Services d'avortement en RDC : étude 2017
Services d'avortement en RDC : étude 2017
Décembre 2017
CARE International et
RAISE Initiative, Mailman School of Public Health,
Columbia University
TABLE OF CONTENTS
Contexte ..........................................................................................................................................1
Méthodologie................................................................................................................................... 2
Conclusion .................................................................................................................................... 57
Les soins après avortement (SAA) constituent une intervention essentielle pouvant sauver des vies
qui inclut le traitement des complications causées par des avortements spontanés et provoqués,
les conseils visant à identifier et à répondre aux besoins d'une femme en matière de santé et la
prestation de services de contraception et de santé sexuelle et de la reproduction (SSR). Les SAA
impliquent également la mise en place de partenariats avec des communautés et des prestataires
de service pour prévenir les grossesses non désirées et les avortements non-sécurisés et veiller à
ce que les services de SAA répondent aux attentes et aux besoins de la communauté.5 Malgré
l'importance des SAA, surtout dans les crises humanitaires qui supposent un risque accru de
complications liées à l'avortement non-sécurisé, de tels services ne sont disponibles que
sporadiquement. 6
En collaboration avec l’Initiative RAISE, CARE a commencé à soutenir le Ministère de la Santé
Publique (MSP) de la RDC, en 2009, pour fournir des services de contraception dans l'aire de
santé de Kasongo dans la province du Maniema. Le programme Supporting Access to Family
Planning and Post-Abortion Care in Emergencies [Soutenir l’accès à la planification familiale et aux
the Congo: evidence from cross-sectional cluster surveys, facility assessments and service statistics. Conflict and Health.
2017; 11(1):2.
4 McGinn T et Casey SE. Why don’t humanitarian organizations provide safe abortion services? Conflict and Health.
2016;10(1):8.
5 Ipas. Postabortion Care. [Link]
2016; 10(1):8.
En 2013 et 2015, le personnel de RAISE a conduit des bilans de programme qui ont montré que
les services de SAA sont disponibles et de bonne qualité, tout en indiquant que le nombre de
clients est faible en valeur absolue par rapport aux besoins estimés au niveau de la population.
Ces conclusions soulèvent plusieurs questions concernant la sous-utilisation éventuelle ou le
degré de sous-utilisation des services ainsi que les raisons. L'objectif global de cette étude était de
mieux comprendre les obstacles et les éléments facilitant l'accès et l'utilisation des services de
SAA. L'étude a particulièrement cherché à comprendre les expériences vécues par les femmes qui
ont eu recours aux services de SAA dans les structures appuyées par l'Initiative, de même que les
attitudes à l'égard de l'avortement parmi les membres de la communauté et les informateurs-clés.
METHODOLOGIE
L'analyse des registres de SAA comprenait l'ensemble des clientes de SAA dans 21 structures
sanitaires soutenues par CARE de janvier à décembre 2016, à Kayna et Lubero, dans le Nord-
Kivu. Les indicateurs relatifs à chaque cliente ont été extraits y compris l'âge, l'âge gestationnel, la
parité, les complications, le traitement obtenu et l'acceptation de la contraception après
l'avortement. Aucune donnée d’identification personnelle n'a été recueillie.
Les GDD ont été conduits auprès de femmes en âge de procréer et d'hommes mariés. Au total, 80
participants ont été recrutés par CARE dans les aires de santé de deux structures appuyées à
Kayna et Lubero. Huit GDD ont eu lieu, quatre dans chacune des deux aires de santé situées en
milieu rural: deux avec des femmes de 18-24 ans (n=20), deux avec des femmes de 25-45 ans
(n=20), deux avec des hommes mariés de 18-29 ans (n=20), et deux avec des hommes mariés de
30-45 ans (n=20). Des entretiens avec les informateurs clés ont été menés auprès des leaders
communautaires (n=4), deux dans chaque aire de santé.
Des guides d'entretien semi-structurés, un chacun pour les entretiens approfondis, les GDD et les
entretiens avec les informateurs clés, ont été conçus par l'équipe de recherche de RAISE en
collaboration avec CARE. Suite à une formation de cinq jours sur l'éthique et les méthodes de
recherche, quatre facilitatrices et deux facilitateurs ont mené les GDD, les femmes ont conduit les
entretiens approfondis et les hommes ont été chargés des entretiens avec les informateurs clés.
L'ensemble des entretiens approfondis et des GDD ont été assurés par des facilitateurs congolais
dans les langues locales, et ils ont eu lieu dans des salles privées afin de préserver la
confidentialité de la discussion. L'ensemble des participants ont donné leur consentement éclairci
verbal. Les entretiens approfondis et les GDD ont été enregistrés, transcrits et traduits en français
aux fins d'analyse. Les chercheurs ont examiné les transcriptions en français pour vérifier la qualité
de la traduction et sont revenus vers les facilitateurs lorsque des clarifications s'avéraient
nécessaires. Les entretiens approfondis ont duré 25-45 minutes, les GDD 1-2 heures et les
entretiens avec les informateurs clés 10-40 minutes.
Les transcriptions ont d'abord été lues par deux chercheurs pour identifier les thèmes généraux en
vue d’une première ébauche de livres de codage. Des livres de codage ont été créés pour les
entretiens approfondis, les GDD et les entretiens avec les informateurs clés et ils ont été organisés
par thèmes ou sous-thèmes. Après avoir abordé les ébauches des livres de codage, des dossiers
électroniques contenant les transcriptions en français ont été téléchargés dans NVivo (QSR
International Pty Ltd), logiciel d'analyse qualitative, pour le codage. Plusieurs transcriptions ont
été codées séparément par deux chercheurs utilisant les livres de codage et les résultats ont fait
l'objet de discussion pour procéder à des révisions sur les livres de codage, en ajoutant, effaçant
ou réduisant les codes si nécessaire.
Considérations éthiques
Tous les participants ont donné leur consentement informé verbal. Aucun nom de participant n'a
été noté dans les transcriptions. Seul le personnel d'étude de Columbia University et de CARE a
eu accès aux enregistrements. Les approbations éthiques de l'enquête ont été obtenues auprès du
Comité d'éthique institutionnelle de la Mailman School of Public Health [École de santé publique]
de Columbia University et la Commission Institutionnelle d'Éthique de l'Université Catholique de
Bukavu.
Au total, 477 clients ont utilisé les services de SAA dans 21 structures sanitaires dans deux aires
de santé du Nord-Kivu: 275 à Kayna et 202 à Lubero, en 2016. L'âge des clientes était semblable
dans les deux aires de santé avec un âge moyen de 27,4 ans.
Schéma 1: Âge des clientes de SAA, CARE Nord-Kivu, RDC 2016, p=0,684
La parité était également similaire dans les deux zones avec une parité moyenne de 3,2. Près
d'une cliente de SAA sur cinq (17,3%) n'avait pas eu d'enfants auparavant.
Bien qu'une part importante de clientes à Kayna (40,4%) aient été originaires de zones situées en
dehors de l’aire desservie, la grande majorité des clientes de Lubero (78,4%) venaient de l’aire
desservie (p<,001). La majorité des clientes de Kayna et Lubero (89,7%) ont eu recours à des
soins durant le premier trimestre; l'âge gestationnel moyen était de 9,6 semaines. Un diagnostic
d’avortement incomplet a été constaté chez la plupart des clientes de SAA (88,2%) de Kayna, en
comparaison avec l'ensemble des clientes (100%) de Lubero. Conformément à ce diagnostic, une
hémorragie a été décelée chez 56,8% des clientes de Kayna en comparaison avec 99,0% d’entre
elles à Lubero. De même, 38,7% des clientes de SAA de Kayna ont signalé qu'elles n'avaient pas
subi de complications par rapport à 0,5% des clientes de Lubero. Quasiment toutes les clientes de
SAA de Kayna (85,7%) et de Lubero (94,4%) ont subi une aspiration manuelle intra-utérine
(AMIU). Rares sont les clientes (10,5%) qui n'ont pas subi d'aspiration utérine, bien que seule une
cliente (0,5%) de Lubero n’en ait pas subie. Les antibiotiques étaient le traitement le plus
fréquemment administré à Kayna (68,6%) et à Lubero (55,1%), suivis des utérotoniques (50,3% à
Kayna et 41,3% à Lubero).
L'utilisation de méthodes contraceptives après avortement variait selon les aires de santé. A
Kayna, 80,1% des clientes ont accepté une méthode moderne de contraception après avortement
en comparaison avec 68,5% des clientes de Lubero. A Kayna, le DIU a été la méthode la plus
communément acceptée (36,7%) suivie par l'implant (26,2%). Néanmoins, à Lubero, l'implant et le
DIU ont été acceptés à part égale (23,5% et 24,0% respectivement). Une analyse de l'acceptation
de la contraception après l'avortement, par groupe d'âge, a démontré qu'il n'y avait pas de
différence par rapport à l’acceptation globale ou au type de méthode acceptée.
Niveau d’éducation
Aucune 3
Primaire 3
Secondaire ou plus 9
Intentions de grossesse
Les participantes étaient claires quant au fait que leur grossesse était désirée ou non. Pour celles
qui ont indiqué que leur grossesse n’était pas désirée, plusieurs ont expliqué qu'elles avaient
essayé d'éviter une grossesse en suivant leur cycle menstruel. Certaines ont précisé que leur
grossesse n'était pas désirée en raison du jeune âge de leur dernier enfant.
« J’avais mis au monde un nouveau bébé, quelques mois après j’ai constaté que je suis
encore enceinte. Après accouchement, on stoppe le cycle menstruel normalement. C’est
après une certaine durée que vous recommencez le cycle, mais moi je n’avais pas eu cette
chance d’être indisposée. » (28 ans)
« Non, je n’étais préparé pour concevoir une autre grossesse comme j’ai encore un enfant
qui n’a pas encore atteint deux ans. Et lorsque la grossesse arrive, je viens de concevoir, je
ne peux la refuser, je suis obligée d’accepter cette grossesse parce que je suis au foyer. »
(40 ans)
Cependant, d'autres femmes étaient formelles sur le fait que la grossesse était désirée, certaines
exprimant leur tristesse de l’avoir perdu. D'autres ont précisé que leur plus jeune enfant avait
atteint un certain âge et qu'elles étaient donc prêtes pour une nouvelle grossesse.
« J’avais honte, ils disent elle a eu un avortement, quand l’enfant était trop petit, déjà elle
était grosse. C’est Dieu qui donne. Elle était déjà grosse, mon Dieu, directement je me
mettais à pleurer. » (26 ans)
« Si j’étais prête à concevoir, oui j’étais prête…alors nous avons besoin de ça, comme
toujours les nouveaux mariés ont besoin de l’enfant. » (26 ans)
« J’étais prête à concevoir, l’enfant était déjà grand celui qui succédait la grossesse. » (36
ans)
« Ça été spontané. Il y avait les signes du sang, des secrétions, enfin ça n’a pas résisté, j’ai
avorté » (26 ans)
« On pense que c’est la volonté de Dieu… C’est ça notre consolation. » (25 ans)
En revanche, d'autres femmes ont expliqué qu'elles avaient été malades durant leur grossesse, ou
elles ont fait référence à un « utérus affaibli » ou leur âge avancé comme causes possibles de
l'avortement spontané.
« La cause je ne peux pas le savoir, on a souvent dire que c’est l’utérus qui est fatigué, et
pourtant aussi à la première grossesse j’avais avorté ; est-ce que l’utérus était déjà
fatigué ? Aide mois en comprendre si ça se fatigue comment ; c’est comme ça qu’on me dit
souvent » (32 ans)
« Je pense que c’est à cause d’avoir un âge avancé et le fait que j’ai déjà conçu trop des
grossesses. » (40 ans)
Le travail physique tel que les travaux dans les champs ou le transport de charges lourdes, a été
fréquemment cité comme raison de l’avortement spontané. Plusieurs femmes ont précisé qu'elles
ne savaient pas qu'elles devaient se reposer durant leur grossesse, ou qu'elles ne pouvaient pas le
faire.
« Non, c’était involontaire. C’était à cause de la fatigue, le fait d’aller au champ chaque
jour. » (42 ans)
« Et moi je ne sais pas, si c’est quitté comment, peut-être faire les travaux, peut être que
j’avais fait beaucoup de travaux, j’étais fatiguée. » (32 ans)
Les douleurs et le saignement étaient les signes les plus courants d’un avortement spontané. La
plupart d'entre elles savaient qu'elles étaient enceintes et que les saignements ou la douleur était
une indication les incitant à avoir recours à des soins médicaux.
« Le sang, parce que quand on est grosse, la présence du sang fait toujours peur.
Directement tu penses à la mort suite à l’avortement. Directement tu dois aller à l’hôpital…
Tu peux rester à la maison si ce sont les règles menstruelles mais si tu sais que tu as des
saignements sur une grossesse, tu dois aller aux soins. » (42 ans)
« Lorsque le ventre faisait mal, j’ai vu directement le signe de sang et c’est ce qui m’a
obligé d’aller au centre de santé. » (28 ans)
« Le saignement. Donc je sais que durant cette période la grossesse est sous forme du
sang. Et lorsque je vois que je commence à saigner, il ne faut plus que je tarde à la maison
de peur que je ne puisse pas perdre encore cet enfant. C’est mieux que j’arrive à l’hôpital
pour recevoir les soins appropriés qui vont permettre à conserver la vie de cet enfant. C’est
cela qui m’a motivé à aller à l’hôpital. » (40 ans)
Dans quelques cas, des médicaments avaient été administrés à la femme ou d'autres conseils lui
avaient été prodigués pour empêcher un avortement spontané, mais elle est retournée à la
structure sanitaire lorsque les saignements ont continué.
« Directement, quand j’étais en train de servir mes clients, j’ai senti pouf dans mon sous-
vêtement, c’est quoi ça, je suis sortie pour aller vérifier dans la douche ; dès que j’ai
« Je suis arrivée ici à l’hôpital, j’ai croisé le soignant, il m’a donné les médicaments. Il a dit
que tu es vite venue, je vais te faire les médicaments qui pourront…. protéger cette
grossesse. Il m’a fait les médicaments mais la grossesse n’a pas tenu, les maux de ventre
ont continué. Maintenant la nuit, j’ai vu beaucoup de sang et ce sang est beaucoup sorti
finalement j’ai avorté. » (35 ans)
« Après avoir pris les médicaments, toujours les infirmiers qui savent prescrire, si c’est la
grossesse est maintenue et c’est comme ça, s’il y a avortement il n’y a pas autre chose à
part les soins. Si tu ne pars pas à la structure, tu mourras à la maison. » (36 ans)
Une femme a suggéré qu'elle avait essayé de « contourner » sa grossesse non désirée en prenant
des antipaludiques pour causer un avortement. Elle a signalé qu'elle avait eu recours aux soins
une semaine après avoir pris les médicaments lorsqu'elle a subi de forts saignements ou douleurs
de ventre comme d'autres femmes qui avaient subi un avortement spontané.
« J’étais malade, alors les médicaments [les anti-malaria] que je prenais sont ceux qui ont
provoqué cette grossesse… Lorsque j’ai pris ces médicaments, j’ai commencé à me sentir
bien après une semaine, c’est quand j’ai commencé à saigner comme de boules, alors le
ventre a fait mal puis on m’a amené au dispensaire. » (18 ans)
« Ils disaient que tout le monde parte à la structure qu’on parte à la structure les infirmiers
reçoivent bien les gens après leur raconter ce que tu es alors on te donne de médicaments
et tu te sens bien…sont les sœurs et les mamans, dit-on quelqu’une part à la structure et
les infirmiers savent, alors après avoir t’informer de ceci et cela et toi tu pars informer ton
mari ce que les infirmiers t’ont dit, faisons ceci cela et toi tu dis oui s’il refuse tu laisses. »
(36 ans)
« Le relais communautaire d’ici [avait dit] que ça c’était bon centre de santé, si vous êtes
malade il faut venir les infirmiers soignent très bien. » (26 ans)
Bon nombre de femmes ont néanmoins précisé que même si elles connaissaient la structure
sanitaire, elles ne savaient pas vraiment que des services de SAA y étaient disponibles. D'autres
n'étaient pas habituées à recourir aux soins dans la structure soutenue par le programme, et elles
ont été orientées par d'autres centres de santé qui ne disposaient pas de services de SAA.
« Non-non, nous les entendions dire qu’il y a des dons en médicaments pour les enfants de
0 à 5 ans. Puis à nous les femmes enceintes, moi je ne croyais pas, car je me demandais
où est-ce que je vais trouver l’argent pour payer la facture ? J’y suis allée pour qu’on me
fasse la facture, ils m’ont dit non, toi tu es parmi les gens que le blanc assiste…Mais ils ne
m’avaient rien dit qu’il y a d’autres soins après avortement non. » -Kayna IDI 7 (32 ans)
Les femmes avaient entendu des informations divergentes concernant les services dont elles
pouvaient bénéficier dans une structure sanitaire. La disponibilité des médicaments ou de la
contraception a été l'élément le plus cité, et plusieurs femmes ont indiqué qu'elles savaient que les
soins seraient dispensés gratuitement. Il semble y avoir un consensus général sur l'idée qu'une
femme pouvait faire confiance à une structure sanitaire pour la soigner.
« [J’avais entendu qu’] ils ont des médicaments qu’on donne à une femme qui saigne…
Lorsqu’il y a avortement on donne les méthodes de PF… On vous soigne gratuitement…
Je suivais à la radio, on faisait passer les émissions. » (25 ans)
« Elles disaient que si la personne sent les maux de ventre directement il faut se diriger à la
structure sanitaire… Entendre raconter des médicaments qu’on reçoit… on le disait, dit-on
quand tu viens d’avorter à l’hôpital tu vas guérir. » (28 ans)
« J’ai senti que je veux mourir à la maison ; le sang coulait en quantités, directement on
m’avait cherché une moto pour m’amener à l’hôpital, j’ai risqué la mort cause de cette
grossesse » (32 ans)
« Oui, et moi j’avais vu que c’est compliqué parce que moi qui suis enceinte voir du sang
comme ça, c’est la mort, il me faut aller à la structure sanitaire car c’est lui qui saura quoi
faire… J’étais allée directement car, en tout cas moi, même si je n’ai pas un billet de 100
FC sur moi, je n’ai pas l’habitude de rester à la maison en souffrant. Même si on peut aller
« J’étais allé aux soins parce que j’avais trop saigné. D’abord ces saignements avaient
commencé sans douleur au ventre, alors j’avais eu peur. Je me disais si je continue à
rester ici, si ce saignement continue, il y aura carence du sang et je risque de mourir. C’est
maintenant que je suis allée au centre de santé. » (40 ans)
Cette facilité de prise de décision a souvent été liée à une confiance globale à l’égard des
structures sanitaires pour les soigner, et le souhait d'obtenir des médicaments ou une méthode
contraceptive. Beaucoup de femmes ont expliqué qu'elles fréquentaient la structure sanitaire
soutenue par le programme pour régler leurs problèmes de santé, donc elles ont naturellement
décidé d'avoir recours aux soins lors de leur avortement spontané.
« Ce centre de santé est bon et les infirmiers d’ici aussi soignent bien… J’avais décidé de
venir ici parce que j’aime ce centre. » (28 ans)
« Le deuxième avortement c’est celui que je viens de subir ; mais dire que je suis allée à
l’hôpital parce que j’ai entendu parler qu’une sorte de prise en charge existe tout ça,
non. Je suis allé à l’hôpital parce que cela qu’on doit tout trouver cela veut dire que lorsque
je vais à l’hôpital, c’est supposer que j’y vais pour recevoir les médicaments afin de guérir.
Et si c’est l’avortement, je sais qu’après avortement, je serais soignée et on va tout faire
pour que je me rétablisse. » (40 ans)
« Là nous ne sommes pas habitués, c’est une main gauche… C’est ici chez nous et mon
enfant était né ici, si je suis malade je viens toujours ici. C’était nécessaire que je pars ou je
suis connue soit ou je pars souvent à la maternité. » (26 ans)
La participante qui a signalé avoir provoqué un avortement a expliqué qu’elle savait qu'elle devait
se rendre dans la structure sanitaire soutenue par le programme car les autres structures de la
région ne pourraient probablement pas la soigner.
« J’ai vu d’autres hôpitaux que je devais aller, ils ne sauront pas soigner mon cas, ils m’ont
bien soigné ce que j’ai vue ils m’ont bien soigné. J’ai vu à un autre hôpital, ils ne
parviendront pas à me soigner, ils devraient me référer toujours là. » (18 ans)
Plusieurs femmes se sont cependant montrées hésitantes à l'idée de recourir aux soins, en partie
parce qu'elles avaient honte de leur condition. Une femme a choisi d'aller à l'hôpital tôt le matin
pour éviter le risque de croiser des gens qu'elle connaissait.
« Je formais les jeux [rire] j’avais honte… C’était la journée, et j’étais très sale ; j’ai fermé
les yeux » (26 ans)
Avant de quitter l'hôpital, la quasi-totalité des femmes ont consulté quelqu'un d'autre, en général
leur mari, un voisin ou un membre de la famille. Très souvent, il s’agissait simplement d'informer
quelqu'un de la situation. Néanmoins, d'autres femmes ont obtenu des conseils concrets
lorsqu'elles ont consulté leurs amis ou famille pour avoir leur avis concernant le fait de se rendre
une structure sanitaire.
« Il [mon mari] m’avait dit d’aller à l’hôpital comme le sang exagère, ce ne sont pas les
règles. Je lui avais confirmé que c’était les règles. Il refuse, pourquoi la douche est pleine
de sang. Nous sommes partis ensemble, en cours de route, je me suis sentie très fatiguée.
Puis nous avions vu une moto venir ; il a arrêté le motard pour qu’il m’amène à l’hôpital.
Nous sommes arrivés ici lorsque le sang coulait jusqu’au pied. » (26 ans)
« Les voisins ? Ils m’ont dit c’est mieux que nous allions à la structure car rien n’ont rien à
faire… et m’a dit qu’ici on soigne bien tout le monde qui vient ici à la structure on le soigne
convenablement. [son inaudible] Je me sens bien et moi j’ai vu que j’arrive pour que je sois
bien soignée et me sentir bien. » (26 ans)
« Avant d’aller à la structure lorsque j’ai senti les douleurs, je me suis donné un repos
pendant un petit temps au lit. Lorsque j’ai entendu les douleurs ne vont pas, je ne peux pas
supporter, c’est comme ça que j’ai dit à la voisine d’aller à la structure en voyant que le lit
ne va pas m’aider. » (26 ans)
« Moi je ne sentais pas des douleurs, je pensais que c’est comme la personne doit être à
chaque mois [règles], c’est comme ça que ça avait commencé, alors que c’était beaucoup,
je me disais ha ! C’est devenu trop ! J’avais puisé de l’eau pour aller me laver. Après,
m’être lavé, je me suis plongé par terre dans la maison. L’enfant est venu, je lui ai dit d’aller
informer à maman [Nom] en tout cas je me sens mal….Elle est revenue quand j’étais déjà
endormis, je ne parlais pas, la voix ne sortait plus. Là, on a cherché un homme pour me
porter au dos. » (32 ans)
D'autres retards étaient plus importants, en particulier pour les femmes qui essayaient d’empêcher
« J’ai commencé [au centre de santé des adventistes] car c’est là où je suis habituée c'est-
à-dire depuis conception, c’est là où j’allais et lui me suivais, il savait me donner de
médicaments après ce type il donne un autre type… je suis arrivée ici, la lettre qui m’a fait
parvenir ici ils avaient écrit une lettre de transfert et mon mari m’a cherché la moto nous
sommes arrivés ici. » (26 ans)
« J’étais allé acheter les comprimés à la pharmacie. Non, c’est mon mari qui me les avait
envoyés, c’est lui-même qui les avait achetés. Avant cela c’était le coup qui faisait mal,
alors il m’envoya l’amoxicilline et disant que ça va m’aider, alors j’ai eu des saignements
quand j’avais déjà commencé à prendre cet amoxicilline ; alors il me disait : pourtant c’est
l’amoxicilline que tu prends chaque fois lorsque les maux de ventre te dérangent, continue
toujours à les prendre, alors j’ai terminé la cure mais cela n’a pas été efficace. Lorsque je
lui avais dit que ça n’a rien fait c’est maintenant qu’il m’avait dit d’aller directement aux
soins. » (40 ans)
Une fois qu'une femme avait pris la décision de bénéficier de soins dans une structure, elle était
généralement accompagnée par son mari ou un voisin. Plusieurs femmes ont expliqué qu'elles ont
été aidées par leur mari, leurs amis ou membres de leur famille pour recourir aux soins et en
bénéficier.
« [Mon mari m’a aidé par] dire aux enfants de m’apporter à manger, chercher un petit
savon pour lessiver les habits salis, je vois que celui-là m’a aidé plus [oui], les voisines elles
aussi m’apportent de l’eau pour les habits salis. » (36 ans)
« En tout cas, [mon mari] m’a aidé, il m’a réconforté et puis il m’a amené à l’hôpital, il a
compati avec moi, on a passé de journées là-bas. Il a fait tout ce qu’on lui demandait. Donc
en bref, c’est comme si ce lui, il a pris tout en charge. Il s’est occupé de moi et le travail que
les soignants faisaient. » (40 ans)
Une jeune femme qui avait subi un avortement provoqué, avait expliqué qu'elle avait été
accompagnée par sa mère malgré le fait que cette dernière ne soit pas au courant de sa
grossesse.
« Maman m’a accompagnée alors nous sommes arrivés à la structure j’ai dit que j’ai mal au
ventre, on m’a amené au labo, je suis allée me faire examiner, on a dit que c’est un
avortement… maman ne savait pas que je suis enceinte. » (18 ans)
Les femmes ont signalé plusieurs moyens de transport pour se rendre dans les structures
soutenues. Beaucoup y sont allées à pied, seules ou avec un membre de la famille ou un voisin.
D'autres y sont allées en véhicule ou moto, et quelques-unes ont été transférées en ambulance.
« On m’a acheminé sur route au dos ; puis cela qu’on a trouvé la moto qui m’a déplacée,
on me portait que je ne savais pas. On disait d’ailleurs qu’il pleuvait, moi je ne saisissais
point. Les gens me racontaient. » (32 ans)
« Lorsque je suis allé à l’hôpital général il y a eu une autre personne qui a porté mon enfant
comme j’étais malade ; l’ambulance était venue à mon secours...à l’hôpital on me connait,
car je me rendais souvent, suis c’était à zéro heure, que nous avions appelé l’ambulance
qui m’avez amené jusqu’à l’hôpital. » (25 ans)
« Le témoignage est bon, qu’ils continuent à accueillir les gens, bien soigner les gens sans
distinction comme ils ont toujours fait. » (26 ans)
« Je me suis sentie libre, après avortement on a bien fait le curetage, on m’a placé un
sérum, après avoir terminé la perfusion je me sentis bien. » (36 ans)
« Parce qu’ils m’avaient accueillis avec courage et m’avaient soigné et je suis directement
guérie. » (42 ans)
« Elle est bonne parce que ma santé est revenue à la normale quand j’ai reçu de ces
médicaments. » (35 ans)
La vitesse à laquelle elles ont été reçues lors de leur arrivée dans la structure a été un autre
élément qui a influé sur les avis des répondantes concernant la bonne qualité des soins. Bon
« Les infirmiers d’ici me soigne bien. Dès que j’arrive ici, ils me soignent directement. » (28
ans)
« J’étais gravement malade ; suis descendu sur moto directement jusque dans la salle de
soin et on a commencé à me soigner. » (32 ans)
« Ils avaient porté les gants très rapidement et m’avaient soigné directement » (28 ans)
Plusieurs femmes ont indiqué si elles n'avaient pas été soignées dans la structure, elles seraient
mortes. Elles étaient donc reconnaissantes pour la disponibilité des soins après avortement et de
la présence d'un personnel médical formé.
«…c’est bien car les infirmiers sont ici, mais nous devrions mourir si on ne m’avait pas
soignée, je serais morte se suite aux médicaments que j’existe. » (32 ans)
« Non l’hôpital c’est bon; si j’étais loin de l’hôpital j’allais mourir; si j’étais aux champs très
loin j’allais mourir. » (32 ans)
Gentillesse
Toutes les femmes ont expliqué comment elles ont été traitées avec gentillesse et respect par le
personnel. Ces descriptions évoquant les soins et la gentillesse étaient souvent à l’opposé des
états physiques potentiellement embarrassants des femmes.
« L’accueil, j’étais sale mais ils m’avaient bien accueilli. » (42 ans)
« Car les infirmiers d’ici nous accueillent très bien, ils vous soignent avec sourire aux
lèvres, ils conversent bien avec les patients. » Lubero IDI 9 (26 ans)
Plusieurs répondantes ont expliqué comment le personnel en charge les a consolées avec des
mots aimables, en leur assurant qu'elles se rétabliraient, en leur disant de ne pas avoir peur et
qu'elles pourraient concevoir d'autres enfants ou qu'elles n'étaient pas responsables de leur
avortement spontané.
« Il me disait que je serai rétablie, je serai guérie et de ne pas avoir d’amertume avorter
l’avortement spontané je vais encore concevoir une autre mais il m’a dit comment j’ai tant
souffert, je mérite des soins pour que la santé se rétablisse pour que je tombe encore
grosse... » (26 ans)
« Oui, ils me disaient maman [Nom] n’aies pas peur, tu vas guérir, c’est vrai nous savons
que tu as des douleurs mais ça va passer, les douleurs sont nombreuses mais tu vas
guérir. » (32 ans)
« Ils m’ont délivré sans payer, d’abord ils m’avaient donné la facture, après avoir vue que
j’ai manqué….ils m’ont délivré en disant que je les ramènerai. » (26 ans)
« Ils sont bons parce que même si tu n’as pas la totalité de la facture, ils te libèrent. » (42
ans)
« Ce qui a été bon pour moi quand l’infirmier mes soignait ; le Docteur avais dit à l’infirmier
de ne pas me faire la facture. » (32 ans)
Dans d'autres exemples, les répondantes ont dit avoir été impressionnées par le dévouement de
certains prestataires pour les aider à se sentir à l'aise. Parmi les anecdotes, on peut citer le fait
qu'un prestataire ait aidé une femme à laver son linge ou à prendre un bain pour qu’elle soit
présentable, et qu'il ait discrètement jeté ses déchets.
« D’abord celle-ci qui vient de sortir, elle m’avait beaucoup aidé car ma fille est âgée de 12
ans et demi ; celle-là de 12 ans ne doit pas, peut-être voir des saletés que nous voyons
nous les mamans… L’infirmier lui-même m’a arrangé mes habits et me les remettre pour
les garder. Elle-même les a lessivés pour moi et je ne sais pas si elle avait utilisé des gants
pour la lessive. » (32 ans)
« Oh mon Dieu, nous faire les bains, moi une grande personne, il part vider le sceau pour
moi, comme quelqu’une qui a accouchée ; il me lave aussi les pieds, je manque quoi l’offrir,
mais elle a bien fait. » (26 ans)
« Ils ont versé eux-mêmes le sceau qui contenait la saleté. » (28 ans)
Facteurs environnementaux
Autre expérience positive pour les femmes dans les structures soutenues: la perception de
l'environnement immédiat. Ces observations comprenaient l'appréciation de la propreté des
structures, le calme des lieux et la disponibilité de lits et de linge de lit.
De même, le fait d'avoir tous les médicaments nécessaires dans la structure a été apprécié. Bien
que certaines ne soient pas concernées par des soins après avortement, les patientes malades
doivent demander à un membre de leur famille de trouver et acheter un médicament spécifique
ailleurs, cela n'a pas été le cas pour les personnes interrogées.
Confidentialité
La quasi-totalité des femmes ont affirmé qu'elles croyaient en la capacité de leur prestataire de
respecter la confidentialité en ne parlant pas de leur cas publiquement. Cependant, les réponses
des répondantes variaient quant à la façon de qualifier cette confiance. De nombreuses femmes
ont déclaré que la confidentialité était simplement ce qu'elles attendaient des prestataires, et
qu'elles ne doutaient pas qu’elle serait respectée. Une personne a évoqué l'engagement pris dans
le cadre du serment d'Hippocrate.
« Bon, je sais qu’ils sont liés par le serment d’Hippocrate, il faut garder ; [rire] donc ils ne
sont pas obligés de publier et j’ai confiance en eux. » (40 ans)
D'autres femmes ont partagé des témoignages anecdotiques à l'appui de leur croyance selon
laquelle les prestataires ne parleraient pas de leur cas avec d'autres.
« Mais je l’avais vu moi-même que ça sera un secret entre moi et lui. » 6 (42 ans)
« D’abord les prestataires sont discrets. Car comme j’étais là à l’hôpital, je n’avais pas de
gonflement du ventre, c’était plat. Eux aussi sont parvenu à croire que j’étais enceinte
lorsque j’ai fait l’échographie, et moi j’ai dit oui je suis enceinte mais le ventre était plat.
Mais j’étais dans la maternité quand mes amies me demandaient mais maman [Nom]
comment tu te retrouves ici ? Les prestataires leur répondaient que je suis malade comme
les autres. » (32 ans)
Parallèlement, d'autres personnes ont partagé une croyance plus modérée à l’égard de la
confidentialité des prestataires, pensant généralement que leur cas serait tenu secret, mais
reconnaissant que cela ne se passait pas toujours de la même façon.
« Secret ça je ne peux pas confirmer car chacun a une conscience [rire] conscience,
chacun sa conscience s’oriente de la manière qu’il l’a orienté. » (26 ans)
« Les infirmiers ne raconte pas, sont rares qui racontent, ça peut être 1 sur 10. » (40 ans)
« Pour moi, les douleurs que je sentais, je ne sais pas si l’anesthésie ne tenait pas
pourquoi mais si ça tenait, je ne pourrai pas sentir des douleurs. Mais comme on était en
train de mettre les instruments de soins dans mon corps je sentais tout mouvement. » (32
ans)
« Leurs fers là font mal ; ils font mal lorsqu’on le fait la propreté du ventre. » (25 ans)
D'autres ont signalé les effets résiduels après le traitement tels que les vertiges, l'état de faiblesse
physique et les douleurs. Dans certains cas, ces effets ont persisté jusqu'au moment de l'entretien.
« J’étais dans l’amertume, car dire que je vais récupérer encore la force puis depuis lors je
n’ai pas récupéré la force. Je juge mieux de me reposer d’abord au moins quelques mois
pour que je conçoive une autre grossesse. » (26 ans)
« Hélas ! Normalement à ce jour non, j’ai dit que j’irai recevoir de médicament au moins
j’aurai une autre grossesse après m’avoir bien senti. Le sang n’est pas encore rentré dans
le corps. Je marche avec des vertiges. » (32 ans)
« Ils ne vont pas garder…une autre peut arriver là et on lui raconte « (18 ans)
La jeune répondante qui a potentiellement provoqué son avortement a dit que les prestataires l'ont
jugée et se sont moqués d'elle.
Structures encombrées
Dans un autre cas, une opportunité de suivi et des services de contraception ont été manqués car
il y avait plusieurs patients pour une seule infirmière disponible le jour où la répondante et son mari
se sont de nouveau présentés à la structure. Ils ont décidé de partir.
« J’ai commencé à voir les règles, puis nous sommes venus ici lorsqu’il avait réunion de
COSA, il avait un seul infirmier et les malades était tellement nombreux, puis nous sommes
rentrés. » (26 ans)
« Il m’a dit qu’il faut faire la planification familiale, car je suis marié, il fallait venir avec mon
marie puis nous ne sommes pas encore venus. » (26 ans)
« C’est alors qu’il me parla de la planification familiale. Il me cite les méthodes et me dit que
j’aille dire à mon mari d’écrire une lettre d’autorisation pour nous permettre de vous placer
la méthode. Je lui répondis, d’ailleurs, j’ai conçu quand même mon mari voulait que je
mette la méthode, il n’y a plus même question de cette lettre ou quoi, c’est à moi qu’il
attendait la décision. » (40 ans)
« On m’a directement amené dans une salle et je ne comprenais pas ce qu’ils faisaient,
dans une salle d’accouchement puis le matin on m’a traité. » (25 ans)
Suggestions d’amélioration
Lorsqu'on leur a demandé comment les structures soutenues par le programme pouvaient être
améliorées, plusieurs femmes ont souligné l'absence de certains services ou fournitures. Une
« Pourquoi ils mettent les femmes qui ont avorté dans une même salle que ces femmes qui
ont des bébés ? Normalement il fallait les séparer pour qu’il n’y ait pas confusion, aussi
pour ne pas angoisser les femmes qui ont avorté. » (32 ans)
Parmi les autres suggestions figuraient l'eau, le fait d’avoir un stock de médicaments constant et
plus de prestataires formés en mesure de répondre aux besoins sanitaires des femmes.
« Ce qu’ils doivent amener, moi j’ai constaté lorsque j’étais interné ici je vois ce qu’ils
doivent amener l’eau, car lorsque j’étais malade ceux qui me gardaient ramener l’eau chez
moi ou ils puisaient à la vallée loin d’ici. Car si, car s’il y a beaucoup de malades à l’hôpital
on ne trouve de l’eau à temps [oui] pour que tout le monde puise ça devient un moment
long. » (26 ans)
« Autre témoignage c’est un grand dispensaire il faut qu’il ne manque pas de qu’ils
continuent ainsi et qu’il n’y ait pas carence de médicaments. » (26 ans)
« C’est dire que, si eux peuvent nous aider dans des milieux comme celui-ci, chercher
quelqu’un qu’eux peuvent prendre en charge, un médecin spécialiste pour les femmes cela
peut aider de plus les autres médecins généralistes, à traiter la femme comme il le faut. »
(40 ans)
« Si vous avez un avortement, c’est gratuit, chez moi c’était gratuit, si vous avez pris des
médicaments, on va vous faire la facture et là CARE ne paie pas. » (25 ans)
« Même pas cent francs, j’avais seulement payé les injections que je venais recevoir le
matin donc les soins ambulatoires. » (40 ans)
Une femme a décrit sa frustration face aux variations de prix pour des soins similaires dans
différentes structures sanitaires. Certaines répondantes ont signalé que les coûts subventionnés
pratiqués par cette structure soutenue par le programme expliquaient en partie leur choix d'avoir
recours aux soins.
« C’était facile…parce que je savais que je ne vais pas payer beaucoup d’argent. » (42
ans)
Pour celles qui ont payé, beaucoup ont déclaré que les coûts étaient raisonnables pour les soins
dont elles ont bénéficié. Certaines ont également dit avoir reçu une aide financière de la part
d'amis pour payer le traitement.
« Ce n’était pas beaucoup par rapport aux médicaments que j’ai reçus…Eux aussi ont fait
un grand travail en nettoyant mon ventre, en me donnant des médicaments, c’était méritant
vraiment. » (32 ans)
« Ce n’est pas beaucoup par rapport à mon problème mais des maladies légères c’est
beaucoup d’argent. » (28 ans)
« Eux, ce qu’ils m’ont dit car j’étais petite commerçante, je transportais les choux pommés,
ils disent toi comme nous venons de voir, tu as un problème au niveau de la matrice, mais
c’est due aux fardeaux lourds que tu transportes, ce n’est pas à dire que parce que tu mets
au monde et j’accepte cette fois-ci l’enfant est grandi, ils disent oui. » (36 ans)
« Ils me disaient que je buvais des comprimés et ce qui ont provoqué, c’est ce qu’ils me
disaient » (18 ans)
Les prestataires ont également généralement évoqué le risque de tomber enceinte immédiatement
après l'avortement, et cela a souvent conduit à la discussion de futures grossesses entre le
prestataire et la femme, et à du counseling familial.
« Il m’avait dit qu’après l’avortement on peut directement tomber enceinte. » (25 ans)
« Après une fausse couche, on peut retomber enceinte après deux semaines. Alors, après
ce 2 semaines il faut planifier ; une femme qui a connu un avortement doit attendre 6 mois
pour une prochaine grossesse. » (28 ans)
« Alors nous avons besoin de c’est comme toujours les nouveaux mariés ont besoin de
l’enfant. Quand ça arrivait ainsi, …les infirmiers nous ont conseillé d’observer un repos,
alors nous saurons comment concevoir une autre, si je tombais enceinte elle finira par une
complication » (26 ans)
« Donc si tu mets au monde cet enfant, il peut être anormal, avoir des malformations alors
l’organisme elle-même refoule cet enfant. Ce sont ces paroles qu’ils ont répondu mes
questions posées. Comme il en est ainsi, ils ont appelé les gens de CARE qu’ils viennent
discuter avec moi pour choisir la méthode de la planification pour qu’après cet avortement
je puisse faire au moins deux à trois ans sans concevoir et après cela on pourra voir
comment évoluera la prochaine grossesse. » (40 ans)
« Elle m’a dit maman [Nom] qu’en pensez-vous ? N’est-ce pas que vous avez risqué la
mort. Je lui ai répondu que moi je n’ai jamais utilisé de méthodes contraceptives comme le
Depo et autres mais cette fois-ci apprends-moi si je peux faire quoi. » (32 ans)
Certaines femmes ont également expliqué comment le prestataire leur a accordé du temps de
réflexion par rapport aux méthodes, et a laissé la porte ouverte pour que les femmes puissent
revenir pour choisir une méthode contraceptive une fois prêtes. Ce sentiment d’accessibilité a
également été partagé pour encourager la poursuite d'une méthode donnée.
« Ils voulaient m’administré de médicament puis je les ai promis venir après un mois. » (32
ans)
« Elle m’a dit encore quand la grossesse s’interrompt, l’autre ne tarde pas, mais il y a la
façon de planifier les naissances, qu’as-tu fais pour planifier ? Je lui ai dit je n’ai rien fait car
je n’en sais rien sur les comprimés, pilules, non je ne les ai jamais utilisés. Mon corps
planifiait naturellement, puis il m’a parlé sur toutes les méthodes contraceptives, les
comprimés, le collier du cycle et autres, puis elle m’a fait 2 jours de réflexion. Peu après, j’y
suis rentrée pour lui dire que j’ai choisi celui de 3 mois. Elle m’a dit encore si tu arrives
quand je ne suis pas là, soit tu voyages, si tu vois que sa validité a expire, il faut aller au
centre de sante le plus proche pour le renouvellement. » (32 ans)
« Je l’avais posée la question de savoir si le fil qu’il avait placé va m’aider à quoi ? Il m’avait
dit que ça va m’aider comme je pourrai, si je vais concevoir, je pourrai passer au centre
pour retirer ce fil, c’est ce qu’il m’avait dit. » (18 ans)
« J’étais étonnée ; je manque quoi faire ; suis arrivée ici à l’hôpital, on m’avait dit de me
reposer au moins 6 mois sa grossesse pour que l’utérus se repose ; puis on m’a donné des
méthodes de planification, je mis un DIU. » (32 ans)
« Il m’avait posé la question si je veux avoir une autre grossesse, j’avais dit non c’est alors
qu’il avait placé le DIU pour m’aider. » (42 ans)
« On m’avait injecté et l’injection m’avait gêné, mais après avoir pris les comprimés, je me
suis sentie bien » (28 ans)
Dans les cas des femmes qui n'avaient pas choisi une méthode contraceptive après avortement,
une femme a opté pour l'abstinence, une autre a indiqué qu'elle utiliserait une méthode à l'avenir et
une autre a dit qu'elle était retournée à la structure avec son époux pour choisir une méthode, mais
ils avaient été obligés de faire demi-tour à cause de la foule.
Les expériences, les actions de chaque femme, des époux et prestataires de service ont offert un
riche aperçu des attitudes locales à propos de la responsabilité par rapport à la prise de décision
sur la contraception. Globalement, les femmes ont parlé positivement des services de
contraception et leur capacité d'avoir un impact favorable sur leurs vies et leurs enfants. Le
vocabulaire utilisé concernant le repos de l'utérus, la prévention des complications ultérieures et la
planification des grossesses a semblé trouver écho chez les répondantes.
Les femmes ont évoqué les divers facteurs qui entraient en considération avant de choisir à terme
(ou ne pas choisir) une méthode contraceptive à la suite de leur visite. Certains de ces facteurs
« Ce que j’ai choisi, j’ai pilule, mais vue ses conditions sont difficiles j’ai stoppé, car il faut
les prendre à la même heure encore ne pas dépasser un jour sans utiliser, une fois tu
oublies c’est tout. J’avais oublié une fois, j’ai appelé l’infirmier, il m’a dit de le prendre et le
lendemain de continuer toujours à la même heure même heure d’habitude, mais j’étais
obligé d’aller au champ, encore j’ai oublié j’ai, hum, je ne saurai pas alors nous avons
procédé aux condoms. » (26 ans)
Beaucoup de femmes ont également dit avoir entendu parlé dans la communauté, des effets
secondaires de certaines méthodes contraceptives, et ces idées reçues ont largement influé sur la
décision de la femme. La croyance était semble-t-il, qu'en dépit des avantages, les méthodes
contraceptives pourraient avoir des effets nocifs, durables sur la santé de la femme.
« J’avais pensé que les 5 ans vont arriver quand mon organisme aura déjà constitué un
nouvel aspect. Mais les gens nous disent qu’il y a des inconvénients qui sont caché derrière
ces méthodes. » (25 ans)
Ces préoccupations semblent s'appliquer spécifiquement aux injectables (Depo-Provera), qui a été
cité par plusieurs personnes comme étant une méthode dont ils avaient entendu dire des choses
négatives en dépit de leur acceptation de la contraception.
« Car je suis en train d’entendre les autres sont en train de venir à la PF celle d’injection,
après elles disent après avoir reçu l’injection la période de menstruation devient longue…
Et moi je dis ok et moi je prendrai celle de comprimés. Depuis que j’utilise, je ne me sens
pas mal, je suis bien, mon cycle menstruel est normal [oui] raison pour laquelle moi j’ai les
ai pris j’ai dit c’est l’essentiel, je laisse l’injection » (36 ans)
« Oui ici celui de faire entrer à l’intérieur parce qu’il m’avait dit qu’il y a celui de 3 mois, c’est
une injection. J’avais déjà entendu parler de cela mais sans me soucier parce que les
autres me faisaient peur en disant : il y a de moment que ça te complique après l’avoir mis.
» (40 ans)
Alors que les injections ont semblé susciter le plus de préoccupation, les effets des autres
méthodes disponibles dans la structure soutenue ont également causé des inquiétudes.
« En tout cas chez moi, le préservatif ne m’a jamais causé aucun effet comme on le
prétend pour les autres méthodes. Parce que selon les histoires, j’ai ma maman d’ailleurs
épouse d’un médecin, épouse à mon oncle maternel, elle utilisait le stérilet. A un certain
« Parce que j’entends mes amies dire qu’il y a des saignements abondants suite à
l’implant…Tantôt nous qui sommes minces, vous perdez le poids subitement. » (18 ans)
Cependant, ces préoccupations ne représentaient pas la majorité sachant que certaines femmes
ont choisi d'utiliser ces méthodes.
« J’avais choisi ça [implant] parce qu’il m’avait dit qu’on peut l’enlevé. Alors me disant que
si cela te gène tu viens vite on l’enlève ; voilà pourquoi je l’avais choisi. » (40 ans)
À d'autres moments, le soutien ou la préférence du mari a conduit la femme à choisir une méthode
spécifique.
« En conversant avec mon mari il me dit de les [pilules] prendre toujours, lorsque nous
serons prêts nous enfanterons. » (36 ans)
« C’est cette méthode que mon mari avait aimée ; quand on nous avait dit de trier une
méthode mon mari avait choisi le DIU, ils disent d’autre méthode n’est pas bon car ça traine
dans le corps. » (32 ans)
En dépit du consensus général selon lequel l'utilisation de la contraception était une décision
positive, quelques femmes craignaient que l’utilisation préalable d’une contraception soit la cause
de leur avortement spontané.
Beaucoup ont donc indiqué qu'elles recommanderaient à d'autres femmes se trouvant dans des
situations similaires d’évoquer une adhésion probable à une méthode avec un prestataire.
« Je les dirai : si une fois vous avez un problème d’avortement, planifiez car il y a une
souffrance. » (25 ans)
« Il y a de risque ; si le sang coule sans aller à l’hôpital tu cour derrière la mort ; je peux lui
dire si tu voies le sang coule, tu pars directement à l’hôpital ; et que si tu restes à la maison
la mort pour toi est très proche ; si le sang et finit dans le corps tu meurs directement ;
comme j’étais moi aussi j’allais mourir » (32 ans)
Outre l'aide apportée à une personne pour avoir recours aux SAA, beaucoup ont également dit
qu'elles recommanderaient l'utilisation de méthodes contraceptives après l'avortement.
« Je lui dirai d’aller à l’hôpital d’abord parce que moi je suis parvenue à décider en disant
non-non je ne-je ne mettrai plus au monde un autre enfant en voyant comment j’ai risqué la
mort et mes enfants allaient rester orphelins de père et de mère. Car c’était vraiment la
mort. Mais vous pouvez également lui conseiller de se reposer pour concevoir après 5 ans
ou plus. » (32 ans)
« Je vais la dire de venir prendre la méthode, car cette grossesse était déjà au niveau de
l’utérus, l’utérus se fatigue, qu’elle vient prendre la méthode, car les deux grossesses
successives de deux mois sont dangereuses ; elle a dit que son mari ne va pas
comprendre car il est soûlard. » (26 ans)
Lorsqu'elles ont été interrogées sur les femmes qui ont provoqué leur avortement, certaines se
sont montrées plus hésitantes quant à la volonté de recommander les SAA. D'autres ont
cependant maintenu qu'elles devraient être conseillées et aidées comme toute autre femme.
Certaines femmes ont expliqué qu'on devrait conseiller à celles qui provoquent leur avortement
d'utiliser des méthodes contraceptives si elles ne souhaitent pas avoir des enfants.
« Celle qui a interrompu la grossesse, celle que je connais qui a interrompu la grossesse, je
dois la conseiller comme une conne car elle a interrompu sans aller à la structure, alors
elle-même interrompe à la maison, puis elle souffre près de mourir, si elle partait à l’hôpital,
moi je partais pour aller à l’hôpital, elle doit toujours subir des difficultés si elle partait à
l’hôpital ils sauront comment la soigner. » (6 ans)
« Celle qui fait l’avortement forcé, donc ne veut pas de l’enfant, il faut qu’elle planifie… Elle
aussi ne veut pas mettre au monde, [je conseille] qu’elle place la méthode PF, qui ne peut
pas concevoir quant à la méthode. » (25 ans)
Discussion
Les entretiens approfondis révèlent des expériences positives en matière d’accès aux soins après
avortement dans des structures sanitaires soutenues par le programme. Bien que la plupart des
femmes aient signalé un avortement spontané, une femme a suggéré qu'elle avait essayé de
provoquer son avortement bien qu'on ne sache pas vraiment si elle avait eu recours à des
médicaments spécifiques pour provoquer l'avortement expressément ou si elle avait obtenu des
médicaments pour le traitement d'une maladie qui serait d’après elle, à l'origine de son avortement.
Bon nombre des femmes ont néanmoins signalé que la grossesse avortée n’avait pas été désirée.
Les femmes ont déclaré quelques retards importants dans le processus de décision d'avoir recours
aux soins, pour rejoindre une structure sanitaire ou bénéficier des soins nécessaires bien que
certaines femmes disent qu'elles se sont reposées ou ont testé des médicaments de la pharmacie
avant de se rendre à la structure sanitaire. Les connaissances des femmes variaient concernant
les services de SAA disponibles. Celles qui les connaissaient ont dit qu'elles avaient été informées
par des membres de leur communauté ou des relais communautaires (Reco).
La plupart des expériences des femmes en matière de soins étaient positives et la majorité d'entre
elles ont dit avoir été traitées avec gentillesse et respect. Certaines femmes ont émis des
commentaires plus négatifs, évoquant les douleurs ressenties pendant l'intervention et leurs
inquiétudes concernant la confidentialité ou l'affluence. La jeune femme qui a probablement
provoqué son avortement a dit qu'elle avait été jugée et moquée par le personnel de la structure.
Dans de rares cas, la femme a signalé que le prestataire avait refusé de lui donner une méthode
contraceptive sans l'accord explicite de son mari. La confiance générale des femmes interrogées à
l'égard des services de SAA est démontrée par le fait que toutes les femmes ont dit qu'elles
conseilleraient probablement à une femme en situation d’avortement spontané d'avoir recours aux
soins dans une structure soutenue par le programme. La plupart des femmes ont dit avoir payé
leurs soins, dans certains cas, les frais couvraient les médicaments au lieu des soins.
Quant à la contraception, presque toutes les femmes interrogées ont dit avoir accepté une
méthode moderne après avortement suggérant ainsi une acceptabilité élevée. Les femmes ont
Bien que les résultats soient encourageants par rapport aux succès des services de SAA dans les
aires desservies, plusieurs limites clés qui peuvent influencer la fiabilité de ces résultats. Tout
d'abord, étant donné que toutes les femmes interrogées ont bénéficié de soins dans une structure
soutenue par le programme, nous n'avons pas d'éléments d'information sur les expériences des
femmes qui choisissent de ne pas recourir aux soins. Nous disposons de peu d'informations de la
part des femmes qui subissent des complications causées par un avortement provoqué. De plus, il
est possible que les femmes qui ont accepté de participer aux entretiens soient celles qui ont vécu
une expérience plus positive dans la structure, ou l'attitude des femmes peut relever d'un biais de
courtoisie pour faire plaisir aux enquêteurs. Toutes les femmes sauf trois d'entre elles ont signalé
une utilisation en cours d'une méthode moderne de contraception. Par conséquent, peu
d'informations sont disponibles sur les clientes de SAA qui n'avaient pas accepté une méthode
contraceptive (environ 20-35% des clientes de SAA à Kayna et Lubero).
« Après avoir travaillé dur on est fatigué, suite à cette fatigue, on a des maux de ventre,
maux de hanche et maux de ventre qui occasionnent enfin l’avortement. » (Femmes 18-24
ans)
Il y avait notamment un consensus parmi les hommes et les femmes sur l'idée que les femmes
assument une responsabilité inégale pour subvenir aux besoins de leurs familles et qu’elles ne
doivent donc pas être culpabilisées par rapport au fait de travailler pendant leur grossesse.
« Ehhhh, tu voies papa qui va en voyage et dit « ehh, je vais travailler, je vais trouver là-bas
de l’argent qui nous aidera ». La maman reste en train de faire tous les travaux. Ceux-ci
peuvent laisser à ce que la grossesse quitte, ces travaux lourds. Ici chez nous, les autres
partent vers [Village] pour aller prendre de la farine en étant enceinte. Cela peut provoquer
à ce que la grossesse quitte. » (Hommes, 30-45 ans)
« Comme nous l’avons dit avant, on dit qu’elle a beaucoup travaillé ou encore le mari ne
s’inquiète pas d’elle, il lui laisse des travaux. » (Hommes, 30-45 ans)
« Puisque dans notre milieu ici, nous transportons. Transporter la farine à [Village], d’autres
des sacs de pommes de terre. A lorsque la maman manque quoi manger, manque de
nourriture à donner aux enfants, tu vas transporter ces colis en étant enceinte et comme il
n’y a pas de moyen de trouver l’argent, et aussi le mari n’a pas des moyens de donner de
l’argent lorsque sa femme est enceinte, ils n’ont pas du boulot. » (Femmes, 25-45 ans)
« Si elle faisait beaucoup de travaux, les voisins diront ce qui aurait causé cela. Mais il n’y
a pas de condamnation. » (Hommes, 18-29 ans)
Autre explication communément donnée pour justifier les avortements spontanés : les mauvaises
conditions de santé, souvent dénommées maladies générales ou problèmes ayant trait au corps.
Les participants ont également cité des problèmes spécifiques considérés comme menant à un
avortement spontané, tels que le ver, le paludisme, les infections sexuellement transmissibles
(IST) ou d'autres fièvres et infections. Plusieurs ont fait remarquer que les femmes contractaient
souvent des infections ou d'autres troubles dus à l'infidélité de leur mari.
« Comme nous l’avons dit, les vers intestinaux peuvent causer l’avortement, on peut
proposer d’aller consulter. » (Hommes, 30-45 ans)
« Autre chose les infections quelqu’un qui a beaucoup d’infections, ce sont ces infections
qui sont à la base des avortements, tu ne travailles pas il n’y a rien, tu avorte, cette
infection seulement, c’est donc tu es malade. » (Femmes, 25-45 ans)
Beaucoup de participants ont indiqué que les grossesses rapprochées, successives sont une
cause de l’avortement spontané. Cela a souvent été expliqué par le fait d'avoir un utérus faible ou
fatigué, et plusieurs participants ont mis en évidence le danger d'avoir trop d'enfants ou de tomber
enceinte alors que le dernier enfant mis au monde était trop jeune.
« Il peut y avoir une personne qui met au monde plus de 5 enfants, mettre de nouveaux au
monde devient difficile. Du moment où elle veut mettre au monde ou bien elle peut avorter
ou bien elle peut mourir à l’instant même avec l’enfant. » (Hommes, 30-45 ans)
Bien que tous les groupes aient comporté des répondantes qui ont fait part d’interprétations
surnaturelles des raisons de avortements spontanés éventuelles. Ces croyances sont souvent
attribuées aux acteurs externes tels que les sorciers qui jettent un sort ou empoisonnent la femme
par l’avortement spontané. Plusieurs participants ont expliqué qu'une femme pourrait être frappée
par une malédiction en raison d'un conflit avec la famille de son mari.
« Il parait que dans cette maison peut-être sont des sorciers ou bien ils sont allés chercher
quelque chose qui laisse à ce qu’elles avortent tous les jours. » (Femmes, 25-45 ans)
« Ou soit chez vous vous avez un tel esprit impur qui prend ces enfants [discours
chevauchant], on dit celle-là est possédée d’un esprit qui ravage les enfants [discours
chevauchant], cela amène des conflits au foyer [oui], ta famille dit que oh la la chez nous
notre fille était bien, elle n’avait pas de problème chez nous et la belle-famille dit que non
elle est venue dans notre famille, elle appartenait à un esprit. » (Femmes, 25-45 ans)
« D’autres parlottes en disant que ce sont des malédictions, peut-être elle avait touché
l’épouvantail alors tout à ça c’est une malédiction et on dit souvent quand beaucoup de cas
d’avortement s’observe. Ou même on dit que vous ne respectez pas votre belle-mère. »
(Hommes, 18-29 ans)
Une grande discussion a par la suite eu lieu dans plusieurs groupes concernant l'impact éventuel
du sexe et de la violence sur la grossesse d'une femme. Dans le contexte du mariage, certaines
répondantes ont affirmé que les rapports sexuels consentis pourraient interrompre une grossesse,
bien que d'autres aient ajouté que la violence domestique pourrait également y contribuer.
« Une autre idée : La grossesse peut quitter, ça peut arriver que le mari te bouscule
fortement lors de la grossesse, il veut coute que coute être avec toi. Ça aussi peut laisser à
ce que la grossesse quitte. » (Femmes, 25-45 ans)
« Oui, parfois le fœtus ne veut pas de rapports sexuels exagérés, cela aussi peut causer un
avortement si le mari ne tolère pas la femme. » (Femmes, 18-24 ans)
« Ou bien il y a une autre difficulté, toi père de famille tu deviens paresseux et vagabond….
Alors quand la maman va arriver, directement vous l’attraper comme un lion, alors tout ça
peut occasionner un avortement d’une grossesse. » (Hommes, 18-29 ans)
« D’autres ont différentes pensées disant : Cette maman dit-on qu’elle avait déjà planifiée ;
alors ce médicament le dérange. » (Femmes, 25-45 ans)
« Et la famille peut penser qu’elle a planifié car une femme qui planifie connait un
avortement a la prochaine grossesse. » (Femmes, 18-25 ans)
Les participants ont exposé plusieurs autres raisons pour lesquelles une femme enceinte pourrait
subir un avortement spontané, notamment la consommation d'alcool ou de piments rouges, la
prise non intentionnelle de médicaments dangereux pour les femmes enceintes, les mauvaises
conditions de vie ou la détresse émotionnelle.
« Soit boire trop d’alcool…. Soit la consommation du piment peut causer un avortement »
(Femmes, 18-24 ans)
« La dernière, ça peut être la mauvaise condition de vie, dormir dans les conditions
mauvaises, peut-être. » (Hommes, 30-45 ans)
« La maman peut recevoir une nouvelle nécrologique et ça l’émotion, ça peut laisser que la
grossesse quitte. » (Hommes, 30-45 ans)
« Ils se posent différentes questions, les autres disent : comment est cette personne ?
Comment est sa maison ? Avorter chaque fois, c’est quoi ? Alors qu’elle est en bonne
santé. Les infirmiers la consultent et dise que son ventre n’a pas de problème ainsi que son
bassin. Mais on manque le problème qui est à la base de ces avortements. » (Femmes, 25-
45 ans)
« Tu avais quitté chez vous sans que vous ayez consulté les féticheurs parce que tu es
dans ton foyer avec chose bizarre comme ça et on dit de t’envoyer chez les féticheurs, si tu
refuses, tu rentres au toit paternel » (Femmes, 25-45 ans)
Les participants ont souvent souligné l'importance de l'utilisation de la contraception à la suite d'un
avortement spontané en vue de futures grossesses saines.
« Si l’avortement est répété, plusieurs fois, c’est mieux qu’on aille chez les infirmiers et leur
proposer la planification familiale. » (Hommes, 30-45 ans)
« Elle peut vous dire que peut-être col est toujours ouvert essayé de respecter
l’espacement des naissances donc elle vous éclaircit concernant les méthodes de PF. »
(Femmes, 18-24)
« Aller au centre de santé pour se faire soigner est la seule solution pour ce problème. »
(Femmes, 18-24 ans)
« Une chose qu’on a souvent dit si les grossesses quittent de soit chez une maman, on dit
souvent qu’elle aille se faire consulter. Qu’on aille voir si c’est un serpent ou c’est quoi.
Qu’elle aille chez les infirmiers. » (Hommes, 30-45 ans)
« Elle va chez les infirmiers, les infirmiers voient si c’est quel problème… Et ce que les
infirmiers vont lui recommander, il faut qu’elle applique. Elle doit écouter ce que les
infirmiers vont lui dire, comment ils viennent de voir son organisme quoi il y a toujours des
avortements spontanés. » (Femmes, 25-45 ans)
Cependant, les participants pensaient également qu'au sein de leur communauté, certaines
femmes n'avaient pas recours aux soins dispensés par une structure sanitaire en cas de
saignements durant la grossesse. La raison la plus communément citée était le manque d'argent
pour payer les soins, bien que des participants de plusieurs groupes aient souligné que les soins
« C’est ce qu’on avait déjà dit le fait qu’on a rien, on perme à ne plus aller à l’hôpital et
surtout qu’on a tout perdu et puis aller à l’hôpital on va encore demander de l’argent alors
on laisse tomber. » (Hommes, 18-29 ans)
« Il peut s’agir d’un cas, il y a les hôpitaux ou le gens libère gratuitement lorsque
l’avortement involontaire… Donc si l’avortement est involontaire, la personne ne va rien
payer… Nous avons toujours été informés à la radio que c’est CARE qui diffuse, le
partenaire CARE. » (Hommes, 18-29 ans)
« Dans notre communauté, il y a des gens qui passent dans les avenues, informer qu’il faut
aller au centre de santé si on a connu un avortement spontané et les soins sont gratuits. »
(Hommes, 30-45 ans)
Les participants pensaient aussi qu’il était possible que les femmes n’aient pas recours aux soins
en raison de la honte ou de la gêne à l'idée de se déshabiller ou d’une préférence pour les
méthodes de guérison traditionnelle.
« Autre choses, nous les femmes nous avons honte. Après avoir avorté, tu as honte d’aller
à l’hôpital soit disant, quand j’y serais, on va me demander d’ôter les habits alors les
infirmiers me contemplent ; cela aussi peut être la cause. Parce que nous les femmes, nous
ôtons lors de l’accouchement, mais après avoir accouché, te dire encore de marcher nu, tu
refuses. » (Femmes, 25-45 ans)
« Les autres prennent la décision d’aller chez les féticheurs car après avoir te jeter un
mauvais sort on dit bon elle est venue [son inaudible], elle a un mauvais esprit ou soit
quelque chose l’idée s’oriente vers les féticheurs disant allons voir si c’est comment. »
(Femmes, 25-45 ans)
« Elle peut refuser d’aller au centre de santé parce qu’elle a eu peur surtout à cause de la
crise en famille… Cela les repoussent de rester dans leurs maisons… Ehee (oui), elles
échouent à cause des difficultés dans le foyer. » (Hommes, 18-29 ans)
En dépit de ces justifications, bon nombre de participants ont fait remarquer que les femmes qui
n'ont pas recours aux soins suite à des saignements pendant la grossesse, sont supposées avoir
provoqué un avortement et sont jugées comme telles par la communauté.
« Celle qui n’est pas d’accord avec vous, donc elle a fait l’avortement forcée ; car celle qui
est contient après sensibilisation ; elle doit se rendre au C.S pour la prise à charge dans le
programme de SAA celle qui refuse d’office elle a provoqué. » (Femmes, 18-24 ans)
« Autre chose, si les voisins savent que votre femme est grosse et quand elle ne va pas [au
centre de sante] quand elle a avorté, les voisins se poseront beaucoup de questions »
(Hommes, 18-29 ans)
« D’autres filles tombent enceintes quand elles étaient en train de penser qu’elles
s’amusent. Après, elles sont surprises de tomber grosse. Elles étaient en train de s’amuser
et elles trouvent la conséquence de ce jeu. » (Hommes, 30-45 ans)
« Elle a toujours de soucis parce que ça arrive de fois tu es [mot coupé], il arrive de fois où
la femme veut il arrive de fois quand la femme, la femme ne veut pas, alors on te force
alors tu dis, moi je ne veux pas, lui te force il dit quoi de faire la relation, tu refuses alors
quand tu vas refuser ou tu acceptes sans consentement, c’est à ce moment que tu tombes
enceinte. Après avoir eu cette grossesse, ça te gêne tellement que tu n’étais pas prête. »
(Femmes, 25-45 ans)
« Dans la maison, quand on est en deux l’un peut obliger l’autre l’acte sexuel, alors comme
ce sans contrôle, on tombe dans le risque d’une grossesse non-désirée. » (Hommes, 30-
45 ans)
« Une autre a la grossesse par exemple quand c’est la violence qui avait eu lieu au champ.
Alors elle dit aux infirmiers pour qu’on puisse savoir ce qu’on peut faire. » (Hommes, 18-29
ans)
Plusieurs participants ont insisté sur le stress et s'inquiètent que cela puisse être causé par une
grossesse non désirée et d'autres ont expliqué que, dans certains cas, une femme peut être
stigmatisée par sa communauté.
« Parfois la femme a des stress dans le cas où elle a une grossesse non désirée. En plus,
on travaille dur ; alors quand on est menacé dans tout le sens, on pense à interrompre la
dite grossesse. » (Femmes, 18-24 ans)
« Les soucis proviennent du fait qu’elle pense que les gens vont se moquer d’elle disant
qu’elle met au monde régulièrement comme le cobaye. C’est ce qui va laisser que vous
voyiez une maman a déjà des soucis….On dit : « toi maman t’es encore enceinte ! Encore
tu as mis au monde ! Tu mets au monde fréquemment ! » » (Hommes, 30-45 ans)
« [Facilitatrice : Il y a de moment où la femme tombe enceinte quand elle n’était pas prête…
Qu’est-ce qui peut arriver à la femme à ce moment-là ? ]
Participante 1 : Le choc
Participante 2 : Peut avoir trop des soucis, elle raisonne beaucoup.
Participante 3 : Et cet enfant qui est au ventre ne sera pas à la l’aise, parce qu’il n’est pas
la volonté de la maman. » (Femmes, 25-45 ans)
La réponse initiale donnée par la majorité des participants des groupes de discussion était que la
femme devrait poursuivre sa grossesse, en expliquant souvent que les grossesses sont la volonté
de Dieu et qu'il est de la responsabilité du couple d'élever l'enfant même si la grossesse n'était pas
désirée.
« Ce qu’il dit là concernant la procréation chez les femmes, c’est eeeee, chacun a sa façon,
la femme aussi a sa façon. Tu peux mettre au monde, la femme peut tomber enceinte alors
que toi mari, tu ne le voulais pas. Mais parce qu’elle a son mari, elle se dit : « c’est tout. Je
suis déjà grosse » et vous continuez directement comme ça. Maintenant c’est ça. »
(Hommes, 30-45 ans)
« Si elle tombe encore enceinte, il faut qu’elle laisse cette grossesse…. C’est bon d’avoir un
enfant, tu trouves aussi des cadeaux à cause du bébé. » (Femmes, 18-24)
« Il n’y a plus à faire puisque c’est la volonté de Dieu. Cela c’est déjà réaliser et il n’y a pas
d’intervention a moins que cette femme soit sage, puisque si elle n’est pas sage alors elle
arrivera au niveau que nous venons de dire avant. Elle utilisera le médicament pourvu
qu’elle provoque l’avortement. Si elle est sage, elle laissera cette dernière jusqu’à ce qu’elle
accouche. » (Hommes, 18-29 ans)
Cette discussion a souvent été suivie par la suggestion que la femme commence à utiliser la
contraception après une grossesse non désirée afin d'empêcher qu'une telle situation se
reproduise. Bon nombre de participants ont dit qu'une femme pourrait prendre une contraception
« Autre conseil que je peux la donner c’est de dire d’aller à la PF car lorsqu’elle va planifier
si son copain peut lui dire qu’il a un projet. Je sais que les filles elles aiment se maintenir.
Quand tu es fille, si elle peut terminer ses études combien d’années sans avoir eu une
grossesse elle sera bien, si elle étudie elle va terminer, si elle fera l’université elle
terminera. » (Femmes, 25-45 ans)
« C’est pourquoi nombreuses femmes, au lieu de chaque fois interrompre une grossesse,
elles préfèrent utiliser des comprimés pour planifier les naissances compte tenu du
problème que l’autre-là vient d’annoncer, celui de succéder les naissances ou rapprocher
les naissances. Elle préfère aller chaque fois à la pharmacie pour acheter des comprimés
qui vaut l’aider à ne pas vite concevait une grossesse. » (Hommes, 18-29 ans)
« On a souvent dit si une femme est violée, elle doit aller au centre de sante le plus proche
pour des soins d’urgence avant que la grossesse s’installe. Mais si elle se laisse à la
maison, elle sera obligée de garder cette grossesse. » (Femmes, 18-24 ans)
« Lorsque les filles font des rapports sexuels, elles ne pensent pas à la grossesse ; dès
qu’elles sont enceintes, c’est l’interruption qui leur vient en tête. » (Femmes, 18-24 ans)
« Autre chose que les filles craignent, elle dit, je suis encore jeune fille, voilà que j’ai déjà la
grosse, si je mets au monde je vais vite vieillir alors ça pousse la fille d’aller se faire avorter.
» (Hommes, 18-29 ans)
« Ici sont souvent des mineurs. Elles ont peur parce qu’elles n’ont pas de partenaire fixe.
Vous la voyez coucher avec celui-ci et celui-là, et quand elle tombe grosse, elle va citer tout
une liste des partenaires, et tous la refusent. Et vous allez la voir interrompre cette
grossesse parce qu’elle ne connait pas exactement l’auteur. » (Men, 30-45 ans)
« Ou bien si elle est finaliste, elle veut finir ses études, mais elle tombe grosse, les parents
ne seront pas contents d’elle. Elle fait tout le moyen d’enlever sa grossesse, si elle a l’esprit
satanique. » (Hommes, 30-45 ans)
Un des thèmes couramment soulevés dans les groupes de discussion masculins a été l'idée
qu'une femme provoquerait un avortement si elle tombait enceinte d'un homme marié ou d'un
homme plus âgé. Beaucoup ont souligné que cela serait synonyme de honte au sein de la
communauté, et que par conséquent la seule solution serait d'interrompre la grossesse.
« Et surtout, celle la plus interrompu est celle-là que nous les papas sommes auteurs chez
les filles jeunes. Celle-là directement elles enlèvent le plus tôt possible. Quand elle voit que
c’est un papa d’autrui, je viens de me faire engrosser par lui, on sera contre moi et dans ma
famille et dans la sienne, toutes les deux familles seront contre moi ? Directement elle
décide d’avorter. » (Hommes, 18-29 ans)
« Nous avons dit que si c’est une très jeune fille qui est engrossé par une personne très
âgée, elle se dit : ‘lorsque je vais la cité, je serai ridicule.’ c’est là qu’elle se dit : ‘il faut que
cette grossesse quitte, parce que si ça quitte bien, on ne connaîtra pas cet homme.’ »
(Hommes, 30-45 ans)
« D’autres arrivent à ce point, peut-être elle a eu la grossesse avec une personne très
respectueuse, peut-être un pasteur, un animateur ou bien un infirmier très respectueux ; et
si on attend cette nouvelle, sinon tu meurs, alors cette honte la pousse à éliminer la
grossesse. » (Femmes, 25-45 ans)
Les hommes ont également identifié des situations exceptionnelles dans lesquelles une femme
provoquerait l'avortement en raison de l'identité du père de l'enfant. Il s’agissait de milices armées,
de cas d’inceste ou de grossesses causées par des relations sexuelles ayant eu lieu alors qu'elle
était intoxiquée.
« Les autres mettent au monde sans avoir dénoncé l’auteur de la grossesse parce qu’elles
se disent qu’elles seront ridicule. L’auteur de la grossesse est des groupes armés ou un
fou. » (Hommes, 30-45 ans)
« La femme fera l’avortement forcé quand elle n’aime pas avoir la grossesse tel que nous
avons dit au début. Par exemple vous faites la relation avec quelqu’un étant ivre et quand
on n’aime pas. Vous pouvez prendre l’alcool ensemble avec lui quand on ne l’aime pas soit
quand elle ne connait pas l’homme avec lequel elle avait fait l’acte. Elle fait l’avortement en
disant : ah! Maintenant qui je vais citer ? J’ai eu cette grossesse dans l’ivresse et je ne
connais pas l’homme avec lequel j’avais fait cela. Alors elle fera tout le moyen d’avorter. »
(Hommes, 18-29 ans)
L'infidélité a été une autre raison fréquemment donnée pour provoquer l'avortement. Un grand
nombre de participants ont mis l'accent sur le fait qu'une femme mariée ne subirait un avortement
que si elle était enceinte d'un homme autre que son mari. Beaucoup ont souligné que cela arrive
souvent lorsqu'une femme tombe enceinte alors que son époux travaille loin et qu'elle craint qu'il
découvre son infidélité à son retour.
« Il peut arriver le mari de ménage voyage et la femme continue à faire une fraude avec
d’autres hommes quand elle aura une grossesse, elle va aussi faire son mieux d’enlever
cette grossesse avant que son mari ne le sache, oui. » (Hommes, 30-45 ans)
« Par exemple, une femme mariée, vous faite engrosse par un autre mari, pour le
deuxième mari vous dira de provoquée cette grossesse, lorsque mon mari viendra elle
risque de me tue. » (Femmes, 18-24 ans)
« Souvent quand on voyage, laisse sa femme, elle peut faire du n’importe quoi à votre
absence se faire engrosser ailleurs et interrompre cette grossesse. » (Hommes, 18-29 ans)
Les participants hommes et femmes ont partagé l'avis qu'une grossesse causée par un viol ne
serait pas désirée, raison pour laquelle l'avortement doit être provoqué. Plusieurs participants
étaient d'avis que le choix de provoquer son avortement est possible tout simplement parce que la
femme souhaite vivre plus librement ou parce que sa situation actuelle ne lui permet pas d'avoir un
bébé. Ce type de justification a souvent été mis en lien avec la pauvreté ou le refus de faire venir
au monde des enfants dans un contexte difficile.
« P1 : D’autres femmes le font pour ne pas être confondues aux vieilles femmes. Par
exemple les femmes libres.
P2 : Les femmes aiment la modernisation. » (Femmes, 18-24 ans)
« Les autres les font suite au mangement, comme nous avons dit au par ava ; vous trouvez
que chez vous on vie difficilement, pour vous peut être vous avez trouvez quel vie
amoureuse est bonne ; vous voyiez vous plaire à réalité c’est une grossesse, et pas de
moyens ; ce mauvais ami ne veut même pas de la vie de chez-vous ; il vous propose de
faire l’avortement qu’il va financer, soit vous faire des médicaments. » (Femmes, 18-24
ans)
« Et tout cela se fait parce qu’il n’a pas de moyen, elle regarde devant et derrière, il n’y a
pas de formule. » (Hommes, 30-45 ans)
« Celles du foyer [mariées], le problème qui leur pousse d’interrompre une grossesse est
celui, elle trouve d’abord qu’elle a un bébé pour l’allaitement ? Encore supporter une
grossesse, l’enfant a seulement 8 mois et aura le problème de se tenir debout, quand elle
trouve aussi que le papa est irresponsable, lui qui l’a engrossé, alors cela dérange la
maman et trouve que c’est mieux d’irresponsable finalement elle décide et passe à l’acte
d’avortement forcé. Alors cela est un problème pour presque toutes les femmes mariées
d’ici chez nous. » (Hommes, 18-29 ans)
« Tu peux mettre au monde mais pas chaque jour. Comment peut-on supporter 12 enfants
sans moyens ? » (Femmes, 18-24 ans)
« Et les grandes mamans qui ont déjà terminé à mettre au monde, se demandent : Qu’est-
ce qu’elle a cherché ? Nous avons onze enfants, sont-ils morts de faim ? » (Femmes, 25-
45 ans)
« P1 : Mitskili, c’est une plante forestière, mais le mutuvya est trop efficace, quand on prend
ça va dormir directement, ça bouillonne dans le ventre.
P2 : Si vous prenez le mutuvya par voie anale, vous allez sentir que ça va mal au ventre
(simultané).
P3 : Les femmes grossesses n’aiment pas prendre le mutuvya par voie anale, même
prendre une goute, ça provoque l’avortement. Il y a d’autres comme le ndgunda il provoque
aussi l’avortement. » (Hommes, 18-29 ans)
« Pour moi, celui de ndughunda, il y avait une maman qui avait éliminé la grossesse,
l’enfant avait quitté. Lorsqu’on lui avait demandé elle disait qu’elle avait utilisé le kihokolo.
L’enfant de sept mois avait quitté. » (Femmes, 25-45 ans)
« Les médicaments traditionnels existent et sont déjà étudiés par plusieurs personnes.
Quant à l’utilisation ; on peut te donner les médicaments sans te donner la cure et ne
précise même pas quand est-ce que tu vas terminer ce médicament. Alors cette grande
quantité de médicament dans l’organisme peut aller provoquer l’avortement. » (Femmes,
25-45 ans)
« C’est parce que ceux de la médecine traditionnelle enseigne ça dans les différentes
coopératives de cette médecine naturelle. Maintenant tous ces gens ont ouvert des
dispensaires. Tous ces gens soignent leeeee…. Si on veut le savoir, ce sont eux qui le
savent, ceux de la médecine naturelle, ceux qui utilisent plus les feuilles. » -Lubero GDD 8
(Hommes, 30-45 ans)
D'autres méthodes traditionnelles ont été citées, telles que l'ingestion de citron, d'huile, d'ail ou de
sel. Un participant a dit avoir consulté un sorcier pour provoquer un avortement et un autre a cité
l'insertion d'objets dans l'utérus.
« Autre on dit qu’elles prennent du citron mélangé avec l’ail elles croquent l’ail et le citron
au même instant elle est rompue si elle est d’un mois ou deux mois, alors ça provoque puis
on avorte. » (Femmes, 25-45 ans)
« Dans notre milieu, les filles ont les grossesses sans le vouloir, alors c’est comme ça que
tu vois par exemple, une fille boit trop du sel et cela provoque l’avortement, elle voulait
l’acte sexuel mais sans vouloir porter l’enfant. » (Femmes, 25-45 ans)
« Chez le féticheur, on amène la photo de la fille directe elle avorte à l’instant. » (Femmes,
18-24 ans)
« Les autres faits pénétrés des crochets dans les cols utérins puis elle occasionne
l’avortement… J’ai dit que l’autre fait entrer le crochet dans le col utérin, directement le
fœtus sort. » (Femmes, 18-24 ans)
Outre les méthodes traditionnelles, l'ensemble des groupes ont également décrit ce qu'ils savaient
ou ce dont ils avaient entendu parler à propos des médicaments disponibles dans des pharmacies
pour provoquer un avortement. Beaucoup des répondantes ont souligné que la quinine, un
traitement fréquent pour le paludisme, était souvent achetée et ingérée comme agent abortif. Le
cytotec ou le misoprostol n'ont été cités que rarement.
« Moi j’entends qu’elles achètent des comprimés à la pharmacie... Moi j’entends parler de
zéro cinquante [500mg Quinine] » (Femmes, 25-45 ans)
Les participants ont fréquemment dit que les femmes pouvaient prendre certains médicaments
considérés comme dangereux pour les femmes enceintes, dans le but de provoquer un
avortement. Le médicament le plus communément cité a été le Mectizan, un antiparasitaire utilisé
pour traiter la cécité des rivières.
« Quelques personnes disent que le Mectiza, produit qui lutte contre la filaire est en train de
provoquée les grossesses » (Femmes, 18-24 ans)
« Vous devez savoir que beaucoup des gens connaissent parce que par exemple, ces
jours-ci, on est en train de distribuer des comprimés de Mectiza. On dit ne donnez pas le
Mectiza à une femme enceinte. Alors, si elle a une grossesse qu’elle veut interrompre, on
lui demandera si elle est grosse, elle dira non. » (Hommes, 30-45 ans)
« Les autres de la pharmacie, parce que le pharmacien te le donne sans savoir que tu es
enceinte. Alors il y a de médicament de médicament défendu à la femme enceinte. Alors tu
pars le demander sachant que seule qui est enceinte ne le prends. » (Femmes, 25-45 ans)
Pour ce qui est de leurs préférences, certains participants ont signalé que les méthodes modernes
étaient plus efficaces, alors que d'autres ont mis en évidence le coût des méthodes modernes
comme raison pour laquelle les femmes se tournaient plus souvent vers les méthodes
traditionnelles.
« Les comprimés car les plantes ont des effets la plupart qui utilisent les plantes ça les
amènent au dispensaire, c'est-à-dire elles arrivent il n’y a plus moyen, mais ces comprimés
sont comme efficaces ça facilite rapidement. » (Femmes, 25-45 ans)
« P1 : Chez les infirmiers, dit-on qu’il donne les médicaments moyennant 50$, puis elle
juge mieux de payer un sachet sel de la cuisine de 300FC qu’elles vont dissoudre dans
l’eau et boire au lieu de 50$ à l’infirmier.
P2 : C’elle des infirmiers c’est efficace, car ils ouvrent le col utérin avec un appareil
spécialisé, dont après ouverture tout ce qui est dans l’utérus quitte ; mais c’est très chère
P1 : C’est cher
P2 : Ça coute cher 150$, le mari n’a pas accepté cette grossesse, peut-être elle a besoin
de consommé l’ananas, elle n’a rien comme argent ; au lieu de payer tout cela ; il faut
payer un sachet du sel iodée pour 300FC. » (Femmes, 18-24 ans)
« Mais aussi les herboristes provoquent des avortements sans le savoir puisqu’ils n’ont pas
de dose. Il donne une forte dose, il exige de boire 1 litre, 2 litre, donc indéterminé, alors
quand tu prends ça sans connaître de quoi il s’agit ça provoque aussi l’avortement. »
(Hommes, 18-29 ans)
« C’est parce que ceux de la médecine traditionnelle enseigne ça dans les différentes
coopératives de cette médecine naturelle. Maintenant tous ces gens ont ouvert des
dispensaires. Tous ces gens soignent leeeee…. Si on veut le savoir, ce sont eux qui le
savent, ceux de la médecine naturelle, ceux qui utilisent plus les feuilles. » (Hommes, 30-
45 ans)
« Mais surtout nous avons dit que ce sont les fumeurs du chanvre qui se connaissent. Il y
a une autre équipe dit de rappeur. C’est dans cette équipe ou on a trouvé des garçons et
filles qui se méconduisent, une de ces filles avait provoqué l’avortement alors une fois une
autre tombe enceinte, elle se renseignera auprès de celle-là pour l’orienter à provoquer
l’avortement aussi. » (Hommes, 18-29 ans)
Plusieurs participants ont signalé que le recours aux soins dispensés par des praticiens
traditionnels n’était pas forcément efficace, et que les femmes finissaient souvent par avoir besoin
de soins assurés par un prestataire. D'autres, cependant, pensaient que le recours à des
praticiens traditionnels constituait un moyen fiable et confidentiel pour provoquer un avortement.
« D’autres les enlèvent chez les féticheurs, après avoir parti chez les féticheurs, ils lui
donnent des médicaments, après avoir pris ce médicament le ventre fait mal alors elle peut
venir ici au centre de santé disant que ça s’est provoqué. » (Femmes, 25-45 ans)
« On peut dire que ce tel, si elle est partie au C.S. pour dire c’est tel infirmier qui l’a aidée,
si elle parte chez les herboristes, donc c’est lui qui les aide, donc c’est leur secret. »
(Femmes, 18-24 ans)
Prestataires
En dépit d'une longue discussion sur les méthodes traditionnelles visant à provoquer un
avortement, les participants ont majoritairement cité les prestataires comme ceux qui ont
régulièrement aidé les femmes pour provoquer l'avortement.
« Telle fille est allée chez tel infirmier, ils ont enlevé une grossesse. C’est ça que nous
entendons souvent mais ceux qui utilisent les feuilles, moi je ne les ai jamais attendu,
même dire qu’il existe des feuilles qui interrompent la grossesse. » (Hommes, 30-45 ans)
Quelques participants des groupes de discussion ont signalé que seuls quelques types de
prestataires accepteraient de pratiquer un avortement provoqué, ou qu'ils ne le feraient que dans
certaines circonstances.
« Ce sont toutes les catégories parce que : si moi j’étais prestataire, quelqu'un sait que
j’interrompe souvent les grossesses ; quand j’aurai interrompu la grossesse d’une femme,
c’est elle qui va le dire à l’autre. » (Hommes, 30-45 ans)
« P1 : Soit si vous ne voulez pas de cette grossesse, vous arranger avec le mari, qu’il vous
donne de l’argent puis vous allez à l’hôpital, on enlève cette grossesse
P2 : Pour l’infirmier il ne rompt pas au niveau de l’hôpital ; ils sortent l’endroit pour faire
cette opération car si la fuite d’information circule l’infirmier sera emprisonné » (Femmes,
18-24 ans)
« Il y a celles qui négocient même les infirmiers en disant par exemple : monsieur
l’infirmier pardon, vraiment cette grossesse, vraiment… Je ne veux pas rester avec cette
grossesse. Je ne voulais l’avoir puis je n’aime même pas celui qui m’avait agressé.
Vraiment pardon, ayez pitié de moi. Je vous ferais n’importe quoi je garde. Vraiment ayez
pitié de moi. Maintenant si l’infirmier connait ces médicaments, il dira aussi à cette fille de
signer qu’elle va donner tout ce qu’il va demander et il la donne les médicaments. Elle va
aussi donner à une autre fille qui est grosse et elle dira que cette personne a les
médicaments qui favorisent l’avortement. Si tu viens de cette façon, cette grossesse sera
avortée. Maintenant ces médicaments seront connus par tous les mondes. » (Hommes, 18-
29 ans)
De nombreux participants ont dit qu'ils avaient entendu parler via la radio, de services
d'avortement disponibles dans des structures sanitaires, mais ils semblaient confondre ces
services avec la contraception d'urgence ou les soins dispensés après une agression sexuelle.
« Toute fois, c’est connu que les infirmiers enlèvent des grossesses, parce qu’on a
souvent animé à la radio en disant : si quelqu’un est violé, il faut qu’il soit vite au centre
pour vérifier si on ne l’a pas engrossé, sinon on va enlever cette grossesse. » (Hommes,
18-29 ans)
« Mais je peux aller chercher des comprimés que je connais à la pharmacie pour
interrompre la grossesse. » (Femmes, 18-24 ans)
« Parce que beaucoup de jeunes filles utilisent les comprimés nous avons une difficulté
pour le moment on met dans des pharmacies les gens qui n’ont pas étudié, ils passent
seulement à la pratique puis on les engage alors on les forme ceci cela alors après un laps
de temps il peut te donner un produit pour rompre la grossesse et tu la rompes. »
(Femmes, 25-45 ans)
« Les autres de la pharmacie, parce que le pharmacien te le donne sans savoir que tu es
enceinte. Alors il y a de médicament de médicament défendu à la femme enceinte. Alors tu
pars le demander sachant que seule qui est enceinte ne le prends. » (Hommes, 18-29 ans)
« Mais dans les pharmacies actuelles, c’est comme le marché. Si tu y arrives et dit « je
cherche tel médicament. » toi pharmacien tu sais que ces médicaments peuvent traiter telle
ou telle autre maladie. Mais tu ne peux pas demander au malade s’il a quel problème. Toi
tu lui donne ces médicaments, l’essentiel est que tu vendes. » (Hommes, 30-45 ans)
Dans certaines des réponses données, les répondantes ont reconnu que le recours aux soins
auprès d’une une pharmacie pourrait être une option dangereuse.
« D’autres partent à la pharmacie. Et comme nous le savons trop des pharmaciens n’ont
pas étudié beaucoup pour ce qui concerne les médicaments. Ils te donnent des
médicaments qui vont te faire du mal. » (Femmes, 25-45 ans)
« Parce qu’on dit souvent que si tous les médicaments n’agissent pas, n’essaie pas de
forcer de chercher. Comme ceux qui sont dans la pharmacie de OPAM, il y en a ceux qu’on
dit qu’une femme enceinte ne peut pas essayer d’avaler. Maintenant si tu y va en train de
dire un médicament c’est un médicament, tu peux te tuer sans le savoir. » (Hommes, 30-45
ans)
« Oui ! Parce qu’on entend parlées certaines mamans que quelqu’un est mort à cause d’un
avortement… On dit ; Nous avons attendu qu’elle a pris des comprimés qu’elle a achetés
en pharmacie. » (Hommes, 30-45 ans)
« Si c’est une fille qui est dans un groupe quand elle est grosse, son groupe va l’aider à
provoquer l’avortement. » (Hommes, 30-45 ans)
« Souvent sont les filles qui rompent volontairement la grossesse quand elle a une
grossesse non désirée, elle cherche son amie, elle lui raconte comment elle a une
grossesse, celle-là va lui donner ses conseils et lui dit que tu es enceinte ? Là tu veux être
une maman sache que tu es foutue, ce que je te dirai, fais ça tu seras bien mais tu
acceptes toujours d’être une maman toi rompe, alors à partir de là elle rompe
volontairement la grossesse parce qu’elle a conçu sans consentement, elle a peur après
conseil elle finit par avorter. » (Femmes, 25-45 ans)
« P1 : Elles s’entre aident elles-mêmes comme jeunes gens qui connaissent beaucoup,
quand une d’elles tombe enceinte elle va chercher à se renseigner chez les autres partout,
s’il y a une qui connait déjà elle va l’apprendre ces herbes à utiliser, mais trouver chez une
vielle dame de foyer, on ne peut pas trouver.
P2 : Les filles toujours dans leur groupe se communiquent les choses, celle-ci part
contacter son amie et son amie va l’orienter chez une autre fille qui a l’expérience ? On va
appliquer et ça va réussir, celle-ci aura déjà une connaissance aussi et ça va s’entendre à
tout le groupe. » (Hommes, 18-29 ans)
« Il y en a eu des fiancés qui se sont engrossé pendant leur amitié, après, ils se sont
rendus compte qu’ils devaient d’abord faire le mariage religieux, ils se sont pressés. Ils se
sont organisés pour avorter et se marier par après. Mais dans leur vie, c’est devenu un
problème. » (Hommes, 30-45 ans)
« D’autres filles après avoir versé leur dote, elles sont engrossées par d’autres garçons,
alors qu’elle dit où allons-nous trouver les biens d’autrui ? Le garçon va dire à la fille de
faire un avortement forcé pour justifier le fait que la fille va saigner, nous dirons que c’est
suite au PF. » (Femmes, 18-24 ans)
« Par exemple la convention dans le sens où ils ont un bébé de de 3 mois. Dans ce cas ils
peuvent décider ensemble pour l’interruption. » (Femmes, 18-24 ans)
« Un couple peut décider d’interrompre une grossesse, mais cela en secret dans la famille
et les gens ne peuvent pas le savoir. » (Hommes, 18-29 ans)
« C’est la conscience de la propriétaire de cette grossesse si elle est engrossée quand elle
est élève, c’est son secret souvent elles sont dans de conférence filles et garçons, pour
récolter de leur vie passée j’étai chez telle. » (Femmes, 18-24 ans)
« Vraiment dire interrompre une grossesse, c’est quelque chose de secret, nombreuses ne
préfèrent même pas que les infirmiers le sachent, elles utilisent des méthodes en
demandant au quartier seulement, elles font des recherches dans le milieu, au quartier,
après s’être rassurer elles utilisent ça comme ça. » (Hommes, 18-29 ans)
Plusieurs des groupes ont également décrit des scénarios dans lesquels une femme pourrait
mentir à un pharmacien ou un prestataire afin d'obtenir des médicaments ou un traitement qui
permettrait un avortement provoqué.
« Des comprimés qui agissent sur la filaire. On dit souvent que lorsqu’on les distribue, il
faut demander si quelqu’une est enceinte, sinon il ne faut pas le lui donner. Maintenant,
celle qui veut que sa grossesse quitte, ne vous dira pas qu’elle est enceinte. Elle se
dit : « si je leur dis que je suis enceinte, ils ne m’en donneront pas. Je ne dirai pas que je
suis enceinte comme ça j’aurai atteint mon objectif » c’est ce que je voulais dire que c’est
dans cet angle qu’ils connaissent ces médicaments. » (Hommes, 30-45 ans)
« Dans tout ça, on pense que cette personne est une sorcière. Celle qui arrive à ce point
malgré les difficultés dans leurs familles ou dans leurs maisons, dans leurs foyers, on a
toujours dit que qu’elle est une sorcière. » (Femmes, 25-45 ans)
En décrivant les femmes qui avortent comme des meurtrières, les participants de plusieurs
groupes ont expliqué qu'une femme qui subit un avortement provoqué devrait être crainte car elle
peut être capable de tuer d'autres personnes.
« Parce que vous avez tuée, celui qui provoque un avortement égal à celui qui tue par la
machette ; soit par un fusil ; tous ont tué des personnes. » (Femmes, 18-24 ans)
« Si elle arrive à raser une grossesse, toi aussi elle ne peut pas te rater à te tuer. »
(Hommes, 18-29 ans)
Presque tous les groupes comptaient au moins un participant qui a décrit les femmes qui ont
recours à un avortement provoqué comme des prostituées. De même, les participants de tous les
groupes ont insisté sur l'idée qu'il est plus honteux pour une femme mariée de provoquer un
avortement.
« Bon, nous avons surtout dit que celles qui provoquent l’avortement par force sont des
prostitués. Maintenant la prostituée peut le faire en voyant qu’elle ne fera plus son travail à
cause de la grossesse. Elle regarde et dit ha-aaaah! si j’ai une grossesse je ne peux plus
trouver celui qui peut m’amener même 100 franc. Maintenant cela pousse quelqu’un
d’avorter trop vite et par force pour que son travail ayez de l’avant. » (Hommes, 18-29 ans)
« Car elle est chez elle, pour celle qui n’a pas de foyer ; on peut couvrir disant que peut-être
elle n’a pas de mari, c’est pourquoi elle a fait cela, mais celle qui a un mari avec des
parents et la famille sait que celle-ci est belle-fille cette famille, si elle avorte elle se
culpabilise elle-même. » (Femmes, 18-24 ans)
Malgré ces réactions négatives envers les femmes qui ont subi un avortement provoqué, quelques
participants ont estimé que l'avortement provoqué pouvait être acceptable dans certains cas. Bien
que cela ne l'ait pas été carrément dit, les participants ont évoqué des cas dans lesquels la seule
« Quand elle aura la grossesse à l’âge de 18 ans soit 20 ans sans avoir préparer sa vie.
Elle cherche aussi d’être par-ci par-là telle que nous l’avons dit. Elle se demande comment
elle sera en train de porter cet enfant et avec cette grossesse qui m’aimera encore. Elle
n’ait même un pagne. Elle sera obligée d’avorter. » (Hommes, 18-29 ans)
Certains participants ont en outre affirmé qu'il était acceptable si une femme tombait enceinte suite
à un viol, plusieurs d'entre eux se sont spécifiquement référés à la violence sexuelle liée à un
conflit et à la nécessité d'interrompre une grossesse dans ces circonstances.
« Les autres disent qu’on ne peut pas faire l’avortement ; peut-être c’est une grossesse
issue du viol ; tu ne connaîtras jamais ton partenaire ; on ne peut pas supporter la
grossesse d’un partenaire inconnu ; les autres vous diront de protéger cette grossesse et
d’autres vont commencer à vous orienter pour rompre. » (Femmes, 18-24 ans)
« Oui ! Il y a un moment par exemple les milieux insécurisés d’ici chez nous comme
[Village], [Village] où on viole les gens étant au champ par exemple et vous allez constater
que vous avez une grossesse et vous vous posez la question de savoir celui qui gèrera
cette grossesse ? Le nécessaire c’est de faire l’avortement forcé. » (Hommes, 18-29 ans)
« Autre chose, lorsque les Interahamwe (FDL) étaient ici, la fille en se rendant au champ,
ceux-ci vont la violer. Elle se dit ? Je vais mettre au monde un enfant rwandais ? Non, elle
se décide d’enlever cette grossesse.” » (Hommes, 30-45 ans)
Plusieurs participants pensaient que des femmes qui ont subi un avortement provoqué étaient
probablement influencées par des personnes de leur entourage, et qu'elles pouvaient être
pardonnées si elles admettaient avoir commis un méfait et demandaient le pardon. D'autres ont
soutenu l'idée que le châtiment ne serait pas la meilleure leçon à donner à une femme.
« Il y en a d’autres qui font cette acte parce qu’elles sont poussées par d’autres, lorsqu’il
entend que telle vient de concevoir, elle va la conseiller disant : si cette grossesse se
développe dans ce ventre, tu sais quoi, ton marie est parti. Lorsqu’il va entendre il aura
quelle pensé concernant cette grossesse ? D’autre la conseille et après cette femme peut
interrompre la grossesse. » (Femmes, 25-45 ans)
« Les autres les font dans l’inconscience, vous la voyez c’est une personne respectable,
mais lorsque cet acte lui est arrivé ; elle est arrivée dans l’inconscience les autres les font
suite aux mauvaises compagnies. » (Femmes, 18-24 ans)
« P1 : Nous ne voulons pas quand on emprisonne les gens. Nous ne devons souhaiter cela
rapidement. Je veux qu’on sensibilise les gens concernant cela puisque cette dernière aide.
Bon nombre de participants ont fait remarquer qu'ils conseilleraient à une femme qui a subi un
avortement provoqué de recourir à une structure sanitaire pour la sauver, en démontrant que de
telles femmes n’étaient pas seulement perçues de manière négative.
« Oui [on peut la conseiller d’aller au centre de santé] parce qu’on ne veut pas que la
maman meurt comme son enfant. » (Hommes, 30-45 ans)
« Je peux l’orienter à l’hôpital parce qu’elle doit recevoir des soins-médicaux car c’est une
personne qui a une valeur dans la communauté ; la communauté a besoin de lui car ce
n’est ne pas à dire que si tu fais un avortement forcée fini pour toi ; ou tu ne feras plus du
bien parce que tu as rasé une grossesse. » (Femmes, 18-24 ans)
« Je peux lui dire tu as bien fait pour aller à l’hôpital ; mais si elle continue à faire des
avortements forcés un jour elle va se retrouver dans une situation grave et il n’y aura pas
d’aide, la fin sa sera la mort. » (Femmes, 18-24 ans)
« Et d’autres meurent pour rien mais les comprimés ce qu’elles racontent souvent agissent
rapidement cela résulte du fait de faire travailler les gens qui n’ont pas étudié. » (Femmes,
25-45 ans)
« Dans certaines coutumes comme la nôtre on ne peut pas provoquer l’avortement et s’il y
a provocation vous allez directement mourir. ehhh! Les autres ont peur de mourir. Nous
avons dit qu’il y a celles qui arrivent au centre de santé mais les autres n’y arrivent pas. »
(Hommes, 18-29 ans)
Un homme a parlé de sa jeune sœur qui est décédée de complications à la suite d’un avortement
provoqué, en précisant qu'elle avait eu recours à une structure sanitaire mais qu'elle n'avait pas pu
être sauvée.
« Moi ma petite sœur avait fait l’avortement au niveau de [village] et elle était morte en
2015…dit-on que la matrice était déchirée et directement elle avait perdu beaucoup du
sang. Lorsqu’elle avait perdu beaucoup du sang on l’avait amené au poste et les gens du
poste l’avaient amené au centre [de santé]. On n’avait essayé à l’opérer à [la structure].
Les participants de plusieurs groupes ont évoqué l'infertilité comme conséquence d'un avortement
provoqué. D'autres ont fait référence à des problèmes de santé générale, notamment les
conséquences de la santé mentale en raison de la honte et de la stigmatisation infligées par la
communauté.
« Elle peut prendre les médicaments pour avorter mais ces médicaments ne lui permettront
plus de mettre au monde un enfant un jour. » (Hommes, 18-29 ans)
« J’avais une amie et après mon déménagement jusqu’ici j’ai appris qu’elle est devenue
grosse et son auteur était une autorité du milieu, c’est ainsi qu’elle l’avait obligé de
provoquer l’avortement qui devrait lui conduire à la mort mais elle a eu la vie sauvé grâce à
l’intervention des médecins et elle ne met plus au monde, elle était âgée de 20 ans. »
(Hommes, 18-29 ans)
« D’autre part, elle continue à détruire son organisme parce qu’elle vient de perdre du sang,
d’autre part sa matrice vient de se déchirer. Ce sont des problèmes qui peuvent lui arriver
dans cette acte. » (Femmes, 25-45 ans)
« Autre chose elles ont de troubles mentaux, tu vois quelqu’une a perdu l’intelligence elle
se comporte bizarrement, elle se dit que ceux qui verront ceci cela vont raconter, donc elle
avait interrompu la grossesse, donc la tête était déjà droguée, elle a fané à cause de soucis
elle n’a plus où habiter… Vous entendrez qu’alors c’est comme ça alors celle qui
interrompu la grossesse elle n’a pas la paix. » (Femmes, 25-45 ans)
Comme indiqué précédemment, les participants ont reconnu que les femmes qui subissent un
avortement provoqué seraient ou devraient être rejetées par leurs familles et communautés, en
plus des conséquences physiques auxquelles elles devront faire face. Certains participants ont
assimilé la sanction pénale à une leçon donnée aux femmes de la communauté.
« Les autres disent à leurs enfants de ne pas être en compagnie avec une telle personne
quand tu constates que ton enfant s’est promené avec celle-là, ça devient un problème, il
ne faut pas vous promener avec celle-là à cause d’avortement volontaire. » (Femmes, 25-
45 ans)
Non seulement les femmes étaient considérées comme des criminelles, mais les participants de
tous les groupes de discussion ont également affirmé que toute personne aidant la femme à
provoquer son avortement devrait aussi être condamnée. Plusieurs participants ont partagé des
« Il y a d’autres qui appellent les infirmiers pour qu’ils rompent ces grossesses volontaires.
Moi j’ai vu deux c’est vrai ce n’est pas faux [son inaudible], on l’avait emprisonné à ma
présence on a fait appel à l’infirmier pour qu’il rompe la grossesse ; il l’a rompue puis il jette
le fœtus dans un trou de toilette quand on l’avait attrapé pour la deuxième fois il a été
amené à la prison de [Nom] mais c’est l’infirmier qui faisait tout ça. » (Femmes, 25-45 ans)
« Soit sont en conflit de la maison, elle a peur pour qu’on demande la cause de cet
avortement, pour ne pas expose son mari suit aux coups qu’il la donner, elle a peur qu’on
emprisonne son mari. » (Femmes, 18-24 ans)
« Si celle-ci a utilisé les herbes et que vous l’avez vu utiliser, vous aussi, on va vous
condamner parce que vous n’avez pas maîtrisé la situation. » (Hommes, 30-45 ans)
Les participants pensaient qu'un homme n'accepterait pas que sa femme subisse un avortement
provoqué et que l'avortement provoqué pourrait donner lieu à la dissolution d'un mariage.
Néanmoins, comme cela a été précisé précédemment, certains participants ont dit que certains
couples prenaient conjointement la décision d’interrompre une grossesse.
« Car la femme âgée si elle interrompe la grossesse volontairement, son mari d’office va la
chasser, il ne peut pas la laisser au foyer, parce qu’elle est âgée. Alors si je tombe enceinte
puis j’interrompe volontairement la grossesse, mon mari va me chasser, il ne peut plus dire
que je reste au foyer. » (Femmes, 25-45 ans)
« Je voulais dire que ça c’est manquer de la réconciliation dans le foyer. Si papa et maman
pouvaient se parler et se convenir sur ce qu’ils vont faire pour procréer. Mais si la
conciliation manque au foyer, on rate les bénédictions, on garde des mauvaises pensées.
Chez nous les nandes, dire qu’une femme mariée va interrompre une grossesse, non !!!! »
(Hommes, 30-45 ans)
Les groupes de discussion ont passé un temps considérable sur la question de savoir si un
homme se marierait avec une femme qui avait subi un avortement provoqué. Beaucoup ont insisté
sur le fait que seul un homme d'un autre village le ferait car il ne serait pas au courant des
antécédents de la femme. Les hommes ont souvent fait référence à la dot par rapport à la question
de savoir si une femme qui a subi un avortement provoqué méritait de se marier, en arguant qu'un
homme serait perdu sur le plan financier, s'il venait à découvrir que la femme qu'il devait épouser
avait subi un avortement provoqué.
« Nous prenons un exemple sur vous là-bas : tu arrives ici, tu n’es pas d’ici, si tu rencontres
une fille qui avait déjà avorter volontairement, tu vas dire que tu l’aime, et que tu vas
l’épouser. Mais ceux qui sont d’ici ne peuvent pas faire ça. Maintenant en kinande on dit :
« Et moi jeune, je ne peux pas me permettre à épouser celle qui interrompe des
grossesses, j’aurai perdu mon argent ou ma dot. » (Hommes, 18-29 ans)
« Alors si tu deviens comme ça, tu es déjà dédaigné par les parents. Il n y’a pas quelqu'un
qui peut accepter amener la dot chez une fille qui a déjà avorté volontairement en mois que
le garçon l’épouse par ses propres moyens. » (Hommes, 30-45 ans)
Certains participants ont affirmé que même si l'avortement provoqué était une erreur et une femme
pourrait être punie, à terme si elle venait à être conseillée et pardonnée de son erreur, elle pourrait
être en mesure de réintégrer la société.
« Comme maman vient de dire se respecter elle écoute les conseils, on lui dit ce que tu as
fait tu as mal agi, ne fais pas ça, on le converse lentement après quelques jours elle
commence à comprendre puis elle se respecte. » (Femmes, 25-45 ans)
« Soit par exemple après emprisonnement puisqu’elle a provoqué l’avortement. Elle se dit
ha! Quand elle quitte la prison, elle se dirige directement à l’hôpital pour faire le planning
familial. Je n’aurais plus honte comme avant.” (Hommes, 18-29 ans)
« Et ces plantes posent de problèmes, si elle prend les plantes oh, quelqu’une tombe
malade il n’y a plus quoi à faire on t’amène à la structure, ce sont les infirmiers qui vont
découvrir qu’elle a bu. » (Femmes, 25-45 ans)
Bon nombre de participants ont affirmé que les prestataires étaient dans l’obligation de soigner
une femme même s'ils savaient qu'elle avait subi un avortement provoqué. Certains pensaient que
« On ne peut pas lui refuser les soins car les infirmiers soignent même les ennemis. »
(Femmes, 18-24 ans)
« Ça sera l’occasion de raser des grossesses parce qu’on a déjà ceux qui peuvent payer
les soins après avortement. Ça va occasionner le désordre dans les villages. Parce que
quand elle pourra être à l’hôpital, les infirmiers sont secrets. Même s’ils découvrent qu’elle
a rasé, on va écrire que c’était un avortement involontaire, parce que c’est déjà une loi. »
(Hommes, 30-45 ans)
« Les infirmiers ne font jamais rentrer quelqu’un, ils doivent toujours le soigner. Et c’est
l’Etat qui va la punir après que les infirmiers l’ont traité. » (Femmes, 25-45 ans)
Beaucoup de participants ont néanmoins insisté sur le fait qu'une femme qui avait subi un
avortement provoqué n'aurait pas recours aux soins dans une structure en raison de la honte ou
de la peur de ne pas être soignée.
« Elle-même doit avoir honte, car elle pense que tout le monde connait qu’elle a fait
l’avortement criminelle alors que c’est du secret et que la communauté ne connait même
pas ; la victime voie comme si le regard de chaque personne est fixé sur elle. » -Lubero
GDD 5 (Femmes, 18-24 ans)
Dans l'un des groupes de discussion, un débat animé a eu lieu concernant les raisons pour
lesquelles les services de SAA étaient fournis gratuitement, alors que d'autres services de santé
étaient payants. Certains ont trouvé injuste que les femmes qui provoquaient un avortement
bénéficient de soins alors que les femmes qui venaient accoucher devaient payer les frais
correspondants.
« Bon, je suis en train de voir certains cas ici. J’ai vu un cas là-bas où il y eu avortement.
Après les soins au centre de santé [Nom], elle n’a rien payé, même pas cent francs. J’ai
déjà entendu aussi eux autres personnes dire que c’est le blanc qui payera pour elles. Je
ne sais pas comment ça se passe là-bas. » (Hommes, 30-45 ans)
« Nous posons cette question : comment ceux qui ont besoin de l’aide sont délaissés alors
que ceux qui méritent la prison sont en train d’être aidés ? Ne pouvez-vous pas chercher
une autre voie pour ceux qui ont besoin de l’aide ? » (Hommes, 30-45 ans)
Discussion
Les débats des groupes de discussion suggèrent que ces communautés sont fréquemment
confrontées à l'avortement spontané. Bien que les participants aient souvent évoqué le travail des
femmes comme une des causes, ils n'ont pas semblé accuser les femmes d'avoir été à l’origine
des avortements spontanés. Les personnes présentes ont généralement convenu du fait que les
femmes devraient avoir recours aux soins dans une structure sanitaire après un avortement
spontané. De plus, les participants en particulier les femmes, ont souligné l'importance de la
contraception pour prévenir les avortements spontanés et surtout les avortements répétés.
Les participants ont reconnu que les femmes se retrouvent souvent face à une grossesse non
désirée pour diverses raisons. Lorsqu'ils ont été interrogés sur les options offertes aux femmes en
cas de grossesse non désirée, les participants ont pour la plupart estimé qu'elles devaient
poursuivre leur grossesse et ensuite prendre une contraception pour prévenir d'autres grossesses
non désirées. Néanmoins, les participants ont également avancé de nombreuses raisons pour
lesquelles une femme pourrait subir un avortement provoqué, certaines leur paraissant plus
'acceptables' que d'autres. La perception des expériences des femmes jeunes ou non mariées en
matière d'avortement était souvent différente de celles des femmes mariées.
Les participants ont cité de nombreuses plantes ou médicaments traditionnels comme la quinine,
utilisés pour provoquer un avortement ; ces méthodes sont inefficaces dans la majorité des cas.
Peu d'entre eux ont cité le misoprostol (cytotec) bien que beaucoup aient fait référence à des
médicaments non spécifiques obtenus auprès de la pharmacie, ce qui pourrait inclure le
misoprostol. Bien que les participants aient évoqué les femmes s'adressant à d'autres femmes ou
des praticiens traditionnels pour les aider à provoquer un avortement, la discussion s’est souvent
concentrée sur les prestataires en tant que source d'aide. Certains ont parlé des prestataires de
façon plus large alors que d'autres ont précisé que seuls quelques types de prestataires le feraient
ou qu'ils le feraient ailleurs que dans une structure sanitaire.
Les réactions immédiates face aux femmes qui subissent un avortement provoqué étaient
négatives, ainsi les termes de criminelles ou de prostituées ont été utilisés et leur exclusion de la
communauté a même été préconisée. Malgré ces attitudes négatives, bon nombre de participants
ont dit qu'ils conseilleraient à une femme qui a subi un avortement provoqué de recourir aux soins.
Ils donneraient également des conseils sur la manière d'éviter une future grossesse non désirée.
En outre, les participants acceptaient davantage que les femmes subissent un avortement
CONCLUSION
Globalement, les membres de la communauté de Kayna et Lubero semblaient savoir qu'une
femme devrait avoir recours aux soins dans une structure sanitaire après un avortement spontané,
bien que les connaissances concernant les soins après avortement aient été variables. Les
clientes des SAA avaient eu, pour l'essentiel, des expériences positives dans la structure, et ont
apprécié les soins dont elles ont bénéficié. Elles étaient satisfaites des prestataires et de la façon
dont ils ont pris soin d'elles. Les participants pensaient aussi qu'une femme qui subissait un
avortement provoqué devrait recourir aux soins d'une structure. Cela explique que l'utilisation des
services, en deçà des attentes, n'est probablement pas due à la qualité des soins ou aux
expériences négatives dans les structures. Lors des entretiens et des groupes de discussion, le
coût a été évoqué comme un obstacle potentiel aux soins d'une structure, et une raison du recours
aux soins ailleurs avant de se rendre dans la structure.
Alors que les attitudes à l'égard des femmes qui avaient subi un avortement provoqué étaient pour
la plupart négatives, les participants ont également convenu que l'avortement était plus acceptable
dans certaines circonstances, comme pour les jeunes femmes non mariées, les cas de viol ou les
couples pauvres avec des grossesses très rapprochées ce qui laisse de la marge pour l'évolution
des mentalités. Cela permet au programme d'ouvrir un débat plutôt que de partir du principe que
les réactions initiales des personnes seraient sans appel.
Toutes les clientes de SAA interrogées sauf une d'entre elles ont dit qu'elles ont subi un
avortement spontané, ce qui peut être le reflet de la réalité ou peut être celui d'un contexte
juridique et social très restrictif et négatif. Nous ne savons donc pas si les comportements visant à
recourir aux soins diffèrent pour les femmes qui ont subi un avortement provoqué ou si les femmes
qui en ont subi un, seraient traitées différemment dans une structure bien que la femme évoquée
ci-dessus ait fait l'objet de moquerie. Il faut approfondir les recherches à ce sujet. Il serait
intéressant d'en savoir plus sur la disponibilité du misoprostol dans ces communautés pour
déterminer s'il s'agit d'un des facteurs favorisant la sous-utilisation des services de SAA. Un
participant de l’un des groupes de discussion a cité le misoprostol comme moyen de provoquer un
avortement.