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De la Conscience à l'Inconscient

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Serigne Diallo
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DOCUMENT CONFECTIONNE PAR MONSIEUR NDOUR

TEL. 77-621-80-97

DE LA CONSCIENCE A L’INCONSCIENT

INTRODUCTION
Le mot conscience signifie ce qui est « accompagné de savoir ». Etre conscient, c’est donc penser, agir ou
sentir tout en sachant que l’on pense, que l’on agit ou que l’on sent. La conscience peut donc être définie comme
une perception ou une connaissance de soi-même, de ses actes et du monde. D’ailleurs, le dictionnaire « Lalande »
entend par conscience cette « intuition que le sujet a de ses états et de ses actes ». C’est par elle que l’homme se
situe par rapport au présent, au passé et au futur. L’inconscient, par contre, désigne une dimension de notre
psychisme, de notre personnalité qui existe aussi bien chez le sujet normal que chez l’anormal. En psychanalyse,
l’inconscient renvoie à l’ensemble des représentations et des désirs inaccessibles à la conscience et souvent
refoulés par elle. La conscience et l’inconscient ont une histoire, car on est passé de l’une à l’autre dans la manière
de concevoir l’homme. Pendant longtemps, la conscience a été synonyme de raison, et c’est à partir d’elle qu’on
définissait l’homme. Mais Freud a révolutionné les choses en introduisant le terme d’inconscient pour redéfinir
l’homme et montrer qu’il n’est pas toujours maître de ses pensées.
I-) LA CONSCIENCE
1-) Les différentes formes de conscience
Il existe plusieurs types de conscience.
 La conscience est dite spontanée ou directe si elle est intentionnelle, c’est-à-dire portée vers l’objet auquel on
fait attention à un moment particulier.
 Elle est réfléchie quand elle donne à l’homme la capacité de revenir sur ce qu’il pense, ce qu’il vit, ce qu’il
sent ou ce qu’il fait.
 Elle est dite professionnelle lorsque l’individu exécute consciencieusement sa tâche et conformément au
règlement intérieur de son lieu de travail.
 La conscience est dite morale lorsque le sujet analyse son acte après l’avoir accompli et lorsqu’il en tire un
sentiment de satisfaction ou d’insatisfaction. En ce sens, on dit que la conscience morale est normative, c’est
un « juge intérieur » qui permet à l’homme de juger ses actes. C’est avec ce type de conscience que l’homme
éprouve des regrets ou des remords. Rousseau invoque souvent ce qu’il appelle la voix de la conscience en
nous. Voilà ce qu’il écrit dans l’Emile : « Conscience, conscience, conscience ! Instinct divin, immortelle et
céleste voix ; guide assuré d’un être ignorant et borné, mais intelligent et libre ; juge infaillible du bien et du
mal, qui rend l’homme semblable à Dieu, c’est toi qui fais l’excellence de sa nature et la moralité de ses
actions ». Rousseau, Émile ou De l’éducation, 1762.
 Enfin, la conscience est dite psychologique lorsqu’elle rend le sujet capable de percevoir sa propre activité
psychique, c’est à dire lorsque l’individu est capable de revenir par la pensée sur ce qu’il fait pour mieux
analyser son intériorité pour mieux guider ses actes.
2-) Descartes ou la souveraineté de la conscience : le cogito
Il faut signaler que le mot conscience a tardivement été utilisé en philosophie. On utilisait des termes comme
pensée, raison, esprit etc. et c’est René Descartes qui a été le premier à avoir assimilé la conscience à la raison à
partir de son cogito. Le cogito cartésien est issu du doute hyperbolique qui fait table rase de tout. Mais Descartes
s’est rendu à l’évidence qu’il peut douter de tout sauf qu’il est en train de douter. Etant donné que la pensée seule
résiste au doute, Descartes a pu avouer : « Même si je doute de tout, je ne peux pas douter que je suis en train de
douter », d’où son slogan « je pense donc je suis ». Chez Descartes donc, c’est la conscience qui définit l’homme.
Mieux, il affirme que la conscience peut exister sans se rapporter au monde, c’est à dire que la pensée s’enferme
sur elle-même et se suffit à elle-même. Cela veut dire que pour exister, la conscience n’a pas besoin du monde,
d’où le solipsisme qui signifie solitude de l’esprit.

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II-) L’INCONSCIENT : PORTEE ET LIMITES
1-) La théorie de l’inconscient de Freud
Le concept d'inconscient a été développé au cours de la période qui s'étend de 1895 à 1900 par Sigmund
Freud, qui a postulé que l'inconscient est constitué de souvenirs et de sentiments éprouvés au cours de l'enfance, y
compris les pulsions sexuelles ou libido. L’inconscient est composé de trois instances que sont le ça, le moi et le
surmoi. Freud en est venu à énoncer l’hypothèse d’un inconscient psychique lorsqu’il a été en présence de
malades souffrant d’hystérie. La première théorie qu’il élabore en 1900 présente le psychisme humain sous la
forme d’une topique constituée de la conscience, du préconscient et de l’inconscient. L’inconscient serait alors
constitué des désirs refoulés et de l’ensemble des tendances organiques qu’on nomme pulsions ou instincts. Le
préconscient est l’instance de la censure qui aide la conscience à refouler les désirs non compatibles avec l’ordre
social mais qui ont réussi à tromper la vigilance du préconscient. A partir de 1920, Freud introduit ce qu’il est
convenu d’appeler le moi ou conscience, le surmoi qui est l’équivalent du préconscient et le ça ou l’inconscient.
a-) Le moi appelé aussi conscience
En psychanalyse, le moi désigne l'une des trois instances de l'appareil psychique, aux côtés du ça et du
surmoi. Il est en contact avec la réalité extérieure. Il tient rigoureusement compte des interdits et censure tout désir
non compatible avec l’ordre social. Il subit la pression du ça. La formation du moi commence à la naissance, dès
les premières confrontations avec le monde extérieur. Le moi apprends à modifier son comportement en contrôlant
les pulsions socialement inacceptables. Il a un rôle de médiateur entre les pulsions inconscientes et les critères
sociaux et personnels acquis.
b-) Le surmoi appelé aussi censeur
Il est constitué par l’ensemble des interdits parentaux ou sociétaux. Depuis la prime enfance, les règles et les
normes établies censurent certains désirs, les empêche de se réaliser. Tout individu intériorise ces règles. Avant
même que ces désirs qui proviennent de l’inconscient arrivent à la conscience, ils subissent le contrôle rigoureux
du surmoi. Si ces désirs sont conformes à l’ordre établi, ils passent. S’ils ne sont pas conformes, ils sont
systématiquement refoulés. Selon Freud, cette lutte se déroule à l’insu du sujet conscient. Et il dit que le moyen
propice pour tromper la vigilance du surmoi, c’est le sommeil. Là, les désirs se déguisent, prennent une autre
forme pour se manifester sous leur forme onirique.
c-) Le ça ou inconscient
Le ça est dominé par le principe de plaisir qui pousse l'individu à accéder immédiatement à ses désirs. Dans
la théorie de Freud, le ça est constitué de l’ensemble des pulsions et tendances qui sont en nous depuis notre
naissance. L’énergie qui est à la base de ces tendances d’origine sexuelle, Freud la nomme libido. Le ça est donc
composé de la libido et de l’ensemble des désirs qui ont été refoulés depuis l’enfance. Il ignore le temps, c’est
pourquoi tous les désirs refoulés, rejetés dans l’inconscient attendent un moment propice pour se réaliser. Ils ne
disparaissent pas, leur réalisation peut emprunter des voies détournées comme le rêve ou encore la création
artistique et littéraire par ce que Freud nomme sublimation. A ce sujet, Freud dit que « le rêve est la voie royale
qui mène vers l’inconscient ». Pour lui, le rêve est la manifestation ou l’expression des désirs refoulés. Cela veut
dire qu’il faut partir de l’analyse du rêve si on veut découvrir l’inconscient. Mais le rêve n’est pas le seul moyen
pour accéder à l’inconscient, il y a aussi le les actes manqués, la psychanalyse (la technique du divan qui se
substitue à l’hypnose) ou la névrose.
Au total, le noyau de toutes les tendances humaines est la libido. Et Freud nous dira que cette libido renferme la
pulsion de vie appelée Eros et la tendance de mort appelée Thanatos. Eros nous incline vers tout ce qui est
satisfaction des désirs sexuels et les variantes de ces désirs que sont l’affectivité, l’amour pour les parents, les
amis, les frères etc. Thanatos, c’est tout ce qui nous incline vers l’agressivité, les sentiments négatifs de
destruction envers soi-même et les autres. Dans ce contexte, le complexe d’Œdipe se présente depuis l’enfance à
travers ces deux pulsions : Eros et Thanatos. Chez l’enfant, nous dit Freud, Eros se fixe sur le parent de sexe
opposé et Thanatos sur le parent du même sexe. Ainsi, chez la fillette, on parle volontiers de complexe d’Electre.
Par ailleurs, Freud donne à la notion de sexualité un sens qui déborde la signification courante du terme. Il
reconnaît l’existence d’une sexualité infantile qui s’exprime à travers trois stades. Le stade oral qui met l’accent
sur la bouche, le stade anal qui est centré sur l’anus et le stade génital tourné vers les parties génitales. Selon
Freud, le bon ou le mauvais déroulement de la sexualité infantile a toujours des répercussions sur celle de l’adulte.
Ce que la théorie de Freud apporte comme nouveauté, c’est que les troubles de la personnalité, qui sont liés à
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l’origine des névroses et des psychoses, trouvent leur explication et, dans certains cas, leur solution lorsque par la
technique de l’analyse, on parvient à remonter à l’enfance des patients et à découvrir les aspects troublants ou
traumatisants de leur histoire. Cependant, la théorie psychanalytique de Freud n’est pas sans poser un certain
nombre de problèmes.
2-) Portée et limites de la théorie de l’inconscient
En découvrant l’existence de l’inconscient psychique, Freud a apporté une révolution à la conception de
l’être humain. L’interprétation des rêves mais également la technique du divan vont permettre à Freud de faire du
patient un acteur de sa propre guérison. Pour lui, si le névrosé est celui qui renonce momentanément et en
permanence à la satisfaction de ses désirs, on peut admettre alors que tout individu socialisé est un névrosé. Il en
conclura que la civilisation n’est possible qu’au prix d’un renoncement de ses désirs. Lorsque Freud applique les
théories de la psychanalyse aux autres phénomènes sociaux telles que la religion, la création artistique et littéraire,
il fait une œuvre révolutionnaire mais dont la portée peut être relativisée. En tout état de cause, son influence sur la
littérature, notamment sur le courant surréaliste est incontestable. L’interprétation que Freud fait de la religion
n’est pas éloignée de celle des matérialistes (Marx, Engels). Il estime que la religion est le produit de l’image
fantasmée du père tout puissant qui est à la fois craint et désiré à cause de la sécurité.
Il faudra noter qu’à partir de Freud et autour de lui, plusieurs théoriciens de la psychanalyse émergent, ils
critiquent et complètent à la fois l’œuvre du maître. Ils ont pour noms Karl Gustav Jung et Alfred Adler, mais la
réaction de Freud face aux critiques de ses disciples sera l’excommunication.

CONCLUSION
Au plan philosophique, l’inconscient introduit l’idée d’une détermination, d’un déterminisme face à la
liberté. L’homme serait-il libre ou plutôt entièrement déterminé par son inconscient au sens où il dirait que c’est
l’inconscient qui agit en lui ? Pour cette raison, Sartre récuse l’idée d’un inconscient psychique. L’homme est
liberté et sa nature entière, c’est d’être libre ; et c’est en ce sens qu’il est entièrement responsable, dit Sartre. Se
réfugier derrière l’inconscient pour justifier un comportement, c’est de la mauvaise foi, conclu Sartre pour qui
l’inconscient est une pure illusion, une pure fiction.

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