Le syndrome de l’X
fragile Madame, Monsieur,
Cette fiche est destinée à vous informer sur le syndrome
Syndrome de Martin et Bell de l’X fragile. Elle ne se substitue pas à une consulta-
tion médicale. Elle a pour but de favoriser le dialogue
avec votre médecin. N’hésitez pas à lui faire préciser
La maladie les points qui ne vous paraîtraient pas suffisamment
Le diagnostic clairs et à demander des informations supplémentaires
Les aspects génétiques sur votre cas particulier. En effet, certaines informa-
tions contenues dans cette fiche peuvent ne pas être
Le traitement, la prise en charge, la prévention
adaptées à votre cas : seul votre médecin peut vous
Vivre avec donner une information individualisée et adaptée.
En savoir plus
La maladie
l Qu’est-ce que le syndrome de l’X fragile ?
Le syndrome de l’X fragile est une maladie génétique qui entraîne, le plus souvent, un déficit
intellectuel, des troubles du comportement et des anomalies physiques. Ses manifestations
sont très variables d’une personne à l’autre et sont moins marquées chez les femmes que
chez les hommes. Il est la cause la plus fréquente de déficit intellectuel héréditaire.
Le nom de ce syndrome est en rapport avec la fragilité du chromosome X observée chez ces
malades, par les techniques d’analyse des chromosomes (voir « À quoi est-il dû ? »).
l Qui peut en être atteint ? Combien de personnes sont atteintes
de la maladie ?
Le syndrome de l’X fragile est plus souvent diagnostiqué chez les garçons que chez les filles.
Sa prévalence (nombre de personnes atteintes dans une population à un moment donné)
est estimée à environ 1 garçon sur 5 000 et 1 fille sur 9 000. Mais, chez les femmes, la
prévalence de la fragilité du chromosome X est probablement sous-estimée car, chez elles,
l’anomalie peut ne donner que très peu de manifestations, voire aucune, et donc ne pas
être diagnostiquée. Le nombre total de personnes porteuses de l’anomalie génétique, avec
ou sans manifestations, est d’environ 10 000 en France.
l Est-il présent partout en France et dans le monde ?
Le syndrome existe dans toutes les populations.
l À quoi est-il dû ?
Le syndrome de l’X fragile est dû à une anomalie d’une partie de l’ADN située dans et à
proximité du gène FMR1, sur le chromosome X.
Le chromosome X est l’un des deux chromosomes qui déterminent le sexe d’un individu :
les hommes ont un chromosome X et un chromosome Y, tandis que les femmes ont deux
chromosomes X (voir « Les aspects génétiques »).
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L’ADN est la substance qui constitue les gènes et les chromosomes et qui possède toutes
les informations nécessaires au fonctionnement de l’organisme. C’est une longue chaîne de
plusieurs milliards de molécules appelées bases. Comme des lettres permettant de construire
une infinité de textes, les quatre molécules de bases de l’ADN − l’adénine (A), la thymidine
(T), la guanine (G) et la cytidine (C) − sont attachées entre elles selon un ordre variable pour
construire le code génétique propre à chaque individu.
Dans le syndrome de l’X fragile, on constate qu’une séquence de trois bases (triplet CGG) est
répétée un nombre anormal de fois dans une partie de l’ADN du chromosome X. Normalement,
à cet endroit de l’ADN, le triplet CGG n’est pas répété plus de 50 fois. Chez les personnes
atteintes du syndrome, le nombre de répétitions dépasse 200 (mutation complète) et il se
produit alors généralement une modification chimique de l’ADN (hyperméthylation) qui a
pour conséquence de rendre « silencieux » le gène FMR1 voisin.
Or, le gène FMR1 contient le « code » qui donne les instructions pour fabriquer une protéine
appelée FMRP (Fragile Mental Retardation Protein). Les protéines ont des fonctions très
variées : elles contribuent au fonctionnement normal de chaque cellule, et plus globalement,
de l’organisme. Ainsi, la protéine FMRP semble notamment jouer un rôle important dans la
connexion des cellules nerveuses entre elles. Dans le syndrome de l’X fragile, la répétition de
plus de 200 triplets CGG (mutation complète) et l’hyperméthylation qui s’en suit empêchent
le décodage du gène FMR1, ce qui entraîne l’absence de production de la protéine FMRP.
Pour presque tous les garçons atteints et pour une partie des filles, l’absence de FMRP a
des conséquences sur le fonctionnement cérébral et, parfois, sur d’autres fonctions de
l’organisme (voir « Comment expliquer les manifestations ? »).
Lorsque le nombre de répétitions du triplet CGG est compris entre 50 et 199, on ne parle plus de
mutation complète, mais de « prémutation ». Une personne porteuse de la prémutation n’est
pas atteinte du syndrome de l’X fragile, mais risque de développer un syndrome FXTAS, sigle
anglais pour « Fragile X-associated tremor/ataxia syndrome » ou syndrome de tremblement/
ataxie associé à l’X fragile, ou, si c’est une femme, d’avoir des troubles hormonaux et de
l’ovulation qui conduisent, avant 40 ans, à une absence de règles sur une longue période,
voire définitivement (insuffisance ovarienne primaire associée à l’X fragile – FXIOP).
l Quelles en sont les manifestations ?
Les manifestations de la maladie sont peu spécifiques du syndrome de l’X fragile et sont
très variables d’une personne à l’autre, en particulier chez les filles. Souvent, la première
manifestation de la maladie est un retard dans le développement de l’enfant, décelé parfois
au moment de l’acquisition de la marche, mais le plus souvent au moment du développement
du langage. Des troubles du comportement peuvent également être présents, comme une
agitation ou un évitement du regard. À cela s’ajoutent des caractères physiques particuliers,
mais qui sont parfois peu marqués, surtout chez les filles.
1. Manifestations chez les garçons
Manifestations chez le nourrisson
Le plus souvent, les bébés atteints du syndrome n’en ont aucune manifestation. Parfois
cependant, des troubles psychomoteurs peuvent être remarqués par les parents ou le
médecin :
- une faiblesse musculaire (hypotonie) est notamment possible : le bébé semble plus « mou »,
tient mal sa tête. Parfois, il commence à se tenir assis et à se mettre à marcher plus tard que
la normale ;
- la plupart des bébés garçons ont un retard dans l’acquisition et le développement du
langage : ils commencent à babiller et à parler plus tard que les autres et le langage est parfois
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incompréhensible au début ;
- des troubles du sommeil (difficultés d’endormissement ou réveils nocturnes) peuvent
apparaître dès les premiers mois.
Par ailleurs, les régurgitations (reflux gastro-œsophagien) et les otites semblent plus
fréquentes.
Manifestations chez l’enfant
Difficultés intellectuelles, de langage et de mémoire
C’est au cours de l’enfance qu’un déficit intellectuel peut devenir manifeste, bien qu’il soit
d’intensité variable. Les capacités intellectuelles sont évaluées grâce à des tests qui permettent
de déterminer le quotient intellectuel (QI) : dans l’ensemble de la population, le QI se situe
entre 70 et 130 (quel que soit l’âge). On parle de déficit intellectuel lorsque le QI est inférieur
à 70. En général, les garçons atteints du syndrome de l’X fragile ont un retard léger à modéré :
leur QI moyen est autour de 45 ou 50, parfois plus faible. Ce déficit intellectuel implique des
difficultés à penser, raisonner et apprendre. Toutefois, 10 % des garçons atteints n’ont pas de
déficit intellectuel (QI supérieur à 70), mais leur anxiété et leurs difficultés de concentration
retentissent sur leurs apprentissages.
Les problèmes de langage deviennent plus évidents lorsque l’enfant grandit et il n’est pas rare
que les premiers mots compréhensibles n’apparaissent que vers l’âge de quatre ans. L’élocution
est particulière, avec des difficultés à coordonner le volume, le ton et le rythme de la voix :
par exemple, certaines phrases sont prononcées très rapidement en diminuant le volume au fur
et à mesure. En grandissant, il arrive souvent que l’enfant bégaie légèrement, qu’il répète des
mots ou des syllabes prononcés par quelqu’un d’autre (écholalie) ou qu’il répète plusieurs fois
la même réponse à des questions diverses.
L’enfant peut donner l’impression de ne pas suivre une conversation. Il éprouve souvent de
grandes difficultés pour interpréter des « indices » tels que les expressions du visage, le ton de
la voix et le langage du corps des autres. Il peut aussi avoir de la peine à écrire.
Toutes ces difficultés sont en partie liées aux problèmes de compréhension et de mémoire.
La mémoire à long terme est plutôt préservée : l’enfant peut se souvenir, parfois mieux que
ses parents, d’événements anciens, de lieux ou d’itinéraires. C’est surtout la mémoire à court
terme et la mémoire « de travail » qui sont affectées par le syndrome. Or, ces mémoires sont
nécessaires pour apprendre à lire, à compter et à raisonner. L’enfant est souvent incapable de
retenir, même pendant quelques secondes, une suite de chiffres ou de mots (mémoire auditivo-
verbale faible). En revanche, souvent, sa mémoire visuelle, pour les images et les schémas, est
meilleure. Cette capacité permet à l’enfant d’apprendre à reconnaître les lettres et les mots en
les « photographiant », mais ne suffit pas pour apprendre à lire des mots et comprendre des
phrases si la mémoire de travail est insuffisante. Il est généralement en mesure de suivre les
instructions qui sont présentées sous forme d’images, ce qui peut être très utile pour repérer
les différentes activités de la journée. Les principales faiblesses résident dans la réflexion
sur des idées abstraites, l’organisation de l’information, la planification et la résolution de
problèmes.
Troubles du comportement
Un comportement qui peut ressembler à celui des personnes autistes est fréquent : il peut se
manifester par l’incapacité à regarder quelqu’un dans les yeux (mauvais contact oculaire), par
la répétition d’actions ou de gestes - comme des mouvements des bras en battements d’ailes -
ou par des morsures que l’enfant s’inflige à lui-même. À cela peuvent s’ajouter d’autres troubles
envahissants du développement comme, par exemple, une réaction de défense inappropriée
quand l’enfant entre en contact avec une autre personne. La différence notable par rapport à
un enfant autiste est que l’enfant atteint du syndrome de l’X fragile éprouve une angoisse par
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rapport à son environnement social plutôt qu’une indifférence, et éprouve même souvent une
empathie hors du commun. Cependant, l’autisme proprement dit et les troubles envahissants
du développement semblent plus fréquents chez les personnes atteintes du syndrome de l’X
fragile que dans la population générale.
Une impulsivité, une hyperactivité, des sautes d’humeur, une irritabilité – particulièrement
lorsque l’enfant est dérangé –, mais aussi une inattention, une anxiété, des problèmes à
gérer des tâches qui ne sont pas routinières sont fréquents. Ces caractéristiques ne sont pas
spécifiques du syndrome et sont proches de celles constatées chez les enfants atteints de
trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité. Parfois l’enfant développe des troubles
obsessionnels compulsifs (TOC), qui se caractérisent par la mise en place de rituels pour limiter
l’anxiété liée à une obsession.
L’enfant peut être hypersensible à son environnement, notamment au bruit ou quand on
s’adresse à lui, pour le gronder ou même pour le féliciter. Cela peut créer des réactions qui
paraissent disproportionnées par rapport à certaines situations (par exemple, l’enfant se
met à crier au moment de fêter son anniversaire car il est débordé par les émotions). Cette
hypersensibilité, surtout si elle s’associe à une anxiété, peut avoir des répercussions sur la
qualité du sommeil.
Tous ces troubles du comportement limitent souvent les capacités de l’enfant à interagir
socialement avec son entourage.
Autres manifestations
L’enfant peut avoir du mal à réaliser certains gestes comme tenir un crayon ou s’habiller.
Des troubles de la vue sont plus fréquents que chez les autres enfants. Il peut s’agir d’un
strabisme, c’est-à-dire que les deux yeux ne regardent pas dans la même direction, ou de
mouvements involontaires saccadés des deux yeux (nystagmus), en particulier lorsque l’enfant
doit suivre un objet du regard. L’enfant peut aussi avoir besoin de se mettre dans l’axe de
l’objet qu’il regarde pour effectuer une tâche.
Les otites à répétition peuvent continuer pendant l’enfance et des sinusites à répétition sont
également fréquentes.
L’enfant peut avoir des articulations lâches et souples (hyperlaxité ligamentaire) : il peut
étendre facilement les articulations du pouce, du genou ou du coude plus loin que la normale.
Cette hyperlaxité peut être la source de problèmes orthopédiques comme une déviation de la
colonne vertébrale (scoliose), des pieds plats, un thorax creux (pectus excavatum).
Des crises d’épilepsie peuvent apparaître, mais rarement avant l’âge de trois à cinq ans. Elles
peuvent se manifester par des secousses d’un bras ou de tout le corps (convulsions) ou un
évanouissement (perte de connaissance).
Manifestations chez l’adolescent et l’adulte
Les manifestations qui apparaissent durant l’enfance persistent à l’adolescence et à l’âge
adulte.
Le déficit intellectuel ne s’aggrave pas, l’acquisition de nouvelles compétences est plus lente
que la normale mais reste toujours possible, même à l’âge adulte. Pour autant, ce déficit peut
sembler plus sévère avec l’âge, car le décalage par rapport aux autres augmente. L’adolescence
est sans doute le moment où le décalage avec les autres (qui, eux, accèdent à l’autonomie dans
la vie quotidienne et sociale) est le plus marqué.
Les troubles du comportement se modifient avec l’âge. L’hyperactivité a tendance à diminuer,
mais des crises de colère peuvent apparaître. Les pulsions liées à la puberté peuvent parfois
paraître obsessionnelles (masturbation compulsive en des lieux inadaptés, manifestations
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affectives inadaptées vis-à-vis d’autres jeunes). Une éducation précoce atténue le risque de
comportement problématique.
L’hyperlaxité s’améliore généralement avec l’âge. Mais les problèmes orthopédiques qu’elle
entraîne, notamment la scoliose, peuvent s’aggraver à l’adolescence. Elle peut également
entraîner une malformation cardiaque appelée prolapsus de la valve mitrale. Le plus souvent,
cette malformation cardiaque n’entraîne aucun signe mais est suspectée lors d’un examen
médical de routine : le médecin entend un bruit particulier (souffle cardiaque) lorsqu’il ausculte
le cœur (voir « En quoi consistent les examens complémentaires ? À quoi vont-ils servir ? »).
Parfois, elle se manifeste par une fatigue et un essoufflement au cours de l’effort (dyspnée
d’effort). Les personnes qui ont un prolapsus de la valve mitrale ont plus de risque de contracter
une infection du cœur (endocardite), notamment lorsqu’une intervention même banale est
pratiquée, une extraction dentaire par exemple. La prise d’antibiotiques avant l’intervention
diminue ce risque (antibiothérapie préventive).
À partir de l’adolescence, rarement avant, le visage est parfois évocateur pour les personnes
qui connaissent bien le syndrome et plusieurs traits physiques sont décrits comme associés
au syndrome de l’X fragile. Les signes sont très variables et habituellement mineurs, et de
nombreux enfants n’ont aucun signe reconnaissable. Il faut donc être mis en garde contre les
photos de malades qui sont disponibles sur internet, car seuls ceux ayant les traits les plus
caractéristiques tendent à être présentés. Ces signes sont : un front large, un visage ou une
mâchoire allongée, des yeux cernés, des oreilles grandes et proéminentes.
Les anomalies de la mâchoire peuvent provoquer des problèmes dentaires.
Après la puberté (parfois juste avant), les bourses et les testicules peuvent devenir plus
volumineux que la moyenne (macro-orchidie). La macro-orchidie peut entraîner des douleurs
et/ou des démangeaisons. Elle est toujours présente à l’âge adulte : il n’est pas rare que les
bourses soient deux fois plus volumineuses que la normale, sans influence sur le développement
sexuel. Les hommes atteints ne sont pas stériles.
2. Manifestations chez les filles
Les filles ont généralement des manifestations moins prononcées que les garçons. Près de la
moitié d’entre elles n’ont aucune manifestation du syndrome.
Les autres ont un QI normal ou très légèrement affecté, proche de 80. Toutefois, certaines
peuvent avoir un QI plus faible. Généralement, elles n’ont pas de sévères problèmes de langage,
et utilisent un vocabulaire, une grammaire et des compétences qui sont appropriés à leur
âge. Les principales difficultés concernent les apprentissages : en particulier, l’apprentissage
des mathématiques s’avère souvent très difficile à partir du moment où elles deviennent
abstraites.
Les troubles du comportement sont également moins évidents chez les filles. Par exemple, seules
quelques unes ont des manifestations caractéristiques du trouble de déficit de l’attention/
hyperactivité. Néanmoins, elles sont souvent timides et anxieuses et peuvent avoir des troubles
obsessionnels compulsifs (TOC) ou une tendance dépressive.
l Quelle est son évolution?
Le déficit intellectuel se révèle plus ou moins tôt selon sa sévérité et devient plus évident
au fil du temps. Cependant, il n’y a pas de perte des facultés et compétences acquises dans
l’enfance ou à l’adolescence et de nouvelles acquisitions continuent à l’âge adulte. Le déficit
intellectuel a néanmoins des conséquences généralement importantes sur l’autonomie de
la personne et une prise en charge adaptée est souvent nécessaire encore à l’âge adulte
(voir « Quels handicaps découlent des manifestations du syndrome » et « Le traitement, la
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prise en charge, la prévention »).
Les manifestations physiques deviennent de plus en plus évidentes à la puberté. Certaines,
comme la macro-orchidie, n’apparaissent qu’à cette période. Les traits particuliers du visage
sont plus marqués chez l’adulte. L’hyperlaxité des articulations peut favoriser des chutes, des
entorses et limiter la pratique de certains sports.
Les manifestations sont moins sévères chez les filles, il en va de même pour leur évolution.
Les filles ont le plus souvent une insertion normale dans la société, notamment lorsqu’elles ne
présentent pas de déficit intellectuel, mais elles ont souvent des difficultés d’adaptation au
quotidien et gardent une fragilité particulière pour faire face aux événements de la vie.
l Quels handicaps découlent des manifestations du
syndrome ?
Le syndrome de l’X fragile entraîne le plus souvent une situation de handicap qui nécessite la
mise en œuvre de protocoles de prise en charge particuliers du fait de l’association du déficit
intellectuel et des troubles du comportement.
La plupart des garçons et quelques filles ont une faible capacité d’apprentissage, des difficultés
à raisonner, à comprendre et à mémoriser les choses. Les enfants ont du mal à s’exprimer
correctement et leurs troubles du comportement augmentent aussi leurs difficultés de
communication. L’accès à la lecture et l’écriture est difficile pour la plupart d’entre eux, à cause
du déficit intellectuel. Certaines personnes peuvent lire des mots familiers de la vie courante
(prénoms, enseignes, marques, etc.).
La conséquence de ces déficiences est un handicap qui touche la communication, la socialisation
et l’autonomie (voir « Vivre avec »), et qui peut être amélioré par une rééducation fonctionnelle
et certaines aides techniques ou humaines (voir « Quels sont les professionnels mobilisés et les
aides mises en œuvre pour aider ces personnes ? »). Lorsqu’ils bénéficient d’un encadrement
adapté, la plupart des enfants sont capables de beaucoup de progrès, tant sur le plan physique,
intellectuel que social.
l Comment expliquer les manifestations ?
La mutation en cause dans le syndrome de l’X fragile rend le gène FMR1 « silencieux » et
empêche la production de la protéine FMRP (voir « À quoi est il dû ? »). Cette protéine semble
importante pour le bon fonctionnement des cellules nerveuses du cerveau (neurones), mais
aussi de certains tissus de soutien de l’organisme et pour le fonctionnement des testicules.
Ainsi, la plupart des manifestations du syndrome s’expliquent par l’absence de la protéine
FMRP.
Les troubles de l’intelligence et de l’apprentissage, l’hyperémotivité
Pour comprendre ces troubles, il faut d’abord avoir en tête quelques informations sur le
fonctionnement des cellules du système nerveux, les neurones.
L’intelligence, l’apprentissage, le comportement, les émotions et les sensations sont directement
liés à l’activité des neurones et aux connexions qu’ils ont entre eux (figure 1).
Ces connexions permettent aux neurones de communiquer entre eux. La transmission
d’information entre les neurones se fait à la jonction entre deux cellules dans une zone appelée
synapse. Des substances (les neurotransmetteurs comme le glutamate ou l’acide gamma
aminobutyrique – GABA) interviennent dans la propagation de l’influx nerveux d’une cellule
à l’autre. Ils sont stockés à l’extrémité des terminaisons nerveuses. Lorsqu’un neurone est
activé par l’influx nerveux, il va libérer ses neurotransmetteurs dans la fente synaptique. Les
neurotransmetteurs sont ensuite reconnus par des récepteurs présents à la surface de la dendrite
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du neurone suivant (post-synaptique). L’association neurotransmetteur-récepteur déclenche
une série de réactions qui permet à l’influx nerveux de se propager dans le neurone post-
synaptique.
Figure 1 : Communication neuronale
A - Schéma d’un neurone
Un neurone se compose d’une partie principale, le corps cellulaire où se trouve le noyau qui contient l’ADN, et de prolongements,
les dendrites d’un côté, et l’axone de l’autre. Les dendrites sont nombreuses, elles sont courtes et ramifiées, alors que
l’axone est un long et unique prolongement qui se termine par des ramifications, les terminaisons nerveuses.
B - Représentation d’un réseau constitué de 3 neurones
Les terminaisons nerveuses d’un neurone sont en contact avec les dendrites d’un ou plusieurs autres neurones. Grâce à ces
connexions, l’information (influx nerveux) peut être transmise d’un neurone à l’autre. Le sens de propagation de l’information,
de l’axone d’un neurone vers une dendrite d’un autre, est indiqué sur le schéma par des flèches bleues.
C - Schéma d’une synapse
Une synapse correspond à la jonction entre l’extrémité d’une terminaison nerveuse d’un neurone (pré-synaptique) et la dendrite
d’un autre neurone (post-synaptique). L’espace entre les deux est appelé fente synaptique. La transmission d’information d’un
neurone à l’autre (flèche bleue) se fait à travers la synapse, grâce aux échanges de substances appelées neurotransmetteurs.
Image réalisée grâce à Servier Medical Art.
Les connexions entre les neurones ne sont pas figées mais évoluent tout au long de la vie : les
connexions inefficaces ou inutiles sont régulièrement détruites et de nouvelles sont créées,
permettant de nouveaux apprentissages. Ces phénomènes sont particulièrement importants
durant l’enfance, période majeure des acquisitions.
La protéine FMRP, absente dans le syndrome de l’X fragile, semble jouer un rôle dans la
transmission de l’influx nerveux et dans la capacité à faire ou défaire des connexions entre
neurones, en particulier celles qui dépendent du glutamate et du GABA et sont impliquées
dans les apprentissages. Il a ainsi été observé que le nombre de connexions entre neurones est
plus important chez une personne atteinte du syndrome de l’X fragile que chez une personne
indemne. Les mécanismes impliqués dans ces phénomènes sont encore mal compris. Surtout, des
personnes ayant exactement la même mutation ne développent pas nécessairement les mêmes
manifestations. L’environnement dans lequel vit une personne atteinte influence certainement,
au moins en partie, l’évolution de sa maladie et ses chances de faire de nouvelles acquisitions,
de nouveaux apprentissages. Cependant, il faut aussi aider l’enfant à se protéger des excès de
stimulation sensorielle ou affective, qui provoquent chez lui des débordements émotionnels.
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Les troubles physiques
La protéine FMRP serait impliquée dans les propriétés de maintien des tissus conjonctifs, des
tissus relativement fermes responsables du soutien du corps et qui protègent les organes qu’ils
entourent. L’absence de protéine FMRP provoquerait des modifications de ces tissus, expliquant
en partie l’hyperlaxité des articulations parfois observée chez les personnes atteintes du
syndrome de l’X fragile ainsi que les atteintes des valves mitrales (voir « Manifestations chez
l’adolescent et l’adulte »).
Pourquoi observe-t-on une différence entre les filles et les garçons ?
Un homme a un seul chromosome X. Si ce chromosome est touché par l’anomalie caractéristique
du syndrome de l’X fragile, le gène FMR1 sera toujours « silencieux » et il n’y aura aucune
production de la protéine FMRP.
Pour une fille atteinte du syndrome de l’X fragile, la situation est différente car elle a deux
chromosomes X. Elle a donc un chromosome X porteur de l’anomalie, mais un autre indemne.
Toutefois, dans chacune des cellules de son corps, un seul des deux chromosomes X est utilisé,
l’autre est inactivé. L’inactivation de l’un ou l’autre des deux chromosomes X se fait au tout
début du développement de l’embryon, au stade où il n’est constitué que de quelques dizaines
de cellules. Dans chaque cellule, l’inactivation se fait au hasard, de manière définitive. Ensuite,
chaque cellule transmet son profil d’inactivation à sa « descendance ». Ainsi, une fille est en
quelque sorte une mosaïque pour l’expression de la protéine FMRP : dans certaines cellules, la
production de FMRP est normale, dans d’autres, elle est affectée. S’il y a un nombre suffisant
de cellules qui ont une production normale de FMRP, les manifestations de la maladie sont
modérées, voire absentes.
Le diagnostic
l Comment fait-on le diagnostic du syndrome de l’X fragile ?
Les manifestations de la maladie ne permettent pas à elles seules de diagnostiquer le syndrome
de l’X fragile, aucune n’étant spécifique de ce syndrome. C’est d’ailleurs pour cette raison que
le syndrome est resté si longtemps difficile à diagnostiquer. Ce n’est qu’en 1992 qu’un test
génétique permettant de diagnostiquer le syndrome a été mis au point : il consiste à analyser
la séquence répétée près du gène FMR1 ; il est réalisé sur un simple échantillon de sang,
prélevé par une prise de sang habituelle.
Comme le syndrome de l’X fragile est l’une des causes principales de déficit intellectuel
héréditaire, ce test est généralement proposé à un enfant qui présente un déficit intellectuel,
des troubles marqués du langage, de l’apprentissage et/ou du comportement.
l En quoi consistent les examens complémentaires ? À quoi
vont-ils servir ?
Le test génétique ne permet pas d’évaluer la gravité de la maladie. Des évaluations
complémentaires sont donc nécessaires pour adapter au mieux la rééducation et le projet
pédagogique en fonction des compétences et des difficultés de l’enfant (voir « Quels sont les
professionnels mobilisés et les aides mises en œuvre pour aider ces personnes ? »).
Une évaluation générale du développement de l’enfant par un neuropédiatre est recommandée.
Un bilan précis du langage et de ses troubles sera fait par un orthophoniste. L’évaluation des
compétences intellectuelles est réalisée par un psychologue, qui s’aide notamment pour son
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évaluation de tests appelés tests psychométriques. Il s’agit, par exemple, d’un des tests de
Weschler (WPPI avant 6 ans, WISC de 6 à 16 ans, WAIS au-delà). Ils permettent d’évaluer les
performances intellectuelles et les capacités cognitives (raisonnement, mémorisation, prise
de décisions, acquisition et utilisation des connaissances). Le psychologue évalue aussi la
personnalité (émotions, relations avec les autres…). Certains outils, comme le PEP-3 (Profil
Psycho Éducatif) peuvent aider à l’évaluation des enfants les plus jeunes ou les plus sévèrement
atteints.
Sur le plan médical, peu d’examens complémentaires sont nécessaires une fois le diagnostic posé :
- une IRM (imagerie par résonnance magnétique) ou un scanner du cerveau ne sont pas utiles ;
- un électroencéphalogramme (EEG) ne sera demandé qu’en cas de suspicion de crise d’épilepsie ;
- un bilan par un ophtalmologiste et un orthoptiste est demandé s’il existe des troubles de la
vue, comme un nystagmus ou un strabisme, et doit être systématique vers 5 ou 6 ans ;
- un bilan de l’audition par un ORL, avec parfois des tests auditifs adaptés à l’âge de l’enfant ;
- une échographie du cœur (échocardiographie) est nécessaire si un souffle cardiaque a été
détecté à l’auscultation, pour diagnostiquer un éventuel prolapsus de la valve mitrale (voir
« Manifestations chez l’adolescent et l’adulte »). Cet examen permet de visualiser la structure
du cœur et les éventuelles anomalies à l’aide d’ultrasons. Il est indolore et ne présente aucun
danger.
l Peut-on confondre cette maladie avec d’autres ? Lesquelles ?
Comment faire la différence ?
Un déficit intellectuel, des troubles plus ou moins marqués du langage, de l’apprentissage
et/ou du comportement existent dans un grand nombre d’autres maladies. Devant de tels
troubles, le médecin pensera qu’il peut s’agir du syndrome de l’X fragile et demandera à faire
un test génétique à la recherche de ce diagnostic.
Bien que d’une origine génétique proche, le syndrome FXTAS se présente très différemment
du syndrome de l’X fragile : les personnes atteintes ont des manifestations qui débutent
tardivement (souvent après l’âge de 60 ans) et n’ont pas de déficit intellectuel.
Les aspects génétiques
l Quels sont les risques de transmission aux enfants ?
Cas de la mutation complète
Les chromosomes X et Y, aussi appelés « chromosomes sexuels », déterminent le sexe d’un
individu : une femme (XX) possède deux chromosomes X, l’un hérité de son père, l’autre de sa
mère ; un homme (XY) a un chromosome X, hérité de sa mère, et un chromosome Y, hérité de
son père.
Le syndrome de l’X fragile est une maladie dite liée au chromosome X : les garçons et les filles
peuvent être touchés, les hommes transmettent leur gène X altéré à toutes leurs filles mais à
aucun de leur garçon et une femme porteuse de l’anomalie génétique a un risque sur deux de
la transmettre à son enfant, garçon ou fille (figure 2).
Il peut arriver qu’un homme atteint du syndrome X fragile ait un ou des enfants. S’il a une
fille, bien qu’il lui transmette obligatoirement son gène X altéré, celle-ci n’est pas pour
autant atteinte du syndrome de l’X fragile. En effet, de manière surprenante, la mutation
complète ne se maintient pas au cours du processus de formation des spermatozoïdes. Les
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chromosomes X contenus dans les spermatozoïdes des hommes malades n’ont donc jamais
la mutation complète, mais seulement la prémutation. Leurs filles sont donc porteuses
d’une prémutation. S’ils ont un fils, ils leur transmettent un chromosome Y, leurs fils sont
donc indemnes.
Figure 2 : Illustration de la transmission
liée à l’X : cas d’une mère malade et
d’un père sain
Chacun des enfants d’une femme malade,
garçon ou fille, a un risque de 1/2 de
recevoir le chromosome X muté de sa
mère. Les garçons ont une probabilité sur
deux d’être atteints et les filles ont une
probabilité sur deux d’être « mosaïque ».
©Orphanet
Cas particulier de la prémutation
La prémutation (répétition de 50 à 199 fois du triplet CGG, voir « À quoi est-il dû ? ») peut
ne donner aucune manifestation et être transmise « silencieusement », de générations en
générations, avant qu’un enfant ne soit atteint du syndrome de l’X fragile. Mais les personnes
porteuses de la prémutation ont aussi un risque augmenté de développer, à l’âge adulte, un
syndrome FXTAS, ou, si c’est une femme, d’avoir une insuffisance ovarienne primaire.
À chaque génération, la prémutation a tendance à s’amplifier un peu plus (le nombre de
répétitions augmente). Les femmes porteuses d’une prémutation ont donc un risque accru
d’avoir des enfants porteurs de la mutation complète et atteints du syndrome de l’X fragile.
Une consultation de génétique permettra d’évaluer précisément ce risque. Un homme porteur
de la prémutation ne la transmet jamais à ses fils (qui reçoivent son chromosome Y), mais la
transmet à toutes ses filles.
l Peut-on faire un diagnostic prénatal ?
Un diagnostic prénatal (DPN) est possible et peut être proposé aux femmes porteuses d’une
mutation complète ou d’une prémutation. Il consiste à rechercher l’anomalie génétique en
étudiant l’ADN du fœtus grâce à un prélèvement fait au niveau du futur placenta (choriocentèse)
ou du liquide amniotique (amniocentèse) en début de grossesse.
Ces examens entraînent un risque faible de fausse couche, différent selon le choix de la
technique de prélèvement, qu’il convient de discuter auparavant en consultation. Le résultat
est connu en une ou deux semaines. Ils sont réalisés sous échographie et aucun prélèvement
n’est réalisé directement sur le fœtus. Si le fœtus est porteur de l’anomalie génétique, les
parents qui le souhaitent peuvent demander une interruption de grossesse (interruption
médicale de grossesse ou IMG).
La choriocentèse permet le prélèvement de cellules du futur placenta (prélèvement de villosités
choriales ou biopsie du trophoblaste). Cet examen a l’avantage de se pratiquer tôt au cours de la
grossesse : il consiste à prélever une très petite quantité de tissu placentaire (le trophoblaste)
à l’extérieur de l’enveloppe où le fœtus se développe. Le prélèvement se fait par voie vaginale
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(un « tube » fin et souple est introduit dans le vagin, comme lors d’un frottis) ou à travers la
paroi abdominale de la mère, selon la position du placenta. Le test est généralement réalisé
entre la 10e et la 12e semaine d’aménorrhée (absence de règles).
L’amniocentèse permet d’obtenir des cellules flottant dans le liquide qui entoure le fœtus
(liquide amniotique) afin de rechercher l’anomalie génétique à l’origine de la maladie. Le
prélèvement se fait à travers la paroi abdominale de la mère. Cet examen est proposé vers la
16e semaine d’aménorrhée.
Rencontrer un conseiller en génétique avant la grossesse permet d’avoir le temps nécessaire
pour recueillir l’ensemble des informations sur les examens qui peuvent être réalisés pendant
la grossesse et leurs conséquences, et pour réaliser les examens utiles. Au cours d’entretiens
successifs, le médecin informe le couple et répond à ses interrogations, ce qui doit permettre
aux parents de bien comprendre les différentes situations possibles selon les résultats de ces
examens. Un psychologue peut aussi aider le couple à faire le point sur son projet de grossesse
et le soutenir face aux décisions importantes qu’il doit prendre.
l Quels sont les risques pour les autres membres de la famille ?
Peut-on dépister cette maladie chez les personnes à risque
avant qu’elle ne se déclare ?
Lorsqu’un syndrome de l’X fragile est diagnostiqué chez un enfant, la reconstitution précise
de son arbre généalogique par le médecin (en cherchant à savoir si d’autres membres de la
famille ont des manifestations) est très importante. En effet, les frères et sœurs de l’enfant
malade risquent d’être porteurs de l’anomalie génétique responsable du syndrome de l’X
fragile ou porteur d’être porteurs de la prémutation, selon les probabilités de transmission
indiquées ci-dessus. Selon le lien de parenté entre une personne et le malade, le risque est
en effet tout à fait différent.
Les principales questions se posent pour les frères et sœurs de l’enfant atteint.
• Si un frère ou une sœur du malade a des signes de retard du développement ou du
langage ou des troubles du comportement, la prise de sang à la recherche de l’anomalie
génétique pourra être proposée. Si le diagnostic de syndrome de l’X fragile est fait, cela
permettra d’organiser au mieux la prise en charge globale de l’enfant.
• Beaucoup plus de questions se posent concernant la recherche de la maladie chez un
frère ou une sœur aîné(e) n’ayant aucune manifestation (diagnostic présymptomatique).
En effet, comme les manifestations du syndrome de l’X fragile apparaissent dans la petite
enfance, s’il n’a aucun symptôme passé un certain âge, il n’est très probablement pas porteur
du syndrome. En revanche, il y a un risque accru qu’il soit porteur de la prémutation (voir
« Quels sont les risques de transmission aux enfants ? »). La décision de faire rechercher
ou non une anomalie génétique dépend alors de nombreux paramètres. Ce choix n’est pas
du tout anodin ; il faut savoir, qu’en règle générale, il n’est pas souhaitable (et même
interdit par la loi) de rechercher une anomalie génétique chez une personne mineure qui ne
présente aucun trouble, ce d’autant qu’il n’existe pas de traitement permettant de guérir la
maladie ou d’en prévenir les manifestations. Ainsi, dans le cadre du syndrome de l’X fragile,
le diagnostic présymptomatique ne sera proposé qu’après une étude approfondie de chaque
cas particulier et la décision sera toujours précédée d’une consultation de génétique et d’un
ou plusieurs entretien(s) psychologique(s).
• La question du dépistage se pose aussi pour les frères et sœurs qui seraient plus jeunes
que l’enfant atteint et pourraient donc être atteints du syndrome de l’X fragile sans avoir
encore de manifestations. Un suivi médical régulier par un pédiatre ou le médecin de
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famille peut être proposé pour évaluer la qualité du développement psychomoteur. Le test
génétique doit être discuté au cas par cas avec le généticien.
Pour résumer, seule une consultation avec un généticien permet d’évaluer plus précisément le
risque dans une famille concernée et de donner aux parents (et à l’enfant dès qu’il est en âge
de comprendre) les éléments d’un choix éclairé pour demander ou non qu’une recherche de
l’anomalie génétique soit réalisée chez leurs enfants mineurs.
Il est aussi du devoir des parents d’informer les personnes de leur famille proche en âge d’avoir
des enfants et qui seraient à risque de porter la prémutation ou la mutation complète, de par
leur place dans l’arbre généalogique de la famille. Pour ces personnes aussi, une consultation
de génétique spécialisée est le meilleur moyen de recueillir une information appropriée à leur
situation.
Le traitement, la prise en charge, la prévention
l Existe-t-il un traitement de cette maladie ?
A ce jour, il n’existe pas de traitement du syndrome de l’X fragile. Néanmoins un accompagnement
adapté aux troubles intellectuels, du langage et du comportement, mis en place dès le diagnostic
et réalisé par une équipe de différents professionnels de santé (équipe pluridisciplinaire) donne
à un enfant, même atteint d’un déficit intellectuel important, toutes les chances d’utiliser au
mieux ses compétences. Dans certains cas, des médicaments sont proposés pour atténuer
certaines manifestations de la maladie, comme les troubles du comportement ou l’épilepsie.
l Quelles sont les modalités de la prise en charge des personnes
atteintes de ce syndrome ? Qui sont les professionnels
mobilisés pour les aider ?
La majorité des enfants atteints du syndrome de l’X fragile tirent bénéfice d’une prise en
charge socio-éducative spécifique. Elle doit tenir compte de la personnalité, de l’âge, du niveau
intellectuel et des caractéristiques comportementales (hyperactivité, anxiété ou troubles de
contact) de l’enfant. La prise en charge paramédicale consiste en des séances d’orthophonie
(pour les troubles de la communication orale), de psychomotricité, d’ergothérapie ou de
kinésithérapie (pour les troubles psychomoteurs ou du comportement), d’orthoptie pour
certains troubles visuels comme le strabisme.
Chaque volet de cette prise en charge est assuré par des professionnels spécifiques, mais qui
coordonnent leurs actions, pour un abord global et spécifiquement adapté à chaque enfant.
La prise en charge peut se faire au cabinet des professionnels, à domicile ou dans des centres
spécialisés : centres d’action médico-sociale précoce (CAMSP) pour des enfants de 0 à 6 ans
ayant un déficit intellectuel ou moteur, centres médico-psycho-pédagogiques (CMPP) pour des
enfants de 3 à 18 ans ayant des troubles du développement et centres médico-psychologiques
(CMP) pour des enfants et des adultes nécessitant des soins de nature psychothérapeutique.
Une démarche éducative globale
Un accompagnement adapté à l’enfant est très important pour son développement. Il s’agit
de stimuler l’enfant pour le sécuriser et le rendre autonome. Cet accompagnement permet
une évolution progressive vers l’autonomie, vers l’amélioration de la communication et vers
la diminution des troubles du comportement. Il doit persister au moins jusqu’à l’âge adulte.
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Cette démarche éducative est très importante, même pour des enfants qui ont un QI proche
de la normale. En effet, leurs troubles du comportement (timidité excessive pour les filles,
hyperactivité) peuvent affecter leur sentiment de sécurité et leur autonomie. Il est ainsi
conseillé d’aider l’enfant à se lier d’amitié avec d’autres enfants. La possibilité de le laisser
s’épanouir dans des disciplines artistiques (cours de danse, musique, dessin) qui l’intéressent
peut l’aider à prendre confiance en lui.
L’orthophoniste
Il réalise un bilan avant même l’apparition du langage. La mise en place précoce de méthodes
d’aide à la communication améliore les capacités d’interactions sociales et les acquisitions des
enfants. Plus tard, l’expression et la compréhension sont suivies et évaluées et l’orthophonie
aide à l’apprentissage du langage. La prise en charge orthophonique doit se prolonger tout
au long de la vie (en thérapie d’entretien à l’âge adulte) car, en l’absence de stimulation et
d’entretien, le niveau de langage peut régresser.
Le psychomotricien et le kinésithérapeute
Chez le nourrisson et le petit enfant, l’intervention d’un psychomotricien ou d’un kinésithérapeute
aide l’enfant dans ses acquisitions motrices et son éveil. La rééducation psychomotrice vise
à améliorer le développement moteur de l’enfant, l’aider à prendre conscience de son schéma
corporel, se familiariser avec diverses expériences sensorielles, communiquer et exprimer ses
émotions. Elle l’aide aussi à diminuer ses troubles du comportement et aide les parents dans
l’éducation de leur enfant. Le kinésithérapeute peut soulager certaines douleurs et permettre
à l’enfant de se mouvoir plus facilement, par exemple s’il a des problèmes de posture liés à
une scoliose.
L’ergothérapeute
Il intervient souvent plus tard, lorsque l’enfant apprend à être autonome pour manger, s’habiller,
se laver. La prise en charge par un ergothérapeute comprend toutes sortes d’exercices avec des
crayons, des pinceaux, des ustensiles de cuisine, un ordinateur, etc. La pratique de tous ces
gestes exerce sa maîtrise des mouvements précis et l’aide à devenir plus autonome.
L’orthoptiste
Il assure la rééducation des éventuels troubles de la vision. Il travaille en collaboration avec
l’ophtalmologiste. Si l’enfant a un strabisme, celui-ci doit être corrigé le plus tôt possible pour
que la vision parallèle des deux yeux (vision binoculaire), nécessaire à une bonne perception de
la profondeur et de la distance, se développe. Le traitement consiste souvent à faire travailler
l’œil atteint (dévié) en masquant l’œil indemne, par exemple avec des caches. Si une déviation
persiste malgré la rééducation, une intervention chirurgicale est parfois nécessaire pour la
faire disparaître ou la réduire.
l Existe-t-il des médicaments qui peuvent réduire les
manifestations ?
Certaines manifestations du syndrome peuvent être atténuées par des médicaments.
Troubles du comportement
Les médecins ont recours à divers médicaments psychotropes (conçus pour agir sur le
psychisme). Il peut s’agir de :
- psychostimulants (comme le méthylphénidate) pour atténuer les troubles de l’attention,
parfois en partie responsable de l’hyperactivité ;
- antidépresseurs pour traiter l’anxiété et les comportements répétitifs (sertraline). À noter
que les benzodiazépines, habituellement indiquées pour traiter l’anxiété, sont à éviter chez les
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personnes atteintes du syndrome de l’X fragile ;
- tranquillisants (hydroxyzine) ou mélatonine qui peuvent être prescrits temporairement si la
personne souffre d’insomnies ;
- neuroleptiques (risperidone) en cas de crises d’angoisse très fortes avec auto-agressivité ou
comportement violent.
Ces médicaments ne sont pas toujours complètement efficaces pour corriger les troubles du
comportement sévères : le médecin doit parfois ajuster les doses afin de répondre au mieux aux
besoins de chaque enfant. Comme tous produits actifs, ils peuvent avoir des effets indésirables
plus ou moins graves. Le médecin choisit de prescrire tel ou tel médicament après avoir
précisément évalué avec la famille les besoins du malade et pesé consciencieusement le pour
(possibilité d’amélioration de l’état de la personne) et le contre (risque d’effets indésirables).
Il est important d’avoir confiance en ce choix, mais aussi de savoir qu’il peut être réévalué avec
le médecin, en fonction de l’évolution des manifestations et de la tolérance du traitement. Un
traitement psychotrope (excepté le méthylphénidate) ne doit pas être interrompu brutalement
et il est nécessaire de suivre les prescriptions quant aux doses et au nombre de prises.
Épilepsie
Le traitement d’une éventuelle épilepsie fait appel aux médicaments antiépileptiques comme,
par exemple, le valproate ou la carbamazépine.
Reflux gastro-œsophagien
Pour les nourrissons ayant un reflux important, une alimentation par un lait épaissi est parfois
conseillée. Dans certains cas, les médecins peuvent prescrire des médicaments qui agissent
comme des pansements sur la muqueuse œsophagienne, pour diminuer les douleurs dues aux
reflux acides, ou des médicaments destinés à bloquer ou à neutraliser la sécrétion acide de
l’estomac.
Otites et sinusites
Elles doivent être traitées comme chez toute autre personne, si besoin avec des antibiotiques :
si les otites sont très fréquentes ou entraînent une baisse d’audition, un traitement chirurgical
peut être indiqué : enlever les végétations (adénoïdectomie) ou mettre des « yoyos » (aérateurs
transtympaniques).
l Un soutien psychologique est-il souhaitable ?
Oui, un soutien psychologique peut aider l’entourage, parents, frères et sœurs, grands-parents...
En fonction de la sévérité de la maladie, les doutes et les moments d’angoisse ne seront
pas les mêmes pour tous.
L’annonce du diagnostic est un moment particulièrement douloureux pour des parents. Il est
très fréquent d’avoir un sentiment de total isolement face à la maladie, malgré la présence d’une
équipe médicale attentive. Il est aussi habituel de ressentir un sentiment de culpabilité, lié
au mode de transmission de la maladie. Il est également normal d’avoir du mal à se concentrer
pour comprendre les informations données par le médecin : d’une part celles-ci sont souvent
compliquées, d’autre part « ne pas entendre » est une réaction normale de protection face à
l’angoisse générée par l’annonce du diagnostic. Au cours des consultations, aussi bien lors de
l’annonce du diagnostic que les suivantes, il ne faut pas hésiter à demander des explications,
sans crainte de faire répéter, et cela, autant que nécessaire.
Un soutien psychologique est souhaitable dès que l’on en sent le besoin, par exemple pour
parler du caractère héréditaire de la maladie, des difficultés que l’on a pour informer sa
parentèle, pour soutenir son enfant malade, mais aussi son conjoint et ses autres enfants. En
effet, la maladie d’un enfant peut être également très perturbante pour ses frères et sœurs.
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Certains peuvent ressentir, en plus d’une angoisse, un mélange de jalousie et de culpabilité.
Un psychologue pourra, si besoin, aider parents et enfants à trouver leur place et à redéfinir
leur rôle.
L’aide d’un psychologue peut aussi être nécessaire pour favoriser la communication et aider
à accepter les moments de découragement et de fatigue liés à l’inquiétude et au manque de
repos. Cette aide peut aussi être utile pour trouver le mode de prise en charge le mieux adapté
à l’enfant (ou à l’adulte) et lui assurer la meilleure qualité de vie possible.
l Que peut-on faire soi-même pour soigner son enfant ?
En dehors de quelques précautions concernant l’alimentation des nourrissons ayant un reflux
gastro-œsophagien, aucun régime alimentaire particulier n’est indiqué.
L’attitude familiale, avec l’instauration d’un milieu de vie sécurisant, une attitude éducative
ferme et affectueuse, une valorisation à chaque âge des progrès de l’enfant, aident à diminuer
les troubles du comportement et à renforcer l’estime que l’enfant malade a de lui-même.
l Comment se faire suivre ? Comment faire suivre son
enfant ?
Dans l’enfance, le suivi médical au quotidien est assuré, comme pour tout enfant, par le
pédiatre traitant ou le médecin de famille. Celui-ci peut prendre conseil auprès des spécialistes
(neuropédiatre, pédopsychiatre, généticien) de sa région ou bien auprès d’un des centres de
référence ou de compétence du réseau DéfiScience, dont les coordonnées se trouvent sur le
site Orphanet ([Link]). Des examens systématiques sont conseillés. Ils comprennent
des examens auditifs chez le médecin ORL et des examens des yeux chez l’ophtalmologiste.
Certains problèmes médicaux (épilepsie, strabisme, troubles du comportement, pieds plats,
scoliose, souffle cardiaque) nécessitent un suivi spécialisé. La fréquence et le type d’examens
sont fixés par l’équipe médicale en fonction de l’évolution de chaque enfant.
Une évaluation pluridisciplinaire est nécessaire à plusieurs moments charnière de la vie du
malade, en particulier lors des décisions du choix du type de scolarité le mieux adapté : entrée
en maternelle, en primaire, puis à l’adolescence et au passage à l’âge adulte. Cette évaluation
implique les parents et de nombreux professionnels (pédiatre, psychiatre, psychologue,
orthophoniste, psychomotricien) de différentes structures selon le mode d’accompagnement de
l’enfant (CAMSP, CMPP, CMP, libéraux), sans oublier l’enseignant référent qui veille à l’élaboration
d’un projet scolaire adapté (PPS, voir « Quelles sont les conséquences sur la scolarité ? »), le
médecin scolaire et l’équipe de la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH).
Une nouvelle évaluation est utile quand le malade, devenu adulte, est pris en charge par une
nouvelle équipe médicale.
l Quelles sont les informations à connaître et à faire connaître
en cas d’urgence ?
En cas d’urgence, il est très important d’informer l’équipe soignante du diagnostic de syndrome
de l’X fragile. Tout traitement médicamenteux en cours doit être clairement mentionné ainsi
que les doses administrées notamment si une intervention chirurgicale, urgente ou non, doit
être réalisée. Cela permet aussi d’éviter toute prescription incompatible ou tout surdosage.
De plus, il faut informer les soignants que l’enfant (ou l’adulte) peut avoir des réactions
inadaptées du fait de son anxiété et de ses difficultés à comprendre. Le médecin et l’infirmière
pourront prendre plus de temps pour expliquer au malade, avec l’aide des parents, ce qui va
se passer.
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l Peut-on prévenir cette maladie ?
Non, on ne peut pas prévenir cette maladie héréditaire.
Vivre avec
Le syndrome de l’X fragile est souvent à l’origine d’un handicap lourd, notamment sur le plan
intellectuel, avec un manque d’autonomie dans la vie quotidienne. A ce titre, la maladie peut
retentir profondément sur la vie du malade et sur celle de sa famille.
l Quelles sont les conséquences de la maladie d’un enfant sur
la vie familiale et sociale ?
Les conséquences de la maladie sur la vie quotidienne sont généralement lourdes lorsque l’enfant
est atteint d’une forme sévère. L’organisation de la vie quotidienne, les repères habituels,
les priorités au sein de la famille s’en trouvent bouleversés. Les difficultés sont encore plus
importantes lorsque plusieurs enfants sont atteints de la maladie.
Au quotidien, la prise de médicaments, les consultations médicales répétées remettent parfois en
question des projets de sorties ou d’activités, ce qui peut être difficile à accepter pour les autres
membres de la famille. Là aussi, le phénomène est accentué si plusieurs enfants sont atteints.
Le suivi médical rapproché, les difficultés à scolariser l’enfant ou à le faire garder et
l’accompagnement aux multiples séances de rééducation, soit en ambulatoire, soit dans des
centres spécialisés (CAMSP, CMPP, CMP, voir « Quels sont les professionnels impliqués et les aides
mises en œuvre pour aider ces personnes ? »), ont aussi des répercussions sur la vie professionnelle
des parents (absentéisme, congé de présence parentale, travail à temps partiel, cessation
d’activité…). La maladie a donc un impact direct sur le niveau de vie des foyers.
De plus, il existe souvent des troubles du sommeil et du comportement qui sont épuisants et
difficiles à gérer pour les parents. Les enfants sont parfois extrêmement actifs, ont du mal à
contrôler leur énergie et peuvent se mettre en danger, ce qui nécessite la présence permanente
d’un adulte. Au contraire, certains peuvent être « grognons », très fatigués et peu actifs, soit à
cause de la maladie, soit à cause des médicaments.
La maladie peut avoir des conséquences pratiques sur l’autonomie de l’enfant. Ainsi, il arrive
souvent que l’acquisition de la propreté soit difficile ou tardive, notamment pour les selles.
l Quelles sont les conséquences de la maladie sur la
scolarité ?
La prise en charge de l’enfant en crèche ou en école maternelle dépend de son développement.
Certains peuvent aller quelques heures par jour à l’école, ou une ou deux matinées par semaine.
Cela permet d’assurer leur épanouissement social, tout en ménageant du temps pour les séances
de kinésithérapie, d’orthophonie ou de psychomotricité.
Pour les enfants dont l’accompagnement ne nécessite pas un recours à des prestations exigeant
une décision de la Commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées (CDAPH,
voir plus loin), mais qui ont néanmoins besoin de soins, les parents peuvent demander au
chef d’établissement de mettre en place un Projet d’accueil individualisé (PAI) en concertation
avec le médecin scolaire, l’équipe enseignante et le médecin de l’enfant. Il permet d’organiser
l’accueil de l’enfant dans des bonnes conditions. Compte-tenu des besoins de l’enfant, certains
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aménagements sont réalisés.
Pour les enfants reconnus « handicapés » par la CDAPH qui relève de la Maison départementale
des personnes handicapées (MDPH, voir « Les prestations sociales en France »), les parents
peuvent faire une demande de Projet personnalisé de scolarisation (PPS). Les mesures
supplémentaires nécessaires à la scolarisation de l’enfant sont alors définies par la MDPH : par
exemple, demander un accompagnement par un auxiliaire de vie scolaire (AVS) ou accorder un
service d’éducation spécialisée et de soins à domicile (SESSAD) qui permet l’intervention de
personnels médico-éducatifs à l’école et à la maison.
Le choix du type de scolarité le plus adapté à l’enfant doit prendre en compte ses faiblesses et
ses compétences cognitives et affectives, pour stimuler ses apprentissages sans qu’il ne perde
confiance en lui et ne se démotive. Il ne faut pas hésiter à réévaluer son orientation si l’on
sent qu’il est en difficulté.
Si l’enfant a des difficultés d’apprentissage sans déficit intellectuel ou avec un déficit intellectuel
modéré, une scolarisation en classe ordinaire doit être envisagée. Dans l’enseignement primaire
ou secondaire, l’enfant peut bénéficier de l’accompagnement d’un AVS, pour tout ou partie du
temps de scolarité, selon les besoins de l’enfant et l’organisation locale.
Pour les enfants plus en difficulté, des dispositifs particuliers peuvent être mis en place dans
des établissements de l’Education Nationale comme des classes d’inclusion scolaire (CLIS)
à l’école primaire ou des unités localisées pour l’inclusion scolaire (ULIS) au collège et au
lycée. Les CLIS/ULIS permettent d’accueillir des petits groupes d’enfants ayant des besoins
spécifiques et à favoriser la mise en œuvre de leur projet personnel de scolarisation (PPS).
Pour les enfants ayant un déficit intellectuel important, la scolarisation en établissement
ordinaire devient vite impossible, du fait des difficultés trop importantes au niveau du langage,
du développement et du comportement. Une demande de scolarisation dans un établissement
spécialisé peut alors être déposée auprès de la MDPH : par exemple un IME – Institut médico-
éducatif − qui reçoit des enfants avec un déficit intellectuel, ou un ITEP – Institut thérapeutique
éducatif et pédagogique – qui reçoivent des enfants ayant des troubles du comportement).
L’accompagnement doit être poursuivi jusqu’à l’insertion professionnelle et tout au long de la
vie.
Il n’existe pas de restriction au niveau des activités sportives, qui sont souvent très valorisantes
et facteurs de socialisation. En cas de problèmes orthopédiques (pieds, colonne vertébrale) ou
d’épilepsie, un certificat médical du spécialiste concerné sera demandé.
l Quelles sont les conséquences de la maladie sur la vie à l’âge
adulte et la vie professionnelle ?
À l’âge adulte, la majorité des filles peuvent avoir une vie professionnelle normale ; cependant
beaucoup doivent pour cela être accompagnées et soutenues dans leur projet professionnel
(favoriser leur confiance en elles, limiter leur anxiété face à certaines situations comme des
entretiens d’embauche...).
Pour beaucoup d’hommes atteints, le déficit intellectuel étant important et l’autonomie limitée,
il n’est pas possible de s’intégrer dans le monde du travail ordinaire. Certains exercent une
activité professionnelle salariée dans un Établissement spécialisé d’aide par le travail (ESAT).
D’autres, du fait de leur handicap sévère, ne peuvent pas avoir d’activité professionnelle.
Ils sont alors accueillis dans des foyers de vie ou des Centres d’activité de jour (CAJ) et y
participent à des activités physiques, artistiques et culturelles.
Seule une minorité d’hommes peuvent mener une activité professionnelle dans un environnement
ordinaire. Leur intégration est plus facile dans des structures de petite taille, où ils peuvent
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prendre leurs repères (espace et routines de travail, personnes avec lesquelles ils vont
travailler…). Un aménagement de leur temps de travail peut être utile. Leur vie sociale peut
être très riche malgré le handicap : ils lient des amitiés, certains peuvent vivre en couple, voire
avoir des enfants. Cela est facilité par un accompagnement social de qualité.
� En savoir plus
l Où en est la recherche ?
Depuis la fin des années 1960, la recherche scientifique tente de mieux comprendre le syndrome
de l’X fragile. Le travail des scientifiques ne cesse de faire évoluer les connaissances sur
cette maladie, mais de nombreuses questions restent encore sans réponse. Les recherches
ont considérablement avancé ces dernières années avec notamment l’utilisation de souris
dont l’ADN a été modifié (souris transgéniques) : des souris auxquelles on a enlevé le gène
FMR1 ont été étudiées. Ces études tendent à montrer que l’absence de la protéine FMRP,
qui perturberait la communication entre les neurones, pourrait être compensée en partie en
diminuant la quantité d’une autre protéine, le récepteur au glutamate, capable de fixer le
glutamate libéré dans la fente synaptique (voir « Comment expliquer les symptômes ? ») pour
transmettre l’influx nerveux. Des chercheurs ont montré que bloquer partiellement le récepteur
au glutamate chez ces souris permettait de diminuer leurs symptômes neurologiques. Des
molécules inhibitrices de ce récepteur (antagonistes du récepteur au glutamate, anti-mGluR5)
sont déjà connues et sont actuellement à l’étude sur des souris, mais aussi chez des patients
dans le cadre d’essais cliniques.
Un traitement par substitution reste pour l’instant inenvisageable : le principe serait
d’administrer aux malades une protéine FMRP synthétisée artificiellement. Malheureusement,
s’il est possible de produire la protéine FMRP en laboratoire, on ne connaît pas de méthode
pour la faire parvenir à sa « cible », en l’occurrence les neurones.
Enfin, une partie de la recherche sur cette maladie vise à comprendre pourquoi les malades
n’arrivent pas à apprendre; par exemple, les réseaux de neurones impliqués dans l’apprentissage
peuvent être étudiés par IRM (Imagerie par résonance magnétique). C’est un examen indolore
qui utilise le principe de l’aimant (le champ magnétique) et qui révèle de nombreux détails sur
le fonctionnement des organes.
l Comment entrer en relation avec d’autres malades atteints de
la même maladie ?
En contactant les associations de malades consacrées à cette maladie. Vous trouverez leurs
coordonnées en appelant Maladies Rares Info Services au 01 56 53 81 36
(Appel non surtaxé) ou sur le site Orphanet ([Link]).
l Les prestations sociales en France
Il est important de trouver les bons interlocuteurs pour se faire aider dans les démarches
administratives. Des conseils précieux peuvent être fournis d’une part par les assistantes sociales
à l’hôpital et, d’autre part, par les associations de malades qui connaissent la législation et
les droits.
En France, les personnes atteintes d’une forme sévère du syndrome de l’X fragile bénéficient
d’une prise en charge à 100 % (exonération du ticket modérateur) par la Sécurité sociale du
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financement des soins, des frais médicaux et des appareillages, liés à la maladie, au titre des
Affections de Longue Durée (ALD).
En pratique, c’est le médecin traitant ou le médecin du centre de référence qui remplit et signe
le formulaire de demande de prise en charge à 100 %, appelé protocole de soins. Un volet
est adressé au médecin conseil de l’Assurance Maladie qui donne son accord pour la prise en
charge à 100 % d’une partie ou de la totalité des soins. Le médecin remet ensuite (lors d’une
consultation ultérieure), le volet du protocole de soin, en apportant toutes les informations
utiles. Le protocole de soins est établi pour une durée déterminée fixée par le médecin conseil
de l’Assurance Maladie. C’est le médecin traitant qui demande un renouvellement au terme de
cette durée.
Les personnes en situation de handicap dans leur vie quotidienne peuvent s’informer sur
leurs droits et les prestations existantes auprès de la Maison départementale des personnes
handicapées (MDPH) de leur département. Celle-ci centralise toutes les démarches liées au
handicap (demande de prestations − aide humaine, aide technique, aménagement du logement
et du véhicule... − demande relative au travail, à l’emploi et à la formation professionnelle,
aides financières...). Elle instruit les dossiers de demande d’aide, les transmet à la Commission
des droits et de l’autonomie des personnes handicapées (CDAPH) et assure le suivi de la
mise en œuvre des décisions prises. Par exemple, les parents d’enfants scolarisés atteints du
syndrome, peuvent solliciter un Projet personnalisé de scolarisation (PPS) (voir « Quelles sont
les conséquences de la maladie sur la vie familiale, professionnelle, sociale, scolaire, sportive ? »).
Une allocation d’éducation de l’enfant handicapé (AEEH) peut également être allouée.
En fonction du pourcentage de handicap reconnu, une Allocation Adulte Handicapé (AAH) et
une Prestation de compensation du handicap (PCH) peuvent être allouées aux adultes atteints.
Il est possible de faire une demande de Reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé
(RQTH). Cette reconnaissance, si elle est obtenue, permet à la personne d’être orientée vers
une entreprise adaptée ou un service d’aide par le travail, et d’être bénéficiaire de l’obligation
d’emploi. Elle reçoit également le soutien de l’Association de gestion du fonds pour l’insertion
professionnelle des personnes Handicapées (AGEFIPH).
Une carte d’invalidité permet aux personnes handicapées majeures ou mineures dont le taux
d’incapacité dépasse 80 %, de bénéficier de certains avantages fiscaux ou de transports. La
carte de priorité pour personne handicapée (anciennement appelée carte « station debout
pénible ») et le macaron permettant de se garer sur les places réservées aux personnes
handicapées (carte valable dans tous les pays de l’Union Européenne) peuvent être obtenus en
fonction de l’état de santé de la personne.
L’orientation vers les établissements spécialisés est sous le contrôle de la Commission des
droits et de l’autonomie des personnes handicapées (CDAPH), organisée au sein de la MDPH.
Plusieurs demandes d’allocations peuvent être faites, mais, la plupart du temps, elles ne
sont pas compatibles entre elles. Il est donc important de faire une demande adaptée à sa
situation.
Enfin, la MDPH assure l’accompagnement de la personne sur la durée.
Pour plus de précisions, vous pouvez consulter le cahier Orphanet « Vivre avec une maladie
rare en France : aides et prestations », qui compile toutes les informations sur la législation en
cours, les aides, les modalités de scolarisation et d’insertion professionnelle disponibles pour
les personnes atteintes de maladies rares.
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(Appel non surtaxé)
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Ce document a été réaliSé par :
Avec la collaboration de :
Professeur Vincent Desportes Mosaïques – Association des
Centre de référence des déficiences « X fragiles »
intellectuelles de causes rares
Service de neurologie pédiatrique
Hôpital Femme Mère Enfant
Lyon
Association Française des Conseillers
en Génétique
Association Nationale du syndrome
X fragile – « Le Goëland »
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