Six Points
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Jacob Bœhme
De la base sublime
et profonde des six
points théosophiques
Nous n’avons point écrit cet ouvrage pour les animaux irraisonnables qui
à l’extérieur ont la forme d’homme ; mais qui dans leur image, en esprit sont
des bêtes méchantes et sauvages, ce qui se manifeste et se représente dans leurs
propriétés : mais pour les images d’hommes, pour ceux qui de l’image bestiale
sortent en une image d’homme, qui appartiennent au règne de Dieu et qui
voudraient sincèrement vivre et croître dans l’image de l’homme, dans le vrai
homme, qui sont souvent et fortement retenus pas la vie opposée, et sont ainsi
placés dans une vie mixte, et se tourmentent pour la génération de la vie sainte.
C’est pour ceux-là que nous avons fait cet écrit et nous leur disons de ne point
regarder comme impossible de reconnaître, et de savoir de semblables secrets ;
et nous le leur donnons à considérer dans une comparaison. S’il y avait une vie
qui eût poussé de toutes les vies, et qui fût mixte, mais que dans cette même vie
il y eût une seconde vie, elle (la seconde vie) serait libre de toutes les autres vies,
quoiqu’elle eût poussé de toutes les vies, et cependant elle résiderait aussi dans
toutes les essences de la vie.
Cette même seconde nouvelle vie serait éclairée par la lumière, et seulement
en soi, afin qu’elle pût contempler toutes les autres vies. Et voyez ; les autres vies
ne pourraient ni contempler la nouvelle vie, ni la saisir. Ainsi est chacun qui de
la vie mixte, du bien et du mal, est engendré de nouveau en, et de Dieu.
Cette nouvelle image engendrée dans la vie de Dieu contemple toutes les vies
naturelles, et pour elle il n’y a rien d’étranger ni de difficile, car elle n’a seule-
ment qu’à contempler sa racine d’où elle est poussée, comme cela nous est aisé à
reconnaître : de même qu’une belle fleur pousse de la terre sauvage, sans paraître
semblable à la terre, mais éclaire par sa beauté la puissance de la terre, et est ainsi
mêlée de bien et de mal : de même est aussi chaque homme qui est engendré de
nouveau de la propriété et qualité bestiale sauvage terrestre, en véritable image
de Dieu.
C’est pour ceux qui sont maintenant en croissance, et qui tendent au beau
lys dans le royaume de Dieu, et sont dans la génération, que nous avons écrit ce
livre, afin qu’ils puissent, par son moyen, fortifier leurs essences, reverdir dans la
vie de Dieu et croître dans l’arbre du paradis, et porter ce fruit. Puisque tous les
4
Préface
enfants de Dieu croissent ainsi dans cet arbre, et que chacun est une branche de
ce même arbre ; nous avons voulu partager notre suc, notre odeur et notre es-
sence avec nos co-rameaux, et nos co-branches dans notre arbre dans lequel nous
sommes tous, afin que notre arbre paradisiaque devînt grand, et que nous nous
réjouissions les uns et les autres ; afin que chaque branche et chaque rameau
protège l’autre contre la tempête ; nous donnons ceci amicalement à réfléchir à
tous les enfants de cette végétation dans cet arbre, et nous nous recommandons
à leur amour, à leur croissance.
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DE LA BASE SUBLIME ET PROFONDE
DES SIX POINTS THÉOSOPHIQUES
Le Ier point
Chapitre premier
De la première croissance et vie hors du premier principe. Ce qu ’il faut regarder et
considérer ainsi : savoir, au cas qu ’elle fût seule et non mêlée avec les autres, quelle
pourrait être sa puissance ; non qu’il faille l’envisager de telle manière qu’elle fût ainsi
seule en une figure ou en une créature, mais pour qu ’on apprenne à chercher et à sonder le
centre de la nature ; et qu ’on apprenne à distinguer l’essence divine d’avec la nature
1. Nous voyons et nous trouvons que chaque vie est essentielle ; et en-
suite nous trouvons qu’elle consiste en volonté ; car la volonté est l’instigateur
des essences.
2. Et ainsi nous pouvons considérer comme s’il y avait dans la volonté
un feu caché, où la volonté s’élevât toujours vers le feu, et voulût l’éveiller et
l’allumer.
3. En outre, nous devons comprendre que chaque volonté sans le ré-
veillement des essences ignées est une impuissance, comme muette sans vie,
n’ayant ni sensibilité, ni intelligence, ni substantialité ; car elle se compare à une
ombre sans essence, d’autant qu’elle n’a aucune sensibilité, mais elle tombe en
bas, et se laisse pousser et conduire, comme une chose morte, comme quelque
chose qui ne s’appuie que sur une ombre, laquelle est conduite sans essence.
4. Ainsi une volonté non essentielle est un être muet sans idée et sans
vie, et cependant c’est une figure dans un éternel rien insondable ; car elle est
suspendue à une chose corporelle.
5. Maintenant, puisque la volonté sans essence est muette et sans être,
elle est ainsi dans l’essence une chose et une image selon l’essence, et elle est for-
mée d’après l’essence, car la vie de la volonté est engendrée de l’essence.
6. Ainsi la vie est le fils de l’essence, et la volonté dans laquelle réside la
figure de la vie, est le père de l’essence, car aucune essence ne peut provenir sans
volonté, car dans la volonté le désir prend sa source ; et les essences prennent la
leur en lui.
7. Si donc la première volonté est un sans-fond que l’on doit considérer
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DE LA BASE SUBLIME ET PROFONDE DES SIX POINTS THéOSOPHIQUES
comme un éternel rien, alors nous la regarderons comme un miroir, dans lequel
quelqu’un voit sa propre image semblable à une vie ; et cependant il n’y a aucune
vie, mais une figure de la vie, et de l’image dans la vie.
8. Ainsi nous regardons l’éternel sans-fond, hors de la nature, comme
un miroir. Car il est semblable à un œil qui voit là, et cependant ne conduit dans
le voir, rien dont il puisse voir, car le voir est sans essence, tandis qu’il est cepen-
dant engendré de l’essence, c’est-à-dire de la vie essentielle.
9. Ainsi il nous est évident que l’éternel sans-fond hors de la nature
est une volonté, semblable à un œil, où la nature est intérieurement cachée, tel
qu’un feu caché qui ne brûle pas, qui est là et aussi n’y est pas. Ce n’est pas un
esprit, mais une forme d’esprit, comme une lueur dans un miroir. Là toute la
forme de l’esprit se peut voir en lueur ou en miroir, et cependant il n’y a rien que
l’œil ou le miroir voie, mais son voir est en soi-même, car il n’y a rien devant lui
qui là soit plus profond. Cela semblable à un miroir qui est comme le réservoir
de la face de la nature, et ne touche cependant pas la nature, comme la nature ne
touche pas plus la lueur de l’image dans le miroir.
10. Ainsi l’un est affranchi de l’autre, et cependant le miroir est véritable-
ment le réservoir de l’image. Il embrasse l’image, et cependant il est impuissant
à l’égard de la lueur, car il ne peut retenir la lueur. Car si l’image s’éloigne du
miroir, alors le miroir n’est qu’un pur éclat, et son éclat n’est rien, et cependant
toutes les formes de la nature y demeurent cachées intérieurement, comme un
rien, et il est cependant véritable, mais non en essences.
11 Ainsi c’est là ce que nous devons reconnaître et comprendre de l’éter-
nelle sagesse cachée de Dieu, laquelle se compare ainsi à éternel sans essence ; elle
est le sans-fond, et cependant elle voit tout. Tout a été caché en elle dès l’éternité,
d’où elle a son voir. Mais elle n’est pas essentielle, de même que dans un miroir
l’éclat n’est pas essentiel, cependant il embrasse tout ce qui paraît devant lui.
12. Secondement, il nous faut entendre de l’éternelle volonté qui est
aussi sans essence, ce que nous entendons de l’esprit de Dieu. Car aucun voir
n’est sans esprit, comme aucun esprit n’est sans voir ; et ainsi nous devons com-
prendre que le voir brille de l’esprit, qu’il en est l’œil et le miroir, et qu’en lui la
volonté est manifestée, car le voir fait une volonté dans laquelle le sans-fond de
l’abîme sans nombre ne sait trouver ni fondement ni limite ; ainsi son miroir va
en soi, et fait en soi un fondement : cela est la volonté.
13. Ainsi le miroir de l’œil éternel brille en volonté, et s’engendre à soi-
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DE LA BASE SUBLIME ET PROFONDE DES SIX POINTS THéOSOPHIQUES
même en soi-même un autre éternel fondement, lequel est son centre ou son
cœur, d’où le voir s’originise continuellement de l’éternité, et par là la volonté de-
vient mouvante et conductrice, particulièrement de ce que le centre engendre.
14. Car il est tout compris en volonté, et c’est une essence qui s’originise
soi-même éternellement en soi-même dans l’éternel sans-fond, qui entre en soi-
même, et fait un centre en soi-même, et se saisit soi-même en soi, mais sort de
soi avec ce qui est saisi et se manifeste dans l’éclat de l’œil, et brille ainsi en soi et
de soi hors de l’essence ; il est son propre propriétaire, et est cependant comme
un rien eu égard à la nature. Entendez, eu égard à l’être saisissable pour parler
ainsi, d’autant qu’il est cependant tout, et que tout en provient.
15. Et nous entendons ici l’éternelle essence de la Trinité de la Divinité
avec la sagesse insondable. Car l’éternelle volonté qui saisit l’œil ou le miroir
dans lequel se trouve le voir, ou sa sagesse, est le père ; et ce qui est saisi dans la
sagesse, où le saisi embrasse en principe hors du sans-fond une base ou un centre
en soi-même, est le fils ou le cœur, car il est la parole de la vie, ou son essentialité
dans laquelle la volonté brille avec éclat.
16. Et ce qui va en soi au centre de la base est l’esprit ; car il est le trou-
veur qui de toute éternité trouve toujours là où il n’y a rien. Ce même esprit
sort derechef du centre de la base et cherche dans la volonté. Alors le miroir de
l’œil, ou la sagesse du Père et du Fils est manifestée. Et ainsi la sagesse est devant
d’esprit de Dieu, qui en elle manifeste le sans-fond, car ses vertus dans lesquelles
brillent les couleurs des merveilles sont, par le moyen de l’esprit qui s’élève, ma-
nifestées du père de l’éternelle volonté par le centre de son cœur ou de la base.
17. Car elle est le prononcé que le père prononce du centre du cœur par
le Saint-Esprit, et elle reste en formation et en figuration divine en aspect de la
tri-unité de Dieu, mais comme une vierge sans engendrer ; elle n’engendre point
les couleurs et les figures qui brillent en elle et sont manifestes dans la base et en
essence ; mais le tout ensemble est une éternelle magie, et demeure en soi avec le
centre du cœur, et de soi sort du centre par l’esprit, et se manifeste à l’infini dans
l’œil de la sagesse virginale.
18. Car de même que l’essence de la Divinité n’a aucune base d’où elle
dérive, et d’où elle provienne ; de même aussi l’esprit de la volonté n’a aucune
base, lieu, ni limite qu’il puisse toucher ; mais il se nomme admirable, et sa
parole ou son cœur, par lequel il sort, se nomme l’éternelle puissance de la Divi-
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DE LA BASE SUBLIME ET PROFONDE DES SIX POINTS THéOSOPHIQUES
Le second texte
20. Ainsi nous entendons que l’Être divin dans la triplicité dans le sans-
fond habite en soi-même, mais qu’il s’engendre une base en soi-même ; savoir,
l’éternelle parole ou l’éternel cœur qui est le centre et le terme du repos dans la
Divinité ; et cependant il ne faut point entendre ceci d’une substantialité, mais
d’un esprit triple, où chacun est la cause de l’autre dans la génération.
21. Et néanmoins cet esprit triple n’est pas mesurable, séparable, ou son-
dable, car on ne peut lui trouver aucun lieu ; et il est en même temps le sans-fond
de l’éternité, qui s’engendre fondamentalement en soi-même ; et on ne peut in-
venter ni trouver de lieu ni de place, où l’esprit de la tri-unité ne soit pas présent,
et ne soit pas dans toutes les substances, mais caché à la substance, demeurant en
soi-même, comme une essence qui, en même temps, remplit toutes choses à la
fois, et cependant ne demeure pas dans la substance, mais possède soi-même en
soi une essence, comme cela nous est indiqué par le fond et le sans-fond, en tant
qu’on conçoit les deux en présence l’un de l’autre.
22. Ainsi, nous concevons l’éternité : 1° comment il en a été depuis le
temps de la création de ce monde ; 2° en outre ce que l’être divin est en soi-même
sans un principe ; 3° l’éternel commencement dans le sans-fond ; et l’éternelle fin
en son particulier est une base engendrée en soi, savoir : un centre pour la parole,
laquelle parole est le centre même : 4° et néanmoins (comment) l’éternelle géné-
ration de la parole dans la volonté, dans le miroir de l’éternelle sagesse, ou dans
la vierge, arrive toujours de toute éternité sans engendreuse, ou sans engendrer.
23. Et dans cette même vierge de la sagesse de Dieu est l’éternel principe,
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DE LA BASE SUBLIME ET PROFONDE DES SIX POINTS THéOSOPHIQUES
comme un feu caché qui se reconnaît ainsi à sa couleur, comme dans un miroir,
et a été reconnu de toute éternité dans la figure, et sera aussi reconnu ainsi dans
toute l’éternité en éternelle origine, dans la sagesse.
24. Dans ce même miroir où le principe est manifesté de l’éternel sans-
fond, l’essence des trois principes a été vue selon la ressemblance de la sainte
triplicité, avec leurs merveilles, comme dans une profondeur insondable, et cela
de toute éternité.
25. Et ainsi, il nous faut maintenant reconnaître que le premier principe
est magique en origine, car il est engendré en désir, en volonté. Car delà son
attrait et son opposition pour engendrer sont aussi magiques ; savoir : particuliè-
rement pour engendrer le second principe.
26. Et comme cependant on n’entend dans le premier et le second prin-
cipe qu’un seul esprit sans substance saisissable, alors l’attrait s’étend à engendrer
le troisième principe, où l’esprit des deux principes pût se reposer et se manifes-
ter en similitude.
27. Et quoique chaque principe ait son centre, cependant le premier
principe est dans la source magique, et son centre est le feu qui ne peut exister
sans substance ; c’est pourquoi sa faim et son désir se portent vers la substance.
28. Et il nous faut entendre du premier principe : 1° (si nous parlons
purement d’un, quoiqu’il ne soit pas seul) qu’il est désireux de la volonté in-
sondable dans le centre du sans-fond ; savoir, où l’éternelle parole est toujours
engendrée de toute éternité, car la volonté désire le centre ; savoir, la parole ou le
cœur.
29. Et secondairement il désire que le cœur puisse être manifesté ; car
dans le sans-fond il n’y a aucune manifestation, mais un éternel rien, un repos
sans substance, ou couleur, aussi aucune vertu. Mais dans ce désir sont les cou-
leurs, puissances et vertus, et cependant il est caché en soi, et serait éternellement
sans manifestation, car il n’y aurait aucune lumière, éclat ou majesté ; mais un
triple esprit en soi-même qui serait sans la source de consubstantialité.
30. C’est ainsi qu’il nous faut entendre l’essence de la plus profonde Di-
vinité, sans et hors de la nature.
31. Et en outre, comment l’éternelle volonté de la Divinité désire de se
manifester de sa propre base en lumière de majesté, là où nous reconnaissons
alors la première volonté du Père désirant le Fils et la lumière de la majesté ; et
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DE LA BASE SUBLIME ET PROFONDE DES SIX POINTS THéOSOPHIQUES
34. Il faut faire attention au désir, car chaque désir est attirant de ce qu’il
y a dans la volonté désirante.
35. Or donc, Dieu ne désire que la lumière, c’est-à-dire l’éclat de son
cœur, pour qu’il brille dans sa sagesse, et qu’ainsi la Divinité entière soit mani-
festée en soi, dans la vierge de sa sagesse, et de soi par l’esprit s’élevant ; et qu’il y
ait en lui une éternelle parfaite joie, délices et satisfaction.
36. Or, ceci ne peut pas être engendré autrement que par le feu ; là où la
volonté est située dans le plus profond aigu de la toute-puissance, puisqu’elle est
consumante dans le feu ; en récompense, la lumière est une douceur de l’engen-
dreuse de la toute-substantialité.
37. Si donc maintenant le feu doit avoir aussi une engendreuse pour
son origine et pour sa vie ; dès lors il brille en une double vie, et une double
source. On a droit de les nommer deux principes, quoique cependant il n’y en
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DE LA BASE SUBLIME ET PROFONDE DES SIX POINTS THéOSOPHIQUES
ait qu’un ; mais c’est une double source en un seul être, et à cause de la source,
on les considère comme deux êtres ; ce que l’on peut remarquer au feu et à la
lumière.
38. Si maintenant nous considérons le désir, nous trouvons que c’est un
fort attract, semblable à un élèvement, ou à un mouvement éternel ; car il s’attire
soi-même en soi, et s’engrosse, de façon qu’ainsi d’une liberté mince où il n’y a
rien, il résulte un ténèbre. Car la volonté désirante devient épaisse et remplie par
l’attirant, tandis que cependant il n’y a rien que le ténèbre.
39. Néanmoins la première volonté veut être libre du ténèbre, car elle en-
gendre la lumière, et cependant ne peut pas ainsi l’atteindre ; car plus s’accroît le
désir pour la liberté, plus s’accroissent (aussi) l’attirant et l’aiguillon des essences
qui s’originisent dans l’attrait et le désir.
40. Ainsi, plus la volonté tire en soi, et plus sa prégnation devient grande,
et cependant le ténèbre ne peut pas atteindre le centre de la parole, ou du cœur
du Trinaire ; car ce centre est d’un degré plus profond en soi, et est cependant
une alliance.
41. Mais la première volonté dans laquelle naît la prégnation de la natu-
re, est encore plus profonde que le centre de la parole, car elle dérive de l’éternel
sans-fond ou du rien, et ainsi le centre du cœur est enfermé dans le milieu, là où
la première volonté du Père travaille à la génération du feu.
42. Si maintenant nous reconnaissons que dans le fort attract, il arrive
une très forte substance ou essence ; là alors la substantialité dérive de l’éternité ;
car l’attrait donne l’aiguillon, et ce qui est attiré donne la dureté, la matière du
rien, une substance, une essentialité. Alors l’aiguillon de l’attrait demeure dans
cette même essentialité ; elle pique, elle brise, et le tout par la volonté désirante
qui attire.
43. Ainsi, nous avons ici à reconnaître deux formes de la nature savoir,
l’astringent qui est le désir, et ensuite l’aiguillon qui fait dans le désir un brisant
et un piquant, d’où il résulte le sentir qui est l’amer. La seconde forme de la na-
ture est une cause et une origine des essences dans la nature.
44. Pour lors la première volonté n’est point satisfaite ni mise en repos
par cette (forme). Au contraire, elle se trouve par-là dans une très grande angois-
se ; car elle désire la liberté dans la lumière, et cependant il ne se trouve encore
aucun éclat dans la liberté. Alors elle entre dans une effroyable angoisse ; et elle
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DE LA BASE SUBLIME ET PROFONDE DES SIX POINTS THéOSOPHIQUES
élève tellement le désir pour la liberté, que l’angoisse fait passer comme une mort
et un tombement, sa volonté, du brisant, du piquant, et du puissant attirant, par
la mort dans la liberté.
45. Ainsi entendez ici la volonté en deux voies. Une qui s’élève dans la
sévérité pour l’engendrement du feu de la colère ; l’autre qui imagine après le
centre de la parole, et se précipite de l’angoisse comme par un mourir dans la vie
libre, et porte également ainsi une vie avec soi hors de l’angoisse dans la liberté,
en sorte que l’éternel sans-fond est reconnu pour une vie, et que du rien provient
une éternelle vie.
46. Puis donc que le premier élan de la volonté se porte vers la génération
du feu, dès lors nous le reconnaissons pour la première nature, c’est-à-dire pour
la nature du père dans la sévérité colérique ; et la seconde marche de la volonté
dans la liberté, dans le centre du cœur, nous la reconnaissons pour la nature di-
vine, pour la vie dans la lumière, dans la vertu de la Divinité.
47. Ainsi maintenant il nous est manifeste que la première volonté tra-
vaille et opère pour le feu, particulièrement, la forte, dure, amère et grande an-
goisse qui est la troisième forme de la nature ; car l’angoisse qui est comparable
au centre où la vie et la volonté s’originisent éternellement. Car la volonté veut
être libre de la grande angoisse, et ne le peut cependant pas. Elle veut fuir, et elle
est pourtant retenue par l’astringence ; et plus la volonté de s’enfuir s’augmente,
plus s’étend aussi l’aiguillon amer des essences et de la multiplicité.
48. Car comme elle ne peut pas s’envoler, ni s’élever non plus au-dessus
de soi, alors elle devient tournante comme une roue. Ainsi les essences devien-
nent mélangées, et la multiplicité des essences vient en une volonté mélangée qui
avec raison se nomme l’éternelle base affective, où la multiplicité se trouve dans
des essences innombrables en une (seule) affection, où d’une essence peut conti-
nuellement résulter de nouveau une volonté, pour la propriété de cette même
essence, ce dont dérivent les merveilles éternelles.
49. Puisque donc la grande et forte base affective de la forme d’angoisse
va ainsi en soi comme une roue, et brise toujours le fort attirant, et amène tou-
jours par l’aiguillon à la multiplicité des essences, mais cependant rassemble
toujours de nouveau dans l’angoisse, dans la roue, en unité, c’est-à-dire en une
affection, alors ainsi la vie d’angoisse est engendrée, savoir, la nature. Là il y
a un mouvement, une impulsion, un envolement, une rétention, en outre un
sentir, un goûter, un entendre ; et cependant ce n’est pas une véritable vie, mais
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DE LA BASE SUBLIME ET PROFONDE DES SIX POINTS THéOSOPHIQUES
purement une vie de nature sans un principe. Car il n’y a aucun végètement,
mais cela est semblable à un sans-réflexion, ou une folie, où quelque chose est
tournant en soi comme une roue, où il y a bien une alliance de la vie, mais sans
entendement et sans connaissance ; car cela ne se connaît pas soi-même.
50. Ainsi, pour sonder plus avant au sujet de la seconde volonté de l’éter-
nel Père qui est appelé Dieu, qui désire la lumière dans le centre de son cœur,
et la manifestation de la Trinité dans la sagesse, cette même volonté est posée
ou dirigée vers le centre de la nature ; car de la nature doit résulter l’éclat de la
majesté.
51. Ainsi maintenant cette même seconde volonté a en soi la liberté dans
la parole de la vie ; et la volonté d’angoisse dans l’aigu de la nature désire la
liberté, pour que la liberté puisse être manifestée dans l’angoisse de l’affection
colérique.
52. Car delà aussi résulte l’angoisse, de ce que la première volonté veut
être libre de la ténébreuse astringence, et la liberté désire la manifestation ; car
elle ne peut pas se trouver en soi-même sans aigu ou sans tournant, car la volonté
de la liberté qui s’appelle le Père, désire de se manifester, et elle ne peut le faire
sans propriétés.
53. Ainsi elle est désireuse par les propriétés qui résultent dans l’angoisse,
dans les essences en feu, de manifester ses merveilles, vertus et couleurs par-là, ce
qui ne peut être sans la nature.
54. Ainsi la première volonté qui s’appelle le Père et est la liberté même,
désire la nature, et la nature désire avec grande ardeur la liberté pour être déli-
vrée de la source d’angoisse. Et elle reçoit la liberté dans sa sévérité aiguë, dans
l’imagination, ce dont elle s’effraye comme un éclair, car c’est une explosion de
la joie, de ce qu’elle est délivrée de la source d’angoisse.
55. Et dans l’explosion, il résulte deux essences ; savoir, une mortelle et
l’autre vivante, ce qu’il faut entendre ainsi.
56. La volonté s’appelle le Père, qui a la liberté en soi, qui s’engendre
ainsi dans la nature, en sorte qu’il est susceptible de la nature, et qu’il est le Tout-
puissant de la nature.
57. L’explosion de sa nature est un allumeur du feu ; car lorsque l’an-
goisse ténébreuse, ou la très importante et forte essence reçoit en soi la liberté,
alors dans l’explosion, dans la liberté elle se change en un éclair, et l’éclair saisit
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DE LA BASE SUBLIME ET PROFONDE DES SIX POINTS THéOSOPHIQUES
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DE LA BASE SUBLIME ET PROFONDE DES SIX POINTS THéOSOPHIQUES
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DE LA BASE SUBLIME ET PROFONDE DES SIX POINTS THéOSOPHIQUES
dans la lumière ; il est libre du feu comme l’air est libre du feu, quoique cepen-
dant il provienne du feu.
72. Car le vrai esprit, ou l’esprit dans l’homme, lequel est engendré du
feu de l’âme, a sa propriété dans la lumière de la vie. Cette lumière brille du feu,
car il résulte de la mort, il sort de la mort, la source ennemie est demeurée de lui
en feu, et ensuite au-dessous du feu, dans la cause du feu ; savoir, dans la mort
colérique.
73. Ainsi la mort colérique est une racine de la vie. Et ici, vous hommes,
pensez à votre mort, et aussi à la mort du Christ, qui de nouveau nous a engen-
drés de la mort par le feu de Dieu. Car de la mort est engendrée la vraie vie. Ce
qui peut sortir de la mort, est délivré de la mort et de la source colérique. Cela
est maintenant son royaume de joie qu’il n’y ait plus en lui aucune source coléri-
que ; elle est restée de lui dans la mort (dans le monde ténébreux), et ainsi de la
mort la vie atteint l’éternelle liberté, où il n’y a plus aucune crainte ni effroi, car
dans la vie l’effroi est rompu.
74. La vraie vie est une puissance de joie, un perpétuel bien faire, car il
n’y a en elle aucun autre tourment, que seulement un désir, qui a toute la pro-
priété du tourment, et ne peut cependant pas élever la source en soi, de façon
que ses propriétés ne peuvent pas s’allumer là-dedans, car la lumière et la liberté
s’y opposent.
18
Chapitre II
De la propriété du principe ; ce qu’est le principe, ou ce que sont tous les trois
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DE LA BASE SUBLIME ET PROFONDE DES SIX POINTS THéOSOPHIQUES
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DE LA BASE SUBLIME ET PROFONDE DES SIX POINTS THéOSOPHIQUES
13. Le premier et le second principe sont père et fils dans l’éternité. L’un
demeure dans l’autre ; cependant chacun retient sa propriété. Il n’y a aucun mé-
lange dans les essences ; seulement l’un reçoit l’autre dans le désir, et la lumière
demeure dans le désir du feu, de façon qu’ainsi la propriété du feu donne son
désir dans la lumière, et la lumière dans le feu.
14. Ainsi c’est un seul être et non deux, mais deux propriétés, où l’une n’est
pas l’autre et ne peut pas non plus éternellement le devenir. Comme la propriété
de l’esprit ne peut pas être le feu et la lumière, et sort cependant du feu et de la
lumière, et il ne pourrait séparément subsister seulement du feu ou de la lumière.
Le feu ne pourrait pas seul le donner, ni la lumière non plus ; mais les deux le
donnent. Il est la vie des deux, et n’est cependant qu’un être, mais trois propriétés
où aucune n’est l’autre, comme cela se voit au feu, à la lumière et à l’air.
15. Ainsi concevez aussi le troisième principe qui est, et a même ces pro-
priétés ; il a aussi le feu, la lumière, et l’esprit, c’est-à-dire l’air ; et avec tous
ces accessoires il est semblable à l’être éternel. Mais il se commence et sort de
l’éternel ; il est une manifestation de l’éternel, un éveillement, une image, et une
similitude de l’éternel, il n’est pas l’éternel, mais il a été une essence dans l’éternel
désir. Le désir s’est manifesté, et s’est amené en être, en similitude de l’éternel.
16. La raison dit : que Dieu a créé ce monde de rien. Réponse. Il n’y avait
bien pour cela ni substance, ni matière qui fût saisissable extérieurement ; mais
il y avait une forme semblable dans l’éternelle puissance en volonté.
17. La création de ce monde est provenue par un éveillement de l’esprit
de volonté. La volonté intérieure qui d’ailleurs existe en soi en dedans, a atteint
sa propre nature, savoir le centre qui est désireux de soi, ou de la lumière, qui est
souriante du centre. Ainsi le centre a saisi hors de soi une essence en désir. C’est-
à-dire, il s’est saisi et fait une substance dans sa propre imagination, en désir, et
il a aussi saisi la substance de la lumière.
18. Il a saisi avec le commencement ce qui est éternel ; c’est pourquoi les
substances de ce monde doivent derechef retourner par la figure dans l’éternel,
car elles ont été saisies dans l’éternel. Mais ce qui a été fait et saisi du commence-
ment dans le désir, cela retourne dans son éther comme un rien, et simplement
derechef dans le miroir de l’imagination ; cela n’est pas de l’éternel, mais cela
est et appartient à l’éternelle magie dans le désir, de même qu’un feu engloutit
et consume une substance où il ne reste rien, mais est de nouveau tel qu’il était,
lorsque cependant il n’y avait aucun être.
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DE LA BASE SUBLIME ET PROFONDE DES SIX POINTS THéOSOPHIQUES
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tion, de même l’homme peut aussi renouveler ce qu’il fait. S’il abandonne le
terrestre, alors il peut renouveler ce qu’il a enfanté de l’éternel ; mais si cela n’est
pas renouvelé, alors cela demeure dans la source.
25. Car tout ce qui ne devient ou n’est pas semblable au feu, à la lumière
et à l’eau, ne peut subsister dans la liberté ; mais cela demeure dans la source
dont il l’a éveillé ou opéré en soi, c’est-à-dire du centre de la nature. Ce qu’il a
introduit dans la volonté de la liberté lui deviendra ainsi un tourment, un ronge-
ment ou une volonté contraire qu’il a engendrée lui-même de sa propre nature,
par quoi il s’est rendu ténébreuse la lumière, en sorte que la lumière ne peut pas
outre-briller. Cela sera son ténèbre.
26. Car là où la volonté est ténébreuse, là aussi la substance de la volonté,
ou son corps, est ténébreux ; et là où la volonté est en tourment, là aussi le corps
est en tourment ; et c’est à cause de cela que les enfants de la lumière de la liberté
seront, dans la source angoisseuse, séparés des enfants de ténèbres ; chacun dans
son principe.
27. Ainsi maintenant nous vous donnons à entendre que chaque prin-
cipe engendre sa propre vie selon sa propriété. Mais le feu est le terme de sépara-
tion qui satisfait les deux principes ; savoir, les ténèbres et la lumière. Le ténèbre
lui donne son aiguillon et sa douleur ; et la lumière sa sensibilité et sa vie.
28. De même aussi le troisième principe a deux propriétés ; savoir, la
chaleur et le froid. La chaleur est le principe, et elle donne son aiguillon et sa
douleur au froid ; et elle donne à la lumière la vie et la sensibilité. La lumière à
son tour donne sa substantialité au feu, en sorte qu’elle s’unit amicalement avec
lui ; et le froid donne aussi sa propriété et sa substantialité au feu ; et le feu la
lui brise, et fait de sa substantialité la mort, et le mourir. C’est pourquoi il y a
toujours une inimitié entre le chaud et le froid, et ils ne deviennent jamais uns.
29. Mais ce qu’ils obtiennent dans leurs propriétés, c’est que la vie leur
doit croître au travers de la mort ; car du froid et du chaud provient la croissance
du troisième principe (dans lequel nous vivons extérieurement) ; du froid vient
le fruit hors de la terre, aussi bien que le corps de toutes les créatures, et dans les
éléments, l’être. Du chaud vient dans leur combat la vie dans le corps de toutes
les créatures et végétations ; de même que dans la profondeur des éléments il
donne l’esprit du grand monde en plusieurs figures ; c’est-à-dire, que où le froid
fait la substance, là la chaleur fait là-dedans un esprit.
30. Ainsi l’essence est toute en combat pour que les merveilles de l’éter-
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DE LA BASE SUBLIME ET PROFONDE DES SIX POINTS THéOSOPHIQUES
nel monde soient manifestées dans le brisement et pour que l’éternel modèle
dans la sagesse de Dieu s’introduise en figures ; et pour ce même modèle, il reste
éternellement dans l’éternelle magie, en mystère, pour la glorification de Dieu,
et pour la joie des anges et des hommes ; non pas en substance, mais en mystère,
dans la magie, comme en une ombre de l’être, afin que ce que Dieu a opéré, et
ce qu’il connaît, et ce qu’il peut, soit éternellement connu.
31. Car après le brisement de ce monde, ce qui est éternel demeure seule-
ment en essence, comme d’éternels esprits, avec une éternelle essentialité de leur
corps, avec les merveilles qu’ils ont faites ici, qui restent dans la figure magique.
Là-dedans les esprits reconnaîtront les merveilles et les puissances de Dieu.
32. Ainsi maintenant nous avons à considérer les principes avec leurs
merveilles, lesquels tous les trois ne sont autre chose que le Dieu unique dans
ses œuvres merveilleuses qui par le moyen de ce monde, s’est manifesté selon les
propriétés de sa nature. Et ainsi nous devons entendre un triple être, ou trois
mondes l’un dans l’autre.
33. Le premier est le monde de feu, qui dérive du centre de la nature et la
nature (dérive) de la volonté désirante qui dans l’éternelle liberté s’originise dans
le sans-fond dont nous n’avons ni ne supportons aucune connaissance.
34. Et le second est le monde de lumière qui demeure dans la liberté,
dans le sans-fond, hors de la nature, mais qui dérive du monde de feu. Il reçoit
sa vie, et sa sensibilité du feu. Il demeure dans le feu, et le feu ne le saisit pas. Et
c’est là le monde mitoyen.
35. Le feu dans le centre de la nature avant son enflammement donne le
monde ténébreux ; mais il est dans son enflammement en soi-même le monde
de lumière, lorsqu’il se sépare lui-même dans la lumière, et laisse le centre être
dans les ténèbres ; ainsi donc il n’est en soi-même qu’une source, et une cause de
la vie.
36. Il a des créatures, mais elles sont de cette même essence colérique.
Elles ne sentent aucune douleur ; la lumière serait pour elles une douleur. Mais
quant aux démons déchus qui dans le principe furent créés dans le monde de
lumière, le ténèbre est une peine pour eux, et le feu est une puissance et une force,
car c’est leur vraie vie, quoique selon plusieurs propriétés, en raison du centre de
la nature, selon cette même essence.
37. Le troisième monde est l’extérieur, dans lequel nous demeurons se-
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DE LA BASE SUBLIME ET PROFONDE DES SIX POINTS THéOSOPHIQUES
lon le corps extérieur, avec les œuvres et essences extérieures qui ont été créées
du ténèbre, et aussi du monde de lumière. C’est pourquoi il est bon et mauvais,
sévère et aimable. Adam ne devait point manger de cette propriété, ni imaginer
d’après elle ; mais les trois mondes devaient être en lui en ordre, en sorte que l’un
ne pût pas saisir l’autre, ainsi que dans Dieu même. Car Adam était créé de tous
les trois mondes, une entière image et similitude de Dieu.
38. Mais comme il a mangé du mal et du bien, et a introduit l’extérieur
dans le milieu, maintenant il faut que l’extérieur s’arrache du milieu ; et il arrive
une séparation lorsque l’extérieur doit retourner de nouveau dans son éther, et le
milieu reste.
39. Ainsi quand alors quelqu’un voit un homme juste, il peut dire : je
vois ici trois mondes exister, mais pas se mouvoir ; car le monde externe se meut
par le corps extérieur, mais c’est pour cela que le corps extérieur n’a aucune
puissance pour mouvoir le monde de lumière ; il s’est seulement introduit ainsi
dans le monde de lumière, ce qui a fait qu’elle est éteinte dans l’homme. Mais
seulement le monde ténébreux n’en est pas moins demeuré en soi ; et le monde
de lumière demeure en lui immobile, il est en lui comme caché.
40. Mais s’il est un homme juste par la régénération, alors elle demeure
en lui, comme la lumière pénètre l’eau, et rend l’essence mobile et désireuse, en
sorte qu’ainsi l’essence croît. De même aussi l’homme nouveau dans la lumière ;
et de même qu’on ne peut pas mouvoir la clarté du soleil, de même non plus la
lumière éternelle, ou le monde de la lumière. Elle demeure tranquille et brille
au travers de tout ce qui en est susceptible, et qui là est mince comme un rien ;
comme en effet le feu et l’eau sont ainsi ; là cependant tout est substantiel, mais
comme un rien par rapport à l’externe.
41. Ainsi chaque principe a sa croissance de soi-même, et cela doit être
ainsi ; autrement tout serait un rien.
42. C’est-à-dire que le premier principe est la racine du feu ; il croît dans
sa racine. Il a dans ses propriétés l’astringent, l’amer, le colérique et l’angoisse.
Cela croît dans ses propriétés en poison et en mort, dans la sévère vie angoisseuse
qui en soi donne le ténèbre à cause de l’attirement de la force. Ses propriétés font
soufre, mercure et sel, quoique la propriété du feu ne fasse pas sul dans sulphur ;
mais c’est la volonté de la liberté qui fait sul dans phur, tandis que le principe
procède devant soi.
43. Mais ce qui va dans ses propriétés, cela n’est que phur ; savoir, la sé-
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DE LA BASE SUBLIME ET PROFONDE DES SIX POINTS THéOSOPHIQUES
vérité avec les autres formes dans le centre. Cela est la principale cause de la vie
et de l’être de toute chose. Quoique cela soit mauvais en soi, c’est cependant ce
qu’il y a de plus nécessaire pour la vie et la manifestation de la vie. Car sans cette
propriété, aucune vie ne pourrait être, et ce principe s’appuie sur le monde inté-
rieur ; dans l’intérieur, comme insaisissable ; et dans l’extérieur, saisissable par sa
colère.
44. Et le second principe a aussi sa croissance de soi ; car le feu, source en
lumière avec ses propriétés ; mais la lumière change les propriétés colériques en
un désir d’amour et un royaume de joie. C’est pourquoi l’essence et la propriété
du feu est aussi changée en lumière ; de façon que de l’angoisse et de la douleur
vient un aimable désir ; du piquant et du tempêtant, un entendement amical et
sensible.
45. Car la lumière enflamme les essences avec la source d’amour, en sorte
qu’elles donnent d’elles-mêmes en propriétés d’esprit une végétation ; savoir,
une volonté amicale, des mœurs, des vertus, de la piété, de la patience dans les
douleurs, l’espérance d’être délivré du mal ; de parler sans cesse des merveilles de
Dieu en soi en désir et en joie, de tinter, de chanter, et de se réjouir des œuvres
et des merveilles de Dieu, d’être toujours dans le vouloir de bien faire, de se dé-
tourner du mal et de la méchanceté, de vouloir toujours attirer son prochain par
l’amour dans le monde de lumière ; de fuir les méchants, d’étouffer perpétuel-
lement les mauvais penchants avec patience, dans l’espérance d’en être délivré,
de s’en réjouir en espérance, si les yeux ne voient point, et si la raison extérieure
ne connaît point ; de se retirer sans cesse du mal, et d’introduire les désirs dans
l’essence divine, de toujours vouloir manger du pain de Dieu.
46. Ce sont là les propriétés que porte le nouvel homme s’il est régénéré
du monde de lumière ; c’est là le fruit que le monde de lumière engendre tou-
jours ainsi en lui d’une manière cachée totalement au vieil Adam, et qui tue sans
cesse le vieil homme de ce monde, et est toujours en combat avec lui, lequel vieil
Adam doit toujours marcher après le nouvel homme, à la vérité comme un âne
nonchalant qui doit porter le sac, et son maître doit toujours le fouetter. C’est
ainsi qu’en agit le nouvel homme envers l’ancien ; il le serre jusqu’à le forcer à
faire ce qu’il ne fait pas volontiers. Ce qui tient à la joie de ce monde serait très
agréable au vieil âne, mais il doit être ainsi le serviteur.
47. Secondement le principe a sa végétation, et donne son fruit en com-
mun dans le troisième principe ; savoir, dans l’esprit du grand monde pour se
préserver de la turba extérieure et intérieure. Il pénètre et donne la fructifica-
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DE LA BASE SUBLIME ET PROFONDE DES SIX POINTS THéOSOPHIQUES
tion ; il se défend de la colère des étoiles, et brise la constellation des esprits, ainsi
que du ciel firmamentique ; il s’oppose à la colère du démon, et à l’irruption
des hommes méchants, toutefois autant qu’il se trouve des saints qui en soient
dignes.
48. Le troisième principe a aussi sa végétation dans laquelle sont engen-
drées et créées de l’interne les étoiles et les éléments qui dans ce lieu se nomment
avec le soleil le troisième principe ; car les deux mondes extérieurs, savoir, le
monde de feu et le monde de lumière se sont manifestés par le troisième prin-
cipe, et tout est mêlé l’un avec l’autre, le bien et le mal, l’amour et l’inimitié, la
vie et la mort. Dans toute vie il y a la mort et le feu ; aussi d’un autre côté un
désir de l’amour, le tout selon les propriétés du monde intérieur, et il croît delà
un double fruit bon et mauvais, et aussi chaque fruit a une double propriété,
aussi elles se montrent dans toutes les vies de ce monde ; en sorte que la colère
et une source mauvaise combattent toujours avec l’amour ; là chaque propriété
cherche et porte du fruit. Ce que le bon fait, le mauvais le détruit ; et ce que le
mauvais fait, le bon le détruit. C’est une guerre et un combat continuels, car les
propriétés des deux principes internes sont extérieurement en mouvement, cha-
cun porte et opère du fruit dans le royaume interne, chacun veut être maître.
49. Le froid, ou l’extension du centre interne, de la colère de la mort veut
être maître, et s’introduire toujours dans la mort ; il éveille toujours l’aiguillon de
la mort ; et le chaud ou l’expansion du véritable feu veut aussi être le maître, il
veut tout soumettre et tout consumer, et veut toujours être nu sans corps. Il est
un esprit, et ne désire que la vie de l’esprit. Il donne au froid l’aiguillon, car il le
tue souvent, en sorte que son droit doit céder, et s’abandonner au chaud.
50. Le soleil ou la lumière veut aussi avoir droit et être le maître. Il sou-
met le chaud et le froid car il fait la lumière dans sa luisante douceur, et introduit
dans l’éclat de la lumière un esprit doux, ou l’air. Quoique le feu donne la force
du vent, et que le soleil donne un esprit doux qui s’appelle justement l’air, cela ne
fait toujours qu’un, mais qui a deux propriétés, la première selon le feu ; savoir,
un élèvement effrayant, et la seconde selon la lumière, ou une vie douce.
51. Ainsi le principe extérieur n’est qu’une guerre et un combat conti-
nuel, un bâtissant et un détruisant ; ce que le soleil ou la lumière bâtissent, le
froid le détruit, et le feu le consume entièrement.
52. Dans ce combat s’élève sa croissance dans une entière dispute, et une
désunité ; l’un tire de la terre sa fertilité, l’autre la brise de nouveau et l’engloutit.
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DE LA BASE SUBLIME ET PROFONDE DES SIX POINTS THéOSOPHIQUES
53. Cela fait dans toutes les bêtes la méchanceté et le combat, car toutes
les bêtes et toutes les vies de ce monde, excepté l’homme, ne sont que le fruit du
troisième principe, et n’ont que la vie du troisième principe ; leur esprit et leur
corps à la fois ne sont qu’une même chose, et tout ce qui se remue et bouillonne
de ce monde, ainsi que l’homme dans son corps et dans son esprit visibles dans
la chair et dans le sang n’est aussi que le fruit de cette même essence, et rien autre
chose.
54. Si donc il a aussi en soi les deux mondes internes qui lui donnent le
vrai instinct, la pensée et la base affective qui aussi sont en combat l’une et l’autre
pendant le temps de ce corps terrestre et élémentaire, alors il peut même voir
lequel monde il rend maître en lui ; ce même monde sera éternellement maître
en lui. Il peut briser ce temps et rien au-delà. Lorsque l’extérieur se brise, tout
reste dans son éther. La base affective est libre, et est l’angle ; et elle a l’instinct,
elle peut se porter où elle veut ; et elle peut s’attacher à celui des principes qu’elle
veut ; dans quelque éther qu’elle entre, c’est éternel.
55. C’est ainsi que nous entendons le fondement des trois principes, ce
que Dieu et l’éternité sont et peuvent, et quelle végétation chacun donne de soi,
de sa propriété, et comment on doit chercher le fondement de la nature.
Ainsi la première partie ou le premier point est terminé.
28
Le IIe point
Chapitre III
De l’arbre mélangé de bien et de mal ; ou bien la vie des trois principes l’une dans l’autre ;
comment elles s’unissent et s’accordent
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DE LA BASE SUBLIME ET PROFONDE DES SIX POINTS THéOSOPHIQUES
18. Seulement il nous faut considérer d’où dérive l’inimitié. Dieu, dans
chaque principe, a créé des créatures, de l’essence et des propriétés du principe
pour y demeurer. Si elles n’y demeurent pas, mais qu’elles en introduisent une
autre en elles dans leurs propriétés par leur imagination, alors cela leur est une
inimitié et une peine, comme au démon et à l’homme déchu, qui tous les deux
sont passés du monde de lumière, le démon dans l’abîme de la forte puissance
colérique par orgueil ; et l’homme dans ce monde, dans le mystère de la multiple
science, ou dans les merveilles.
19. Maintenant, l’homme a des besoins et un combat, pour qu’il puisse
sortir de nouveau ; et ce monde, dans lequel il est entré, le retient, car il le veut
avoir ; et s’il en sort avec violence, il lui devient fâcheux, il le bat, et ne veut pas
le souffrir en soi.
20. Delà vient que les enfants de ce monde contredisent, molestent, frap-
pent, tuent, et rejettent d’eux les enfants de lumière ; car l’esprit du monde
les pousse à cela. Le démon les y aide aussi, car il sait que ce monde siège sur
l’abîme ; en sorte qu’il recevra dans son royaume les enfants de ce monde, lors du
brisement de ce mystère. C’est pourquoi il éloigne les enfants de ce monde, des
enfants de lumière, pour qu’ils n’introduisent pas aussi les enfants de ce monde
dans le monde de lumière.
21. Mais si l’homme avait été créé pour ce monde, il l’eût laissé bien en
paix ; mais il veut toujours ardemment posséder son siège royal qu’il a eu et dont
il a été rejeté ; et s’il ne peut pas, à la vérité, l’obtenir, il veut au moins que les
enfants qui doivent le posséder, n’en jouissent pas.
22. Or, c’est à l’homme à considérer grandement ceci, et à ne pas être
ainsi aveugle, d’autant que chaque homme est entré dans le mystère de ce mon-
de ; c’est pourquoi il ne doit pas, tel qu’un prisonnier, entrer ainsi dans l’attrait
terrestre de la clôture de la mort, mais il doit reconnaître et savoir le mystère, et
n’être pas le hibou et le fou du démon. Mais il doit constamment aller par l’ima-
gination dans le monde de lumière. En outre, il a été formé pour que la lumière
lui donnât de l’éclat, pour qu’il se reconnût, et qu’il vît le mystère extérieur. C’est
alors qu’il est un homme ; sinon, il est le fou du diable, et le singe du monde de
lumière. De même qu’un singe veut être subtil, et jouer avec toutes choses, et
imiter tout ; de même aussi l’homme terrestre, qui n’est qu’un singe, fait son jou-
jou du monde de lumière. S’il n’y pénètre pas réellement, mais qu’il ne fasse que
jouer avec, le démon s’en moque, et le regarde comme un fou. Et il l’est en effet ;
il est un homme bestial, tandis qu’il s’attache à l’extérieur par sa volonté, et qu’il
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DE LA BASE SUBLIME ET PROFONDE DES SIX POINTS THéOSOPHIQUES
regarde ce monde comme son trésor ; il n’est alors qu’un homme de l’essence de
ce monde, et non point de l’essence du monde de lumière de Dieu, qui donne
son corps à ce monde ou à la terre, et son âme à l’abîme du monde ténébreux.
23. Ainsi, nous vous donnons à reconnaître et à comprendre que dans
l’arbre des trois principes, ils s’accordent très bien ensemble, mais non pas les
créatures, car les créatures de chaque principe ne désirent pas celles de l’autre,
et c’est pour cela aussi qu’il y a entre elles une forte barrière, pour que l’une ne
connaisse ni ne voie les autres.
24. Seulement l’envie du démon combat contre la famille humaine, car
elle s’est emparée de son siège. C’est pourquoi on lui crie : Homme, cherche-toi
toi-même, et vois ce que tu es, garde-toi du démon. Voilà pour le second Point,
comment les trois principes peuvent s’accorder l’un l’autre uniquement.
33
Le IIIe point
Chapitre IV
De l’origine de l’opposition des plantes, dans laquelle la vie est en combat en soi
1. Une chose qui est une, qui n’a qu’une volonté, ne combat pas contre
soi-même. Mais lorsqu’il y a plusieurs volontés dans une chose, alors elle devient
combattante, car chacune veut aller dans sa voie déterminée. Mais si l’une est
la maîtresse de l’autre, et a une entière puissance sur toutes les autres, en sorte
qu’elle puisse les briser, si elles ne lui sont pas soumises ; alors la multiplicité de
la chose consiste en une substance, car la pluralité des volontés se soumettent
toutes en obéissance à leur souveraine.
2. Ainsi, nous vous donnons à entendre l’opposition de la vie, car la
vie consiste en plusieurs volontés. Chaque essence peut amener une volonté, et
l’amène en effet. Car l’astringent, l’amer, l’angoisseux, et l’aigre est une source en
opposition, où chacun a sa propriété, et est entièrement opposé à l’autre. Ainsi
le feu est l’ennemi de tous les autres, car il met chaque source dans une grande
angoisse, de façon qu’il y a ainsi une grande opposition entre elles. Là, chacune
combat l’autre, comme on peut le voir au chaud et au froid, au feu et à l’eau, à
la vie et à la mort.
3. Pareillement la vie de l’homme se combat elle-même. Chaque forme
combat l’autre, et non seulement dans l’homme, mais dans toutes les créatures,
à moins que les formes de la vie ne reçoivent un souverain doux, aimable, sous la
contrainte duquel elles soient, et qui puisse briser leur puissance et leur volonté.
C’est la lumière de la vie qui est le souverain de toutes les formes, et qui peut les
contenir toutes ; elles doivent toutes donner leur volonté à la lumière, et elles
le font aussi volontiers, car la lumière leur donne la douceur et la puissance, de
façon que leurs formes d’astringentes, de fortes, d’amères, d’angoisseuses, sont
toutes chargées en amabilité. Elles donnent toutes à la lumière de la vie leur vo-
lonté, et la lumière leur donne la douceur.
4. Ainsi, la multiplicité est changée en unité, en une volonté qui s’ap-
pelle la base affective, et est la fontaine, source où chaque volonté peut puiser
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il se partage en ses propriétés, soit que ce soit un esprit de lumière, soit un esprit
ténébreux, colérique, sulfureux ; il désire de nouveau dans les mêmes essences
dont il est sorti ; car c’est sa propriété, soit dans l’amour, soit dans l’inimitié de
l’amour.
16. Ainsi, nous concevons ici quels sont les esprits ou les âmes qui vivent
dans la source de l’inimitié, et comment l’inimitié s’originise, en sorte qu’une
vie se combatte elle-même, comme particulièrement celle de la première matière
pour la lumière de la vie. La cause en est dans la roue de la nature, dans les sept
esprits ou formes, lesquelles ont chacune leur propriété : et la propriété dans
laquelle l’affection est allumée, est celle qui reçoit son feu d’âme avec l’esprit de
la volonté. Car celle aussi qui alors s’occupe après la substance et l’essence pour
savoir comment elle pourra tourner cela en œuvre, c’est de celle-là dont l’esprit
de la volonté est engrossé.
17. A présent il est nécessaire de rompre à la volonté terrestre sa puissan-
ce, et de tuer le méchant vieil Adam, et de détourner de la méchanceté son esprit
de volonté, par la contrainte et la puissance ; car ici, dans ce temps cela peut être,
puisque le troisième principe est suspendu au centre de la nature intérieure par
l’eau qui donne la douceur, et il est comme emprisonné dans sa source.
18. Mais lorsque l’esprit de la volonté de l’âme, ou le centre de la lumière
intérieure se brise au dehors, ou demeure seul, alors l’esprit de l’âme demeure
dans sa propriété ; car il y a peu de remède, à moins que dans le temps de la vie
extérieure, l’esprit de la volonté se soit tourné vers l’amour de Dieu, et qu’il l’ait
obtenu comme une étincelle dans le centre intérieur. Cependant il peut encore
arriver quelque chose. Mais dans la source, ou effort où cela arrive, l’étincelle
éprouve bien l’amour qui doit briser la ténébreuse mort colérique ; elle a là assez
d’ouvrage. L’espèce d’inimitié, d’effroi, et d’angoisse où se trouve la vie, jusqu’à
ce qu’elle puisse se plonger dans l’étincelle, dans la liberté de Dieu, est bien sen-
sible à celui qui sort de ce monde simplement, avec une faible lumière ; ce qui,
maintenant, paraîtra un badinage aux prudents de ce monde : mais ce qu’on leur
donne à connaître se prouvera par le fait.
19. C’est ainsi que nous concevons aussi la chute du démon qui était un
ange ; comment il a imaginé à rebours dans le centre de la première propriété, et
a cherché une grande force et puissance, comme ce monde cherche une grande
puissance et honneur ; et comment il a méprisé la lumière de l’amour, combien il
supposait que la lumière devait ainsi briller pour lui, ainsi que le monde suppose
que l’esprit de la lumière doit aussi briller dans son faste, et combien il voulait
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DE LA BASE SUBLIME ET PROFONDE DES SIX POINTS THéOSOPHIQUES
encore plus fort s’enflammer, pour voir s’il pourrait dominer sur tous les trônes,
et sur l’essence de la Divinité dans la douceur ; ce qui a déterminé sa chute,
comme aussi cela arrive à ce monde actuel.
20. C’est pourquoi chaque homme doit apprendre ici à se préserver de
l’orgueil. Car la chûte du démon lui est arrivée par orgueil et envie ; en ce qu’il
a allumé en lui le centre du monde ténébreux ; c’est pourquoi il a été jeté du
monde de lumière dans le monde de ténèbres. Aussi en arrive-t-il de même à
tout homme qui passe de la douceur et de l’humilité dans la colère, l’orgueil,
la jalousie et l’envie ; qui imagine tout dans le centre de la ténébreuse nature,
savoir, dans l’origine de la nature, et se retire dans le feu ténébreux de la source
angoisseuse. C’est-là que la noble image a été introduite en une autre source, en
sorte qu’elle doit rester dans l’angoisse et l’inimitié. Là chaque forme de la vie
combat l’autre.
21. Et nous voyons aussi particulièrement de là comment le royaume de
Dieu ne consiste que dans la pure claire lumière, dans la liberté, dans l’amour et
la douceur ; car il est la claire blanche propriété de la lumière, comme on le voit
à la substance extérieure où il y a une matière aimable, douce et agréable dans le
feu extérieur, laquelle cependant n’est que la colère du feu intérieur, d’où aussi
résulte la lumière et l’odeur douces ; combien plus cela arrive-t-il dans le feu
d’esprit, auquel il n’appartient aucune substance saisissable ou externe, mais où
les sept esprits de nature font en eux-mêmes un feu, qui n’est qu’une propriété
et qu’une source du feu, tandis que cependant le monde ténébreux et lumineux
existe dans une telle spirituelle propriété.
22. En outre aussi l’homme intérieur, celui qui est de l’éternité et qui
marche dans l’éternité, celui-là a pleinement en soi les deux mondes ; celle des
propriétés dont il s’enveloppe, est celle dans laquelle il s’introduit aussi dans ce
monde ; et il sera éternellement de cette propriété de ce monde, soit que ce soit
la source d’amour provenant de la douceur du monde de lumière, soit que ce soit
une source ennemie provenant du monde ténébreux.
23. Ici il croît et pousse dans le milieu, entre le monde de lumière et le
monde de ténèbres. Il peut s’abandonner à celui des deux qu’il lui plaît l’essence
soit colérique, soit douce, qui dans lui obtient le régime, c’est celle qu’il saisit, c’est
celle qui s’attache à lui et qui le conduit ; elle lui donne les mœurs et la volonté, et
elle s’unit entièrement avec lui ; et là-dedans l’homme conduit l’homme spirituel,
savoir, l’image que Dieu a créée de son essence, de tous les trois principes.
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DE LA BASE SUBLIME ET PROFONDE DES SIX POINTS THéOSOPHIQUES
24. C’est pourquoi il est dit : prends la croix sur toi, marche dans l’hu-
milité et dans la vie de la douceur. Ne fais pas ce à quoi le centre ténébreux de
la colère t’attire ; ni ce à quoi l’abondance et l’attrait de ce monde t’attire. Mais
brise la volonté de l’un et de l’autre ; n’excite non plus personne à la colère ; car
si tu te conduis mal, alors tu irrites ton frère, et tu arrêtes le royaume de Dieu.
25. Tu dois être un conducteur dans le royaume de Dieu, et enflammer
ton frère avec ton amour et ta douceur, pour qu’il contemple en toi l’essence de
Dieu, comme dans un miroir, et qu’il te saisisse aussi de cette sorte par son ima-
gination. Si tu agis ainsi, alors tu conduis ton âme, ton œuvre, et ton prochain
ou tes compagnons dans le royaume de Dieu, et tu étends le royaume de Dieu
par le moyen de ses merveilles. C’est là ce que le Christ nous a enseigné en di-
sant : si quelqu’un te frappe sur une joue, présente lui aussi l’autre. Si quelqu’un
te prend ton manteau, ne défends pas non plus ton habit, afin qu’il ait en toi un
exemple, qu’il rentre en soi, qu’il voie ta douceur, qu’il reconnaisse que tu es un
enfant de Dieu, et que tu es mené par l’esprit de Dieu ; afin qu’aussi il apprenne
de toi, qu’il entre en soi, et qu’il se cherche. Si tu t’opposes à lui avec taquinerie
et méchanceté, alors sa méchanceté sera encore plus enflammée, et se persua-
dera enfin qu’il agit bien ; mais il faut ainsi qu’il reconnaisse qu’il agit mal à ton
égard.
26. Et si donc l’amour de Dieu marche au-devant de tous les méchants
hommes, et détourne la conscience du mal, ainsi ta douceur et ta patience mar-
chent au-devant de sa mauvaise conscience ; et la conscience se lamente dans la
colère devant la lumière de Dieu, et ainsi plus d’un méchant homme sort de sa
méchanceté, pour qu’il entre en soi, et se cherche ; alors donc l’esprit de Dieu lui
rappelle ta douceur, et la lui remet sous les yeux ainsi par-là il est introduit dans
la pénitence et l’amendement.
27. Il ne faut pas ainsi entendre qu’on ne doive pas se défendre d’un meur-
trier et d’un voleur qui veut tuer ou dérober. Mais lorsqu’on voit que quelqu’un
est si porté à l’injustice, on doit souvent avec une bonne lumière lui mettre
évidemment sous les yeux sa fausseté, et lui recommander l’aimante affection
chrétienne, afin qu’il l’obtienne par la vertu de ses œuvres, pour qu’il devienne
jaloux de l’amour de Dieu, et pour qu’il se plaise plus à la volonté et à l’amour
de Dieu qu’aux choses terrestres, pour qu’il ne veuille pas de dessein prémédité,
que quelque chose arrive par fureur ou méchanceté ; mais pour qu’il voie que
les enfants de Dieu aiment plus l’amour de Dieu et lui sont plus attachés qu’à
tous les biens temporels, et que les enfants de Dieu ne sont pas chez eux dans
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DE LA BASE SUBLIME ET PROFONDE DES SIX POINTS THéOSOPHIQUES
ce monde, mais seulement des pèlerins, qui abandonnent volontiers toutes les
choses de ce monde, pour qu’ils puissent seulement hériter du royaume du ciel.
28. L’esprit de Dieu dans la lumière de la vie représente tout ceci au mal-
faiteur, et l’avertit par-là de se convertir. Mais s’il ne le veut pas, alors la colère de
Dieu lui ouvre le feu infernal, et le dévore cependant. Enfin, si malgré cela il ne
veut pas se reconnaître et faire pénitence ; s’il persévère donc dans la méchanceté,
alors il devient entièrement un méchant arbre poussé dans la colère de Dieu, et il
appartient à l’abîme, au monde angoisseux, au ténébreux Dieu Lucifer ; là il lui
faut ronger sa douleur.
Assez pour le troisième point.
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Le IVe point
Chapitre V
Comment l’arbre saint et bon de l’éternelle vie, croît de la végétation, et par la végétation
de tous les trois principes, et n ’est saisi d’aucun
1. Une chose qui demeure en soi ne peut être saisie par rien, car elle ne
demeure en rien. Il n’y a rien devant elle qui la puisse saisir, et elle est libre aussi
de la chose qui est hors d’elle.
2. C’est ce que nous vous donnons à entendre de la puissance et lumière
divine qui demeure en soi-même, et n’est saisie par rien ; rien ne la touche, si
ce n’est sa propriété. Elle est partout dans la nature, cependant la nature ne la
touche point, (entendez la nature extérieure de ce monde). Elle y brille comme
le soleil dans les éléments. Le soleil brille dans l’eau et dans le feu, et au travers
de l’air, et cependant n’est saisi ni retenu par aucun ; il donne à tous la puissance
et rend les esprits des essences joyeux et aimables. Il attire par sa puissance les
essences hors de la terre, et non seulement les essences, mais aussi la substance
des essences, laquelle donne un corps des essences.
3. Or, ce que fait le soleil dans le troisième principe, dans lequel il chan-
ge en douceur toutes les essences et sources ennemies, la lumière de Dieu le fait
dans les formes de l’éternelle nature.
4. Elle brille dans les formes et aussi hors des formes ; c’est-à-dire il
enflamme les formes de la nature, en sorte qu’elles reçoivent toutes la volonté
de la lumière, et qu’elles s’unissent et s’abandonnent entièrement à la lumière ;
c’est-à-dire qu’elles se précipitent hors de leurs propres essences, et qu’elles de-
viennent comme si elles n’avoient en elles aucune puissance, et qu’elles désirent
uniquement la puissance et la vertu de la lumière. Ainsi la lumière prend en soi
sa force et sa vertu, et brille hors de cette même vertu. Ainsi toutes les formes de
la nature arrivent à la lumière, et la lumière ne fait qu’une volonté avec la nature,
et la lumière demeure souveraine.
5. Autrement, là où les volontés veulent être souveraines dans les fortes
formes de la nature, là il y a une séparation et une éternelle inimitié. Car une
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DE LA BASE SUBLIME ET PROFONDE DES SIX POINTS THéOSOPHIQUES
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DE LA BASE SUBLIME ET PROFONDE DES SIX POINTS THéOSOPHIQUES
10. Et nous concevons aussi pourquoi les âmes méchantes et les démons
ne voient ni ne reconnaissent Dieu, c’est-à-dire, qu’ils ne veulent pas réunir leur
volonté en Dieu, et veulent être souverains eux-mêmes. Ainsi ils demeurent hors
de Dieu, seulement en eux-mêmes, et Dieu demeure aussi en soi-même ; ainsi
l’un demeure dans l’autre, et ne connaît rien de l’autre, car l’un tourne le dos à
l’autre, et ne voit point la face de l’autre.
11. Ainsi le monde de lumière ne connaît rien des démons, et ceux-ci
rien du monde de lumière, si ce n’est seulement qu’ils y ont été autrefois ; ils se
le peignent comme fait quelqu’un qui voit en imagination, tandis que cependant
le monde de lumière ne se livre plus à son imagination, et aussi ils n’imaginent
plus là-dedans, car il les effraie, et ils en ont honte.
12. Ainsi il nous faut aussi entendre du monde externe ; la lumière de
Dieu brille par et au travers, mais elle n’est comprise que de ce qui s’y unit là-de-
dans ; comme donc le monde extérieur est comme muet et sans intelligence pour
Dieu, alors il reste dans sa propre volonté, et conduit en soi son propre esprit,
quoique Dieu lui ait donné un Dieu de nature ; savoir le soleil, dans lequel toute
essence qui est dans le monde, doit jeter sa volonté et son désir ; et celle qui ne
le fait pas, demeure en soi une grande méchanceté, et est en sa propre inimitié.
13. Et ce qui fait que ce monde est reconnu pour un principe particulier,
c’est qu’il a eu un particulier Dieu de nature. Ainsi nous comparons particulière-
ment le soleil, et vraiment la lumière de la divinité brille en effet par et au travers
de tout. La lumière du soleil prend l’essence du feu de Dieu, et le feu de Dieu
(le prend) de la lumière de Dieu. Ainsi la lumière du soleil donne cette même
vertu aux éléments, et ceux-ci la donnent aux créatures ainsi qu’aux végétations
de la terre ; et tout ce qui est d’une bonne propriété reçoit ainsi la vertu de Dieu
comme un coup d’œil au travers du miroir de la sagesse dont il reçoit sa végéta-
tion et sa vie.
14. Car Dieu est présent à tous les êtres, mais tous les êtres ne le reçoivent
pas dans leurs essences, mais comme en miroir du regard dans la vertu du soleil ;
car il touche le soleil par le huitième nombre ; sa racine, d’où il reçoit son éclat,
est le feu éternel, mais son corps est dans ce monde ; son désir est dirigé dans
ce monde, c’est pourquoi il brille dans le monde, mais sa première racine existe
dans le premier monde, dans le feu de Dieu. Ce monde donne à son désir l’es-
sence, et lui, il donne sa puissance à l’essence, et il remplit ainsi tous les êtres de
ce monde, de même que la lumière de Dieu remplit le monde divin lumineux ;
et si le feu de Dieu ne brillait plus, alors le soleil s’éteindrait, et aussi le monde
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DE LA BASE SUBLIME ET PROFONDE DES SIX POINTS THéOSOPHIQUES
divin lumineux ; car le feu de Dieu donne l’essence à l’un et à l’autre, et en est
un principe à l’un et à l’autre ; et si le monde ténébreux n’était pas, ces deux ne
seraient pas non plus ; car le monde ténébreux donne lieu au feu de Dieu.
15. C’est pourquoi les trois mondes doivent être l’un dans l’autre ; car
rien ne peut subsister sans une base ; car le monde ténébreux est le fondement
de la nature, et l’éternelle volonté insondable, qui se nomme le Père, est le fon-
dement du monde ténébreux comme cela a été dit ci-dessus ; et le monde de
lumière est caché dans le ténébreux, et aussi celui-ci dans le monde de lumière.
16. Il faut l’entendre ainsi : savoir, que ce monde est renfermé dans la
colère de Dieu comme dans la mort ; car la colère croît dans l’essence de ce
monde ; si cela n’était pas, alors l’essence de ce monde pourrait saisir la lumière
de Dieu.
17. Ainsi ce monde ne reçoit qu’un reflet de Dieu par la vertu du so-
leil. Le soleil n’est pas la lumière de Dieu, car il ne brille pas entièrement dans
l’essence divine, mais dans l’essence élémentaire ; mais il a le feu de Dieu pour
racine, mais il est rempli par l’essence de ce monde ; car il est désirant comme un
attrait magique, et il reçoit dans son imagination et dans son attrait la vertu des
étoiles et des éléments, aussi c’est delà qu’il brille.
18. Quoique le feu de Dieu soit sa racine, cependant il n’appartient pas
au royaume de Dieu ; et en cela on comprend aussi comment le démon est la
plus misérable créature, car il ne peut pas toucher un feuillage à moins que la co-
lère ne soit dedans, alors il le remue selon la propriété de la colère ; car la lumière
et la vertu de ce monde lui est contraire ; il n’entre point par sa volonté dans la
propriété de la lumière ; car, en effet, il ne le peut pas. Il recule devant la lumière
du soleil, à sa figure et à sa propriété ; c’est pourquoi la lumière du soleil ne lui
est pas utile, et tout ce qui croît dans la vertu du soleil, tout ce qui s’unit au soleil,
il le combat ; sa volonté ne va pas volontiers là-dedans.
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Chapitre VI
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DE LA BASE SUBLIME ET PROFONDE DES SIX POINTS THéOSOPHIQUES
qui n’a aucun fondement, qui ne se laisse point saisir, qui demeure en soi-même,
et se possède soi-même, mais cela sort de soi, et se manifeste hors de soi.
8. Une chose fait hors de soi, ce qui en soi n’est qu’une volonté ; elle
est en soi un esprit ; mais elle fait hors de soi une similitude de l’esprit, et la si-
militude fait un être selon la propriété de l’esprit ; ainsi donc ce monde est une
essence, et l’esprit intérieur la possède. Il est dans tous les lieux, et cependant le
lieu ne le possède point, mais il possède le lieu ; le lieu ne sait rien de lui, mais
il le sent, car il est la vertu et l’esprit dans le lieu ; sa volonté va au travers de
l’essence, et l’essence n’a aucuns yeux pour le voir, et il est lui-même le lieu et la
manière d’être insondable où il n’y a aucune mesure. Il est tout, et aussi cepen-
dant semblable à un rien, en comparaison de l’extérieur ; ce qu’il donne de soi,
il le possède aussi ; il ne le conduit pas dedans ; mais il est là-dedans, avant que
l’essence prenne la manière d’être. La manière d’être ne prend qu’un éclat de sa
volonté, comme quelqu’un qui voit sa forme dans un miroir, et cependant ce
miroir ne peut pas la saisir ; ou bien comme l’éclat du soleil n’est point saisi dans
l’eau, cependant l’eau le sent, en reçoit l’éclat, ou bien comme la terre reçoit la
puissance du soleil, en sorte qu’elle porte des fruits. Ainsi Dieu demeure dans
tous les êtres, et perce au travers de tous, et cependant n’est saisi par rien.
9. Et comme nous comprenons que la terre a une grande faim et un
grand désir de la vertu et de la lumière du soleil, ce qui fait qu’elle tire à soi la
vertu et la lumière du soleil, et en est susceptible, ce qui ne serait pas sans le
désir ; de même l’essence extérieure soupire après l’intérieure, car la forme ex-
térieure dérive de l’intérieure. Ainsi l’essence extérieure de la forme intérieure,
reçoit en soi comme un éclat ou une vertu ; car l’essence extérieure ne peut pas
saisir l’esprit intérieur, attendu qu’il ne demeure point dans l’extérieur ; mais il
se possède soi-même en soi dans l’intérieur.
10. Mais l’essence extérieure reçoit, par le miroir, la forme de l’esprit,
comme l’eau l’éclat du soleil. Nous ne devons pas penser que l’intérieur soit
loin de l’extérieur, comme le corps du soleil l’est de l’eau, quoiqu’il ne soit pas
vrai non plus que le soleil soit loin de l’eau, car l’eau a la propriété et l’essence
du soleil, autrement l’eau ne saisirait pas l’éclat du soleil. Quoique le soleil soit
bien un corps, cependant le soleil est aussi dans l’eau, mais non pas manifeste ; le
corps fait le soleil manifeste dans l’eau ; et il faut reconnaître que tout le monde
était un pur soleil, et que le lieu du soleil serait partout si Dieu voulait l’enflam-
mer et le manifester, car tous les êtres dans ce monde saisissent l’éclat du soleil ;
il est un miroir dans tous, afin que la vertu et la forme du soleil puissent être
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DE LA BASE SUBLIME ET PROFONDE DES SIX POINTS THéOSOPHIQUES
saisies de tout ce qui est animé et inanimé ; de tous les quatre éléments, et de
leurs essences et substances.
11. Il en est de même aussi de l’intérieur monde de lumière, il demeure
dans l’extérieur, et celui-là en reçoit la vertu. Il croît dans la vertu extérieure, et
l’extérieur n’en connaît rien. Il sent seulement la vertu, et il ne peut pas contem-
pler la lumière intérieure ; seulement il en reçoit l’éclat dans son miroir de vie,
car la vertu intérieure fait une similitude selon soi dans la forme extérieure.
12. C’est ainsi qu’il nous faut reconnaître l’homme. Il est le monde in-
térieur et extérieur, en outre, la cause du monde intérieur en soi-même, ce qui
le concerne, et aussi le monde ténébreux ; il est tous les trois mondes, et s’il de-
meure dans un tel ordre, qu’il n’introduise pas un monde dans l’autre, alors il est
l’image de Dieu.
13. Il doit introduire la similitude ou le miroir du monde de lumière
dans le monde extérieur, et aussi dans le monde ténébreux le plus intérieur, et
conduire dans le miroir la vertu du monde médiane ou de lumière. Alors il est
susceptible de la lumière divine, car l’essence ne saisit pas la lumière, mais la
vertu de la lumière. Mais le miroir de la vertu saisit la lumière comme l’eau le
soleil ; car l’eau est comme un clair miroir en comparaison de la terre.
14. Si maintenant l’eau est mêlée avec la terre, alors elle ne saisit plus la
lumière du soleil ; de même aussi l’esprit de l’homme ou l’âme ne saisit point la
lumière de Dieu, à moins qu’il ne soit pur et qu’il ne mette son désir dans le pur,
ou dans la lumière ; car ce que la vie imagine, elle le saisit. La vie de l’homme
est la similitude des deux mondes intérieurs. Si la vie désire en soi le sulphur,
le soufre, alors le phur, hors du sul, est son obscurcissant. Mais si elle ne désire
que le sul, alors elle reçoit la vertu de la lumière, et dans la vertu, la lumière avec
ses propriétés. Car dans le phur ou dans la nature colérique, la vie ne peut pas
demeurer claire comme un miroir, mais bien dans le sul. Car la vie de l’homme
est un véritable miroir de la Divinité, où Dieu se contemple intérieurement, il
donne son éclat et sa vertu dans le miroir humain ; et se trouve dans l’homme,
aussi bien que dans l’ange et dans les formes du ciel.
15. L’essence du monde de lumière est son trouver ou sa manifestation,
et l’essence du monde ténébreux est sa perte. Il ne se voit point dans le monde
ténébreux. Car celui-ci n’a point de miroir qui soit susceptible de la lumière ;
tout ce qui imagine après l’essence et la propriété du monde ténébreux, cela saisit
la propriété du monde ténébreux, et perd le miroir de Dieu. Il se trouve rempli
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DE LA BASE SUBLIME ET PROFONDE DES SIX POINTS THéOSOPHIQUES
de la ténébreuse colère, comme on mêle l’eau avec la terre, alors le soleil n’y peut
pas briller. Cette même eau perd le miroir du soleil, et l’eau doit de nouveau se
détacher de la terre, ou bien elle n’est jamais plus aucun miroir du soleil, mais
elle est prisonnière dans la colérique terre ténébreuse.
16. C’est ainsi qu’il en est de la vie de l’homme. Tant qu’elle imagine
après l’esprit de Dieu, alors elle reçoit la vertu et la lumière de Dieu, et elle re-
connaît Dieu. Mais si elle imagine après la terrestréité, ou après la propriété du
monde ténébreux ; alors elle reçoit l’essence de la terrestréité et du monde téné-
breux et se remplit avec. Alors le miroir de la vie est enfermé dans le ténèbre, et
perd le miroir de Dieu, et doit être engendré une seconde fois.
17. Comme donc nous reconnaissons qu’Adam a rendu terrestre le mi-
roir pur, et a perdu la vertu et la lumière de Dieu (que Christ de Dieu a rappor-
tée), et a dissipé le ténèbre terrestre, et a introduit avec violence le miroir de la
Divinité.
18. De même, nous reconnaissons comment l’arbre saint croît au travers,
et de tous les êtres, mais n’est saisi par aucun, que seulement dans le miroir de la
pureté, ou dans la vie pure de l’homme qui désire la vie de ce même arbre, et il
ne peut être saisi par aucune vie ténébreuse.
Tel est le quatrième Point.
48
Le Ve point
Chapitre VII
Comment une vie peut périr dans cet arbre. Comment elle passe d’une source d’a mour et de
joie dans une source de souffrance, qui est opposée à toutes les autres
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DE LA BASE SUBLIME ET PROFONDE DES SIX POINTS THéOSOPHIQUES
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DE LA BASE SUBLIME ET PROFONDE DES SIX POINTS THéOSOPHIQUES
désirer la propriété de la nature, mais celle de la liberté ; cela est enflammé dans
son éclair de la vie par la liberté, de la manière dont le second principe s’est en-
flammé de (toute) éternité.
10. Ainsi, nous comprenons comment une vie périt, comment elle s’in-
troduit dans l’angoisse et le tourment dans le ténèbre ; c’est-à-dire quand elle veut
être son maître, et qu’elle désire la multiplicité. Si elle ne veut pas s’abandonner
à la mort, alors elle ne peut atteindre aucun autre monde.
11. Car chaque vie naît dans la source d’angoisse, dans la nature, et n’a
en soi aucune lumière, à moins qu’elle n’entre dans celle qui occasionne la na-
ture ; là elle reçoit la lumière.
12. Car tout ce qui est dans la nature est ténébreux et dans l’angoisse,
comme on le reconnaît à ce monde. Si le soleil était ôté, il n’y aurait qu’une pure
angoisse et ténèbre. C’est pourquoi Dieu s’est mû lui-même, pour donner à ce
monde une lumière, afin que la vie extérieure soit dans la lumière.
13. Mais pour la vie intérieure de l’âme, elle a une autre forme ; la vie
extérieure ne peut atteindre l’intérieure. Le feu de l’âme n’a point la lumière de
Dieu ; ainsi la volonté de l’âme ne peut atteindre dans la lumière de Dieu, elle
doit rester dans le ténèbre de l’éternelle nature.
14. La raison extérieure pense que si l’œil extérieur voit, cela est bon, et
qu’il n’y a aucun autre voir. Oui, c’est assez mauvais que la pauvre âme s’appuie
sur le miroir extérieur, et ne doive recevoir de secours que de l’extérieur : mais où
demeure son voir, lorsque le miroir extérieur se brise ? D’où verra-t-elle alors ?
Avec l’angoisseux éclair de feu dans la souffrance, dans les ténèbres, autrement
elle ne peut rien voir ailleurs.
15. C’est pourquoi il arrive souvent que quand la pauvre âme prison-
nière se contemple dans la racine intérieure, et qu’elle pense à ce qui doit suivre
lorsque son miroir extérieur se brisera, elle s’effraie, et elle précipite le corps dans
l’angoisse et le doute.
16. Car elle ne peut percer là où était son éternel repos, mais elle trouve
qu’elle est en elle-même une pure inquiétude, et en outre un ténèbre, et elle n’a
le miroir extérieur que comme une vie apparente.
17. Car tant que l’âme est liée à ce corps externe, elle peut bien s’aider
du miroir du soleil, car le soleil a intérieurement dans sa racine, le feu intérieur
ou le principe du Père. Elle reçoit de ce même feu un éclat ou un miroir qui est
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DE LA BASE SUBLIME ET PROFONDE DES SIX POINTS THéOSOPHIQUES
une cause de l’essence du corps, en sorte qu’elle peut ainsi, dans ce même corps
terrestre, corruptible, être dans la joie ; mais quand le miroir extérieur se brise,
alors elle est dehors, et le feu de l’âme va dans l’éternelle maison de tristesse, ou
dans le centre du ténèbre.
18. L’âme dans le temps du corps extérieur, a trois miroirs ou yeux de
tous les trois mondes. Celui de ces miroirs dans lequel elle se tourne est celui
dont elle voit ; mais elle n’en a qu’un par droit de nature ; savoir, l’éclair de feu
ou la quatrième forme du monde ténébreux, dans le lieu où le principe s’originise,
où les deux mondes intérieurs se séparent, l’un dans les ténèbres, et l’autre dans
la lumière. Là même est son éternelle origine. Celui de ces mondes où elle intro-
duit maintenant sa volonté, est celui où elle reçoit aussi la substance ou un corps
spirituel. Car cette même substance est une nourriture pour le feu de l’âme, ou
la matière de son brûlement.
19. C’est pourquoi Dieu a introduit l’âme dans la chair et le sang, afin
qu’elle ne pût pas si facilement être susceptible de l’essence colérique ; ainsi elle
a en conséquence sa joie dans le miroir du soleil, et elle se réjouit dans l’essence
sidérique. Et il lui reste : 1° le monde de lumière dans son vrai feu, ou dans le
premier principe, en opposition ; et 2° le monde ténébreux dans la racine de
feu ; et 3° le monde extérieur élémentaire, dans la source des étoiles. Là au milieu
couve le grand mystère du feu de l’âme.
20. Celui de ces mondes auquel elle s’unit et s’abandonne, est celui dont
elle reçoit l’essence dans son imagination. Mais comme en Adam elle s’est dé-
tournée dans l’esprit de ce monde, et qu’elle y a introduit son imagination, alors
son plus haut désir est encore dans la source du soleil et des étoiles, et elle attire
par ce moyen l’esprit du monde extérieur, avec son essence des quatre éléments ;
elle le fixe en soi ; et a sa plus grande joie là-dedans, en celui en qui elle est un
hôte dans une auberge étrangère ; car l’abîme existe là-dessous, et elle est dans
un grand danger.
21. Maintenant, dit la raison extérieure : si pourtant Dieu l’a créée dans
la chair et le sang dans le monde extérieur, quel dommage peut-elle en souffrir ?
Cette raison extérieure ne sait rien de plus de l’origine de l’âme, qu’une vache
d’une nouvelle porte d’étable, qu’elle regarde et qu’elle trouve étrangère ; ainsi la
raison extérieure pense aussi que le monde intérieur est étranger.
22. Elle se trouve dans le monde extérieur, et s’occupe de ce qu’a le mon-
de extérieur, et elle reçoit cependant en soi le monde intérieur, qui accuse for-
52
DE LA BASE SUBLIME ET PROFONDE DES SIX POINTS THéOSOPHIQUES
tement l’âme devant la colère de Dieu. De plus, elle trouve aussi le monde de
lumière, où les désirs intérieurs du principe de l’âme percent. Elle sent bien le
désir pour Dieu ; mais le monde extérieur détruit cela et couvre, de façon que le
désir pour le monde de Dieu ne peut pas allumer le feu en soi. Si cela arrivait,
alors le monde de lumière serait manifeste dans le premier principe, et la noble
image, selon Dieu, serait manifestée.
23. Cela est aussi empêché par le démon qui possède la racine de ce
monde dans le feu de l’âme. Il représente toujours à l’âme les mauvaises essences
terrestres, ou bien il remue la racine dans le centre de la nature dans la colère,
de façon que la pauvre âme, ou bien s’enflamme dans le feu de la colère, dans
la source du mauvais poison, ou bien s’enflamme dans l’angoisse et le doute
de l’amour de Dieu. Mais s’il l’emporte, et s’il représente à l’âme sa puissance
extérieure, son autorité, son honneur, ainsi que l’éclat et la pompe du monde
extérieur ; alors elle y mord, et elle se chatouille là-dedans par l’imagination, et
cependant ne peut pas jouir de cela, car ce n’est qu’un miroir emprunté.
24. Ainsi la pauvre âme est tirée hors de la lumière de Dieu, et se précipi-
te toujours dans la perdition, ou dans la maison ténébreuse de la souffrance, dans
le monde ténébreux. C’est là ce que Adam nous a préparé lorsqu’il a introduit
son attrait dans la terrestréité. Ainsi la pauvre âme nage dans la chair et le sang
terrestres, et mange continuellement de l’arbre de la tentation du bien et du mal,
et est attirée fortement par l’un et par l’autre, et le monstre de serpent est dans le
milieu, dans la source de la colère et souffle sans cesse la sévérité et la colère.
25. Là donc la noble branche de lys ne peut nulle part se rétablir, souvent
même il n’est pas reconnu ; il est souvent surmonté par la colère de la méchan-
ceté, de façon qu’il est comme s’il était entièrement perdu ; et en effet il serait
perdu, si le miroir de la divinité ne restait pas devant lui, où pourtant l’esprit
de la volonté de la pauvre âme prisonnière pût se refaire, et s’engendrer de nou-
veau.
26. Car dans le miroir du monde de lumière, l’humanification du Christ
est devant l’esprit de l’âme ; et la parole qui s’est faite homme est en son, et est
mouvante. L’esprit de l’âme peut se refaire là-dedans et s’y régénérer. Il en arrive
souvent bien autrement pour la pauvre âme, lorsqu’elle se baptise dans la colère,
et dans le poison du monde ténébreux.
27. C’est ainsi que nous entendons dans l’alliance, quelle est la perte du
noble arbre, ou de l’image de Dieu, particulièrement celle-ci.
53
DE LA BASE SUBLIME ET PROFONDE DES SIX POINTS THéOSOPHIQUES
28. L’homme entier dans son essence est les trois mondes. Le centre de
l’âme, ou la racine du feu de l’âme, contient intérieurement le monde ténébreux ;
et le feu de l’âme contient intérieurement le premier principe, ou le vrai monde
de feu. Et la noble image, ou l’arbre de la végétation divine qui est engendré du
feu de l’âme, et qui pousse au travers de la mort colérique, dans la liberté ou
dans le monde de lumière, contient intérieurement le monde de lumière ou le
second principe. Et le corps qui dans le commencement a été créé du monde de
ténèbre, et du monde de lumière, de la substance mixte qui était dans la création,
contient intérieurement le monde extérieur ou le troisième mixte principe.
29. La vraie âme est l’esprit de ce triple monde, comme l’esprit de Dieu
est l’esprit de tous les trois mondes : 1° dans le monde ténébreux il est la source
colérique, forte et sévère, et s’appelle la colère de Dieu ; 2° dans le monde de lu-
mière, il est le royaume de joie, aimable et doux, et il est l’esprit (provenant) du
cœur de Dieu, ou le Saint-Esprit ; 3° dans le monde extérieur, il est l’esprit d’air,
aussi bien que du feu et de l’eau, et se laisse employer comme l’homme le veut,
le tout en grandes merveilles.
30. Ainsi l’homme est, selon la personne, le grand mystère dans les trois
mondes. Celui dans lequel il s’établit, dans lequel il opère des fruits, ce même
monde est souverain en lui, et ce même monde est manifeste en lui ; les deux
autres demeurent cachés. De même que le feu est caché dans le bois, de même
aussi la lumière demeure cachée dans le sévère monde colérique, aussi bien que
dans la méchanceté, savoir dans l’ardeur du monde intérieur, dans le monde
extérieur.
31. Mais si le monde de lumière ne peut pas être manifesté dans l’hom-
me, de manière à y être souverain, alors l’âme, dans le brisement du monde
externe, demeure nue dans le monde ténébreux ; car alors il n’est plus possible
que le monde de lumière soit allumé ; il n’y a plus là-dedans de miroir pour la
lumière, qui puisse être mis devant l’âme. Le cœur de Dieu n’est pas manifeste
là-dedans, et ne peut l’être dans l’éternité ; car le monde ténébreux est de néces-
sité, autrement la lumière ne serait pas manifestée ; mais ici dans ce monde cela
peut être.
32. Et quand même une âme serait plongée dans le profond abîme, et
serait dans la colère de Dieu, cependant il lui reste devant elle, dans la lumière
extérieure du soleil, un miroir de lumière où la puissance divine se manifeste
intérieurement, aussi bien que le miroir de l’incarnation du Christ, qui dans le
monde intérieur ténébreux ne sera jamais connu dans l’éternité.
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DE LA BASE SUBLIME ET PROFONDE DES SIX POINTS THéOSOPHIQUES
33. Et toute notre doctrine n’est autre chose que la manière dont l’hom-
me doit allumer en soi le monde de lumière. Car si celle-ci est allumée, en sorte
que la lumière de Dieu brille dans l’esprit de l’âme, dès lors tout le corps a la lu-
mière, comme dit le Christ : si l’œil est lumière, dès lors tout le corps est lumière.
Il entend l’œil de l’âme. Et si la colère du monde ténébreux est allumée, dès lors
le corps et l’âme sont ténébreux, et n’a qu’un reflet du soleil. Si la lumière divine
est allumée, alors elle brille dans l’amour et la douceur, et si la colère du monde
ténébreux est allumée, dès lors elle brille dans l’envie piquante, et dans la haine,
dans la sévérité colérique, et s’envole dans le miroir extérieur de la lumière du
soleil, en orgueil, et veut toujours s’élever au-dessus de la source de l’amour, et
suit le dédain et le mépris de la douceur et de tout ce qui est modeste.
34. Ici l’homme doit s’essayer, pour savoir quel monde dominera en lui ;
s’il trouve que son désir est la colère, la sévérité, l’envie, la fausseté, le mensonge
et la tromperie, et en outre, l’orgueil, la jalousie, et l’ardeur continuelle pour
l’honneur, et la volupté extérieure, en sorte qu’il n’ait d’attrait constant que pour
la vanité et la luxure ; alors il peut bien faire son compte, et savoir certainement
qu’il brûle avec la colère, la sévérité, l’envie, la fausseté, le mensonge et la trom-
perie, dans le ténèbre ou dans le feu du monde ténébreux. Car ce même feu
donne une semblable essence, désir et volonté.
35. Et l’autre désir ou la volupté extérieure, l’orgueil, l’ambition, la ja-
lousie, et le continuel désir lascif animal de l’impudicité, est le fruit qui croît du
monde ténébreux dans le monde extérieur.
36. De même que l’amour croît de la mort, là où l’esprit de la volonté se
livre au feu de Dieu, et se précipite comme dans la mort, mais croît dans le règne
de Dieu avec un désir animal de toujours faire du bien ; de même la volonté de la
méchanceté s’est abandonnée dans la perdition, ou dans la mort colérique, forte,
éternelle ; mais croît dans ce monde de perdition dans la nature extérieure, avec
ses branches, et porte de semblables fruits.
37. C’est pourquoi chacun doit apprendre à se connaître ; il faut seu-
lement qu’il cherche selon ses propriétés ; ce vers quoi sa volonté le pousse
constamment, c’est dans ce règne qu’il se trouve, et il n’y a pas un homme qui
soit tel qu’il s’annonce et ce pourquoi il se donne, mais une créature du monde
ténébreux ; savoir, un chien envieux, un oiseau orgueilleux, une bête impudique,
un serpent colérique, un crapaud jaloux plein de poison, etc. toutes ces pro-
priétés sourcent en lui, et sont le bois dont son feu brûle. Lors donc que le bois
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forte source, ou celle qui ici a conduit l’homme dans son désir, selon sa plus forte
propriété. Mais s’il ne demeure pas dans cette chevalerie ci-dessus rapportée, et
qu’il laisse de nouveau le combat se reposer, il est dans de grands dangers de périr
de nouveau.
44. La troisième épreuve est que l’homme se reconnaisse, dans quelle
substance ou dans quelle figure il reste. S’il trouve qu’il a un constant désir pour
Dieu, et si dans son désir il est assez puissant pour briser de nouveau les mauvai-
ses essences que souvent une source lui allume, et pour les changer en douceur
et marcher en humilité, de façon qu’il soit maître de son être, et laisse tomber
tout ce qui, dans ce monde, brille ou reluit ; qu’il, fasse le bien pour le mal ; qu’il
domine toutes ses substances extérieures, soit argent, soit biens, pour en donner
à l’indigent, et abandonner le tout pour la vérité de Dieu, et se livrer volontiers
à la souffrance pour l’amour de Dieu, dans une ferme espérance de l’éternité ;
pour celui-là la vertu divine coule, en sorte qu’il peut en elle allumer la lumière
du royaume de joie ; c’est celui-là qui goûte ce qui est Dieu ; c’est celui-là qui est
le plus éclairé, et il porte en soi l’image divine avec l’essentialité céleste, même
pendant le temps de la vie extérieure.
45. Là, Jésus est engendré de la Vierge, et l’homme ne meurt point dans
l’éternité ; il laisse seulement se détacher de lui le règne extérieur, qui a été pour
lui, dans ce monde, une opposition et un empêchement, par le moyen duquel
Dieu lui a été caché. Car Dieu ne veut pas jeter les perles devant les pourceaux ;
elles sont cachées en lui.
46. Ce même nouvel homme ne demeure pas dans ce monde ; le démon
ne le connaît pas non plus. Seulement son essence, qui contient intérieurement
le centre intérieur lui est à charge ; car il s’oppose à ce que sa volonté s’exécute ;
c’est pour cela qu’il excite les mauvais hommes bêtes contre lui, pour qu’ils le
molestent et le poursuivent, afin que la vraie humanité lui demeure cachée.
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Chapitre VIII
De la vraie essence humaine (provenant) de l’essence de Dieu
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DE LA BASE SUBLIME ET PROFONDE DES SIX POINTS THéOSOPHIQUES
nant) des essences des parents est un esprit ; delà chair et sang, avec le mélange
de la constellation de l’esprit du grand monde.
8. En même temps, quand un enfant a reçu la vie dans le corps de sa
mère, aussitôt l’essence divine ou sainte brille de la première source ou origine.
9. Et comme il y a seulement en mouvement une petite étincelle, ou
enflammeur de l’essence divine, dès lors l’enfant est susceptible du baptême ;
et quand même il mourrait, et ne serait pas baptisé, cependant l’étincelle ou
l’enflammeur est dans le mystère de Dieu, et brille dans le règne de Dieu, et sera
allumé dans le feu de Dieu, car il meurt dans le mystère du Père, et brille de là
dans le mystère du Fils qui a été homme.
10. Le baptême et l’alliance des parents, est son baptême et son alliance.
La délivrance est arrivée dans le sang de l’homme, dans la juste, véritable essence
humaine. La parole de Dieu, ou le cœur, s’est abandonné à l’essence humaine
emprisonnée (et) morte ; non pas dans la terrestre, point du tout dans la partie
terrestre, mais dans la partie céleste ; non pas dans la partie qu’Adam introduisit
par son imagination, c’est-à-dire la terre ; mais dans la partie qui fut donnée du
monde angélique à Adam, qu’il a perdue et empoisonnée par l’attrait terrestre,
lorsque dans l’attrait il devint chair terrestre, grossière, bestiale.
11. Cette partie a la vraie essence humaine, et dans cette même partie
Dieu est devenu homme ; cette même partie a la base du monde angélique, car
elle dérive du monde angélique.
12. Mais comme souvent des parents impies se précipitent entièrement
dans la colère de Dieu, et engendrent ainsi des enfants dans la colère, alors en
effet, leur semence est enfermée dans la mort, et n’a rien de la vraie essence hu-
maine qui se remue en soi, si ce n’est seulement ce que la constellation a en soi,
dans l’esprit du grand monde ; là en effet la vertu divine a quelque mouvement,
mais la vertu de la colère est en face, et est importune ; cependant il n’y a point
d’impossibilité, car l’humanification de Dieu est au contraire placée dans toutes
les âmes, dans la lumière de l’amour.
13. Mais le baptême en contient une autre. L’essence de Dieu, (ou l’eau
de l’éternelle vie engendrée de la douceur de Dieu, c’est-à-dire la vraie essence
humaine enfermée dans la mort avec Adam) doit se remuer, et se donner alors
comme une nouvelle vie (ou une essence vivante). L’eau de Dieu doit baptiser ;
l’Esprit-Saint doit être l’opérant.
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DE LA BASE SUBLIME ET PROFONDE DES SIX POINTS THéOSOPHIQUES
14. Mais je dis, selon ma connaissance, que l’eau de l’éternelle vie, sur
laquelle l’Esprit-Saint couve, s’abandonnera difficilement dans un poison de la
colère de la mort ; là où il n’y a point intérieurement une essence de désir.
15. Je dis ainsi, tel que je le reconnais, qu’un enfant, dès qu’il a la vie dans
le sein de sa mère, (en tant que l’essence divine qui existe dans la partie céleste,
est en mouvement) est aussi dès lors baptisé par l’Esprit-Saint, et atteint l’incar-
nation du Christ. Car le baptême ne consiste pas dans la puissance du ministre,
en sorte que le Saint-Esprit doive s’appuyer sur lui ; car l’incarnation du Christ
ne se reposa point sur la puissance de l’homme, mais sur le terme que Dieu avait
fixé dans son alliance. Ce terme fut béni. C’est pourquoi l’ange dit à Marie : tu es
bénie entre toutes les femmes. Le terme qui avait été béni fut en elle, et la bénit
aussi, lorsque le cœur de Dieu fit mouvoir le terme.
16. Ce même terme atteignit derrière soi jusqu’à Adam, et devant soi
jusqu’au dernier homme ; et lorsque Dieu devint homme, alors le terme devint
mobile dans la partie céleste ; non seulement dans Marie, mais aussi dans Adam
et Ève, et dans tous leurs enfants qui se sont adonnés à Dieu ; ils furent tous
bénis dans le terme.
17. Car c’est l’alliance de la grâce que Dieu a faite avec Adam et Ève ;
cette même alliance est dans toutes les essences de l’homme, mais non pas dans
les essences diaboliques.
18. Mais le baptême est le sceau que Dieu a suspendu à l’alliance, comme
la circoncision dans l’ancien testament. Dans le baptême Dieu donne à la race
humaine l’eau divine comme un gage et un sceau. Mais l’alliance est déjà là avant
le baptême. Elle a été faite dans le paradis dès avant la fondation du monde.
Aussitôt qu’une âme est mobile dans le corps de la mère, de façon qu’un principe
et une âme humaine est engendrée, dès lors elle est dans l’alliance ; car le Christ
s’est livré dans le feu de Dieu, dans le principe, et a rempli l’alliance ; il est de-
venu le prix du testament.
19. Ce prix ne dépend d’aucun ordre extérieur, (ni) de l’opinion de
l’homme extérieur. Mais sitôt qu’une arme est née du principe, elle est aussitôt
dans le prix du testament, tant que la vie divine est mobile dans l’âme, mais non
pas dans les âmes impies. Là il faut d’abord que la vie divine soit engendrée ;
la colère divine engloutit plusieurs âmes, même encore dans les essences, avant
qu’elles atteignent le principe ; par la raison qu’elles sont d’une fausse essence, de
la mauvaise semence des parents.
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DE LA BASE SUBLIME ET PROFONDE DES SIX POINTS THéOSOPHIQUES
20. La raison dit : que peut à cela un enfant de ce que ses parents sont
impies ? Même que peut aussi Dieu à cela ? Il dépend aussi des parents de faire
un enfant. Qu’est-ce que peut Dieu à cela, si des débauchés et des prostituées
frayent ensemble ? Quoique le faux arbre ne résulte pas même ainsi seulement
de cette ligne, mais aussi dans le mariage ; cependant l’homme est libre. S’il ne
réveille aucune vie, alors sa semence demeure une essence ; mais Dieu doit-il, à
cause de l’innocence de l’enfant, jeter des perles devant les pourceaux ? Néan-
moins le royaume de Dieu est devant lui (l’enfant) ; il peut y entrer, Dieu ne le
ferme à personne.
21. Mais si un mauvais homme est enfermé dans le corps et dans l’âme,
pourquoi pas aussi dans la semence ? La semence est réellement le fruit de sa vie ;
si l’on veut récolter de bon froment, il faut en effet semer du froment ; mais si
l’on sème de la semence de ronces, il en croîtra une végétation de ronces. Dieu
doit-il donc les changer en froment ? Le semeur n’a-t-il pas puissance sur son
champ pour y semer ce qu’il veut ? Ou bien veux-tu dire : que peut à cela la
ronce, de ce qu’elle est une ronce et de ce qu’elle pique ? Elle n’appartient cepen-
dant point au froment, mais elle croît elle-même avec.
22. Cependant Dieu serait bien joyeux qu’il ne crût aucune espèce de
ronce ; et ce n’est pas non plus son ordonnance. Mais le démon sème l’ivraie sur
le froment, c’est-à-dire dans l’affection de l’homme. Pourquoi le laisse-t-il faire,
et se perd-il, en sorte que son essence devient une semence d’épine, et porte de
l’ivraie pour le feu dans la colère de Dieu ? Cela ne dépend pas entièrement non
plus de la semence, mais aussi du champ. Il y a beaucoup de noble blé qui se
perd dans l’essence du mauvais champ. Le ciel par le soleil donne à toute végé-
tation la vie et la puissance. Le soleil ne fait aucune ivraie, et n’en désire aussi
aucune ; mais l’essence dans le champ en fait souvent une autre, et corrompt la
bonne.
23. Il en est de même dans les hommes. Il s’accumule plusieurs malé-
dictions que l’un souhaite à l’autre, quand l’autre a réveillé la malédiction, et
en est devenu susceptible, comme cela est commun parmi les époux impies ; là
l’un souhaite à l’autre le démon et le feu infernal. Si donc ils sont impies tous
les deux, leur volonté impie ne doit-elle donc pas aussi s’effectuer, en sorte qu’ils
engendrent des enfants impies ? S’il n’y a rien de bon en eux, quel bien peut-il
donc sortir d’eux ? Qu’est-ce que Dieu peut à cela ? Il leur représente cependant
sa parole et sa doctrine, et leur annonce leur perdition. S’ils ne le veulent pas,
alors ils poursuivent leur route là où ils veulent entrer. Ainsi telle est aussi leur
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DE LA BASE SUBLIME ET PROFONDE DES SIX POINTS THéOSOPHIQUES
semence ; et ainsi plusieurs enfants sont engendrés une ronce et une mauvaise
bête, et seront baptisés dans la colère de Dieu.
24. Car selon l’essence dont est l’esprit de l’âme, dans une semblable
essence il prend aussi la substance divine dans l’alliance ; l’un dans la vertu de la
lumière, dans l’amour ; l’autre dans la vertu de la colère, dans les ténèbres.
25. L’alliance existe dans le baptême. Chaque enfant est baptisé dans l’al-
liance ; l’esprit de Dieu baptise chacun, (si l’on en maintient l’usage) mais selon
la propriété de l’enfant. Souvent le père, la mère, même le baptisant sont impies,
et ne sont que de mauvaises bêtes, et n’ont aucune ferveur. Ils ne s’occupent que
de la pompe extérieure et de l’argent ; ils ne font que mépriser le mystère, et aussi
l’enfant n’est-il que de l’essence de la colère : qu’est-ce donc qui doit baptiser ?
Personne autre que la colère de Dieu dans son alliance ; c’est pourquoi l’on ne
doit pas tourner ceci en plaisanterie.
26. Ainsi la source de la colère saisit le nouvel esprit, et opère puissam-
ment en lui ; elle porte du fruit dans la perdition. Comme Saint Paul le dit de la
cène, et du second testament, que l’impie le reçoit pour le jugement, en ce qu’il
ne distingue pas le corps du Seigneur. C’est-à-dire que dans lui la partie céleste
n’est pas séparée de la partie terrestre, et ne met pas sa volonté dans le céleste, et
ne l’immole pas à Dieu, mais embrasse le tout ensemble comme un bœuf mange
le pâturage.
27. C’est pourquoi la colère de Dieu le presse pour qu’il ne rompe pas sa
volonté du terrestre, et qu’il ne se repente pas de sa méchanceté ; c’est pourquoi
sa partie céleste ne peut pas devenir participante du corps de Dieu, s’il ne veut
pas rendre mobiles les essences de la partie céleste. Alors il n’a aucune bouche
pour recevoir le corps de Dieu ; car la bouche est enfermée dans la mort ; ce-
pendant la partie terrestre reçoit le corps du Christ, mais selon la propriété de la
colère, selon la propriété du monde ténébreux, car le testament doit subsister.
28. De même aussi dans le baptême en pareil cas. Selon que l’essence de
l’âme est en être, elle jouit ainsi de même de l’alliance de Dieu. Il vaudrait mieux
qu’un enfant tout à fait impie ne fût pas baptisé, et qu’un homme impie, non
converti dans son péché, ne touchât pas le testament de Dieu. Car il ne porte à
l’un et à l’autre que la puissance pour la perdition. Car dès que l’alliance de Dieu
est déclarée, elle ne s’en va jamais sans fruit. Dieu opère dans son alliance selon
sa parole.
29. Telle qu’est l’âme qui déclare l’alliance, telle aussi est la médecine
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DE LA BASE SUBLIME ET PROFONDE DES SIX POINTS THéOSOPHIQUES
dans l’alliance ; et c’est dans une semblable puissance que l’esprit de Dieu opère
dans l’amour et la colère ; car il est l’esprit de toute vie, et s’accorde avec tou-
tes les vies. Il est dans chaque chose selon qu’est la volonté et la propriété de la
chose. Car une propriété saisit l’autre. Ce que l’âme veut, il le veut aussi ; là elle
se tourne en dedans.
30. C’est un magisme universel. Ce que veut la volonté d’une chose, il
la reçoit. Un crapaud ne prend en soi que le poison ; quand même il entrerait
dans les meilleures pharmacies ; de même aussi un serpent. Chaque chose ne
prend en soi que sa propriété, et quand elle mangerait la substance d’une bonne
propriété ; cependant elle convertit tout en soi en sa propriété. Quand même
un crapaud mangerait du miel, cela deviendrait cependant en lui du poison. De
même donc le démon était un ange. Mais comme il ne voulait rien de bon, son
essence céleste ne fut pourtant pour lui qu’un poison infernal ; et sa mauvaise
volonté demeurera mauvaise une fois comme l’autre.
31. Ainsi, il nous faut hautement considérer notre vie ; ce que nous vou-
lons faire et projeter. Nous avons en nous le mal et le bien. Celui dans lequel
nous voulons puiser notre volonté, c’est celui-là dont l’essence sera remuée en
nous. Nous tirons aussi de l’extérieur en nous de semblables propriétés. Nous
avons les deux mystères en nous, le divin et le démoniaque, d’après les deux éter-
nelles volontés, et aussi celui du monde extérieur. Ce que nous voulons faire de
nous, nous le sommes ; ce que nous éveillons en nous, cela est mobile en nous.
Nous portons-nous au bien, alors l’esprit de Dieu nous aide. Mais nous portons-
nous au mal, alors la colère et la sévérité de Dieu nous aident. Quelque chose
que nous voulions, nous obtenons un conducteur de sa même propriété, et nous
nous y conduisons. Ce n’est cependant pas de la volonté de Dieu que nous nous
perdions, mais de sa colère et de notre volonté. Ainsi, nous entendons le cin-
quième point, comment une vie se corrompt ; comment d’une bonne en vient
une mauvaise, et d’une mauvaise une bonne, quand la volonté se retourne.
63
Le VIe point
Chapitre IX
De la vie des ténèbres, dans laquelle les démons demeurent ; quelle génération ou quelle
source elle a
1. La vie des ténèbres est dans toutes les vies, l’opposé de la lumière. Car
les ténèbres donnent une essence colérique et ennemie ; et la vie de la lumière
donne l’essence de l’amour.
2. Dans les ténèbres, ce n’est dans les essences, qu’un continuel piquant
et brisant. Là, chaque forme des essences combat les autres (comme) une essence
opposée. Chaque forme se renie elle-même, et chacune dit à l’autre qu’elle est
mauvaise, et son opposée, qu’elle est une cause de son trouble, et de son état co-
lérique. Chacune pense : si seulement l’autre forme n’était pas, tu aurais le repos.
Cependant l’une et l’autre est mauvaise et fausse. Delà vient que tout ce qui est
engendré de la propriété colérique ténébreuse est menteur, et renie les autres for-
mes comme étant mauvaises, et cependant (chacune) est la cause là-dedans qui
les rend mauvaises par son inqualification empoisonnée.
3. Aussi le sont-elles toutes, et le mensonge est leur vérité ; lorsqu’elles
profèrent le mensonge, elles parlent de leurs propriétés et de leur propre forme,
et ainsi sont-elles aussi leurs créatures. C’est pourquoi le Christ dit : le démon est
un menteur et un meurtrier dès le commencement. Car chaque forme désire de
donner la mort à l’autre ; il n’y a cependant aucun meurtre ; mais plus le combat
est grand, plus grande est leur vie de mort.
4. C’est pourquoi on nomme cela éternelle mort et inimitié. Là, résulte
une pure contrariété ; car il n’y a rien qui puisse empêcher le combat. Il n’y a
rien que chaque forme puisse lier ; plus il y aurait d’opposition, plus la sévérité
serait grande ; comme un feu que l’on attise, de manière qu’il ne fait qu’en brûler
d’avantage.
5. Ainsi le royaume colérique ne peut être apaisé par rien, que par la
seule lumière de Dieu, ce dont il devient doux, aimable, et royaume de joie. Et
cela aussi ne peut pas être, car si le règne ténébreux devait être enflammé par la
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raison de s’humilier ; et cela est l’inimitié dans Lucifer de ce qu’il a été un ange,
et de ce que la lumière est si près de lui, de ce qu’il est devenu un apostat.
15. Autrement il n’y aurait aucun tourment dans les créatures qui sont
créées dans le monde ténébreux, car elles sont la propriété de la colère, et ne
connaissent rien de la lumière. La sévérité est leur force et leur puissance, et l’ini-
mitié est leur vouloir et leur vie. Plus une créature est mauvaise et ennemie dans
le monde ténébreux, plus sa puissance est grande. De même que les puissants
tyrans de ce monde font souvent voir leur puissance dans la méchanceté, en
sorte qu’on doit les redouter ; ou de même que les animaux paisibles s’effraient
de ceux qui sont colériques et méchants, de même aussi cela est-il une propriété
dans le monde ténébreux.
16. Si nous voulons bien considérer la propriété du monde ténébreux,
nous ne voyons que la méchanceté et l’orgueil de ce monde qui est une image.
Car toute méchanceté, fausseté, orgueil et envie a sa racine du monde ténébreux.
C’est une propriété du monde ténébreux, soit que l’on le reconnaisse dans les
hommes ou les animaux.
17. Car ce monde repose sur la base du monde ténébreux. Le monde té-
nébreux donne à ce monde l’essence, le vouloir et la propriété. Et si le bon n’était
pas avec les propriétés, alors il n’y aurait dans ce monde aucune autre action ni
volonté que celle du monde ténébreux ; mais la puissance divine et la lumière du
soleil empêchent cela, comme on voit parmi les hommes et les animaux, com-
ment (il y a un penchant) à se mordre, à se haïr, à se battre, et à la propre volonté
orgueilleuse, où chacun veut dominer sur l’autre, égorger l’autre, le dévorer et
s’élever seul, ainsi qu’opprimer tout avec envie, colère, méchanceté et fausseté, et
se rendre souverain.
18. De même le monde ténébreux a cette propriété. Ce que dans ce
monde les méchants hommes font leur méchanceté et leur fausseté, le démon
le fait aussi dans le monde ténébreux. Et ce que les méchants vers vénéneux et
les animaux font dans leur méchanceté, les autres créatures le font aussi dans le
monde ténébreux. Quoiqu’elles soient sans un pareil corps, elles ont cependant
une pareille propriété dans leur corps spirituel. Et quoiqu’elles aient un corps,
c’est cependant à la manière de l’esprit, tel que les démons en ont.
19. La génération, l’être, l’essence et le régime du monde ténébreux
n’existe particulièrement que dans les quatre formes de la nature, savoir, dans
une source angoisseuse, dans un régime très fort et puissant, où tout dans l’es-
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sence est comme exaspéré. Car la douceur est l’inimitié de la puissance colérique,
et chacun est contre l’autre.
20. Autrement, s’il n’y avait qu’une seule chose, il faudrait aussi qu’il n’y
eût qu’une seule source ; et s’il n’y avait aussi qu’une seule source ; et s’il n’y avait
aussi qu’une seule volonté, alors les éternelles merveilles ne pourraient pas être
manifestées. Mais la source multiple peut manifester les éternelles merveilles.
Car autrement l’éternité n’aurait pu être manifestée, ni venir en substance, si ce
n’est par l’enflammement, ou par le fort astringent attirant, dans lequel existe le
monde ténébreux ; et là-dedans s’originise le monde de feu, et aussi le monde
de lumière. Ce n’est tout qu’une seule substance ; mais elle se divise elle-même
en trois propriétés de la source. Aucune propriété n’est séparée de l’autre, mais
chacune donne l’autre, comme on le voit au feu et à la lumière, aussi bien qu’à
la matière dont le feu brûle.
21. Et il n’est pas nécessaire à l’homme de chercher plus loin ; car il est
lui-même l’essence de toutes des essences. C’est pourquoi, puisque dans sa créa-
tion il s’est détourné de son ordre originel, et a introduit et éveillé en soi une
autre source, il ne lui est nécessaire que de chercher comment il pourrait rentrer
dans son ordre et sa source originelle, et s’engendrer de nouveau ; et en outre
comment il pourrait éteindre la source colérique qui est remuée en lui, puisque
tout est remué en lui, et lui engendre le bien et le mal. Ainsi il doit apprendre
comment il pourrait résister à la colère, et marcher dans la douceur, dans la
source de la lumière et de l’amour.
22. Du reste, l’homme n’a pas d’autre loi, s’il ne s’enflamme pas dans la
propriété du monde ténébreux, et s’il ne marche pas selon ses mêmes proprié-
tés. Hors cela, tout est libre pour lui. Ce qu’il fait toujours dans la douceur et
l’amour, cela lui est permis et est sa propre substance, et ne dépend ni du nom,
ni de l’opinion de personne.
23. Tout ce qui est poussé d’une racine, cela est et appartient à un arbre ;
cela n’est qu’un seul fruit, à moins qu’il ne se corrompe, de sorte que cette même
essence se change.
24. Aussi longtemps qu’une chose demeure dans l’essence d’où elle est
provenue, elle n’a aucune loi ; mais si elle passe delà dans une autre source, alors
elle est suspendue à la première source, et reste en combat avec la seconde. Alors
la loi la poursuit pour qu’elle rentre dans ce qu’elle était dans l’origine, et qu’elle
soit une, et non pas deux ; car une chose ne doit mener qu’un régime et non
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31. Chaque démon a alors une image selon sa propriété, selon la figure
de la colère, selon sa source. Alors ce sont des vers effroyables, ou de méchantes
bêtes, et c’est là ce que les âmes perdues ont à attendre.
32. La raison extérieure présume que l’enfer est loin de nous. Mais il est
près de nous. Chacun le porte en soi, à moins qu’il ne tue le poison infernal par
la puissance de Dieu, et qu’il ne pousse delà comme une nouvelle branche, que
la source infernale ne peut atteindre ni toucher.
33. Quoique pourtant il soit vrai que la colère infernale soit plus connue
en un lieu que dans un autre, le tout selon le régime infernal, là où le régime
supérieur est puissant dans les divers endroits, dans le lieu de ce monde, le tout
selon le premier enflammement du roi Lucifer, comme en divers lieux de la terre,
aussi bien que dans l’abîme entre les étoiles et la terre, la propriété infernale ou
la colère intérieure atteint dans le principe extérieur, est sensible plutôt qu’en
d’autres lieux ; car là les divers régimes du démon aussi bien que des autres pro-
priétés infernales existent ; là ainsi la colère de Dieu s’est enflammée ardemment,
et brûle ainsi désormais jusqu’au jugement de Dieu.
34. Chaque homme en ce monde porte en soi le ciel et l’enfer. La pro-
priété qu’il éveille est celle qui brûle en lui. L’âme est susceptible de ce même
feu ; et si le corps meurt, l’âme n’a pas besoin d’aller nulle part, mais elle est pré-
cipitée dans le régime infernal dont elle est la propriété. Ces mêmes démons qui
sont sa propriété attendent après elle, et la reçoivent dans leur régime jusqu’au
jugement de Dieu ; et quoiqu’ils ne soient liés à aucun lieu, ils appartiennent
cependant à ce même régime ; car là où ils procèdent toujours, ils sont là dans
ce même régime et dans cette même source. Car l’abîme n’a ni lieu, ni temps, ni
espace. De même qu’avant le commencement du monde, il n’y avait là aucune
place, de même aussi cela est demeuré éternellement dans l’abîme.
35. Et quoique le lieu de ce monde ait été donné à Lucifer pour royaume,
puisqu’il avait été créé là, cependant maintenant il a été rejeté de ce lieu et de
cette place, et il demeure dans l’abîme, où il ne peut atteindre aucun lieu du
règne angélique, et est cependant enfermé dans son royaume, dans l’abîme, où il
doit subir un éternel mépris, comme un prisonnier ; comme l’on fait à un mal-
faiteur que l’on fait entrer dans un cachot ténébreux, (séparé) de tous les êtres de
ce monde, où il doit être privé de toutes les joies et les plaisirs de ce monde, et
porter le mépris de ces méfaits.
36. Il en est aussi de même du démon et de toutes les âmes damnées qui
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DE LA BASE SUBLIME ET PROFONDE DES SIX POINTS THéOSOPHIQUES
restent prisonnières dans la prison terrestre. Ils ne désirent pas non plus de sortir
delà à cause des grandes ignominies de leur forme effroyable, et de leur image ;
et quoiqu’ils poursuivent toujours leur chemin, cependant ils ne jouissent jamais
d’aucun bien. Il n’est question pour eux d’aucun rafraîchissement, mais ils sont
dans l’enfer comme des morts, ou comme ayant toujours faim, étant toujours en
défaillance, et ayant toujours soif ; et ils ne sont qu’une mauvaise source empoi-
sonnée ; tout leur est en opposition. Ils n’ont qu’une faim pour l’angoisse et la
méchanceté ; ils manquent toujours cela en eux, et ils engendrent des blasphè-
mes de Dieu sur eux-mêmes. Plus ils peuvent rendre leur figure effroyable, plus
ils sont satisfaits, semblables à des hommes insensés qui veulent toujours être sur
la terre les plus grands fous, qui se mettent d’une manière hideuse, et trouvent
leur joie là-dedans. C’est ainsi qu’ils en agissent éternellement dans l’enfer, c’est
pourquoi ils jouent ce jeu-là ici sur la terre. De même que les tyrans mettent
leur joie à pouvoir tourmenter les hommes, à faire parade de leur sueur dans des
parures insensées et des ornements bizarres ; de même aussi font les démons dans
l’enfer ; et le faste de ce monde dans sa marche bizarre est une représentation du
monde infernal.
37. Toutes les choses bizarres et toutes les obscénités que l’homme or-
gueilleux invente, et dont il habille son homme insensé, (et) par où il veut être
distingué des vrais enfants de Dieu, ne sont que représentations du monde in-
fernal ; car toutes ses parures, ses pompes, et ses ostentations par lesquelles il
s’éloigne de l’humilité, ne sont qu’un miroir infernal ; car l’orgueil des démons
ne veut être pareil à personne ; ils se distinguent dans ce monde, et l’homme
aveugle ne comprend pas cela, comment le démon se joue de lui et l’abuse ; et ne
représente ainsi Dieu que pour servir de dérision à sa larve orgueilleuse ; de façon
que le malheureux agit, comme il agit, et croit cependant être plus beau par-là
et mieux que les autres hommes ; et là cependant nous naissons et dérivons tous
d’un seul corps et d’un seul esprit ; mais devant Dieu et ses anges il ne sera pris
que pour une larve du démon, et il est une abomination devant les cieux ; de
même qu’un fou est une abomination pour la sagesse, de même aussi son orgueil
hypocrite est une abomination devant Dieu et ses anges, à cause de la noble
image. Il est encore suspendu au monde, par où il montre l’image corrompue de
l’égarement.
38. Quand on voit un homme orgueilleux, on voit la terrible chute
d’Adam, et une représentation du monde infernal, une moitié de diable, et une
moitié d’homme, en qui le démon a un continuel accès ; car il est le valet du
diable dans ce monde ; car le démon avance par lui son œuvre, et le malheureux
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homme ne le sait pas, et il marche ainsi au service du démon pour son éternelle
confusion ; il s’imagine par-là être beau et agréable, et il n’est par-là qu’un in-
sensé devant Dieu. L’habit étranger s’en va, et il prend à soi la forme bestiale.
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Chapitre X
Des quatre éléments du démon, et du monde ténébreux ; comment on peut les reconnaître
dans ce monde extérieur
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DE LA BASE SUBLIME ET PROFONDE DES SIX POINTS THéOSOPHIQUES
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DE LA BASE SUBLIME ET PROFONDE DES SIX POINTS THéOSOPHIQUES
et la méchanceté, et dispose par-là tout ce que le démon veut avoir ; il brille ainsi
par-là comme un Dieu.
8. C’est pourquoi le règne extérieur est devenu un continuel tombeau
de mort du démon, et de l’homme faussement prétendu qui s’appelle homme ;
mais cela n’est pas ; il suscite les meurtres et il étend la colère de Dieu, et il al-
lume le monde ténébreux dans ce (monde) externe. Ainsi la colère de Dieu brûle
continuellement dans ce monde.
9. Ainsi le royaume de Dieu est arrêté, et c’est la volonté du diable qui
se fait ; et le diable demeure un prince sur la terre ; autrement il n’aurait aucun
succès sur la terre. Or, l’homme prétendu lui sert de valet, et accomplit ses vo-
lontés. Ainsi les deux espèces d’hommes demeurent l’une près de l’autre sur la
terre. L’une est celle des hommes justes qui servent Dieu sous le manteau de
l’humilité et de la souffrance, desquels le démon se joue, et qu’il tourmente par
l’autre espèce, et accomplit sur eux toutes ses merveilles, par ceux-là même qui
font son service.
10. L’autre espèce s’appelle aussi homme ; ils marchent aussi sous la for-
me d’homme ; mais ils sont de mauvaises bêtes. Ils se revêtent de leur habit de
roi qui s’appelle fausseté, et ils vivent dans la vertu des quatre éléments de leur
roi ; savoir, dans l’orgueil, la cupidité, l’envie et la colère.
11. L’orgueil est la première vertu ; il arrache à l’homme juste le pain de
la bouche, et tourmente les malheureux pour qu’ils puissent le satisfaire. Il ne
veut pas que rien se compare à lui ; il veut seul être le plus bel enfant de la mai-
son. Il a revêtu l’habit luisant ; il veut passer pour pieux, il faut qu’on l’honore,
et qu’on se courbe devant lui ; aussi rien ne peut se comparer à lui ; il veut être
Seigneur et dit : Je suis décent dans mon maintien.
12. Mais sa souveraineté est la cupidité. Il est un loup et dévore aux
malheureux sa sueur et son travail. Il s’élève au-dessus de tout. Il sonde journel-
lement dans les merveilles de Dieu, pour voir comment il pourra briller. Il se
présente amicalement et décemment, comme s’il était une vierge pleine de chas-
teté ; cependant il est une archiprostituée, et hait dans le cœur toutes les vertus,
la chasteté, la justice, il est un perpétuel ennemi de l’amour et de l’humilité ; ce
qui est petit il le méprise, et il violente le petit sous son joug. Il dit à l’homme
juste : tu es mon chien de chasse ; je te chasse où je veux ; tu es fou, et je suis
sage ; et il est lui-même le plus grand fou. Il néglige Dieu et le royaume du ciel,
pour une joie des yeux d’un petit moment ; il se jette dans les ténèbres, et se revêt
de l’habit de l’angoisse.
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DE LA BASE SUBLIME ET PROFONDE DES SIX POINTS THéOSOPHIQUES
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DE LA BASE SUBLIME ET PROFONDE DES SIX POINTS THéOSOPHIQUES
et le bateleur du démon qui met sa joie à faire de l’image de Dieu une image de
fou.
16. La troisième vertu est l’envie dans les quatre éléments du démon,
dans le royaume de la fausseté, qui est un aiguillon, un tapageant, un tempêtant
comme un mauvais poison. Il ne peut rester nulle part, et n’a aucun lieu pour
son repos. Sa mère l’avarice ne lui laisse aucun repos ; il faut toujours qu’il fasse
rage et tempête ; il faut qu’il entre dans ce en quoi il n’est pas né. Il est la bouche
de l’avarice, un perpétuel menteur et calomniateur. Il pique dans le cœur de son
voisin et le blesse. Il se dévore lui-même par sa faim envenimée, et cependant
n’est jamais rassasié ; il fait le mal être sans limite et sans mesure ; il est le plus
grand venin, et l’œil de l’enfer. Le démon voit par-là dans l’âme et le corps de
l’homme ; le sien n’est égal à rien. Il n’est aucun feu, mais l’aiguillon du feu.
Il dispose de tout ce qui est mal, et cependant ne trouve aucun repos ; plus il
poursuit, plus il est insensé. Il est un poison affaibli ; il n’a besoin d’aucune subs-
tance, et tempête cependant dans la substance ; il rend l’homme plus qu’insensé,
en sorte qu’il désire de faire rage et de tempêter contre Dieu ; il est l’essence de
l’enfer et de la colère ; il fait de l’amour la plus grande inimitié ; il n’applaudit à
rien dans personne, et est cependant lui-même un rien affamé.
17. Celui-là est l’esprit de la volonté du démon que l’homme reçoit en
soi pour hôte. Il reçoit le démon avec la colère de Dieu ; car il charrie le martyr
infernal et le malheur. Il est la perpétuelle affliction et inquiétude ; et il ravage la
noble image de Dieu ; car il est Dieu et l’ennemi de toutes les créatures.
18. La quatrième vertu dans les quatre éléments dans le royaume de la
fausseté du démon est la colère, la méchanceté ; c’est le vrai feu infernal car la
colère est engendrée entre l’avarice et l’envie. Il est le feu et la vie de l’envie. Ce
que l’envie ne peut pas accomplir, la colère l’accomplit. La colère prend le corps
et l’âme tout ensemble, et court comme un démon tempêtant ; il veut tout tuer
et tout briser, il court aux murs et aux prisons. Et quoiqu’il se crève lui-même,
il est cependant furieux comme un chien fou qui déchire et mord tout ; et il est
si vénéneux dans sa colère, que ce qu’il ne peut pas dominer, il l’empoisonne
cependant. Il est la véritable goutte du monde. Si l’orgueil ne peut pas, dans
son manteau luisant, recevoir la puissance par son adresse et sa fausseté, alors il
exerce ensuite la quatrième vertu qui frappe avec le poing là-dedans et suscite
la guerre. Oh combien est joyeux le démon, quand ses quatre éléments règnent
ainsi ! Il s’imagine encore être le maître sur la terre. Quoiqu’il soit prisonnier,
cependant les hommes bêtes exercent bien son emploi, et il se joue seulement
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DE LA BASE SUBLIME ET PROFONDE DES SIX POINTS THéOSOPHIQUES
par-là des hommes pour qu’ils se scandalisent, et fassent comme il peut faire lui-
même.
19. Ce sont là les quatre éléments du monde ténébreux dans lesquels le
démon croit être un Dieu, par lesquels il règne sur la terre avec son fidèle fils
de la fausseté. Celui-là est premièrement le chat paré qui donne en apparence
de bonnes paroles et vise toujours à la souris. Si seulement il peut l’attraper,
oh comme il est joyeux quand il peut apporter le rôti au démon ! L’homme est
environné de ces quatre éléments, et est à l’auberge dans le pays du faux roi ; ils
le tirent à toute heure au cœur, ils veulent tuer sa noble image ; il faut qu’il soit
toujours en combat avec eux, car ils sont près de lui et en lui en logement. Ils
pointent toujours sur lui, et veulent massacrer son meilleur bijou.
20. Quand de ces quatre éléments un seul obtient dans l’homme la puis-
sance pour qualifier, alors ce même enflamme tous les autres, et dérobe aussitôt à
l’homme sa noble image, et font de lui une larve du démon. Et aucun homme ne
peut dire de lui, avec vérité, qu’il est un homme s’il laisse à ces quatre éléments
la puissance de qualifier ; car il qualifie dans la propriété du démon, et est un
ennemi de Dieu ; et quand même le démon le revêt d’un manteau brillant, en
sorte qu’il puisse donner de bonnes paroles, et qu’il sache si bien se composer,
qu’on le présume pour un enfant de Dieu, cependant il n’est pas un homme tant
que ces quatre éléments obtiennent sur lui le régime supérieur ; mais c’est un
homme diabolique, moitié diable, et moitié homme, jusqu’à ce qu’il ait rempli
sa mesure ; car il est entièrement un démon sous la forme d’homme.
21. C’est pourquoi que chacun apprenne à reconnaître quelles propriétés
dominent en lui. S’il trouve que ces quatre éléments, ou seulement un domine en
lui, alors il a le temps de se mettre en guerre contre eux, ou bien il s’en trouvera
mal. Ce n’est pas la peine qu’il se repose sur le royaume du ciel. Il faut seulement
qu’il ne se laisse pas environner par le manteau brillant du démon, comme cela
arrive à présent, que l’on vit dans ces quatre éléments, et qu’on se chatouille sim-
plement avec les souffrances du Christ. C’est là le couvercle de cette hypocrisie.
L’hypocrisie pourrait obtenir sa domination, quand même il ne se chatouillerait
pas avec les satisfactions du Christ.
22. Oh comme le luisant manteau de Christ te sera ôté ! Car on verra la
prostituée demeurer en Babel avec les quatre vertus. Cela ne s’appelle pas seu-
lement donner de la consolation, mais s’opposer à l’hypocrisie pour qu’elle ne
puisse pas dominer dans la maison. Elle ne doit pas avoir le régime, mais bien
la justice, l’amour, l’humilité et la chasteté, et de vouloir toujours bien faire,
78
DE LA BASE SUBLIME ET PROFONDE DES SIX POINTS THéOSOPHIQUES
non point dans l’orgueil, l’avarice, l’envie, la colère, mais dans l’humilité, dans
la bienfaisance avec un bon cœur, non en hypocrisie et en donnant de bonnes
paroles, mais en œuvres ; cela doit être un acte. Renverser la volonté du démon,
se contenter de peu, se renfermer dans la patience, dans l’espérance en Dieu,
s’opposer aux quatre mauvais éléments, et prendre les quatre éléments de Dieu,
qui sont l’amour, la douceur, la miséricorde et la patience dans l’espérance ; ce
sont là les quatre éléments de Dieu ; ce sont ceux-là que l’homme doit éveiller en
lui, et constamment combattre par-là les quatre éléments du démon.
23. L’homme doit ici être en combat avec lui-même, s’il veut devenir un
citoyen du ciel ; il ne doit pas être un paresseux dormeur, manger et boire, et
seulement remplir son ventre, ce avec quoi les éléments commencent à qualifier ;
mais il doit être mesuré, jeûner et veiller, comme est un guerrier devant son en-
nemi ; car la colère de Dieu combat toujours contre lui ; il aura encore assez à
faire que de s’en préserver.
24. Car le démon est son ennemi, sa propre chair ; et son propre sang
corrompu sont ses ennemis. La colère de Dieu est son ennemi en lui, et le monde
entier est son ennemi ; quelque part où il regarde, là il voit ses ennemis qui veu-
lent tout lui dérober.
25. C’est pourquoi il est dit de combattre, non point avec la bouche et
l’épée, mais avec l’esprit et la base affective, et ne pas lâcher prise quand même
le corps et l’âme devraient se briser ; il doit néanmoins rester fidèle au cœur de
Dieu, comme dit le roi David : quand même mon corps et mon âme se brise-
raient, tu n’en es pas moins mon Dieu, et la confiance de mon cœur, et mon
assurance ; et quand même un homme verrait que tout le monde serait impie,
s’il pense à devenir un fils de Dieu, il doit cependant demeurer ferme.
26. Et quand il lui semblerait qu’il serait seul d’une semblable opinion, et
que tout le monde lui dirait : tu es un fou, et tu es un insensé, il doit cependant
être comme s’il était mort au monde : et quand il entendrait dire cela au démon
qui est son plus cruel ennemi, il ne doit se réfugier nulle part, mais penser que
dans son plan il est agréable à Dieu, et que dans lui, Dieu même est son plan ; de
façon qu’il veuille ainsi se séparer du démon, et entrer dans son règne. Amen.
79
Courte explication des six points suivants
Le premier point
Du sang et de l’eau de l’â me
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DE LA BASE SUBLIME ET PROFONDE DES SIX POINTS THéOSOPHIQUES
II
De la prédestination. Du bien et du mal
1. Dieu de toute éternité est seul tout. Son essence se partage en trois
éternelles distinctions. L’une est le monde de feu ; la seconde est le monde de
ténèbre, et la troisième est le monde de lumière. Et cependant ce n’est qu’une
essence l’une dans l’autre ; mais aucune n’est l’autre.
2. Les trois distinctions sont éternellement semblables et incommensu-
rables, et enfermées dans aucun temps ni dans aucun lieu. Chaque distinction
se renferme en soi-même en un être ; et sa source est aussi selon sa propriété, et
dans sa source est aussi son désir, ou le centre de la nature.
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DE LA BASE SUBLIME ET PROFONDE DES SIX POINTS THéOSOPHIQUES
3. Et son désir est son faire, car il fait l’être là où il n’y en a aucun et
cela dans l’essence du désir selon la propriété du désir. Et le tout ensemble n’est
qu’une magie, ou une faim après l’être.
4. Chaque forme fait son être dans son désir, et chaque forme prend
son extension [du sein] du miroir de sa splendeur, et a son voir dans son propre
miroir. Son voir est un ténèbre pour un autre miroir. Sa forme est cachée à un
autre œil ; mais dans le sentir il y a une différence.
5. Car chaque forme prend son sentir de l’origine des trois premières
formes dans la nature, ou de l’astringent, de l’amer et de l’angoisseux ; et cepen-
dant dans ces trois il n’y a rien en soi-même de douloureux ; mais le feu fait le
souffrant en elles, et la lumière le change de nouveau en douceur.
6. La vraie vie gît dans le feu ; là est l’angle pour la lumière, et les ténè-
bres. L’angle est le désir avec quoi il se remplit ; son feu est le désir, et sa lumière
brille du feu. Cette même lumière est la forme ou le voir de cette même vie, et la
substance introduite dans le désir est le bois du feu, d’où le feu brûle, soit qu’il
soit astringent ou doux ; et cela est aussi son royaume céleste ou infernal.
7. La vie humaine est l’angle entre la lumière et le ténèbre ; celui auquel
elle se donne, est celui dans lequel elle brûle. Si elle se donne dans le désir de
l’essence, alors elle brûle dans l’angoisse, dans le feu des ténèbres.
8. Mais si elle se donne dans un rien [ou l’abnégation absolue], alors elle
est dénuée de désir, et tombe en propriété au feu de la lumière, où elle ne peut
brûler dans aucune source ; car elle ne porte dans son feu aucune substance
d’où un feu puisse brûler ; car s’il n’y a aucune source en lui, alors la vie ne peut
prendre aucune source, car il n’y en a aucune en lui ; pour lors cela tombe en
propriété à la première magie, qui est Dieu dans sa Trinité.
9. Lorsque la vie est engendrée, alors elle a en elle trois mondes ; celui
auquel elle s’unit, est celui par lequel elle est retenue ; et elle s’enflamme dans ce
même feu.
10. Car quand la vie s’enflamme, alors elle est attirée par les trois mondes,
et ils sont en mouvement dans les essences ou dans le premier feu enflammé ;
l’espèce d’essence dont la vie se charge et qu’elle reçoit dans son désir, est celle
dont le feu brûle.
11. Si la première essence dans laquelle la vie s’enflamme, est bonne,
alors le feu aussi est aimable et bon. Mais si elle est mauvaise et ténébreuse, de la
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DE LA BASE SUBLIME ET PROFONDE DES SIX POINTS THéOSOPHIQUES
propriété colérique, alors le feu aussi est colérique, et a de nouveau de tels désirs
selon la propriété du feu.
12. Car chaque imagination ne désire que l’essence semblable à elle dans
laquelle elle est originisée.
13. La vie de l’homme dans ce temps est semblable à une roue, où bien-
tôt le plus inférieur est au-dessus et s’enflamme à toutes les essences, et se souille
avec tous les êtres ; mais son bain est le mouvement du cœur de Dieu, une eau
de douceur, d’où il peut introduire la vie dans son feu de vie ; l’élection de Dieu
n’est pas dans la première essence.
14. Car la première essence n’est que le mystère pour la vie, et appartient
particulièrement à la première vie par l’enflammement dans son mystère, d’où
elle est provenue, soit qu’elle soit une essence entièrement colérique, ou mixte,
ou bien une essence de lumière selon le monde de lumière.
15. De quelque essence que la vie s’originise, de cette même essence brûle
la lumière de sa vie, et cette même vie n’a aucune option ; il ne va aucun juge-
ment sur elle, car elle est dans sa propre origine, et même son jugement en soi.
Elle se partage elle-même de toutes les autres sources ; car elle ne brûle que dans
sa propre source, dans son propre feu magique.
16. Le choix va sur ce qui a sa propre charge, soit que cela appartienne
à la lumière ou au ténèbre. Car selon qu’est la propriété dont cela est, telle aussi
est la volonté de sa vie ; et l’on reconnaît si c’est une essence colérique, ou une
essence d’amour ; et aussi longtemps qu’elle brûle dans un feu, elle est abandon-
née par l’autre. Et l’élection de ce même feu dans lequel elle brûle va sur la vie,
car elle veut l’avoir, c’est sa propriété.
17. Mais si la volonté de ce même feu (ou l’angle s’envolant), s’élance
dans un autre feu, et s’enflamme dedans, alors il peut enflammer la vie entière
par le même feu, et il demeure dans ce même feu.
18. Ici la vie est engendrée de nouveau, soit pour le monde des ténèbres,
soit pour le monde de lumière, (selon celui) dans lequel la volonté s’enflamme.
Et de là vient une autre élection, et c’est là la cause qui fait que Dieu enseigne et
le démon aussi. Chacun veut que la volonté de la vie s’élance dans son feu, et s’y
enflamme. Alors un mystère saisit l’autre.
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DE LA BASE SUBLIME ET PROFONDE DES SIX POINTS THéOSOPHIQUES
III
Du péché. Ce qu’est le péché, et comment est le péché
1. Une chose qui est une n’a ni commandement ni loi. Mais si elle se
mêle avec une autre, alors il y a deux êtres en un, et il y a aussi deux volontés. Là
l’une court contre l’autre, et là il s’élève une inimitié.
2. Nous devons ainsi réfléchir sur l’inimitié contre Dieu. Dieu est seul
et bon, à part de toutes les sources ; et quoique toutes les sources soient en lui,
cependant elles ne sont pas manifestes ; car le bon a englouti en soi le mauvais
ou l’opposition, et le tient en violence dans le bon, comme prisonnier. Là le
mauvais doit être une cause de la vie et de la lumière, mais non pas manifeste.
Mais le bon étouffe le mauvais, afin qu’il puisse vivre en soi-même dans le mal,
sans tourment ou sensibilité.
3. L’amour et l’inimitié ne sont qu’une seule chose, mais chacune de-
meure en soi-même ; cela fait deux choses. La mort est entre elle la limite de
séparation, et cependant il n’y a aucune mort, excepté que le bon meurt au mau-
vais, comme la lumière est morte au tourment du feu, et ne sent plus le feu.
4. C’est ainsi maintenant que nous devons fonder le péché dans la vie
de l’homme. Car la vie est unique et bonne, mais si une autre source que la
bonne est dedans, alors il y a une inimitié contre Dieu, car Dieu demeure dans
la vie la plus haute de l’homme.
5. Or, maintenant rien de ce qui est sans fond ne peut demeurer dans
une chose qui a un fond, car aussitôt que la vraie vie éveille en soi le tourment,
dès lors elle n’est plus semblable au sans-fond, dans lequel il n’y a aucun tour-
ment ; dès lors aussitôt l’un se sépare de l’autre.
6. Car le bon ou la lumière est comme un rien. Mais si quelque chose
vient dedans, alors ce même quelque chose est autre chose que le rien. Car le
quelque chose demeure en soi, en source ; car là où il y a quelque chose, là il doit
y avoir une source qui fait le quelque chose et le retient.
7. C’est ainsi que nous devons réfléchir sur l’amour et l’inimitié. L’amour
n’a qu’une source et une volonté, il ne désire que son semblable et pas beaucoup,
car le bon n’est qu’un, et la source est multiple, et la volonté humaine qui désire
beaucoup, conduit en soi dans l’un (dans lequel Dieu demeure) la source de la
multiplicité.
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DE LA BASE SUBLIME ET PROFONDE DES SIX POINTS THéOSOPHIQUES
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DE LA BASE SUBLIME ET PROFONDE DES SIX POINTS THéOSOPHIQUES
18. Ainsi nous reconnaissons que les désirs sont des péchés, car ils ten-
dent de l’unité dans le multiple, et introduisent le multiple dans l’unité. Ils veu-
lent posséder, et doivent cependant être sans volonté. Par le désir la substance est
recherchée, et dans la substance le désir allume le feu.
19. Ainsi maintenant chaque feu brûle de la propriété de son essence.
Actuellement la séparation et l’opposition sont engendrées ; car le Christ dit :
Quiconque n’est pas avec moi est contre moi, et celui qui n’assemble pas avec
moi dissipe ; car il rassemble hors du Christ et quiconque n’est pas avec lui est
hors de Dieu.
20. Ainsi nous voyons que l’avarice est un péché car c’est un désir hors
de Dieu. Et nous voyons aussi que l’orgueil est un péché, car il veut être seul, et
se sépare de Dieu, ou de l’unité.
21. Car ce qui veut être en Dieu, cela doit marcher en lui dans sa vo-
lonté ; car si nous voulons uniquement être un en Dieu, en plusieurs membres,
alors cela est être contre Dieu, qu’un membre se sépare des autres, et de se rendre
souverain par soi-même, ou comme fait l’orgueil. Ils veulent être souverains, et
Dieu est seul souverain. Alors il y a deux souverains, et l’un se sépare de l’autre.
22. Ainsi tout est péché et opposition, ce que le désir possède comme
propre, soit que cela soit du boire ou du manger. Si la volonté imagine là-dedans,
alors elle se remplit par là, et enflamme ce même feu. Alors un second feu brille
dans le premier ; et c’est une opposition et un écart.
23. C’est pourquoi une volonté nouvelle doit naître de la volonté oppo-
sée ; laquelle (volonté nouvelle) s’abandonne de nouveau à l’unique union ; et la
volonté opposée doit devenir brisée et morte.
24. Et ici il nous faut considérer la parole de Dieu qui devint homme.
Si l’homme place là-dedans son désir, il sort du tourment de son propre feu, et
devient engendré de nouveau dans la parole. Ainsi la volonté s’élevant demeure
en Dieu ; et la première dans le désir, dans la terrestréité et la multiplicité.
25. Ainsi la multiplicité doit se briser avec le corps, et mourir à la volonté
s’élevant ; et la volonté s’élevant est reconnue pour une nouvelle génération ; car
elle reprend de nouveau en soi, tout, dans l’unité, mais non pas avec un désir
propre, mais avec un particulier amour qui est abandonné en Dieu, en sorte que
Dieu soit tout en tout, et que sa volonté soit la volonté de toutes choses ; car en
Dieu existe une unique volonté.
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DE LA BASE SUBLIME ET PROFONDE DES SIX POINTS THéOSOPHIQUES
26. Ainsi nous trouvons que le mauvais doit servir à la vie du bon, pour-
vu seulement que la volonté passe de nouveau de soi, du mauvais dans le bon ;
car la colère doit être le feu de la vie.
27. Mais la volonté de la vie doit de nouveau être accomplie dans le com-
bat contre soi-même ; car elle doit fuir la colère et n’en pas vouloir. Elle ne doit
pas vouloir du désir, qui cependant veut et doit avoir son feu ; c’est pourquoi cela
s’appelle être engendré de nouveau en volonté.
28. Chaque esprit de volonté qui demeure dans le désir de son feu de
vie, (ou dans la sévérité du bois pour le feu), ou qui entre en cela, et possède le
terrestre, celui-là est aussi longtemps séparé de Dieu, qu’il possède l’étranger ou
le terrestre.
29. Ainsi on reconnaît comment l’excès du boire et du manger opère le
péché ; car la volonté pure qui sort du feu de vie, est noyée et prisonnière dans le
désir, en sorte que dans le combat elle est comme impuissante ; car la source du
feu ou le désir la retient prisonnière, et la remplit par l’attrait, en sorte que cette
même volonté imagine dans le désir.
30. La volonté dans le manger et le boire est, par ce même désir, terrestre
et séparée de Dieu ; mais la volonté qui se retire du feu terrestre, brûle dans le
feu intérieur, et est divine.
31. Cette même volonté qui s’enfuit du désir terrestre, ne résulte pas
du feu terrestre. Non ! elle est la volonté du feu de l’âme, qui est prisonnière et
couverte par le désir terrestre ; elle ne veut pas demeurer dans le désir terrestre,
mais elle veut (demeurer) dans son unité, dans Dieu, d’où elle est provenue au
commencement.
32. Mais si elle se laisse retenir prisonnière par les désirs terrestres, alors
elle est engloutie dans la mort, et elle souffre du tourment ; c’est ainsi qu’il faut
entendre le péché.
IV
Comment le Christ a livré le royaume à son père
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DE LA BASE SUBLIME ET PROFONDE DES SIX POINTS THéOSOPHIQUES
V
De la M agie. Ce qu’est la M agie. Ce qu’est le fondement magique
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DE LA BASE SUBLIME ET PROFONDE DES SIX POINTS THéOSOPHIQUES
5. La magie est esprit, et l’être est son corps, et cependant les deux ne
sont qu’un ; de même que le corps et l’âme ne sont qu’une seule personne.
6. La magie est la chose la plus secrète, car elle est au-dessus de la natu-
re. Elle fait la nature selon la forme de sa volonté ; elle est le mystère du Trinaire :
entendez la volonté dans le désir pour le cœur de Dieu.
7. Elle est la formation dans la sagesse divine, ou un désir dans le Tri-
naire, en quoi l’éternelle merveille du Trinaire désire de se manifester par la
nature. Ainsi elle est le désir qui s’introduit dans la nature ténébreuse, et par la
nature dans le feu, et par le feu, par le mourir ou la colère, dans la lumière pour
la majesté.
8. Elle n’est pas la majesté, mais le désir pour la majesté. Elle est le
désir de la vertu divine, non pas la vertu même, mais la faim, ou le désir dans
la vertu. Elle n’est pas la toute-puissance, mais l’introductrice dans la vertu et la
puissance. Le cœur de Dieu est la vertu, et le Saint-Esprit est l’ouvrement de la
vertu.
9. Mais elle est le désir dans la vertu, et aussi dans l’esprit conduisant.
Car elle a en elle le fiat ; ce que l’esprit de la volonté ouvre en elle, elle le conduit
en une substance par l’astringence qui est le fiat, le tout selon le modèle de la
volonté ; tel qu’est ce que la volonté modèle dans la sagesse, tel le reçoit la magie
désirante, car elle a dans sa propriété l’imagination ou un attract.
10. L’imagination est douce et faible, et se compare à l’eau. Mais le désir
est rude et sec comme une faim ; il rend dur ce qui est faible, et se trouve dans
toutes choses ; car il est la plus grande substance dans la Divinité ; il transmue en
base et en fondement ce qui est sans fondement, et le rien en quelque chose.
11. Dans la magie sont toutes les formes de l’essence de toutes les es-
sences. Elle est une mère dans tous les trois mondes, et fait chaque chose selon
le modèle de sa volonté ; elle n’est pas l’intelligence ; mais elle est une opérante
selon l’intelligence, et elle se laisse employer soit pour le bien, soit pour le mal.
12. Tout ce que la volonté modèle dans sa sagacité, si la volonté de l’in-
telligence va aussi dedans, la magie l’opère en un être. Elle sert le Dieu aimant
dans l’essence de Dieu, car elle fait dans l’intelligence l’essence divine, et prend
cela de l’imagination, ou de la douceur de la lumière.
13. Elle est ce qui fait la chair divine, et l’intelligence dérive de la sagesse ;
car elle est une reconnaisseuse des couleurs, des puissances et des vertus. L’intel-
89
DE LA BASE SUBLIME ET PROFONDE DES SIX POINTS THéOSOPHIQUES
ligence mène avec des rênes le véritable effectif esprit ; car l’esprit est s’envolant,
et l’intelligence est son feu.
14. L’esprit n’est pas s’affaiblissant pour qu’il s’éloigne de l’intelligence.
Mais il est la volonté de l’intelligence ; mais les pensées dans l’intelligence sont
s’envolantes, et s’affaiblissantes.
15. Car les pensées sont les éclairs (sortant) de l’esprit de feu, et condui-
sent en soi, en lumière les flammes de la majesté ; et dans les ténèbres, elles
conduisent l’éclair de l’explosion, savoir, un éclair colérique du feu.
16. Les pensées sont un esprit si subtil qu’elles entrent dans toutes les
essences, et chargent en elles toutes les essences ; mais l’intelligence éprouve tout
dans son feu, elle rejette le mauvais, contient le bon ; alors la magie le prend dans
sa mère, et le porte en une substance.
17. La magie est la mère pour la nature, et l’intelligence est la mère (ve-
nant) de la nature. La magie conduit dans un feu colérique, et l’intelligence
conduit sa propre mère la magie, du feu colérique dans son propre feu.
18. Car l’intelligence est le feu de la puissance, et la magie (est) le brû-
lant. Et cependant il ne faut pas entendre le feu, mais la puissance ou la mère
pour le feu ; le feu se nomme principe, et la magie désir.
19. Par la magie, tout le bien et le mal est accompli ; son œuvre particu-
lière est la nécromancie, mais elle se partage dans toutes les propriétés. « Dans
le bon elle est bonne, et dans le mauvais elle est mauvaise ; elle sert aux enfants
pour le royaume de Dieu, et aux sorciers pour le royaume du démon ; car l’in-
telligence peut faire d’elle ce qu’elle veut. Elle est sans intelligence, et cependant
elle saisit tout, car elle est le comprenant de toutes choses. »
20. On ne peut exprimer sa profondeur, car elle est de toute éternité un
fondement et un contenant de toute chose ; elle est un maître de philosophie et
aussi une mère de cette philosophie.
21. Mais la philosophie conduit la magie sa mère selon sa volonté. De
même que la vertu divine, ou la parole (ou le cœur de Dieu) conduit le père
sévère dans la douceur ; de même aussi la philosophie (ou l’intelligence) conduit
sa mère dans une douce source divine.
22. La magie est le livre de toutes les écoles. Tout ce que nous voulons
apprendre doit d’abord s’apprendre dans la magie, soit que ce soit un art élevé
90
DE LA BASE SUBLIME ET PROFONDE DES SIX POINTS THéOSOPHIQUES
ou bas. Le paysan aussi dans le champ doit aller dans une école magique, s’il veut
mettre son champ en ordre.
23. La magie est la meilleure théologie ; car en elle est fondée et se trouve
la vraie foi ; et celui-là est un fou qui s’excuse sur ce qu’il ne la connaît pas, et il
calomnie à Dieu et à soi-même, et est encore plus imposteur qu’un théologien
intelligent.
24. Tel que quelqu’un qui se bat devant un miroir, et ne sait pas ce que
c’est qu’un combat, puisqu’il se bat de dehors ; de même un injuste théologien
voit la magie au travers d’une glace de miroir, et ne comprend rien à la puissance,
car elle est divine, et lui non divin, et même aussi diabolique selon la propriété
de chaque principe.
VI
Du Mystère. Ce que c’est
1. Le mystère n’est autre chose que la volonté magique, qui existe en-
core dans le désir, qui peut se représenter dans le miroir de la sagesse comme il le
veut. Et tel qu’il se modèle dans la teinture, tel aussi il est saisi dans la magie, et
est conduit en substance.
2. Car le grand mystère n’est rien que la chose cachée dans la divinité
par l’essence de toutes les essences, d’où sort un mystère l’un après l’autre, et la fi-
guration ; et c’est la grande merveille de l’éternité, dans laquelle tout est enfermé,
et a été vu de toute éternité dans le miroir de la sagesse ; et rien n’arrive qui n’ait
été connu de toute éternité dans le miroir de la sagesse.
3. Mais vous devez la comprendre selon les propriétés du miroir, selon
toutes les formes de la nature, ou selon la lumière et les ténèbres, selon la com-
préhensibilité ou l’incompréhensibilité, selon l’amour et la colère, ou selon le feu
et la lumière, comme cela a été exposé ailleurs.
4. Le mage a le pouvoir d’agir dans ce même mystère selon sa volonté,
et peut faire ce qu’il veut.
5. Mais il doit être armé dans cette même substance dans laquelle il veut
opérer, ou bien il sera rejeté comme un étranger, et livré au pouvoir des esprits,
91
DE LA BASE SUBLIME ET PROFONDE DES SIX POINTS THéOSOPHIQUES
de cette même substance, pour être ballotté avec elle selon son désir ; ce dont il
ne faut rien tracer de plus ici à cause de la turba.
fin
92
MYSTERIUM PANSOPHICUM
OU
INSTRUCTION FONDAMENTALE
SUR LE MYSTÈRE CÉLESTE
ET TERRESTRE
EN IX TEXTES
(1620)
Second Texte
94
Troisième Texte
Quatrième Texte
1. Si donc l’attract est un désir, et si ce même désir est une vie, alors
cette même vie désirante procède devant soi dans l’attrait, et est toujours en-
ceinte de l’attrait.
2. Et le désir est un fort attirant, et n’a cependant que soi-même, ou
l’éternité sans-fond, et attire magiquement, savoir son désir même comme une
substance.
3. Car la volonté prend alors là où il n’y a rien ; elle est un souverain,
et elle possède, et n’est elle-même aucun être ; et cependant elle domine dans
l’être, et l’être la rend désirante, savoir particulièrement de l’être ; et comme elle
est alors désirante en soi, elle est magiquement et s’engrosse elle-même, savoir
par l’esprit sans être ; car dans l’origine elle n’est qu’esprit. Ainsi elle n’opère dans
son imagination qu’en esprit, et devient enceinte de l’esprit, ou de l’éternelle
connaissance du sans-fond, dans toute la puissance de la vie, sans être.
95
DE LA BASE SUBLIME ET PROFONDE DES SIX POINTS THéOSOPHIQUES
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DE LA BASE SUBLIME ET PROFONDE DES SIX POINTS THéOSOPHIQUES
Cinquième Texte
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DE LA BASE SUBLIME ET PROFONDE DES SIX POINTS THéOSOPHIQUES
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DE LA BASE SUBLIME ET PROFONDE DES SIX POINTS THéOSOPHIQUES
Sixième Texte
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DE LA BASE SUBLIME ET PROFONDE DES SIX POINTS THéOSOPHIQUES
Septième Texte
100
DE LA BASE SUBLIME ET PROFONDE DES SIX POINTS THéOSOPHIQUES
5. Car le feu est l’épreuve de toutes les couleurs. Dans lui aucune ne
subsiste que le blanc, puisqu’il est un éclat de la majesté de Dieu.
(La couleur noire n’appartient point au mystère, mais elle est le couvercle ou
le ténèbre où tout est en dedans.)
6. Nous trouvons en outre ici l’arbre des langues, ou les langages, aussi
avec quatre alphabets ; savoir, le premier est marqué par les caractères du mys-
tère. Là est le langage de la nature, qui est la racine dans toutes les langues, et qui
n’est cependant pas connu dans la génération de la multiplicité ou de la pluralité
des langues, c’est-à-dire de ses propres enfants auxquels le mystère lui-même
donne l’intelligence, car c’est une merveille de Dieu.
(Cet alphabet du langage de la nature reste caché dans la couleur noire parmi
toutes les autres, car la couleur noire n’appartient point au nombre des couleurs.
Elle est un mystère et non comprise, excepté de celui qui a le langage de la na-
ture, car elle s’ouvre par l’Esprit-Saint.)
7. Et le second alphabet est l’hébraïque, qui ouvre le mystère, et nomme
l’arbre avec les rameaux et les branches.
8. Le troisième est le grec, qui nomme l’arbre avec le fruit et tous les
ornements, et qui exprime juste la perspicacité.
9. Et le quatrième est le latin, dont s’aident plusieurs peuples et langues,
et qui prononce l’arbre avec son pouvoir et ses vertus.
10. Et la cinquième est l’esprit de Dieu, qui est l’ouvreur de tous les al-
phabets ; et cet alphabet, aucun homme ne peut l’apprendre, à moins qu’il ne
s’ouvre lui-même dans l’esprit de l’homme.
11. Ainsi ces alphabets dérivent des couleurs du grand mystère, et se
partagent ensuite dans la somme de 77 langages, où cependant nous n’en recon-
naissons que cinq comme principales langues, et 72 pour les merveilles, dans
lesquelles Babel est entendue, comme une bouche d’une substance égarée. Là,
la raison a abandonné son conducteur, et a voulu aller seule, et monter dans le
mystère.
12. Ainsi qu’on peut le reconnaître aux enfants de Nemrod, à la tour de
Babel, lorsqu’ils tombèrent de l’obéissance dans la propre raison ; ils perdirent
alors leur conducteur, et égarèrent leur raison, en sorte qu’ils ne comprennent
pas leur propre langue.
101
DE LA BASE SUBLIME ET PROFONDE DES SIX POINTS THéOSOPHIQUES
Huitième Texte
1. Ainsi nous voyons ici l’origine de la double [espèce de] religion d’où
est née l’idolâtre Babel ; et ce sont les païens et les Juifs.
2. Car Babel est dans l’une et l’autre, et ce sont deux races en une.
L’une, qui de sa raison, [c’est-à-dire, de l’esprit et de la vie de la nature], procède
devant soi, et cherche à s’élever soi-même. Elle se fait une voie dans son essence ;
car sa volonté sort de son propre attrait, et cherche sa magie, ou un grand nom-
bre pour son régime, une multiplicité, et va simplement hors de soi, devant soi.
Sa volonté demeure dans sa multiplicité, et sa multiplicité est son Dieu et son
conducteur.
3. Et si la libre volonté de Dieu marche contre elle et la punit, alors
l’idolâtre ne fait qu’en imposer avec la bouche à la libre volonté, ou à l’esprit de
Dieu : et il honore sa propre volonté dans le nombre de la multiplicité ; car cette
même volonté est engendrée de son trésor et de sa magie, et ne saisit point la
libre volonté de Dieu, et c’est pour cela qu’il est engendré de la chair et du sang
de sa propre nature, et c’est un enfant de ce monde ; il regarde son trésor comme
102
DE LA BASE SUBLIME ET PROFONDE DES SIX POINTS THéOSOPHIQUES
son amour ; ainsi il est alors un hypocrite et une Babel égarée ; car les nombres de
la multiplicité où sa propre magie l’a égaré, en sorte qu’il passe d’un nombre en
plusieurs. Alors cette multiplicité est une Babel égarée, et son hypocrite bouche
avec laquelle il donne de bonnes paroles à l’Esprit de l’unité, et le loue beaucoup,
est un Antéchrist et une menteuse ; car il agit autrement qu’il ne parle ; son cœur
est un attract, et l’esprit de son cœur s’est tourné dans l’attrait.
4. Ainsi le mage de la multiplicité est un dévorateur insensé, orgueilleux
et cupide, et un esprit de la multiplicité désirante, et un idolâtre fourbe. Il ne
s’attache qu’à la libre volonté de la nature, qui a en son pouvoir la puissance des
merveilles, et n’a aucune intelligence dans le divin mystère, car il ne s’attache pas
à ce même esprit avec sa volonté ; autrement, si sa volonté était tournée dans la
liberté, alors l’esprit de Dieu ouvrirait son mystère magique ; et ses merveilles et
son œuvre resteraient en Dieu avec sa volonté.
5. Mais si maintenant il sort de soi, alors le commencement cherche
la fin, et le milieu est la tourbe. Car il n’est point dans la libre volonté de Dieu ;
mais il croît de soi-même, et il s’élève comme un arbre insensé.
6. Et comme donc Dieu n’est qu’un en volonté, et est un dans l’éternel
désir ou dans l’éternelle magie, en sorte que l’attrait de l’éternelle magie se donne
ainsi maintenant à l’éternelle volonté, et puise là-dedans sa vie ; alors la volonté
qui dérive de la génération est comme un proscrit, et une prostituée parjure ; car
elle est une engendreuse de la fausseté, et n’est point attachée à la volonté libre.
7. Et nous entendons ici une séparation de Dieu, comme Lucifer est
une cause de tout ceci, lui qui a rendu la magie de la nature un faux attract, et
ainsi dans elle sont engendrées deux éternelles vies ; savoir, l’une dans la volonté
de Dieu, et l’autre dans la volonté du démon et de la colère, et cela est Babel avec
l’Antéchrist sur la terre.
8. Tout ce qui passe de la volonté de Dieu dans sa propre volonté, ap-
partient à Babel, ce que l’on voit aux Juifs, aux païens, aussi bien qu’à tous les
peuples.
9. Les païens demeurent dans leur propre magie, laquelle a passé de
l’attrait de la corruption dans la lumière de la nature ; tant qu’ils ne connurent
point Dieu, et qu’ils vécurent dans la pureté, ces mêmes païens furent enfants de
la libre volonté ; et parmi eux l’esprit de la liberté a ouvert de grandes merveilles
dans son mystère, comme cela se reconnaît à sa sagesse qui le dépose.
103
DE LA BASE SUBLIME ET PROFONDE DES SIX POINTS THéOSOPHIQUES
10. Mais les autres qui n’ont vécu que dans leur propre magique volonté
d’esprit, de chair et de sang, leur volonté se noya dans la tourbe, et la tourbe
sourça dans leur volonté, et leur donna un esprit selon les essences de la cupidité
et de la colère, lesquelles ne cherchent que le nombre de la multiplicité ; savoir,
la domination et la royauté.
11. Et si la tourbe ne peut pas avancer, à cause de la puissance, alors elle
s’irrite, et commence des combats et des guerres ; et de là dérivent les guerres
d’orgueil et de cupidité pour la multiplicité, et qui appartiennent par le nombre
au mystère de la colère.
12. Tels étaient aussi les Juifs. Dieu se manifesta à eux, mais ils étaient
attachés à deux volontés ; savoir, une partie s’élevait dans la volonté de Dieu, et
dans ses ordonnances par leur volonté, comme les patriarches, et tous les saints
d’Israël par l’espérance ; les autres opéraient avec les mains l’œuvre de la loi, et
s’attachaient par leur volonté à leur magie empoisonnée ou à la cupidité, et ne
cherchaient que leur nombre de multiplicité ; leur bouche était juive, et leur
cœur une prostituée babilonique, un hypocrite, un Antéchrist, avec de bonnes
paroles, et un faux et cupide cœur.
13. Ainsi la prostituée babilonique s’est assise avec l’Antéchrist parmi la
chrétienté et parmi tous les peuples ; là dans un [même] peuple demeurent en-
semble deux règnes, et ils ne se mêlent point dans l’esprit intérieur, de manière à
ne devenir qu’un, comme l’argile et le fer ne se mêlent point ; ils se mêlent bien
selon le corps, mais leurs esprits sont deux familles, ainsi que dit le prophète
Daniel.
14. C’est pourquoi si vous voulez connaître l’Antéchrist, cherchez-le de
cette manière, vous le trouverez dans toutes les maisons. Mais le père est la pros-
tituée couronnée ; et ses parrains qui l’élèvent du baptême de la prostitution,
sont des hurleurs qui vont de la volonté une de Dieu dans les volontés multiples,
pour n’hériter que du nombre de la multiplicité, et pouvoir engraisser leur ventre
terrestre.
15. Et la seconde partie de la libre volonté de Dieu va de sa volonté magi-
que, hors de soi, dans la liberté, ou dans l’unique insaisissable volonté de Dieu ;
ils restent tournés en arrière dans la figure magique. Leur vie cherche le pain, et
marche devant soi, et leur volonté n’est pas dans le pain, mais elle sort de soi, de
l’attrait en Dieu. Et ils vivent avec la volonté en Dieu, dans un [seul] nombre. Ils
sont les enfants de l’éternelle vraie magie. Car l’esprit de Dieu demeure dans leur
104
DE LA BASE SUBLIME ET PROFONDE DES SIX POINTS THéOSOPHIQUES
volonté, et leur ouvre les éternelles merveilles de Dieu ; et l’esprit de leur vie, les
merveilles de ce monde.
16. Et ils sont affranchis libres de Babel et de l’Antéchrist, quand ils s’as-
soiraient dans son sein. Car la vraie image de Dieu est dans l’esprit de la volonté
qui est engendré de l’esprit de l’âme.
Neuvième Texte
105
DE LA BASE SUBLIME ET PROFONDE DES SIX POINTS THéOSOPHIQUES
loin, ou bien tu seras attrapé dans ta tourbe. Alors il te faudra passer par le feu de
Dieu avec ta substance, et toute œuvre qui sera hors de la volonté de Dieu, devra
rester dans le feu.
5. Mais ce qui est engendré de la volonté de Dieu doit rester pour l’hon-
neur et la merveille de Dieu, et pour l’éternelle joie de l’image de Dieu.
6. Maintenant pense à ce que tu fais, car Babel est déjà en flamme, et
elle brûle ; il n’y a plus rien qui l’éteigne, ni aucun remède. Elle a été reconnue
mauvaise, son règne va à sa fin, etc.
alléluia
106
DE LA BASE SUBLIME ET PROFONDE DES SIX POINTS THéOSOPHIQUES
Préface au lecteur. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
MYSTERIUM PANSOPHICUM
Premier Texte . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 94
Second Texte. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 94
Troisième Texte . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 95
Quatrième Texte . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 95
Cinquième Texte. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 97
107
DE LA BASE SUBLIME ET PROFONDE DES SIX POINTS THéOSOPHIQUES
Sixième Texte . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 99
Septième Texte. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 100
Huitième Texte. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 102
Neuvième Texte. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 105
108