Complément
Matri es de rang 1
17
Voici quelques résultats classiques à connaître absolu- II CARRÉ ET TRACE
ment !
THÉOR
EME 17.3 (La formule fondamentale)
A2 = (tr A)A.
I REPRÉSENTATION A = Xt Y
THÉOREME 17.1 Soit A une matrice de rang 1. Alors il Démonstration : On écrit A = Xt Y. On remarque alors que
t Y X est — à un isomorphisme près1 — un scalaire :
existe des vecteurs colonnes X, Y ∈ Mn,1 (K) tels que A =
n n
Xt Y. t
YX =
X
x k yk =
X
Akk = tr A.
k=1 k=1
Démonstration : Il existe plusieurs méthodes pour démontrer
On a alors bien
ce résultat ; la plus simple est la suivante. On sait qu’il existe
des matrices P, Q ∈ GLn (K) telles que A2 = Xt YXt Y = X(tr A)t Y = (tr A) Xt Y = (tr A)A.
1
0
A = P Q = PJ1 Q.
. . .
THÉOREME 17.4 On suppose A non nulle. Alors A est
0
diagonalisable si et seulement si tr A 6= 0.
Or la matrice J1 s’écrit sous la forme
1
Démonstration : Notons t = tr A.
0
J1 = Ut U U = . ,
• 1er cas : t 6= 0. Alors la relation A2 = t A s’écrit égale-
.. ment P(A) = 0 où P = X2 −tX = X(X−t). Le polynôme
0 P étant scindé à racines simples, A est diagonalisable.
• 2e cas : t = 0. On a alors A2 = 0, donc A est nilpo-
ce qui donne A = PUt UQ. Il suffit alors de poser X = PU et tente. Si elle était diagonalisable, on aurait immédiate-
Y = t QU pour conclure. ment A = 0, ce qui n’est pas le cas. Ainsi, A n’est pas
diagonalisable.
THÉOREME 17.2 (Cas symétrique) Si A est symétrique
réelle, de rang 1 et de trace positive, alors il existe un
vecteur colonne X ∈ Mn,1 (R) tel que A = Xt X. THÉOR EME
17.5 tr A = 0 siet seulement si A est sem-
0 0
Démonstration : Le théorème spectral assure qu’il existe une .. 0 ··· 0 1
..
. O .. ..
matrice P ∈ On (R) telle que .
— ou à .
. 0
blable à ..
t . 0 ..
0 0 · · · 0 .
O
0 1
t
A = P P.
. .. 0 ··· 0 0
0
0 si vous préférez.
Il suffit alors de poser
√ Démonstration : Le sens « ⇐ » est immédiat.
t
0 Supposons tr A = 0 et géométrisons. La matrice A repré-
X = P . .
sente un endomorphisme a d’un espace vectoriel E dans une
.. base B.
0 On construit une nouvelle base de E dans laquelle la ma-
trice de A est la matrice voulue.
Pour cela, on choisit un élément non nul en−1 de l’image
de a (il est également dans le noyau puisque a2 = 0), on
complète en une base (e1 , . . . , en−1 ) du noyau ; un antécédent
1. L’isomorphisme naturel entre M1 (K) et K, qui à la matrice (a)
associe le scalaire a...
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matrices de rang 1
en de en−1 n’est pas dans le noyau, il complète donc la base.
Par construction,
0 0
.. .
O ..
.
mat (a) = .. .
(e1 ,e2 ,...,en ) . 0
O
0 1
0
THÉOREME 17.6 Si A est de rang 1, alors elle est sem-
blable à l’une des matrices suivantes :
0 ··· 0 1
tr A
.. .. 0
. . 0
ou
.. . .
0 · · · 0 .
.
0 ··· 0 0 0
Démonstration : Si A 6= 0 mais tr A = 0, c’est le théorème
précédent qui nous donne le premier cas.
Enfin, si tr A 6= 0, la matrice est diagonalisable, ce qui
nous donne le deuxième cas.
Remarque 1 (Noyau et image de A) Graphiquement, on a les deux si-
tuations suivantes :
• Si tr A 6= 0, A est diagonalisable et l’image et le noyau de A
sont donc en somme directe :
Im A
Ker A
• Si tr A = 0, alors A2 = 0, ce qui veut dire que Im A ⊂ Ker A :
Im A
Ker A
THÉOREME 17.7 Si A et B sont de rang 1, alors elles sont
semblables si et seulement si elles ont même trace.
Démonstration : En effet, si tr A = tr B = 0, le théorème pré-
cédent montre que A est B sont semblables.
Si tr A = tr B 6= 0, alors elles sont toutes deux semblables
à diag(0, . . . , 0, t) où t = tr A.
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