Université Paris 7 – Préparation CAPES 05-06
Géométrie 21 novembre 2005
Feuille d’exercices n◦ 5
Espaces vectoriels euclidiens
Exercice 1. Soit (E, k.k) un espace vectoriel euclidien On veut montrer qu’il existe une base orthonormée de E
de dimension n et une application f : E −→ E telle dans laquelle la matrice de f est de la forme
0 1
que f (0) = 0 qui conserve les distances (i.e. ∀x, y ∈ E,
1
kf (x) − f (y)k = kx − yk). B
B
B
..
.
C
C
C
1. Montrer que f conserve la norme, puis le produit B
B 1 C
C
B −1 C
scalaire (noté < ., . >). B
B
C
C
B . C,
2. Soit α, β ∈ R, x, y ∈ E. On pose B . . C
B C
B −1 C
z = f (αx + βy) − αf (x) − βf (y) .
B C
B
B R(θ1 ) C
C
B .. C
Calculer < z, f (t) > pour tout t ∈ E, puis <
@ . A
R(θk )
z, z >. En déduire que f est linéaire (f est donc
une isométrie vectorielle). où θ1 , . . . , θk sont des nombres réels.
1. a. Montrer que si le polynôme caractéristique de
Exercice 2. 1. Dans l’espace euclidien R4 usuel, on f admet une racine réelle, alors il existe une
considère l’hyperplan H d’équation x − 2y + 4z + droite vectorielle de E qui est stable par f .
2t = 0 et p la projection orthogonale sur H. b. On suppose que le polynôme caractéristique
2. Calculer ku − p(u)k pour tout u ∈ R4 . de f n’admet pas de racine réelle. Soit B une
3. Déterminer la matrice de p dans la base canonique base de E et A la matrice de f dans cette base.
de R4 . On peut considérer A comme un élément de
Mn (C). Soit λ une valeur propre (complexe)
Exercice 3. On munit E = R2 [X] du produit scalaire de A et Z un vecteur propre associé. On écrit
R1
hP, Qi = 0 P (t)Q(t)dt. Déterminer la base orthonor- Z = U + iV où U et V sont des vecteurs co-
mée de E obtenue à partir de la base canonique par le lonnes réels. Montrer que les vecteurs AU et
procédé de Gram-Schmidt.
R1 Exsite-t-il un polynôme P de AV sont combinaisons linéaires réelles de U
degré 1 tel que 0 (P (t)−t2 )2 dt soit minimal ? Si oui le(s) et V .
déterminer ? c. En déduire qu’il existe un sous-espace de E
Exercice 4. 1. Soit a, b, c trois vecteurs de R3 . de dimension 1 ou 2 qui est stable par f .
Montrer que (a ∧ b) ∧ c = −(c · b)a + (c · a)b. 2. Montrer que si un sous-espace F de E est stable
2. Soit u, v, w trois vecteurs de R3 . Calculer par f alors F ⊥ l’est aussi.
det(u ∧ v, v ∧ w, w ∧ u) en fonction de det(u, v, w). 3. On suppose n = 2.
a. Montrer que si det f = 1 alors il existe θ ∈ R
Exercice 5. Soit E un espace euclidien de dimension tel que dans toute base orthonormée de E la
n, (xi )i=1,...,p une famille de vecteurs de E. On appelle matrice de f est R(θ).
Gram(x1 , ..., xp ) le déterminant de la matrice (xi |xj ). b. Montrer que si det f = −1 alors il existe une
1. Montrer que Gram(x1 , ..., xp ) = 0 si et seulement base orthonormée
de E dans laquelle la ma-
si la famille (xi )i=1,...,p est liée. 1 0
trice de f est .
2. Soit F un sous-espace vectoriel de E, et a ∈ E. On 0 −1
appelle distance de a à F : d(a, F ) =inf ||x − a||. 4. Montrer le résultat par récurrence sur n.
x∈F
Montrer que si x1 , ..., xp est une base de F , alors Exercice 7. Soit E un plan vectoriel euclidien, u et u0
Gram(a, x1 , ..., xp ) deux vecteurs unitaires non colinéaires de E et D et D0
d(a, F )2 = . les droites vectorielles qu’ils engendrent. On désigne par
Gram(x1 , ..., xp )
3. Moindres carrés : Bi la droite vectorielle engendrée par u + u0 (bissectrice
Soit une matrice A ∈ Mn,p (R) avec p ≤ n, telle intérieure) et par Be celle engendrée par u − u0 (bissec-
que rg(A) = p, et soit B ∈ Mn,1 (R). Expliquer trice extérieure). Démontrer que :
comment calculer inf ||AX − B||2 . 1. Bi et Be sont orthogonales.
X∈M1,p (R) 2. La symétrie orthogonale d’axe Bi échange D et D0 .
4. Soit (a1 , ..., an ) une base de E, et (b1 , ..., bn ) la base 3. Bi ∪ Be est l’ensemble des vecteurs de E équidis-
orthonormée de E construite à partir de (a1 , ..., an ) tants de D et D0 .
par orthonormalisation de Gram-Schmidt. On note 4. Bi est l’ensemble des vecteurs v de E vérifiant
A la matrice de passage de (bi ) à (ai ). d
u d
, v = v, u0 .
t
a. Calculer AA. Comparer det A et
Gram(a1 , ..., an ) Exercice 8. Soit E un espace vectoriel euclidien de di-
mension n.
b. Interpréter géométriquement Gram(a1 , ..., an ).
1. Soit f ∈ L(E) qui commute avec toutes les symé-
Exercice 6. Soit n ∈ N∗ , E un espace vectoriel eucli- tries orthogonales. Montrer que f est une homo-
dien de dimension n et f ∈ O(E). On note thétie.
2. Déterminer le centre de O(E).
cos θ − sin θ
R(θ) = . 3. Déterminer le centre de SO(E) (distinguer suivant
sin θ cos θ
la parité de n).