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Corrigé du devoir surveillé n°10 en mathématiques

Ce document contient les corrections d'un devoir surveillé de mathématiques. Il présente les solutions détaillées à plusieurs exercices sur les endomorphismes de l'espace vectoriel R1[X].

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Karim Haddar
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Corrigé du dixième devoir surveillé

Partie I
1. Soit P ∈ R1 [X]. Soit (c, d) ∈ R2 tel que P = cX + d. Alors φ1 (P ) = (X − a)(X − b)c − (X − a+b 2
)(cX + d) = (c − c)X 2 + − c(a +
a+b a+b a+b a+b

b) + 2 c − d X + abc + 2 d = (−d − 2 c)X + abc + 2 d. Ainsi φ1 (P ) ∈ R1 [X]. Ainsi, φ1 : R1 [X] → R1 [X].
De plus, soient (P, Q) ∈ R1 [X] et (λ, µ) ∈ R2 . Alors φ1 (λP + µQ) = (X − a)(X − b)(λP + µQ)0 − (X − a+b 2
)(λP + µQ) = (X −
a)(X − b)(λP 0 + µQ0 ) − (X − a+b 2 
)(λP + µQ) = λ(X − a)(X − b)P 0 + µ(X − a)(X − b)Q0 − λ(X − a+b 2
)P − µ(X − a+b2
)Q =
λ (X − a)(X − b)P 0 − (X − a+b 2
)P + µ (X − a)(X − b)Q0 − (X − a+b 2
)Q) = λφ1 (P ) + µφ1 (Q). Ainsi, φ1 est un endomorphisme.
2. a. On a φ1 (1) = −(X − a+b ) = −X + a+b et φ1 (X) = (X − a)(X − b) − X(X − a+b ) = ( a+b − a − b)X + ab = − a+b X + ab. Ainsi,
! 2 2 2 2 2
a+b
ab 2 2 (a−b) 2 2
M1 = 2 . Ainsi, det(M1 ) = −( a+b )2 + ab = − a +b +2ab−4ab = − 4 . Ainsi, det(φ1 ) = det(M1 ) = − a−b .
−1 − a+b
2
2 4 2

c. Par conséquent, φ1 est un isomorphisme si et seulement si det(φ1 ) 6= 0 ce qui équivaut à ( a−b


2
)2 6= 0 c’est-à-dire à a − b 6= 0 ou encore
à a 6= b.  
−a −b
3. a. On a P = .
1 1
b. det(P ) = b − a.
c. B est une base si et seulement si P est inversible, ce qui équivaut à det(P ) 6= 0 ou encore à a 6= b.
4. a. φ1 (X − a) = (X − a)(X − b) − (X − a+b 2
)(X − a) = (X − a)(X − b − X + a+b 2
) = a−b
2
(X − a). Par symétrie des rôles de a et b
!
a−b
b−a 2
0
(c’est-à-dire en appliquant le calcul précédent au couple (b, a)), on a φ1 (X − b) = 2 (X − b). Par conséquent, M = b−a .
0 2
0 −1
! de B à B1 est l’inverse de la!matrice de passage de B1 à B, cette dernière étant P . On a donc P = P . Or
b. La matrice de passage
1 b 1 b
P× b−a b−a = I2 et b−a b−a × P = I2 .
1 a 1 a
− b−a − b−a − b−a − b−a
!
1 b
Par conséquent, P 0 = P −1 = b−a
1
b−a
a .
− b−a − b−a
c. On a M = P 0 M1 P et M1 = P M P 0. !
( a−b )p 0
d. M est une matrice diagonale. Ainsi, pour tout p ∈ N, Mp = 2 .
0 ( b−a
2
)p
e. Montrons par récurrence que, pour tout p ∈ N, M1p
= P M pP 0.
On a = P0 P −1
donc P M 0 P 0 = P P 0 = I2 = M10 . Soit p ∈ N.
p p+1
p 0
Supposons que M1 = P M P . Alors, comme M1 = P M P , on a M1 0 = M1 M1 = P M p P 0 P M P 0 . Comme P 0 P = I2 , M1p+1 =
p

P M p M P 0 = P M p+1 P 0 . Par récurrence, pour tout p ∈ N, M1p = P M p P 0 . On a donc, pour tout p ∈ N,


! !
1 b
( a−b )p
     
p −a −b 2
0 b−a b−a 1 a−b p −a −b 1 0 −1 −b
M1 = b−a p 1 a = ( ) p
1 1 0 ( 2 ) − b−a − b−a a−b 2 1 1 0 (−1) 1 a

(a − b)p−1 a − b(−1)p ab − ab(−1)p


    
1 a−b p −a −b −1 −b
= ( ) = .
a−b 2 1 1 (−1)p a(−1)p 2p −1 + (−1)p −b + a(−1)p
5. a. Par définition, Γ = Vect(I2 , M1 , M12 , M23 ) donc Γ est un sous-espace vectoriel de M2 (R).
b. On a M12 ∈ Vect(I2 , M1 ) et M13 ∈ Vect(I2 , M1 ). Tautologiquement, I2 ∈ Vect(I2 , M1 ) et M1 ∈ Vect(I2 , M1 ). On a donc Vect(I2 , M1 , M12 , M13 ) ⊂
Vect(I2 , M1 ). L’inclusion Vect(I2 , M1 ) ⊂ Vect(I2 , M1 , M12 , M13 ) étant tautologique, Vect(I2 , M1 , M12 , M13 ) = Vect(I2 , M1 ) donc Γ =
Vect(I2 , M1 ). ! 
x + y a+b

2 2
yab 0 0
Soit (x, y) ∈ R tel que xI2 + yM1 = 0. Alors a+b = . On a donc −y = 0 (grâce à la coordonnée en
−y x−y 0 0
2
bas à gauche) donc y = 0. De plus, x + y a+b
2
= 0 donc x = 0. Ainsi la famille (I2 , M1 ) est libre. C’est donc une base de Γ.
 
1 0
6. Dans ce cas, M = . On a donc M 2 = I2 . Par conséquent, φ21 = id. Ainsi, φ1 est une symétrie. De plus, Ker(M − I2 ) =
0 −1
           
0 0 x x 1 2 0 0
Ker ={ / −2y = 0} = { / x ∈ R} = Vect( ). De plus, Ker(M +I2 ) = Ker ={ /y ∈
0 −2 y 0 0 0 0 y
 
0
R} = Vect( ). On a donc Ker(φ1 − id) = Vect(X − a) = Vect(X − 4) et Ker(φ1 + id) = Vect(X − b) = Vect(X − 2).
1
Ainsi, φ1 est la symétrie de base Vect(X − 4) de direction Vect(X − 2).

Partie II
1. Soient (P, Q) ∈ Rn [X]2 et (λ, µ) ∈ R2 . Alors φn (λP + µQ) = (X − a)(X − b)(λP + µQ)0 − n(X − a+b 2
)(λP + µQ) = (X −
a)(X − b)(λP 0 + µQ0 ) − n(X − a+b
2 
)(λP + µQ) = λ(X − a)(X − b)P 0 + µ(X − a)(X − b)Q0 − λn(X − a+b )P − µn(X − a+b )Q =
2 2
λ (X − a)(X − b)P 0 − n(X − a+b
2
)P + µ (X − a)(X − b)Q0 − n(X − a+b 2
)Q) = λφn (P ) + µφn (Q). Ainsi, φn est linéaire.

1
Soit P ∈ Rn [X]. Alors deg((X − a)(X − b)P 0 ) = 2 + deg(P ) − 1 = deg(P ) + 1. On a aussi deg(n(X − a+b 2
)P ) = 1 + deg(P ). Ainsi,
deg(φn (P )) ≤ deg(P ) + 1.
Notons P = xX n + Q avec deg(Q) ≤ n − 1 et x ∈ R. Alors φn (P ) = xφn (X n ) + φn (Q) par linéarité. De plus, d’après ce qui
précède, deg(φn (Q)) ≤ deg(Q) + 1 ≤ n donc φn (Q) ∈ Rn [X]. En outre, φn (X n ) = n(X − a)(X − b)X n−1 − n(X − a+b 2
)X n =
(n a+b
2
− an − bn)X n + nabX n−1 donc φ (X n ) ∈ R [X]. En conclusion, xφ (X n ) + φ (Q) ∈ R [X] donc φ (P ) ∈ R [X].
n n n n n n n
Ainsi, φn : Rn [X] → Rn [X] et φn est linéaire donc φn est un endomorphisme.
2. a. Pour tout x ∈ I, x > α donc x > a et x > b. De plus, pour tout x ∈ R, x2 − (a + b)x + ab = (x − a)(x − b). Ainsi, la fonction
x 7→ x2 − (a + b)x + ab ne s’annule pas sur I. Comme fonction polynômiale, elle est continue ; la fonction x 7→ 2x − (a + b) est aussi
2x−(a+b)
continue car polynômiale. Par quotient de fonctions continues dont le dénominateur ne s’annule pas, x 7→ x2 −(a+b)x+ab est continue
sur I.
b. La dérivée de x 7→ x2 − (a + b)x + ab est x 7→ 2x − (a + b). Par conséquent, une primitive de f sur I est F : x 7→ ln x2 − (a + b)x + ab =

ln (x − a)(x − b) . De plus, pour tout x ∈ I, (x − a)(x − b) > 0 donc F : x 7→ ln (x − a)(x − b) .
nx−n a+b
= n f (x) est x 7→ n F (x) = n
2

c. Une primitive de x 7→ x2 −(a+b)x+ab 2 2 2
ln (x − a)(x − b) . Par conséquent les solutions de E sur I sont
n n
les fonctions g telles qu’il existe λ ∈ R tel que, pour tout x ∈ I, g(x) = λ exp( n

2
ln (x − a)(x − b) ) = λ(x − a) 2 (x − b) 2 .
nx−n a+b
3. La fonction associée à P est solution de E sur I si et seulement si ∀x ∈ I, P 0 (x) − 2
(x−a)(x−b)
P (x) = 0. Ceci équivaut à ∀x ∈ I,
(x − a)(x − b)P 0 (x) − n(x − a+b
2
)P (x) = 0. Ceci équivaut à ∀x ∈ I, φn (P )(x) = 0. Or, le seul polynôme ayant une infinité de racines
est le polynôme nul. Comme I est un ensemble infini (par exemple il contient tous les entiers strictement supérieurs à α qui sont bien
en nombre infini), la fonction associée à P est solution de E sur I si et seulement si φn (P ) = 0, ce qui équivaut à P ∈ Ker(φn ).
4. a. Notons p l’entier tel que n = 2p. D’après les questions 2.c. et 3, P ∈ Ker(φn ) si et seulement si ∃λ ∈ R / ∀x ∈ I, P (x) =
λ(x − a)p (x − b)p . Ceci équivaut à ∃λ ∈ R / ∀x ∈ I, (P − λ(X − a)p (X − b)p )(x) = 0.
Comme l’ensemble I est infini, ceci équivaut à ∃λ ∈ R / P − λ(X − a)p (X − b)p = 0, c’est-à-dire à ∃λ ∈ R / P = λ(X − a)p (X − b)p .
Ainsi, P ∈ Ker(φn ) si et seulement si P ∈ Vect((X − a)p (X − b)p ). Ainsi, Ker(φn ) = Vect((X − a)p (X − b)p ).
b. (X −a)p (X −b)p est non nul donc ((X −a)p (X −b)p ) est une famille libre donc constitue une base de Ker(φn ). Ainsi dim(Ker(φn )) = 1.
D’après la théorème du rang, rg(φn ) = dim(Rn [X]) − dim(Ker(φn )) = n + 1 − 1 = n.
5. On notera p l’entier tel que n = 2p + 1.
1 1
a. Comme danspla question 4.a., on a P ∈ Ker(φn ) si et seulement si ∃λ ∈ R / ∀x ∈ I, P (x) = λ(x − a)p+ 2 (x − b)p+ 2 =
(x − a)p (x − b)p (x − a)(x − b).
Supposons que a 6= b. Supposons P ∈ Ker(φn ). Alors il existe λ ∈ R tel que, pour tout x ∈ I, P 2 (x) = P (x)2 = λ2 (x−a)2p+1 (x−b)2p+1 .
Alors le polynôme P 2 −λ2 (X −a)2p+1 (X −b)2p+1 a une infinité de racines donc c’est le polynôme nul donc P = λ2 (X −a)2p+1 (X −b)2p+1 .
La multiplicité de a et de b comme racines de (X − a)2p+1 (X − b)2p+1 est 2p + 1. Si λ 6= 0, alors la multiplicité de a et b comme racines
de λ2 (X − a)2p+1 (X − b)2p+1 est 2p + 1. Siλ 6= 0, alors P 6= 0. Dans ce cas, si α est la multiplicité de a comme racine de P , alors
P = (X − a)α Q avec Q(a) 6= 0 donc P 2 = (X − a)2α Q2 avec Q2 (a) = Q(a)2 6= 0. Ainsi 2α est la multiplicité de a comme racine de P 2 .
On a donc 2α = 2p + 1, donc 2 divise 1 ce qui est absurde.
Ainsi, λ = 0 donc P = 0.
On a donc Ker(φn ) ⊂ {0}. L’inclusion réciproque étant triviale, Ker(φn ) = {0}.
1 1
Supposons que a = b. Alors P ∈ Ker(φn ) si et seulement si ∃λ ∈ R / ∀x ∈ I, P (x) = λ(x−a)p+ 2 (x−a)p+ 2 = λ(x−a)2p+1 . Ceci équivaut
à ce que ∃λ ∈ R / ∀x ∈ I, (P − λ(X − a)2p+1 )(x) = 0. Comme I est infini, P ∈ Ker(φn ) si et seulement si ∃λ ∈ R / P − λ(X − a)2p+1 = 0,
c’est-à-dire si et seulement si ∃λ ∈ R / P = λ(X − a)2p+1 . Par conséquent, Ker(φn ) = Vect((X − a)2p+1 ).
b. D’après le théorème du rang, rg(φn ) = dim(Rn [X]) − dim(Ker(φn )) = n + 1 − dim(Ker(φn )). Si a 6= b, rg(φn ) = n + 1 − 0 = n + 1.
Si a = b, comme (X − a)2p+1 6= 0, la famille ((X − a)2p+1 ) est libre donc forme une base de Ker(φn ). On a donc dim(Ker(φn )) = 1 et
donc rg(φn ) = n + 1 − 1 = n.

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