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Polynômes de Tchebychev en analyse

Le document présente les polynômes de Tchebychev et leur utilisation en analyse numérique. Il introduit les polynômes de Tchebychev, démontre leurs propriétés d'orthogonalité et examine leur utilisation pour l'approximation polynomiale au sens des moindres carrés et de Tchebychev.

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Le document présente les polynômes de Tchebychev et leur utilisation en analyse numérique. Il introduit les polynômes de Tchebychev, démontre leurs propriétés d'orthogonalité et examine leur utilisation pour l'approximation polynomiale au sens des moindres carrés et de Tchebychev.

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© Laurent Garcin MP Dumont d’Urville

Devoir à la maison n°14

• Le devoir devra être rédigé sur des copies doubles.


• Les copies ne devront comporter ni rature, ni renvoi, ni trace d’effaceur.
• Toute copie ne satisfaisant pas à ces exigences devra être intégralement récrite.

�Problème 1 – CCP 2003 – Utilisation des polynômes de Tchebychev en analyse�



On note E l’ensemble des applications continues de [−1, 1] dans ℝ.
On désigne par E𝑛 l’espace vectoriel des fonctions polynomiales de [−1, 1] dans ℝ de degré inférieur ou égal à
𝑛, où 𝑛 est un entier naturel.
On pourra confondre les expressions «polynôme» et «fonction polynomiale».
Si 𝑓 est un élément de E, on pose ‖𝑓‖∞ = sup |𝑓(𝑥)|.
𝑥∈[−1,1]
Les parties II et III sont indépendantes et utilisent les résultats de la partie I.

I Polynômes de Tchebychev
Dans toute cette partie, 𝑛 désigne un entier naturel.

1 Existence et unicité

1.a Déterminer un polynôme T à coefficients réels de degré 𝑛 vérifiant la propriété

(⋆) ∀θ ∈ ℝ, T(cos θ) = cos(𝑛θ)

On pourra remarquer que cos(𝑛θ) est la partie réelle de (cos θ + 𝑖 sin θ)𝑛 .
1.b Vérifier qu’un polynôme vérifiant (⋆) est unique.
On l’appelle le polynôme de Tchebychev d’indice 𝑛, on le note T𝑛 .

On définit alors une fonction polynomiale sur [−1, 1] par

∀𝑥 ∈ [−1, 1], T𝑛 (𝑥) = cos(𝑛 arccos 𝑥)

2 2.a Montrer que


∀𝑥 ∈ [−1, 1], T𝑛+2 (𝑥) = 2𝑥T𝑛+1 (𝑥) − T𝑛 (𝑥)
On pourra calculer T𝑛+2 (𝑥) + T𝑛 (𝑥).
2.b Calculer T0 , T1 , T2 et T3 .
2.c Donner le coefficient dominant de T𝑛 .

3 Racines et extrema
On suppose 𝑛 non nul dans cette question.

3.a Montrer que


𝑛−1
(2𝑘 + 1)π
∀𝑥 ∈ [−1, 1], T𝑛 (𝑥) = 2𝑛−1 ∏(𝑥 − cos θ𝑘 ) où θ𝑘 =
𝑘=0
2𝑛

[Link] 1
© Laurent Garcin MP Dumont d’Urville

𝑘π
3.b On pose pour 𝑘 ∈ ⟦0, 𝑛⟧, 𝑐𝑘 = cos ( ).
𝑛
Calculer ‖T𝑛 ‖∞ puis montrer que

∀𝑘 ∈ ⟦0, 𝑛⟧ , |T𝑛 (𝑐𝑘 )| = ‖T𝑛 ‖∞

et que
∀𝑘 ∈ ⟦0, 𝑛 − 1⟧ , T𝑛 (𝑐𝑘+1 ) = −T𝑛 (𝑐𝑘 )
Les 𝑛 + 1 réels 𝑐0 , 𝑐1 , … , 𝑐𝑛 sont appelés «points de Tchebychev».
3.c Dessiner le graphe de T3 et préciser sur le graphe les réels 𝑐0 , 𝑐1 , 𝑐2 et 𝑐3 .

II Polynômes de Tchebychev et orthogonalité


Orthogonalité des T𝑛
ℎ(𝑡)
4 Montrer que pour toute fonction ℎ de E, l’application 𝑡 ↦ est intégrable sur ] − 1, 1[.
√1 − 𝑡 2
1
𝑓(𝑡)𝑔(𝑡)
Pour (𝑓, 𝑔) ∈ E 2 , on pose ⟨𝑓, 𝑔⟩ = ∫ d𝑡.
−1 √1 − 𝑡 2

5 Montrer que ⟨⋅, ⋅⟩ définit un produit scalaire sur E.

Ceci nous permet de définir une norme euclidienne sur E : pour tout élément ℎ de E, on pose ‖ℎ‖2 = √⟨ℎ, ℎ⟩.

6 Calculer ⟨T𝑛 , T𝑚 ⟩ selon les valeurs des entiers naturels 𝑚 et 𝑛. En déduire pour tout entier naturel 𝑛 que la
famille (T0 , T1 , … , T𝑛 ) est une base orthogonale de E𝑛 .

Polynôme de meilleure approximation quadratique


Dans toute la suite de la partie II, 𝑓 désignera un élément de E et 𝑛 un entier naturel.
On pose 𝑑2 (𝑓, E𝑛 ) = inf {‖𝑓 − Q‖2 , Q ∈ E𝑛 }.
⟨𝑓, T𝑘 ⟩
Le but de la suite de la partie II est d’exprimer ‖𝑓‖2 en fonction des .
‖T𝑘 ‖2

7 7.a Enoncer un théorème justifiant l’existence et l’unicité d’un vecteur 𝑡𝑛 (𝑓) dans E𝑛 tel que ‖𝑓−𝑡𝑛 (𝑓)‖2 =
𝑑2 (𝑓, E𝑛 ).
7.b Exprimer 𝑡𝑛 (𝑓) à l’aide des polynômes de Tchebychev.
On dit que 𝑡𝑛 (𝑓) est le polynôme de meilleure approximation quadratique de 𝑓 sur E𝑛 .

8 Montrer que

√ 2
𝑛
⟨𝑓, T𝑘 ⟩2
𝑑2 (𝑓, E𝑛 ) = ‖𝑓‖2 − ∑ 2
√ 𝑘=0 ‖T𝑘 ‖2

⟨𝑓, T𝑘 ⟩2
9 9.a En déduire que la série ∑ 2
est convergente.
𝑘∈ℕ ‖T𝑘 ‖2
1
𝑓(𝑡)T𝑛 (𝑡)
9.b Que pensez-vous de la limite de ∫ d𝑡 lorsque 𝑛 tend vers +∞ ?
−1 √1 − 𝑡 2

[Link] 2
© Laurent Garcin MP Dumont d’Urville

Convergence en norme quadratique


10 10.a Soit ℎ un élément de E. Montrer que ‖ℎ‖2 ≤ √π‖ℎ‖∞ .
10.b Montrer en utilisant un théorème de Weierstrass que lim ‖𝑓 − 𝑡𝑛 (𝑓)‖2 = 0.
𝑛→+∞

√ +∞
√ ⟨𝑓, T𝑘 ⟩2
11 11.a En déduire que ‖𝑓‖2 = ∑ 2
.
√𝑘=0 ‖T𝑘 ‖
11.b Application : un théorème des moments.
1
ℎ(𝑡)T𝑛 (𝑡)
Que peut-on dire d’une fonction ℎ de E telle que pour tout entier naturel 𝑛, ∫ d𝑡 = 0 ?
−1 √1 − 𝑡 2

III Polynôme de meilleure approximation au sens de Tchebychev


Dans toute cette partie, 𝑛 désigne un entier naturel et 𝑓 un élément de E.
On note 𝑑∞ (𝑓, E𝑛 ) = inf {‖𝑓 − Q‖∞ , Q ∈ E𝑛 }.
On dit qu’un élément P de E𝑛 est un polynôme de meilleure approximation (on notera en abrégé PMA) au sens
de Tchebychev d’ordre 𝑛 s’il vérifie une des deux conditions équivalentes

(i) ‖𝑓 − P‖∞ = 𝑑∞ (𝑓, E𝑛 )

(ii) ∀Q ∈ E𝑛 , ‖𝑓 − P‖∞ ≤ ‖𝑓 − Q‖∞ .

Existence d’un PMA d’ordre 𝑛 pour 𝑓


On pose K = {Q ∈ E𝑛 , ‖𝑓 − Q‖∞ ≤ ‖𝑓‖∞ }.

12 12.a Montrer que K est une partie non vide fermée et bornée de E𝑛 .
12.b En déduire que K est une partie compacte non vide de E𝑛 .

13 13.a Montrer que 𝑑∞ (𝑓, E𝑛 ) = 𝑑∞ (𝑓, K).


13.b En déduire qu’il existe un élément P de E𝑛 tel que ‖𝑓 − P‖∞ = 𝑑∞ (𝑓, E𝑛 ).
P est donc un PMA d’ordre 𝑛 de 𝑓.

Condition suffisante pour être un PMA


Soit ℎ un élément de E. On dit que ℎ équioscille sur 𝑘 + 1 points s’il existe 𝑘 + 1 réels 𝑥0 < 𝑥1 < ⋯ < 𝑥𝑘
de l’intervalle [−1, 1] tels que
∀𝑖 ∈ ⟦0, 𝑘⟧ , |ℎ(𝑥𝑖 )| = ‖ℎ‖∞
et
∀𝑖 ∈ ⟦0, 𝑘 − 1⟧ , ℎ(𝑥𝑖+1 ) = −ℎ(𝑥𝑖 )
On dit que les extrema sont alternés.

14 Exemples.
1
14.a Dessiner le graphe d’une fonction ϕ de E telle que ‖ϕ‖∞ = et ϕ équioscille sur 4 points.
2
On ne cherchera pas à expliciter une telle fonction.
14.b Montrer que le polynôme T𝑛+1 de Tchebychev d’indice 𝑛 + 1 équioscille sur 𝑛 + 2 points.

Le but de la question 15 est de montrer le résultat suivant :

Si P est un élément de E𝑛 tel que 𝑓 − P équioscille sur 𝑛 + 2 points, alors P est un PMA d’ordre 𝑛
de 𝑓.

[Link] 3
© Laurent Garcin MP Dumont d’Urville

15 Soit P un élément de E𝑛 tel que 𝑓 − P équioscille sur 𝑛 + 2 points que l’on note 𝑥0 < 𝑥1 < ⋯ < 𝑥𝑛+1 .
Soit Q un élément de E𝑛 tel que ‖𝑓 − Q‖∞ < ‖𝑓 − P‖∞ .

15.a Soit 𝑖 ∈ ⟦0, 𝑛 + 1⟧. Montrer que si 𝑓(𝑥𝑖 ) − P(𝑥𝑖 ) > 0, alors Q(𝑥𝑖 ) − P(𝑥𝑖 ) > 0.
On obtiendrait de même que, si 𝑓(𝑥𝑖 ) − P(𝑥𝑖 ) < 0, alors Q(𝑥𝑖 ) − P(𝑥𝑖 ) < 0.
15.b En déduire que P = Q et conclure.

Détermination de PMA
16 Dans cette question, on pose 𝑓(𝑥) = 𝑥𝑛+1 et 𝑞𝑛 (𝑥) = 𝑥𝑛+1 − 2−𝑛 T𝑛+1 (𝑥) pour 𝑥 ∈ [−1, 1].
Montrer que 𝑞𝑛 est un PMA d’ordre 𝑛 de 𝑓.

17 En déduire que pour tout polynôme P unitaire de degré 𝑛 + 1, 2−𝑛 ‖T𝑛+1 ‖∞ ≤ ‖P‖∞ .

18 18.a Dans cette question, 𝑓 est un polynôme de degré 𝑛 + 1. Déterminer un PMA d’ordre 𝑛 de 𝑓.
18.b Application : déterminer un PMA d’ordre 2 de 𝑓(𝑥) = 5𝑥3 + 2𝑥 − 3.

Remarque. On peut montrer l’unicité du PMA.


Il n’existe pas de formule générale qui donne l’expression du PMA d’une fonction quelconque. On peut cepen-
dant utiliser un algorithme (de Remes) qui fournit une suite de polynômes qui converge vers le PMA.

[Link] 4

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