L’EXPERTISE TECHNIQUE 10 000 ARTICLES
& SCIENTIFIQUE DE RÉFÉRENCE 1 000 FICHES PRATIQUES
EXTRAIT
ISSU DE L’OFFRE
Travaux publics et infrastructures
Les routes - Matériaux de chaussées souples et
semi-rigides
par Jean BERTHIER
RÉSUMÉ
C'est sur la base des matières premières que sont fabriqués les matériaux constituant les différentes couches de la chaussée.
L'objectif est, par des conditions de fabrication et de mise en oeuvre appropriées, de répondre au mieux aux exigences de
dimensionnement des chaussées routières. Les couches constitutives de la chaussée doivent, tout d'abord, résister aux
actions répétées des charges roulantes, et plus particulièrement des poids lourds (usure superficielle de la couche de
roulement, formation d'ornières par fluage du matériau, fatigue des couches traitées, etc.). Elles doivent, d'autre part, assurer à
l'automobiliste un bon niveau de service (adhérence, bruit de roulement, fréquence des interventions d'entretien). […]
ABSTRACT
Materials constituting the various layers of the road are manufactured on the basis of raw materials. The objective is to better
respond to the design requirements of roads through manufacturing conditions and appropriate implementation. The layers
that constitute the road must, first of all, withstand the repeated actions of traffic loads and in particular heavy goods vehicles
(surface wear of the road surface, creep induced rut formation, fatigue of the treated layers etc.). They must also provide the
motorist with a good standard of service (adhesion, rolling noise, frequency of maintenance operations). Standardization plays
an increasingly important role, as it covers all product applications previously enumerated, and also reconciles points of views
that are rarely consistent within the different European countries.
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Les routes
Matériaux de chaussées souples
et semi-rigides
par Jean BERTHIER
Ingénieur général des Ponts et Chaussées
Professeur honoraire de l’École Nationale des Ponts et Chaussées
1. Contexte ........................................................................................... C 4 314 – 2
2. Couche de forme ............................................................................. — 3
2.1 Critères à satisfaire par les matériaux ............................................... — 3
2.2 Amélioration des matériaux .............................................................. — 3
2.3 Traitement à la chaux et aux liants hydrauliques ............................. — 3
3. Matériaux utilisés en assises de chaussée ................................ — 4
4. Graves non traitées ........................................................................ — 5
4.1 Granularité .......................................................................................... — 5
4.2 Angularité et forme ............................................................................ — 5
4.3 Propreté .............................................................................................. — 5
4.4 Dureté ................................................................................................. — 6
4.5 Comportement mécanique ................................................................ — 6
4.6 Catégories de GNT préconisées par la norme .................................. — 6
4.7 Conditions d’élaboration ................................................................... — 6
5. Mélanges traités aux liants hydrauliques et pouzzolaniques — 6
5.1 Principaux liants hydrauliques et pouzzolaniques ............................ — 6
5.2 Conditions d’utilisation ...................................................................... — 8
5.3 Caractéristiques de la grave ou du sable à traiter ............................ — 8
5.4 Caractéristiques du liant .................................................................... — 9
5.5 Caractéristiques mécaniques des mélanges traités .......................... — 9
5.6 Fissuration des matériaux traités ...................................................... — 9
6. Généralités sur les matériaux hydrocarbonés........................... — 10
6.1 Adhérence .......................................................................................... — 11
6.2 Bruit de roulement ............................................................................. — 11
6.3 Optimisation du choix ........................................................................ — 11
7. Enduits superficiels ........................................................................ — 12
7.1 Granulats ............................................................................................ — 12
7.2 Liant .................................................................................................... — 12
7.3 Formulation ........................................................................................ — 13
8. Enrobés bitumineux à chaud ........................................................ — 14
8.1 Granulats ............................................................................................ — 15
8.2 Liant .................................................................................................... — 15
8.3 Étude de formulation ......................................................................... — 15
8.4 Enrobés épais pour couche de surface ............................................. — 16
8.5 Enrobés minces pour couches de surface ......................................... — 17
8.6 Bétons bitumineux drainants ............................................................. — 17
9. Enrobés à froid ................................................................................ — 17
9.1 Enrobés coulés à froid ....................................................................... — 17
9.2 Bétons bitumineux à froid ................................................................. — 18
9.3 Enrobés à froid stockables ................................................................. — 18
10. Graves-bitume et graves-émulsion .............................................. — 18
10.1 Graves-bitume .................................................................................... — 18
10.2 Graves-émulsion ................................................................................ — 19
Pour en savoir plus.................................................................................. Doc. C 4 314
Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie
est strictement interdite. – © Editions T.I. C 4 314 – 1
LES ROUTES ––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––
L es couches constitutives de la chaussée doivent tout d’abord résister aux
actions répétées des charges roulantes et, plus particulièrement, de celles
liées à la circulation des poids lourds qui ont pour effet, comme le dit la norme
NFP 98-086, de faire apparaı̂tre quatre types de dommages :
« une usure superficielle de la couche de roulement due aux efforts tangen-
tiels ; la formation d’ornières par fluage des couches liées, sous l’effet des
contraintes verticales et des efforts tangentiels ; une fatigue des couches trai-
tées, provoquée par leur flexion sous l’action des charges ; une accumulation
des déformations permanentes au niveau du support ou des couches non
liées ».
Elles doivent d’autre part assurer à l’automobiliste un bon niveau de service,
du point de vue des caractéristiques suivantes :
– uni ;
– adhérence ;
– bruit de roulement ;
– fréquence des interventions d’entretien, particulièrement pénalisantes en
zone urbaine ou périurbaines.
Ne sera pas abordé ici le « matériau béton », utilisé pour la construction des
« chaussées rigides », car il est abondamment évoqué dans de nombreux arti-
cles du traité « construction ». Cet article sera donc limité, suivant la terminolo-
gie de l’article [C 4 316] aux matériaux rentrant dans la constitution des chaus-
sées souples et semi rigides. Ne sera pas non plus traitée la question des
matériels de fabrication et de mise en œuvre, pour des raisons de place
disponible.
modifiées par le développement des techniques de recyclage et de
1. Contexte retraitement des matériaux des chaussées existantes.
Ces techniques, décrites dans les articles [C 5 620] et [C 5 622],
d’où sont extraits les passages qui suivent répondent à l’évidence
Les « matières premières » dont sont constitués les matériaux « … à une impérieuse nécessité du point de vue de la protection de
utilisés dans les assises de chaussée sont décrites dans différents l’environnement et du développement durable : économie de res-
articles du traité Construction, et notamment les suivants : sources naturelles (granulats), d’espaces naturels (décharges),
– [C 903] : granulats, production et utilisation ; d’énergie, de réduction de l’émission des gaz à effet de serre.…
– [C 904] : liants hydrocarbonés ; Apparues vers la fin des années 1970, à la suite du premier choc
– [C 920] : ciments ; pétrolier, leur développement a ensuite été plutôt lent, du fait de
l’abondance des carrières et des postes d’enrobage. La situation a
– [C 921] : liants hydrauliques routiers ;
toutefois commencé à changer significativement dans les
– [C 922] : chaux, définitions et histoire ;
années1990, avec l’apparition d’une législation plus sévère, interdi-
– [C 923] : chaux aérienne, contexte, fabrication, domaines
sant, en particulier, la mise en décharge de matériaux autres que
applicatifs ;
les déchets « ultimes » (non réutilisables) et imposant de valoriser
– [C 5 445] : chaux aérienne, application en Génie Civil ;
les matériaux existant dans les chaussées (loi du 13 juillet 1992).
– [C 924] : chaux hydrauliques. Depuis, l’augmentation du prix de l’énergie et du bitume a fait le
C’est à partir de ces divers composants que sont fabriqués les reste, si bien qu’aujourd’hui le recyclage des matériaux est à peu
matériaux qui constituent les différentes couches de la chaussée, près systématique ».
l’objectif étant que, par une formulation et des conditions de fabri- Comme on le constatera au fil de la lecture, la normalisation, qui
cation et de mise en œuvre appropriées, ils répondent au mieux est de plus en plus généralement européenne y jouant un rôle tou-
aux exigences énumérées dans l’article [C 4 316]. Comme l’indique jours plus essentiel, est très touffue, à la fois parce qu’elle couvre
ce dernier, ces exigences sont de deux natures : toutes les applications des produits précédemment énumérés et
– résister aux actions répétées des charges roulantes, surtout les parce qu’elle concilie les points de vue, rarement concordants, des
poids lourds ; différents pays européens.
– garantir à l’automobiliste des services de qualité pour l’entre-
tien des chaussées. Le lecteur voudra donc bien considérer cet article, inévitable-
Avant d’examiner, couche par couche, à partir du sol de fonda- ment succinct, comme un « fil d’Ariane » qui devrait l’aider à
trouver, parmi ceux cités dans le « Pour en savoir plus », les
tion, la nature des matériaux les mieux adaptés, il faut souligner
textes les mieux à même de répondre à ses interrogations.
que les approches traditionnelles sont en voie d’être fortement
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& Actions sur la granularité
2. Couche de forme Elles peuvent viser, soit à éliminer la fraction fine sensible à l’eau
(mais l’opération est alors délicate et coûteuse) soit à éliminer la
fraction grossière qui gêne une mise en œuvre correcte.
L’article [C 4 316] définit par le terme « plate-forme support de
chaussée », ou PST, un ensemble constitué : On retient, en général, les dimensions maximales suivantes :
du sol (déblai ou remblai, sol en place ou rapporté) consti- – 50 mm pour les matériaux devant être malaxés avec des pro-
tuant la partie supérieure des terrassements, sur 1 m d’épais- duits de traitement ;
seur environ ; – 60 à 80 mm pour les matériaux granulaires concassés non
d’une couche de forme éventuelle mise en place sur la PST. traités ;
– 100 mm pour les matériaux granulaires roulés non traités.
& Il précise que, pour bien remplir son rôle, cette plate-forme doit
posséder un certain nombre de qualités : & Actions sur l’état hydrique
– présenter des caractéristiques minimales de nivellement pour Elles visent à amener le sol à une teneur en eau aussi voisine que
garantir la régularité de l’épaisseur des couches ; possible de la teneur en eau de l’optimum Proctor normal. Elles
– offrir une assise convenable pour le compactage des couches consistent en un arrosage pour maintenir la teneur en eau durant
de chaussée ; le malaxage ou le compactage, en humidification de masse, ou au
– être suffisamment rigide ; contraire à des scarifications entrecoupées de phases de séchage.
– être peu sensible aux intempéries (cette rigidité ne doit pas se
& Traitement
détériorer pendant la période qui sépare l’exécution des terrasse-
ments et la réalisation de la chaussée) ; Pour les couches de forme, le traitement consiste à ajouter au
– participer au fonctionnement de la chaussée : une meilleure matériau naturel de la chaux et/ou un liant hydraulique pour amé-
plate-forme autorise une chaussée moins épaisse, donc moins liorer ses performances mécaniques ou le rendre insensible au gel.
coûteuse ; On se reportera, pour plus de détails sur cette technique
– ne pas offrir un sol gélif : si, compte tenu de l’épaisseur de la d’amélioration :
chaussée, le front de gel risque de pénétrer à l’intérieur du sol de
fondation. – à l’article [C 5 362] ;
– au guide technique GTS [1] complété par le guide technique du
& Ceci a conduit, dans un premier temps, à réserver à la partie CFTR [2].
supérieure des terrassements les meilleurs matériaux rencontrés
sur le tracé, puis, progressivement, à imaginer la notion de « cou- Le paragraphe 2.3 est consacré à cette technique d’amélioration
che de forme ». qui joue un rôle de plus en plus important.
& Protection superficielle
Celle-ci est une structure plus ou moins complexe, placée sur La plupart des matériaux utilisés en couche de forme requièrent
l’arase des terrassements, permettant d’avoir une plate-forme une protection de surface dont le rôle principal est de les protéger
support de chaussée homogène et performante et contribuant, contre les intempéries et de leur donner une résistance suffisante
le cas échéant, à la protection de la chaussée contre le gel. aux efforts tangentiels créés par les pneumatiques des engins.
Elle peut être constituée d’une seule couche de matériaux ou,
au contraire, de couches successives répondant à des fonctions Dans le cas des matériaux traités à la chaux ou aux liants
distinctes, pouvant inclure un géotextile, et se terminer par un hydrauliques, elle a aussi comme but très important de mainte-
enduit gravillonné ou un film de protection. nir leur teneur en eau constante pendant la période de prise et
de durcissement.
La couche de forme assure, de fait, une transition entre le sol en
place, ou rapporté, et la chaussée. Elle tend à devenir un des élé- Cette protection est généralement réalisée sous forme d’un
ments de la chaussée, tout autant qu’une partie des terrassements ; enduit de cure à l’émulsion de bitume, éventuellement gravillonné
un effet significatif ne pouvant cependant être obtenu que si ou clouté.
l’épaisseur de la couche de forme est suffisante.
2.3 Traitement à la chaux et aux liants
2.1 Critères à satisfaire par les matériaux hydrauliques
Dans tous les cas, un matériau ne pourra être employé en couche La mise au point des techniques de traitement à la chaux et au
de forme que s’il est (ou s’il a été) rendu : ciment a considérablement élargi la gamme des sols réutilisables
– insensible à l’eau ; en plate-forme de chaussée et en couche de forme.
– non gélif ; Le traitement peut être réalisé :
– d’une résistance mécanique en rapport avec la circulation de
chantier. – à la chaux seule, pour les sols argileux et très argileux ;
– au ciment seul, ou autre liant hydraulique, pour les sols peu (ou
La dimension des plus gros éléments doit être compatible avec pas) argileux ;
le réglage recherché (tolérance de +/- 3 cm). – à la chaux et au ciment dans le cas des sols moyennement
Le module E déterminé à la plaque au moment de la mise en argileux.
œuvre des couches de chaussée doit être supérieur à 50 MPa.
2.3.1 Chaux
2.2 Amélioration des matériaux Ainsi que le précisent les articles [C 923] et [C 5 445], l’addition
de chaux a pour effet, à la fois de modifier la teneur en eau, de
On peut ne pas trouver sur le chantier, ou à proximité, des maté- transformer les argiles potassiques ou sodiques en argiles calci-
riaux qui conviennent naturellement à un emploi en couches de ques beaucoup moins plastiques, et de produire, par dissolution
[Link] faut alors s’efforcer d’améliorer les sols disponibles par et recristallisation, des aluminates et silicates qui constituent une
une des techniques suivantes. trame résistante.
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LES ROUTES ––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––
La vitesse de formation de ces silicates et aluminates dépend du
type d’argile contenue dans le sol, mais reste faible. Il faut plu-
3. Matériaux utilisés en
sieurs années pour atteindre une résistance notable. assises de chaussée
La chaux vive est la plus active et la plus utilisée, les dosages
habituels étant de l’ordre de 1 à 3 %. Elle produit les effets
suivants : On entend ici par « assises de chaussées » les couches de maté-
– assèchement du sol du fait de l’évaporation de l’eau due à la riaux qui constituent le corps de chaussée, au sens de la figure 1,
en excluant donc les couches de surface. Le rôle des assises de
chaleur d’hydratation ;
chaussée est fondamentalement de réduire les contraintes exercées
– augmentation de la limite de plasticité, réduction de l’indice de sur la plate-forme support de chaussée.
plasticité et production de grumeaux non collés ;
– aplatissement de la courbe Proctor, traduisant une diminution & Les granulats constituent le composant principal de tous les
de la sensibilité à l’eau, et de la densité sèche maximale ; matériaux utilisés en assise de chaussée, les liants et autres pro-
– augmentation du CBR ; duits rentrant dans leur composition n’en représentant générale-
ment que quelques %.
– renforcement à long terme de la structure liée aux mécanismes
de cristallisation en pH basique. Les prescriptions auxquelles sont soumis les granulats sont
définies dans l’article [C 903], le principal texte normatif étant
L’ajout de 1 % de chaux vive entraı̂ne un abaissement de la maintenant la norme européenne NF EN 13242, « granulats pour
teneur en eau de 0,4 % en laboratoire et pouvant aller jusqu’à 3 % graves traitées aux liants hydrauliques et graves non traitées », fon-
sur chantier lorsque les conditions météorologiques sont favora- damentale pour tous les matériaux décrits ci-après.
bles du fait de l’aération provoquée par les opérations de
traitement. Outre le respect des prescriptions de la norme EN 13242, une
autre démarche est essentielle pour les matériaux faisant l’objet
de ce paragraphe, c’est la détermination en laboratoire de la
2.3.2 Ciment masse volumique de référence et de la teneur en eau optimale,
effectuée grâce à l’essai Proctor, qui fait l’objet de la norme
Le traitement au ciment permet de renforcer la structure du sol NF EN 13286-2.
du fait du réseau de silicates résultant de l’hydratation et de la
& Cet essai Proctor a pour but de simuler l’évolution du sol au
prise du ciment. On l’accompagne assez souvent d’un traitement
préalable à la chaux, qui permet d’abaisser la plasticité et de rendre cours du compactage et de déterminer, pour une énergie de com-
pactage déterminée, la teneur en eau qui permet d’obtenir la den-
plus efficace l’action du ciment.
sité sèche maximale.
Le traitement au ciment seul est bien adapté aux sols peu, ou
non, plastiques ; les dosages habituellement utilisés étant de
l’ordre de 4 à 7 %. Il consiste à compacter, dans un moule standard, à l’aide
d’une dame standard, et selon un processus bien déterminé,
En fait, si les ciments courants ont été utilisés majoritairement un échantillon du sol à étudier et à déterminer la teneur en eau
jusqu’aux années 1980, ils ont par la suite été progressivement du sol et sa densité sèche après le compactage.
remplacés par les liants hydrauliques routiers et ne sont pratique-
ment plus utilisés pour les traitements de sols. L’essai est répété plusieurs fois de suite sur des échantillons
portés à des teneurs en eau croissantes. On détermine ainsi plu-
sieurs points de la courbe représentative des densités sèches en
2.3.3 Liants hydrauliques routiers fonction des teneurs en eau. On trace alors la courbe en interpolant
entre les points expérimentaux. Elle présente un maximum dont
Selon les articles [C 921] et [C 5 362], les LHR, comme les l’abscisse est la teneur en eau de l’optimum Proctor, et l’ordonnée
ciments, confèrent aux matériaux traités une cohésion permanente la densité sèche Proctor.
dénommée « prise hydraulique » qui améliore leurs caractéristi-
ques mécaniques de façon pérenne. Deux variantes de l’essai Proctor sont pratiquées :
– essai Proctor normal, qui rend assez bien compte des énergies
Ils présentent de plus par rapport aux ciments, les avantages
de compactage pratiquées pour les remblais ;
suivants : – essai Proctor modifié, dans lequel le compactage est beaucoup
– une meilleure adaptation aux particularités des chantiers ; plus poussé et correspond aux énergies mises en œuvre pour les
– un délai de maniabilité plus long, grâce à une prise plus lente, couches de forme et les couches de chaussée.
qui rend leur utilisation plus souple ; & C’est bien entendu l’essai Proctor modifié qui doit être utilisé
– une plus faible fissuration des matériaux traités et des chaus- pour les matériaux qui font l’objet de ce chapitre. Suivant la granu-
sées qu’ils supportent. lométrie du terrain étudié, l’essai s’effectue dans un moule de
faible section, dit « moule Proctor » (101,6 mm de diamètre,
Les dosages préconisés, exprimés par rapport au poids du sol
sec à traiter, varient entre 4 et 10 % selon la nature du sol et du
liant.
Couche Couche de roulement
de surface Couche de liaison
2.3.4 Mixte chaux – LHR
Corps Couche de base
Selon l’article [C 5 362], un tel traitement s’applique à des maté- de chaussée
Couche de fondation
riaux argileux pour lesquels il est nécessaire de floculer préalable-
ment la fraction argileuse par l’action de la chaux, pour favoriser Sous-couche (éventuellement)
ensuite la prise avec le liant hydraulique, et plus rarement pour Couche de forme (éventuellement)
abaisser préalablement la teneur en eau du matériau.
L’opération de traitement mixte comporte un prétraitement à la
chaux, réalisé avant le traitement aux liants hydrauliques. Figure 1 – Coupe type d’une chaussée
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