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Spin 1/2 et postulats de la MQ

L'expérience de Stern et Gerlach met en évidence la quantification du moment cinétique d'atomes d'argent dans un champ magnétique inhomogène, montrant deux taches distinctes correspondant à deux valeurs possibles du spin 1/2. Le document décrit le dispositif expérimental et présente une analyse classique de la trajectoire des atomes qui ne permet pas d'expliquer les résultats.

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Spin 1/2 et postulats de la MQ

L'expérience de Stern et Gerlach met en évidence la quantification du moment cinétique d'atomes d'argent dans un champ magnétique inhomogène, montrant deux taches distinctes correspondant à deux valeurs possibles du spin 1/2. Le document décrit le dispositif expérimental et présente une analyse classique de la trajectoire des atomes qui ne permet pas d'expliquer les résultats.

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Mécanique quantique avancée

Unité d’Enseignement : PHY2335

Dr Komi SODOGA
∗ ∗ ∗ Maı̂tre de conférences ∗ ∗ ∗

FACULTÉ DES SCIENCES - DÉPARTEMENT DE PHYSIQUE


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Leçon 6 : Spin 1
2
et systèmes à deux niveaux

10 juin 2023

1 / 33
Rappels

Les Postulats de la MQ
Postulat N°1 : A un instant t0 fixé, l’état quantique d’un système phy-
sique isolé est représenté par un vecteur d’état |ψ(t0 )i appartenant à
un espace de Hilbert (complexe, de dimension finie ou infinie) appelé
espace des états et souvent noté E.
Postulat N°2 : À toute grandeur physique mesurable A, on associe
un opérateur autoadjoint  agissant dans E ; cet opérateur est une
observable
Postulat N°3 : La mesure d’une grandeur physique A ne peut donner
comme résultat qu’une des valeurs propres de l’observable  corres-
pondante.
Postulat N°4 : Lorsqu’on mesure la grandeur physique A sur un système
dans l’état |ψi normé, la probabilité P(an ) d’obtenir comme résultat
la valeur propre an de l’observable  correspondante vaut :
dn
X
P(an ) = |hφn,i |ψi|2 (1)
i=1

2 / 33
Rappels
Les postulats
où dn est le degré de dégénérescence de an , et |φn,i i, (i = 1, 2, . . . , dn )
un système orthonormé de vecteurs formant une base dans le sous-
espace propre En associé,à la valeur propre an de Â.
Postulat N°5 : Si la mesure de la grandeur physique A sur le système
dans l’état |ψi donne le résultat an , l’état du système immédiatement
Pa |ψi
après la mesure est la projection normée p n de |ψi sur le
hψ|Pan |ψi
sous-espace propre En associé à an .
Postulat N°6 : En dehors de toute mesure, l’évolution au cours du
temps du vecteur d’état |Ψ(t)i d’un système physique est donnée par
l’équation de Schrödinger :
d
i~ |Ψ(t)i = Ĥ |Ψ(t)i (2)
dt

où Ĥ est l’opérateur hamiltonien du système.

3 / 33
Introduction générale

Introduction générale

1
Intérêt pour le spin 2
(1/2)
Ce chapitre a pour objectif d’illustrer les postulats de la mécanique quantique,
que nous avons énoncés et discutés au Chapitre précédent.

Nous appliquerons les postulats à des cas concrets simples, dans lesquels l’es-
pace des états est de dimension finie, égale en fait à deux.

L’intérêt de ces exemples ne se limite pas à leur simplicité mathématique, qui


nous permettra de mieux comprendre les postulats et leurs conséquences.

Il est aussi d’ordre physique : nous mettrons en évidence des effets typiquement
quantiques qui sont susceptibles d’être vérifiés expérimentalement.

Le chapitre est structuré en 2 sections

4 / 33
Introduction générale

Introduction générale

1
Intérêt pour le spin 2
(2/2)
1. La 1ere section décrit l’expérience fondamentale de Stern et Gerlach qui permet de
mettre en évidence la quantification du moment cinétique :
- pour un atome d’argent dans son état fondamental, il n’y a que deux valeurs
possibles (+ 12 et − 12 ) pour la composante Sz de son moment cinétique ;
- on dit qu’un atome d’argent dans l’état fondamental est une particule de spin
1/2 ;
- nous y indiquerons comment la mécanique quantique décrit les “variables de
spin” d’une particule dans l’espace des états de spin, un espace de dim 2.
2. Dans la 2e section nous allons illustrer et discuter les postulats de la mécanique
quantique sur ce cas particulièrement simple :
- nous verrons ainsi comment on peut préparer, dans une expérience concrète, des
atomes d’argent ayant un état de spin quelconque donné à l’avance ;
- puis nous montrerons comment la mesure des grandeurs physiques de spin sur de
tels atomes d’argent permet de vérifier expérimentalement les postulats de la MQ ;
- enfin, en intégrant l’équation de Schrödinger,nous étudierons l’évolution d’un spin
1/2 dans un champ magnétique uniforme (précession de Larmor).

5 / 33
Particule de spin 1/2 : quantification du moment cinétique L’Expérience de Stern et Gerlach

Particule de spin 1/2 : quantification du moment cinétique

Dispositif expérimental (1/2)

Nous allons décrire et analyser une des


expérience fondamentale en physique ato-
mique.
Réalisée en 1922 par Stern & Gerlach, elle
indique de manière irréfutable la limite des
théories classiques,
On se propose dans l’expérience d’ étudier
la déviation d’un jet d’atomes neutres pa-
ramagnétiques (atomes d’argent) dans un
champ magnétique fortement inhomogène
L’enceinte E contenant des atomes d’ar-
gent est en communication par un petit ori-
fice avec une grande enceinte dans laquelle
il règne un vide poussé

6 / 33
Particule de spin 1/2 : quantification du moment cinétique L’Expérience de Stern et Gerlach

Dispositif expérimental (2/2)

Quand on chauffe le récipient E , il se rem-


plit de vapeur à la pression saturante cor-
respondant à la température T .
Une partie des atomes s’échappent par l’ori-
fice et se propagent en ligne droite dans
l’enceinte vide.
Une fente collimatrice F sélectionne les
atomes dont la vitesse est parallèle à une
direction (ici Oy ) donnée.
On a placé dans l’enceinte à vide,
un électroaimant qui crée un champ
magnétique perpendiculaire au jet ato-
mique.

Les caractéristiques du champ magnétique sont les suivantes :




- le plan yOz est un plan de symétrie pour B , et ce plan contient la direction initiale
Oy du jet.


- B est constant (dans l’entrefer) sur toute parallèle à Oy .
7 / 33
Particule de spin 1/2 : quantification du moment cinétique L’Expérience de Stern et Gerlach

Étude classique de la trajectoire des atomes (1/2)


Les électrons des atomes d’argent (atomes neutres) possèdent, un moment cinétique in-


trinsèque ou de spin −

s . Il en résulte pour l’atome un moment de spin global S auquel
−→
correspond un moment magnétique M (permanent) :

→ −

M=γS (3)
γ < 0 est le rapport gyromagnétique dans un niveau atomique donné.
Avant de traverser l’électroaimant, chaque atome du jet a son moment magnétique orienté
de façon isotrope.

→ −

En présence d’un champ B , un atome de moment magnétique M est soumis à la force


d’interaction magnétique F dérivant de l’énergie potentielle d’interaction magnétique Ep :

→−
− →
Ep = −M. B (4)

La résultante des forces appliquées à l’atome et le moment résultant donnent :



→ −
→ − →−→ −
→ − → − →
F = ∇(M. B ), Γ = M ∧ B (5)


Γ est le moment résultant des forces appliquées par rapport à la position de l’atome !

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Particule de spin 1/2 : quantification du moment cinétique L’Expérience de Stern et Gerlach

Étude classique de la trajectoire des atomes (2/2)


Le théorème du moment cinétique s’écrit :


dS −
→ − → − → → −
− →
= Γ =M∧ B =γS ∧ B (6)
dt

La relation (6) indique que la dérivée du vecteur



→ −

S est perpendiculaire au champ magnétique B .
L’équation peut être mise sous la forme :


dS −
→ − → −
→ −

= Ω ∧ S, avec Ω = −γ B (7)
dt


→ −→
Sous cette forme l’équation signifie que S (ou M)
subit un mouvement de rotation dont le vecteur de

→ −

rotation Ω est parallèle à B .

→ −

γ étant négatif, Ω et B ont même sens, donc la ro-
tation s’effectue dans le sens trigonométrique autour


de B .
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Particule de spin 1/2 : quantification du moment cinétique L’Expérience de Stern et Gerlach



Calcul de la résultante F des forces appliquées à l’atome (1/3)
L’atome se comporte donc comme un gyroscope, d’où l’expression de “précession de

→ −

Larmor” utilisée pour désigner la rotation de M autour de B .
−→
Au cours de ce mouvement de précession, les composantes de M perpendiculaire à

→ −

B oscillent autour de O, la composante parallèle de B restant constante
Reprenons l’expression de l’énergie potentielle d’interaction sous la forme :
→−
− →
Ep = −M. B = −Mx Bx − My By − Mz Bz



Remarquons tout d’abord que du fait de la rotation de M, les composantes Mx , My
et Mz n’interviennent dans Ep que par leurs valeurs moyennes (puisque la fréquence


d’oscillation de M est assez grande), dans le temps.
Or celle-ci est nulle en ce qui concerne Mx et My . Tout se passe donc comme si
l’atome était soumis à la seule force

→0 −−→
F = grad [Mz Bz ]


et comme Mz est constant pendant la rotation, on a :

→0 −−→
F = Mz .grad Bz 10 / 33
(8)
Particule de spin 1/2 : quantification du moment cinétique L’Expérience de Stern et Gerlach



Calcul de la résultante F des forces appliquées à l’atome (2/3)
−−→ ∂Bz ∂Bz
On peut aussi remarquer que dans grad Bz les termes en et sont nuls.
∂y ∂x
En effet : −
→ −

- En effet, on a vu que B est indépendant de y ( B est constant sur toute parallèle à Oy,
∂Bz
c’est-à-dire = 0)
∂y
- De plus, pour un jet passant bien dans le plan de symétrie yOz des pièces polaires, on a
∂Bz
bien évidemment = 0.
∂x

→0
La force F subie par l’atome se réduit donc à :

→0 ∂Bz −

F = Mz k (9)
∂z
Elle est donc parallèle à Oz et proportionnelle à Mz .
Cette force doit par conséquent produire une déviation HN de l’atome (voir figure) sur
l’écran P.
De plus la déviation HN est proportionnelle à Mz (ou à Sz ) et mesurer HN revient à
mesurer Mz (ou Sz ).

11 / 33
Particule de spin 1/2 : quantification du moment cinétique L’Expérience de Stern et Gerlach



Calcul de la résultante F des forces appliquées à l’atome (3/3)
Les moments des différents atomes du jet étant repartis de façon isotrope à l’entrée de

→ −→
l’entrefer, toutes les valeurs de Mz ∈ [−kMk, kMk] sont réalisées.
on doit donc s’attendre à ce que le jet d’atomes vienne former sur la plaque P, une seule


tache symétrique par rapport à H et de longueur totale égale à 2kMk (approximativement).
Les résultats de l’expérience de Stern et Gerlach sont en totale contradiction avec les
prévisions classiques précédentes.

On n’observe pas une tache unique centrée en H, mais


deux taches centrées aux points N1 et N2 symétriques
par rapport à H.
La largeur des deux taches centrées en N1 et N2 corres-
pond à l’effet de dispersion des vitesses et de la largeur
finie de la fente, qui font que tous les atomes ayant une
valeur donnée de Mz ne se condensent pas au même
point,mais donnent naissance à une tache centrée autour
de la déviation correspondant à la vitesse moyenne.

12 / 33
Particule de spin 1/2 : quantification du moment cinétique L’Expérience de Stern et Gerlach

Conclusion de l’expérience de Stern et Gerlach


Les résultats de l’expérience signifient que la mesure de la composante Sz du
moment cinétique intrinsèque d’un atome d’argent dans son état fondamen-
tal, ne peut donner que deux valeurs possibles opposées correspondant aux
déviations HN1 et HN2 .

Cela signifie en d’autres termes que l’orientation dans l’espace du moment


cinétique de spin ne peut être quelconque, mais que seules certaines orienta-
tions particulières sont possibles : c’est ce que l’on appelle le phénomène de
quantification spatiale.

Sz est donc une grandeur quantifiée et nous verrons lors de l’étude quantique
du moment cinétique que les valeurs propres de Sz sont +~/2 et −~/2.

Pour le moment nous allons admettre ce résultat et nous dirons que l’atome
d’argent dans son état fondamental a un spin égal à 1/2.

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Particule de spin 1/2 : quantification du moment cinétique Description théorique du spin 1/2

Description théorique du spin 1/2

L’observable Sz de l’espace des états de spin (1/2)


Il ne s’agit pas dans ce paragraphe de développer une théorie rigoureuse du spin 1/2
(cette étude fera l’objet d’un chapitre ultérieur de la théorie générale du moment
cinétique)
L’objectif dans ce chapitre étant de mettre l’accent sur le maniement du formalisme
de la mécanique quantique, sur un cas simple et concret, nous allons devoir admettre
sans démonstration, un certain nombre de résultats qui seront démontrés plus tard.
Nous savons qu’à toute grandeur physique mesurable, on doit associer en mécanique
quantique une observable.
Par conséquent, à la composante Sz du moment cinétique nous devons associer une
observable Sz ayant d’après les résultats de l’expériece de Stern et Gerlach, 2 valeurs
propres opposées +~/2 et −~/2.
On admet que ces deux valeurs propres ne sont pas dégénérées.

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Particule de spin 1/2 : quantification du moment cinétique Description théorique du spin 1/2

L’observable Sz de l’espace des états de spin (2/2)


Soient |+i et |−i les vecteurs propres orthonormés correspondant, on a alors :
 
Sz |+i = + ~2 |+i h+|+i = h−|−i = 1
avec (10)
Sz |−i = − ~2 |−i h+|−i = 0

Sz forme à elle seule un ECOC et ses vecteurs propres |+i et |−i forment une base
dans l’espace des états de spin Es (à 2 dimensions)
On a donc la relation de fermeture

|+ih+| + |−ih−| = 11 (11)

et un vecteur quelconque de l’espace Es s’écrit :

|ψi = α|+i + β|−i, avec |α|2 + |β|2 = 1 (12)

Dans la base {|+i, |−i}, la matrice représentant Sz est diagonale et s’écrit :


 
~ 1 0
[Sz ] = (13)
2 0 −1

15 / 33
Particule de spin 1/2 : quantification du moment cinétique Description théorique du spin 1/2

Autres observables de spin (1/3)




Aux composantes Sx et Sy de S , seront associées les observables Sx et Sy .
Nous verrons dans un chapitre ultérieur que les 3 composantes du moment cinétique
ne commutent pas entre elles, mais vérifient des relations de commutation bien
déterminées.


On verra alors qu’en ce qui concerne le moment angulaire de spin S , les matrices
hermitiques représentant Sx et Sy dans la base des vecteurs prorpres de Sz sont :
   
~ 0 1 ~ 0 −i
[Sx ] = , [Sy ] = (14)
2 1 0 2 i 0

Considérons enfin une direction de vecteur unitaire −



u caractérisée par les angle θ, ϕ,
c’est-à-dire :

→ −
→ −
→ −

u = sin θ cos ϕ i + sin θ sin ϕ j + cos θ k (15)



La composante Su de S le long de −

u s’écrit

Su = Sx sin θ cos ϕ + Sy sin θ sin ϕ + Sz cos θ (16)


16 / 33
Particule de spin 1/2 : quantification du moment cinétique Description théorique du spin 1/2

Autres observables de spin (2/3)


La matrice représentant l’observable Su dans la base {|+i, |−i} s’obtient en remar-
quant que :

[Su ] = [Sx ] sin θ cos ϕ + [Sy ] sin θ sin ϕ + [Sz ] cos θ

soit
sin θe −iϕ
 
~ cos θ
[Su ] = (17)
2 sin θe iϕ cos θ

les différentes directions de l’espace ayant les mêmes propriétés, on s’attend physique-
ment à ce que les résultats de l’expérience de Stern et Gerlach demeurent inchangées


si une rotation en bloc de l’appareillage devrait amener l’axe de B dans la direction
Ox, Oy , ou − →u.
On s’attend donc à ce que les mesures de Sx , Sy ou Su ne puissent donner que les
mêmes résultats +~/2 ou −~/2.
Le calcul montre en effet que les opérateurs Sx ,Sy et Su ont les mêmes valeurs propres
±~/2 que Sz

17 / 33
Particule de spin 1/2 : quantification du moment cinétique Description théorique du spin 1/2

Autres observables de spin (3/3)


Un calcul rapide montre que les vecteurs propres |±ix de Sx , |±iy de Sy
et |±iu de Su sont données dans la base {|+i, |−i} par les relations :

1
|±ix = √ [|+i ± |−i] (18)
2
1
|±iy = √ [|+i ± i|−i] (19)
2
θ θ
|+iu = cos e −iϕ/2 |+i + sin e iϕ/2 |−i (20)
2 2
θ θ
|−iu = − sin e −iϕ/2 |+i + cos e iϕ/2 |−i (21)
2 2

18 / 33
Illustration des postulats de la mécanique quantique sur le cas d’un spin 1/2 Préparation concrète des divers états de Spin

Illustration des postulats sur le cas d’un spin 1/2

Préparation concrète des divers états de Spin


a) États |+i et |−i
Voyons comment préparer un jet
d’atomes d’argent dans un état de spin
donné.
Ceci est nécessaire pour faire des
prédictions sur le résultat d’une mesure.
Reprenons le dispositif de l’expérience
de Stern et Gerlach, perçons un trou sur
la plaque P, à l’emplacement de la tache
centrée en N1 .
Les atomes déviés vers le bas, continuent par se concentrer autour de N2 , alors que
certains de ceux qui sont déviés vers le haut, franchissent la plaque P, en N1 .

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Illustration des postulats de la mécanique quantique sur le cas d’un spin 1/2 Préparation concrète des divers états de Spin

a) États |+i et |−i


Chacun de ces derniers atomes appartient après la traversée de P, à un système physique
sur lequel on vient de mesurer l’observable Sz , le résultat étant +~/2.
D’après le postulat 5 de la mécanique quantique, chaque de atome après la traversée de P,
se trouve dans l’état propre |+i correspondant à ce résultat +~/2 (puisque Sz est à elle seule
un ECOC).
Pour obtenir un jet d’atomes dans l’état |−i, il suffit de boucher le trou N1 et de percer un
trou à l’emplacement de N2 .

b) Préparation des états |±ix , |±iy , |±iu


Si l’on effectue sur l’appareil de figure une
rotation de π/2 autour de l’axe Oy , on
obtient un jet d’atomes dont l’état de spin
est |+ix .
En généralisant la méthode précédente, on
peut préparer les atomes dans l’état de spin
|+iu ou |−iu . Il suffit dans ces cas de placer
l’appareil de Stern et Gerlach de façon à ce


que, le vecteur B soit k au vecteur − →u.
En perçant la plaque en N1 ou N2 , on ob-
tient à la traversée de celle-ci un système
dans l’état |+iu ou |−iu .
20 / 33
Illustration des postulats de la mécanique quantique sur le cas d’un spin 1/2 Préparation concrète des divers états de Spin

c) Préparation dans l’état le plus général


Nous allons montrer qu’on peut toujours préparer des atomes de telle sorte que l’état
de spin soit décrit par le ket le plus général :

ψi = α|+i + β|−i avec |α|2 + |β|2 = 1. (22)

Montrons que pour cela que quelque soit |ψi, il existe toujours un vecteur unitaire


u tel que |ψi soit toujours colinéaire à |+iu .
Soit α et β 2 nombres complexes vérifiant la relation |α|2 + |β|2 = 1, on sait qu’il
existe forcément un angle θ tel que :

cos(θ/2) = |α| et sin(θ/2) = |β| (23)


β
Si on prend θ ∈ [0, π], l’équation tan(θ/2) = α
détermine θ de façon unique.
Posons :
1
+ 12 ϕ
 
ϕ = arg β − arg α arg β = 2
ξ
, on alors 1 (24)
ξ = arg β + arg α arg α = 2
ξ − 12 ϕ

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Illustration des postulats de la mécanique quantique sur le cas d’un spin 1/2 Préparation concrète des divers états de Spin

c) Préparation dans l’état le plus général - suite et fin


Le ket |ψi s’écrit alors :

|ψi = |α|e i arg α |+i + |β|e i arg β |−i

θ θ
= e iξ/2 [cos e −iϕ/2 |+i + sin e iϕ/2 |−i] (25)
2 2

Sous cette forme |ψi ne diffère du ket |+iu que par le facteur de phase e iξ/2 (sans
signification physique)

En conclusion : on prépare des atomes d’argent dans l’état |ψi en disposant l’appareil


de Stern et Gerlach (avec P percée en N1 ) de façon que B soit dirigé suivant le
vecteur unitaire −→
u d’angles polaires θ et ϕ déterminés à partir de α et β par les
relations (23) et (24).

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Illustration des postulats de la mécanique quantique sur le cas d’un spin 1/2 Mesures de Spin

Mesures de Spin

Introduction
Voyons comment peut-on mesurer les prévisions données par les postulats.

On va disposer pour cela, de deux aimants de stern et Gerlach,placés l’un à la


suite de l’autre.

Le 1er appareil qui sert à préparer les atomes dans un état de spin donné joue
le rôle de polarisateur.


Le 2e appareil servira à mesurer une composante donnée de S est l’analyseur

On va supposer pour simplifier que l’état de Spin des atomes du jet n’évolue
pas entre leur sortie du polarisateur et l’entrée dans l’analyseur.

On pourrait d’ailleurs s’affranchir de cette hypothèse en utilisant l’équation


d’évolution pour déterminer l’évolution du Spin entre l’instant de préparation
et l’instant de mesure.

23 / 33
Illustration des postulats de la mécanique quantique sur le cas d’un spin 1/2 Mesures de Spin

a) Expérience N°1



Considérons l’expérience de la figure 6 , où B 1


et B 2 sont k à Oz. Le 1er appareil prépare les
atomes dans l’état |+i, le 2e mesure Sz .
Dans l’expérience de la figure 6, le système
étudié est dans l’état propre de l’observable Sz
qu’on veut mesurer.

Le postulat 5 indique que le résultat est certain. On trouve à coup sûr, la valeur propre
correspondante (+~/2).
On doit trouver sur la plaque P, une seule tâche ; celle dont l’emplacement correspond à
+~/2.
C’est bien ce que donne l’expérience : tous les atomes frappent la plaque autour de N1 .

24 / 33
Illustration des postulats de la mécanique quantique sur le cas d’un spin 1/2 Mesures de Spin

b) Expérience N°2
Modifions le dispositif de figure 6, et disposons
le 1er électro-aimant (Figure 7) de sorte que le


champ B 1 , soit parallèle à un vecteur − →
u du


plan xOz(ϕ = 0, θ = 0). Le champ B 2 du 2e
électro-aimant reste toujours k à Oz.
D’après l’équation (20) l’état de spin des atomes
à leur sortie du “polarisateur” est :
θ θ
|ψi = cos |+i + sin |−i (26)
2 2
‘L’analyseur” mesurant Sz , quels résultats
obtient-on ?
Bien que tous les atomes aient été préparés de la même manière, on trouve que certains
vont se condenser en N1 et d’autres en N2 .
Le postulat 4 de décomposition spectrale permet dans ce cas de prédire les probabilités
qu’à chaque atome d’arriver en N1 ou N2 .
θ θ
Le calcul montre que ces probabilités valent respectivement cos2 2
et sin2 2
L’expérience montre en effet que les intensités des taches en N1 et N2 sont respectivement
proportionnelles à cos2 θ2 et sin2 θ2 .

25 / 33
Illustration des postulats de la mécanique quantique sur le cas d’un spin 1/2 Mesures de Spin

c) Expérience N°3
Gardons le polarisateur du montage précédent et orientons l’analyseur de façon que


B 2 soit orienté suivant Ox (c’est-à-dire il mesure Sx ).
L’état de spin des atomes à leur sortie du polarisateur est toujours :
θ θ
|ψi = cos |+i + sin |−i
2 2

Pour calculer les prévisions physiques, on doit décomposer l’état précédent sur les
états propres |±ix de l’observable Sx .
On trouve :
1 θ
+ sin θ2 = cos π
− θ2
 
x h+|ψi = √
2
cos 2 4
1 θ (27)
− sin θ2 = sin π
− θ2
 
x h−|ψi = √
2
cos 2 4

Dans cette expérience, où on cherche à mesurer Sx , on s’attend donc à trouver :
+~/2 avec la probabilité cos2 π4 − θ2 et −~/2 avec la probabilité sin2 π4 − θ2 .
Ces prévisions sont confirmées par l’expérience.

26 / 33
Illustration des postulats de la mécanique quantique sur le cas d’un spin 1/2 Mesures de Spin

d) Valeurs moyennes (1/3)


Sur un grand nombre N d’atomes, on trouve dans l’expérience N°2, que
N cos2 θ2 atomes arrivent en N1 et N sin2 θ2 atomes en N2 .
Si on calcule la valeur moyenne de ces résultats, on obtient :
 
1 ~ θ ~ θ ~
Sz = N cos2 − N sin2 soit Sz = cos θ (28)
N 2 2 2 2 2

On vérifie aisément à partir de (26) qu’on a bien :

cos θ2
    
θ θ ~ 1 0
hψ|Sz |ψi = cos , sin
2 2 2 0 −1 sin θ2

De même la valeur moyenne des résultats obtenus de l’expérience N°3 vaut :


    
1 ~ 2 π θ ~ 2 π θ
Sx = N cos − − N sin −
N 2 2 2 2 2 2
~ ~ ~
= cos(π − θ) = sin θ soit Sx = sin θ
2 2 2
27 / 33
Illustration des postulats de la mécanique quantique sur le cas d’un spin 1/2 Mesures de Spin

d) Valeurs moyennes (2/3)


On vérifie bien que ce résultat correspond bien à L’élément de matrice de Sx
dans l’état |ψi.

En effet :
cos θ2
   
~ θ θ 0 1
hψ|Sx |ψi = cos , sin
2 2 2   1 0  sin θ2
~ θ θ sin θ2
= cos , sin
2 2 2 cos θ2
~ θ θ ~
= 2 cos sin = sin θ (29)
2 2 2 2

Il est intéressant de remarquer que s’il s’agissait d’un moment cinétique clas-
sique de module ~2 dirigé suivant l’axe de vecteur unitaire →

u du polarisateur,
ses composantes suivant Ox et Oz seraient ~2 sin θ et ~2 cos θ.

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Illustration des postulats de la mécanique quantique sur le cas d’un spin 1/2 Mesures de Spin

d) Valeurs moyennes (3/3)


Plus généralement, si on calcule
 lesvaleurs moyennes de Sx , Sy et Sz dans
θ
l’état |+iu , on trouve →
−u = :
ϕ
On trouve

u h+|Sz |+iu = hSz i = ~


2 cos θ
u h+|Sx |+iu = hSx i = ~
2 sin θ cos ϕ (30)
u h+|Sy |+iu = hSy i = ~
2 sin θ sin ϕ

Les valeurs correspondent aux composantes qu’aurait un moment cinétique


classique de module ~2 orienté suivant le vecteur unitaire →

u d’angles polaires
θ et ϕ
On peut à ce niveau établir un lien entre la mécanique classique et la mécanique
quantique.

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Illustration des postulats de la mécanique quantique sur le cas d’un spin 1/2 Évolution d’un spin 1/2 dans un champ magnétique uniforme

a) Hamiltonien d’interaction et équation de Schrödinger (1/2)




Considérons un atome d’argent dans un champ magnétique uniforme B 0 porté par
l’axe Oz. Son énergie potentielle d’interaction est alors :
→−
− →
Ep = −M. B 0 = −Mz .B0 = −γB0 Sz (31)

Posons ω0 = −γB0 (ω0 à la dimension de 1/T ). L’Hamiltonien H qui décrit




l’évolution du spin de l’atome dans le champ B 0 ,s’écrit :

Ĥ = ω0 Ŝz (32)

L’évolution de l’équation aux valeurs propres de Ĥ se ramène à celle de Ŝz , on a


par conséquent :

Ĥ|+i = ~ω2 0 |+i
(33)
Ĥ|−i = ~ω2 0 |−i

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Illustration des postulats de la mécanique quantique sur le cas d’un spin 1/2 Évolution d’un spin 1/2 dans un champ magnétique uniforme

a) Hamiltonien d’interaction et équation de Schrödinger (2/2)


Il y a donc deux niveaux d’énergie : E± = ±~ ω20 . La séparation ~ω0 entre les deux
niveaux est proportionnelle à B0 .
On définit la fréquence de Bohr à partir des niveaux E+ et E− par :
1 ω9
ν+− = (E+ − E− ) = (34)
~ 2π

b) Précession de Larmor (1/3)


Supposons qu’à l’instant t = 0, le spin soit dans l’état :
θ −iϕ/2 θ
|ψ(0)i = cos e |+i + sin e iϕ/2 |−i (35)
2 2

L’état du système à t 6= 0 s’écrit (équation d’évolution de Schrödinger)


|ψ(t)i = U(t, 0)|ψ(0)i

Le système étant conservatif, U(t, 0) s’écrit U(t, 0) = e −iHt/~ , on a donc :


h i
|ψ(t)i = e −iω0 Sz t/~ cos θe −iϕ/2 |+i + sin θe iϕ/2 |−i
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Illustration des postulats de la mécanique quantique sur le cas d’un spin 1/2 Évolution d’un spin 1/2 dans un champ magnétique uniforme

b) Précession de Larmor (2/3)

En utilisant Sz |±i = ± ~2 |±i, on a :

θ θ
|ψ(t)i = cos e −i(ω0 t+ϕ)/2 |+i + sin e i(ω0 t+ϕ)/2 |−i (36)
2 2


B 0 introduit un déphasage proportionnel au temps t entre les coefficients des kets
|+i et |−i.

→→
En comparant (36) et l’expression (20) de |+iu (ket propre associé à Su = S .− u)


on voit que la direction u (t) suivant laquelle, la composante de spin est ~/2 avec
certitude est définie par les angles polaires :

θ(t) = θ
(37)
ϕ(t) = ϕ + ωt



L’angle θ entre −→
u (t) et Oz (direction de B 0 ) reste constant, mais −

u (t) tourne
autour de Oz à la vitesse angulaire ω0 proportionnelle à B0 .
Ce mouvement porte le nom de précession de Larmor.

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Illustration des postulats de la mécanique quantique sur le cas d’un spin 1/2 Évolution d’un spin 1/2 dans un champ magnétique uniforme

b) Précession de Larmor (3/3)


Sz étant une constante de mouvement, les probabilités d’obtenir +~/2 et −~/2
dans une mesure de (Sz ) sont indépendantes du temps.
Elles valent respectivement selon (36) cos2 θ/2 et sin2 θ/2.
La valeur moyenne de Sz est aussi indépendante du temps et on a :
~
hψ(t)|Sz |ψ(t)i = cos θ (38)
2

En ce qui concerne Sx et Sy qui ne commutent pas avec H, on a :


~
hψ(t)|Sx |ψ(t)i = sin θ cos(ω0 t + ϕ) (39)
2
~
hψ(t)|Sy |ψ(t)i = sin θ sin(ω0 t + ϕ) (40)
2

On retrouve dans ces expressions la fréquence de Bohr unique ω0 /2 du système.

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