Introduction aux séries temporelles
Introduction aux séries temporelles
Année 2017/2018
MIDO
MATHEMATIQUES ET INFORMATIQUE
DE LA DECISION ET DES ORGANISATIONS
ii
Avant-propos
Université Paris-Dauphine – Master 1 MIDO 2017/2018 – Introduction aux séries temporelles – Page iii/93.
1 Introduction (x2) 1
1.1 Tendance, saisonnalité, bruit, opérateur retard . . . . . . . . . . . . . . . . 1
1.2 Processus stationnaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.3 Suites récurrentes aléatoires et processus ARMA . . . . . . . . . . . . . . . 16
1.4 Autocovariance et matrices de Toeplitz . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
1.5 Compléments . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
v
Table des matières
6 Estimation (x1) 83
6.1 Estimation de la moyenne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 83
6.2 Estimation de l’autocovariance . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 87
6.3 Application aux tests . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 87
Bibliographie 93
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vi
Chapitre 1
Introduction (x2)
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Mots-clés : série temporelle ; modèle additif ; tendance ; saisonnalité ; stationnarité ;
autocovariance ; bruit blanc ; opérateur retard ; opérateur différence.
Une série temporelle ou série chronologique est une suite d’observations d’un phé-
nomène physique 1 faites au cours du temps : consommation d’électricité, cours du pétrole,
population française, rythme cardiaque, relevé d’un sismographe, trafic Internet, ventes de
téléphones mobiles, hauteurs des crues du nil, température des océans, concentration en
dioxyde de carbone de l’atmosphère, taux de glucose dans le sang, côte de popularité du
président, etc. Il s’agit d’une suite finie 2 de valeurs réelles 3 , indicées par un temps continu
ou discret régulier, typiquement d’un signal échantillonné à une fréquence fixe. Les figures
1.2 et 1.3 donnent des représentations graphiques de quelques séries temporelles, fabriquées
grâce au programme pour le logiciel GNU-R donné par la figure 1.1 4 .
L’étude des séries temporelles poursuit plusieurs buts pratiques :
— une meilleure compréhension du phénomène physique représenté par la série ;
— une représentation simplifiée par un modèle stochastique ;
— une prédiction du futur de la série à partir de la partie observée.
1
1. Introduction (x2)
[Link](window(AirPassengers,start=deb,end=fin),xlab='année',ylab='passagers',las=1)
#
[Link](diff(AirPassengers),xlab="temps (mensuel)",ylab="log(passagers)")
[Link](diff(log(AirPassengers)),xlab="temps (mensuel)",ylab="log(diff(passagers))")
Figure 1.1 – Code GNU-R pour générer les figures 1.2 et 1.3.
200
150
population
100
50
0
Figure 1.2 – Population des États-Unis (haut) et débit du Nil à Assouan (bas).
Ce type de graphique avec le temps en abscisse et la série en ordonnée est appelé
chronogramme. Ici le temps explique bien l’allure des deux séries.
2
1.1. Tendance, saisonnalité, bruit, opérateur retard
600
500
passagers
400
300
200
100
1950 1954 1958
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temps (mensuel, de 1949 à 1961)
300 400 500 600
passagers
3
1. Introduction (x2)
30 40 50 60
température
60
température
50
40
30
J F M A M J J A S O N D
20 40 60 80 20 40 60 80
rev(nottem) rev(nottem) rev(nottem) rev(nottem)
4
1.1. Tendance, saisonnalité, bruit, opérateur retard
tandis que le bruit est supposé être stationnaire, c’est-à-dire que ses caractéristiques
statistiques comme son espérance et sa covariance ne varient pas au cours du temps.
Dans cette approche stochastique, (xt )t∈T est modélisée par une trajectoire (ω fixé !) d’un
processus stochastique (Xt )t∈T .
Une idée naturelle est de rechercher d’abord, au vu des données, la meilleure fonction
déterministe dt telle que le résidu xt − dt soit raisonnablement stationnaire. On est parfois
conduit à transformer les données pour stabiliser la variance, ou encore à les découper en
plages temporelles en fonction de ruptures structurelles.
La stationnarité de la partie aléatoire est utile pour effectuer une prévision par transla-
tion. Si par exemple on observe Z1 , . . . , Zt alors on peut estimer la matrice de covariance
de ce vecteur aléatoire, c’est-à-dire la structure L2 du vecteur aléatoire, qui est aussi par
stationnarité une estimation de la structure de covariance de Z1+1 , . . . , Zt+1 , ce qui permet
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de prédire le futur Zt+1 en utilisant une projection par moindres carrés sur les observations
Z2 , . . . , Z t .
Les séries temporelles stationnaires sont rares. Dans la pratique, on tente de s’y ramener
en effectuant des transformations qui éliminent par exemple une composante structurelle
déterministe. Le modèle additif le plus simple est de la forme
Xt = mt + st + Zt
| {z } |{z}
partie déterministe partie aléatoire
1 t1 t21
x1
a0
X = ... , a = a1 , A = ... ... ..
.
xn a2 1 tn t2n
5
1. Introduction (x2)
. . ;
b̂1 1 cos(λ1 tn ) sin(λ1 tn )
3. Bruit. Le processus (Zt )t∈Z est un bruit qu’on espère stationnaire.
∀t ∈ Z, (BX)t = Xt−1 .
Notons que ∆ = ∆1 . L’opérateur différence ∆ agit comme une dérivation par rapport
au paramètre t. Il permet d’éliminer une tendance linéaire :
∆(a + bt + Zt ) = b + Zt − Zt−1 .
La partie constante a est éliminée, la partie linéaire bt est transformée en la constante
b, tandis que la partie aléatoire Zt subit une transformation linéaire (préserve l’éventuel
caractère stationnaire). Plus généralement, l’opérateur différence d’ordre n
n
n−k n
X
n n
∆ =∆ | ·{z
· · ∆} = (1 − B) = (−1) B n−k ,
k
n-fois k=0
6
1.2. Processus stationnaires
(avec la convention B 0 = 1) élimine les tendances polynomiales de degré < n, par exemple
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un processus X solution du modèle implicite (ou problème inverse)
P (B)X = Y
où
— P (B) est un polynôme (estimable) de l’opérateur retard B ;
— Y est un processus stationnaire (covariance estimable).
On dit que X s’obtient en intégrant (inverse de la différentiation) Y . Si l’opérateur P (B)
ne fait intervenir que ∆ et si de plus Y est modélisé par un processus stationnaire ARMA
(Auto Regressive Moving Average, introduit par la suite), alors on dit que X est un
processus ARIMA (Auto Regressive Integrated Moving Average). Lorsque P (B) fait
également intervenir l’opérateur de différentiation saisonnière ∆d , alors on dit que X est
un processus SARIMA (Seasonal ARIMA).
T = Z.
(Ω, A, P).
Ω×Z → R
(ω, t) 7→ Xt (ω)
Pour tout t ∈ T , Xt est une variable aléatoire. Pour tout ω ∈ Ω, on dit que la fonction du
temps t 7→ Xt (ω) est une trajectoire du processus.
Le processus (Xt )t∈Z est fortement stationnaire lorsque pour tout h ∈ Z et toute
suite finie t1 , . . . , tn ∈ Z de longueur n ≥ 1 quelconque, les vecteurs aléatoires
7
1. Introduction (x2)
200
150
population
100
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50
0
8
1.2. Processus stationnaires
600
500
400
passagers
300
200
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100
9
1. Introduction (x2)
500
data
300
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100
60
seasonal
20
−20
−60
500
400
trend
300
200
60
remainder
0 20
−40
1950 1952 1954 1956 1958 1960
time
10
1.2. Processus stationnaires
La stationnarité forte est une propriété d’invariance en loi du processus par translation
temporelle. Le concept n’est pas creux : si les variables aléatoires (Xt )t∈T sont i.i.d. alors
(Xt )t∈T est fortement stationnaire (la réciproque est fausse).
Le processus (Xt )t∈Z est un processus du second ordre lorsque E(|Xt |2 ) < ∞
pour tout t ∈ Z. Pour un tel processus, on définit la fonction moyenne µX : Z → R
et la fonction d’autocovariance γX : Z × Z → R par
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µX (t) = E(Xt ) et γX (s, t) = Cov(Xs , Xt ).
γt (s, t) = Cov(Xs , Xt )
= E((Xs − E(Xs ))(Xt − E(Xt )))
= E(Xs Xt ) − E(Xs )E(Xt )
= E(Xs Xt ) − µX (s)µX (t).
Par analogie avec les vecteurs aléatoires finis usuels de Rn , le vecteur (infini) aléatoire
(Xt )t∈Z a pour vecteur (infini) moyenne µX et pour matrice (infinie) de covariance γX =
(γX (s, t))s,t∈Z . De ce point de vue, il n’est pas étonnant que γX soit symétrique à diagonale
réelle ≥ 0 (la diagonale donne les variances des composantes) :
La dépendance à longue portée au sens L2 (corrélation) est mesurée par γX (t, t + h) quand
h est grand (ne dépend pas de t si le processus est stationnaire).
On dit qu’un processus du second ordre (Xt )t∈Z est faiblement stationnaire ou tout
simplement stationnaire lorsque pour tout h ∈ Z et toute suite finie t1 , . . . , tn ∈ Z
de longueur n ≥ 1 quelconque, les vecteurs aléatoires
Si (Xt )t∈Z est stationnaire alors γX (s, t) = γX (0, t − s) pour tous s, t ∈ Z. Ainsi, la
covariance γX (s, t) = Cov(Xs , Xt ) ne dépend que de l’écart temporel t − s. Dans ce cas, la
fonction à deux variables (matrice infinie) γX peut être remplacée par une fonction à une
seule variable (vecteur infini), notée également γX :
11
1. Introduction (x2)
Z → R
h 7→ γX (h) = γX (0, h) = Cov(Xt , Xt+h ) (∀t ∈ Z)
Si (Xt )t∈Z est stationnaire, alors non seulement sa fonction moyenne t 7→ µX (t) est
constante, mais sa fonction variance t 7→ σt2 aussi car
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Z → [−1, 1]
γX (h) Cov(Xt , Xt+h )
h 7→ ρX (h) = =p (∀t ∈ Z).
γX (0) Var(Xt )Var(Xt+h )
Démonstration. Si (Xt )t∈Z est un processus du second ordre fortement stationnaire alors
pour tous s, t, h ∈ Z, les vecteurs aléatoires (Xs , Xt ) et (Xs+h , Xt+h ) ont la même loi, et
donc la même moyenne et la même matrice de covariance, ce qui entraîne la constante de
µX et l’invariance par translation de γX , d’où la stationnarité de X.
Construisons un contre-exemple pour la réciproque. Soit (Xt )t∈Z des v.a.r. indépen-
dantes avec Xt de loi L si t est pair, et de loi L0 6= L si t est impair, avec L et L0 de même
moyenne et variance, par exemple L = Exp(1) et L0 = N (1, 1). On a alors γX (s, t) = 0 si
s 6= t par indépendance tandis que γX (s, s) = 1, ce qui fait que le processus est stationnaire,
mais pas fortement stationnaire car les Xt n’ont pas même loi !
1→2
La moyenne et l’autocovariance constituent les deux premiers moments du processus,
et les deux premiers moments ne suffisent pas à caractériser pas la loi. Au delà de la
stationnarité, si X et Y sont deux processus du second ordre tels que µX = µY et γX = γY
alors X et Y ne sont pas forcément de même loi (sauf pour les processus gaussiens !).
12
1.2. Processus stationnaires
On dit que (Xt )t∈Z est un processus gaussien lorsque (Xt1 , . . . , Xtn ) est un vecteur
gaussien pour toute suite finie t1 , . . . , tn dans Z de longueur n ≥ 1 quelconque. Un
processus gaussien est toujours du second ordre.
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Un processus stationnaire (Zt )t∈Z de moyenne µ et d’autocovariance γZ est un…
— bruit blanc faible ou bruit blanc si Cov(Zs , Zt ) = 0 pour tous s 6= t ;
— bruit blanc moyennement fort si Zs et Zt sont indépendantes pour tous
s 6= t, c’est-à-dire que (Zt )t∈Z sont deux à deux indépendantes ;
— bruit blanc fort lorsque les variables (Zt )t∈Z sont indépendantes ;
— bruit blanc très fort lorsque les variables (Zt )t∈Z sont i.i.d.
Dans tous les cas γZ (h) = σ 1h=0 et on note BB µ, σ . Dans ces notes de cours,
2 2
lorsque la moyenne du BB n’est pas précisée, elle vaut zéro par convention.
Le terme «bruit blanc» tire son sens de l’analyse spectrale abordée plus loin.
Si X = (Xt )t∈Z sont i.i.d. de loi N (m, σ 2 ) alors X est un BB m, σ 2 fort gaussien.
∀t ∈ Z, Xt = A cos(θt) + B sin(θt).
13
1. Introduction (x2)
0 1 2 3
valeur
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−2
14
1.2. Processus stationnaires
Xt
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(A, B) = (1, 5)
(A, B) = (2, 2)
(A, B) = (5, 1)
Tout processus est une variable aléatoire à valeurs trajectoires. Observer une seule
trajectoire du processus revient à observer une seule réalisation de cette variable aléatoire.
Une suite doublement infinie de variables aléatoires est stationnaire quand la moyenne
est constante et l’autocovariance est invariante par translation, en particulier la
variance est constante. Sauf à se restreindre à un modèle particulier comme les suites
récurrentes aléatoires, l’observation d’une seule trajectoire d’un processus ne nous
renseigne pas beaucoup sur la structure de son aléa : c’est un échantillon de taille
1 de la loi des trajectoires ! Or la stationnarité est liée à la structure de l’aléa, et
15
1. Introduction (x2)
ceci explique pourquoi elle est difficile à appréhender visuellement, comme l’illustre
l’exemple 1.12 du processus harmonique, pour lequel les trajectoires sont régulières. Il
est malgré tout possible de tester la stationnarité en précisant un modèle. Le test de
Kwiatkowski-Phillips-Schmidt-Shin (KPSS) de la commande GNU-R [Link] par
exemple permet de tester la stationnarité dans le cadre d’un modèle additif simple.
Dans la pratique, la stationnarité des séries temporelles peut s’avérer être une hy-
pothèse raisonnable sur une plage observée, mais restera toujours hypothétique lors
d’une prédiction, qui va par définition au delà des plages observées. Concepts reliés :
ruptures, catastrophes, «cygnes noirs» (black swans), etc.
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Soit p, q ∈ N et T ∈ {N, Z}. On dit qu’un processus (Xt )t∈T est une suite récurrente
aléatoire d’ordre (p, q) lorsque pour tout t > p, la variable aléatoire Xt est une
fonction du passé Xt−1 , . . . , Xt−p et de bruits Zt , Zt−1 , . . . , Zt−q où (Zt )t∈Z est un BB.
C’est le cas par exemple si pour une fonction f fixée on a
Un processus (Xt )t∈Z est à moyenne mobile (MA : Moving Average) lorsque
∀t ∈ Z, Xt = Zt + θZt−1
16
1.3. Suites récurrentes aléatoires et processus ARMA
si |s − t| > 1 ;
0
γ(s, t) = E(Xs Xt ) = θσ 2 si |s − t| = 1 ;
si s = t.
(1 + θ2 )σ 2
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= (1 + θ2 )σ 2 1h=0 + θσ 2 1h=±1 .
Xt = θ0 Zt + θ1 Zt−1 + · · · + θh Zt−q .
Soit
Xt = θ0 Zt + θ1 Zt−1 + · · · + θh Zt−q
un processus MA(q). Alors (Xt )t∈Z est stationnaire et γX (h) = 0, ∀|h| > q.
Des résultats plus généraux concernant les processus ARMA(p, q) seront présentés au
Chapitre 3.
q
X
µX (t) = θj E[Zt−j ] = 0
j=0
17
1. Introduction (x2)
qui ne dépend pas de t. Cela implique que (Xt )t∈Z est stationnaire, de fonction d’auto-
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covariance
q X
q
θj θk 1k−j=h .
X
2
γX (h) = σ
j=0 k=0
En particulier, si j, k ∈ {0, ..., q}, nous avons −q ≤ k −j ≤ q, ce qui implique que γX (h) = 0
dès que h < −q ou h > q.
On peut étudier les séries temporelles avec une origine des temps, ce qui revient à
indexer le temps par l’ensemble N au lieu de l’ensemble Z. Considérons par exemple
la marche aléatoire X = (Xt )t∈N définie par X0 = 0 et l’équation de récurrence
linéaire d’ordre 1 ou AR(1) suivante :
18
1.4. Autocovariance et matrices de Toeplitz
De plus, si les t1 , . . . , tn sont régulièrement espacés alors les coefficients de Γ sont constants le
long de chaque diagonale : on dit qu’il s’agit d’une matrice de Toeplitz. Plus généralement,
le vecteur (infini) aléatoire (Xt )t∈Z a pour matrice (infinie) de covariance (γX (t − s))s,t∈Z ,
dont les coefficients sont constants le long des diagonales.
γ(0) γ(1) γ(2) γ(p − 1)
... ...
.. ..
. .
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γ(1) γ(0) γ(1)
.. .. .. .
..
. . .
γ(2) γ(1)
(γ(j − k))1≤j,k≤p = .. . . ..
.
. .
. . . .
γ(1) γ(2)
.. ..
. . γ(1) γ(0)
γ(1)
γ(p − 1) . . . . . . γ(2) γ(1) γ(0)
Preuve (en partie facultative). Le vecteur aléatoire (Xt1 , . . . , Xtn ) de Rn a pour matrice
de covariance Γ = (γ(tj − tk ))1≤j,k≤n . En posant
on a, en utilisant la linéarité de l’espérance et le fait que v > V est une v.a.r. centrée,
n X
n
vj Γj,k vk = v > E(V V > ) v = E(|v > V |2 ) = Var(v > V ) ≥ 0.
X
| {z }
j=1 k=1
matrice !
19
1. Introduction (x2)
de sorte que Y = L(Zk )−n≤k≤n soit un vecteur gaussien de matrice de covariance LL> .
On pose alors Xk = Yk si −n ≤ k ≤ n et Xk = Zk sinon. On peut alors montrer que X
converge en loi quand n → ∞ (fonctions test d’un nombre fini de variables).
2→3
1.5 Compléments
Soit X = (Xt )t∈Z un processus du second ordre. Pour tout t ∈ Z, on note
Un processus du second ordre (Xt )t∈Z est déterministe lorsque pour tout t ∈ Z,
Note : si X est gaussien alors proj(Xt , Ht−1 ) = proj(Xt , L2 (Ft−1 )) = E(Xt | Ft−1 ) où
Ft−1 est la tribu engendrée par Xt−1 , Xt−2 , ...
20
1.5. Compléments
Ceci n’est pas étonnant car les trajectoires du processus harmonique sont des sinusoïdes
dont la seule source d’aléa est l’amplitude, ce qui fait qu’à chaque instant, il est
parfaitement possible de prédire le futur de la trajectoire à partir de son passé.
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Lemme 1.21 : Processus stationnaire non déterministe
Soit X = (Xt )t∈Z un processus stationnaire. Alors t ∈ Z 7→ E((Xt − proj(Xt , Ht−1 ))2 )
est constante. Si σ 2 est sa valeur, alors X est déterministe si et seulement si σ 2 = 0.
Un bruit blanc à variance non nulle est un exemple de processus non déterministe. En
effet, si Z ∼ BB 0, σ 2 avec σ 2 > 0 alors Zt ⊥ Ht−1 := vect{Zt−1 , Zt−2 , . . .} pour tout
t ∈ Z d’où proj(Zt , Ht−1 ) = 0 et kZt − proj(Zt , Ht−1 )k22 = kZt k22 = σ 2 > 0.
Démonstration du lemme 1.21. Pour tout t ∈ Z, le sous espace vectoriel Ht−1 est formé
par l’ensemble des séries de la forme
∞
X
ϕk Xt−k
k=1
qui convergent dans L2 . Montrons que l’ensemble Φ des coefficients (ϕk )k≥1 qui garantit la
convergence dans L2 ne dépend pas de t. Pour tous s ≥ r ≥ 1 on a
r
X r
X r
X
k ϕk Xt−k k22 = ϕj ϕk E[Xt−k Xt−j ] = ϕj ϕk (γX (j − k) + µ2X ),
k=s j,k=s j,k=s
quantité qui ne dépend pas de t. Enfin E((Xt − proj(Xt , Ht−1 ))2 ) = 0 si et seulement si
Xt = proj(Xt , Ht−1 ) dans L2 .
La décomposition de Wold motive l’étude de processus de la forme k∈Z αk Yt−k ,
P
au moins dans le cas agréable où α ∈ `1 (Z). C’est précisément l’objet du chapitre suivant.
21
1. Introduction (x2)
Si (Xt )t∈Z est un processus stationnaire non déterministe alors pour tout t ∈ Z,
(1.1)
X
Xt = Dt + αk εt−k ,
k∈Z
dans L2 , où (Dt )t∈Z , (αk )k∈Z , et (Zt )t∈Z vérifient les propriétés suivantes :
1. α ∈ `2 (Z) avec α0 = 1 et αk = 0 si k < 0 ;
2. (εt )t∈Z ∼ BB 0, σ 2 avec σ 2 > 0
3. εt ∈ Ht pour tout t ∈ Z ;
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donc εt ∈ Ht−1 ⊂ Ht−2 ⊂ · · · , d’où Cov(εs , εt ) = E(εs εt ) = 0 pour tous s, t ∈ Z avec s < t.
⊥ ⊥
et
proj(Xt , vect{εt , εt−1 , . . .}) =
X
αk εt−k
k∈Z
où
si k < 0,
(
0
αk := 1
σ2
hXt , Zt−k i si k ≥ 0.
Preuve de 1. Les coefficients (αk )k∈Z sont indépendants de t par stationnarité et
1 1 1
α0 = 2
hXt , Zt i = 2 hXt , Xt − proj(Xt , Ht−1 )i = 2 kXt − proj(Xt , Ht−1 )k22 = 1.
σ σ σ
Preuve de 4. Pour tout t ∈ Z, posons
X X
Dt := Xt − αk Zt−k = Xt − αk Zt−k .
k∈Z k∈N
On a hDt , Zs i = 0 pour tous s, t ∈ Z avec s ≤ t, tandis que d’autre part si s > t alors
⊥ ⊂ H ⊥ et comme D ∈ H il vient hD , Z i = 0 pour tous s < t.
Zs ∈ Hs−1 t t t t s
22
1.5. Compléments
Par définition de Dt , Ht = vect{Zt , Zt−1 , . . .} ⊕ vect{Dt , Dt−1 , . . .}. Si Y ∈ ∩k∈N Ht−k alors
Y ∈ Hs−1 pour tout s ∈ N, d’où hY, Zs i = 0 pour tout s ∈ N, d’où Y ∈ vect{Dt , Dt−1 , . . .}.
Ceci signifie que ∩k∈N Ht−k ⊂ vect{Dt , Dt−1 , . . .} d’où
Comme cela est valable pour tout t ∈ Z et que le membre de gauche ne dépend pas de t,
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on en déduit que (Dt )t∈Z est déterministe. De plus Dt ∈ Hs pour tout s ∈ Z.
Preuve de l’unicité de la décomposition. Il est possible (exercice !) de déduire de (1.1)
que les ingrédients Z, α, et D vérifient les formules indiquées, et il n’y a donc pas le choix.
Cas intégrable. Si α ∈ `1 (Z), alors pour tout K ⊂ Z fini,
X X X X
kαk Zt−k k1 = |αk |kZt−k k1 ≤ |αk |kZt−k k2 = σ |αk |,
k∈K k∈K k∈K k∈K
et il en découle que la série dans (1.1) vérifie le critère de Cauchy dans l’espace de Banach
L1 . Alternativement la convergence absolue ou normale dans L1 de la série
X X X X
kαk Zt−k k1 = |αk |kZt−k k1 ≤ |αk |kZt−k k2 = σ |αk | = σkαk1 < ∞
k∈Z k∈Z k∈Z k∈Z
23
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Chapitre 2
Filtrage linéaire (x2.5)
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Mots-clés : filtrage ; processus linéaire ; causalité ; inversibilité ; convolution.
2.1 Motivation
Considérons l’équation autorégressive AR(1) :
∀t ∈ Z : Xt = Zt + ϕXt−1 ,
où Z = (Zt )t∈Z est un bruit blanc et où ϕ est un paramètre réel déterministe (faire un
dessin de trajectoire). Pour résoudre cette équation en X, on itère l’équation n fois :
n
X
Xt = Zt + ϕ(Zt−1 + ϕXt−2 ) = · · · = ϕk Zt−k + ϕn+1 Xt−(n+1) .
k=0
c’est-à-dire que limn→∞ ϕn+1 Xt−(n+1) = 0 dans L2 , ce qui entraînerait que la série aléatoire
k=0 ϕ Zt−k converge dans L vers la solution stationnaire Xt . Quand est-ce que de telles
P∞ k 2
séries aléatoires sont convergentes ? En quel sens ? Ce chapitre a précisément pour objectif
d’étudier de telles séries aléatoires, qui apparaissent naturellement dans la résolution
d’équation de type AR ou plus généralement ARMA.
Si (Xt )t∈Z est un processus, et si (αk )k∈Z est une suite déterministe à valeurs dans R,
et à support fini : card{k ∈ Z : αk 6= 0} < ∞, alors pour tout t ∈ Z, la variable aléatoire
X
Yt = αk Xt−k
k∈Z
a un sens car la somme est finie. Cette moyenne mobile pondérée constitue une forme de
lissage par convolution 1 (dessin) appelé filtrage linéaire, analogue discret de
Z
y(t) = α(s)x(t − s)ds = (α ∗ x)(t).
R
25
2. Filtrage linéaire (x2.5)
Soit α = (αk )k∈Z ∈ `1 (Z) et soit X = (Xt )t∈Z un processus, borné dans Lp avec p ≥ 1,
c’est-à-dire que supt∈Z E(|Xt |p ) < ∞. Posons
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n
X
∀t ∈ Z, ∀m, n ∈ N, Yt,m,n = αk Xt−k .
k=−m
De plus, le processus (Yt )t∈Z est bien défini p.s. et est borné dans Lp .
Donc S := t−k | à valeurs dans [0, ∞] vérifie E(S) < ∞, d’où S < ∞ p.s.
P
k∈Z |αk ||X
c’est-à-dire que la série k∈Z αk Xt−k converge (absolument) p.s. Sa somme est notée Yt .
P
La limite p.s. est identique à la limite dans L1 car les deux types de convergence
entraînent la convergence en probabilité. Alternativement, on peut observer que
et comme on sait déjà que Yt,n,n → Yt p.s., le théorème de convergence dominée implique
que la limite Yt est dans L1 et que la convergence Yt,n,n → Yt a lieu dans L1 .
2. Espace vectoriel normé complet : toute suite de Cauchy est convergente.
26
2.2. Théorème de filtrage
Enfin, si At est l’événement presque sûr sur le quel a lieu la convergence presque
sûrement pour t, alors l’événement ∩t∈Z At est également presque sûr ce qui assure que
Y = (Yt )t∈Z est bien défini presque sûrement. Ce processus est borné dans Lp car grâce à
la continuité et à l’inégalité triangulaire,
kYt kp = lim Yt,n,n p = lim kYt,n,n kp ≤ |αk |kXt−k kp ≤ kαk1 sup kXkp
X
n→∞ n→∞ t∈Z
k∈Z
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Soit α ∈ `1 (Z) et soit (Xt )t∈Z un processus stationnaire de moyenne µX = E(Xt ) et
d’autocovariance γX (h). Alors le processus Y := Fα (X) défini par
X
∀t ∈ Z, (Fα X)t = αk Xt−k
k∈Z
αk et γY (h) =
X XX
µY = µX αj αk γX (h + j − k).
k∈Z j∈Z k∈Z
= γY (h).
Démonstration. Comme X est stationnaire, il est du second ordre, donc borné dans L2 car
Ceci permet d’utiliser le théorème 2.1 avec p = 2, qui garantit que le processus Fα X est
bien défini presque-sûrement et dans L2 . Il s’agit donc d’un processus du second ordre
dont nous allons calculer la moyenne et l’autocovariance. Rappelons que le produit scalaire
de L2 est continu : si limn→∞ Un = U et limn→∞ Vn = V dans L2 alors
Par conséquent, on a
X
E((Fα X)t ) = h1, αk Xt−k i
k∈Z
27
2. Filtrage linéaire (x2.5)
= h1, lim
X
αk Xt−k i
n→∞
k∈[−n,n]
= lim h1,
X
αk Xt−k i
n→∞
k∈[−n,n]
= lim E
X
αk Xt−k
n→∞
k∈[−n,n]
= lim
X
αk E(Xt−k )
n→∞
k∈[−n,n]
= lim µX
X
αk
n→∞
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k∈[−n,n]
X
= µX αk ,
k∈Z
= lim
X X
αj Xs−j , αk Xt−k
n→∞
j∈[−n,n] k∈[−n,n]
= lim
X X
αj αk E(Xs−j Xt−k )
n→∞
j∈[−n,n] k∈[−n,n]
= lim
X X
αj αk γX (s − j, t − k) + (µX )2
n→∞
j∈[−n,n] k∈[−n,n]
XX X 2
= αj αk γX (t − s + j − k)+ µX αk ,
j∈Z k∈Z k∈Z
qui nePdépend que de t − s. Il en découle que Fα X est stationnaire. Notons que la double
série j,k∈Z αj αk γX (h + j − k) est absolument convergente car
X X
|αj αk γX (h + j − k)| ≤ γX (0) |αj ||αk | = γX (0)kαk21 < ∞,
j,k∈Z j,k∈Z
où on a utilisé le fait que |γX (h)| ≤ γX (0) pour tout h ∈ Z tiré du théorème 1.18.
C’est l’image d’un BB par une application linéaire : on parle de processus linéaire.
3→4
28
2.3. Composition et convolution
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X X
f (B)Xt = αk B k Xt = αk Xt−k .
k∈Z k∈Z
Si α est à support fini : card{k ∈ Z : αk 6= 0} < ∞, alors f (z) est bien définie pour
tout z 6= 0, et prend des valeurs réelles si z et α sont réels. De plus f est un polynôme
ssi {k ∈ Z : αk 6= 0} est une partie finie de N, et dans ce cas f (z) est bien définie
pour tout z ∈ C. Réciproquement, si une fonction P f : D ⊂ C → C est développable
en série de puissances de z sous la forme f (z) = k∈Z αk z k alors cette série converge
absolument lorsque |z| = 1 ssi α ∈ `1 (Z), et la notation Fα = f (B) fait sens.
∀t ∈ Z, Xt = Zt + θ1 Zt−1 + · · · + θq Zt−q .
∀t ∈ Z, Xt − ϕ1 Xt−1 − · · · − ϕp Xt−p = Zt .
29
2. Filtrage linéaire (x2.5)
= (Fα∗β X)t .
Lorsque α et β sont à support infini, la commutation des sommes est licite grâce au
théorème de Fubini–Tonelli (les séries sont presque sûrement absolument convergentes).
Alternativement, lorsque α et β sont à support infini, on peut adopter une approche L2 :
on procède par troncature et on exploite l’hypothèse de sommabilité sur α et β.
30
2.3. Composition et convolution
allons voir que le calcul de l’inverse est lié à la série de puissances associée à α.
a. Si α ∗ β = e = α ∗ β 0 alors β = β ∗ e = β ∗ (α ∗ β 0 ) = (β ∗ α) ∗ β 0 = e ∗ β 0 = β 0 .
Soit (F, +, ×) l’algèbre usuelle des fonctions continues définies sur le cercle unité
{z ∈ C : |z| = 1} et à valeurs dans C. Les propriétés suivantes sont vérifiées :
1. Pour tout α ∈ `1 (Z) et z ∈ C tel que |z| = 1, on a (αk z k )k∈Z ∈ `1C (Z), c’est-à-dire
que la série suivante converge absolument sur le cercle unité :
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X
Pα (z) = αk z k ;
k∈Z
pour tout z ∈ C tel que les séries de puissances Pα (z), Pβ (z), et Pγ (z) convergent
absolument. En particulier, le produit de convolution dans `1 (Z) est transformé
en produit standard de fonctions dans F par l’application α 7→ Pα :
∀α, β ∈ `1 (Z), Pα = Pβ ⇒ α = β;
Note : en français, la formule Pα∗β (z) = Pα (z)Pβ (z) dit que les coefficients du produit
de Cauchy de deux séries de puissances sont donnés par le produit de convolution des
coefficients des deux séries. Cette liaison entre suites et fonctions est utile.
Note : l’élément neutre est envoyé sur l’élément neutre : Pe (z) = 1.
Éléments de preuve. La première propriété est évidente. La seconde propriété n’offre pas
non plus de difficulté. Pour λ = 0 la seconde propriété découle d’un produit de Cauchy de
séries de puissances absolument convergentes :
! !
k0
X X
k
Pα (z)Pβ (z) = αk z βk 0 z
k∈Z k0 ∈Z
0
X
= αk βk0 z k+k
k,k0 ∈Z
!
h=k+k0
X X
= αk βh−k z h
h∈Z k∈Z
X
= (α ∗ β)h z h
h∈Z
= Pα∗β (z).
31
2. Filtrage linéaire (x2.5)
est un produit scalaire, qu’elle fait de L2 un espace de Hilbert, et que les fonctions
trigonométriques θ ∈ [0, 2π] 7→ eiθk ∈ C, k ∈ Z, constituent une base hilbertienne. Le
caractère orthonormé provient du fait que pour car pour tous k, h ∈ Z,
Z 2π
1
θ 7→ e , θ 7→ e
iθk iθh
eiθ(h−k) dθ = 1h=k .
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=
2π 0
Aussi, pour tout h ∈ Z fixé, en posant z = eiθ , il vient, grâce au théorème de Fubini–Tonelli,
X D E X
γk eiθk , θ 7→ eiθh = γk θ 7→ eiθk , θ 7→ eiθh = γk 1h=k = γh .
X
0 = θ 7→
k∈Z k∈Z k∈Z
Soit α ∈ `1 (Z) tel que Pα (z) = k∈Z αk z k est un polynôme, c’est-à-dire que α est à
P
support fini et ≥ 0. Les trois propriétés suivantes sont équivalentes :
1. α est inversible pour le produit de convolution dans `1 (Z) ;
2. Pα n’a pas de racine de module 1 ;
3. z 7→ 1/Pα (z) est développable en série de puissances de z, absolument conver-
gente dans une couronne de C contenant le cercle unité :
1 X
= βk z k , β ∈ `1 (Z).
Pα (z)
k∈Z
Lorsque ces propriétés ont lieu, alors α−1 = β. De plus, si Pα n’a pas de racine de
module < 1 alors le support de α−1 est ≥ 0, c’est-à-dire que {k ∈ Z : αk−1 6= 0} ⊂ N.
4→5
32
2.3. Composition et convolution
0 r 1 R
•
•
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•
Figure 2.1 – Si le polynôme Pα n’a pas de racines de module 1, alors ses racines sont à
l’extérieur d’une couronne qui contient le cercle unité.
et
alors r < 1 < R et les racines z1 , . . . , zd de Pα sont à l’extérieur de la couronne (figure 2.3)
qui contient le cercle unité {z ∈ C : |z| = 1}. Afin de développer la fraction rationnelle
z 7→ 1/Pα (z) en série, on considère sa décomposition en éléments simples
d mj
1 X X cj,k
= ,
Pα (z) (z − zj )k
j=1 k=1
(il s’agit d’une généralisation de la formule du binôme aux puissances quelconques). Donc
si |zj | < 1 et |z| > |zj | alors en posant w = zj /z, on a (convergence absolue)
∞
cj,k cj,k 1 cj,k X −k X
k
= k k
= k (−zj /z)n = βj,k,h z h
(z − zj ) z (1 − zj /z) z n
n=0 h∈Z
33
2. Filtrage linéaire (x2.5)
tandis que si |zj | > 1 et |z| < |zj | en posant w = z/zj , on a (convergence absolue)
∞
cj,k (−1)k cj,k (−1)k X −k
cj,k 1 n
X
= = (−z/z j ) = βj,k,h z h .
(z − zj )k zjk (1 − z/zj )k zjk n
n=0 h∈Z
et la convergence est absolue, car une somme finie de séries de puissances absolument
convergentes est une série de puissance absolument convergente. À présent, en prenant
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z = 1 ∈ D(r, R) on a β ∈ `1C (Z). Enfin, pour établir que β est réel, on observe que comme
α est réel, le polynôme Pα est à coefficients réels, donc l’ensemble de ses racines est stable
par conjugaison, donc les coefficients cj,k , βj,k,h , βh sont en fait tous réels, ce qui assure
finalement que β est bien à valeurs réelles : β ∈ `1 (Z).
Montrons que 3 ⇒ 1. Pour tout z ∈ D(r, R), par produit de Cauchy (lemme 2.7),
1
Pe (z) = 1 = Pα (z) = Pα (z)Pβ (z) = Pα∗β (z),
Pα (z)
ce qui donne e = α ∗ β grâce au lemme 2.7. Donc α est inversible d’inverse α−1 = β.
Montrons que 1 ⇒ 2. Comme α−1 ∈ `1 (Z), le lemme 2.7 donne
Pα−1 (z)Pα (z) = Pα−1 ∗α (z) = Pe (z) = 1
pour tout z ∈ C tel que |z| = 1, et cela interdit à Pα d’avoir une racine de module 1.
Enfin, on observe que seules les racines de Pα de module inférieur à 1 contribuent à la
partie de α−1 indicée par des indices négatifs. Par conséquent, si Pα n’a pas de racine de
module ≤ 1 alors α−1 est porté par N.
34
2.3. Composition et convolution
est valable pour tout z ∈ C tel que |z| < 1, et suggère que α−1 = 1N . Cette
suite n’appartient pas à `1 (Z). Cela suggère au passage que l’inverse d’un
élément de `1 (Z) peut exister dans `∞ (Z).
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L’équation α ∗ β = e en β est un système infini d’équations linéaires. La preuve du
théorème 2.8 montre qu’on peut déterminer β en déterminant les racines de Pα puis en
effectuant des développements en série. Mais cela peut s’avérer laborieux en pratique.
Dans le cas où Pα n’a pas de racine de module ≤ 1, on sait que β est porté par N, ce
qui rend le système d’équations α ∗ β = e triangulaire, et donc facile à résoudre par
récurrence. En effet, si d est le degré du polynôme Pα alors on obtient une identité
entre séries de puissances de z absolument convergentes sur le cercle unité :
(α0 + α1 z + · · · + αd z d )(β0 + β1 z + · · · ) = 1.
= 1 (d’où on tire β0 )
α0 β0
= 0 (d’où on tire β1 )
α0 β1 + α1 β0
α0 β2 + α1 β1 + α2 β0 = 0 (d’où on tire β2 )
..
.↓
∀α, β ∈ `1 (Z), Fα Z = Fβ Z ⇒ α = β;
∀X, Y ∈ S2 , Fα X = Fα Y ⇒ X = Y.
Démonstration.
1. Si Fα Z = Fβ Z alors pour tous s, t ∈ Z, k∈Z Zs αk Zt−k = k∈Z Zs βk Zt−k . En
P P
prenant l’espérance et en utilisant le fait que γZ (h) = σ 1h=0 (car Z est un BB), il
2
35
2. Filtrage linéaire (x2.5)
2.4 Compléments
Soit (Zt )t∈Z un BB 0, σ 2 et α ∈ `2 (Z) c’est-à-dire que k∈Z |αk |2 < ∞. Alors pour
P
tout K ⊂ Z fini, le théorème de Pythagore dans l’espace de Hilbert L2 donne
X X X
E(| αk Zt−k |2 ) = αj αk γZ (j − k) = σ 2 |αk |2 .
k∈K j,k∈K k∈K
Comme α ∈ `2 (Z) le critère de Cauchy dans l’espace complet L2 indique que la série
k∈Z αk Zt−k converge dans L . On note (Fα Z)t ∈ L sa somme, en cohérence avec
2 2
P
les filtres habituels.
P D’autre part, P la série est absolument convergente dans L2 ssi
α ∈ ` (Z) car k∈Z kαk Zt−k k2 = k∈Z |αk |, et dans ce cas la convergence a lieu
1
p.s. d’après le théorème de filtrage ! Rappelons à ce sujet que `1 (Z) $ `2 (Z), et que
l’inclusion est inversée pour les espaces Lp au sens où L2 ⊂ L1 (stricte en général).
Fα (Fβ X) = α ∗ (β ∗ X) = (α ∗ β) ∗ X = Fα∗β X
Il est possible d’étendre le théorème 2.8 d’inversibilité des filtres au delà des suites à
support fini en introduisant de la technologie (analyse complexe) comme le développe-
ment en série de Laurent des fonctions méromorphes. Bien qu’amusant, cela n’est pas
nécessaire pour l’étude, menée plus loin, des processus ARMA(p, q) avec p, q < ∞.
36
Chapitre 3
Processus ARMA (x1.5)
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Mots-clés : processus AR/MA/ARMA ; causalité ; inversibilité.
Les processus ARMA(p, q) (Auto Regressive Moving Average) forment une classe
de processus stationnaires paramétrés incluant à la fois un mécanisme d’autoregression
linéaire (AR) d’ordre p, et de moyenne mobile ou ajustée (MA) d’ordre q.
dit que (Xt )t∈Z est un processus ARMA(p, q), ou ARMA d’ordre (p, q), lorsqu’il
est stationnaire et vérifie l’équation de récurrence linéaire suivante a :
p
X q
X
∀t ∈ Z, Xt = ϕk Xt−k + Zt + θk Zt−k .
k=1 k=1
De plus :
— si θ ≡ 0 ou q = 0 alors on dit qu’il s’agit d’un processus AR(p) ;
— si ϕ ≡ 0 ou p = 0 alors on dit qu’il s’agit d’un processus MA(q).
a. Avec la convention = 0 utile quand p = 0 ou q = 0.
P−1 P
k=0 = ∅
Les processus MA(q) existent toujours : ce sont les processus linéaires causaux à support
fini. En revanche, l’existence des processus AR(p) n’est pas évidente, car le temps est indexé
par Z, ce qui rend délicate l’exploitation de la récurrence. Une idée naturelle consiste à
utiliser récursivement l’équation pour produire une suite récurrente aléatoire. Bien qu’il n’y
a pas de notion de condition initiale car le temps est indicé par Z, cette approche conduit
à la solution de AR(1) comme nous allons le voir plus loin. L’équation ARMA(p, q) peut
aussi être vue comme un système triangulaire doublement infini d’équations indicées par Z.
Nous allons le résoudre dans ce chapitre, en reformulant ARMA(p, q) en terme de filtrage !
L’équation de récurrence ARMA(p, q) s’écrit également
ou encore
Φ(B)X = Θ(B)Z
37
3. Processus ARMA (x1.5)
? Θ(B) 1 + θ1 B + · · · + θ q B q ?
X
X= Z= Z = βk B k Z = Fβ (Z).
Φ(B) 1 − ϕ1 B − · · · − ϕp B p
k∈Z
Fαϕ X = Fαθ Z,
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où (αϕ )k∈Z et (αθ )k∈Z sont les suites à support fini définies par
si h = 0 1 si h = 0
1
(αϕ )h = −ϕh si 1 ≤ h ≤ p et (αθ )h = θh si 1 ≤ h ≤ q
sinon 0 sinon.
0
Notons que pour tout z ∈ C, on a les identités suivantes (les sommes sont finies !)
Un processus (Xt )t∈Z est MA(q) pour un entier q ≥ 0 lorsqu’il est du second ordre,
stationnaire, et solution de l’équation de récurrence
q
X
Xt = Zt + θk Zt−k = (Fαθ Z)t = (Θ(B)Z)t
k=1
où (Zt )t∈Z est un BB 0, σ et où θ ∈ Rq est un vecteur fixe. On dit que q est l’ordre
2
Un processus (Xt )t∈Z est AR(p) pour un entier p ≥ 0 lorsqu’il est du second ordre,
38
3.1. Processus MA et processus AR
en d’autres termes
Zt = (Fαϕ X)t = (Φ(B)X)t
où (Zt )t∈Z est un BB 0, σ et où ϕ ∈ Rp est un vecteur fixe. On dit que p est l’ordre
2
Contrairement aux processus MA, l’existence des processus AR n’est pas évidente, car
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le temps étant indexé par Z, il n’y a pas d’origine des temps qui permettrait d’exploiter
facilement la récurrence. Le théorème suivant assure l’existence de processus AR(1).
linéaire (exemple 2.3), dont on vérifie qu’il est solution de l’équation de récurrence :
∞
X ∞
X ∞
X
ϕ1 Xt−1 = ϕ1 ϕk1 Z(t−1)−k = ϕk+1
1 Zt−(k+1) = ϕk1 Zt−k = Xt − Zt .
k=0 k=0 k=1
39
3. Processus ARMA (x1.5)
Par ailleurs, si (Xt )t∈Z est solution du second ordre stationnaire alors ϕr+1 1 Xt−(r+1) → 0
dans L quand r → ∞ car |ϕ1 | < 1, et on retrouve le processus linéaire X = Fα Z avec
2
αk = ϕk1 1k≥0 . L’autocovariance s’obtient en spécialisant celle des filtres du théorème 2.2 et
plus précisément celle des processus linaires de l’exemple 2.3 : pour tout h ∈ Z avec h ≥ 0,
∞
σ2
ϕj1 ϕh+j
X X X
γX (h) = αj αk γZ (h + j − k) = σ 2 αj αh+j = σ 2 1 = .
j,k∈Z j∈Z j=0
1 − ϕh1
X = FαPZ avec αk = ϕ1 1k≤−1 . Ici aussi, on peut vérifier directement que ce processus
k
∞ ∞ ∞
−(k−1)
X X X
ϕ1 Xt−1 = −ϕ1 ϕ−k
1 Z(t−1)+k =− ϕ1 Zt+(k−1) =− ϕ−k
1 Zt+k = Xt − Zt .
k=1 k=1 k=0
Lorsque |ϕ1 | = 1, alors s’il existait une solution stationnaire (Xt )t∈Z alors
r
2
X 2
E( Xt − ϕr+1
1 Xt−(r+1) ) = E ϕ k
Z
1 t−k
k=0
r
X
= |ϕ1 |2k E(|Zt−k |2 )
k=0
= (r + 1)σ 2
et d’autre part
2
E( Xt − ϕr+1
1 Xt−(r+1) ) = γX (0) + γX (0) − 2γX (t − (r + 1) − t)
= 2(γX (0) − γX (r + 1))
≤ 4γX (0),
40
3.2. Résolution de l’équation ARMA
Fαϕ (Fα−1
ϕ ∗αθ
Z) = Fαϕ ∗(α−1
ϕ ∗αθ )
Z = F(αϕ ∗α−1
ϕ )∗αθ
Z = Fαθ Z.
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X = Fα−1
ϕ ∗αϕ
X = Fα−1
ϕ
Fαϕ X = Fα−1
ϕ
Fαθ Z = Fα−1
ϕ ∗αθ
Z
41
3. Processus ARMA (x1.5)
h∈Z
X
= αh z h .
h∈Z
La condition suffisante de causalité donnée par le théorème 3.9 ne constitue pas une
condition nécessaire. En effet, comme l’unique solution stationnaire de l’équation
42
3.3. ARMA causal et inversible
1.0
AR(2)
0.0
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−1.0
0 20 40 60 80 100
temps
0.0 0.5
MA(2)
−1.0
0 20 40 60 80 100
temps
−0.5 0.0 0.5
ARMA(2,2)
0 20 40 60 80 100
temps
43
3. Processus ARMA (x1.5)
ARMA ne dépend que de la fraction rationnelle Θ/Φ autour du cercle unité, c’est la
forme irréductible Θ̃/Φ̃ qui importe, obtenue après simplification des racines communes
à Θ et Φ (attentions aux multiplicités). Ainsi si Φ̃ (respectivement Θ̃) ne s’annule pas
sur le disque unité alors la solution est causale (respectivement inversible).
Démonstration. Le processus X est causal ssi αϕ −1 ∗ α est porté par N. Si Φ n’a pas de
θ
racine de module ≤ 1, alors, d’après le théorème 2.8, αϕ −1 est porté par N, et comme α
θ
est porté par N (Θ est un polynôme), on en déduit que αϕ −1 ∗ α est porté par N.
θ
Le processus X est inversible ssi αθ est inversible pour ∗ dans `1 (Z) et αθ−1 ∗ αϕ est
porté par N. Si Θ n’a pas de racine de module ≤ 1, alors, d’après le théorème 2.8, αθ−1
existe et est porté par N, et comme αϕ est porté par N (Φ est un polynôme), on en déduit
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La résolution pratique des ARMA(p, q) inversible peut être menée grâce à la remarque
2.10. En effet, on résout en ξ le système
!
X
ξk z (1 − ϕ1 z − · · · − ϕp z p ) = 1 + θ1 z + · · · + θq z q
k
k∈Z
en identifiant les coefficients, ce qui donne dans le cas causal le système triangulaire
ξ0 = θ0 = 1
−ξ0 ϕ1 + ξ1 = θ1
−ξ0 ϕ2 − ξ1 ϕ1 + ξ2 = θ2
..
.
Note : si Pαϕ divise Pαθ (c’est-à-dire que si zj est racine de Pαϕ de multiplicité mj
alors elle est aussi racine de Pαθ de multiplicité ≥ mj ) alors Pξ est un polynôme.
Dans le cas contraire, Pξ n’est pas un polynôme et contient des puissances de z de
degré arbitrairement grand.
P Exemple : lak solution de ARMA(1, 1) quand |ϕ1 | < 1 est
donnée par Pξ (z) = 1 + ∞ k=1 (ϕ 1 + θ 1 )ϕ 1 z k , qui vérifie bien (1 − ϕ z)P (z) = 1 + θ z.
1 ξ 1
Ici, Pαϕ divise Pαθ ssi −1/θ1 = 1/ϕ1 , c’est-à-dire ssi Pξ (z) = 1 (et on a Pαϕ = Pαθ ).
Xt = Zt + 2Zt−1 + (1/2)Xt−1 .
44
3.3. ARMA causal et inversible
(1 − (1/2)z)(α0 + α1 z + · · · ) = 1 + 2z,
Θ(z) 1 + 2z
=
Φ(z) 1 − (1/2)z
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∞
X
= (1 + 2z) (1/2)k z k
k=0
∞
X
=1+ ((1/2)k + 2(1/2)k−1 )z k
k=1
∞
X
=1+ 5(1/2)k z k ;
k=1
Xt − ϕXt−1 = Zt + θZt−1
Θ(z) 1 + θz
R(z) := = .
ϕ(z) 1 − ϕz
45
3. Processus ARMA (x1.5)
∞ ∞ ∞
1 + θz X X X
= ϕk z k + θz ϕk z k = 1 + ϕk−1 (ϕ + θ)z k
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1 − ϕz
k=0 k=0 k=1
d’où
ψk = 1k=0 + ϕk−1 (ϕ + θ)1k>0 .
— Calcul de la solution quand |ϕ| > 1. Si |z| = 1 alors |(ϕz)−1 | < 1 et
∞ ∞
1 1 1 1 X −k −k X
=− =− ϕ z =− ϕ−k z −k .
1 − ϕz ϕz 1 − (ϕz)−1 ϕz
k=0 k=1
et donc
∞ ∞ ∞
1 + θz X X X
=− ϕ−k z −k − θz ϕ−k z −k = −θϕ−1 + ϕ−k−1 (ϕ + θ)z −k
1 − ϕz
k=1 k=1 k=1
d’où
ψk = −θϕ−1 1k=0 + ϕk−1 (ϕ + θ)1k<0 .
Dans les deux cas, Fϕ−1 ◦ Fθ = Fψ , pour tout t ∈ Z,
X
Xt = ψk Zt−k
k∈Z
Enfin, le processus X est causal lorsque Φ ne s’annule pas sur le disque unité
(c’est-à-dire que |ϕ| < 1). Lorsque Θ ne s’annule pas sur le disque unité
(c’est-à-dire que |θ| < 1) alors X est inversible.
— Étude du cas dégénéré |ϕ| = 1. Le théorème 3.6 ne s’applique pas. On pro-
cède comme lors de l’étude de l’équation AR(1). Pour tous ϕ et θ, l’utilisation
46
3.4. Autocovariance d’un ARMA
Xt = ϕXt−1 + Zt + θZt−1
= ϕ(ϕXt−2 + Zt−1 + θZt−2 ) + Xt−1 + Zt + θZt−1
= ϕ2 Xt−2 + Zt + (ϕ + θ)Zt−1 + ϕθZt−2
..
.
n−1
X
n
= ϕ Xt−n + Zt + ϕk−1 (ϕ + θ)Zt−k + ϕn−1 θZt−n .
k=1
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rence inversée conduit à la solution du cas |ϕ| > 1). D’autre part, si X est
solution stationnaire, le calcul de la variance des deux membres de l’équation
n−1
X
n
Xt − ϕ Xt−n = Zt + (ϕ + θ) ϕk−1 Zt−k + ϕn−1 θZt−n
k=1
donne
n−1
X
(1 + ϕ2n )γX (0) − 2ϕn γX (n) = σ 2 + σ 2 (ϕ + θ)2 ϕ2(k−1) + σ 2 ϕ2(n−1) θ2 .
k=1
séries de puissances géométriques portées par N. Il existe donc des constantes C > 0 et
0 ≤ ρ < 1 telles que |αk | ≤ Cρk pour tout k ≥ 0, tandis que αk = 0 si k < 0 (car le
processus est causal). À présent, l’exemple 2.3 donne, pour tout h ≥ 0,
X X ∞
X
2 2
γX (h) = αj αk γZ (h + j − k) = σ αj αj+h = σ αj αj+h .
j,k∈Z j∈Z j=0
47
3. Processus ARMA (x1.5)
6→7
3.5 Compléments
M (ϕ) X = M (θ) Z
si k = t
1
Mt,k = −ϕk si k ∈ {t − 1, . . . , t − p}
(ϕ)
sinon
0
et
si k = t
1
si k ∈ {t − 1, . . . , t − q}
(θ)
Mt,k = θk
sinon
0
(elles seraient inversibles si elles étaient finies !). Autrement dit, pour tout t ∈ Z,
X (ϕ) X (θ)
Mt,k Xk = Mt,k Zk .
k∈Z j∈Z
On veut résoudre cette équation dans l’espace vectoriel S2 des processus stationnaires.
La linéarité de l’équation fait que si X et X 0 sont deux solutions alors X − X 0 est
solution de l’équation sans second membre M (ϕ) X = 0. En général cette équation
sans second membre n’a, dans S2 , qu’une seule solution qui est identiquement nulle,
d’où l’unicité (si existence), dans S2 , de la solution de l’équation avec second membre.
Soit λ ∈ R tel que 0 < |λ| < 1 et soit ϕk = −λk pour tout k ∈ N. Soit Z un BB 0, σ 2 .
48
3.5. Compléments
Ici Θ(z) = 1 mais Φ(z) = 1 + k=0 λk z k = 1/(1 − λz) (pour |λz| < 1) n’est
P∞
pas un polynôme. L’équation Φ(z) = 0 en z n’a pas de solution. De plus, on a la
formule Θ(z)/Φ(z) = 1 − λz ce qui suggère la solution Xt = Zt − λZt−1 . On vérifie
immédiatement que ce processus MA(1) est bien solution de notre équation AR(∞) :
∞
X ∞
X ∞
X
k k
Zt − λ Xt−k = Zt − λ Zt−k + λk+1 Zt−1−k = Zt − λZt−1 = Xt .
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k=1 k=1 k=1
Nous savions qu’un AR(1) causal est un MA(∞). Nous avons le cas dual ici : un
AR(∞) causal est un MA(1). Plus généralement, l’analyse des ARMA(∞, ∞) peut
être menée en étudiant les suites sommables à support infini au moyen de concepts et
d’outils d’analyse complexe comme les fonctions méromorphes et les séries de Laurent.
49
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3.5. Compléments
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Il n’y a aucune différence entre d’une part un théorème démontré du cours et d’autre
part un exercice corrigé des travaux dirigés. Ici comme ailleurs, il est conseillé de
chercher à comprendre plutôt que d’apprendre par cœur.
51
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Chapitre 4
Analyse spectrale (x2)
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Mots-clés : mesure spectrale ; densité spectrale ; représentation isospectrale.
Nous savons (théorème 1.18) que les fonctions d’autocovariance des processus station-
naires sont les fonctions symétriques de type positif, et cela provient de la structure
Toeplitz de la covariance, elle même conséquence de la stationnarité. Le théorème de
Herglotz (théorème 4.6), au centre de ce chapitre, affirme que les fonctions d’autocova-
riance sont les coefficients de Fourier des mesures positives finies paires. Cette bijection
apporte un nouveau point de vue très utile sur les processus stationnaires.
Dans ce chapitre, nous effectuons l’analyse spectrale d’un signal, et ce signal est la
fonction d’autocovariance, et non pas le processus stationnaire lui-même. Cela permet au
passage de comprendre enfin le sens exact des termes «filtrage» et «bruit blanc». Mais
nous allons voir que cela permet surtout de construire pour presque tout processus ARMA
un processus ARMA causal et inversible de même autocovariance ! (théorème 4.15).
53
4. Analyse spectrale (x2)
Si f ∈ L1 ([−π, π], du) et si ν est la mesure signée finie sur R[−π, π] de densité f ,
c’est-à-dire que dν(u) = f (u)du, alors on note fb(h) := νb(h) = [−π,π] eihu f (u)du.
∀h ∈ Z, |b
ν (h)| ≤ νb(0) = ν([−π, π]).
Si ν1 et ν2 sont deux mesures signées finies sur [−π, π] vérifiant νb1 = νb2 alors ν1 = ν2 .
Démonstration. L’intervalle K = [−π, π] est compact. Soit CC (K) l’espace de Banach des
fonctions continues f : K → C muni de la norme uniforme kf k∞ = supt∈[−π,π] |f (t)|. Le
théorème de densité de Stone-Weierstrass affirme que A ⊂ CC (K) est dense lorsque
— A est une algèbre (stable par combinaisons linéaires finies et multiplication) ;
— A est stable par conjugaison, et contient les constantes ;
— A sépare les points : ∀x 6= y ∈ K, ∃f ∈ A : f (x) 6= f (y).
L’algèbre engendrée par les fonctions trigonométriques {u ∈ [−π, π] 7→ eiuh : h ∈ Z}, dont
les éléments sont appelés polynômes trigonométriques, vérifie ces conditions. Donc si
νb1 = νb2 alors ν1 et ν2 coïncident sur A en tant que formes linéaires continues et donc sur
CC (K) par densité. En effet, pour tout f ∈ CC (K) et tout ε > 0, la densité nous dit qu’il
existe fε ∈ A tel que kf − fε k∞ ≤ ε :
Z Z Z
f d(ν1 − ν2 ) = (f − fε )d(ν1 − ν2 ) + fε d(ν1 − ν2 ),
| {z } | {z }
O(ε) =0 car νb1 = νb2
Z Z Z
où gd(ν1 −ν2 ) := gdν1 − gdν2 . Comme ε est arbitrairement petit, le tour est joué.
54
4.1. Coefficients de Fourier
Si ν est une mesure signée finie sur [−π, π] telle que νb ∈ `1C (Z) alors ν admet une
densité f = dudν
∈ L1 ([−π, π], du) continue donnée pour presque tout u ∈ [−π, π] par
la série absolument convergente suivante (appelée formule d’inversion) :
1 X −iuh
f (u) = e νb(h).
2π
h∈Z
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Note : exemple de non sommabilité : si ν = δ0 alors νb = 1 6∈ `1 (Z).
Démonstration. Comme νb ∈ `1C (Z), la série définissant f (u) est absolument convergente,
uniformément bornée par kν̂k1 , et f ∈ L1 ([−π, π], du). La fonction f définit une mesure
signée f (u)du finie sur [−π, π]. Notons que f est réelle car νb est hermitienne :
∀h ∈ Z, νb(h) = νb(−h).
De plus la mesure ν est paire si et seulement si sa densité f est paire, et alors la transformée
de Fourier νb = fb est paire et réelle. Enfin, le théorème de Fubini–Tonelli donne
Z π Z π
1 1 X
e e eiu(h−k) du = νb(h).
X
iuh −iuk
∀h ∈ Z, f (h) =
b νb(k)du = νb(k)
2π −π 2π −π
k∈Z k∈Z | {z }
2π1h=k
Donc fb = νb, et donc f (u)du = dν(u) par le théorème 4.3 d’injectivité. La somme de la série
définissant f est la limite uniforme de fonctions continues sur [−π, π] (série de fonctions
normalement convergente), c’est donc une fonction continue sur [−π, π]. Enfin, la fonction
f est ≥ 0 presque partout en tant que densité, et donc partout par continuité.
Si (νn )n≥1 est une suite de mesures de probabilité sur [−π, π] telles que
∀h ∈ Z, lim νc
n (h) = ϕ(h) ∈ C,
n→∞
ϕ = νb,
55
4. Analyse spectrale (x2)
convergence étroite (qui est métrisable). Ainsi, (νn )n≥1 converge étroitement ssi elle admet
une unique valeur d’adhérence pour la convergence étroite (qui est nécessairement une
mesure de probabilité portée par [−π, π]). Or cette unicité découle de l’hypothèse faite sur
les transformées de Fourier grâce au théorème 4.3 d’injectivité : les limites des sous-suites
de (νn )n≥1 qui convergent étroitement ont toutes la même transformée de Fourier ϕ.
2. (γ(h))h∈Z sont les coefficient de Fourier d’une mesure positive finie ν sur
[−π, π]. En particulier ν est paire et γ(0) = ν([−π, π]) car
Z
∀h ∈ Z, γ(h) = eihu ν(du) ∈ R.
[−π,π]
Lorsque ces propriétés ont lieu, la mesure ν est unique, et est appelée mesure
spectrale (sa densité f = dν/du, si elle existe, est appelée densité spectrale).
Lorsque ces propriétés ont lieu, et si de plus γ ∈ `1 (Z), alors la densité spectrale
f = dν/du existe et est donnée par la série (uniformément convergente en u)
1 X
∀u ∈ [−π, π], f (u) = γ(h)e−ihu ,
2π
h∈Z
56
4.3. Mesure spectrale d’un processus stationnaire
équivalent à dire que νb est symétrique. Or comme la fonction γ est par définition réelle et
νb = γ, on en déduit que γ est symétrique (ce qui implique que ν est paire). Pour établir
que γ est de type positif, on observe que pour tous n ≥ 1 et v ∈ Rn ,
n X n n X
Z πX n n
Z π X
2
vj eiju vk e−iku ν(du) = vj eiju ν(du) ≥ 0.
X
vj vk γ(j − k) =
j=1 k=1 −π j=1 k=1 −π j=1
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| {z } | {z }
≥0 =0
Recherchons la mesure positive finie ν. On ne peut pas utiliser le théorème 4.4 car la
condition γ ∈ `1C (Z) n’est pas forcément vérifiée. On peut malgré tout s’inspirer du théorème
4.4 : pour tout n ≥ 1 et u ∈ [−π, π], soit,
n n
1 X −iju 1 X iku 1 1 −i(j−k)u
e e γ(j − k) = e
X
fn (u) = γ(j − k).
2π n 2π n
j=1 k=1 1≤j,k≤n
Comme γ est de type positif, on a fn (u) ≥ 0 (prendre vj = e−iju ). Comme la quantité sous
le signe somme ne dépend que de ` = j − k, on a (dessin !)
card{(j, k) : j − k = `} −i`u
n−1 n−1
1 1 n − |`| −i`u
e e
X X
fn (u) = γ(`) = γ(`).
2π n 2π n
`=−n+1 `=−n+1
Z π
νc
n (h) = eihu fn (u)du
−π
n−1 Z π
1 |`|
eihu e−i`u du
X
= 1− γ(`)
2π n
`=−n+1 | −π {z }
=2π1h=`
|h|
= 1− γ(h).
n
En posant νc n (h) = 0 si |h| > n, on a limn→∞ ν n = γ ponctuellement sur Z. Notons que
c
νn ([−π, π]) = νcn (0) = γ(0). Si γ(0) = 0 alors γ = 0 et on peut prendre ν = 0. Si γ(0) > 0,
alors on se ramène par dilatation au cas où γ(0) = 1 et on obtient par le théorème 4.5 de
Paul Lévy qu’il existe une mesure de probabilité ν telle que γ = νb et νn → ν étroitement.
L’unicité de ν découle du théorème 4.3, et la densité du théorème 4.4.
57
4. Analyse spectrale (x2)
2π
h∈Z
Note : comme f est paire on peut remplacer e−ihu par eihu dans la formule.
L ([−π, π]) car γ ∈ ` (Z) et f est donc la densité d’une mesure positive finie sur [−π, π].
1 1
Donc par le théorème 4.6 de Herglotz, γ est symmétrique de type positif, et par le théorème
1.18, γ est l’autocovariance d’un processus stationnaire de densité spectrale f .
σ 2 −iθh
Z
γX (h) = σ cos(θh) =
2
(e +e )=
iθh
eiuh µ(du)
2 [−π,π]
58
4.3. Mesure spectrale d’un processus stationnaire
Le théorème suivant montre en particulier que le filtrage a pour effet de modifier les
poids affectés aux différentes fréquences, ce qui explique son nom.
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X
Pα (z) = αj z j .
j∈Z
Note : comme les densités spectrales sont paires on peut remplacer e−iu par eiu .
Note : comme α est réel on a |Pα (eiu )| = |Pα (eiu )| = |Pα (eiu )| = |Pα (e−iu )|.
Note : Pα est un polynôme ssi le support {k ∈ Z : αk 6= 0} est une partie finie de N.
Démonstration. Par le théorème 2.2, γFα X (h) = j∈Z k∈Z αj αk γX (h + k − j), d’où
P P
Z
eiu(h+k−j) νX (du)
XX
γFα X (h) = αj αk
j∈Z k∈Z [−π,π]
Z
αj αk eiu(h+k−j) νX (du)
XX
=
[−π,π] k∈Z j∈Z
2
Z
e αj e
X
iuh −iuj
= νX (du) .
[−π,π] j∈Z
| {z }
Pα (e−iu )
| {z }
νFα X (du)
Note : si on avait utilisé h + j − k (et pas h + k − j) alors on aurait eu eiu (et pas e−iu ).
Note : si γ, α ∈ `1 (Z) alors h 7→ j,k∈Z αj αk γ(h + j − k) ∈ `1 (Z) car
P
X X
∀h ∈ Z, αj αk γ(h + j − k) = αj (α ∗ γ)h+j = (α−· ∗ α ∗ γ )(h).
| {z }
j,k∈Z j∈Z
∈`1 (Z)
Si Z = (Zt )t∈Z est un BB 0, σ 2 alors γZ (h) = σ 2 1h=0 et donc Z admet pour densité
59
4. Analyse spectrale (x2)
σ2
u ∈ [−π, π] 7→ fZ (u) = .
2π
En voyant chaque fréquence entre −π et π comme une couleur, on a un poids uniforme
sur toutes les couleurs, ce qui explique le terme bruit blanc. Si α = (αk )k∈Z ∈ `1 (Z)
alors d’après le théorème 4.12 le processus linéaire Fα Z a pour densité spectrale
σ2 2
u ∈ [−π, π] 7→ Pα (e−iu ) .
2π
Par conséquent, si la mesure spectrale n’admet pas de densité (présence d’une partie
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étrangère à la mesure de Lebesgue, comme des masses de Dirac par exemple), alors il
ne peut pas s’agir d’un processus linéaire, obtenu en filtrant un bruit blanc. D’un autre
côté, en combinant les théorèmes 1.18 et 4.6 on obtient que toute mesure positive
finie est la mesure spectrale d’un processus gaussien fortement stationnaire.
Cette quantité est plus facile a manier que l’autocovariance pour les ARMA. Autrement
dit, la densité spectrale d’un ARMA est proportionnelle au carré du module de
sa fraction rationnelle sur le cercle unité. En particulier, un MA(1) d’équation
Xt = Zt + θZt−1 a pour densité spectrale
σ2 σ2
(1 + 2θ cos(u) + θ2 ),
2
u ∈ [−π, π] 7→ 1 + θe−iu =
2π 2π
tandis qu’un AR(1) d’équation Xt − ϕXt−1 = Zt a pour densité spectrale
σ2 1 σ2 1
u ∈ [−π, π] 7→ = .
2π |1 − ϕe−iu |2 2π 1 − 2ϕ cos(u) + ϕ2
60
4.3. Mesure spectrale d’un processus stationnaire
rationnelle sur le cercle unité. L’idée est donc de construire une fraction rationnelle
dont le module coïncide avec celle du processus d’origine sur le cercle unité, et dont les
racines du numérateur et du dénominateur (pôles) sont de module > 1.
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et
|b1 | ≤ · · · ≤ |bs | < 1 < |bs+1 | ≤ · · · ≤ |bq |
où 0 ≤ r ≤ p et 0 ≤ s ≤ q, de sorte que pour tout z ∈ C,
p q
et Θ(z) =
Y Y
Φ(z) = (1 − a−1
j z) (1 − b−1
j z).
j=1 j=1
j z) et
Y Y Y Y
Φ∗ (z) = (1 − aj z) (1 − a−1 Θ∗ (z) = (1 − bj z) (1 − b−1
j z).
j=1 j=r+1 j=1 j=s+1
Qr 2
j=1 |aj |
σ∗2 2
= σ Qs 2.
j=1 |bj |
61
4. Analyse spectrale (x2)
où on a utilisé, pour tout z ∈ C tel que |z| = 1 (notons que z −1 = z dans ce cas !),
pour déplacer les racines de l’intérieur vers l’extérieur du disque unité, sans perturber
la valeur du module ! À présent, comme les racines de Φ∗ et Θ∗ sont de module > 1, le
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Xt − 2Xt−1 = Zt + 3Zt−1 .
1 1
X∗t − X∗(t−1) = Zt + Zt−1
2 3
est causal et inversible et de même densité spectrale que X (donc même autocov.).
8→9
4.4 Compléments
Il existe un analogue complexe du théorème de Herglotz, dans lequel les suites γ
hermitiennes de type positif sont les transformées de Fourier de mesures positives finies
(plus forcément paires).
Si une mesure signée finie ν sur [−π, π] est paire a , alors νb est paire et réelle :
∀h ∈ Z, νb(h) = νb(−h) ∈ R. De même, si f ∈ L1 ([−π, π], du) est paire b alors fb est
réelle et paire : ∀h ∈ Z, fb(h) = fb(−h) ∈ R.
a. C.-à-d. que [−π,π] g(u)ν(du) = [−π,π] g(−u)ν(du), ∀g : [−π, π] → R mesurable bornée.
R R
62
4.4. Compléments
Soit f ∈ L2 ([−π, π], du) ⊂ L1 ([−π, π], du). Alors on a fb(h) = hϕ−h , f i. Pour tous
h, h0 ∈ Z, ϕ−h = ϕh et
Z π Z π
eit(h−h ) du = 2π1h=h0 .
0
hϕh , ϕh0 i = ϕh (u)ϕh0 (u)du =
−π −π
En posant ψh = √12π ϕh , ceci montre que la famille (ψh )h∈Z est orthonormée dans
L2C ([−π, π], du). De plus, cette famille est dense dans L2C ([−π, π], du) (ceci découle
par exemple du théorème de Stone-Weierstrass, cf. preuve du théorème 4.3 plus loin).
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Cette famille constitue donc une base hilbertienne, et l’identité de Parseval donne
X 1 X
f= hψh , f iψh = ϕ−h fb(h).
2π
h∈Z h∈Z
La série converge dans L2C ([−π, π], du), et ponctuellement absolument si fb ∈ `1C (Z).
R la transformée de Fourier
Pour une mesure finie ν sur Rd , on considère en général
à paramètre h ∈ Rd , définie par h ∈ Rd 7→ νb(h) = ϕh dν. Le théorème de Herglotz
possède un analogue pour les fonctions R → C dû à Bochner. Lorsque ν est définie
sur l’ensemble compact [−π, π]d , on peut se restreindre à un paramètre h ∈ Zd , ce qui
donne la notion de coefficient de Fourier, et de série de Fourier. Dans ce cas,
le théorème 4.3 d’injectivité peut être obtenu en régularisant par convolution avec
une mesure gaussienne, point fixe de la transformée de Fourier, ce qui produit de la
densité, puis en inversant la transformée de Fourier.
1 X −iuh b
f (u) = e f (h).
2π
h∈Z
63
4. Analyse spectrale (x2)
[−π, π]. Par ailleurs, C([−π, π]) est dense, pour k·k1 , dans L1 ([−π, π], du). Or k·k1 ≤ k·k∞ ,
et donc T est dense, pour k·k1 , dans L1 ([−π, π], du). Ainsi, pour tout f ∈ L1 ([−π, π], du)
et tout ε > 0, il existe P = Pf,ε ∈ T tel que kf − P k1 ≤ ε. Or pour tout h ∈ Z avec
|h| > deg(P ), on a eiuh , P = 0 et donc
Z π
fb(h) = eitu(f (u) − P (u))du ≤ kf − P k1 ≤ ε.
−π
est une fonction intégrable sur [−π, π], et f\ 1 ∗ f2 = f1 f2 . En effet, grâce au théorème
bb
de Fubini–Tonelli () et par périodicité (), pour tout h ∈ Z,
Z π Z π
f\
1 ∗ f2 (h) = e iuh
f1 (v)f2 (u − v)dvdu
−π −π
Z π Z π
e f1 (v) ei(u−v)h f2 (u − v)dudv
ivh
=
−π −π
Z π Z π
eivh f1 (v) eiwh f2 (w)dwdv
=
−π −π
= fb1 (h)fb2 (h).
64
4.4. Compléments
h∈Z
2. L’image du disque unité ouvert {z ∈ C : |z| < 1} par g(z) = ∞ n=0 γ(n)z est
n
P
incluse dans le demi-plan droit fermé {z ∈ C : Re(z) ≥ 0}.
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Démonstration. Comme γ est hermitienne, on a γ(0) ∈ R. D’autre part g est bien définie
sur le disque unité fermé car γ ∈ `1C (Z). On pose, pour tout u ∈ [−π, π],
∞
e−iuh γ(h) = γ(0) + eiuh γ(h) + e−iuh γ(h) = 2Re(g(e−iu )) − γ(0).
X X
2πf (u) =
h∈Z h=1
Supposons que γ est de type positif. Pour n = 1 on obtient γ(0) ≥ 0. D’autre part, d’après
le théorème 4.6, γ est la transformée de Fourier d’une mesure positive finie sur [−π, π],
qui admet f pour densité car γ ∈ `1C (Z). Donc f ≥ 0 p.p. et donc partout par continuité.
Il en découle que Reg(z) ≥ 0 pour tout z ∈ Z tel que |z| = 1. Comme g est holomorphe,
sa partie réelle est harmonique, et comme g(0) = γ(0) ≥ 0, il en découle que Reg(z) ≥ 0
pour tout z ∈ C tel que |z| ≤ 1.
Réciproquement, supposons que Reg(z) ≥ 0 pour tout z ∈ Z tel que |z| < 1. En prenant
z = 0 on obtient Re(γ(0)) ≥ 0. Comme γ est hermitienne, γ(0) est réel, et donc γ(0) ≥ 0.
Par ailleurs, par continuité, Reg(z) ≥ 0 pour tout z ∈ C tel que |z| = 1. Il en découle que
f ≥ 0. En passant en transformée de Fourier inverse (possible car γ ∈ `1C (Z)), on obtient
que γ est la transformée de Fourier d’une mesure positive finie, et donc γ est de type positif
grâce au théorème 4.6.
65
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Chapitre 5
Prédiction linéaire (x3)
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Mots-clés : prédiction ; équations de Yule-Walker ; matrices de Toeplitz ; décomposi-
tion de Cholesky ; algorithme de Levinson-Durbin ; algorithme de Gram-Schmidt (ou des
innovations).
le sous-espace vectoriel de L2 engendré par Xt−1 , . . . , Xt−p , avec pour convention Ht−1,0 =
{0} si p = 0. Ce sous-espace, de dimension au plus p, représente le passé de profondeur p
de Xt . Le carré de la distance dans L2 de Xt à Ht−1,p est donné par
L’infimum est atteint en un unique Y ∈ Ht−1,p , noté proj(Xt , Ht−1,p ), projection orthogo-
nale dans L2 de Xt sur Ht−1,p . On dit qu’il s’agit du prédicteur progressif ou direct de
Xt par une combinaison linéaire de Xt−1 , . . . , Xt−p . Il est optimal au sens des moindres
carrés. Comme proj(Xt , Ht−1,p ) ∈ Ht−1,p , il existe ϕp = (ϕp,1 , . . . , ϕp,p )> ∈ Rp tel que
p
proj(Xt , Ht−1,p ) =
X
ϕp,k Xt−k .
k=1
Le vecteur des coefficients ϕp est unique ssi les vecteurs Xt−1 , . . . , Xt−p sont linéairement
indépendants dans L2 , c’est-à-dire que dim(Ht−1,p ) = p. C’est le cas ssi la matrice de
67
5. Prédiction linéaire (x3)
p 2
= arg infp Xt −
X
ϕk Xt−k
ϕ∈R 2
k=1
p
= arg infp
X
ϕj ϕk γX (j − k)
ϕ∈R
j,k=0
Xt
6
+
Et,p
- -Ht−1,p
proj(Xt , Ht−1,p )
Figure 5.1 – Prédiction progressive et erreur progressive.
Xt = ϕ1 Xt−1 + · · · + ϕm Xt−m + Zt ,
Xt − k=1 ϕk Xt−k ⊥ Ht−1,p pour tout p ≥ 1. De plus k=1 ϕk Xt−k ∈ Ht−1,p pour
68
5.2. Équations de Yule-Walker
ϕk si 1 ≤ k ≤ m
(
ϕp,k =
0 si m < k ≤ p.
Ainsi, pour notre processus AR(m) causal, les coefficients de prédiction linéaires de
profondeur p coïncident avec les coefficients de l’équation d’autorégression, dès que
p ≥ m. Ceci explique la notation ϕ utilisée pour les coefficients de prédiction. Nous
allons voir plus loin le cas des processus MA(q) et un algorithme lié à la notation θ.
a. Caractérisation du projeté orthogonal : v = proj(u, H) ssi v ∈ H et u − v ⊥ H.
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5.2 Équations de Yule-Walker
u
6
dist(u, vect{v})
- -vect{v}
proj(u, vect{v}) = hu, vnorm ivnorm
Figure 5.2 – Intuition géométrique : projection du vecteur u sur le sous-espace vect{v} =
vect{vnorm } de dimension 1. Ici vnorm = kvk
v
de sorte que v = kvkvnorm et kvnorm k = 1. Le
théorème de Pythagore s’écrit ici : kuk = kdist(u, vect{v})k2 + kproj(u, vect{v})k2 .
2
ce qui donne
Xt−1 1 1 γ(1)
ϕ1,1 = Xt , = hXt , Xt−1 i 2 = γ(0) .
kXt−1 k2 kXt−1 k2 kXt−1 k2
Plus généralement, le vecteur ϕp = (ϕp,k )> 1≤k≤p vérifie les équations de Yule 1 -Walker 2 :
Γp ϕp = γp
69
5. Prédiction linéaire (x3)
γ(2)
.. ..
. .
γ(1) γ(0) γ(1)
γ(p − 1) ... ... γ(2) γ(1) γ(0)
70
5.2. Équations de Yule-Walker
La suite (σp2 )p≥1 décroît et est minorée par 0, donc elle converge vers une limite ≥ 0 :
2
σ∞ := lim σp2 = inf σp2 ≥ 0.
p→∞ p≥1
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Définition 5.4 : Processus réguliers et déterministes
Note : la quantité σ∞
2 est égale à la quantité σ 2 du lemme 1.21.
Soit A une matrice n × n symétrique réelle et de type positif. Alors A est inversible si
et seulement si u> Au 6= 0 (c’est-à-dire > 0) pour tout u ∈ Rn tel que u 6= 0.
Notons que pour toute matrice A carrée réelle, les propriétés suivantes sont équivalentes :
— A est symétrique réelle de type positif
— A est diagonalisable en base orthonormée et ses valeurs propres sont ≥ 0
— A est la matrice de covariance d’un vecteur aléatoire.
Maintenant, si A est inversible alors λk > 0 pour tout 1 ≤ k ≤ n et donc pour tout u ∈ Rn
avec u 6= 0, en choisissant 1 ≤ k ≤ n tel que hu, vk i 6= 0, il vient u> Au ≥ λk hu, vk i2 > 0.
71
5. Prédiction linéaire (x3)
wp> γ(0)
donne (u1 , . . . , up )> Γp (u1 , . . . , up ) = 0 ce qui est impossible car Γp est inversible. Supposons
9→10 à présent que up+1 6= 0. En notant Xp+1 = (X1 , . . . , Xp+1 )> , il vient
Donc hu, Xp+1 i = 0 p.s. d’où, p.s. (la division par up+1 est licite car up+1 6= 0)
p
X uk
Xp+1 = − Xk .
up+1
k=1
Par stationnarité, le même procédé avec (Xh+1 , . . . , Xh+p+1 ) donne, p.s. pour tout h ∈ Z,
p
X uk
Xh+p+1 =− Xh+k .
up+1
k=1
p
vh,k Xk = hvh , Xp i.
X
Xh =
k=1
À présent, en notant λmin (Γp ) la plus petite valeur propre de Γp , on a d’une part
Comme Γp est inversible on a λmin (Γp ) > 0 et donc suph,k |vh,k | < ∞. D’autre part
p p
γ(0) = Cov Xh ,
X X
vh,k Xk = vh,k γ(k − h)
k=1 k=1
et donc
p p
X
|vh,k ||γ(k − h)| ≤ sup |vh,k |
X
γ(0) ≤ |γ(k − h)|.
k=1 h,k k=1
Comme limh→∞ γ(h) = 0, on obtient γ(0) ≤ 0, ce qui est impossible car γ(0) > 0.
72
5.3. Algorithme de Cholesky
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≥ 0, facile à calculer, telle que A = LL> . Si A est inversible, alors L est inversible, unique,
et ses termes diagonaux sont > 0. Une fois L calculée, on résout l’équation Ax = b en x en
résolvant l’équation triangulaire Ly = b en y, puis l’équation triangulaire L> z = y en z.
Sans perte de généralité, on peut utiliser une décomposition de la forme,
A = LDL>
A = LDL>
73
5. Prédiction linéaire (x3)
que la diagonalisation en base orthonormée. Elle permet de résoudre plus efficacement des
systèmes d’équations linéaires mais aussi de simuler efficacement des vecteurs gaussiens.
Démonstration. Supposons qu’il existe L et D comme indiqué telles que A = LDL> . La
définition du produit matriciel et la structure de L et D donnent, pour tout 1 ≤ k ≤ p,
p
X k−1
X
Ak,k = Lk,r Dr,r L>
r,k = L2k,r Dr,r + Dk,k ,
r=1 r=1
r=1 r=1
La matrice L est inversible car triangulaire inférieure à diagonale > 0 (en fait = 1).
La complexité de l’algorithme de Cholesky est O(p3 ). Bareiss 4 a montré vers 1969 qu’il
est possible de faire chuter la complexité à O(p2 ) en tenant compte de la structure Toeplitz
de A = Γp+1 (provient de la stationnarité).
Il se trouve que la décomposition de Cholesky Lp+1 Dp+1 L> p+1 de Γp+1 possède une
expression remarquable en fonction des variances de prédiction et des coefficients de
prédiction, comme le montre le théorème suivant. Cette expression remarquable provient
de la stationnarité, et reste valable pour toute matrice de covariance Toeplitz.
Pour tout p ≥ 0 on a
Γp+1 = Lp+1 Dp+1 L>
p+1 ,
où
Dp+1 = diag(σ02 , . . . , σp2 ) et Lp+1 = Φ−1
p+1
De plus Γp+1 est inversible si et seulement si Dp+1 est inversible, ce qui se produit si
4. Cet algorithme est aussi une version d’un algorithme de Schur, datant de 1917, qui constitue à son
tour une preuve algorithmique des théorèmes 4.23 de Carathéodory-Toeplitz et 4.6 de Herglotz, cf. [Am].
74
5.3. Algorithme de Cholesky
Γ−1 > −1
p+1 = Φp+1 Dp+1 Φp+1 où −1
Dp+1 = diag(σ0−2 , . . . , σp−2 ).
Démonstration. La matrice Φp+1 est inversible car triangulaire à diagonale 6= 0 (car = 1).
La matrice Lp+1 hérite de Φp+1 le caractère triangulaire inférieur à diagonale = 1. Par
convention σ02 = γ(0), et on a Γ1 = γ(0) = σ02 = D1 . La matrice Γp+1 est inversible ssi Dp+1
est inversible, c’est-à-dire ssi min{(Dp+1 )k,k : 1 ≤ k ≤ p + 1} = min{σ02 , . . . , σp2 } = σp2 > 0.
Établissons à présent que Φp+1 Γp+1 Φ> p+1 = Dp+1 . Comme Φp+1 est déterministe, on a,
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par définition de Γp+1 , en posant Xp+1 = (X1 , . . . , Xp+1 )> ,
Φp+1 Γp+1 Φ> p+1 = Φ p+1 E X p+1 X >
p+1 Φ >
p+1 = E Φ p+1 X p+1 (Φp+1 X p+1 ) >
.
Calculons à présent Φp+1 Xp+1 . On a
X1
X2
Φp+1 Xp+1 = Φp+1 ..
.
Xp+1
X1
X2 − ϕ1,1 X1
= ..
.
Pp
Xp+1 − k=1 ϕp,k Xp+1−k )
X1 − proj(X1 , H0,0 )
X2 − proj(X2 , H1,1 )
= ..
.
Xp+1 − proj(Xp+1 , Hp,p )
V1
V2
=: .
.
.
Vp+1
car par définition des coefficients de prédiction ϕ1 , . . . , ϕp ,
k k
Xk+1 − proj(Xk+1 , Hk,k ) = Xk+1 −
X X
ϕk,j Xk+1−j = Xk+1 − ϕk,k+1−j Xj
|{z} j=1 j=1
Hk+1−1,k
(par convention H0,0 = {0} ce qui donne proj(X1 , H0,0 ) = 0). À présent, si j < k alors
Vj = Xj − proj(Xj , Hj−1,j−1 ) ∈ Hk−1,k−1 ⊥ Xk − proj(Xk , Hk−1,k−1 ) = Vk ,
et donc V1 , . . . , Vp+1 sont orthogonaux dans L2 . De plus, comme on a (prendre t = k)
2
σk−1 = kXt − proj(Xt , Ht−1,k−1 )k22 = kXk − proj(Xk , Hk−1,k−1 )k22 = kVk k22 ,
il vient
E Φp+1 Xp+1 (Φp+1 Xp+1 )> = E((hVj , Vk i)1≤j,k≤p+1 ) = diag(σ02 , . . . , σp2 ) = Dp+1 .
75
5. Prédiction linéaire (x3)
Lorsque X est un processus AR(1) causal solution de Xt = ϕXt−1>+ Zt avec |ϕ| < 1
et Z ∼ BB 0, σ 2 , alors Pd’après la remarque 5.1, ϕp = (ϕ, 0, . . . , 0) pour tout p ≥ 1,
et comme γ(h) = σ 2 ∞ j
j=0 ϕ ϕ
j+h = σ 2 ϕh /(1 − ϕ2 ) pour tout h ≥ 0, on obtient
σ02 = σ 2 /(1 − ϕ2 ) et σp2 = γ(0) − ϕ>p γp = γ(0) − ϕγ(1) = σ pour tout p ≥ 1, d’où
2
1 0 ···
0 ···
....
.
.
−ϕ 1
σ2 .. .. .. .
Dp = diag 2
,σ ,...,σ 2
et Φp = 0 . ..
1 − ϕ2
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.. ..
. . 0
0 0 · · · 0 −ϕ 1
ϕp = Γ−1 T −1 >
p γp = Φp Dp Φp γp = (ϕ, 0, . . . , 0) .
10→11
où
+
Et,p = Xt − proj(Xt , Ht−1,p )
est l’erreur de prédiction progressive (ou directe). L’algorithme de Levinson-Durbin exploite
une symétrie par retournement du temps. Pour tous t ∈ Z et p ≥ 0,
−
Et,p = Xt − proj(Xt , Ht+p,p )
est appelée erreur de prédiction rétrograde car Xt est prédit par sa projection sur le
futur Ht+p,p = vect{Xt+1 , . . . , Xt+p } et non pas sur le passé Ht−1,p comme dans l’erreur
de prédiction progressive Et,p +
= Xt − proj(Xt , Ht−1,p ). Si p = 0 alors proj(Xt , Ht,0 ) =
proj(Xt , {0}) = 0 et Et,p = Xt .
−
Si Γp est inversible pour tout p ≥ 1, alors les suites (ϕp )p≥1 et (σp2 )p≥1 sont calculables
76
5.4. Algorithme de Levinson-Durbin
avec les valeurs initiales κ1 = γ(1)/γ(0), ϕ1,1 = κ1 , σ12 = σ02 (1 − κ21 ) (et σ02 = γ(0)).
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Note : ne surtout pas apprendre ces formules par cœur !
Note : pour p = 0 la meilleure prédiction de Xt est 0 = E(Xt ) tandis que la variance
de l’erreur de prédiction est σ02 = E((Xt − 0)2 ) = γ(0).
Démonstration. Formules pour ϕ. Considérons la décomposition orthogonale « rétrograde
» suivante (penser à la suite Xt , Xt−1 , . . . , Xt−p , Xt−(p+1) )
⊥
Ht−1,p+1 = Ht−1,p ⊕ vect{Xt−(p+1) − proj(Xt−(p+1) , Ht−1,p )}.
| {z }
−
Et−(p+1),p
où 6 κp+1 := Xt , Et−(p+1),p ,
ou encore, grâce à la définition de Et−(p+1),p ,
− − 2 −
/ Et−(p+1),p 2
Par stationnarité, les équations de Yule-Walker (théorème 5.2) sont réversibles, et donc les
coefficients de prédiction progressifs et rétrogrades coïncident (propriété ?) :
p p
proj(Xt−(p+1) , Ht−1,p ) =
?
X X
ϕp,k Xt−(p+1)+k = ϕp,p−(k−1) Xt−k .
k=1 k=1
77
5. Prédiction linéaire (x3)
Comme Γp est inversible, les coefficients sont uniques. En identifiant les coefficients ci-dessus
avec proj(Xt , Ht−1,p+1 ) = p+1
k=1 ϕp+1,k Xt−k il vient ϕp+1,p+1 = κp+1 et
P
−
Xt , Et−(p+1),p = Xt , Xt−(p+1) − proj(Xt−(p+1) , Ht−1,p )
p
X
= γ(p + 1)− Xt , ϕp,k Xt−(p+1)+k
k=1
p
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X
= γ(p + 1) − ϕp,k γ(p − (k − 1)),
k=1
+ −
= Et,p − κp+1 Et−(p+1),p
+
Et,p −
, Et−(p+1),p = Xt − proj(Xt , Ht−1,p ), Et−(p+1),p
−
−
= Xt , Et−(p+1),p
− 2
= κp+1 Et−(p+1),p 2
= κp+1 σp2 ,
où la dernière égalité provient d’un calcul déjà effectué plus haut, d’où enfin
2
σp+1 = σp2 (1 − κ2p+1 ).
78
5.5. Algorithme de Gram-Schmidt (ou des innovations)
avec la convention naturelle H0 := {0}. Les vecteurs (Xk − proj(Xk , Hk−1 ))k≥1 sont deux
à deux orthogonaux dans L2 car pour tous 1 ≤ j < k ≤ n on a
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Xj − proj(Xj , Hj−1 ) ∈ Hj ⊂ Hk−1 ⊥ Xk − proj(Xk , Hk−1 ).
k=1
Soit (Xn )n≥1 un processus du second ordre de moyenne nulle, pas forcément sta-
tionnaire. Soit γ(j, k) = Cov(Xj , Xk ) = E(Xj Xk ) = hXj , Xk i. Si la matrice
(γ(j, k))1≤j,k≤n
est inversible pour tout n ≥ 1, alors les suites (σn2 )n≥0 et (θn )n≥1 sont calculables par
79
5. Prédiction linéaire (x3)
qui est bien la formule annoncée pour σn2 . La matrice covariance (γ(j, k))1≤j,k≤n+1 du
vecteur aléatoire (X1 , . . . , Xn+1 ) est la matrice de Gram des vecteurs X1 , . . . , Xn+1 dans
L2 . Elle est inversible ssi ces vecteurs sont linéairement indépendants, ce qui signifie que le
parallélépipède engendré par X1 , . . . , Xn+1 est de dimension pleine n + 1, ce qui signifie
que ses hauteurs σ0 , σ1 , . . . , σn sont > 0. On peut donc diviser par σk2 dans les formules
sans souci. Établissons à présent la formule pour θn,n−k . À nouveau grâce à la même
orthogonalité, on obtient, pour tout 0 ≤ k < n,
80
5.6. Compléments
Dans cette formule, on peut remplacer les projections par l’expression suivante
k
proj(Xk+1 , Hk ) = θk,j (Xk+1−j − proj(Xk+1−j , Hk−j )
X
j=1
k−1
θk,k−j (Xj+1 − proj(Xj+1 , Hj ))
X
=
j=0
ce qui donne
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σk2
Pk−1
γ(n + 1, k + 1) − j=0 θk,k−j θn,n−j σj2
= .
σk2
θσ 2 θ2 σ4
θn,k = 2 1k=1 et σn2 = σ 2 (1 + θ2 ) − 2 1n>0 .
σn−1 σn−1
k=1
θ(Xn − proj(Xn , Hn−1 ))
= .
vn−1
5.6 Compléments
81
5. Prédiction linéaire (x3)
Pour tous p ≥ 0 et t ∈ Z,
+ −
Cov Et,p+ −
Et,p , Et−(p+1),p , Et−(p+1),p
κp+1 (= ϕp+1,p+1 ) = + − =q .
Var(Et,p ) Var(Et−(p+1),p
q
Et,p 2
Et−(p+1),p 2
+ −
)
Note : Et,p
+
et Et−(p+1),p
−
sont relatives à des projection sur le même espace Ht−1,p .
Cov(Xt ,Xt−1 )
Note : κ1 = = ρ(1) (fonction d’autocorrélation du processus).
Var(Xt ) Var(Xt−1 )
p p
Démonstration. La définition de κp+1 donnée dans la preuve du théorème 5.9, le fait que
+
Xt = Et,p + proj(Xt , Ht−1,p ), et proj(Xt , Ht−1,p ) ∈ Ht−1,p ⊥ Et−(p+1),p
−
, donnent
− + −
Xt , Et−(p+1),p Et,p , Et−(p+1),p
κp+1 = 2 = 2 .
− −
Et−(p+1),p 2
Et−(p+1),p 2
82
Chapitre 6
Estimation (x1)
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Mots-clés : Estimation ; moyenne empirique ; autocovariance empirique.
Autrement dit l’écart quadratique moyen est la somme de la variance (erreur statistique)
et du carré du biais (erreur systématique). La moyenne empirique X n est un estimateur
sans biais de θ = µ car grâce à la propriété de stationnarité on a E(X1 ) = · · · = E(Xn ) = µ,
ce qui donne, grâce à la linéarité de l’espérance,
n n
!
1X 1X
E(X n ) = E Xk = E(Xk ) = µ.
n n
k=1 k=1
83
6. Estimation (x1)
p.s.
1. Consistance forte : X n −→ µ ;
n→∞
√
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σ σ2
Xn − µ 2
=√ c’est-à-dire E((X n − µ)2 ) = Var(X n ) = ;
n n
Démonstration.
1. Il s’agit de la loi forte des grands nombres. Elle reste vraie quand X est un bruit
blanc fort, mais cela n’est pas évident ;
2. Il s’agit d’une conséquence de la stationnarité et de l’absence de corrélation :
n n
1 X 1 X σ2
Var(X n ) = Cov(Xj , X k ) = Var(Xj ) = .
n2 n2 n
j,k=1 j=1
84
6.1. Estimation de la moyenne
Lorsque σ n’est pas connu, les intervalles de confiance pour µ construits avec l’inégalité
de Tchebychev ou avec la fluctuation asymptotique gaussienne ne sont pas utilisables car
ils font intervenir σ. Si σ
bn est un estimateur de σ tel que σ bn → σ en probabilité quand
1
n → ∞, alors le lemme de Slutsky permet de remplacer σ par σ bn dans le résultat de
fluctuation asymptotique :
√
n loi
X n − µ −→ N (0, 1).
σ
bn n→∞
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Soit X un processus stationnaire de moyenne µ et d’autocovariance γ.
1. Si limh→∞ γ(h) = 0 alors
c’est-à-dire
L2
X n −→ µ;
n→∞
σ 2 X 2
Var(X n ) ∼ αh .
n
h∈Z
85
6. Estimation (x1)
n−1
1
Var(X n ) ≤
X
|γ(h)| −→ 0.
n n→∞
h=−(n−1)
n−1
X |h| X X
nVar(X n ) = 1− γ(h) = gn (h) −→ γ(h)
n n→∞
h=−(n−1) h∈Z h∈Z
où gn (h) := 1 − γ(h)1−n<|h|<n car car pour tout h ∈ Z on a limn→∞ gn (h) = γ(h)
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|h|
n
avec |gn (h)| ≤ |γ(h)| et γ ∈ `1 (Z). De plus le théorème 4.6 de Herglotz donne
1 X −ih0
e
X
γ(h) = 2π γ(h) = 2πf (0).
2π
h∈Z h∈Z
1 X σ2 X X σ2 X σ 2 X 2
f (0) = γh = αk αk+h = αk αk0 = αh
2π 2π 2π 0 2π
h∈Z h∈Z k∈Z k,k ∈Z h∈Z
!2
√ loi
n X n − µ −→ N (0, τ 2 ) où
X X
τ2 = γ(h) = σ 2
αh .
n→∞
h∈Z h∈Z
et surtout
√ X
|h|
n(X n − µ) ∼ N 0, 1− γ(h).
n
|h|<n
Or pour les variables aléatoires gaussiennes centrées, la convergence en loi est équivalente à
la convergence de la variance, ce qui est immédiat en utilisant les fonctions caractéristiques.
Au delà du cas gaussien, on procède également en utilisant les fonctions caractéristiques,
mais il faut contrôler des termes de reste.
86
6.2. Estimation de l’autocovariance
Dans le cas d’un processus stationnaire X = (Xt )t∈Z général, on estime l’autocovariance
γ avec l’autocovariance empirique définie par
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Ceci conduit à l’autocorrélation empirique, définie pour tout h tel que |h| < n par
γ̂n (h)
ρ̂(h) = .
γ̂n (0)
α ∈ `1 (Z), et si E(Zt4 ) < ∞ pour tout t ∈ Z ou si k∈Z |k|αk2 < ∞ alors pour tout
P
h > 0 fixé,
ρ̂(1) ρ(1)
√ . . loi
n .. − .. −→ N (0, T )
n→∞
ρ̂(h) ρ(h)
où la matrice de covariance asymptotique T est donnée par la formule de Bartlett
∞
X
Tj,k = [ρ(r + j) + ρ(r − j) − 2ρ(j)ρ(r)][ρ(r + k) + ρ(r − k) − 2ρ(k)ρ(r)].
r=1
√ loi
n(ρ̂(k) − ρ(k)) −→ N (0, Tk,k ).
n→∞
87
6. Estimation (x1)
appartiennent tous à l’intervalle In,α = [−q1−α/2 , q1−α/2 ] est proche de (1 − α)h , où q1−α/2
est le quantile 1 − α/2 de la loi N (0, 1). Pour α = 0.05 on a q1−0.05/2 = q0.975 = 1.96.
Le test du Portmanteau consiste à considérer une statistique moyennisée
h
X
Sn = n ρb2k .
k=1
Sous l’hypothèse H, la variable Sn converge en loi quand n → ∞ vers une loi χ2 (h). On
peut donc choisir 0 < α < 1 et tester si Sn appartient à l’intervalle ] − ∞, q1−α ] où q1−α
est le quantile 1 − α de la loi χ2 (h).
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88
Annexe A
Rappels d’analyse et probabilités
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A.1 Espaces de suites
On
P dit que (xk )k∈Z ∈ RP est sommable lorsque limn→∞ −n≤k≤n |xk | < ∞. Dans ce
Z
P
cas, k∈Z xk = limm,n→∞ −m≤k≤n xk existe. Pour tout p ∈ [1, ∞] on définit
Ces espaces sont emboités de manière croissante : pour tous p, q ∈ [1, ∞],
p ≤ q ⇒ `p (Z) ⊂ `q (Z).
Une astuce mnémotechnique pour le retrouver rapidement consiste à penser que le terme
général d’une série convergente est borné, de module < 1 pour |k| 1.
L’inégalité de Hölder affirme que pour tous p, q ∈ [1, ∞] avec 1/p + 1/q = 1,
où (xy)k = xk yk pour tout k ∈ Z. Il est parfois commode de définir les espaces `p (Z)
pour les suites à valeurs dans C plutôt que dans R. L’espaceP`2 (Z) possède une structure
d’espace de Hilbert donnée par le produit scalaire hx, yi = k∈Z xk yk . On peut noter si
nécessaire `pC (Z) pour indiquer qu’il s’agit de la version complexe.
89
A. Rappels d’analyse et probabilités
si p < ∞
(
E(|X|p )1/p
kXkp :=
ess sup(|X|) si p = ∞.
kXY kr ≤ kXkp kY kq .
En posant Y = 1 ∈ Lq pour tout q ∈ [1, ∞] on obtient que les espaces sont emboités de
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Notons que `p (Z) = Lp (Z) où Z est muni de la tribu de ses parties et de la mesure de
comptage. D’autre part, tout comme pour les espace `p , il est parfois commode de définir
les espaces Lp pour les fonctions à valeurs dans C plutôt que dans R, et on peut noter si
nécessaire LpC pour indiquer qu’il s’agit de la version complexe.
L’inégalité précédente permet de définir l’application
ϕ(E(X)) ≤ E(ϕ(X)).
pour tous f, g ∈ F , où F est une classe de fonctions assez grande et pour lesquelles toutes les
espérances dans cette formule ont un sens. Par exemple, on peut prendre pour F l’ensemble
des fonctions mesurables bornées, ou l’ensemble des fonctions mesurables positives. On
peut aussi prendre les fonctions trigonométriques (fonctions caractéristiques !).
Si X, Y ∈ L2 alors XY ∈ L1 , grâce à l’inégalité de Cauchy–Schwarz. D’autre part, si
X, Y ∈ L1 sont indépendantes, alors XY ∈ L1 car E|XY | = E|X|E|Y | < ∞.
90
A.3. Covariance
A.3 Covariance
La variance de X ∈ L2 est définie par
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Cov(X, Y ) = hX − E(X), Y − E(Y )i
= E((X − E(X))(Y − E(Y )))
= E(XY ) − E(X)E(Y ).
On a
Géométriquement, pour les vecteurs aléatoires centrés de carré (du module) intégrable,
covariance nulle signifie orthogonalité. Si X1 , . . . , Xn ne sont centrés, de variance unité,
et non corrélées, alors Var(X1 + · · · + Xn ) = kX1 + · · · + Xn k22 = n. Penser au fait que la
√
diagonale [(0, . . . , 0), (1, . . . , 1)] du cube [0, 1]n de Rn a pour longueur n.
2. A est symétrique de type positif sur C : pour tous indices j, k, tout vecteur v ∈ Cn ,
91
A. Rappels d’analyse et probabilités
On a λ ∈ spec(A) ssi
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Ici les réels λ1 , . . . , λn sont les valeurs propres de A, tandis que les colonnes v1 , . . . , vn de
O sont les vecteurs propres orthonormés associés, et pour tout vecteur x ∈ Rn ,
D E n
X
> >
hAx, xi = DO x, O x = λk hx, vk ivk .
k=1
et
max{λ valeur propre de A} = max hAx, xi.
x:kxk2 =1
92
Bibliographie
Université Paris-Dauphine – Master 1 MIDO 2017/2018 – Introduction aux séries temporelles – Page 93/93.
[Ar] Y. Aragon. Séries temporelles avec R (bibliothèque d’étude 519.5 ARA) (disponible sur Internet)
[Am] G. Ammar. Classical foundations of algorithms for solving positive definite Toeplitz equations
CALCOLO (1996), volume 33, issue 1-2, pp 99–113 (disponible sur Internet)
[C] A. Charpentier. Cours de séries temporelles – Théorie et application (disponible sur Internet)
[LL] C. Lévy-Leduc. Introduction à l’étude des séries temporelles (disponible sur Internet)
[OPV] G. Oppenheim, A. Philippe, M.-C. Viano. Cours de séries temporelles (dispo. sur Internet)
[LMR] C. Lévy-Leduc, É. Moulines, F. Roueff. Séries temporelles : théorie et méthodes (dispo. sur Internet)
[BD1] P. Brockwell, R. Davis. Time Series : Theory and Methods (bib. rech. 519.5 BRO)
[BD2] P. Brockwell, R. Davis. Intro. to time series and forecasting (bib. rech. 519.5 BRO)
[CC] J. Cryer, K.-S. Chan. Time Series Analysis – With Applications in R (bib. étu. 519.5 CRY)
[BJ] G. Box, G. Jenkins. Time Series Analysis – Forecasting and Control (bib. rec. 519.5 BRO)
93