100% ont trouvé ce document utile (1 vote)
61 vues17 pages

Humidité et eau dans le sol

Ce document décrit l'eau dans le sol, y compris son état, sa teneur en humidité, son potentiel et sa dynamique. Il explique comment l'eau est stockée dans le sol et circule entre le sol, les plantes et l'atmosphère.

Transféré par

ben lamia
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
100% ont trouvé ce document utile (1 vote)
61 vues17 pages

Humidité et eau dans le sol

Ce document décrit l'eau dans le sol, y compris son état, sa teneur en humidité, son potentiel et sa dynamique. Il explique comment l'eau est stockée dans le sol et circule entre le sol, les plantes et l'atmosphère.

Transféré par

ben lamia
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

1160TA

L’EAU ET LE SOL
par
Marc HALLAIRE,
Directeur honoraire du Département de Bioclimatologie de l’INRA

SOMMAIRE ANALYTIQUE
INTRODUCTION (1)
I. Statique de l’eau dans le sol (2 à 14)
A. Le sol milieu poreux (2)
B. État de l’eau dans le sol (3)
C. Taux d’humidité du sol (4 à 6)
Liste 1. Définitions (4)
2. Mesure de l humidité (5)
3 Humidités caractéristiques du sol (6)
D. Réserve en eau du sol (7)
Ta b l e E. Potentiel matriciel de l’eau dans le sol (8 à 12)
1. Définition. Unités Signification physique (9)
2 Relation entre le potentiel matriciel et l’humidité (10 à 12)
F. Généralisation de la notion de potentiel hydrique et caractérisation des états d’équilibre (13 et 14)
Index 1 Généralisation aux autres corps (13)
2. Généralisation à la notion de potentiel total de l’eau et à la caractérisation des états d’équilibre (14)

II. Dynamique de l’eau dans le sol (15 à 27)


A. Diffusion de l’eau à l’état de vapeur (16)
Glossaire
B. Transferts de l’eau liquide en sol saturé (17 à 19)
1. Déplacement de l’eau des nappes (17)
2. Infiltration de l’eau dans un sol initialement sec (18)
3. Lois du transfert en sol saturé (19)
C. Transferts de l’eau liquide en sol non saturé (20 à 25)
1. Réessuyage du sol (21)
2. Dessèchement d’un sol sous l’effet de l’évaporation (22)
3. Dessèchement d’un sol sous l effet de la succion racinaire (23)
4. Généralisation aux différents transferts de sens opposés sur l’ensemble du profil d’un sol (24)
5. Lois du transfert en sol non saturé (25)
D. Généralisation au transfert sol-feuille (26 et 27)
1. Schéma de circulation et analyse des flux (26)
2. Lois du transfert et conséquence sur l’évolution diurne du potentiel foliaire (27)

III. Évolution annuelle de l’humidité du sol (28 à 37)


A. Profils d’humidité et profils de potentiel (29 à 31)
B. Évolution annuelle des termes du bilan hydrique (32 à 35)
1. Évolution des stocks d’eau dans le sol (33)
2. Évolution du flux à la base du profil étudié (34)
3. Évolution de l’évaporation réelle (35)
C. Évolution annuelle du potentiel hydrique (36)
D. Application à l’étude de la réserve disponible pour les cultures (37)

IV. Conclusions (38 et 39)

©Techniques Agricoles 1160

Document à usage pédagogique


L’EAU ET LE SOL
TA 1160
INDEX ALPHABÉTIQUE

Ascension capillaire, 24. Manchettes, 3. Profils hydriques, 29.


Ménisques, 3.
Capacité au champ, 6. Réhumectation, 21.
Conductivité hydraulique, 19, 25. Nappe, 17. Réserve en eau, 7.
– utile, 7, 37.
Densité apparente, 2. Percolation, 24.
Résistance, 25, 27.
– réelle, 2. pH, 9.
Ressuyage, 21.
Dessèchement, 22, 23. Point de flétrissement permanent, 6.
Ruissellement, 31.
Diffusion à l’état vapeur, 16. Porosité, 2.
Potentiel de base, 13. Sonde à neutrons, 5.
Évapotranspiration, 35.
– foliaire, 13, 27.
Taux d’humidité, 4.
Films, 3. – gravitationnel, 14.
Transferts de l’eau en sol saturé, 17.
– hydrique, 13.
Humidité à saturation, 6. – – en sol non saturé, 20.
– matriciel, 8.
– utile, 6. – – dans la plante, 26, 27.
– de succion, 13.
Infiltration, 18, 19. – total, 14.

Liste

Ta b l e

I n dex

Glossaire

Document à usage pédagogique


1160TA L’EAU ET LE SOL

INTRODUCTION dire du mode d’assemblage en agrégats des éléments


constitutifs ; il s’agit là de la porosité structurale, laquelle
1.– L’eau est un des éléments essentiels de la production
peut présenter des variations importantes sous l’effet
végétale. Les quantités d’eau échangées entre la plante et
d’actions mécaniques subies par le sol comme le labour, le
le milieu sont considérables puisque, par jour, elles peu-
gel... En outre, lorsque le sol contient des argiles gonflan-
vent atteindre celles contenues dans la plante. Mais cette
tes, il se dilate en s’humidifiant et se rétracte en se dessé-
eau est puisée dans le sol dont la fonction première est,
chant, ce qui traduit des variations de porosité.
par conséquent, celle d’un réservoir. L’alimentation
hydrique des cultures met donc en cause les possibilités
de stockage de l’eau dans le sol et les conditions de resti- B. État de l’eau dans le sol
tution de cette eau, à savoir, la mobilité et la disponibilité 3.– L’eau occupe une partie plus ou moins importante de
de l’eau du sol. l’espace poreux selon l’humidité du sol. A l’extrême, dans
Le sol est aussi le milieu où croissent et se développent, un sol saturé, la totalité de l’espace poreux est remplie
non seulement les racines des végétaux, mais aussi une d’eau ; en revanche, en sol non saturé, l’espace poreux
importante flore microbienne (intervenant entre autre correspond à la somme des volumes occupés par l’air et
dans le cycle du carbone et de l’azote), des insectes, vers, par l’eau, le volume de l’eau diminuant à mesure que le
mammifères, champignons... Les activités biologiques sol se dessèche.
dont le sol est le siège dépendent de son humidité et de sa On peut représenter schématiquement la disposition de
teneur en oxygène ; cette dernière étant généralement liée l’eau de la façon suivante :
à l’humidité du sol, l’eau intervient donc directement et
Liste indirectement sur ces activités, lesquelles peuvent être Sur la surface des particules solides, l’eau est étalée sous
freinées ou, à la limite bloquées, tant par une insuffisance forme de « films » d’autant plus épais que l’humidité est
que par un excès d’eau. plus élevée (fig. 1).
L’eau intervient aussi sur la structure du sol, celle-ci pou-
Ta b l e vant en retour jouer sur les possibilités de transfert de a
l’eau.
En matière d’hydrologie, le régime des eaux et le bilan des
nappes dépendent de l’état d’humidité et des facultés de
transfert de l’eau dans les couches superficielles du sol. b
Index Dans toute approche scientifique ou technique relative à
l’un des phénomènes évoqués ci-dessus, on doit ainsi
être à même d’apprécier et si possible de mesurer à un c
instant quelconque, l’état et les transferts de l’eau dans le
sol. C’est à ces deux aspects, statique et dynamique, que
Glossaire d
seront consacrés respectivement les chapitres I et II. En
outre, les effets de l’humidité du sol étant liés non seule-
ment à des situations temporaires mais à l’ensemble du
cycle annuel, on étudiera dans un troisième chapitre
comment caractériser et décrire l’évolution annuelle des e
quantités stockées, des flux et des grandeurs physiques
traduisant au mieux l’état de sécheresse.

I. STATIQUE DE L’EAU DANS LE SOL


Fig. 1. – État de l’eau dans le sol a) particule solide ;
A. Le sol milieu poreux b) film d’eau ; c) air ; d) ménisque ; e) manchette
2.– Le sol est constitué d’éléments plus ou moins gros, Par ailleurs, au voisinage des points de contact des parti-
allant des éléments grossiers (supérieurs à 2 mm) aux cules solides, il se crée de petites accumulations d’eau
argiles (inférieurs à 2 microns) et passant par les sables et appelées « manchettes » séparées de la phase gazeuse par
les limons. Le volume non occupé par ces éléments cons- un ménisque
titue l’espace poreux. La « porosité » est définie comme le
rapport du volume de l’espace poreux au volume appa- Il faut ajouter que certaines argiles présentent entre les
rent du sol. On démontre qu’elle est égale à l’expression feuillets qui les constituent une surface interne où peut se
(dr-da)/dr , dr et da désignant respectivement les densi- loger une certaine quantité d’eau.
tés réelle et apparente du sol. Ainsi les valeurs courantes
de 2,5 pour dr et 1,5 pour da conduisent à une porosité C. Taux d’humidité du sol
de 0,4, ce qui signifie que 40% du volume du sol corres- On a vu que l’espace poreux du sol renferme les deux
pond à l’espace poreux. phases, liquide et gazeuse. Dans un volume de sol donné,
La porosité dépend pour une part de la composition gra- le volume de la phase liquide peut présenter des varia-
nulométrique du sol ; on parle en ce cas de porosité textu- tions importantes d’un jour à l’autre ou d’une saison à
rale. Elle dépend d’autre part de la structure du sol, c’est-à- l’autre.

Document à usage pédagogique


L’EAU ET LE SOL
TA 1160
1 Définitions sols, le point de flétrissement est de l’ordre de la moitié
4.– Le « taux d’humidité » (ou plus simplement l’humi- de la capacité au champ.
dité) du sol s’exprime : • La gamme d’humidité utile, écart entre la capacité au
champ et le point de flétrissement. Si le point de flétrisse-
– soit par l’humidité pondérale w, rapport du poids d’eau
ment permanent correspond à la moitié de la capacité au
au poids de terre sèche w = m (eau)
------------------- ; champ, la gamme d’humidité utile est également donnée
M (sol)
par la capacité au champ divisée par deux.
– soit par l’humidité volumique θ, rapport du volume La figure 2 donne un aperçu des variations possibles de
d’eau au volume apparent du sol θ = v----------------
(eau)
. ces différentes humidités selon le type de sol.
V (sol)
Ces deux quantités sont reliées par θ = da x w, da dési- D. Réserve en eau du sol
gnant la densité apparente du sol. 7.– La réserve d’une tranche de sol est la hauteur d’eau
équivalente h qu’elle contient. La réserve, en mm, est
2. Mesure de l’humidité donnée par le produit de l’épaisseur de la tranche H (en
5.– • La méthode la plus classique et la plus sûre consiste mm) par l’humidité volumique : h = H x θ.
à prélever des échantillons de sol. La pesée de ces derniers On peut encore l’exprimer par le produit w x da x H (w
à l’état frais donne la somme des masses de terre sèche M désignant l’humidité pondérale et da la densité apparente
et d’eau m. Après dessèchement à l’étuve, une nouvelle du sol). Par exemple, dans une tranche de 25 centimètres
pesée donne la masse de terre sèche M. On obtient par d’épaisseur, d’humidité pondérale 0,2 et de densité appa- Liste
différence la masse m et l’on en déduit le rapport m/M. rente 1,5, la réserve sera 250 X 0,2 X 1,5 = 75 mm.
• La méthode de la sonde à neutrons consiste à introduire Dans les études de bilan hydrique, on considère souvent
dans un tube vertical installé à demeure dans le sol une la variation de stock d’eau du sol. Quand l’humidité
sonde comportant : passe de wl à w2, la variation de stock est donnée par
Ta b l e
(wl – w2) x da x H.
– d’une part, une source d’émission de neutrons rapides ;
La « réserve utile », d’une tranche de sol d’épaisseur H
– d’autre part, un récepteur-compteur de neutrons lents. correspond à la variation de la réserve quand l’humidité
Les neutrons rapides, dans leur rencontre avec les atomes passe de la capacité au champ wc au point de flétrisse-
d’hydrogène (c’est-à-dire essentiellement avec les molécules ment permanent wf ; si ce dernier vaut la moitié de la I n dex
d’eau) sont dispersés dans toutes les directions à l’état de capacité au champ, la réserve utile est de l’ordre de
neutrons lents ; ainsi, le nombre de neutrons lents comptés wc x da x H x 0,5.
par minute au voisinage de la source est d’autant plus élevé La réserve utile sur l’ensemble d’un profil de sol allant
que le sol est plus humide. Les courbes d’étalonnage (don- par exemple jusqu’à deux mètres de profondeur serait
nant le nombre de coups par minute en fonction de l’humi- théoriquement donnée par la somme des réserves utiles Glossaire
dité volumique) sont des droites dont la pente et l’ordonnée des tranches successives de sol jusqu’à la profondeur con-
à l’origine sont spécifiques du sol, de la nature du tube, et de sidérée. Elle n’est cependant effectivement utilisable par
l’appareil utilisé. Il s’agit là d’une méthode onéreuse mais les plantes que si les racines explorent tout le profil.
particulièrement adaptée aux études de bilan hydrique et à
la conduite de l’irrigation.
E. Potentiel matriciel de l’eau dans le sol
3. Humidités caractéristiques du sol 8.– Si l’humidité du sol renseigne sur les quantités d’eau
emmagasinées, en revanche, elle est relativement indé-
6.– Plusieurs valeurs d’humidité (pondérales ou volumi- pendante de l’état de siccité du sol tel que nous le ressen-
ques) permettent de caractériser un sol. Ce sont : tons au toucher ou tel qu’il se manifeste à l’observation
• L’humidité à saturation, humidité du sol quand l’espace des végétaux puisque ces derniers se flétriront sur un sol
poreux est plein d’eau et que l’on peut observer dans les très argileux à 25 % d’humidité et garderont leur turges-
couches superficielles, après une forte pluie ou une irri- cence sur un sol plus léger dont l’humidité n’est que de
gation, soit encore en profondeur dans la nappe. 15%. La grandeur qui rend compte de cet état de séche-
• La capacité au champ, humidité que conserve le sol resse du sol est son « potentiel matriciel ». Il est repré-
préalablement saturé mais après ressuyage, les forces senté par la lettre grecque Y(psi). (cf. fasc. 1165).
d’adhésion s’opposant alors aux forces de gravité. Cette
humidité s’observe généralement dans la couche arable, 1. Définitions, Unités, Signification physique
en fin d’hiver, un temps suffisant après la pluie. Elle est 9.– Le « potentiel matriciel » est l’énergie nécessaire pour
d’autant plus élevée que les éléments du sol sont plus porter l’unité de volume d’eau de l’état d’eau libre et à la
fins. En valeur pondérale, elle varie de plus de 0,5 pour pression atmosphérique jusqu’à l’état considéré dans le
une argile à moins de 0,1 pour une terre sableuse. corps, à température et altitude constantes
• Le point de flétrissement permanent, humidité du sol Ainsi défini, le potentiel, quotient d’un travail par un
telle que le flétrissement présenté par les végétaux volume, a la dimension d’une pression. On l’exprime en
devient irréversible, quelles que soient les conditions bars (unité la plus usuelle) ou en mégapascals (1 MPa =
ultérieures d’alimentation hydrique. Pour beaucoup de 10 bars).

Document à usage pédagogique


1160TA L’EAU ET LE SOL

Wf Wc Ws
C D E

(a) A B
Wf Wc Ws
Argile C D E

Limon

Sable
Liste
W
0 0,1 0,2 0,3 0,4
(b)
Ta b l e
Fig. 2. – a) Volumes occupés dans le sol par A : les éléments solides ; B : L’espace poreux ; C : L’eau inaccessible aux racines ; D : L’eau
retenue dans le sol et accessible aux racines ; E : L’eau soumise à la gravité. b) Ordres de grandeur, selon le sol, du point de
flétrissement permanent (wf), de la capacité au champ (wc), et de l’humidité à saturation (ws).

Index
Comme il faut fournir un travail pour effectuer la trans- 2. Relation entre le potentiel matriciel
formation inverse (passage d’eau liée dans le sol à l’état et l’humidité, caractéristique du sol
d’eau libre), le potentiel matriciel est forcément négatif. Cette relation s’exprime par une courbe que l’on déter-
Au niveau d’un ménisque, la pression négative d’origine mine expérimentalement.
Glossaire capillaire (Pc) est donnée par la loi de Laplace : a) Principe de la mesure
Pc = - 2A/R, A désignant la tension superficielle de l’eau
et R le rayon de courbure. 10.– Dans la gamme des potentiels allant de 0 à – 20 bars
environ, on utilise la méthode d’extraction de l’eau sous
A ce niveau, le potentiel est égal en grandeur et en signe à pression. Le dispositif de la figure 3 s’applique à la
la pression Pc. A saturation, il n’y a pas de ménisque et le gamme 0-1 bar.
potentiel matriciel est nul. A mesure que l’humidité
diminue, le rayon de courbure décroît et le potentiel Dans une marmite à pression (a), est disposée une plaque
s’abaisse (il croît en valeur absolue). de porcelaine poreuse (b) ; un disque de caoutchouc (c) est
collé sur le pourtour inférieur de (b) ; l’espace (E 1) situé
Au niveau des films, qui n’apparaissent qu’au-dessous de sous la plaque est relié à l’extérieur par un tuyau (d), de
l’humidité à saturation, les forces d’adhésion du liquide sorte que la pression y demeure égale à la pression atmos-
augmentent rapidement à mesure que, l’humidité dimi- phérique Pa. Un échantillon de sols à étudier, est disposé sur
nuant, les films deviennent plus minces ; ainsi s’explique, la plaque (b). On ferme la marmite et l’on impose dans
là également, qu’en valeur absolue, le potentiel augmente l’espace (E2) une pression Pa + Pm, (Pm = pression lue au
quand l’humidité décroît. manomètre). Dans le sol le potentiel est donné par la
On exprime parfois le potentiel en terme de hauteur. somme de son potentiel matriciel Ψm et de la pression Pm
Cela revient à dire que le potentiel est l’énergie (définie comptée au-dessus de la pression atmosphérique. L’eau
ci-dessus) par unité, non plus de volume mais de poids s’écoule à travers la plaque jusqu’à ce que les potentiels
d’eau. soient les mêmes ; on a alors Ψm = – Pm ; ainsi, il suffit
après équilibre, de déterminer l’humidité du sol par pesée et
Rappelons aussi que Schofield avait introduit le terme de
dessèchement pour obtenir un point de la courbe recher-
pF pour désigner le logarithme de la valeur absolue du
chée. En répétant l’opération avec des pressions Pm diffé-
potentiel matriciel, ce dernier étant évalué en centimè-
rentes, on obtient autant de points différents.
tres. La correspondance entre unités de même grandeur
ou de grandeurs différentes est la suivante : Pour des potentiels inférieurs à – 1 bar (exigeant des
pressions supérieures à 1 bar), la marmite est remplacée
1 bar ~ 0,1 MPa ~ 10 m ~1 000 cm ~ pF = 3 par une enceinte plus résistante et la porcelaine par une
membrane de cellophane, mais le principe reste le même.

Document à usage pédagogique


L’EAU ET LE SOL
TA 1160
Pour les potentiels très bas, on peut faire appel à la
ψm (bar)
méthode hygroscopique : quand il y a équilibre d’humi- 0,1 0,2 0,3 0,4
dité entre l’échantillon de sol étudié et l’air, le potentiel - 0,1 w

de l’eau peut être exprimé en fonction de l’humidité et de


la température de l’air ; aux environs de 20°, la corres-
pondance est la suivante : -1
Hum. rel. air 0,01 0,5 0,7 0,9 0,94 0,96 0,98 1 Sable
Pot ym (bar) -10.000 -950 -490 -145 -85 -58 -28 0
Limon

- 10 Argile
m

air - 100
comprimé

E2 (Pa + Pm) - 1000


(Pa + Pm + ψm) a

s Liste
b - 10 000

Fig. 4. – Exemples de courbes donnant le potentiel matriciel


(Ψm) en fonction de l’humidité Ψw) Ta b l e
(Pa) c
explique ce résultat en admettant qu’à potentiel égal,
d E1 (Pa) l’épaisseur des films est la même après dessèchement ou
réhumectation ; par contre, des manchettes qui existaient
Fig. 3. – Dispositif de mesure du potentiel matriciel de l’eau dans après dessèchement ne sont plus présentes après réhu-
I n dex
le sol. a) marmite : b) plaque poreuse ; mectation (fig. 5b).
c) disque de caoutchouc ; m) manomètre ; s) échantillon de sol.
c) Valeurs repères du potentiel matriciel
On constate que la méthode est difficilement applicable 12.– Il s’agit de valeurs relativement constantes du
dans la gamme allant de 0 à – 50 bars car une légère potentiel et qui correspondent à des valeurs pour la plu- Glossaire
erreur sur l’humidité de l’air entraîne une lourde impré- part variables de l’humidité. Ce sont :
cision sur la valeur recherchée du potentiel ; elle convient
Ψm = 0 : correspond à l’humidité à saturation ;
par contre à la gamme allant de – 50 à – 10 000 bars.
Ψ m = – 0,1 à – 0,5 bar : correspond à la capacité au
b) Résultats champ ;
11.– Les méthodes décrites ci-dessus conduisent à des cour- Ψm = – 16 bars (–160 m.) : correspond au point de flé-
bes telles que celles représentées figure 4. On note que : trissement permanent ;
– Le potentiel variant d’autant plus rapidement avec Ψm = – 100 bars (–1 000 m.) : correspond à une l’humi-
l’humidité que celle-ci est plus faible, il est d’usage de dité relative de l’air = 0,92 ;
recourir à une représentation semi-logarithmique Ψ m = – 1 000 bars (–10 000 m.) : correspond à une
– Quel que soit le sol, la courbe part du point (w = 0 ; humidité relative de l’air = 0,48 ;
4Ψm = – 104 bars), en effet, l’humidité nulle (w = 0) est Ψm = – 10 000 bars (–100 000m.) : correspond à l’humi-
par convention l’humidité à l’équilibre dans l’étuve à dité nulle.
100° et le potentiel de – 104 bars correspond à l’humidité
relative de l’air (0,01 environ) obtenue dans l’étuve. F. Généralisation de la notion de potentiel
– Pour un même potentiel, l’humidité est d’autant plus hydrique et caractérisation des états
élevée que le sol est constitué d’éléments plus fins. En d’équilibre
effet, l’égalité de potentiel signifie, entre autre, l’égalité
d’épaisseur des films ; or, à même épaisseur, l’humidité
est fonction croissante de la surface spécifique des consti- 1. Généralisation aux autres corps
tuants du sol. 13.– Pour tout corps susceptible de contenir de l’eau en
– Si, par un artifice, on s’arrange pour parvenir à l’équili- plus ou moins grande quantité (roches poreuses, ciment,
bre, non par dessèchement mais par humectation, plâtre, farine, fourrage, graines récoltées, organe végétal
l’humidité correspondant au même potentiel sera plus vivant...), l’état de siccité est évalué par un « potentiel
faible. La courbe présente des boucles d’hystérésis dans hydrique » identique ou analogue au potentiel matriciel
les cycle dessèchement-réhumectation (fig. 5a). On de l’eau dans le sol.

Document à usage pédagogique


1160TA L’EAU ET LE SOL

ψm
W

B A

Liste

(a) (b)
B

Ta b l e
Fig. 5. – a~ Phénomène d’hystéresis : à même valeur de (Ym), l’humidité w est plus faible
En ce qui concerne les végétaux, l’effet de la pression 2. Généralisation à la notion de potentiel
osmotique (due à la présence de corps dissous dans l’eau) hydrique total de l’eau et à la caractérisation
peut être, contrairement au cas du sol, prédominant ; on des états d’équilibre
Index utilise ici le terme de « potentiel de succion », lequel traduit 14.– Quels que soient les états de pureté de l’eau, on peut
les effets de la capillarité, des forces d’adhésion mais aussi définir :
de la pression osmotique. Ce potentiel de succion est – un potentiel dû à la gravité (Ψg), travail nécessaire pour
défini de la même manière que le potentiel de l’eau dans le faire passer l’unité de volume d’eau d’une hauteur de
sol comme l’énergie nécessaire au passage de l’eau d’un référence Zo à la hauteur considérée Z. En terme de hau-
Glossaire état de référence à l’état considéré ; mais il importe de sou- teur, il est donné par la différence d’altitude Z – Zo (m
ligner que, dans son état de référence, il s’agit d’eau pure. ou cm) ; en bars, il est égal à 0,1 (Z – Zo), Z étant ici éva-
La mesure du potentiel de succion de l’eau dans la feuille lué en mètres ;
(« potentiel foliaire » Ψf) est réalisée à l’aide de la bombe – un potentiel dû à la pression (Ψp). En bars, il est égal à
à pression représentée figure 6. On fait monter la pres- la pression positive P à laquelle l’eau est soumise.
sion P dans la bombe jusqu’à ce que l’eau contenue dans – et en fin de compte un potentiel total (Ψt), somme de
la feuille sorte par la tige ou le pétiole à l’extérieur de la tous les potentiels précités (Ψg + Ψp + Ψm) pour le
bombe ; le potentiel Ψf est égal à –P. sol, (Ψg +Ψp + Ψs) pour la plante.
L’état d’équilibre dans un milieu présentant une certaine
L’équilibre hydrique, c’est-à-dire l’absence de transfert
extension verticale, implique l’égalité en tout point du poten-
d’eau, entre une racine et le sol qui l’entoure, implique (à
tiel total comme le montrent les deux exemples suivants :
moins d’une résistance infinie entre les deux milieux,
– imaginons une masse d’eau au repos dans un récipient
résultant par exemple de la subérisation de la racine)
ou dans une zone saturée du sol (où le potentiel matri-
l’égalité du potentiel matriciel de l’eau dans le sol et du
ciel est nul) ; d’un niveau Z à un niveau plus élevé Z +
potentiel de succion Ψs de l’eau dans la racine.
∆Z (mètres), le potentiel augmente de ∆Z (m.) soit
Quand on suit l’évolution journalière du potentiel foliaire encore de 0,1 ∆Z (bars) tandis que le potentiel dû à la
Ψf, on constate qu’il présente une variation importante pression diminue de la même quantité. La somme des
(résultant du flux d’eau alimentant la transpiration végé- deux potentiels (Ψg + Ψp) est donc constante ce qui
tale) mais qu’il tend rapidement, de nuit, vers une valeur traduit l’état d’équilibre (ou de repos) de l’eau ;
d’équilibre ; celle-ci est appelée potentiel de base (Ψb). On a – des racines à la cime d’un arbre, le potentiel total corres-
pu vérifier que, pour une végétation à faible développement pond à la somme des potentiels de succion (Ψs) et gravi-
vertical, ce potentiel Ψb correspond au potentiel matriciel tationnel (Ψg). Lorsque l’équilibre est atteint, ce qui a
de l’eau dans le sol ; plus précisément, si les racines explo- normalement lieu dans le courant de la nuit, cette somme
rent plusieurs tranches où les potentiels sont respectivement (Ψg + Ψs) est constante ; cela signifie que le potentiel de
(Ψm) 1, (Ψm) 2..., le potentiel Ψb est à peu près égal à la succion (Ψs) décroît vers le haut de 0,1 bar par mètre ; par
moyenne des valeurs en question, pondérées par le poids de exemple, au sommet d’un arbre de 30 m., la chute du
racine dans chacune des couches considérées. potentiel de succion par rapport au sol atteint 3 bars.

Document à usage pédagogique


L’EAU ET LE SOL
TA 1160

Liste

Fig. 6. – Dispositif de mesure du potentiel foliaire

Il. DYNAMIQUE DE L’EAU DANS LE SOL gamme allant du point de flétrissement à la saturation, Ta b l e
l’humidité relative de l’air en équilibre reste voisine de
15.– Si l’eau est parfois en état d’équilibre dans le sol ou
l’unité ; la pression partielle de la vapeur d’eau
dans le continuum sol-plante, elle est le plus souvent
demeure par conséquent très proche de la tension
soumise à des transferts. Ceux-ci sont mis en évidence
maximale de la vapeur d’eau à la température considé-
par des faits d’observation courante tels que l’écoule-
rée. Ainsi, le phénomène évoqué ici ne se produira-t-il I n dex
ment de l’eau au niveau d’une source ou d’un drain, le
que dans les couches superficielles du sol, lorsqu’elles
remplissage d’un puits après pompage, l’abaissement
sont parvenues à un dessèchement très prononcé.
d’une nappe phréatique en saison sèche.
Quant au dessèchement progressif du sol sous l’effet de – Elle peut être due par ailleurs à une variation de tempé-
l’évaporation ou de la transpiration végétale, il implique rature puisque cette dernière commande la tension
Glossaire
des transferts d’eau liquide jusqu’à la sur face du sol ou maximale de la vapeur. Les gradients étant d’autant
jusqu’aux racines. plus élevés que l’on est plus près de la surface, c’est
donc également dans les couches superficielles que ce
Le transfert de l’eau est une nécessité vitale pour la végé-
mécanisme aura le plus d’importance.
tation puisqu’en période sèche, il permet l’utilisation de
l’eau du sol. Le drainage et le ressuyage du sol sont non En définitive, la diffusion de la vapeur dans le sol peut
moins importants, car ils évitent les excès d’eau préjudi- être considérable dans les tout premiers centimètres et
ciables aux cultures et assurent la recharge des nappes. elle le sera d’autant plus que le sol est plus sec et plus,
A tout transfert liquide, est associée une variation du motteux en surface. Ce mode de transfert n’a, en revan-
potentiel hydrique total, l’écoulement se faisant dans le che, qu’un rôle négligeable dans les zones plus profondes.
sens des potentiels décroissants et étant proportionnel
entre autre, au gradient de potentiel. B. Transferts liquides en sol saturé
L es transferts de l’eau dans le sol correspondent à des
phénomènes quelque peu différents que l’on se propose
d’analyser ici. 1 Déplacement de l’eau des nappes
17.– L’eau des nappes peut être soumise à des transferts
A. Diffusion de l’eau à l’état vapeur importants, surtout si la roche réservoir est assez
16.– Il y a diffusion de la vapeur d’eau dans l’espace perméable ; on citera :
poreux non occupé par l’eau, des niveaux où la pression – le déplacement systématique des nappes de déverse-
partielle de la vapeur est la plus élevée vers ceux où cette ment vers un exutoire naturel tel qu’une source ou un
pression est plus faible. cours d’eau situé en contre-bas (fig. 7a) ;
Une variation de pression peut avoir deux origines :
– le déplacement de l’eau d’une nappe vers une autre
– Elle peut être due à une variation du potentiel matri- nappe située plus bas ;
ciel, dans la mesure toutefois où l’humidité du sol est
nettement inférieure au point de flétrissement. En effet – le déplacement de l’eau de la nappe vers un puits ou des
et comme cela ressortait au n. 10, sur l’ensemble de la drains agricoles (fig. 7b et 7c).

Document à usage pédagogique


1160TA L’EAU ET LE SOL

(a)
m
Nappe

Couche impermerméable

m m
Nappe
(b) (c)
Liste

Drain
Fig. 7. – Ecoulement de l’eau de la nappe vers a) une source ; b) un puits ; c) un drain
Ta b l e

2 Infiltration de l’eau dans un sol initialement sec correspond au gradient de potentiel (terme (Ha-Hb)/L de
18.– Soit un sol sec caractérisé par une valeur initiale la formule). La loi de Darcy est appliquée couramment
(Ψm)o du potentiel matriciel et supposons qu’à partir aux calculs du débit des puits ou de l’écartement des
Index d’un instant to, il est recouvert d’une pellicule d’eau libre drains.
sous l’effet de l’irrigation ou de la pluie. L’eau s’infiltre
dans le sol et sature une épaisseur de sol (e) de plus en
plus grande. Lors de ce processus, la pénétration de l’eau
Ha -Hb Eau
dans le sol et l’approfondissement de la couche saturée
Glossaire sont commandés par le flux liquide per-descensum dans
ladite couche ; il s’agit donc toujours d’un transfert en sol Ha
Eau
saturé (fig. 9a).
Hb
3. Lois du transfert en sol saturé
Sol
A
19.– Tout transfert liquide implique l’inégalité de poten- S
tiel total (Ψt) d’un point à l’autre ; le déplacement de B L
l’eau se fait alors dans le sens des potentiels décroissants.
Dans un montage expérimental tel que celui représenté Fig. 8. – Dispositif expérimental visant à mettre en évidence
figure 8, l’écart de potentiel (Ψt) entre les deux extrémi- la loi de Darcy
tés de la colonne de sol est donné (en mètres) par la diffé-
rence de hauteur de charge Ha – Hb. Le débit traversant
la colonne est proportionnel à cette différence, propor-
tionnel à la section S et inversement proportionnel à la Dans le cas de l’infiltration, le déplacement de l’eau n’est
longueur L de la colonne. C’est ce qu’exprime la loi de plus commandé uniquement par la gravité, il l’est aussi
Ha – Hb par le potentiel matriciel, lequel provoque une succion à
Darcy donnant le débit de l’eau Q : Q = k × S × --------------------- la base de la couche saturée. La loi de Darcy s’applique
L
toujours mais on écrira ici que le gradient moyen de
Dans cette formule, le coefficient de proportionnalité k
potentiel entre la surface et la base de la couche saturée
caractéristique du sol, est appelé « conductiv ité
est donné par la somme des gradients du potentiel gravi-
hydraulique ». Celle-ci est très variable d’un sol à l’autre ;
tationnel (0,1 bar par mètre) et du gradient de potentiel
très faible sinon nulle chez certaines argiles compactes,
0 – ( Ψm )o ( Ψm )o
elle est en règle générale d’autant plus élevée que la tex- matriciel  --------------------------- = – ------------------ d’où la formule
ture du sol est plus grossière. e e
Dans toutes les situations correspondant à un déplace-
ment de la nappe, (fig. 7) les transferts sont régis par la loi ( Ψm )o
Q = k × S × 0, 1 – ------------------
de Darcy, étant précisé que la pente du toit de la nappe (m) e

Document à usage pédagogique


L’EAU ET LE SOL
TA 1160
1. Ressuyage du sol
(ψ m) O 0 ψm 21.– On a vu au n. 18 qu’une irrigation ou une forte
averse peut saturer le sol sur une épaisseur (e) plus ou
moins importante. A partir du moment où il n’y a plus
d’apport en surface, le transfert se poursuit de la tranche
supérieure vers les tranches inférieures, conduisant au
e
Q dessèchement des premières et à la réhumectation des
secondes (fig. 10a).

2 Dessèchement du sol sous l’effet


de l’évaporation
22.– L’évaporation en surface provoque un dessèchement
en profondeur ce qui prouve bien l’existence d’un trans-
fert vers la surface (fig. 10b).

3. Dessèchement du sol sous l’effet


de la succion racinaire
(a) 23.– Sous végétation, le dessèchement est généralement
plus rapide et plus poussé que sous sol nu. Dans la zone Liste
explorée par les racines, le dessèchement résulte des
transferts Ql sur de très courtes distances jusqu’aux raci-
nes les plus proches ; dans les tranches sousjacentes, le
Q dessèchement résulte de transferts Q2 à plus grande
échelle jusqu’à la zone racinaire (fig. 10c). Ta b l e

4. Généralisation aux différents transferts de


sens opposés sur l’ensemble du profil de sol
24.– Il arrive fréquemment qu’un profil soit à la fois le I n dex
siège de micro-transferts dans la zone racinaire, d’un
transfert per-ascensum (ou ascension capillaire) dans les
zones supérieures vers la surface ou vers la frange raci-
naire et d’un transfert per-descensum (ou percolation)
dans les zones plus profondes. La zone de transition, Glossaire
encore appelée plan de flux nul s’abaisse progressivement
au fur et à mesure de l’épuisement des réserves du sol
(fig. 10d).
0
0 (b) t 5. Lois du transfert en sol non saturé
Fig. 9. – a) Variation du potentiel matriciel ~m) dans le sol lors de 25.– Les transferts liquides décrits ci-dessus sont régis
l’infiltration. b) Variation dans le temps du débit d’infiltration Q par la loi de Darcy généralisée. Le flux liquide Q à travers
∆Ψt
une section S est donné par la formule : Q = k × S × -----------
Selon cette expression, et comme le montre l’expérience (fig. ∆Z
9b), l’effet de la succion, traduit par le terme (Ψm)o/e, est
prépondérant au début de l’infiltration quand l’épaisseur e est soit par son équivalent :  Q = ∆ΨT
------------ .

faible ; son importance diminue rapidement et le débit tend R
vers une valeur constante quand l’épaisseur augmente. Dans ces expressions, Z représente la profondeur, Ψt le
potentiel total, le coefficient de proportionnalité k la
C. Transferts liquides en sol non saturé 1 ∆Z
conductivité du sol et R  R = -- × ------- une résistance.
k S
20.– Pour mettre en évidence les transferts en sol non
saturé, on peut se reporter à l’évolution dans le temps des Cette formule indique tout d’abord que le sens du flux
profils hydriques. Un profil exprime à un instant donné (Q) est donné par le signe du gradient du potentiel c’est
l’humidité du sol en fonction de la profondeur Z. On a à dire par le sens de la pente des profils de potentiel total
vu qu’à toute variation de l’humidité ∆θ, d’une tranche Ψt représentés fig. 10 a’, b’, c’, d’. Elle permet de compren-
de sol d’épaisseur h correspond une variation du stock dre que le potentiel présente généralement une variation
d’eau donnée par h ∆θ. Ainsi, l’évolution des profils per- continue en fonction de la profondeur, alors que les pro-
met non seulement de vérifier l’existence et le sens d’un fils d’humidité présentent des discontinuités au niveau
transfert mais aussi d’évaluer les densités de flux (en mm de séparation de deux tranches de sol de nature diffé-
par jour, par exemple). rente.

10

Document à usage pédagogique


1160TA L’EAU ET LE SOL

Ws W O
ψ
O O T
(t1)
(t2) (t1)
(t2)
Q

(a) (a')

Z Z

O
Flux vapeur
W
O
ψ
T
(t1)
Q (t1)
(t2) (t2)

Liste

(b) (b')

Ta b l e
Z flux vapeur Z

W
ψ
O O T
(t1) (t1)
Index
(t2)
(t2)

Glossaire Q (c) (c')

Z Z

flux vapeur
Ws W ψ
O O T
(t1)
(t1)
(t2) (t2)
Q1

- Plan de flux nul

QQ2
(d) (d')

Z Z

Fig. 10. – Profils d’humidité et de potentiel correspondant a) et a’) : au ressuyage du sol,


b) et b’) : au dessèchement du sol soumis à l’évaporation, c) et c’) : au dessèchement soumis à la succion racinaire,
d) et d’) : au dessèchement du sol sous l’effet combiné de l’évaporation en surface et de la percolation

11

Document à usage pédagogique


L’EAU ET LE SOL
TA 1160
L’application de cette formule est plus difficile que dans fert de l’eau, sont de moins en moins nombreux et de
le cas du sol saturé pour les raisons suivantes : plus en plus petits. Le coefficient de conductivité k, égal à
– Le coefficient de conductiv ité k n’est plus une la conductivité hydraulique K quand le sol est saturé
constante ; il décroît systématiquement et très rapide- (Ψm = 0) peut être plus d’un million de fois plus petit au
ment avec l’humidité ; en effet, à mesure que l’humidité point de flétrissement permanent (Ψm = – 16 bars).
diminue, les pores qui, remplis d’eau, assurent le trans-

Flux

Tr
Feuille
(ψf) a
(b)

Tr
q
RÉSERVE
PLANTE
0 t
q 12 h

R ψf Liste
(a) t
a 0

(ψB)
Sol
(ψB) Ta b l e

(c) I n dex

Fig. 11. – – a) Schéma de circulation de l’eau dans la plante. b) Variation en cours de journée des flux Tr, a et q.
c) Variation en cours de journée du potentiel (Ψf).

Glossaire
– La valeur du potentiel matriciel Ψm (composante du D. Généralisation aux transferts de l’eau
potentiel total Ψt) est dans bien dans des cas différente de du sol à la feuille
sa valeur obtenue en laboratoire en fonction de
l’humidité ; ce sera notamment le cas si certaines tran-
1. Schéma de circulation et analyse des flux
ches de sol s’humidifient aux dépens d’autres tranches
qui se dessèchent. En raison de l’hystérésis décrit précé- 26.– La circulation de l’eau dans la plante peut être
demment, la relation entre le potentiel Ψm et l’humidité modélisée par le schéma de la fig. 11 (a). La transpiration
n’est pas la même aux différents niveaux du sol. D’autre végétale provoque un flux liquide dans la plante et une
part, dans les tranches de sol qui sont (et n’ont été que) absorption de l’eau du sol par les racines.
soumises au dessèchement (et ou l’hystérésis n’intervient A l’échelle du couvert végétal, ces flux s’expriment en
donc pas), ce dessèchement provoque des gradients de millimètres par jour ou par heure.
potentiel à l’échelle microscopique ; il en résulte que le Au voisinage des feuilles, le flux est très voisin de la transpira-
potentiel efficace commandant les déplacements de l’eau tion (Tr). Quant à l’absorption racinaire (a), elle correspond à
à l’échelle macroscopique, est plus bas que sa valeur peu près à la transpiration sur l’ensemble de la journée mais
déterminée en laboratoire, d’autant plus bas que la en diffère sensiblement aux différents moments de la journée
vitesse de dessèchement est plus grande. (fig. Ilb) : dans la matinée, la transpiration (Tr) L’emporte sur
Cette formule est cependant applicable, par exemple l’absorption (a) ; la différence correspond à un prélèvement A
pour évaluer l’ascension capillaire ou la percolation en d’eau (q) sur les réserves de la plante qui se trouve et donc
profondeur. Pour ce faire, les potentiels ne sont pas soumise au dessèchement. Le phénomène s’inverse vers 15-16
déduits d’une mesure d’humidité, ils sont directement heures ; le flux (q) devient négatif ; l’absorption, supérieure à
mesurés à l’aide de tensiomètres. la transpiration, assure alors la réhydratation de la plante et la
reconstitution de ses réserves.

12

Document à usage pédagogique


1160TA L’EAU ET LE SOL

2. Lois du transfert et conséquences Il y a généralement lieu de distinguer au cours de l’année


sur l’évolution diurne du potentiel foliaire une phase de dessèchement (printemps-été en climat tem-
27.– Désignant par Ψs le potentiel de l’eau du sol au péré, période sèche en climat tropical) où les pertes par
niveau racinaire et par Ψf le potentiel foliaire, on peut évaporation sont supérieures aux pluies (fig. 12a) et une
écrire, à l’instar de la loi d’Ohm ou de Darcy, que la chute phase de réhumectation ou les précipitations l’emportent
de potentiel Ψs – Ψf est égale au produit R x a, R représen- au contraire sur l’évapotranspiration (fig. 12b).
tant la résistance au passage de l’eau et (a) désignant le flux
au niveau racinaire. Dans cette équation, le terme Ψs peut 30.– Lors de la phase de dessèchement, on peut égale-
être remplacé par le potentiel de base Ψb (potentiel moyen ment distinguer deux sous-périodes : une première
dans la zone racinaire), d’où l’expression : caractérisée par une vitesse de dessèchement assez
Ψb – Ψf = R x a rapide, la sécheresse du sol n’intervenant pas pour limiter
les pertes par évapotranspiration. Dans un deuxième
Cette équation indique que le potentiel foliaire (Ψf = Ψb – temps au contraire, lorsqu’à la surface des sols nus s’est
R x a) est égal au potentiel de base quand l’absorption est constituée une croûte de terre sèche formant un mulch
nulle, ce qui est le cas dans la majeure partie de la nuit et
naturel ou lorsqu’en sol cultivé, les tranches prospectées
décroît ensuite proportionnellement à l’absorption (a).
par les racines sont proches du point de flétrissement
Comme le montrent les courbes de la fig. 11 (c), permanent, les pertes d’eau sont freinées et les profils
L’absorption (a) est à transpiration égale plus élevée évoluent de plus en plus lentement ; c’est l’époque où
l’après-midi que le matin ; il en résulte que la chute de l’arrosage peut s’avérer utile ou nécessaire. Sous les
potentiel foliaire Ψb – Ψf est, elle aussi, à transpiration mêmes conditions climatiques, cette deuxième phase
Liste
égale, plus importante l’après-midi, ce dont rend bien apparaît d’autant plus tôt que la végétation est plus cou-
compte la forme dissymétrique de la courbe donnant
vrante, que la réserve du sol est plus faible et que l’enraci-
l’évolution diurne du potentiel foliaire.
nement est moins profond.
On notera qu’à résistance R égale, l’intervention de la
Ta b l e réserve de la plante a pour effet de ralentir la chute du 31.– La période humide peut également être partagée en
potentiel foliaire et de retarder par conséquent ces symp- deux sous-périodes : dans un premier temps auquel se
tômes de sécheresse que sont la régulation stomatique et rapportent les profils représentés fig. 12b, l’infiltration de
le flétrissement. l’eau assure la reconstitution des réserves. Dans un
deuxième temps, l’eau percole dans les couches ainsi
Index III. ÉVOLUTION ANNUELLE réhumectées pour alimenter les nappes profondes.
DE L’HUMIDITÉ DU SOL
Aux profils décrits ci-dessus correspondent les profils de
28.– L’humidité du sol présente des variations importantes
potentiel matriciel représentés fig. 12a’ et b’.
sous l’effet des pluies ou de l’irrigation qui réhumectent le
Glossaire sol, de l’évapotranspiration et de la percolation qui tendent Ce schéma peut présenter des variantes dont l’impor-
à le dessécher. Quand ils sont excessifs, le dessèchement tance agronomique doit être soulignée :
comme l’humectation peuvent être graves de conséquence
sur les cultures. Ainsi, peut-il être utile de suivre l’évolu- En climat sec (méditerranéen ou sahélien notamment),
tion de l’humidité du sol et d’en apprécier les effets agro- la pluviométrie en période humide est parfois insuffi-
nomiques, en mesurant les poids respectifs du climat, du sante pour reconstituer totalement les réserves et les cou-
sol, de l’espèce cultivée et des façons culturales. ches de sol situées au-delà de 0,5 ou 1 m par exemple,
Différents paramètres conduisant chacun à une ou diver- peuvent demeurer sèches en permanence, ce qui limite la
ses représentations graphiques peuvent être utilisés pour réserve disponible pour la plante en période sèche. Il est
rendre compte de cette évolution. utile en ce cas de réduire les pertes par ruissellement vers
l’aval, de favoriser les apports par ruissellement de
A. Profils d’humidité et profils de potentiel l’amont, d’appliquer des irrigations de complément en
29.– L e profil hydrique relatif à un site et à un instant période humide ou enfin de recourir à la jachère tra-
donné est la courbe exprimant la variation de l’humidité vaillée une année sur deux, par exemple.
(soit pondérale soit volumique) en fonction de la pro-
Lorsque certaines tranches de sol sont peu perméables,
fondeur. Il traduit en clair les valeurs mesurées par prélè-
vement d’échantillons de terre ou à la sonde à neutrons. par exemple les horizons riches en argile et en limon fin
Si ces mesures sont répétées, par exemple tous les mois, situés dans certains limons des plateaux, généralement
l’évolution de l’humidité est caractérisée par une série de entre 0,5 et 1,5 ou 2 m de profondeur, le transfert de l’eau
profils hydriques, évoluant en gros entre la capacité au vers le bas en période humide s’y trouve freiné et elles
champ (parfois la saturation) et le point de flétrissement sont rapidement le siège d’une nappe suspendue. Quand
permanent. Les mesures de l’humidité et le tracé des pro- celle-ci demeure longtemps proche de la surface en
fils sont forcément limités à une profondeur choisie période de dessèchement, elle nuit au développement
arbitrairement ; il est intéressant de les réaliser sur normal des racines ; c’est un des cas où le drainage
l’ensemble des couches prospectées par la majorité du s’avère particulièrement utile.
système racinaire, c’est-à-dire 1 m-1,5 m, pour la plupart
des cultures annuelles.

13

Document à usage pédagogique


L’EAU ET LE SOL
TA 1160

Wf Wc Ws — 15 — 10 —5 0
W
0

(t1) (t0)
(t0) (t2) (t1)
(t2)

(t3) (t3)

(a) (a')
1
Z (m)

Wf Wc W — 15 — 10 —5 0
0 Liste
(t1) (t1)
(t0) (t0)

(t2)
(t2) Ta b l e

(t3) (t3)

I n dex

(b) (b')
1
Z (m)
Glossaire
Fig. 12. – Profils d’humidité et de potentiel
a) et a’) en période de dessèchement b) et b’) en période de réhumectation

B. Évolution annuelle des termes Si la pluie constitue une donnée climatique des plus clas-
du bilan hydrique siques, les variations saisonnières de ∆S et de Σq sont des
données importantes pour interpréter les conditions
32.– Les termes du bilan hydrique représentent les apports d’alimentation des cultures, alimentation qui peut elle-
et les pertes en eau du sol, comptés en millimètres d’eau, même être exprimée par le terme Σ(ETR).
relatifs à une période quelconque (le mois, la saison de
végétation...) et figurant dans l’équation ci-dessous :
1. Évolution du stock d’eau dans le sol
∆S = Σ(P + I) – Σ(ETR) + Σ(q) + Σ(R)
33.– Sur l’ensemble du profil étudié (0-1 m, par exemple),
• ∆S représentant la variation du stock d’eau sur une cer-
on peut mesurer à intervalles de temps réguliers le stock
taine profondeur O – H du sol, retenue arbitraire-
présent dans le sol par prélèvements d’échantillons ou
ment, supposée contenir la quasi-totalité des racines
mesure à la sonde à neutrons. Au cours de l’année, ce stock
et éventuellement sujette à des mesures d’humidité
présente une variation telle que celle indiquée fig. 13a.
(par exemple, 0 – 1 m) ;
• Σ(P + I) la somme des apports par les pluies (P) et l’irri- En hiver et après reconstitution des réserves, il varie entre
gation (I) ; les deux valeurs (Ss) et (Sc) correspondant respectivement
à la saturation et à la capacité au champ à tout niveau.
• Σ(ETR) la somme des pertes par évapotranspiration ;
Durant la période de dessèchement printemps-été, il
• Σ(q) la somme du flux à la profondeur H, le flux étant décroît et varie alors entre (Sc) et la valeur minimale (Sf)
compté positivement s’il est ascensionnel puisqu’il qui correspond au point de flétrissement à tout niveau.
représente un apport, négativement dans le cas Cette décroissance peut être ralentie au fur et à mesure
contralre ; que le stock approche de sa valeur minimale (Sf), du fait
• Σ(R) la somme des apports nets par ruissellement. même de la sécheresse du sol.

14

Document à usage pédagogique


1160TA L’EAU ET LE SOL

Mois
J F M A M J Jt At S O N D

1m
[S] Ss
0 Sc
(m m)

(c)

Sf

[q] 1m +1
(b)
Liste (m m. j- 1)
0

-1

Ta b l e ETR
ETP
(m m. j- 1) ETP
4

Index 3 ETR
(c)
2
1
0
Glossaire

ψM,ψB
(bars) 0

ψB
-5
75
25

(d) 50

- 10

- 15

Fig. 13. – Variation annuelle


a) du stock d’eau S dans la couche de sol 0-1 m
b) du flux d’eau q à 1m de profondeur
c) des évapotranspirations réelle et potentielle
d) des potentiels matriciels à 25, 50, 75 cm et du potentiel de base (Ψb)

15

Document à usage pédagogique


L’EAU ET LE SOL
TA 1160
A partir de la période humide, caractérisée par une plu- fondeur d’enracinement du végétal. Ainsi peut-il être à la fois
viométrie supérieure à l’évapotranspiration, soit généra- plus simple et plus directement utilisable au plan agronomi-
lement en France courant octobre, le stock (S) réaug- que de suivre l’évolution annuelle du potentiel foliaire à
mente pour atteindre puis dépasser la valeur (Sc), ce qui l’équilibre (potentiel de base Yb), lequel correspond comme
signifie que les réserves sont reconstituées. on l’a vu à une moyenne pondérée des potentiels matriciels
Ym des tranches successives de sol explorées par les racines.
2. Évolution du flux à la base du profil étudié
34.– La base du profil est le siège d’un flux désigné par (q) D Application à l’étude de la réserve
dans l’équation du bilan hydrique et correspondant selon effectivement disponible pour la culture
son sens à une ascension capillaire ou à une percolation.
Ce flux peut être déterminé à partir de mesures tensio- 37.– On a défini ci-dessus (n. 7) la réserve utile d’une
métriques donnant d’une part le gradient de potentiel tranche de sol. On peut en déduire la réserve utile de plu-
total (d Ψt/dZ) et d’autre part le potentiel matriciel Ψm sieurs tranches successives, la réserve utile dans un pot
au niveau en question, à condition d’avoir préalablement ou une cuve de végétation, soit encore, en conditions
déterminé la conductivité k en fonction de Ψm. Il est en naturelles, la réserve utile d’un sol reposant sur une
dΨt masse rocheuse ou sur un sous-sol qui ne se réhumecte
effet donné par la formule k × ( Ψm ) × ---------- . En fait, cette jamais, à condition dans tous les cas que les racines
dZ
mesure est délicate et assez peu précise. explorent bien la totalité de la masse de terre considérée.
Au cours de l’année, ce flux présente une variation En conditions naturelles, et dans la majorité des cas la Liste
comme indiqué fig. 13b. On notera les deux renverse- profondeur de sol humide en début de végétation peut
ments de sens dans le courant du printemps et de être considérée infinie mais la densité de racines décroît
l’automne. En outre, à mesure que s’épuisent les réserves progressivement avec la profondeur ; il y a par contre les
utiles de la tranche de sol considérée 0-H, ce flux tend à remontées capillaires qui fournissent au végétal une part
croître ; à la limite, en période sèche, il peut correspondre importante des réserves du sous-sol, voire même l’eau Ta b l e
à lui tout seul à l’évapostranspiration réelle ETR. des nappes situées à plusieurs mètres. Il est illusoire, dans
ces conditions, de rechercher la formule théorique don-
3. Évolution de l’évapotranspiration réelle nant la valeur de la réserve en fonction des caractéristi-
35.– Bien qu’il ne s’agisse plus d’une donnée pédoclima- ques du sol et de telle valeur supposée de la profondeur
tique, on notera l’intérêt de représenter aussi la variation racinaire. Il est possible par contre et d’ailleurs plus inté- I n dex
de cette grandeur ; celle-ci peut être évaluée à partir de ressant du point de vue agronomique, d’exprimer à par-
l’équation du bilan hydrique si les autres termes (P + I, tir de données mesurées, la disponibilité de l’eau au fur et
∆S et q) ont été déterminés et si le ruissellement (terme à mesure de l’épuisement de la réserve.
difficilement mesurable) peut être négligé. Cette disponibilité de l’eau peut, en première approxima- Glossaire
La représentation simultanée de l’évapotranspiration poten- tion être estimée à partir du potentiel de base (Ψb). En
tielle ETP (valeur calculée ou évapotranspiration de référence effet, plus ce dernier sera bas et plus tôt dans la journée
mesurée sur gazon) permet de suivre le rapport ETR/ETP ; ce (cf. fig. 11c), le potentiel Ψf atteindra la valeur critique
terme, en période d’alimentation hydrique satisfaisante, entraînant la régulation stomatique, la réduction de la
représente un « coefficient cultural », caractéristique de transpiration et celle de la photosynthèse.
l’espèce tandis qu’en période de sécheresse, il permet d’appré-
cier le déficit d’alimentation hydrique ; en ce cas, il est intéres- La représentation de Ψb en fonction par exemple des per-
sant de repérer l’état de la réserve ; c’est là une première façon tes en eau du sol (∆S) de la tranche de sol 0-1 m, depuis la
d’estimer la réserve facilement utilisable par la culture. reconstitution des réserves, exprimera la disponibilité de
l’eau dans le sol. Des différences observées entre courbes,
telles que Cl et C2 (fig. 14) montrent que la même dispo-
C. Évolution annuelle du potentiel hydrique nibilité de l’eau (traduite par la même valeur de Ψb) peut
36.– Des courbes de potentiel hydrique représentées Fig. 12a’ correspondre à des réserves plus ou moins importantes.
et b’, on peut passer à cette autre représentation donnant Une réserve moins importante peut provenir du fait que
pour différents niveaux, la variation du potentiel Ψm en les réserves élémentaires des tranches successives de sol du
fonction du temps (fig. 13d). L’ensemble de ces courbes profil étudié sont moins élevées ; ce sera le cas par exemple
exprime l’évolution de la sécheresse du sol. Ces courbes si la courbe C2 est relative à un sol plus grossier ou plus
résultent a) des conditions climatiques durant la période pierreux que la courbe Cl. Elle peut aussi résulter d’un
considérée, b) des réserves élémentaires des tranches succes- enracinement moins important en profondeur ; à cet
sives de sol, c) du degré de couverture végétale et d) de la égard, on sait que des différences d’enracinement considé-
profondeur du système racinaire. Elles fournissent une indi- rables existent entre espèces végétales mais peuvent aussi
cation utile sur les conditions de confort ou au contraire de être liées aux conditions phytosanitaires (viroses, préda-
stress auxquelles sont soumis les végétaux et permettront teurs dans le sol...) ou aux conditions écologiques passées
d’expliquer, par exemple, telle chute du rapport ETR/ETP telles qu’un ennoyage temporaire. Ainsi, ces courbes peu-
lors de telle ou telle période. L’indication n’est cependant vent-elles aussi bien servir à la caractérisation d’un sol,
qu’incomplète puisqu’un état de sécheresse donné du sol d’une espèce ou d’un cultivar qu’à l’étude d’un état sani-
aura des répercussions biologiques différentes selon la pro- taire ou d’une technique culturale.

16

Document à usage pédagogique


1160TA L’EAU ET LE SOL

ψB (bars)
1m
50 100 [S0- S]
0 0
mm

(C1)
-6
(C2)

- 10

Fig. 14. – Exemples de relations entre le potentiel de base


Liste
(Ψb) et la hauteur d’eau (So – S) cédée par la tranche de sol 0-1 m.

IV. CONCLUSIONS ou les viroses) par lesquelles on peut accroître l’extension


du système racinaire et, par voie de conséquence, la
Ta b l e
38.– L’état hydrique et son évolution annuelle ont des
réserve effectivement disponible du sol.
effets multiples, directs ou non, sur la production agri-
cole, sur le sol lui-même et sur le régime des eaux. Cet • Les interventions sur le ruissellement.
état est à tout instant et en premier lieu, sous la dépen-
dance du climat général (pluie et conditions d’évapo- 39.– Le fait d’agir plus explicitement sur ces différents
transpiration) et du sol (capacité de stockage et conduc- éléments, dans le but de corriger l’humidité du sol dans
Index
tivité), c’est-à-dire de facteurs pratiquement imposés sur un sens favorable doit constituer un important facteur de
lesquels il est dif`ficile d’intervenir. L’étude qui précède progrès ; mais, pour ce faire, encore faut-il connaître
fait cependant apparaître bien des façons dont, implicite- l’évolution annuelle de l’état hydrique du sol et en appré-
ment ou non, l’homme et l’agriculteur en particulier, cier les effets. A cet égard, indiquons que l’on s’en est
agissent sur le climat hydrique du sol. Pour mémoire, on tenu longtemps au suivi de la réserve en eau du sol, soit
Glossaire
citera ces modifications radicales qu’apportent l’irriga- mesurée soit calculée.
tion et le drainage. Mais ce qu’il convient de souligner ce
sont les effets de tout aménagement, de tout système Si, dans cette mise au point, et au risque de sortir quelque
agricole ou toute technique culturale sur l’humidité du peu des limites du sujet, nous avons à plusieurs reprises
sol. Sans chercher à en dresser une liste exhaustive, évoqué la statique et la dynamique de l’eau dans le conti-
citons : nuum sol-plante, c’est parce qu’au plan agronomique, le
• Les effets des aménagements, des brise-vents, des cultu- “potentiel foliaire” (et en particulier le “potentiel de
res arbustives avoisinantes sur cet élément essentiel du base”) nous semble actuellement le meilleur indicateur
bilan hydrique qu’est l’évapotranspiration réelle (ETR). de l’état présent et de l’évolution de l’eau dans le sol ;
c’est le meilleur test auquel on puisse se référer pour
• Les effets sur cette même ETR du coefficient cultural de
décider du moment où il convient d’irriguer ; suivi sur
l’espèce végétale, de la densité de semis ou de plantation,
quelques espèces végétales représentatives, le potentiel de
du sarclage ou du désherbage, de la couverture du sol par
base serait une donnée intéressante pour chiffrer l’inten-
mulching.
sité de la sécheresse ; dans des dispositifs expérimentaux,
• L’influence essentielle de la durée de la période de végé- il permettrait de comparer des techniques culturales ;
tation active de l’espèce cultivée sur la somme de l’ETR. appliqué à différentes espèces et sur différents sols, il
• L’ensemble des techniques (fumures, labour, sousso- pourrait suggérer les voies d’une meilleure adaptation
lage, assainissement, lutte contre les prédateurs terrestres des systèmes de culture au milieu.

17

Document à usage pédagogique

Vous aimerez peut-être aussi