250 | Transformation de Fourier.
Applications
Notation 1. Soient x, y ∈ Rd . On note ⟨x, y⟩ ou x · y le produit scalaire canonique de x par y . dx = dλd (x)
où λd désigne la mesure de Lebesgue dans Rd .
I Transformation de Fourier dans L1 (Rd )
1 Définitions
[Bon, p. 163]
Théorème-Définition 2. Soit f ∈ L1 (Rd ). On appelle transformée de Fourier de f la fonction,
notée fb définie pour ξ ∈ Rd , Z
fb(ξ) = f (x)e−ix·ξ dx
Rd
[Amr08, p. 109]
Lemme 3 (Riemann-Lebesgue). Pour f ∈ L1 (Rd ), lim∥ξ∥→+∞ fb(ξ) = 0.
L1 (Rd ) −→ C0 (Rd )
Théorème 4. Pour tout f ∈ L1 (Rd ), la fonction fb ∈ C0 . L’application F :
f 7−→ fb
est linéaire continue, et ∥fb∥∞ ⩽ ∥f ∥1 .
Notation 5. On note F l’application conjuguée définie par ∀f ∈ L1 (Rd ), F(f )(ξ) = f (x)eix·ξ dx.
R
Rd
1 −|x| 1
Exemple 6. 1. Densité de Poisson : p(x) = 2e . pb(ξ) = 1+ξ 2 .
2. Fonction caractéristique d’un intervalle borné f = 1[a,b] (a < b),
sin( b−a
(
2 ξ) −i(a+b)ξ/2
2 ξ e si ξ ̸= 0
fb(ξ) = .
b − a si ξ = 0
2
2
− ξ4a
3. a > 0, f (x) = e−ax , fb(ξ) =
pπ
ae .
1 π −a|ξ|
4. a > 0, f (x) = a2 +x2 , fb(ξ) = ae
2 Translation, modulation, homothétie
Notation 7. Soit f une fonction définie dans Rd . On définit
1. la symétrisée fσ de f par fσ (x) = f (−x).
2. La translatée τa f de f par τa f (x) = f (x − a), a ∈ Rd
1
Propriété 8.
F(fσ ) = (F(f ))σ , F(f ) = (F(f ))σ , F(f ) = F(f ).
Propriété 9. Soit f ∈ L1 (Rd ).
ξ
1. Pour λ ∈ R∗ , F(f (λ·))(ξ) = 1
|λ|d
F λ .
2. F(τa f )(ξ) = e−ia·ξ F(f )(ξ) et F(eia·x f )(ξ) = τa (F(f ))(ξ).
3 Convolution
Proposition 10. Pour toutes f, g ∈ L1 (Rd ), f[
∗ g = fb · gb.
Application 11. 1. Dans L1 (Rd ), f ∗ f = f a une unique solution : la fonction nulle..
2. L’équation f ∗ e−2|x| = e−3|x| n’a pas de solution dans L1 (R).
Application 12. Il n’y a pas de neutre pour le produit de convolution dans L1 (Rd ).
4 Inversion
Théorème 13 (Formule d’échange). Pour toutes f, g ∈ L1 (Rd ),
Z Z
f (u)b
g (u) du = fb(v)g(v) dv.
Rd Rd
L1 (Rd ) −→ C0 (Rd )
Théorème 14. La transformée de Fourier F : est injective.
f 7−→ fb
Remarque 15. La transformée n’est pas bijective ! Considérer une fonction g ∈ C0 impaire telle que
RA
limA→+∞ 1 g(x)
x dx n’existe pas.
Théorème 16 (Formule d’inversion). Soit f ∈ L1 (Rd ) telle que fb ∈ L1 (Rd ). Alors fb = (2π)d fσ
b
λd -p.p.
Proposition 17. Soient f, g ∈ L1 (Rd ). On suppose que fb ∈ L1 (Rd ). Alors f g ∈ L1 (Rd ) et
1 b
fcg = f ∗ gb.
(2π)d
2
5 Transformée et dérivée
Transformée d’une dérivée
Proposition 18. Soient f ∈ L1 (Rd ) ∩ C 1 (Rd ) et j ∈ [1, d] ∩ N. Si ∂j f ∈ L1 (Rd ), alors
∀ξ ∈ Rd , ∂d
j f (ξ) = iξj f (ξ).
b
Dérivée d’une transformée
Proposition 19. Soit f ∈ L1 (Rd ) telle que x 7−→ xj f (x) soit dans L1 (Rd ). Alors fb admet une
dérivée ∂j fb continue et bornée sur Rd donnée par
∀ξ ∈ Rd , ∂j (F(f ))(ξ) = −iF(xj f )(ξ).
II Transormée de Fourier dans L2 (Rd )
Théorème 20 (Formule de Plancherel-Parseval). Pour tout f ∈ L1 (Rd ) ∩ L2 (Rd ),
∥f ∥22 = (2π)d ∥f ∥22 .
Théorème 21. Soit f ∈ L2 (Rd ). Alors
1. Il existe une suite (fn ) dans L1 (Rd ) ∩ L2 (Rd ) qui converge vers f dans L2 (Rd )
2. Pour une telle suite (fn ), la suite (f
c 2 ˜
n ) converge dans L vers une limite f indépendante de
la suite choisie.
Définition 22. f˜ définie par le théorème précédent est appelée la transformée de Fourier-
Plancherel de f dans L2 (Rd ).
Proposition 23. Si f ∈ 1 (Rd ) ∩ L2 (Rd ), la transformée de Fourier-Plancherel f˜ coïncide avec la
tranformée de Fourier fb.
Notation 24. Pour f ∈ L2 (Rd ), on notera fb sa transformée de Fourier-Plancherel.
Proposition 25. Soient f et g dans L2 (Rd ). Alors
1
f ∗g = F(fb · gb)
(2π)d
et
1 b
fcg = f ∗ gb.
(2π)d
3
Proposition 26. Soient f ∈ L2 (Rd ) et g ∈ L1 (Rd ). Alors
1
fb · gb ∈ L2 (Rd ) et f ∗ g = F(fb · gb).
(2π)d
Définition 27. On appelle opérateur de Fourier-Plancherel l’opérateur
L2 (Rd ) −→ L2 (Rd )
P: √1
f 7−→ ( 2π)d
F(f )
qui est un opérateur linéaire bijectif de L2 (Rd ) dans L2 (Rd ).
III Transformée de Fourier dans S(Rd )
Notation 28. Pour tout multi-indice α = (α1 , . . . , αd ) ∈ Nd et pour tout x = (x1 , . . . , xd ), on note
αd αd
xα = xα α α1
1 · · · xd et D = ∂1 · · · ∂d
1
Définition 29. Une fonction f : Rd −→ C est dite à décroissance rapide si pour tout α ∈ N,
lim |xα f (x)| = 0.
∥x∥→+∞
Lemme 30. Si f ∈ L1loc (Rd ) est à décroissance rapide, alors
∀α ∈ Nd , xα f ∈ L1 (Rd ).
Définition 31. On appelle espace de Schwartz S(Rd ) l’espace des fonctions f de Rd dans C telles
que
1. f est de classe C ∞ sur R,
2. f ainsi que toutes ses dérivées sont à décroissance rapide.
Proposition 32. 1. S(Rd ) est un espace vectoriel.
2. ∀f ∈ S(Rd ), ∀α ∈ Nd , D α f ∈ S(Rd ).
3. ∀f ∈ S(Rd ), ∀β ∈ Nd , xβ f ∈ S(Rd ).
4. ∀f, g ∈ S(Rd ), f g ∈ S(Rd ).
5. Si f ∈ S(Rd ), alors f , fσ , τa f et f (·)e−i⟨a,·⟩ est dans S(Rd ).
Théorème 33. L’espace S(Rd ) est stable par transformation de Fourier.
Définition 34. On dit qu’une suite (fn ) d’éléments de S(Rd ) tend vers 0 quand n tend vers l’infini
4
si
∀α, β ∈ Nd , lim sup |xα Dβ fn (x)| = 0.
n→∞ x∈Rd
Théorème 35. La transformation de Fourier F est une application linéaire bijective et bicontinue
de S(Rd ) sur S(Rd ).
IV Applications
1 Probabilités
Définition 36 (Fonction caractéristique). Si X est une v.a. à valeurs dans Rd , la fonction carac-
téristique de X est la fonction ΦX : Rd → C définie par
∀ξ ∈ Rd , ΦX (ξ) = E(exp(iξ · X)).
On peut écrire Z
ΦX (ξ) = eiξ·x PX (dx).
Rd
Remarque 37. Si X admet une densité f , alors sa fonction caractéristique est ξ 7−→ fb(−ξ).
Exemple 38. 1. La fonction caractéristique de la loi normale N (m, σ 2 )
1
: t 7−→ exp(imt) exp − σ 2 t2 .
2
2. La fonction caractéristique de loi de Cauchy C(a, b) est t 7−→ Φ(t) = eiat e−b|t| .
2 Traitement du signal
Proposition 39 (Formule sommatoire de Poisson). [Gou08, p. 283] Soit f : R −→ C une fonction
de classe C 1 vérifiant f (x) = O( x12 ) et f ′ (x) = O( x12 ) lorsque |x| → +∞. Alors
X X
∀t ∈ R, f (t + n) = fb(n)e2iπnt .
n∈Z n∈Z
P+∞ 2 P+∞ 2
Application 40. ∀s > 0, n=−∞ e−πn s
= s−1/2 k=−∞ e−πk /s
Théorème 41 (Critère de Shannon). Soit f ∈ S(R). Supposons que fb soit inclus dans [−F, F ]
avec F > 0 vérifiant le critère de Shannon 2F ⩽ 1. Alors
+∞
X sin((n − t)π)
∀t ∈ R, f (t) = f (n) .
n=−∞
(n − t)π
5
3 Polynômes orthogonaux
Définition 42. Soit w un poids sur ]a, b[ (a, b ∈ R) i.e. une fonction de C 0 (]a, b[, R∗+ )). On suppose
que
Z b
∀n ∈ N, |x|n w(x) dx < +∞.
a
Sous ces hypothèses, on considère l’espace vectoriel Ew des fonctions réelles continues sur ]a, b[
telles que
Z b
|f (x)|2 w(x) dx < +∞.
a
On munit Ew d’un produit scalaire naturel
Z b
⟨f, g⟩w = f (x)g(x)w(x) dx.
a
Proposition 43. Soit w une fonction poids dans un intervalle ]a, b[ de R. S’il existe α > 0 tel que
Z b
eα|x| w(x) dx < +∞,
a
alors les polynômes orthogonaux associés à w forment une base hilbertienne de L2 (]a, b[, R).
Développements
1. Formule sommatoire de Poisson et application
2. Densité des polynômes orthogonaux
Références
[Amr08] Mohammed El Amrani. Analyse de Fourier dans les espaces fonctionnels. Ellipses, 2008.
[Gou08] Xavier Gourdon. Les maths en tête, Analyse. Ellipses, 2008.
[Bon] Jean-Michel Bony. Cours d’analyse. Ellipses.