7.
Ressources naturelles
I. Définition et classification
II. Ressources minérales
III. Ressources non minérales
IV. Ressources en Suisse
7.1 Définition
Une ressource naturelle est un bien, une substance ou un objet présent dans la nature, qui
est exploité pour les besoins d’une société humaine. Il s’agit d'une matière première qui
est renouvelable ou non
On est bientôt à cours de phosphore.
Les prémices
Les hommes ont déjà commencé à utiliser le feu et les os/outils il y a plus d’un million
d’années
Début de l’utilisation du:
• Charbon: 73’000 ans
• Cuivre: 13’000a
• Or et argent: 6’000a
• Bronze: 5’000a
• Pétrole: 4’000a (comme asphalte, médicament, huile)
• Fer: 3’200a → il faut pouvoir chauffer le fer pour l’extraire. On peut trouver du fer pur
grâce à des météorites
⇒ le dvpt des villes a été fortement lié à l’exploitation des minéraux. Notamment lorsque le
fer a été maitrisé, on a pu intensifier l’agriculture
Classification
Les ressources non renouvelables
• Ressources minérales
→ Gîtes métallifères (or, cuivre, plomb,… potentiellement recyclables)
→ Gîtes non-métallifères (diamant, roches, sable…)
• Ressources non minérales
1
→ Charbon, lignite et tourbes
→ Pétrole
→ Gaz
7.2 Gîtes métallifères- définition
On appelle gisement ou gîte une concentration de minéraux susceptible d’une
exploitation. Le facteur de concentration d'un élément chimique est le rapport entre sa
teneur d'exploitation (fonction des conditions économiques) et son abondance naturelle
dans la croûte terrestre
Teneurs d’exploitation et facteurs de concentration
On ne s’intéresse un certain facteur d’exploitation pour
déterminer qu’un minéral vaut être exploité. Si pas assez
concentré, on ne l’exploite pas car il faut une énergie
forte pour extraire le minéral.
→ concentration minimale du minéral requise pour être
rentable
→ La valeur sur le marché a une forte influence sur
l’exploitation des minéraux.
L’aluminium et le fer sont facilement exploitable (30-50%)
et sont assez abondant dans la croûte. A l’inverse, le
Plutonium, est le moins abondant
Formation des gisements métallifères [!]
On distingue quatre grands processus géologiques qui permettent la formations de
gisements dans la croûte:
• magmatique ([Link]. or, cuivre, plomb, zinc…)
• sédimentaire ([Link]. or, fer)
• métamorphique (hydrothermalisme) ([Link]. Pb, Zn…)
• d’altération ([Link]. aluminium)
Relations entre types de roches le cycle
des roches
Possibilité de dépôts de minéraux ,
d’éléments chimiques, important à
chaque stade du cycle des roches
2
Contexte magmatique – les Porphyry copper deposit
→ source principale du cuivre miné ajd
Les magmas de marge active dérivent de la fusion partielle du manteau (basalte) et de la
base de la croûte continentale (rhyolite). Ils ont des teneurs en métaux normales, banales.
On les trouve notamment dans la ceinture de feu.
→ la création de ces gisements se fait surtout en zones de subduction
Emplacement des magmas dans la croûte supérieure
Intrusion magmatique qui a créé un volcan. Cristallisation débute dans la chambre
magmatique.
1) formation d’un volcan par la monté du magma créé par la vapeur d’eau qui
réchauffe le manteau
2) accumulation du magma dans une chambre magmatique
3) lorsqu’il cristallise, le magma libère toute la vapeur qui ne peut pas être absorbée
par les minéraux en formation (5 à 10 % du poids initial du magma!)
4) accumulation de vapeur d’eau qui peut pas s’immiscer dans les minéraux. D’autres
éléments chimiques qui n’entrent pas dans les minéraux en formation vont se
combiner avec la vapeur d’eau. Ils ont des trop gros ions. Il y a aussi des petits ions
fortement chargés. Ils n’aiment pas entrer dans des minéraux en cristallisation.
→ beaucoup de métaux préfèrent rester avec la vapeur plutôt qu’intégrer le
réseau cristallin des minéraux. Ils se concentrent dans cette dernière
3
5) la vapeur sous pression fracture les roches encaissantes (au-dessus), circule dans
les fractures, refroidi à leur contact et dépose les métaux (hydrothermalisme)
6) elle forme ainsi des gîtes métallifères dits porphyry copper → filon : fracture
minéralisée
Le magma est riche en nombreux métaux et minéraux et en eaux. En remontant à la
surface, les métaux vont être amenés avec la vapeur d’eau qui s’échappe et se déposer dans
des brèches créées lors de l’échappement de la vapeur.
Gisements et métaux associés aux porphyry copper
Distribution spécifiques des métaux lors de
l’échappement de la vapeur d’eau+minéraux
dans les fractures. Les éléments stables à plus
haute température vont se déposer
rapidement. Les éléments les plus volatiles
vont se déposer après beaucoup de
refroidissement. Ils sont très mobile à basse
température, et s’évaporent à basse
température. → Distribution des éléments
selon leur point de solidification/cristallisation
Manto : poches de minéraux cristallisé dans
des roches calcaires. Canalisation des vapeurs
d’eau et minéraux dans les couches calcaires.
On trouve un volcan érodé, et on commence à creuser. Problème : accumulation de tonnes
de matériaux pour un petit montant de minéraux. Des gaz dangereux vont se répandre.
Contexte sédimentaire
Exemple des banded iron formations (BIFs) ou formations ferrugineuses rubanées
Les BIFS résultent de la précipitation d’oxydes de fer (magnétite et hématite) au fond des
océans pendant l’ère précambrienne (de 3.5 à 1.8 Ga, milliard),. Ils constituent le type de
gisement principal de fer
Origine
→ On pense que les oxydes de fer se sont formés dans l’eau de mer au contact d’algues
bleues produisant de l’oxygène par photosynthèse, puis ont sédimentés au fond de la
mer
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• Pourquoi alternent-ils systématiquement en fins rubans avec des sédiments non ferreux?
→ Chaque bande (varve) correspondrait à l’activité saisonnière (été) des algues , en
hiver, les algues meurent, c’est elles qui se déposent au fond de l’eau cette fois.
• Pourquoi ces dépôts sont-ils limités au Précambrien?
→ Au Précambrien, l’oxygène est rare dans l’atmosphère et le fer ne serait oxydé qu’à
proximité d’une source directe d’oxygène (les algues…)
Exemple des placers
On appelle placer un dépôt de minéraux lourds
résultant de la concentration mécanique de
minéraux lourds dans un milieu fluviatile. Ils
constituent les gisements les plus riches d’or
(d=19.25) et de diamants (d=3.1-3.5)
C’est une accumulation de la fraction dense d'un
sédiment détritique (50% de débris), séparée par
densité au cours de son transport pendant un processus sédimentaire (lié à un cours d’eau)
Les matériaux roulent en bas des flancs et se déposent sur les flancs et au fil du temps et
des pluies, les matériaux vont être amenés dans la rivière
L’or est tellement dense qu’il va couler instantanément dans l’eau. On va aller chercher
dans les méandres, on peut trouver des minéraux lourds. Si la rivière est assez puissante,
ces éléments seront emmenés avec le courant, mais déposé si le courant ralenti car ils sont
très denses.
→ placers alluviaux sont des lieux où le cours d’eau n’est pas assez puissant pour emmener
les minéraux trop denses
Contexte métamorphique
Les gisements métallifères d’origine purement métamorphique sont rares et
volumétriquement insignifiants.
La plupart sont à l’interface entre métamorphisme et hydrothermalisme ou
métamorphisme et métasomatisme.
On appelle métasomatisme la transformation à l’état solide d’une roche (souvent un
calcaire) sous l’effet de fluides chauds. Il en résulte une roche de composition différente
riche en minéraux métallifères, le skarn
→ partie précédente, c’est où le calcaire interagit avec la vapeur d’eau minéralisée qui
s’échappe de la chambre magmatique cristallisante
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Contexte d’altération (latérite)
En climat tropical chaud et humide, les roches de surface sont altérées et lessivées, laissant
un résidu insoluble rouge meuble ou induré - la latérite - riche en oxydes et hydroxydes de
fer et parfois d’aluminium, en fonction du type de roche altérée. → eau de pluie chaude qui
altère la roche-mère et va lessiver les éléments solubles. Les insolubles (fer, surtout
aluminium) sont exposés à la surface.
Profil à travers une latérite
La roche mère (un gneiss, mais aussi n’importe quelle roche) est progressivement
désagrégée en un saprolite meuble, puis lessivée en une fine latérite indurée marron, le
tout sous un sol latéritique (Inde).
On va s’intéresser à d’autres éléments.
→pluie qui altère la roche-mère et va lessiver les éléments solubles. Les insolubles (fer,
aluminium) sont exposés à la surface.
Bauxites
Une latérite riche en aluminium est appelée bauxite (découverte en 1821 aux Baux de
Provence). De couleur rouge, blanche ou grise, la bauxite constitue le minerai d’aluminium
par excellence. → 50 à 60% d’aluminium. On ne trouve pas autant de concentration
d’aluminium ailleurs dans le monde.
Pisolites à la surface sous forme de boule, oxyde de fer. Processus de concentration
d'insolubles. Mais on ne va pas extraire ce fer.
Contexte d’altération –fer sidérolithique en Suisse
Au début de l’ère tertiaire (Eocène), notre région est immergée sous un climat tropical, les
calcaires mésozoïques sont latéritisés en un faciès dit sidérolithique ( formation d'argiles
rougeâtres à concrétions ferrugineuses dérivant d'anciens sols et pouvant être exploitée
pour le fer. R
iche en pisolites ferrugineuses. On trouve ce sidérolithique dans le Jura, les Alpes et les
rares calcaires du plateau suisse (région de Ferreyres, Goumoens Vd)
Exploitation du fer sidérolithique à Ferreyres
A Ferreyres (Vd), l’exploitation des pisolites ferrugineuses remonte au 4ème siècle avant J.C.
et a persisté jusqu’au 16ème siècle → c’est la surface qui était présente
Fours et scories découverts à Ferreyres
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Gîtes minéraux non-métallifères
On distingue trois grandes catégories:
• Les pierres précieuses et semi-précieuses (diamant, rubis, saphir, émeraude)
• Les dépôts sédimentaires (sel, gypse, apatite, …)
• Les matériaux pierreux (marbre, granite, calcaire, sable, graviers, …)
Pierres précieuses – exemple du diamant
Rappel : le diamant est le polymorphe de haute pression du carbone. Peut cristalliser dans
un manteau lithosphérique relativement « froid » et épais (sous d’anciens continents
(Afrique, Canada) caractérisé par un géotherme continental faible)
• Les anciens continents (cratons) sont caractérisés par un gradient géothermique très
faible, leur lithosphère est souvent épaisse et relativement froide.
• Les diamants sont entraînés en surface par des magmas kimberlitiques d’origine très
profonde
1) Métasomatisme (altération chimique par des fluides) de la roche par des fluides
CHONS. Température et pression suffisante pour la formation des diamants (si pas
assez ça reste des graphites). Ils restent dans la lithosphère jusqu’à ce que du magma
kimberlite arrive
2) emporté par le magma kimberlite, très rapide et fracturant la roche
hydrauliquement
3) arrivé en surface à travers des cheminées volcaniques en forme de carotte ou
diatrème, produits d’explosion (pyroclastes) plus que de lave
Exploitation des gisements primaires de diamant
La teneur en diamant des kimberlites est de l’ordre de 0.004 à 2g/tonne! On creuse donc
beaucoup pour peu de résultats! Le Big Hole de Kimberley est le trou le plus profond jamais
creusé par l’homme (800m). 22 millions de tonnes de kimberlite ont été excavées
produisant 2722 kg de diamants
Exploitation des placers de diamant
Le diamant étant dense (3.5) et quasi indestructible, il va se concentrer comme l’or dans les
placers des sédiments fluviatiles et des sables côtiers. Il devient dès lors aisément
exploitable.
Gisements minéraux non-métalliques sédimentaires
Une large gamme de minéraux non métalliques forment des gisements d’origine
sédimentaire ou d’altération, dont:
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• le gypse (CaSO4.2H2O) pour la fabrication de plâtre ([Link]. Bex en Suisse)
• le sel (NaCl) (Bex, Rheinfelden),
• les phosphates (Ca5(PO4)[Link])(dépôts de squelettes d’organismes marins) pour les
engrais ([Link]. Maroc, Tunisie)
• la calcite (CaCO3) pour les ciments et la chaux ([Link]. Eclépens)
Gisements de gypse et sel: les évaporites
Les gisements de sel résultent de la
diagenèse des évaporites, qui sont des
roches résultant de l’évaporation d’une
masse l’eau dont les ions précipitent sous
forme de sels en bord de mer, en lagune,
parfois en milieu continental aride.
Les sels se déposent suivant une séquence
bien précise avec la sursaturation croissante de l’eau
Matériaux pierreux
Ce type de ressources regroupe des roches consolidées ou meubles (sables, graviers) à
l’usage de la construction et de la décoration de bâtiments.
7.3 Ressources non minérales - pétrole et gaz
Le pétrole est une huile minérale constituée de molécules organiques complexes à base de
carbone, hydrogène, oxygène et azote (CHON). Il a une densité de 0.8 et flotte sur l’eau
Genèse du pétrole et du gaz
La matière organique (MO) d’origine terrigène + océanique
(plancton) représente 10 à 20% du volume des sédiments
1) Accumulation de matière organique dans des eaux
peu profondes (marais, océans) dans des conditions
anoxiques, donc décomposition impossible par les
bactéries aérobique (qui utilisent de l’oxygène) →
décomposition anaérobique (MO est dégradée en
kérogène par des bactéries qui prélèvent O et N pour
leur métabolisme).
→ Mélange avec des sédiments
2) Accumulation de couches sur la couche originelle, avec des résidus non décomposés
ou altérés → pression et température augmente, plus de décomposition anaérobique
10m sous la surface
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3) Fin de la diagenèse du kérogène (transformation de matériaux par dissolution et
reconstitution de leur constituents)
4) Enfouissement 1km sous la surface : T0 de 50 degrés→ catagénèse (réarrangement
des molécules et atomes du kérogène → dégradation thermique qui peut mener à la
création de gaz et pétrole → sédiments amenés avec la MO se transforment en
roches
→ C et H se recombinent en molécules d’hydrocarbures dont le méthane CH4 (ou
en anthracene)
5) Passage à la fenêtre à huile à partir de 1km, optimal 2,5km
6) à 4km, température trop haute → destruction du gaz et du pétrole/huile
7) Les gouttelettes d’hydrocarbures vont migrer hors de la roche-mère vers une
roche-réservoir perméable, entrainées par la circulation d’ eau souterraine
8) un gisement pourra se former si le pétrole est piégé dans la roche-réservoir par un «
couvercle » (roches) imperméable
⇒ il y a une stratification en densité entre eau, huile et gaz. Gaz et huile sont donc
associés dans les gisements pétrolifères. H + C plus léger que l’eau, tendance à
s’échapper vers l’atmosphère si il n’y a pas de roche perméable les bloquant
→ on parle de fenêtre à huile et fenêtre à gaz pour la gamme de conditions P et T favorables
aux hydrocarbures
Prospection sismique des réservoirs de pétrole-gaz
La sismique réflexion est la méthode principale des géophysiciens pour repérer des
gisements potentiels :
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● sur terre (onshore), à partir d’un choc ou de vibrations sonores ébranlant le sol, on
détecte par un réseau de géophones les échos réfléchis partiellement par les couches
géologiques. On obtient ainsi une échographie 2D de la structure des couches
prospectées.
● en mer (offshore), on produit l’onde sismique par air comprimé à haute pression et
on recueille les échos sur des hydrophones flottants (flûtes), la couche d’eau étant
considérée comme homogène
● Pour passer en sismique 3D, on multiplie les flûtes et les angles de production des
ondes sismiques pour permettre de construire des images du sous-sol en volume
⇒ Après la prospection, le forage est la seule méthode pour confirmer la présence
d’hydrocarbures. Forer consiste à percer l’écorce terrestre pour atteindre les zones
pétrolifères, au-delà de deux kilomètres.
Charbon, lignite et tourbe
• Le charbon est une roche carbonée issue de la
transformation de végétaux terrestres en milieu
continental ou côtier (lagune, grand marécage)
• les débris sont progressivement enfouis en milieu
anaérobie sous l’accumulation des sédiments. Les volatiles
(O, N, H) s’échappent et C se concentre progressivement
• Les débris sont enfouis en milieu anaérobiques sous
l’accumulation des sédiments. Les volatiles (O, N, H)
s’échappent et C est progressivement concentré. On parle
de tourbe dès 50% poids de C dans le dépôt et d’anthracite
dès 93%
• les grands gisements de charbon se sont formés durant la
période du Carbonifère (360 à 300 Ma) à partir de vastes
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forêts sous climat chaud et humide
7.4 Les ressources naturelles en Suisse
“La Suisse est un pays riche en mines pauvres” → Actuellement, les seules ressources
primaires non renouvelables exploitées en Suisse sont : calcaire, gneiss, gravier, sel
Exploitation historique en Suisse
Néolithique: • Exploitation du silex (p. ex. Pleigne, Jura), sédiments ferrugineux
(colorants), pyrite (feu), cristaux de quartz
Chalcolithique, âges du bronze et fer: • Exploitation de l’or dans des dépôts fluviatiles,
cuivre (GR)
Période romaine: • Exploitation du fer à Gonzen, Ferreyres, des calcaires à Neuchâtel et à
la Lance (VD), etc.
Il y a eu qql exploitations d’or, bcp de fer, qql de charbons, de sel, pétrole et gaz, et d’autres
matériaux mais en très petites quantités
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