Investissements étrangers en zone CEMAC
Investissements étrangers en zone CEMAC
ATTRACTIVITÉ ÉCONOMIQUE
OMIQUE DES INVESTISSEMENTS
INVE
DIRECTS ÉTRANGERS EN ZONE CEMAC :
HARMONISATION DES INSTRUMENTS JURIDIQUES
JU AUX
RÈGLES INTERNATIONALES
INTERNATIONALE
Membres du Jury
Pr Philippe SAUNIER
Professeur à l’Université
versité de Nice
Nic Sophia Antipolis,
olis, (Di
(Directeur de
thèse)
Pr Marcelin NGUELE ABADA
Université
ersité de Yaoundé
Yao II-Soa, (Rapporteur)
rteur)
Pr Patrick
Patric BOISSELIER
Conservateur
servateur national
natio des arts et métiers-Paris,
ris, (Rapp
(Rapporteur)
Mme Anaïs LAGELLE
Université
ersité de Nice Sophia-Antipolis
La Faculté n’entend donner aucune approbation ou improbation aux
opinions émises dans les thèses. Ces opinions doivent être considérées
comme propres à leurs auteurs.
2
DÉDICACE
A mon regretté père, Monsieur Ndi Nguélé Jean Colbert, merci pour
tout ton amour et les valeurs que tu m’as transmises. Je dédie cette
thèse.
3
REMERCIEMENTS
4
LISTE DES ABREVIATIONS
ACA=Analyse Coût-Avantage
ACE=Analyse Coût-Efficacité
CELLUCAM=Cellulose du Cameroun
CHOCOCAM=Chocolaterie-Confiserie Camerounaise
6
CODEV=Centre de Coopération et de Développement
DB=Doing Bussiness
DR=Délai de Récupération
EM=États Membres
FMNs=Firmes Multinationales
7
HBT= Habitant
IP=Indice de Profitabilité
MDS=Milliards
MW=Mégawatts
9
PUA=Presses Universitaires d’Afrique
UE=Union Européenne
UE=Union Européenne
11
SOMMAIRE
DÉDICACE .............................................................................................................. 3
REMERCIEMENTS ............................................................................................... 4
SOMMAIRE .......................................................................................................... 12
12
Section 2 - Garantie juridique de l’application des normes : Entre contrôle juridique de
conformité des normes et modes alternatifs de règlement des différends relatifs aux IDE
en zone CEMAC ................................................................................................................. 161
13
INTRODUCTION GÉNÉRALE
14
enfin on étudiera la notion d’harmonisation des règles de droit et sa distinction
des autres mécanismes d’intégration juridique (III).
1
Le Cameroun est un pays d'Afrique centrale qui partage ses frontières entre le Nigeria à l'ouest, le Tchad au
nord, la République centrafricaine à l'est, le Gabon, la Guinée équatoriale et la République du Congo au sud et
2
le Golfe de Guinée au sud-ouest. Sa superficie est de 445 441km , avec une population de 20 386 799hab en
2012. Il a pour président Paul Biya et est une ancienne colonie allemande puis, anglaise et française. Les
langues officielles sont notamment l’anglais et le français, mais le pays dispose d’environ 250 ethnies avec des
dialectes différents. Son président est PAUL BIYA et sa capitale Yaoundé.
-
Le Gabon est un pays situé en Afrique centrale, traversé par l'équateur, frontalier à l'est, au sud-est et au sud
par la République du Congo, au nord-ouest par la Guinée Équatoriale et au nord par le Cameroun. Sa superficie
2
totale est de 267 667 km , avec une population en 2011 de 1 534 300hab. C’est aussi une ancienne colonie
Française et la langue officielle est le français. Son président actuel est ALI BONGO et sa capitale Libreville.
-
La Guinée Equatoriale est un pays d'Afrique centrale. Elle est constituée de deux parties, l'une continentale,
bordée par le Cameroun et le Gabon, l'autre insulaire avec l'île de Bioko (où se trouve la capitale Malabo) et
2
l'île d'Annobón. Sa superficie est de 28 051 km avec une population en 2008 de 616 459 hab. Les langues
officielles sont le portugais, l’espagnol, le Français. Son président actuel est Théodore Obiang Nguema et sa
capitale Malabo
-Le Congo, encore appelé République du Congo (différent de la république démocratique du Congo) encore
appelé Congo-Brazzaville, est un pays d’Afrique centrale situé de part et d’autre de l’Equateur, avec pour pays
frontaliers, le Gabon, le Cameroun, la République Centrafricaine, La RDC, et l’Angola. Sa superficie est de
2
342,000 km , avec une population en 2013 de 4 492 689 hab. Sa langue officielle est le Français, mais le lingala
est aussi parlé et enseigné à l’école. Son président est Dénis Sassou Nguesso. Sa capitale, Brazzaville.
-La République Centrafricaine, encore appelée Centrafrique, est un Etat de l’Afrique Centrale, Il est entouré par
le Cameroun à l'ouest, le Tchad au nord, le Soudan et le Soudan du Sud à l'est, la République démocratique du
2
Congo et la République du Congo au sud. Son territoire est de 622 984 km avec une population de 5 166
510 hab. Ancienne colonie Française, sa langue officielle est le Français et son président pour la transition
actuelle de 2014 est Catherine Samba-Panza. Sa capitale est Bangui
-Le Tchad est un Etat de l’Afrique Centrale situé au sud de la Libye, à l'Est du Niger et du Nigeria, au nord
2
du Cameroun et de la République centrafricaine et à l'ouest du Soudan. Sa superficie est de 1 284 000km avec
15
Douanière et Economique de l’Afrique Centrale économiques de l’Afrique
centrale)2, elle est une organisation régionale crée le 16 Mars 1994 à la suite de
la signature à N’Djaména au Tchad du traité l’instituant. Son siège est à Bangui
en République Centrafricaine. Sa mission initiale se décline en cinq points :
A) La CEMAC en chiffre
2
une population de 10 975 648km . Son président est Idriss Deby, et sa capitale N’djamena. Pour plus de détails
consulter le site de la CEMAC ou suivre le lien suivant: [Link] plus de détails sont
donnés sur l’institution plus loin dans le développement de cette introduction.
2
Crée le 8 Décembre 1964 après la signature à Brazzaville du traité instituant l’Union Douanière et économique
de l’Afrique Centrale. Qui est elle aussi issue de la défunte UDE (Union douanière équatoriale) crée en Juin
1959.
3
Le Franc CFA, Franc des colonies Françaises d’Afrique
4
Informations susceptibles d’évoluer.
16
Population (estimation): 44,1 millions
Taux de croissance (PIB réel) : 4,6%
Taux de croissance démographique (moyen): 2,8%
Taux de croissance PIB/Hbt : 1,8%
Principaux produits d’exportation: Pétrole brut; Cacao; Café; Coton -
fibre et dérivés; Bois - grumes, sciages et dérivés; aluminium brut et
dérivés; caoutchouc naturel; Banane; Diamants brut et taillés; Or; Tabac;
Produits pétroliers; Rondins d'eucalyptus; Sucre; Manganèse; Uranium;
Méthanol et autres Gaz; Bétail
Inflation (prix à la consommation, en moyenne annuelle, décembre) :
2,6%
Superficie : 3 020 000 km²
CAMEROUN
Concernant les perspectives économiques 2012-2013, la croissance de
l’économie camerounaise se consoliderait à 6,1% contre 5,1% en 2012. Dans le
secteur primaire, la croissance est projetée à 4% en 2012 et à 3,6% en 2013 en
liaison avec la réhabilitation des fermes de multiplication des semences, la mise
à disposition des semences, l’aménagement des bassins de production et
l’acquisition des engrais à moindre coût. Le secteur secondaire connaîtrait une
croissance de 6,4% en 2012 et 8,7% en 2013 sous tendue par la croissance des
industries extractives consécutive à la réouverture de certains puits, à l’entrée en
exploitation de nouveaux sites, ainsi qu’à l’amélioration des taux d’extraction
dans les champs matures. Le secteur tertiaire, bénéficiant du dynamisme des
autres secteurs, a une croissance estimée à 5% en 2012 et 5,9% en 2013.
Concernant les prix, l’inflation est projetée à 3% sur la période, nonobstant le
poids sur les finances publiques du blocage des prix des carburants à la pompe
et de la subvention à la SONARA. Le déficit commercial est projeté à 1,8% du
17
PIB en 2012 et à 2,1% du PIB en 2013. Le solde courant quant à lui
représenterait -1,9% et 2% du PIB respectivement en 2012 et 2013.
S’agissant des finances publiques, les recettes totales en 2012 s’évalueraient à
2994 milliards de FCFA. En 2013, une hausse de 15% est envisagée par rapport
au budget de 2800 milliards prévu dans la Loi des finances. Du côté des
dépenses les estimations des dépenses courantes et en capital se situent
respectivement à 1720,2 milliards de FCFA et 792,2 milliards de FCFA. En
2013, elles se situeraient à 1965 milliards de FCFA et à 957 milliards de FCFA
respectivement.
CENTRAFRIQUE
L’activité économique en RCA a été globalement favorable au premier semestre
2012, malgré une conjoncture internationale morose à cause de la baisse des
prix des produits d’exportation, principalement le bois. La situation
sociopolitique de la RCA est caractérisée au premier semestre 2012, par la
signature de l’accord de paix Global de Libreville par le dernier groupe rebelle
de la Convention des Patriotes pour la Justice et le Progrès (CPJP) et la
reddition du groupe rebelle Front Populaire pour le Redressement (FPR) de
BABA LADDE, la poursuite des réformes dans les principaux secteurs de
l’économie, la mise en œuvre des recommandations des états généraux des
finances publiques et de la stratégie de réduction de la pauvreté.
Dans le secteur primaire, en dehors de la production d’or qui a enregistré une
baisse de 30% par rapport au premier semestre de l’année précédente, la
production de grume, du diamant, a connu une hausse respectivement de 23,2%
et 40% en raison à la rentrée en activité de cinq nouvelles sociétés dans
l’exploitation du bois. Quant au secteur secondaire, la production d’eau connait
une baisse de 1,4%, alors que celle de l’électricité est en hausse 2,1%.
L’économie centrafricaine devrait connaitre en 2013, une évolution de 4,2% en
raison à la mise en œuvre des différentes stratégies dans le secteur primaire,
notamment Programme National d’Investissement Agricole et de Sécurité
Alimentaire (PNIASA), l’Accord partenariat volontaire APV/FLEGT avec
l’Union Européenne, la mise en œuvre de la politique industrielle en cours
d’élaboration et la poursuite des réformes économiques et financières. Ainsi, les
secteurs primaire, secondaire et tertiaire connaitraient des évolutions respectives
de 4,2%, 4,8% et 4,3%. La pression fiscale serait autour de 12,2% du PIB. Les
recettes sont estimées à 2,7% du PIB et les dépenses à 17,8% du PIB. Le déficit
de la balance extérieure quant à lui serait de 9,3% du PIB.
18
REPUBLIQUE DU CONGO
La croissance du PIB révisé en septembre 2012 en République du Congo se
situait à 4,1% (prévision de février 7%) suite à la baisse de la production
pétrolière de 8,5%. Du côté de l’offre, cette croissance serait tirée
essentiellement par les performances des secteurs tertiaire et secondaire. Une
forte croissance est prévue dans le secteur secondaire à 10,7% (47,1% du PIB)
contre 7,2% en 2011, en liaison avec la bonne évolution des activités de
‘’commerce, restaurants et hôtels’’ (9,2%) et des ‘’transports et
télécommunications’’ (9%). Le secteur secondaire augmenterait de 8,6%
représentant 14,1% du PIB. Ce résultat serait soutenu par le dynamisme des
activités de ’Bâtiments et travaux publics’’ (10,5%) et de la bonne tenue de la
branche ‘’Industries manufacturières’’ (8,3%). Le secteur primaire
représenterait 38% du PIB et baisserait de 4,4% suite à la baisse de la
production du pétrole brut. Dans ce secteur, l’agriculture croîtrait de 7,6%, en
relation avec la poursuite de la mise en œuvre des programmes de relance
agricole.
Du côté de la demande, la croissance serait portée par les investissements qui
représenteraient 48,8% du PIB (contre 36,6% du PIB en 2011). Cette évolution
serait impulsée par la formation brute du capital fixe (FBCF) publique qui
atteindrait 27% du PIB contre 14,5% du PIB en 2011, en raison de la réalisation
des grands travaux de construction en infrastructures de base.
En ce qui concerne les prix à la consommation des ménages, l’inflation
ressortirait à 3,4%, suite au renchérissement des produits alimentaires, meubles
et articles de ménages (produits importés).
En 2013, la croissance économique devrait atteindre 7,5%. Les secteurs
primaire, secondaire et tertiaire présentent des perspectives de progression
respectivesde 3,2%, 12,6% et 9,3%. La consommation finale connaîtrait une
croissance de (15,8%) soutenue par la consommation finale des ménages
(17,5%).
Le Gouvernement poursuivra les réformes entreprises au cours des années
précédentes qui ont permis d’améliorer la qualité de la gestion publique et de
renouer avec la confiance des partenaires au développement. Il a annoncé la
mise en œuvre du deuxième cadre de référence de réduction de la pauvreté, à
travers le Plan national de développement (PND, 2012-2016) qui vise
l’accélération de la croissance inclusive et la création d’emplois. Dans cette
optique, les efforts du Gouvernement viseront à accroitre les ressources
19
budgétaires, notamment les ressources non pétrolières en s’appuyant sur la
diversification de l’économie. Les recettes propres devraient globalement
enregistrer une hausse de 1,7%, passant de 3260,2 milliards de FCFA en 2012 à
3316,2 milliards de FCFA en 2013.
Les dépenses budgétaires hors dette passeront de 3140,8 milliards de FCFA en
2012 à 2829,9 milliards de FCFA en 2013, soit une baisse de 9,9%. Ces
dépenses représenteraient 39,1 % du PIB en 2013. Cette évolution est liée à la
baisse des dépenses en capital (-9,5%) financées principalement sur ressources
propres (-22, 3% en 2013 contre 56,7 en 2012).
GABON
En 2013, l’économie gabonaise devrait maintenir son expansion, tirée par les
activités du secteur hors pétrole, dans un contexte marqué à la fois par : la
poursuite des réformes structurelles, l’appréciation du taux de change du dollar
face au FCFA et le relèvement de la production minière.
Ce contexte permettrait de générer une croissance du PIB de 7,1% en 2013. Une
évolution s’expliquerait principalement par le dynamisme du secteur hors
pétrole (+10,1%), alors que la production des entreprises pétrolières baisserait
de 0,5%.
L’inflation resterait stable aux alentours de 2,6% en 2013, malgré la forte
pression de la demande interne. Cet effort de maîtrise de l’inflation serait
encouragé par la mesure du Gouvernement visant à réduire le prix des produits
alimentaires de première nécessité (avec la suspension de la fiscalité à
l’importation).
S’agissant des finances publiques sur la période de 2012 à 2013, elles reflèteront
la volonté du Gouvernement de poursuivre les projets du PSGE avec la priorité
dans le financement du plan directeur national d’infrastructures (PDNI) et du
vaste programme de construction de logements. Sur cette base, les recettes
publiques devraient croître sur la période en liaison avec la fermeté des prix du
pétrole et du bon rendement du recouvrement des recettes non pétrolières.
Dans ce contexte, l’excédent du solde primaire s’établirait à 193,6 milliards de
francs CFA en 2012 et 144,1 milliards de francs CFA en 2013.
En ce qui concerne les échanges, le commerce extérieur devrait dégager un
excédent confortable, suite à l’évolution des prix du baril du pétrole.
En rapport avec les évolutions du secteur réel, les finances publiques et les
échanges avec l’extérieure, la situation monétaire devrait être marquée par la
hausse significative de la masse monétaire, la forte appréciation des avoirs
20
extérieurs nets et l’amélioration de la position nette du Gouvernement.
GUINEE EQUATORIALE
La situation économique de la République de Guinée Equatoriale s’inscrit dans
un contexte international marqué par la crise économique dans les pays
développés, par une légère dépréciation du dollar et par une faible hausse du
prix du pétrole. Au niveau national, on observe la reprise de l’activité des
hydrocarbures après 2010, mais avec une tendance à la baisse de la production
de pétrole, un accroissement de la production et des exportations de méthanol,
de gaz butane et propane, une croissance continue pour la construction des
infrastructures publiques et de logements sociaux ainsi qu’un taux d’inflation
rigide à la baisse malgré l’amélioration des indices de développement et de
bien-être. Actuellement, les hydrocarbures représentent 72% du PIB (59% pour
l’extraction et 13% pour les activités de transformation), plus de 95% des
exportations et 93% des recettes de l’[Link] 2012, les indices
macroéconomiques révèlent une croissance soutenable, stimulée par
l’augmentation des investissements publics et le maintien d’une activité forte
dans le secteur des dérivés des hydrocarbures (principalement, gaz naturel
liquide).
TCHAD
Malgré les turbulences observées au niveau international, liées à la crise de la
dette dans la zone euro, les perspectives macro-économiques du Tchad restent
favorables. Le PIB en volume afficherait une croissance respectivement de 6,2%
en 2012 et 8,3% en 2013, tiré par le secteur non pétrolier, principalement par la
production vivrière. L’investissement resterait vigoureux avec la poursuite des
travaux de construction des routes et des bâtiments, et le démarrage en 2013 de
la construction d’un nouvel aéroport moderne à Djarmaya. L’inflation, mesurée
par le déflateur du PIB, est projetée à 3% en 2013 contre une hausse de 7%
attendue en 2012. Le solde commercial devrait rester excédentaire en 2012 et
[Link] gestion budgétaire serait caractérisée par une bonne tenue des
ressources budgétaires (+24% de hausse de recettes) et une hausse soutenue des
dépenses publiques (+19,4%) en 2012. Cette tendance se stabiliserait en 2013.
21
Ces statistiques sont révélatrices de l’état de croissance économique de
cette région qui présente quand même un taux de croissance supérieure à
d’autres régions du monde qui ont du mal au même à afficher un taux supérieur
à 1% de la croissance économique. C’est le cas précisément de la zone Euro qui
récemment en 2012 affichait un taux de croissance à 0%, de 0,3% en 2013 et de
0,4% en 2014 avec de sévères disparités entre pays membres5.
La CEMAC est dirigée par une commission (ancien secrétariat exécutif). Elle est
dirigée par une équipe de six membres dont le président de la commission, le
vice-président et quatre commissaires. Le tableau N°1 ci-dessus est une
représentation de l’organigramme de la CEMAC6. Du bureau exécutif aux
différents organes de son fonctionnement. Les principales institutions et organes
de la CEMAC sont :
5
Sources Eurostat, 130/2013 du 4 Septembre 2013
6
Source site official de la CEMAC : Organigramme de la CEMAC.
22
de la surveillance multilatérale par la coordination des politiques
économiques et la mise en cohérence des politiques budgétaires nationales
avec la politique monétaire commune.
Les organes de l'Union Monétaire sont: La Conférence des Chefs d'Etat;
le Comité Ministériel; l'Institut d'Emission BEAC; la Commission
Bancaire de l'Afrique Centrale(COBAC); tout autre organe approprié créé
par la Conférence des Chefs d'Etat dans le cadre de l'UMAC.
Les Institutions spécialisées de l'UMAC sont: La Commission de
surveillance du Marché Financier de l'Afrique Centrale(COSUMAF); le
Groupe d'Action contre le Blanchiment d'Argent en Afrique Centrale
(GABAC); toute autre Institutions spécialisées créée par la Conférence
des Chefs d'Etat dans le cadre de l'UMAC.
25
en vue du financement des projets d’intégration régionale ou
d’investissements de moyen et long terme nationaux et internationaux. La
BDEAC participe indirectement à la couverture des besoins des petites et
moyennes entreprises à travers les lignes de refinancement octroyées aux
établissements de crédit. Elle constitue donc de ce fait un organe
stratégique pour la promotion des investissements étrangers dans la sous-
région, et le financement des projets car, Bien que majoritairement détenu
par les Etats de la CEMAC, le capital de la BDEAC est également ouvert
aux Etats non membres de la CEMAC, ainsi qu’aux investisseurs,
institutionnels régionaux et internationaux, désireux de contribuer à
l’émergence des pays de la sous-région. Ainsi 51% du capital de la
banque est détenu par les Etats membres de la CEMAC dont 8,5% chacun
des Etats, et le reste des 41% des actions sont détenus par la BEAC
(31,54%), la Banque Africaine de Développement (BAD) (3,19%), la
France (3,99%), la Lybie (8%), le Koweït ( 0,4%). Elle dispose d’un
capital autorisé fixé à 250 (deux cent cinquante) milliards de Francs CFA
soit l’équivalent de 381(trois cents quatre-vingt et un) millions d’euros.
La BDEAC intervient dans le financement d’investissements relevant des
secteurs public et privé et concernant des domaines aussi variés que: Les
infrastructures (énergie, télécommunications, ports, aéroports, chemins de
fer, routes etc). Les projets industriels et agro-industries, mines ;
l’agriculture, élevage, pêche, forêt et développement rural ; les
programmes immobiliers, hôtellerie, technologies de l'information. La
Banque intervient également dans le financement des infrastructures et
équipements éducatifs et sanitaires, pour autant que ceux-ci génèrent de la
valeur ajoutée et une capacité de remboursement satisfaisante. Enfin elle
intervient généralement sous forme de prêts directs à moyen ou long
terme en faveur de projets du secteur public ou du secteur privé. Dans sa
mission de soutien aux projets des Petites et Moyennes Entreprises, en
26
dessous de son plancher d’intervention (FCFA 200 millions), elle peut
octroyer des lignes de refinancement aux Institutions Financières
Nationales (IFN).
8
Néanmoins il existe une révision du traité de 2008 instituant une cour de justice communautaire, où
l’ancienne cour de justice avec une chambre judiciaire et une chambre des comptes sera remplacée par une
cour de justice et une chambre des comptes. Dont l’application n’a pas encore été effective.
9
Toutes les informations sont disponibles dans le site officiel de la CEMAC : [Link] propos, le
site officiel de la BEAC : [Link] , la BDEAC : [Link] etc….
27
Ces différents organes qui composent la CEMAC travaillent en étroite
collaboration pour la mise en œuvre des politiques d’harmonisation et
d’intégration économique des Etats membres, mais surtout la consolidation des
acquis communautaires et l’ouverture vers un libre échange commercial et la
mise sur pieds d’une politique stable d’attractivité économique et juridique dans
la sous-région.
Tableau 1
Réunis autour de cette institution d’intégration économique sous –
régionale, c’est ainsi que les pays membres de la CEMAC ont décidé de suivre
l’engouement économique mondial et ont récemment amorcé une politique
28
d’incitation à l’investissement étranger par la mise sur pieds d’un cadre légal
d’attractivité économique des investissements directs étrangers (IDE).
Jusqu’aux années 1980, cette notion n’était pas très répandue dans les
milieux économiques et politiques et même juridiques comme c’est le cas de nos
jours. Mais l’ouverture des gouvernements aux flux des mouvements de
capitaux, la montée en puissance des multinationales et la compétitivité des
nouveaux pays émergeants ont créé un climat de concurrence entre les différents
pays qui souhaitent accueillir des investisseurs et ces derniers qui recherchent
l’Etat le plus propice à leur installation et leur profit. Il convient de circonscrire
la notion d’attractivité économique par sa définition et ses manifestations(A)
avant d’examiner les investissements directs étrangers (B).
10
NARITH CHAN, Institution et Investissement : Impact de l’environnement institutionnel sur l’entrée d’IDE au
Cambodge, Thèse de doctorat en Sciences économiques, Sous la direction de Bernard BAUDRY Présentée et
soutenue publiquement le 17 Mai 2011, Université Lumière Lyon 2
30
du travail11. C’est le cas notamment des pays comme l’Indonésie, le Pakistan et
jusqu’à récemment la Chine12. En effet, de manière générale deux sortes
d’indicateurs sont généralement utilisés pour déterminer l’attractivité d’un pays :
les flux et stocks d’investissements directs étrangers (IDE) et les indicateurs
synthétiques13. Mesurer l’attractivité économique par le flux des investissements
étrangers relève tout de même des ambiguïtés car comme ci-dessus évoqué, l’on
peut interpréter différemment une réduction des flux d’investissements. Cela
peut être un désavantage pour l’Etat concerné dans le cas des délocalisations qui
sont généralement la résultante d’une faible politique d’attractivité dudit Etat.
Mais il peut aussi s’agir d’un élargissement des entreprises de ce pays vers
l’international, dans le cadre d’une politique de mondialisation et d’ouverture
des économies d’un pays vers des nouveaux marchés. Une autre interprétation
peut résulter de l’hypothèse d’une trop grande affluence d’investisseurs dans un
territoire donné. Ceci pourrait aussi sonner l’alerte du point de vue de la
compétitivité et de la fiabilité du système du pays d’accueil, car en effet, ce
pourrait être la résultante de certaines « failles » ou défaillances du système du
pays hôte, qui serait avantageux pour l’investisseur, mais pénalisant pour le pays
d’investissement.
11
Le coût de la main d’œuvre est un facteur très déterminant pour l’industrialisation et l’attractivité des
investisseurs. Les marges sont souvent assez grandes d’un Etat à un autre ou alors d’un Territoire à un autre. En
Europe par exemple l’Espagne et le Portugal à eux deux constitue l’équivalent du smic Français, ce qui crée
facilement des délocalisations ou une plus grande attractivité pour des investisseurs de s’y installer au
détriment de la France.
12
Au Pakistan, le salaire moyen varie entre 0,50$ /h, en Indonésie environ 1,08$/h etc.…Dix à vingt fois le prix
des pays développés ou des Etats Unis d’Amérique. Ces pays deviennent les nouveaux ateliers du monde et
entrainent des délocalisations.
13
DU MARAIS Bertand, Droit et patrimoine, Article paru sur « Analyse droit des affaires », Attractivité
économique du droit : le droit français peut-il survivre dans la compétition internationale ? N°170-Mai 2008
31
personne ne veuille l’admettre, est surtout du aux salaires très bas, environ 1$ (la
moitié de la chine) de l’heure du travail, une législation en matière du droit du
travail presque inexistante et des politiques gouvernementales flexibles. Ces
conditions de travail sont inhumaines et constamment dénoncées par les
organisations internationales de protection des droits de l’Homme, mais elles
font la joie des investisseurs et du gouvernement indonésien qui voit en ces
investisseurs un moyen de relever l’économie du pays, et de créer des emplois.
14
EY’s, Africa Attractivness Survey 2013: getting down to business, May 2013.
32
ans, la part des Investissements direct à l’étranger (IDE) est passée de 3,2% à
5,6% en 2012. La plus part des investissements sont orientés vers l’Afrique
subsaharienne, (Afrique centrale) et plus précisément dans les Etats de la zone
CEMAC (communauté économique et monétaire de l’Afrique Centrale) qui font
l’objet de cette étude.
En zone CEMAC, Ces cinq dernières années, pendant que les pays
développés réduisaient considérablement leurs investissements vers les Etats de
l’Afrique centrale, les pays émergeants comme l’Inde, la Chine ou l’Afrique du
Sud mais aussi le Maroc ont augmenté les leurs d’environ 20%15. Une volonté
manifeste des gouvernements de la région à revitaliser leur économie et attirer
des investisseurs par la mise sur pieds de politiques de privatisations des
entreprises publiques, la maitrise de l’inflation, une certaine ouverture au
commerce international, la lutte contre la corruption et l’instabilité politique,
autant de signes forts adressés par ces Etats à la communauté internationale pour
matérialiser les politiques générales de restructuration économique engagée afin
d’éradiquer la pauvreté et le retard de croissance jusqu’ici accumulé. Les
conséquences immédiates de ces mesures est le taux de croissance économiques
relevé par cette région d’Afrique et plus précisément certains Etats comme la
Guinée équatoriale, le Gabon et le Cameroun. Car il est nécessaire de préciser
que cet enthousiasme de l’essor économique n’est pas général dans la zone
CEMAC. En effet d’autres pays de la région comme le Congo et le Tchad
constamment en proie à des guerres ont du mal à suivre cette croissance. Mais
ce bémol n’enlève rien à l’intérêt que représente la sous-région CEMAC au vu
du taux de croissance élevé qu’elle affiche qui atteint la barre des 5%16. La
décision d’investir en Afrique centrale et plus précisément dans la zone CEMAC
est le plus souvent motivée par l’existence d’un sous-sol riche en minerais et en
15
Sources : Oxford economics : Ernst & Young growing beyond borders
16
Source :[Link]
croissance_3461271_3234.html , et statistiques d’Eurostat 2013.
33
hydrocarbures, et l’ouverture à un marché de plus de trente-deux millions
d’individus, car la main d’œuvre n’y est pas toujours bon marché comparés à
certains pays d’Asie comme la Chine ou le Pakistan, et ne saurait donc
constituer la raison principale.
S’il existe une notion dont la définition a toujours été très controversée
c’est bien celle de l’investissement. De manière générale, l’investissement se
rapporte à une opération courante de la vie quotidienne. L’individu de manière
systémique entreprend un acte d’investissement presque tous les jours de sa vie,
par exemple l’achat d’une voiture, investir dans l’éducation de sa progéniture,
dans l’acquisition de biens ménagers, immobiliers… Mais aussi l’on investit de
son temps pour atteindre certains objectifs sociaux professionnels ou personnels.
De ce fait, la notion d’investissement englobe un champ de recherche
pluridisciplinaire, mais elle est tout d’abord une notion économique avant d’être
juridique.
34
terme »17 Ou encore la définition de LAMIER (M) qui définit l’investissement
comme : « Le revenu qui n'est pas consommé et que l'on destine à maintenir
constant ou à augmenter le capital de production ». Mais de manière générale
l’investissement peut se définir comme l’action d’acquérir des biens et moyens
de productions pour accroitre ou fructifier leurs rendements en les plaçant en
capitaux dans une activité économique donnée, en vue d’en tirer profit et
bénéfice dans un futur proche. Au fil des années cette notion économique est
devenue plus récurrente en droit international et s’est affirmée comme une
notion juridique incontournable en droit international économique ou en droit
des affaires. Plus précisément une nouvelle branche du droit a vu le jour au
début du vingtième siècle, il s’agit du droit international de l’investissement.
17
M A, Etude analytique d'un financement bancaire "Crédit d'investissement" cas CNEP/BANQUE
Université Mouloud Mammeri Tizi ouzou - Licence en sciences économique 2008
18
SUBEDI Suryz (P), International investment law reconciling policy and principle, 2008.
35
merci des législations locales de peuples« inférieurs ». Une illustration de cette
attitude est sans aucun doute le traité signé en 1861 entre le royaume ou
« sheikdom » de Bahreïn et le gouvernement britannique qui stipulait dans son
article 4 que les sujets britanniques présents sur le territoire de Bahreïn devaient
être traités avec la considération et le favoritisme dû à un peuple supérieur19.
19
Traduction littéraire du livre : International investment law reconciling policy and principle,[Link] 7 et 8
de l’introduction : “The British subjects and dependants in Bahrain shall receive the treatment and
consideration of the most favored people. All offences which they commit or which may be committed against
them, shall be reserved for the decision of the British Resident, provided the British agent of Bahrain shall fail
to adjust them satisfactorily.”
20
BORCHARD (EM), the minimum International Standard in the protection of aliens (1939).
36
s’est vu étendre peu à peu aux investisseurs étrangers, aux entreprises étrangères
ainsi qu’aux échanges de services ou contrats à caractère international.
21
NEMENOVA Anna, Définition tirée de sa présentation en cours de droit international des investissements,
[Link]
de-l-investissement,[Link].
37
opérations financières ultérieures entre elles et entre les entreprises du même
groupe international22.
22
Page d'accueil du site de la Banque de France consacrée aux IDE (archive :
[Link]
balance/[Link]&title=lire%20en%20ligne)
23
OCDE, Définition de référence de l’OCDE des investissements directs internationaux,
[Link] QUATRIEME
ÉDITION 2008.
24
La première version de la Définition de référence de l’investissement direct international a été publiée en
1983, elle porte sur les statistiques de l’IDI retraçant les positions d’investissement direct ainsi que les
opérations financières et les transferts des revenus (flux) correspondants. Elle présente également
succinctement la méthodologie utilisée pour établir les statistiques sur les activités des entreprises
multinationales (AEMN) Enfin, en termes de précision et de ventilations, elle va au-delà des statistiques
agrégées de la catégorie fonctionnelle «investissement direct » du compte financier de la balance des
paiements et de la position extérieure globale. (SOURCE OCDE)
25
Définition tirée du site de l’OCDE, 1.4 : Panorama des concepts de l’investissement direct international, lien /
[Link]
38
balance des paiements (MBP), du fond monétaire international26. Elle reprend
aussi parallèlement les concepts économiques généraux définis dans le Système
de comptabilité nationale (SCN, 2008)27. Ce seuil minimal de 10% est
internationalement retenu et permet entre autres de distinguer les
investissements directs des investissements de portefeuilles. Cette définition
désigne les entreprises d’investissement direct comme des sociétés qui peuvent
être des filiales, des entités associées, des succursales ou des quasi-sociétés dans
lesquelles l’investisseur peut détenir entre 10% et 50% des droits de vote28. Les
relations d’investissement direct sont définies selon le Schéma d’identification
des relations d’investissement direct29.
Il existe une première distinction entre les formes d’IDE à savoir qu’il
existe des IDE entrants et des IDE sortants. Les IDE entrants reflètent la
capacité d'accueil de l'investissement de firmes multinationales (FMNs)
étrangères d'un pays hôte alors que les IDE sortants reflètent la capacité
d'investissement de firmes multinationales du pays hôte à l'étranger. Par ailleurs
les investissements directs étrangers peuvent être regroupés selon leur forme ou
selon leur logique30.
26
Définition précédemment citée.
27
SCN, 2008. Il s’agit du système de comptabilité nationale établi par la Commission des communautés
européennes, le Fonds Monétaire International, l’Organisation de coopération et de développement
économiques, les Nations Unies et la Banque mondiale. Les références au SCN reflètent son contenu en avril
2008. Pour le cas où les textes pertinents feraient l’objet de révisions supplémentaires, les versions ultérieures
doivent servir de référence une fois Qu’elles seront entrées en vigueur
28
DÉFINITION DE RÉFÉRENCE DE L’OCDE DES INVESTISSEMENTS DIRECTS INTERNATIONAUX : QUATRIÈME
ÉDITION OCDE 2010 : Panorama des concepts de l’investissement direct international, page 17.
29
SIRID – Framework of Direct Investment Relationships ou FDIR)
30
ZALLE OUMAROU, les investissements directs étrangers dans l’espace UEMOA : Déterminants et analyses
d’impacts, travaux de recherche de l’Université de Ouaga, Burkina-Faso 2, 2011.
39
Ils peuvent être sous forme d’une fusion- acquisition
transfrontalières, qui est l’acquisition ou l’association à une entreprise
ou entité étrangère déjà existante, ainsi qu’un transfert de propriété et
titres de la filiale acquise.
Ils peuvent être des IDE d’extension, qui consiste à accroitre le capital
d’une entreprise ou entité déjà existante par l’apport de fonds et capitaux.
Ils peuvent aussi être un IDE de restructuration financière, qui
consiste à injecter des fonds ou capitaux dans une entreprise /entité
étrangère en difficultés financières.
L’IDE horizontal qui consiste pour l’investisseur à créer une filiale dans
un territoire d’implantation et à y produire des biens identiques à ceux de
la filiale mère. Ils diminuent ainsi des coûts liés aux transports, douanes
règlements frontaliers, et optimise le rendement en proposant une offre
locale adaptée au marché local et à la demande à satisfaire. Ce style
d’investissement est le plus souvent adapté à des régions à niveau de
développement similaires et où l’on peut aisément retrouver la stabilité, la
confiance et un climat favorable à l’essor économique, des perspectives
de développement sur un marché à conquérir et surtout la possibilité de
gains comparable à ceux présents à la maison mère.
31
MARKUSEN (J), The Boundaries of Multinational Enterprises and the Theory of International Trade ,Journal
of Economic Perspective, vol. 9, n°2, 1995, pp.169-189,
40
Selon DUPUCH et MILAN, l’idée de firmes multinationales de type
horizontal apparaît lorsque les avantages à s'implanter à proximité des
consommateurs sont plus élevés que les avantages liés à la concentration
des activités32. La firme préfère donc implanter plusieurs sites de
production pour servir les marchés locaux car elle peut réaliser des
économies d'échelle entre ces différents sites du fait de la présence d'actifs
intangibles (technologies, savoir-faire), si les coûts d'implantation sont
relativement faibles, si les coûts de transport sont plutôt élevés et si la
demande intérieure est forte. Ainsi, les modèles développés par
BRAINARD et MARKUSEN mettent l'accent sur les IDE de type
horizontal qui correspondent à des stratégies de conquête de marchés
locaux principalement dans les pays développés. Selon BRAINARD33,
des firmes multinationales de type horizontal apparaissent lorsque les
avantages à s’implanter à proximité des consommateurs sont élevés
relativement aux avantages liés à la concentration des activités. La firme
préfère donc implanter plusieurs sites de production pour servir les
marchés locaux si elle peut réaliser des économies d’échelle entre ces
différents sites du fait de la présence d’actifs intangibles, si les coûts
d’implantation sont relativement faibles, si les coûts de transport sont
plutôt élevés et si la demande sur le marché d’accueil est forte. Ainsi les
produits sont fabriqués dans le pays hôte et vendus sur le marché local.
On parle de « market seeking ».
41
commercialisation. La filiale étrangère devient un complément de la
filiale mère. Ces investissements se distinguent des IDE horizontaux par
leur caractère simultanément unilatéral et intersectoriel. Ils se rapprochent
de l’idée de délocalisation. Dans ce type d’IDE, le facteur le plus
important est la facilité avec laquelle, les entreprises peuvent exporter
leurs produits. Toutefois il est très important de tenir compte des facteurs
d’amélioration de la productivité pour les différentes sortes d’IDE.
MARKUSEN et Al.34quant à eux, dans la suite du modèle de
BRAINARD35 sur l’arbitrage proximité-concentration, mettent en
évidence les IDE verticaux lorsque les firmes s'intègrent dans une
perspective traditionnelle de division internationale des processus de
production. Les firmes multinationales répartissent leurs activités entre les
pays en fonction des différents avantages comparatifs. Les firmes
multinationales de type vertical apparaissent entre pays de différentes en
taille et en dotations factorielles et établissent les étapes de la production
les plus intensives en travail dans les pays où les coûts de la main d'œuvre
sont peu élevés.
Il faut tout de même préciser que cette distinction entre l’IDE horizontal
et l’IDE vertical ne les rend pas exclusives l’une de l’autre…Une stratégie
horizontale peut à un moment donné se transformer en stratégie verticale
et vice versa, voire une combinaison des deux selon les motivations de
l'investisseur direct ou de l'attractivité territoriale du territoire d’accueil.
Ces principales approches évoquées des IDE présentés, il serait
néanmoins nécessaire d’évoquer de manière récapitulative les différentes
34
MARKUSEN (J.R), VENABLES (A.J), KONAN (D.E) & ZHANG (K.H), A Unified Treatment of Horizontal Direct
Investment, Vertical Direct Investment and the Pattern of Trade in Goods and Services , NBER Working
Paper n°5696, 1996.
35
BRAINARD, A Simple Theory of Multinational Corporations and Trade with a Trade-off between Proximity
and Concentration , NBER Working Paper n°4269, 1993
42
approches et théories de la notion d’investissement étranger. Le texte ci-
dessous en est un récapitulatif36.
36
ZALLE OMAROU, Les investissements directs étrangers dans l’espace UEMOA : Déterminants et analyses
d’impacts, Université de Ouaga, Burkina-Faso 2, 2011
37
YEAPLE Stephen Ross, The Role of Skill Endowments in the Structure of U.S. Outward Foreign Direct
Investment, Review of Economics and Statistics, 2003
43
horizontale dans les pays du Nord et une forme verticale dans les pays du
Sud.
38
DUNNING, The OLI paradigm,1997
39
Pour Ownership, Localisation, Internalisation.
40
Sources : Dunning J.H, Explaining International Production, Unwin Hyman, 1988, commentaires sur la vision
du paradigme d’OLI
41
Encore appelé « Ownership advantage » en anglais qui renvoie à une possession d’actifs par une entreprise
et susceptibles d’être largement rentables
42
Cet avantage donne la possibilité d’exploiter les actifs détenus par une entreprise afin de pouvoir produire
dans plusieurs pays. La diversification des productions, du marché.
43
Il s’agit ici d’une internalisation qui permet d’exploiter les actifs en controlant la qualité et le rythme de
production d’une entreprise sans s’exposer aux risques liés à des entreprises ou pays externes et
indépendants.
44
passe par l'existence d’un certain nombre de pré requis qui pour l’essentiel
prennent en compte la stabilité politique et économique du territoire hôte, la
pratique de la concurrence, l'environnement juridique etc…D’autres facteurs
déterminants tels que la taille de marché, l'ouverture du pays au commerce, les
ressources naturelles dont dispose le pays et son indice de croissance
économique influencent la décision d’investissement44.
44
BILEL BEN NAHIA, L'impact De La Corruption Sur L'IDE: Application Sur Quelques Pays MENA, Faculté de
Sciences Economiques et Gestion de Sfax - Master en sciences économiques 2008
45
commun est le rapprochement juridique entre les peuples, dont la mise en œuvre
diffère45.
A. L’unification
B. L’uniformisation
45
JEAMMAUD A., Unification, uniformisation, Harmonisation, de quoi s’agit ‘il ?, in F. Osman (dir), vers un code
Européen de la consommation, Bruylant, 1998, p35.
46
JOCE 340 du 10 novembre 1997, p. 173-308
47
Cf : L’article 249 (Ex article 189) du traité instituant la Communauté Economique Européenne du 25 mars
1957, version consolidée qui énonce : « La directive lie tout État membre destinataire quant au résultat à
atteindre, tout en laissant aux instances nationales la compétence quant à la forme et aux moyens ». On peut
aussi citer ou 49 du TCE et 34 du Traité sur l'Union européenne (TUE)
46
internationales dans l’ordre juridique interne d’un Etat). Mais cette procédure ne
met pas en péril la souveraineté nationale des Etats, généralement ces textes sont
soumis à l’approbation des différents parlements avant leur application.
A. Définitions
Pour ce qui est de l’harmonisation, notion qui fait l’objet de notre intérêt
dans le cadre de cette recherche, l’on essayera d’évoquer les différentes
approches existantes dans le but de la définir, car comme le dit le Professeur
SAYEGH (J), à propos de l’harmonisation : « Il s’agit d’une œuvre mal définie
et jamais achevée » 48. Selon lui, l’harmonisation consiste à mettre en accord des
dispositions d'origines différentes, plus spécialement à modifier des dispositions
existantes afin de les mettre en cohérence entre elles ou avec une réforme
nouvelle. Elle laisse aux Etats le choix des moyens pour y parvenir.
48
ISSA SAYEGH JOSEPH, L’intégration juridique des Etats africains de la zone franc, Revue Penant, n° 823,
Janvier – février 1997, p. 5 et s. n° 824, p. 125 et s.
49
CORNU GERARD, Vocabulaire juridique, Paris, Quadrige / PUF, 2000, p. 423.
-BOODMAN MARTIN, The Myth of Harmonization of Laws», (1991) 39 Am. J. Comp. L. 699, 700-702
-ISSA-SAYEGH J., Idem.
50
FETZE KAMDEM I., Harmonisation, Unification, et uniformisation. Plaidoyer pour un discours affiné sur les
moyens d’intégration juridiques, Lien PDF :
[Link]
51
CORNU (G), Vocabulaire juridique - PUF, 2005, 7e édition, p. 445
47
modifier des dispositions existantes afin de les mettre en cohérence avec
une réforme nouvelle.
Ensuite, elle peut se définir comme l'opération consistant à unifier des
ensembles législatifs différents par élaboration d'un droit nouveau
empruntant aux uns et aux autres.
Enfin, l'harmonisation peut désigner un simple rapprochement entre deux
ou plusieurs systèmes juridiques. Ce dernier étant plus assimilable au
concept de l’Union Européenne.
52
DELMAS-MARTY (M), Le phénomène de l’harmonisation : l’expérience contemporaine - in Pensée juridique
française et harmonisation européenne du droit, Société de Législation Comparée, 2003, pp. 47-49.
48
Ainsi définie, l’harmonisation peut être plus ou moins douce ou brutale voire
radicale, se limiter aux principes, s’étendre aux règles ou embrasser les détails
d’application.
54
LAGASSE NICOLE, colloque sur l’aménagement juridique de l’espace marchand en Europe et dans les
Amériques, Université d'Ottawa 17 et 18 octobre 1995 P.6, lien :
[Link]
JARISLOWSKY/recherche_publications/[Link]
55
GLENN H. Patrick, Unification of Law, Harmonization of Law and Private International Law, Bruxelles, Ed.
Story-Scientia, 1989, 783 p.
49
B. Harmonisation en zone CEMAC
56
ROBENATE, JEAN-CALVIN, Les politiques de transport routier dans la Communauté économique et monétaire
de l’Afrique centrale, Thèse pour le Doctorat en Droit Public, Université Lyon 2, Octobre 2009.
57
Préambule de la Convention régissant l’Union économique des Etats de l’Afrique centrale
58
Article 8 de la Convention régissant l’Union économique des Etats de l’Afrique Centrale.
50
directives et recommandations externes édictées par l’organisme international
dont fait partie les Etats membres. Une certaine marge et une autonomie de
manœuvre est attribuée aux Etats membres de la CEMAC, car il leur est
explicitement donné la possibilité d’adapter les prescriptions et
recommandations qui leurs sont données au contexte national.
59
Il est biensur évident que la place de la politique étrangère en matière des IDE est essentielle, l’apport en
capitaux se faisant généralement de l’occident vers l’Afrique, ou de plus en plus de l’Asie vers l’Afrique. La
nécessité pour ces potentiels investisseurs de se retrouver dans une réglementation qui leur est familière est
importante quant à la décision d’investissement.
51
CEMAC, on pourrait parler de souveraineté des législations nationales, quand il
existe au-dessus, des normes internationales en matière de droit des
investissements. Le processus d’harmonisation influencerait d’une certaine
manière la souveraineté des législations internes et les instruments régionaux
puisqu’il exige une adaptation de ces dernières aux règles ou directives
internationales. Ainsi il est opportun de présenter les différents instruments
juridiques sous- régionaux, régionaux et internationaux dont dispose la zone
CEMAC qui encadrent le droit des investissements étrangers actuellement dans
la sous-région afin d’évaluer l’effectivité et la cohérence du dispositif
réglementaire et législatif d’attractivité économique mis en œuvre par les Etats
membres vis-à-vis des règles internationales. Par la suite, il faudrait présenter les
règles de droit international qui encadrent le droit des investissements étrangers
et vérifier si elles sont applicables à la zone CEMAC. Si oui, quel est le
processus d’adaptation aux règles sous-régionales et nationales mis en œuvre
dans la sous-région par les Etats membres et quel en serait l’impact positif ou
négatif sur l’attractivité économique de la sous-région.
60
Ce principe est appliqué généralement en droit communautaire et dont la source ici est le traité de Lisbonne
instituant l’Union Européenne, il consiste à réserver à l’échelon supérieur uniquement ce que l’échelon
inférieur ne pourrait effectuer que de manière non efficace. Ainsi ce qui peut être décidé sur place est
toujours préférable à un centre de décision éloigné.
52
l’environnement régional et du dispositif d’attractivité économique par
l’investissement avant de définir la politique internationale et son impact dans la
sous-région CEMAC. Il est évident qu’une forme naturelle aurait été de
commencer par l'international puis le régional, mais l'inversion est encore plus
logique si l’on estime le facteur de proximité du centre décisionnel comme
opportun et adapté à l’effectivité des dispositifs et le contrôle de leur
application. L’apport extérieur et les mesures d’accompagnement de la
communauté internationale par des mesures d’appui seraient palliatifs aux
éventuels limites ou manquements des dispositifs régionaux. Ainsi notre Etude
portera sur deux grandes partie, la première portera sur la convergence des
dispositifs d’incitation à l’IDE en zone CEMAC (première partie). La deuxième
partie quant à elle abordera le processus de modélisation aux standards
internationaux des dispositifs d’incitation à l’IDE en vigueur dans la zone
CEMAC.(Deuxième partie)
53
1ère PARTIE : Convergences des dispositifs
d’incitation à l’IDE en Zone CEMAC
61
Définition tirée du petit Larousse 2010. « convergence »
62
Colloque du 19 septembre 2003 à Glasgow : Justice on the Move : Are the Legal Systems of France, England
and Scotland Converging ? Franco-British Lawyers’ Society Colloquium Glasgow, 19th September 2003
54
D’une convergence entre deux systèmes au sens où les deux ordres
juridiques aboutissent au même résultat à partir de prémisses, de concepts
et de règles juridiques différentes. Le parallélisme des voies empruntées
se résorbe in fine dans une équivalence fonctionnelle des solutions63.
Il peut également s’agir de convergence lorsque les deux systèmes
juridiques abandonnent leurs positions originales et opposées, pour se
retrouver sur une tierce position (éventuellement médiane), qui leur est du
coup commune64. Convergence rime alors avec unification des droits (ou
dispositifs pour notre cas précis).
La convergence peut, enfin, résulter de l’incorporation de solutions issues
de l’autre système juridique : de là peut naître un rapprochement qui est
tantôt mutuel (on parle alors de crossfertilization ou d’influence croisée),
tantôt unilatéral ou à sens unique (un seul des deux pays importe des
éléments du droit de l’autre)65.
63
Cf. le débat sur l’équivalence ou non de l’action de breach of confidence en droit anglais et l’article 9 du Code
Civil français
64
Cf. Larousse : « ligne de convergence (océanographie), limite entre deux masses d’eau de densités
différentes ». En droit, cf. l’impact de la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme qui a
imposé, d’abord au Royaume-Uni dans l’affaire Malone (1984), puis à la France dans l’affaire Kruslin et Huvig
(1990), l’obligation de se doter d’une législation en matière d’écoutes téléphoniques, absente dans les deux
pays
65
Cf. le rapprochement (partiel) avec le modèle continental de justice constitutionnelle opéré en Grande-
Bretagne avec le Human Rights Act 1998.
66
Les dispositifs peuvent être économiques, juridiques, politiques et surtout institutionnels ;
55
56
CHAPITRE 1 : RAPPROCHEMENT DES POLITIQUES
D’ATTRACTIVITE ECONOMIQUE
67
MORAND C, Le droit saisi par la mondialisation : Définitions, enjeux et transformations, Bruylant 2001.
-LOQUIN E. ; KESSEDJAN C., La mondialisation du droit, Ed. Litec, Dijon, 2000, p 81.
57
Section 1 - Mécanisme de production des politiques sous-
régionales d’attractivité des IDE en Zone CEMAC
68
Stratégies destinées à attirer l’investissement étranger, perspectives de l’investissement international, OCDE
(2003)
69
Cet article reprend un rapport approuvé en avril 2003 par le Comité de l’investissement international et des
entreprises multinationales (CIME). Il se divise en deux parties. La première partie, intitulée « Principes
directeurs pour les stratégies destinées à attirer l’investissement direct étranger », est une déclaration
approuvée par le CIME dans le cadre de l’examen des stratégies de Promotion de l’IDE fondées sur les
incitations. La deuxième partie, intitulée « Liste de critères pour apprécier les stratégies d’incitation à l’IDE », a
été publiée par le CIME dans le but de fournir aux décideurs un outil d’évaluation de l’utilité et de la pertinence
des stratégies d’incitation à l’IDE. Le Rapport a été réalisé à partir des données réunies par Hans Christiansen,
de la Division de l'investissement, que le Comité a revues et affinées en 2002 et 2003.
70
VALPY Fitzgerald (2001), Regulatory Investment Incentives, Finance and Trade Policy Research Centre,
polycopié, Oxford University
71
Les stratégies destinées à attitrer l’investissement étranger. Perspectives de l’investissement international,
OCDE 2003
58
Pour ainsi répondre à ces attentes, les gouvernements concernés par la recherche
d’investisseurs doivent auparavant :
Il faudrait néanmoins noter que dans une large mesure, ces politiques
d’incitations peuvent constituer un supplément à l’amélioration d’un
environnement déjà favorable aux investisseurs étrangers. Elles peuvent aussi
agir en compensation dans un environnement hostile, et peu propice à
l’attractivité économique. Dans ce cas particulier, les gouvernements en charge
de la mise en œuvre de ces politiques devraient prendre en compte de nombreux
facteurs économiques, géographiques et même socioculturels pour juger de
l’effectivité de ces mesures. Ces directives nous orientent sur les attentes d’une
72
Source : [Link] (liste non
exhaustive)
59
politique incitative à l’investissement étranger dans la sous-région CEMAC et sa
mise en œuvre.
73
Voir à cet effet la création de la CEMAC, Origines, objectifs etc…. Ainsi que la présentation faite à
l’introduction de la CEMAC.
60
visaient spécifiquement les codes sur les investissements industriels, les
investissements miniers etc.… Cette dynamique a été complété par un dispositif
de mise au point des mesures d’exonérations fiscales au profit des investisseurs.
Mais tout à côté il ya eu surtout la mise sur pieds de mesures d’incitations et
d’importantes réformes structurelles sur les transferts internationaux des
revenus, favorisant l’attrait des IDE74. Etudier les mécanismes de production des
politiques d’incitation à l’IDE en zone CEMAC peut se faire en considérant soit
les mécanismes juridiques d’origine communautaire (Paragraphe I), soit ceux de
sources extracommunautaires (paragraphe II).
74
NGOGANG (I), L’Afrique et les défis du 21eme siècle : Investissements directs étrangers dans une intégration
régionale : Attractivité comparée dans la zone CEMAC et UEMOA. Université de Yaoundé II. 5-9 /12/2011.
Rabat, Maroc, rapport provisoire.
76
KAMTOH (P.), le droit comme instrument d'intégration régionale : le cas du droit communautaire CEMAC.
61
d’encadrement juridique au niveau communautaire (A), il conviendra d’analyser
les instruments juridiques des Etats membres en rapport avec les IDE (B).
77
ISAAC Guy, Droit communautaire général, Paris, A. Colin, 8ème édition, 2001
78
Traité instituant la communauté économique et monétaire de l’Afrique Centrale, [Link]
[Link]/eurosysteme-et-international/zone-franc/presentation-de-la-zone-franc/textes-relatifs-de-la-zone-
franc/textes-relatifs-a-la-zone-cemac/traite-instituant-la-communaute-economique-et-monetaire-de-lafrique-
centrale/[Link]
62
Au regard de cette volonté d’intégration juridique manifestée par les
principaux textes pertinents de la CEMAC, il est serait opportun de s’intéresser
plus précisément aux dispositifs nationaux et communautaires d’encadrement
juridiques des IDE dans les Etats membres.
79
A COUR DE JUSTICE DE LA CEMAC est l’Institution Communautaire en charge du contrôle juridictionnel des
activités et de l’exécution budgétaire des Institutions de la CEMAC. Elle a son siège fixé à N’DJAMENA au Tchad.
La Cour de Justice de la CEMAC est composée de treize juges élisant parmi eux un Premier Président assisté de
deux juges élus Présidents de Chambres. Elle est subdivisée en Chambre Judiciaire et en Chambre des Comptes.
Elle a pour rôle :
D’assurer le respect des dispositions du Traité de la CEMAC et des Conventions subséquentes par les Etats
membres, les Institutions et les Organes de la Communauté ;
D’assurer le contrôle des comptes de la CEMAC ;
De réaliser par ses Décisions l’harmonisation des jurisprudences dans les matières relevant du domaine des
Traités, et de contribuer par ses avis à celle des législations nationales des Etats membres dans ces matières ;
De régler les contestations relatives à sa compétence.
La particularité de cette Instance par rapport au corps de contrôle en vigueur dans d’autres Organisations
régionales ou sous régionales d’intégration, est l’unicité de la Cour. En effet, dans l’Union Economique et
Monétaire Ouest Africaine (UEMOA), dans l’Union Européenne ou dans le COMESA, cohabitent deux Cours
distinctes : une Cour de Justice et une Cour des Comptes. Sources : Site officiel de la CEMAC/
[Link]
80
CHAMEUGEU (G M) , Le contrôle juridictionnel des activités de la CEMAC .Université de Douala - DEA 2008
63
Glavynis81, la Cour de Justice de la CEMAC entant que juridiction
administrative de la CEMAC est un élément essentiel dans l’ordre juridique de
l’organisation qui est à distinguer de l’ordre juridique des Etats membres mais
aussi de l’ordre juridique international auquel est soumise l’organisation. Elle ne
peut pourtant être qualifiée ni de juridiction internationale au sens stricte du
terme, car soumise au droit international ni de juridiction nationale82.
Il faut tout de même préciser que les juridictions nationales ont également
qualité de juridiction communautaire, de droit commun, sur la base des trois
principes fondamentaux qui encadrent les rapports entre l’ordre juridique
national et l’ordre juridique communautaire à savoir :
81
PANAYOTIS Glavinis: Les litiges relatifs aux contrats passés entre organisations internationales et personnes
privées, Travaux et recherches à l'université de paris 2, Panthéon Assas, préfacé par PHILIPPE FOUCHARD,
LGDJ, Col. Droit, 1990, p. 160.
82
L’appellation appropriée serait sans doute celle de juridiction communautaire, ce qui serait un juste milieu
entre les deux. Car en étant communautaire, elle est à la fois internationale, applicable à tous les Etats
membres de la CEMAC, et elle s’inspire du droit interne des Etats membres qui doit être en conformité avec les
textes communautaires.
64
L’autonomie du juge communautaire
L’intégration du droit communautaire dans le droit national
La primauté du droit communautaire sur le droit national.
Les juges nationaux sont donc aussi des juges communautaires et sont soumis à
l’obligation d’appliquer le droit communautaire en raison de l’application
directe des normes communautaires dans les ordres juridiques nationaux.
83
Il s’agit Les juridictions de droit tradition, des tribunaux de première instance, des tribunaux de grande
instance des tribunaux militaires, des cours d’appel, des cour de sûreté de l’état de La haute cour de justice et
de La Cour suprême
65
Au Gabon, tout comme au Cameroun, la justice est rendue au nom du
peuple gabonais par la Cour Constitutionnelle, la Cour de Cassation, le
Conseil d’Etat, la Cour des Comptes, les Cours d’Appel, les Tribunaux, la
Haute Cour de Justice et les autres juridictions d’exception. La justice est
une autorité indépendante du pouvoir législatif et du pouvoir exécutif. Les
Éléments constitutifs du pouvoir judiciaire sont les suivants :
- La cour constitutionnelle
- La Cour de Cassation, la plus haute juridiction en matière civile,
commerciale, sociale et pénale. Elle est divisée en chambres civile,
commerciale, sociale et pénale
- Le Conseil d’Etat, la plus haute juridiction de l’Etat en matière
administrative
- La Cour des Comptes, chargée du contrôle des finances publiques
84
Cf, art 147, L’organisation judiciaire tchadienne institue un seul ordre de juridiction. Il est constitué de la Cour
suprême, de la Cour d’appel, des Tribunaux de première instance et de leurs sections, des Justices de paix, du
Tribunal du travail et des Cours criminelles (article 142)
66
De manière générale, et au regard des exemples précipités le principe de la
séparation des pouvoirs garant d’un Etat de droit est constitutionnellement
consacré dans les ordres politiques Etatiques en Afrique Centrale.
En effet, l’on ne saurait parler d’intégration sans une application réelle du droit
communautaire par les Etats membres. Il est précisément défini au sein du traité
constitutif de la CEMAC ainsi que sa charte des investissements, qui consacre la
soumission des Etats au droit communautaire et par ricochet la création de
juridictions internationales85, ou des organes juridictionnels supranationaux
chargés de la mise en œuvre des principes supérieurs définis par les textes de
base.
85
Cf. BOUMAKANI Benjamin, Les juridictions communautaires en Afrique noire francophone: La Cour de Justice
et d'arbitrage de l'OHODA, les Cours de Justice de l'UEMOA et de la CEMAC , Annales de la faculté des sciences
juridiques et politiques de l'Université de Dschang, Tome 3, PUA, 1999. Il y précise que : Les juridictions
communautaires, bien que pouvant être qualifiées de juridictions internationales dans un sens large, se
distinguent de ces dernières et se rapprochent de plus en plus des juridictions étatiques
67
remplacement de l’UDEAC par la CEMAC en 1994. En conformité avec le
principe de la hiérarchie des normes juridiques qui spécifie que les traités ou
conventions internationales ratifiés entre les Etats ont une valeur supérieure à
celle des normes légales, au sein de la CEMAC, il a été adopté à côté du Traité
constitutif de la CEMAC une charte relative aux investissements le 17 décembre
1997. Il s’agit du règlement n° 17/99/CEMAC-020-CM-03 portant charte des
investissements de la CEMAC. Cet instrument juridique est à la base des codes
d’investissement dans l’ordre juridique interne des Etats membres,
conformément aux dispositions du Traité instituant la CEMAC.
Tout d’abord il est important de préciser que cette charte CEMAC est un
règlement donc un acte juridique communautaire. Contrairement aux autres
actes législatifs communautaires86, toutes les dispositions sont obligatoires et à
86
-La directive : doit être mise en application par l'état lui-même. C’est à dire, l'état est libre de choisir les
moyens qui lui permettront d'appliquer cette loi. Il a l'obligation d'appliquer la directive dans un certain délai,
mais le mode est libre
68
portée générale87. Directement applicable dans l’ordre juridique et national ainsi
que dans les juridictions des Etats membres, il s’impose par ricochet à tous les
sujets de droit de l’espace CEMAC, à savoir les nationaux, les entreprises, ainsi
qu’aux Etats membres de la CEMAC. Les Etats signataires cette charte, se
soumettent à son caractère obligatoire et ne sauraient créer ou ratifier une norme
du droit interne qui lui soit contraire, ou qui l’affaiblisse. Mais entant que
règlement cadre, l’article 30 du même règlement dispose que : « La présente
charte communautaire peut être complétée par des textes réglementaires
nationaux sans déroger à ses dispositions essentielles. ». Par cet article, il est
donné une possibilité aux Etats membres de compléter ou adapter les textes de la
charte par des normes juridiques internes, sous réserve de leur conformité avec
les dispositions de la charte des investissements de la CEMAC.
Cette charte n’exclut donc pas la possibilité pour les Etats membres
d’adopter des normes internes relatives aux IDE. En effet les Etats membres de
la CEMAC l’ont bien compris, la mise en place de codes d’investissement dans
le dispositif juridique interne de leurs Etat était d’une nécessité absolue, pour
promouvoir l’image d’une sécurité juridique et d’un climat d’affaire stable, sain
et attractif. Ainsi, bien qu’il y ait eu l’adoption de la charte CEMAC sur les
investissements, la plupart des Etats membres ont inséré et adapté dans leurs
réglementations des actes législatifs visant l’attraction des investisseurs, étant
entendu que la plupart des codes ont été établis au lendemain des
-La décision : Les décisions ne contraignent que les destinataires auxquels elles s'adressent (un pays membre
ou une entreprise, par exemple) et sont directement applicables
-Les recommandations : Les recommandations n'entraînent aucune obligation pour leurs destinataires. Elles
permettent aux institutions européennes de faire connaître leur avis et de proposer des mesures, sans
contraindre les destinataires à s'y conformer.
-Les Avis : Les avis sont utilisés par les institutions pour exprimer leur point de vue sans imposer d'obligations à
leurs destinataires. Ce sont donc des actes législatifs non contraignants. Source : [Link]
law/decision-making/legal-acts/index_fr.htm.
87
Voir définition du règlement : le règlement est une loi communautaire qui s'impose dans tous les états-
membres de la communauté. Elle est abstraite, générale et directement applicable
69
indépendances88. C’est le cas notamment du Cameroun, du Gabon, du Tchad, du
Congo et de la république centrafricaine. La Guinée Equatoriale ne rejoignant
que tardivement l’Afrique centrale francophone dans cette mouvance. L’ Etude
au cas par cas des instruments juridiques de ces Etats qui suit, montre la
différence qui existe dans la mise sur pieds des mesures d’incitations juridiques
à l’investissement d’un Etat à un autre, et l’avantage qu’a représenté le
règlement communautaire de la CEMAC pour améliorer et sécuriser le cadre
juridique des investissements dans cette sous-région.
Le cas du Cameroun
70
autres une juxtaposition éparse entre les multiples lois et règlements ; Une
classification erronée des entreprises selon un régime peu précis, et des
insuffisances de mesures de contrôle…Pour y remédier, la loi La loi n° 84/3 du
4 juillet 1984 instituant le code des investissements du Cameroun fut adoptée.
Cette dernière devait combler les lacunes de la précédente loi, mais aussi mettre
en place la politique gouvernementale contenu dans le cinquième plan
quinquennal et qui prend en compte le principe de « développement endogène ».
Mais à l’inverse de l’objectif visé, cette loi s’est avérée le tremplin d’une
politique « d’import-substitution »89. Les différences de traitements entre
nationaux et étrangers ce sont accrus, mais aussi des dispositifs favorisant
l’importation et l’exportation ont prévalus à travers cette loi. Ce qui a eu pour
effet de décourager les initiatives locales.
89
MINKOA SHE Adolphe. Présentation faite à L’université du GICAM, 2èmes Assises, Douala les 21-23 juin
2013.
90
Exemple de la cote d’ivoire, la RDC etc…
91
Ceci par le fait de : l'ordonnance No 90/007 du 8 novembre 1990 portant code des investissements du
Cameroun. Ensuite de la loi no : 2002 /004 du 19 avril 2002 portant charte des investissements de la république
du Cameroun. Complète par le décret N0 91/215 du 02 mai 1991.
71
Investissements au Cameroun. A cette loi, se sont ajoutés des codes sectoriels92.
Elle reprend en majorité les grands traits de la charte CEMAC et décrit de
nombreuses mesures incitatives à l’investissement93. Jusqu’en 2013, cette loi est
restée le seul cadre juridique qui régit l’investissement au Cameroun, avant
l’apparition récente de la loi n° 2013/004 du 18 avril 2013 fixant les incitations à
l’investissement privé en République du Cameroun94.
Le cas du Gabon
92
Code minier, loi sur les hydrocarbures, loi réglementant les secteurs de l’énergie électrique etc…
93
Articles 18 à 22
94
MINKOA SHE Adolphe, Université du GICAM 2èmes Assises, Douala les 21-23 juin 2013, à propos de la loi n°
2013/004 du 18 avril 2013 fixant les incitations à l’investissement privé en République du Cameroun.
95
En effet, tout investisseur qui souhaite bénéficier des avantages de la nouvelle loi de 2013 reste tout de
même soumis au régime de l’agrément définit par l’article 19 al 4 de la charte d’investissement, qui dispose
que : « Le régime de l’agrément est accordé à l’investisseur dans un délai maximum de quinze jours ouvrables
consécutifs dans le respect des conditions fixées par voie réglementaire à compter de la date de dépôt du
dossier complet au guichet unique. Le guichet unique est tenu de délivrer, dès dépôt du dossier, un récépissé. »
96
Ordonnance no 21/27 modifiant les dispositions de la Loi no 55/61 du 4 décembre 1961 portant Code des
investissements
72
loi abroge toutes les dispositions antérieures, notamment celles de la loi n°7/89
du 6 juillet 1989 portant sur le Code des Investissements de la République
gabonaise. Cette charte intervient une année avant l’adoption de la charte
CEMAC régissant les investissements étrangers. Comme dans le contexte
camerounais, elle est appuyée par des codes déjà existant97, en exemple du code
forestier (de la loi n' 1/82 du 22 Juillet 1982 d'orientation en matière des Eaux et
forêts révisée en 2001), le code minier (Loi n°05-2000 du 12 octobre 2000,
modifiée et complétée par la loi n°008/2005. Cette loi fut édifiée par un décret
récent d’application, le décret n°0673/PR/MECIT du 16 Mai 2011, portant
application de la charte des investissements étrangers en république
Gabonaise98.
97
Codes consultables sur les liens suivants : [Link]
;[Link] . le code agricole, le code des marchés publics etc…Ce lien
est une page qui fournit les différents codes en vigueur au Gabon… : [Link]
entrepreneur/les-textes/gabon-lois-codes/
98
Ci-joint en PDF : [Link]
(annexe 4)
99
Union Douanière Economique de l’Afrique Centrale qui est l’organisation communautaire précédant la
CEMAC
73
La première réglementation en matière d’investissement disponible dans
les archives pour le cas de la Guinée Equatoriale date de 1982. Il s’agit d’un
décret n° 83-1118 du 20 Décembre1983 Portant publication d’un accord signé
entre le gouvernement de la république Française et le gouvernement de la
république de Guinée Equatoriale100. Ce dernier portait sur l’encouragement et la
protection réciproque des investissements signé à Paris le 3 Mars 1982101.
Quelques années plus tard, afin de privilégier les investissements, et fort de son
potentiel pétrolier et minier, la Guinée Equatoriale s’est dotée en 1992 d’un code
des investissements. Destiné aux investisseurs nationaux et étrangers.
L’adhésion à l’UDEAC et la CEMAC plus tard finira par donner un cadre
juridique plus sécuritaire à la Guinée Equatoriale, même s’il demeure encore
d’énormes progrès à faire pour la législation interne.
Le cas du Congo
100
Source [Link], dont le lien suivant pour la version PDF : [Link]
[Link]/images/textes/GuineeEq/ge_conv_investissement_france.pdf
101
Publié dans le journal officiel de la république de Guinée Equatoriale daté du 23 décembre 1983, p. 3701.
74
Les mouvements économiques des années 90 n’épargneront pas le Congo
et fort du besoin de sortir de la crise économique et d’ouvrir les pays aux
capitaux extérieurs, le Congo se dotera en 1992 d’un code des investissements
étrangers plus récent régi par la Loi N° 008 – 92 du 10 Avril 1992. Mais avec
son adhésion à la CEMAC et la ratification de la charte CEMAC sur les
investissements, le Congo a adopté sur les fondements de la dite charte un
nouveau code d’investissement qui est la loi n°6-2003 du 18 janvier 2003
portant création d’une charte des investissements de l’Etat du Congo102. Il est
complété de certains codes encadrant certains investissements spécifiques,
notamment le code minier, mais aussi de décrets plus récents relatifs à
l’incitation à l’investissement. Il s’agit plus précisément du Décret n°12/045 du
01 novembre 2012 portant création, organisation et fonctionnement du Guichet
Unique de création d’entreprise103.
Le document daté du 1er Aout 1978 qui présente les différents code des
investissements dans les pays de l’ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique)104,
montre que la R.C.A n’a pas dérogé au courant de relance économique des après
indépendances qu’on a observé en Afrique centrale. En effet son premier texte
législatif d’incitation à l’investissement est la loi n° 62.355 du 19 février 1963,
portant Code des Investissements. Mais tout comme le Cameroun et le Congo,
dans les années 1990, de nouvelles réglementations plus adaptées verront le
jour, dans le contexte économique de la mondialisation en cours. Ceci plus
précisément avec la loi n° 96-019 du 13 mai 1996, le décret n° 96-283 du
102
Consultable en version PDF et en annexes : [Link]
%20Charte%20des%[Link] (annexe 5)
103
Des décrets pareils existent dans d’autres Etats de la Zone CEMAC, comme le Cameroun qui a mis sur pieds
une agence de promotion de l’investissement. Ces acteurs du processus d’investissements seront présentés
plutard dans la suite de la thèse.
104
Document accessible au lien suivant : [Link]
75
11/10/1996 et l’arrêté n° 029/96 du 18/10/1996 instituant un code des
investissements et minier de la République Centrafricaine.
Le cas du Tchad
Depuis son indépendance en 1960, le Tchad, l’un des pays les plus
instables de la sous-région a connu une série de crises sociopolitiques. Plusieurs
changements constitutionnels ont accompagné une succession de régimes
politiques créant une instabilité économique dans le pays et fragilisant
l’attractivité économique du pays face aux investisseurs. Le tout premier code
d’investissement du pays date de 1963 avec le décret n° 156/P/R. du 26 août
1963 portant code des investissements108. Il a été modifié par l’ordonnance
n°87-025/PR du 8 décembre 1987109, complété du décret n°87-446 du 8
décembre 1987110, fixant les conditions d’octroi des avantages du code des
105
Loi n°09-005 du 29 avril 2009 portant Code minier de la République Centrafricain ;
106
Ordonnance n°93.007 du 25 mai 1993 portant Code pétrolier
107
Loi n° 90.003 portant code forestier centrafricain ; consultable au lien suivant :
[Link]
108
Source :[Link] , code des investissements des Etats de ACP. Mise à jour en
1973.
109
Consultable au lien suivant : [Link]
%20Code%[Link]
110
Disponible en version PDF : [Link]
%20Decret%20application%20code%[Link]
76
investissements. Ces codes d’investissements seront abrogés parla loi n°
006/PR/2008 instituant la Charte des Investissements de la République du Tchad
qui est le dispositif législatif national le plus récent en matière
d’investissement111. Basé sur le modèle de la Charte des investissements
CEMAC, elle se compose de deux parties, une qui porte sur les dispositions
générales, et l’autre partie sur les mesures d’accompagnement. Il existe aussi
comme tout ailleurs dans la sous-région, des réglementations
d’accompagnement qui se déclinent en codes ou lois, visant des domaines précis
d’attractivité économique. C’est le cas notamment du code minier du Tchad112,
du code douanier, du code des impôts ou de la loi sur les hydrocarbures.
111
Disponible au lien suivant : [Link] (annexe 6)
112
Loi N°011/PR/1995 du 20 juin 1995 instituant un code minier, disponible en pdf avec le lien suivant :
[Link]
113
Notamment le droit OHADA (Organisation pour l’harmonisation du droit des Affaires en Afrique, les
directives de l’OCDE (Organisation de coopération et de Développement économique), du FMI (Fond
Monétaire international, les conventions internationales, les ABI (Accords bilatéraux d’investissements et AMI
(Accords multilatéraux d’investissement) etc.…)
77
Para II) Le dispositif législatif extracommunautaire
d’encadrement des IDE en zone CEMAC
114
Toute ordonnance nécessite en principe une ratification par l'Assemblée nationale au cours de sa prochaine
session, en l'absence de quoi elle est caduque.
115
Article 217 de la constitution du Tchad ; Titre VI-article 45 de la constitution du Cameroun ; Article 215 de la
ème
constitution du Congo ; le Gabon n’en fait pas mention dans sa constitution (10 partie : traités et accords
internationaux) ; Article 8 de la constitution Equato-guinéenne stipule : « L’État Equato-guinéen s’attache aux
principes du droit international et réaffirme son adhésion aux droits et obligations qui émanent des chartes des
organisations et organismes internationaux auxquels il adhère. » Article 97 charte constitutionnelle du
gouvernement de transition de la République Centrafricaine de 2013. On parle ici de clause de réciprocité
78
(l’organisation mondiale du commerce), CIRDI (Agence Internationale pour le
Règlement des Différents relatifs aux investissements), de l’AMGI (agence
multilatérale de garantie des investissements) etc.… A cela se greffent certains
AMI (accords multilatéraux d’investissements) et TBI (Traités bilatéraux
d’investissements).Nous présenterons tour à tour chacun ces instruments extra-
communautaires car, la promotion de l’investissement en zone CEMAC
nécessite bien évidemment l'adhésion aux principaux dispositifs internationaux
de garanties sur les investissements afin de s’ouvrir aux capitaux internationaux.
La sous-région CEMAC ne pouvant pas se suffire à elle-même en termes de
drainage de capitaux.
116
Organisation pour l’harmonisation du Droit des affaires en Afrique
117
(Organisation africaine de propriété intellectuelle).
79
Sur le plan international :
118
Nous reviendrons de manière plus détailles dans la suite de notre étude sur ces accords de l’OMC et les
mesures concernant les investissements.
80
Cameroun, la Centrafrique, la Côte d'Ivoire, le Congo, les Comores, le Gabon, la
Guinée, la Guinée-Bissau, la Guinée-Equatoriale, le Mali, le Niger, la
République démocratique du Congo, le Sénégal, le Tchad et le Togo.
119
Objectif clairement énoncé dans le site officiel de l’organisation en ces termes : « L'Organisation pour
l'Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires (OHADA) a pour principal objectif de remédier à l'insécurité
juridique et judiciaire existant dans les États Parties… » . L’accès au site : [Link]
120
Adopté le 17 avril 1997 par le conseil des ministres, l’acte uniforme relatif au droit commercial général
(AUDCG) a été remplacé après plus d’une décennie d’utilisation par un récent daté du 15 décembre 2010, Entré
en vigueur le 16/05/2011. Consultable sur : [Link]
uniforme/[Link]
81
2. L’acte uniforme OHADA portant droit des sociétés commerciales et du
groupement d’intérêt économique121
3. L’acte uniforme OHADA portant droit des suretés122
4. L’acte uniforme OHADA portant procédures simplifiées de recouvrement
et les voies d’exécution123
5. L’acte uniforme OHADA portant procédures collectives d’apurement du
passif124
6. L’acte uniforme OHADA portant droit de l’arbitrage125
7. L’acte uniforme OHADA portant l’organisation et l’harmonisation de la
comptabilité des entreprises126
8. L’acte uniforme OHADA portant contrats de transport de marchandise
par route127
9. L’acte uniforme OHADA portant sociétés coopératives128
121
Le 30 janvier 2014, le Conseil des Ministres a adopté un nouvel Acte uniforme relatif au droit des sociétés
commerciales et du groupement d’intérêt économique (AUSCGIE), en substitution à celui du 17 avril 1997. Il
Entre en vigueur le 05/05/2014
122
Se substituant à l’Acte uniforme du 17 avril 1997, le nouvel Acte uniforme portant organisation des sûretés
(AUS) adopté le 15 décembre 2010 et entre en vigueur le 16/05/2011
123
Adopté à Libreville le 10 avril 1998.
124
Adopté le 10 avril 1998 à Libreville (Gabon). Entrée en vigueur le 01/01/1999
125
Adopté le 11 mars 1999, entrée en vigueur: 11/06/1999
126
Adopté le 24 mars 2000, entrée en vigueur pour les Comptes personnels des entreprises: 01/01/2001 et le
01/01/2002.
127
Adopté le 22 mars 2003, entrée en vigueur le 01/01/2004
128
Adopté à Lomé (Togo) le 15 décembre 2010, entré en vigueur le 16 mai 2011.
129
Il faut préciser que nulle part il est explicitement question des investissements dans les actes uniformes, et
encore moins il n’est pas fait de différenciation entre investissement étranger, national, privé etc…Certains
actes couvrent pourtant l’investissement dans l’objet de leur application.
82
économiques, celui portant droit des suretés, droit de l’arbitrage, et celui portant
procédures simplifiées de recouvrement et les voies d’exécution.
130
Information tirée du site officiel de l’OAPI : [Link]
131
Benin, Burkina-Faso, Cameroun, Centrafrique, Comores, Congo, Cote d’ivoire, Gabon, Guinée, Guinée
Bissau, Guinée Equatoriale, Mali, Mauritanie, Niger, Sénégal, Tchad, Togo.
132
Source : Site officiel de l’OAPI : [Link]
83
dispositions de l’OAPI vise à intégrer le génie créatif, la propriété intellectuelle
comme un investissement moral et intellectuel à sécuriser car, sans créativité
sans innovations, il n’y a pas création d’entreprise, ni opportunités
d’investissement, ce sont des mesures d’incitations à la base d’une décision
d’investissement.
84
différents partenaires économiques. Pour le cas d’espèce, elle est nécessaire
entre investisseurs et pays d’accueil de l’investissement, en vue d’une évaluation
objective de la qualité du produit qui leur est proposé soit à la consommation, à
la production ou à la distribution. Mais bien qu’explicitement recommandé au
sein de la charte communautaire des investissements, à ce jour Il n’y a que le
Cameroun et le Gabon qui sont membres de l’organisation, le Congo n’est
membre que de la déclinaison continentale de l’ISO qui est l’ORAN. Les autres
Etats membres ont encore du mal à intégrer le système de normalisation en
cours dans la sous-région.
Comme évoqué plus haut, il s’agit ici de présenter les différents dispositifs
internationaux qui influencent les politiques d’incitation à l’investissement dans
135
Site officiel: [Link]
136
Version originale en langue anglaise : “To facilitate intra-African and global trade through providing and
facilitating the implementation of harmonised standards.”
85
la sous-région CEMAC. Ces dispositifs sont généralement sous formes
d’adhésion à des organismes internationaux d’accompagnement du processus
d’investissement, d’adhésion à des traités bilatéraux ou multilatéraux
d’encadrement des IDE ou encore de ratification de conventions internationales
sur l’investissement étranger.
137
La différence étant que pour un accord bilatéral on a deux Etats partie, alors que dans un accord
multilatéral, il y a plusieurs Etats parties prenante.
138
Comme c’est le cas parfois en droit commercial ou en droit monétaire. Cas des Accords mondial GATT/OMC
pour le droit commercial, ou des articles et agréments du FMI.
86
qu’interétatiques, ces traités internationaux sont rédigés au bénéfice de
personnes privées non signataires que sont les investisseurs»139.
139
NIKIEMA Suzy H, Bonne pratiques de l’investisseur, iisd, Mars 2012. Consultable sur :
[Link]
140
LEBEN Ch, L’évolution du droit international des investissements, Journée d’études, Un accord
Multilatéral sur l'investissement : d'un forum de négociation à l'autre ? , S.F.D.I., Paris, Pedone, 1999, P. 7-28
87
développement, en proposant aux investisseurs créanciers des assurances contre
les risques politiques »141. Le préambule de la charte communautaire de la
CEMAC énonce de façon implicite l’exigence d’adhésion aux accords instituant
l’AMGI par les Etats membres de la CEMAC142.
141
Propos tirés du document de la banque mondiale, Guide de garanties des investissements. Consultable au
lien suivant : [Link]
142
Paragraphe 2 du préambule : « Ils adhèrent aux principaux dispositifs internationaux de garantie des
investissements ».
143
[Link]
144
Objectifs contenus dans le paragraphe 3 du préambule de la convention :
[Link]
145
Jusqu’alors, la Guinée Equatoriale n’est pas un Etat membre du CIRDI mais a souvent recours à l’arbitrage du
CIRDI dans le cadre de la clause dite de mécanisme supplémentaire ( Additional Facility).
88
A cette liste, nous pouvons joindre les directives et recommandations de
l’OCDE sur l’investissement ainsi que certains accords de l’OMC ou de
l’adhésion à l’article 8 des statuts du FMI garantissant la liberté des mouvements
de capitaux pour les transactions courantes146. Ces dispositifs internationaux
pourront être évoqués de manière plus explicite dans la deuxième partie de notre
étude relative à l’effectivité des dispositifs d’attractivité et d’harmonisation mis
en place dans la sous-région
146
Article 23 de la charte CEMAC des investissements
89
Paragraphe I) L’adoption de politiques économiques
contraignantes
A. Réformes structurelles
147
Le chemin sinueux de la réforme structurelle, OCDE, mai 2007.
148
Source : [Link]
90
années 70, les Etats de l’Afrique subsaharienne ont dû fait face à une crise
économique et financière sans précédent149. La vulnérabilité des équilibres
économiques s’est fait ressentir fragilisant l’économie des pays et entrainant de
gros déficits budgétaires, une dévaluation des monnaies, un taux d’inflation
galopant, le surendettement des Etats, et par conséquent un accroissement du
seuil de pauvreté déjà pas très reluisant. La nécessité d’un assainissement des
finances publiques et de l’économie intérieure des pays en question fut une
évidence pour la communauté économique internationale ainsi que pour les
gouvernements concernés. L’on ne pourrait songer à une ouverture vers un
marché extérieur si l’on n’est pas compétitif, si l’on ne propose pas une stabilité
macro-économique ou si le taux d’endettement du pays est si élevé que l’Etat
lui-même ne dispose plus de crédibilité. Au vu de l’incapacité des Etats de
l’Afrique Subsaharienne à faire face à la crise, ils ont dû se tourner vers les
organismes internationaux d’aide au développement, et se soumettre à un
ensemble d’exigences et de reformes, conditions sine qua non pour toute forme
d’aide ou subvention internationale. Ces contraintes peuvent être distinguées en
mesures correctrices conditionnées (1) et des initiatives d’origine
communautaires (2).
149
PIDIKA MUKAWA (D), TCHOUASSI (G), Afrique centrale : crises économiques et mécanismes de survies,
Dakar, CODESRIA, août 2005, 354 p., ISBN 2-86978-154-7
91
mise en place par les gouvernements en collaboration avec les institutions
internationales notamment celle de Bretton Woods : La Banque Mondiale (BM)
et le Fond Monétaire International (FMI).
150
Nous analysons ici les politiques les plus essentielles qui ont été mise en commun en application par certains
pays de la Zone CEMAC et dont l’impact autant sur la durée que sur l’effectivité s’est fait ressentir dans
l’économie concernée.
92
aussi en Afrique151. De nombreux Etats Africains et plus précisément ceux de la
zone CEMAC ont instauré un système de planification économique aux
lendemains des indépendances, mais le plus flagrant à titre d’exemple fut le
Cameroun152. Il s’agissait de mettre en œuvre une certaine politique
interventionniste de l’Etat, qui non seulement définissait les objectifs à atteindre
mais aussi les moyens d’y parvenir. Par la recherche d’objectifs de production
dans un domaine précis, les gouvernements visaient aussi une relance
économique par la mise en valeur de secteurs favorable à l’échange et au
commerce, et la recherche des sources de financement de l’écomie. Ceci par une
réorientation stratégique des secteurs clés de l’investissement.
151 e
Les premiers plans quinquennaux qui couvraient la période (1928-1932) jusqu'au XIII Plan (1991).
152
Il faut préciser qu’en dehors du Cameroun, le Congo, le Tchad, le Gabon la Guinée Equatoriale et la
république Centrafricaine ont tous appliqué à un moment donné de leur politique économique, des plans
quinquennaux sous des formes différentes.
153
Le président Ahmadou Ahidjo avait amorcé une phase dite de politique économique de libéralisme planifié
de l’économie camerounaise dès 1960 ;
93
Ier plan quinquennal, (1960-1965) : L’objectif visé pour ce premier plan
de développement économique, social et culturel était de doubler le
revenu national par tête de 1960 à 1980. Dans ce premier plan
quinquennal la priorité sera donnée aux infrastructures (45,8% des
investissements) et le développement rural (18,8%) pour un volume
d’investissements prévus de 53,18 milliards FCFA154.
IIème plan quinquennal, (1972-1976) : Ce plan a pour ambition
d'augmenter la production des cultures d'exportation. C'est pendant Cette
période que sont créées les zones de développement intégrées (Zones
d’action prioritaire intégrée) avec pour objet de combattre l’exode rural155.
Un accent est mis sur le secteur de l’énergie, de l’industrie alimentaire, de
la métallurgie, le textile, et les transports156. Le volume des
investissements prévus est de 165,176 milliards dont 18,58% vont au
secteur rural, 23,86% aux infrastructures
IIIème plan quinquennal, (1972-1976) : Les objectifs n’ayant pas été
totalement atteints par le second plan, ils seront reconduits au 3 ème avec
plus de réformes du secteur agricole. L’accent est mis sur l’industrie,
l’énergie et les mines avec la création de la SNI (société nationale
d’investissement) en 1964 chargée de mettre en œuvre la politique
industrielle de l’Etat157. Ce plan sera tout de même fragilisé par la crise
économique mondiale de 1973
IVème plan quinquennal, (1976 – 1981) : On se tourne vers une
politique de développement autocentrée avec une politique économique
154
Sources : ATANGANA ETEME Emerand, le lien : [Link]
article93, Base de données
155
Avec l’opération Yabassi-Bafang et les Zapi de l’Est
156 ème
A cet effet on peut citer de nombreux projets nés du 2 plan quinquennal, notamment au secteur de
l’énergie,l e démarrage des travaux de barrage réservoir de Mbakaou ; Naissance de Sosucam, chococam dans
l’industrie alimentaire ; Le projet Cicam dans le textile ; Dans la métallurgie le laminoir Socatral d'Edéa, et la
ligne de chemin de fer Yaoundé-Ngaoundéré.
157
Ces dernières prennent 25,1% contre 9,02% pour le développement rural et 20,5% pour les infrastructures
sur un volume des investissements qui s’élève à 280 milliards de FCFA.
94
de plus en plus dirigiste. L’économie camerounaise est désormais tournée
vers ses ressources personnelles, et moins vers les apports étrangers. La
priorité est également accordée au développement de la recherche et de
l’exploitation minière158.
Ve plan quinquennal, (1981-1986) : Ce plan qui commence sous l’ère du
président Amadou Ahidjo159, s’achève sous la présidence du président
Biya Paul160. Il s’amorce au moment où les plans quinquennaux
commencent à montrer leurs limites, l’Etat Camerounais faisant face à
une incapacité à honorer ses engagements financiers, et le tourbillon
économique de 1986 viendra mettre plus en mal la réalisation de ces
objectifs et fera du 6ème plan quinquennal un projet mort- né161.
158
Pendant cette période centralisée sur les ressources internes du pays, Le secteur industriel - énergie se taille
la part du lion avec 31% des investissements contre 17,27% au secteur rural, 21,6% aux infrastructures et
6,65% aux services sur un volume d'investissements prévus de 725,232 milliards. C’est durant cette période
que sont réalisés les barrages de Songloulou, Lagdo et Bamendjin et prévues les extensions d'Alucam, de
Cimencarn, la création de Cellucam (industrie papetière) et la construction plus tard d'un complexe
électrochimique à Kribi. Sources :[Link]
[Link]
159
Premier président du Cameroun indépendant
160
Actuel président du Cameroun depuis le 6 novembre 1982
161
Prévu pour la période 1986-1991 et baptisé « plan du Renouveau et avait pour objectif général la
consolidation de l'autosuffisance alimentaire du pays »
95
Les Politiques d’ajustement structurel (PAS)
162
GUILLAUMONT P et S., Les conséquences sociales de l’ajustement en Afrique selon la politique de change.
Lien : [Link]
163
SEREVINO Servant, 1990
96
remettre l'économie sur un sentier durable de croissance. Les PAS comprennent
généralement les mesures suivantes164 :
164
MINARCHISTES, Les programmes d’ajustement strucuturels du FMI et de la Banque Mondiale, 24 Novembre
2010. Source : [Link]
structurels-du-fmi-et-de-la-banque-mondiale/
165
Il faut néanmoins préciser qu’aucun Etat membre de la zone CEMAC n’a pu échapper au programme
d’ajustement structurel, même si pour certain ils n’ont pas pu être mené à terme ou ont eu des résultats
mitigés.
97
Réduire le déficit budgétaire : En comptabilité, la notion de déficit
budgétaire renvoie à une situation où les recettes de l’Etat (sans emprunts)
sont inférieurs à ses dépenses (hors remboursement d’emprunts) ; d’où un
solde budgétaire négatif166. Ce procédé passe généralement par une
augmentation des impôts et taxes, et la maitrise de la dépense publique167.
La stabilité macro-économique quant à elle selon le courant de pensée
englobe le fait de laisser flotter les devises : Il est question par ce procédé
de limiter l’intervention de l’Etat sur le marché des devises en la laisser
flotter. Mais elle permet aussi de gérer l’inflation, la stabilité des prix et
tout ce qui a trait à une politique monétaire. En effet, la valeur des devises
évolue en fonction du marché qui donne un niveau d’équilibre à la
monnaie. Généralement ceci se traduit par la baisse de la valeur de ladite
monnaie rendant les importations très couteuses, mais favorisant la
consommation et la production des produits locaux.
98
d’échange surévalué avait des effets négatifs sur la compétitivité. La France
hésitante à une dévaluation de la monnaie au départ a fini par comprendre que la
situation économique des pays allait s’enliser sans réformes réelles. Cette
réforme conduira à la dévaluation du Franc Cfa le 12 Janvier 1994 sur accord de
tous les pays membres de la Zone CEMAC.
170
Environ 80 euros le taux de conversion du Cfa en euros (1euros=655 FCFA). Jusqu’ici l’accès aux universités
d’Etat était gratuit.
171
Il vise à restaurer les grands équilibres financiers de l'Etat par la reconstitution d'une épargne budgétaire, de
l'appareil productif et le rétablissement des équilibres extérieurs
172
il vise la restauration des grands équilibres macro-économiques et l'amélioration de la compétitivité afin de
recréer les bases d'une croissance saine
173
Ce dernier fut suspendu avant son terme
174
Il vise la poursuite de la réalisation d'une croissance réelle de 5%, un taux d'inflation inférieur à 8%, et une
réduction du déficit de la balance courante à 2,5% du PIB. Il s'agit également d'assainir le secteur financier et
bancaire, et de poursuivre les privatisations. Source : ELLA-MENYE EKOTTO épouse BATINDEK BATOANEN
Rebecca Hortense, Pertinence de l'approche projet adoptée par l'Initiative PPTE au Cameroun: Cas de la
promotion des mutuelles de santé ou micro assurances santé, Institut de Formation pour le Développement
(IFD) Yaoundé rue CEPER, 2007
175
Le syndrome hollandais (dutch disease) décrit un ensemble de mécanismes par lesquels une forte dotation
en ressources naturelles peut influencer négativement la croissance à long terme d’une économie. Le terme a
été introduit par The Economist pour expliquer la stagnation de l’activité aux Pays-Bas durant les années
soixante-dix comme le résultat de la découverte d’un large gisement de gaz naturel. L’exploitation de
ressources naturelles génère habituellement de larges profits qui vont conduire au développement de l’activité
minière au détriment des autres secteurs de l’économie. L’accroissement du revenu national et de la demande
entraînent des pressions inflationnistes, tandis que l’afflux de capitaux se traduit par un excédent commercial
et s’accompagne d’une appréciation du taux de change réel. La surévaluation du taux de change par rapport à
ce qu’induiraient autrement les performances du pays va réduire la compétitivité des autres entreprises
exportatrices. Celles-ci voient alors leurs profits diminuer, ce qui renforce les incitations à développer l’activité
extractrice. Au cours du boom de ressources premières, les agents démontrent une forte préférence pour le
présent qui les conduit à délaisser la question de la croissance à long terme de l'économie et à faire preuve de
laxisme dans la gestion privée et publique. Une fois les ressources naturelles épuisées, l’atrophie de la base
productive et la surévaluation du taux de change conduisent à une stagnation durable de l’activité
économique. Source : [Link]
100
augmentation des prix du pétrole qui en a résulté, n’a pas épargné les pays
producteurs et exportateurs de pétrole dont ces deux Etats membres de la
CEMAC pour ne citer que ceux-là. Les Etats exportateurs du pétrole ont connu
un enrichissement exceptionnel qui a entrainé une centralisation des énergies et
des ressources autour de cette « manne tombée du ciel. ».
[Link], le syndrome hollandais ou l’abondance des ressources naturelles comme malédiction.12 Juillet
2012
176
Après les chocs pétroliers connus entre 1973 et 1979 suivie de la montée du prix du baril, on a assisté à
une surproduction de pétrole , conséquence d’un ralentissement de l’économie. La résultante fût une baisse
brutale du prix du brut dans la première moitié des années 1980. On qualifie d’ailleurs cette période de
« Contre-choc pétrolier » car le prix du baril de pétrole atteignait une valeur minimale de 10 dollars en 1986
177
C’est une organisation intergouvernementale des pays crée en 1960 avec pour but de contrôler les
exploitations pétrolières sur le territoire des pays membres ainsi que le prix du pétrole.
101
SOTRAVIL, la CODEV, l’EUROTRAG, le Transgabonais ainsi que le
licenciement de milliers d’employés... La réduction des salaires des
fonctionnaires ainsi que le gel des recrutements dans la fonction publique sont
des mesures drastiques prise par le gouvernement pendant la période
d’ajustement structurel pour essayer de réduire le déficit budgétaire.
Le Tchad quant à lui, pays marqué par une forte instabilité politiques et
des guerres civiles à répétition, a aussi été victime d’une hypertrophie du secteur
pétrolier. Le gouvernement Tchadien a essayé pendant longtemps des plans
intérimaires à court et moyens termes pour essayer de faire face à la crise née
des chocs pétroliers, notamment le plan d’urgence de 1984-1986 pour la
reconstructions d’infrastructures, le plan intermédiaire de 1986-1988, le
programme intermédiaire de stabilisation de 1991-1992 pour un assainissement
des finances publiques. Ce n’est qu’un peu tardivement que le Tchad emboitera
le pas à ses voisins de la CEMAC et fera appel aux Institutions de Breton
Woods178. Face aux résultats mitigés de ces programmes, le gouvernement
signera avec le FMI et la Banque mondiale un plan de stabilisation et de
redressement de l’économie Tchadienne. Ceci par la mise sur pieds d’un PAS
qui s’étendra sur trois ans, de 1995 à 1997179. Comme partout ailleurs, il eut des
mesures qu’on pourrait qualifier « d’antisociales », notamment le dégraissement
de la fonction publiques, les gels de salaires, des coupures budgétaires, réduction
de masses salariales ainsi que de nombreuses dépenses courantes.
178
Institutions de Breton Woods (IBW).
179
Il faut noter que ce n’était pas la première tentative, le Tchad ayant eu recours au FMI et à la Banque
mondiale aux lendemains de la dévaluation du FCFA. C’est en Juin 1987 que le Tchad a eu son premier
programme d’ajustement structurel mais l’instabilité politique de 1990 entraina un cafouillage économique des
finances publiques, et une annulation du programme en 1992
102
mais il n’en demeure pas vrai que les bilans des périodes sous PAS pour la
majorité des pays de la zone CEMAC restent mitigés180. Certains gouvernements
se tournèrent alors vers des politiques plus évolutives et adaptées. Au
Cameroun, l’étape suivante fut l’entrée dans l’Initiative Pays Pauvre Très
Endetté (IPPTE).
180
Des critiques sont nés du fait que ces programmes ne tenaient pas forcément comptes des réalités sociales
et culturelles des pays, mais aussi des mesures pas très efficaces Ils ont enfin particulièrement affecté le
secteur public (santé, éducation etc…)
181
Source :[Link]
itiative en faveur des pays pauvres très endettés.
182
Au départ de l’initiative PPTE en 1996, 41 pays ont été considérés par la Banque mondiale, comme très
pauvres et très endettés. Le Malawi a ensuite été ajouté. Ce qui fait 42 Pays au départ de l’initiative.
103
L’initiative comprend plusieurs dimensions : Un allégement ou remise de dette
et une réforme de la politique structurelle et sociale mettant plus
particulièrement l'accent sur les services de santé et d'éducation de base. Tous
les éventuels créanciers y participent à savoir les créanciers bilatéraux et
commerciaux183 et les créanciers multilatéraux184.
Le point de décision
A cette étape, il s’agit pour les pays sollicitant une aide financière par le
biais de l’initiative PPTE de remplir certaines conditions dont principalement:
183
Ici se trouvent les gouvernements nationaux, individuels et les sociétés privées
184
Il s’agit le plus souvent de banques internationales comme le FMI La Banque Mondiale ainsi que certaines
banques régionales comme la BAD (Banque Africaine de développement).
185
EUROPA, Synthèse de la législation de l’UE, « Une dette est considérée comme insoutenable lorsque son
niveau par rapport aux recettes d'exportation excède une proportion fixée à 150 %. Dans les cas particuliers
d'économies très ouvertes dans lesquelles les seuls facteurs externes peuvent ne pas donner une image exacte
de la pression budgétaire de la dette, cette proportion peut être fixée à un niveau inférieur à 150 % si le pays
remplit certaines conditions ». Consultable sur :
[Link]
104
s’engagent à mettre en place des mesures pour assainir les finances, mise
en place d’une politique de bonne gouvernance, améliorer la performance
gouvernementale, la gestion saine des entreprises publiques, lutte contre
la corruption etc.…
Etre déclaré comme pays pauvre c'est-à-dire avoir un revenu moyen par
habitant inférieur à 785 dollars.
Pendant trois ans les pays seront scrupuleusement observés et bénéficieront plus
ou moins d’un allègement de la dette en accord avec les créanciers. A la fin de
cette étape, l’encours de dette est réexaminé afin de voir la soutenabilité ou non
de cette dernière. Si la dette demeure insoutenable malgré les allègements des
différents créanciers186, l’Etat est admis à l’initiative PPTE. Dès l'atteinte du
point de décision, le traitement du service de la dette suit .Cette étape passée la
seconde est l’atteinte du point d’achèvement.
Le point d’achèvement
186
La Banque mondiale et le FMI proposent une formule "d'assistance intérimaire" et d'autres créanciers
multilatéraux envisagent de faire de même
187
Ces conditions sont plus ou moins les même dans les pays éligibles s’adaptant tout de même aux spécificités
locales et sociopolitiques des Etats. La durée de mise en œuvre n’étant pas la même d’un Etat à un autre,
d’autres respectent les délais et d’autres pas. Aucune limite de temps n’étant imposée explicitement.
105
La durée de cette étape dépend du respect et de l’application des réformes
convenues lors du point de décision. Le respect de ces critères permet à ces pays
de bénéficier de l’allègement intégral de la dette comme promis par les
institutions de Bretton woods au point de décision, mais surtout de disposer
désormais d’une dette soutenable188. En zone CEMAC, le Cameroun est le
premier pays de la sous-région à atteindre le point d’achèvement de l’Initiative
en avril 2006189, tandis que le Tchad et le Congo ont atteint le point de décision
en mai 2001 et mars 2006 respectivement. La République Centrafricaine a
conclu avec les Institutions de Bretton Woods un programme d’assistance post-
conflit en janvier 2006, ouvrant ainsi la voie à une possible accession au point
de décision de l’initiative PPTE en 2007. C’est finalement le 30 Juin 2009 que la
Centrafrique réalisera ce vœu.190 Le Congo quant à lui atteindra en Janvier 2010
le point d’achèvement de l’initiative PPTE191 tandis que le Tchad se situe encore
le point de décision et le point d’achèvement192.
188
Les créanciers bilatéraux et commerciaux réduisent ainsi la valeur nette actualisée de l’encours de dette,
certains évoquant une possibilité de réduire jusqu’à 90% du montant total de la dette (Notamment les Etats
membres du club de Paris). Les créanciers multilatéraux quand à eux offrent une réduction supplémentaire.
189
'Initiative PPTE doit soulager le Cameroun de 2 milliards de dollars d'endettement extérieur, le ratio dette
sur importation pouvant passer de 200% à 100% dont une certaine stabilité offrant des opportunités de
développement.
190
Les créanciers du Club de Paris ont décidé d’annuler 49,2 millions de dollars, ce qui représente l'effort
incombant au Club de Paris dans le cadre de l’initiative PPTE renforcée ;Le stock de dette due aux créanciers du
Club de Paris par la République centrafricaine était estimé à 59,3 millions de dollars au 1er juin 2009. Donc près
de 100% de la dette. Source :[Link] . A cela s’ajoute
d’autres allégements supplémentaires disponibles sur le site du Club de Paris.
191
En termes du poids de la dette, le stock global de la dette extérieure du Congo passera de 9, 2 milliards à 2,4
milliards de fcfa après l’atteinte du point d’achèvement de l’initiative PPTE.
192
Ce retard est parfois justifié par les récentes guerres qu’ont connues le pays et l’instabilité politique qui s’en
est suivi surtout en 2008.
106
des Etats. Il n’en demeure pas moins qu’au-delà des initiatives individuelles des
gouvernements à rendre les économies stable et attractive, l’adhésion à des
initiatives communautaires et régionales d’attractivité est de plus en plus
récurrente et privilégiée.
193
Selon une expression tirée de la publication du site [Link], portail national du Congo :
[Link]
sous-region_a14730.html
107
Directive portant code de transparence et de bonne gouvernance dans
la gestion des finances publiques : Il s’agit d’un ensemble de règles
éthiques, politiques et institutionnelles visant à favoriser une gestion des
finances publiques conforme aux principes de la démocratie. C’est
également un signal d’engagement solennel de transparence des Etats à
l’égard de la population, des investisseurs et des partenaires.
194
Source : Extrait/ [Link]
publiques-dans-la-sous-region_a14730.html
108
d’exécution des budgets des collectivités publiques territoriales et les
établissements publics locaux. Elle précise les règles de la comptabilité
publique, de l’exécution du budget ainsi que des règles et compétences
des acteurs de la dépense. Elle introduit des règles spéciales comme la
comptabilité dite patrimoniale et le contrôle financier dit hiérarchisé195.
L’instauration des instruments modernes de gestion s’appuyant sur le
cadre budgétaire à moyen terme (CBMT) pour ce qui est de la
programmation, et sur le cadre de dépenses à moyen terme (CDMT), pour
ce qui est de l’exécution budgétaire, fait partie de ces nombreuses
innovations.
La mise en place d’un cadre stable et prévisible est sans aucun doute
essentielle pour espérer un climat favorable à l’investissement étranger dans un
195
Définition : Expérimentée prioritairement en occident, le Contrôle hiérarchisé permet aux agents
comptables des institutions de moduler ses contrôles en fonction des risques et des enjeux.
109
territoire d’accueil. De ce fait, les mesures de promotion visant à améliorer ce
cadre dont la transparence et l’efficacité administrative, la stabilité du secteur
économique et financier ainsi qu’une réglementation cohérente sont des facteurs
déterminants.
196
RODRICK Dani, Getting Institutions Right, Harvard University, 2004.
197
ACEMOGLU et Al, Institutions as a fundamental cause of long-run Growth, 2004.
198
Source : ALAYA Marouane , NICET-CHENAF Dalila , ROUGIER Eric, Politique d’attractivité des IDE et
dynamique de croissance et de convergence dans les PSEM , GREThA UMR CNRS 5113 de l’ Université
Montesquieu Bordeaux IV ;Cahiers du GREThA n° 2007 – 06 Juin 2007. Lien : [Link]
[Link]/2007/[Link]
199 er
Section 1, paragraphe 1 à propos des principes directeurs de l’OCDE.
200
Document source : [Link]
201
Citation mot pour mot du document de l’OCDE : Liste de critères pour apprécier les stratégies d’incitations à
l’investissement direct étranger.
110
et ouverte à la concurrence sont des atouts nécessaires à la décision
d’investissement. Pour résumer, il s’agit principalement de réguler202 :
111
Centrafricaine et du Congo205. En effet, « le risque pays » est plus élevé dans ces
territoires marqués par des coups d’Etats, des guerres civiles et des changements
constitutionnels incessants. Le Cameroun, le Gabon et la Guinée Equatoriale,
bien que n’étant pas complètement exempt de risques, font figure de bons élèves
en la matière, certainement du fait de la relative stabilité politique liée à la
longévité des régimes au pouvoir. Le Cameroun, depuis son accession à
l’indépendance en 1960 n’a connu que deux présidents, dont une transition assez
calme entre le premier et l’actuel206. Il est néanmoins sujet à des attaques
rebelles et « terroriste » depuis l’année 2014 diligenté par un groupe venant du
pays voisins le Nigéria, qui affectent tout de même la tranquillité du territoire.
Le Gabon aussi a vu succéder à sa tête trois présidents depuis son indépendance
dont un père et son fils pour les deux derniers207. La Guinée Equatoriale quant à
elle est un relatif havre de paix avec son boom pétrolier. Il n’a pour sa part
connu que deux présidents depuis son indépendance en 1968208. En bref, un
investisseur étranger avant de s’installer dans un pays, se rassure de la stabilité
du gouvernement en place, est -il menacé ou pas. Si des contrats sont signés par
205
Le Tchad a connu ses premières guerres civiles dès 1965 avec le parti unique du président Tombalbaye, son
régime connait des révoltes paysannes et des guerres civiles qui mèneront à un coup d’Etat en Avril 1975,
nouveau président Malloum qui en 1978 devra signer un autre accord de paix avec HISSEN HABRE. En 1979
éclate une grande guerre civile qui conduiront à la prise de pouvoir d’Hissen Habré en 1982 jusqu’en 1990, et
pendant son règnes de nombreuses pertes en vie humaines sont recensées. Un nouveau président Idriss Déby
prendra la tête du gouvernement et en est toujours l’actuel président
Depuis 2007, le global peace index indique que La République centrafricaine est désormais placée dans les 10
pays les plus dangereux au monde. 2010/2011a notamment été marquée par de nombreuses agitation dans
des zones de tension du pays. Un climat dû à la tenue, en janvier 2011, de l’élection présidentielle, qui a vu la
réélection de François Bozizé. Ce pays qui vit dans environnement marqué par l’instabilité car tous ses voisins
sauf le Cameroun ont toujours été engagé dans des conflits Armés.
Le Congo depuis son indépendance en 1963 a connu plusieurs présidents et plusieurs tentatives de coups
d’Etats et de rebellions. Les régimes ont toujours été marqués par une instabilité. Du premier président
Alphonse Massamba à Marien Ngouabi assassiné, les tentatives de coups d’Etat de 1972, puis la présidence de
Joachim Yhombi-Opango, et de Denis Sassou Nguesso, puis l’éléction de Pascal Loussouba en 1992, suivi d’une
grande guerre civile qui se terminera par la réelection de Sassou Nguesso en 1997 jusqu’à ce jour.
206
Le président Ahmadou Ahidjo démissionne du pouvoir en 1982 et cède la place à son premier ministre de
l’époque, le président Paul Biya qui depuis 1982, règne sur le Cameroun. Bien que manquement de coup d’Etat
aie eu lieu en 1984, et quelques émeutes vite refoulées en 1992 et 2008,le Cameroun reste l’un des Etats de
l’Afrique Centrale a connaitre une relative stabilité sociale et politique et dont le risque politique est léger.
207
Ali Bongo succède à son père le président Omar Bongo décédé en 2009. Le tout premier président du Gabon
indépendant étant LEON MBA décédé en fonction en 1967.
208
Il s’agit de Masie Nguema Biyogo Ñegue Ndong et de théodore Nguema Obiang l’actuel président depuis
1979 ;
112
un gouvernement, il faudrait se rassurer qu’en cas de changement de régime
l’Etat de droit régnera et les contrats ou engagements en cours du gouvernement
sortant n’en pâtiront pas. De même se rassurer si les bâtiments et infrastructures
issus du processus d’investissement ne seront pas détruits pour une guerre civile
imminente ou latente.
209
Transparency international est la principale organisation internationale de la société civile de lutte contre la
corruption. Elle fut fondée en 1993
210
Définition tirée de l’article de Transparency international, où et comment prospère la corruption ? Du 9
juillet 2002.
211
DIKUMA (2007)
113
pouvoir discrétionnaire sur certaines dépenses publiques, la gestion douteuse de
financements internationaux par un groupuscule sans aucune transparence, la
faiblesse des salaires dans le système public…
212
250 euros environ
213
Il est plus facile de détourner de l’argent alloué à un projet de construction qu’à un paiement de salaires de
fonctionnaires
214
Selon un rapport de l’Ong transparency international
114
Malheureusement, la corruption a un coût. Elle fait fuir les capitaux
étrangers vers d’autres destinations, et pour ceux qui réussissent à s’installer en
dépit de tout et à investir, la majorité des bénéfices qui devraient aller dans les
caisses de l’Etat prennent les chemins tortueux des détourneurs de fonds public.
De nombreux Etats de la sous-région ont lancé de vastes campagnes de lutte
anti-corruption. Au Cameroun, une opération baptisée « épervier », lancée par le
chef de l’Etat pour lutter contre les détournements de fonds publics a conduit à
l’arrestation de plusieurs membres du gouvernement soupçonnés de
détournement. Une commission nationale de lutte contre la corruption a vu le
jour (CONAC). C’est aussi le cas au Gabon proche, qui a aussi mis sur pieds
une commission nationale contre l’enrichissement illicite (CNLCEI) et l’agence
nationale d’investigation financière (ANIF)215. Le Tchad, la Centrafrique et la
Guinée Equatoriale ne sont pas de reste, la corruption est un mal qui mine
profondément les Etats membres de la CEMAC et les gouvernements n’ont pas
d’autre choix que de promouvoir des politiques de lutte contre a corruption et
l’assainissement des services publics. La lutte contre la corruption englobe la
bureaucratie, l’environnement administratif qui devrait être assaini. La fonction
publique est garante de l’intégrité d’un Etat, et si les investisseurs craignent un
traitement impartial de leurs dossiers, ils s’en iront. Par ailleurs la corruption
brouille les bases de la concurrence car tous les prestataires ne sont plus égaux
mais sont sujet aux aléas des administrateurs et de leurs exigences.
215
Le Gabon a été classé 102e rang, au dernier rapport de transparency international. Le gouvernement a
consacré trois milliards de francs CFA (4,5 millions d’euros) pour renforcer la lutte contre la corruption et le
blanchiment des capitaux
115
membres de la CEMAC ont pallié à ce bémol en adhérent tous au droit uniforme
et harmonisé de l’organisation pour l’harmonisation du droit des affaires en
Afrique (OHADA). Cette organisation, en tant qu’organe législatif a élaboré des
instruments juridiques d’encadrement des affaires. Au travers d’actes uniformes,
l’environnement économique est encadré. Partant du droit des sociétés, des
suretés au droit commercial, du recouvrement des créances à la procédure
d’arbitrage. Toutes ces étapes encadrées dans le traité OHADA font partie du
processus d’investissement et la sécurité la plus absolue accordée aux
investisseurs est le recours aux procédures d’arbitrage international, ce qui
donne la possibilité aux investisseurs de revendiquer leurs droits devant les
arbitres neutres choisis par les parties, ou devant des cours impartiales. L'Acte
Uniforme sur l'Arbitrage en droit OHADA est dorénavant le droit commun de
l'arbitrage dans tous les États membres de l'espace OHADA216.
216
Nous reviendrons plutard sur l’application de l’acte uniforme sur l’arbitrage.
116
A. Incitations fiscales, douanières et financières
En effet, les pays de la zone CEMAC ont mis en place des stratégies
d’incitations à l’investissement dont les mesures les plus importantes sont les
incitations fiscales et douanières. Ainsi, bénéficiant d’un régime fiscal presque
similaire, du fait d’une fiscalité commune jusqu’à leurs indépendances217 , et
plus récemment de leur appartenance commune à la CEMAC, dont l’un des
objectifs est l’harmonisation des politiques fiscales et douanières de ses Etats
membres, les Etas Membres de cette organisation ont pratiquement les mêmes
dispositifs d’incitation fiscale, la différence résidant plus sur l’évolution des
normes. Dans certains Etats la réglementation est plus actualisée et pratique que
dans d’autres. C’est le cas du Cameroun et du Congo qui serviront d’illustration
ici. Le premier pour avoir un dispositif d’incitation fiscale le plus récent de la
sous-région, le second pour la spécificité de son régime fiscal.
217
Exception faite de la Guinée Equatoriale
117
majorité des Etats de la CEMAC se sont illustrés par une codification favorable
à l’investisseur étranger, parfois au détriment des nationaux.
218
L’ordonnance n° 90/001 du 29 janvier 1990 (ratifiée par la loi n° 90/023 du 10 août 1990)
219
Lire les articles 15, 16 et 17 sur les avantages fiscaux de la zone franche :
[Link]
220
Cf : Article 29 à 35 de la charte de 2002
221
Prévu par l’article 16 du code des douanes
118
s’ajoute la liberté pour l’investisseur de disposer librement de ses fonds et
dividendes et de les rapatrier librement à l’étranger222, etc…
222
Article 12. Cet avantage est aussi accordé aux employés expatriés de l’investisseur
223
Régime de soutien aux entreprises remplissant les critères d’admission à la charte et réalisant un
investissement supérieur ou égal à cent millions de francs CFA
224
Régime de soutien aux entreprises remplissant les critères d’admission et réalisant un investissement
supérieur ou égal à trente millions de francs CFA et inférieur à cent millions de francs CFA.
225
Régime de soutien aux entreprises exportatrices agréées à la charte des investissements.
119
de l’IRPP au cours des trois premiers exercices et de la réduction de 50% de l’IS
et de l’IRPP, au cours de la 4e et 5e année d’exercice qui suivent les trois
premiers exercices226.
Il est évident que la qualité des institutions reste au cœur des politiques
d’attractivité. A cet effet, l’environnement administratif bureaucratique et
infrastructurel des affaires est un élément important de l’attractivité d’un
territoire. Car ce sont les premiers interlocuteurs des éventuels investisseurs.
226
MOUNZEO BREITZER F., Système fiscal congolais, présentation du Jeudi 13 Mai 2013. Consultable
sur :[Link]
120
de l’investissement. A cet effet, la plupart des Etats membres ont crée des
agences de promotion des investissements étrangers.
Elle assure en outre les services publics auxquels on droit les entreprises
qui sollicitent ou ont obtenu le bénéfice d’un des régimes de la charte des
227
Source, site de la présidence de la république du Cameroun : [Link]
121
investissements, d’une part, et le suivi des entreprises bénéficiaires des
avantages de ladite charte et de la loi fixant les incitations à l’investissement
privé au Cameroun d’autre part. Ses missions ont été renforcées par décret
présidentiel N°2013/296 du 09 Septembre 2013. Désormais, elle s’occupe
uniquement des investisseurs étrangers et locaux, sans prendre en compte les
Pme locales. Un guichet unique est crée pour orienter et assister ces
investisseurs étrangers ainsi que des accueils privilégiés dans les aéroports. Elle
est assistée d’un Comité de contrôle de l’effectivité des investissements228, et
plus récemment d’une agence de promotion des petites et moyennes entreprises
(APME)229.
122
L’APIEX s’inscrit ainsi comme catalyseur d’opportunités, accélérateur de
projets et pourvoyeur de solutions à l'échelle nationale et internationale »231.
231
Extrait du site officiel de l’APIEX : [Link]
232
A consulter sur le site : [Link]
123
CHAPITRE 2 : DISPOSITIF D’INTEGRATION DES
NORMES JURIDIQUESD’ENCADREMENTDES IDE EN
ZONE CEMAC
233
HASS Ernst, the Uniting in Europe, L’organisation internationale vue sous l’angle du fonctionnalisme et de
l’intégration, Stanford University Press, 1958, p. 16. Cité par C. ALGER, in ABI-SAAB (Dir.), Le concept
D’organisation internationale, UNESCO, Paris, 1980.
234
LIMBEL Harry, The International theories of integration, London, 1964.
235
CORNU (G), association Henri Capitant (PUF) dernière édition mise à jour, page 556.
124
modèle européen et du parcours du processus d’intégration Européenne236, les
autorités communautaires de la CEMAC ont fait face à la difficulté d’une
identité de droits dans un regroupement communautaire avec des Etats
souverains237. Ils ont ainsi opté pour une voie plus flexible, celle de
l’harmonisation dans le domaine du droit privé, qui consiste : « à articuler les
différences autour d’un standard commun, plutôt que de chercher à supprimer
les spécificités de chacun »238. C’est dans cette lancée que la communauté de la
sous-région CEMAC a adopté le 17 décembre 1999 le règlement
n°17/99/CEMAC-20-CM-03 portant charte communautaire des investissements
qui vise de façon générale l'harmonisation du régime des investissements en
zone CEMAC. Cette norme suprême en matière d’IDE dans la sous-région est
complétée d’autres dispositifs législatifs qui encadrent l’IDE dans la sous-
région.
236
Bien que les contextes et les objectifs ne soient pas forcément les même, la CEMAC peut dans une certaine
mesure ce rapprocher de l’idée de l’UNION EUROPEENNE, qui est aussi un regroupement communautaire plus
ancien, mais avec d’énormes visées économiques.
237
Bien que les contextes et les objectifs ne soient pas forcément les même, la CEMAC peut dans une certaine
mesure ce rapprocher de l’idée de l’UNION EUROPEENNE, qui est aussi un regroupement communautaire plus
ancien, mais avec d’énormes visées économiques.
238
CANIVET (G), Convergence des systèmes juridiques du point de vue du droit privé français, RIDC. 1-2003
239
DELMAS MARTY (M), Critique de l’intégration normative : L'apport du droit comparé à l'harmonisation des
droits, Broché 2004
240
DELMAS MARTY Mireille, Le phénomène de l’harmonisation : L’expérience contemporaine, in Pensée
juridique française et harmonisation européenne du droit, Société de Législation Comparée, 2003
125
œuvre au sein de la CEMAC (section I) au moyen de l’étude des mécanismes
d’adaptation et secondairement le système juridique de contrôle de conformité
de ces normes vis-à-vis du cadre normatif international et le règlement des
différends y relatifs(section II).
241
C’est le cas en exemple du droit de l’OHADA ou consulter pour plus de détails sur l’unification des systèmes
juridiques au niveau transnational, le site Internet d’UNIDROIT –[Link]
– ANOUKAHA François, Le droit des sûretés dans l’Acte Uniforme OHADA, Introduction, PUA, col. Droit
Uniforme, Yaoundé, 1998, pp. 3-9.
242
GNIMPIEBA TONNANG Edouard, Droit matériel et intégration en Afrique
Centrale (contribution à l’étude des mutations récentes du marché intérieur et du droit de la concurrence
126
évoqué au long de cette étude comme étant un processus d’adaptation des
législations nationales des Etats de la CEMAC en matière d’investissement
étranger, aux règles communautaires et internationales. L’idée d’harmonisation
est à ce point au cœur du processus d’intégration , car adapter des politiques
entre Etats souverains au sein d’une même communauté économiques renvoi à
intégrer dans le dispositif national les dispositions statutaires de l’organisme
communautaire qu’est la CEMAC…
244
Voir paragraphe II de la section 1 du chapitre premier.
127
Paragraphe I) Adaptation du droit interne des Etats Membres
aux normes sous-régionales et internationales
128
ordres juridiques nationaux245. Une explication succincte de la portée de ces
principes est nécessaire afin d’envisager les modes de réception de ce droit.
245
ISAAC Guy, BLANQUET Marc, Droit communautaire général, Broché 2012.
246
Selon le droit communautaire européen, l’invocabilité du droit communautaire par les particuliers d’un Etat
membres se fait sous réserve de certaines conditions. Selon qu’il s’agisse de directives, de décisions, ou d’un
règlement.
Sources : [Link]
L’invocabilité du règlement communautaire : « obligatoire dans tous ses éléments et directement applicable
dans tout Etat membre » (art. 249 CE, ex. art. 189). Il est donc toujours invocable devant les juridictions
nationales .Il existe toutefois une condition sous-entendue pour qu’il puisse légitimement être invoqué par
et/ou contre les particuliers : il doit créer des droits ou des obligations à leur profit ou à leur encontre.
L’invocabilité des décisions communautaires : si elles sont adressées aux particuliers, elles sont, comme les
règlements, toujours invocables devant les juridictions nationales tant à l’encontre d’une autorité publique
qu’à l’encontre d’un autre particulier. Si elles sont adressées aux Etats, leur invocabilité est soumises aux
mêmes conditions que celles des directives communautaires (GRAD FRANZ, CJCE, 6 octobre 1970, 9/70)
L’invocabilité des directives communautaires : Elles ont pour seuls destinataires les Etats membres qui sont
tenus de les transposer dans leurs ordres juridiques internes. En effet, ce ne sont donc pas les dispositions des
directives qui sont directement invoquées par les particuliers devant les juridictions nationales, mais les
mesures nationales de transposition. Mais les particuliers peuvent se prévaloir directement devant le juge
national des droits que leur confèrent les dispositions d’une directive non transposée ou mal transposée à
condition que le contenu des dispositions concernées soit inconditionnel et suffisamment clair et précis (VAN
DUYN, arrêt du 4 décembre 1974, 41/74). Mais il faut reconnaitre que l’effet direct des directives n’est pas
vertical, car il ne crée pas des obligations pour les particuliers.
129
normes Communautaires priment sur toutes les normes nationales qu’elles
soient administratives ou législatives, parce que l’ordre juridique
communautaire l’emporte dans son intégralité sur les ordres juridiques
nationaux. L’application de ce principe est considérée comme primordiale à
l’efficacité du système juridique communautaire, car il se présente comme :
« une condition existentielle du droit communautaire dans la mesure où ce droit
ne saurait exister, en tant que tel, qu’à la condition de ne pas pouvoir être mis en
échec par les droits nationaux »247. Toutes les normes communautaires sont de
ce fait concernées par ce principe qu’elles soient primaires, dérivées,
d’application directe ou non. Car il convient néanmoins de préciser que les
modes de réception du droit communautaires diffèrent selon qu’il s’agit d’un
règlement, d’une décision, d’un avis, d’une recommandation ou d’une directive.
247
NTOUTOUME Jean-Marie : La force obligatoire des conventions internationales de droit économique et
communautaire. Lien d’accès : [Link]
248
Revoir les principes de primauté, application directe et immédiate du droit communautaire ;
130
démocraties de l’Union Européenne, et constitueront la base du processus
d’intégration sous régionale engagé au sein de cette communauté249. Ces
dispositions fondamentales seront d’ailleurs reprises dans la constitution de la
plupart des Etats membres de la CEMAC. Ceci démontre de la volonté
d’ouverture des politiques nationales au droit international et au processus
communautaire, tout en gardant une part de souveraineté dans le dispositif de
contrôle de la conformité de ces textes internationaux au droit interne. Nous
verrons néanmoins que chaque Etat membre adopte des moyens d’insertion
singuliers selon les spécificités de son contexte législatif et juridique.
249
Pour exemple, articles 54 et 55de la constitution Française du 4 Octobre 1958 qui énonce : « Si le Conseil
constitutionnel, saisi par le Président de la République, par le Premier ministre, par le président de l'une ou
l'autre assemblée ou par soixante députés ou soixante sénateurs, a déclaré qu'un engagement international
comporte une clause contraire à la Constitution, l'autorisation de ratifier ou d'approuver l'engagement
international en cause ne peut intervenir qu'après révision de la Constitution». Pour le premier, et : «Les traités
ou accords régulièrement ratifiés ou approuvés ont, dès leur publication, une autorité supérieure à celle des
lois, sous réserve, pour chaque accord ou traité, de son application par l'autre partie ».
250
Source : [Link]
juridiques/[Link]
251
Les articles 21 de l’additif du traité CEMAC ainsi que l’article 41 du traité révisé stipulent que les dispositions
du règlement sont directement applicables dans les Etats membres.
131
transposition252. Au travers de cet effet direct, il devient l’instrument normatif le
plus efficace dans une communauté sous régionale et est moins utilisé que les
directives. Sans doute du fait qu’il influence grandement l’ordre juridique
interne des Etats membres. Les dispositions de la charte CEMAC des
investissements s’impose donc de façon directe générale et impérative à tous les
Etats membres de la CEMAC dès sa ratification.
252
C’est l’action d’insérer en droit interne les normes communautaires, moyennant les vérifications et
remaniements nécessaires ; elle désigne principalement les tâches incombant aux départements ministériels,
en vue de l’intégration des directives communautaires.
ème
CORNU G, vocabulaire juridique, 7 édition, 2006. p.916 : « C’est l’action d’insérer en droit interne les normes
communautaires, moyennant les vérifications et remaniements nécessaires ; elle désigne principalement les
tâches incombant aux départements ministériels, en vue de l’intégration des directives communautaires »
253
Dispositions du chapitre 5 du préambule de la charte communautaire des investissements, qui énonce
que : « les Etats membres ont la possibilité, par des réglementations nationales, de préciser et compléter les
dispositions de la charte sans la contredire ».
132
Etats membres pourraient procéder dans leur législation à une certaine forme de
transposition des dispositions de la charte, même si cela remet en cause le
principe de l’effet direct et immédiat du règlement. Nous verrons au cas par cas
selon l’étude des réglementations nationales qui suivra si le processus
d’harmonisation de la charte CEMAC au droit nationaux des Etats Membres
s’est fait par la voie d’une simple application directe, d’une incorporation ou
d’une transposition de la charte CEMAC au sein de l’ordre juridique national
des Etats membres.
133
codifications nationales ceci par des mécanismes d’application qu’on pourrait
qualifier de « semi-directe »254.
Pour les Etats qui disposaient déjà d’une codification encadrant les IDE
avant la charte CEMAC, nous verrons que bien qu’une mise en conformité soit
nécessaire, il existe tout de même de manière substantielle, des similitudes entre
certaines mesures d’incitations et d’encadrement des IDE de ces codes et ceux
prévus dans les dispositions de la charte communautaire. C’est le cas par
exemple de la Guinée Equatoriale.
254
En effet certaines chartes nationales, comme celle de la république Centrafricaine, précise qu’elle est prise
en application des dispositions de la charte communautaire de l’investissement de la CEMAC ».Voir article 1er
de la loi No 01-010 du 16 juillet 2001 portant charte des investissements de la république Centrafricaine.
134
la charte prévoit que : «Les Etats membres favorisent toutes les mesures
visant à relever le niveau de productivité des entreprises. Ils soutiennent le
développement des professions de conseils aux entreprises, par une
réglementation appropriée. Ils appliquent une politique de réduction des
coûts de transaction etc.… »
Le code des investissements Equato- Guinéen prévoit dans la même
lancée plusieurs avantages réservés aux entreprises dont le projet a été
approuvé sur une période pouvant aller jusqu’à 18 ans. Il y est prévu que
les entreprises qui créent de nouveaux emplois bénéficient dans le calcul
du revenu annuel imposable d’une réduction de la base imposable pouvant
atteindre les 50% des salaires versés aux employés nationaux durant
l’exercice. Et dans le cas de dépenses de formation liées au renforcement
des compétences professionnelles locales, elles peuvent bénéficier d’une
réduction de l’impôt sur le revenu pouvant atteindre 200% des dépenses
engagées.
135
première année d’exploitation »255. Ainsi que l’article 6 qui précisent que
les Etats membres « assurent le développement et l’entretien en bon état
des infrastructures économiques et sociaux de base, dans les domaines de
la santé, de l’éducation, de l’environnement et du développement
urbain ». L’article 21 de la charte dispose que « Pour favoriser un
développement harmonieux du territoire, des avantages spéciaux sont
accordés aux entreprises qui investissent dans les régions enclavées ou
arriérées : réduction d’impôts, prime d’équipement et compensation pour
les services sociaux fournis par l’entreprise et qui rentrent dans les
missions normales des Etats ».
255
Source, la charte Cemac des investissements, article 2, [Link]
[Link]/images/textes/Afrique_centre/CEMAC%20-%20Charte%[Link]
256
Il est à préciser que La Guinée équatoriale est membre de l’Agence multilatérale de garantie des
investissements de la Banque mondiale, qui couvre notamment les risques politiques d’expropriation, même si
en réalité ce mécanisme de protection des investisseurs ne vaut que pour certaines entreprises de grand
calibre.
136
équatoriale, il devrait avoir plutôt une adaptation du code existant à la charte
CEMAC, en introduisant les dispositifs de cette dernière à la norme nationale
existante. Bien sur la primauté du droit communautaire impose que toute
disposition contraire à la charte existante soit retirée du code existant et qu’en
cas de vide de la codification nation, que la charte CEMAC s’applique
automatiquement257. L’autre option donnée par la norme communautaire sur les
investissements aux Etats comme la Guinée Equatoriale serait de compléter les
dispositifs législatifs manquant par la création de nouvelles lois
d’accompagnement de la charte communautaire susceptible de la renforcer, en
encadrant de manière plus détaillée des domaines spécifiques sur lesquelles la
charte communautaire ne s’étend pas forcément. C’est notamment le cas de
l’encadrement fiscal et douanier qui dépend généralement du contexte
économique et diverge d’un Etat à un autre selon l’importance de ses ressources.
257
Principe de l’effet direct du droit communautaire
258
Cf, [Link] la loi no 15/1998 portant charte des
investissements du Gabon
259
Cf titre3,
260
Cf Titre 2
137
investissements261 à l’organisation du système financier262, les similitudes sont
nombreuses. Mais le plus intéressant est que bien avant la charte CEMAC, l’Etat
Gabonais au travers du titre 2 de son code conforte les investisseurs par son
adhésion aux principaux dispositifs internationaux de garantie des
investissements(OMC, partie aux traités MIGA263, le traité instituant le Centre
International pour le règlement des Différends relatifs aux Investissements -
CIRDI, l’adhésion à la Convention de New York sur la reconnaissance et
l’exécution des sentences arbitrales internationales de 1958 etc)… Ce constat de
la conformité de la charte Gabonaise portant sur les investissements malgré son
antériorité à la norme communautaire démontre qu’il existe une forte volonté
nationale d’encadrement des IDE qui précède même la volonté
communautariste. Nous verrons plutard que malheureusement la volonté à elle
seule ne suffit pas, il faudrait qu’à cela s’ajoute un dispositif institutionnel et
financier, une logistique favorable à l’application effective de la charte.
Pour les Etats ayant adoptés une charte sur les investissements postérieure
à l’entrée en vigueur de la charte communautaire CEMAC sur les
investissements264, le mode de réception de la charte fût un peu plus différent.
Pendant que pour certains il s’agissait tout simplement d’adopter une charte ou
une loi nationale sur les investissements en s’inspirant des dispositions de la
charte communautaire265, d’autres Etats comme le Congo et le Cameroun ont
tout simplement adopté un processus de mise en conformité de la charte
nouvelle aux dispositifs de la charte communautaire, abrogeant ainsi tous les
textes antérieurs ou contraires à cette dernière266. Le gouvernement Congolais a
261
Cf Titre 5
262
Cf Titre 6
263
L’Agence Multilatérale de Garantie des Investissements
264
C’est le cas notamment du Cameroun, du Congo, de la République Centrafricaine et du Tchad
265
C’est le cas notamment de la République Centrafricaine, et du Tchad
266
La charte du Congo est une loi n° 6-2003 Du 18 Janvier 2003 qui est venue abroger toutes les dispositions
antérieures ou contraires à celles de la présente loi notamment celles de la loi No 008-92 du 10 avril 1992
portant code des investissements du Congo modifié par la loi N0 7-96 du 6 mars 1996
138
d’ailleurs adopté un décret fixant les modalités d'agrément des entreprises aux
avantages de la dite charte267.
267
Décret No 2004-30 du 18 février 2004 fixant les modalités d'agrément des entreprises aux avantages de la
charte des investissements de la République du Congo.
268
Le préambule de la charte CEMAC sur les investissements précise que : Les Etats membres ont la possibilité,
par des réglementations nationales, de préciser et compléter les dispositions de la Charte sans la contredire.
269
Modifiée par l’ordonnance de 2009.
139
Charte des investissements du Cameroun270. Pendant que la charte
Camerounaise sur l’investissement reste dans l’esprit général des dispositions de
la charte communautaire, la grande différence réside dans l’énoncé des titres
même si les domaines concernés par cet encadrement restent plus ou moins
similaires. Il existe en effet de similitudes sur des grandes lignes comme le rôle
de l’Etat et le partenariat avec le secteur privé271, sur le dispositif d’incitation à
l’investissement par l’ouverture aux institutions de régulation et de sécurisation
des investissements, les dispositions sur le règlement des conflits et
d’encadrement des relations commerciale (comme l’AGMI, le CIRDI, l’OMC
etc.…). Le constat est celui de la volonté des gouvernements membres de la
CEMAC d’affirmer une politique nationale d’encadrement des IDE par
l’adoption de normes précisément indépendantes de la charte communautaire,
même si elles en partagent l’esprit par l’ouverture aux accords communautaires
de coopération. La suite de notre étude nous démontrera l’effectivité de cette
démarche. Le constat pour le cas de ces pays est qu’il n’y pas application
concrète du principe de l’effet direct de la norme communautaire, mais une
certaine transposition de ses dispositifs par des normes nationales d’adaptation.
140
droit national des Etats membres, des traités bilatéraux ou multilatéraux ratifiés
par ces Etats, certaines recommandations d’organisations internationales, mais
aussi une partie de la jurisprudence internationale. C’est le cas notamment du
droit OHADA, de la réglementation de l’OAPI, des recommandations
d’organisations internationales comme l’OMC, le CIRDI, le CIMA
etc.…L’analyse du traité OHADA qui représente sans aucun doute l’un des
projets majeur d’intégration Africaine réalisé au cours des dernières décennies
exige que l’on s’attarde particulièrement à son mode de réception au sein de la
sous-région CEMAC (1), ainsi que la réception des autres normes (2).
272
Ce sont des actes juridiques élaborés et adoptés par le conseil des ministres des Etats membres de l’OHADA.
Ils sont souvent soit ministre des Finances, soit de la justice dans les Etats membres conformément à l’article
27 instituant le traité OHADA.
273
Du fait de la multitude des domaines encadrés par l’Ohada, nous avons actuellement 9 actes uniformes qui
encadrent majoritairement le processus économique, du commerce au transport de marchandises, des
groupements d’intérêts économiques aux sociétés commerciales, des suretés, au règlement de conflits etc. …
141
s’appliquer directement aux Etats membres sans subir aucunes mesures de
transformation ou de transpositions. Car en vertu de l’applicabilité immédiate du
droit dérivé, les domaines encadrés par les Actes uniformes OHADA,
s’imposent comme droit positif des Etats parties au traité. Or, l’uniformisation
étant un mode d’intégration plus radical où toutes les divergences sont éliminées
au profit d’une réglementation unique, le processus d’adoption de ces normes est
rendu un peu plus difficile au vu des susceptibilités liées au contexte politico
légal des Etats membres. La complexité du mode de réception ici vient déjà du
fait que tous les Etats signataires du traité OHADA n’appartiennent pas toujours
au même regroupement économique sous-régional. Il y en a qui sont parties du
système UEMOA pour l’Afrique de l’Ouest et d’autres en zone CEMAC274.
Néanmoins l’article premier du traité OHADA précise que le processus
d’harmonisation se fera : « Par l’élaboration et l’adoption des règles communes
et simples, modernes et adaptées à la situation de leurs économies, par ma mise
en œuvre des procédures judiciaires appropriées (…) ».
274
DIALLO Abdoulaye, Les conflits de lois dans le droit uniformisé de l'espace OHADA, Université Gaston Berger
de Saint-Louis- DEA 2009.
275
« La règle de l'applicabilité immédiate veut dire que les normes communautaires pénètrent immédiatement
dans l'ordre juridique des Etats sans le secours d'aucune mesure d'introduction au plan interne. De manière
concrète cette règle technique de l'applicabilité directe signifie que les dispositions communautaires, bien
qu'élaborées à l'échelle supra étatique, sont applicables dès leur publication au journal officiel » Tirée du
mémoire sur l’intégration juridique en Afrique par Samba Diouf.
142
de l'OHADA par le Secrétariat Permanent dans les soixante jours suivant leur
adoption. Ils sont applicables quatre-vingt-dix jours après cette publication, sauf
modalités particulières d'entrée en vigueur prévues par les Actes uniformes. Ils
sont également publiés dans les Etats parties, au Journal officiel ou par tout autre
moyen approprié. Cette formalité n'a aucune incidence sur l'entrée en vigueur
des Actes uniformes». On constate qu’une ouverture existe au niveau des actes
uniformes en eux même qui peuvent prévoir des modalités particulières d’entrée
en vigueur. C’est le cas en exemple de l’acte uniforme sur les sociétés
commerciales et les groupements d’intérêts économiques (AUDSCGIE) qui
prévoit en son article 919 la possibilité aux Etats membres d’appliquer leur
législation nationale pendant une période de transition de 2 ans276.
Ainsi, la plupart des chartes des Etats membres de la CEMAC sur les
investissements renforcent leur adhésion aux dispositifs du traité OHADA277.
C’est le cas de la charte des investissements du Congo dont l’article 11 alinéa2
et 5 précisent que l’Etat Congolais «Est partie au traité sur l’Organisation pour
l’harmonisation du droit des affaires en Afrique (…)Il s’engage également à
adapter son droit et sa politique judiciaire aux règles et aux dispositions des
accords internationaux, notamment le traité de l’Organisation pour
l’Harmonisation du Droit des affaires en Afrique(…)278. Au Cameroun c’est
l’article 10 de la charte du 19 avril 2002 modifiée en 2004 qui consacre
l’adhésion aux dispositifs OHADA en ces termes : « L’Etat garantit à toute
personne physique ou morale régulièrement établie ou désireuse de s’établir au
Cameroun en respectant les règles spécifiques liées à l’activité économique (…),
l’application équitable et transparente du droit des affaires conformément au
276
Article 919 de l’AUDSCGIE : « Est abrogé sous réserve de son application transitoire pendant une période de
2 ans à compter de la date d’entrée en vigueur du présent acte uniforme aux sociétés n’ayant pas procédé à la
mise en harmonie de leurs statuts avec les dispositions du présent acte uniforme, l’acte uniforme du 17 avril
1997 relatif au droit des sociétés commerciales et du groupement d’intérêt économique.
277
Nous ne prendrons que l’exemple concret du Congo, du Cameroun et du Tchad à titre illustratif.
278
Consultable sur : [Link]
%20Charte%20des%[Link]
143
traité relatif à l’organisation pour l’harmonisation en Afrique du droit des
affaires (traité OHADA) ». Réaffirmé dans l’article 11 al.2 : « L’Etat au traité
OHADA en application duquel des règles juridiques modernes simples et
inspirées de la pratique internationale ont été élaborées en droit des affaires ».
En ce qui concerne le Tchad, sa charte précise qu’elle est adoptée en application
des dispositions de la charte CEMAC des investissements qui par ailleurs
encadre l’application du droit OHADA aux Etats membres. On suppose donc
que ces dispositifs s’appliquent au Tchad. Néanmoins, l’article 8de la charte des
investissements du Tchad stipule que : « L’Etat veille à (…) garantir
l’application des procédures et arrêts de la Cour Communautaire de Justice de la
CEMAC et de la Cour Commune de Justice et d’Arbitrage (CCJA) de
l’Organisation pour l’Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires
(OHADA) ». Tout ceci démontre la volonté d’introduire le droit OHADA dans
le droit positif en vigueur dans les Etats membres de la CEMAC, même si cela
ne représente pas toujours une tâche facile.
En dehors du traité OHADA nous avons relevé qu’en Afrique il existe des
normes spécialisées auxquelles adhère la majorité, (voir tous dans certains cas)
des Etats membres de la CEMAC qui encadrent des domaines spécifiques
influençant de manière relative le processus d’investissement.
279
La majorité de ces instruments ont été cités et présentés dans le précédent chapitre (chap1, section 1, para2
page 61-71)
144
C’est le cas pour :
l’OAPI280, dont tous les Etats membres de la CEMAC font partie et sont
donc soumis au respect des dispositifs de cette organisation. Les
dispositifs liés au respect de la propriété intellectuelle sont repris
explicitement dans les différentes chartes ou code d’investissement des
Etats membres281.
280
Organisation Africaine de propriété intellectuelle dont l’adhésion des Etats membres de la CEMAC est
recommandée dans l’article 12 de la charte CEMAC sur les investissements
281
Article 5 charte des investissements du Congo, Article charte des investissements du Tchad, Article 10 para 3
charte des investissements du Cameroun, Article 1 de la charte des investissements du Gabon
282
Il faut préciser que la charte du Congo, de la République Centrafricaine et de la Guinée Equatoriale n’en font
pas nominativement mention.
-Charte de la République du Tchad, Article 8 : « L’Etat veille à(…) adhérer aux dispositions internationales de
garantie et de protection des investissements et respecter les accords bilatéraux et multilatéraux y relatifs
notamment ceux de l’Agence Multilatérale de Garantie des Investissements (AMGI)
-Charte du Gabon, Article 2 : « La République Gabonaise (…) a conclu des accords bilatéraux et fait partie des
traités multilatéraux en matière de garantie des investissements dont celui de l’Agence Multilatérale de
Garantie des Investissements (MIGA)
283
Selon une décision prise par son conseil d'administration le 30 juin 2014, la MIGA accordera ainsi une
garantie d'un montant de 180 millions $ (environ 82 milliards de francs Cfa) à Energy Cameroon Coöperatief
B.A, filiale d’Actis, dans le cadre de sa prise de participation au sein du capital de la Société nationale
d'électricité (AES Sonel). L'assurance d'une durée de huit ans couvre les risques de restriction de transfert de
devises, de guerre, de troubles civils et de rupture de contrat.
145
Des conventions internationales comme la Convention de New York sur
la reconnaissance et l’exécution des sentences arbitrales internationales
conclue en 1958 sous les auspices des Nations Unies284 , ou encore les
accords et recommandations de l’OMC.
284
Tous les Etats membres de la CEMAC en sont signataires
286
Qui précise que : « La République Gabonaise a conclu des accords (…) et celui institutiant le centre
international pour le règlement des différents relatifs aux investissements (CIRDI) (…) »
287
Qui énonce que : « L’Etat est partie (…) il adhère notamment : (…) à la convention de Washington instituant
le centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI).
288
On peut citer en exemple l’accord entre le Cameroun et la République du Canada concernant la promotion
et la protection des investissements. Article 24
289
« Tout différent opposant un ou plusieurs investisseurs à l’État centrafricain concernant l’application de la
Charte est réglé conformément à une procédure d’arbitrage et de conciliation découlant : (…) soit si la
personne physique ou morale concernée ne remplit pas les conditions de nationalité stipulées à l’article 25 de
la Convention
susvisée, conformément aux dispositions des règlements du mécanisme supplémentaire approuvées par le
Conseil d’Administration du Centre International pour le Règlement des Différends relatifs aux Investissements
(CIRDI). »
290
Le recours aux juridictions du CIRDI ou au mécanisme supplémentaire tels qu’énoncés ci-dessus doit être
expressément précisé dans les agréments
146
Centrafricaine291. Bien que recommandée par la charte communautaire sur
les investissements, la Guinée Equatoriale n’est pas encore membre du
CIRDI, mais elle est souvent jugée par ce dernier en tant que
demanderesse ou défenderesse pour des litiges par le biais de l'utilisation
de la clause dite de Mécanisme Supplémentaire (Additional Facility –
AF)292, et de son adhésion à la Convention des Nations Unies de 1958293.
La charte Congolaise quant à elle dans son article 37, précise que c’est
dans le cadre de procédure particulières d’arbitrage ou de conciliation
prévues par les parties qu’il pourrait avoir un recours au CIRDI.
291
La société demandant au CIRDI de déclarer valable le contrat d’exploitation pétrolière qu’elle avait signé
sous le régime Patassé, de constater que le régime Bozizé l’a empêché de poursuivre l’exécution du contrat, et
de condamner en conséquence l’Etat centrafricain à rembourser ses investissements ainsi qu’à lui payer des
dommages intérêts.
292
Lire à ce propos les explications sur le mécanisme supplémentaire disponible sur le site officiel du CIRDI :
[Link]
293
Hess, Tullow oil,Conakry-BSGR V l’Etat Equato-guinéen
147
communautaire et les règles internationales. Mais cette cohérence n’est pas
toujours effective d’où la gestion perpétuelle et l’intégration de certaines limites
au processus d’harmonisation dans la sous-région CEMAC objet du paragraphe
II de cette première section.
294
Conf, article 21 de l'additif au traité CEMAC
295 ème
CHAPUS René, Droit administratif général, tome 1, 15 édition, Montchrestien, Paris, 2001, p. 1011
148
exacte à la norme supérieure. Elle doit pourtant être distinguée de la notion
voisine de compatibilité.
296
REY-DEBOVE [Link] REY (A), Le nouveau Petit Robert, Maury imprimeur S.A., Paris, 2002, p. 488.
297
On entend ici par communautarisme l’ensemble des sources issu du droit national, communautaire CEMAC
et droit international.
298
Pacta sunt servanda signifie donc que les parties à une convention doivent respecter les obligations qui en
découlent et ne sauraient en aucune manière s'en affranchir. Il s'agit là d'un principe bien connu du droit des
obligations et du droit international public
149
ont vocation à s’imposer au droit interne. Ceci entraîne pour le droit national une
obligation de conformité qui doit être vérifiée aussi bien en ce qui concerne les
principes que relativement aux règles de fond de ce droit supérieur.
299
Les recommandations des organisations comme l’OMC, les dispositifs de la Convention de Washington de
1965 créant le Centre International des Différends relatifs aux Investissements (CIRDI) auxquels les Etats
membres de la CEMAC adhèrent
300
Expression latine qui désigne en droit la Compétence territoriale, Expression latine qui désigne la
compétence d’attribution
150
affaires et plus spécifiquement de l’investissement301. A cet égard le législateur
Africain a veillé à ce que tous les actes uniformes adoptés dans le cadre de ce
traité contiennent des formules abrogatoires de toutes les dispositions contraires
en droit interne. Mais déjà il se pose le problème des rapports entre les normes
communautaires car en effet, les ordres juridiques communautaires sont
gouvernées par le principe d’autonomie, mais de par la proximité de leur
domaine de compétence ou de leur territorialité, finissent par avoir recours aux
normes des autres systèmes concurrents. C’est notamment le cas en ce qui
concerne les normes d’encadrement juridique des investissements dans la sous-
région CEMAC.
301
Il est à préciser qu’au sein des textes de l’Ohada il n’est pas fait distinction entre les investissements
nationaux ou étrangers
302
Cette liste n’étant qu’à tire illustratif, les exemples n’étant pas exhaustifs
151
objectifs sont repris tant par le préambule du traité OHADA303 et le
préambule de la charte CEMAC des investissements, ainsi que dans les
articles 1 et 2 de ladite charte304.
La promotion de l’arbitrage comme instrument de règlement des
différents : Repris dans le préambule du traité OHADA et en son article
1er et 5de la charte CEMAC ainsi que les chartes des investissements de
la majorité des Etats membres de la CEMAC305.
La reconnaissance de compétence de la cour commune de justice et
d’arbitrage et l’application de ses sentences : Affirmée dans les articles 4
et 5 de la charte communautaire, et les articles 20- 24-25 du traité
OHADA306
Pour ce qui est des rapports entre l’OHADA et les Etats membres de la
CEMAC, l’article 10 du traité sur l’OHADA résume de manière explicite les
rapports entre cette organisation et les Etats parties307. Toutes dispositions du
droit interne des Etats membres de la CEMAC qui seraient contraires aux
dispositifs OHADA sont tout simplement annulées ou invalidées. Il est de fait
que les Etats membres de la CEMAC font acte de l’application directe des actes
uniformes dans leurs législations internes.
Les similarités dans les dispositifs est plus perceptible entre normes
intracommunautaires à savoir la charte CEMAC des investissements et le droit
303
En ces termes : « …. De faciliter l’activité des entreprises, conscients qu’il est essentiel que ce droit soit
appliqué avec diligence, dans les conditions propres à garantir la sécurité juridique des activités économiques,
afin de favoriser l’essor de celles-ci et d’encourager l’investissement …)
304
En ces termes : « La Charte des Investissements constitue le cadre général commun regroupant l’ensemble
des dispositions destinées à améliorer l’environnement institutionnel, fiscal et financier des entreprises dans le
but de favoriser la croissance et la diversification des économies des pays membres, sur la base d’une meilleure
définition du rôle de l’Etat, et d’un développement harmonieux du secteur privé à travers des investissements
d’origine nationale ou étrangère. »
305
« Les Etats encouragent le recours à la procédure d’arbitrage et garantissent l’application des sentences
arbitrales. »
306
Dont l’énoncé principal est : « Les arrêts de la Cour Commune de Justice et d’Arbitrage ont l’autorité de la
chose jugée et la force exécutoire. Ils reçoivent sur le territoire de chacun des Etats-Parties une exécution
forcée dans les mêmes conditions que les décisions des juridictions nationales. ».
307
Qui énonce que « Les actes uniformes sont directement applicables et obligatoires dans les Etats-Parties,
nonobstant toute disposition contraire de droit interne, antérieure ou postérieure. »
152
interne des Etats membres. C’est par exemple le cas des dispositions
suivantes308 :
308
Nous ne prendrons que quelques dispositions similaires à titre d’illustrations.
309
Avec quelques différences le préambule précise : « La Charte des Investissements constitue le cadre général
commun regroupant l’ensemble des dispositions destinées à améliorer l’environnement institutionnel, fiscal et
financier des entreprises dans le but de favoriser la croissance et la diversification des économies des pays
membres, sur la base d’une meilleure définition du rôle de l’Etat, et d’un développement harmonieux du
secteur privé à travers des investissements d’origine nationale ou étrangère ».
310
En ces termes : Article 17 :« - La fiscalité des Etats membres repose sur les principes de simplicité, d’équité,
fiscale et de modération dans la pression fiscale. Ils ont adopté un tarif extérieur commun et ils s’appliquent à
en assurer une mise en œuvre homogène, à lutter contre la fraude et à limiter les régimes dérogatoires sources
de distorsions et d’inefficacité. Le taux du tarif des douanes applicable aux produits d’origine communautaire
est de zéro ». Article 18 : «Les Etats membres sont conscients de la nécessité de moderniser les administrations
fiscales et douanières. A cet effet, ils s’appuient sur la coopération douanière régionale… » ; Article 19 et
suivants…
-Articles 23 à 25 ( à quelques différences précises…)
-Articles 29 et 30
-Article 19
153
Cette liste de similarités n’étant pas exhaustive, nous démontreront aussi que
certains dispositifs à défaut de comporter des similitudes sont complémentaires
par leurs objectifs ou de par leur domaine d’application.
311
Il n’existe pas actuellement d’acte uniforme sur les investissements mais, ces derniers sont encadrés par des
actes uniformes qui portent soit sur le commerce général, soit sur l’arbitrage etc…
312
Titre 2 de la charte CEMAC des investissements, article 4.
154
La proximité entre la création des deux organisations que sont l’OHADA
et la CEMAC peut justifier cela, mais la révision des deux traités en 2008 aurait
pu permettre de rectifier le tir. Pendant que la CEMAC se rattrape dans sa charte
sur les investissements en 1999 en reconnaissant au traité OHADA une
influence en matière d’encadrement des investissements, le traité OHADA muet
sur la CEMAC. Cette référence au traité OHADA dans la charte CEMAC des
investissements constitue une preuve de la supériorité des dispositifs du traité
OHADA. Ce dernier se situe dans l’ordre des instruments juridiques
internationaux d’encadrement des investissements comme l’est la convention de
Washington du 18 Mars 1965 sur le règlement des différents relatifs aux
investissements créant le CIRDI, ou le traité de Séoul de 1985 instituant
l’AMGI, sur les autres organisations d’intégration économique en Afrique
notamment la CEMAC dans le cas d’espèce. Mais bien sûr leur intervention est
incontournable par le rôle déterminant du conseil des ministres des Etats
membres de l’OHADA qui sont au cœur du processus d’adoption des actes
uniformes. Les ministres des Etats membres de la CEMAC peuvent ainsi
influencer le dispositif normatif au sein de l’OHADA313. L’article 8 du traité
OHADA prévoit en effet la possibilité de bloquer l'adoption d'un Acte uniforme
qui irait à l'encontre des dispositions des autres traités. Il s’agit donc d’adopter
une solution préventive par le truchement de cette disposition. Elle soumet
l'adoption des Actes uniformes par le Conseil des Ministres à l'unanimité des
Etats présents et votants et n’est valable que si les deux tiers au moins des Etats
Parties sont représentés. Mais cela n’enlève pas au traité OHADA sa
compétence en matière d’encadrement des IDE.
313
Conformément aux dispositions de l’article 6 du traité sur l’OHADA.
155
dans l’acte uniforme sur le droit commercial général et celui sur la comptabilité
314
des entreprises . Le constat des rapports entre ces deux institutions
communautaires est donc qu’en matière d’encadrement de l’investissement, l’un
n’empêche pas l’autre d’exister, du moins théoriquement, mais surtout qu’ils se
complètent. Pendant que la charte CEMAC se limite à un rôle de régulateur et
de levier commun de promotion des investissements avec pour objectif de
limiter les obstacles aux échanges et les disparités économiques dans la sous-
région315. Le traité OHADA quant à lui, par le truchement de ses actes
uniformes adopte de manière plus technique, un processus d’accompagnement et
de sécurisation des affaires « économiques » auxquelles fait partie intégrante
l’acte d’investissement. Ainsi, au vu de la complexité et de l'étendue des
matières pouvant relever du droit des affaires, l’article 2 du traité, énumère de
manière non exhaustive les actes qui entre dans le domaine du droit des affaires.
Il s’agit notamment de l'ensemble des règles relatives au droit des sociétés et au
statut des commerçants, au recouvrement des créances, aux sûretés et aux voies
d'exécution, au régime du redressement des entreprises et de la liquidation
judiciaire, au droit de l'arbitrage, au droit du travail, au droit comptable, au droit
de la vente et des transports etc.… Il est donc plus complet que la charte
CEMAC et un peu plus détaillé. Le plus étant que contrairement à la charte
CEMAC, les actes uniformes qui en découlent s’appliquent directement dans les
Etats membres. L’un n’empêchant l’autre, les investisseurs qui opèrent dans les
Etats membres de la CEMAC, peuvent se référer à la charte CEMAC des
investissements en vigueur, mais aussi appliquer les actes uniformes relatifs au
droit des sociétés commerciales au moment de la création de leur entreprise,
314
Articles 81, 86, 89, 91 de l’acte uniforme sur les sociétés commerciales ou GIE, l’article 94 de l’acte
uniforme sur le droit commercial, et l’article 32 sur la comptabilité des entreprises.
315
Voir préambule du règlement no : 17/ 99 / CEMAC - 020 - CM- 03 du 17 décembre 1999 portant charte des
investissements de la CEMAC, Bulletin officiel de la CEMAC, no : 1999-2, pp.5-7. le préambule de ladite charte
la présente d’ailleurs comme : « Le cadre général commun regroupant l'ensemble des dispositions destinées à
améliorer l'environnement institutionnel, fiscal et financier des entreprises sans discrimination, dans le but de
favoriser la croissance et la diversification des économies des pays membres, sur la base d'une meilleure
définition du rôle de l'Etat et d'un développement harmonieux du secteur privé à travers des investissements
d'origine nationale ou étrangère »
156
bénéficier des garanties de suretés qu’accordent l’acte uniforme sur les suretés
ou celles des recouvrements de créances en cas d’impayés etc 316…
316
Nous pouvons citer de nombreux cas d’intervention des actes uniformes dans le processus d’investissement.
317
Cf article 22 charte des investissements RCA, article 11-31-37 de la CI du Congo, article 10-11-15-33 etc… de
la CI du Cameroun, article 8 de la charte des investissements du Tchad
318
Normes communautaires d’intégration, règles internationales, normes issues d’organisations
internationales spécialisées
319
Selon le principe de la supériorité de la norme internationale sur le droit interne
157
« conflit de lois »320. Il est plutôt question ici de déterminer : « Quelle loi a
vocation à s’appliquer à la situation juridique en recourant à une règle de
rattachement »321. Elle vise à analyser les situations d’incompatibilité ou de
coexistence difficile entre ces normes. Pour qu’il y ait conflit, cela suppose que
ces normes réglementent une même situation. C’est plus souvent le cas entre les
normes d’intégration économiques comme la CEMAC, l’OHADA et les normes
issues d’organisme spécialisée comme la CIMA, l’OAPI, qui toutes abordent un
aspect du droit des investissements à savoir le droit des affaires de façon plus
générale pour l’OHADA le droit de l’assurance pour la CIMA, le droit de
propriété intellectuelle pour l’OAPI322.
320
Expression très récurrente en droit privé, qui désigne une forme de concurrence entre les normes, et où la
solution réside en le choix du juge d’appliquer une loi par rapport à une autre.
321
KOUASSI KOUADJO, conflit des normes et application du droit communautaire dans l’espace OHADA.
Actualités juridiques –N° 70/2011
322
Nous nous limiterons dans le cadre de notre étude à ces deux cas d’espèces, sans perdre de vue le fait que
d’autre organismes comme l’AGMI ou le CIRDI interviennent aussi dans l’encadrement de l’investissement
étranger dans la sous-région CEMAC.
323
Article 4 de la charte, article 12, article 25
324
Liberté contenue dans l’article 2 du traité sur la possibilité de l’Ohada de légiférer sur toute matière que le
conseil des ministres décidera d’inclure dans le domaine du droit des affaires.
158
droit de la propriété intellectuelle pour le premier et des assurances pour le
second. Leurs dispositions s’imposent dans l’ordonnancement juridique interne
des Etats parties dont les Etats de la CEMAC. A titre d’illustration nous
prendrons deux exemples:
325
A partir de l’article 401 du code des assurances CIMA page 123, consultable sur :[Link]
[Link]/images/textes/Afrique/CIMA_Code_assurances.pdf
159
Le second exemple concerne l’article 325 du code CIMA qui conditionne
les poursuites en déclaration de cessation de paiement contre les
compagnies d’assurances, par la saisine de la commission de contrôle des
assurances326. Pourtant en droit OHADA, le processus d’ouverture des
procédures collectives est encadré par l’acte uniforme sur les procédures
collectives d’apurement du passif. Il ne prévoit aucune procédure spéciale
liée à la particularité de certaines entreprises. Les sociétés d’assurances
étant prisent en compte comme personnes morales ainsi qu’il est prévu
par l’article 2 alinéa 1 dudit acte uniforme327.
Le dernier exemple concerne l’accord de l’OAPI en son article 4 alinéa 2
qui stipule que « L'Accord et ses Annexes sont applicables dans leur
totalité à chaque Etat qui le ratifie ou qui y adhère ». Or en application de
l’article 2 du traité OHADA328, le conseil des ministres de l’OHADA a
décidé à l’unanimité le 23 Mars 2001 d’étendre le droit des affaires au
droit de la propriété intellectuelle, matière déjà encadré par les
dispositions de l'Accord portant révision de l'Accord de Bangui du 02
mars 1977 instituant une OAPI329. Si l’OHADA adopte un acte uniforme
sur la propriété intellectuelle, qu’adviendra-t-il des dispositions de l’OAPI
auxquelles les Etats membres de la CEMAC adhèrent ?
326
Cet article dispose que : la faillite d'une société régie par le présent code, ne peut être prononcée à l'égard
d'une entreprise soumise aux dispositions du présent livre qu'à la requête de la commission de contrôle des
assurances. Le Tribunal peut également se saisir d'office ou être saisi par le ministère public d'une demande
d'ouverture de cette procédure après avis conforme de la commission de contrôle des assurances. Le Président
du tribunal ne peut être saisi d'une demande de règlement amiable qu'après avis conforme de la commission
de contrôle des assurances ».
327
Qui dispose : « ….Le règlement préventif est applicable à toute personne physique ou morale commerçante
et à toute personne morale de droit privé non commerçante, à toute entreprise publique ayant la forme d’une
personne morale de droit privé qui, quelle que soit la nature de ses dettes, connaît une situation économique
et financière difficile mais non irrémédiablement compromise. »
328
Précédemment cité qui accorde une ouverture à l’OHADA
329
Décision n° 002/2001 du 23 Mars 2001 relative au droit OHADA qui ajoutait les matières suivantes au droit
des affaires : Le droit de la concurrence, le droit bancaire, le droit de la propriété intellectuelle, le droit des
sociétés civiles, le droit des sociétés coopératives et mutualistes, le droit des contrats, le droit de la preuve.
160
Ces trois exemples démontrent les interférences qui peuvent exister entre les
différentes normes d’encadrement des investissements en zone CEMAC. Du fait
de la multitude des normes qui s’imposent au droit interne des Etats membres et
qui parfois chevauchent entre elles, un risque de conflits de normes reste présent
et peut constituer un obstacle sérieux au processus d’harmonisation des normes
en régissant l’investissement étranger dans la sous-région CEMAC. Néanmoins,
en dépit de l’éventualité de ces conflits, le droit communautaire CEMAC prévoit
des dispositifs de contrôle de conformité de ces normes d’encadrement de
l’investissement direct étranger mais aussi des modes de règlements de
différends y relatifs dont l’étude constituera l’objet de la section 2.
330
Qui dispose : « Tout traité en vigueur lie les parties et doit être exécuté par elles de bonne foi ».
331
Il est à préciser que tous les Etats membres de la CEMAC ont ratifié ce traité. En exemple pour un des Etats
membre qu’est le Cameroun, cette supériorité du droit international est consacrée par l'article 45 de la
constitution qui dispose que « les traités ou accords internationaux régulièrement approuvés ou ratifiés ont, dès
leur publication, une autorité supérieure à celle des lois, sous réserve pour chaque accord ou traité, de son
161
base de notre développement à propos de la nécessité d’un contrôle de
conformité des normes applicables à l’espace CEMAC en matière
d’investissement étranger, mais aussi du contrôle de leur application par les
Etats membres. Au vu de la nécessité d’apporter des garanties juridiques aux
investisseurs étrangers dans la sous région CEMAC, il est important pour le
droit communautaire de créer les conditions juridiques et législatives qui
permettront au droit interne d'intégrer les obligations communautaires et
internationales auxquelles les Etats membres ont souscrit. Il est important
également de poser un cadre institutionnel propice au respect du principe de la
hiérarchie des normes, car qui dit hiérarchie des normes suppose un mécanisme
juridique de contrôle de conformité de la norme inférieure à la supérieure
(paragraphe I), mais aussi un cadre juridique tant communautaire
qu’international de règlements de différends qui pourraient naitre d’une
mauvaise application de ces normes ou plus radicalement d’un refus de s’y
soumettre (Paragraphe II).
application par l'autre partie ». Le juge administratif Camerounais a confirmé cette position dans l'arrêt
n°163/A/CFJ/CAY du 08 juin 1971 qui souligne que : « Les conventions internationales constituent des sources
de droit interne ; leur violation peut être invoquée à l'appui d'un recours devant le juge administratif ».
162
conformité. Ces mécanismes sont aussi présents dans l’ordre juridique des Etats
membres de la CEMAC332. Nous tacherons dans ce paragraphe, de présenter les
principaux instruments juridiques de contrôle en vigueur dans la sous-région.
332
En guise d’exemple au Cameroun cette supériorité du droit international est consacrée par l'article 45 de la
constitution qui dispose que « les traités ou accords internationaux régulièrement approuvés ou ratifiés ont, dès
leur publication, une autorité supérieure à celle des lois, sous réserve pour chaque accord ou traité, de son
application par l'autre partie ». Dans l'arrêt n°163/A/CFJ/CAY du 08 juin 1971, le juge administratif a confirmé
cette position en soulignant que « Les conventions internationales constituent des sources de droit interne ; leur
violation peut être invoquée à l'appui d'un recours devant le juge administratif ». Les constitutions Gabonaise et
Equato-guinéenne établissent une cour constitutionnelle chargée de vérifier tous les engagements
internationaux avant leur ratification (article 87 constitution du Gabon et 94 de la constitution Equato-
guinéenne.)
Article 222 de la constitution tchadienne : « Les traités ou accords régulièrement ratifiés ont, dès leur
publication, une autorité supérieure à celle des lois, … ». Article équivalent à l’article 72 de la constitution de la
république Centrafricaine.
163
A. Système juridictionnel de la CEMAC et des Etats membres
en charge du contrôle de l’application et de la conformité
des normes
333
Ceci dû au processus de ratification qui n’a pas encore été finalisé. Néanmoins l’institution de la commission
a été effective en remplacement du secrétariat exécutif issu de la défunte UDEAC.
334
A savoir 5 institutions communautaires dont l’Union économique de l’Afrique centrale (UEAC)
l’Union monétaire de l’Afrique centrale (UMAC) ;
le Parlement communautaire.
la Cour de justice communautaire.
La cour des comptes
Et 8 organes communautaires dont :
la Conférence des Chefs d’Etat ;
le Conseil des Ministres de l’Union Economique de l’Afrique Centrale ;
le Comité Ministériel de l’Union Monétaire de l’Afrique Centrale ;
le Secrétariat Exécutif ;
le Comité Inter-états ;
la Banque des Etats de l’Afrique Centrale (B.E.A.C.) ;
la Commission Bancaire de l’Afrique Centrale (COBAC) ;
l’Institution de Financement du Développement.
335
Article 2 du traité de 1994, et article 10 du traité revisité de 2008
336
Il dispose en effet que : « Les Etats membres apportent leur concours à la réalisation des objectifs de la
Communauté en adoptant toutes mesures générales ou particuliers propres à assurer l’exécution des
obligations découlant du présent Traité. A cet effet, ils s’abstiennent de prendre toute mesure susceptible de
faire obstacle à l’application du présent Traité et des Actes pris pour son application. En cas de manquement
par un Etat aux obligations qui lui incombent en vertu du droit communautaire, la Cour de Justice peut être
saisie en vue de prononcer les sanctions dont le régime sera défini par des textes spécifiques. ».
337
Article 48 du traité révisé de CEMAC (article 5 de l’ancien traité de 1994).
164
de 2008 n’est pas encore parachevé, nous évoquerons les attributs de la cour de
justice comme prévu par le traité de 1994338. En effet, la nouvelle cour de justice
de la CEMAC tel que définie par le traité revisité, héritera de la majorité des
attributs de l’ancienne chambre judiciaire.
338
La grande modification de la révision à ce niveau étant la séparation de la cour des comptes de la cour de
justice qui ne fait plus partie des organes constitutifs de cette cours. Il faut rappeler que dans le traité originel
de 1994, la cour de justice de la CEMAC était divisée en deux chambres, la chambre judiciaire et la chambre des
comptes.
339
Article 2 : « La Cour de Justice Communautaire est chargée du contrôle juridictionnel des activités et de
l'exécution budgétaire des Institutions de la Communauté Economique et Monétaire de l'Afrique Centrale. A ce
titre. Elle est chargée: d'assurer le respect des dispositions des Traités de la C.E.M.A.C. et des Conventions
subséquentes par les Etats membres, les Institutions et les Organes de la C.E.M.A.C.;
- d'assurer le contrôle des comptes de la C.E.M.A.C.;
- de réaliser par ses Décisions l'harmonisation des jurisprudences dans les matières relevant du domaine des
Traités, et de contribuer par ses avis à celle des législations nationales des Etats membres dans ces matières;
- de régler les contestations relatives à sa compétence.
Article 3 : « Pour l'accomplissement de ses missions définies à l'article 2 ci-dessus, la Cour de Justice exerce un
double rôle : juridictionnel et consultatif. ».
Article 4 : « Dans son rôle juridictionnel, la Cour de Justice rend, en dernier ressort, des Arrêts sur les cas de
violation des Traités de la C.E.M.A.C. et des Conventions subséquentes dont elle est saisie conformément à ses
règles de procédure. Elle est juge, en dernier ressort, du contentieux de l'interprétation des Traités,
Conventions et autres Actes juridiques de la C.E.M.A.C.. Elle est juge en appel et en dernier ressort des litiges
opposant la Commission Bancaire d'Afrique Centrale (COBAC) aux établissements de crédit assujettis. Elle est
juge, en premier et dernier ressort, des litiges nés entre la C.E.M.A.C. et les Agents des Institutions de la
Communauté, à l'exception de ceux régis par des contrats de droit local. »
Article 5 : « Les décisions rendues par la Cour de Justice en application de l'article 4 cidessus ont l'autorité de la
chose jugée et force exécutoire. »
Article 6 : « Dans son rôle consultatif, la Cour de Justice émet des avis sur la conformité aux normes juridiques
de la C.E.M.A.C. des Actes juridiques ou des projets d'Actes initiés par un Etat membre ou un organe de la
C.E.M.A.C. dans les matières relevant du domaine des Traités. Elle est consultée à cet effet par l'Etat membre
ou I' Organe de la C.E.M.A.C. qui en est l'initiateur ».
340
Appuyé par les articles 48 à 50 de l’ACTE ADDITIONNEL N° 06/00/CEMAC-041-CCE-CJ-02 Portant Statut de la
Chambre Judiciaire de la Cour de Justice de la CEMAC, du 14 Décembre 2000.
165
de la cour de justice CEMAC dispose que « La Chambre Judiciaire connaît, sur
recours de tout Etat membre, de tout Organe de la C.E.M.A.C. ou de toute
personne physique ou morale qui justifie d'un intérêt certain et légitime, de tous
les cas de violation des dispositions des Traités de la C.E.M.A.C. et des
Conventions subséquentes. Toute partie peut, à l'occasion d'un litige, soulever
l'exception d'illégalité d'un Acte juridique d'un Etat membre ou d'un Organe de
la C.E.M.A.C... La Chambre Judiciaire, saisie conformément aux alinéas
précédents contrôle la légalité des Actes juridiques déférés à sa censure ». C’est
donc l’institution par excellence de contrôle de l’application conforme du droit
communautaire. Les articles 15et 16 de ladite convention confirme encore plus
explicitement ce rôle dans leurs dispositions. « Statuant en matière de contrôle
de la légalité des Actes juridiques de la C.E.M.A.C. ou d'Actes s'y rapportant, la
Chambre Judiciaire peut prononcer la non-conformité des actes entachés de vice
de forme, d'incompétence, de détournement de pouvoir ou de violation des
règles de droit découlant de la présente Convention ou pris en application de
celle-ci». Et l’article 16 : « L’Etat membre ou l'Organe dont l'acte a été jugé non
conforme au droit communautaire est tenu de prendre les mesures nécessaires à
l'exécution de l'Arrêt de la Chambre Judiciaire. En cas de refus de se conformer,
tout Etat membre ou tout Organe de la C.E.M.A.C. en saisit la Conférence des
166
Chefs d'Etat». Concrètement, elle devra se prononcer lorsqu'elle est saisie, sur la
conformité des normes des Etats membres vis à vis des directives
communautaires, soit par renvoi préjudiciel, soit par la voie du recours en
manquement. Des mécanismes que nous développerons dans la suite de notre
étude.
341
Qui dispose : « L’Etat veille à (…) garantir l’application des procédures et arrêts de la Cour Communautaire
de Justice de la CEMAC ».
342
Qui dispose : « Les différends résultant de l’interprétation ou de l’application de la présente charte sont
réglés par les juridictions congolaises ».
167
reprendre l’expression de l’article 37, et ne peut reposer que sur les
dispositions de la convention régissant la cour de justice.
La charte Camerounaise quant à elle évoque en son article 24, la
compétence du conseil de régulation et de compétitivité pour le contrôle
du respect des textes et l’application de ladite charte343. Cet organisme a
été institué par le décret n° 2004/266 du 22 septembre 2004 portant
organisation et fonctionnement du conseil de régulation et de
compétitivité344.
Les chartes Gabonaises (article 2) et Centrafricaines (article 22), n’en font
pas mention mais reconnaissent la compétence d’autres institutions
extracommunautaires comme la cour commune de justice et d’arbitrage
de l’OHADA, la convention du 10 Mars 1965 sur le règlement des
différends etc…
2) La commission de la CEMAC
343
En ces termes : « Le recours intenté par l’investisseur pour non respect des dispositions de la présente loi et
ses textes d’application, se fait au préalable auprès du conseil de régulation et de compétitivité ».
344
En abrégé CRC, il a pour mission : « Il a pour mission de veiller à la réalisation des objectifs fixés par la Charte
des Investissements, d’assurer le contrôle du respect des dispositions de ladite Charte et de ses textes
d’application, et de réguler l’activité des organismes de promotion et de facilitation des investissements et des
exportations ». Article 2 du décret. Lien : [Link]
[Link]
168
mission de contrôle de l’application des traités est plus explicite dans l’article 82
de la nouvelle Convention régissant l’UEAC qui prescrit que « la Commission
assure la mission de gardienne des traités de la CEMAC ». C’est une innovation
majeure car désormais la commission de la CEMAC pourra veiller à
l’application conforme du droit de la CEMAC en appui à la CJC, par le biais
d’enquêtes régulières. Comme c’est le cas au sein de l’Union Européenne, la
Commission de la CEMAC procède désormais à une publication annuelle d’un
rapport sur l’état de l’application du droit communautaire dans la sous-région. A
cela, elle peut joindre des guides et des recommandations à l’attention des Etats,
pour atteindre les objectifs d’un droit communautaire. Elle peut entre autre,
émettre des avis motivés sur l’application du droit communautaire pas les Etats
Membres, ou les mettre en demeure au cas où ils manqueraient à leurs devoirs.
En dernier recours, elle peut si elle le juge nécessaire, porter plainte contre ces
Etats devant la CJC et y réclamer soit une condamnation à une astreinte soit le
paiement d’une amende équivalente à la durée de l’infraction345.
345
CHEDJOU Cédric, Traités et Conventions CEMAC révisés du 25 juin 2008 et application du droit
communautaire, Article juridique publié le 17/03/2014. Lien : [Link]
cedric/[Link]#.VNywHPmG-Sq
346
Notamment l’acte uniforme sur les sociétés commerciales et les GIE, sur le droit commercial général ou sur
le droit de l’arbitrage
169
compétence de la cour commune de Justice s’étend donc droit des
investissements en vigueur dans les Etats membres de la CEMAC de par leur
adhésion au traité OHADA.
C’est en effet l’article 14, alinéa 1 du traité OHADA qui lui attribue les
compétences en matière de contrôle de conformité et de l’application des
dispositifs issus du traité OHADA et son droit dérivé. Il dispose que « La Cour
Commune de Justice et d’Arbitrage assure l’interprétation et l’application
communes du Traité ainsi que des règlements pris pour son application, des
actes uniformes et des décisions». Il est ainsi attribué à la CCJA le rôle d’assurer
la cohérence commune de l’interprétation du droit de l’OHADA. Elle est la «
véritable dépositaire dans le système de l’OHADA du pouvoir émetteur de la
norme par son action interprétative »347. Ses compétences sont organisées autour
des articles 14 à 20 du traité sur l’OHADA, ainsi que les articles 21 et 24 qui
organisent les procédures d’arbitrages348. Globalement, la CCJA est compétente
347
Voir article 14 alinéas 2 du traité.
348
Article 14 révisé au Québec en 2008 : « La Cour Commune de Justice et d’Arbitrage assure l’interprétation et
l’application communes du Traité ainsi que des règlements pris pour son application, des actes uniformes et
des décisions. La Cour peut être consultée par tout Etat Partie ou par le Conseil des ministres sur toute
question entrant dans le champ de l’alinéa précédent. La même faculté de solliciter l’avis consultatif de la Cour
est reconnue aux juridictions nationales saisies en application de l’article 13 ci-dessus. Saisie par la voie du
recours en cassation, la Cour se prononce sur les décisions rendues par les juridictions d’Appel des Etats Parties
dans toutes les affaires soulevant des questions relatives à l’application des actes uniformes et des règlements
prévus au présent Traité à l’exception des décisions appliquant des sanctions pénales. Elle se prononce dans les
mêmes conditions sur les décisions non susceptibles d’appel rendues par toute juridiction des Etats Parties
dans les mêmes contentieux. En cas de cassation, elle évoque et statue sur le fond ».
Article 15 : « - Les pourvois en cassation prévus à l’article 14 ci-dessus sont portés devant la Cour Commune de
Justice et d’Arbitrage, soit directement par l’une des parties à l’instance, soit sur renvoi d’une juridiction
nationale statuant en cassation saisie d’une affaire soulevant des questions relatives à l’application des actes
uniformes ».
Article 16 : « La saisine de la Cour Commune de Justice et d’Arbitrage suspend toute procédure de cassation
engagée devant une juridiction nationale contre la décision attaquée. Toutefois cette règle n’affecte pas les
procédures d’exécution. Une telle procédure ne peut reprendre qu’après arrêt de la Cour Commune de Justice
et d’Arbitrage se déclarant incompétente pour connaître de l’affaire ».
Article 17 : « L’incompétence manifeste de la Cour Commune de Justice et d’Arbitrage peut être soulevée
d’office ou par toute partie au litige in limine litis. La Cour se prononce dans les trente jours qui suivent la date
de réception des observations de la partie adverse ou celle d’expiration du délai imparti pour la présentation
desdites observations »
170
pour toutes les questions relatives à l'application des Actes Uniformes, à
l'exception des décisions appliquant des sanctions pénales. Elle bénéficie par
ailleurs d’un relatif transfert de compétences qui auparavant, étaient attribuées
aux juridictions de cassation nationales. En effet elle peut servir de cour de
cassation conformément aux dispositions prévus par l’article 14, 15 et 16 du
traité. L’article 16 du traité précise en effet que « La saisine de la Cour
Commune de Justice et d’Arbitrage suspend toute procédure de cassation
engagée devant une juridiction nationale contre la décision attaquée. Toutefois
cette règle n’affecte pas les procédures d’exécution. Une telle procédure ne peut
reprendre qu’après arrêt de la Cour Commune de Justice et d’Arbitrage se
déclarant incompétente pour connaître de l’affaire ». Elle siège donc en dernier
recours et ses décisions sont revêtus de l’autorité de la chose jugée349.
Pour ce qui est des rapports avec les Etats membres de la CEMAC, le
traité OHADA reconnait en son article 13 la compétence des juridictions
nationales pour des contentieux pouvant naitre de l’interprétation ou de
l’application des actes uniformes (en première instance et en appel et lorsqu’il
n’existe pas encore une procédure de cassation pour ce contentieux)350. Cette
marge de manœuvre laissée aux Etats en droit OHADA n’empêche pas le fait
qu’en matière d’investissement étranger, la charte CEMAC des investissements
et celle des Etats membres confirment la compétence de la CCJA.
Article 18 : « Toute partie qui, après avoir soulevé l’incompétence d’une juridiction nationale statuant en
cassation estime que cette juridiction a, dans un litige la concernant, méconnu la compétence de la Cour
Commune de Justice et d’Arbitrage peut saisir cette dernière dans un délai de deux mois à compter de la
notification de la décision contestée. La Cour se prononce sur sa compétence par un arrêt qu’elle notifie tant
aux parties qu’à la juridiction en cause. Si la Cour décide que cette juridiction s’est déclarée compétente à tort,
la décision rendue par cette juridiction est réputée nulle et non avenue. »
349
Comme prévu par l’article 20 du traité qui dispose : « Les arrêts de la Cour Commune de Justice et
d’Arbitrage ont l’autorité de la chose jugée et la force exécutoire. Ils reçoivent sur le territoire de chacun des
Etats-Parties une exécution forcée dans les mêmes conditions que les décisions des juridictions nationales.
Dans une même affaire, aucune décision contraire à un arrêt de la Cour Commune de Justice et d’Arbitrage ne
peut faire l’objet d’une exécution forcée sur le territoire d’un Etat Partie ».
350
L’article 13 dispose : « Le contentieux relatif à l’application des actes uniformes est réglé en première
instance et en appel par les juridictions des Etats-Parties ».
171
En effet, c’est l’article 4 de la charte des investissements de la CEMAC
qui pose le cadre juridique de la compétence de la CCJA en matière
d’investissement dans la sous-région. Il dispose que « Les Etats membres
veillent à promouvoir la sécurité juridique et judiciaire, et à renforcer l’Etat de
droit. La Cour de Justice communautaire veille au respect des droits et
obligations qui découlent du Traité et des Actes pris en vertu du Traité. Ils
adhèrent au Traité de l’OHADA (l’organisation pour l’Harmonisation du Droit
des Affaires en Afrique). Ils garantissent l’application des procédures et des
arrêts de la Cour Commune de Justice et d’Arbitrage de cette Institution
régionale. Ils adaptent leur droit national et leur politique judiciaire aux règles et
dispositions de l’OHADA ». Les Etats membres de la CEMAC351 au travers de
leurs chartes sur les investissements reconnaissent la compétence de la CCJA
(de manière alternative) pour régler tout différend relatif à l’application de ladite
charte. C’est le cas de la République Centrafricaine,352de la charte du Gabon en
son article 2353, de la charte congolaise (article 11)354. Le Cameroun quant à lui
ne désigne pas explicitement la CCJA dans sa charte, mais confirme son
application du droit des affaires conformément au traité OHADA355.
172
2) Organes de contrôle d’organismes spécialisées
356
Pour plus d’informations se référer aux pages 65 et 66.
357
Consultable au lien : [Link]
[Link]/images/textes/Afrique/OAPI/OAPI_Accord_de_Bangui_revise.pdf
358
Voir à cet effet l’article 3 de l’accord ainsi que les dispositions prévus dans les annexes.
359
Suivi généralement de : « A l’application équitable et transparente du droit de la propriété intellectuelle
issue… ». C’est ainsi le cas de la charte Camerounaise des investissements (article 10)
173
peut tout de même remarquer que les Etats de la CEMAC ne se limitent pas qu’à
l’OAPI, mais aussi à l’OMPI (Organisation mondiale de la propriété
intellectuelle), et disposent librement de la possibilité d’encadrer juridiquement
le respect des droits des propriétés
360
Article 6-C.
361
L’article 17-b à propos de la mission de contrôle de la commission précise que : « Quand elle constate la non
observation de la réglementation des assurances ou un comportement mettant en péril l'exécution des
engagements contractés envers les assurés, la Commission enjoint à la société concernée de prendre les
mesures de redressement qu'elle désigne ».
362
Article 46 : « Les Etats membres assurent leur concours à la réalisation des objectifs de la Conférence grâce
à l'action de leurs représentants au Conseil et en adoptant toutes mesures internes propres à assurer
l'exécution des obligations découlant du présent traité. Ils s'abstiennent de toute mesure susceptible de faire
obstacle à l'application du présent traité et des actes établis par les organes de la Conférence. Dans le cadre de
l'obligation de collaboration définie à l'alinéa précédent, les Etats membres veillent à ce que les directions
nationales des assurances servent de relais à l'action de la Commission et des autres organes de la Conférence,
exécutent les missions énumérées à l'annexe II du présent traité. A la demande de la Commission ou du
secrétaire général, le Conseil peut constater qu'un Etat membre a manqué à l'une des obligations qui lui
incombent en vertu du présent traité. Il peut mettre cet Etat en demeure de prendre les mesures nécessaires
au rétablissement du bon ordre juridique ».
174
Nous faisons le choix de ne pas évoquer dans le paragraphe précédent les
dispositifs juridiques de contrôle issus d’organismes en charge de la garantie des
investissements comme l’AMGI ou le CIRDI (pour le règlement des différents)
dans la mesures où il s’agit de structures spécialisées qui n’interviennent pas
forcément dans le processus d’harmonisation des normes communautaires en
matière d’investissement, mais plus dans le cadre d’une « action internationale »
de promotion et de sécurisation des actes d’investissement avec une
réglementation qui leur est propre. Nous aborderons donc ces institutions dans le
cadre du système international de garantie des investissements mis en place par
la banque mondiale, qui a vocation à promouvoir les investissements privés
étrangers dans les pays membres comme le prévoit ses statuts.
175
Membres « aux principaux dispositifs internationaux de garantie des
investissements y compris celles relatives aux procédures des cours arbitrales
internationales et la reconnaissance et l’exécution de leurs sentences »363. Ainsi
la pratique de l’arbitrage est une des méthodes les plus populaire en matière de
règlement des différends économiques dans la sous-région mais ne demeurent
pas la seule voie de recours offerte aux investisseurs. L’on peut en effet
distinguer deux voies de règlement des différends en matière d’investissement à
savoir les modes judiciaires (A) et les modes arbitraux (B)
363
Tirée du préambule de la charte CEMAC des investissements paragraphe 2 .
364
Article 4 de la charte CEMAC des investissements, ainsi que l’article 48 du traité instituant la CEMAC.
176
à été délimité à celui de garant de l’application directe du droit communautaire
ainsi que sa primauté sur le droit interne qu’il soit antérieure ou postérieure. Il
assure ainsi à la fois le contrôle de la légalité et les recours en interprétation des
actes communautaires. Il existe à cet effet diverses procédures prévu par le
législateur communautaire qui peut être celle du recours direct (encore appelé
recours en manquement d’Etat) ou par le cadre d’un renvoi préjudiciel.
365
Il faut dire que cet article a été globalement influencé par l'article 226 du traité de la Communauté
européenne
366
MBOGNE CHEDJOU Gabriel Cédric, La transposition dans l’ordre juridique national des directives CEMAC :
une analyse sous le prisme de la pratique européenne. UYII/Institut des Relations Internationales du
Cameroun - Master en relations internationales option intégration régionale et management des institutions
communautaires 2012.
177
membre de la CEMAC ou à l’un de ses organes dont l’action ou l’inaction fonde
le recours en manquement367. Il peut être initié à l’initiative d’un Etat, d’un Etat
membre ou d’une institution indépendante de la commission de la CEMAC. En
effet le traité ne permet pas aux personnes physiques ou morales de faire recours
à la procédure en manquement d’Etat pour obtenir une sanction à la violation du
droit communautaire. Ils doivent en cas de besoin porter plainte auprès de la
commission pour qu’elle décide ou non d’engager une procédure d’infraction368.
Aucune garantie n’est donnée sur l’accord de la commission à engager une telle
procédure369. Car, si l'action est déclenchée par la commission elle-même, ou sur
plainte d'autres Etats ou de particuliers, elle peut décider discrétionnairement de
déclencher la procédure en mettant l'Etat en demeure de présenter ses
observations. Cette procédure peut s’interrompre, soit parce que la Commission
considère, au vu des explications de l'Etat que la plainte n’est pas fondée, soit du
fait que l'Etat incriminé ai pris des mesures corrigeant son infraction. Au cas
contraire, la commission émet un avis motivé, en donnant la possibilité à L'Etat
incriminé de se conformer à ses obligations ou persister dans son manquement.
La suite logique dans ce cas étant la saisine de la Cour de justice. Lorsque la
Cour de justice est saisie (soit par la commission soit par l’Etat plaignant)370,
elle vérifie si l’Etat incriminé est coupable ou non de violations de ses
obligations communautaires, si c’est le cas, elle prononce un arrêt en
constatation de manquement, et si les faits ne sont pas fondés, elle rejette le
recours. L’arrêt de manquement est revêtu de l’autorité de la chose jugée et
interprétée. Il s’impose à toutes les autorités et juridictions nationales. Il est à
préciser que la procédure de recours en manquement en zone CEMAC n’a pas
367
En droit communautaire est inclus dans un Etat son gouvernement, ses autorités décentralisées ou ses
organes judiciaires
368
Selon les prérogatives données par l’article 35 du traité CEMAC révisé : « …Le président de la commission
saisit la cour de Justice au fin de faire prononcer le manquement et de prononcer les sanctions… »
369
Selon l’article 31 du traité révisé de le CEMAC : « les membres de la Commission exercent leurs fonctions en
toute indépendance, dans l’intérêt général de la Communauté, ils ne sollicitent ni n’acceptent d’instructions
d’aucun gouvernement ni d’aucune autre personne physique ou morale. Les Etats membres sont tenus de
respecter leur indépendance. »
370
C’est à eux que revient l’obligation de prouver le manquement
178
encore été mise en œuvre depuis son adoption. Ceci du fait que le Traité
CEMAC révisé lui-même et les Conventions subséquentes ne sont pas encore
entrés en vigueur dans tous les Etats membres.
Le renvoi préjudiciel
371
Cette compétence est rappelée à l’article 48 du Statut de la Cour de justice communautaire.
372
C.J.C.E., 1er décembre 1965, SCHAWRZE, aff. N° 16/65. Rec. P. 1081.
373
Il pourrait s’agir par exemple de l’ordre des avocats, des organismes de régulation comme ceux du secteur
banquier, des télécommunications, des autorités administratives en charge de la concurrence etc.…ils exercent
ainsi des fonctions juridictionnelles en recevant des plaintes émises par des consommateurs des entreprises,
respectant leur droit à la défense et prenant des décisions ayant autorité de chose jugée.
179
forme d’une ordonnance, d’un jugement ou d’un arrêt engagée. Le juge national
est lié par la réponse préjudicielle en vertu du principe de la force obligatoire des
arrêts préjudiciels374. Les deux recours précédemment identifiés peuvent être
basés soit sur un contentieux en appréciation de la légalité375, soit un contentieux
lié à l’interprétation des actes communautaires. Il est important de préciser qu’en
matière de contrôle de la légalité par la chambre de justice de la CJC, l’article 4
du traité de la CEMAC en est le fondement juridique376. Tous les actes
communautaires n’étant pas concernés par le contentieux de l’application de la
légalité, seuls ceux issus du droit dérivé comme la charte CEMAC des
investissements peuvent être soumis au juge communautaire.
180
présente charte sont réglés par les juridictions congolaises». Les autres moyens
de recours étant des options alternatives qui restent tout de même les plus suivi
par les Etats membres comme le mode judiciaire prévu dans le cadre du droit
l’OHADA qui donne compétence aux juges de l’OHADA .
377
Article 4 paragraphe 2 de la charte CEMAC des investissements
378
Voir la page 152 à propos de la cour commune de justice de l’OHADA
379
Les Etats ou les juridictions des Etats membres peuvent les saisir sur des questions ayant trait à l’OHADA en
vertu de l’article 14 du traité OHADA. Les juges émettent dans ce cas un avis consultatif qui n’a pas de valeur
juridique contraignante.
380
Articles 28 et 29 du règlement d'arbitrage.
181
juridiction nationale, ou pour un recours en dernier ressort), soit par les
juridictions suprêmes nationales381.
381
MARTOR Boris, PILKINGTON Nanette, SELLERS David et THOUVENOT Sébastien, Le droit uniforme africain
des affaires issu de l'OHADA, Litec 2004, p. 13
182
aux Etats parties au Traité que toute autre personne ayant intérêt, à intervenir
aux litiges en cours en soutenant l’une des parties afin de conserver ses droits382.
382
KOUDZO IGNEZA Nayo, Le pourvoi en cassation devant la cour commune de justice et d'arbitrage de
l'OHADA, Ecole Nationale d'Administration (ENA-TOGO) - Diplôme, cycle III de l'ENA, Magistrature 2009
383
Article 35 de la convention régissant la CJC, ainsi que l’article 8 de la charte CEMAC des investissements,
article 2 charte Gabonaise, article 11 alinéa 3 de la charte camerounaise, article 12 de la charte congolaise etc…
384
Article 5 : « …Les Etats encouragent le recours à la procédure d’arbitrage et garantissent l’application des
sentences arbitrales ».
183
l'investissement en Afrique centrale ne dispose pas d'un mécanisme propre de
règlement des conflits. Elle fait tout de même référence aux méthodes
d'arbitrage des principaux forums internationaux de règlements des conflits liés
à l'investissement dont celui de l'arbitrage OHADA. C’est d’ailleurs dès le
préambule de la dite charte que s’affirme l’adhésion des Etats membres aux
principaux instruments internationaux de garantie des investissements ainsi que
ceux relatifs aux procédures arbitrales internationales ainsi qu’au respect de
leurs sentences. Bien qu’au plan interne généré par le droit communautaire
CEMAC, le recours à l’arbitrage puisse être fondé sur les dispositions de
L’article 22 de la convention régissant la Cour de Justice de la CEMAC qui
encadre les compétences arbitrales de cette cour, il n’existe pas encore des
règles de procédures arbitrales applicables à ce jour dans cette cour385. C’est
d’ailleurs principalement par renvoi aux mécanismes OHADA que la Charte
CEMAC des investissements réfère à l'arbitrage notamment dans son article 4
où il dispose : «Les Etats membres(…) Ils adhèrent au Traité de l’OHADA
(l’organisation pour l’Harmonisation du Droit des Affaires en Afrique). Ils
garantissent l’application des procédures et des arrêts de la Cour Commune de
Justice et d’Arbitrage de cette Institution régionale. Ils adaptent leur droit
national et leur politique judiciaire aux règles et dispositions de l’OHADA ».
Ainsi dans cette partie dédiée à l’arbitrage comme mode de règlement des
différends liés à l’investissement dans la sous-région CEMAC, nous nous
appuierons essentiellement sur les mécanismes d’arbitrage issus de l’OHADA
(1) et ceux des autres instruments juridiques internationaux de règlement des
différends liés à l’investissement (2)
385
Les règles de procédure arbitrale devant la Cour de Justice devront être adoptées par la Conférence des
Chefs d'Etats de la CEMAC par actes additionnels. Cet Acte additionnel qui devrait définir les modalités
d'exercice par la Cour de sa compétence arbitrale reste encore attendu. La Cour de Justice de la CEMAC n’a
toujours pas adopté son règlement d’arbitrage, à l’instar du règlement d’arbitrage de la Cour Commune de
Justice et d’Arbitrage de l’OHADA
184
1) Les mécanismes d’arbitrage dans le cadre du droit OHADA
386
Voir à cet effet le titre 4 du traité OHADA de 1993 révisé en 2008. Consultable : [Link]
[Link]/images/textes/Ohada/OHADA%20-%20Traite%20OHADA%[Link]
387
Adopté le 11 Mars à Ouagadougou et entré en vigueur le 11 Juin 1999.
388
Articles 21 à 26 du traité OHADA
389
Il est considéré comme l’instrument juridique de base en matière d’arbitrage au sein de l’OHADA.
185
l’un des Etats parties de l’OHADA, l’acte uniforme a vocation à s’appliquer390.
Néanmoins l’acte uniforme ne s’applique que s’il y a volonté des parties, car un
arbitrage peut avoir lieu dans l’espace OHADA sans que l’on applique les
dispositifs de l’acte uniforme. C’est la précision qui est faite par l’article 14
dudit acte en ces termes : « Les parties peuvent directement ou par référence à
un règlement d'arbitrage régler la procédure arbitrale : elles peuvent aussi
soumettre celle-ci à la loi de procédure de leur choix ». En effet, au départ d’un
arbitrage il faut une convention qui « Exprime la volonté des parties à recourir à
cette forme de justice privée »391. Cette convention d’arbitrage est la condition
pour le déclenchement de la procédure d’arbitrage. Le litige à la base de
l’arbitrage doit être d’ordre contractuel et la convention d’arbitrage doit être
sous la forme d’un écrit comme le précise l’article 3 de l’Acte uniforme relatif
au droit de l’arbitrage392, et indépendante du contrat principal dont la nullité ne
l’affecte pas393. De plus l’efficacité de la convention d’arbitrage tient aussi sur
l’incompétence des juges étatiques pour connaître des litiges visés dans une
convention d'arbitrage394. La composition du tribunal arbitral est laissée aux
parties qui ont un choix entre un ou trois arbitres, qui doivent être des personnes
physiques, faisant preuve d’impartialité et d’indépendance395. Ils doivent faire
mention de leur acceptation d’arbitrer le litige par écrit et la durée de leur
mission ne peut excéder 6 mois sauf convention contraire396. Les arbitres
trancheront le litige au fond sur la base des règles de droit choisis par les parties,
à défaut de leur choix, ils choisiront les règles qui leur semblent appropriés en
tenant compte des usages du droit international si besoin. Ils peuvent aussi
390
Même si l’article 14 donne une marge aux EM en ces termes : « Les parties peuvent directement ou par
référence à un règlement d’arbitrage régler la procédure arbitrale ; elles peuvent aussi soumettre celle-ci à la
loi de la procédure de leur choix. »
391
D’après PIERRE MEYER. Droit de l’arbitrage, Bruylant Bruxelles 2002.
392
Qui dispose : « La convention d'arbitrage doit être faite par écrit ou par tout autre moyen permettant d'en
administrer la preuve, notamment par la référence faite à un document la stipulant »
393
Voir Article 4 de l’AUA
394
Article 13 de l’AUA
395
Voir les articles 7 et 8 de l’AUA
396
Article 12 de l’AUA
186
statuer en amiable compositeurs avec accord des parties397. Dans l’arbitrage de
l’Acte Uniforme relatif au droit de l’arbitrage, la sentence arbitrale doit suivre
une procédure précise afin d’être revêtue de l’autorité de la chose jugée. Elle est
rendue selon les formes convenue par les parties dans la convention et à défaut,
la sentence est rendue à la majorité des voies s’il s’agit d’un tribunal à trois
arbitres398. L’article 20 de l’acte uniforme sur l’arbitrage énumère les conditions
de forme que doit revêtir la sentence399. L’article 23 quand à lui précise que « La
sentence arbitrale est revêtue de l’autorité de la chose jugée relativement à la
contestation qu’elle tranche ».
397
Article 15 de l’AUA
398
Voir article 19 de l’AUA
399
Qui dispose : « La sentence arbitrale doit contenir :
- des nom et prénoms de ou des arbitres qui l’ont rendue,
- de sa date,
- du siège du tribunal arbitral,
- des noms, prénoms et dénomination des parties, ainsi que leur domicile ou siège social,
- le cas échéant, des nom et prénoms des avocats ou de toute personne ayant représenté ou assisté les parties,
- de l’exposé des prétentions respectives des parties, de leurs moyens ainsi que des étapes de la procédure.
Elle doit être motivée. »
187
ou d'absence de motivation de la sentence arbitrale400. Le recours en révision et
la tierce opposition quant à eux sont encadrés par l’article 25 alinéa 4 et 5 de
l’Acte Uniforme sur le droit de l’arbitrage.
400
Article 26 de l’AUA, il faut noter que l'absence ou l'insuffisance de motivation, vaut désormais, dans l'espace
OHADA, aussi bien dans l'arbitrage interne que dans l'arbitrage international
188
territoire d’un ou de plusieurs Etats parties, peut soumettre le différend d’ordre
contractuel à la procédure d’arbitrage prévue par le présent titre». Il ressort de
cet article qu’il existe des conditions essentielles à l’application de l’arbitrage
devant la CCJA : Le domicile ou résidence d'une partie doit être celui d’un des
Etat membres, ou l’exécution du contrat doit y être rattachée. Le différend doit
être contractuel car la base de cette forme d’arbitrage est le consentement des
parties par une convention d’arbitrage qui prend soit la forme d’un compromis
d’arbitrage soit d’une clause compromissoire401. Néanmoins l’article 10.4 du
règlement d’arbitrage de la CCJA consacre le principe de l’autonomie de la
convention d’arbitrage vis-à-vis du contrat principal comme pour l’Acte
Uniforme relatif au droit de l’arbitrage. C’est aussi le cas pour le traité OHADA
qui prévoit comme l’AUA que huit matières entre dans le champ de compétence
de la CCJA402. Il est à noter que le règlement d'arbitrage de la CCJA ou le Traité
OHADA ne comportent pas de dispositions relatives à la forme, l’efficacité ou
la validité de la convention d’arbitrage, il faut plutôt se référer aux dispositions
de l’Acte Uniforme sur le droit de l’arbitrage à propos. Il est tout de même
nécessaire de préciser que la CCJA est compétente à statuer que lorsque la loi
applicable au fond n’est pas une loi autre que les actes uniformes.
401
Voir l'article 2.1 du règlement de la CCJA
402
Voir l’article 2 du traité OHADA révisé. Il faut ajouter que la plupart des matières énumérées à l'article 2 du
Traité ont fait l’objet d'adoption d'Actes uniformes excepté le droit de la vente et du travail. Néanmoins, le
Conseil des Ministres, a inclut de nouvelles matières à harmoniser en application des ouvertures donnée par
l’article 2 ci-dessus visé concernant : le droit bancaire, de la concurrence, de la propriété intellectuelle, le droit
des sociétés civiles, des sociétés coopératives et mutualistes etc.…
403
Les arbitres sont choisis sur la liste mise à jour par la CCJA. Les parties peuvent néanmoins désigner des
arbitres ne figurant pas sur cette liste.
189
rédaction d'un procès-verbal de réunion qui désigne l'objet de l'arbitrage et en
fixe la procédure404. Les étapes de la procédure arbitrale sont généralement
l’introduction d’une demande d’arbitrage auprès du secrétaire général de la
CCJA405, qui en informe le défendeur. Ce dernier dispose de 45 jours pour
donner sa réponse. En cas d’acceptation du défendeur ou d’expiration du délai,
la CCJA fixe la provision d’arbitrage, le siège s’il n’est pas prévu par les parties,
et ensuite transmet le dossier au tribunal arbitral. Ce dernier applique les règles
prescrites par le règlement de la CCJA et en cas de silence de ce dernier, celles
prévues par les parties ou à défaut par le tribunal qui peut s’appuyer sur les
dispositions désignée par les règles de conflits des lois. Le tribunal arbitral peut
également statuer en amiable compositeur. Afin de trancher le litige, l’arbitre
rend une sentence arbitrale à la clôture des débats qui met fin à la procédure
arbitrale. En application des dispositions de l’article 27 du règlement d’arbitrage
CCJA, la sentence arbitrale est revêtue de l’autorité de la chose jugée sur le
territoire de chaque Etat partie406. La sentence doit être motivée (sauf accord
contraire des parties et si un tel accord est acceptable par la loi applicable), et est
rendue au siège de l’arbitrage à la majorité (2 sur 3 en cas d’arbitrage à 3
parties) ou par le président du tribunal seul407.
404
L’article 15 du Règlement d'arbitrage de la CCJA n'admet que le procès-verbal établi à la suite d'une réunion
en présence des parties ou de leurs représentants et conseils.
405
Les articles 5 et 6 du règlement CCJA précisent la forme et le contenu de la demande d'arbitrage et de la
réponse éventuelle.
406
Voir l’article 27 du règlement d'arbitrage de la CCJA
407
Article 22 du règlement d’arbitrage CCJA
408
Il faut préciser que cette requête n’est recevable qu’au cas où les parties n’y avaient pas renoncé dans leur
convention d’arbitrage, d’une part, et si elle est fondée sur une ou plusieurs des cas de figure énumérés par
190
contestation de validité n’est admissible que dans quatre cas dans l’arbitrage
CCJA à savoir l'absence, la nullité ou l'expiration de la convention d'arbitrage, la
violation par l'arbitre de la mission qui lui est confiée, la violation du principe du
contradictoire ou la violation de l'ordre public international409. C’est au travers
de l’article 25 al.2 du traité OHADA qui dispose que les sentences arbitrales
« peuvent faire l’objet d’une exécution forcée en vertu d’une décision
d’exéquatur ». La CCJA est seule compétente pour rendre cette décision.
L’opposition à l’exéquatur quant à elle est prévue dans l’article 30 du règlement
d’arbitrage de la CCJA. Elle ouvre la possibilité aux parties de demander
l’exéquatur d’une sentence de la CCJA qui agit comme autorité juridictionnelle.
Il faut préciser que même si la CCJA est chargé d’accorder l’exéquatur, ce sont
les autorités nationales des Etats Membres attribuent la forme exécutoire à la
sentence. L'opposition à exequatur n'est ouverte que dans les cas prévus par
l’article 30.6 du règlement CCJA410. Le recours en révision est prévu par
l’article 32 du règlement d’arbitrage de la CCJA, qui renvoi aux dispositions de
l’article 49 du règlement de procédure de la CCJA411. La tierce opposition quant
à elle est encadrée par les articles 33 du Règlement d’arbitrage et 47 du
Règlement de procédure de la CCJA. Elle est ouverte à toute personne se
1°) si l'arbitre a statué sans convention d'arbitrage ou sur une convention nulle ou expirée ;
2°) si l'arbitre a statué sans se conformer à la mission qui lui avait été conférée ;
191
sentant lésée par une sentence arbitrale qui la restreint de ses droits. Le recours
est adressé à la cour qui statue conformément aux dispositions de l’article 29
alinéa 5 du règlement d’arbitrage. Ces deux derniers recours sont prévus contre
les sentences arbitrales et contre les arrêts de la CCJA « lorsqu'elle a statué au
fond du litige sur demande des parties en cas d'annulation de la sentence
arbitrale ou de refus d'exequatur »412.
412
DONGMEZA NAWESSI Carole, l'arbitrage et la promotion des investissements dans l'espace OHADA.
Université Hassan II, Maroc - Master en droit des affaires 2008
413
Il est important de préciser que d’autres procédures arbitrales sont prévues par des chartes nationales des
investissements comme celle du CNUDCI qui prévoit un mécanisme d’arbitrage s’appuyant sur la Loi type de la
Commission des Nations Unies (CNU) pour le Droit Commerciale Internationale (CNUDCI) sur l’arbitrage
commerciale international de 1985. Le Règlement d’arbitrage de la CNUDCI a été adopté en 1976 Et des pays
de la zone CEMAC comme le Gabon reconnaisse dans leur charte d’investissement sa compétence dans le
règlement des différends liés à l’investissement par leur procédure arbitrale.
192
L’arbitrage dans le cadre de la convention de New York du 10 juin 1958
L’on peut aussi ajouter à cela le fait que l’ensemble des pays de la CEMAC a adhéré, depuis 1996, aux
dispositions de l’article 8 des Statuts du Fonds Monétaire International (FMI). A cet effet, la liberté des
règlements relatifs aux transactions courantes est garantie.
414
C’est le cas de la charte Gabonaise (article 2), la charte Camerounaise (article 11 alinéa 1),
415
DUBOIS Isabelle, L'application de l'article VII de la Convention de New York de 1958 en France et en
Allemagne .Soumis par GUEZ Philippe le 02/07/2007.
Le lien : [Link]
en-france-et-en-allemagne-?destination=node%2F1277
416
Article VII alinéa 1 de la convention de New YORK de 1958 qui dispose : « Les dispositions de la présente
Convention ne portent pas atteinte à la validité des accords multilatéraux ou bilatéraux conclus par les États
contractants en matière de reconnaissance et d'exécution de sentences arbitrales et ne privent aucune partie
193
les Etats Membres de la CEMAC sont tous partie, prévoit que la convention
s’applique pour la reconnaissance et l’exécution de toute sentence arbitrale
étrangère à l’OHADA sur le fondement de l’article 34 de l’Acte Uniforme relatif
au droit de l’Arbitrage qui dispose que : « Les sentences arbitrales rendues sur le
fondement des règles différentes de celles prévues par le présent Acte Uniforme,
sont reconnues dans les Etats-Parties, dans les conditions prévues par les
conventions internationales éventuellement applicables, et à défaut dans les
mêmes conditions que celles prévues aux dispositions du présent Acte
Uniforme ».
3) Du fait pour la sentence de porter sur un différend non visé par le compromis
ou la clause compromissoire
5) Du fait que la sentence n’est pas devenue obligatoire pour les parties, a été
annulée ou suspendue
intéressée du droit qu'elle pourrait avoir de se prévaloir d'une sentence arbitrale de la manière et dans la
mesure admises par la législation ou les traités du pays où la sentence est invoquée…»
194
L’arbitrage dans le cadre du CIRDI
417
Hormis le Guinée Equatoriale, ce qui n’empêchent pas qu’elle puissent être jugé devant le CIRDI selon des
procédures spéciales prévues par le CIRDI notamment sur la base de la clause de mécanisme supplémentaire
conformément aux dispositions de l'article 25 (1) qui admet le Règlement du Mécanisme Supplémentaire
autorisant le Secrétariat du CIRDI à administrer les procédures entre Etats et ressortissants d'autres Etats qui
ne tombent pas dans le champ d'application de la Convention du CIRDI.
195
La procédure d’arbitrage du CIRDI comporte deux phases distinctes : Une
phase écrite et une phase orale418. Les étapes à respecter sont le dépôt d’une
requête en demande d’arbitrage au secrétaire général du centre. Si ce dernier
accepte l’enregistrement de la requête, l’étape suivante est qu’il organise la
constitution du tribunal arbitral419. Le tribunal est composé d’un seul arbitre ou
de plusieurs en nombre impair (généralement trois)420. A défaut d’accord entre
les parties sur le nombre des arbitres et leur mode de nomination, le Tribunal
comprend trois arbitres; chaque partie nomme un arbitre et le troisième, qui est
le président du Tribunal, est nommé par accord des parties. Si 90 jours après
l’enregistrement de la requête, le tribunal n’est toujours pas constitué, le
Président, à la demande de la partie la plus diligente et, si possible, après
consultation des parties, nomme l’arbitre ou les arbitres non encore désignés421.
Il faut préciser que Les arbitres nommés par le Président ne doivent pas être
ressortissants de l’Etat contractant partie au différend ou de l’Etat contractant
dont le ressortissant est partie au différend. Le tribunal est juge de sa
compétence et statue sur le différend conformément aux règles de droit adoptés
par les parties, en cas de désaccord entre les parties, le tribunal applique le droit
d’un des Etats contractant partie au différend ou des règles relatives au conflit de
lois. Le tribunal ne peut refuser de juger au risque de commettre un déni de
justice.
418
Article 29 du règlement d’arbitrage
419
Article 36.1 de la convention : « … La requête doit contenir des informations concernant l’objet du différend,
l’identité des parties et leur consentement à la conciliation conformément au règlement de procédure relatif à
l’introduction des instances de conciliation et d’arbitrage… »
420
Voir les articles 36, 37 et 38 de la convention à propos du tribunal arbitral.
421
Article 37 et 38 de la convention
422
Dispositions prévu par l’article 53 de la convention du CIRDI.
196
rectification423, la révision424, l’annulation425et le recours en interprétation prévu
par l’article 50 de la convention du CIRDI. En effet, « Chacune des parties peut
demander, par écrit, au Secrétaire Général l’annulation de la sentence pour l’un
quelconque des motifs suivants: a) Vice dans la constitution du Tribunal. b)
Excès de pouvoir manifeste du Tribunal. c) Corruption d’un membre du
Tribunal; d’inobservation grave d’une règle fondamentale de procédure. e)
Défaut de motifs »426. Les Etats parties sont chargés de l’exécution des
sentences du CIRDI comme prévu aux termes de l’article 54.1 de la
convention427. La sentence peut être exécutée dans le territoire de tout Etat
contractant et ne fait l’objet d’aucun nouvel examen par les juridictions
nationales. Elle a un caractère obligatoire et son non respect est une violation de
la convention du CIRDI qui peut entrainer les Etats devant la cour internationale
de justice. Une procédure d’exéquatur n’est donc pas nécessaire dans le cadre du
CIRDI pour que ses sentences soit exécutoire. Il existe d’ailleurs des mesures
d’exécution forcée directement applicables aux sentences arbitrales dans les
Etats parties428.
423
Prévu par l’article 49 (2) de la convention du CIRDI,
424
Prévu par l’article 51 de la convention
425
Prévu par l’article 52 de la convention
426
Article 52 alinéa 1
427
Il dispose que : « (1) Chaque Etat contractant reconnaît toute sentence rendue dans le cadre de la pré- sente
Convention comme obligatoire et assure l’exécution sur son territoire des obligations pécuniaires que la
sentence impose comme s’il s’agissait d’un jugement définitif d’un tribunal fonctionnant sur le territoire dudit
Etat… »
428
L’arbitrage CIRDI Selon un article de BEBOHI Sylvie est: « En effet (..) l’un des premiers systèmes d’arbitrage
international en matière d’investissement qui impose aux Etats contractants de reconnaître la sentence rendue
et d’assurer l’exécution des obligations pécuniaires que la sentence impose comme s’il s’agissait d’un jugement
définitif d’un tribunal fonctionnant sur le territoire dudit Etat »
197
de et ils bénéficient de la couverture offerte par l'AMGI. En effet, son but est de
garantir les investissements étrangers contre les risques non commerciaux,
notamment les risques politiques tels que l’expropriation, les guerres, troubles
civils ou la rupture abusive des contrats. Elle joue ainsi le rôle d’organisme
d’assurance et de protection des investissements réalisés au sein d’Etats
membres. La convention prévoit l'arbitrage pour le règlement de différends qui
pourraient surgir. Ils peuvent être de deux ordres : Opposer l'Agence à un Etat
membre ou opposer l'Agence à un investisseur. La convention prévoit un
mécanisme tripartite de règlement des différends allant de la négociation qui en
cas d'échec entraine la conciliation ou l'arbitrage à propos de litiges nés
d'investissements garantis par l’AMGI.
429
Article 2 de l’annexe II.
430
Voir article 3, a-b-c-d-e-f-g-h pour la procédure de conciliation
431
Cette notification précise la nature du différend, la réparation demandée et le nom de l’arbitre désigné par
le requérant.
432
Le défendeur dispose de 30 jours après réception de la notification pour désigner son arbitre
198
pour convenir du troisième arbitre qui jouera le rôle de président du tribunal
arbitral. Le même article prévoit la possibilité pour le secrétaire général du
CIRDI de nommer les arbitres ou le président du tribunal si ces derniers ne sont
pas désignés dans un délai de 60 jours par les parties. Le président de la cour
internationale de justice peut aussi procéder à cette nomination au cas où le
CIRDI ne le fait pas. La Convention de Séoul ne dispose pas d'un règlement
type spécialement applicable aux différends nés entre l'Agence et les pays
membres. C’est le Règlement de la Convention de Washington créant le CIRDI
qui s’applique433et le droit applicable est celui de « tout accord pertinent existant
entre les partie au différend, (…) à la législation de l’Etat membre concerné, au
droit international, le cas échéant aux dispositions du contrat d’investissement
… ». Les sentences rendues dans le cadre de l’arbitrage AMGI ont force
obligatoire, et ne nécessite pas une procédure d’exéquatur.
433
Selon les dispositions de l’article 3-e : « Sauf dispositions contraire(…) le Tribunal fixe sa procédure et
s’inspire à cet égard du règlement d’arbitrage adopté en application de la Convention pour le Règlement des
Différends Relatifs aux Investissements entre Etats et Ressortissants d’autres Etats… »
199
En bref, il est évident que des interrogations liées aux avantages
comparatifs entre la justice étatique et la justice arbitrale puissent apparaitre,
mais l’évidence en matière de droit des investissements dans les pays en voie de
développement et plus précisément dans la sous-région CEMAC est que,
l’arbitrage est devenu le mode privilégié de règlement des différends qui est
préféré aux modes prévus par les législations internes des Etats membres. Pour
preuve, le nombre croissant des sollicitations de l’arbitrage du CIRDI par les
Etats Membres de la sous-région CEMAC à propos de différend nés dans le
cadre de contrat d’investissements étrangers. Mais l’usage exige la
complémentarité entre les deux modes de règlement des litiges, car en effet, la
plupart des dispositions liées au droit de l’arbitrage et sa procédure dans la sous-
région prévoient la collaboration du juge étatique à sa mise en œuvre.
Néanmoins, l’obligation de fonder les mesures communautaire aux standards du
droit international nécessite l’usage de l’arbitrage dans le règlement des
différends liés à l’investissement. Cette tendance semble être suivie par les pays
de la CEMAC en exemple du Cameroun ou du Congo, qui ont respectivement
mis en place des centres d’arbitrage interne (le GICAM pour le Cameroun et le
CEMACO pour le Congo)434. Ces centres s’arriment aux exigences de l’acte
uniforme relatif au droit de l’arbitrage. Une autre preuve de cet engouement
envers ce mode de règlement des différends en Afrique centrale réside dans les
statistiques du CIRDI. Le graphique suivant nous permet d’observer que
l’Afrique Subsaharienne est de plus en plus présente dans l’arbitrage du
CIRDI435 :
434
Gicam pour Groupement inter patronal du Cameroun qui a mis sur pieds des mécanismes d’arbitrage pour
garantir le sécurité juridique des investissements dans mes Etats Membres. CEMACO pour centre de médiation
et d’arbitrage du CONGO.
435
Dont tous les pays de la zone CEMAC font parties.
200
En conclusion, cette première partie sur la convergence
gence des dispositifs
d’incitation à l’IDE en Zone CEMAC a permis de préciser les contours des
politiques d’attractivité économique
économ mis en place dans la sous--région CEMAC
au travers de mécanism
anismes juridiques d’incitation et de sécurisatio
sécurisation des
investissements étrangers,
ngers, mais aussi au travers d’un processus d’harmonisation
des instruments juridiques
uridiques d’encadrement des IDE dans la sous
sous-région. A cet
effet, nous avons pu constater que de nombreux dispositifs juridiques
diques cohabitent
dans la sous-région avec pour même objectif : la sécurisation et l’attractivité des
investissements. Néanmoin
oins il serait opportun de vérifier si la cohabitation de
ces normes d’encadrement
ent des IDE ne fait pas obstacle à la mise en œuvre
effective d’une harmon
onisation des règles nationales ou internationales
applicables en la matière, mais aussi de vérifier si ces mécanismes
écanismes de promotion
de l’investissement mis en œuvre sont effectifs de par les résultats obtenus.
201
L’analyse de l’environnement actuel des IDE dans la sous-région et des résultats
issus des politiques mis œuvre nous mènera à revoir l’effectivité du processus de
normalisation de ces dispositifs aux exigences internationales. En effet la sous-
région CEMAC pour être compétitive en matière d’attractivité économique et
d’attrait des investisseurs étrangers, doit s’arrimer aux exigences de
l’environnement international. A cet effet, en seconde partie de notre analyse, il
conviendra d’entrevoir le processus de modélisation aux standards
internationaux en cours dans la sous-région (deuxième partie), d’envisager les
mesures de correction nécessaires au regard des recommandations d’organismes
d’appui, mais aussi d’analyser les perspectives de développement envisageables
dans la sous-région, ceci par la maitrise de la promotion et l’encadrement de
l’investissement direct étranger.
202
2ème PARTIE : Modélisation des dispositifs
d’incitation à l’IDE en zone CEMAC aux exigences
des standards internationaux
Nonobstant ces efforts, l’une des démarches essentielle de notre étude qui
repose sur l’harmonisation des instruments juridiques aux règles internationales,
nous renvoi au processus de modélisation en cours dans la sous- région, qui est
une étape fondamentale à une évaluation de l’impact de l’Investissement Direct
Étranger sur croissance économique de la sous-région. Il existe en effet des
indicateurs et des standards internationaux mis à disposition par des acteurs
internationaux de l’investissement afin de mesurer le degré de compétitivité
extérieure d’un Etat. Deux expressions sont au centre de cette partie de notre
203
étude. Le premier est le terme « standard ». Employé de manière courante pour
décrire quelque chose de « conforme à un modèle, à un type »436, il sera entendu
tout au long de cette partie selon l’approche du droit international public comme
un terme de droit international public employé: « (…)Par des organisations
économiques telles que le FMI ou le GATT, pour désigner certaines règles qui
sans avoir la force d’une véritable norme juridique, ne sont pas dépourvues de
tout caractère obligatoires… »437. Le standard international renverra donc dans
le cas d’espèce aux propositions, recommandations mais aussi aux avis issus
d’organismes internationaux comme le fond monétaire international (FMI), la
banque mondiale ou l’OCDE acteurs essentiels de l’environnement économique
international.
436
Dictionnaire Le petit LAROUSSE, Coll Petit Larousse
437
CORNU Gérard, PUF, 9eme édition, 2011.
438
RODIGA ZORILA Carmen, l’évolution du droit international en matière d’investissement direct étrangers,
thèse de doctorat en droit, 20 Novembre 2007, Université d’Auvergne, Clermont 1.
204
comme les déclarations adoptées par les Etats ou les résolutions des organes des
organisations internationales, le tout jouant selon les cas avec ou contre les
règlement des procédures nationaux »439.C’est dans cette logique que nous
présenterons dans un premier temps l’appui extérieure dont bénéficient les Etats
Membres de la CEMAC pour atteindre les objectifs de relance économique par
l’investissement étranger (Chapitre Ier), et dans un second temps, nous
aborderons les objectifs de performances envisageables par l’évaluation des
contraintes au développement et la promotion des IDE dans la sous-région
(Chapitre 2)
439
SACERDOTI G, Bilateral Treaties and Multilateral Instruments on Investment Protection , Academy of
International Law, Recueil des Cours, vol. 269, 1997, p.259
205
CHAPITRE 1 : Appui des programmes internationaux
aux objectifs d’attractivité économique de la sous-
région CEMAC
440
Voir à cet effet les différents rapports annuels de la CNUCED sur l’IDE dans le monde, notamment celui de
2014. Lien : [Link]
441
Au nombre de 8, il s’agit d’un plan approuvé par tous les pays du monde membres des nations Unies dont
ceux de la zone CEMAC, ainsi que de toutes les grandes institutions mondiales de développement autour des
efforts à fournir pour répondre au besoin des plus pauvres dans le monde. Il s’agit : 1) d éliminer l’extrême
pauvreté et la fin dans le monde,2) Assurer l’éducation primaire pour tous, 3) promouvoir l’égalité des sexes et
l’autonomisation pour femmes, 4) réduire la mortalité d’enfants, 5) Améliorer la santé maternelle, 6)
combattre le vih Sida, le paludisme et d’autres maladies, 7) assurer un environnement durable, 8) mettre en
place un partenariat mondial pour le développement.
442
Le texte sur le cadre d’action pour l’investissement est consultable sur le lien suivant :
[Link]
206
prend le plus souvent la forme d’aide internationale au développement443. Ainsi,
de nombreuses mesures d’aide au développement sont mise en place par les
institutions financières internationales ainsi qu’un accompagnement stratégique
de programmes économiques internationaux qui font désormais partie intégrante
du climat des affaires et de l’encadrement de l’activité économique par l’IDE
dans la sous-région CEMAC. En effet nous avons vu en première partie de notre
étude que des mesures préalables d’accompagnement de bailleurs de fonds
444
avaient conduit à un relatif assainissement des finances publiques des Etats
Membres de la sous-région. A côté de cela, le chemin vers une compétitivité
internationale de la sous-région vis-à-vis de l’extérieur nécessite le
développement d’autres formes de coopération pour les gouvernements de la
sous-région avec les organismes économiques internationaux, qui offrent
l’avantage d’être des catalyseurs du dialogue politique international mais aussi
source de normes d’investissements plus effectives et efficaces que celle
produites communautairement. Le but ici est de promouvoir l’image de la sous-
région en tant que zone attractive pour investisseurs étrangers. Ces mesures
d’accompagnement nécessitent des partenariats multilatéraux entre les Etats
Membres et la communauté d’acteurs internationaux de l’investissement
étrangers dans la promotion de politiques visant à améliorer de manière
concrète, le climat de l’investissement dans la sous-région et optimiser ses
effets. Dans cette optique, nous présenterons dans une section première les
mesures de soutien internationaux qui encadrement la réforme du climat des
affaires dans la sous-région CEMAC (1), et dans un une seconde partie nous
aborderons les éventuels obstacles ou freins à plus d’effectivité de dispositifs
d’accompagnement (section 2)
443
Il faut préciser que cette aide extérieure au développement est une des formes de la coopération
internationale. Elle peut est pour l’essentiel une coopération financière et technique. Elle peut être comprise
comme un flux de ressources destinés au développement d’une région ou d’un Etat.
444
Notamment le passage sous ajustement structurels, l’initiative PPTE et autres mesures contraignantes
207
Section 1 - Mesures de soutien des acteurs internationaux de
la croissance économique dans la sous-région CEMAC
445
Le Consensus de Monterrey est un document issu de la Conférence internationale sur le financement du
développement, qui s’est tenue à Monterrey au Mexique en mars [Link] comporte un ensemble de mesures à
adopter aux plans national et international afin d'offrir des conditions de vie plus humaines et plus acceptables
aux populations des pays pauvres. On peut citer en exemple de ces mesures, la nécessité de renforcer les
secteurs financiers nationaux, éliminer la corruption et favoriser l’investissement étranger direct
446
Un document de l’OCDE intitulé : « Promouvoir l’investissement privé au service du développement : le rôle
de l’APD », rappelle que : « Le rapport sur le développement dans le monde 2005 conclut que l’assistance
fournie par les principaux organismes d’aide au développement bilatéraux et multilatéraux aux fins d’améliorer
le climat de l’investissement s’est chiffrée à 21 milliards USD par an en moyenne entre 1998 et 2002, soit
environ 26 % du montant total de l’aide au développement . Source banque mondiale 2004, ou le lien :
[Link]
208
Paragraphe I) Encadrement de l’IDE par l’aide au
développement : Contribution des institutions financières
internationales, le FMI et la Banque Mondiale
447
Initialement il s’agissait de La BIRD (International Bank for Reconstruction and Development), surnommée
Banque Mondiale, elle s'est constituée dans les années suivantes en Groupe Banque Mondiale qui regroupe ses
"branches" successivement créées (AID, SFI, AMGI, ICSID)
209
populations des pays membres. Leurs approches à cet égard sont
complémentaires : l’action du FMI est centrée sur les questions
macroéconomiques tandis que la Banque mondiale se consacre au
développement économique à long terme et à la lutte contre la pauvreté »448.
Elles font ainsi partie du dispositif institutionnel international qui accompagne
les mesures intracommunautaire mis en œuvre par la CEMAC et ses Etats
Membres, afin d’attirer les investisseurs étrangers, dans le but final de stimuler
une certaine croissance économique et partant freiner la pauvreté. L’ambition
première de ces deux institutions de créer un cadre propice de coopération et de
développement économique pour une économie mondiale équilibrée et stable,
impose l’existence d’un cadre de collaboration étroite entre ces deux institutions
complémentaires afin de mener à bien leurs missions respectives449.
448
Source : Fiche technique du FMI et la Banque Mondiale. Lien :
[Link] fiche technique du FMI et la Banque Mondiale.
449
Site officiel du FMI : Les services du FMI et de la Banque mondiale collaborent étroitement dans le cadre de
l’aide fournie aux pays et sur les questions qui intéressent les deux institutions. Celles-ci s’organisent aussi
souvent pour faire coïncider leurs missions dans les pays ou envoient des représentants prendre part aux
missions de l’autre institution. Les évaluations du FMI sur la situation et la politique économique d’un pays sont
prises en compte dans l’évaluation des projets de développement ou de réforme que réalise la Banque
mondiale. De même, les conseils de la Banque sur les réformes structurelles et sectorielles sont pris en
considération dans les conseils de politique dispensés par le FMI. Les services des deux institutions coopèrent
également à l’élaboration de la conditionnalité dont sont assortis leurs programmes de prêts respectifs. Il
existe même à ce propos un plan d’action conjoint antre ces deux institutions qui évaluent leur collaboration.
450
FMI, études thématiques : Accélérer la croissance et réduire la pauvreté en Afrique Subsaharienne, le rôle
du FMI. Décembre 2000 ; Lien : [Link]
210
à l’extérieur. Ces nouvelles politiques étaient majoritairement adoptées dans
sous la houlette du FMI et de la Banque Mondiale, dans le cadre de leurs
programmes à moyen terme. Mais en dépit des progrès visibles, la croissance
dans la sous-région reste fragile et nécessite d'un engagement plus actif de la
communauté internationale. Car à l’heure où chaque gouvernement essaye de
cultiver l’attractivité économique de son territoire, il devient pour eux un
impératif de créer un climat favorable à l’investissement. Chose possible que par
l’alignement du droit interne au droit international afin d’offrir plus de garanties
juridiques substantielles et procédurales aux investisseurs étrangers. C’est dans
cette perspective que se prolonge la contribution des institutions dans le
processus d’attractivité économique des IDE dans la sous-région CEMAC. Nous
présenterons dans un premier temps l’appui du FMI (A) et ensuite celui de la
Banque Mondiale (B).
451
Liste des pays et leur date d’adhésion : Afghanistan, 14 juil. 1955,Afrique du Sud, 27 déc. 1945,Albanie, 15
oct. 1991,Allemagne, 14 août 1952,Algérie, 26 sept. 1963Angola, 19 sept. 1989,Antigua-et-Barbuda, 22 sept.
1983, Arabie saoudite, 26 août 1957,Argentine, 20 sept. 1956,Arménie, 16 sept. 1992Australie, 5 août
1947,Autriche, 27 août 1948,Azerbaïdjan, 18 sept. 1992,Bahamas, 21 août 1973,Bahrein, 15 sept.
1972,Bangladesh, 17 août 1972
Barbade, La, 12 sept. 1974,Belarus (Biélorussie), 10 juil. 1992,Belgique, 27 dec. 1945,Belize, 19 mars
1982,Bénin, 10 juil. 1963,Bhoutan, 28 sept 1981,Bolivie, 27 déc. 1945,Bosnie-Herzégovine, 25 fév.
1993,Botswana, 24 juil. 1968,Brésil, 14 jan. 1946,Brunei Darussalam, 10 oct. 1995,Bulgarie, 25 sept.
1990,Burkina Faso, 2 mai 1963,Burundi, 28 sept 1963,Cambodge, 22 juil. 1970,Cameroun, 10 juil.
1963,Canada, 27 déc. 1945,Cabo verde, 20 nov. 1978,République centrafricaine, 10 juil. 1963,Chili, 31 déc.
1945,Chine, 27 déc. 1945,Colombie, 24 déc. 1946,Comores, 28 oct. 1976,Congo (Rép. dém. du) (ex-Zaïre), 28
sept 1963,Congo, Rép. du, 10 juil. 1963,Corée, République de, 26 août 1955,Costa Rica, 8 jan. 1946,Côte
d'Ivoire, 11 mars 1963,Croatie, 25 fév. 1993,Chypre, 21 déc. 1961,Danemark, 30 mars 1946,Djibouti, 1er oct.
1980,Dominique, 29 sept. 1980,République dominicaine, 18 sept. 1961,Égypte, République arabe d', 27 déc.
1945,Émirats arabes unis, 22 sept. 1972,Érythrée, 6 juil. 1994,Espagne, 15 sept. 1958,Estonie, 23 juin
1992,États-Unis, 27 déc. 1945,Éthiopie, 27 déc. 1945,Équateur, 28 déc. 1945,Fidji, 28 mai 1971,Finlande, 14
jan. 1948,France, 27 déc. 1945,Gabon, 10 sept. 1963,Gambie, 18 oct. 1967,Géorgie, 7 août 1992,Ghana, 20
sept. 1957,Grèce, 27 déc. 1945,Grenade, 27 août 1975,Guatemala, 28 déc. 1945,Guinée, 28 sept
1963,Guinée équatoriale, 1er juil. 1970,Guinée-Bissao, 24 mars 1977,Guyana, 26 sept. 1966
Haïti, 8 sept. 1953,Honduras, 27 déc. 1945,Hongrie, 7 juil. 1982,Inde, 27 déc. 1945,Indonésie, 13 avr.
1967,Irak, 27 déc. 1945,Iran, Rép. islamique d', 29 déc. 1945,Irlande, 8 août 1957,Islande, 27 déc. 1945,Israël,
211
dans le but de « Promouvoir la coopération monétaire internationale, garantir la
stabilité financière, faciliter les échanges internationaux, contribuer à un niveau
élevé d’emploi, à la stabilité économique et faire reculer la pauvreté »452. Elle a
été créée dans l’objectif premier de veiller à la stabilité du système monétaire
international. Néanmoins son mandat s’est vu actualisé récemment (en 2012
plus précisément) aux fins de couvrir l’ensemble des questions
macroéconomiques et financières pouvant avoir une incidence sur la stabilité
mondiale453.
C’est l’article IV des statuts du FMI qui de manière générale encadre son
intervention dans les politiques économiques des Etats Membres. Il précise en
12 juil. 1954,Italie, 27 mai 1947,Jamaïque, 21 fév. 1963, Japon, 13 août 1952, Jordanie, 29 août 1952,
Kazakhstan, 23 juil. 1992,Kenya, 3 fév. 1964,République kirghize, 18 sept. 1992,Kiribati, 29 sept. 1986,Kosovo,
29 juin 2009,Koweït, 13 sept. 1962,Laos, Rép. populaire démocratique du, 5 juil. 1961,Lesotho, 25 juil.
1968,Lettonie, 11 août 1992, Jamaïque, 21 fév. 1963,Japon, 13 août 1952,Jordanie, 29 août 1952,Kazakhstan,
23 juil. 1992,Kenya, 3 fév. 1964
République kirghize, 18 sept. 1992,Kiribati, 29 sept. 1986,Kosovo, 29 juin 2009,Koweït, 13 sept. 1962,Laos,
Rép. populaire démocratique du, 5 juil. 1961,Lesotho, 25 juil. 1968,Lettonie, 11 août 1992,Liban, 14 avr.
1947,Liberia, 28 mars 1962,Libye, 17 sept. 1958,Lituanie, 6 juil. 1992,Luxembourg, 27 déc. 1945,Macédoine,
ex-Ré[Link] de, 25 fév. 1993,Madagascar, 25 sept. 1963,Malawi, 19 juil. 1965,Malaysie, 7 mars
1958,Maldives, 13 jan. 1978,Mali, 27 sept. 1963,Malte, 26 sept. 1983,Maroc, 25 avr. 1958,Îles Marshall , 21
mai 1992,Mauritanie, 10 sept. 1963,Maurice, 23 sept. 1968, Mexique, 31 déc. 1945,Micronésie, États fédérés
de, 24 juil. 1993,Moldavie, 12 août 1992,Mongolie, 14 fév. 1991,Montenegro, 18 jan. 2007,Mozambique, 24
sept. 1984,Myanmar (ou Birmanie), 3 jan. 1952,Namibie, 25 sept. 1990,Népal, 6 sept. 1961,Nicaragua, 14
mars 1946,Niger, 24 avr. 1963
Nigeria, 30 mars 1961,Norvège, 27 déc. 1945,Nouvelle-Zélande, 31 août 1961,Oman, 23 déc. 1971,Ouganda,
27 sept. 1963,Ouzbekistan, 21 sept. 1992,Pakistan, 11 juil. 1950,Palau, 14 mars 1946,Panama, 16 déc.
1997,Papouasie - Nouvelle Guinée, 9 oct. 1975,Paraguay, 28 déc. 1945,Pays-Bas, 27 déc. 1945,Pérou, 31 déc.
1945,Philippines, 27 déc. 1945,Pologne, 27 juin 1986,Portugal, 29 mars 1961,Qatar, 25 sept. 1972,Roumanie,
15 déc. 1972,Royaume-Uni, 27 déc. 1945,Russie, Fédération de, 16 juin 1992,Rwanda, 30 sept. 1963,Salvador,
14 mars 1946,Samoa, 28 juin 1974,San Marin, 21 sept. 2000,Sao Tomé-et-Principe, 30 sept. 1977,Sénégal, 31
août 1962,Serbie, 25 fév. 1993,Seychelles, 29 sept. 1980,Sierra Leone, 10 sept. 1962,Singapour, 3 août
1966,Slovaquie, 1er jan. 1993,Slovénie, 25 fév. 1993,Îles Salomon, 22 sept. 1978,Somalie, 31 août 1962,Sri
Lanka, 29 août 1950,Saint-Kitts-et-Nevis, 15 août 1984,Sainte-Lucie, 27 juin 1980,Saint-Vincent-et-les
Grenadines, 31 août 1982
Soudan, 5 sept. 1957,Soudan du Sud, 18 avr. 2012,Suède, 31 août 1951,Suisse, 29 mai 1992,Suriname, 27 juin
1978,Swaziland, 22 sept. 1969,Syrie, République Arabe de, 10 avr. 1947,Tadjikistan, 4 juin 1993,Tanzanie, 10
sept. 1962,Tchad, 10 juil. 1963,République tchèque, 1er jan. 1993,Thaïlande, 3 mai 1949,Timor-Leste, 23 juil.
2002
Togo, 1er août 1962,Tonga, 13 sept. 1985,Trinité-et-Tobago, 16 sept. 1963,Tunisie, 14 avr.
1958,Turkmenistan, 22 sept. 1992,Turquie, 11 mars 1947,Tuvalu, 24 juil. 2010,Ukraine, 3 sept. 1992,Uruguay,
11 mars 1946,Vanuatu, 28 sept 1981,Venezuela, Rép. bolivarienne du, 30 déc. 1946,Viêt Nam, 21 sept.
1956,Yémen, République du, 3 oct. 1969,Zambie, 23 sept. 1965,Zimbabwe, 29 sept. 1980.
452
Source : Guide du FMI, qu’est ce que le fond monétaire international ? Washington 2004. Sous la direction
de Jeremy Clift.
453
Source : Site officiel du FMI : [Link]
212
effet que le FMI «exerce une ferme surveillance sur les politiques de change des
États membres et adopte des principes spécifiques pour guider les États
membres en ce qui concerne ces politiques». En effet, les missions essentielles
du FMI se déclinent principalement en454 :
454
Nous préciserons que la majorité des informations relatives à cette partie sont tirées du site officiel du FMI
455
Généralement tous les ans sur accord des pays bénéficiaires de l’évaluation
456
Quand on parle de politique économique ici, il s’agit de : De la politique et l’administration fiscales, la
gestion des dépenses, les politiques monétaire et de change, le contrôle et la réglementation des systèmes
bancaire et financier, la législation et les statistiques. Source :
[Link]
213
1) Modalités de l’intervention du FMI en matière de relance
économique
C’est en effet depuis la fin des années 80 que le FMI offre aux pays de la
sous-région CEMAC comme aux autres États Africains, une assistance
technique, des conseils de politique économique et selon le besoin une
assistance financière en appui à leur programme économique. Il existe d’ailleurs
de nombreux rapports du FMI portant sur la sous-région CEMAC dont le plus
récent daté d’Octobre 2014 sur l’évaluation globale de la stabilité, l’intégration
et développement économique de la sous-région457. L’Investissement Direct
Etranger, comme importante source de développement et de croissance
économique n’étant plus à démontrer, parler d’un climat des affaires propice à la
croissance économique englobe la gestion des IDE par les EM.C’est ainsi que le
FMI intervient fortement dans ces Etats par le soutien des stratégies de réduction
de la pauvreté ainsi que celles contribuant au développement des pays membres.
L’objectif final étant d’assurer une stabilité macroéconomique et promouvoir
une forte croissance et une réduction de la pauvreté sur le long terme. Fort de
son expérience internationale et en s’adaptant aux spécificités de chaque pays, le
FMI offre des conseils et un accompagnement sur les mesures de relances de
croissance économiques et d’amélioration du climat des affaires à mettre en
œuvre. Il contribue à l’élaboration des réformes nécessaires à la facilitation des
investissements étrangers et si nécessaire, il met à la disposition du
gouvernement une aide financière concessionnelle.
457
Consultable sur le site officiel du FMI et au lien suivant :
[Link]
214
Il peut s’agir d’une surveillance bilatérale ou
multilaté[Link]ément à l’article IV des statuts du FMI, lorsqu’un pays
adhère au FMI, il s’engage par la même occasion à mener des politiques
favorables à une croissance économique ordonnée et à une stabilité des prix. Le
FMI veille au respect de ces engagements par les pays membres au moyen d’une
surveillance bilatérale continue de leurs politiques économiques. Cette
surveillance prend souvent la plupart du temps la forme d’une
« consultation »459, même s’il existe d’autres missions moins formelles du FMI.
Pendant les missions de consultations, il est question d’analyser les données
économiques et financières communiqués par les Etats Membres au FMI. Ces
consultations étant annuelles, il est effectué des comparaisons avec les
consultations précédentes, l’effet sur l’évolution économique des pays consultés,
l’évaluation des politiques économiques appliquées depuis la dernière
consultation, et la mise en œuvre des recommandations qui y ont été faite. A la
fin de ces consultations, la mission établit un résumé qui contient des
conclusions sur l’état des lieux, les conseils et recommandations sur les
politiques économiques à adopter qu’elle remet aux autorités nationales de l’Etat
concerné mais soumet aussi un rapport au conseil d’administration pour être
examiné. Le conseil d’administration à son tour soumet le rapport au débat au
sein des administrateurs, dont le résumé des opinions est transmis à l’Etat
concerné. Ainsi par le biais des consultations prévu par l’article IV des statuts du
FMI, il ressort un double avantage :
458
Voir à cet effet le rapport du FMI 2008, sur les modalités de la surveillance. Page 24.
459
Comme prévu par l’article IV des statuts du FMI
215
constante des consultations, dans des environnements divergents et la
comparaison des résultats observés par les autres Etats leur donne un
avantage certain en matière de conseil propices à prodiguer aux autres.
Deuxièmement, ces consultations permettent au FMI de distinguer au fil
des années les lacunes des politiques économiques mis en œuvre par les
EM, et lui donne la possibilité de faire des suggestions de mesures
correctrices et palliatives plus appropriées et efficaces, fort des
expériences acquises au fil des années.
Pour ce qui est de la surveillance multilatérale, elle consiste pour le FMI à suivre
de près : « L’évolution et les perspectives économiques et financières à l’échelle
mondiale, pour s’assurer que le système monétaire et financier international
fonctionne bien, et détecter les points vulnérables susceptibles de compromettre
éventuellement sa stabilité »460. Il s’agit pour le FMI de présenter deux fois par
an sous forme d’un rapport, une analyse des perspectives économiques générales
ainsi que des politiques propres à chaque pays membres établit par le conseil
d’administration. Il produit aussi parallèlement le rapport sur la stabilité
financière dans le monde (GFSR).
Les pays à faible revenu sont les plus privilégiés pour bénéficier de
l’assistance technique du FMI et plus particulièrement les pays sortant de la
460
GHERARI Habib, droit international économique 2. Le système monétaire international public,
l’investissement étranger. Documents d’études,2013
216
guerre qui en sont une priorité461. L’assistance technique vise le développement
des capacités humaines et intellectuelles d’un gouvernement au vu d’un
renforcement leur habilité à élaborer des politiques efficaces et pérennes. Elle ne
concerne que ses domaines de compétence à savoir les politiques monétaires, la
gestion financière des Etats les politiques macro-économiques etc.…Cette
assistante est surtout complémentaire des autres formes d’assistance financière
et des programmes de surveillance du FMI. Elle s’effectue sous différentes
formes, soit par l’envoi des membres du siège du FMI ou ceux du service des
centres régionaux d'assistance technique du FMI pour des missions de formation
de courte durée, soit par le détachement d’expert pour des périodes plus longues.
Pour juger de l’efficacité de son assistance technique, le FMI fait appel à des
évaluations internes et externes, indépendantes462. Il faut préciser que les
missions d’assistance technique du FMI représentent à elles seules un quart du
budget de fonctionnement de la structure et représente un atout important à
l’atteinte des objectifs d’appui à la croissance économiques des Etats Membres.
Le suivi et la formation dont bénéficient ces Etats au travers de l’assistance
technique leur permettent de s’arrimer aux meilleures pratiques internationales
en matière de développement et de gain de croissance économiques.
461
C’est ainsi que dans la zone CEMAC la République Centrafricaine a récemment bénéficié d’une facilité de
crédit [Link] : Communiqué de presse No. 15/129 du 20 mars 2015où le Conseil d’administration du FMI
approuve un décaissement de 7,63 millions de dollars au titre de la facilité de crédit rapide en faveur de la
République centrafricaine
462
Une enquête récente a été réalisée par des évaluateurs indépendants, qui démontrent que 85 % des
bénéficiaires de l’assistance technique dans l’ensemble des CRAT ont jugé l’efficacité de l’assistance technique
du FMI comme «bonne» ou «excellente». Source, site officiel du FMI :
[Link]
463
Pour plus d’information sur les prêts du FMI, consulter la fiche technique disponible sur le site officiel :
[Link]
217
de paiement peuvent solliciter le FMI pour l’obtention d’une aide financière,
généralement sous forme de prêt. Pendant longtemps, cette aide était soumise à
des conditions d réformes structurelles importantes de la part des Etats
bénéficiaires, mais ces critères de réalisation structurels ont été supprimés pour
des programmes d’appui plus souples avec des critères de conditionnalité plus
simples et adaptés aux spécificités des pays qui en bénéficie. Le FMI a pratiqué
une refonte de ses interventions et a renforcé ses capacités à accorder des prêts.
Les conditions soumis aux éventuels candidats sont désormais établies au cas
par cas, selon le contexte particulier de chaque pays. C’est dans cette optique
que plusieurs instruments de financement ont été mis en place par le FMI sous
forme de prêts concessionnels (en faveur des pays à faible revenus) et des prêts
non concessionnels. Il s’agit entre autres de464 :
464
Il est important de préciser qu’ils existent d’autres instruments de financement du FMI à savoir pour les
prêts concessionnels :
-La facilité de crédit rapide (FCR) qui permet aux pays à faible revenu qui se heurtent à un problème immédiat
de balance des paiements d'obtenir rapidement une aide financière concessionnelle à faible niveau d’accès
sans avoir à appliquer un programme assorti de conditions
-Les accords de confirmation du FMI :Qui permettent au FMI de répondre rapidement aux besoins de
financement extérieur des pays et de soutenir des politiques destinées à les aider à sortir de la crise et à
restaurer une croissance durable
465
Qui remplace l’ancienne FRPC (facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance).
218
marché international. Il s’agit de renforcer la confiance des marchés par
un apport immédiat de liquidité pour renflouer les économies directement
ou indirectement touchée.
La ligne de précaution et de liquidité quant à elle est dédiée aux besoins
de liquidité de certains Etats qui bien que ne sont pas en crise, restent
exposés à certains facteurs qui rendent leur situation économique
vulnérable.
Le fond fiduciaire pour l’allègement de la dette après une catastrophe
(ADCA) par lequel le FMI contribue à l’allègement des pays affaiblis par
des catastrophes naturelles
Les pays de la zone CEMAC sont tout aussi bénéficiaires de cette intervention
du FMI comme précédemment présenté. Pour mieux intégrer le dispositif
d’accompagnement en œuvre dans la sous-région, nous présenterons à titre
illustratif les rapports d’intervention récente du FMI dans trois pays de la sous-
région dans le cadre des prérogatives de surveillances qui lui sont attribuées par
l’article IV de ses statuts.
466
Conf, article 23 de la charte CEMAC des investissements qui énonce : « Les Etats ont adhéré à l’article VIII
des statuts du FMI garantissant la liberté des mouvements de capitaux pour les transactions courantes. Les
conditions et les délais d’exécution des transferts doivent être améliorés et mieux connus des acteurs
économiques »
219
dispositifs d’attractivité économique en vigueur dans la sous-région CEMAC, il
conviendra dans cette partie de prendre quelques exemples des missions
d’encadrement de l’activité économique du FMI dans quelques Etats membres
de la zone CEMAC. Nous nous baserons sur les rapports de consultations les
plus récentes effectuées par les équipes du FMI dans le cadre de l’article IV de
ses statuts.
Le FMI au Cameroun
467
En date du 28/03/2015 il s’agit du Rapport de Juillet 2014 Rapport du FMI No. 14/212. Lien :
[Link] Il est à préciser qu’un rapport plus récent
pourrait être publié avant la fin de rédaction de cette thèse, auquel cas nous adapterons.
468
Source : [Link] , le site officiel du FMI.
469
Ainsi à titre d’exemple, les services du FMI ont encouragé les autorités à persévérer dans l’application des
principaux volets des réformes de gestion financière afin de rehausser l’efficacité des dépenses publiques.
Améliorer la fiabilité des données budgétaires et comptables et accroître la transparence budgétaire par les
moyens suivants : i) limiter le recours aux procédures exceptionnelles, comme le prolongement de l’exercice
220
Parer aux risques éventuels qui affecteraient la viabilité budgétaire. Car en
effet les projections de recettes à venir révèlent un large déficit qu’il serait
nécessaire de combler par l’amélioration des recettes non pétrolières. Il
s’agit concrètement d’élargir l'assiette fiscale en allégeant les
exonérations, de redéfinir les priorités des dépenses publiques en
réduisant progressivement les subventions au carburant, et en prévoyant
des mesures de compensation ciblées pour les plus vulnérables.
Favoriser une croissance plus dynamique et plus inclusive tirée par le
secteur privé, grâce à des dépenses éducatives et sociales mieux ciblées,
renforcer la sélectivité des projets d’investissement et procéder à un
examen rigoureux des conditions financières afin d’assurer la viabilité de
la dette, mais surtout veiller à l’instauration d’un climat propice aux
affaires et l’approfondissement de l’intégration régionale.
budgétaire – en le remplaçant par des reports de crédits d’une année à l’autre ; ii) harmoniser les informations
fournies par les différents systèmes de données via la mise en place des systèmes informatiques nécessaires
pour suivre les flux de financements tout au long de la chaîne des dépenses ; iii) respecter la règle du compte
unique du Trésor et éviter les dépenses en dehors des procédures budgétaires normales ; iv) procéder
exceptionnellement à la régularisation des dépenses en fin d’exercice (avances de trésorerie par exemple) ; v)
budgétiser et déclarer les impôts et subventions sur une base brute ; et vi) éviter les annulations croisées des
impôts et des paiements de sommes dues par l’administration publique
470
Source : Site officiel du FMI : [Link]
221
On peut récapituler la mission d’évaluation du FMI au Cameroun en deux
grandes lignes :
222
L’évolution de la banque des paiements et du taux de change. Il en ressort
une évolution de la balance commerciale et des cours internationaux des
produits de base, avec précisément une dégradation de la balance des échanges
de biens et de services471. Une croissance importance grandissante des
investissements qui ont représenté en moyenne 18,6 % du PIB, l’épargne
nationale s’établissant pour sa part à 16,3 % du PIB472. Néanmoins il est observé
un net recul des exportations du Cameroun en pourcentage, par rapport aux
autres Etats de la CEMAC. Le Cameroun se situe aujourd’hui au quatrième rang
derrière la Guinée Equatoriale, la République du Congo et le Gabon473. Selon
l’évaluation du FMI, cette dégradation prévue de la balance des échanges de
biens et de services est majoritairement causée par la hausse des importations
destinées aux projets d’investissement. Le constat le plus pertinent de
l’évaluation préliminaire démontre que le taux d’échange effectif réel (TCER)
du Cameroun est surévalué. En effet depuis 2009 il a baissé de 7,7% justifié par
le taux d’échange effectif nominal (TCEN) de l’Euro auquel est arrimé le franc
CFA qui est la monnaie nationale du Cameroun et de tous les Etats membres de
la sous-région CEMAC.
471
Un passage d’un excédent de 1,6 % du PIN en 2006 à un déficit de 3,3 % du PIB en 2013
472
L’investissement intérieur brut a reculé, passant de 20,2 % du PIB en 2002 à 14,3 % en 2006. Il est depuis
remonté à 21,3 % du PIB en 2013. Le taux d’épargne national est passé de 15,1 % du PIB en 2002 à 17,6 % en
2009, au plus fort de la crise mondiale, avant de retomber à 17,2 % en 2013
473
Selon le site officiel du FMI, dans les années 90, le Cameroun était pourtant le deuxième pays exportateur
après le Gabon.
223
de l’évaluation de la politique et des institutions nationales (EPIN). Le tableau
suivant décrit l’indice de compétitivité mondiale du Cameroun474.
474
Source : Le site officiel de du FMI. Il faut préciser que D’après le rapport sur l’Indice de compétitivité
mondiale pour 2013–14, le Cameroun se classe au 115e rang sur les 148 pays examinés. Il a reculé de trois
rangs depuis le rapport précédent, mais a conservé la note de 3,7 sur 7
224
leurs politiques aux modèles de réussite internationaux. Même si ces évaluations
ne concernent pas exclusivement les investissements étrangers, l’état des lieux
de la conjoncture macroéconomique d’un pays fait par une institution
internationale de l’envergure du FMI est déterminant pour l’attrait des
investisseurs et la rentabilité économique de pourrait représenter ce pays. C’est
dans la même logique qu’intervient la Banque Mondiale.
225
1) La Banque Mondiale : Acteur international de promotion et
d’encadrement des IDE
226
financière internationale)484, qui finance des prêts, des fonds propres et des
services-conseil pour stimuler l'investissement privé dans les pays en
développement. Deuxièmement, l’agence Multilatérale de garantie des
Investissements (AMGI)485. Troisièmement, le centre international pour le
règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI)486. L’on peut voir
en la création de la SFI et la MIGA la volonté pour la BM d’équilibrer les règles
de jeu en matière d’attractivité économique des Etats au bénéfice de ceux en
voie de développement comme c’est le cas des Etats de la zone CEMAC. Ainsi,
pendant que la SFI collabore avec le secteur privé (ceci se fait généralement par
l’acquisition d’une participation minoritaire dans les entreprises privés afin
d'attirer les investissements privés), la MIGA quant à elle garantit les
investisseurs et les préteurs contre les risques financiers et politique dans les
pays en développement. Mais bien au-delà de ces organismes qui fonctionnent
de manière indépendante, la Banque Mondiale, dispose d’autres instruments
d’appui aux dispositifs nationaux des Etats Membres destinés aux politiques
d’attractivité économiques par l’investissement. Il s’agit majoritairement de
rapports annuels produits par le groupe de la BM sous la forme d’indicateurs
mondiaux de performances (Global Indicators Groups -GIG)487, mais aussi de
principes directeurs et des recommandations qui permettent aux Etats de
s’aligner aux exigences internationales et de mesurer leur compétitivité vis-à-vis
484
Consulter le site de la BM pour plus d’information : A propos de l’IFC, lien :
[Link]
485
Voir à cet effet la première partie de la thèse sur l’AMGI page 71, ou le site officiel de l’agence :
[Link]
486
Pour infos pages 71 de notre thèse, première partie ou consulter le site officiel du CIRDI :
[Link]
487
Il s’agit d’un groupe du réseau de développement économique du groupe de la Banque Mondiale qui
produit des statistiques et diagnostic sur la réglementation des affaires dans le secteur privé à travers le
monde. Pour plus d’information consulter : [Link]
us/~/media/GIAWB/Doing%20Business/Documents/Miscellaneous/[Link]
227
des standards internationaux. L’on peut citer comme instruments
fondamentaux 488:
488
Il s’agit ici d’énumérer les instruments qui affectent directement l’investissement étranger, même ci à coté
de cela il existe d’autres instruments de la Banque mondiale comme les « entreprise surveys », les
« subnational doing business », les « spécial initiatives » etc.…
489
Source : Site officiel du groupe de la Banque Mondiale : [Link]
490
Pour citer le site officiel à propos de Doing Business.
228
CEMAC en sont largement bénéficiaires et nous présenterons plus tard le cas
précis d’un Etat de la zone CEMAC.
491
PANAYOTIS M. PROTOPSALTIS, les principes directeurs de la Banque Mondiale pour le traitement de
l’investissement étranger. Section 1, remarques introductives. VN :
[Link]
in-international-law-and-international-relations/4-les-principes-directeurs-de-la-banque-mondiale-pour-le-
traitement-de-l-investissement-e-tranger-ej.9789004153721.3_987.4#pagemode=bookmarks&page=1
492
L’ensemble des principes est consultable sur le line suivant :
[Link]
493
Source : The World Bank Guidelines, préambule para I. Nous faisons le choix ici de retranscrire le texte en sa
version originale qui est en anglais au risque de déformer le sens des propos.
494
Il est important de préciser que, bien que ces propositions énoncent l’objectif de la Banque pour
l’amélioration du cadre juridique national existant, les Principes ne sont pas conçus comme une simple loi
modèle, mais comme un guide pour les gouvernements sur la manière de gérer l’IDE.
229
qu’un traitement égal des investisseurs dans des même circonstances et sous une
libre concurrence constitue le socle d’un environnement favorable à
l’investissement. Il se crée un climat de confiance où aucune distinction n’est
faite entre l’étranger et les nationaux, mais surtout cet esprit favorise l’ouverture
au marché extérieur. Ces principes sont regroupés autour de quatre grands titres
hormis le domaine d’application des principes. Il s’agit :
495
Il s’agit de recommandations sur la facilitation l’installation et l’admission des étrangers par la simplification
des procédures administratives
496
La notion de juste et d’équitable renvoie à la conduite que l’État doit adopter au regard de l’investissement
étranger doit être juste et équitable. Etre juste signifie agir selon la loi, être conforme au droit et à l’équité
497
PROTOPSALTIS M .Payanotis, les principes directeurs de la Banque Mondiale pour le traitement de
l’investissement étranger. Il évoque à cet effet les risques politiques qui peuvent frapper un IDE, les dispositifs
relatifs à l’indemnisation etc…
230
Il est important de préciser que même si ces principes n’ont pas une force
contraignante et ne sont pas obligatoires, de nombreux traités multilatéraux ou
bilatéraux conditionnent la signature des conventions entre Etats parties au
respect ou à l’application de ces principes. C’est le cas pour la plupart des
accords de l’AMGI avec les Etats dont la plupart des principes sont repris
comme conditions d’éligibilité aux garanties de l’AMGI.
498
Dernier rapport de 2012
499
On peut citer entre autres: “ Investing Across Sectors methodology, Starting a Foreign Investment
methodology, Arbitrating and Mediating Disputes methodology, Converting and Transferring Currency
methodology, Employing Skilled Expatriates methodology”.
500
INVESTING ACROSS BORDER 2010, indicators of foreign direct investment regulations in 87 economies.
231
Cette liste des outils de la BM n’est pas exhaustive. On peut aussi y
ajouter les indicateurs de développement de la BM. Il est important de préciser
que la BM a adopté en juillet 2014 une nouvelle approche dans la gestion de ses
objectifs avec les pays membre qui se fonde sur des consultations ainsi qu’un un
soutien considérable vis-à-vis des actions menées contre la pauvreté. A cet effet,
elle met à la disposition du publique et des Etats intéressés de nombreux
rapports et des statistiques sur l’IDE et l’état du développement dans le monde.
Ces documents sont consultables en ligne pour permettre aux économies
d’évaluer leurs performances comparativement aux autres Etats mais aussi au
besoin de copier les initiatives au rendement positif.
232
2) La Banque Mondiale et l’IDE en zone CEMAC : L’exemple du Gabon
501
Il est important de préciser que les rapports « doing business » de tous les Etats de la zone CEMAC sont
produits depuis des années et son consultables sur le site officiel en version anglaise ou française :
[Link]
233
l’environnement des affaires, est de commencer par la comparer aux
règlementations des autres environnements économiques502. Ces données
concernent principalement503:
502
Traduction personnelle de la version originale en anglais qui n’engage pas l’auteur du rapport qui le dit en
ces termes : “For policy makers trying to improve their economy’s regulatory environment for business, a good
place to start is to find out how it compares with the regulatory environment in other economies “.
503
Nous choisissons d’analyser que des domaines étroitement liés aux opérations d’investissement, mais bien
entendu il existe d’autres données que nous avions précédemment évoqués comme le cout des taxes,
l’obtention d’un permis de bâtir etc.…
504
Il s’agit de la figure 1-2. La source étant en version anglaise nous fournirons cette version originale à titre
d’illustration.
505
Source version originale site officiel doing business :
[Link]
les/country/[Link]
234
Le tableau (figure 1.5) suivant évalue les progrès réalisé par l’économie
Gabonaise par rapport aux meilleures performances des économies évaluées par
le rapport « Doing Business ». Cette évaluation permet les changements
effectués au sein de la réglementation de l’environnement des affaires dans ces
économies entre des années de distances. Dans le cas d’espèce il s’agit de l’état
des réformes entre 2010 et 2014506.
506
Source : idem
235
236
La création d’entreprise « starting a business ».
237
procédures, il faut 50 jours. Le schéma suivant (figure 2.1) est récapitulatif de
ces données507.
507
Source Doing business database
508
Il s’agit de la France, du Cameroun, de la Guinée Equatoriale, de la République démocratique du Congo, de
la Centrafrique
238
Au final, la mutlitude de statistiques et d’information fournie par ces
rapports « Doing Business » nous empechent de tous les diffuser. L’essentiel est
de percevoir le travail d’accompagnement mis en œuvre par le Groupe de la BM
pour optimiser les résultats des Etats Membres et plus précisément ceux de la
zone CEMAC, en mettant à leur dispositions de nombreux instruments
internationaux aux meme titre que des économies plus développées. Le but étant
ici de permettreà ces Etats de disposerd’une réglémentation et d’un
environnement des affaires compétitif sur la scène du commerce international.
239
Paragraphe II) Apport de des organisations de coopération
économique : L’OMC le CNUCED et l’OCDE
509
Le CNUCED est un organe subsidiaire de l'Assemblée générale des nations unies créé en 1964, qui vise à
intégrer les pays en développement dans l'économie mondiale de façon à favoriser leur essor.
510
Il existe en effet de nombreux rapports conjoints entre ces organisations, L'OMC et la CNUCED sont parties
prenantes d'un partenariat stratégique ayant pour objectif de mettre en œuvre le PDD, il existe par exemple
une séance d’information informelle commune de la CNUCED et de l’OMC sur les normes privés
511
On peut citer entre autre les rapports conjoints OCDE, CNUCED et OMC sur les mesures du G20 en matière
de commerce et d’investissement consultable sur :
[Link]
Il existe d’ailleurs une base de données communes entre l’OMC et l’OCDE consultable sur :
[Link]
240
et de l’intérêt porté aux IDE par cette organisation. Cet intérêt qui se manifeste
spécifiquement par les rapports et les réglementations produites autour de l’IDE.
Paradoxalement, au sein de l’OMC dont 5 Etats membres de la CEMAC sont
membres512, il existe des réglementations assez éparses qui renvoient plus ou
moins à l’investissement, qu’on retrouve au sein d’accords restreints dont la
portée est limitée aux seules opérations d’investissements qui touchent le
commerce513. Le CNUCED quand à lui tire sa pertinence du fait de sa
concentration dans les questions de développement et sa mission d’encadrement
des pays en développement (dont ceux de la zone CEMAC) comme cible
prioritaires. En étudiant de manière approfondie le champ des apports de
chacune de ces organisations, nous verrons qu’elles contribuent chacune à une
amélioration des politiques des Etats en matière d’attractivité économique.
512
Il s’agit du Cameroun du Gabon, de la République Centrafricaine, du Congo et du Tchad, la Guinée
Equatoriale n’ayant pas adhéré à ce jour à l’OMC
513
On peut ici évoquer les accords AGCS (accord général sur le commerce des services), ou les accords MIC
(accords sur les mesures d’investissements).
514
Néanmoins on peut remonter à plus loin l’idée du système commercial que l’OMC représente, car elle
succède à l’accord Général sur les Tarifs douaniers et le commerce (GATT) de 1947
515
Accords négociés et signés en avril 1994 à Marrakech au Maroc. Ils sont souvent aussi dénommés règles
commerciales de l’OMC.
241
accords adoptés516. Elle dispose à cet effet d’un cadre juridique et institutionnel
pour la mise en œuvre et le suivi de ces accords. Ces derniers constituent les
instruments de base de l’organisation qui contribuent à favoriser la croissance
dans les Etats membres et améliorer la coopération internationale en matière
d’échange et de commerce international. Dans cette logique, l’IDE est aspect
essentiel de l’activité commerciale, car on ne saurait restreindre le commerce à
un territoire spécifique. Ainsi dès lors que les échanges de biens et services ou
des capitaux vont au-delà des frontières, il est évident qu’on se rapproche
d’opérations d’investissement direct à l’étranger. C’est dans cette logique que
dès la première conférence ministérielle de l’OMC à Singapour en 1996
introduira la notion d’investissement dans les débats. A cet effet un groupe de
travail établi au sein de la dite conférence sera chargé d’analyser entre le
commerce et l’investissement.
Un groupe de travail établi en 1996 procède à des analyses des liens entre
commerce et investissement.
L'Accord sur les mesures concernant les investissements et liées au
commerce (Accord sur les MIC), l'un des accords multilatéraux sur le
commerce des marchandises, interdit les mesures concernant les
investissements et liées au commerce, comme les prescriptions relatives à
la teneur en éléments d'origine nationale, qui sont incompatibles avec les
dispositions fondamentales de l’accord Général sur les tarifs Douaniers et
le Commerce (GATT) de 1994.
516
Le pouvoir de l’OMC réside particulier sur son organe de règlement des différends (ORD)
242
L'Accord général sur le commerce des services traite de l'investissement
étranger dans les services, qui est l'un des quatre modes de fourniture des
services»517.
Nous commencerons par présenter les MIC, et le gout d’inachevé qui résulte de
la lecture de cet accord du fait du renvoi continu aux articles du GATT518, et
ensuite présenter les Accords Généraux sur le Commerce des Services (AGCS).
517
D’après le site officiel de l’OMC sur l’investissement :
[Link]
518 er
L’accord Général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT de 1947) est le 1 accord commercial ayant
précédé la création de l’OMC. Mais biensur il s’agit ici d’un avis personnel sur l’accord des MIC
519
Voir présentation du TRIMs dans le site WEB de l’OMC : [Link]
En savoir plus sur [Link]
concernant,[Link]#0x6w75BmzocYX8yL.99
243
objectif se décline en ces propos : «Considérant que les ministres sont (…)
Désireux de promouvoir l'expansion et la libéralisation progressive du
commerce mondial et de faciliter les investissements à travers les frontières
internationales de manière à intensifier la croissance économique ». Il recadre
quand même l’application de cet accord aux seuls investissements liés au
commerce des marchandises. Il n’existe pas dans l’accord de définitions propre
aux Mesures concernant l’investissement liées au Commerce (MIC).
Néanmoins l’on retrouve dans l’annexe de l’accord, une série de mesures
illustratives qui seraient incompatibles avec l'article III alinéa 4 portant sur le
traitement national en matière d’imposition et de réglementation intérieures520,
ou avec l'article XI alinéa 1 sur l’élimination générale des restrictions
quantitatives du GATT de 1994521. Même si les MIC ne concernent pas
spécifiquement l’Investissement Direct Etranger, mais plutôt l’investissement
international en général, son objectif principal est de restreindre la transgression
des règles de l'OMC par les Etats Membres surtout ceux établis par le GATT de
1994 précédemment cités. L’article 4 de l’accord sur les MIC est le plus
intéressant pour les pays en voie de développement comme ceux de la zone
CEMAC car il leur accorde certaines dérogations à l’application de l’accord,
520
Il dispose que : « Les produits du territoire de toute partie contractante importés sur le territoire de toute
autre partie contractante ne seront pas soumis à un traitement moins favorable que le traitement accordé aux
produits similaires d'origine nationale en ce qui concerne toutes lois, tous règlements ou toutes prescriptions
affectant la vente, la mise en vente, l'achat, le transport, la distribution et l'utilisation de ces produits sur le
marché intérieur. Les dispositions du présent paragraphe n'interdiront pas l'application de tarifs différents pour
les transports intérieurs, fondés exclusivement sur l'utilisation économique des moyens de transport et non sur
l'origine du produit. »
521
Il dispose que : « Aucune partie contractante n'instituera ou ne maintiendra à l'importation d'un produit
originaire du territoire d'une autre partie contractante, à l'exportation ou à la vente pour l'exportation d'un
produit destiné au territoire d'une autre partie contractante, de prohibitions ou de restrictions autres que des
droits de douane, taxes ou autres impositions, que l'application en soit faite au moyen de contingents, de
licences d'importation ou d'exportation ou de tout autre procédé. » Mais l’alinéa suivant précise que les
er
dispositions de cet alinéa 1 ne s’étendent pas aux cas suivants : a) Prohibitions ou restrictions à l'exportation
appliquées temporairement pour prévenir une situation critique due à une pénurie de produits alimentaires ou
d'autres produits essentiels pour la partie contractante exportatrice, ou pour remédier à cette situation;
b) Prohibitions ou restrictions à l'importation ou à l'exportation, nécessaires pour l'application de normes ou
réglementations concernant la classification, le contrôle de la qualité ou la commercialisation de produits
destinés au commerce international;
c) Restrictions à l'importation de tout produit de l'agriculture ou des pêches, quelle que soit la forme sous
laquelle ce produit est importé*, quand elles sont nécessaires à l'application de mesures gouvernementales
ayant pour effet
244
dérogations qui ont pour but entre autres de trouver une solution aux problèmes
de balance de paiement de ces Etats par l’application provisoires des MIC522.
2. Aux fins du présent accord, le commerce des services est défini comme étant
la fourniture d'un service:
522
DANTAS Manuel, Commerce et investissements étrangers directs (IED) - l'intérêt des pays en
développement dans un cadre multilatéral des investissements étrangers négociés à l'OMC, DEA droit
international, Université Paris I Sorbonne. 2005 .En effet, L'article 4 autorise les pays en développement à
déroger temporairement aux obligations résultant de l'Accord sur les MIC, conformément aux dispositions de
l'article XVIII du GATT de 1994 et aux dispositions connexes de l'OMC qui concernent les mesures de
sauvegarde prises à des fins de balance des paiements.
523
Ce qui se justifie certainement par la difficulté à mettre en œuvre une telle réglementation, car l’idée même
d’un commercial transfrontalier à cette époque était encore très novatrice. D’ailleurs CARREAU Dominique et
JUILLARD Patrick dans leur ouvrage sur le droit international économique disent à ce propos que: « La leçon de
la complexité de l'opération de fourniture transfrontalière de services est claire : celle-ci, pour s'épanouir, a
besoin de la présence d'autres libertés économiques sous-jacentes qui en permettent la mise-en-œuvre. À
l'échelle internationale, la libre prestation des services est liée à la libre circulation et au libre établissement
des personnes, à la liberté des paiements internationaux - tant courants qu'en capital -, ainsi qu'à la liberté des
investissements - sans parler de la libre circulation des marchandises. La fourniture transfrontalière des
services illustre mieux que n'importe quelle autre opération la profonde unité des échanges internationaux :
des transactions économiques internationales libres impliquent une libre circulation parallèle et simultanée des
personnes, des biens, des services et des capitaux »
245
b) sur le territoire d'un Membre à l'intention d'un consommateur de
services de tout autre Membre;
524
Qui sous-entend une égalité de traitement pour tous les partenaires commerciaux, selon le principe de la
non-discrimination. Ainsi, si un pays ouvre un secteur à la concurrence étrangère, il doit accorder des
possibilités égales dans ce secteur aux fournisseurs de services de tous les autres membres de l’[Link] existe
une possibilité d’exemptions. A cet égard, la mesure pour laquelle l’exemption a été accordée est décrite dans
la liste d’exemptions NPF du membre, qui indique à quel membre le traitement le plus favorable s’applique et
en spécifie la durée. Le site officiel précise que sur le principe, ces exemptions ne devraient pas excéder dix ans.
525
Une illustration permettant de définir ce principe et qui vient du site officiel de l’OMC est la suivante : « si
un gouvernement s’engage à autoriser des banques étrangères à opérer sur son marché intérieur, il prend un
engagement en matière d’accès aux marchés. S’il limite le nombre de licences qu’il accordera, il s’agit
d’une limitation de l’accès aux marchés. Si, enfin, il déclare que les banques étrangères ne peuvent avoir
qu’une seule succursale tandis que les banques du pays peuvent en avoir plusieurs, il s’agit d’une exception au
principe du traitement national ». Source : [Link]
526
L’accord propose aux gouvernements de publier toutes les lois et réglementations pertinentes, et créer des
points d’information dans leurs administrations. Les sociétés et gouvernements étrangers peuvent alors
s’adresser à ces points d’information pour se renseigner sur les réglementations régissant tel ou tel secteur des
246
2) Modalités d’intervention de l’OMC dans la zone CEMAC
services. Les gouvernements doivent aussi notifier à l’OMC tout changement apporté aux réglementations
applicables aux services visés par des engagements spécifiques. Source :
527
Propos du site officiel à propos de l’AGS :
[Link]
528
Rapport du 24 Juin 2013, WT/TPR/G/285 sur les politiques commerciales de la zone CEMAC, ce rapport qui
consiste pour l’essentiel à évaluer la politique commerciale d’un pays membre de l’OMC sur la base des
questions, des observations et recommandations d’autres États.
247
en valeur par des grands groupes miniers étrangers. Pour faire émerger ce projet
il envisage la création d’ici l’année 2015 la création de 100000 entreprises pour
la production de produits métallurgiques connexes comme le fer à béton, des
ustensiles de cuisine, la fonte pour la fabrication de bonbonnes de gaz, les
produits de charpentes etc. Ce potentiel commercial mis en exergue par une
institution crédible comme l’OMC, qui constitue incontestablement une vitrine
pour la sous-région, mais aussi aide les gouvernements à mieux encadrer la mise
en valeur de leurs atouts afin de rendre la sous-région plus économiquement
attractive. Voir à cet effet le tableau 5 ci-dessous, récapitulatif des grands projets
dans les mines et la métallurgie529.
A côté de ce tableau, on peut préciser que l’OMC récence de façon détaillée les
principaux pays clients, fournisseurs et exportateurs de la sous-région, les
produits les plus consommés, exportés et importés ainsi que l’évolution de la
balance commerciale de ces pays. Il s’agit donc vraiment d’une vitrine
commerciale internationale pour les Etats membre de la zone CEMAC530.
529
Source : Site officiel de l’OMC : [Link]
530
Consulter en annexe 3 le rapport : [Link]
248
B. La conférence des Nations Unies sur le commerce et le
développement(CNUCED)
531
Source : [Link] Site officiel de la
CNUCED
249
Mais la contribution intéressante de cette organisation par rapport à notre étude
est son encadrement des politiques d’investissements
250
durable dans l’agriculture532.
532
Site officiel du CNUCED, domaine d’activités : [Link]
533
Ledit rapport est consultable au lien suivant : [Link]
534
Consultable sur le lien suivant : [Link]
251
L’amélioration du processus de privatisation qui contribue à
l’amélioration du climat des investissements. Pour ce faire la conférence
recommande entre autre la création d’un fond de préfinancement des
opérations de privatisation
Favoriser une politique d’attraction des investissements orienté vers
l’exportation.
La nécessité de formuler une règle communautaire cohérente en se dotant
d’un ordre juridique qui lui soit propre et effectif surtout à propos des
conditions d’application, d’opposabilité et d’irrévocabilité en droit interne
des règles de droit communautaire qui sont parfois floues mais aussi
incompatibles entre les dispositions des deux ordres juridiques
L’établissement d’une nouvelle charte communautaire des
investissements qui reprendraient les principes de base du droit
international de l’investissement comme celle de la nation la plus
favorisée ou le traitement national…
535
Dans ce cas précis le rapport a été écrit en collaboration avec l’Agence intergouvernementale de la
francophonie
252
C. Les Pratiques de coopération de l’Organisation de
Coopération et de Développement Economique (OCDE) en
matière d’IDE
536
Il s’agit pour la plupart de toute l'Europe occidentale et l'Amérique du nord, plus le Japon, l'Australie,
la Nouvelle-Zélande, la Corée et, depuis 1995 et 1996, certains pays d'Europe centrale (République
tchèque, Hongrie, Pologne) et, depuis 2010 le Chili, la Slovénie, Israël, et l'Estonie. Les pays membres
de l’OCDE sont :l’Allemagne, l’Australie, l’Autriche, la Belgique, le Canada, la Corée, le Danemark, l'Espagne,
les États-Unis, la Finlande, la France, la Grèce, la Hongrie, l’Irlande, l’Islande, l’Italie, le Japon, le Luxembourg, le
Mexique, la Norvège, la Nouvelle-Zélande, les Pays-Bas, la Pologne, le Portugal, la République slovaque, la
République tchèque, le Royaume-Uni, la Suède, la Suisse et la Turquie.
537
Ceci est justifiable par le nombre de publications et de travaux consacrés aux activités des investissements
internationaux. A cela s’ajoute des accords de partenariats avec d’autres organisations sur la question de
l’investissement. Nous pouvons citer comme publication importante de l’OCDE : Promouvoir l’investissement
privé au service du développement : Le rôle de l’APD. Le cadre d’action pour l’investissement. L’investissement
direct étranger au service du développement : Optimiser les avantages et minimiser les couts etc…
253
exportateurs de capitaux comme importateurs de capitaux »538. Elle est donc au
cœur du dispositif international d’encadrement de l’investissement en général et
l’IDE en particulier. Pour ce faire, met à la disposition des Etats membres ou
Etats observateurs des instruments d’accompagnement. Il est important de
préciser que les activités de l’OCDE couvrent autant les pays membres que les
pays non membres, car pour atteindre ses objectifs l’OCDE a pour cible à la fois
les pays d’origines des capitaux que les pays récepteurs. Ceci l’amène à
encadrer tous les acteurs du processus de mouvements de capitaux et plus
précisément les procédures liées à l’IDE dans le cas de notre étude et de façon
générale, la plupart des avantages auxquels ont droit les Etats membres de
l’OCDE sont ouverts aux Etats Membres du FMI ou de la Banque Mondiale539.
538
JUILLARD P, L’accord multilatéral sur l’investissement : un accord de troisième type ? » in Journée d’études,
Un accord multilatéral sur l’investissement : d’un forum de négociations à l’autre, SFDI, Paris, Pedone, 1999, p.
48
539
Nous pouvons citer l’exemple du CODE DE LIBERATION DES MOUVEMENTS DES CAPITAUX qui prévoit que
tout pays membre est en droit de bénéficier des mesures de libéralisation prises par les autres pays membres,
quel que soit son propre degré d’ouverture et les pays membres ont étendu les mesures de libéralisation à tous
les membres du Fonds monétaire international dont font partie les EM de la CEMAC
254
et l’établissement540, et de la Déclaration de l'OCDE sur l'investissement
international et les entreprises multinationales adoptée en 1976.
540
Il est essentiel de préciser qu’à la base il s’agissait de deux codes dont le second, le Code OCDE de libération
des opérations invisibles qui couvre les services concerne moins les IDE.
541 er
Lire à cet effet l’article 1 du code alinéa (a) sur la définition des mesures de libération. Ainsi que l’article 1
alinéa (d ) du CLMC
542
Source : [Link] , quelles
transactions internationales sont couvertes par les codes ?
543
Idem
255
d’éliminer entre les Etats concernés les obstacles aux mouvements de capitaux.
Repartis en articles, on y retrouve de nombreux principes d’encadrement des
IDE dont précisément :
544
Consultable sur le lien : [Link]
investissement/CapitalMovements_WebFrench.pdf
256
des entreprises dans les pays d'accueil. La déclaration comporte quatre
instruments545 :
545
Source : Site officiel de l’OCDE, consultable sur :
[Link]
546
Consultable en ligne sur le site suivant : [Link]
547
Source :[Link]
investissement/[Link]
257
destinataires. L’intégralité de ses dispositions est disponible sur
internet548.
L’instrument sur obligations contradictoires : Il s’agit ici d’un ensemble
de considérations générales et d’approches pratiques sur les obligations
contradictoires imposées aux entreprises dans un pays membres, mis en
place par l’OCDE dans le cadre de la déclaration sur l’investissement, afin
d’aider les pays membres et les entreprises multinationales à éviter au
maximum des situations de conflits qui pourraient engendrer l’adoption
de ces obligations par un Etat. Ici la coopération entre gouvernement est
recommandée ainsi que la prise en compte des intérêts de toutes les
parties prenantes et des règles internationales en la matière549.
L’instrument sur les stimulants et obstacles à l'investissement direct
international : Il s’agit d’un outil d’ incitation pour l’amélioration des
efforts en faveur de la coopération entre les Etats afin de produire des
mesures favorables à l'investissement direct international. L’instrument
sert donc d’outil de consultation mais aussi de vitrine de partage entre les
Etats sur leurs politiques d’incitations respectives afin d’adopter de
manière consensuelle, des mesures transparences et efficiente bénéfiques
à tous les pays mais surtout à la promotion des IDE dans les territoires.
548
A lire : Traitement national des entreprises sous contrôle étranger et exception des pays membres au
traitement national.2013 OCDE : [Link]
[Link]
549
Pour plus d’informations, consulter le lien suivant : [Link]
investissement/[Link]
258
de lieu de l’IDE. Elle compile et diffuse des statistiques ainsi que des mises à
jour fiables qui sont essentielles à l'élaboration d’une politique attractive et
efficace par les Etats550. On peut aussi citer plusieurs initiatives de cette
organisation en faveur de l’investissement comme le « Cadre d’action pour
l’investissement », dont le but principal est de mobiliser l’investissement privé
au bénéfice de la croissance économique et du développement durable551, dans le
même sens sa publication : « Promouvoir l’investissement privé au service du
développement : Le rôle de l’APD », ou encore sa synthèse
sur : « l’investissement direct étranger au service du développement, optimiser
les avantages et les couts », constituent des preuves de la contribution active de
cet organisation en faveur de la promotion et l’encadrement de l’IDE dans le
monde. Mais en ce qui concerne la zone géographique de la CEMAC, nous nous
baserons sur le l’initiative NEPAD-OCDE pour l’investissement en Afrique
mais aussi les rapports et les observations sur la sous –région effectués par
l’OCDE comme base de notre argumentation.
550
On peut consulter les dernières statistiques de l’OCDE sur l’investissement direct international 2013 :
[Link]
international-2013_idis-2013-fr , OCDE (2013), Statistiques de l'OCDE sur l'investissement direct international
2013, Éditions OCDE, Paris.
551
Pour plus d’informations à propos consulter : [Link]
552
Lire à propos l’article sur le NEPAD disponible sur le site de la Banque Africaine de Développement :
[Link]
553
Comme la Banque Africaine de développement,
259
l’Afrique »554. Son objectif principal est de renforcer les capacités des Etats
Africains dans l’élaboration de réformes favorables à l’amélioration du climat
des affaires, mais aussi d’améliorer la vision extérieure de l’attractivité
économique de l’Afrique par l’IDE. Elle constitue ainsi une vitrine pour
l’Afrique sur le dialogue international autour de la question des investissements
internationaux ainsi qu’une ouverture vers les plus grandes puissances
économiques du monde. Les pays africains bénéficient ainsi directement de
l’expertise de l’OCDE entant que « sources de normes d’investissement »555.
Pour atteindre ses objectifs, l’initiative a initié des actions concrètes dans le sens
de promouvoir :
554
Site officiel de l’OCDE, en savoir plus sur l’initiative NEPAD-OCDE pour l’investissement en Afrique :
[Link]
-[Link]
555
IDEM
556
Il y en a en 2007 à Lusaka sur l’eau et l’assainissement, en 2008 à Kampala sur le transport, en 2009 à
Johannesburg sur l’énergie
557
Abréviation pour le « groupe des 20 », le G8 est un groupe informel d’économies avancées qui se réunit une
fois par an avec un role d’orientation et d’impulsion économique. Il est constitué de 8 Etats membres à savoir
la France, les États-Unis, le Royaume-Uni, la Russie, l’Allemagne, le Japon, l’Italie et le Canada. Il faut préciser
que l’union Européenne y est associée désormais à part entière de 1977.
260
Il est ainsi publié de façon récurrente des rapports sur l’Etat du développement
en Afrique. En illustration, graphique qui désigne l’Etat de pauvreté en Afrique
subsaharienne dont font partie les Etats de la zone CEMAC jusqu’en 2015, il est
publié par l’initiative NEPAD OCDE558.
558
Source : [Link]
559
Source : [Link]
261
Source : Initiative NEPAD-OCDE 1
262
bénéfices au fil des années. La bibliothèque en ligne de l’OCDE constitue un
repère dans plusieurs domaines sur la situation des Etats, on y retrouve des
rapports sur la situation de l’emploi, de l’éducation, du développement, du
fonctionnement du système économique etc.…Par ailleurs l’OCDE organise
régulièrement des forums internationaux dans les Etats Africains où sont conviés
tous les acteurs du système économique de ces Etats. Ces forums constituent un
lieu d’échange d’expertise entre les gouvernements et les politiques dont ils
disposent, mais aussi une possibilité de disposer de l’avis des experts de
l’OCDE. Ce fut notamment le cas récemment en Afrique du Sud lors du 7ème
forum trésor national en d’Afrique du SUD/OCDE sur la dette publique et les
marchés d’obligations en Afrique où de nombreux intervenants venus des pays
membres de la zone CEMAC étaient conviés et présents pour débattre autour du
thème mais aussi pour échanger des expériences561.
561
On peut lire à ce propos l’intervention du directeur général de la caisse autonome d’amortissement du
Cameroun (CAA), Monsieur Dieudonné EVOU MEKOU lors de ce forum, qui portait sur « le financement pour le
développement des infrastructures », présentation pour le compte du Cameroun consultable en ligne :
[Link]
financement%20du%20developpement%20des%20infrastructures_juin%[Link] , qui constitue une preuve
de la contribution de l’OCDE dans les politiques internes des Etats de la CEMAC.
562
L’expression timide ici faisant référence au fait que certaines de ces organisations exercent peu d’activités
directement liées à la sous –région. Elles sont généralement focalisée sur l’Afrique en général, c’est le cas du
CNUCED ou de l’OCDE. Les Etats de la sous région gagneraient certainement à créer un espace de dialogue
propre au regroupement communautaire de la CEMAC entant que communauté économique à part entière.
263
Section 2 - Lever les obstacles à l’effectivité des mesures
internationales d’appui à l’encadrement des IDE
S’il est une notion en droit international dont l’usage est de plus en plus
fréquente c’est bien celle de l’effectivité563. Définie de manière générale
comme : «Le caractère d’une règle de droit qui produit l’effet voulu, qui est
appliqué réellement »564, cette notion a connu un regain d’intérêt dans le monde
juridique au cours des dernières décennies et de nombreuses théoriciens de droit
ce sont appliqués à la définir. Il est peut dire de constater qu’il existe de
nombreuses approches de définitions de la notion d’effectivité565. Mais pour ne
pas centrer l’intérêt de notre sujet autour de cette notion, nous n’évoquerons
quelques unes d’entre elles dont notamment, celle du doyen TOUSCOZ J. Ce
dernier définit l’effectivité comme : « la qualité d’un titre juridique qui remplit
objectivement sa fonction sociale »566. C’est en effet pour le citer « La nature de
ce qui existe en fait, de ce qui existe concrètement ; elle s’oppose à ce qui est
fictif, imaginaire, ou purement verbal. Une règle ou une situation juridique sont
effectives si elles se réalisent dans les faits, si elles s’incarnent dans la réalité». Il
estime ainsi que du point de vue juridique, la notion d’effectivité exprime : « La
relation qui existe entre un certain Etat de fait, une certaine réalité et entre une
règle ou une situation juridique ». Dans la continuité d’une tentative de
compréhension de la notion d’effectivité, BOY Laurence, RACINE Jean
Baptiste et SUEUR JJ, dans « pluralisme juridique et effectivité du droit
563
Dans ce cas précis le rapport a été écrit en collaboration avec l’Agence intergouvernementale de la
francophonie
564
CORNU G et al., Vocabulaire juridique, P.U.F., 1987.
565
Le dictionnaire Larousse ([Link] le définit
comme : Un « Principe de droit international suivant lequel une situation n'est opposable aux tiers que si elle
présente un degré suffisant de réalité. (L'effectivité est le critère essentiel de l'occupation d'un territoire, une
condition d'opposabilité de la nationalité [notamment dans les cas de naturalisation] et de validité de la
reconnaissance d'État.) », ou encore comme : « le degré de réalisation, dans les pratiques sociales, des règles
énoncées par le droit »
ARNAUD AJ et al,le Dictionnaire encyclopédique de théorie et de sociologie du droit, L.G.D.J. et Story-scientia,
1988,
566
TOUSCOZ J, le principe d’effectivité dans l’ordre international, Paris, LGDJ 1964. Introduction P.2
264
économique »567, défendent l’idée selon laquelle l’effectivité « est le plus
souvent partielle ». CARBONNIER J, quant à lui, à propos de l’effectivité se
pose la question de savoir si « L’effectivisme est-il un faux réalisme ? », car il
estime que l’exigence d’effectivité est « excessive »568. Ces différentes positions
du droit économique en la matière révèle l’importance de la notion d’effectivité
lorsqu’il d’évaluer l’importance d’une démarche juridique ou dans le contexte
de notre sujet, de déterminer l’opportunité d’une coopération juridique
internationale en matière de réglementation des normes d’encadrement des IDE
dans la sous-région CEMAC.
567
Larcier, droit économique international.
568
CARBONNIER J, flexible droit, Paris LGDJ, 1971, p.102
265
l’amélioration du climat des affaires dans la sous-région, mais surtout influencer
l’attractivité de la sous-région en termes d’accueil d’IDE.
569
Extrait de son ouvrage « principe d’effectivité dans l’ordre international » page 7.
266
Ainsi, dans le cas de notre étude, l’on ne saurait évoquer les résistances à
l’effectivité des normes internationales d’encadrement des IDE au sein de la
CEMAC sans identifier en premier les obstacles intracommunautaires avant
d’identifier les obstacles inhérents aux dispositifs internationaux eux même. Car
en effet, un système instable et inefficace ne saurait prétendre à une légitimité
internationale soit elle une communauté économique internationalement
reconnue, comme c’est le cas de la zone CEMAC. Dans cette logique, le
processus de modélisation rejoint d’une certaine manière celui de
l’harmonisation des normes, dans la mesure où il existe un modèle vers lequel
les autres dispositifs doivent tendre…Dans ce paragraphe consacré aux obstacles
intracommunautaires à l’effectivité du processus modélisation internationale de
l’attractivité économique des IDE dans la sous-région CEMAC, nous pouvons
en identifier deux catégories importantes à savoir les limites normatives et des
obstacles institutionnels. Ces obstacles qui affectent la compétitivité
internationale de la sous-région mais aussi rendent difficiles l’épanouissement
d’un cadre propice à la coopération économique internationale et l’atteinte des
objectifs de croissance économique et de compétitivité vis-à-vis du marché
extérieur visés par l’encadrement des IDE dans la sous-région CEMAC
nécessitent que soient irradiées les éventuels obstacles.
267
normatives liées à l’encadrement juridique des IDE dans la zone CEMAC, la
charte CEMAC des investissements est la norme de référence. Mais comme
nous l’avions aussi démontré d’autres normes communautaires et
extracommunautaires régissent l’environnement juridique de l’IDE dans la sous-
région on relèvera donc pour l’essentiel les problèmes liés à l’application de la
charte CEMAC des investissements (1), et à l’harmonisation des normes qui y
interviennent afin d’éviter le risque de foisonnement juridique (2).
570
Paragraphe 5 du préambule de la charte CEMAC des investissements.
571
Lire à ce propos la section 2 du chapitre 2 de la première partie (page 145 et suivant)
268
réadaptations afin de se conformer au maximum à l’application de la charte.
C’est l’exemple du Congo du Tchad572 et du [Link] principale cause
est qu’il n’existe pas dans les dispositions de la charte une qui prévoit les
sanctions en cas de non application. On retrouve cette éventualité dans les
prérogatives des tribunaux communautaires comme la cour de justice de la
CEMAC ou la CCJA de l’OHADA, mais encore faudrait respecter des étapes
procédurales qui sont parfois décourageante et dont la mise en œuvre n’est pas
encore tout à fait effective574. Le fait qu’il n’existe pas un mécanisme de
contrôle direct par la mise sur pieds d’un organe en charge du contrôle de
l’application immédiate et dans les délais prévus des dispositions de la charte
encourage enlise la situation, encourage le laxisme des Etats. Or pour une
communauté qui vise l’intégration, aller en rangs dispersés quant à la principale
norme communautaire d’encadrement de l’IDE rend encore plus difficile la mise
en œuvre des autres instruments internationaux. La nécessité de créer une
véritable charte fédératrice et unique applicable de manière égale à tous les Etats
membres de la sous-région se pose comme une nécessité. Il en va de la
crédibilité de l’organisation communautaire qu’est la CEMAC car ses Etats
membres, en décidant de rejoindre cette communauté économique visait le
renforcement de leur compétitivité sur la scène économique internationale en
mutualisant leurs atouts. Il serait contradictoire de ne pas accorder force
juridiques aux instruments issues de cette association au profit d’intérêts
nationaux peut ambitieux.
572
Qui dispose de la plus récente charte datée de 2007
573
Le Cameroun a cette particularité qu’en dehors de la charte revisitée de 2002, son gouvernement a
récemment adopté une loi d’incitation à l’investissement, donc double encadrement. Il aurait peut-être fallu,
renforcer le mécanisme d’efficacité de la charte existence puisque c’est la promotion de l’investissement qui
est visée par les 2.
574
C’est le cas de la cour de justice de la CEMAC dont les instruments de règlement de différents ne sont pas
encore tous opérationnel, notamment en matière d’arbitrage ou de la procédure de recours en manquement
qui devrait être appliquée au plus vite.
269
2) Les obstacles liés à l’harmonisation des normes : Le risque de
foisonnement normatif
270
B. Les obstacles institutionnels
575 er
Voir le paragraphe I- B du chapitre 1 sur la nécessité d’assainir l’environnement économique de la CEMAC.
Page 93 et suivants.
576
Lire à propos le paradoxe de Lucas, ou encore cet article d’un séminaire organisé par le FMI intitulé: Réaliser
le potentiel d’investissement rentables en Afrique. Consultable sur :
[Link]
271
matières premières577. Chaque nouveau gouvernement qui s’installe est une
nouvelle ère de négociation sur la coopération internationale, et l’on a parfois
l’impression de stagner, puisque les erreurs des gouvernements précédents
empêchent de nouveaux engagements internationaux. De plus les situations
conflictuelles dans les Etats précités font de la crise politique et sociale une
priorité à côté des mesures d’attractivité économique.
577
Revoir la première partie sur les profils pays, où on dénombre les facteurs d’instabilités politique, seul le
Cameroun le Gabon et la Guinée Equatoriale du fait de la longétivité de leurs présidents demeurent encore
légèrement stable politiquement. Mais le manque de démocratie et la longétivité de ces gouvernements fait
craindre des crises politiques somnolentes.
272
fonctions de responsabilité comme ceux de juges, ou de président de cours de
justice. Ces fonctionnaires doivent être régulièrement soumis à des formations,
sur les normes internationales en matière de réglementation des IDE mais aussi
sur l’application du droit. Tout à côté, il existe un problème quand à
l’interprétation des règles de droits qui diffèrent d’un Etat à un autre, d’où la
nécessité de fondre toutes les normes en une seule réglementation propre à la
sous-région qui serait appliquée uniformément par tous les Etats membres.
L’autre fléau qui a été longuement analysé dans la première partie de cette
étude et qui est une entrave importante à l’IDE est celui de la corruption.
Comme nous l’avons constaté578, les pays de la zone CEMAC occupent les
rangs les plus avancés dans le classement mondial de l’indice de corruption de
transparency international. Certains comme le Cameroun ont même occupé le
premier rang mondial, mais est devancé aujourd’hui par le Tchad, le Congo et la
République Centrafricaine579. Cette corruption des agents de l’Etat augmente les
coups administratifs pour les investisseurs et dérègle le jeu de la concurrence
surtout dans les domaines comme l’attribution des marchés publics. Les services
publics perdent de la crédibilité et les investisseurs étrangers par crainte de se
voir déposséder de leurs avoirs au cas où ils ne se soumettraient pas aux
exigences financières non légales (dont malheureusement ils ne connaissent pas
d’avance les limites…) préfèrent ne pas s’engager. Un processus de
modélisation aux standards internationaux serait ici inefficace si
l’environnement des affaires est hostile à l’accueil des investisseurs étrangers.
Le pire est que le système de justice national des Etats membres lui-même n’est
pas fiable, car les juges font parfois partie de ce corpus qui fait craindre aux
investisseurs étrangers un mauvais règlement en cas de litige avec des
578 er
Toujours à la première partie de notre étude, chapitre 1 ,Voir le paragraphe I- B sur la nécessité d’assainir
l’environnement économique de la CEMAC : La lutte contre la corruption Page 93 et suivants
579 ème
Le rapport 2014 de transparency international montre que le Tchad occupe la 154 place sur 174 Etat donc
ème ème
le dernier est le plus corrompu…Le congo 152/174, la RCA 150/174, le Gabon occupe la 94 place et 145
pour la Guinée Equatoriale.
273
nationaux. C’est à cet égard que les voies de recours qu’offre l’arbitrage
OHADA ainsi que l’adhésion des Etats CEMAC aux CIRDI sont fort appréciés.
La possibilité offerte aux investisseurs étrangers de pouvoir soumettre leurs
différents à des juges impartiaux et indépendants reste une ouverture importante
pour les investisseurs les plus courageux.
Il est ainsi clair que les difficultés d’ordre interne à la mise sur pieds d’un
climat des affaires attractif aux IDE dans la sous-région CEMAC ont des
répercussions sur la réception des normes internationales qui sont
majoritairement sous forme de recommandations ou de directives internationales
non juridiquement contraignantes pour les Etats et qui révèlent aussi des limites
intrinsèques qui remettent en cause leur effectivité.
274
A. Défaillances quant à l’application des normes
internationales
275
mouvements des capitaux, on ne retrouve en aucun moment dans ses
dispositions les sanctions applicables au non-respect de cet article. En effet, la
CEMAC ne dispose pas comme pour la majorité de ses instruments juridiques
internes en matière d’IDE de dispositions relatives à la censure des mauvais
élèves581. Il faut pour cela aller chercher dans les textes relatifs à ces
organisations, des dispositions encadrant les cas de non application de leurs
normes. Les sanctions ici sont généralement d’ordre commercial. Elles résultent
de la plainte d’un autre Etat ou d’un groupe contre un autre Etat. Quand aux Fmi
et la Banque Mondiale, elles exercent des pressions dans leurs missions de
surveillance mais appliquent rarement les possibilités de sanctions dont ils
disposent. Pour le FMI par exemple, il peut décider de priver un Etat membre de
ses prêts en cas de difficulté économique conséquente, lui ôter le droit de vote
ou l’exclure du fond. Mais la réalité étant que les Etats d’Afrique centrale en
tant que pays en développement ou pauvre disposent de plus de flexibilité quant
à l’adoption et la mise en œuvre de certains dispositifs582, internationaux. Cette
flexibilité ne facilite pas la mise en œuvre effective et rapide d’un processus de
conformité à standards internationaux. Le seul de moyen de pression efficace
dont dispose ces institutions est l’aide internationale et le soutien financier qu’ils
apportent à ces gouvernements. Mais il arrive aussi que face à la difficulté de
survivre à laquelle font face les populations de ces pays, les réformes
institutionnelles soient secondaires. De plus pour les organisations de
coopération économique comme l’OCDE les pays de la sous-région n’en sont
pas membre. Ils n’existent pas donc de moyen de pression directe vis-à-vis
d’eux, en dehors des rapports qui sont produits par ces organisations, et dont la
crédibilité affecte la décision d’investissement de potentiels porteurs de capitaux
étrangers vers un pays. Fort heureusement la création du CIRDI favorise de plus
en plus le règlement de différends qui naitraient entre partenaires économiques
581
Confère charte CEMAC des investissements
582 ère
Ref la section 1
276
qui n’auraient pas trouvés de solutions dans le cadre des normes
intracommunautaires comme internationales
583
CALAME Calame, La réforme des institutions financières internationales, 2001. Lien :[Link]
[Link]/fr/analyse/[Link].
584
Idem
277
dernières ne sont pas forcément harmonisées. L’on ne devrait pas retrouver
plusieurs institutions intervenant dans l’encadrement des IDE comme c’est le
cas. Les pays Africains dans cette lancée sceptique s’organisent de plus en plus
en regroupement communautaire, et crée des structures régionales de
financements qui mesurent et s’adaptent mieux aux exigences continentales et
socio culturelles. Sans compter les formes de financement informel qui voient de
plus en plus le jour du fait d’une trop grande critique extérieure. C’est ainsi que
les commerces intra-africains se développent notamment avec l’Afrique du Sud
qui devient l’un des grands investisseurs en Afrique, ainsi que le Nigéria.
278
possèdent. De plus les rancœurs issues de la période de colonisation fait naitre
en eux un sentiment de revanche qui les rend réfractaires à toute collaboration
avec les institutions internationales d’origine occidentale. Ces dernières sont
accusées de viser en finalité les ressources naturelles et minières dont regorge
l’Afrique sous la casquette d’aide internationale. Les politiciens qui ne croient
pas en la démocratie et aux principes de bon gouvernances imposées par ces
institutions entérinent cette idée de colonisation occidentale par les idées, et
militent pour des territoires qui s’autogouvernent585. Dans cette lancée, les Etats
« choisissent » dont à leur bon gré les mesures qui leur semblent bénéfiques et
qui correspondent à leur politique gouvernementale. Ceci en restant dans le strict
minimum des exigences posées par les institutions internationales. Les plus
contraignantes sont celles issues des bailleurs de fonds comme le FMI et la
Banque Mondiale. Mais en dehors du chantage à l’aide financière internationale
qui peut leur être fait, ces Etats ne sont pas forcément sous une forme de
contrainte juridique quant aux respects de ces mesures internationales.
585
C’est le cas des pays où règne la dictature et où les dirigeants possèdent le record de longétivité au pouvoir.
Comme la Guinée Equatoriale ou le Cameroun ou chez le voisin zimbabwéen dont le président MUGABE fait de
la campagne anti-occident la base de sa propagande électorale.
586
La Russie et la Chine s’intéressent de plus en plus aux investissements dans la sous-région CEMAC,
renversant ainsi les anciens Etats colonisateurs comme pourvoyeurs de capitaux.
279
la Russie587, ainsi que l’Inde, la Turquie ou le Brésil sont de plus en plus
intéressés par des partenariats économiques avec l’Afrique. Longtemps écartés
de l’environnement économique international et des formes de partenariats
économiques qui encadraient le marché des capitaux et l’échange des biens et
services588, ces pays ont engagés depuis la dernière décennie une plateforme de
coopération économique vis-à-vis de l’Afrique. Ce continent qui jusqu’ici a
toujours été la « chasse gardée » de l’Europe et dans une moindre mesure, des
Etats Unis d’Amérique, est désormais sujet à un accroissement considérable des
échanges commerciaux avec ces nouveaux partenaires. Plus particulièrement
dans la zone CEMAC, la Chine est le principal partenaire économique. Ce pays
qui en un éclair est passé de pays en développement à celui de pays émergent et
aujourd’hui est aussi développé que la plupart des grandes économies mondiales
semble mieux placé pour comprendre les nécessités de développement de
l’Afrique Centrale et contrairement à ces prédécesseurs, il accompagne les Etats
membres de la sous-région dans le cadre d’un partenariat gagnant-gagnants,
ressources minières contre infrastructures et développement industriel. Il s’agit
principalement de partenariats entre opérateurs du secteur privé de la chine, et la
sous –région CEMAC589. A titre d’illustration en 2011 et 2012, la chine a été le
premier partenaire commercial du Cameroun, avec à peu près 15% des
exportations Camerounaise vers ce pays. La plus importante concerne le coton
Camerounais dont 32% de la production nationale est à destination de la Chine.
Ce qui place le Cameroun au deuxième rang de fournisseur de la chine après le
Burkina Faso590. De même de nombreux projets industriels ont vu le jour sous
le chapeau de la coopération sino-Cameroun comme la construction du port en
587
Encore appelés pays émergents BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud)
588
La chine a adhéré à l’OMC en 2001, après de moultes négociations qui n’ont pas été facile, et la Russie
quand à elle a adhéré qu’en 2012. Ils étaient considérés comme des Etats « difficiles »
589
On peut citer en exemple le cas du Cameroun, un recensement récent de 2014 montre que la chine a
apporté son soutien financier à 21 grands projets réalisés sur le territoire camerounais, pour un montant total
d’environ 3 milliards de dollars, soit environ 1850 milliards de francs Cfa.
Source :[Link]
590
En 2013 le Cameroun a exporté vers la Chine 66 000 tonnes pendant que le Burkina Faso en a produit 95000
tonnes.
280
eau profonde de Kribi591, ou la construction du projet d’hydromekin un barrage
électrique dont la participation chinoise au financement est de 85%du coût du
projet592. Ces exemples pour la coopération sino-camerounaise rejoignent une
longue liste de projets financés par la Chine ou d’autres pays émergents dans la
sous-région CEMAC, ce qui rend encore moins efficaces les mesures d’appui
des organismes de financement et de coopération économiques en matière
d’attractivité économique par les IDE moins influente du fait du choix qui
s’offre à ces Etats d’avoir recours à d’autres formes de financement. Il demeure
pourtant une certitude c’est que l’avis ou la vision que ces institutions portent
sur un Etat est déterminant pour juger de sa crédibilité sur la scène
internationale.
Au cœur de cette analyse, il est une question évidente qui se pose c’est de
savoir si au regard de la situation économique prévalant dans la sous-région
CEMAC, les mesures d’accompagnement mises en œuvre sur le plan interne
comme externe à la sous-région ont produits des résultats satisfaisants ou
modérés et dans le second cas, quelles perspectives futures seraient envisageable
pour améliorer la politique d’attractivité économique mis en œuvre dans la sous-
région par les États membres afin d’optimiser les rendements en matière
croissance économique et d’attrait d’IDE. Il est en effet logique que l’on
s’interroge sur les effets de la convergence des dispositifs régionaux analysés en
première partie de notre étude ainsi que ceux du processus de modélisation des
instruments sous régionaux aux standards internationaux pour ceux qui est de la
deuxième partie en matière d’encadrement de l’IDE. Au regard de
l’environnement économique actuel, ces mesures peuvent-elles être considérées
591
Il s’agit d’un investissement à hauteur de 240 milliards FCFA (365 millions EUR dont 207,7 milliards FCFA
(316 millions EUR) est financé par la Chine qui a accordé un prêt préférentiel d'Exim Bank, l'État camerounais
assurant la partie restante Ce port est programmé pour accueillir des navires de 40 000 à 70 000 tonnes, et est
considéré comme « l’investissement portuaire le plus important d'Afrique centrale et de l'Ouest. Lire à ce
propos :Le port de Kribi prépare son entrée en service, Xinhua, le 14 juin 2014.
592
Consulter à propos : Le barrage hydroélectrique de Mekin, site officiel du ministère de l’Eau et de l’énergie
et du Cameroun
281
comme favorables à l’essor économique de la sous-région ou existent-il d’autres
recours ou instruments efficaces ? Si tel est le cas, quelles seraient les
perspectives envisageables pour les Etats membres enfin d’atteindre les objectifs
de performances recherchés ? L’efficacité et l’opportunité des méthodes mises
en œuvre autour de l’attractivité des IDE dans la sous-région CEMAC ne
peuvent être déterminées que par l’évaluation des performances économiques de
cette zone593, mais aussi d’en ressortir les perspectives en cours pour une
optimisation des résultats escomptés(Chapitre 2).
593
Plus précisément les performances économiques relatives aux taux d’attractivité économique des IDE et les
résultats sur la croissance économiques des EM de la CEMAC.
282
CHAPITRE 2 : Méthode d’analyse des performances et
étude d’impact sur les IDE en zone CEMAC
594
GHARSALLAH Lilia, Impact de l'ERP sur la performance : cas d'IGL, Université de SFAX, master professionnel
2006
595
Tout dépend du sens et de l’interprétation que l’on donne à cette notion, mais surtout de la qualité des
ressources mise en œuvre. Une performance dans le sens organisationnel diffère d’une performance dans le
283
étude à l’aborder dans le dualisme de l’efficience596 et l’efficacité597 des
dispositifs mis en œuvre pour la promotion de l’IDE et l’harmonisation des
instruments juridiques y relatifs dans la sous-région CEMAC. Il s’agira donc de
déterminer la faisabilité des investissements direct étrangers dans la sous-région
CEMAC (section 1) ce qui sous-entend la maitrise des techniques d’évaluation
de la rentabilité et l’opportunité des IDE pour la sous-région, mais aussi
d’évaluer l’impact de ces performances sur le développement de la zone
CEMAC et l’amélioration du climat des affaires (Section II).
sens institutionnel…Lire à propos l’article suivant : La notion de performance dans le programme de sciences de
ère
gestion en 1 [Link]://[Link]-
[Link]/ecolgt/IMG/pdf/la_notion_de_performance__sdg__eduscol_226039.pdf
596
Le concept d’efficience est étroitement lié à la notion de performance car il permet d’analyser le rapport
d’équilibre entre les ressources employées et les résultats atteints.
597
L’efficacité quand à elle nous permet de juger du degré de réalisation des objectifs prédéfinis. Il s’agit de
mesurer les résultats.
598
Contrairement à l’investissement du secteur public dont le financement est majoritairement par emprunt
garanti par les gouvernements.
284
(Paragraphe II). En effet selon que l’on se situe du coté des bailleurs de fonds
internationaux, ou alors des promoteurs du projet d’investissement599, nous
verrons que les approches sont plus standardisés et globales pour les premiers, et
plus réalistes par rapport aux spécificités et exigences locales pour les seconds.
599
Il peut s’agir ici des gouvernements, des Etats, ou alors des opérateurs économiques privés.
600
Encore appelé « pay-back » en anglais.
601
BELZILE, R., et Als, Analyse et gestion financière, éd. Presse de l'Université de Québec, 1989.
602
Il s’agit ici de la prise en compte des bénéfices socio économiques au-delà de la rentabilité financière du
projet
285
A. La prépondérance des analyses de rentabilité des IDE en
direction de la ZONE CEMAC
604
Ceci étant valable dans le cadre des projets à durée inférieure à 4 ans, au-delà, il faut actualiser la
comparaison entre flux annuels. Car plus le gain est éloigné vers le futur, plus sa valeur diminue
286
1) La Rentabilité financière et économique des IDE
287
vestissement »606. Ainsi, la VAN permet de déterminer la
le montant de cet investissem
rentabilité d’un investissement
investissem par rapport aux attentes de rendem
rendement et aux
objectifs fixés par les investisseurs.
investisse Il existe une formule mathém
ématique pour la
calculer à savoir :
606
BELZILE R et Als, Analyse
se et gestion financière,
fina édition Dalloz, Paris, 2001
607
NIZEYIMANA Faustin, la faisabilité
bilité économico-financière
écono du projet d'élevage dess poules pondeuses
à[Link] - A0 2009. Il définit
init le Tri ainsi
ain : « Le taux d’actualisation désignee le taux min
minimal de rentabilité en
dessous duquel un investisseurr considère qu’ilqu n’y aurai pas d’intérêt à y investir ses capit itaux ».
608
Il est important de préciser que
ue la VAN dépend surtout du taux d’actualisation utilisé
tilisé (a). EEn effet, Plus le
taux est élevé plus la valeur actuelle
elle des cash-flows
cash futurs, et par conséquence la VAN, diminuent,
iminuent, plus les
cash-flows positifs sont éloignés
és dans le temps,
t plus la VAN est sensible au choix du tauxx d’actualisatio
d’actualisation.
288
montant de l'investissem
stissement et les cash flows induits par le même
investissement»609. Concrètem
rètement, il s’agit du taux que devrai
devrait percevoir en
moyenne chaque année un investisseur,
i issus du reliquat des fonds investis. Ceci
dans l’hypothèse de base qu’au fil des années l'investissem
stissement initial est
progressivement récupéré.
upéré. Ainsi pour évaluer la rentabilité
ilité d’un projet
d’investissement comme créateur de valeur, on compare le TRI au coût du
capital investi. Si le TRI est supérieur au coût du capital alors le projet est
rentable. Pour le calculer
uler on applique
app l’équation suivante :
=Taux d'actualisation
ion 2
= VAN
N au Taux d'actualisation
d'actual 1
= VAN
N au Taux d'actualisation
d'actual 2
ration (DR)
Le délai de récupération (D
289
considérer l’investissement
ent initial comme une dépense et le cash-flow (ou
entrées de fonds) commee étant les recettes du projet. A titre d’exemple, pour
calculer le DR d’un proje
jet X avec pour investissement initial (I0) 1000 euros et
un cash-flow de 250 euros (cf.) par an pendant 5 ans. Le DR sera égal à la
somme de l’investissement
ent initial divisé par le montant du cash
cash-flow annuel=
1000/250= 4. Il faudra donc quatre années pour récupérer l’investissement
initial.
ilité (IP)
L’indice de profitabilité
trésorerie actualisé
611
BARREAU Jean. et DELAYE Jacqueline.
ueline. Gestion financière, 10eme édition Dunod , Paris 2001
290
2) L’objectivité d’une analyse coût/avantage (ACA)
291
De plus, cette analyse est basée sur l’utilisation de méthodes complexes et
sophistiquées qui ne sont pas toujours à la portée de tout investisseur, mais
surtout des instances gouvernementales en charge de l’adoption des politiques
d’investissement et du choix des investissements « opportuns ». Il est donc
nécessaire pour adopter cet approche d’ACA de veiller à la formation des parties
prenantes à ces méthodes (opérateurs économiques, Etats, communauté,
investisseurs) et ne pas privilégier que des projets rentables sur le court terme,
car pour le développement des territoires qui disposent de moyens de
financement faibles comme ceux de la zone CEMAC, les projets les plus
rentables sont ceux qui s’étalent dans le temps avec un rendement sur le long
terme, mais dont la nécessité est actuelle. Baser l’incitation à l’investissement
sur l’ACA présente effective des avantages dans le sens qu’il offre un consensus
international sur l’évaluation d’un projet d’investissement, mais il gagnerait à
prendre en compte des critères macro-économiques (B) pour juger de la
rentabilité d’un projet surtout dans ces zones où l’accès aux financement des
projets et aux crédits bancaires restent très aléatoires. Limiter l’intérêt d’un
investissement au seul gain pécuniaire ou à l’avantage « standard » qu’on
pourrait en tirer est un frein au développement et la croissance économique de
cette zone.
292
nationale. Cette approche de l’évaluation de la rentabilité d’un projet
d’investissement recommande l’usage des méthodes moins axées sur la
rentabilité financière, mais l’efficacité des moyens mis en œuvre en vue
d’atteindre un certain rendement par le recours à l’analyse coût/efficacité (1), et
la prise en compte des aspects socio-environnementaux dans l’analyse de la
rentabilité (2).
614
Ici entendue comme une approche moins standardisée et qui tient compte de différents aléas socio-
économique d’un investissement
293
économique positif, mais cela ne créé pas de rentabilité financière. En exemple,
on pourrait prendre le cas d’une population rurale de l’Afrique centrale qui
consomme de l’eau contaminée et non potable. Ce qui a pour conséquences
d’entrainer des maladies comme la dysenterie, la fièvre typhoïde ou le
choléra…Un investisseur pourrait décider d’investir dans des réseaux de
distribution d’eau potable plus modernes, avec un système d’épuration, des
canalisations…Un autre qui est dans l’industrie pharmaceutique proposerait
plutôt un système de distribution de médicaments dans lequel on donnerait aux
ménages de la région concernée des comprimés de chlore peu couteux afin
qu’ils puissent purifier leur eau personnellement. Ces deux stratégies peuvent
s’avérer efficaces en termes de réduction des cas de maladie à plus de 80%, mais
en terme de coût l’on n’est pas sur d’obtenir les même résultats. Les différents
protagonistes du projet à savoir les investisseurs, les populations et les
gouvernements doivent pour cela effectuer une analyse coût efficacité qui ne
tiendra pas compte que de la rentabilité monétaire de la vente de l’eau potable,
ou des comprimés aux gouvernements, mais aussi de l’impact que ces mesures
auront sur le domaine de la santé à un moindre coût et avec effet sur le long
terme. Or une analyse essentiellement financière aurait été centrée sur les
bénéfices monétaires, combien de personnes achèteraient les comprimés, à quel
prix, quel serait le coût de la production de ces derniers etc.…Pourtant les
questions essentielles dans ce cadre d’analyse sont celles de savoir
l’investissement apporte une valeur ajoutée à la société ou l’appauvrie? Il est
quand même subjectif de placer la santé humaine au niveau de la valeur
monétaire, il serait alors préférable qu’il existe un large consensus sur la valeur
exacte du bénéfice, pour éviter des controverse autour des résultats de ce type
d’analyse. La rentabilité d’un projet serait plus facile s’il existe plusieurs types
de bénéfices pour lesquels il est possible de s’accorder sur une unité commune.
C’est pourquoi à coté de l’impact sur le développement économique on y rajoute
294
une analyse socio-environnementale pour élargir le champ d’efficacité à prendre
en compte pour un investissement.
2) L’analyse socio-environnementale
295
encore pour le cas du Cameroun de la catastrophe du quartier « Nsam » à
Yaoundé qui a eu lieu un 14 février 1998, non loin du dépôt de la Société
camerounaise des dépôts pétroliers (Scdp) où des centaines de personnes ont
trouvé la mort du fait de l’explosion d’une citerne de pétrole. Cet incident qui a
coûté énormément à l’entreprise aurait pu être évité si l’on avait pris en compte
la proximité des riverains du lieu de production et de dépôts pétroliers et si les
précautions environnementales et sociétales autour du projet avaient été mise en
œuvre au préalable avant d’implanter le projet615.
615
MICHEL MOMBIO. Catastrophe pétrolière à Nsam, l’aubaine de la mort. Lien :
[Link]
296
Paragraphe II) La dualité des cadres d’analyse des
investissements
297
projets d’investissements, et les Etats de la sous-région CEMAC en sont tout
aussi bénéficiaire. Il faut néanmoins relever que les moyens pour parvenir à
l’efficacité de ces investissements divergents souvent de ceux des bénéficiaires
dans la mesure où au sein de la communauté internationale des bailleurs de
fonds, il existe des standards en matière de rentabilité des projets qui sont
appliqués de manière systématique à tous les bénéficiaires. Cette approche
particulière des projets qui est généralement en déphasage de l’approche des
cibles ou bénéficiaires remet en question le caractère universel de ces méthodes.
Nous prendrons en l’exemple pour illustrer les méthodes d’analyses de bailleurs
de fonds, la mise en place du cycle des projets par certains bailleurs de fonds
pour déterminer la faisabilité des projets (1), mais aussi le risque que représente
le consensus général de ces bailleurs de fonds sur l’évaluation des projets par
l’application des politiques de coordination concertée au niveau régional (2).
La préparation
616
Voir figure (a)
617
DSRP sont des documents de stratégie pour la réduction de la pauvreté, et les CAS les stratégies d’aide aux
pays (country assistance strategy).
618
Lire à propos le guide de la Banque Mondiale 2005 :
[Link]
299
compte de tous les aspects conditionnant sa faisabilité et s’il est validé, alors on
procède à l’étape suivante qui est celle de son évaluation et l’étude des
conditions financières y relatives619.
L’évaluation
L’approbation
L’exécution et la supervision
619
Il faut noter ici que pour la plupart des cas, une étude d’impact environnemental est recommandée, ajoutée
à ce la des plans de développement des populations autochtones (IPDP), les plans de réinstallation forcée
(RAP), le plan d’aménagement de l’environnement (PAM).
300
banque exerce quand même un rôle de surveillance sur l’exécution du projet
conformément à la feuille de route initialement fixée. Ainsi les cahiers de
charges et les offres d’approvisionnement liés au projet sont soumis à la Banque
qui évalue si cela a été respecté selon l’accord prévisionnel et c’est à l’issu d’un
control positif que les fonds sont décaissés. La Banque Mondiale continue après
le décaissement de contrôler l’état d’avancement du projet et établi un rapport de
fin projet qui met en avant les difficultés rencontrés, les réalisations mais surtout
les leçons à retenir pour les projets futurs. Un rapport de mise en œuvre est
établi.
L’évaluation
Après que le rapport de fin d’exécution ait été produit, et une fois le projet
achevé, le département d’évaluation des opérations de la Banque Mondiale de la
Banque Mondiale, évalue les résultats obtenus en effectuant un audit qui
permette de comparer ces résultats aux objectifs initiaux. Le département
examine ainsi le rapport de fin de projet et en ressort un rapport distinct qui est
soumis aux parties prenantes du projet (la Banque et le débiteur). Il existe aussi
des rapports d’évaluation de l’impact du projet produits par département
d’évaluation des opérations dans le même cadre. Il est important de préciser
qu’il existe d’autres contrôles effectués par le groupe d’assurance de la BM sur
la qualité des projets, de leur suivi et de leur viabilité. La figure (a) suivante
résume les phases du cycle de projet de la Banque Mondiale.
301
Il est important de préciser que ce projet cycle mis en œuvre par la BM est
aussi appliquée au niveau régional par la Banque Africaine de développement en
matière de financement des projets d’investissement visant le développement
des Etats d’Afrique et par ricochet ceux de la sous-région CEMAC. Bien que
cette méthode soit cohérente au vu de toutes les composantes du cycle d'un
projet620. Le fait qu’elle soit appliquée de manière standardisé par un grand
nombre de bailleurs de fonds internationaux621, soulève l’inquiétude d’un libre
choix pour les bénéficiaires mais aussi d’une ouverture vers l’extérieur en cas de
difficulté avec l’un des bailleurs de fonds622.
620
Surtout par l'accent qui est mis la participation des bénéficiaires et l’identification de leurs besoins, mais
aussi de la qualité du suivi et de l’évaluation efficace de ce projet afin d’en avoir une perspective globale.
621
MENYE Charles, Processus d'élaboration des projets dans l'Administration Camerounaise : Le cas du
Ministère de l'Environnement et de la Protection de la Nature (MINEP), Université Catholique d'Afrique
Centrale (UCAC) - Master en développement et management des projets 2009. Chapitre I sur la notion de
projet.
622
Lire à propos le cycle projet de la BAD : [Link]
evaluation/concepts/10-cycleduprojet?start=2
302
2) La tendance à la coordination des projets au niveau régional
303
B. Le cadre d’analyse des promoteurs des projets
d’investissement
623
Lire à ce propos le document de l’Union Européenne suivant :
[Link]
624
Cette étape aide à déterminer l’avantage additionnel généré par le projet en tenant compte des différentes
variantes.
625
Lire à ce propos le paragraphe 1 de la section 1 du chapitre 2 de la deuxième partie. Page 268 à 272 ;
304
6. L’Analyse des hypothèses et les risques627
7. La synthèse de l’analyse financière et économique et les critères de
décision
626
Tenir compte ici de la principale différence entre l’analyse financière et économique ; Pendant que l'analyse
financière examine les flux ainsi que les activités et ressources des agents principaux séparément, l'analyse
économique examine l'impact global que le projet aurait sur l’économie de la collectivité dans son ensemble.
627
Il s’agit clairement ici d’énoncer les différentes hypothèses, afin d’évaluer la fiabilité des scénarios. On
évalue ici les facteurs de risques majeurs afin d’envisager leur impact sur les résultats escomptés.
305
bailleurs de fonds, une phase d’identification du projet, une phase d’instruction
englobant majoritairement les études de faisabilité du projet, l’identification du
cadre logique, et enfin des résultats attendus628.
Etude de faisabilité
Rapports
d’avancement et de suivi
Décision de
financement
Figure (b)
628
La phase d’identification des projets englobe l’analyse du secteur et de la politique sectorielle de l’Etat
bénéficiaire du projet, son Insertion dans la politique sectorielle, l’analyse du contexte local et des potentiels
partenaires (leur capacité d’action, ancrage, représentativité et stratégie) mais aussi l’analyse participative de
la problématique et la recherche de solutions possibles
-La phase de formulation est restituée dans une étude de faisabilité qui comprend les études de faisabilité
(technique, sociale, organisationnelle, institutionnelle, environnementale, financière et économique), la
description de l’ensemble des activités du projet, l’organisation et le fonctionnement du projet et le coût total
sur sa durée. A cela s’ajoute Plan de financement (contribution des parties prenantes), l’estimation de la
viabilité et de la rentabilité économique et financière du projet et son insertion dans le contexte économique
spécifique
Vérification de l’intégration des critères transversaux et de la politique appliquée. Sur base de l’étude de
faisabilité, une décision est prise quant à l’intérêt de mener le projet et d’en rechercher le financement
306
représente l’identification de tous les intérêts en jeux, il est important que soit
analysés séparément les intérêts des bénéficiaires et agents affectés par le projet.
Il est recommandé de créer des sous-groupes selon le comportement
économique et le projet doit être reformulé si un des groupe cible doit subir des
pertes à cause du projet au risque de le voir tout simplement rejeté. Cette phase
est essentielle aussi pour déterminer si le projet peut être confronté à des
problèmes de solvabilité.
307
aussi recommandé et c’est l’avantage du cadre d’analyse des porteurs ou
promoteurs de projets lorsque ces derniers entrent dans une stratégie
gouvernementale pour le cas des pays en voie de développement. Car ce dernier
a forcément un impact qui est au-delà de l’apport financier direct mais qui
englobe les effets sur la collectivité.
308
Prenons l’exemple du projet pipeline Tchad Cameroun qui est un projet
pétrolier visant l’acheminement du pétrole du Tchad au port de Kribi629. Ce
projet dont la réalisation nécessitant l’apport des capitaux des bailleurs de fonds
comme la banque mondiale, avait la particularité qu’il impactait (et continue
d’impacter) une large partie du territoire Camerounais. En effet la traversée du
pétrole dans l’Etat Camerounais incluait le passage par cinq provinces, douze
départements et deux cents quarante-deux villages. En dehors des recettes
financières liées aux taxes, droit de transit, impôts, taxe sur le transports
etc.…Les bénéfices de projet sur le plan social et économique n’étaient pas à
démontrer (avec la construction des écoles et des centres de santé, le bitumage
de certaines routes, avec pour le volet économique amélioration des gains issus
de l'agriculture, et de l'élevage du fait du potentiel des population qui
travaillerons du le site, mais aussi le plus essentiel la création d'emplois qui en
résulterait.) Mais à coté de ces bénéfices, une analyse économique et financière
du projet avec une prise en compte plus large des impacts non financiers
révélaient aussi les inconvénients de ce projet sur les populations à délocaliser,
sur l’environnement avec un risque de pollution de la couche néphrétique, qui
nécessitaient la prise en compte de l’impact socio-humain dudit projet. Or, le fait
que ce projet entre dans une vision stratégique des différentes parties concernées
obligeaient ces derniers à respecter les étapes essentielles sur la mise sur pieds
d’un projet et l’encadrer de tous les prés -requis nécessaire à l’évaluation d’un
projet de cette envergure630.
Or la réalité des projets d’investissement dans ces Etats est tout autre de façon
générale. La viabilité de la plupart des projets est remise en cause parce qu’il
629
En 1996, un accord bilatéral est signé entre le Tchad et le Cameroun prévoyant la construction d'un oléoduc
qui traverserait tout le Cameroun. Il partirait des champs pétroliers de Doba au Sud du Tchad (Site des puits de
pétrole, pour traverser le Cameroun et s’achever aux larges des cotes atlantiques dans le Sud du Cameroun à
Kribi pour le chargement des tankers. Pour ce faire, il touchera 5 provinces du Cameroun durant son parcours,
630
NDJESSA BESSALA Bertrand Junior, Impacts socio-économiques du projet de pipeline Tchad-Cameroun le
long du corridor dans la province du centre (Cameroun), Université de Dschang - Ingénieur agro-socio-
économiste 2002
309
n’existe pas une rigueur dans l’évaluation préliminaire de ces projets surtout
s’ils sont de moindre envergure. Les problèmes de mauvaise gouvernance et les
gangrènes comme la corruption et le trafic d’influence que le schéma normal qui
encadre l’évaluation d’un investissement avant sa mise en œuvre est souvent
délaissé au profit d’intérêts égoïstes et mesquins. C’est sans doute en cela que se
trouve la justification de l’écart qu’on retrouve entre le taux de croissance
économique liés aux mouvements de capitaux dans ces Etats et la réalité du
niveau de vie des population ou l’état de développement de ces territoires. La
plupart des projets étant morts nés. Néanmoins, comme nous l’avons évoqué
plus haut, l’ouverture des pays de cette région aux organismes internationaux et
à la coopération internationale entrainent une obligation de se soumettre aux
canevas internationaux d’encadrement de l’activité d’investissement, et même si
cet adaptation n’est pas des plus rapide l’on observe tout de même un
changement quant aux effets des différentes politiques mise en œuvre pour
améliorer les performances de ces Etats en matière d’encadrement des IDE et
d’attractivité économique de leurs territoires (Section 2)
310
l’effectivité de l’intégration économique qu’elle vise. Qu’il s’agisse d’un apport
de capitaux par le biais de l’aide au développement des bailleurs de fonds
internationaux, ou la prise de contrôle d’investisseurs étrangers sur la gestion
d’actifs d’une entreprise à l’étranger ou d’un projet d’investissement étranger, la
base est la même. Il suffit que cette prise de contrôle ou cet apport de capitaux
soit au-delà de 10% du montant des actions ordinaires dudit projet632. Nous
conviendrons donc que l’objectif visé étant l’essor économique de la sous-région
CEMAC, tout le système mis en place en terme de convergence des dispositifs
d’incitation à l’IDE et d’harmonisation de ces derniers au contexte international
par l’appui des organismes internationaux d’aide au développement contribuent
à l’atteinte de ces objectifs. Pour déterminer l’impact de ces mesures, il est
nécessaire dans un premier temps de présenter dans quelle mesure ce système
est favorable au développement économique de la zone CEMAC (paragraphe I),
mais surtout partant du fait qu’aucun système n’est parfait, il est important de
relever la mise en œuvre par les Etats membres de la sous-région, des réformes
ouvrant des portes à de nouvelles perspectives en vue d’une optimisation des
rendements.(Paragraphe II).
632
Revoir à ce propos la définition de l’investissement étranger proposée en introduction.
311
de conception et son intégralité soit une réalité afin de pouvoir y produire les
meilleurs effets. Pour ce faire après avoir présenté à la première section de cette
analyse les modalités de l’analyse de la faisabilité et la rentabilité des
investissements, il est opportun au vu de l’observation de l’environnement
économique actuel de la sous –région de ressortir l’impact du système mis en
œuvre par l’étude du lien entre l’IDE et les résultats de croissance économique
dans la zone CEMAC (A) mais aussi de déduire l’effet de ce dispositif sur
l’intégration économique préconisée par la CEMAC (B).
312
CEMAC633(1), mais aussi l’évolution du flux des IDE dans les Etats membres de
la CEMAC (2).
633
Analyse basée majoritairement sur la dernière décennie
634
Croissance ici entendue comme l’augmentation de la production d’un pays de manière soutenue pendant
une période donnée.
635
A titre d’illustration, dans un pays comme la France, et selon une étude de 2012 de l’INSEE, les Français
consacrent en moyenne 3h par jour pour effectuer leurs travaux domestiques, activité valorisée dans ce pays
qui correspond au tiers de la richesse produite dans ce pays.
313
quelques indicateurs macro-économiques de la situation économique dans cette
région. Il s’agit principalement du taux de croissance du PIB en volume(%), du
prix à la consommation ou le taux d’inflation, le solde budgétaire total, le solde
de la balance extérieure courante etc.…Nous verrons en figure (C), un résume
du contexte de croissance macro-économique de l’Afrique centrale sur la
période 2000-2015636.
Comme vue d’ensemble, on peut voir que malgré une légère baisse du
taux de croissance en 2013 pour la plupart des Etats de la zone CEMAC637, les
deux dernières années ont été plutôt bénéfiques pour ces derniers qui affichent
une progression nette du taux de croissance à l’horizon 2015. En effet le taux de
croissance global de l’Afrique central a atteint en 2014 6,2%et pourrait osciller
autour de 5,7% en 2015638, dont la part belle revient aux Etats de la CEMAC
comme le TCHAD qui affichait la plus grande croissance de la région en 2014
(11,2%) et les prévisions de 2015 le placent toujours en tête de liste (8,9%). Il
est suivi pour ce qui essentiellement des Etats membres de la CEMAC, du
Gabon (6,7% en 2014, 7,2% en 2015), du Congo (6,1% en 2014 et 6,5% en
2015), du Cameroun (5,0% en 2014 et 5,1% en 2015). Les mauvais élèves sont
la RCA et le Guinée Equatoriale qui sont les seuls à avoir affichés un taux de
croissance négatif ces dix dernières années. Pour la RCA son déficit de
croissance record de l’année 2013 (-34,2%) justifié par la situation politique
désastreuse et l’insécurité qui régnait dans ce pays a tout de même pu être
remonté, en dépit des incertitudes liées à ces perspectives économiques639. La
636
Les statistiques de 2015 étant à titre prévisionnel.
637
4,9% pour le Cameroun, 3,4% pour le Congo, 5,5% pour le Gabon, 3,4% pour le Tchad
638
Perspectives économiques en Afrique
2014 .[Link]
frica_FR_web.pdf
639
1,5% en 2014 et éventuellement 5,7% en 2015
314
Guinée Equatoriale quand à elle du fait de la baisse de la production de pétrole
qui s’annonce plus grande dans les années à venir, mais surtout de la mauvaise
gestion des revenus pétroliers affiche le plus grand déficit de croissance du PIB
avec des taux négatifs pour 2014 et 2015 (-1,8% et -8,5%).
Le solde budgétaire total des Etats de l’Afrique centrale ainsi que le solde
de la balance extérieure courante sont pour la majorité des cas déficitaire. En
effet l’Afrique centrale de manière globale présente un déficit de -4,4% pour le
solde budgétaire total et -4,0% pour le solde de la balance extérieure courante.
Le premier représentant la différence entre le niveau des recettes et le niveau des
dépenses constatées dans le budget de l’Etat, on peut analyser ce déficit comme
la conséquence d’une politique productive peu efficace où les gouvernements
640
C’est la cas pour certains pays comme le Cameroun ou le Congo dont la politique expansionniste a plutôt
contribué à une dégradation de la situation.
641
Cf figure( c).
315
consomment plus qu’ils ne produisent. En zone CEMAC seul le Congo et le
Tchad font figure de bons élèves avec pour le premier un taux positif en 2013
(10,5%) et un meilleur taux prévisionnel pour 2015(12,1%)et pour le second la
perspective d’un chiffre positif pour 2015 (0,1%). Mais cette situation n’est pas
une particularité de l’Afrique Centrale, puisque même les grandes puissances
comme la France ont du mal depuis les deux dernières décennies à afficher un
solde positif. Idem pour le solde de la balance extérieure courante qui reflète
l’Etat de l’ensemble des flux monétaires entre les pays de la CEMAC et ceux du
monde. Le Gabon et le Congo ici font office de bons élèves avec des soldes
positifs aidant ces Etats à honorer plus facilement aux engagements financiers
internationaux contractés par rapport aux autres Etats Membres comme le
Cameroun(-3,4% en 2014 et -3,6% en 2015) ou le Tchad642.
642
Le Tchad dont la situation s’est empirée depuis 2005 partant d’un solde positif de 5,2% du PIB à -2,2% en
2015.
316
récapitulatif des indicateurs macro-économiques de la situation économique en
Afrique Centrale.
317
318
Figure (c) : Indicateurs macro économique de l’Afrique Centrale
2) Evolution comparée des Flux des IDE dans les EM : Tendances des
IDE dans la zone CEMAC
La figure suivante (D) montre que le Cameroun a reçu des IDE équivalent
à de 571,98 millions d’USD pour l’année 2013 avec un flux net d'IDE ne
représentant que 0.5%du PIB. Le taux d’IDE est tout de même en progrès au vu
du graphique car ils ne représentaient que la moitié de ce montant en 2005. Le
flux d’IDE sortant quant à lui équivaut à 135,14 millions d’USD et les transferts
des migrants en pourcentage du PIB est de 0,75millions d’USD. On observe une
croissance significative du nombre d’IDE au fil des années même si elle n’est
pas spectaculaire643.
643
Version originale tirée du site officiel du CNUCED version anglaise :
[Link]
319
Figure D : Profil du Cameroun, IDE et ressources financières extérieures
La RCA
320
Figure E : Profil de la RCA, IDE et ressources financières extérieures
Le Congo
321
Figure(F) : Profil Congo, IDE et ressources financières externes
Le Gabon
322
Figure (G) : Profil Gabon, IDE et ressources financières externes
Le Tchad
La Guinée Equatoriale
323
d’IDE entre 2010 et 2013, passant de 2734 millions d’USD à 1914 millions
d’USD, elle reste tout de même au dessus du seuil des autres Etats membres. La
figure (I) ci-dessous est représentative de l’état des IDE en Guinée Equatoriale
de 1995 à 2013
324
B. Reflet d’une intégration économique de la zone CEMAC à
parfaire
644 ème
Voir le cas de la Guinée Equatoriale qui est le 2 pays à accueillir le plus d’IDE en zone CEMAC mais qui
affiche une croissance négative, alors que le Tchad qui se situe parmi les derniers affiche l’un des taux de
croissance le plus élevé de la sous région.
645
Ils ont appuyé leur étude en se basant sur le test de causalité de Holtz-Eakin. Saltz (1992) va plus loin en
utilisant la fonction de production néoclassique et fini par aboutir à l’existence d’ une corrélation négative
entre l'IDE et la croissance économique. Il soutient à cet effet que s’il est prouvé que l'IDE augmente le niveau
global de l'investissement et dans certaines conditions peut améliorer la productivité, la tendance dans
beaucoup d’autres cas est qu’elle réduit le taux de croissance.
325
cohérence des politiques économiques et une harmonisation de ces dernières
afin d’aboutir à un équilibre économique sous-régionale.
Comme nous pouvons le constater dans les résultats des analyses macro-
économiques des Etats Membres de la CEMAC, il existe effectivement des
disparités entre les résultats d’un Etat à un autre. Les flux d’ IDE en direction
des pays comme le CONGO ou la Guinée Equatoriale sont nettement plus élevés
que ceux des pays comme le Tchad, la RCA ou le Cameroun avec des écarts
pouvant atteindre le double du montant d’IDE. Ces écarts se retrouvent tout
aussi dans d’autres indicateurs économiques comme le taux d’inflation qui passe
facilement au double pour certains pays646, du solde budgétaire qui est négatif
dans la plupart des Etats membres, mais des résultats largement positifs chez
certains Etats (prévisions du Congo pour 2015). L’écart le plus intéressant dans
ces études qui rejoint le cadre des IDE est celui issu du solde de la balance
commerciale. La balance commerciale est la différence entre les exportations et
les importations de biens, ou des services dans un Etat647. Le solde positif quand
à lui est significatif d’une bonne exportation. Les résultats obtenus par les pays
comme le Congo, le Gabon, la Guinée Equatoriale ou dans une certaine mesure
le Tchad, qui sont largement au-dessus des autres Etats membres affichant un
solde de la balance commerciale négatif remet en question la réalité d’une
convergence de la politique économique dans la sous-région CEMAC. L’analyse
des politiques monétaires et budgétaires de ces pays démontrent la mise sur
pieds dans certains Etats d’un resserrement de la politique budgétaire et
monétaire sous l’impulsion d’organismes sous régionaux comme la Banque des
Etats de l’Afrique Centrale (BEAC), une politique de baisse des importations, de
646
Exemple de la Guinée Equatoriale qui affiche un taux prévisionnel de 5,8 et 5,2% pour les années 2014 et
2015 pendant que la moyenne générale des autres Etats est de 2,5%.
647
Dans certaines économies, il peut s’agir pour la plupart des cas des matières premières, des produits
manufacturés, issus de l’agriculture, des prestations dans le domaine du transport, de l’écotourisme etc…
326
rigueur dans la gestion de la dette extérieur ainsi que des recours aux emprunts
extérieurs, mais aussi l’adoption des politiques fiscales favorable aux transaction
commerciales et à l’incitation à l’investissement. Il est vrai que la diversité des
ressources et des matières première d’un Etat à un autre peut être un élément
influençant ces résultats, les Etats ayant développés leur activités autour des
ressources extractives comme le pétrole ont nettement vu une évolution nette de
l’attrait des investisseurs étrangers vers leurs territoires. Mais la réalité est que
tous les pays de la CEMAC sont producteurs de pétrole (à l’exception de la
RCA) et ont pour la plupart tiré parti d’une période prolongée de prix élevés du
pétrole. Mais en se basant sur le fait qu’il s’agit d’une denrée périssable, les
territoires qui développement une diversification économiques en développant
d’autres domaines d’exportation comme l’agriculture ou l’industrie minière, et
qui disposent de plusieurs autre ressources comme le Cameroun avec son bois,
son énergie, ses mines, son pétrole devraient être plus performants. Le problème
lié à ses disparités pourrait se situer sur la gestion transparente des ressources
extractives dans ces Etats membres, qui devraient se soumettre aux exigences de
divulgation et de rapprochement annuels de tous les revenus du gouvernement
issus des activités extractives, et de toutes autres formes de revenus. Pour
reprendre des propos du FMI dans le rapport issu des dernières consultations648 :
« Le cadre actuel de surveillance budgétaire de la CEMAC ne permet pas
d’ancrer de manière appropriée les politiques budgétaires des États membres de
la CEMAC ». Il y est énuméré certaines défaillances du système de convergence
des politiques budgétaires au sein de la communauté CEMAC qui contribuent à
la nature procyclique de ces dernières649. Ces observations nous ramènent au
problème de l’efficacité des dispositifs sous-régionaux d’encadrement et de
648
Rapport sur la CEMAC 2014 : [Link]
649
En exemple il est évoqué la règle de solde budgétaire qui repose sur le solde budgétaire de base. Le solde
budgétaire de bas étant le total des recettes (nettes des dons) moins le total des dépenses, à l'exclusion des
dépenses d'investissement financées sur ressources extérieures. Il critique le fait pour cette règle de ne pas
inclure les dépenses d’investissement financées par les ressources extérieures et le risque qu’il soit fait
obstruction des problèmes d’insoutenabilité de la dette qui pourrait exister.
327
contrôle de l’activité économique au sein de la CEMAC. Ces
disfonctionnements posent le problème de la réalité d’une communauté
économique effectivement intégrée au sein de la CEMAC(2).
650
Source : Site officiel FMI, rapport du FMI N° 14/252. Consultable sur :
[Link]
651
Idem
652
Le traité établissant ce pacte a été signé en 1994 mais est entré en vigueur en 1999.
328
semble ne pas fonctionner quinze années plus tard, au regard des
dysfonctionnements économiques observés dans la sous-région653. Mais si l’on
se veut optimiste et au vu de la jeunesse de ces institutions et de la fébrilité des
systèmes étatiques de la zone CEMAC, les efforts observés sont louables si l’on
compare l’architecture de ce pacte à celui du traité Européen de Maastricht et
son pacte de stabilité et de croissance qui est plus ancien mais qui n’affiche pas
les même résultats en termes de croissance. Car il faut le rappeler, malgré la
grande crise économique qui vient de secouer le monde, l’Afrique Centrale
affiche un taux de prévision de croissance pour 2014 et 2015 supérieur à 5%
quand les Etats de la zone Européenne ont du mal à franchir le seuil de 1%654.
Cette comparaison se limite uniquement à ces chiffres, car le paradoxe réside
justement dans le cas de la sous-région CEMAC entre les taux de croissance
affichés, l’état des finances et de développement économique de ses pays
membres. Les pays Européen ont aujourd’hui dépassé un seuil minimum de
pauvreté et de développement. Ce qui est loin d’être le cas dans la sous-région
CEMAC.
653
En seul trois pays sur les six qui constituent la zone CEMAC respecte la majorité des critères de convergences
dont le Cameroun, le Gabon et la Guinée équatoriale La RCA, le Congo et le Tchad ont encore des difficultés à
observer l’essentiel des normes communautaires. Pour rappel ces critères sont au nombre de 4 à savoir : Le
solde budgétaire de base (constitué des recettes totales hors dons moins dépenses totales plus les
investissements financés sur la base de ressources extérieures) positif ou nul. Le taux d’inflation annuel
inférieur à 3%. Le taux d’endettement public (intérieur et extérieur) inférieur ou égal à 70% du PIB. Et enfin la
non accumulation par l’État d’arriérés intérieurs et extérieurs sur la gestion courante.
654
Respectivement 6,2% en 2014 et 5,7% en 2015.
655
Comme la République démocratique du Congo
329
compétitivité économique et de l’éradication de la pauvreté) envisager
d’entamer des réformes du système économique ou à défaut l’améliorer afin de
rendre plus efficient les politiques d’attractivité économique des IDE mis en
place dans la sous-région, mais aussi favoriser un système d’incitation à l’IDE et
de valorisation de ces derniers qui représentent un fort potentiel de relance
économique afin qu’ils impacte positivement le développement économique et
social des Etats membres de la CEMAC. Fort heureusement de nouvelles
perspectives d’optimisation des résultats sont en train d’être mis en œuvre par
les Etats membres (paragraphe II), ainsi qu’une dynamique communautaire qui
place l’IDE au cœur de l’essor économique est en œuvre dans la sous-région. Ce
qui ouvre l’espoir à des rendements économiques meilleurs et à une
amélioration de l’attractivité économique et le climat des affaires dans la sous-
région.
Il est courant que les pays qui souhaitent attirer des IDE mettent en place,
de façon générale, des initiatives pour évaluer les facteurs susceptibles
d’influencer positivement le climat des affaires et la profitabilité des
investissements dans leurs économies respectives. Les résultats de ces
informations permettent d’effectuer des comparaisons avec les principaux
compétiteurs et visent également à engager les réformes nécessaires pour
maintenir ou accroître un avantage concurrentiel656. Les Etats membres de la
CEMAC n’ont pas dérogé à cette règle, tout au contraire, au vu des écarts
économiques et de la situation économique et sociale difficile dans la sous-
région, la nécessité d’engager des réformes et d’adopter de nouvelles stratégies
656
D’après un rapport de la FAO, 2013, On peut citer en exemple le cas du brésil qui en se basant sur l’indice
d’attractivité de l’investissement pour l’industrie forestière mise en disposition par la Banque interaméricaine
de développement, a mis sur pieds un programme visant l’amélioration du climat de l’investissement dans le
secteur forestier. Afin de mieux suivre, évaluer et définir le cadre de l’intervention publique.
330
visant la relance économique et l’efficacité des politiques d’attractivité des IDE
s’est imposé comme une priorité dans les politiques gouvernementales, afin de
rattraper, autant que faire se peut, le fossé économique existant face aux autres
régions du monde. Pour ce faire, l’atout que représente l’Afrique comme
destination privilégiés des IDE depuis la dernière décennie et les atouts en
termes de ressources naturelles, minière et énergétique dont l’immense potentiel
exploitable n’est plus à démontrer, nécessitait d’être encadré autour de nouvelles
stratégies d’émergences , en capitalisant les politiques incitatives autour des
projets dont les rendements sont certains. On retrouve ici l’importance des
méthodes d’analyses de la rentabilité des projets présentés plus haut dans notre
analyse. C’est ainsi qu’on assiste à la mise en œuvre par les Etats membres, des
cadres de références pour les stratégies de développement (A) qui reflètent une
dynamique évolutive et une volonté d’améliorer le climat des affaires, mais dont
l’optimisation des rendements nécessitent aussi que l’on explore d’autres pistes
comme celle de la diversification des économies de la sous-région (B).
331
nombreux programmes de développement économique et de promotion des IDE
qui concourent d’une manière ou d’une autre à établir une vitrine de promotion
des atouts économiques de ces pays mais aussi d’encadrer l’investissement et les
apports de capitaux autour de projets rentables et essentiels. Partant du principe
qu’une croissance économique durable ne saurait être ciblée qu’autour de
l’investissement direct étranger, il est important de l’incorporer au sein d’un
cadre macro-économique plus global qui intègre les politiques
gouvernementales des Etats membres. C’est sans doute ce qui justifie la mise en
œuvre dans la majorité des Etats de la sous-région de nouveaux programmes de
développement économique (1) qui visent la diversification des sources
d’attractivité économique, mais aussi l’amélioration du climat des affaires dans
ces Etats. Nous illustrerons la mise en œuvre de ces programmes au sein de deux
pays de la zone CEMAC à savoir le Cameroun et la Guinée Equatoriale(2)
659
YOONYOUNG CHO. Tien en 2014, sub-saharan Africa’s Recebt growth Spurt: Analysis of the source of
growthet, The World Bank, Mai 2014.
660
C’est notamment le cas du Burkina Faso, de l’Éthiopie, du Mozambique, de l’Ouganda, du Rwanda et la
Tanzanie qui pendant la période d’observation ont réussi à afficher un taux de croissance et de développement
élevé en dépit du manque de ressources naturelles dans leurs territoires.
332
réformes pour bâtir des économies plus attractives. Ils ont compris que plusieurs
facteurs, concouraient à rendre une économie attractive comme l’amélioration
des politiques de gouvernances, la stabilité politique, l’allègement de la dette
extérieure mais aussi l’augmentation des aides afin de permettre à ces
gouvernements d’investir dans des domaines essentiels comme l’éducation et la
santé, mais aussi dans des infrastructures, et des structures qui contribuent à
l’amélioration significative des conditions d’existence des populations de cette
région661. Ces programmes constituent une nouvelle ère pour la majorité de ces
Etats dont le pouvoir public ou les gouvernements reprennent en main leur
destin et se positionnent comme acteur principal du changement économique par
l’adoption de nouvelles stratégies commerciales visant l’émergence économique
de la sous-région. TESSERENC Nicholas dira à propos : « Qu’après une longue
période d’abandon de la planification à la suite des plans d’ajustement
structurels des années 1990, durant lesquelles les politiques et les économies
étaient pilotées par les institutions de Bretton Woods, la puissance publique est
de retour sur le terrain de la stratégie économique »662. Il faut dire que l’option
prise par ces Etats d’adopter une approche personnelle de la croissance
économique par des stratégies spécifiques s’inspirent des modèles issus des pays
émergents comme la Chine, l’Inde ou le Brésil, qui comme nous l’avons
précédemment soulignés offrent de l’alternativité aux Etats membres de la
CEMAC entant que nouveaux partenaires économiques et de ce fait cibles
principales des nouvelles stratégies économiques de ces Etats.
661
Lire à propos l’article du FMI de 2013 à propos : Perspectives économiques régionales : Afrique
Subsaharienne, maintenir le [Link]://[Link]/external/french/pubs/ft/reo/2013/afr/[Link]
662
TEISSERENC Nicholas, Emergence, qui conseille les pays Africains ? Jeune Afrique, 10 Juin 2014
333
2) Exemple de stratégies d’émergences dans la zone CEMAC : Le cas du
Cameroun et la Guinée Equatoriale
663
Il s’agit du document cadre de référence pour l’action gouvernementale du Cameroun pour la période 2010-
2020. Plus d’information sur : [Link]
664
Lire à propos le DSCE de 2009. Il s’agit pour le gouvernement Camerounais, par les objectifs de réduction de
la pauvreté à ramener le taux de pauvreté monétaire de 39,9 %, selon les estimations de 2007, à 28,7 % à
l’horizon 2020. Cet action entre par ailleurs dans l’atteinte des Objectifs du millénaires pour le Développements
amorcés de façon parallèle par l’Etat Camerounais.
334
Dans un premier temps de jeter les bases d’une croissance durable. Ainsi
les priorités sont les investissements d’infrastructures, et le
développement du système de production665. Dans ce sens le Cameroun a
mis sur pieds de nombreux projets de constructions d’infrastructures
(écoles, hôpitaux, routes etc.…) avec la Chine son nouveau partenaire
666
économique « privilégié » , au travers de dons et d’emprunts de ce
dernier vis-à-vis de l’Etat Camerounais. Nous pouvons citer à titre
d’exemple le projet d’autoroute Douala-Yaoundé actuellement en cours
de réalisation, la construction du port en eau profonde de Kribi, la
construction des barrages hydroélectriques de Memvelé et Mekin, afin de
résorber le déficit énergétique frein à l’essor industriel du Cameroun.
La deuxième étape est l’atteinte de l’ambition du Gouvernement
Camerounais de faire passer son économie de la phase primaire à celle de
substitution des importations. L’objectif est de faire passer la production
manufacturière qui est de 11% du PIB actuel à plus de 27% du PIB, et à
plus de 40% pour la production du secteur secondaire.
L’accélération de la croissance comme troisième objectif. Par l’essor
industriel, le gouvernement Camerounais vise l’accélération de la
croissance, et l’amélioration du climat des affaires avec une visée d’un
taux de croissance à deux chiffres d’ici 2017. Ceci est possible par
l’accroissement des investissements ou toute forme de consommation,
permettant de développer le revenu moyen de l’Etat et le situer au niveau
de pays à revenu intermédiaire.
L’atteinte du statut de pays émergent est l’objectif final de ce programme
qui permettrait à l’Etat Camerounais de situer à une dimension
internationale de compétitivité avec une production et une exportation à
665
Le pays doit se doter notamment d’infrastructure de production de transport et d’énergie, aménagement
des routes, approvisionnement en eau potable, amélioration des équipements industriel et miniers etc…
666
Selon les propos du président de la République du Cameroun lors des récentes visites du président chinois
au Cameroun en 2007, et du président Camerounais Paul Biya en Chine en Juillet 2010.
335
dominance industrielle. Son intégration dans l’économie mondiale
faciliterait par la même la mobilisation des financements nécessaires à la
poursuite de ses objectifs de croissance.
667
La situation n’est pas pour autant désastreuse de ce coté la car l’indice de perception de la corruption est
passé de 2,3 en 2003 à 2,5 en 2011.
668
Voir à « propos l’opération épervier » qui est une cavale du gouvernement contre les fonctionnaires véreux
et accusés de détournements de fonds publics.
669
Selon des données de 2013 : 20 572 USD (BM 2013) pour la Guinée Equatoriale, contre 1 315 (BM 2013)
pour le Cameroun, 3 172 (BM 2013) pour le Congo-Brazzaville et 11 571 USD (BM 2013) pour le Gabon
336
gouvernement équato-guinéen à une réforme de la croissance et de la gestion des
ressources naturelles. C’est ainsi que la « vision -2020 »du gouvernement
associé à un plan national de développement économique (2008-2020) a vu le
jour. Son ambition principale étant de faire de la Guinée Equatoriale une
économie émergente à l’horizon 2020. Ce programme comme celui du
Cameroun, s’articule autour de quatre principaux axes à savoir :
Il faut dire qu’au-delà des exemples de ces deux pays, les autres Etats
membres de la CEMAC ne sont pas en reste dans ces vastes programmes de
relance économiques. C’est notamment le cas du Congo avec son plan national
670
Ce dernier peut désormais accueillir des navires de 16 M avec une capacité de charges de 10000 conteneurs.
Lire à propos le document : Emerging équatorial Guinéa : [Link]
337
de développement (PND)671, ou le Gabon avec sa formule « le Gabon
émergent » à l’horizon 2025672. Les pays de la sous-région CEMAC ont amorcé
une politique favorable à leur compétitivité économique qui passe par
l’investissement public et l’amélioration des infrastructures nécessaires à
l’accueil de grands partenaires et investisseurs étrangers. L’axe commercial et la
politique orientée vers les nouveaux pays émergeants comme la Chine, l’Afrique
du Sud ou le Brésil se base sur les prévisions économiques qui démontrent que
d’ici 2020 les exportations Africaines vers les pays développés (Union
Européenne, USA) baisseront de plus de la moitié673. Au vu de l’importance du
rôle des pays émergents dans l’économie des pays de la CEMAC, qui se
positionnent de plus en plus comme partenaire économiques de première ligne,
l’on ne saurait faire le reproche aux Etats membres de la CEMAC de calquer
leurs politiques économiques aux modèles de ces Etats, sans toutefois fermer la
porte au reste des partenaires internationaux. La solution pour atteindre ces
ambitions économiques réside certainement dans un foisonnement de toutes ces
formes d’influences externes comme interne dans l’élaboration des politiques
incitatives au sein de la zone CEMAC. Tout compte fait, il est évident que le
processus d’amélioration du climat des affaires dans la sous-région n’est pas
encore parfait. L’ambition de tendre vers cette perfection nécessite d’éventuelles
réformes permettant d’améliorer l’efficacité des dispositifs. L’on peut
néanmoins contribuer à cet effort communautaire par des recommandations face
aux enjeux de la nécessité de promouvoir et renforcer l’effectivité des
mécanismes mis en œuvre pour l’optimisation des résultats.
671
Qui est un vaste programme de diversification et d’industrialisation de son économie pour la période 2012-
2016 et la création de zones économiques spéciales (ZES) qui regroupent des incitations fiscales et la
construction d’infrastructures.
672
Stratégie visant à faire face à l’épuisement annoncé des ressources pétrolières, en diversifiant les ressources
économiques et en valorisant l’usage des autres matières premières locales comme le potentiel minier et
énergétique.
673
Ils seront de 27% en 2020 contre 54% en 2006. Source : L’Afrique dans 50 ans : Vers une croissance
inclusive. BAD, 2011, page 22.
338
B. Enjeux d’une diversification économique dans la sous-
région CEMAC
340
économique traditionnel, mais tout aussi performant en termes de rendements
visibles sur le long terme.
675
Expression tirée du gouvernement Gabonais pour désigner la dense foret dont dispose ce pays, Appartenant
au bassin du Congo qui constitue le deuxième poumon de la planète avec ses terres agricoles et le littoral
maritime qui l’entoure.
341
bille à l’étranger, et dont les produits issus de sa transformation sont revendues
sur le marché Africain à des prix exorbitants (papeterie, meubles, etc). Si les
gouvernements décident de mettre en place des formations du personnel local à
l’utilisation et la transformation du bois dans ses différentes variantes676, ceci
permettra, non seulement de créer des emplois, de développer la localité
d’accueil de l’usine, mais aussi apportera de la valeur ajoutée quand à la
formation intellectuelle des ressources humaines. Le bénéfice d’un l’exploitation
de cette ressource aurait donc plus d’effet sur la situation économique globale
que la vente directe du bois brut dont l’usage des fonds n’est pas toujours
maitrisé. Au partir de cet exemple, on peut identifier des étapes importantes à
l’optimisation d’une économie traditionnelle :
676
C’est le cas d’un projet en cours dans la ville de Lomié au Cameroun qui a été lancé par le maire de la
Commune, et dont les études de faisabilité sont en cours…
342
mais surtout mettre en place un dispositif de transformation locale de ces
matières premières. Dans l’exemple du riz, il peut être transformé en bouillie de
riz, en poudre, être exporté en grande quantité sous sa forme de consommation
usuelle, être parfumé, etc.… Sur une vision portée sur le long terme, la
production, la transformation et la distribution de cette denrée alimentaire au
sein d’un territoire crée de la valeur ajoutée sur le long terme. Ce cycle finit
d’une manière ou d’une autre à rejoindre celui de l’IDE.
343
rurales, des paysans est optimisée. L’autre étape concerne des cibles plus
exigeantes et capables de payer le cout de production et de transformation, il
s’agira des populations urbaines, des expatriés, ou des investisseurs étrangers.
Ainsi, selon les ressources financières la matière première peut subir des
transformations au gré du marché et de ses sollicitations sans qu’il n’y ait une
partie défavorisée.
344
La liste de ces propositions n’étant pas exhaustive, il faut préciser qu’elles
visent toutes d’une certaine manière un seul objectif, l’optimisation des
rendements et l’amélioration de la situation économique des Etats membres de
la CEMAC. Pour favoriser le mieux être des populations dans la zone CEMAC
comme partout ailleurs, il faut qu’il y ait entre autres, un flux d’investissements
étrangers croissants, une diversification des économies, une économie
florissante, et un pays économiquement stable. Ces facteurs concourent à créer
un environnement moins conflictuel, mais surtout renforce l’attractivité
économique et touristique de ces pays. Ces Etats qui disposent de nombreux
atouts exploitables, ne demandent qu’à se créer une place de choix dans le grand
marché économique qu’est devenu le monde. Les phénomènes de
mondialisation et de compétitivité internationale amplifient cette nécessité, et ne
laissent plus de place à l’inactivisme des gouvernements face aux défis des
Objectifs du Millénaire pour le Développement.
345
CONCLUSION GENERALE
346
l’atteinte des objectifs d’attractivité économique de la sous-région
CEMAC.
L’option d’une diversification des économies comme mode alternatif mais
recommandé, pour un essor économique de la sous-région CEMAC. Ceci
au vu des résultats issus de l’observation de l’environnement économique,
ainsi que l’impact des IDE dans les économies des Etats membres sans
remettre en cause l’importance de l’IDE.
677
Lire à propos le chapitre 2, section 2 de la première partie.
347
CEMAC à des nombreuses conventions internationales garantissant l’activité
des investissements. Il serait quand même déplorable qu’un regroupement
communautaire économique comme la CEMAC puissent trouver ses garanties
hors du cadre de l’organisation communautaire. Il est donc important de tabler
sur une démarche visant l’amélioration de l’organisation du système juridico-
institutionnel d’encadrement des IDE dans la sous-région, avant de viser les
garanties internationales.
348
Certaines chartes nationales en sont quasiment identiques, d’autres, moins, il en
ressort qu’il existe une volonté communautaire. De plus l’adhésion aux
différents instruments internationaux d’encadrement renforce cette idée de
convergences.
On peut néanmoins déplorer qu’il n’y ait pas une synchronisation des
Etats à propos du rythme auquel ce processus d’harmonisation devait être
réalisé. En effet, pendant que certains Etats reprennent de manière directe toutes
les grandes dispositions de la charte CEMAC ou s’en inspirent grandement,
d’aucun essaie plutôt d’adopter des normes postérieures à la norme
communautaire afin de s’en rapprocher678. D’autres Etats, plus à la traine, n’ont
même pas de charte plus récente679. Pour ce qui est de l’harmonisation aux
dispositifs internationaux, certains Etats reconnaissent explicitement leur
adhésion à des dispositifs internationaux pendant que d’autres n’en font pas
mention ou alors privilégie les instruments nationaux en premier ressort devant
les dispositifs internationaux680. Le problème réel qui en ressort est que cette
prolifération des normes internes et ces disparités d’un Etat à un autre
constituent un frein à une harmonisation complète et intégrale des dispositifs
juridiques. Plus encore, cet état de choses ne simplifient pas la mise en
application effective des instruments juridiquement ni le système de surveillance
y relatif. Il serait sans doute opportun de redéfinir les priorités et de centraliser
les dispositifs et réglementations visant l’encadrement des IDE au sein d’une
seule norme communautaire applicable de façon directe aux différents Etats
membres de la communauté, afin de renforcer son pouvoir et son efficacité vis-
à-vis des Etats membres, mais aussi des autres instruments juridiques
internationaux, qui n’auront plus besoin de se conformer à plusieurs dispositifs
678
Lire à propos la section 1 du chapitre 2 de la première partie sur le processus d’harmonisation, le Tchad et la
RCA font office de bons élèves en matière de rapprochement ou de similitudes vis-à-vis de la charte
communautaire
679
C’est le cas de la Guinée Equatoriale
680
Lire à propos la première partie, chapitre 2, section 1.
349
nationaux, mais à une seule norme communautaire. Le principe de l’application
directe des normes communautaires nécessite donc d’être mis en œuvre de façon
effective.
681
Plus souvent connues sous l’appellation d’agence de promotion des investissements (cas du CAMEROUN, du
Congo, du Gabon etc.…)
682 ère
Lire à propos la 1 partie, chapitre I, section 2, page 73, à propos du processus d’incitation à l’IDE dans la
ème
sous-région CEMAC, mais aussi le chapitre 2 de la 2 partie, section 2 et paragraphe I, page 287 sur le
système de la CEMAC comme favorable au développement économique.
350
structuration équilibrée des projets et une concentration des efforts autour des
domaines sensibles et pertinents pour optimiser les résultats, mais aussi assurer
une pérennité aux réformes engagées ainsi qu’aux projets qui en dépendent.
Rien ne sert en effet de multiplier des effets d’annonces ou des projets novateurs
s’ils sont destinés à ne pas éclore du fait du manque de préparation ou d’étude
de leur faisabilité, en tenant compte de tous les aspects socioculturel de ces
mesures mais aussi des réalités politiques et économiques des Etats concernés.
L’on ne peut pas appliquer de façon unanime des réformes dans des pays aux
contextes socio-économiques mais aussi géographiques différents. C’est ce qui
nous a permis de remettre en question d’une certaine manière le cadre
standardisé des modes de coopération et d’aide offert par les organismes d’aides
internationaux comme le FMI ou la Banque Mondiale. Ces modes standardisés
ne prennent pas toujours en compte les spécificités de chaque Etat. L’exigence
de ces partenaires économiques qu’on peut qualifier de « créanciers »de
réformes structurelles drastiques et douloureuses, les rendent de plus en plus
impopulaires. Ceci du fait de la fragilisation des économies qu’elles engendrent.
La conséquence étant de susciter auprès de ces Etats en difficulté un vent de
solidarité vis-à-vis des nouveaux partenaires économiques que sont les pays
émergents comme la Chine, le Brésil, l’Afrique du Sud, l’Inde…Ces derniers
l’ont compris, on ne peut parler de développement à un peuple qui a faim, qui
n’a pas de routes, ni d’infrastructure de santé qui est sous-scolarisé et pire qui ne
dispose pas de ressources humaines capable de penser le développement. Les
nouveaux pays émergents essayent donc, en se basant sur leurs expériences
personnelles de développement, de permettre à ces Etats de s’en sortir en
exploitant au maximum leurs atouts comme monnaie de change pour le
développement.
351
infrastructures et développement technologique683. Ce pays qui lui-même a
connu une amélioration de son économie en redéveloppant son agriculture,
comprend la nécessité de valoriser le potentiel local. Cette forme de coopération
qui séduit de plus en plus les gouvernements Africains, est encore plus
plébiscitée par les changements observés dans le paysage de ces Etats. En effet,
de nombreux chantiers industriels portent la marque des gouvernements
asiatiques, et même s’il existe toujours un prix à payer en échange, il semble
moins douloureux que les mesures drastiques précédentes. Néanmoins, comme
toute organisation, il faudrait encore encadrer et surtout rentabiliser cette
coopération, afin que les bénéfices qu’on pense immédiats ne finissent pas par
tenir sur du long terme. Une fois de plus penser à la pérennité de ces orientations
économiques, en privilégiant le transfert des technologies, des compétences
mais aussi du savoir-faire des partenaires économiques extérieurs à la sous-
région CEMAC, plus expérimentés et mieux avisés.
683
La forme de coopération entre la Chine et la plupart des pays de l’Afrique est le plus souvent envisagée
comme un partenariat gagnant-gagnant, surtout en comparaison avec les contraintes des pays occidentaux et
les taux d’intérêts élevés qui sont appliqués à leurs emprunts. Certains justifient cette facilité de collaboration
avec la chine du fait du passé presque similaire de ces deux continents (Asie-Afrique) qui ont longtemps été
marginalisé et laisser-pour compte, et qui ne doivent leur salut pour ce qui est de la chine, que des efforts
personnels et une restructuration intense de leurs politiques économiques. Ils sont donc aussi sensible à
l’impérialisme occidental et plus amène de comprendre la situation que traverse les Etats Africains.
352
d’accueil de flux d’investissements étrangers684. Elle présente entre autre, un
taux de croissance du PIB négatif685. Son solde de balance extérieure courante
ainsi que son solde budgétaire total sont aussi négatif. La Guinée Equatoriale
fait ainsi piètre figure devant des Etats comme le Tchad, ou la République
centrafricaine moins attractifs économiquement, et qui attirent le moins de flux
d’IDE686. Ce constat conforte l’idée d’explorer d’autres variables susceptibles
d’améliorer l’atteinte des objectifs de croissances économiques qui tout compte
fait, rejoignent l’idée fondamentale de ce sujet sur l’attractivité économique de
la ZONE CEMAC. Bien évidemment il n’est pas question de remettre en
question l’importance de l’IDE dans une économie qui se veut prospère. On l’a
vu, l’IDE a influencé les résultats économiques dans de nombreuses économies
émergentes de façon positive. Il est important de prendre la croissance
économique dans un contexte impliquant une inter- relation entre des facteurs
économiques, social et politiques pour espérer des effets plus probants et
visibles. Bien que la pratique soit courante dans les analyses économiques, il
n’est pas logique de comparer l’effet des IDE sur l’économie des Etats qui
n’ont plus les problèmes de développement de base (comme le manque
d’infrastructure, le grand taux de pauvreté, la famine, l’accès à la santé de base
etc…) par rapport à l’effet de l’IDE sur des pays en voie de développement
comme c’est le cas de la majorité des Etats de la CEMAC. Les résultats d’une
telle analyse seraient biaisés. Car, il faut en effet, l’environnement socio-
économique de la sous-région CEMAC, fait que, les gouvernements doivent
encore lutter contre des grands fléaux comme la corruption, les guerres civiles,
la pauvreté, la mauvaise gouvernance, et la mauvaise répartition des fonds issus
de l’exploitation des ressources naturelles. Plus encore, comme nous l’avions
684
Lire à propos le para I, section 2, chapitre 2 de la deuxième partie, profil Guinée Equatoriale
685
Idem, Voir, indicateurs macro-économique de l’Afrique centrale, avec une croissance estimée à -1,3% en
2013, une prévision d’un taux à -1,8% en 2014 et -8,5% en 2015.
353
précédemment mentionné, le risque d’un nouveau « syndrome hollandais »687
qui semblait se propager autour de la principale ressource exploitée dans la sous-
région qui est la manne pétrolière, doit être irradié et évité dans les politiques à
venir de la sous-région.
687
C’est l’idée selon laquelle Les économies abondamment dotées en ressources naturelles tendent à
connaître une croissance relativement plus faible par rapport aux économies qui en sont dépourvues.
Désignant la stagnation de l’économie hollandaise pendant les années 70 du à l’exploitation exclusive du gaz
naturel au détriment des autres ressources. Ce fût le cas en Afrique Centrale avec la découverte du pétrol.
688
Comme le Gabon et la Guinée Equatoriale qui observe de plus en plus une baisse de production de leur
pétrole.
689
La plupart des pays de la zone CEMAC dispose de la façade maritime du golf de Guinée offrant un grand
potentiel pour la pêche dans l’Afrique Centrale. Il faut rappeler que la zone CEMAC dispose d’un capital de 184
millions d’hectares de terre cultivable mais seulement 14 millions de ces terres est exploitée.
354
potentiels investissement sont diversifiés mais aussi si les ressources favorisant
la croissance économique sont recadrés autour d’autres potentiels économiques
comme le développement de l’agriculture locale, l’industrialisation et la
transformation locale des matières premières, afin de viser un développement
plus global ne prenant pas uniquement en compte la rentabilité financière de
l’acte d’investissement, mais l’impact macro-économique de ce dernier sur
l’ensemble du pays690.
690
Lire à propos le dernier paragraphe de notre étude, partie B.
692
ZAKANE Vincent: Problématique de l'effectivité du droit de l'environnement en Afrique: l'exemple du
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371
ANNEXES
372
[Link] Gabon
Gabon
Art.1.- La présente loi, prise en application des engagement dans une stratégie de développement
dispositions de l’article 47 de la Constitution, insti- économique et social basée sur l’épanouissement
tue la Charte des Investissements en République du secteur privé.
Gabonaise.
La Charte consacre une nouvelle définition du rôle
Art.2.- La Charte des Investissements annexée à la de l’Etat agissant en partenariat avec le secteur pri-
présente loi, constitue le cadre général de l’en- vé.
semble des dispositions destinées à améliorer
l’environnement institutionnel, fiscal et financier Elle énonce les objectifs et les mécanismes mis en
des entreprises. oeuvre pour favoriser l’investissement, l’expan-
sion des entreprises et des activités individuelles
Elle a pour but de favoriser la croissance et la di- sans discrimination selon l’origine de l’investisseur
versification de l’économie sur la base d’un déve- entrepreneur ou le secteur d’activité dans lequel il
loppement harmonieux du secteur privé et des in- opère.
vestissements.
Dans certains secteurs d’activité, notamment ceux
Art.3.- Les dispositions contenues dans la charte liés à l’exploitation et à la transformation des res-
des Investissements sont reprises dans les différents sources naturelles, des codes spécifiques viennent
codes, lois et textes réglementaires concernés. compléter la présente Charte des Investissements
au regard des dispositions techniques et financières
Art.4.- Des textes particuliers complètent les dis- particulières adoptées pour ces secteurs.
positions de la Charte pour préciser les conditions
techniques, fiscales et financières de l’investisse- Le cadre institutionnel, les textes législatifs et ré-
ment et de l’exploitation dans certains secteurs spé- glementaires ont été adaptés pour atteindre
cifiques, notamment ceux relatifs à l’exploitation et l’objectif de modernisation, de simplification et de
à la transformation des ressources naturelles. clarté devant faciliter l’activité économique et assu-
rer sa régulation de façon transparente et équitable.
Art.5.- La présente loi qui abroge toutes les dispo-
sitions antérieures, notamment celles de la loi
n°7/89 du 6 Juillet 1989 portant Code des Investis- Titre 1 - Des principes généraux et
sements en République Gabonaise, sera enregistrée, droits fondamentaux
publiée selon la procédure d’urgence et exécutée
comme loi de l’Etat.
Art.1.- La République Gabonaise garantit à toute
personne physique ou morale régulièrement établie
Charte des investissements ou désireuse de s’établir au Gabon en respectant les
règles spécifiques liées à certains secteurs
d’activité :
Préambule • la liberté d’entreprendre toute activité de pro-
duction, de prestation de services ou de com-
Par la présente charte, dite « Charte des Investis- merce quelle que soit sa nationalité ;
sements », la République Gabonaise, réaffirme son
• l’égalité de traitement dans l’exercice d’une Règlement des Différends relatifs aux Investis-
activité suivant les principes et prescriptions de sements (CIRDI) ;
la Loi sur la concurrence et les missions • la République Gabonaise adhère à la Conven-
confiées aux agences de régulation sectorielles tion de New York sur la reconnaissance et
autonomes ; l’exécution des sentences arbitrales internatio-
• les droits de propriété attachés aux terrains, nales conclue en 1958 sous les auspices des
immeubles, matériels d’exploitation et ceux at- Nations Unies ;
tachés aux biens mobiliers, valeurs mobilières, • la République Gabonaise dispose d’un méca-
brevets et autres éléments relevant de la pro- nisme d’arbitrage s’appuyant sur la Loi type de
priété industrielle et intellectuelle ; la Commission des Nations Unies (CNU) pour
• la diligence des procédures d’attribution ou le Droit Commerciale Internationale (CNUD-
d’acquisition des terrains et de délivrance des CI) sur l’arbitrage commerciale international
titres fonciers ; de 1985 ;
• la faculté à un investisseur étranger de rapatrier • la République Gabonaise adhère à
les capitaux investis et les bénéfices réalisés l’Organisation pour l’Harmonisation du Droit
par son exploitation, ainsi que le rapatriement des Affaires en Afrique (OHADA), dont les
des économies sur salaires réalisées par son instances comportent la Cour Commune de
personnel expatrié ; Justice et d’Arbitrage (CCJA), chargée du rè-
• l’accès aux devises étrangères et la liberté de glement des conflits relatifs à l’application du
transfert des capitaux dans le cadre des règles Droit des Affaires dans les pays membres.
de la zone franc, et plus particulièrement celles
de la Banque des Etats de l’Afrique Centrale
(BEAC) ; Titre 3 - Du rôle de l’Etat en matière
• l’application équitable et transparente du droit économique et financière
des affaires adopté conformément au traité de
l’Organisation pour l’Harmonisation du Droit
des Affaires en Afrique (OHADA) ; Art.3.- L’Etat gabonais, par delà ses tâches fonda-
• l’application équitable et transparente du droit mentales d’administration de la Nation, de justice
du travail et du droit de la sécurité sociale éla- et de sécurité, garantit le bon fonctionnement du
boré conformément au traité de la Conférence système économique. A ce titre :
Interafricaine de Prévoyance Sociale (CI- • il veille à l’application des règles du jeu par
PRES) ; l’ensemble des acteurs du système ;
• l’indépendance et la compétence profession- • il assure le maintien et le développement des
nelle des tribunaux et juridictions spécialisés. infrastructures économiques, des services so-
ciaux, de santé, d’éducation, de formation pro-
fessionnelle et leur accès à l’ensemble de la
Titre 2 - Des dispositions de garantie des population.
investissements
Art.4.- La République gabonaise privilégie le par-
tenariat avec le secteur privé notamment dans la
Art.2.- La République Gabonaise, pour conforter mise en œuvre des politiques touchant :
les principes généraux et droits fondamentaux des • à la formation professionnelle pour assurer une
investisseurs, adhère aux principaux dispositifs adéquation formation emploi et développer une
internationaux de garantie des investissements : gestion paritaire des structures de formation et
• la République Gabonaise est membre de de perfectionnement professionnels ;
l’Organisation Mondiale du Commerce, garan- • au développement des infrastructures écono-
tissant ainsi les investisseurs sur l’application miques et sociales, en relation avec le dévelop-
au Gabon des règles commerciales internatio- pement des activités de production.
nales ;
• la République Gabonaise a conclu des accords Art.5 :
bilatéraux et fait partie des traités multilatéraux La gestion de l’Etat, et ses décisions en matière de
en matière de garantie des investissements dont politiques budgétaire et économique sont menées
celui de l’Agence Multilatérale de Garantie des de manière à garantir un cadre macro-économique
Investissements (MIGA), destiné à garantir les viable susceptible de favoriser la croissance et
investisseurs contre les risques politiques, et l’investissement.
celui instituant le Centre International pour le
Congo
Charte des investissements
Loi n°6-2003 du 18 janvier 2003
Art.1.- Toute personne physique ou morale, quelle Art.7.- Dans le cadre des lois existantes, les diri-
que soit sa nationalité, est libre d’entreprendre, sur geants et les travailleurs, exerçant au Congo, peu-
le territoire de la République du Congo, une activi- vent librement :
té agricole, minière, industrielle, forestière, artisa- • être représentés dans les assemblées consulai-
nale, commerciale ou de service dans le respect des res et les organismes assurant la représentation
lois et règlements de la République. des intérêts professionnels et économiques ;
• participer aux activités syndicales.
Art.2.- La République du Congo garantit, sans pré-
judice des dispositions légales et réglementaires en
vigueur, la liberté de : Titre 2 - Du cadre macro-économique
• importer ou exporter les matières premières ou
consommables, les produits semi-ouvrés et ou-
vrés, les biens d’équipement, les matériels et Art.8.- Dans le cadre de la mise en oeuvre de la
l’outillage nécessaires aux activités économi- politique économique, financière et monétaire vi-
ques ; sant à réaliser le redressement de son économie et
• déterminer la politique de production et son développement sur une base durable confor-
conduire celle d’embauche et de commerciali- mément à la stratégie globale de développement
sation y relatives ; qui vise l’amélioration des conditions de vie, la
• choisir ses clients et ses fournisseurs et fixer pérennisation de la croissance, la création
les prix. d’emplois et la lutte contre la pauvreté, l’Etat se
conforme aux règles de discipline prévues dans le
Art.3.- Les investisseurs et les salariés, de nationa- cadre de la surveillance multilatérale définie dans
lité étrangère exerçant leurs activités en République la convention de l’Union Economique de l’Afrique
du Congo, sont garantis du libre rapatriement des Centrale.
bénéfices réalisés au titre de l’exploitation, des
économies sur salaires et des produits de la liquida- Art.9.- En vue de l’assainissement des finances
tion partielle ou totale des investissements. publiques, l’Etat s’engage à appliquer la réforme
fiscalo-douanière de la Communauté Economique
Art.4.- Les investisseurs ont accès aux devises et Monétaire de l’Afrique Centrale, notamment en
étrangères pour l’acquisition des équipements, des ce qui concerne la limitation des régimes dérogatoi-
matières premières, des intrants, des emballages et res et attache du prix au recouvrement systématique
des services nécessaires à leurs activités. des recettes fiscales et douanières.
Art.5.- La République du Congo garantit les droits L’Etat s’engage à accorder, dans l’allocation des
de propriété liés aux terrains, aux immeubles, aux ressources, une priorité aux dépenses de santé, de
matériels d’exploitation, aux biens mobiliers, aux culture et d’éducation, à la formation profession-
valeurs mobilières et à la propriété intellectuelle. nelle, à la promotion de l’entreprenariat, aux infras-
tructures des mines, d’énergie et d’hydraulique, de
Art.6.- Dans le respect des droits et des obligations transport et de communication, de développement
relatifs à l’exercice de leurs activités, les personnes urbain et rural, ainsi qu’à la justice et à la protec-
physiques et morales bénéficient de l’égalité de tion de l’environnement.
Il s’engage à observer les normes de l’Organisation Art.14.- L’Etat associe le secteur privé à la défini-
Internationale du Travail dans le strict respect de la tion des stratégies et à la résolution des problèmes
tripartite. économiques et de développement.
Art.12.- L’Etat s’engage à continuer de former les Il apporte son soutien au renforcement des capaci-
juges au règlement des affaires commerciales et, si tés des organisations professionnelles. Il crée un
possible, d’y spécialiser certaines juridictions et cadre juridique favorable au bon fonctionnement
notamment le tribunal de commerce, les chambres des chambres consulaires, des syndicats patronaux
arbitrales et la chambre économique et sociale. Il et ouvriers, des associations de consommateurs, des
veille à l’exécution diligente des décisions de jus- organisations non gouvernementales respectueuses
tice. des lois et règlements de la République. A cet effet,
Il crée un cadre de concertation, multisectoriel avec
L’Etat encourage le recours à la procédure des réunions périodiques et systématiques associant
d’arbitrage et garantit l’application des sentences le secteur privé et les autres acteurs de la société
arbitrales. civile.
investisseurs et l’agrément des entreprises aux Art.19.- L’Etat s’engage à mettre en place un sys-
avantages de la présente charte. tème national de normalisation, de métrologie, de
certification et de gestion de la qualité en phase
L’agrément des entreprises aux avantages de la avec le système international notamment
présente charte fait l’objet d’un texte réglementaire l’Organisation Internationale de la Normalisation.
qui définit un ensemble de mesures, de procédures, Il appuie le développement de la culture de la qua-
d’obligations des parties, de sanctions et de pénali- lité totale au sein des entreprises.
tés.
L’Etat encourage la formation des opérateurs éco-
nomiques et le développement de la culture
Titre 6 - De l’environnement de d’entreprise.
l’entreprise
L’adhésion de l’Etat à l’Organisation Régionale
Africaine de Normalisation et sa participation aux
Art.16.- L’Etat s’attache à créer un environnement activités de cette organisation contribuent à renfor-
propice à la naissance et au développement des cer cette politique.
entreprises. Il met en oeuvre une réglementation de
la concurrence, assure la protection des droits de Art.20.- L’Etat favorise toute mesure visant à amé-
propriété intellectuelle, la promotion des services liorer le niveau de productivité et de compétitivité
d’appui au renforcement de la productivité et de la des entreprises. Il soutient le développement des
compétitivité professions de conseil aux entreprises par la mise
en place d’une réglementation appropriée. Il pro-
La réglementation, sur la concurrence et sur la pro- meut une politique de réduction des coûts de tran-
tection des consommateurs, assure la libre concur- sactions.
rence comme moyen d’accroître la productivité et
garantit aux consommateurs un meilleur rapport L’Etat s’engage à faciliter la réduction des coûts
qualité prix, tenant compte de la santé et de des facteurs de production afin de soutenir la com-
l’environnement. pétitivité des entreprises.
L’Etat renonce aux pratiques discriminatoires qui Quand un service public fait naître un monopole
font obstacle à la libre concurrence, exception faite naturel, l’Etat met en place les moyens de régula-
de celles qui sont expressément autorisées par la tion de ce monopole. Le cas échéant, il créé un or-
réglementation communautaire. gane de régulation avec la participation du secteur
privé et de la société civile.
Art.17.- L’Etat s’engage à appliquer les règles de
la concurrence et de la transparence dans toutes les Il offre aux investisseurs privés la possibilité de
opérations économiques, notamment dans la priva- participer au financement des infrastructures éco-
tisation des entreprises publiques, l’attribution des nomiques et sociales par le moyen de concessions
marchés publics et la publicité. Il met en place un de services publics et par toutes les autres formes
système d’informations fiable et efficace en d’implication du secteur privé.
i;
direction des consommateurs et des usagers ainsi Art.21.- L’Etat est conscient de la nécessité, pour
que des opérateurs économiques. l’investisseur, de disposer de ressources humaines
en quantité et en qualification suffisantes. A cet
Art.18.- L’Etat, conformément à la réglementation effet, il renforce le secteur de l’éducation primaire
de l’Organisation Africaine de la Propriété Intellec- de base afin d’améliorer le taux de scolarisation. Il
tuelle, garantit la protection des brevets, des mar- porte une attention particulière à la formation tech-
ques, des signes distinctifs, des labels, des noms nique et professionnelle, publique et privée, et en-
commerciaux, des indications géographiques, des courage les entreprises et les organisations profes-
appellations d’origine et de toutes autres formes sionnelles privées à contribuer davantage au déve-
des droits de propriété intellectuelle et s’engage à loppement des ressources humaines.
stimuler l’invention, l’innovation, la maîtrise des
technologies et la diffusion de la connaissance. Il Il reconnaît la nécessité de rendre plus flexible la
encourage, à cet effet, les initiatives visant à nouer réglementation du travail, en conformité avec les
les relations de partenariat intérieur et extérieur. normes internationales auxquelles l’Etat a souscrit.
sivement, en place une fiscalité simplifiée pour les Art.33.- L’Etat poursuit les efforts pour mobiliser
micros entreprises et le secteur informel. l’épargne destinée au financement des investisse-
ments.
Art.28.- Pour favoriser un développement harmo-
nieux du territoire, des avantages spéciaux sont Il procède à l’assainissement de la gestion dans le
accordés aux entreprises qui investissent dans les secteur des assurances et de la sécurité sociale en
régions enclavées ou arriérées : réduction d’impôts, les soumettant au contrôle des organismes régio-
prime d’équipement et compensation pour les ser- naux, tels que la Conférence Interafricaine des
vices sociaux fournis par l’entreprise et qui rentrent Marchés d’Assurances, pour les assurances, et la
dans les missions normales de l’Etat. conférence internationale de Prévoyance Sociale,
pour les organismes de sécurité sociale.
Ces mesures, modulées en fonction du handicap à
surmonter, sont définies par voie réglementaire, A l’effet de renforcer la mobilisation de l’épargne
sans, pour autant, constituer une distorsion grave en faveur de l’investissement, l’Etat a entrepris de
aux règles de la concurrence. mettre en place de nouveaux instruments, parmi
lesquels un marché financier. Il soutient les institu-
Art.29.- L’Etat adopte des dispositions fiscales et tions de crédit et met en place un cadre juridique
douanières particulières relatives aux zones de dé- pour la sécurité de leurs opérations et celle des
veloppement préférentielles intégrant les zones épargnants.
franches.
Art.34.- La mobilisation de l’épargne locale et les
ressources extérieures en faveur des projets de dé-
Titre 8 - Du système financier veloppement sont assurées par une institution sous
régionale de financement de développement prévue
par le traité de la Communauté Economique et Mo-
Art.30.- Le Congo est membre de la Communauté nétaire de l’Afrique Centrale et la Banque de Déve-
Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale loppement des Etats de l’Afrique Centrale.
dont les Etats disposent d’une monnaie commune
convertible. Le monopole de son émission et de sa Art.35.- L’Etat s’engage à faciliter l’accès des peti-
gestion est confié à une banque centrale commune, tes et moyennes entreprises/petites et moyennes
la Banque des Etats de l’Afrique Centrale. industries au crédit et à promouvoir leur capacité de
gestion et de développement.
L’Etat garantit à cette banque, une autonomie pour
définir et conduire une politique monétaire saine, Art.36.- L’Etat adhère aux institutions spécialisées
soucieuse de la stabilité de la monnaie et du respect dans le financement des exportations et dans
des dispositions du mécanisme de surveillance mul- l’assurance du risque exportation. Il encourage
tilatérale. l’extension, dans son territoire, des activités de la
banque africaine d’import-export et d’autres insti-
Art.31.- Le Congo est membre du Fonds Monétaire tutions de financement.
International dont l’article 8 des statuts garantit la
liberté des mouvements de capitaux pour les tran-
sactions courantes. Les conditions et les délais Titre 9 - Du règlement des différends
d’exécution de transfert de fonds doivent être amé-
liorés et mieux connus des acteurs économiques.
Art.37.- Les différends résultant de l’interprétation
Art.32.- L’Etat s’engage à tout mettre en oeuvre ou de l’application de la présente charte sont réglés
pour la mise en place d’un système bancaire viable par les juridictions congolaises.
dont la mission de contrôle et de supervision est
confiée à la commission bancaire de l’Afrique Cen- Toutefois, des procédures particulières d’arbitrage
trale qui garantit la viabilité, à long terme, de ce ou de conciliation peuvent être convenues par les
secteur. Celle-ci est chargée de veiller au respect parties.
des normes prudentielles par les banques.
Ces procédures peuvent, en cas de nécessité, être
L’Etat soutient l’action de la commission bancaire fondées :
de l’Afrique centrale et garantit la bonne exécution • sur la convention qui régit la Cour de justice
de ses décisions pertinentes. communautaire ;
• sur le traité du 17 octobre 1993 qui crée Art.39.- Les modalités d’application des disposi-
l’Organisation pour l’Harmonisation du Droit tions de la présente charte ainsi que l’organisation
des Affaires en Afrique ; et le fonctionnement de la commission nationale
• sur le Centre International de Règlement des des investissements sont fixés par voie réglemen-
Différends relatifs aux Investissements interna- taire.
tionaux.
Art.40.- La Charte nationale de l’investissement
peut être complétée sans préjudice des présentes
Titre 10 - Dispositions diverses et finales dispositions, par des codes spécifiques, précisant
les conditions techniques, financières et
d’exploitation de certains secteurs d’activité.
Art.38.- Les régimes et les conventions, octroyés
antérieurement et encore en vigueur, peuvent à Art.41.- Sont et demeurent abrogées toutes disposi-
l’initiative, soit du Gouvernement, soit des entre- tions antérieures ou contraires à celles de la pré-
prises, faire l’objet de renégociation en vue de leur sente loi, notamment celles de la loi n° 008-92 du
adaptation aux dispositions de la présente charte, 10 avril 1992 portant code des investissements mo-
notamment en ce qui concerne les clauses fiscales difiée par la loi n° 7-96 du 6 mars 1996.
et douanières qu’ils comportent.
Art.42.- La présente loi sera exécutée comme loi
de l’Etat.
CEMAC
Charte des Investissements
Règlement n°17/99/CEMAC-20-CM-03 du 17 décembre 1999
Les Etats membres de la Communauté Economique visant à réaliser le redressement de leurs économies
et Monétaire de l’Afrique Centrale mettent en œu- et leur développement sur une base durable. A cet
vre, depuis plusieurs années, d’importantes refor- effet, ils acceptent les règles de disciplines impo-
mes structurelles pour améliorer le cadre des acti- sées par la surveillance multilatérale définie dans la
vités économiques et soutenir une croissance dura- Convention de l’Union Economique de l’Afrique
ble. Dans ce cadre, les Gouvernements sont sou- Centrale.
cieux de promouvoir le développement d’un secteur
privé dynamique et d’attirer des capitaux privés Art.2.- En vue de l’assainissement des finances
nationaux et internationaux. publiques, les Etats membres veillent à une applica-
tion rigoureuse de la réforme fiscale et douanière
Ils adhérent aux principaux dispositifs internatio- UDEAC de 1994, notamment en ce qui concerne la
naux de garantie des investissements, y compris limitation des régimes dérogatoires et attachent du
ceux relatifs aux procédures de Cours arbitrales prix au recouvrement systématique des recettes
internationales, à la reconnaissance et l’exécution fiscales et douanières, afin d’équilibrer les recettes
de leurs sentences. et les dépenses publiques.
La Charte des Investissements constitue le cadre Les Etats membres s’engagent à accorder, dans
général commun regroupant l’ensemble des dispo- l’allocation des ressources, une priorité aux dépen-
sitions destinées à améliorer l’environnement insti- ses de santé et d’éducation de base, facteurs de lutte
tutionnel, fiscal et financier des entreprises dans le contre la pauvreté, ainsi qu’à la justice et au déve-
but de favoriser la croissance et la diversification loppement durable.
des économies des pays membres, sur la base d’une
meilleure définition du rôle de l’Etat, et d’un déve- Art.3.- Les Etats membres s’engagent à améliorer
loppement harmonieux du secteur privé à travers la qualité des données et des informations mises à
des investissements d’origine nationale ou étran- la disposition des investisseurs, sur leurs perfor-
gère. mances économiques et le développement social. A
cet effet, ils accordent une attention particulière au
La présente charte est complétée en tant que de renforcement des services et outils statistiques avec
besoin par des textes spécifiques pour préciser les le concours de Afristat.
conditions techniques, fiscales et financières de
l’investissement et de l’exploitation dans certains
secteurs spécifiques. Titre 2 - Cadre juridique et judiciaire
Les Etats membres ont la possibilité, par des ré-
glementations nationales, de préciser et compléter Art.4.- Les Etats membres veillent à promouvoir la
les dispositions de la Charte sans la contredire. sécurité juridique et judiciaire, et à renforcer l’Etat
de droit. La Cour de Justice communautaire veille
au respect des droits et obligations qui découlent du
Titre 1 - Consolidation du cadre macro- Traité et des Actes pris en vertu du Traité.
économique
Ils adhèrent au Traité de l’OHADA (l’organisation
pour l’Harmonisation du Droit des Affaires en
Art.1.- Les Etats membres poursuivent la mise en Afrique). Ils garantissent l’application des procédu-
œuvre des politiques économiques et monétaires res et des arrêts de la Cour Commune de Justice et
d’Arbitrage de cette Institution régionale. Ils adap-
tent leur droit national et leur politique judiciaire la conduite diligente des formalités requises pour
aux règles et dispositions de l’OHADA. leurs opérations. A cet effet, ils mettent en place un
dispositif pour l’accueil, d’information et de
Art.5.- Les Etats membres, s’efforcent de former conseil des investisseurs, et pour la facilitation de
les juges au traitement des affaires commerciales, la création et de l’agrément des entreprises ; ils
et si possible, spécialisent certaines juridictions s’imposent un délai de réaction aux requêtes de
(tribunal de commerce ou chambre économique et l’entreprise, délai au delà duquel toute requête res-
sociale). Ils vei1lent à l’exécution diligente des tée sans suite est considérée acceptée.
décisions de justice.
Lorsqu’un agrément est exigé, notamment dans le
Les Etats encouragent le recours à la procédure cas de codes spécifiques, les Etats veillent à la sim-
d’arbitrage et garantissent l’application des senten- plification et à la rapidité des procédures.
ces arbitrales.
Art.9.- Sauf motifs d’ordre public, de sécurité ou
de santé publique, les Etats accordent à
Titre 3 - Rôle des Etats l’investissement étranger le même traitement qu’à
l’investissement national. Toutefois, ils attendent
de l’investisseur étranger qu’il évite tout compor-
Art.6.- Les Etats membres garantissent le bon tement et toutes pratiques nuisibles aux intérêts du
fonctionnement du système économique. A cet pays d’accueil, notamment par la surfacturation des
effet, ils veillent à l’application uniforme et équita- prestations de la société mère à la filiale nationale,
ble des règles du jeu par l’ensemble des acteurs du l’évasion fiscale, le recours à la corruption, etc., et
système. qu’il s’abstienne de toute implication dans les acti-
vités politiques dans le pays.
Ils assurent le développement et l’entretien en bon
état des infrastructures économiques et sociaux de
base, dans les domaines de la santé, de l’éducation, Titre 5 - Environnement de l’entreprise
de l’environnement et du développement urbain.
signes distinctifs, labels, noms commerciaux, indi- Ils reconnaissent la nécessité de rendre plus flexible
cations géographiques, appellation d’origine. Ils la réglementation du travail, en conformité avec les
appuient les mesures visant à stimuler l’innovation normes internationales auxquelles les Etats ont
à acquérir et maîtriser les technologies innovantes, souscrit.
à favoriser la diffusion de la connaissance. Ils en-
couragent à cet effet les initiatives visant à nouer Art.16.- Les Etats membres considèrent les fléaux
des relations de partenariat intérieur et extérieur. tels le blanchiment d’argent, le commerce de la
drogue, la corruption, la fraude et/ou tous autres
Art.13.- Les Etats sont décidés à mettre en place un contrefaçons qui constituent un sérieux frein au
système national et régional de normalisation, de développement de leur économie. Ils s’engagent à
métrologie et de certification, en phase avec le sys- mener une lutte sans merci contre ces maux. Cette
tème international notamment le système Interna- mission de moralisation de la vie économique est
tional de Normalisation (ISO). Ils appuient le déve- confiée à un organe autonome ou à une institution
loppement de la mentalité et de la culture de la communautaire dotée de moyens humains et finan-
« qualité totale » au sein des entreprises ; ciers suffisants.
La participation aux activités de l’organisation Ré- La corruption étant un fléau mondial, cette lutte ne
gionale Africaine de Normalisation (ORAN) pourrait aboutir sans l’intégrer dans un dispositif
contribue à renforcer cette politique. international. Les Etats membres militent en faveur
d’un tel dispositif.
Art.14.- Les Etats membres favorisent toutes les
mesures visant à relever le niveau de productivité
des entreprises. Ils soutiennent le développement Titre 6 - Cadre fiscal et douanier
des professions de conseils aux entreprises, par une
réglementation appropriée. Ils appliquent une poli-
tique de réduction des coûts de transaction. Art.17.- La fiscalité des Etats membres repose sur
les principes de simplicité, d’équité, fiscale et de
A cet effet, ils favorisent la création d’organes de modération dans la pression fiscale.
régulation qui garantissent la disponibilité des fac-
teurs de production dont les coûts élevés de ces Ils ont adopté un tarif extérieur commun et ils
services obèrent la compétitivité des produits ma- s’appliquent à en assurer une mise en œuvre homo-
nufacturés nationaux. gène, à lutter contre la fraude et à limiter les régi-
mes dérogatoires sources de distorsions et
Quand un Service public fait naître un monopole d’inefficacité. Le taux du tarif des douanes applica-
naturel, les Etats mettent en place des moyens de ble aux produits d’origine communautaire est de
régulation de ce monopole. Le cas échéant, ils zéro.
créent un organe de régulation avec la participation
du secteur privé et de la société civile. Art.18.- Les Etats membres sont conscients de la
nécessité de moderniser les administrations fiscales
Ils offrent aux investisseurs privés la possibilité de et douanières. A cet effet, ils s’appuient sur la coo-
participer au financement des infrastructures éco- pération douanière régionale, la formation des ca-
nomiques, par le moyen de concessions de service dres et agents, l’informatisation de certaines tâches
public. et, au besoin, le recours aux sociétés de surveil-
lance sur la base d’objectifs précis.
Art.15.- Les Etats membres et la Communauté sont
conscients de la nécessité pour l’investisseur de Ils jugent encore excessifs les délais de dédouane-
disposer de ressources humaines en quantité et en ment des marchandises et s’engagent à respecter les
qualification suffisantes. A cet effet, ils renforcent délais légaux fixés par le Code Général des Doua-
le secteur de l’éducation primaire de base afin nes. En tout état de cause ces délais ne doivent pas
d’améliorer le taux de scolarisation, notamment excéder les 3 jours (à l’exception des dimanches et
celle des filles. Ils portent une attention particulière jours fériés, voir art.112).
à la formation professionnelle publique et privée et
encouragent les entreprises et les organisations pro- Art.19.- Pour atteindre ces objectifs et respecter
fessionnelles privées à contribuer davantage au ces principes, les dispositions en vigueur dans le
développement des ressources humaines. cadre du Code des Douanes, du Code Général des
Impôts Directs et Indirects et du Code de
Art.26.- Le Traité de la CEMAC prévoit la création Art.30.- La présente Charte Communautaire peut
d’une Institution de financement du développe- être complétée par des textes réglementaires natio-
ment. Pour cela, le redressement de la Banque de naux sans déroger à ses dispositions essentielles.
Développement des Etats de l’Afrique Centrale est
un impératif majeur. Celle-ci a pour mission de Art.31.- Tout Etats membres peut soumettre au
mobiliser en faveur des projets de développement Conseil des Ministres des projets tendant à la révi-
l’épargne locale et des financements d’origine exté- sion de la présente Charte.
rieure.
Le Secrétaire Exécutif et la Commission perma-
Art.27.- Les Etats membres sont conscients de la nente du Commerce et de l’Investissement créée
difficulté pour les PME/PMI d’avoir accès au cré- par l’Acte n°6/97-UDEAC-639-CE-33 du 5 février
dit ; l’amélioration de leur capacité de gestion et le 1998, peuvent également soumettre des projets de
développement du secteur de financement par capi- révision de la Charte.
tal-risque permettront d’atténuer cette contrainte.
Les modifications entrent en vigueur après avoir
Art.28.- Dans le nouvel environnement économi- été adoptées par le Conseil des Ministres.
que international marqué par la mondialisation, le
développement est tiré par les exportations. Celles- Art.32.- La signature de la Charte comporte
ci représentent une part importante de PIB de notre l’engagement pour chaque Etat de mettre en œuvre
sous-région. La difficulté d’accès au crédit consti- toutes les dispositions dans le délai le plus court et,
tue un des obstacles à la diversification des expor- au plus tard, dans les cinq ans.
tations. Les Etats membres adhèrent aux institu-
tions spécialisées dans le financement des exporta-
DÉDICACE .............................................................................................................. 3
REMERCIEMENTS ............................................................................................... 4
SOMMAIRE .......................................................................................................... 12
373
1ERE PARTIE : CONVERGENCES DES DISPOSITIFS
D’INCITATION A L’IDE EN ZONE CEMAC ................................ 54
374
1) Mesures correctrices sous condition d’aide ...............................................................................................91
2) Réformes sous initiatives nationales et communautaires ........................................................................107
B. Assainissement de l’environnement économique .........................................................................................109
1) Lutter contre l’instabilité et le risque politique ........................................................................................111
2) Dispositif de lutte contre la corruption et d’assainissement du système judiciaire .................................113
Section 1 - Processus d’harmonisation des normes sous régionale en matière d’IDE ........ 126
Paragraphe I) Adaptation du droit interne des Etats Membres aux normes sous-régionales et
internationales ............................................................................................................................. 128
A. Mécanismes de réception du droit dérivé de la CEMAC portant sur les IDE .................................................128
1) La mise en œuvre du règlement portant charte des investissements de la CEMAC ................................130
2) Modalités d’application par les Etats Membres .......................................................................................133
B. Mode de réception des autres instruments juridiques d’encadrement des IDE ...........................................140
1) Spécificité du droit OHADA.......................................................................................................................141
2) Réceptions des normes internationales d’encadrement des IDE .............................................................144
Paragraphe II) Cohérences des dispositifs juridiques d’encadrement des IDE ........................... 148
A. Compatibilité des normes : Coexistence entre similitudes et complémentarité ...........................................149
1) Rapprochement des normes par la similitude des dispositifs ..................................................................150
2) Rapprochement par nécessité de complémentarité ................................................................................154
B. Contexte favorable aux conflits des normes..................................................................................................157
375
2) La commission de la CEMAC .....................................................................................................................168
B. Cadre juridique d’application et de contrôle de conformité des normes extracommunautaires .................169
1) La cour commune de justice et d’arbitrage de l’OHADA ..........................................................................170
2) Organes de contrôle d’organismes spécialisées .......................................................................................173
Paragraphe II) Mécanismes de règlement des différends relatifs à l’IDE ................................... 175
A. Les modes judiciaires de règlement de différends en zone CEMAC ..............................................................176
1) Mode judiciaire de règlement de différends au sein de la CEMAC : Le recours en manquement d’Etat
ou le renvoi préjudiciel .......................................................................................................................................176
2) La compétence des juges de l’OHADA ......................................................................................................181
B. L’arbitrage : Mode privilégié de règlement des différends............................................................................183
1) Les mécanismes d’arbitrage dans le cadre du droit OHADA ....................................................................185
2) Les instruments juridiques internationaux, source de l’arbitrage international ......................................192
376
1) Les accords sur les MIC et l’AGS : Instruments d’encadrement des IDE au sein de l’OMC .......................243
2) Modalités d’intervention de l’OMC dans la zone CEMAC.........................................................................247
B. La conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement(CNUCED) .....................................249
1) La CNUCED et l’encadrement des investissements ..................................................................................250
2) La CNUCED en zone CEMAC .....................................................................................................................251
C. Les Pratiques de coopération de l’Organisation de Coopération et de Développement Economique
(OCDE) en matière d’IDE ..........................................................................................................................................253
1) Les instruments d’encadrement de l’IDE au sein de l’OCDE .....................................................................254
2) OCDE en zone CEMAC : L’initiative NEPAD-OCDE pour l’investissement en Afrique ...............................259
Paragraphe II) La nécessité de vaincre les limites inhérentes aux normes internationales ......... 274
A. Défaillances quant à l’application des normes internationales .....................................................................275
1) Le cadre juridique peu contraignant des réglementations internationales .............................................275
2) Des mesures jugées inéquitables .............................................................................................................277
B. La prise en compte des facteurs socioculturels .............................................................................................278
1) Un contexte socioculturel défavorable en zone CEMAC ..........................................................................278
2) L’entrée en scène de nouveaux partenaires économiques ......................................................................279
Paragraphe I) Identifier les conditions fondamentales de faisabilité des IDE ............................. 285
A. La prépondérance des analyses de rentabilité des IDE en direction de la ZONE CEMAC ..............................286
377
1) La Rentabilité financière et économique des IDE .....................................................................................287
2) L’objectivité d’une analyse coût/avantage (ACA) .....................................................................................291
B. La prise en compte des analyses macro-économiques..................................................................................292
1) L’analyse coût/ efficacité (ACE) ................................................................................................................293
2) L’analyse socio-environnementale ...........................................................................................................295
Paragraphe II) La dualité des cadres d’analyse des investissements ........................................... 297
A. Le cadre standardisé des bailleurs des fonds internationaux ........................................................................297
1) L’implantation des cycles projet « type banque mondiale » en zone CEMAC ..........................................298
2) La tendance à la coordination des projets au niveau régional .................................................................303
B. Le cadre d’analyse des promoteurs des projets d’investissement ................................................................304
1) Les séquences de l’analyse des projets ....................................................................................................304
2) La nécessité d’une insertion des projets dans les stratégies-pays............................................................308
Paragraphe II) Perspectives pour une optimisation des rendements ........................................... 330
A. Mise en œuvre de cadres de référence des politiques et stratégies de développement ..............................331
1) Les nouveaux programmes de développement économiques des Etats de la CEMAC ............................332
2) Exemple de stratégies d’émergences dans la zone CEMAC : Le cas du Cameroun et la Guinée
Equatoriale ..........................................................................................................................................................334
B. Enjeux d’une diversification économique dans la sous-région CEMAC .........................................................339
1) Le développement des activités périphériques aux IDE ...........................................................................339
2) L’optimisation du secteur économique traditionnel ................................................................................341
378
TABLE DE MATIERES ..................................................................................... 373
379
RESUME
Les courants de la mondialisation des marchés, marqués par la libre circulation des
capitaux et le phénomène du libre-échange ont favorisé la mise en œuvre de politiques
communautaires de relance économique et d’attractivité des territoires. C’est dans cette lancée
que des regroupements géographiques à visée économique comme la Communauté
Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC) sont apparus. Six pays de
l’Afrique Centrale dont le Cameroun, le Congo, le Gabon, la Guinée Equatoriale, la
République Centrafricaine et le Tchad en sont membres et font l’objet de notre analyse sur
l’attractivité économique de l’investissement Direct étranger (IDE) dans cette sous-région.
L’IDE est devenu un acteur incontournable du processus de développement, et la zone
CEMAC une destination privilégiée pour les investisseurs. Il apparait néanmoins une
ambiguïté dans les rapports entre le flux d’IDE, la croissance économique et le
développement des pays membres de la CEMAC : Le taux sans cesse croissant des flux
d’IDE entrants dans la sous-région, n’est malheureusement pas toujours synonyme de
croissance économique. Pour comprendre ce paradoxe, l’on procède à une analyse des
instruments encadrement de l’IDE dans la sous-région CEMAC. Il en ressort que, pour un
rendement optimal de ces dispositifs et la garantie d’une croissance économique à long
terme dans ces États, il est nécessaire d’associer les politiques actuelles d’attractivité
économique des IDE, à une diversification des domaines économiques exploitables , mais
aussi adapter les standards internationaux aux spécificités socioculturelles mais aussi
économiques de la sous-région CEMAC. Le cas des pays du BRICS peut à cet égard servir
d’illustration pour une « autre façon » de penser le développement.
ABSTRACT
The currents of the globalization of the markets, marked by the free movement of
capital and the phenomenon of free trade supported the implementation of Community
policies of economic revival and attractivity of the territories. It is in this impetus that
geographical regroupings with economic aiming like the Economic community and
Monetarist of Central Africa (CEMAC) appeared. Six countries of Central Africa of which
Cameroon, Congo, Gabon, Equatorial Guinea, the Central African Republic and Chad are
members and are for it, the object our analysis on the economic attractivity of direct foreign
investment (FDI) in this under-area. The FDI became an inevitable actor of the development
process, and CEMAC zones, a privileged destination for the investors. It appears nevertheless
an ambiguity in the relationship between the flow of FDI, the economic growth and the
development of the member countries of the CEMAC: The rate unceasingly crescent of flows
of FDI entering the under-area, is unfortunately not always synonymous with economic
growth. To understand this paradox, one carries out an analysis of the instruments framing of
the IDE under-area CEMAC. This reveals that, for an optimal output of these devices and the
warranty of one long-term economic growth in these States, it is necessary to associate the
current policies of economic attractivity of the FDI, with a diversification of the exploitable
economic domains, but also to adapt the international standards to sociocultural but so
economic specificities of under-area CEMAC. The case of the countries of the BRICS can in
this respect, being used as illustration for an “other way” of thinking the development.