Modèles ARMA : Théorie et Méthodologie
Modèles ARMA : Théorie et Méthodologie
SERIES CHRONOLOGIQUES
Quelques éléments du cours1
Année 2004-2005
Corinne Perraudin
Chapitre 1:
Les modèles ARMA stationnaires
Contents
1 Processus aléatoires stationnaires 4
1.1 Variables aléatoires réelles de carré intégrable . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.2 La stationnarité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
3 Représentation de Wold 10
3.1 Présentation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
3.2 Prévision à partir de la représentation de Wold . . . . . . . . . . . . . . . . 12
3.3 Opérateur retard . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
1
5.2 Processus AR . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
5.2.1 Définition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
5.2.2 Représentation stationnaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
5.2.3 Représentation inversible . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
5.2.4 Représentation causale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
5.3 Processus ARMA . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
5.3.1 Définition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
5.3.2 Propriété . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
2
Introduction
Quand on cherche à modéliser une série temporelle, on a généralement recours à la
classe des modèles ARMA, qui permet de rendre compte d’un assez grand nombre de
cas économiques. Dans cette classe de modèle, on distingue :
p
• les modèles AR(p) : Yt = i=1 φi Yt−i + εt
q
• les modèles MA(q) : Yt = εt − i=1 θi εt−i
p q
• les modèles ARMA(p,q) : Yt − i=1 φi Yt−i = εt − i=1 θi εt−i
Depuis les travaux de Box et Jenkins en 1970 dans le cas univarié (Yt correspond à
une seule variable), la méthodologie utilisée pour modéliser une série économique repose
sur l’algorithme de Box et Jenkins, qui consiste à :
L’objectif de ce chapitre est de présenter précisément les modèles ARMA et leur car-
actéristiques, ainsi que la méthodologie adoptée pour spécifier ces modèles, cela dans
le cadre univarié. Nous supposerons que la série étudiée est stationnaire (ou qu’elle a
été rendue stationnaire). Dans le chapitre 2, nous étudierons comment détecter la non
stationnarité et comment transformer la série si elle n’est pas stationnaire.
2
Nous verrons cela dans le chapitre 2.
3
1 Processus aléatoires stationnaires
On utilise le terme de processus aléatoire pour décrire une variable dont le comportement
ne peut pas être exprimé entièrement par une relation déterministe.
Un processus aléatoire est une suite de variables aléatoires indexées dans le temps et
définies sur un espace des états de la nature. Ainsi, pour chaque instant du temps, la
valeur de la quantité étudiée Yt est appelée variable aléatoire et l’ensemble des valeurs
Yt quand t varie est appelé processus aléatoire.
Pour que ceci soit possible, il faut bien entendu imposer certaines conditions sur la loi
de probabilité de Yt .
L’ensemble L2 des v.a.r. de carré intégrable (E(Yt2 ) < +∞) est un espace vectoriel
normé sur R, la norme étant ||Y ||2 =< Y, Y >= [E(Y 2 )] et le produit scalaire est <
X, Y >= E(XY ).
On dit qu’il a une structure d’espace de Hilbert, généralisation en dimension infinie
de l’espace euclidien Rn muni du produit scalaire usuel < X, Y >= i xi yi .
4
produit E(XY ). X et Y sont dites orthogonales si et seulement si E(XY ) = 0
Les calculs des moyennes E(Yt ) = mt , des variances et des covariances ont alors un
sens. La loi d’un processus du 2nd ordre peut donc être partiellement résumée par :
On étudie donc une classe particulière de processus aléatoires appelés processus aléatoires
stationnaires. Ces processus sont caractérisés par le fait que leurs propriétés ne changent
pas au cours du temps.
1.2 La stationnarité
La stationnarité au sens strict
On dit que le processus Yt , t ∈ T est stationnaire au sens strict (ou fortement sta-
tionnaire) si la loi de {Yt1 , . . . , Ytn } est la même que la loi de {Yt1 +τ , . . . , Ytn +τ } pour tout
(t1 , t2 , . . . , tn ) avec ti ∈ T , pour i = 1, . . . , n et pour tout τ ∈ T avec ti+τ ∈ T .
Ainsi, un processus aléatoire est strictement stationnaire si toutes ces caractéristiques,
c’est-à-dire tous ces moments sont invariants pour tout changement de l’origine du temps.
Mais la stationnarité au sens strict est trop restrictive et on assouplit cette condition
en définissant la stationnarité du second ordre.
5
La stationnarité du second ordre
• E(Yt ) = m =Cste ∀t ∈ T
L’exemple le plus connu de processus stationnaire est le processus bruit blanc (noté
BB, ou White noise). Un Bruit Blanc est une suite de v.a.r. εt , t ∈ T telle que :
E(εt ) = 0 ∀t ∈ T
σ2 h = 0
γ(h) = E(εt εt−h ) =
0 h= 0
Il s’agit d’une suite de v.a.r. homoscédastiques et non autocorrélées (et même indépendantes,
c’est pourquoi on parle aussi de processus i.i.d. pour identiquement et indépendamment
distribué).
6
Elle fournit une information sur la variabilité de la série et sur les liaisons temporelles
qui existent entre les diverses composantes de la série Yt .
* semi-définie positive :
n
n
aj ak γ(tj − tk ) > 0 ∀n ∈ N, ∀aj ∈ R, ∀tj ∈ Z
j=1 k=1
n
puisque cette quantité est égale à V j=1 aj Ytj .
detR(m) ≥ 0, ∀m ∈ N∗
• detR(1) ≥ 0
• detR(2) ≥ 0 ⇐⇒ ρ(1)2 ≤ 1
7
L’équivalent empirique de la fonction d’autocorrélation, noté ρ̂(h), est obtenu à partir
de l’estimateur suivant pour l’autocovariance γ̂(h) à l’ordre h :
1 T
γ̂(h) = (yt − ȳ)(yt−h − ȳ)
T − h − 1 t=h+1
où
1
ȳ = yt
T t
Afin de tester la nullité du coefficient d’autocorrélation d’ordre h, on calcule la variance
de ce coefficient. On peut montrer qu’elle est donnée par :
1
h−1
V (ρ̂(h)) = ρ̂(j)2
T
j=−(h−1)
1
h−1
V (ρ̂(h)) = 1+2 ρ̂(j)2
T j=1
Elle suit une loi de Student. La variance dépendant de h, l’intervalle de confiance associé
au corrélogramme (ensemble des coefficients d’autocorrélation quand h varie) augmente
avec h.
On a donc :
r(h) = corr(Yt , Yt−h /Yt−1 , . . . , Yt−h+1)
C’est donc le coefficient de Yt−h dans la régression de Yt sur Yt−1 , . . . , Yt−h+1 , Yt−h .
8
Si Yt est un processus stationnaire centré, la prédiction optimale de Yt sachant son
passé jusqu’à t − h est donnée par :
Ainsi,
ρ(2) − ρ(1)2
r(1) = ρ(1) r(2) = ...
1 − ρ(1)2
9
• à partir de l’algorithme de Durbin: il permet de calculer récursivement les divers
coefficients de régression en évitant l’inversion des matrices de corrélation R(h). Il
est basé sur une formule de calcul des coefficients ah (H) à partir des ah (H − 1) et
a1 (1) = ρ(1).
3 Représentation de Wold
3.1 Présentation
Propriété : Si Yt , t ∈ Z est un processus stationnaire, et si (ai , i ∈ Z) est une suite de
nombres réels absolument sommable ( +∞ i=−∞ |ai | < +∞), alors :
+∞
Zt = ai Yt−i , t ∈ Z
i=−∞
En effet, la série i∈Z ai Yt−i est convergente dans L2 , car :
+∞
+∞
+∞
||ai Yt−i || = |ai | ||Yt−i|| = [γ(0) + m2 ]1/2 |ai | < +∞
i=−∞ i=−∞ i=−∞
+∞
L’écriture i=−∞ ai Yt−i a alors un sens dans L2 et la variable Yt est de carré intégrable.
+∞
+∞
+∞
E(Zt ) = E ai Yt−i = ai E(Yt−i ) = mY ai (indépendant de t)
i=−∞ i=−∞ i=−∞
+∞
+∞
+∞
+∞
cov(Zt , Zt+h ) = cov ai Yt−i , aj Yt+h−j = ai aj cov(Yt−i , Yt+h−j )
i=−∞ j=−∞ i=−∞ j=−∞
+∞
+∞
= ai aj γY (h + i − j) = γZ (h) (indépendant de t)
i=−∞ j=−∞
10
L’exemple le plus simple de processus stationnaire est fourni par le processus bruit
blanc εt , t ∈ Z. Ainsi, tout processus de la forme :
Yt = ak εt−k où |ak | < ∞
k∈Z k∈Z
Les processus pouvant s’écrire comme moyennes mobiles infinies de bruits blancs sont
appelés processus linéaires. Le théorème qui suit justifie l’utilisation des représentations
moyennes mobiles infinies dites unilatérales vers le passé, c’est-à-dire dans lesquelles ak = 0
pour tout k < 0.
∞
où les paramètres ψj satisfont ψ0 = 1, ψj ∈ R, ∀j ∈ N∗ , 2
j=0 ψj < ∞ et où εt est un bruit
blanc i.i.d. (0, σε2 ).
Ainsi, tout processus stationnaire peut s’écrire comme une somme pondérée infinie de
chocs passés, ces chocs étant représentés par un BB de variance finie.
La condition ∞ 2
j=0 ψj < ∞ est très importante! Elle assure l’existence des moments
d’ordre 2.
Yt∗ est la prévision optimale de Yt fonction de son passé (meilleure approximation linéaire)
et l’erreur de prévision correspondante à 1 pas est appelée innovation.
Ainsi, l’innovation est la partie de Yt non corrélée au passé de la série.
11
En effet, d’après l’équation (1), Yt−1 dépend de εt−1 , εt−2 , . . . (non corrélés à εt ); Yt−2
dépend de εt−2 , εt−3 , . . . (non corrélés à εt ). Donc εt est non corrélé à Yt−1 , Yt−2 , . . ., le
passé de Yt , c’est donc le processus d’innovation de Yt .
YT +1 − ŶT (1) = εT +1
h−1
YT +h − ŶT (h) = ψj εT +h−j
j=0
Lyt = yt−1
12
Cet opérateur permet de définir une application qui à toute variable yt associe la
variable retardée. Cet opérateur a les propriétés suivantes :
Lj yt = yt−j ∀j ∈ Z
L0 yt = yt
Lj c = c cste
Li (Lj yt ) = Li+j yt = Lj (Li yt )
L−j yt = yt+j
(Li + Lj )yt = Li yt + Lj yt
(1 − aL)−1 yt = 1−aL 1
yt = limj→∞(1 + aL + a2 L2 + a3 L3 + . . . + aj Lj )yt = ∞ j j
j=0 a L yt si |a| < 1
∞
∞
yt = ψj εt−j = ψj Lj εt = (. . .+ψ−2 L−2 +ψ−1 L−1 +1+ψ1 L+ψ2 L2 +. . .)εt = Ψ(L)εt
j=−∞ j=−∞
∞
∞
yt = m + ψj εt−j = m + ψj Lj εt = m + (1 + ψ1 L + ψ2 L2 + . . .)εt = m + Ψ(L)εt
j=0 j=0
Dans ce cadre, on interprète la densité spectrale en étudiant les pics les plus impor-
tants. S’il n’y a pas de pics, il n’y a pas de composantes cycliques dominantes, donc il
13
s’agit d’un BB. S’il y a des pics, on peut alors ré-interpréter les fréquences en termes de
temps pour déterminer la durée du cycle.
Les fréquences sont mesurées en fréquence angulaire, notée ω. On a les relations
suivantes entre la fréquence angulaire ω et la période de temps T :
2π 2π
ω= ⇔T =
T ω
• Pour des données mensuelles, la période est l’année (T=12) et la fréquence angulaire
correspondante est ω = 2π/12 = π/6. Ainsi, si l’on observe un pic à la fréquence
ω = π/6, on pourra conclure que la série a une composante périodique de période
12, c’est-à-dire un effet saisonnier mensuel.
• S’il y a un pic pour des basses fréquences, cela signifie qu’il y a un cycle de long-
terme. Si la densité spectrale est élevée voir infinie à l’origine, cela signale qu’il y a
un problème de non stationnarité.
Comment calculer la densité spectrale d’un processus et quelles sont ses propriétés?
Nous considérons les processus MA(∞) pour lesquels la définition de la densité spec-
trale est “naturelle”.
Un processus stationnaire linéaire est par définition un processus Yt admettant une
représentation MA(∞) :
∞
Yt = aj εt−j
j=−∞
avec εt BB et j |aj | < ∞.
Sa fonction d’autocovariance est :
γY (h) = cov aj εt−j , ak εt−h−k = σ2 aj aj−h
j k j
1
∞
f (ω) = γ(h)eiωh ∀ω ∈ R
2π h=−∞
14
On appelle fonction génératrice des moments la fonction de z ∈ C :
Γ(z) = γ(h)z h
h
Propriétés :
• f (ω) existe car la série de terme général γ(h)eiωh est absolument convergente puisque
h |γ(h)| < ∞ (car Yt est stationnaire)
γ(0) 1
∞
= + γ(h) cos ωh
2π π h=1
1
∞
= γ(h) cos ωh
2π h=−∞
ainsi Γ est symétrique (et au moins défini sur le cercle unité |z| = 1)
• f (ω) est une fonction paire, continue, périodique de période 2π (on la représente sur
[0, π]) et positive.
avec εt BB(0, σ 2 ) et j |aj | < ∞, on a alors :
σ2 σ2
ΓY (z) = σ 2 A(z)A(1/z) fY (ω) = |A(eiω )|2 = A(eiω )A(e−iω )
2π 2π
Ceci nous donne des manières alternatives de calculer la densité spectrale.
Propriété : Si Zt = j∈Z cj Yt−j où j |cj | < ∞, alors
2
iωj
fZ (ω) = fY (ω) cj e
j∈Z
p q
i
(1 − φi L )Yt = (1 − θi Li )εt
i=1 i=1
Φ(L)Yt = Θ(L)εt
16
On ne s’intéressera qu’aux représentations canoniques, c’est-à-dire aux écritures des
modèles ARMA telles que εt soit le processus d’innovation de Yt ⇐⇒ la prédiction optimale
est ŶT (k) = E(YT +k /YT , YT −1, . . .) et l’erreur de prévision à 1 pas est l’innovation ⇒ on
ne peut pas faire mieux que la prédiction optimale.
Il s’agit donc de trouver des contraintes sur les paramètres des modèles ARMA.
• il faut que la représentation soit stationnaire, donc que Φ admette une inverse (⇒
module des racines de Φ différent de 1) :
∞
−1
Yt = Φ(L) Θ(L)εt = hj εt−j avec |hj | < ∞
j=−∞
• il faut que la représentation soit inversible, c’est-à-dire que la forme AR(∞) soit
tournée vers le passé (⇒ module des racines de Θ strictement supérieur à 1) :
∞
−1
Θ(L) Φ(L)Yt = εt = πj Yt−j
j=0
• il faut que la représentation soit causale, c’est-à-dire que la forme MA(∞) soit
tournée vers le passé (⇒ module des racines de Φ strictement supérieur à 1) :
∞
−1
Yt = Φ(L) Θ(L)εt = hj εt−j
j=0
∞
−1
(1 − aL) = ai Li = 1 + aL + a2 L2 + . . .
i=0
puisque
∞
∞
∞
ai Li (1 − aL) = ai Li − ai Li = a0 L0 = 1
i=0 i=0 i=1
17
• Si |a| > 1, donc si la racine de 1 − aL = 0 est inférieure à 1 en valeur absolue
1
|z| = |a|
< 1, alors l’inverse est donnée par :
∞
−1
(1 − aL) =− a−i L−i
i=1
puisque
∞
∞
∞
− a−i L−i (1 − aL) = − a−i L−i + a1−i L1−i = a0 L0 = 1
i=1 i=1 i=1
5.1 Processus MA
5.1.1 Définition
On appelle processus moyenne mobile d’ordre q, noté MA(q) pour Moving Average, un
processus {Yt }t∈Z défini par :
q
Yt = εt − θi εt−i ∀t ∈ Z
i=1
où les θi sont des réels, θq = 0 et {εt }t∈Z est un processus bruit blanc de variance σ 2 .
⇐⇒ Yt = (1 − θ1 L − . . . − θq Lq )εt ⇐⇒ Yt = Θ(L)εt
La définition d’un MA(q) est explicite et ne pose donc pas de problème : le processus Yt
est parfaitement défini et est automatiquement stationnaire.
La représentation est causale par définition.
Θ(L) est un polynôme en L de degré q, que l’on peut factoriser en ayant calculé ses racines
zi = 1/λi, i = 1, . . . , q :
Θ(L) = 1 − θ1 L − . . . − θq Lq = (1 − λ1 L)(1 − λ2 L) . . . (1 − λq L)
Si Θ(z) n’a pas de racine de module égal à 1, on peut calculer l’inverse de Θ(L), qui est
alors donnée par :
k1 kq
Θ(L)−1 = (1 − λ1 L)−1 (1 − λ2 L)−1 . . . (1 − λq L)−1 = + ...+
1 − λ1 L 1 − λq L
18
On obtient alors l’expression suivante :
∞
−1
Θ(L) Yt = πi Yt−i = εt
i=−∞
∞
où les π sont fonctions des paramètres θj , et on peut montrer que i=−∞ |πi | < ∞.
• Si les racines de Θ(z) = 0 sont inférieures à 1 en module, mais qu’il n’y a pas de
racines de module égal à 1, on peut inverser les racines, quitte à changer de bruit
blanc, et supposer que le processus est inversible.
∞
∞
Yt = − πi Yt−i + εt |πi | < ∞
i=1 i=1
Ainsi, Yt dépend de εt et de son passé, donc Yt−1 dépend de εt−1 et de son passé,
cet ensemble étant indépendant de εt (puisque εt est un BB), donc le passé de Yt est
indépendant de εt , donc εt est l’innovation de Yt .
∞
∞
−1 i i
εt = (1 − θL) Yt = θ L Yt = Yt + θi Yt−i
i=0 i=1
∞
Yt = − θi Yt−i + εt
i=1
19
• Si |z| < 1 et donc |θ| > 1 alors :
∞
−1 −i −i Yt+1 Yt+2
εt = (1 − θL) Yt = − θ L Yt = − + 2 + ...
i=1
θ θ
Dans ce cas, on peut toujours (tant que |θ| = 1) se ramener à une représentation
canonique quitte à changer la représentation et surtout à changer de BB et à inverser
les racines.
En effet, la fonction génératrice des moments du MA(1) initial est donnée par :
ΓY (z) = (1 − θz)(1 − θz −1 )
1 1
= θz −1 − 1 θz −1
θz θz −1
2 1 −1 1
= θ 1− z 1− z
θ θ
soit la fonction génératrice des moments d’un MA(1) où la racine est 1/θ et le
nouveau BB (ηt ) est de variance θ2 σε2 , soit une représentation de la forme :
1
Yt = ηt − ηt−1
θ
Une autre manière de faire est de passer par la fonction d’autocovariance, en iden-
tifiant les paramètres de la représentation canonique :
Yt = εt − θεt−1 = ηt − αηt−1
Ainsi,
γ(0) = (1 + θ2 )σε2 = (1 + α2 )ση2
γ(1) = −θσε2 = −αση2
Les valeurs solutions de α vérifient alors :
α2 θ − α(1 + θ2 ) + θ = 0
20
5.2 Processus AR
5.2.1 Définition
où les φi sont des réels, φp = 0 et {εt }t∈Z est un bruit blanc de variance σ 2 .
⇐⇒ (1 − φ1 L − . . . − φp Lp )Yt = εt ⇐⇒ Φ(L)Yt = εt
Ce processus est pour l’instant défini sous forme implicite et en particulier il n’est pas
certain que cette dernière équation admette toujours une solution stationnaire.
Dans ce cas, Yt−1 , Yt−2 , . . . sont fonctions linéaires de εt−1 , εt−2 , . . . et en particulier
sont non corrélés avec εt .
21
Projetant la relation AR sur le passé de X, on obtient :
p
E(Yt /Yt−1 , Yt−2 , . . .) = φi Yt−i
i=1
• Lorsque les racines de Φ(z) sont de module différent de 1, on peut montrer que,
quitte à changer de bruit blanc, on peut toujours supposer que ces racines sont de module
supérieur à 1.
Mais si certaines racines de Φ(z) = 0 sont de module inférieur à 1, alors εt n’est pas
l’innovation, puisque la forme MA(∞) sera tourné vers le futur (et peut-être aussi vers le
passé si certaines racines étaient bien supérieur à 1 en module). Dans ce cas, le passé de
Yt dépend du passé et du futur de εt : on ne peut plus dire qu’il n’y a pas de corrélation
entre le passé de Yt et εt ! Ainsi, ce n’est pas εt qui est l’innovation du processus.
Il s’agit d’un processus non stationnaire de type stochastique, appelé marche aléatoire
(random walk).
• Si |z| > 1 et donc |φ| < 1 alors la forme MA(∞) est donnée par :
∞
∞
−1 i i
Yt = (1 − φL) εt = φ L εt = εt + φi εt−i
i=0 i=1
22
La forme MA(∞) n’est pas tournée vers le passé et la représentation n’est donc pas
canonique.
Cependant, dans ce cas, on peut toujours (tant que |φ| = 1) se ramener à une
représentation canonique, en changeant la représentation, c’est-à-dire en changeant
de BB et en inversant les racines.
En effet, la fonction génératrice des moments de l’AR(1) initial est donnée par :
1
ΓY (z) =
(1 − φz)(1 − φz −1 )
1
=
1
φz φz − 1 φz1−1 − 1 φz −1
1
=
φ2 1 − φ1 z −1 1 − φ1 z
soit la fonction génératrice des moments d’un AR(1) où la racine est 1/φ et le
σ2
nouveau BB (ηt ) est de variance φ2
, soit une représentation de la forme :
1
Yt = Yt−1 + ηt
φ
Les processus ARMA généralisent simultanément les modèles AR purs et les MA purs. Ces
modèles présentent l’avantage d’être plus souples d’utilisation et de fournir généralement
de bonnes approximations des séries réelles avec moins de paramètres que les modèles AR
ou MA purs.
(i) φp = 0, θq = 0
(ii) Les polynômes Φ et Θ ont toutes leurs racines de module strictement supérieur à 1
23
(iii) Φ et Θ n’ont pas de racine commune
La condition (ii) assure tout d’abord que la représentation ARMA admet une solution
stationnaire (si les racines de Φ sont de module différent de 1), que cette solution sta-
tionnaire MA(∞) fait intervenir que des valeurs passées du bruit (les racines de Φ sont
à l’extérieur du disque unité), que la représentation AR(∞) ne fait intervenir que des
valeurs présentes et passées de Yt (les racines de Θ sont de module strictement supérieur
à 1). Ainsi, εt est le processus d’innovation du processus Yt .
La condition (iii) assure que la représentation est unique, sinon il y aurait des simpli-
fications possibles.
5.3.2 Propriété
24
6.1 Corrélogramme simple
On rappelle que la fonction d’autocorrélation simple est donnée par :
γ(h) E(Yt Yt−h )
ρ(h) = =
γ(0) E(Yt2 )
on obtient alors : p
γ(0) = φi γ(i) + σ 2
i=1
soit une équation de récurrence linéaire homogène d’ordre p dont le polynôme caractéristique
est : p
zh − φi z h−i = z h (1 − φ1 z −1 − . . . − φp z −p ) = 0 (3)
i=1
p
Si le polynôme Φ(L) = 1 − i=1 φi Li admet p racines distinctes 1/λ1 , 1/λ2 , . . . , 1/λp,
alors les racines de l’équation (3) sont λ1 , λ2 , . . . , λp et le coefficient d’autocorrélation
d’ordre h est alors donné par :
25
où les ai , i = 1, . . . , p sont des constantes déterminées par les conditions initiales.
Puisque la représentation est canonique, les racines 1/λi , i = 1, . . . , p sont alors de
module supérieur à 1 donc |λi | < 1.
Ainsi, la fonction d’autocorrélation (d’un processus stationnaire) décroı̂t, soit de manière
exponentielle (si les racines sont réelles), soit selon des cycles amortis (si les racines sont
complexes).
On obtient :
ρ(h) = 0 si h > q
26
Or, E(Yt−h εt−i ) = 0 si t − h < t − i pour i = 1, 2, . . . , q donc pour h > q. Ainsi, pour
h > q, on retrouve l’équation de récurrence d’ordre p comme dans le cas de l’AR(p) :
p
γ(h) − φi γ(h − i) = 0 h>q
i=1
Ainsi, le corrélogramme d’un processus ARMA(p,q) est le même que celui d’un AR à
partir de l’ordre q + 1.
Pour les premières autocorrélations, il suffit de les calculer en fonction des ρ(i), i =
1, . . . , p :
ρ(2) − ρ(1)2
r(1) = ρ(1) r(2) = ...
1 − ρ(1)2
27
6.2.2 Cas du MA(q)
Les autocorrélations partielles décroissent soit de manière exponentielle (si les racines sont
réelles) soit selon des cycles amortis (si les racines sont complexes).
Le corrélogramme partiel d’un ARMA(p,q) est le même que celui d’un MA à partir de
l’odre p + 1.
ΓI (L)Γ(L) = 1
ΓI (L) = ΓI (h)Lh
h
et pour un MA(q), on retrouve le même corrélogramme simple que celui d’un AR.
Φ(L)Yt = Θ(L)εt
28
la densité spectrale est :
σ 2 Θ(z)Θ(z −1 )
f (ω) =
2π Φ(z)Φ(z −1 )
où z = eiω .
σ2
f (ω) = (1 − θeiω )(1 − θe−iω )
2π
σ2
= (1 − θ(eiω + e−iω ) + θ2 )
2π
σ2
= (1 − 2θ cos ω + θ2 )
2π
La densité spectrale est donc une fonction croissante si θ > 0 et décroissante si θ < 0
puisque :
σ2
f (ω) = (2θ sin ω)
2π
σ2
f (ω) = (1 − φeiω )−1 (1 − φe−iω )−1
2π
σ2
= (1 − 2φ cos ω + φ2 )−1
2π
Ainsi, la densité spectrale est croissante si φ < 0 et décroissante si φ > 0 puisque :
σ2 −2φ sin ω
f (ω) =
2π (1 − 2φ cos ω + φ2 )2
29
théoriques des processus ARMA à leurs équivalents empiriques (c’est-à-dire calculées sur
la série observée). Les caractéristiques utilisées sont les autocorrélations simple et partielle
(et éventuellement autocorrélation inverse), étudiées dans la partie précédente.
On peut aussi utiliser des critères de choix de modèle, couramment appelé critères
d’information. Les plus couramment utilisés sont le critère de Akaı̈ke :
et le critère de Schwarz :
7.2 Estimation
Etant donné le processus Yt , t ∈ Z admettant une représentation ARMA(p,q) :
p q
Yt − φi Yt−i = εt − θi εt−i εt BB(0, σ 2 )
i=1 i=1
30
7.2.2 Estimation de Yule-Walker
Yt = (1 − φL)−1 (1 − θL)εt
∞
= φi Li (1 − θL)εt
i=0
∞
∞
i
= φ εt−i − θ φiεt−1−i
i=0 i=0
∞
∞
= φi εt−i − θ φi−1 εt−i
i=0 i=1
∞
= hi εt−i
i=0
h0 = 1
h1 = φ − θ
h2 = φ2 − θφ
.. ..
. .
hj = φj − θφj−1
h2
Ainsi, φ = h1
et θ = φ − h1 .
31
Les hj sont estimés à partir d’un algorithme récursif appelé algorithme de Durbin-
Levinson ou algorithme des innovations. A partir de ces estimations, on peut alors obtenir
des estimations de φ et de θ.
Ceci se généralise au cas de p et q quelconques.
Cette estimation (estimation par défaut sous le logiciel SAS) est conditionnelle à l’hypothèse
que les erreurs non observées passées sont égales à 0. L’estimation repose sur la forme
AR(∞) :
∞
Yt = πi Yt−i + εt
i=1
où les valeurs passées de Yt inconnues sont posées à 0 et les valeurs de π sont calculées à
chaque étape à partir des estimations de φ et de θ.
7.3 Validation
Il s’agit de vérifier notamment que les résidus du modèle ARMA estimé, résidus notés ε̂t ,
vérifient les propriétés requises pour que l’estimation soit valide, à savoir qu’ils suivent
un processus BB, non autocorrélé et de même variance, et qu’ils suivent une loi normale.
Si ces hypothèses ne sont pas rejetées, on peut alors mener des tests sur les paramètres.
• Regarder le graphique des résidus estimés pour voir s’il apparaı̂t des points aberrants,
une tendance, une rupture, de l’autocorrélation, etc. Ceci n’est évidemment qu’indicatif.
• Test du portemanteau
Afin de tester que les résidus estimés suivent un BB, on teste l’hypothèse d’absence
d’autocorrélation jusqu’à l’ordre m. On utilise la statistique de Ljung-Box, donnée par :
m
ρ̂2k
LB = T (T + 2)
k=1
T −k
32
où les coefficients d’autocorrélation ρ̂k sont calculés sur les résidus estimés ε̂t .
Cette statistique, sous l’hypothèse que les résidus suivent un BB, suit une loi du χ2m .
• Test d’homoscédasticité
Un test couramment utilisé en séries temporelles est le test d’homoscédasticité contre
une alternative ARCH (hétéroscédasticité conditionnelle dans la variance). On teste alors
la nullité des paramètres a1 , . . . , aq dans le modèle :
• Test de normalité
Il s’agit de tester que les résidus estimés ε̂t suivent une loi normale, c’est–à–dire ne
présentent pas d’asymétrie (Skewness) ni d’applatissement (kurtosis).
Le coefficient de Skewness est donné par :
1/2 µ3
β1 = 3/2
µ2
et le coefficient de kurtosis est donné par :
µ4
β2 =
µ22
où
1
T
µk = (ε̂t − ε̂¯t )k
T t=1
est le moment centré d’ordre k de la variable ε̂t .
Si la distribution est normale et le nombre d’observations grand, alors :
1/2
β1 ∼ N 0, 6/T β2 ∼ N 3, 24/T
33
7.3.2 Tests sur les paramètres
On vérifie tout d’abord que les racines des polynômes AR et MA ne sont pas égales à 1.
Si les hypothèses testées sur les résidus ne sont pas rejetées, on teste la significativité
des retards du modèle ARMA par des tests de Student.
Si, à la suite de ces étapes, il reste plusieurs modèles valides, on peut choisir parmi ces
modèles, soit celui qui donne les meilleurs critères d’ajustement, soit celui qui donne les
meilleurs performances en prévision.
Concernant les critères d’ajustement, on retient le modèle qui minimisent les critères
d’information AIC et BIC.
et
1 T
MAE(h) = |Yt − Ŷt (h)|
T − K + 1 t=K
où K est le nombre d’observations minimales pour mener une estimation du modèle.
On peut calculer ces critères, soit sur la base de prévisions in-sample (toutes les obser-
vations ont été utilisées pour estimer le modèle et on calcule les prévisions sur cet même
ensemble d’observations), soit sur la base de prévisions out-of-sample (on estime le modèle
sur un ensemble d’observations et on mène la prévision sur le reste).
7.4 Prévision
Il s’agit de calculer les prévisions optimales du modèle ARMA estimé, à savoir Ŷk (k) la
prévision de Yt+k sachant l’ensemble d’information disponible en t, noté It = {Y1 , Y2 , . . . , Yt , Z−1 }
où Z−1 = {Y−1 , . . . , Y−p , ε−1 , . . . , ε−q } :
34
On peut réécrire la forme MA(∞) de la manière suivante :
t+k
Yt+k = hj εt+k−j + h∗ (t + k)Z−1
j=0
Cette formule de calcul de la prévision optimale n’est pas directement utilisable puisqu’elle
fait intervenir les erreurs non observables, mais elle permet d’obtenir une formule de mise
à jour intéressante :
t+k
t+k
Ŷt+1 (k − 1) − Ŷt (k) = hj εt+k−j − hj εt+k−j = hk−1 εt+1 = hk−1 (Yt+1 − Ŷt (1)) (4)
j=k−1 j=k
t+k
Yt+k = − πj Yt+k−j + π ∗ (t + k)Z−1 + εt+k
j=1
où
Ŷt (k − j) si k > j
Ŷt+k−j =
Yt+k−j si k ≤ j
p q
Yt+k = φi Yt+k−i + εt+k − θi εt+k−i
i=1 i=1
On obtient : p q
Ŷt (k) = φi Ŷt+k−i − θi ε̂t+k−i (6)
i=1 i=1
35
où
0 si k > i
ε̂t+k−i =
εt+k−i si k ≤ i
La fonction de prévision décrit comment la prévision Ŷt (k) varie, pour t fixé, en fonction
de k.
D’après l’équation (6), on a :
p
Ŷt (k) − φi Ŷk−i = 0 ∀k > q
i=1
avec les valeurs de bi (t) déterminées par les conditions initiales, appelées dans ce contexte
valeurs pivotales, à savoir Ŷt (k), k = q, q − 1, . . . , q − p + 1.
36
Exemple de l’AR(1) :
Yt = φYt−1 + εt
Ainsi,
Ŷt (1) = φYt
Ŷt (k) = φŶt (k − 1)
L’équation caractéristique est 1 − φz −1 = 0, on obtient z = φ et donc :
Dans ce cas, la valeur pivotale nous permettant de déterminer b(t) est Ŷt (0) = Yt . On
obtient alors b(t) = Yt et la fonction de prévision est alors :
Ŷt (k) = φk Yt
Le calcul de la fonction de prévision nous permet d’étudier l’effet d’un choc à une date
donnée sur l’évolution du processus Yt . On parle d’IRF (Impulse Response Function) : il
s’agit de la réponse de Yt à un choc à une date donnée.
Dans l’exemple de l’AR(1), supposons qu’avant la date t, le processus était à son état
stationnaire (ici 0) et qu’à la date t, on fait un choc de taille ε, soit Yt = ε. La réponse
de Yt à ce choc temporaire est alors donnée par la fonction de prévision :
Ŷt (k) = φk ε
En général, on calcule l’écart entre la réponse à un choc et la réponse sans choc afin
d’appréhender l’effet du choc. On définit alors la fonction de réponse au choc de la
manière suivante :
IRF (Yt ; ε) = φk ε − φk × 0 = φk ε
La valeur de φ est déterminante dans la plus ou moins forte persistance du choc sur le
processus Y .
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