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Titre : Un remède à la Boccace : Les devisants sous recommandation de Parlamente se mettent
d’accord sur une entreprise imitant le Decaméron de Boccace dans laquelle chacun doit
raconter dix histoires chaque jour pendant les dix jours qui durera la construction du pont.
Cycle de préparation à l’agrégation /Marrakech
Novembre 2023
Agrégation de français.
Cours de littératures française du 16ème siècle
Œuvre au programme : L’Heptaméron de Margueritte de Navarre, Edition Gallimard 2020
Explication de texte :
Prologue :
« Mais Parlamente, qui estoit femme ……………………………………..que pur vérité »
I. Introduction
L’Heptaméron est un recueil de nouvelles écrits par Marguerite de Navarre et publié après sa mort en
1558. L’œuvre se veut une collection de 100 nouvelles à l’instar du Décaméron écrit deux siècles
auparavant par l’écrivain italien Boccace et traduit en français sous les ordres de la princesse.
Ce désir d’imiter Boccace ne sera pas accompli puisque Margueritte de Navarre est morte en 1549 laissant
son œuvre inachevée et comptant seulement soixante-douze nouvelles. L’Heptaméron marque aussi
l’émergence d’un genre nouveau à l’attente d’une place, le passage des récits brefs en vers au moyen âge
aux nouvelles en prose de la renaissance.
L’extrait soumis à l’étude est extrait du prologue. Ainsi, après avoir été chassés par les pluies diluviennes
de septembre et les crues des rivières. Les devisants au nombre de dix conteurs : qui sont en même temps
les personnages de l’histoire-cadre : devaient faire face à de nouvelles épreuves. Confrontés à un monde
hostile et redoutable : assauts de bandits, attaques d’ours dans la montagne. C’est alors qu’ils arrivèrent à
l’abbaye notre dame de Sarrance comme destination finale. Lieu de forte charge symbolique puisqu’il s’agit
d’un espace dédié à la vierge Marie, là au cœur des hautes montagnes pyrénéennes loin de la ville et à
l’écart du monde où allaient se tisser les trames des récits de l’Heptaméron.
A la manière de Noé attendant la baisse jusqu’au septième mois la baisse des eaux, nos devisants
guettaient la fin de la construction du pont sur le gave afin qu’ils puissent traverser le cours d’eau et
repartir. Entre temps, et suite à la proposition de Parlamente ils devaient combattre l’ennui en se
racontant des histoires, une manière de s’évader de cet espace confiné.
II. Lecture du passage
III. Découpage en mouvement
Le texte peut être scindé en deux mouvements
a. De mais Parlamente …………………………………….à quoi toute la compagnie s’accorda L104.
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Titre : Opposition entre dévotion et mondanité : les rescapés après avoir étés sauvé des déluges
cherchent maintenant à combattre un nouvel ennemi : L’ennui
b. De Parlamente voyant L105…………………….rien que pure vérité. La fin
Titre : Un remède à la Boccace : Les devisants sous recommandation de Parlamente se mettent
d’accord sur une entreprise imitant le Decaméron de Boccace dans laquelle chacun doit
raconter dix histoires chaque jour pendant les dix jours qui durera la construction du pont.
IV. Projet de lecture :
Dans quelle mesure ce passage extrait du prologue parvient à baliser la lecture de l’œuvre
tout en exposant les grands axes thématiques qui seront développés dans les nouvelles de
l'Heptaméron, et comment ces éléments préliminaires influent-ils sur la compréhension globale
de l'œuvre de Marguerite de Navarre ?
c. Premier mouvement
De mais Parlamente …………………………………….à quoi toute la compagnie s’accorda L104.
Titre : Opposition entre dévotion et mondanité : les rescapés après avoir étés sauvé des déluges
cherchent maintenant à combattre un nouvel ennemi : L’ennui
Le texte s’ouvre sur le personnage de Parlamente désignant l’une des devisants des nouvelles de
l’histoire cadre. Ce nom propre, du point de vue onomastique, recèle l’idée de ‘’parler’’. En ajoutant
le suffixe ‘’ment’’ cela renvoie à la conversation. Parlementer c’est aussi rentrer en pourparlers avec
l’ennemi en vue d’arriver à un accord. Le nom de la femme est précédé d’une conjonction de
coordination exprimant l’opposition à des propos antérieurs. Afin de présenter la femme, le
narrateur recours à deux subordonnées relatives explicatives :
a. ’’qui était femme de Hircan’’, ‘’laquelle n'était jamais oisive ni mélancolique’’L1,2.
Puis une proposition subordonnée participable
b. "ayant demandé congé à son mari de parler" L2 agissant comme un complément circonstanciel
de cause indiquant pourquoi Parlamente prend-elle la parole. La principale ne vient que vers la
fin’’ dit à l'ancienne dame Oisille’’
Cette structure syntaxique nous présente Parlamente comme étant la femme d’Hircan. Une
périphrase révélatrice d’une hiérarchie sociale dans laquelle l’homme est supérieur. La réduisant à
sa vie conjugale et l’identité de Parlamente et liée à sa relation avec son mari.
‘’laquelle n'était jamais oisive ni mélancolique’’ la proposition met en avant par le biais d’une
litote, dire le moins pour expliquer le plus, une femme épanouie et occupant bien son temps.
Qu’elle demande congé avant de parler peut-être aussi lu comme une contrainte sociale, une
restriction de la liberté de parole ou bien une soumission aux codes sociaux qui régies les relations
hommes femmes de l’époque.
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Après s’être affronter à une multitude de défis, les devisants feront face à un ennemi implacable
encore plus cruel, encore plus corrupteur c’est l’ennui : Il agit tel un mal, une douleur qu’il faut
atténuer. D’ailleurs, le verbe « adoucir » « l’ennui »’’L6, insiste sur la virulence morale et physique
ressentie.
‘’ l'ennui que nous porterons durant ce long séjour ; car, si nous n'avons pas quelque occupation
plaisante et vertueuse, nous sommes en danger de tomber malades’’ L7 Parlamente fini par
désigner le nouveau danger qui les guette. La tournure hypothétique utilisé confirme l’idée de
l’imminence comme le souligne l’emploi dans la proposition principale ‘’nous sommes en danger’’
le verbe être conjugué au présent de l’indicatif renvoie à l’idée de certitude. Ceci dit, Parlamente
implore Oisille de leur trouver un passe-temps et pour cela elle devra évoquer des arguments pour
convaincre son interlocutrice du bien fondée de sa demande. A signaler que son discours est peint
d’une tonalité morale, l’emploi de l’adjectif épithète ‘’vertueuse’’L9 explicite un trait de caractère
de Parlamente qui reflète la place de la religion dans sa vie.
Longarine vient soutenir les propos de Parlamente en y ajoutant un nouveau risque, une nouvelle
conséquence de l’ennui c’est devenir fâcheux. Nous deviendrons fâcheuses L11, l’usage du verbe
devenir qui est un verbe attributif au futur simple de l’indicatif souligne la véracité des propos
énoncés ainsi que leurs réalisabilités. Maladie, incurable L12, ses deux termes complètent un
champ lexical déjà entamer par Parlamente dans sa réplique quand elle avait utilisé adoucir L6 et
demourer malades L10. Venir jusqu’aux Pyrénées afin de fuir la maladie et cherchant la guérison
est une finalité de ce voyage qui doit se prolonger. Cette quête de bien-être physique éclaire telle
une étoile qui guide les personnages dans leur voyage.
S’ensuit la réplique d’Emarsuitte ajoutant une couche de jovialité et essayant de dédramatiser la
discussion. Sa réplique Emarsuitte, tout en riant, lui répondit L14, tout en riant est un complément
circonstanciel de la manière qui révèle une certaine allégresse dans le discours et qui contraste
avec les propos antérieurs des deux premières devisantes. Et pour perte de serviteurs ne se faut
désespérer, L16 cette proposition conjonctive inclue une forme impersonnelle élidée il ne se faut
pas accentuer par une négation, elle revêt un caractère de généralité voire d’évidence et en dit
beaucoup sur les relations sociales de l’époque. Et à mettre en lien avec la vie de Margueritte de
Navarre qui s’est mariée une seconde fois après la mort de son premier marie Charles quatre
d’Alençon. Tout de même les propos de Emarsuitte montre une sagesse et un attachement à la vie,
malgré la mort du mari ‘’serviteur’’ la vie doit continuer avec un autre le plus vite possible.
Elle s’ajoute aux deux premières dans leur demande à Oisille de trouver des activités ludiques pour
passer le temps. La demande fut soutenue dans un second temps par les gentilshommes.
Pour clore ces trois interventions, qui peuvent être un plaidoyer en faveur de la pertinence de leur
demande, intervient Nomerfide : assimilant l’ennui à la mort comme le décrit sa phrase reprise au
discours indirect par le narrateur L21 ‘’Si elle était un jour sans passetemps, elle serait morte le
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lendemain’. De là apparait la situation extrêmement critique et dramatique dans laquelle se trouve
les personnages.
La réplique d’ Oisille commence par l’expression mes enfants L25, composée d’un nom commun
précédé du déterminant indiquant la possession. Oisille prend une posture d’une moniale
s’adressant à des fidèles venant chercher réconfort et soutien. Ainsi son discours s’inscrit dans la
catégorie du prêche religieux imprégné par la présence d’un champ lexical de religion : Mes
enfants, enseigner L26, saintes Lettres L29, saintes escitures L34, la volonté de Dieu L35,…
N’oubliant pas que Parlamente emploie le terme mère en désignant Oisille L6 ‘’et qui maintenant
à nous femmes tenez lieu de mère’’ l’usage représente une mise en valeur symbolique, d’autant
plus que l’abbaye notre dame de Sarrance comme espace diégétique est en réalité de le plus
ancien sanctuaire marial des Pyrénées. La figure de la mère protectrice associée à la vierge Marie
comme mère du christ ne peut que renvoyer à une forme de similitude voulue par le narrateur
entre Oisille et la Vierge. Tous les signes convergent vers cette figure de pureté et de dévotion.
C’est pourquoi Oisille incarne une figure salvatrice pour nos devisants.
Pour Oisille la délivrance de l’ennui sera seulement dans la lecture du livre saint. C’est la conclusion
d’une quête qui a duré toute une vie. ‘’Car ayant cherché ce remède toute ma vie, n’en ay jamais
trouvé qu’un L27,28’’ La proposition subordonnée participale introduite par car indique la raison et
la cause de l’action exprimée dans la principale, la négation ne jamais en plus de que qui vient
exprimer la restriction.
La lecture des sainctes lettre L34. La sacralité des lettres vient de leurs origines. Elles sont la
révélation de la volonté divine. La lettre est d’abord une parole dictée et transcrite par Dieu.
L’exclusivité de ce remède vient donc de son origine. Cependant les paroles d’Oisille suggèrent une
autre lecture qui sera plus claire après. La vraye et perfaicte joie de l’esprit l30, cette
personnification pourrait vouloir indiquer que le vrai bonheur est celui de l’esprit et non pas
comme la plupart croyait que c’est le plaisir corporel. L’expression met en lumière cet aspect
d’élévation spirituel en tenant compte que le terme esprit, spirutus en latin et qui renvoie au
souffle, à la respiration au souffle divin. Dont procède le repos et la santé du corps L31, l’évocation
du repos du corps en le reliant à la joie de l’esprit instaure cette opposition corps et âme, une
sublimation transcendante représentée par l’esprit tirailler vers le bas à cause de la déconnexion
aux valeurs divines et l’éloignement des préceptes religieux.
Oisille continue son discours en énumérant les vertus de la lecture du livre sacré, cette lecture suit
une logique transcendantale : je la lis, et en voyant, en contemplant la volonté de Dieu p34, le fait
d’utiliser les deux gérondifs en voyant et en contemplant après la première action marque l’écart
temporelle et sémantique entre les deux actions. Le fait de voir la volonté acquiert une dimension
prophétique. Lire les lettres sacrées procure le don de vision. Cela suggère l’idée de la
transformation interne. Lire, voir et contempler sont les repères d’un chemin à parcourir dans le
but d’arriver à la volonté divine.
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Elle continue, qui pour nous a envoyé son fils en terre annoncer cette parole et bonne nouvelle
L35, une subordonnée relative explicative qui vient ajouter d’autres informations à la principale. La
périphrase son fils replace Jésus. Considéré aussi la parole de Dieu. Le logos je cite « Au
commencement était le Verbe (logos), et le Verbe était avec Dieu, et le Verbe était Dieu." le
prologue de l'Évangile selon Jean. Suivant le remède de Oisille en passe de la lecture à la vision puis
à la contemplation qui est un stade parmi d’autre afin d’accéder cette joie divine.
Que je prends mon Psaultier et le plus humblement qu’il m’est possible, chante de cœur, L40,
Oisille détaille sa formule pour enrayer l’ennui, à la manière d’un médecin qui prescrit un remède,
et évoque les psaumes de David qui constituent 150 poèmes attribués au Roi David. Ici on arrive au
stade de chanter, cela veut dire l’oralisation et l’élocution des paroles divines. Chanter produire une
voix en suivant une mélodie. Oisille montre son infériorité par rapport aux psaumes, cela est
explicité par l’emploi de l’adverbe de manière humblement accentué par le superlatif la plus. Le fait
de chanter marque l’émotion qui se manifeste sur le corps. C’est la bénédiction qui touche
l’homme à travers les chansons psalmodiques.
Pareillement, avant souper, je me retire pour donner pâture à mon âme, L49, Oisille recourt à une
métaphore : Le recours à la métaphore selon laquelle la lecture constitue une nourriture spirituelle.
Donner pâture à mon âme montre l’image d’un berger en train de nourrir son troupeau. Ainsi cela
converge avec la parole de Jésus dans la bible : L'homme ne vivra pas de pain seulement, mais de
toute parole qui sort de la bouche de Dieu. Cette lecture exige un éloignement des mondanité
comme le confirme l’emploi du verbe retirer au présent de l’indicatif.
Le prêche continue Car qui connait Dieu voit toutes chose belles en lui L60 : l’usage de la
subordonnée conjonctive au début de la phrase met en avant la valeur de celle-ci par rapport à la
principale. Aussi l’emploi des verbes connaitre et voir au présent de vérité générale donne au
propos d’Oisille une dimension d’absolue et l’approche du discours biblique. Le fait de connaitre
Dieu transfigure la personne et dans le cas contraire tout est laid L62. L'idée sous-jacente semble
être que la connaissance de Dieu transforme la manière dont on voit le monde. La dissonance entre
le termes laid et belle marque une antithèse qui créent le contraste entre la présence et l’absence
de Dieu dans la vie de l’homme.
Ainsi Hircan prend la parole pour débattre, son discours prend la forme d’une concession
dissimulée. La conjonction de coordination mais L68 marquant l’opposition partielle aux propos de
la femme expérimentée et l’introduction d’un nouvel argument. Si faut-il que vous regardiez L68.
Hircan emploi la conjonction de subordination si marquant la condition suivie il faut exprimant la
nécessité et l’obligation pour marquer une certaine politesse à l’égard de son interlocutrice
l’invitant à regarder. Ici regarder est pris dans le sens de réfléchir. S’ensuit la subordonnée
complétive complément d’objet direct que nous ne sommes si mortifiés l73 qui est aussi la
proposition principale qu’il nous faille quelque passe-temps L69, qui est une subordonnée
consécutive. Le raisonnement commence par un verbe d’opinion qui exprime un point de vue je
crois l66 pour enchainer avec le verbe falloir à la forme impersonnelle pour accentuer la nécessité
de trouver une solution à leurs maux.
qui nous fait oublier mille folles pensées L72, l’adjectif épithète folles placé à côté du substantif
pensées produit une intensité violente entre les deux termes. Il s’agit ici d’un oxymore. Les folles
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pensées marquent l’opposition entre l’esprit incarnant la rationalité, l’ordre tandis que folles
renvient à l’idée du chaos, de la démesure et la perte du contrôle. D’un point de vue
psychanalytique Oublier signifie que ces pensées sont à l’état latent, elles sont refoulées et que
seulement les activités telles que la chasses ou la vollerie peuvent les chasser.
Fault choisir quelques passetemps, qui ne soit point dommageable à l’âme, et soit plaisant au
corps L79.80 La pensée d’Hircan constitue une synthèse entre les deux solutions au défi de l’ennui.
Un équilibre entre les besoins de l’âme et ceux du corps. D’ailleurs l’antithèse corps âme revoie à ce
juste milieu entre les deux. Le matin pour le recueillement et la prière e le soir pour les
divertissements non préjudiciables. La réplique d’Oisille qui suit l’intervention d’Hircan est assurée
par un narrateur omniscient qui la résume dans un petit sommaire. Maintenant le choix de l’activité
est mis au débat.
Fust aussi agréable à quelque une de la compagnie comme à moi L88.89 Sans l’évoquant du nom
Hircan désignant que son choix ne plaira pas à sa femme. Quelque une de la compagnie est une
périphrase renvoyant à Parlamente. Une manière qui ne plait pas à cette dernière déjà identifiée
non pas par son nom au début par le narrateur- femme d’Hircan- La même tournure qui se répète
ici. Une manière de marquer l’effacement de la dame de la rendre à l’arrière-plan des événements.
La réaction de Parlamente ne tardera pas à apparaitre : commença à rougir. La couleur confirme
l’idée de frustration par rapport aux propos du mari.
Puisque ma femme a si bien entendu la glose, de mon propos, et que un passe-temps particulier
ne lui plaît pas, je crois qu'elle saura mieux dire celui où chacun prendra son plaisir.L98 La
subornée causale placé au début de la phrase vient éclairer l’origine du malentendu entre Hircan et
Parlamente. C’est-à-dire que la femme a compris que ce passetemps pourra prendre une forme
intime entre les deux. L’adjectif particulier dans la deuxième proposition subordonnée causale
prend un connotation qui va dans le sens de l’intimité. Hircan compris que cette idée n’est pas bien
accueillie par sa femme. La litote ne lui plaît pas le montre dans la subordonnée. Il lui donne le
pouvoir de choisir une activité qui lui plait.
b. De Parlamente voyant L105…………………….rien que pure vérité. La fin
c. Titre : Un remède à la Boccace : Les devisants sous recommandation de Parlamente se mettent
d’accord sur une entreprise imitant le Decaméron de Boccace dans laquelle chacun doit
raconter dix histoires chaque jour pendant les dix jours qui durera la construction du pont.
Parlamente avant de proposer un jeu aux devisant, elle se montre incompétente à inventer les arts
mais connaissant mon savoir et ma puissance 106. La proposition conjonctive introduite par mais
et exprimant une opposition. Elle confesse son incapacité à inventer un jeu à la manière des artistes
par conséquent ils leur proposent d’imiter l’œuvre de l’écrivain italien Boccace. Je crois qu'il n'y en
a nul de vous qui n'ait lu les cent nouvelles de Bocace , nouvellement traduites d'italien en
français L113. La phrase complexe exprime un point de vue exprimer par le verbe croire précédé de
la première personne du pluriel suivi d’une complétive par que cod. LAa complétive contient la
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tournure impersonnelle il n’y en a dans la phrase indique la présence ou l’absence d’une chose. Nul
de vous est un sujet repris par le pronom relatif qui introduit le verbe lire au subjonctif passé.
Nouvellement traduite est un complément circonstanciel de lieu qui indique pourquoi ces
nouvelles n’auraient pas été lues. L’évocation des noms Boccace, François premier, le Dauphin qui
est le futur HENRI deux la Dauphine qui est Catherine de Médicis et Marguerite de France qui est la
nièce de l’autrice, ces évocations ajoute une couche de vraisemblance au prologue puisque les
noms cités renvoient effectivement à des personnes réelles.
Ce procédé qui consiste que l’un des constituant du récit transgresse le seuil qui lui était dessiné
par l’auteur et qui les sépare d’un autre s’intitule la métalepse. Dans le cas présent, les devisants
peuvent être assimiler à Margueritte de Navarre. L’auteur et ses narrateurs se confondent afin de
créer une nouvelle décaméron.
Le lecteur saisit aussi que Parlamente et ses autres devisants appartiennent à la haute société de
l’époque. Ceci s’expose à travers le champ lexical de la noblesse : le roi, monseigneur, le dauphin,
madame Margueritte, l115.116
Et s'il vous plaît que tous les jours, depuis midi jusques à quatre heures, nous allions dedans
ce beau pré , le long de la rivière du Gave l137. La conjonction de coordination ET relie la phrase à
ce qu’il est déjà dit donnant au paroles de Parlamente une forme d’oralité aussi un dynamisme s'il
vous plaît donne à la phrase une tonalité courtoise révélant la délicatesse de Parlamente. Comme si
la beauté de l’art est liée à au pittoresque de l’espace : beau pré, rivière renvoient à l’idée de la
nature inspiratrice d’artistes. Vient après les termes arbres, feuilles, soleil, ombre, fraicheur
donnant à la scène décrite une dimension paradisiaque.
chacun dira quelque histoire qu'il aura vue ou bien ouy du dire à quelque homme digne de foi .
L142.143. Parlamente, en fait installe des règles de jeu. Le respecter de la part des devisants
consiste au respect de l’authenticité des récits narrés ainsi qu’à la fiabilité des sources des
nouvelles. Ainsi au bout des dix jours qu’allait prendre la construction du pont sur le gave, les cent
nouvelles seraient terminées. Le plan a pris l’accord de tout le monde, il ne reste qu’à le mettre en
pratique.
Je mettrai peine de faire un recueil de tous les mauvais tours, que les femmes ont fait aux
pauvres hommes. L183 Après que Simonault fut prié par toute la compagnie de prendre la parole, il
allait commencer la narration de la première nouvelle. La phrase cité confère une hyperbole
expliquant à quel point, il est impossible pour le devisant de délimiter le nombre de nouvelle qu’il
puissent raconter, tant la ruse des femme envers les hommes fut grande qu’un livre suffit à les
rassembler. Ainsi ; il a tracé par conséquent la thématique de ses nouvelles qui seront axées sur les
farces, les tromperies et les plaisanteries faites par les femmes aux hommes. L’emploi de pauvres
indique le pris parti et l’empathie de Simonault envers les hommes considérés comme victimes.
Conclusion
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Le prologue témoigne des conflits internes dont souffre l'autrice, Marguerite de
Navarre, révélant une dualité entre sa dévotion religieuse profonde et sa
sensibilité artistique qui la pousse vers les plaisirs de l'écriture et de
l'imagination. Ces tensions internes dépeintes dans le prologue servent de
prélude aux récits variés et complexes de l'Heptaméron. Ils annoncent
également une exploration subtile des nuances entre la piété et les inclinations
artistiques, créant ainsi une tension narrative stimulante qui se déploie tout au
long de l'œuvre.
La capacité de l'autrice à naviguer entre ces dualités émotionnelles et
intellectuelles donne à l'Heptaméron sa richesse et sa profondeur, invitant le
lecteur à réfléchir sur la nature humaine, la moralité et la complexité des
relations humaines au XVIe siècle.
Dans Pensée Blaise Pascal daté de 1670 Je cite :
‘’Rien n’est si insupportable à l’homme que d’être dans un plein repos, sans
passions, sans affaires, sans divertissement, sans application. Il sent alors son
néant, son abandon, son insuffisance, sa dépendance, son impuissance, son
vide’’….