Droit des assurances
Dr. Faye
“LE CODE CIMA DE SON EXISTENCE À NOS JOURS.
QUEL BILAN ?"
GROUPE 10
Nathalie Marie Louise COLY (200641)
Andrey Jack Rotondo Raphemo (200602)
Akouvi Emilie GAGNON(200303)
Aminata Mouhamed Ndiaye (200165)
Anna Ramatoulaye Sarr (200310)
Horia Lyse MOUSSAVOU (200292)
Marième Diop (230478)
INTRODUCTION
Tout individu a droit à la vie, à la liberté et la sûreté de sa personne. Ce principe intangible
consacré par l'article 3 de la déclaration universelle des droits de l'homme du 10 décembre
1948 et repris par l'article 4 de la charte africaine des droits de l'homme et des peuples a pour
essence la garantie de l'intégrité physique et patrimoniale de chaque individu. Tout dommage
causé, non seulement par son fait personnel, mais aussi par le fait des personnes dont on doit
répondre et par le fait des choses que l'on a sous sa garde doit faire l'objet de réparation.
L'indemnisation, paraît le moyen adéquat pour combler le préjudice ou la perte causé et
devient par conséquent le dispositif inéluctable, permettant de conserver l'intégrité
patrimoniale ou physique de chaque individu. C'est d'ailleurs, l'objectif des assurances de
dommage, qui ont pour finalité la protection de l'assuré contre le dommage qu'il subit et
contre les dettes dues compte tenu des dommages causés à autrui et qui sont susceptibles
d'engager sa responsabilité. Néanmoins, cette différence s'estompe dans le cadre des
assurances de personnes, où l'assureur peut être amené à régler des indemnités de nature
forfaitaire", en cas de réalisation d'un risque plus ou moins aléatoire. Reposant sur des
institutions financières solides, la nécessité de la protection des individus soumet le contrat
d'assurance à des principes d'ordre public qui en atténuent l'aspect purement contractuel et le
législateur CIMA à réformer le Code CIMA da ns un cadre juridique bien déterminé depuis
1992 jusqu’à nos jours.
D’où le sujet, objet de notre étude, le Code CIMA de son existence à nos jours, quel bilan ?
Du fait des mauvaises pratiques de gestion existantes dans les années 1970, du manque de
dynamisme économique et des entraves aux organes nationaux de supervision et de contrôle,
la CICA n’a malheureusement pas pu atteindre les objectifs fixés lors de sa création. Ce
déséquilibre structurel s’est répercuté sur la qualité des prestations offertes et a altéré le rôle
économique de l’assurance dans la région. Pour remédier à cet état de fait, un long processus
de transformation est alors engagé par les pays membres de la CICA. C’est à l’issue de ce
long processus de transformation que la Conférence Interafricaine des Marchés d’Assurances
(CIMA) est née en tant que structure communautaire. Le traité instituant la CIMA est signé le
10 juillet 1992 à Yaoundé (Cameroun) par 12 anciens membres de la CICA (Bénin, Burkina
Faso, Cameroun, Centrafrique, Congo, Côte d’Ivoire, Gabon, Mali, Niger, Sénégal, Tchad,
Togo) auxquels se joignent les Comores et la Guinée équatoriale.
Le Code CIMA (Code des Assurances des Pays Membres de la Conférence Interafricaine des
Marchés d'Assurances), est un ensemble de règles et de réglementations qui régit le secteur
des assurances dans les pays membres de la Conférence Interafricaine des Marchés
d'Assurances (CIMA). Entré en vigueur en 1995, le Code CIMA, pierre angulaire du projet
d’intégration sectorielle, s'applique à toutes les entreprises d’assurance opérant dans les 14
Etats africains membres. L’instauration d’une politique d’harmonisation et d’unification des
dispositions législatives et réglementaires figure également parmi les priorités de la nouvelle
structure. Les autorités de tutelle de l’assurance des pays membres sont concernées par les
décisions prises par la CIMA et doivent ainsi veiller à leur mise en œuvre.
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Établir un bilan complet du Code CIMA de sa création à nos jours consisterait à mieux
comprendre son impact sur le secteur des assurances en Afrique et de déterminer s'il répond
efficacement aux besoins actuels du marché et des consommateurs.
Le problème juridique soumis à notre étude est donc de savoir: quel bilan peut-on dresser du
Code CIMA de son existence à nos jours ?
Ce sujet revêt un intérêt pratique dans la mesure où l'évolution du droit des assurances en
l'occurrence du Code CIMA a été caractérisée par un passage de pratiques informelles à une
réglementation stricte, une diversification des types d'assurance, et une adaptation aux défis
et aux technologies contemporains. Au-delà de constater son évolution de sa création à nos
jours, il s’agira notamment d’établir une synthèse des multiples incidences dont le code
CIMA aura été à l’origine. Cela pourrait également nous permettre d’identifier les domaines
où des améliorations et des réformes sont nécessaires pour renforcer le secteur des assurances
dans la région.
Ainsi dans le but d’une meilleure compréhension du sujet, nous verrons dans une première
partie l’impact que le Code CIMA à travers l’institution d’une réglementation unique dans la
zone CIMA (I) instaurant un cadre juridique tout aussi original; et dans une seconde partie la
réactivité du code CIMA face aux défis présentés par le marché des assurances qui témoigne
du dynamisme de ce dernier (II) et qui verra en conséquence son cadre légal se renouveler
constamment.
I. L’établissement d’un cadre juridique unique
L'article 3 du Traité dispose que le “Code des assurances figurant à l'annexe I…définit la
législation unique des assurances” rassemblée dans un code appelé Code CIMA. Ce dernier
permet l'élaboration d’un système d’indemnisation dérogatoire au droit commun (A) dans une
optique d’harmoniser les marchés nationaux des assurances via différentes mesures (B).
A. L’élaboration d’un système d’indemnisation dérogatoire au droit commun
Avant la mise en place de la CIMA, le paysage assurantiel en Afrique subsaharienne
francophone était dominé par les compagnies d'assurances françaises et leurs filiales qui ont
par le biais de la colonisation intégré l’assurance moderne. Ces structures assurent les
investissements français, avec un contrôle depuis la France.
La CIMA a été créée le 12 juillet 1992 à Yaoundé au Cameroun pour succéder à la
conférence internationale de contrôle des assurances (CICA). Comme nous avons eu à
l’expliquer précédemment, cette dernière a été créée en 1962, à Paris, par une convention
signée entre les anciennes colonies françaises de l’Afrique noire ainsi que la France[5]. A
l’époque les sociétés d’assurance de la région étaient constituées essentiellement de
succursales ou agences françaises. En 1976, une autre convention intervient entre les mêmes
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parties pour africaniser l’institution. Le siège jadis situé à Paris est transféré à Libreville et la
France au départ membre à part entière devient simple observateur[6]. Malgré l’absence de
pouvoir réel, la CICA a eu le mérite ,entre autres, de développer les marchés nationaux
d’assurance en favorisant la création des sociétés de droit national et des directions
nationales de contrôle des assurances, de jeter les bases d’une véritable coopération et même
d’intégration dans le secteur des assurances, objectif réalisé par la CIMA. Dans une certaine
mesure, la CIMA, avec plus de moyens et d’ambitions continue dans le même ordre d’idée
que la CICA. Elle compte à ce jour 14 pays membres qui sont : le Bénin, Burkina, le
Cameroun, le Congo, la Côte-D’ivoire, le Gabon, la Guinée Bissau, la Guinée Equatoriale, le
Mali, le Niger, la République Centrafricaine, le Sénégal, le Tchad et le Togo. Ces pays ont en
partage le français comme langue officielle et de travail, et le franc CFA comme monnaie
commune. Les marchés de l’assurance de la zone CIMA sont régis par un code unique des
assurances : le code CIMA qui est entré en vigueur le 15 février 1995.
Annexé au Traité CIMA, le code des assurances vient instituer une réglementation unique de
cette nouvelle zone d'intérêt. Les dispositions de ce dernier, ne réglementent que les
assurances terrestres notamment les assurances de dommages et celles de responsabilités,
également les assurances de personnes.
L’établissement d’un système d’indemnisation dérogatoire au droit commun s’observe à
travers ces modalités d’assurance mais prédomine dans le cadre des assurances de
dommages. À titre d'illustration, nous constatons qu'auparavant, la quête de solutions
adaptées à l'indemnisation des victimes d'accidents de la route a été entravée par les
hésitations des législateurs, qui initialement s'appuyaient uniquement sur les principes de
responsabilité civile délictuelle. Ce n'est qu'en 1992 que la Conférence Interafricaine des
Marchés d'Assurances a tenté de faire évoluer la résolution des sinistres corporels.
À l'image de la Loi française du 5 juillet 1985, connue sous le nom de Loi Badinter, les pays
membres de la CIMA ont développé un système indemnitaire dérogatoire au droit commun,
particulièrement protecteur envers les victimes, reposant sur l'assurance responsabilité. Ce
système impose à l'assureur une procédure d'offre d'indemnisation obligatoire et préalable
avant toute saisine du tribunal.
En effet, la responsabilité en cas de sinistre devait être établie sur la base de l’ancien Code
Civil français, nécessitant un fait fautif, un dommage, et un lien de causalité. La recherche et
la détermination de la faute étaient essentielles pour le règlement du sinistre, mais cela
dépendait de la connaissance précise des circonstances de l'accident. En Afrique, en raison du
manque de moyens, la mobilisation des acteurs responsables (services de police et de
gendarmerie) de déterminer les tenants et les aboutissants du dommage étaient souvent dans
l’incapacité de mener leurs missions à bien. Les procès-verbaux de constatation étaient
fréquemment rédigés en retard ou de manière déficiente, facilitant ainsi l'exonération du
responsable du sinistre en cas de force majeure.
Pour remédier à ces lacunes, le Code CIMA a innové en introduisant des règles protectrices
en faveur des victimes d'accidents. Pour atteindre ces objectifs, deux approches auraient pu
être envisagées : la première aurait consisté à éliminer complètement le droit de la
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responsabilité et à créer une assurance directe au profit des victimes sans désigner un
responsable. Selon les dispositions du Code CIMA, la réparation du préjudice découle de
l'accident survenu, mettant ainsi l'accent sur le dommage subi plutôt que sur la recherche de
l'auteur du dommage.
Le code CIMA apporte une amélioration à la protection des droits des victimes en étendant la
couverture à la responsabilité du conducteur ou du gardien non autorisé ainsi qu'à celle des
passagers. En revanche, le code prévoit une action récursoire au profit de l'assureur contre le
conducteur ou le gardien non autorisé, responsable de l'accident. De même, la couverture de
la responsabilité civile encourue par les passagers du véhicule assuré est le résultat d'un
élargissement du cercle des personnes couvertes en vue de mieux garantir la protection des
victimes. Les victimes d'accidents causés par des personnes sous l'emprise d'une intoxication
alcoolique sont indemnisées car l'assuré condamné pour conduite en état d'ivresse reste
couvert.
La communautarisation du droit des assurances réduit les risques de conflits de lois entre
Etats membres de la CIMA. Derrière l’harmonisation des marchés nationaux d’assurance se
trouve également la volonté de mettre en œuvre les différents enjeux liés à la réglementation
de cette zone.
B. L’harmonisation des marchés nationaux d'assurance
Après trois décennies d'existence, le bilan de la CIMA est plus qu'encourageant.
L'organisation a réussi à structurer le marché des assurances des Etats membres, le dotant
d'un cadre légal harmonieux et d'une autorité de contrôle commune. La CIMA a également
œuvré à un meilleur équilibre des mécanismes institutionnels et au respect des normes
prudentielles. Les mérites les plus visibles de la CIMA sont tout d’abord l’existence d’un
espace juridique et professionnel commun fondé sur un code unique des assurances pour tous
les États membres et l’existence d’un seul organisme de supervision et de contrôle des
marchés nationaux. Ensuite, il y’a une procédure unique d’agrément des compagnies
d’assurances ainsi que la création d’une institution communautaire de formation, l’Institut
International des Assurances de Yaoundé au Cameroun. Enfin, la promotion d'une pratique
saine des opérations d'assurance avec comme principal objectif la réduction des frais de
gestion et le règlement rapide des sinistres.
De plus, pour remédier aux difficultés récurrentes des marchés d'assurance, la CIMA s’est
fixée des objectifs ambitieux. En effet, elle s'est engagée à renforcer la coopération dans le
domaine des assurances au sein de ses États membres, en mettant en place un marché élargi
et intégré pour l'industrie des assurances. Son objectif est de favoriser un équilibre
satisfaisant du point de vue technique, économique et financier. Dans cette optique, la CIMA
s'efforce de faciliter les conditions propices au développement et à l'assainissement des
entreprises d'assurance, tout en encourageant une rétention accrue des primes d'assurance tant
au niveau national que sous-régional. De plus, la CIMA vise à promouvoir l'investissement
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local des provisions techniques et mathématiques générées par les opérations d'assurances,
contribuant ainsi au développement économique des pays membres. Dans le même temps,
elle continue de poursuivre sa politique d'harmonisation et d'unification des dispositions
législatives et réglementaires relatives aux opérations techniques d'assurance et de
réassurance, ainsi qu'au contrôle des entreprises d'assurance. En parallèle, la formation
continue des cadres et techniciens d'assurances demeure une priorité pour répondre aux
besoins croissants des entreprises et des administrations au sein des États membres. La CIMA
travaille activement à la réalisation de ces objectifs, dans l'espoir de renforcer l'efficacité et la
viabilité du marché de l'assurance en Afrique de l'Ouest et du Centre.
À ce titre, nous pouvons déduire que de l'ensemble des dispositions du Traité CIMA et de ses
annexes, il ressort que la CIMA poursuit plusieurs objectifs qui peuvent être groupés autour
de deux axes principaux : d'une part, la réglementation unique des entreprises et des
opérations d'assurance et, d'autre, part, la réglementation unique des contrats d'assurance dans
les Etats membres. A l’instar de l’OHADA, le Traité CIMA ambitionne de garantir la sécurité
juridique et financière des investissements et des consommateurs, par « la promotion d’un
environnement légal et règlementaire propice au développement des affaires (...) et
l’assainissement du marché des assurances en Afrique»
Ainsi, année après année, la Conférence Interafricaine des Marchés d’Assurances a connu
plusieurs mises à jour et amendements à son effigie. Ce faisant, plusieurs textes et articles du
Code CIMA ont profondément réformé le paysage assurantiel de la région.
II. L’établissement d'un cadre juridique dynamique
Etablir un bilan du code CIMA de son existence à nos jours serait impossible sans
mentionner les différentes réformes réglementaires des sociétés d’assurances (A) qui ont eu
lieu en son sein en réaction aux nouveaux besoin émergeant du paysage assurantiel, mais
également la mise en oeuvre de mesures d’assainissement (B).
En effet le cadre légal subit constamment des modifications qui tentent d’améliorer et de
rendre inclusif le champ d’application du Code.
A. Les réformes réglementaires des sociétés d’assurance
Le secteur des assurances a longtemps souffert d’un déficit d’image, la faute à des politiques
de gouvernance discutables d’une poignée d’acteurs, symbolisées par des frais généraux
parfois exorbitants et des cadences de règlements des sinistres pouvant s’étaler sur de très
nombreuses années.
Le cadre légal initial de la CIMA a fait l’objet de plusieurs mises à jour et amendements
tendant à son harmonie et la dotant d’une autorité de contrôle commune. Les modifications
apportées ont pour but d’adapter la réglementation à l’environnement socio-économique,
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renforcer la législation, accroître la capacité de rétention des assureurs, améliorer la
solvabilité des entreprises et protéger les assurés.
L'une des réformes les plus importantes est celle touchant l’article 13, introduit en 2011 et
modifié en 2014, exigeant dorénavant le paiement des primes à l’assureur avant l’entrée en
vigueur de la police (Cash Before Cover) et avant le renouvellement de la couverture.
Ce dernier dispose que: "... Il est interdit aux compagnies d’assurance, sous peine des
sanctions prévues à l’article 312, de souscrire un contrat d’assurance dont la prime n’est pas
payée ou de renouveler un contrat d’assurance dont la prime n’a pas été payée. {...} À défaut
de paiement de la prime dans le délai convenu, le contrat est résilié de plein droit."
Cette mesure est instaurée pour remédier au niveau important des arriérés de primes dans les
bilans des sociétés d’assurance de l’époque. Comme l’article 13 en 2011 pour le paiement des
primes, l’article 312 introduit en 2012 des mesures contraignantes à l’égard des entreprises
d’assurance en matière de paiement des sinistres. Dorénavant, le Code des assurances,
impose dans son article 312, modifié en 2018, des sanctions aux entreprises qui tardent à
payer les indemnisations sans justification.
La CIMA validait, par modification et complétion des articles 329-3 et 330-2 modifiés en
2016, 2018, 2020 de son code des assurances, l’augmentation du montant minimal de capital
social à détenir, pour tout assureur souhaitant opérer dans l’espace CIMA. Jusqu’alors de 1
milliard de francs CFA pour les sociétés anonymes d’assurance, et de 800 millions de francs
CFA pour les sociétés d’assurance mutuelles, les nouveaux minimas en vigueur à partir de
2021 sont alors passés à 5 milliards de francs CFA, pour les premiers, et à 3 milliards de
francs CFA, pour les seconds. Toutefois, du fait de l’importance de ces hausses, des montants
cibles intermédiaires – respectivement 3 milliards et 2 milliards de francs CFA – à atteindre
au bout de trois ans ont été décidés, afin de lisser les impacts bilanciels dans le temps et
d’assurer un rythme suffisamment soutenu pour garantir l’atteinte des objectifs à 5 ans.
[Link] seconde phase de l’augmentation de capital pour les entreprises d’assurance non vie a été reportée de trois
ans, à fin 2024. Pour les entreprises vie, l’opération d’augmentation de capital est suspendue.
En réaction à l’étude réalisée en 2011 pour faire un état des lieux de la microassurance dans
les États membres, un ensemble de textes et de réformes ont été engagés pour rendre
l’assurance accessible aux personnes à faible revenu. Ces réformes ont conduit en 2012 à la
révision du code CIMA, avec le règlement du 05 avril 2012 portant réglementation des
opérations de Micro-assurance dans les États membres de la CIMA, devenu le Livre VII du
code.
La micro-assurance est un mécanisme de protection des personnes pauvres contre les risques
de leur vie quotidienne (maladie, accident, décès d’un membre de la famille, catastrophe
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naturelle...) en échange du paiement de primes adaptées à leurs besoins, à leur faible niveau
de revenus et à leur niveau de risque. Elle cible principalement les zones les plus démunies
où l’accès à une assurance traditionnelle est sacré. Devenue très dynamique, le secteur de la
micro-assurance a connu une croissance spectaculaire au cours des dernières années, et a
produit beaucoup de résultats encourageants. Le nombre de personnes à faible revenu
couvertes par une assurance santé en Afrique est passé du simple au double de 2014 à 2017.
L’influence de la réforme du code CIMA sur la question de la micro-assurance, joue un rôle
indéniable dans cette croissance fulgurante, à titre d’illustration, au Sénégal, le nombre de
contrat en micro assurance est passé de 351 104 en 2015 à 1 278 393 en 2019, soit une
progression de 72%, le chiffre d’affaire réalisé est passé de 1,618 milliard de FCFA en 2018
contre 1,731 milliard de FCFA en 2019. Cette croissance est en partie attribuable à
l'émergence de canaux de distribution alternatifs, notamment les détaillants, les entreprises de
services publics, les coopératives et les syndicats, les institutions de microfinance (IMF), les
organisations non gouvernementales (ONG), mais surtout les canaux digitaux à travers
opérateurs de téléphonie mobile et les entreprise Finetech et Assurtech qui offrent de
nouveaux points d'accès pour atteindre plus facilement le marché des personnes à faible
revenu.
D’autres réformes ont également entraîné une amélioration des principaux indicateurs du
marché. Le livre VIII, adopté en 2015, réglementant l’activité de réassurance. Cette
réglementation s'imposait à toutes les sociétés de réassurance installées en zone CIMA, y
compris aux succursales, bureaux de représentation ou de liaison étrangers, le livre IX adopté
en 2019, portant réglementation de l’activité d’assurance Takaful. Pour finir, l'article 308,
modifié en 2016 et 2000 qui réglemente et limite les cessions de réassurance des entreprises
locales en dehors de la zone CIMA.
De 1995 à 2020, le chiffre d’affaires de la zone CIMA a, en monnaie originale, progressé de
498%, soit une hausse annuelle moyenne de près de 20% durant 25 ans. Une autre réussite
notable témoignant de la réactivité de la CIMA vis à vis des réformes de son cadre légal est le
nombre d’entreprises d’assurance sous contrôle CIMA ayant presque doublé, passant de 92
en 1995 à 177 en 2020. Malgré sa réglementation assez récente, la zone CIMA comptait
également durant son exercice de de 2021, 21 sociétés de réassurances agréées.
B. Les mesures d’assainissement du marché des assurances
Le bilan à dresser de l’avènement du Code CIMA passe inexorablement par les mesures
d’assainissement du marché des assurances qu’il a déclenché. Cet avènement a été une «
bouffée d’air » pour le marché des assurances en Afrique. En effet, par ailleurs, la déferlante
CIMA a entraîné avec elle, une batterie de mesures pertinentes d’assainissement du marché
des assurances. Ces mesures sont aujourd’hui jugées pertinentes par les experts en assurances
puisqu’aussi bien, elles facilitent les conditions d'un développement et d'un assainissement
des entreprises d'assurance et accroît les rétentions des primes d'assurance au plan national et
sous-régional.
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La CIMA a pour objectif de créer des conditions de développement sain et équilibré des
entreprises d’assurance, de favoriser la constitution d’un marché élargi et intégré, réunissant
les conditions d’un équilibre satisfaisant au point de vue technique, économique et financier.
Ces objectifs répondent au besoin d’assainissement des marchés de l’assurance comme
ressenti dès sa découverte. Mais pourquoi assainir le marché des assurances de la zone CIMA
? Les maux suscités concernant la profession d’assurance en général sont les mêmes qui
minent l’industrie d’assurance de la zone CIMA. Il en est ainsi d’une part, de la concurrence
déloyale matérialisée par la sous tarification, la pratique de taux de commissions élevées avec
pour corollaire le non règlement des sinistres, et d’autre part, la pratique illégale de la
profession d’assurance.
Par ailleurs, nombreux sont ceux qui se livrent à la pratique illégale de la profession
d’assurance. Au Cameroun par exemple en 2006, sur 368 bureaux contrôlés dans six
provinces, seuls 30,4% étaient en conformité avec la réglementation. À l’inverse, 52,2%
opéraient dans la clandestinité, sans agrément ni autorisation d’exercer tant pour les
dirigeants que pour leurs structures respectives.
Pour combattre ces fléaux, la CIMA a mis sur pied un organe de régulation du marché : la
Commission Régionale de Contrôle des Assurances (la CRCA).
Avec l’avènement du code CIMA, l’industrie des assurances de la zone a pris de l’envol.
L’assainissement se trouve au premier plan des préoccupations avec la dégradation dont
faisait l’objet le marché de la zone avant le code CIMA. Parmi les mesures mises en place à
cet effet, le retrait d’agrément occupe une place importante, raison pour laquelle on lui
attache une attention particulière. L’étude de son régime fait appel à deux questions majeures
: la question de sa réalisation et celle de ses conséquences.
D’autres aménagements portant modification et renforcement de la législation ont vu le jour
pour améliorer l’environnement de l’activité d’assurance, renforcer la capacité de rétention
du secteur et assurer la protection des assurés, victimes de dommages et bénéficiaires de
contrats d’assurance. Il s’agit, par exemple, des mesures suivantes : l’instauration de règles
sur la coassurance communautaire pour renforcer et consolider la coopération entre États
membres, afin que les marchés soient à même de couvrir par des garanties mieux adaptées les
risques dépassant les capacités d’un marché particulier et d’accroître la rétention des primes
au plan national et régional ; l’adoption de règles de gouvernance obligeant les sociétés à se
doter de règles internes encadrant les attributions et le fonctionnement des organes
d’administration et de gestion et d’un dispositif de contrôle interne et de politique de gestion
actif-passif efficient conforme à leur niveau d’activité ; la mise en place de normes
prudentielles d’appréciation de la santé financière des groupes d’assurances : règles de
consolidation des comptes, de reporting et de tenue des états statistiques ; la mise en place de
règles permettant d’encadrer les frais généraux, notamment les frais d’assistance technique ;
le renforcement du contrôle des intermédiaires : adoption de bordereaux et états modèles
permettant aux régulateurs de mieux cerner l’activité des intermédiaires, élaboration d’un
guide de contrôle des intermédiaires d’assurances ; le renforcement des règles régissant les
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contrats et l’information des assurés et des bénéficiaires des contrats d’assurance-vie ; la mise
en place de tables d’expérience pour la définition d’instruments de tarification et de
provisionnement fiables et en adéquation avec les risques souscrits ; la mise en place de
mesures renforçant les conditions d’exercice ; des commissaires aux comptes dans le secteur
des assurances ; l’adoption d’un règlement sur la micro assurance pour couvrir les
populations assurables à faibles revenus ; la mise en place d’un nouveau régime juridique des
sanctions, qui dote l’organe de régulation de moyens d’intervention rapides et auto nomes
pour se soustraire des lourdeurs liées à la mise en œuvre de procédures judiciaires ; la
réforme du régime d’indemnisation des préjudices corporels résultant des accidents de la
circulation routière afin de prévenir le recours contentieux devant les pouvoirs juridictionnels,
réduire les délais d’indemnisation des victimes et accélérer la cadence de règlement des
sinistres ; l’interdiction de l’assurance à crédit afin de corriger une tare persistante du secteur
des assurances en zone CIMA, notamment le niveau de plus en plus important des arriérés de
primes dans les bilans des sociétés d’assurances ; la prise de mesures pour accélérer la
cadence de règlement des sinistres par le renforcement du niveau de trésorerie des entreprises
d’assurances et renforcer leur solvabilité ; le renforcement du système de reporting par
l’instauration de nouveaux états avec des périodicités plus rapprochées.
Face à ces mesures d’assainissement, les opérateurs du marché vont répondre par des
ajustements de leurs structures et de leur organisation. On assiste dès lors à la naissance et à
l’expansion de groupes.
In fine, en dressant le bilan du Code CIMA de son instauration à nos jours, le constat de son
apport demeure aujourd’hui incontestable. En effet, celui-ci a depuis une trentaine d’années,
distillé subtilement dans le marché des assurances autrefois handicapé de mesures fermes et
concrètes, des améliorations significatives non uniquement pour les assureurs mais qui ont
aussi un impact positif sur les assurés. Toutefois, nonobstant la progression déjà constatée et
mesurée, le Code CIMA a encore de nombreux défis à relever. Loin sans faux, il reste encore
muet sur plusieurs questions qui nous parviennent présentement toutes azimut, mais ont
depuis longtemps été solutionnées en France.
Est-ce donc à dire que le Code CIMA doit encore faire sa mue pour se parfaire ? La question
est légitimement posée.
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BIBLIOGRAPHIE:
I. Ouvrages techniques
● Martin Ziguélé, Comment renforcer les compagnies d’assurances africaines de
la zone CIMA, Juillet 2008
II. Lois et conventions internationales
● CODE CIMA - Annexe au Traité instituant la Conférence Interafricaine des
Marchés d’Assurances (CIMA) du 10 juillet 1992
III. Webographie
● LA CIMA : 30 ANS DE PROGRESSION - Actualité - Les Échos de l'Éco
● [Link]
● [Link]
htm
● [Link]
%A9veloppement-en-afrique-teguo/?originalSubdomain=fr
● Premier Colloque International de l'Actuariat Francophone
● La CIMA en chiffres
● Assurances : la Cima change de code - Jeune Afrique
IV. Mémoires, thèses ou revues
● Jean-Claude Ngbwa, “L'expérience d'un régulateur multinational de
l'assurance : la CIMA”
● Sidy Diakite, “L'avenir du principe indemnitaire : étude comparée droit
français et droit de la zone CIMA”
● Emmanuel Kagisye, “L’intégration juridique sectorielle en Afrique: analyse
de l’œuvre des organisations à compétence spéciale”
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