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Philosophie selon Karl Jaspers

Le document présente différentes visions de la philosophie, qui est considérée comme vaste et ayant de multiples significations. Bien que la philosophie ne progresse pas de la même manière que les sciences, elle trouve son origine dans la réflexion humaine fondamentale. Même les enfants et les malades mentaux peuvent poser des questions philosophiques profondes en étant plus proches de leur essence.

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Philosophie selon Karl Jaspers

Le document présente différentes visions de la philosophie, qui est considérée comme vaste et ayant de multiples significations. Bien que la philosophie ne progresse pas de la même manière que les sciences, elle trouve son origine dans la réflexion humaine fondamentale. Même les enfants et les malades mentaux peuvent poser des questions philosophiques profondes en étant plus proches de leur essence.

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Texte 2, page 1

Karl Jaspers
Qu’est-ce que la philosophie ? (texte intégral)

Informations bibliographiques

Première édition : K. Jaspers, « Was ist Philosophie ? », dans Einführung in die Philosophie, Zürich, Artemis-
Verlag, 1950.
Présente édition : K. Jaspers, « Qu’est-ce que la philosophie ? », dans Introduction à la philosophie, trad.
J. Hersch, Paris, Plon, 2004, p. 5-14 (texte intégral).

1 [5] On n’est d’accord ni sur ce qu’est la philosophie, ni sur ce qu’elle vaut. On attend d’elle
2 des révélations extraordinaires, ou bien, la considérant comme une réflexion sans objet, on
3 la laisse de côté avec indifférence. On vénère en elle l’effort lourd de signification accompli
4 par des hommes exceptionnels, ou bien on la méprise, n’y voyant que l’introspection obsti-
5 née et superflue de quelques rêveurs. On estime qu’elle concerne chacun et doit être simple
6 et facile à comprendre, ou bien on la croit si difficile que l’étudier apparaît comme une en-
7 treprise désespérée. Et en fait, le domaine compris sous ce nom de « philosophie » est assez
8 vaste pour expliquer des estimations aussi contradictoires. la philo est vaste et a de multiple vision et signification
9 Pour quiconque croit à la science, le pire est que la philosophie ne fournit pas de résultats
10 apodictiques, un savoir qu’on puisse posséder. Les sciences ont conquis des connaissances
11 certaines, qui s’imposent à tous ; la philosophie, elle, malgré l’effort des millénaires, n’y a pas
12 réussi. On ne saurait le contester : en [6] philosophie il n’y a pas d’unanimité établissant un
13 savoir définitif. Dès qu’une connaissance s’impose à chacun pour des raisons apodictiques,
14 elle devient aussitôt scientifique, elle cesse d’être philosophie et appartient à un domaine
15 particulier du connaissable. la philo ne progresse que peut ou pas comparéer a la science
16 À l’opposé des sciences, la pensée philosophique ne paraît pas non plus progresser. Nous en
17 savons plus, certes, qu’Hippocrate, mais nous ne pouvons guère prétendre avoir dépassé
18 Platon. C’est seulement son bagage scientifique qui est inférieur au nôtre. Pour ce qui est chez
19 lui à proprement parler recherche philosophique, à peine l’avons-nous peut-être rattrapé.
20 Que, contrairement aux sciences, la philosophie sous toutes ses formes doive se passer du
21 consensus unanime, voilà qui doit résider dans sa nature même. Ce que l’on cherche à con-
22 quérir en elle, ce n’est pas une certitude scientifique, la même pour tout entendement ; il
23 s’agit d’un examen critique au succès duquel l’homme participe de tout son être. Les con-
24 naissances scientifiques concernent des objets particuliers et ne sont nullement nécessaires
25 à chacun. En philosophie, il y va de la totalité de l’être, qui importe à l’homme comme tel ; il
26 y va d’une vérité qui, là où elle brille, atteint l’homme plus profondément que n’importe quel
27 savoir scientifique. en philo seule la vériter de chacun compte

28 L’élaboration d’une philosophie reste cependant liée aux sciences ; elle présuppose tout le
29 progrès scientifique contemporain. Mais le sens de la philosophie a une autre origine : il sur-
30 git, avant toute science, là où des hommes s’éveillent. philo vient de la science3
Texte 2, page 2 Jaspers

1 Cette philosophie sans science présente quelques caractères remarquables :


2 1° Dans le domaine philosophique, presque chacun s’estime compétent. En science, on re-
3 connaît que [7] l’étude, l’entraînement, la méthode sont des conditions nécessaires à la com-
4 préhension ; en philosophie, au contraire, on a la prétention de s’y connaître et de pouvoir
5 participer au débat, sans autre préparation. On appartient à la condition humaine, on a son
6 destin propre, une expérience à soi, cela suffit, pense-t-on.
7 Il faut reconnaître le bien-fondé de cette exigence selon laquelle la philosophie doit être ac-
8 cessible à chacun. Ses voies les plus compliquées, celles que suivent les philosophes profes-
9 sionnels, n’ont de sens en effet que si elles finissent par rejoindre la condition d’homme ; et
10 celle-ci se détermine d’après la manière dont on s’assure de l’être et de soi-même en lui.
11 2° La réflexion philosophique doit en tout temps jaillir de la source originelle du moi et tout
12 homme doit s’y livrer lui-même.
13 Un signe admirable du fait que l’être humain trouve en soi la source de sa réflexion philoso-
14 phique, ce sont les questions des enfants. On entend souvent, de leur bouche, des paroles
15 dont le sens plonge directement dans les profondeurs philosophiques. En voici quelques
16 exemples : les enfants savent poser des bonnes questions

17 L’un dit avec étonnement : « J’essaie toujours de penser que je suis un autre, et je suis quand
18 même toujours moi. » Il touche ainsi à ce qui constitue l’origine de toute certitude, la cons-
19 cience de l’être dans la connaissance de soi. Il reste saisi devant l’énigme du moi, cette
20 énigme que rien ne permet de résoudre. Il se tient là, devant cette limite, il interroge.
21 Un autre, qui écoutait l’histoire de la Genèse : « Au commencement, Dieu créa le ciel et la
22 terre… », demanda aussitôt : « Qu’y avait-il donc avant le commencement ? » Il découvrait
23 ainsi que les questions s’engendrent à l’infini, que l’entendement ne connaît pas de borne à
24 ses investigations et que, pour lui, il n’est pas de réponse vraiment concluante. [8]
25 Une petite fille fait une promenade ; à l’entrée d’une clairière, on lui raconte des histoires
26 d’elfes qui y dansent la nuit. « Mais pourtant, ils n’existent pas… » On lui parle alors des
27 choses réelles, on lui fait observer le mouvement du soleil, on discute la question de savoir
28 si c’est le soleil qui se meut ou la terre qui tourne, on produit les raisons de croire à la forme
29 sphérique de la terre et à son mouvement de rotation… « Mais ce n’est pas vrai, dit la fillette
30 en frappant du pied le sol, la terre ne bouge pas. Je ne crois que ce que je vois. » On lui
31 réplique : « Alors tu ne crois pas au bon Dieu, tu ne le vois pas non plus. » La petite semble
32 interloquée, puis déclare résolument : « S’il n’existait pas, nous ne serions pas là. » Elle avait
33 été saisie d’étonnement devant la réalité du monde : il n’existe pas par lui-même. Et elle
34 comprenait la différence qu’il y a entre un objet faisant partie du monde et une question
35 concernant l’être et notre situation dans le tout.
36 Une autre enfant va faire une visite et monte un escalier. Elle prend conscience du fait que
37 tout change sans cesse, que les choses s’écoulent et passent comme si elles n’avaient pas
38 existé. « Mais il doit pourtant bien y avoir quelque chose de solide. Je monte maintenant, ici,
39 un escalier pour aller chez ma tante, ça je veux le garder. » Sa surprise et sa frayeur devant
40 l’écoulement universel et l’évanescence de tout lui faisaient chercher à tout prix une issue.
41 En collectionnant des remarques de ce genre, on pourrait constituer toute une philosophie
42 enfantine. On alléguera peut-être que les enfants répètent ce qu’ils entendent de la bouche
Jaspers Texte 2, page 3

1 de leurs parents et des autres adultes ; cette objection est sans valeur lorsqu’il s’agit de pen-
2 sées aussi sérieuses. On dira encore que ces enfants ne poussent pas plus loin la réflexion
3 philosophique et que, par conséquent, il ne peut y avoir [9] là chez eux que l’effet d’un hasard.
4 On négligerait alors un fait : ils ont souvent une sorte de génie qui se perd lorsqu’ils devien-
5 nent adultes. Tout se passe comme si, avec les années, nous entrions dans la prison des con-
6 ventions et des opinions courantes, des dissimulations et des préjugés, perdant du même
7 coup la spontanéité de l’enfant, réceptif à tout ce que lui apporte la vie qui se renouvelle
8 pour lui à tout instant ; il sent, il voit, il interroge, puis tout cela lui échappe bientôt. Il laisse
9 tomber dans l’oubli ce qui s’était un instant révélé à lui, et plus tard il sera surpris quand on
10 lui racontera ce qu’il avait dit et demandé.
11 3° Une recherche philosophique jaillie de l’origine ne se manifeste pas seulement chez les
12 petits, mais aussi chez les malades mentaux. Il semble parfois – rarement – que chez eux le
13 bâillon de la dissimulation générale s’est relâché, et nous entendons alors parler la vérité. Au
14 stade où des troubles mentaux commencent à se manifester, il arrive que se produisent des
15 révélations métaphysiques saisissantes. Leur forme et leur langage, il est vrai, ne sont pas
16 tels que, publiées, elles puissent prendre une signification objective, à moins de cas excep-
17 tionnels comme celui du poète Hölderlin ou du peintre Van Gogh. Mais lorsqu’on assiste à
18 ce processus, on a malgré soi l’impression qu’un voile se déchire, celui sous lequel nous con-
19 tinuons, nous, notre vie ordinaire. Beaucoup de gens bien portants ont fait aussi l’expérience
20 suivante : ils s’éveillent avec le sentiment d’avoir aperçu dans leur sommeil le sens de choses
21 étrangement profondes, et celles-ci se dérobent au moment où ils sont parfaitement éveil-
22 lés, en laissant seulement derrière elles le sentiment de l’impénétrable. Le dicton selon le-
23 quel « la vérité sort de la bouche des enfants et des fous » recèle un sens profond. Pourtant
24 ce n’est pas là [10] que réside l’originalité créatrice à laquelle nous devons les grandes pen-
25 sées philosophiques ; elle est le fait d’un petit nombre de grands esprits, d’une fraîcheur et
26 d’une indépendance exceptionnelles, surgis au cours des millénaires.
27 4° L’homme ne peut se passer de philosophie. Aussi est-elle présente, partout et toujours,
28 répandue dans le public par les proverbes traditionnels, les formules de la sagesse courantes,
29 les opinions admises, comme également le langage des gens instruits, les conceptions poli-
30 tiques, et surtout, dès les premiers âges de l’histoire, par les mythes. On n’échappe pas à la
31 philosophie. La seule question qui se pose est de savoir si elle est consciente ou non, bonne
32 ou mauvaise, confuse ou claire. Quiconque la rejette affirme par là-même une philosophie,
33 sans en avoir conscience.

34 Qu’est-ce que cette philosophie, si universelle et qui se manifeste sous des formes si étranges ?
35 Le mot grec « philosophe » (philosophos) est formé par opposition à sophos. II désigne celui
36 qui aime le savoir, par différence avec celui qui, possédant le savoir, se nomme savant. Ce
37 sens persiste encore aujourd’hui : l’essence de la philosophie, c’est la recherche de la vérité,
38 non sa possession, même si elle se trahit elle-même, comme il arrive souvent, jusqu’à dégé-
39 nérer en dogmatisme, en uns savoir mis en formules, définitif, complet, transmissible par
40 l’enseignement. Faire de la philosophie, c’est être en route. Les questions, en philosophie,
41 sont plus essentielles que les réponses, et chaque réponse devient une nouvelle question.
42 Pourtant, cette marche en avant – qui est le sort de l’homme dans le temps – n’exclut pas la
43 possibilité d’un profond apaisement, et même, à certains instants [11] suprêmes, d’une sorte
Texte 2, page 4 Jaspers

1 d’achèvement. Celui-ci n’est jamais enfermé dans un savoir formulable, dans des énoncés ou
2 des professions de foi ; il est dans la façon dont s’accomplit, au sein de l’histoire, la condition
3 d’un être humain auquel se révèle l’être même. Conquérir cette réalité dans la situation don-
4 née, toujours particulière, où l’on se trouve placé, tel est le sens de l’effort philosophique.
5 Être en route et chercher, ou bien trouver la paix et l’achèvement d’un instant privilégié, ce
6 ne sont pas là des définitions de la philosophie. La philosophie ne se situe ni au-dessus, ni à
7 côté d’autre chose. Elle ne peut pas être dérivée. Toute philosophie se définit elle-même par
8 sa réalisation. Ce qu’elle est, on ne peut le savoir que par l’expérience ; alors on voit qu’elle
9 est à la fois l’accomplissement de la pensée vivante et la réflexion sur cette pensée, ou l’ac-
10 tion et le commentaire de l’action. Seule l’expérience personnelle permet de percevoir ce
11 qu’on peut trouver de philosophie dans le monde.
12 Nous pouvons recourir à d’autres formules pour exprimer la signification de la philosophie.
13 Aucune n’épuise cette signification et aucune ne s’avère la seule. Dans l’antiquité, définissant
14 la philosophie d’après son objet, on a dit qu’elle était connaissance des choses divines et
15 humaines, ou de l’être en tant qu’être ; la définissant d’après son but, on a dit qu’elle était
16 apprendre à mourir, ou qu’elle était la conquête, par la pensée, du bonheur, ou de la res-
17 semblance divine ; la définissant enfin par ce qu’elle embrasse, on a dit qu’elle était le savoir
18 de tout savoir, l’art de tous les arts, la science en général, qui ne se limite plus à tel ou tel
19 domaine particulier.
20 Aujourd’hui, si l’on essaie de parler du sens de la philosophie, on pourrait peut-être recourir
21 aux formules suivantes : elle tend à apercevoir la réalité ori- [12] ginelle ; à saisir la réalité
22 par la manière dont je me comporte envers moi-même quand je pense et par mon activité
23 intérieure ; à ouvrir notre être aux profondeurs de l’englobant1 ; à assumer en une lutte fra-
24 ternelle, quel que soit le sens de la vérité énoncée, le risque de la communication d’homme
25 à homme ; à garder sa raison patiemment et inlassablement en éveil, même devant l’être le
26 plus étranger, qui se ferme et se refuse.
27 La philosophie est ce qui ramène au centre où l’homme devient lui-même en s’insérant dans
28 la réalité.

29 La philosophie, nous l’avons vu, peut atteindre tout homme, et même un enfant, sous la
30 forme de quelques pensées simples et efficaces. Cependant, son élaboration est une tâche
31 sans fin et sans cesse recommencée qui s’accomplit toujours sous l’aspect d’un tout actua-
32 lisé. C’est ainsi qu’elle apparaît dans les œuvres des grands philosophes, et, comme un écho,
33 dans celles des philosophes mineurs. Aussi longtemps que les hommes seront des hommes,
34 la conscience de cette tâche, quelle que soit son apparence, ne s’éteindra pas.
35 Ce n’est pas d’aujourd’hui que la philosophie se trouve en butte à des attaques radicales ; on
36 l’a rejetée en bloc comme superflue et nuisible. À quoi sert-elle ? Elle ne résiste pas devant
37 l’angoisse.
38 La pensée autoritaire de l’Église a rejeté la philosophie en alléguant qu’elle éloigne de Dieu,
39 qu’elle séduit l’âme et l’attache au siècle, qu’elle la corrompt en l’occupant de futilités ; la pen-
40 sée politique totalitaire a reproché aux philosophes de s’être bornés à interpréter diversement

1
Das Umgreifende. Voir l’Englobant, chap. III, p. 31.
Jaspers Texte 2, page 5

1 le monde alors qu’il s’agit de le transformer. Toutes deux estiment la philosophie dangereuse :
2 elle sape l’ordre, elle stimule l’esprit d’indépendance, et par là d’indignation et de révolte,
3 elle trompe [13] et détourne l’homme de sa tâche réelle. Force d’attraction d’un au-delà
4 illuminé par le Dieu révélé, ou puissance d’un ici-bas sans Dieu, exigeant tout pour lui, toutes
5 deux voudraient éteindre la philosophie.
6 À cela s’ajoute, imposée par la vie quotidienne et le bon sens, la simple norme de l’utilité,
7 devant laquelle la philosophie se trouve impuissante. Thalès déjà, qui passe pour le plus an-
8 cien des philosophes grecs, a été moqué par sa servante qui l’avait vu tomber dans un puits
9 alors qu’il observait le ciel étoilé. Pourquoi cherchait-il ce qui est si loin, lui si maladroit dans
10 l’immédiat ?
11 La philosophie devrait donc se justifier. Et, précisément, c’est impossible. Elle ne peut citer
12 pour sa justification aucune espèce d’utilité qui lui donnerait un droit à l’existence. Elle ne
13 peut que se réclamer des forces qui poussent tout homme à philosopher. Elle sait qu’elle
14 plaide une cause désintéressée, soustraite à tout calcul de profits et pertes dans le monde,
15 qu’elle ne concerne que l’homme comme tel, et aussi qu’elle se poursuivra aussi longtemps
16 qu’il y aura des hommes. Ses ennemis mêmes ne peuvent s’empêcher de donner une signi-
17 fication aux forces qu’ils lui opposent et de produire ainsi des systèmes intellectuels liés à
18 une fin, des succédanés de philosophie, déterminés toutefois par le résultat qu’ils visent, tels
19 le marxisme, le fascisme. Ces systèmes intellectuels, eux aussi, témoignent encore du carac-
20 tère inéluctable de la philosophie. Elle est toujours là.
21 Elle ne peut pas combattre, elle ne peut pas se démontrer, mais seulement se communiquer.
22 Elle ne résiste pas quand on la rejette, elle ne triomphe pas si on l’écoute. Elle vit dans la
23 région unanime qui, dans les profondeurs de l’humanité, peut lier chacun avec tous.
24 Une philosophie de grand style et présentant une cohérence systématique existe depuis
25 deux millénaires et demi en Occident, en Chine et aux Indes. C’est une grande tradition qui
26 s’adresse à nous. La diversité des efforts philosophiques, les contradictions, les prétentions,
27 réciproquement exclusives, à la vérité, ne sau- [14] raient empêcher qu’au fond il y ait
28 quelque chose d’unique que nul ne possède et autour de quoi tournent sans trêve toutes les
29 recherches sérieuses : la philosophie une et éternelle, la philosophia perennis. C’est à ce fon-
30 dement historique de notre pensée que nous sommes ramenés quand nous voulons que
31 notre réflexion soit aussi claire que possible et qu’elle atteigne l’essentiel.

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