Introduction aux tests d'hypothèses en R
Introduction aux tests d'hypothèses en R
Ce paragraphe est essentiellement théorique, étayant les notions clefs relatives aux tests
d’hypothèses. Ces concepts théoriques seront illustrés par des exemples dans les para-
graphes suivants. N’hésitez pas, si certains concepts sont peu clairs en première lecture,
d’y revenir après avoir exploré les exemples proposés dans la suite du chapitre.
1
Soit un échantillon de n observations {x1 , · · · , xn }, réalisations de n v.a. X1 , · · · , Xn
indépendantes. Dans ce chapitre, les tests d’hypothèses distingueront trois situations,
selon que ces v.a. suivent une :
• Distribution connue ;
• Distribution inconnue mais dont on soupçonne la nature qui devra être vérifiée ;
• Distribution inexistante.
I L’hypothèse nulle H0 est l’hypothèse privilégiée. Le test tourne autour d’elle. Elle
sera rejetée uniquement si les données de l’échantillon opposent des arguments hautement
probables à son non-rejet. Parfois, selon le contexte du test, ne pas rejeter H0 revient à
dire qu’il ne se passe rien, le tests n’étant alors pas concluant.
Ne pas rejeter H0 ne prouve pas qu’elle soit vraie. On ne rejette pas H0 soit parce que :
• on n’a pas pu accumuler suffisamment d’observations contre elle. Dans ce cas, les
données ne sont pas incompatibles avec H0 et l’on n’a pas de raison suffisante de lui
préférer H1 compte-tenu des résultats obtenus sur base de l’échantillon (un nouvel
échantillon pourrait d’ailleurs conclure au rejet de H0 ) ;
• H0 fut confrontée à une contre-hypothèses H1 irréaliste ou excessive ;
• H0 est vraie.
• l’hypothèse qu’il est le plus grave de rejeter à tort. On choisit H0 et H1 de telle sorte
que le pire scénario soit d’accepter H1 alors que H0 est vraie. Ce scénario aura une faible
probabilité α de se réaliser, risque fixé a priori (le “scénario catastrophe” dépend souvent
du point de vue considéré et du domaine de l’étude [médical, etc.]) ;
• l’hypothèse dont on a admis jusqu’à présent la validité. La contre hypothèse H1 est
2
suggérée par une nouvelle théorie ou une expérience récente. Si le test conduit à rejeter H0 ,
on aura donc démontré H1 au risque α de se tromper ;
• l’hypothèse qui permet de construire le test car seule hypothèse facile à formuler,
permettant – la supposant valide – de calculer la loi de probabilité (ou distribution) d’une
variable aléatoire sur laquelle on peut fonder le test.
Plus précisément, cette “mesure” est une probabilité calculée grâce à la distribution de
probabilité de la statistique de test. Cette distribution (d’échantillonnage) est établie en
admettant que H0 est vraie distribution sous H0 . L’hypothèse H0 est favorisée surtout
à cette étape. Cette distribution donne la probabilité que la statistique de test prenne
une valeur donnée, probabilité qui décidera du rejet éventuel de H0 . De plus, et c’est-là le
point essentiel du test, cette probabilité quantifie le risque de rejeter H0 par erreur.
Plus globalement, cette distribution introduit une notion de distance qui permet de juger
si 2 paramètres statistiques (2 moyennes, 2 médianes, 2 variances, etc.) sont “éloignés” ou
si deux ou plusieurs familles de paramètres statistiques (1 famille d’effectifs observés et 1
famille d’effectifs théoriques, deux collections de rangs, etc.) sont“éloignées”.
(i) Erreur de première espèce : le test rejette H0 alors que H0 est vraie ;
(ii) Erreur de seconde espèce : le test ne rejette pas H0 alors que H0 est fausse.
On ne peut minimiser simultanément ces deux erreurs : diminuer l’une se fait au détriment
de l’autre. Ces erreurs sont incompatibles. L’hypothèse H0 étant privilégiée, on veut avant
tout contrôler le risque de première espèce de rejeter H0 à tort, cherchant à minimiser
ce risque (mais pas trop, sinon le test perd tout son sens dans la mesure où H0 ne serait
jamais remise en cause, qu’elle soit vraie ou fausse). Généralement, on construit un test tel
3
que la probabilité de l’erreur de première espèce soit bornée par un seuil α fixé a priori :
P (Rejeter H0 | H0 vraie) ≤ α.
Une fois maı̂trisé ce premier risque – Test au niveau α –, on cherchera ensuite à améliorer
le test de façon à minimiser le risque de deuxième espèce β de garder H0 à tort :
β = P (Accepter H0 | H0 fausse).
Il n’est pas toujours aisé de déterminer le test qui minimise β tout en respectant le niveau
α. Cette optimisation dépasse le cadre de ce cours. Pour la suite, on visera prioritairement
à construire un test de niveau α sans toujours se préoccuper de la probabilité β. Cela dit,
le paragraphe ci-après donne deux trois clefs susceptibles d’améliorer l’efficacité d’un test.
Toute information complémentaire sur le (les) échantillon(s) impliqué(s) dans un test aug-
mente la puissance du test.
On a donc intérêt à fournir au test tous les renseignements fiables dont on dispose sur
les échantillons. Il existe des tests spécialement prévus pour vérifier les propriétés des
échantillons : test sur l’égalité de variances, test de normalité, etc.
Les logiciels de statistiques disposent d’options précisant aux tests toute information per-
tinente. Attention cependant aux options par défaut ! A verifier dans le manuel du logiciel...
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1.6 Seuil de signification du test
On consent à l’avance au risque α de rejeter à tort l’hypothèse nulle H0 dans l’éventualité
où elle serait vraie. A ce risque, parfois appelé seuil de signification du test ou niveau
du test, la distribution de la statistique de test (établie sous H0 ) associe une région
de rejet de H0 , appelée également région critique. L’aire de cette région couvre une
probabilité α.
Par exemple, choisir α = 0.05 signifie que l’on admet d’avance que la statistique de test
(v.a. d’échantillonnage) peut – conséquence du seul hasard dû à l’échantillonnage – prendre,
dans 5% des cas, une valeur située dans la zone de rejet de H0 , ceci bien que H0 soit vraie.
Cette distribution d’échantillonnage définit une région complémentaire, dite région de
non-rejet de H0 , couvrant une probabilité 1 − α.
Au niveau de test α, la zone de rejet ZRα de H0 est déterminée de telle sorte que :
où Tn est la valeur prise par la statistique de test sur l’échantillon. Une fois ZRα déterminée,
le risque de deuxième espèce se définit par la zone complémentaire :
La zone ZRα est déterminée, entre autres, par le contenu des hypothèses H0 et H1 . Elle
peut être un intervalle de nombres réels ou la réunion de deux intervalles disjoints.
La stratégie consiste à fixer avant tout le niveau α du test, fixant préalablement le risque
que l’on prend de rejeter H0 à tort. Les niveaux les plus utilisés sont α = 0.05 et α = 0.01.
Pour α = 1%, par exemple, la valeur de la statistique de test (établie sous H0 ) a une proba-
bilité (maximale) de 0.01 d’être non comprise dans la zone d’acceptation de H0 , induisant
le rejet d’une H0 vraie. On est donc prêt à rejeter indûment H0 avec une probabilité de 1%.
,→ EXEMPLE. Soit un niveau fixé α = 0.05 et supposons que la statistique de test soit
une v.a. distribuée selon une normale réduite N (0, 1). Le graphique ci-après illustre les
différentes zones de rejet, selon que l’hypothèse alternative H1 soit unilatérale ou bilatérale.
Supposons, affinant notre exemple, un test de conformité comparant la moyenne inconnue
µ d’une population (représentée par un échantillon) à une moyenne de référence µ0 . L’hy-
pothèse nulle étant H0 : µ = µ0 , les trois alternatives H1 possibles sont :
5
Test unilateral a gauche Test bilateral Test unilateral a droite
-1.64
-1.96
1.96
1.64
Rejet H0 Non Rejet H0 Rejet H0 Non Rejet H0 Rejet H0 Non Rejet H0 Rejet H0
5% 2.5% 2.5% 5%
-3 -2 -1 0 1 2 3 -3 -2 -1 0 1 2 3 -3 -2 -1 0 1 2 3
H1 : µ < µ0 H1 : µ 6= µ0 H1 : µ > µ0
Pour l’alternative bilatérale H1 : µ 6= µ0 , la zone de rejet de H0 est répartie sur deux aires
disjointes (symétriques par rapport à 0) contrairement aux alternatives H1 unilatérales dont
la zone de rejet de H0 est entièrement située soit à droite soit à gauche de la distribution.
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2 Test de conformité : un exemple
Illustrons les principales étapes planifiant un test à l’aide d’un exemple, celui où la moyenne
d’une population ℘ – représentée ici par un échantillon – est comparée à une moyenne
de référence. Il s’agit d’un test de conformité : la moyenne inconnue µ de ℘ – d’où
provient l’échantillon – est comparée à une moyenne µ0 fixée a priori.
Ainsi, on oppose deux hypothèses H0 et H1 qui résument les enjeux de cette expérience :
(
H0 : E n’est pas meilleur que les engrais précédemment utilisés;
H1 : E est meilleur.
Pour faire simple, l’efficacité d’un engrais sera lié à la croissance de la plante. L’échantillon
traité avec E fournit n tailles (en cm) : E = {23 19 25 21 18 22 18 23 19 24}.
Sur base de cet échantillon, peut-on affirmer que la moyenne des tailles de la population ℘
est plus élevée que la moyenne µ0 des tailles de la population Υ ?
Un test adapté sera construit afin de répondre spécifiquement à cette question. Rappelons
un point primordial du test : H0 et H1 ne sont pas traitées équitablement. L’hypothèse
nulle H0 est favorisée par rapport à l’hypothèse alternative H1 , ceci afin d’éviter autant
que possible un faux positif (rejeter H0 alors qu’elle est vraie) et s’assurer qu’un rejet de
H0 – pourtant favorisée – prouve que l’échantillon penche significativement en faveur de
H1 . Autrement dit, si on rejette la position “neutre” H0 , c’est qu’on n’a vraiment pas le
choix ! Rejeter H0 implique alors que H1 est “très” probablement vraie. “Probablement”
signifie qu’il existe un risque d’erreur, risque inhérent à toute démarche statistique ! On
bornera évidemment ce risque par un seuil au-delà duquel ce risque devient inacceptable.
A partir d’un échantillon E, on veut ici inférer sur la population ℘. On espère – peut être
à tort – que E permette de comparer ℘ avec Υ, cette dernière population étant représentée
par sa moyenne µ0 connue. La moyenne de E, estimation de la moyenne de ℘, est ainsi
comparée à une valeur de référence µ0 . Le test suppose vérifié les points suivants :
• Les éléments de E sont prélevés aléatoirement, indépendamment les uns des autres.
• Soit la v.a X = taille d’une plante prise au hasard dans ℘. Alors X ∼ N (µE , σE ).
La moyenne µE est inconnue. La variance σE2 n’est pas forcément connue.
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• La moyenne µ0 des tailles des plantes Υ non traitées avec E vaut µ0 = 20 cm ;
La moyenne de E vaut x̄n = 21.2 ⇒ 21.2 > µ0 = 20, moyenne calculée en R comme suit :
> tailles<-c(23,19,25,21,18,22,18,23,19,24)
> mean(tailles)
H0 : µE = µ0 vs H1 : µE > µ0
L’hypothèse alternative H1 est ici unilatérale car on veut tester une éventuelle amélioration
(traduite par µE > µ0 ) du nouvel engrais, les autres options (µE 6= µ0 ou µE < µ0 ) ne nous
intéressant pas ici. Ces hypothèses H0 et H1 sont incompatibles. La valeur de référence
µ0 = 20 est connue et fixée. L’étude vise donc à déterminer dans le test opposant :
H0 : µE = 20 vs H1 : µE > 20
si l’hypothèse H0 doit être rejetée on non. On rejettera H0 si l’écart x̄n − µ0 est “très
grand”, c’est-à-dire – vu notre logique unilatérale – si x̄n est “nettement plus grand” que
µ0 . “Mesurer” l’écart x̄n−µ0 , càd. décréter qu’il est “grand” ou “petit”, sera possible grâce
à la distribution de cet écart x̄n −µ0 .
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où xi sont les n = 10 éléments de l’échantillon E. Cette estimation substitue à N (0, 1) une
distribution de Student t9 à 9 degrés de liberté (voir chapitre sur l’inférence ponctuelle) :
√
10(X n − 20)
T = ∼ t9
sn
La v.a. T est appelée une Statistique de test. L’estimation sn = 2.5734 de l’écart-type
est calculée avec R sur l’échantillon E comme suit :
> tailles<-c(23,19,25,21,18,22,18,23,19,24)
> sd(tailles) √
10(21.2 − 20)
T = = 1.475
2.5734
La valeur T = 1.475 mesure l’écart entre la moyenne observée sur l’échantillon E et la
moyenne théorique de référence µ0 = 20. Que conclure de cet écart ?
F REMARQUE. N’oublions pas que toute probabilité est calculée sous H0 , càd. suppo-
sant H0 vraie. D’où la notation P (· | H0 ). Si, pour alléger l’écriture, cette notation condi-
tionnelle sera souvent omise, cela n’ôte rien au fait que l’on travaillera toujours sous H0 .
appelée p-valeur du test. Elle dépend de la valeur de la statistique de test T prise sur les
observations (dans notre exemple : T = 1.475). Ce résultat clef du test préside au rejet
éventuel de H0 . La p-valeur est la probabilité de rejeter H0 alors que H0 est vraie. C’est
pourquoi on ne rejette pas H0 si la p-valeur dépasse un seuil α fixé a priori. Par conven-
tion, on adopte souvent deux seuils de risques : α = 0.05 et α = 0.01.
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Tout test effectué en R fournit systématiquement la p-valeur. Plus petite est la p-valeur,
plus petit est le risque de rejeter une H0 vraie, plus le test est significatif.
α significativité du test
p-valeur > 0.05 non significatif
0.01 < p-valeur ≤ 0.05 significatif
0.001 < p-valeur ≤ 0.01 très significatif
p-valeur ≤ 0.001 hautement significatif
Constat : P (T ≥ 1.475 | H0 ) = 0.087 > α, ceci aussi bien pour α = 0.05 que pour α = 0.01.
On ne peut donc pas rejeter H0 . Tenant compte des seules données livrées par l’échantillon
E, on ne peut conclure que l’engrais E est meilleur que les autres. Cela n’exclut pas qu’il
puisse êtres plus performant. Subsiste une probabilité 0.05 que cette conclusion résulte d’un
échantillonnage trompeur. Un autre échantillon pourrait conclure autrement (ou pas...)
T = 1.47
q0.95 9 = 1.83
q0.99 9 = 2.82
0.3
0.2
p-value=0.087
0.0
-4 -2 0 2 4
Les quantiles q0.95;9 et q0.99;9 de la Student t9 repris dans le graphique ci-dessus corres-
pondent respectivement à α = 0.05 et α = 0.01. Ils ont été calculés en R comme suit :
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F L’ensemble des calculs précédents mis en oeuvre pour tester le couple d’hypothèses
{H0 , H1 } peuvent s’opérer avec une seule commande R.
Le test unilatéral qui nous intéresse est donc exécuté par [Link]() comme suit :
> [Link](tailles,mu=20,alternative="greater")
Cette sortie R livre la p-value = 0.08721 calculée “à la main” précédemment. On vérifie
que le test est unilatéral (alternative hypothesis: true mean is greater than 20).
> tailles<-c(23,19,25,21,18,22,18,23,19,24,24)
> [Link](tailles,mu=20,alternative="greater")
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One Sample t-test
data: tailles
t = 1.8675, df = 10, p-value = 0.04569
alternative hypothesis: true mean is greater than 20
95 percent confidence interval:
20.04291 Inf
sample estimates: mean of x 21.45455
A présent H0 est rejetée au seuil α = 0.05 (,→ avec un risque de 5%), mais pas rejetée
au seuil α = 0.01 (,→ avec un risque de 1%). Autrement dit, on est prêt à rejeter H0 en
prenant 5% de risque de se tromper, c’est-à-dire accepter que le nouvel engrais est meilleur
(alors qu’il pourrait ne pas l’être avec une probabilité de 5%). Mais pour un risque moindre,
on préfère s’abstenir de conclure à une supériorité du nouvel engrais. Le tout est de clarifier
le risque que l’on est prêt à encourir : cela dépend des enjeux...
2.6 Exercices
1. La glycémie moyenne dans une population de référence est distribuée selon une nor-
male de moyenne µ0 = 1 g/l et de variance inconnue. On mesure la glycémie dans un
échantillon de 15 patients :
AIDE. Pour le tester, calculez une statistique de test distribuée selon la Student t14
(car n = 14 < 30 et l’écart-type σ dans la population de référence est inconnu et doit être
estimé sur l’échantillon). Vous devez donc utiliser ici la fonction [Link]() qui effectue le
test de Student. Quelles hypothèses faut-il poser pour répondre à la question ?
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3 DEUX échantillons : Comparer deux proportions : un
exemple sur grands échantillons indépendants
Passons à une deuxième exemple avant de systématiser dans le paragraphe suivant certains
types de tests. Dans un pays donné, on veut déterminer si les intentions de vote aux
prochaines élections sont identiques dans deux régions distinctes. Dans chacune de ces deux
régions, un échantillon d’électeurs est interrogé, ces deux échantillons étant indépendants.
Pour faire simple, supposons que ces élections portent sur le choix entre deux candidats A
et B parvenus au second tour d’élections présidentielles. Ce sondage donne :
Cette table reprend un gros échantillon de 2031 personnes interrogées. De plus, chacune
des cellules des colonnes A et B comporte au moins 5 personnes.
Sur l’échantillon, on constate que la proportion observée de personnes votant pour A est
plus grande dans la Région 1 (0.28) que dans la Région 2 (0.24). Mais cette différence
est-elle statistiquement significative : peut-on l’inférer au niveau de la population globale ?
Ou alors cette différence est-elle due au hasard des fluctuation d’échantillonnage ? Un test
d’égalité sur ces deux proportions permettra de faire la part des choses, avec, comme
toujours en statistique, un risque – fixé a priori – de se tromper.
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3.2 Proportion : une distribution binomiale
Ici, chaque individu de la population ℘i (i = 1 ou 2) vérifie ou ne vérifie pas le caractère
étudié. C’est donc une épreuve de Bernoulli qui, répétée ni fois de façon indépendante,
aboutit à un schéma de Bernoulli.
Xi ∼ B(ni , πi ).
Dans un précédent chapitre, nous avons vu que la moyenne d’une loi binomiale B(n, π)
vaut nπ et sa variance nπ(1 − π).
|p1 − p2 | < `.
P (|Y1 − Y2 | ≤ `) = 1 − α.
Il s’agit donc de déterminer le quantile ` de la v.a. |Y1 − Y2 |, ce qui n’est possible que
connaissant la distribution de |Y1 − Y2 |. Quelle est cette distribution ? Supposons que les
échantillons étudiés vérifient les conditions autorisant le Théorème Central Limite :
I n1 > 30 et n2 > 30 (→ gros échantillons) ;
I n1 p1 > 5 et n2 p2 > 5 et n1 (1 − p1 ) > 5 et n2 (1 − p2 ) > 5 ;
I les échantillons sont indépendants.
Dans ces conditions, les résultats asymptotiques livrent :
s
p Xi πi (1 − πi )
Xi ∼ N nπi , nπi (1 − πi ) =⇒ Yi = ∼ N πi ,
ni ni
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écart figurant dans les hypothèses du test. Construire cette distribution exige des conditions
supplémentaires. Une fois de plus, cette construction se fait sous H0 , càd. admettant vraie
H0 (jusqu’à preuve du contraire !) Autrement dit, on favorise d’entrée de jeu H0 , comme
d’habitude, rendant son rejet éventuel d’autant plus convainquant. Sous H0 : π1 = π2 = π :
s s !
π 1 (1−π 1 ) π 2 (1−π )
2 1 1
Y1 − Y2 ∼ N π1 − π2 , + ∼ N 0, π(1 − π) + .
n1 n2 n1 n2
Sous H0 , les deux échantillons étant supposés provenir de populations telles que π1 = π2 ,
une estimation p de π peut donc être fournie par une mise en commun des proportions
observées sur les DEUX échantillons. On recoure donc à la moyenne pondérée :
n1 p1 + n2 p2
p= ,
n1 + n 2
permettant d’écrire, toujours supposant de gros échantillons et toujours sous H0 , la dis-
tribution de l’écart entre les proportions des deux populations :
s !
1 1
Y1 − Y2 ∼ N 0, p(1 − p) + .
n1 n2
Cette distribution mesurera l’écart observé entre les proportions estimées et décidera si cet
écart est causé par des aléas d’échantillonnage ou s’il est significatif et traduit une réelle
différence entre les deux populations étudiées. Centrant-réduisant la v.a. Y1 − Y2 :
Y1 − Y2
Z=r ∼ N (0, 1).
p(1 − p) n11 + 1
n2
P (|Y1 − Y2 | ≤ `) = 1 − α
On peut facilement résoudre ce problème pour |Z| ∼ |N (0, 1)|, équivalent centré-réduit de
|Y1 − Y2 |. En effet, par définition des quantiles −z1− α2 et z1− α2 de N (0, 1), on a :
|Y1 − Y2 |
P ≤ z1− α2 = 1 − α
r
p(1 − p) n11 + 1
n2
15
I Ainsi, la v.a. |Z| est la statistique de test recherchée, créant la règle de décision
suivante : on ne rejette pas H0 si la valeur absolue de la v.a. |Z| calculée sur les échantillons
vérifie :
|p1 − p2 |
|Z| = r ≤ z1− α2
1 1
p(1 − p) n1 + n2
Concrètement, la zone de rejet de H0 est l’union de deux intervalles disjoints, ce qui ca-
ractérise un test bilatéral. Selon le niveau de risque α admis, on a :
. Pour un risque α = 0.05, on a : z1− α2 = qnorm(0.975) = 1.96
=⇒ Zone de rejet de H0 ≡ ]−∞,-1.96[ ∪ ]1.96,+∞[
. Pour un risque α = 0.01, on a : z1− α2 = qnorm(0.995) = 2.58
=⇒ Zone de rejet de H0 ≡ ]−∞,-2.58[ ∪ ]2.58,+∞[
Comment interpréter cette valeur Z = 2.06 ? Comment la situer par rapport à la distribu-
tion N (0, 1) dont elle est supposée provenir ? Est-elle grande ? Autrement dit, la différence
|p1 −p2 | est-elle importante au point de rejeter H0 ? Il faut comparer 2.06 aux quantiles
16
z1−α/2 = 1.96 (α = 5%) et z1−α/2 = 2.58 (α = 1%).
Constatant que 1.96 < 2.06 < 2.58, on rejette H0 au niveau α = 0.05. On ne rejette pas
H0 au niveau α = 0.01. Le sort de H0 selon le niveau α fixé est illustré ci-après :
− Z0.995 = - 2.58
− Z0.975 = - 1.96
Z0.975 = 1.96
Z0.995 = 2.58
Z = - 2.06
Z = 2.06
0.3
Rejet H0 : seuil 99% Zone NON rejet H0 : seuil 99% Rejet H0 : seuil 99%
Densite
0.2
Rejet H0 : seuil 95% Zone NON rejet H0 : seuil 95% Rejet H0 : seuil 95%
Hypothese H0
0.1
proba=0.02 proba=0.02
0.0
-4 -2 0 2 4
Le test [Link]() est ensuite directement appliqué à cette matrice comme suit :
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> [Link](matrix(c(327,203,849,652),2))
ATTENTION. Toujours vérifiez dans les sorties du test que l’alternative est correcte. Le
choix – "less"/"greater" – dépend de l’ordre des échantillons dans la table ou la matrice !
3.6 Exercices
1. Dans un lycée, on veut comparer les taux de réussite au bac sur deux années différentes.
En 2016, on note 54 succès pour 62 interrogés. En 2017, on note 50 succès pour 56 interrogés.
Le taux de réussite a-t-il augmenté entre 2016 et 2017 ? ( Aide : Gros échantillons...)
2. Un fabricant de vêtements teste ses produits sur des sportifs. Voici leur appréciation :
Ce fabricant veut savoir si l’appréciation Très satisfait des femmes diffère de celle des
hommes. Comment procéder ? Idem pour l’appréciation Insatisfait.
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4 UN échantillon : Tests de conformité & Distribution connue
On s’intéresse ici à l’information que peut apporter un unique échantillon. Cette informa-
tion recherchée dépend de la loi de probabilité que la v.a. X est ici sensée suivre.
Soit un échantillon de n observations {x1 , · · · , xn } ; réalisations de n variables aléatoires
X1 , · · · , Xn indépendantes et identiquement distribuées (iid) :
Xi ∼ D(θ) ∀i
Xi ∼ B(p) ∀i
dans le cas d’une épreuve de Bernoulli caractérisée par un unique paramètre p = probabilité
d’obtenir UN succès, ou encore :
Xi ∼ N (µ, σ) ∀i
loi normale caractérisée par une moyenne µ et un écart-type σ. Notons que l’on ne connait
pas toujours a priori la distribution suivie par ces v.a. Xi , ignorance impliquant un test
préalable pour identifier ou confirmer la nature éventuelle de cette distribution. Dans cer-
tains cas, ces v.a. Xi ne suivent aucune distribution.
On veut tester deux hypothèses portant sur le(s) paramètre(s) θ de la loi de probabilité
D(θ) modélisant la v.a. Xi générant l’observation xi . Ce test oppose deux hypothèses
incompatibles : H0 contre H1 . Considérons le cas d’une proprtion.
(1) H0 : π = π0 vs H1 : π > π0
(2) H0 : π = π0 vs H1 : π < π0
(3) H0 : π = π0 vs H1 : π 6= π0 .
19
où respectivement on teste si le paramètre p de la Bernoulli B(π) générant l’échantillon est
(1) supérieur ou (2) inférieur ou (3) égal à une proportion théorique π0 fixée a priori. Les
deux premiers tests (1) et (2) sont unilatéraux, le test (3) est bilatéral.
L’échantillon est ici unique. Deux cas possibles : l’échantillon est “grand” (> 50) ou “petit”.
. x = nombre de “succès” ;
. n = taille de l’échantillon (x/n estime la proportion π de la pop dont est issu échantillon) ;
. p = probabilité de référence (optionnel) ;
. alternative = exprime l’hypothèse alternative H1 (optionnel).
H0 H1 fonction [Link]()
π = π0 π=6 π0 [Link](x, n, p = π0 )
π = π0 π > π0 [Link](x, n, p = π0 , alternative="greater")
π = π0 π < π0 [Link](x, n, p = π0 , alternative="less")
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Exemple 1. Le SPF Santé se pose la question d’une éventuelle fermeture d’un service
de chirurgie C à la vue d’un taux de mortalité élevé : 31 patients opérés pour une pose de
valve cardiaque n’ont pas survécu à l’intervention parmi les 300 opérations comptabilisées
en 2009. Le taux de mortalité pour ce type d’opérations est 6.4% au niveau national. D’un
point de vue statistique, doit-on fermer ce centre : autrement dit, la proportion de décès
dans le service C est-elle significativement supérieure à la proportion nationale ?
L’hypothèse H0 est nettement rejetée, ceci aussi bien au risque α = 1% qu’au risque α = 5%.
Cet échantillon suffit pour affirmer que le service C présente une proportion d’échecs signi-
ficativement supérieure à la proportion nationale. Une décision est à prendre d’urgence !
Suite à une expérience ayant pour but de vérifier si cette hypothèse est raisonnable, le
résultat d’un croisement donne, pour la nouvelle génération, 243 plantes “naines” et 682
plantes “géantes”. (→ Source : Conover (1971), p. 97f.)
21
,→ Soit π la vraie proportion de plantes “géantes” dans la population dont est issu l’échantillon.
Auquel cas, on la compare à la proportion théorique π0 = 3/4. Les hypothèses testées sont :
(
H0 : π = π0
H1 : π 6= π0
Il s’agit donc ici d’un test bilatéral. Pour la mise en oeuvre de ce test en R, on transmet
à la fonction [Link]() les effectifs observés sur l’échantillon (le nombre de “succès” et
l’effectif total) ainsi que la proportion théorique π0 à laquelle l’échantillon est comparé :
Exercices.
1. Soit un couple d’allèle A dominant et a récessif. Ces allèles expliquent-ils les phénotypes
A et a ? D’après la loi de Mendel, on s’attend à avoir 75% de A et 25% de a. Sur un
échantillon de 200 sujets, on observe 65% de A. La répartition de la population dont est
issu cet échantillon suit-elle une loi de Mendel ?
2. Afin de tester une solution toxique, on fait des injections à un groupe de 80 souris.
On admet que l’injection est mortelle dans 80% des cas. Le fait que 22 souris ne soient pas
mortes est-il compatible au seuil 5% avec cette hypothèse ?
4. Une anomalie génétique touche en France 1/1000 des individus. Dans une région
donnée, on constate que 2 personnes sont atteintes sur 50000 naissances. Cette région
comptabilise-t-elle moins d’anomalies que la France entière ?
22
4.1.2 UN petit échantillon Test Binomial Exact : [Link]()
Pour des échantillons de petite taille (n < 50), on ne peut bénéficier du Théorème Cen-
tral Limite : la statistique de test ne peut plus être considérée comme étant distribuée
selon une N (0, 1). On doit alors utiliser un test dit “exact”. Ce test est dit exact car ne
recourant à aucune approximation asymptotique ([Link]. le Théorème Central Limite). La
fonction [Link]() effectue un test exact avec hypothèse binomiale. Intervient ici une
H0 mentionnant une probabilité de succès dans une épreuve de Bernoulli.
. x = nombre de “succès” ;
. n = taille de l’échantillon ;
. p = probabilité de référence ;
. alternative = exprime l’hypothèse alternative H1 .
23
supérieure à la proportion théorique π0 , ceci malgré le fait que la proportion observée sur
l’échantillon (0.15) vaut plus du double de π0 = 0.064 ! Ce phénomène contre-intuitif est
possible du fait que la taille de l’échantillon est petite.
# EXERCICE. Si on doublait toutes les valeurs, conservant ainsi les mêmes proportions,
la conclusion serait-elle identique ? Vérifiez-le en testant la commande adéquate.
EXERCICES.
1. (a) Une classe de 17 étudiants compte 2 filles. Cette proportion est-elle conforme à
celle de la population, autrement dit, est-elle due aux fluctuations d’échantillonnage ou
n’est-ce pas un hasard ?
(b) Même question, sachant qu’une nouvelle étudiante survient entre-temps dans la classe.
(c) Même question, sachant qu’une deuxième nouvelle étudiante survient dans cette classe.
(d) Même question, sachant qu’une troisième nouvelle étudiante survient dans cette classe.
2. Comment expliquez-vous que le test du point précédent puisse donner deux conclusions
opposées pour les deux échantillons suivants :
◦ la classe compte 10 filles sur 40 étudiants ;
◦ la classe compte 1 fille sur 4 étudiants ;
ceci alors que les proportions sont identiques dans les deux cas ?
24
4.2 UN échantillon : Comparer une moyenne à une moyenne théorique
Soit une v.a. X distribuée selon une loi normale N (µ, σ), où la moyenne µ et l’écart-type
σ de la population – supposée très grande – sont inconnus. Trois couples d’hypothèses
peuvent être formulés concernant la moyenne µ :
Ici aussi, on s’interroge sur la position de la moyenne µ par rapport à une valeur théorique µ0
fixée a priori. Choisir entre un test bilatéral ou unilatéral dépend du type de données ana-
lysées et de d’expérience menée. Par exemple, tester si une nouvelle thérapie est meilleure
qu’une précédente peut conduire à tester si un indicateur (taux de glycémie ou pression
artérielle, etc.) est en moyenne plus élevé ⇒ on prendra l’hypothèse alternative H1 = “la
nouvelle moyenne est supérieure à l’ancienne”. Le parti pris ici est de postuler que la nou-
velle méthode ne peut en aucun cas être moins bonne : au pire elle ne fait pas mieux.
En général, H1 représente ce que l’on veut prouver. Le rejet de H0 , qui n’a qu’une probabi-
lité faible d’arriver sous H0 (par ex. 5%) confirme a contrario H1 (statistiquement parlant).
La moyenne observée dans l’échantillon x̄n = 29.3 semble donner tort au fabricant. Mais
cela permet-il d’affirmer que la moyenne µ de la population dont est issu cet échantillon
de poutres est inférieure à celle exigée (µ0 = 30) ?
F REMARQUES :
(1) Le test est ici unilatéral (gauche) : on s’intéresse uniquement à l’alternative où – ne
respectant pas la norme de conception – la résistance moyenne d’une poutre représenterait
un danger structurel (l’alternative unilatérale H1 : µ > 30 dépasse les exigences de l’entre-
preneur et l’alternative bilatérale H1 : µ 6= 30 ne répond pas à la question présente).
(2) Seule la distribution sous H0 ici est entièrement spécifiée (on parle alors d’hypothèse
simple). L’hypothèse alternative H1 est dite hypothèse composée car elle ne spécifie pas
25
une distribution unique lorsque H1 est vraie. C’est le cas le plus fréquemment rencontré
en pratique bien que parfois on puisse aussi avoir une alternative simple.
Sous H0 , la moyenne X n de ces observations est donc une v.a. dont la distribution
√ !
σ 2
X n ∼ N µ, √ = N 30, √
n 5
permet de calculer P (X n ≤ 29.3). Si cette probabilité est inférieure à un risque que l’on
s’est fixé (souvent α = 0.05) alors on rejettera l’hypothèse H0 car la valeur x̄n = 29.3 ap-
paraı̂tra comme atypique pour la distribution de X n .
X n − 30
Z= √ ∼ N (0, 1)
σ/ 5
√ √
Sur l’échantillon : Z = 29.3−30
√ √ = −0.7 5/ 2 = −1.1068 = −1.11. Ce test étant unilatéral (gauche),
2/ 5
on s’intéresse à la probabilité :
Observant que 0.134 > 0.05, on ne peut rejeter H0 , i.e. on n’a pas d’évidences suffisantes
pour affirmer que l’exigence de conception n’est pas respectée.
F REMARQUES.
I Le nombre d’observations joue un rôle clé dans cette décision. Par exemple, un échantillon
de 20 observations plutôt que 5, toujours livrant la même moyenne, donnerait p-value=0.0136
entraı̂nant une décision contraire.
I On pourrait
√ directement utiliser la fonction de répartition de la normale non réduite X n ∼
N (30, σ/ 5) via la commande R : > pnorm(29.3,30,sqrt(2)/sqrt(5)) = 0.1341908
Attention au fait que ce raccourci n’est pas évident pour d’autres distributions. Autant
dès lors s’habituer à centrer-réduire les normales quelconques pour construire intervalles et
tests à partir des quantiles standards.
26
Normale N(0,1) : Test unilateral (gauche)
0.4
Z = -1.11
− Z0.99 = -2.33
− Z0.95 = -1.64
0.3
0.2
Hypothese H0
0.1
0.0
-4 -2 0 2 4
Dans graphique ci-dessus, les limites des aires (droites rouges verticales) ont été calculées
comme suit :
27
Les hypothèses testées demeurent inchangées :
H0 : µ = 30 vs H1 : µ < 30
Pour établir la statistique de test, nous avons besoin d’un résultat vu précédemment (→
voir chapitre sur les intervalles de confiance), à savoir que, σ étant inconnu et donc estimé
sur l’échantillon, la v.a. T √
n(X n − 30)
T = ∼ tn−1
sn
est distribuée selon une Student tn−1 , où n est la taille de l’échantillon et X n la v.a. valant
la moyenne d’un échantillon extrait aléatoirement de la population. Pour notre exemple,
la mesure de cette statistique de test vaut :
√ √
n(x̄n − 30) 5(29.3 − 30)
T = = = −2.372
sn 0.66
Sachant que T ∼ t4 et qu’il s’agit d’un test unilatéral (gauche), on s’intéresse à :
p-value = P (T ≤ −2.372) = pt(-2.372,4) = 0.038.
Conclusion : 0.01 < 0.038 < 0.05 ⇒ Rejet de H0 au niveau α = 5%. Mais pas pour α = 1%.
− q0.95 4 = -2.13
Z = -2.37
0.3
0.2
p-value=0.038
0.0
-4 -2 0 2 4
La fonction [Link]()
La fonction [Link]() réalise le test sur une moyenne en partant du principe que l’écart-type
28
est inconnu. Ce test estime automatiquement l’écart-type à partir de l’échantillon. Rappe-
lons aussi que ce test s’applique uniquement aux échantillons issus d’une v.a. normalement
distribuée. Cependant, pour un gros échantillon il est inutile de se préoccuper de cette
dernière condition, le Théorème Central Limite assurant que la moyenne d’échantillon est
auquel cas normalement distribuée.
Reprenant l’exemple des poutres où σ est inconnu, le test unilatéral (gauche) se code :
F REMARQUE. Entre autres choses, les résultats d’un test résument le type de test réalisé.
Vérifiez toujours que vous avez choisi la bonne option alternative=... pour exprimer la
contre-hypothèse H1 . Ici, l’information alternative hypothesis: true mean is less
than 30, confirme le choix de la bonne option "less".
H0 : µg = µ0 vs H1 : µg < µ0 .
,→ Soit la v.a. X =Taille d’une fille de 15 ans choisie au hasard où X ∼ N (µ0 , σ0 ). On ne
connait pas l’écart-type σ0 de cette loi normale. Les estimations livrées par l’échantillon
sont : x̄n = 146.7 cm et sn = 8.2 cm. L’échantillon est de petite taille n = 7 ⇒ on utilise
la fonction [Link](). La statistique étudiée est :
X − µ0 146.7 − 161
T = √ = √ = −4.62 ⇒ La v.a. T ∼ t6 .
ŝ7 / 7 8.2/ 7
29
Student t6 : Test unilateral (gauche)
− Z0.99 = − 3.14
− Z0.95 = − 1.94
Z = − 4.62
0.3
0.2
Hypothese H0
0.1
0.0
-4 -2 0 2 4
> tailles<-c(146.4,145.6,143.2,156.4,131.8,148.7,154.9)
> [Link](tailles,mu=161,alternative = "less")
Exercice. Dans la population, le dosage de l’activité d’un enzyme suit une loi normale
d’espérance (moyenne) µ = 10.7 et d’écart-type σ inconnu. Une série de dosages effectués
sur une même personne a donné : 12.9 8.7 9.0 1.2 2.7 9.7 9.1 10.3
Cette personne peut-elle être considérée comme “normale” ?
30
5 DEUX échantillons : Tests d’égalité & Distribution connue
Comparaison de deux groupes : très souvent basée sur des taux de “succès” ou “d’échec”.
Par exemple : nombre de succès respectifs de deux médicaments, de deux thérapies, etc.
Pourcentage d’animaux présentant une caractéristique dans deux régions distinctes, etc.
L’objectif est ici de tester l’égalité des proportions πa et πb d’un caractère dans deux
populations ℘a et ℘b . Pour ce faire, on dispose de deux échantillons Ea et Eb indépendants
de taille na et nb respectivement, échantillons où sont observées les proportions estimées pa
et pb du caractère étudié. L’absence de différence entre ces proportions entraı̂ne πa = πb ,
impliquant que pa − pb est nulle en moyenne.
Une fois de plus, la statistique de test sera établie sous H0 , c’est-à-dire considérant H0
vraie. Sous H0 : πa = πb . Les estimations pa et pb – égales en moyenne – sont alors deux
estimations d’une même proportion π. Sous H0 , la meilleure estimation possible p de π
se calcule sur l’ensemble des deux groupes. Il s’agit de la proportion commune aux deux
échantillons :
na pa + nb pb
p= .
na + nb
Sous H0 , le Théorème Central Limite postule (→ voir précédemment dans ce chapitre) :
pa − pb
Z=r ∼ N (0, 1).
p(1 − p) n1a + 1
nb
Nous verrons ultérieurement qu’il existe un lien avec le test du χ2 (→ voir suite du cours).
,→ EXEMPLE . Soient deux traitements anti-VHC testés respectivement sur deux groupes
Ea et Eb de taille na = nb = 50. Les essais cliniques donnent :
31
Succès Echec
Traitement A 26 24
Traitement B 19 31
Constatant que 1.41 < 1.96, on ne rejette donc pas H0 (risque à α = 5%).
La p-value correspondante 1-pnorm(1.41) = 0.08 confirme cette conclusion.
> matrix(c(26,24,19,31),nrow=2,byrow=T)
[, 1] [, 2]
[1, ] 26 24
[2, ] 19 31
Dans la commande matrix(), l’option nrow= fixe le nombre de lignes et l’option byrow=T
précise que les nombres de la liste c(26,24,19,31) remplissent la matrice “ligne par ligne”.
Cette matrice est ensuite soumise au test :
> [Link](matrix(c(26,24,19,31),2,byrow=T),alternative="greater")
32
2-sample test for equality of proportions with continuity correction
data: matrix(c(26, 24, 19, 31), 2, byrow = T)
X-squared = 1.4545, df = 1, p-value = 0.1139
alternative hypothesis: greater
95 percent confidence interval:
-0.04203269 1.00000000
sample estimates:
prop 1 prop 2
0.52 0.38
F REMARQUE : Vérifiez sur le bilan du test ci-dessus (deux dernières lignes) que les
proportions estimées sur échantillon sont correctes, ainsi que l’ordre dans lequel elles se
présentent, ce qui a un impact sur l’option alternative="greater" du test. ATTEN-
TION à ne pas vous tromper d’alternative, erreur courante !
Acceptant 5% d’erreur, peut-on affirmer que le traitement α est meilleur que traitement β ?
2. Dans un échantillon de 1000 personnes on observe 40% de fumeurs. Parmi les fumeurs
175 sont malades et 180 parmi les non fumeurs. La proportion de malades parmi les fumeur
est-elle plus élevée que celle parmi les non fumeurs ?
On demande ici de tenir compte précisément de l’hypothèse alternative H1 et d’activer
l’option adéquate dans la fonction [Link]().
33
Pas problème santé Problème santé
Non fumeur 5 2
Fumeur 5 12
> [Link](matrix(c(5,2,5,12),2))
,→ EXEMPLE. Quatre médecins des années ’80 ont comptabilisé le nombre de fumeurs
parmi leurs patients (→ Source : Fleiss (1981), p. 139.) :
Fumeurs 83 90 129 70
Patients 86 93 136 82
QUESTION : Les proportions de fumeurs sont-elles identiques pour ces quatre médecins ?
,→ Conclusion ?
34
5.4 DEUX échantillons : Comparaison de moyennes → Test t de STUDENT
Soient deux populations ℘1 et ℘2 sur lesquelles une même v.a. X a pour moyenne µ2 et µ1
respectivement. On veut tester l’égalité éventuelle de ces moyennes, à savoir les hypothèses :
( ( (
H0 : µ1 = µ2 H0 : µ1 = µ2 H0 : µ1 = µ2
ou ou
H1 : µ1 6= µ2 H1 : µ1 > µ2 H1 : µ1 < µ2
On traite ici d’observations issues de deux échantillons. Le test recouvre les cas suivants :
Si la taille des échantillons est “petite” (< 30), alors ils doivent provenir de v.a.
normalement distribuées. Le test adaptera sa statistique de test selon que :
♦ les deux lois normales concernées ont des variances égales ou inégales
♦ ces variances sont connues : le test utilise les quantiles d’une loi normale
♦ ces variances sont inconnues : interviennent les quantiles d’une Student
♦ les échantillons sont indépendants ou appariés (“pairés”)
Pour des échantillons de tailles suffisamment élevées (n > 30), le Théorème Central
Limite assure que la moyenne de ces échantillons suit une loi normale. Auquel cas,
peu importe si ces échantillons proviennent de populations normalement distribuées
ou non. La statistique de test tient compte du fait que :
♦ les quantiles intervenant dans le test sont toujours ceux d’un loi normale
♦ les variances de la v.a. X sur les populations ℘1 et ℘2 sont égales ou inégales
♦ les échantillons sont indépendants ou appariés (“pairés”)
35
,→ EXEMPLE 1. Soit à tester la normalité de la v.a. X dont un échantillon aléatoire de
12 valeurs est :
80.6 60.5 47.5 60.6 85.6 78.5 80.4 84.7 74.1 90.3 72.7 76.8
> [Link](c(80.6,60.5,47.5,60.6,85.6,78.5,80.4,84.7,74.1,90.3,72.7,76.8))
Conclusion : on ne rejette pas H0 . Rien ne permet d’affirmer que cet échantillon ne provient
pas d’une population normalement distribuée.
F REMARQUE. En réalité, les données reprises dans cet échantillon proviennent effective-
ment normalement distribuées. La prtite taille de l’échantillon induit le fait que la p-value
n’est pas plus élevée.
> [Link](c(4,5,6,7,7,7,7,7,7,7,7,7,8,9))
Conclusion : on rejette H0 . Cet échantillon ne provient très probablement pas d’une popu-
lation normalement distribuée.
> [Link](c(6,6,7,7,7,8,8,8))
36
Pourtant, cet échantillon ne suit clairement pas une loi normale. Le test refuse de rejeter
H0 du fait, entre autres choses, de la petite taille de l’échantillon.
Soit à présent une v.a. X dont les valeurs sont connues sur deux échantillons E1 et E2
issus des populations ℘1 et ℘2 . Soit σi2 (i = 1, 2) la variance de X sur la population ℘i .
Comparant deux populations, le t − test basé sur la Student gagne en puissance si
l’égalité des variances σ12 = σ22 est avérée. Il est donc utile de préalablement établir si ces
variances peuvent être considérées comme étant égales. La fonction [Link]() – test de
Fisher ou F-test – teste l’égalité de deux variances σ12 et σ22 à partir des variances s21 et s22
de X estimées sur les échantillons. Plus précisément, cette fonction teste :
Le F-test est peu robuste, autrement dit, il très sensible aux écarts par rapport à ses condi-
tions d’applications, notamment la condition de normalité. Il faut donc préalablement
vérifier que les données sont normalement distribuées avant de recourir au F-test.
> [Link](CW∼sp)
37
F test to compare two variances
data: CW by sp
F = 1.0881, num df = 99, denom df = 99, p-value = 0.6753
alternative hypothesis: true ratio of variances is not equal to 1
95 percent confidence interval: 0.7321095 1.6171499
sample estimates: ratio of variances 1.088086
On ne rejette pas H0 . Vu la taille élevée de l’échantillon (n = 200), cela induit une forte
possibilité de normalité de la variable CW.
,→ EXEMPLES. Considérons quelques exemples artificiels, mais qui ont le mérite de traiter
des données simples et prévisibles :
> [Link](1:10,100:110)
> [Link](1:10,20:50)
> [Link](1:10,100:101)
Dans ce dernier exemple, le non rejet de H0 est certainement moins dû à l’égalité des va-
38
riances qu’à la petitesse du deuxième échantillon (deux unités) ⇒ Test prudent...
Par contre, voyez-vous pourquoi les données suivantes, pourtant assez similaires aux précédentes,
entraı̂nent un rejet de H0 ?
> [Link](rep(1:10,3),rep(100:101,3))
F REMARQUE. Nous verrons un peu plus loin que la fonction [Link]() teste
l’égalité de plus de deux variances.
39
La fonction [Link]() traite deux échantillons E1 et E2 (⇒ 2 vecteurs c(· · · )) comme suit :
Voyons aux travers d’exemples quelles options choisir dans le cas de DEUX échantillons.
Pour inférer sur l’égalité éventuelle des “vraies” moyennes µ1 et µ2 de X au niveau des
populations ℘1 et ℘2 , on recoure aux moyennes observées x̄1 et x̄2 de X estimées sur les
échantillons E1 et E2 de taille n1 et n2 respectivement (pas forcément égales), échantillons
indépendants, sélectionnés aléatoirement dans ℘1 et ℘2 .
H0 : µ1 = µ2 vs H1 : µ1 6= µ2 .
c1 <- c(3.752,3.521,3.708,3.638,3.501,3.542,3.595)
c2 <- c(3.445,3.516,3.404,3.548,3.447,3.448,3.259,3.527,3.485,3.356,3.592)
40
sample estimates: ratio of variances 1.042566
> [Link](c1,c2,[Link]=TRUE)
La p-value invite à rejeter H0 au niveau α = 0.01. Ce test conclut à une différence signi-
ficative des taux d’acidité entre les deux catégories de raisins.
hommes 1381 1349 1258 1248 1355 1335 1416 1475 1421 1383
femmes 1055 1305 1155 1120 1252 1208 1154 1197 1229 1212
Solution. Tout d’abord, stocker les données dans deux listes R distinctes :
> [Link](males,females)
41
data: males and females
F = 0.99225, num df = 9, denom df = 9, p-value = 0.9909
alternative hypothesis: true ratio of variances is not equal to 1
95 percent confidence interval: 0.2464616 3.9948052
sample estimates: ratio of variances 0.9922531
5.4.4 Exercices
1. Tester l’efficacité d’un médicament contre la tension artérielle. Dans ce but, on va
comparer les tensions mesurées sur deux échantillons de tailles différentes, l’un traité par
le médicament (traitement), l’autre recevant un placebo (placebo). On suppose que la
tension est une v.a. normalement distribuée :
traitement 88 83 82 101 99 85 87 89 88
placebo 88 82 101 106 96 92 112 97
N 864 768 912 804 924 984 888 816 840 936 792 876
CO2 840 948 936 1032 912 948 1020 936 1056 876 1032 918
42
(a) Testez la normalité de la variable “durée de développement”. Conclusion ?
(b) Vérifiez que les variances sont égales (→ [Link]()).
(c) Posez les hypothèses. Faite le test tenant compte des résultats précédents.
m^
ale 120 107 110 116 114 111 113 117 114 112
femelle 110 111 107 108 110 105 107 106 111 111
4. Les poids à la naissance (en kg) de deux échantillons de veaux de deux races différentes
sont les suivants (Remarque : On suppose que ces poids sont distribués normalement) :
Race Parthenaise 53 49 40 48 43 42 43 46 42 43 38 40 50 44
Race Charolaise 46 46 48 38 42 42 40 53 55 41 47 30
43
CW : carapace width (mm) BD : body depth (mm).
Testez une différence éventuelle des mensurations en fonction de l’espèce (resp. du sexe).
Faite deux types de tests, selon l’hypothèse alternative H1 : le cas bilatéral et le cas uni-
latéral (bien choisir l’inégalité ! !) Comparez les p-values selon l’alternative H1 retenue.
AIDE. Ici, un fichier “plat” est scindé en deux échantillons définis à l’aide d’une va-
riable dichotomique ([Link]. espèce). Nous avons déjà rencontré l’opérateur ∼ qui permet
de subdiviser un ensemble selon les différentes modalités d’une variable qualitative ([Link].
dans les fonctions boxplot, mosaicplot, etc.) Cet opérateur joue un rôle identique dans
la fonction [Link](). Par exemple, pour créer les deux échantillons E1 = crabes bleus et
E2 = crabes oranges et pour ensuite comparer la longueur moyenne des carapaces CL entre
ces deux groupes, il suffit simplement d’encoder la commande :
> [Link](CL∼sp,...)
Ensuite, complétez les options de la fonction [Link]() selon les hypothèses testées. No-
tamment, testez la normalité des longueurs tapply(CL,sp,[Link]) et l’égalité
des variances [Link](CL∼sp). N’hésitez pas à faire un graphique illustrant le problème !
44
Sous H0 , la statistique de test est ici :
δ̄
T = √
sδ / n
où δ est la différence des couples de valeurs prises par X sur les paires d’individus “ap-
parentés” entre E1 et E2 . Ce sont à présent la moyenne δ̄ et l’écart-type sδ de δ qui inter-
viennent dans la construction de cette v.a. T , et non plus l’écart-type des valeurs initiales.
Si l’effet testé se manifeste surtout par paire d’individus (et pas forcément“globalement”),
sδ différera de l’écart-type calculé dans le cas non-apparié, modifiant T .
,→ EXEMPLE 1. Deux techniques d’échographies différentes ont été testées sur 5 porcs
Piétrain vivants pour estimer la surface d’un muscle. Les résultats sont :
> echo1<-c(12.3,14.1,10.0,16.2,14.2)
> echo2<-c(12.6,14.2,10.5,16.3,14.5)
> [Link](echo1,echo2,paired=T)
Paired t-test
data: echo1 and echo2
t = -3.4744, df = 4, p-value = 0.02548
alternative hypothesis: true difference in means is not equal to 0
95 percent confidence interval: -0.46777013 -0.05222987
sample estimates: mean of the differences -0.26
La différence entre les deux techniques de radiographie est significative au risque α = 5%.
45
> [Link](echo1,echo2)
On ne rejette PAS H0 . La différence entre les deux techniques de radiographie n’est PLUS
significative au risque α = 5%. La puissance du test est ici moindre que dans sa version ap-
pariée. Cet exemple montre l’importance de préciser au test les caractéristiques de l’étude
menée, ceci pour maximiser la puissance du test et, pour un même niveau de risque α = 5%,
augmenter la probabilité de conclure sur une information significative (rejet H0 ).
Les échantillons ne sont pas indépendants : les mêmes personnes se retrouvent dans
chacun d’eux. Les échantillons sont appariés (ou “pairés”). Voulant tester une simple
différence entre les deux situations, les hypothèses suivantes traduisent un test bilatéral :
(
H0 : Aucune différence entre le traitement et le placebo
H1 : Le traitement et le placebo agissent différemment sur l’hypertension
Paired t-test
46
data: c(152, 159, 150, 154, 161) and c(170, 159, 168, 152, 179)
t = -2.2295, df = 4, p-value = 0.08966
alternative hypothesis: true difference in means is not equal to 0
95 percent confidence interval: -23.351454 2.551454
sample estimates: mean of the differences -10.4
En réalité, dans une telle étude, on s’interrogera surtout sur la supériorité du traitement
sur le placebo. Auquel cas, le test est unilatéral :
(
H0 : Aucune différence entre le traitement et le placebo
H1 : Comparé au placebo, le traitement diminue l’hypertension
Paired t-test
data: c(152, 159, 150, 154, 161) and c(170, 159, 168, 152, 179)
t = -2.2295, df = 4, p-value = 0.04483
alternative hypothesis: true difference in means is less than 0
95 percent confidence interval: -Inf 0.4554432
sample estimates: mean of the differences -10.4
F REMARQUE. Insistons sur le fait qu’une méconnaissance de l’étude menée peut déforcer
le test et vous faire passer à côté d’une conclusion intéressante. Pour vous en convaincre,
contrôler ce que donne la p-value du test suivant, où ont été “oubliés” le fait que les
échantillons sont appariés et l’unilatéralité de la question :
> [Link](c(152,159,150,154,161),c(170,159,168,152,179))
47
# EXERCICE 1. Comparaison des longueurs moyennes (mm) des humérus droit et gauche
de dix squelettes de femmes. [→ Source Jolicoeur (1998)].
Peut-on affirmer, au risque de α = 5%, que l’humérus gauche est plus long que son humérus
droit ?
. Posez vos hypothèses et testez-les selon le test adéquat. Pour ce faire, vérifiez si les condi-
tions exigées par le t − test sont remplies.
. Pourrait-on améliorer la puissance du test en y intégrant l’égalité des variances de la
variable “longueur” sur les deux groupes étudiés ?
. Que conclut le test si on oublie de lui préciser que les échantillons sont appariés ?
. N’hésitez jamais à illustrer la question étudiée d’un graphique pertinent. Lequel dans ce
cas-ci ?
Matin 13.12 13.54 15.12 14.51 12.12 13.10 13.98 11.21 14.44
Soir 13.92 13.89 14.51 14.78 10.97 13.58 14.52 11.54 13.54
(a) Doit-on exclure que la tension suit une loi normale au sein de chaque groupe ?
(b) Doit-on exclure que les variances des deux populations sont différentes ?
(c) Quel graphique illustrait correctement la question étudiée ?
(d) Peut-on affirmer, au risque 5%, qu’en moyenne la tension du soir est différente de
celle du matin ? Posez les hypothèses traduisant cette question (tenez compte des résultats
précédents).
48
Sujet Poids avant traitement Poids après traitement
1 80.82 83.76
2 60.12 64.13
3 102.52 101.81
4 51.65 56.63
5 65.96 68.21
# EXERCICE 4. Des hauteurs d’arbres ont été mesurées, d’abord sur l’arbre debout puis
sur ce même arbre une fois abattu. Voici les données recueillies :
Peut-on affirmer que la mesure d’un arbre debout sous-estime la vraie hauteur de cet arbre ?
Etudier les points suivants vous aidera à répondre à cette question :
(a) Vérifiez si les conditions d’application d’un t − test sont vérifiées.
(b) Qu’en est-il des variances ?
(b) Faite un graphique illustrant la problématique.
enfant 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13
avant projection 46 31 65 61 47 32 58 14 7 48 43 33 14
après projection 71 79 27 39 75 28 32 36 61 83 80 28 72
Peut-on dire, au risque α = 5%, que le film a une influence néfaste sur le comportement
agressif des enfants ? Posez les bonnes hypothèses qui traduisent cette question.
REMARQUE : La variable d’intérêt est ici une variable de comptage supposée – excep-
tionnellement – suivre une loi normale.
49
6 Test “libre de distribution” & Test non paramétrique
Ce court paragraphe explicite quelques notions utiles par la suite.
Certains tests statistiques ne sont valables que sous certaines conditions imposées à la dis-
tribution de la v.a. X étudiée. Par exemple, le test de Student exige une v.a. issue d’une
distribution normale, l’analyse de la variance également (voir plus tard).
Les tests dits paramétriques ont pour but de montrer l’égalité de certains paramètres.
Exemples de paramètres :
1. la médiane : test de comparaison de deux médianes (ou plus)
2. la moyenne : test de comparaison de deux moyennes (ou plus)
3. la variance : test de comparaison de deux variances (ou plus)
Les tests non paramétriques testent des hypothèses plus générales. Par exemples :
1. Une égalité de lois de probabilité ;
2. l’indépendance entre deux variables qualitatives (χ2 )
3. la conformité d’une variable à une loi.
Habituellement, les tests paramétriques sont plus puissants. Par conséquent, ils seront
préférés aux tests non paramétriques. De même les tests “non libres de distribution” sont
généralement plus puissants que les tests “libres de distribution”. Cependant, les tests plus
puissants sont aussi plus contraignants, car il faut vérifier leurs conditions d’application,
conditions plus nombreuses et plus délicates à prouver que pour les tests non paramétriques
ou “libres de distribution”. On choisira généralement un test libre ou non paramétrique
lorsque :
1. les conditions d’application du test ne sont pas vérifiées
2. ou s’il est impossible de vérifier ces conditions.
Les logiciels de statistiques proposent de nombreux tests non paramétriques. Ci-après, nous
en étudierons deux d’entre-eux, dont l’usage dépend des caractéristiques des échantillons
traités.
50
7 DEUX échantillons & Distribution parente inconnue
Le test [Link]() suppose une statistique de test distribuée selon une Student t, c’est-à-
dire des échantillons dont les valeurs proviennent de v.a. normalement distribuées. Si on
n’exige pas cette condition, exigeant plus simplement que les échantillons proviennent de
populations ayant des distribution à peu près comparables en terme de forme, alors on
peut utiliser des tests non-paramétriques.
Sans normalité assurée, on utilise un test non paramétrique dont le type dépend de :
• Les deux groupes sont indépendants → Test de Mann-Whitney ;
• Les deux groupes sont appariés → Test de Wilcoxon.
Etudions chacune de ces options sur des exemples concrets.
En particulier, ce test est souvent considéré comme comparant les médianes des distri-
butions d’une v.a. sur deux populations indépendantes (alors que le test paramétrique
compare les moyennes – µ1 et µ2 – entre groupes indépendants), paramètre de position.
51
Ce test suppose :
For^
et 1 23.4 24.6 25.0 26.3 26.6 27.0 27.7 24.4 24.9 26.2 26.5 26.8 27.6
For^
et 2 22.5 23.7 24.3 25.3 26.1 26.7 27.4 22.9 24.0 24.5 26.0 26.4 26.9 28.5
> foret1<-c(23.4,24.6,25.0,26.3,26.6,27.0,27.7,24.4,24.9,26.2,26.5,26.8,27.6)
> foret2<-c(22.5,23.7,24.3,25.3,26.1,26.7,27.4,22.9,24.0,24.5,26.0,26.4,26.9,28.5)
> [Link](foret1,foret2)
Conclusion : on ne peut affirmer une différence de distribution des hauteurs entre les deux
types de forêt.
52
durant une semaine la v.a. X = nombre d’épisodes de type “souffle-court”. Les données
récoltées sont reprises ci-après :
Placebo 7 5 6 4 12
New Drug 3 6 4 2 1
Les valeurs de X sont des comptages qui ne suivent pas une distribution normale. De
plus, la taille de l’échantillon est petite (n1 = n2 = 5). Dès lors, un test non-paramétrique
s’impose. On choisit un niveau de risque à 5% (α = 0.05). Les hypothèses testées sont :
H0 : La loi de X est identique pour les deux populations étudiées
(celle recevant le nouveau médicament et celle recevant le placebo)
H1 : La médiane (par exemple) de la loi de X est inférieure sur la population traitée
avec le nouveau médicament comparée à la population recevant le placebo.
53
de H0 peut être causé par la petitesse de l’échantillon !
F REMARQUE. Si les données proviennent d’un fichier plat dont on veut étudier, par
exemple, une variable A selon ses valeurs prises sur deux groupes définis par les DEUX
modalités d’une variable qualitative factor, on utilise la commande R suivante :
# EXERCICE 1. Des prélèvements sanguins ont été réalisés sur des “Natives Americans”
et sur des “Caucasians”. Pour chaque sujet, on mesure la teneur d’une certaine substance.
On veut déterminer si ces concentrations sont significativement distinctes entre les groupes.
- Native Americans : 8.5, 9.48, 8.65, 8.16, 8.83, 7.76, 8.63
- Caucasians : 8.27, 8.2, 8.25, 8.14, 9.00, 8.1, 7.2
54
distribuées sur les deux groupes.
La nouvelle thérapie est-elle plus efficace que celle usuelle ? ( Aide : > [Link](count∼therapy))
# EXERCICE 4. Ci-après sont repris le temps de survie (en jours) de 13 patients atteints
d’un cancer de l’estomac et de 11 patients atteint d’un cancer du poumon.
> estomac <- c(124, 42, 25, 45, 412, 51, 1112, 46, 103, 876, 146, 340, 396)
> poumon <- c(1235, 24, 1581, 1166, 40, 727, 3808, 791, 1804, 3460, 719)
55
7.2 Deux échantillons appariés : Test de Wilcoxon apparié
Toute information complémentaire fournie à un test augmente sa puissance (attention :
vérifier cette information sous peine de conclusions erronées). Cette information peut, par
exemple, porter sur l’égalité des variances des groupes comparés. Une éventuelle dépendance
entre les échantillons est aussi une information importante. Les deux groupes pourraient,
par exemple, reprendre les mêmes individus : on parle alors d’échantillons appariés.
Lorsque les deux échantillons sont appariés, on recoure au test des rangs signés de Wil-
coxon (Wilcoxon Signed Rank Test). Sa mise en oeuvre en R utilise la fonction vue au point
précédent dont il faut y activer l’option précisant le lien entre les deux échantillons :
Sujet 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15
Avant 33 29 26 23 21 36 27 38 22 33 42 35 22 39 37
Après 46 41 37 37 30 43 38 47 33 42 54 48 33 54 50
> Avant<-c(33,29,26,23,21,36,27,38,22,33,42,35,22,39,37)
> Apres<-c(46,41,37,37,30,43,38,47,33,42,54,48,33,54,50)
> [Link](Avant,Apres,paired=T)
56
Rejet de H0 , d’où une dépendance entre temps de réaction et alcool.
> [Link](Avant,Apres,paired=T,alternative="less")
57
7.3 Les fonctions tapply() & aggregate()
La suite du cours requerra l’usage de deux fonctions essentielles de R.
> tapply(variable2,facteur1,mean)
dry wet
50.75000 56.55556
58
> tapply(variable2,facteur2,IQR)
0 1 2
39 8 55
> tapply(variable2,facteur1,range)
$dry
18 83
$wet
11 99
0 1 2
dry 3.5 4.8 5.00
wet 4.0 3.5 6.25
0 1 2
dry 95 278 33
wet 101 115 293
> tapply(variable2,facteur1,[Link])
$dry
Shapiro-Wilk normality test
data: X[[i]]
W = 0.96306, p-value = 0.8387
59
$wet
Shapiro-Wilk normality test
data: X[[i]]
W = 0.97105, p-value = 0.9035
Tester la normalité de la variable variable2 selon les groupes définis par les modalités de
la variable catégorielle facteur1 :
60
> table(facteur1)
facteur1
dry wet
6 8
> table(facteur1,useNA="always")
facteur1
dry wet <NA>
6 8 3
> table(facteur1,facteur2,useNA="always")
facteur2
facteur1 0 1 2 <NA>
dry 1 3 1 1
wet 3 2 2 1
<NA> 1 1 1 0
> tapply(variable1,facteur2,mean)
0 1 2
3.8 NA NA
Pour éviter que les valeurs manquantes empêchent le calcul d’une moyenne (ou tout
autre paramètre statistique), on ajoute l’option [Link]=T signalant qu’il faut ôter les NA
avant de calculer la moyenne :
0 1 2
3.8 4.400 7.333
61
> attach(ChickWeight)
La moyenne des poids des poulets selon leur régime alimentaire s’obtient comme suit :
> tapply(weight,Diet,mean)
1 2 3 4
102.6455 122.6167 142.9500 135.2627
L’écart-type – et tout paramètre – des poids selon le régime alimentaire s’obtient de même :
> tapply(weight,Diet,sd)
1 2 3 4
56.65655 71.60749 86.54176 68.82871
> tapply(weight,Diet,max)
1 2 3 4
305 331 373 322
Plusieurs paramètres peuvent être calculés simultanément par cette fonction. Par exemple,
pour obtenir les différents quartiles selon le régime alimentaire :
> tapply(weight,Diet,quantile)
$‘1‘
0% 25% 50% 75% 100%
35.00 57.75 88.00 136.50 305.00
$‘2‘
0% 25% 50% 75% 100%
39.0 65.5 104.5 163.0 331.0
$‘3‘
0% 25% 50% 75% 100%
39.00 67.50 125.50 198.75 373.00
$‘4‘
0% 25% 50% 75% 100%
39.00 71.25 129.50 184.75 322.00
62
7.3.2 La fonction aggregate()
La fonction aggregate() permet de ventiler les calculs de paramètres statistiques d’une
variable selon les croisements de plusieurs variables discrètes.
> aggregate(var1∼fact1+fact2+fact3,data=exemp3,mean)
(b) Construisez le même data frame en y introduisant des valeurs manquantes codifiées
NA et vérifiez ce que livre dans ce cas la fonction aggregate().
,→ On constatera que la fonction aggregate() livre des résultats, éliminant les valeurs
manquantes avant d’effectuer les calculs demandés. Là où le fonction tapply() exige que
cela soit précisé...
63
8 Plusieurs échantillons : comparer k moyennes ou k médianes
Jusqu’à présent, les tests étudiés dans ce cours comparaient deux populations via deux
échantillons. Que faire s’il s’agit de comparer k groupes entre-eux lorsque k ≥ 2 ? Autre-
ment dit, on dispose de k échantillons sur base desquels on veut tester si les k populations
dont ils sont issus sont “différentes” ou non. Selon la distribution suivie par ces populations,
on distingue deux types de tests :
64
et d’histogrammes. D’une situation à l’autre, la moyenne de chaque groupe ne varie pas
(µ1 = 70, µ2 = 120, µ3 = 200), alors que leur variance, égales entre-elles, augmente d’une
situation à l’autre, passant de 400 à 22500. Cette variance augmentant, on voit que les
trois histogrammes des groupes tendent à se confondre de plus en plus pour ne former à
la fin qu’une distribution commune où ces groupes ne se distinguent (visuellement) plus,
la variance intra groupes finissant par l’emporter sur la variance inter moyennes, “noyant”
toute distinction entre groupes. L’ANOVA compare ces deux “variabilités” (variances),
celle au sein des groupes et celle entre les groupes (= entre les moyennes) :
Variance dans chaque groupe = 400 (m1=70, m2=120, m3=200) Variance dans chaque groupe = 400 (m1=70, m2=120, m3=200)
200
250
200
150
150
Frequency
100
100
50
50
0
0
Variance dans chaque groupe = 2500 (m1=70, m2=120, m3=200) Variance dans chaque groupe = 2500 (m1=70, m2=120, m3=200)
300
150
200
100
Frequency
100
50
0
-100
65
Variance dans chaque groupe = 8100 (m1=70, m2=120, m3=200) Variance dans chaque groupe = 8100 (m1=70, m2=120, m3=200)
100
400
80
60
200
Frequency
40
0
20
-200
0
-200 0 200 400
Variance dans chaque groupe = 22500 (m1=70, m2=120, m3=200) Variance dans chaque groupe = 22500 (m1=70, m2=120, m3=200)
150
600
400
100
200
Frequency
0
50
-200
-400
Les trois moyennes µ1 = 70, µ2 = 120, µ3 = 200 étant constantes, la variance de ces trois
moyennes est constante pour toutes les situations illustrées ci-dessus. A priori, les trois
groupes de distinguent d’autant plus que cette variance est élevée. Cependant, cette va-
riance n’est pas signifiante dans l’absolu, devant être relativisée par les variances au sein
des groupes. Au plus ces dernières sont élevées, au moins la variance des trois moyennes
est pertinente pour distinguer les trois groupes.
66
Pour les quatre situations précédentes, on calcule :
Ce rapport entre ces deux variances (inter/intra) déterminera si les moyennes observées
sur les échantillons discriminent éventuellement les groupes. On verra ce principe appliqué
dans le test ANOVA, test qui statuera si ce rapport est “grand” (,→ groupes distinguables)
ou “petit” (,→ groupes non distinguables).
X ni
k X k
X ni
k X
X
(xij − x̄)2 = 2
ni (x̄i − x̄) + (xij − x̄i )2
i=1 j=1 i=1 i=1 j=1
| {z } | {z } | {z }
SStotal SSinter = Factor effect SSintra = Residuals
67
Sachant que :
i k n
1 XX
(xij − x̄)2 = Variance globale = SStotal /(n − 1)
n−1
i=1 j=1
k
1 X
ni (x̄i − x̄)2 = Variance entre groupes = SSinter /(k − 1)
k−1
i=1
ni
k X
1 X
(xij − x̄i )2 = Variance dans les groupes = SSintra /(n − k)
n−k
i=1 j=1
Cette somme divise la dispersion totale des données selon deux critères :
(a) la part de variabilité due au facteur ;
(b) la part de variabilité non expliquée, ou résiduelle.
La somme précédente peut dès lors s’écrire (aux facteurs près) :
Le principe de l’ANOVA est simple. Il s’agit de tester si la variabilité SSinter entre les k
moyennes est du même ordre de grandeur que les variations SSintra observées à l’intérieur
des groupes. Autrement dit, la variabilité entre les k moyennes est-elle due simplement
au “bruit” inhérent à la variable étudiée ou est-elle significativement supérieure ? Si oui,
on conclut à un effet “facteur”, sinon, le facteur mis en avant n’est pas pertinent pour
discriminer la population globale en k sous-groupes. Pour comparer les ordres de grandeur
entre ..., on s’intéresse au rapport des deux variances suivantes :
SSinter /(k − 1)
F =
SSintra /(n − k)
Une fois de plus, déterminer si ce quotient F est “grand” (,→ “effet facteur”) ou “petit”
(,→ pas d’“effet facteur”) nécessite de connaı̂tre la distribution de cette statistique F .
SSinter /(k − 1) χ2
F = = 2k−1 = distribution de Fisher = F (k − 1, n − k)
SSintra /(n − k) χn−k
68
Quelques distributions de Fisher
1.2
Degrees of freedom
df = (1, 3)
df = (6, 24)
1.0
df = (3, 20)
df = (14, 38)
df = (30, 50)
0.8
Density
0.6
0.4
0.2
0.0
0 1 2 3 4 5
8.1.4 Homoscédasticité
Le test ANOVA suppose que les k échantillons (correspondants aux k groupes) proviennent
de populations de variances égales. Idéalement, pour utiliser à bon escient le test ANOVA,
il faut préalablement vérifier l’égalité de ces variances.
La fonction [Link]() – associée au [Link]() pour vérifier l’égalité de deux variances –
ne peut être utilisée ici pour tester l’égalité de k variances lorsque k ≥ 3.
Plusieurs tests permettent de tester l’égalité des variances de k populations où k ≥ 3, ceci
à partir d’échantillons issus de ces populations. L’un d’eux, disponible en R, est réalisé,
pour des lois normales, avec la fonction [Link]() dont le cas particulier, pour
k = 2 échantillons, est la fonction [Link]().
69
Groupe 1 Groupe 2 Groupe 3 Groupe 4
54 55 62 56
50 54 58 52
50 61 58 52
58 55 66 60
57 55 65 59
55 58 63 57
51 59 59 53
58 54 66 60
50 56 58 52
53 57 61 55
On veut tester si les conditions de croissance (“traitement”) influencent la taille des tulipes.
où µ1 , · · · , µ4 sont les moyennes des tailles pour les quatre groupes.
Les effectifs des groupes étudiés étant réduits, on peut intégrer toutes les observations
dans un unique graphique – ci-dessous à gauche – scindé selon les groupes (l’option "stack"
permet de superposer les valeurs identiques) :
Aligner des boxplots ventilés selon les groupes étudiés – ci-dessous à droite – livre une
première idée de leur différence éventuelle (les points rouges représentent les moyennes) :
70
Tulipes : Donnees brutes / Groupes Tulipes - Quatre traitements distincts
65
G4
60
G3
55
G2
G1
50
50 55 60 65 G1 G2 G3 G4
Taille
L’ANOVA exige une normalité de la variable Taille sur chaque groupe étudié. Vérifions :
> tapply(Taille,Traitement,[Link])
$G1
Shapiro-Wilk normality test
data: X[[i]]
W = 0.87013, p-value = 0.1003
$G2
Shapiro-Wilk normality test
data: X[[i]]
W = 0.89716, p-value = 0.2038
$G3
Shapiro-Wilk normality test
data: X[[i]]
W = 0.87013, p-value = 0.1003
$G4
Shapiro-Wilk normality test
data: X[[i]]
W = 0.87013, p-value = 0.1003
On ne peut donc a priori rejeter la normalité de la variable Taille sur les quatre groupes.
71
tester l’égalité des quatre variances relatives aux groupes étudiés. Posons les hypothèses
sur les variances σi des populations dont sont issus les 4 échantillons :
> [Link](Taille∼Traitement)
> aov(Taille∼Traitement)
Terms:
Traitement Residuals
Sum of Squares 348.8 343.6
Deg. of Freedom 3 36
72
Les résultats livrés par le test aov() donneront pour valeur F de la statistique de test :
348.8/3
F = = 12.18.
343.6/36
,→ p-value = 1.18 × 10−5 ⇒ rejet H0 . Les graphiques ci-après montrent que la valeur
12.18 de la statistique de test se situe bien au-delà des quantiles 0.95 et 0.99 :
0.8
Z0.95 = 2.87
Z0.99 = 4.38
0.6
0.6
Density
Density
0.4
0.4
95%
0.2
0.2
99%
0.0
0.0
0 2 4 6 8 0 2 4 6 8
73
> [Link](Taille, Traitement)
G1 G2 G3
G2 0.15048 - -
G3 8e-06 0.00239 -
G4 0.31278 0.56618 0.00055
P value adjustment method: holm
8.1.6 Exercices
1. Le logiciel R fournit des bases de données touchant des thématiques très variées. L’une
d’elles – iris – reprend quatre mesures (en cm) relatives à trois espèces d’iris : Iris setosa,
versicolor et virginica.
(a) Activez la base de données avec l’instruction suivante : attach(iris).
(b) Vérifier la taille et le type de variables de ce fichier.
(c) Le facteur espèce influence-t-il les différentes mesures ? Pour chaque mesure, faite
d’abord un graphique destiné à vous donner une première idée de la situation, ceci
avant de confirmer ou infirmer vos impressions à l’aide d’un test dont vous poserez
préalablement les hypothèses.
Exemples d’aide visuelle pour la variable [Link]. Que suggèrent ces graphiques
concernant la moyenne de cette variable selon l’espèce à laquelle appartient l’iris ?
> stripchart([Link]∼Species,method="stack",col="red");
abline(v = mean([Link]), col="blue", lwd=1.5, lty=3);
text(3.6,3.1,"Moyenne globale",srt=90,col="blue",cex=1.2)
> stripchart([Link]∼Species,method="stack",col="red");
abline(v = mean([Link]), col="blue", lwd=1.5, lty=3);
text(4.15,3.5,"Moyenne globale",col="blue",cex=1); text(3.75,3.5,"------",col="blue")
74
> boxplot([Link]∼Species,col="lightblue",main="Sepal Width");
lines(tapply([Link],Species,mean),pch=20,col="red",type="b")
Petal Length
7
Moyenne globale
virginica
6
5
4
versicolor
3
2
setosa
[Link]
Sepal Width
4.0
3.5
versicolor
3.0
2.5
setosa
2.0
[Link]
Ces graphiques indiquent un lien clair entre l’espèce de l’iris et ses mesures de pétales.
2. La base de données chickwts (elle aussi stockée dans R) reprend le poids de poulets
selon leur régime alimentaire.
75
(a) Activez la base de données : attach(chickwts).
(b) Vérifier la taille du fichier, ainsi que le type de ses variables.
(c) Combien de régimes alimentaires sont comparés ici ? Sur combien de poulets ?
(d) Ces différents régimes sont-ils répartis de façon plus ou moins équilibrée sur l’échantillon ?
(e) Le régime alimentaire influence-t-il le poids du poulet ? “Vérifiez” cela à l’aide d’un
graphique approprié. Ensuite, posant vos hypothèses, faite un test adéquat pour
confirmer vos impressions.
3. La base de données PlantGrowth (elle aussi stockée dans R) reprend les “poids-sec”
de plantes selon trois types de traitement (dont un groupe “contrôle”).
(a) Activez la base de données : attach(PlantGrowth).
(b) Vérifier la taille du fichier, ainsi que le type de ses variables. Combien de facteurs ?
(c) Vérifier que trois groupes sont comparés ici. Sur combien de plantes ?
(d) Ces différents groupes sont-ils également représentés dans cet échantillon ? (Le plan
est-il équilibré ?)
(e) Le traitement influence-t-il le “poids-sec” de la plante ? Le graphique ci-dessous à
gauche (les moyennes sont indiquées en rouge) semble répondre par l’affirmative.
Posez vos hypothèses et faite un test. Prenant un risque de 5%, puis-je rejeter H0 ?
Et prenant un risque à 1%, puis-je conclure à l’impact du traitement sur le “poids-
sec” de la plante ?
AIDE. Un graphique pertinent est toujours utile pour orienter une étude :
Z0.95 = 3.35
Z0.99 = 5.49
6.0
0.8
5.5
Dried weight of plants
0.6
Density
5.0
0.4
4.5
0.2
4.0
0.0
4.85
3.5
Le graphique de gauche suggère que le poids de la plante est fonction du traitement au-
quel elle fut soumise. Reste à vérifier si un test adéquat confirme statistiquement cette
possibilité.
76
8.2 ANOVA à 2 facteurs
A présent, on étudie si la moyenne d’une v.a. X diffère sur plusieurs populations ou plusieurs
groupes d’une population, ceux-ci étant définis selon les modalités prises par le croisement
de deux variables. Ces deux variables sont généralement qualitatives (càd. catégorielles),
appelées facteurs. L’ANOVA à deux facteurs teste la possibilité qu’une variable puisse
“dépendre” de deux facteurs donnés et de leur interaction (effets conjugués).
Autrement dit, on s’interroge sur la multiplicité de facteurs pouvant influencer une v.a. X
et déterminer ainsi si X distingue des sous-groupes dans une population.
Le test étant moins robuste par rapport à la seconde condition, celle-ci est la plus impor-
tante des deux. Pour un échantillon de grande taille, l’hypothèse de normalité est rendue
inutile du fait du Théorème Central Limite.
Le premier facteur différencie les moyennes de X sur les groupes;
ou
H1 = Le second facteur différencie les moyennes de X sur les groupes;
ou
Une interaction des deux facteurs influence les moyennes.
Le plan d’expérience est un plan équilibré lorsque les cellules du tableau de contingence
défini par les deux facteurs étudiés comptabilisent des effectifs “plus ou moins” égaux.
77
Le principe de l’ANOVA à 2 facteurs consiste à décomposer la dispersion totale des données
selon quatre critères :
(a) la part imputable au premier facteur ;
(b) la part imputable au second facteur ;
(c) la part imputable à l’interaction des 2 facteurs ;
(d) la part non expliquée, ou résiduelle.
,→ EXEMPLE. Soit une variété d’aubergines dont on étudie la croissance dans di-
verses conditions. Pour faire simple, limitons ces conditions à deux facteurs : F1 et F2.
Par exemple : F1 = "exposition" et F2 = "pluviosité". Toujours dans cet exemple,
supposons que le premier facteur F1 présente 2 modalités possibles (A = "ombre", B =
"soleil"), le second facteur F2 présentant 3 modalités possibles (X = "sec", Z = "pluie
moyenne", Y = "pluie abondante"). On veut déterminer dans quelle mesure ces deux
facteurs influencent la croissance des aubergines, plus précisément leur poids. Cependant,
contrairement à l’ANOVA à 1 facteur, on ne veut pas limiter cette analyse à chacun des fac-
teurs pris isolément, mais on veut aussi étudier leur interaction éventuelle : leur conjonc-
tion – c’est-à-dire une combinaison particulière de leurs modalités respectives – augmente-
t-elle les effets sur la variable étudiée (ici le poids) ?
L’ANOVA à 2 facteurs permet une telle étude, testant la dépendance éventuelle du poids
aussi bien par rapport à chaque facteur F1 et F2 que par rapport à la combinaison des deux
facteurs F1*F2.
F1 F2 poids
A:72 X:50 Min. :141.0
B:65 Y:41 1st Qu.:226.0
Z:46 Median :268.0
Mean :271.4
3rd Qu.:319.0
Max. :440.0
78
La table ci-après montre que le plan d’expérience est relativement bien équilibré, les
cellules de la table présentant des effectifs plus ou moins égaux :
> table(F1,F2)
F2
F1 X Y Z
A 25 23 24
B 25 18 22
> tapply(poids,F1,mean)
A B
258.6111 285.4615
> tapply(poids,F2,mean)
X Y Z
251.1200 277.7805 287.6087
Les moyennes sur les six groupes de l’échantillon stratifié selon les six croisements des
facteurs F1 et F2 :
> aggregate(poids,list(F1,F2),mean)
Group.1 Group.2 x
1 A X 264.2800
2 B X 237.9600
3 A Y 252.0435
4 B Y 310.6667
5 A Z 259.0000
6 B Z 318.8182
Les boxplots permettent une première approche visuelle de l’impact éventuel des fac-
teurs F1 et F2 sur le poids, facteurs considérés isolément (les moyennes figurent en rouge) :
> boxplot(poids∼F1,col="lightblue");
lines(tapply(poids,F1,mean),pch=19,type="b",col="red")
> boxplot(poids∼F2,col="lightblue");
lines(tapply(poids,F2,mean),pch=19,type="b",col="red")
79
450
450
400
400
350
350
300
300
250
250
200
200
150
150
X Y Z A B
> boxplot(poids∼F2*F1,col=c("lightblue","pink","lightgreen"))
Vu le nombre peu élevé d’observations pour chacun des six groupes, on peut toutes les vi-
sualiser sur un unique schéma, par exemple à l’aide de la fonction graphique stripchart()
(voir ci-après à droite).
> stripchart(poids∼F2*F1,method="jitter",vertical=T)
450
450
400
400
350
350
300
300
poids
250
250
200
200
150
150
X.A Y.A Z.A X.B Y.B Z.B X.A Y.A Z.A X.B Y.B Z.B
80
Les deux diagrammes d’interaction ci-après visualisent les 6 moyennes de la va-
riable poids correspondant aux 6 découpages de l’échantillon selon le croisement des deux
facteurs : 2 × 3 = 6.
320
F2 F1
Z B
Y A
300
300
X
mean of poids
mean of poids
280
280
260
260
240
240
A B X Y Z
F1 F2
Il y a d’autant moins interaction entre les deux facteurs F1 et F2 que les segments sont
davantage parallèles (voir le paragraphe sur les diagrammes d’interaction plus loin).
Plus précisément, pour cet exemple, interprétons le diagramme ci-dessus à gauche :
L’ANOVA suppose que au sein de chaque groupe les observations soient issues d’une po-
pulation normalement distribuée. Le test de Shapiro-Wilk permet de vérifier cette condition
,→ fonction [Link]().
81
F REMARQUE. La commande > aggregate(poids,list(F1,F2),[Link]) ne
fonctionne pas !
Pour vérifier cette condition sur les six groupes, on définit une nouvelle variable (ceci n’est
pas la seule façon de faire, mais elle est simple et fonctionne) caractérisant chacun des
groupes (où la fonction paste() “colle” deux chaı̂nes de caractères) :
> attach(pp)
> tapply(poids,grp,[Link])
$‘A X‘
Shapiro-Wilk normality test
data: X[[i]]
W = 0.94613, p-value = 0.2048
$‘A Y‘
Shapiro-Wilk normality test
data: X[[i]]
W = 0.97425, p-value = 0.7892
$‘A Z‘
Shapiro-Wilk normality test
data: X[[i]]
W = 0.97561, p-value = 0.8034
$‘B X‘
Shapiro-Wilk normality test
data: X[[i]]
W = 0.98078, p-value = 0.9001
$‘B Y‘
82
Shapiro-Wilk normality test
data: X[[i]]
W = 0.95727, p-value = 0.55
$‘B Z‘
Shapiro-Wilk normality test
data: X[[i]]
W = 0.97733, p-value = 0.8696
Conclusion : aucune des six H0 est rejetée. L’hypothèse nulle supposant la normalité des ob-
servations, la variable poids n’a aucune raison d’être considérée comme non normalement
distribuée sur chacun des groupes étudiés. On peut pour la suite de cette étude accepter
de travailler avec une distribution normale (en tous cas, le test ne s’y oppose pas...).
L’ANOVA suppose que la variance de la v.a. poids étudiée soit identique sur les groupes
(groupes définis par le croisement des modalités des facteurs). La condition de normalité
étant remplie, on peut tester l’homogénéité des variances sur les six groupes à l’aide du
test de Bartlett ,→ fonction [Link]() :
Bartlett Test of Homogeneity of Variances. Performs Bartlett’s test of the null that
the variances in each of the groups (samples) are the same.
> [Link](poids,grp)
La p-valeur étant très nettement supérieure à 0.05, on ne rejette pas l’hypothèse H0 . L’hy-
pothèse nulle supposant l’égalité des différentes variances, on peut pour la suite de cette
étude accepter l’homogénéité des variances (en tous cas, le test ne s’y oppose pas...).
> aov(poids∼F1*F2)
83
F1 F2 F1:F2 Residuals
Sum of Squares 24627.9 36150.5 57972.5 418056.2
Deg. of Freedom 1 2 2 131
Les valeurs les plus informatives pour notre étude d’une éventuelle dépendance du poids
par rapport aux deux facteurs s’obtiennent par la fonction summary() appliquée aux
résultats de l’ANOVA :
> summary(aov(poids∼F1*F2))
F REMARQUE. Une ANOVA à 2 facteurs n’égale pas deux fois une ANOVA à 1 fac-
teur. Non seulement l’ANOVA à 2 facteurs teste les interactions, mais de plus le calcul des
variances est plus élaboré que celui intervenant dans l’ANOVA à 1 facteur (on s’épargne ici
les détails de ces calculs). Voyez les résultats d’une ANOVA à 1 facteur appliquée à chacun
de deux facteurs séparément :
> summary(aov(poids∼F1))
> summary(aov(poids∼F2))
84
---
Signif. codes: 0 ’***’ 0.001 ’**’ 0.01 ’*’ 0.05 ’.’ 0.1 ’ ’ 1
Il n’y a pas de règle stricte pour interpréter de tels diagrammes. Les différents cas de figure
qui suivent montrent qu’il faut une certaine habitude pour faire parler aisément ces figures.
85
320
320
fact2 fact1
2 1
1 0
0
300
300
mean of variable
mean of variable
280
280
260
260
240
240
0 1 0 1 2
Factor 1 Factor 2
• Le parallélisme (plus ou moins rigoureux) des segments signifie que les deux facteurs
n’interagissent pas.
• Ces segments (±) parallèles étant décalés verticalement les uns par rapport aux
autres, la variable étudiée X dépend du facteur fact2 (diagramme de gauche) et
du fact1 (diagramme de droite).
• Ces segments étant “fortement” non-horizontaux, cela induit une dépendance de la
variable X par rapport au facteur fact1 (diagramme de gauche) et par rapport au
fact2 (diagramme de droite).
On voit, sans surprise, qu’il y a une redondance d’information entre ces deux diagrammes.
Exemple où seul le facteur fact2 a un impact significatif sur la v.a. étudiée :
86
300
300
fact2 fact1
290
290
2 0
1 1
0
280
280
mean of variable
mean of variable
270
270
260
260
250
250
240
240
0 1 0 1 2
Factor 1 Factor 2
Les segments ne se croisant pas, ces diagrammes montrent une absence d’interaction entre
les deux facteurs. L’influence du facteur fact2 sur la moyenne de la variable étudiée se
traduit, par exemple dans le diagramme de gauche, par le fait que les trois segments sont
nettement décalés verticalement les uns par rapport aux autres.
Autre exemple où seul le facteur fact2 a un impact (sur la variable étudiée) statistique-
ment significatif :
87
310
310
fact2 fact1
2 1
1 0
300
300
0
290
290
mean of variable
mean of variable
280
280
270
270
260
260
0 1 0 1 2
Factor 1 Factor 2
Les segments ne se croisant (presque) pas, ces diagrammes montrent une absence d’inter-
action entre les deux facteurs. L’influence du facteur fact2 sur la moyenne de la variable
étudiée se traduit, par exemple dans le diagramme de gauche, par le fait que les trois seg-
ments sont nettement décalés verticalement les uns par rapport aux autres.
Exemple où seul le facteur fact1 a un impact (sur la variable étudiée) statistiquement
significatif : significatif :
88
290
290
fact2 fact1
1 1
280
280
0 0
2
270
270
mean of variable
mean of variable
260
260
250
250
240
240
0 1 0 1 2
Factor 1 Factor 2
Les segments ne se croisant pas, ces diagrammes montrent une absence d’interaction entre
les deux facteurs. L’influence du facteur fact 1 sur la moyenne de la variable étudiée se
traduit, par exemple dans le diagramme de droite, par un net décalage vertical des segments.
89
340
340
fact2 fact1
2 1
1 0
0
320
320
mean of variable
mean of variable
300
300
280
280
260
260
0 1 0 1 2
Factor 1 Factor 2
L’absence de l’impact significatif d’une interaction des facteurs sur la variable étudiée en-
traı̂ne clairement ici le non croisement des segments.
Exemple où aucun facteur (ni leur interaction) n’influence la variable étudiée :
Df Sum Sq Mean Sq F value Pr(>F)
fact1 1 3 3 0.001 0.977
fact2 1 210 210 0.051 0.821
fact1:fact2 1 123 123 0.030 0.862
Residuals 133 544699 4095
---
Signif. codes: 0 ’***’ 0.001 ’**’ 0.01 ’*’ 0.05 ’.’ 0.1 ’ ’ 1
260
260
fact2 fact1
0 0
1 1
2
255
255
mean of variable
mean of variable
250
250
245
245
240
240
0 1 0 1 2
Factor 1 Factor 2
90
Que conclure ici ? Ne devrait-on pas obtenir sur ces diagrammes des moyennes identiques,
puisque non dépendantes des facteurs (càd. des sous-groupes). En fait, le piège serait de
raisonner ici en termes de parallélisme des segments ou de leur croisement. Il faut se rendre
compte que l’étendue de l’axe des ordonnées est ici nettement moins large que dans tous
les graphiques précédents ! ! D’où le fait que ces différentes moyennes tendent à davantage
se confondre dans cet exemple par rapport aux exemples précédents !
8.2.2 Exercices
1. On compare la hauteur de 37 arbres répertoriés selon trois types distincts
(source : P. Dagnelie. Théories et méthodes statistiques. Applications agronomiques.)
AIDE. Première question : quel test utiliser ? Pour y répondre, il convient de tester
la normalité de la distribution des hauteurs pour les trois types séparément. Pour ce faire,
on peut répéter trois fois l’instruction suivante pour chacun des types :
> [Link](hauteur[type=="T1"])
La fonction tapply() permet de tester les trois sous-ensembles en une seule commande :
> tapply(hauteur,type,[Link])
$T1
Shapiro-Wilk normality test
data: X[[i]]
91
W = 0.92201, p-value = 0.267
$T2
Shapiro-Wilk normality test
data: X[[i]]
W = 0.97278, p-value = 0.9115
$T3
Shapiro-Wilk normality test
data: X[[i]]
W = 0.95945, p-value = 0.7796
On ne peut pas affirmer que les hauteurs de ces arbres soient distribuées selon une loi non
normale. Ensuite, la fiabilité de l’ANOVA suppose l’égalité des variances des hauteurs pour
les trois types d’arbres, condition vérifiée à l’aide de [Link]() :
> [Link](hauteur,type)
> summary(aov(hauteur∼type))
Conclusion du test ?
92
pourcentage de la masse initiale. Voici les résultats :
Supposant que la masse suit une loi normale, utilisez l’analyse de la variance à deux facteurs.
Au préalable analysez les aspects ci-après :
(a) Combien y a-t-il de variables ? De quel types sont-elles ?
(b) Que donnent les boxplots ? Et les diagrammes d’interactions ?
Deux graphiques ne faisant pas intervenir une interaction entre les deux facteurs :
> stripchart(masse∼semaine,method="stack",col="red",ylab="Semaine")
> stripchart(masse∼arbre,method="stack",col="red",ylab="Semaine")
93
16
Peuplier
10
Semaine
Frene
7
Chene
2
60 65 70 75 80 85 60 65 70 75 80 85
masse masse
85
semaine arbre
2 Peuplier
7 Chene
10 Frene
80
80
16
mean of masse
mean of masse
75
75
70
70
65
65
60
60
arbre semaine
94
deux facteurs.
> data(warpbreaks)
> attach(warpbreaks)
La fonction summary() livre les dimensions du fichier warpbreaks et le type de ses va-
riables :
> summary(warpbreaks)
> table(wool,tension)
tension
wool L M H
A 9 9 9
B 9 9 9
Les graphiques mettent-ils en évidence un effet facteur sur le nombre de ruptures ob-
servées ?
95
Nombre de ruptures en fonction du type de laine Nombre de ruptures en fonction de la tension
70
70
60
60
50
50
40
40
30
30
20
20
10
10
A B L M H
Ces boxplots mettent en évidence un effet du facteur tension pris isolément (encore faut-
il confirmer cette observation par un test approprié). Pour le facteur wool, le boxplot est
moins catégorique. Ces boxplots ne traitent pas d’une interaction éventuelle entre ces deux
facteurs.
Ce test ne suppose pas que les données proviennent d’une population de distribution
connue. Il intervient lorsque les hypothèses requises pour l’ANOVA ne sont pas vérifiées
(l’hypothèse de normalité, par exemple). Ce test se base sur les rangs des données plutôt
que leur valeur, testant si les médianes de plusieurs groupes sont globalement différentes.
Comme la plupart des tests, une statistique de test est calculée à partir des échantillons.
Ce résultat numérique est comparé aux quantiles d’une distribution, entraı̂nant le rejet
96
éventuel de l’hypothèse nulle H0 . Les hypothèses testées sont :
Le test de Kruskal-Wallis détermine s’il existe une différence significative entre les différents
groupes, sans préciser quels groupes particuliers se différencient. Un test Post Hoc permet
d’affiner l’information.
(a) Une variable à deux ou plusieurs modalités définit différents groupes indépendants
(non appariés). Ce test est surtout utilisé pour au moins 3 modalités (3 groupes).
Pour 2 modalités, on utilisera le test de Mann-Whitney.
(b) La variable d’intérêt est soit ordinale, soit une échelle de rapport, ou intervalle
(Ordinal scale, Ratio Scale or Interval scale dependent variables. ).
(c) Les observations sont indépendantes (aucun lien entre les individus d’une groupe
ou entre groupes)
(d) Tous les groupes sont issus de populations parentes dont les distributions ont
“mêmes formes” (à tester préalablement, le cas échéant).
Les échantillons fournissant les estimations de moyennes (ou tout autre paramètre sta-
tistique) ne proviennent pas tous de populations parentes normalement distribuées. On
traite ici d’échantillons issus de lois quelconques, éventuellement non précisées. Si aucune
hypothèse n’a pu être faite sur la distribution des populations étudiées, on utilisera le test
non paramétrique de Kruskal-Wallis.
Ce test permet de déterminer si au moins un échantillon est différent. Pour de gros échantillons
(taille > 30), le Théorème Central Limite permet de recourir aux tests vu précédemment,
tests basés sur une population parente normalement distribuée.
97
related to maximum heart rate. The following data are anaerobic thresholds for distance
runners, distance cyclists, distance swimmers and cross-country skiers :
Un test à un niveau de confiance à 95% est ici exigé (α = 0.05). Posons les hypothèses :
(
H0 : Les quatre populations ont des médianes égales
H1 : Il existe au moins deux médianes inégales.
Les données sont introduites dans R sous forme d’un data frame :
> oxy<-[Link](anae=c(185,179,192,165,174,190,209,182,178,181,166,159,170,183,160,
201,195,180,187,215), sport=c(rep("dr",5),rep("dc",5),rep("ds",5),rep("cs",5)))
> [Link](anae∼sport,data=oxy)
. Conclusion du test ?
> attach(airquality)
98
On demande :
(a) Vérifiez le contenu de la base de données (nombre d’obs., nature des variables, etc.).
(b) Vérifiez par un graphique adéquat l’existence éventuelle d’un lien entre la quantité
d’ozone dans l’air et le mois de l’année.
(c) Calculez la moyenne des quantités d’ozone selon les différents mois (attention : valeurs
manquantes ! → aggregate(Ozone∼Month,data=airquality,mean) )
(d) Que livre la commande : aggregate(cbind(Ozone,Temp)∼Month,data=airquality,mean) ?
(e) Vérifiez par la commande adaptée le nombre maximum d’observations pour chaque
mois. Ce plan paraı̂t-il équilibré ? (Attention : valeurs manquantes !)
(f) Quel test statistique confirmerait que le mois influence significativement la quantité
d’ozone ?
(g) Quel graphique suggérerait que la température influence la quantité d’ozone ?
(h) Quel outil statistique vérifierait que la température influence la quantité d’ozone ? Quel
type de lien est ici mis en évidence ? Comment mesurer la qualité de ce lien ?
2. La base de données CO2 – elle aussi intégrée au logiciel R – reprend des informations
dont vous obtiendrez la description par la commande ?CO2. Activez cette base de données
comme suit :
> attach(CO2)
On demande :
(a) Vérifiez le contenu de la base de données (nombre d’obs., nature des variables, etc.).
(b) Vérifiez par un graphique adéquat un lien éventuel entre l’absorption de CO2 par la
plante et son origine.
(c) Vérifiez par un graphique adéquat un lien éventuel entre l’absorption de CO2 par la
plante et le fait d’avoir été préalablement gelée.
(d) Calculez les moyennes d’absorption de CO2 selon le traitement. Ensuite selon l’origine.
Ensuite selon le croisement de ces deux facteurs.
(e) Calculez la moyenne et la médiane de CO2 , ceci pour le croisement “origine x traite-
ment”.
(f) Comment vérifier graphiquement une interaction éventuelle entre origine et traitement
préalable ?
(g) Vérifiez par la commande adaptée le nombre d’observations pour chaque croisement
des deux paramètres du point précédent.
99
(h) Tenant compte du point précédent, quel test statistique confirmerait significativement
que l’origine et le traitement influencent interactivement l’absorption de CO2 ?
3. La base de données iris – elle aussi intégrée au logiciel R – reprend des informations
dont vous obtiendrez la description par la commande ?iris. Activez cette base de données
comme suit :
> attach(iris)
On demande :
(a) Vérifiez le contenu de la base de données (nombre d’obs., nature des variables, etc.).
(b) Vérifiez par un graphique adéquat un lien éventuel entre les différentes mesures des iris
et l’espèce à laquelle ils appartiennent.
(c) Calculez les moyennes et médianes des différentes mesures des iris, moyennes groupées
selon les espèces.
(d) Vérifiez par la commande adaptée le nombre d’observations pour chaque espèce. Ce
plan est-il équilibré ?
(e) Tenant compte du point précédent, quel test statistique confirmerait que l’espèce in-
fluence significativement la mesure étudiée ?
> attach(PlantGrowth)
On demande :
(a) Vérifiez le contenu de la base de données (nombre d’obs., nature des variables, etc.).
(b) Vérifiez par un graphique adéquat un lien éventuel entre la croissance de la plante et
le traitement auquel elle fut soumise.
(c) Calculez les moyennes des poids des plantes selon leur traitement.
(d) Vérifiez par la commande adaptée le nombre d’observations pour chaque traitement.
(e) Tenant compte du point précédent, quel test statistique confirmerait que le traitement
influence significativement la croissance de la plante ?
100
9 Exercices (partiellement) résolus
1. A partir d’un échantillon de 20 personnes – 10 femmes et 10 hommes – tester s’il existe
une différence entre le poids (en kg) des hommes et celui des femmes.
Femmes : 42.1 53.8 30.0 59.2 66.2 66.9 51.2 82.4 45.8 57.7
Hommes : 79.5 80.9 88.6 69.3 69.8 81.7 107.2 80.7 85.1 63.0
> pfemmes<-c(42.1,53.8,30.0,59.2,66.2,66.9,51.20,82.4,45.8,57.7)
> phommes<-c(79.5,80.9,88.6,69.3,69.8,81.7,107.2,80.7,85.1,63.0)
> [Link](pfemmes,phommes) # test F
2. En théorie, une population humaine compte 10% de gauchers. Or, ayant échantillonné
aléatoirement 10 étudiants de master maths, on trouve 3 gauchers. Les étudiants de ce type
de master sont-ils davantage gauchers que la population générale ?
Le test à utiliser doit comparer une proportion théorique à une proportion observée :
> [Link](3,10,p=0.1)
data: 3 and 10
number of successes = 3, number of trials = 10, p-value = 0.07019
alternative hypothesis: true probability of success is not equal to 0.1
95 percent confidence interval:
0.06673951 0.65245285
sample estimates:
101
probability of success
0.3
3. Une épidémie liée à la Salmonella fut attribuée aux crèmes-glacées produites par une
certaine entreprise. Des scientifiques ont mesuré le degré de Salmonella dans 9 lots de
crèmes-glacées aléatoirement sélectionnés dans cette entreprise. Les niveaux (MPN/g) ob-
servés sont : 0.593 0.142 0.329 0.691 0.231 0.793 0.519 0.392 0.418.
Peut-on conclure que le niveau moyen de Salmonella dans ces glaces dépasse 0.3 MPN/g ?
Soit µ le niveau moyen de Salmonella des lots de glaces. Les hypothèses exprimant la
question sont :
H0 : µ = 0.3 H1 : µ > 0.3
Donc, il faut préciser les options : alternative="greater", mu=0.3. En R cela donne :
> x = c(0.593, 0.142, 0.329, 0.691, 0.231, 0.793, 0.519, 0.392, 0.418)
> [Link](x, alternative="greater", mu=0.3)
groupe-traitement : 91 87 99 77 88 91
groupe-contrôle : 101 110 103 93 99 104
Peut-on affirmer que le temps de réaction moyen diminue suite à la prise du médicament ?
On supposera que ces temps suivent une loi normale.
H0 : µ1 − µ2 = 0 H1 : µ1 − µ2 < 0
Le test intégrera donc l’option alternative="...". Afin de traiter ces données, on crée
deux listes : la liste Traitement contenant les données relatives au groupe-traitement ;
la liste Controle celles du groupe-contrôle. Avant tout, testons l’hypothèse selon laquelle
102
les variances des deux groupes étudiés sont égales (dans l’affirmative, cela permettrait
d’augmenter la puissance du test) :
[Link](Controle,Traitement)
La p-value=0.61 > 0.05 ne permet pas de rejeter H0 . On postule donc l’égalité des va-
riances.
,→ Ci-après, le code R qui teste l’inégalité des moyennes suppose l’égalité des variances :
> [Link](Traitement,Controle,[Link]=TRUE,alternative="less")
5. Une étude fut menée pour établir si les voitures parcourent une distance moyenne
(en km) plus élevée avec le carburant premium comparé au regular. Pour chacune des 10
voitures de cette étude, on fit d’abord le plein soit avec du regular soit du premium, ceci
après tirage au sort. Ensuite leur distance parcourue fut enregistrée. La même voiture fut
ensuite remplie de l’autre type de carburant. Son kilométrage fut là aussi enregistré :
Voiture 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
regular 160 200 210 220 230 220 270 250 270 280
premium 190 220 240 240 250 250 260 260 280 320
103
burants offre le plus d’autonomie moyenne à une voiture ?
> reg = c(160, 200, 210, 220, 230, 220, 270, 250, 270, 280)
> prem = c(190, 220, 240, 240, 250, 250, 260, 260, 280, 320)
> [Link](prem,reg,alternative="greater", paired=TRUE)
Paired t-test
La p-value=0.00075 < 0.001 ⇒ on rejette H0 . On conclut avec une forte évidence que le
carburant premium augmente la moyenne kilométrique parcourue.
104
3055.696 2771.919
La p-value = 0.008667 < 0.01 rejette nettement H0 . Un boxplot confirme l’écart entre
les deux groupes.
Les variances des deux populations étudiées peuvent être considérées comme étant égales.
,→ Type de test : Test de comparaison entre deux échantillons tirés de populations ap-
pariées (les mêmes patients, les mêmes prélèvements MAIS des méthodes différentes). On
pose les hypothèses
H0 : µa = µb vs H1 : µa 6= µb
Calcul de la statistique de test :
0.16 − 0
tobs = q = 1.99
(0.44)2
30
Dans ce test, l’hypothèse nulle suppose la pièce bien équilibrée et les lancers indépendants
→ On teste H0 : p = 0.5 contre H1 : p 6= 0.5.
Un test binomial permet de vérifier si la proportion observée 0.4 des “Face” diffère signifi-
cativement de celle théorique attendue 0.5, ceci en considérant un risque de 5% de prendre
105
la mauvaise décision en rejetant H0 . Les paramètres par défaut du test [Link]() sup-
posent que l’on compare la proportion observée avec la proportion théorique 0.5, ceci au
niveau de confiance 0.95. Dans cette étude, il suffit donc de préciser les paramètres sui-
vants : nombre de “Faces” observées (4) et nombre total de lancers (10) :
> [Link](4,10)
[Link](c(2.8,3,3,3.2,3.3),c(3,3.2,3.4,3.6),[Link]=T)
106
95 percent confidence interval:
-0.5957056 0.1157056
sample estimates:
mean of x mean of y
3.06 3.30
10 Exercices
1. Un sondage électoral donne les préférence suivantes :
(a) Candidat A = 20, candidat B = 30. Puis-je en déduire, à 95% de confiance, que B va
gagner les prochaines élections ? Posez clairement vos hypothèses et faite le test adéquat.
(b) Même question où : Candidat A = 15, candidat B = 35.
(c) Même question où : Candidat A = 22, candidat B = 28.
(d) Même question où : Candidat A = 88, candidat B = 112.
(e) Même question où : Candidat A = 220, candidat B = 280.
Comment expliquez les différentes p-value pour les 3 derniers points alors que les propor-
tions sont exactement identiques ?
2. Un échantillon dont les effectifs sont croisés selon des préférences musicales et couleurs :
107
guéris non guéris
Dose D1 30 30
Dose D2 42 35
Dose D3 58 31
5. (a) Une pièce de monnaie est jetée 50 fois, donnant 31 “Faces” et 19 “Piles”. Peut-on
conclure que cette pièce n’est pas équilibrée à 5% de risque ?
(b) Une autre pièce de monnaie est jetée 50 fois, donnant 33 “Faces” et 17 “Piles”. Peut-on
conclure que cette pièce n’est pas équilibrée à 5% de risque, à 1% de risque ?
(b) Une autre pièce de monnaie est jetée 50 fois, donnant 35 “Faces” et 15 “Piles”. Peut-on
conclure que cette pièce n’est pas équilibrée à 1% de risque ?
7. Un procédé de fabrication courant a produit des millions de tubes T.V., dont la durée de
vie moyenne est µ = 1200 heures et l’écart-type σ = 300 heures. Un nouveau procédé, estimé
meilleur par le bureau d’études, fournit un échantillon de 100 tubes avec une moyenne de
1265. Bien que cet échantillon fasse apparaı̂tre le nouveau procédé comme meilleur, s’agit-il
d’un hasard d’échantillonnage ?
8. Le staff médical d’une grande entreprise fait ses petites statistiques sur le taux de cho-
lestérol de ses employés. Les observations sur 100 employés tirés au sort sont les suivantes :
108
Taux de cholestérol en cg (centre classe) 120 160 200 240 280 320
Effectif d’employés 9 22 25 21 16 7
(a) Estimer la moyenne et l’écart-type pour le taux de cholestérol dans toute l’entreprise.
(b) Déterminer un intervalle de niveau 0.95 de confiance pour la moyenne.
(c) Déterminer la taille minimum d’échantillon pour que l’amplitude de l’IC soit < 10.
10. Soit une expérience dont le but est d’évaluer l’effet de l’inoculation d’un mycorrhize
sur la croissance en hauteur de plantules de Pinus kesiya. Dans l’expérience, 10 plantules,
formant le Groupe I, ont été inoculées, et 10 autres (Groupe II) ont été laissées telles
quelles. Le tableau ci-après donne les hauteurs des plantules de Pinus kesiya obtenues
dans les deux groupes :
Le test appliqué reposera sur les hypothèses suivantes : (i) Les variables étudiées sont conti-
nues (ii) La population-mère des échantillons prélevés suit une loi de distribution normale
(iii) Les échantillons ont été prélevés de manière indépendante.
F Avant d’appliquer le test adéquat, vérifier que les variances des deux populations dans
lesquelles on prélève les échantillons sont homogènes (égales). L’homogénéité de deux va-
riances sera testée à l’aide du test [Link](). Une fois prouvé que les variances de la
hauteur des plantules des deux groupes sont égales, l’analyse se poursuit avec le test...
11. (a) En théorie, une population humaine compte 10% de gauchers. Or, ayant échantillonné
aléatoirement 50 étudiants de master maths, on trouve 11 gauchers. Les étudiants de ce
type de master sont-ils davantage gauchers que la population générale ?
(b) Même question si on observe 8 gauchers sur 50 étudiants.
109
12. Dans le but d’étudier l’influence éventuelle de la lumière sur la croissance du poisson
Lebistes Reticulus, on a élevé deux lots de ces poissons dans des conditions d’éclairage
différentes. Au 95ème jour, on a mesuré en mm les longueurs xi des poissons. On a obtenu
les résultats suivants :
P180 P180 2
- Lot 1 (180 individus) = éclairage à 400 lux. : i=1 xi(1) = 3780 i=1 xi(1) = 84884.
P90 P90 2
- Lot 2 (90 individus) = éclairage à 3000 lux. : i=1 xi(2) = 2043 i=1 xi(2) = 46586.
1 1
xi et σ 2 = x2i − x̄2 .
P P
Que peut-on conclure ? RAPPEL : x̄ = n n
Ces 2 terrains sont-ils aussi favorables au développement du blaireau, par rapport au poids
moyen attendu chez ces animaux ?
Sources : Pratique des biostatistiques - [Link]/biostats Eric Depiereux - Université de Namur
14. On teste deux boissons énergétiques qui ont pour but une meilleure récupération de
la fréquence cardiaque normale d’un individu. Sur un échantillon de 10 athlètes, chaque
athlète teste les deux boissons (ordre des boissons testées choisi aléatoirement pour chacun).
Voici le temps de récupération obtenus par ces deux boissons :
110
Athlète 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11
Boisson I 123 132 109 110 121 101 105 124 121 106 111
Boisson II 127 131 105 113 125 112 106 137 116 119 128
Peut-on affirmer que l’une de ces boissons est plus performante que l’autre (au niveau de
confiance de 95%) ?
15. Dans un atelier de réparation d’ordinateurs, on a noté les temps de réparation (en
min) sur 50 ordinateurs de marque A et sur 40 ordinateurs de marque B. Sur ces deux
échantillons d’ordinateurs, on a obtenu les résultats suivants :
(a) Vérifiez que les moyennes et écart-types de ces deux échantillons sont :
mA = 69.2, mB = 58.5, σA = 25.6, σB = 29.49.
(b) On veut savoir si la relation mA > mB constatée est significative ou due aux aléas
d’échantillonnage. Pour cela, testez au risque de 5% les hypothèses :
H0 : mA = mB contre H1 : mA > mB .
(c) Quelle conclusion obtient-on avec un test bilatéral au même risque d’erreur ?
16. On souhaite mesurer l’effet d’un médicament sur la migraine. Pour cela, on constitue
2 groupes, chacun de 100 personnes. Un groupe A reçoit le médicament et un groupe B un
placebo, c’est à dire un comprimé sans aucun principe actif. Dans le groupe A, 68 personnes
ont vu leur migraine diminuer, contre 56 dans le groupe B.
(a) A l’aide d’un IC0.95 , que peut-on conclure quant à l’efficacité du médicament ?
(b) Quelle taille aurait dû avoir chacun des 2 groupes, pour pouvoir conclure à l’efficacité
du médicament, avec des fréquences identiques ?
17. Résultat d’un essai antibiotique sur un échantillon de 60 souris. Chacune a été ino-
culée avec une souche potentiellement mortelle de Salmonelle sp. Après cette injection :
- 30 souris tirées au hasard (lot témoin) sont laissées tranquille.
- 30 autres (lot traités) reçoivent une dose de pentacycline (un antibiotique à large spectre).
Dans le groupe traité, 19 souris ont survécus. Dans le groupe non traité, 14 souris ont
survécus. Testez un lien éventuel entre traitement et taux de mortalité.
111
11 Annexe : créer une matrice en R
Certaines fonctions R opèrent indifféremment sur des tables ou des matrices. Une table sera,
par exemple, construite à partir de variables d’un fichier de données à l’aide de la fonction
table(). Mais lorsque les donnés de départ sont déjà livrées sous forme d’un tableau, le
plus simple est alors d’encoder directement ce tableau dans une matrice. A partir d’une
liste de valeurs c(v1,v2,...) la fonction matrix() construit une matrice de dimensions
spécifiées en paramètres. Voyons quelques exemples :
Soient les nombres {1, 2, 3, 4, 5, 6} dont on veut faire une matrice 2 × 3. Première étape,
créer une liste de ces nombres :
> c(1,2,3,4,5,6)
[, 1] [, 2]
[1, ] 1 4
[2, ] 2 5
[3, ] 3 6
On peut aussi écrire :
Ou encore :
> matrix(c(1,2,3,4,5,6),2,3)
[, 1] [, 2] [, 3]
[1, ] 1 3 5
[2, ] 2 4 6
Si on exige que le remplissage des éléments de la matrice se fasse en remplissant “ligne à
ligne”, on écrira :
> matrix(c(1,2,3,4,5,6),2,3,byrow=T)
112
[, 1] [, 2] [, 3]
[1, ] 1 2 3
[2, ] 4 5 6
La commande suivante ne devrait plus vous réserver de surprise :
> matrix(c(1,2,3,4,5,6),3,2,byrow=T)
[, 1] [, 2]
[1, ] 1 2
[2, ] 3 4
[3, ] 5 6
113
Table des matières
1 Quelques notions générales sur les tests 1
1.1 Les principaux types de tests . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
1.2 Poser les hypothèses . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
1.3 La statistique de test . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.4 Erreurs de première et seconde espèce . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.5 Puissance d’un test . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.6 Seuil de signification du test . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.7 Prise de décision . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.8 Les principales étapes d’un test . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
114
5.4.1 Tester la normalité & Tester l’égalité de variances . . . . . . . . . . 35
5.4.2 La fonction [Link]() : les différents tests . . . . . . . . . . . . . . . 39
5.4.3 Fonction [Link]() sur DEUX échantillons indépendants . . . . . . 40
5.4.4 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 42
5.5 Test t sur deux échantillons appariés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 44
10 Exercices 107
115