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Calcul des facteurs d'intensité des contraintes

Cet article présente une méthode générale pour calculer les facteurs d'intensité des contraintes dans des matériaux dont les propriétés mécaniques varient continûment dans l'espace. La méthode généralise la méthode de l'intégrale d'interaction en développant des champs asymptotiques de déplacement pour ce type de matériaux. Des applications numériques se concentrent sur des matériaux dont le module d'Young dépend de l'espace.

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Calcul des facteurs d'intensité des contraintes

Cet article présente une méthode générale pour calculer les facteurs d'intensité des contraintes dans des matériaux dont les propriétés mécaniques varient continûment dans l'espace. La méthode généralise la méthode de l'intégrale d'interaction en développant des champs asymptotiques de déplacement pour ce type de matériaux. Des applications numériques se concentrent sur des matériaux dont le module d'Young dépend de l'espace.

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Méthode de calcul des facteurs d’intensité des

contraintes en mode mixte pour des maté-


riaux à gradient de propriétés mécaniques

Thomas Menouillard — Thomas Elguedj — Alain Combescure


INSA/LaMCoS, UMR/CNRS 5514
Bât. J. d’Alembert
20 avenue Albert Einstein
69621 Villeurbanne Cedex
[Link]@[Link]

RÉSUMÉ. Nous présentons dans cet article une méthode générale pour le calcul des différents fac-
teurs d’intensité des contraintes dans des matériaux dont la loi de comportement est élastique
linéaire continûment variable dans l’espace. La méthode qui permet de prédire les facteurs
d’intensité des contraintes est une généralisation de la méthode de l’intégrale d’interaction
[KIM 03a] [KIM 03b] [RAO 03]. Une méthode d’obtention systématique des champs asympto-
tiques en déplacement pour ce type de matériau est aussi développée, et servira à montrer une
plus grande qualité des résultats. Les applications numériques se focaliseront sur des matériaux
dont le module d’Young dépend de l’espace.
ABSTRACT. In this paper, we present a general method for the calculation of the various stress
intensity factors in a material whose constitutive law is elastic, linear and varies continuously
in space. The approach used to predict the stress intensity factors is an extension of the in-
teraction integral method [KIM 03a] [KIM 03b] [RAO 03]. For this type of material, we also
develop a systematic method to derive the asymptotic displacement fields and use it to achieve
better-quality results. Numerical examples will focus on materials with space-dependent Young
modulus.
MOTS-CLÉS : Taux de restitution d’énergie, matériaux variables, FGM, facteur d’intensité des
contraintes, mode mixte de rupture, champs asymptotiques en pointe de fissure, X-FEM.
KEYWORDS: Energy release rate, non homgeneous material, functionally graded materials, stress
intensity factor, mixed-mode fracture, crack tip asymptotic fields, X-FEM.
2 7ème Colloque National en Calcul des Structures.

1. Champ de déplacement en pointe de fissure

1.1. Forme du champ de déplacement


  
A partir de la forme du champ de contrainte obtenu en résolvant , la
relation de comportement ( linéaire et isotrope) permet de mettre en place la forme
du champ de déplacement en pointe de fissure :
 (1)
   ! (2)

Les résultats concernant les champs asymptotiques (notés "$%# ) pour les matériaux
aux caractéristiques mécaniques constantes dans l’espace (loi de comportement notée
&# ) seront un point de départ pour déterminer les champs de matériaux variables dans
l’espace (loi de comportement notée (' , champs asymptotiques notés )'% ). On peut
mettre en relation les déformations et lois de comportement de ces deux matériaux :
pour i = I et II : * % '  ,+ ' !.-/ +)0 -  " %# 21
On note que le champ de déplacement auxiliaire )'% n’est pas compatible avec le
champ de contrainte. On applique ce résultat au cas d’un matériau dont le coefficient
de Poisson est constant, et le module d’Young variable ; pour i=I et II :

435 6 %8' 7  94: >= " 5 6 @%# ?


<;  (3)
9

Les solutions asymptotiques en déplacement en pointe de fissure, pour le cas


d’un matériau constant, sont totalement connues. Mais peut-on en déduire les champs
asymptotiques des matériaux dont le module d’Young est continûment variable dans
l’espace ?

1.2. Champs asymptotiques en déplacement : cas d’un matériau au module


d’Young variable dans l’espace 9 A;   9B:DC.EF , et au coefficient de Poisson
constant

M G J
 ' H G.I2J  LK EF _^a` b
P@Q <R 5TSVU@W J  SVU@W P X K Y G[Z]\ C (4)
F 9 O: N :

]M G d i J  ikj J ?


' c aG.I2J  OK d P.Qf =  R 5hg  W P W P C  EF
9 :eN
l=m d P R  i J  P i j J ? EF n^a` bo
5 K W P W P X KY [
G Z \ C (5)
:
Découplage des modes de rupture 3

]M G i J P i j J b


'  a G.I2J   EF
K [Link] 5BW  P  ARq SVU@W J   W P r X K Y G[Zt\
s C n^a` (6)
F 9 : N :

]M G P J j J
' c [Link]   KP P.Qf =  R 5 j  VS U@W P  VS U@W P 5 K 5 j R ? C  EF  (7)
9 :vN
J j J  R Y bo
=m P R   P j
P <R
j  G ? X K Y G[Zt\ EF C n^a`
5vw SVU@W P SVU@W P K 5
:
Ces solutions étant complètement analytiques, nous pouvons les utiliser dans les codes
de calculs sans avoir à les calculer numériquement.

2. Formulation du taux de restitution de l’énergie

M. SUO et COMBESCURE [SUO 92b] [SUO 92a] montrent que le taux de resti-
tution de l’énergie s’écrit, en utilisant le champ virtuel x de la façon suivante (où il
n’y a pas de thermique ni de force volumique) :
y  b G|H {€   ‚€ bG o‚{€
Z{z -~} -~} x - 5 Z{z - x 5 P K Z{z f} - x -   -    (8)

3. Analyse en mode mixte pour un matériau variable

La méthode présentée s’appuie essentiellement sur la forme des déplacements en


pointe de fissure. On a mis en évidence la relation déplacement - facteurs d’intensité
des contraintes  et  . La méthode suivante va permettre de calculer les facteurs
d’intensité des contraintes.
Il faut introduire la forme bilinéaire symétrique a(.,.), définie comme suit :

ƒ " I   bG
f   „

" } } x     } " } x    x  } †x *  „  o|‚€
"   
Z z 5

En écrivant ƒ  I "m%‡  ˆ ƒ  !


" ‡ I "„%‡  ‰ ƒ  „
" ‡  I "!%‡  (pour i=I et II) alors on en
déduit directement :
ƒ  "!‡  I„" ‡   -ƒ  I „ " ‡  5 ƒ „ " ‡ I !" ‡   - ƒ  I "!‡  
 
ƒ  " ‡ I " ‡  - ƒ  " ‡  I " ‡   ƒ  " ‡ I " Ї   ‹ (9)
5

ƒ  "„‡ I "!‡  - ƒ  I "!‡   ƒ ! " ‡ I "„‡   - ƒ  I "„‡ 


B 5
ƒ  " ‡ I " ‡  - ƒ  " ‡  I " ‡  ƒ  " ‡ I " Ї   ‹ (10)
5
On précise que est le champ de déplacement, "$‡ et "!‡  les champs auxiliaires
(correspondant aux modes I et II) choisis pour le découplage.
4 7ème Colloque National en Calcul des Structures.

P i  Ž Œ
bƒ $

K
 
9
HŒ  La fonction 9 H Œ   5  , avec a=0.4
j -~
Ž ƒ  P 
j - Ž ƒ  P
y P
-~
x P 
tip - Ž ƒ ,
0 2 Ž ƒ 
a=0.4 K -~ w
K - Ž ƒ  d
1  ~- 
  P  -  -P  -  -d
5 -w 5 - w
Figure 1. Validation numérique : géométrie, chargement, module d’Young

4. Applications numériques

Dans un premier temps, la validation de la formulation des facteurs d’intensité


des contraintes permettra de s’interesser au choix de "$%‡ , par rapport à la dépendance
des résultats par rapport au rayon du champ x . Les champs '% étant plus proche
de la réalité plus loin de la pointe de fissure que les champs "$%# , ils vont permettre
d’obtenir des résultats plus indépendants de la taille du champ x . On va observer
cette différence dans un code éléments finis (CAST3M [SUO 92b]) et dans un code
(X-FEM) utilisant la méthode des éléments finis étendus (X-FEM eXtended Finite
Element Method [MOE 99] [MOE 02]). Il est important de noter que, dans la méthode
X-FEM ici, on découple avec les champs )'% ou "!%# , et on enrichit avec "m%# .
Les caractéristiques du premier cas de calcul sont présentées sur la figure 1. L’ar-
ticle [KIM 03a] sera considéré comme la référence pour valider la méthode explicitée
dans les parties précédentes. La forme bilinéaire a(.,.) est la partie centrale de la vali-
dation. Les SIFs sont définis de la façon suivante : ‘†’“  – —™˜ ”†•
 :Dš ›Šœ
Comment choisir les champs auxiliaires qui serviront au calcul\ de ž  . Choisis-
sons d’utiliser les champs asymptotiques d’un matériau dont les caractéristiques mé-
caniques sont constantes (valeurs en pointe de fissure). Ce seront donc des champs
approchés. On va s’interesser à l’influence du rayon du champ x sur les résultats.
La figure 2 présente les calculs (points noirs) des SIFs en fonction de la couronne
du champ x virtuel utilisé pour différentes variations du module d’Young. Sont aussi
représentés par des droites horizontales, les résultats issus des travaux de Kim et Pau-
lino [KIM 03a]. Ils proposent diverses méthodes qui sont résumées dans le tableau 1
et comparés aux résultats de la figure 2.
L’intérêt de la méthode développée réside sur le choix des solutions asymptotiques
que l’on peut utiliser. Enrichir l’information dans ces solutions permettra d’utiliser des
couronnes THETA plus grande, et donc des éléments dans la couronne qui soient plus
grands aussi.
Découplage des modes de rupture 5

P
-K 
P Ž
P Ž - =5
P g
SIF
-K w
¤ ¤¤ ¤
SIF =0

P P ¤ ¤
-K j -£¢ ¤ ¤
P d ¤ ¤
-
P P P ¤
-K -~ ¤
P ¤ ¤
P ~ *¡D(A * - ¤¤ ¤
- KK P w ¤¤¤ ¤¤¤¤¤ ¤
¤
R/a -j
P P P
-K 
R/a
-
  -P  -  -d  -Ÿ -   -P  -  -d  -Ÿ 
w K w K -
Figure 2. Résultats de la validation numérique
Ž Ž ƒ
Direct Method I Method II Eischen cette méthode
0 0 2.109 2.133 2.133 2.112 2.1118
5 2 2.289 2.304 2.348 2.295 2.300
10 4 2.549 2.589 2.670 2.571 2.586
15 6 2.729 2.769 2.879 2.733 2.765
50 20 3.050 3.314 3.579 3.228 3.207

Tableau 1. Tableau des résultats de l’expérience comparés aux résultats de KIM et


PAULINO [KIM 03a]

Le second cas de calcul diffère du premier par le chargement (qui sollicite l’éprou-
vette en mode mixte), et par le module d’Young ( 9 [Link]   9>:*C.EF ). La figure 3 pré-
sente les résultats pour les 4 calculs : découplage dans CAST3M/X-FEM avec les
champs auxiliaires du matériau constant/variable dans l’espace. Pour la méthode X-
FEM utilisée, l’enrichissement se fait avec les solutions du mat ériau constant. Ce

Ÿ   .   ‹   .   ‹
K w P K
·¸  ¨© X-FEM solution "!%#
¥
¢  ·¸ ·¸ w ¨© ¨©
¸ · · ¸ ¸ ·
¹·¸ ¹ µ¶´ µ¶´ µ¶´ µ¶´ ´
¸ ·  ¨ © ¨© ¨© X-FEM solution ['% ¦§
¹ ¹ µ¶ ¶µ´ w ¨ ©
¨©ª ª §¥¦ ¦§¥ ¦§¥ ¦§¥ ¦§¥ ¦§¥ ¦§¥ ¦§¥
d  ¹ ¹ ´µ¶ ª ª
¹ ¶µ´ j ¢ 
ª ª ª
CAST3M solution " %#
¹ j   ª ¨©
  P ª CAST3M solution ['%
j  «m¬®­2¯ ­2°@°±
w
 j  P 
²_³ % F ¯ ± en %
P    ‡‡ F

K
 j  w

K j  w


Figure 3. Résultats des calculs correspondant à un chargement en mode mixte pour


P :Dº ›
le matériau 9 HG.I2J   C F.
6 7ème Colloque National en Calcul des Structures.

graphique montre que l’utilisation des solutions asymptotiques du matériau variable


pour le découplage, permet d’obtenir des erreurs plus faibles qu’en utilisant les solu-
tions asymptotiques du matériau constant.

5. Conclusion et perspectives

Le découplage des modes de rupture fait intervenir une couronne virtuelle (champ
x par exemple). L’intérêt pour le calcul numérique serait d’avoir indépendance par
rapport au rayon de ce paramètre. C’est effectivement vrai pour le cas d’un matériau
constant dans l’espace. En revanche, lorsque le matériau est variable dans l’espace, les
caractéristiques matériau ne sont pas les mêmes partout dans la couronne. Donc l’utili-
sation des champs de déplacement analytiques du cas matériau constant ne permettent
pas d’obtenir l’indépendance par rapport au rayon de la couronne. On a bien montré
une plus grande stabilité en utilisant la loi de comportement variable, et les champs
asymptotiques du matériau variable. Cependant dans la majorité des cas, il n’y a pas
de solution asymptotique pour le matériau E(X) (par exemple FGM). Il faudra réflé-
chir par la suite au calcul numérique des solutions asymptotiques pour des matériaux
variables, qui pourra ensuite être implanté dans X-FEM.

6. Bibliographie

[KIM 03a] K IM J.-H., PAULINO G. H., « An accurate scheme for mixed-mode fracture ana-
lysis of functionally graded materials using the interaction integral and micromechanics
models », International Journal for Numerical Methods in Engineering, vol. 58, 2003,
p. 1457-1497.
[KIM 03b] K IM J.-H., PAULINO G. H., « Mixed mode J-integral formulationand implementa-
tion using graded elements for fracture analysis of nonhomogeneous orthotropic materials »,
Mechanics of Materials, vol. 35, 2003, p. 107-128.
[MOE 99] MOES N., DOLBOW J., BELYTSCHKO T., « A finite element method for crack
growth without remeshing », International Journal of Numerical Methods in Engineering,
vol. 46, 1999, p. 131-150.
[MOE 02] MOES N., GRAVOUIL A., BELYTSCHKO T., « Non-planar 3D crack growth
by the extended finite eand level sets », International Journal of Numerical Methods in
Engineering, vol. 53, 2002, p. 2549-2568.
[RAO 03] RAO B., RAHMAN S., « Mesh-free analysis of cracks in isotropic functionally
graded materials », Engineering Fracture Mechanics, vol. 70, 2003, p. 1-27.
[SUO 92a] SUO X., COMBESCURE A., « Energy release rate and integral for any non
homogeneous material », The American Society of Mechanical Engineers, vol. 233, 1992,
p. 173-179.
[SUO 92b] SUO X., COMBESCURE A., « On the application of G( » ) method and its com-
parison with De Lorenzi’s approach », Nuclear Engineering and Design, vol. 135, 1992,
p. 207-224.

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