Aide multicritère pour le pilotage de processus
Aide multicritère pour le pilotage de processus
UNIVERSITE DE SFAX
Faculté des Sciences Economiques et de Gestion
THÈSE
présentée par
pour l’obtention du
Rapporteurs :
T. LOUKIL, Professeur à l'université de Sfax
Y. DUCQ, Professeur à l'université de Bordeaux
Co-directeurs de thèse :
H. CHABCHOUB, Professeur à l'université de Sfax
A. EL MHAMEDI, Professeur à l'université Paris 8
S.-A. ADDOUCHE, Maître de conférences à l’université Paris 8
Remerciements
Une pensée très tendre et reconnaissante pour Sonda qui constitue une véritable
source d’amitié, sans laquelle je n’aurais sans doute jamais pu présenter ce travail.
2
Dédicaces
A m a f am ill e;
A m es am is ;
A m es ens eignant s…
3
Résumé
Résumé
Cette thèse propose des outils d’aide multicritère à la décision pour le pilotage d’un
processus basés sur la capitalisation des connaissances à travers la technique du
raisonnement à partir de cas (RàPC). Deux modèles ont été développés. Le premier
modèle, se basant sur des cas analogues passés, aide le pilote d’un processus à résoudre
un nouveau problème. Ceci étant en tenant compte aussi bien des relations de causalités
qui existent entre les indicateurs et les inducteurs de performance que des relations de
dépendance qui surgissent entre les différents critères. Le deuxième modèle est basé sur
une hybridation entre le RàPC et le clustering. Il cherche à améliorer les phases :
représentation des cas, recherche de cas similaires et maintenance de la base de cas du
cycle du RàPC. L’application d’une méthode de clustering représente une manière
d’arranger la base de cas afin de faciliter l’aide au pilotage.
Ces deux modèles ont été appliqués dans un cas industriel réel de fabrication
d’emballages en carton. Ils ont été aussi implémentés dans un prototype informatique
sous forme d’un Système Interactif d’Aide au Pilotage d’un Processus (SIAPP) à
travers des interfaces pour mieux valider leurs applications.
Mots clés
4
Abstract
Abstract
This thesis proposes tools of multicriteria decision aid for process piloting based on
the knowledge capitalization via the Case-Based Reasoning (CBR) technique. Two
models have been developed. The first model, using past similar cases, helps the pilot of
a process to resolve a new problem. This is done by taking into account causalities
relations which exist between performance inductors and indicators as well as
dependence relations between criteria. The second model is based on hybridization
between the CBR and the clustering. It tries to improve the phases: cases representation,
similar cases retrieval and case base maintenance of the CBR cycle. The application of a
clustering method represents a way of arranging the case base to facilitate the piloting
aid.
These two models can be executed in a complementarity relation. Indeed, the second
model based on clustering allows, at first, to form homogeneous groups including the
new case to look for its solution. Then, after obtaining the cluster containing the new
case with its similar cases, the first model will be activated to find the closest. However,
criteria used by these two models are quantitative. For that purpose, a linguistic
approach was used to apply non homogeneous data which can be numeric or linguistic.
These two models were applied in a real industrial case of cardboard packagings
manufacturing. They were also implemented in a computer prototype in the form of an
Interactive System of Process Piloting Aid (ISPPA) via interfaces to better validate their
applications.
Key words
5
Unité de recherche LOgistique, Gestion Industrielle et Qualité (LOGIQ)
6
Table des Matières
7
Table des Matières
8
Table des Matières
er
5.4. Mise en œuvre du 1 modèle d’aide au pilotage d’un processus ......................................... 171
5.4.1 Description du processus ............................................................................................ 172
5.4.2 Construction de la base de cas .................................................................................... 173
5.4.3 Nouvelle base de cas ................................................................................................... 174
5.4.4 Nouveau cas ................................................................................................................ 176
5.4.5 Calcul des capacités µ ................................................................................................. 179
5.4.6 Cas le plus similaire ..................................................................................................... 180
5.4.7 Maintenance de la base de cas ................................................................................... 182
ème
5.5. Mise en œuvre du 2 modèle d’aide au pilotage d’un processus ....................................... 184
5.5.1 Description du processus ............................................................................................ 184
5.5.2 Construction de la base de cas .................................................................................... 185
5.5.3 Nouvelle base de cas ................................................................................................... 185
5.5.4 Application de l’algorithme ......................................................................................... 187
5.6. Conclusion ............................................................................................................................. 189
Conclusion Générale .......................................................................................................................... 190
9
Liste des Figures
10
Table des Tableaux
11
Introduction Générale
Introduction Générale
Depuis le début de l’ère industrielle, toute entreprise se fixe des objectifs, puis
évalue sa performance en mesurant le degré d’atteinte de ces objectifs afin de mener les
actions de correction ou d’amélioration. Ceci se fait grâce à des indicateurs tout d’abord
financiers, concernent aujourd’hui également la qualité, le délai, la flexibilité,
l’innovation, etc. En conséquence, le pilotage n’est plus réduit au contrôle de gestion
car il intègre l’aspect multicritère de la performance tout en tenant compte de son
amélioration permanente.
12
Introduction Générale
apprentissage. L’application du RàPC nécessite une base de cas où chaque cas est décrit
par des attributs ou des critères qui le caractérisent et par la solution qui en résulte. Il
faut aussi se baser sur des mesures de similarités pour sélectionner les cas les plus
proches au nouveau cas se présentant à la base afin de le résoudre. Cependant, toutes les
méthodes dédiées au RàPC considèrent des attributs ayant la même importance ou bien
accordent des poids à ces attributs d’une façon totalement subjective. Ainsi, cette
technique du RàPC a elle-même besoin de se rapprocher à l’AMCD pour déterminer les
poids des différents critères. Ces poids serviront à la recherche de cas similaires au
nouveau cas afin de déterminer sa solution.
- des relations de causalités qui existent entre les indicateurs et les inducteurs de
performance. Pour ce faire, nous nous sommes inspirés des travaux de Addouche et
al. (2005) qui ont exploité la théorie de l’information pour fournir une méthode
entropique d’analyse causale entre inducteurs et indicateurs de performance.
- des relations de dépendance qui surgissent entre les différents critères. Pour cela,
l’intégrale de Choquet 2-additive a été utilisée pour déterminer les poids des critères
13
Introduction Générale
Le chapitre 4 relâche l’hypothèse d’utiliser que des données quantitatives par nos
deux modèles d’aide au pilotage d’un processus développés précédemment. En fait,
dans le monde réel, les pilotes de processus peuvent parfois fournir des données sous
une forme qualitative. C’est pour cette raison que ce chapitre s’est attaché à présenter
l’approche linguistique et plus précisément le modèle de représentation linguistique flou
avec les 2-tuples afin de transformer les données qualitatives en des valeurs numériques.
14
Introduction Générale
du fait qu’il tient compte des interactions mutuelles qui peuvent surgir entre les
différents critères.
Chapitre 1 :
Pilotage de processus
Etat de l’art
Chapitre 2 :
Aide multicritère à la décision
Chapitre 3 :
Un modèle d’aide au pilotage d’un
processus basé sur le RàPC
Chapitre 4 :
Modélisation Aide au pilotage d’un processus :
et application extension aux critères linguistiques
Chapitre 5 :
Application réelle et implémentation
15
Pilotage de processus
Chapitre 1 :
Pilotage de processus
16
Pilotage de processus
1.1. Introduction
Pendant les trente glorieuses de 1945 à 1975, l’entreprise était pilotée selon les
principes du contrôle de gestion (Bouquin, 2001). Le but étant de « décrire la
performance et proposer les moyens de son amélioration » (Savall et Zardet, 1992).
Dans ce contexte, la performance globale était considérée comme étant la somme des
performances locales.
Quand à la période qui s’étend de 1975 à la fin des années 80 pendant laquelle
l’offre équilibre puis dépasse la demande, l’entreprise était pilotée en tant qu’un
système. Ceci est justifié par la multitude d’interactions qui existent entre les entités de
l’entreprise (fonctions, activités, ressources humaines et matérielles). Ainsi, il est
devenu indispensable de l’appréhender dans sa globalité afin d’améliorer sa
performance. Dans ce cadre, il n’est plus question de réduire les coûts seulement mais
aussi d’augmenter la valeur. Cela a rendu les indicateurs de performance incomplets et
a conduit à la mise en place d’indicateurs techniques (disponibilité, délai, qualité, etc.).
Dans ce cadre, plusieurs travaux ont été menés pour tenir compte des différents types
d’indicateurs dans l’évaluation de la performance d’une entreprise (Dhouib et
Chabchoub, 2006).
Mes travaux de thèse s’inscrivent dans le cadre de pilotage de processus qui fera
l’objet de ce chapitre. Ce dernier présente, en premier lieu, le pilotage industriel en
exposant ses fondements, précisant les relations pilotage/indicateurs et
pilotage/inducteurs et en présentant un état de l’art sur les méthodes de pilotage de
processus. Il aborde, en second lieu, le concept de processus en le définissant, montrant
ses différents types ainsi que les différentes méthodes de représentation des processus.
En troisième lieu, le raisonnement à partir de cas est abordé pour apporter les éléments
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Pilotage de processus
La notion de pilotage trouve ses fondements dans des domaines tels que la
cybernétique, l’automatique et le contrôle de gestion (Clivillé, 2004). Pour l’entreprise,
le système de production piloté comprend toutes les activités responsables de la
transformation des produits et services. Ainsi, il renferme l’ensemble des moyens et
flux qui établissent les plans d’action. Ces derniers représentent les actions à mener et
les moyens nécessaires pour atteindre les objectifs quantitatifs et qualitatifs d’une unité
de travail.
Selon Mélèse (1991) qui est considéré parmi les premiers à proposer ce point de
vue, le pilotage regroupe des opérations sur deux niveaux :
« La régulation : c’est une opération qui consiste à réduire les écarts entre valeurs
visées et réalisées des variables essentielles en jouant sur certaines variables d’action
à divers niveaux ».
« Le contrôle : c’est une opération qui consiste à fixer la valeur visée de chaque
variable essentielle et simultanément les valeurs des variables d’action
correspondantes ».
Mévellec (1996) conclut que l’entreprise n’est pas pilotée par les produits qu’elles
offrent mais par les méthodes pour les produire. D’un point de vue économique, le
pilotage est à caractère stratégique. Il autorise la remise en cause des processus (AFGI,
1992) tout en exploitant les moyens disponibles pour l’amélioration de la performance.
18
Pilotage de processus
Cette amélioration consiste, d’une part, à mieux atteindre un objectif existant et d’autre
part, à atteindre un nouvel objectif.
Le pilotage technique est le pilotage des moyens de production, il est détaillé sur
cinq niveaux qui partent du long terme et arrivent au temps réel : planification,
programmation, ordonnancement, conduite et commande (Trenteseaux, 1996). Il
intervient au niveau des processus et permet leur maîtrise (gestion des aléas) et leur
amélioration (suppression des gaspillages, optimisation). Le système physique en
question regroupe les ateliers, les lignes de production, les processus opérationnels, etc.
Les objectifs à atteindre concernent surtout la quantité, le délai et la qualité. Grabot et
al. (1996) assimile le rôle du pilotage d’atelier à celui de la régulation. En effet, il
rassemble l’ensemble des activités permettant la production à court terme dans l’atelier
tout en respectant les objectifs établis par la gestion de production, tout en adaptant
cette production aux aléas pouvant survenir au niveau de l’atelier ou de son
environnement.
Dans une vision plus large, l’AFGI (1992) considère le pilotage comme étant « un
mécanisme multi-niveau, hiérarchisé (chaque niveau cadrant le suivant) et bouclé
(répercussion et correction des écarts). Ces niveaux, qui ne sont pas à confondre avec
les niveaux hiérarchiques de l’organigramme de l’entreprise, sont chacun caractérisés
par leur horizon (visibilité), leur période (réactualisation) et leur maille (résolution).
Niveau par niveau, le processus consiste -par cadrages successifs- à préparer
formellement, progressivement, en cohérence et avec une exécutabilité croissante les
conditions de la réalisation pour se terminer par l’émission d’ordres exécutoires vers le
processus physique. Il est fait de comparaisons, d’itérations, de simulation,…Pour
atteindre les objectifs fixés, la pilotage nécessite entre autres des moyens de mesure et
d’évaluation (indicateurs ou cadrans) et des moyens d’action (variables de décision ou
leviers) ».
Dans le même ordre d’idées, Lorino (2001) affirme que « piloter c’est définir et
mettre en œuvre des méthodes qui permettent d’apprendre ensemble à agir de manière
performante et de plus en plus performante ». Ceci renvoie à deux fonctions
complémentaires :
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Pilotage de processus
Décision
Information
Centre de décision
Système physique
Coordination
20
Pilotage de processus
Piloter, c’est réagir : l’entreprise doit pouvoir capitaliser ses résultats afin d’actualiser
ses prévisions.
21
Pilotage de processus
Etant donné que le pilotage englobe tous les moyens et flux nécessaires pour la mise
en œuvre des plans d’actions en fonction des objectifs et des performances du système
piloté, il est fondamental de concevoir un système d’indicateurs de performance. En
effet, les indicateurs permettent de fournir des informations sur l’état du système piloté.
Leur rôle réside donc à aider à la transformation d’un plan d’action selon un objectif
global. Dans ce paragraphe, après avoir défini le système d’indicateurs de performance,
nous passons à cerner son rôle dans le pilotage.
Une fonction prospective : soit il s’agit de mener une action en cours ; on parle alors
d’indicateur de processus ou de pilotage, généralement exploité par l’acteur lui-même
pour ses propres décisions.
22
Pilotage de processus
m est la valeur réalisée d’un indicateur dans un cas qui traduit l’état atteint par tout
ou partie du processus.
v est le Taux de pénurie. C’est une variable numérique dont l’unité est en % et
l’intervalle dans lequel elle se trouve est [0, 20].
o est égal à 2 %.
m est égale à 4 %.
Face à des indicateurs multiples, joints par différents types de liens et évitant toute
sorte de contradiction entre les différentes actions menées, il est évident de les
concevoir en tant qu’un système. La finalité de ce système est sans doute l’aide au
pilotage.
23
Pilotage de processus
Exemple 2. Inspirés des exemples fournis par Clivillé (2004), soit l’objectif global,
Variables vi
Objectif oi Mesures mi
vi Type Unité Domaine
Une expression de performance p est obtenue par une comparaison entre la mesure
m et l’objectif o. Elle se traduit généralement par une relation analytique simple
(différence, ratio, etc.). Par exemple, les trois indicateurs précédents élaborent les
expressions de performance suivantes :
4 m1 4 2 .5
p1 :: Changement de série = 0 . 75
o1 2
24
Pilotage de processus
Les inducteurs de performance représentent les éléments ayant une influence sur la
performance d’une activité ou de tout un processus. Dans une démarche d’aide à la
décision, ceux sont les variables d’action sur lesquelles on peut agir et décider afin de
faire évoluer le processus et mieux atteindre l’objectif.
Parmi l’ensemble des facteurs sur lesquels on peut agir pour entreprendre les actions
nécessaires, il faut ensuite choisir ceux qui sont les plus influents par rapport à l’atteinte
des objectifs et qui seront aussi les plus faciles et les moins coûteux à mettre en œuvre.
25
Pilotage de processus
Ce seront les facteurs clés de progrès pour ce processus à un moment donné et sur un
horizon donné. Il est préférable que le nombre soit réduit à trois ou quatre pour éviter la
dispersion des efforts.
Exemple 3. Inspiré des travaux d’Addouche et al. (2005), prenons l’exemple d’un
processus de désassemblage d’un véhicule hors d’usage (VHU) où un des indicateurs de
performance est le taux de valorisation IP1 (la masse valorisée sur la masse d’un
véhicule). A chaque constituant d’un VHU, correspond un taux de valorisation en
fonction de sa destination fin de vie. Le but est d’atteindre un seuil global de
valorisation (de tout le VHU) préétabli par les normes environnementales européennes.
Dans ce cas, IP1 = ip 12 qui est la proposition « taux atteint ». Dans le cas contraire, IP1 =
1
ip 1 qui est la proposition inverse.
Addouche et al. (2005) ont montré que les inducteurs id 1 :: " MDP désactivée " et
2
id 2 :: " ré affectatio n activée "
influent sur l’atteinte de la performance
2
ip 1 :: " taux atte int" .
Dans cette section, nous distinguons trois types de méthodes de pilotage. Ces
méthodes sont classées selon que l’entreprise soit pilotée par un seul indicateur qui est
le plus souvent le coût, par des indicateurs multiples ou par des indicateurs et des
inducteurs en relations de causalités.
26
Pilotage de processus
L’entreprise était pilotée grâce aux outils utilisés par le contrôle de gestion tels que
la comptabilité générale, la comptabilité analytique, les tableaux de bord, etc. Ensuite,
la méthode ABC (Activity Based Costing) est apparue comme une réponse à
l’inadaptation du calcul des coûts (Cooper et Kaplan, 1988). En effet, les coûts des
activités « indirectes » sont imputés en fonction de la consommation de ressources. Ceci
permet de mieux cerner les actions à entreprendre vu la connaissance du coût réel des
activités. Aussi, certains auteurs ont proposé d’intégrer la performance technique dans
des tableaux de bord financiers afin de calculer une performance globale. Boucly
(1988) a développé une méthode de « coûts de non efficacité des équipements » qui
donne les conséquences - en termes de coûts - financières directes et indirectes pour
l’entreprise de toute heure de production gaspillée. Alors que Savall et Zardet (1989) a
proposé la méthode des « coûts et performances cachés » qui chiffre les coûts indirects
dus à tous les dysfonctionnements de l’entreprise (accident, absentéisme, turn-over,
baisse de productivité, non qualité).
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Pilotage de processus
Addouche et al. (2005) ont proposé une démarche de pilotage qui combine les
indicateurs et les inducteurs de performance en modélisant les relations de causalités
entre eux. Cette démarche distingue trois phases qui permettent d’effectuer des
statistiques sur les différentes décisions et performances d’un processus d’entreprise.
Cela sert à l’analyse des causalités entre inducteurs et indicateurs et permet la mise à
jour de la base de règles d’un système interactif d’aide à la décision pour l’élaboration
de plans d’action. L’auteur a développé un formalisme mathématique pour la mesure du
degré de confiance eu le lien entre les indicateurs et les inducteurs. Il a montré comment
ce formalisme peut représenter un outil d’analyse et d’identification des « causalités
émergentes » qui ne peuvent pas être discernées en raison de la complexité et du
nombre de niveaux hiérarchiques des indicateurs.
Les objectifs qu’on souhaite atteindre. Ces objectifs doivent être définis en
cohérence avec les inducteurs et les indicateurs de performance afin de bien
décrire les actions à mener et les moyens nécessaires pour les atteindre. En effet,
le pilotage identifie les inducteurs adéquats, suivis par certains indicateurs, pour
agir conformément à un objectif défini. Par exemple, pour garantir un délai
court, les inducteurs sont l’ordonnancement et le niveau de stocks, la fiabilité
des équipements, la flexibilité en capacité…chacun d’entre eux étant suivi par
un indicateur (Ternisien, 2001).
Les relations de causalités entre les inducteurs et les indicateurs de performance.
Les relations de dépendance entre les indicateurs.
28
Pilotage de processus
Lorsque l’on veut évaluer la performance, nous dit Lebas (1995), « il faut prendre
en compte tous les maillons de la chaîne événementielle et toutes les étapes de cette
chaîne…Ce qui est important, c’est la manière d’organiser les processus
organisationnels et leur impact sur la prise de décision et sur la motivation convergente
de personnels de tous niveaux ». L’évaluation de la performance des processus s’avère
primordiale pour garantir l’amélioration continue de la performance (Dhouib et al.,
2007 b).
L’approche processus s’appuie sur une identification méthodique des processus qui
met en relief :
Les interactions et articulation entre chacun d’eux, entre processus mais aussi à
l’intérieur d’un processus.
Piloter en orientant les activités selon les objectifs globaux définis par la stratégie de
l’entreprise.
29
Pilotage de processus
Nos contributions dans cette thèse visent un processus donné pour offrir à son pilote
des outils concrets d’aide au pilotage. Mais, ce que nous proposons comme modèles à
appliquer au sein d’un processus peuvent être généralisés pour l’ensemble des
processus tout en tenant compte des différentes interactions qui peuvent surgir entre
eux.
Nous retenons qu’un processus est un ensemble d’activités qui interagissent entre
eux pour atteindre un ou plusieurs objectifs définis à priori. Pour ce faire, un ensemble
d’inducteurs et d’indicateurs de performance est mis en œuvre pour le faire promouvoir
vers l’amélioration continue.
30
Pilotage de processus
Les méthodes proposées dans la littérature reprennent les principes posés par Le
Moigne (1977) qui a distingué le système Opérant, le système d’Information et le
système de Décision. Ainsi, trouve-t-on par exemple :
31
Pilotage de processus
IDEF0: IDEF0 est issue de la méthode SADT. Elle est utilisée pour décrire les aspects
fonctionnels d’un système. C'est une méthode conçue dans le but de modéliser les
décisions, les actions et les activités d'un système.
IDEF3: c’est une méthode spécialement conçue pour la modélisation des séquences
d'activités ou de processus.
32
Pilotage de processus
UEML (Unified Entreprise Modelling Language): c’est un projet financé par l’union
européenne afin de créer un groupe de travail UEML visant à :
- faciliter l’interopérabilité entre outils de modélisation d’entreprise en créant un
langage unifié de modélisation d’entreprise en terme d’un ensemble de concepts de
bases,
- construire un démonstrateur,
- préparer le lancement d’un projet pour définir, implémenter, étendre un UEML
complet.
33
Pilotage de processus
Certes, le choix de telle méthode dépend de la finalité identifiée qui peut être:
1. Représentation graphique des processus avec des outils simples à des fins de
documentation ou de communication.
2. Optimisation, simulation et gestion de l’évolution des processus.
3. Implémentation, exécution, intégration et synchronisation des processus.
Dans notre cadre d’étude, l’aide au pilotage d’un processus débute par l’utilisation
de l’une des méthodes de modélisation afin de le décrire, représenter sa structure et son
fonctionnement, en vue d’une meilleure compréhension du système. A cet effet, les
méthodes les plus appropriées sont : ARIS, SCOR, EPRE et la famille IDEF qui
proposent de représenter les modèles de l’entreprise centrés autour des processus mis en
œuvre par cette dernière.
34
Pilotage de processus
En effet, la fluctuation et le départ des experts engendrent une perte de savoir et savoir
faire, que les entreprises cherchent à pallier par une démarche de gestion de
connaissances. L’expertise capitalisée sera donc à la base de la conception de notre outil
d’aide à la décision. Sa conception passe par la modélisation des connaissances qui se
décline par un modèle de représentation associé à un modèle de résolution de
problèmes. Ce système utilise la méthodologie du raisonnement à partir de cas.
Dans ce qui suit, il sera introduit la capitalisation des connaissances dans une
première partie en fournissant un cycle de capitalisation des connaissances et en
définissant la notion de mémoire d’entreprise. La deuxième partie sera consacrée à
développer le raisonnement à partir de cas en présentant, ses principes fondamentaux,
détaillant son cycle de déroulement et exposant les principaux projets qui s’y fondent.
35
Pilotage de processus
Nous optons pour le cycle proposé par Grundstein (2000) vu son adéquation avec
nos objectifs (voir figure 3). Ce cycle est composé de quatre phases :
Manager Repérer
Acquérir Evaluer
Modéliser Connaissances Mettre à jour
Préserver Actualiser
Formaliser cruciales Standardiser
Conserver Enrichir
Accéder
Diffuser
Partager
Exploiter
Combiner
Créer
Valoriser
36
Pilotage de processus
37
Pilotage de processus
Le RàPC est l’objet d’un intérêt grandissant, tant de la part des chercheurs que des
praticiens. Il a pris un essor important au cours de la dernière décennie grâce à de
nombreuses applications commerciales qui se sont avérées fructueuses (voir tableau 3).
C’est un paradigme de raisonnement qui consiste à résoudre des problèmes à partir des
expériences passées en réutilisant les solutions des problèmes passés (Leake, 1996).
Ceci se fait en retrouvant des cas analogues dans sa base de connaissances et en les
adaptant au cas considéré. Le RàPC appartient à deux types de communautés : les
sciences cognitives qui tendent à modéliser les connaissances, les expériences et le
raisonnement d’un être humain et les systèmes d’intelligence artificielle qui adoptent le
raisonnement humain pour l’apprendre aux machines automatiques artificielles.
Parce qu’elle repose sur l’expérience, nous faisons généralement recours à cette
méthode lorsque le domaine étudié est peu formalisable ou les problèmes ne sont pas
bien compris. La méthode est aussi intéressante lorsque différents points de vue sont en
compétition, et où les experts eux-mêmes utilisent des cas concrets dans leur
argumentation, dans l’enseignement, dans l’explication et dans la planification. Notre
étude commence, tout d’abord, par un historique. Elle présente, ensuite, les différentes
terminologies liées au RàPC. Puis, elle expose des modèles de RàPC. Enfin, elle aborde
certaines typologies.
[Link] Historique
Les travaux initiaux sur le RàPC remontent aux expériences de Schank (1982). Ce
dernier considère le processus de compréhension comme un processus d’explication qui
s’applique d’une manière itérative (Mille, 1999). Il a développé la théorie de la
mémoire dynamique selon laquelle les processus cognitifs de compréhension, de
mémorisation et d’apprentissage utilisent une même structure de mémoire connue
comme « Memory Organisation Packets » (MOP). Selon lui, la mémoire dynamique est
un réseau dense d’expérience au degré de généralité varié représenté à l’aide de
schémas de représentation de connaissances tels que des graphes conceptuels et des
scripts. R. Schank est considéré comme l’auteur du terme « Case-Based Reasoning ».
38
Pilotage de processus
Anderson (1983) a prouvé que les individus utilisent les cas passés comme des
modèles lorsqu’il s’agit d’apprendre à résoudre des problèmes, en particulier au début
de l’apprentissage. Kolodner (1983) indique qu’il y a des résultats montrant que
l’utilisation de cas passés est une méthode prédominante de résolution de cas chez les
experts. Souvent, le RàPC et le raisonnement par analogie sont utilisés comme des
synonymes. Le raisonnement par analogie consiste à appliquer, moyennant adaptation,
les connaissances d’un domaine connu, pour un domaine où les connaissances sont
insuffisantes. Le RàPC peut être considéré comme un raisonnement par analogie intra-
domaine. Il est basé sur l’hypothèse que des problèmes similaires d’un même domaine
ont des solutions similaires.
Les recherches dans le domaine du RàPC ont vu le jour aux Etats-Unis, notamment
avec les conférences « DARPA » qui ont débuté en 1988 (Kolodner, 1988). Elles se sont
répandues en Europe à partir de 1993 à Kaiserslautern (Richter et al., 1993). C’est grâce
au livre de Janet Kolodner (Kolodner, 1993) que cette méthode s’est imposée à un large
publique. Elle a développé le premier système nommé CYRUS qui a implémenté le
modèle de la mémoire dynamique de R. Schank.
39
Pilotage de processus
Cette approche souligne une collection de cas en tant qu’une mémoire large et
raisonne comme un processus d’accès et de recherche dans cette mémoire.
L’organisation de mémoire est au centre des méthodes à base de cas. La parallèlisation
entre méthodes de recherche et méthodes d’accès est une caractéristique de ces
méthodes et distingue cette approche des autres. Les méthodes d’accès et de stockage
peuvent se fonder sur des critères purement syntaxiques comme elles peuvent tenter
d’utiliser la connaissance générale du domaine.
Bien que le RàPC soit employé comme terme générique, les méthodes de RàPC
typiques ont certaines caractéristiques qui les distinguent des autres approches
énumérées ici. En effet, un cas typique est toujours assumé d’avoir un certain degré de
richesse et une certaine complexité en ce qui concerne son organisation interne. Ainsi,
un vecteur de facteurs ayant quelques valeurs et une classe de correspondance n’est pas
ce que nous pouvons appeler une description typique de cas. En plus, avec ces
méthodes à base de cas typiques, une solution recherchée peut être modifiée ou adaptée
une fois qu’ elle est appliquée dans un contexte différent de résolution de problèmes.
40
Pilotage de processus
Ce terme est souvent utilisé pour caractériser les méthodes qui résolvent de
nouveaux problèmes basés sur des cas passés de domaines différents. Il est donc
concerné par des mécanismes pour l’identification et l’utilisation des analogies inter-
domaines. L’intérêt de la méthode est de trouver une manière de transférer la solution
d’un analogue identifié appelé source ou base au problème actuel appelé cible.
Pour la suite de notre thèse, nous retenons le terme RàPC comme terme générique qui
couvre les différents termes définis ci-dessus.
Les modèles pour le RàPC peuvent être regroupés en trois familles : structurelle,
conversationnelle et textuelle (Lamontagne et Lapalme, 2002).
Modèle structurel
Figure 4. Exemple de structuration d’un cas en RàPC structurel (Lamontagne et Lapalme, 2002)
41
Pilotage de processus
Modèle conversationnel
Un problème : il est présenté par une brève description textuelle de quelques lignes.
Une série de questions et de réponses : le problème est aussi décrit par des index,
exprimés sous forme de questions. A chaque question est accordé un poids reflétant son
importance par rapport au cas.
Une action : elle représente une description textuelle de la solution à mener pour ce
problème. Cette description est ouverte, elle n’est pas structurée (« free text »).
Modèle textuel
42
Pilotage de processus
structurés si le texte est représenté par plusieurs portions étiquetées par des descripteurs
tels que « problème », « solution », etc. Ainsi, un cas textuel semi-structuré est un cas
dont un sous-ensemble de ses attributs est textuel. La représentation textuelle des cas
peut être une finalité en soi, par exemple, obtenir le texte d’un jugement légal qui
servira de jurisprudence à une nouvelle cause. Elle permet aussi de décrire une situation
et une solution difficilement codifiées par un schéma de représentation de
connaissances.
Les modèles et méthodes des systèmes de RàPC doivent être adéquats au domaine
ou application auxquels ils s’appliquent. Bichindaritz (1994) distingue deux classes
d’application pour les systèmes de RàPC :
43
Pilotage de processus
La distinction présentée par Althoff (2001) porte sur les applications de type
classification, diagnostic, aide à la décision et gestion des connaissances :
A la lumière de ces quatre niveaux hiérarchiques, nous précisons que le RàPC sera
utilisé dans notre thèse comme un système d’aide à la décision afin de parvenir aux
meilleures actions à entreprendre au sein d’un processus. Certes, certaines
connaissances particulières s’avèrent utiles pour la mise en œuvre d’un outil d’aide à la
décision basé sur le RàPC. Les différentes connaissances (« Knowledge
containers ») utilisées par un système de RàPC sont regroupées en quatre catégories
(Richter, 1995) illustrées dans la figure 6.
44
Pilotage de processus
Base de cas : l’ensemble des expériences forme une base de cas. Les cas seront
exploités dans les étapes futures du RàPC.
Les modèles quantitatifs qui essaient de déterminer les poids des critères des différents
cas de la base.
Les modèles qualitatifs qui tirent leur profit des connaissances des experts et des
méthodes de raisonnement fondées sur des règles de production.
L’approche RàPC peut être considérée comme une voie intermédiaire entre les
méthodes qualitatives et les méthodes quantitatives (Colloc et Bouzidi, 2001). En effet,
les méthodes quantitatives permettent au RàPC de sélectionner automatiquement les
meilleures caractéristiques pour indexer correctement les cas passés résolus. Et les
méthodes qualitatives permettent de représenter l’expérience acquise suite à la
résolution de cas antérieurs.
45
Pilotage de processus
Ces modèles de décision peuvent aussi être traités d’un autre point de vue, celui des
méthodes d’apprentissage employées et regroupées aussi en deux catégories. La
première correspond à l’apprentissage supervisé où la bonne solution est fournie par un
ou plusieurs experts. La deuxième correspond à l’apprentissage non-supervisé où le
système détermine lui-même les caractéristiques pertinentes pour représenter la
situation en question.
Sources de connaissances
Connaissances
d’interprétation
Connaissances
de résolution
46
Pilotage de processus
Problème
Recherche
Anciens cas
Solution Révision
validée
Solution
adaptée
Solution
Figure 7. Principales étapes dans le processus d’un système de raisonnement à partir de cas
Dans la littérature, le cycle de RàPC est décomposé en trois, quatre ou cinq phases.
Fuchs et al. (2006) distingue les étapes de recherche de cas similaires, adaptation et
apprentissage. Aamodt et Plaza (1994) ajoute la phase de révision entre les phases
adaptation et apprentissage. Mille (1999) à son tour, complète le processus en ajoutant
l’étape de représentation de cas dans une base de cas (voir figure 7).
Nous décrivons ci-dessous les cinq phases du RàPC tout en présentant certaines
méthodes utilisées dans chaque phase.
47
Pilotage de processus
Structure d’un cas : Un cas représente une expérience décrite par un ensemble de
conjonctions de descripteurs qui peuvent être de différents types d’informations :
La description du problème.
La solution et les étapes qui y ont mené.
Le résultat de l’évaluation.
L’explication des échecs.
Selon Fuchs et al. (2006), un cas est la description informatique d’un épisode de
résolution de problème. Généralement, il prend la forme d’une liste de couples attribut-
valeur. Chaque couple désigne une caractéristique. Certains types peuvent marquer les
attributs à savoir :
48
Pilotage de processus
49
Pilotage de processus
Racine
Hiérarchie
Prototype Prototype Prototype
de
prototypes
Prototype Prototype
Arbre de
décision
Cas
Modèle dynamique : ce modèle a été fondé par Robert Schank et Janet Kolodner. Dans
ce modèle, la mémoire de cas a une structure hiérarchique appelée épisode généralisé et
désignée aussi sous le nom « Memory Organisation Packets » (MOP). L’idée consiste à
regrouper les cas spécifiques qui partagent des propriétés semblables dans une structure
plus générale (un épisode généralisé). Ils contiennent trois types d’objets (voir figure 9).
Le premier est représenté par les normes qui sont les caractéristiques communes à
chacun des cas indexés sous l’épisode généralisé. Le second correspond aux index qui
sont les éléments discriminant les cas contenus dans l’épisode généralisé. Un index
possède deux champs : son nom et sa valeur. Il peut guider à un autre épisode ou
simplement à un cas. Le troisième représente la connaissance du système. C’est par
l’intermédiaire d’index que nous pouvons accéder aux différents cas.
50
Pilotage de processus
Episode généralisé 1
Episode généralisé 2
Cas1 Cas 2
Norme de 1 3 4 5
Les épisodes généralisés sont principalement des structures d’indexation. Les normes
représentent une connaissance générale des cas sous-jacents. Les couples index-valeur
définissent les spécificités. Le schéma d’indexation est redondant vu qu’il y a de
multiples chemins à un épisode généralisé. La recherche des cas similaires commence à
partir du nœud racine. Nous cherchons d’abord l’épisode généralisé qui a le plus de
caractéristiques en commun avec le problème courant.
Nous parcourons ensuite les index pour sélectionner le couple index - valeur le plus
similaire avec le problème. Avec ce couple, ou bien nous atteignons un autre épisode
généralisé et donc le processus sera déclenché de nouveau, ou bien nous obtenons un
cas similaire au problème posé. Le nouveau cas décrit à son tour par un couple index -
valeur sera ajouté à l’épisode généralisé. S’il existe déjà un cas possédant le même
couple, un nouvel épisode généralisé, contenant ces deux cas, sera crée. A cet effet, ce
processus d’indexation peut mener à une croissance exponentielle du nombre d’index
51
Pilotage de processus
par rapport au nombre de cas. Il sera donc nécessaire d’imposer certaines limites dans le
choix des index.
Catégorie 1
Différence Caractéristique 1
Exemple 1 Exemple 2
Différence Caractéristique 2
Caractéristique 3
Figure 10. Modèle à base de catégories
Nous constatons que l’organisation de la mémoire est une étape très importante vu
qu’elle conditionne les autres étapes du RàPC. Mille et al., (1996) affirment qu’il faut
avoir un équilibre entre les méthodes de stockage de cas et les méthodes d’accès aux
cas appropriés.
52
Pilotage de processus
nombre de cas utilisés dans la recherche. Il existe différents algorithmes mais ceux-ci
dépendent du type de représentation des cas abordé. La sélection se fait à partir de
l’ensemble de cas obtenus dans l’étape de filtrage. Elle s’appuie sur des mesures de
similarité qui permettent de mesurer la similarité entre le problème posé et les cas
candidats. L’objectif de ces mesures de similarité est de chercher dans la base de cas le
cas le plus proche du problème actuel, d’où, la notion de degré de similarité
correspondant à la fonction d’utilité/adaptabilité de la solution
Les mesures de similarité peuvent être locales ou globales. Elles sont locales lorsque
les mesures sont relatives aux caractéristiques de cas. Elles s’inspirent généralement de
la notion de distance et dépendent du type de descripteur qu’il soit numérique,
symbolique ou taxonomique :
a b
Numérique : sim (a, b) = 1- où range est la valeur absolue de la
range
1 si a b
Symbolique : sim (a, b) = 0 si a b
h ( commonnode ( a , b ))
Taxonomique : sim (a, b) = où h est le nombre de
min ( h ( a ), h ( b ))
Le Bozec et al. (2000) distingue entre la similarité de surface qui ne tient compte
que des attributs des cas et la similarité structurelle qui tient compte des relations entre
les attributs correspondants. Les mesures globales sont les mesures relatives aux cas. Il
s’agit d’agréger les similarités locales afin de trouver une similarité globale. Plusieurs
mesures peuvent être utilisées dans différents domaines, telles que :
n
1
n 2
1 2
- Mesure euclidienne: sim (a, b) = sim i ( a i , b i )
n i 1
1
n r
1 r
- Mesure de Minkowski : sim (a, b) = sim i ( a i , b i )
n i 1
53
Pilotage de processus
La recherche de cas similaires peut être effectuée par plusieurs algorithmes dont les
plus importants sont :
Recherche basée sur la structure (template retrieval) : elle s’inspire des requêtes SQL
où l’algorithme recherche des cas correspond à certains paramètres.
Pour que la sélection de cas soit la plus optimale, il n’est pas nécessaire de
découvrir les cas les plus similaires au problème mais plutôt ceux qui sont les plus
utiles à sa résolution. Ainsi, tous ces algorithmes de recherche des cas similaires
doivent sélectionner :
54
Pilotage de processus
1.5.3 Adaptation
Après avoir sélectionné les cas les plus proches du problème actuel, le système
RàPC doit aider le décideur à modifier et réutiliser les solutions de ces cas. Trois types
d’adaptation peuvent être envisagés : l’adaptation par copie, l’adaptation manuelle et
l’adaptation automatique. Cette dernière se fait par l’intermédiaire d’algorithmes, de
formules, de règles, etc. et présente différents types résumés dans la figure 11 (Wilke et
Bergmann, 1998) :
- Adaptation simple : dans ce cas, la solution du cas similaire sera directement utilisée
comme solution du problème courant. Ainsi, nous considérons que les similarités sont
suffisantes et que les différences entre le cas trouvé et le problème peuvent être
négligeables.
- Adaptation dérivative : ce type d’adaptation peut être utilisé lorsque l’on dispose, pour
chaque cas de la base, du chemin qui mène à la solution. L’adaptation dérivative adopte
les chemins menant aux solutions des cas sélectionnés pour le nouveau problème afin
d’en construire sa nouvelle solution.
55
Pilotage de processus
Cité par Rasovska (2006), il existe d’autres types d’adaptation possibles parmi
lesquels la remémoration guidée par l’adaptation (Smyth et Keane, 1996), l’adaptation
mémoire (Leake et al., 1996), l’adaptation plan (Koehler, 1996), l’analogie par
dérivation (Carbonell, 1986) et l’analogie par transformation (Veloso, 1994).
Adaptation
Simple
Par substitution
Transformationnelle
Structurelle
Dérivative
Compositionnelle
Hiérarchique
Autres types
1.5.4 Révision
Cette étape est généralement externe au RàPC. D’ailleurs, il n’existe pas encore de
méthodes standardisées dédiées à la révision. Lors de cette étape, la solution du
problème générée après la phase d’adaptation est testée. Ce test peut s’effectuer de
plusieurs manières (Mille, 1999). En effet, la solution peut être essayée dans le monde
réel ou bien selon le domaine, nous pouvons faire appel à un logiciel de simulation ou à
un expert.
56
Pilotage de processus
capable de réparer la solution puisqu’il a déjà détecté les raisons de l’échec. Cette étape
de réparation peut être considérée comme une autre forme d’adaptation. La seule
différence est que dans la réparation, nous partons d’une solution incorrecte mais
adaptée au problème au lieu de solutions correctes inadaptées. D’où, la révision s’avère
déterminante pour l’apprentissage du système et son évolution.
1.5.5 Apprentissage
C’est la dernière phase du cycle du RàPC. Pendant cette phase, le nouveau cas ainsi
que sa solution vont être ajoutés à la base de cas afin de l’optimiser. Il s’avère donc
nécessaire de sélectionner les informations pertinentes qui méritent d’être sauvegardées
et de la forme et la manière selon lesquelles le nouveau cas va s’introduire dans la base.
Ensuite, il faut décider du type d’index qui sera utilisé par le système afin de
retrouver ce cas à partir de la base. La majorité des méthodes exploitent toutes les
caractéristiques. D’autres méthodes cherchent dans la base les caractéristiques les plus
discriminantes avec le cas à ajouter.
Enfin, il s’agit d’introduire le nouveau cas dans la base. Lors de cette étape,
l’indexation des cas existants va être modifiée pour que le système détecte plus
facilement les similitudes dans la recherche des cas similaires. A cet égard, certaines
caractéristiques vont être privilégiées au détriment d’autres. En effet, le poids d’un
57
Pilotage de processus
index menant à un cas utile dans la construction de la solution sera augmenté. Par
contre, le poids d’un index menant à un cas qui conduit à un échec sera diminué.
Toutes ces étapes de la phase d’apprentissage peuvent faire l’objet d’une seule étape
générale soit la maintenance de la base de cas. La maintenance de la base de cas
constitue le processus d’affinement de la base de cas d’un système de RàPC. Elle trace
le chemin nécessaire pour réviser le contenu de la base de cas afin de faciliter le
raisonnement futur (Leake et Wilson, 1998). Cette maintenance de la base de cas peut
être évaluée par deux critères à savoir : la performance du système mesurée par le
temps nécessaire pour proposer une solution et la compétence mesurée par le nombre de
problèmes différents résolus correctement par le système (Rasovska, 2006).
La plupart des travaux menés pour la maintenance de la base de cas ont développé
des méthodes pour réduire la taille de la base de cas tout en maintenant sa compétence
(Smyth et McKenna, 1999). Smyth et Keane (1995) ont choisi de contrôler la
croissance de la base de cas par des suppressions de cas. Alors que Yang et Zhu (2001)
ont généré une nouvelle base de cas réduite par l’ajout de cas. Yang et Wu (2000) ont
partitionné la base de cas en groupes de petites bases pour que la recherche de cas soit
moins coûteuse.
58
Pilotage de processus
Nous concluons aussi qu’un système de pilotage doit contenir les inducteurs qui
sont les facteurs influents sur la performance, les objectifs qu’on tend à les atteindre et
les indicateurs qui suivent la réalisation de ces objectifs. Ces éléments ne doivent pas
être conçus d’une manière indépendante, mais une certaine cohérence doit exister entre
eux. Ainsi, une analyse des relations de causalité entre les inducteurs et les indicateurs
doit être établie afin de garantir une amélioration continue des performances des
processus de l’entreprise.
En plus, étant donné qu’il faut fournir une information la plus pertinente possible
pour une aide au pilotage, il n’y a plus de frontière entre les systèmes d’information et
de décision. Ainsi, un système de pilotage n’est pas un simple développement
informatique mais plutôt un système d’apprentissage fondé sur la capitalisation des
connaissances pour donner un sens aux acteurs concernés. La méthode de capitalisation
des connaissances adoptée est le RàPC.
Dans notre cas de pilotage, le modèle de RàPC utilisé est à la fois un modèle
structurel et un modèle conversationnel. Il est structurel au niveau de la représentation
des cas qui sont bien structurés et décrits par des paires <attribut, valeur>. Cette
représentation sera menée sur un seul niveau (plat) plutôt que sur plusieurs niveaux
(hiérarchiques). Il est conversationnel au niveau de la solution qui n’est pas toujours
structurée. Elle peut correspondre à des actions identifiées progressivement suite à des
interactions entre l’usager et le système.
59
Pilotage de processus
La phase d’apprentissage ajoute dans la base le nouveau cas accompagné par les
nouvelles connaissances. Ces dernières représentent, dans le cas de pilotage, les actions
entreprises pour améliorer la performance du processus. Suite à l’ajout d’un nouveau
cas, la base de cas doit être mise à jour, en ajoutant des critères ou en modifiant la
solution d’un autre cas de la base. Il s’agit aussi d’affiner la base de cas en mettant en
œuvre d’autres actions pour réviser le contenu de la base afin de faciliter un
raisonnement futur.
Cependant, toutes les méthodes dédiées au RàPC considèrent des attributs ayant la
même importance ou bien accordent des poids à ces attributs d’une façon totalement
subjective. Ainsi, cette technique du RàPC a besoin de se rapprocher à l’AMCD pour
déterminer les poids des différents critères. Ces poids serviront à la recherche de cas
similaires au nouveau cas afin de déterminer sa solution.
En résumé, dans ce qui suit, nous nous intéressons au pilotage d’un processus vu
que la performance industrielle dépend de la performance des processus. Notre thèse
propose des outils d’aide à la décision pour le pilotage d’un processus tout en retenant
qu’un système de pilotage de processus :
60
Pilotage de processus
1.8. Conclusion
Dans ce chapitre, nous avons montré le besoin des outils d’aide à la décision pour le
pilotage d’un processus. L’intérêt accordé aux processus émane de l’importance de la
modélisation des processus dans toute démarche visant une amélioration. Le choix des
outils adéquats dépend de plusieurs considérations dans la nouvelle vision du pilotage.
En effet, un système de pilotage doit être conçu à la fois comme un système d’aide
multicritère à la décision (objet du chapitre suivant) et un système d’information dont le
moyen d’exploitation adopté dans ce travail est le raisonnement à partir de cas. Il a été
choisi comme outil de résolution de problèmes dans notre modèle d’aide à la décision
tout en préservant et capitalisant les connaissances. Nous avons introduit des principes
fondamentaux d’un système de raisonnement à partir de cas et un état de l’art des
méthodes utilisées dans le cycle de RàPC ainsi qu’un aperçu sur les projets à base de
RàPC. L’aide à la décision est un type d’applications où de nombreux systèmes de
RàPC ont été expérimentés mais l’idée de l’appliquer dans le domaine de pilotage de
processus est nouvelle.
61
Chapitre 2 :
62
Aide multicritère à la décision
2.1. Introduction
63
Aide multicritère à la décision
Dans cette logique, Ben Mena (2000) a proposé de chercher la solution la plus
adéquate à la lumière d’un certain nombre de critères afin de résoudre un problème
multicritère. Vansnick (1990) a formulé un problème multicritère sous la forme du
modèle « A, A/F, E » où A est l’ensemble des actions potentielles (envisageables,
admissibles,…) qui peut être défini explicitement (ensemble fini) ou implicitement
(ensemble infini). A/F est l’ensemble fini des attributs ou critères, généralement
conflictuels, à partir desquels les actions seront évaluées et E est l’ensemble des
évaluations des performances des actions selon chacun des attributs ou critères, c'est-à-
dire l’ensemble des vecteurs de performances, un vecteur par action.
Ainsi, lorsque l’on fait de l’aide multicritère à la décision, il faut apporter une
importance toute particulière à :
64
Aide multicritère à la décision
Les actions potentielles sont les éléments qui vont faire l’objet de la comparaison.
D’après Roy (1985), « une action a est la représentation d’une éventuelle contribution à
la décision globale, susceptible, eu égard à l’état d’avancement du processus de
décision, d’être envisagée de façon autonome et de servir de point d’application à l’aide
à la décision (ce point pouvant servir à caractériser a) ».
L’adjectif « potentielle » explique qu’ « une action potentielle est une action réelle
ou fictive provisoirement jugée réaliste par un acteur au moins ou présumée comme
telle par l’homme d’étude en vue de l’aide à la décision (Roy, 1985). Ainsi, « une
action est qualifiée de potentielle lorsqu’elle est regardée comme pouvant être mise à
exécution ou simplement digne d’intérêt en vue d’aide à la décision » (Roy, 2000).
L’ensemble des actions potentielles sur lequel porte l’aide à la décision pendant une
phase d’étude est noté A (Roy, 1985). Cet ensemble doit être aussi complet que
possible, ce qui n’est pas toujours abordable dans le cas réel.
65
Aide multicritère à la décision
Exemple 1. Selon Roy (1985), un critère est défini alors comme suit :
66
Aide multicritère à la décision
Un critère peut être quantitatif exprimé sur une échelle numérique (rentabilité,
croissance, temps de retour, etc.). Il peut être aussi qualitatif. Dans ce cas, il faut faire
appel à une échelle afin de le traduire en une valeur numérique. Cette échelle doit
respecter l’ordre d’importance des critères. Le choix d’une telle échelle est souvent
difficile et peut affecter le choix final.
- Pseudo critère : c’est une fonction critère g à laquelle se trouvent associées deux
fonctions seuils qg [g (a)] et pg [g (a)] telles que :
a ' I g a si g a ' g a qg g a
g (a’) g (a) a ' Q g a si q g g a g a' g a pg g a
a ' Pg a si p g g a g a' g a
67
Aide multicritère à la décision
Dans le cas où q = 0, on retrouve un pré critère dont la préférence est faible entre 0 et p
et devient stricte au-delà. Un seul paramètre q doit être fixé.
L’ensemble de tous les critères élaborés est nommé famille F. Cette dernière doit
être cohérente dans le sens où elle doit respecter des exigences d’exhaustivité, de
cohésion et de non-redondance (Roy, 1985). En outre, il faut essayer de ne retenir que
des critères indépendants (Roy et Bouyssou, 1993). D’après Bouyssou (1990), cette
famille doit être, d’une part, lisible, c'est-à-dire composée d’un nombre suffisamment
restreint de critères. Ceci permettra de raisonner sur cette base et de modéliser les
informations inter et intra critères utiles pour la mise en œuvre d’une procédure
d’agrégation. D’autre part, elle doit être opérationnelle, c'est-à-dire acceptée comme
base de travail pour la suite de l’étude.
68
Aide multicritère à la décision
Il s’agit, dans cette étape, de définir la performance de chaque action sur chaque
critère. Selon Roy (2000), « la performance d’une action selon un critère est l’échelon
de l’échelle associée au critère sur lequel l’action est positionnée ». Lors de l’évaluation
de la performance, deux opérations sont usuelles :
69
Aide multicritère à la décision
70
Aide multicritère à la décision
Dans le même ordre d’idées, la méthode de l’évaluation cardinale simple a été proposée
(Von Winterfeldt et Edwards (1986)). Le décideur évalue chaque critère selon une
échelle de mesure quelconque prédéfinie (par exemple de 0 à 5 ou de 0 à 20, etc.). Les
valeurs affectées seront ensuite normalisées en divisant par la somme des valeurs ce qui
aboutit aux poids des critères. Cette méthode demande plus d’informations de la part du
décideur que le classement vu qu’elle se base sur la cardinalité. En outre, les conditions
psychologiques du décideur risquent d’induire le processus de décision en erreur.
Quand à la méthode d’évaluation directe par les ratios, elle demande au décideur
d’ordonner les critères en fonction de leur importance, puis d’évaluer l’importance
relative des critères par rapport au moins important d’entre eux. Les poids cardinaux
sont obtenus après avoir normaliser ces coefficients de proportionnalité. L’inconvénient
majeur de cette méthode réside dans l’intégration directe du décideur dans l’attribution
des poids aux critères (Edwards (1977) et Von Winterfeldt et Edwards (1986)).
Churchman et Ackoff (1954) ont proposé la méthode des comparaisons successives qui
a comme principes :
71
Aide multicritère à la décision
La première étape ainsi que la troisième sont les seules qui demandent l’intervention du
décideur. Les autres sont effectuées systématiquement par l’ordinateur.
Pour la méthode de compensation, elle est basée sur la notion du taux de substitution
appelé aussi « indifférence trade-off ». D’abord, il s’agit de présenter au décideur des
actions dont les évaluations diffèrent seulement selon deux critères, soient i et j.
Ensuite, le décideur précise s’il préfère l’action a (ai, aj, x) ou l’action b (bi, bj, x). On
suppose qu’il préfère a à b et que l’on a : ai > bi. Enfin, la performance aj sera diminuée
jusqu’à ce que le décideur devienne indifférent entre les actions a et b. Ainsi, lors de
cette méthode, le décideur intervient indirectement tout en présentant ses préférences
d’une manière itérative (Von Winterfeld et Edwards (1986)).
Une autre méthode a été développée dans ce cadre, c’est la méthode d’évaluation par
les prix (Von Winterfeld et Edwards (1986)). Elle demande au décideur combien il est
prêt à payer pour passer de la moins bonne à la meilleure valeur sur un critère donné.
Les valeurs des prix obtenues sont ensuite normalisées pour obtenir les poids
correspondants. Ainsi, l’intégration du décideur réside dans la présentation des prix.
72
Aide multicritère à la décision
chaque critère basculé en utilisant le plus grand poids comme unité. Lors de cette
méthode, le décideur intervient directement aussi bien au niveau du classement des
actions que dans l’évaluation des critères.
Simos (1990) a fondé la méthode de Simos où le nom de chaque critère est inscrit sur
une carte sans que les cartes soient numérotées. Ces cartes seront ensuite présentées au
décideur dans un ordre quelconque dans le but de minimiser toute influence externe. Le
décideur dispose aussi de cartes blanches qu’il les intercale pour exprimer l’importance
entre deux critères successifs. Il range les cartes dans l’ordre d’importance qu’il juge
convenable permettant à des critères d’être dans le même ordre. Au critère le moins
important, est accordée la valeur 1. Pour les autres valeurs, elles sont évaluées en
fonction de la valeur unitaire 1 (la méthode du classement simple). Cette même
procédure sera appliquée pour d’autres décideurs. La somme totale des rangs obtenus
selon chaque décideur n’est pas la même ce qui nécessite sa normalisation. Le poids de
chaque critère est obtenu par rapport à cette somme totale. Les chiffres fournis sont
enfin rapportés à un total de 100, ce qui aboutit aux différents poids des critères. La
méthode de Simos est donc une méthode compensatoire vu l’existence de plusieurs
décideurs : un critère important pour une action, compense un autre.
73
Aide multicritère à la décision
Les méthodes de valeurs propres évaluent les poids des critères par le calcul du vecteur
propre d’une matrice de comparaisons binaires entre les critères. La méthode la plus
répandue est la méthode AHP (voir § [Link]).
Avec la méthode des régressions multiples, les poids tendent à se concentrer sur
certains critères. Il est même possible que pour certains critères, la valeur de quelques
poids devienne négative. Ceci montre que ce n’est pas du tout évident pour les
décideurs de prendre en compte simultanément et efficacement tous les critères.
Certains auteurs voient que cette technique est inappropriée avec un nombre de critères
supérieur à cinq.
Pour la méthode de l’analyse tenant compte du risque, elle cherche à trouver à quelle
probabilité p le décideur est indifférent entre, d’une part, un site où le critère c1 a sa
meilleure valeur et tous les autres critères à leur valeur la moins bonne, et d’une part,
une loterie où il y a p chances pour que tous les critères aient leur meilleure valeur, et
(1-p) chances pour que tous les critères aient leur mauvaise valeur. Si toutes les
fonctions de valeurs ont une échelle de [0, 1], alors le poids de c1 est exactement p. Si la
somme des poids donne 1, alors le décideur est neutre par rapport au risque. Une
somme supérieure indique une aversion par rapport au risque, tandis qu’une somme
inférieure implique un comportement favorable au risque.
74
Aide multicritère à la décision
Mousseau (1989) a développé une méthode qui constitue, selon Maystre et al. (1994),
une réelle aide à la pondération des critères. Cette méthode commence par déterminer
une variété de valeurs admissibles pour les coefficients d’importance k1, k2,…, kn (n
étant le nombre de critères), à partir d’un ensemble d’inéquations linéaires sur ces
coefficients. Ces inéquations sont formulées grâce aux réponses des décideurs sous
forme de comparaisons binaires d’un ensemble d’actions. Ils différent ainsi les unes des
autres sur au plus trois critères. La résolution de ces inéquations donne lieu à une
variété pour chaque pondération de critères au lieu d’une valeur unique.
Toutes ces méthodes de détermination des poids des critères présentent des
caractéristiques liées à certains facteurs : forme d’intervention du décideur, type
d’intégration, interactivité et nombre de calculs. Ces facteurs, ainsi que les avantages et
les inconvénients de chaque méthode seront récapitulés dans le tableau 4.
75
Tableau 4 : Tableau récapitulatif des méthodes de détermination des poids des critères
Formes d’intervention du décideur Interactivité
Intégration Nombre
Méthodes Classement Evaluation Comparaison Elaboration Classement avec le Avantages Inconvénients
du décideur de calculs
des critères des critères des critères d’une MD1 des actions décideur
Les poids ne peuvent pas
Classement Simple et comporte peu de
simple calcul
prendre des valeurs entre 0
et 1.
Evaluation Méthode subjective
Simple et comporte peu de
cardinale calcul
dépendant des conditions
simple psychologiques du décideur
Méthode subjective
Simple et comporte peu de
Ratios calcul
dépendant des conditions
psychologiques du décideur
La plupart des étapes sont
Comparaisons Le décideur intervient
successives informatisées et simples à
beaucoup
effectuer
Intégration excessive du
Compensation décideur
Evaluation Intervention directe du
par les prix Méthode simple
décideur
Intégration du décideur dans
Basculement Méthode simple
le processus de pondération
Intégration totale du
Méthode compensatoire à
décideur, ce qui rend la
Simos cause de l’existence de
méthode subjective et les
plusieurs décideurs
résultats peu fiables
Minimiser la subjectivité
Hokkanen et Intégration totale du
Saminen par l’intégration de
décideur
plusieurs décideurs
Le calcul mécanique Trop de calculs, dépendance
Entropie exclut la subjectivité de l’historique
Vecteurs Le calcul mécanique
propres exclut la subjectivité
Trop de calculs
Cette méthode ne peut pas
Régressions Le décideur n’intervient
multiples pas directement
être appliquée pour un
nombre de critères > 5
Le décideur intervient Cette méthode ne peut être
Analyse du
risque partiellement dans la appliquée qu’en un avenir
pondération incertain
Méthode perfectionnée en Complexité de l’achèvement
Mousseau termes de méthodologie à la main
1
MD : Matrice de Décision ; : peu ; : assez peu ; : beaucoup ; : partielle ; : Totale ; : Oui ; : Non ;
76
Aide multicritère à la décision
Si les opérateurs d’agrégation sont si nombreux, c’est parce qu’il est dans la nature
des choses qu’aucune méthode ne respecte la totalité des exigences qu’un utilisateur
pourrait trouver « normale » dans l’idée du multicritère (Schärlig, 1985). Nous nous
limitons à présenter des opérateurs les plus usuels, sans prétendre à l’exhaustivité en les
découpant en trois grandes classes :
- Le minimum et maximum pondérés : ils ont été introduits par Dubois et Prade (1986)
dans le cadre de la théorie des possibilités. Soit w = (w1,…, wn) un vecteur de poids,
wi [0, 1], tel que max n
i 1
wi 1. Ils sont définis par :
wminw (a1,…, an) = min
n
i 1
1 wi ai
77
Aide multicritère à la décision
(.) indique une permutation des indices telle que a (1) … a (n). Ainsi, le poids porte
plutôt sur le rang des performances. Des cas particuliers sont représentés ci-dessous :
w1 = 1(et donc wi = 0, i > 1) : opérateur minimum
wn = 1 : opérateur maximum
wi = 1 pour un i donné : statistique d’ordre i ;
Si n est impair alors wn 1
1 (médiane).
2
1
Si n est pair, la médiane est définie par wn =w n
2 2
1 2
- Les intégrales floues : le concept de l’intégrale floue a été proposé par Sugeno (1974)
comme extension de celui de l’intégrale de Lebesgue. En fait, le concept de l’intégrale
par rapport à une mesure a été étendu aux mesures non additives (Denneberg, 2000).
Généralement, les intégrales calculent la valeur moyenne d’une fonction, et dans le cas
discret, peuvent donc être considérées comme un opérateur d’agrégation du type
moyenne.
Dans Grabisch et Perny (2002, p.11), une mesure floue est définie sur N comme
étant une fonction μ : P (N) [0, 1], vérifiant les axiomes suivants :
(i) μ (Ø) = 0, μ (N) = 1
(ii) A B implique μ (A) μ (B), pour A, B P (N)
78
Aide multicritère à la décision
Les deux intégrales non additives les plus connues sont l’intégrale de Choquet et
l’intégrale de Sugeno :
L’intégrale de Sugeno de a1,…, an [0, 1] par rapport à μ qui est définie par :
Sμ (a1,…, an) = max n
i 1
(a (i) μ ({(i),…, (n)})), avec a (1) … a (n).
Cμ (a1,…, an) = (a i
a i 1
) i ,..., n et a (0) = 0.
i 1
- Idempotentes : une action ayant la même évaluation suivant tous les critères devrait
avoir comme évaluation globale ce score.
L’intégrale de Choquet est de plus stable pour les changements d’échelle linéaire. Dans
ce sens, l’intégrale de Choquet sera plus adéquate pour une agrégation cardinale où les
nombres ont un vrai sens. Alors que l’intégrale de Sugeno semble plus adéquate pour
une agrégation ordinale où uniquement l’ordre a un sens.
79
Aide multicritère à la décision
universelles et plusieurs d’entre elles sont très populaires dans différents domaines.
L’idée majeure de toutes ces méthodes est de créer un processus d’aide à la décision
plus formalisé et mieux informatif.
Pour choisir une méthode d’AMCD, plusieurs critères sont à considérer (LØken,
2007). Il faut tout d’abord chercher une méthode valide, c'est-à-dire celle qui reflète le
mieux les « valeurs justes » du décideur. Ensuite, la méthode choisie doit fournir au
décideur toutes les informations dont il a besoin tout en étant appropriée dans le sens
d’être compatible avec les données accessibles. Enfin, elle doit être facile à utiliser et à
comprendre. En fait, si le décideur n’arrive pas à comprendre ce qui se passe dans la
méthodologie, il la percevra comme une boîte noire.
Garcia-Cascales et Lamata (2007) ont classé les méthodes d’AMCD selon deux
écoles : l’école européenne et l’école américaine. Alors que Belton et Stewart (2002)
ont partagé dans leur ouvrage ces méthodes en trois groupes : les modèles de mesure de
la valeur, les modèles de but, aspiration et niveau de référence et les modèles de sur-
classement.
Dans notre thèse, nous optons pour la classification de Roy (1985) en trois
approches opérationnelles :
80
Aide multicritère à la décision
Cette théorie (Keeny, Raiffa, 1976 ; Fishburn, 1982) repose sur l’axiome
fondamental suivant : tout décideur essaye inconsciemment (ou implicitement) de
maximiser une fonction U = U (g1, g2,…, gn), qui agrège tous les points de vue à
prendre en compte. Ainsi, les préférences du décideur prennent la forme d’une certaine
fonction U inconnue. Le scientifique cherche à estimer cette fonction à l’aide de
questions judicieuses posées au décideur (Vincke, 1989).
Cette théorie concerne surtout le cas incertain et utilise donc des probabilités pour
tenir compte aussi bien des phénomènes d’imprécision que d’incertitude. Elle concerne
également des fonctions gi qui sont des vrais-critères. La généralisation aux autres types
de critères a fait l’objet de plusieurs recherches.
Toutefois, dans le cadre de cette théorie, deux problèmes majeurs peuvent être
soulevés. D’une part, les préférences du décideur doivent avoir quelles propriétés pour
être modélisées sous forme d’une fonction U ayant une forme analytique donnée
(additive, multiplicative, mixte,…). La forme analytique la plus simple et aussi la plus
n
strictement croissantes et à valeurs réelles. D’autre part, sous quelle forme construire les
fonctions et comment estimer les paramètres utilisés dans la forme analytique choisie ?
associée à U (a). Cette méthode commence par résoudre un programme linéaire dont la
fonction objectif consiste à minimiser la somme des erreurs σ(a) et les contraintes
traduisent un pré-ordre total des actions formé selon les préférences du décideur. Ce
programme fournit donc une fonction U qui est relativement arbitraire vu qu’elle
dépend du choix du critère que l’on a minimisé, soit la somme des erreurs σ(a).
81
Aide multicritère à la décision
C’est une méthode crée par Edwards et Barron (1994). Elle juge la performance
d’une alternative en choisissant une valeur appropriée entre la limite inférieure
prédéterminée de la plus mauvaise alternative (réelle ou imaginaire) et la limite
supérieure prédéterminée de la meilleure alternative (réelle ou idéale).
Pour ce faire, elle utilise la technique du « Ranking & Rating » pour estimer les
coefficients kj ainsi que les fonctions de valeur locale vj (xj) :
n
*
V a kj vj g j
a avec kj 1, v j x j * 0 et v j x j 100
j 1
Chaque action a possède un rang selon le critère j égal à gj (a). D’abord, un score égal à
vj (gj (a)) est accordé à chaque rang. Ensuite, tous les scores seront pondérés par le
décideur selon l’importance de chaque critère. Enfin, ils seront agrégés pour obtenir
v(a).
C’est une méthode proposée par Chen et Hwang (1992) pour l’arrangement des
préférences afin de trouver la solution idéale par la similarité. L’alternative choisie doit
avoir la distance la plus courte par rapport à l’action idéale et la distance la plus
lointaine par rapport à l’action anti-idéale. Elle se déroule en six étapes :
g j (ai )
1) Normaliser les évaluations : x ij
m
2
g j
ai
i 1
82
Aide multicritère à la décision
n
2
Di ( v ij vj ) , i 1, 2 ,..., m
j 1
C’est une méthode d’aide multicritère à la décision développée par Thomas Saaty
vers la fin des années 70. Elle a été utilisée avec succès dans les domaines de
planification tels que : planification stratégique, choix de projets, choix
d’investissement, etc. Les étapes de résolution d’un problème multicritère en utilisant la
méthode AHP sont :
83
Aide multicritère à la décision
Etape 3 : Calcul des priorités : A partir des jugements fournis par les décideurs, la
troisième étape consiste à calculer l’importance relative à chacun des éléments de la
hiérarchie. Le décideur doit remplir une matrice de comparaison binaire pour chaque
critère. Chaque matrice compare les choix deux à deux selon le critère adopté. Il s’agit
ensuite de calculer le vecteur de priorité V = (V1,…, Vn). Le calcul du produit V.W
permet d’obtenir un vecteur qui contient les poids finals de chaque choix.
La conception de cette méthode remonte au début des années 1990 et est issue de la
collaboration des professeurs C.A. Bana e Costa (centre d’étude en management de
l’Université Technique de Lisbonne) et J.-Cl. Vansnick (Faculté Warocqué de
l’Université de Mons Hainaut). Cette première équipe s’est enrichie par l’arrivée de J.-
M. De Corte (Faculté Warocqué, U.M.H). Ceci a aboutit au développement d’un
premier logiciel qui permet de tester la méthodologie proposée dans des applications
pratiques réelles. Un logiciel plus ambitieux s’est développé à la suite des réactions
favorables des décideurs, c’est le logiciel M-MACBETH (Bana e Costa et al., 2006).
84
Aide multicritère à la décision
85
Aide multicritère à la décision
Cette approche renferme plusieurs méthodes dont les principales sont : ELECTRE I,
II, III et IV et PROMETHEE I et II (pour plus de détails, voir Vincke (1989)).
Cette méthode, développée par Roy (1968), est destinée aux problèmes de choix
multicritère. Dans ce cadre, elle cherche à avoir un sous - ensemble N d’actions telles
que toute action qui n’est pas dans N est surclassée par au moins une action de N. Ce
sous-ensemble, rendu aussi petit que possible, ne constitue donc pas l’ensemble des
bonnes actions mais c’est l’ensemble dans lequel se trouve certainement le meilleur
compromis cherché. En théorie des graphes, un tel ensemble porte le nom de noyau de
graphe et des algorithmes existent pour le déterminer.
Pour construire une relation de surclassement, on est amené à calculer pour chaque
couple d’actions (a, b) deux types d’indices. Le premier est l’indice de concordance qui
varie entre 0 et 1. Il mesure en quelque sorte les arguments en faveur de l’affirmation
« a surclasse b ». Le deuxième est l’indice de discordance qui est aussi compris entre 0
et 1. Il est d’autant plus grand que la préférence de b sur a est forte sur au moins un
86
Aide multicritère à la décision
Pour trouver le meilleur compromis, il reste à analyser de façon plus fine les actions
du noyau. En pratique, il sera mieux de faire varier les paramètres de la méthode (poids
des critères, indices de concordance et de discordance) et d’étudier la robustesse du
résultat par rapport à ces variations.
[Link] ELECTRE II
La classe des meilleures actions qui constitue la première classe du rangement est
obtenue après réduction des circuits de SF. D’abord, on détermine l’ensemble B des
actions qui ne sont surclassées fortement par aucune autre action. Ensuite, à l’intérieur
de cet ensemble, on réduit les circuits de Sf et on détermine l’ensemble A1 des actions
qui ne sont surclassées faiblement par aucune autre action de B. L’ensemble A1
constitue la première classe du rangement et la procédure recommence dans l’ensemble
qui reste, donnant lieu ainsi à un pré-ordre complet.
87
Aide multicritère à la décision
Cette méthode s’avère plus sophistiquée que les autres méthodes vu qu’elle intègre
des aspects qui sont souvent négligeables dans les autres. En plus, elle fournit des
résultats relativement stables. Toutefois, elle fait intervenir un grand nombre de
paramètres techniques devant être fixés par l’homme d’étude et dont leur interprétation
physique est inexistante ce qui rend cette méthode trop compliquée et même difficile à
interpréter.
[Link] ELECTRE IV
Comme la précédente, cette méthode considère une famille de pseudo- critères. Elle
opte aussi pour une problématique de rangement mais sans avoir pondérer les critères. Il
s’agit de construire deux relations de surclassement (une forte SF et une faible Sf):
88
Aide multicritère à la décision
a Sf b s’il n’existe aucun critère pour lequel b est strictement préférée à a mais
que la deuxième condition pour avoir le surclassement fort ne soit pas vérifiée.
Ou s’il existe un seul critère pour lequel b est strictement préférée à a, à
condition que l’écart en faveur de b ne dépasse pas le seuil de veto et que a soit
strictement préférée à b pour au moins la moitié des critères.
Cette méthode est considérée comme une des plus récentes des méthodes de
surclassement. Elle se base sur une extension de la notion de critère. Cette dernière
nécessite la fixation, par le décideur, d’un certain nombre de paramètres qui ne posent
pas de difficultés. A l’aide de cette méthode, un graphe valué de surclassement est
obtenu sur la base duquel deux exploitations particulières sont proposées. La première
permet d’obtenir une relation partielle et tolère l’incomparabilité ; c’est la méthode
PROMETHEE I. La seconde permet de ranger les actions potentielles de la meilleure à
la moins bonne selon un pré-ordre total ; c’est la méthode PROMETHEE II.
PROMETHEE compare les actions deux à deux en associant à chaque critère j une
fonction de préférence Sj. Cette fonction modélise les préférences du décideur selon ce
même critère j. Elle possède les propriétés suivantes :
1- Chaque fonction de préférence prendra ses valeurs entre 0 et 1. Plus la valeur est
proche de 0, plus l’indifférence du décideur pour les deux actions augmente. Plus elle
tend vers 1, plus sa préférence pour une action grandit. En cas de préférence stricte, la
fonction devient égale à 1.
Brans et al. (1984) proposent six fonctions de préférence selon le type du critère : vrai-
critère, quasi-critère, critère à préférence linéaire, critère à paliers, critère à préférence
linéaire avec zone d’indifférence et critère gaussien. En effet, la démarche de la
méthode PROMETHEE suppose que le décideur évolue dans son comportement d’une
89
Aide multicritère à la décision
phase d’indifférence (0) vers une autre préférence faible pour atteindre finalement la
phase de préférence stricte (1). Evidemment, ces six types ne sont pas exclusifs et le
décideur n’est pas restreint à utiliser l’un ou l’autre de ces critères.
90
Aide multicritère à la décision
[Link] STEM
Cette méthode a été développée par Benayoun et al. (1971). Sa démarche consiste à
réduire progressivement l’ensemble ZA en ajoutant, à chaque itération des contraintes
(matrice des gains) sur les valeurs des critères. A l’itération h, une solution de
compromis zh est obtenue en minimisant « une distance pondérée augmentée de
Tchebycheff » (voir la définition dans Vincke (1989) sur Z Ah , ensemble réduit à cette
itération).
Cette méthode a le mérite d’avoir été la première méthode interactive proposée dans
la littérature et d’avoir ainsi ouvert un important domaine de recherche. Son
inconvénient majeur réside dans le caractère irrévocable de certaines étapes. Par
exemple, si une concession a été réalisée sur un critère, elle est définitivement
enregistrée dans le modèle. Si le décideur désire changer d’avis, il doit reprendre la
procédure depuis le début.
91
Aide multicritère à la décision
Cette méthode, fondée par Roy (1976), détermine itérativement une région
intéressante et une direction de recherche (matérialisée par un vecteur de poids) qui
permettent de générer une solution de compromis en minimisant « une distance
pondérée augmentée de Tchebycheff ». Ce processus se poursuit suivant une approche
« essai-erreur ». Cette procédure est applicable dans tous les cas, y compris lorsque A
est défini par une liste d’actions.
La méthode du point mire ne suppose pas l’existence d’une fonction d’utilité stable
ce qui n’exige aucune cohérence particulière de la part du décideur. Ce dernier est alors
libre de changer d’avis. L’objectif principal de cette méthode réside dans
l’apprentissage des préférences par une approche « essai-erreur ».
La méthode est donc basée sur l’hypothèse très forte qu’il existe une fonction
d’utilité pseudo-concave et que les réponses du décideur sont cohérentes avec cette
fonction. En plus, le décideur est amené à répondre à de très nombreuses questions,
aussi, beaucoup de calculs doivent être réalisés.
92
Aide multicritère à la décision
Cette méthode présente des échantillons prélevés dans des ensembles de plus en
plus petits de solutions efficaces. Ils sont constitués de solutions représentatives,
calculées à l’aide d’une distance de Tchebycheff pondérée augmentée et parmi
lesquelles le décideur doit désigner celle qu’il préfère.
Cette procédure peut être appliquée dans tous les cas, y compris lorsque A est défini
par une liste d’actions. Elle ne fait intervenir aucune hypothèse au terme d’une
éventuelle fonction d’utilité implicite. Le décideur peut changer d’avis mais d’une
façon limitée car l’ensemble des vecteurs de poids est réduit à chaque itération. Il doit
fournir une information qualitative qui peut devenir difficile à avoir si le nombre de
critères croît. L’inconvénient majeur de cette méthode réside dans l’introduction de
93
Aide multicritère à la décision
paramètres techniques qui doivent être fixés à l’avance et qui n’ont aucune signification
intuitive. En plus, de nombreux calculs doivent être effectués à chaque itération et la
procédure d’arrêt est artificielle.
Dans cette méthode, le décideur doit fournir, à chaque itération, des niveaux
d’aspiration à partir desquels une « courbe » de solutions efficaces est déterminée. Cette
courbe est présentée sous forme d’un graphique au décideur qui doit désigner sa
solution préférée. Bien que cette méthode s’inscrive surtout dans une perspective
d’apprentissage, elle tend aussi à renforcer la confiance du décideur pour la solution de
compromis finale, par la vérification de conditions d’optimalité. Elle peut être
appliquée à tous les cas, y compris celui où A est défini par une liste d’actions.
Dans cette méthode, une fonction d’utilité est construite interactivement sur la base
d’un sous-ensemble de solutions et est ensuite appliquée à l’ensemble complet. Cette
fonction d’utilité est supposée valable dans tout l’ensemble A : c’est une hypothèse
d’autant plus forte que le décideur n’a pas la possibilité de réagir face à la solution de
compromis finale.
94
Aide multicritère à la décision
D’après l’étude des méthodes d’AMCD présentée ci-dessus, nous constatons que ces
méthodes se différencient par la façon et la structure de modélisation des préférences du
décideur. Le tableau 6 récapitule ces méthodes d’AMCD en ajoutant les avantages et les
inconvénients de chacune d’entre elles. Certes, il n’existe pas de méthode idéale. Le
choix d’une méthode d’AMCD peut dépendre de la nature du problème, du contexte
culturel et de la personnalité du ou des décideurs.
95
Aide multicritère à la décision
L’intégrale de Choquet sera utilisée, tout d’abord, non pas comme opérateur
d’agrégation mais plutôt comme modèle analytique apte à prendre en compte les
interactions entre les critères.
Nous remarquons aussi que ces poids qui sont ou bien fournis directement par le
décideur, ou bien déterminés à l’aide d’une méthode, demeurent statiques durant une
période de temps donnée et ne varient pas parfois même avec le changement de
l’ensemble des actions. La décision doit être prise dans un processus dynamique vu la
mobilité de l’environnement. Dans ce sens, Cowie et Burstein (2007) ont proposé un
modèle de qualité des données afin de pouvoir gérer les échanges éventuels qui peuvent
survenir pendant le processus de prise de décision.
En outre, la famille des critères est souvent déterminée de façon à éviter toute sorte
de dépendance entre eux, ce qui n’est pas toujours abordable dans le cas réel. Ainsi, il
ne faut pas négliger les interactions qui peuvent exister entre les différents critères.
Dans ce sens, Clivillé (2004) a proposé de remplacer l’opérateur moyenne pondérée
dans la méthode MACBETH par l’intégrale de Choquet.
96
Aide multicritère à la décision
2.5. Conclusion
97
Un modèle d’aide au pilotage d’un processus basé sur le RàPC
Chapitre 3 :
98
Un modèle d’aide au pilotage d’un processus basé sur le RàPC
3.1. Introduction
Le rôle du pilotage est de fournir des plans d’action à mettre en œuvre sur les
processus pour une amélioration permanente de la performance. Ceci nécessite de
prendre des décisions selon un certain nombre de critères. Afin de faciliter la prise de
décisions et d’éviter toute sorte de perte des expériences passées, il faut aussi capitaliser
la connaissance experte pour améliorer l’efficacité des interventions du pilote d’un
processus. D’où, le besoin d’un modèle d’aide au pilotage d’un processus qui combine
l’aide multicritère à la décision et la capitalisation des connaissances.
Dans ce sens, il propose aussi un autre modèle d’aide au pilotage d’un processus
basé sur une hybridation entre le RàPC et le clustering (Dhouib et al., 2009 b). Ce
modèle vise l’amélioration de la recherche de cas similaires par une représentation des
cas sous forme de groupes homogènes. Autrement dit, l’application d’une méthode de
clustering représente une façon d’arranger notre base de cas afin de faciliter l’aide au
pilotage.
Ces deux modèles ne sont pas concurrents mais plutôt s’enrichissent mutuellement;
ils sont en relation de complémentarité. En effet, l’objectif du deuxième modèle hybride
qui s’est fondé sur le RàPC et le clustering est d’ordonner la base de cas sous forme de
groupes homogènes. Ensuite, le premier modèle, au lieu qu’il soit appliqué dans toute
la base de cas, il sera juste appliqué au sein du cluster contenant le nouveau cas dont on
cherche sa solution.
99
Un modèle d’aide au pilotage d’un processus basé sur le RàPC
3.2. Problématique
A travers les chapitres précédents, nous avons montré la nécessaire conception d’un
système de pilotage en tant qu’un système d’aide multicritère à la décision qui s’inscrit
dans une démarche interactive avec le décideur. En effet, le pilotage consiste à mener
des actions adéquates afin d’atteindre les objectifs. Il s’agit donc de prendre des
décisions qui peuvent être un choix, un classement ou un tri, ou encore la mise en
œuvre de nouvelles solutions. Ainsi, ces décisions sont à l’origine d’un ensemble de
facteurs et d’indicateurs dont il faut analyser et quantifier les relations de causalités qui
surviennent entre eux afin de garantir une amélioration continue des performances des
processus de l’entreprise. Pour ce faire, nous nous sommes inspirés des travaux
d’Addouche et al. (2005) qui ont exploité la théorie de l’information pour fournir une
méthode entropique d’analyse causale entre inducteurs et indicateurs de performance.
En plus, il ne faut pas négliger les relations de dépendance qui peuvent exister entre
les différents critères de notre système d’aide multicritère à la décision. Pour cela, nous
avons utilisé l’intégrale de Choquet comme modèle analytique permettant de construire
une fonction apte à prendre certaines formes de dépendances souvent appelées
interactions entre critères. Certes, il existe d’autres modèles d’utilité le permettant
également (Gonzales et Perny, 2005). Notre intérêt est tout particulièrement accordé à
l’intégrale de Choquet vu sa grande popularité et l’abondance de publications qui en
font état pour l’aide à la décision.
100
Un modèle d’aide au pilotage d’un processus basé sur le RàPC
un modèle complet est faible. Ainsi, une capacité 2-additive est un bon compromis
n(n 1)
entre richesse et complexité. Elle nécessite uniquement 1.
2
101
Un modèle d’aide au pilotage d’un processus basé sur le RàPC
les connaissances que l’on accumule sur les processus. Ils deviennent ainsi de véritables
outils de prévision. D’où, le besoin de modèles d’aide au pilotage d’un processus qui
combinent l’aide multicritère à la décision et la capitalisation des connaissances. Ils
intègrent ainsi l’ordre préférentiel et l’ordre statistique.
Dans cette section, d’abord, les hypothèses du modèle seront avancées pour aborder
ensuite ses différentes étapes.
Notre choix a ciblé le pilotage technique qui intervient au niveau des processus. Le
système physique traité peut être les ateliers, les lignes de production et les processus
opérationnels qui feront l’objet de notre étude. Notre intérêt sera donc accordé à l’aide
au pilotage d’un processus opérationnel.
La dépendance des critères qui sera traitée par l’intégrale de Choquet 2-additive.
Les relations de causalités entre les paramètres du processus et les indicateurs de
performance. Ces relations seront analysées grâce à la théorie de l’information.
Le raffinement de la base de cas qui sera fait à l’aide de l’Analyse en
Composantes Principales (ACP).
Pour tenir compte de ces éléments, certaines hypothèses seront prises sur lesquelles
se base le modèle proposé :
102
Un modèle d’aide au pilotage d’un processus basé sur le RàPC
Une hypothèse relative à l’application du RàPC qui considère que des problèmes
similaires d’un même domaine ont des solutions similaires. Cette hypothèse doit être
adoptée avec prudence. En fait, à un état ou encore à un ensemble de paramètres
correspond, certes, une performance. Toutefois, à une performance peut correspondre
plusieurs états, par exemple : un produit en retard cause panne ou cause grève ou cause
mauvaise planification, ce qui n’entraînera pas les mêmes actions. Autrement dit, en
aucune manière, il y a une bijection entre un état du système et sa performance.
Pour une finalité de simplicité, les critères utilisés dans le modèle sont des critères
quantitatifs. Cependant, il est évident que des critères qualitatifs peuvent décrire un
processus. Ceci sera traité dans le chapitre IV à l’aide d’une approche linguistique.
103
Un modèle d’aide au pilotage d’un processus basé sur le RàPC
1. Description du processus
7. Construction de la solution du
nouveau cas
Exemple 1. Prenons l’exemple d’un processus de recyclage d’un produit en fin de vie.
Le recyclage est un processus de traitement des déchets industriels et des déchets
ménagers qui permet de réintroduire, dans le cycle de production d'un produit, des
matériaux qui le composent. L'un des exemples qui illustre ce procédé est celui de la
fabrication de bouteilles neuves avec le verre de bouteilles jetées puis récupérées.
Le recyclage s'inscrit dans la stratégie de traitement des déchets dite des trois R :
Réduire, qui regroupe tout ce qui concerne la réduction de la production de déchets.
Réutiliser, qui regroupe les procédés permettant de donner à un produit usagé un nouvel
usage.
Recycler, qui désigne le procédé de traitement des déchets par recyclage.
104
Un modèle d’aide au pilotage d’un processus basé sur le RàPC
Pour lutter contre l'augmentation des déchets, le recyclage est donc nécessaire mais il
doit être inclus dans une démarche plus large. La chaîne du recyclage est composée de
trois étapes :
Étape 1 : Collecte de déchets
Les opérations de recyclage des déchets commencent par la collecte des déchets.
Les déchets non recyclables sont incinérés ou enfouis en centres d'enfouissement
technique. Les déchets collectés pour le recyclage sont destinés à la transformation. La
collecte s'organise en conséquence. La collecte sélective, dite aussi séparative est la
forme la plus répandue pour les déchets à recycler. Le principe de la collecte sélective
est le suivant : celui qui crée le déchet le trie lui-même. À la suite de la collecte, les
déchets, triés ou non, sont envoyés dans un centre de tri où différentes opérations
permettent de les trier de manière à optimiser les opérations de transformation. Le tri
manuel est une de ces opérations.
Étape 2 : Transformation
Une fois triés, les déchets sont pris en charge par les usines de transformation. Ils sont
intégrés dans la chaîne de transformation qui leur est spécifique. Ils entrent dans la
chaîne sous forme de déchets et en sortent sous forme de matière prête à l'emploi.
Étape 3 : Commercialisation et consommation
Une fois transformés, les produits finis issues du recyclage sont utilisés pour la
fabrication de produits neufs qui seront à leur tour proposés aux consommateurs et
consommés.
Dans cette étape, il s’agit de former une base de cas comprenant un ensemble de
cas. La représentation de cette base dépend fortement de la structure et du contenu de
ces cas. Chaque cas représente une expérience décrite par certains critères qui peuvent
être de différents types d’informations. Les critères les plus discriminants seront utilisés
en tant qu’index pendant la recherche et l’ajout de cas. Un cas doit être aussi décrit par
la solution qui peut être des valeurs à estimer, des actions à adopter, des règles à suivre,
etc.
Etant donné qu’un nouveau problème est résolu en cherchant une expérience passée
appropriée, la recherche de cas similaires doit donc être à la fois efficace et rapide. Il
105
Un modèle d’aide au pilotage d’un processus basé sur le RàPC
faut donc bien sélectionner les informations à stocker dans chaque cas. Il faut aussi
trouver sous quelle forme pour pouvoir décider comment la mémoire de cas devrait être
organisée et classée pour une récupération et une réutilisation de cas efficace.
Dans notre cadre d’aide au pilotage d’un processus, un cas est décrit par :
Les paramètres du processus opérationnel étudié qui sont les facteurs de performance
de ce processus. Il s’agit donc des critères de ce cas.
Les indicateurs de performance à estimer ainsi que les actions à adopter qui
représentent ensemble la solution de chaque cas.
Critères : les critères qui caractérisent chacun de ces 4 produits en fin de vie sont :
le volume du produit en fin de vie (cm3) : C1
le poids du produit en fin de vie (kg) : C2
le nombre de tous les parts qui constitue le produit en fin de vie: C3
106
Un modèle d’aide au pilotage d’un processus basé sur le RàPC
Si le nombre des critères est très élevé, il faut le réduire afin de faciliter la
modélisation des préférences du décideur. Pour ce faire, une analyse en composante
principale (ACP) sera appliquée à l’ensemble des critères. L’ACP est une méthode
particulièrement puissante pour analyser les données en tenant compte de leur caractère
multidimensionnel. En effet, dans de nombreuses applications, on observe non pas une
variable par individu, mais un nombre p souvent élevé. L’étude séparée de chacune de
ces variables est une phase indispensable dans le processus de dépouillement des
données mais insuffisante car elle laisse de côté les liaisons qui peuvent exister entre
elles et qui sont souvent l’aspect le plus important.
Dans notre contexte, les variables représentent les critères de chacun des cas et les
individus représentent les cas. L’ACP permet donc de réduire le nombre de critères
souvent élevé tout en tenant compte des différentes corrélations qui peuvent exister
entre eux. A l’issu de cette méthode, nous obtenons une base de données formée par des
cas où chacun est décrit par un nombre réduit de critères. Plusieurs logiciels ont été
développés pour l’analyse des données. Nous optons pour le choix du logiciel SPSS
considéré comme étant le plus populaire.
107
Un modèle d’aide au pilotage d’un processus basé sur le RàPC
Ainsi, dans une démarche d’aide à la décision, après avoir fixé les objectifs
souhaités, il faut déterminer les variables d’actions sur lesquelles on peut agir afin de
mieux évoluer le processus en question (Dhouib et al., 2007 a). Pour ce faire, la
contribution de chaque variable dans l’atteinte d’un objectif fixé sera quantifiée en se
recourant à la théorie de l’information. Chaque fois que nous voulons amener un
indicateur de performance à la valeur voulue c’est-à-dire à l’objectif fixé, il faut
identifier les variables ou encore les facteurs les plus influents. Ceci sera fait à l’aide de
l’information mutuelle.
nature de l’influence mutuelle (pour plus de détails, voir Addouche et al. (2005)) :
Par conséquent, les variables de décision retenues sont celles qui ont une
information mutuelle positive avec l’indicateur en question. Autrement dit, ce sont les
variables qui mènent à l’atteinte de l’objectif fixé par le décideur. Tout en ayant les
variables nécessaires, nous pouvons donc déterminer un score global estimé (noté
NOUV) du nouveau cas qu’on tente à chercher ses indicateurs de performance et par la
suite les actions à entreprendre.
108
Un modèle d’aide au pilotage d’un processus basé sur le RàPC
C1 C2 C3
Le tableau 9 résume les probabilités pour les différents produits y compris le nouveau
cas aussi bien des critères Cj (j = 1, 2, 3) que de l’indicateur de performance P1.
Tableau 9. Probabilités des critères et de l’indicateur de performance pour les différents produits
C1 C2 C3 C1 C2 C3
phone cellulaire 0.0275 0.0002 0.001 0.1259 5.2596 4.5606 2.4606
réfrigérateur 0.7827 0.9059 0.8887 0.3228 0.1493 0.1576 0.5974
commercial
moniteur LCD 0.0494 0.0154 0.0284 0.2205 3.1187 2.8529 1.9628
téléphone 0.0364 0.0030 0.008 0.0866 3.9617 3.5358 3.5358
Ordinateur 0.1039 0.0755 0.074 0.2441 2.1054 2.1141 1.5958
Grâce à la formule [1], nous calculons les informations mutuelles entre chaque critère
Cj et l’indicateur de performance P1 représentées dans le tableau 10.
Iij C1 C2 C3
109
Un modèle d’aide au pilotage d’un processus basé sur le RàPC
Nous constatons, d’après le tableau 11, que toutes les informations mutuelles sont
positives. Ainsi, tous les critères sont retenus pour le calcul du score global du nouveau
produit vu qu’ils contribuent à l’atteinte de son objectif. Par suite :
NOUV = (0.0755 46875) + (0.074 6.25) + (0.2441 62) = 3554.6592
Définition1 : Soit N = {1, . . . , n} un ensemble de critères. Une capacité sur N est une
fonction µ : 2N [0, 1] vérifiant µ(Ø) = 0, µ(N) = 1, et µ(A) µ(B) si A B
(monotonie). Cette condition de monotonie provient du fait que l'importance d'un
groupe de critères ne peut décroître si on ajoute un critère au groupe. Elle est retenue
comme une hypothèse de notre modèle.
C (f) f i f i 1 Ai Ai Ai 1
f i [2]
i 1 i 1
Les valeurs de µ représentant les poids des critères ou des groupes des critères sont:
A c1 c2 c3
µ (A) 0 0.2 0.2
A c1, c2 c1, c3 c2, c3
µ (A) 0.8 0.8 0.4
110
Un modèle d’aide au pilotage d’un processus basé sur le RàPC
Objet a: a2 a3 a1
Cµ (a) = c1 , c 2 , c 3 c1 , c 3 a2 c1 , c 3 c1 a3 c1 a1
Object b: b1 b3 b2
Cµ (b) = c1 , c 2 , c 3 c2 , c3 b1 c2 , c3 c2 b3 c2 b2
Les critères du type minimisation d’une erreur ou d’une distance, entre la sortie
du modèle c’est à dire le score global calculé et la sortie désirée.
Les critères cherchant à respecter les préférences exprimées sur les actions.
Les deux approches ont leurs propres avantages et inconvénients, et peuvent être
complémentaires. L’avantage de la première est qu’on trouve toujours une solution,
mais rien ne garantit que celle-ci représente la relation de préférence induite par les
scores globaux. Afin de remédier à ceci, on peut intégrer les contraintes dues aux
préférences dans le problème d’optimisation ce qui fait l’objet de la seconde approche.
Toutefois, cette dernière ne garantit pas l’existence d’une solution, et dans ce cas, il
n’est pas simple de savoir quelle(s) préférence(s) inverser.
Sous contraintes
µ (C) µ (D) C, D et C D [3]
111
Un modèle d’aide au pilotage d’un processus basé sur le RàPC
C x -C x x, x B [5]
C ( x) Ai Ai 1
x i
i 1
Ai = {σ(i), . . . , σ (n)}
x (σ(0)) = 0
σ est une permutation sur N telle que x (σ(1)) x(σ(2)) … x(σ(n))
NOUV : score global estimé du nouveau cas
C, D : groupes de critères inclus dans N
i, j : critères inclus dans N
: seuil d’indifférence fixé
x, x’ : cas de la base
Les sorties de ce programme sont donc les capacités ou encore les poids des
coalitions des critères. A l’aide de ces capacités, les similarités entre le nouveau cas et
les différents cas de la base seront calculées.
Si le nombre de données est faible, l’ensemble des solutions possibles peut être
grand, et la solution donnée par les logiciels de programmation quadratique est
souvent « extrême », au sens où elle contient beaucoup de valeurs à 0 et à 1.
112
Un modèle d’aide au pilotage d’un processus basé sur le RàPC
Sous contraintes
µ (C1) < µ (C1, C2)
µ (C2) < µ (C1, C2)
µ (C1, C2) <1
µ (C2, C3) <1
µ (C1, C3) <1
µ (C1, C2) < µ (C1) + µ (C2)
µ (C2, C3) > µ (C2) + µ (C3)
µ (C1, C3) > µ (C1) + µ (C3)
Cµ (2) > 4 Cµ (1)
Cµ (3) > Cµ (2)
Cµ (3) > Cµ (4)
113
Un modèle d’aide au pilotage d’un processus basé sur le RàPC
Les mesures de similarité peuvent être locales ou globales. Elles sont locales lorsque
les mesures sont relatives aux caractéristiques de cas. Elles s’inspirent généralement de
la notion de distance et dépendent du type de descripteur qu’il soit numérique,
symbolique ou taxonomique. Dans notre modèle, nous optons pour celles liées aux
descripteurs numériques telles que la suivante :
vk v nouv
Simj (k, nouv) = 1 - [6]
range
Ensuite, une similarité globale sera calculée en agrégeant les similarités locales
grâce à la formule de l’intégrale de Choquet 2-additive [2] :
m
sim g
k , nouv sim j
k , nouv sim j 1
k , nouv Aj
j 1
avec Aj j ,..., m
sim o
k , nouv 0 [7]
est une permutatio n sur N telle que sim 1
sim 2
sim m
114
Un modèle d’aide au pilotage d’un processus basé sur le RàPC
Le nouveau cas et sa solution s’ils sont validés, ils seront ajoutés à la base de cas
pour élargir la base de connaissances. Si l’introduction de ce nouveau cas va influencer
la base de cas soit en terme de critères soit en terme de solution, elle doit être mise à
jour (Dhouib et al., 2008 b). En effet, le nouveau cas peut comporter des informations
supplémentaires qui nécessitent l’ajout d’un ou de plusieurs critères. Il peut être aussi
accompagné par des actions qui enrichissent les solutions des autres cas.
115
Un modèle d’aide au pilotage d’un processus basé sur le RàPC
Entrées Sorties
1. Description du Paramètres du processus: Enchaînements Indicateurs de performance
processus Facteurs de performance d’activités (P1, P2,………, Ph)
(C1, C2,…, Cm) Actions menées
Critères (connus) Solution (connue) Scores globaux (inconnus)
Cas 1 C1, C 2,………, C m P1, P2,………, Ph Cµ (x1)
2. Construction de la Cas 2 C1, C 2,………, C m P1, P2,………, Ph Cµ (x2)
base de cas . . . .
. . . .
Cas n C1, C 2,………, C m P1, P2,………, Ph Cµ (xn)
Application de l’ACP à l’ensemble des critères :
Obtention de nouveaux critères (V1, V2,…, Vm’) avec m’<m
3. Raffinement de la Cas 1 V1, V2,………, Vm’
base de cas
Cas 2 V1, V2,………, Vm’
.
.
Cas n
V1, V2,………, Vm’
Critères (connus) Solution Score global (inconnu)
(inconnue)
Nouveau C1, C 2,………, C m P1, P2,………, Ph
Comment estimer le score
cas global du nouveau cas ?
4. Ajout du nouveau cas 1. Fixer les objectifs (P1*, P2*,………, Ph*).
dans la base 2. Calculer les informations mutuelles entre chaque facteur Cj et un
indicateur de performance Pi* en appliquant la formule :
k' k
k' k
p (C j c j ; Pi pi )
I ij I ( C j ; Pi ) p (C j c j ; Pi p i ) log k' k
k k'
p (C j c j ). p ( Pi pi )
3. Retenir les informations mutuelles positives.
4. Estimer le score global du nouveau cas noté NOUV.
Entrées Programme quadratique Sorties
Minimiser une Minimiser C x NOUV
2 Paramètres de
distance x
l’intégrale de
5. Construction des Monotonie µ (C) µ (D) C , D et C D
Choquet :
poids des critères capacités µ
Préférences entre µ (i, j) ou µ (i) + µ (j) i, j (poids des
critères coalitions des
C x -C x x, x B
Préférences entre cas critères).
vk v nouv
Similarités locales : Simj (k, nouv) = 1 -
range
où j : un critère dans N avec j = 1,…, m
vk : la valeur du cas k selon le critère j avec k = 1,…, n
6. Calcul des similarités vnouv : la valeur du nouveau cas selon le critère j
range : la valeur absolue de la différence entre la borne supérieure et la
borne inférieure de l’ensemble des valeurs.
Similarités globales :
m
avec Aj j ,..., m
sim o
k , nouv 0
est une permutatio n sur N telle que sim 1
sim 2
sim m
116
Un modèle d’aide au pilotage d’un processus basé sur le RàPC
Dans ce même ordre d’idées, Kuo et al. (2005) ont développé un système hybride
combinant le RàPC, la théorie des ensembles flous et l’algorithme de clustering
colonies de fourmis afin de réduire les cas nécessaires pour la recherche et de réduire
également le temps. Aussi, les techniques de data mining y compris le clustering ont été
combinées avec le RàPC pour une recherche de cas et une maintenance de la base de
cas efficientes (Yang et Wu, 2000), pour une génération de cas automatique (Clerkin et
al., 2002) et pour une classification améliorée de la base de cas (Arshadi et Jurisica,
2005). Perner (2006) a plutôt appliqué le clustering dans un système de RàPC pour
distinguer entre les cas similaires et les cas non similaires au nouveau cas en amont de
la phase de recherche. Kim et Han (2001) ont proposé une nouvelle méthode
d’indexation des cas du système RàPC. Cette méthode utilise l’information clusters des
données financières pour améliorer la pertinence de la classification. Elle exploite non
117
Un modèle d’aide au pilotage d’un processus basé sur le RàPC
seulement des connaissances spécifiques des cas passés, mais aussi une connaissance
additionnelle dérivée des clusters des cas. Des réseaux de neurones artificiels ont été
utilisés pour générer des valeurs centroïdes de clusters car ces techniques produisent des
clusters mieux adaptés que les algorithmes de clustering statistiques. Kim et Ahn (2008)
ont utilisé une hybridation entre l’algorithme de clustering K-means et l’algorithme
génétique comme un préprocesseur au cycle du RàPC dans le domaine de segmentation
de marchés.
Le clustering est une technique de classification des données qui fait partie de
l’analyse des données mais aussi du data mining. Le concept de base du clustering est
de diviser l’ensemble des données de façon à ce que deux cas d’un même cluster sont
les plus similaires possibles et deux cas de différents clusters sont les plus dissimilaires
possibles (Kuo et al., 2005). Il ne faut pas confondre entre classification et classement.
Le classement fait l’objet de l’analyse discriminante où il s’agit d’affecter les objets à
des groupes préétablis. Alors que la classification consiste à chercher des classes
« naturelles » dans le domaine étudié, c’est en quelque sorte le travail préliminaire au
classement.
Dans ce qui suit, le clustering sera défini, pour ensuite donner un aperçu
bibliographique sur les différents algorithmes de clustering. Puis, des mesures de
distance seront avancées vu leur rôle important dans un algorithme de clustering.
Ensuite, certaines pratiques de clustering seront fournies pour faciliter le choix d’un
algorithme de clustering. Enfin, quelques outils d’évaluation seront présentés
permettant de juger de la qualité d’un algorithme de clustering.
118
Un modèle d’aide au pilotage d’un processus basé sur le RàPC
3.5.1 Définition
Le savant suédois Linné a été l’un des plus grands classificateurs. En 18 ème siècle, il
a établi une classification du monde vivant en général et du règne végétal en particulier,
classification qui demeure jusqu’aujourd’hui chez les spécialistes des sciences
naturelles. Certaines tentatives de rationalisation du processus mental de Linné ont été
amenées pendant la première moitié du 20ème siècle. Puis, grâce à la propagation de
l’informatique au sein des universités à partir des années 60, un nombre important
d’algorithmes qui automatisent la classification est apparu (Williams et Lambert, 1959 ;
Sokal et Sneath, 1963). Toutefois, le développement mathématique de ces algorithmes
reste jusqu’aux nos jours élémentaire (Roux, 2006).
119
Un modèle d’aide au pilotage d’un processus basé sur le RàPC
Il existe plusieurs catégories d’algorithmes de clustering dont les deux plus utilisés
sont les méthodes de classification hiérarchiques et les méthodes de partitionnement
présentées ci-dessous.
Concernant les méthodes de calcul des distances utilisées pour la fusion des groupes,
elles se basent essentiellement sur l’expérience plutôt que sur des considérations
mathématiques solides. En fait, ce type d’algorithme est peu exigeant sur les propriétés
de la distance initiale et n’impose pas la satisfaction des axiomes usuels des distances.
Trois méthodes sont considérées les plus courantes des méthodes usuelles de calcul des
distances dans cette construction hiérarchique :
120
Un modèle d’aide au pilotage d’un processus basé sur le RàPC
Quelque soit la méthode utilisée, les distances recalculées représentent les valeurs
possibles pour le niveau des nœuds suivants de la hiérarchie. Mais, cette dernière ne
peut être construite que lorsque ces niveaux ultérieurs soient supérieurs à celui que l’on
vient de créer. Autrement dit, il faut s’assurer que les distances recalculées soient
supérieures au niveau du nœud nouvellement formé.
121
Un modèle d’aide au pilotage d’un processus basé sur le RàPC
122
Un modèle d’aide au pilotage d’un processus basé sur le RàPC
extension de K-means afin de calculer le nombre initial des centres de gravité (Charles,
2004).
La plupart des algorithmes de clustering commencent par choisir une mesure des
distances ou de dissemblances entre les objets, qu’ils appliquent pour la classification.
Vu le nombre très élevé de ce type de mesure, l’utilisateur doit être prudent dans son
choix. En effet, la formule retenue aura une influence décisive sur les résultats.
Certaines mesures de distance ou de similarité ont été utilisées dans les systèmes
RàPC. Aussi, quelques comparaisons ont été menées entre ces mesures (Wilson et
Martinez, 1997 ; Liao et Zhang, 1998). Les résultats obtenus montrent que les
différentes mesures ont une performance fortement liée aux types d’attributs qui
représentent un cas et à l’importance de chaque attribut. Ainsi, ces mesures varient
selon qu’il s’agit de données qualitatives ou quantitatives, discrètes ou continues
(Núnez et al., 2004).
représente la valeur absolue de la différence des valeurs de la variable j pour les deux
observations i et i’.
Ecart maximum
d i, i Max j
D j
Cette distance est particulièrement sensible à l’échelle choisie pour chacune des
variables. C’est pour cette raison qu’il vaut mieux introduire dans la formule des
coefficients de pondération w.
123
Un modèle d’aide au pilotage d’un processus basé sur le RàPC
w (j) est la pondération affectée à la variable j. L’usage est de prendre pour pondération
l’inverse de la variance de j.
Distance de Manhattan
d i, i D j
j
w j 1 / x ., j
2 2
d i, i w j D j
j
Après avoir obtenue une classification des objets par l’une des méthodes de
clustering, il sera curieux de juger la qualité du modèle du clustering appliqué, pour des
finalités de validation. Pour cela, des critères aussi bien qualitatifs que quantitatifs
peuvent être utilisés (Zhuang et al., 2007).
124
Un modèle d’aide au pilotage d’un processus basé sur le RàPC
ensembles des clusters qui sont compacts et bien séparés. Cet indice est défini comme
c
1 Xi X j
suit : DB U max avec
c i 1
i j
X i, X j
Outre les méthodes quantitatives, certains critères qualitatifs sont utilisés pour
sélectionner le modèle représentatif (Siew et al., 2002) :
Certains algorithmes occupent une taille de mémoire centrale plus importante que
d’autres. Par conséquent, il faut tenir compte de l’ampleur des données surtout lorsqu’il
s’agit de travailler sur un micro-ordinateur. Deux catégories d’algorithmes peuvent se
125
Un modèle d’aide au pilotage d’un processus basé sur le RàPC
distinguer : ceux qui gèrent des distances et ceux qui manipulent directement les
données brutes.
Tous les programmes peuvent être utilisés lorsque les données sont quantitatives.
Mais, il faut procéder à une normalisation préalable des variables si c’est nécessaire.
Toutefois, dans le cas des variables qualitatives, il faut choisir une formule de distances
adaptée.
Dans le cas où ils sont tous applicables, les algorithmes de clustering déjà
développés ne fournissent pas certainement des résultats d’égale qualité. L’expérience
de l’utilisateur peut intervenir pour le choix de l’algorithme le plus adéquat.
Le temps de calcul permet sans doute de conditionner le choix d’un tel algorithme
de clustering. Il peut être réduit si on procède par exemple à des traitements
préliminaires avant l’application de l’algorithme ou par l’utilisation d’autres
algorithmes pour construire des hiérarchies élémentaires.
126
Un modèle d’aide au pilotage d’un processus basé sur le RàPC
Cette section développe un autre modèle d’aide au pilotage d’un processus qui
combine le RàPC et le clustering. Ce dernier sera utilisé comme une manière de
représentation de la base de cas. Ceci facilitera les autres étapes du cycle du RàPC
notamment la recherche de cas similaires et la maintenance de la base de cas. D’abord,
des préliminaires à l’algorithme de ce modèle sont présentés. Ensuite, les étapes de
l’algorithme sont parcourues. Enfin, une illustration est montrée au sein du processus
de recyclage.
d(x, y) = 1; d(x, z) = 2.1; d(x, t) = 4.3; d(y, z) = 1.1; d(y, t) = 3.3; d(z, t) = 2.2. Ces
distances sont rassemblées dans la matrice de distance suivante (figure 14) :
x y z t
x 0 1 2.1 4.3
y 0 1.1 3.3
z 0 2.2
t 0
Prenons comme exemple une distance limite égale à 2. La distance minimale dans cette
matrice est 1, d’où, x et y sont regroupés dans un même cluster. Une deuxième matrice
(figure 15) est formée entre ces nouveaux clusters :
127
Un modèle d’aide au pilotage d’un processus basé sur le RàPC
(x, y) z t
z 0 2.2
t 0
La distance minimale étant 1.1, d’où, x, y et z sont regroupés dans un même cluster.
Une troisième matrice (figure 16) comprenant les distances entre les clusters (x, y, z) et
t a comme distance minimale 2.2 qui est supérieure à la distance limite 2. Par
conséquent, l’algorithme s’arrête. Les clusters formés sont donc (x, y, z) et t.
(x, y, z) t
(x, y, z) 0 2.2
t 0
Concernant les mesures de distance, nous optons d’abord pour la même mesure
v ij vi j
utilisée dans le premier modèle comme mesure de distance d i , i ' .
j
range
Ensuite, nous appliquons aussi la mesure de distance usuelle qui est la distance
euclidienne. Cette dernière est la plus utilisée vu sa clarté et sa facilité d’utilisation. Elle
2
est définie par cette formule : d 2 i , i j
x ij xi j
Toutefois, la différence entre deux valeurs très petites selon une variable peut être
la même que celle entre deux valeurs très grandes selon cette même variable. Autrement
dit, la même contribution est obtenue avec deux variables où l’une a des valeurs très
petites entre les deux cas et l’autre a des valeurs très grandes. Afin de rééquilibrer les
rôles des variables, l’usage est de diviser les valeurs par l’écart type de la variable
considérée.
128
Un modèle d’aide au pilotage d’un processus basé sur le RàPC
129
Un modèle d’aide au pilotage d’un processus basé sur le RàPC
L’algorithme que nous avons développé consiste en 3 étapes (voir figure 17):
1ère étape : cette étape consiste à construire une matrice de distances entre les cas selon
une fonction de distance choisie.
2ème étape : une distance limite est fixée. Cette distance correspond à la plus petite
distance entre le nouveau cas et chacun des cas de la base : dlimit Min d k , nouv . Ce
k 1 ... n
choix a été opté pour garantir que le nouveau cas sera affecté à un cluster contenant au
moins un cas.
3ème étape : chaque fois que la distance qui sépare deux clusters k et k’ est inférieure à
la distance limite déjà fixée dans l’étape précédente (dlimit), ces deux seront réunis dans
un même cluster. Puis, pour ne pas tomber de nouveau sur ces deux clusters, on accorde
la valeur 1 à la distance qui les sépare. De cette manière, on ne revient plus à la distance
entre k et k’ vu que toutes les distances de la matrice sont toutes inférieures à 1. Il est à
noter que chaque cas non affecté constitue seul un cluster.
dmin= 1.
Etape3.
Tant que dmin<dlimit
dmin= Min d k , k ' , regrouper k et k’ dans un même cluster.
k , k ' 1 ... n 1
d k , k ' =1.
130
Un modèle d’aide au pilotage d’un processus basé sur le RàPC
(volume, poids et nombre de parts) ainsi que par la solution qui représente le coût de
recyclage (P1) et l’une des 6 stratégies : Réutilisation, Service, Réparation, Recyclage
avec désassemblage, Recyclage sans désassemblage, Mise au rebut.
Un nouveau produit s’ajoute à la base de cas (ordinateur) qu’on tente à estimer son
coût de recyclage et déterminer sa stratégie. Nous appliquons donc notre algorithme de
clustering développé précédemment à l’ensemble des 5 produits pour voir dans quel
cluster se trouve le nouveau produit (voir tableau 12).
Tableau 12. Une base de cas formée par des produits en fin de vie (y compris le nouveau produit)
C1 C2 C3
Phone cellulaire (x) 120 0.09 32
Réfrigérateur commercial (y) 562500 75 82
Moniteur LCD (z) 9555 2.4 56
Téléphone (t) 1890 0.65 22
Ordinateur (u) 46875 6.25 62
Deux types de distances sont choisies pour appliquer l’algorithme : la distance utilisée
dans le premier modèle développé précédemment et la distance euclidienne. Désignons
par x, y, z, t et u respectivement les cinq produits : phone cellulaire, réfrigérateur
commercial, moniteur LCD, téléphone et ordinateur.
vk vk '
Distance :
j
range
131
Un modèle d’aide au pilotage d’un processus basé sur le RàPC
La distance limite correspond à la plus petite distance entre le nouveau cas (u) et
chacun des cas de la base, soit donc : 0.2177. La distance minimale dans cette matrice
est égale à : 0.1806, d’où, x (phone cellulaire) et t (téléphone) sont regroupés dans un
même cluster. La deuxième matrice, représentée par la figure 19, a comme distance
minimale : 0.2177 qui est égale à la distance limite. Par conséquent, z (moniteur LCD)
et u (ordinateur) sont réunis dans un même cluster et l’algorithme s’arrête.
(x, t) y z u
(x, t) 0 0.834 0.4477 0.6653
y 0 2.3856 2.1678
z 0 0.2177
u 0
La première matrice (figure 20) comprend les distances entre les différents produits. La
distance limite, correspondant à la plus petite distance entre le nouveau cas (u) et
chacun des cas de la base, étant 37320. La distance minimale dans cette matrice est
égale à : 1770, d’où, x (phone cellulaire) et t (téléphone) sont regroupés dans un même
cluster.
x y z t u
x 0 562380 9435 1770 46755
y 0 552945 560610 515625
z 0 7665 37320
t 0 44985
u 0
132
Un modèle d’aide au pilotage d’un processus basé sur le RàPC
(x, t) y z u
(x, t) 0 560610 7665 44985
y 0 552945 515625
z 0 37320
u 0
La troisième matrice, représentée par la figure 22, a comme distance limite 37320 qui
est égale à la distance limite. D’où, x (phone cellulaire), t (téléphone), z (moniteur
LCD) et u (ordinateur) appartiennent au même cluster et l’algorithme s’achève. Ce
dernier donne lieu à deux clusters : (phone cellulaire, téléphone, moniteur LCD,
ordinateur) et (réfrigérateur commercial). Ainsi, les produits similaires au nouveau
produit (ordinateur) sont : phone cellulaire, téléphone, moniteur LCD.
(x, t, z) y u
(x, t, z) 0 552945 37320
y 0 515625
u 0
Figure 22. Matrice 3
3.7. Conclusion
Dans ce chapitre, nous avons développé deux modèles d’aide au pilotage d’un
processus basés sur le RàPC. Ces deux modèles peuvent être en relation de
complémentarité. En effet, l’algorithme développé permet de former des groupes
homogènes y compris le nouveau cas dont on cherche sa solution. Ensuite, après avoir
obtenu le cluster contenant le nouveau cas avec ses cas similaires, notre programme
quadratique peut être déclenché pour la recherche du cas le plus proche. Ainsi, le
133
Un modèle d’aide au pilotage d’un processus basé sur le RàPC
programme quadratique sera appliqué au sein d’un cluster, au lieu qu’il soit appliqué
dans toute la base de cas. Toutefois, les deux modèles s’appuient sur des critères
quantitatifs. Hors, une des caractéristiques du raisonnement humain est qu’il est basé
aussi sur des informations qualitatives et linguistiques. En effet, plusieurs cas réels font
appel à des sources d’information quantitatives et qualitatives. L’aide au pilotage doit
alors tenir compte d’une part, des connaissances d’experts humains qui donnent une
information plutôt qualitative et linguistique, et d’autre part, des données directement
acquises sur le processus, donnant plutôt une information quantitative sous la forme de
mesures.
134
Aide au pilotage d’un processus : extension aux critères linguistiques
Chapitre 4 :
135
Aide au pilotage d’un processus : extension aux critères linguistiques
4.1. Introduction
Ce chapitre, après avoir donné un aperçu sur la théorie des sous-ensembles flous en
général et l’approche linguistique en particulier, représente le modèle 2-tuple développé par
Herrera et Martinez (2000 a). Ce modèle est une manière de calcul linguistique utilisé pour
représenter l’information linguistique et numérique. Il sera ensuite étendu avec l’opérateur
d’agrégation flou : l’intégrale de Choquet pour répondre aux exigences de notre modèle
d’aide au pilotage d’un processus. Enfin, un exemple d’illustration sera détaillé pour mieux
montrer l’homogénéisation des données linguistiques et numériques.
Les connaissances que l’on accumule sur un processus sont généralement entachées
d’imperfections dont leurs raisons sont de nature différente notamment : les incertitudes, les
imprécisions et les incomplétudes (Bouchon-Meunier, 1995).
- Les incertitudes : elles sont les conséquences d’un manque d’information. Elles
expriment un doute sur la validité d’une connaissance. En fait, une fiabilité relative de
l’intermédiaire de l’observation ainsi qu’une difficulté dans l’obtention ou la vérification de la
connaissance peuvent être à l’origine de ce doute. Ces différents cas sont présents lors de la
phase de collecte de paramètres relatifs à un processus, où une partie des informations est
fournies par les responsables du processus. Evidemment, l’efficacité de leurs évaluations
dépend fortement de leurs expériences. Ainsi, leurs appréciations possèdent un certain degré
d’incertitude.
- Les imprécisions : elles sont dues à une difficulté dans l’énoncé , soit à cause de
connaissances numériques mal connues, soit à cause de termes de langage naturel vagues. Le
premier cas résulte d’une insuffisance d’instrumentation, d’erreurs de mesure, ou encore de
connaissances flexibles. Le second est la conséquence d’une expression spontanée de
136
Aide au pilotage d’un processus : extension aux critères linguistiques
La formalisation des imprécisions n’a pas attiré autant les scientifiques, à l’exception des
physiciens, qui utilisent la notion d’erreur. Une formalisation est apparue sous la forme d’une
théorie appelée des intervalles, restreinte aux imprécisions de caractère numérique (cité dans
Letouzey et al., 2001).
La logique floue, apparue en 1965 par Lotfi Zadeh, permet de traiter, d’une part, des
imprécisions et des incertitudes, qui autorisent également le traitement de certaines
incomplétudes, et d’autre part, des connaissances numériques et des connaissances exprimées
symboliquement par des qualifications du langage naturel (Bouchon-Meunier, 1995). La
forme la plus générale des imprécisions a trouvé un moyen de représentation et de traitement
dans l’introduction de la théorie des sous-ensembles flous (Zadeh, 1965). Cette théorie est une
extension de la théorie des ensembles classiques dans la mesure où elle tient compte
d’ensembles définis de façon imprécise. C’est une théorie formelle et mathématique qui part
137
Aide au pilotage d’un processus : extension aux critères linguistiques
Notre intérêt est tout particulièrement accordé à la théorie des sous-ensembles flous vu le
grand avantage des ensembles flous de constituer une représentation mathématique
d’étiquettes linguistiques largement utilisées dans l’expression de connaissances expertes
souvent qualitatives. Ils apparaissent donc comme un moyen de réaliser l’interface entre
l’information numérique (quantitative) et l’information symbolique (linguistique). Certains
éléments liés à la théorie des sous-ensembles flous sont avancés ci-dessous.
La notion d’un sous-ensemble flou découle du fait que, très souvent, les classes d’objets
rencontrées dans le monde physique n’ont pas des critères d’appartenance bien déterminés. Ce
constat remédie la séparation entre les représentations mentales de la réalité et les modèles
mathématiques usuels. Ces derniers sont les ensembles classiques à base de variables
booléennes (vrai/faux) qui répondent mal à des termes vagues du langage naturel. Le terme
« flou » se réfère à la situation dans laquelle, il n’y a pas de bornes bien définies de
l’ensemble des observations pour lesquelles les descriptions s’appliquent.
Un sous ensemble flou A est un sous-ensemble d’un ensemble d’objets U (ou d’éléments
x) tels que, U = {(x), µa (x)}, x U, où µA (x) est le degré d’appartenance de x à A prenant
ses valeurs dans l’intervalle [0, 1]. Si µ (x) = 0, x n’est pas un élément de l’ensemble A, alors
que, si µ (x) = 1, x est sûrement un élément de A. Cependant, une valeur précise de µ n’existe
pas mais elle est plutôt affectée subjectivement par les individus de deux façons : nombres
flous et termes linguistiques.
138
Aide au pilotage d’un processus : extension aux critères linguistiques
Les caractéristiques d’un sous ensemble flou sont détaillées ci-dessous (voir figure 23) :
µA Noyau
Hauteur
Support x
Univers de discours
Support :
Le support d’un sous ensemble flou A noté supp (A) est la partie X sur laquelle la fonction
d’appartenance µA(x) n’est pas nulle :
supp(A) = {x X / µA(x) ≠ 0}
Hauteur :
La hauteur, notée h(A), d’un sous-ensemble flou A de X est la plus grande valeur prise par sa
fonction d’appartenance:
h(A) = supx X µA(x)
Noyau :
Le noyau de A noté noy(A) est l’ensemble des éléments de X pour lesquels la fonction
d’appartenance normalisée de A vaut 1 :
noy (A) = {x X / µA(x) = 1}
Cardinalité:
La cardinalité d’un sous-ensemble flou A de X est le degré global avec lequel des éléments de
X appartiennent à A. Elle est définie par :
A A
x
x X
139
Aide au pilotage d’un processus : extension aux critères linguistiques
Les opérations sur les sous-ensembles flous généralisent celles de la théorie classique des
ensembles : les opérations d’égalité, d’inclusion, d’intersection, d’union et de
complémentarité.
Egalité :
Inclusion :
Intersection :
Union:
A B tel que :
x , µD (x) = max (µA (x), µB (x))
Complémentarité:
140
Aide au pilotage d’un processus : extension aux critères linguistiques
Les nombres flous correspondent à des intervalles flous ayant une valeur modale unique.
Un nombre flou est un nombre réel dont sa valeur précise n’est pas toujours connue. Pour la
déterminer, nous utilisons des fonctions d’appartenance obtenues grâce aux opérateurs de la
logique floue.
[Link] Définitions
Un nombre flou est un sous-ensemble flou de nombres réels. Ils existent des cas
particuliers de nombres flous qui incluent le nombre réel précis ainsi que les intervalles de
nombres réels. La littérature fait ressortir plusieurs formes des nombres flous. Toutefois, les
formes triangulaires et trapézoïdales demeurent les plus employées pour représenter des
nombres flous. Nous présentons, ci-dessous, les définitions des fonctions d’appartenance aussi
bien des nombres flous triangulaires que trapézoïdales ainsi que les opérations de base.
Définition 1 : Un nombre flou triangulaire peut être défini comme un triplet (a1, a2, a3), où
l’intervalle [a1, a3] représente le support et a2 est la valeur modale. Sa fonction
d’appartenance est définie ainsi (Ching-Hsue et Yin, 2002) :
0, x a1 ,
x a1 / a 2 a1 , a1 x a2 ,
~
A
x ,
a3 x / a3 a2 , a2 x a3 ,
0, x a3.
~ ~
Soient A et B deux nombres flous positifs paramétrés par le triplet (a1, a2, a3) et (b1, b2, b3)
respectivement, alors les opérations sur les nombres flous triangulaires sont exprimées par
Chen et Hwang (1992) :
141
Aide au pilotage d’un processus : extension aux critères linguistiques
~ ~
A (+) B = (a1, a2, a3) (+) (b1, b2, b3) = (a1 + b1, a2 + b2, a3 + b3),
~ ~
A ( ) B = (a1, a2, a3) ( ) (b1, b2, b3) = (a1 b1, a2 b2, a3 b3),
~ ~
A ( ) B = (a1, a2, a3) ( ) (b1, b2, b3) = (a1b1, a2b2, a3b3),
~ ~
A ( ) B = (a1, a2, a3) ( ) (b1, b2, b3) = (a1 / b1, a2 / b2, a3 / b3),
~
Définition 2: La fonction d’appartenance d’un nombre flou trapézoïdal A = (a1, a2, a3, a4),
~
a1 a2 a3 a4, (dans le cas où a2 = a3, A est un nombre flou triangulaire) est définie par
Ching-Hsue et Yin, (2002) :
0, x a1
x a1 / a 2 a1 , a1 x a2 ,
~
A
x 1, a2 x a3 ,
x a4 / a3 a4 , a3 x a4 ,
0, x a4.
Deux manières différentes peuvent être suivies pour représenter les fonctions
d’appartenance. La première consiste à obtenir le degré d’appartenance d’une information à
un certain sous-ensemble flou. La deuxième cherche le passage d’une représentation
numérique à une représentation linguistique, en utilisant un ensemble de fonctions
d’appartenance. Un coefficient de confiance peut être accordé à l’affirmation « x appartient à
un ensemble A » et défini directement pour tout x. Cette propriété est exprimée à l’aide d’une
fonction d’appartenance µA (x) qui a des valeurs dans [0, 1]. La notation renvoie au
« coefficient d’appartenance de x à l’ensemble caractérisé par A » où l’argument x se rattache
à la variable linguistique et l’indice A désigne l’ensemble concerné.
Un événement certain a une fonction d’appartenance égale à 1 pour le point de
fonctionnement considéré, ainsi, x 0
x 1 pour x = x0 et x 0
x 0 pour x ≠ x0 ; il s’agit d’un
singleton. Alors qu’un événement incertain a une fonction d’appartenance inférieure ou égale
à 1.
142
Aide au pilotage d’un processus : extension aux critères linguistiques
Il s’agit donc d’une approche linguistique plus appropriée pour beaucoup de problèmes
réels. Cette approche manipule des variables linguistiques qui ne sont pas des nombres mais
plutôt des mots ou des expressions dans un langage naturel ou artificiel. Etant donné que les
mots sont généralement moins précis que les nombres, le concept de la variable linguistique
permet de fournir une caractérisation approximative du phénomène pour être à la disposition
de leur description en termes quantitatifs conventionnels.
Zadeh (1975) définit une variable linguistique comme un quintuple (H, T(H), U, G, M)
avec H est le nom de la variable, T(H) (ou simplement T) dénote l'ensemble de termes de H,
c'est à dire, l'ensemble des noms des valeurs linguistiques de H, dont la valeur de chacune est
une variable floue dénotée génériquement par X et rangée à travers un univers de discours U
qui est associé avec la variable de base u, G est une règle syntaxique qui prend généralement
la forme d'une grammaire pour générer les noms des valeurs de H et M est une règle
sémantique pour associer ces significations avec chaque H et M(X) représente un sous-
ensemble de U.
L'analyse de la décision linguistique utilise donc l'approche linguistique pour résoudre des
problèmes de prise de décision avec des informations linguistiques. La littérature fait ressortir
143
Aide au pilotage d’un processus : extension aux critères linguistiques
Il consiste à établir le domaine de l'expression linguistique utilisée pour fournir les valeurs
de la performance linguistique au sujet des actions selon les différents critères. Pour cela, il
faut choisir l'ensemble des termes linguistiques ainsi que sa sémantique.
144
Aide au pilotage d’un processus : extension aux critères linguistiques
raisonnablement parvenir à considérer sept articles ou environ (cité dans Herrera et Martinez,
2000 b). Après avoir défini la cardinalité de l’ensemble des termes linguistiques, un
mécanisme pour fournir des descripteurs linguistiques est alors établi.
Selon cette approche, la signification de chaque terme linguistique est donnée par un sous-
ensemble flou défini dans l'intervalle [0,1], qui est habituellement décrit par les fonctions
d'appartenance (Bonissone et Decker, 1986). Une façon statistiquement efficace pour
caractériser un nombre flou est l’utilisation d'une représentation basée sur des paramètres de
sa fonction d'appartenance (Bonissone, 1982). Etant donné que les évaluations linguistiques
fournies par les décideurs sont approximatives, certains auteurs considèrent que les fonctions
d'appartenance trapézoïdales linéaires sont assez bonnes. En fait, ces dernières permettent de
capturer l'imprécision de ces évaluations linguistiques, vu qu’il peut être impossible et inutile
d'obtenir des valeurs plus précises (Bonissone et Decker, 1986). Cette représentation
paramétrique est réalisée par le 4-tuple (a1, a2, a3, a4). Les deux premiers paramètres
indiquent l'intervalle dans lequel la valeur d'appartenance est 1 alors que les troisième et
quatrième paramètres indiquent la largeur gauche et droite. D'autres auteurs utilisent une
représentation non trapézoïdale, par exemple, les fonctions gaussiennes (Bordogna et al.,
1997).
Cette approche n’utilise pas les sous-ensembles flous mais elle présente la sémantique à
partir de la structure définie sur l’ensemble de termes linguistiques. Ceci se fait,
particulièrement, lorsque les décideurs fournissent leurs évaluations à l’aide d’un ensemble de
termes linguistiques ordonnés (Bordogna et al., 1997). Dans cette approche sémantique, selon
la distribution des termes linguistiques sur une échelle [0, 1], deux possibilités sont envisagées
145
Aide au pilotage d’un processus : extension aux critères linguistiques
Sémantique mixte
Cette approche sémantique considère tous les termes linguistiques comme principaux. Elle
suppose des éléments à partir des approches sémantiques mentionnées ci-dessus, c'est-à-dire
une structure ordonnée des ensembles de termes linguistiques principaux et des sous-
ensembles flous pour la sémantique de termes linguistiques. D'une part, comme dans le sous
paragraphe précédent, les ensembles de termes linguistiques ordonnées sont supposés être
distribués sur une échelle, avec un cardinal impair et un terme représentant une évaluation
approximative de « 0.5 », avec le reste des termes étant placés symétriquement autour de lui
et supposant que chaque terme linguistique pour la paire (si, sT-i) est également informatif.
D’autre part, la sémantique des termes linguistiques principaux est définie à l’aide des sous-
ensembles représentés par des fonctions d'appartenance trapézoïdales ou triangulaires
(Herrera et Herrera-Viedma, 2000). Ces fonctions d'appartenance peuvent être uniformément
distribuées (Herrera et Herrera- Viedma, 2000) ou non (Herrera et al., 1996 a).
Ces opérateurs sont fournis pour des critères différents ayant la même importance. Parmi
ces opérateurs, nous citons l’opérateur : Linguistic Ordered Weighted Averaging (LOWA)
(Herrera et Verdegay, 1993). C’est un opérateur symbolique qui présente de bonnes propriétés
146
Aide au pilotage d’un processus : extension aux critères linguistiques
Ces opérateurs sont fournis pour des critères différents ayant des importances différentes.
Parmi ces opérateurs, nous citons l’opérateur : Linguistic Weighted Averaging (LWA)
(Bordogna et al., 1997).
L’information linguistique multi granulaire est une information linguistique exprimée par
des ensembles de termes linguistiques avec une granularité ou une sémantique différentes.
Ces situations se posent quand les valeurs de la performance linguistique ne sont pas fournies
en utilisant le même ensemble de termes linguistiques. Herrera et al., (2000) proposent une
manière de gérer ces situations.
Ces opérateurs agrégent aussi bien des informations linguistique que numérique. Ils sont
appliqués dans le cas où certaines valeurs de performance sont données dans un domaine
numérique et d’autres dans un domaine linguistique. Delgado et al., (1998) ont développé un
opérateur fusion qui opère dans trois étapes :
147
Aide au pilotage d’un processus : extension aux critères linguistiques
L'utilisation des opérateurs linguistiques basés sur les fonctions d'appartenances associées
présente deux problèmes principaux, à savoir (Bonissone, 1982) :
• Comment effectuer des opérations arithmétiques avec les sous-ensembles flous? En fait, la
théorie des sous-ensembles flous fournit des opérateurs logiques (ou, et, non) utilisés pour
établir le modèle linguistique ainsi que le principe de prolongation qui fournit l'outil
mathématique pour exécuter n'importe quelle arithmétique (Zadeh, 1975). Toutefois,
l'application du principe d'extension engendre des problèmes de calcul, par exemple, il permet
à n’importe quelle fonction non floue d’accepter les sous-ensembles flous comme des
arguments et la valeur résultante de la fonction est également un sous-ensemble flou avec une
fonction d’appartenance simple (Bonissone, 1982). La solution classique de ce problème
consiste d’abord à utiliser une représentation basée sur des paramètres pour le sous-ensemble
flou. Ensuite, elle consiste à définir les opérations arithmétiques sur la base de ces paramètres
sans utiliser le principe d’extension.
Comment associer un terme linguistique à un sous-ensemble flou non étiqueté sur la base de
la similitude sémantique (approximation linguistique)? Par ailleurs, il est bien connu que
l’utilisation des opérations arithmétiques prolongées pour traiter les sous-ensembles flous,
augmente l’imprécision des résultats étape par étape. La forme des fonctions d’appartenance
148
Aide au pilotage d’un processus : extension aux critères linguistiques
ne se maintient pas quand les variables linguistiques sont interactives. Ainsi, les résultats
finaux de ces méthodes sont des sous-ensembles flous qui ne correspondent à aucune étiquette
dans l'ensemble de termes linguistiques original. Si nous désirons avoir une étiquette, une
approximation linguistique est nécessaire (Degani et Bortolan, 1988). Cette approximation
consiste à trouver une étiquette dont la signification est identique ou la plus proche de la
signification du sous-ensemble flou non étiqueté engendré par le modèle de calcul
linguistique. Il n' y a aucune méthode générale pour associer une étiquette à un sous-ensemble
flou, d’où, les problèmes spécifiques peuvent exiger des méthodes spécifiquement
développées pour ces problèmes.
Une deuxième approche a été proposée pour accomplir l'information linguistique est celle
symbolique qui fait des calculs sur les indices des étiquettes linguistiques (Delgado et al.,
1993). Souvent, elle utilise une structure ordonnée des ensembles de termes linguistiques, S =
{so,…,sg} avec si < sj si est seulement si i < j, pour réaliser les calculs. Les résultats
intermédiaires sont des valeurs numériques, [0, g], qui doivent être approximées à chaque
étape du processus grâce à une fonction d'approximation. Cette dernière obtient une valeur
numérique de façon qu'elle indique l'indice du terme linguistique associé. Cette approche agit
par le calcul direct sur des étiquettes en tenant compte de la signification et des
caractéristiques des évaluations linguistiques. Cela fonctionne en supposant que l'ensemble de
termes linguistiques est une structure ordonnée uniformément distribuée sur une échelle.
Les deux méthodes citées ci-dessus semblent être bonnes quand l’approche linguistique
est adoptée, car les évaluations linguistiques sont justes des approximations qui sont données
et traitées lorsqu’il est impossible ou inutile d’obtenir des valeurs plus précises. Dans ce cas,
l’utilisation des fonctions d’appartenance associées aux termes linguistiques est inutile.
Toutefois, dans ces deux méthodes, souvent, les résultats ne coïncident pas exactement
avec n’importe quel terme linguistique initial. D’où, un processus d’approximation doit être
développé pour exprimer le résultat dans le domaine d’expression original. Ceci, mène à une
perte d’information et par conséquent à une réduction de précision qui est acceptable dans la
mesure où ces approches sont des outils de modélisation des situations non numériquement
précises. Cette perte d'information dans l'approximation linguistique affecte le résultat des
méthodes d'AMCD. Pour cela, un nouveau modèle de représentation linguistique basé sur les
2-tuples a été développé par Herrera et Martinez (2000 a) afin de remédier à ce problème en
149
Aide au pilotage d’un processus : extension aux critères linguistiques
Cette étape consiste à choisir les meilleures actions selon les valeurs de la performance
linguistique fournies. Elle se déroule en deux phases:
(b) La phase d'exploitation: elle consiste à l'établissement d'un rangement, d'un tri ou d'un
choix parmi les actions d'après la valeur de la performance linguistique collective selon la
problématique du problème de décision abordée.
L'objectif de cette étape, est de trouver les meilleures actions à partir des valeurs de
performances linguistiques. Cette tâche est réalisée à l’aide d'un processus de choix entre les
actions. Principalement, deux approches peuvent être envisagées afin d’exécuter un processus
de choix (Herrera et al., 1995): une approche directe dans laquelle une solution avec les
meilleures actions est dérivée sur la base des préférences individuelles et une approche
indirecte où une solution avec les meilleures actions est dérivée sur la base de la préférence
collective qui est une préférence globale pour l'ensemble de tous les critères.
150
Aide au pilotage d’un processus : extension aux critères linguistiques
Dans ce qui suit, quelques définitions sont avancées ainsi que les opérateurs de
comparaison, de négation et d’agrégation utilisés par ce modèle de représentation linguistique
floue 2-tuples. Nous proposons d’introduire l’opérateur d’agrégation intégrale de Choquet 2-
additive. L’intérêt de cette nouvelle proposition est double. D’une part, elle permet de rester
toujours dans le cadre du flou vu que l’intégrale de Choquet est un opérateur de la famille
floue. D’autre part, elle permet de tenir compte des interactions mutuelles qui peuvent surgir
entre les différents critères. En plus, cette section expose la démarche d’application de ce
modèle avec des informations non homogènes. Elle développe aussi un exemple d’illustration
du modèle linguistique 2-tuples dans l’aide au pilotage d’un processus.
4.4.1 Définitions
Définition 1. Soit le résultat d'une agrégation des indices d'un ensemble d'étiquettes
évaluées dans un ensemble de termes linguistiques S = {s0,...,sg}, c'est-à-dire, le résultat
d'une opération d'agrégation symbolique. [0, g], g + 1 étant la cardinalité de S.
Soit i = round ( ) et = i deux valeurs, telles que, i [0, g] et [-0.5,0.5) alors est
nommée la Translation Symbolique (Herrera et al. (2005)).
La translation symbolique d’un terme linguistique, si, est une valeur numérique dans
[-0.5, 0.5) qui marque la « différence d’information » entre une quantité d’information [0,
g] obtenue après l’opération d’agrégation symbolique et la valeur la plus proche dans {0,...,g}
qui indique l’indice du terme linguistique le plus proche dans S.
151
Aide au pilotage d’un processus : extension aux critères linguistiques
: 0, g S 0 .5, 0 .5
si i round
si , , avec
i 0 .5, 0 .5
Exemple 1. Soit une opération d’agrégation symbolique sur des étiquettes évaluées selon
ST = {s0, s1, s2, s3, s4, s5, s6} avec = 3.2 étant son résultat. La représentation de cette quantité
d’information à l’aide d’un 2-tuples sera donc : (3.2) = (s3, 0.2) illustrée par la figure 24.
0.2
0 1 2 3 3.2 4 5 6
-1
Définition 3. Nous pouvons aussi définir une fonction , qui retrouve sa valeur numérique
équivalente [0, g] à partir de 2-tuples (si, ) de la manière suivante :
1
: S 0 .5 , 0 .5 0, g
1
si , i
Exemple 2. En se référant à l’exemple 1, nous avons trouvé le 2-tuples linguistique (s3, 0.2).
-1
A l’aide de la fonction , nous retrouvons la valeur numérique de ce couple, soit :
-1
(s3, 0.2) = 0.2 + 3 = 3.2 = .
152
Aide au pilotage d’un processus : extension aux critères linguistiques
Soient (sk, 1) et (sl, 2) deux 2-tuples, chacun représentant une quantité d'information:
- Si k<l alors, (sk, 1) est plus petit que (sl, 2),
- Si k=l, alors:
Exemple 3. En se référant à l’exemple 1, nous avons trouvé le 2-tuples linguistique (s3, 0.2).
L’application de l’opérateur de négation, nous donne comme résultat :
-1
Neg ((s3, 0.2)) = (6 – ( (s3, 0.2))) = (6 – 3.2) = (2.8) = (s3, -0.2).
Nous présentons dans ce qui suit, d’abord, trois types d'opérateurs d'agrégation les plus
connus (la moyenne arithmétique simple, la moyenne pondérée et l’opérateur d’agrégation
pondéré ordonné) tels qu’ils sont présentés dans Herrera et Martinez (2000 a). Ensuite, nous
proposons d’appliquer l’opérateur d’agrégation intégrale de Choquet 2-additive vu qu’il est
adéquat avec notre contexte flou. En plus, il permet de tenir compte des interactions mutuelles
entre les différents critères.
153
Aide au pilotage d’un processus : extension aux critères linguistiques
Définition 4. Soit x = {(r1, 1),…, (rn, n)} un ensemble de 2-tuples, la moyenne arithmétique
e
2-tuples x est calculée comme suit :
n n
e
1
x ri , i i
i 1 i 1
La moyenne arithmétique pour les 2-tuples permet de calculer la moyenne d’un ensemble de
valeurs linguistiques sans aucune perte d’information.
Définition 5. Soit x = {(r1, 1),…, (rn, n)} un ensemble de 2-tuples et W ={w1,…, wn} leurs
e
poids associés. La moyenne arithmétique pondérée 2-tuples x est calculée ainsi :
n n
1
ri , i
wi i
wi
e
i 1 i 1
x n n
wi wi
i 1 i 1
Cet opérateur a été développé par Yager (1988). Il considère que les poids ne sont pas
associés avec une valeur prédéterminée mais plutôt ils sont associés à une position
déterminée. Dans le cadre des 2-tuples linguistiques, l'opérateur OWA, Fe, est défini
comme suit:
154
Aide au pilotage d’un processus : extension aux critères linguistiques
Définition 6. Soient x = {(r1, 1),…, (rn, n)} un ensemble de 2-tuples et W ={w1,…, wn} leur
n
vecteur de poids associés qui satisfait : wi [0,1] et wi 1. D’où, l’opérateur OWA, Fe,
i 1
* ème
Avec j
est la j valeur la plus l arg e de j
.
L’intégrale de Choquet est une notion apparue en 1953 comme modèle analytique
permettant de construire une fonction apte à prendre certaines formes de dépendances souvent
appelées interactions entre critères. Nous nous limitons à l’intégrale de Choquet 2-additive vu
la capacité 2-additive à représenter l’interaction entre deux critères uniquement, ce qui est
suffisant en pratique (Grabisch, 2006). Nous proposons d’introduire cet opérateur
d’agrégation flou dans le cadre des 2-tuples linguistiques de la manière suivante :
Définition 7. Soient x = {(r1, 1),…, (rn, n)} un ensemble de 2-tuples et µ une capacité sur N
(voir définition p. 110). L’opérateur intégrale de Choquet 2-additive, Cµe, pour les 2-tuples
est calculé de cette manière:
n
e * *
C r1 , 1
,..., rn , n j j 1
. Aj
i 1
avec A j j ,..., n
*
0
0
* ème
j
est la j valeur la plus l arg e de .
Herrera et al. (2005) ont proposé un processus d'agrégation d'un problème de prise de
décision participative dont les informations sont non homogènes, composées par des valeurs
numériques, des intervalles valués et des valeurs linguistiques. Ce processus est composé des
3 étapes suivantes:
155
Aide au pilotage d’un processus : extension aux critères linguistiques
Choix du BLTS :
- lorsqu’il y a un seul ensemble de termes avec un maximum de granularité, alors il est choisi
comme étant ST.
- lorsqu’il y a deux ou plus ensembles de termes linguistiques avec un maximum de
granularité, alors ST est choisi selon les sémantiques de ces ensembles, en rencontrant deux
situations possibles pour établir ST :
1. Si tous les ensembles de termes linguistiques ont les mêmes sémantiques, alors ST est
n’importe lequel parmi eux.
2. Il y a certains ensembles de termes linguistiques avec différentes sémantiques. Dans ce cas,
ST est un ensemble de termes linguistiques basique avec un nombre de termes plus large
qu’une personne est capable de discriminer (normalement 11 ou 13, (Miller, 1956)). Un
BLTS avec 15 termes est alors défini ayant comme sémantique :
s0 (0,0,0.07) s1 (0,0.07,0.15)
s2 (0.07,0.15,0.22) s3 (0.15,0.22,0.29)
s4 (0.22,0.29,0.36) s5 (0.29,0.36,0.43)
s6 (0.36,0.43,0.5) s7 (0.43,0.5,0.58)
s8 (0.5,0.58,0.65) s9 (0.58,0.65,0.72)
s10 (0.65,0.72,0.79) s11 (0.72,0.79,0.86)
s12 (0.79,0.86,0.93) s13 (0.86,0.93,1)
s14 (0.93,1,1)
156
Aide au pilotage d’un processus : extension aux critères linguistiques
linguistiques, si ST, représentées par la fonction paramétrique (ai, bi, ci). La fonction de
transformation choisie est la fonction de possibilité S (A, B) = maxx min (µA(x), µB(x)), avec
µA et µB sont les fonctions d’appartenance des ensembles flous A et B, respectivement.
Soit F(ST) l’ensemble des ensembles flous dans ST = {s0,…, sg}. La valeur numérique 0 ,1
Définition 8 : La fonction NS T
transforme la valeur numérique en un ensemble flou dans ST :
NS
: 0 ,1 F ST ,
NS
s0 , 0
,. . ., s g , g
, si S T and i
0 ,1 ,
0 si support S i
x ,
ai
i S
si a i bi ,
i
bi a i
ci
si b i ci .
c i bi
Exemple 4 : Soit = 0.2 une valeur numérique à transformer en un ensemble flou dans
S = {s0, s1, s2, s3, s4, s5, s6}. La sémantique de cet ensemble de termes est :
s0 = (0, 0, 0.17), s1 = (0, 0.17, 0.33), s2 = (0.17, 0.33, 0.5), s3 = (0.33, 0.5, 0.67),
s4 = (0.5, 0.67, 0.83), s5 = (0.67, 0.83, 1), s6 = (0.83, 1, 1).
D’où, l’ensemble flou obtenu est: (voir figure 25).
NS T
0 .2 s 0 , 0 , s1 , 0 . 81 , s 2 , 0 . 19 , s 3 , 0 , s 4 , 0 , s 5 , 0 , s 6 , 0
s0 s1 s2 s3 s4 s5 s6
0,81
0,19
0,2
Figure 25. Transformation d’une valeur numérique en un ensemble flou dans S T
157
Aide au pilotage d’un processus : extension aux critères linguistiques
SS T
:S F ST ,
i
SS T
li sk , k
/k 0 ,..., g li S,
i
k
max min l
y , s
y
y i k
Avec F (ST) est l’ensemble des ensembles flous définis dans ST, et l i
. et s k
. sont les
BLTS, ST.
Exemple 5 : Soient S = {l0,…., l4} et ST = {s0,…., s6} deux ensembles de termes, avec 5 et 7
étiquettes, respectivement, et avec les sémantiques associées suivantes :
l0 (0,0,0.25) s0 (0,0,0.16)
l1 (0,0.25,0.5) s1 (0,0.16,0.34)
l2 (0.25,0.5,0.75) s2 (0.16,0.34,0.5)
l3 (0.5,0.75,1) s3 (0.34,0.5,0.66)
l4 (0.75,1,1) s4 (0.5,0.66,0.84)
s5 (0.66,0.84,1)
s6 (0.84,1,1)
NS T
l2 s 0 , 0 , s1 , 0 . 19 , s 2 , 0 . 6 , s 3 , 0 , s 4 , 0 . 6 , s 5 , 0 . 19 , s 6 , 0
l0 l2 l4
s0 s1 l1 s2 s3 s4 l3 s5 s6
0,6
0,19
158
Aide au pilotage d’un processus : extension aux critères linguistiques
Soit I = [ i , i ] un intervalle valué dans [0, 1]. Pour mener cette transformation, nous supposons
que l’intervalle valué a une représentation (voir figure 27) inspirée de la fonction
d’appartenance des ensembles flous, comme suit :
0 si i,
I
1 si i i,
0 si i ,
0
i i 1
1
IS T
:I F ST ,
i
IS T
I sk , k
/k 0 ,..., g ,
i
k
max min I
y , s
y ,
y k
avec F (ST) est l’ensemble des ensembles flous définis dans ST, et I
. et s k
. sont les
fonctions d’appartenance des ensembles flous associées à l’intervalle valué I et les termes sk
respectivement.
Exemple 6 : soit I = [0.1, 0.3] un intervalle valué à transformer en un ensemble flou dans ST
avec sept termes symétriquement distribués. L’ensemble flou obtenu après l’application de la
fonction IS T
est (voir figure 28) :
IS T
0 . 1, 0 . 3 s 0 , 0 . 41 , s 1 , 1 , s 2 , 0 . 58 , s 3 , 0 , s 4 , 0 , s 5 , 0 , s 6 , 0 .
159
Aide au pilotage d’un processus : extension aux critères linguistiques
s0 s1 s2 s3 s4 s5 s6
0,58
0,41
0,1 0,3
Figure 28 . Transformation de l’intervalle [0.1, 0.3] en un ensemble flou dans S T
Pour chaque paire d’actions, une valeur de préférence collective est obtenue en agrégeant
les sous-ensembles flous à travers le BLTS. Ces ensembles flous représentent les valeurs de
préférence individuelle accordées par chaque expert selon ses propres préférences. Ainsi,
chaque valeur de préférence collective est un sous-ensemble flou dans le domaine linguistique
spécifique, le BLTS.
Dans cette phase, Les valeurs de préférences collectives sont transformées en 2-tuples
linguistiques à travers le BLTS afin de faciliter le rangement dans la phase d’exploitation du
processus de décision. Dans Herrera et Martinez (2000 b), une fonction est introduite afin
de transformer un ensemble flou en une valeur numérique dans l’intervalle de granularité ST,
[0, g] :
:F ST 0, g ,
g
j j
j 0
F ST sj, j
,j 0 , , g g
j
j 0
160
Aide au pilotage d’un processus : extension aux critères linguistiques
DESASSEMBLAGE
- Affectation des ressources : c’est une variable linguistique décrite par l’ensemble de termes
linguistiques ST = {l0 = médiocre, l1 = mauvaise, l2 = moyenne, l3 = bonne, l4 = optimale}.
Nous accordons des sémantiques à l’ensemble de ces cinq termes à travers des nombres
flous triangulaires :
l0 = médiocre = (0, 0, 0.25), l1 = mauvaise = (0, 0.25, 0.5), l2 = moyenne = (0.25, 0.5, 0.75),
l3 = bonne = (0.5, 0.75, 1), l4 = optimale = (0.75, 1, 1).
- Qualité des constituants : c’est une variable linguistique décrite par l’ensemble de termes
linguistiques :
161
Aide au pilotage d’un processus : extension aux critères linguistiques
S = {s0 = non, s1 = très peu, s2 = peu, s3 = moyen, s4 = élevé, s5 = très élevé, s6 = parfait}.
Nous accordons des sémantiques à l’ensemble de ces sept termes à travers des nombres
flous triangulaires :
s0 = non = (0, 0, 0.17), s1 = très peu = (0, 0.17, 0.33), s2 = peu = (0.17, 0.33, 0.5),
s3 = moyen = (0.33, 0.5, 0.67), s4 = élevé = (0.5, 0.67, 0.83), s5 = très élevé = (0.67, 0.83, 1),
s6 = parfait = (0.83, 1, 1).
- Temps total moyen de désassemblage : c’est une variable numérique dont ses valeurs
appartiennent à l’intervalle [0, 1].
- Taux de valorisation : c’est une variable représentée sous forme d’intervalles valorisés dans
[0, 1].
- Taux de rebut des constituants : c’est une variable numérique dont ses valeurs appartiennent
à l’intervalle [0, 1].
Considérons une base de cas (voir tableau 13) constituée par six cas où chacun est décrit par
les cinq paramètres décrits précédemment.
Avant d’appliquer l’un des deux modèles de pilotage de processus proposés dans les chapitres
précédents, il faut homogénéiser les données. Dans notre contexte, l’utilisation du modèle de
représentation linguistique 2-tuples avec des informations non homogènes suit deux étapes :
Unification de l’information
Transformation en valeurs linguistiques 2-tuples
162
Aide au pilotage d’un processus : extension aux critères linguistiques
Il faut tout d’abord choisir le BLTS, soit S = {s0 = non, s1 = très peu, s2 = peu, s3 = moyen,
s4 = élevé, s5 = très élevé, s6 = parfait} vu qu’il possède le plus de granularité. Ensuite, il
s’agit de transformer l’information input en F (ST) qu’elle soit numérique, intervalle ou
linguistique. Nous obtenons donc les données figurées dans le tableau 14.
163
Aide au pilotage d’un processus : extension aux critères linguistiques
4.5. Conclusion
Dans ce chapitre, nous avons relâché l’hypothèse d’utiliser que des données quantitatives
par nos deux modèles d’aide au pilotage d’un processus développés précédemment. En fait,
dans le monde réel, les pilotes de processus peuvent parfois fournir des données sous une
forme qualitative. C’est pour cette raison que ce chapitre s’est attaché à présenter l’approche
linguistique et plus précisément le modèle de représentation linguistique flou avec les 2-tuples
afin de transformer les données qualitatives en des valeurs numériques.
164
Chapitre 5 :
165
Application réelle et Implémentation
5.1. Introduction
Ce chapitre s’intéresse à la mise en œuvre des deux modèles d’aide au pilotage d’un
processus développés précédemment. Rappelons que ces deux modèles, issus de la
logique du RàPC, cherchent à estimer les indicateurs de performance d’un nouveau cas
et à déterminer les actions adéquates à entreprendre. Ces deux modèles tentent alors
d’apporter une aide pertinente au pilote d’un processus en s’appuyant sur une démarche
méthodologique.
Ces deux modèles sont appliqués dans un cas réel au sein d’une entreprise tuniso-
européenne (Dhouib et al., 2009 a). Ils sont aussi validés par un prototype informatique.
Ce dernier est un Système Interactif d’Aide au Pilotage d’un Processus (SIAPP) qui
s’avère d’une grande utilité pour le décideur. En effet, il favorise une répartition
évolutive des compétences entre l’utilisateur et la machine et offre une bonne
intégration de l’homme et de la machine dans le processus de décision. C’est un outil
flexible et facile d’utilisation grâce à son interface homme - machine conviviale. Il ne
constitue qu’un support à la prise de décision, la décision finale restant du ressort du
pilote du processus.
Cette section présente une définition d’un SIAD ainsi que son rôle et ses différentes
architectures.
Le concept de Systèmes Interactifs d’Aide à la Décision (SIAD) a été introduit par l’école
anglosaxone et il a été traduit du concept de Decision Support Systems (DSSs). Un SIAD est
166
Application réelle et Implémentation
Un SIAD est dit interactif car tout ou partie du contrôle de la recherche est laissé à
l’utilisateur. La notion d’interactivité sous-tend le rôle primordial de l’homme dans le
déroulement du SIAD, rôle actif qui renvoie au terme « aide à la décision ». Il s’agit donc d’un
système interactif qui aide le décideur à exploiter les données et les modèles afin de trouver
une solution à un problème non structuré et analyser l'impact d'éventuels changements de
l'environnement qui peuvent surgir sur l’entreprise. Ainsi, le but de ce système est d'aider à la
décision et non de remplacer le décideur. Cette aide fait appel à l’intuition et au savoir-faire
du décideur qui devient l’élément fondamental du couple Homme/Machine. Le SIAD fait
intervenir l’ordinateur pour :
1. Assister les décideurs dans leur processus de décision dans des tâches semi structurées.
2. Aider plutôt que remplacer le jugement des décideurs.
3. Améliorer la qualité de la prise de décision plutôt que l’efficacité.
Le concept d’aide à la décision interactive est donc basé sur l’équilibre entre le jugement
humain et le traitement des informations par l’ordinateur.
Selon Marakas (2003), les composants d’un SIAD peuvent être généralement classifiés en
cinq parties distinctes :
• Un système gestionnaire de base de données ainsi que la base de données associée : son rôle
consiste à stocker, organiser, trier et remonter les données pertinentes pour un contexte
particulier de décision.
167
Application réelle et Implémentation
Forgionne et al. (2002) proposent une architecture de SIAD intelligents (IDMSS) capables
de supporter toutes les phases du processus de décision d’une manière continue, intégrée et
complète. Son rôle majeur est de mettre l’accent sur le processus décision vu que les auteurs
proposent différentes sortes d’aide selon les différentes étapes du processus.
La Tunisie connaît des mutations très importantes et des évolutions très considérables au
niveau de ses systèmes de production, notamment en matière de qualité des produits.
Toutefois, les actions adoptées au niveau d’un processus sont parfois prises d’une manière
intuitive selon les compétences du responsable en se basant sur les tableaux de bord qui
demeurent le seul moyen d’évaluation. La culture de l’utilisation des outils d’aide à la
décision est quasiment absente dans les entreprises tunisiennes. De ce fait, si on souhaite
introduire une méthode d’AMCD, elle doit être facile pour la communiquer au sein de
l’entreprise. Elle doit être aussi simple à utiliser, se basant sur des notions non compliquées
pour que les informations collectées soient les plus pertinentes possibles. Puisqu’il est
168
Application réelle et Implémentation
quasiment naturel pour un décideur de se rappeler des cas passés lorsqu’il rencontre un
nouveau cas, nous avons combiné le RàPC avec l’AMCD. Ce qui nous permet d’éviter
toute sorte de fuite des expériences de l’entreprise.
Nous avons choisi d’appliquer notre modèle dans l’entreprise TEC (Techniques
d’Emballages en Carton). C’est une entreprise industrielle créée en Tunisie en 1985. Elle
s’est inscrite dans une démarche qualité concrétisée par la certification ISO 9001 version
2000. Elle est un parmi les leaders en Afrique du Nord du carton d’emballage. En 2007, TEC
a créé une joint-venture avec le numéro un européen du carton d’emballage Mayr-Melnhof
Packaging. Le nom de cette nouvelle entreprise est TECMMP.
L'objectif de l'entreprise est de minimiser le temps de calage ou encore le temps mis pour
la fabrication d'un produit afin de maximiser le nombre de tirages et de réduire le taux de
rebut. Ainsi, notre étude cible le processus de réalisation de TECMMP pour amener des
éléments de réponse aux questions suivantes:
Comment estimer le temps de calage et le taux de rebut d'un nouveau produit sur la
base de plusieurs critères hétérogènes, conflictuels et non commensurables?
Comment mener des actions adéquates face à un nouveau produit ?
Comment préserver et exploiter des expériences passées pour résoudre un nouveau
problème ?
169
Application réelle et Implémentation
Base de connaissances
Données relatives au Prévision et
processus à piloter indicateurs de
performance
Développement de
deux approches d’aide
au pilotage d’un
Base de données processus :
Données relatives à Actions
la représentation des - Modélisation recommandées
cas - Application
- Implémentation
sein de l’entreprise TECMMP tout en l’illustrant par des interfaces programmées sur JAVA.
170
Application réelle et Implémentation
BC
Construction de la base de
cas
Raffinement de la BC
Cas stockés
ACP Nouvelle BC
Critères
Construction de la Validation
solution du nouveau cas
171
Application réelle et Implémentation
Dans le chapitre 3, nous avons développé un modèle d’aide au pilotage d’un processus
dont sa représentation conceptuelle est représentée par la figure 31 accompagnée par les outils
utilisés. Ce modèle est conçu comme un système d’aide multicritère à la décision et un
système d’information qui cherche à capitaliser l’information nécessaire à l’aide au pilotage.
Il englobe les facteurs de performance tout en tenant compte des relations de causalité entre
inducteurs et indicateurs de performance, les objectifs qu’on tend à les atteindre et les
indicateurs tout en tenant compte de l’aspect interactif entre les critères.
172
Application réelle et Implémentation
Nous avons collecté une base de cas formée par 30 produits. Un produit peut être
l'emballage en carton d'un détergent, de tabac, de dattes, de fromage, etc. Chaque produit est
décrit par 36 critères qui représentent tous les paramètres du processus opérationnel de la
figure 34. Il est aussi décrit par la solution qui représente:
le temps de calage: c'est le temps mis par le processus pour la fabrication d'un produit. Il
inclut le temps de préparation des machines, le temps mis par les activités, le temps de
panne de machines, etc.
le taux de rebut: c'est le rapport de produits finis écartés sur le nombre total fabriqué.
L’interface, ci-dessous (figure 33) décrit bien cette étape. D’abord, le décideur donne le
nombre de cas, le nombre de critères et le nombre d’indicateurs. Ensuite, il saisit la base de
cas, où chaque cas est décrit par les critères, les indicateurs et par les actions entreprises.
Enfin, il valide cette étape en faisant appel au logiciel SPSS qui traite l’ACP pour avoir une
nouvelle base de cas à la prochaine étape.
173
Application réelle et Implémentation
Il n’est pas du tout évident de modéliser les préférences du décideur en tenant compte de
36 critères. L’application de l’APC a permis de les réduire en trois nouveaux facteurs : coût,
temps et couleur grâce à la matrice des composants qui fournit les corrélations entre les 36
critères appelés par l’ACP variables et les nouveaux critères appelés par l’ACP facteurs ou
composantes principales. Ainsi, à partir de ces corrélations, nous interprétons les axes qui
représentent le mieux les anciennes variables. D’où, l’obtention d’une nouvelle base de cas
formée par 30 produits où chacun est décrit par :
Les critères qui représentent les trois nouveaux facteurs : coût (V1), temps (V2) et
couleur (V3).
La solution qui représente les deux indicateurs de performance (temps de calage : P1 et
taux de rebut : P2) et les décisions déjà prises (voir tableau 16).
174
Application réelle et Implémentation
11 0.47193 -0.23798 -0.60474 0.25 0.434 Mise à l’état des machines CD4 et CD5 :
nettoyage cryogénique.
12 0.48315 -0.75554 0.90843 0.5 0.522 Exigence pour les articles en sélection
d’un cahier de couleurs qui sert comme
épreuve au niveau de l’impression, ce qui
va permettre de réduire considérablement
les temps d’arrêt pour ajustement des
couleurs.
13 1.21654 -0.23731 -0.18707 0.75 0.28 Formation de nouveaux conducteurs qui
peuvent prendre la relève en cas d’absence
du conducteur principal.
Réduction de la quantité de noir utilisée.
14 0.98385 0.8736 -0.07355 0.75 0.34 Diagnostic des machines.
Réduction du coût de pelliculage.
15 1.36497 0.75918 -0.27167 0.25 0.51 Suivi de la consommation de blanchets.
16 0.59593 1.0452 -0.72440 0.5 0.23 Nettoyage cryogénique (CO2 Cleaning
Blast) des machines.
17 -0.1729 2.31644 -0.27277 1 0.413 Suivi de la situation des machines.
18 0.43802 -0.48547 1.42203 1 0.01 Demande d’avoir fournisseur pour tout
blanchet endommagé.
Contrôle des coûts.
19 -1.66299 -0.58299 1.57142 2 0.027 Réparation du système de lavage
automatique de la machine CD5.
20 -1.5441 1.62812 0.50379 1.5 0.324 Changement de plaque.
21 -1.12842 0.9715 -0.26414 0.5 0.37 Réduction des temps perdus sur machine
pour centrage.
22 -0.94351 -1.21435 0.28252 1 0.04 Remplacement des pièces nécessaires.
23 -0.95281 -1.38458 -2.1911 2 0.018 Changement de plaque.
24 -0.86421 -1.6205 0.82128 1 0.35 Assistance d’un technicien.
25 -0.75268 0.55528 -1.62002 0.5 0.310 Changement de blanchet.
26 -0.70356 0.96693 -1.20906 1.75 0.241 Suivi de la consommation de blanchets.
27 -0.51168 -0.28168 -0.25226 0.5 0.013 Réduire le temps perdu pour ajustement
des couleurs.
28 -0.82026 0.5559 0.83544 1 0.345 Remplacement des pièces nécessaires.
29 -1.10266 -0.23784 -0.12079 2.15 0.22 Réparation du système de lavage
automatique de la machine CD4.
30 0.3637 -0.30073 1.15882 1 0.18 Diagnostic de la machine CD5.
L’interface relative à cette étape (figure 34) nous donne la nouvelle base de cas
accompagnée du nouveau nombre de facteurs appelés variables.
175
Application réelle et Implémentation
Le nouveau cas est lui même décrit par les 36 paramètres du processus de fabrication
d’emballages en carton. Nous tentons donc de chercher son temps de calage et son taux de
rebut sur la base desquels le pilote prend les actions nécessaires. Ceci se fait grâce aux
produits passés.
L’estimation du score global du nouveau cas s’est basée sur l’analyse des relations de
causalités entre les critères de performance (Cj) et chaque indicateur de performance (Pi). Ces
relations sont quantifiées grâce à la formule [1] de l’information mutuelle qu’on la rappelle ci-
dessous :
k' k
k' k
p (C j c j ; Pi pi )
I ij I ( C j ; Pi ) p (C j c j ; Pi p i ) log k' k
k k'
p (C j c j ). p ( Pi pi )
Les probabilités des critères (p(Cj = cjk’)) ainsi que des indicateurs de performance (p(Pi= pik))
sont calculés en se référant à la base de cas. Pour les indicateurs de performance du nouveau
176
Application réelle et Implémentation
cas, il faut fixer les objectifs à atteindre. Le décideur nous a fourni comme objectifs
souhaités : 0.75h pour le temps de calage et 0.01 pour le taux de rebut. Concernant les
probabilités conjointes p (Cj = cjk’ ; Pi = pik), deux cas sont envisagés :
1er cas : si k = k’ alors p (Cj = cjk’ ; Pi = pik) = 1 car ce sont des données obtenues pour un
même cas ou encore lors de la même expérience.
2ème cas : si k ≠ k’ alors p (Cj = cjk’ ; Pi = pik) = 0 car ce sont des données obtenues pour deux
cas différents à des dates différentes.
Le tableau 17 résume les informations mutuelles calculées entre chaque critère (Cj) et
l’indicateur de performance : temps de calage (P1) ainsi qu’entre ces mêmes critères et
l’indicateur de performance : taux de rebut (P2).
Tableau 17. Informations mutuelles entre chaque critère Cj et les indicateurs de performance P1 et P2.
Iij C1 C2 C3 C4 C5 C6 C7 C8 C9 C 10 C 11 C 12
P1
-4.622 -1.133 -1.994 -1.793 -2.046 -2.090 2.704 -0.059 1.057 -0.003 -1.110 0.290
P2
-3.851 -4.136 -3.447 -4.040 -3.525 -3.507 1.035 -2.378 -0.886 -1.794 -2.470 -2.916
Iij
C 13 C 14 C 15 C16 C17 C18 C19 C20 C21 C22 C23 C24
P1
-1.703 -0.526 -0.227 -0.565 0.252 -6.293 0.316 0.372 -0.849 -1.136 -0.392 -0.039
P2
-3.120 -1.744 -1.233 -2.796 -1.082 -7.665 -1.806 -2.334 -1.818 -3.050 -2.742 -2.167
Iij
C25 C26 C27 C28 C29 C30 C31 C32 C33 C34 C35 C36
P1
-0.557 -0.192 -0.820 -0.173 0.147 -0.472 -0.941 0.021 0.951 -0.680 -1.285 -1.464
P2
-3.052 -2.279 -2.642 -2.485 -1.867 -2.972 -2.088 -2.208 -0.373 -2.273 -3.112 -3.370
Au vu du tableau 18, nous nous sommes intéressés que par les informations mutuelles
positives, c’est-à-dire, nous retenions que les facteurs qui ont contribué à l’atteinte des
objectifs, soient les facteurs : temps de transfert entre les activités de découpage et
d’impression, temps d’impression, taux de cyan, temps de transfert entre les activités de
finissage et de pliage, taux d’humidité, temps de découpage, densité, quantité de débord, taux
d’aplat.
177
Application réelle et Implémentation
Ainsi, le score global du nouveau cas sera calculé en se basant sur les facteurs les plus
influents. Le calcul sera fait par une somme pondérée de ces facteurs (voir tableau 18). Le
score estimé du cas 31 est NOUV = 1.891.
Tableau 18. Valeurs des facteurs les plus influents sur les objectifs du cas 31
Poids 0.05 0.07 0.04 0.06 0.05 0.02 0.01 0.03 0.05
Dans l’interface correspondante à cette étape (voir figure 35), le décideur doit saisir les
critères caractérisant le nouveau cas ainsi que les objectifs souhaités. La validation nous
donne le score global désiré du nouveau cas.
Figure 35. Ajout du nouveau cas et calcul de son score global désiré
178
Application réelle et Implémentation
L’opérateur intégrale de Choquet 2-additive a été utilisé pour tenir compte des interactions
mutuelles entre les trois critères : coût, temps et couleur. Ensuite, il faut déterminer les
paramètres de l’intégrale de Choquet qui sont les capacités µ ou encore les poids des
coalitions des critères ({V1}, {V2}, {V3}, {V1, V2}, {V1, V3}, {V2, V3}). Pour ce faire, nous
avons construit un programme quadratique qui minimise la distance entre la valeur désirée de
ce nouveau cas (NOUV) et les scores globaux de tous les cas de la base.
Selon le décideur, les critères : coût (V1) et temps (V2) sont dépendants. Souvent, les
situations bonnes en coût sont aussi bonnes en temps car plus on minimise le temps, plus le
coût diminue. Ce sont donc deux critères qui se renforcent. Par contre, le décideur favorise les
situations qui sont bonnes en coût (V1) et en couleur (V3) ainsi que celles qui sont bonnes en
temps (V2) et en couleur (V3). Il a donné les capacités suivantes selon ses préférences :
µ (V1, V2) < µ (V1) + µ (V2)
µ (V2, V3) > µ (V2) + µ (V3)
µ (V1, V3) > µ (V1) + µ (V3)
179
Application réelle et Implémentation
Dans l’interface de la figure 36, les contraintes de monotonie figurent par défaut selon le
nombre de facteurs. Par contre, concernant les autres types de contraintes, c’est au décideur de
les saisir. La validation de ces données fournit les capacités µ qui représentent les poids des
coalitions de critères.
similarités locales entre le nouveau cas et chacun des cas de la base selon un critère. Puis, à
m
180
Application réelle et Implémentation
Nous remarquons que le cas le plus similaire au nouveau cas est le cas 6 vu que sa
similarité globale avec le nouveau cas est la plus importante. Ce cas apparaît dans la nouvelle
interface de la figure 37. Le nouveau cas figure aussi dans cette interface avec ses critères et
ses objectifs.
181
Application réelle et Implémentation
Le décideur a accepté le cas 6 comme étant le plus proche. Cependant, il a jugé que le
temps de calage est relativement important alors que le taux de rebut est acceptable. Ainsi,
outre les actions du cas 6, il a proposé d'introduire trois chariots équipés afin de réduire les
temps de transfert entre:
Ceci a réduit le temps de calage de 2.25h à 1h ce qui a permis de réaliser un gain global de
100 DT. Le décideur doit ajouter dans l’interface toutes les actions relatives au nouveau cas.
L'ajout des chariots a modifié la base de cas. En fait, les données de la base sont obtenues
sans ces chariots. Il faut donc mettre à jour la base de cas en tenant compte de ce nouveau
182
Application réelle et Implémentation
critère. Pour cela, un nouveau critère libellé CHARIOT sera ajouté à l'ensemble des critères.
Ce critère est une variable binaire qui est égale à 1 si les chariots sont utilisés et à 0 sinon.
Ainsi, tous les anciens cas de la base prennent la valeur 0 selon le critère CHARIOT alors que
le nouveau cas prend la valeur 1.
Par conséquent, une nouvelle base de cas sera actualisée : elle comprendra 31 cas au lieu
de 30 où chacun est décrit par 37 critères au lieu de 36. Les actions de ce nouveau cas seront
capitalisées accompagnées par toutes les informations qui s’y rattachent à savoir le gain
réalisé suite à la réduction du temps de calage grâce à l’ajout des chariots. L’interface de la
figure 38 montre cette nouvelle base de cas actualisée.
183
Application réelle et Implémentation
BC
Cas stockés
- Analyse
factorielle Ajout du nouveau cas
- Construction
ascendante
hiérarchique
« du lien Interface
simple » Nouvelle BC
- Mesures de
distances
Développement d’un
algorithme de clustering
Construction de la
solution du nouveau cas
Validation
184
Application réelle et Implémentation
Notre base de cas est formée par 31 cas y compris le nouveau cas. Chaque cas est décrit
par 36 critères. Cette étape est illustrée par l’interface de la figure 40. Sa validation fait appel
à l’application de l’ACP pour obtenir la prochaine interface.
Nous appliquons l’ACP à l’ensemble des 31 cas. Les variables ont été réduits à 3 axes
factoriels ce qui nous a fournit une nouvelle base de cas composée de 31 cas où chacun est
décrit par trois facteurs (voir tableau 20). Cette nouvelle base de cas est représentée dans
l’interface de la figure 41.
185
Application réelle et Implémentation
186
Application réelle et Implémentation
L’implémentation de cet algorithme sur le langage C++ a fournit les résultats figurant
dans les tableaux 22 et 23. Le tableau 21 présente une répartition de la base de cas selon la
v kj v kj
mesure de distance : d k , k . Nous avons obtenu 12 clusters dont 3 sont vides et
j
range
2 contenant chacun un seul cas. Ainsi, les cas de la base sont répartis en 9 classes. Pour le
nouveau cas, il se trouve dans le même cluster avec les cas 4, 6, 12, 13, 16, 20, 28, 30. Nous
remarquons que le cas 6 qui est le plus similaire au nouveau cas se trouve bien dans ce cluster.
Cette classification est illustrée par l’interface de la figure 42.
Cluster k 1 2 3 4 5 6
4, 6, 12,
Cas 13,16, 20, 7, 11, 19, 21 2, 26 8, 9, 15 5, 14, 17, 18 -
28, 30, 31
Cluster k 7 8 9 10 11 12
3, 22, 24,
Cas - - 1 10 23
25, 27, 29
187
Application réelle et Implémentation
Nous remarquons qu’il n’ y a pas une grande différence entre les classifications fournies
par les deux mesures de distance grâce au prétraitement par l’analyse factorielle. Pour
chercher la solution d’un nouveau cas, il suffit d’adapter les solutions des cas qui
appartiennent au même cluster. Nous pouvons aussi appliquer le premier modèle, développé
dans le troisième chapitre, juste à l’ensemble des cas qui se trouvent dans le même cluster
avec le nouveau cas.
188
Application réelle et Implémentation
5.6. Conclusion
Ce chapitre a montré la mise en œuvre de deux modèles d’aide au pilotage d’un processus
dans un cas réel. Il a aussi proposé un prototype informatique qui valide l’application de ces
modèles. Très concrètement, les pilotes disposent désormais d’instruments leur permettant
d’adopter les bonnes actions et de préserver les informations que l’on accumule sur un
processus. Ces informations leur permettent de :
Plus généralement, ces modèles représentent une aide à la décision tout en capitalisant et
préservant aussi bien les informations qui se rattachent à un processus que les aléas qui
peuvent y survenir. La quantification de leur apport économique dépend évidemment du
processus en question. Dans notre cas pratique de TECMMP, par exemple, le gain se réalise
au niveau du coût suite à la réduction du temps de calage. Les retombés de la performance du
modèle sont garantis :
189
Conclusion générale
Conclusion Générale
Nous avons abordé dans cette étude, un ensemble de problématiques qui portent sur la
modélisation et la formalisation du pilotage dans un processus en tant qu’un système d’aide
multicritère à la décision. Nous avons montré, en se basant sur la littérature, l’intérêt majeur
accordé à l’aide multicritère à la décision (AMCD). Constatant l’absence de cadre global qui
tient en compte tous les aspects d’un modèle opérant dans un domaine peu formalisable, nous
avons proposé de combiner l’AMCD avec la technique de raisonnement à partir de cas
(RàPC) comme moyen de capitalisation des connaissances (Dhouib et al., 2008 a). Nous
avons présenté ses principes fondamentaux, détaillé son cycle de déroulement et exposé les
projets qui s’y fondent. Nous avons utilisé le RàPC en aide à la décision, ce qui nous paraît
bien adapté à notre domaine où le rôle de l’expérience est prédominant. Notre intérêt de
s’appuyer sur cette technique est double. D’une part, elle permet à l’utilisateur de « résoudre
son problème » ou encore l’aider à adopter le meilleur choix en se basant sur un ensemble de
critères. D’autre part, elle évite la perte de connaissances en préservant toutes les expériences
pertinentes nécessaires pour les prises de décision.
190
Conclusion générale
- d’un point de vue conceptuel, le pilotage d’un processus est à la fois un système d’aide
multicritère à la décision et un système d’information.
- un modèle d’aide au pilotage qui tient compte de relations de causalités entre inducteurs et
indicateurs de performance grâce à l’information mutuelle ainsi que des relations de
dépendance entre les critères grâce à l’intégrale de Choquet 2-additive. Ce modèle est flexible
car il peut s’appliquer dans n’importe quel processus. En plus, ce modèle est dynamique car
les poids des critères changent avec chaque nouvelle situation ou encore avec chaque nouveau
cas se présentant à la base de cas. Le dynamisme du modèle provient aussi du fait que face à
une même expérience, on ne se comporte pas de la même manière. Outre ces caractéristiques,
il est très simple à utiliser étant donné que son application ne demande pas des hypothèses
rigides.
- Un autre modèle d’aide au pilotage qui combine le RàPC et le clustering. C’est une
manière de représentation de la base de cas, ce qui facilitera les autres étapes du cycle du
RàPC notamment la recherche de cas similaires et la maintenance de la base de cas. En effet,
l’efficacité d’un système de RàPC dépend de la vitesse et de la qualité du processus de
récupération de la base de cas. Or, dans une application classique de RàPC, la base de cas
croît à très grande vitesse et son contenu peut être extrêmement varié. Cela rend nécessaire de
bien organiser la base de cas lors de l’apprentissage pour une recherche de cas pertinente.
- D’un point de vue opérationnel, l’entreprise dispose désormais d’une méthodologie qui lui
permet de structurer son processus de fabrication d’emballage en carton. Le pilote peut alors
garantir que les actions mises en œuvre ne sont pas adoptées d’une manière intuitive et elles
sont bien cohérentes avec les facteurs de performance et ses objectifs. En fait, dans son
évolution, la société TECMMP a ressenti le besoin d’aller au-delà d’un pilotage cloisonné de
son processus opérationnel qui se base uniquement sur les compétences du chef de
production. La prise de décision est une étape cruciale qui conditionne l’amélioration
permanente d’un tel processus. Notre contribution lui a permis de calculer des indicateurs de
performance, non pas à l’aide de formules bien déterminées, mais en se basant sur des
expériences passées. Elle lui a permis aussi de générer des actions adéquates à entreprendre
face à une nouvelle situation.
191
Conclusion générale
Les modèles proposés ont donné des résultats satisfaisants aux responsables vu qu’ils ont
été clairs, faciles à appliquer et qu’ils se sont basés sur des notions très proches de l’être
humain. Ils ont l'avantage majeur de préserver et capitaliser les données dans une base de cas
qui sera maintenue et mise à jour suite à l'ajout d'un nouveau cas. Toutefois, les
méthodologies proposées méritent d’être appliquées dans une base de cas plus importante
pour mieux affirmer leur intérêt.
Une de perspectives d’un tel travail concerne l’amélioration des phases d’adaptation et de
révision du cycle du RàPC. En fait, un soin tout particulier a été apporté uniquement à
l’élaboration, la maintenance et l’actualisation de la base de cas ainsi qu’à la recherche de cas
similaires.
Une autre réflexion peut concerner le modèle de similarité relative appliqué. En effet, ce
dernier nécessite la fixation d’un seuil à partir duquel les cas seront considérés comme
intéressants. Si l’on prend 0.7 comme exemple, un cas avec un calcul de similarité de 0.71
sera considéré comme intéressant et un cas de 0.69 comme ne l’étant pas. Ainsi, l’application
du modèle ne correspond plus à l’interprétation humaine de la similarité entre cas. Pour
combler ce problème, il sera possible d’introduire la logique floue dans le calcul de la
similarité entre deux cas en définissant des états comme « assez similaire », « peu similaire »
ou « très similaire ».
Une perspective plus opérationnelle est l’utilisation plus large des deux modèles dans
l’entreprise en l’étendant à d’autres processus. En effet, nous ne saurions avoir démontré
l’applicabilité de nos modèles de mise en œuvre sur une seule application industrielle. Il s’agit
pour nous désormais de poursuivre son implantation au sein de la société TEC MMP et au-
delà, dans d’autres entreprises manufacturières.
192
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Linguistic criteria are integrated with traditional numerical data by transforming linguistic information into numerical data using aggregation methods, allowing for more complete decision models. The approach involves aggregating linguistic and numerical data to derive collective performance metrics, facilitating decision-making in scenarios where precision is challenging .
Integrating fuzzy set theory in process piloting improves decision-making by handling uncertainties and imprecisions inherent in complex processes. It facilitates aggregating linguistic and numerical data into coherent models, allowing decision-makers to evaluate scenarios where exact numerical data is unavailable, thereby enhancing decision contexts needing qualitative assessments .
The hybrid model combining RàPC and clustering offers improved efficiency in finding similar cases, reduced case base size, and enhanced decision-making speed. Clustering organizes case bases into meaningful groups, while RàPC facilitates reasoning based on previous cases, resulting in a more streamlined and robust aid for process piloting .
The decision-maker influences weight assignment by providing values for different criteria, which are then normalized. Methods like simple ranking and cardinal evaluation involve decision-maker input to rank or evaluate criteria based on preference, impacting the proportional weights assigned to each criterion .
The use of linguistic variables introduces difficulties in maintaining precision, as operations on fuzzy sets increase result imprecision. Additionally, there is no one-size-fits-all method for associating labels with fuzzy subsets, so approximation methods must be carefully developed to limit information loss and maintain decision-making accuracy .
The 'method of successive comparisons' involves ranking criteria, evaluating them cardinally, systematically comparing each against subsequent criteria, and modifying inconsistent evaluations. The aim is to ensure coherent weight attribution through careful preference checks, simplifying complex decisions while maintaining consistency .
The 'indifference trade-off' method involves presenting two actions to the decision-maker that differ in evaluation on two criteria. The decision-maker chooses between actions until they become indifferent to their preferences. This method helps determine the substitution rate between criteria, influencing the final decision based on equalized preference .
The RàPC model integrates both structural and conversational elements by structuring cases with attribute-value pairs, representing a flat structure, and managing solutions through progressive interactions between the user and the system. This integration supports adaptation based on similar cases and learning from decision-maker judgments .
Clustering enhances RàPC systems by grouping cases into homogeneous clusters, improving the retrieval of similar cases, and reducing the search space and time. This organization facilitates better case maintenance and supports efficient decision-making in process piloting .
The RàPC model contributes to learning and adaptation by updating case bases with new knowledge and solutions, refining decision criteria, and incorporating decision-maker judgment in adaptation and revision phases. This continuous evolution supports dynamic multi-criteria decision-making by adapting to new scenarios and improving process performance .