État des ressources phytogénétiques en RDC
État des ressources phytogénétiques en RDC
République Démocratique du
Congo (RDC)
Juin 2009
note d’information de la Fao
Ce rapport de pays a été préparé par les autorités nationales dans le contexte du processus préparatoire du
deuxième Rapport sur l’Etat des ressources phytogénétiques dans le monde.
Ce rapport a été rendu disponible par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture
(FAO) à la requête de la Commission des ressources génétiques pour l’alimentation et l’agriculture et n’engage
que la responsabilité des autorités nationales. Les informations qui y sont contenues n’ont pas fait l’objet de
vérifications de la part de la FAO, et les opinions qui y sont exprimées ne représentent pas nécessairement les
vues et les politiques de la FAO.
Les appellations employées dans ce produit d’information et la présentation des données qui y figurent
n’impliquent de la part de la FAO aucune prise de position quant au statut juridique ou au stade de développement
des pays, territoires, villes ou zones ou de leurs autorités, ni quant au tracé de leurs frontières ou limites. La
mention de sociétés déterminés ou de produits de fabricants, qu’ils soient ou non brevetés, n’entraîne, de la
part de la FAO, aucune approbation ou recommandation desdits produits de préférence à d’autres de nature
analogue qui ne sont pas cités. Les opinions exprimées dans la présente publication sont celles du/des auteur(s)
et ne reflètent pas nécessairement celles de la FAO.
TAbLE DEs mATièREs
CHAPITRE 1
intRoDuction 7
CHAPITRE 2
apeRÇu généRal SuR la République DémocRatique Du congo 8
2.1 Le relief 8
2.2 Le climat 8
2.3 La population 8
2.4 L´économie 8
2.5 Le développement humain 9
CHAPITRE 3
leS ReSSouRceS natuRelleS De la RDc 10
CHAPITRE 4
état De la DiVeRSité DeS ReSSouRceS pHYtogénétiqueS en RDc 17
CHAPTIRE 5
la conSeRVation IN SITU 27
CHAPITRE 6
la conSeRVation EX SITU 31
CHAPITRE 8
leS pRogRammeS nationauX 49
CHAPITRE 9
la collaboRation Régionale et inteRnationale 52
CHAPITRE 10
l´accÈS auX ReSSouRceS pHYtogénétiqueS pouR l´alimentation et
l´agRicultuRe 55
CHAPITRE 11
contRibution De la geStion DeS Rpgaa a la SécuRité alimentaiRe 58
ANNEXE 1
planteS À uSage alimentaiRe et méDicinal en RDc 60
ANNEXE 2
liSte De multiplicateuRS autoRiSéS paR le SenaSem en RDc 63
R appoRt national SuR l'état DeS ReSSouRceS pHY togénétiqueS pouR l'alimentation et l'agRicultuRe
CHAPiTRE 1
iNTRODUCTiON
Les ressources phytogénétiques pour l’alimentation et l’agriculture constituent la base biologique de la sécurité
alimentaire mondiale et fournissent des moyens de subsistance à tous les habitants de la planète. Elles représentent
l’une des principales composantes de la diversité biologique dont la gestion durable reste une grande priorité.
Depuis l´occupation du territoire, aujourd´hui appelé République Démocratique du Congo, les diverses communautés
qui le peuplent ont développé leurs cultures au contact des plantes qu´elles continuent à utiliser à plusieurs fins:
alimentaires, médicinales, vestimentaires, énergétiques, artisanales, et qu´elles ont parfois domestiquées. Les usages
attestent de l´intérêt et de l´importance des ressources des plantes dans la vie du congolais et de toute la nation.
Pour le congolais, les ressources phytogénétiques constituent l´un des attributs de sa souveraineté et une source
d´approvisionnement permanente pour satisfaire ses besoins de plus en plus diversifiés, dynamiques et croissants.
L´alimentation et la santé sont aujourd´hui un défis majeur pour une population en plaine croissance démographique.
Ainsi, considérant l’importance que revêtent ces ressources pour les peuples, la FAO, en collaboration avec les
institutions nationales, régionales et internationales, a pris l’initiative de leur accorder une attention soutenue. Elle a
initié des actions qui concourent à la gestion et à l’utilisation durable des ressources phytogénétiques (RPG) pour les
générations présentes et futures.
Pour ce faire, à la demande de la FAO, chaque pays membre avait rédigé son premier rapport sur l’état des ressources
phytogénétiques. Les rapports des pays ont été compilés en un rapport mondial à partir duquel est issu le plan d’Action
mondial (PAm) sur les ressources phytogénétiques pour l’alimentation et l’agriculture (RPGAA). Ce Plan d’Action avec ses
vingt (20) actions prioritaires mérite un suivi assidu pour que les objectifs assignés soient atteints.
C’est dans ce contexte que la FAO a développé, en collaboration avec l’iPGRi, une nouvelle approche de suivi du PAm
qui a abouti à l’établissement d’un mécanisme national d’échange d’information sur les RPGAA. Ce mécanisme constitue
aussi un outil pour l’élaboration du deuxième rapport sur l’état des RPG en République Démocratique du Congo.
Le présent rapport national sur les RPG, rédigé au moyen de ce mécanisme avec la participation effective des parties
prenantes impliquées dans sa mise en œuvre, fait le point sur l’état des ressources phytogénétiques en République
Démocratique du Congo.
7
République DémocR atique Du congo
CHAPiTRE 2
2.1 le relief
La République Démocratique du Congo (RDC), ex-Zaïre, est le troisième plus grand pays d’Afrique en terme de superficie,
après le soudan et l’Algérie, avec une superficie de 2 345 860 km2.
La partie centrale du pays forme une immense dépression (cuvette centrale). Le fleuve Congo, l’artère vitale du pays
( 4 670 km de long) est le deuxième fleuve du monde sur le plan du débit après l’Amazone, deuxième quant à la longueur
après le Nil.
Autour de la cuvette centrale s’étagent en gradins successifs des plateaux dont l’altitude varie de 600 à 1 000 m. ils
s’élèvent au sud et atteignent 5 000 m à l’Est dans la chaîne des Grands Lacs.
2.2 le climat
2.3 la population
La population de la RDC a été estimée à 60 millions d’habitants en 2006 ; plus de 70% vivent en milieu rural, avec une
densité moyenne de 24 habitants au km2 ; le taux de croissance est de 3,3% et l’espérance de vie, de 43 ans.
2.4 l´économie
Les violences successives des années 1990 ont causé l’effondrement de l’économie et la paupérisation de la population.
Le Pib per capita est passé de 360 dollars EU en 1985 à 250 dollars EU en 1990 et à 90 dollars EU en 2002. En 1994, la
monnaie locale a souffert d’une dévaluation de 97,3% à cause de l´inflation.
Les réformes économiques de stabilisation, soutenues par les institutions financières multilatérales, ont permis de
renverser les tendances négatives : le taux de croissance du Pib est redevenu positif (3,5% en 2002 et 6.5% en 2005) ;
l’inflation a fortement diminué, de 630% en 2000 à 12% en 2006 et une relative stabilité des prix s’est manifestée.
La stratégie de Croissance et de Réduction de la Pauvreté (DsCRP) adoptée en juin 2006 est le cadre pour développer
un pays dans une situation grave caractérisée par des infrastructures en ruine, une administration démunie des moyens,
une corruption généralisée et une dette extérieure lourde (187% du PNb).
8
R appoRt national SuR l'état DeS ReSSouRceS pHY togénétiqueS pouR l'alimentation et l'agRicultuRe
La République Démocratique du Congo demeure un pays pauvre qui est au bas de la liste de tous les classements
mondiaux du développement humain :
• La RDC figure parmi les trois derniers pays du classement mondial sur la base du Pib par tête d’habitant ;
• Classée 178ème sur 178 pays sur l’échelle de l’indice de la facilité d’entreprendre (banque mondiale);
• Classée à l’avant dernier rang sur l’échelle de l’indice mo ibrahim pour la bonne gouvernance en Afrique, laissant
uniquement la somalie derrière elle ;
• Classée le 168ème sur 177 sur l’échelle de l’indice de développement humain (iDH) des Nations Unies en 2004
([Link]
TAbLEAU 1
evolution de l’iDH et de ses composantes, 1995-2006
L’évolution de l’indicateur de Développement Humain au cours de la période 1995-2006 confirme une baisse de
l’espérance de vie et une augmentation de la pauvreté humaine. Par exemple, 57% des Congolais n´ont pas l’accès à
l’eau potable, 54% aux soins de santé de base et plus de 3 enfants sur 10 sont mal nourris.
TAbLEAU 2
la RDc par rapport aux objectifs du millénaire pour le Développement
9
République DémocR atique Du congo
CHAPiTRE 3
La RDC compte parmi les pays les plus riches au monde en ressources naturelles; notamment les ressources minérales, (le
diamant, le cobalt, l’or ou le coltan); les ressources hydriques (25% de l’eau douce du continent africain) et les ressources
forestières (47 % des forêts africaines).
il faut souligner que la forêt équatoriale congolaise contient à elle seule 8% de la totalité de CO2 piégé par les forêts
au niveau mondial, soit la moitié de tout le carbone en Afrique.
Le pillage des ressources naturelles en RDC, notamment des produits miniers précieux a servi de principale source de
financement des conflits armés dans le pays.
De nombreuses ressources exploitées par les populations rurales, selon des méthodes traditionnelles, peuvent
encore être mises à profit, notamment l’agriculture vivrière, les ressources forestières non ligneuses et les ressources
halieutiques.
Dans les zones de forte densité de population, il existe une très forte pression sur les ressources naturelles (bois de feu,
terres agricoles).
3.2 la biodiversité
Le pays possède deux grands écosystèmes : Les forêts et les savanes. il existe divers types des forêts dont les plus
importantes sont :
a. les forêts :
• la forêt ombrophile, sempervirente : elle couvre la cuvette centrale, où dominent les Césalpiniacées
(Gilbertiodendron dewevrei, Brachystegia laurentii, Julbernardia seretii, Cynometra zenkeri, C. alexandri, Diospyros
ituriensis, Scorodophlous zenkeri, Anonidium mannii, Oxystigma oxyphyllum et de nombreuses Tesmannii);
• les forêts ombrophiles semi-sempervirentes (forêts subéquatoriales) et guinéennes et forêts semi-
sempervirentes et péri-guinéennes : il s’agit de forêts hétérogènes spécifiquement mélangées mais dominées
par les Caesalpiniaceae (Piptadeniastrum africanum, Cynometra alexandri, Cynometra zenkeri, Autranella congolensis,
etc);
• les forêts tropophiles ou forêts denses sèches zambéziennes et les forêts claires (soudaniennes et
zambéziennes). les espèces les plus importantes sont : Brachystegia speciformis, var. schmitzit, B. bohemii, B.
utilis, Julbernadia paniculata, Ecastella brownet, Chrysobalanus orbicularis, Syzygium littorale.
• les forêts sclérophylles montagnardes et littorales avec Jasminum abysinicum, Olea chrysophilla, Grewia bicolor,
Carissa edulis.
• les forêts édaphiques liées aux sols hydromorphes où dominent Alchornea cordifolia, Sesbania sesban,
Syzygium codatum, Phoenix reclinata, Albizzia laurentii, Chrysobalanus atacorensis, Pseudospondias microcarpa,
Lannea welwitschii, Alstonia congensis, Entandrophragma paluste, Mitragyma stipulosa, Avicennia nitida, Rhizophora
racemosa.
• les forêts secondaires : les principales espèces qui s’y trouvent sont: Musanga cecropioides, Harungana
madagascariensis, Maesa rufenscens, Trema orientalis.
10
R appoRt national SuR l'état DeS ReSSouRceS pHY togénétiqueS pouR l'alimentation et l'agRicultuRe
Environ un tiers du territoire national congolais est couvert par les formations herbeuses appelées savanes, notamment
dans les latitudes comprises entre 4º-10º dans le sud et 4º-6º dans le Nord. On compte 4 types de savanes :
• Les savanes soudaniennes dans l´extrême Nord-Est
• Les savanes orientales dans l´Est du pays
• Les savanes zambiennes localisées dans le sud et sud-est
• Les savanes guinéo-congolaises qui entourent la cuvette centrale
Du fait de sa position stratégique par rapport à l’Equateur, la République Démocratique du Congo s´inscrit dans
quatre groupes floristiques: la région guinéo-congolaise, la région zambézienne, la région soudanienne et la région
montagneuse. En conséquence, la RDC est le premier pays d’Afrique pour la biodiversité végétale, avec 10 531 espèces
végétales connues, parmi lesquelles 1 280, soit 32,6% sont endémiques.
Au niveau de sa richesse faunique, la forêt congolaise contient l’une des plus riches biodiversités du monde avec
quelques endémismes exclusifs comme les rhinocéros blancs du Nord, les paons congolais, les okapis, les bonobos et les
Gorilles berengei des forêts des montagnes de l’Est. Le pays est l’habitat naturel de 54% des espèces des mammifères du
continent africain. On estime à environ mille espèces différentes de la faune ichtyologique.
Depuis le dernier sommet mondial sur le Développement Durable tenu à Johannesburg en 2002, le gouvernement
congolais est de plus en plus conscient de l´importance de la biodiversité et on assiste au développement de nouvelles
initiatives visant une gestion durable de la forêt congolaise.
Les forêts de la RDC, dans certaines zones, ont été graduellement affectées par l’agriculture traditionnelle itinérante
sur brûlis, la mise en place des cultures pérennes et des pâturages, l’urbanisation, l’exploitation forestière industrielle ou
traditionnelle, les coupes de bois de chauffe, les braconnages et l´exploitation minière.
On estime que plus de 400 000 ha du couvert forestier sont dégradés chaque année. La situation est plus alarmante
autour des grandes villes et dans les régions fortement peuplées. Le feu de brousse arrête l’évolution normale des savanes
vers les forêts et, comme conséquence, la superficie des jachères forestières et forêts secondaires est en progression au
détriment des forêts.
Les milieux écologiques qui seront particulièrement touchés comprennent les forêts de montagne de l’Est (Kivu),
la mangrove et les forêts du mayumbe du sud-Ouest, les savanes arborées et herbeuses du Kasaï, du Nord-Oubangui
(Equateur) et des Cataractes (bas-Congo), les savanes steppiques de bandundu, les forêts sclérophylles de l’Est et les
forêts claires (miombo) du sud du pays (Katanga).
Avec 145 millions d’hectares de forêts, la RDC est le pays africain disposant de la forêt la plus étendue (47% des formations
forestières africaines) et le cinquième pays au monde en superficie forestière. D´un point de vue régional, la RDC compte
plus de 60% de l’ensemble des forêts du bassin du Congo.
La superficie forestière exploitable dépasse les 60 millions d’hectares, et on estime la disponibilité annuelle en bois
d’œuvre exploitable industriellement à 16 millions de m3. La production nationale demeure très marginale par rapport
aux potentialités réelles d’exploitation des forêts ; environ 450 000 m3 dans les années 1990, et moins de 100 000 m3
actuellement. En conséquence, l’industrie forestière de la RDC ne contribue que très modestement au Pib (à peine 1%) ;
les revenus produits forestiers sont minimes en 1998.
il existe deux zones forestières productives principales :
• La forêt du mayombe, dans la province du bas-Congo, qui couvre une superficie d’un million d’hectares
surexploités depuis les années 1930 selon des techniques d’exploitation non durable, est pratiquement épuisée
par une production industrielle.
• La forêt de la cuvette centrale (environ 100 millions d’hectares), qui comprend le gros du massif, est essentiellement
répartie entre les provinces du bandundu, de l’Equateur, et de la Province Orientale, avec quelques arpents localisés
dans les Provinces du Kivu, du maniema et du Kasaï. Elle est encore intacte dans sa majeure partie à cause de
l’absence d’une infrastructure appropriée et son inaccessibilité; elle possède de nombreuses espèces de bois de
haute valeur.
11
République DémocR atique Du congo
Par ailleurs, une importante partie de la production est réalisée par le secteur informel (le bois de construction, le
bois de chauffe et le charbon de bois). La consommation primaire d’énergie ou bois de feu représente plus de 75% de
l’énergie totale consommée.
La République Démocratique du Congo est connue par la richesse variée de ses essences de bois tropicaux de très
grande valeur, appartenant à une centaine d’espèces. sur les 86 essences exploitables dans le monde selon le Centre
technique forestier tropical (CTFT), 78 sont présentes dans les forêts congolaises, si bien que seulement 30 essences font
actuellement l’objet d’une exploitation régulière.
Les essences forestières les plus exploitées sont le sapelli (Entandrophragma cylindricum), le sipo (Entandrophragma
utile), l’Acajou d’Afrique (Khaya anthotheca), le Wenge (Millettia laurentii), le Kossipo (Entandrophragma candollei), le
bossé (Guarea cedrata), le Tola (Gossweilerodendron balsamiferum), le Kambala (Chlorophora excelsa), le benge (Guibourtia
arnoldiana), le bolondo (Pericopsus elata = Afromosia elate) et le Limba (Terminalia superba).
TAbLEAU 3
essences forestières commerciales les plus importantes en RDc
Parmi les principales essences forestières, neuf sont surexploitées: Afzelia bipendensis, Diospyros canaliculata, Diospyros
crassiflora, Diospyros grex, Entandrophragma angolense, Entandrophragma utile, Millettia laurentii, Pericopsis elata et
Swartzia fistuloides.
Des essences exotiques telles que l’Eucalyptus (Eucalyptus saligna, E. grandis) et le Pin (Pinus hondurensis, P. patula
et P. cypres), introduites à Yangambi (Province Orientale) dans le programme de recherche forestière, ont donné des
résultats satisfaisants. Le même type de recherche a été entrepris dans la province du Kivu en utilisant Acacia, Leucaena,
et Erythrina.
En dehors de la production de bois d’œuvres, les ressources forestières non ligneuses de la RDC sont diverses et
constituent un patrimoine essentiel pour la survie des populations locales.
La population rurale (70% de la population totale) dépend de la forêt pour assurer ses moyens d’existence grâce aux
activités de la cueillette des produits alimentaires et des plantes médicinales ; le gibier, les ressources halieutiques, les
fruits sauvages, la récolte de bois de feu et les matériaux de construction. La pêche et la chasse, ainsi que la récolte des
chenilles et la cueillette des champignons, constituent d’importantes sources alimentaires des populations sur toute
l’étendue du territoire national.
Cette dépendance et la pression sur les ressources forestières se sont accrues considérablement au cours des deux
dernières décennies suite au délabrement du tissu économique et aux conflits armés.
Cette gamme variée de ressources peut fournir de nouvelles opportunités économiques, comme par exemple les
nombreuses plantes médicinales et cosmétiques connues uniquement des guérisseurs et des paysans initiés.
Pourtant une utilisation excessive peut affecter la conservation de quelques espèces. C’est le cas de la cueillette
indisciplinée des graines de Piper guineense des écorces de Rauwolfia, ou des feuilles de Gnetum africanum (mfumbwa).
Les conflits successifs que la RDC a connus depuis trois décennies ainsi que la suspension de la Coopération multilatérale
12 pendant plusieurs années ont affecté très négativement le secteur agricole congolais.
R appoRt national SuR l'état DeS ReSSouRceS pHY togénétiqueS pouR l'alimentation et l'agRicultuRe
Les conséquences sont : baisse de production entraînant l’insécurité alimentaire, augmentation des importations des
produits de première nécessité, déclin des cultures de rente ou d’exportation (café, huile de palme, coton, cacao, hévéa,
tabac), délabrement des infrastructures routières, absence d’encadrement des agriculteurs.
Toutes ces conséquences contribuent à maintenir la population dans la pratique des cultures d’autosubsistance et
la rendre vulnérable. Et pourtant, depuis la baisse d’activités du secteur minier qui était considéré comme le pilier de
l’économie congolaise dans les années 1980, l’agriculture apparaît comme le principal secteur économique du pays en
termes de Pib et d’emplois avec une importance croissante. Le secteur agricole représentait environ 30% du Pib en 1985,
près de 52% en 1995, et près de 59% en 2003.
Vu son importance dans le renforcement de la sécurité alimentaire et la réduction de la pauvreté, l’agriculture occupe
une place fondamentale dans le Programme multisectoriel d’Urgence de Réhabilitation et de Reconstruction (PmURR),
de relance de l’économie congolaise.
La RDC dispose d’un potentiel agricole remarquable pour les productions végétales, animales et piscicoles. son climat
est de type équatorial chaud, humide sur l’axe central du pays, et de plus en plus tropical au fur et à mesure que l’on
s’éloigne de l’équateur. La pluviométrie y est régulière et abondante : sa moyenne est de 1 545 mm/an et varie entre 800
et 1 800 mm. La saison des pluies dure en moyenne 8 mois par an et permet deux saisons culturales avec des cultures
annuelles sans irrigation et trois saisons culturales (A,b,C) dans le Katanga et l’interland de Kinshasa.
Le pays comprend 80 millions d’hectares de terres arables dans trois grandes zones agro-écologiques :
• La cuvette alluviale du fleuve Congo au centre, d’une altitude variant entre 300 et 500 m, recouverte par des forêts
équatoriales et des marais, peu peuplés
• Des plateaux étagés de savanes, qui bordent cette cuvette au nord et au sud, d’une altitude variant de 700 à 1 200
m, densément peuplés
• Les massifs montagneux volcaniques à l’est et au nord-est, d’une altitude de 1 500 à 5 000 m, fortement peuplés.
En dépit d´une diversité climatique et d’un réseau hydrographique dense, la RDC ne met en valeur que 6 millions
d’hectares, soit moins de 10% des terres disponibles. L’estimation du potentiel d’irrigation varie de 4 à 7 millions
d’hectares, y compris les petits périmètres de bas-fonds. En 2002, on estimait que seul 13 500 hectares des superficies
équipées étaient réellement irrigués.
L’agriculture de la RDC repose sur deux types d’exploitations agricoles :
• Les grandes fermes agricoles ou d’élevages modernes, la majorité de ces fermes sont abandonnées comme
conséquence de la politique de Zaïrianisation de 1973, des pillages de 1991 et 1993 et des guerres successives. Les
spéculations qu’elles exploitaient incluent essentiellement les cultures de rente (canne à sucre, café, thé, palmier
à huile, hévéa, cacao, quinquina, etc.). Actuellement, on assiste à une timide récupération des grandes fermes
agricoles.
• Les exploitations traditionnelles familiales, qui opèrent sur des superficies individuelles réduites, utilisent des
moyens et techniques de production archaïques. Leurs systèmes de production sont de type extensif à faible
productivité, reposant sur la culture itinérante sur brûlis. Elles sont surtout focalisées sur les productions vivrières
pluviales en zone rurale, et sur les cultures maraîchères en zones périurbaines. il faut souligner qu’en RDC les
femmes rurales assurent la plus grande partie des travaux agricoles et sont les garantes de la sécurité alimentaire.
Les principales cultures vivrières sont (estimations de 2007): le manioc, environ 15,0 millions de tonnes (mt) de racines
tubéreuses (soit 72 % de la production agricole nationale) ; le maïs (1 155 000 Tn), la canne à sucre, 1 800 000 Tn; la
banane plantain, 1 200 000 Tn, l´arachide (369 000 Tn), le riz (316 000 Tn), la banane (300 000 Tn), la patate douce (236 000
Tn), le haricot (112 000 Tn), la pomme de terre (93 000 Tn), le niébé (57 730 Tn), le millet (37 000 Tn) et le soja (16 000 Tn).
Pour les principales cultures industrielles cultivées en RDC il faut souligner le palmier à huile 1 100 000 Tn; le café (32 000
Tn) ; le cacao, (5 600 Tn) et le tabac (3 700 Tn).
La répartition des terres arables et des prairies pour l’élevage n’obéit pas encore à des règles très strictes en RDC, en
dépit de l’existence d’une double source de droit de propriété foncière, la loi moderne (Loi bakajika) et les coutumes
ancestrales, qui reconnaissent l’autorité et la prépondérance des droits des chefs des terres traditionnels sur l’Etat
moderne.
Ce double droit est cause des conflits fonciers aggravés par le caractère inaliénable et sacré de la terre ancestrale qui,
selon les coutumes congolaises, ne peut pas faire objet de vente ni de cession définitive.
13
République DémocR atique Du congo
TAbLEAU 4
Régions agricoles en RDc
En RDC, le secteur public reste pour l’instant le principal acteur dans le domaine des ressources phytogénétiques pour
l’alimentation et l’agriculture.
L’institut National pour l’Étude et la Recherche Agronomiques (iNERA) est l´acteur principal dans le domaine de la
conservation des ressources phytogénétiques. Dans un deuxième niveau, d´autres institutions nationales de recherche,
de développement, d’enseignement supérieur et de formation travaillent aussi de façon plus ou moins directe dans
le domaine. Le tableau ci-dessous montre les principales institutions congolaises publiques qui gèrent la majorité des
fonds publics destinés à la recherche agronomique en générale et, en particulier, à la conservation des RPGAA en RDC.
14
R appoRt national SuR l'état DeS ReSSouRceS pHY togénétiqueS pouR l'alimentation et l'agRicultuRe
TAbLEAU 5
principales organisations publiques en RDc dans le domaine des Rpgaa
ministère de la Santé
programme national de promotion de la médecine traditionnelle et des plantes médicinales
En dehors du secteur public, il y a des entreprises privées et des ONGs qui travaillent dans le domaine des ressources
phytogénétiques en RDC 1:
• sociétés privées, en particulier les Plantations et Huileries du Congo (PHC), mARsAVCO, UNibRA, sCC, la sucrière de
Kwuilu-Ngongo, Groupe Agro Pastoral (GAP), etc., assurent elles mêmes leur recherche appliquée.
• Les ONG : il faut souligner que la coopération non-gouvernementale a comptabilisé entre 17 et 21 millions d’euros
de décaissements au titre de l’aide publique en 2006, dont une partie était destinée à l’agriculture et à la sécurité
alimentaire. il y a un grand nombre d’ONGs qui travaillent dans le domaine des RPGAA, surtout dans des projets de
multiplication et de diffusion de semences en milieu paysan.
1 Il faut souligner l´importance croissante des institutions non publiques, soit entreprises privées soit associations ou coopératives de paysans, ONGDs, etc. dans
le domaine de la multiplication de semences, comme conséquence de la fermeture des fermes semencières publiques du SENASEM
15
République DémocR atique Du congo
TAbLEAU 6
ongDs qui travaillent dans le domaine des Rpgaa en RDc
il faut aussi souligner le rôle joué par les organismes internationaux de coopération technique qui travaillent en RDC.
Ces dernières années, les principaux projets dans le domaine de la gestion et la conservation des RPGAA ont pu se mette
en place grâce au financement des organismes internationaux, soit directement avec leurs propres fonds, soit comme
médiateurs avec les bailleurs de fonds.
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R appoRt national SuR l'état DeS ReSSouRceS pHY togénétiqueS pouR l'alimentation et l'agRicultuRe
CHAPiTRE 4
Les ressources phytogénétiques pour l’alimentation et l’agriculture constituent la base biologique de la sécurité
alimentaire. La RDC compte parmi les pays du monde les plus riches en terme de biodiversité en général et en terme de
RPGAA en particulier, dont la gestion durable reste une priorité pour assurer la sécurité alimentaire d´une population
fortement touchée par les conflits des dernières décennies.
L´état de la diversité des RPGAA reste très faible suite à la faiblesse du secteur agricole en RDC, avec une perte
importante des variétés anciennes qui ont disparu suite aux déplacements dus à la guerre (dans les provinces touchées
par les guerres), à l´absence des organismes internationaux de coopération technique en matière agricole en RDC, à la
perte des banques de gènes, à l´arrêt des programmes de développement et recherche et aux mauvais temps passés par
les structures étatiques de recherche, de multiplication et vulgarisation de semences (iNERA, sENAsEm, sNV, etc.).
Actuellement, le gouvernement de RDC, avec l´aide des programmes des organismes internationaux, a recommencé
les travaux pour la protection de la biodiversité, y compris la conservation des RPGAA.
Outre les défis les plus importants pour la conservation de la diversité génétique des RPGAA en RDC, il faut souligner
le développement et la promotion des variétés locales. En effet, des variétés localement adaptées risquent de disparaître
par suite de l’introduction et la culture de semences exotiques.
Les programmes d´aide humanitaire ont souvent négligé les variétés locales en faisant promouvoir l´importation
de cultivars exotiques, suite à l´urgence d´actions rapides contre la faim et aux limitations des marchés nationaux de
semences locales pour fournir des semences en quantité et qualité désirables.
La création d´un catalogue de variétés locales en RDC était d’une importance capitale pour assurer la conservation des
ressources, du fait que l´information disponible a été perdue après presque vingt ans d´instabilité politique.
Dans l´alimentation du peuple congolais, le manioc joue un rôle prédominant. On estime que le manioc seul fournit plus
de 70% de la production agricole totale en RDC.
En général, les principales denrées de base consommées en RDC peuvent se repartir en cinq grands groupes : les
céréales, les plantes à racines et tubercules, les légumineuses à graines, les cultures maraîchères et les cultures fruitières.
Au sein de chacun de ces groupes, on note les principales spéculations du point de vue de la production et du volume
consommé.
17
République DémocR atique Du congo
TAbLEAU 7
principales cultures vivrières en RDc
a. les céréales
18
R appoRt national SuR l'état DeS ReSSouRceS pHY togénétiqueS pouR l'alimentation et l'agRicultuRe
• sélection variétale par l´iNERA depuis 1972 dans le cadre du Programme National maïs (PNm), avec création des
populations synthétiques qui ont été diffusées en RDC dans les années 80 et 90, notamment les variétés très
productives mais peu résistantes aux maladies : bandundu, safi, Kasaï i, PNm i, salongo, salongo ii et shaba i.
• Réduction des travaux de sélection ou d’amélioration à des essais multi locaux d’adaptation des variétés étrangères
à diffuser ultérieurement.
Aujourd´hui, on compte 13 variétés de maïs comme variétés certifiées et recommandées pour leur utilisation par les
agriculteurs en RDC : bAbUNGO, bAmbOU, L 12, L 33, L 55, L 9, mUsANGANA 1, sALONGO ii, sAmARU, TAmbO, ZP 800,
ZP 800 m, KAsAÏ 1.
il reste aussi les anciennes variétés issues des travaux de l´iNERA et diffusées dans les années 80 qui sont encore
utilisées par les agriculteurs dans les régions moins accessibles, comme les variétés sALONGO, sHAbA i, KAsAÏ i, PNm i
ou sHAbA sAFi.
TAbLEAU 8
écotypes locaux de riz recensés dans le cadre du projet pReRp (1994-2001)
malheureusement, la banque de gènes qui avait été établie dans le cadre du Projet PRERP avec des échantillons de
ces cultivars locaux a été perdue entre 2004 et 2006, suite à l´absence de renouvellement du matériel génétique et à la
panne des chambres froides destinées à la conservation de semences.
L’introduction massive des cultivars exotiques dits à haut potentiel génétique (notamment les Jasmine ou le Hubei
20 6) ont fortement déplacé un nombre important de cultivars locaux de terroir. Dans des régions accessibles, seuls se
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maintiennent les cultivars ayant eu une large dispersion ou les cultivars de terroirs assez bien adaptés.
Aujourd´hui, les variétés recommandées par le sENAsEm dans le catalogue officiel de variétés de RDC sont : bAibiNGE
1, HUbEi 6, iAO 2, iNERA 6, iNERA 7, iRAT 112(RY150), iRAT 233, JAsmiNE, LibOGA, LiENGE, LiOTO, NERiCA 4, NERiCA 6,
NERiCA 7, PNR-1, PREP-1, PREP-3 et siPi.
On relève un bon nombre de variétés nationales proposées et sélectionnées par les instituts congolais de recherche
(iRAT 112, PREP-1, iNERA 6, iNERA 7, PREP-3, iRAT 233 et PNR-1) ou purifiées en RDC (cas de la variété Jasmine, une des
variétés les plus cultivées dans le pays).
Dans le catalogue variétal du sENAsEm, on dénombre 28 variétés dont les plus recommandées et certifiées pour la
culture en RDC sont : bOmbE, C 12476 – 50, Cim 9321 – 2, Db 196, DOR 715, DPs - Rs4, G 59 / 1 – 2, KiANGARA, KiHEmbE,
KiRUNDO, Lib 1, LOLA, mAHARAGi sOJA, mCR 2301, mORE, mPOLO, mUDUKU, m’ mAFUTALA, m’sOLE, NTOmO, PC 115 -
b4, PV 14, PV 14/2, simAmA, TENDEZi, UYOLE 96, XAN 76 et D6 KENYA.
il existe 6 variétés certifiées et recommandées en RDC : bENiCOmACHi, KAREbE 2, mUGANDE, mULUNGU i, XUsHU 18,
YAN sHU i.
Les cultures maraîchères jouent un rôle très important dans l´alimentation de la population congolaise du fait que la
plupart des ménages ont un petit jardin potager où ils cultivent des espèces maraîchères qui permettent de diversifier
un régime alimentaire trop influencé par la consommation du manioc, présent dans plus de la moitié des repas. Du point
de vue nutritionnel, les cultures maraîchères ont des pourcentages élevés de protéines et vitamines. Le gouvernement
et les organisations internationales font des efforts pour renforcer leur production, en tant qu’outil pour réduire les taux
de malnutrition infantile.
Du point de vue des variétés utilisées, il faut souligner que la plupart sont des variétés étrangères introduites en RDC
et achetées dans les marchés internationaux de semences. il existe aussi quelques espèces qui proviennent de plantes
sauvages et qui ont été domestiquées pour leur utilisation comme cultures dans les jardins potagers.
TAbLEAU 9
principales cultures maraîchères en RDc2
2 Amaranthus hybridus, Amaranthus spinosus et Amaranthus viridis sont des espèces ancestrales cultivées en priorité à cause de leur grande demande sur le
marché local, leurs rendements en feuilles très élevés et leurs cycles végétatifs très courts (inférieurs à un mois) et des revenus générés par leur culture très
importants.
23
République DémocR atique Du congo
Les cultures fruitières ne sont pas très développées en RDC en dépit des potentialités du pays, avec un climat très
favorable pour la production intensive ou semi intensive des fruits. seule la banane est très répandue comme culture et
très utilisée comme aliment de base.
En ce qui concerne les oranges, mandarines, citrons et pamplemousses, la production globale en 2007 était de 35 330
tonnes ; tandis que pour les mangues, les avocats, les papayes et les ananas, on a enregistré en 2007 une production
totale de 502 170 tonnes.
Un des défis majeurs du secteur agricole à relever en RDC est la promotion de la culture des arbres fruitiers, surtout
ceux qui produisent des récoltes importantes, comme le manguier, ou des fruits riches en protéines et vitamines, comme
les agrumes.
Les principales cultures fruitières sont indiquées dans le tableau ci-dessous.
TAbLEAU 10
principales cultures fruitières de la RDc
bananier de table Musa sapientum Musaceae bita 3, bs 210, bs 529, bubi, Cardaba, Diyimba, FHiA 01, FHiA 03, FHiA 21, FHiA
bananier plantain Musa paradisiaca 23, FHiA 25, Gros michel, ibota (Yangambi Km 5), mafuta, mfuba Ndongila,
mwasi Zoba, Nseluka, Nsikumuna, Orishele, saba
Carambolier Averrhoa carambola Oxalidaceae
24
R appoRt national SuR l'état DeS ReSSouRceS pHY togénétiqueS pouR l'alimentation et l'agRicultuRe
La promotion de la culture des arbres fruitiers, surtout ceux qui produisent des récoltes importantes, comme le
manguier, ou des fruits riches en protéines et en vitamines, comme les agrumes, est un des défis majeurs du secteur
agricole à relever en RDC.
La République Démocratique du Congo a été historiquement un grand producteur et exportateur de produits agricoles
industriels qui étaient une des sources majeures (avec les produits miniers) des devises étrangères. Les cultures
industrielles les plus importantes en RDC sont :
• Le caféier - Coffea sp. suite aux conflits armés et à la guerre qu’a connus le pays, la production du café a fortement
baissé, ce qui a entraîne une chute des exportations. Aujourd´hui l´iNERA continue la recherche sur le caféier, mais
de façon peu importante.
• Le cacaoyer - Theobroma cacao: Dans le cadre de la recherche faite en RDC il faut souligner des hybridations entre
les variétés Trinitario, iPA et les Upper Amazones.
• Le palmier à huile - Elaeis guineensis: il est cultivé dans les provinces du bandundu, du bas-Congo, des deux Kasaï
et surtout dans la Province Orientale et de l’Equateur. En 2007, 1 120 350 Tn d’huile de palme ont été produites
en RDC, destinées entièrement à la consommation locale. il reste une importante collection de palmier à huile à
Yangambi, où on continue la recherche sur le croisement en vue de l’obtention de Tenera/F4.
• Le cotonnier - Gossypium sp. il existe une collection à l´iNERA Gandajika, mais les travaux de recherche se sont
arrêtés depuis longtemps.
• La canne à sucre : malgré l´importance de la production de canne à sucre en RDC, aujourd´hui, il n´y a pas des
travaux de recherche sur cette culture.
• Le quinquina : il reste une collection à mulungu et à Nioki, mais on ne fait plus de recherche sur cette culture en
RDC.
• L´hévéa : La collection d’hévéa existe encore à Yangambi, mais dans un état d´abandon, par suite d´arrêt de
recherche depuis l’indépendance. L´usine de fabrication de pneus « Cobra » restant active, il y a donc nécessité de
la production de caoutchouc en RDC.
• Le théier : li reste une collection de théier à Lekua (ituri), dépendant de la station de Nioki. Les activités de recherche
sont aussi en situation d´arrêt.
Outre les principales espèces vivrières et fruitières couramment cultivées par les communautés rurales et périurbaines,
il existe également un nombre important d´espèces exotiques et locales couramment rencontrées dans des parcelles
résidentielles ou autour des villages. Ces espèces constituent une catégorie non négligeable dans l´alimentation du
congolais.
En effet, les cultures secondaires sont considérées comme des spéculations de faible volume de production disponible
et ne faisant pas l’objet de réelle transaction, ou d´un marché à petite échelle, mais qui contribuent à l’alimentation
des populations. il s’agit des denrées dont la consommation reste presque locale, à cause de la quantité produite, ne
permettant pas une exportation vers d’autres zones.
il y a des variétés de légumes et de fruits connus et consommés par la population locale. Certaines entre elles
peuvent avoir un énorme intérêt pour la sécurité alimentaire, comme c´est le cas de mfumbwa (Gnetum africanum),
de fonio (Digitaria exilis et Digitaria iburna), de pois cajan (Cajanus cajan), de voandzou (Vigna subterranea), de doyi
(Macrotylapa geocarpa ex Kerstingiella), de crincrin (Corchorus spp.), de vernonia (Vernonia amydalina) ou de kikalakasa 25
République DémocR atique Du congo
(Psophocarpus scandens), qui sont des légumes sauvages aujourd’hui en voie d’être largement adoptés par les habitants
des agglomérations periurbaines du Congo.
Outre les espèces introduites et celles locales déjà domestiquées, dans les forêts il existe un certain nombre d’espèces
sauvages, non cultivées, mais apparentées des plantes cultivées, qui sont exploitées depuis des millénaires par les
populations autochtones et qui sont susceptibles d’être améliorées.
Ces plantes constituent une autre source d’alimentation pour les populations rurales et même urbaines. En effet,
certaines sont domestiquées et cultivées dans les jardins périurbains pour leur utilité alimentaire ou médicinale.
L’université de Kinshasa (UNiKiN) entretient un petit arboretum avec certaines plantes sauvages consommées en RDC.
A titre d’exemples, on peut retenir:
• les légumes: dans leur grande majorité, ce sont des herbes annuelles ou vivaces. Plusieurs espèces sont
régulièrement consommées parmi lesquelles on note: Hibiscus acetosela, Solanum nigrum (comme légume),
Solanum gilo, Gnetum africanum, Megaphrynium macrostachyium, Pteridium centraliafricanum, Phosocarpus
scandens, Sorghum halepense, Talinum latifolia, Hibiscus cannabinus, Hibiscus sabdariffa, Capsicum frutescens, Celosia
trigyna, Justicia insularis, Lippia multiflora, Piper umbellatum, Piper guineensis, Portulata oleracea, Dracaena nitens,
etc.
• les plantes fruitières: soixante quatre espèces sont couramment exploitées dont: Anisophyllea quangensis,
Landolphia mannii, Landolphia owariensis, Landolphia lanceolata, Afromomum spp, Strychnos cocculoides, Treculia
africana var. africana (pour leurs fruits et graines), Treculia africana var. mollis, etc.
• les plantes à graines: parmi elles on trouve les Cola spp.
• les espèces à tiges juteuses: il s’agit de plantes à sève sucrée ou de saveur aigrelette telles que les Costus spp,
Saccharum officinalis ou Scorodophloeus zenkeri.
• les racines et tubercules : l´igname cultivé ou sauvage (Dioscorea rotundata, D. cayensis, D. alata, D. tumentorum,
D. bulbifera, D. Esculanta), Xanthosoma mfunaja, Colcasia esculenta, etc.
• Plus de 150 espèces de champignons sont connues; les comestibles, plus couramment utilisés, appartiennent aux
familles des Agaricaceae, Termitomycetaceae, Amanitaceae, Pyiletaceae, Russulaceae, Cantharillaceae, Auriculaceae.
• les plantes médicinales : En RDC il existe une culture ancestrale de phytothérapie. Parmi les espèces de plantes
médicinales les plus utilisées par les populations locales, on peut noter: Rauwolfia vomitoria, Garcinia kola, Mirabilis
jalapha, Crassocephalum montuosum, Albizia ganibracteata, Ensete ventricosum, Alstonia boonei, Alstonia congensis,
Phytolacca dodecandra, Securidaca longepdonculata, Borassus acthiopicum, Chenopodium amussioides, Allanblackia
moviceni, Garcinia punctata, Bryophyllum pinnatum Lagenaria sicerria, Alchornea cordifolia, Dryptus bigendensis,
Dolimosa, Abrus precatorius, Platysyalium violacum, Ocimum basilicum et Gloriosa superba. (Voir Annexe 1).
Parmi elles, quelques espèces font déjà l’objet de cultures parcellaires comme: Alchornea cordifolia, Briophyllum pinnata,
Cymbopogon citratus, Euphorbia hirta, Jalapha mirabillis, Jatropha curcas, Phytolaca dodecandra, Rauwolfia vomitoria,
Zingiber officinalis, Ocimum basilicum et Chenopodium ambrosioides.
26
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CHAPiTRE 5
LA CONsERVATiON IN SITU
La conservation in situ des ressources phytogénétiques en RDC se fait dans le cadre du réseau des aires protégées ou
bien par la conservation à la ferme des variétés locales des principales cultures agricoles.
Toutes ses deux manières de conservation in situ se sont vues affectées d´une façon plus ou moins importante par les
conflits armés qui se sont succédés en RDC depuis l´année 1991. En effet, et surtout dans la partie Est du pays, la guerre
et le déplacement de la population rurale ont eu des graves conséquences pour la conservation in situ des RPGAA. Les
aires protégées n´ont pas été épargnées, avec un profond impact négatif sur l´état de conservation de la faune, la flore
et les habitats protégés les plus importants.
La conservation à la ferme s´est vue aussi très affectée par le déplacement de réfugiés civils, qui ont fui des villages
en abandonnant leurs champs agricoles. La perte de RPGAA dans cette fuite est importante. il faut souligner qu’en
RDC les semences s’obtiennent dans une partie de la récolte de l´année antérieure ou soit de l´échange entre paysans.
Lorsque les paysans ont été obligés d’abandonner leurs champs suite à la guerre, la récolte est normalement perdue et
les semences sélectionnées et améliorées pendant des générations sont également perdues.
L´absence de banques de gènes pour la conservation ex situ en RDC donne une dimension encore plus grave à cette
perte d´anciens cultivars et variétés adaptés en milieu paysan congolais.
Avec la stabilité institutionnelle et politique en RDC et le redémarrage des programmes réguliers du ministère de
l’Agriculture, du ministère de Développement Rural, du ministère de l´Environnement et des projets de coopération
internationale, notamment sous forme de gestion des aires protégées et d´aide aux agriculteurs, on assiste à une
amélioration de la situation actuelle.
Les aires protégées sont de quatre principaux types et disséminées à travers le territoire national. il s’agit de :
• 7 parcs nationaux (7 710 000 ha);
• 57 réserves et domaines de chasse (11 760 875 ha);
• 3 réserves de biosphère (282 414 ha);
• 117 réserves forestières (618 545 ha).
L’ensemble de ces aires représente une superficie de 20 371 834 hectares, soit 8,7% du territoire national.
La gestion des aires protégées en RDC n’est pas facile à cause du manque de moyens des organismes publics chargés
de la gestion, notamment l’institut Congolais pour la Conservation de la Nature (iCCN), chargé de la gestion des parcs
nationaux, des réserves et des domaines de chasse et des réserves forestières. beaucoup d’entre ces aires protégées
se trouvent actuellement dans un état d’abandon total et font par conséquent l’objet d’une exploitation illicite ; on y
enregistre également les cas de feu de brousse et de défrichements culturaux.
On estime que plus de 400 000 ha du couvert forestier sont détruits chaque année dans l´ensemble du pays.
27
République DémocR atique Du congo
TAbLEAU 11
principales aires protégées en RDc
3 Les réserves de la biosphère du Programme Man And Biosphère (MAB) de l’UNESCO (United Nations Educational, Scientific and Cultural Organization) ;
constituent des réservoirs qui représentent l’ensemble des zones écologiques et secteurs phytogéographiques du pays. La gestion et la supervision sont
28 assurées par le Secrétariat national du Programme MAB, rattaché au Ministère de l’environnement.
R appoRt national SuR l'état DeS ReSSouRceS pHY togénétiqueS pouR l'alimentation et l'agRicultuRe
FiGURE 1
En vue de préserver la biodiversité et avec un grand impact sur la conservation in situ des ressources phytogénétiques,
une série des mesures sont prises par le Gouvernement encourageant la gestion durable et la protection de la biodiversité,
notamment :
• Le retour au domaine public de 25,5 millions d’hectares de concessions forestières non mises en valeur. Aujourd´hui
il ne reste que 65 concessions qui forment environ 9 millions ha.
• La prise d’un moratoire portant sur la suspension qui octroie de nouvelles allocations forestières depuis 2002.
• La promulgation du nouveau code forestier en 2002 (Loi 11/2002).
• La réforme fiscale par l’augmentation graduelle de la taxe de superficie
• L’élimination des charges injustifiées sujettes à la fraude
• Le lancement de la revue légale de toutes les concessions restantes.
• La mise en place d`un plan national sur les forêts et la conservation de la nature.
• La promulgation de la Loi sur la Conservation de la Nature (en révision).
Dans l´attente d´une Loi sur la Conservation de la Nature, le Code forestier de 2002 est le principal instrument de
conservation de la nature en RDC. Ce code met en œuvre une politique forestière qui donne une grande importance
à la préservation de la diversité biologique et à l´implication des communautés locales dans la gestion rationnelle des
forêts.
La loi sur la Conservation de la Nature (en préparation), le Programme National pour les Forêts et la Conservation de la
Nature (2003) et le Plan forestier national (en préparation) seront les instruments de mise en œuvre d´une vraie politique
de conservation de la nature en RDC. il faut souligner aussi l´existence de la Loi pour le Fonds National des Forets, qui a
été déjà adoptée.
4 Dans cette carte on peut distinguer les aires protégées en violet et les concessions forestières en vert. On peut voir la distribution des concessions
concentrées dans la province d´Equateur, pas loin du fleuve Congo, qui est souvent l´unique voie de sortie des grumes vers la mer pour son exportation.
L´instabilité dans l´Est du pays est aussi causante d´un manque de concessions forestières dans cette région. Pour les aires protégées, le vaste réseau de parcs
naturels concerne la plupart des écotypes en RDC. Une partie importante de ses réserves sont dans des aires en conflit, donc on ne peut pas évaluer leur niveau
29
de conservation.
République DémocR atique Du congo
Les principales activités envisagées concernant la gestion des aires protégées en RDC sont les suivantes :
• Le recensement et l’évaluation de l’état des aires protégées
• La sélection des aires à réhabiliter ;
• L’actualisation des limites et le zonage ;
• La définition des modalités pratiques de gestion en collaboration avec les communautés locales ;
• La formation, l’encadrement et l’équipement du personnel ;
• La mise en place de petites infrastructures appropriées ;
• L’éducation et la sensibilisation à la gestion rationnelle et durable des ressources naturelles, et la vulgarisation de
techniques appropriées à cette fin.
La diversité climatique de la RDC a permis l´occurrence d´un grand nombre de cultures aussi bien autochtones
qu’introduites dès les premières années de l´époque coloniale.
Les premières variétés étrangères introduites en RDC avaient subi une sélection naturelle et étaient également évaluées
par les agriculteurs qui cherchent les individus les plus productifs ou adaptés au milieu local. Comme conséquence,
on trouve aujourd’hui un bon nombre d´écotypes locaux d´origine étrangère qui présentent un grand intérêt pour les
RPGAA.
Cette richesse a été constatée par le Programme PRERP qui a pu identifier plus de 70 écotypes locaux de riz pluvial et
inondé au cours d’un recensement de 1995 à 2001.
il existe aussi plusieurs cultures autochtones utilisées par la population rurale pendant des générations.
Avec l´avénement des conflits armés dans le pays depuis 1991, et la faiblesse des institutions publiques de recherche
qui travaillent dans le domaine des RPGAA, une partie importante des plantations ont été abandonnées, entraînant ainsi
la perte des écotypes locaux.
il faut souligner que les programmes d’urgence de sécurité alimentaire ont souvent facilité, dans certains cas, l´entrée
de cultivars étrangers.
Néanmoins, dans les endroits qui n´ont pas connu la guerre, les variétés anciennement cultivées continuent d’être
détenues par les paysans pour des usages multiples (alimentaire, rite et médicinal). ils préfèrent leurs variétés anciennes
à cause des habitudes gastronomiques, propriétés organoleptiques et coûts élevés des semences améliorées.
malheureusement, l’approvisionnement en semences des variétés locales se fait à petite échelle, souvent de façon
informelle ou par le biais des échanges entre paysans. Le manque d’un vrai marché de semences locales rend difficile la
promotion de ces variétés et la maintenance de la pureté génétique.
La fermeture des fermes semencières du sENAsEm, la faiblesse des organismes de multiplication de semences et
l´état de quasi-cessation des activités de diffusion du service National de Vulgarisation (sNV) ont donné une importance
croissante aux semences autoproduites par les paysans.
Jusqu´à présent, la conservation des espèces du terroir et des variétés traditionnelles n’a fait l’objet d’aucune action
organisée par l’Etat. il reste aussi un travail de récupération, d’homogénéisation et de purification variétale des anciens
cultivars, à cause de leur tendance à la dégénérescence génétique.
Ce travail contribuera à améliorer les rendements, la qualité des produits et aider à sauvegarder le savoir-faire ancestral
(cuisine à base de plantes sauvages, pharmacopée traditionnelle, etc.).
A titre d’exemples, voici quelques anciens cultivars congolais qui sont encore utilisés actuellement:
• pour le maïs : GP5, Plata Jaune, Kahila, Kwelo et bambou.
• pour le riz : iRAT 112 (RY150), iRAT 13 et R66.
• pour le haricot : muhinga et munyu.
• pour le manioc : RAV, F100, Kinuani, 02864, Pululu, Tshilobo et mubalaba.
• pour le niébé: muyaya.
• pour l´arachide : A65, A1052, G 17, P43, bumbanji et mandingu.
• pour la pomme de terre : marita
• pour le palmier à huile : Tenera/F1 et Tenera/F2
30
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CHAPiTRE 6
LA CONsERVATiON EX SITU
La conservation ex situ est un mode de conservation du matériel génétique en dehors de son milieu d’origine. Elle
s’effectue généralement dans une sorte de laboratoires appelés « banques de gènes » quand il s’agit des semences ou
dans des champs, sous forme de « collections » vivantes.
D’autres techniques actuellement disponibles sont la conservation des plantes entières au champ ou en serres, la
conservation à basse température de graines déshydratées, la conservation in vitro d´organes ou de tissus en vie ralentie
ou à très basse température, etc.
Le matériel conservé ex situ va donc des graines (dont les coûts de conservations sont les plus bas) aux plantes entières,
en passant par les tissus végétaux. il concerne aussi bien les espèces de cultures vivrières et pérennes que les espèces
sylvicoles.
Les organismes publics chargés de la conservation ex situ des ressources phytogénétiques (iNERA, CREN-K, sENAsEm,
PNR, etc.) ont été pendant une longue période dans une situation difficile de fonctionnement.
En effet, pendant les pillages de 1991 et 1993 et le début de la guerre en 1998, les infrastructures destinées à la
conservation ex situ (banques de gènes, fermes semencières, parcs à bois, centres de recherche) ont été pillés
ou abandonnées et la plupart de professionnels qui travaillaient dans le domaine se sont tournés vers d’autres
occupations.
De plus, l´arrêt de la coopération internationale dans les années 90 a porté un coup dur sur les activités relatives à
l’amélioration variétale et à la conservation ex situ des RPGAA.
suite à l´absence d’allocations budgétaires ou du manque de personnel pour la maintenance des collections, la plupart
des collections gardées dans les banques de gènes étaient perdues.
Actuellement, il n’existe en RDC aucune chambre froide pour la conservation ex-situ à long terme, ni même à moyen
terme des graines. Néanmoins, pour une conservation à court terme, ces structures conservent les semences dans des
enveloppes, sachets et récipients divers à la température ambiante ou dans des frigos ou congélateurs.
Les activités de conservation ex situ se réduisent à la maintenance des collections vivantes des accessions des
principales espèces agricoles., dans le cadre des activités de l´iNERA par le biais de ses programmes en cours, y compris
le Programme général de Conservation des Ressources Phytogénétiques axé à mvuazi, et les Programmes spécifiques
comme le Programme National manioc ou le Programme National maïs.
De son coté, le laboratoire de biotechnologie du CREN-K est en train de développer la conservation des ressources
phytogénétiques par la culture in vitro des cals, des organes, ou des vitro plants soit par ralentissement de la croissance
(températures allant jusqu´à -20ºC), soit par repiquages successifs sur les milieux de culture, ou par le biais de techniques
de cryoconservation (conservation en azote liquide à -196ºC, et utilisation des substances cryoprotectrices).
Les collections vivantes sont des champs semenciers. selon le type de culture (exception faite de quelques cultures
pluriannuelles), le matériel est semé et récolté tous les 2-3 ans. La semence est conservée et stockée dans des salles, sous
forme de graines (légumineuses, palmier à huile, cacaoyer, etc.) traitée au fongicide puis mise dans des enveloppes.
Pour ce qui est des racines, boutures (manioc, caféier) ou tubercules (pomme de terre, patate douce), la conservation
est effectuée annuellement dans les parcs à bois. Ce matériel est replanté les saisons suivantes.
La plupart des collections vivantes5 sont perdues aujourd’hui. Celles qui restent, se trouvent dans certains centres
de l´iNERA. La maintenance de ces collections dépend du Programme de Gestion et Conservation des Ressources
Phytogénétiques basé à m´vuazi, ou bien des Programmes sectoriels de recherche comme le Programme National
5 Il faut vérifier si ces collections existent encore actuellement. Les données disponibles doivent être actualisées ; car suite aux conflits armés et aux pillages
successifs, plusieurs collections ont été abandonnées et volées. On craint que la plupart des accessions existant avant l´année 2000 aient disparu. La visite
effectuée au centre de M´vuazi a montré une collection vivante réduite à quelques accessions, généralement issues d´introductions récentes, et on n´a pas
constaté lexistence d’une maintenance d´anciens cultivars en collection permanente.
31
République DémocR atique Du congo
TAbLEAU 12
tableau résumé des cosllections vivantes dans les programmes nationaux de Recherche en RDc
TAbLEAU 13
accessions conservées dans les centres de l´ineRa (WieWS, 1996)
32
R appoRt national SuR l'état DeS ReSSouRceS pHY togénétiqueS pouR l'alimentation et l'agRicultuRe
A propos de la documentation des collections, une base de données informatisée et actualisée et un catalogue publié
des collections sont des priorités pour la bonne gestion et conservation ex situ des RPGAA en RDC.
L´unique conservation ex situ à long terme des ressources phytogénétiques de la RDC se fait dans des banques de gènes
des organismes internationaux, en dehors du pays. Régulièrement, des missions de collecte de matériel végétal arrivent
dans les principaux centres de recherche congolais pour prendre des échantillons qui sont transportés à l´étranger pour
leur conservation dans des banques de gènes modernes.
Grâce à ces missions de prospection et prise de matériel, une partie des RPGAA congolaises a pu être conservée dans
des banques de gènes modernes pendant que la situation politique en RDC ne permettait pas une conservation ex situ
à l´intérieur du pays.
Avec l´amélioration de la situation socioéconomique et politique du pays, ces échantillons qui se conservent à
l´étranger pourront être réintroduits en RDC.
TAbLEAU 14
accessions récoltées en RDc et conservées aux centres du groupe consultatif pour la Recherche
agricole internationale (cgiaR), (SingeR, mars 2009)
inD002 - international crop Research institute for the Semi-arid tropics (icRiSat)
Arachis hypogaea 146 Pennisetum glaucum 11
Cajanus cajan 13 Pennisetum polystachyon 3
Eleusine coracana 2 Sorghum bicolor 52
TAbLEAU 15
accessions récoltées en RDc et conservées dans d’autres banques de gènes internationales (VieWS,
mars 2009)
auS048 - australian tropical crops & Forages genetic Resources centre (atcFc)
Amaranthus cruentus 1 Neonotonia wightii 1
Arachis hypogaea 6 Paspalum virgatum 1
Cajanus cajan 1 Phaseolus vulgaris 2
Cenchrus ciliaris 1 Sesbania pachycarpa 1
Chloris gayana 1 Setaria sphacelata 1
Crotalaria incana 2 Sorghum bicolor 4
Crotalaria ochroleuca 1 Sorghum x drummondii 1
Crotalaria pallida 3 Stylosanthes fruticosa 2
Crotalaria sp. 4 Stylosanthes guianensis var. gracilis 1
Crotalaria spectabilis 1 Vigna kirkii 1
Glycine hirsuta 8 Vigna racemosa 1
Indigofera hirsuta 1 Vigna unguiculata ssp. unguiculata 1
Indigofera spicata 1
34
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Deu146 - genebank, leibniz institute of plant genetics and crop plant Research (ipK)
Solanum sp. 1 Vigna umbellata 1
Vigna mungo var. mungo 1 Vigna unguiculata ssp. dekindtiana 2
eSp004 - instituto nacional de investigación y tecnología agraria. centro de Recursos Fitogenéticos (iniacRF)
Vigna unguiculata 1
gbR004 - millennium Seed bank project, Seed conservation Department, Royal botanic gardens, Kew, Wakehurst place (Rbg)
Abrus precatorius 1 Nicotiana tabacum 1
Canavalia ensiformis 1 Orobanche 2
Cenchrus ciliaris 1 Paspalum auriculatum 1
Chloris gayana 1 Pennisetum polystachion 1
Cucumis aculeatus 1 Pennisetum trachyphyllum 1
Cynodon aethiopicus 2 Phaseolus lunatus 1
Cyperus 1 Setaria sphacelata 3
Digitaria diagonalis 3 Solanum incanum 1
35
République DémocR atique Du congo
Ken015 - national genebank of Kenya, crop plant genetic Resources centre – muguga (KaRi-ngbK)
Centrosema pubescens 3 Medicago sativa 5
Centrosema schiedeanum 3 Melinis minutiflora 2
Chloris gayana 8 Panicum maximum 13
Crotalaria sp. 1 Paspalum wettsteinii 1
Crotalaria zanzibarica 7 Sporobolus giganteus 1
Gossypium hirsutum 3 Urochloa brizantha 2
Gossypium hybrid 2 Urochloa decumbens 2
Lupinus luteus 6 Urochloa ruziziensis 25
KoR011 - genetic Resources Division, national institute of agricultural biotechnology, Rural Development administration (RD-
agb-gRD)
Oryza sativa 1
nlD037 - centre for genetic Resources, the netherlands plant Research international (cgn)
Capsicum annuum 1 Cucumis sativus Gr. Gherkin 2
Capsicum chinense 6 Lycopersicon esculentum 13
Capsicum frutescens 1 Triticum aestivum Gr. Aestivum 1
pol030 - plant genetic Resources laboratory, Research institute of Vegetable crops (SKV)
Daucus carota 1
Rom002 - Research institute for cereals and technical plants Fundulea (iccpt Fundul)
Sorghum sudanense 1
RuS001 - n.i. Vavilov all-Russian Scientific Research institute of plant industry (ViR)
Amaranthus caudatus 1 Oryza sativa 2
Arachis hypogaea 18 Oryza sativa (Indica type) 2
Citrullus lantus ssp. vulgaris 1 Sesamum indicum 1
Cucurbita pepo var. giraumonas 1 Solanum lycopersicum var. vulgare 1
Cucurbita sp. 2 Sorghum cernuum 1
Daucus carota var. aurantius 1 Vigna unguiculata 1
6 USA003 - Northeast Regional Plant Introduction Station, Plant Genetic Resources Unit, USDA-ARS, New York State Agricultural Experiment Station, Cornell
University, USA016 - Plant Genetic Resources Conservation Unit, Southern Regional Plant Introduction Station, University of Georgia, USDA-ARS, USA020 - North
Central Regional Plant Introduction Station, USDA-ARS, NCRPIS, USA022 - Western Regional Plant Introduction Station, USDA-ARS, Washington State University,
USA026 - National Clonal Germplasm Repository USDA, ARS, USA029 - National Small Grains Germplasm Research Facility, USDA-ARS, USA033 - Soybean
Germplasm Collection, USDA-ARS, USA042 - National Germplasm Repository, USDA-ARS, USA047 - Subtropical Horticultural Research Unit, National Germplasm
Repository - Miami, USDA, USA049 - Crop Germplasm Research Unit USDA, ARS, USA317 - Crop Science Department, North Carolina State University, USA422 -
Organic Gardening and Farming Research Center, USA970 - Dale Bumpers National Rice Research Center, United States Department of Agriculture, Agricultural
Research Services, USA971 - Desert Legume Program, USA995 - National Center for Genetic Resources Preservation 37
République DémocR atique Du congo
Les jardins botaniques demeurent des cadres par excellence de conservation ex situ de la flore. ils constituent des sites de
reboisement et de préservation des ressources génétiques forestières. ils dépendent de l’institut des Jardins Zoologiques et
botaniques du Congo (iJZbC) qui est sous tutelle du ministère de l´Environnement et compte trois services (botanique,
agronomique et horticole) chargés de la recherche taxonomique, de l’entretien des herbaria et de l’introduction
d’espèces.
On dénombre trois jardins botaniques en République démocratique du Congo:
• Le jardin botanique de Kisantu (bas-Congo), avec près de 2 500 espèces. sa superficie est de 215 hectares. On
y trouve des pépinières, une collection des semences, un arboretum de près de 200 espèces et un herbarium
d’environ 5 000 spécimens ;
• Le jardin botanique d’eala (Equateur), avec une superficie de 370 hectares, compte un herbarium et un arboretum
d’arbres fruitiers ;
• Le jardin botanique de Kinshasa (Parc de la Révolution), d’une superficie de 6 hectares. Elle renferme environ 300
espèces de plantes locales essentiellement.
On trouve aussi :
• Un arboretum au jardin zoologique de Kisangani :
• Un arboretum au centre forestier de Kinzono (Plateau de bateke à Kinshasa), avec 73 espèces pour des études de
croissance, installé en 1982 par le service National de Reboisement
• stations de l´iNERA. il y a des arboretums dans les centres et stations (mulungu, Nioka, m´vuazi, etc).
• Un petit herbarium de l´ONG JEEP à l´Université de Kinshasa.
Parmi les herbaria existants, le plus important est celui de l’iNERA à Yangambi qui compte environ 10 071 herbes,
7 953 plantes vasculaires, 1 399 fleurs, 1 969 graines, 141 écorces et 918 spécimens d’arbres représentant 111 familles et
1 454 espèces.
D’autres herbaria gérés par cet institut sont disséminés à travers ses stations de recherche de Nioka, mulungu, Kipopo,
mvuazi et Luki. Le nombre de spécimens qui y sont gardés est aujourd’hui difficilement chiffrable par manque de suivi.
L’herbarium de l’Université de Kinshasa compte 8 313 spécimens dont 5 267 proviennent de la région métropolitaine
avec 140 familles, 806 genres et 1 546 espèces.
il y a un autre herbarium à l´Université de Kinshasa qui appartient à l´iNERA qui compte 21 322 espèces.
38
R appoRt national SuR l'état DeS ReSSouRceS pHY togénétiqueS pouR l'alimentation et l'agRicultuRe
Des collectes de matériel végétal local ont été menées de façon sporadique dans certaines régions du pays. La plupart de
ces collectes sont faites dans le cadre de la coopération technique avec des institutions internationales de recherche, et
les échantillons de matériel local sont généralement emportés aux centres étrangers pour la conservation ex situ à long
terme, à cause de l’inexistence de moyens pour la conservation ex situ dans le pays.
Cependant, il ya eu des collectes de matériel dans le cadre du Programme PRERP financé par le gouvernement de
Taiwan et la coopération italienne, qui a fait une recherche exhaustive des variétés locales, avec la prise d´échantillons et
leur conservation dans une banque de gènes, malheureusement, celle ci a été perdue dans les années de conflit., entre
1995 et 2001.
Pour des programmes thématiques, les activités régulières consistent en des recherches périodiques des écotypes
pour enrichir la banque de gènes.
39
République DémocR atique Du congo
CHAPiTRE 7
L´amélioration variétale, les essais variétaux, les essais multilocaux, l´élaboration des fiches techniques et la diffusion
des variétés sont sous la responsabilité de l’iNERA.
Le sENAsEm joue aussi un rôle important en tant qu’organisme certificateur des variétés produites par l´iNERA ; il est
chargé de l´inscription de nouvelles variétés sélectionnées ou de nouvelles créations dans le Catalogue National des
Variétés.6
La sélection variétale se fait par l´évaluation du matériel végétal local et introduit dans les centres de l´iNERA afin de
sélectionner les variétés qui s´adaptent mieux aux conditions climatiques du pays. La sélection des variétés locales pour
leur diffusion ou l´importation des cultivars étrangers dépend des résultats de ces essais.
Pour ce qui est des variétés locales, les accessions collectées et maintenues dans les stations de l´iNERA ne sont pas
représentatives du germoplasme pour chaque culture.
Par contre, sous la menace d´insécurité alimentaire dont souffre le pays, des introductions massives de matériel
végétal des principales cultures ont été réalisées, avec des résultats contradictoires: d´un coté une augmentation de la
production agricole et d´autre coté une diminution de la biodiversité des RPGAA en termes d´utilisation des écotypes
locaux.
En effet, la nécessité de donner une réponse rapide au grave problème humanitaire qui s´est posé depuis les années
90 a contraint le pays à recourir à l’importation massive de matériel végétal pour assurer la production agricole, vue
l´insuffisance des ressources nationales en matière de semences améliorées et certifiées.
Dans l’ensemble du pays et surtout autour des principaux centres urbains ou bien des zones accessibles, les agriculteurs
peuvent facilement trouver des variétés importées.
Pour ce qui est du manioc, la recrudescence de la mosaïque africaine a contraint le pays à recourir aux variétés
améliorées de l’iiTA.
Pour ce qui est des variétés du riz, le NERiCA 7 provenant du WARDA a eu une large diffusion à cause de son meilleur
rendement et son acceptabilité phénotypique (format de grain). Aujourd´hui les semences de cette variété sont
disponibles dans la province Orientale et de l’ Equateur grâce au soutien à la production par FiDA à travers le programme
PRAPE (Programme de relance agricole et pêche dans la province de l´Equateur).
Pour le cas des cultures maraîchères, on a eu recours aux variétés étrangères très productives dans le cadre de la
coopération internationale, et plus précisément, dans le cadre des différentes phases du Projet d’appui au développement
de l’horticulture urbaine et périurbaine HUP:
40 6
R appoRt national SuR l'état DeS ReSSouRceS pHY togénétiqueS pouR l'alimentation et l'agRicultuRe
TAbLEAU 16
Variétés introduites dans le cadre du projet Hup-phase ii (2007)
Pourtant, quelques variétés exotiques n’ont pas été appréciées par les agriculteurs en raison de leur mauvaise valeur
technologique ou organoleptique, coût élevé, tradition gastronomique, habitudes, usages ancestraux, etc.
Les programmes d’amélioration visent la création de nouvelles variétés à partir des cultivars locaux identifiés pour leurs
caractéristiques intéressantes (résistance à certaines maladies, aux insectes, etc.) et des variétés exotiques qui sont
généralement très productives.
Entre les années 70 et 90, les activités d´amélioration variétale en RDC furent très remarquables. Elles ont produit
des résultats appréciables avec la création et la diffusion de plusieurs variétés, généralement en collaboration avec des
organismes internationaux dans le domaine de la recherche agricole appliquée.
Aujourd´hui la réalisation de l´amélioration variétale en RDC est difficile. La plupart des travaux qui se déroulaient
avant les années de guerre se sont arrêtés ; l´arrêt des activités des organismes internationaux de coopération agricole
pendant des années a eu aussi une incidence très importante, car ce sont ces institutions qui finançaient la plupart des
travaux.
Les Programmes de recherche de l´iNERA, notamment les plus importants comme le Programme National de manioc
(PRONAm), le Programme National du maïs (PNm) ou le Programme National Légumineuses (PNL) ont réduit leurs travaux
d´amélioration à la maintenance des collections vivantes. Le redémarrage des activités des organismes internationaux
depuis 1995 a contribué à la relance des essais d´amélioration variétale en RDC.
Du point de vue de la création de nouvelles variétés par le biais de techniques de biotechnologie, grâce à la coopération
technique avec l´Agence international à l´Energie Atomique (AiEA), 4.000 vitro plants de la variété locale de manioc boma
ont été irradiés à différentes doses. Ces vitro plants seront semés au CREN-K en vue de leur caractérisation phénotypique
et moléculaire et la sélection des mutants résistants et à haute valeur biochimique.
En général, même si on ne peut pas parler d´une vraie amélioration variétale en RDC ces dernières années, il y a des
variétés crées qui sont encore utilisées, issues de la recherche faite avant 1997. Ces variétés anciennes ont souffert, dans
leur majorité, d’une dégénérescence appréciable, mais plusieures d’entre elles sont encore très utilisées, surtout dans
des endroits où l´accessibilité s’avère difficile pour trouver des variétés importées. A titre d´exemple, on peut retenir :
41
République DémocR atique Du congo
a. les céréales
Depuis 1977, et en collaboration avec CimmYT et l´iiTA, un programme de sélection des variétés tolérantes au mildiou,
à la virose, à la cercosporiose, à la verse des tiges et aux attaques d’insectes (thrips) a été mis au point. On a fait des
croisements entre le matériel provenant de l’iiTA et les variétés du PNm. Les résultats ont été, en 1981, les populations
ZasR (Zaïre streak Resistant) et ZamR (Zaïre mildew Resistant), et les variétés mUs-1, Es-W et bandundu.
il faut souligner aussi le rôle joué par le Centre de Recherche sur le maïs (CRm) dans la mise au point des variétés de
maïs hybrides, avec un potentiel de production élevé.
Aujourd´hui, il n´y n’a pas de travaux dans le domaine de la sélection et d’ amélioration variétale de maïs en RDC. Les
seules activités du PNm sont la conservation ex situ des 13 variétés recommandées par le sENAsEm dans le Catalogue
National de Variétés et les essais multi-locaux d’adaptation des variétés étrangères introduites en RDC dans le cadre de
la coopération internationale.
42 7 Aujourd´hui seulement la variété Salongo II se compte parmi les 13 variétés recommandées par le Programme National Maïs.
R appoRt national SuR l'état DeS ReSSouRceS pHY togénétiqueS pouR l'alimentation et l'agRicultuRe
43
République DémocR atique Du congo
TAbLEAU 17
Variétés de manioc résistantes aux maladies et aux insectes utilisées en RDc
44 (*) Variété qui n´est pas incluse dans le Catalogue SENASEM 2008, mais approuvée par le Gouvernement congolais depuis 2008.
R appoRt national SuR l'état DeS ReSSouRceS pHY togénétiqueS pouR l'alimentation et l'agRicultuRe
Pour les cultures maraîchères, la plupart des travaux qui ont été réalisés dans le cadre de la coopération internationale,
avaient pour but d’augmenter la productivité vivrière pour les ménages dans la lutte contre l´insécurité alimentaire en
RDC. En effet, les cultures maraîchères sont une très bonne source d´aliments de haute qualité.
On peut distinguer deux types de travaux qui ont été réalisés en RDC dans la recherche des variétés performantes de
cultures maraîchères:
• Les travaux d’espèces maraîchères utilisées traditionnellement dans l´alimentation en RDC, comme les Amaranthus
ou d´autres légumes sauvages largement utilisés par la population rurale congolaise.
• Les travaux d´adaptation des variétés étrangères à haut rendement. Dans ce dernier cas, il faut souligner les
travaux réalisés au cours de différentes phases du Projet d’appui au développement de l’horticulture urbaine et
périurbaine HUP, la dernière en 2007.
e. autres cultures
Actuellement, les activités de ce programme sont réduites, limitées aux travaux d´adaptation variétale des cultivars
importés.
Les variétés diffusées et certifiées par le sENAsEm sont : bita 3, bs 210, bs 529, bubi, Cardaba, Diyimba, FHiA 01, FHiA
03, FHiA 21, FHiA 23, FHiA 25, Gros michel, ibota (Yangambi Km 5), mafuta, mfuba (Ndongila), mwasi Zoba, Nseluka,
Nsikumuna, Orishele et saba.
Depuis une longue période, la République Démocratique du Congo, un des pays le plus riche du monde du point de vue
de ses ressources naturelles, se voit dans une situation de sous-production agricole. L´une des causes principales qui est
à la base de cette situation est sans nul doute la faiblesse (inéfficacité) de la filière semencière.
En effet, la RDC souffre d’un manque de semences pour la plupart des cultures ; parce que les structures étatiques de
certification de semences (sENAsEm), de vulgarisation (sNV), ou de purification variétale (iNERA) et de multiplication de
semences (fermes semencières du sENAsEm), ne disposent pas des moyens financiers conséquents.
Les structures étatiques congolaises impliquées dans la filière semencière des principales cultures sont les suivantes:
• L´iNERA est chargé de l´amélioration végétale et de la fourniture du matériel végétal (semences de souche G0, de
pré-base G1-G3 et de base G4) des principales cultures (arachide, maïs, soja, haricot, niébé, manioc, pomme de
terre, patate douce8).
• Le sENAsEm coordonne et encadre les producteurs de semences de première et deuxième génération (Les anciennes
fermes semencières primaires du sENAsEm, les ONGD et les fermes privées multiplicatrices, les agrimultiplicateurs,
les stations du Programme National du Riz). En même temps, le sENAsEm se charge du contrôle technique et
certification de semences.
• Le service National de Vulgarisation (sNV) encadre les paysans dans les pratiques agronomiques, fait la formation
de techniciens et diffuse des nouvelles technologies parmi les paysans.
46 8 Pour ce qui était des cultures pérennes (le caféier, le cacaoyer, le théier, le palmier à huile, l’hévéa, le quinquina, les cultures fruitières et le coton) la filière de
production était entièrement soutenue par l’INERA, en collaboration avec le SENASEM. Pour le riz pluvial, la diffusion des variétés était assurée par l’INERA et le
PNR, tandis que le riz irrigué et immergé était à la charge du PNR.
R appoRt national SuR l'état DeS ReSSouRceS pHY togénétiqueS pouR l'alimentation et l'agRicultuRe
Aujourd’hui, la pénurie de semences de qualité se fait sentir ; elle oblige les agriculteurs de recourir à l’auto-
approvisionnement et au commerce informel de semences entre paysans. Cette distribution informelle de semences a
aussi un très mauvais effet sur le maintien de la pureté génétique.
Le vide laissé par les organismes publics a été comblé par les associations et les coopératives paysannes, les paysans-
multiplicateurs et les ONGs locales de développement ou les sociétés privées, souvent appuyés par des organismes
internationaux.
Ces organisations et agriculteurs individuels font le gros de la multiplication et de la distribution des semences en RDC
et, par conséquent, assurent la conservation des ressources phytogénétiques autochtones.
Certaines sociétés et fermes semencières privées, et en particulier les Plantations et Huileries du Congo (PHC), l’UNibRA,
la sCC, la société sucrière de Kwilu-Ngongo, le GAP, etc., assurent elles- mêmes leur recherche appliquée et multiplication
de semences améliorées.
malheureusement, très souvent, la production de ces semences ne suit aucune norme technique, malgré l’existence de
la réglementation régissant la production, le contrôle et la certification de ce matériel végétal. Comme résultat, souvent
ces semences sont de mauvaise qualité ou puisque ces variétés n´ont pas suivi un processus de purification variétale,
elles dégénèrent rapidement.
En RDC, il existe un catalogue national actualisé des variétés certifiées, fait par le sENAsEm avec la collaboration de la
FAO et de la coopération belge, mais pour quelques variétés seulement car il n´y a aucune organisation étatique qui peut
fournir des semences certifiées au niveau national.
Le sENAsEm (ancien bUNAsEm), créé en 1982, est la seule institution publique congolaise chargée du contrôle et de
la certification des semences, ainsi que de la promotion, la formation, l’identification et l’agrément des opérateurs
semenciers (producteurs et distributeurs). Les principales activités du sENAsEm sont :
• Les contrôles aux champs de multiplication : Le sENAsEm effectue trois ou quatre contrôles d’inspection par champ
semencier pour vérifier l´état phytosanitaire et contrôler la pureté specifique des semences produites pendant la
saison culturale.
• Dans les laboratoires d´essais de semences : une analyse physique (DHs et VAT) est faite pour évaluer le pouvoir
germinatif, le calibrage, etc. et une analyse sanitaire pour détecter des maladies. Les analyses d’essais des semences
sont réalisées par le Laboratoire National (Kinshasa) et certains laboratoires provinciaux (Lubumbashi, mbuji mayi
et bukavu) tous chargés de contrôle,normalisation et certification des semences.
• La production de semences améliorées (R1 et R2 certifiées). Le sENAsEm disposait de 8 fermes semencières
primaires équipées (Lombo - bas-Congo, Lusanga - bandundu, bili Equateur, mpoyi - Kasaï Oriental, mbekoshamba,
Dingila – Province Orientale, Kisamba - Kivu, Lubudi - Katanga). malheureusement, aujourd’hui,le sENAsEm ne fait
plus la multiplication de semences.
Depuis 1991 plusieurs fermes semencières et des laboratoires d´essais ont été pillés, vendus ou abandonnés, et le
sENAsEm se trouve actuellement dans une situation difficile. Le manque de moyens financiers compromet le bon
déroulement de ses missions, même si le sENAsEm facture les coûts (per diems et frais de mission des inspecteurs) pour
les prestations sur le terrain (contrôle ; échantillonnage, tests d’analyse, etc.).
Grâce à la collaboration avec la FAO et la Coopération belge, le sENAsEm a élaboré un catalogue national actualisé des
variétés certifiées qui compte 137 variétés autorisées à être produites et commercialisées. Dans ce catalogue figurent les
caractéristiques morphologiques, agronomiques et technologiques de chaque variété
47
République DémocR atique Du congo
TAbLEAU 18
Variétés inclues dans le catalogue national de Variétés du SenaSem
48
R appoRt national SuR l'état DeS ReSSouRceS pHY togénétiqueS pouR l'alimentation et l'agRicultuRe
CHAPiTRE 8
L’institut National pour l’Étude et la Recherche Agronomiques (iNERA), dépendant du ministère de la Recherche
scientifique et créé en mars 1970, est la principale organisation chargée de promouvoir le développement scientifique
de l’agriculture en RDC.
ses tâches principales sont la recherche agronomique, la coordination et le suivi de toutes les activités de recherche
agronomique du pays, la formation des chercheurs, la représentation de la RDC auprès des organismes internationaux et
le renseignement du gouvernement sur la recherche.
TAbLEAU 19
Structure actuelle de l´ineRa
Présentement, l´iNERA souffre du manque de moyens et du personnel. En effet, en 1960, l’institut National d›Etudes
Agronomiques au Congo (iNEAC), précurseur de l´iNERA à l´époque coloniale, disposait de 33 centres et plus de 400
agents et chercheurs. Aujourd´hui, l´iNERA ne compte que 5 centres, 4 stations et 19 chercheurs.
La cessation des activités des organismes internationaux dans les années 1990, et notamment les organisations de
Nations Unies et la banque mondiale (par le biais de l´iDA international Development Association) a agravé les difficultés
de l´iNERA.
L´iNERA se concentre dans quelques projets de sélection variétale des cultivars étrangers et dans la maintenance des
collections vivantes à cause de l’insuffisance d’allocations budgetaires, du manque d’équipements et d’infrastructures,
du personnel démotivé, etc… ses projets sont généralement financés dans le cadre de la coopération multilatérale par
des Organismes de recherche internationaux. On constate malheureusement que lorsque ces Projets arrivent à la fin, les
activités sont généralement aussi abandonnées. 49
République DémocR atique Du congo
selon l’évaluation menée en 2003 et 2004 par la FAO et le CiFOR, (Center for international Forestry Research), la recherche
agricole et forestière en RDC est totalement sinistrée. C’est l’image que presente l´iNERA, en tant que principal organisme
dans le domaine de la recherche agricole en RDC.
Le principal programme de l´iNERA dans le domaine des RPGAA est le Programme National de Conservation des
Ressources Phytogénétiques. Ce Programme a été initié en 1990 et il est basé au centre de l´iNERA à m´vuazi, avec des
antennes dans les centres de l´iNERA à mulungu et à Yangambi.
Les activités de ce Programme ont diminué et aujourd´hui elles se basent dans la description morphologique des
génotypes en collection (variétés et lignées locales et introduites) des principales cultures vivrières d’intérêt national. il
s’agit notamment de l’arachide, du soja, du niébé, du haricot, de l’igname, du manioc, du taro, de certaines légumineuses
secondaires (Psophorcarpus scandens, voandzou) et de sésame.
L´iNERA et le ministère de l´Agriculture ont mis en place depuis les années 70 des Programme Nationaux de recherche
spécifiques pour les cultures les plus importantes dans le pays, situés dans les différents centres et stations de l´iNERA,
comme on peut le voir dans le tableau ci-dessous.
TAbLEAU 20
programmes nationaux de Recherche en RDc
(*) Le Ministère de l´Agriculture a mis en place un autre Programme National du Riz qui ne dépend pas de l´INERA.
Les Programmes les plus importants sont le PNm, le PRONAm et le PNL, sous la tutelle de l’iNERA depuis 1990, et
ultérieurement coordonnés au sein du Projet de Recherche Agronomique Appliquée et Vulgarisation (RAV), financé par
l’UsAiD (United states Agency for international Development) avec le soutien scientifique des centres internationaux
CimmYT, iiTA, et CiAT appartenant au GCiAR.
Aujourd’hui, la plupart de ces Programmes connaissent des difficultés de fonctionnement par manque de moyens.
Les Programmes qui reçoivent un financement de la part des organismes internationaux continuent leurs activités ; c’est
le cas notamment du Programme National manioc avec le Projet iiTA-UsAiD de multiplication de boutures saines de
manioc dans les provinces du bas-Congo et du bandundu et le Programme National maïs dans le cadre du Projet PARsAR
pour la multiplication des semences dans ces mêmes provinces.
En dehors de l´iNERA, le Programme National Riz, qui dépend directement du ministère de l´Agriculture, a démarré
avec la coopération du gouvernement de Taiwan et a bénéficié de l’appui du Projet PRERP entre 1995 et 2001. ici aussi,
les activités du PNR sont réduites.
Pour pouvoir gérer de manière efficace et durable les ressources phytogénétiques de la RDC, un Comité National des
Ressources Phytogénétiques sera crée par décret. Ce Comité sera composé des représentants des ministères, services et
Organismes avec compétences dans la conservation, gestion et utilisation des RPGAA.
50
R appoRt national SuR l'état DeS ReSSouRceS pHY togénétiqueS pouR l'alimentation et l'agRicultuRe
8.3 besoins
En RDC, la situation de la recherche en général, et des programmes nationaux de recherche sur les RPGAA en particulier,est
considerée comme mauvaise.
Pour améliorer cette situation, une refondation de la recherche agricole en RDC s’avère indispensable ; car même
si quelques activités sont encore entreprises par certaines structures le manque de moyens ne permet pas de faire
davantage.
51
République DémocR atique Du congo
CHAPiTRE 9
LA COLLAbORATiON RÉGiONALE ET
iNTERNATiONALE
L’Etat congolais a procédé (ou est en train de procéder) à la ratification de conventions internationales présentant un
intérêt pour la protection des végétaux.
conventions signées et ratifiées par la RDc:
• Convention internationale pour la protection des végétaux (1952)
• Convention Africaine sur la Conservation de la Nature et des Ressources Naturelles (1968), ratifiée le 29 mai 1976
• Convention relative aux zones humides d’importance internationale Ramsar (1971) ratifiée le 25 juin1996
• Convention pour la protection du patrimoine mondial (1972) ratifiée le 19 juillet1985
• Convention sur le commerce international des espèces de faune et flore sauvages menacées d’extinction (1973)
ratifiée le 26 juillet 1982
• Convention sur la conservation des espèces migratrices appartenant à la faune sauvage (1979) ratifiée le 3 mars
1999
• Convention sur la diversité biologique (1992), ratifiée le 25 juin 1996
• Convention Cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (1992) ratifiée le 25 juin 1996
• Convention sur la lutte contre la désertification (1992) ratifiée le 8 janvier 1999
• Accord du 15 avril 1994 instituant l’Organisation mondiale du commerce, entré en RDC en vigueur le 01 janvier
1997
• Protocole de Carthagène sur la prévention des risques biotechnologiques (2000), ratifiée en février 2005
convention non signée par la RDc mais présentant un intérêt pour les ressources phytogénétiques:
• Convention africaine sur la conservation de la nature et des ressources naturelles (2004)
La République Démocratique du Congo, par le biais de l´iNERA, entretient des relations de collaboration en matière
de Conservation des RPGAA avec la plupart des organismes internationaux qui travaillent dans ce domaine au niveau
mondial, notamment avec les institutions appartenant au Groupe Consultatif pour la Recherche Agricole internationale
(CGiAR) comme c´est le cas de:
• Africa Rice Center (WARDA)
• bioversity international
• CiAT - Centro internacional de Agricultura Tropical
• CimmYT - Centro internacional de mejoramiento de maiz y Trigo
• CiP - Centro internacional de la Papa
• iCARDA - international Center for Agricultural Research in the Dry Areas
52 • iCRisAT - international Crops Research institute for the semi-Arid Tropics
R appoRt national SuR l'état DeS ReSSouRceS pHY togénétiqueS pouR l'alimentation et l'agRicultuRe
La RDC entretient également par le biais de CREN-K des relations de collaboration avec l´Agence internationale de
l´Énergie Atomique (AiEA) en matière d´amélioration et de conservation des RPGAA
Les structures de coopération technique pour les cultures agricoles les plus importantes en RDC sont :
• le manioc : L´iNERA s´appuie sur les institutions EARRNET (East Africa Roots Crops Research Network), iiTA, UsAiD,
sECiD (south-Eastern Consortium for international Development), GTZ (Coopération allemande) et FAO (Food and
Agriculture Organisation of United Nations) pour la multiplication et la distribution des boutures de manioc saines
et résistantes aux maladies et aux principaux ravageurs, à partir des variétés résistantes en provenance de l’iiTA.
L´iiTA en collaboration avec la FAO et avec le sECiD, a élaboré une proposition de «projet multidonateurs» sur la
filière manioc qui bénéficiera de l’appui de plusieurs partenaires bilatéraux et multilatéraux (Etats-Unis, belgique,
France, Allemagne, Union européenne, PNUD, Fondation Hanns seidel, etc.).
• les bananes avec la collaboration du Common Fund for Commodity (CFC) et l´international Network for
improvement of bananas and Plantain (iNibAP).
• les légumineuses (haricot, niébé, soja), avec la collaboration de l´ Eastern and Central Africa bean Research
Network (ECAbREN), CiAT, iCRisAT et iiTA.
• le Riz, avec la collaboration de iRRi et surtout, de WARDA dans les projets d´introduction et d´adaptation des
variétés NERiCA (notamment NERiCA 4, 6 et 7) en RDC. il faut remarquer que le Programme PRERP a déjà terminé
et réalisé avec le financement de la coopération italienne, et le Programme National Riz commencé avec le
financement du gouvernement de Taiwan.
• le maïs réalisé depuis 1977 avec la collaboration de CimmYT et des autres pays d’Afrique et d’Asie pour la recherche
de variétés performantes résistantes aux virus bigarré et la sclérosporiose, et à partir de 1980 avec l’iiTA pour la
sélection de matériel. Aujourd´hui les travaux de recherche de maïs se font avec l´appui de la coopération belge
dans le Projet PARsAR (financé aussi par la banque Africaine de Développement bAD) et un Projet d´appui à la
production de semences de base au bas Congo et au bandundu.
L’iNERA collabore avec quelques Organisations de recherche scientifique sous-régionales africaines comme :
• L’AsARECA (Association for strengthening Agricultural Research in Eastern and Central Africa). Cette association
regroupe (10) dix pays.
• CORAF (Conférence des Responsables de Recherche Agronomique de l’Afrique de l’Ouest et du Centre) qui
regroupe 18 pays,
• Le sACCAR (southern African Center for Coopération in Agricultural Research and Training) regroupant 6 pays.
• La sADC (southern African Development Community), la RDC fait partie de la sADC, qui travaille dans le processus
d’harmonisation des réglementations semencières. Ce processus est soutenu par la FAO dans le cadre des projets
GCP/367/FRA (Harmonisation des réglementations semencières en Afrique sub-saharienne) et TCP/RAF/2920
(strengthening the sADC seed security Network.
TAbLEAU 21
projets agricoles soutenus par la Fao en RDc
projets
OsRO/ZAi/402/bEL, Fourniture urgente d’intrants agricoles et mesures d’encadrement en faveur des populations déplacées du Kasaï Oriental et
Occidental
PNUD/FAOZAi/96/001, Assistance à la production semencière
PNUD/FAOZAi/96/002, Appui au système national de vulgarisation agricole;
PNUD/FAO ZAi/96/012, Assistance au programme national riz
PNUD/FAO RDC/2000/001, Appui aux producteurs au secteur agricole.
TCP/DRC/8922, Assistance d’urgence en cours pour la relance de la production agricole.
GCP/DRC/028/bEL, Appui au Développement de l’Horticulture Urbaine et Périurbaine (HUP)
DRC/2000/001, Appui aux producteurs du secteur agricole .
TCP/DRC/0066, Appui à la multiplication et à la distribution de boutures saines de manioc au bas-Congo et à Kinshasa
TCP/DRC/8923, Appui à la mise en œuvre d’une radio rurale locale communautaire.
OsRO/DRC/0101/FRA, Relance de la production de manioc et de patate douce en RDC par la lutte intégrée contre les maladies et les ravageurs.
53
République DémocR atique Du congo
projets
TCP/DRC/0066, Appui à la multiplication et à la distribution de boutures saines de manioc au bas-Congo et à Kinshasa.
TCP/DRC/3003, Appui à la réhabilitation du service national des semences. Protection des obtentions végétales, Catalogue National des espèces et
variétés.
TCP/DRC/2907, Appui au développement de l›approche champs écoles paysannes (CEP).
TCP/DRC/3002, stratégie de contrôle et de surveillance de la qualité alimentaire.
TFD-03/DRC/006, multiplication et diffusion des semences améliorées d’arachide aux regroupements paysans (mDsARP).
GCP/367/FRA, Harmonisation des réglementations semencières en Afrique sub-saharienne. Dans le cadre de la southern African Development
Community (sADC).
TCP/RAF/2920, strengthening the sADC seed security Network. Dans le cadre de la sADC.
GCP/DRC/036/EC, Relance de la recherche agricole et forestière.
GCP/GLO/162/EC, Programme conjoint FAO-Union européenne sur la sécurité alimentaire.
GCP/DRC/032/FRA, Vulgarisation du code forestier.
GCP/DRC/033/bEL, Développement de la foresterie communautaire.
GCP/DRC/029/EC, sécurité alimentaire et génération des revenus par l’assistance aux petits producteurs et par un appui à l’iNERA pour une
augmentation durable de la production du manioc.
GCP/iNT/758/EC-DRC, Etude d’évaluation des capacités opérationnelles de différentes stations de recherche agricole de l’iNERA.
GCP/iNT/950/EC, Etude des capacités de recherche agricole et forestière et des facteurs de durabilité de l’iNERA.
TAbLEAU 22
projets agricoles soutenus en RDc par d´autres organismes internationaux de coopération
internationale
projet organisation
Fonds Commun multi-bailleurs Gouvernance Forestière. 2006. banque mondiale
initiative qui a pour objectif la bonne gouvernance forestière
et l’exploitation durable. Ce fonds vise à soutenir la mise en
œuvre du Code forestier et de l’agenda prioritaire des réformes
congolais.
Appui à la gestion durable des forêts Le WWF travaille au niveau WWF – Avocats verts
législatif forestier et aide à modéliser les plans d’aménagement
des concessions forestières (1,75 millions d’euros).
Préservation de la biodiversité dans les parcs du Patrimoine UNEsCO - iCCN
mondial de la RDC (2 millions d’euros).
Formation des cadres forestiers à l’Ecole Régionale post UNEsCO
universitaire d’Aménagement et de Gestion intégrés des Forêts
Tropicales (ERAiFT) (0,9 millions d’euros).
bonne gestion en matière de gestion forestière (500 000 euros) banque mondiale
mise en place d’un système d’information pour la gestion des UNEsCO, iCCN, UGent, UCL
régions protégées (850 000 euros)
Projet RAV - Projet de Recherche Agronomique Appliquée et UsAiD
Vulgarisation
Projet sECiD/UsAiD UsAiD
Projet iiTA/UsAiD. Projets iiTA et FAO de recherche et UsAiD
multiplication de Variétés résistantes à la mosaïque
Projet PARsAR/bAD. multiplication de semences à bandundu et banque Africaine de Développement – bAD
bas Congo. iNERA Gimbi et iNERA Kiyaka et iNERA m´vuazi
Projet maïs Kasaï oriental
Projet CiALCA. Consortium for improving Agriculture based in AsARECA et Coopération belge
Central Africa.
La RDC a bénéficié de la collaboration des bailleurs de fonds comme la FAO, l’OUA, l’UNEsCO (mAb), l´UsAiD, l´UNDP, le
PNUAF, la CEPGL, la coopération belge, etc. et d´autres organisations internationales comme l’UiCN et la WWF.
La FAO dans le cadre du Programme spécial de sécurité alimentaire (PssA) de la RDC, et par le biais des programmes
de coopération technique (PCT) et des opérations agricoles d’urgence (OsRO) a mis en place plusieurs projets qui
s’intéressent à la conservation des ressources phytogénétiques.
54
R appoRt national SuR l'état DeS ReSSouRceS pHY togénétiqueS pouR l'alimentation et l'agRicultuRe
CHAPiTRE 10
La faiblesse dans la diffusion de semences améliorées et dans la vulgarisation des nouvelles variétés en RDC est perçue
comme un facteur majeur dans la chute dramatique de la production agricole. Les principales causes de cette faiblesse
sont:
• L’absence d’activités de vulgarisation et diffusion des nouvelles variétés du service National de Vulgarisation (sNV),
due au manque de moyens.
• La pénurie de semences de qualité (R1 et R2 certifiées) livrées par les services étatiques. Les semences G0-G4
multipliées dans les centres de l´iNERA n´arrivent que dans des villages situés aux alentours de ces centres, à cause
des quantités minimes de cette multiplication.
• L´absence de nouveaux matériaux créés par l´iNERA, sauf les nouvelles variétés étrangères adaptées au milieu
congolais après des essais multilocaux.
Le sNV est chargé de vulgariser les technologies et semences améliorées, et d’encadrer les organisations paysannes.
Aujourd’hui, la plupart de ces activités sont faites par les ONGs de développement, les groupements de producteurs, les
petites entreprises rurales ou les grandes sociétés privées.
Cette faiblesse des services étatiques de semences dans la diffusion de ces dernières a lieu au moment où la demande
de semences croît. Ce déséquilibre entre l´offre et la demande de semences est actuellement profond parce que, pendant
la guerre, la population a perdu une bonne partie du matériel de production qu’elle détenait avant les conflits.
Dans la diffusion de semences améliorées, le service National de Vulgarisation (sNV) joue un rôle principal en tant
qu´encadreur des paysans dans le milieu agricole, par le biais de la vulgarisation des technologies et semences améliorées
et l´encadrement des organisations paysannes et des ONGs de développement.
Le sNV collabore aussi avec le sENAsEm dans l’identification des opérateurs et multiplicateurs semenciers (ONGs,
groupements de producteurs, petites et moyennes entreprises rurales et grandes sociétés privées), la formation des
multiplicateurs sur différents thèmes techniques de gestion des exploitations semencières et d’assistance en matière de
maintenance variétale et production des semences.
Ces activités dont le sNV est chargé en tant que intermédiaire naturel avec les producteurs, ont souffert d’un manque
de moyens réels, et actuellement, plusieurs de ces tâches sont faites par des encadreurs privés ou des ONGDs, qui n’ont
pas les compétences voulues en cette matière.
Le plus grand problème pour les RPGAA en RDC est, peut-être, l´absence d´une organisation permettant l’accès facile
des agriculteurs aux semences améliorées, aux nouvelles variétés et aux anciens cultivars.
Le renforcement de ces structures qui ont pris le relais du sENAsEm et du sNV, et la stabilisation des marchés de
semences améliorées sont des priorités pour l´amélioration de la situation actuelle.
Les principales variétés des cultures de base diffusées en RDC sont :
• le maïs: L´iNERA, à travers son programme national maïs a diffusé quelques variétés à haut rendement résistantes
aux principales maladies et insectes. On peut citer : babungo, samaru, Kasaï 1 et salongo 2.
• le riz : Les principales variétés diffusées en RDC sont : iRAT 112, iRAT 13, PNR 1, iAO2, NERiCA7, LiENGE et LiOTO
pour le type pluvial ; Jasmine et Hubei 6 pour le type irrigué, et siPi et PRERP1 pour le type de bas fond.
• le froment : En collaboration avec le CimmYT/mexico et le CimmYT/Kenya, on a sélectionné et diffusé quelques
variétés dans le cadre du Projet miDEmA. 55
République DémocR atique Du congo
• le haricot : Le Programme National Légumineuses (PNL), à la recherche des variétés résistantes aux maladies, a
diffusé au moins 50 variétés introduites ou locales améliorées, comme les anciens cultivars muhinga et munyu
diffusés depuis 1980 et, plus récemment, les variétés Aliya, Kihembe, Kirundu, Tendesi et Tuta.
• le soja : le PNL a diffusé en RDC plusieurs variétés étrangères.
• le manioc : L’iNERA à travers son Programme Nationale manioc (PRONAm), créé en 1974, a réussi à diffuser quelques
variétés à haut rendement, résistantes aux principales maladies et insectes nuisibles du manioc, précoces, et à
faible teneur en acide cyanhydrique. On peut retenir des anciennes variétés comme Kinuani, Tshilobo, F100, Pululu
et musuabuloba. Depuis 1995, avec la recrudescence des maladies (la mosaïque, l’anthracnose et la bactériose) et
insectes ravageurs (notamment la cochenille farineuse, la cochenille africaine des racines et tubercules et l’acarien
vert), l’iNERA, en collaboration avec l´iiTA qui a introduit 2OO clones élites à partir d’ibadan, a développé et diffusé
en RDC plusieurs variétés, grâce au financement de l´UsAiD et à la contribution de la FAO.
• le niébé : il faut souligner la diffusion de la variété muyaya, dans le cadre du PNL.
• l´arachide : En plus d’autres variétés diffusées dans le cadre du PNL on peut retenir les bumbandji, mandingu et
A65.
• la patate douce : La variété mulungu i créée et diffusée depuis 1996 dans le cadre du Programme National de
Recherche des Tubercules à mulungu.
• la pomme de terre : la plupart des variétés diffusées en RDC sont des variétés étrangères introduites du burundi
et du Rwanda, dûes à la culture à faible échelle au niveau national. il faut souligner la diffusion de la variété locale
marita.
• la banane : Dans le cadre du Programme National Fruits et bananes, il faut souligner la diffusion des variétés
Ndongila et mpoyo pour le bananier plantain (Musa paradisiaca).
• cultures industrielles: Pour les cultures industrielles (coton, palmier à huile, café, cacao, etc.), la plupart des
variétés diffusées en RDC proviennent de l´étranger et ont été introduites dans le cadre de la collaboration avec les
organismes internationaux de coopération technique.
La République Démocratique du Congo a encore un long chemin à parcourir pour aboutir à une situation où les
agriculteurs ont accès aux nouvelles variétés agricoles disponibles sur les marchés mondiaux des semences.
Aussi, avec la faiblesse de la filière de multiplication des semences améliorées, le partage entre les paysans des
nouveaux cultivars issus de la propre recherche scientifique congolaise se trouve en difficulté par la pénurie de semences
de qualité et les difficultés dans la distribution et la diffusion de semences.
En effet, la distribution de semences améliorées s´est restreinte à cause du manque des multiplicateurs fiables, au
contrôle inadéquat de la qualité des semences dans l´autoproduction semencière et au rôle limité du secteur privé
des semences. La multiplication de semences est faite dans une grande partie par des petites associations paysannes
ou coopératives avec une capacité réduite de mettre en place un vrai système de production et commercialisation de
semences.
Cette situation de faiblesse de la filière semencière congolaise a eu lieu au même moment où la demande des semences
croît, et le déséquilibre entre la fourniture et la demande cause une instabilité significative à l’agriculteur, aggravé par la
perte du matériel de propagation due aux conflits armés.(cette idée a déjà été traitée).
Tous ces facteurs ont inhibé le bon développement du marché semencier à échelle nationale, et cette faiblesse dans
la distribution et commercialisation des semences améliorées de qualité est perçue comme une cause majeure dans la
chute dramatique de la production agricole.
La distribution de semences en RDC se fait entre paysans ou dans les petits marchés villageois, où ils n´arrivent que
les semences produites au niveau local et, dans les aires ayant des voies de communication suffisantes, des variétés
étrangères importées.
Les semences améliorées d´origine congolaise, se trouvent normalement dans les environs des centres de l´iNERA qui
sont encore actifs ou chez des multiplicateurs de première ou deuxième génération, mais la production est trop faible
pour satisfaire les besoins nationaux.
Les zones qui se trouvent dans une région avec des problèmes d´accessibilité (une grande partie de la RDC) et éloignées
des multiplicateurs de semences améliorées, ont du mal à trouver des semences de qualité, soit importées de l´étranger,
soit multipliées en RDC. Les paysans qui habitent dans ces régions, doivent utiliser, donc, des semences autoproduites ou
56 échangées avec d´autres paysans, avec une diminution de la qualité et de l´état phytosanitaire de la semence.
R appoRt national SuR l'état DeS ReSSouRceS pHY togénétiqueS pouR l'alimentation et l'agRicultuRe
Preuve de cette faiblesse est la recrudescence de la mosaïque africaine, qui a évolué très rapidement en profitant des
mauvaises pratiques agronomiques et culturales du point de vue phytosanitaire, et par une pénurie des boutures de
manioc disponibles pour le paysan, du fait que la plupart des agriculteurs ont utilisé les mêmes variétés très susceptibles
à la maladie.
57
République DémocR atique Du congo
CHAPiTRE 11
La République Démocratique du Congo RDC connaît une situation d’insécurité alimentaire dramatique qui ne cesse de
s’aggraver ces dernières années . La proportion des personnes en insécurité alimentaire a augmenté de 32% en 1990 à
71% en 2002, soit une croissance estimée de 12,2 à 35,5 millions durant la même période.
Les causes principales de cette insécurité alimentaire sont l´augmentation démographique, la baisse dans la production
agricole et les déplacements massifs des populations à cause des conflits armés9.
Le secteur agricole s´est dégradé progressivement par l’abandon des terres, le pillage et l´impossibilité du
renouvellement des intrants (semences, outils agricoles). À titre d´exemple, la baisse de la production agricole à partir
du début des années 1990 s´estime à 68% pour la production de café, à 47% pour la banane plantain et à 24% pour le
manioc. Les exportations agricoles ont sérieusement chuté ; par exemple, les exportations de café ont baissé de 95%
entre 1990 et 2002.
La pauvreté, la forte hausse des prix des denrées alimentaires de base et la faiblesse du pouvoir d’achat se reflètent par
une alimentation pauvre à base de manioc et de feuilles de manioc pour une majorité de la population. Près de 73% de la
population, soit plus de 42 millions de personnes, n’atteignent pas le niveau minimal d’apport calorique (FAO, 2003). La
malnutrition chronique s’est aggravée et plus de 92% des ménages ne prennent qu’un ou deux repas par jour (sENAREC,
2004).10
même si la situation a commencé une amélioration, la réalité reste grave: des estimations récentes indiquent que 10%
de la population de Kinshasa souffrent d’une malnutrition aiguë, contre 6% en 1998. Plusieurs enquêtes constatent une
prévalence de la malnutrition des enfants d’environ 4% dont 20% de retard de croissance sévère.
Pour compenser l’écart entre les besoins et les disponibilités alimentaires, la RDC a dû recourir à l’importation de
quantités de plus en plus importantes de céréales (29% de la consommation du pays), des mesures d´urgence que
l´économie du pays peut difficilement supporter.
Dans cette situation, une meilleure gestion des ressources phytogénétiques pour l´alimentation et l´agriculture peut
avoir un impact très important dans la production agricole et, comme conséquence, dans la sécurité alimentaire de la
population rurale congolaise.
L´utilisation de semences améliorées des variétés plus performantes ou résistantes aux principales maladies des
végétaux peut aider à surmonter la situation actuelle de pénurie dans l´approvisionnement des aliments de base. La
situation actuelle est très difficile, avec une filière de recherche, multiplication, certification, diffusion et distribution des
semences dans un état de faiblesse.
Pourtant, la stabilité politique et les premiers signes de redressement économique peuvent indiquer un changement
dans la tendance négative dont la République Démocratique du Congo est tombée depuis 1991. Quelques expériences
sont déjà en cours, avec des résultats encourageants, si bien encore dans une très petite échelle. C´est le cas de :
• la culture du manioc (Manihot esculenta) connaît un grave problème issu de l´expansion de la mosaïque, qui
affecte 70% des cultures, avec des pertes de productions très importantes.. Les travaux de sélection des variétés
résistantes et la diffusion des variétés les plus tolérantes a permis de contrôler cette maladie ce qui a eu un impact
très important dans l´alimentation de millions de congolais.
• la culture du riz (Oryza sativa) a connu une augmentation dans la production suite aux deux facteurs stratégiques
ci après, mis en place par le PNR et l’iNERA : l´introduction de nouvelles lignées-variétés performantes et l´extension
des superficies rizicoles.
9 À la fin de 2007, la RDC comptait encore près d’un million de déplacés internes et 360.000 déplacés dans des pays voisins.
10 En RDC la consommation calorique a connu une diminution constante au cours des dernières années, de 2.110 calories par personne par jour en 1979-1981 à
1.610 calories en 2001-2003. Le résultat d´une enquête à Kinshasa en 2002 donne une valeur énergétique de 1.380,8 calories par personne par jour, c´est à dire,
un déficit alimentaire de 40% par rapport aux 2.300 conseillées par les nutritionnistes comme seuil minimal nécessaire permettant à une personne de mener
une vie active et saine.
Par rapport aux protéines, la ration journalière de l’habitant de Kinshasa représente 33,2 grammes contre 70 recommandés par jour et par personne (25
58 informations sur la sécurité alimentaire en RDC, 2002).
R appoRt national SuR l'état DeS ReSSouRceS pHY togénétiqueS pouR l'alimentation et l'agRicultuRe
• les cultures maraîchères ont une importance énorme dans l´alimentation des congolais, à cause de leur teneur
élevée en protéines par rapport aux cultures de base, comme le manioc. La plupart de variétés utilisées dans
la production maraichère sont d’origine étrangère, plus productives, mais il y a aussi des variétés ancestrales et
même des plantes sauvages domestiquées, très appréciées par la population.
Les principales recommandations issues de l´Atelier de clôture du Projet TCP/RDC/3104 en mai 2009 pour renfoncer la
contribution des RPGAA à la sécurité alimentaire en RDC sont :
• La réalisation d’un travail de recensement des variétés locales des principales cultures (inventaire et récolte de
semences et valorisation);
• La reconstitution des plantations de cultures industrielles en état d´abandon (Hévéa, Palmier à huile);
• Le financement à moyen terme des programmes d’investigation, le renforcement des organismes nationaux de
recherche et la coordination nationale des efforts consacrés aux RPGAA en RDC.
• La promotion des cultures maraîchères en milieu urbain et périurbain, les jardins potagers des parcelles jouant un
rôle de premier niveau dans la lutte contre la sécurité alimentaire;
• La diffusion des variétés de manioc tolérantes à la mosaïque et la vulgarisation des bonnes pratiques agricoles
pour éviter la contamination des cultures avec l´introduction des plantes infectées;
• La promotion des espèces locales, comme certaines légumineuses dont le Kikalakasa (Psophocarpus scandens),
le mfumbwa (Gnetum africanum) ou les amarantes (Amaranthus sp.) pour leurs valeurs alimentaires supérieures à
celles des espèces exotiques;
• La création d´un centre d´excellence de RPGAA en RDC ;
• La promotion de nouvelles techniques de préparation des aliments, comme le matembele (feuilles de patate
douce) ou la farine de soja mélangée avec celle du maïs;
• La culture des arbres fruitiers sélectionnés à haut rendement comme le mandarinier (Citrus reticulata), l´oranger
doux (Citrus sinensis), le pamplemoussier (Citrus maxima), le mangoustanier (Garcinia mangostana), le manguier
(Manguifera indica), l´avocatier (Persea americana), le safoutier (Dacryodes edulis) et l´arbre à pain (Artocarpus incisa
non semnifera).
59
République DémocR atique Du congo
ANNEXE 1
62
R appoRt national SuR l'état DeS ReSSouRceS pHY togénétiqueS pouR l'alimentation et l'agRicultuRe
ANNEXE 2
63
République DémocR atique Du congo
65
République DémocR atique Du congo
66
La RDC doit surmonter des défis liés à la faiblesse des institutions de recherche, de certification, et de distribution des semences . De plus, il faut contrer les problèmes de dégénérescence matérielle et le manque de variétés résistantes aux maladies et aux ravageurs cultivées localement .
La conservation ex situ consiste à conserver le matériel génétique en dehors de son milieu d'origine, souvent dans des banques de gènes . Cependant, en RDC, elle est limitée car il n'existe pas de capacité nationale pour cette conservation à l'intérieur du pays, les échantillons étant principalement stockés à l'étranger .
La stratégie comprend des efforts de récupération, d'homogénéisation et de purification variétale des anciens cultivars. Ces démarches visent à améliorer les rendements et à préserver le savoir-faire ancestral, mais aucune action organisée par l'État n'a encore été déployée .
L'introduction de variétés étrangères a souvent augmenté la productivité mais peut compromettre la sécurité alimentaire à long terme si ces variétés ne sont pas adaptées aux conditions locales ou si elles remplacent des variétés locales cruciales pour la résistance aux maladies et aux climats .
Les conflits armés en République Démocratique du Congo ont entraîné l'abandon d'une partie importante des plantations, ce qui a conduit à la perte de nombreux écotypes locaux . Ce contexte a dégradé la capacité des institutions publiques de recherche à travailler sur la conservation des ressources phytogénétiques pour l'alimentation et l'agriculture (RPGAA).
Le manque d'un marché formel pour les semences locales rend difficile la promotion et la conservation de la biodiversité agricole locale. Les semences sont souvent échangées de manière informelle entre agriculteurs, ce qui complique le maintien de la pureté génétique et accroît la vulnérabilité à la dégénérescence .
Les agriculteurs congolais préfèrent souvent les variétés ancestrales en raison des habitudes gastronomiques, des propriétés organoleptiques, et du coût élevé des semences améliorées . Ces variétés sont conservées pour leurs usages multiples, notamment alimentaires, rituels et médicinaux .
Les obstacles incluent la fermeture des fermes semencières opérées par le SENASEM, la faiblesse des organismes de multiplication des semences, et l'arrêt quasi-total des activités de vulgarisation par le service national . Cela exige une reconnaissance et un soutien significatif pour promouvoir les variétés locales .
Des initiatives internationales, telles que le projet de multiplication de boutures finançé par la FAO et l'USAID, ont collaboré avec l'INERA pour développer et diffuser des variétés de manioc résistantes aux maladies et aux ravageurs, contribuant ainsi à la conservation de cette ressource clé pour la sécurité alimentaire .
Les programmes d'urgence en matière de sécurité alimentaire ont parfois facilité l'entrée de cultivars étrangers, ce qui peut menacer la diversité locale en négligeant les écotypes adaptés au milieu local . Cela pose un risque de réduire l'utilisation de variétés ancestrales .