Lycée Louis-Le-Grand, Paris Pour le 10/12/2015
MPSI 4 – Mathématiques
A. Troesch
DM no 8 : Suites : les incontournables
Exercice 1 –
1. Intégrales de Wallis.
Z π
2
Soit, pour n ∈ N, In = sinn x dx.
0
n
(a) Montrer que pour tout n > 1, In+1 = · In−1 .
n+1
(b) En déduire une expression explicite de I2p et de I2p+1 à l’aide de factorielles.
In+1 n
(c) Montrer que pour tout n ∈ N, 1 > > .
In n+1
(d) En déduire la formule de Wallis :
√ (2p)! 1
lim p · 2p = √ .
p→+∞ 2 (p!)2 π
2. Formule de Stirling.
n!en
Soit, pour n ∈ N∗ , Sn = ln √ . On admettra que pour toute suite (un ) de limite nulle,
nn n
u2n u3
ln(1 + un ) = un − + n + O(u4n ).
2 3
α
(a) Montrer qu’il existe un réel α non nul qu’on déterminera tel que Sn − Sn−1 ∼
+∞ n2
+∞
X 1
(b) À l’aide d’une comparaison avec une intégrale, montrer que est convergente.
k2
k=1
(c) En déduire que (Sn ) admet une limite finie S dans R.
n!en σn2
(d) Soit, pour n ∈ N∗ , σn = √ . En considérant , déterminer la valeur de S.
nn n σ2n
√
(e) En déduire la formule de Stirling : n! = nn e−n 2πn(1 + o(1)).
Problème 1 – Autour du lemme de la moyenne de Cesàro
Partie I – Variantes du lemme de Cesàro
n
X
1. (a) Soit (an ) une suite d’éléments strictement positifs, telle que Sn = ak −→ +∞. Montrer que pour toute
k=0
n
1 X
suite (un ) de réels convergeant vers un réel ℓ, on a ak uk −→ ℓ.
Sn
k=0
(b) Justifier que le résultat est encore valable si ℓ = +∞ ou ℓ = −∞.
(c) Justifier que le résultat est encore valable pour des suites à valeurs dans C.
(d) Qu’obtient-on lorsque (ak ) est la suite constante égale à 1 ?
n−1
1 X k
(e) Montrer que si un −→ ℓ (dans C ou R), alors n 2 uk converge vers ℓ.
2
k=0
2. (les questions suivantes ne dépendent pas de cette question)
1
n
1 X
∗
(a) Soit (un )n∈N∗ une suite à valeurs dans R∗+ . En utilisant la question 1(a), montrer que si uk −→ α ∈ R,
nun
k=1
n
1 X α
alors 2 kuk −→ .
n un 1+α
k=1
∗∗
(b) Montrer que cela reste vraie pour une suite (un )n∈N à valeurs dans R∗ , α étant supposé strictement positif.
n
1 X p
(c) Sous les mêmes hypothèses, que peut-on dire de la limite lorsque n tend vers +∞ de p+1 k uk ?
n
k=1
Partie II – Une application classique du lemme de Cesàro
Dans cette partie, nous mettons en place, sur un exemple, une méthode permettant d’obtenir un équivalent de un − ℓ
lorsque (un ) est une suite récurrente définie par une relation un+1 = f (un ), et convergeant vers un point fixe ℓ de f ,
en lequel f ′ (ℓ) = 1.
On considère dans cette question la fonction g : x 7→ 21 (sh(x) + sin(x)).
1. (a) Montrer que g induit une bijection de R+ dans R+ . On note f sa réciproque
(b) Montrer, à l’aide d’une formule de Taylor, que pour toute suite (vn ) de limite nulle,
1 5
g(vn ) = vn + v + o(vn5 ).
5! n
(c) En déduire que pour toute suite (vn ) de limite nulle,
1 5
f (vn ) ∼ vn et f (vn ) − vn ∼ − v .
5! n
2. Soit (un )n∈N la suite définie par la donnée de u0 ∈ R∗+ , et la relation un+1 = f (un ), pour tout n ∈ N.
(a) Montrer que lim un = 0.
1 1
(b) Déterminer l’unique valeur de α ∈ R∗+ telle que − α admette une limite finie non nulle.
f (un )α un
(c) En déduire un équivalent de la suite (un ).
Partie III – Une généralisation de la partie I
n
1 X n
1. (a) Montrer que si un −→ ℓ (on se limitera au cas d’une suite réelle telle que ℓ ∈ R), alors n uk −→ ℓ.
2 k
k=0
(b) Ce résultat est-il un cas particulier de I-1 ?
2. Dans cette question, on donne un résultat de type Cesàro, englobant aussi bien la situation de la question I-1 que
l’exemple de la question II-1. On définit une suite doublement indexée (an,k )(n,k)∈N2 à valeur réelles strictement
positives, telle que pour tout k > n, an,k = 0. On note, pour tout n ∈ N,
+∞
X n
X
An = an,k = an,k .
k=0 k=0
On définit alors T : NN −→ NN pour tout (un ) par :
n
X
T (un ) = (vn ) où ∀n ∈ N, vn = an,k uk .
k=0
On dit que T est régulière si et seulement si pour toute suite (un ) convergeant vers un réel ℓ, T (un ) converge
aussi vers ℓ.
(a) Montrer que T est régulière si et seulement si lim An = 1 et pour tout k ∈ N, lim an,k = 0.
n→+∞ n→+∞
(b) Montrer que les questions I-1 et II-1 sont des cas particuliers de ce résultat.
2
Partie IV – Adaptation du lemme de Cesàro pour des valeurs d’adhérence.
On considère une suite (un ) admettant p valeurs d’adhérences, supposées toutes réelles, et notées a1 , . . . , ap . Pour tout
ε > 0 tout i ∈ [[1, p]] et tout n ∈ N, on note :
An,i (ε) = {k ∈ [[0, n]] | |uk − ai | 6 ε} .
On note alors bn,i (ε) le cardinal de An,i (ε). On fait les hypothèses suivantes :
bn,i (ε)
Pour tout i ∈ [[1, p]] et tout ε > 0 (au moins suffisamment petit), admet une limite lorsque n tend vers
n
bn,i (ε)
+∞ ; on note pi (ε) = lim ;
n→+∞ n
Pour tout i ∈ [[1, p]], pi (ε) admet une limite lorsque ε tend vers 0. On note pi cette limite.
1. Expliquer la signification intuitive des hypothèses (i) et (ii).
X p
2. Montrer que pi = 1
i=1
n
1X X
3. Montrer que uk converge vers p i ai
n
k=0 i∈[[1,p]]
4. Expliquer en quoi le lemme de Cesàro est un cas particulier de ce résultat.
5. Trouver une suite (un )n∈N non convergente telle que sa moyenne de Cesàro converge.
6. Trouver une suite (un )n∈N dont toutes les valeurs d’adhérences sont finies, et en nombre fini, et telle que la
moyenne de Cesàro de (un ) diverge.
7. Soit pour tout n ∈ N, rn le reste modulo 6 de n2 et (un ) une suite convergeant vers 1. Montrer que la moyenne
de Cesàro de (un rn ) converge, et déterminer sa limite.