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Optimisation Stochastique : Concepts Clés

Ce document traite de l'optimisation stochastique. Il présente différents types d'optimisation et introduit la notion d'éléments aléatoires. Deux exemples sont développés, dont celui d'un marchand de journaux, pour illustrer les concepts clés.

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Optimisation Stochastique : Concepts Clés

Ce document traite de l'optimisation stochastique. Il présente différents types d'optimisation et introduit la notion d'éléments aléatoires. Deux exemples sont développés, dont celui d'un marchand de journaux, pour illustrer les concepts clés.

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OPTIMISATION

STOCHASTIQUE

I - Introduction
Rappels d’optimisation
• Optimiser : trouver le (un des) meilleur(s)
choix, en respectant certaines contraintes
• min/max f(x)
• s.c. (« sous les contraintes »)
• gk(x) ≥, ≤, = bk
• x ∈X⊆Rn
Différents types d’optimisation

• Pas de gk : optimisation sans contraintes


• f, gk linéaires (= polynômes de degré 1):
Programmation Linéaire
• Sinon, programmation non linéaire
(Optimisation 2)
• + X discret (⊆Zn) : PL Nombres Entiers
(Programmation Entière)
Optimisation
déterministe/stochastique

• Jusqu’ici, on suppose que les fonctions et


les seconds membres sont parfaitement
connus.
• Dans beaucoup de cas réels, on optimise
sur des données non connues
exactement
• Une part de hasard : « stochastique »
Eléments aléatoires
• Prévoir le futur (forcément…) :
demandes des clients, pannes,
défauts,…
liés à la météo (retards de projets,
mode),…
réactions des concurrents
cours de la Bourse, du marché,…
• Evaluer le présent
Exemple 1 : marchand de
journaux
• Un marchand de journaux achète à un
fournisseur des journaux qu’il revend à
des clients.
• Il ne sait pas le matin combien de journaux
seront vendus dans la journée.
• Acheter beaucoup ⇒ satisfaire plus
sûrement les demandes, trop d’invendus
• Acheter peu ⇒ peu d’invendus, manque à
gagner (clients non satisfaits)
Exemple 1 : modèle
• a,v,i nombres de journaux achetés,
vendus, invendus (éventuellement repris
au prix du papier)
• Max E[bénef] = E[(cV v + cI i - cA a)]
s.c. a = v+i (cohérence des variables)
v ≤D (demande, aléatoire)
v,i ≥ 0
• a,v,i aléatoires ?
Exemple 2 : Stock
• Etat du stock à la période t st
• Arrivées de commandes à la période t Lt
• Demandes à la période t Dt
• Coûts de stockage par période h
• Coûts fixes de commande K
• Min E [Σt (v Dt - Kxt - h st - a Lt)]
• st+1 = st + Lt – Dt ≥ 0 ∀t
• Lt ≤ Lmax xt , xt ∈{0,1} (Modèle mixte entier)
Exemple 2 (suite)

st+1 = st + Lt – Dt ≥ 0 ∀t
• Contraintes
très difficiles à satisfaire (à moins qu’il
existe un Dmax )

• Soit prévoir des pénuries (demandes


à satisfaire en période t+1), quitte à
payer des pénalités
• Soit pouvoir varier les quantités
commandées au fur et à mesure =
« recours »
Exemple 3 : processus de
production
• Au lieu d’avoir des commandes qui arrivent
toutes faites, on a des produits que l’on fabrique
• Nouvelle difficulté : les quantités fabriquées sont
incertaines (défauts, pannes de machines,
manque ponctuel de personnel…)
• Partie aléatoire dans le membre de gauche des
contraintes
• Aléas aussi dans les coûts des matières
premières ou les prix de revente
(négociations…) donc dans la fonction objectif
Influence des aléas
• Soit un problème déterministe (P) avec
une solution optimale (x*), de coût f(x*).
• Rajouter des aléas (P ⇒ P’) peut :
laisser (x*) optimale pour (P’), de coût
modifié f’(x*)
modifier la solution optimale, mais
conserver ses caractéristiques
changer complètement l’optimum
Décision/aléas
• En général les décisions sont à prendre au
temps t=0,
• Les aléas se réalisent à des t>0.
• Solutions wait-and-see : optimums si on
connaissait les réalisations des v.a.
• Modèle à 2 étapes : décisions seulement à t=0;
• Modèle à plusieurs étapes : on prend des
décisions à des temps tk, connaissant les
décisions prises à t<tk, et les réalisations des
v.a. à t<tk.
Variables aléatoires
• Variables ω pouvant prendre des valeurs
sur un espace Ω ⊆ ℜ.
• Support : plus petit espace contenant
toutes les valeurs possibles de ω.
• Fonction de densité f.d. : f : Ω → ℜ+
• Proba P(x<ω<x+dx) = f(x) dx
• Proba P(a<ω<b) = ∫a→b f(x) dx
• Espérance (moyenne):E[ω] = ∫a→b x f(x) dx
Distributions usuelles
• Distribution discrète : ensemble fini X de
doublets X={(xi, pi)} avec P(ω=xi) = pi.
• Distribution uniforme discrète : idem, avec ∀i, pi
= cte = 1/|X|.
• Distribution uniforme (continue) sur [a,b]
U(a,b) : support = [a,b], f.d. f(x)=1/(b-a).
• Distribution normale de moyenne μ et d’écart-
type σ
N(μ,σ) : support = ℜ, f.d. f(x) = 1/ σ√(2π) exp
(-½[(x-μ)/σ]²) (fonction en cloche)
Idées simplistes
• Vérifier toutes les contraintes quelque soit
la valeur des variables aléatoires ⇒
solution tous cas, ou pire cas (« fat
solution ») :
en général, très coûteuse
et même parfois de coût infini (ex.
distribution de support non borné :
distribution normale)
Solution pire cas
• Exemple : marchand de journaux
• Pas d’invendus repris, il veut satisfaire les
demandes.
• Demandes : distribuées uniformément sur un
intervalle [0,b], 0<b<∞
• Il doit commander toujours b journaux
• Il dépense b cA euros par jour
• Il récupère en moyenne (b/2) cV euros par jour
• Si cV / cA< 2, il perd de l’argent !!
Solution pire cas
• Coûts bien trop élevés dans certains cas
• Variables aléatoires à support non borné (ex. loi
normale) : solutions parfois infinies
• Parfois à peu près justifiée : construction de
centrales nucléaires, d’immeubles en zone
sismique…
• Plus réaliste : admettre un risque de probabilité
très faible : niveau de service en stocks,
modèles de la contrainte de hasard (« chance
constraint »).
Valeurs moyennes
• Idée : remplacer les variables aléatoires par
leurs espérances.
• Résoudre le problème comme un problème
déterministe.
• ☺: Modèle facile (déterministe)
• ☹ : Les risques sont bien trop importants :
si on identifie “moyenne” et “médiane”,
contraintes violées dans la moitié des cas.
Valeurs moyennes avec
marges de sécurité

• Idée : On remplace les données aléatoires


par des valeurs plus “sûres” que les
moyennes.
• Analogie gestion des stocks : niveaux de
sécurité.
• Problème déterministe, donc facile.
Valeurs moyennes avec
marges de sécurité -2-
• Très empirique, pas forcément un bon
modèle de décision.
• Qu'est-ce qu'une valeur “plus sure” ?
• De combien faut-il prendre une marge de
sécurité ? ☞Modèle de la contrainte de
hasard.
• A compléter par une analyse de sensibilité :
– Comment évolue la solution quand on fait
T←T+δT et h←h+δh ?
Exemple du marchand de
journaux – idées simplistes
• Prix d'achat CA , de vente CV, de reprise
des invendus CI.
• Demande inconnue D.
• Cas 1 : D uniforme sur [0;100].
• Cas 2 : D normale N(50;29).
• CA=0.7€ , CV= 1€, CI=0.1€.
Exemple du marchand de
journaux – valeur max
• Cas 1 : Pire cas = demande de 100
journaux. Il commande donc Q=100.
• Il paye [Link]=70€ par jour.
• En moyenne il vend 50 journaux par jour
donc 50 invendus, ce qui lui rapporte
E[D].CV+(Q-E[D]).CI=55€ par jour.
• Il perd 15€ par jour !
• Cas 2 : Pire cas = demande infinie !!
Exemple du marchand de
journaux – valeur moyenne
• On remplace D par E[D]=50.
• Donc Q = 50.
• Il paye 35€ par jour.
• Cas 1 : En moyenne un jour sur deux il
vend tout donc il gagne 50€ par jour
• En moyenne un jour sur deux il ne vend
pas tout. Il vend alors en moyenne
E[D|D<50]=25 journaux donc gagne 27.5€
• Bilan : -35 + (50+27.5)/2=3.75€
Exemple du marchand de
journaux – valeur moyenne
• Cas 2 : Il paye 35€ par jour.
• Un jour sur deux il vend ses 50 journaux
donc gagne 50€.
• Un jour sur deux il ne vend pas tout. Il vend
en moyenne E[D|D<50]= 38.4 journaux et
garde en moyenne 50-E[D|D<50]= 11.6
journaux invendus (dans les tables).
• Gain moyen : 9.78€ par jour.
Exemple du marchand de
journaux – marge de sécurité
• Le marchand choisit Q = E[D]+∆ . Par
exemple ∆ =29 (écart-type).
• Il commande 79 journaux qu'il paye 55.3€.
• Cas 1: 21 % des jours il vend tout donc
gagne 79€. 79% des jours il ne vend pas
tout. Il vend alors en moyenne E[D|D<79]
=39.5 journaux, avec 39.5 journaux
invendus. Il gagne alors 43.45€.
• Il perd 55.3-(0.79*43.45+0.21*79)=4.38€ !!
Exemple du marchand de
journaux – marge de sécurité

• Qu'est-ce qu'une marge de sécurité ici ?


• Satisfaire les demandes ou “minimiser” les
risques d'invendus ?
• Les invendus coûtent cher, le mieux serait
peut-être de diminuer Q.
Le marchand de journaux –
analyse de sensibilité
• Analyse de sensibilité autour de Q=50 (cas
1): on paye 0.7(50+d)€,
• On vend tout dans (50-d)% des jours donc
on gagne (50+d)€,
• dans (50+d)% des jours on a en moyenne
(50+d)/2 journaux vendus et (50+d)/2
invendus. Gain (50+d)/2+(50+d)/2*0.1 €
• Bilan : 3.75 – 0.0045 d² – 0.15 d
Le marchand de journaux –
la solution
• CO cout par journal invendu = CA-CI
• CU cout par demande insatisfaite = CV-CA
• G(Q) = CO∫0Q(Q-D)f(D)dD+CU∫Q∞(D-
Q)f(D)dD
• G'=COF(Q)–CU(1-F(Q)) avec F(Q)=P[D≤Q]
• Trouver Q* tel que F(Q*)=CU/(CO+CU)
• Cas 1 : Q*=33, cas 2 : Q*=38.

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