Droits humains et lutte antiterroriste au Burkina Faso
Droits humains et lutte antiterroriste au Burkina Faso
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En outre, des actions civilo-militaires sont incluses dans les opérations de grande
envergure afin de rapprocher l’armée de la population à travers, entre autres, des
consultations médicales gratuites, la distribution gratuite de médicaments et de vivres
au profit des populations locales, des visites des chefs militaires aux autorités
administratives, religieuses et coutumières locales pour renforcer la confiance vis-à-vis
des FDS afin de faciliter la collaboration.
Au sein de chaque unité de FDS opérant sur le terrain, une cellule prévôtale chargée de
la discipline des militaires et du respect des droits des personnes interpellées et
détenues lors de ces opérations est présente. La cellule prévôtale a non seulement pour
missions de prévenir toutes violations des droits humains mais aussi de rassembler les
preuves d’éventuelles violations le cas échéant.
En effet, les unités opérationnelles dans l’exercice de leurs missions étant souvent
amenées à procéder à des interpellations d’individus suspects. Les personnes
interpellées à l’égard desquelles il existe des indices graves sont remises à la police
judiciaire pour enquêtes en vue de déterminer leur implication ou non dans des actes
répréhensibles tels que le terrorisme. Seules les unités de police judiciaire sont
habilitées à les garder à vue. A ce titre, la prévôté renseigne à l’attention de la police
judiciaire, des fiches individuelles concernant chaque personne arrêtée en vue de
faciliter les enquêtes en indiquant : l’identité complète du suspect, le nombre de
personnes arrêtées à cette occasion, la date, l’heure et le lieu de l’arrestation, les
circonstances ayant conduit à son arrestation de même que l’inventaire de tous les
objets saisis avec lui.
Il est important de rappeler que le Gouvernement du Burkina Faso est particulièrement
attaché au respect du droit à la vie, du droit à l’intégrité physique des personnes et du
droit à un procès équitable tels que garantis par les instruments juridiques de
protection des droits humains auxquels il est partie. De ce fait, il a toujours œuvré à
doter les éléments des FDS de connaissances pour les habiliter au respect des droits
humains dans leurs missions.
A ce titre, des modules sur le droit international humanitaire, les droits de l’homme et
les libertés fondamentales sont enseignés dans les écoles et centres de formation
militaire au Burkina Faso.
Engagés dans les missions de maintien de la paix depuis plusieurs années, les
militaires burkinabè ont une bonne réputation sur les théâtres d’opération onusienne
quant au respect des droits humains. Ils reçoivent une formation sur l’usage de la force
et le respect des Conventions de Genève et des conventions sur les droits humains afin
d’éviter toute forme d’abus.
Ces compétences et bonnes pratiques sont également appliquées et mises en œuvre,
par des hommes et des femmes aguerris et professionnels, dans les opérations de
sécurisation du territoire national et de lutte contre le terrorisme. Les règles
d’engagement des FDS lors des opérations de lutte contre le terrorisme sont clairement
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définies à cet effet et les conditions de l’usage des armes à feu ainsi que l’arrestation,
la détention, la fouille de personnes bien déterminées.
La cellule prévôtale veille aussi au respect des règles d’engagement et de la discipline
militaire des FDS opérant sur le terrain en recherchant les preuves constitutives
d’infractions et en produisant des rapports à l’attention de la hiérarchie militaire pour
éventuelles sanctions disciplinaires et/ou poursuites pénales des intéressés.
Des sanctions et des poursuites pénales sont prévues en cas de non-respect des règles
d’engagement et de commission de crime du droit international humanitaire
notamment de torture ou d’exaction contre la population. Plusieurs dossiers sont en
cours d’investigation sur des allégations de violations des droits humains commises
par les FDS.
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En effet, le recours à la force et l'usage des armes sont encadrés par la loi n°032-
2003/AN du 14 mai 2003 relative à la sécurité intérieure, le décret n°2008-
700/PRES/PM/DEF du 14 novembre 2008 portant règlement de discipline générale
dans les forces armées nationales et le Code de conduite pour les responsables de
l'application des lois (CCRAL).
Pour le CCRAL, les principes de base 9, 10 et 11 énumèrent dans les détails les
critères de nécessité et de proportionnalité. Ainsi, les responsables de l'application des
lois ne doivent faire usage d'armes à feu contre des personnes qu’en cas de légitime
défense ou pour défendre des tiers contre une menace imminente de mort ou de
blessures graves, pour prévenir une infraction particulièrement grave mettant
sérieusement en danger des vies humaines, pour procéder à l'arrestation d'une personne
présentant un tel risque et résistant à leur autorité, ou l'empêcher de s'échapper, et
seulement lorsque des mesures moins extrêmes sont insuffisantes pour atteindre ces
objectifs.
Concernant la loi n° 032-2003/AN relative à la sécurité intérieure, l'article 13 dispose
que les forces de l'ordre ne peuvent faire usage de leurs armes dans les opérations de
maintien de l'ordre que dans les cas suivants :
- lorsque des violences ou des voies de fait caractérisées graves et généralisées
sont exercées contre elles ;
- lorsqu'elles sont menacées par des individus armés ;
- lorsqu'elles ne peuvent défendre autrement le terrain qu'elles occupent, les
installations qu'elles protègent, les postes ou les personnes qui leur sont confiés
ou enfin si la résistance est telle qu'elle ne puisse être vaincue autrement que par
la force des armes.
Les principes de force minimale et de la proportionnalité s’appliquent en tout temps, y
compris dans les opérations de lutte contre le terrorisme. L’ouverture du feu est sur
ordre et sous le contrôle du commandant de l’opération. Tant que faire se peut
l’ouverture du feu doit être précédée d’un avertissement. Les FDS ont l’obligation de
s’assurer que les objectifs à attaquer ne sont ni des civils ni des objets civils mais des
objectifs militaires.
La force mortelle n’est utilisée par chaque soldat qu’en cas de danger mortel imminent
pour se protéger soi-même ou protéger d’autres membres des FDS, des civils ou des
installations militaires. Lors des opérations militaires des personnes suspectes peuvent
être arrêtées par les FDS mais doivent être impérativement et immédiatement remises
en liberté ou confiées aux officiers de police judiciaire (OPJ) pour la suite des
procédures. Les fouilles sont effectuées dans le seul but de rechercher des objets
dangereux.
Toutes ces mesures et instructions, qui sont parfaitement enseignées depuis le
recrutement des soldats et connues d’eux sur le théâtre d’opération, s’inscrivent en
droite ligne avec les accords et traités de droits humains ratifiés par le Burkina Faso
dans le cadre du respect des droits humains.
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En plus des règles d’engagement, le décret n°2008-700/PRES/PM/DEF du 14
novembre 2008 portant règlement de discipline générale dans les forces armées
nationales précise en son article 24 que le chef militaire assure la responsabilité entière
des ordres donnés et de leur exécution, cette responsabilité ne pouvant être dégagée
par la responsabilité propre des subordonnés ; il ne peut ordonner d’accomplir des
actes contraires aux lois et règles du droit international applicables dans les conflits
armés et aux conventions régulièrement ratifiées ou approuvés ou qui constituent des
crimes. En outre, il instruit ses subordonnés sur les règles du droit international
applicables dans les conflits armés et sur les conventions régulièrement ratifiées ou
approuvées.
L’article 25 du décret susvisé quant à lui dispose que « le subordonné exécute
loyalement les ordres qu’il reçoit. Il est responsable de leur exécution ». Cet article
poursuit en énonçant que « le subordonné ne doit pas exécuter un ordre prescrivant
d’accomplir un acte manifestement illégal ou contraire aux règles du droit
international applicable dans les conflits armés et aux conventions régulièrement
ratifiées ou approuvées ».
De même, l’article 26 dudit décret dispose que le subordonné ne peut pas exécuter un
ordre prescrivant d’accomplir un acte manifestement illégal ou contraire au droit
international applicable dans les conflits armés et aux conventions régulièrement
ratifiés ou approuvés.
Quant à l’article 29 dudit décret, il régit le comportement des militaires au combat en
disposant en son alinéa 1 que : « Il est prescrit aux militaires au combat : de
considérer comme ‘’combattants réguliers’’ les membres de forces armées ou de
milices volontaires, y compris la résistance organisée, à condition que ces formations
aient un chef désigné, que leurs membres arborent un signe distinct, portent des armes
d‘une façon apparente et respectent les lois et usages de la guerre ; de traiter avec
humanité sans distinction toutes les personnes mises hors de combat ; de respecter les
hôpitaux, les lieux de rassemblement de malades ou de blessés civils ou militaires, les
personnels, les formations, les bâtiments, les matériels et les transports sanitaires et
d’épargner les édifices consacrés aux cultes, aux arts, aux sciences et à la
bienfaisance et les monuments historiques, à condition qu’ils ne soient pas employés à
des fins militaires ». L’alinéa 2 de l’article 29 poursuit en ces termes « En outre, il leur
est interdit de refuser une reddition sans condition ou de déclarer qu’il ne sera pas fait
de quartier ; de condamner des individus sans jugement préalable rendu par un
tribunal régulièrement constitué et assorti des garanties judiciaires prévues par la
loi ; de porter atteinte à la vie et à l’intégrité corporelle ou à la dignité personnelle
des malades, blessés, naufragés, à celles des prisonniers ; ainsi que celle des
personnes civiles, notamment par le meurtre, les mutilations, les traitements cruels, la
torture sous toutes ses formes et les supplices ; de se livrer à des destructions inutiles
et à des pillages, en particulier de biens privés ; d’utiliser tout moyen qui occasionne
des souffrances et des dommages inutiles ; de prendre des otages ; de se livrer à des
représailles ou à des sanctions collectives ».
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Tous ces textes sont compatibles avec les traités, accords et conventions signés et
ratifiés par le Burkina Faso en matière de droits humains.
Par ailleurs, dans le souci de veiller au respect des droits humains par les forces de
défense et sécurité engagées sur les théâtres des opérations, le Gouvernement
burkinabè renforce régulièrement les capacités des FDS en droits humains, notamment
sur le respect des normes nationales et internationales relatives aux lignes Directrices
sur les conditions d’arrestation, de garde à vue et de détention provisoire en Afrique
(lignes directrices de Luanda) et les principes fondamentaux des Nations Unies sur la
protection de toute personne contre toute forme de détention ou d’emprisonnement.
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L’enquête consiste en des auditions, des transports sur les lieux pour les constatations
matérielles, en l’analyse des indices et preuves des informations ainsi qu’à
l’élaboration des procès-verbaux d’enquête.
Toutefois, il convient de relever que les enquêtes en cours rencontrent un certain
nombre de difficultés liées notamment à l’étendue de la zone concernée, au nombre de
personnes victimes et de témoins à identifier, aux personnes soupçonnées ; celles-ci
sont composées des éléments des unités de l’armée, de la gendarmerie, de la police
nationale, des groupes d’auto-défense et des groupes armés. Les difficultés sont
également relatives à l’insuffisance des moyens financiers et humains, à la peur de
certaines personnes de témoigner par crainte des représailles des groupes terroristes, au
départ de la région de certains témoins et victimes et à la difficulté de les retrouver, à
l’insécurité persistante dans les zones concernées qui entrave la mobilité des
enquêteurs, rendant parfois difficile la collecte des éléments de preuve et procéder aux
auditions des personnes.
Les attaques terroristes engendrent malheureusement des conflits communautaires
comme ce fut le cas à Yirgou. En rappel, les évènements de Yirgou sont survenus en
janvier 2019. Suite à ce drame, le procureur du Faso près le tribunal de grande instance
de Kaya (le village de Yirgou relève de la compétence territoriale du procureur du
Faso de la ville de Kaya) a procédé à l’ouverture d’une enquête de flagrance. Le bilan
établit par l’enquête est de cinquante (50) morts et soixante et six (66) personnes
portées disparues. Cette enquête a identifié environ cent quatre-vingt (180) personnes
présumées auteurs du drame. A l’issue de l’enquête policière, le juge d’instruction du
tribunal de grande instance de Kaya a été saisi d’un réquisitoire introductif d’instance
aux fins de l’ouverture d’une information.
Au stade actuel de la procédure, le juge d’instruction a déjà procédé à la mise en
examen de treize (13) personnes pour crime de génocide, d’assassinat, acte de grand
banditisme, incendie volontaire, de coups et blessures volontaires aggravés,
destruction volontaire de biens aggravés, menaces sous condition, détention illégale
d’arme à feu et de minutions, recel de cadavres, vols aggravés et toute autre infraction
que l’information viendrait à révéler. Un mandat de dépôt a été décerné contre ces
treize (13) personnes et plus d’une quarantaine de victimes ont été auditionnées.
Les enquêtes se poursuivent pour situer les circonstances du drame et retrouver toutes
les personnes impliquées dans ce drame afin que justice soit rendue aux victimes.
5. Veuillez fournir des informations sur les mesures prises pour que toutes les
dépouilles et autres éléments de preuve soient conservés dans un endroit sûr et
approprié afin que des enquêtes judiciaires et des autopsies médico-légales
puissent être effectuées.
Dans le cadre des enquêtes judiciaires toutes les mesures sont prises conformément au
code de procédure pénale de manière à ce que les éléments de preuves soient bien
conservés pour la manifestation de la vérité.
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En effet, les corps qui sont découverts font l’objet de constatations d’usage par les
Officiers de police judiciaire. Ces constatations d’usage consistent en l’examen du
corps par un médecin, la prise de vue, la collecte de preuves et d’indices, avant que le
corps ne soit remis à la famille pour inhumation si elle se manifeste ; dans le cas
contraire celui-ci est inhumé dans les 48 h qui suivent par la population ou la
municipalité. Cependant, il convient de rappeler que l’absence de morgues, le nombre
insuffisant des spécialistes en médicine légale dans certaines localités du pays, et les us
et pratiques coutumières et religieuses locales font que dans certains cas, les familles
inhument les corps le plutôt possible sans qu’il ne soit procédé à des autopsies. Il
convient également de rappeler que parfois, certains corps sont découverts en état de
putréfaction ce qui fait que leur inhumation se fait immédiatement.
6. Veuillez fournir des informations sur les mesures prises pour que les familles
des victimes et le public soient informés du processus d’enquêtes. Quelles sont
les mesures prises par le Gouvernement de votre Excellence pour garantir le
droit à la vérité, y compris le droit à une enquête impartiale, indépendante et
efficace sur les crimes allégués, et le droit à un recours effectif pour les
familles des personnes victimes d’exécutions extrajudiciaires ?
Dans la Stratégie antiterroriste mondiale de l'Organisation des Nations Unies, adoptée
par l'Assemblée Générale dans sa résolution A/RES/60/288 en date du 8 septembre
2006, les États membres ont réaffirmé leur volonté à « tout faire pour mettre en place
et maintenir un appareil national de justice pénale efficace et reposant sur la primauté
du droit ». Pour donner effet à cet engagement, le Burkina Faso a procédé à l’adoption
de nouveaux instruments juridiques et à la mise en place de nouvelles institutions afin
de s'assurer de la gestion efficace des dossiers liés au terrorisme.
II s'agit, entre autres, de :
- la loi n°006-2017/AN du 19 janvier 2017 portant création, organisation et
fonctionnement d'un pôle judiciaire spécialisé dans la répression des actes de
terrorisme au Burkina Faso ;
- le décret n°2018-0974/PRES/PM/MSECU/MJDHPC/MINEFID du 29 octobre
2018 portant création, organisation, attribution et fonctionnement de la Brigade
Spéciale des Investigations Anti Terroristes et de lutte contre la Criminalité
Organisée (BSIAT) ;
- la loi n°025-2018/AN du 31 mai 2018 portant code pénal qui reprend
intégralement les dispositions de la loi n°084-2015/CNT du 17 décembre 2015
portant répression d'acte de terrorisme au Burkina Faso et de la loi n°061-
2009/AN du 17 décembre 2009 portant financement du terrorisme au Burkina
Faso ;
- la loi n°040-2019/AN du 29 mai 2019 portant code de procédure pénale qui
intègre le règlement n°5 de l'UEMOA du 25 septembre 2014 relatif à
l’harmonisation des règles régissant la profession d'avocat dans l'espace
UEMOA. Selon l’article 251-12 du Code de procédure pénale, les avocats
assistent leurs clients dès leur interpellation durant l'enquête préliminaire ou
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l'enquête en matière de crime ou flagrant délit dans les locaux de la police, de la
gendarmerie, des administrations et services publics dont les fonctionnaires ou
agents sont chargés de certaines fonctions de police judiciaire ou devant le
parquet. De même, dans le livre I du Code de procédure pénale consacré aux
principes directeurs de la procédure pénale, il est prévu à l’article 100-1 que
« l’autorité judiciaire veille à l’information et à la garantie des droits des
victimes au cours de toute procédure pénale ».
6.1. Mesures prises pour que les familles des victimes et le public soient
informés du processus d’enquêtes.
Dans le souci de permettre aux juridictions nationales d’engager des poursuites et de
sanctionner les auteurs de violations de droits humains notamment celles commises
dans le contexte de la lutte contre le terrorisme, le parquet du Tribunal Militaire et
celui du Tribunal de grande instance sont ouverts à toutes personnes témoins ou
victimes désireuses d’apporter un témoignage ou de porter plainte. Celles-ci peuvent
s’informer en tout temps de l’évolution des enquêtes et de la procédure auprès du
parquet concerné, personnellement ou par le biais de leurs avocats. A cet effet, le
parquet procède à des communiqués pour informer le public de l’ouverture d’une
enquête déterminée, des conclusions d’enquête ou de l’ouverture d’un procès.
7. Quelles sont les mesures envisagées par le Gouvernement pour réviser le code
pénal adopté au cours de cette année- et en particulier l’article 312 qui porte
atteinte à l’exercice pacifique de la liberté d’expression d’information- afin de
s’assurer que ses dispositions sont compatibles avec les engagements pris par
le Burkina Faso en matière de protection et de promotion des droits de
l’homme, et en particulier l’article 19 du PIDCP.
La réponse à cette préoccupation requiert un rappel relatif au contexte et justification
de l’adoption de la loi n°044-2019/AN du 21 juin 2019 portant modification de la loi
n°025-2018/AN du 31 mai 2018 portant code pénal. La modification du Code pénal
avait pour objectif général de mettre à la disposition des praticiens du droit et des
justiciables, un Code pénal actualisé et moderne pour une justice plus crédible, plus
équitable, plus accessible et plus efficace dans la lutte contre toutes les formes de
délinquance. De façon spécifique, il s’agit de :
- renforcer la lutte contre le grand banditisme ;
- renforcer les moyens d’action des forces de défense et sécurité en les protégeant
contre certaines publications qui peuvent être de nature à les démoraliser ou
saper l’efficacité de leurs interventions ou de leurs opérations ;
- protéger la dignité et l’honneur des victimes de certains crimes et délits et de
leurs proches.
Au bénéfice de ces observations, il faut noter que l’adoption de cette loi vise à assurer
le respect des droits ou de la réputation d’autrui d’une part et à sauvegarder la sécurité
nationale, l’ordre public, la santé ou de la moralité publique d’autre part conformément
à l’alinéa 2 de l’article 19 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques
(PIDCP). Du reste, cette disposition a fait l’objet d’un recours devant le Conseil
constitutionnel qui l’a déclarée pleinement conforme à la Constitution. Pour l’instant,
sa révision n’est pas envisagée.
8. Veuillez fournir des informations détaillées sur la manière dont les efforts de
votre Gouvernement dans la lutte contre le terrorisme sont conformes aux
résolutions 1373 (2001), 1456 (2003), 1566 (2004), 1624 (2004) 2178 (2014) 23
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41 (2017), 2054 (2017), 2368 (2017) 2370 (2017), 2395 (2017), et 2396 (2017) du
Conseil des droits de l’homme et les résolutions 49/60, 51/210 ; 72/123 et
72/180 de l’Assemblées générale, en particulier sur le droit international des
droits de l’homme, le droit de réfugiés et le droit humanitaire.
Le Burkina Faso conjugue de multiples efforts dans la lutte contre le terrorisme
conformément au droit international des droits de l’homme, le droit des réfugiés et le
droit international humanitaire. L’ensemble des mesures prises dans ce cadre sont
fondées sur les principes de non-discrimination et d’égalité tels que prévus par le droit
international des droits de l’homme.
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l’origine ou la destination des sommes ou la nature des opérations ayant fait
l’objet d’une déclaration de soupçon ; d’émettre des avis sur la mise en œuvre
de la politique de l’État en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux et
du financement du terrorisme; de proposer les réformes nécessaires au
renforcement de l’efficacité de la lutte contre le blanchiment et le financement
du terrorisme; d’effectuer ou faire réaliser des études sur l’évolution des
techniques de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme au
niveau national ;
- l’Observatoire national des faits religieux (ONAFAR) par décret n°2015-
984/PRES/TRANS/PM/ MATD/MEF du 17 août 2015 qui a pour mission de
promouvoir le dialogue intra et interreligieux, la tolérance et le respect des
différences ; de participer aux renforcements des capacités des leaders religieux
et des animateurs des médias confessionnels et laïcs ; d’assurer la médiation en
cas de litiges religieux ; de soutenir les autorités de tutelle dans la régulation des
contenus médiatiques à caractère religieux et le suivi de la règlementation sur la
pratique cultuelle au Burkina Faso ; de produire des études et des rapports
annuels sur l’état des lieux des faits religieux au Burkina Faso ; de faire des
propositions en vue de l’amélioration du dispositif institutionnel et
réglementaire dans le domaine des libertés religieuses ;
- l’Observatoire national de prévention et de gestion des conflits communautaires
(ONAPREGECC) par décret n°2015-
1645/PRES/TRANS/PM/MJDHPC/MATD/MEF du 28 décembre 2015 et
l’opérationnalisation du Secrétaire permanent de l’ONAPREGEC lequel est
chargé de coordonner les actions de prévention et de gestion des conflits
communautaires. L’ONAPREGECC est chargé de collecter, de traiter,
d’analyser et de diffuser les données sur les conflits communautaires ; d’évaluer
périodiquement la situation des conflits communautaires dans les différentes
régions du pays; de déclencher l’alerte précoce en cas de risque de conflits
communautaires et d’initier des actions préventives pour anticiper sur le conflit
; de contribuer à la résolution des conflits communautaires ; de fournir aux
structures techniques et à tout autre acteur, les éléments de compréhension et
d’orientation relatifs à la prévention et à la gestion des conflits communautaires
; de mener toute autre action entrant dans le cadre de la prévention et de la
gestion des conflits communautaires notamment à travers des activités de
sensibilisation, d’information et de formation ;
- la Brigade spéciale d’investigations antiterroristes et de lutte contre la
criminalité organisée (BSIAT) qui est une unité spéciale dédiée à la lutte
antiterroriste et de la criminalité organisée suivant le décret n°2018-
0974/PRES/PM/MSECU/MJDHPC/MINEFID du 29 octobre 2018 portant
création, organisation et fonctionnement de la Brigade spéciale d’investigations
antiterroriste et de lutte contre la criminalité organisée (BSIAT) ;
- un Ministère délégué en charge de la cohésion sociale en janvier 2019 qui a en
charge de lutter contre toutes les formes d’exclusions ; d’élaborer et de mettre
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en œuvre une politique nationale de la cohésion sociale assortie d’un plan
d’actions ; de formuler, de mettre en œuvre et de suivre la stratégie nationale de
prévention de l’extrémisme violent ;
- au sein du Ministère de la Justice, un Fonds d’assistance judiciaire, une
Direction générale de l’administration pénitentiaire et une Direction en charge
de l’accès à la justice et de l’aide aux victimes. Le Fonds d’assistance judiciaire
a été mis en place pour permettre d’améliorer l’accessibilité financière des
populations vulnérables aux services judiciaires. Il prend en charge les
honoraires des avocats, des huissiers, des notaires et des experts au profit des
bénéficiaires de l’assistance judiciaire. En 2017, 239 personnes ont été
bénéficiaires de ce fonds. L’ambition du gouvernement est d’accroître la
proportion des justiciables éligibles assistés de 37% en 2016 à 59,1% en 2020 et
90% en 2027. En matière de prévention de la radicalisation en prison et de lutte
contre le terrorisme, la Direction générale de l’administration pénitentiaire a
entre autres pour attributions de contribuer à la prévention et à la lutte contre la
criminalité nationale, internationale, l’extrémisme violent, la radicalisation et le
terrorisme. Quant à la Direction en charge de l’accès à la justice et de l’aide aux
victimes, elle est chargée de la coordination des actions relatives à l’accès à la
justice et du traitement des réclamations et plaintes des justiciables ; du suivi et
de la facilitation de l’exécution des décisions en collaboration avec tout service
ou juridictions intéressée.
En outre, une Stratégie nationale de promotion d’une culture de la tolérance et de la
paix a été adoptée en 2008 et relue en 2015. Cette stratégie réaffirme l’attachement de
notre pays aux valeurs de tolérance et de paix et traduit sa volonté de mettre davantage
l’accent sur la sécurité humaine comme condition indispensable à la réalisation d’un
développement humain solidaire et durable. Cette stratégie prévoit des actions de
prévention de la radicalisation et de l’extrémisme violent.
Par ailleurs, le Plan d’actions national (PAN) de mise en œuvre des résolutions 1325,
1820 et 2242 du Conseil de Sécurité a été relue matérialisant ainsi l’engagement pris
par le Burkina Faso, lors du dialogue politique de haut niveau tenu à Bamako en
février 2017 sur la promotion du leadership des femmes du G5 Sahel. Le nouveau Plan
d’actions comprend quatre axes stratégiques : axe 1: protection et réhabilitation des
femmes et des filles victimes de violences ; axe 2: intégration du genre dans la
gouvernance de la sécurité et de la défense ; axe 3: prévention des violences faites aux
femmes et aux filles ; axe 4: amélioration des connaissances et des savoirs sur les
violences faites aux femmes et aux filles.
Pour renforcer le cadre législatif, il a été adopté le cadre juridique approprié dont :
- le code pénal en :
• ses articles 361-1 à 361-3 traitant des actes de terrorisme ;
• articles 361-4 à 361-8 relatifs aux infractions contre l’aviation civile, les
navires, les plates-formes fixes et tout autre moyen de transport collectif ;
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• articles 361-9 à 361-10 se rapportant aux infractions contre les personnes
jouissant d’une protection internationale ;
• articles 361-11 traitant de la prise d’otage ;
• articles 361-12 à 361-14 relatifs aux infractions par utilisation de matières
dangereuses ;
• articles 361-15 à 361-21 se rapportant aux actes préparatoires et d’appui.
- le code de procédure pénale en ses articles 515-1 et suivants.
Relativement au renforcement des capacités des acteurs judiciaires, la Politique
sectorielle « Justice et Droits humains » 2018-2027 adoptée le 11 avril 2018 consacre
un axe stratégique à l’amélioration du traitement des affaires pénales. En effet, la
fréquence des attaques terroristes et la nécessité de recourir à des experts étrangers
pour le recueil et le traitement d’éléments de preuve sur les scènes de crimes mettent à
jour le besoin de formation des magistrats sur l’instruction et le jugement des dossiers
de crime de sang. C’est ainsi que depuis 2016, il est organisé chaque année une session
de formation sur l’instruction et le jugement des dossiers de crime de sang (par
exemple, la session de 2018 s’est déroulée du 27 au 29 août 2018 et a concerné 30
magistrats ; celle de 2019 s’est tenue les 23 et 24 décembre 2019 et a concerné 28
magistrats). En sus, des formations organisées par l’Etat burkinabè, il existe des
formations dispensées par l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime
(pour le terrorisme), le Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment
d’argent en Afrique de l’ouest, la Plateforme du Sahel.
La législation en vigueur au Burkina Faso renforce la protection des droits de l’homme
dans la lutte contre le terrorisme. Ainsi, la loi n°040-2019/AN du 29 mai 2019 portant
code de procédure pénale renforce les garanties des droits de l’homme. Dans ce sens
l’article 515-14 du code de procédure pénale renforce la légalité dans le recueil et
l’administration de certaines preuves en disposant que : « Dans le but de constater les
infractions mentionnées aux points 1 et 2 de l’article 515-1 de la présente loi, lorsque
celles-ci sont commises par un moyen de communication électronique, d'en rassembler
les preuves et d'en rechercher les auteurs, les officiers ou agents de police judiciaire
agissant au cours de l'enquête ou sur commission rogatoire peuvent, s'ils sont affectés
dans un service spécialisé et spécialement habilité à cette fin, procéder aux actes
suivants sans en être pénalement responsables :
1. participer sous un pseudonyme aux échanges électroniques ;
2. être en contact, par le moyen mentionné au point 1 avec les personnes
susceptibles d'être les auteurs de ces infractions ;
3. extraire, acquérir ou conserver par ce moyen les éléments de preuve et les
données sur les personnes susceptibles d'être les auteurs de ces infractions ;
4. extraire, transmettre en réponse à une demande expresse, acquérir ou
conserver des contenus illicites.
A peine de nullité, ces actes ne peuvent constituer une incitation à commettre ces
infractions. »
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En sus, le code de procédure pénale enferme d’une part, la garde à vue des personnes
soupçonnées d’actes de terrorisme ou d’avoir commis de tels actes dans un délai et
renforce d’autre part, la protection des droits de la personne gardée à vue. Ainsi
l’article 515-15 du code de procédure pénale dispose que : « Si les nécessités de
l'enquête l'exigent, la durée de la garde à vue d'une personne ne peut excéder quinze
jours. Ce délai peut, à titre exceptionnel, faire l’objet d’une prolongation
supplémentaire de dix jours.
Cette prolongation est autorisée, par décision écrite et motivée, soit, à la requête du
procureur du Faso par le président du tribunal de grande instance ou le juge par lui
délégué, soit par le juge d'instruction.
La personne gardée à vue doit être présentée au magistrat qui statue sur la
prolongation préalablement à cette décision. Toutefois, à titre exceptionnel, la
prolongation peut être autorisée sans présentation préalable de la personne en raison
des nécessités des investigations en cours ou à effectuer.
Outre la possibilité d'examen médical effectué à l'initiative du gardé à vue ou du
procureur du Faso, lorsque la prolongation est décidée, la personne gardée à vue est
obligatoirement examinée par un médecin désigné par le procureur du Faso, le juge
d'instruction ou l'officier de police judiciaire. Le médecin requis délivre un certificat
médical qui est versé au dossier par lequel il doit notamment se prononcer sur la
compatibilité de la prolongation de la mesure avec l'état de santé de l’intéressé ». A la
lumière de cette se dégage un certain nombre de constats. Pour les infractions de
terrorisme : la durée de la garde à vue d'une personne ne peut excéder quinze jours. Ce
délai peut, à titre exceptionnel, faire l’objet d’une prolongation supplémentaire de dix
jours.
Les personnes qui peuvent autoriser la prolongation de la durée de la garde à vue
d’une durée supplémentaire de dix jours sont : le président du tribunal de grande
instance ou le juge par lui délégué par décision écrite et motivée, soit par le juge
d'instruction.
En termes de renforcement de la protection des droits de la personne gardée à vue, il
ressort que la personne gardée à vue doit être présentée au magistrat qui statue sur la
prolongation préalablement à cette décision. Toutefois, à titre exceptionnel, la
prolongation peut être autorisée sans présentation préalable de la personne en raison
des nécessités des investigations en cours ou à effectuer. Il y a la possibilité d'examen
médical effectué à l'initiative du gardé à vue ou du procureur du Faso. Lorsque la
prolongation est décidée, la personne gardée à vue est obligatoirement examinée par
un médecin désigné par le procureur du Faso, le juge d'instruction ou l'officier de police
judiciaire et le médecin requis délivre un certificat médical qui est versé au dossier par
lequel il doit notamment se prononcer sur la compatibilité de la prolongation de la
18
mesure avec l'état de santé de l’intéressé.
Enfin, il convient de relever que le code pénal en vigueur a procédé à l’abrogation de
la peine de mort pour toutes les infractions les plus graves.
19
8.3. Mesures de prévention du terrorisme
Dans le cadre du G5 Sahel des programmes de développement touchant les 5 pays
membres de cette organisation (Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger et Tchad) ont
été mis en place afin de contribuer, par des actions innovantes, à la lutte contre les
inégalités et la radicalisation. A cet effet, les Etats membres du G5 Sahel ont adopté,
avec le soutien de leurs partenaires techniques et financier, le Programme de
développement d’urgence (PDU). D’un montant de 266 millions d’euros, ce
programme est axé sur trois secteurs prioritaires : i) l’accès à l'eau, ii) le renforcement
de la résilience et iii) l’appui à la cohésion sociale.
Au plan national des programmes similaires ont été mis en œuvre. Il s’agit du
Programme d’urgence pour le Sahel (PUS) 2017-2020 et du Programme d’appui au
développement des économies locales (PADEL).
A travers le PUS, au total 154 projets d’investissement, d’un montant de 111 milliards
de francs CFA dans les domaines socioéconomiques, de la gouvernance et de la
sécurité ont été exécutés pour la plupart entièrement en 2018. Le PUS vise d’une part à
améliorer l’accès aux services sociaux de base et, d’autre part, à renforcer la
gouvernance administrative et locale ainsi que la sécurité des populations et de leurs
biens dans la région du Sahel, étendue aux communes frontières du Mali et du Niger.
Quant au PADEL dont l’objectif est de lutter contre la pauvreté, il a déjà permis dans
la région du Sahel d’investir un montant total d’environ 3 milliards de francs CFA en
faveur de 797 promoteurs d’unités de production informelles, de réaliser des
infrastructures socio-économiques et de financer 617 microentreprises promues par les
femmes et les jeunes. Ce programme exécuté dans le Sahel, a été étendu en 2018 aux
six (06) régions suivantes : l’Est, le Centre-Nord, le Centre-Est, la Boucle du
Mouhoun, le Centre-Sud et le Nord. Depuis 2019, les six (06) autres régions du
Burkina Faso en sont bénéficiaires.
En outre, depuis 2017, et ce en application de la résolution 1325 du Conseil de sécurité
sur les femmes, la paix et la sécurité, des formations sur l’implication des femmes dans
la promotion de la tolérance et de la paix ont été organisées dans neuf (09) des treize
(13) régions du Burkina Faso. A l’issue de chaque formation, des réseaux de femmes
pour la tolérance et la paix sont mis en place. En 2020, la formation se déroulera dans
trois (03) régions.
20
le cadre de la manœuvre en cours pour le respect des droits des populations. Il
enseigne et explique les règles d’engagement aux différentes unités et fait des rapports
sur les violations du droit et des règlements.
En outre, de nombreuses mesures sont prises pour renforcer la formation des forces de
défense et de sécurité. Elles visent à prévenir l’usage excessif et disproportionné de la
force au cours des opérations de lutte contre le terrorisme. D’abord, les curricula de
formation des forces de défense et de sécurité comprennent des modules sur le
maintien de l’ordre, les droits de l’homme et le droit international humanitaire,
lesquels modules déterminent les conditions d’usage de la force et des armes
conformément aux prescriptions des droits humains. Ensuite, dans le processus de
formation continue, les forces de défense et de sécurité reçoivent régulièrement des
formations de remise à niveau et de perfectionnement en matière de maintien d’ordre.
Enfin, dans le cadre des missions de maintien de la paix, tous les contingents devant
être déployés reçoivent une formation sur l’usage de la force et le respect de toutes les
règles et conventions sur les droits humains afin d’éviter toute forme d’abus.
9. Veuillez indiquer les mesures et garanties prises pour protéger leur droit à la
vie privée et la confidentialité des communications des défenseurs des droits
humains et veuillez préciser les mesures prises pour garantir que toutes
actions en matière de surveillance et de contrôle des communications soit
effectuée en respectant les critères de légalité, nécessité et proportionnalité.
Des dispositions législatives générales et spéciales sont prises pour protéger le droit à
la vie privée et la confidentialité des communications des défenseurs des droits
humains.
Concernant les dispositions juridiques générales, on peut retenir que les articles 524-1
et suivants du code pénal garantissent les atteintes portées à l’honneur, à la
considération des personnes et à la vie privée. Ainsi, l’article 524-9, alinéa 1 du code
pénal dispose que : « Est puni d’une peine d’emprisonnement de deux mois à un an et
d’une amende de deux cent cinquante mille (250 000) à trois millions (3 000 000) de
francs CFA, quiconque, au moyen d’un procédé quelconque, aura volontairement
porté atteinte à l’intimité de la vie privée d’autrui :
- en captant, écoutant, enregistrant ou transmettant des paroles prononcées dans
un lieu privé par une personne sans le consentement de celle-ci ;
- en fixant, enregistrant ou transmettant sans le consentement de celle-ci, l’image
d’une personne se trouvant dans un lieu privé ».
Des mesures sont prises pour garantir que toute action en matière de surveillance et de
contrôle des communications soit effectuée en respectant les critères de légalité,
nécessité et proportionnalité. L’infiltration, la surveillance et le contrôle des
communications constituent entre autres des techniques d’enquête spéciales ayant pour
objet la recherche de l’efficacité dans la lutte contre les crimes économiques et
financiers, le terrorisme, la criminalité organisée et le grand banditisme. Ces
techniques d’enquête spéciales ont été initialement instituées en droit burkinabè par la
loi n°040-2017/AN du 29 juin 2017 portant modification de l’ordonnance 68-7 du 21
février 1968 portant institution d’un code de procédure pénale. Cette loi a été intégrée
dans la loi n°040-2019/AN du 29 mai 2019 portant code de procédure pénale en ses
articles 515-5 et suivants. L’infiltration, la surveillance et le contrôle des
communications en particulier sont régis et organisés par le code de procédure pénale.
22
Tout d’abord, il convient relever que ces techniques d’enquête spéciales ne peuvent
être utilisées que dans les procédures applicables à l'enquête, à la poursuite, à
l'instruction et au jugement des crimes et des délits suivants :
- les crimes et délits constituant des actes de terrorisme prévus par la loi ;
- les infractions ci-après lorsqu’elles sont de très grande complexité au sens de la
loi, notamment la loi n°005-2017/AN du 19 janvier 2017 portant création,
organisation et fonctionnement des pôles judiciaires spécialisés dans la
répression des infractions économiques et financières et de la criminalité
organisée et la loi n°006-2017/AN du 19 janvier 2017 portant création,
organisation et fonctionnement du pôle judiciaire spécialisé dans la répression
des actes de terrorisme :
• les infractions à la législation sur les stupéfiants, les produits psychotropes
et précurseurs prévues par le code pénal ;
• les infractions à la législation sur les armes, les munitions et matériels
connexes prévues par le code pénal ;
• les infractions à la traite des personnes et les pratiques assimilées y
compris le trafic de migrants prévues par le code pénal ;
• les infractions relatives à la vente d’enfants, la prostitution des enfants et à
la pornographie mettant en scène des enfants prévues par le code pénal ;
• les infractions de trafic illicite d’objets prévues par la loi n°024-2007/AN
du 13 novembre 2007 portant protection du patrimoine culturel au Burkina
Faso et les infractions de trafic illicite d’espèces protégées prévues par le
code pénal et par la loi n°003-2011/AN du 5 avril 2011 portant code
forestier au Burkina Faso ;
• l’infraction d’association de malfaiteurs prévue par le code pénal ;
• les actes de grand banditisme prévus par le code pénal ;
• les actes de corruption et des pratiques assimilées prévus par le code pénal
;
• le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme prévu par la loi
n°016-2016/AN du 03 mai 2016 relative à la lutte contre le blanchiment de
capitaux et le financement du terrorisme au Burkina Faso ;
• les infractions de fausse monnaie prévues par le code pénal ;
• les infractions en matière informatique et les infractions commises au
moyen des technologies de l’information et de la communication prévues
et réprimées par les Titres I et II du Livre VII du code pénal ;
• les infractions en matière de fraude de l’or et des autres substances
précieuses prévues par la loi n°028-2017/AN du 18 mai 2017 portant
organisation de la commercialisation de l’or et des autres substances
précieuses au Burkina Faso.
Ensuite, le recours à l’infiltration, la surveillance et le contrôle des communications est
soumis à une procédure minutieusement décrite dans le code de procédure pénale.
23
S’agissant de la surveillance, l’article 516-6 du code de procédure pénale prévoit que
les officiers de police judiciaire et, sous leur autorité, les agents de police judiciaire,
après en avoir informé le procureur du Faso et sauf opposition de celui-ci, peuvent
étendre à l'ensemble du territoire national la surveillance de personnes contre
lesquelles il existe une ou plusieurs raisons plausibles de les soupçonner d'avoir
commis ou tenté de commettre l'un des crimes et délits entrant dans le champ
d'application de l’article 515-1 ci-dessus ou la surveillance de l'acheminement ou du
transport des objets, biens ou produits tirés de la commission de ces infractions ou
servant à les commettre. L'information préalable à l’extension de compétence prévue
ci-dessus doit être donnée, par tout moyen laissant trace écrite, au procureur du Faso
près le tribunal de grande instance dans le ressort duquel les opérations de surveillance
sont susceptibles de débuter ou, le cas échéant, au procureur du Faso saisi en
application des dispositions des lois créant les pôles judiciaires spécialisés.
Concernant l’infiltration, c’est l’article 515-7 du code de procédure pénale qui
l’organise. Ainsi, aux termes de cette disposition, lorsque les nécessités de l'enquête ou
de l'instruction concernant l'un des crimes ou délits visés aux points 1 et 2 de l’article
515-1 le justifient, le procureur du Faso ou, après avis de celui-ci, le juge d'instruction
saisi, peuvent autoriser qu'il soit procédé, sous leur contrôle respectif, à une opération
d'infiltration dans les conditions prévues par le code de procédure pénale. L'infiltration
consiste, pour un officier ou un agent de police judiciaire agissant sous la
responsabilité d'un officier de police judiciaire chargé de coordonner l'opération, à
surveiller des personnes suspectées de commettre un crime ou un délit en se faisant
passer, auprès de ces personnes, comme un de leurs coauteurs, complices ou receleurs.
L'officier ou l'agent de police judiciaire est, à cette fin, autorisé à faire usage d'une
identité d'emprunt. A peine de nullité, ces actes ne peuvent constituer une incitation à
commettre des infractions. L'infiltration fait l'objet de rapports périodiques et d’un
rapport final rédigés par l'officier de police judiciaire ayant coordonné l'opération. La
périodicité est fixée par le magistrat qui a autorisé la mesure. Les rapports doivent
comprendre les éléments strictement nécessaires à la constatation des infractions et ne
mettant pas en danger la sécurité de l'agent infiltré et des personnes requises.
En outre, l’article 515-8 ajoute que les officiers ou agents de police judiciaire autorisés
à procéder à une opération d'infiltration peuvent, sur l’ensemble du territoire national,
sans être pénalement responsables de ces actes :
- acquérir, détenir, transporter, livrer ou délivrer des substances, biens, produits,
documents ou informations tirés de la commission des infractions ou
servant à la commission de ces infractions ;
- utiliser ou mettre à disposition des personnes se livrant à ces infractions des
moyens de caractère juridique ou financier ainsi que des moyens de transport,
de dépôt, d'hébergement, de conservation et de télécommunication.
A peine de nullité, l’autorisation donnée en application de l’article 515-8 est délivrée
par écrit et doit être spécialement motivée. Elle mentionne la ou les infractions qui
24
justifient le recours à cette procédure et l'identité de l'officier de police judiciaire sous
la responsabilité duquel se déroule l'opération. L’autorisation fixe la durée de
l'opération d'infiltration qui ne peut pas excéder quatre mois. L'opération peut être
renouvelée dans les mêmes conditions de forme et de durée. Le magistrat qui a
autorisé l'opération peut, à tout moment, décider de son interruption avant l'expiration
de la durée fixée. L'autorisation est versée au dossier de la procédure après achèvement
de l'opération d'infiltration.
Quant au contrôle des communications, l’article 515-19 du code de procédure pénale
mentionne que si les nécessités de l'enquête de flagrance ou de l'enquête préliminaire
relative à l'une des infractions entrant dans le champ d'application de l’article 515-1
dudit Code l'exigent, le président du tribunal de grande instance ou le juge par lui
délégué peut, à la requête du procureur du Faso, autoriser l'interception,
l'enregistrement et la transcription de correspondances émises par la voie des
télécommunications selon les modalités prévues aux articles 261-26 alinéa 2 et 261-27
à 261-32 du code de procédure pénale, pour une durée maximum de quatre mois,
renouvelable une fois dans les mêmes conditions de forme et de durée. La requête du
procureur et l’ordonnance du président sont frappées du sceau de la confidentialité.
Pour l'application des dispositions des articles 261-28 à 261-30 du code de procédure
pénale, les attributions confiées au juge d'instruction ou à l'officier de police judiciaire
commis par lui sont exercées par le procureur du Faso ou l'officier de police judiciaire
requis par ce magistrat. Le président du tribunal de grande instance ou le juge par lui
délégué qui a autorisé l'interception est informé sans délai par le procureur du Faso,
des actes accomplis.
Au bénéfice de ces observations, certains constats s’imposent. D’abord, l’infiltration,
la surveillance et le contrôle des communications sont institués pour la recherche de
l’efficacité dans la lutte contre les crimes économiques et financiers, le terrorisme, la
criminalité organisée, et le grand banditisme en matière d’enquête, de poursuites,
d’instruction et de jugement. Ensuite, la procédure pour y recourir est minutieusement
décrite par le code de procédure pénale dans un souci du respect de la légalité. Enfin,
lesdites techniques ne sont pas prévues pour entraver les activités des défenseurs des
droits humains. Du reste, ils doivent mener lesdites activités conformément aux lois et
règlements en vigueur au Burkina Faso.
S’agissant des dispositions juridiques spécifiques, il convient de rappeler que le
Burkina Faso offre un cadre juridique spécifique aux défenseurs des droits humains
pour leur permettre de mener leurs activités dans de meilleures conditions. A cet effet,
la loi n°039-2017/AN du 27 juin 2017 portant protection des défenseurs des droits
humains au Burkina Faso a été adoptée. Son article 13 dispose que : « L’Etat garantit
la protection des défenseurs des droits humains contre les perquisitions arbitraires et
les intrusions dans leur domicile et dans leur lieu de travail » et l’article 20, alinéa 2
dispose que : « Constituent notamment des actes de harcèlement, la surveillance d’un
défenseur des droits humains, la suspension de sa ligne téléphonique, son placement
25
sur écoute, la confiscation de ses documents d’identité et de voyage, procédés de façon
arbitraire ».
10. Veuillez indiquer les mesures entreprises afin de lutter efficacement contre la
stigmatisation et la discrimination à l’égard des populations minoritaires au
Burkina Faso et d’assurer la protection des droits de ces minorités et en
particulier de la minorité peule.
Tout d’abord, la rectification suivante s’impose : les peulhs ne sont pas minoritaires au
Burkina Faso. En effet, selon les résultats du recensement général de la population de
2006, le Burkina Faso compte une soixantaine d’ethnies dont les peulhs qui représentent
le deuxième groupe ethnique majoritaire (soit 7,8 % de la population). Leur langue, le
fulfuldé, est la troisième la plus parlée du pays.
Ensuite, la Constitution du Burkina Faso interdit les discriminations de toute nature et
sous toutes ses formes. Ainsi son article 1er dispose que « tous les Burkinabè naissent
libres et égaux en droits. Tous ont une égale vocation à jouir de tous les droits et de
toutes les libertés garantis par la présente Constitution. Les discriminations de toutes
sorte, notamment celles fondées sur la race, l'ethnie, la région, la couleur, le sexe, la
langue, la religion, les opinions politiques, la fortune et la naissance, sont prohibées ».
Cette disposition est d’application stricte afin de garantir les droits fondamentaux de
tout citoyen vivant sur le sol burkinabè.
De même, l’article 332-2 du Code pénal dispose que : « Est considérée comme acte de
discrimination, toute distinction, exclusion, restriction ou préférence fondée sur la
race, l’ethnie, la couleur, le sexe, la langue, la religion, l’opinion politique ou toute
autre opinion, l’origine nationale ou sociale, la fortune, la naissance, qui a pour but
ou pour effet de détruire ou de compromettre la reconnaissance, la jouissance ou
l’exercice dans des conditions d’égalité, des droits de l’homme et des libertés
fondamentales dans les domaines politique, économique, social et culturel ou dans
tout autre domaine de la vie publique ».
La législation nationale réprime tout acte de discrimination, toute manifestation
contraire à la liberté de conscience et à la liberté de culte susceptible de dresser les
personnes les unes contre les autres. En effet, aux termes de l’article332-4 du code
pénal, « est puni d’une peine d’emprisonnement de six mois à trois ans et d’une
amende de trois cent mille (300 000) à trois millions (3 000 000) de francs CFA tout
discours ou écrit public qui justifie ou prétend justifier toute discrimination (…), toute
haine, toute intolérance ou violence pour quelque motif que ce soit à l’égard d’une
personne ou d’un groupe de personnes. Si ces discours ou écrits ont entraîné des
violences envers les personnes et/ou des destructions de biens, la peine est de trois ans
à dix ans et une amende de cinq cent mille (500 000) à cinq millions (5 000 000) de
francs CFA». Selon l’article 332-5 du même code, « est punie d’une peine
d’emprisonnement de deux mois à un an et d’une amende de deux cent cinquante mille
(250 000) à un million cinq cent mille (1 500 000) francs CFA la provocation non
26
publique à la discrimination (…), à l’intolérance, à la haine ou à la violence pour
quelque motif que ce soit à l’égard d’une personne ou d’un groupe de personnes ».
En outre, l’article 93 alinéa 2 de la loi n°086-2015/CNT du 17 décembre 2015 portant
modification de la loi n°058-2015/CNT portant régime juridique de la presse en ligne
au Burkina Faso « est puni d’une amende de cinq cent mille (500 000) francs à trois
millions (3 000 000) de francs CFA, quiconque commet envers un groupe de
personnes, du fait de leur appartenance à une ethnie, une race, une religion, un délit
de diffamation ».
De même, la loi n°087-2015/CNT du 17 décembre 2015 portant modification de la loi
n°059-2015/CNT portant régime juridique de la radiodiffusion sonore et télévisuelle
au Burkina Faso prévoit des sanctions contre les personnes qui se rendent coupables
d’actes de discrimination par l’entremise des médias. Ainsi, elle punit, en son article
141, l'injure commise, par voie de communication audiovisuelle, envers les particuliers
lorsqu'elle n’est pas précédée de provocation, d'une amende d’un million (1 000 000) à
cinq millions (5 000 000) de francs CFA. Le maximum de l'amende est appliqué si
l'injure est commise envers un groupe de personnes qui appartiennent à une race, une
ethnie, une région, une religion ou un parti politique déterminé, dans le but d'inciter à
la haine entre les citoyens.
La loi n°085-2015/CNT du 17 décembre 2015 portant modification de la loi n°057-
2015/CNT du 4 septembre 2015 portant régime juridique de la presse écrite au
Burkina Faso sanctionne la diffamation fondée sur la discrimination. Aux termes de
l’article 117 alinéa 2 de cette loi « est puni d’une amende de cinq cent mille (500 000)
francs à trois millions (3 000 000) de francs CFA, quiconque commet envers un
groupe de personnes, du fait de leur appartenance à une ethnie, une race, une
religion, un délit de diffamation telle que définie à l’article 95 de la présente loi ».
Il convient également de relever que la législation nationale prévoit des sanctions à
l’encontre des organisations qui font l’apologie de la haine. En effet, aux termes de
l’article 16 de la loi n°064-2015/CNT du 04 septembre 2015 portant liberté
d’association, « Sont nulles et de nul effet, les associations fondées sur une cause ou
un objet illicite, contraires aux lois et aux bonnes mœurs. Sont également nulles et de
nul effet, les associations ayant pour objet des pratiques contraires à la dignité de la
personne humaine ou prônant entre autres la haine, l'intolérance, la xénophobie,
l'ethnicisme ou le racisme ».
Les dispositions ci-dessus énumérées font l’objet d’une application stricte par les
juridictions nationales qui poursuivent et sanctionnent systématiquement toutes les
formes de discriminations. A titre illustratif, des poursuites ont été engagées contre un
étudiant qui a proféré des propos haineux contre la communauté peulhs sur les réseaux
sociaux le 25 mars 2019. Informé des faits, le 02 avril 2019, le procureur du Faso près
le Tribunal de grande instance de Ouagadougou instruisait le commandant de la
27
section de recherches de la Gendarmerie nationale, à l'effet de diligenter une enquête
sur les faits et de procéder à l'arrestation de l'auteur du message. Le 16 octobre 2019, il
a été mis aux arrêts et déféré au parquet près le Tribunal de grande instance de
Ouagadougou suivant la procédure de flagrant délit. Il a été condamné le 30 octobre
2019 à 24 mois de prison et 300 000 F CFA d’amende fermes.
Au Burkina Faso, plusieurs Politiques et Stratégies prennent en compte la question de
la lutte contre le système de castes. Ainsi, la Politique sectorielle « Justice et Droits
humains » adoptée en 2018, fait de la lutte contre toute forme de discrimination le
levier de la promotion et de la protection des droits humains. Ainsi, elle prévoit des
actions de sensibilisation des populations en vue de prévenir ou de lutter contre la
discrimination raciale, la xénophobie et l’intolérance qui y est associée.
11. Veuillez indiquer quelles mesures ont été prises pour veiller à ce que les
défenseurs des droits humains, y compris les membres de la société civile,
puissent travailler dans un environnement favorable leur permettant de
mener leur activités légitimes sans crainte de harcèlement, de stigmatisation
ou de criminalisation de toute nature.
Sur la question des défenseurs des droits humains, le Gouvernement du Burkina Faso
souligne que le Burkina Faso a toujours soutenu l’adoption des différentes résolutions
sur les défenseurs des droits humains aussi bien au Conseil des droits de l’homme qu’à
l’Assemblée générale des Nations Unies.
Au plan national, des mesures sont prises par le Burkina Faso pour veiller à ce que les
défenseurs des droits humains, y compris les membres de la société civile, puissent
travailler dans un environnement favorable leur permettant de mener leurs activités
légitimes sans crainte de harcèlement, de stigmatisation ou de criminalisation de toute
nature. En effet, la nécessité de créer un environnement favorable permettant aux
défenseurs des droits humains mener leurs activités légitimes a conduit le
gouvernement à adopter un cadre juridique de promotion et de protection de ces
derniers à savoir :
- la loi n°039-2017/AN du 27 juin 2017 portant protection des défenseurs des
droits humains au Burkina Faso ;
- la loi n°064-2015/CNT du 20 octobre 2015 portant liberté d’association.
S’agissant de la loi n°039-2017/AN du 27 juin 2017 portant protection des défenseurs
des droits humains au Burkina Faso, elle fixe un cadre normatif constitué par des
règles qui définissent et aménagent des droits reconnus aux défenseurs des droits
humains. Ainsi, l’article 7 de cette loi dispose que : « Le défenseur des droits humains
ne peut être arrêté ou poursuivi pour ses actions de défense de droits humains menées
conformément aux textes en vigueur ». En sus, les articles 12 à 16 de la même loi
définissent les règles de la responsabilité de l’Etat dans la protection des défenseurs
des droits humains. Dans ce sens l’article 12 dispose que : « L’Etat assure la
protection des défenseurs des droits humains contre les exécutions extrajudiciaires, les
28
actes de torture ou pratiques assimilées, l’arrestation et la détention arbitraires, la
disparition forcée, les menaces de mort, le harcèlement, la diffamation et la
séquestration. L’Etat assure également la protection des défenseurs des droits
humains contre les restrictions arbitraires de liberté d’expression, d’association et de
réunion ». L’Etat garantit la protection des défenseurs des droits humains contre les
perquisitions arbitraires et les intrusions dans leur domicile et dans leur lieu de travail
(article 13 de la loi).
Dans la logique toujours de créer un environnement favorable à l’exercice des activités
des défenseurs des droits humains, la loi en ses articles 19 à 28 a incriminé nombre de
comportements à l’encontre de ces derniers. Il s’agit, entre autres :
- de la diffamation à l’encontre d’un défenseur des droits humains (article 19) ;
- du harcèlement d’un défenseur des droits humains (article 20) ;
- de l’arrestation et de détention arbitraires d’un défenseur des droits humains
(article 21) ;
- de la séquestration d’un défenseur des droits humains (article 22) ;
- de la menace de mort d’un défenseur des droits humains (article 23) ;
- de la torture d’un défenseur des droits humains (article 24) ;
- de la disparition forcée d’un défenseur des droits humains (article 25) ;
- de l’exécution extrajudiciaire ou sommaire d’un défenseur des droits humains
(article 26).
Concernant la loi n°064-2015/CNT du 20 octobre 2015 portant liberté d’association,
cette loi édicte des normes juridiques qui fixent le contenu et les contours de la liberté
d’association permettant aux Organisations de la société civile (OSC) et Organisations
non gouvernementales (ONG) leur pleine expression.
En sus de ces mesures de renforcement du cadre juridique favorable à un
environnement propice aux activités des défenseurs des droits humains et des
organisations de la société civile, d’autres mesures sont prises par le Burkina Faso. Il
s’agit, entre autres :
- de l’institution de cadres de concertation et de dialogue entre l’Etat et les OSC
aux niveaux national, régional et sectoriel, qui ont pour objectifs, entre autres,
d’améliorer la participation des OSC au processus de développement, de
permettre la visibilité et la lisibilité des actions citoyennes menées par les OSC
;
- du soutien de l’Etat aux OSC à travers le renforcement de leurs capacités et des
appuis techniques et financiers.
12. Veuillez indiquer quelles mesures ont été prises et stratégies développées en
réponse au changement climatique et à la sécheresse et désertification afin de
permettre à toutes les communautés, pastorales et agricultrices de cohabiter
en toute sécurité ? Pourriez-vous indiquer si ces mesures sont entreprises avec
29
les autres Etats d’Afrique de l’Ouest qui ont une expérience similaire à celle
du Burkina Faso ? en particulier, veuillez indiquer les mesures adoptées pour
mettre en œuvre le Plan d’investissement Climat pour la Région du Sahel
(PIC-RS 2018-2030) et son Programme prioritaire pour catalyser les
investissements climatiques au Sahel (PPCI 2020-2025).
Les mesures qui ont été prises et stratégies développées en réponse au changement
climatique, à la sécheresse et à la désertification afin de permettre à toutes les
communautés pastorales et agricultrices de cohabiter en toute sécurité sont d’ordre
politique, stratégique et opérationnel.
31
Le Processus AGIR-SAHEL et en Afrique de l’Ouest.
L’Alliance Globale des Initiatives de Résilience au Sahel et en Afrique de l’Ouest est
née de la volonté politique des acteurs de la région et de leurs partenaires de fédérer
leurs efforts pour un Partenariat dans la durée pour éradiquer la faim.
Elle a été initiée le 18 Juin 2012 à Bruxelles suite à une consultation de haut niveau à
l’invitation de l’Union Européenne. Le lancement officiel et l’adoption d’une
déclaration commune sur l’Alliance ont eu lieu le 6 Décembre 2012 à Ouagadougou.
La feuille de route régionale a été adoptée le 9 Avril 2013 à Paris et vise à réduire
structurellement et de manière durable la vulnérabilité alimentaire et nutritionnelle en
accompagnant la mise en œuvre des politiques sahéliennes et ouest-africaines – « Faim
zéro » dans 20 ans.
32
Cette loi régit l’ensemble des activités relatives aux semences végétales au Burkina
Faso. Elle vise à créer les conditions pour la promotion de la qualité, de la production,
de la commercialisation et de l’utilisation des semences afin de contribuer à la
réalisation de l’objectif national d’intensification, de modernisation de l’agriculture,
d’accroissement des productions agricoles et forestières ainsi que de sécurité
alimentaire.
La loi n°50-2012/AN du 30 octobre 2012 portant règlementation des organisations
interprofessionnelles des filières agricoles sylvicoles, pastorales et halieutiques et
fauniques
Cette loi a pour objet la règlementation des organisations interprofessionnelles des
filières agricoles, sylvicoles, pastorales, halieutiques et fauniques au Burkina Faso.
Elle fixe les modalités de constitution desdites organisations interprofessionnelles, leur
composition, leurs attributions et leur fonctionnement.
La loi n° 034-2002/AN du 14 novembre 2002, portant loi d'orientation relative au
pastoralisme au Burkina Faso
Cette loi définit le pastoralisme, fixe les principes et les modalités de gestion durable
des activités pastorales, agropastorales et sylvo-pastorales. A ce titre, elle confère à
l'Etat et aux Collectivités Territoriales de garantir "aux pasteurs le droit d'accès aux
espaces pastoraux, le droit d'utilisation équitable des ressources naturelles et la
mobilité des troupeaux".
La loi n°037-2012/AN du 11 octobre 2012 portant règlementation de
l’amélioration génétique du cheptel au Burkina Faso
Elle fixe les règles relatives à la mise en œuvre des actions d’amélioration génétiques
des espèces animales domestiques au Burkina Faso.
La loi n°048-2017/AN du 16 novembre 2017 portant Code de Santé Animale et de
la santé publique vétérinaire
Cette loi régit la santé animale et la santé publique vétérinaire. Elle s'applique aux
animaux terrestres et aquatiques dans les domaines suivants : l'organisation vétérinaire
; l'exercice de la médecine vétérinaire et les structures professionnelles ; la maitrise
sanitaire de l’élevage ; les maladies des animaux ; l’utilisation et la protection des
animaux ; la pharmacie et la pharmacopée vétérinaires ; la chaîne alimentaire et la
traçabilité ; les mouvements internationaux des animaux, des produits animaux et des
produits d'origine animale.
La loi n°008-2014/AN du 08 avril 2014 portant loi d’orientation sur le
développement durable
Cette loi a pour objet de fixer les règles générales d’orientation de la mise en œuvre du
développement durable au Burkina Faso. Elle a pour but de créer un cadre national de
référence pour assurer la cohérence des interventions des acteurs à travers des
33
réformes juridiques, politiques et institutionnelles appropriées ; garantir l’efficacité
économique, la viabilité environnementale et l’équité sociale dans toutes les actions de
développement.
La loi n°003-2011/AN du 05 avril 2011 portant code forestier au Burkina Faso
Le code forestier a pour objet de fixer les principes fondamentaux de gestion durable
et de valorisation des ressources forestières, fauniques et halieutiques.
La Politique sectorielle « Environnement, Eau et Assainissement » (PS-EEA,
2018-2027)
L’élaboration de la Politique sectorielle « Environnement, Eau et Assainissement »
(PS-EEA, 2018-2027) s’inscrit dans le cadre du Plan National de Développement
Economique et Social (PNDES) adopté le 20 juillet 2016 comme référentiel national
de planification du développement à l’horizon 2020. Elle a différents champs d’actions
qui se répartissent en trois (03) sous-secteurs : le sous-secteur « Environnement »
piloté par le MEEVCC dont les composantes sont le renforcement des règles, pratiques
et institutions entourant la gestion de l’environnement en vue d’un développement
durable ; l’atténuation et l’adaptation aux effets néfastes des changements climatiques
; la promotion de l’économie verte ; la promotion des modes de production et de
consommation durables ; la résilience aux changements climatiques. Le sous-secteur «
Eau » piloté par le MEA dont les composantes suivantes sont la mobilisation des
ressources en eau ; la gestion intégrée des ressources en eau ; l’approvisionnement en
eau potable. Le sous-secteur « Assainissement et amélioration du cadre de vie » piloté
conjointement par l’ensemble des trois (03) ministères du secteur dont les
composantes sont l’assainissement des eaux usées et excrétas ; l’aménagement du
réseau de drainage des eaux pluviales ; la gestion des déchets urbains ; les évaluations
environnementales et lutte contre les pollutions et nuisances ; la sûreté et sécurité
nucléaire ; l’aménagement paysager et écologie urbaine ; l’éducation
environnementale.
La Stratégie et Plan d’Action de l’Initiative Grande Muraille Verte du Burkina
(SPA/IGMV)
L’Initiative Grande Muraille Verte pour le Sahara et le Sahel est une réponse africaine
face à la pauvreté des populations des pays de la bande sahélo-saharienne, la
désertification et le changement climatique. Plusieurs projets tels que «Actions contre
la désertification », le Front local environnemental pour une union verte sont exécutés
dans le cadre de cette Initiative
Le Burkina Faso a adopté en 2012 sa stratégie et son plan d’action de cette initiative
avec l’accompagnement de la FAO et de l’Union Européenne. L’objectif général de
cette stratégie et plan d’action est de « contribuer à une meilleure productivité des
34
terres et à la réduction de la pauvreté au moyen de bonnes pratiques de gestion durable
des ressources naturelles et de l’environnement, dans l’optique de la réalisation des
Objectifs du Millénaire pour le développement et de la lutte contre le changement
climatique».
Le plan d’action a permis de dégager des zones prioritaires d’intervention à savoir, les
régions du Plateau central, du Centre nord, du Sahel et de l’Est. Au total, 15 provinces
et 101 communes sont concernées.
Le choix de ces zones se justifie par plusieurs facteurs notamment, le niveau de
dégradation des sols, la fragilité des écosystèmes et la connectivité avec les pays
voisins, étant donné qu’il s’agit d’un partenariat africain (11 pays concernés ; environ
2 millions d’hectares de terres sont dégradées dans ces zones prioritaires).
35
L'objectif final est que les contributions des États à réduire leurs émissions de GES
permettent de stabiliser le réchauffement climatique dû aux activités humaines en deçà
de 2°C d’ici à 2100 (par rapport à la température de l’ère préindustrielle). Le Burkina
Faso a remis en 2015 ses engagements à la Convention Cadre Climat dans un
document appelé Contribution Prévue Déterminée au niveau National du Burkina Faso
(CPDN), en anglais, Intended Nationally Determined Contributions ou INDC.
Les contributions nationales regroupent 2 types d’objectifs : les objectifs d’atténuation,
qui visent à réduire les émissions de GES, par exemple en modifiant les techniques de
production employées. L’INDC Burkina Faso présente des éléments chiffrables et fait
mention de l’année de référence, de la période d’engagement, du calendrier de mise en
œuvre, ainsi que précise les méthodologies employées pour estimer les émissions de
GES ; les objectifs d’adaptation qui visent à réduire la vulnérabilité des systèmes
naturels et humains aux effets des changements climatiques réels ou prévus.
37
contribuer à une meilleure productivité des terres et à la réduction de la pauvreté au
moyen de bonnes pratiques de gestion durable des ressources naturelles et de
l’environnement, dans l’optique de la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le
développement et de la lutte contre le changement climatique ».
Le plan d’action a permis de dégager des zones prioritaires d’intervention à savoir, les
régions du Plateau central, du Centre nord, du Sahel et de l’Est. Au total, 15 provinces
et 101 communes sont concernées.
Le choix de ces zones se justifie par plusieurs facteurs notamment, le niveau de
dégradation des sols, la fragilité des écosystèmes et la connectivité avec les pays
voisins, étant donné qu’il s’agit d’un partenariat africain (11 pays concernés ; environ
2 millions d’hectares de terre sont dégagées dans ces zones prioritaires).
Les Priorités Résilience Pays (PRP-AGIR) du Burkina Faso sont conçues pour
renforcer la résilience des populations vulnérables, à travers la dynamisation des
politiques et stratégies pro-résilience existantes et l’identification et la mise en œuvre
de nouvelles politiques et stratégies pro- résilience. De façon spécifique, les PRP-
AGIR du Burkina Faso devront permettre :
- de restaurer et de renforcer les moyens d’existence et de protection sociale des
populations vulnérables ;
- de renforcer la nutrition des ménages vulnérables (ce sont : les agriculteurs
vulnérables mal connectés au marché, souvent en insécurité foncière, exposés
aux aléas climatiques, confrontés à la dégradation continue des ressources
naturelles et aux problèmes d’accès aux services sociaux de base, services
agricoles (y compris ceux financiers), disposant de faibles opportunités de
diversification, et engloutis dans le cercle vicieux de la pauvreté et de
l’endettement ; les agro-pasteurs ou pasteurs, ainsi que les pêcheurs
artisanaux, confrontés aux mêmes contraintes et risques que les agriculteurs
vulnérables, et faisant aussi face l’érosion de leur capital productif (cheptel)
ou de la ressource halieutique ; les travailleurs pauvres en milieux urbain et
38
rural, confrontés au manque et à la précarité de l’emploi et exposés au risque
d’exploitation par les réseaux criminels et terroristes) ;
- d’améliorer durablement la production alimentaire, les revenus des ménages
vulnérables et leur accès aux aliments.
39
irrigables avec maitrise totale de l’eau et 500 000 ha de bas-fonds aménageables. Il y a
la mise en place de trois agropoles notamment le Sourou avec 30 000 ha, Samendeni
avec 20 000 ha et Bagré avec 30 000 ha.
40
Le Projet Régional d’Appui au Pastoralisme au Sahel au Burkina Faso (PRAPS-
BF)
D’un montant de 30 millions de dollar US sur fonds IDA, ce projet, qui est une
déclinaison au plan nation du PRAPS du CILSS, est entré en vigueur le 14 janvier
2016 pour une durée de 6 ans. Il a pour objectif « Améliorer l’accès à des moyens et
services de production essentiels et aux marchés pour les pasteurs et agropasteurs dans
des zones transfrontalières sélectionnées et le long des axes de transhumance dans les
six pays Sahéliens, et améliorer la capacité de ces pays à répondre à temps et de façon
efficace en cas de crises pastorales ou d’urgences ». Les interventions du PRAPS-
Burkina Faso se focaliseront sur : (i) les six (06) régions frontalières au Mali et au
Niger pour les investissements les plus importants ; (ii) les couloirs (axes) de
transhumance desservant les régions frontalières des pays côtiers, (iii) les sept (07)
zones pastorales aménagées pour des actions ciblées.
Ce projet comprend cinq composantes dont : (i) Amélioration de la santé animale ; (ii)
amélioration de la gestion des ressources naturelles ; (iii)facilitation de l’accès au
marché ; (iiii)gestion des crises pastorales ; (iiiii)gestion du projet et appui
institutionnel.
41
Le Programme de Développement durable des exploitations Pastorales du Sahel
Burkina (PDPS-B)
L’objectif global assigné au Programme de Développement durable des exploitations
Pastorales du Sahel Burkina (PDPS-B) qui couvre la période de 2017 à 2022 est de
contribuer à la réduction de la pauvreté, au renforcement de la sécurité alimentaire et
nutritionnelle des populations vulnérables des régions de la Boucle du Mouhoun, des
Cascades, du Sahel, de l’Est, des Hauts-Bassins et du Nord.
Ce projet, qui couvre la période 2015-2021, intervient dans la gestion des ressources
naturelles à travers l’adaptation basée sur les écosystèmes.
L’objectif poursuivi par ce projet est de promouvoir et conserver les zones humides du
corridor forestier de la Boucle du Mouhoun et le Bassin de la marre d’Oursi, tout en
réduisant la vulnérabilité des communautés locales aux risques additionnels posés par
les changements climatiques et renforcer leur résilience, en mettant l’accent sur les
secteurs de la gestion des ressources naturelles dans deux zones notamment, la région
de la boucle du Mouhoun (corridor Forestier) et la région du Sahel.
Dans la région de la Boucle du Mouhoun, quatre (4) provinces (Balé, Mouhoun, Kossi
et Nayala) et deux (2) communes (Ouri et Siby) sont concernées. Dans le Bassin de la
marre d’Oursi, sept (7) villages sont bénéficiaires.
Le projet, d’un coût global de 04 milliards, s’exécute à travers quatre (4) composantes
dont l’une est relative à l’intégration de l’adaptation aux changements climatiques
dans la planification et le financement du développement local et régional.
42
Le Projet « Renforcement de l’Information Climatique et des Systèmes d’Alerte
Précoce en Afrique pour le développement de la résilience et de l’adaptation aux
changements climatiques au Burkina Faso (SAP IC) »
Le Burkina Faso est fortement exposé aux intempéries et aux impacts des changements
climatiques, notamment les inondations, les sécheresses, les vents forts (alizés de
l'harmattan du Sahara par exemple) et de la forte variabilité dans la durée des saisons
sèches et pluvieuses. Ces impacts ont rendu difficile la gestion des secteurs de
production qui dépendent des ressources naturelles, tels que l'agriculture, la pêche et
les ressources forestières. Ils ont également aggravé la difficulté dans la planification
de la sécurité alimentaire, les épidémies et la gestion des ressources en eau, et en
particulier les opérations de barrage hydroélectriques.
Ainsi, de fortes pluies en 2009 ont causé des inondations de cultures, emportant 22 220
hectares de terres agricoles, brisant 15 barrages et détruisant 42.000 maisons (PDNA
2010). En outre, durant les périodes chaudes et sèches, le Burkina Faso est victime de
la propagation des maladies à transmission vectorielle, dont la méningite et le choléra,
avec 193 décès causés par une épidémie de cette maladie pendant le seul mois de Mars
2011.
C’est dans cet objectif que le projet « Renforcement de l’information climatique et des
systèmes d’alerte précoce en Afrique pour le développement de la résilience et de
l’adaptation aux changements climatique) » a vu le jour.
Financé par le Fonds pour l’Environnement Mondial (FEM) et mis en œuvre sur la
période 2014-2017 par le SP/CONEDD, ce projet a pour objectif de renforcer les
capacités de suivi météorologique, climatologique et hydrologique, les systèmes
d'alerte précoce et d'information disponibles pour répondre aux conditions
43
météorologiques extrêmes et la planification de l'adaptation au changement climatique
au Burkina Faso. Il est constitué de deux composantes essentielles qui sont :
En se référant aux rapports d’activité du projet SPA-IC, 335 personnes ont été
sensibilisées sur le projet dans chacune des zones agro-écologiques vulnérables pour
promouvoir l'utilité des informations sur le climat et le système d'alerte précoce, 11
émissions radios ont été réalisées à Koudougou, Ouahigouya, Dori, Kaya, Bobo-
Dioulasso, Ouagadougou, Dédougou, Gaoua, Fada, Tenkodogo, Manga sur le
dispositif national de gestion des catastrophes et crises humanitaires au Burkina Faso.
De même, 12 visites terrain et des consultations des parties prenantes ont été entrepris
dans l'objectif de comprendre comment les utilisateurs des bulletins et avertissements
d'alerte précoce utilisent l'information pour la gestion des risques climatiques et
météorologiques et comment leurs cadres décisionnels influent sur l'interprétation des
mises en garde et des avertissements .Ces visites terrain et consultations ont concerné
12 localités à savoir, Bagawa, Tin-Akoff, Monkuy, Souri, Safi et Kobouré, Lato-Den,
Samba, Bani, Seytenga, Sindou, Banfora, reparties dans les régions du Sahel, du
Centre-nord et de la Boucle du Mouhoun, du Nord, du Sahel et des Cascades.
44
(PDIC) pour la Réduction des Emissions dues à la Déforestation et à la Dégradation
des Forêts (REDD+).
45
photovoltaïque de Zagtouli d’une capacité de 33 Mégawatts-crête. Entrée en
production en 2017, cette centrale concilie efficacité économique et lutte contre les
changements climatiques et permettra d’économiser 26 000 tonnes de CO2 par an.
Ces techniques CES/DRS ont permis aux populations de gérer leurs écosystèmes et
d’aménager leurs espaces de production. Cela a contribué à mieux préparer les
populations aux changements environnementaux (changements climatiques,
dégradation des terres) et aux chocs, et notamment aux sécheresses. Il est également
encouragé l’utilisation de la charrue Delfino pour la récupération des terres à Grandes
échelles.
46
qu’en ce qui concerne le sahel, les enjeux de développement doivent davantage être
considérés à l’échelle régionale et que les projets régionaux intégrateurs entre les pays
membres doivent être privilégiés au détriment de ceux s’inscrivant dans une dimension
exclusivement nationale.
Ainsi, il est prévu des projets d’aménagements hydrauliques dans les zones
frontalières, notamment les aménagements hydro-agricoles dans les régions du Centre-
Nord et du Sahel (Burkina Faso).
13. Veuillez indiquer quelles mesures ont été prises par le Gouvernement de votre
Excellence par rapport à la situation des personnes déplacées, notamment en
ce qui concerne les risques de protection qu’encourent ces personnes au cours
du déplacement, et pour promouvoir et créer les conditions satisfaisantes pour
des solutions durables.
Le Burkina Faso fait face effectivement à une crise humanitaire sans précédent
marquée essentiellement par des déplacements massifs de populations à cause des
attaques et menaces de terroristes.
- 16,78% d’hommes ;
- 29,65% de femmes ;
47
Les régions les plus touchées sont les suivantes :
Ces cinq (5) régions cumulent à elles seules 97,72% des PDI. L’afflux des PDI est
continu à cause de la récurrence des attaques terroristes.
Les populations se déplacent dans les localités où elles ont des liens de parenté. A titre
d’illustration :
- 99% des personnes déplacées du Sahel sont issues des localités du Sahel ;
- 80% des personnes déplacées de la région du Nord sont issues des localités du
Nord et les 20% viennent de localités de la région du Sahel ;
- c’est seulement au Centre-Nord que 37% sont issues de la région, 62% du
Sahel, 1% de l’Est.
- 69% des déplacements sont liés à des attaques terroristes et 31% sont à titre
préventif.
Les attaques opérées par les groupes armées ont eu pour conséquence la stigmatisation
de certains groupes ethniques accusés d’être de connivence avec les agresseurs faisant
naitre une situation de méfiance entre les communautés. Ces accusations et suspicions
sont souvent source des incidents et tensions inter-ethniques, de psychose qui génèrent
des déplacements massifs de personnes à travers les régions de la Boucle du Mouhoun,
de l’Est, du Nord, du Sahel et du Centre nord notamment.
48
violences sexuelles (agressions sexuelles, etc), des violences psychologiques et
physiques (coups et blessures), etc sont à déplorer.
Au Burkina Faso, les défis de protection auxquelles les populations font face en raison
des attaques terroristes peuvent être catégorisées de la manière suivante :
49
- perte de réseaux de soutien habituels et les moyens de mobilité pour les
catégories de personnes en situation de handicap ;
- abandon des personnes en situation de handicap (physique et mental) ou des
personnes âgées dans les zones d’origine ;
- destruction d’infrastructures publiques et privées qui empêche le
fonctionnement des services ;
- traumatismes psychologiques et physiques ;
- implication des enfants dans des travaux dangereux ;
- violences faites aux enfants y compris l’exposition aux dangers et blessures ;
- stigmatisation de certains groupes ethniques ou religieux entrainant une entrave
à la liberté de circulation de certaines populations.
- conflits lié à la gestion des ressources naturelles ;
- conflits intercommunautaires qui favoriseront l’insécurité alimentaire pour
cause d’interdiction de cultiver ou manque d’accès à la terre.
Dans ce contexte de crise sécuritaire, le Gouvernement s’est engagé à œuvrer avec ses
partenaires à ce que toutes les filles, les garçons, les femmes et les hommes affectés
par la crise humanitaire au Burkina Faso dont les PDI, les personnes restées dans les
zones affectées par le conflit et les communautés hôtes jouissent de leurs droits
fondamentaux.
Une Stratégie de prise en charge des personnes déplacées internes a été élaborée pour
encadrer les activités en matière de protection. Elle est focalisée sur les cinq (5)
régions les plus touchées par l’insécurité à savoir la Boucle du Mouhoun, le Centre-
Nord, l’Est, le Nord et le Sahel. La mise en œuvre de cette stratégie est régie par cinq
(05) principes clés dont la non-discrimination.
50
meilleure protection, des filles, des garçons, des hommes et des femmes,
personnes affectées par le déplacement involontaire ;
- l’environnement de protection à travers une analyse de la situation de protection
des personnes déplacées, par l’enregistrement individuel, la documentation des
PDI, le monitoring de protection et autres analyses régulières partagés par les
membres du Secteur Protection, et la promotion du cadre des solutions durables
intégrées ;
- et coordonner le mécanisme de collecte et de partage des données, d’analyse
des incidents de protection, d'orientation, de référencement et contre
référencement pour la prise en charge des personnes affectées pour un suivi
efficace des cas individuels de protection y compris l’accès à la justice ; et
développer un système commun des alertes pour faire face aux arrivées
massives des déplacées internes ;
- la coordination des interventions de prévention et réponse, les capacités des
parties prenantes pour améliorer la qualité des services et contribuer à la
réduction des risques de violences basées sur le genre et apporter une réponse
holistique aux personnes survivantes ;
- la coordination des interventions et les capacités des parties prenantes au niveau
national et régional, afin d’améliorer la prévention et la réponse aux besoins de
protection de l’enfance et des adolescents dans la crise humanitaire et assurer
une transition réussie entre les interventions humanitaires et celles de
développement en cours ;
- le système de médiation dans des conflits sociaux et communautaires prolongés
pour éviter la discrimination, la violence et l’exploitation parmi les différents
groupes ethniques et promouvoir la cohésion sociale entre les déplacés internes
et la communauté hôte ;
- le système d’autogestion des sites spontanés des personnes déplacées pour une
meilleure protection à base communautaire des populations affectées à travers
l’autonomisation et le renforcement des capacités de résilience, et le monitoring
de l’accès à la terre et au logement dans des communautés d’accueil ;
51
- la coordination des activités de lutte anti-mines au niveau national, régional et
local et contribuer dans la prévention des accidents liés aux restes explosifs de
guerre par l’intensification des actions d’éducation contre les mines et les
explosifs de guerre ;
- la coordination des activités de lutte contre les violations des droits liées à des
arrestations, détentions de personnes présumées associées à des faits terroristes
ou criminels.
52
Les résultats obtenus suite à l’assistance apportée aux PDI se déclinent comme suit :
53
- le financement : les ressources financières restent insuffisantes par rapport aux
besoins. Seuls 35% du budget (187 millions USD) du Plan de réponse
humanitaire 2019 ont été mobilisés alors que les besoins continuent
d’augmenter ;
- la coordination : des interventions isolées de certaines organisations
humanitaires sans concertation ni information préalable ne permettant pas la
synergie ni la capitalisation.
Pour y faire face, le Gouvernement entend poursuivre les efforts en vue d’une
meilleure protection pour toutes les populations durement affectées par la crise
sécuritaire à travers les actions suivantes :
- la poursuite et l’intensification des opérations de sécurisation du territoire afin
de faciliter le retour des PDI et leur protection ;
- la prévention des risques de protection et la réduction de l’exposition aux
violences sexuelles (viols, agressions sexuelles) ;
- l’établissement de documents d’état civil de façon gratuite (extraits de
naissance, carte nationale d’identité, certificats de nationalité) pour les PDI et
pour les communautés hôtes ;
- l’enregistrement continu des personnes déplacées et la protection des données;
- le renforcement de l’analyse de protection par l’amélioration de la collecte des
données sur les incidents et situation de protection ;
- le suivi des cas de violence basée sur le genre et la prise en charge des victimes;
- le renforcement du plaidoyer pour une mobilisation des ressources financières ;
- l’implémentation de la stratégie d’intervention pour le secteur portant sur la
protection des enfants en situation d’urgence (PESU) pour renforcer l’approche
systémique, en incitant la participation des mécanismes communautaires à la
réponse pour l’amélioration de l’accès des enfants affectés aux services de
protection ;
- le renforcement des activités d’identification des cas de violences basées sur le
genre dans les zones en crise où les besoins d’assistance sont importants
notamment dans le Centre-Nord, le Sahel, le Nord et l’Est ;
- la mise en place d’un mécanisme de suivi et de gestion des cas de violence
basée sur le genre.
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