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Introduction à la simulation médicale

Ce document introduit le module 1 sur la simulation médicale. Il présente les objectifs du module et définit brièvement la simulation médicale. Le document contient également des témoignages de personnes interrogées sur leur compréhension de la simulation.

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Introduction à la simulation médicale

Ce document introduit le module 1 sur la simulation médicale. Il présente les objectifs du module et définit brièvement la simulation médicale. Le document contient également des témoignages de personnes interrogées sur leur compréhension de la simulation.

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Module 1 – Séquence 1 : Introduction

Bienvenue dans ce premier module consacré à la simulation médicale !


Dans les séquences qui vont suivre nous allons tenter de répondre à la question : « C’est quoi
la simulation ? ». Nous verrons ensemble que pour la majorité des gens, la simulation
médicale reste assez méconnue, voire mal interprétée. Nous tenterons de la définir grâce à
des témoignages d’experts et à des vidéos ludiques. Ensemble, nous retracerons son histoire
dans le milieu de la santé et nous verrons aussi qu’il existe un parallélisme important entre
l’aviation et la simulation médicale.
Durant ce module, des activités vous seront proposées telles que des QCMs, des vrais/ faux et
d’autres exercices. Soyez donc attentifs !
Après ce module, vous serez capable de définir la simulation médicale, d’expliquer son
historique et son lien avec l’aviation. Vous comprendrez aussi mieux son intérêt et son
importance dans le cadre de la pratique médicale et pourquoi il est temps de la développer
au niveau de la formation des professionnels de la santé.
A vous de jouer !
Module 1 – Séquence 2 : Définition de la simulation
médicale

Qu’est-ce que la simulation médicale ? Voilà la première question que tout le monde (ou
presque) se pose en commençant ce MOOC. Pour y répondre, nous avons interrogé des
passants au CHU de Liège.
Bon visionnage !

Quand on vous dit "simulation", quels sont les deux premiers mots qui vous viennent à
l'esprit ?

• Formule 1 et simulateur, simplement.

• Pas ma femme... en tout cas, j'espère. Apprentissage.

• Je dirais interaction et test.

• Menteur et cacher.

• Directement, je pense à l'aspect sexuel, en fait. Et... Non, vraiment il n'y a que ce mot-
là. Je pense directement à ça.

• Programme informatique. Ordinateur éventuellement.

• Des tests ? Et c'est visuel, aussi.

Et quand on vous dit "simulation médicale", quels sont les deux premiers mots qui vous
viennent à l'esprit ?

• Pareil... Un essai de réanimer, ou un essai de faire une prise de sang.

• Je pense plutôt à ce qu'on peut voir à la télévision, dans les films, comme les Experts
ou les séries médicales, où on voit des simulations en 3D d'actes chirurgicaux qu'on
pourrait poser, où ils ont une vue d'ensemble d'un cœur ou d'un foie. Ça me fait penser
à ça.
• Un jeu de rôle... Pour mettre des étudiants ou des professionnels en situation, pour
s'entraîner, dans le cadre des soins de santé.

• Alors là, je n'en ai aucune idée ! Je ne sais pas du tout ce que c'est.

• Essayer... de faire de la médecine ?

• Alors là c'est tout de suite plus sérieux, c'est l’entraînement, l'exercice, se préparer à
des situations difficiles, pour être mieux préparé en situation réelle.

Vous connaissez les simulateurs de vol en aviation ? Pensez-vous qu'il existe un lien entre les
simulateurs de vol et la simulation médicale ?

• Il pourrait y avoir un lien, oui.

• Un lien direct, peut-être pas, mais quelque chose d'assimilé, oui, puisque un simulateur
de vol, ça permet d’apprendre à voler, et à bien manipuler un avion. Finalement, ici,
un simulateur comme je l'imagine pour le domaine médical, c'est apprendre au
chercheur, au médecin, à par exemple, placer au mieux une prothèse de hanche pour
qu'elle fonctionne bien.

• Oui, notamment par la réalité augmentée. Je pense que ça peut apporter pas mal de
choses pour des mises en situation, et se rendre compte de l'environnement qui nous
attend.

• Dans tous les cas, on apprend des compétences, qu'elles soient techniques ou non-
techniques. Dans l'aviation, c'est en cas de gestion de crise et de crash d'avion, et dans
le médical, c'est au quotidien, pour gérer des crises. Oui, c'est cela, des crises aussi,
qui concernent les patients.

• Je déteste prendre l'avion, et donc j'espère que les pilotes font beaucoup de
simulations pour ne pas s'écraser. Ça permettra, en médecine aussi, que l'on ne
s'écrase pas, et que l'on ne fasse pas du tort au patient.

Comme vous avez pu le constater, le terme "simulation" peut être interprété de différentes
manières. En entendant ce terme, certains pensent directement aux jeux vidéo, aux joueurs
de football ou encore aux simulateurs de vol.
Plus particulièrement, dans le cadre de ce MOOC, nous nous intéressons à la simulation
médicale. David Gaba, un célèbre anesthésiste de la Faculté de Médecine de Stanford, définit
la simulation comme : « une technique – pas une technologie - pour remplacer ou amplifier
des expériences réelles avec des expériences guidées qui évoquent ou reproduisent des aspects
substantiels du monde réel de manière totalement interactive »
Maintenant que vous savez ce qu’est la simulation médicale, nous allons aborder ces débuts
avec des témoignages d’experts dans ce domaine.
Module 1 – Séquence 3 : Les débuts de la simulation en
Belgique, vision de l’avenir

La simulation médicale et son origine en Belgique, vues par deux


experts belges: interviews

Comment la simulation est-elle apparue en Belgique ?

Philippe Pendeville : En fait, la simulation est apparue un peu par hasard en Belgique. Le
hasard d’une rencontre, à l’époque du professeur d'Hollander, qui était chef d’anesthésie-
réanimation à Érasme (ULB). Il s'est rendu en Californie pour le congrès international
d’anesthésie, et il a rencontré David Gaba. David Gaba, qui est le père fondateur, peut-être
pas uniquement de la simulation mais, surtout, de ce que l'on appelle aujourd’hui, le Crisis
Ressource Management, c’est-à-dire l’approche humaine interprofessionnelle, l’approche
Team working de la simulation. Et puis, de retour en Belgique, il a réussi à convaincre ses pairs,
les autres chefs de service. Et via la Société belge d’Anesthésie-Réanimation, ils ont financé le
premier simulateur. Mon patron, mon chef de service de l’époque, m’a proposé d’être
l’interlocuteur et de me lancer dans la simulation.
À cette époque-là, il y avait, je pense, au maximum 7 ou 8 simulateurs ou centres de
simulation au monde. Deux ou trois aux États-Unis, trois ou quatre en Europe, et un au Japon.
Donc on était vraiment des pionniers. Ca, c’était début des années '90. Je ne dis pas que tout
a été paisible depuis lors. Il y a eu des hauts, des bas, plus de bas que de haut, mais on a
continué, on a tenu bon, et aujourd’hui on est très contents de voir que la simulation va
prendre son envol. Ma seule crainte aujourd’hui: qu’elle prenne son envol c’est très bien,
mais il faudrait qu’elle le prenne de la façon la plus coordonnée possible. Se replier chacun
chez soi comme on a dû le faire, contraints et forcés par la disparition d’un centre plus national
qui a existé jusqu’en 2010/2011, ça un peu dispersé les énergies et chacun a un peu interprété
à sa façon la simulation. Je pense que l’on a perdu pas mal d’énergie, pas mal de
systématisation de l’enseignement sur simulateur. Et donc la création, aujourd’hui, d'un
"club" (je n'appellerais pas cela un congrès) de simulation niveau belge et puis au-delà, on le
verra, la création d’une société va permettre de mettre nos énergies ensemble et de créer
une dynamique de simulation.

Existe-t-il un parallélisme entre aviation et simulation ?

Isabelle Bragard : Mais finalement, pour le grand public, ça a l’air fort différent, le métier de
médecin et celui de pilote de ligne. Peut-on faire un parallèle ? Est-ce qu’il y a des similitudes
entre ces métiers-là qui font que la formation, la pédagogie pourraient être similaires ?

Anne-Sophie Nyssen : Il y a évidemment, des raisons de sécurité, et aussi des raisons


pédagogiques et économiques. Ces deux professions ne sont pas aussi différentes que cela.
Du point de vue du travail, de l’activité, l’aviation comme la médecine sont des systèmes
complexes. Ce que l'on appelle d’ailleurs des systèmes complexes sociotechniques. La
complexité se caractérise par diverses dimensions. Tout d’abord ce sont des environnements
de travail de plus en plus techniques. La technologie envahit le monde médical, le numérique
aussi, comme dans le monde de l’aviation. C’est aussi un travail de plus en plus collectif, où
l'on est obligé de communiquer avec d’autres disciplines, en interdisciplinaire. On a un haut
niveau de risque, pour le patient comme pour la clientèle, les passagers, qui sont en outre de
plus en plus nombreux dans un avion. L’incertitude est très élevée aussi, et toutes ces
dimensions rendent la maitrise complexe pour l’opérateur, pour le travailleur. Donc, il y a des
similitudes au niveau de l’activité.
Le développement, par contre, de l’usage de la simulation est très différent. Dans le secteur
de l’aviation, il est systématique dans la formation, dans la formation continue et dans la
certification. Ce qui est loin d’être le cas en médecine.

Quel est le futur de la simulation en Belgique ?

Isabelle Bragard : Vous avez connu les origines de la simulation en Belgique, et vous avez
parlé un peu de l’essor actuel. On est en train de voir une augmentation de l’activité de
simulation en Belgique. Comment voyez-vous les 20 prochaines années au niveau du
développement de la simulation ?
Philippe Pendeville : Donc, j’ai connu la concentration dans un seul centre en Belgique. J’ai
connu la mort annoncée, faute de moyens, de ce centre. Chacun est rentré chez lui. Et parfois
"chez lui", c’est dans plusieurs sous-sections, sans concertation. Les obstétriciens ont fait des
choses, les chirurgiens ont fait des choses, les urgentistes, les anesthésistes,… Il y a eu une
multitude d’initiatives, très louables. Mais, en corollaire, une grande dispersion, un manque
de moyens, finalement. Car en dispersant, on manque de moyen centraux. Et aujourd’hui, je
pense que, en tout cas dans les grands centres Universitaires, tout va se rassembler sur des
plateaux de simulation. Je sais qu’ici, à Liège, c’est déjà quasiment fait. Chez nous, c’est en
cours d’élaboration. Et je sais que chez nos collègues de l’ULB, c’est également un vœu. Donc
je vois plus des plateaux interdisciplinaires, avec des séances plus ciblées pour les uns, pour
les autres, et puis des séances en interprofessionnel. Donc, je pense que l’on est à nouveau
bien partis, et il y a une raison à cela : c’est que la simulation, à mon avis, devient
incontournable. Tôt ou tard nous aurons des problèmes de certification, d’agrément.
Éventuellement l’obligation d’avoir, un peu comme dans l’aviation, des séances après un
incident. Comme dans l’aviation, passer sur simulateur pour retravailler, et se déculpabiliser
par rapport à l’incident, qui est parfois relativement lourd à porter. Et je pense aussi que les
patients n’accepteront plus, à l’avenir, d’être un peu des mannequin de simulation pour
l’apprentissage des jeunes futurs médecins, infirmières et autres professions de santé. Et c’est
sur des simulateurs ou dans des séances de simulation en taille réelle ou sur PC – enfin,
différentes formes, tout existe - que les jeunes apprendront leur métier.

Isabelle Bragard : Ici, on est dans un centre de simulation qui est plutôt récent : 2015. Donc,
il y a eu un essor dans les années '90. La simulation connaît un essor nouveau. Et toi, comment
vois-tu les 20 années à venir ? Tu étais là il y a 20 ans, et maintenant comment est-ce que l'on
peut envisager l’évolution de la simulation. Où est-ce que l'on peut encore aller ?

Anne-Sophie Nyssen : Alors, cette évolution, je la vois sur deux dimensions. Je pense que la
simulation, aujourd'hui, dans le monde, concerne l’ensemble des disciplines de la santé, et
plus seulement certaines disciplines spécifiques. On la voit dans tous les secteurs. Et cette
simulation permet à la fois d’acquérir des compétences techniques et non techniques. Elle
permet aussi d’avoir une réflexion sur ses propres compétences, sur ses propres
raisonnements, sur ses propres pratiques professionnelles. Je pense, qu’elle peut être utilisée
dans ce cadre-là aussi. C'est aussi un outil particulier et important pour acquérir des
compétences communicationnelles. Elle permet aussi - et ça je pense que ce n’est pas encore
répandu en médecine, mais dans d’autres secteurs oui, dans l’industrie notamment - de
rejouer certains accidents et incidents, pour tenter de comprendre ce qu’il s'est passé dans
cette situation-là. Donc, là aussi, c’est tout un apport.
Ce qu'il y a aussi à faire, évidemment, c'est de réaliser des recherches. Déjà, lorsque l’on a
commencé notre programme de formation sur le simulateur il y a 20 ans, on avait mis en place
en parallèle des programmes de recherche, dès le début. Et l’objectif, nos objectifs, c'était
d’évaluer à la fois l’utilité de la simulation comme outil de formation, en le comparant avec
d’autres outils de formations, et aussi de mieux comprendre les difficultés rencontrées par les
stagiaires, en fonction par exemple de leurs degrés d’apprentissage. Et on a pu montrer que
des anesthésistes première et deuxième années avaient certaines difficultés particulières face
à des variables interdépendantes, et des anesthésistes de cinquième avaient d’autres types
de difficultés. Donc, on a pu mettre en place des programmes de formation plus spécifiques,
sur base de ces résultats de recherche. Donc là, le défi, et je pense qu’il est important, c'est
aussi de mettre en place ces programmes de recherches, pour démontrer l’utilité de la
formation et pour aider les professionnels, ici le monde médical, à organiser la simulation dans
un cursus. ça,
Le deuxième axe, je pense, c’est que l’on va avoir toutes sortes d’outils de simulation, du
mannequin standardisé à l’utilisation d’acteurs pour jouer certains scénarios. Je sais que vous
faites appel à des acteurs pour l’annonce d'une mauvaise nouvelle. On pourra aussi faire appel
à de vrais patients, qui parfois, acceptent de jouer ce rôle-là. A des simulateurs sur écran,
basiques, puisque tout le monde à son ordinateur portable, ou qu'il y en a à disposition dans
la faculté. Un simulateur haute-fidélité, qui reproduit, comme ici, une salle d’opération avec
tous les instruments habituellement utilisés par les professionnels. Jusqu’à la réalité virtuelle,
jusqu’au numérique qui est utilisé notamment dans la robotique, puisque la robotique
chirurgicale fait appel à la numérisation des images. On va une variété d’outils qu’il faut
organiser dans un cursus. Est-il indispensable d’utiliser un simulateur haute-fidélité, avec le
coût que cela engendre, pour apprendre à faire un massage cardiaque ? Je ne suis pas certaine,
et je pense que c’est démontré, d’ailleurs. Et donc là, il va falloir aider aussi les professionnels,
en fonction de la discipline, à organiser ces différents outils dans le cursus, de manière
appropriée. C’est à mon sens, dans les 20 prochaines années, c’est là que nous pouvons
travailler ensemble pour améliorer les cursus et l’enseignement.

Isabelle Bragard : Mieux intégrer la simulation, tout au long du parcourt de l’étudiant.

Anne-Sophie Nyssen : Tout à fait.


Module 1 – Séquence 4 : Conclusion

Dans ce premier module, vous venez de d’entrevoir le large potentiel d’application de la


simulation. Que cela soit dans le domaine médical, comme en anesthésie, première discipline
médicale à avoir utilisé la simulation en Belgique, ou dans le domaine de l’aviation.

En effet, il existe un certain parallélisme entre ces 2 domaines :


- Ce sont des domaines complexes au niveau technologique, mais aussi au niveau humain,
puisqu'il existe des interactions, un travail collectif.
- La communication y est donc un élément important.
- Une situation quotidienne, peut se compliquer et devenir une situation de crise, qu’il faut
prendre en charge de manière organisée.
- Des études, qui seront abordées dans le module 2, prouvent que les facteurs humains y
jouent un rôle prépondérant dans l’apparition d’incidents .

Ces éléments nous montrent l’importance des compétences dites techniques et non-
techniques dans ces deux domaines.

Vous verrez tout au long de ce MOOC comment la simulation peut se révéler être un outil
pédagogique incroyable !
La simulation est en plein essor, notamment dans le monde médical car la prise en charge des
patients évolue au niveau technique et relationnel, demandant une expertise toujours plus
pointue de la part des professionnels.
Elle apparait également comme un outil d’amélioration de la qualité et de la sécurité des soins.
Les prochains modules aborderont en détails des aspects importants de la simulation
médicale, comme la structure d’une séance, les différentes techniques, ou encore la manière
de mener un débriefing.

En guise de conclusion de ce premier module, nous vous proposons un extrait d’une interview
de Robert Simon, consultant principal au Centre de Simulation Médicale de Boston, qui nous
donnera son avis concernant les 3 évènements qui ont, selon lui, marqué l’histoire de la
simulation médicale moderne.
Nadège Dubois : Bonjour Robert Simon, nous sommes heureux de vous recevoir aujourd'hui
au Centre de Simulation Médicale de Liège. Vous êtes "Senior Director, educational leadership
and international programs instructor" à la Faculté de Médecine de Harvard. Nous aurions
quelques questions à vous poser.

Robert Simon : Je me réjouis d’en discuter avec vous.

N. D. : Allons-y. Dans l'histoire récente de la simulation en soins de santé, pourriez-vous


identifier les 3 principaux événements qui ont radicalement changé sa mise en œuvre ?

R. S. : Oui, je pense que je peux le faire. Ce à quoi je pense, le vrai début de la simulation
moderne selon moi, C’était quand le Dr. David Gaba, de l’université de Stanford, travaillait
pour développer un mannequin représentant le corps humain en entier, qui allait immerger
les personnes dans la gestion d’un cas ou d’une situation. Mon ancien patron du Centre de
Simulation Médicale, Jeffrey Cooper, faisait partie de ce processus encourageant, il travaillait
là-dessus. Et je pense que cela a vraiment changé la simulation.
La simulation était jusque-là plutôt rudimentaire et était focalisée sur des tâches "partielles".
Par exemple, "peux-tu faire ceci ou cela" (une compétence ou un geste technique). Et la
simulation était et continue d’être un excellent outil dans ce contexte d’apprentissage. Mais
le corps entier, la simulation totale en immersion, ça c’était la nouvelle idée pour le domaine
des soins de santé ! Je sais comment David est arrivé à cela, car moi aussi je viens du domaine
de l’aviation, et je voyais la simulation comme un enseignement. C’est un transfert naturel
vers les soins de santé. Évidemment, cela ne s’est pas transféré aussi facilement que ce que
l’on espérait, mais cela a fait une grande différence.
Depuis cet évènement, il y a eu des avancées. Nous ne sommes pas exactement là où nous
étions, quand le Dr Gaba a commencé. Mais cela reste un évènement important.

Le second évènement important, selon moi… Revenons un peu en arrière. Il y a eu le


débriefing en aviation, et également dans l’armée (c'était le cas avant, et c'est encore le cas
maintenant). Et ce que nous avons fait c’est commencer à étudier le débriefing, l’éducation
pour les adultes, la psychologie, les soins de santé, le comportement organisationnel… Et nous
avons commencé à fusionner ces éléments de sortent à ce qu'ils fassent sens, au service de la
formation des adultes, pour arriver à un changement dans la manière dont ils voient les
problèmes, la manière dont ils travaillent en équipe. J'ai travaillé moi aussi en aviation, ils font
des débriefings. Mais je pense que nous, dans le domaine de la santé, nous avons fait des
avancées significatives dans les processus d’enseignement et d’apprentissage au sein de la
simulation. En même temps que la simulation s’est répandue, nous avons développé un
débriefing de très haute qualité, un enseignement de meilleure qualité. C’est la deuxième
chose, et je ne voudrais pas apparaître égoïste en disant cela. Le débriefing, c'est quelque
chose sur lequel les centres de simulation médicale ont beaucoup travaillé, qu’ils ont
beaucoup enseigné, et enseigné aux instructeurs. Mais je pense que cela a vraiment fait la
différence, pas seulement moi, mais toute notre équipe du centre.
La troisième chose, ce n’est pas vraiment un évènement, c’est la croissance ! C’est incroyable !
Au débuts de la simulation dans les soins de santé, il y avait à peu près 2OO personnes. Ils
n’avaient pas encore leur propre organisation, c’était des membres de la Society for
Technology in Anesthesia. Et après quelques années, nous nous sommes séparés, et à ce
moment-là nous avons développé notre propre société de simulation, avec mon collègue Dan
Reamer. Il n’y avait pas de journal spécifique. Il y avait une dispersion d’articles dans des
journaux variés, et nous avons pu voir, au fil des années, une augmentation du nombre
d’articles dans des journaux dédiés à la simulation, c’était assez incroyable. C’était fabuleux
de voir comment les choses avançaient. Et je dirais que la même chose s’est passée, non
seulement pour la recherche, mais aussi pour le développement. Vous savez, nous voulons
que nos simulateurs soient meilleurs. Et ils s’améliorent. Je dois admettre que je suis
impatient. Mais ils s’améliorent ! Et c’est la croissance de la simulation, l’implication dans la
simulation. Je pense que si l’on compare les 200 personnes quand j’ai commencé - au niveau
national - et maintenant c’est 3500. Donc c’est vraiment beaucoup plus. Et pour de bonnes
raisons ! La simulation fournit un moyen d'acquérir de l’expérience sans faire de mal à
personne. Cette croissance est vraiment plaisante à voir.

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