1.
Historique Du Français Sur Objectif(S) Spécifique(S)
Le début de l’apprentissage du français sur objectifs spécifiques remonte aux années
1920 avec la parution du premier manuel d’un français spécialisé, il s’agit d’un ouvrage
intitulé règlement provisoire du 7 juillet pour l’enseignement du français aux militaires
indigènes (1927) , le français enseigné dans ce manuel est appelé le Français militaire, il ne
s’agit pas donc d’apprendre le français mais un bagage réduit de mots et d’expressions précis
dans le but de doter ces militaires certaines compétences langagières facilitant la
communication avec leurs supérieurs, mais aussi, en revenant à leurs pays, ont la mission de
faciliter les relations des indigènes avec l’administration française. Cet apprentissage s’est
focalisé surtout sur l’oral.
1.1. Le français de spécialité
Le terme français de spécialité a été utilisé pour la première fois aux années 1950 par les
lexicologues. Le dictionnaire de didactique définit ce terme comme étant « une expression
générique désignant les langues qui impliquent la transmission d’une information relevant
d’un champ d’expérience particulier » (Galisson & Coste, 1976, p. 511).
1.2. Le français scientifique et technique (FST)
Vers les années 1950-1960 et dans le but de consolider la place de la langue française
face à l’émergence et au déploiement d’autres langues sur la scène internationale, les autorités
politiques françaises ont instauré une nouvelle politique linguistique qui vise de nouveaux
publics étrangers susceptibles d’utiliser le français notamment dans les domaines scientifiques
et techniques, dans ce contexte G. Holtzer (2004, p.15) affirme « La désignation FST résulte
d’une décision politique datant de la fin des années 1950, prise dans un contexte de défense
des intérêts économiques de la France, dont les ex colonies françaises. ». L’enseignement du
FST a visé un public d’adultes ayant reçu une formation scientifique dans leur langue
maternelle, c’est-à-dire un public d’experts dans leurs domaines de spécialité, Moirand et
Peytard (1992, p.123) indiquent que « le français scientifique et technique intervient pour
permettre aux étudiants étrangers de disposer d’un vocabulaire précis pour se documenter au
faire connaitre leurs travaux ».
1.3. Le Français Instrumental (FI)
Ce type de français de spécialité est apparu en Amérique latine dans les années 1970
dans le but de mettre l’enseignement au service du développement technique et scientifique.
L’adjectif « instrumental » véhicule l’image d’une langue objet, d’une langue « outil
permettant d’exécuter des actions langagières dans une visée pratique et une sorte de
transparence des messages ». (Holtzer, 2004, p. 13), il accorde une importance particulière à
la lecture des textes spécialisés, dans ce sens Aupècle et Alvarez (1977, p.101) le définissent
ainsi « c’est l’enseignement du français langue étrangère à des étudiants qui, sans se
spécialiser en français, doivent avoir accès, en général dans leurs pays, à des documents écrits
de caractère informationnel». Le Français Instrumental prend en considération les publics
auxquels il adresse des textes spécialisés ce qui favorise sa diffusion, le centre d’intérêt de sa
pratique pédagogique était la lecture qui prenait une place importante par rapport aux
tendances pédagogiques traditionnelles qui étaient basées sur la grammaire et la traduction,
cet enseignement considère l’apprentissage du français comme un moyen et un instrument
facilitant l’accès aux textes de spécialité et non un objectif en lui-même.
1.4. Le français Sur objectifs spécifiques (FOS)
Le Français Sur Objectifs Spécifiques (FOS) trouve ses origines dans les travaux de
Hutchinson et Waters et leur fameux ouvrage English for Specific Purposes (1987), il
commence à gagner du terrain à partir des années 1990 en s’intéressant aux besoins des
apprenants qui sont souvent des adultes et des professionnels voulant suivre des formations
ciblées en fonction de leur temps limité consacré à l’apprentissage et leurs besoins liés aux
divers domaines de spécialité qui déterminent en quelque sorte les contenus et les méthodes
de l’enseignement de cette approche. J. P. Cuq (2003, p.109) définit le FOS comme étant « né
du souci d’adapter l’enseignement du FLE à des publics adultes souhaitant acquérir ou
perfectionner des compétences en français pour une activité professionnelle ou des études
supérieurs ».
1.5. Le français Sur objectifs universitaires (FOU)
C’est une branche du FOS inventée dans les milieux didactiques et qui vise à
développer des compétences langagières, méthodologiques ou encore disciplinaires chez les
étudiants universitaires ayant la langue française comme langue d’enseignement. L’objectif
du FOU est d’aider les étudiants à acquérir certaines connaissances concernant les études
universitaires comme la prise de notes durant les cours magistraux, la technique de résumer
un texte, faire une synthèse de documents, rédiger une introduction d’un exposé, etc.
2. Les Spécificités Du Fos
Branche du Français Langue Étrangère (FLE), le FOS se distingue par certaines
spécificités et caractéristiques qui doivent être prises en compte lors de l’élaboration des
activités didactiques pour garantir l’efficacité de toute action de formation dans ce domaine.
2.1. La diversité des publics
Les publics du FOS sont au nombre de trois catégories principales :
-Des professionnels : Cette catégorie concerne tous les domaines professionnels
(affaires, médecine, tourisme, etc.), ces professionnels veulent faire du FOS pour pouvoir se
débrouiller dans des situations exigeantes au milieu de travail.
-Des étudiants : Ce sont souvent des étudiants non-francophones voulant poursuivre
leurs études en français, ils peuvent s’inscrire, soit dans une université francophone, soit dans
une filière francophone dans leurs pays.
-Des émigrés : Ce sont des étrangers qui viennent s’installer dans un pays francophone
dans le but d’améliorer leurs situations professionnelles et leurs conditions de vie.
2.2. Les besoins spécifiques des publics
Les publics du FOS ne cherchent pas à apprendre le français mais plutôt du français
pour agir professionnellement, dans ce sens D. Lehmann (1993, p.116) précise ceci : « se
demander ce que des individus ont besoin d’apprendre, c’est poser implicitement qu’ils ne
peuvent pas tout apprendre d’une langue, donc que des choix doivent être opérés », d’où la
nécessité d’analyser les besoins de ces publics en vue d’élaborer des cours spécifiques pour
chaque domaine professionnel.