I.
Contraction de texte
Vous résumerez ce texte en 86 mots. Une tolérance de +/- 10 % est admise :
Votre travail comptera au moins 78 et au plus 98 mots.
Vous placerez un repère dans votre travail tous les 10 mots.
Dans l’état présent de la question, à une époque où nos abus s’aggravent sur ce point
comme sur tant d’autres, on peut se demander si une Déclaration des droits de l’animal1 va
être utile. Je l’accueille avec joie, mais déjà de bons esprits murmurent : « Voici près de deux
cents ans qu’a été proclamée une Déclaration des droits de l’homme, qu’en est-il résulté ?
Aucun temps n’a été plus concentrationnaire, plus porté aux destructions massives de vies
humaines, plus prêt à dégrader, jusque chez ses victimes elles-mêmes, la notion d’humanité.
Sied-il de promulguer en faveur de l’animal un autre document de ce type, qui sera – tant que
l’homme lui-même n’aura pas changé –, aussi vain que la Déclaration des droits de
l’homme ? » Je crois que oui. Je crois qu’il convient toujours de promulguer ou de réaffirmer
les Lois véritables, qui n’en seront pas moins enfreintes, mais en laissant çà et là aux
transgresseurs le sentiment d’avoir mal fait. « Tu ne tueras pas. » Toute l’histoire, dont nous
sommes si fiers, est une perpétuelle infraction à cette loi.
« Tu ne feras pas souffrir les animaux, ou du moins tu ne les feras souffrir que le
moins possible. Ils ont leurs droits et leur dignité comme toi-même », est assurément une
admonition2 bien modeste ; dans l’état actuel des esprits, elle est, hélas, quasi subversive3.
Soyons subversifs. Révoltons-nous contre l’ignorance, l’indifférence, la cruauté, qui d’ailleurs
ne s’exercent si souvent contre l’homme que parce qu’elles se sont fait la main sur les bêtes.
Rappelons-nous, puisqu’il faut toujours tout ramener à nous-mêmes, qu’il y aurait moins
d’enfants martyrs s’il y avait moins d’animaux torturés, moins de wagons plombés amenant à
la mort les victimes de quelconques dictatures, si nous n’avions pas pris l’habitude de
fourgons où des bêtes agonisent sans nourriture et sans eau en route vers l’abattoir, moins de
gibier humain descendu d’un coup de feu si le goût et l’habitude de tuer n’étaient l’apanage
des chasseurs. Et dans l’humble mesure du possible, changeons (c’est-à-dire améliorons s’il
se peut) la vie.
Marguerite Yourcenar, Le Temps, ce grand sculpteur, « Qui sait si l’âme des bêtes va
en bas ? » (1983).
1 Une « Déclaration universelle des droits de l'animal » a été rédigée et adoptée par la Ligue
internationale des droits de l'animal en 1977, puis proclamée solennellement par l'UNESCO
en 1978. Elle n’a cependant aucune portée juridique.
2 Admonition : avertissement, conseil, ordre.
3 Subversive : qui menace l'ordre établi.
II. Essai:
« Nous sommes tous un mélange de qualités et de défauts, d'ombre et de lumière. Sous
l'emprise d'une paresse malveillante, il est sans doute plus facile de renoncer à devenir
meilleur que de reconnaître l'existence de la bonté humaine et de faire des efforts pour la
cultiver. C'est pourquoi, quand on est témoin de cette beauté, mieux vaut s'en inspirer que la
dénigrer et faire de son mieux pour lui donner une plus grande place dans notre existence. »
Matthieu Ricard, Plaidoyer pour l’altruisme, 2013
Rédigez un plaidoyer1qui développe la thèse de [Link] (45 à 60
lignes)
1
Discours prononcé à l’audience pour défendre le droit d’une partie. Par extensió n, toute
défense, en faveur d’une personne, d’une opinion, d’une cause.