Dissertation (littéraire) :
Consigne : Pensez-vous que le roman, outre le fait de divertir le lecteur, soit un genre efficace pour
débattre des problématiques essentielles de notre société passée et moderne ?
Plan analytique :
Le roman et plus particulièrement la lecture existe depuis des siècles, tout d’abord ce sont de
simples lettres qui forment des mots puis des suites de phrases et enfin, peu à peu, une histoire. Le
roman nous invite à la lecture. Lire est un usage ancré dans notre patrimoine et le roman via ses
histoires fascinantes anime l’envie. Dans les transports en commun, les salles d'attente, aux terrasses
de cafés, à la plage où à la piscine, nous croisons tous les jours des gens plongés dans leur lecture. La
lecture vient vers nous quand ne nous demandons rien. À tout moment, nous pouvons feuilleter un
roman mais est-ce seulement un simple divertissement ? Nous verrons tout d’abord que le roman
nous permet de nous distraire comme tout autre moyen culturel tel que, le dessin, le cinéma ou
encore la musique mais est-ce sa seule finalité ? Ensuite, nous constaterons que le roman n’a pas
qu’une fonction ludique mais il est aussi un moyen d’acquérir des connaissances, des informations et
également un outil de réflexion sur notre Monde pour relater une réalité d’une autre façon,
l’analyser voire parfois la dénoncer.
Tout d’abord, le roman a pour fonction de divertir le lecteur ou l’amuser, de différentes
manières, seul ou à plusieurs. Il peut le conduire à se distraire en découvrant d’autres mondes
totalement imaginaires, plus incroyables les uns que les autres ou bien l’amener à oublier la morosité
de son quotidien.
En effet, le roman a pour but d’amener le lecteur à prendre du bon temps en passant des
heures voire des journées à lire une histoire de plus en plus haletante. L’écrivain Honoré de Balzac
affirme « J’ai accompli de délicieux voyages, embarqué sur un mot » car à travers le livre, l’esprit
voyage, se distrait à découvrir de nouveaux mondes, époques et autres. Nous passons un bon
moment souvent captivé par le récit. Dans les récits d’aventure de Jules Verne, les héros donnent le
meilleur d’eux même afin de continuer à nous faire vivre leur époustouflante odyssée. Dans le
« Voyage au centre de la Terre », Axel le héros et son oncle décident d’entreprendre une exploration
au sein d’un volcan en Islande. Les deux acolytes passeront de multiples fois près de la mort et
survivront de justesse à l’aide de leur guide, Hans. Grâce au point de vue interne adopté, le lecteur
vivra l’histoire comme immergé au sein du roman.
De plus le roman via la lecture provoque chez tout être un plaisir fondamental qui permet de
différentes façons de pouvoir s’échapper des problèmes de la vie quotidienne. La lecture est source
de bien être comme le dit Emmanuel Kant : « Une lecture […] est aussi utile à la santé que l’exercice
du corps ». A travers l’histoire, le livre permet au lecteur de rêver, de se détendre et de s’évader de
telle façon que le roman conduit à l’apaisement et la tranquillité du lecteur lors d’un instant
privilégié, seul entre le livre et soi-même. Lire Le Petit Nicolas de René Goscinny et Jean-Jacques
Sempé nous transporte dans un univers totalement hilarant tout comme le roman La fée carabine de
Daniel Pennac où la famille Mallaussène nous fait vivre des situations cocasses et drôles. Le lecteur
rit au fil des aventures et, de fait, vit de bons moments à travers les pages en oubliant ses soucis.
Par ailleurs le roman a également pour objectif de faire voyager, transporter ou encore
amener le public dans une tout autre réalité. Selon Victor Hugo « Lire, c’est voyager, voyager, c’est
lire ». Voyager dans un univers extraordinaire et dont l’imagination n’a pas ou plus aucune limite, un
monde dépassant le concevable et se détachant totalement de toute réalité. « Alice au pays des
merveilles », comme son nom l’indique est un livre nous guidant dans un monde imaginaire
accompagné d’Alice qui vivra au cours de l’histoire des aventures plus loufoques les unes que les
autres en rencontrant des personnages étranges. Le roman amène le lecteur à se divertir via
différents moyens tel que l’évasion, le voyage, le plaisir, cependant nous pouvons également nous
apercevoir que le roman ne détient pas qu’une fonction divertissante puisque le livre permet
d’apprendre de nouvelles choses, d’expliquer des fait historiques, politiques, géographiques, les
rapports entre les hommes et les problèmes de notre société.
D’autre part, le roman possède une fonction d’enseignement dont le but est d’aborder un
sujet plus aisément avec une approche différente et surtout accessible à un public plus large que par
exemple les journaux ou articles de presse. Aussi le roman informe, questionne, averti et dénonce.
Le roman et la littérature sont un art ayant une fonction didactique permettant l’acquisition
d’un savoir universel. Le roman bien que divertissant reste tout autant un moyen de s’instruire,
d’apprendre différemment des éléments sur de multiples thématiques. Il renseigne et porte en
même temps un autre regard sur le rapport des hommes entre eux et la société. Louis Aragon
affirmait que « La lecture d’un roman jette sur la vie une lumière » nous expliquant alors que via le
roman, l’esprit se développe et évolue. Le roman de Roland Godel, « Dans les yeux d’Anouch » nous
replonge en plein cœur du génocide Arméniens avec Anouch et sa famille qui vont entreprendre un
exil périlleux tout en s’organisant pour survivre et se cacher des populations turques. Ce roman nous
fait pleinement vivre le génocide Arméniens via le regard de cette jeune adolescente. Grandissant
dans cet univers atroce, horrifique et barbare. Anouch nous retrace ses journées tout en nous
décrivant des faits historiques qui aujourd’hui divisent encore malgré des décennies passées.
De plus, le roman autorise l’auteur à s’exprimer et affirmer son point de vue afin de le
transmettre au lecteur et via leur réputation faire entendre la voix de ceux qu’on ignore. L’auteur ou
l’écrivain met sa plume au service d’une cause. L’écrivain se doit toucher un plus grand nombre en
essayant de soulever un intérêt chez le lecteur afin de montrer quelque chose de plus profond qu’un
simple outil de divertissement. D’après Patrick Louis Richard « Dire tout haut ce que beaucoup
pensent tout bas est à la fois courage, solidarité et civisme » ou encore Victor Hugo « La littérature
doit être un « encrier » contre un « canon » elle doit être engagée dans les luttes de son temps ». Les
diverses dénonciations de la guerre, des inégalités sociales, du fanatisme sont des sujets faisant
encore écho de nos jours et dont le roman se doit de montrer, signaler et dénoncer. Dans « Des
Fleurs pour Algernon » de Daniel Keyes, Algernon est une souris dont l’on a décuplé l'intelligence.
Enhardis par cette réussite les scientifiques décident d'appliquer leur découverte à Charlie Gordon,
un simple d'esprit. C’est alors l'éveil de l'intelligence et de l’esprit pour le jeune homme qui par ce
biais découvre peu à peu la façon dont il était traité par ses amis et collègue à savoir comme un
moins que rien. Pour lui, c’est une prise de conscience qui peut être appliqué par nombres de
relations humaine dans notre société actuelle et leurs complexités. Le lecteur au cours de l’histoire
apprendra en même temps que Charlie Gordon la triste réalité du monde dans laquelle chaque
humain vit, grandit et meurt.
Enfin, le roman permet à l’écrivain de pointer du doigt et de dénoncer ce qui le révolte et
l’irrite. L’écrivain ne peut aucunement rester indifférent des problèmes et questions de la société
dans laquelle il vit et par sa plume il devient non plus spectateur mais concrètement acteur en
apportant sa propre critique et son analyse du monde qui l’entoure. Via le roman il dénonce les
dysfonctionnements, les imperfections et les fragilités de la société. Bien souvent, l’écrivain en aucun
cas ne peut rester insensible aux multiplies problèmes traversés sur notre Terre, qu’ils soient
économiques, politiques, humains ou tout autres. Jean-Paul Sartre soutenait que « L’écrivain engagé
sait que la parole est action : il sait que dévoiler, c’est échanger et qu’on ne peut dévoiler quand
projetant de changer. Il a abandonné le rêve impossible de faire une peinture impartiale de la société
et de la condition humaine » nous éclairant sur le fait que l’écrivain est doté d’une mission dont il ne
peut se délier et se doit d’agir lors de circonstances qu’il considère comme non tolérables. Dans « Les
Misérables » de Victor Hugo, roman dépeignant précisément la vie des Français et notamment des
pauvres au début du XIXème siècle, les personnages dont Jean Valjean vivent d’innombrables
histoires dans lesquelles ils essayent de sortir de la misère et du malheur qui leur arrivent. Ce livre
nous questionne alors sur les conditions de vie des plus pauvres et les inégalités sociales qu’ils
subissent. Victor Hugo s’engage en faveur de ces individus tout en montrant aux lecteurs les
faiblesses, les déficiences et les manques de la société.
Pour finir, tout comme le sport, le roman et sa lecture procurent un plaisir commun à
chacun, nous aident à voyager, à oublier les problèmes et le stress habituel. Cependant, le roman
nous permet aussi une réflexion et une analyse de l’environnement dans lequel nous vivions, le
monde qui nous entoure et les sociétés qui nous divisent. Le roman n’a pas seulement qu’une finalité
divertissante mais il permet, également, au lecteur de changer sa manière de vivre, de penser et de
voir les choses. Ainsi, pourrions-nous alors affirmer que l’auteur via son roman aide le lecteur à
l’ouverture d’esprit ?