ou de l'Asie.
L'alouette commune habite les champs ; très matinale, elle fait entendre son

FIG. 187. — Alouettes.


A. Alouette îles champs; B. Alouette huppée: C. Alouette hausse-col.

chant dès le point du jour, durant la belle saison. Souvent elle s'élève verti-
calement à une grande hauteur, où elle se soutient longtemps. Elle fait deux
ou trois pontes par an, et chaque ponte est de quatre ou cinq veufs. La mère
nourrit ses petits avec des vers, des chenilles, des oeufs de fourmis et de sau-
terelles. En somme, c'est un oiseau plus utile que nuisible à l'agriculture.
Parmi les espèces d'alouettes, nous citerons : l'alouette commune ou
alouette des champs (alauda arvensis ) • l'alouette cochevis ou alouette hup-
pée (alauda cristata) ; l'alouette des bois ou lulu (alauda arborea), qui a
comme la précédente une petite huppe ; l'alouette calandre ( alauda calandra)
ou encore alouette hausse-col, la plus grande
espèce de l'Europe, qui porte une grande tache
noirâtre sur la poitrine.
Chasse. — La chasse à l'alouette se pratique
de diverses manières. On peut tirer ce gibier au
cul levé, c'est-à-dire au moment où l'oiseau quitte
brusquement le sol pour s'élever dans les airs ; FIG. 189. — Alpage. (Pâturage d'été dans la montagne.)
mais c'est là un coup de fusil difficile, en raison
des crochets nombreux que fait l'alouette avant les terres sèches ; on coupe trois eu quatre mois après. Elle réussit
de monter ; les braconniers prennent les alouettes particulièrement bien en terrains légers. Sa culture est analogue à celle
au moyen de collets tendus dans les champs par du millet ; on la sème seule à raison de 25 kilogrammes à l'hectare. Sa
temps de neige. Mais la chasse la plus amusante graine (graine de ca-
est la chasse au miroir, qui se pratique aux pre- narie) est recherchée
mières gelées blanches d'octobre. pour la nourriture
Le miroir ( fig. 188) se compose essentiellement des oiseaux,
d'une pièce de bois en forme de croissant, qui peut L'alpiste roseau
tourner librement sur un pivot fiché solidement en vivace vient égale-
terre ; ce croissant est garni de fragments de glace ment dans les terres
dans lesquels se réfléchissent les rayons lumineux. humides et dans les
On imprime le mouvement giratoire au miroir par sols maigres, pier-
le moyen d'une ficelle tirée àla main ou àl'aide d'un reux ; il fournit un
mécanisme d'horlogerie disposé sous le croissant. fourrage assez gros-
En général les chasseurs préfèrent au miroir Mi- FIG . 188. Miroir
— sier.
canique le modèle actionné à la main, précisément à alouettes ordinaire.
parce que ses allures irrégulières et ses éclats d'in- Alternanthère
tensités différentes attirent mieux l'attention des alouettes. Apercevant le (hortic.). — Genre de
miroir de fort loin, celles-ci arrivent à tire-d'aile, planent au-dessus de l'ob- plantes ornementales
jet de leur curiosité et sont tellement absorbées par leur contemplation que voisines des achyran-
les coups de fusil ne les effraient pour ainsi dire pas. tes et servant aux
Lorsque le chasseur veut tirer des alouettes au miroir, il choisit un em- mêmes usages pour
placement propiçe pour piquer le miroir, 'à 15 ou 20 mètres d'un boqueteau, la décoration des
d'une meule, d'une charrue abandonnée, d'un bas-fond, etc. Il se dissi- plates-bandes, cor -
mule le plus possible, et, si son miroir est bien placé, les alouettes ne tar- beilles de mosaicul-
deront guère à s'en rapprocher. turc ou autres.
Pour cette chasse, on fait usage de cartouches à demi-charge, c'est-à-dire Alterne. — Se dit
contenant 2 gr. à 2 gr. 5 de poudre noire et 15 à 20 gr. de plomb ne 11 ou 12. des feuilles ou des
Aloyau.— Pièce de la chair du boeuf qui se trouve le long des reins et fleurs qui croissent
symétriquement de chaque côté. V. BOUCHERIE. des deux côtés de la
tige ou des branches,
Alpage.— Pâturage dans les montagnes élevées ( fig . 189) : saison de mais qui ne sont pas
pâturage d'été. Pendant l'alpage, les étables sont vides. Le mot alpage en face les unes des
désigne aussi la durée de ce pâturage particulier. V. PATURAGE. autres : les feuilles du
Alpes (Mouton des).— Variété rustique, de petite taille, convenant aux rosier et del'orme sont
pâturages des Alpes du Dauphiné (régions d'Orpierre, de Savournon , de Sis- alternes. V. FEUILLE.
teron, de Sahune , etc.). Moutons à peau et laine blanches, à toison peu
fournie, assez grossière, ne couvrant que le dessus du corps. La tête est
allongée, les oreilles courtes et droites; la poitrine est large, la côte ronde,
la croupe assez musclée, les membres grêles.
Alpes (Races des). — V. BOVINES (Races).
Alpes (Variété des). — V. CHÈVRES (Races de).
Alpestres (Plantes). — Nom donné aux plantes qui croissent sur les
montagnes des Alpes et, par extension, sur les hautes montagnes (gentiane,
edelweis , cyclamen, etc.).
Alpiste.
— Nom donné à deux graminées du genre phalaris (fig. 190), FIG. 190. — Alpiste des Canaries. A , Fleur.
l'alpiste des Canaries ou millet long (phalaris Canariensis ) et l'alpiste
roseau ( phalaris arundinacea). L'alpiste des Canaries est une plante annuelle Culture alterne. — Méthode qui fait succéder des récoltes différentes
que l'on sème d'avril à juillet, seule ou en mélange avec du mais, du sur un même champ, à intervalles réguliers. Cete méthode se confond avec
moha, des pois, des vesces, etc., pour la production des fourrages verts dans celle des assolements. V. ce mot.
ALTISE — ALUMINE 54

Altise . — Genre d'insectes coléoptères mangeurs de feuilles (phyto- Bien mélanges le tout et arroser immédiatement. On ne doit préparer pour
phages), renfermant de petites formes sauteuses à coloration métallique, au cela que les quantités exactes que l'on pourra utiliser dans la journée même.
nombre d'une quinzaine d'espèces, vulgairement nommées puce de vigne, Les bouillies arsenicales ne sont pas dangereuses pour le vin obtenu, à la
puce de terre, puce de jardin, pucette, pucerotte. Parmi ces espèces, pour condition, bien entendu, qu'elles soient employées au printemps et non en
la plupart nuisibles, nous citerons les suivantes (fig. 191) : été quand les raisins sont formés.
Altise de la vigne (haltica ou graptodera ampelophaga). — Elle a 4 à Altise du colza ou Altise â tête dorée ( psylliodes chrysocephala ). —
5 millimètres de longueur, de couleur bleu d'acier ou verte sur le corps, Elle est très nuisible dans les jardins potagers. Couleur bleu d'azur, pattes
noire en dessous jaunes (fig. 191).
( fig.191).L'insecte Altise du navet ( psylliodes napi ). — Elle est plus petite que la précé-
parfait ronge les dente et de même couleur.
feuilles et les jeu- Altise potagère ( haltica oleracera). — Elle est plus petite que l'altise de
nes bourgeons. La la vigne, mais de même couleur (fig. 191).
femelle pond une Altise méanne (haltica melæna ). — Elle a 2 millimètres de longueur, est
vingtaine d'oeufs noir bronzé ; très commune dans les jardins maraîchers où l'on cultive
jaunâtres à la face les radis.
inférieure des Altise flexueuse (phyllotreta flexuosa ). — Elle a 3 millimètres de lon-
feuilles, près de gueur, à coloration d'un bleu métallique terne (fig . 191).
terre ; huit jours Altise du chou ( phyllotreta brassicæ ). — Elle est très petite (1 à 2 milli-
après, ces oeufs de- mètres), de couleur brun noir (fig. 191). V. aussi Ciron (ennemis et maladies).
viennent des lar- A utres espèces. —On connaît aussi l'altisedes bois (phyllotretanemorum),
ves. Les larves sont l'altise du chéne (haltica erucæ), l'alose pointillée (haltica punctulata), etc.
d'abord jaunâtres, Pour la destruction de ces dernières espèces (à l'état de larves), on emploie
puis brunes et en- du sulfure de carbone en injections dans le sol avec des pals injecteurs, à
fin noires ; elles la dose de 150 à 200 kilogrammes par hectare (6 trous par mètre carré à
rongent le dessous raison de 8 à 9 grammes par trou).
des feuilles en res- Ajoutons qu'à défaut du sulfure de carbone, on peut promener sur les
pectant l'épiderme jeunes semis une brouette pourvue, en des-
supérieur qui leur sous, d'une planche goudronnée • les insectes
sert d'abri. A leur en sautant s'y engluent. La couleur blanche
complet dévelop - passe, d'après les observations de R. Dumont,
pement, elles vont pour éloigner les altises ; donc, autant que pos-
s'enfouir dans le sible, faire les semis contre un mur blanchi à
sol et s'y transfor- la chaux et répandre de la chaux en poudre
ment en nymphes, sur le sol aussitôt après l'opération.
puis en insectes Alucite . — Petit papillon suceur, crépus-
parfaits ; 1' évolu - culaire, de la famille des teignes, de 5 à 7 milli-
tion complète, de- mètres de longueur, qui s'attaque aux céréale s
puis la ponte jus- FIG. 191. — Altises . et plus particulièrement au blé (fig. 193).
qu'à la régénéra- L'alucite des céréales (sitotroga cerealella )
tion d'un insecte est appelée communément teigne des blés,
parfait, dure environ quarante-cinq jours, et se répète du printemps à la pou volant. V. pl. en couleurs BLÉ (maladies du). FIG. 193. — Alucite des céréales
fin de l'été. Les altises de la vigne peuvent avoir jusqu'à 4 ou 5 générations L'insecte parfait est un papillon de couleur et sa larve.
dans les réions chaudes de France et gris argenté clair, portant quatre ailes écail-
plus de 12 genérations par an en Algérie, leuses très étroites, surtout les inférieures qui
où elles commettent des dégâts souvent sont bordées de poils. A l'état de repos, les ailes sont disposées presque
très considérables. à plat sur le dos.
Moyens de destruction. —1° Ramassage Il apparaît en juillet, avant la moisson, volant seulement la nuit. Après
des insectes parfaits avec un entonnoir, le l'accouplement, la femelle pond 70 à 80 ceufs sur les épis de blé, ne dépo-
matin, lorsqu'ils sont encore engourdis sant qu'un œuf par grain (fig. 194). Les œufs donnent naissance à des larves
( fig. 192) ; l'entonnoir, récipient assez vaste d'abord gris rougeätre, puis
et échancré pour le passage du cep, est jaunes, très velues.
glissé sous les feuilles au pied de la souche ; La chenille pénètre dans
il suffit de secouer celle-ci pour faire le grain de blé, s'attaque
tomber les altises ; de préférence à l'embryon
2° Abris : à l'automne, on dispose dans et ronge la farine tout en
les vignes de petits fagots de sarments dans respectant l'épiderme, puis
lesquels viennent se réfugier les insectes elle se transforme en nym-
pour hiverner ; on les détruit par le feu ; phe et, dix jours après, le
3° Destruction des larves et des insectes papillon sort.
parfaits par des poudrages ou des pulvé- Si les récoltes atteintes
risations de substances insecticides. Les sont rentrées dans les gre-
poudrages faits à l'aide de chaux vive, de FIG. 192. Entonnoir —
niers, une seconde généra - FIG. 194. — Grains de blé attaqués par l'alucite .
plâtre, de poudre de pyrèthre, de naphta- pour le ramassage des altises. tion peut apparaître ; de
line impure, chassent plutôt l'insecte qu'ils nouveaux ceufs sont pondus sur les grains, et les larves qui en sont issues
ne le détruisent réellement ; aussi nous ne les conseillons pas. Nous pré- passent l'hiver à l'état de chrysalides ; les papillons ne sortent qu'à l'été
férons les pulvérisations suivantes : suivant. Si la seconde ponte a lieu en plein air, les larves qui en pro-
Emulsion Riley , obtenue en brassant vivement du pétrole dans de l'eau viennent passent l'hiver dans le sol, où elles s'enfoncent et d'où sortiront
de savon bouillante, d'après les proportions suivantes : de nouveaux papillons à la belle saison de l'année suivante.
Dégâts. — Les grains alucités perdent leur pouvoir germinatif ; la farine
Pétrole ........ 2 litres.
Savon. ............................................................... 500 grammes. devient grise par mélange avec les excréments des larves, et sa consom-
Eau ...................................................................... 100 litres. mation ne serait pas sans présenter quelque danger.
Moyens de destruction. — Plusieurs moyens de lutte ont été proposés
Formule Degrully : contre l'alucite des céréales : les vapeurs sulfureuses et le sulfure de car-
Pyrèthre ........ 1 kilogramme. bone se sont montrés inefficaces contre l'insecte ; ils agissent seulement
Ammoniaque ....... 1/2 litre. comme désinfectants des greniers.
Eau ..................................................................... 200 litres. Herpin a indiqué le traitement des blés alucités en silos, an moyen de
gaz carbonique.
Les sels arsenicaux comptent parmi les produits les plus efficaces de Il a été conseillé aussi l'emploi d'un tarare spécial ou tue-teigne, qui, par
traitement ; les insectes meurent après avoir mangé les feuilles portant le des chocs répétés, arrive à tuer les larves dans les grains de blé. En ce sens,
poison. Voici quelques-unes de ces préparations : les battages à la machine ont largement contribué à la destruction presque
a) Bouillie à l'arséniate de plomb. Pour la préparation, v. BOUILLIE. complète de l'alucite et, en conséquence, il y a lieu de procéder au battage
b) Le vert de Paris ou acéto-arsénite de cuivre, à raison de 70 grammes le plus tôt possible après la moisson. On a recommandé aussi le pelletage
par hectolitre d'eau. Il doit être réduit en poudre très fine, mais il faut des tas de grains dans les greniers.
éviter avec grand soin de le mettre en contact avec la bouche ou les yeux, à Mais le traitement le plus sûr est celui qu'a indiqué Duhamel et qui con-
cause des désordres graves qu'il peut déterminer dans l'organisme. Son siste à chauffer le blé, bien séché au préalable, jusqu'à 55 0 centigrades, puis
insolubilité dans l'eau constitue un obstacle gênant pour une répartition à le refroidir lentement et progressivement. La faculté germinative des
uniforme sur les plantes : il est absolument nécessaire de le maintenir en grains n'est pas atteinte et le gluten n'est nullement altéré, tandis qu'on tue
suspension dans le liquide au moyen d'un corps inerte comme la farine et sûrement l'insecte. Il faut éviter toutefois de chauffer à l'excès : au delà de
de munir le pulvérisateur d'un agitateur continu. 65 à 70°,1a faculté germinative disparaît et le gluten, atteint dans sa composi-
Pour éviter toute brûlure des feuilles par l'acidité du vert de Paris, sur- tion, se coagule, ce qui nuit à la panification des farines. En vue de diminuer
tout si l'on dépasse la dose de 70 grammes par hectolitre d'eau, on peut les frais d'un pareil traitement, les propriétaires ont intérêt à se syndiquer.
avoir recours à la chaux Les invasions dues à l'alucite sont fort heureusement assez peu fréquentes.
Vert de Paris .......................................................... 100 grammes. Alumine. — Oxyde d'aluminium qu'on rencontre dans la nature, soit
Chaux fraîchement éteinte ........................................ 200.......-- pur (corindon), soit diversement coloré par des oxydes métalliques, ce
Farine ....................................................................... 200 — qui lui fait donner différents noms suivant sa couleur (rubis, topaze, saphir,
Eau ........................................................................... 200 litres.
améthyste, etc.) ; soit encore cristallisé avec du sesquioxyde de fer (c'est
On commence par préparer avec la farine une sorte d'empois que l'on alors 1 émeri). L'alumine, par elle-même, n'a aucun rôle en agriculture, mais
fait bouillir. Le vert de Paris est convenablement broyé, mais auparavant elle existe à l'état de combinaisons, principalement avec la silice, dans un
légèrement . humecté, à cause des poussières qui pourraient s'introduire dans grand nombre de roches naturelles, telles que les feldspaths, les micas, les
les voies respiratoires de l'opérateur. On prépare un lait de chaux dans argiles et, par suite, dans beaucoup de terres arables, à côté de la magnésie,
10 litres d'eau, puis, dans les 90 litres restant, on verse l'empois en le divi- de la chaux.
sant avec la main ; quand ce dernier est complètement délayé, ou y ajoute D'après M. de Gasparin , c'est surtout l'alumine qui donne aux terres leur
le lait de chaux, qui est passé à travers un tamis, puis enfin le vert de Paris. ténacité.
55 ALUMINIUM — AMANDIER

Aluminium. — Métal que l'on trouve sous forme de composé dans l'alu- Amadouvier. —Champignon de la famille des polyporées (fig. 198),
mine et les argiles. Il est d'un beau blanc tirant sur le bleu et peut se laisser qui se développe sur le frêne, le saule, le chêne, le peuplier. V. AMADOU,
polir facilement ; il est ductile, tenace et se moule très bien ; il se forge à
chaud et peut se débiter en feuilles. C'est le plus léger de tous les métaux
usuels. Il ne s'altère pas à l'air; l'eau est sans action sur lui. L'aluminium
est obtenu industriellement par traitement et décomposition électrolytiques
du chlorure double d'aluminium et de sodium.
Grâce à son prix de revient peu élevé, on en fait des ustensiles de cui-
sine, des accessoires de machines, etc. Allié au cuivre pour former des
bronzes d'aluminium, il sert à la fabrication de beaucoup d'objets.
Alun. — Terme générique par lequel on désigne les sulfates doubles que
forment les sulfates d'aluminium, de fer, de chrome avec les sulfates de
métaux alcalins (potassium, sodium, ammonium).
Le plus employé des aluns est l'alun ordinaire (fig . 195) ou sulfate
double d'aluminium et de potas-
sium. C'est un bon agent de conser-
vation des matières animales ou vé-
gétales ; il rend les peaux imputres-
cibles (conservation des peaux). On
l'utilise encore comme mordant en
teinturerie, pour le collage du papier
et le durcissement du plâtre, etc.
On l'emploie en médecine vété-
rinaire comme astringent, caustique
et antiseptique ; pour clarifier les
eaux bourbeuses.
Alvéole. — Cellule de forme FIG. 198. — Amadouvier.
hexagonale que les abeilles construi-
sent pour déposer leurs œufs et
leur miel. V . ABEILLE, APICULTURE, Amande. — Fruit de l'amandier. On distingue deux sortes d'amandes :
CIRE, RAYON, RUCHE, etc. les amandes douces, seules comestibles, et les amandes amères. Au point
Chacune des cavités des maxil- de vue botanique, l'amande est un drupe (fig. 199, A). Pendant la période
laires où s'enchâssent les dents de de maturation, elle est constituée extérieurement par une portion vèrte du
l'homme et des animaux. péricarpe (épicarpe et mésocarpe) qui s'enlève facilement sous l'action du
FIG. 195. — Cristaux d'alun ordinaire séchage et lorsque la maturité approche. Au-dessous apparaît une partie
Alysse . Genre d'insectes hy-

osseuse (endocarpe) plus ou moins dure, suivant les variétés d'amandiers,
ménoptères, voisins des ichneumons, qui emprisonne l'amande proprement dite. Celle-ci est constituée par deux
à corps grêle ; utiles auxiliaires de l'agriculteur, car les femelles pondent cotylédons fortement développés et entre lesquels, lorsqu'ils sont écartés,
leurs œufs sur les larves de divers coléoptères ou d'autres hyménoptères. il est facile d'apercevoir la gemmule, la tigelle et la radicule. L'ensemble de
Alysse (bot.). — Genre de plantes, de la famille des crucifères, renfer- ces trois organes constitue l'embryon. L'amande, débarrassée de sa partie
mant d'assez nombreuses espèces originaires de la région méditerranéenne et osseuse, est mangée fraîche : c'est ce qu'on appelle des amandous en
de l'Asie septentrionale. Quelques-unes sont cultivées comme plantes d'orne- Provence. Sèche, on l'utilise en pâtisserie (gâteaux, macarons, etc.), en
confiserie (amandes grillées, pralines, dra-
gées), en parfumerie et pharmacie (huile
d'amandes douces, pâtes d'amandes, etc.).
Elle entre dans la confection du sirop
d'orgeat.
Amandier. — Arbre fruitier, de la fa-
mille des rosacées (fig. 199), qui atteint
6 à 8 mètres de hauteur. Il est originaire
de la région méditerranéenne et de l'Asie
occidentale tempérée.
Description. — Considéré en pleine flo-
raison, l'amandier (amygdalus) a une va-
leur ornementale réelle. L'arbre, soutenu
par un système radiculaire pivotant et
robuste, laissé libre de croître comme il
veut, se forme une tête arrondie. Les ra-
meaux de l'année portent des feuilles lon-
guement lancéolées, d'un vert clair, gri-
sâtre à l'arrière-saison. Les fleurs, roses,
portées par les rameaux de l'année précé-
dente, s'épanouissent de bonne heure, avant
que les bourgeons se soient développés.
Cette floraison se fait remarquer à des
époques variables suivant les climats : sous
celui de Paris, en fin février, mars, avril ; FIG. 199. — Rameau d'amandier.
de janvier aux premiers jours de mars
A. Fruit.
dans le Midi, suivant, aussi, les exposi-
tions. Cette floraison précoce rend, cer-
taines années, la fructification aléatoire, même dans le Midi les fleurs
étant souvent atteintes par des gelées tardives.
FiG. 196. — Alysse corbeille d'argent. FIG. 197. — Alysse corbeille d'or. Centres de culture. — Bien qu'on puisse rencontrer l'amandier cultivé
(Sommité fleurie.) A. Fleur; B. Fruit. un peu partout, il est en réalité un arbre fruitier des pays chauds. Sous le
climat de Paris on le cultive en espalier, à bonne exposition, ou bien
comme arbrisseau d'ornement, en massif ou en spécimen isolé.
ment en bordures ou en corbeilles. Parmi les espèces les plus appréciées Il est cultivé en grand dans les départements de Vaucluse, des Bouches-
au point de vue ornemental, on peut citer : l'alysse maritime (alyssum du-Rhöne, du Gard, des Basses-Alpes, etc. Il vient admirablement en Es-
maritimum) ou corbeille d'argent (fie. 196), qui donne, de mai à novembre, pagne, en Portugal et en Italie.
des fleurs odorantes, blanches, réunies en grappes allongées ; il en existe Variétés. — Les amandiers ont été réunis en deux groupes : suivant
une variété à feuilles panachées jaune et vert. L'alysse saxatile (alyssum qu'ils donnent des fruits à coque dure ou des fruits à coque tendre. Parmi
saxatile) ou corbeille d'or (fig. 197) donne d'avril à juin des fleurs jaunes les amandes à coque dure, l'une des meilleures espèces est l'amande Grosse
très nombreuses, groupées en panicules. L'alysse épineuse (alyssum spino- ordinaire. Dans le deuxième groupe, les plus estimées sont : l'amande
sum) à fleurs blanches est surtout employée pour la décoration des rocailles. Princesse (fine, sultane) et l'amande des dames ou mi-fine.
Amadou. Produit obtenu avec l'amadouvier. V. ce mot.

Multiplication. — La multiplication de l'amandier s'effectue au moyen de
Préparation. — On choisit les jeunes champignons amadouviers ( poly- la greffe, sur lui-même ou sur prunier, le premier sujet restant le meilleur.
porus fomentarius) qu'on garde dans une cave pour les ramollir, puis, Les greffes les plus usitées sont : la greffe en écusson sur jeune bois, la
après les avoir dépouillés avec soin de l'écorce dure qui les recouvre, on greffe en demi-fente et la greffe en couronne, la première étant la plus re-
les coupe en tranches minces et on les bat avec un maillet, en mouillant commandable.
de temps en temps et en frottant dans les mains jusqu'à consistance douce Conduite de l'arbre et taille. — L'amandier cultivé pour ses fruits est
et molle. conduit en haute tige ou en demi-tige à des distances variant entre 6 et
L'amadou des chirurgiens est obtenu comme nous venons de l'indiquer. 8 mètres en tous sens. Dans ces conditions, la taille est fort simple. Elle
Sous cet état, il agit très rapidement sur le sérum du sang, l'absorbe et fa- se réduit à former la tige, à pratiquer des élagages et à laisser les branches
cilite la formation d'un caillot, arrêtant ainsi tout épanchement extérieur fruitières se former d'elles-mêmes. Lorsque l'arbre vieillit, on recèpe tontes
du liquide de vie. C'est pourquoi, dans la médecine usuelle, l'amadou a été les branches pour reformer la charpente de l'arbre.
très employé pour s'opposer à toute hémorragie provenant de la piqûre Sols et fumure. — A la rigueur, l'amandier vit dans tous les sols, mais
des sangsues. On en faisait également usage lorsqu'il s'agissait d'arrêter la il préfère ceux qui sont calcaires, sains, exempts d'humidité stagnante.
perte de sang occasionnée par une coupure. Ceux qui lui conviennent moins sont les terres argileuses, humides et
L'amadou des fumeurs est imprégne de nitre et de chlorate de potasse, froides.
afin de faciliter sa combustion lente. Il prend feu au contact d'une simple L'engrais le plus couramment employé dans la culture de l'amandier est
étincelle. le fumier; puis, à proximité des grands centres de population, les gadoues
AMANITE — AMARANTE

et les boues de villes. Les quantités d'engrais à utiliser sont très variables. L'amanite engainée, amanite à étui ou coucoumelle grise, grisette (5 à
Lorsqu'on peut en avoir facilement, à bon compte, les doses peuvent s'éle- 15 centimètres ; bois, juillet-novembre) • elle se distingue de toutes les autres
ver jusqu'à 80, 90, 100000 kilogrammes à l'hectare, gnon épand sur toute la amanites par l'absence d'anneau. Pied long, grêle et creux, toujours entouré
surface du terrain. Au contraire, lorsqu'on ne dispose que de minimes à sa base d'un étui allongé. Chapeau toujours strié sur le bord et de couleur
quantités d'engrais, ceux-ci seront épandus dans un rayon de 1 mètre en- variable, blanchâtre,
viron du centre de l'arbre, au-dessus du système radiculaire, et enterrés au gris ou fauve, portant
moyen d'un piochage. Ces fumures sont renouvelées tous les deux, trois ou parfois des plaques
quatre ans. Les engrais chimiques, ou complémentaires, sont également blanches. Feuillets
utilisés aux doses suivantes à l'hectare : 300 kilogrammes de nitrate de blancs, évitant la con-
soude ou 250 kilogrammes de sulfate d'ammoniaque, 100 à 200 kilogrammes fusion avec les vol-
de chlorure de potassium ou de sulfate de potasse et 500 à 800 kilogrammes vaires; la présence de
d'engrais phosphatés (superphosphates ou scories à 16-18 pour 100). l'étui la différencie de
Récolte des amandes. — Les amandes se récoltent à l'état vert, avant certaines amanites
maturité, à la fin de l'été, en août, sous forme d'amandous, puis à maturité tue-mouches, de teinte
dans le courant de l'automne. Dans ce dernier cas, les fruits sont débar- jaunâtre.
rassés de la partie antérieure du péricarpe, puis placés sur des claies où Il existe d'autres
ils achèvent de sécher. amanites comestibles,
comme l'amanite
Amanite. — Genre de champignons du groupe des agaricinées qui ovoïde ou coucoumelle
comprend de nombreuses espèces, les unes comestibles, les autres véné- blanche, assez com-
neuses (quelques-unes mortelles). C'est, en raison des confusions possibles, mune dans le centre et
le genre le plus important à connaître. Le caractère général des amanites le midi de la France.
est celui-ci : les jeunes amanites sont entourées, tel un oeuf dans sa coque, V. pl. en couleurs
d'une membrane (volve) dont il reste des traces à la base du pied et sur le CHAMPIGNONS.
chapeau quand le champignon est complètement développé. Toutes les
amanites poussent à terre. Amarante. —

1° Amanites mortelles : Plante annuelle, de la


L'amanite phalloïde ou oronge ciguë verte (chapeau de 8 à 15 centimètres famille des amaran-
de diamètre) cause, à elle seule, 95 pour 100 des empoisonnements mortels tacées. Feuilles alter-
(pousse dans les bois de juillet à novembre) ; son chapeau, de teinte ver- nes, entières, pétiolées;
dâtre, permet la confusion avec la russule verdoyante, comestible (V. à fleurs petites, vertes
RUSSULE, pour description comparative). L'amanite printanière ou oronge ou rouges, disposées en
ciguë blanche, plus petite et plus précoce, en est une variété. petites cymes axillai-
L'amanite citrine (fig. 200, 1) ou oronge ciguë jaunâtre (6 à 12 centi- res dont l'ensemble
mètres; bois, automne) ; elle a un chapeau jaune citron ou jaune paille, forme une grappe ou
parfois press ue blanc. un épi ; fruit sec con-
Les variétes blanches d'amanites (printanière ou citrine) prêtent à confu- tenant une seule graine
sion avec la lépiote pudique et le mousseron blanc. V. à LÉPIOTE et à dure, lisse, luisante.
TRICHOLOME la description comparative. 1° Espèces cultivées
2° Amanites très dangereuses. — Ce sont les suivantes pour leurs fleurs :
Amarante à queue FIG. 201. — Amarante à feuilles rouges.
L'amanite tue mouches ou fausse oronge (15 à 20 centimètres ; bois,
-

été-automne) ; elle est confondue parfois avec l'amanite des Césars ou de renard (amarantus -
oronge vraie. V. ci-dessous la description comparative. caudatus ; vulg. discipline de religieuse). — Tiges dressées, de Om 60 à
L'amanite panthère ou fausse golmotte (10 à 12 centimètres ; bois et 1 mètre, feuilles ovales obtuses, d'un vert gai; fleu r s disposées en long s
coteaux, été-automne) ; elle peut être prise pour l'amanite rougissante. épis peu ramifiés, pendants, de couleur amarante ; floraison en août.
V. ci-dessous. Amarante à feuilles rouges (amarantus paniculatus ; var. sanguineus). —
3° Amanites comestibles. — Ce sont les suivantes : Tiges de 0'°, 80 à Om, 90 ; feuilles ovales, rouge sanguin, fleurs pourpres (fig. 201).
L'amanite roué,issante (fig. 200, 2) ou oronge vineuse, golmotte, gol- Sous le nom d'amarante créte de coq
melle, missie, pied-rouge, pied-rose (8 à 12 centimètres; bois, juillet à ou passe-velours on cultive la célosie
novembre) ; elle constitue un bon comestible. Ne pas la confondre avec (celosia cristata ) [fig. 202].
l'amanite panthère, dont elle se différencie par les caractères suivants : 2° Espèces cultivées pour leur feuillage :
Amarante tricolore (amarantus tri-
color). — Tiges de Om 70 à 1 mètre,
Amanite panthère : très dangereuse.
feuilles oblongues lancéolé e s, pétiole vert
Amanite rougissante : comestible.
clair ou jaune ; base du limbe rouge pour-
Chapeau rouge vineux non strié au bord, Chapeau brun fauve, de teinte assez va- pre, au-dessus une tache jaune vif, som-
avec plaques grisâtres pouvant dispa- riable, strié au bord, avec plaques met vert. Quelques feuilles sont vertes à
raître par la pluie. blanches pouvant disparaître. la base et rouges au sommet ; fleurs insi-
Chair blanche devenant ronge vineux à Chair blanche restant blanche au contact gnifiantes.
l'air quand on la brise et dans les de l'air.
parties attaquées par les limaces. Amarante bicolore. — Variété de la
Feuillets blancs ou blanc rosé. Feuillets blancs. précédente, à feuilles panachées ou
Pied blanc, plus ou moins taché de rose Pied blanc portant à sa base un ou deux striées de vert et de rouge, ou jaune et
ou de rouge vineux ; pas trace de volve. bourrelets écailleux. rouge.
Amarante éclatante. — Variété plus
élégante que l'amarante tricolore, se colo-
L'amanite des Césars (fig. 200, 3), amanite impériale ou oronge vraie rant dès le début de la végétation, se
(10 à 15 centimètres ; été-automne, bois, surtout au sud de la Loire) ; elle ne dégarnissant moins vite. Tiges atteignant
doit pas être confondue avec la fausse oronge. Voici ses caractères de 1m,20 à 1m, 40, rouge vif ainsi que les
différenciation avec cette dernière : pétioles; feuilles vert foncé et rouge
brun, puis entremêlées régulièrement de
vert et rouge, jaune et brun.
Amanite des Césars : comestible. Amanite tue-mouches : très danger 8, . Amarante à feuilles de saule (ama-
rantus salicifolius). — Longues feuilles
Chapeau d'un rouge orangé plus ou moins Chapeau rouge vermillon, avec plaques étroites à bords ondulés de couleur
jaune, sans plaques blanches. blanches (que la pluie peut enlever).
-
brune ou rouge vif.
Pied jaunâtre. Pied blanc. FIG. 202. Amarante crête de coq.
Culture. — Semer sur couche en mars-

Un anneau bordé de jaune. Un anneau très blanc.


Feuillets jaune doré. Feuillets blancs ou blanc crème. avril ; seule l'amarante à queue de renard
Un étui à la base du pied. Pas d'étui. peut être semée en plein air, en avril-mai. Repiquer sur couche ou en pépi-
nière de plein air ; mettre en place en mai ; chaque plante doit être enlevée

Phot. Faideau .
I. Amanite citrine. (Mortelle.) 2. Amanite rougissante ( golmotte). 3. Amanite des Césars jeune (oronge). [Comestible.] '
'Comestible.]
FIG . 200. — Quelques variétés d'amanites.
57 AMARYLLIS — AMÉLIORATIONS AGRICOLES
avec une petite motte de terre. Cultiver en terrain léger, chaud, fertile. contraire, comme épuisantes, car une fumure moyenne ne suffit pas à
Par suite de leur grand développement et de leur croissance rapide, il faut restituer tous les éléments exportés par ces récoltes, et le sol paraît
donner beaucoup d'eau épuisé, appauvri.
l'été ; quelques arrosages Il est aujourd'hui démontré que toutes les récoltes enlèvent au sol des
à l'engrais liquide se- principes fertilisants ; la proportion seule varie. Mais, tandis que l'exporta-
ront très utiles ; la colo- tion est générale en ce qui concerne l'acide phosphorique, la potasse et la
ration des feuilles et des chaux, une distinction essentielle doit être faite pour l'azote.
fleurs est d'autant plus Les plantes de la famille des légumineuses (luzerne [fig. 205], trèfle,
jolie et la vigueur plus vesce [ fig. 206], etc.) prélèvent dans l'atmosphère l'azote nécessaire à con-
grande que l'été est plus
chaud. On les emploie en
corbeilles, en touffes iso-
lées sur pelouses, en ra-
meaux coupés pour la
garniture des apparte-
ments, etc.
Amaryllis. Plante

vivace, bulbeuse, de la
famille des amaryllidées .
Feuilles caduques, nom-
breuses,ne paraissant pas
en même temps 9ue les
fleurs. Celles-ci sont
grandes, odorantes, réu-
nies en ombelles sur une
hampe élevée.
Amaryllis belladone
( amaryllis belladona ) ;
vulg. belladone d'au -
tomne (fig. 203). — Bulbe
volumineux, allongé,
brun ou fauve. Feuilles
rubanées d'un vert gai.
Fleurs groupées par 6 à
10 au sommet d'une 2
hampe de 0 10,80 à 1 mè- FIG. 203. — Amaryllis belladone.
FIG. 205, 206. — Plantes améliorantes.
tre, de même grandeur et
1. — Luzerne. a. Fleur; b. Fruit; 2. — Vesce . a. Fleur; b. Graine.
de même forme que celles du lis blanc, horizontales ou un peu inclinées,
d'un rose tendre, odeur douce. Floraison d'août à octobre après le dessè-
chement des feuilles. stituer leurs tissus. Elles captent cet azote, dont une partie fait retour au
Les horticulteurs en ont obtenu de nombreuses variétés à fleurs blanches, sol, soit par enfouissement des plantes avant complète maturité (engrais
roses, rouges, etc. verts), soit par incorporation des résidus végétaux laissés par les débris des
Culture. — Planter les bulbes en juillet après la chute des feuilles, dans feuilles ou des tiges et des racines.
une plate-bande, de préférence à Joulie a trouvé, à l'hectare, 47 144 kilogrammes de racines dans le sol d'une
l'exposition du midi, en terrain sa- prairie naturelle défrichée et jusqu'à 145 600 kilogrammes pour une prairie
bleux, profond, sain ; les distancer très ancienne. De même, de Gasparin en a trouvé 37 000 kilogrammes dans
de 50 centimètres en tous sens et le sol d'une luzernière. L'azote restitué ainsi fut évalué respectivement a
enterrer à 25 ou 30 centimètres 482, 1 782 et 297 kilogrammes pour ces trois cas, correspondant à 75000,
de profondeur. Au besoin, recou- 270 000 et 50 000 kilogrammes de fumier de ferme. Pour utiliser un pareil
vrir l'hiver d'une couche de feuilles stock, il suffit d'ajouter des engrais minéraux peu coûteux : acide phospho-
sèches. La plante étant assez lon- rique et potasse • le sol paraît ainsi amélioré dans ses qualités.
gue à s'établir, on obtient une Les plantes dites améliorantes jouissent encore d'autres propriétés
floraison plus intéressante en lais- contribuant à justifier leur titre : leurs racines pivotantes ameublissent
sant les bulbes cinq ou six années à le sous-sol par pénétration, y absorbent les éléments fertilisants perdus
la même place. Comme la plante ne pour les autres plantes, et les remontent à la surface. Elles digèrent ces
possède pas de feuilles au moment cléments, les condensent, puis les abandonnent sous une forme très assi-
de la floraison, on peut remédier à milable. Le phénomène apparaît d'autant mieux que le sol considéré est
cette absence de feuillage en garnis- plus pauvre.
sant le sol autour d'elle avec une Ainsi qu'on le voit, toute culture de légumineuse se traduit par une
autre plante formant tapis, les saxi- fumure azotée du sol; elle prévient en outre la déperdition des principes
frages, par exemple. solubles non retenus par le ouvoir absorbant. Enfin, ces cultures, telle
Multiplication. — Elle se fait par celle de la luzerne, sont étou ffantes à l'égard des mauvaises herbes comme
séparation des caïeux, c'est-à-dire le chardon, qu'elles finissent par détruire ; de même une culture de vesces
des petits bulbes se développant bien réussie anémie et contribue à détruire le chiendent.
autour du bulbe principal. A tous ces titres, ces plantes sont en réalité améliorantes, c'est-a-dire
Fausses amaryllis. — Sous le favorables au système de culture qui les emploie d'une façon méthodique.
nom d'amaryllis, on cultive un cer- Un assolement faisant appel aux cultures fourragères est parfois dit
tain nombre de plantes apparte- améliorant, pour les mêmes raisons exposées ci-dessus. Il en est de mime
nant à des genres différents, mais du système de culture, fort en honneur depuis quelque temps, et connu
dont l'aspect général rappelle assez sous le nom de culture intensive : il consiste à faire une large place aux
celui des amaryllidées. Tels sont cultures fourragères, afin d'entretenir un nombreux bétail, produisant un
par exemple : Amaryllis à rubans fumier riche et abondant, destiné à accroître le rendement des terres labou-
ou A. vittata (Hippeastrum vitta- rables. Toutefois, il est une limite économique variable avec chaque sol, et
tum) ; A. de Joséphine ou A. Jose- qû il convient de ne pas dépasser. V. LÉGUMINEUSES, PRAIRIES, ASSOLE-
phinæ (Brunswigia Josephinæ) ; A. MENT.
pourpre (fig. 204) ou A. purpurea Améliorations agricoles. Opérations qui ont pour résultat de
(Vallota purpurea) ; A. Lis Saint- FIG. 204, — Amaryllis pourpre. —

changer les choses en mieux, - de les laisser en meilleur état. En agriculture,


Jacques ou A. formosissima (Spre- les améliorations concernent tout ce e1ui est fait pour mettre un domaine
kelia formosissima) ; A. à grandes feuilles ou A. longifolia (Crinum lon- dans un état plus prospère, lui faire acquérir une valeur plus élevée ou
gifolium) ; A. jaune ou A. lutea (Sternbergia lutea). accroître sa productivité.
Amaurose (méd. vêt.). — Maladie de l'ceil, atteignant particulièrement Certaines améliorations dites d'agrément ont en vue l'embellissement
le cheval, dénommée vulgairement goutte sereine et caractérisée par une d'une propriété : création des parcs, avenues, passerelles, terrasses, points
diminution ou la perte complète de la vue à la suite de la paralysie du de vue, pieces d'eau, maisons de maîtres, etc. Si elles procurent une joms-
nerf optique ou de la rétine. Elle n'entraîne pas une altération apparente sauce de luxe, elles élèvent rarement le revenu net.
des parties externes de l'ceil ; aussi est-elle difficile à apercevoir. Pour recon- Nombreuses sont les améliorations utiles, en agriculture. Elles peuvent
naître si un cheval est atteint d'amaurose, on agite la main ou un objet porter : 1° sur les semences ou les plantes cultivées ; 2° sur le cheptel vi-
quelconque devant l'ceil malade : les paupières restent immobiles si l'ceil vant (animaux domestiques entretenus à la ferme) ; 3° sur le cheptel mort
est atteint. Lorsqu'un seul œil est malade, on couvre l'oeil sain et on fait s
(outillage, machines, matériel et mobilier) ; 4 0 sur les propriétés foncières
marcher l'animal en le dirigeant contre des obstacles ; si le cheval marche
la tête élevée en dressant les oreilles, en relevant les pieds d'une façon par-
( ol et constructions).
Amélioration des semences et des plantes cultivées. Elle se fait

ticulière, s'il titube, on peut être certain que l'oeil est perdu. pratiquement au moyen des cribles, tarares, trieurs, décuscuteurs, etc., qui
Traitement. — Au début de la maladie, on peut insuffler dans l'oeil de la séparent du bon grain les semences des plantes adventices ; et, méthodi-
poudre d'alun calciné et faire des frictions irritantes sur les tempes. quement, par la sélection et l'hybridation.
L'amélioration des plantes cultivées vise à l'élévation des produits, soit
Amble. — Allure des quadrupèdes dans laquelle le poids du corps est par sélection des variétés connues, soit par l'obtention de varietés nouvelles
. alternativement porté par deux pieds du même côté. V. ALLURES. bien fixées et adaptées au milieu grâce au croisement et à l'hybridation.
Améliorantes (Plantes). — Dans le langage agricole, on désigne sous les Les horticulteurs ont réalisé de grands progrès en ce sens.
expressions de plantes ou de cultures améliorantes celles qui sont propres Elle joue un grand rôle dans la production et n'est pas encore assez géné-
a accroître la fécondité du sol ; tandis que l'on réserve le nom de plantes ralisée.
epuisantes à celles qui l'épuisent sans la moindre compensation. Amélioration du bétail. Elle a précédé l'amélioration des plantes.

Les plantes améliorantes sont surtout les plantes fourragères, qui laissent Les races anglaises : chevaline de pur sang, bovine de Durham et ovine de
dans le sol de nombreux résidus dont profitent les cult ures suivantes ; Dishley sont des exemples qui montrent ce 9ue peut donner l'application
par contre, les céréales et les plantes industrielles sont considérées, au des principes du croisement, de la consangmnite, de la sélection, etc. En
AMÉNAGEMENT 58
France, l'amélioration des espèces animales préoccupe tous les éleveurs;
ils ont porté leurs efforts sur différentes races, notamment les bovidés
limousins (fig. 207), les ports craonnais (fig. 208), etc. Cette amélioration
doit étre durable et se transmettre par hérédité, donnant ainsi à la des-
cendance une valeur économique plus grande.
Amélioration des machines et du matériel agricoles. Elle est —

en progrès très rapide. Elle a pour but de suppléer la main-d'oeuvre ou de

FIG. 209. — Plan du desséchement du marais de l'Anguillon et de la vallée des Baux.


• Pitot. Bodmer
FIG. 207. — Taureau limousin. (Race améliorée.) Les principales entreprises dont s'occupe ce service sont les sui-
vantes :
la rendre plus facile, de diminuer son prix de revient ou de permettre une Irrigation, drainage et assainissement des terres; — Mise en valeur des
exécution plus parfaite du travail. Elle a largement contribue à conjurer la terres pauvres et incultes ; — Amenée d'eau pour usages agricoles ; —
crise agricole déterminée par la raréfaction de la main-d'oeuvre. Remembrement parcellaire ; — Chemins d'exploitation, chemins ruraux et
Améliorations foncières. Les améliorations foncières sont plus nom- ouvrages d'art qui s'y rapportent ; — Câble porteur agricole ; — Construc-
tion rurale ; — Industrie agricole ; — Coopératives ; — Secteur agricole de

breuses et plus importantes à étudier. Elles sont dites permanentes ou tem-


poraires, en raison de la plus ou moins longue durée de leurs effets. Les distribution d'énergie électrique.
améliorations portant sur le sol sont : les labours profonds, les transports Le concours du service n'est accordé, en principe, qu'à des collectivités agri-
de terre, les nivellements, les défrichements, le colmatage, destinés à aug- coles, telles que : associations syndicales, sociétés coopératives ou communes.
menter ou à régulariser la couche arable ; les apports d'amendements :
chaux, marne, etc., ou d'engrais : fumiers, engrais organiques divers,
engrais minéraux du commerce. Toutes ces opérations ont pour but d'aug-
menter la puissance de production et, par suite, les rendements.
La productivité et la valeur foncière du sol peuvent encore être accrues
par des travaux spéciaux, comme le drainage, l'assainissement des marais
(fig. 209), étangs et tourbières, l'irrigation, qui régularisent le régime des
eaux dans le sol arable ; le remembrement des parcelles ou les echanges,
la régénération des forêts (fig. 210), la création de chemins d'accès ou
d'exploitation qui donnent une plus-value aux domaines.
Enfin, les améliorations agricoles sur les constructions rurales visent les
installations pratiques, commodes, hygiéniques pour le personnel et le bé-
tail, les industries annexes de la ferme (laiteries, beurreries, etc.), les adduc-
tions d'eau potable, l'éclairage électrique, la production de force motrice
par l'eau, le vent, la vapeur, l'électricité, et sa distribution dans l'exploi-
tation.
Toutes ces améliorations exigent des capitaux et des connaissances com-
plexes et variées. Les progrès accomplis, les plus-values réalisées sont dus
surtout aux qualités morales de leur auteur ; aussi, la question se pose bien
souvent, en économie rurale, de savoir dans quelle mesure il convient de
faire bénéficier l'auteur de ces améliorations, lorsqu'il n'est pas en même
temps propriétaire du fonds amélioré.
En Angleterre, où le fermage est très répandu, la loi prévoit les indem-
nités dues au fermier sortant, pour les améliorations qu'il a réalisées. En
France, où les modes de faire-valoir sont plus variés, on procède par ex-
pertise à l'entrée en ferme et à la sortie. Il est à conseiller de fixer le prin-
cipe de l'indemnité dans le bail, au moyen de clauses spéciales, dites
d'améliorations (clauses de Gasparin, de Kames, de Coke, d Holkam, etc.).
Ces améliorations sont la source d'une plus-value foncière et d'un revenu
plus élevé profitables à la société tout entière ; elles doivent donc être faci-
litées et encouragées. L'Etat contribue à certaines d'entre elles en faisant
établir gratuitement les plans, devis ou projets par un service spécial, et il
accorde, en outre, des subventions aux associations syndicales pour aider
la mise en exécution des entreprises collectives ( desséchement, drainage,
irrigations, etc.).
Service des améliorations agricoles. Service d'État institué, par

Cl. A. Fron.
décret du 5 avril 1903, dans le but d'aider les agriculteurs qui désirent
exécuter des travaux d'améliorations foncières. FIG. 210. — Futaie de chênes en coupe de régénération.

Les demandes d'intervention des agents du service sont adressées au


ministre de l'Agriculture par l'intermédiaire du préfet.
Les études sont effectuées gratuitement lorsqu'il s'agit de collectivités, et
des subventions peuvent également être allouées, en vue de faciliter l'exé-
cution des projets. Le personnel du service comprend 10 des inspecteurs
généraux, chargés du contrôle et de l'examen du projet soumis à l'admi-
nistration ; — 20 des ingénieurs en chef, placés à la tete des circonscriptions
territoriales ; —. 30 des ingénieurs et des ingénieurs-adjoints, chargés
d'effectuer les études.
Le décret du 26 décembre 1919 a donné au Service d'améliorations agri-
coles le nom de : « Service du Génie rural » et a institué un cadre d'agents
secondaires qui comprend des conducteurs et des commis.
Aménagement. — Aménagement d'un bois, d'une forêt. C'est
l'art de régler l'exploitation d'une forêt, de façon à en obtenir un rende-
ment annuel (ou bisannuel, trisannuel, etc.) aussi soutenu et avantageux
que possible. Ce règlement préalable s'impose par le fait que nos besoins
en bois sont incessants, alors que le bois, pour être récoltable, exige la pro-
duction accumulée d'une longue suite d'années.
Tout aménagement comprend les opérations successives suivantes :
Î. Le choix du régime et du mode de traitement (V. les mots TAILLIS et
FIG . 208. - - Verrat de race craonnaise . ( Race améliorée.) FUTAIE) auxquels la forêt doit être soumise.
AMÉNAGEMENT
IL Le parcellaire ou division de la forêt en parcelles délimitées par des 1) Les coupes doivent être assises de proche en proche et avoir une forme
lignes naturelles (crêtes, thalwegs, lignes de niveau), corn s'il y a aussi simple que possible (rectangulaire);
lieu, par les lignes artificielles (chemins existants ou à créer, simples lignes 2) de façon qu'on n'ait jamais à traverser, pour la vidange de leurs pro-
fixées ou non par des bornes) ; ces parcelles doivent être aussi homogenes duits, des coupes récemment exploitées ;
que possible, eu égard aux conditions de la production lige 1, climat, 3) de manière à marcher à l'encontre des vents dominants dans la région.
âge et état de - Le règlement d'exploitation est résumé en un tableau annexé au plan
végétation des bois) ; de division de la forêt en coupes (plan d'aménagement) et faisant connaitre
elles sont igurées sur l'ordre de succession et la quotité des coupes, année par année, soit pour
le plan de la forêt, et toute la durée de la révolution, quand celle-ci est courte (taillis), soit pour
leur description (avec une fraction de cette durée, appelée période, quand la révolution est longue
inventaire du maté- (futaie). Dans ce dernier cas, on est conduit à dresser un règlement général
riel qui s'y trouve, d'exploitation, applicable à toute la durée de la révolution, et un règlement
pour les laies ) est ré- spécial d'exploitation relatif à la période en cours, période pendant laquelle
un tableau. doit être exploitée et régénérée une portion correspondante de la surface de
J
^III . v La détermina- la forêt nommée affectation. V. FUTAIE et TAILLIS.
tionduterme d'exploi- VI. L'étude des travaux et améliorations à faire dans la forêt (création de
tabil ité , c'est-à-dire de chemins de vidange, ouverture et abornement de lignes d'aménagement,
l'äge auquel il con- ouverture de fossés de limites ou d'assainissement, repeuplement, etc.). Le
vient d'exploiter le programme de ces travaux et leur évaluation au moins sommaire doivent
bois pour en obtenir être établis de façon à répartir au mieux les charges qui doivent en résulter
les produits les plus sur les différentes années de révolution.
avantageux pour le Voici ( fig. 212) à titre d'exemple le parcellaire, le plan d'aménagement (cro-
propriétaire ; il varie quis) et le règlement d'exploitation d'une forêt en climat tempéré, en sol
dans des limites éten- argilo-sableux peu accidenté, traitée en taillis simple à la révolution de 25 ans.
dues suivant que l'on
recherche le plus
grand rendement en
RÈGLEMENT D'EXPLOITATION DE LA FORET DE X...
matière, le plus grand Révolution : 25 ans - Taillis simple.
revenu en argent, le
taux de placement le
plus élevé. DÉSIGNATION CONTENANCE 1r. RÉVOLUTION 1• RÉVOLUTION
IV. On en déduit des
la révolution, c'est-à- des des Agen Ages a Ages
Années Années
dire le nombre d'an- Parcelles Coupes Coupes en 1912 l'expl^^ l'explon
nées qui séparent le
passage de deux ex- ha a ans ans ans
ploitations successi -
10,60 1913 20-23 21-24 1938 25
ves sur une même II 2 10,60 1914 20 22 1939 25
parcelle ; ou encore, et 3 10,60 • 1915 20 23 1940 25
puisque la régénéra- III 4 10,60 1916 20 24 1941 25
tion des bois (par re- partie 5 10,70 1917 17-20 22-25 1942 25
jets ou semences) doit IV I 6 8,00 1918 12 18 1943 25
être la conséquence III j 7 10,70 1919 17 24 1944 25
naturelle de leur ex- partie t 8 10,70 1920 17 25 1945 25
FIG. 211. - Forêt en régénération (perchis d'épicéas), 9 10,00 1921 25 34 1946 25
ploitation, le laps de VI j
1
10 10,00 1922 25 35 1947 25
temps nécessaire à la
régénération de toute la forêt ( fig. 211). V. les mots FUTAIE et TAILLIS. V 4) 11
12
9,00
9,00
1923
1924
15
15
26
27
1948
1949
25
25
V. La formation du plan ou règlement d'exploitation, qui comporte : 13 9,00 1925 15 28 1950 25
a) La détermination de la possibilité ou quotité des coupes, c'est-à-dire 14 9,30 1926 10 24 1951 25
VII 15 9,30 1927 10 25 1952 25
la quantité de produits qui peut être exploitée annuellement. Elle doit être 16 9,40 1928 10 26 1953 25
calculée en tenant compte des renseignements réunis au parcellaire et eu 17 9,90 1929 2-8 19-25 1954 25
égard à la durée de la révolution, de manière que la production de la forêt IX 18 9,90 1930 2-8 20-26 1955 25
soit maintenue constante. On peut la réaliser en coupant chacjue année soit et 19 9,90 1931 2-8 21-27 1956 25
des surfaces égales ou équivalentes en production (possibilité par conte- X 20 9,90 1932 2-8 22-28 1957 25
21 9.90 1933 8 29 1958 25
nance), soit un même nombre de mètres cubes de bois (possibilité par 22 1070 1934 2 24 1959 25
volume), soit un même nombre de pieds d'arbres ( possibilité par pieds 23 10.80 1935 2 25 1960 25
d'arbres), soit enfin en combinant la possibilité par contenance avec ('une VIII 2
24 10,70 1936 26 1961 25
des deux autres ; 25 10,80 1937 2 27 1962 25
b) l'assiette des coupes, ordre suivant lequel les différentes parcelles
devront être parcourues par les exploitations. Cet ordre doit être établi en TOTAL. •.. 250,00
se conformant aux règles d'assiette, qui peuvent se réduire à trois, savoir :

TABLEAU RÉSUMÉ DU PARCELLAIRE

CONTENANCE SITUATION SOL . ESSENCES AGES


en 191.2

ha a

^+
C C^^ .

8,00 Profond Chêne 7/10

N OC NON tn N ^I O W
^+ N •+`+^+ N N
41,00 Versant Bon Charme 2/10
25,50 (Argile à silex Hêtre 1/10
8,00 pente sur calcaires id.
27,00 jurassiques)
20,00 douce
kCÇ

2 8, 00 inclinée Argile
43,00 sableuse: sol
-

47,00 Sud-Ouest
assez profond,
2,50 assez bon
250,00
âc^

Aménagement des cours d'eau, des étangs. - Nous n'envisageons


pas ici la création d'un étang (V. ÉTANG) ou la dérivation d'un cours d'eau,
opérations toujours conteuses, mais seulement la possibilité de modifier
utilement et profitablement l'état d'une pièce d'eau existante.
Lorsque le propriétaire d'un cours d'eau ou d'un étang veut y multiplier
le poisson et lui assurer les meilleures conditions de développement, il doit
veiller non seulement à la qualité des eaux, mais encore au développement
des plantes et animaux aquatiques. Il lui faut, peut-on dire, cultiver la
rivière, c'est-à-dire y propager les espèces végétales et animales utiles à la
vie des poissons ; et, d'autre part, s'opposer à la multiplication de celles qui
deviennent vite envahissantes ou qui ne sont d'aucune utilité pratique.
Les végétaux qui peuplent les eaux sont indispensables, non seulement
parce que certains servent directement à la nourriture des poissons, mais
encore parce que la plupart constituent des abris pour la faune aquatique
(petits poissons, animalcules de toutes sortes qui servent de nourriture à
ceux-ci), enfin qû ils servent de frayères aux femélles des poissons et s'op-
posent dans une large mesure à l'élévation de la température des eaux.
Il est indispensable de procéder périodiquement (quatre ou cinq ans) au
curage des pièces d'eau closes qui s'envasent. On procède à cette opération
rhut . A. Fron. aussitôt la pêche terminée, et l'on profite de la circonstance pour modifier
Fig. 212. - Parcellaire et plan d'aménagement d'une forêt: ou régénérer la flore et la faune. V. AQUATIQUE (flore et faune).
A MENDEMENT 60
Amendement. — L'amendement est une opération qui a pour but de marée basse sur les côtes septentrionales de la Bretagne et on l'emploie à
corriger les défauts des terres arables et de les rendre ainsi plus propres la dose de 5 à 10 mètres cubes à l'hectare. C'est encore la tangue ou sable
à la culture. gris jaunâtre, renfermant de 25 à 46 pour 100 de carbonate de chaux et 45 à
Les amendements peuvent se diviser en trois groupes : 72 pour 100 de sable et d'argile (Isidore Pierre). Elle se dépose dans les
1° les amendements mécaniques, qui consistent dans l'emploi de moyens anses ou baies de la Manche, d'où les tanguiers l'extraient pendant la belle
purement mécaniques : irrigation, drainage, façons culturales telles que saison. Moins riche que le maërl, elle s'emploie à plus haute dose, 15 à
nivellements, labours profonds, etc. ; 20 mètres cubes, selon qualité.
2° les amendements physiques, qui apportent au sol, en quantité suffisante A côté des sables marins se rangent les faluns ou sables coquilliers
pour en modifier les propriétés physiques, un ou plusieurs des quatre élé- terrestres, renfermant le plus souvent de 50 à 70 pour 100 de calcaire pur.
ment constitutifs des terres arables (silice, argile, calcaire et humus sous
forme de terreau). En réalité, certains de ces amendements (amendements
calcaires et humifères) modifient aussi, mais légèrement, la nature chi-
mique des sols. On range également dans les amendements physiques :
l'écobuage;
3° les amendements chimiques ou engrais. V. ENGRAIS.
Dans la pratique, sous le nom d'amendements, on comprend plus parti-
culièrement les amendements physiques; ce sont ceux que nous exami-
nerons.
L'écobuage, qui est une sorte d'amendement, est une opération qui con-
siste à calciner la couche superficielle d'un sol engazonné.
Amendements siliceux et argileux. — Ils sont rarement pratiqués : le
déplacement de masses énormes de sable ou d'argile n'est pas économique;
de plus, l'adhérence et la compacité de l'argile ne permet que très diffici-
lement son incorporation au sol.
Le seul cas où ces amendements puissent être avantageux est celui où le
sol sableux repose. sur un sous-sol argileux d'une faible épaisseur : on pro-

FIG. 215. — Falunière de Touraine.

Ils se rencontrent surtout dans le Maine et l'Anjou. Les falunières ( fig. 215)
s'exploitent, comme les marnières, à ciel ouvert. Comme dans ces dernières,
il faut laisser les faluns se déliter à l'air.
Les maërls, tangues, faluns agissent à la façon des marnes et leur action
est moins épuisante, car souvent ils renferment des doses appréciables
d'azote, d'acide phosphorique et de potasse.
Ecumes de défécation. — Les écumes de défécation ou écumes de sucre-
rie sont des boues calcaires provenant de la carbonatation des jus sucrés.
Pour épurer les jus sucrés, on les additionne, en effet, d'un lait de chaux
qui précipite les matières albumineuses et autres (défécation). On recueille
d'une part un sirop clair, et, d'autre part, le précipité calcique. C'est ce
produit que le cultivateur trouve en abondance dans les centres sucriers.
Les résidus de défécation renferment de 40 à 45 pour 100 de carbonate de
chaux, un peu d'acide phosphorique, 10 à 15 pour 100 de matières orga-
FIG. 213. Exploitation d'une carrière de marne.
niques et de l'eau. Ils sont aussi riches en azote que le fumier de ferme,
mais perdent vite une grande partie de cet azote par fermentation.
Les écumes de défécation constituent un amendement économique lors-
cède alors à des labours profonds pour mélanger le sous-sol au sol. En Solo- qu'elles n'ont pas à subir de gros frais de transport. On doit les laisser
gne, cette manière d'opérer a toujours donné de bons résultats. sécher avant de les employer.
Amendements calcaires. — Ce sont de beaucoup les plus importants et Amendements humifères. — On classe généralement dans cette catégo-
les plus employés ; cela tient à l'action considérable qu'ils exercent sur la rie les terreautages : transport, sur un sol à améliorer, des terres plus
végétation dans les nombreux sols où le calcaire fait défaut. Leur efficacité riches en humas; l'apport de tourbe dans les terrains maraîchers et même
dans les sols siliceux, argileux, silico-argileux, granitiques, schisteux est net- l'enfouissement de certains végétaux, notamment des plantes appartenant
tement démontrée. Les principaux effets qu'ils produisent sont les suivants : à la famille des légumineuses. V. ENGRAIS VERTS.
Effets physiques : les amendements calcaires coagulent l'argile, dimi- Amendements divers. — Signalons encore quelques amendements
nuant ainsi sa plasticité et augmentant sa perméabilité ; ils permettent la secondaires : le phi tre (V. PLATRAGE ) qui, pur et cuit, renferme 92 pour 100
concentration de la chaleur solaire dans les terres fortes ; ils donnent au de sulfate de chaux ; pur et cru, 79 pour 100 seulement ( fig. 216) ; les char-
sable plus de consistance et de ténacité. rées ou cendres lessivées, qui dosent généralement de 35 à 45 pour 100 de
Effets chimiques : les amendements calcaires facilitent la décomposi- carbonate de chaux avec une dose appréciable d'acide phosphorique (2 à 8
tion des matières organiques, favorisent la formation de l'humus, la nitrifi- pour 100) ; les cendres de houille, qui renferment 8 à 9 pour 100 de chaux, et
cation, augmentent le pouvoir près de 2 pour 100 de magnésie ; les cendres de tourbe, qui sont générale-
absorbant des sols, fixent les ment riches en chaux et dosent le plus souvent de 15 à 40 pour 100 de sulfate
principes solubles du fumier. de chaux et 40 à 60 pour 100 de carbonate de chaux. Selon les lieux et l'op-
Effets physiologiques : les portunité, on pourra avoir recours à ces amendements particuliers : les
amendements calcaires contri- sables calcaires maritimes, écumes de défécation, terreau, tourbe, cendres, etc.
buent à la destruction des
plantes adventices, dont la
plupart sont calcifuges.
Un assez grand nombre de
matières peuvent servir d'a-
mendements calcaires. C e
sont : la marne (fig. 213), la
chaux, les dépôts marins
(maërls et tangues), les fa-
luns, les écumes de sucrerie.
Marne et marnage. —L'opé-
ration qui consiste à incor-
porer aux terres une certaine
quantité de marne contenant
le calcaire qui leur est néces-
saire s'appelle marnage. V.
MARNAGE.
Chaux et chaulage. —L'opé- FIG. 214. — Concrétions de maërl.
ration qui consiste à incor-
porer aux terres une certaine
quantité de chaux s'appelle chaulage (V. CHAULAGE). En réalité, la chaux
mise dans le sol ne reste pas longtemps à l'état libre ; elle se combine peu
à peu à l'acide carbonique qui circule dans la terre pour former surtout
du carbonate de calcium ou calcaire (et aussi à l'acide humique pour for-
mer de l'humate de chaux).
Dépôts marins, faluns. — Au bord de la mer on trouve certains sables
et des agglomérats calcaires qui renferment de 25 à 75 pour 100 de calcaire.
C'est d'abord le maërl ou merl (fig. 214), véritable concrétion calcaire pro-
duite par des algues qui s'entourent de carapaces calcaires. On le drague à FIG. 216. — Carrière de sable,
bl AMENTACÉES - AMERTUME

. Aune. Bouleau. Charme. Châtaignier.


Branche avec chatons miles et cônes. a. Branche avec chatons fo a. Fleur mâle; b. Fleur femelle; a. Fleur male; b. Fleur femelle; e. Fruit;
a. Fleur femelle; b. Fleur male. . malles; b. Fleur mâle; c. Fruit. d. Akène.
c. Fleur femelle; d. Fruit.

Noisetier. Chine pédonculé. Hêtre. Noyer. Rameau avec fleurs


[Link] de fleurs mâles ; b. Fleur femelle; a. Chaton de lieurs miles; G. Chaton de mâle et femelle.
u. Fleur mâle; b. Fleur femelle;
c . Fruit sans le cupule. c. Chatons de fleurs mâles. fleurs femelles; c. Akène. a. Chaton male.

cf
Peuplier noir. Peuplier tremble. Saules.
A. Rameau à lieurs mâles; B.. Rameau â fleurs a. Chaton mâle; b. Fleur mâle; A. Saule Marsault ; B. Saule des vanniers; C. Saule pourpre : u. Cha-
femelles : e . Fleur mile ; b. Fleur femelle : . c. Chaton femelle; d. Fleur fe- ton; b. Chaton mâle; c. Chaton femelle; d. Fleur femelle; e. Fruit,
c. Graine; d. Fruit. melle. /. Graine.

FIG. 217. — Quelques types d'amentacées .

Amentacées (bot.). — Famille de plantes qui tire son nom des fleurs Amertume. —Maladie microbienne des vins. L'amertume apparaît à
en chaton (en lat. amentum ) de la plupart des genres qui la composent. la dégustation ; les vins qui en sont atteints ont un goût amer; 1 examen
Elle comprend beaucoup d'arbres de nos forêts ( fig. 217). Comme type microscopique y décèle la présence de filaments enchevêtrés constituant le
de cette famille, nous pouvons citer le chêne. Les fleurs du chêne, qui ap- mycélium d'un champignon.
paraissent au printemps, sont de deux sortes : les unes, fleurs mâles (ou Elle atteint surtout les vins plats, faibles en alcool, en acide et en tanin.
fleurs à étamines), sont portées par des longs filaments appelés chatons ; La pasteurisation faite préventivement empêche l'amertume, dont elle
les autres, fleurs femelles (ou fleurs à pistil), apparaissent un peu plus tard, détruit le mycoderme.
au sommet des jeunes rameaux et à l'aisselle des feuilles. Chacune de ces Lorsqu'un vin est atteint d'amertume, on peut, s'il est jeune, le traiter de
fleurs femelles est entourée d'écailles formant la cupule ; elle est formée la façon suivante : Se procurer de bonnes lies fraîches n'ayant pas été col-
d'un pistil dont l'ovaire à trois loges est surmonté de trois stigmates. Un lées si possible ; mettre 2 litres de ces lies dans un vase en grès ou en bois,
seul ovule se développe et le fruit prend le nom de gland. y ajouter 1 kilo de sucre et un peu de levures sélectionnées, mélanger le
On divise la famille des amentacées en quatre groupes : tout avec 2 litres de vin chaud, de façon que le mélange ait une température
1° les cupulifères , dont la cupule persiste autour et à la base du fruit ; de 20 à 25 degrés ; couvrir le vase, afin d'éviter son refroidissement. Au bout
elles comprennent le chéne , le hêtre, le châtaignier, le noisetier, le charme; d'une heure environ, le mélange est en fermentation alcoolique.
2° les bétulinées , dont les fleurs à étamines et à pistil sont séparées et Soutirer le vin malade dans une barrique très propre, non méchée ; verser
portées par un même pied comme les cupuliferes, mais qui n'ont pas de le mélange ci-dessus, bonder, puis remuer cette barrique ; laisser un trou
cupule ; elles comprennent le bouleau et 1 aune;. de fausset pour permettre le dégagement des gaz produits par la fermen-
30 les salicinées, dont les fleurs mâles et les fleurs femelles, au lieu d'être tation particulière qui détruira le mycoderme de 1 amertume. La maladie
disposées sur un même pied, sont disposées sur des pieds différents. Elles aura disparu au bout de 15 à 20 jours.
comprennent le saule et le peuplier; Ce traitement ne réussit qu'autant que le mal est peu développé, et ses
4° les juglandées, dont le fruit est un drupe s'ouvrant comme une cap- effets ne sont que temporaires.
sule et dont le noyer est le type. Chez les vins vieux, l'amertume est généralement sans remède.
AMEUBLISSEMENT — AMIDON 62

FIG. 218. — Ameublissement du sol : labour, hersage.

Ameublissement. — L'ameublissement est l'action mécanique par L'amidon convenablement desséché est inaltérable à l'air ; il est complè-
laquelle le sol est divisé et rendu moins compact. Il a pour effet de détruire tement insoluble dans l'eau froide. Chauffés, en présence de l'eau, les grains
les mauvaises herbes, de faciliter la germination des semences et le déve- d'amidon se gonflent et se transforment en une masse gélatineuse, à laquelle
loppement des jeunes plantes. De plus, en rendant la terre plus perméable
à l'air et à l'eau, il assure la production des fermentations et des réactions
chimiques dont elle est le siège. L'ameublissement du sol s'obtient par les
labours, hersages ( fig. 218), binages, sarclages, etc.
Amides. — Matières azotées organiques intermédiaires entre les sels
ammoniacaux et les matières albuminoïdes ; elles ont une valeur alimen-
taire qui les rapproche des hydrates de carbone. V. ALIMENTATION.
Amidon. — Poudre blanche, craquante sous les doigts, sans odeur et sans
goüt . On rencontre l'amidon dans toutes les plantes vertes, dans les feuilles
desquelles il se forme sous l'influence des rayons solaires. Cet amidon est
parfois utilisé, aussitôt qu'il a pris naissance, pour le développement de la
plante ; parfois au contraire l'amidon s'accumule dans certaines parties des
végétaux, constituant alors un aliment de réserve. C'est aux plantes de
cette dernière catégorie que s'adresse l'industrie ; elle extrait l'amidon con-
tenu dans les grains de céréales diverses (blé, riz, maïs), dans les tuber-
cules de pomme de terre, dans les racines de l'igname, dans les rhizomes
du manioc, dans la moelle de certains palmiers, etc. Suivant son origine,
2

1 2 3 4
FIG. 219. —Grains d'amidon (très grossis).
1. Tapioca et Sagou (Amidon du manioc); 2. Arow-roof (Amidon du maranta).

l'amidon porte différents noms : amidon, quand il provient principale-


ment des céréales ; fécule, quand il est tiré de la pomme de terre ;
tapioca, quand il provient du manioc ; sagou, du sagoutier ; arow-root,
du maranta (fig. 219), etc.
Au point de vue de la composition chimique, l'amidon est un hydrate de
carbone, c'est-à-dire qu'il est formé exclusivement de carbone, d'hydrogène
et d'oxygène; dans 1 hydrate de carbone, l'hydrogène et l'oxygène se ren-
contrent dans la proportion où ils donnent de l'eau : d'où leur nom. L'ami-
don est sans doute formé de deux parties : l'amylose et l'amylopectine .
Si les amidons provenant des différentes sources constituent bien toujours
une seule substance au point de vue chimique, s'ils présentent toujours les
mêmes propriétés, ils se distinguent pourtant les uns des autres par la forme
et par les dimensions de leurs grains (fig. 220). Les grains de fécule de 5 6
pomme de terre sont relativement gros ; ils mesurent de 1 à 2/10 de milli-
mètre et présentent une forme à peu près triangulaire, avec angles arron- FIG. 220. — Matière amylacée (très grossie) de différents féculents.
dis ; l'amidon de blé est formé de grains elliptiques ou arrondis, de taille I. Pomme de terre; 2. Froment; 3. Seigle ; t. Mais ; I. Riz; 6. Sarrasin.
variant de 1/40 à 1/100 de millimètre ; l'amidon de maïs est polygonal,
mesurant de 1/60 à 1/100 de millimètre ; l'amidon de riz enfin est de très on donne le nom d'empois. Cette transformation en empois se produit éga-
petite taille ; ses grains, ayant 1/200 de millimètre de diamètre, sont polyé- lement, même à froid, sous l'influence de lessives alcalines. Une ébullition
driques et souvent formés par la réunion de plusieurs granules élémentaires. prolongée, au contact de l'eau, modifie l'amidon, qui se transforme en ami-
Les grains d'amidon sont formés de couches concentriques, particulière- don soluble. Les acides minéraux dilués, à la température de 100 degrés,
ment visibles dans la fécule de pomme de terre, et portent souvent un point transforment l'amidon, en dextrine d'abord, puis en un sucre : le glucose
noir, appelé le hile, dans leur centre ( fig. 221). (V. SACCHARIFICATION). L'action de la diastase contenue dans l'orge germé
63 AMIDONNIERS — AMORCE

donne, aux dépens de l'amidon, de la dextrine; et un sucre, le maltose. munément aussi, alcali volatil ou esprit de sel ammoniac. I1 se comporte
L'iode agit l'amidon en lui donnant une coloration bleue intense. comme une base, ramenant au bleu la teinture de tournesol rougie par les
Fécule omme de terre. V. FÉCULE, FÉCULERIE.
— acides ; il se combine directement avec les acides en donnant des sels.
Amidon de blé, de maïs, de riz. —Ces amidons se trouvent dans les Le gaz ammoniac agit très vivement sur les muqueuses et produit le lar-
grains de blé, de maïs et de riz, associés à des matières azotées et à des moiement. On attribue à son action les inflammations des yeux dont sont
matières grasses. Aussi faut-il employer des procédés différents suivant le affectés les ouvriers qui vident les fosses d'aisances.
cas, pour faire la séparation de l'amidon et des substances étrangères. Etat naturel. — On trouve de l'ammoniac en petites quantités dans l'air ;
La farine de froment renferme de l'amidon, du gluten et un peu de non pas à l'état libre, mais sous forme de carbonate d'ammoniac gazeux
matière grasse : pour obtenir cet amidon, on élimine le gluten, soit par et de nitrate d'ammoniac solide, en parti-
fermentation, soit par dissolution, soit par un procédé mécanique. La farine cules très fines. Ces deux sels étant très solu-
de maïs contient peu de gluten et rela- bles dans l'eau, on les retrouve dans les
tivement beaucoup de matière grasse, eaux de pluie.
laquelle rancit assez vite, donnant une L'ammoniac est produit naturellement
odeur ainsi qu'un goût désagréables; dans la putréfaction des matières organiques,
cette matière grasse est contenue dans dans le fumier, dans les urines ; on perçoit
les germes des grains : on élimine les parfaitement l'odeur piquante de ce gaz dans
germes et, par suite, la matière grasse, les étables et dans les lieux d'aisances mal
par un trempage dans une solution construits.
d'anhydride sulfureux. La farine de Il s'en forme également dans le sol, grâce
riz a peu de gluten et peu de matière à l'action de certains ferments (ferments am-
grasse, mais le grain de riz est très moniacaux) sur les matières organiques azo-
résistant ; on le ramollit, pour faciliter tées. V. AZOTE, FUMIER.
le broyage, par trempage dans une solu- Usages. — On emploie l'ammoniaque pour
tion alcaline qui dissout en même cautériser les piqûres d'abeilles, de mousti-
temps le gluten. FIG. 221. — Grain d'amidon dont les ques et les morsures des vipères. Il entre
Extraction de l'amidon du froment. couches concentriques sont séparées dans la composition de l'eau sédative. Etendu
0 (très grossi). d'eau, il calme les douleurs causées par les
— 1 Par fermentation. — Les grains
de blé sont broyés entre des meules et brûlures.
la mouture obtenue est délayée dans un mélange, à parties égales, d'eau La médecine vétérinaire utilise l'ammo-
ordinaire et d'eau Mire (provenant d'une opération précédente ou obtenue niaque pour guérir les bestiaux météorisés :
en chauffant de l'eau potable à laquelle on ajoute, après refroidissement, l'ammoniac se combine avec les gaz pro-
du levain de boulanger ou de la levure) à la température de 20 degrés duits par la fermentation d'une trop grande
environ ; sous l'influence de la fermentation qui s'établit, le gluten se putré- quantité de fourrage vert accumulé dans
fie et, au bout d'une quinzaine de jours, quand la fermentation est terminée, 1 estomac des ruminants. V. MÉTÉORISATION.
on passe le liquide à travers un tamis de crin, pour en séparer le son. L'eau L'ammoniac joue un rôle important dans
blanche, c'est-à-dire contenant l'amidon en suspension, est envoyée dans l'alimentation des plantes. L'ammoniac de
des bassins de dépôt : l'amidon se dépose dans les parties inférieures et l'air, sous forme de carbonate et de nitrate
un liquide opalescent surnage (ce dernier pourra servir pour de nou- d'ammoniac, concourt directement, pour
veaux délayages ou nouvelles trempes). Ce liquide opalescent est enlevé, une petite part, à l'alimentation des plantes. FIG. 223. — Amidonnier.
on le remplace par de l'eau fraîche, on agite le tout pour remettre l'amidon Une partie de l'ammoniac de l'air est en- A. Amidonnier blanc; B. Sa racine;
C. Sa fleur; D. Amidonnier noir.
en suspension et on laisse au repos. Après avoir enlevé l'amidon le plus traînée dans le sol par les eaux de pluie et
grossier à la partie supérieure, l'amidon restant est ressuyé dans des pa- vient s'ajouter à l'ammoniac produit par
niers, puis séché dans un séchoir ou à l'étuve. Ce procédé par fermentation • la transformation de l'azote organique du sol sous l'influence des micro-orga-
est applicable surtout aux farines avariées dont le gluten ne peut être nismes (fig . 224). L'ammoniac issu de ces deux origines se combine en grande
employé ; les odeurs infectes qui se dégagent pendant la fermentation se partie à l'acide carbonique que l'on
répandent aux environs et rendent le voisinage des amidonneries inhabi- trouve dans le sol, pour former du car-
table ; aussi ce procédé est-il beaucoup moins employé que le suivant. bonate d'ammonium.
2° Par extraction mécanique. — Ce procédé permet d'obtenir non seule- Une partie de l'azote ammoniacal formé
ment l'amidon, mais aussi le gluten employé pour différents usages, notam- peut être utilisée directement par les plan-
ment pour la fabrication du pain des diabétiques. En principe on fait sim- tes ; la plus grande partie, si les condi-
plement un malaxage de la farine de blé sous un filet d'eau qui entraîne tions sont favorables, se transforme sous
les grains d'amidon et laisse le gluten. L'appareil le plus généralement l'action de certains ferments nitriques
employé, l'amidonnière Martin (fig . 222), consiste en une auge demi- en azote nitrique, qui est la forme la
cylindrique à claire-voie A, garnie d'une toile métallique ; au-dessus se plus parfaite de cet élément pour l'ali-
trouve un cylindre cannelé C animé d'un mouvement oscillatoire de va-et- mentation azotée des plantes.
vient qui malaxe la farine arrosée d'un filet d'eau. L'eau et l'amidon passent
an travers de la toile ; on les re- Ammonlaque. Dissolution plus ou

cueille dans une auge B placée au- moins étendue de gaz ammoniac.
dessous, où s'effectue le dépôt, et Ammophile . — Qui aime le sable,
le gluten reste sur la toile. L'eau qui vit dans le sable. C'est le nom d'une
amidonnée obtenue est traitée par graminée à rhizomes rampants et dont
les opérations ordinaires que nous les espèces abondent sur les dunes et
avons indiquées dans le procédé les plages sablonneuses, qu'elles con- FIG. 224. — Un des ferments ammonia-
d'extraction par fermentation. tribuent d'ailleurs à fixer. On donne taux vu au microscope (bacittus mi-
D'après Payen, ce procédé, qui ne aussi le nom d'ammophile à un insecte cades).
s'applique qu'aux bonnes farines, hyménoptère qui vit dans le sable et i . Jeune; 2. Agi (sporulé).
fournit, en moyenne, pour 100 kilo- fait la chasse aux chenilles des noctuelles.
grammes de farine, 40 à 42 kilo- FIG. 222. — Amidonnière Martin.
grammes d'amidon de première Le rouleau cannelé C malaxe la pâte de farine de Amnios (anal.). La plus interne des membranes qui entourent le
qualité, 18 à 20 kilogrammes de blé sous un filet d'eau, dans l'auge perforée A. foetus. 11 est constitué par le replis du feuillet externe et renferme le liquide
Les grains d'amidon, de petite taille, sont entrai- amniotique (eaux) dans lequel baigne le foetus.
deuxième qualité et 30 à 32 kilo- nés dans le double fond B, tandis que le gluten
grammes de gluten égoutté. s'agglomère à lui-méme et forme une masse élas-
Amodiation.
Extraction de l'amidon du maïs. — tique qui reste dans l'angle A. — Tout mode d'exploitation agricole dans lequel l'entre-
Les grains de mais sont mis à trem- prise est conduite par un autre que par le propriétaire lui-même. Dans
per dans une solution d'anhydride sulfureux : cet anhydride sulfureux agit l'ancien droit, on appelait amodiation la concession d'une terre moyennant
d'abord par son action décolorante ; il attaque en outre les germes huileux, des prestations périodiques payées au concédant, originairement en nature,
qui durcissent et se détachent des grains ; les grains eux-mêmes se bour- et plus tard en argent. On disait aussi dans ce sens amoissonner. Le mot
souflent et se fendillent intérieurement. Ces derniers, suffisamment ramol- amodiation n'était pas synonyme de bail ci ferme, car il servait à désigner
lis, sont broyés entre des meules coniques ou verticales, puis, la masse des modes de concession très divers. Aujourd'hui, le mot n'est plus usité
étant mise en suspension dans l'eau, on la fait passer à travers un tamis que dans la science économique : on l'oppose au faire-valoir.
et on l'envoie dans des bassins de dépôts où l'amidon se sépare du gluten Amodier. Affermer à quelqu'un une terre moyenfiant une redevance

resté pulvérulent, par différence de densité. L'amidon est ensuite blanchi en denrées ou en argent.
et séché comme s'il provenait du froment.
Extraction de l'amidon du riz. — En principe, on extrait l'amidon du riz Amorce. — Toute substance destinée à attirer soit le poisson en un
en dissolvant le gluten du riz dans une solution de soude très faible ; après point de la rivière où l'on veut pêcher (coup ou place), soit le gibier à
broyage, on obtient une eau contenant les grains d'amidon et que l'on traite proximité du piège.
comme précédemment par tamisage et par dépôt. Bien que les denrées employées comme amorces soient souvent les mêmes
Usages. — Les amidons sont vendus, soit sous la forme pulvérulente, soit que celles utilisées comme appâts, on peut réserver le terme d'amorce
sous la forme d'aiguilles ou de cristaux, obtenus en formant une pâte pour désigner tous les produits disséminés, éparpillés de manière à attirer
épaisse d'amidon qu'on laisse ensuite se dessécher lentement. le poisson ou le gibier sur l'appât. V. APPAT .
L'amidon est employé dans un grand nombre d'industries : dans la fabri- Les pêcheurs font usage comme amorces de mélanges très divers ; en
cation du glucose, utilisé lui-même par la confiserie et par la brasserie ; dans général, c'est de la terre glaise à laquelle on incorpore un ou plusieurs des
celle des apprêts pour étoffes, des colles pour la préparation du papier, des produits suivants : graines cuites (orge, blé, chènevis, fèves, etc.), pomme
dextrines, des gommes, des poudres de toilette. I1 a, en outre, des applica- de terre cuite, mie de pain, son, farine, miel, jaune d'oeuf, sang, vers, asti-
tions domestiques dans certaines préparations culinaires et dans l'empesage cots, crottin de cheval, etc. ; à quoi d'aucuns ajoutent encore des substances
du linge. odorantes : assa-fcetida, ail, huile d'aspic, etc. Le mélange des produits
choisis est trituré, pétri, réduit en une masse qui est ensuite divisée en bou-
Amidonniers. — Espèce de blés rustiques, barbus, à grains adhérents lettes de la grosseur d'une orange. On jette ces boulettes dans la rivière, en
à la baie et à rachis fragile (fig. 223) ; ils conviennent aux pays froids et amont du point où l'on veut pêcher, et d'autant plus loin que le courant
aux sols pauvres. est plus rapide. La boulette se délite peu à peu et les parcelles qu'entraîne le
Ammoniac (Az H 3 ). — Gaz extrait du sel ammoniac (chlorhydrate d'am- courant guident le poisson à proximité de la ligne.
moniac ou chlorure d'ammonium). Il est doué dune saveur caustique, Pour le piégeage des petits carnassiers et des rongeurs, on amorce les
d'une odeur vive et pique les yeux. Il est très soluble dans l'eau ; c'est sa alentours du piège en disséminant sur les pistes un peu du produit qui joue
dissolution dans l'eau que l'on appelle généralement ammoniaque et, com- le rôle d'appât.
AMOUILLANTE — ANALYSE 64
Amouillante. — Se dit d'une vache qui est sur le point de mettre bas. Anaérobie. Se dit des microorganismes qui peuvent vivre et se repro-

duire en dehors du contact de l'air ou de l'oxygène libre (fig. 227) ; par


Amouille . Nom vulgaire du premier lait fourni par une vache venant

opposition à aérobie. Le bacille typhique,
de vêler; on désigne scientifiquement ce premier lait sous le nom de le microbe de la mammite des vaches, le
colostrum. V. ce mot. bacille du choléra des poules sont anaé-
AmpélidéeS (bot). — Famille de plantes ayant pour type la vigne (en robies.
grecampelos) [ /tg.225 ]. Ces Analyse. —Décomposition d'un corps
plantes sont sarmenteuses, à en ses éléments, dans le but de déter-
végétation très rapide, pour- miner la nature de ceux-ci (analyse qua-
vues de vrilles leur permet- litative, microscopique, etc.) et les pro-
tant de s'accrocher et de portions suivant lesquelles chacun d'eux
grimper ; leurs fruits sont entre dans ce corps (analyse quantitative).
des grappes à baies renfer- Appliquée aux produits agricoles, l'a-
mant des graines ou pépins nalyse poursuit divers buts, suivant les
à enveloppe cornée et a albu- corps sur lesquels elle porte. Elle permet
men huileux. notamment de rechercher l'aptitude des
La famille des ampélidées terres à la production et les améliora-
comprend dix genres (am- tions dont elles peuvent être l'objet ; la
pelocissus, ampelopsis, vi- teneur en éléments utiles et les falsifica-
lis, etc.), parmi lesquels le tions des engrais utilisés à la fertilisation
genre vitis est le plus im- FIG: 227. Microbes anaérobies.
des sols ; les falsifications des pro- 1. Microcoque de la mammite de la vache;

portant, car c'est celui qui duits anticryptogamiques et des insecti- d. Bacille de la lièvre typhoïde; 1. Baille
renferme toutes les vignes cides employés aux traitements des du choiera des poules.
que nous cultivons. maladies et des insectes qui s'attaquent
Au moment de larecons- aux végétaux; la composition des aliments du bétail, qu'on substitue par-
titution du vignoble on a re- tiellement aux fourrages ordinaires ; la pureté des semences. C'est d'après la
cherche dans ces différents richesse en tel ou tel élément qu'on établit la valeur de beaucoup de produits
genresles variétés résistantes du sol (sucre dans la betterave, fécule dans la pomme de terre, etc.). L analyse
au phylloxéra ou suscepti- sert encore àapprécier la qualité et l'aptitude àla conservation de certains pro-
bles de donner des raisins duits (vin, cidre), leurs altérations et les remèdes à apporter à ces dermeres.
pour la table et la. cuve : Terres et calcaires. —
L'analyse des terres renseigne sur les propor-
les unes ne résistent pas au tions des principaux éléments de fertilité (azote, acide phosphorique,
phylloxera, et celles qui ré- potasse, chaux) qu'elles contiennent et sur les proportions de sable grossier,
sistent, comme les ampe- de sable fin, d'argile et d'humus. Ces documents analytiques, combinés avec
lopsis (vignes vierges), ne la connaissance de la profondeur du sol, de son aptitude à retenir l'eau, per-
peuvent se greffer sur nos mettent de classer les terres d'après leur richesse ou d'après leur légèreté
vignes cultivées. V. VIGNE. ou leur compacité plus ou moins grande.
Ampélographie.— Convenablement interprétée, l'analyse renseigne également sur la nature
des engrais à appliquer, sur la forme sous laquelle ils doivent l'être de
Partie de la science agricole préférence, sur les améliorations foncières (drainage) ou culturales (labours
ayant pour objet la des- FiG. 225. — Type d'ampélidées (Vigne).
profonds, etc.). Elle fournit des résultats plus rapidement que l'analyse par
cription de la vigne et des A. Rameau fleuri; B. Bouton s'eutr'ouvrant ; C. Fleur ouverte; la plante (champs d'expériences) ; elle évite donc souvent aux cultivateurs
caractères qui distinguent ses D. Coupe de la fleur.
des tâtonnements coûteux dans la conduite de leurs exploitations.
diverses espèces ou variétés. Une application de l'analyse des terres est la confection de cartes dites
Ampélophages . — Insectes destructeurs de la vigne: pyrale, eudémis, agronomiques communales, sur lesquelles sont reproduits, à l'aide de gra-
cochylis. phiques, les résultats de l'analyse des échantillons prélevés dans les diverses
natures de terres de la commune.
Ampélopsis. — Arbustes grimpants, de la famille des ampélidées D'autre part, le dosage du calcaire en vue de la plantation des vignes
(fig. 226). L'inflorescence est souvent en cyme ; le fruit est une baie. Deux permet de faire un choix judicieux du cépage porte-greffe, car certains
belles espèces rustiques, grimpantes et ornementales, sont à signaler : la cépages américains se chlorosent au delà d'une certaine dose de calcaire,
vigne vierge, dont le feuillage rougit à l'automne, et l'ampelopsts Veitchii , qu'il est nécessaire de faire déterminer avant la plantation.
qui remplace avantageusement le lierre pour la décoration des murs. Ces Engrais. — Les fumiers provenant du bétail étant insuffisants, il faut
deux espèces se multiplient aisément de recourir à l'emploi d'autres matières dénommées engrais, qui permettent
boutures. d'accroître notablement le rendement et la qualité de toutes nos récoltes.
Ampoules. — Elevures plus ou moins Mais de tels résultats ne sont possibles qu'à la condition que ces matières
transparentes qui apparaissent sur l'épi- ne soient pas falsifiées, comme elles le sont quelquefois.
derme ou les muqueuses, contiennent un La loi du ter février 1888, complétée par les circulaires du Service de la
liquide séreux et sont symptômes de cer- répression des fraudes, protège non seulement les cultivateurs, mais aussi
taines maladies : fièvre aphteuse, clave- les commerçants honnêtes, qui n'admettent pas qu'on puisse confondre la
lée, etc. liberté du commerce avec l'abus, la licence et la fraude. Elle oblige le ven-
deur à faire connaître à l'acheteur, d'une façon précise, la composition de
Amputation. —Opération par laquelle l'engrais ; d'où l'opportunité pour les agriculteurs et les syndicats agricoles,
on enlève, à. l'aide d'instruments tran- s'ils veulent que la loi atteigne son but protecteur, de soumettre leurs
chants, un membre, une portion de mem- livraisons à l'analyse. C'est meure pour les syndicats un devoir de garantir
bre, un organe ou un tissu quelconque, no- leurs sociétaires contre des préjudices considérables dont nous poūrrions
tamment l'ablation de la queue chez les citer des exemples.
chevaux ; mais il ne faut la pratiquer Les principaux engrais à analyser sont : les engrais phosphatés (phos-
qu'après une injection de sérum antitéta- phates, scories, superphosphates) ; les engrais azotés (nitrate de soude, nitrate
nique et prendre la précaution de cautéri-
ser le moignon au fer rouge.
Les amputations des membres, qui occu-
pent une si large place en chirurgie hu-
maine, n'offrent pas la même importance
dans la chirurgie vétérinaire, parce que,
dans l'immense majorité des cas, il est
impossible d'obtenir un résultat utile des
opérations (en raison de l'étendue des
plaies, de l'indocilité des animaux et de la
quasi-impossibilité de les maintenir dans
une position tranquille, ou de fixer les ap-
pareils de pansement). Si l'amputation est A
le seul moyen de guérison, il vaut mieux FIG. 226. — Ampélopsis.
sacrifier le sujet, et le livrer à la consom-
A. Fleur.
mation si c'est un animal de boucherie,
que de s'exposer à des frais inutiles.
Dans certains cas, cependant, l'amputation des membres est indiquée,
chez les grands animaux comme chez les petits : c'est lorsqu'on veut tirer
parti d'un animal précieux pour la reproduction, garder jusqu'à la mise
bas une femelle de prix pleine, ou conserver une vache dont les qualités
laitières sont parfaites. Enfin on peut encore, sur les espèces qui ont les.
extrémités divisées, pratiquer l'amputation d'un ou plusieurs doigts ou
onglons atteints de maladies incurables.
Amylacé. — Qui est constitué par l'amidon, qui contient de l'amidon. La
matière amylacée est un principe immédiat que l'on trouve déposé dans
divers organes d'un grand nombre de plantes.
Amylique (Alcool). — Se dit d'un alcool que l'on obtient le plus sou-
vent en distillant les produits de la fermentation alcoolique de la fécule de FIG. 228. — Laboratoire d'analyses.
pomme de terre, mais qui se produit aussi dans la fermentation alcoolique
des céréales et du raisin. Dans la plupart des fermentations alcooliques, il
de chaux, sulfate d'ammoniaque, sang desséché, corne torréfiée, cruds, cya-
se produit de l'alcool amylique. On en rencontre notamment dans les namide) ; les engrais potassiques (chlorure de potassium, sulfate de potasse,
eaux-de-vie de marc, d'orge, de pommes de terre et de betteraves.
kaïnite, salins) • les engrais composés, qui renferment de l'azote, de l'acide
Amylomyoes . -- V. MOISISSURES. phosphorique et de la potasse, sous la forme la mieux appropriée à la saison.
65 ANAMIRTE

Les analyses d'engrais établissent s'ils contiennent bien, en principes Matières diverses. Elles sont tellement nombreuses et variées que

fertilisants, la quantité indiquée par le vendeur, permettent de déterminer même la simple énumération en serait fastidieuse. En voici seulement
leur valeur, de constater s'ils sont vendus avec une trop grande majoration de quelques-unes comme exemples, choisies parmi celles qui sont le plus sou-
prix, ce à quoi remédie la loi du 8 juillet 1907 sur l'action en réduction de prix, vent analysées : eaux, pour la recherche des substances qui devraient en
en cas de lésion de plus du quart ; enfin, elles permettent de rechercher être absentes (ammoniaque) ou ne s'y trouver qu'à l'état de traces (chlo-
les falsifications blâmables, faites avec intention frauduleuse. Elles rendent rures, matières organiques), et dont la présence en proportions sensibles
donc aux agriculteurs et aux commerçants honnêtes les plus grands services. est l'indice de contaminations ; matières fertilisantes autres que les engrais
Insecticides et anticryptogamiques. — La science a mis à la dis posi- chimiques : fumiers, gadoues, poudrettes, cendres; amendements : chaux,
tion des cultivateurs et des vignerons des produits qui empêchent ou entra- marne, plâtre ; déchets industriels; eaux ammoniacales; carbonate de
vent la production de beaucoup de maladies des plantes (céréales, soude, pour la préparation des bouillies cupriques ; produits végétaux (bet-
vigne, etc.) dues à des champignons microscopiques (cryptogames). Ces terave, pomme de t_rre , etc.) examinés au point de vue de la composition
anticryptogamiques sont principalement le sulfate de cuivre, le verdet, comparée des diverses variétés, ou de l'influence sur leur valeur alimen-
les bouillies cupriques ; puis les soufres et les soufres sulfatés ; d'autre taire, de l'action des
part, divers produits (sulfate de fer, etc.) servent à détruire beaucoup de divers engrais, etc.
mauvaises plantes (moutarde sauvage, mousse, cuscute) ou à guérir des Travaux de recher-
maladies organiques (chlorose); enfin, divers insecticides (arséniate de ches. L'analyse agri-

soude, nicotine, etc.) servent à détruire nombre d'insectes. cole s'applique encore
Il existe, pour les produits cupriques, une législation (loi du 4 août 1903) aux travaux d'agrono-
analogue à celle qui régit le commerce des engrais et qui impose aux ven- mie qu'entreprennent
deurs l'obligation d'indiquer la teneur en cuivre de ces produits. Quant aux les stations agronomi-
autres anticryptogamiques ou insecticides non régis par cette loi spéciale, ques.
les cultivateurs ont le plus grand intérêt à les faire contrôler, en raison des Ces quelques indica-
fraudes dont ils peuvent être l'objet. tions montrent combien
Aliments du bétail (tourteaux, aliments mélassés, etc.). — L'intérêt qui sont étendues les appli-
s'attache à l'analyse de ces produits a trait à la détermination de leur cations que l'agriculteur
valeur alimentaire, au choix qu'il convient de faire entre un ou plusieurs peut tirer de l'analyse.
d'entre eux, aux falsifications dont ils sont l'objet. Lorsqu'il s'agit de Les analyses agri -
répondre à.la question : quel est le meilleur tourteau? l'analyse chimique coles ou de denrées ali-
permet de connaître celui qui livre à l'agriculteur, au plus bas prix, la mentaires s'effectuent
plus grande somme d'éléments nutritifs. Elle détermine aussi les matières dans des laboratoires
ajoutées frauduleusement, dont les unes diminuent la valeur alimentaire et spécialement aménagés
dont d'autres sont même dangereuses pour la santé des animaux. Enfin, (fig. 228). Ceux dépen-
comme ces produits sont souvent livrés aux cultivateurs à des prix absolu- dant du ministère de
ment disproportionnés à leur valeur réelle, elle permet de déterminer cette l'Agriculture ou des
valeur et de recourir, s'il y a lieu, à une action en réduction de prix comme départements sont les
l'autorise la loi du 8 juillet 1907. stations agronomi- FIG. 229. — Anamirte (Coque du Levant).
Semences. — Les graines réservées pour les ensemencements doivent ques, les laboratoires A. Fleur; B. Fruit.
être pures, saines, et douées à un taux élevé de faculté germinative. L'agri- agricoles et les labora-
culteur ne devra donc pas se contenter d'examiner l'aspect extérieur des toires régionaux pour
semences qu'il achète ; il devra, au contraire, porter son attention sur ces la répression des fraudes. V. STATIONS AGRONOMIQUES et LABORATOIRES.
qualités de pureté et exiger de son vendeur un certificat de garantie. A la On trouvera aux mots engrais, tourteaux, semences, lait, vin, etc., tout ce
réception de la semence, il est parfaitement en droit de prélever un échan- qui concerne l'origine, la fabrication, la composition, la valeur, les falsifi-
tillon — tout comme s'il s'agissait d'engrais — et de le soumettre à l'analyse cations, les lois qui régissent le commerce, les précautions spéciales â
d'une station ou d'un laboratoire d'essais. prendre pour le prélèvement des échantillons, l'interprétation des résultats
Denrées alimentaires. Les denrées alimentaires à l'usage de l'homme

analytiques de ces divers produits, etc. V. aussi : FALSIFICATION, FRAUDE.
sont presque toutes des produits agricoles (lait et beurre, vin, pâtes ali- Anamirte . Genre de plantes, de la famille des ménispermacées , ren-

mentaires, etc.). Leur analyse a pour but de déterminer les falsifications fermant une seule espèce, dont le fruit est connu sous le nom de coque du
nombreuses dont elles peuvent être l'objet et qui portent le plus grand Levant (anamirta cocculus) fig. 229]. Ce fruit renferme dans le péricarpe
[

préjudice, non seulement aux consommateurs, mais aussi aux producteurs un principe amer et vomitif, la menispermine, et, dans l'albumen, un
et aux commerçants honnêtes. Ces falsifications sont recherchées et répri- principe vénéneux, la picrotoxine . C'est ce dernier principe qui rend très
mées d'après la loi du 1er août 1905 et d'après les règlements d'administra- dangereux l'emploi que l'on fait de la coque du Levant pour empoisonner le
tion publique et décrets élaborés au fur et à mesure des besoins. poisson et pour donner à la bière de l'amertume. La consommation du

Mut . rhns .
FIG. 230. — Cueillette des ananas aux Antilles.

LAROUSSE AGRIC. 5
ANANAS — ANE 66

poisson ainsi tué est dangereuse, et, d'autre part, l'emploi de la coque du
Levant constitue un délit puni par la loi.
Ananas. — Plante vivace, herbacée, de la famille des broméliacées
( fig. 231), originaire de l'Amérique tropicale. Feuilles allongées, rigides,
souvent épineuses sur les bords. Fleurs en épi serré tout autour de la tige.
Fruits très nombreux, soudés et formant une sorte de gros corps ovoïde,
charnu, traversé par la tige et couronné d'un bouquet de feuilles. Quelques
espèces sont cultivées exclusivement au point de vue ornemental dans les
serres chaudes ; mais le plus
fréquemment l'ananas est
cultivé pour ses fruits. L'a-
nanas comestible ( ananassa
sativus ), originaire des An-
tilles, fut introduit en Europe
sous Louis XV et cultivé
pour la première fois en
France au potager de Ver-
sailles. La plante doit néces-
sairement être placée en
serre chaude, en pots ou dans
le sol mémé de la serre, et il
faut attendre au minimum
deux années pour obtenir
la fructification. La multi-
plication se fait par les oeil-
letons qui se produisent au
pied de la plante ou par les
extrémités de tiges surmon- FIG. 234. — Andains formés par le fauchage à la faux
tant les fruits.
Cette culture, autrefois core la quantité d'herbe abattue à chaque coup de faux, puis, dans un sens
pratiquée dans les grandes très éloigné des précédents, mais très usité aujourd'hui, les lignes parallèles,
propriétés et même dans les constituées par les rangées d'herbes vertes ( fig. 234) que le faucheur forme
établisse ments commerciaux, successivement au fur et à mesure qu'il avance suivant la longueur ou la
est à peu près abandonnée, largeur du champ
par suite de la facilité des FIG. 231. — Ananas.
transports, permettant d'in- Andalou (Cheval). — Race de cheval obtenue par le croisement arabe-
A. Fleur; B. Coupe de la fleur; C. Fruit. barbe. Le cheval andalou a joui au moyen âge d'une grande réputation
troduire des fruits frais de
provenance des Canaries, du comme cheval de selle ou de manège et le genét d'Espagne était renommé
Sénégal, des Antilles ( fig . 230), etc., et de les vendre à des prix bien pour son élégance, sa distinction et ses allures relevées.
moins élevés que ceux cultivés dans nos pays. Le cheval andalou, dont la conformation générale rappelle le cheval du
Midi, a la tête légèrement busquée, l'encolure forte et rouée, les avant-
Anasarque (méd. vêt.). — Affection grave du cheval, du boeuf et du bras courts, les canons longs et grêles, les paturons longs, les jarrets sou-
mouton, vulgairement connue sous les noms de charbon blanc, d'hydropi- vent coudés. Sa robe est ordinairement baie marquée de feu, plus rarement
sie cellulaire; mal de téte, coryza gangréneux, morve gangréneuse, etc. noire. C'est de l'andalou que descendent les chevaux de la Plata.
Elle est caractérisée par des oedèmes commençant aux extrémités et
s'élevant à la même hauteur sur chaque membre, où ils sont délimités par
Andalouse (Race). — Poule voisine de la leghorn; elle s'en distingue
un bourrelet ; elle affecte la tête de la même façon. Les animaux atteints par une taille plus forte et un plumage émaillé de bleu ardoisé. Elle est
rejettent par les naseaux un mucus gris rougeâtre. La cause en semble être mauvaise couveuse, moins bonne pondeuse que la leghorn ; mais ses œufs
le froid humide ou les changements brusques de température. Le traite- sont un peu plus gros que ceux de cette race.
ment de cette maladie relève de l'art Andouiller. — Branches adventives qui poussent au bois du cerf, du
vétérinaire daim et du chevreuil.
Anatidés. — Famille de palmi- Androcée (bot.). — Totalité des étamines constituant le troisième verti-
pèdes à laquelle appartiennent les cille floral (fig. 235). Il est formé par l'ensemble des organes mâles de la
canards, les oies, les cygnes, etc.
Anchois. Petit poisson du genre


engraulis (engraulis enchrasicolus), FIG. 232. Anchois.
habitant l'océan Atlantique et la Mé-
diterranée (fig . 232). Il appartient à la famille des clupéidés . On en connaît
une trentaine d'espèces répandues dans toutes les mers du globe et vivant
en troupes nombreuses. C'est au printemps (avril, mai, juin) que se fait la
pêche.
Ancien (sylvic.). — En sylviculture, se dit d'un arbre qui a au moins
l'âge de trois coupes.
Ancolie. — Genre de renonculacées caractérisées par un calice à cinq sé-
pales ressemblant à des pétales, une corolle à cinq pétales prolongés par leur
extrémité inférieure en autant d'éperons, un grand nombre d'étamines,
cinq pistils qui devien-
nent autant de follicules.
Les ancolies sont des
plantes herbacées et viva-
ces qui croissent dans les
prairies élevées et les bois,
où elles sont broutées par
les brebis et les chèvres.
On cultive dans nos jar-
dins, dans les lieux om-
breux et humides : l'an-
colie vulgaire (fig . 233),
appelée aussi aiglan fine co-
lombine; elle est à fleurs
simples ou doubles, rou-
ges, roses, bleues, blan-
ches, panachées; l'ancolie
des Alpes; l'ancolie de FIG. 235. — Androcées.
Sibérie, à fleurs solitaires, A. A une étamine ( cenlhraule); B. A deux étamines (saule■ ; C. A trois étamines
(valériane); D. A quatre étamines (grenadier); E. A cinq étamines (vigne);
dressées, d'un beau bleu ; F. A grand nombre d'étamines (millepertuis); G. androcée diadelphe (pois) ;
l'ancolie du Canada, dont B, Androcée monadelphe (aralia) ; I. Androcée polyadelphe (oranger); J. An-
les fleurs pendantes, soli- drocée synanthere (chardon); K. Androcée inséré sur la corolle ( prinaevére );
L. Androcée inséré sous l'ovaire (renoncule); M. Androcée inséré sur le calice
taires, sont d'un rouge sa- ( abricotier); N. Androcée inséré sur l'ovaire garance).
fran. Toutes ces plantes
fleurissent en mai et juin. fleur. Chacune des parties de cet ensemble s'appelle étamine. Le nombre des
On les multiplie de semen-
pièces de l'androcée est très variable (une ou plusieurs étamines) et a servi
ces ou par éclats de pieds de base à l'établissement d'une partie de la classification de Linné.
en automne.
Ane . — L'äne ( equus asinus) est un mammifère, de la famille des soli-
Andain . — Au sens pré- pèdes (fig. 236), qui forme avec le cheval ( equus caballus) les deux espèces
cis, surface qu'un faucheur domestiques du genre.
peut couper en longueur et Caractères distinctifs des chevaux et des ânes. — Anatomiquement,
en largeur, à chaque pas les différences sont peu marquées : la principale est que le cheval a six
qu'il fait. Par extension, vertèbres lombaires, l'âne cinq seulement. Les formes extérieures sont, par
le mot a pris deux autres contre, assez différentes. La tète de l'âne est relativement plus volumineuse ;
acceptions: il signifie en- FIG. 233. — Ancolie vulgaire. ses oreilles sont longues, épaisses, garnies de longs poils à l'intérieur ; sa
67 ÂNE

FIG. 236. — Ane.


1. Âne sauvage d'Afrique 2. Ane sauvage d'one ou onagre; 3. Ane commun; 5. Ane d'Algérie; 6. Ane de Sardaigne; 6. Ane mulassier, type commun.

robe, de teinte uniforme, grise ou bai brun, présente une bandelus foncée Races à profil convexe :
sur la ligne du dos et une autre sur les épaules (bande cruciale; le garrot Grande race de type allongé '.................... Race d'Egypte.
est peu saillant ; la crinière est courte et droite ; la queue est garnie de crins Moyenne race, de type allongé ................. Race de la Gascogne et de Catalogne.
à l'extrémité seulement. Les châtaignes, productions cornées qui, chez le Race du nord de l'Afrique et de
Petite
etite race, de type ramassé ..................... 1 l'Afrique méridionale.
cheval, existent aux quatre membres (face interne de l'avant-bras et face
interne de la base' du jarret), sont, chez l'âne, absentes aux membres posté- Race du Poitou. — Encore appelée race mulassière, car elle fournit les
rieurs. Les sabots de l'âne, à corne noire, sont déprimés latéralement, étroits, baudets les plus estimés pour la production des mulets. Aire géographique :
carrés en pinces, à talons hauts. La voix de l'âne ou braiement diffère du les arrondissements de Melle et de Niort (Deux-Sèvres), d'ou elle s'étend
hennissement du cheval. dans la plupart des départements de l'Ouest. Taille : 1m,40 à 1.,50 et jusqu'à
Physiologiquement, l'âne est plus rustique et plus sobre que le cheval ; il 1 1.,55 pour de forts baudets. Corps volumineux ; membres forts aux articu-
est moins apte aux travaux de vitesse. lations larges ; sabots longs et étroits. Encolure bien dirigée ; tête forte à
L'âne est originaire de l'Orient ; plus sensible au froid que le cheval, son profil droit ; oreilles volumineuses et toujours tombantes ; oeil petit ; lèvres
aire $éographique d'extension se rapproche plutôt de l'équateur : il est rare épaisses et fortes ; naseaux peu ouverts. Robe toujours de nuance foncée,
ou n existe pas dans les contrées septentrionales. allant du bai brun au noir mal teint, la partie inférieure de la tête et le des-
En extérieur, les régions du corps de l'âne portent les mêmes noms que sous du ventre étant toujours gris argenté. Les poils du corps, longs et touf-
les régions correspondantes du cheval (V. CHEVAL : extérieur). L'âne de fus, sont parfois réunis en plaques épaisses et feutrées, par suite de l'habi-
l'âne se reconnaît par les dents, comme chez le cheval (V. AGE) ; mais les tude antihygiénique qu'ont certains propriétaires de ne pas panser leurs
modifications dentaires sont, chez l'âne, moins régulières et, partant, moins animaux ; on donne le nom de « guenilloux » ou de « bourailloux » aux bau-
précises. L'âne est sujet aux mêmes maladies que le cheval. dets à robe feutrée : le préjugé qui fait considérer ces baudets comme
Les ventes et échanges, portant sur les animaux de l'espèce asine, sont d'excellents reproducteurs ne repose sur aucune donnée sérieuse.
soumis aux mêmes dispositions que ceux qui concernent le cheval, notam- Les baudets de la race du Poitou sont particulièrement recherchés pour
ment au point de vue des vices rédhibitoires (V. VICE). De même la légis- la production des mulets, non seulement dans l'ouest de la France, mais
lation sanitaire concernant les maladies contagieuses est la même pour les encore en Italie, aux Etats-Unis, en Angleterre, en Algérie-Tunisie, etc. Le
deux espèces. prix moyen d'un bon baudet est de 2000 francs ; certains sujets d'élite se
Durée moyenne de la vie de l'âne : 30 à 35 ans ; en France, cette durée sont vendus jusqu'à 10000. Bien que l'élevage du baudet mulassier soit flo-
n'est que de 15 à 18 ans. Durée de la croissance : 4 ans. Durée de la gesta- rissant, les conditions dans lesquelles il s'exerce mériteraient d'etre amélio-
tion :1 an ; la femelle donne un petit par gestation, exceptionnellement deux. rées, notamment en ce qui concerne l'hygiène et l'alimentation des repro-
Age de la reproduction : 2 ans à 2 ans et demi. ducteurs, mâles et femelles.
L'àne entier, consacré à la reproduction, porte le nom de baudet (V. ce Un Stud-Book mulassier fonctionne depuis 1885 ; son action est complétée
mot). L'ânesse est vulgairement désignée sous le nom de bourrique; le par celle du Syndicat d'élevage des reproducteurs mulassiers, créé en 1903.
jeune âne, sous celui d'cinon . Le croisement des deux espèces, chevaline Race commune. — A cette race appartiennent les nombreux individus, de
et asine, donne naissance à deux sortes de produits, hybrides inféconds : le taille comprise entre 1 mètre et lm,40, à profil droit, à aplombs souvent
mulet, résultant de l'accouplement du baudet et de la jument ; le bardot ou défectueux, à robe noire, brun foncé ou grisâtre, répandus dans une grande
bardeau, plus rare, résultant de l'accouplement de l'étalon et de l'ânesse. partie de l'Europe. Malgré les multiples et importants services que rendent
L'âne est surtout exploité pour la production de travail. L'ânesse fournit ces animaux robustes, sobres et vigoureux, leur hygiène et leur alimentation
un lait utilisé dans certaines circonstances : la chair de l'âne est appréciée sont le plus souvent défectueuses. Comme, d'autre part, leur reproduction se
pour la confection des saucissons ; sa peau est susceptible de nombreux usages. fait sans surveillance et sans sélection des reproducteurs, leur amélioration
Races asines. — Les races asines sont beaucoup moins nombreuses que ne fait aucun progrès.
les races chevalines. On peut, en tenant compte du profil, notamment du Race d'Egypte . — C'est celle dans laquelle on rencontre peut-être les indi-
profil de la tête, les diviser en deux grands groupes : les races à profil droit vidus de conformation la plus réguliere . Taille élevée ; tête expressive, à
et les races à profil convexe, busqué. Dans chacun de ces groupes, on trouve profil convexe ; membres hauts et fins ; encolure plate et longue ; croupe
des grandes races, de type allongé, et des races moyennes et petites, de étroite et inclinée. La robe est blanche ou gris clair, à poils brillants. Aire
type ramassé, trapu. En combinant ces divers caractères, on peut établir la géographique : l'Egypte, notamment la haute Egypte, ou se rencontrent les
classification ci-après des races asines sujets les plus réussis. Quelques baudets sont introduits en Europe pour la
production de mulets fins et légers.
Races à profil droit : Race du nord d3 l'Afrique. - Cette race peuple l'Afrique, la Tunisie, la
Grande race de type allongé ........................................................ Race du Poitou. Tripolitaine et descend au sud jusqu'au Soudan ; elle est très répandue dans
Races moyennes et petites, de type ramassé .................................. Race commune. les contrées méridionales de l'Europe, notamment en Italie. Taille très pe-
ANÉMIE — ANÉMONE 68
tite : 1 mètre à 1m,30 au plus ; robe brune ; tête volumineuse avec des oreilles assez rapidement à l'air ; aussi est-on obligé de le faire consommer assez
longues et dressées ; physionomie douce ; poitrine étroite ; dos tranchant ; vite apres la traite.
avant-bras et cuisses minces ; canons grêles. Les animaux de cette race Les ânesses laitières doivent être entretenues dans de bonnes conditions
sont doués d'une exceptionnelle résistance à la fatigue et au climat sec. d'hygiène ; elles doivent recevoir une alimentation de choix, à base de bon
Race de la Gascogne et de la Catalogne. — Encore appelée race des Pyré- foin, de paille de blé, de carottes rouges, de buvées tièdes additionnées de
nées. Taille élevée • corps mince et étroit • tète de grosseur moyenne, à pro- farine d'orge ou d'avoine. Les aliments verts, en particulier la luzerne,
fil convexe, à oreilles longues, minces et dressées ; membres fins et nets. La seront exclus de cette alimentation, car ils exagèrent l'acidité du lait et sa
robe est noire ou brune, avec les parties inférieures plus claires ; le poil est tendance à la fermentation. Bien que l'ânesse supporte assez bien le régime
court, fin et luisant. Cette race se rencontre sur les deux versants des Pyré- de la stabulation permanente, une promenade régulière tous les jours exer-
nées, dans le sud de l'Espagne, en Italie et dans les îles méditerranéennes cera une action favorable sur la santé générale et sur la sécrétion lactée.
(Baléares, Sardaigne, Sicile, Malte). Le baudet gascon est utilisé pour la pro- Anémie (méd. vétér.). — Etat morbide consistant dans l'insuffisance de
duction des mulets dans la Gascogne, les Landes, les départements pyré-
la quantité ou de la qualité du sang, et qui peut résulter d'une affection or-
néens. La Catalogne, notamment la région de Vich, produit des baudets très
ganique (cancer, tuberculose) ou de la présence de vers dans l'estomac ou l'in-
estimés, dont un certain nombre sont, chaque année, importés en Républi- testin. Dans le second cas, après emploi de vermifuges, on administre un peu
blique Argentine. de poudre de gentiane et de sel marin et on distribue une nourriture riche,
Production et exploitation. — Malgré les incontestables et multiples ser- facilement digestible.
vices que rend l'espèce asine, surtout dans les régions pauvres et deshéri- Les moutons sont assez sujets à l'anémie (surtout les jeunes), dans les .
tées, sa production est complètement laissée au hasard et il n'est pas dès régions pauvres en acide phosphorique ou à la suite d'étés humides.
lors étonnant que l'amélioration soit à peu près nulle. Aucun esprit de sélec-
Traitement. —Phosphater largement les pâturages; donner, à l'étable, une
tion ne préside au choix des reproducteurs qui, accouplés au hasard, mal nourriture abondante et saine, y ajouter 5 a 10 grammes de poudre de fou-
nourris ou soumis à un travail excessif, donnent la plupart du temps nais-
gère mâle à deux reprises pendant 10 jours, additionner les rations de quel-
sance à des produits chétifs et mal venus. Même dans les régions où l'on ques branches de genêts, d'écorces de bouleau et donner de l'eau rouillée
élève des baudets étalons, atteignant souvent un prix très élevé, les condi-
comme boisson.
tions d'entretien de ces animaux laissent beaucoup à désirer. Parmi les
erreurs d'élevage, trop communes, et qui s'opposent à toute amélioration de Anémone. — Genre de plantes vivaces herbacées, de la famille des
l'espèce asine, nous citerons : les écuries sombres, malpropres et mal tenues renonculacées, à tiges souterraines donnant naissance aux feuilles et aux tiges
où la litière, n'étant jamais renouvelée, le fumier s'entasse, contribuant à florales, ou hampes ; celles-ci portent à quelques centimètres en dessous de
produire une maladie du pied dite crapaudine; l'alimentation parcimo- la fleur une collerette formée
nieuse des ânesses en état de gestation ; les pansages négligés et trop peu de 3 folioles plus ou moins
fréquents ; la stabulation permanente des baudets, qu'on laisse sans découpées. Le faisceau de
aucun exercice ; le sevrage prématuré des ânons ; la coutume de ne laisser tiges souterraines et de ra-
le jeune ânon téter sa mère que quelques jours après la naissance, ce qui le cines est appelée patte.
prive de l'action purgative necessaire du premier lait ou colostrum, etc. La Parmi les nombreuses es-
négligence et la routine règnent en maîtresses dans l'élevage et l'exploitation . pèces cultivées, citons :
de l'âne, et il suffirait cependant de quelques soins éclairés pour améliorer Anémone des fleuristes
rapidement cette espèce éminemment utile. ( anemone coronaria). —
C'est seulement vers l'âge de deux ans à deux ans et demi que le baudet C'est une plante à souche
et l'ânesse devraient être livrés à la reproduction. La durée de la gestation rameuse, noirâtre, à feuilles
chez l'ânesse est de un an environ ; pendant cette période, elle sera conve- pétiolées, plus ou moins di-
nablement nourrie et soumise à un travail régulier : l'avortement survient visées, d'un vert gai ( fig. 237,
fréquemment, provoqué d'ordinaire par l'excès de travail, une alimentation 238). Tige florale de 25 à
insuffisante ou de mauvais traitements. La mise bas se complique assez 30 centimètres de haut, ter-
souvent de renversement de la matrice, accident très grave, fréquemment minée par une fleur à sépales
mortel et qui nécessite l'intervention immédiate du vétérinaire. Sitôt la colorés et corolle nulle, com-
naissance, le jeune ânon sera séché, le cordon ombilical ligaturé et désin- posée de 6 à 8 pièces de
fecté ; puis on fera téter le nouveau-né, en l'aidant, si cela est nécessaire : même couleur ou panachées.
dans beaucoup de régions, on ne le laisse téter qu'un nombre minime de Au centre, étamines très
jours après la naissance, et on le nourrit entre temps de panades diverses; nombreuses, de couleur bril-
c'est là une pratique détestable et qui provoque une forte mortalité : outre lante. L'anémone des fleu-
que le tube digestif du jeune n'est capable, sous peine de diarrhées et ristes est cultivée depuis
d'entérites graves, que de digérer le lait maternel, celui-ci jouit de proprié- très longtemps ; il en existe FIG. 237, 238. — Anémones cultivées.
tés purgatives dont l'effet est de débarrasser le tube intestinal des matières de nombreuses variétés à A. Simple; B. Pleine ou double.
fécales (le méconium) qui s'y sont accumulées pendant la vie foetale et dont fleurs simples ou doubles,
la rétention entraine fréquemment la mort. variant du blanc au rouge
Dans les premiers mois de son existence, le jeune ânon recevra exclusive- écarlate ou bleu violacé, d'autres unicolores, de panachées, etc. Les anémones
ment comme alimentation le lait de sa mère. Au printemps il sera conduit dites de Caen constituent une race très vigoureuse, à gros pédoncules flo-
avec elle au pâturage, où il s'habituera petit à petit à manger de l'herbe raux et à très grandes fleurs ; il en existe des variétés simples, doubles, etc.
tendre, puis des aliments de plus en plus consistants : ainsi le sevrage s'effec- Elles sont souvent préférées aux anémones ordinaires des fleuristes,
tuera progressivement sans aucune des maladies qui trop souvent empor- quoique plus exigeantes sur la qualité du sol.
tent alors les jeunes ou retardent leur croissance. En aucun cas le sevrage Culture. — Les anémones sont cultivées en massifs ou en planches, plates-
ne doit avoir lieu avant l'âge de 5 à 6 mois. bandes, dans des terres saines plutôt légères ; éviter les fumures fraîches de
L'ânesse ne doit être soumise à aucun travail pendant au moins les quinze fumier pailleux. Planter les
jours qui suivent la mise bas. L'alimentation de l'ânesse nourrice doit être pattes courant octobre,
d'autant plus riche et abondante qu'elle est souvent en même temps en état après un labour profond,
de gestation, et qu'alors elle a à pourvoir à son entretien et à celui du jeune à environ 15 centimètres
ainsi qu'au développement du foetus qu'elle porte. en tous sens et à une pro-
C'est surtout au point de vue de la production du travail moteur que l'âne fondeur de 5 à 7 centi-
est utilisé, en raison de ses qualités de vigueur, de sobriété et de rusticité : mètres. En hiver, en cas
l'entêtement qu'on lui reproche est le plus souvent le résultat d'un mauvais de fortes gelées, recouvrir
dressage ou de mauvais traitements, mais parfois dénote simplement la pru- le terrain de fumier pail-
dence, la réflexion de l'animal. De par sa conformation, l'âne est surtout un leux ou de feuilles sur une
animal porteur et, proportionnellement, il peut porter des charges beaucoup épaisseur d'environ 10 cen-
plus lourdes que le cheval. L'âne est également, mais à un moindre degre, timètres pour diminuer les
un tractionneur. L'allure habituelle de l'âne est le pas : on rencontre des effets du froid. Aux pre-
ânes trotteurs, mais l'allure du trot n'est jamais chez l'âne aussi soutenue et miers beaux jours enlever
aussi rapide que chez le cheval. le paillis, nettoyer et en-
On peut affirmer que, bien nourri, l'âne fournirait, eu égard à sa taille et tretenir la propreté du sol.
à son poids, plus de travail utile que le cheval. Malheureusement, et l'on ne Floraison en avril-mai, sui-
saurait trop combattre les pratiques routinières et déplorables, l'exploita- vant la température. En
tion des ânes se fait sans aucun soin. Toutes les règles de l'hygiène des j uin-juillet , les feuilles jau-
habitations du cheval devraient être appliquées à l'âne. L'âne doit être régu- nissent, se dessèchent; arra-
lièrement pansé ; bien que ses pieds, moins sensibles que ceux du cheval, cher les griffes pour les
résistent parfaitement à l'usure, même sur des sols durs, l'application laisser ressuyer à l'ombre
d'une ferrure bien comprise facilite l'utilisation. Les harnais, notamment et les conserver pour les
les harnais de bât, doivent être solides, légers, bien ajustés et toujours replanter en octobre.
propres. Multiplication.— Par di-
L'âne est beaucoup moins exigeant que le cheval au point de vue de l'ali- vision des pattes au mo-
mentation et il tire plus de profit que ce dernier d'aliments médiocres. On ment de la plantation, le
peut, sans inconvénients, utiliser pour la nourriture de l'âne des aliments semis n'est utilisé que pour
qui ne seraient pas acceptés par le cheval. Malheureusement, on a tou- l'obtention de nouvelles
jours tendance à tabler sur la sobriété de l'âne et à le nourrir par trop variétés.
parcimonieusement : un âne qui travaille régulièrement doit recevoir, en Anémone éclatante
plus de la quantité de foin et de paille nécessaires, un aliment plus riche : ( anemone fulgens ). —
avoine, orge, mais, son, froment, etc., à la dose de 1 kilogramme à 2 kilo- Espèce commune dans le
grammes par jour. Les repas doivent être distribués aussi régulièrement sud-ouest de la France,
que possible, en trois fois : matin, midi, soir. L'eau de boisson doit être tou- fleurs nettement écarlates.
FIG. 239 . Anémone pulsatile.
jours propre et limpide. Une forme, nommée œil
Anesse laitière. — Il est un point de l'exploitation des races asines qui de paon et cultivée en Provence, est de couleur rouge avec un oeil jaune
mérite une mention spéciale : c est celui de l'utilisation de l'ânesse comme au centre ; il existe quelques variétés à fleurs doubles.
laitière. De toutes les femelles domestiques, l'ânesse est celle dont le lait se Mêmes culture et multiplication que l'anémone des fleuristes.
rapproche le plus, par sa composition et sa digestibilité, de celui de la Anémone du Japon (anemone Japonica). — Plante à longue souche
femme. Aussi, le lait d'ânesse est-il assez fréquemment utilisé pour l'alimen- traçante, tiges dressees atteignant 60 a 80 centimètres de haut, rameuses
tation des malades et des enfants du premier âge, notamment des enfants au sommet, feuilles plus ou moins découpées. Fleurs nombreuses longue-
malades ou débiles. Ce lait est de conservation difficile, car il fermente ment pédonculées, rouges ou rose carminé à l'intérieur, plus pâles à l'ex-
69 ANESSE — ANESTHÉSIE
térieur, larges de 6 à 8 centimétres, floraison d'août à octobre. Une race que l'on place à 5 ou 6 centimètres au-devant des cavités nasales, afin de
nommée anémone élégante comprend des plantes plus fortes, raides, à permettre le mélange des vapeurs à l'air inspiré. Les doses à employer
grand feuillage et à grandes fleurs s'epanouissant en septembre octobre : sont :
variété Honorine Jobert, à fleurs presque blanches, etc. a) Pour le chloroforme :
Culture. — Les anémones du Japon sont cultivées dans les plates-bandes Cheval adulte .......................... 100 grammes (Anesthésie en 20 minutes.)
ou en touffes dans les rochers, sur le bord des massifs d'arbustes, etc. ; terre Boeuf ...................................... 200........— — '20 —
meuble et légère de préfé- Poulains et jeunes chevaux .... 20........— — 10 —
rence ; espacer les touffes b) Pour l'éther :
de 50 à 60 centimètres.
Cheval ....................................................................... 100 à 150 grammes.
Ces plantes sont rustiques
et peuvent rester facile- Pour anesthésier le chien, on force l'animal à respirer par la bouche,
ment 3 ou 4 années en en versant l'anesthésique goutte à goutte ; les doses varient beaucoup avec
place en enlevant les dra- les sujets ; elles sont généràlement comprises entre 10 et 50 grammes.
geons chaque printemps. Le chloral est employé en injection intra-veineuse par la jugulaire (che-
Multiplication. — Parla val) ou en injection intra-péritonéale (cheval et chien) faite dans le haut du
division des touffes en flanc gauche.
mars. avril. Doses :
Anémone des bois ou Cheval ....................... 10 grammes par 100 kilogrammes de poids vif.
sylvie ( anemone nemo- Chien ........ 1 — ................ 3 — —
rosa). — Plante indigène Chat ....... 0 gr. 20 par 1
de 15 à 20 centimètres de Porc ...... 10 grammes.
hauteur, à fleurs blanches L'anesthésie nécessite certaines précautions : il faut absolument éviter
lavées de rose purpurin d'apporter le moindre obstacle à la respiration, ne pas comprimer la gorge
à l'extérieur ; il en existe ni la poitrine (très important chez les petits animaux). S'il se déclare une
des variétés à fleurs dou- syncope, elle sera combattue par les tractions rythmées de la langue, des
bles, blanc pur, bleues, frictions énergiques, la respiration artificielle. Afin de prévenir les acci-
roses, etc. ; floraison en dents, il est recommandé de faire usage de produits purs et de surveiller la
mars-avril dans les lieux circulation et la respiration.
ombragés ou humides. C'est aussi pour éviter les accidents imputables au chloroforme et à l'éther
Cette espèce est parfois que l'on conseille les méthodes mixtes utilisant simultanément ou successi-
cultivée pour la décoration vement deux anesthésiques. Voici les associations les plus souvent em-
des rocailles et des massifs ployées :
à mi-ombre, en terre sa- a) Mélange à parties égales de chloroforme et d'éther ; très recommanda-
bleuse, fraiche ; multipli- ble pour les petits animaux ;
cation par division des b) Injection de morphine ou d'un mélange de morphine et d'atropine une
pieds tous les trois ou demi-heure avant l'inhalation du chloroforme. Les doses sont les suivantes :
quatre ans.
Anémone pulsatile ou Cheval : 10 centigrammes de morphine et 5 milligrammes d'atropine dans
10 centimètres cubes d'eau ; puis 60 grammes de chloroforme.
coquelourde, co querelle,
herbe au vent, fle Chien : 2 centimètres cubes de la même solution; puis, 20 minutes après ,
u r de quelques grammes de chloroforme.
Pâques, etc. — Plante Chat : ne pas dépasser 5 milligrammes de morphine par kilogramme de
indigène de 20 à 25 cen- FIG. 240. — Fleurs d'anémones pulsatiles .
poids vif ; donner le chloroforme un quart d'heure après.
timètres de hauteur (fig.
239-240), feuilles velues, très étroites ; grandes fleurs dressées, velues exté- e) Association chloral-morphine : injection de morphine, puis adminis-
rieurement, en forme de cloche, d'un beau violet, nombreuses étamines jaune tration du chloral dans un lavement. Les doses sont lés suivantes :
d'or. Après la floraison, qui a lieu d'avril à juin, les styles se développent Cheval : 1 gramme de chlorhydrate de morphine et 120 grammes de chloral.
et forment une boule plumeuse très jolie. Chien de taille moyenne : 2 centigrammes de chlorhydrate de morphine et
4 grammes de chloral ; renouveler ces doses au bout de 8 à 10 minutes.
En général, le chloroforme et l'éther sont bien supportés par le cheval et
le boeuf ; il faut cependant les manier avec prudence. Le chloroforme ne sera
pas employé chez les animaux atteints d'anémie, de maladies abdominales
ou pulmonaires avec trou-
bles respiratoires.
Chez le bœuf, afin de
ne pas communiquer d'o-
deur à la viande, on se
contente souvent d'obtenir
l'anesthésie par l'adminis-
tration d'eau-de-vie ou de
vin blanc.
Le chien et le chat sont
sensibles au chloroforme ;
avec ces espèces, on em-
ploie l'éther, le chloral ou
les méthodes mixtes.
Anesthésie locale. —

L'anesthésie limitée à une


région est indiquée dans
quelques opérations, spé-
cialement celles pratiquées
sur les membres et qui peu-
vent être très douloureuses
ou de longue durée ; elle
est encore pratiquée dans
certaines opérations super-
FIG. 241. — Anémones. Rempotage et choix de variétés. ficielles (ponction d'abcès,
ablation de tumeurs) et
La plante vient en terrains calcaires, sur les talus ; multiplication de pré- pour d'autres opérations
férence par division des touffes au printemps. simples chez les animaux
Pour la vente des variétés d'anémones, les horticulteurs se livrent à des irritables.
manipulations (rempotages, notamment) qui ont pour but de faire rendre à L'anesthésique habituel-
la plante le plus d effet possible (fig. 241). lement employé est la co-
caïne. On utilise la cocaïne
Anesse. — Femelle de l'âne. V. ANE. en injections sous-cutanées
Anesthésie. Privation, plus ou moins complète, de la faculté de sentir.

ou en badigeonnages; les
L'anesthésie peut être généralisée ou localisée, c'est-à-dire affecter simul- injections sont faites à la
tanément tous les modes de la sensibilité, ou seulement tel ou tel d'entre périphérie de la région à
eux, et encore à des degrés divers d'intensité : elle est thermique (insensi- insensibiliser. On em-
bilité au froid et au chaud), musculaire, tactile (insensibilité à la pression, ploiera des solutions de 1
au contact), auditive, visuelle, etc. C'est là ce qu'on ap)ielle l'anesthésie ou 2 pour 100, fraîchement
pathologique, qui n'est pas à proprement parler une maladie, mais plutôt préparées. La dose maxima FIG. 242. — Anesthésie générale des petits animaux
est de 20 centigrammes de en vue d'une opération chirurgicale.
un symptôme commun à divers états morbides.
Mais l'abolition ou la diminution temporaire, complète ou partielle, de cocaïne chez le cheval et de
facultés de sensibilité, peut être provoquée ar des moyens artificiels ; elle 5 centigrammes chez le chien. La cocaïne peut être remplacée par la sto-
constitue alors l'anesthésie chirurgicale (fig. 242). Celle-ci est pratiquée vaïne, qui s'emploie de la même façon.
par le vétérinaire dans le but de supprimer la douleur, d'obtenir l'immo- L'anesthésie locale peut encore être obtenue par le froid, car la réfrigéra-
bilité chez les animaux soumis à une opération chirurgicale. Elle est géné- tion détermine un engourdissement avec perte momentanée de la sensibilité.
rale quand elle détermine le sommeil de l'individu, locale quand l'insensi- Il y a deux manières d'anesthésier localement par le froid :
bilisation n'atteint qu'une partie du corps. 1° Application des corps froids : glace ou mélanges réfrigérants ;
Anesthésie générale. — Trois substances principales, dites anesthési- 2° Pulvérisation d'un liquide très volatil (fig. 243) : éther, chlorure de
ques, sont employées chez les animaux : le chloroforme, l'éther et le chlo- méthyle, chlorure d'éthyle ou bromure d'éthyle ; ce dernier est le plus
ral. Le chloroforme et l'éther sont administrés en inhalations. recommandable, parce qu'il produit des vapeurs ininflammables.
On emploie des éponges ou des compresses imbibées de l'anesthésique L'anesthésie du train postérieur peut être obtenue chez le chien, le chat
ANESTHÉSIQUES — ANGLO-ARABE 70

et le cheval, par une injection de cocaïne ou de stovaïne dans le canal rachi- ( fig. 246 et pl. en couleurs CHEVALINES [Races]), est le descendant d'étalons
dien. La ponction est faite au niveau de la région lombaire avec un trocart orientaux (Darley-Arabian , Bierley-Turk , Godolphin-Arabian, etc.) intro-
stérilisé long de 20 centimètres sur lequel on place ensuite la seringue ; duits en Grande-Bretagne au cours des xvne et xvIlle siècles, et accouplés
on emploie pour les petits animaux une aiguille longue de 8 centi- avec des juments indigenes . Influencé par le milieu, modifié par le régime
mètres. L'anesthésie ainsi obtenue dure de 1 à 3 heures. alimentaire, transformé progressivement par l'adaptation à l'allure du galop
Dispositif pour anesthésier les petits animaux. — On de course à grande vitesse, le type oriental associé à celui des chevaux
applique maintenant, aux animaux captifs, toutes les ressour- légers de race indigène a produit le pur sang anglais. La sélection des
ces de la médecine et de la chirurgie pour combattre leurs reproducteurs ( Stud-Book crée en 1795), l'entrainement, l'alimentation inten-
maux. Tout récemment, aux Etats-Unis, le chirurgien en sive, les -soins hygiéniques sont les facteurs essentiels qui ont abouti à une
chef de la Massachussetts Society for the Prevention of race possédant au plus haut degré la vitesse et l'excitabilité nerveuse.
Cruelty to animais, M. George W. Little, a imaginé un appa- Ces qualités sont englobées sous le vocable de cheval de sang; elles
reil spécial pour insensibiliser les petits animaux qui doivent coexistent avec la distinction des formes, la sveltesse générale des lignes
subir une opération un peu douloureuse. Sur nôtre photogra- et aussi parfois avec une irritabilité et une exagération des réflexes qui sont.
phie, nous"essistons à l'anesthésie d'un chien (fig. 242). L'aide la conséquence de l'entrainement et de la dépense d'énergie considérable
applique sur le museau du patient un entonnoir en caout- imposée dans les épreuves de vitesse.
chouc relié, par un tuyau, au récipient renfermant du pro- Caractères généraux. — Taille de lm,58 à 1m,62, robe baie ou alezane,
toxyde d'azote qu'un robinet détendeur muni d'un manomètre rarement grise ou noire, tète carrée, fine, expressive, oeil grand, face allon-
permet au chirurgien de lui administrer sous une pression gée, oreilles mobiles, naseaux larges, ganaches écartées, encolure droite
convenable. et longue pourvue d'une crinière fine et luisante, garrot net et élevé, ligne
Au bout d'un temps variant de 30 secondes à 2 minutes, dorso-lombaire droite, croupe longue et horizontale, hanches sorties, queue
l'anesthésie est complète et le vétérinaire peut alors opérer implantée haut, cuisse et fesse musclées et très descendues, poitrine haute
tout à son aise. Pour sauvegarder l'action du coeur pendant
l'intervention, un second ballon, en relation avec un autre
cylindre plein d'oxygène comprimé, en mélange 5 pour 100 au
gaz anesthésiant que respire l'animal.
Anesthésiques. — Produits employés dans les opérations FIG. 243.
chirurgicales pour supprimer totalement ou partiellement la Anesthésie
douleur. V. ci-dessus ANESTHÉSIE. locale.
Aneth. — Plante de la famille des ombellifères, appelée Pulvérisateur
au chlorure
aussi fenouil officinal. V. FENOUIL. d'éthyle.
Angélique. — Genre d'ombellifères renfermant des plan-
tes assez élevées, aromatiques, à feuilles grandes, lobées et découpées, à
fleurs blanches ou rosées, disposées en ombelles terminales.
On rencontre en France l'angélique sauvage ( angelica sylvestris )
[ fig. 244, 245], qui croit au
bord des eaux, dans les prés
couverts des régions mon-
tagneuses. De cette espèce
sont issues plusieurs varié-
tés cultivées dont la prin-
cipale est l'angélique offi-
cinale (angelica off icinalis )
ou angélique comestible,
dite aussi herbe aux anges
et angélique archangélique
(angelica archangelica ) ;
c'est une belle plante qui at-
teint plus d'un mètre de
hauteur ; cultivée comme
plante potagère par les
peuples du Nord, qui en FIG. 246. — Cheval anglais de course.
mangent les racines cuites
ou crues. et profonde, sternum proéminent, épaule oblique, membres hauts, canons
En France, elle est utili- longs à tendons nets et bien détachés, sabot petit, peau mince, poil fin et
sée pour ses propriétés aro- brillant, crins longs et rectilignes; ensemble fin, svelte, harmonieux et
matiques et médicinales ; longiligne dans toutes ses proportions.
on emploie en confiserie la Aptitudes. — Le cheval anglais est spécialisé comme galopeur de grande
tige qui, confite dans du vitesse. Dans les épreuves telles que le Grand Prix de Paris, le Derby de
sucre, sert à la décoraticn Chantilly et le Derby d'Epsom , la vitesse varie entre 15 mètres et 19°,50 à
des gâteaux, pains d'épi- la seconde ; elle a même atteint 15' ,90. La moyenne pour un bon galopeur
ce, etc. ; les différentes par- est, en course, de 15 mètres à la seconde.
ties de la plante, mais sur- Cette race fournit de bons chevaux de selle pour les services militaires
tout les fruits, servent à la ou civils et d'excellents reproducteurs pour l'obtention des « demi-sang »
préparation d'une liqueur FIG. 244.
— Angélique sauvage. de selle, à la condition toutefois de n employer au croisement que des
(ratafia d'angélique) ; en A. Fruit. étalons de pur sang bien conformés, épais, avec une ossature suffisamment
médecine, sous forme développée.
d'infusion de racine L'Angleterre et la France tiennent la tete pour la production, en nombre
(20 grammes de raci- et en qualité, du pur sang anglais ; viennent ensuite les Etats-Unis, la Répu-
nes pour un litre blique Argentine, l'Allemagne, l'Autriche-Hongrie et toutes les autres con-
d'eau) ou de teinture trées de l'Europe où l'on produit des chevaux de selle et d'attelage. Animal
alcoolique (2 à 10 cosmopolite, adapté au même service dans des milieux très variés, le cheval
grammes), l'angélique anglais de course est un parfait exemple de l'influence qu'exercent, sur les
est utilisée comme sti- races animales, les méthodes d'élevage, la gymnastique fonctionnelle et la
mulant et digestif. sélection des géniteurs.
On la multiplie par Anglaise (Greffe). — Greffe en fente par rameau détaché; c'est l'une
semis : on sème la des greffes les plus employées pour la vigne. V. GREFFE.
graine au printemps,
ou à l'automne sur Anglaiser. — Pratiquer l'opération appelée anglaisage, qui consiste à
couche ou sous cloche; sectionner les muscles abaisseurs de la queue du cheval, de sorte Sue celle-
on repique en place ci reste constamment élevée. (C'est un procédé qui a été imagine par les
le jeune plant dans maquignons anglais.)
une terre meuble et Angles (Race d'). — Variété bovine de taille moyenne, que l'on ren-
fraiche. contre dans le département du Tarn et que l'on présume issue d'un croise-
L'angélique fait ment entre les races d'Aubrac et de Schwitz.
l'objet d'une culture La robe varie du froment au gris blaireau ; la tête est large, le mufle
assez importante dans court, les cornes relevées, la queue mal attachée, les membres forts et
les départements des courts. Sa conformation générale rappelle la race gasconne. C'est surtout une
Deux-Sèvres (envi- race de travail rustique à aptitudes laitières médiocrement développées.
rons de Niort), de la
Loire-Inférieure et du Anglo arabe (Cheval). — Obtenu en accouplant l'étalon de pur sang
-

Puy-de-Dôme. • anglais avec une jument de pur sang arabe ou, inversement, une pouliche
de pur sang anglais avec un étalon de pur sang arabe ( fig. 247).
Angine (méd. vét . ). Caractères généraux. — Tète fine, plus carrée que celle de l'anglais, à
— Inflammation le profil rectiligne ; encolure longue et droite ; garrot saillant et prolongé en
plus souvent localisée FIG. 245. — Ombelle d'angélique en fruits.
arrière ; dos et rein droits ; croupe horizontale ou légèrement oblique ;
aux muqueuses de membres secs et nerveux, plus forts que chez l'arabe ; poitrine profonde ;
l'arrière-bouche et du pharynx et qu'il ne faut pas confondre avec la gourme taille élevée ; ensemble harmonieux.
(V. ce mot) chez le cheval. On traite les cas peu graves par un bandage Plus développé que l'arabe, dont il a conservé les formes gracieuses et
matelassé, des fumigations d'eau tiède, l'usage d'électuaires au miel et d'io- l'énergie, il est plus résistant et moins délicat que l'anglais, dont il offre le
dure de potassium (5 à 10 grammes par jour). Dans tous les cas, faire appel modèle.
au vétérinaire. La tendance voulue et cherchée est de s'écarter des deux souches pures,
Anglais de course (Cheval). — Le cheval dit de pur sang anglais en se rapprochant toutefois plutôt de l'anglais que de l'arabe, On rencontre
(the thoroughbred horse, the racehorse ) ou cheval anglais de course davantage de sujets 2/3 ou 3/4 sang anglais et 1/3 ou 1/4 sang arabe que
71 ANGLO-NORMAND — ANGORA

Hors de cette aire géographique naturelle, le demi-sang normand se ren-


contre un peu partout en France ; l'administration des Haras possède, en
effet, 1 500 reproducteurs de ce modèle répartis dans ses dépôts d'étalons.
Le demi-sang normand a été exporté aux Etats-Unis, au Canada, en Argen-
tine, au Cap, au Japon. en Hollande, en Allemagne, en Hongrie, etc.
Caractères généraux. — Taille de 1",54 à lm,66, robe généralement baie,
parfois alezane, rarement noire, rouanne ou grise ; tète assez forte à chan-
frein droit ou légèrement convexe, front large, orbites effacées, face longue,
encolure assez longue et épaisse, garrot bien sorti et prolongé en arrière,
ligne du dos droite ou un peu voussée au niveau du rein, croupe longue et
légèrement inclinée, cuisse et fesses musclées, bien descendues, épaule
longue et oblique, poitrine profonde, articulations larges, canons fins, sabots
assez forts, aplombs réguliers. Cheval vigoureux et énergique, ayant de la
résistance et du fond, susceptible d'un long service quand son utilisation aux
allures vives n'a pas lieu avant sa cinquieme année.
Aptitudes. — Le modèle de l'anglo-normand varie avec le milieu où il
est produit et le service qui lui est demandé. Il fournit des chevaux de cava-
lerie de réserve et de ligne, des chevaux d'artillerie selle et d'artillerie trait,
des trotteurs, des grands et des petits carrossiers. C'est un cheval à deux
fins, bon pour l'attelage, trotteur remarquable, excellent pour la selle lors-
qu'il est assez près du Cheval anglais, convenable comme carrossier quand
il est moins affiné, répondant en résumé à de multiples débouchés, en tete
desquels il convient toutefois de placer ceux que lui offrent les remontes
militaires, le commerce des étalons et des carrossiers.
Angora. — Se dit de certaines variétés de chats, de chèvres, de lapins
( fig. 249) originaires d'Angora, ville de la Turquie d'Asie, et remarquables
par leurs poils longs et soyeux.
Chat d'Angora. — Le chat d'Angora a les poils très longs et très soyeux,

FIG. 247. — Cheval anglo - arabe.

d'autres, car les croisements anglais-anglo-arabe sont plus nombreux que


les croisements arabe-anglo-arabe . La jumenterie de Pompadour (Corrèze)
entretient des juments et étalons anglo-arabes de choix dont les reproduc-
teurs miles sont destinés aux dépôts d'étalons de Pau et de Tarbes.
Aptitudes. — Cheval de selle, améliorateur des races du Midi.
Anglo normand (Cheval). — Encore appelé demi-sang normand
-

( fig. 248 et p1. en couleurs CHEVALINES [ Races]), ce cheval occupe la pre-


mière place parmi les chevaux de demi-sang issus des races françaises
croisées par des étalons de pur sang anglais ou arabes.
Le demi-sang normand descend des anciens chevaux de Normandie, pour
la plupart de haute taille avec une tète longue et busquée, dont le croise-
ment par le pur sang anglais commença vers 1770. Quelques pur sang arabes
furent employés et, apres 1840, des demi-sang anglais trotteurs, qui léguè-
rent l'aptitude au trot à la famille normande. Ces croisements anciens suivis

FIG. 249. — Lapin d'Angora gris (femelle).

généralement blancs, mais quelquefois gris, fauves ou tachetés ; les lèvres


et la plante des pieds ont la couleur de la chair.
Chèvre d'Angora. — Les chèvres d'Angora ont aussi les poils très longs
(la mèche, noire ou blanche, atteint jusqu'à 75 centimètres), très soyeux

Cliché Uaillard .
FIG. 248. — Cheval anglo-normand.

de métissages judicieux, basés sur l'emploi de reproducteurs qualifiés et de


raceurs , donnèrent à l'anglo-normand assez de fixité pour qu'il pût, à son
tour, être utilisé pour la reproduction, soit dans son pays d'origine, soit
dans de nombreuses contrées de France. Parmi les reproducteurs ayant
contribué à la formation de l'anglo-normand, méritent d être cités : les pur
sang anglais Eastham , Napoléon, Royal-Oak, Heir-of-Linne ; les demi-sang
anglais Y Rattler, Black-Norfolk, Phoenomenon ; les demi-sang normands
trotteurs Normand, Conquérant, Phaéton, Lavater, Tigris, Niger, etc.
Aire géographique. — L'aire géographique de l'anglo-normand comprend
des régions de production et des régions d'élevage réparties dans la FIG. 250. — Épilage à la main d'un lapin d'Angora blanc.
Manche, le Calvados et l'Orne. La Manche est un pays de production : on fait
naître dans le Cotentin, le Val de Saire, la Hague, l' Avranchin, le Bocage ;
dans le Calvados, les naissances occupent le Bessin, le pays d'Auge, le Bocage ; très fins, que l'on peut utiliser pour la fabrication des tissus se rapprochant
dans l'Orne, le Merlerault , la plaine d'Alençon. La région de Caen (campagne des tissus de soie.
de Caen) est essentiellement un pays d'élevage des poulains. On y pratique, Elles ne craignent pas le froid, mais redoutent beaucoup l'humidité ; elles
du printemps à l'automne, un régime spécial, le piquet :les animaux restent ne sont pas difficiles sous lerapport de l'alimentation, à la condition que les
jour et nuit dehors, dans des champs de trèfle incarnat ou de sainfoin fourrages soient secs. V. le tableau CHÈVRES.
-qu'ils pâturent en étant attachés à l'extrémité d'une chaîne fixée au sol par Lapin d'Angora. — Le lapin d'Angora ( N. 249) a le, poil long, soyeux,
un piquet. En hiver, les poulains sont rentrés à la ferme, et accoutumés pro- légèrement frisé, d'un blanc gris perle ou roux clair. Il perd ses poils au prin-
gressivement au harnais. Le véritable dressage a lien au printemps suivant. temps et à l'automne ; on l'en dépouille au moyen d'un peigne ou à la main
ANGUILLE — ANG DILL UL E 72'
(fig. 250) [jusqu'à quatre récoltes de poils par an], et ces poils servent La tige du blé attaqué par les anguillules est plus petite que les autres
principalement pour la chapellerie. Cette race n'est pas élevée pour sa chair, (rachitique) ; ses feuilles sont recroquevillées, d'un vert bleuâtre ; l'épi est
mais pour sa production pileuse. V. pl. en couleurs BASSE-COUR. maigre, desséché et les grains deviennent bruns, puis, noirs comme nous
l'avons indiqué plus
Anguille. — Genre de poissons de la famille des murénidés ( fig. 251), haut. Les anguillules
à corps allongé, rappelant celui du serpent, couvert de petites écailles ca- vivent dans le sol.
chées dans la peau, laquelle est visqueuse, très lissante ; l'anguille a la tète Dès que les semis de
allongée, avec des mâchoires d'égale longueur et garnies de dents ; l'ouver- blé commencent à se
développqre elles pé-
nètrent par les bles-
sures des racines ou
rampent vers la sur-
face et s'introduisent
dans les [Link] prin-
temps, elles montent
dans les jeunes
feuilles et les font se 1
plisser, se gaufrer. . FIG. 252, 253. — Anguillule du blé.
Puis, quand les épis 1. Anguillule grossie; 2. Grain de blé niellé (grossi).
commencent à se dé-
velopper, elles vont
piquer les grains en formation, et c'est là qu'elles se réunissent.
Destruction. — Davaine a conseillé d'immerger les grains à semer dans
l'eau acidulée à 1/150 d'acide sulfurique. Il faut aussi alterner les cultures.
Anguillule de la tige ou tylenche ravageur (tylenchus devastatrix ). —
Ver de 2 millimètres qui vit soit dans les tiges, soit dans les feuilles des
plantes. Sur les clématites, les jacinthes, ce ver cause la maladie dite circu-
laire, en raison des cercles noirâtres produits dans les bulbes ; on le
trouve également sur les échalotes, les ails et les oignons ; ces derniers,
lorsqu'ils résistent à la maladie, sont complètement déformés : ce sont les
FIG. 251. — Anguille. — 1. Adulte; 2. Jeune. oignons dits poireautés; tandis que les poireaux, au contraire, prennent les
apparences d'un oignon, et on les appelle poireaux oignonnés ; l'avoine, le
ture des branchies se trouve près de la base des nageoires pectorales. La seigle, attaqués par ce parasite, sont dits poireautés oignonnés, car la base
nageoire dorsale se prolonge jusqu'à l'extrémité du corps et s'unit avec la de leur tige se gonfle et leurs feuilles prennent un aspect gaufré. La pomme
nageoire ventrale. V. pl. en couleurs POISSONS. de terre et le sarrasin peuvent aussi être attaqués.
L'espèce la plus connue est l'anguille commune (anguilla vulgaris), dont Destruction. — Pas de remède efficace contre cette anguillule . La plupart
la coloration varie du vert foncé métallique au brun jaunâtre. Sa longueur du temps, le changement de culture suffit pour la faire disparaître. En
moyenne est de 0m,90 et son poids peut atteindre 6 kilogrammes. culture potagère, arracher et brûler le plus töt possible les plantes attaquées.
On rencontre surtout les anguilles dans les eaux douces ou saumâtres, Anguillule ou nématode de la betterave ( heterodera Schachtii) [ fig.
dormantes ou courantes ; elles sortent quelquefois de l'eau, surtout la nuit, 253]. Ce ver, que l'on a appelé encore le phylloxéra de la betterave, est l'un
et peuvent effectuer de véritables migrations. des plus grands fléaux de la culture betteravière (V. pl. en couleurs BETTE-
Multiplication. — L'anguille est un poisson de mer et d'eau douce, mais ne RAVE [ Maladies de la]). Les betteraves attaquées ne meurent pas, mais elles
se reproduit qu'à la mer ; cependant, d'après Imhof, elle se reproduit aussi sont arrêtées dans leur développement ; leurs feuilles jaunissent, s'atro-
dans l'eau douce. On sait, aujourd'hui, que les sexes sont séparés et que les phient et se fanent, les racines développent un chevelu abondant, restent
femelles pondent des oeufs, très petits et au nombre de 5 millions environ. chétives et la récolte est très réduite.
Grâce aux travaux de Grassi, on sait que de l'oeuf de l'anguille sort un Vivant uniquement sur les racines, l'anguillule ou nématode de la betterave
poisson, connu sous le nom de leptocéphale brévirostre, qui se transforme présente un curieux cas de dimorphisme sexuel. Le mâle, qui a au plus
en anguille commune. 1 millimètre de long, est vermiforme ; il possède un stylet buccal avec lequel
Les anguilles adultes, à l'automne (d'octobre à janvier), gagnent la mer et il s'attaque aux tissus des racines. La femelle est toute différente : fécondée,
se reproduisent dans les grands fonds (500 mètres au moins). Des oeufs sor- elle est globuleuse, et sa forme générale rappelle celle d'un citron ; longueur,
tent les leptocéphales, petits poissons allongés, comprimés latéralement, dia- 1 millimètre au plus ; largeur, Omm,8. Les veufs produits, au nombre d'envi-
phanes, longs de 60 à 77 millimètres. Peu à peu leur couleur se fonce, leur ron 300, peuvent être évacués ou, au contraire, éclore dans le corps de la
corps se réduit et le leptocéphale devient une petite anguille qui, au bout femelle ; en ce cas, celle-ci meurt, mais son épiderme durcit et devient un
d'un an de vie marine, remonte le cours des rivières, où elle deviendra
adulte; la montée se fait entre février et avril.
Pêche. — L'anguille se pêche à la ligne à soutenir et à la traînée.
Pour pêcher à la ligne à soutenir, il est nécessaire d'amorcer plusieurs
jours de suite les endroits où l'on se placera. Les amorces-appâts que ce
poisson préfère sont les vers rouges, les boyaux de volaille, les petits pois-
sons , surtout le véron.
La pêche doit avoir lieu avant huit heures du matin, ou après six heures
du soir, sauf par temps d'orage. Les hameçons .seront durs, résistants et
assez forts (nos 6, 7, 8, 9) et montés solidement. On ferrera très fortement.
La traînée est une ligne de fond de 9 à 12 mètres de longueur (mais il y
en a de plus longues) à l'extrémité de laquelle on met une pierre. On lance
l'engin au milieu de la rivière, après avoir fixé le bout libre à un piquet
planté sur la rive. La traînée ne comporte qu'un petit nombre d'hameçons
très forts (un par mètre). Des pierres ou des plombs sont fixés de distance
en distance sur la cordelette pour la maintenir au fond de l'eau. Amorcer
de préférence avec de petits poissons et poser la traînée avant le coucher du
soleil. On lève les traînées au petit jour.
Elevage . — L'anguille supporte bien l'élevage en étang, surtout dans les
pièces d'eau à fond argileux qui conviennent mal à la carpe. On peut l'utili-
ser dans les étangs à truites adultes, pour lui faire consommer les débris
de nourriture qui tombent au fond ; mais sa voracité naturelle en interdit
toujours l'introduction dans les étangs d'alevinage, et, en général, dans .
toutes les pièces d'eau qu'on ne peut pas vider à fond ou mettre à sec.
Les étangs où l'on se propose d'élever l'anguille doivent avoir leur berges
aussi abruptes que possible et, de plus, être entourés d'une palissade pour
empêcher l'évasion du poisson. Il faut aussi munir les vannes de grilles
assez fines. On empoissonne les étangs avec les petites anguilles, longues
de 3 à 4 centimètres, très fines, qui remontent nos fleuves en février-
mars et qu'on se procure facilement en adressant des demandes à l'admi-
nistration des Ponts et Chaussées. Il ne faut pas les mettre directement dans
les étangs, parce qu'on en perdrait beaucoup ; il est préférable de les placer
dans des bacs flottants pendant 5 à 8 semaines et ensuite d'empoissonner
les étangs à raison de 1 800 à 2000 anguilles d'un an par hectare.
Anguiliule . — Genre de vers nématodes, c'est-à-dire filiformes, carac-
térisés par une cavité buccale très petite, un oesophage avec bulbe posté-
rieur et un appareil valvulaire. Il n'y a pas de glande anale, mais des
organes latéraux circulaires. Le corps est filiforme et cylindrique. La plu- FIG. 254. — Anguillule (nématode de la betterave).
part des anguillules vivent dans l'eau ou le sol humide ; quelques-unes, dans 1 et 2. Évolution du mâle; 9. Racine de betterave portant des nodosités produites par le nématode
temelle ; 4, 6, 6. Evolution du nématode femelle (8g. trie grossies).
les matières fermentescibles (fumier, colle de pâte, vinaigre) ; mais les plus
dangereuses s'attaquent aux tissus vivants des plantes. Les espèces qui in-
téressent plus particulièrement les agriculteurs sont les suivantes : abri protecteur pour les jeunes anguillules. Les jeunes larves, en liberté, se
Anguillule du blé (tylenchus tritici) [ fig. 252]. — Le mâle a 2 milli- répandent dans le sol et viennent se fixer au chevelu de la racine des
mètres de long et la femelle 4 à 5 millimètres. On la rencontre dans les plantes qui leur conviennent. Si l'individu est une femelle, il prend la
grains de blé ; les grains attaqués sont plus petits, arrondis et offrent un aspect forme d'une petite outre qui, en augmentant de volume, refoule l'epiderme
noirâtre que n'ont pas les grains ordinaires. A l'intérieur de ces grains et produit une espèce de nodosité caractéristique.' Ce sont les petites nodo-
noirs, soies une écorce épaisse, on trouve des milliers de larves d'anguillules sités blanchâtres fixées sur les radicelles des betteraves qui font recon-
formant une substance blanchâtre. La maladie occasionnée sur le blé par naître la maladie. Si l'individu est un mâle, l'évolution est un peu plus
la présence de ces parasites est connue sous le nom de nielle (fig. 253) . ou longue : il se forme une sorte de cocon que le ver, arrivé à l'état parfait,
encore de rachitisme. crève pour s'échapper au dehors. En plus de la betterave, cette espèce s'at-
73 ANGUS — ANIMAUX DOMESTIQUES

taque encore aux crucifères (chou, chou-rave, chou-navet, navette, colza, climatériques et culturales de son aire géographique pour pouvoir avanta-
moutarde, radis), aux épinards et à certaines céréales, notamment l'avoine. geusement être transplantée.
Destruction. — L'extension des anguillules dans les cultures de betteraves Anhydre. — Qui ne contient pas d'eau. Exemple : sel anhydre.
a pour cause principale l'emploi des boues de lavage des racines et des Anhydride sulfureux. V. SOUFRE. -
terres des silos de sucreries. D'après M. Vivien, les anguillules sont en

décroissance partout où l'on a cessé d'utiliser ces résidus. Ceux-ci peuvent Aniline. — Alcali organique artificiel que l'on prépare par la réduction
cependant être employés sans danger, lorsqu'on les a traités par la chaux. de la nitrobenzine ; ils obtient en faisant agir un mélange d'acide nitrique
On a préconisé : 1° le sulfure de carbone, à raison de 25 grammes par et d'acide sulfurique sur la benzine, provenant elle-même des goudrons de
mètre carré. Ces injections entraînent des dépenses considéralJ es et elles houille. C'est ce qui fait dire que l'aniline est un dérivé du goudron de
ne peuvent être utilement pratiquées que sur des points où il n'y a encore houille.
que des taches ; 2° l'abandon temporaire de la culture de la betterave. Ce L'aniline est la base d'un grand nombre de matières colorantes de teintes
n'est pas un remède suffisant, car l'anguillule vit sur l'avoine, la moutarde, très variées (rouge, bleu, violet, vert, etc.) et d'un pouvoir tinctorial très
la ravenelle, etc. Il y a cependant des végétaux réfractaires aux anguillules , grand ; la plus connue est la fuchsine. V. ce mot.
tels que la chicorée, le pois, le lin, la luzerne, la féverolle et le trèfle incar- Animaux domestiques (fig. 256). — Animaux que l'homme a asso-
nat ; 3° la culture de plantes pièges comme le colza et la navette (d'après ciés à son existence et dont il utilise les services et les produits, tout en
Kühn) : on fait des semis de colza ou de navette très drus dont le produit surveillant et réglant leur multiplication, en modifiant leur conformation et
est detruit vers la cinquième ou sixième semaine de son développement leurs aptitudes, afin de les approprier à ses besoins. Il ne faut pas confondre
alors que les nématodes, très avides de ces crucifères, se sont réfugiés sur les animaux domestiques avec les animaux apprivoisés : l'apprivoisement
leurs racines. [Link] de saisir le moment favorable pour supprimer contraint, par force ou par ruse, un instinct naturel d'indépendance, tandis
les plantes-pièges. On opère avec certitude lorsque les larves sont arrivées que la domestication exploite un instinct naturel de sociabilité. Dans les
à la période de l'immobilité, ce qui se reconnaît au gonflement caractéris- espèces vraiment domestiques, on distingue : 1° parmi les animaux indi-
tique des radicelles ; le colza prend alors sa cinquième feuille. La terre est gènes (fig. 256, 1 à 5), le chien, le cheval, l'âne, le boeuf, le mouton, la
travaillée à l'extirpateur et à la herse, de façon à déraciner toutes les plantes ; chèvre, le porc, la poule, le dindon, l'oie et le canard ; 2° parmi les ani-
celles-ci sont enfouies par un labour après deux ou trois jours de dessiccation, maux exotiques (fig. 256, 6 à 9), le chameau, le buffle, l'éléphant, le renne,
ou brûlées, ou encore détruites en les incorporant dans un compost à base de le zébu, etc. Les animaux qui vivent solitairement, ou par couples, ne sont
chaux. On exécute ensuite un nouveau semis que l'on traite de la même jamais qu'apprivoisés. Toutefois, quand les races privees ou captives sont
façon. En cas de forte infection, on renouvelle 1 opération l'année suivante. d'un naturel timide et qu'elles subissent le joug de l'homme depuis de
Actuellement, en Allemagne, les terres infestées sont ensemencées en colza .
longues générations, on les distingue à peine des races domestiques ; tel
ou en navette après labour de déchaumage de la céréale qui précède la est le cas du pigeon et du lapin.
betterave, et la récolte est enfouie cinq à six semaines après. Le nombre des animaux domestiques est relativement limité : dans la
Angus (Race d'). — Race bovine (fie. 255 et pl. en couleurs BOVINES classe des mammifères, nous avons le cheval, l'âne, le boeuf, le mouton, la
[Races]) dont l'aire géographique s'étend sur la partie orientale des basses chèvre, le porc, le chien, le chat, le lapin'; dans la classe des oiseaux, nous
terres de l'Ecosse, particulierement sur les contrées de Forfar et d'Aberdeen. trouvons la poule, le dindon, le pigeon, l'oie, le canard, le paon, la pin-
Race sans cornes, à pelage très foncé et sans tache, elle présente tous les tade, le cygne. Certains auteufs ajoutent à cette liste la carpe commune,
l'abeille et le ver à soie, dont l'état de domesticité est peu développé.
Au point de vue des services qu'ils nous rendent, les animaux domesti-
ques peuvent êtres classés en deux grandes catégories :
1° Les animaux domestiques indispensables à l'agriculture et qui consti-
tuent le bétail : cheval, boeuf, mouton, porc ;
2° Les animaux domestiques qui, tout en étant très utiles, ne sont pas
indispensables à la vie d'une exploitation agricole : animaux de basse-cour,
abeille, ver à soie.
Législation. — Au point de vue juridique, on distingue : les animaux sau-
vages, les animaux qui ne sont pas absolument sauvages sans être absolu-
ment domestiques, les animaux domestiques.
Droit de propriété sur les animaux. — Les animaux dits sauvages, comme
le gibier, deviennent la propriété de l'homme par droit d'occupation et la
fin de l'occupation met fin à ce droit.
Les animaux de la seconde catégorie appartiennent par droit d'accession
au propriétaire du fond sur lequel ils se fixent : ainsi les pigeons, lapins et
poissons qui passent, sans y avoir été attirés frauduleusement, dans un autre
colombier, une autre garenne ou un autre étang, appartiennent au pro-
priétaire de ces colombier, garenne ou étang.
Les animaux domestiques sont l'objet d'un droit de propriété, au sens
général et ordinaire du mot.
I mmobilisation par destination. — De leur nature, les animaux sont meu-
bles, mais la loi range certains d'entre eux parmi les immeubles par desti-
caractères des races aptes à la production de la viande de boucherie et pro - nation, et l'intérêt de cette distinction apparaît en matière de saisie. Les ani-
pices à l'engraissement : tête fine, membres courts et déliés, ossature réduite, maux que le propriétaire d'un fonds livre au fermier ou au métayer pour la
harmonieusement développée dans toutes ses parties, dos large à table hori- culture, ou qu'il emploie lui-même pour l'exploitation de son fonds, sont
zontale, peau souple, poil soyeux. C'est en effet une excellente race de bou- considérés comme immeubles tant qu'ils demeurent attachés au fonds par
cherie, depuislongtemps sélectionnée dans ce but par les éleveurs de l' Ecosse, l'effet de la convention. Ceux qu'il donne à cheptel, à d'autres qu'au fermier
et dont les animaux, d'une grande précocité, sont souvent en état d'être ou au métayer, ne sont pas immobilisés. Sont également immeubles par
abattus dès l'âge de deux ans. Ils fournissent une viande fine, compacte, bien destination les ustensiles aratoires, les semences données aux fermiers ou
marbrée de graisse, très appréciée en Angleterre. Leur poids atteint, en colons partiaires ou mises en réserve par le fermier pour les prochaines
moyenne, 450 kilogrammes et peut aller jusqu'à 600 kilogrammes et même semailles, les pigeons des colombiers, les lapins des garennes, les poissons
davantage, à l'état gras. Malgré ses grandes qualités, cette race est cepen- des étangs, les ruches d'abeilles.
dant peu exportée, car elle est trop étroitement adaptée aux conditions Usufruit. — Le produit et le croit des animaux appartiennent à l'usufrui-

FIG. 256. Animaux domestiques : 1 à 5. Indigènes : 6 à 9. Exotiques.


ANIMAUX A FOURRURE — ANIMAUX NUISIBLES 74
Lier. Celui-ci est tenu de restituer la chose dans l'état où il l'a reçue, sauf si un boeuf, une vache ou un veau. Dans les bois de moins de dix ans, l'amende
elle a été perdue ou détériorée par cas fortuit. II n'a donc pas à restituer un sera double, sans préjudice des dommages-intérêts ( Code forestier, art. 199).
autre animal ni même à en payer le prix, si l'animal reçu en usufruit a péri
par cas fortuit ; le propriétaire ne peut réclamer que la dépouille. Lorsqu'un Animaux à fourrure (fig. 257). — Il en existe un grand nombre, bien
troupeau périt tout entier par accident ou maladie, l'usufruitier, s'il n'est que les plus beaux pelages soient fournis par des carnivores. Nous citerons
pas en faute, n'est tenu de rendre compte que des peaux ou de leur valeur. seulement ceux que l'on trouve dans nos pays. La martre .(ou marte)
Lorsque le troupeau ne périt que partiellement, 1 usufruit demeure établi commune vit en France ; on l'appelle encore martre des sapins ; elle est
sur les têtes qui subsistent, mais 1 usufruitier doit remplacer les animaux très estimée. La fouine sert à imiter cette dernière, dont elle se distingue par
qui ont péri Jusqu'à concurrence du croit. La loi entend-elle parler du croît un pelage plus gris, moins fin et une tache blanche sous la gorge, la martre
précédemment perçu par l'usufruitier ou du croît à venir ? Controverse. ayant à la même place une tache plus petite et jaune. L'hermine, rousse en
Protection des animaux domestiques. — Aux termes de la loi Grammont été, devient blanche en hiver, l'extrémité de la queue restant toujours
du 2 juillet 1850, sont punis d'une amende de 5 à 15 francs et peuvent l'être noire ; elle habite le nord et l'est de la France, la Suisse. La loutre (loutre
de 1 à 5 jours de prison ceux qui ont exercé abusivement et publiquement de rivière) est de couleur brune plus ou moins claire ; elle donne une
des mauvais traitements envers les animaux domestiques. La peine de la fourrure solide. Le renard commun habite toute l'Europe tempérée. La
prison est toujours appliquée en cas de récidive. genette se trouve surtout en France, dans le Midi ; on l'appelle encore chat
L4gislation rurale. — Dommages causés par des animaux. — Le pro- d'Espagne ; sa toison est grise, tachée de brun ou de noir. Les chats sont
priétaire d'un animal ou celui qui s'en sert est responsable du dommage très employés pour les imitations de fourrures rares, les doublures, etc. ;
causé par cet animal, que celui-ci soit sous sa garde ou qu'il soit égaré ou ceux qui vivent en France à l'état sauvage sont demandés par les pharma-
échappé ( Code civil, art. 1385). ciens pour les rhumatisants ; les angoras servent à imiter le renard. Le
Le fait de laisser passer des bestiaux ou bêtes de travail, de charge ou de blaireau possède une fourrure très rude ; on en fait des tapis. Parmi les
monture sur le terrain d'autrui avant l'enlèvement de la récolte est puni ours, on ne connaît en France que l'ours brun, qui habite les Alpes et les
d'une amende de 1 franc à 5 francs ( Code pénal, art. 471). Si le terrain est Pyrénées. La taupe possède un pelage très fin et doux. La marmotte des
ensemencé ou chargé de récolte, en quelque saison que ce soit, ou planté en Alpes et des Pyrénées n'est pas très belle à l'état naturel, mais, teinte et
bois taillis, la peine est de 6 francs a 10 francs inclusivement ( Code pénal, lustrée, elle sert à imiter la martre. Le lièvre commun est surtout utilisé
art. 475). « Ceux qui auront occasionné la mort ou la blessure des animaux en chapellerie ; on le teint pour imiter le renard. Le lapin est précieux à
ou bestiaux appartenant à autrui, par l'effet de la divagation des fous ou plus d un titre ; son duvet constitue la matière première du feutre et sa
furieux, ou d'animaux malfaisants ou féroces, ou par la rapidité ou la mau- peau permet de résoudre le problème des fourrures à bon marche ; on
vaise direction ou le chargement excessif des voitures, chevaux, bêtes de l'utilise aussi en chapellerie ; suivant son origine (lapin sauvage ou de
trait, de charge ou de monture, sont punis d'une amende de 11 francs à garenne, lapin de clapier) et son emploi, on le teint, on le lustre, on le tra-
15 francs. » ( Code pénal, art. 479). vaille de façons très variées. La chèvre et le mouton sont utilisés pour les
Les animaux dangereux doivent être tenus enfermés, attachés et enchaî- vêtements, les tapis, les couvertures. Le veau est employé pour la confec-
nés, de manière à ne causer aucun accident aux personnes ou aux animaux tion de certains manteaux, de même que le poulain.
domestiques (Loi du 21 juin 1898, art. 14). Animaux nuisibles (V. planche en couleurs ANIMAUX NUISIBLES). —
Lorsque des animaux errants sans gardien ou dont le gardien refuse de se Animaux qui portent préjudice à l'homme, soit qu'ils s'attaquent directe-
faire connaître sont trouvés pacageant sur des terrains appartenant à autrui, ment à lui ou aux animaux domestiques, ou encore au gibier et au poisson,
sur des accotements ou dépendances des routes, canaux, chemins ou sur des soit qu'ils détruisent les provisions ou les récoltes, etc.
terrains communaux, le propriétaire lésé ou son représentant a le droit de Nous ne parlerons pas des animaux accidentellement nuisibles à l'homme
les conduire ou de les faire conduire immédiatement au lieu de dépôt dési- et que ce dernier détruit pour le plaisir de la chasse : ours, loup, sanglier,
gné par l'autorité municipale. Le maire, s'il connaît le propriétaire responsa- cerf et biche, lapin, etc., ou qui ne deviennent nuisibles que lorsqu'ils sont
ble du dommage, lui en donne avis. Dans le cas contraire, et si le dommage en excès dans une région. Dans ce cas, des battues (V. ce mot) administra-
n'est pas payé dans la huitaine, il est procédé à la vente sur ordonnance tives sont prescrites. Comme animaux nuisibles nous citerons :
du juge de paix, qui évalue les dommages; cette ordonnance est affichée, sur 1° Les rongeurs : l'écureuil, le loir, le lérot, le rat, le souris, le mulot,
papier libre et sans frais, à la porte de la mairie. Le montant des frais et des le campagnol, etc. ;
dommages est prélevé sur le produit de la vente. Le propriétaire peut faire 2° Les carnivores : le renard, la belette, la fouine, l'hermine, le putois. la
opposition, par simple avertissement, à l'ordonnance dans la huitaine de la martre, la loutre, etc. ; ,
vente et même après ce délai si le juge de paix estime que les circonstances 3° Les oiseaux : il n'y en a relativement qu'un petit nombre de franche-
lui permettent de tempérer la rigueur de la loi. Il est procédé à la vente de ces ment nuisibles ; et, en réalité, aucun oiseau n'est ni complètement nuisible,
animaux conformément aux dispositions de l'article premier du titre VI, ni complètement utile : tout dépend du point de vue auquel on se place.
livre premier, du Code rural. Lorsque les animaux errants qui causent le Ainsi, le moineau, d'une maniere générale, est utile, mais il peut arriver
dommage sont des volailles, des oiseaux de basse-cour de quelque espèce que, s'étant multiplié à l'excès, il se rende coupable de pillage dans nos
que ce soit, ou des pigeons, le propriétaire, fermier ou métayer du champ greniers et devienne nuisible. « C'est pour n'avoir pas voulu s'entendre
envahi pourra les tuer, mais seulement sur le lieu, au moment où ils auront sur la véritable signification du mot utile, dit Brocchi, que l'on a vu s'éle-
causé le dégât et sans pouvoir se les approprier. Si, dans un délai de vingt- ver de vives discussions, chaque fois qu'il a été question de dresser une
quatre heures, celui auquel appartiennent les volailles tuées ne les a pas liste des oiseaux utiles ou nuisibles. Voici, par exemple, une liste d'oi-
enlevées, le propriétaire, fermier ou métayer du champ envahi est tenu de seaux nuisibles dressée par l'administration du Muséum en 1861 : faucon
les enfouir sur place (Lois du 4 avril 1889, article premier, et du 21 juin 1898, commun, faucon hobereau, aigle fauve, aigle criard, aigle botté, aigle jean-le-
art. 15). Le propriétaire de l'animal est d'ailleurs tenu de réparer le dommage. blanc ou circaète, buse vulgaire, autour, milans, gypaètes, balbuzard fluviatile,
Les préfets peuvent, après avoir pris l'avis des conseils généraux et des vautours, grand corbeau, pigeon ramier, pigeon colombin, pigeon biset, cor-
conseils d'arrondissement, déterminer par des arrêtés les conditions sous beau choucas, corneilles, freux, pie ordinaire, geai, pie-grièche, tourterelle.
lesquelles les chèvres peuvent être conduites et tenues au pâturage. Les Si les ornithologistes du Muséum étaient appelés aujourd'hui à refaire cette
propriétaires de chèvres conduites en commun sont solidairement respon- liste, ils la modifieraient beaucoup. Ainsi, la buse, qui détruit une quantité
sables des dommages qu'elles causent. considérable de campagnols, doit être rayée de la liste de proscription ; il
Ceux dont les voitures, bestiaux ou animaux de charge ou de monture en est de même du freux et des corneilles. Les pigeons et les tourterelles
sont trouvés dans les forêts, hors des routes et chemins ordinaires, sont pas- sont devenus trop rares pour être nuisibles ; quant au geai, les forestiers le
sibles, sans préjudice des dommages-intérêts : par chaque voiture, d'une considèrent comme utile, bien qu'il soit nuisible aux couvées de faisans ;
amende de 10 francs pour les bois de dix ans et au-dessus, et de 20 francs 4° Les reptiles : les couleuvres et les vipères, qui détruisent des lézards,
pour les bois au-dessous de cet âge ; par chaque tête ou espèce de bestiaux de jeunes oiseaux et autres petits animaux insectivores;
non attelés, aux amendes fixées pour délit de pâturage ( Code forestier, 5° Les insectes : ils sont très nombreux, et, à l'exception de quelques-uns
art. 147). Dans les bois de dix ans et au-dessus, ce délit est puni de 1 franc directement utiles à l'homme (abeille, ver à soie, cochenille du nopal,
d'amende pour un cochon, 2 francs pour une bête à laine, 3 francs pour un kermès du chêne, certains cynips, etc.), ou d'autres que l'on considère
cheval ou toute bête de somme, 4 francs pour une chèvre, 5 francs pour comme des auxiliaires de l'agriculteur (carabe doré, staphylin, coccinelles,

FIG. 257. — Quelques animaux à fourrure (indigènes).


PL. II. ANIMAUX NUISIBLES

M Ileaerfenne del. Dressé par It . Dumont.


QUELQUES ANIMAUX NUISIBLES
PL, III.

Dressé par R. Dumont.


11 . Lessergenue de/.
QUELQUES ANIMAUX UTILES
75 ANIMAUX UTILES — ANISOPTÈRE
cicindèle, calosomes, différents hyménoptères), parceu ils détruisent eux- sibles ; b) chez les hyménoptères : un certain nombre d'ichneumons (l'ano-
mêmes des insectes plus nuisibles (V. ANIMAUX UTILES), l'on peut dire que malon, le microgastre, l'alysie, les ptéromales), qui attaquent les piérides et
le plus grand nombre des insectes sont nuisibles. V. les tableaux INSECTES les vanesses, l'encyrte , l'entedon, le crabro, etc. ; e) chez les diptères : un
NUISIBLES. certain nombre de diptères qui agissent comme les hyménoptères dont nous
Nous les classerons comme suit : venons de parler, pondent dans le corps des chenilles ou d'autres insectes
a) Insectes s'attaquant aux céréales : les taupins, les charançons, les noc- nuisibles, et arrivent ainsi 'à en détruire de notables quantités.'Ces mou-
tuelles, la cécidomye, le criocére de l'orge, le hanneton solsticial, l alucite, etc. ; ches appartiennent pour la plupart au genre tahine ; d) chez les névro-
b) Insectes s'attaquant aux plantes potagères : la courtilière, les bruches ptères, la plupart sont essentiellement carnassiers et peuvent être considérés,
(V. ce mot), l'apion des pois, la noctuelle potagère, la cheimatobie et la platy- à ce point de vue, comme étant de quelque utilité ; tels sont : le fourmi-
parée de l'asperge, les anthomyes , les pucerons, les anises, le criocère de lion, 1 hémérobe , la libellule, l'éphémère, etc.
l'asperge, la teigne du poireau, le doryphore de la pomme de terre, la piéride Pour les insectes directement utiles à l'homme, nous pouvons citer
du chou, etc. ; l'abeille (V. APICULTURE), le vers à soie (V. SÉRICICULTURE); certains cynips
c) Insectes nuisibles aux plantes fourragères et aux betteraves : l'apion produisant des galles ou cécidies utilisées dans l'industrie (galle d'Alep), la
du trèfle, le charançon du colza, le silphe des betteraves, l'agrotis, etc. ; cochenille du nopal servant à préparer le carmin, le kermès du chêne vert ;
d) Insectes s'attaquant aux arbres fruitiers : les bombyx ( dispar et cul 7° Les crustacés : ils comptent un assez grand nombre d'espèces utilisées
brun) le coupe-bourgeons, le rhynchite ou cigareur et autres charançons, pour la consommation de l'homme : le homard, la langouste, les crevettes,
l'agrile du poirier, les pyrales, les anthonomes, l'hyponomeute du prunier, les crabes, l'écrevisse ;
le puceron lanigère, le tigre du poirier, la mouche des olives, les coche- 8° Les vers ; ils présentent très peu d'espèces utiles : on peut cependant
nilles (de l'oranger, du figuier, de l'olivier), le tétranyque tisserand, etc. ; citer la sangsue officinale et les lombrics. Ces derniers contribuent à trans-
e) Insectes s'attaquant à la vigne : l'eumolpe, la pyrale, la cochylis , le former les débris organiques
phylloxéra, l'altise, etc. ; en humus • de plus, ils aèrent
f) Insectes s'attaquant aux arbres forestiers : le bupreste du chêne, le et ameublissent le sol ; mais,
bombyx processionnaire du chêne, le charançon des glands, l'orcheste du dans les jardins, ils se rendent
hêtre, la cécidomye du hêtre, la pyrale des faines, le bupreste de l'orme, nuisibles, lorsqu'ils sont nom-
la galéruque de l'orme, le cossus gâte-bois, l'hylésine du frêne, la noctuelle breux, en bouleversant les
du frêne, la cantharide, le grand capricorne noir, le lucane cerf-volant, la semis.
saperde chagrinée, la chrysomèle du peuplier, le liparis du saule, la galé- Parmi les mollusques utiles,
ruque de l'aune, le scolyte destructeur, le zeuzère du marronnier, les py- nous pouvons citer l'escargot,
rales des résineux, l'hylésine du pin, le sphinx du pin, le bombyx du pin, l'huître, la moule, utilisés pour
la tenthrède du pin, le bombyx cul doré, la phalène défeuillante, les bos- la consommation.
tryches du sapin et de l'épicéa, etc., etc. ; Parmi les rayonnés : les
g) Insectes nuisibles à toutes les cultures : les criquets, les hannetons; . éponges, le corail.
h) Insectes s'attaquant à l'homme et aux animaux domestiques : la pu-
naise, les poux, les moustiques, les mouches, taons, oestres du cheval, du Anis. — Plante annuelle, de
boeuf, du mouton, les puces, etc. la famille des ombellifères
6° Les arachnides comptent un grand nombre de parasites de nos animaux et du genre boucage. L'anis ou
domestiques ; il faut citer comme nuisibles les scorpions, qui piquent avec anis vert (anisum officinale)
l'aiguillon recourbé terminant leur queue et introduisent dans la plaie un fi. 825] donne des fruits
venin assez actif ; les acariens et surtout le sarcopte de la gale. V. ACARIENS. (akenes) un peu plus gros
Dans la classe des myriapodes : les scolopendres, dont la morsure, sans qu'une tète d'épingle et qui
être réellement dangereuse, occasionne une douleur assez vive, de l'enflure possèdent un arome pénétrant
et même un peu de fièvre • les iules, le blaniule ; très caractéristique. On les uti-
7° Les vers : les anguillules du blé, de l'oignon, de la betterave. V. ANGUIL- lise contre les dyspepsies, soit
LULE. en infusions, soit sous forme de
Les principaux vers parasites des animaux domestiques, dont quelques- teinture obtenue par leur ma-
uns sont également parasites de l'homme (tels les filaires, ascarides, té- cération dans l'alcool. Ils ser-
nias, etc.), sont : vent en outre, et surtout, pour
a) Pour le boeuf : les strongles, le trichocépale, les filaires, les douves, la fabrication de certains bon-
bons (anis de Flavigny , de FIG. 258. — Anis.
le ténia ; A. Fleur; B. Fruit.
b) Pour le mouton : l'ascaride, les strongles, le trichocéphale , la douve du Verdun) et de certaines li-
foie, le ténia ; queurs (anisette). Le tourteau
c) Pour le cheval: l'ascaride, l'oxyure, les strongles , le sclérostome , le d'anis, résidu de la distillation de l'anis vert ayant servi à la fabrication
trichocéphale, les filaires, les ténias ; de l'anisette, est riche en matières grasses et azotées et est employé dans
d) Pour le porc : l'ascaride lombricoïde , les strongles, le trichocéphale , l'alimentation du bétail.
la trichine, l'échinorrhynque géant, les ténias. L'anis, originaire du Levant, est cultivé en Russie, en Italie, en Espagne,
ainsi qu'en France, dans le Midi et un peu en Touraine.
Animaux utiles (V. planche en couleurs ANIMAUX UTILES). — Ani- Il vient surtout dans les lieux élevés et les sols calcaires. La graine se
maux que l'homme utilise pour se nourrir, se vêtir, l'aider dans ses travaux - sème à la volée vers le milieu d'avril (12 kilogrammes à l'hectare) ; on la
ou dans ses plaisirs. Ce sont : recouvre légèrement et on lui donne deux sarclages, le premier à la levée,
1° Les animaux domestiques : le chien, le cheval, l'âne, le boeuf, le cha- le second après la floraison. La récolte des graines a lieu en août. On coupe
meau, le mouton, la chèvre, le porc, la poule, le dindon, l'oie, le canard, le les ombelles parvenues à maturité, on les fait sécher et on les bat au fléau
pigeon, le lapin (V. ANIMAUX DOMESTIQUES) ; pour obtenir les graines que l'on conserve en lieu sec, enfermées dans des
2° Les insectivores : le hérisson, la musaraigne, la taupe, etc., qui détruisent sacs afin qu'elles ne perdent pas leurs principes aromatiques.
des insectes (la taupe, cependant, devient nuisible lorsqu'elle se multiplie Anis étoilé. — V. BADIANE.
trop) ; les chiroptères ou chauves-souris (oreillard, vespertilion, barbas-
telle, etc.) qui détruisent également beaucoup d'insectes nuisibles ; Anisoplie . — Genre d'insectes coléoptères renfermant de petits hannetons
dont on connaît deux espèces : l'anisoplie du seigle (anisoplia segetum), à
3° Les oiseaux : a) oiseaux de proie diurnes : la buse, qui détruit quan- élytres de couleur mar-
tité de campagnols, de souris et autres petits rongeurs ; la bondrée apivore, ron, tête et corselet vert
qui détruit des rongeurs et surtout des chenilles et des guêpes ; le faucon bronzé, s'attaque sur-
cresserelle et le busard, qui détruisent des rongeurs et des insectes ; b) oi- tout au seigle, dont elle
seaux de proie nocturnes : les chouettes (effraie, chevêche, chevêchette, ronge les fleurs et les
hulotte ou chat-huant), le grand duc, le hibou ou moyen duc, le petit duc jeunes épis ; l'anisoplie
ou stops, qui détruisent des petits rongeurs si dangereux pour les exploi- horticole ( anisoplia
tations agricoles et une quantité énorme d'insectes ; c) passereaux : le moi- horticola) s'attaque au
neau, le pinson, le chardonneret, la linotte, l'alouette, assez utiles ; la mésange, blé, au seigle, à l'avoine.
l'étourneau, le merle, le rouge-gorge, le traquet motteux, le mouchet , la Les larves de l'une et
fauvette, le rossignol, la bergeronnette, la sitelle , le grimpereau, l'hiron- l'autre espèce petits
delle. Tous ces oiseaux détruisent des quantités considérables d'insectes ; vers blancs, rongent les
d) cypsélidés : le martinet, très insectivore ; e) les picidés : les pics, le tor- racines de toutes les
col, tous insectivores ; f) cuculidés : les coucous ; g) colombidés ou pigeons, plantes. Lorsque ces
qui sont utiles pour leur chair, mais deviennent nuisibles lorsqu'ils sont en vers blancs apparais-
trop grand nombre ; h) gallinacés : la gélinotte, la perdrix, la caille, les dif- sent en abondance, on
férentes races de poules, le faisan, le paon, la pintade, le dindon; i) échas- les détruit en les arro-
siers : le pluvier, le vanneau, la barge, la bécasse, le héron, la cigogne; sant d'eau additionnée
j) gallinulidés : le râle, le crex, la poule d'eau ; k) lamellirostres : 1 oie, le de 1/10 d'eau ammo-
canard, le souchet, le tadorne, le milouin, le harle, le flamant, le cygne ; niacale.
4° Les reptiles : les lézards détruisent des insectes, des larves, des vers;
les grenouilles (sauf dans les établissements de pisciculture, où elles détrui- Anisoptére . —
sent des , alevins et les oeufs des poissons) • les crapauds, les salamandres dé- Genre de diptérocar-
truisent également des insectes. L'orvet détruit quantité de vers et de limaces ; p ée s, originaires de
5° Les poissons : ceux qui servent à la consommation et qui font l'objet l'Asie tropicale. L'ani-
d'un élevage (V. PISCICULTURE) sont : la truite, le saumon, l'omble-chevalier, soptère (anisoptera ) est
le brochet, la perche, le barbeau, l'anguille, la carpe, la tanche, le goujon, etc. un arbre résineux à
Nous pourrions également citer bon nombre de mammifères et de poissons feuilles alternes (fig.
marins qui font l'objet de pêches importantes, tels que la baleine, les phoques, 259), à fleurs odorantes,
le hareng, la sardine, le thon, la morue, etc. ; disposées en grappes
6° Les insectes : un certain nombre peuvent se rendre utiles à l'homme, axillaires ; le fruitest bi-
soit en détruisant des animaux nuisibles à l'agriculture (ce sont ceux que ailé . Cette plante four-
l'on désigne sous le nom d'auxiliaires de l'agriculteur), soit en fournissant nit une oléo-résine que
des produits alimentaires ou industriels (miel, soie, etc.). les indigènes de la Co- FIG. 259. — Anisoptère.
Parmi les insectes auxiliaires de l'agriculteur, nous pouvons citer : a) chez chinchine utilisent à la A. Fleur en bouton; B. Coupe de la Heur femelle; C. Fruit.
les coléoptères : le carabe doré, le staphylin odorant, les coccinelles, la cicin- confection des torches;
dèle champêtre, le calosome sycophante, le procruste chagriné, les nécro- ils s'en servent aussi pour préserver les meubles des piqûres d'insectes et
phores, qui sont des insectes carnassiers détruisant beaucoup d'insectes nui- leurs embarcations de l'attaque des tarets.
ANNEAU — ANTHONOME 76
Anneau gluant. — Sorte de piège. V. CEINTURE-PIEGE . Antenais. —Nom donné aux jeunes animaux de race ovine âgés de
Anneau nasal. Appareil de contention qui sert à maîtriser les tau-

12 à 14 mois ( fig. 263), c'est-à-dire depuis le moment où les pinces caduques
reaux difficiles à conduire.
II en existe de nombreux
modèles qu'on peut rame-
ner à deux types :
1° Les appareils fixes
(fig. 260, 1), constitués par
un anneau en métal, divisé
en deux branches formant
charnière; on le place à de-
meure dans le nez de l'ani-
mal àla manière d'une bou-
cle d'oreille, en faisant passer
l'une des branches à travers
un trou pratiqué dans la cloi-
son nasale à l'aide d'un tro-
cart, puis en fermant la
boucle ;
2° Les appareils mobiles
( fig. 260, 2, 3, 4), dits anneaux
à mouchettes ou à pinces,
formés d'un anneau ouvert,
dont les deux branches, à
tètes arrondies, se serrent à
volonté pour pincer plus ou
moins la cloison nasale.
Annuelles (Plantes). — FiG. 263. — Groupe d'antenais mérinos (Bergerie nationale de Rambouillet).
Plantes qui fleurissent l'an-
née même où elles sont nées,
et qui meurent aussitôt après (12 mois) sont remplacées jusqu'à l'époque de la sortie de leurs premières
leur fructification, par oppo- dents mitoyennes. Les mâles sont des ante^° ■ ° I•-
sition aux plantes bisan- A cet âge, l'agneau a atteint plus de la
nuelles et aux plantes viva- moitié de sa croissance ; sa nourriture, son
ces. Le blé et l'avoine sont régime ne diffèrent pas de ceux des mou-
des plantes annuelles. tons adultes.
FIG 260. — 1. Anneau nasal anglais; 2. Anneau à
Anodonte. — Genre de mouchette ; 3. Moraille italienne ; 4. Anneau d'Al- Anthémis.' Genre de plantes her-

mollusques lamellibranches sace avec sa courroie de bouclement. bacées, de la familles des composées, très
dont une espèce, l'anodonte voisin du genre chrysanthème. Les diver-
des cygnes (anodonta cycnea) ou moule des étangs, est commune dans les eaux ses espèces d'anthémis sont des plantes
douces où elle donne un naissain abondant très profitable aux jeunes alevins. annuelles ou vivaces ; leurs fleurs ressem-
blent à celles des reines-marguerites, à
Anomale. Genre d'in-

fleurons blancs ou jaunes. Toutes leurs
sectes coléoptères renfer- parties sont odorantes.
mant de petits hannetons Variétés. — Les principales sont : l'an-
dont une espèce, le hanne- thémis noble (anthemis cotula) ou camo-
ton vert de la vigne (ano- mille romaine ( fig. 264), cultivée en bor-
mala vitis), est assez abon- dure dans les jardins ; ses fleurs dessé-
dante dans les régions mé- chées, à saveur chaude et amère, sont em-
ridionales, où elle s'attaque ployées comme digestif, calmant, sous forme
aux feuilles et aux jeunes d'infusions (5 grammes par litre d'eau) ;
sarments. On fait la chasse L'anthémzs des teinturiers (anthemis
aux insectes parfaits dans tinctoria), à fleurs jaunes;
la journée pendant qu'ils L'anthémis faux parthenium (anthemis
sont au repos surlesfeuilles. pseudo parthenium ) à fleurs blanches, toutes
Anomalon . —Genre deux cultivées comme plantes d'ornement ;
d'insectes hyménoptères L'anthémis des champs (anthemis arven-
renfermant de grands sis), dont les fleurs ont des qualités se rap- FIG. 264. — Anthemis cam7mille.
ichneumons, qui attaquent prochant de celles de la camomille romaine. A. Fleur double.
les larves de lépidoptères Anthère (bot.). — Pe-
(bombyx du pin notam- tite capsule ordinairement
ment) et de noctuelles. jaune et oblongue qui con-
Anon. Petit de l'âne.
— tient le pollen ou pous-
sière fécondante de la
Anophèle. Genre de
— fleur (fig. 265).
diptères voisins des mousti- L'anthère, qui est la par-
ques (fig.261 ) dont les piqû- FIG. 261. — Anophèle. tie essentielle de l'étamine,
res propagent les germes A. Mâle; B. Larve; C. Tête du male; D. Tète de la femelle; est composée ordinaire-
des fièvres paludéennes. E. Aile: ment de deux petits sacs
Destruction. — Desséche- (loges) contenant le pollen
ment des marais ou pétrolage de destiné à féconder les pis-
la surface des étendues liquides. tils. Au moment de l'épa-
Ansérine. — Genre de plan- nouissement de la fleur,
tes herbacées, de la famille des les loges de l'anthère s'ou-
chénopodiées (fig. 262), à feuilles vrent pour laisser sortir le
alternes, parfois larges et angu- pollen ; c'est ce qu'on ap-
leuses. pelle la déhiscence de l'an-
Variétés. — On peut citer les thère. Cette déhiscence
espèces suivantes : l'ansérine peut avoir lieu par un
ambroisie (chenopodium am - trou, une fente verticale
brosioides) ou thé du Mexique, ou une fente horizontale.
thé des Jésuites; l'ansérine ver- Anthomye . Genre

mifuge, dont la poudre des d'insectes diptères renfer-
graines est employee contre les mant des mouches de
ascarides; l'ansérine botrys, taille moyenne, dont les
appelée aussi herbe àprintemps, larves s attaquent aux
ansérine à épis, à odeur très bulbes ( ail, oignon), aux
pénétrante que la médecine em- racines et aux tiges des
ploie comme stomachique et ex- crucifères (chou, navet, FIG. 265. —Anthères.
pectorante; l'ansérine belvédère radis) ; les feuilles atta- 1. loculaire
Uniloculaire (alehémille ); 2. Biloculaire (giroflée); 3. Quadri-
ou à balais (chenopodium sco- quées jaunissent et meu-
(butome); 4. Adnée ( hépatique )• ö. Didyme (eu-
phorbe); 6. Bicorne ( bruydre); 7. Sagittée (laurier-rose);
paria), à fleur verte utilisée dans rent. Moyens de limiter 8. Aiguë ( bourrache); 9. Sinueuse ( melon); 10. Appendiculee
les jardins comme plante d'or- les dégâts : arroser par (r venche ); 11. En 11 (froment); 12. Basilxe (tulipe); 13. Api-
fixe (vites); 14. Dorsifxe ( myrte); 16. Introrse (campanule);
nement; l'ansérine Bon-Henri, temps sec et saupoudrer 10. Extrorse (renoncule).
appelée aussi épinard sauvage, les feuilles avec du plâ-
dont on mange les feuilles et les tre cuit. Arracher et brûler les pieds attaqués. Alterner les cultures.
jeunes pousses à la manière
des épinards; l'ansérine pour- Anthonome . Genre d'insectes coléoptères, de la famille des curculio-

prée ou à feuilles d'arroche nidés, renfermant de petits charançons dont beaucoup d'espèces se rendent
(chenopodium atriplex), à fleurs nuisibles en attaquant les arbres fruitiers. Parmi les plus nuisibles, citons :
rouges, cultivée dans les jar- L'anthonome du pommier, l'anthonome du poirier, l'anthonome des
dins comme plante d'ornement. FIG. 262. — Ansérine ambroisie. drupes, l'anthonome du cotonnier.
77 ANTHRACNOSE — ANTICIPÉ

Anthonome du pommier ou charançon du pommier ( anthonomus Anthracnose (vitic.). Maladie cryptogamique de la vigne, appelée aussi

pomorum). — Petit charançon de 3 millimètres de longueur, brun grisâtre ; charbon, rouille noire, maladie noire, carie, dartrose, et qui est due à un
sur chacun de ses élytres on remarque une bande blanchâtre (fig. 266). champignon parasite, le manginia ampelina. On en distingue trois formes :
Au moment de la floraison des pommiers, la femelle perce avec son rostre 1° L'anthracnose ponctuée, qui se manifeste surtout sur les nervures
les boutons des fleurs et y pond ses oeufs ; sept ou huit jours après, les larves des feuilles et les sarments, par de petits points noirs isolés. Elle ne pré-
éclosent ; elles rongent d'abord les étamines, puis les ovaires. Quinze jours sente le plus souvent aucun 'caractère de gravité;
après, les larves, qui sont blanchâtres et un peu arquées, ont atteint 6 mil- 2° L'anthracnose déformante, qui fait subir aux feuilles des déforma-
limètres. Le bouton prend alors un aspect extérieur brunâtre, gonflé, très tions ; elle attaque principalement les vignes américaines ; elle n'est généra-
caractéristique, qui le fait désigner sous le nom de clou de girofle ; finalement lement pas grave ;
les larves sortent des 3° L'anthracnose maculée, qui envahit les organes verts de la vigne, sur-
enveloppes pour aller tout au début de leur développement. C'est cette forme de l'anthracnose qui
se nymphoser dans cause le plus de dégâts. V. pl. en couleurs VIGNE (Maladies et ennemis de la).
un bourgeon. L'in - Sur les jeunes sarments, on distingue tout d'abord des points noirs qui
secte adulte paraît à s'agrandissent et se transforment en lésions plus ou moins étendues (1 à 2 cen-
la fin d'avril ; il cause timètres), à bords irréguliers, souvent profondes, ressemblant à des chan-
des dégâts pendant cres ; le centre de la lésion est rose grisâtre et le bord noirâtre. Les sarments
toute l'année et passe cessent peu à peu de s'accroître, le cep tout entier se rabougrit et meurt.
généralement l'hiver Sur les feuilles, on distingue des petites taches plutôt grises dont l'inté-
dans les replis des rieur se dessèche, disparaît, ne laissant qu'un trou entouré d'une petite
écorces, dans les her- ' bordure noire.
bes et les feuilles ac- Sur les grains, les lésions sont un peu analogues, mais leur contour est
cumulées près des presque toujours circulaire ; la pellicule du raisin semble rongée, des cre-
arbres. 3 vasses se forment et des ferments de maladies détruisent la pulpe.
Certaines années Conditions de développement. — L'anthracnose se développe plus parti-
l'anthonome fait des culièrement en mai, juin, par temps humide. Une humidité abondante
dégâts considérables (brouillards, rosée, pluie) et une température moyennement élevée favori-
dans les pays cidri- FIG. 266. - Anthonome du pommier. sent beaucoup le développement de cette maladie.
coles . En Normandie I. Bourgeon attaqué où l'on voit en a des fleurs saines; en b des
fleurs attaquées; Y. Larve; 3. Insecte parlait. Traitements préventifs. — a) Badigeonner après la taille, une fois passées
et en Bretagne, la ré- les grandes gelées, quinze à vingt jours avant le débourrement, les bois
colte des pommes est d'un, deux et trois ans avec la solution suivante :
parfois réduite des deux tiers par les ravages de ce charançon. On a souvent
constaté que certaines variétés précoces de pommes, comme d'autres très Eau .......................................................................... 100 litres.
Sulfate de fer .......................................................... 50 kilogrammes.
tardives, échappent aux attaques de l'insecte, les premières ayant leurs fruits Acide sulfurique ordinaire ...... 1 litre.
noués au moment de son apparition sur l'arbre, les autres n'ayant pas encore
fleuri lorsqu'il disparaît (l'époque de la ponte étant terminée). C'est dire On fait dissoudre les 50 kilogrammes de sulfate de fer dans 50 litres
que l'on peut parer dans une certaine mesure aux dégâts de l'anthonome d'eau chaude ; on ajoute peu à peu avec précaution l'acide sulfurique et on
en ayant soin de cultiver dans les vergers des variétés dont les époques de complète à 100 litres avec de l'eau chaude ;
floraison s'étendent sur plusieurs mois. b) Tailler complètement les vignes atteintes, recueillir et brûler les sar-
Destruction. — Pendant la période hivernale, de décembre à février, dès ments ;
que la cueillette des fruits est terminée, il est important de nettoyer les c) Ne pas planter de vigne dans des sols humides non assainis par un
arbres, d'enlever a la raclette les vieilles écorces, les mousses, les lichens, le drainage.
bois mort, en un mot de procéder à la toilette complète des pommiers et de Traitements curatifs. — Les traitements curatifs ne permettent que d'at-
brûler soigneusement tous les débris que l'on aura pu ramasser en procé- ténuer le mal : une vigne qui a été atteinte d'anthracnose en été n'en sera
dant à ce travail ; un grand nombre d'insectes seront ainsi détruits. pas indemne l'année suivante et, seuls, les traitements préventifs sont réel-
Cette première opération sera complétée en mars par un badigeonnage lement efficaces. Les traitements curatifs d'été consistent en soufrages ré-
du tronc et des maîtresses branches exécuté au lait de chaux, additionné pétés ' (soufre en poudre mêlé de chaux)
de 5 à 10 pour 100 de sulfate de fer ou au moyen de la solution pure de sul- Premier traitement : Lorsque les pousses ont 8 à 10 centimètres :
fate de fer à la dose de 25 à 30 pour 100. Soufre en poudre .................................. 4 parties (40 kilogrammes).
Au début de la belle saison, dès que les fleurs commencent à apparaître, il Chaux pulvérisée ................................ 1 partie (10 — ).
y a lieu de procéder à la récolte des insectes, à l'anthonomage , travail ana- Traitements suivants : De 15 jours en 15 jours en augmentant la propor-
logue au hannetonnage ; en opérant de bonne heure, on prend les insectes tion de chaux.
avant la ponte ; on se sert d'une grande bâche en toile de 10 mètres de côté, 2e traitement. 3e traitement.
au centre de laquelle est percé un trou de e°,50 de diamètre. Cette toile,
fendue du centre à l'un des bords, permet le passage du tronc du pommier. Soufre .................................................... 3 parties................. 2 parties.
Chaux .................................................... 2 —..................... 3 —
Les bords libres de la bâche sont reliés par des agrafes ou des boutons.
L'appareil étant ainsi disposé, un ouvrier monte dans l'arbre et secoue On connaît aussi une anthracnose du haricot et une anthracnose du pois
vigoureusement les branches : on recueille dans un sac les insectes et les qui attaquent les gousse de ces légumineuses. V. les tableaux HARICOT, POIS
débris qui tombent de l'arbre, puis l'on passe à l'arbre suivant. Les insectes (Maladies).
sont brûlés ainsi que les débris entraînés avec eux dans le sac. S'ils sont Anthyllide vulnéraire. — Plante de la famille des légumineuses (fig. 268)
nombreux, l'opération peut être renouvelée. L'anthonomage sera très effica- convenant bien aux terres légères, d'où son nom de trèfle jaune des sables.
cement complété par l'enlèvement des bourgeons roux appelés clous de L'anthyllide vulnéraire (anthyllis vulneraria ) est bisannuelle ; la première
girofle. On fait cette récolte de fin mai à fin juin et l'on détruit ainsi les année, elle émet au ras du sol des touffes de feuilles simples consommées par
nymphes qui donneraient naissance aux insectes de la génération suivante. les animaux au pâturage. La deuxième année,
L'anthonome a des ennemis naturels qui viennent puissamment aider à sa les tiges se développent ; elles sont presque
destruction. De petites mouches noires, de la famille des ichneumons, pleines et portent des feuilles composées.
pondent leurs oeufs dans le corps des larves d'anthonome. De ces oeufs Les fleurs sont jaunes, en capitules serrés.
naissent des larves qui dévorent aussitôt l'hôte qui leur servait d'abri. Il Graine ovoïde, jaune à un bout et verte à
faut donc se garder de détruire les nuées de petites mouches que l'on voit l'autre. V. PRAIRIES (Herbes des).
parfois, au printemps, voltiger auprès des pommiers. Culture. — L'anthyllide réussit en sols
Anthonome du poirier ou charançon du poirier (anthonomus pyri). sablonneux et calcaires où le trèfle ne peut
— Ce charançon est moitié plus gros que le précédent ; il est brun foncé . pas végéter à cause de la sécheresse. On
et peut atteindre 6 millimètres ; ses pattes sont ferrugineuses. La femelle seme tantôt à l'automne sur terre nue, tantôt
pond à l'automne dans les bourgeons des poiriers; les larves émigrent en au printemps dans une céréale ; ce semis est
avril et vont se cantonner dans les boutons à fleurs. V. le tableau POIRIER préférable. On emploie 20 kilogrammes de
(Maladies et ennemis du). graine à l'hectare. L'anthyllide convient sur-
Les horticulteurs appellent ces larves les vers d'hiver :elles se nymphosent tout pour les mélanges dans les prairies
fin avril et l'insecte parfait ne paraît qu'en mai ; il cause lui-même des temporaires avec le trèfle blanc, l'avoine
dégâts aux feuilles des poiriers et passe l'hiver caché sous les écorces. élevée, la fétuque ovine et la fléole. Elle
Les larves sont très nuisibles aux bourgeons et aux boutons à fruits. craint les sols envahis par le chiendent.
Anthonome des drupes ou charançon des drupes ( anthonomus Usages. — Cette légumineuse peut être
druparum ). — Cette espèce, appelée encore charançon des baies ou cha- fauchée ou pâturée ; dans le premier cas, on
rançon da nier, est intermédiaire comme taille entre les deux précédentes (4 à ne fait pas pâturer à l'automne ; sinon, l'an-
5 millimètres). L'insecte a un long rostre; il est brun clair, les élytres née suivante, on n'a que des rejets peu vi-
sont épais et bombés. goureux. On n'a ordinai-
Les femelles pondent rement qu'une seule coupe
dans les boutons à donnant 10 000 à 12 000 ki-
fleurs des arbres frui- logrammes de fourrage
tiers. Les larves vivent vert. Le fourrage n'est pas
à l'intérieur de ces bou- météorisant, par suite d'un
tons, mais se nympho- principe amer qui répugne
sent en terre ; quelque- même aux animaux, sur-
fois elles arrivent à pé- tout aux chevaux, quand
nétrer à l'intérieur des •
ils n'en ont pas l'habitude.
noyaux de cerises. Les vaches s'y habituent
Destruction. — On bien, mais il ne faut cepen-
détruit ces deux es- FIG. 268. — Anthyllide vulnéraire.
dant pas en abuser, car ce
pèces comme l'antho- A. Graines (très grossies?.
principe communique un
nome du pommier ; mauvais goût au lait et au
Anthonome du co- FIG. 267. — Anthonome du cotonnier.
1. Insecte parfait; 2. Larves dans une capsule de Cotonnier. beurre. La graine est prélevée sur la première coupe quand les gousses
tonnier. — Cet insecte brunissent. On peut en récolter de 400 à 600 kilogrammes par hectare.
( fig. 267), de la même
famille que les précédents, pique les capsules ou fruits du cotonnier et y Anticipé (Bourgeon). — Bourgeon, appelé encore prompt bourgeon, qui
dépose ses oeufs. Ces oeufs donnent naissance à des larves qui détruisent la est situé à côté du bourge
o n principal existant à l'aisselle des feuilles et
bourre ou coton. Il cause de grands dégâts dans les plantations américaines. qui se développe dans 1 année même de sa formation, en même temps
ANTICRYPTOGAMIQUES — AOUTAGE 78
que la feuille ; il donne une ramification appelée entre-coeur ou faux-bour- traitement contre l'anthracnose) ; recueille, pour les brûler, les feuilles sur
geon, alors que normalement les bourgeons ne se développent que l'année lesquelles la pyrale a pondu ; continue l'épamprage pour permettre au
suivante. V. BOURGEON. soleil de mûrir le raisin Il marque les souches dont il veut tirer marcottes
Anticryptogamiques . — Nom donné aux substances propres à com- et boutures pour le remplacement des ceps qui ont péri de vieillesse ou
battre l'invasion et le développement des maladies cryptogamiques (caries, sous l'action d'une maladie quelconque. A la cave, mêmes soins qu'en juillet
charbons, mildiou, oïdium, pourritures, rouilles, etc.). Les principales de (aération la nuit).
ces substances sont le soufre, le cuivre et leurs composés (anhydride sulfu- Le jardinier, au verger, continue l'ébourgeonnage et le pincement des
reux, acide sulfurique, sulfates de cuivre, de fer, acétates de cuivre). On les arbres à fruits, puis les traitements insecticides et anticryptogamiques ;
emploie ordinairement en solutions aqueuses dites bouillies. V. BOUILLIES, greffe, en écusson à oeil dormant (dès la fin de juillet pour continuer ce
CRYPTOGAMIQUES ( Maladies). travail jusqu'à fin août ou commencement septembre), le poirier sur franc
Antiphlogistiques. — On nomme ainsi les moyens employés pour
combattre les inflammations. Les saignées, les bains, les topiques froids (glace),
les cataplasmes émollients, les lotions tièdes ou froides sont des antiphlo-
gistiques.
Antisepsie. — Ensemble des moyens employés pour détruire les germes
ou arrêter le développement des microbes qui sont les agents des maladies
infectieuses, des putréfactions, des diverses altérations des tissus vivants.
V. ANTISEPTIQUE.
Antiseptique: — Se dit des substances qui ont la propriété de prévenir
ou d'arrêter les infections, les fermentations et les putréfactions, en détrui-
sant les microbes, les spores ou les germes qui en sont la cause.
Les acides minéraux énergiques, les alcalis, les caustiques qui détruisent
les matières organiques se placent au premier rang parmi les antiseptiques,
mais leur action est tellement violente qu'on ne peut songer à les utiliser.
Les véritables antiseptiques sont ceux qui tuent les éléments microbiens,
tout en respectant les tissus organiques. Ces principaux agents sont : le
sublimé corrosif (bichlorure de mercure), le biiodure de mercure, le
nitrate d'argent, le permanganate de potassium, le chlore, le chlorure de
zinc, le borax, le sel marin, l'alcool, le chloroforme, le chloral, les acides
minéraux et organiques, principalement les acides sulfureux, arsénieux,
borique, chromique, lactique, picrique, salicylique , benzoïque et sulfobenzi-
.

clique (aseptol) ;.les goudrons de houille, le phénol (acide phénique), le men-


thol, la créosote, les essences de térébenthine, de winterggreen, d'eucalyptus,
l'iodoforme, le salol, le bétol, le naphtol, le crésylol, le gaïacol, l'ichtyol,
l'iodol, la résorcine, la saccharine, le salicylate de bismuth, le sozoiodol, le
tanin, le thymol, le thymol biiodé (aristol), les hypochlorites de chaux, de
potasse (eau de Javel) et de soude (liqueur de Labarraque), les fumiga-
tions nitreuses, l'eau oxygénée, l'ozone, etc. FIG. 269. — AouT. Gravure d'Étienne Delaune (1568).
La chaleur au-dessus d'une certaine température (50 à 120 degrés suivant
les espèces), la lumière solaire, les rayons X, l'effluve électrique, les éma-
nations radioactives sont aussi des agents antiseptiques. Un froid intense ou sur cognassier, le pommier sur paradis ou sur doucin, le pêcher sur
paralyse temporairement les microbes pour les detruire ou les atténuer prunier ou amandier, le cerisier sur sainte-Lucie ou sur merisier ; fait des
définitivement. Les agents antiseptiques agissent surtout en tuant les micro- boutures de groseillier ; met en repos en pépinière, après récolte de leurs
organismes à l'état de vie active, car leurs spores ou germes sont beaucoup fruits, les arbres fruitiers cultivés en pots ; ensache les raisins de treille pour
plus difficiles à atteindre. les préserver des guêpes, des loirs, des oiseaux. C'est le moment de récolter :
Il est impossible de donner un coefficient absolu de puissance antisep- abricots, amandes, dernières cerises, groseilles, fi¢ués, noisettes, prunes, raisins
tique à chaque antiseptique, puisque le pouvoir microbicide absolu est précoces, puis pêches et brugnons, poires, etc., suivant la maturité des espèces.
relatif pour les différents microbes: On peut dire cependant que, parmi les Au potager, continuer binages et sarclages ; arroser matin et soir ; lier, au
plus employés, le sublimé corrosif tient la tête, et qu'à la dose de 1/10000 il fur et à mesure des besoins, les salades (scaroles, chicorée frisée, romaine) ;
arrête presque toutes les cultures microbiennes ; le biiodure de mercure a semer en pleine terre : carottes grelot, cerfeuil, chicorée sauvage, cresson
un pouvoir analogue ; viennent ensuite le nitrate d'argent, le permanganate alénois, épinards, haricot nain, mâche, oseille, navets (des Vertus, jaune de
de potasse, l'acide phénique et similaires. L'acide borique est beaucoup Hollande, etc.), persil, pois, radis d'été hâtifs, etc.• en pépmtere (sur
moins énergique. Outre les antiseptiques chimiquement définis, on trouve couche froide), oignons, choux (hâtifs d'Etampes, coeur-de-boeuf
oe ), laitues (de
dans le commerce nombre de préparations, en général recommandables, passion, cordon rouge, gotte, grosse blonde d'hiver, grosse brune, à graines
mais qui n'offrent pas d'autres garanties que la marque de fabrique ; il est noires); repiquer endives, scarole, chicorée frisée à mettre en place au
impossible d'en parler ici. début de septembre ; mettre en place les variétés semées en mai-juin ;
renouveler les plants de fraisiers par leurs coulants ; pailler le céleri à
Antispasmodiques. — Nom donné aux médicaments employés pour côte et le cardon ; récolter : ails, artichauts, aubergines, carottes, céleri,
calmer les spasmes nerveux, amoindrir la contractilité fibrillaire, les pertur- cerfeuil, chicorées, choux divers, concombres, cornichons, courge, épinards,
bations nerveuses : éther, valériane, assa fcetida, camphre, belladone, sont fraises des quatre-saisons, fraises remontantes à gros fruits, haricots,
des antispasmodiques. melons, oignons, persil, poireaux, pommes de terre, radis d'été, salades-
Anus. — Ouverture extérieure du rectum. (scaroles, romaines, laitues); dans le Midi, pastèques.
Chez le cheval jeune et en bonne santé, l'anus, saillant, est bordé d'une Au jardin d'agrément, on repique, pour les planter en octobre, les se
espèce de bourrelet formé par le sphincter (muscle annulaire qui le main- faits en juin-juillet (giroflées, myosotis, pâquerettes, pensées, silènes, etc.) e
tient fermé). Au contraire, quand l'animal est vieux et épuisé par le travail on les bassine chaque jour pour favoriser la reprise ; on sème en pépinière
ou la maladie, l'anus s'enfonce et quelquefois devient béant. L'anus peut (en plein air dans le Midi) ou le long d'un mur bien abrité des vents du
être le siège d'une fistule consécutive à l'opération de l'anglaisage . Chez les nord et du nord-ouest diverses plantes vivaces, bisannuelles ou annuelles,
chevaux de robe très claire, l'anus présente souvent à son pourtour des tu- en vue de la production printanière de l'année suivante (centaurée, am-
meurs noires appelées mélanoses. V. MÉLANOSE. brette, bleuet, cinéraire, coquelicots doubles et pavots, gy , sophille , lin
Chez le boeuf, l'anus n'est ni saillant ni bordé d'un bourrelet comme chez. vivace, lunaire, lychnis, matricaire, muflier, oeillets, pieds-d'alouette, pri-
le cheval. mevères, réséda, roses trémières, scabieuse, violettes). Pour conserver et
L'anus du chien devient, contrairement à ce qui se passe chez le cheval, multiplier les plus belles espèces, on a marqué les pieds les mieux venus et
d'autant plus saillant que l'animal est plus vieux. c'est maintenant que l'on recueille soit des rameaux ou éclats pour boutu-
rage, soit des graines ; commencer l'écussonnage du rosier à œil dormant ;
Août (fig. 269). — a Qui dort en août, dort à son coût », dit le proverbe : mettre en place sur plates-bandes pour remplacer les fleurs fanées : reines-
c'est, en effet, le mois des récoltes abondantes et variées.
marguerites, giroflée, quarantaine, zinnia, etc.; les balsamines, cannas, fuch-
Calendrier agricole. — L'agriculteur est occupé aux travaux de la sias, glaïeuls, héliotropes, pélargoniums, reines-marguerites, oeillets, etc.,
moisson (blés, avoines, millet, etc.) qui bat son plein, sauf cependant pour
le sarrasin, le mais et le sorgho, que l'on récolte un peu plus tardivement. continuent l'épanouissement de leurs fleurs. Les travaux d'entretien (pince-
ments, épluchages, bassinages, etc.) se poursuivent comme en juillet.
Aussitôt les récoltes enlevées, il faut déchaumer ou extirper les sols qui
ont porté les céréales pour détruire les mauvaises herbes, rompre la croûte L'apiculteur égalise les colonies en vue de l'hivernage. Si le temps est
propice, il peut transporter pendant la nuit ses colonies à la bruyère, aux
durcie du sol et faire germer les graines de plantes nuisibles. Dans les ter-
labiées de montagne quand cela est possible (pour ce transport, tres délicat,
rains les plus propres et les meilleurs, on fera une culture dérobée, qui il remplace le couvercle des ruches et obture le trou de vol par une toile
fournira un certain appoint fourrager (navets), ou qu'on enfouira en vert métallique, afin d'assurer une aération suffisante et d'empêcher les abeilles
soit à l'automne (lupin blanc, colza, navette, sarrasin de Tartarie, moutarde de sortir). Le miel de cette seconde miellée, étant souvent inférieur (miel
blanche), soit au printemps (vesce, trèfle incarnat, etc.) au moment des
de bruyère), est laissé aux abeilles pour leur nourriture d'hiver.
labours. Les engrais verts ont surtout pour résultat de restituer au sol Pour le pisciculteur, il n'y a pas lieu d'indiquer de nouveaux travaux;
l'azote qui ils puisent dans l'air.
Selon les régions, on coupe pour la deuxième et la troisième fois les ses alevins sont disséminés et il les laisse grossir en liberté. Toutefois, il
doit encore éloigner de ses pièces d'eau les oiseaux aquatiques et faire la
luzernes et le trèfle violet. chasse aux loutres, aux rats d'eau et autres carnassiers ; pour les opérations
Il faut en outre écimer le maïs, arracher le chanvre, récolter les légumi-
neuses à graines (haricots, lentilles, pois, féveroles, etc.), dont les fanes que nécessite l'incubation artificielle, le cycle s'en renouvelle à peu près
toujours comme nous l'avons indiqué au mois précédent.
peuvent entrer dans les rations alimentaires des bestiaux ; le pavot, la
moutarde noire, le chardon à foulon (cardère), les pommes de terre. Dans Le pêcheur opère de la même façon qu'en juillet, se servant des mêmes
appâts et chassant les mêmes espèces ; toutefois août et septembre sont les
les régions méridionales, on fauche déjà les regains des prairies; dans le meilleurs mois pour la pêche du goujon.
Nord, rouissage du lin et du chanvre. Partout en France, les moutons sont Pour le chasseur, août est un bon mois : chasse aux halebrans au marais,
conduits sur les chaumes non labourés. ou chasse au gibier de mer sur les grèves (alouette de mer, vanneau, etc.),
A la ferme, les travaux sont les mêmes qu'au, mois précédent Au pou-
paseages (du N. au S.) de cigognes, vanneaux, courlis, huppe, traquet mot-
lailler, on met au couvoir les poules qu'on voit désireuses de couver ; leurs teux. C'est à cette époque qu'il faut renouveler le permis de chasse et faire
poussins (qui écloront fin août-septembre) auront encore le temps de gros- ses préparatifs pour l'ouverture proche.
sir avant 1 hiver.
Le vigneron effectue les derniers binages, l'épamprage et le rognage ; les Aoûtage. — Travaux de la campagne qui s'effectuent au mois d'août
derniers traitements anticryptogamiques (traitement contre le mildiou et ( On dit aussi août.)
79 AOUTEMENT — APHTEUSE

Aoûtement. — V. ci-après AOUTER . tie de l'organe. La mastication est douloureuse ; une salive striée de sang
Aoûter . Rendre mûres, en parlant des jeunes pousses vertes d'août ;
s'écoule.

La cicatrisation est rapide ; en quelques points seulement, les plaies sont
en vieillissant, elles prennent une teinte plus ou moins brune, elles devien- entretenues par le contact des aliments et le séjour des corps étrangers.
nent peu à peu ligneuses, leurs tissus s'imprégnant de cellulose, de lignine
L'évolution est complète en 8-15 jours.
et de matières minérales apportées par la sève ; elles s'aoûtent. Cette trans-
Sur les onglons, 1 éruption siège sur la peau de l'espace interdigitaire et
formation graduelle commence par la base et porte le nom d'aoûtement. sur la couronne ; elle est annoncée par du piétinement, par la chaleur et la
Aoûteron . Tâcheron qui fait les travaux des champs en août, et prin-
— tuméfaction de la région. Les aphtes, déchirés par les contacts ou les frotte-
cipalement la moisson. ments, laissent à nu une surface souillée et suppurante. Le pus décolle la
corne au niveau du bourrelet, et des complications graves peuvent être
Apatite . — Phosphate de chaux cristallisé naturel, mélangé avec cer- provoquées (gangrène des téguments, abcès profonds, chute du sabot, carie
taines matières étrangères. Il contient de 60 à 70 pour 100 de phosphate de des os). En dehors de toute complication, l'évolution est complète en
chaux pur ; il est très dur et 10-15 jours.
même, à l'état pulvérulent, il L'éruption sur les trayons, ordinaire chez les vaches laitières, s'exprime
offre une grande résistance aux par des aphtes de dimensions variables, entourés d'une auréole rosée,
agents chimiques ; aussi son sans bourrelet périphérique, s'ouvrant pendant la mulsion. Les plaies de
assimilabilité par les plantes l'extrémité des trayons souillés au contact du sol entrainent l'envahisse-
est-elle minime. On ne l'em- ment du canal par des microbes divers ; le lait fermente et se coagule dans
ploie pas directement comme les réservoirs, et la glande est enflammée dans un ou plusieurs quartiers
engrais ; on le transforme en (mammite). La mulsion est douloureuse ; elle provoque des défenses de la
superphosphate de chaux. part de la vache et doit souvent être abandonnée. C'est qu'en effet la pré-
V. PHOSPHATES. sence des caillots obstruants et la douleur qui résulte du contact de la main
Apétale. — Se dit dés avec les parties malades favorisent la réplétion de la mamelle et aggra-
plantes dont les fleurs sont dé- vent la mammite ; et, d'autre part, la cicatrisation des plaies est retardée par
pourvues de corolle. le détachement prématuré des croûtes formées et que la main fait tomber
en prenant les trayons.
Aphélandre ou Aphe- Les trois localisations principales évoluent isolément ou se trouvent diver-
landra . — Genre d'acantha- sement associées. D'ailleurs, les aphtes peuvent envahir les muqueuses de
cées ( fig. 270) constituant le l'arrière-bouche, du pharynx, des cavités nasales, du larynx, de la trachée...
groupe des aphélandrées . Les Des formes graves sont constituées par les localisations digestives (notam-
fleurs de l'aphélandre oran- ment chez les veaux de lait : diarrhée, inappétence, mort en 5 à 6 jours) et
gée ( aphelandra aurantiaca ), respiratoires (essoufflement, toux et jetage). Pendant la convalescence, des
l'espèce la plus cultivée en morts subites se produisent, dues à la replétion des bronches et de la tra-
Europe, sont généralement chée par des aliments (paralysies d'origine centrale). Certains malades
jaune orangé ou rouges et du restent maigres et souffreteux. Les mammites peuvent entraîner la perte
plus bel effet décoratif ; c'est définitive d'un ou de plusieurs quartiers. Enfin les accidents digitaux occa-
une plante de serre chaude sionnent aussi des boiteries et des déformations permanentes.
fleurissant l'hiver. Chez le mouton et chez la chèvre, les symptômes sont analogues à ceux
qui sont observés chez les bovidés. La localisation sur les onglons est la
Aphldlens.—[Link] . plus fréquente ; chez les brebis laitières, des localisations sur la mamelle,
Aphrométre . — Instru- avec complications, sont assez ordinaires. Chez le porc, l'éruption se produit
ment propre à mesurer la ten- sur la bouche, le groin, l'extrémité des membres.
sion du gaz carbonique dans Diagnostic. — Il est assuré par la constatation des vésicules aphteuses
les bouteilles de vin mous- en l'une des régions d'élection. Certaines formes atypiques de cow-pox
seux. FIG. 270. Aphélandre orangée.
— (vaccine) simulent l'éruption mammaire. En temps d'épizootie, la maladie
peut être décelée dès les premiers troubles (mâchonnement, succion et
Aphte. — Petite ulcération salivation, trépignement et boiterie...), assez tôt parfois pour enrayer la
vésiculeuse blanchâtre des muqueuses, et caractéristique de la fièvre contagion.
aphteuse. V. ci-dessous APHTEUSE (Fièvre). Étiologie. — La contagion représente l'origine unique de la maladie. Le
Aphteuse ( Fièvre). — Maladie très contagieuse du bétail, inoculable, virus est contenu dans le liquide qui distend les vésicules aphteuses ; il
caractérisée par un état fébrile initial et une éruption vésiculeuse qui souille les produits de sécrétion, la salive notamment. Le lait est conta-
siège de préférence sur la
muqueuse de la bouche, sur
la peau avoisinant les on-
glons et sur les trayons
(fig. 271). Elle atteint sur-
tout les bovidés et aussi
le porc, le mouton et la
chèvre.
La fièvre aphteuse, appelée
communément cocotte ou
mal de bouche, procède ex-
clusivement de la contagion.
Existant en permanence en
Asie, elle envahit l'Europe à
des intervalles irréguliers ;
tantôt elle disparait après
quelques années seulement,
tantôt au contraire elle y
persiste pendant des dizaines
d'années. La puissance de
diffusion et la gravité de la
maladie sont également très
variables. En France, c'est
par centaines de mille que
se comptent les animaux
atteints lors des poussées
épizootiques. Les pertes cau-
sees par la fièvre aphteuse
sont énormes.
Symptômes. — Ils consis-
tent en des troubles généraux
d'intensité très variable :
tristesse, appétit diminué,
rumination irrégulière ; la
quantité de lait diminue du
tiers ou de la moitié. Après
12-24 heures, des signes lo-
caux apparaissent. La loca-
lisation sur la bouche est an-
noncée par des grincements
de dents, des mouvements
des lèvres : une salive mous-
seuse s'échappe de la cavité.
Des taches rouges se mon- FIG. 271. — Manifestations diverses de la fièvre aphteuse.
trent sur la muqueuse des
lèvres, du bourrelet, des
gencives, du palais ; après 24-48 heures, l'épiderme est soulevé à leur miné par les parcelles virulentes entraînées pendant la traite. L'activité
niveau, et des vésicules blanchâtres, irrégulières, qui renferment un du virus est considérable.
liquide clair, sont constituées. Ces aphtes s'ouvrent bientôt ; la mem- L'agent de la virulence traverse le filtre de porcelaine (virus filtrant).
brane de revêtement détachée laisse à nu une petite plaie toute super- Il est détruit en 24 heures environ par la dessiccation à la lumière du jour,
ficielle, de couleur rouge vif. Sur la langue, l'éruption provoque une en 15 minutes par le chauffage à 50 degrés, en 10 minutes à 70 degrés,
boursouflure blanche, due à l'infiltration du revêtement, et ensuite des instantanément à 100 degrés. La virulence du lait est détruite par les fer-
plaies profondes en apparence, parfois une dénudation de toute une par- mentations acides ainsi que par le chauffage pendant une minute à 85 degrés,
API — APICULTURE 80
Les modes de la contagion sont variés à l'extrême. Lors de cohabitation, Législation. — La fièvre aphteuse, chez les espèces bovine, ovine,
la transmission est assurée par la souillure des aliments ou des boissons, caprine et porcine, figure dans la nomenclature des maladies contagieuses
par une trace de matière virulente. Les personnes jouent un röle considé- prévues par l'article 29 du Code rural. La déclaration au maire de la com-
rable dans le transport du virus, qu'elles portent d'une étable à une autre mune est obligatoire pour tout détenteur des animaux malades ou suspects.
par les chaussures souillées, notamment. Les chiens, les chats, les oiseaux Les mesures sanitaires légales comprennent l'isolement, le recensement et
de basse-cour, les étourneaux, les souris, les mouches..., sont aussi des vec- la marque des animaux ; l'interdiction d'introduire dans l'étable des ani-
teurs possibles. En d'autres cas, le virus est apporté par des objets variés ; maux aptes à contracter la maladie ; l'interdiction momentanée ou la régle-
les sacs renfermant des aliments, les pots à lait ont été souvent incriminés. mentation des foires et marchés, du transport et de la circulation du bétail.
Dans les prairies, la transmission est assurée par l'intermédiaire des per- La vente des malades et des contaminés est interdite, sauf pour la boucherie
sonnes, des chiens, des oiseaux, des mouches... Le simple passage des ani- et sous des conditions spéciales. Si la fièvre aphteuse prend un caractère
maux dans des locaux ou sur des chemins souillés par des malades, l'abreu- envahissant, le préfet interdit les foires et marchés ; il peut aussi prescrire
vement avec des eaux contaminées (abreuvoirs communs, mares, ruisseaux) une surveillance spéciale des étables des marchands. La surveillance sani-
suffisent pour assurer l'évolution. La diffusion est assurée par la circulation taire des étables déclarées infectées par arrêté préfectoral cesse quinze
et le transport des animaux ; les exodes saisonniers des régions d'élevage jours après la guérison du dernier animal atteint et après désinfection
vers les pays d'embouche ou d'engraissement marquent toujours la géné- (articles 61 à 65 du décret du 6 octobre 1904).
ralisation des épizooties ; le colportage des animaux (celui des porcs notam- Api.
ment) joue le même röle en quelques régions ; enfin les foires et les mar- — Variété de pomme et de pommier. V. POMMIER.
chés de réexpédition disséminent encore la maladie. Apiculture. — Art d'élever les abeilles afin d'en obtenir le miel et la
Traitement. — Il ne comporte que quelques indications générales : repos cire avantageusement.
à l'étable, alimentation légere, rigoureuse propreté de l'habitation. Par Méthodes apicoles. — On distingue deux méthodes apicoles: la méthode
contre, les diverses localisations nécessitent des interventions appropriées. fixiste, qui consiste à exploiter les abeilles avec des ruches dont le
Pendant l'éruption buccale on donnera de préférence des fourrages verts rayons font corps avec la ruche elle-même, comme dans l'antique panier,
ou, à défaut, du foin de prairie tendre et des aliments cuits. On facilite la et la méthode mobiliste , qui utilise des ruches* cadres mobiles, c'est-à-dire
cicatrisation par des lavages de la cavité buccale, répétés après chaque pouvant s'enlever ou s'ajouter à volonté. La seconde méthode exige plus
repas, avec de l'eau tiède, pure ou légèrement additionnée de sel marin, de de connaissances, plus de savoir-faire, plus de manipulations délicates et
vinaigre ou d'antiseptiques (acide borique ou phénique, crésyl, lysol, plus de capitaux que la méthode fixiste. Cette derniere , quand elle com-
naphtol, etc.) ; ces lavages sont pratiqués avec un tube de caoutchou- com- porte encore les anciennes pratiques de l'étouffage pour la récolte du miel,
muniquant avec un réservoir placé à une hauteur de 1 mètre environ. est condamnée sans réserve. La méthode mobiliste, qui permet d'agrandir
Les plaies persistantes seront touchées légèrement avec un tampon d'ouate
imbibé d'eau-de-vie ou de teinture d'iode.
Les localisations digitales nécessitent l'asséchement du sol de l'étable, le
renouvellement fréquent des litières ; l'emploi des planchers provisoires ou
de litière de tourbe est à recommander. Au début et lors d'éruption
légère, le badigeonnage de la base de l'onglon et de l'espace interdigitaire
avec le goudron de bois constitue un procédé très pratique. Si les aphtes
ont provoqué des suppurations, avec légers décollements de l'ongle, les la-
vages tièdes antiseptiques sont indiqués, ainsi que les pulvérisations de
liquides cicatrisants. Lors de complications (décollement profond de l'ongle,
phlegmons superficiel ou profond), annoncées par l'intensité de la boiterie,
des interventions chirurgicales appropriées permettent seules d'enrayer
l'évolution.
L'éruption sur les trayons n'a de gravité qu'en raison des complications
possibles sur la mamelle. Le traitement tendra surtout à éviter l'infection
du canal et la mammite qui en dérive ; les litières seront maintenues dans
un état constant de propreté ; après chaque traite, le trayon sera lavé par
immersion dans l'eau boriquée tiède et enduit d'une pommade anti-
septique : vaseline boriquée ou dermatolée . Les plaies seront lavées
par irrigations ou pulvérisations liquides, séchées et recouvertes
à l'aide des mêmes pommades, avec adjonction, si la douleur est
très vive, de teinture d'opium, d'extrait aqueux de belladone ou de
cocaïne. Les mammites nécessitent des mulsions fréquentes, avec
évacuation des masses coagu-
lées ; l'emploi d'une sonde spé-
ciale (fig. 272, 273) est souvent
nécessaire ; les frictions pro-
longées, sur les quartiers at-
teints, de pommade camphrée FIG. 274. — Petit rucher comprenant, à droite et à gauche, deux ruches fixes,
(1 pour 4) ou de savon iodé et, au milieu, une ruche à cadres mobiles.
(savon vert, 10 parties ; tein-
ture d'iode, 1 partie) donnent la ruche selon les besoins de la colonie, qui procure aux abeilles des rayons
souvent de bons résultats. de cire tout fabriqués, qui ne fait jamais périr d'abeilles, est assurément la
Les très nombreuses médi- plus progressive. Néanmoins, on peut réussir avec les deux méthodes quand
cations préconisées comme on subordonne l'élevage et la conduite des abeilles aux lois de la nature,
spécifiques de la maladie ne à l'observation des règles et pratiques dictées par l'expérience ( fig. 273).
possèdent en réalité aucune « On peut faire de l'apiculture parfaitement rationnelle, dit Hamet, avec
propriété particulière et au- toutes sortes de ruches, voire même avec la vulgaire ruche en cloche
cune ne mérite d'être conseil- ou celle faite d'un morceau de bois creux. Il faut, en effet, soigneusement
lée. distinguer en apiculture entre ces deux choses : système de ruche et méthode
Prophylaxie. — La prophy- d'exploitation. On peut employer des méthodes apicoles différentes avec un
laxie de la fièvre aphteuse ne FIG. 272, 273. — 1. Sonde à mamelles ; même système de ruche et, réciproquement, la même méthode de culture
peut être pratiquement assu- 2. Sonde en place dans le trayon. avec des ruches de systèmes fort divers. Mais quelle différence souvent
rée que par la police sanitaire. dans le temps et la peine qu'exigent certaines opérations suivant qu'elles
La sérothérapie est très coûteuse et incertaine dans ses résultats ; de plus, sont faites avec telle ou telle ruche ! »
elle ne protège les animaux que pour un temps très court (10 à 20 jours). Certains apiculteurs ont essayé de combiner les avantages des deux
Le problème de la protection d'un pays contre la contagion comporte des méthodes par l'emploi des ruches mixtes, dont le corps de ruche est formé
solutions différentes suivant l'étendue des frontières exposées et les facilités de rayons fixes et le magasin à miel de rayons mobiles. Rien n'est plus
de la défense. Relativement facile pour des continents insulaires ou pénin- simple que de découronner un panier d'un trait de scie, d'y adapter une
sulaires (Grande-Bretagne, Suède et Norvège....), la défense est pratique- hausse à cadres ou une calotte garnie de cadres également. Ce système garde
ment impossible pour des pays qui possèdent des frontières largement la ruche cloche si simple, si peu coûteuse, conservant bien la chaleur. Le
ouvertes, dès que les pays voisins sont gravement envahis. La France est point délicat de cette méthode est de donner à la hausse une capacité en
ainsi fatalement atteinte dès que la vague épizootique a couvert l'Allemagne, rapport avec les ressources mellifères de la contrée et de laisser après la
la Belgique et la Suisse. récolte une quantité suffisante de provisions dans le corps de ruche. Cette
Il est à noter cependant que la puissance de la diffusion est très variable méthode jouit surtout de la faveur des petits cultivateurs-apiculteurs.
au cours des invasions et, très souvent, les premiers foyers apparus en région On peut comparer l'exploitation des abeilles à celle des animaux à l'en-
indemne peuvent être éteints sur place. L'action sanitaire serait toute-puis- grais dans les pâturages : plus le pâturage est productif, plus les animaux
sante si l'on pouvait obtenir la déclaration des premiers cas et si les mesures profitent; de même, plus la contrée est mellifère, plus considérable est la
prescrites, subies plutöt qu'acceptées, n'étaient aussi souvent méconnues. récolte du miel par les abeilles. Dans certaines contrées pauvres en fleurs,
Même en une région très gravement envahie, la protection d'une étable lorsque la miellée de printemps a donné sa récolte, on transporte les ruches
est toujours possible, à cette condition qu'il s'agisse d'animaux maintenus. dans d'autres régions où les abeilles trouveront des champs fleuris et du
en stabulation permanente. On interdira l'accès de l'étable et, autant que miel à récolter. C'est l'apiculture pastorale.
possible, celui de l'exploitation, à toute personne étrangère ; les personnes Moyens de réussir en apiculture. — Pour réussir en apiculture, il faut
chargées de donner des soins aux animaux devront changer de vêtements avoir de sérieuses connaissances apicoles et observer quelques règles essen-
et se laver soigneusement les mains après toute sortie ; elles porteront dans tielles que nous rappelons ci-dessous :
l'étable des chaussures spéciales qui ne seront jamais utilisées au dehors 1° Savoir apprécier la richesse mellifère d'une contrée ;
les objets venus du dehors (sacs, pots à lait, etc.) ne pénétreront en aucun 2° Avoir de fortes colonies, des reines jeunes et fécondes ;
cas dans l'étable. Des portes grillagées empêcheront la pénétration des 3° Laisser à chaque ruchée d'abondantes provisions d'hiver ;
chiens, des chats et des volailles. 4° Restreindre l'essaimage le plus possible ;
Les animaux nouvellement achetés, même alors que leur provenance est 5° Visiter le moins possible les ruches et ne pas se livrer à des manipula-
connue, devront subir une quarantaine de quinze jours au moins. Il est acquis tions de fantaisie.
que des animaux guéris de la fièvre aphteuse peuvent encore rester dangereux 1 0 Savoir apprécier la richesse mellifère d'une contrée. — Les principales
pendant plusieurs mois au point de vue de la contagion (porteurs de germes). plantes mellifères de notre région tempérée appartiennent surtout aux
La transmission à l'homme est réalisée soit par inoculation directe au familles suivantes : légumineuses, labiées, composées, rosacées, crucifères,
niveau de plaies (crevasses), soit par l'ingestion de lait cru souillé. Le chauf- borraginées , malvacées, éricacées. V. tableau MELLIFÈRES (Plantes).
fage du liquide -à 70-75 degrés suffit à détruire le virus. 2° Avoir de fortes colonies. — Les gros bataillons, dans 1 art de la guerre
81 APION — APLOMBS

comme en apiculture, font plus de besogne que, les faibles unités. Et, chose elle oppose une certaine inertie, ils subissent, non seulement un laminage,
curieuse, deux colonies possédant chacune 2 kilogrammes d'abeilles ne mais aussi un léger étirage.
feront jamais autant de miel à elles deux qu'une ruche en comptant 4 kilo- Pour augmenter cette dernière action, à laquelle on attribue une efficacité
grammes. Avec de faibles et nombreuses colonies, les services et soins particulière, on remplace les deux poulies par deux troncs de cône A et A'
d'entretien sont plus élevés, l'hivernage est moins bon, la défense contre le ( fig. 276, 277) de même angle et de même hauteur, dont les axes parallèles
pillage et les ennemis de toutes sortes est moins bien assurée. et horizontaux, a et a', sont réunis par les engrenages de mêmes diamétres
Des reines jeunes et fécondes assurent un fort élevage lorsqu'elles ont e et e'. La manivelle m (ou la poulie gui reçoit la courroie de commande)
d'abondantes provisions ; agit sur l'un des axes, a, et les deux pieces, tournant en sens inverse avec
3° Laisser à chaque ruchée d'abondantes provisions d'hiver. — Dès l'ap-
proche de l'hiver, le garde-manger des abeilles doit être bien garni. Nous
ne sommes pas plus partisan du nourrissement de provisions que du pour-
rissement stimulant. De plus, la reine règle sa ponte au printemps sur
l'abondance de ses provisions. Si celles-ci sont abondantes, la reine pond
beaucoup, et, quand viendra la miellée, le bataillon des butineuses sera au
complet pour récolter le précieux nectar. En ruche à cadres, il ne faut
jamais laisser moins de 15 kilogrammes de miel pour l'hivernage et, en
ruche fixe, moins de 10 à 12 kilogrammes dans nos climats tempérés;
4° Restreindre l'essaimage le plus possible. —Pour restreindre l'essaimage,
il faut loger les abeilles dans des ruches spacieuses, afin qu'elles aient suffi-
samment de cellules à leur disposition pour étendre le nid à couvain et emma-
gasiner leurs provisions. En temps de miellée, il faut fournir aux ruches
peuplées des cadres amorcés de rayons ou garnis de cire gaufrée. Les abeilles
consommant de 7 à 8 kilogrammes de miel pour fabriquer 1 kilogramme
de cire, on conçoit déjà l'avantage économique qu'il y a à leur fournir des
rayons à moitié faits. Sans compter qu'on leur permet de récolter le plus de
miel possible lorsque la miellée donne et qu'on ne les incite pas à essaimer ;
5° Visiter le moins possible les ruches. — Les visites fréquentes, les enfu-
mages ou tapotages réitérés occasionnent des dérange-
ments et une perte de temps aux abeilles, propagent la
loque, véritable peste du couvain. Nous ne sommes guère
partisan non plus de la capture des faux bourdons ou du
remplacement des reines ; ce sont des manipulations de
fantaisie, souvent préjudiciables à l'apiculteur. Enfin ce
dernier doit veiller à ne jamais laisser en dehors et à
proximité des ruches une goutte de miel ou de sirop,
afin d'éviter le pillage, si funeste aux colonies d'abeilles. FIG. 276. — Aplatisseur à poulies (coupe schématique)
V. ABEILLE, CIRE, MIEL, RUCHE, RUCHER.
Apion. — Genre de coléoptères rhyncophores ou cha- des vitesses qui, sauf au niveau des bases moyennes, sont toujours différen-
rançons (fig. 275) dont il existe un grand nombre d'es- tes, écrasent et étirent énergiquement les graines, qui arrivent entre elles
pèces ; la plupart vivent sur les légumineuses. Tels sont : FIG. 275. — Apion par les mêmes procédés que ci-dessus. La pièce A' peut se déplacer de quel-
l'apion du pois (apion pisi), qui vit aux dépens de la du pois. ques centimètres, le long de son axe, pour qu'on puisse régler au moyen de
graine de pois; l'apion du trèfle (apion africans), dont la vis, v. l'énergie de l'aplatissage et le ressort r permet, comme précédem-
la larve vit aux dépens de graines de trèfle. L'une et l'autre espèce s'at- ment, de laisser échapper les parties dures sans que les organes travaillant
taquent également à la luzerne. V. POIS et LUZERNE (Ennemis). soient détériorés.
Aplatissage . —Opération qui consiste à écraser plus ou moins les graines Les plus petits modèles d'aplatisseurs sont commandes à bras, avec une
alimentaires, sans les fragmenter ; elle a pour but de fissurer les enveloppes, ou avec deux manivelles , leur débit est toujours faible, parce que l'opéra-
souvent difficilement perméables, de manière que le suc gastrique puisse agir tion exige une quantité élevée d'énergie. Aussi l'aplatissage n'est-il réelle-
sur l'amande, qui est la partie la plus nutritive des grains. La digestibilité est menkavantageux que si on l'effectue à l'aide d'instruments entrains par
ainsi augmentée, mais, comme l'aplatissage est onéreux au point de vue méca- des moteurs mécaniques ( fig. 279) fournissant un travail plus économique
nique, il convient de le réserver pour les vieux animaux des espèces chevaline que l'homme et même que les animaux.
et asine, qui mâchent mal lorsque leurs dents sont usées. L'avoine, en particu- Aplombs (zoot.). Disposition et direction des membres du cheval par

lier, est si mal utilisée par les vieux chevaux qu'il en germe parfois une partie rapport au sol (fig 280).
i mportante sur les fumiers : les grains ayant impunément traversé tout le tube Les aplombs s'examinent sur le cheval arrêté et placé de manière que le
digestif. Cette opération est, par contre, tout à fait inutile pour les ruminants. poids du corps se répartisse sur les quatre membres (V. ATTITUDES). Ils sont
Aplatisseur. — Machine effectuant l'aplatissage. Les aplatisseurs classi- réguliers c)uand les membres sont perpendiculaires au sol et que chaque
ques sont des machines très simples ( fig. 276) : deux poulies P et P', de dia- bipède lateral est parallèle au plan médian du corps : le corps est alors
mètres inégaux et dont les limbes sont assez soigneusement tournés, sont supporté de la manière la plus solide, en mime temps que la plus favorable
assemblées sur un même bâti en fonte, B, de manière que leurs axes a et a' à l'exécution des mouvements. Dans le cas contraire. ils sont irréguliers.
soient parallèles et horizontaux. Les paliers qui supportent l'une des pou- Aplombs des membres antérieurs. — Vus de profil, les membres anté-
lies, P', sont fixes, et l'axe a' reçoit la manivelle de commande m, ou la pou- rieurs ont des aplombs réguliers quand ils presentent une direction rigou-
lie qui est entrainée par la courroie du moteur. L'autre, P, est montée sur reusement verticale, ou encore, si l'on veut, lorsqu'une perpendiculaire
des coussinets coulissants ; la vis V sert à rapprocher ou à éloigner P de P', fictive abaissée de la pointe de l'épaule tombe un peu en avant du sabot.
suivant l'intensité qu'on veut donner à l'aplatissage ; d'autre part, le ressort Irrégularités.— Si cette perpendiculaire tombe fortement en avant du sa-
r permet à P de s'écarter si un objet dur s'intercale entre les deux poulies, bot, le membre est ramene sous le tronc ; le cheval est sous lui du devant.
et la ramène ensuite à sa position. Enfin, la pièce P est folle, aucune trans- Si elle coupe le sabot, le cheval est campé du devant (fig. 280). Dans le pre-
mission ne reliant son axe a à l'axe commandé a. mier cas, les chevaux sont exposés à buter ; dans le second, les membres
Si l'on agit sur la poulie P', les graines contenues dans la trémie T tombent se fatiguent vite et les pieds sont sujets aux bleimes, parce que le poids
entre P et P' ; le distribu- du corps est reporté sur les talons.
teur d, que l'axe a' conduit Lorsque le genou fait saillie, le cheval est dit arqué si la déformation
par l'intermédiaire d'une est due à l'usure et à la fatigue du membre, ou brassicourt si le
petite courroie, régularise défaut de conformation est acquis de naissance. Un genou porté en arrière
l'écoulement. Les grains, de la verticale d'aplomb
se coinçant entre la poulie normal est qualifié de ge-
commandée P et la pou- nou creux, effacé, de
lie folle P, forcent celle-ci mouton.
à tourner ; mais, comme Vus de face, les aplombs

FIG. 277. — Aplatisseur biconique FIG. 278. — Aplatisseur biconique. (Détail des cônes FIG. 279. — Aplatisseur à moteur
à deux manivelles (Simon). et de leur commande.) (système Pilter).

LAROUSSE AGRIC. 6
APONOGÉTON — APOPLEXIE 82

FIG. 280. — Aplombs du cheval.

sont réguliers quand une verticale abaissée de la pointe de l'épaule partage interne qui se fatigue le plus vite. Pendant la marche, l'extrémité des mem-
le genou, le canon, le boulet et le sabot en deux parties égales. Les deux bres est rejetée en dehors ; le cheval billarde.
pieds laissent entre eux l'intervalle d'un sabot. Lorsque, à l'inverse des précédentes, les déviations ont lieu en dedans,
Quand les deux membres sont complètement en dedans de cette verticale le cheval est cagneux.
et que l'intervalle est sensiblement inférieur à la largeur d'un sabot, le che- Aplombs des membres postérieurs. — Vus de profil, les membres de
val est trop serré du devant ; il est exposé à se couper et, par suite, à derrière sont dans leur aplomb normal lorsqu'une verticale abaissée de la
boiter fréquemment. Les membres reportés en dehors rendent le cheval pointe de la fesse rencontre la pointe du jarret et se confond avec le bord
trop ouvert du devant ; l'allure est lourde et disgracieuse. postérieur du canon avant de toucher le sol.
Envisageant les déviations de la partie inférieure du membre, on rencon- Le cheval est sous lui du derrière quand le membre est en avant de
tre les cas suivants : cette ligne ; campé du derrière, dans le cas contraire (fig. 280).
La déviation a lieu en dehors ; elle porte sur le sabot seul, ou bien sur le Les membres postérieurs étant vus par derrière, une verticale abaissée
sabot et le paturon, quelquefois sur toutes les régions situées au-dessous du de la pointe du jarret doit partager en deux parties égales tout le reste du
genou ; le cheval est panard. Le poids du corps porte surtout sur le côté membre. De même qu'aux membres de devant, le cheval peut être panardou
cagneux. Le panard a, en même temps, les pointes des jarrets rapprochées;
il est crochu ou clos du derrière. Chez le cagneux, ces pointes sont écar-
tées ; il est ouvert du derrière. Enfin le cheval peut être ouvert ou serre
dans les membres postérieurs, selon la largeur ou l'étroitesse de la croupe
et des fesses. Normalement, les pieds postérieurs sont plus rapprochés que
les antérieurs ; l'intervalle est environ de la largeur du boulet.
Aux deux bipèdes, antérieur et postérieur, le cheval peut être : court
jointé ou droit jointé, lorsque le paturon est court et dans une direction qui
se rapproche de la verticale ; long jointé ou bas jointé, lorsque le paturon
est long et que le boulet tend à se rapprocher du sol. Le cheval bouleté
est celui dont le paturon est vertical (cheval droit sur ses boulets) ou dont
le boulet se porte en avant (bouleture). Cette déviation est un signe d'usure
du membre et de fatigue des tendons.
Aponogéton . — Genre de plantes aquatiques, de la famille des naïadacées
(fig. 282), à feuilles supérieures nageantes, à fleurs hermaphrodites, disposées
en épi terminal à l'aisselle des bractées. On en connaît plusieurs espèces,
qui vivent dans les eaux
douces stagnantes. On cul-
tive (soit en serre, soit en
plein air dans les pièces
d'eau) l'aponogéton dis-
tachyon, dont les gracieux
épis blancs répandent une
odeur agréable. V. AQUA-
TIQUES ( Plantes).

Apoplexie (méd.vét.).-
Congestion des centres ner-
veux due à un afflux consi-
dérable du sang. Lors-
qu'elle est très intense, les
vaisseaux sanguins se dé- FIG. 282. — Aponogéton .
chirent et le sang se ré-
pand au dehors en déterminant des symptômes graves ; il y a, dans ce
Phot. Dumont. cas, hémorragie cérébrale lorsque la lésion siege au Cerveau, ou hémorragie
FIG. 281. — Pouliche anglo-normande légèrement sous elle du devant médullaire quand elle a son siège dans la moelle épinière.
et un peu arquée du membre antérieur droit. L'apoplexie, d'ailleurs assez rare chez le cheval, est occasionnée par un
Le cheval placé immédiatement derriere cette pouliche est dans l'attitude du campé des membres
traumatisme violent sur le crâne ; elle peut survenir aussi à la suite de
postérieurs. Le suivant a des aplombs antérieurs tout à fait normaux. congestion cérebrale .
83 APPAREILLEMENT — AQUATIQUES
Lorsque l'hémorragie cérébrale se produit, le cheval tombe et reste immo- Apron ( pisc.). — Poisson de très petite taille, de la famille des perci-
bile ; sa respiration est haletante, la bouche et les naseaux laissent échap- dés, vulgairement connu sous le nom de sorcier ; il se tient au fond de l'eau.
per du sang ; la mort est la terminaison fatale : tous les soins sont inutiles. Sa chair est blanche et de bon goût.
Chez le porc, L'apoplexie se produit parmi les animaux gras, entassés
dans les foires et exposés longtemps au soleil, ou serrés dans des wagons. Aptitudes. — Dispositions naturelles ou acquises que possèdent les ani-
Les premiers soihis consistent en saignée abondante à la queue, compresses maux à remplir telle ou telle destination économique.
d'eau froide ou mieux glacée sur la tête. Les aptitudes des animaux domestiques résultent de leur adaptation aux
— (Vitic.). — V. FOLLETAGE . fonctions zootechniques qui leur sont demandées. Elles varient avec chaque
race, et dans chaque race avec les espèces. Les équidés sont plus spéciale-
Appareillement ou Appareillage ( zoot.). — Choix raisonné de deux ment adaptés à la production du travail ; les bovins fournissent du 'tra-
reproducteurs aussi semblables que possible, en vue d'améliorer la race. vail, du lait, de la viande ; les ovins, de la laine, de la viande, du lait ; les
Dans l'état de nature, les espèces se perpétuent saines, parce que, d'une porcs sont essentiellement aptes à la production de la viande, les poules
part, les intempéries font périr les mères faibles et que, d'autre part, l'ins- a celle des oeufs, de la viande et des plumes.
tinct des femelles et le droit du plus fort éloignent de la reproduction les Dans une même race, les aptitudes peuvent être simples ou mixtes. Il y a
mâles les moins vigoureux (sélection naturelle). Mais dans l'état de domes- des races spécialisées, ne possédant qu'une seule aptitude, ou dont l'apti-
ticité, au contraire, c'est l'homme qui, le plus souvent, choisit et rapproche tude principale domine de beaucoup les autres au point de vue économi-
les reproducteurs. Aussi, le plus sûr moyen d'élever les qualités d'une race, que : la race bovine de Durham, le mouton Dishley sont spécialisés pour
c'est d'appareiller entre eux les animaux les mieux doués. Il est donc indis- la production de la viande grasse; le cheval de pur sang anglais, pour la
pensable pour cette opération de connaître parfaitement les qualités de la production de la vitesse ; la vache hollandaise, la brebis du Larzac, pour la
race qui la recommandent et les moyens propres à les développer. C'est production du lait.
de ce choix raisonné des raceurs que dépend la valeur des descendants. D'autres races possèdent des aptitudes mixtes dont l'association constitue
Le même mot désigne aussi le choix d'animaux semblables (boeufs, che- la cause essentielle de leur succès : le boeuf charolais jouit à la fois de l'ap-
vaux) destinés à être attelés au même véhicule. La race, la taille, la robe, titude au travail et à l'engraissement ; la race bovine normande est bonne
la conformation, l'âge, les allures sont les caractères à rechercher pour pour le lait et pour la viande ; le mouton Dishley-mérinos est un mouton à
réunir, dans ce but, des animaux identiques ou fort peu différents. Les viande et à laine ; le percheron, le postier breton sont des chevaux de trait
chevaux sont ordinairement appareillés par paires pour les attelages de rapide qui combinent à la fois la force et la vitesse.
luxe ; on peut également appareiller des attelages de gros trait ou de culture Les anciens zootechniciens pensaient, avec Baudement , que les animaux
composés de plusieurs animaux de même vigueur et d'allures égales. La spécialisés étaient les meilleurs ; cela n'est pas toujours vrai. Le meilleur ani-
valeur marchande des groupes ainsi constitués est plus grande que la somme mal est celui dont les aptitudes sont les mieux adaptées à la situation écono-
des valeurs de chaque animal pris séparément ; elle s'accroît évidemment mique où il se trouve et, dans certains cas, les animaux mixtes sont, sous ce
avec la perfection de la ressemblance. rapport, supérieurs aux animaux spécialisés. L'amélioration des races doit
Appareiller. être poursuivie dans ce sens ; le perfectionnement des aptitudes est la condi-
— Action de pratiquer l'appareillement, soit en vue de tion essentielle de l'extension des bénéfices.
la reproduction, soit en vue du travail.
Aquatiques (Flore et faune). — I. Flore. La végétation aquatique
Appartement (Plantes d'). — Plantes cultivées en pots ou en jardi-

comprend les plantes dont l'habitat est le marais, l'étang, le ruisseau, la


nières et qui servent à la décoration des appartements. Leur liste est très riviere ou le bord des eaux ( fig. 283 et tableau III). Les plantes aquatiques
longue ; nous signalerons plus particulièrement les plantes de serre ou de sont indispensables à
plein air suivantes : certaines orchidées, cinéraires, primevères ; la plupart l'existence des poissons.
des palmiers ( chamcerops , cocos, kentias, phoenix), les dracénas , les caout- Non seulement elles con-
choucs , les fougères ; bon nombre de plantes bulbeuses (jacinthes, tulipes, tribuent à l'aération de
crocus) et de plantes grasses, etc. l'eau et à son assainisse-
Les plantes d'appartement vivent dans un milieu qui leur convient peu ; ment, mais encore elles
il faudra donc éviter de chauffer à l'excès ou de les placer trop près des jouent un rôle important
appareils de chauffage. Le chauffage ou l'éclairage au gaz leur nuit beau- dans l'alimentation des
coup ; les poussières des appartements leur sont également funestes. Pour habitants des eaux, soit
pallier à ces inconvénients, il faut les sortir par temps doux, en évitant le qu'elles leur servent di-
plein soleil, les vents et la pluie ; il faut les arroser copieusement, mais pas rectement de päture, soit
trop fréquemment, pour éviter l'excès d'humidité ; de temps à autre, il faut qu'elles abritent des lar-
les bassiner ; enfin, se souvenir que les rempotages en pots trop grands sont ves, des mollusques, de
plus nuisibles qu'utiles. petits crustacés qui, eux-
Appät. — Tout ce qui sert à attirer le poisson ou le gibier et se fixe mêmes, deviennent des
directement sur l'hameçon ou sur lé piège. Les pêcheurs appellent aussi proies. De plus, elles con-
esches les appâts naturels. En général, l'appât est un aliment offert à la stituent des frayères na-
gourmandise ou à la voracité de l'animal que l'on veut capturer, et cachant turelles. Enfin, elles con-
un piège. tribuent à la décoration
Les pêcheurs font usage comme appâts naturels de graines diverses des pièces d'eau dans les
cuites (blé, avoine, maïs, riz, chènevis, fèves, féveroles), de larves (asticots, jardins et les parcs, et
vers de farine, vers d'eau, vers de vase), d'insectes (mouches, sauterelles, certaines sont susceptibles
grillons), de vers de terre, de sang coagulé, de pain (de froment ou de chè- de diverses utilisations in-
nevis), de suif (pain de croton), de pâtes (mélanges de pomme de terre dustrielles.
cuite et de miel, jaune d'oeuf, farine, mie de pain, etc.) assez consistantes Les plantes d'eau pour-
pour tenir à l'hameçon ; pour les poissons carnassiers (brochet, perche, etc.), raient être considérées
les appâts sont de petits poissons vivants (vairon, goujon, gardon, chevesne). suivant qu' elles sontfixées
II existe également des appâts artificiels, qui sont des simulacres d'insectes au fond de la rivière par
ou de larves (mouches artificielles, insectes en liège et plume, vers en de véritables racines (et
caoutchouc) ou même de poissons (poisson d'étain, tue-diable, devons, ce sont les plus nom-
cuillers de métal ou de nacre). breuses), ou bien qu'au
Le chasseur n'utilise les appâts que pour le piégeage des animaux nuisibles contraire elles n'émettent
(seul piégeage autorisé). L'appât est en rapport avec la taille et les goûts de que des organes radicel-
la bête qu'on veut capturer : pour les carnassiers, et notamment le renard, laires réduits à l'état de "` Phot. Faideau
.
c'est le cadavre en partie décomposé d'un chat, d'un oiseau, dont le fumet filaments et, étant .flot-
FIG. 283. — Faisceau de plantes aquatiques
se répand au loin ; pour les fouines, belettes, hermines, l'appât est le plus tantes dans l'élément li- (roseau à balais, typha et joncs).
souvent un veuf de poule ou de pigeon. V. PIÉGEAGE. quide, ne puisent que
Le cultivateur utilise des appâts pour la destruction des campagnols, mu- dans l'eau leur substance
lots, etc. Ces appâts sont des grains, des croûtons de pain grillé, etc., dis- vitale, comme c'est le cas notamment pour les algues, la lentille d'eau
posés au-dessus de pièges à bascule où tombent les rongeurs. Parfois les (lemna) et l'hydrocharis ou moréne. Mais on les classe plus communément
appâts eux-mêmes sont empoisonnés. On appâte les ratières et souricières au point de vue de leur développement par rapport au milieu. Suivant que
avec des fragments de noix, du lard, du pain grillé, etc. ce développement reste limité au milieu liquide ou qu'il est ä la fois aqua-
tique et aerien, ou enfin qu'il est nettement aérien, on distingue les plantes
Appeau (chasse). — Petit instrument servant à attirer le gibier à proxi- immergées, les plantes amphibies ou nageantes et les plantes émergées.
mité du chasseur, par l'imitation soit du cri de telle ou telle bête, soit du Parmi les plantes immergées se trouvent les mousses, hépatiques, isoètes,
bruissement du vol de tel ou tel oiseau. Non seulement le gibier à plume qui constituent de véritables prairies au fond des eaux.
donne aux appeaux, mais le gibier à poil lui-même se laisse souvent tromper Les plantes amphibies, plus nombreuses, viennent épanouir leurs fleurs
par le bruit d'un appeau, si celui-ci imite le cri d'une femelle ou d'un jeune. sur la nappe liquide, et l'on peut signaler en passant le phénomène (dimor-
L'usage des appeaux est formellement interdit par la loi. phisme) que présentent beaucoup d'entre elles d'émettre deux sortes de
Appentis. — Petit toit en forme d'auvent, à un seul égout, appuyé à feuilles, les unes adaptées aux fonctions aquatiques, les autres à la vie aé-
un mur par le côté supérieur, et, de l'autre, soutenu par des poteaux, ou rienne. Ce fait est particulièrement apparent chez la sagittaire, la macreou
portant à vide. Par extension, se dit encore d'un petit bâtiment adossé châtaigne d'eau, la renoncule aquatique ou grenouillette. Avec celles-ci on
contre un autre. peut citer dans la même catégorie les nénuphars, la lobélie, les potamots
APPERT (François). — Philanthrope français, né à Paris et mort dans cette ou potamogétons , dont les différentes espèces (potamogeton crispus, pusillus,
ville en 1840. Il inventa, pour la conservation des substances alimentaires, pectinatus, densus, lucens, linaria, marcescens , etc.) sont, avec la calli-
un procédé qui consiste à les débarrasser de l'oxygène qu'elles contiennent triche aquatique, très recherchées des cyprins ; puis l'odorant aponogéton ,
en les faisant bouillir au point juste de leur cuisson, puis à les enfermer la pontédérie, l'élégant myriophille , le sparganier ou ruban d'eau, la
dans des boîtes de fer-blanc que l'on soude hermétiquement et que l'on renouée amphibie, l'élodée du Canada, le cératophylle, l'utriculaire, etc.
chauffe ensuite au bain-marie. Ce procédé, connu sous le nom de procédé Les plantes émergées naissent ordinairement dans les eaux peu pro-
fondes ; si leurs racines recherchent les sols marécageux ou abondamment
Appert, est répandu dans le monde entier. Appert a laissé un ouvrage inti- humides, le développement de ces plantes se fait du moins en dehors du
tulé : Art de conserver les substances animales et végétales (Paris, 1831). milieu liquide ; c'est le cas des carex, roseaux, joncs, scirpes, typhas ou
Appui.— En zootechnie, on appelle temps d'appui le temps pendant massettes, iris aquatique, acore ou lis des marais, salicaire, lysimaque ,
lequel un cheval laisse son pied posé sur le sol pendant la marche. Plus cresson, berle, ache, butome, caltha (populage ou souci d'eau), eupatoire,
l'allure de l'animal est rapide, plus le temps d'appui des membres est court. linaigrette, menthes, myosotis, plantain d'eau, ményanthe trifolié, préle,
A une allure donnée, le temps d'appui d'un membre malade est plus court ficaire, etc. Les arbres eux-mêmes qui bordent les cours d'eau (peupliers,
que celui des membres sains. Cette remarque est utilisée pour le diagnos- aunes, saules, etc.) ne sont pas indifférents à la pisciculture, car ils offrent
tic des boiteries légères. entre leurs racines des abris recherchés de la faune aquatique.
AQUATIQUES ( FLORE ET FAUNE) TABLEAU III_

FLORE ET FAUNE AQUATIQUES.


85 AQUEDUC

Parmi les plantes aquatiques, celles des deux premières catégories sont les exclusivement aquatique, mais qui fréquentent les berges pour chercher
plus intéressantes au point de vue de la pisciculture ; mais il faut cependant, leurs proies. C'est à ce titre que l'on peut citer comme appartenant à la
pour aménager convenablement un étang, une rivière ou une pièce d'eau faune aquatique des mammifères comme la loutre, le rat d eau, la musa-
fig. 284), surveiller le développement de ces plantes, parce que, dans les eaux raigne; des oiseaux comme le héron, le butor, le balbuzard, le merle d'eau,
à faible courant, il devient parfois exagéré, ou bien encore que parmi les es- les canards et les oies; un serpent comme la couleuvre.
pèces utiles il s'en glisse de nettement nuisibles, comme l'utriculaire, par Toutes ces espèces constituent autant d'ennemis du poisson, s'attaquant
exemple. On procède alors à des destructions partielles ou totales, soit par les soit directement à lui-même, comme la loutre principalement, soit à ses
moyens ordinaires lorsque la pièce d'eau peut être mise à sec, soit, dans le cas oeufs ou aux alevins, comme la plupart des oiseaux d'eau.
contraire, parfaucardage . ( V. ce mot.) Par contre, il convient de propager les Sans vouloir faire une énumération complète des poissons d'eau douce,
il faut citer au moins les principales espèces, ayant d'ailleurs leurs eaux de
prédilection, leurs moeurs, leurs habitudes particulières, qui se pêchent,
enfin, de différentes façons : ablette, anguille, barbeau, bouvière, brème.
brochet, carpe, chabot, chevesne, épinoche, gardons, goujon, loche, lotte,
omble-chevalier, ombre, perche, saumon, tanche, truite, vandoise, vai-
ron, etc. V. chacun de ces mots.
La grenouille, dont les premières formes larvaires (têtards) et même les
individus adultes servent souvent de pâture aux poissons carnassiers, et
aussi l'écrevisse peuvent être considérées à part dans la faune aquatique.
Quant aux légions de petits animaux qui peuplent le milieu liquide, et
dont beaucoup jouent un röle important au point de vue de la nourriture
des poissons, il convient de signaler les plus intéressants d'entre eux ; car,
dans l'aménagement des pièces d'eau (étangs ou rivières), il est indispensable
de détruire certaines espèces, tandis que d'autres sont à propager, notam-
ment les espèces herbivores, qui transforment la matiere végétale des
plantes en substance animale éminemment profitable aux poissons carnas-
siers (brochet, perche, truite, etc.). Cette faunule comprend, au reste, des
êtres bien différents et dont il est difficile parfois d'affirmer l'utilité ou
l'inutilité ; c'est ainsi que certains insectes sont, à l'état adulte, de précieuses
proies pour les poissons, alors qu'à l'état larvaire ils sont, au contraire, des
destructeurs acharnés de frai ou d'alevins (éphémères) ; que d'autres sont
des ennemis aussi bien à l'état parfait qu'à l'état larvaire (dytiques), ou
enfin qu'ils sont à la fois prédateurs et proies, comme c'est le cas pour les
larves de phryganes (vulgairement porte-bois, cherfaix, etc.) qui se nour-
FIG. 284. — Distribution des plantes aquatiques autour d'une pièce d'eau. rissent de frai et de jeunes alevins et sont elles-mêmes tres recherchées
des poissons.
Quoi qu'il en soit, voici succinctement énumérées les espèces les plus
espèces utiles. La plantation sur les rives n'offre pas de difficultés ; la plan- communes. On rencontre dans les milieux aquatiques des insectes né-
tation dans les fonds, sans être compliquée, est cependant un peu plus déli- vroptères : éphémères, phryganes, libellules, agrions ; des diptères,
cate. On procède de la façon suivante : on commence par baisser autant cousins, chironomes (la larve du chironome est le ver de vase des pêcheurs) ;
qu'on le peut le niveau de l'eau par le jeu des vannes, puis, tout autour de des hémiptères carnassiers : notonectes, corises, naucores, nèpes, qui, cachés
la partie encore mouillée, on plante les végétaux qu'on a recueillis dans un sous les plantes aquatiques, font la chasse aux alevins ; les hydromètres, les
ruisseau voisin. Dans les parties profondes impossibles à assécher, on limnobates et les veltes, qui ne vivent pas dans l'eau, mais qu'on voit
procède autrement : on arrache deux mottes de gazon qu'on attache ensemble, courir rapidement ou glisser à la surface ; puis des coléoptères : hydrophile
les racines tournées vers l'intérieur, après avoir introduit, au milieu, la brun, hydrocharis, dytiques, cybisters, brins, destructeurs des jeunes
plante qu'on se propose d'immerger ; puis on entoure le tout de ficelle ou, alevins. On y rencontre aussi des crustacés : cloporte aquatique (ou aselle),
mieux, d'un vieux morceau de filet. On laisse ensuite couler à fond. apus cancriforme, branchipe diaphane, crevette des ruisseaux, daphnies
Plusieurs espèces de plantes aquatiques sont intéressantes pour l'industrie ; (ou puces d'eau), cypris, cyclopes; puis des mollusques comme la moule
tels certains carex employés pour le paillage des chaises (forment l'inté- d'eau douce, l'anodonte des cygnes, les mulettes (unio), les paludines, la
rieur des torsades), le typha a larges feuilles ou typha massette, le typha valvée des sources, la limnée des étangs (ou colimaçon d'eau), les pla-
à feuilles étroites, le sparganier ruban d'eau, les roseaux, etc. Les typhas norbes, etc. On y trouve en abondance des sangsues, dont quelques-unes
et le sparganier sont employés pour la confection de nattes, de paillassons (piscicole géomètre) s'attaquent aux poissons, puis quelques annélides comme
et pour le paillage des chaises communes ; les roseaux jeunes peuvent ser- la nais; des vers (tubifex); enfin, des infiniment petits (rotifères, bryozoaires,
vir pour 1 alimentation du bétail, pour faire des litières, pour confectionner infusoires) mélangés à des algues microscopiques, et dont les agglomérations
des palissades, des claies, des cannes à pêche, etc. D'autres sont utilisées constituent le plancton, réserve alimentaire précieuse pour les poissons.
pour l'ornementation des bassins ou pièces d'eau. En bordure extérieure, Parmi toutes ces espèces, il faut détruire impitoyablement' les dytiques,
on peut multiplier quelques touffes d'iris aquatiques (iris de Mandchourie, nèpes, notonectes, gyrins, hydrophile, tandis qu'il y a profit à propager
de Kempfer ou du Japon), quelques pieds de salicaire rose superbe, d'eu- les chironomes, ép émères, phryganes, aselle, apus, branchipe, cypris,
patoire chanvrine et de Lysimaque vulgaire ; en bordure réelle ou en eau peu crevettes d'eau, cyclopes, anodontes, daphnies, valvées, mulettes. La nature
profonde des bords, on peut planter, en touffes disséminées, le roseau à y pourvoit en général ; mais l'approvisionnement d'une pièce d'eau en bes-
quenouille panaché, vulgairement canne de Provence ; les typhas à tioles aquatiques n'est pas compliqué : il suffit d'aller récolter celles-ci dans
larges feuilles ou à feuilles étroites, le sparganier ruban d'eau, la sagit- un cours d'eau voisin. Si les conditions du milieu dans lequel on les intro-
taire ou flèche d'eau et le caltha des marais ou populage ; en eau dormante, duit leur sont favorables, elles ne tardent pas à s'y multiplier.
dans le bassin intérieur, on peut exhausser le fond jusqu'à Oa1 ,30 ou Om,40 de
la surface par places isolées et y multiplier en mélange les nymphéas, si Aqueduc. Canal construit pour conduire d'un point à un autre l'eau

décoratifs. Si 1 eau du bassin est courante, on aménagera des poches où destinée à l'alimentation des agglomérations humaines ou à des usages
l'eau puisse être presque stagnante et, pour réduire la dépense, on plan- industriels ou agricoles ( fig. 285). La canalisation peut être soit souter-
tera les nymphéas en bacs, caisses en bois, vieux tonneaux (placés sur raine, soit à ciel ouvert, et, dans ce dernier cas, suivre le fond d'une tran-
un support de pierre). Les bacs ou caisses doivent avoir Om,50 à 0m,60 de chée ou être supportée par des remblais ou par des ponts, selon les exi-
profondeur ; on les garnit de terre fraîche (sans fumier ni gravier) jusqu'à gences de la pente, de la nature ou des mouvements du terrain.
1,1
0m,25 ou 0m,30 de hauteur, de telle sorte que ce sol artificiel soit à 0 ,25 ou En général, les aqueducs sont destinés à pourvoir à des besoins en eau
0m30 de la surface. Les nymphéas sont alors plantés en touffes au printemps. très importants (alimentation des villes) et exigent des travaux d'art, sou-
Aux deux nymphéas indigènes (jaune et blanc) viennent s'ajouter aujour- vent considérables, pour le franchissement des routes, des vallées, des
d'hui des espèces similaires d'Egypte et du Japon donnant des fleurs aux cours d'eau. En agriculture, on peut avoir à construire de petits aqueducs
tons les plus variés (blanc pur, crème, rose, chair, rouge, lilas, cuivré, pour l'irrigation des cultures, par exemple, ou, plus souvent encore, pour
jaune, etc.) qui sont d'un bel effet ornemental. l'alimentation de la ferme ou des bâtiments d'exploitation. Il convient,
H. Faune. La faune aquatique comprend essentiellement les poissons
— d'abord, d'évaluer le débit journalier à obtenir et de déterminer ensuite, à
et les petits animaux dont l'eau est le milieu vital ; cependant on y peut l'aide des formules de l'hydraulique, les dimensions du canal, en ayant soin,
ranger également différentes espèces animales dont l'existence n'est pas pour les terrains calcaires, d'augmenter sensiblement le diamètre indique

FIG. 285. — Aqueduc et siphon de l'Eure.


Cet aqueduc cet construit sur le parcours de la canalisation amenant a Parie l'« eau d'Avre ., qui est distribuée depuis 1898 avec un débit journalier de 80 000 mètres cubes. L'eau arrive dans un immense
réservoir ä Saint-Cloud par une conduite formée d'un tube de 1m,80 de diamètre qui traverse trois grandes vallées, dont une est représentée ci-dessus.
AQUITAINE — ARACHIDE 86
par le calcul, à cause des dépôts sur les parois. Le canal est construit en Arable (Sol). — Couche superficielle, plus ou moins meuble, attaquée
maçonnerie, ou plus économiquement, chaque fois qu'il est possible, consti- par les labours ordinaires et dans laquelle se développe la plus grande
tué par des conduits en fonte ou même en grès vitrifié ou en béton, si la masse des racines des végétaux (fig. 288). Elle est généralement d'une teinte
pression est réduite et pour de faibles longueurs. Pour la traversée des che- plus foncée que les couches plus profondes, à cause surtout des détritus
mins, vallons, ruisseaux, on emploie soit des siphons, soit des ponts sus- d'origine organique qui y sont mélangés. On appelle ordinairement sous-sol
pendus, de préférence à des ponts à arches, toujours onéreux. L'exécution
des travaux que nécessite la construction d'un aqueduc est d'ailleurs sou-
mise, dans la plupart des cas, à l'autorisation administrative.
Aquitaine (Race d'). — Ancienne race bovine dolichocéphale de Sanson à
pelage blond, à grande taille, à forte corpulence, comprenant les races actuelles
dénommées limousine, agenaise, garonnaise et lourdaise. V. ces mots.
Arabe (Cheval). — Le pur sang arabe (fig . 286 et pl. CHEVALINES
[Races]), originaire du plateau central de l'Asie, est, depuis le ve ou le

FIG. 288. — Sol arable.


Coupe montrant le col arable, le sol végétal, le sous-sol.

la couche immédiatement sous-jacente, quelle que soit sa composition. Le


sol arable et une portion plus ou moins importante du sous-sol constituent
le sol végétal ou couche végétale. Le sol arable ne doit pas seulement four-
nir à la plante des aliments nutritifs, il doit aussi lui servir de support.
A ces deux point de vue, le sol arable se présente comme formé d un sque-
lette constituant sa plus grande masse et de matériaux nutritifs qui y exis-
tent en proportion notablement plus faible. La terre cultivée renferme en
outre de l'eau, de l'air, c'est-à-dire des gaz divers, d'innombrables micro-
organismes jouant un rôle important dans la nutrition des plantes.
La terre franche est le type par excellence de la terre arable. Elle ren-
ferme en proportions convenables de l'argile, du sable, du calcaire, de
l'humus. Elle est suffisamment pourvue des éléments chimiques indispen-
sables à une bonne fertilité : azote, acide phosphorique, potasse, chaux,
magnésie, acide sulfurique, etc. ; ni trop sèche, ni trop humide, à réaction
légerement alcaline, elle se prête très bien à la nitrification.
On appelle encore terres arables celles qui sont ou peuvent être, en un
court espace de temps (environ un an), plusieurs fois labourées, ensemen-
cées et mises à nu par la récolte des produits, pour être presque aussitôt
labourées et emblavées avec des plantes différentes, c'est-à-dire que, dans
C'li c hi• Gaillard . une exploitation où l'on pratique un assolement régulier, l'ensemble des
FIG. 286. — Cheval arabe. terres soumises à l'assolement constitue justement l'ensemble des terres
arables de cette exploitation.
vie siècle, produit et élevé dans l'Arabie, c'est-à-dire dans la région com- Une prairie, un bois, qui sont toujours hors rotation, occupent des terres
prise entre la chaîne du Taurus et la Méditerranée, au nord ; le canal de qui, abandonnées en quelque sorte à une végétation spontanée, ne font pas
Suez et la mer Rouge, à l'ouest ; le golfe d'Aden et la mer d'Oman, au sud ; partie des terres arables de l'exploitation et ne sont pas comme celles-ci
le golfe Persique et le Tigre, à l'est. constamment soumises à des soins renouvelés : hersages, binages, etc.
D'après les Arabes, un animal, pour être bien conformé, doit avoir quatre Arachide. — Plante tropicale, de la famille des légumineuses (fig. 289),
choses larges : le front, le poitrail, la croupe et les membres ; quatre appelée aussi vulgairement pistache de terre (arachis hypogæa), cultivée
choses longues : l'encolure, les rayons supérieurs, le ventre et les hanches ; surtout pour l'huile que fournissent ses graines. Sa tige s'élève à une hau-
quatre choses courtes : les reins, les paturons, les oreilles et la queue. Un teur de 30 à 35 centimètres en don-
cheval ainsi fait est un bon coureur, car il tient à la fois du pigeon, du nant naissance à des ramifications d'une
levrier et du mehari, toujours d'après les Arabes. longueur égale. Les fleurs sont jaunes.
Aujourd'hui, le cheval oriental, devenu cosmopolite, est employé, comme Les fruits sont des gousses qui ont la
étalon de croisement, non seulement dans les pays limitrophes de l'Arabie, faculté singulière de s'enfoncer dans
mais encore en France, en Russie, en Allema- le sol pour arriver à maturité. Chaque
gne, en Autriche-Hongrie, en Angleterre, etc. gousse, de forme oblongue, contient
Caractères généraux. — Tête carrée, ex- deux graines ayant chacune la gros-
pressive, à front large et plat; chanfrein seur d'une amande de noisette et ren-
droit ou légèrement camus ; mil noir, bien fermant une substance blanche, fari-
ouvert ; naseaux larges ; oreilles petites, neuse et oléagineuse. Des gousses d'ara-
fines, espacées, très mobiles. chide grillées sont vendues parfois sous
Encolure assez forte, droite ; crinière 16n- leur nom arabe de cacahuètes et
gue et soyeuse, toupet long et fourni, garrot mangées comme friandise.
peu saillant, ligne dorso-lombaire droite, Culture. —Elle est surtout dévelop-
croupe horizontale longue, hanches rondes, pée dans les pays chauds (Afrique
cuisses musclées, fesses bien descendues, occidentale, Guinée) ; on l'a essayée
queue bien attachée, côte ronde et longue, dans le midi de la France sans grand
poitrail large, épaule longue. succès.
Membres 'à articulations larges et puissan- Le sol étant labouré et fumé, on ouvre,
tes • tendons secs et nerveux, bien détachés ; avec la charrue, des sillons distants de
sabots petits, cylindriques, à talons hauts. 30 à 40 centimètres et profonds de
Peau fine, souple, vasculaire ; poils courts, 10 centimètres. Les semailles se font en
brillants ; productions cornées atrophiées, mai ou juin : on sème la graine (graine
fanons peu développés. écorcée) à la dose de 1 hectolitre par
Robe blanc argenté ou gris pommelé, à hectare ; on la jette au fond des sillons
reflets métalliques, rarement baie ou alezane, alternativement de deux en deux et
plus rarement encore noire. on la recouvre par un coup de charrue
Aptitudes et débouchés. — L'arabe est sur le côté du sillon. La semence est
le cheval de selle par excellence, nerveux, levée au bout de quinze jours. On pra-
sobre, dur, résistant à la fatigue, ne connais- tique ensuite des sarclages et des arro-
sant que le pas et le galop. Les sujets les sages (un arrosage tous les 20 jours, FIG. 289. — Arachide.
plus estimés proviennent de la Syrie et de suivant l'état du sol). La récolte a lieu
la Mésopotamie. Les bons étalons se vendent d'octobre à novembre, lorsque les feuilles ont pris une teinte jaune. Les
de 2 000 à 5 000 francs ; les juments, de gousses sont séparées des tiges, nettoyées sur un crible, séchées au soleil.
1 000 à 4000 francs. La paille est mise en bottes pour la nourriture des troupeaux.
Arabette . — Jolie plante vivace, de la FIG. 287. — Arabette des Alpes. En moyenne, on récolte 60 à 80 hectolitres de gousses par hectare Un
famille des crucifères. L'arabette est une hectolitre de gousses pèse 38 à 40 kilogrammes. Le rendement moyen en
plante traînante, qui sert à garnir les murs et les rocailles ou que l'on uti- huile est de 11 à 13 kilogrammes par hectolitre de graines.
lise comme plante de bordure (fig. 287). A signaler spécialement larabette Usages. — L'huile sert dans l'alimentation, mais surtout dans la fabrica-
des Alpes pu corbeille d'argent, a fleurs d'un blanc pur; elle donne une tion des savons.
variété naine, surtout employée en bordure. Multiplication par semis au Les tourteaux d'arachide (résidu de la fabrication de l'huile) sont très em-
printemps, division des touffes ou bouturage. ployés dans l'alimentation du bétail ; ils renferment en moyenne 45 pour 100
ii 7 ARACHNIDES — ARAIRE

de matières azotées et 7 à 9 pour 100 de matières grasses. Le tourteau d'ara- araignées, est sans danger sérieux pour l'homme. Les espèces les plus com-
chide décortiquée est blanc crème, avec des fines particules rougeâtres. munes sont les suivantes :
Le tourteau d'arachide brute est de coloration plus foncée et de grain La tégénaire ou araignée domestique (1), brune, à taches jaunâtres sur
moins fin que le précédent ; il contient d'ailleurs des fragments de coques l'abdomen ; elle fréquente aux angles des habitations mal entretenues;
aisément reconnaissables. La mygale (2), qui habite nos pays, loge dans un petit terrier qui s'en-
fonce verticalement dans le sol ; elle le maçonne avec soin et le munit d'un
Arachnides. — Classe d'articulés renfermant les araignées, les scor-
opercule qui le ferme hermétiquement et le dissimule ;
pions, les acariens, etc.
L'épeire diadème, encore appelée araignée porte-croix (3), brune, avec
Araignée. — Petit animal articulé, de la classe des arachnides, ayant taches blanches simulant une croix ; elle se tient au milieu de sa toile et vit
la tete et le thorax réunis en un seul article, quatre paires de pattes (fig. 290). des mouches qui s'y prennent ;
L'araignée des jardins, velue, à abdomen cylindrique, pattes dévelop-
pées ; elle se nourrit d'insectes ;
La thomise, petite araignée à abdomen large et aplati, qui tisse des toiles
rudimentaires ou plutôt tend des fils épars entre les feuilles qui doivent
lui servir 'd'abri. A cet effet, l'araignée darde un premier fil sur le corps
qu'elle veut atteindre, puis grimpe ensuite le long de ce fil. A l'automne, ces
fils, détachés, flottent dans l'air pendant les journées calmes, et constituent
ce qu'on appelle les fils de la Vierge;
L araignée des champs ou faucheux, à très longues pattes, qui ne file
pas de toile ;
L'argyronète d'Europe (4), qui est aquatique ; elle tisse son nid sous l'eau
et le remplit d'air qu'elle va recueillir à la surface et qu'elle rapporte en
bulles fixées à la surface velue de son abdomen.
Les araignées sont utiles, car elles capturent de nombreux insectes ; mais
la répugnance qu'elles inspirent fait qu'on les détruit.
Utilisation de la soie des araignées. — On a essayé d'utiliser la soie des
araignées pour fabriquer des étoffes. Avec l'épeire diadème, on obtient une
soie insuffisamment résistante. Rolt, filateur anglais, eut l'idée de tirer direc-
tement le fil des glandes de l'araignée, ce qui avait pour but de le rendre
beaucoup plus résistant. C'est surtout avec l'araignée de Madagascar
1. — Araignée domestique.
(nephila Madagascariensis ) ou halabé (7 centimètres) que l'on a obtenu les
meilleurs résultats : chaque femelle peut fournir de 300 à 400 mètres de
2. — Mygale de France et son terrier brin par dévidage, et elle supporte quatre ou cinq opérations de ce genre
(grossie 2 fois). en dix jours avant de mourir. La soie obtenue a une belle couleur jaune
d'or à reflets superbes, mais qui manque de stabilité.
Araire ( syn. ARAU, ARIAU, CHARRUE TREMBLANTE, etc.). — La plus
simple de toutes les charrues, caractérisée par l'absence de toute pièce de sou-

3. — Épeire diadème. 4. — Argyronète et son nid.

FIG. 290. — Quelques types d'araignées.

Des glandes situées dans l'abdomen sécrètent une soie abondante, d'une s"
extrême finesse, dont certaines espèces se tissent une toile délicate, sorte FIG. 291. — Araire-type Mathieu de Dombasle.
de filet pour attraper leur proie. Toutes les araignées sont carnassières et
se nourrissent de proies vivantes.
Espèces. — Certaines araignées portent à l'abdomen des glandes à venin tien de l'age à son extrémité antérieure (fig. 291). Mathieu de Dombasle lui
Ce venin, s'il est d'un effet foudroyant sur les insectes capturés par les a donné la forme caractéristique ci-contre: l'age A, solide, d'égale résistance,

FIG. 292. -- Araire d'Auvergne.


ARAMON — ARBRE 88

supporte, par l'intermédiaire des étançons E E' et du sep S', le soc S et le donne des rendements très élevés, mais un vin assez faible, peu coloré et peu
versoir V, tandis que le coutre C est appliqué contre la face latérale de riche en alcool. Dans les coteaux, au contraire, où le rendement ne s'élève
l'age, où il est maintenu par une coutrière . L'effort des animaux, appliqué pas à plus de 100 hectolitres à l'hectare, il donne un vin agréable, ferme,
au crochet d'attelage c, est transmis par la tringle T. A l'avant de l'age se d'une belle couleur, assez riche en alcool (9 à 10 degrés).
trouve le régulateur, composé d'une tige verticale P, percée de trous et d'une On le conduit à taille courte. Il est sensible aux gelées printanières, car
traverse horizontale L, munie de crans, où l'on engage la maille allongée m il débourre de bonne heure ; son fruit, à peau peu épaisse, craint la pour-
de la chaîne de traction. Si l'on remonte la pièce P, on augmente la profon- riture dans les années humides. Il redoute aussi l'oïdium et le mildiou.
deur du labour, tandis qu'en l'abaissant on diminue cette profondeur ; plus Aratoire. — Qui appartient au labourage, à l'agriculture : instruments
on éloigne la maille ni de la tige verticale P, plus la raie découpée est large. aratoires, travaux aratoires.
Enfin, les déviations accidentelles, en cours de travail, sont corrigées à
l'aide des mancherons M, qui sont obligatoirement au nombre de deux. Le Araucaria. — Genre de conifères ( fig. 296) renfermant des arbres
laboureur, en soulevant les mancherons, fait piquer la pointe du soc et aug- résineux, habitant les régions chaudes de l'Amérique australe et des îles de
mente la profondeur, tandis qu'en appuyant sur ces mêmes mancherons, il l' Océanie . Il souffre du
fait pivoter la machine autour du talon T' qui termine le sep et tend ainsi à froid sous le climat de
déterrer la charrue, qui agit plus superficiellement • enfin, en inclinant Paris ; on l'emploie pour
l'araire du côté du guéret (ou partie non encore labourée), il diminue la l'ornementation des
largeur de la bande découpée, qu'il augmente, au contraire, s'il couche la parcs et jardins et des
machine du côté du versoir. intérieurs. Une espèce,
L'araire de Dombasle était presque entièrement en bois et en fonte ; on l'araucaria excelsa, cul-
a depuis longtemps substitué le fer, d'abord, puis l'acier à la fonte, trop tivée en pleine terre, dans
lourde et trop fra- le midi de la France,
gile, et l'on con- constitue un bel arbre
struit même des d'ornement au fût pyra-
araires entière- midal ; il se reproduit
ment en acier. La - surtout de semis.
conduite des arai- Arboriculture. —

res étant assez dif- Division de l'horticul-


ficile, on aban- ture, qui s'occupe de la
donne de plus en multiplication et de la
plus ces machi- culture des végétaux li-
nes, auxquelles on gneux. Elle se divise en
substitue des char- plusieurs sections :
rues à avant-train 1° Arboriculture frui-
et, surtout, à sup- FIG. 293. — Araire vigneron (vu en plan).
tière; 2° arboriculture
port ; néanmoins, d'ornement ; 3° arbori-
on les conserve dans quelques régions pour les travaux légers, notamment culture forestière.
pour la culture de la vigne. L'araire vigneron (fig. 293) est caractérisé par Arboriculture frui-
la déviation latérale du plan des étançons et par la mobilité des manche- tière. — Elle comprend
rons, qu'on déporte du côté du versoir pour déchausser et, en sens in- l'étude des arbres, ar-
verse, pour rechausser. bustes et arbrisseaux
L'araire romain (fig. 294), qui fut longtemps la seule charrue employée dont on consomme les
par les peuples riverains de la Méditerranée, est encore en usage dans le fruits, notamment : abri-
Massif Central (fig. 292) et le midi de la France. C'est, en réalité, une char- cotier, amandier, ceri- FIG. 296. — Araucaria.
rue à support, et non pas un araire, tel que nous l'avons défini, car Page sier, châtaignier, cognas- A. Extrémité d'un rameau; B. Cône.
sier, figuier, framboisier,
groseillier, néflier, noi-
setier, noyer, pêcher, poirier, pommier, prunier, vigne. V. chacun de ces
mots. •
Elle se pratique dans les vergers, qui sont des terrains plus ou moins
étendus où l'on cultive en plein vent des arbres à haute tige, non sou-
mis à une taille annuelle et régulière ; c'est, en somme, la grande culture
fruitière.
On nomme prés-vergers les pâturages plantés d'arbres fruitiers, et vergers
FIG. 294. — Araire romain. agrestes, ceux qui sont associés aux champs de céréales. V. VERGER.
Le jardin fruitier est un terrain de dimensions généralement plus petites,
est assez long pour qu'on l'attache directement au joug des boeufs . Celui-ci où les arbres sont soumis à la taille et conduits sous des formes basses
sert de support et détermine invariablement la profondeur du labour, (cordons, gobelets, pyramides, palmettes), et en espaliers. Les produits y
qu'on ne peut changer qu'en modifiant le point d'attache. La largeur ris- sont généralement plus beaux que dans les vergers. V. ESPALIER, GREFFE,
quant seule de varier, accidentellement, l'homme n'a qu'à coucher la char- MULTIPLICATION, TAILLE.
rue d'un côté ou de l'autre pour rétablir l'équilibre ; un seul mancheron On peut ranger dans cette section la viticulture, c'est-à-dire la culture de
lui suffit pour cela : il marche sur le guéret en tenant ce mancheron d'une la vigne en vignobles. V. VITICULTURE.
main. La construction de ces charrues est très primitive. Le soc, générale- Arboriculture d'ornement. — Cette branche a pour objet l'étude des
ment en fer de lance, est à peu près la seule pièce métallique • le versoir arbres, arbustes et arbrisseaux servant à la décoration des parcs et des jar-
est une simple planchette de bois que, très souvent, on accroche alternati- dins. On fait parfois une
vement d'un côté et de l'autre du sep, pour pouvoir labourer à plat. subdivision s'occupant
Aramon ( vitic.).— Cépage de la région du Midi (fig. 295), appelé encore spécialement des essences
pisse-vin, uni noir en Provence, gros bouteillan dans le Var, plant riche destinées aux plantations
dans l'Hérault et possédant de gros grains sphériques, très juteux, à matu- sur les routes ou les bou-
rité tardive. C'est le plus productif des cépages méridionaux, donnant dans levards des villes : c'est
certaines circonstances jusqu'à 400 hectolitres à l'hectare. Ses faux bour- l'arboriculture d'aligne-
geons et ses rejets sur le vieux bois sont fertiles, ce qui lui permet, même ment. V. ARBRE.
après une forte gelée de printemps, de donner encore une petite récolte. Arboriculture fores-
Il vient à peu près dans tous les terrains. Dans les plaines d'alluvions, il tière ou sylviculture. —
C'est l'étude des arbres
considérés en masse, dans
les forêts. Il est évident
que la sylviculture et l'ar-
boriculture d' ornement
ont beaucoup de points
communs ; bon nombre de
plantes figurent dans les
deux sections ; la diffé-
rence peut être comparée
à celle qui existe entre
l'agriculture et l'horticul-
ture. V. AMÉNAGEMENT,
FORÊT, SYLVICULTURE.
Celui qui s'occupe d'ar-
boriculture, quelle qu'en
soit la catégorie, est un
arboriculteur.
Arbousier (hort.). —
Ericacéeindigène cultivée
dans le midi de la France
( fig. 297). L'arbousier
commun ( arbutus unedo.)
est un arbrisseau de 2 a FIG. 297.— Arbousier commun.
3 mètres, à feuilles persis-
tantes, à fleurs blanches ou rosées ; son fruit rouge, comestible, rappelle une
grosse fraise, d'où le nom vulgaire d'arbre aux fraises.
Arbre. — Végétal ligneux à tige épaisse (tableau IV), nue à la base,
('Lt . Dumont. chargée de branches et de feuilles au sommet. V. FEUILLE, RACINE, TIGE,
FIG. 295. - Aramon (cépage du Bas-Languedoc). TRONC.

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