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Optimalité de Pareto en Microéconomie

Ce document présente un aide-mémoire de microéconomie en plusieurs chapitres, notamment sur le consommateur, l'équilibre concurrentiel et les économies avec production.

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Aide-mémoire de Microéconomie 2

Françoise Forges ([Link]@[Link])


2008-2009

Manuel de référence: J.-M. Tallon, “Equilibre général: une introduction”,


Eds Vuibert, 1997, disponible en ligne

Table des matières

Chapitre I : Le consommateur

Chapitre II : Economies d’échange

A. Equilibre concurrentiel
B. Optimalité de Pareto

Chapitre III : Economies avec production

Application: Equilibre général calculable (extrait de P. Picard, “Eléments


de microéconomie”, Eds Montchrestien, 1998)

Chapitre IV : Externalités et biens publics (à voir directement dans le


manuel de référence, chapitre XI)

Appendice: Représentations graphiques pour les chapitres I à III

1
Introduction, notations
Equilibre général:
Tous les biens l = 1; :::; L
Tous les agents i = 1; :::; N
Dans un premier temps: économie d’échange pur
Les biens, initialement détenus par les agents (ou consommateurs) sont
échangés entre ceux-ci, de manière à maximiser leur satisfaction individuelle,
compte tenu des ressources disponibles

Données:
ei 2 RL+ : dotation initiale de i, i = 1; :::; N
%i : préférences de i sur les paniers de biens, i = 1; :::; N

Equilibre concurrentiel (p; z 1 ; :::; z N )


p = (p1 ; :::; pL ) 2 RL+ vecteur de prix
(z 1 ; :::; z N ) 2 (RL+ )N : allocation de biens
tels que
(1) z i (i = 1; :::; N ) maximise les préférences %i de i sous sa contrainte
budgétaire
(2) les marchés (l = 1; :::; L) s’apurent

Conditions garantissant l’existence (et, éventuellement, l’unicité) d’un tel


équilibre? Propriétés d’un tel équilibre? Conditions d’application?

2
Chapitre I: Le consommateur
I.1 Préférences, fonction d’utilité
On considère un consommateur typique (on omet donc l’indice i)
z = (z1 ; :::; zL ) 2 RL+ désigne un panier de biens
zl : quantité de bien l
Le consommateur a des préférences % sur RL+ :
z % z 0 : le consommateur préfère z à z 0 (et peut être indi¤érent entre z et
z0)
z s z 0 , z % z 0 et z 0 % z: il est indi¤érent entre z et z 0
z z 0 , z % z 0 et non z 0 % z: il préfère strictement z à z 0

Dé…nition: une fonction d’utilité u : RL+ ! R représente % si z % z 0 ,


u(z) u(z 0 )
Remarque: Si u représente % et f : R ! R est une fonction strictement
croissante, f u représente aussi %

Hypothèses: % est une relation


transitive: 8z; z 0 ; z 00 2 RL+ : z % z 0 et z 0 % z 00 ) z % z 00
complète: 8z; z 0 2 RL+ : z % z 0 ou z 0 % z
continue: 8 suites zt ! z, zt0 ! z 0 : zt % zt0 , t = 1; 2; ::: ) z % z 0

Proposition: Si % satisfait les hypothèses ci-dessus, 9u : RL+ ! R continue


qui représente %

Autres propriétés usuelles des préférences % :


monotones (, u est croissante): z z 0 (c.à.d. zl > zl0 , l = 1; :::; L)
0 0
) z z (, u(z) > u(z ) )
strictement monotones (, u est strictement croissante): z > z 0 (c.à.d.
z z 0 et z 6= z 0 ) ) z z 0 (, u(z) > u(z 0 ) )
convexes: 8z 2 RL+ : P = fz 0 : z 0 % zg est un ensemble convexe, c.à.d.
z 0 % z et z 00 % z ) z 0 + (1 )z 00 % z, 8 0 < < 1
En termes d’une fonction d’utilité u représentant %: fz 0 : u(z 0 ) rg
convexe 8r 2 R; on dit que u est quasi-concave.
Proposition: u est quasi-concave , 8z 6= z 0 u( z+(1 )z 0 ) minfu(z); u(z 0 )g,
8 0 < < 1. Démonstration: exercice

strictement convexes: z 0 % z, z 00 % z et z 0 6= z 00 ) z 0 + (1 )z 00 z,
8 0 < < 1; u représentant % est alors strictement quasi-concave (inégalité
ci-dessus stricte)

3
Autres propriétés de la fonction d’utilité u:
u est di¤érentiable
u est concave: 8z; z 0 u( z +(1 )z 0 ) u(z)+(1 )u(z 0 ), 8 0 < < 1
Proposition: u concave ) u quasi-concave, mais l’inverse n’est pas vrai.
Démonstration: exercice
Proposition: si u est di¤érentiable deux fois continûment, u est concave
, D2 u(z) est semi-dé…nie négative 8z

I.2 Le taux marginal de substitution


Pour …xer les idées: L = 2. On note les paniers de biens z = (x; y) 2 R2+
Dé…nition: le taux marginal de substitution du second bien, y, pour le
premier, x, en un point (x0 ; y0 ), noté T M Sy!x (x0 ; y0 ), est la quantité de
bien y qu’il faut donner au consommateur pour compenser la perte marginale
d’une unité de bien x en ce point
Si la fonction d’utilité u est di¤érentiable, T M Sy!x (x0 ; y0 ) correspond à
la valeur absolue de la pente de la courbe d’indi¤érence en (x0 ; y0 ):
dy
T M Sy!x (x0 ; y0 ) = dx ju(x;y)=u(x0 ;y0 )

En di¤érentiant u(x; y) = c (où c est une constante), on trouve


@u
@u @u dy (x;y)
@x
(x; y)dx + @y
(x; y)dy =0, dx
= @x
@u
(x;y)
@y
On déduit @u
(x0 ;y0 )
T M Sy!x (x0 ; y0 ) = @x
@u
(x0 ;y0 )
@y

I.3 La contrainte budgétaire


L biens; p = (p1 ; :::; pL ) 2 RL++ : vecteur de prix, donné
pl : prix d’une unité de bien l, quelle qu’en soit la quantité
w 2 RL+ : revenu du consommateur, provenant par exemple d’une dotation
initiale e = (e1 ; :::; eL ) 2 RL+ : w = p1 e1 + ::: + pL eL = p:e
Le consommateur peut acquérir les paniers de biens z = (z1 ; :::; zL ) 2 RL+
dont la valeur ne dépasse pas le revenu disponible w, c.à.d. tels que p:z w.
C’est la contrainte budgétaire (C.B.) du consommateur
Si L = 2, on note le panier de biens z = (x; y), et le prix p = (px ; py ). La
contrainte budgétaire est px x + py y w
En fonction d’une dotation initiale e = (ex ; ey ): px x + py y px ex + py ey
La C.B. correspond donc à une droite de pente ppyx , passant par le point
e = (ex ; ey )
px
py
= quantité de bien y qu’on peut acquérir avec 1 unité de bien x

4
I.4 L’optimisation du consommateur
Pour …xer les idées: L = 2. Le problème du consommateur qui dispose
d’un revenu w est
max(x;y) u(x; y) sous x 0, y 0 et px x + py y w
Ce problème a une solution dès lors que u est continue et px > 0, py > 0
On suppose u croissante, de sorte que la C.B. sera saturée: px x + py y = w
Supposons de plus u di¤érentiable; on dispose alors de conditions néces-
saires pour un optimum “intérieur” x > 0, y > 0 : 9 > 0 tel que
(x ; y ; ) maximise le lagrangien L(x; y; ) = u(x; y) (px x + py y w)
Les conditions du premier ordre sont @L
@x
= @L
@y
= @L
@
= 0
@L
@
(x; y; ) = 0 , C.B.
@L
@x
(x; y; ) = @u
@x
(x; y) px = 0 (1)
@L @u
@y
(x; y; ) = @y (x; y) py = 0 (2)
@u @u
(x;y) @y
(x;y)
(1) et (2) , = @x
px
= py
d’où, à l’optimum (x ; y ),
@u
px (x ;y )
py
= @x
@u
(x ;y )
= T M Sy!x (x ; y ) (3)
@y

Intuition de ppxy = T M Sy!x (x ; y ) : supposons T M Sy!x (x ; y ) < ppxy .


En vendant 1 unité de bien x, le consommateur obtiendrait un revenu px qui
lui permettrait d’acheter ppxy unités de bien y et ppxy > la quantité de bien y
qui compense la perte d’1 unité de bien x: (x ; y ) ne peut être un optimum

Proposition: Si les préférences du consommateur sont strictement con-


vexes, c.à.d. si u est strictement quasi-concave, le problème d’optimisation
du consommateur a une solution unique
Dans ce cas, (3) et la C.B. permettent de déduire la fonction de demande
du consommateur:
x = dx (p; w), y = dy (p; w)
ou, en remplaçant w par px ex + py ey ,

x = Dx (p; e), y = Dy (p; e)

Remarque 1: Si u n’est pas strictement quasi-concave, le problème d’optimisation


du consommateur peut avoir plusieurs solutions et on fait face à une corre-
spondance de demande
Remarque 2: Le problème d’optimisation est soluble dès que u est con-
tinue, même si u n’est pas di¤érentiable, mais alors, on ne peut pas recourir

5
aux conditions du premier ordre (voir par exemple les fonctions d’utilité de
Leontief ou “min”en T.D.)
Remarque 3: Si u est di¤érentiable, les conditions du premier ordre sont
juste nécessaires pour une solution x > 0, y > 0 mais x = 0 ou y = 0
est concevable (voir par exemple les fonctions d’utilité linéaires en T.D.)

Résumé et généralisation à L biens


p 2 RL++ , w 2 R+ …xés
d(p; w) = fz 2 RL+ : u(z ) = maxz 0 u(z) sous p:z wg
dé…nit la demande du consommateur
Supposons u di¤érentiable; si les conditions du premier ordre
@u
@zl
(z ) = pl , l = 1; :::; L (C.P.O.) et p:z = w (C.B.)
sont satisfaites en z 0, alors z 2 d(p; w)
@u
@zl
(z ) pl
(C.P.O.) ) T M Sk!l (z ) = @u
(z )
= pk
8k; l
@zk

Si d(p; w) est un singleton, z (p; w), 8p, on peut parler de fonction de


demande du consommateur: d(:; w) : p ! d(p; w) 2 RL+

Interprétation du multiplicateur de Lagrange


On suppose u di¤érentiable et la fonction de demande bien dé…nie; on
…xe p et on note z (w) = d(p; w) pour ce p; u(z (w)) représente le niveau
d’utilité du consommateur à l’optimum
du(z (w)) P @u dzl (w) P dzl (w)
dw P
= l @z l
(z (w)) dw = l pl dw =
d
dw
[ l pl zl (w)] = , qui est donc l’utilité marginale du revenu

Propriétés de la fonction de demande (supposée bien dé…nie)


Homogène de degré 0 par rapport au prix et au revenu: d( p; w) =
d(p; w) 8 > 0. De même, en fonction des dotations initiales, D( p; e) =
D(p; e). Démonstration: exercice
Loi de Walras: p:d(p; w) = w ou p:[D(p; e) e] = 0; D(p; e) e s’appelle
la “demande excédentaire”. Démonstration: exercice
Continuité par rapport à p 0: sous nos hypothèses de préférences
continues et monotones. Attention: pl ! 0 ) dl (p; w) ! 1!

6
Chapitre II: Economies d’échange
Une économie d’échange E = fL; N; (ei ; ui )1 i N g consiste en
L biens, l = 1; :::; L
N agents (ou consommateurs) i = 1; :::; N caractérisés chacun par une
dotation initiale ei 2 RL+ et des préférences %i sur RL+ , représentées par une
fonction d’utilité ui

II.A. Equilibre concurrentiel


Dé…nition: Un équilibre concurrentiel (p; z 1 ; :::; z N ) pour E = fL; N; (ei ; ui )1 i Ng
consiste en
un vecteur de prix p = (p1 ; :::; pL ) 2 RL+
une allocation z = (z 1 ; :::; z N ) 2 (RL+ )N
tels que
8i = 1; :::; N , z i maximise l’utilité ui de i sous sa Pcontrainte budgétaire:
PL
i i
z est solution de max 2RL+ u ( ) sous p: p:e c.à.d. Ll=1 pl l
i i
l=1 pl el ,
i = 1; :::; N P PN i PN i
les marchés (l = 1; :::; L) s’apurent: N z i
= e c.à.d. i=1 zl =
PN i i=1 i=1
i=1 el , l = 1; :::; L

Interprétation: “main invisible”


- Le systéme de prix su¢ t à équilibrer les demandes des agents, qui
n’agissent que pour maximiser leurs préférences individuelles
- Les agents sont négligeables, ils n’ont pas d’in‡uence sur les prix (par
exemple, ils sont très nombreux)

Théorème fondamental: existence


Si Pl’économie E = fL; N;P (ei ; ui )1 i N g satisfait:
N i N i
i=1 e 0 (c.à.d. i=1 el > 0, l = 1; :::; L : tous les biens sont
présents dans l’économie)
la fonction d’utilité ui de chaque agent i (i = 1; :::; N ) est continue,
strictement croissante et strictement quasi-concave
Alors E a (au moins) un équilibre concurrentiel

Remarques: Le théorème donne simplement des conditions su¢ santes


pour l’existence d’un équilibre. Une démonstration standard du résultat fait
appel à un théorème de point …xe; nous y reviendrons. Une économie qui ne
satisfait pas les conditions ci-dessus peut néanmoins avoir un équilibre (voir
par exemple les fonctions d’utilité de Leontief ou linéaires en T.D.). L’unicité,
question délicate, fait l’objet d’énoncés de nature tout à fait di¤érente.

7
Calcul pratique d’équilibres et boîte d’Edgeworth
2 biens x, y
2 consommateurs 1,2 de dotations initiales respectives e1 = (e1x ; e1y ), e2 =
(e2x ; e2y ) et de fonctions d’utilité respectives u1 , u2
On se place dans le cas “régulier”: e1x +e2x > 0, e1y +e2y > 0, u1 , u2 continues,
strictement croissantes, strictement quasi-concaves et de plus, continûment
di¤érentiables
Un équilibre consiste en une paire de prix p = (px ; py ) et une allocation
((x ; y ); (x2 ; y 2 ))
1 1

(Etape 1) La résolution des problèmes d’optimisation individuels fournit


les demandes (x1 (p); y 1 (p)) et (x2 (p); y 2 (p)) de chaque consommateur, en
fonction de p:
En supposant une solution xi > 0, y i > 0, i = 1; 2:
@ui
i (xi ;y i ) px
T M Sy!x (xi ; y i ) = @x
@u i = py
(C.P.O.)
@y
(xi ;y i )
px xi + py y i = px eix + py eiy (C.B.)
1 px
En particulier, T M Sy!x (x1 ; y 1 ) = T M Sy!x
2
(x2 ; y 2 ) = py

(Etape 2) Les conditions d’apurement des marchés:


x1 (p) + x2 (p) = e1x + e2x (i), y 1 (p) + y 2 (p) = e1y + e2y (ii)
permettent de déduire p = (px ; py )
(i) et (ii) ne sont pas indépendantes: chaque agent sature sa contrainte
budgétaire, d’où
px [x1 (p) + x2 (p) e1x e2x ] + py [y 1 (p) + y 2 (p) e1y e2y ] = 0
on garde donc un degré de liberté pour le vecteur de prix, qu’on peut
normaliser; par exemple, px + py = 1, px = 1 (bien x numéraire), etc.
Ayant déterminé p, on trouve l’allocation d’équilibre ((x 1 ; y 1 ); (x 2 ; y 2 ))
en remplaçant p dans l’expression des demandes des consommateurs

Remarque: si les fonctions d’utilité ne sont pas di¤érentiables, ou si la


solution du problème d’optimisation d’un des deux consommateurs n’est pas
strictement positive, on peut suivre la même démarche, c.à.d.
- Etape 1: déterminer la (fonction de) demande de chacun des consom-
mateurs
- Etape 2: véri…er pour quel(s) prix ces demandes sont compatibles, au
sens où les marchés s’apurent
MAIS on ne peut plus égaliser d’emblée les T M S !!! (voir exemples en
T.D.)

8
Quelques éléments de démonstration du théorème fondamen-
tal d’existence d’un équilibre concurrentiel dans une économie
d’échange
Résultat auxiliaire (théorème de point …xe de Brouwer): Soit S RL , S 6= ;,
compact, convexe et g : S ! S une fonction continue. Sous ces hypothèses,
g a un point …xe, c.à.d. 9 p 2 S tel que g(p ) = p
Remarque: la continuité de g est essentielle, y compris “au bord”

Soit E = fL; N; (ei ; ui )1 i N g une économie d’échange satisfaisant les


hypothèses du théorème. Les dotations initiales ei resteront P …xées
Soit S l’ensemble des prix normalisés: S = fp 2 RL+ : l pl = 1g
int S = fp 2 S: p 0g
Comme ui est strictement croissante et strictement quasi-concave, la fonc-
tion de demande du consommateur i, di : S ! RL+ , est bien dé…nie et satisfait
la loi de Walras p:di (p) = p:ei , 8 p 0
La fonction de demande excédentaire f i est dé…nie par f i (p) = di (p) ei .
Par la loi de Walras, p:f i (p) = 0, 8 p 0
Les hypothèses garantissent que f i : S ! RL+ est continue sur int S.
Cependant, si pl ! 0, fli (p) ! 1, ce qui est de nature à poser quelques
problèmes techniques. Dans ces éléments de démonstration, nous les nég-
ligerons P
Soit f = N i
i=1 f la demande excédentaire P agrégée
Par la loi de Walras, p:f (p) = 0, c.à.d. l pl fl (p ) = 0 8 p 0
p est un prix d’équilibre concurrentiel , f (p ) = 0
Un tel prix existe dès que 9 p 0: f (p ) 0
P En e¤et, on a alors p f
l l (p ) 0, l = 1; :::; L; par la loi de Walras
( l pl fl (p ) = 0), on déduit fl (p ) = 0, l = 1; :::; L

Etape principale du raisonnement: lemme


Supposons que h : S ! S soit une fonction continue (sur tout S) telle
que p:h(p) = 0 8 p 2 S; alors 9 p 2 S tel que h(p ) 0, c.à.d. hl (p ) 0,
l = 1; :::; L
Remarque: le lemme ne s’applique pas directement à la fonction de de-
mande excédentaire agrégée dans la mesure où sa dé…nition au bord pose
problème
Démonstration du lemme: on dé…nit une fonction g : S ! S
pl + maxf0; hl (p)g
gl (p) = P l = 1; :::; L
1 + k maxf0; hk (p)g

9
Intuition: si hl (p) 0, on maintient le prix du bien l; si hl (p) > 0, on
l’augmente
Par le théorème de Brouwer, 9 p 2 S : p = g(p )
X
pl maxf0; hk (p)g = maxf0; hl (p )g l = 1; :::; L
k

En multipliant par hl (p ) et en sommant sur l


X X X
pl hl (p ) maxf0; hk (p)g = hl (p ) maxf0; hl (p )g
l k l

Comme p:h(p) = 0,
X
0= hl (p ) maxf0; hl (p )g ) hl (p ) 0 l = 1; :::; L
l

ce qui établit le lemme

Exemple: l’unicité (globale) de l’équilibre n’est pas garantie par


les hypothèses du théorème d’existence
1 1
u1 (x; y) = ( x + y ) , u2 (x; y) = (x + y ) (fonctions d’utilité à
élasticité de substitution constante, voir T.D.) avec = 2
e1 = (1; 0), e2 = (0; 1)
1 1
d1x (p) + d2x (p) = 1 , ar3 r2 + r a = 0, où r = ( ppxy ) 3 et a = 3

, (r 1)(ar2 + (a 1)r + a) = 0
p
Pour = 64,p
a = 41 , (r 1)(r2 3r + 1) = 0 a 3 racines: r = 1;
3+ 5
2
= 2; 62; 3 2 5 = 0; 38. On a donc 3 prix d’équilibre possibles

10
II.B. Optimalité de Pareto
Economie d’échange E = fL; N; (ei ; ui )1 i N g P P
Une allocation z = (z 1 ; :::; z N ) 2 (RL+ )N est réalisable si N zi = N
i=1 e
i
PN i PN i i=1
c.à.d. i=1 zl = i=1 el , l = 1; :::; L
Soient z et ze des allocations réalisables; ze Pareto-domine z si 8 1 i N ,
ui (e
z i ) ui (z i ) et 9 1 j N , uj (e z j ) > uj (z j )
Une allocation (réalisable) z est Pareto-optimale si elle n’est Pareto-
dominée par aucune allocation (réalisable)

Remarque 1: La Pareto-dominance ne permet pas nécessairement de com-


parer deux allocations données
Remarque 2: Le concept d’optimum de Pareto ne fait pas appel à la
notion de prix
Remarque 3: A un optimum de Pareto, il n’existe plus d’échange mutuelle-
ment avantageux
Remarque 4: Les optima de Pareto dépendent de la dotation initiale
totale des agents, non de la répartition de cette dotation entre les agents

Premier théorème du bien-être


Soit E = fL; N; (ei ; ui )1 i N g une économie dans laquelle les fonctions
d’utilité ui , i = 1; :::; N , sont croissantes; si (p; ze) est un équilibre concur-
rentiel, ze est une allocation Pareto-optimale
Démonstration: Puisque (p; ze) est un équilibre, on a, pour chaque i,
compte tenu de la croissance de ui , 8 i 2 RL+
p: i p:ei ) ui ( i ) ui (e zi)
i i i i i i
p: < p:e ) u ( ) < u (e z) PN i
Par l’absurde, supposons que ze soit Pareto-dominée par z: i=1 z =
PN i i i i i j j j j
i=1 e . 8 1 i N , u (z ) u (e z ) et 9 1 j N , u (z ) > u (e z )
i i j j
On doit avoir 8P1 i N , p:z P p:e et 9 1 j PN , p:z > p:e P
En sommant, N i
i=1 (p:z ) >
N i
i=1 (p:e ), c.à.d. p:
N i
i=1 z > p:
N i
i=1 e ,
P P
mais ceci contredit N i
i=1 z =
N i
i=1 e : cqfd

Résultat auxiliaire: théorème de séparation


Théorème: Soit A; B RN deux ensembles convexes disjoints (A \ B =
;). Il existe 2 RN , 6= 0 et c 2 R tels que :x > c 8x 2 A et :y < c
8y 2 B
Corollaire: Soit B RN un ensemble convexe et x 2
= int(B). Il existe
N
2 R , 6= 0, tel que :x :y 8y 2 B

11
Second théorème du bien-être
Soit E = fL; N; (ei ; ui )1 i N g une économie dans laquelle les fonctions
d’utilité ui , i = 1; :::; N , sont strictement croissantes et quasi-concaves; si ze =
(ez 1 ; :::; zeN ) est une allocation Pareto-optimale telle que zei 0, i = 1; :::; N ,
ze est une allocation d’équilibre concurrentiel de E 0 = fL; N; (e z i ; ui )1 i N g,
c.à.d. 9 p tel que zei maximise ui (z i ) sous p:z i p:e z i i = 1; :::; N
Base de la démonstration: P i = fz i 2 RL+ : ui (z i ) > ui (e z i )g, i = 1; :::; N
i i
P est Pconvexe par la quasi-concavité
P i i de ui
i L
P = i P = fz 2 R+ : z = i z , z 2 P , i = 1; :::; N g
P est également
P i convexe
Soit = i ze ; comme ze est Pareto-optimale, 2 =P
L
Par le théorème de séparation, 9 p 2 R , p 6= 0, tel que p: p:z, 8z 2 P
On véri…e ensuite (exercice): p > 0 et la condition d’optimalité de chaque
consommateur: 8 i = 1; :::; N , ui (z i ) > ui (e z i ) ) p:z i > p:e
zi

Remarque 1: Le second théorème du bien-être n’est pas nécessairement


vrai dans une économie où les préférences ne sont pas convexes (voir exemple
graphique)
Remarque 2: Pour faire de ze une allocation d’équilibre, on a modi…é les
dotations initiales de ei à zei , i = 1; :::; N , ce qui peut être lourd à réaliser.
Il su¢ t en fait d’e¤ectuer des transferts forfaitaires de richesse, compte tenu
des prix p qui permettent la décentralisation de ze
Pour énoncer précisément ce résultat: (p; z) 2 RL+ (RL+ )N est un équilibre
avec transferts de E = fL; N; (ei ; ui )1 i N g s’il existe w1 2 R, ...,wN 2 R tels
que P PN i
N i
i=1 w = p: i=1 e
8i = 1; :::; N , z i est solution de max 2RL+ ui ( ) sous p: wi , i = 1; :::; N
PN i PN i
i=1 z = i=1 e P
Le transfert à l’agent i est ti = wi p:ei , i = 1; :::; N ; N i
i=1 t = 0
Propriété: Si (p; z) est un équilibre concurrentiel, avec (p; z) est un équili-
bre avec transferts (il su¢ t de prendre wi = p:ei , i = 1; :::; N )

Variante du second théorème du bien-être: Soit E = fL; N; (ei ; ui )1 i N g


une économie dans laquelle les fonctions d’utilité ui , i = 1; :::; N , sont
strictement croissantes et quasi-concaves; si ze = (e z 1 ; :::; zeN ) est une allo-
i
cation Pareto-optimale telle que ze 0, i = 1; :::; N , ze est une allocation
d’équilibre avec transferts de E

12
Démonstration: Il su¢ t de prendre wi = p:e
z i , i = 1; :::; N , où p est le prix
qu’on a construit dans la démonstration précédente. Le transfert à l’agent i
est ti = p:e
z i p:ei

Caractérisation des optima de Pareto


Rappel: une allocation z = (z 1 ; :::; z N ) 2 (RL+ )N de E = fL; N; (ei ; ui )1 i N g
P PN i
est réalisable si N i
i=1 z = i=1 e
On considère l’ensemble des utilités réalisables:
V = f(v 1 ; :::; v N ) 2 RN : 9 une allocation réalisable z telle que v i ui (z i ),
i = 1; :::; N g
V est monotone: y v, v 2 V ) y 2 V
P V : frontière de Pareto de V
P V = f(v 1 ; :::; v N ) 2 V : @ (e v 1 ; :::; veN ) 2 V tel que 8 i vei v i et 9 j
vej > v j g
Proposition: une allocation réalisable z est Pareto-optimale , (u1 (z 1 ); :::; uN (z N )) 2
P V . Démonstration: exercice
On introduit i 0, le poids du consommateur i, i = 1; P :::; N
On considère le problème d’optimisation sociale maxv2V N i=1
i i
v (O.S.)
i
Proposition: Si 9 > 0, i = 1; :::; N tels que v = (v ; :::; v N ) soit
1

solution de (O.S.), v 2 P V
Démonstration: Par l’absurde, supposons v 2 = P V . Alors 9 (e v 1 ; :::; veN ) 2
i i j j i
V tel que P
P 8 i ve v et 9 j ve > v . Comme > 0 8 i, on en déduit
i i i i
i e
v > i v , contradiction, cqfd
Proposition: Si V est convexe, 8 ve 2 P V , 9 i 0, i = 1; :::; N , non
tous nuls ( 6= 0), tels que ve soit solution de (O.S.)
Démonstration: PN Soit ve 2 P
P V ; ve 2= int(V ). Par le théorème de séparation,
i i N i i
9 6= 0 tel que i=1 ve i=1 v 8v 2 V . Il reste à montrer que i 0,
j
8 i. Par l’absurde, supposons < 0 pour un certain j; en prenant v 2 V tel
que v j < 0, jv j j très grand, on aurait j v j > j vej , contradiction, cqfd
Remarque: Les propriétés ci-dessus s’appliquent même si l’ensemble des
utilités réalisables ne provient pas d’une économie d’échange, mais d’un prob-
lème de décision collective quelconque
Proposition: Si, dans l’économie d’échange E = fL; N; (ei ; ui )1 i N g, les
fonctions d’utilité ui sont concaves, V est convexe. Démonstration: exercice

13
Le problème d’optimisation sociale dans une économie d’échange P
Soit i > 0, i = 1; :::; N ; si ze est solution de maxz 0 N i i i
u (z ) sous
PN i PN i PN i PN i i=1
i=1 z i=1 e c.à.d. z
i=1 l i=1 le , l = 1; :::; L, e
z est une allocation
Pareto-optimale
Supposons les fonctions d’utilité ui croissantes et concaves, i = 1; :::; N .
Soit ze une allocation Pareto-optimale; 9 i P 0, i = 1; :::; N , nonPtous nuls
( 6= 0), tels que ze soit solution de maxz 0 N i i i
u (z ) sous N
i=1 z
i
PN i i=1
i=1 e
Si les fonctions d’utilité ui sont di¤érentiables, on considère les conditions
du premier ordre associées au problème d’optimisation sociale en z 0
PN i i i PL PN i PN i
L = i=1 u (z ) l=1 l i=1 zl i=1 el
@L i @ui
@zli
= @zli
(z i ) l = 0 i = 1; :::; N , l = 1; :::; L
i @ui
, l = @zli
(z i ) i = 1; :::; N , l = 1; :::; L
@ui
(z i )
i @z i
) T M Sl!k (z i ) = @ui
l
= l
8 i = 1; :::; N
(z i ) k
@z i
k
En une solution z 0, les T M S des agents (relatifs à une paire de biens
quelconques) sont égaux entre eux. On se rappelle que cette condition est
satisfaite en une allocation d’équilibre concurrentiel z (T M Sl!k i
(z i ) = ppkl , où
p est le prix d’équilibre). Par le premier théorème du bien-être, on s’attend
à cette propriété. Elle indique aussi comment calculer le prix qui permet de
décentraliser une allocation Pareto-optimale en un équilibre concurrentiel,
suivant le second théorème du bien-être: ppkl = kl
P
Exercice: soit el = N i
i=1 el la dotation totale en bien l, l = 1; :::; L et
ze = ze( ; e) 0 l’allocation Pareto-optimale dérivée P ci-dessus; montrer que
d N i i i
l est l’utilité sociale marginale de el , c.à.d. l = del [ i=1 u (e
z )]
i
Interprétation du poids de l’agent i à un optimum ze 0
i
On a vu que @u @zli
(z i ) = il (1)
Par le second théorème du bien-être, ze est une allocation d’équilibre;
on peut prendre pe = comme prix associé; soit i le multiplicateur de la
i i
contrainte budgétaire de l’agent i: @u@z(ezi ) = i pel = i l (2)
l
i 1 i
(1) et (2) ) = i c.à.d. est l’inverse de l’utilité marginale du revenu
de l’agent i

14
Chapitre III: Economies avec production
Une économie avec production (et propriété privée)
E = fL; N; M; (ei ; ui )1 i N ; (Qj )1 j M ; ( ij )1 i N;1 j M g consiste en
L biens, l = 1; :::; L
N agents (ou consommateurs) i = 1; :::; N caractérisés chacun par une
dotation initiale ei 2 RL+ et une fonction d’utilité ui
M entreprises j = 1; :::; M caractérisées chacune par un ensemble de
production Qj RL PN ij
une part ij 0 de l’entreprise j pour chaque agent i: i=1 = 1,
j = 1; :::; M

III.1 Le producteur
On considère un producteur typique (on omet donc l’indice j) carac-
térisé par son ensemble de production Q RL . Q décrit la technologie de
l’entreprise, qui permettra de transformer les dotations initiales des agents
Les inputs sont comptés négativement et les outputs, positivement
Exemple: si L = 3, ( 1; 1; 0; 5) 2 Q signi…e qu’on peut produire 1 unité
de bien 2 à partir d’1 unité de bien 1 et de 0,5 unité de bien 3
Exemple: Q = f( x; y) : x 2 RK + , y 2 R+ , y g(x)g décrit la production
d’un seul output à partir de K inputs, grâce à une fonction de production
g : RK
+ ! R+
Propriétés usuelles d’un ensemble de production:
0 2 Q: il est possible de ne rien produire
Q \ RL+ f0g: il n’est pas possible de produire sans input
Q RL+ Q: élimination libre
Q est fermé
Q est convexe
Rendements d’échelle: Q est à rendements décroissants si q 2 Q, 0
1 ) q 2 Q; Q est à rendements croissants si q 2 Q, 1 ) q 2 Q;
Q est à rendements constants si q 2 Q, 0) q2Q

Proposition
Si 0 2 Q et Q est convexe, Q est à rendements décroissants
Si Q est décrit par une fonction de production g:
Q = f( x; y) : x 2 RK + , y 2 R+ , y g(x)g
Q est convexe , g est concave
Q est à rendements décroissants , g( x) g(x) 8 1 (ce qui
explique la terminologie). Démonstration: exercice

15
Plan de production e¢ cace
analogue à l’optimalité de Pareto vue dans une économie d’échange
q 2 Q est e¢ cace , @ q 0 2 Q: q 0 > q (c.à.d. q 0 q, q 0 6= q)
, il n’est pas possible d’augmenter la production d’un output sans dimin-
uer celle d’un autre output ou sans accroître la consommation d’un input, il
n’est pas possible de réduire la quantité utilisée d’un input sans augmenter
celle d’un autre input ou sans diminuer la production d’un output
Si Q est décrit par une fonction de production g, l’ensemble des plans de
production e¢ caces correspond à une partie de la frontière de Q, où y = g(x)

Optimum du producteur
Soit p = (pl )1 l L 2 RL+ un vecteur de prix; le producteur, comme le
consommateur est “preneur de prix”(hypothèse
PL de concurrence parfaite)
q 2 Q procure un pro…t (p) = p:q = l=1 pl ql au producteur
Exemple: Si les prix sont (1; 10; 2), ( 1; 1; 0; 5) procure un pro…t de
1 ( 1) + 10 1 + 2 ( 0; 5) = 8
L’objectif du producteur est de maximiser son pro…t sous ses contraintes
technologiques: maxq2Q p:q

Justi…cation: On suppose que les consommateurs 1; :::; N P sont proprié-


taires de l’entreprise; soit i
0 la part du consommateur i ( N i=1
i
= 1);
le consommateur reçoit la part i p:q du pro…t de l’entreprise, qui contribue à
son revenu. Comme les consommateurs maximisent leur utilité sous la con-
trainte de ne pas dépasser leur revenu, ils ont intérêt à avoir le revenu le
plus élevé possible et sont donc unanimes pour que l’entreprise maximise son
pro…t
Le problème d’optimisation du producteur maxq2Q p:q n’a pas nécessaire-
ment de solution car Q n’est pas borné
Si les rendements sont croissants, le problème n’a pas de solution; mais
ceci peut arriver même si les rendements sont décroissants
Si Q est à rendements constants, le pro…t maximal, s’il existe, est néces-
sairement nul. Démonstration: exercice

Conditions nécessaires pour un optimum dans le cas d’une fonction de pro-


duction g, di¤érentiable, d’un seul output
Q = f( x; y) : x 2 RK + , y 2 R+ , y g(x)g
r = prix de l’output; wk = prix de l’input k, k = 1; :::; K; p = (r; w1 ; :::; wK )
Le problème du producteur est maxx;y (ry w:x) sous y = g(x). On
s’intéresse aux solutions (x; y) 0

16
PK
L(x; y; ) = ry w:x (y g(x)) = ry k=1 wk xk (y g(x))
@L @g
Conditions du premier ordre: @xk (x; y; ) = wk + @xk (x) = 0 8 k et
@L
@y
(x; y; ) = r =0
@g
@xk
(x ) wk
En un optimum (x ; y ): (1) T M STk!l (x ) =déf @g
(x )
= wl
8 k; l : le
@xl
taux marginal de substitution technique de l’input k à l’input l est égal au
@g
rapport du prix de ces inputs et (2) @x k
(x ) = wrk : la productivité marginale
de chaque input est égale au rapport du prix de ce facteur au prix de l’output.

Fonction d’o¤re du producteur


Si 8 p, maxq2Q p:q a une solution, et que cette solution soit unique, on la
note q (p); q dé…nit alors la fonction d’o¤re (nette) du producteur
Proposition: si Q est strictement convexe (q, q 0 2 Q, 0 < < 1, q + (1
)q 0 2 intQ) et que maxq2Q p:q ait une solution, cette solution est unique.
Démonstration: exercice

Propriétés de la fonction d’o¤re q (:), supposée bien dé…nie (c.à.d.8 p, maxq2Q p:q
a une solution unique)
Homogène de degré 0 par rapport au prix q ( p) = q (p) 8 > 0.
Démonstration: exercice
E¢ cacité: soit p 0; q (p) est e¢ cace. Démonstration: exercice
Loi de l’o¤re: quand le prix d’un bien augmente, l’o¤re (nette) de ce
bien ne peut diminuer. Formellement, (p p0 ):(q(p) q(p0 )) 0 8 p; p0 . En
particulier, (pl p0l )(ql (p) ql (p0 )) 0 l = 1; :::; L
Démonstration: p:q(p0 ) p:q(p) car q(p) est l’optimum en p; de même,
0
p :q(p) p :q(p ), ce qui équivaut à p0 :q(p)
0 0
p0 :q(p0 ); il su¢ t alors de
sommer. cqfd

III.2 Plusieurs producteurs: o¤re agrégée


Nous supposons maintenant qu’il y a M entreprises j = 1; :::; M , car-
actérisées chacune par un ensemble de production Qj RL . On dé…nit
l’ensemble P de production agrégé par PM j
QAG = M j L j j
j=1 Q = fq 2 R j9 q 2 Q , j = 1; :::; M : q = j=1 q g
j j
PMProposition:
j
Soit p un vecteur de prix, q 2 Q , j = 1; :::; M et qAG =
j
j=1 q . qAG est solution de maxq2QAG p:q , q est solution de maxq2Qj p:q,
P
8 j = 1; :::; M . En particulier, l’o¤re agrégée qAG (p) = M j
j=1 q (p), dé…nie à
partir des fonctions d’o¤re q j (p) de chaque …rme j, peut se voir comme la
fonction d’o¤re d’une entreprise représentative et satisfait la loi de l’o¤re

17
Démonstration:
): supposons par l’absurde qu’une entreprise, m, réalise un pro…t stricte-
ment plus
P élevé en choisissant q m plutôt que q m , c.à.d. p:q m > p:q m . Soit
qAG = j6=m q j + q m ; p:qAG > p:qAG , contradiction.
(: supposons par l’absurde qu’il P existe qAG 2 QAG tel que p:qAG >
p:qAG . Par dé…nition de QAG , qAG = M j j j
j=1 q , avec q 2 Q , j = 1; :::; M ;
PM j PM j
p: j=1 q > p: j=1 q ) 9 m: p:q m > p:q m , contradiction. cqfd

III.3 Equilibre concurrentiel avec production


Soit E = fL; N; M; (ei ; ui )1 i N ; (Qj )1 j M ; ( ij )1 i N ;1 j M g. Un équili-
bre concurrentiel (p; q; z) pour E consiste en un vecteur de prix p = (p1 ; :::; pL ) 2
RL+ et une allocation (q; z) = (q 1 ; :::; q M ; z 1 ; :::; z N ) 2 (RL )M (RL+ )N , où q
est un plan de production, tels que
8j = 1; :::; M , q j maximise le pro…t p: j de l’entreprise j sous j 2 Qj
8i = 1; :::; N , z i maximise l’ Putilité ui ( ) du consommateur i sous sa
contrainte budgétaire p: p:ei + M j=1
ij
(p:q j )
PN i PN i PM j
les marchés (l = 1; :::; L) s’apurent: i=1 z = i=1 e + j=1 q
P
Le pro…t de l’entreprise j s’écrit p: j = Ll=1 pl jl
La
PLcontraintePbudgétaire Pdu consommateur i s’écrit
L i M ij PL j
l=1 pl l l=1 pl el + j=1 l=1 pl ql
La condition
PN i PN i d’apurementPM jdes marchés s’écrit
i=1 zl = i=1 el + + j=1 ql , l = 1; :::; L
L’existence d’un équilibre suppose que la maximisation du pro…t des
entreprises ait une solution et exclut donc les rendements croissants. En
ajoutant des hypothèses (typiquement de convexité) sur les ensembles de
production, on généralise le théorème fondamental d’existence vu dans le
cadre des économies d’échange
III.4 L’économie de Robinson Crusoé
Un consommateur, une entreprise possédée par le consommateur
Deux biens: nourriture (x) et loisir (y); travail t = 24 y
r = prix d’une unité de nourriture; w = salaire horaire
Robinson-…rme est décrit par une fonction de production g : t ! g(t) qui
transforme du travail en nourriture; il maximise son pro…t = rx wt =
rx w(24 y) sous g(t) = x
Les droites d’isopro…t, dans le plan (y; x) ont une pente rw (voir graphique)
Robinson-consommateur a une dotation initiale (ex ; ey ) = (0; 24) et une
fonction d’utilité u; il maximise u(x; y) = u(x; 24 t) sous rx + wy = 24w +

18
, rx = wt + : il consacre son salaire et son pro…t d’actionnaire à l’achat
du bien de consommation; la pente de la contrainte budgétaire dans le plan
(y; x) est rw (voir graphique)
Exemple 1: la fonction de production g est (strictement) concave et
g(0) = 0; les rendements sont décroissants (voir graphique)
A l’équilibre, les quantités de nourriture produite (output) et de nourri-
ture consommée doivent être égales et la quantité de travail utilisée comme
input doit être égale à 24 - la quantité de loisir consommée; de plus, le pro…t
de Robinson-…rme apparaît dans la contrainte budgétaire de Robinson-
consommateur. L’équilibre est une solution du problème uni…é de Robinson,
c.à.d. un optimum de Pareto (voir graphique)
Exemple 2: la fonction de production g est une droite; les rendements sont
constants; les droites d’isopro…t, dans le plan (t; x) ont une pente wr > 0; à
l’optimum du producteur, le pro…t doit être nul
Si la pente de g est > wr , il n’y a pas de solution: ! 1
Si la pente de g est < wr , la seule solution possible est de ne rien pro-
duire (ce qui ne peut constituer un équilibre, vu les préférences de Robinson-
consommateur)
Il faut donc que la pente de g soit = wr ; si un équilibre existe, son
prix est déterminé indépendamment des préférences du consommateur (voir
graphique)
Exemple 3: la fonction de production g est convexe; les rendements sont
croissants. On peut encore trouver une solution au problème uni…é de Robin-
son, c.à.d. un optimum de Pareto, mais celui-ci n’est pas décentralisable par
un système de prix: il n’y a pas d’équilibre (voir graphique)

III.5 Optimalité de Pareto


Soit E = fL; N; M; (ei ; ui )1 i N ; (Qj )1 j M ; ( ij )1 i N ;1 j M g
Soit (q; z) = (q 1 ; :::; q M ; z 1 ; :::; z N ) 2 (RL )M (RL+ )N une allocation; (q; z)
P PN i PM j
est réalisable (dans E) si q j 2 Qj , j = 1; :::; M et N i
i=1 z = i=1 e + j=1 q
PN i PN i PM j
c.à.d. i=1 zl = i=1 el + j=1 ql , l = 1; :::; L
Une allocation (q; z) réalisable est Pareto-optimale (dans E) si
q ; ze) réalisable tel que 8 1 i N , ui (e
@ (e z i ) ui (z i ) et 9 1 j N,
j j j j
u (e
z ) > u (z )
Le bien-être est donc celui des consommateurs, qui possèdent les entre-
prises. Celles-ci sont juste des technologies de transformation des dotations
en biens produits, source de satisfaction pour les consommateurs

19
Premier théorème du bien-être
Soit E = fL; N; M; (ei ; ui )1 i N ; (Qj )1 j M ; ( ij )1 i N ;1 j M g une économie
dans laquelle les fonctions d’utilité ui , i = 1; :::; N , sont croissantes; si (e p; qe; ze)
est un équilibre concurrentiel, (e q ; ze) est Pareto-optimale
Démonstration: On procède comme dans le cas d’une économie d’échange.
Soit (ep; qe; ze) un équilibre; supposons, P par l’absurde,PMque (e q ; ze) soit Pareto-
M j j
dominée par (q; z). On montre que p: j=1 q > p: j=1 qe , ce qui contredit
que qej maximise le pro…t du producteur j, j = 1; :::; N . cqfd

Second théorème du bien-être


Soit E = fL; N; M; (ei ; ui )1 i N ; (Qj )1 j M ; ( ij )1 i N ;1 j M g une économie
dans laquelle les fonctions d’utilité ui , i = 1; :::; N , sont strictement crois-
santes et quasi-concaves et les ensembles de production Qj , j = 1; :::; M sont
convexes; si l’allocation (e q ; ze) est Pareto-optimale dans E et telle que zei 0,
i = 1; :::; N , il existe un vecteur de prix pe tel que
(i) qej maximise pe:q j sous q j 2 Qj
(ii) zei maximise ui (z i ) sous p:z i p:e z i , i = 1; :::; N
Comme dans le cas d’une économie d’échange, une variante du second
théorème du bien-être s’énonce sous la forme: si (e q ; ze) est une allocation
Pareto-optimale dans E, telle que zei 0, i = 1; :::; N , (e q ; ze) est une allocation
d’équilibre avec transferts de E

Caractérisation des optima de Pareto


On suppose que les ensembles de production Qj , j = 1; :::; M , sont de
la forme Qj = fq j 2 RL : Gj (q j ) 0g où Gj : RL ! R est une fonction
convexe (d’où Q est un ensemble convexe) et telle que Gj (0) 0; en un plan
j

de production q j e¢ cace, Gj (q j ) = 0. On suppose aussi que les fonctions


d’utilité ui sont croissantes et concaves, i = 1; :::; N .
q ; ze) une allocation Pareto-optimale. En procédant comme pour une
Soit (e
économie d’échange, on montre que 9 i 0, i = 1; :::; N , non tous nuls
( 6= 0), tels que
PN i i i e
z soit solution du problème d’ optimisation sociale
maxq;z i=1 u (z )
P PN i PM j
sous Gj (q j ) = 0, j = 1; :::; M et N i
i=1 zl = i=1 el + j=1 ql , l = 1; :::; L
j i
Si les fonctions G et u sont di¤érentiables, on considère les conditions
du premier ordre associées au problème, en z 0
PN i i i PM j j j PL PN i PN i PM j
L = i=1 u (z ) j=1 G (q ) l=1 l i=1 zl i=1 el j=1 ql
@L i @ui
@zli
= @zli
(z i ) l = 0 i = 1; :::; N , l = 1; :::; L

20
i @ui
, l = @zli
(z i ) i = 1; :::; N , l = 1; :::; L
@ui
(z i )
i @z i
) T M Sl!k (z i ) = @ui
l
= l
8 i; k; l (1)
(z i ) k
@z i
k
@L @Gj
De même, @qlj
= j @qj (q j ) l = 0 j = 1; :::; M , l = 1; :::; L
l
j @Gj j
, l = @qlj
(q ) j = 1; :::; M , l = 1; :::; L
@Gj
j (q j )
j @q
) T M Tl!k (q j ) = @Gj
l
= l
8 j; k; l (2)
j (q j ) k
@q
k
i j
(1) et (2) ) En un optimum (e q ; ze), T M Sl!k z i ) = T M Tl!k
(e q j ) 8 i; j; k; l
(e
Le taux marginal de substitution de chaque agent entre deux biens quel-
conques doit être égal au taux marginal de transformation de chaque entre-
prise entre ces deux biens. En particulier, les taux marginaux de substitution
des di¤érents agents sont égaux entre eux.

21

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