Représentations des sages-femmes en stage
Représentations des sages-femmes en stage
Département de maïeutique
Présenté par :
LAETITIA FILLUZEAU
JURY
Civilité Prénom, NOM, qualité, établissement de rattachement
Civilité Prénom, NOM, qualité, établissement de rattachement
I
Avertissement
Ce mémoire est le fruit d’un travail approuvé par le jury de soutenance et réalisé
dans le but d’obtenir le diplôme d’Etat de sage-femme. Ce document est mis à
disposition de l’ensemble de la communauté universitaire élargie.
D’autre part, toute contrefaçon, plagiat, reproduction illicite expose son auteur à des
poursuites pénales.
II
Remerciements
Pour leur motivation inébranlable, leur soutien constant, leurs conseils expérimentés,
je remercie infiniment mes parents, mon frère et mes sœurs, mon beau-frère et ma
belle-sœur, mes neveux et nièces.
Pour leur grain de folie, leur amitié et leur complicité joyeuse, je remercie mes chères
amies de promotion : Manuela, Lucie, Lise, Anouk, Déborah, Christelle, Oriane,
Marion et Tiphaine.
Pour leur engagement, leur amitié fidèle et leur sens du dévouement, je remercie
chaleureusement les Scouts Unitaires de France et le Centre Laennec, ainsi que
tous ceux que j’ai eu la chance de rencontrer dans ces lieux fraternels.
III
Table des matières
AVERTISSEMENT II
REMERCIEMENTS III
ABREVIATIONS VIII
RESUME IX
ABSTRACT XI
INTRODUCTION 1
1 CONTEXTE 3
IV
1.4.2 La préparation à la première expérience de stage 11
2 MATERIEL ET METHODES 12
2.1 Pré-enquête 12
3 RESULTATS ET DISCUSSION 18
V
3.3.2 Une figure de référence pour l’étudiant 39
3.3.3 Synthèse des résultats 42
4 ANALYSE 44
CONCLUSION 48
BIBLIOGRAPHIE 50
ANNEXES 56
VI
Liste des annexes
VII
Abréviations
VIII
Résumé
Objectifs :
L’étude a pour objectif principal de décrire les représentations de la première
expérience de stage et du monde hospitalier d’un étudiant sage-femme et de décrire
leur évolution. Par la suite, les objectifs secondaires sont de proposer une analyse de
ces représentations et des facteurs influençant leurs constructions, ainsi que de
dessiner les enjeux de la préparation des étudiants à leur premier stage.
Matériel et méthodes :
Afin de rédiger les guides d’entretiens et de cibler les axes de discussion, 267
étudiants sur l’ensemble de la population d’étudiants sages-femmes de promotion
DFGSma2 de France ont répondu à une pré-enquête quantitative.
Ensuite l’étude qualitative réalisée est organisée en série de deux entretiens semi-
directifs, un premier se déroulant avant le départ en stage et un second, après
réalisation du stage. Elle interroge 17 étudiants sages-femmes de promotion
DFGSma2 d’Ile-de-France.
IX
Hypothèse 3 : les représentations des étudiants concernant leur première expérience
de stage et du monde hospitalier sont influencées par les informations transmises
par d’autres étudiants des promotions supérieures.
Résultats :
D’abord influencé par son entourage, l’étudiant se construit une image propre de sa
première expérience, puis la confronte à la réalité qu’il côtoie. Il découvre ainsi un
nouveau milieu et rencontre des professionnels qui alimentent la modification de ses
représentations.
Ensuite à son entrée dans leur cursus de maïeutique, le premier intervenant
rencontré par l’étudiant est son institut de formation. Cet acteur influence ainsi
rapidement la réflexion de l’étudiant par rapport à son premier stage. Il propose des
dispositifs pédagogiques divers pour préparer l’étudiant à son arrivée dans le milieu
hospitalier.
Enfin, par ses interactions avec des étudiants sages-femmes des promotions
supérieures, l’étudiant alimente son imaginaire et modifie ses représentations. La
figure de l’étudiant expérimenté est considérée comme un soutien constant et utile
lors de la préparation du premier stage.
X
Abstract
Objective :
The main objective of the study is to describe the representations of a midwifery
student's first internship experience and of the hospital world, and to describe their
evolution. Subsequently, the secondary objectives are to propose an analysis of
these representations and the factors influencing their construction, as well as to
outline the issues involved in preparing students for their first internship.
Finally, three research hypotheses were determined to answer the following question:
"How are the representations of student midwives influenced by their first internship
experience? »
Hypothesis 1: Midwifery students modify their representations according to the
singular situations they encounter.
Hypothesis 2: Students' representations of their first internship experience and of the
hospital world are influenced by the teaching methods offered by the training institute.
XI
Hypothesis 3: Students' representations of their first placement experience and of the
hospital world are influenced by the information transmitted by other students from
higher classes.
Results:
Initially influenced by his entourage, the student constructs his own image of his first
experience, and then confronts it with the reality he encounters. They discover a new
environment and meet professionals who help them modify their representations.
Then, when the student enters the maieutics program, the first person he meets is his
training institute. This actor thus quickly influences the student's thinking about his
first internship. It proposes various educational measures to prepare the student for
his or her arrival in the hospital environment.
Finally, through their interactions with midwifery students from higher classes,
students feed their imagination and modify their representations. The figure of the
experienced student is considered a constant and useful support during the
preparation of the first internship.
XII
Introduction
En effet lors de sa préparation au concours, comme lors de ses préparatifs pour son
stage, l’étudiant réfléchit à sa future place d’acteur du soin. Il se crée ainsi des
1
représentations, c’est-à-dire des « perceptions1, images mentales dont le contenu se
rapporte à un objet, à une situation, à une scène du monde dans lequel vit le sujet »
(4). Cette vision singulière du secteur du soin va donc se confronter au réel de son
premier stage et révéler des questionnements plus profonds.
Pour toutes ces raisons, nous avons choisi d’explorer la problématique suivante :
« Comment les représentations des étudiants sages-femmes sont-elles influencées
par leur première expérience de stage ? ». Afin d’y répondre, une étude qualitative
par des entretiens semi-directifs a été réalisée dans l’objectif de montrer l’évolution et
les enjeux de la préparation des étudiants sages-femmes à leur premier stage.
Pour présenter les résultats de cette étude, nous avons d’abord exposé une revue de
la littérature sur les thèmes de cette problématique et décrit la méthodologie utilisée.
Puis nous avons choisi d’axer notre discussion sur la modification des
représentations des étudiants par rapport au monde hospitalier et à leur place dans
celui-ci. Grâce aux récits des expériences de nos participants, nous nous sommes
ensuite intéressés à l’influence des dispositifs pédagogiques proposés par l’institut
de formation sur cette vision de la première expérience de stage. Enfin, les relations
entre étudiants et plus particulièrement celles avec les étudiants des promotions
supérieures ont été choisies comme axe de réflexion afin de cerner l’influence de
celles-ci dans la préparation des étudiants.
1
Idée, compréhension plus ou moins nette de quelque chose.
2
1 Contexte
Au XXème siècle, une grande majorité de sages-femmes passe d’un exercice libéral
au domicile des patientes à un exercice salarié dans les maternités. En effet, après la
Seconde Guerre mondiale, grâce aux mesures de prophylaxie, à la création de la
3
sécurité sociale et à l’extension des allocations familiales, les femmes sont incitées à
accoucher dans les hôpitaux. (7) Quittant le cadre intime et sacré du domicile
familial, les sages-femmes deviennent alors des salariées de la fonction publique,
moins accessibles par le grand public et sous l’égide des médecins. S’enchaînent
ensuite de nombreuses réformes comme l’accès de la formation aux hommes en
1984 et la création du statut de sage-femme hospitalière de la fonction publique en
1989. (5) Celles-ci engagent les sages-femmes à s’investir dans l’univers hospitalier
centralisant leurs activités et devenant leur lieu d’exercice majoritaire.
Par la suite les études de sage-femme passent d’une durée de quelques mois à un
an. Dès 1854, les étudiantes instruites à Port-Royal et dont les compétences sont
reconnues devant une faculté deviennent des sages-femmes de première classe. (9)
Contrairement à elles, les sages-femmes de deuxième classe issues des écoles
départementales ne peuvent exercer dans toute la France. La profession ainsi
scindée permet au fur et à mesure des années sa visibilité et sa notoriété. Par
ailleurs, la disparition de cette scission entre deux classes ne s’effectuera qu’en
1916. (10)
Il faut attendre la fin de la Seconde Guerre mondiale pour une réforme en profondeur
de ces études. Dès 1943, la formation consiste en une année d’études générales
d’infirmière puis trois semestres d’obstétrique et un semestre de puériculture. En
1973, les études de sage-femme prennent leur indépendance par rapport aux études
d’infirmière. Puis en 1985, l’Etat met en place une quatrième année d’étude de sage-
femme et l’obligation de rédaction d’un mémoire comme validation du diplôme. La
formation n’a cessé de se réorganiser depuis cette époque. (10)
5
En constante augmentation, le nombre d'étudiants inscrits dans l'enseignement
supérieur en 2018 est de 2,7 millions. (13) Sur ce total, les étudiants sages-femmes
représentent environ 4 000 personnes répartis dans 35 écoles de sage-femme, pour
certaines intégrées à l’université. (14) Les études de sage-femme s’articulent
aujourd’hui autour d’une première année commune aux études de santé et de deux
cycles.
Les étudiants désirant accéder à cette voie passent le concours commun aux
différentes filières de santé tout juste réformé en 2019. (1) Autrefois nommée
Première Année Commune aux Etudes de Santé (PACES) (15), cette année est
actuellement appelée le Parcours d’Accès Santé Spécifique (PASS) et représente
environ 60% de voie d’entrée des étudiants. L’autre partie est maintenant issue du
parcours de Licence avec l’option d’Accès à la Santé (LAS). Permettant toujours
d’accéder à la filière maïeutique, cette première année sélective donne les bases des
matières nécessaires à la pratique de la médecine, de la maïeutique, de l’odontologie
et de la pharmacie. (1)
Puis le premier cycle d’une durée de trois ans est centré sur les soins infirmiers, les
bases de la physiologie de la santé de la femme et du nouveau-né. Nommée
deuxième année de Diplôme de Formation Générale en Sciences Maïeutiques
(DFGSMa2), cette première année de cursus de sage-femme englobe une partie
théorique et clinique ainsi qu’une partie d’application pratique. Sur ce premier cycle
comportant environ 1 200 heures de stage, environ 220 heures sont réalisées en
DFGSma2. (16)
Enfin, le second cycle permet de dispenser des enseignements sur les pathologies
obstétricales, gynécologiques et pédiatriques, ainsi que de favoriser la réflexion
clinique et diagnostique. Il est aussi centré sur la pratique clinique avec un taux
d’heures de stage supérieur au premier cycle. (16) Validées par des unités
d’enseignements, les années de formation permettent d’atteindre un grade master et
sont sanctionnées par un diplôme d’Etat permettant d’exercer le métier de sage-
femme dans le secteur public, privé, territorial ou libéral. (17)
6
1.3 Le stage, un outil pédagogique
Pendant la première année commune aux études de santé, le modèle transmissif est
exclusivement utilisé sous la forme de cours magistraux. Initialement, l’étudiant est
considéré comme dépourvu de connaissances. L’enseignant est le détenteur du
savoir, qu’il doit transmettre par son enseignement théorique à son auditoire.
Puis lors de la formation, ce modèle est occasionnellement repris lors des cours
théoriques. (21) Toutefois les enseignants introduisent rapidement les concepts
7
d’objectifs2 et d’apprentissage par compétence3 afin que les étudiants organisent leur
apprentissage et structurent leur pensée pour répondre à une future situation
clinique. (22)
Une distinction doit cependant être faite entre les différents formateurs entourant
l’étudiant. En stage, l’étudiant est encadré par des sages-femmes cliniciennes en
plus de leur activité habituelle intense. Elles lui permettent d’intégrer l’équipe et
d’apprendre à évoluer au sein du monde hospitalier.
D’un autre côté, les enseignants sages-femmes sont des sages-femmes cliniciennes,
spécifiquement formées à la pédagogie et réservant une grande partie de leur
activité à l’enseignement. Elles se déplacent parfois sur les lieux de stage pour
évaluer, encadrer et superviser les étudiants. L’encadrement en stage des étudiants
2
Savoir-faire efficace dans une situation déterminée.
3
Énoncé d’intention décrivant le résultat concret attendu à la suite d’une action.
8
est essentiellement réalisé par les équipes de professionnels de santé sur place.
Cette différence importante montre aussi la complexité de l’application des processus
pédagogiques durant les stages, lorsque les praticiens ne sont pas formés à la
pédagogie et que l’activité intense ne permet pas de transmettre facilement des
compétences. (25) Durant sa première expérience de stage, l’étudiant se détache
donc des enseignants sages-femmes qu’il a côtoyées jusque-là pour découvrir les
sages-femmes cliniciennes.
En plus de son encadrement par ses aînés, plusieurs systèmes de tutorat existent.
Les étudiants novices sont ainsi encadrés dans les services par des étudiants plus
expérimentés, voire presque diplômés. Initialement développée par l’auteur Vygotski
(26), cette théorie pédagogique d’apprentissage par les pairs a été décrite
notamment par le professeur de physique appliquée à l’Université d’Harvard, Eric
Mazur qui la définit comme « un style d’apprentissage interactif qui implique
activement les apprenants dans le processus d’apprentissage ». (27) Cette technique
d’apprentissage permet aux étudiants de partager leurs visions, leurs expériences et
leurs connaissances par rapport à un sujet donné. Ces moyens d’acquisition par les
pairs permettent aux étudiants de renforcer l’esprit d’entraide et de collaboration,
d’améliorer la communication, de résoudre des problèmes complexes. Ces stratégies
d’apprentissage différentes placent l’étudiant en stage comme le principal moteur de
l’acquisition de nouvelles connaissances. (27)
9
confrontation à la réalité du futur métier. De plus, la dégradation du contexte
hospitalier et les notions de responsabilité vis-à-vis du patient sont aussi des facteurs
influençant les comportements en stage. (28)
Lors de cette bascule vers le monde préprofessionnel, les étudiants se préparent à
ce nouveau statut. Créant ses propres images mentales, l’individu reçoit donc des
informations sous des formes multiples. Il intègre différemment les consignes, les
conseils et les avertissements énoncés pour moduler son comportement
d’apprentissage. Lors de ce processus de préparation à sa première expérience de
stage, l’étudiant tente d’anticiper son adaptation à ce nouveau milieu. (29)
Il sonde son environnement pour se préparer à sa future pratique de stagiaire. Ce
phénomène permet à l’étudiant de créer ses propres représentations. Concept
fondamental issu de la philosophie, cette définition a été adaptée par la majorité des
sciences sociales et humaines afin de décrire l’image que l’homme se fait de la
société, des individus, d’une action ou bien de lui-même. Issues notamment de
l’interaction avec l’environnement et de la communication avec ses pairs, les
représentations individuelles d’une personne constituent un tout cohérent composé
d’images propres à son expérience lui permettant d’organiser ses actions. (29)
Par ailleurs, ce premier stage des étudiants sages-femmes néophytes a pour but de
découvrir le monde hospitalier, d’entamer une intégration au monde professionnel et
d’effectuer de nombreux soins infirmiers. Ces objectifs entrent en interactions avec la
vision imaginée de l’hôpital par ces futurs professionnels de santé.
11
2 Matériel et méthodes
2.1 Pré-enquête
Afin de situer notre réflexion sur le premier stage des étudiants sages-femmes,
d’affiner nos axes d’étude et de préciser nos grilles d’entretiens, nous avons réalisé
une pré-enquête sous forme d’analyse quantitative. Nous avons ainsi partagé un
questionnaire informatisé de 12 questions (Annexe I). Celui-ci a été diffusé à
l’ensemble des 33 associations d’étudiants sages-femmes membres de l’ANESF. A
la fin du mois de juin 2020, 267 étudiants sages-femmes inscrits en France en
DFGSma2, ont répondu à cette enquête. (Annexe II)
Par rapport à l’étudiant sage-femme à l’hôpital, 44,8% considèrent que leur vision de
celui-ci a été modifiée suite à leur premier stage. Dans cette portion d’étudiants, 106
ont rédigé un commentaire libre dont les axes principaux de modification sont les
suivants : « place dans l’équipe », « autonomie », « observation », « intégration ».
L’investigation de ces axes dans la suite de notre étude nous a paru judicieuse.
Dans notre population de 267 étudiants, seulement 32% d’entre eux imaginaient
avant leur premier stage que l’hôpital est un lieu de formation. Ces résultats
interrogent sur la façon dont l’étudiant aborde sa position d’apprenant et ses objectifs
pédagogiques de stage. Les résultats de notre pré-enquête nous ont ainsi amenés à
investiguer sur la différence des représentations des étudiants avant leur stage et
12
après leur stage dans le monde hospitalier. Nous avons aussi axé notre réflexion
pour comprendre l’impact des acteurs principaux sur l’émergence de ces
représentations et dessiner les enjeux de la préparation des étudiants à leur premier
stage.
Nous nous sommes donc interrogés sur la problématique suivante : « Comment les
représentations des étudiants sages-femmes sont-elles influencées par leur première
expérience de stage ? »
13
Cette étude n’était donc pas de type quantitatif et ne cherchait donc pas à satisfaire
les critères de représentativité mais bien d’approfondir des thèmes qualitatifs et
subjectifs. Dans une optique inductive et interprétative, les hypothèses de recherche
ont été déterminées afin d’étudier l’évolution de la réflexion et des représentations
des étudiants.
14
une reconversion professionnelle après plusieurs années d’exercice dans un
domaine extérieur à la santé.
Le nombre d’entretiens réalisés était de 34, soit 17 participants interrogés, une fois
avant et une fois après la réalisation de leur premier stage. Ce nombre a été
déterminé lors de l’arrivée à saturation des données. En raison du contexte sanitaire
actuel, ces entretiens ont été réalisés en majorité via appel téléphonique ou en
visioconférence, pour le reste en présentiel lorsque cela était possible et tout en
respectant les mesures barrières.
Le second objectif était d’instaurer une réflexion avec l’étudiant sur sa première
expérience du monde hospitalier. En effet, nous souhaitions que l’étudiant se projette
15
dans son premier stage et puisse noter, lors de celui-ci, les éléments contrastants
avec ses représentations.
Ces réflexions ainsi lancées et énoncées par l’étudiant, celui-ci partait en stage dans
les semaines qui suivaient le premier entretien et une deuxième date pour le second
entretien était fixée.
L’objectif principal de cet entretien était d’avoir un retour sur la première expérience à
l’hôpital de ces étudiants, en comparant leur vécu à leurs représentations passées.
Les questions posées étaient similaires à celles de l’entretien S0 afin de faciliter
l’analyse et de répondre aux hypothèses proposées.
Par la suite nous étudierons les outils et les dispositifs proposés par l’établissement
de formation pour préparer ce départ en stage, ainsi que l’appréciation des étudiants
sur l’utilisation, l’utilité et les axes d’amélioration de ceux-ci au sein de leurs
expériences cliniques.
16
Enfin, il sera question des thèmes de discussions entre étudiants, du système de
parrainage présent entre promotions, des informations transmises entre étudiants
lors de leur retour de stage, de l’influence de ces échanges sur la représentation des
stages et du monde hospitalier.
Afin d’analyser les données recueillies, nous avons réalisé plusieurs lectures
approfondies des entretiens, exploré les différents champs lexicaux, puis extrait les
principaux thèmes traités par les sujets.
Par la suite, nous avons comparé, discuté et critiqué ces données afin de présenter
les résultats suivants. Ceux-ci ont été organisés successivement selon nos trois
hypothèses, afin d’y intégrer notre discussion argumentée.
17
3 Résultats et discussion
19
Par la suite, les relations entre les différents personnels de santé interrogent nos
sujets. D’un côté, trois étudiants insistent sur les apparentes difficultés de
communication entre professionnels et la possible complexité de la cohésion
d’équipe, qui entachent l’ambiance de travail.
D’un autre côté, sept étudiants notent un esprit d’équipe et des relations favorisant
un travail commun efficace et dynamique. Ces deux aspects mettent en lumière la
variabilité des représentations des étudiants, influencées de manière positive ou
négative par leur propre expérience de ce premier stage.
De plus, cette évolution est aussi associée par plusieurs étudiants à une forme
d’idéalisation du monde hospitalier. Insistant sur les années de concours et l’envie
forte de travailler dans ce domaine, l’étudiant imagine un univers qu’il espère parfait.
La rencontre avec la réalité lors de son premier stage amène donc une modification
de sa vision de l’hôpital dans sa globalité. Deux étudiants interrogés décrivent ainsi
« un choc » et un sentiment d’étonnement important lors de la découverte de la
réalité du monde hospitalier. « Ah bah franchement j’ai senti la différence entre ce
que j’avais dans ma tête et le terrain en vrai ! » atteste le sujet numéro 5.
Nous pouvons rapprocher ce sentiment de surprise et de choc au travail de
recherche en vue du diplôme d’Etat de sage-femme de Madame Allain, écrit en
2019. En effet, centrée sur les témoignages d’étudiants sages-femmes de second
cycle, cette étude insiste sur ce résultat en l’expliquant ainsi : « Il en résulte que les
étudiants sont confrontés à une perte de repères liée, entre autres, à la découverte
du monde hospitalier. ». (30) Nos résultats et ceux de cette étude sont donc ici
similaires. Par ailleurs, celle-ci insiste ensuite sur la nécessité d’une amélioration de
l’accompagnement et de l’entourage de l’étudiant lors de ses études. (30) Cet
accompagnement pourrait, en anticipant cette perte de repères, construire des
indices matériels ou humains incorporés au lieu de stage et former l’étudiant à utiliser
ses ressources.
Cependant cette différence ressentie n’entache pas forcément le lien que l’étudiant
fait avec son futur milieu professionnel. Ainsi huit étudiants, comme le sujet numéro
7, considèrent avoir toujours une bonne image de celui-ci : « C’est vraiment plein de
petits détails qui ont changé pour moi, l’idée que j’avais de l’hôpital ! (…) J’en garde
20
un bon souvenir ! ». Face au choc de la rencontre avec la réalité du monde
hospitalier, l’étudiant découvre aussi son rôle singulier lors de son premier stage.
Lors de l’entretien S0, la majorité des étudiants pensent que leur activité se résume à
une observation des professionnels de santé. En effet l’interrogé numéro 8 dit : « Je
pense qu’on observe principalement, parce qu'on apprend beaucoup euh au niveau
des gestes techniques en observant, mais aussi beaucoup en relationnel parce qu'il
y a beaucoup de choses qu'on connaît pas, surtout quand on va aborder des sujets
un peu grave avec les patients. ». Tout comme l’interrogé numéro 7 qui décrit ses
futures actions comme des tâches simples dans son commentaire : « c'est vraiment
le stagiaire genre qui va chercher le café et les trucs vraiment vraiment inutiles et qui
vraiment est sous considéré ! »
Selon ces six participants, la place de l’étudiant est intrinsèquement liée à ses
compétences, pour l’instant limitées du fait du début de son cursus. En effet, leur
vision est celle d’un étudiant mis à part et peu utile à l’activité du service. Les
expressions suivantes sont utilisées pour décrire cette position particulière « en bas
de l’échelle », « une place nulle », « préposé aux sales tâches », « le dernier maillon
de la chaîne alimentaire ». Nous avons donc noté une image très négative de la
place de l’étudiant pour ce groupe de participants.
Malgré cette vision péjorative, tous les participants modifient leur description de la
place et des rôles de l’étudiant suite à leur stage. En effet lors de l’entretien S1, la
première réaction des interrogés est d’insister sur le fait que leur vision était erronée
et qu’une différence est présente. Ensuite, les participants décrivent l’étudiant
21
comme observateur des soins au départ, mais très rapidement comme un acteur à
part entière de ceux-ci. La pratique des soins infirmiers et la participation à de
nombreuses activités des services montrent que l’étudiant est rapidement mis en
situation. L’interrogé numéro 6 résume ainsi cette évolution par cette intervention :
« en vrai elle s’est améliorée parce que je nous voyais comme un petit chien qui fait
le café et tout. (rire) alors qu’au final on m’a considéré comme quelqu’un qui vient
pour apprendre, on m’a proposé de faire des choses dès que c’était possible, on y
allait bien par étape en fonction de ce que je maîtrisais. (…) J’ai l’impression d’avoir
appris vraiment beaucoup de choses ! ».
Cette façon de pousser l’étudiant à l’action lui permet d’appliquer des connaissances
théoriques ainsi que d’apprendre de nouvelles compétences liées à la pratique
comme l’ergonomie ou le confort du patient. Nous pouvons relier cette observation
aux résultats suivants : « L’étudiant migre peu à peu d’un rôle initialement
« périphérique » vers une position de plus en plus centrale comme praticien actif ».
Cette citation issue de l’étude des données bibliographiques sur Les compétences de
l’enseignant clinicien et le modèle de rôle en formation clinique réalisée par M.
Chamberland et R. Hivon, résume le caractère évolutif de l’attitude de l’étudiant
passant d’un profil d’observateur à celui d’acteur des soins. (33)
Cette intégration aux personnels de santé est liée à l’encadrement des étudiants. En
effet, deux thèmes semblent influencer particulièrement la vision des étudiants sur
leur stage et leurs fonctions. Un des points fondamentaux est l’accompagnement des
étudiants qui les mène à une forme d’autonomie dans leurs apprentissages.
22
L’interviewé numéro 14 insiste : « ils me laissaient vraiment beaucoup de libertés, je
me sentais hyper bien, en confiance ! ». Enfin, la pédagogie de certains
professionnels est mise en avant et contribue à l’intégration de l’étudiant dans le
milieu hospitalier. L’interrogé numéro 2 explique : « dès que je leur demandais de
faire quelque chose on me disait oui, ils étaient ouverts à toutes les propositions. Ils
ont été hyper pédagogues, à faire des points avec moi avant de rentrer dans la
chambre et en sortant de la chambre pour bien débriefer. J’étais à l’aise ! ».
Finalement l’étudiant tout juste entré dans le milieu hospitalier prend part activement
aux situations cliniques, entouré par une équipe de professionnels pluridisciplinaires.
Cette arrivée dans ce nouveau lieu de stage a été approfondie dans les résultats
suivants.
23
Tout d’abord la peur, souvent exprimée simplement, est liée à la notion d’inconnu de
ce premier stage : inconnu des lieux, des équipes et de ce qui va s’y dérouler. Toutes
ces variables rendent tous nos répondants stressés, inquiets voire angoissés. Ce
sentiment peut aussi découler de la responsabilité des étudiants. En effet, la peur de
mal faire ou de rater est présente dans cinq entretiens. L’étudiant numéro 6 nous
explique ainsi : « J'ai vraiment peur euh juste d'arriver, de trouver le service ou de
trouver l'endroit où il faut aller (rire)… Et après j’ai très peur de faire un soin euh
genre une prise de sang et de me rater ohlalala… de faire mal au patient… ». Elle
évoque ainsi le sens de la responsabilité médicale des futurs professionnels de santé
par rapport aux patients.
Lorsque nous étudions ici l’état d’esprit des étudiants avant leur stage, le stress est
un élément omniprésent. Ce résultat est concordant avec l’enquête bien-être de
l’ANESF réalisée en 2019. Celle-ci révèle que 21% des étudiants en DFGSma2 se
disent stressés avant leur première garde et 27% à cause de leur arrivée dans le
service. (14) Afin de limiter ces inquiétudes, plusieurs propositions de la Commission
des Questions Sociales de l’ANESF ont été présentées pour améliorer les conditions
du bien-être étudiant. En effet, l’ANESF propose un accueil en stage centré à la fois
sur les enjeux humains, liés aux nouvelles relations établies par l’étudiant et à sa
nécessité de trouver de nouveaux repères, ainsi que sur les enjeux matériels liés à la
découverte de nouveaux locaux par exemple. Ces propositions sont des clés
pertinentes qui pourraient ainsi être utilisées dans un travail commun entre étudiants,
professionnels de santé et enseignants. (35)
D’un autre coté, la hâte, l’envie et l’attente de cette première expérience animent
l’ensemble des participants. Tous attendent avec impatience de pouvoir appliquer
leurs cours théoriques et de pratiquer concrètement leurs nouvelles compétences,
comme l’expose l’interrogé numéro 11 : « Qu’on soit en PACES ou au lycée, on a
l’impression de jamais vraiment être dans l’action, on voit nos études de très loin en
priant pour y arriver. Donc là on a bossé et maintenant c’est bon c’est concret ! Enfin
j’ai trop hâte ! ».
24
[Link] Un vécu singulier du premier jour
Dans cet état d’esprit alternant peur et envie, les étudiants ont une vision
angoissante de leur premier jour avant le stage. Celle-ci entre en opposition avec
une réalité mieux vécue décrite lors de l’entretien S1.
Dans l’entretien S0, nous observons que six étudiants s’imaginent se perdre dans les
locaux ou ne pas trouver leur service. Aussi quatre participants expriment, comme
l’interrogé numéro 17, des difficultés à se représenter son arrivée à l’hôpital : « Et
après je sais pas trop en fait si dès le premier jour on va pratiquer ou pas en fait… Je
sais pas du tout à quoi va ressembler ma journée ! ».
Ces inquiétudes s’opposent à leur vécu final de leur premier jour. Tous les interrogés
exposent une grande différence entre leur représentation et la réalité de leurs
premiers pas à l’hôpital. Tous considèrent avoir eu une meilleure expérience que
celle imaginée, comme le dit le sujet numéro 1 : « franchement je l’ai beaucoup
mieux vécu que ce que je pensais. ». Cette amélioration est notamment due à
l’accueil des professionnels de santé qui est décrit par un verbatim positif :
« chaleureux », « bien accueillie », « adorable », « l’équipe (…) gentille et
compréhensive ».
Enfin, la différence ressentie entre leur vision et la réalité vécue est aussi la
conséquence des expériences individuelles, différentes entre les étudiants. L’un
explique avoir été accueilli par une cadre, l’autre avoir cherché longtemps son
infirmier référent et un dernier avoir fait une chute de tension dès l’entrée dans la
chambre d’un patient. Ces événements impossibles à imaginer en amont du stage
remplissent la part d’inconnu que les étudiants redoutaient et ont été pourtant bien
acceptés par ceux-ci. Ainsi chacun repart avec une expérience propre de son
premier jour qui influence ses représentations et sa pratique future.
25
3.1.4 Les acteurs de ces représentations
Concernant le soin, ils s’interrogent sur le « faire » avec les gestes techniques et les
soins infirmiers à réaliser, ainsi que l’« être » comprenant plutôt l’attitude du
professionnel de santé envers le patient et la responsabilité.
26
Dans l’ensemble des acteurs, nous pouvons citer dans huit entretiens le cercle
familial des étudiants qu’il soit ou non des intervenants du système de santé. L’image
de l’hôpital chez les familles des étudiants est hétéroclite, tantôt positive tantôt
négative et ne permet donc pas d’analyse généralisable. Par la suite, l’entourage des
amis en études de santé est aussi important. Ayant souvent déjà réalisé un stage en
milieu hospitalier, ces camarades partagent une expérience et un vécu d’un point-de-
vue étudiant.
Enfin, les étudiants sont aussi entourés par de nouveaux acteurs lorsqu’ils intègrent
le cursus de maïeutique. Nous pouvons ainsi nommer l’institut de formation et les
étudiants des promotions supérieures. A l’entretien S0, ceux-là sont cités
secondairement lorsque la question est posée ouvertement. Dans la suite de notre
démonstration, nous avons donc choisi de nous intéresser plus particulièrement à
ces deux derniers acteurs, afin de cerner les enjeux des modifications des
représentations des étudiants et de leur préparation à leur premier stage.
27
3.2 Hypothèse 2 : influence des dispositifs pédagogiques
Par ailleurs, les neuf autres étudiants considèrent être préparés mais soulèvent deux
axes de réflexion sur les préparatifs du départ en stage. En effet, nous constatons
que six participants n’ont pas compris ou intégré les objectifs personnels et globaux
du premier stage au sein de l’hôpital. « C’est vrai qu’ils nous ont bien préparé avec
les TP, les réus et tout… Mais y’a encore trop de flou ! Je sais pas comment dire
mais y’a pleins de choses qu’on n’a pas compris sur les feuilles à remplir, sur les
initiatives ou pas, sur les patients… Pas mal de trucs pas compris sur comment ça
allait se passer le stage et puis sur ce qu’on attend de nous. » indique l’étudiant
numéro 6.
De plus, trois participants se questionnent sur leur préparation par rapport au thème
des relations soignant-patient. En effet n’ayant jamais endossé ce rôle de soignant,
ces étudiants décrivent une fonction inconnue dont ils ne cernent pas tous les
enjeux, comme le dit le sujet numéro 1 : « Vraiment il faudrait nous briefer pour
savoir comment vraiment entrer dans le milieu professionnel et le milieu médical ».
Les premiers participants expriment donc avoir intégré certains éléments concernant
leur stage. Cependant la zone de « flou » soulevée par ces derniers questionne sur
leur aptitude à devenir des acteurs de leur formation clinique. En effet, pour
prétendre à un apprentissage efficace, l’étudiant doit être actif dans sa réflexion et
prendre des initiatives. Cette pédagogie dite « active » permet la construction d’un
28
« paradigme d’apprentissage » qui valorise le développement de l’autonomie. (36)
Celle-ci définie comme un « processus par lequel l'apprenant détermine son itinéraire
d'apprentissage de façon autonome » encourage l’étudiant à intégrer de nouveaux
acquis mais aussi à intégrer des systèmes de réflexion et à prendre des décisions
par lui-même. (37) Ainsi une formation en amont du stage sur les principes
d’autonomie et de réflexions cliniques pourraient répondre au sentiment
d’incompréhension de certains étudiants. Cela orienterait dès leur premier stage leur
mode d’apprentissage et leur façon d’appréhender leur attitude professionnelle.
Nous pouvons donc voir que les étudiants se sentent préparés à leur stage pour la
plupart mais émettent des questionnements sur certains sujets. Nous avons souhaité
nous intéresser par la suite à leurs attentes par rapport à leur préparation en amont
du stage.
29
J’aurais bien fait deux fois chaque TP et je les aurais espacés pour faire une
deuxième couche et tout avoir en tête ! ».
De plus, les vidéos en ligne faites par certains enseignants pour récapituler les
enseignements pratiques sont fortement appréciées par six des participants, comme
30
le dit le sujet numéro 12 : « J’avais regardé juste avant et puis le fait de pouvoir les
regarder en boucle avant le stage c’est vraiment bien ! ».
Enfin, trois participants estiment que leurs relations et leurs interactions avec leur
référent pédagogique est un atout dans leur réflexion sur leur premier stage. Cet
enseignant sage-femme référent pour l’ensemble du cursus de maïeutique attribué à
l’étudiant permet un suivi particulier de chaque étudiant. « Ce matin j'ai eu ma
réunion pédagogique avec ma référente. Je lui ai fait part de mes appréhensions et
elle m'a clairement dit que globalement ça se passait bien, il n'y avait pas de soucis à
se faire donc bon ! Je trouve ça bien une réunion à deux comme ça avec la
référente, ça m’a grave rassuré ! » explique le sujet numéro 14. Cette figure
d’enseignant référent fait écho au principe du modèle de rôle définit comme « une
personne que les apprenants ont reconnu digne d’être imitée ». (38) Cette figure plus
expérimentée, comparable à une sorte de mentor dans certains cas, permet de
donner un aspect personnalisé et un encadrement continu des étudiants dans leur
préparation aux stages. (39)
Les autres étudiants nuancent leurs propos en précisant, pour cinq d’entre eux, que
les cours théoriques sont indispensables à leur pratique mais certains détails précis
sont peu applicables dans leur stage. L’interrogé numéro 2 explique donc : « Je
dirais qu’on apprend beaucoup de détails dans tous les cours pour au final ne pas les
31
pratiquer en gros. Après je comprends aussi de nous apprendre beaucoup de cours
pour qu’on sache les choses ! ».
Après leur stage, quatre étudiants mettent en avant des difficultés rencontrées avec
leur rapport de stage et à la façon dont ils devraient l’utiliser. Cet outil pédagogique
n’est pas remis en cause par ces participants mais fait l’objet d’un questionnement.
Le sujet numéro 1 dit « Par contre tu vois, j’ai galéré avec mon rapport de stage (…),
j’ai galéré à le faire remplir et à l’utiliser ! ».
Ces questionnements sont à rapprocher du mémoire de fin d’étude de M.
Rayssiguier sur le thème de l’utilisation par les étudiants sages-femmes des outils
pédagogiques en stage. (40) En effet en ce qui concerne le rapport de stage, une
modification significative de son utilisation et par conséquent de la qualité de
l’acquisition des compétences est mise en avance dans cette étude. « Prendre
connaissance des objectifs institutionnels en amont du stage », « formuler clairement
ses objectifs personnels », « anticiper la communication avec les professionnels du
terrain » sont des stratégies d’adaptation mises en place par l’étudiant pour mieux
appréhender son outil pédagogique lorsque celui-ci lui est expliqué en détails. Ainsi
former l’étudiant à un état d’esprit actif et à une posture d’apprenant notamment dans
l’élaboration de ces objectifs est un enjeu commun retrouvé dans ce développement
et notre étude. (40)
D’un côté, l’axe sur le thème de la mort et des soins palliatifs. Sept étudiants ont été
confrontés à des décès de patients lors de leur stage. Chacun décrit lors de
l’entretien la situation avec précision et sa réaction face à cet événement. « Cinq
32
minutes plus tard une aide-soignante est venue nous voir en panique pour nous dire
qu’elle pensait que finalement la dame était décédée. Autant te dire que ça m’a
beaucoup touché. Tout le monde pleurait, je savais pas ce que je foutais là
clairement… j’ai hésité à arrêter mon stage ! vraiment j’étais trop mal… » explique
l’interrogé numéro 5. Nous remarquons que les étudiants expriment des difficultés à
réagir et à se positionner face à ces situations difficiles. Dans leurs explications, ils
semblent dépourvus d’outils pour se préparer et pour prendre en charge la mort de
leur patient, comme on le lit dans les expressions suivantes : « à côté de la plaque »,
« dur de voir tout le monde pas bien », « on ne sait pas comment réagir ».
Dans ce même axe, nous pouvons aussi citer le thème des personnes en fin de vie
et des soins palliatifs. « Je pense qu’on devrait parler un peu des soins palliatifs… tu
vois moi j’ai eu un cas de soins palliatifs et c’était pas très beau à voir, en plus je
comprenais pas trop ce qui se passait. », déclare le sujet numéro 13. Comme celui-
là, trois étudiants expliquent avoir été confrontés à la souffrance des patients en fin
de vie. Ils énoncent avoir besoin de quelques notions pour appréhender ces
situations extrêmes.
D’un autre côté, le second axe évoqué par nos participants est l’attitude de l’étudiant
et son rapport avec les équipes pluriprofessionnelles de santé. Quatre sujets
expriment l’importance d’insister sur l’attitude professionnelle à adopter, nouvelle
pour la plupart des étudiants. Ils appuient donc sur les thèmes de la présentation aux
professionnels et aux patients ainsi que sur la motivation nécessaire pour être acteur
de son stage. L’étudiant numéro 4 dit d’abord : « bien se présenter pour montrer une
bonne image de l'étudiant ! » et l’étudiant numéro 2 donc : « de ne pas avoir peur de
demander, de demander à faire des choses et surtout de poser pleins pleins de
questions ! ».
Enfin, le rapport aux équipes est un sujet important relevé par trois étudiants.
« Genre comment bien s’intégrer à l’équipe en tant qu’étudiant ? mais en même
temps comment s’intégrer sans en faire trop ou sans ne pas en faire assez. » avance
le sujet numéro 1 ». L’intégration de l’étudiant et sa place dans l’équipe de
professionnels sont des questionnements centraux influençant son vécu du stage.
33
Ces étudiants insistent donc sur leur besoin de clés pour aborder leur position et
leurs objectifs d’étudiant sereinement avant comme après leur stage.
Un premier élément est apporté par six des participants : l’importance d’une
préparation psychologique aux événements survenant en stage. En effet, les
situations parfois difficiles liées au décès, à l’urgence ou aux violences nécessitent
une préparation en amont du stage. L’étudiant numéro 10 atteste ainsi : « Mais on va
arriver sur le terrain psychologiquement, on n'est pas préparé je trouve. Personne
nous a dit des trucs comme ça en fait sur ce qui peut se passer avec les patients !
Personne nous a prévenu que ça allait être dur, qu’on allait voir des choses pas
faciles… ». Reprenant sa réflexion, il ajoute : « J’aimerai qu’on soit mieux préparé à
la mortalité des patients en fait. ». Face à ce manque ressenti par ces participants,
tous aimeraient des dispositifs pédagogiques pour avoir des clés sur leur préparation
psychologique. Certains proposent de réaliser des réunions interprofessionnelles
avec des enseignants sages-femmes, des psychologues et des étudiants plus
expérimentés afin d’obtenir des connaissances théoriques, des conseils d’experts et
des récits d’expériences.
Comme le proposait l’association nationale de Soins aux Professionnels de la Santé
(SPS) dans son étude sur la souffrance mentale des professionnels de santé en
2016 (41), la présence d’un professionnel de la santé mentale, accessible dans les
instituts de formation de maïeutique permettrait un accompagnement
complémentaire et un soutien plus complet. Ce professionnel pourrait ainsi intervenir
en amont du stage au sein de petits groupes, pour donner des outils afin de se
positionner en tant que soignant, de réagir face aux situations de deuil ou d’urgence
et d’intégrer une équipe pluridisciplinaire.
34
Ensuite, six participants relèvent la volonté de nouveaux outils liés à la gestion
administrative et l’organisation des stages. « En fait, on comprend pas tout des
conventions au départ et après on comprend pas tout à l’orga des services... On ne
sait pas où rentrer dans l’hôpital (…) C’est dommage. » détaille le sujet numéro 3.
Puis l’étudiant numéro 15 compare à son expérience dans un autre secteur
professionnel : « Tu vois avec l'expérience du privé, je sais que c'est pas du tout
comme ça. Tu vois quand j'accueillais des stagiaires, on savait quand ils venaient,
qui ils étaient (…) Donc oui même si y’a des choses en place, ça serait vraiment une
bonne chose que ça soit un petit peu plus cadré sur la partie administrative…Ou au
moins mieux expliqué ».
Dans cette volonté de plus de détails sur l’organisation du stage, des étudiants
présentent plusieurs options. Une d’entre elles est de réaliser des réunions ou des
rendez-vous en présentiels avant le stage avec l’encadrant de stage ou la cadre du
service pour permettre un premier contact. Une deuxième possibilité est développée
par trois étudiants. En effet, ils proposent de réaliser une visite du lieu de stage
encadrée par un personnel du service, afin d’instruire notamment les étudiants sur
l’organisation du service. « Après j’aimerai bien visiter l’hôpital et le service avant !
C’est vrai que ça pourrait être bien de nous faire visiter avant qu’on commence pour
ne pas être trop perdue et puis de voir une fois les infirmières en gros. » confirme
l’interrogé numéro 6.
Un troisième point est ensuite abordé par trois étudiants : un lexique des abréviations
et des mots liés à l’univers de la sage-femme et des soins infirmiers. Affirmant leur
manque de connaissances sur les termes courants utilisés par les soignants, ils
expliquent que des notions clés et simples communiquées en amont du stage
permettraient de limiter leur impression de nouveauté déconcertante. « Ça aurait été
bien qu’on nous fasse un topo sur notamment les abréviations utilisées à l’hôpital et
y’a forcément des choses en commun, avoir aussi des infos sur quelques noms
genre kleihauer par exemple… » explique donc le sujet numéro 9. Ces informations
synthétiques pourraient avoir la forme de fiche ou de livret.
35
Pour terminer, le sujet numéro 9 émet l’idée d’une salle à disposition des étudiants
afin de pratiquer sur des mannequins et de réaliser des séances de soins infirmiers
en autonomie : « Tu vois même je pense là, ça serait cool qu’ils laissent une salle
peut-être à disposition et si on a envie de passer ou je sais pas, qui mettent un peu
comme une sorte de Doodle en mode la salle est dispo à telle date, tel moment et
vous pouvez l’utiliser pour vous entrainer, en mode libre-service. ». Bien que
complexe à mettre en œuvre au niveau organisationnel, cette proposition permettrait
de favoriser l’autonomie et l’auto-évaluation des étudiants.
36
3.3 Hypothèse 3 : influence des étudiants des promotions
supérieures
Avant et après leur stage, le contact et les échanges avec ces étudiants
expérimentés sont particulièrement appréciés par les participants à notre étude.
Effectivement cinq d’entre eux décrivent des relations bénéfiques à leur image de
l’étudiant hospitalier, ainsi qu’une aide pour prendre du recul sur leur future
profession. Le sujet numéro 11 s’exprime ainsi : « Oui ça apporte vraiment beaucoup
! Franchement je trouve ça incroyable de lier ce lien avec les années supérieures, de
leur parler, ça nous guide vraiment dans nos réflexions et nos choix. ». Ainsi les
promotions supérieures sont considérées comme des figures d’aînés et
d’expériences.
Déjà inclus dans la formation et le monde hospitalier, ces étudiants permettent aussi
à nos participants de découvrir d’une façon plus accessible l’univers de la maïeutique
et de la vie étudiante. « Je trouve les autres promos, ça m’a plus intégré à la fac
qu’au stage… Enfin un peu aux deux mais elles nous montrent plus ce qu’on va faire
en tant que sage-femme (…) C’est surtout un peu une intégration à la fac, aux
associations, aux étudiants et tout. » explique le sujet numéro 2. Comme lui, trois
étudiants associent les promotions supérieures à des acteurs de leur intégration au
monde étudiant et à leur institut de formation.
37
sont acteurs de leur formation et de celle de leurs pairs favorisent leur motivation.
Comme relevé ici, ils permettent aussi une intégration sociale du fait de la création
de « relations interpersonnelles positives ». (42)
Arrivés depuis peu dans le cursus des études de sage-femme, ils ressentent un
certain isolement. Ce sentiment de solitude ou d’éloignement a pour cause
l’annulation des initiatives étudiantes entraînant une limitation des échanges avec les
promotions supérieures. Le participant numéro 14 affirme ainsi : « Après les autres
promos je leur ai pas plus parlé que ça vu qu’on a pas eu de WEI, on a pas trop pu
les rencontrer. C’est pas simple de leur parler quand on les a jamais vu ». Les
étudiants se reportent donc sur un interlocuteur privilégié, le parrain ou la marraine,
pour centraliser leur demande. L’individu appelé « parrain » ou « marraine » est un
étudiant de la promotion supérieure désigné pour chaque néophyte. Ses rôles sont
de créer une relation de confiance avec l’étudiant, de l’intégrer à la vie associative,
de répondre à ses interrogations.
La situation décrite par nos répondants a été étudiée par l’Observatoire de la vie
étudiante (OVE) lors de l’été 2020 au niveau national. En effet le confinement a eu
un impact fort sur la vie et les enseignements des universités. Ainsi dans cette étude,
31% des étudiants ont présenté des signes de détresse psychologique, contre 20%
recensés dans la précédente enquête de 2016. Ces signes comme la tristesse ou le
découragement sont associés à l’isolement des étudiants, la situation de précarité
38
augmentée ou encore l’avenir incertain de ces professionnels en devenir. (43)
Toujours d’actualité en 2021, l’isolement et la solitude des étudiants depuis plusieurs
mois, du fait de l’adaptation des propositions pédagogiques au contexte sanitaire
continuent d’influencer le bien-être, la motivation et la réussite des étudiants. (44)
Quatre étudiants insistent d’ailleurs sur ce lien privilégié en considérant que cette
forme de parrainage est très bénéfique, voire indispensable pour deux d’entre eux, à
la préparation de leur stage. Ils trouvent de nombreuses fonctions et des avantages à
cette relation pour anticiper et s’adapter ensuite au monde hospitalier. « Elle me
parle vachement de son expérience, de comment ça se passe pour elle, des
relations qu'elle a avec la sage-femme. Enfin ça m’aide à me projeter quoi ! » affirme
le participant numéro 9.
39
Une des principales réponses apportées par ce référent est de rassurer les étudiants
sur leur futur stage ou sur la suite de leur stage. Ainsi lors des deux entretiens, huit
étudiants ont insisté sur la motivation et la réassurance données par leur parrain ou
leur marraine. Ils l’ont évoqué par les verbes d’action suivants : « épauler »,
« soutenir », « rassurer », « motiver », « pousser », « redonner envie ». En les
analysant, nous observons donc l’action de soutien et d’aide de cette figure par
rapport aux étudiants.
Ces actions pourraient aussi être étendues à l’ensemble des promotions et des
étudiants et pas seulement au binôme parraine/marraine et étudiant concerné. En
effet, des rencontres inter-promotions sembleraient être une idée innovante pour
permettre l’échange des informations organisationnelles, la communication des
expériences propres aux différents services de soin, ainsi que la construction d’un
sentiment d’appartenance et de compagnonnage actif au sein du milieu étudiant.
4
Traduction anglaise familière du mot français conseil ou astuce.
41
De surcroît, ce principe d’accompagnement par un pair plus expérimenté est à lier au
système de tutorat dont les qualités sont largement reconnues dans la littérature. Ils
permettent une amélioration des performances cognitives et des attitudes des
apprenants bénéficiant de ces procédés. De même, les tuteurs progressent et
constatent une meilleure compréhension et réflexion des thèmes qu’ils développent.
(45) Cette stratégie efficace et innovante d’apprentissage est aussi mise en avant par
l’ANESF dans la contribution de la CQSA. Elle indique qu’après la généralisation du
tutorat de PACES soutenue par l’Etat, les tutorats d’années supérieures devraient
être favorisés. Ces dispositifs fondés sur le compagnonnage permettraient donc dans
la suite des études supérieures de maintenir un accompagnement des étudiants, à la
fois sur le plan théorique, pratique et moral. (46)
43
4 Analyse
Chaque étudiant reçoit de la part de son institut de formation des clés et des outils
pédagogiques pour accumuler des connaissances théoriques et cliniques. A son
arrivée dans les services, il peut alors appliquer ce qu’il a d’abord appris. Cependant
face à certaines situations, nos participants ont semblé désemparés et privés de clés
pour participer aux soins sereinement. Il apparaît donc que certains outils sont à
ajouter à ceux déjà existants et déjà appréciés.
44
accompagnements individuels, les réunions avec des professionnels tels que des
psychologues et les activités liées à la relation patient-étudiant sont des exemples
d’axes de renouveau de la préparation au premier stage. Mener l’étudiant dès ses
premières gardes à l’auto-évaluation participeraient à une amélioration de
l’acquisition de ces compétences. Cet axe pourrait faire lien avec une mise-à-jour
des rapports de stage, ainsi que la mise en place de maître de stage. En effet,
comme le rappelait F. Parent et J. Jouquan « Ici est rappelée l’exigence d’une
pédagogie dont le fil conducteur est de maintenir vivant à chaque instant le lien entre
les finalités d’une part, les savoir, savoir-faire et attitudes professionnels d’autre
part. ». (47) Ainsi le maître de stage aurait la place d’un professionnel de santé au
cœur du monde hospitalier, référent des étudiants et ayant des compétences
pédagogiques acquises par des formations spécifiques. Dans notre étude, ce format
permettrait de résoudre notamment les difficultés d’encadrement rencontrées par les
participants, éliminer le stress lié à l’inconnu de l’encadrant et augmenter la qualité
de la réflexion clinique quotidienne.
45
uniforme. Cela s’explique notamment par la notion de volontariat et la communication
avec les différentes associations étudiantes.
Un second biais peut-être aussi relevé. La réalisation de cette étude s’est déroulée
lors de l’année 2020-2021 et a donc été impactée par la pandémie de COVID. Les
entretiens S0 ont pu être réalisés pour la plupart en présentiel. Cependant les
entretiens S1 ont dû être faits par téléphone ou en visio-conférence en fonction des
possibilités techniques des participants. Ce biais d’étude a ainsi pu modifier la facilité
des échanges lors des entretiens, la qualité des réactions des participants et la
compréhension de l’enquêtrice.
Enfin, certaines limites peuvent être évoquées par rapport à l’uniformité des résultats.
En effet, chaque école de sage-femme propose des outils pédagogiques similaires
mais pas identiques. Les étudiants expliquant ces dispositifs ne retiennent pas
forcément toutes les informations données et les interprètent personnellement.
Par ailleurs, notre étude en deux temps est aussi modulée par le premier stage de
chaque étudiant. Or, chaque étudiant effectue son stage dans un service, une
spécialité et un lieu différents. Cette grande variabilité des expériences rend donc
difficilement généralisable certains résultats.
Enfin, le premier entretien réalisé avant le départ en stage introduit une réflexion
chez l’individu qu’il n’aurait pas forcément eu de sa propre initiative. Ainsi les
interrogations et les réflexions engagées lors de cet entretien peuvent modifier les
représentations de nos répondants par comparaison avec ceux qui n’ont pas
participé à cette étude.
4.2.2 Forces
Cette étude présente par ailleurs de nombreuses forces que nous
développerons ici.
46
stage au sein du monde hospitalier. Ce nombre ainsi que la durée des entretiens ont
permis de collecter une grande quantité de témoignages et d’éléments de discussion.
Une des forces de cette étude est donc d’avoir recherché et atteint la saturation des
données.
Ensuite, le versant qualitatif de notre étude a rendu possible une collecte des
données personnalisées et des témoignages riches. La réalisation de cette enquête
en deux temps, puis son analyse par double comparaison, a aussi permis une
réflexion plus développée sur les enjeux de la préparation des étudiants à leur
premier stage.
47
Conclusion
Au terme de cette réflexion, les résultats présentés ont permis de valider nos
hypothèses émises au début de cette analyse. Ainsi les représentations des
étudiants sages-femmes sont influencées par leurs expériences particulières.
Entourés par des professionnels de santé divers, les étudiants découvrent une
pratique clinique quotidienne et une position d’acteur de soins qui seront bientôt les
leurs. Afin d’anticiper cet événement, chaque institut de formation propose des
dispositifs pédagogiques. Ceux-ci instaurent un sentiment de préparation et
d’accompagnement chez les étudiants.
De plus, certains thèmes et outils sont proposés par nos participants afin de mieux
répondre à des problématiques moins traitées. Enfin, le tutorat des étudiants et la
figure du parrain ou de la marraine leur permettent de mieux s’intégrer à leur milieu
de stage et de se sentir épauler.
Face à la crise sanitaire actuelle et l’état du secteur hospitalier, notre étude sur les
représentations des étudiants sages-femmes pourrait sembler peu concluante et peu
utile. Cependant notre discussion révèle des enjeux particulièrement importants
concernant les années futures au sein du monde hospitalier. En effet, le vécu des
étudiants par rapport à leur premier stage influence considérablement les
représentations de leur fonction et de leur milieu professionnel. Si cette influence est
48
ici démontrée à court terme, il est supposable qu’elle soit aussi d’une dimension plus
générale et surtout à plus long terme. Ainsi, d’autres études pourraient notamment
s’intéresser à l’impact de ce premier stage sur l’ensemble de la formation des
étudiants, voire sur la pratique clinique des professionnels de santé plus
expérimentés. Résoudre certains des enjeux énoncés dans cette étude pourrait ainsi
faciliter l’intégration des étudiants au sein du milieu hospitalier, renouveler
l’attractivité du secteur public et répondre par conséquent aux besoins humains
croissants des maternités.
49
Bibliographie
(8) Légifrance, Décret numéro 2016-1335 du 7 octobre 2016 relatif aux fonctions en
milieux hospitaliers et extrahospitaliers des étudiants en maïeutique. Disponible sur :
(Consulté le 21 septembre 2020).
50
(9) S. Beauvalet-Boutouyrie, Naître à l'hôpital au XIXe siècle, Paris, Belin, 1999,
P.351.
(12) Légifrance, Loi numéro 2009-879 du 21 juillet 2009 portant sur la réforme de
l'hôpital et relative aux patients, à la santé et aux territoires, Disponible sur :
[Link] (Consulté le 26
août 2020).
(14) ANESF, Dossier de presse de l'enquête bien-être nationale des étudiants sages-
femmes, [pdf] Association Nationale des Etudiants Sages-Femmes [en ligne] 2018,
Disponible sur : [Link]
(Consulté le 2 novembre 2019).
(16) Légifrance, Arrêté numéro 2013-74 du 11 mars 2013 relatif au régime des
études en vue du diplôme d'Etat de sage-femme, Disponible sur :
51
[Link] (Consulté le 5
décembre 2020).
(18) Légifrance, Arrêté numéro 2011-0184 du 19 juillet 2011 relatif au régime des
études en vue du diplôme de formation générale en sciences maïeutiques.
Disponible sur : [Link]
(Consulté le 2 décembre 2020).
52
ligne]. Disponible sur : [Link]
[Link] (Consulté le 30 octobre 2019).
53
(34) B. Dominique, C. Eymard, Le processus didactique en sciences médicales et en
éducation, Recherches en didactiques, 2016, 81-91. Disponible sur :
[Link]
(Consulté le 9 décembre 2020).
(39) R. Maudsley, Role models and the learning environment : essential elements in
effective medical education. Académie de Médecine, Etats-Unis, 2001, P 432-434.
(41) Association Soins aux Professionnels de Santé, Les attentes des professionnels
de santé en cas de souffrance psychologique, 2016, [en ligne], Disponible sur :
[Link] (Consulté le 1er février).
54
(43) Observatoire de la Vie Etudiante, Enquête sur la vie d'étudiant confiné, 2020,
Disponible sur : [Link] wp-
content/uploads/2020/09/OVE-INFOS-42-La-vie-etudiante-au-temps-du-COVID-19
(Consulté le 2 février 2021).
(44) Le Monde, L’isolement des étudiants face à la fermeture des universités, 2021,
Paris, [en ligne], Disponible sur :
[Link]
a-la-fermeture-des-universites-j-ai-l-impression-que-la-crise-ne-va-jamais-s-
arreter_6066510_1473685.html (Consulté le 20 mars 2021).
55
Annexes
58
Annexe II : Résultats de la pré-enquête
Développement des résultats :
Dans notre population de 267 étudiants, nous observons que 71,4 % voient l’hôpital
comme un lieu de soin et 59,4% comme un milieu pluridisciplinaire. Seulement 32%
d’entre eux imaginent avant leur premier stage que l’hôpital est un lieu de formation.
Ces résultats interrogent sur la façon dont l’étudiant aborde sa position d’apprenant
et ses objectifs pédagogiques de stage.
59
De plus, avant leur stage, 79% des étudiants décrivent l’étudiant sage-femme à
l’hôpital comme acteur de sa formation, 71,4% comme impliqué dans
l’accompagnement des patients et 65,8% comme impliqué dans les actions de soin.
Seulement 39,5% se sentent impliqués dans les relations d’équipes soignantes.
Par rapport à l’étudiant sage-femme à l’hôpital, 44,8% considèrent que leur vision de
celui-ci a été modifiée suite à leur premier stage. Dans cette portion d’étudiants, 106
ont rédigé un commentaire libre dont les axes principaux de modification sont les
suivants : « place dans l’équipe », « autonomie », « observation », « intégration ».
L’investigation de ces axes dans la suite de notre étude nous a paru judicieuse.
Il est intéressant de noter que 58,7% des répondants considèrent avant leur stage
que leur vision du monde hospitalier et de l’étudiant correspond à la réalité, contre
72,1% après leur premier stage. Ces résultats ne concordent donc pas avec ceux
exposés plus haut. Les étudiants considèrent avoir une image conforme à la réalité
de l’hôpital mais admettent aussi une certaine marge de modification après leur
premier contact avec celui-ci.
Par rapport aux représentations de l’étudiant, 77,4% pensent que les étudiants
sages-femmes des promotions supérieures l’ont influencé. D’autres acteurs semblent
participer à la création de l’imaginaire de ces étudiants comme le cercle familial ou
les amis en études de santé, mais à moindre proportion.
Enfin, nous observons que 78,6% des répondants pensent que leur institut de
formation a participé à l’élaboration de leur représentation de leur premier stage. De
plus, 77,1% estiment que leur institut de formation leur a proposé des temps
pédagogiques pour les préparer à leur stage. Ceux-ci ont été majoritairement sous
forme de travaux dirigés pour 63,3% et de cours magistraux pour 53,1%.
60
Détails de l’ensemble des résultats :
61
62
63
64
Annexe III : Grille d’entretien S0
1. Comment vous représentez-vous le monde hospitalier avant de commencer
votre premier stage ?
Reformulation : Comment pouvez-vous décrire l’hôpital avant de commencer ce
stage ?
5. Est-ce que votre structure de formation vous a proposé des moyens pour
préparer votre stage ?
Reformulation : Avant, pendant ou après votre stage, votre école vous a-t-elle aider à
appréhender votre premier stage ?
5a. Si oui, lesquels ?
5b. Ces temps ont-ils permis de répondre à vos interrogations et
besoins avant de partir en stage ?
65
Reformulation : Les avez-vous trouvés utiles pour votre préparation à votre futur
stage ? Pourquoi ?
7. Vos relations entre étudiants et plus spécifiquement celles avec les étudiants
plus expérimentés ont-elles modifié votre préparation à ce premier stage ?
Reformulation : Comment pensez-vous que vos relations avec les étudiants d’années
supérieures ont participé à votre préparation à ce départ en stage ?
10. Dans quel état d’esprit êtes-vous pour ce premier départ en stage ?
Pourquoi ?
Reformulation : Quel sentiment principal vous vient en tête lorsque vous pensez à
votre futur stage ?
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Annexe IV : Grille d’entretien S1
1. Maintenant que vous avez terminé votre stage, est-ce que votre
représentation du monde hospitalier a évolué ? si oui comment ?
Reformulation : Pouvez-vous me décrire comment votre image du monde
hospitalier a changé ?
2. Maintenant que vous avez terminé votre stage, est-ce que votre
représentation de l’étudiant à l’hôpital a évolué ? si oui comment ?
Reformulation : Pouvez-vous me décrire comment votre image de l’étudiant à
l’hôpital a changé ?
5. Quels outils proposés par votre structure de formation vous ont paru utiles lors
de votre stage ?
Reformulation : Quelles propositions pédagogiques avez-vous concrètement utilisées
pendant votre stage ?
6. Quels outils proposés par votre structure de formation n’avez-vous pas mis en
pratique lors de votre stage ?
Reformulation : Quelles propositions pédagogiques n’avez-vous pas concrètement
utilisées pendant votre stage ?
7. Pensez-vous à d’autres outils qui vous auraient été utiles durant ce premier
stage ?
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Reformulation : Pouvez-vous donner des exemples d’outils dont vous auriez eu
besoin pour mieux envisager votre stage ?
8. Est-ce que vos relations avec les étudiants sages-femmes des promotions
supérieures ont influencé votre vécu de ce stage ? si oui comment ?
Reformulation : Comment votre positionnement en tant qu’étudiant à l’hôpital a-t-il
été transformé par vos relations avec les étudiants sages-femmes des promotions
supérieures ?
9. Pensez-vous que certains sujets devraient être abordés avec les futurs
étudiants pour mieux les préparer ? si oui lesquels ?
Reformulation : Pouvez-vous donner des exemples de thèmes qui devraient être
abordés selon vous auprès des futurs L2 avant leur départ en stage ?
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Annexe V : Figure sur l’analyse de l’état d’esprit des
étudiants avant leur stage.
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Annexe VI : Figure sur les thèmes discutés autour des
représentations du stage.
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Annexe VII : Figure sur les thèmes à développer selon les
étudiants.
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