Chapitre 1
Phénomènes électrostatiques et magnétostatiques
1 Introduction à la CEM
1.1 Définition
CEM : la compatibilité électromagnétique d’un équipement ou d’un système est son aptitude à
fonctionner de façon satisfaisante dans un environnement électromagnétique et sans produire lui-
même des perturbations électromagnétiques susceptible de perturber le bon fonctionnement des
éléments se trouvant dans cet environnement.
Mode de couplage
Source de perturbation - Conduction Dispositif victime
- rayonnement
1.2- Notions de la compatibilité magnétique
La notion de la compatibilité électromagnétique nait de la confrontation de ces deux aspects
autour d’une ligne de partage, comme elle le présente la figure suivante:
CEM INTER SYSTEME : Tient compte du déploiement réel du système et doit garantir que le
système et les autres systèmes existants partageant la (les) même(s) sous-bandes de fréquences,
seront en mesure de cohabiter, sans causer ni subir de dégradation.
CEM INTRA SYSTEME : Concerne le CEM des systèmes faisant partie d’installations ou plates-
formes importantes (navires, aéronefs,…) et a pour but de réduire à un niveau acceptable les
brouillages entre systèmes co-implantés et par conséquent d’éviter toute détérioration de leurs
performances.
CEM DE MATERIEL : Concerne la CEM des sous-ensembles constituant un matériel donné
(baies, coffrets, cartes, rack,..) et a pour but d’assurer le bon fonctionnement du sous-ensemble.
1.2.1 Notion d’Emission :
Production et propagation de perturbation électromagnétiques. Autrement émission ou
perturbations désignent les signaux émis volontaires ou non dont la propagation est de nature à
nuire au bon fonctionnement des appareils ou à la santé des êtres vivants situés au voisinage ;
c’est le pouvoir perturbateur d'un équipement électrique
(EMI = ElectroMagnetic Interference).
1.2.2 Immunité
Fonctionnement d’un appareil ou d’un équipement d’une manière satisfaisante dans un
environnement électromagnétique. L'immunité est aussi appelé la susceptibilité ; la capacité à
supporter les perturbations (EMS = ElectroMagnetic Susceptibility).
1.3- Thèmes de la CEM
La compatibilité électromagnétique (CEM) est la discipline qui a pour objet d'étudier les
problèmes de cohabitation électromagnétique.
Les principaux centres d'étude de la CEM:
- les sources de perturbations et les procédés permettant de limiter les perturbations
électromagnétiques émises (analyse des sources de perturbations);
- Les modes de couplage et de propagation (possibilité de passage d'une perturbation d'un
dispositif vers un autre / environnement électromagnétique) ;
- immunité des appareils et des systèmes aux perturbations (développer des procédés
permettant d'accroître l'immunité des systèmes aux parasites).
Les effets des perturbations sur les "victimes", qui correspondent au concept de susceptibilité
électromagnétique.
- protection contre la foudre
1.3.1 - Sources de perturbations.
Les sources des émissions électromagnétiques peuvent être d’origine naturelle ou artificielle liée
à l’activité humaine (intentionnelle ou non intentionnelle).
Sources naturelles : foudre, rayonnement solaire, bruit thermique terrestre, galactique…
Sources artificielles intentionnelles : équipement de télécommunication (émetteurs radio et
télévision, radar, téléphones portables, ...), appareils électroménagers (micro-ondes, fours à
induction, fours…), soudure à arc, lampes à décharge, ...
Sources artificielles non intentionnelles : fluctuations de tension et de courant, les courts
circuits, systèmes d'allumage des moteurs à explosion, tous les systèmes d'enclenchement et de
coupure d'un signal électrique, lampes à décharge, Electronique de contrôle-commande et
électronique de puissance, électronique de protection, appareillage de puissance, Moteur puissant
à collecteur, démarrage de tout type de moteur électrique puissant, Les décharges électrostatiques
qui impliquent le corps humain ou des matériaux mis en mouvement par l'homme...
1.3.2 Mode de propagation des perturbations
Les perturbations électromagnétiques se propagent
par deux voies distinctes, par Conduction et/ou par
Rayonnement.
Perturbations rayonnées se propagent dans l’air et
elles sont transmises par :
- un champ électrique (E)
- un champ magnétique (B)
- un champ électromagnétique (E, B)
Perturbations conduites
Les perturbations électromagnétiques conduites sont transmises par les connexions électriques
entre différents équipements.
1.4. Terminologie CEM
Niveau de susceptibilité.
Il s'agit du niveau à partir duquel il y a dysfonctionnement d'un matériel ou d'un système.
Niveau d'immunité.
C'est le niveau d'une perturbation supportée par un matériel ou un système.
Niveau de compatibilité.
C'est le niveau maximal de perturbation auquel
on peut s'attendre dans un environnement donné.
Marge d'immunité.
C'est la marge qui existe entre le niveau de
compatibilité et le niveau de limite d'immunité.
Niveau d'émission.
C'est le niveau maximal d'émission de
perturbation que ne doit pas dépasser un matériel.
Marge d'émission.
C'est la marge qui existe entre le niveau de
compatibilité et le niveau de limite d'émission.
1.5- Définitions et abréviations
E3 = EEE electromagnetic environmental effects
Effets de l’environnement électromagnétique
EMS : electromagnetic suceptibility
Susceptibilité électromagnétique
EMV: electromagnetic vulnerability
Vulnérabilité électromagnétique
EOS: electical overstress
Surcharges électriques
HERF: hazards of electromagnetic radiations to fuel
Dangers électromagnétiques pour les carburants
HERO: hazardsds of electromagnetic radiations to ordnance
dangers des rayonnements electromagnetiques pour le materiel (mil.)
HERP: hazards of electromagnetic radiations to personnel
dangers des rayonnements electromagnetiques pour le personne
personnel
RADHAZ: radiations hazards
risques lies aux radiations
1.6 Les grandeurs et unités utilisées en CEM
Tension : V en volt [V]
Courant : I en ampère [A]
Densite de charge d'espace ρ [C/m3]
densité de courant: J [A/m2]
Induction magnétique : B en tesla [T]
Champ magnétique : H en ampère par mètre [A/m] (B = µ0 µr H)
µr: Perméabilité magnétique relative du milieu
µr = 1 dans l’air ; µr = 1000 dans le fer
µ𝟎 = 4π10 [H⁄m] (𝐡𝐞𝐧𝐫𝐲𝐬 par 𝐦è𝐭𝐫𝐞), Perméabilité magnétique du vide
Champ électrique : E en Volt / mètre [V/m]
Pour couvrir de grandes étendues de valeurs, on utilise les décibels 20 log (V / V ref)
Pour une tension : 20 log (V) dBV 0 dB <=> 1 V
-6
20 log (V/10 ) dB µV 0 dB <=> 1 µV
Pour un champ : 20 log (E) dB V/m 0 dB <=> 1 V/m
20 log (E/10-3) dBmV/m 0 dB <=> 1 mV/m
2 NATURE DES SOURCES DE PERTURBATION
Les perturbations électromagnétiques peuvent prendre deux formes distinctes : les perturbations
dites conduites et celles dites rayonnées. Les gammes de fréquences correspondant à chacune
d'elles sont différentes et complémentaires (150kHz-30MHz et 30MHz-1GHz dans notre
exemple).
Les signaux parasites émis par la source (par exemple dans un convertisseur statique, la ou les
cellules de commutations) sont propagés vers la source d'énergie (ou vers la charge) qui est
désignée par le terme de "victime", de plusieurs façons, liées à leur environnement respectif.
Deux cas peuvent alors se présenter :
- si la source et la victime sont voisins avec ou sans liaison galvanique, le couplage est dit
proche et il peut être de nature capacitive, inductive ou résistive. Les outils d'analyse font
appel à des modèles de types réseau électrique où les couplages sont représentés par des
capacités, des mutuelles ou des résistances (dans le cas de liaisons galvaniques directes). Les
phénomènes perturbateurs sont dans ce cas les variations rapides de courant ou de tension
( , ).
Ce type de perturbations est appelé perturbations conduites et elles se développent dans les
câbles ou conducteurs de liaisons aux réseaux, sources d'énergie ou charges.
- Si source et victime sont éloignées et sans liaison galvanique, la perturbation est transmise par
une onde électromagnétique, on parle de perturbations rayonnées ou propagées. Les
phénomènes sont décrits avec les outils théoriques et expérimentaux propres à ce domaine
(équation de Maxwell et utilisation d'antennes de mesure).
2.1 Perturbations rayonnées
Les circuits électriques, lorsqu'ils sont soumis à des différences de potentiel et ou parcourus par
des courants, produisent des champs électromagnétiques dans l'espace. Leurs intensités
dépendent de la nature, la fréquence et la distance par rapport à la source.
Le champ électrique s'exprime en V/m. Son émission est produite par un circuit
électrique à haute impédance soumis à une différence de potentiel élevée v (Figure 1).
Le champ magnétique s'exprime en A/m. Son émission est engendré par un circuit basse
impédance parcouru par un courant i (Figure 2).
Rappels :
L'impédance de l'onde électromagnétique représente le rapport de l'intensité du champ électrique
sur l'intensité du champ magnétique : Z =
La longueur d'onde peut être calculée en effectuant le rapport de la vitesse de propagation de
l'onde (soit la vitesse de la lumière pour le vide et en première approximation pour l'air) sur la fréquence
des signaux constituant cette onde électromagnétique : = = 3. 10 (f en m).
soit 1m pour f=300MHz.
Notations :
Pour des distances à la source inférieures à 𝜆/2𝜋 nous considérerons que nous sommes en
champs proches.
Pour des distances à la source supérieures à 𝜆/2𝜋 nous considérerons que nous sommes en
champs lointains.
Champs proches :
- dipôle électrique: E varie en 1/r3 , H varie en 1/r² , Z varie alors en 1/r.
A faible distance le doublet rayonne essentiellement en champ E.
- Dipôle magnétique: E varie en 1/r² , H en 1/r3 , Z varie en r
A faible distance la boucle rayonne essentiellement en champ H.
Champs lointains :
E et H décroissent en 1/r , Z=Cte=377Ω (impédance du vide)
Le champ électromagnétique a les caractéristiques d'une onde plane
Exemple :
Le champ E créé par une antenne boucle d'aire A, parcourue par un courant sinusoïdal
d'amplitude I et de fréquence F, dans le plan de la boucle à une distance r, a pour expression en
champ lointain : 𝐹 = 1.32.10 . 𝐴. 𝐼.
2.1.1 Exemples de perturbations rayonnées
a - Perturbations à basses fréquences rayonnées transitoires :
- les courts circuits ;
- l’enclenchement des lignes aériennes ;
- les flashs électroniques ;
-la foudre.
b- rayonnées entretenues
- Les machines ISM The industrial, scientific and medical (ISM) ;
- les émetteurs hertziens
c- rayonnées transitoires
- les décharges électrostatiques ;
- les manœuvres en hautes tensions ;
- les arcs électriques
d - Perturbations à basses fréquences rayonnées entretenues :
- le champ de fuite des transformateurs ;
- rayonnement des lignes aériennes d’énergie ;
- des courants de fuite à la terre ;
-les fours à induction
2.2 Perturbations conduites
Les perturbations électromagnétiques peuvent également être transmises en utilisant comme
vecteur les connexions électriques entre différents équipements. Ces perturbations sont alors
nommées perturbations conduites.
Bien évidemment ces courants et tensions parasites circulant dans les câbles ou fils
interconnectant des équipements entre eux vont eux-mêmes rayonner. De même des
perturbations rayonnées vont pouvoir induire des courants et tensions parasites dans les
différentes interconnexions. Les perturbations conduites et rayonnées sont donc intimement
couplées.
2.2.1 Exemples de Perturbations conduites
a - Perturbations à basses fréquences conduites entretenues :
- flicker -fréquente baisses légères de tension du réseau provoquées par des à-coups de
courant - Démarrage de gros moteurs ;
- chaudières électriques ;
- fours à arc électrique.
Les variations de fréquences du réseau électrique :- les groupes électrogènes dont la charge
varie ;
- Les harmoniques ;
- Les inter-harmoniques générées par - certains convertisseurs de fréquence ;
- Les cyclo-convertisseurs,
- les moteurs asynchrones à rotor non lisse ;
- convertisseur de puissance ;
- certains hacheurs ;
- variateurs de vitesses.
b - Perturbations à basses fréquences conduites transitoires
- Fluctuation de la tension ;
- les creux et les microcoupures ;
- Les surtensions lentes ;
- la foudre ;
- les courants transitoires (enclenchement des charges).
c- Perturbations à hautes fréquences Conduites entretenues
- le bruit de commutation des moteurs à collecteur
- horloge des systèmes informatiques
d- Perturbations à hautes fréquences Conduites transitoires
- la coupure de courant dans les bobines : après la coupure de courant dans la bobine,
l’énergie inductive charge la capacité entre les conducteurs, une surtension ;
-les décharges électrostatiques ;
-les manœuvres en hautes tensions
3 TERMINOLOGIE EMPLOYEE
Nous allons définir la terminologie employée pour caractériser les perturbations. On peut définir
un modèle électrique de liaison entre deux "boites". Ces deux boites symbolisent deux
équipements électriques reliés par deux fils permettant le transfert d'information ou d'énergie. Ce
modèle comporte également une liaison équipotentielle (plan de masse, châssis de l'appareil,
terre, etc.).
Dans ce modèle dit des "deux boites" on différencie deux modes de circulation des courants :
Le mode différentiel ou symétrique
Le mode commun ou asymétrique
La représentation de ces deux modes est donnée aux figures 3 et 4.
La circulation du mode différentiel ne fait intervenir que la liaison bifilaire entre les deux
équipements. Dans ce cas, le courant dans le conducteur "aller" est égal au courant dans le
conducteur "retour".
La circulation du courant de mode commun fait intervenir la liaison bifilaire et la liaison
équipotentielle. Par définition, nous appelons courant de mode commun, le courant qui circule
dans la connexion équipotentielle.
Dans le cas général, il y a superposition de ces deux modes. Les définitions précédentes restent
exactes, si nous définissons les courants dans le système de la façon indiquée à la Figure 5.
4 MECANISMES DE TRANSMISSION DES PERTURBATIONS
La Figure 6 donne un aperçu des différents modes de transmission des perturbations en mode
conduit. Nous allons expliciter chacun de ces modes. Dans cette figure nous différentions trois
types d'éléments, l'équipement perturbateur dit "source", les équipements susceptibles d'être
perturbés ("victimes") et le réseau.
4.1 Les couplages par liaison directe
Les couplages par liaison directe permettent la propagation des perturbations de la "source" à la
"victime" par l'intermédiaire d'un canal de transmission d'information ou d'énergie. Ces
perturbations passent de la "source" à la "victime" en mode commun et en mode différentiel
(Figure 7).
4.2 Les couplages par impédance commune
Ce mode de transmission des perturbations est bien plus difficile à identifier que celui présenté
précédemment. Les éléments "source" et "victime" ne sont pas liés entre eux pour des raisons
fonctionnelles, c'est à dire qu'ils n'échangent théoriquement pas d'information ou d'énergie. La
connexion qui les lie est une liaison indirecte, comme par exemple une connexion à un même
réseau (figure suivante)
On retrouve ce couplage dans les deux modes, en mode commun et en mode différentiel. Les
courants perturbateurs absorbés par la "source", c'est à dire des courants dont la fréquence est
telle que l'impédance réseau n'est plus négligeable vis à vis de l'impédance d'entrée de la
"victime", vont se partager entre le réseau et la "victime" dans des proportions dépendant de
leurs impédances respectives. Ces courants provoquent des chutes de tension sur le réseau.
5.1 Transmission par rayonnement
Les perturbations électromagnétiques peuvent également se propager sans qu'il existe de
conducteurs communs entre la "source" et la "victime". On peut distinguer deux types de
couplage dans ce mode le couplage en champ lointain et le couplage en champ proche.
5.1.1 Le couplage en champ lointain
Dans ce cas nous supposerons que les courants et tensions induits dans la "victime" ne
provoquent pas de modification dans les caractéristiques d'émission de l'élément perturbateur.
Ceci est vérifié si le couplage entre les deux éléments est faible. Ce couplage n'a donc, dans la
majorité des cas une importance significative que si les longueurs et surfaces mises en jeu sont
grandes. C'est pourquoi ils interviennent de façon significative dans les connexions. Nous
parlons alors dans ce cas de couplage champ à câble. Ce couplage est soit un couplage en champ
électrique ou un couplage en champ magnétique et peut s'effectuer en mode commun ou en mode
différentiel (Figure 9, Figure 10 et Figure 11).
5.1.2. Le couplage en champ proche
Ces couplages en champ électrique ou magnétique peuvent être représentés respectivement par
des liaisons capacitives ou des mutuelles inductances. Quand ces couplages interviennent sur des
connexions électriques, on parle alors de couplages câble à câble ou de phénomènes de
diaphonie capacitive ou inductive (Figure 12).
6 Champ électrostatique
6.1 Les lignes de champ électrostatiques
Le champ électrique est créé par les charges électriques,
Il est bien connu que deux charges de même signe se repoussent, par contre deux charges de
signe opposé s’attirent. La force électrostatiques entres ces deux charges est donnée par la loi
de Coulomb et se généralisent à un nombre quelconque de charges. La force d’interaction
entre deux charge q1 et q2 s’écrit : 𝐹 = −𝐹 = 𝑢
Les lignes de champs débutent par les charges positives et finisses par les charges négatives. La
représentation par ligne de champ ne donne pas d’information directe sur l’intensité du champ.
L’intensité du champ est proportionnelle à la densité des lignes du champ.
.
Une ligne de champ d’un champ de vecteur est une courbe C définie dans l’espace telle que, en
chacun de ses points le vecteur y soit tangent. Le fait que le champ électrique 𝐸⃗ soit en tout
point de C parallèle a 𝑑𝑙⃗ ;
Champ électrostatique crée par une charge ponctuelle
Une particule de charge q située en O crée en tout point M de
l’espace un champ vectoriel : 𝐸⃗ (𝑀) = 𝑟̂
⃗
avec 𝑟̂ =
6.2 Caractéristiques du champ électrostatique
Le champ électrostatique est caractérisé par deux propriétés importantes; la circulation
conservative et la seconde propriété est liée à la structures des lignes de champ qui fait appel a la
notion de flux.
- Le champ électrostatique est à circulation conservative. La circulation du champ e le long
d’un chemin C est définie comme :
𝑑𝑐 = 𝐸(𝑀). 𝑑𝑂𝑀
Si par exemple on réalise une circulation d’un point A à un point B, il suffit d’intégrer la
formule précédente le long du chemin, ce qui donne : 𝐶 = ∫ 𝐸(𝑀). 𝑑𝑂𝑀
Dans le cas d’un champ crée par une charge unique :
𝐶 = −
On constate que la circulation du champ E le long du chemin entre A et B ne dépend que du
point du départ et du point d’arrivée, ce qui permet d’introduire une quantité scalaire
caractérisant localement l’influence du champ généré par les charges statiques : le potentiel
électrostatique, qui traduit directement la variation des lignes de champ autour du point
d’observation (M) qui s’écrit finalement comme un gradient :
𝜕𝑉 𝜕𝑉 𝜕𝑉
𝑑𝑉 = 𝑑𝑥 + 𝑑𝑦 + 𝑑𝑧 = 𝑔𝑟𝑎𝑑𝑽. 𝑑𝑂𝑀
𝜕𝑥 𝜕𝑦 𝜕𝑧
La relation entre le champ électrique et le potentiel électrique : 𝑬 = −𝑔𝑟𝑎𝑑𝑽
L’énergie nécessaire pour déplacer une charge ponctuelle q d’un point A à un point B est
définie comme le produit scalaire entre la force et le vecteur de déplacement :
𝑑𝑤 = 𝐹(𝑀)⃗. 𝑑𝑂𝑀⃗
Et l’intégration sur le parcours donne : 𝑊 = 𝑞. 𝑉 − 𝑞. 𝑉
- La seconde propriété lie a la notion du flux, le flux vectoriel à travers une surface est la
mesure du nombre de lignes du champ traversant cette surface. Si nous considérons la
charge a l’origine du champ placée au centre d’un repère, le flux du champ a travers la
surface dS supposée suffisamment petite pour que le champ pour que le champ la
traversant soit constant. Ce flux est défini par le produit scalaire entre le champ et le
vecteur normal dS à cette surface.
𝑑∅ = 𝐸(𝑀)⃗. 𝑑𝑆(𝑀)⃗
Pour une charge ponctuelle, on alors : 𝑑∅ = 𝑢 ⃗. 𝑑𝑆⃗
L’angle solide dΩ sous lequel est vue la surface à partir de la charge est : 𝑑Ω = . 𝑢⃗
Le flux est défini à partir de l’angle solide par : 𝑑∅ = 𝑑Ω
On considérant une surface fermée quelconque entourant la charge, après intégration de l’angle
solide sur 4π (sr) stéradians, on obtient : ∅ =
Cette propriété est à la base du théorème de Gauss qui stipule que le flux du champ électrique à
travers une surface fermée est égal à la somme des charges internes de cette surface divisée par
la permittivité du vide. ∅ = ∯ 𝐸⃗ . 𝑑𝑆⃗ =
6.3. Application dans le cas de la compatibilité électromagnétique
6.3.1 Couplage en champ proche
Considérons deux antennes de type dipôle électrique situées en champ proche ; il existe un
couplage capacitif entre elles. Chaque extrémité des antennes est le siège d’accumulation de
charges qui donne lieu à ces phénomènes de couplage, si comme on avait une capacité de
couplage aux extrémités des différents conducteurs.
Si on applique un champ électrique E variable sur un circuit conducteur ouvert fait apparaître
une tension V. Le couplage par champ électrique est équivalent au couplage par l’intermédiaire
d’une capacité. Une différence de tension variable entre ces deux circuits va générer un courant
électrique de l’un vers l’autre à travers la capacité parasite.
𝑑𝑉
𝐼=𝐶 = 𝐶𝑗𝜔𝑉 = 𝑗2𝜋𝑓𝐶𝑉
𝑑𝑡
6.3.2 Phénomène d’influence électrostatique
Influence partielle
Considérons un conducteur (A1) de charge Q1 avec une densité surfacique σ1, place à proximité
d’un conducteur neutre (A2). On voit apparaitre une densité surfacique non uniforme sur (A 2)
due au champ électrostatique de (A1). Mais, en retour, l’apparition de charges sur (A 2) modifie la
distribution de charge σ1 de (A1). On appel cette action réciproque d’influence partielle, car
l’ensemble des lignes de champ électrostatiques issues du conducteur (A 1) n’aboutissent pas sur
(A2).
Influence totale
On peut créer des conditions d’influence électrostatique totale en plaçant le conducteur (A 1) a
l’intérieur de (A2). Puisque l’ensemble des lignes de champ issues de (A1) aboutissent sur (A2)
On peut créer des conditions d’influence électrostatique et on voit apparaitre une
charge 𝑄 = −𝑄 sur la face interne de (A2) ceci quelle que soit la position de (A1). La
charge électrique totale sur (A2) est 𝑄 = 𝑄 + 𝑄 = −𝑄 + 𝑄
6.3.3 Notion d’écran électrostatique ou blindage électrostatique
Barriere électrostatique
On définit par écran électrostatique tout conducteur creux ou se forme d’une barrière maintenu à
un potentiel constant ou mis à la terre. Dans les transformateurs d’isolation on trouve ce type
d’écran électrostatique sous forme d’une barrière métallique, mise à la terre, installée entre les
bobinages primaires et secondaires
Blindage électrostatique (cage de Faraday)
Un conducteur à l’équilibre a un champ nul : de ce fait, s’il possède une cavité, celle-ci se trouve
automatiquement isolée (du point de vue électrostatique) du monde extérieur. On définit par
écran électrostatique parfait, dans les deux sens, tout conducteur creux maintenu à un potentiel
constant. Un tel dispositif est appelé cage de Faraday.
Lorsqu’on relie (A2) a la terre, on a 𝑄 = 0, (Les charges s’écoulent vers la Terre ou
proviennent de celle-ci). Dans ce cas, le champ électrostatique mesuré à l’extérieur de (A2) est
nul, malgré la présence de (A1) chargé à l’intérieur de (A2). Ainsi, l’espace extérieur à (A2) est
protégé de toute influence électrostatique provenant de la cavité. L’inverse est également vrai.
7 Magnétostatique
7.1 Au niveau des charges
La force électromagnétique créée par des charges ponctuelles en mouvement, et exerçant sur
une particule chargée q et de vitesse v, appelée la force de Lorentz, c’est la force que subit une
particule lorsque elle rentre dans un champ électromagnétique s’écrit sous la forme :
𝐹⃗ = 𝑞(𝐸⃗ + 𝑣⃗ × 𝐵⃗ )
Considérons un élément de courant soumis a un champ magnétique, la force subie par cet
élément de courant suit la loi de Laplace donnée par :
𝑑𝐹⃗ = 𝑖𝑑𝑙⃗ × 𝐵⃗
La force de Laplace est la résultante de toutes les forces de Lorentz sur les charges mobiles.
Inversement, un élément de courant est source d’un champ magnétique donnée par la loi de Biot
et Savart :
𝜇 𝑢⃗
𝑑𝐵⃗ = 𝑖𝑑𝑙⃗ ×
4𝜋 𝑟
A partir de la loi de Biot et Savart, on retrouve le champ magnétique généré par plusieurs
configurations simples. La divergence du champ magnétique est nulle, il découle donc que le B
est un rotationnel. On écrit alors B = rot(A) ; ou A est le potentiel vecteur :
𝐴= ∭ 𝑑𝑣 , avec J le vecteur densité de courant.
Ainsi, le potentiel vecteur vérifie la relation : ∆𝐴⃗ + 𝜇 𝐽⃗ = 0
Et, on déduit :𝑟𝑜𝑡 𝐵⃗ = 𝜇 𝐽⃗
Cette relation permet de réaliser le calcul du champ magnétique rayonne a travers une surface
reposant sur une surface fermée. La circulation du champ d'induction magnétique 𝐵⃗ le long d’un
contour C orienté et fermé, que l’on appelle contour d’Ampère, est égale au produit de μ0 par la
somme algébrique des courants qui traversent la surface délimitée par C.
𝐵⃗ 𝑑𝑙⃗ = 𝜇 𝐼 é
∑𝐼 é =𝐼 +𝐼 +𝐼
7.2 Au niveau d’un circuit simple
La force électromotrice induite dans un bobinage fermé, placé dans un champ magnétique est
proportionnelle à la variation au cours du temps du flux du champ magnétique qui entre dans le
circuit. Cela s’exprime par la loi de Faraday (e = − dΦ / dt).
Si un courant variable parcourant un circuit génère un champ magnétique. Dans ce cas la spire
∅
peut être assimilée à une self-inductance et on aura : 𝑒 = − = −𝐿
En effet le flux traversant une spire est donne par : ∅ = 𝐵⃗ . 𝑆⃗ = 𝐿𝑖
7.3 Application dans le cas de la compatibilité électromagnétique
7.3.1 Filtres à ferrites
Les matériaux électromagnétiques sont utilises dans
le domaine de la compatibilité électromagnétique
notamment pour les problèmes de filtrage. Les
filtres utilisant des ferrites sont généralement des
bagues situées autour des câbles permettant ainsi
d’éliminer le courant parasite induit de mode
commun. Ces matériaux utilisent les propriétés de
fortes pertes magnétiques dans certaines bandes de
fréquences.
7.3.2 Les courants de Foucault
Les courants de Foucault sont la conséquence de l’induction magnétique, ils sont crées dans les
éléments métalliques se traduisant généralement par un échauffement par effet Joule. Les
courants de Foucault provoquent un échauffement de la structure métallique et génèrent un
champ magnétique qui vient s’opposer à la cause qui lui a
donné naissance.
Les applications des courants de Foucault sont très
nombreuses, nous allons citer ici celles qui font partie de la
vie quotidienne à savoir :
- Les conteurs à gaz ;
- Les compteurs de vitesse à aiguille ;
- Le chauffage par induction ;
- Les systèmes de freinage dans le domaine ferroviaire