Gestion de la zone littorale de Ras Dimes
Gestion de la zone littorale de Ras Dimes
de Ras Dimes
Agence de Protection et d’Aménagement du Littoral
Zone Sensible Littorale de Ras Dimes
SOMMAIRE
Introduction ...................................................... 4
1 - Les objectifs de l’étude ..................................................................................................... 5
2 - L’organisation de l’étude ................................................................................................. 5
3 - La problématique de gestion : ......................................................................................... 6
4 - Le périmètre d'étude : ...................................................................................................... 8
Introduction
Lorsque le site de Ras Dimes a été investi par des éléments anthropiques (habitat,
port,…), il n'y avait pas en Tunisie de grande exigence pour la protection de
l'environnement et notamment pour les zones littorales sensibles. Aujourd'hui avec la
mise en place du MEAT, et la création de l'APAL et de nouveaux outils de protection
ont été mis en place.
La concentration et la valorisation des zones sensibles littorales est l'une des plus
importantes priorités de cet organisme chargé de la protection du et l'aménagement du
littoral.
La protection des espèces rares, la réhabilitation des habitats, l'adoption de mesures et
d'actions de préservation des sites littoraux sensibles sont maintenant des objectifs et
des impératifs du nouvel instrument de protection des zones sensibles littorales : Le
plan de gestion.
La dégradation de ces zones côtières est très avancée sur plusieurs sites et le besoin de
protéger et conserver ces milieux est vital pour la survie des espèces rares et l'équilibre
des écosystèmes. La disparition de quelques espèces dénote de la perturbation de cet
écosystème si vulnérable. Les différentes composantes de la biodiversité terrestre et
marine, tant la flore que la faune doivent être protégées des différentes pressions et
attaques. L'APAL, à travers le lancement de plusieurs études de zones littorales a
soigneusement contribué à atténuer la dégradation de ces habitats et milieux fragiles.
Par cette approche scientifique, l'état contribue à réconcilier l'individu avec son milieu
et à réconcilier les objectifs de protection de l'environnement avec les impératifs de
développement économique durable.
La présente étude tente de répondre à ces préoccupations et vise l'attente des objectifs
de protection et de valorisation du milieu, la zone sensible de Ras Dimes.
Les objectifs de notre étude sont d’établir un plan de gestion adéquat de la zone littorale
de Ras Dimes, en visant :
- La caractérisation de l’état du milieu naturel (biodiversité, milieu physique
terrestre et maritime) ;
- La définition des nuisances et des aptitudes à la valorisation et l’aménagement ;
- L’établissement d’un plan de gestion précisant la stratégie adéquate de protection
et réhabilitation des écosystèmes ;
- Le choix des mesures et actions (techniques, réglementations institutionnelles)
devant assurer la concrétisation du plan de gestion retenu.
2 - L’organisation de l’étude
Sur la base de ce constat diagnostic, seront élaborés deux scénarios de gestion de cette
zone sensible devant assurer un équilibre écologique et économique du site.
3 - La problématique de gestion :
Le périmètre d’étude de la zone sensible littorale de Ras Dimes couvre la pointe du cap
de la région de Békalta – Téboulba.
La zone d’étude porte aussi le nom de Tapsus en référence à la première occupation
punique de la zone et démontrant par la même occasion le caractère et l'intérêt
historique de ces lieux
La zone d'étude se caractérise par un écosystème très varié formé d’unités naturelles et
paysagères : mer, faune, île, flore, agriculture, plages, des plus riches de la région du
Sahel.
Par ailleurs, le site de l’étude appartient à la région de Békalta réputée pour sa richesse
culturelle et archéologique. La valeur historique est apparente à travers les vestiges
archéologiques qui témoigne d'une présence humaine très ancienne.
Parmi les occupations majeures de la zone le port de pêche de Ras Dimes dont les
répercussions ont redessiné une partie du littoral de la région. En effet, la réalisation de
cet ouvrage a engendré des perturbations dans le transit des sédiments, permettant
La problématique posée est donc, comment conserver ces espaces fragiles et quels sont
les moyens à mettre en œuvre pour valoriser et maintenir ces espaces naturels en
équilibre ?
En somme la question posée : Comment gérer durablement ces espaces côtiers
sensibles ?
D’emblée il faut souligner que gérer l’espace naturel côtier, c’est porter un regard
dynamique sur l’ensemble des évolutions qui s’y développent et corriger ces
développements en fonction d’objectifs bien définis.
C’est à travers une approche en terme de gestion du milieu littoral et non plus seulement
en terme sectoriel qu’il apparaît nécessaire d’aborder les problèmes des espaces
littoraux.
Une nouvelle politique de gestion de ces espaces suppose donc une mobilisation de
moyens nouveaux et l’adoption de mesures et de solutions spécifiques. Cette stratégie
devrait plus que jamais intégrer les qualités écologiques et paysagères du milieu naturel.
4 - Le périmètre d'étude :
- Au Nord, par la ligne de côte et la mer qui fait partie intégrante de l'analyse du
milieu, regroupant ainsi l'îlot Ez Zirra dans ses parties marine et terrestre
- Au Sud, par l'emprise d'une piste qui commence au niveau de la partie inférieure
du Port pour rejoindre la limite Nord- Ouest du périmètre
- A l'Est, par une piste une piste traversant la zone archéologique en direction de
la côte
- A l'Ouest, par la ligne de côte occupée particulièrement par l'emprise du port de
pêche de Ras Dimes
La zone d'étude se présente presque sous la forme d'un trapèze avec des côtés latéraux
(limites Nord-Ouest et Sud-Est) qui portent respectivement sur un linéaire de 200 m et
1000 m et une limite Nord d'environ 6700 m comme façade maritime.
D'importantes infrastructures locales et régionales traversent et occupent des parties de
ce périmètre dont les principales sont :
- Le port de Ras Dimes
- La Route Littorale Monastir-Mahdia
- La route Békalta port de pêche de Ras Dimes.
1.1.1 - Géologie
La zone de Ras Dimes se caractérise par une géologie peu variée en comparaison avec
d'autres parties du littoral tunisien, résultant de différentes périodes de sédimentation
qui s’étalent entre le Villafranchien et le Quaternaire récent.
• Les plages de la zone de l’étude sont constituées par des grès jaunes-coquilliers
appartenant au Pliocène supérieur, rencontrés fréquemment sur les côtes de
Monastir, de Salakta et de Mahdia. Sur ces grès repose en discordance, un grès
oolithique rappelant le faciès de la formation Rejiche caractéristique de la
côte sahélienne. Elle correspond à un cordon littoral consolidé, remarquable
par sa richesse en Oolithes et en Strombes, marquant la position du rivage il
y a 125 000 ans B.P. (Before Present : avant 1950)
• La formation Chebba, visible sur cette plage et datant d’environ 80 000 BP, est
constituée de plages à faciès conglomératiques renfermant des strombes
fortement roulés et brisés.
• L’ilot d’Edzira se présente comme une flèche littorale qui s’est détachée du
continent. Il est constitué essentiellement de sables fins d’origine marine. Ces
sables sont largement repris par les vents avec un petit affleurement de grès
quartzeux résistant visible sur le rivage.
1.1.2 – Pédologie
La pédogenèse dans la zone sensible de Ras Dimès se distingue par la prédominance
des mouvements calcaires, du gypse et du sel issus de la roche mère. Plusieurs classes
de sols peuvent être observées dans la zone de l’étude, dont nous citerons notamment :
• Les sols halomorphes ou salsodiques : Ces unités de sols occupent les zones
basses et marécageuses de la région de Ras Dimès (lagunes et sebkhas). Il s’agit
de sols sodiques ou hydromorphes, qui ont une texture sableuse. Leur teneur
élevée en sel est liée à l'existence d'un niveau phréatique salin proche de la
surface favorisant la formation de dépôts de sels suite à l'évaporation de l'eau.
• Les sols non évolués : ce sont des sols d’apports éoliens esentiellement, et
constituent les plages et l’épandage sableux de la flèche sableuse d’Edzira.
1.1.3 – Géomorphologie
A l’image de toute la baie de Monastir, la topographie de la zone de Ras Dimes se
caractérise par un relief faible dont le point le plus haut ne dépasse pas 25 m. Elle
montre une succession de dômes calcaires parallèles à la ligne de côte plus ou moins
bien marqués dans le paysage, ainsi que des terrains plus bas, occupés par des sebkhas
et des plaines basses à surface régulière, entre 1 m et 4 m. Ces plaines sont étroites
avec des sols de qualités médiocres souvent défavorables au développement de cultures.
• Le Cap de Ras Dimes : il s’agit d’un Cap très peu développé mais large, qui
représente un point de rupture dans l’orientation entre le littoral de la baie de
Khnis, à l’Ouest, qui s’étend de Monastir jusqu’à Ras Dimès, et celui qui évolue
du cap lui-même jusqu’à la ville de Mahdia. Le premier à une forme concave
(Baie) et une exposition plein Nord, tandis que le deuxième à une exposition Est
avec un profil assez régulier. Le cap de Ras Dimès se caractérise aussi par des
dénivellations très faibles, se manifestant par une petite falaise de 1.5 m de
hauteur taillée exclusivement dans la couche archéologique.
- La partie Est de cette île barrière est bien exposée au large et se présente
sous la forme d’une plage de sable blanc. La face interne de sa partie
orientale est soumise à un recul, attesté par l’attaque du petit bourrelet du
haut de la plage ainsi que par la mise à jour de Beach rock et de petits
pointements des vestiges d’un mur ancien.
Parallèlement à la flèche, s’étend une dune bordière à l’état naturel, qui a été
endommagée par la réalisation de la route littorale menant au port.
Dans la zone d’étude, les eaux utilisées proviennent du barrage de Oued Nébhana et
secondairement par les puits de surface et les sondages privés qui ponctuent la zone
côtière entre Téboulba et Ras Dimes. Ce nombre impressionnant de puits (+ 2000)
explique le nom qui lui a été attribué : HISYAN qui est le pluriel de Hassi signifie
Puit.
Le tableau ci-après résume le nombre de puits recensés ainsi que sur le rapport entre les
ressources en eaux exploitables et celle réellement exploitées dans le Gouvernorat de
Monastir pour l’année 1994.
Ressources
Nbre de puits exploitables Ressources exploitées Rapport
Téboulba 900 0,65* 2* -1,35
Bkalta 1123 0,5 1,4 -0,9
Monastir 94 0,4 0,3 0,1
[Link] 123 0,4 0,63 -0,23
Moknine 359 0,6 0,63 -0,03
Sahline-Ouerdanine 323 1,3 1,02 0,28
Jemmel-Bembla 410 3 1,2 1,8
Zramdine-
[Link]ène 196 0,63 0,6 0,03
Total 3528 7,48 7,78 -0,3
Valeurs exprimées en Millions de m³ Source CRDA- Monastir
• 57.4 % des puits et des forages qui existent dans le Gouvernorat de Monastir,
soit 2023, se concentrent dans la zone de Téboulba-Békalta-Ras Dimes (EL
Hisyan).
• 43.7 % des ressources exploitées dans le même Gouvernorat le sont dans la zone
de Téboulba-Békalta-Ras Dimès.
• 1.35 million de m³ de déficit, soit le taux le plus important dans toute la région
(cf. graphiques)
3
2,5
2 Ressources
exploitables
Million
1,5 Ressources
de m³ 1 exploites
0,5
0
Zramdine
Moknine
Sahlin
Jemmel
[Link]
Monastir
Bkalta
Téboulba
Concernant les eaux profondes, la nappe exploitée est celle de Béni Hassène qui est
captée dans un dôme vindobonien, à cheval entre les Gouvernorats de Monastir et de
Mahdia. A Monastir les ressources d’eaux profondes mobilisables et de l’ordre de 4
Millions de m³ contre 3.6 Millions de m³ de ressources exploitées.
En l'absence d'une station météorologique dans la zone de Ras Dimès, nous allons nous
référer aux données fournies par la station synoptique de Monastir. Celle-ci se
manifeste par l’appartenance des deux zones à une même aire géographique : la Baie de
Monastir ainsi que par leur situation en cap.
Les côtes orientales de la Tunisie bénéficient d’un climat méditerranéen très clément
dont les épisodes de mauvais temps sont de courtes durées. La saison chaude dépasse le
cadre d’un été relativement sec. Les pluies sont irrégulières et tombent pendant la saison
fraîche, sous forme de violentes averses de durée limitée. Les périodes de coups de
vents sont de courte durée, et se concentrent de Décembre à Mai.
1.2.1 – La pluviométrie
La région de Monastir-Ras Dimès se situe entre les isohyètes 400 mm et 500 mm. En
effet, entre 1968 et 1997, elle a enregistré une moyenne de 402 mm, répartie sur 70
jours. Ces moyennes restent élevées comparées à celles enregistrées dans le reste de la
région, grâce à l’importance de l’exposition maritime qui la situe sous l’influence
directe des vents marins humides de secteurs Nord, Nord-Est et Est.
Nombre de jours de pluie 8 7.8 7.8 9 6.5 6.5 7.2 4 2.3 0.5 3.3 7.3 70.2
Source INM
Il ressort de ce tableau :
• La saison sèche dure du mois de mai jusqu’en août et n’enregistre que 22% du total
pluviométrique. Au printemps les précipitations s’élèvent à 66.6 mm et se présentent
sous la forme de pluies fines. En été le total pluviométrique ne dépasse pas 18 mm il
sous forme d’averses liées aux orages d’été qui surviennent à partir de la deuxième
moitié du mois d’août et qui sont violentes et de courtes durées.
100
80
mm 60
40
20
2.1 - Températures
0
O N D J F M A M J J A S
Jan. Fev. Mars Avr. Mai Juin Juil. Août Sep. Oct. Nov. Dec. Moy,
Température 12,1 13,2 14,4 16,2 30,2 24 26,4 27,5 25 21,5 16,5 13,7 20
Moyenne °C
Moy. minima °C 4,9 6,9 7,8 9,5 13 17,6 20 22 19,2 14,6 10 6,7 12,68
Moy. maxima °C 30,2 21,7 22,2 24,8 30 32,7 34,2 33,8 31,7 28,8 28 20,5 28,22
Sourcce INM
contre, a connu des chaleurs torrides liées à la masse d’air saharienne qui est
remontée vers le Nord du pays.
Cependant, les minima absolus dans la région ne descendent que très rarement en
dessous du 0°C, les gelées sont peu fréquentes et restent un phénomène
exceptionnel.
35
30
25
20
en C
15
10
5
0
Jan. Mars Mai Juil. Sep. Nov.
Jan. Fev. Mars Avr. Mai Juin Jui. Août Sep. Oct. Nov. Dec.
Vent max. absolu m/s 17,5 16 16 18 16 15 14 15 19 16 17 17
Source INM
• Les vents les plus fréquents, enregistrés à Monastir et dans sa région, sont de
secteurs Nord et Nord-Ouest appelés « Chergui ». Ce sont des vents froids,
particulièrement violents en hiver. Les vents de secteurs Nord et Nord-Est restent
importants et sont responsables de pluies fines qui s’étalent sur une longue durée.
• Les vents de secteur Sud sont moins fréquents. Ils restent généralement
chauds et secs, surtout ceux du Sud-Ouest. Les vents de Sud-Est occasionnent
des pluies sur les côtes de Monastir.
• Les situations calmes ne dépassent pas 15% des observations. Les coups de
vents proviennent du secteur Nord et surviennent pendant la saison fraîche avec
des vitesses souvent supérieures à 20 m/s. Les vents maxima enregistrés
atteignent des vitesses considérables de l’ordre de 50 m/s.
1.2.4 - Insolation
Dans la région de Monastir-Ras Dimès, la moyenne de l'insolation dépasse 2800 h/an.
En juillet l’ensoleillement moyen atteint 338 heures, soit une moyenne de 10.9 heures
par jour.
Moy/ jour 5,4 6,4 6,7 7,6 8,9 10,1 10,9 9,8 8 6,8 6,3 5,3 7,7
moy/mois 167,4 179,2 207,7 228 275,9 303 337,9 303,8 248 210,8 189 164,3 234,6
Source INM
• Le taux moyen d’insolation pour la Tunisie se situe entre 2863 et 3326 heures
par an, soit une moyenne mensuelle d’insolation comprise entre 238.6 h/mois
et 277.1 h/mois.
• En hiver, il est rare d’avoir des journées sans ensoleillement direct, en effet
pendant les mois de décembre et de janvier la moyenne mensuel dépasse 5
h/jour.
12 400
10 350
300
8 250
6 200
4 150
100
2 50
0 0
Jan. Fev. Mars Avr. Mai Juin Jui. Août Sep. Oct. Nov. Dec.
1.2.5 - Hygrométrie
Les degrés hygrométriques (humidité relative moyenne de l’air), dans la région de
Monastir se résument dans le tableau suivant :
90
80
70
60
50
40
30
20
10
0
J F M A M J J A S O N D
[Link] % [Link] %
Les données du milieu marin de la zone sensible de Ras Dimès restent largement
déterminées par sa localisation Cap représentant la limite Sud-Est de la baie de
Monastir. Dès lors, apparaissent deux aires assez différenciées : la première au Nord
fait partie intégrante de la Baie de Monastir, et la seconde s’étend de la pointe Sud de
l’îlot d’Eddzira jusqu’à Mahdia.
1.3.1 – la Bathymétrie
Deux secteurs bathymétriques peuvent être distingués pour la zone de l’étude :
D’une manière générale, dans le secteur Nord de la zone sensible de Ras Dimes les
isobathes –5 m et –10 m se situent respectivement à environ 800 m et 1500 m de la
ligne de rivage. Ce qui indique des profondeurs très faibles et des pentes douces et
régulières.
1.3.2 - Hydrodynamisme
• La houle
Sur l’ensemble de la baie de Monastir et plus particulièrement dans la zone d’étude, le
principal agent dynamique est la houle qui est définie à partir des observations des
navires au large ou estimée à partir des vents.
Au large, les directions principales des houles sont l’Ouest et le Nord-Ouest restent
conformes avec la direction des vents dominants. Par contre sur la frange littorale,
seules les houles de directions Nord Est à Sud-Est peuvent être prises en
considération. Les houles des secteurs Ouest et Nord Ouest sont très atténuées, compte
tenu de la faible valeur du fetch.
D’après SEA and SWELL, les différents types de houles susceptibles d’intéresser le
golfe de Hammamet et par conséquent la Baie de Monastir et le littoral de Ras Dimès,
sont présentés dans le tableau ci-dessous.
0,3 / 1,5 m 1,5 / 3 m >3m Total
NORD-EST 0,8 % (3,0j) 0,9 % (3,3j) 0,2 % (0,7j) 1,9 % (07,0j)
NORD NORD-EST 1,6 % (5,8j) 1,5 % (5,5j) 0,4 % (1,5j) 3,5 % (12,8j)
EST 2,4 % (7,6j) 2,1 % (7,6j) 0,5 % (1,8j) 5,0 % (18,2j)
EST SUD-EST 2,3 % (8,4j) 1,9 % (6,9j) 0,4 % (1,5j) 4,6 % (16,8j)
SUD-EST 2,2 % (8,0j) 1,6 % (5,8j) 0,3 % (1,1j) 4,1 % (14,9j)
SUD SUD-EST 1,8 % (6,6j) 1,0 % (3,6j) 0,2 % (0,7j) 3,0 % (11,0j)
TOTAL 11,1 % (40,5j) 9% (32,9j) 2 % (7,3j) 22,1 % (80,7j)
Selon l’estimation de la houle à partir des vitesses des vents, mesurées à Monastir,
associées aux longueurs des fetchs (méthode SMB : Sverdrup-Munk-Bretschenider), il
s’est dégagé que :
• La courantologie
1Etude de la dynamique sédimentaire de la frange littorale Monastir – Lamta (Tunisie Orientale) – DEA
Faculté des Sciences Tunis – 1996.
• La marée
Néanmoins, dans les zones abritées, telle qu‘en face de Khnis, Ksibet El Mediouni et
Ras Dimès, les courants de marées jouent un rôle déterminant dans le renouvellement
des eaux littorales. L’aération de la colonne d’eau contribue à la préservation de
l’équilibre écologique du milieu.
L’accès à la zone littorale de Ras Dimes s’opère à partir de la voie littorale provenant de
Teboulba ou à partir de la localité de Békalta qui offre une grande richesse et une
variété de paysages ruraux et littoraux : site archéologique, plages, mer, végétation, île
de Ed Dzira, dômes (Jebel Zbid).
Cette multiplicité des unités paysagères caractérise l’espace de la zone de Ras Dimes
qui demeure assez préservé des grands mouvements d’urbanisation littorale qui
caractérise nombreuses localités littorales du Sahel. La symbiose entre les couleurs et
les formes marquant les lieux génère un aspect très attachant.
Le cas de la zone sensible de Ras Dimes fait appel à deux types d’approches : les
approches visuelles et l’approche écologique, afin de définir la spécificité paysagère du
site.
- Une appréciation des couleurs relevées sur les lieux en incitant sur le contraste
des principales couleurs (vert végétal, ocre des sables et des collines, bleu
marin) ;
- Une évaluation des volumes composant le paysage du site (panorama,
perspective, contraste).
Ainsi, le paysage verdoyant du site de Ras Dimes regroupe plusieurs unités composant
un ensemble harmonieux. Ces principaux éléments se rapportent aux :
- Unité du milieu physique (aspect, forme) ;
- Unité du milieu rural et agricole (aspect végétal) ;
- Unité urbaine et patrimoine archéologique (aspect anthropique et bâti) ;
- Unité du milieu marin et de la ligne de côte (aspect aquatique).
Le paysage du site de Ras Dimes ne se présente pas comme un simple panorama ; c’est
une association écologique disposant d'un caractère et d'un équilibre. C’est ainsi que
l’îlot Edzira n’est pas seulement un élément physique marin ; c’est aussi un bien
écologique d'une grande importance.
Par ailleurs ce milieu physique est marqué par la présence d'une flèche littorale qui
constitue une île Ed Dzira séparée du Cap de Ras Dimes par un chenal de quelques
décamètres de large.
Entre cette île et la ligne de côte et les altitudes, s'étend une plaine côtière basse de
quelques mètres d'altitude dont la qualité du sol est médiocre. Ainsi cette diversité
physique octroie un paysage local des formes et des couleurs très nuancées.
En plein milieu marin, nous observons un élément principal du paysage minéral, l'îlot
Dzira qui se compose de nebkhas, de dunes et de végétation diversifiée. Cette flèche
littorale se signale par une bonne qualité de l'eau de mer sur un fond marin élevé.
De paysage naturel assez pauvre, la mise en valeur, a transformé les plaines littorales en
exploitation agricoles où cohabitent la céréaliculture, l'arboriculture et les cultures
maraîchères.
Ce nouveau paysage agricole exploité sous forme de jardins limités par des tabias
aménagées et implantées.
Ailleurs sur le rivage et sur l'île Dzira, la végétation se présente sous forme d'espèces
fixatrices (Graminées, Retam) constituant une pseudo-steppe dunaire à base
d'Ammophila arenaria.
Ainsi l'association de ces formes et ces couleurs confère au paysage de Ras Dimes une
particularité visuelle des plus remarquables.
Chapitre II : La biodiversité
Cette zone est caractérisée par un substrat constitué de matériaux dunaires mobiles
perpétuellement soumis à l’action du vent sur la face nord et Nord est d’El Jazirra et
d’un sol à base de sables décalcarisés au niveau de la face sud et sud ouest d’El Jazira
ainsi que la face interne de la frange littorale Békalta- Ras Dimès (figure 3, extraite de
la carte des milieux édaphiques de la Tunisie aride et désertique, Morphodynamique
superficielle dressée par Le Houerou en 1958 et complétée en 1987 par Le Houerou et
Le Floc’h). La carte géologique de la Tunisie quaternaire dressée par Lajmi (1987)
mentionne l’existence d’un ancien niveau villafranchien (figure 4).
Plusieurs travaux publiés se sont intéressés au Sahel. Nous pouvons citer ceux de
Burollet (1927) et de Oueslati (1993).
Le Sahel est caractérisé par un système de dômes et de cuvettes avec une subsidence
générale marquée. Trois types d’unités morphopédologiques sont déterminés :
- Les plaines alluviales subsidentes ;
- Les dômes structuraux faiblement soulevés et modelés en collines
- Les sebkha littorales.
La topographie de la zone littorale Békalta- Ras Dimès- El Jazira montre aussi ces trois
types d’unités morphopédologiques.
Par contre la carte du tapis végétal de la Tunisie faite par Gaussen et Vernet (1995) et
qui est une édition révisée de la carte internationale du tapis végétal coupure spéciale
Tunis Sfax (Gaussen, 1958) indique que la végétation actuelle de Békalta– Ras Dimes
est représentée essentiellement par des cultures dispersées dans les formations
steppiques (figure 6). Cette dernière carte est dressée à l’échelle 1/1000000. Elle donne
une vue très synthétique de la végétation de la zone littorale Békalta– Ras Dimes et ne
tient pas compte de celle d’El-Jazira.
Il s'agit dans ce chapitre de passer à une échelle plus fine et de présenter la diversité de
la végétation locale y compris les groupements et de signaler les espèces rares,
endémiques s’il y a lieu. Cette analyse est réalisée en s’appuyant essentiellement sur
une prospection sur terrain réalisée à la fin du mois d’Avril [Link] nous a permis
d’établir l’état actuel du développement de l’écosystème, la dynamique de sa végétation
littorale et de déterminer sa richesse floristique.
1- Les dunes bordières et les zones basses situées derrières les dunes bordières
d’El Jazira.
2- La frange littorale à caractères de sebkha et limitée par la mer et par la route
du côté interne.
3- les terrains cultivés.
4- Les aires modelées en collines : jbel Zbid.
- Les dunes bordières et les zones basses situées derrières les dunes bordières
d’El Jazira.
Plusieurs transects ont été réalisés nous avons retenu trois qui illustrent le type de
végétation rencontrée dans El Jazira. Ils sont orientés Sud-Ouest / Nord-Est.
Une prairie à joncs et une roselière (figure 9). La présence de l’eau douce est
trahi par la présence de Scirpus holoschoenus auquel se joignent souvent
Juncus maritimus et Juncus acutus et parfois même le Phragmites communis.
lesquelles il constitue un milieu très [Link] pouvons citer quelques espèces que
nous avons rencontrées : Prasium majus, Ephedra altissima,Inula crithmoides, Lycium
europaeum, Fagonia cretica,...
Espèce Famille
Ammophila arenaria (L.) LK. Poacées
Scirpus holoschoenus L. Subsp. eu holoschoenus Briq. Cypéracées
Juncus maritimus Lamk. Juncacées
Juncus acutus L. Juncacées
Phragmites communis Poacées
Thymus capitatus (L.) Hoffm. Et Lunk. Lamiacées
Limoniastrum monopetalum (L.) Boiss. Plumbaginacées
Zygophyllum album L. Subsp. album (L.H.) Quezel et Santa Zygophyllacées
Inula crithmoides L. Asteracées
Glaucium flavum Grantz. Papavéracées
Mesembryanthemum cristallinum L. Aizoacées
Mesembryanthemum nodiflorum L. Aizoacées
Opuntia ficus indica Haw. Cactacées
Agave americana L. Amaryllidacées
Aloe vera L. Liliacées
Prasium majus L. Lamiacées
Ephedra altissima Desf. Gnétacées
Lycium europaeum Solanacées
Fagonia cretica L. Zygophyllacées
Urginea maritima (L.) Baker. Liliacées
Asphodelus macrocarpus Viv. Liliacées
Globularia alypum L. Globulariacées
Oxalis cernua Thumb. Oxalidacées
Teucrium polium Subsp. flavovirens Batt. Lamiacées
Pituranthos tortuosus (Coss.) Maire Apiacées
Argyrolobium uniflorum (Desne) Jaub. Et Spach. Fabacées
Lagurus ovatus L. Poacées
La zone sensible considérée est située à l’Est de la Tunisie. Pour cette partie littorale
exposée vers l’est / Nord-Est, trois unités naturelles sont identifiées :
- La lagune
- L’îlot Dzira
- La zone côtière
La faune ichthyque quant à elle, est représentée par 22 espèces reparties sur 10 familles.
Quant à l’herpetofaune c’est la tortue caouane Caretta caretta qui la représente.
La répartition spatiale de l’herbier au large est continue, avec rizhomes et mattes bien
développés, plus proche de la côte, l’herbier est limité au niveau des cuvettes sableuses
et au niveau des enrochements, naturel ou artificiel ruines submergées).
La flore est représentée par des espèces sessiles (Acetabulairia, Halimeda, Udotea), des
épiphytes rhodophycées en couche mince mélobesiées.
La faune associe est repartie en espèces sessiles tel que les bryozoaires (Electra
posidoniae), ascidies (Botryllus, Didemnum sp) ; la faune vagile est représentée par
plusieurs gastéropodes ( Ceritium vulgatum, Conus mediterranus, Gibbula ardens,
Monodonta turbinata, Natica josephinia et, Phyllonotus trunculus), des échinodermes
(Peltaster, holuthuria et paracentrotus), des crustacés (Carcinus mediterraneaus, Maya
squinado, Idotea et sphaeroma) et les poissons gobidae (Gobius niger, blennidae
(Blennius ), labridae (Labrus viridus, Synphodus mediterranus), mugilidae (Liza aurata,
liza ramada et Liza saliens).
La faune benthique est représentée par des espèces sessiles, sur substrat dur, tel que
ascidies, (Didemnum), les éponges (Condrosia reniformis, Petrosia fusiformis), les
algues brunes (Padina pavonica, Dictyota linearis) , les anthozoaires par (Cladocora
caespitosa) ; comme espèces vagile, la présence des poissons est remarquable, gobidés,
blennidés sparidés et mugilidés.
dominée par les isopodes (sphaeroma sp) des gastéropodes (Phyllonotus trunculus,,
Buuccinlum ,Gibbula ardens, Ceritium vulgatum ) les lamellibranches Modiola barbata
et Loripes lacteus des échinodermes asterides Astropecten spinolosus, des ophiures
Ophuiderma longicauda et des echindes Paracentrotus lividus ; la faune ichtyque assez
apparente le serranidé (Serranus scriba) et les labridés (Symphodus mediterranus) sont
assez présents, ainsi que quelques sparidés (Diplodus annularis, Diplodus vulgaris,
oblada melanura) et des muges des petite taille.
Donax trunculus + + +
Pinna nobilis + +
Cerastoderma glaucum + ++
Loripes lacteus + + ++
Mollusques cephalopodes :
Sepia officinalis + +
Mollusques octopodes :
Octopus vulgaris + +
Crustace
Idotea + + +
Sphaeroma + + +
Penaeus Kerathurus +
Carcinus mediterraneus + + +
Mya squinado + +
Serranus scriba ++
Sparidae
Diplodus annularis + +
Lithognatus mormyrus + +
Dentex dentex +
Sparus aurata +
Pagellus erythrinus +
Sarpa salpa +
Oblada melanura + +
Pagrus pagrus + +
Diplodus vulgaris + +
Après avoir dressé un bilan diagnostic des différents éléments naturels qui caractérisent
notre zone d'étude, nous tenterons dans le présent chapitre d'inventorier et d'analyser les
différents modes d'anthropisation et d'exploitation de la dite zone.
Partant du principe que notre aire d'étude appartient à un système territorial plus vaste,
l'analyse que nous nous proposons de faire ne pourra avoir de réelle signification que si
elle est présentée dans une logique globale qui prend en considération l'ensemble du
territoire auquel elle appartient.
Aussi, nous entamerons cette analyse par une présentation générale de la région du
Sahel en tant qu'ensemble territorial auquel appartient notre zone d'étude pour arriver à
une analyse plus détaillée de notre aire d'étude. Cette approche nous permettra, d'une
part, d'expliquer certains phénomènes qui se manifestent à l'échelle de la zone d'étude
et dont la causalité se trouve à une échelle plus grande et d'autre part, d'introduire la
notion d'interdépendance des échelles concernant les actions de protection et
d'aménagement, notion que nous développerons dans la deuxième partie du présent
rapport.
• Le Sahel
Le Sahel tunisien constitue une région littorale des basses steppes du Nord, à occupation
humaine très ancienne concentrée dans des villes littorales et de gros villages. Marquée
depuis longtemps par la culture de l’olivier, l’économie de la région est actuellement en
pleine croissance par notamment le développement du tourisme et l’industrie du textile.
Cette dynamique a profité aux principales agglomérations urbaines de la région que
sont : Sousse, Sfax, Monastir et Mahdia.
Par ces villes portuaires, le Sahel s’ouvre largement sur la mer consacrant une activité
maritime, la pêche et une occupation urbaine littorale.
Dans cette région riche et dynamique de la Tunisie centrale, le pôle de Sousse- Monastir
composé de 34 communes s’étale sur un territoire urbain continu en forme de couloir
long de 70 kilomètres et large de 20 km. Ce couloir constitue l’un des sites urbains les
plus dynamique du pays.
Regroupant près de 700 000 habitants, ce pôle urbain se caractérise par une dynamique
urbaine soutenue marquée par une forte croissance démographique (taux de croissance
de 2.5% par an au cours de la période 1975 – 1994).
De par ce dynamisme, la région de Sousse-Monastir bénéficie d’importantes
infrastructures de base (Port de Sousse, réseaux routiers et ferroviaires, Aéroport de
Monastir) et d’équipements publics d’envergure nationale et régionale (centres
hospitaliers universitaires, universités, complexes sportifs) et des aménagements
touristiques des plus prestigieux du pays (Port Kantaoui, Marina de Monastir, terrains
de Golf, zones touristiques, Jaâfar Sousse et de Skanes).
Cette expansion touristique bénéfique sur le plan économique a engendré des
perturbations sur le littoral dont la fragilité et la complexité n’a pas découragé les
promoteurs urbains.
Seules quelques sous-régions ont été sauvegardées à ce jour de cette croissance
touristique en perpétuelle recherche de nouveaux sites littoraux d’exploitation.
La zone de Békalta fait partie de cette catégorie et dont la plage est restée, malgré
quelques occupations sporadiques, à l’écart de grands mouvements urbains.
• Le gouvernorat de Monastir :
Situé dans la région du Sahel tunisien, le gouvernorat de Monastir se caractérise par une
forte densité et un taux d’urbanisation, un des plus élevé du pays (100%). Situé au
centre de Sahel, le relief de ce gouvernorat se compose de plusieurs ensembles formés
de bas plateaux de lagunes littorales (lagune de Monastir, Sebkha de Moknine), de
dômes (Ouardanine, Zermdine) et de cuvettes (Jemmal).
Quant au climat du gouvernorat, il appartient à l’étage bioclimatique semi-aride à hiver
doux, caractérisé par des précipitations annuelles moyennes de l’ordre de 350 mm et par
des températures moyennes tempérées.
A côté d'un secteur agricole assez vivace, les secteurs d’activités industrielles et
touristiques connaissent une expansion soutenue. La branche du textile tournée vers
l’exportation domine le secteur industriel et offre plus des deux tiers des emplois de ce
secteur.
2
RG. PH 1994 - INS
Békalta Téboulba
Années 1975 1984 1994 1975 1984 1994
population 6 453 8 106 12 193 14 284 18 775 25 364
T.A de croissance (%) 4,17 3,05
Source RGPH, INS 1994
A partir de ces données, il est facile de faire une projection pour les trois prochaines
décennies dans le but de déterminer le poids démographique auquel sera soumise notre
zone d'étude.
Ainsi pour l'horizon 2024 la population des deux villes atteindra respectivement les
41498 et 62536 habitants.
Békalta Téboulba
Années 2004 2014 2024 2004 2014 2024
population 18 341 27 588 41 498 34 265 46 291 62 536
Il est claire qu'un tel accroissement représente une pression démographique importante
avec tout ce que ce dernier peut engendrer comme occupations spatiales, exploitations
économique et surtout, tout sorte de nuisances susceptibles d'altérer l'environnement
naturel de la zone et de compromettre par la même occasion le processus d'un
développement durable.
Malgré l'étendu du site archéologique de Ras Dimes (environ 100 ha), seuls quelques
endroits ont bénéficié de campagnes de fouille. Ces dernières ont permis de mettre à
jour les vestiges des monuments suivants :
Ainsi, la présence des citernes et de l'aqueduc avec de telles dimensions, prouvent non
seulement, que l'établissement humain qui s'y trouvait, présentait des dimensions assez
importantes et mais aussi, que l'approvisionnement en eau potable et son stockage était
l'une des plus grandes préoccupations de l'époque. En outre, l'amphithéâtre, le castel et
tant d'autres équipements de prestige, donnent le ton, quant au raffinement et au statut
auquel est arrivée cette ville.
Un petit peu plus loin en direction de l'Ouest, et plus précisément au niveau de la petite
butte qui surplombe la localité de Zbidi, une vaste nécropole qui se présente sous la
forme de cavités creusées dans le corps même de ce monticule et aménagées en
plusieurs compartiments associant deux à trois chambres funéraires.
Il est à noter que la partie fouillée ne représente qu'une superficie réduite de ce que l'on
suppose être la nécropole. Une campagne de fouilles est programmée pour l'été 2001 et
qui va probablement apporter plus de précisions quant à la configuration exacte de ce
site et ainsi que des éléments qu'il contient.
Dans la présente partie du rapport, les différentes données que nous allons analyser
seront relatives aux deux communes Békalta et Téboulba. Cette démarche nous
permettra de prendre en charge les pressions directes qu'induit la commune de Békalta
ainsi que les pressions indirectes qui émanent de la proximité de la commune de
Téboulba, étant donné que cette dernière se trouve dans la zone d'influence du périmètre
d'étude.
• Situation actuelle :
Actuellement, les périmètres agglomérés de ces deux communes occupent
respectivement 360 ha (Békalta) et 289 ha (Téboulba) et présente une morphologie
urbaine comportant deux périmètres distincts à savoir :
- Un noyau ancien avec une trame vernaculaire, groupant un ensemble de
logements traditionnels.
- Une zone périurbaine marquée par la prolifération de zone d'habitat du type
isolée
Ce type d'organisation n'est pas propre à ces deux agglomérations, bien au contraire,
c'est le schéma classique de formation et de transformation de tout noyau urbain.
Toutefois, la particularité de Békalta et de Téboulba réside dans le type d'urbanisation
adopté dans les zones d'extension, en effet, avec une typologie d'habitation isolée et de
faible hauteur nous nous trouvons en face d'une urbanisation consommatrice de terres.
- Une croissance urbaine rapide marquée par une densification horizontale des
noyaux urbains de Békalta et Téboulba
- Une agriculture périurbaine menacée par une extension rapide et consommatrice
de terres
- La commune de Békalta :
Limité par sebkhet Moknine au Sud-Ouest, le phénomène de l'extension
urbaine de la ville de Békalta se développe le long de l'axe Nord-Ouest /
Sud-Est (en direction de Téboulba et Mahdia), l'axe Nord vers le village Az
Zbidi (en direction de la côte) et l'axe Est vers le port de Ras Dimes.
- La commune de Téboulba :
Le phénomène de l'extension urbaine de la ville de Téboulba se développe
principalement le long des axes en direction de la côte à savoir: l'axe Nord-
Ouest (vers le port de pêche) et l'axe Nord-Est (vers Hanshir sidi El Fadlin)
ainsi que le long de l'axe Est vers Moknine et l'axe Sud-Oues vers Békalta.
A ces deux agglomérations urbaines, il faut ajouter le noyau rural de Sidi Ezbidi qui
connaît à l'heure actuelle un phénomène d'extension tout le long des axes en direction
de Téboulba et Békalta. Outre cela, l'habitat spontané commence à se développer à
A partir de ce schéma simplifié, il nous est aisé de définir un rapport de causes à effets
de telles implications concernant le devenir de la région et l'état d'équilibre de son
environnement naturel.
Les implications que nous redoutons sont celles de nature irréversible telles que :
- L'affaiblissement de la biomasse marine par une surexploitation de ces
ressources et la dégradation des habitats naturels
Ainsi, sur le plan environnemental, le choix de l'implantation de cette voie (très proche
de la ligne de côte) a accentué le phénomène d'érosion du littoral et la détérioration de
l'environnement côtier, tandis que sur le plan de la prolifération du phénomène urbain,
cette voie est considérée comme support de la future urbanisation de la zone, stimulée
par une dynamique économique qui s'appuie sur l'existence des ports de Téboulba et de
Ras Dimes, le développement de l'agriculture et la projection d'une zone touristique
dans la zone de Ras Dimes - Echraff.
- Un lot pour appart-hôtel d'une superficie de 6,60 ha et d'une capacité de 600 lits
- Quatre lots résidentiels de surfaces respectives de 3,50 ha, 3,10 ha, 3 ha et 2,90ha
Outre ce que la réalisation de cette zone touristique suscite comme bouleversement dans
la structure foncière de la zone et qui, peut être justifiée par la volonté de désenclaver et
de dynamiser la région, le souci majeur devra, à notre avis, porter sur le mode de
fonctionnement de cette zone touristique et son impact sur les zones environnantes en
l'occurrence les zones de plage et surtout l'île d'Ez Zirra qui, de par sa proximité et les
atouts naturels dont elle dispose, sera une proie privilégiée pour les estivants.
Ces éléments constituent une réelle menace pour l'île d'Ez zirra, tout en sachant
que les plages Nord de cette dernière, constituent les aires de reproduction de la
tortue marine "Carreta, carreta", espèce menacée et qui jouie d'une protection à
l'échelle mondiale.
3.3.1 – L'agriculture :
La structure agraire de la zone se base essentiellement sur les cultures maraîchères et
l'arboriculture. Ces deux systèmes de cultures présentent les aspects suivants :
Ainsi, la côte de Monastir s'étend sur 64 km, de Oued Hamdoun à Békalta et abrite cinq
ports de pêche situés à :
• Monastir ((hauturier)
• Sayada (côtier)
• Téboulba (sardinier)
• Békalta (côtier)
• Ksibet El Médiouni (côtier)
• Le port de Téboulba :
Il s'agit d'un port sardinier qui à fait l'objet d'une extension récente. Formé de deux
bassins, ce dernier est doté d'un complexe frigorifique d'une capacité de production
de 15 tonnes de glace par jour et d'une capacité d'entreposage de 155 tonnes.
• Le port de Békalta :
De construction récente, c'est un port côtier doté d'un bassin unique avec une
capacité d'accostage de 136 m sous forme d'appontement. Il dispose aussi d'un petit
complexe frigorifique d'une capacité de 5 tonnes de glace par jour et d'une capacité
de stockage de 13 tonnes. Il est à signaler que ce port fait actuellement, l'objet d'une
étude pour son extension.
La flottille au niveau de ces deux ports, quant à elle, est estimée à prés de cinq mille
embarcations. Le processus de modernisation induit par la mise à niveau s'est traduit par
l'amélioration des performances techniques de la flottille et par l'acquisition de bateaux de 25
mètres qui peuvent rester plusieurs jours en mer et pêcher par des fonds supérieurs à 50 mètres.
Le tableau ci-après traduit en chiffre l'évolution de la flottille dans les port de Békalta et
de Téboulba dans la période située entre 1990 et 1994 :
Avec une production de 9450 tonnes en 1998, Monastir détient 10,5% de la production
nationale.
L'évolution observée durant la période 1990-1998 reflète les résultats des efforts
consentis, en matière de productivité de la pêche. Bien que le nombre de bateaux n'ait
pas augmenté (il a même régressé entre 1994 et 1998), la production a plus que triplé en
moins de dix années.
part une légère progression, lente et continue. Cependant sa part dans la production du
Gouvernorat ne cesse de décroître de 91,6% en 1990 à 39,2% en 1994 et 37,4 en 1998.
La pêche hauturière tend donc à devenir, dominante et ce, grâce à la modernisation des
méthodes de hissage et des techniques de pêche. Il faut souligner ici que certains
pêcheurs se regroupent en trois ou quatre unités pour des séjours en mer prolongés.
3.3.3 – Le tourisme :
Le tourisme, dans le Gouvernorat de Monastir, est essentiellement balnéaire. La
majeure partie des rivages est occupée par des zones touristiques, dont le
développement a joué et joue encore un rôle structurant dans l'organisation de l'espace.
Malgré la présence de plusieurs sites archéologiques et de musée, d'artisanat et de
médinas, ainsi que de plusieurs manifestations culturelles, le tourisme reste d'abord
balnéaire. La valorisation du patrimoine historique et culturel permettrait l'étalement
sur l'année des arrivées et introduirait une diversification du produit touristique;
Il faut rappeler ici que les températures sont clémentes avec une moyenne annuelle de
19° et moins de 60 jours de pluie par an.
L’essor du tourisme s’est accompagné d’une concentration des unités sur la frange
littorale et a provoqué une quasi-saturation des espaces réservés à cet effet.
Avec l'aménagement de la côte de Békalta Dimas (4000 lits prévus et 100 ha) et le
projet de station touristique intégrée sur le site du palais présidentiel de Skaés (5000 lits
sur 70 ha), le Gouvernorat de Monastir verra ses capacités en lits plus que doubler à
moyen terme.
Evolution des capacités hôtelières et des nuitées
1987 1997 87-97 (%) prévues fin Xème plan
capacités 9 677 15 904 64% 41.000
nuitées 2 473 000 3 654 000 47,7 /
Source ONTT
Avec un tel rythme d'évolution, l'activité touristique occupera une position privilégiée
dans l'économie régionale et nationale, et ce d'autant qu'elle offre un consommateur au
produit haut de gamme.
A côté de ces infrastructures hôtelières, Monastir dispose d’une Marina et d’un port de
plaisance à vocation internationale qui peut accueillir 400 bateaux d’une longueur
maximum de 45 m.
Dans notre cas de figure, l'extension urbaine dont fait l'objet les localités de Téboulba et
Békalta, et à plus petite échelle l'agglomération de Sidi Ez Zbidi, représente, à long
terme, une menace pour l'équilibre de l'écosystème naturel de la zone. En effet, avec un
urbanisme horizontal, une densité urbaine de plus en plus importante, le triangle
Téboulba, Sidi Ez Zbidi, Békalta, va former au bout de la prochaine décennie, une seule
unité urbaine avec plus de 70 000 habitants. Il sera alors question de comment gérer les
différents déchéts solides et les eaux usées de cette agglomération.
Outre ces sources de nuisance, cette extension se fera au dépend des terres agricoles
situées en périphérie de ces trois noyaux occasionnant ainsi une métamorphose générale
de l'aspect naturel de la région.
La pêche au chalut est pour sa part interdite durant l'été, ce qui devrait théoriquement
amoindrir les risques de capture des tortues marines "Carreta Carreta" dont c'est la
saison de ponte sur les rivages Nord de d'Ez Zirra.
Ainsi, si le développement de ce secteur dans la zone, n'est pas intégré dans la politique
de gestion de son écosystème et selon une optique de développement durable, la
pression anthropique supplémentaire qu'engendrera ce secteur d'activité et le mode
d'occupation et d'exploitation touristique de la zone risquent à long terme, de modifier
d'une manière irréversible, l'aspect général de la région et de compromettre ainsi, un
futur qui peut être florissant.
A travers les chapitres précédents, nous avons pu identifier, puis définir, un à un, les
différents éléments relatifs à notre zone d'étude qu'ils soient naturels, d'occupation ou
d'exploitation. Suite à ce premier niveau de lecture, qui nous a permis une mise à plat
des caractéristiques de chacun de ces éléments, nous procéderons dans le présent
chapitre à une sorte de superposition ou plus exactement au croisement de toutes ces
données afin d'établir à travers l'interaction des éléments suscités, un bilan de l'état de
vulnérabilité et de sensibilité des différentes zone de notre aire d'étude.
• Le Cap de Ras Dimes : il s’agit d’un Cap très peu développé mais large, qui
représente un point de rupture dans l’orientation entre le littoral de la baie de
Khnis, à l’Ouest, qui s’étend de Monastir jusqu’à Ras Dimes, et celui qui évolue
• La flèche littorale d’Edzira : il s’agit d’une flèche littorale sableuse qui s’est
séparée de la côte par l’érosion de sa racine formant un chenal sableux de
quelques dizaines de mètres de largeur, lui donnant ainsi la forme spécifique
d’une île barrière.
- La partie Est de cette île barrière est bien exposée au large et se présente
sous la forme d’une plage de sable blanc. La face interne de sa partie
orientale est soumise à un recul, attesté par l’attaque du petit bourrelet du
haut de la plage ainsi que par la mise à jour de Beach rock et de petits
pointeries des vestiges d’un mur ancien.
Parallèlement à la flèche, s’étend une dune bordière à l’état naturel, qui a été
endommagée par la réalisation de la route littorale menant au port.
Békalta- Ras Dimès- El Jazira montre que la majorité des espèces rencontrées, sont des
plantes pérennes et déjà signalées dans cette région. Toutefois il faut remarquer que :
- La sous espèces Teucrium polium Subsp. flavovirens Batt, rencontrée à Jbej
Zbid est considérée comme étant une des espèces rares de Tunisie (Pottier
Alapetite, 1981);
- La sous espèce Scabiosa atropurpurea L. Subsp. thysdrusiana (L.H.) P. A.
rencontrée à El Jazira est une endémique tunisienne et plus précisément du
Sahel tunisien (Pottier Alapetite, 1979).
- Certaines espèces, connues comme étant des endémiques tunisiennes (Neffati
et Ghrabi 1999), sont signalées dans plusieurs régions de la Tunisie et aussi
au Sahel. Nous pouvons citer les deux Caryophyllacées, Silene Barrattei
Murb. et Dianthus gaditanus Boiss. Subsp. byzacenus (Burr.) Maire. La
première est signalée dans le Sahel et la deuxième est signalée à Hammam
Sousse –Zerameddine. Parcontre la Poacées Aristida tunetana Coss. Est
signalée dans l’Enfidha, Teboulba-Thapsus c’est à dire dans la zone d’étude.
Ainsi, la zone littorale Békalta- Ras Dimes- El Jazira présente une diversité dans sa
végétation naturelle et une richesse floristique intéressante.
• Mesures de protection
A l’état actuel parmi les mesures de protection à entreprendre :
Il est à signaler que les perturbations induites par les agents naturels ne se présentent
comme menace, que lorsqu'elles sont amplifiées par les interventions humaines. Ces
dernières sont multiples et se manifestent à différents niveaux.
• La pollution
Conséquence des modes d'occupation et d'exploitation de la zone, la pollution sous
toutes ses formes, constitue une vraie menace pour le milieu naturel et ses composantes.
Ainsi, les implications qu'occasionnent les rejets d'eaux usées non traitées en mer et
plus particulièrement au niveau de la partie Nord de la baie de Monastir à hauteur de
Khnis, peuvent être néfastes pour le littoral de la zone de Ras Dimes. En effet, la faible
dynamique marine qui caractérise la baie de Monastir et plus particulièrement la section
Khnis-Lamta et la zone de Téboulba-Ras Dimes, contribue d'une manière substantielle à
la sensibilité et la fragilité de ce milieu marin. La propagation de ces agents polluants
sur l'ensemble de la baie de Monastir associée au caractère naturel de cette dernière,
peut provoquer à long terme une diminution de l'indice de diversité spécifique, une
dystrophie et une mort rapide du plancton, la prolifération de germes aérobies
considérés comme toxique pour la majorité des groupes de la microflore marine.
Outre cet aspect, la présence de déchets solides et plus particulièrement les sachets en
plastique qui, confondus avec les méduses, sont avalés par les tortues et provoquent
ainsi leur mort.
Notre zone d'étude connaît aussi d'autres formes de pollution de son milieu terrestre et
qui résultent pour la plus part, de l'utilisation des pesticides dans le domaine agricole
pour le traitement des oliveraies contre les parasites, les maladies et les oiseaux. L'effet
de l'utilisation croissante de ces produits chimiques représente une menace réelle
pour les nappes phréatiques et pour la diversité biologique.
Autre fait important à relater, c'est l'occupation temporaire d'Ez Zirra. Ce phénomène
qui peut paraître minime du point de vu incidences sur l'état d'équilibre de cette île,
engendre des perturbations néfastes pour le biotope.
• L'activité halieutique
L'essor que connaît ce secteur dans la région du Sahel en général et dans notre zone
d'étude en particulier implique un certain accroissement de la productivité et donc une
pression supplémentaire sur le milieu marin. Cette pression vient s'ajouter au
problème que connaît ce littoral à cause de son faible hydrodynamisme et qui
contribue à la dégradation des ressources halieutiques et la destruction de leurs
habitats naturels.
Ces destructions sont le fait du non-respect des lois qui régissent cette activité par les
pêcheurs. Ce non-respect à comme origine une méconnaissance de ces dernières ou bien
la recherche d'un gain à n'importe quel prix.
Au-delà, des conséquences sus-cités, ces pratiques ont des répercutions négatives et
dangereuse sur la tortue marine "Carreta, Carreta", qui se trouve être la victime
par excellence de ces dépassements pour ce que ces derniers constituent comme
menace à la pérennité de l'espèce dans la zone.
Outre ce phénomène naturel, l'îlot subit une autre forme d'agression qui est l'occupation
occasionnelle de ces plages d'une part, par les estivants et d'autre part par les pêcheurs.
Cette occupation même momentanée, est à l'origine des destructions des éléments
végétaux (espèces endémiques du Sahel) et des dunes bordières de l'îlot.